12 juillet 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2606 du 12.07.2007

 archives : www.tunisnews.net


AISPP: Flash Infos AFP:Tunisie: Sarkozy en visite d’Etat en 2008, droits del’Homme évoqués (ambassadeur) AFP:Terrorisme: Strasbourg examine le cas d’un Tunisien menacé d’expulsion NouvelObs :Que devient Abderrahmane Tlili? Liberation: A Tunis, Sarkozy bénit Ben Ali  – La presse interdite de contact avec le président tunisien. Le Temps :Conférence de presse de l’ambassadeur de France en tunisie Le Monde :En visite à Alger, Nicolas Sarkozy enterre le traité d’amitié entre la France et l’Algérie Le Monde :La Tunisie « en cheminement vers la démocratie » Le Monde :L’ Union méditerranéenne », cette chimère La Liberté :L’ambassade de Tunisie à berne répond à un journaliste suisse… Le lycée français de Tunis Réalités :Béchir Essid, élu nouveau bâtonnier :Sortira-t-il la profession de l’impasse ? Réalités: La victoire du « moine soldat » Tunisien :Bush, à bout de souffle? AFP:Togo – Le président de la FTF interdit 8 ans d’activité dans le football Reuters: SAfrica taps Tunisia, UK for help on health crisis

 


Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques

Flash Infos

 

 

Tunis, le 11 juillet 2007
1) Préoccupations à propos de la situation du prisonnier politique Saïfallah Ben Houssine
La famille du prisonnier politique Saïfallah Ben Houssine n’a pas été autorisée à lui rendre visite depuis plus d’un mois, à savoir les 09 et 23 juin 2007. Elle a été informée qu’il était puni et la troisième semaine qu’il ne souhaitait pas rencontrer sa famille. Les deux dernières semaines, la famille a pu lui rendre visite, mais la visite a été interrompue dès que Saïfallah Ben Houssine a voulu expliquer les raisons de l’interdiction de la visite et les coups qu’il avait reçus. Sa famille a remarqué que son état était dégradé et qu’il avait des ecchymoses au visage. Le prisonnier politique Saïfallah Ben Houssine se trouve dans un cachot individuel depuis son transfert de la prison du 9 avril à celle de Mornaguia et il est privé des droits élémentaires garantis par la loi. Il est l’objet d’une condamnation à l’emprisonnement atteignant les 62 ans.
 
2) L’administration de la prison de Mornaguia ne reconnaît pas les décisions émanant de la justice
L’AISPP a reçu de nombreuses plaintes de familles de prisonniers politiques incarcérés à Mornaguia. Bien qu’elles aient obtenu des instances judiciaires compétentes des autorisations de visite directe, elles attendent cette visite depuis des semaines après avoir remis l’autorisation à l’administration pénitentiaire. C’est notamment le cas des familles de Mounir Ouchtati et Fethi Salhi.
 
3) Transferts abusifs de prisonniers politiques
L’AISPP a reçu de nombreuses plaintes de familles de prisonniers politiques, ces derniers ayant été transférés dans des prisons éloignées des domiciles. Il s’agit notamment  :
Du transfert du prisonnier politique Bassam Jeljeli à la prison de Kasserine alors que sa famille habite à Mateur. Son père est mort, sa mère est âgée et ne peut se déplacer jusqu’à Kasserine. Sa mère a pu lui rendre visite dernièrement en dépit de son état de santé, la visite n’a pas duré plus d’un quart d’heure alors qu’elle avait supplié qu’on lui laisse plus de temps, conformément aux lois, et alors qu’elle avait supporté les affres d’un trajet de plus de dix heures, qu’elle ne pourrait pas revoir son fils avant un mois, car il lui est impossible de venir chaque semaine. Le prisonnier politique Bassam Jeljeli est détenu depuis plus d’un an et sept mois. Il a déjà connu cinq prisons : 9 avril, Gafsa, Mornaguia, Mehdia, et Kasserine). Il a été condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement dans l’affaire 4/11433.
Le transfert du prisonnier politique Salman Ben Abderrazak Ben Belgacem Rezzik, détenu dans le cadre de l’affaire instruite sous le matricule 5962 à la prison de Kasserine depuis l’été dernier alors que sa famille habite au Kef. Le transfert du prisonnier politique Aymen Dridi à la prison de Béja alors que sa famille habite à Bizerte.
 
4) Préoccupations à propos du maintien en détention d’une femme tunisienne au siège des renseignements syriens
L’association fait part de sa préoccupation à propos du maintien en détention de Nadia Ben Mohammed Bouallègue qui est détenue au secret depuis l’été 2005 au siège des renseignements syriens après que son mari, Mejdi Ben Mohammed Zribi ait été accusé d’avoir aidé la résistance irakienne. L’association a reçu des témoignages disant qu’elle est détenue dans le secteur Palestine, relevant des renseignements et sa famille ne sait pas ce qu’elle est devenue jusqu’à aujourd’hui. Sa mère s’est rendue dernièrement à Damas, mais n’a pu la rencontrer en dépit de toutes les tentatives faites en ce sens.
L’Association exprime sa crainte quant à la détérioration de l’état de santé de Nadia Bouallègue, d’autant que les informations reçues par l’association font état d’un état de choc l’empêchant de parler, résultant de ses conditions inhumaines de détention. L’Association exhorte les autorités syriennes à la libérer ou d’informer au moins sa famille des raisons de sa détention et de l’autoriser à lui rendre visite.
 
5) Encore des condamnations prononcées en vertu de la loi sur le terrorisme
La vingt septième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, lors de la séance du 6 juillet 2007, a rendu son jugement confirmant celui prononcé en première instance contre le prisonnier Zyad Ben Tahar Ben Habib Ghodhbane, mais en réduisant sa peine de 11 ans à 7 ans d’emprisonnement. La même chambre a rendu le 10 juillet deux jugements confirmant des condamnations prononcées en première instance contre Mehdi Ben Mabrouk Ben Youssef Mabrouk qui avait été condamné en première instance à une peine de sept ans d’emprisonnement et Houssine Ben Mohammed Ben Salem Houita qui avait été condamné en première instance à une peine de deux ans d’emprisonnement.
 
Pour l’AISPP
Le coordonnateur : Mokhtar Yahyaoui

(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 
 


 
AFP, mercredi 11 juillet 2007

Tunisie: Sarkozy en visite d’Etat en 2008, droits de l’Homme évoqués (ambassadeur)

 
TUNIS – Le président français Nicolas Sarkozy se rendra « probablement début 2008 » en Tunisie pour une visite d’Etat a indiqué mercredi l’ambassadeur de France Serge Degallaix à Tunis, lors d’un point de presse à l’issue d’une brève visite du président Sarkozy mardi et mercredi. L’ambassadeur a évoqué l’intention du président français d’organiser au premier trimestre 2008 une rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement des pays riverains de la Méditerranée sur son projet d’Union de la Méditerranée. Nicolas Sarkozy a achevé mercredi une visite de 24 heures en Algérie et Tunisie qui a été l’occasion de promouvoir son projet et de tenter d’établir des relations pragmatiques et dépassionnées avec ces pays du Maghreb. A Tunis, le président français a indiqué avoir évoqué avec son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali la question des droits de l’Homme et défendu devant la presse la réussite économique de ce pays, ses progrès vers la démocratie et sa lutte déterminée contre le terrorisme. Les deux chefs d’Etat ont parlé de tout, « sans tabou, sans interdit », y compris de la démocratie et des droits de l’Homme, « mais sans entrer dans les détails », a affirmé M. Degallaix. Selon lui, il a été question d' »un propos général sur les difficultés et les progrès accomplis ou qui restent à accomplir ». « Même en France on nous dit qu’il y a des progrès à faire en matière des droits de l’Homme », a-t-il tempéré. A la question de savoir si le cas de l’avocat opposant Mohamed Abbou emprisonné avait été soulevé, l’ambassadeur a affirmé qu' »il n’y a pas eu de cas particulier expressément mentionné » par le président Sarkozy. « Nous avons parlé de cas particuliers », avait indiqué lui-même M. Sarkozy, lors d’un point de presse nocturne à l’issue d’entretiens et d’un dîner de travail mardi avec M. Ben Ali. M. Sarkozy avait souligné que « le président Ben Ali est le premier à reconnaître qu’il y a des tas de choses à améliorer. Nous en avons parlé, nous avons parlé de cas particuliers », dont celui de Me Mohamed Abbou.

AFP, le 12 juillet 2007 à 08h13 Terrorisme: Strasbourg examine le cas d’un Tunisien menacé d’expulsion

 
STRASBOURG (Conseil Europe), 11 juil 2007 (AFP) – La Cour européenne des droits de l’Homme a examiné mercredi à Strasbourg le cas d’un Tunisien soupçonné d’avoir préparé des attentats, notamment en France, et menacé d’expulsion de l’Italie vers la Tunisie. Nassim Saadi, 33 ans, qui vit actuellement à Milan avec sa compagne italienne et leur fils de 7 ans, refuse son expulsion vers son pays d’origine où il a été condamné par défaut à 20 ans de prison, faisant valoir devant les juges européens qu’il risque d’y subir la torture ou des traitement inhumains et dégradants contraires à la Convention européenne des droits de l’Homme. Soupçonné de « terrorisme international », il avait été arrêté en 2002 en Italie, mais les juges italiens ne l’avaient finalement reconnu coupable que d’association de malfaiteurs, faux en écriture et recel et condamné à quatre ans et six mois de prison en 2005. Peu après, le tribunal militaire de Tunis condamna le requérant à 20 ans de réclusion par contumace pour « appartenance à une organisation terroriste agissant à l’étranger et pour incitation au terrorisme ». Libéré un an plus tard, Saadi a pu éviter une expulsion vers la Tunisie grâce à une intervention urgente de la Cour européenne auprès des autorités italiennes. Le gouvernement italien tenta ensuite de l’expulser vers la France, mais se heurta au refus des autorités françaises. Dans la plainte contre l’Italie qui a été plaidée mercredi à Strasbourg, Nassim Saadi souligne que son expulsion vers la Tunisie, si elle était exécutée, serait contraire à l’article 3 de la Convention qui interdit la torture. En outre, elle violerait ses droits à un procès équitable et au respect de sa vie familiale, en le séparant de sa femme et de son enfant. L’arrêt de la Cour, qui est obligatoire pour tous les pays membres du Conseil de l’Europe, sera rendu dans un délai de plusieurs mois, non précisé. AFP

Que devient Abderrahmane Tlili?

 
A l’occasion du voyage officiel du président de la République Nicolas Sarkozy en Tunisie le 9 juillet 2007, nous vous prions de bien vouloir publier cet appel en faveur du prisonnier politique tunisien Abderrahmane Tlili. Cet ancien candidat à l’élection présidentielle tunisienne a été jeté en prison à la suite d’une affaire montée de toutes pièces et d’un procès fallacieux. Agé de 64 ans, il est très gravement malade, et l’aide de votre journal prestigieux est décisive pour sa libération. En effet, nous espérons que grâce à cet article, son cas sera évoqué par le président de la République lors de ses discussions avec le président Ben Ali. Un comité et un blog ont été créés pour le soutenir: http://blogabderahmane.overblog.com Merci pour votre aide Omar KHALASSI, pour le Comité international de Soutien à Abderrahmane Tlili. (Source : Rubrique «La Parole aux lecteurs » sur le site NouvelObs.com (France), le 12 juillet 2007)


A Tunis, Sarkozy bénit Ben Ali

La presse interdite de contact avec le président tunisien.  

 
Par ANTOINE GUIRAL QUOTIDIEN : jeudi 12 juillet 2007 Et Nicolas Sarkozy inventa le voyage à huis clos. pour le plus grand bonheur de son ami le président tunisien Ben Ali, qui l’a reçu mardi soir à Tunis. De cette courte visite de travail dans un pays qui bafoue les plus élémentaires libertés individuelles et pratique la torture, les journalistes qui suivaient la mini tournée sarkozyste au Maghreb ( Libération d’hier) n’auront rien vu. Au loin.  Du bel ouvrage puisque tout avait été organisé pour que la presse française n’ait pas le moindre contact (même visuel) avec le président tunisien. L’avion de Sarkozy en provenance d’Alger est ainsi arrivé bien avant celui des journalistes. Quant aux entretiens entre les deux dirigeants, ils ont eu lieu loin de tous regards au palais de Carthage (et sans conférence de presse finale bien sûr) tandis que les journalistes français étaient parqués au loin dans un hôtel. Finalement, c’est Nicolas Sarkozy lui-même qui est venu, aux alentours de minuit, (lire aussi page 2) raconter sa rencontre avec Ben Ali. Pas vraiment à l’aise sur ce sujet, il s’est en réalité inscrit dans le droit fil de ses prédécesseurs qui ont de fait toujours cautionner le régime tunisien en place. «Nous avons beaucoup parlé des questions de sécurité et de terrorisme. Car la sécurité des Français passe aussi par notre collaboration avec les services tunisiens», a-t-il assuré. Un peu plus tôt, l’avocate Ra­dhia Nasraoui, présidente de l’association (non reconnue) de lutte contre la torture en Tunisie, confiait dans un hôtel de Carthage que «le régime policier en place avait profité de la lutte contre le terrorisme pour réprimer davantage encore toute forme d’opposition». Elle faisait état de cas «de tortures abominables pratiquées sur les parties génitales de prisonniers», dont elle avait recueilli les témoignages et pu constater les séquelles. Selon elle, la visite de Nicolas Sarkozy «passe inaperçue, n’apportera rien à la société civile tunisienne et conforte les pratiques du pouvoir». Elle jugeait par ailleurs «très significatif» que Rama Yade (la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme) n’ait eu aucun contact avec les défenseurs des libertés en Tunisie. Elogieux.  Rentrée à Paris hier, Rama Yade devait cependant recevoir des représentants de la Ligue des droits de l’homme au quai d’Orsay. Nicolas Sarkozy, lui, a affirmé avoir évoqué les cas de quelques prisonniers avec son homologue tunisien, dont celui de l’avocat incarcéré depuis plus de deux ans, Mohamed Abbou. Le nouveau président français a dit qu’il ne reprenait absolument pas à son compte la formule de Jacques Chirac prononcée à Tunis («le premier des droits de l’homme, c’est celui de manger»), mais s’est montré élogieux sur «la réussite économique tunisienne» et sa manière de «lutter contre le fanatisme». Si Ben Ali avait quelques doutes, il peut se ­rassurer : à quelques détails près, la France continue bien à jouer avec lui la même partition.
(Source: « Liberation », (Quotidien – France), le 12 juillet 2007)

 
 


En visite à Alger, Nicolas Sarkozy enterre le traité d’amitié entre la France et l’Algérie

Florence Beaugé et Philippe Ridet  
 
ALGER, TUNIS ENVOYÉS SPÉCIAUX Il reviendra en Algérie, début décembre, pour une visite d’Etat. Les responsables algériens s’en réjouissent. C’est le principal résultat de la visite éclair de Nicolas Sarkozy, mardi 10 juillet, à Alger. On pouvait craindre que cette diplomatie de l’incantation et du verbe, chère au nouveau président français, ne tourne court. En réalité, elle a marché. L’Union méditerranéenne ? A Alger, on a choisi d’y croire, même si le projet n’est pas encore très clair. « C’est un début », indique l’entourage du président Abdelaziz Bouteflika. Côté algérien, on s’est fait une raison : mieux vaut adopter le pragmatisme du nouveau locataire de l’Elysée et aller de l’avant. « Nous avons trouvé M. Sarkozy direct, plein de bonnes intentions. Il est concret, indique-t-on à Alger. Nous sommes dans le donnant-donnant. Et finalement, cela nous convient. » Accompagné de Bernard Kouchner, le ministre des affaires étrangères, et de Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, Nicolas Sarkozy a passé l’essentiel de sa visite à Zeralda, l’une des résidences d’Etat, dans la banlieue d’Alger. Sa rencontre avec le président algérien, d’une durée de trois heures, a permis aux deux hommes de faire le tour des problèmes en suspens sans en trancher aucun. Mémoire, visas, contrats énergétiques : tout a été repoussé à la visite d’Etat de décembre. Au cours de la conférence de presse qui a suivi cet entretien, seul M.Sarkozy a pris la parole. Le service de presse algérien avait fait passer la consigne : « Pas de questions à M. Bouteflika. » Une manière de masquer la faiblesse physique du président algérien qui s’est tenu debout, le visage blême, silencieux, au côté de son homologue français. Bon climat Le traité d’amitié entre les deux pays n’est plus d’actualité. « J’ai indiqué au président Bouteflika que (…) l’amitié se nourrissait davantage de projets, d’actions, que de traités, de discours ou de paroles, et je crois que, sur ce premier point, nos montres ont marqué exactement et strictement la même heure », a expliqué M.Sarkozy. « Je n’ai pas fait la guerre d’Algérie. Je ne suis pas de cette génération sur laquelle pèse l’Histoire. Je viens ici ni pour blesser ni pour m’excuser [mais] en ami, avec la volonté de participer à une entente entre deux peuples souverains », a-t-il rappelé. Avant d’ajouter : « Nous voulons résolument nous tourner vers l’avenir. » Réalistes, les Algériens indiquent, en privé, avoir mis « entre parenthèses » la question du bilan de la colonisation et celui de la guerre d’Algérie. Dans la soirée, après son arrivée à Tunis où il a passé la nuit avant de regagner Paris mercredi matin, M. Sarkozy a confirmé le bon climat qui a prévalu à Alger. « Je crois que le président Bouteflika est devenu un ardent ambassadeur de l’Union méditerranéenne. De même que le président Ben Ali », a-t-il souligné, lors d’un point de presse improvisé à minuit. Preuve supplémentaire, selon lui, de cet « intérêt grandissant » : la présence, lundi à Tunis, du ministre libyen des affaires étrangères, venu discuter avec les responsables tunisiens du projet d’Union méditerranéenne. Dans la foulée, M. Sarkozy a annoncé la visite à Paris, début août, du président égyptien, Hosni Moubarak, pour évoquer ce sujet. Quant à « Bernard » (Kouchner), comme il a coutume de le désigner, il va continuer sa tournée des pays méditerranéens pour les convaincre du bien-fondé de cette Union. Dans l’esprit de M. Sarkozy, ce projet ne doit pas « rester français ». Il faut, dit-il, qu' »on se l’approprie des deux côtés de la Méditerranée ». (Source: « Le Monde », (Quotidien – France), le 12 juillet 2007)

La Tunisie « en cheminement vers la démocratie »

 
A Tunis, mardi 10 juillet, Nicolas Sarkozy a eu un entretien d’une heure avec le président Ben Ali, puis un dîner. Outre le projet d' »Union méditerranéenne », auquel la Tunisie déclare adhérer « avec intérêt et enthousiasme », il a été question de sécurité et de lutte contre le terrorisme. La collaboration entre les services français et tunisiens sera intensifiée. Les droits de l’homme ont été abordés, mais rapidement. Le cas de maître Abou, un avocat condamné à trois ans de prison pour des articles critiques publiés sur Internet, a été mentionné. En revanche, il n’aurait pas été question d’Abderrahmane Tlili, un ancien candidat à la présidentielle, également incarcéré. Comme naguère Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy estime qu’en dépit des critiques qui lui sont faites, la Tunisie « est en cheminement vers la démocratie ». Interrogée sur les raisons pour lesquelles elle ne rencontrait pas les organisations de défense des libertés, la secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme, Rama Yade, a expliqué que sa venue à Tunis avait été incertaine jusqu’au dernier moment. « Dès mon retour à Paris, a-t-elle assuré, je recevrai la présidente de la FIDH [Fédération internationale des ligues des droits de l’homme], Souhayr Belhassen, une Tunisienne. » – (Corresp.) (Source : Le journal « Le Monde », (Quotidien – France), le 12 juillet 2007)

L’ Union méditerranéenne », cette chimère

 
par Daniel Vernet C’est un beau projet, fondé sur un constat : la Méditerranée est la frontière la plus inégale du monde, comme le disait le socialiste espagnol, ancien président du Parlement européen, José Borrell. Et ces inégalités se creusent. C’est un projet fondé sur une critique : le « processus de Barcelone », inauguré en 1995 par les quinze pays membres de l’Union européenne, qui devait rapprocher les deux rives de la Méditerranée, est un « échec ». C’est du moins ce que dit Nicolas Sarkozy. Le président de la République a été convaincu par sa « plume », Henri Guaino, qu’il fallait prendre le problème autrement, et il a lancé l’idée d’une « Union méditerranéenne ». C’est un beau projet, mais n’est-il pas tout aussi chimérique ? Si les contours en sont encore flous, les prémices en sont claires. Le processus de Barcelone a échoué parce qu’il est un avatar du dialogue Nord-Sud qui place les pays du sud de la Méditerranée dans une position de dépendance vis-à-vis de leurs voisins plus prospères du Nord. Il crée des relations inégales entre le centre et la périphérie. Il a misé sur le développement du commerce et du libre-échange, ce qui revient à confondre la fin et les moyens. Avec l' »Union méditerranéenne », il faut inverser l’ordre des facteurs, traiter le mal à la racine, en mettant l’accent sur la base du développement économique et social, la santé, l’éducation, les transports, l’urbanisme, la politique industrielle. Les investissements étrangers dans les secteurs dits productifs ne sont plus la priorité. Le codéveloppement doit, comme priorité, se substituer au commerce, afin que les pays du sud de la Méditerranée ne soient pas de simples sous-traitants de l’Europe. Cette « Union méditerranéenne » serait dotée d’un conseil sur le modèle du Conseil de l’Europe, accompagné de rencontres régulières entre chefs d’Etat et de gouvernement, du type G8. Elle serait appelée à traiter de la lutte contre le terrorisme, de la gestion des migrations, du développement économique et commercial et de la promotion de l’Etat de droit et des droits de l’homme. Elle aurait à terme des institutions communes avec l’Union européenne. Qui en ferait partie ? Du côté Nord, les pays d’un « bloc latin » qui reste à définir. Pour ses concepteurs, il ne s’agirait pas, en tout cas, des vingt-sept membres de l’UE, qui n’ont pas tous le même attachement – c’est un euphémisme – à la Méditerranée. Du côté Sud, même incertitude : les pays du Maghreb certainement, l’Egypte, la Jordanie sans doute, la Turquie bien sûr – puisqu’il s’agit implicitement de lui offrir une solution de rechange à l’entrée dans l’Europe communautaire -, Israël, peut-être, au risque d’importer le conflit avec les Arabes dans le nouvel ensemble… C’est un des obstacles sur lesquels a buté le processus de Barcelone que le projet Sarkozy ne pourra pas éviter. Un autre tient en l’absence d’une volonté de coopérer entre les Etats du sud de la Méditerranée. Comment imaginer dans la même Union deux voisins comme l’Algérie et le Maroc, dont la frontière est fermée depuis dix ans ? Le président de la République verrait bien la France jouer en Méditerranée le rôle unificateur que les Etats-Unis ont joué en Europe après 1945. Mais les Européens avaient compris que la reconstruction passait par la coopération, et les Américains ont dépensé l’équivalent de 125 milliards d’euros entre 1947 et 1951, à comparer avec les 20 milliards que Bruxelles a consacrés au programme Euromed de 1995 à 2005. Quelle est l’incitation, autre que financière, qui poussera à travailler ensemble des dirigeants, souvent autocratiques, qui se jalousent et préfèrent entretenir avec l’Europe des partenariats privilégiés, fondés sur les relations bilatérales ? Daniel Vernet Article paru dans l’édition du 11.07.07 les réactions des abonnés du Monde.fr à la lecture de cet article. DelendaCarthago 11.07.07 | 17h01 Un conseil sur « le modele du Conseil de l’Europe » ? Un peu court.. La plus belle reussite du Conseil de l’Europe demeure le Convention europpenne des droits de l’homme et les institutions qui en garantissent le respect (Commission et Cour des ddh) qui, des le debut des annees 50, obligerent les pays ayant ratifiee la Convention a mettre leurs legislations en accord avec ses principes. On voit mal Khadafi, Ben Ali ou meme Moubarakh se lier ainsi les mains. Avec eux ce seront des ddh a l’onusienne Julien M. 11.07.07 | 16h29 Quand on va au Maroc, on entend des marocains pensent que la place de leur pays est dans l’Europe, ca me fait rigoler, pareil pour les turques. En fait il serait moins raciste et plus intelligent pour ces nations de se federer en Alliance autour des valeur commune geographique et politique, pour moi ce n’est pas une chimere, c’est plutot une reponse approprié au desir de securité et de prosperité legitime des population du magrehb, de la turquie, de la lybie et de l’egypte. gérard B. 11.07.07 | 14h31 La méditerranée, centre des civilisations avancées, c’est fini depuis a moins 1492. Depuis, on a eu le trsè célèbre suédois Descartes, Newton, Kant, … La Méditerranée, maintenant, c’est le centre des « valeurs » machistes, que l’on enrobe pafois sous le nom de « trois monothéismes » ; c’est à dire l’anticivilisation par excellence. C’est pourquoi nous devons nous tourner vers le nord (et l’ouest), et s’efforcer d’adopter les pratiques de ces pays. CARIBOU 11.07.07 | 11h50 Pour conclure rapidement le rôle de la France doit y être primordial ( sous toutes ses formes) sans pour autant que notre nouveau président y voit la possibilité de réaffirmer un « pré-carré » français en Méditerranée. Les valeurs d’égalité entre les peuples, de coopération, de solidarité devront si le projet se concrétise guider les promoteurs et les acteurs de cette future organisation. CARIBOU 11.07.07 | 11h48 L’Union Méditerranéenne proposée notre nouveau président part certainement d’une bonne intention parce qu’elle permet de prendre enfin conscience que la Méditerranée ne doit pas être une frontières hermétique mais un moyen de coopération intense entre pays de l’UE et les pays du Maghreb voire plus. Elle doit d’abord servir à développer les relation économiques égales et surtout à promouvoir l’essor de la démocratie en Tunisie ou dans d’autres Etats et des relations apaisées entre tous ALBERT F. 11.07.07 | 11h17 Chimère certes.L’histoire montre que les pays dits « arabes » sont fondamentalement incapables de coopérer spontanément, encore moins de « s’unir » volontairement au travers d’une union/association, quel que soit le type d’union qu' »on » leur propose. Le pouvoir d’état est chez eux jaloux de son indépendance, garantie par les frontières/lignes maginot. Le seul véritable lien communautaire est l’oumma, d’ordre avant tout religieux, comme la langue. C’est leur culture. Foutons leur donc la paix… Mady M. 11.07.07 | 11h17 Une chimère utile ! Bravo Andromède après cette agréable et court séjour à Zéralda. Personne n’a voulu lui montrer autre chose. Cette misère dans un pays riche. Connaissez-vous, M. Sarkozy, le prix d’un appareillage dentaire, le temps qu’il faut pour obtenir un appartement sans avoir « le bras long ». Et que deviennent les jeunes universitaires au terme de leur diplômes. Les filles se marient, les garçons tiennent les murs. Vous avez un visa, M. le Président, alors promenez vous et regardez bien ! -Tom- 11.07.07 | 11h07 Attention. Ce projet est conçu comme la mise en place d’une forteresse douanière au marges de l’Europe. Il y a un piège ici, dont il n’est même pas question dans l’article : un des buts de la démarche est de sous-traiter la lutte contre l’immigration aux pays de l’autre rive, loin des lumières des médias, loin des normes de simple humanité. Refaire de la Méditerranée le lac du métissage, ce n’est pas donner à Kadhafi la gestion du droit d’asile… Mady M. 11.07.07 | 10h55 Je suis étonnée de trouver aussi peu d’information sur la « future université mixte algéro-française en Algérie ». D’après Sarkozy, devrait être mis en place « un groupe de pilotage de départ ». Par expérience, je sais que quand on ne veut rien faire, il suffit de créer une commission, un groupe de pilotage, qui se réunit une fois. Quelle ineptie! L’algérie a besoin par exemple de bons professeurs de français langue étrangère. Bien évidemment, tout le monde parle français en Algérie mais comment ? lv 11.07.07 | 10h41 Le codéveloppement, c’est beau, mais a-t-on pensé une seconde à l’ampleur colossale des sommes à mettre en jeu pour faire des pays méditerranéens (et notamment des villes) des endroits où il fait si bon vivre qu’on n’a pas envie d’émigrer – parce que c’est ça le débat, non ? Stephane V. 11.07.07 | 01h48 La frontière fermée depuis 10 ans entre le Maroc et l’Algérie est justement une bonne raison d’inviter ces deux pays à rejoindre une union plus large. Que proposez vous, M. Vernet, rajouter des barbelés? Il faut trouver un système où tous ceux qui n’ont pas intéret à la création d’une Union Méditerranénne en trouve un. C’est seulement en « achetant des convictions » chez les « autocrates » que ça marchera. Et il faut traiter les problèmes capitaux en priorité: Santé (sida), eau, éducation. bobo 11.07.07 | 00h41 vu que le port de Marseille importe plus qu’il n’exporte en valeur vers le magreb, on comprend vite l’avantage de se tourner vers la Méditerranée depuis sa rive sud, sans s’empoisonner avec l’immigration maintenant très réglementée. Mais à qui cela profitera-t-il ? et de quoi nous mêlons nous ? les pays méditerranéens doivent être bien assez grands pour s’en occuper, sinon on va vite aboutir à l’antieuropéanisme comme depuis la guerre, l’antiaméricanisme… réjouissant ! Le+Mosellan 10.07.07 | 22h55 Quoi qu’en disent les peuples nordiques,ils se sont nourris des civilisations méditerranéennes.Ca va de l’Egypte des Pharaons,à la Grèce de Périclès,puis à la Rome des Césars.Les racines culturelles de l’Europe y sont.Même l’Amérique les revendique avec le Capitole,et la Maison Blanche fait le clin d’oeil à Athènes avec ses colonnes.Et l’Egypte?Eh bien l’espace-temps a pris son essor du Nil.Les Pyramides expriment l’espace.Et la mesure du temps y a trouvé son premier calendrier solaire. Le+Mosellan 10.07.07 | 22h22 Pour éviter un conflit aigu avec la Turquie,Sarkozy lui offre une belle porte de sortie. Reconstruire l’ensemble de la Rome antique,Byzance comprise, voilà un beau rêve compensateur du refus de son entrée dans l’Union européenne.Utopie?L’Union l’a été avant de se réaliser pas à pas sous nos yeux.La lettre ouverte à Tony Blair n’est-il pas un commencement?La France,par ordre alphabétique,et non pas en tête, des Etats méditerranéens de l’Union,figure parmi les signataires. FRANCIS N. 10.07.07 | 21h34 Commençons tout de suite par ceux qui le veulent. Je suis pour une union franco-algérienne, les Marocains et les Tunisiens étant les bienvenus. Et tendons ensuite vers l’Union méditerranéenne. Pas la peine d’attendre que tous soient d’accord, l’Europe a bien commencé à six. Mathurin 10.07.07 | 21h27 Ce serait surement quelque chose qui ferait froncer les sourcils tant aux Américains qu’aux Britanniques et aux Nordiques. Donc c’est une bonne initiative. Intégrer Israël et les Etats musulmans dans une structure de coopération et de libre échange est une bonne idée aussi, comme disait Gandhi à propos des valeurs démocratiques et des lumières de l’occident. andromede 10.07.07 | 21h26 chimère peut être mais chimère utile ! xyz 10.07.07 | 20h16 Or les politiques antidemocratiques et inegalitaires en oeuvre sous pretexte de securité demoralisent les jeunes qui ne songent qu’à partir et maintiennent une pression énorme à l’interieur, toujours prete à exploser, y compris au vrai sens du terme.En quoi une union med, avec le potentiel de connivences que l’on imagine, serait elle mieux à même que l’UE de promouvoir une transition politique et un enrichissement de tous dans les pays med? xyz 10.07.07 | 20h06 Brievement: quels sont poles trois points importants pour nos relations avec les pays med,?: 1.Renforcement de la coopération en matiére de sécurité et migration 2. Incitations complement (aide au developpement) pour que les citoyens des pays med sud restent chez eux 3. sécurisation des sources energétiques. JACQUES P. 10.07.07 | 19h16 Une condition sine qua non pour faire partie de l’ensemble: tout adhérent devrait s’engager à respecter des critères identiques à ceux de copenhague (sur l’organisation du système politique). Il n’y aurait dès lors plus beaucoup … de candidats! Mais, ce n’est, semble-t-il, qu’une histoire de fric! Une union pas pour les citoyens mais pour les affairistes et les corrompus! Chimère, en effet! Un Toulonnais 10.07.07 | 19h05 Hamdullah, il y a encore quelques Varois qui ne nient pas leur cousinage historique avec les « Maures ». Et que dire de l’Andalousie? Et, après tout, l’Algérie a été territoire français naguère. Alors, on peut bien avoir une sympathie égale pour les Arabes et les Finlandais. Et si la modernité est au Nord, la civilisation pourrait bien être au Sud. Elle le fut d’ailleurs jusqu’à 1244 en France et 1492 en Espagne … JEAN FRANCOIS B. 10.07.07 | 18h58 Tiens « Bouge de là » est en intervention médiatique en Algérie.Nul doute que les encenseurs vont titrer deman qu’il aura réussi à ranimer Bouteflika. Décodages chers amis parce que moi j’attends toujours les prémices du début du commencement d’une véritable action ( c’est à dire la résolution quantifiable ou évaluable d’un problème identifié). Du vent encore et toujours de la part de notre grand conducteur que le monde « méditérranéen » nous envie. SVP lire presse allemande aujourd’hui, ca défrise. Christian M. 10.07.07 | 18h48 Autre formulation de ce long article : « comme on n’a pas les moyens, autant ne pas avoir la prétention de faire quelque chose ». Un peu lassant comme type d’approche. jose r. 10.07.07 | 18h03 Les milliards du Plan Marshall ont fait fructifier une Europe exsangue mais riche de son passé industriel, culturel, social – et tourné après la guerre vers des régimes démocratiques. Dès lors que ces structures ont déterminé le succès du Plan, on se demande si, en leur absence, les 20 milliards de l’Euromed sont aussi insignifiants que vous semblez l’estimer. Pierre S. 10.07.07 | 17h41 D’une manière ou d’une autre, il faut une structure, ne serait-ce que pour gérer les différences de civilisations entre un monde laicisé (et qui le restera malgré tous les avatars) et un monde dont la religion restera au stade du moyen-âge encore pendant quelques siècles… Gadrel 10.07.07 | 17h34 Mon Dieu, une usine à gaz bureaucratique de plus. Pauvres Méditerranéens, ils ne sont pas sortis de l’auberge. Et après ça on dira que Sarkozy est libéral : il est ultra-étatiste. KYRN 10.07.07 | 17h30 Cette union a des atouts pour reussir .Ce sont la force de la Turquie,puissance historiquement incontournable , l’Iran enfin reconnu grande puissance regionale ,le Maghreb en expansion où la France garde prestige et influence ,et les berceaux de notre civilisation:le Machrek,les pays du Croissant Fertile et enfin Rome et Athenes dont nous sommes les heritiers .Les 3 monotheismes vivant alors une coexistence pacifique garantiraient avec la paix l’existence d’Israel . KYRN 10.07.07 | 17h12 L’essentiel est de refaire de la Mediterranée,un lac de paix et de metissage des cultures car telle a été toujours sa mission civilisatrice. L’intransigeance israelienne ,les appetits des petroliers ,et leur consequence la réemergence du DJIHAD en font un lieu de confrontation d’où peut surgir une guerre atomique mondiale Pour nous fils de cette mer cette Union doit mettre fin à l’ingerence petroliere US .La paix est à ce prix qui exige la reduction des armements et la denuclearisation. jerome g. 10.07.07 | 16h58 Quand on voit comment l’Espagne tire profit de ses relations avec l’Amérique du sud, on se dit que la France pourrait tirer profit de sa relation avec l’Afrique. Sarko sait-il que 33 millions d’Algériens regardent TF1 tous les soirs ? Ne les voit-il que comme des immigrés potentiels ? La perspective lointaine de cette union n’apportera rien à la France à court ou moyen terme. Le problème avec Sarko, c’est qu’il n’a pas de culture générale. Donc il survole les sujets. gérard B. 10.07.07 | 14h49 Une union méditérranéenne serait une absurdité tant sur le plan politique qu’économique. Il y a bien plus de différences entre pays de l’UE même latins et pays du Nord de l’Afrique qu’entre pays de l’Ouest et pays de l’Est de l’Europe; pourtant que n’a-t-on dit à propos de l’élargissement ! Nous trainons la colonisation comme un boulet, ou plutôt comme des oeillères qui nous détournent de la modernité qui est au Nord. En ce sens, nous n’avons pas fini de payer l’erreur de nos ancêtres. ParisMadrid 10.07.07 | 14h18 A defaut de moyens, on ne peut que se feliciter de la prise de conscience que tout passera (ou pas) par le succes du processus de barcelone: des processus de migrations clandestines a la resolution du conflit israelo arabe. Bon Vent a cette Union tant attendue (Source: « lemonde.fr », (Quotidien – France), le 12 juillet 2007)


Conférence de presse de l’ambassadeur de France en tunisie

« Les présidents Ben Ali et Sarkozy ont en commun le sens du pragmatisme et le sens du résultat » La visite d’amitié du Président Nicolas Sarkozy en Tunisie a été « couronnée de succès », selon M. Serge Degallaix, ambassadeur de France en Tunisie.

 
Convergence des points de vue entre le Président Ben Ali et le Président Sarkozy, surtout que le nouveau locataire de l’Elysée connaît bien la Tunisie – comme ex-ministre, il s’était rendu plusieurs fois dans notre pays et, en plus, M. Degallaix révèle que M. Sarkozy, avait à maintes fois, visité la Tunisie à titre privé, puisqu’il aime, particulièrement, Tozeur. Mais, entre Ben Ali et Sarkozy, il n’y a pas que le capital-sympathie. Il y a, aussi, le capital-confiance. Selon M. Degallaix : « les deux chefs d’Etat ont, en commun, le sens du pragmatisme et le sens du résultat ». Quels résultats concrets peut-on espérer dès lors de cette brève visite ? « Il convient, d’abord, de préciser, affirme l’Ambassadeur, qu’il s’agissait d’une visite d’amitié et de travail. Les deux ministres des Affaires étrangères des deux pays ont travaillé, aujourd’hui (hier), sur des échéances de préparation d’une visite d’Etat du Président Sarkozy, en Tunisie, laquelle devrait intervenir début 2008. Entre temps, on approfondira le cadre d’une commission mixte et, pour ainsi dire, passer à la vitesse supérieure en approfondissant la coopération éducative (un projet d’université tuniso-française) ; la professionnalisation de la formation et aller le plus loin possible dans la consolidation économique de sorte à ce que l’on atteigne un degré de partenariat « gagnant-gagnant ». De plus, ajoute l’ambassadeur, les perspectives du XIème Plan de Développement, sont prometteuses : ainsi, les entreprises françaises cibleront-elles les créneaux importants : les transports, les énergies thermiques électronucléaires renouvelables, et le tout en fonction d’un transfert des technologies devenu, aujourd’hui, incontournable. Les deux Présidents ont, aussi, évoqué le contrat de partenariat, surtout que l’accord-cadre, signé en 2003, vient à échéance cette année d’où l’opportunité de concevoir un nouvel accord, plus moderne, mieux tourné vers les entrepreneurs. Il a, bien sûr, été question, entre les deux chefs d’Etat de lutte contre le terrorisme et la montée des extrémismes et des moyens de les juguler à leurs racines. Car, tout le monde est conscient que ces dérives ne reculent plus devant rien. Naturellement, il y à mettre en relief les échanges de vues sur les questions internationales, vues qui convergent et vous aurez remarqué que la France essaie de ramener les antagonistes à la table des négociations comme pour le Darfour, le Liban… Le Président Ben Ali et le Président Sarkozy recherchent la solution aux conflits à travers le dialogue». « Union euro-méditerranéenne : dissiper les malentendus »  Sitôt dit, sitôt fait. L’hyper-présidence de M. Sarkozy a fait, de son projet, de l’espace euro-méditerranéen, une stratégie fondamentale et, bien sûr, géostratégique. Il s’agit de rallier les deux rives de la Méditerranée et d’étendre l’aire à l’Afrique. D’aucuns trouvent le projet « utopique » : d’autres « un peu trop taillé sur la France »… Réponse de l’ambassadeur : « Si M. Sarkozy s’est empressé d’entreprendre ce périple à travers le Maghreb (encore que la visite au Maroc n’ait pas pu avoir lieu parce que le calendrier de Sa Majesté Mohamed VI ne le permettait pas ce jour-là (hier). C’est parce qu’il tenait à dissiper, je ne dirais pas des malentendus, mais éclaircir quatre points essentiels : 1/ Cette Union n’est pas quelque chose qui sort tout casquée de la tête de la France. Ce n’est pas un papier qu’on envoie par la poste. On présente des propositions, on recueille les réactions et on en discute. Cette union n’est pas dirigée contre l’Europe. Elle ne cherche pas à saborder le Processus de Barcelone. Mais le fait est là : ce processus a déçu. Il faut, donc, sauvegarder les acquis et corriger ce qui n’a pas marché. 3/ Ce projet n’est pas conçu pour être dormeuse ou une consolation pour la Turquie. La Turquie est un partenaire, elle cherche à entrer à l’Union Européenne mais elle sera partie prenante du nouvel espace : elle est gagnante sur les deux fronts. Car, ce n’est pas simple. Cette Union doit franchir des obstacles : il y a déjà un scepticisme au Nord, du côté de l’Allemagne et de l’Angleterre et, au Sud, il y a ce conflit maroco-algérien. 4/ Enfin, quatrième point à préciser, ce projet s’appuie sur l’approche diplomatique. Le Président Moubarak sera reçu à Paris, la Libye aura aussi son mot à dire ». Axes et stratégie M. Degallaix nous voyait venir. Ne serait-ce pas ce côté napoléonien de la France qui refait surface avec M. Sarkozy, pour en finir avec ce côté Jeanne D’Arc, stigmatisé par les néo-conservateurs de M. Bush ? Ce retour diplomatique ne sonne-t-il pas la charge d’une revanche ? « L’idée du Président Sarkozy n’est pas de faire de la France une locomotive. Mais, de raviver un espace qui existe. Ainsi, le Président proposera-t-il la tenue d’un Sommet au premier semestre 2008 et ce sommet ne se tiendrait pas en France. Mais, il faudra bien que le processus avance sur le plan institutionnel. Et c’est ainsi que la France proposera quatre axes : – L’Environnement : dans le sens qu’il faudra préserver ce bien commun qu’est la Méditerranée. – Le Développement économique de la zone : le Président Sarkozy propose, à cet effet, la création d’une « Banque Méditerranéenne de Développement », à l’instar de la BEI, par exemple. On nous dira que les approches techniques sont complexes, sauf que le message politique passe avant tout. –  Zone de stabilité et de sécurité. Il faut un code de conduite à l’instar de celui conçu à Barcelone pour lutter contre le fanatisme, la drogue, la traite des hommes et, donc, l’immigration illégale. – Dialogue des cultures : la Méditerranée a toujours été un espace fécond d’échanges et de multiculturalisme. En Tunisie, il y a la Chaire Ben Ali qui fait un travail appréciable dans ce sens. A Alexandrie, à Séville, des forums se tiennent pour rappeler les valeurs d’humanisme et de civilisations… Sinon, pour le reste, sachez que les Italiens et les Espagnols réagissent, déjà, positivement au projet initié par le Président Sarkozy ».  Zones d’ombre….  Sur le papier, le projet est très ambitieux… Un confrère s’est demandé s’il n’était pas « utopique » ou, à terme, si l’ambition de M. Sarkozy n’était pas un nouveau Schengen ? Réponse de M. Degallaix : « Rappelez-vous Jean Monet, Schuman… Au début, c’était un simple élargissement ; un processus… Et au bout du compte, chacun a gardé ses spécificités. L’Union Européenne existe depuis 50 ans. Mais il a fallu du temps pour que les barrières tombent. Quant à un nouveau Schengen, eh bien ! il ne faut se priver d’aucune ambition ». Et l’épineuse question de l’immigration, dont une partie a été assimilée (voir plus haut), par M. Degallaix, à une « traite des hommes » ? A une question posée par un confrère sur ce quota de 50% à l’avenir, réservé aux impératifs économiques français, l’ambassadeur répond, ainsi : « Il faut saisir la dimension de la loi du 24 juillet, la notion de regroupement familial, les facilités accordées aux étudiants ». Non, la France ne ferme pas les portes. Mais tout le monde est d’accord pour juguler l’immigration clandestine en venant en aide aux pays pauvres et en veillant à ce que cette aide soit utilisée à bon escient ». Question posée par « Le Temps » « Nous n’avons rien vu venir dans la campagne de M. Sarkozy (pas plus que maintenant, d’ailleurs), qui s’apparente à une position, une déclaration ou une prononciation concernant l’occupation de la Palestine par Israël et celle de l’Irak par les Etats-Unis. M. Sarkozy ne se prononce pas ouvertement sur le terrorisme comme s’il en laissait le privilège à M. Bush… Réponse de M. Degallaix : « M. Sarkozy s’est bien prononcé sur le conflit israélo-palestinien. Le droit d’Israël à la sécurité, le droit de la Palestine à un Etat, mais loin des dérives fanatiques. Quant à l’Irak, il faut que les Irakiens trouvent un consensus entre eux. En ce qui concerne le terrorisme, certes, M. Sarkozy et la France sont des amis des Etats-Unis, mais sachez que le Président Sarkozy ne s’est jamais privé de manifester des points de divergences sur la question, avec M. Bush ». Compte rendu et commentaire : Raouf KHALSI Droits de l’Homme : « Les Présidents Ben Ali et Sarkozy ont bien parlé des questions des droits de l’Homme tant sur le plan international qu’en France et en Tunisie. Les propos ont porté sur la nécessité de faire avancer le processus démocratique et les droits de l’Homme parce qu’il y a toujours encore à faire. Mais je précise qu’aucun nom précis, aucun cas précis, n’a été évoqué par les deux Présidents. Entre deux portes, L’exception culturelle française • Le Temps : L’exception culturelle française sera-t-elle évoquée dans le projet euro-méditerranéen. Depuis le GATT de Marrakech, à cause de cette « exception », la France ne s’est-elle pas repliée sur elle-même, ne s’est-elle pas éloignée de son espace de prédilection et sa langue ne recule-t-elle pas ? – M. Degallaix : « Il fallait protéger l’industrie du cinéma de l’invasion américaine et la production culturelle, en général. Maintenant, vous me dites que la langue française recule : ce n’est pas à cause de la France. La mondialisation, les chaînes satellitaires et peut-être, aussi, un certain désengagement de notre part, je vous le concède… Il faut, peut-être, creuser de ce côté-là… On en reparlera un jour ». Curiosité Nous devions, nous autres journalistes tunisiens, avoir une conférence avec M. Sarkozy, puis on nous avisa que ce serait avec son porte-parole et, finalement, tout fut annulé, à cause, dit M. Degallaix du report de la visite du Président Sarkozy au Maroc. Nos confrères français en profitèrent pour obtenir, tard, avant-hier soir, une conférence de presse improvisée avec M. Sarkozy et on a parlé de questions purement françaises : Jack Lang, Strauss Kahn et Villepin… (Source: « Le Temps », (Quotidien – Tunis), le 12 juillet 2007)


L’ambassade de Tunisie à berne répond à un journaliste suisse…

Le lycée français de Tunis

 
L’ambassade de Tunisie à Berne réagit à un article (*) («La Liberté» du 28.6) consacré à la menace de fermeture d’un lycée français privé de Tunis. Le Lycée Louis Pasteur de Tunis n’a jamais été menacé de fermeture. Il a simplement été demandé à la Fondation Bouedbelli, institution scolaire privée en activité à Tunis, de compléter le dossier de demande d’autorisation qu’elle avait déposé auprès du Ministère de l’éducation nationale pour l’ouverture, en plus des cycles d’enseignement déjà existants, d’un lycée privé dénommé Louis Pasteur, et ce avant de procéder à une quelconque inscription d’éventuels élèves. Il convient de souligner, du reste, que tous les établissements privés exerçant en Tunisie sont soumis, avant ouverture, à cette formalité administrative qui est la même pour tous. Contrairement aux insinuations déplacées de l’auteur de l’article, il n’existe aucun lien entre l’institution privée Louis Pasteur et Mme Leila Ben Ali, épouse du président de la République tunisienne. Toute allégation contraire relève de la diffamation et de la malveillance. L’auteur se trompe également de pays en faisant croire que des individus ou groupes quelconques seraient capables d’imposer leurs lois en Tunisie. Etat de droit, la Tunisie garantit l’égalité des citoyens devant la loi. Mohamed Fawzi BLOUT, chargé d’affaires à l’ambassade de Tunisie à Berne (Source : « La Liberté » (Quotidien – Suisse), le 11 juillet 2007)
 

(*) Rappel : voici le texte intégral de l’article en question : Lycée français condamné par le pouvoir

 

 
Tunisie • Le Lycée Louis-Pasteur de Tunis[100] est torpillé à l’heure où, étrange coïncidence, la veuve de Yasser Arafat et la femme du président Ben Ali lancent un lycée concurrent. Roger de Diesbach La Fondation Bouebdelli, dirigée par une famille franco-tunisienne, possède et dirige à Tunis[100] une école privée de plus de 1400 élèves (école, collège, lycée). A l’initiative de la Chambre tuniso-française de commerce et d’industrie, un Lycée Louis Pasteur, préparant aux examens d’Etat français, est ajouté à cette structure en septembre 2005. Le 25 mai 2005, le Ministère tunisien de l’éducation et de la formation écrivait à Madeleine Bouebdelli qu’il ne voyait a priori aucun inconvénient à autoriser ces classes de préparation au baccalauréat français. Suivaient cinq conditions (accord avec la France, enseignement de la langue arabe, de l’histoire et de la géographie tunisiennes, nomination d’un directeur indépendant, etc.) que la fondation estime avoir remplies. Ces études commencent au Lycée Louis-Pasteur en septembre 2005. Le 10 mai 2007, patatras! Le Lycée Pasteur reçoit un nouvelle lettre du Ministère tunisien de l’éducation: «Nous avons appris à travers des annonces publicitaires insérées par votre établissement dans les journaux quotidiens, que vous inscriviez des élèves au baccalauréat en vue d’étudier selon le système de la mission culturelle française en Tunisie. Etonnés de cette initiative, nous vous demandons d’arrêter les inscriptions et d’annuler vos annonces en attendant de recevoir une autorisation définitive.»S’il ne peut plus inscrire des élèves, le Lycée Louis-Pasteur est condamné à la fermeture. Pétitions de 1000 parents d’élèves au président tunisien Ben Ali, lettre au président français Nicolas Sarkozy, rien n’y fait. La fondation Bouebdelli s’insurge «contre cette décision arbitraire et dénonce une tentative de spoliation et un abus de pouvoir du Ministère de l’éducation à la solde de la famille régnante Ben Ali. Pourquoi? La Fondation Boubdelli explique: «Mme Souha Arafat, veuve de Yasser, et Mme Leila Ben Ali, épouse du président, vont ouvrir en septembre prochain un établissement de même nature que notre lycée dans la banlieue nord de Tunis. Ce sera l’Ecole internationale de Carthage. Il fallait donc supprimer toute concurrence à cette nouvelle école, particulièrement celle de notre lycée de renommée, et récupérer élèves et corps enseignant qui, par bonheur, résistent jusqu’à ce jour.» L’établissement Bouebdelli est situé sur un terrain de 6000 m2 dans le meilleur quartier d’affaires de Tunis. En 2004 déjà, le clan de Mme Ben Ali avait tenté d’obtenir sa fermeture, officiellement parce qu’il avait refusé d’inscrire une élève jugée insuffisante de la famille régnante. La vague de protestations suscitée par cette première affaire avait fait reculer le régime. Il n’est pas certain qu’il en sera de même cette fois-ci. Depuis quelques années, le clan de la femme du président impose sa loi avec toujours moins de retenue sur différents secteurs économiques de Tunisie. (Source : le journal « La Liberté », (Quotidien – Suisse), le 28 juin 2007) Site du journal : www.laliberte.ch


Béchir Essid, élu nouveau bâtonnier :

Sortira-t-il la profession de l’impasse ?

 
Le 30 juin et le 1er juillet ont eu lieu l’Assemblée générale des avocats et l’élection du nouveau Conseil et du nouveau Bâtonnier. Après un grand suspense au moment du dépouillement, c’est Me Béchir Essid qui a remporté les élections au deuxième tour devant son concurrent Me Charfeddine Dhrif, avec une avance de 108 voix. Personne ne soupçonnait quelques minutes avant la fin du dépouillement la victoire de Me. Béchir Essid. La bataille était très serrée entre les deux. Cela ne se jouait parfois qu’à deux ou trois voix de différence. Il a fallu attendre jusqu’à la fin, dans une ambiance fort tendue, pour connaître le nom du nouveau bâtonnier. Aussitôt connu, une grande joie s’est déclenchée chez les partisans d’Essid, qui voient en lui « un homme ayant une grande volonté de défendre les droits des avocats dans le cadre d’un dialogue constructif avec le pouvoir, qui ne suppose ni l’accord inconditionné ni les positions radicales », nous déclare un avocat indépendant. Dans le camp de Dhrif, ancien secrétaire général du Conseil de l’Ordre sortant, c’est la déception qui s’est installée. Ses partisans ont vu en lui l’homme capable d’améliorer les conditions des avocats et de redonner au métier « le prestige dont il bénéficiait » auprès des clients et de l’Administration, grâce à son caractère moderniste, modéré et ouvert au dialogue. Certains le considèrent même comme l’homme du « futur », nous dit un jeune avocat stagiaire, qui pourrait apporter de grandes réformes à la profession vers plus de régularisation d’indépendance envers les différents courants politiques. Quant à Me Essid, « il ne fera qu’aggraver le blocage qui existe déjà entre le bâtonnat et les autorités à travers ses positions radicales», nous déclare une avocate furieuse des résultats du scrutin. Les partisans d’Essid pensent, au contraire, que leur candidat élu reste ouvert au dialogue et qu’il va s’engager fortement à résoudre les problèmes de ses collègues, comme il l’a fait durant son mandat précédent (2001-2004). « C’est un homme qui a fait ses preuves auparavant et nous sommes confiants dans sa capacité à servir les causes des avocats», affirme un partisan. Quelles que soient les réactions pour ou contre le nouveau bâtonnier, les défenseurs de la veuve et de l’orphelin sont tenus de respecter le résultat des élections, organisées dans la transparence, selon les observateurs, tout en espérant que la situation de la profession puisse s’améliorer. Car depuis des années, ils ne voient pas arriver de solutions à leurs préoccupations dont les principales sont : la couverture sociale des avocats, l’élargissement de leur champ d’action, la politisation du métier, la protection de la profession des pratiques illégales comme le courtage, la tutelle de l’Institut Supérieur du Barreau et l’amélioration des conditions de travail des avocats, surtout les plus jeunes. Un débat chaud à l’Assemblée Ces questions ont été au coeur du débat lors de l’Assemblée générale. Plus de 45 avocats sont intervenus pour émettre leurs points de vue sur le rapport moral et financier, mais c’était surtout pour analyser la situation de la profession et essayer de comprendre les causes du prolongement de la crise. A cet effet, certains ont évoqué les divisions entre les avocats, basées essentiellement sur leurs appartenances politiques, ce qui les empêche souvent de se concentrer sur la résolution de leurs problèmes professionnels, en tombant dans des conflits idéologiques. Cette attitude nuit considérablement au métier et c’est pour cela qu’un bon nombre d’intervenants a invité les collègues à laisser de côté leurs conflits pour s’occuper uniquement de la promotion de la profession, et ce en s’unissant autour de l’Ordre et de ses structures. D’autres ont voulu attirer particulièrement l’attention sur la situation difficile et précaire des jeunes avocats, qui ont de plus en plus de mal à gagner leur vie devant l’expansion du phénomène de courtage et la distribution non équitable des affaires publiques. Ils ont donc formulé leur souhait que le nouveau Conseil de l’Ordre donnera plus d’importance à cette question, d’autant plus que le métier s’enrichit chaque année de centaines de nouveaux éléments. En fait, selon le rapport moral, le nombre des avocats qui exercent la profession est passé de 5.002 l’année dernière à 5.487 cette année, soit une augmentation de 8.8%. La question de la couverture sociale a pris une place de choix dans le débat, surtout que la majorité des défenseurs de la veuve et de l’orphelin demandent l’amélioration de la retraite et le droit à l’assurance-maladie. Ils sont pourtant départagés entre adhérer à la CNAM comme tous les autres métiers ou préserver leur indépendance par rapport aux autorités et continuer à bénéficier des services offerts par la Caisse de la Couverture Sociale des Avocats, qui doit dans ce cas améliorer ses ressources financières. L’élargissement du champ d’intervention des avocats était aussi à l’ordre du jour durant le débat. Les intervenants ont réclamé le droit de participer aux affaires foncières desquelles ils sont exclus jusque-là. Selon eux, une telle participation pourrait leur procurer des revenus considérables surtout pour les plus jeunes. Bien que la majorité des problèmes n’aient pas été résolus durant le mandat du Conseil de l’Ordre sortant, plusieurs avocats ont vivement salué les efforts déployés pour faire évoluer la situation de la profession, en l’occurrence l’élaboration d’un statut interne et d’une charte d’honneur qui n’ont pas été, toutefois, acceptés. Au terme de son mandat, Me Abdessattar Ben Moussa, le bâtonnier sortant qui ne s’est pas représenté, s’est dit « ni pessimiste, ni optimiste, mais les deux à la fois », tout en souhaitant à son successeur « d’être plus compétent et d’avoir plus de chance que lui ». Il laisse donc un lourd héritage à Me. Béchir Essid qui doit faire preuve de sa capacité à débloquer la crise et de négocier avec les autorités afin de faire valoir les droits des avocats. Le nouveau bâtonnier a déclaré, de son côté, après son élection, que « tout en étant le bâtonnier de tous les avocats, quelles que soient leurs couleurs politiques, il s‘engagera à défendre leurs droits », en insistant sur le fait que « le dialogue sera la base de son rapport avec les instances publiques ». Les résultats 1er tour 2.663 votants dont 40 bulletins nuls Béchir Essid : 796 Charfeddine Dhrif : 698 Salaheddine Echekki : 437 Ibrahim Bouderbala :196 Radhia Ennasraoui : 151 Mohamed Ennouri : 134 Mansour Echeffi : 105 Mohamed Lemkacher :90 Omar Kilani Mkadmini : 14 Badii Jerad : 2 2ème tour 2.287 votants dont 9 bulletins nuls Béchir Essid : 1.193 Charfeddine Dhrif : 1.085 Les nouveaux membres du Conseil de l’Ordre des Avocats – Saïda Akermi – Mohamed Néjib Ben Youssef – Rim Chebbi – Hédi Triki – Imed Becheich Arbi – Mohamed Rached Fraï – Mohamed Hédi Hanène Zbiss (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° du 5 juillet 2007)

La victoire du « moine soldat »

 
Contre toute attente, Béchir Essid a réussi à résister à l’appareil et à la débauche de moyens humains et financiers mobilisés contre lui pour revenir sur le devant de la scène et se faire élire pour la seconde fois batônnier de l’Ordre national des Avocats de Tunisie. C’est un véritable exploit, car en dehors du cercle de ses inconditionnels personne ne croyait en lui. La coalition qui l’a porté au pouvoir il y a de cela six ans a volé en éclats. Ses soutiens de gauche et de droite l’ont abandonné et ont présenté leurs propres candidats : Radhia Nasraoui pour la gauche et Mohamed Ennouri pour les islamistes. Même si l’attitude des islamistes est assez ambiguë et leur soutien à Mohamed Ennouri plutôt tiède, il n’en demeure pas moins que la plupart des observateurs tablaient sur un bon score pour Béchir Essid, mais personne ne le donnait gagnant, surtout que l’expérience de 2004 avait montré que quand le pouvoir soutenait discrètement un candidat indépendant, il pouvait faire échec à des candidatures radicales. Après le premier tour, la somme arithmétique des voix dans un report idéal et raisonnable mettait Charfeddine Dhrif, avec plus de 1.400 voix, hors de portée de son concurrent. Ce report ne s’est pas fait et plus de 300 personnes se sont volatilisées dans la nature et ce ne sont certainement pas des partisans de Béchir Essid. Comment en est-on arrivé là et pourquoi les partisans du pouvoir, regroupés au sein de la fameuse « cellule » des avocats, ont-ils perdu un match « imperdable »? Les raisons sont multiples. Le soutien apporté par le pouvoir et en dernière minute comme d’habitude à Charfeddine Dhrif et surtout à Slaheddine Echekki a eu un effet proprement dévastateur. On ne sait pas très bien comment ce genre de décisions sont prises, mais l’ostentation de leur annonce et la formalisation du choix avec le fameux Charfeddine Dhrif ou Slaheddine Chokki ont porté quasiment tort à tout le monde et au premier chef aux deux candidats eux-mêmes. Charfeddine Dhrif y perdait ce qui lui restait d’indépendance et slheddine Echekki, qui n’a pas brillé lors de son passage par la section de Tunis, confirmait son statut de candidat «étrange ». Tous les autres candidats modérés et en particulier Brahim Bouderbala, Mansour Cheffi et Mohamed Lemkecher —plus de 400 voix à eux trois— se sont sentis brimés et même pour certains de leurs partisans humiliés .Ce qui expliquerait les réactions épidermiques de ceux qui ont voté pour eux au premier tour. Charfeddine Dhrif n’a même pas réussi à récupérer toutes les voix de Slaheddine Echekki puisque entre les deux tours 50 voix de ce dernier ne se sont pas reportées sur son colistier et néanmoins rival. La déception des perdants du premier tour, moins mobilisés en faveur de sharfeddine Dhrif que ceux de son rival, a fait le reste, et ce qui est impensable avant les élections et même entre les deux tours est devenu réalité. Béchir Essid, qui croyait fermement en ses chances, a profité pleinement des erreurs et des tergiversations de ses adversaires pour l’emporter presque confortablement (1.193 voix pour lui et 1.085 pour son adversaire malheureux, soit un écart de 108 voix). Quelle est la part du conjoncturel et du stratégique dans ce que nous sommes obligé de qualifier de véritable déroute du camp institutionnel face au camp artisanal de Béchir Essid ?. Certains pensent que les incidents à répétition provoqués par des membres de la cellule lors de l’Assemblée générale, habilement exploités par leurs adversaires, ont choqué les présents et surtout les plus jeunes d’entre eux et ont coûté très cher aux candidats adoubés par le pouvoir. Les membres de la cellule ont pris la fâcheuse habitude, pour des raisons de surenchère et de rivalité interne, d’être d’une agressivité extrême. Une réunion consacrée à la discussion de la couverture sociale des avocats a dû être interrompue l’année dernière suite à ce type d’agissements, dans un climat de tension inhabituel chez les avocats. Ces incidents à répétitions, déclenchés par des personnes qui ne bénéficient pas de beaucoup de sympathie chez les avocats, même les plus modérés, sont-ils la cause de l’échec enregistré dimanche dernier. Certainement pas de manière exclusive, mais il est clair que beaucoup d’avocats —surtout les plus jeunes— ont été profondément scandalisés par des comportements indignes d’une assemblée délibérative démocratique. Au-delà de cet élément factuel, il est clair que la cellule destourienne, qui devait être un rempart contre la prise de pouvoir des éléments radicaux, a abouti exactement à l’effet contraire. Elle a permis l’élection à deux reprises de Béchir Essid et même lorsqu’elle a réussi à imposer un candidat, lors de la dernière mandature, celui-ci a succombé devant la lourdeur de son « cahier des charges » et est passé avec armes et bagages chez l’adversaire avec un manque évident de savoir-faire et l’antipathie générale que véhiculent ses plus voyants symboles, elle est devenue un véritable point d’appui pour l’opposition radicale et ses candidats des véritables épouvantails. Son existence empêche un pôle modéré et central d’émerger. Cela se fera-t-il ? il est permis d’en douter quand on sait le poids des habitudes, la vitalité des intérêts et l’existence de véritables officines de conseillers plus ou moins bien intentionnés. Cet état de choses ne doit pas occulter un élément d’une importance capitale: l’archaïsme professionnel et mental d’une corporation qui refuse tout changement et où la moindre réflexion est suspecte. Le pouvoir n’est pas assez fort pour imposer des solutions même équitables alors que la contestation très forte pour bloquer toute tentative de réforme est incapable d’imaginer des solutions et de les imposer. La mandature de Béchir Essid ne va pas, sauf miracle, changer cet état des choses. L’univers mental dans lequel baigne la profession est quasiment désastreux. Fils du peuple mais aspirant à un statut élitiste, les avocats ne savent plus à quel saint se vouer. Ils refusent toute réforme et s’accrochent sur le plan professionnel à une réalité révolue et qui ne reviendra pas. Alors que l’ensemble des Barreaux réfléchissent à la manière adéquate pour accompagner une mondialisation inéluctable, les avocats tunisiens s’enferment jour après jour dans le passéisme sur le plan professionnel et dans l’utopie agressive sur le plan politique. Une chose est certaine : il est de notoriété publique que derrière les deux candidats du pouvoir se profilaient deux mentors : Abdelwaheb el Béhi et Noureddine Ghazouani. L’un a été deux fois bâtonnier et l’autre n’a pas eu cette chance. Ces deux personnalités ont l’incroyable prétention de continuer à régenter la profession pour l’un, ou la gouverner par personne interposée pour l’autre. Cela aussi est une forme d’archaïsme. La majorité silencieuse des avocats rejette ces formes de tutelle qui ont abouti à l’exact contraire de l’ambition de leurs prometteurs. Ceux-ci continuent à couler des jours paisibles et sont prêts à revenir à la charge avec les mêmes médications qui ont achevé le malade mais sauvé le médecin. Cet archaïsme-là doit aussi cesser. Que le pouvoir se « désimplique » des luttes quotidiennes pour le leadership ordinal et décide en fonction des résultats des élections quel degré de collaboration avec les nouvelles équipes est possible. Ceci passe par la liquidation, sans regrets et sans sépulture, des organisations partisanes. Cela peut porter préjudice à quelques chapelles et bousculer certains intérêts, mais le pouvoir y gagnera plus sûrement que la poursuite de la petite guéguerre actuelle. La victoire est belle. Elle purge le vainqueur de toutes ses tares et lève devant lui toutes les hypothèques. Ses insuffisances avérées deviennent des atouts, ses défauts des qualités. Béchir Essid n’est plus ce laboureur tenace, archaïque et sans envergure, qui étonnait par sa ténacité et sa détermination. Il n’est plus cette personnalité non identifiée que tout le monde soutenait avec un sourire moqueur. De “moine soldat” il est devenu général et stratège. Il s’est installé pour de bon dans le paysage et avec lui ses idées et ses aspirations profondes. Le suffrage l’a intronisé mais personne ne sait, à la vérité, s’il faut s’en féliciter ou s’en plaindre. (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1123 du 5 juillet 2007)

Lamine Nahdi
 
Malgré le jugement récent en sa défaveur, Lamine Nahdi continuera à jouer le one man show Fi Hak esserdouk enraichou dans les festivals de l’été. Le comédien, rappelons-le, a perdu son procès face au réalisateur et scénariste Moncef Dhouib dans cette affaire et a été condamné à 348.000 dinars d’amende et à retirer définitivement son nom de la pièce, en qualité de scénariste. (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1123 du 5 juillet 2007)


Bush, à bout de souffle?

 
Par : Tunisien Ca y est: la machine médiatique pro-Bush aux Etats Unis se remet en marche. Elle annonce tout simplement le « retour » d’El Qaida. Comme si ce groupe a cessé ses actions terroristes ou est en passe de le faire. Seulement, les raisons de ce timing choisi par les grands groupes médiatiques n’est que la publication récente d’un rapport par le Département de la Sécurité Intérieure (Homeland Security Department) qui considère que les menaces d’El Qaida sont, de nouveau, réelles et ses attaques très probables. Mais, étrangement, le rapport ne considère pas les Etats Unis comme particulièrement dans la ligne de mir de Ben Laden et ses comparses! allez savoir pourquoi. Sur le fond, c’est bien-sur le changement radical qui est en train de s’opérer à Washington, notamment au Congrès US où un nombre de plus en plus important de ses responsables commencent à émettre de sérieuses réticences sur la guerre en Irak et appellent même au retour des pauvres GIs à qui les antennes de TV sont désormais ouvertes pour qu’ils s’expriment librement surtout sur la difficulté de leur tâche et, même, sur le caractère ridicule de cette guerre. Les images des cercueils ne sont plus tabous ainsi que les films des attaques contre les blindés et autres hummers militaires qui, jusque-là, n’étaient diffusés par leurs auteurs que sur des sites comme dailymotion ou youtube. Sentant le danger venir, surtout après les scandales liés à son ancien Conseiller qu’il a protégé contre une peine de prison ferme prononcée par une Cour US et celui de son Ministre de la Justice (un latino raciste et incompétent) qui a décidé de démettre de leurs fonctions plusieurs juges pour des raisons purement politiques, George Bush veut à tout prix entretenir la peur au sein de la population américaine afin de préserver le peu de crédibilité et de soutien qui lui restent pour finir la sale guerre qu’il fait à l’Irak avant son départ de la Maison Blanche en novembre 2008. Quels autres dégâts fera t-il d’ici là? Wait and see.

Togo – Le président de la FTF interdit 8 ans d’activité dans le football

 
AFP, le 11 juillet 2007 à 19h42 LOME, 11 juil 2007 (AFP) – Le président de la Fédération togolaise (FTF) Tata Avlessi a écopé de huit ans d’interdiction de toute activité dans le football par la Confédération africaine de football (CAF) pour tentative de corruption d’arbitres, a-t-on appris mercredi auprès de la FTF. Le dirigeant a fait appel de cette sanction: « Je suis surpris (…) Je vais faire appel de cette décision », a déclaré Tata Avlessi interrogé mercredi  depuis Paris sur la radio privée Sport Fm. Tata Avlessi a été déclaré jugé « coupable » par une commission de discipline de la CAF d’avoir tenté de corrompre les arbitres du match Togo-Tunisie de la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations cadets en mars à Lomé. Il est indiqué que « les rapports déposés au niveau de la CAF font état d’une somme d’argent remise à Abdou Sarr (l’arbitre du match) par Attivi Cessi (arbitre international togolais) qui a déclaré agir au nom de M. Avlessi ». Le montant contenu dans l’enveloppe n’a pas été révélé. Par ailleurs, la commission de discipline a décidé de suspendre « à vie » M. Sarr de toute activité relative au football et M. Cessi pour une durée de 4 ans. Tata Avlessi, qui a la possibilité de faire appel auprès de la CAF de cette décision, a été élu président de la FTF en janvier lors d’une assemblée générale « extraordinaire », grâce à l’intervention de la Fédération internationale de football (Fifa) après une crise qui a secoué la sélection togolaise durant le Mondial-2006 en Allemagne. AFP

SAfrica taps Tunisia, UK for help on health crisis

 
Reuters, le 4 juillet 2007 à 14h26 By Paul Simao PRETORIA, July 4 (Reuters) – South Africa is recruiting some 1,000 doctors from Tunisia and luring back medical professionals from Britain and elsewhere to reverse a brain drain that has hit its public health system, its health minister said on Wednesday. Thousands of doctors, nurses and medical assistants have left South Africa since the end of apartheid in 1994, hobbling its ability to offer basic healthcare to millions of poor people and cope with one of the world’s worst AIDS epidemics. Tunisia, which has one of the strongest education systems in Africa, is among a handful of nations that South Africa has tapped for help with its doctor shortage. Cuba and Iran also are considering sending doctors to Africa’s economic powerhouse. « We are now working on the final arrangements for the arrival of the Tunisian health professionals, » Health Minister Manto Tshabalala-Msimang said in a news conference in the capital Pretoria. Tshabalala-Msimang, who returned to her post recently after undergoing a liver transplant, said she expected to meet the Tunisian ambassador to South Africa later this week to get an update on the arrival of the doctors. Once in South Africa they are expected to work in public hospitals and clinics, especially in rural areas. Many communities do not have a regular doctor on site, forcing people to rely on nurses or medical assistants for primary care. The minister also said the government was intensifying its recruiting efforts in Britain and Canada, two Western countries that have welcomed large numbers of South African-trained doctors and nurses. South Africa is hoping that it can persuade these emigrants to return to its shores. Although not alone in dealing with a health-care worker crisis, South Africa is doing so while battling a staggering AIDS caseload and worsening tuberculosis problem. An estimated 12 percent of South Africa’s 47 million people are infected with HIV, and some 1,000 people die each day from AIDS and related diseases. TB, including extremely drug resistant TB (XDR-TB), is becoming more common. Aid workers, however, have urged South Africa to avoid poaching doctors and nurses from other parts of sub-Saharan Africa where governments are also struggling to retain qualified medical professionals. REUTERS

 


 

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