11 janvier 2006

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2060 du 11.01.2006

 archives : www.tunisnews.net


Reuters: France – L’ex-P-DG d’Alstom et le fils Pasqua jugés à Paris AP: Début du procès GEC-Alstom à Paris AFP: Le nombre de prisonniers politiques (333) a augmenté à Cuba en 2005 (dissidence) Tunis Hebdo: A quand une loi tunisienne contre le spamming ? L’Intelligent: Pourquoi J.A.I. est-il vendu si tardivement en Tunisie ? JA/L’Intelligent: Le Maghreb fait sa pub JA/L’Intelligent: : À votre bon coeur, Messieurs les Arabes !

 

France – L’ex-P-DG d’Alstom et le fils Pasqua jugés à Paris

Reuters, le 11.01.2006 à 13h32     PARIS, 11 janvier (Reuters) – Le procès de l’ancien P-DG d’Alstom  Pierre Bilger et de Pierre Pasqua, fils de l’ex-ministre de l’Intérieur, poursuivis dans un dossier de corruption, s’est ouvert mercredi à Paris.
            Pierre Pasqua ne s’est pas présenté à l’audience. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui. Il serait en Tunisie, où il a parlé à la presse pour clamer son innocence.
            Quatre autres personnes, deux anciens cadres d’Alstom, un intermédiaire et Pierre-Henri Paillet, ancien délégué à l’aménagement du territoire au ministère de l’Intérieur, sont aussi au banc des prévenus.
            Tous encourent jusqu’à cinq ans de prison. La première audience s’est limitée aux formalités d’ouverture du procès. Les faits seront abordés jeudi et le procès s’achèvera vendredi.
            Pierre Bilger, 65 ans, qui a dirigé Alstom de 1991 à 2003, est poursuivi pour « abus de biens sociaux ».
            Il a reconnu à l’instruction avoir accepté de verser en 1994 une commission occulte de 5,2 millions de FF (environ 790.000 euros) afin d’obtenir l’autorisation administrative de déplacer le siège de sa société de Nanterre (Hauts-de-Seine) à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).
            Cet agrément a été délivré le jour-même du versement de la commission litigieuse, le 11 mai 1994, par la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (Datar), dépendant du ministère de l’Intérieur.
            L’enquête a établi que l’argent d’Alstom avait été versé sur un compte bancaire suisse d’Etienne Léandri, un personnage proche de Charles Pasqua et décédé en 1995.
            La plus grande partie de cette somme a été reversée en juin 1994 à Pierre Pasqua sur un autre compte bancaire suisse.
            Charles Pasqua, 78 ans, ministre de l’Intérieur au moment des faits, est également mis en examen depuis octobre 2004, mais dans une procédure distincte instruite par la Cour de justice de la République, seule compétente pour enquêter sur des actes commis par des membres du gouvernement.
            Dans des interviews à la presse au moment de l’enquête, il a assuré n’avoir « jamais entendu parler de cette histoire ».
            Si les charges sont jugées suffisantes, il pourrait être traduit devant la formation de jugement de la CJR (trois magistrats et douze parlementaires). La procédure dure en général plusieurs années.
            Elu au Sénat en septembre 2004, il bénéficie d’une immunité qui empêche – sauf accord du bureau du Sénat – tout placement en garde à vue, sous contrôle judiciaire ou en détention. Il est mis en examen dans cinq autres dossiers financiers  

Début du procès GEC-Alstom à Paris

            Associated Press, le 11.01.2006 à 14h08             PARIS (AP) — Le tribunal correctionnel de Paris a commencé mercredi matin à examiner les conditions de la construction en 1994 du siège social d’une filiale de GEC-Alstom en Seine-Saint-Denis qui aurait donné lieu au versement d’une commission occulte au bénéfice de Pierre Pasqua, fils de l’ancien ministre de l’Intérieur.             Installé en Tunisie, visé par un mandat d’arrêt international, Pierre Pasqua n’était pas présent à l’ouverture de l’audience devant la 11e chambre correctionnelle. Il sera jugé en absence.             Cinq autres personnes sont également poursuivies dans cette affaire: l’ancien PDG de GEC-Alstom, Pierre Bilger, l’ancien délégué à la Datar, Pierre-Henri Paillet, deux anciens cadres du groupe et un intervenant extérieur.             Pierre Bilger a été mis en examen le 13 mai 2003 pour « abus de biens sociaux ». La justice lui reproche d’avoir autorisé le versement d’une commission occulte de cinq millions de FF (750.000 euros) à Etienne Léandri, un proche de Charles Pasqua décédé depuis. Une grande partie de ces fonds aurait été reversée à Pierre Pasqua.             Devant le juge d’instruction, les anciens dirigeants d’Alstom ont expliqué qu’ils n’avaient pu faire autrement que de verser cette commission dont le but leur avait été présenté comme relevant du financement politique.             Cette commission était destinée à obtenir un agrément du ministère de l’Aménagement du territoire, placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, pour la construction du nouveau siège social de la division transport à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).             Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur de 1993 à 1995, est aussi poursuivi dans ce dossier, mais devant la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à juger des ministres pour des délits commis en l’exercice de leurs fonctions.             Le sénateur des Hauts-de-Seine a été mis en examen le 8 octobre 2004 par la commission d’instruction de la CJR pour « complicité et recel d’abus de biens sociaux » dans le dossier Alstom, mais aussi dans un dossier visant la Sofremi, une société dépendant du ministère de l’Intérieur.             Il est également poursuivi pour « corruption passive » dans l’affaire portant sur la délivrance de l’autorisation d’exploitation du casino d’Annemasse (Haute-Savoie) en 1994.             Le procès devant le tribunal correctionnel doit se poursuivre jeudi et vendredi après-midi. Le jugement sera mis en délibéré. Associated Press


Le nombre de prisonniers politiques (333) a augmenté à Cuba en 2005 (dissidence)

    AFP, le 11.01.2006 à 15h11             LA HAVANE, 11 jan (AFP) –  Le nombre de prisonniers politiques à  Cuba a augmenté de 39 en 2005, passant à 333 et faisant de ce pays  celui qui maintient en prison un nombre record de prisonniers de  conscience, ( !!!!!!!!!!!) a indiqué mercredi la Commission cubaine pour les droits  de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), illégale mais  toléré.
            « Cette augmentation est cohérente avec l’aggravation continue de  la situation des droits civiques, politiques et économiques à Cuba,  particulièrement durant l’année écoulée », a souligné l’organisation  de défense des droits de l’homme cubaine dans son rapport annuel.
            Au 31 décembre, les prisonniers politiques enregistrés étaient  39 de plus qu’en juin 2005, selon elle.
            En 2005, 53 personnes ont été jugées et condamnées pour des  motifs politiques, dont 13 au cours du premier semestre et 40 au  second.
            « Le gouvernement cubain continue de détenir le nombre le plus  important de prisonniers de conscience adoptés par (l’organisation  de défense des droits de l’homme) Amnesty International dans toute  l’hémisphère occidentale, et très probablement à l’échelle  mondiale », ajoute la CCDHRN.
            Sur les 333 prisonniers politiques, 80 sont en effet été adoptés  par Amnesty International, parmi lesquels 64 sont en détention et 12  sont sous le régime de la « licence extrapénale » –relâchés, le plus  souvent pour raisons de santé, mais pouvant à tout moment être  réincarcérés– et quatre en liberté conditionnelle.
            « Il y aura cette année une aggravation de la situation parce que  le mécontentement populaire va augmentant, de même que les  manifestations d’inquiétude, tandis que les conditions de vie se  détériorent », a prédit le président de la CCDHRN Elizardo Sanchez,  un vétéran de la dissidence, qui a passé huit ans en prison.
            « A moins d’une sorte de miracle », a-t-il déclaré à l’AFP, « le  gouvernement va répondre par plus de répression » à cette situation.
            En déclarant le 26 juillet qu’il ne permettrait pas à la  dissidence d’avancer « un millimètre de plus », le président Fidel  Castro a donné son « feu vert » à la reprise systématiques des « actes  de répudiation » dans le pays, selon le rapport de la CCDHRN.
            Les « actes de répudiation » sont des manifestations, parfois  accompagnées de violences, organisées par les partisans du régime  devant les domiciles d’opposants.
            « Plus d’une cinquantaine » de ces manifestations, coordonnées par  la police secrète et le Parti communiste, se sont tenues après le  discours présidentiel du 26 juillet, précise la CCDHRN, soulignant  qu’il est « très possible qu’elle se poursuivent en 2006 ».
            Le gouvernement maintient toutefois « une politique positive de  sécurité et d’aide sociale de grande portée », ainsi que la  scolarisation des enfants et la médecine d’urgence, a reconnu la  CCDHRN.
            Mais la santé d’une trentaine de prisonniers politiques  « empire », notamment pour une douzaine d’entre eux, a déploré  Elizardo Sanchez. AFP

A quand une loi tunisienne contre le spamming ?

Le spamming, acte qui consiste à envoyer de la publicité non sollicitée par messagerie électronique sans avoir obtenu le consentement préalable des destinataires, est sur le déclin aux Etats-Unis. Selon la « FTC » (Federal Trade Commission), le spamming aurait baissé de 9 % en 2005. Cette baisse serait également constatée à l’échelle de la planète, dans d’autres pays développés, selon d’autres sources. Et comme une cerise sur le gâteau, pour la même année et à contre-pied du fléau du spamming, le volume consacré à l’e-mailing publicitaire (l’envoi des mails publicitaires avec l´accord du destinataire) ont progressé de 20 %, selon DoubleClick. Tous contre le spam Ce constat n’est pas le fruit du hasard. Les lois anti-spam, de par le monde, sont derrière ces résultats positifs. La loi américaine « Can-Spam Act » (Controlling the Assault of Non-Solicited Pornography And Marketing) ou la loi française « Len » (pour la confiance dans l’économie numérique) ont permis de ralentir la croissance du phénomène. Chez nos voisins, Maroc Telecom a dores et déjà adopté, en fin 2005, une charte anti-spam dont l’objectif est de définir les moyens légitimes de collecte d’e-mails et aussi les règles à respecter lors de la prospection. De manière générale, d’après le Cnil (Commission nationale française de l’informatique et des libertés), ces lois adoptent le principe de « l’opt-in », qui contraint à l’obtention du consentement préalable de l’internaute pour recevoir des messages publicitaires et oblige les spammeurs à inclure dans leurs e-mails publicitaires un numéro de téléphone, une adresse, et surtout une case de désinscription pour le destinataire (opt-out), sous peine d’amende et de prison. Spam, la nouvelle profession Seulement voilà, ces mesures ne font pas l’unanimité et en Tunisie le spamming est devenu un métier à part. En l’absence de lois typiquement tunisiennes, l’e-mailing marketing est synonyme de spamming. Avec le e-commerce qui peine en Tunisie, plusieurs entreprises tunisiennes se sont rapidement mutées en offrant des services de prospection par e-mailing. Certains vous proposent entre 10 mille à 100 mille adresses emails. Ainsi, dans nos boîtes on y trouve des e-mails publicitaires bien à nous contre notre volonté : FSI, Immobilier, Tourisme, e-services, portables, édition et bien d’autres… Certes, à l’échelle nationale, on ne peut qu’en être optimiste. Du spamming à « honnête » e-mailing, cela augure d’un monde numérique meilleur. Par ailleurs, dans la zone EMEA (Europe Middle-East Africa), le marché de l’e-mailing révèle un taux de distribution record, de 91 % au premier trimestre 2005 selon DoubleClick. Cauchemar, le réveil d’un spam ! Toutefois, les déboires du spamming dans les réseaux des pays développés ne tarderont pas à nous accaparer. Alors, doit-on s’armer par les lois mises en vigueur contre ce fléau ? Chez nous, à ce jour, le principe de l’opt-in est inexistant et la seule éthique rarement appliquée est l’opt-out, celle qui permet aux internautes de ne plus recevoir d’e-mails publicitaires. Malheureusement, à force de recevoir toutes sortes d’e-mails nationaux malgré les moult tentatives de désinscription de la mailing liste de l’éditeur du e-mailing, on constate avec amertume que le choix de l’opt-out n’est pas fonctionnel ! En conséquence, sans des règles de jeux strictes, les internautes ne sont pas protégés et les entreprises désirant communiquer via l’e-mailing publicitaire n’ont pas de réel feedback sur la base des e-mails à envoyer. Combien de personnes ont ouvert votre message ? Combien de personnes ont cliqué sur vos liens ? Quel est le retour sur investissement ? L’envoi des e-mails publicitaires est-il en accord avec le destinataire ? L’image de l’annonceur n’est-elle pas mise en doute quand l’e-mail s’affiche sans le consentement du destinataire ? En termes plus clairs, sans l’adoption d’une loi tunisienne pour la protection des données personnelles et sans l’encadrement de l’e-mailing publicitaire, l’annonceur est à la merci de n’importe quel nouveau prétendant en possession d’une base de 100 mille e-mails. Sans un minimum de directives, le web tunisien ne serait qu’une corbeille d’e-mails ! W.B.Y (Source : Tunis Hebdo du 9 janvier 2006)  

Pourquoi J.A.I. est-il vendu si tardivement en Tunisie ?

par BÉCHIR BEN YAHMED Je vous lis chaque semaine depuis de nombreuses années, car je dirige, à Bruxelles, un service de l’Union européenne qui s’occupe du continent africain ; comme on vous l’a sûrement dit très souvent, les éclairages que donne votre publication sont précieux à qui veut suivre les affaires africaines et les comprendre. Notre direction est abonnée à votre hebdomadaire, comme vous pouvez le vérifier. Si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que je viens d’achever un périple de trois semaines qui m’a menée du Maroc en Algérie et de l’Algérie à la Tunisie, et que j’ai été étonnée de constater que Jeune Afrique/l’intelligent était disponible en kiosque : . au Maroc, dès le dimanche matin ; . en Algérie, le lundi ; . et en Tunisie, seulement le mercredi. Les trois pays étant à la même distance de Paris, quelle est l’explication de cette grande distorsion ? Réponse : J.A.I. arrive par avion dans les trois pays que vous avez visités dès le samedi soir (sauf exception lorsque les avions sont surchargés). Au Maroc, où il n’y a, depuis 1999, ni contrôle ni censure frappant la presse internationale importée, notre journal est distribué dans la nuit par un diffuseur diligent et en vente partout dans le pays dès le dimanche matin. Avant même qu’il le soit à Paris. En Algérie, le contrôle de la presse importée prend quelques heures, sauf exception la distribution se fait à Alger dès le lundi, un peu plus tard dans l’intérieur de l’immense Algérie. En Tunisie, cas particulier, malgré nos efforts, nous n’avons pas obtenu, jusqu’ici, que le délai de deux, trois et parfois quatre ou même cinq jours pris par le ministère chargé du contrôle de la presse internationale importée soit raccourci ou supprimé. Nous venons de le récapituler pour l’année 2005. Nous le publions ci-contre dans sa triste éloquence.
(NDLR de TUNISNEWS : Malheureusement, le tableau n’est pas disponible sur le site de l’Intelligent mais sur le papier il est .. édifiant !!) (Source : JA/L’Intelligent N°2348 du 8 au 14 janvier 2006)

Le Maghreb fait sa pub

par RIDHA KÉFI Déjà mature au Maroc, le marché publicitaire commence à saturer en Tunisie. En Algérie, en revanche, il ne fait que démarrer. Avec une population de 74,5 millions d’habitants, dont 32 % ont moins de 15 ans et 60 % vivent en milieu urbain, une espérance de vie moyenne de 71 ans, un taux d’alphabétisation de 61,8 %, une croissance économique annuelle de 5 %, un produit intérieur brut (PIB) de 175,9 milliards de dollars et un PIB par tête de 2 361 dollars, le Maghreb central (Maroc, Algérie et Tunisie) est un marché en pleine croissance qui offre de grandes opportunités aux investisseurs, notamment dans les domaines de la publicité et des métiers s’y rattachant (recherche média, postproduction…). Selon une enquête du bureau d’études tunisien Sigma Conseil, présentée le 17 décembre au siège de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (Iace), à Tunis, l’investissement publicitaire « théorique » dans la région s’élève à 416 millions de dollars. Avec les remises concédées par tous les supports, notamment la presse et l’affichage urbain (40 % en moyenne), ce montant tombe cependant à près de 250 millions. L’investissement « théorique » – établi en application des tarifs officiels affichés par les médias ou leurs régies publicitaires – se répartit comme suit : 272 millions de dollars au Maroc, qui se taille ainsi la part du lion, 75 millions en Tunisie et 69 millions en Algérie. Avec 8,60 dollars par habitant et par an, le Maroc occupe également la première place en la matière, talonné de près par la Tunisie (7,10 dollars), l’Algérie se positionnant très loin avec seulement 2,10 dollars. S’agissant de la part de l’investissement publicitaire dans le PIB global (0,24 % pour l’ensemble de la région), le classement est identique (0,45 % pour le Maroc ; 0,24 % pour la Tunisie ; et 0,09 % pour l’Algérie). Pour Sigma Conseil, le marché de la publicité est déjà mature au Maroc et commence à saturer en Tunisie. En Algérie, en revanche, il ne fait que démarrer. Raison de ce décalage entre les trois pays : le Maroc et la Tunisie se sont convertis à la consommation de masse bien avant l’Algérie. Mais cette dernière « dispose de ce fait d’un plus grand potentiel de développement, grâce notamment à ses taux de croissance à la chinoise et à une population en quête de modernité incarnée (à tort ou à raison) par les marques étrangères, explique Hassen Zargouni, directeur général de Sigma Conseil. Face à la relative étroitesse du marché tunisien et à la fragilité structurelle de l’économie marocaine, pas assez diversifiée, l’Algérie se présente aujourd’hui comme le pays phare de la région. » Encore faut-il que cette nation de 32,8 millions d’habitants, qui bénéficie d’importantes ressources énergétiques, réussisse à réformer son économie et à l’amarrer durablement à celles de ses voisins, serions-nous tentés d’ajouter. L’investissement publicitaire au Maghreb central se répartit entre la télévision (61 %), la presse écrite (22 %), l’affichage urbain (13 %) et la radio (5 %). La part de la télévision s’est élevée, en 2005, à 252 millions de dollars (soit une croissance annuelle de 41 %), dont 80 % pour le seul Maroc (+ 48 % par rapport à 2004, contre + 45 % pour la Tunisie et + 12 % pour l’Algérie). Autre statistique soulignée par Sigma Conseil : l’investissement publicitaire TV par tête est de 5,80 dollars au Maroc, 3 en Tunisie et 1,2 en Algérie (2,6 en moyenne maghrébine), contre 110 dollars en France et 1,3 dollar en Égypte, qui est en train de perdre une partie de ses recettes publicitaires au profit des chaînes panarabes (LBC, MBC, Rotana, ART…). Celles-ci ont d’ailleurs réalisé, en 2005, un chiffre d’affaires publicitaire global dépassant largement celui de toutes les chaînes arabes locales réunies : 1,5 milliard de dollars pour les premières, contre 1 milliard pour les secondes. La prédominance du Maroc dans le domaine de la publicité TV au Maghreb ne peut pas être imputée au coût unitaire de l’achat d’espace publicitaire TV, moins élevé chez les deux télévisions marocaines (2M et TVM) que chez leurs homologues algérienne (ENTV) et tunisienne (Tunis 7), ni même aux différences démographiques ou de niveau de vie, un Tunisien, par exemple, consommant en moyenne chaque année trois fois plus de pots de yaourt qu’un Marocain. Le bureau d’études identifie des causes plutôt structurelles : d’une part, la part d’audience relativement élevée des chaînes locales marocaines (53,2 % pour 2M, contre 41,9 % pour Tunis 7 et 33,7 % pour ENTV), et, d’autre part, l’attrait particulier du royaume pour les multinationales dont les activités sont orientées vers la grande consommation. « Ces multinationales se sont installées au Maroc dès les années 1960-1970, rappelle Hassen Zargouni. Ce pays, qui n’a pas connu de période socialisante, à la différence de ses deux voisins, a très tôt attiré les grandes firmes internationales. Celles-ci, qui y bénéficient de facilités pour l’installation, l’acquisition de biens immobiliers et le transfert de leurs bénéfices, ont choisi pour la plupart Casablanca comme plate-forme en vue d’un éventuel déploiement en Afrique du Nord. » Conséquence : la publicité à la télévision a fait son apparition dans le royaume chérifien dès 1978, dix ans avant la Tunisie et vingt ans avant l’Algérie. Si, en matière de publicité TV, les produits alimentaires occupent la première place en Tunisie (45 % de l’enveloppe globale), devant les télécoms et Internet (14 %) et les cosmétiques (11 %), en Algérie, ce sont les télécoms et Internet qui devancent les produits alimentaires avec des taux respectifs de 40 % et 30 %. Au Maroc, où la répartition sectorielle est plus éclatée, les télécoms et Internet occupent la première place (29 %), devant les produits alimentaires (15 %). Dans les trois pays, les opérateurs de téléphonie mobile restent les premiers annonceurs : Maroc Télécom (avec un investissement estimé à 32 millions de dollars en 2005) ; Médi Télécom (13,6 millions) ; Orascom Algérie (17 millions) ; Algérie Télécom (5 millions) ; Wataniya Telecom (4,2 millions) ; et Tunisie Télécom (2,2 millions). Autre indicateur important souligné par Sigma Conseil : sur les cinq premiers annonceurs maghrébins, quatre sont marocains et un seul est algérien. En termes de budget par annonceur, on ne retrouve aucune entreprise tunisienne dans le Top 10. Sigma Conseil a donc dû établir un Top 15 pour qu’apparaisse Tunisie Télécom… à la dernière place du classement. (Source : JA/L’Intelligent N°2348 du 8 au 14 janvier 2006)

À votre bon coeur, Messieurs les Arabes !

par ABDALLAH BEN ALI Dix-huit ans après son inauguration par François Mitterrand et l’ex-secrétaire général de la Ligue arabe Chedli Klibi, l’Institut du monde arabe (IMA) se débat à nouveau dans de sérieux ennuis financiers. Incapable de boucler son budget (environ 20 millions d’euros pour 2006), le centre culturel franco-arabe, implanté en plein coeur de Paris, quai Saint-Bernard, risque d’être acculé à remercier une partie de ses 160 salariés et à réduire sensiblement ses activités. Pour éviter ce scénario catastrophe, Yves Guéna (83 ans), le président de l’institut, relayé par le directeur général, l’Algérien Mokhtar Taleb-Bendiab (73 ans), ont multiplié, ces dernières semaines, les appels au secours à l’adresse de Paris et des capitales arabes, censés, initialement, supporter les charges du fonctionnement de l’institution culturelle à hauteur respectivement de 60 % et de 40 %. Sensible à ce « cri de détresse », le ministère français des Affaires étrangères a débloqué, le 21 décembre, 2 millions d’euros, en sus de sa contribution annuelle (8,7 millions d’euros). Un geste assorti d’une double condition : limiter les dépenses et obtenir un « effort » similaire des pays arabes qui, jusqu’ici, font la sourde oreille. La plupart d’entre eux s’en tiennent en effet à la lettre d’un arrangement arrêté en 1996 avec la direction de l’institut en vertu duquel ils étaient dispensés à l’avenir de verser leurs contributions annuelles pour avoir payé (en bonne partie) leurs arriérés. À l’époque, on pensait que la somme ainsi dégagée – qui a servi à créer un fonds de dotations de 40 millions d’euros – allait produire des intérêts suffisants pour compenser la participation des parties arabes. Il n’en fut rien. Aujourd’hui, ce fonds rapporte à peine 1,5 million d’euros. Il y a également des gros contributeurs arabes qui n’ont même pas payé leurs dettes vis-à-vis de l’Institut. C’est le cas notamment de l’Irak, mais aussi de la Libye, qui rechigne à débourser ses 13 millions d’euros d’arriérés. Autre cause de cet étranglement financier : depuis 1991, la subvention du Quai d’Orsay n’a pas augmenté d’un centime. Ayant établi cette anomalie, les rédacteurs d’un rapport de la très officielle Inspection générale des finances avaient pourtant exhorté, en novembre, l’État français à revaloriser cette contribution de 2,6 millions d’euros. Car personne, en ces temps de crispations entre l’Occident et l’Islam, n’a vraiment intérêt à voir compromise la mission de ce véritable « pont culturel » entre le monde arabe et l’Europe, qui attire chaque année un million de visiteurs et dont les recettes propres couvrent presque la moitié des dépenses. (Source : JA/L’Intelligent N°2348 du 8 au 14 janvier 2006)

Maroc : e-souk aux moutons

par YASRINE MOUAATARIF La race, l’âge, le poids, le prix et… la photo : sur le site anaam.net, les internautes marocains peuvent désormais choisir et acheter leur mouton on line, fiches signalétiques à l’appui. À l’origine du projet, Nabil al-Alami, un jeune Marocain fraîchement rentré du Canada, MBA marketing en poche. Ambitieux, il multiplie les activités, de l’élevage au fromage en passant par les bois nobles et le consulting. L’idée d’un e-souk aux moutons le travaille depuis quelques années, mais ce n’est qu’à la fin de décembre 2005 qu’il se lance, soit une dizaine de jours seulement avant l’Aïd el-Kébir, la Fête du mouton [le 11 janvier au Maroc]. Une idée en or : les commandes sont telles qu’au bout d’une semaine il doit renouveler son cheptel virtuel. Le public visé : les jeunes actifs qui sont familiarisés avec les nouvelles technologies et qui n’ont ni le temps ni l’envie de courir les marchés aux ovins à quelques jours de la fête. Autre avantage : le choix de la date de livraison, ce qui permet d’éviter « l’hébergement temporaire » de l’animal en appartement, sur le balcon ou dans la cour de l’immeuble. Seul inconvénient : ne sont couvertes, du moins pour l’instant, que les régions de Casablanca, Rabat et El-Jadida. Quant au règlement, il se fait à la livraison, le paiement en ligne n’étant pas encore totalement entré dans les moeurs du pays. Pragmatisme et traditions : anaam.net compte améliorer ses services en ajoutant une option « boucher-sacrificateur », et se propose d’être le futur « portail du mouton marocain » en offrant aux éleveurs la possibilité d’y vendre leurs bêtes. 2006 sera d’ailleurs « l’année du mouton » pour les musulmans, puisque le calendrier hégirien veut qu’il y ait deux aïd cette année, le prochain tombant aux alentours du 31 décembre.  (Source : JA/L’Intelligent N°2348 du 8 au 14 janvier 2006)
 


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