9 février 2001

البداية

 

 



TUNISNEWS
 
7489 personnes reçoivent en même temps que vous cette liste de diffusion multilingue qui publie ce 9 février 2001 son 165éme numéro.

LES TITRES DE CE JOUR:


  • La France inquiète de la dégradation des droits de l’Homme en Tunisie.

  • REFLEXION D’UN DE NOS ABONNES SUR UN SUJET FONDAMENTAL

  • L’UNESCO FERME SON BUREAU REGIONAL A TUNIS! LA SUEDE FERME SON AMBASSADE A TUNIS!

  • Le magazine « Salama » interdit de vente en Tunisie, selon son éditeur

  • Affaire Haroun M´Barek: La Presse (Canada): Le devoir de protection

  • LE TEMOIGNAGE ACCABLANT DU SOCIOLOGUE SALAH HAMZAOUI SUR LES EVENEMENTS DU MARDI 6 FEVRIER 2001.

  • LES JEUNES « LOUPS » DE BEN ALI?? SAURONT-ILS FAIRE MIEUX QUE LEURS AINES??

  • UGTT: le rapport qui accable Sahbani


LES AGISSEMENTS IRRESPONSABLES DU REGIME TORTIONNAIRE ET POLICIER DE CARTHAGE OUVRENT LA PORTE AUX INGERENCES EXTERIEURES DANS LES AFFAIRES INTERNES TUNISIENNES.
LES INTERETS SUPERIEURS DE LA TUNISIE SONT MENACES PAR UN REGIME QUI N’ARRIVE PAS A COMPRENDRE QU’IL MENE TOUT LE PAYS A LA FAILLITE.



La France inquiète de la dégradation des droits de l’Homme en Tunisie.

par Erwan JOURAND

AFP, le 9 Février 2001 à 16h39.
  PARIS, 9 fév (AFP) – Rompant avec son habituelle prudence sur la Tunisie, la France s’inquiète de la dégradation des droits de l’Homme dans ce pays, alors que la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) s’apprête à saisir l’ONU et l’Union européenne (UE).
  Paris, qui évite habituellement d’attaquer frontalement un régime « ami », considéré comme un rempart contre l’islamisme au Maghreb, a haussé le ton à la suite de l’agression à Tunis, il y a
huit jours, du journaliste Jalel Zoghlami, frère du très médiatique défenseur des droits de l’Homme Taoufik Ben Brick.
  Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré, jeudi, que la France était « préoccupée par l’usage croissant de la violence par les forces de sécurité tunisiennes à l’égard des défenseurs des droits de l’Homme ».
  La veille déjà, le Quai d’Orsay, faisant écho aux prises de positions de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme, avait fait savoir que la France était « particulièrement attentive » à la situation de M. Zoghlami et avait demandé à l’ambassade de France à Tunis de s’enquérir de la situation du frère de Taoufik Ben Brick.
  Parallèlement à cette inquiétude des autorités françaises, de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme se sont émues du sort réservé à M. Zoghlami et de la dégradation de la situation des défenseurs des droits de l’Homme.
  Depuis plusieurs mois les organisations tunisiennes, en particulier la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et le Comité national pour le respect des libertés (CNLT, non reconnu)
font l’objet de multiples procès et sont soumis à un harcèlement policier constant, selon les dirigeants de ces organisations.
  La FIDH, qui regroupe 105 ligues et mouvements de défense des droits de l’Homme, a « au regard de la gravité de la situation en Tunisie, appelé la communauté internationale, et notamment les Etats membres de l’UE à placer la Tunisie au rang de leurs principales préoccupations lors des prochaines rencontres internationales sur les droits de l’Homme ».
  La FIDH a notamment fait allusion à « une réunion du Conseil d’association UE-Tunisie, le 10 avril prochain, et à la prochaine session de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU commençant le 19 mars » à Genève.
  Selon les organisations de défense des droits de l’Homme, M. Zoghlami a été agressé à deux reprises, samedi 3 février et mardi 6 février, à Tunis.
  La première fois, en pleine rue, par des individus armés de poignards et de barres de fer, et la seconde, devant son domicile. Les organisations de défense des droits de l’Homme ont rendu
responsables de cette agression les forces de sécurité tunisiennes.
  Directeur d’un mensuel nouvellement créé, qui n’a pas reçu l’autorisation de paraître, M. Zoghlami a commencé samedi une grève de la faim illimitée.
  Il avait reçu, jeudi à Tunis, le soutien du secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF), Robert Ménard, et d’une députée européenne, Hélène Flautre (Verts), venus spécialement de Paris.
  Dénonçant « une tentative de meurtre » contre M. Zoghlami, Mme Flautre a affirmé que cette action était ressentie, en France et en Europe, comme une « nouvelle étape dangereuse et violente ». Le soutien à m. Zoghlami « fait partie du même combat que nous menons en France » a-t-elle ajouté.

AFP.

 

 Al-Hayat page 6:

LE RETOUR A LA CASE DEPART. LES RELATIONS FRANCO-TUNISIENNES DE NOUVEAU EN « CRISE » SELON AL HAYAT.
 

POINT DE PRESSE  (Paris, le 8 février 2001):

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères s’est exprimé ce jour sur les sujets suivants :

TUNISIE

Question:
N’est-il pas scandaleux de voir journalistes et défenseurs des droits de l’homme tabassés et matraqués systématiquement par les forces de sécurité tunisiennes, agissant bien souvent en civil, n’est-ce pas intolérable qu’un pays comme la Tunisie fasse un usage aussi primaire et brutal de la violence comme seule réponse aux questions qui peuvent être posées sur le terrain des Droits de l’Homme ?

Réponse:
Nous sommes préoccupés en effet par l’usage croissant de la violence par les forces de sécurité tunisiennes à l’égard des défenseurs des Droits de l’Homme.

POINT DE PRESSE   (Paris, le 7 février 2001)

TUNISIE
Question:
M. Jalel Zoghlami, frère de Taoufik Ben Brick et directeur du mensuel  »Kaws el Karama » a entamé une grève de la faim après avoir été agressé à Tunis par plusieurs hommes armés. Quelle est votre réaction ?.

Réponse:

S’agissant de M. Jalel Zoghlami, nous avons demandé à notre ambassade de s’informer sur sa situation à la suite de l’agression dont il a été l’objet et à être particulièrement attentif à cette affaire./.


LA REFLEXION D’UN DE NOS ABONNES SUR UN SUJET FONDAMENTAL:

 IL Y A UN VRAI RISQUE EN TUNISIE, ON ECARTE L’HOMME MAIS LE SYSTEME…SURVIVRA!
COMMENT EVITER CE MALHEUR??? A VOUS TOUS DE BIEN Y PENSER.

« ..Il faut sortir la Tunisie de la morosité actuelle. Il y a plus grave : un processus d’automépris dévastateur à travers des échecs à répétition de tenir un langage responsable.
Informer d’abord ! Voilà un credo qui fera vaciller l’autocratisme « benalinien ».
Cet homme se révèle un pyromane politique ! On le saura malheureusement les mois à venir.
Cet homme, par la gestion patrimoniale de la Tunisie, est en train d’instiller des doses de venin dans la société, un esprit prédateur dont les conséquences seront incalculables pour l’avenir.
On sera devant cette terrible équation : on écarte l’homme, mais le système lui survivra. Les mafias ont le pouvoir de s’insinuer partout. Et c’est ce que l’on voit déjà aujourd’hui… »

JKR


 

Deux nouvelles significatives.

L’UNESCO FERME SON BUREAU REGIONAL A TUNIS!
LA SUEDE FERME SON AMBASSADE A TUNIS!

EST CE QUE LA CAPITALE TUNISIENNE N’INTERESSE PLUS LES CHANCELLERIES OCCIDENTALES? EST CE QUE CE MOUVEMENT DE DESAFFECTION DE TUNIS SURVIENT PAR HASARD OU C’EST LE DEBUT D’UNE PRISE DE CONSCIENCE? IL FAUT SUIVRE DE PRES CE PHENOMENE SILENCIEUX…


Source: www.lintelligent.com du 7 février 2001.
UNESCO
La Tunisie pénalisée.

– La restructuration de l’organisation et les diverses nominations décidées par Koïchiro Matsuura, le directeur général de l’Unesco, n’ont nullement profité à la Tunisie. La plus mauvaise nouvelle a été annoncée par Matsuura en personne, le 22 janvier : la fermeture du Bureau régional de l’organisation Unesco, à Tunis (celle-ci ne sera officialisée qu’au mois de mai, lors de la réunion du conseil exécutif, à Paris). Venant après l’échec de leur candidat au poste de sous-directeur général pour la communication, cette décision a été très mal accueillie par les autorités tunisiennes. Elle s’explique, selon un spécialiste, par « le manque de combativité et de présence » de la diplomatie tunisienne. Il est vrai, par exemple, que, depuis cinq ans, la Tunisie n’a plus d’ambassadeur permanent auprès de l’Unesco. À l’inverse, le Maroc et la Jordanie ont fait ce qu’il fallait pour obtenir le maintien des bureaux de Rabat et d’Amman. Quant à l’Algérie, elle a obtenu le poste de sous-directeur général pour la Culture, confié à l’archéologue Mounir Bouchenaki.


(source:Réalités du 8 février 2001)
Fermeture de l’ambassade de Suède.


L’ambassade de Suède à Tunis va bientôt fermer ses portes, probablement au courant du mois de mars, suite à une décision du ministère suédois des Affaires étrangères Stockholm. Des raisons budgétaires seraient derrière cette décision, selon un conseiller de l’ambassade.

L’ambassadeur de Suède à Tunis aura son siège à Alger. Reste à savoir qui se chargera des affaires consulaires suédoises.

. et de celle du Chili
Pour des raisons budgétaires également, l’ambassade du Chili fermera ses portes également à la fin du mois de mai.

C’est probablement l’ambassade du Chili au Caire qui se chargera des différentes formalités après cette date, selon un membre de l’ambassade de Tunis.
Il est à rappeler que le visa n’est pas requis pour les Tunisiens désirant voyager au Chili.


Le magazine « Salama » interdit de vente en Tunisie, selon son éditeur


PARIS, 9 fév (AFP) – Le dernier numéro du bimestriel « Salama », consacré à l’actualité de la France et du Maghreb, a été interdit à la vente en Tunisie, a indiqué vendredi l’éditeur du magazine.

Edité à Paris, « Salama » avait publié sur une double page un article intitulé « Tunisie: les paradoxes d’une démocratie a minima ».

Cette interdiction de mise en vente, a souligné Hafid Nour, rédacteur en chef du titre, a « des conséquences économiques graves pour une publication telle que la nôtre qui a toujours préservé une réelle indépendance financière ».

« Seul magazine généraliste consacré à l’actualité franco-orientale », « Salama » a été crée en 1997 et réalise, selon  son éditeur, une diffusion totale de 130.000 exemplaires, dont 60.000 exemplaires en France et autant dans le  Maghreb.



Le devoir de protection


Agnès Gruda
La Presse (Canada)

Pendant les sept années qu’il a passées au Canada, Haroun M’Barek a épuisé tous les recours qui auraient pu lui permettre de s’y installer définitivement. Sa demande d’asile politique ayant été rejetée, il a joué sa dernière carte en invoquant des raisons humanitaires pour éviter la déportation vers la Tunisie.

Mais le Canada a jugé qu’il n’avait rien à craindre dans son pays natal et lui a dit non une fois de plus. Le 6 janvier, Haroun s’envolait pour Tunis, sans avoir eu le temps de mettre la dernière touche au mémoire de maîtrise en droit commercial qu’il terminait à l’Université Laval. Le 7 janvier, il a été arrêté et envoyé en prison où, selon son avocate, il aurait été battu et torturé.

Il y avait des tas de raisons permettant de prévoir que la Tunisie accueillerait M. M’Barek avec une brique et un fanal. Il avait autrefois milité au sein de l’Union générale tunisienne des étudiants et sympathisé avec le mouvement islamiste Ennahda. Ces deux organisations sont interdites en Tunisie, comme à peu près tout groupe soupçonné d’opposition au régime du président Ben Ali. Sous prétexte de combattre l’intégrisme, ce dernier a placé son pays sous la chape de plomb d’une dictature brutale, qui censure les opposants, les jette en prison et les torture à l’occasion.

Cette situation est amplement documentée. Il y a quelques jours, un journaliste a été battu à coups de barre de fer et sa maison est maintenant assiégée par la police, selon l’organisation Reporters sans frontières, qui dénonce le durcissement du régime. «Une terrible répression frappe les militants des droits humains en Tunisie», constate Amnistie Internationale. Et comme le rapportait La Presse hier, des députés européens réclament une intervention d’urgence auprès de la Tunisie pour y faire cesser les violations systématiques des droits.

Tout le monde sait que ça ne tourne pas rond en Tunisie – sauf Immigration Canada qui a jugé que la dictature tunisienne n’avait aucune raison d’en vouloir à M. M’Barek et qu’il pouvait rentrer tranquillement à la maison.

Erreur: dès son arrivée, l’étudiant a appris que pendant qu’il s’échinait sur les mystères du droit commercial, un tribunal tunisien l’avait condamné à 12 ans de prison. Six ans pour «formation d’une bande de malfaiteurs». Et un autre six ans pour «participation à un projet collectif visant à attaquer des personnes et des biens». Remarquez comme les deux crimes reprochés à Haroun sont des crimes d’intention. Et comme des dispositions de type anti-gang se transforment aisément en instrument de répression…

Pour revenir à notre histoire, des fonctionnaires dont la tâche consiste à évaluer la situation d’un pays pour déterminer si l’on peut y déporter des gens sans les mettre en danger ont donc réussi à ignorer que la Tunisie réprime tout ce qui bouge. Et que la seule appartenance passée à une organisation interdite suffit pour justifier les exactions du régime.

L’automne dernier, un comité de l’ONU avait déjà blâmé le Canada parce que son système d’analyse des risques des renvois est défaillant et qu’il fait peu de cas de la Convention contre la torture. Le cas de M. M’Barek n’est donc pas isolé: la faille est systémique. Il faut la corriger d’urgence, avant que d’autres «refusés» de l’asile politique ne soient jetés en pâture à leurs tortionnaires.

En attendant, on peut encore faire quelque chose pour Haroun M’Barek. Celui-ci conteste sa condamnation par contumace et sa demande doit être entendue à la fin du mois. Si la Tunisie sent un peu de pression, si le Canada envoie un observateur à l’audience, peut-être pourra-t-il échapper à la prison. C’est la moindre des choses que nous puissions lui offrir, ayant si lamentablement échoué à notre devoir de protection.

 


 

LE TEMOIGNAGE ACCABLANT DU SOCIOLOGUE SALAH HAMZAOUI SUR LES EVENEMENTS DU MARDI 6 FEVRIER 2001.

TEMOIGNAGE


Mardi dernier, 6 février, vers 21 heures, le téléphone sonne chez moi: à l’autre bout du fil,  le Dr Ahlam Belhaj, épouse de Jalel Zoghlami qui mène une grève de la faim depuis deux jours, en protestation contre une agression qu’il venait de  subir en plein centre de Tunis, était en réel désarroi : des dizaines de policiers encerclaient son immeuble tandis que de nombreux blessés auxquels il était impossible de porter, médicalement, secours étaient réfugiés chez elle.
Avec mon ami Chokri Latif,écrivain et membre du comité directeur de RAID, nous partîmes sur-le-champ vers le domicile de J. Zoghlami. Arrivés en bas de la rue où ce dernier habite, nous étions impressionnés par le nombre de policiers qui l’occupaient. L’ordre nous était, cependant,  intimé de nous éloigner. Alors que je faisais marche arrière, un policier  accourut vers la voiture, accompagné d’un autre, muni d’un gourdin,  pour nous ordonner  de nous arrêter. Ce que nous fîmes. Le policier qui semblait être un responsable  que j’ai eu, souvent, l’occasion  de voir devant chez moi chaque fois qu’il s’agissait d’empêcher des amis de me rendre visite,  entama, alors,  un discours où il n’était  pas difficile de percevoir une hargne contre tout ce qui sentait les droits de l’Homme, attitude qui explique, à coup sûr, l’appétit de violence qu’on observe chez ce corps sensé, pourtant, protéger le citoyen et non le terroriser.  Il commença par nous dire sa colèrecontre ces « apaches », ces « sauvages » et autres abrutis qui ne respectent pas la loi. Il parlait, évidemment, de mes amis dont plusieurs étaient blessés. L’univers mental du policier tunisien se découvre dans ces moments de fureur, trahissant une conception, élaborée, certes, dans les milieux officiels, qui identifie comme sauvages ceux qui luttent pour faire entrer dans la société les valeurs de modernité  telles que la dignité humaine, la liberté d’expression, le droit à la différence, etc.
C’est dire combien il est nécessaire de songer à diversifier, en les adaptant, les calendriers ; tant il devient évident que certaines  sociétés humaines,  gouvernées par des Etats d’un autre âge, se voient placées en dehors de l’histoire.  Poursuivant sa diatribe, le policier nous asséna bien des insultes, par personnes interposées  puis, ne pouvant se retenir davantage, il nous cria, tout d’un coup, l’ordre de nous en aller sans pouvoir s’empêcher de lâcher : « vousn’êtes que des mercenaires ». Mais, je n’eus pas le courage, face à ce déferlement de violence,  de m’arrêter et de lui demander si, en vérité, il ne se trompait pas de personnes ou s’il ne devrait pas revoir le sens des  mots qu’il utilisait.
En vérité, cette occasion n’est pas la seule où j’ai  le sentiment, face à cette force aveugle, que je perds ma qualité de citoyen. Chaque fois que je vis ce type de scènes, je comprends pourquoi des rêves deviennent intelligibles comme celui du jeune tunisien qui n’aspire, aujourd’hui, qu’à quitter le pays et, si possible, d’acquérir la nationalité française ou canadienne ou américaine ou australienne,etc. Comment ne pas finir par me sentir, encore une fois, menacé deperdre ma nationalité, voire mon identité, quand je me vois exposé à des agissements aussi absurdes que celui auquel j’ai assisté  ce matin : alors que je voulais monter voir mon ami Mokhtar Trifi, avocat et président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme, deux policiers qui se tenaient à l’entrée de l’immeuble, me barrèrent le chemin. Je demandai, poliment, s’il n’y avait pas abus au fait d’empêcher quelqu’un de voir son avocat. La réponse,
expression d’une pensée ésotérique, tomba, alors, on ne peut plus convaincante : tels sont les ordres. Quelques minutes après, M° Mokhtar Trifi descendait pour me faire monter dans son bureau.
Tant de choses qui se passent dans ce pays qui me font penser à cette réflexion du chroniqueur tunisien Ibn Abi Dhiaf qui, commentant l’injustice que subissaient  les Tunisiens de son époque, notait : « les gens enduraient de leur part [ les hauts fonctionnaires chargés d’appliquer la politique du Bey ]  ce que seuls  pouvent endurer les  sujets du royaume de Tunisie » ( p. 80 de l’édition de 1963 de sa chronique : Ithaf ahl az-zaman.).
Chose étrange, à mon âge, je sens se rétrécir l’horizon de mes aspirations au point où je me contenterais de voir que personne ne surveille ma maison et que je peux parler sans voir se déclencher automatiquement en moi ce réflexe humiliant qui m’incite à éviter certains sujets ou à faire attention à ce que mes paroles ne soient pas captées par des personnes, familières des  cafés que nous fréquentons, mes amis et moi, et dont on voit les oreilles s’allonger dès que des personnes suspectées
de s’intéresser à la chose publique, ou d’être des militants des droits de l’Homme,  se mettent  à converser autour d’une table. La liberté, devenant un luxe ou un pari qu’on peut chèrement payer,  comment ne pas se prendre à rêver de voir qu’un jour vienne où il soit interdit de porter la main  sur un citoyen, de voir des  opposants s’organiser sans avoir à choisir entre la prison et la clandestinité permanente, de pouvoir se rencontrer dans une maison pour parler
de n’importe quel sujet, fût-il politique ?

Tunis, le 8 février 2001
Salah Hamzaoui,
sociologue et militant des droits de l’Homme.

 

RADIO CANADA CONTINUE A FAIRE PROFESSIONNELLEMENT SA COUVERTURE DE LA SITUATION DRAMATIQUE EN TUNISIE. BON A VOIR ET A ECOUTER

LE RÉGIME TUNISIEN DURCIT ENCORE  LE TON ENVERS LES DROITS  ET LIBERTÉS


Jalel Zoghlami, frère du journaliste et militant tunisien des Droits de l’Homme Taoufik Ben Brick, a commencé le 3 février une grève de la faim après avoir été passé à tabac sous les yeux de son avocate.

Jalel Zoghlami est directeur d’un mensuel nouvellement créé.

Trois députés européens français, ont exprimé leur « plus vive inquiétude » après cette agression.

Ils estiment que « l’escalade de la violence et la répression autoritaire de l’État tunisien semblent être sans fin ».

Les députés rappellent le vote par le Parlement européen de « deux résolutions sur la situation des droits de l’Homme en Tunisie le 15 juin et le 14 décembre 2000 pour alerter les gouvernements européens et demander d’urgence la tenue d’une réunion du Conseil d’association UE-Tunisie sur la question des droits de l’Homme ».


Michel Désautels
s’entretient avec Moncef Merzouki, fondateur de la Ligue des droits de l’homme de Tunisie.

 

Écoute du sujet


 

« Ben Ali, 13 ans… basta! »

Jalel Zoghlami, militant trotskyste tunisien, a été violemment agressé, samedi dernier, par plusieurs policiers en civil armés de couteaux et de gourdins. Malgré la pluie de coups qui s’est abattue sur lui, Jalel a pu se réfugier dans une agence de location automobile d’où il n’a accepté de sortir que sous la protection de son avocat et de certains de ses amis. A l’hôpital, où il a immédiatement été conduit, le médecin a pu constater de nombreuses ecchymoses sur tout le corps et le crâne. Et mardi soir, des barbouzes armés ont entouré son domicile et ce n’est que grâce à la mobilisation des habitants du quartier qu’il a échappé à une nouvelle agression.
Probablement téléguidées par Ben Ali, ces opérations punitives sont consécutives à la parution de « Kaws el Karama », un journal non autorisé que dirige Jalel et dont le premier éditorial, réquisitoire sans concession vis-à-vis du régime tunisien, s’intitule opportunément « Ben Ali, 13 ans… basta! ». Or c’est ce que tout le monde pense mais n’ose dire, surtout après la tentative d’assassinat dont a été victime, en mai dernier, l’ancien directeur du « Monde diplomatique » en arabe, qui avait suggéré la même idée dans les colonnes du « Monde ».
Le Conseil national pour les libertés en Tunisie, qui a dénoncé cette agression, y voit un signe supplémentaire de la « tonton-macoutisation » de la police tunisienne. Jalel Zoghlami a entamé une grève de la faim et il exige, outre l’ouverture d’une enquête et le jugement des responsables, que son passeport et celui de son fils leur soient restitués.
 

LES JEUNES « LOUPS » DE BEN ALI?? SAURONT-ILS FAIRE MIEUX QUE LEURS AINES??

 
Source: www.lintelligent.com du 7 février 2001.
Économie et affaires

Tunisie.
Ben Ali lance ses jeunes loups.

Poursuivre la même politique économique en renouvelant les cadres du pays, tel est le sens du remaniement opéré par le président.

Par Abdelaziz Barrouhi

Avant le dernier remaniement gouvernemental décidé par le président Zine el-Abidine Ben Ali (voir J.A./L’intelligent n° 2090), le tout-Tunis s’attendait à des changements au niveau des portefeuilles économiques. En définitive, et à l’exception du ministère du Commerce, c’est plutôt la stabilité. Mais tous sont désormais flanqués d’un secrétaire d’État issu de ce qu’on appelle la « génération Ben Ali ». Ce dernier a cependant tenu à rappeler à ces jeunes loups que, hiérarchiquement, ils dépendent du ministre.

L’augmentation du nombre de secrétaires d’État, l’entrée du Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, au bureau politique du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, parti au pouvoir) et l’arrivée au ministère du Commerce de Tahar Sioud, spécialiste de l’accord d’association avec l’Europe et ex-vice-gouverneur de la Banque centrale, traduisent la prédominance de l’« économique » dans la gestion du pays.

Abdellatif Saddam, ministre du Développement, a un nouveau secrétaire d’État chargé de la privatisation, Mohamed Nouri Jouini, jeune économiste qui était attaché à la présidence. Jouini sera le point de passage obligé pour les opérations de privatisation, qui seront nombreuses cette année. L’une d’elles concerne l’Union internationale de banques (UIB), dont les fiançailles avec la Banque Tunisie-Émirats d’investissement (BTEI) ont récemment achoppé sur l’évaluation de leurs actifs. Autres entreprises à céder : la compagnie d’assurances Lloyd’s-Tunisie, la Société tunisienne du sucre, le Complexe sucrier tunisien, la Société tunisienne d’industrie laitière (Stil), les Ateliers mécaniques du Sahel (AMS) et des établissements hôteliers, dont l’hôtel Sahara Palace.

Moncef Ben Abdallah, au ministère de l’Industrie, sera secondé par Rafaa Dekhil. Ce dernier était jusque-là l’inamovible président du Groupe chimique (extraction et transformation des phosphates), première entreprise du pays en termes de chiffre d’affaires.

Ahmed Friaa voit ses compétences s’élargir avec la transformation du ministère des Communications en ministère des Technologies de la communication. Il absorbe en fait le secrétariat d’État à l’Informatique, qui dépendait de la primature, ce qui posait parfois des conflits de compétence. Ben Ali a tranché en faveur de Friaa, secondé par un secrétaire d’État, qui n’est autre que Ahmed Mahjoub, jusque-là patron de Tunisie Télécom.

Taoufik Baccar, ministre des Finances, hérite, lui, d’un deuxième secrétaire d’État, Moncef Bouden, qui sera chargé de la Fiscalité.

Directeur général au ministère des Finances, Bouden a été l’une des chevilles ouvrières du nouveau code des impôts.


Source: www.lintelligent.com du 7 février 2001.

Focus

Tunisie.
Carthago Airlines décolle.

Par Ridha Kéfi

Basée à l’aéroport de Djerba-Mellita, Carthago Airlines, une nouvelle compagnie aérienne privée spécialisée dans les vols charter, démarrera ses activités juillet prochain, au début de la haute saison touristique.

Elle ne disposera, au départ, que d’un Boeing 737-300 de location (149 sièges), mais compte acquérir un nouvel appareil chaque année. Son plan de développement table sur une croissance annuelle des activités et du chiffre d’affaires de 5 %.

Le capital de la compagnie – 12 millions de dinars (9,36 millions d’euros) – est détenu par Belhassen Trabelsi, patron du groupe Carthago (qui possède deux hôtels du même nom à Djerba et Hammamet-Sud, ainsi qu’une agence de voyages, Easy Tour) ; Mongi Loukil, propriétaire de Carthage Tour et de la chaîne d’hôtels Palm Beach ; Adel Boussarsar, patron de Tunisie Voyages et de la chaîne hôtelière Méhari ; et Néji Méhiri, propriétaire de la première chaîne hôtelière du pays, El-Mouradi (10 000 lits).

Selon Mahdi Gharbi, son directeur général, Carthago Airlines n’ambitionne pas de concurrencer Tunisair, la compagnie nationale, avec qui elle a d’ailleurs signé un accord d’assistance technique, mais plutôt de consolider la part du pavillon national sur le marché charter tunisien. Dans cet objectif, elle s’efforcera de « cibler des niches sous-exploitées », notamment sur les aéroports de Djerba-Mellita (sud-est), Tozeur (sud-ouest) et Tabarka (nord-ouest). À terme, ses promoteurs espèrent conquérir 10 % dudit marché, encore largement dominé par les compagnies étrangères.

Carthago Airlines est la seconde compagnie aérienne privée tunisienne, après Nouvelair. Lancée en 1995 par Aziz Milad, patron de Tunisian Travel Service (TTS), qui détient 62,5 % de son capital, celle-ci exploite cinq avions et assure 20 % du trafic aérien national.


 

APRES UNE DECENNIE D’ADULATION, « REALITES » PUBLIE CETTE SEMAINE LE RAPPORT QUI « ACCABLE » ISMAIL SAHBANI EX-PATRON DE L’UGTT. EN FAIT CE RAPPORT ACCABLE REALITES  EN PREMIER LIEU ET ACCABLE TOUS CEUX QUI SAVAIENT CE QUI SE PASSAIT A L’UGTT ET…AILLEURS ET DISAIENT TOUT LE CONTRAIRE.

UGTT: le rapport qui accable Sahbani

La commission financière, créée suite à une décision de la Commission administrative de l’UGTT, a terminé son rapport sur les détournements de fonds de la Centrale syndicale.
 » Réalités  » publie les conclusions de ce rapport.

La Commission de suivi de la gestion financière des fonds et du patrimoine de l’UGTT a été chargée d’évaluer les différents dépassements financiers dans la gestion de la Centrale syndicale et de répertorier son patrimoine économique et financier. Cette commission est composée de MM. Ridha Bouzriba, Abid Briki et Moncef Aguir (du Bureau Exécutif), Mustapha Mdini, Abdessattar Mansour (des unions régionales), Habib Besbès et Ridha Fourti (des fédérations). Présidée par Ridha Bouzrira, SG adjoint chargé des affaires financières et administratives, cette commission, dont Abid Briki est le rapporteur a tenu des réunions d’évaluation le 2/10/2000, le 13/10/2000, le 17/10/2000, le 20/10/2000, le 3/11/2000, le 9/11/2000, le 14/11/2000 et le 9/01/2001.

Dès la première réunion, les membres se sont mis d’accord sur la manière de traiter ce dossier qui comprend deux volets essentiels. Il s’agit en premier lieu des détournements de fonds et en second lieu des dépassements liés à la mauvaise gestion.

Pour cela, la commission a convoqué tous les fonctionnaires administratifs et responsables ayant une relation directe ou indirecte avec le dossier financier. Le chauffeur de Sahbani reste dans cette affaire l’un des principaux témoins. Afin de déchiffrer un dossier très compliqué, la Commission a recouru à des experts comptables.

Supprimer les traces
Le 6 juillet 2000, l’ancien Secrétaire général aurait donné l’ordre de détruire tous les documents d’ordre financier relatifs à la période précédant 1996. Son directeur financier a exécuté cet ordre à la lettre. Dans un aveu rédigé et signé le 4 octobre 2000, à la demande de la Commission, le directeur financier a déclaré :  » Il m’a demandé également de détruire les documents de comptabilité pour la période qui précède 1996 le plus rapidement possible, sous prétexte qu’ils n’étaient plus valides et ne servaient plus de référence. Il a tenu à ce que cette opération se fasse très vite, dans la discrétion totale, et à ce que l’opération de broyage se fasse dans l’entreprise de broyage sise à la cité El Khadhra, et soit contrôlée par un agent (H.B) « . Ce dernier a reconnu devant les enquêteurs avoir accompli cette tâche tout en ignorant le contenu des documents qui lui ont été délivrés.

Dans le rapport, la Commission souligne que cette opération est « un crime contre la mémoire de l’UGTT et une infraction à la loi qui n’autorise la destruction des documents financiers d’un établissement qu’après une période de dix ans, d’autant plus que l’opération a eu lieu au mois de juillet 2000, au moment où les deux Bureaux exécutifs, national et élargi, ont décidé d’engager un débat autour du dossier financier ».
Toujours selon le rapport, l’ancien Secrétaire général a demandé à une fonctionnaire de l’UGTT (A.K.) de lui remettre les dossiers de comptabilité du 19ème Congrès de l’UGTT et des dépenses de la campagne présidentielle.

Après quelque temps, il les a rendus mais après des modifications touchant leurs contenus. Ecoutons respectivement les témoignages de la secrétaire et du directeur financier :  » Au cours du mois de juillet 2000, M. A.G., mon supérieur hiérarchique, m’a demandé de lui remettre tous les ordres de paiement concernant les dépenses du 19ème Congrès de l’UGTT et de la campagne présidentielle. Après une semaine, j’ai pu récupérer le dossier auquel manquaient plusieurs documents, ordres de paiement et factures… puis il a commencé à me rendre les documents restants, mais modifiés. Et les souches des chèques ayant trait à ces opérations avaient disparu « . Quant au directeur financier, il a affirmé :  » Au cours du mois de juillet 2000, le Secrétaire général m’a demandé de lui remettre tous les documents financiers du 19ème Congrès et des dépenses de la campagne présidentielle dont il a conservé une bonne partie, en déchirant les souches des chèques objets de ces documents « .

Selon les mêmes sources, le Secrétaire général Sahbani recevait, depuis le début des années 90, des montants importants en espèces sans signer des ordres de paiement qui étaient couverts en fin de semaine par des factures de l’hôtel Amilcar, de l’imprimerie El Ittihad et de l’Union Tunisienne du Tourisme sous prétexte qu’il est en train de récupérer des créances impayées de ces établissements au profit de l’UGTT.

En outre, le chauffeur du Secrétaire général et des responsables de la trésorerie de l’UGTT ont reconnu avoir retiré d’importantes sommes d’argent du compte de la Centrale syndicale par chèques. Ces montants varient entre mille et vingt mille dinars. Notons que les principales opérations de détournement des fonds de l’UGTT ont été faites durant les trois dernières années. Elles sont estimées à 600.000D.  » Je soussigné, H.A., atteste que l’ex-Secrétaire général de l’UGTT me donnait des ordres pour faire des opérations qui consistaient à tirer des chèques des banques et de La Poste et d’en conserver les montants dans la malle arrière de sa voiture, sous prétexte que ces montants, servant à la paye et primes des employés, seraient confiés au receveur de l’UGTT « . La vérification de ces témoignages auprès des institutions bancaires a montré que celles-ci étaient au courant de toutes ces opérations.

Ayant trouvé des factures dont l’origine est douteuse, la Commission, avec l’aide des experts financiers, a chargé des huissiers-notaires de vérifier l’identité des chefs d’entreprises émetteurs. Mais il s’est avéré que la plupart de ces documents, ainsi que ces fournisseurs qui ont été remboursés selon les adresses inscrites sur les factures étaient fictifs. La société M.S.I, à titre d’exemple, sise au 29, rue Osmane El Bahri, à El Omrane, est en fait le lieu de résidence d’un propriétaire n’ayant aucune relation directe ou indirecte avec la société concernée. La société de marbre Faraj El Aouini, sise 53, rue Abderrahman (Mami Borj Louzir), n’a jamais existé. Idem pour la société MATEB dont l’adresse (29 rue Asdrubal) est fictive, ainsi que pour la Société tunisienne de Bureautique et des Imprimeries, sise fictivement dans la zone industrielle de Ben Arous.

Afin de vérifier les bien-fondés des arguments d’inculpation, la Commission a confronté les témoignages de plusieurs fonctionnaires à la Direction financière à propos des identités des entreprises concernées. Résultat :  » L’UGTT n’a jamais eu de contacts d’affaires avec ces fournisseurs de produits et services « .
D’un autre côté, les résultats préliminaires des vérifications des documents des paiements d’importantes sommes d’argent au profit des entreprises de l’UGTT (Hôtel Amilcar, Union Tunisienne du Tourisme) et de l’Union syndicale des Ouvriers du Maghreb arabe, ont affirmé que ces montants n’ont jamais été versés par l’UGTT aux entreprises sus-mentionnées et qu’en revanche, ces montants ont été dépensés pour le compte personnel de l’ex-Secrétaire général sous couvert de ces factures. Le témoignage du directeur financier a été très explicite :  » Le Secrétaire général m’a demandé d’aller à l’Hôtel Amilcar, de contacter le fonctionnaire –M.K.- qui signera deux documents d’un montant de 20.000 et de 41.730.200 dinars. Il les a signés sur la base que ces montants seront versés au profit du compte de l’Hôtel Amilcar. Et il m’a donné quatre factures signées en blanc, mais le Secrétaire général les a refusées en exigeant que ces factures soient écrites par MK lui-même, sous-prétexte que celui-ci est seul habilité à remplir les factures de l’hôtellerie. Et M.H.A s’est chargé d’apporter trois factures d’une valeur de 61.713.200, signées par MK « .

L’art de détourner les fonds
La Commission, en collaboration avec des experts financiers, a pu dévoiler d’autres formes de dépassements financiers :

—découvrir une nette contradiction entre les documents de comptabilité informatisés et les documents de comptabilité manuels ; l’application informatique relative à la comptabilité informatisée permet d’introduire des modifications, voire des rectifications et des falsifications des bilans à tout moment ;

—découvrir aussi que les documents de remboursement ne sont pas fondés et ne sont pas crédibles.

En effet, il s’est avéré que des factures ne comportent pas de numéros, ce qui est contraire aux règlements juridiques relatifs à l’émission des factures. En outre, le remboursement des factures de plusieurs années allant jusqu’à quatre ans, se fait à travers un seul chèque signé en 1999 et sans aucune avance et montre que les factures ont été remboursées à plusieurs reprises ;

—de souligner que le remboursement des montants importants a été fait sur la base des factures en duplicata et non des originaux ;

—de souligner aussi la succession des numéros de quelques factures émises par le même fournisseur en dépit de l’éloignement des dates d’achats. Ce qui laisse entendre que le fournisseur ne travaille qu’avec l’UGTT et n’émet des factures qu’à la Centrale syndicale. Ce qui est aussi contradictoire avec la logique commerciale et la nature de l’activité du fournisseur ;

—et de mettre en exergue l’incohérence dans les numéros des factures émises par le même fournisseur. A titre d’exemple, une facture porte le numéro 169 en date du 7/10/1998, alors que la dernière facture porte le numéro 170 en date du 20/09/1998.

D’autres formes de détournements des fonds
Tels sont les résultats de l’investigation de la commission financière. Mais celle-ci ne s’est pas arrêtée à ce niveau. Elle a continué à détecter d’autres formes de dépassements qui concernent essentiellement :

—la signature de chèques en blanc qui a été la source des détournements des fonds de l’UGTT. Mais il faut noter qu’il s’agit ici d’une tradition au sein de l’UGTT, qui remonte à des dizaines d’années. A ce propos, la Commission attire l’attention du Comité Administratif pour prendre une décision en vue d’arrêter définitivement cette tradition pour barrer désormais la route à toute intention de détourner les fonds de la Centrale syndicale ;

—l’accumulation des fonds impayés auprès d’un bon nombre d’unions régionales, des fédérations et de syndicats généraux. Ces fonds varient entre 400 et 41.000 dinars. Et ce en dépit d’engagements écrits, signés par les personnes concernées, de rembourser ces montants à la trésorerie de l’UGTT ;

—la Commission a été en outre informée des dépassements qui ont eu lieu dans certaines unions régionales et fédérations. Il s’agissait de collecter par tous les moyens, même illicites, des dons et fonds au profit de l’UGTT ;

—des syndicalistes ont bénéficié de crédits de l’UGTT. Il est vrai que ces crédits sont devenus, au sein de la Centrale syndicale, une tradition de solidarité, mais ce qui est illogique, note la Commission, c’est que d’importantes sommes ont été allouées à des syndicalistes et dont le montant de remboursement dépasse plusieurs mandats d’activité syndicale. Donc, le remboursement n’est pas sûr du fait que la réélection au même poste syndical n’est pas garantie. L’enquête a dévoilé ainsi qu’un bon nombre de bénéficiaires n’ont pas respecté leurs engagements et n’ont pas remboursé la trésorerie de l’UGTT…
Que faut-il faire enfin pour rétablir l’ordre dans la maison ? La solution est de démocratiser les structures de l’UGTT et d’installer une tradition de transparence dans la gestion financière des fonds de l’UGTT au lieu d’une gestion douteuse.

C’est la raison pour laquelle d’ailleurs la Commission Administrative a pris la décision de créer une « commission d’achats  » en vue d’éviter toutes formes de dépassement et de falsification des factures, ainsi qu’une commission d’allocation des crédits et primes afin de barrer la route à toutes les manipulations qui se font pour servir des alliances personnelles, surtout que les primes ont été généralement allouées à des personnes proches du Secrétaire général alors que d’autres étaient exclus du système de primes et crédits.

Ce rapport sur les dépassements sera suivi par d’autres, qui couvriront tous les fonds et patrimoines de l’UGTT et dont la réalisation a été confiée à des experts.

N. M.


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