24 février 2010

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TUNISNEWS
9 ème année, N° 3564 du 24.02.2010
 archives : www.tunisnews.net 


Lettre ouverte relative au prochain Sous comité droits de l’Homme UE-Tunisie Fédération Africaine des Journalistes : La FAJ s’indigne contre la politique de répression systématique du journalisme indépendant en Tunisie Amnesty International: Journalist in Tunisia faces imprisonment for covering Gafsa unrest AZZA ZARRAD (La femme de Taoufik Ben Brik): Communiqué Comité  national de Soutien aux populations du bassin minier: Hassan Ben Abdallah a été écroué Ligue des Droits de l’Homme: En Tunisie, pas de droits pour les défenseurs des droits Le Parti communiste français soutien Khemaïs Chammari et condamne l’attitude du pouvoir tunisien Conference de presse de M. Bouebdelli a la ligue des droits de l’homme- Paris Assassinat de Farhat Hached – Lettre des Syndicats à l’UGTT Slim Bagga:  Sami Akremi, l’homme aux 6000 dinars Abdel Wahab Hani: La patience de Aïd / Retornado Zouhir Latif s’effrite face à l’inertie de l’Administration ATS: L’Albanie accepte trois nouveaux ex-détenus de Guantanamo AFP: Crise avec la Suisse: la Tunisie déclare sa solidarité la Libye Reuters: A ‘model’ Islamic education from Turkey?

Juan Goytisolo:

L’Orient et l’Occident comme espaces imaginaires -(traduit de l’espagnol par Abdelatif Ben Salem)


                                         Bruxelles, le 24 février 2010                                                                                            

Lettre ouverte à l’attention de Catherine Ashton, Haute Représentante de l’UE pour les Affaires Etrangères et de Stefan Füle, Commissaire pour l’Elargissement et la Politique Européenne de Voisinage


 

Chère Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères,

Cher Commissaire,

Dans la perspective du Sous comité droits de l’Homme entre l’UE et la Tunisie le 25 février prochain, nous vous interpellons au regard de la situation des droits de l’Homme qui prévaut en Tunisie.

Le journaliste et écrivain tunisien Taoufik Ben Brik, incarcéré en Tunisie depuis le 29 octobre 2009 a été condamné le 26 novembre suivant à six mois de prison à la suite d’un procès inéquitable. Alors qu’il est atteint du syndrome de Cushing et que Mr Ben Brick nécessite des soins réguliers, les conditions de sa détention s’assimilent à un traitement inhumain, cruel et dégradant portant atteinte à ses droits les plus élémentaires comme son droit de visite, son droit d’accès aux soins de santé ou encore ses droits à la défense.

Dans le contexte d’élections municipales le 9 mai prochain, l’accès aux sièges et locaux de plusieurs ONGs et partis politiques légaux reste largement entravé et les mesures répressives se multiplient à l’encontre des militants des droits de l’Homme. Les actes de harcèlement via une surveillance policière constante et les restrictions arbitraires imposées à la liberté de circulation constituent le quotidien des défenseurs des droits de l’Homme que sont par exemple Sihem Bensedrine, Radhia Nasraoui, Azza Ben Brick, Omar Mestiri, Raouf Ayadi, Fahem Boukadous, Hassan Ben Abdallalh ou encore Slim Boukhdir. Khémaïs Chammari, co fondateur de la Fondation euro-méditerranéenne de soutien aux défenseurs des droits de l’Homme, est d’ailleurs réduit à entamer une grève de la faim illimitée afin d’interpeller sur les violations de ses droits et revendiquer leur respect et garantie au quotidien.

Nous vous demandons d’exiger la libération immédiate de Taoufik Ben Brik ainsi que de tous les défenseurs des droits de l’Homme illégalement condamnés ainsi que l’arrêt immédiat de toutes formes d’intimidation à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme.

Nous vous rappelons une fois encore que l’Accord d’Association qui lie l’Union européenne et ses Etats membres avec la Tunisie contient une clause droits de l’Homme et démocratie juridiquement contraignante pour toutes les parties. La Tunisie s’est également engagée, dans le plan d’action de la Politique Européenne de Voisinage, à promouvoir la démocratie et le respect des libertés fondamentales conformément aux conventions internationales.

Il est temps de prendre acte de la situation sur place et en matière de libertés fondamentales, le constat est rude : aucune reconnaissance légale d’ONG depuis vingt ans, restrictions drastiques de la liberté de circulation, de la liberté d’opinion et d’expression, de la liberté de la presse, de la liberté d’association et de réunion, actes d’harcèlement, menaces, campagnes de diffamation et agressions à l’encontre des défenseurs des droits de l’Homme et de leur famille, procès inéquitables, détentions arbitraires, corruption et disparités sociales. Devant ces violations massives des droits de l’Homme, l’exigence de justice se heurte aux atteintes répétées à l’indépendance du barreau et à la mise au pas de l’association des magistrats. Enfin, la torture demeure une pratique courante avérée. Par ailleurs, les fonds de nos projets IEDDH ne sont pas débloqués.

Autant d’éléments qui appellent plus que jamais une mise à l’agenda prioritaire et systématique des droits de l’Homme dans tous les rendez vous de l’Union européenne avec la Tunisie. Nous attendons donc de votre politique à l’égard de la Tunisie qu’elle soit conforme au gage du Commissaire Füle quant au respect des droits de l’Homme comme préalable sine qua non à tout approfondissement des relations de l’UE avec un pays tiers et à la garantie de Mme Ashton de nouer des contacts avec les défenseurs des droits de l’Homme des pays qu’elle visite.

Pour ces raisons, nous réitérons notre appel en faveur d’une mise en œuvre systématique des lignes directrices sur les défenseurs des droits de l’Homme par la délégation de la Commission et les Etats membres. Il est de votre responsabilité que l’UE respecte ses propres engagements et nous attestons pourtant l’absence de mise en œuvre de ces lignes directrices en Tunisie qu’il s’agisse d’assister aux procès des défenseurs des droits de l’Homme, de les rencontrer en prison ou encore de soutenir leurs familles.

 

Nous vous appelons à réaffirmer les valeurs fondamentales de l’UE comme vous vous y êtes engagés et à exiger de nos partenaires tunisiens le plein respect des droits de l’Homme et de la démocratie conformément aux articles 8 et 21 TUE.

 

Thijs Berman, député européen S&D

 

Cornelia Ernst, députée européenne GUE/NGI

 

Hélène Flautre, députée européenne Verts/ALE

 

Sylvie Guillaume, députée européenne S&D

 

Heidi Hautala, députée européenne Verts/ALE, Présidente de la Sous commission des droits de l’Homme 

 

Marie Christine Vergiat, députée européenne GUE/NGI

 

Copie à M. Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires Etrangères

 

Fédération Africaine des Journalistes (FAJ)

Communique de presse 19 février 2010

La FAJ s’indigne contre la politique de répression systématique du journalisme indépendant en Tunisie


 

La Fédération Africaine des Journalistes (FAJ) s’est indignée aujourd’hui contre la politique des autorités tunisiennes de réprimer systématiquement la presse libre et indépendante depuis la tentative de putsch organisée contre le bureau légitime du Syndicat National des journalistes (SNJT) et demande la libération immédiate et sans conditions de Tawfiq Ben Brik journaliste indépendant et de Fahem Boukaddous, correspondant de la chaîne satellitaire « Dialogue tunisien ».

« Ce qui se passe en Tunisie est contraire aux principes élémentaires de la démocratie, de la liberté d’opinion et d’expression.» a déclaré Omar Faruk Osman Président de la FAJ. «Depuis un certain temps, on assiste à une volonté manifeste de mettre au pas tous les journalistes qui veulent travailler de manière libre et indépendante. Il est temps de mettre un terme aux violations de la liberté de la presse et des droits humains».

En Août 2009, Tawfiq Ben Brik, connu pour ses articles critiques sur le gouvernement tunisien a été incarcéré illégalement puis condamné à une peine de 6 mois d’emprisonnement, dans une affaire montée de toutes pièces selon les membres de son collectif de défense et des organisations des droits de l’homme. Il se trouve actuellement dans des conditions pénibles et privé illégalement par la direction pénitentiaire de la visite de ses avocats bien qu’ils soient en possession d’autorisations du tribunal. Son état de santé est alarmant vu qu’il souffre d’une maladie rare.

Fahem Boukaddous correspondant de la chaîne satellitaire « Dialogue Tunisien », a été quant à lui condamné à une peine de 4 ans de prison pour « constitution d’une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens » uniquement pour avoir couvert et relayé le mouvement de la chaîne Al-Hiwar Attounsi. Il sera jugé en appel le 23 février 2010.

De même deux activistes de la société civile travaillant comme correspondants pour des médias locaux ont été jugés à des peines de prison dans des affaires se rapportant à leurs couvertures des élections d’octobre 2009 et des événements tragiques qu’à connu la région minière en Tunisie.

D’après les observateurs, ces jugements ont été entachés d’irrégularités atroces qui reflètent l’absence d’indépendance de l’autorité judiciaire, même s’il faut se féliciter de la libération de Zouhayr Makhlouf correspondant du journal électronique « Assabil Online » suite à un séjour de prés de 4 mois en prison.

En outre, le tribunal de Tunis examinera le 1er mars prochain l’affaire portée par le SNJT pour annuler le congrès illégal du 15 août 2009 qui a amené une direction illégale et illégitime imposée à la tête du syndicat.

La FAJ appelle les autorités tunisiennes à mettre fin à toute ingérence dans les affaires internes du SNJT et propose sa médiation et sa supervision pour l’organisation diligente du congrès unifié du Syndicat pour plus de sérénité dans leurs relations avec les médias afin que la liberté de la presse et la liberté d’expression deviennent une réalité dans ce pays.

Pour plus d’information entrez en contact avec +221 33 867 95 87 La FAJ représente plus de 50.000 journalistes dans 36 pays en Afrique

International Federation of Journalists

Africa Regional Office

3rd Floor, Immeuble Seynabou, VDN-Sicap Sacré Cœur III

BP 64257, Dakar Senegal Tel: +221- 33 867 95 86/87; Fax: +221- 33 827 02 50 E-mail: ifjafrique@ifjafrique.org

Website: www.ifjafrique.org


Amnesty International
 

Journalist in Tunisia faces imprisonment for covering Gafsa unrest


Feb 23 2010 – 09:44am Amnesty International is calling on the Tunisian authorities to put aside the sentence against journalist Fahem Boukadous on the eve of his appeal trial before the Gafsa Court of Appeal on 23 February 2010. Fahem Boukadous is challenging a four-year prison sentence imposed after he was convicted in an unfair trial of fomenting unrest following his coverage of protests in 2008. Amnesty International is concerned that Fahem Boukadous risks imprisonment for his work as a journalist. If this were to happen, the organisation would consider him to be a prisoner of conscience, detained for peacefully exercising his right to freedom of expression, and call for his immediate and unconditional release. As a journalist working for the private TV channel Al-Hiwar Ettounsi, Fahem Boukadous covered and broadcast images of popular protests against unemployment and high living costs in the Gafsa region of south-west Tunisia in the first half of 2008. He was charged with “belonging to a criminal association”, “taking part in a group established to prepare or commit an attack against people or property” and “spreading information liable to disrupt public order” in connection with the protests. Such charges have been used in Tunisia to repress peaceful dissent and criminaliwe social protest. They also have been used to prosecute and convict trade union leaders and peaceful protesters in Gafsa, considered by Amnesty International to be prisoners of conscience. According to court documents, the investigating judge concluded that Fahem Boukadous did not participate directly in the protests, but that he was an active member of a group of 38 individuals accused of leading them because he spread information in Tunisia and abroad for the purpose of “propaganda”. Fahem Boukadous went into hiding in June 2008 to avoid arrest, which he considered politically motivated. In December 2008, he was sentenced in his absence by the Gafsa Court of First Instance to six years’ imprisonment. The trial was grossly unfair: the defence lawyers were not permitted to present the case of their clients or to call and cross-examine witnesses; the defendants present were not questioned in court and a request by their lawyers that they undergo medical examinations to provide evidence of the torture they said they had been subjected to was rejected by the court. Fahem Boukadous’ sentence was upheld on appeal in February 2009, after a trial which took place over a single day and night, with only short breaks. The lawyers presented their arguments to the court, but were again denied the right to call and cross-examine witnesses. Renewed requests by the lawyers that their clients be medically examined were rejected and the torture allegations again disregarded. Following the conditional release of prisoners detained in connection with the protests, including leading trade unionists sentenced in the same trial, after a presidential pardon on 4 November 2009, Fahem Boukadous requested that he be given a retrial, a procedure permitted under Tunisian law for individuals who are convicted in their absence and subsequently present themselves to the authorities. On 13 January 2010, he was convicted on the same charges as those applied in his 2008 trial and sentenced to four years’ imprisonment by the Gafsa Court of First Instance, after an unfair trial in which the lawyers were not allowed to present his case. He appealed against his conviction and is at liberty pending his appeal trial, which is scheduled for 23 February 2010. Amnesty International calls on the Tunisian authorities to uphold their obligations to guarantee the right to freedom of expression under both Article 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights, to which Tunisia is a state party, and the Tunisian Constitution, which also enshrines freedom of the press. The organisation also calls for the repeal of all laws criminalising peaceful protest.   Background The phosphate-rich Gafsa region, in south-west Tunisia, was wracked by a wave of popular protests in the first half of 2008. They began in the town of Redeyef after the region’s major employer, the Gafsa Phosphate Company, announced the results of a recruitment competition. These were denounced as fraudulent by those who were unsuccessful and others and the protests, which developed into a more general protest about high unemployment and rising living costs, then spread to other towns as the authorities deployed large numbers of police and other security forces into the region. Hundreds of protestors were arrested and more than 200 have been charged with offences, some of whom have been convicted and sentenced to jail terms.  


COMMUNIQUE DE PRESSE

 Tunis, le 23/02/2009


La famille Ben Brik informe l’opinion publique tunisienne et internationale que la vie de Taoufik Ben Brik, le journaliste et poète condamné à 6 mois de prison ferme suite à ses articles sur le régime tunisien est réellement en danger. Son taux de Cholestérol est monté jusqu’à 3,2 g et celui  des triglycérides à 3,5. Les autorités pénitentiaires ont refusé de nous en informer à temps malgré la requête de Taoufik, ce qui nous permettrait d’éviter le pire en réajustant le dosage de ses médicaments ; ce qui démontre la volonté des autorités tunisiennes de pousser Taoufik jusqu’à la mort. Nous rappelons les autorités tunisiennes qu’elles sont responsables de tout ce qui pourrait arriver à Taoufik derrière les barreaux. Aujourd’hui, plus que jamais, il s’agit d’une question de vie ou de mort et nous implorons l’opinion à assister Taoufik en danger. AZZA ZARRAD La femme de Taoufik Ben Brik

 

Comité  national de Soutien aux populations du bassin minier

Le 24 février 2010 Information

Le tribunal de Première  Instance, lors de son audience aujourd’hui, a émis un mandat de dépôt contre Hassan Ben Abdallah, qui a été écroué à la prison civile de Gafsa. Il avait fait opposition à un jugement à son encontre le condamnant par défaut à dix ans d’emprisonnement fermes pour sa participation au mouvement de protestation du bassin minier qui avait contesté l’absence de transparence des résultats du concours de la compagnie des phosphates de Gafsa et avait réclamé le droit à l’emploi et au développement régional. Monsieur BenAbdallah avait fait opposition à ce jugement. L’audience en appel fixée au 23 février 2010 a été, à la demande de la défense, reportée au 23 mars 2010, tandis que l’affaire en première instance a été reportée au 17 mars 2010. Le comité national exige la libération de Monsieur Ben Abdallah et celle de tous les prisonniers du bassin minier encore incarcérés, ainsi que l’arrêt des poursuites contre messieurs Fahem Boukaddous et Mohieddine Cherbib. Il appelle à  la clôture judiciaire définitive du dossier du bassin minier par la promulgation d’une amnistie englobant toutes les personnes qui ont été jugées, leur réintégration dans leur emploi, le développement équilibré de la région ainsi qu’une enquête sur tous les dépassements dont cette dernière a été le théâtre. Comité  national de soutien aux populations du bassin minier (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
 


LDH Ligue des Droits de l’Homme

En Tunisie, pas de droits pour les défenseurs des droits

 


– 23/02/2010 16:40:00 Khemaïs Chammari a entamé une grève de la faim en raison du harcèlement insupportable dont il est l’objet de la part des autorités tunisiennes. Empêché de se déplacer, empêché de recevoir du monde, téléphone coupé, quasiment emprisonné à domicile, cet éminent défenseur des droits de l’Homme dans son pays mais aussi dans le reste du monde exprime son refus de l’arbitraire par le seul moyen qui lui reste : mettre sa santé en péril. Comme bien d’autres militants tunisiens, Khemaïs Chammari est victime d’un régime qui ne recule devant rien pour empêcher toute expression démocratique dans son pays. Nicolas Sarkozy a cru discerner un progrès des libertés en Tunisie : le sort réservé aux opposants à la dictature de M. Ben Ali devrait le conduire à rappeler à son homologue tunisien l’importance que la France attache au respect des libertés démocratiques. La Ligue des droits de l’Homme réaffirme sa solidarité à Khemaïs Chammari et à tous ceux et à toutes celles qui luttent en faveur des libertés en Tunisie, et appelle le gouvernement tunisien à mettre un terme à ces agissements insupportables. Elle demande au gouvernement français de faire savoir publiquement son soutien aux défenseurs des droits de l’Homme en Tunisie.


Le Parti communiste français
COMMUNIQUE DE PRESSE

Le PCF soutien Khemaïs Chammari et condamne l’attitude du pouvoir tunisien


Le Parti communiste français exprime sa profonde indignation devant la situation inacceptable imposée par les autorités tunisiennes à l’encontre de M. Khemaïs Chammari. Depuis plusieurs jours, cet homme, parce qu’il est un défenseur inlassable des droits de l’homme dans son pays, se voit placé sous surveillance policière permanente, harcelé, privé du droit de circuler et de rencontrer qui il souhaite. Rien ne peut justifier de telles mesures de privation de libertés. Aucune plainte ou procédure judiciaire ne concerne M. Chammari. Que cherche le pouvoir tunisien? Devant le silence de celui-ci aux questions posées, M. Chammari a décidé d’entreprendre une grève de la faim pour protester contre ce harcèlement. Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l’attitude du pouvoir tunisien et exprime tout son soutien et sa solidarité à l’égard de M. Chammari dont il salue le combat incessant depuis de longues années pour les libertés, la démocratie et le progrès social dans son pays.

Parti communiste français Paris, le 23 février 2010. Solène Björnson-Langen Attachée de presse de Marie-George Buffet Attachée de presse du Parti communiste français 01 40 40 12 22 06 74 45 15 92 sbl@pcf.fr


CONFERENCE DE PRESSE DU 24 FEVRIER 2010
A LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME- PARIS

 


 

Mesdames, Messieurs,

 

Merci à vous tous d’être venus aujourd’hui.

 

Je suis le fondateur et le président du premier groupe d’enseignement privé en Tunisie, créé en 1973 avec mon épouse Madeleine.

La Fondation BOUEBDELLI est, dans l’enseignement privé tunisien, l’institution phare de l’éducation et de la formation de la jeunesse depuis plus de 37 ans.

Dès le départ, la Fondation s’est voulue être le symbole de la qualité et l’excellence. Elle a respecté cette devise tout d’abord dans l’enseignement primaire avec l’Ecole Jeanne d’Arc, puis dans l’enseignement secondaire avec le Lycée Louis Pasteur, et enfin en créant l’Université Libre de Tunis qui regroupe un institut polytechnique, une faculté de droit et de gestion et une école d’architecture.

 

Si je suis aujourd’hui devant vous, c’est pour expliquer comment l’arbitraire a mis fin à cette expérience de plus de 37 ans avec la décision arbitraire et inique de fermeture de l’Université Libre de Tunis.

 

Comment en est-on arrivé là?

 

La Tunisie subit malheureusement une grave crise politique qui a détruit toutes les possibilités de construction d’une véritable démocratie dans le pays. Et ce qui est encore plus grave, cette crise politique a conduit à un déréglement du fonctionnement des institutions politiques de l’Etat. L’application de l’Etat de droit dans tous les secteurs de la vie nationale est menacée par l’arbitraire, les passe-droits, la corruption, l’institution du règne de la peur et l’insécurité pour les personnes et leurs biens.

La Fondation Bouebdelli n’a pas échappé à ce sort.

C’est pourquoi j’ai tenu, en octobre dernier, à dénoncer les dérives et les reniements du régime en place dans un livre publié sur internet, intitulé « Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté », dans lequel j’ai présenté nombre de propositions constructives, valant mode d’emploi, pour faire de la Tunisie un pays démocratique. Je suis alors entré en résistance.

 

La publication de ce livre, qui avait pour but d’éclairer l’opinion publique nationale et internationale, sur la réalité politique en Tunisie, n’a pas manqué d’entraîner la réaction répressive du Pouvoir à l’encontre de notre Institution d’enseignement supérieur, l’Université Libre de Tunis.

En effet, quatre mois après avoir publié ce livre critique sur le Pouvoir en place, j’ai été sanctionné: le ministre de l’Enseignement supérieur a décidé du retrait de l’agrément de l’Université Libre de Tunis pendant 3 ans et la nomination d’un administrateur judiciaire ayant pleins pouvoirs. La récente « mise à mort » de l’Université a utilisé un subterfuge juridique, faute d’avoir pu atteindre son but avec des contrôles fiscaux, d’hygiène, de sécurité sociale et autres, qui n’ont pas abouti.

 

Cette agression contre des institutions éducatives de la Fondation BOUEBDELLI n’est pas la première.

Ayant toujours refusé d’accepter les passe-droits pour les protégés du clan au Pouvoir, malgré les sommations et les mesures de rétorsion, ma famille a été en butte, dès 2004, à de multiples tracasseries et la victime d’un véritable harcèlement.

Cela a commencé en septembre 2004 avec la tentative de mainmise sur l’Ecole Jeanne d’Arc.La raison en était le refus décidé par le conseil de classe d’inscrire en première année de notre Collège une élève apparentée au clan au Pouvoir et la non-acceptation de modifier la décision du conseil de classe. Ce fut alors un véritable « Tsunami » avec retrait de l’autorisation, destitution de la directrice, mon épouse, mainmise sur l’ensemble des biens et j’en passe…Pas moins de six ministères ont alors participé à la curée!

Devant l’ampleur du mouvement de protestation et de mobilisation des 1400 élèves, de l’ensemble du corps enseignant et des parents, le ministère de l’Education s’est trouvé contraint de revenir sur sa décision de fermeture.

 

Trois ans plus tard, en mai 2007, nouvelle confrontation avec le Pouvoir: l’affaire du Lycée Louis Pasteur qui a été relatée, à l’époque, par plusieurs médias français et européens. On nous signifia alors la fermeture du Lycée Louis Pasteur. Personne n’ignorait plus, à ce moment, qu’il s’agissait là d’une décision destinée à favoriser – même au prix d’une illégalité – une institution qui venait d’être créée à cette date, l’Ecole Internationale de Carthage, sur l’initiative de Mme Ben Ali, épouse du président de la République, et Mme Souha Arafat. Ce lycée est toujours fermé.

 

Le dossier du Lycée Louis Pasteur fut pour moi un choc;

j’ai compris à cette occasion ce qu’était l’arbitraire.

 

L’affaire du Lycée Louis Pasteur a envenimé le climat un peu plus encore: e.mails détournés, lignes téléphoniques surveillées, contrôles sanitaires répétés, contrôles fiscaux approfondis etc.

Et le coup de grâce vient d’être donné en janvier 2010: l’Université Libre de Tunis vient d’être fermée par une oukase ministérielle, prise en un temps éclair, selon la procédure la plus expéditive et la plus arbitraire qui soit.

Cette procédure administrative s’est terminée en l’espace de 15 minutes. Elle a été suivie le lendemain même et sans autre forme de procès, par un Arrêté signé par le ministre de l’Enseignement supérieur. Ce dernier a décidé de retirer l’autorisation universitaire à l’Université libre de Tunis, de la placer pour 3 ans sous l’autorité d’un « administrateur » relevant du ministère et de fermer définitivement l’Ecole polytechnique de cette Université, qui représente plus de 70% de son activité. Cet Arrêté équivaut réellement à un « arrêt de mort programmé » contre l’Université Libre de Tunis.

 

L’affaire est une affaire politique. Sous le couvert de prétendues sanctions administratives infondées et disproportionnées, elle vise à faire taire une voix, à dénier à un citoyen libre et patriote le droit de dire la vérité à ses concitoyens.

Elle viserait, outre la volonté de vengeance, à réaliser un projet d’une autre Université libre à Carthage au profit de l’un des clans proches du Pouvoir, comme le laisse entendre la lettre hebdomadaire de « Maghreb Confidentiel », numéro 912, en date du 4 février 2010, qui écrit:  » La fermeture de l’Université Libre de Tunis, le 25 janvier, est-elle destinée à faire place nette pour la future Université Leïla Ben Ali? Alors que le premier établissement d’enseignement supérieur privé de Tunisie, fondé en 1973 par Mohamed Bouebdelli, vient d’être « suspendu » – jusqu’en 2014! – par le ministre de l’Enseignement supérieur, l’épouse du président Ben Ali fait avancer, selon nos sources, son dernier projet: une Université privée située à Carthage. Des terrains seraient même déjà « réservés » à proximité de l’Ecole internationale de Carthage… Un air de déjà vu? Ce lycée, fondé en 2007 par Leïla Ben Ali et Souha Arafat, la veuve de Yasser Arafat, avait ouvert ses portes juste après la fermeture du Lycée Pasteur, dirigé par l’épouse de Mohamed Bouebdelli, Madeleine Pithoud-Bouebdelli. « La fac de Leïla » devrait faire la part belle aux diplômes d’ingénierie, mais un cursus d’expertise comptable – dont il se murmure qu’il pourrait être bientôt privatisé – serait aussi à l’ordre du jour ». (Fin de la brève).

 

Enfin, je m’interroge sur l’attitude de la France dans cette affaire. Je suis Franco-Tunisien ainsi que mes enfants. Mon épouse est Française. Pourtant, les Autorités de ce pays ne semblent pas préoccupées outre mesure du sort de la Fondation Bouebdelli et encore moins de celui de ses dirigeants, citoyens français, malgré nos correspondances et tout ce qui a été publié sur la presse.

En revanche, des responsables de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique à Tunis ont récemment pris d’eux-mêmes l’initiative d’aller rencontrer mon épouse à l’Ecole Jeanne d’Arc et manifesté leurs inquiétudes et leur soutien…

Dans l’affaire du yacht volé au PDG de la Banque Lazard par un membre du clan au Pouvoir en Tunisie, M. Bruno Roger, son malheureux propriétaire, a pu récupérer son bien en quelques semaines. C’est vrai qu’il est l’ami personnel de MM. Chirac et Sarkozy.

 Serions-nous donc des Français de seconde zone? Car dans l’affaire qui nous concerne, nous n’espérons pas moins que de récupérer nos biens dont nous avons été spoliés, et que la France sensée protéger ses ressortissants et ses citoyens y mette un point d’honneur…

 

Je voudrais, pour conclure, remercier tous ceux qui nous ont manifesté leur soutien tout au long de cette décennie d’acharnement du Pouvoir, et tout particulièrement la Ligue des droits de l’homme, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie, RSF, M. Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH, M. Michel Tubiana, MM. Kamel Jendoubi et Mohieddine Cherbib, ainsi que tous les médias qui ont traité cette affaire sans complaisance. Merci à tous.

 


 

Monsieur JERAD Abdessalem

Secrétaire Général de l’UGTT

29, Place M’hamed Ali

Tunis 1002

TUNISIE

Paris, le 23 février 2010

Objet : Pour la vérité sur l’assassinat de Farhat Hached

 


 

Chers amis,

Nous soutenons pleinement votre recherche de vérité et de justice s’agissant du meurtre en 1952 deFahrat Hached, secrétaire général de l’UGTT depuis sa fondation en 1946 jusqu’à son assassinat. Il était aussi une figure importante du mouvement national tunisien.

Cette plaie non refermée vient en effet d’être rouverte à la suite de la diffusion par la chaîne de télévision Aljazeera d’un reportage sur l’assassinat du leader syndicaliste tunisien par l’organisation terroriste « la Main rouge ».

Dans ce reportage, un citoyen français revendique être partie prenante de cet assassinat. Plus de 50 ans après, ce personnage, non seulement ne regrette rien mais affirme que si c’était à refaire, il le referait.

Nous comprenons que cette diffusion ait provoqué une légitime émotion en Tunisie où Farhat Hached jouit d’une image particulière dans la mémoire collective.

Cette émotion interpelle les syndicats français sur le rôle du gouvernement de la France de l’époque dans cette affaire.

C’est pourquoi la CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l’UNSA soutiennent votre démarche auprès des autorités françaises pour faire toute la lumière sur les circonstances, les responsabilités et l’identification des auteurs de l’assassinat de Farhat Hached. Nous interviendrons à vos côtés pour appuyer cette action et ses éventuelles suites judiciaires.

Soyez, chers amis, assurés de notre profonde solidarité.

Pour la CFDT

Philippe Réau

La CGT

Jean-François Courbe

La FSU

Roger Ferrari

 

Solidaires

Alain Baron

L’Unsa

Saïd Darwane

 

 


Sami Akremi, l’homme aux 6000 dinars


Slim Bagga Avant ou après peu importe: au moins de juillet, j’ai entretenu les lecteurs du salaire de Sahbi Smara: 1200 dinars en tant que délégué du ministère de l’Intérieur auprès de Tunisie-Télécom. Ne parlons plus de ce cadavre. Aujourd’hui, il s’agit du plumitif en chef du ministère de l’Intérieur, celui qui a dépassé en verve poétique abdelaziz Jeridi. L’histoire est un peu complexe, alors suivez les faits. Le patron à la solde du ministère de l’Intérieur est bel et bien Jeridi. Les journaux « Kol Ennas » et « El hadath sont bel et bien propriétés de Jeridi commercialement et de Carthage politiquement. Mais les prêts-noms n’écrivent plus, ils sont même dépassés par la poésie de Sami Akremi. « L’idée, c’est eux, Carthage; la plume c’est moi », crie Sami Akremi. Bravo! Mais le ministère de l’Intérieur lui tient un autre langage: « Tu as 2000 dinars de l’UGTT au titre du service de documentation de la Centrale syndicale, 2000 dinars d’un service de presse du ministère de l’Intérieur; 2000 dinars de Carthage ».  C’est vrai, c’est fou; 6000 dinars pour deux papiers par semaine et en un mois. Il y a de quoi devenir mercenaire. C’est pour cela Sami Akremi menace en vue d’avoir son propre journal, sa propre publicité, sa propre imprimerie. Ce que refusent pour l’instant ses commanditaires. Alors, j’ai une idée à proposer à Sami Akremi, ce fils de rien, qui n’ira nulle part: veux-tu des infos sur l’opposition pour améliorer ta prose nauséabonde? Je t’y aiderai, moyennant 50% de ce que tu touches? Je requinquerai les caisses de l’opposition grâce à l’argent que tu touches indûment de la caisse noire de Ben Ali et Leila « GIN ».? Ne dis pas non petit mercenaire. Les mercenaires de ton engeance, c’est à qui paye le plus. Alors médite, car bientôt tes 6000 dinars, tu ne les auras plus… PS: Bientôt, l’itinéraire de Sami Akremi de Gafsa à « Echaabb » au ministère de l’Intérieur…


La patience de Aïd / Retornado Zouhir Latif s’effrite face à l’inertie de l’Administration

Les services du Chef du Bureau des Relations avec le Citoyen au Ministère de l’Intérieur (MonsieurHasan Maghraoui: +216-71-233-000), promettent se renseigner, de saisir les autorités compétentes et de prendre attache avec Aïd / Retornado Latif. Espérons un dénoument huereux à une attente de passeport de près de 1000 jours. Nous engageons les nôtres des AÏDOUN / RETORNADOS à saisir le Chef du Bureau des Relations avec le Citoyen au Ministère de l’Intérieur,afin de dégeler leurs demandes de passeport.

 

 

Par Abdel Wahab Hani

Notre ami Aïd / RetornadoZouhir Latif s’impatiente, dans l’inertie et l’inaction inexpliquée de l’Administration, à l’attente de son passeport tunisien, déposé depuis juillet 2008.

Résident en Grande Bretagne, binational, citoyen tunisien et sujet deSa Gracieuse Majesté Elisabeth II, née Elizabeth Alexandra Mary Windsor, Reine d’Angleterre, Reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et de ses autres royaumes et territoires, Cheffe du Commonwealth et Reine de ses 16 Etats, Amirautée, Défenseuse de la Foi, Gouverneuse de l’Eglise anglicane par la grâce de Dieu, notre ami Aïd / RetornadoZouhir vient d’écrire à Son Excellence Hamida Mrabet Labidi, Ambassadrice de la République Tunisienne à Londres, auprès du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord, ainsi qu’auprès de la République d’Irlance.

Aïd / Retornado Zouhir y demandait à l’Ambassadrice de lui délivrer son passeport tunisien afin qu’il puisse se rendre au chevet de sa maman Mme Latif mère, agée de 86 ans et aujourd’hui souffrante. La dernière rencontre entre mère et fils date de 2005 à Tunis. Depuis Mme Latif n’a pu voir son fils bien aimé.

Aïd / Retornado Zouhir y rappelait à l’Ambassadrice le dernier discours du Chef de l’Etat, en Conseil des Ministres, appelant les ministres et les responsables de l’Etat à prendre au sérieux les problèmes et les doléances de nos concitoyens

Aïd / Retornado Zouhir avait entamé toutes les démarches légalistes entreprises par AÏDOUN /RETORNADOS:

-Il a écrit à La Médiateure Administrative;

-Il a fait établir un extrait de son Casier juidiciaire vierge;

-Il a téléphoné, cet après-midi, aux services du Responsable du Bureau des Relations avec le Citoyen au Ministère de l’Intérieur, Monsieur Hasan Maghraoui:  +216-71-233 000, rappelant le récent discours du Chef de l’Etat sur le rôle desdits bureaux au service des citoyens. Ces derniers doivent aider les citoyens, y compris ceux de la Diaspora, dans leurs requêtes auprès de l’Administation

Journaliste Grand Reporter Producteur TV, Aïd / Retornado Latif a interviewé les grands de ce monde: Kofi Annan, Tony Blair, Naguib Mahfouz, Necmettin Erbakan, Abdullah Gul, Ibrahim Rogova, Sa Magesté Hassan II

Aïd / RetornadoZouhir Latif est déterminé à rentrer au pays le plutôt que possible. Si les autorités consulaires renaclent à lui délivrer son passeport, il est déterminé à rentrer avec le passeport de Sa Majesté Elisabeth II.

Il enetend protester contre cette discrimination dont il fait l’objet, à l’instar de dizaines d’autres AÏDOUN / RETRONADOS qui attendent, dans une patience légendaire, leurs passeports tunisiens déposés depuis des mois voir des années, alors que la prosédure prend tout juste quelques 3 heures dans nos Consulats et les services consulaires de nos Ambassades.

Espérons que les services de Madame Hamida Mrabet Labidi, Ambassadrice à Londres, de Madame Saïda RahmouniMédiateure de la République, de Monsieur Hasan Maghraoui,Chef du Bureau des Relations avec le Citoyen au Ministère de l’Intérieur et ceux de Monsieur Ali Larbi Aïdoudi,Directeur général de la Direction générale des Affaires consulaires au Ministère des Affaires étrangères, inciteront les autorités compétentes, et notamment le Ministre de l’Intérieur Monsieur Rafij Haj Kacem, à prendre les mesures positives qui s’imposent, en libérant le passeport duAïd / Retornado Zouhir Latif, avant qu’il ne soit trop tard.

Paris, le 24 février 2010

Aïd / Retornado, Bi Idhni Allah, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al KArihoun

Abdel Wahab Hani

awhani@yahoo.fr

+33(0)617960037 (injoignable depuis les lignes fixes, mobiles, rifi, publiques et privées de l’opérateur national Tunisie Telecom, depuis bientôt une décennie, par décision d’un fonctionnaire, ‘tunisien et non émirien’ zélé)

PS: Pour joindre Aïd / Retornado Zouhir Latif, Director & TV Producer:

+44(0)7578492089 et +44(0)7536941872


L’Albanie accepte trois nouveaux ex-détenus de Guantanamo


(ats / 24 février 2010 13:20) L’Albanie a accepté d’accueillir trois nouveaux ex-détenus de Guantanamo, portant à onze le nombre des anciens prisonniers du camp américain à Cuba qu’elle héberge. En Espagne, le premier des cinq ex-détenus que Madrid s’est engagé à accueillir est arrivé. « Il s’agit d’un Palestinien, il est déjà arrivé dans notre pays. Nous ne voulons pas donner plus de précisions car nous souhaitons qu’il puisse faire sa vie normalement », a déclaré le ministre espagnol de l’Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba. Le gouvernement socialiste espagnol s’est engagé à accueillir sur son sol cinq détenus de la prison de Guantanamo. « Nous encourageons les différents pays européens à faire l’effort maximum » pour accueillir d’autres prisonniers de ce camp, avait déclaré la semaine dernière le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos. L’Albanie va ainsi accueillir un ressortissant tunisien, un Egyptien et un Libyen, en plus des huit qu’elle a déjà acceptés, a indiqué un porte-parole du ministère albanais de l’Intérieur. « Cette décision fait suite à un accord entre l’Albanie et les Etats-Unis », a-t-il précisé. Les Etats-Unis sont en train de vider peu à peu la prison américaine controversée, où se trouvaient des prisonniers capturés dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, en particulier en Afghanistan. La Suisse a accepté d’accueillir trois anciens de Guantanamo, deux Ouïgours et un Ouzbekh.  

Crise avec la Suisse: la Tunisie déclare sa solidarité la Libye


 

AFP, le 24 février 2010 à 11h26 TUNIS, 24 fév 2010 (AFP) – La Tunisie a apporté mercredi, après l’Algérie, son plein soutien à la Libye dans la crise avec la Suisse, a indiqué le ministère tunisien des Affaires étrangères. Tunis réaffirme « sa solidarité totale » avec la Libye « soeur » et « forme l’espoir de voir les deux pays parvenir à un règlement de ce différend et un retour à la normale de leurs relations dans le cadre du dialogue constructif », a indiqué le ministère dans un communiqué, transmis à l’AFP. « La Tunisie suit avec attention les développements regrettables et les incidences du différend qui oppose la Jamahiriya arabe libyenne à la Suisse sur la liberté de circulation des personnes », a ajouté une source autorisée au ministère. L’Algérie avait réaffirmé la veille « sans ambages sa solidarité » avec Tripoli. Rachid Hamdani, l’un des deux hommes d’affaires suisses retenus depuis 19 mois en Libye, est rentré en Suisse, a indiqué mercredi le ministère helvétique des Affaires étrangères. « Le ministère confirme que M. Hamdani est rentré en Suisse », a expliqué à l’AFP un porte-parole, sans plus de précisions. Son compatriote Max Göldi s’est rendu aux autorités libyennes lundi afin de purger une peine de quatre mois de prison. Les deux hommes d’affaires avaient été arrêtés en juillet 2008 et assignés à résidence, puis poursuivis et jugés pour « séjour illégal » et « exercice d’activités économiques illégales » en Libye.

 


A ‘model’ Islamic education from Turkey?


Reuters, le 24 février 2010 à 08h04 * Some countries see imam-hatip network as `moderate’ model * Curriculum contains 60 percent secular subjects * Schools suppressed at home, reflect Turkey’s tensions By Simon Akam ISTANBUL, Feb 24 (Reuters) –  ISTANBUL (Reuters) – In the Beyoglu Anadolu religious school in Istanbul, gilded Korans line the shelves and on a table lies a Turkish translation of « Eclipse, » a vampire-based fantasy romance by U.S. novelist Stephanie Meyer. No-one inside the school would have you believe this combination of Islamic and western influences demonstrates potential to serve as a ‘moderate’ educational antidote to radical Islam. But there is fresh outside interest in schools like this, which belong to the network known as imam-hatip. Some people, particularly officials from Afghanistan and Pakistan, have suggested the Turkish system can light the way to a less extremist religious education for their young Muslims. The interest is understandable. The imam-hatip network is a far cry from the western stereotype of the madrassa as an institution that teaches the Koran by rote and little else. Originally founded to educate Muslim religious functionaries in the 1920s, the imam-hatip syllabus devotes only around 40 percent of study to religious subjects like Arabic, Islamic jurisprudence and rhetoric. The rest is given over to secular topics. The network has incubated the elite of the Islamist-rooted AK party which came to power in Turkey in 2002. Prime Minister Recep Tayyip Erdogan — who went on to study economics — and around one third of his party’s MPs attended imam-hatip schools. For Turks, however, it’s ironic that a system which for over a decade has been suppressed by the military enforcers of secularism could be seen to champion any institutional accommodation between the Islamic and the secular. A revised system of university credits introduced in the late 1990s puts imam-hatip students seeking to study non-religious subjects at university at a disadvantage. « It’s very interesting that these schools that are so controversial in our own country have become role models elsewhere, » said Iren Ozgur, a Turkish-American academic at New York University who has studied the imam-hatip system. In his office close to the Golden Horn inlet of the Bosphorus, former imam-hatip pupil Huseyin Korkut believes the schools could work abroad if they remain true to « Islamic values. » But he bristles at the idea of the network being pigeonholed into helping solve international security problems. « We are disturbed by this understanding that these schools would educate ‘soft’ Muslims that could easily adapt to the needs and requirements of the international authorities, » said the moustachioed economist. Calling himself a typical graduate of the system, Korkut works at Kirklareli University and is general director of the imam-hatip alumnae association. Current students like Kerem Fazil Cinar, an 18-year-old final year pupil at Beyoglu Anadolu imam-hatip School, see the system as a refuge from the perils of the outside world. « In the regular school would be the danger of meeting dangerous friends who have not inherited religious values, » said the earnest, bespectacled teenager, the beginnings of a beard sprouting from his chin. « The environment would be more degenerate. » SECULAR FOCUS Named after the preachers and prayer-leaders it was set up to train, the imam-hatip system has earned less media attention in the west than the moderate international network set up by exiled Islamic scholar Fethullah Gulen. There are many Gulen schools in Central Asia, and other outposts in the Balkans and Western Europe. Last month, Afghanistan’s Education Minister Farooq Wardak visited an imam-hatip school in Ankara and declared the system could be a model for moderate religious education in his country. Pakistan’s ambassador to Turkey has said the imam-hatip system was discussed in recent high-level talks. And Wardak’s visit followed a Russian delegation, including the deputy minister of education, which came to see the schools last year. « An education system should not just be an education, it should be a tool to fight extremism, » Wardak said, adding that he was impressed by the way the imam-hatip school combined religious instruction with other subjects. « We need to make sure that graduates of religious schools … also have skills and vocation, and they get a knowledge to be part of the mainstream of society. » Overseas interest in the schools may also have been partly kindled by Turkey’s changing foreign policy priorities, as Ankara seeks to play a greater role among Muslim states — including Syria and Iran — and cools on long-term ally Israel. Turkey’s largest ever foreign aid effort is now directed to Afghanistan, and last year it agreed to establish a high-level co-operation council with Pakistan. Russia is Turkey’s main trading partner. In imam-hatip institutions, as in every school in the country, images of Mustafa Kemal Ataturk — the founder of the Turkish Republic — are on display. Students can tackle Arabic passages describing the Prophet Mohammad’s journey to Medina in classrooms also displaying Ataturk’s address to Turkish youth. « There has always been a tension between orthodoxy and heterodoxy within the framework of Turkish Islam, » said Professor M. Hakan Yavuz, of the University of Utah’s Middle East Center. « As a result Turkish Islam has these sites outside the control of orthodox Islam, and remains more pluralist, more tolerant. » SENSITIVE But by singling out imam-hatip schools, Afghanistan’s minister may unwittingly have been treading on deep Turkish sensitivities. The network — which with high standards and low costs proved popular with conservative Turkish families in the past — was targeted after senior generals pushed out Turkey’s first Islamist-led government in 1997. Whereas in the second half of the 1990s about 600 imam-hatip schools across the country educated half a million pupils, after what was known as the « post-modern coup, » imam-hatip middle schools for pupils aged 11-14 were abolished. Even more damaging were the changes to the university admission system, which calculates the relevance of subjects studied at school to a student’s proposed university course. Modifications after 1997 meant that — unless they chose to study religion — imam-hatip students found their grades devalued against those of applicants from conventional schools. Waning prospects for higher education diminished the appeal of imam-hatip schools. Today around 450 educate 120,000 pupils. The AKP has worked toward their rehabilitation, but it has not succeeded yet in changing university entrance requirements. ANGER It is in this context that students like Cinar experience the system. Gathered in a mosque in the heart of the old city with two fellow students — including Nur Sumeyye Karaoglan, a quiet girl in a patterned headscarf — the young man’s comments reflect an anger with Turkey’s secular establishment that makes nonsense of such distinctions as « radical » and moderate. » « Surely religion should have a public role, » he said — a view that flies in the face of Turkey’s 87 years of secularism. « Not only in Turkey, but throughout the world. » Sitting among glass-walled cloisters, he warmed to the theme of Turkey’s suppression of the imam-hatip network, and by extension of its alumni, saying his country needed men like him to stand up for religion and traditional values. « We want Turkish society to feel that it is right to fear us, » he said. Over their tea, his fellow pupils murmured in approval. « I am very proud to be an imam-hatip student, » said Karaoglan, 16, the only girl in the group. « I feel it is in line with human nature. » (Editing by Sara Ledwith)

L’Orient et l’Occident comme espaces imaginaires

                          

  Juan Goytisolo

 Courtesy l’auteur J.G., traduit de l’espagnol par Abdelatif Ben Salem

Il y a quelques années, alors que je prenais tranquillement mon café, attablé à une terrasse de la Place Jemâa el-Fnâ à Marrakech, une touriste française en goguette s’approcha de moi pour me saluer et me faire part avec chaleur de son émotion de se trouver en Orient. En Orient ? Oui bien sûr ! Tous ces bazars, ces souks couverts et les arômes des épices, n’est-ce pas comme dans un conte oriental ? Malencontreusement je n’ai eu ni le courage ni la patience pour lui expliquer que l’Orient et l’Occident en tant qu’espaces mentaux, fruits de notre imaginaire collectif, ne correspondent à aucune réalité géographique. Le Maroc n’est-il pas connu chez les Arabes comme Al-Maghrib al-Aqsa ou l’Extrême Occident, autrement dit, quelque chose de si exotique et de si lointain pour un citoyen yéménite que l’étaient le Caire ou Damas, pour nous Européens, avant l’invention des vols charters.

Parler d’Orient et d’Occident comme on le fait actuellement dans le discours politique courant est un euphémisme : ce dernier terme désigne l’Europe et le monde américain crée par elle, alors que le premier renvoie à l’islam. Nous sommes donc en présence de deux termes dont le contenu antagonique date de plusieurs siècles, et dont la confrontation, prétendument inéluctable pour certains, donnera sa chair au fameux Conflit des Civilisations, qui a fait couler tant d’encre depuis la fin du XXe siècle ; plus précisément après les attentats du 11 septembre. Longtemps considéré comme un obstacle à l’expansionnisme soviétique, l’islam est redevenu à nouveau le symbole de la barbarie à laquelle nous devons faire face aujourd’hui. Le communisme mort, l’islam resurgit à l’horizon. Après le court intermède de la chute du Mur de Berlin qui nous a fait miroiter une fin probable de l’histoire, le discours spécifique de la Guerre froide fut à nouveau réintroduit dans les cercles politico-religieuses de l’ancienne présidence impériale de Georges W. Bush : Priorité à la défense des libertés et de la démocratie contre l’idéologie totalitaire et « son arme de destruction massive : la menace terroriste ».

A l’extrémisme radical de Ben Laden, prenant pour cible d’abord les Musulmans qui ne partagent pas sa vision du jihâd et seulement après, ceux qu’il surnomme « sionistes croisés », l’ancien Président des Etats-Unis et ses vulcains en ont opposé un autre, mais de type différent qui, en plus des groupes gravitant autour de la nébuleuse d’Al-Qaïda, englobait leurs complices présumés tels que Saddam Hussein et l’Iran des Ayatollahs, les incluant sans autre forme de procès dans la doctrine médiocre et ringarde de « l’Axe du Mal ». La distinction habituelle entre musulman, islamiste et jihadiste s’est évaporée par la volonté des télévangélistes et des curés affublés d’uniforme militaire, jouant aux cicérones politiques. La théorie du « Choc des Civilisations » –  entre celle des pays démocratiques membres de l’Alliance atlantique et celle de l’Islam ; entre celle des colonnes des combattants de la liberté et celle des forces obscurantistes et tyranniques – n’a jamais été aussi bien servie. Quoi qu’il en soit, poser le problème en ces termes, ne pouvait que conduire fatalement aux désastres dont nous continuons de subir les répercussions jusqu’à aujourd’hui.                            

C’est ainsi que dès le 11 septembre 2001, nous sommes témoins de deux guerres meurtrières : une menée en Afghanistan avec l’aval de la communauté internationale mais mal conçue et piteusement conduite ; l’autre, en Irak, sans véritable prétexte autre que l’ambition, les convoitises et un chapelet de mensonges enrobés d’arguments patriotiques, et dont les maigres résultats politiques n’ont d’égal que les immenses pertes causées par les destructions des infrastructures de ce pays, de l’affrontement sanglant entre ses trois composantes ethnico-religieuses (en plus du harcèlement millénaire de sa minorité chrétienne) et du nombre très élevé des victimes (y compris nord-américaines). Ces deux guerres furent accompagnées d’un gigantesque déploiement de la machine de propagande, jouant sur l’amalgame et présentant la partie pour le tout. Comme pour le monde chrétien, la variété des situations, la  richesse et la complexité des cultures et des traditions religieuses présentes au sein de l’islam ont peu importé aux experts du Pentagone et de la Maison Blanche. Car ce qui obéissait à l’impératif de contrôle des ressources en hydrocarbures et à la stratégie unilatérale du renforcement de l’hégémonie de la première puissance mondiale se transmuait, comme au temps du colonialisme européen en une « mission civilisatrice ». Mais l’échec retentissant de leurs visées arrogantes a démontré à quel point ils étaient dans l’erreur.

Alors que les diverses croyances et systèmes religieux présents dans l’aire asiatique – confucianisme, brahmanisme, bouddhisme, etc.— ont été de tout temps perçus avec candeur et complaisance, l’Islam, comme l’a noté le grand historien tunisien Hicham Djaїt, continue toujours d’incarner l’idée d’un credo à la fois proche mais inassimilable, dont la volonté hégémonique nous fait peur et dans le miroir duquel notre propre image se réfléchie. Même s’il y a eu des périodes de paix ou du moins des moments d’équilibre entre ces deux bouts de tissu aux couleurs bariolées que nous appelons Chrétienté et Islam, le souvenir qui perdure dans la mémoire collective des deux bords est celui d’une suite de conquêtes, de victoires, de défaites, de Croisades et de Guerres saintes. Cette longue et conflictuelle histoire commune, chargée de vicissitudes et de retournements a prit fin il y a plus d’un siècle par le triomphe écrasant des puissances européennes : chute de l’empire ottoman, abolition du Califat et occupation de la rive sud de la Méditerranée , du Détroit de Gibraltar aux rivages de la Turquie.

L’Etat laïc fondé par Kemal Atatürk et le soulèvement du Rif sous la bannière de Mohammad Ben Abdelkrim al-Khatâbî étaient incontestablement les signes avant-coureurs qu’une nouvelle étape historique pointait à l’horizon. Trois décennies plus tard, le cours des événements allait confirmer cette orientation.

Tout cela nous paraît bien loin aujourd’hui, mais il faut rappeler malgré tout le  passé afin de rendre intelligible le présent et éviter de commettre les mêmes erreurs. Il fallait qu’on explique un jour pourquoi et comment, du Maroc à l’Irak, les mouvements de libération nationale dans le monde arabe, laïques et porteurs d’aspirations démocratiques à l’origine, tombèrent les uns après les autres entre les mains des dictateurs ou sous la férule des monarchies parfois théocratiques, au point qu’il est devenu difficile de faire la distinction entre celles-ci et les républiques dynastiques créées dans les années soixante et soixante-dix du XXe siècle au Maghreb et au Proche-Orient. Au moment où la rhétorique sur l’Unité arabe tourne à la mauvaise blague (il suffit de rappeler le spectacle déplorable offert par ces régimes pendant l’offensive israélienne contre Gaza), le retour massif à la religion tant dans la sphère privée que publique, met à nu l’impuissance et la désaffection des peuples arabes vis-à-vis de la politique, et ce sont les valeurs démocratique et les droits des femmes qui en ont pris un sacré coup.

J’ai évoqué la dilapidation de l’héritage légué par les figures emblématiques des mouvements d’émancipation arabes – nationalistes, laïques, démocrates –  des hommes et des mouvements qui furent persécutés d’abord par des Européens se disant porteurs de civilisation, ensuite par des régimes musclés favorables aux intérêts de ceux-ci. Mais alors que les réformistes et les dissidents du communisme soviétique reçurent l’appui généreux, moral et matériel de l’Occident, aussi longtemps que la guerre froide a duré, ceux des pays arabes ont été tout simplement dégommés par l’indifférence ou par la complicité peu glorieuse de ce dernier avec des régimes exécrés. Les intérêts économiques de l’Angleterre, de la France et plus tard des Etats-Unis ont pesé et pèseront plus lourd que la défense des valeurs dont ces pays se faisaient ouvertement les champions. Le résultat a été catastrophique et les statistiques portant sur la situation politique, économique, sociale et éducative dans le monde arabe actuel sont là pour nous fournir une idée sur l’étendue de la catastrophe. Je me permettrais de reproduire à ce sujet, un passage lu il y a quelques temps qui concerne l’ensemble de l’aire islamique et qu’il faudrait bien évidemment mettre à jour :

“ Le pouvoir d’achat par tête d’habitant dans le monde arabe et musulman est de 3.700 dollars environ, contre 28.000 dollars par tête dans les pays développés. L’addition des montants des P.I.B des pays musulmans réunis est inférieure au P.I.B de l’Allemagne. Le P.I.B de l’ensemble des pays arabes est à peine supérieur à celui d’un pays comme l’Espagne. 47% des musulmans sont analphabètes, ne savent ni lire ni écrire et n’ont jamais mis les pieds dans une école. On enregistre de surcroît une crise du savoir et de la connaissance. La langue arabe est parlée par trois cent millions d’habitants environ, alors qu’on publie annuellement plus de livres en grec, une langue qui n’est parlée en tout et pour tout que par 15 millions d’habitants. On dénombre 15 universités dans l’ensemble des pays islamiques contre 5.000 aux Etats-Unis ”

Cet exposé succinct parle de lui-même. Le déséquilibre brutal qui existe entre l’Europe et les pays arabes et musulmans n’est pas dû uniquement à la religion, ni ne s’explique à coup de versets coraniques justifiant l’usage de la violence, mais par des causes sociales, politiques et culturelles, à l’œuvre souterrainement car recouvertes par l’envahissement de la culture religieuse. Il s’agit là de causes dont l’examen approfondi est indispensable pour prendre les mesures adéquates qui s’imposent à l’avenir. Les Occidentaux, faut-il le rappeler, n’endossent pas l’entière responsabilité des erreurs, car celles des Arabes et des musulmans sont tout aussi lourdes que les nôtres. L’hégémonie sociale grandissante des forces conservatrices et traditionnelles obstinément accrochées à l’interprétation rigide et littérale des textes révélés, à la défense et à la perpétuation de certaines lois coutumières d’un autre temps, en particulier ceux relatifs au statut de la femme, est la conséquence directe de la frustration accumulée durant des décennies en raison de la corruption des élites dirigeantes et des dictatures qui s’éternisent au pouvoir. Les farces électorales dont le scénario se reproduit imperturbablement à l’infini à travers tout le monde arabe, loin de constituer un rempart pour endiguer l’expansion de l’islamisme radical, ne font, bien au contraire, que le conforter dans ses choix et contribuer indirectement à le présenter comme l’unique alternative fiable. Dans la vaste géographie de l’islam, le rapport de force qui oppose des régimes politiques plus ou moins oppresseurs à des sociétés civiles étrillées, varie d’un pays à l’autre : de l’absence totale dans certaines contrées, au combat acharné de certains secteurs minoritaires mais combatifs dans d’autres, pour défendre des valeurs de citoyenneté éloignées mais non opposées à la religion que nous avons en partage avec eux. Certes, ce rapport ne traduit pas la même réalité dans des pays comme le Maroc, l’Egypte, dans un Etat laïque comme la Turquie , ou dans un pays aussi complexe, intellectuellement riche et contradictoire que la République islamique d’Iran.

Tout n’est pas sombre cependant dans le tableau général qu’offre notre planète mondialisée. Le recul des valeurs démocratiques dans le Dâr al-islâm n’est pas irréversible. Les réformistes, non seulement existent, mais donnent de la voix : je les connais,  j’ai eu des entretiens avec certains d’entre eux, que ce soit en Iran, au Maghreb ou au Proche-Orient. Ils sont à la fois démocrates et musulmans, ils sont la preuve vivante du caractère fallacieux de la théorie du Choc des Civilisations – ils revendiquent les droits garantis par la Charte des Nations-unies, ils animent des associations où les femmes tiennent des rôles de premier plan. Ce sont des hommes et des femmes qui aspirent au rapprochement et à la compréhension de ceux qui partagent avec eux les valeurs dans lesquelles ils ont foi ; ils refusent de se laisser décourager par l’hostilité et par l’inertie de leurs concitoyens. Face à la rhétorique anti-terroriste, face aux proclamations incendiaires d’Al-Qaïda et à l’immobilisme intéressé de leurs gouvernants, ils attendent, confiants, le changement de cap des politiques européenne et nord-américaine.

Il est à craindre que les bonnes paroles prêchées par Barak Obama dans ses discours du Caire et d’Ankara restent lettre morte, impuissantes face à l’entêtement aveugle du Gouvernement israélien dans les territoires occupés, face au bourbier de l’Afghanistan, face à la politique de terreur menée par New Delhi au Cachemire, et face à la répression et au défi nucléaire de l’Iran, etc. Mais sa conviction que l’usage de la force à lui seul ne peut venir à bout des problèmes, ni ne peut constituer une alternative adéquate à l’extrémisme, constitue malgré tout un pas positif dans la bonne direction. 

 

                                                                                                              —J.G. 

 

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