23 mars 2006

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2131 du 23.03.2006

 archives : www.tunisnews.net


ATS et UTS: Solidarité avec Om Ziad !

Luiza Toscane: D’une remise de peine à l’autre Abdelkarim Harouni n’en peut mais

Message du Parti du  Travail Patriotique et Democratique ( tunisie) au 33 ème  congres du Parti Communiste Français AP: Procès d’un policier (français, NDLR) pour violences volontaires (sur un tunisien, NDLR) dans le cadre de son travail

AFP: Plusieurs centaines de clandestins arrivés en quelques jours à Lampedusa

Hamime : Comment fonctionnent les renseignements tunisiens ?

Tages Anzeiger : Les deux visages de la Tunisie

Le Monde: Bush dans la nasse

Le Monde: Le fils de Tarek Aziz raconte la détention de son père

 
 
l’Association des Tunisien-ne-s en Suisse et l’Union des Tunisiens en Suisse

Tunisie

Solidarité avec Om Ziad !

 

Nous, ATS l’Association des Tunisien-ne-s en Suisse et UTS l’Union des Tunisiens en Suisse au nom de l’ensemble de nos militant-e-s dénonçons le harcèlement et l’attaque à la vie privée et à l’intégrité de l’emblème même du militantisme Om Ziad.

 

Ces derniers temps la machine de la dictature, à défaut de faire face à l’appel de la démocratie de la société civile libre Tunisienne; fidèle à ses habitudes, s’est lancée dans une campagne incendiaire, calomnieuse, sans fondement et totalement mensongère et abjecte.

 

Nul doute que le but de toutes ces manœuvres est de porter atteinte en premier temps à Om Ziad et à travers elle à l’ensemble de forces militantes et aux voies libres en Tunisie.

 

En second, cette machination vise la dignité d’Om Ziad et de sa propre famille.

 

Nous appelons l’opinion publique à la vigilance et nous rappelons à tous que par le passé, d’autres militantes et militants ont subit ce genre d’actions et d’atteintes d’un régime en agonie et des dirigeants aux abois.

 

Nous exprimons  notre solidarité inconditionnelle et notre total soutien à Om Ziad  ainsi qu’à sa famille, et notre soutien sans faille à son combat contre la dictature et l’obscurantisme totalitaire de Ben Ali et ses zouaves.

 

Nous demandons aux autorités  tunisiennes de cesser ses agissements qui ne pourraient arrêter la construction  de la démocratie et le chemin de la liberté pour l’ensemble des citoyens Tunisiens.

 

Genève, le 23 mars 2006

 

Mounir Dabbour ATS

Matri Jalel UTS

www.tunisieinfo.net

dmounir@gmail.com

+41 79 711 20 89

 

Qu’est-il arrivé à Mohammed Abbou ?

 

Mohammed Abbou, incarcéré à la prison du Kef, est en grève de la faim depuis le 11 mars dernier. Aujourd’hui, son épouse, Samia, s’est rendue à la prison du Kef accompagnée de la mère de son mari, et de ses trois enfants qui n’avaient pas vu leur père depuis deux mois et demi. Prison distante de plus de 250 km, trajet pénible, et scolarité obligeant, ces derniers ne peuvent se rendre chaque jeudi au parloir. Ils s’étaient fait une fête de rencontrer leur père en cette première semaine de congés scolaires : fébrilité, habits neufs, espoirs… Or toute la famille a été purement et simplement interdite de visite, sans explications. La déception fut à la hauteur des espérances et les craintes que Mohammed Abbou ne soit dans un état critique les plongea tous les cinq dans un état d’angoisse et de détresse. La seule explication avancée par l’administration fut : « On ne peut rien vous dire, il est puni ».

La semaine passée, c’est la sœur de Mohammed Abbou qui lui rendait visite. Comme il lui demandait où était Samia, cette dernière lui expliqua qu’elle était à Genève. Il a suffi que ce mot soit évoqué pour que sa sœur soit évacuée, au bout de quelques secondes.

 

Luiza Toscane, 23 mars 2006

 

 

Menzel Bourguiba, le 22 mars 2006

 

Communiqué : grève de la faim

 

La famille du prisonnier Mahjoub Ben Mabrouk Zayani, incarcéré à la prison du 9 avril à Tunis depuis le 23 avril 2005 (dans l’affaire instruite sous le matricule 721/1) en vertu de la loi de sinistre renommée « de lutte contre le terrorisme », informe que son fils âgé de 24 ans a commencé une grève de la faim illimitée le dimanche 19 mars 2006. Il exige l’amélioration de ses conditions de vie en prison et sa libération. L’agent pénitentiaire a interrompu la visite dès le début simplement parce que Mahjoub nous informait de sa grève.

En solidarité avec Mahjoub, son père, Mabrouk Zayani, et sa mère, Mariam Zghibi, âgés de 60 ans,-et cette dernière est atteinte d’une affection cardiaque-ont décidé de commencer une grève de la faim illimitée pour soutenir leur fils et son droit à informer de sa grève ainsi que pour dénoncer le comportement de l’administration de la prison. Sa mère refuse de prendre ses médicaments et préfère mourir que de savoir son fils dans cet état.

Enfin, nous prions toutes les associations humanitaires, de droits de l’homme, et toutes les consciences vives à intervenir pour apporter une solution au drame vécu par les prisonniers d’opinion et leurs familles.

Salutations

 

Mabrouk Ben Hamadi Zayani

19 cité Hached

Menzel Bourguiba

Gouvernorat de Bizerte

(Source : Tunisnews du 22 mars 2006)

(traduction ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)

 

D’une remise de peine à l’autre Abdelkarim Harouni n’en peut mais

 

En août 1992, Abdelkarim Harouni, ingénieur en génie civil, ex-secrétaire général de l’UGTE, se voyait infliger une peine d’emprisonnement à perpétuité par le tribunal militaire de Bouchoucha. Cette peine, il l’effectuera dans diverses prisons éloignées du domicile familial et dans un isolement quasi total [1], progressivement levé que dans une période récente.

 

Abdelkarim Harouni, actuellement incarcéré à la prison du 9 avril [2], partage sa cellule avec Halim Kacem [3] et Abdallah Messaoudi.

 

Dans l’intervalle, il a pu arracher au prix de luttes obstinées quelques droits fragiles à la correspondance, à la lecture, à la visite directe de ses parents, et au rapprochement d’avec sa famille qui vit au Kram, près de la capitale.

 

En novembre 2002, à l’instar des autres condamnés à l’emprisonnement à perpétuité, Abdelkarim Harouni voit sa peine commuée en trente ans d’emprisonnement. En novembre 2005, il apprend qu’il bénéficie d’une réduction de peine équivalent à un tiers du restant de sa peine. Il envisage alors de sortir de prison le 2 juillet 2016.

 

Enfin, le jeudi 2 mars dernier, il est informé qu’il bénéficie à nouveau d’une remise de peine de un tiers de la période qu’il lui reste à effectuer. Sa sortie devrait intervenir, selon ses calculs, le 26 janvier 2013…

 

26 janvier 2013, trop tard.

 

Trop tard pour l’intéressé, trop tard pour les siens, trop tard pour toutes celles et ceux qui exigent sa libération immédiate et inconditionnelle et sa réhabilitation dans tous ses droits civiques, ainsi que la promulgation d’une loi d’amnistie générale.

 

Luiza Toscane

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[1] Human Rights Watch : Tunisie, l’isolement cellulaire prolongé de prisonniers politiques. Dix cas de prisonniers en isolement. Juillet 2004

 

[2] Pour lui écrire : Abdelkarim Ben Amor Harouni, n°2795. Prison civile de Tunis, Boulevard du 9 avril. Tunis,

 

[3] Halim Atef Kacem, condamné à l’emprisonnement à perpétuité par le tribunal militaire de Bouchoucha en 1992. Ce détenu, asthmatique, a toutes les peines du monde à recevoir son traitement.

 

(Source : « Tunisie, Réveille-toi », le 22 mars 2006)

URL: http://www.reveiltunisien.org/article.php3?id_article=2124

 

MESSAGE DU PARTI DU TRAVAIL PATRIOTIQUE ET DEMOCRATIQUE (TUNISIE)

Au 33éme  CONGRES DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS

 

 

Chers camarades,

 

Le Parti du Travail Patriotique et Démocratique de Tunisie adresse ses salutations aux congressistes , aux invités et aux représentants des organisations qui assistent à ce 33ème  congrès du PCF. A cette occasion, nous voulons saluer l’ensemble des militants communistes et de la gauche anti-libérale en France, en Europe et partout dans le monde.

 

 Le Parti du Travail félicite le PCF et les forces de gauche anti-libérales pour la victoire du NON au référendum du 29 mai 2005.Cette victoire a eu un large retentissement international  et montré que le rouleau compresseur du libéralisme pouvait être enrayé.

 

A l’occasion de ce Congrès, notre parti voudrait vous faire part de quelques une de ses préoccupations, avec le souhait que le PCF et les autres organisations pourront contribuer à la création d’un cadre multilatéral favorable au traitement de ces questions, afin d’ouvrir des perspectives à une collaboration répondant aux intérêts des peuples des deux rives de la Méditerranée.

 

Le premier point concerne le sort de nos compatriotes tunisiens et maghrébins en France, et plus largement le sort des populations immigrées confrontées à des politiques de plus en plus répressives sur le plan législatif et administratif mais aussi en butte à des pratiques discriminatoires sur le plan social et économiques, portant atteinte à leurs droits et à leur dignité.

 

Parallèlement à cela, se développe une désastreuse campagne politico-médiatique qui les vise en même temps que d’autres population issues de l’immigration, et les désigne comme auteurs et responsables de fléaux tels que la délinquance, la violence, l’intégrisme religieux, l’antisémitisme. Une telle campagne, non seulement inverse les termes de la réalité, mais elle est source de graves divisions et régressions pour la société française toute entière. Le problème doit être clairement posé  pour que les populations immigrées et les jeunes issus de l’immigration voient  tous leurs droits reconnus et puissent pleinement se joindre au mouvement social, associatif, syndical et politique en France.

 

Le second point concerne les relations entre la Tunisie et la France, et plus largement les pays arabes et l’Union européenne.

 

Sur le plan économique, ces relations sont totalement déséquilibrées et inéquitables. Les accords d’association ont brisé les protections douanières et sociales et soumis nos pays à la volonté des grands organismes financiers, des grandes entreprises capitalistes et des affairistes locaux. Ces accords ont  pour effet la privatisation d’entreprises publiques dans la plus grande opacité, les faillites, l’aggravation du chômage et de la précarité, ainsi que la réduction des prestations sociales et culturelles.

 

Sur le plan politique, la collaboration entre les Etats peut être illustrée par les propos de certains  hommes politiques français vantant le «  miracle » tunisien, et allant jusqu’à affirmer que «  le premier droit de l’Homme, c’est celui de pouvoir manger ». A l’opposé, le PCF et les forces démocratiques  ont constamment  dénoncé la répression, les violations des droits humains et le verrouillage de la vie politique en Tunisie. Notre parti apprécie ce soutien et souhaite l’approfondir dans le cadre de son action pour l’émergence d’une coalition démocratique et progressiste qui offrirait une alternative à la dictature en place ainsi qu’au projet islamiste qui se met en place dans le cadre du plan de remodelage du « Grand Moyen-Orient » initié par l’administration Bush.

 

 Le dernier point concerne précisément la politique belliciste de l’administration Bush dans le monde arabe, en  Méditerranée et en Afrique. Notre parti  dénonce l’occupation de l’Irak , le soutien inconditionnel apporté par les USA à Israël, les menaces à l’encontre de la Syrie ainsi que les manœuvres militaires conjointes en Méditerranée et dans le Sahara. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, les forces armées US multiplient les manœuvres militaires –bilatérales, multilatérales ou sous l’égide de l’OTAN- avec les pays de la rive Sud ainsi qu’au Sahara avec des pays maghrébins et subsahariens. Le PTPD dénonce aussi l’ingérence US dans les affaires intérieures et leurs tentatives de substituer aux actuels régimes dictatoriaux discrédités  de nouvelles équipes favorables à leurs intérêts, fondées sur ce qu’ils appellent  « l’ islamisme modéré ». De même, il n’est pas favorable aux négociations  en cours, visant la conclusion d’un accord de « libre échange » entre la Tunisie et les USA qui soumettrait encore plus notre pays aux centres de décision impérialistes.

 

Chers camarades,

 

 Tels sont les points que nous soumettons à votre attention en espérant que nous pourrons en discuter dans un cadre approprié avec toutes les parties intéressées.

 

Pour terminer, le Parti du Travail Patriotique et Démocratique formule ses vœux pour   la réussite du 33ème congrès du PCF, à travers des débats fructueux et la définition d’orientations qui répondent aux attentes des travailleurs , de la jeunesse et de l’ensemble du peuple de France.

 

Paris , le 23 mars 2006

 

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Le Parti du Travail Patriotique et Démocratique ( Tunisie) a déposé le 29 avril 2005 une demande d’agrément au Ministère de l’Intérieur pour se constituer en tant que parti politique légal. En dépit des dispositions en vigueur, cette demande est restée sans réponse jusqu’à ce jour. Le Parti se considère comme un parti légalement constitué mais privé par les autorités tunisiennes des droits dévolus aux organisations politiques.

 

Le PTPD fait partie de l’Inititative-Coalition Démocratique et Progressiste qui rassemble également  le mouvement Ettajdid, les Communistes Démocrates et des indépendants.

 

 

Pour tout contact en Tunisie :

 

M. Abderrazak Hammami                                         Me Mohamed Jmour
Président Du Comité Constitutif                                  Porte-Parole

Tel :00 216 22 899 211                                               7 , rue d’Angleterre    1000 Tunis

                                                                                    Tel: 00 216 22 223 243

                                                                                    Mail : mohamedjmour@yahoo.fr


 

 
23 March 2006 HRinfo Press Freedom Support Unit

Press Observatory   As of 21 March 2006, the Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo) has set up its Press Observatory, a new activity within HRinfo’s Press Freedom Support Unit. The Press Freedom Support Unit has been part of HRinfo’s core activities since its establishment in 2003.   Starting in Egypt, where HRinfo is based, we monitor the Arabic language Egyptian press, searching for what appear to be paid advertisements praising governments infamous for their gross violations of human rights. Following that, HRinfo sends a standard letter to the newspaper addressing the editor in chief bringing their attention to the violations taking place in the country concerned and requesting that the newspaper dedicate a space to publishing information on such violations.   In commemoration of the 50th anniversary of Tunisian independence, HRinfo saw it fit to start monitoring Egyptian press coverage of Tunisia. In this context, HRinfo sent 4 letters to:   1. Al-Ahram Newspaper (sent on 21 March 2006): Al-Ahram Newspaper published an article on 20 March 2006 titled « In commemoration of the 50th anniversary of Tunisia’s independence: Bin Aly’s reforms and accomplishments consolidated civil and political liberties. »   2. Al-Usbuu Newspaper (sent on 21 March 2006): Al-Usbuu Newspaper published an article on 20 March 2006 titled « Fifty years since Tunisia’s independence: pluralism, law state, freedom of _expression, and good foundations for reform and development. »   3. Rozal Youssef Magazine (sent on 21 March 2006): Rozal Youssef Magazine published an article on 18 March 2006 titled « Freedom of _expression, fostering human rights principles and actual political participation: the pillars of the Tunisian democratic society. »   4. Al-Akhbar Newspaper (sent on 22 March 2006): Al-Akhbar Newspaper published an article on 21 March 2006 titled « In his speech commemorating the 50th anniversary of Tunisia’s independence: Bin Aly calls upon the quartet group to continue their efforts for a just peace and proceed on the route of democracy and societal solidarity. »   In all four cases, HRinfo has drafted a standard letter. The first paragraph of each letter is changed according to the newspaper and the title of the article published. Following is a translation of the letter sent to Al-Usbuu Newspaper on 21 March 2006. For the attention of: Mustafa Bakry, Editor in Chief and Board Chairman of Al-Usbuu Newspaper   We have read in Al-Usbuu newspaper, issued yesterday, an article published on page 25 entitled « Fifty years since Tunisia’s independence: pluralism, law state, freedom of _expression, and good foundations for reform and development. »   Since I work for the Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo), we know and have many documents posted on our website, issued by the Tunisian civil society organizations and other international and regional organizations, which express a different opinion to that of the Tunisian government which paid for the advertisement published in your respectable newspaper.   Freedom of _expression and press, which we all call for, requires the putting forth of different viewpoints regarding the same issue. Tunisian civil society organizations and defenders of freedom of _expression and other civil and political rights disclose to the Egyptian, Arab, and International public the deterioration and violations of human rights committed by the Tunisian government.   Accordingly, we request you make room in Al-Usbuu newspaper in order to publish some of the issues and concerns of Tunisian activists working in civil society organizations and defending freedom of _expression.   It would be our pleasure to provide you with the publications that express a view point that differs to that which has been announced by the Tunisian government. You can also read the special section on Tunisia on our website: http://www.hrinfo.net/tunisia   We thank you in advance for your positive response and we look forward to further cooperation in issues pertaining to freedom of _expression.   Best regards,   Gamal Eid   Executive Director Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo)   21 March 2006

Procès d’un policier

(français, NDLR)

pour violences volontaires

(sur un tunisien, NDLR)

dans le cadre de son travail

 

Associated Press, le 22.03.2006 à 20h32

TOULOUSE (AP) — Un policier toulousain de 27 ans a comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des violences volontaires qui auraient été commises en février 2005 sur un homme de 28 ans au sein du commissariat central de Toulouse.

 

Le procureur général, qui a dénoncé le « magma de témoignages imprécis et de revirements » chez les policiers et le manque de crédibilité qui pourrait entacher la police suite à cette affaire, a demandé, sans préciser, de « retenir la culpabilité » du prévenu et une « sanction de principe ».

 

Dans la nuit du 9 au 10 février 2005, Noureddine Chaïeb, 28 ans, technicien de nationalité tunisienne, marié et père d’un enfant, avait été arrêté pour alcoolémie au volant (0,62g d’alcool par

litre de sang) et placé en cellule de dégrisement. Alors qu’il réclamait bruyamment de l’eau, il a, selon lui, été frappé à la tête par un des quatre gardiens présents.

 

Un rapport médical a établi le lendemain la perforation de ses deux tympans ainsi que de multiples contusions à la tête. La victime, soutenue par la Ligue des Droits de l’Homme, a porté plainte, ce qui a conduit à la mise en examen et la suspension d’un jeune gardien de la paix, qui nie pourtant les faits.

 

Ordonné lors d’une première audience le 2 novembre 2005, un complément d’information, confié à l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), a permis d’interroger à nouveau tous les

policiers en service au commissariat le jour des faits. Il a établi que certains avaient menti, confirmant finalement la version du principal témoin à charge, un autre policier, par ailleurs accusé par de nombreux collègues de s’alcooliser au travail avec d’autres travaillant aux geôles du commissariat.

 

S’appuyant sur le fait que les « violences n’étaient pas contestables » dans l’enquête de l’IGPN, l’avocat de la partie civile Me Pascal Nakache a estimé que la police avait surtout fait « obstruction à la justice ».

 

L’avocat de la défense Me Guy Debuisson a demandé la relaxe du prévenu, un « excellent policier », arguant notamment que l’affaire ne reposait que sur des « hypothèses », et sur le témoignage variable

d’un collègue qui avait changé de version trois fois durant les enquêtes.

 

Le verdict a été mis en délibéré au 10 mai prochain.

Associated Press


Plusieurs centaines de clandestins arrivés en quelques jours à Lampedusa

 

AFP, le 21.03.2006 à 08h34

ROME, 21 mars 2006 (AFP) –  Environ 300 immigrants clandestins  ont débarqué mardi à l’aube sur la petite île italienne de  Lampedusa, au sud de la Sicile, trois jours après l’interception par les garde-côtes d’une embarcation transportant 187 personnes, a  annoncé l’agence Ansa.

 

Vendredi déjà, 236 candidats à l’immigration avaient débarqué  sur l’île, le territoire italien le plus proche des côtes  tunisiennes et libyennes, confronté à un nouvel afflux de  clandestins avec l’arrivée des beaux jours.

 

Les arrivants de mardi matin ont traversé la mer à bord d’un  vieux bateau de pêche. Ils ont été aussitôt conduits dans le centre  de transit fermé de l’île, dont la capacité d’accueil est de 190  personnes, et où se trouvaient encore 120 personnes arrivées les  jours précédents et pas encore transférées sur le continent.

 

Lundi, la garde des finances italienne a mis en état  d’arrestation trois personnes, soupçonnés d’être les affréteurs de  la barque arrivée samedi matin à Lampedusa. Les trois hommes, deux  Palestiniens et un Marocain, ont été transférés à la prison  d’Agrigente (Sicile).


Tunisie : « la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute » Comment fonctionnent les renseignements tunisiens ?

par Hamime

Première partie Tunisie : la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute par Hamime mercredi 15 février 2006, par Hamine

Seconde partie Tunisie : la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute par Hamime mercredi 22 février 2006

Troisième partie Tunisie : la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute par Hamime mercredi 1er mars 2006

Quatrième partie Tunisie : « la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute » mercredi 8 mars 2006 par Hamime

Cinquième partie

Leur premier et dernier objectif est sans nul doute de mettre la main sur la spécificité civilisationnelle tunisienne pour mieux la torpiller, et de favoriser l’enrichissement de l’identité par les réacteurs de cultures éculées. Ils y sont parvenus et ont également réussi à anéantir toute réflexion sur le refus chez les citoyens.

L’hégémonie sur les classes populaires a été rendue possible par l’achat du plus grand pourcentage possible de la population : artisans, paysans, détenteurs de petits projets, (et en s’appuyant sur un groupe important de chômeurs) ainsi que par l’implantation dans chaque quartier d’un centre de renseignements (chooba). Ce dernier, dans le cadre de ses activités partisanes, oeuvre à connaître les besoins des gens, les contacte jusque chez eux et s’informe de leurs souffrances, c’est du moins ce qu’on en dit pour les besoins de l’idéologie et de la démagogie, car ces locaux travaillant essentiellement au moment des campagnes électorales. En réalité, ils agissent en tant qu’agents de renseignement à des fins d’espionnage sur les opposants du quartier, pour n’en retenir finalement que l’intellectuel du quartier et le minable dont on pourra se servir pour provoquer le premier et le bloquer.

La connaissance de la composition des familles et des secrets de ces dernières a permis à la police de mettre la main sur les classes populaires qui ont été placées sous contrôle permanent via les mouchards appelés « indicateurs »[1]et qui travaillent, selon leurs dires, dans l’intérêt général.

Contre-stratégie populaire

Ces implantations des services de renseignements sont bien connues des Tunisiens, mais ce que ces derniers ignorent, qu’ils vivent dans ou à l’extérieur du pays, c’est que le régime a utilisé des stratégies mensongères pour donner l’illusion au peuple qu’il est cerné, entouré de barbelés électriques et qu’il est parvenu à dominer la volonté populaire. Tout cela n’est que propagande, quand bien même tous les signes et les événements apparents me démentent. J’ai précédemment expliqué que les Tunisiens sont tout à fait conscients de la dangerosité de la situation, même s’ils ne manifestent pas ouvertement leur refus, par peur de la répression et en l’absence de toute alternative salvatrice -l’opposition est factice.

Tout un peuple a adopté une contre-stratégie collective qui n’a pas été planifiée, qui le met à l’abri du bâton de la dictature : le crédit simulé apporté au mensonge. J’ai évoqué dans l’article précédent les agissements de la mafia politique en Tunisie, par les canaux des subventions et l’accaparement du maximum des richesses du peuple. J’en viens maintenant à décrire son fonctionnement et dans quelle mesure elle peut juguler toute velléité de refus chez le citoyen tunisien. Je maintiens que l’appareil mafieux tunisien recule actuellement et relâche sa prise tant il s’est affaibli. Pour ces raisons, j’appelle tout militant libre à se consacrer à la compréhension des moteurs du régime, à l’analyse de la psychologie du peuple et des niveaux de la tendance de ce dernier au refus et à l’émancipation comme je l’appelle à présenter une alternative salvatrice qui ne saurait être que d’ordre matériel. Je pense à la mise à la disposition des opprimés d’une force de protection qui ne saurait être, là encore, qu’économique.

(à suivre)

Hamime

(Traduction : LT)

[1] En français dans le texte

(Source : « Tunisie, Réveille-toi », le 22 mars 2006)

URL: http://www.reveiltunisien.org/article.php3?id_article=2125

 

Les deux visages de la Tunisie

Les Tunisiens célèbrent aujourd’hui 50 ans d’indépendance, de progrès social et de réussite économique. Seule la démocratie n’avance pas. Par Oliver Meiler, Rome Tunis a reçu aujourd’hui le 20 mars des tonnes de télégrammes de voeux à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance de la Tunisie, qui marqua la fin du protectorat français(1881-1956). Les plus importants télégrammes arrivaient de Paris, Washington et Bruxelles. Entre les lignes, l’on décèle un ton de reproche amical, comme celui adopté par les rédacteurs de George W. Bush dans le message adressé par le gouvernement américain. En premier lieu le message dit ce qui suit: «Nous, les États-Unies d’Amérique, sommes fiers, d’être un paretenaire de la Tunisie dans ses éfforts pour la consolidation des institutions démocratiques et l’élargissement de l’espace des libertés.» L’Occident voit, si l’on peut s’exprimer ainsi, une Tunisie à deux visages. D’un côté le pays apparaît comme un pole économiquement sain, socialement avancé et politiquement stable dans la région perturbée du Maghreb. De l’autre côté, les dix millions de Tunisiens payent pour cette stabilité relative un prix politique très élevé. En ce prix se calcule en fonction des libertés démocratiques sacrifiées. Les Tunisiens appellent ça: «Vivre dans une cage en or». «Cinquante ans de Répression» Pour l’opposition, réduite à sa portion congrue et étranglée, il s’agit de plus que ça. Dans le centre de Tunis, quelques douzaines de militants, avocats, islamistes et intellectuels ont tenté, il y a quelques jours, d’organiser une marche pour commémorer «Cinquante ans de répression et de dictature». Mais il ont été séparés les uns des autres, tabassés, pourchassés. Zine el-Abidine Ben Ali, depuis 1987 président de la Tunisie, un pays qu’il gouverne en monarque absolu, ne tolère aucune critique. À travers son parti omniprésent, il conrôle tous les canaux par lesquels des critiques pourraient être exprimées. Le monde entier a été confronté de près à la manie sécuritaire de Ben Ali pendant le mois de novembre dernier à l’occasion du Sommet Mondial sur la Société de l’Information organisé par l’ONU à Tunis. Le régime y vu une chance pour se débarrasser de cette double image sur la scène internationale. Ben Ali, l’ancien policier, a échoué par ses propres efforts. Il croyait pouvoir dicter aux représentants des médias étrangers sur place le contenu de leurs reportages et la manière de les faire. Cette offensive de charme s’est soldée par un échec cuisant. Pourtant, les Tunisiens peuvent en être fiers. Pendant les cinquante dernières années, ils ont constitué l’avant-garde sociale du monde arabe. Habib Bourguiba, le «Père de l’indépendance» , président à vie jusqu’à sa «destitution pour sénilité» en 1987, a donné au pays, trois ans seulement après une idépendance obtenue sans grands sacrifices en vies humaines, une constitution républicaine, une première dans la région. L’introduction d’un code du statut personnel, qui devrait changer radicalement la vie des Tunisiennes, était carrément révolutionnaire: il inerdit la polygamie et la répudiation et fixe un âge minimum pour le mariage des  filles.  Les femmes ont obtenu le droit de vote et les voies de l’instrcution et du travail ont été largement ouvertes pour elles. Forte représentation féminine au parlement Le gouvernement tunisien compte aujourd’hui sept femmes ministres et 25% des députés au parlement sont des femmes. Encore mieux: elles représentent un tiers des juges et 44% des enseignants universitaires. Ce sont des taux que certains pays européens n’ont pas encore atteints. L’économie, aussi, a réalisé pendant ces dernières années des taux de croissance appréciables: 5% pendant les cinq dernières années. Pourtant, la Tunisie, au contraire des riches voisins algériens et  libyens,  n’a ni gaz ni pétrole. Certes, le secteur textile, qui emploie 250 000 ouvriers et contribue à hauteur de 50% du volume des exportations, souffre de la concurrence chinoise. Mais le tourisme, qui  est en plein essor,  est devenu le secteur-clef de l’économie tunisienne: en 2005 le pays a accueilli plus de six millions de touristes. Les plages de Monastir, Jerba et Hammamet sont très appréciés par les touristes. C’est la face brillante de la médaille à deux faces qu’est la Tunisie. (Source : le journal « Tages Anzeiger » (Suisse), le 20 mars 2006) [traduit de l’allemand par Omar Khayyam]

 

ÉDITORIAL

Bush dans la nasse

 

Trois ans après le début de la guerre en Irak, dont George W. Bush avait prématurément annoncé la fin dès le mois de mai 2003, les Etats-Unis restent piégés. Le président américain a beau montrer un optimisme sans faille, accuser la presse de ne rapporter que des images de destruction et de mort, et ses adversaires de voir systématiquement le côté négatif de la situation, il faut une bonne dose de mauvaise foi ou d’aveuglement pour ne pas constater l’impasse de la politique américaine. Sans doute, les Irakiens ont-ils pu, dans des conditions de liberté inconnues auparavant, adopter une Constitution et élire une Assemblée nationale.

 

Mais, malgré l’omniprésence américaine, il leur est impossible de former un gouvernement. Les affrontements religieux entre chiites – majoritaires – et sunnites – qui dominaient au temps de Saddam Hussein – mettent l’Irak au bord de la guerre civile sans que l’armée américaine soit en mesure de rétablir un semblant d’ordre. Si elle reste, elle alimente le sentiment antiaméricain qui soutient la résistance. Si elle part, elle abandonne l’Irak à ses déchirements.

 

Quoi qu’il en dise, M. Bush paie ses erreurs et celles de son administration à la veille de l’aventure irakienne. L’ignorance du terrain, le messianisme, voire le dogmatisme démocratique ont formé un dangereux cocktail. Même les proches du chef de la Maison Blanche le reconnaissent maintenant à demi-mot. D’autres, qui sont depuis longtemps critiques, haussent la voix. Alors que la popularité de M. Bush est au plus bas, le Parti républicain affiche ses divisions.

 

Les controverses entre les conservateurs traditionnels, partisans d’une défense égoïste des intérêts américains, et les néoconservateurs, adeptes de la promotion internationale de la démocratie, sont anciennes. Toutefois les premiers, qui s’étaient faits discrets au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, reprennent de la vigueur, alors que les néoconservateurs, confrontés à l’effondrement de leurs rêves, ont tendance à faire porter la responsabilité du fiasco à l’entourage du président, sur le thème : ce n’est pas la politique qui était erronée, c’est sa mise en oeuvre qui était mauvaise. En attendant de se retourner contre le président lui-même et de se choisir un autre héraut.

 

La chance de M. Bush est de ne pas pouvoir briguer un troisième mandat. C’est aussi son handicap. Si les mauvaises nouvelles continuent de s’accumuler – impasse en Irak, mise en cause de l’armée américaine dans des exactions contre des civils, critiques de la gestion des catastrophes naturelles comme l’ouragan Katrina, etc. -, ses amis républicains risquent de perdre les élections parlementaires de novembre et de le transformer en président potiche pendant ses deux dernières années de pouvoir.

 

(Source : « Le Monde » du 23 mars 2006)


 

Le fils de Tarek Aziz raconte la détention de son père

 

AMMAN ENVOYÉE SPÉCIALE

 

Ziad Aziz a le sourire. Son père, Tarek Aziz, ancien vice-premier ministre et ancien ministre des affaires étrangères de Saddam Hussein, est certes toujours détenu en Irak par l’armée américaine, mais le contact direct avec lui est désormais régulier. Samedi 25 mars, Violette, son épouse, ainsi que sa soeur et trois autres membres de la famille vont lui rendre visite. Une semaine plus tôt, l’ancien vice-premier ministre les a appelés au téléphone. Ziad Aziz explique au Monde que les conditions de détention de l’ex-vice-premier ministre et d’autres anciens hauts responsables irakiens se sont nettement améliorées. Depuis août 2005, les visites sont autorisées tous les deux mois environ, et, depuis la fin de 2005, les détenus peuvent appeler leur famille au téléphone « environ trois fois tous les deux mois ».

 

Tarek Aziz était l’homme des missions impossibles, chargé de défendre à l’étranger la politique de son pays, même quand il n’en partageait pas les orientations. Comme ce fut le cas, par exemple, lors de l’annexion du Koweït en 1990, ou encore à propos du programme « Pétrole contre nourriture » que Bagdad avait, contre son avis, commencé par refuser, avant de l’accepter un an plus tard.

 

Tarek Aziz s’était livré à l’armée américaine le 24 avril 2003, deux semaines après la chute du régime baassiste. Parce qu’il estimait, explique Ziad, n’avoir rien à se reprocher. Il était convaincu qu’il serait assez rapidement libéré. Aucune charge n’a été retenue contre lui jusqu’au 7 mars 2006. Il lui a alors été signifié, selon son fils, qu’il était accusé de responsabilité collective dans la direction du pays, en sa qualité de membre du Conseil de commandement de la révolution (CCR).

 

Certains membres de cet organe ont été déjà libérés. Si Tarek Aziz ne l’a pas été, c’est, estime son fils, parce que les Américains ne veulent pas être accusés de l’avoir favorisé en tant que chrétien. C’est aussi « parce qu’ils craignent qu’il fasse des révélations sur le passé, qui risquent de les mettre à mal ». C’est enfin parce qu’ils doivent lui assurer à l’avance un pays d’accueil. « Nous avons entrepris des contacts à cet effet », indique Ziad, qui ne veut pas en dire plus.

 

Le rythme et le nombre des interrogatoires auxquels Tarek Aziz a été soumis l’ont épuisé : 250 au total jusqu’en septembre 2005, lors desquels se sont succédé les enquêteurs de l’armée américaine, des membres du Congrès, du FBI, de la CIA, des experts des Nations unies. Des émissaires du ministère américain de la justice lui ont demandé, selon son fils, de témoigner contre Saddam Hussein. Il a rétorqué qu’il ne serait « jamais le faux témoin de ce qu’il n’a ni vu ni entendu », affirme Ziad.

 

L’ancien vice-premier ministre « n’a jamais été maltraité », assure Ziad, mais les conditions générales de détention ont qualitativement changé. Les soins dentaires et ceux requis pour les séquelles d’un léger accident vasculaire cérébral dont Tarek Aziz avait été victime en octobre 2005, sont assurés. La qualité de l’alimentation s’est nettement améliorée. Les prisonniers peuvent désormais emprunter deux ouvrages par semaine à la bibliothèque. Tarek Aziz bénéficie même d’une certaine faveur, sa connaissance de l’anglais lui donnant droit à quatre ouvrages, voire à quelques revues américaines que lui rapporte le directeur de la prison. Les gardiens sont attentionnés. Ayant appris, à l’occasion d’une visite, que l’une de ses petites-filles faisait partie du groupe familial autorisé à lui rendre visite, les soldats américains avaient prévu du chocolat et des jouets pour elle.

 

Les visites ont lieu dans une salle spécialement aménagée quelque part du côté de l’aéroport de Bagdad. La cloison en Plexiglas qui séparait le détenu des membres de sa famille a été supprimée. La durée de la visite est d’une demi-heure, mais un supplément de quelques minutes est parfois toléré. « On dit qu’il est question d’octroyer une heure de visite », dit Ziad, qui, à la demande de son père, ne fait pas lui-même le voyage de Bagdad pour des raisons de sécurité.

 

Contrairement à certains autres anciens hauts responsables qui ont amassé des fortunes permettant à certains d’entre eux ou à leur famille de mener grand train à l’extérieur de l’Irak, l’ancien vice-premier ministre et les siens se sont retrouvés presque démunis après la chute du régime. Abdel Aziz Al-Hakim, qui dirige le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak, « a mis la main sur la maison paternelle », affirme Ziad, qui, avec sa mère, son épouse et leurs quatre enfants, réside dans un appartement à Amman.

 

Mouna Naïm

 

(Source : « Le Monde » du 23 mars 2006)


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