14 janvier 2012

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11 ème année, N°4216 du 14.01.2012


FIDH: La Tunisie un an après la chute de Ben Ali : restons vigilants!

Amnesty International: Un an plus tard, les Tunisiens attendent encore la réforme demandée sur le plan des droits humains

Courrier international: Qu’avons-nous appris de 2011 ?

Le Figaro: Tunisie: Marzouki demande du « temps »

Slate Afrique: Les partis progressistes entrent en fusion

Kapitalis: Tunisie. Les secrets de la dernière réunion au siège du Rcd, le 14 janvier 2011

Le Temps: «Islam Channel» La première chaîne islamique privée en Tunisie

Business News: Reportage : Une journée dans l’association El Fath pour les théologies islamiques


 

Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)

Communiqué de presse

La Tunisie un an après la chute de Ben Ali : restons vigilants!


 
 
Le 14 janvier 2012, la Tunisie célèbrera la fin d’un régime dictatorial et son engagement sur la voie de la démocratie. En un an, les Tunisiennes et les Tunisiens, malgré les difficultés, ont démontré leur détermination à faire prévaloir l’Etat de droit et le respect des libertés et droits fondamentaux.
 
« C’est un véritable élan démocratique qui se réalise en Tunisie. Aujourd’hui, les Tunisiens peuvent débattre librement et exprimer leurs opinions politiques. Pour la première fois depuis plus de deux décennies, la peur n’a plus lieu d’être », a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.
 
Des avancées importantes sont en effet à saluer : le processus électoral qui a mené à l’élection des membres de l’Assemblée constituante en est une – tout à fait décisive – pour l’avenir du pays. Très rapidement après le départ de Ben Ali, les ratifications de la Convention internationale contre les disparitions forcées, du Protocole facultatif à la Convention contre la torture et du Statut de Rome de la Cour pénale internationale ou encore la levée de toutes les réserves à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes, constituent autant d’étapes importantes pour la construction d’un État respectueux des droits humains.
 
Mais le chemin vers la démocratie reste long et difficile. Plusieurs événements survenus au cours des dernières semaines laissent planer la menace sérieuse d’un recul en matière de respect et protection des droits humains, et en particulier des droits des femmes et indiquent que sans la mobilisation accrue de la société civile, rien n’est acquis.
 
En effet, les actes perpétrés par des groupes identifiés comme salafistes – interventions violentes à l’intérieur même des universités ou encore les agressions à l’encontre des habitants de la ville de Sejnane, dans le Nord-Ouest du pays et de nombreuses agressions envers les femmes – sont sources de très vives préoccupations. A ces actes, les autorités ont apporté une réponse tardive et souvent peu convaincante.
 
La FIDH s’inquiète également des slogans antisémites scandés par des manifestants lors de la visite officielle du chef du Hamas, Ismail Haniyeh, le 5 janvier dernier, alors qu’il était accueilli à la sortie de l’avion par des membres du gouvernement et le leader du parti Ennhada.
 
Autre source d’inquiétude : le processus qui a mené à la nomination annoncée par le Premier ministre, sans consultation des instances concernées, de hauts responsables des médias publics tunisiens, dont certains étaient des cadres de l’ancien régime. Cette démarche contrevient aux engagements pris par les autorités tunisiennes en matière de liberté de la presse. Face à une forte mobilisation , la décision a été prise d’annuler certaines de ces nominations : cela constitue un signe positif, mais non suffisant.
 
« Ces événements nous inquiètent au plus haut point et pourraient remettre en question la marche vers la concrétisation d’un système respectueux des droits et libertés auquel les Tunisiens aspirent profondément. La FIDH, aux côtés de ses organisations membres en Tunisie, restera vigilante et continuera à soutenir la mobilisation de la société civile », a ajouté Souhayr Belhassen.
 
Tant le chef de l’État que le chef du gouvernement, ont dans leurs discours d’investiture affirmé leur attachement au respect des droits de humains et des libertés individuelles. La FIDH leur demande de tenir ces engagements et réitère les 8 recommandations clés adressées aux nouvelles autorités pour que des engagements fermes et des mesures urgentes soient prises afin de garantir la construction d’une Tunisie démocratique, respectueuse des libertés et des droits fondamentaux et à ne pas déroger aux principes et valeurs universels qui ont été à la base de la révolution.
 
Contacts presse:
Arthur Manet : +33 6 72 28 42 94 / amanet@fidh.org
Karine Appy : + 33 6 48 05 91 57 / kappy@fidh.org
Twitter : @fidh_fr

 


AMNESTY INTERNATIONAL

Communiqué de presse

 

13 janvier 2012

 

Un an plus tard, les Tunisiens attendent encore la réforme demandée sur le plan des droits humains

 


 

 

Le gouvernement provisoire tunisien n’a toujours pas mené la réforme d’ensemble que les manifestants réclamaient il y a un an dans le domaine des droits humains, a déclaré Amnesty International vendredi 13 janvier.

 

Un an après la fuite de l’ancien président Zine el Abidine Ben Ali, les autorités ont pris quelques premières mesures positives, notamment en adoptant des traités importants relatifs aux droits humains et en accordant davantage de liberté aux médias et aux organisations de défense des droits fondamentaux.

 

Cependant, Amnesty International a regretté que les forces de sécurité du pays ne soient toujours pas soumises à l’obligation de rendre des comptes et que les victimes de violations des droits humains continuent à attendre que justice soit faite.

 

« Le gouvernement provisoire a pris quelques décisions encourageantes sur la voie de la réforme dans le domaine des droits humains », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. « Mais pour de nombreux Tunisiens, le rythme du changement est trop lent. »

 

« Nous ne pourrons pas affirmer que la volonté politique nécessaire à un véritable changement sur le plan des droits humains existe avant d’avoir sous les yeux une nouvelle constitution consacrant les droits fondamentaux, l’obligation de rendre des comptes pour les violations commises et l’établissement de l’état de droit. »

 

Questions pressantes

Amnesty International a indiqué que les autorités devaient faire de la refonte totale des forces de sécurité une priorité urgente pour 2012.

 

En mars 2011, la très crainte Direction de la sûreté de l’État, coupable de violations pendant des années sous le président Ben Ali, a été dissoute. On craint cependant que ses membres n’aient simplement été intégrés dans d’autres organes, dont le fonctionnement reste opaque et qui ne sont pas soumis à l’obligation de rendre des comptes.

 

Amnesty International a recensé depuis le départ du président Ben Ali plusieurs cas dans lesquels des actions de protestation et des sit-ins ont été dispersés par la force et des manifestants ont été roués de coups.

 

L’organisation a demandé au gouvernement tunisien de diffuser certaines consignes claires relatives au recours à la force et d’établir un organe indépendant chargé de surveiller le travail des forces de sécurité.

 

L’organisation a également estimé que le gouvernement n’a pas répondu de manière satisfaisante aux appels à la justice pour les violations passées, qu’il s’agisse de celles commises lors du soulèvement ou de celles résultant de la répression ayant sévi les 23 années précédentes.

 

Selon les chiffres officiels, au moins 300 personnes sont mortes et 700 ont été blessées pendant le soulèvement de décembre 2010 et janvier 2011.

 

Alors que Zine el Abidine Ben Ali et des membres de sa famille ont été jugés – certains par contumace – pour corruption et d’autres infractions en juin, les Tunisiens ont dû attendre jusqu’en novembre pour que l’ancien président soit jugé, là aussi par contumace, de même que 40 autres hauts fonctionnaires, pour l’homicide de manifestants. Zine el Abidine Ben Ali est toujours en fuite en Arabie saoudite malgré les efforts déployés par les autorités tunisiennes pour obtenir son extradition.

 

Une commission d’établissement des faits sur les violations perpétrées lors des manifestations n’a toujours pas rendu de rapport, et rares sont les auteurs présumés d’abus qui ont été poursuivis.

 

Certains hauts responsables des forces de sécurité accusés de violations ont au début tout simplement refusé de se prêter à un interrogatoire, et si des enquêtes ont été diligentées sur quelques cas par des tribunaux civils, plusieurs juges n’ont pas voulu ou pu mener à bien des enquêtes approfondies ou indépendantes.

 

Les familles des personnes blessées ou tuées par les forces gouvernementales ont déclaré à Amnesty International que nombre des responsables présumés étaient toujours en liberté, et que certains d’entre eux avaient été promus à des postes plus élevés.

 

« Si le gouvernement souhaite véritablement protéger les droits humains et instaurer l’état de droit, il ne peut rester insensible à la quête de vérité et de justice des proches des personnes tuées ou blessées, et il doit amener les responsables présumés à rendre des comptes », a poursuivi Hassiba Hadj-Sahraoui.

 

Avancées positives

Amnesty International a salué la décision des autorités tunisiennes d’adopter plusieurs traités internationaux d’importance en matière de droits humains en 2011.

 

La Tunisie a au cours de l’année écoulée rejoint la Cour pénale internationale et retiré ses réserves concernant la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

 

Néanmoins, de nombreuses femmes se sont plaintes de ne pas avoir été traitées sur un pied d’égalité avec les hommes lors de la transition politique et d’avoir été marginalisées par les partis politiques, qui ont présenté principalement des hommes en tête de liste pour les élections.

 

Parmi les autres évolutions positives, les prisonniers politiques et prisonniers d’opinion placés en détention avant le soulèvement ont été remis en liberté, et le harcèlement et les restrictions systématiques infligés par les forces de sécurité à d’anciens prisonniers politiques ont pris fin. Aucun système global de réparation et de réadaptation n’a toutefois été mis en place.

 

Après le soulèvement, les organisations de défense des droits humains ont pu se réunir librement pour la première fois. La Ligue tunisienne des droits de l’homme a ainsi organisé son premier congrès annuel depuis plus d’une décennie en septembre, un événement auquel a assisté le Premier ministre du gouvernement provisoire.

 

La nouvelle coalition gouvernementale a été formée à la suite des élections d’octobre. Le président tunisien par intérim est Moncef Marzouki, un défenseur des droits humains adopté dans le passé comme prisonnier d’opinion par Amnesty International.

 

Lors d’une rencontre avec la société civile tunisienne, il a signé le Manifeste d’Amnesty International pour le changement, s’engageant à mettre en œuvre 10 mesures clés en faveur des droits humains.

 

Nouvelle constitution

 

L’organisation a souligné que la rédaction de la nouvelle constitution était une occasion déterminante de mettre le respect des droits humains au cœur du fonctionnement des institutions du pays, et a demandé que soient inscrits dans ce nouveau texte les principes de non-discrimination et d’indépendance de la justice.

 

« L’Assemblée nationale constituante a désormais la lourde responsabilité de rompre avec les abus du passé et de veiller à ce que les droits humains soient inscrits dans la Constitution », a ajouté Hassiba Hadj Sahraoui. « Elle doit saisir la chance qui lui est donnée de rédiger une nouvelle constitution garantissant la protection des droits humains et de l’égalité devant la loi. »

 

« Les Tunisiens ne vont pas se satisfaire de réformes parcellaires. Un des facteurs déterminants sera la capacité des autorités à faire respecter les droits économiques et sociaux en dépit des difficultés que cela représente. »

 

Complément d’information

Le gouvernement provisoire a ratifié plusieurs traités internationaux des droits humains de grande importance en 2011, parmi lesquels :

• le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques ;

• le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ;

• la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées ;

· les autorités ont par ailleurs levé des réserves spécifiques à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ; et

· en juillet 2011, la Tunisie est devenue le 116e État à ratifier le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

 

Notes aux rédacteurs

· Les principales recommandations d’Amnesty International à la Tunisie en matière de droits humains figurent dans sonProgramme pour le changement en matière de droits humains diffusé après la chute du président Ben Ali.

•Des porte-parole d’Amnesty International sont disponibles pour donner des interviews sur l’évolution de la Tunisie, en anglais, en arabe et en français.

 

Document public

****************************************

Pour plus d’informations, veuillez prendre contact avec le Service de presse d’Amnesty International, à Londres, au Royaume-Uni ; tél. : +44 20 7413 5566 ; courriel : press@amnesty.org.

International Secretariat, Amnesty International, 1 Easton St., Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni

www.amnesty.org


Qu’avons-nous appris de 2011 ?


Un an après la chute du régime de Ben Ali, un blogueur du site militant Nawaat lance un appel à la vigilance pour protéger les acquis de la révolution

Qui s’attendait à ce que cette année soit celle de la « révolution de la dignité » ? Après tant d’humiliations, d’oppression, de gommage identitaire, de servilité et autres maux causés par un régime qui a perverti nos vies…

Certains osaient à peine qualifier ce régime de dictatorial, se laissant embourber dans des considérations linguistiques, périphrastiques où on faisait tout pour ne point prononcer le mot dictature. Ce terme était devenu un tabou, un tabou sociolinguistique. La langue n’est-elle pas un indicateur fiable qui reflète le degré de liberté d’un peuple ?

Souvenez-vous, quand on parlait de quelque chose – rarement, voire jamais, de politique puisque tout le monde ou presque était « apolitique » – et qu’au moment où on allait évoquer le nom de Ben Ali la voix fléchissait, involontairement… Souvenez-vous de cette peur d’être au même endroit qu’un avocat militant ou un opposant politique, de lui être associé pour finir battu ou séquestré dans un poste de police ou dans le lugubre ministère de la terreur.

Souvenez-vous du temps où la censure d’Internet, des journaux et des livres ne gênait qu’une minorité de militants blogueurs qui luttaient pour la libre expression pendant que des milliers – voire des millions – de personnes cautionnaient cette pratique liberticide et voyaient en Ben Ali, l’ex-président, lui le musulman issu de parents musulmans, un protecteur de la religion et des bonnes mœurs alors qu’il en était le farouche persécuteur !

Souvenez-vous de ces Tunisiens qui légitimaient la torture et le meurtre des islamistes et militants des droits de l’homme sous prétexte qu’ils étaient intégristes, félons et qu’ils le « méritaient bien ». Quand on répondait que… même un criminel ne doit pas être torturé ou insulté, les réponses étaient ironiques et inhumainement insensées.

Souvenez-vous de ces milliers de Tunisiens qui applaudissaient à un parti unique et qui s’attaquaient à quiconque le critiquait. Ces Tunisiens qui déformaient la réalité, qui puisaient dans la logique pour justifier la propagande, qui accusaient de traître ingrat celui qui osait critiquer le mafieux « Zaba » [pour désigner Zine El-Abidine Ben Ali, le président déchu].

Souvenez-vous de cette horde de thuriféraires, notamment ces facebookers, véritable armée du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, le parti de Ben Ali) qui faisait – sans relâche – des louanges au régime en place, sans remise en question, et qui s’attaquait par de vils moyens à ceux qui ne soutenaient pas le parti de la sacro-sainte « majorité ».

Souvenez-vous de ces portraits gigantesques de Ben Ali, partout : dans toutes les administrations, dans les rues, dans les salles de conférences, dans les kiosques, chez les épiciers, etc. Et puis cette couleur mauve qui s’associait à son image pour violer, pernicieusement, notre inconscient et soumettre notre volonté à la guise du « protecteur et réformateur Ben Ali, notre père à tous ».

Souvenez-vous de la famille de Zaba qui s’est accaparé, petit à petit, des postes ministériels, puis des sociétés, des entreprises, des médias qu’on voulait contrôler, de notre économie et de toute la Tunisie dont les ressources ont été dilapidées par cette oligarchie, tout au long des vingt-trois années passées…

Souvenez-vous de cette aumône faite par le régime avec notre propre argent, celui du contribuable, qu’on distribuait, goutte à goutte, aux Tunisiens qui souffrent de pauvreté, d’injustice et surtout de l’indifférence de ces autres Tunisiens, ceux qui avaient d’autres besognes : maintenir un silence coupable, attaquer ceux qui s’attaquent au parti unique et/ou applaudir le « sauveur Ben Ali ».

Qu’avons-nous appris, nous Tunisiens qui avons provoqué des révolutions et ce fameux « printemps arabe », de cette expérience de dictature ?Faut-il expliquer ce qu’il faut faire pour se protéger de la pensée unique et du média à la solde du parti unique ? A vous de voir, à vous de penser, à vous de laisser libre cours à votre pensée. C’est l’esprit du peuple lui-même qui crée la dictature ; le dictateur n’en est qu’une résultante. Apprenons des erreurs de notre Histoire pour ne point les commettre à nouveau.

Source: ”Courrier international” Le 13-01-2011

Lien: http://www.courrierinternational.com/article/2012/01/13/qu-avons-nous-appris-de-2011


Tunisie: Marzouki demande du « temps »


Le président tunisien,Moncef Marzouki, a demandé aujourd’hui plus de temps pour gérer le « tsunami de problèmes » que rencontre la Tunisie et a justifié l’alliance avec le parti Ennahdapar le souhait d’éviter tout « affrontement » entre laïcs et islamistes modérés. Interrogé par la radioFrance Interpourle premier anniversaire de la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011, Moncef Marzouki, en fonction depuis un mois, a demandé du « temps ». « Je demande qu’on attende un peu avant de tirer des conclusions. Cela fait 50 ans que les Tunisiens vivent sous une dictature. Maintenant tous les problèmes qui ont été mis de côté, mis sous le tapis, oubliés, refoulés, nous explosent à la figure », a estimé le président tunisien.« C’est un vrai tsunami de problèmes. C’est un vaste chantier », a estimé le président tunisien. « C’est ce que je demande aux Tunisiens: laissez nous travailler », a ajouté le chef de l’Etat tunisien, refusant toutefois le tableau d’une Tunisie à l’arrêt et estimant que « 90% de la Tunisie tourne ». Interrogé sur son alliance avec les islamistes modérés du parti Ennahda, dominants au sein de l’Assemblée constituante, Moncef Marzouki, un laïc classé à gauche, a estimé qu' »il n’y a pas eu le choix ». « Le grand reproche qu’on me fait est de m’être allié avec la frange modérée de l’islamisme, il n’y avait pas d’autre choix. Ou bien on dégage une majorité sage d’islamistes modérés, de laïcs modérés pour gouverner ce pays ou c’est l’affrontement », a-t-il expliqué. « Présenter laTunisiecomme étant un pays tombé dans l’escarcelle de l’islamisme, c’est une vision du monde, c’est une vision partielle et partiale. Cela n’est pas vrai », a-t-il martelé. « Nous avons des discussions extrêmement serrées pour que la Tunisie reste dans la droite ligne d’un centrisme démocratique, respectueux des droits de l’Homme et qu’elle n’ait rien à voir avec un régime islamiste », a conclu le président tunisien. La Tunisie célèbre samedi le premier anniversaire de la chute de Ben Ali, premier des soulèvements dans le monde arabe, qui ont marqué le « printemps arabe ».

Bertrand Delanoë, mairePSde Paris, a accusé aujourd’hui Nicolas Sarkozy de « lâcher ses chiens » dans la campagne pour la présidentielle, provoquant selon lui un « climat détestable ». « Nicolas Sarkozyest un adepte du double langage, car il lâche ses chiens, il est en train de tendre, de donner un climat détestable à la campagne, et puis de temps en temps, rarement, il fait le président de la République qui devrait calmer les choses dans la démocratie française », a déclaré Bertrand Delanoë suri-télé. « Le secrétaire général de l’UMPparle de « massacre à la tronçonneuse«  », a-t-il rappelé. « C’est comme ça quand la France va mal, quand les Français souffrent et sont inquiets, que l’on répond à leur besoin d’avenir? Non je crois qu’il faut mettre du fond, du sérieux, et aussi un esprit accompagné de propositions concrètes pour que les Français s’en sortent mieux, voilà l’enjeu de la présidentielle », a-t-il dit. A l’inverse, a poursuivi le maire de Paris, « François Hollandene cède pas aux emballements » et « on voit que les perspectives qu’ils donnent à la France peuvent lui donner confiance en elle-même ».

Le directeur de l’information de France Télévisions, Thierry Thuillier, a estimé aujourd’hui qu’il y avait des éléments « troublants » entourant les circonstances dela mort du grand reporter de France 2 Gilles JacquierenSyrie. « Il y a des choses troublantes », a déclaré Thierry Thuillier. « Par exemple, pourquoi, alors que ce convoi de journalistes est escorté militairement, pourquoi d’un seul coup les militaires disparaissent de la circulation au moment des premiers tirs ? », s’est-il interrogé.

Source: “Le Figaro” Le 13-01-2011

Lien: http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/01/13/97001-20120113FILWWW00355-thuillier-des-choses-troublantes.php


Les partis progressistes entrent en fusion


En Tunisie, sur les sièges de l’Assemblée constituante, un an après la chute du dictateur déchu Zine el-Abidine Ben Ali, les partis politiques serrent un peu plus les rangs. Après l’échec des campagnes centristes lors du premier vote démocratique, trois partis d’opposition ont annoncé mercredi 11 janvier 2012 à Tunisleur «fusion»rapporte l’Agence Tunis Afrique presse (TAP).

En vue des prochaines échéances électorales, le Parti démocratique progressiste (PDP), Afèk Tounès (Horizons de Tunisie, ndlr) et le Parti républicain (PR), ont mis en œuvre la création d’un nouveau parti politique de rassemblement des forces dites progressistes:

«Ce projet qui se veut une continuation du processus de réforme en Tunisie, s’inscrit dans le cadre d’un projet politiquement opposé au gouvernement et vise à instituer le principe d’alternance de la gouvernance», déclarait Ahmed Néjib Chebbi, le leader du PDP.

Face à la majorité composée d’Ennahda, du Congrès pour la République (CPR) et d’Ettakatol, dont les représentants occupentla présidence,le gouvernementet la plupart des sièges de l’Assemblée constituante, la nouvelle alliance centriste deviendra lors du congrès du PDP prévu en mars 2012, l’alternative politique la plus importante. Après avoir déterminé le nom du mouvement, le parti adoptera ses statuts et son règlement intérieur et procèdera à des élections internes pour parvenir à un consensus de représentants et de dirigeants.

D’après la Secrétaire générale du PDP, Maya Jeribi, l’initiative viserait à«instaurer un équilibre politique». Une volonté de rendre plus audible la voix du centre qui commence par la prise en comptedes leçonsdupremier vote démocratique du 23 octobre 2011:

«Les résultats des élections défavorables aux partis du centre témoignent du dispersement des centristes et de la faiblesse de leur impact au sein de la société», déclarait Youssef Chahed, le représentant du Parti républicain.

L’un des fondateurs du PDP, Ahmed Néjib Chebbi a pour sa part accueillicette nouvelle union comme un«message d’espoir»adressé aux forces du centre:

«La fusion des trois partis vise à préparer l’alternance du pouvoir comme étant une base importante de tout régime républicain et afin d’être présent dans les prochaines échéances politiques».

Une alliance centriste inévitable?

Rendue désormais officielle, l’entente était déjà pressentie. L’annonce de la«fusion»fait suite au meeting du 26 décembre 2011 organisé par l’association Esprit Citoyen, intitulé «Pour un parti unique» et qui réunissait déjà les trois partis à l’hôtel le Golden Tulip à Gammarth dans la banlieue de Tunis. Un meeting dont le choix du lieu avait été vivement critiqué, qualifié d’établissement élitiste et bourgeois, encore trop loin de la capitale et des électeurs.

Lors du meeting de décembre 2011, les participants avaient tous vivement appelé à«un grand parti démocrate». Mais les principaux leaders semblaient en ces tempsmoins enthousiastes qu’aujourd’hui à unir leurs forces, tous déterminés à conserver intacte la structure initiale de leur parti.

Contrairement à Afèk Tounès et au Parti républicain, le PDP ne date pas de janvier 2011. Ses structures en Tunisie sont bien mieux implantées. Le parti a adopté un modèle économique de centre gauche tandis qu’Afèk Tounès suit un modèle libéral. Disposé à collaborer, le PDP ne comptait pas revenir sur ses spécificités historiques et sur son leadership au sein des partis centristes:

«Nous sommes prêts à travailler main dans la main pour constituer une vraie alternative démocratique, mais se fondre dans un même parti n’est pas encore à l’ordre du jour, car chacun de nos partis a son histoire propre»,soulignait Ahmed Néjib Chebbi lors du meeting de décembre.

Même si à première vuecette alliance n’est pas évidenteet risque d’affaiblir les partis plutôt que de les renforcer, l’urgence de voir apparaître une opposition politique tunisienne forte reste«une condition sine qua non pour la réalisation du principe d’alternance de la gouvernance», insiste Maya Jeribi. Quelque peu raillé par les internautes sur les réseaux sociaux, ce nouveau parti de coalition que comptera en mars la Tunisie aura d’abord à s’accorder avant que la majorité y trouve un contradicteur de poids.

Source: “Slate Afrique” Le 12-01-2011

Lien: http://www.slateafrique.com/80945/opposition-tunisienne-unit-face-ennahda


Tunisie. Les secrets de la dernière réunion au siège du Rcd, le 14 janvier 2011


Nos confrères du journal électronique « 24h.tn » ont déniché des photos et un compte-rendu de la dernière réunion tenue au siège du Rcd, le 14 janvier, quelques heures avant la fuite de l’ex-raïs. Kapitalis les publie avec leur aimable permission.

Le vendredi 14 janvier, vers 11 heures, alors que la foule grossissait sur l’avenue Habib Bourguiba et rugissait devant la bâtisse grise du ministère de l’Intérieur, dernière citadelle du système répressif de Ben Ali, une réunion -la dernière sans doute dans l’histoire de l’ex-parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (Rcd)- se tenait, à une centaine de mètres de là, dans le hall central de la tour de verre de l’avenue Mohamed V, siège de ce parti tristement célèbre.

Un équipage bigarré au cœur de la tempête

A cette réunion d’urgence, présidée par le secrétaire général du Rcd, Mohamed Ghariani, ont pris part plusieurs cadres du parti, au premier rang desquels, comme le montrent les photos, Saïda Agrebi, l’inénarrable ex-présidente de l’Association tunisienne des mères (Atm), officine qui dispensait des services très particuliers à l’ex-président-dictateur, l’homme d’affaires Hedi Djilani, ex-président de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Abir Moussa, ancienne secrétaire générale adjointe du Rcd, et Salwa Tarzi, ex-présidente de l’Union nationale des femmes tunisiennes (Unft).

Le premier est aujourd’hui incarcéré à la caserne de l’Aouina, la seconde est en fuite à l’étranger, alors que les trois autres sont en liberté.

Nous comptons sur les lecteurs pour reconnaître les autres personnes surpris ce jour-là par le photographe au milieu de cette réunion où ils donnent tous l’impression d’être les passagers d’un bateau qui tangue dangereusement et menace de couler. Et qui coulera, d’ailleurs, quelques heures plus tard, lorsque le timonier, pris de panique, prendra la poudre d’escampette, abandonnant son équipage bigarré au cœur de la tempête.

Les participants à la réunion, ramenés des régions du Grand Tunis à bord de bus prêtés par la Transtu, ont demandé – est-ce le mot d’ordre lancé ce jour là ? – la poursuite de toutes les personnes qui ont trompé le président, par allusion à l’allocution prononcée, la veille au soir, par Ben Ali, et où ce dernier disait : «Ghaltouni» (Ils m’ont trompé).

«Ben Ali Raissouna Wa Tajammo Hizbouna»

Selon des témoins, la réunion a été marquée par des cris, des vociférations et des échanges d’accusations, dans une atmosphère très électrique. Pour calmer ses camarades, dont les nerfs étaient à fleur de peau, Riadh Saâda, secrétaire général adjoint du Rcd chargé du programme présidentiel (sic !), a pris la parole pour dire que le parti demeure fort et qu’il se remettra de cette nouvelle crise, demandant aux présents de considérer la situation avec un esprit calme et pondéré.

Le secrétaire général du parti, Mohamed Ghariani a enchaîné en disant que le parti est fort de la direction de son président Ben Ali, que sa base et ses cadres sont capables de dépasser les circonstances difficiles et que l’avenir du parti, dont la création remonte à plus de 70 ans, n’est pas tributaire d’une personne ou d’un nom. Le speech de Ghariani a été coupé par des applaudissements et des cris exprimant un «attachement indéfectible», comme on disait alors, à la personne de Ben Ali : «Ben Ali Raissouna Wa Tajammo Hizbouna» (Ben Ali notre président et le Rassemblement notre parti) ou encore : «Arbaâtach Baâd Alfine, Ma Inajemha Ken Ezzine» (La présidentielle de 2014, seul Zine peut la gagner).

Salem Mekki, président de l’Organisation tunisienne de l’éducation et de la famille (Otef), a pris ensuite la parole pour calmer les participants dont certains ont accusé les dirigeants de rester confinés dans leurs bureaux alors que les militants dans les régions et les quartiers populaires sont en train de faire face aux actes de pillage et de dégradation des sièges des cellules, des fédérations et des comités de coordination du parti.

Le secrétaire général du parti, qui craignait sans doute des affrontements entre ses troupes et les opposants au régime et au parti qui manifestaient non loin de là, a demandé aux militants de ne pas sortir manifester dans la rue, comme cela était prévu, pour exprimer l’attachement des «Tajammouin» (militants d’Ettajammo, ou Rcd) aux choix du chef de l’Etat. Il les a informés que des militants syndicalistes manifestaient au centre-ville de Tunisie et que des instructions émanant des sources sécuritaires les mettaient en garde contre une sortie dans la rue.

«Ils sont allés à l’avenue Habib Bourguiba»

Le représentant du Comité de coordination de l’Ariana a pris ensuite la parole pour dire que le siège de cette instance est le seul à n’avoir pas été mis à feu parce qu’il était gardé par les «Tajammouine Shah» (Rcédistes authentiques) et s’est demandé où sont allés les Rcédistes ramenés de l’Ariana en bus, avant de lâcher : «Ils sont allés à l’avenue Habib Bourguiba», signifiant par là qu’ils se sont défilés et laissant entendre qu’ils auraient peut-être rejoint la foule des manifestants contre le régime, ou pour voir ce qui se passe là-bas.

Peu après midi, tous ces gens ont quitté le siège du Rcd. Ils se sont terrés chez eux jusqu’à la fin de l’après-midi.Vers 18 heures, ils ont appris, comme tous les Tunisiens, que la partie était terminée.

Source: “Kapitalis” Le 13-01-2011

Lien: http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/7781-tunisie-les-secrets-de-la-derniere-reunion-au-siege-du-rcd-le-14-janvier-2011.html


«Islam Channel»

La première chaîne islamique privée en Tunisie


 

En ces temps d’économie, la coquette somme de cinq millions de dinars réservée, a priori, au lancement de la première chaîne privée islamique en Tunisie, fait grincer des dents de plus d’un. D’abord parce qu’il s’agit d’une chaîne de télévision islamique au pays où le parti de Rached Ghannouchi y est propulsé au devant de la scène politique.

Et surtout parce que de sourdes convergences opposent aujourd’hui la frange la plus islamophobe et les tenants d’un Islam rétrograde dans une Tunisie postrévolutionnaire. Que vient chercher, dans ce cas, Mohamed Ali Harrath qui s’active actuellement à lancer sa chaîne de télévision dans une Tunisie, qui par ces temps qui courent, n’a pu jusque-là, résorber ses plaies de l’après Révolution et où des attitudes excessives entourent des débats passionnés sur l’Islam ?

Qui est cet homme décidé, vraisemblablement, à s’engager dans une guerre contre des moulins à vents ? Mohamed Ali Harrath est un citoyen britannique dont le nom sonne comme aucun autre au Royaume Uni et dans les milieux anglophones. Il a été classé quelques années auparavant parmi les 100 personnes les plus influentes en Angleterre par un magazine anglo-saxon de renom. Il est, excusez le peu, le président d’un groupe de médias éthiques EMG, membre du bureau exécutif de Salam world, le premier réseau socialisant du genre Facebook destiné aux Musulmans qui verra le jour sous peu, le président de la fondation ‘’Global Peace and unity’’ qui organise une conférence devenue au fil des ansla Mecquedes hommes et des femmes toutes appartenances religieuses et idéologiques confondues visant à instaurer des liants coupant court avec ce qu’on est allé appeler le choc des cultures . Il est également membre de l’Association ‘’Stop the War coalition’’ qui draine des personnalités internationales faisant fi des guerres et de leurs séquelles. Mohamed Ali Harrath alias Mohamed Ali qui pendant 20 ans s’est forgé l’image d’un homme œuvrant pour la paix est aussi un ancien ‘’wanted’’ d’Interpole qui en a bavé des courses poursuites haletantes d’un Mossad et de son « meilleur allié », un Ben Ali sans foi ni loi. Mohamed Ali en est sorti indemne après le 14 janvier 2011 qui l’a réconcilié avec sa tunisiannité longtemps brimée par un despote et ses subalternes influents.

‘’Zeitouna’’, la version tunisienne d’’’Islam Channel’’

Mohamed Ali Harrath est par dessus tout un Tunisien. Il est un des nôtres qui a dans les veines un pur sang arabe qui coule et qui garde intact ce sentiment de fierté d’appartenir au pays de la si prestigieuse Zeitouna. Né à Sidi Bouzid, l’enfant du pays se dit fier d’être originaire de la ville qui a allumé la mèche dela Révolutiontunisienne, celle du « peuple qui veut ».

Bon chic bon genre, il est bien à l’aise dans l’image qu’il veut donner de lui-même, celle d’un musulman moderne, la tête bien sur les épaules. Bardé de diplômes, il cumule entre autres deux masters en langues appliquées et en sciences politiques. En 2004 il fonde « Islam Channel » qui réussit à fidéliser 2 millions de téléspectateurs en Angleterre où 800 chaînes de télévision se livrent à une rude concurrence.

« La voix des sans voix et celle des opprimés » : est le slogan de la chaîne qui diffuse sa programmation à travers huit réseaux satellitaires dans plusieurs contrées du monde dont le Niger où elle rafle quelque 40 millions de téléspectateurs.

Le promoteur de la chaîne de télévision londonienne s’active aujourd’hui pour lancer une version tunisienne de la chaîne, au fil de ses allers et retours entre Londres et Tunis. Jusque-là on apprend que la chaîne dont les studios seront installés du côté du quartier Al Mourouj, emploiera pas moins de 100 Tunisiens et sera probablement baptisée ‘’Zeitouna’’.« Une chaîne de télévision à vocation islamique ne signifie pas forcément que les animateurs soient des Oulamas et des Cheikhs » avance Mohamed Ali Harrath qui laisse entendre que le contenu de sa chaîne de télévision ne sera pas cantonné aux seuls discours rébarbatifs et assommants de quelques exégètes mais que les portes seront ouvertes à des compétences parmi les journalistes reporters et spécialistes de la chose religieuse. Le but étant de faire la promotion d’un islam qui se reconnaît d’abord à ses valeurs endogènes de modération et qui se définit comme le compromis le plus actuel avec la modernité à laquelle il a toujours aspiré. C’est aussi un contenu destiné à toutes les franges de la société tunisienne toutes catégories d’âges et sociales confondues, qui veulent en découdre avec des programmes d’une banalité affligeante qu’on regarde souvent sur des chaînes de télévision généralistes.Wait and see.

Source: ”Le Temps” Le 13-01-2012

Lien: http://www.letemps.com.tn/article-62520.html


Reportage : Une journée dans l’association El Fath pour les théologies islamiques


Par Zeyneb Dridi

La photo diffusée sur la toile, le 4 janvier 2012, illustrant des petites filles voilées avec des bandeaux verts sur les fronts, séparées des garçons de même âge, lors d’une séance de cours, a suscité la polémique. Business News s’est rendu sur place pour essayer d’avoir davantage d’informations sur ce nouveau phénomène de plus en plus fréquent, depuis la révolution, dans notre société, supposée être libre et ouverte. En fait, il ne s’agit pas d’une école coranique comme beaucoup l’ont imaginé. C’est une association, créée en août 2011 sous le nom de « Association El Fath pour les théologies islamiques de Nabeul ». Dans la photo en question, il s’agissait d’une fête organisée à l’occasion de l’achèvement des vacances d’hiver. Les bandeaux verts, sur lesquels on peut lire le nom de l’association, ont été conçus par une des mères des enfants. Pour ce qui concerne les petites filles, impubères, voilées, les membres de l’association nous ont déclaré que c’est le choix des parents et que l’association accepte toute personne, quelque soient ses choix politiques ou religieux, du moment où elle est habillée correctement puisque l’association se situe à côté d’une mosquée. L’une des membres se reprend en disant que l’association n’a rien contre le voile des petites filles. Selon elle, il n’y a aucun mal à les habituer dès leur jeune âge au port du voile.

Bien qu’elle soit assez jeune, l’association a organisé plusieurs manifestations pour tous les âges. Munie de son agenda chargé d’activités, Yosra Ayed, membre fondatrice de l’association et enseignante de langue arabe, nous a expliqué comment l’association, indépendante économiquement et politiquement nous assure-t-elle, fonctionnait. L’association est ouverte tout au long de la semaine et consacre, chaque dimanche, 3 heures de cours d’apprentissage du Coran pour les enfants de 7 à 12 ans, de 8h30 à 10h du matin pour les garçons et de 10h30 à 12h pour les filles. Cette séparation s’est faite automatiquement dès que le nombre d’enfants a commencé à croître et que la salle ne pouvait plus les contenir, nous précise le président de l’association. Avant, filles et garçons suivaient leurs cours dans la même salle. Le reste de la semaine, des conférences, des cours et différentes activités en relation avec les principes de l’Islam et la théologie de la religion sont organisés, allant des cours basiques de prononciation et de lecture jusqu’aux cours de « toilette mortuaire » (préparatifs du corps d’un décédé avant son enterrement). Composée de 9 membres, dont 6 femmes, l’association a cinq objectifs essentiels, à savoir : • La diffusion des sciences islamiques • L’apprentissage et la dictée du Coran et des concepts fondamentaux de la religion et du Prophète. • L’organisation de cours dans les différentes théologies islamiques • L’invitation d’experts pour donner des conférences mensuelles dans les différents thèmes de la théologie islamique • L’organisation d’excursions et des concours en récitation de Coran durant les vacances. L’association n’a pas négligé le côté psychologique, primordial, selon les différents membres de l’association, dans l’équilibre des parents et l’éducation des enfants. Toutes les deux semaines, un psychologue rend visite à l’association pour donner une conférence, en présence des membres et de quelques parents, pour les aider à mieux se comporter en société et surtout leur apprendre les meilleurs procédés pour éduquer leurs enfants suivant les principes de l’Islam, élément central pour l’association. Selon Mme Ayed, l’essentiel des activités de l’association s’articule autour de l’enfant, nerf central de la société. Lors des vacances, des excursions, des conférences débats autour de différents sujets, des séances de peinture et coloration, récitation des histoires des prophètes…, sont au menu. Selon Mme Ayed, le système éducatif actuel présente plusieurs insuffisances. « Nous essaierons, à travers nos différentes activités, à y remédier » souligne-t-elle, ajoutant que « la réforme doit commencer dès le plus jeune âge puisqu’il s’agit de toute une génération qu’on construit ». Par ailleurs, le président de l’association achève en soulignant que la Tunisie connaît depuis des années une perte de son identité arabo musulmane et c’est une chose à laquelle on doit remédier à travers ce genre d’activités.

Source: “Business News” Le 13-01-2011

Lien: http://www.businessnews.com.tn/Reportage–Une-journ%C3%A9e-dans-l%E2%80%99association-El-Fath-pour-les-th%C3%A9ologies-islamiques,520,28751,1

 

 

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