{"id":20927,"date":"2000-05-10T00:00:00","date_gmt":"2000-05-10T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/10-mai-2000\/"},"modified":"2000-05-10T00:00:00","modified_gmt":"2000-05-10T00:00:00","slug":"10-mai-2000","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/10-mai-2000\/","title":{"rendered":"10 mai 2000"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"Rencontr\u00e9 \u00e0 l'h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, Taoufik Ben Brick s'est livr\u00e9 sans calculs \u00e0 l'Humanit\u00e9. Il \u00e9voque les raisons de son combat, sa famille, ses amis, la solidarit\u00e9 qui s'est manifest\u00e9e en sa faveur, et bien s\u00fbr la situation en Tunisie. Jeudi, il sera \u00e0 Alger, o\u00f9 il compte poursuivre son action avant de retourner en Tunisie. Entretien. \" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"\/ar\/index.html\/\">\u0627\u0644\u0628\u062f\u0627\u064a\u0629<\/a><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<div>\n<div>\n<hr size=\"5\"\/>\n<p><img decoding=\"async\" align=\"right\" alt=\"L'Humanit\u00e9 quotidien\" src=\"http:\/\/www.humanite.presse.fr\/icono\/icone-hq.gif\"\/> <\/p>\n<\/p>\n<p><center><font size=\"3\"><b>10 Mai 2000 &#8211; INTERNATIONAL<\/b><\/font><\/center><\/p>\n<p><center><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\">Tunisie. Droits de l&rsquo;homme. Rencontre exclusive avec le journaliste Taoufik Ben Brick.<\/h2>\n<\/p>\n<p><\/font><\/h2>\n<p><\/center><\/p>\n<\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Je suis un <\/p>\n<p>gr\u00e9viste errant \u00a0\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p>Rencontr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, Taoufik Ben Brick s&rsquo;est livr\u00e9 sans calculs \u00e0 l&rsquo;Humanit\u00e9. Il \u00e9voque les raisons de son combat, sa famille, ses amis, la solidarit\u00e9 qui s&rsquo;est manifest\u00e9e en sa faveur, et bien s\u00fbr la situation en Tunisie. Jeudi, il sera \u00e0 Alger, o\u00f9 il compte poursuivre son action avant de retourner en Tunisie. Entretien. <\/p>\n<\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Depuis votre arriv\u00e9e en France, nombreux sont ceux qui s&rsquo;\u00e9tonnent que vous ayez d\u00e9cid\u00e9 de poursuivre votre gr\u00e8ve de la faim&#8230; <\/p>\n<p>Vous pouvez me demander pourquoi je poursuis ma gr\u00e8ve de la faim. C&rsquo;est parce que je suis un gr\u00e9viste errant (rire). Si on revient \u00e0 ma premi\u00e8re d\u00e9claration &#8211; \u00a0\u00bb Je suis un arc \u00a0\u00bb (1) -, ce n&rsquo;\u00e9tait ni le fait de n&rsquo;avoir pas de passeport ni le fait de revendiquer le droit d&rsquo;\u00e9crire dans mon pays, le droit de circuler et le droit de communiquer avec le monde ext\u00e9rieur qui m&rsquo;ont pouss\u00e9 \u00e0 cette extr\u00eame limite. J&rsquo;ai entam\u00e9 ma gr\u00e8ve de la faim pour que cesse le harc\u00e8lement policier contre ma famille et mes amis. Le pouvoir tunisien a pris ma famille en otage. Les autorit\u00e9s m&rsquo;ont rendu mon passeport. Je r\u00e9ponds : avoir un passeport est un droit. Ce type-l\u00e0 (le pr\u00e9sident Ben Ali &#8211; NDLR ) m&rsquo;a confisqu\u00e9 un droit, alors que tous les droits se valent : le droit \u00e0 la vie comme le droit \u00e0 la libre circulation et le droit \u00e0 la parole. Si on vous mutile la langue et vous ne parlez plus, et qu&rsquo;apr\u00e8s il vous recoud la langue, peut-on d\u00e8s lors affirmer qu&rsquo;on vous a rendu la langue ? <\/p>\n<\/p>\n<p>D&rsquo;accord, mais les autorit\u00e9s tunisiennes ont \u00e9t\u00e9 contraintes de vous restituer le passeport&#8230; <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Rectifions la v\u00e9rit\u00e9 : ce n&rsquo;est pas le passeport qu&rsquo;elles m&rsquo;ont restitu\u00e9, mais le droit \u00e0 la libre circulation. En Tunisie, n&rsquo;importe quel citoyen peut disposer d&rsquo;un passeport, mais beaucoup ne peuvent l&rsquo;utiliser. L&rsquo;avocate Radia Nasraoui a un passeport, mais quand elle a voulu r\u00e9cemment sortir de Tunisie, la police l&rsquo;a emp\u00each\u00e9e d&#8217;embarquer sur un vol vers Paris vendredi dernier. Il y a mille et une personnes en Tunisie qui sont ainsi emp\u00each\u00e9es de sortir. Et que dit-on chez nous ? \u00a0\u00bb Tu as le passeport, mais tu n&rsquo;as pas le droit de circuler. \u00a0\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p>Donc l&rsquo;arbitraire se poursuit ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Bien s\u00fbr. Je suis \u00e0 Paris, c&rsquo;est bien. Mais j&rsquo;ai ma famille qui est en otage en Tunisie. J&rsquo;ai mon fr\u00e8re en prison, Jallal, qui vient d&rsquo;entamer une gr\u00e8ve de la faim sauvage, qui est malade, qui a des h\u00e9morro\u00efdes infect\u00e9es, qui a une bronchite chronique et qui a le nez cass\u00e9 du fait des brutalit\u00e9s polici\u00e8res qu&rsquo;il a subies&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p>Donc, tant que votre fr\u00e8re est en prison, il n&rsquo;est pas question que vous arr\u00eatiez votre gr\u00e8ve de la faim ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Evidemment. Mais il faut savoir que tout le monde me dit d&rsquo;arr\u00eater. Il n&rsquo;est pas question que j&rsquo;arr\u00eate. Tout le monde doit le savoir. Cette gr\u00e8ve est en moi-m\u00eame. Il ne peut pas y avoir quelqu&rsquo;un au monde, m\u00eame mon fr\u00e8re Jallal, qui soit en droit de me demander de l&rsquo;arr\u00eater. Il est vrai que, s&rsquo;il sort de prison, j&rsquo;y mettrai fin parce que je suis \u00e9reint\u00e9. Mais je ne veux plus qu&rsquo;on me demande d&rsquo;arr\u00eater. Je subis une avalanche d&rsquo;appels : arr\u00eatez ! arr\u00eatez ! Accompagn\u00e9s d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;argumentations&#8230; Je n&rsquo;en veux plus, vous comprenez&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p>De la part de qui ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. De ma famille, les gens avec qui je travaille, mes amis de Tunisie, d&rsquo;Alg\u00e9rie, d&rsquo;Egypte, de France. Alors ce qui m&rsquo;agace c&rsquo;est quand on me dit : \u00a0\u00bb tu arr\u00eates parce que les m\u00e9dias vont se retourner contre toi \u00ab\u00a0. Moi je r\u00e9ponds ceci : je n&rsquo;en ai rien \u00e0 fiche de ce que penseront les m\u00e9dias. D&rsquo;abord je ne fais pas cette action pour les m\u00e9dias&#8230; D&rsquo;autres me disent : \u00a0\u00bb arr\u00eate parce qu&rsquo;il y a des gens qui doutent de ta gr\u00e8ve \u00ab\u00a0. Le fait de prof\u00e9rer une telle insinuation jette le doute sur mon combat, et m&rsquo;incite \u00e0 poursuivre. <\/p>\n<\/p>\n<p>Mais autour de votre gr\u00e8ve de la faim, tout un mouvement de solidarit\u00e9 s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9. Ne pensez-vous pas qu&rsquo;il n&rsquo;est plus votre combat \u00e0 vous mais qu&rsquo;il est partag\u00e9 par beaucoup ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Il est vrai que j&rsquo;ai vu une solidarit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent autour de mon cas. Mais de l\u00e0 \u00e0 ce que \u00e7a d\u00e9passe ma personne, c&rsquo;est me faire trop d&rsquo;honneur&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p>Cette gr\u00e8ve a quand m\u00eame pris une dimension telle qu&rsquo;elle a contraint le pr\u00e9sident Ben Ali \u00e0 intervenir et \u00e0 reprocher \u00e0 la presse locale de ne pas l&rsquo;avoir trait\u00e9e ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. C&rsquo;est vrai. J&rsquo;en tire une petite satisfaction. J&rsquo;ai eu Ben Ali (rires). C&rsquo;\u00e9tait presque un face-\u00e0-face entre lui et moi. Moi, je suis livresque. Je lis beaucoup. Le personnage de Corl\u00e9one dans le Parrain &#8211; je conc\u00e8de que ce n&rsquo;est pas le bon exemple, mais c&rsquo;est pour mieux me faire comprendre &#8211; explique \u00e0 son conseiller irlandais qu&rsquo;un Sicilien est quelqu&rsquo;un qui peut aller jusqu&rsquo;\u00e0 la mort pour r\u00e9parer un affront. La mafia est un mot d&rsquo;origine arabe &#8211; el menfi -, qui veut dire exil\u00e9. Je suis arabe, et un Arabe peut aller \u00e0 la mort pour r\u00e9parer un affront. Et ce type-l\u00e0 (Ben Ali), il ne m&rsquo;a pas fait un affront ou deux, il a terroris\u00e9 mes enfants quand ses hommes de main ont fracass\u00e9 la voiture de ma femme alors qu&rsquo;ils \u00e9taient \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. Ils ont tabass\u00e9 presque \u00e0 mort ma sour et mon beau-fr\u00e8re parce qu&rsquo;ils sont parents avec moi. M\u00eame ma m\u00e8re est harcel\u00e9e, suivie dans la rue, des policiers surveillent sa maison et n&rsquo;arr\u00eatent pas de lui demander o\u00f9 est son f!ils. Or ils savaient o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais. Ils la harcelaient uniquement pour la faire souffrir. <\/p>\n<\/p>\n<p>C&rsquo;est de l&rsquo;intimidation ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. C&rsquo;est un comportement tribal, un comportement du pass\u00e9. Lorsque je t&rsquo;en veux, je vais blesser ton chameau, je vais aveugler ton bourricot, tuer ton agneau. Pourquoi a-t-il mis mon fr\u00e8re en taule ? En fait, il veut me faire du mal \u00e0 travers ma famille. Il sait les liens tr\u00e8s forts qui existent entre moi, mes fr\u00e8res et mes sours. Ce sont eux qui ont g\u00e9r\u00e9 de A \u00e0 Z ma gr\u00e8ve de la faim, ce sont eux qui me soutiennent le plus. Ce sont eux qui m&rsquo;ont dit de ne pas c\u00e9der, d&rsquo;\u00e9crire sur sa politique. <\/p>\n<\/p>\n<p>Mais depuis que vous \u00eates en France, avez-vous subi des pressions pour cesser votre gr\u00e8ve de la faim pour ne pas nuire aux relations entre Paris et Tunis ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. J&rsquo;ai entendu M. Hubert V\u00e9drine dire que j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 en France pour des raisons humanitaires et que je devrais pas continuer son combat \u00e0 Paris. Suis-je invit\u00e9 pour me taire ? S&rsquo;il y a quelqu&rsquo;un qui m&rsquo;a invit\u00e9, c&rsquo;est RSF (Reporters sans fronti\u00e8res). Si je suis venu \u00e0 Paris, c&rsquo;est d&rsquo;abord pour saluer mes confr\u00e8res journalistes qui m&rsquo;ont soutenu et qui ont d\u00e9ploy\u00e9 un bouclier m\u00e9diatique pour me prot\u00e9ger. <\/p>\n<\/p>\n<p>Et que devient votre demande de rencontrer le pr\u00e9sident Chirac ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Moi, je voulais le rencontrer pour lui remettre en mains propres ma lettre. J&rsquo;aurais aim\u00e9 le voir en face afin de lui dire : \u00a0\u00bb Je suis Jean Valjean, je suis le Mis\u00e9rable. \u00a0\u00bb Je voudrais lui dire de prot\u00e9ger cet h\u00e9ritage historique qui fait l&rsquo;honneur de la France et qui a \u00e9t\u00e9 transmis au monde entier et qu&rsquo;on appelle libert\u00e9, fraternit\u00e9 et \u00e9galit\u00e9. J&rsquo;ajouterai deux autres valeurs : le courage et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Alors je me pose cette question : si Chirac soutient Ben Ali, aime-t-il vraiment la vie ? <\/p>\n<\/p>\n<p>Mais il n&rsquo;y a pas que lui qui est en cause ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. J&rsquo;allais y venir. Je mesure mes mots : MM. Seguin et Delano\u00eb ont la m\u00eame attitude que Jacques Chirac. Le peuple de Paris, c&rsquo;est le peuple qui a fait la Commune de Paris, le peuple qui a h\u00e9berg\u00e9 les plus grands \u00e9crivains, les plus grands artistes de la plan\u00e8te, le peuple qui a donn\u00e9 asile aux hommes de progr\u00e8s, chez qui chacun peut s&rsquo;y \u00e9tablir, loin de son propre pays, sans ressentir la solitude et l&rsquo;exil, comme les Am\u00e9ricains Hemingway, Paul Auster, l&rsquo;Egyptien Albert Kosseiry, l&rsquo;Alg\u00e9rien Malek Haddad qui a \u00e9crit Le quai aux fleurs ne r\u00e9pond pas. J&rsquo;aurais aim\u00e9 que Malek Haddad, qui n&rsquo;est plus de ce monde, puisse m&rsquo;offrir une gazelle. Malek Haddad \u00e9crivait : \u00a0\u00bb Je frappe \u00e0 la porte mais personne ne me r\u00e9pond. \u00a0\u00bb Alors j&rsquo;irai \u00e0 Alger frapper \u00e0 sa porte pour qu&rsquo;il me r\u00e9ponde et qu&rsquo;il m&rsquo;offre sa gazelle. <\/p>\n<\/p>\n<p>Mais Bertrand Delano\u00eb a pris quelque peu ses distances sur ce qui se passe en Tunisie ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Pour moi ce sont deux blanchisseurs (rires). Delano\u00eb a pass\u00e9 plus de treize ans \u00e0 faire du blanchissage de l&rsquo;ignominie de Ben Ali. Lui et S\u00e9guin sont de vrais virtuoses. Ils ont r\u00e9ussi \u00e0 hypnotiser les Fran\u00e7ais en pr\u00e9sentant la Tunisie comme le pays de la \u00a0\u00bb dolce vita \u00ab\u00a0, le pays qui chante et danse. Or je suis s\u00fbr qu&rsquo;ils ont entendu les cris de d\u00e9sarroi de ceux qu&rsquo;on torture dans les ge\u00f4les tunisiennes. Ils ont vu comment la police r\u00e8gne, et savent que la Tunisie est devenue un d\u00e9sert culturel sans cin\u00e9ma, sans po\u00e9sie ni th\u00e9\u00e2tre, ni litt\u00e9rature ni roman, et ils ont ferm\u00e9 les yeux durant toutes ces ann\u00e9es sur un peuple qui vit dans un gigantesque goulag. <\/p>\n<\/p>\n<p>Oui, mais ce peuple commence \u00e0 s&rsquo;\u00e9veiller aux libert\u00e9s ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. C&rsquo;est vrai. Il commence \u00e0 sortir de sa l\u00e9thargie malgr\u00e9 cet encerclement de partout. Et s&rsquo;il y a une aide et une solidarit\u00e9 envers les Tunisiens, elles ne viendront pas de ceux qui d\u00e9tiennent le pouvoir en France et ailleurs en Occident, mais des peuples qui croient \u00e0 la libert\u00e9. Les militants et d\u00e9mocrates tunisiens savent que l&rsquo;Alg\u00e9rie est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et que la soci\u00e9t\u00e9 civile alg\u00e9rienne viendra \u00e0 leurs secours. <\/p>\n<\/p>\n<p>Est-ce que vous ne surestimez pas un peu trop les capacit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 civile alg\u00e9rienne ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Non. D&rsquo;abord, il existe une presse en Alg\u00e9rie dont aucun pays arabe ne dispose. Tous ceux qui lisent les journaux alg\u00e9riens sont \u00e9bahis par l&rsquo;existence d&rsquo;une telle presse dans cette terre ardue. Un journaliste, pour moi, c&rsquo;est avant tout du courage physique. Et les journalistes alg\u00e9riens en ont \u00e0 revendre. Plus de 70 journalistes ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s en Alg\u00e9rie. La libert\u00e9, ils l&rsquo;ont arrach\u00e9e. Montrez-moi un autre pays o\u00f9 il y a eu autant de journalistes tomb\u00e9s pour la libert\u00e9 d&rsquo;expression ! Montrez-moi un autre exemple de pays o\u00f9 des journalistes travaillent avec un pistolet sur la tempe ! L\u00e0-bas, c&rsquo;est chez moi. Je ferai entendre davantage ma voix avant de retourner \u00e0 Tunis. <\/p>\n<\/p>\n<p>Une derni\u00e8re question sur le livre que vous allez \u00e9diter en France &#8230; <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Ce livre qui va sortir bient\u00f4t aux \u00e9ditions La D\u00e9couverte, je l&rsquo;ai intitul\u00e9 Une si douce dictature. J&rsquo;ai aussi un livre qui se trouve \u00e0 l&rsquo;abri \u00e0 la \u00a0\u00bb Dakhilia \u00ab\u00a0, minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur (rires). Ce n&rsquo;est pas un livre sur la po\u00e9sie. Mais un livre qui fait d\u00e9couvrir au lecteur les ruelles de mon labyrinthe. Surtout, on y d\u00e9couvre Ben Ali sous toutes les facettes. Mon premier po\u00e8me s&rsquo;intitule Canabaal, une conjonction entre Hannibal, le g\u00e9n\u00e9ral carthaginois, et le mot cannibale. Thomas Harris a \u00e9crit sur Hannibal le cannibale. Et moi, pour terminer, je suis un fan de Ben Ali&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p>Un fan ? <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick. Tous les grands cin\u00e9astes que j&rsquo;aime n&rsquo;ont jamais film\u00e9 ou mis des personnages qui mettent leur force au service de la bont\u00e9, mais au contraire des personnages qui ont mis leur force au service du mal, comme Dracula, comme le personnage du Silence des agneaux, et Ben Ali leur ressemble beaucoup. Je trouve qu&rsquo;il leur ressemble beaucoup. Vous n&rsquo;\u00eates pas d&rsquo;accord ? Pourtant, il a dans la derni\u00e8re p\u00e9riode 35 morts sous la torture sur la conscience. <\/p>\n<p>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par <\/p>\n<p>Hassane Zerrouky <\/p>\n<\/p>\n<p>(1) \u00a0\u00bb Je suis un arc \u00ab\u00a0, texte publi\u00e9 dans l&rsquo;Humanit\u00e9 du 18 mars 2000. <\/p>\n<\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"5\"\/>\n<hr size=\"5\"\/><img decoding=\"async\" align=\"right\" alt=\"L'Humanit\u00e9 quotidien\" src=\"http:\/\/www.humanite.presse.fr\/icono\/icone-hq.gif\"\/> <\/p>\n<p><center><font size=\"3\"><b>10 Mai 2000 &#8211; INTERNATIONAL<\/b><\/font><\/center><\/p>\n<p><center><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font><\/p>\n<p>Un tunisien d\u00e9termin\u00e9 <\/p>\n<\/p>\n<p><\/font><\/h2>\n<p><\/center><\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick \u00e9tait assis dans un fauteuil \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son lit, pr\u00e8s de la fen\u00eatre de sa chambre d&rsquo;h\u00f4pital. Amaigri, traits fatigu\u00e9s, il semblait en forme. Il nous attendait. Le journaliste, \u00e9couteurs aux oreilles, savourait une cassette audio sur un baladeur, une cigarette en train de se consumer dans un petit ramequin servant de cendrier pos\u00e9 sur le lit. C&rsquo;est un homme d\u00e9termin\u00e9 que l&rsquo;Humanit\u00e9 a rencontr\u00e9 hier \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, et dont le mordant ne semblait gu\u00e8re entam\u00e9 par la longue gr\u00e8ve de la faim entam\u00e9e depuis le 3 avril dernier. <\/p>\n<p>Sa voix se fait lente quand il commence \u00e0 parler. On sent qu&rsquo;il fait d&rsquo;\u00e9normes efforts pour s&rsquo;exprimer. Puis, peu \u00e0 peu, le ton se fait plus incisif, rageur, faisant montre d&rsquo;une pugnacit\u00e9 qui n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gale que sa d\u00e9termination \u00e0 poursuivre son combat contre le r\u00e9gime autoritaire du pr\u00e9sident Ben Ali. Surtout quand il \u00e9voque la situation de son fr\u00e8re en prison en Tunisie, de ses amis rest\u00e9s au pays et qui poursuivent la lutte pour la d\u00e9mocratisation de la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne. Puis le ton se fait po\u00e9tique, doux, quand il compare Paris \u00e0 une belle femme qui a besoin, dit-il, d&rsquo;\u00eatre gouvern\u00e9e par \u00a0\u00bb un prince, un superbe va-nu-pieds \u00ab\u00a0. Sa sour, Najet, \u00e9coute et sourit quand son fr\u00e8re se laisse aller, livre le fond de sa pens\u00e9e, sans d\u00e9tour, sans calcul, citant pour mieux se faire comprendre de son interlocuteur, les grands po\u00e8tes du Moyen \u00b6ge arabe, comme El Moutanabi, celui qui d\u00e9fiait par la parole, en son temps les princes et les califes des cours de Damas, Bagdad et du Caire, !ou plus pr\u00e8s de nous, le grand po\u00e8te turc Nazim Hikmet, dont il cite de m\u00e9moire les vers. <\/p>\n<p>Taoufik Ben Brick, qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 publier un livre, traduit de l&rsquo;arabe, intitul\u00e9 Une si douce dictature, aux \u00e9ditions La d\u00e9couverte, demande \u00e0 ses amis journalistes fran\u00e7ais, qu&rsquo;il salue pour leur solidarit\u00e9, de n&rsquo;oublier ni son fr\u00e8re, Jallal, qui vient d&rsquo;entamer une gr\u00e8ve de la faim sauvage dans sa prison en Tunisie et qui est en danger de mort, ni tous ceux qui m\u00e8nent un combat tr\u00e8s difficile pour le respect des droits de l&rsquo;homme et les libert\u00e9s. <\/p>\n<p>Jeudi, il part pour Alger accompagn\u00e9 par Omar Belhouchet, directeur d&rsquo;El Watan. Taoufik Ben Brick a promis de venir \u00e0 la F\u00eate de l&rsquo;Humanit\u00e9 en septembre prochain pour saluer ses amis de l&rsquo;Huma et les communistes fran\u00e7ais pour leur solidarit\u00e9. <\/p>\n<p>H. Z. <\/p>\n<\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"5\"\/><center><font size=\"3\"><b>06 Mai 2000 &#8211; INTERNATIONAL<\/b><\/font><\/center><\/p>\n<p><center><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font><\/p>\n<p>Un pays sous l&rsquo;\u00e9touffoir <\/p>\n<\/p>\n<p><\/font><\/h2>\n<p><\/center><\/p>\n<p>Reportage. Une presse aux ordres, une opposition pourchass\u00e9e, une police omnipr\u00e9sente : la Tunisie vit \u00e0 l&rsquo;heure de la mainmise de l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat destourien. <\/p>\n<\/p>\n<p>De notre correspondant <\/p>\n<p>Un kiosque, pr\u00e8s de la porte de France, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la Medina. Au rayon de la presse \u00e9trang\u00e8re, quelques titres anglo-saxons, l&rsquo;Equipe, unique repr\u00e9sentant fran\u00e7ais. Trois des quotidiens nationaux sont \u00e9dit\u00e9s en fran\u00e7ais &#8211; quatre le sont en arabe. On emporte le Temps, la Presse et le Renouveau. Premier malaise, les titres de une sont quasi identiques et tous illustr\u00e9s par une photographie du pr\u00e9sident Ben Ali. Tous trois louent la politique du premier mandataire, en des termes que l&rsquo;ont croyaient r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 un pass\u00e9 r\u00e9volu. De Ben Brick et sa gr\u00e8ve de la faim ? rien. Les r\u00e9actions qu&rsquo;elle suscite dans le monde ? Absentes ou \u00e9voqu\u00e9e par allusion, pour qui conna\u00eet l&rsquo;affaire, sous la rubrique devenue quotidienne : \u00a0\u00bb Certains m\u00e9dias fran\u00e7ais \u00ab\u00a0. Le lecteur ne conna\u00eetra rien des \u00a0\u00bb all\u00e9gations mont\u00e9es de toutes pi\u00e8ces \u00ab\u00a0, ni du \u00a0\u00bb d\u00e9nigrement opini\u00e2tre extr\u00eamement regrettable \u00a0\u00bb qui provoquent la col\u00e8re d'\u00a0\u00bb ONG fran\u00e7aises et tunisiennes \u00ab\u00a0. Et cela, tous les jours, dans les trois ti!tres. <\/p>\n<p>Quand Taoufik Ben Brick est acquitt\u00e9, les trois quotidiens publient le m\u00eame communiqu\u00e9 lapidaire \u00e9manant \u00a0\u00bb d&rsquo;une source judiciaire \u00e0 Tunis \u00ab\u00a0. Rien sur les origines de la plainte, le d\u00e9roulement de la proc\u00e9dure, la personnalit\u00e9 de l&rsquo;accus\u00e9, son je\u00fbne. Mais, le m\u00eame jour, les trois titres donnent au lecteur le contenu du discours du pr\u00e9sident \u00a0\u00bb r\u00e9affirmant son attachement \u00e0 la libert\u00e9 de la presse \u00ab\u00a0. <\/p>\n<p>Si le Renouveau est l&rsquo;organe du Rassemblement constitutionnel d\u00e9mocratique du pr\u00e9sident, les deux autres sont \u00a0\u00bb ind\u00e9pendants \u00ab\u00a0. <\/p>\n<p>\u00a0\u00bb Ind\u00e9pendants \u00a0\u00bb \u00e9galement les partis (MDS, PUP, PSP, RSP, UDU et Attajdid), que l&rsquo;on qualifie de \u00a0\u00bb reconnus \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb officiels \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb satellites \u00a0\u00bb selon le point de vue ; \u00a0\u00bb ind\u00e9pendantes \u00a0\u00bb les associations, comme la centrale syndicale UGTT, l&rsquo;Union nationale de la femme tunisienne ou l&rsquo;UTICA patronale. Leur \u00a0\u00bb libert\u00e9 \u00a0\u00bb vis-\u00e0-vis du pouvoir les conduit \u00e0 signer invariablement, avec un touchant ensemble, les p\u00e9titions de soutien \u00e0 la politique du gouvernement, et les dithyrambes adress\u00e9s au g\u00e9n\u00e9ral Ben Ali, arriv\u00e9 au pouvoir au son cadenc\u00e9 des bottes, puis \u00e9lu et r\u00e9\u00e9lu, face \u00e0 des adversaires, par lui adoub\u00e9s, avec des scores qu&rsquo;aucun dictateur, candidat unique, n&rsquo;a jamais atteint (99,96 % en octobre dernier). Zine el Abidine Ben Ali r\u00e8gne sur une cour \u00e0 son enti\u00e8re d\u00e9votion. Le pr\u00e9sident, promoteur, le 7 novembre 1987, de l'\u00a0\u00bbav\u00e8nement d&rsquo;une \u00e8re nouvelle \u00ab\u00a0, comme on le lit dans les brochures officielles et les organes \u00a0\u00bb ind\u00e9pendants \u00ab\u00a0, sut s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;appareil d&rsquo;Etat au servic!e du parti destourien. La lutte, engag\u00e9e d\u00e8s les premiers mois contre l&rsquo;int\u00e9grisme, allait permettre au nouveau ma\u00eetre de la Tunisie d&rsquo;asseoir son pouvoir et de museler, d\u00e8s le 2 avril 1989, date de sa premi\u00e8re \u00e9lection, toute forme d&rsquo;opposition ou de simple contestation. <\/p>\n<p>Ces militantes de l&rsquo;Association tunisienne des femmes d\u00e9mocrates, l\u00e9gale depuis 1989, au domicile de l&rsquo;une d&rsquo;elles, plac\u00e9e sous surveillance, subissent les m\u00eames brimades que les organisations non reconnues : \u00a0\u00bb la presse publie 1 % \u00e0 peine de nos communiqu\u00e9s, nos t\u00e9l\u00e9phones et fax sont coup\u00e9s \u00a0\u00bb indique cette enseignante qui se souvient de la p\u00e9nible affaire de la gr\u00e8ve de la faim men\u00e9e par la journaliste Sihame ben Sedrine et une de ses coll\u00e8gues afin de r\u00e9cup\u00e9rer leur passeport : \u00a0\u00bb La police a bloqu\u00e9 les acc\u00e8s du quartier, pr\u00e9textant une fuite de gaz, investi notre local, coup\u00e9 les communications, emp\u00each\u00e9 les militantes de l&rsquo;association qui \u00e9taient parties d\u00e9jeuner de rentrer. Les deux jeunes femmes ont cess\u00e9 leur action devant la promesse que le document leur serait restitu\u00e9. \u00b7 ce jour ce n&rsquo;est pas fait. Ces gens-l\u00e0, en plus de la violence, usent du mensonge et de la duplicit\u00e9. \u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Des exemples comme celui-ci rythment, quotidiennement, la vie des militants politiques du Forum d\u00e9mocratique (FDTL) et d\u00e9fenseurs des droits de l&rsquo;homme du Conseil national des libert\u00e9s (CNLT), de l&rsquo;Association des jeunes avocats (AJAT), du Raid (branche tunisienne d&rsquo;ATTAC), dont le pr\u00e9sident Fethi Chemkhi est actuellement d\u00e9tenu pour avoir diffus\u00e9 le rapport du CNLT sur l&rsquo;\u00e9tat des libert\u00e9s en Tunisie. <\/p>\n<p>On imagine la mobilisation que n\u00e9cessite les intimidations de cette nature, les filatures de militants et de toute personne, tunisienne ou \u00e9trang\u00e8re, ayant eu, avec eux, un contact, m\u00eame fortuit, la surveillance des appels et des envois (un propri\u00e9taire de taxiphone a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et son mat\u00e9riel saisi pour manque de vigilance, un opposant ayant exp\u00e9di\u00e9 un fax depuis sa boutique). <\/p>\n<p>130 000 policiers quadrillent le pays, mal pay\u00e9s, souvent mal form\u00e9s. Un membre du DFTL, parti non reconnu, explique les d\u00e9bordements de violence actuels de certaines forces de police par le fait que \u00a0\u00bb depuis douze ans on les maintient sous pression, les entra\u00eenant \u00e0 lutter contre un ennemi fantomatique \u00ab\u00a0. Certains \u00a0\u00bb se payent sur la b\u00eate \u00ab\u00a0. Pour chaque contr\u00f4le, il en co\u00fbte cinq dinars (25 francs) au chauffeur de taxi ou au propri\u00e9taire de camionnette. Un ami pr\u00e9cise : \u00a0\u00bb tout le monde sait qu&rsquo;on trouvera toujours chez ces derniers une ombre dans leurs affaires. Alors ils payent. Pour eux, c&rsquo;est supportable ; sauf s&rsquo;ils se font intercepter deux, trois fois dans la m\u00eame journ\u00e9e \u00ab\u00a0. <\/p>\n<p>Une question empoisonne l&rsquo;existence de nombre de Tunisiens : celle des passeports. Consid\u00e9r\u00e9, non comme un droit du citoyen mais comme une faveur, le document peut \u00eatre confisqu\u00e9 \u00e0 tout moment : les opposants reconnus en sont tous priv\u00e9s. Et, depuis 1996, un renouvellement ou une modification conduit \u00e0 une attente pouvant se prolonger plusieurs mois, quand auparavant il fallait un jour. Cet artiste, confront\u00e9 \u00e0 l&rsquo;absurdit\u00e9 de la chose, pense que \u00a0\u00bb le pouvoir fait peser ainsi un sentiment de culpabilit\u00e9 constant sur les citoyens. Aucune explication n&rsquo;\u00e9tant donn\u00e9e sur le d\u00e9lai d&rsquo;obtention, le demandeur est maintenu sous la pression : a-t-il salu\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment subversif, a-t-il commis une infraction ? \u00ab\u00a0. <\/p>\n<p>Peur et pr\u00e9sence oppressante des agents du pouvoir sont d&rsquo;efficaces instruments des gouvernement autoritaires. Les forces de r\u00e9pression re\u00e7oivent l&rsquo;appui des \u00a0\u00bb cellules destouriennes \u00a0\u00bb du RCD dans les universit\u00e9s, les entreprises, les quartiers. Les membres du parti au pouvoir imposent aux doyens des facult\u00e9s les noms des candidats re\u00e7us aux examens ; dans les quartiers, ils noyautent toute vie associative. <\/p>\n<p>Le gouvernement a cr\u00e9\u00e9 des milliers d&rsquo;associations qui maillent la soci\u00e9t\u00e9, canalisent les opinions. Les femmes de l&rsquo;ATFD ont r\u00e9cemment appel\u00e9 l&rsquo;attention de Mary Robinson, charg\u00e9e des droits de l&rsquo;homme pour l&rsquo;ONU, sur le fait que la Tunisie, dans les conf\u00e9rences internationales est repr\u00e9sent\u00e9e exclusivement par les associations officielles, cr\u00e9\u00e9es par le r\u00e9gime ; il en va de m\u00eame dans les pays o\u00f9 vivent les immigr\u00e9s tunisiens (la campagne de presse d\u00e9non\u00e7ant \u00a0\u00bb certains m\u00e9dias fran\u00e7ais \u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 relay\u00e9e, par pr\u00e8s de cent associations, aussi diverses que l&rsquo;Union des \u00e9crivains en Europe, l&rsquo;association Carthage de Bobigny, l&rsquo;\u00e9quipe du Phare de Zarzis, ou l&rsquo;association des artistes de Montmartre). <\/p>\n<p>Mais tout pouvoir ayant ses faiblesses, celui du pr\u00e9sident Ben Ali, est selon la rumeur, menac\u00e9 par les bouches m\u00eames que sa main nourrit. Des grincements se font entendre du c\u00f4t\u00e9 de ses pairs en uniforme. Au Forum d\u00e9mocratique, on craint un coup d&rsquo;Etat qui pourrait porter \u00e0 la t\u00eate du pays des militaires de la mouvance de Ben Ali, voire des sympathisants islamistes. Dans tous les cas, l&rsquo;unique perdante serait la Tunisie. <\/p>\n<p>Abdallah Chaamba <\/p>\n<\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"5\"\/><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<p>Get Your Private, Free E-mail from MSN Hotmail at <a href=\"http:\/\/www.hotmail.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.hotmail.com<\/a> <\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"\/ar\/index.html\/\">\u0627\u0644\u0628\u062f\u0627\u064a\u0629<\/a><\/b><\/p>\n<p><script language=\"javascript\">document.write('<img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/monsite.voila.fr\/servlets\/istat?site=archivtn&#038;page=\/10mai00.htm&#038;outil=ftpweb&#038;n=' + Math.round(Math.random()*100000) + '\" width=1 height=1>'); <\/script><script language=\"javascript\">document.write('<img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/e.voila.fr\/cgi-bin\/ft\/10000033638?&#038;page=archivtn_10mai00.htm&#038;n=' + Math.round(Math.random()*100000) + '\" width=1 height=1>'); <\/script><\/body><\/body><\/html><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Accueil \u00a0 \u00a0 10 Mai 2000 &#8211; INTERNATIONAL Tunisie. Droits de l&rsquo;homme. Rencontre exclusive avec le journaliste Taoufik Ben Brick. \u00a0\u00bb Je suis un gr\u00e9viste errant \u00a0\u00bb Rencontr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, Taoufik Ben Brick s&rsquo;est livr\u00e9 sans calculs \u00e0 l&rsquo;Humanit\u00e9. 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