{"id":20885,"date":"2000-05-22T00:00:00","date_gmt":"2000-05-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/22-mai-2000\/"},"modified":"2000-05-22T00:00:00","modified_gmt":"2000-05-22T00:00:00","slug":"22-mai-2000","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/22-mai-2000\/","title":{"rendered":"22 mai 2000"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"Pr\u00e8s de 80\u00a0% de la population propri\u00e9taire de son logement, une esp\u00e9rance de vie de soixante-douze ans, un faible taux de mortalit\u00e9 (27\u00a0pour 1\u00a0000), une \u00e9cole obligatoire qui scolarise autant les filles que les gar\u00e7ons (96\u00a0%), un droit \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 l'\u00e9ducation accessible \u00e0 tous, une croissance \u00e9conomique incontestable, un niveau de vie qui s'est r\u00e9ellement am\u00e9lior\u00e9, avec pr\u00e8s de 2\u00a0500 dollars de revenu par t\u00eate d'habitant. Et tout cela avec pour voisins deux pays trublions autrement mieux dot\u00e9s en hydrocarbures. Comment, mais comment diable la Tunisie, avec autant d'indicateurs au vert, a-t-elle r\u00e9ussi \u00e0 g\u00e9rer aussi dramatiquement son image et \u00e0 mettre dans une g\u00e8ne certaine jusqu'\u00e0 ses derniers soutiens sur la sc\u00e8ne internationale\u00a0? \" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"\/ar\/index.html\/\">\u0627\u0644\u0628\u062f\u0627\u064a\u0629<\/a><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<div>\n<div>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\" width=\"650\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/frontdoor\/0,2319,2031,00.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img decoding=\"async\" alt=\"Accueil Le Monde\" border=\"0\" src=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/medias\/image\/logoQUO.gif\"\/><\/a> <\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img decoding=\"async\" height=\"13\" src=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/medias\/filet1.gif\" width=\"626\"\/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><\/p>\n<table>\n<tbody><\/tbody>\n<\/table>\n<p><!-- Vignette StoryServer 4 Sat May 20 15:39:48 2000 --><\/p>\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\u00a0<\/td>\n<td valign=\"center\"><font face=\"arial\" size=\"2\"><\/font><br \/><font face=\"arial\" size=\"5\"><b>En finir avec le \u00ab\u00a0syndrome de Carthage\u00a0\u00bb, par Riad Ben Fadhel <\/b><\/font><\/p>\n<\/td>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0<\/td>\n<td colspan=\"2\">\n<table>\n<tbody><\/tbody>\n<\/table>\n<p><font face=\"arial\" size=\"2\">Mis \u00e0 jour le samedi 20 mai 2000<\/p>\n<article>\n<p>Pr\u00e8s de 80\u00a0% de la population propri\u00e9taire de son logement, une esp\u00e9rance de vie de soixante-douze ans, un faible taux de mortalit\u00e9 (27\u00a0pour 1\u00a0000), une \u00e9cole obligatoire qui scolarise autant les filles que les gar\u00e7ons (96\u00a0%), un droit \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation accessible \u00e0 tous, une croissance \u00e9conomique incontestable, un niveau de vie qui s&rsquo;est r\u00e9ellement am\u00e9lior\u00e9, avec pr\u00e8s de 2\u00a0500 dollars de revenu par t\u00eate d&rsquo;habitant. Et tout cela avec pour voisins deux pays trublions autrement mieux dot\u00e9s en hydrocarbures. Comment, mais comment diable la Tunisie, avec autant d&rsquo;indicateurs au vert, a-t-elle r\u00e9ussi \u00e0 g\u00e9rer aussi dramatiquement son image et \u00e0 mettre dans une g\u00e8ne certaine jusqu&rsquo;\u00e0 ses derniers soutiens sur la sc\u00e8ne internationale\u00a0? <\/p>\n<p>Autrement dit, si Merlin l&rsquo;Enchanteur n&rsquo;a jamais r\u00e9ussi \u00e0 transformer le plomb en or, il semble qu&rsquo;en Tunisie les miracles de l&rsquo;alchimie gouvernementale aient r\u00e9ussi l&rsquo;impossible\u00a0: faire du plomb avec de l&rsquo;or\u00a0! <\/p>\n<p><b><\/b>A titre d&rsquo;exemple, et sur la base d&rsquo;une analyse froide et lucide de ce qui est devenu l&rsquo;affaire Taoufik Ben Brik, force est de constater que nous vivons une situation ubuesque\u00a0: la m\u00e9canique gouvernementale s&rsquo;est enray\u00e9e sur un dossier qui, somme toute, n&rsquo;aurait jamais, mais au grand jamais, d\u00fb prendre les proportions qu&rsquo;il a prises.<\/p>\n<p>Le point d&rsquo;orgue de ce psychodrame ayant \u00e9t\u00e9 atteint, apr\u00e8s un rappel sans pr\u00e9c\u00e9dent des troupes et une <i>\u00ab\u00a0mobilisabion patriotique\u00a0\u00bb<\/i>, par la rencontre entre le chef de l&rsquo;Etat tunisien et l&rsquo;ensemble des responsables des partis politiques reconnus, syndicats et organisations professionnelles et patronales.<\/p>\n<p>Il va sans dire que les diff\u00e9rents m\u00e9dias de la place, dont la cr\u00e9dibilit\u00e9 laisse \u00e0 d\u00e9sirer, reproduisent aussi bien les \u00e9chos de cette mobilisation que les diff\u00e9rents communiqu\u00e9s de soutien ind\u00e9fectible \u00e0 la personne du pr\u00e9sident victime d&rsquo;un complot des forces du mal et de <i>\u00ab\u00a0certains m\u00e9dias fran\u00e7ais\u00a0\u00bb<\/i>. Complot orchestr\u00e9 par un Dark Vador qui aurait \u00e9lu domicile dans ce pays avec qui nous, Tunisiens, entretenons une complexe relation d&rsquo;attraction-r\u00e9pulsion\u00a0: la France.<\/p>\n<p>Mais, au-del\u00e0 de ces p\u00e9rip\u00e9ties, ce n&rsquo;est pas tant le contenu des r\u00e9actions tunisiennes qui pose probl\u00e8me, que le niveau exceptionnellement \u00e9lev\u00e9 de l&rsquo;intervention publique puisque c&rsquo;est de Carthage que ce dossier a \u00e9t\u00e9 g\u00e9r\u00e9. Et pas par n&rsquo;importe qui mais par le premier d&rsquo;entre les Tunisiens, le pr\u00e9sident Ben Ali lui-m\u00eame\u00a0!\u00a0! <\/p>\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cid\u00e9ment l\u00e0 que le b\u00e2t blesse car, ailleurs, et pas n\u00e9cessairement dans les pays du Nord, ce type d&rsquo;affaire n&rsquo;aurait jamais pris une telle ampleur et aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9 \u00e0 des niveaux administratifs largement inf\u00e9rieurs. L&rsquo;affaire Ben Brik, par-del\u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 sans cesse renouvel\u00e9e de se battre pour le respect du droit de chacun \u00e0 s&rsquo;exprimer et circuler librement, est r\u00e9v\u00e9latrice de la myopie grandissante de l&rsquo;administration tunisienne. Cette derni\u00e8re, recluse dans sa tour d&rsquo;ivoire, est de plus en plus incapable de fournir des fusibles et contre-feux au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Faire le constat du niveau disproportionn\u00e9 de l&rsquo;intervention pr\u00e9sidentielle dans la gestion de cette affaire nous am\u00e8ne l\u00e9gitimement \u00e0 poser une question\u00a0: pourquoi cette paralysie de l&rsquo;administration tunisienne, incapable de d\u00e9fendre le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique lorsqu&rsquo;il s&rsquo;estime victime d&rsquo;une campagne de d\u00e9nigrement savamment orchestr\u00e9e\u00a0? <\/p>\n<p>Mais, au fait, cette administration tunisienne, dont la pertinence et le m\u00e9rite professionnels ont souvent \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s par les experts des diff\u00e9rentes institutions financi\u00e8res internationales (par exemple la Banque mondiale), lui a t-on demand\u00e9 de jouer ce r\u00f4le\u00a0? Au regard des d\u00e9rives in\u00e9vitablement li\u00e9es \u00e0 une gestion aussi pyramidale du pouvoir, avec tout ce que cela implique comme perte d&rsquo;autonomie d\u00e9cisionnelle des diff\u00e9rentes sph\u00e8res administratives, il est bien \u00e9vident que l&rsquo;\u00e9quipe politique de Carthage a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9e de monter au filet, en lieu et place d&rsquo;une administration d\u00e9mon\u00e9tis\u00e9e. Le d\u00e9sarroi de cette administration n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gal que celui des jeunes capitaines d&rsquo;industrie qui ne savent plus \u00e0 quel saint se vouer tant l&rsquo;opacit\u00e9 des circuits financiers et des privatisations est devenue la r\u00e8gle.<\/p>\n<p>Il est temps aujourd&rsquo;hui, alors que nous n&rsquo;en sommes qu&rsquo;aux premiers soubresauts, et pr\u00e8s de treize ans apr\u00e8s la transition pacifique qui a permis \u00e0 la Tunisie de tourner avec doigt\u00e9 la page d&rsquo;un bourguibisme trahi par la vieillesse et les luttes de s\u00e9rail, de donner au pays un nouvel \u00e9lan et de r\u00e9pondre aux aspirations diffuses d&rsquo;une jeunesse lyc\u00e9enne et \u00e9tudiante sans rep\u00e8res et sans projet.<\/p>\n<p>La Tunisie a toujours \u00e9t\u00e9 forte de ses diff\u00e9rences et de ses contrastes. Elle a besoin aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un New Deal, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;hypoth\u00e8que islamiste a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e. Ben Ali, l&rsquo;homme de la d\u00e9claration du 7\u00a0novembre 1987 et dont le mandat est constitutionnellement le dernier, a le devoir de pr\u00e9parer le passage de relais. Il le faut, pour que soit enfin d\u00e9menti <i>\u00ab\u00a0le syndrome de Carthage\u00a0\u00bb<\/i> &#8211; auquel avait d\u00e9j\u00e0 succomb\u00e9 Bourguiba. Pour que la Tunisie ne soit jamais le pays des jasmins fan\u00e9s.<\/p>\n<p><ref>Riad Ben Fadhel \u00a0est \u00e9conomiste\u00a0; il travaille dans le secteur de la communication. <\/ref><sig>par Riad Ben Fadhel <\/sig><\/p>\n<\/article>\n<p><i>Le Monde dat\u00e9 du dimanche 21 mai 2000<\/i><br \/><\/font><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><script type=\"text\/javascript\">function ouvrir (url) {window.open(url,'','width=750,height=350,scrollbars=no')}<\/script><\/p>\n<p><\/p>\n<table width=\"650\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p><img decoding=\"async\" height=\"13\" src=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/medias\/filet1.gif\" width=\"626\"\/> <\/p>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<td><\/td>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"center\"><font face=\"arial\" size=\"5\"><b>Portrait :Taoufik BenBrik l&rsquo;impr\u00e9cateur <\/b><\/font><\/p>\n<p><font face=\"arial\" size=\"2\">Journaliste sans journal, Taoufik Ben Brik n&rsquo;est rien, qu&rsquo;un \u00ab\u00a0moustique qui emp\u00eache Ben Ali de dormir\u00a0\u00bb. Pourtant, apr\u00e8s six semaines de gr\u00e8ve de la faim, il triomphe d&rsquo;un pouvoir tunisien aux abois. Portrait d&rsquo;un bandit d&rsquo;honneur <\/font><\/td>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0<\/td>\n<td colspan=\"2\">\n<table>\n<tbody><\/tbody>\n<\/table>\n<p><font face=\"arial\" size=\"2\">Mis \u00e0 jour le samedi 20 mai 2000<\/p>\n<article>\n<p><b>Q<\/b>UAND on demande au directeur g\u00e9n\u00e9ral de la tr\u00e8s officielle Agence tunisienne de communication ext\u00e9rieure ce qu&rsquo;il pense de Taoufik Ben Brik, il marque un temps de pause et hasarde\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Pour quand vous faut-il la r\u00e9ponse\u00a0?\u00a0\u00bb<\/i> Et quand elle vient, une demi-heure plus tard, la r\u00e9ponse est qu&rsquo;il n&rsquo;a, sinc\u00e8rement d\u00e9sol\u00e9, <i>\u00ab\u00a0pas de commentaire \u00e0 faire\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>Taoufik Ben Brik, il faut bien le dire, est trop encombrant pour un commentaire. Pendant la gr\u00e8ve de la faim qu&rsquo;il a poursuivie du 3\u00a0avril au 15\u00a0mai, ce journaliste tunisien de trente-neuf ans, interdit d&rsquo;\u00e9criture dans son pays mais correspondant du quotidien fran\u00e7ais <i>La Croix <\/i>et de deux agences de presse europ\u00e9ennes (Syfia et Infosud), s&rsquo;est montr\u00e9 au monde entier tel que le pr\u00e9sident Ben Ali a eu le loisir de l&rsquo;appr\u00e9cier depuis dix ans\u00a0: un \u00e9trange animal tenant \u00e0 la fois du fauve, de la bourrique et du fou du village, bon vivant et Don Quichotte des causes perdues qui d\u00e9fie, obsessionnellement, ce que diplomates, politiques et touristes occidentaux ont coutume de consid\u00e9rer, sans doute par litote, comme <i>\u00ab\u00a0une douce dictature\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>Le voil\u00e0, impeccable, seigneurial, tout en noir, v\u00eatu d&rsquo;un \u00e9l\u00e9gant costume chinois, fron\u00e7ant les sourcils avec un air p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 en tirant sur sa cigarette. Il pesait 102\u00a0kilos, en a perdu 29, a embelli. <i>\u00ab\u00a0C&rsquo;est la peur qui me faisait grossir, <\/i>explique Taoufik Ben Brik. <i>Car il ne faut pas s&rsquo;imaginer que je n&rsquo;ai pas peur. Quand j&rsquo;\u00e9cris, la peur m&#8217;emm\u00e8ne avec elle, elle ne me l\u00e2che pas.\u00a0\u00bb<\/i> Certains ont ironis\u00e9 sur son allure prosp\u00e8re, \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 Roissy, apr\u00e8s trente-deux jours pass\u00e9s sans se nourrir\u00a0: pas assez fatigu\u00e9, pas l&rsquo;air malade. Mais ce n&rsquo;est pas une gr\u00e8ve de la faim qui peut venir \u00e0 bout de cette nature explosive et joyeuse, cauchemar vivant de Ben Ali depuis son arriv\u00e9e au pouvoir et militant \u00e0 la mode m\u00e9diterran\u00e9enne, tout en emphase et en outrances. Avec cet air de chat amus\u00e9 qui passe en un rien de temps de l&rsquo;innocence tranquille \u00e0 la fureur, pr\u00eat \u00e0 l&rsquo;attaque.<\/p>\n<p>A la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, o\u00f9 il est hospitalis\u00e9 depuis le 4\u00a0mai, il a pris ses aises. Au d\u00e9but, sa chambre et les environs s&rsquo;\u00e9taient m\u00eame transform\u00e9s en un souk m\u00e9diatique. Le mat\u00e9riel des \u00e9quipes de t\u00e9l\u00e9vision encombrait les couloirs, les visiteurs de toutes sortes r\u00f4daient en attendant leur tour et lui, Taoufik, tenait salon. Depuis qu&rsquo;il recommence \u00e0 s&rsquo;alimenter, il a \u00e9largi son domaine de la chambre aux caf\u00e9s du boulevard de l&rsquo;H\u00f4pital, arpente en propri\u00e9taire les all\u00e9es de la Piti\u00e9. Parfois il s&rsquo;\u00e9vade, avec sa soeur Najat. Sur l&rsquo;avenue des Champs-Elys\u00e9es, fief des touristes arabes de Paris, on le salue\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Merci, gr\u00e2ce \u00e0 vous il y a des hommes, les Tunisiens rel\u00e8vent la t\u00eate.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Taoufik serre les mains, sourit gentiment. Puis avoue qu&rsquo;il n&rsquo;aime pas \u00e7a. Qu&rsquo;il n&rsquo;a pas envie d&rsquo;\u00eatre une statue. <i>\u00ab\u00a0Quand on me dit\u00a0: \u00bbVous \u00eates le Soljenitsyne m\u00e9diterran\u00e9en\u00ab, je me retourne pour chercher quelqu&rsquo;un derri\u00e8re moi.\u00a0\u00bb <\/i>Son objectif est d&rsquo;apparence plus modeste\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Etre simplement le moustique qui emp\u00eache Ben Ali de dormir.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Quand il prononce le nom de Ben Ali, c&rsquo;est tout juste s&rsquo;il ne rel\u00e8ve pas les babines. Il en a fait son obsession, sa raison de vivre, son gagne-pain. <i>\u00ab\u00a0Je suis devenu sp\u00e9cialiste en Ben Ali, en policiers, en violations de domiciles, en tabassages, en filatures. Je suis fan de lui, comme d&rsquo;autres le sont de Maradona.\u00a0\u00bb<\/i> Pour Ben Ali, contre lui, sans rel\u00e2che, \u00eatre un moustique. Ou mieux, l&rsquo;un de ces h\u00e9ros de romans et de films que Ben Brik raconte incessamment en y mettant tous les gestes comme s&rsquo;il les habitait, chaque fois, du dedans. Zorba le Grec, Sch\u00e9h\u00e9razade, Don Quichotte ou le clown des <i>Feux de la rampe<\/i>, de Charlie Chaplin, celui qui a perdu la facult\u00e9 de faire rire. Sauf une derni\u00e8re fois, lorsqu&rsquo;il tombe, par maladresse, dans un tambour. L&rsquo;hilarit\u00e9 emplit la salle, mais il est mort. <i>\u00ab\u00a0Ce clown m&rsquo;\u00e9meut et me fascine,<\/i> dit Taoufik.<i> C&rsquo;est ce qu&rsquo;il me faudrait\u00a0: ne pas mourir sur un champ de bataille, mais comme \u00e7a, la t\u00eate dan!s un tambour.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Sa gr\u00e8ve de la faim \u00e9tait, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, l&rsquo;ultime sortie du clown. Il l&rsquo;avait d\u00e9but\u00e9e le 3\u00a0avril, pour protester contre la confiscation de son passeport, l&rsquo;interdiction de voyager, le harc\u00e8lement dont lui et sa famille sont la cible. La parution en mars d&rsquo;un rapport clandestin du Conseil national pour les libert\u00e9s en Tunisie (CNLT) sur la situation des droits de l&rsquo;homme n&rsquo;avait pas arrang\u00e9 ses affaires. <i>\u00ab\u00a0J&rsquo;en suis le r\u00e9dacteur principal, <\/i>dit Ben Brik. <i>Ce n&rsquo;est pas un rapport, c&rsquo;est un attentat, un assassinat public. C&rsquo;est le plus grand po\u00e8me \u00e9crit depuis l&rsquo;ascension de Ben Ali.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b>C<\/b>E fameux 3\u00a0avril, il apprend sa double inculpation par la justice tunisienne, pour \u00ab\u00a0diffusion de fausses nouvelles\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0diffamation de corps constitu\u00e9\u00a0\u00bb, en raison de deux de ses articles publi\u00e9s en Suisse sur l&rsquo;\u00e9tat des libert\u00e9s en Tunisie. Le m\u00eame jour, il commence sa gr\u00e8ve de la faim, l&rsquo;expliquant ainsi\u00a0: <i>\u00ab\u00a0Vous avez d\u00e9j\u00e0 vu un chat qui cherche \u00e0 s&rsquo;enfuir\u00a0? Il ne s&rsquo;\u00e9loigne pas, il fuit dans votre direction. Et il vous d\u00e9route.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Entre Ben Brik et Ben Ali, c&rsquo;est une vieille histoire. Ben Brik est devenu journaliste en 1988, pr\u00e8s d&rsquo;un an apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir de l&rsquo;actuel pr\u00e9sident. Auparavant, il avait fait des \u00e9tudes de droit, vite interrompues. <i>\u00ab\u00a0Je ne me voyais pas en avocat. Porter une robe et dire\u00a0: Monsieur le Pr\u00e9sident&#8230;\u00a0\u00bb<\/i> Il avait v\u00e9cu en \u00e9crivant des po\u00e8mes qu&rsquo;il d\u00e9clamait dans les universit\u00e9s, gagnant juste <i>\u00ab\u00a0de quoi passer du temps avec les gens qui, comme moi, aiment la nuit\u00a0\u00bb.<\/i> Parti pour le Canada en r\u00eavant d&rsquo;y \u00e9tudier le cin\u00e9ma, il n&rsquo;apprend pas ce dont il r\u00eave et r\u00e9dige \u00e0 la place un article sur un film du cin\u00e9aste tunisien Naceur Kh\u00e9mir. De retour en Tunisie, <i>La Presse soir<\/i>, organe gouvernemental, l&rsquo;accueille. A la suite d&rsquo;un dossier sur la libert\u00e9 d&rsquo;expression en Tunisie cosign\u00e9 avec sa femme, Azza Zarrad, ils sont licenci\u00e9s tous les deux.<\/p>\n<p>En 1991, Taoufik Ben Brik est interdit d&rsquo;\u00e9criture. Il ob\u00e9it, envoie ses articles aux journaux et agences de presse \u00e9trangers. Ils feront l&rsquo;objet d&rsquo;un livre \u00e0 La D\u00e9couverte, d\u00e9but\u00a0juin 2000, en co\u00e9dition avec Reporters sans fronti\u00e8res et la maison d&rsquo;\u00e9dition tunisienne Alo\u00e8s. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux, \u00ab\u00a0Regards d&rsquo;artistes sur l&rsquo;imposture de la d\u00e9mocratie tunisienne\u00a0\u00bb, publi\u00e9 dans <i>Lib\u00e9ration<\/i> en 1992, ne pla\u00eet pas au minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur. <i>\u00ab\u00a0Ils m&rsquo;ont fait signer un truc pour que je m&rsquo;engage \u00e0 ne plus jamais \u00e9crire sur les hommes.\u00a0\u00bb<\/i> Alors il \u00e9crit sur les animaux\u00a0: un reportage pour l&rsquo;agence Syfia sur la chasse \u00e0 l&rsquo;outarde, oiseau prot\u00e9g\u00e9 dont raffolent les \u00e9mirs saoudiens. Le minist\u00e8re de l&rsquo;int\u00e9rieur le convoque \u00e0 nouveau, lui interdisant d&rsquo;\u00e9crire sur les animaux. Du coup, il se rabat sur les l\u00e9gumes, se rend avec un photographe au march\u00e9 de gros de Bir el Kassa\u00e2, o\u00f9 la police les attend. <i>\u00ab\u00a0Sur quel sujet pouvais-je bien \u00e9crire qu!i soit plus insipide que les l\u00e9gumes\u00a0? J&rsquo;ai pens\u00e9 d&rsquo;abord aux min\u00e9raux, mais il y avait plus bas encore\u00a0: les flics de Ben Ali. Alors je me suis sp\u00e9cialis\u00e9 en flics. Ce n&rsquo;est pas difficile de les conna\u00eetre, ils sont toujours l\u00e0 o\u00f9 je suis&#8230;\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Ben Brik et la police ont en effet l&rsquo;habitude de se rencontrer. Dans \u00ab\u00a0Je suis un arc\u00a0\u00bb, le texte qui fit office, le 3\u00a0avril, de \u00ab\u00a0d\u00e9claration de gr\u00e8ve (de la faim)\u00a0\u00bb dans les locaux de la maison d&rsquo;\u00e9dition Alo\u00e8s, Taoufik Ben Brik r\u00e9capitule ce qu&rsquo;il a subi\u00a0: interrogatoires, agressions par des agents de la s\u00e9curit\u00e9, saccage de la voiture o\u00f9 se trouvaient sa femme et ses deux jeunes enfants, intrusion de policiers dans sa maison, t\u00e9l\u00e9phone coup\u00e9, provocations \u00e0 l&rsquo;encontre de sa famille et de ses proches. Quand il monte \u00e0 Tunis dans l&rsquo;avion qui doit l&#8217;emmener \u00e0 Paris, les policiers l&rsquo;insultent. Taoufik ne les entend pas. Le baladeur sur les oreilles, il \u00e9coute la Callas. A la Piti\u00e9-Salp\u00eatri\u00e8re, il l&rsquo;\u00e9coute encore. <i>\u00ab\u00a0Si je vais bien, je mets Ella Fitzgerald. Sinon, il n&rsquo;y a que la Callas qui peut m&rsquo;apaiser. Quand j&rsquo;ai la peur au ventre, elle me dit \u00bbCalma, basta\u00ab.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Taoufik Ben Brik n&rsquo;a arr\u00eat\u00e9 sa gr\u00e8ve de la faim que le 15\u00a0mai. M\u00eame apr\u00e8s avoir obtenu gain de cause &#8211;\u00a0un passeport, l&rsquo;autorisation de voyager\u00a0-, il avait d\u00e9cid\u00e9 que, finalement, il pouvait bien continuer encore un chou\u00efa. Au moins jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 son fr\u00e8re Jelal Ben Brik Zoghlami serait jug\u00e9 en appel \u00e0 Tunis, pr\u00e9cis\u00e9ment le 15\u00a0mai. Celui-ci avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 la suite d&rsquo;incidents survenus en avril devant le domicile de Taoufik. D\u00e8s lors, toute la famille s&rsquo;\u00e9tait mise en gr\u00e8ve de la faim. La m\u00e8re, les fr\u00e8res, les soeurs. Chez ces Berb\u00e8res originaires des montagnes du Nord-Ouest tunisien &#8211;\u00a0Taoufik dit <i>\u00ab\u00a0le far-west\u00a0\u00bb<\/i>\u00a0-, l&rsquo;ent\u00eatement est un art de vivre. Taoufik aime rappeler que le nom de la tribu, Zoghlami, veut dire \u00ab\u00a0homme libre\u00a0\u00bb en berb\u00e8re\u00a0; qu&rsquo;ils sont guerriers depuis les temps anciens\u00a0; que son p\u00e8re avait lutt\u00e9 contre le protectorat fran\u00e7ais en cr\u00e9ant le premier syndicat minier, en 1947\u00a0; que !sa m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 la seule \u00e0 ne pas lui demander d&rsquo;arr\u00eater sa gr\u00e8ve de la faim. <i>\u00ab\u00a0S&rsquo;il me revient, <\/i>a-t-elle dit,<i> je pousserai des youyous. S&rsquo;il ne me revient pas, je pousserai des youyous.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Le reste de sa famille craignait pour sa sant\u00e9. Robert M\u00e9nard, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de Reporters sans fronti\u00e8res, \u00e0 qui Taoufik Ben Brik doit un appui inconditionnel, lui reprochait de ne pas savoir <i>\u00ab\u00a0arr\u00eater une gr\u00e8ve\u00a0\u00bb<\/i>. Or Taoufik a horreur des conseils. <i>\u00ab\u00a0Cela m&rsquo;irrite.\u00a0\u00bb<\/i> Il n&rsquo;aime pas non plus qu&rsquo;on arr\u00eate les choses en cours de route. En guise d&rsquo;exemple, il raconte qu&rsquo;en 1982, il s&rsquo;\u00e9tait rendu en Su\u00e8de, \u00e0 Uppsala, pour rencontrer Ingmar Bergman, dont il a lu tous les sc\u00e9narios. Le cin\u00e9aste avait annonc\u00e9 qu&rsquo;il comptait se retirer du m\u00e9tier. <i>\u00ab\u00a0Je ne l&rsquo;ai jamais trouv\u00e9, \u00e0 Uppsala. Je voulais lui dire qu&rsquo;il ne fallait surtout pas faire \u00e7a, qu&rsquo;il devait continuer le cin\u00e9ma.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Mais Taoufik Ben Brik a fini par s&rsquo;arr\u00eater. Le m\u00eame jour, son fr\u00e8re Jelal \u00e9tait mis en libert\u00e9 provisoire, avant d&rsquo;\u00eatre d\u00e9finitivement rel\u00e2ch\u00e9. Pour Taoufik, il \u00e9tait temps. L&rsquo;opinion se lassait de lui. L&rsquo;humeur n&rsquo;\u00e9tait plus celle entourant son arriv\u00e9e \u00e0 Roissy o\u00f9, comme il dit, <i>\u00ab\u00a0ils avaient l&rsquo;air d&rsquo;attendre Diana\u00a0\u00bb<\/i>. On s&rsquo;\u00e9tait mis \u00e0 trouver qu&rsquo;il en faisait trop. Le \u00ab\u00a0J&rsquo;accuse\u00a0\u00bb qu&rsquo;il avait \u00e9crit \u00e0 Jacques Chirac, d\u00e9non\u00e7ant en lui <i>\u00ab\u00a0le plus fid\u00e8le soutien du r\u00e9gime ignominieux de Ben Ali\u00a0\u00bb<\/i>, n&rsquo;\u00e9tait pas du go\u00fbt de tout le monde. Son obsession de se rendre en Alg\u00e9rie l\u00e0 o\u00f9 est mort Ali La Pointe, truand et r\u00e9volutionnaire, commen\u00e7ait \u00e0 \u00e9nerver. La prolongation de sa gr\u00e8ve \u00e9tait per\u00e7ue comme un caprice. Robert M\u00e9nard se f\u00e2chait. Des opposants politiques tunisiens, \u00e0 Paris et \u00e0 Tunis, se d\u00e9solaient en silence. Taoufik \u00e9tait en train de rater sa sortie. Il aurait fallu \u00eatre <i>\u00ab\u00a0plus politique\u00a0\u00bb<\/i>.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b>B<\/b>EN BRIK s&rsquo;en fiche, n&rsquo;en fait qu&rsquo;\u00e0 sa t\u00eate, ne l\u00e2che pas sa hallebarde, vocif\u00e8re \u00e0 tout bout de champ. La lib\u00e9ration de son fr\u00e8re redore son blason. Le 16\u00a0mai, invit\u00e9 par le groupe parlementaire \u00e9cologiste, il se rend au Parlement europ\u00e9en de Strasbourg. L&rsquo;Europe en prend pour son grade, <i>\u00ab\u00a0bouclier\u00a0\u00bb<\/i> puis <i>\u00ab\u00a0blanchisseur de l&rsquo;ignominie de Ben Ali\u00a0\u00bb. <\/i>Et la France y passe, qui lui rappelle <i>\u00ab\u00a0les collabos du temps de Vichy\u00a0\u00bb.<\/i> A son retour de Strasbourg, Taoufik n&rsquo;est pas m\u00e9content de ce qu&rsquo;il appelle son <i>\u00ab\u00a0spectacle\u00a0\u00bb.<\/i> Depuis la Tunisie, son fr\u00e8re Jelal, \u00e0 peine sorti de prison, est fier de lui. Pour Jelal, l&rsquo;un des dirigeants tunisiens de l&rsquo;OCR, organisation trotskyste, Taoufik est l&rsquo;artiste de la famille, un trap\u00e9ziste sans filet. <i>\u00ab\u00a0Taoufik n&rsquo;est pas un politique, <\/i>dit-il,<i> c&rsquo;est notre po\u00e8te.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p>Pour le pouvoir tunisien, l&rsquo;affaire Ben Brik n&rsquo;a rien de po\u00e9tique. Les r\u00e9percussions sont spectaculaires. L&rsquo;image de la Tunisie, pr\u00e9sent\u00e9e encore r\u00e9cemment dans les affiches du m\u00e9tro parisien comme une <i>\u00ab\u00a0terre de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9\u00a0\u00bb<\/i>, a pris un s\u00e9rieux coup dans le monde entier. Des manifestations ont lieu au Maroc et en Alg\u00e9rie en faveur de Ben Brik, dernier journaliste libre de son pays. Le ministre fran\u00e7ais des affaires \u00e9trang\u00e8res, Hubert V\u00e9drine, a appel\u00e9 le pouvoir tunisien \u00e0 s&rsquo;ouvrir \u00e0 la d\u00e9mocratie. Jelal Ben Brik note <i>\u00ab\u00a0le fabuleux \u00e9veil de la soci\u00e9t\u00e9 civile tunisienne\u00a0\u00bb<\/i>, l&rsquo;affirmation soudaine d&rsquo;individus, d&rsquo;organisations ou de partis politiques jusqu&rsquo;ici clandestins. <i>\u00ab\u00a0Le mur de la peur s&rsquo;est s\u00e9rieusement fissur\u00e9\u00a0\u00bb<\/i>, estime Kamel Jendoubi, opposant tunisien \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Signe notable des remous de l&rsquo;affaire en Tunisie, ce grand moment de t\u00e9l\u00e9vision\u00a0: pour la premi\u00e8re fois, le 4\u00a0mai, le pr\u00e9sident Ben Ali a donn\u00e9 une conf\u00e9rence de presse t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e. Aux patrons de presse vraisemblablement m\u00e9dus\u00e9s, il a, sans humour, dit son \u00e9tonnement qu&rsquo;aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;ait \u00e9crit sur l&rsquo;affaire Ben Brik. Ajoutant que s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 journaliste, il aurait <i>\u00ab\u00a0publi\u00e9 quatre ou cinq lignes sur cette gr\u00e8ve\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>Taoufik Ben Brik est content. Il rappelle que la victoire n&rsquo;est pas la sienne et rend hommage aux \u00e9diteurs, avocats, paysans, lyc\u00e9ens, militants des droits de l&rsquo;homme ou <i>\u00ab\u00a0va-nu-pieds anonymes\u00a0\u00bb<\/i> qui, en Tunisie, n&rsquo;ont jamais baiss\u00e9 les bras. Bient\u00f4t, il va rentrer chez lui. Il en rit d&rsquo;avance. Ce n&rsquo;est plus dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du r\u00e9gime qu&rsquo;il lui arrive malheur. <i>\u00ab\u00a0Peut-\u00eatre que Ben Ali va m&rsquo;inviter\u00a0? Maintenant, je suis un bandit d&rsquo;honneur.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p><sig>Marion Van Renterghem <\/sig><\/p>\n<\/article>\n<p><i>Le Monde dat\u00e9 du dimanche 21 mai 2000<\/i><br \/><\/font><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><\/td>\n<td width=\"10\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\">\n<table width=\"650\">\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p><img decoding=\"async\" height=\"13\" src=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/medias\/filet1.gif\" width=\"626\"\/> <\/p>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<td><\/td>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table border=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"center\"><font face=\"arial\" size=\"5\"><b>Victoire d&rsquo;un rebelle <\/b><\/font><\/p>\n<\/td>\n<td><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0<\/td>\n<td colspan=\"2\">\n<table>\n<tbody><\/tbody>\n<\/table>\n<p><font face=\"arial\" size=\"2\">Mis \u00e0 jour le samedi 20 mai 2000<\/p>\n<article>\n<p><b>TAOUFIK BEN BRIK <\/b><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b>REST\u00c9 <\/b>six semaines sans s&rsquo;alimenter, Taoufik Ben Brik a arr\u00eat\u00e9 sa gr\u00e8ve de la faim le 15\u00a0mai, apr\u00e8s avoir fait plier le pouvoir tunisien. Ce journaliste sans journal va pouvoir rentrer en Tunisie, victorieux. <i>\u00ab\u00a0Peut-\u00eatre que Ben Ali va m&rsquo;inviter\u00a0?\u00a0\u00bb<\/i> Rencontre, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital parisien de La Piti\u00e9.<\/p>\n<p><i>Le Monde dat\u00e9 du dimanche 21 mai 2000<\/i><br \/><\/article>\n<p><\/font><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>****************************************<\/p>\n<p>****************************************<\/p>\n<p>CENTRE\u00a0 D&rsquo;INFORMATION\u00a0 ET\u00a0 DE\u00a0 DOCUMENTATION\u00a0 SUR\u00a0 LA\u00a0 TORTURE<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 CIDT-TUNISIE<br \/>Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens \u00e0 ne pas \u00eatre <br \/>tortur\u00e9s <br \/>Membre du R\u00e9seau SOS-Torture de l&rsquo;OMCT-Gen\u00e8ve<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 Comit\u00e9 d&rsquo;honneur : <br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 M. Jacques\u00a0 FRAN\u00c7OIS<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 Mgr. Jacques\u00a0 GAILLOT<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 Dr. H\u00e9l\u00e8ne\u00a0 JAFF\u00c9<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 M. Gilles PERRAULT<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 M. Fran\u00e7ois DE\u00a0 VARGAS<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Besan\u00e7on, le\u00a0 21 mai\u00a0 2000<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 Pr\u00e9sident :<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 Jean-Marc M\u00c9TIN<\/p>\n<p>Moham!ed VI \u00e0 Tunis, l&rsquo;opinion marocaine est appel\u00e9e \u00e0 une extr\u00eame vigilance,<\/p>\n<p>BEN ALI CHERCHERA A FAVORISER LA GUERRE CIVILE AU MAROC <br \/>APRES L&rsquo;AVOIR ATTISEE EN ALGERIE<\/p>\n<p>Mohamed VI sera donc \u00e0 Tunis du 24 au 26 mai courant. Cette visite intervient <br \/>dans un contexte inqui\u00e9tant au Maroc et dramatique en Tunisie. La r\u00e9pression <br \/>des manifestations de soutien aux luttes tunisiennes\u00a0 lors de l&rsquo;affaire du <br \/>RAID et de Ben Brik ainsi que l&rsquo;annonce de Ben Brik persona non grata <br \/>s&rsquo;expliquent mieux \u00e0 la lumi\u00e8re de ce d\u00e9placement royal. En m\u00eame temps, se <br \/>multipliaient apr\u00e8s une p\u00e9riode de gr\u00e2ce, interdictions et suspensions de <br \/>journaux, violences polici\u00e8res contre des mouvements sociaux et autres <br \/>indicateurs politiques que les Marocains et les autres Maghr\u00e9bins esp\u00e9raient <br \/>\u00e0 tout le moins d\u00e9sormais un peu plus rares. <br \/>La lev\u00e9e des restrictions de mouvements de l&rsquo;opposant Abdessalem Yacine est <br \/>en soi un bon pas vers une libert\u00e9 retrouv\u00e9e !de tout un peuple. Apr\u00e8s le <br \/>retour d&rsquo;Abraham Sarfaty, l&rsquo;\u00e9lucidation de nombre de cas de \u00ab\u00a0disparus\u00a0\u00bb, <br \/>l&rsquo;indemnisation de victimes et autres gestes correspondant aux revendications <br \/>des militants marocains depuis des lustres, l&rsquo;impression g\u00e9n\u00e9rale est \u00e0 <br \/>l&rsquo;optimisme. <br \/>Cela dit, les Marocains ne devraient pas perdre de vue l&rsquo;exp\u00e9rience <br \/>tunisienne \u00e0 ses d\u00e9buts. L&rsquo;optimisme \u00e9tait \u00e0 son comble. Le g\u00e9n\u00e9ral Ben Ali <br \/>avait r\u00e9ussi un coup de ma\u00eetre : se faire d\u00e9livrer par l&rsquo;ensemble des forces <br \/>politiques, toutes tendances confondues, carte blanche pour agir. Rares <br \/>\u00e9taient les personnes qui avaient su garder un minimum de distance par <br \/>rapport au discours du nouveau ma\u00eetre de Carthage. R\u00e9trospectivement, on <br \/>mesure aujourd&rsquo;hui \u00e0 quel point cette attitude a contribu\u00e9 \u00e0 exacerber les <br \/>tendances despotiques et fascisantes du g\u00e9n\u00e9ral de renseignement. Le syst\u00e8me <br \/>qu&rsquo;il a construit depuis en \u00e9rigeant la torture au rang de mode de <br \/>gouvernement a f!ait les ravages que l&rsquo;on sait. Par le nombre de morts, la <br \/>dissolution des liens sociaux, l&rsquo;encouragement des tendances \u00e9go\u00efstes et <br \/>bestiales chez les citoyens, le mouchardage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et le maillage <br \/>implacable de la Tunisie, on peut parler d&rsquo;une guerre civile silencieuse qui <br \/>a ravag\u00e9 le \u00ab\u00a0pays proche\u00a0\u00bb et qui ne semble pas encore \u00eatre termin\u00e9e. Or, il <br \/>n&rsquo;y a pas pire calamit\u00e9 qui puisse frapper un peuple que la guerre civile.<br \/>Le g\u00e9n\u00e9ral a tout fait ensuite pour exporter sa politique vers les pays <br \/>voisins. Il y a r\u00e9ussi au-del\u00e0 de tout espoir avec l&rsquo;Alg\u00e9rie. Il faut \u00eatre <br \/>na\u00eff ou aveugle pour ne pas voir la main du ma\u00eetre de Tunis dans <br \/>l&rsquo;aggravation de la situation chez le voisin alg\u00e9rien, notamment par le <br \/>retour en force de la pratique de la torture et des ex\u00e9cutions sommaires qui <br \/>avaient disparu entre 1988 et 1991. Ben Ali a toujours pr\u00f4n\u00e9 la confrontation <br \/>sanglante et s&rsquo;est d\u00e9clar\u00e9, comme d&rsquo;autres, pr\u00eat \u00e0 se battre jusqu&rsquo;au dernie!r <br \/>Alg\u00e9rien. <br \/>Nous appr\u00e9hendons qu&rsquo;il ne tente le m\u00eame coup avec le Maroc, o\u00f9 le courant <br \/>islamiste est comparable \u00e0 ce qu&rsquo;il \u00e9tait <br \/>en Alg\u00e9rie. Le Maroc n\u00e9gocie actuellement ce virage avec une inqui\u00e9tante <br \/>h\u00e9sitation. Or, tous les pays qui ont \u00e9chou\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier convenablement ce <br \/>virage ont perdu la paix, beaucoup de vies humaines et des pans entiers de <br \/>leur avenir. L&rsquo;Alg\u00e9rie, par exemple, mettra au moins un demi si\u00e8cle \u00e0 se <br \/>relever de sa guerre civile&#8230;lorsqu&rsquo;elle se sera arr\u00eat\u00e9e. <br \/>Nous voudrions esp\u00e9rer que les militants marocains autant que les autorit\u00e9s <br \/>du roi Mohamed VI seront conscients des vis\u00e9es du g\u00e9n\u00e9ral de Tunis. Nous ne <br \/>pr\u00e9tendons nullement dire au Marocains o\u00f9 se trouve leur int\u00e9r\u00eat, ils les <br \/>savent mieux que quiconque. Mais le Maroc doit se pr\u00e9munir contre les <br \/>conseils de s\u00e9vir-sans-merci que ne manquera pas de prodiguer le <br \/>policier-pr\u00e9sident qui occupe Tunis.<br \/>Le peuple tunisien subit une tortiocratie soucieuse! de faire des \u00e9mules dans <br \/>la r\u00e9gion et m\u00eame au-del\u00e0. Nous esp\u00e9rons que les Marocains d\u00e9joueront le <br \/>funeste dessein.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Khaled BEN M&rsquo;BAREK, Coordinateur\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0&amp;!nbsp;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 Centre d&rsquo;information et de documentation sur la Torture (CIDT-TUNISIE). <br \/>Association Loi 1901<br \/>23, rue Brulard F25000 Besan\u00e7on. FRANCE. T\u00e9l\/Fax : (33 3) 81 41 33 22 . <br \/>E-Mail : <a href=\"mailto:cidtunisie@aol.com\">cidtunisie@aol.com<\/a><br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 CCP N\u00b0 : 6 458 94 X DIJON<\/p>\n<p>****************************************<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\"><strong>CAMPAIGN FOR HUMAN RIGHTS IN TUNISIA<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div><font size=\"2\"><\/p>\n<p align=\"left\"><em><strong>In this newsletter:<\/strong><\/em><\/p>\n<p align=\"left\">\n<p align=\"left\">*TAOUFIK BEN BRIK AT THE EUROPEAN PARLIAMENT<\/p>\n<p align=\"left\">\n<p align=\"left\">*EUROPEAN PARLIAMENT DELEGATION BACK FROM TUNIS<\/p>\n<p align=\"left\">\n<p align=\"justify\">*REPORTERS SANS FRONTIERES WRITES TO TUNISIAN MINISTER CONCERNING NOUREDDINE AOUIDIDI\u2019S FAMILY<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">*THE CNLT LAUNCHES A NATIONAL CAMPAIGN FOR THE ERADICATION OF TORTURE<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">*3 QUESTIONS TO BEN BRIK AFTER ENDING HIS 42-DAY HUNGER STRIKE<\/p>\n<p align=\"justify\"><fontface>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/fontface><\/p>\n<p><\/font><b><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">TAOUFIK BEN BRIK AT THE EUROPEAN PARLIAMENT<\/font><\/h2>\n<\/p>\n<p align=\"center\">\n<p align=\"left\">(AFP)<\/p>\n<p align=\"left\">\n<p align=\"justify\">Invited to the European Parliament at Strasbourg by the environmentalist parliamentary group, Taoufik Ben Brik, strongly criticised the attitude of the EU with regard to the situation in Tunisia. \u201cEurope, and all its political powers, is not on the side of activist Tunisia. It has always been the shield of Ben Ali, and then the \u2018launderer\u2019 of Ben Ali\u2019s ignominy (\u2026) It is to them (the member states) that he owes his 13 years\u2019 reign.\u201d<\/p>\n<p align=\"justify\">Disappointed with the failure of the Greens and the Confederal Group of the European United Left\u2019s attempt to include a vote for an emergency resolution on the human rights situation in Tunisia in the plenary session\u2019s agenda (166 against, 109 for), Taoufik Ben Brik noted \u201cI only have one thing to ask of the European Parliament: Leave us to fight alone against Ben Ali. At least, be neutral, stay away. We do not need you. We have genuine friends and prominent allies, namely the international organisations and the fearsome media shield which is the international press.\u201d <\/p>\n<p align=\"justify\">The Socialist Group\u2019s president Enrique Baron Crespo, opposed to an emergency resolution, expressed his wish to await the Tunisian President\u2019s response to a letter from Nicole Fontaine, the European Parliament president, in which she stressed that \u201cthe respect of democratic principles and human rights is a fundamental element\u201d of the association agreement between Tunisia and the EU.<\/p>\n<p align=\"center\"><fontcolor>******************************************************<\/fontcolor><\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">EUROPEAN PARLIAMENT DELEGATION BACK FROM TUNIS<\/font><\/h2>\n<\/p>\n<p align=\"center\">\n<p align=\"justify\">A delegation of four members of the European Parliament, as well as a representative of France Libertes, a representative of Reporters Sans Frontieres, a Swiss lawyer and an Algerian lawyer travelled to Tunis last week in order to attend the trial of Jalal Zoghlami, Toufik Ben Brik\u2019s brother. The delegation was welcomed at the airport by a large number of representaives of Tunisian organisations including the CNLT (National Council for Liberties in Tunisia), RAID (Rally for an International Alternative for Development, section of ATTAC), the lawyers\u2019 union, the ATFD (Tunisian Association of Democratic Women) and others. <\/p>\n<p align=\"justify\">During their short visit, the delegation met with various organisations in particular the CNLT and RAID whose president Fathi Chamkhi was released from prison last week. <\/p>\n<p align=\"justify\">Speaking to French magazine Rouge, Alain Krivine, member of the European Parliament described the trial as \u201cat the same time characteristic of what Tunisia justice is like and the exceptional effort made in view of the presence of international observers. Thus, the judge allowed Jalel to speak more or less as much as he wanted (\u2026) At the same time there was the unjust aspect of Tunisia \u201cjustice\u201d: Jalel was sent to prison following the accusation of 3 policemen who were never questioned! The lawyers requested that they should be heard as witnesses, but the judge refused. The total absence of any confrontation is typical of the \u201cjustice\u201d of this country.\u201d<\/p>\n<p align=\"justify\">As for the future, Alain Krivine stressed that \u201cthe mediatisation of Toufik Ben Brik\u2019s hunger strike, the release of the members of RAID, today that of Jalel Zoghlami, constitue a series of victories which undermine, in an irreversible way, the Tunisian police system. People are less afraid. (\u2026) All this must be consolidated.\u201d <\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"center\"><font face=\"Arialsize=3\">**********************************************************************<\/font><\/p>\n<p align=\"center\"><font size=\"3\"><strong>R<\/strong><\/font><fontcolor size=\"3\"><strong>EPORTERS SANS FRONTIERES WRITES TO TUNISIAN MINISTER CONCERNING NOUREDDINE AOUIDIDI\u2019S FAMILY<\/strong><\/fontcolor><\/p>\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">REPORTERS SANS FRONTIERES Press Release<\/p>\n<p align=\"right\">\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"left\">URGENT &#8211; PRESS FREEDOM <br \/>20 May 2000 <\/p>\n<p>Tunisia <\/p>\n<p>Tunisian journalist on hunger strike in London <\/p>\n<p>In a letter to interior minister Abdallah Kallal, Reporters Sans Fronti\u00e8res (RSF) said it was alarmed by the pressure being put on the family of Tunisian journalist <b>Nurreddine Aouididi<\/b>, who has been on hunger strike since 1 May. Robert M\u00e9nard, the RSF general secretary, asked the minister to \u00ab\u00a0put an end to the harassment of members of Nurreddin Auididi&rsquo;s family in Tunisia because of the reports that he has had published in Arab newspapers\u00a0\u00bb. RSF recalled that another Tunisian journalist, Taufik Ben Brick, recently conducted a 42-day hunger strike in protest at the harassment by the Tunisian authorities of which he and his family have been victims. <\/p>\n<p>According to the information collected by RSF, Nurreddin Auididi has been living in the United Kingdom since 1994, working for Arab newspapers published in London. His family has su!ffered harassment from the Tunisian authorities for several years because of his reporting. Several relatives have had their passports taken away. During the summer of 1999 Nurreddine Aouididi had interviews published with two opponents of President Ben Ali&rsquo;s government, Khemais Shamari and Mustapha Ben Jaffar. <\/p>\n<p align=\"center\"><font>**************************************************<\/font><\/p>\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">THE CNLT LAUNCHES A NATIONAL CAMPAIGN FOR THE ERADICATION OF TORTURE<\/font><\/h2>\n<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">Communique of the National Council for Liberties in Tunisia<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">National campaign for the eradication of torture<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">*In the framework of its action for the defense of fundamental human rights, and in the first place, its struggle for the respect of the physical integrity of individuals,<\/p>\n<p align=\"justify\">*On the occasion of the national day against torture, commemorated since last year by the CNLT, in honour of Nabil Barakati, who died on 8 May 1987, a symbol of all those who died under torture with all diverse political convictions,<\/p>\n<p align=\"justify\">*In memory of all those martyrs, so that the memory of their sacrifice for freedom and dignity may last forever.<\/p>\n<p align=\"justify\">*In view of the resolution of the CNLT\u2019s general assembly and the objectives defined by our report on the sate of liberties in Tunisia, published on 15 March 2000,<\/p>\n<p align=\"justify\">*In view of the moral victory for our civil society and human rights defenders in Tunisia, constituted by the resolution of the United Nations Commission Against Torture, dated 10 November 1999, which denounces the Tunisian authorities for the case of martyr Faical Barakat,<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">the CNLT announces the launching of a national campaign for the eradication of torture, of maltreatment and all barbaric practices, unworthy of a civilised people and contrary to the fundamental principles of any democratic state.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">This campaign aims for the effective application of all articles of the international convention against torture, and in particular those that defines the imprescriptibality of this crime, the punishment of those who have practised torture, the compensation of all victims, and the monitoring of prisons and police stations by independent human rights organisations.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">The CNLT has appointed a commission to organise this campaign and to extend it to forces that strive for the same objectives in order to form a national committee in order to establish the truth and allow victims to regain their rights.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">Tunis, 13 May 2000<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">Spokesperson of the CNLT<\/p>\n<p align=\"justify\">Dr Moncef Marzouki <\/p>\n<p align=\"center\"><font>*************************************************<\/font><\/p>\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">3 QUESTIONS TO BEN BRIK AFTER ENDING HIS 42-DAY HUNGER STRIKE<\/font><\/h2>\n<\/p>\n<p align=\"right\">\n<p align=\"left\">(Interview published in Le Monde dated 16 May 2000)<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">You have just ended your hunger strike. Do you believe that you have obtained what you wanted?<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">I am more than happy. It is as if I have just crossed the finish line of an unending marathon. To the end, I had the impression that I was the last in the race, and that I always had to do an extra lap. And now it\u2019s over, I am satisfied. But this snatched victory is not mine, it is the victory of struggling Tunisia, of international press, this planetary media shield and of NGO\u2019s. As for my brother Jalal, he is a free man today and I doubt that he would be detained again after 18 May, whatever the verdict of his appeal case.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">You intend to return to Tunisia in around 10 days\u2019 time. What are you expecting?<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">I would not like this collectively-obtained victory to be regarded as an affront by the Tunisian government. Very sincerely, I believe that we are acting for the good of President Ben Ali. We are helping him to shed the uniform of a policeman which he has been wearing for 13 years and exchange it for that for a politician. Are there in Tunisia male and female politicians who are ready to rush into the gap that has been opened and to bring the head of state to negociate in order to obtain even a semblance of democracy? That is the question. Politicians must, without delay, take over from associations of the defense of human rights and liberties. At the end of a war, we sit down to discuss matters.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">You were intending to end your hunger strike in Algiers and not Paris. But the Algerian authorities did not allow you to travel there\u2026.<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">My Algerian colleagues have been a great comfort to me. They came to my aid, me, the Tunisian \u201cfellag\u201d (bandit). It is not this Algeria which refused me the right to go to that blessed land. The ban came from general Mediene, known as \u201cTaoufik\u201d, the head of military security. That will not prevent me from crossing the Algerian border and going there when I want to. L\u2019Aures (mountains) is my home. My grandfather was born in West Algeria at Tebessa. As for me, I am and I feel Chaoui (Berber of the Aures mountains).<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<p align=\"justify\">Interviewed by Florence Beauje<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"justify\">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p align=\"justify\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\"><strong>CAMPAIGN FOR HUMAN RIGHTS IN TUNISIA<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\">For more information, please contact us at:<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\">mail@chrtunisia.org<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font>Please visit our website at:<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font><\/font><\/p>\n<\/div>\n<p><\/font><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<p>Get Your Private, Free E-mail from MSN Hotmail athttp:\/\/www.hotmail.com <a href=\"http:\/\/www.hotmail.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><\/a> <\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"\/ar\/index.html\/\">\u0627\u0644\u0628\u062f\u0627\u064a\u0629<\/a><\/b><\/p>\n<p><script language=\"javascript\">document.write('<img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/monsite.voila.fr\/servlets\/istat?site=archivtn&#038;page=\/22mai00.htm&#038;outil=ftpweb&#038;n=' + Math.round(Math.random()*100000) + '\" width=1 height=1>'); 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