{"id":19508,"date":"2010-08-12T00:00:00","date_gmt":"2010-08-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/12-aout-2010\/"},"modified":"2010-08-12T00:00:00","modified_gmt":"2010-08-12T00:00:00","slug":"12-aout-2010","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/12-aout-2010\/","title":{"rendered":"12 ao\u00fbt 2010"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"Le docteur Mohammed Sadki \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tLabidi attend toujours de jouir du droit \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tpr\u00e9vu par la constitution et la loi \u00e0 son \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tpasseport, apr\u00e8s avoir d\u00e9pos\u00e9 nombres de \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tdemandes, la premi\u00e8re au poste de police de \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tNakhilat \u00e0 l\u2019Ariana, enregistr\u00e9e sous le \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tnum\u00e9ro 369 le 16\/05\/2000, et la seconde au \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tm\u00eame poste, enregistr\u00e9e sous le num\u00e9ro 1291 \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tle 12\/12\/2002. Par la suite il a envoy\u00e9 un \n\t\t\t\t\t\t\t\t\trappel le 15\/01\/2003 \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tR\u00e9publique avec copie au minist\u00e8re de \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tl\u2019Int\u00e9rieur.\" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\/\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accuei<\/span><\/a><span lang=\"FR-CH\">l<\/span><\/b><\/font><\/p>\n<div>\n<div align=\"justify\">\n<div>\n<div><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div>\n<div>\n<div><font size=\"2\"><span lang=\"EN-US\"><\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Bookman Old Style\" size=\"7\"><strong>TUNISNEWS <\/strong><\/font><\/div>\n<p><\/span><\/font><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span lang=\"EN-US\"><\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\">\n<div><strong><font>10\u00a0\u00e8me ann\u00e9e,<span lang=\"FR\">N\u00b0\u00a03733 du 12.08.2010<\/span><\/font><\/strong><\/div>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><span><font><strong>\u00a0archives :<\/strong><\/font><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font><strong>www.tunisnews.net<\/strong><\/font><\/a><\/span><span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><font size=\"2\"><\/p>\n<div>\n<p><font face=\"Arial\"><strong>Libert\u00e9 et Equit\u00e9: Dr Mohammed Sadki Labidi priv\u00e9 de passeport depuis 10 ans <font>Reporters sans fronti\u00e8res: Report du proc\u00e8s de l\u2019agresseur de Mouldi Zouabi<\/font><\/strong><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><font face=\"Arial\"><strong>AP: Scandale autour d&rsquo;un chanteur tunisien qui a scand\u00e9 \u00ab\u00a0vive N\u00e9tanyahou\u00a0\u00bb en Isra\u00ebl <font>Luiza Toscane: Interview &#8211; Le 13 ao\u00fbt\u00a0 d\u2019Afef Bennaceur<\/font>  Nouvelobs: Tunisie : coupable de v\u00e9rit\u00e9 <font>La Libert\u00e9: La Goulette: le grand retour de la Madone <\/font>Le Temps: L\u2019INSAT supprime la 3\u00e8me ann\u00e9e pour cette saison <font>Le Figaro: Ramadan en \u00e9t\u00e9 : la mauvaise affaire du tourisme maghr\u00e9bin<\/font> DNA: La fronti\u00e8re alg\u00e9ro-marocaine vraiment ferm\u00e9e? Avec 2000 dinars, on peut la traverser <font>Le Monde: La bataille du temps : La Mecque contre Greenwich<\/font> Aljazeera: Tony Judt: An intellectual hero<\/strong><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\">Libert\u00e9 pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux d\u00e9cennies Libert\u00e9 pour tous les prisonniers politiques <strong><font>Libert\u00e9 et Equit\u00e9 <\/font><\/strong>Organisation de droits humains ind\u00e9pendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel\/fax : 71 340 860 Liberte.equite@gmail.com Tunis, le 12 ao\u00fbt 2010<\/font><\/div>\n<div align=\"center\"> <strong><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"3\">Le passeport est un droit, il faut le revendiquer En priver les citoyens est un crime Le docteur Mohammed Sadki Labidi attend ce droit depuis 10 ans<\/font><\/p>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> <font face=\"Arial\">Le docteur Mohammed Sadki Labidi attend toujours de jouir du droit pr\u00e9vu par la constitution et la loi \u00e0 son passeport, apr\u00e8s avoir d\u00e9pos\u00e9 nombres de demandes, la premi\u00e8re au poste de police de Nakhilat \u00e0 l\u2019Ariana, enregistr\u00e9e sous le num\u00e9ro 369 le 16\/05\/2000, et la seconde au m\u00eame poste, enregistr\u00e9e sous le num\u00e9ro 1291 le 12\/12\/2002. Par la suite il a envoy\u00e9 un rappel le 15\/01\/2003 \u00e0 la Pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique avec copie au minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur. Une autre demande date du 17\/10\/2008, enregistr\u00e9e sous le num\u00e9ro 1316 au poste de Nakhilat dans le district de Raouad \u00e0 l\u2019Ariana Nord. Le docteur Mohammed Sadki Labidi jouit de tous ses droits civils et politiques en vertu de l\u2019amnistie g\u00e9n\u00e9rale promulgu\u00e9e par la loi n\u00b063 de l\u2019ann\u00e9e 1989 du 03\/07\/1989. Auparavant il avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par le tribunal militaire de Tunis \u00e0 une peine d\u2019emprisonnement de 15 ans et aux travaux forc\u00e9s et \u00e0 dix ans de contr\u00f4le administratif pour son militantisme au sein du Mouvement de la Tendance Islamique. Il a gel\u00e9 le 23 mars 1991 toute activit\u00e9 politique au sein du mouvement de la Nahdha. [\u2026] Pour le bureau ex\u00e9cutif de l\u2019Organisation Le Pr\u00e9sident <strong><font>Ma\u00eetre Mohammed Nouri<\/font><\/strong> <font>(traduction d\u2019extraits ni revue ni corrig\u00e9e par les auteurs de la version en arabe, LT)<\/font> \u00a0<\/font><\/div>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\">Report du proc\u00e8s de l\u2019agresseur de Mouldi Zouabi<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> <font face=\"Arial\">Publi\u00e9 le 11 ao\u00fbt 2010 Mercredi 11 ao\u00fbt, le proc\u00e8s du journaliste Mouldi Zouabi a \u00e9t\u00e9 report\u00e9, pour la seconde fois, par le tribunal de Jendouba au 15 septembre 2010. \u00ab Le report de ce proc\u00e8s est un non-sens. Mont\u00e9 de toute pi\u00e8ce, il d\u00e9montre une nouvelle fois la volont\u00e9 du gouvernement tunisien de b\u00e2illonner la presse et de r\u00e9duire les journalistes au silence \u00bb, s\u2019est indign\u00e9e Reporters sans fronti\u00e8res. Correspondant \u00e0 la radio Kalima, Mouldi Zouabi a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 suite \u00e0 son d\u00e9p\u00f4t de plainte pour avoir \u00e9t\u00e9 agress\u00e9 par Khalil Maaroufi, un proche des services de police, le 7 juillet 2010. De plaignant, Mouldi Zouabi s\u2019est retrouv\u00e9 accus\u00e9 de coups et blessures et de diffamation sur la personne de son agresseur. Il risque jusqu\u2019\u00e0 un an et demi de prison (http:\/\/fr.rsf.org\/tunisie-quand-le-monde-tourne-a-l-envers-15-07-2010,37957.html). Entendu par le juge, les avocats de Khalil Maaroufi ont demand\u00e9 oralement le report du proc\u00e8s. Or, l\u2019article 39 du code tunisien des proc\u00e9dures p\u00e9nales exige que ce recours soit fait par \u00e9crit. L\u2019ex\u00e9cutif b\u00e9n\u00e9ficie en l\u2019occurrence des faveurs de la Justice.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font face=\"Arial\">(Source:\u00a0\u00bbReporters sans fronti\u00e8res\u00a0\u00bb le 12 aout 2010)<\/font><\/strong><\/div>\n<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div><font face=\"Arial\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<p><font face=\"Arial\">Le num\u00e9ro 135 de Mouwatinoun organe du Forum D\u00e9mocratique pour le Travail et les Libert\u00e9s est maintenant disponible chez votre marchand de journaux.<\/font><\/p>\n<p><\/strong><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div> <font face=\"Arial\">Sachez qu\u2019en l\u2019achetant, vous contribuez \u00e0 la survie d\u2019un journal libre priv\u00e9 de financement public et de publicit\u00e9. Vous pourrez visualiser la totalit\u00e9 de son contenu \u00e0 partir du dimanche 15 aout 2010 en cliquant sur ce lien : http:\/\/www.fdtl.org\/IMG\/pdf\/mouwatinoun_135.pdf  Merci \u00e0 vous de diffuser l&rsquo;info. Cordialement, <strong><font>Le webmaster du FDTL (<a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>www.fdtl.org<\/font><\/a>)<\/font><\/strong><\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\"><\/p>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Scandale autour d&rsquo;un chanteur tunisien qui a scand\u00e9 \u00ab\u00a0vive N\u00e9tanyahou\u00a0\u00bb en Isra\u00ebl<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> \u00a0AP 12\/08\/10 17:41  TUNIS (AP) \u2014 Pour avoir lanc\u00e9 des vivats \u00e0 l&rsquo;adresse du Premier ministre isra\u00e9lien Benyamin N\u00e9tanyahou lors d&rsquo;un concert en Isra\u00ebl, le chanteur tunisien Mohsen Ch\u00e9rif fait l&rsquo;objet depuis plusieurs jours d&rsquo;un v\u00e9ritable lynchage m\u00e9diatique dans son pays et dans le monde arabe. Le toll\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9 par la diffusion sur le r\u00e9seau social Facebook d&rsquo;une vid\u00e9o montrant le chanteur rendant hommage \u00e0 son pr\u00e9sident en lan\u00e7ant \u00ab\u00a0vive Ben Ali\u00a0\u00bb, avant d&rsquo;encha\u00eener maintes fois \u00ab\u00a0vive N\u00e9tanyahou\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0vive Bibi\u00a0\u00bb sous l&rsquo;influence du public isra\u00e9lien. En deux jours, plus de 40.000 r\u00e9actions \u00e9taient enregistr\u00e9es, d\u00e9non\u00e7ant \u00ab\u00a0l&rsquo;acte indigne\u00a0\u00bb de celui qui est qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0tra\u00eetre\u00a0\u00bb. L&rsquo;artiste est accus\u00e9 d&rsquo;avoir fait l&rsquo;apologie d&rsquo;un \u00ab\u00a0sanguinaire \u00e0 l&rsquo;origine du massacre de Gaza\u00a0\u00bb et de l&rsquo;attaque de la flotte humanitaire turque qui se dirigeait vers le territoire palestinien soumis \u00e0 un blocus depuis quatre ans. Un internaute a diffus\u00e9 une image retouch\u00e9e du chanteur incrimin\u00e9 v\u00eatu d&rsquo;une jellabah bleue frapp\u00e9e de l&rsquo;\u00e9toile de David et une corde autour du cou. Nombreux d&rsquo;entre eux condamnent ce qu&rsquo;ils consid\u00e8rent comme \u00ab\u00a0un pas vers la normalisation\u00a0\u00bb avec l&rsquo;Etat h\u00e9breu, appelant \u00e0 d\u00e9choir son auteur de la nationalit\u00e9 tunisienne, \u00e0 boycotter ses concerts et \u00e0 lui interdire l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Outre les r\u00e9actions sur le Net, la pol\u00e9mique a \u00e9t\u00e9 relay\u00e9e par la presse \u00e9crite tunisienne et arabe, notamment la cha\u00eene Al-Jazeera ainsi que par les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Proclamant son \u00ab\u00a0refus de toute forme de normalisation culturelle et artistique avec Isra\u00ebl\u00a0\u00bb, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Syndicat tunisien des professions musicales (STPF), Oussama Farhat, a invit\u00e9 les autorit\u00e9s \u00e0 interdire \u00e0 tout artiste de voyager en Isra\u00ebl, en application des d\u00e9cisions de la Ligue arabe. Des avocats tunisiens ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pos\u00e9 plainte contre le chanteur pour \u00ab\u00a0atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 des Tunisiens et \u00e0 leur sentiment national\u00a0\u00bb. En attendant, Mohsen Ch\u00e9rif, com\u00e9dien par ailleurs, devait \u00eatre censur\u00e9 dans un feuilleton programm\u00e9 par la cha\u00eene TV priv\u00e9e Hannibal, selon le journal \u00ab\u00a0Le Quotidien\u00a0\u00bb. Un violoniste qui a particip\u00e9 \u00e0 la fameuse soir\u00e9e, B\u00e9chir Selmi, membre de la troupe musicale de la radio tunisienne publique, a \u00e9t\u00e9 suspendu de ses fonctions pour avoir particip\u00e9 \u00e0 des concerts priv\u00e9s sans l&rsquo;autorisation de son employeur. Un autre chanteur, Slim Baccouche, a vu le concert qu&rsquo;il devait donner au festival international de Carthage annul\u00e9. Selon la vid\u00e9o diffus\u00e9e sur Facebook, le spectacle \u00e9tait donn\u00e9 dans le kibboutz d&rsquo;E\u00eflat, mais le flou subsiste quant \u00e0 son origine et \u00e0 la date du concert. D&rsquo;aucuns s&rsquo;interrogent sur les desseins de son auteur et sur le timing de sa diffusion, d&rsquo;autant que certains m\u00e9dias avancent qu&rsquo;elle remonte \u00e0 deux ans. La Tunisie n&rsquo;entretient pas de relations diplomatiques avec Isra\u00ebl. Les deux pays ont \u00e9chang\u00e9 des bureaux d&rsquo;int\u00e9r\u00eats en 1996 qui ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s en 2000 en application des r\u00e9solutions de la Ligue arabe, suite \u00e0 la deuxi\u00e8me Intifada palestinienne. N\u00e9anmoins des milliers de juifs venus d&rsquo;Europe, d&rsquo;Am\u00e9rique et d&rsquo;Isra\u00ebl viennent chaque ann\u00e9e \u00e0 Djerba pour le p\u00e8lerinage de la Ghriba, l&rsquo;une des plus anciennes synagogues au monde, construite il y a plus de 2.500 ans, selon la l\u00e9gende. AP<\/p><\/div>\n<p><\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><font size=\"2\"><strong>\u00a0<\/strong><\/font><strong>Le 13 ao\u00fbt * d\u2019Afef Bennaceur<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"> <font face=\"Arial\">\u00a0<strong>Il y a aujourd\u2019hui deux femmes incarc\u00e9r\u00e9es pour des raisons politiques en Tunisie, quand les prisons comptent des milliers d\u2019hommes. Il n\u2019en a pas toujours \u00e9t\u00e9 ainsi. Dans les ann\u00e9es quatre vingt dix, des dizaines de femmes ont connu l\u2019emprisonnement pour leurs id\u00e9es. Afef Bennaceur, connue aujourd\u2019hui comme militante contre le ch\u00f4mage, revient sur la d\u00e9cennie pass\u00e9e et sur ses combats actuels.<\/strong> \u00a0 <strong>Afef Bennaceur vous avez connu la prison dans les ann\u00e9es quatre vingt dix ? Pour quelle raison avez-vous \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e alors ?<\/strong> A.B. j\u2019ai \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9e pendant dix-huit mois pour avoir protest\u00e9 contre un programme de r\u00e9forme de l\u2019enseignement qui touchait aux int\u00e9r\u00eats des \u00e9tudiants. Il s\u2019agissait d\u2019une protestation pacifique encadr\u00e9e par l\u2019Union G\u00e9n\u00e9rale des Etudiants de Tunisie (UGET), sous forme d\u2019arr\u00eats des cours et de manifestations dans la cour de l\u2019Universit\u00e9 et les foyers universitaires jusqu\u2019\u00e0 l\u2019intervention des forces de l\u2019ordre. Elles ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des arrestations et je faisais partie de ceux qui ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s d\u2019organiser des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales sans autorisation et de provoquer du d\u00e9sordre, une proc\u00e9dure qui est souvent utilis\u00e9e par le pouvoir tunisien vis-\u00e0-vis des \u00e9tudiants et des activit\u00e9s de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale.   <strong>Etiez-vous la seule femme dans cette affaire ? <\/strong> A.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 B. J\u2019avais alors vingt-deux ans et nous \u00e9tions condamn\u00e9es ma camarade Najwa Rizgui, qui n\u2019avait pas vingt et un an, et moi-m\u00eame. Nous \u00e9tions les deux seules femmes \u00e0 \u00eatre condamn\u00e9es dans cette affaire.  <strong>Quelles \u00e9taient les conditions d\u2019incarc\u00e9ration ? <\/strong> A.B. Les conditions de notre arrestation n\u2019\u00e9taient pas ordinaires, car nous avons \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es dans la cour du foyer universitaire le 1er novembre 1994 \u00e0 quatorze heures. Nous avons \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9es et tortur\u00e9es, puis ils nous ont amen\u00e9es au commissariat et nous y avons pass\u00e9 huit jours pendant lesquels nous \u00e9tions syst\u00e9matiquement tortur\u00e9es au moyen de b\u00e2tons, de buches et de tuyaux, tortur\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la perte de connaissance. Alors on nous aspergeait d\u2019eau glac\u00e9e alors qu\u2019il faisait tr\u00e8s froid, puis cela a \u00e9t\u00e9 la prison de nouveau avec les menaces de viol et d\u2019incarc\u00e9ration des proches qui s\u2019informaient de notre sort. Puis nous avons \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9es injustement et ill\u00e9galement.  \u00a0 <strong>*\u00a0 Avez-vous pu reprendre une vie \u00ab normale \u00bb \u00e0 la sortie de la prison ? <\/strong> A.\u00a0\u00a0 B. Apr\u00e8s ma sortie de prison, on a essay\u00e9 de me soumettre \u00e0 une surveillance administrative et il m\u2019\u00e9tait interdit de circuler, mais j\u2019ai refus\u00e9 de signer et j\u2019ai continu\u00e9 mes \u00e9tudes dans la ville de Kairouan, sous la surveillance et le harc\u00e8lement constants de la police. Il m\u2019\u00e9tait impossible de travailler pour ces m\u00eames raisons. La police a aussi tent\u00e9 de me priver de sources de revenus, de gagner ma vie et de vivre dignement. Elle a \u00f4t\u00e9 mon nom de la liste de recrutement dans l\u2019enseignement primaire sous pr\u00e9texte que j\u2019\u00e9tais d\u00e9tenue deux ans pour des raisons politiques. Le minist\u00e8re a effac\u00e9 mon nom le jour m\u00eame o\u00f9 le syndicat l\u2019avait impos\u00e9.  Apr\u00e8s, j\u2019ai essay\u00e9 de monter un petit commerce, mais on a souvent essay\u00e9 de m\u2019emp\u00eacher de continuer par des vols ou l\u2019envoi d\u2019agents de contr\u00f4le de la fiscalit\u00e9 !!  <strong>Vous militez actuellement dans une structure de ch\u00f4meurs ? Comment celle-ci s\u2019est-elle constitu\u00e9e ? A-t-elle une dimension nationale ou est-elle restreinte \u00e0 la r\u00e9gion de Gafsa ? <\/strong> A.\u00a0\u00a0 B. Nous avons pris, mon mari et moi, l\u2019initiative de monter un comit\u00e9 r\u00e9gional pour la d\u00e9fense des ch\u00f4meurs dipl\u00f4m\u00e9s et on a organis\u00e9 des manifestations, des gr\u00e8ves de la faim et des protestations pacifiques pour revendiquer le droit au travail. D\u2019autres comit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s dans tout le pays et cela a d\u00e9bouch\u00e9 sur l\u2019apparition de l\u2019Union nationale des dipl\u00f4m\u00e9s. Le fuit de ces protestations et du travail du comit\u00e9 r\u00e9gional de d\u00e9fense des dipl\u00f4m\u00e9s a \u00e9t\u00e9 le large mouvement de protestation des ch\u00f4meurs dipl\u00f4m\u00e9s du bassin minier.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"> <font face=\"Arial\"><strong>Le fait que vous soyez une femme \u00e0 la t\u00eate de cette structure refl\u00e8te-t-elle un fort pourcentage de femmes dipl\u00f4m\u00e9es au ch\u00f4mage, ou est-ce d\u00fb \u00e0 vos capacit\u00e9s militantes ? <\/strong> A.\u00a0\u00a0 B. Le taux de ch\u00f4mage est plus \u00e9lev\u00e9 chez les femmes d\u2019apr\u00e8s les statistiques officielles. Comme j\u2019habite en ville et que j\u2019ai fait partie du mouvement estudiantin, je me suis trouv\u00e9e au centre du mouvement des ch\u00f4meurs dipl\u00f4m\u00e9s. Aussi mes camarades et moi avons donn\u00e9 une image des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9 civile. Ce que nous avons fait a facilit\u00e9 l\u2019int\u00e9gration des femmes dans les mouvements de protestation, dans les activit\u00e9s sociales et politiques.  <strong>Avez-vous \u00e0 subir la r\u00e9pression qui s\u2019est abattue sur d\u2019autres militants, comme Hassen Ben Abdallah qui est en prison maintenant ? <\/strong> A.B. J\u2019ai subi toutes formes de harc\u00e8lement, la surveillance rapproch\u00e9e de mon foyer et de mes amis et connaissances. Pendant les manifestations, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e devant tout le monde. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9e par des cadres connus des forces de police. J\u2019ai port\u00e9 plainte contre l\u2019un d\u2019entre eux. J\u2019ai joint \u00e0 ma plainte un certificat m\u00e9dical qui prescrivait une hospitalisation de dix-huit jours. De temps en temps, je suis interpell\u00e9e et conduite au commissariat. Je continue de subir toutes formes de harc\u00e8lement et je suis interdite d\u2019emploi dans tous les secteurs.  <strong>Votre mari, Fahem Boukaddous, est emprisonn\u00e9. Vous avez connu la prison et lui-m\u00eame est un ancien prisonnier politique. Pensez-vous que la prison \u00ab\u00a0 a chang\u00e9 \u00bb depuis les ann\u00e9es 90 ? <\/strong> A.\u00a0\u00a0 B. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenue dans trois prisons : Sidi Ahmed \u00e0 Kairouan, la prison des femmes \u00e0 Messadine (Sousse) et celle de Mannouba \u00e0 Tunis. Mon mari a d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu lui aussi cette exp\u00e9rience et il est actuellement \u00e0 la prison de Gafsa. Il avait \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 par le pass\u00e9 \u00e0 la prison du 9 avril \u00e0 Tunis. La prison en Tunis a gard\u00e9 ses pires caract\u00e9ristiques, ses conditions pr\u00e9caires et invivables, les rapports inhumains et terrifiants avec les d\u00e9tenus, les pressions, les transferts, les sanctions, l\u2019interdiction des visites, le harc\u00e8lement des proches, les humiliations. Sans parler de la pollution, des maladies et de la privation des droits \u00e9l\u00e9mentaires de la vie ordinaire.  <strong>Quelles r\u00e9percussions cet emprisonnement a-t-il sur votre vie ? <\/strong> A.\u00a0\u00a0 B. Cette exp\u00e9rience a boulevers\u00e9 ma vie. Apr\u00e8s la perte de mon premier b\u00e9b\u00e9, je dois attendre maintenant encore quatre ans (soit la sortie de mon \u00e9poux de la prison) pour pouvoir \u00eatre m\u00e8re sachant que je cours le risque de ne plus pouvoir le devenir. D\u2019autre part, je vis dans une soci\u00e9t\u00e9 conservatrice qui a une vision tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re vis-\u00e0-vis de la femme qui vit seule sans la protection d\u2019un homme et sans enfants. Cette femme est souvent l\u2019objet de soup\u00e7ons et de pr\u00e9jug\u00e9s d\u2019ordre moral. Aussi, je me trouve incapable de subvenir \u00e0 mes besoins \u00e9l\u00e9mentaires et de vivre dignement. Ce pays ne r\u00e9compense notre amour qu\u2019avec plus de terreur et de torture. Mais je suis certaine que le monde est vaste, comme notre pays d\u2019ailleurs. Des hommes et des femmes sont capables de te prouver que tu n\u2019es pas seule contre l\u2019injustice.  <strong>Son emprisonnement a suscit\u00e9 des protestations au niveau international, mais qu\u2019en est-il de la solidarit\u00e9 quotidienne et concr\u00e8te ? <\/strong> A.B. Ces nouvelles vont susciter de vives r\u00e9actions de soutien sur le plan mondial. C\u2019est un apport int\u00e9ressant et touchant, mais sur le plan concret, la volont\u00e9 de soutien et d\u2019aide manifest\u00e9es par plusieurs personnes, se heurte \u00e0 la peur de la police, sa terreur et son harc\u00e8lement. Mais certaines voix libres du domaine syndical, juridique et politique trouvent le courage et l\u2019audace d\u2019exprimer leur attitude.   Propose recueillis le 12 ao\u00fbt par <strong><font>Luiza Toscane<\/font><\/strong> \u00a0 * Le treize ao\u00fbt est la journ\u00e9e officielle de la femme en Tunisie.<\/font><\/div>\n<\/div>\n<p><font face=\"Arial\"><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><strong>Tunisie : coupable de v\u00e9rit\u00e9<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Le seul crime du journaliste Fahem Boukaddous ? Avoir r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au monde l\u2019ampleur de la r\u00e9volte de Gafsa, en 2008. Et la violence de la r\u00e9pression exerc\u00e9e par le r\u00e9gime. Alors que beaucoup des suppos\u00e9s \u00ab\u00a0meneurs\u00a0\u00bb ont depuis \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s, Boukaddous vient d\u2019\u00eatre jet\u00e9 en prison pour quatre ans. Avec son \u00e9pouse, Afef, Agathe Logeart, envoy\u00e9e sp\u00e9ciale du Nouvel Observateur, a voulu comprendre pourquoi.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Le message \u00e9tait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment flou et le rendez-vous impr\u00e9cis, car les t\u00e9l\u00e9phones ne sont pas s\u00fbrs. Afef savait seulement que quelqu\u2019un souhaitait la rencontrer pour parler de la situation de son mari, le journaliste <strong>Fahem Boukaddous<\/strong>, 39 ans, condamn\u00e9 \u00e0 quatre ans de prison le 6 juillet, arr\u00eat\u00e9 le 15 et incarc\u00e9r\u00e9 depuis. Jusque-l\u00e0, ceux qui avaient tent\u00e9 d\u2019aller \u00e0 sa rencontre, \u00e0 Redeyef, dans la r\u00e9gion de Gafsa, dans le sud-ouest du pays, avaient d\u00fb rebrousser chemin, car la zone n\u2019est pas accueillante pour ceux qui sont trop curieux. Ce serait donc \u00e0 elle, Afef, de faire le chemin jusqu\u2019\u00e0 Tunis. Pas un instant, elle n\u2019a h\u00e9sit\u00e9. Et pourtant la route est longue, 400 kilom\u00e8tres.<\/font><\/p>\n<div align=\"justify\">\n<ul>\n<li><a target=\"_blank\" title='[VIDEO] Tunisie (1\/2): \"Redeyef, le combat de la dignit\u00e9\"' rel=\"noopener\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\">[VIDEO] Tunisie (1\/2): \u00ab\u00a0Redeyef, le combat de la dignit\u00e9\u00a0\u00bb<\/font><\/strong><\/a><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/font><\/li>\n<li><a target=\"_blank\" title='[VIDEO] Tunisie (2\/2): \"Redeyef, le combat de la dignit\u00e9\"' rel=\"noopener\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\">[VIDEO] Tunisie (2\/2): \u00ab\u00a0Redeyef, le combat de la dignit\u00e9\u00a0\u00bb<\/font><\/strong><\/a><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/font><\/li>\n<li><a target=\"_blank\" title=\"[TRIBUNE]  Fahem  Boukadous, l\u2019ing\u00e9nu de Gafsa\" rel=\"noopener\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\">[TRIBUNE] Fahem Boukadous, l\u2019ing\u00e9nu de Gafsa<\/font><\/strong><\/a><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/font><\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<p><a target=\"_blank\" title=\"Cliquez ici pour ouvrir tous les liens dans les onglets de votre navigateur\" rel=\"noopener\"><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">La nuit-m\u00eame, elle est partie, le plus discr\u00e8tement possible, \u00e0 bord d\u2019un \u00ab\u00a0louage\u00a0\u00bb, ces taxis collectifs dont les horaires ont l\u2019avantage d\u2019\u00eatre impr\u00e9visibles, puisqu\u2019ils attendent d\u2019\u00eatre remplis de passagers pour d\u00e9marrer. Elle est arriv\u00e9e dans la capitale au petit matin, a patient\u00e9 dans un caf\u00e9 avant de se rendre dans un immeuble de bureaux du centre de Tunis. Devant le porche, dans les rues adjacentes, la pr\u00e9sence ostensible de policiers en civil, \u00e0 pied, \u00e0 moto, en voiture, ne lui a pas \u00e9chapp\u00e9. Derri\u00e8re leurs lunettes noires, ils l\u2019ont tois\u00e9e, mais ils l\u2019ont laiss\u00e9e passer. Surveillance, intimidation : elle a l\u2019habitude. Au moins, ce jour-l\u00e0, la s\u00e9curit\u00e9 n\u2019a-t-elle pas re\u00e7u l\u2019ordre d\u2019emp\u00eacher le rendez-vous avec la journaliste du \u00ab\u00a0Nouvel Observateur\u00a0\u00bb qui cherchait \u00e0 la rencontrer depuis l\u2019arrestation de son mari.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\"><strong>Afef Ben Naceur <\/strong>a 38 ans. C\u2019est une jeune femme au sourire tr\u00e8s doux, qui para\u00eetrait parfaitement calme si elle n\u2019allumait les cigarettes \u00e0 la cha\u00eene. De son sac, elle sort un tr\u00e9sor : l\u2019\u00e9tui rouge contenant la carte de presse internationale de son mari, d\u00e9livr\u00e9e par la F\u00e9d\u00e9ration internationale des Journalistes, n\u00b0 TU 710, valable en 2009\/2010. La preuve que son mari est bien journaliste, contrairement \u00e0 ce qu\u2019affirment les autorit\u00e9s tunisiennes, et que c\u2019est \u00e0 ce titre qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 et condamn\u00e9 \u00ab\u00a0pour appartenance \u00e0 une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et \u00e0 leurs biens\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0diffusion d\u2019informations de nature \u00e0 troubler l\u2019ordre public\u00a0\u00bb.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Sans Fahem Boukaddous, qu\u2019aurait-on su du mouvement social qui pendant pr\u00e8s d\u2019un an a embras\u00e9 le bassin minier de Gafsa, en 2008 ? Journaliste, donc, il travaillait depuis 2006 pour la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision El Hiwar Ettounsi, qui depuis 2002 \u00e9met quelques heures par jour \u00e0 partir de l\u2019Italie, faute d\u2019avoir re\u00e7u l\u2019autorisation d\u2019\u00e9mettre depuis la Tunisie. A-t-il film\u00e9 lui-m\u00eame, a-t-il r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 des images d\u2019amateurs enregistr\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 des t\u00e9l\u00e9phones portables ou de discrets cam\u00e9scopes ? C\u2019est \u00e0 lui en tout cas que l\u2019on doit ces images qui montrent la r\u00e9volte de ces damn\u00e9s de la terre que sont les habitants du bassin minier. Elles ont fait le tour du monde. On y d\u00e9couvre, dans les rues, ces hommes, ces femmes, ces enfants qui marchent en scandant : \u00ab\u00a0R\u00e9sistance, r\u00e9sistance contre les corrompus\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le droit \u00e0 l\u2019emploi pour le fils de l\u2019ouvrier et du pauvre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00d4 victime citoyen, sors crier ta cause\u00a0\u00bb\u2026 Et les affrontements avec les forces de l\u2019ordre, les blind\u00e9s qui occupent la ville, les dos marqu\u00e9s par les coups de b\u00e2ton, les visages tum\u00e9fi\u00e9s, les jambes lac\u00e9r\u00e9es, les l\u00e8vres \u00e9clat\u00e9es, les bless\u00e9s par balles qui se tordent de douleur sur des brancards de fortune. Et puis ces corps dissimul\u00e9s par des couvertures que l\u2019on soul\u00e8ve pour montrer que tous ne se sont pas relev\u00e9s. Germinal au pays des palmiers, saupoudr\u00e9s de la poussi\u00e8re blanche du phosphate.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Tout a commenc\u00e9 le 5 janvier 2008, le jour o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s les r\u00e9sultats du concours d\u2019embauche de la CPG, la Compagnie des Phosphates de <strong>Gafsa<\/strong> : 80 postes pour 1.000 candidats. Stup\u00e9faction : \u00e0 l\u2019\u00e9vidence les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 truqu\u00e9s. Les potentats locaux \u2013 autorit\u00e9s politiques, syndicats, hi\u00e9rarques du RCD (Rassemblement constitutionnel d\u00e9mocratique), le parti au pouvoir, repr\u00e9sentants des tribus du bassin \u2013 se sont servis, distribuant les postes \u00e0 leurs affid\u00e9s. Dans une r\u00e9gion gangren\u00e9e par la corruption et le ch\u00f4mage (au mois 30% de la population, deux fois plus que pour l\u2019ensemble du pays), c\u2019est l\u2019\u00e9tincelle. Les mines de phosphate, c\u2019est tout ce qui reste dans une r\u00e9gion o\u00f9 l\u2019agriculture a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite par la pollution li\u00e9e \u00e0 la mine, la nappe phr\u00e9atique et les terres empoisonn\u00e9es. Les oliviers, les orangers, les palmiers dattiers, les champs de c\u00e9r\u00e9ales, les \u00e9levages de moutons n\u2019ont pas r\u00e9sist\u00e9. Tout appartient \u00e0 la CPG, y compris le foncier, ce qui g\u00e8le toutes les transactions immobili\u00e8res. La r\u00e9gion est devenue un pi\u00e8ge. Il est infernal d\u2019y vivre ; presque impossible d\u2019en partir.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Cette fois pourtant, les habitants sont r\u00e9solus \u00e0 ne pas se laisser faire. Un recal\u00e9 du concours d\u00e9cide aussit\u00f4t de faire un sit-in, tout seul devant les locaux de la compagnie. Tr\u00e8s vite, il est rejoint par les veuves des mineurs et les femmes de mutil\u00e9s qui montent des tentes et refusent de bouger tant que les r\u00e9sultats n\u2019auront pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9s. Bient\u00f4t, c\u2019est toute une ville qui se soul\u00e8ve. Fait rarissime, les femmes sont au premier rang de la r\u00e9volte. Le si\u00e8ge de la centrale syndicale \u2013 consid\u00e9r\u00e9e comme complice de la tricherie \u2013 est occup\u00e9. Le mouvement des \u00ab\u00a0dipl\u00f4m\u00e9s-ch\u00f4meurs\u00a0\u00bb, pr\u00e9sent dans toute la Tunisie mais particuli\u00e8rement actif dans la r\u00e9gion de Gafsa (il y a 16 000 \u00e9tudiants \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de la ville pour 80 000 habitants), entre dans la danse. Les manifestants bloquent les routes emprunt\u00e9es par les camions charg\u00e9s de minerai. A un an de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, o\u00f9 le pr\u00e9sident Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, va une nouvelle fois se repr\u00e9senter, on d\u00e9tourne les affiches \u00e9lectorales : \u00ab\u00a0Ben Ali 2009\u00a0\u00bb devient \u00ab\u00a0Ben Ali 2080\u00a0\u00bb, ou plus optimiste encore, \u00ab\u00a0Ben Ali 2500&Prime;\u2026 Tr\u00e8s vite, c\u2019est la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Le soir, des jeunes gens prennent de petites pierres et cognent sur les ponts m\u00e9talliques pour appeler au rassemblement : en souriant, on appelle cela \u00ab\u00a0les tambours de la guerre\u00a0\u00bb. On ne va pas sourire longtemps\u2026<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Le pouvoir prend peur. En 1984, les \u00ab\u00a0\u00e9meutes du pain\u00a0\u00bb \u2013 le doublement du prix du pain, des c\u00e9r\u00e9ales et de la semoule \u2013 avaient fait vaciller le r\u00e9gime. Bourguiba avait c\u00e9d\u00e9. Pas Ben Ali. Lui qui ne cesse de vanter le miracle \u00e9conomique tunisien craint que le mouvement ne donne une image d\u00e9sastreuse de son pays ; sans parler du risque de contagion. Les autorit\u00e9s entament des n\u00e9gociations avec les repr\u00e9sentants du mouvement, mais cela ne va pas durer. La ville est encercl\u00e9e par des blind\u00e9s. Par d\u00e9rision, les habitants d\u00e9cident d\u2019\u00e9vacuer les lieux avec des baluchons de fortune, en criant aux forces de l\u2019ordre : \u00ab\u00a0Puisqu\u2019ils veulent tant cette ville, on la leur laisse !\u00a0\u00bb Mais ils sont pris au pi\u00e8ge : s\u2019ils partent dans la montagne, en direction de l\u2019Alg\u00e9rie toute proche, ils seront poursuivis pour trahison. Alors, l\u2019arm\u00e9e tire. A balles r\u00e9elles. Le 6 mai, Hichem, un jeune homme qui s\u2019\u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 dans un transformateur \u00e9lectrique et refusait d\u2019en sortir tant qu\u2019il n\u2019aurait pas de travail, est \u00e9lectrocut\u00e9. Qui a baiss\u00e9 la manette pour r\u00e9tablir le courant ? Le 6 juin, un autre jeune, Hafnaoui Maghzaoui, est tu\u00e9 par balles. Le m\u00eame jour, Abdelkhalek Amayd est bless\u00e9 par des tirs ; il mettra deux mois \u00e0 mourir \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Les bless\u00e9s se comptent par centaines. Les arrestations aussi. Il y a longtemps qu\u2019il n\u2019est plus question de n\u00e9gocier.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Pendant des semaines, le black-out de l\u2019information est total. Aucun m\u00e9dia officiel ne parle de la r\u00e9bellion \u2013 ni de la r\u00e9pression \u2013 du bassin minier. Mais les images de Fahem Boukaddous finissent par circuler. Au tribunal de Gafsa, \u00ab\u00a0les pr\u00e9venus \u00e9taient jug\u00e9s par brass\u00e9es de trente\u00a0\u00bb, se souvient Me Ridha Radaoui, bient\u00f4t rejoint pas ses confr\u00e8res de Tunis, notamment Mes Mokhtar Trifi, pr\u00e9sident de la LTDH (Ligue tunisienne de D\u00e9fense des Droits de l\u2019Homme en Tunisie), et Nadia Nassraoui. Parfois, des convois d\u2019une centaine d\u2019avocats se rendent dans la ville. Bient\u00f4t s\u2019ouvre le proc\u00e8s des suppos\u00e9s meneurs, syndicalistes pour la plupart. Des observateurs internationaux sont d\u00e9p\u00each\u00e9s. Avec beaucoup de difficult\u00e9s, ils parviennent \u00e0 assister aux audiences, dans un palais de justice encercl\u00e9 par la police. Ils notent les d\u00e9clarations des accus\u00e9s, qui d\u00e9crivent les mauvais traitements subis et en montrent les traces encore visibles. Au d\u00e9p\u00f4t, en prison, les coups continuent de pleuvoir. Les salles du tribunal sont bourr\u00e9es de policiers, qui prennent souvent la place des familles. Les accus\u00e9s, \u00e9puis\u00e9s, ont souvent sign\u00e9 des proc\u00e8s-verbaux r\u00e9dig\u00e9s \u00e0 l\u2019avance, au cours de gardes \u00e0 vue dont les d\u00e9lais n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s. Dans l\u2019ordonnance de cl\u00f4ture de l\u2019instruction de \u00ab\u00a0l\u2019affaire n\u00b0 15537\u00a0\u00bb, sign\u00e9e du premier juge d\u2019instruction Mokhtar S\u2019Ooud, les all\u00e9gations de tortures sont mentionn\u00e9es \u00e0 vingt reprises. Et par douze fois, le juge, que des avocats assurent avoir vu pleurer, mentionne par \u00e9crit qu\u2019il constate lui-m\u00eame les traces de coups sur les corps de ceux qu\u2019il interroge.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">C\u2019est \u00e0 ce moment que Fahem Boukkadous choisit d\u2019entrer dans la clandestinit\u00e9. S\u2019il n\u2019a pas pris part personnellement \u00e0 la r\u00e9bellion, il l\u2019a relay\u00e9e, et dans cette Tunisie-l\u00e0, c\u2019est une faute grave. Journaliste en exil en Espagne, victime \u00e0 tant de reprises de mauvais traitements, elle-m\u00eame incarc\u00e9r\u00e9e pendant plusieurs mois, Sihem Bensedrine, figure de la d\u00e9fense des droits humains dans son pays et fondatrice du magazine en ligne Kalima, explique qu\u2019en Tunisie, \u00ab\u00a0le plus grand des criminels n\u2019est pas celui qui a commis le crime, mais celui qui l\u2019a r\u00e9v\u00e9l\u00e9\u00a0\u00bb. C\u2019est le cas de Boukaddous.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Dans les ann\u00e9es 1990, quand il \u00e9tait \u00e9tudiant en philosophie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Kairouan, Boukaddous appartenait au mouvement d\u2019extr\u00eame gauche PCOT (Parti communiste ouvrier de Tunisie) et militait au syndicat \u00e9tudiant Uget (Union g\u00e9n\u00e9rale des Etudiants tunisiens), comme sa future femme Afef. Accus\u00e9s d\u2019avoir particip\u00e9 \u00e0 l\u2019agitation de la facult\u00e9 de lettres, ils avaient \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 des peines de prison ferme. Elle avait pass\u00e9 deux ans et quatre mois derri\u00e8re les barreaux. Lui, condamn\u00e9 \u00e0 cinq ans ferme, avait choisi la clandestinit\u00e9, d\u00e9j\u00e0. Puis il y a eu une gr\u00e2ce pr\u00e9sidentielle, et ils ont cru pouvoir reprendre le cours de leur vie. Dipl\u00f4m\u00e9e d\u2019arabe, elle n\u2019a pas eu le droit d\u2019exercer dans l\u2019enseignement public, \u00e0 cause de sa condamnation. Alors, ils ont ouvert une \u00e9picerie, dans le bassin minier. Curieusement, la petite \u00e9choppe a \u00e9t\u00e9 saccag\u00e9e. \u00ab\u00a0Des bouteilles de gaz avaient \u00e9t\u00e9 dispos\u00e9es aux quatre coins du magasin. Et une photo de Fahem, prise au cours de sa premi\u00e8re clandestinit\u00e9, vol\u00e9e. C\u2019\u00e9tait un message clair\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Afef. Depuis, elle ne subsiste que gr\u00e2ce au soutien de ses proches. Le harc\u00e8lement n\u2019a jamais cess\u00e9 : en deux ans, elle a d\u00fb changer trois fois de maison, apr\u00e8s que des inconnus sont venus intimider ses propri\u00e9taires. Quand le couple s\u2019est mari\u00e9, en 2006, tous les invit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 contr\u00f4l\u00e9s par la police, et les n\u00e9gatifs des clich\u00e9s de la noce d\u00e9rob\u00e9s chez le photographe.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Condamn\u00e9 \u00e0 six ans de prison par contumace \u2013 la plus lourde peine inflig\u00e9e en Tunisie \u00e0 un journaliste dans l\u2019exercice de ses fonctions \u2013, puis \u00e0 quatre ans en appel, Fahem Boukkadous va se cacher pendant dix-sept mois. Dans un pays aussi quadrill\u00e9 que la Tunisie, ce n\u2019est pas chose facile. \u00ab\u00a0Tu ne peux pas voir ta famille, ni ta femme, ni sortir\u00a0\u00bb, explique le journaliste dans un entretien r\u00e9alis\u00e9 par Reporters sans Fronti\u00e8res pendant cette p\u00e9riode. Parfois, pourtant, Afef r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9jouer la vigilance des sbires qui ne la l\u00e2chent pas d\u2019une semelle. Avec une infinie tendresse et une profonde fiert\u00e9, elle montre cette photo prise au cours d\u2019un rendez-vous secret, o\u00f9 elle entoure son mari de ses bras.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">La cavale de Fahem Boukaddous ne ressemble pourtant pas \u00e0 toutes les autres. Le journaliste est gravement asthmatique. Des certificats m\u00e9dicaux incontestables en font foi. Chaque crise peut lui \u00eatre fatale. En novembre 2009, \u00e0 l\u2019occasion du 22e anniversaire de son accession au pouvoir, le pr\u00e9sident Ben Ali d\u00e9cide, par une mesure de gr\u00e2ce conditionnelle, de faire lib\u00e9rer 68 rebelles de Gafsa condamn\u00e9s \u00e0 des peines allant jusqu\u2019\u00e0 dix ans de prison. Boukaddous pense alors qu\u2019il peut refaire surface. Condamn\u00e9 par contumace, il doit \u00eatre rejug\u00e9. Ce qu\u2019il n\u2019a pas compris, c\u2019est que lui n\u2019aura pas droit \u00e0 la cl\u00e9mence du souverain. A l\u2019h\u00f4pital de Sousse, o\u00f9 il est soign\u00e9, il apprend que sa peine de quatre ans de prison est confirm\u00e9e. A plusieurs reprises, la police tente de l\u2019arr\u00eater, mais les m\u00e9decins r\u00e9sistent \u00e0 la pression. C\u2019est donc le 15 juillet, alors qu\u2019\u00e0 peine sorti de l\u2019h\u00f4pital il y est revenu en compagnie de sa femme pour r\u00e9cup\u00e9rer son dossier m\u00e9dical, que des policiers en civil l\u2019interceptent. Il faudra plusieurs heures \u00e0 Afef et \u00e0 ses avocats pour retrouver sa trace, \u00e0 plusieurs centaines de kilom\u00e8tres de l\u00e0. D\u00e9sormais, <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Pr\u00e9vue pour 300 \u00e0 350 d\u00e9tenus, la prison en contient plus du double. Boukaddous partage une cellule de 6 m\u00e8tres sur 6 avec une dizaine de prisonniers. Les livres, les journaux, le courrier lui sont interdits. Comme ils le savent gravement malade, \u00ab\u00a0par respect pour lui\u00a0\u00bb, dit Me Ridha Radaoui du barreau de Gafsa, ses cod\u00e9tenus se hissent jusqu\u2019\u00e0 la seule petite fen\u00eatre, tout en haut d\u2019un mur, pour lui \u00e9viter de respirer la fum\u00e9e de leurs cigarettes. Le 23 juillet, ce sont eux qui ont donn\u00e9 l\u2019alerte quand le journaliste s\u2019est mis \u00e0 suffoquer. Afef raconte qu'\u00a0\u00bbils ont cogn\u00e9 dans la porte et appel\u00e9 au secours. Au bout de quarante minutes, le m\u00e9decin est arriv\u00e9 et a averti l\u2019administration de la gravit\u00e9 de la situation en cas de non intervention, un retard pouvant provoquer son d\u00e9c\u00e8s\u00a0\u00bb. Cette fois-l\u00e0, son mari s\u2019en est tir\u00e9. Pour combien de temps, s\u2019interroge Afef. D\u00e9sormais, \u00e0 chaque fois qu\u2019elle se rend \u00e0 la prison, un gardien insiste pour qu\u2019elle \u00ab\u00a0dise au monde que Fahem est bien trait\u00e9\u00a0\u00bb. Le m\u00e9decin p\u00e9nitentiaire est aux petits soins avec elle. \u00ab\u00a0Pour tenter de me convaincre, dit-elle, que sa situation est bonne.\u00a0\u00bb<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Quand on lui demande comment elle voit sa vie, la jeune femme sourit. \u00ab\u00a0Je la vois dure. Mais on s\u2019aime. Et je suis fi\u00e8re de lui\u00a0\u00bb. Fahem et Afef n\u2019ont pas d\u2019enfant. Ils en r\u00eavent. Fahem Boukaddous est lib\u00e9rable en 2015. Afef aura 44 ans.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\">Agathe Logeart<\/font><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\">(Source: Nouvelobs.com le 12 aout 2010)<\/font><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><font><font face=\"Arial\">Lien: <\/font><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font face=\"Arial\">http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/actualite\/media\/20100810.OBS8352\/tunisie-coupable-de-verite.html<\/font><\/a><\/font><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\"><\/font><\/p>\n<p><font><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><font size=\"3\">La Goulette: le grand retour de la Madone<\/font> <\/strong><\/font><\/span><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p align=\"justify\">\n<p><\/font><\/font><\/font><\/span><i><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Assomption \u25cf Le maire d&rsquo;un quartier de Tunis (Il s&rsquo;agit en fait de Imed Trabelsi, NDLR) veut relancer la traditionnelle procession de la Madone, avec la participation des juifs et des musulmans. Apr\u00e8s quelques h\u00e9sitations, les chr\u00e9tiens ont accept\u00e9 de bonne foi. <\/font><\/span><\/i><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">De retour de Tunis Isolda Agazzi <\/font><\/span><\/b><font size=\"2\"> \u00a0<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Faire revivre \u00abUn \u00e9t\u00e9 \u00e0 La Goulette\u00bb, le film de Ferid Boughedir qui narre l&rsquo;\u00e9poque mythique o\u00f9 musulmans, chr\u00e9tiens et juifs vivaient en harmonie dans ce petit port de p\u00eacheurs o\u00f9 est n\u00e9e Claudia Cardinale? C&rsquo;est le pari un peu fou du maire &#8211; un beau-fr\u00e8re du pr\u00e9sident Ben Ali -, qui veut remettre au go\u00fbt du jour la procession de Notre-Dame de Trapani, organis\u00e9e pendant des d\u00e9cennies par l&rsquo;importante communaut\u00e9 de p\u00eacheurs siciliens et maltais. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Le 15 ao\u00fbt, les marins amenaient la statue de la Vierge dans la mer, marquant ainsi la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 &#8211; \u00abla Madone est sortie, on ne se baigne plus\u00bb, disaient les Tunisiens. Une festivit\u00e9 \u00e0 laquelle les trois communaut\u00e9s religieuses ont particip\u00e9 avec ferveur jusqu&rsquo;\u00e0 la signature du \u00abmodus vivendi\u00bb de 1963, le document qui r\u00e8gle les relations entre l&rsquo;Etat tunisien et le Vatican. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">\u00abLorsque la nouvelle \u00e9quipe municipale a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue, il y a quelques mois, j&rsquo;ai conseill\u00e9 \u00e0 Maroun Laham, l&rsquo;archev\u00eaque palestinien de Tunisie, de rencontrer le maire pour lui pr\u00e9senter les v\u0153ux de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne, La Goulette poss\u00e9dant l&rsquo;une des plus anciennes \u00e9glises du pays. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Celui-ci lui a demand\u00e9 de relancer la procession de la Madone &#8211; le 8 ao\u00fbt et non le 15 cette ann\u00e9e, ramadan oblige\u00bb, nous raconte Gilles Jacob Lelouche, assis sous le patio fleuri du \u00abMamy Lili\u00bb, le restaurant de tradition juive et kasher qu&rsquo;il transforme, \u00e0 ses heures, en centre culturel et espace de dialogue interreligieux. Parti \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 18 ans, ce sexag\u00e9naire est revenu en Tunisie pour b\u00e2tir \u00able dernier carr\u00e9 de r\u00e9sistance de la culture et des traditions jud\u00e9o-tunisiennes, suite au constat amer qu&rsquo;on \u00e9tait en train de jeter \u00e0 la poubelle 3000 ans d&rsquo;histoire juive dans ce pays.\u00bb <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">L&rsquo;archev\u00eaque l&rsquo;a alors charg\u00e9 de la coordination entre les diff\u00e9rentes parties &#8211; \u00abun chr\u00e9tien s&rsquo;adressant \u00e0 un juif pour coordonner une action avec un musulman!\u00bb, s&rsquo;exclame le restaurateur. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">\u00abJe n&rsquo;ai pas v\u00e9cu l&rsquo;\u00e9poque des processions, continue Lelouche, mais mes fr\u00e8res et s\u0153urs y participaient r\u00e9guli\u00e8rement, habill\u00e9s en saint Antoine de Padoue et en robe de communion, sans se soucier du fait que c&rsquo;\u00e9tait la Madone. La Goulette est avant tout une ville de partage et la f\u00eate des uns devient la f\u00eate des autres. Les Goulettois l&rsquo;ont v\u00e9cu tr\u00e8s t\u00f4t gr\u00e2ce au cin\u00e9ma Rex, qui ouvrait gratuitement ses portes aux enfants de la ville \u00e0 trois occasions: No\u00ebl, la f\u00eate musulmane de l&rsquo;A\u00efd, et les festivit\u00e9s juives du Pourim.\u00bb <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Trois religions <\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Pour \u00e9viter que la nouvelle procession ne tourne \u00e0 la \u00abgadg\u00e9tisation\u00bb, elle sera pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&rsquo;un colloque sur les p\u00e8lerinages des trois religions en Tunisie, une d\u00e9monstration de chants musulmans soufis et la visite de l&rsquo;\u00e9quipe municipale \u00e0 la synagogue de la Goulette &#8211; une premi\u00e8re. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">\u00abLes musulmans et les juifs sont invit\u00e9s \u00e0 la messe et \u00e0 la procession, \u00e0 commencer par le maire, souligne Lelouche. Nous avons lanc\u00e9 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement sur facebook et, en moins de 24 heures, nous avions d\u00e9j\u00e0 250 participants inscrits, sans compter ceux qui ont re\u00e7u une invitation officielle par le dioc\u00e8se, le rabbinat et la mosqu\u00e9e.\u00bb <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Reste que la Tunisie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;est pas celle d&rsquo;il y a soixante ans. Les autorit\u00e9s ne cherchent-elles pas \u00e0 se donner une l\u00e9gitimit\u00e9? \u00abJe m&rsquo;en fiche! s&rsquo;exclame le lettr\u00e9. Si c&rsquo;est pour le bien de la communaut\u00e9 et du pays, pourquoi pas?\u00bb <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Patrimoine tunisien<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Et le risque d&rsquo;attentats? \u00abNous allons \u00eatre surprot\u00e9g\u00e9s, assure-t-il, d&rsquo;autant que le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique a tout fait pour r\u00e9habiliter l&rsquo;image du juda\u00efsme et du christianisme dans ce pays. Et le fait que l&rsquo;initiative vienne d&rsquo;une \u00e9quipe municipale dirig\u00e9e par une personne affili\u00e9e \u00e0 la pr\u00e9sidence n&rsquo;est pas un mal. Au contraire, il faut aider les gouvernants \u00e0 sauvegarder cet aspect du patrimoine tunisien.\u00bb <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Du c\u00f4t\u00e9 des chr\u00e9tiens, les r\u00e9actions sont plus nuanc\u00e9es. \u00abLa communaut\u00e9 catholique a \u00e9volu\u00e9: il y a eu Vatican II et les processions ne sont plus de mise, ce n&rsquo;est que du folklore!\u00bb, s&rsquo;inqui\u00e8tent d&rsquo;anciens fid\u00e8les. Certains haussent les \u00e9paules: si les gens veulent la procession, pourquoi les en priver? Pour d&rsquo;autres, le geste du nouveau maire s&rsquo;inscrit dans l&rsquo;imaginaire culturel tunisien, qui fait de La Goulette le lieu o\u00f9 les trois religions vivaient ensemble. Et finalement il y a les irr\u00e9ductibles, qui auraient voulu camper sur la date du 15 ao\u00fbt, ramadan ou pas. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Apr\u00e8s quelques h\u00e9sitations, les chr\u00e9tiens ont accept\u00e9. L&rsquo;archev\u00eaque a d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;agir en bonne volont\u00e9 et de faire de cette procession un premier geste de contact entre musulmans, chr\u00e9tiens et juifs. Cette ann\u00e9e, il avait l&rsquo;intention de se limiter \u00e0 un petit tour discret autour de l&rsquo;\u00e9glise, pour tester la r\u00e9action de la population. Rat\u00e9! Aux derni\u00e8res nouvelles, la Madone va bel et bien traverser la ville de bout en bout.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Certes, dans un pays o\u00f9 la manufacture est la premi\u00e8re source de revenu, tout cela favorise une bonne image de la Tunisie \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. \u00ab\u00c7a arrange l&rsquo;\u00e9conomie et l&rsquo;\u0153cum\u00e9nisme\u00bb, conclut lucidement un homme d&rsquo;affaires. Cela fait longtemps que les entrepreneurs italiens ont remplac\u00e9 les p\u00eacheurs siciliens. I <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><b><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Chr\u00e9tiens et juifs surveill\u00e9s, mais bien accept\u00e9s <\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Aujourd&rsquo;hui, la communaut\u00e9 catholique de Tunisie ne compte plus que quelques milliers de fid\u00e8les, essentiellement des expatri\u00e9s et des coop\u00e9rants. Les relations entre l&rsquo;Etat tunisien et le Vatican sont r\u00e9gl\u00e9es par le \u00abmodus vivendi\u00bb de 1963. La pr\u00e9sence des catholiques est bienvenue, m\u00eame si elle doit \u00eatre tr\u00e8s discr\u00e8te: pas le droit de sonner les cloches et de c\u00e9l\u00e9brer la messe en dehors des endroits reconnus et s\u00fbrement pas de faire une procession. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">L&rsquo;Eglise est surveill\u00e9e de pr\u00e8s. Contrairement \u00e0 de nombreux pays arabes, o\u00f9 la djahilia (l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9islamique) est consid\u00e9r\u00e9e comme de la barbarie, l&rsquo;histoire tunisienne officielle commence avant l&rsquo;arriv\u00e9e des musulmans. On trouve dans ce pays le plus grand nombre de penseurs ouverts par habitant, m\u00eame s&rsquo;ils ont tr\u00e8s peu pignon sur rue. \u00abLa r\u00e9volution vient d&rsquo;en haut et \u00e0 force de s&rsquo;habiller en moine, les gens finissent par devenir des moines, analyse un ancien Fran\u00e7ais. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">M\u00eame dans la presse, on parle de dialogue des civilisations et il existe plusieurs chaires universitaires de civilisation et religion compar\u00e9es.\u00bb <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">\u00abC&rsquo;est politique, mais c&rsquo;est sinc\u00e8re, confirment plusieurs interlocuteurs et les catholiques n&rsquo;ont pas de probl\u00e8mes ici. On nous accepte pour donner l&rsquo;image d&rsquo;un pays ouvert, mais aussi pour construire une nouvelle mentalit\u00e9 d&rsquo;en haut, un peu comme au Vatican.\u00bb Il y a aussi quelques r\u00e9form\u00e9s qui prient dans les \u00e9glises catholiques. <\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Quant aux juifs, bien que la plupart aient quitt\u00e9 le pays, plusieurs synagogues sont encore en fonction. Une nouvelle forme de tourisme cultuel et culturel est en train de voir le jour: quatre ou cinq p\u00e8lerinages juifs sont organis\u00e9s chaque ann\u00e9e &#8211; dont le plus c\u00e9l\u00e8bre, celui de la Ghriba \u00e0 Djerba &#8211; et des circuits chr\u00e9tiens commencent \u00e0 \u00e9merger, sur les pas de saint Cyprien et saint Augustin. IA <\/font><\/span><\/p>\n<div align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span><font>(Source: \u00ab\u00a0La Libert\u00e9\u00a0\u00bb (Quotidien &#8211; Suisse), le 7 ao\u00fbt 2010)<\/font><\/span> <\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">L\u2019INSAT supprime la 3\u00e8me ann\u00e9e pour cette saison<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">12\/10\/2010 <strong><font>Par Badreddine BEN HENDA<\/font><\/strong> \u00a0 Grogne de 104 \u00e9tudiants : \u00abNotre \u00e9cole nous a l\u00e2ch\u00e9s\u00bb, d\u00e9plorent-ils  \u00abNous les avions pr\u00e9venus\u2026Et puis ils ont le droit de choisir la facult\u00e9 qu\u2019ils veulent\u00bb, r\u00e9pond l\u2019administration de l\u2019INSAT \u00abSyst\u00e8me excessivement s\u00e9lectif\u00bb, r\u00e9torque le syndicat du Sup\u00e9rieur Nous avons tout r\u00e9cemment re\u00e7u de la part d\u2019\u00e9tudiants de l\u2019Institut National des Sciences Appliqu\u00e9es et de Technologie (INSAT) un courrier dans lequel ces derniers se plaignent du sort tr\u00e8s incertain que leur r\u00e9serve leur institution apr\u00e8s deux ann\u00e9es et demie de formation. \u00a0 \u00a0Ils sont m\u00eame all\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 se consid\u00e9rer comme \u00ab jet\u00e9s \u00e0 la rue \u00bb par le prestigieux \u00e9tablissement qui les a encadr\u00e9s 30 mois durant. D\u2019apr\u00e8s ces \u00e9tudiants, la situation d\u00e9plorable qu\u2019ils vivent en ce moment r\u00e9sulte de l\u2019adoption par l\u2019INSAT du r\u00e9gime d\u2019\u00e9tudes appel\u00e9 LMD (Licence-Mast\u00e8re-Doctorat). Avant 2008, la formation des \u00e9tudiants de cet \u00e9tablissement se d\u00e9roulait autrement : l\u2019\u00e9tudiant y suivait deux cycles d\u2019\u00e9tudes, le premier durait 2 ans et demi. C\u2019\u00e9tait le cycle pr\u00e9paratoire int\u00e9gr\u00e9 qui en cas de r\u00e9ussite autorisait l\u2019\u00e9tudiant \u00e0 passer un concours sur dossier pour entrer dans le second cycle destin\u00e9 \u00e0 la formation d\u2019ing\u00e9nieurs et qui dure 3 ann\u00e9es. En principe et selon des param\u00e8tres connus des \u00e9tudiants de l\u2019INSAT, le passage \u00e0 ce deuxi\u00e8me cycle ne peut concerner que 70 % des candidats. Les 30 % restants et qui n\u2019ont donc pas \u00e9t\u00e9 admis au concours pr\u00e9sentent un projet de fin d\u2019\u00e9tudes en tant que techniciens sup\u00e9rieurs et pourront s\u2019ils veulent poursuivre leurs \u00e9tudes sup\u00e9rieures, s\u2019inscrire dans d\u2019autres \u00e9tablissements de formation d\u2019ing\u00e9nieurs. Avec la r\u00e9forme LMD, le cycle pr\u00e9paratoire int\u00e9gr\u00e9 ne dure plus que 2 ans et les \u00e9tudiants qui n\u2019acc\u00e8dent pas au cycle d\u2019ing\u00e9nieurs sont appel\u00e9s \u00e0 finir un semestre d\u2019\u00e9tudes \u00e0 l\u2019INSAT apr\u00e8s quoi ils suivent un stage et remettent un m\u00e9moire pour l\u2019obtention d\u2019une licence appliqu\u00e9e. Depuis le 30 juillet dernier, les \u00e9tudiants qui ont \u00e9chou\u00e9 au concours d\u2019ing\u00e9nieurs (104 au total) ont commenc\u00e9 \u00e0 recevoir des courriers par voie postale les informant qu\u2019en raison de leur nombre assez faible, la 3\u00e8me ann\u00e9e de formation a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e et qu\u2019ils seront r\u00e9orient\u00e9s vers d\u2019autres \u00e9tablissements de la capitale pour y terminer leurs \u00e9tudes et en obtenir leurs licences. Une telle mesure, affirment les \u00e9tudiants, pose plus d\u2019un probl\u00e8me : d\u2019abord du point de vue juridique, puisqu\u2019aucune loi ni aucun d\u00e9cret ne stipule selon nos correspondants que l\u2019INSAT a chang\u00e9 de statut et de r\u00e9gime d\u2019\u00e9tudes. D\u2019autre part et \u00e0 supposer que ce soit le cas, ces changements ne doivent pas se produire en cours de cycle. Ce sont les \u00e9tudiants nouvellement inscrits que cela concerne et non les \u00e9tudiants d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s dans un cursus couronn\u00e9 par un dipl\u00f4me de fin d\u2019\u00e9tudes. Il est \u00e9galement inconcevable qu\u2019on les r\u00e9oriente en cours de formation vers d\u2019autres \u00e9tablissements que le leur, le seul habilit\u00e9 selon eux \u00e0 parfaire cette formation. Les facult\u00e9s et instituts propos\u00e9s pour accueillir ces \u00e9tudiants sont honorables mais pour y \u00eatre orient\u00e9, un bachelier n\u2019a pas besoin d\u2019avoir un score \u00e9lev\u00e9. Or, les \u00e9tudiants de l\u2019INSAT ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us au bac avec plus de 15,5\/20 de moyenne g\u00e9n\u00e9rale ; sans compter qu\u2019un dipl\u00f4me d\u00e9livr\u00e9 par cette prestigieuse institution est de loin plus cr\u00e9dible au niveau de l\u2019embauche que n\u2019importe quel autre obtenu dans un \u00e9tablissement de moindre notori\u00e9t\u00e9. \u00a0\u00abOn ne peut pas garder une 3\u00e8me ann\u00e9e pour des groupes de 10 \u00e9tudiants seulement par section\u00bb \u00a0Pour l\u2019administration de l\u2019INSAT, la r\u00e9action de ces \u00e9tudiants frustr\u00e9s est tout \u00e0 fait compr\u00e9hensible apr\u00e8s leur \u00e9chec au concours d\u2019ing\u00e9nieurs. Peut-\u00eatre, affirme un responsable de l\u2019Institut qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder l\u2019anonymat, esp\u00e8rent-ils par ce courrier faire pression sur la direction de notre institut pour leur permettre d\u2019acc\u00e9der au cycle sup\u00e9rieur alors qu\u2019ils ont rat\u00e9 ledit concours. En tout cas, ils savent tous d\u2019avance et nous les avons toujours pr\u00e9venus qu\u2019en cas d\u2019\u00e9chec, ils pouvaient \u00eatre dirig\u00e9s vers d\u2019autres \u00e9tablissements pour y poursuivre le dernier semestre de leurs \u00e9tudes de licence appliqu\u00e9e. Dans notre \u00e9tablissement, nous avons cette ann\u00e9e d\u00e9cid\u00e9 de supprimer la 3\u00e8me ann\u00e9e, en raison du nombre trop faible (10 seulement) des \u00e9tudiants \u00e0 encadrer par section. Il n\u2019est tout de m\u00eame pas concevable qu\u2019on finance des cours et toute une logistique p\u00e9dagogique pour seulement 10 \u00e9tudiants par section. Les professeurs ont beau penser le contraire, nous sommes s\u00fbrs qu\u2019ils ne sont pas au fait de plusieurs contraintes qui nous obligent \u00e0 prendre la mesure d\u00e9cid\u00e9e. Cela dit, les \u00e9tudiants qui vous ont contact\u00e9 ont tort de se consid\u00e9rer comme abandonn\u00e9s \u00e0 leur sort par leur institution m\u00e8re : nous leur avons propos\u00e9 de choisir l\u2019\u00e9tablissement et la licence de leur choix et nous prendrons en charge toutes les proc\u00e9dures de leur nouvelle inscription. En ce qui concerne les programmes des autres instituts et facult\u00e9s, nous les avons bien \u00e9tudi\u00e9s et estimons que nos \u00e9tudiants avec leur formation solide ne trouveront aucune peine \u00e0 les assimiler. Qu\u2019on comprenne une fois pour toutes que nous adoptons une logique de s\u00e9lection qui pr\u00e9vaut dans toutes les grandes \u00e9coles du pays. Certes, nous sommes un peu plus exigeants que les autres, et c\u2019est l\u00e9gitime dans la mesure o\u00f9 nous veillons \u00e0 pr\u00e9server la cr\u00e9dibilit\u00e9 de nos dipl\u00f4mes et le grand prestige dont jouit notre institut. Sachez \u00e0 ce propos que nos dipl\u00f4m\u00e9s ne passent pas, au pire des cas, plus de 15 jours avant d\u2019\u00eatre tous recrut\u00e9s par les entreprises et soci\u00e9t\u00e9s du pays. Les \u00e9tudiants qui n\u2019ont pas r\u00e9ussi au concours d\u2019ing\u00e9nieurs doivent de leur c\u00f4t\u00e9 admettre cette logique s\u00e9lective \u00e0 laquelle ils \u00e9taient sensibilis\u00e9s d\u00e8s leur entr\u00e9e \u00e0 l\u2019INSAT. Qu\u2019ils cherchent l\u2019explication de leur \u00e9chec dans d\u2019autres facteurs d\u00e9pendant d\u2019eux-m\u00eames ou de leur entourage. Ils ne doivent pas oublier que le r\u00e9gime LMD repose sur le principe de la compl\u00e9mentarit\u00e9 des institutions universitaires. M\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, c\u2019est ce principe qui pr\u00e9vaut au Sup\u00e9rieur. Quoi qu\u2019il en soit, nous mesurons leur d\u00e9ception, mais nous leur assurons que les horizons qui se profilent devant eux ne sont pas aussi sombres qu\u2019ils le pr\u00e9tendent. Ils ont en effet d\u2019autres chances \u00e0 saisir, dont le doctorat en particulier ! \u00a0\u00abL\u2019INSAT applique un syst\u00e8me de s\u00e9lection excessif\u00bb Pour la F\u00e9d\u00e9ration syndicale de l\u2019enseignement dont nous avons contact\u00e9 par t\u00e9l\u00e9phone le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, M.Sami Aouadi, les revendications des 104 \u00e9tudiants sont l\u00e9gitimes et m\u00e9ritent que la presse nationale en reproduise l\u2019\u00e9cho. \u00ab L\u2019INSAT applique un syst\u00e8me de s\u00e9lection excessif, ajoute M.Aouadi. Je dirai m\u00eame que cet \u00e9tablissement broie une partie de ses \u00e9tudiants, qui sont pourtant parmi les plus brillants bacheliers du pays. On y songe un peu trop \u00e0 la renomm\u00e9e et au prestige de l\u2019\u00e9cole et pas assez aux horizons \u00e0 ouvrir devant les futurs dipl\u00f4m\u00e9s. On s\u2019y accroche encore \u00e0 une image de grande \u00e9cole, mais cette image est en totale inad\u00e9quation avec les r\u00e9alit\u00e9s de notre pays.\u00bb \u00a0 <font><strong>(Source: \u00ab\u00a0Le Temps (quotidien -Tunisie) le 12 aout 2010)<\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\"><font><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Ramadan en \u00e9t\u00e9 : la mauvaise affaire du tourisme maghr\u00e9bin<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"center\"><font><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">10\/08\/2010 <strong><font>Par Olfa Khimira<\/font><\/strong> Cette ann\u00e9e, le ramadan en plein \u00e9t\u00e9 pousse de nombreuses familles musulmanes en vacances au \u00abbled\u00bb \u00e0 avancer leur retour en France. Les professionnels du tourisme maghr\u00e9bins tentent de contrer ce manque \u00e0 gagner.  Pour \u00e9viter d&rsquo;avoir \u00e0 supporter en plein je\u00fbne du ramadan la chaleur \u00e9crasante de certaines grandes villes d&rsquo;Afrique du nord, de nombreuses familles musulmanes de France venues passer leurs vacances en Tunisie, au Maroc ou en Alg\u00e9rie pr\u00e9f\u00e8rent rentrer pour retrouver les temp\u00e9ratures plus cl\u00e9mentes de l&rsquo;Hexagone. Une perte s\u00e8che de revenus pour ces pays o\u00f9 le tourisme tourne d&rsquo;ordinaire \u00e0 plein r\u00e9gime tout l&rsquo;\u00e9t\u00e9.  D\u00e9j\u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, la tradition bien \u00e9tablie selon laquelle les \u00e9migr\u00e9s reviennent au pays pour le ramadan, avait \u00e9t\u00e9 remise en cause. En effet, le mois du je\u00fbne avait commenc\u00e9 le 22 ao\u00fbt et avait d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 un l\u00e9ger chamboulement sur les dates de retour.  Cette ann\u00e9e, les compagnies a\u00e9riennes se sont retrouv\u00e9es prises d&rsquo;assaut d\u00e9but juin et pendant tout le mois de juillet. \u00ab Pour la saison estivale, nous avons constat\u00e9 un raccourcissement de la p\u00e9riode des vacances. Les premi\u00e8res vagues ont commenc\u00e9 d\u00e9but juin et le pic de retour se situe entre le 1er et le 10 ao\u00fbt, soit quelques jours avant le ramadan \u00bb, explique Abdelkrim Ben Ahmed, repr\u00e9sentant g\u00e9n\u00e9ral France nord de la compagnie Air Alg\u00e9rie.  Raviver l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des musulmans pour un ramadan \u00ab au pays \u00bb Les responsables du tourisme maghr\u00e9bins redoutent que les \u00e9migr\u00e9s, grands amateurs de vacances d&rsquo;\u00e9t\u00e9, ne boudent leurs pays d&rsquo;origine pendant le mois de ramadan. Un seul mot d&rsquo;ordre: les convaincre qu&rsquo;une fois pass\u00e9 l&rsquo;aust\u00e8re moment de je\u00fbne entre le lever et le coucher du soleil, ils retrouveront les soir\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ambiance traditionnelle et familiale qu&rsquo;ils ne pourront pas retrouver en France. Cette situation difficile pour le secteur touristique maghr\u00e9bin va se r\u00e9p\u00e9ter sur plusieurs ann\u00e9es encore, le ramadan avan\u00e7ant d&rsquo;une dizaine de jours par an en fonction du calendrier lunaire. \u00abLe probl\u00e8me c&rsquo;est que nous n&rsquo;avons pas assez de recul afin de pr\u00e9dire le comportement des gens. Pour l&rsquo;instant, nous remarquons juste un \u00e9talement de la date de retour\u00bb, observe Abdelmadjid Jazi, directeur commercial chez Tunisair. Afin de raviver l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des musulmans pour un ramadan \u00abau pays\u00bb, Air Alg\u00e9rie a lanc\u00e9 un tarif sp\u00e9cial \u00abSiam\u00bb (je\u00fbne en arabe, ndlr) : une r\u00e9duction des prix des billets pendant le mois de ramadan, d&rsquo;une moyenne de 55 % pour ses dessertes vers la France. A titre d&rsquo;exemple un vol Paris-Alger co\u00fbte en moyenne 240 euros. La compagnie fran\u00e7aise Aigle Azur offre \u00e9galement des tarifs promotionnels pour tous ses vols vers le Maghreb, effectu\u00e9s entre le 5 ao\u00fbt et le 12 septembre 2010. Un vol aller\/retour depuis Paris vers l&rsquo;Alg\u00e9rie est propos\u00e9 \u00e0 219 euros.  Tunisair, elle, vise uniquement les jeunes d&rsquo;origine tunisienne de moins 30 ans, en offrant un tarif pr\u00e9f\u00e9rentiel de 50% sur un voyage France-Tunisie. En effet, les compagnies a\u00e9riennes ont constat\u00e9 que les jeunes sont les plus r\u00e9ticents \u00e0 vouloir passer le ramadan au \u00abbled\u00bb. Comme Slim, 21 ans, qui passe d&rsquo;habitude \u00abtoutes ses vacances en Tunisie\u00bb, mais a d\u00e9cid\u00e9 cet \u00e9t\u00e9 d&rsquo;avancer sa date de retour : \u00abil fait trop chaud pour je\u00fbner l\u00e0-bas, en plus, c&rsquo;est d&rsquo;un ennui !\u00bb.<\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font>(Source: Lefigaro.fr le 10 aout 2010)<\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><font><strong>Lien: <\/strong><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong><font>http:\/\/www.lefigaro.fr\/actualite-france\/2010\/08\/10\/01016-20100810ARTFIG00463-ramadan-en-ete-la-mauvaise-affaire-du-tourisme-maghrebin.php<\/font><\/strong><\/a><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\">\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\"><strong>La fronti\u00e8re alg\u00e9ro-marocaine vraiment ferm\u00e9e? Avec 2000 dinars, on peut la traverser<\/strong><\/font><\/h3>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font>11\/08\/2010  <strong><font>Par Ryad Abdi<\/font><\/strong> 1\u00e8re PARTIE : L&rsquo;ALLER. Il y a quelques ann\u00e9es, je n\u2019avais pas besoin de payer un passeur pour aller humer l\u2019air ch\u00e9rifien. Les temps ayant chang\u00e9, je ne dois plus jouer au h\u00e9ros. Il para\u00eet que les fronti\u00e8res alg\u00e9ro-marocaines sont mieux surveill\u00e9es en raison de la pr\u00e9sence du monarque sur la plage de Sa\u00efdia \u00e0 la fin du mois de juillet dernier. Un passeur se propose de me les faire traverser clandestinement pour 2000 dinars. \u00a0 Pour passer de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re, je me suis d\u00e9plac\u00e9 \u00e0 Boukanoun, le village alg\u00e9rien qui face \u00e0 Ahfir, la bourgade marocaine. Mon ange gardien, qui dit s\u2019appeler Omar, attabl\u00e9 sur la terrasse du caf\u00e9 Es-Sabah, exige 2000 DA comme droit de passage. Payable \u00e0 l&rsquo;avance. Rendez-vous est pris pour le lendemain \u00e0 6 h du matin\u2026 Samedi, je suis au rendez-vous \u00e0 l\u2019heure convenue. Notre convoi s\u2019\u00e9branle cahincaha. Nous amor\u00e7ons la travers\u00e9e \u00e0 pas feutr\u00e9s. Mes appr\u00e9hensions sont telles que je sens mes pieds coll\u00e9s avec de la glu sur le sol. Nous sommes six \u00e0 faire la travers\u00e9e, sept avec le passeur. Dociles, mes cinq compagnons dont deux subsahariens doivent se courber parce que leur taille pose probl\u00e8me. Leur grande taille peut-\u00eatre rep\u00e9r\u00e9e par les vigiles de part et d&rsquo;autre de la fronti\u00e8re. Le nez coll\u00e9 \u00e0 leur dos, je suis \u00e0 la queue de la file. Ma position ne r\u00e9pond \u00e0 aucune strat\u00e9gie, si ce n\u2019est de prendre la poudre d\u2019escampette en cas de complication. \u00abAlors camarades, vous allez en Espagne?\u00bb Notre passeur se permet une \u00ab chemma \u00bb ( tabac \u00e0 chiquer) avant de nous accorder un moment de r\u00e9pit. En pareilles circonstances, on est habit\u00e9 par des sentiments ambivalents. Et moi, entre le bonheur de r\u00e9ussir le passage et la peur d\u2019\u00e9chouer, je me fie fatalement au destin. \u00abAlors camarades, vous allez en Espagne?\u00bb demandes-je aux deux Subsahariens. Interloqu\u00e9s, les deux bl\u00eamissent. Passablement \u00e9nerv\u00e9, Omar intervient: \u00abLaisse-les tranquilles&#8230;Je t\u2019ai pourtant pr\u00e9venu de ne pas poser trop de questions!\u00bb Notre ange gardien nous explique alors que nous devons attendre la rel\u00e8ve des soldats. Mauvais calcul ou mauvais sort? Toujours est-il qu\u2019\u00e0 ce moment pr\u00e9cis, une voix enrou\u00e9e surgit des broussailles : \u00abHalte!\u00bb Mes tripes se sont mises \u00e0 gargouiller \u00e0 la vue du tabor, le bidasse marocain. J&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 alors que nous sommes sous le ciel et sur les terres du \u00abCommandeur des croyants\u00bb. D\u00e9j\u00e0 au Maroc ! \u00abSidi, c\u2019est le premier convoi\u00bb \u00abLe tourisme va bien? Allez, vos papiers! Nous sommes le serviteur de Sa Majest\u00e9\u00bb, ordonne le tabor en braquant sa vieille mitraillette sur nous. Un des passagers se met \u00e0 trembloter. Nullement impressionn\u00e9, en guise de documents de voyage, notre passeur refile au soldat des billets de banque pli\u00e9s, en accompagnant son geste d\u2019un chuchotement \u00e0 l\u2019oreille de celui qui nous nous menace toujours avec son arme. \u00abSidi, c\u2019est le premier convoi\u00bb, explique doctement Omar le passeur. \u00ab Y\u2019en a pas assez\u00bb, entonne le gardien du temple en tenue kaki. Je ne sais pas quelle mouche m\u2019a piqu\u00e9 lorsqu&rsquo;avec un sourire qui se veut rassurant, je r\u00e9ponds: \u00abEn effet, nous ne sommes que six, si j\u2019exclus le passeur.\u00bb \u00abCelui-l\u00e0, je l\u2019emm\u00e8ne au poste\u00bb \u00abLa ferme, toi ! Il ne parle pas du nombre, mais de l\u2019oseille\u00bb, coupe le passeur. ll sourit hypocritement et rench\u00e9rit: \u00abYa Sidi, celui-l\u00e0 ne fait pas partie du lot. Il est, comme dirait l\u2019autre, en surcharge.\u00bb. Le guide vient de me d\u00e9signer comme une charge de plus dans ce convoi des braves qui veut rallier le Maroc. \u00abCelui-l\u00e0, je l\u2019emm\u00e8ne au poste\u00bb, tranche le militaire, son arm\u00e9 encore braqu\u00e9e sur nous. Le passeur tente de sauver les meubles. \u00abSidi, excusez son innocence arrogante, il va seulement voir sa m\u00e8re qu\u2019il n\u2019a pas revue depuis la fermeture des fronti\u00e8res\u00bb, plaide-t-il. \u00abO\u00f9 habite-t-il, demande le tabor d&rsquo;un air goguenard. Je ne l\u2019ai jamais vu, je dois le fouiller!\u00bb. Puis, en s\u2019adressant \u00e0 mon auguste personne, il m&rsquo;ordonne d&rsquo;enlever mes chaussures. \u00abIl n\u2019en a pas l\u2019air\u2026Tu es Alg\u00e9rien, toi?\u00bb \u00abIl n\u2019a rien, Sidi, plaide Omar, il n\u2019a jamais travers\u00e9 la fronti\u00e8re ou peut-\u00eatre une seule fois dans sa vie, c\u2019est un pauvre ouvrier qui trime du matin au soir comme un for\u00e7at.\u00bb M\u00e9fiant, le soldat, sans doute le r\u00e9sultat d&rsquo;une longue exp\u00e9rience acquise \u00e0 surveiller cette fronti\u00e8re officiellement ferm\u00e9e mais ouverte de toutes parts \u00abIl n\u2019en a pas l\u2019air\u2026Tu es Alg\u00e9rien, toi?\u00bb, me demande-t-il. Pour \u00e9viter plus de d\u00e9sagr\u00e9ments, il faut recourir au mensonge. \u00abMoiti\u00e9-moiti\u00e9&#8230;Ma m\u00e8re est marocaine, mon p\u00e8re alg\u00e9rien\u00bb A vrai dire, c&rsquo;est un presque un demi-mensonge. Dans cette bande frontali\u00e8re entre l&rsquo;Alg\u00e9rie et le Maroc, des milliers de personnes sont issues de familles et de couples mixtes. Mon mensonge semble avoir davantage attis\u00e9 la cupidit\u00e9 du bidasse. \u00abDans ce cas, il doit payer plus cher. Que vaut l&rsquo;argent quand il s\u2019agit de l\u2019amour de sa m\u00e8re?\u00bb, dit-il d&rsquo;un air cynique de celui qui est rompu \u00e0 la pratique du racket et du ran\u00e7onnement. \u00ab Mon boulot est de faire passer des gens et de les ramener \u00e0 bon port, le reste ne me concerne pas\u00bb Mes compagnons se murent dans un silence s\u00e9pulcral et tentent gauchement d\u2019\u00e9viter de se croiser leurs regards. Ils sont trahis par leur attitude d\u2019hommes traqu\u00e9s. Le tabor, qui semble \u00e9prouver un malsain plaisir \u00e0 nous torturer, revient \u00e0 la charge en me regardant avec m\u00e9pris. Son coll\u00e8gue lui fait signe discr\u00e8tement de nous rel\u00e2cher. Il a consenti, enfin, \u00e0 nous lib\u00e9rer le passage, mais \u00e0 condition de lui ramener, \u00e0 mon retour, un d\u00e9modulateur pour paraboles. J\u2019ai accept\u00e9 sans prononcer un mot, sans comprendre pourquoi moi, je dois payer une surtaxe. Il est clair que les membres du convoi ne sont pas tous log\u00e9s \u00e0 la m\u00eame enseigne. Devant mon air de chien battu, Omar me glisse \u00e0 l\u2019oreille : \u00abLes autres doivent s\u2019acquitter d\u2019un droit de passage sp\u00e9cial, eux casquent en euros et quant \u00e0 moi, mon boulot est de faire passer des gens et de les ramener \u00e0 bon port, le reste ne me concerne pas\u00bb, m\u2019 explique notre guide. Nous reprenons le chemin comme si nous revenions d\u2019un enterrement, mon nez toujours coll\u00e9 au dos d\u2019un des Subsahariens. Nous croisons deux baudets dont les b\u00e2ts sont lourdement charg\u00e9s. Des animaux convoyeurs de marchandises de contrebandiers. La premi\u00e8re partie de la travers\u00e9e s&rsquo;est achev\u00e9e. Il reste encore \u00e0 s&rsquo;enfoncer dans les terres marocaines avant d&rsquo;arriver au premier village. \u00ab Avant que je n\u2019oublie, tu me dois une rallonge de 2000 dinars \u00bb Nous d\u00e9valons une pente qui aboutit \u00e0 la rivi\u00e8re. Omar nous intime l\u2019ordre de nous arr\u00eater une seconde fois. Il n\u2019est plus crisp\u00e9. J\u2019en profite pour demander l\u2019autorisation de fumer une cigarette. J\u2019en ai propos\u00e9 aussi aux autres passagers. Ne sont-ils pas soulag\u00e9s d\u2019avoir parcouru une partie de l\u2019itin\u00e9raire? Je commence \u00e0 m&rsquo;inqui\u00e9ter et \u00e0 perdre patience : \u00abD\u00e9cid\u00e9ment, il y a trop d\u2019escales, Omar! Nous sommes arriv\u00e9s en principe, qu\u2019attendons-nous pour continuer?\u00bb. \u00abTant que nous n&rsquo;avons n\u2019a pas travers\u00e9 la rivi\u00e8re, nous sommes jamais arriv\u00e9s, tranche-t-il avant d&rsquo;ajouter d&rsquo;un ton martial. Avant que je n\u2019oublie, tu me dois une rallonge de 2000 dinars car je sais que tu ne ram\u00e8neras jamais ce foutu d\u00e9modulateur au tabor et, dans ces conditions, c\u2019est moi qui serais dans de mauvais draps. Alors, je pr\u00e9f\u00e8re prendre mes pr\u00e9cautions. Ce n\u2019est pas pour un bout de m\u00e9tal que je vais bousiller mon business, tu dois comprendre \u00e7a aussi\u2026\u00bb Le passeur est apparemment inquiet, mais il ne s\u2019oppose plus \u00e0 mes interventions. La censure est lev\u00e9e comme par enchantement. Au bout de la travers\u00e9e, un concert de Cheba Zahouania \u00e0 Oujda Quinze minutes se sont \u00e9coul\u00e9es quand trois personnes arrivent \u00e0 notre hauteur. Omar, devenu jovial comme par magie, les accueillie avec des embrassades. \u00abOn part\u00bb, dit l\u2019un d&rsquo;eux. Omar, d\u2019un ton exag\u00e9r\u00e9ment solennel, s\u2019arr\u00eate brusquement pour nous confier \u00e0 nos nouveaux sbires. \u00ab Ma mission s\u2019ach\u00e8ve ici, dit-il. D\u00e9sormais, vous appartenez \u00e0 vos nouveaux anges gardiens, courage et que Dieu vous prot\u00e8ge!.\u00bb Un de mes nouveaux anges gardiens m\u2019accompagne jusqu\u2019au centre de la ville d\u2019Ahfir, pr\u00e9cis\u00e9ment au caf\u00e9 de La paix. Il m\u2019explique que je devais me pointer au m\u00eame endroit le lendemain \u00e0 16h. Une fois le th\u00e9 \u00e0 la menthe aval\u00e9, je prends normalement un taxi sur Oujda. Direction, caf\u00e9 de France o\u00f9 un de mes amis marocains, Rachid, professeur de fran\u00e7ais, m\u2019attend. \u00ab Tu as de la chance, ce soir, il y a Chaba Zehouania au festival du ra\u00ef qui se d\u00e9roule sur la place Ennour!\u00bb, m&rsquo;annonce-t-il. Je lui raconte que la travers\u00e9e \u00e9tait trop protocolaire comparativement aux pr\u00e9c\u00e9dentes. Il m\u2019explique alors que la venue de Mohamed VI dans le Maroc Oriental a oblig\u00e9 les responsables marocains \u00e0 renforcer les mesures de s\u00e9curit\u00e9. Visiblement, cela n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 notre tabor de pr\u00e9lever sa dime. Il me reste \u00e0 refaire le chemin inverse pour retourner en Alg\u00e9rie.<\/font> <strong>\u00a0 Source : <\/strong><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong><font>http:\/\/dna-algerie.com\/dna-mag\/49-dna-mag-reportage\/329-reportage-comment-jai-lgriller-la-frontiere-algero-marocaine-avec-2000-da-lmoitie-marocain-moitie-algerien-tu-dois-payer-plus-cher-r-.html<\/font><\/strong><\/a><\/div>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"><font><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<div align=\"center\">\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\"><strong><font size=\"2\">\u00a0<\/font>La bataille du temps : La Mecque contre Greenwich<\/strong><\/font><\/h3>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font>Londres, correspondant<\/font><\/strong> <span> D<\/span>epuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle, il dicte l&rsquo;heure qui nous m\u00e8ne inexorablement au bout de la journ\u00e9e. Le<a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>Greenwich Mean<\/font><\/a> Time, ou GMT, l&rsquo;heure universelle, est l&rsquo;une des derni\u00e8res fiert\u00e9s des Britanniques et l&rsquo;envie d&rsquo;autres. Gr\u00e2ce au m\u00e9ridien de Greenwich de longitude z\u00e9ro, mat\u00e9rialis\u00e9 par un rail de cuivre traversant la cour de l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>Old Royal<\/font><\/a><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>Observatory de Londres<\/font><\/a>, les sujets de Sa Majest\u00e9 se consid\u00e8rent comme le peuple de l&rsquo;heure. C&rsquo;est l&rsquo;un des derniers lambeaux de la grandeur imp\u00e9riale pass\u00e9e. \u00a0<\/div>\n<p align=\"justify\">Depuis le 12 ao\u00fbt, le GMT doit faire face \u00e0 un concurrent de poids, l&rsquo;<a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>Arabian Standard<\/font><\/a> Time, symbolis\u00e9 par la g\u00e9ante horloge construite \u00e0 La Mecque. Pour donner l&rsquo;heure \u00ab\u00a0musulmane\u00a0\u00bb \u00e0 1,5 milliard de fid\u00e8les de par le monde, les autorit\u00e9s saoudiennes n&rsquo;ont pas l\u00e9sin\u00e9 sur la d\u00e9pense. L&rsquo;horloge \u00e0 quatre cadrans de 46 m\u00e8tres de diam\u00e8tre lac\u00e9r\u00e9s d&rsquo;or couronne une tour de 609 m\u00e8tres, la deuxi\u00e8me plus haute au monde apr\u00e8s le<a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>Burj Khaila<\/font><\/a> de Duba\u00ef (828 m\u00e8tres). En comparaison avec ses 96 m\u00e8tres et ses cadrans d&rsquo;un diam\u00e8tre six fois plus petit, le c\u00e9l\u00e8bre<a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>Big Ben<\/font><\/a> fait bien pi\u00e8tre figure.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9difice est dot\u00e9 de tous les atours, comme l&rsquo;attestent les deux millions d&rsquo;ampoules \u00e9lectriques \u00e9clairant l&rsquo;inscription \u00ab\u00a0au nom d&rsquo;Allah\u00a0\u00bb, pr\u00e9sente sur chaque cadran de l&rsquo;horloge. Pour appeler les fid\u00e8les \u00e0 prier, 21 000 luminaires verts et blancs d\u00e9corant le sommet de la tour et visibles \u00e0 30 km \u00e0 la ronde s&rsquo;illumineront cinq fois par jour.<\/p>\n<p align=\"justify\"><b>EMPRISE BRITANNIQUE<\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">Pour ses promoteurs, La Mecque, et non Greenwich, est le vrai centre de l&rsquo;univers. Aux yeux de l&rsquo;Arabie saoudite, le d\u00e9veloppement du temps moyen islamique doit casser l&rsquo;un des derniers vestiges de l&#8217;emprise coloniale et chr\u00e9tienne de l&rsquo;ancienne puissance tut\u00e9laire. D&rsquo;apr\u00e8s les experts de la charia, le premier lieu saint de l&rsquo;islam a l&rsquo;avantage sur Londres d&rsquo;offrir le parfait alignement avec le p\u00f4le Nord, ce que contestent les scientifiques occidentaux.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;enjeu est d&rsquo;importance. La Mecque a trois heures d&rsquo;avance sur le GMT. Et le m\u00e9ridien de Greenwich est aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des grandes attractions touristiques de la capitale britannique. Malgr\u00e9 ce d\u00e9fi, la direction de l&rsquo;Observatoire londonien reste confiante. Apr\u00e8s tout, le GMT a r\u00e9sist\u00e9 avec succ\u00e8s \u00e0 de multiples tentatives de putsch, en particulier de la part de la France. La cr\u00e9ation, en 1667, du m\u00e9ridien de Paris devait concurrencer l&#8217;emprise britannique. Lors de la conf\u00e9rence de Washington de 1884, qui avait adopt\u00e9 l&rsquo;heure de r\u00e9f\u00e9rence de Greenwich, la France s&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;ailleurs abstenue. Vex\u00e9 que le m\u00e9ridien de Paris n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 retenu comme base z\u00e9ro, l&rsquo;Hexagone boudera le GMT jusqu&rsquo;en 1911 au profit de l&rsquo;heure d&rsquo;Angers, situ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exacte longitude de Greenwich. Le dispositif a surv\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement, en 1972, du temps universel coordonn\u00e9 (UTC).<\/p>\n<p align=\"justify\">Surtout, le GMT garde sa certitude de d\u00e9tenir sur sa concurrente saoudienne un atout implacable. Outre-Manche, l&rsquo;heure, c&rsquo;est l&rsquo;heure. La ponctualit\u00e9 est une religion.<\/p>\n<div align=\"justify\"><b> Marc Roche <\/b><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font>Article paru dans l&rsquo;\u00e9dition du 13.08.10<\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font>(Source: \u00ab\u00a0Le Monde\u00a0\u00bb (Quotidien -France) le 13 aout 2010)<\/font><\/strong><\/div>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">Tony Judt: An intellectual hero<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><font size=\"3\"><\/p>\n<hr\/>\n<p> \u00a0<\/font><\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font>By Mark LeVine<\/font><\/strong>  New York University (NYU) professor and internationally renowned historian Tony Judt died last week of amyotrophic lateral sclerosis, better known in the US as Lou Gehrig&rsquo;s disease after the famous baseball player whose death from the disease first brought it to public consciousness in 1941. It is hard to fathom the scope of the loss, not just of the man, but of the type of scholarship, of the way Professor Judt taught those willing to learn about how to approach and utilise history. I only knew Judt in passing as a graduate student at NYU but his reputation was already secure then, as a leading historian of France and the European Left. What was as striking as his superior intellect was his equally clear intellectual courage. He was clearly an intellectual of both the 1960s and of the Left (a much maligned combination in Newt Gingrich&rsquo;s America). But unlike so many of his peers he grasped the inherent contradictions of both while they were happening. And so Judt became an astute and critical observer of why the era and its politics not only failed to bring about revolutionary change in Europe and the US, but produced a conservative backlash that is largely responsible for the slow destruction of the welfare states that had enabled unprecedented prosperity in the West in the decades after the second world war.  Israel shaping politics What is most interesting in this regard is that among the most important experiences that shaped Judt&rsquo;s critical stance towards the Left was the years he spent as a devoted left-wing Zionist, including many summers spent working on Israeli kibbutzim and even volunteering as an auxiliary in the Golan Heights in the wake of the 1967 war. As he explained in an article earlier this year, despite their progressive ideology (or better, the mythology surrounding them), the kibbutzim were \u00ab\u00a0provincial and rather conservative communities, their ideological rigidity camouflaging the limited horizon of many of their members &#8230;. The mere fact of collective self-government, or egalitarian distribution of consumer durables, does not make you either more sophisticated or more tolerant of others &#8230;. Even now I can recall my surprise at how little my fellow kibbutzniks knew or cared about the wider world-except insofar as it directly affected them or their country\u00a0\u00bb. Judt&rsquo;s realisation is not surprising. The mundane realities of daily life inevitably batter down ideological commitments and utopian visions. More broadly, the paradoxes and ethical contradictions of the \u00ab\u00a0New Left\u00a0\u00bb of the 1960s, during which he came of age, led many acolytes of the movement to lurch rightwards in disgust. In so doing, it planted many of the seeds out of which the neoconservative movement grew in the ensuing two decades. Unlike his more politically jaundiced contemporaries, Judt retained his core commitment to justice and intellectual honesty even as he grew disenchanted with the politics of his era.  As he put it: \u00ab\u00a0By the time I went up to Cambridge I had actually experienced &#8211; and led &#8211; an ideological movement of the kind most of my contemporaries only ever encountered in theory. I knew what it meant to be a \u00ab\u00a0believer\u00a0\u00bb &#8211; but I also knew what sort of price one pays for such intensity of identification and unquestioning allegiance &#8230;. I was &#8211; and remain &#8211; suspicious of identity politics in all forms, Jewish above all. Labour Zionism made me, perhaps a trifle prematurely, a universalist social democrat &#8211; an unintended consequence which would have horrified my Israeli teachers had they followed my career. But of course they didn&rsquo;t. I was lost to the cause and thus effectively dead.\u00a0\u00bb  Judt might have been \u00ab\u00a0dead\u00a0\u00bb to his Israeli teachers, but in the US his honesty and willingness to be self-critical about his attachment to Zionism made him one of the main enemies of the organised Zionist community, both its institutions and its intellectuals. The attacks against him intensified after he had the temerity to propose a one-state solution for the Israeli-Palestinian conflict.  Leon Wieseltier of The New Republic, explained that with his public disavowal of Zionism Judt \u00ab\u00a0has become precisely the kind of intellectual whom his intellectual heroes would have despised,\u00a0\u00bb and even removed Judt&rsquo;s name from the masthead of the magazine (he had been a contributing editor), just because he dared to advocate what in essence would be a \u00ab\u00a0new republic\u00a0\u00bb. A death, of sorts, but one that Judt likely (one can hope) did not mind too much, since the magazine had moved far from the kind of thoughtful progressive politics that defined its first half century and towards the type of uncritical ideological politics he abhorred, whether from the Right or the Left.  Threatened status quo Of course, Wieseltier was not concerned about Judt&rsquo;s heroes. He was concerned by who Judt was: a brilliant Jewish intellectual, who actually lived in Israel, knew the country well, spoke Hebrew, and had the ability to contradict the official party line with integrity and compassion. And because he was not a \u00ab\u00a0knee-jerk\u00a0\u00bb leftist who uncritically supported any cause or group that opposed US or Israeli policies, he was even more dangerous to the dominant narrative surrounding Israel and American foreign policy. In the last decade the neoconservatives have created something of a cottage industry going after professors they deem \u00ab\u00a0dangerous\u00a0\u00bb because they refuse to provide the intellectual support for and often vehemently oppose both the militarisation of US policy abroad and the disintegration of government services at home.  Judt&rsquo;s work, even as he became physically incapacitated, was as trenchant as ever in uncovering why the Right had succeeded in getting the majority of Americans to acquiesce to, if not actively support, their agenda. In his last book, Ill Fares the Land, he explored how the social contract that defined post-war life in Europe and the US and the guarantee of security, stability, and fairness it represented stopped being considered a legitimate social goal and how a social democratic vision could win back the disaffected by creating a \u00ab\u00a0civic language\u00a0\u00bb that could support a renewed social contract between governments and their citizens.  Ignored Needless to say, few politicians paid much attention to Judt or invited his counsel. I could find no evidence of his ever having been called to testify before the US congress. The White House made no mention of his passing, even though Barack Obama, the US president, has during his tenure invited well known historians to the White House to help provide him with historical perspective on the numerous crises he faces.  According to a just published account by one of the invited historians, Gary Wills, most invitees warned Obama that \u00ab\u00a0pursuit of war in Afghanistan would be for him what Vietnam was to Lyndon Johnson,\u00a0\u00bb an assessment none of the government officials who participated in the celebrated-but-secret top secret review of Afghan policy apparently sought fit to make before suggesting the massive, but still seemingly ineffective surge. I could not help but contrast the principled and well-reasoned analyses of scholars like Judt with their limited ability to impact political discourse as I perused a glossy flyer sent to me by my congressman, John Campbell, as part of his 2010 reelection propaganda.  Titled \u00ab\u00a0Strengthening Our Relationship with Israel,\u00a0\u00bb the slickly designed cardboard notice provided details of everything he has done \u00ab\u00a0to support Israel&rsquo;s right to defend herself and ensure her safety in the region\u00a0\u00bb. The illustrations and the symbolism they evoke are in fact quite striking &#8211; picture of Campbell at a American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) conference, of a young Israeli girl, of the Dome of the Rock (which has been all but appropriated by Israel as a defining image of the country, despite its function as a major Muslim holy place and symbol of Palestinian nationalism).The Israeli flag is even more prominent than the US flag &#8211; right next to the congressman&rsquo;s head in one image. Lowest political instincts Among the resolutions and letters \u00ab\u00a0in support\u00a0\u00bb of Israel Campbell shared with constituents were those \u00ab\u00a0repudiating the findings of the Goldstone Report,\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0reaffirming the unequivocal support for the alliance and friendship between the United States and Israel,\u00a0\u00bb several Iran sanctions bills, and finally, HR 5501, the \u00ab\u00a0America Stands with Israel Act\u00a0\u00bb.  This bill, currently referred to the Committee on Foreign Affairs, would not only remove the US from the UN Human Rights Council, but \u00ab\u00a0prohibit American taxpayer dollars from being used to pay for any UN investigation into the flotilla incident\u00a0\u00bb. It also support Israel&rsquo;s \u00ab\u00a0unconditional right to defend herself and support[s] Israel&rsquo;s naval blockade of Gaza\u00a0\u00bb. In excerpts of his letters to Obama administration officials Campbell declared that \u00ab\u00a0a strong Israel is an asset to the national security of the United States and brings stability to the Middle East\u00a0\u00bb.  To Binyamin Netanyahu, the Israeli prime minister, he gushed that \u00ab\u00a0in a volatile area of the world, where Israel stands as a beacon of light for democratic values, the country and all it stands for is hated by many. Thus, it has been forced to defend its mere existence and must be able to continue to do so in situations like this, in which efforts were made to aid a terrorist-controlled region\u00a0\u00bb. The flyer is utterly devoid of any critical thinking, which is precisely the way the congressman intended it. How else could he declare that he will continue \u00ab\u00a0supporting America&rsquo;s strongest ally in the Middle East\u00a0\u00bb without a hint of irony? There is no reason for him to consider that the Israeli government itself has agreed to cooperate with the UN flotilla investigation, that its own investigation has found numerous violations of the laws of war, and agreed to ease the blockade &#8211; all of which make his opposition redundant.  To ensure support from his many conservative Jewish &#8211; and even more important, Evangelical Christian &#8211; constituents, no compromise is possible with the UN or anyone who would challenge Israel&rsquo;s \u00ab\u00a0unconditional right\u00a0\u00bb to do whatever it wants. There is not a chance that Campbell might consider how a region in which the majority of countries are US clients or allies can be \u00ab\u00a0terrorist-controlled\u00a0\u00bb &#8211; unless he means that most of the region&rsquo;s governments regularly terrorise their citizens (but I doubt it). Nor can one hope that Campbell might read the many Israeli scholars and policy-makers who increasingly warn about the deterioration of democratic values and freedoms in Israel. What would be the point of that, particularly when the US is not far behind, even under a Democratic administration? Indeed, I wish that Judt could have had the chance to discuss his experiences and disenchantment with Israel and the numerous actions the congressman so uncritically supports before he died. But even if he had and Campbell had become better educated as to the realities of the country and its policies, what good would it do? When it comes to the Middle East, and Israel\/Palestine in particular, promoting nuanced discussion and policies can only cost votes, while pandering to peoples&rsquo; willful ignorance and most chauvinistic interests will at least bring out the party faithful. Useless knowledge? Ultimately, Campbell and the vast majority of his 534 House and Senate colleagues have little use for the knowledge that historians like Judt could offer because the main purpose of that knowledge is to disrupt hypocritical arguments and the fantasies of ideologically &#8211; and as importantly &#8211; money-driven policies. As Judt put it, the historian&rsquo;s task is precisely \u00ab\u00a0to tell what is almost always an uncomfortable story and explain why the discomfort is part of the truth we need to live well and live properly. A well-organised society is one in which we know the truth about ourselves collectively, not one in which we tell pleasant lies about ourselves\u00a0\u00bb.  Today Americans and their politicians much prefer pretty lies to hard truths, even as they pay for that privilege more dearly with each passing year. It would be nice if Judt&rsquo;s arguments and scholarship could help shape the civic language that has so clearly gone missing in the US during the last 30 years.  But in the meantime, his writings on European history and the need for a new social contract between rulers and ruled can inspire a new generation of scholars and activists in other cultures, including the many societies of the global south that are still grappling with the slow demise of the \u00ab\u00a0authoritarian bargains\u00a0\u00bb that for decades ensured continued power for autocratic elites, and in return, a basic level of development for their citizens. It is there, in Latin America, Africa, and the Muslim world, where the legacy of Judt&rsquo;s call for a critically reflective social democratic political discourse might well be found. If American militarism, European myopia, corporate greed and the militant ideologies of numerous stripes do not doom them first. Mark LeVine is a professor of history at UC Irvine and senior visiting researcher at the Center for Middle Eastern Studies at Lund University in Sweden. His most recent books are Heavy Metal Islam (Random House) and Impossible Peace: Israel\/Palestine Since 1989 (Zed Books). The views expressed in this article are the author&rsquo;s own and do not necessarily reflect Al Jazeera&rsquo;s editorial policy.<\/div>\n<div align=\"justify\"> <strong><font>(Source: Aljazeera.net le 12 aout 2010)<\/font> Lien:<a href=\"http:\/\/english.aljazeera.net\/focus\/2010\/08\/201081084238516548.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/english.aljazeera.net\/focus\/2010\/08\/201081084238516548.html<\/a><\/strong>  \u00a0<\/div>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><\/font><\/span><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<table cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tr>\n<td>\n<div>\u00a0<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p><\/font><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\">\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\/\"><font face=\"Arial\"><span><font size=\"2\">Home<\/font><\/span><font size=\"2\"><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil 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