{"id":19081,"date":"2011-02-22T00:00:00","date_gmt":"2011-02-22T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/22-fevrier-2011\/"},"modified":"2011-02-22T00:00:00","modified_gmt":"2011-02-22T00:00:00","slug":"22-fevrier-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/22-fevrier-2011\/","title":{"rendered":"22 f\u00e9vrier 2011"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"  Durant vingt trois ans, du 7 novembre 1987 jusqu' au 14 janvier 2011, que de   ministres, de conseillers du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, de hauts cadres de l'   Etat et de l' Adnimistration, de dirigeants du parti dominant RCD et de   responsables de mas medias se sont mis \u00e0 la disposition de Ben Ali et du clan   Trabelsi, en organisant la r\u00e9pression, en soutenant l' oppression, en   participant \u00e0 l' assujettissement du peuple tunisien et en couvrant les   diff\u00e9rentes op\u00e9rations de corruption et de la main mise sur les richesses du   pays.\" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<div dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\">\n<p align=\"left\" dir=\"ltr\"><a><strong><font face=\"Arabic Transparent\" size=\"3\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accuei<\/span><\/font><\/strong><\/a><font size=\"3\"><span lang=\"fr-ch\"><strong><font face=\"Arabic Transparent\">l<\/font><\/strong><\/span> <\/font><\/p>\n<div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <font face=\"Bookman Old Style\" size=\"7\"> <strong>TUNISNEWS <\/strong><\/font><font> <font face=\"Arial\" size=\"3\">10 \u00e8me ann\u00e9e, <\/font><span lang=\"FR\"> <font face=\"Arial\" size=\"3\">N\u00b0 3927 du\u00a022 .02 . 2011       <\/font><\/span><\/font><span> <font face=\"Arial\">archives : <\/font><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <font face=\"Arial\">www.tunisnews.net<\/font><\/a><\/span><span lang=\"FR\"> <\/span><font face=\"Arial\"> <\/font><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Houcine     Ghali:TUNISIE : PERSONNE N&rsquo; A RIEN VU, PERSONNE N&rsquo; A RIEN SU, TOUS ETAIENT     INTEGRES!!     <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Courtesy EL PAIS :Les Arabes et la libert\u00e9 Mario     Vargas LLosa<\/font><\/h2>\n<p>AFP: Des journalistes tunisiens \u00e0 la reconqu\u00eate du droit confisqu\u00e9     d&rsquo;informer     <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Romandie:Tunisie: l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 de Ben Ali \u00ab\u00a0pas     l&rsquo;affaire\u00a0\u00bb du gouvernement<\/font><\/h2>\n<p>Jeune Aferique:Tunisie : Ben Ali est-il vraiment dans le coma ?     <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Le Parisien:Difficile rabibochage entre Paris et Tunis     qui attend des gestes forts<\/font><\/h2>\n<p>zigonet :Le nouvel ambassadeur de France en Tunisie fait d\u00e9j\u00e0 parler     de lui !     <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>AFP:Tunisie: le gouvernement adopte l&rsquo;amnistie     g\u00e9n\u00e9rale des politiques<\/font><\/h2>\n<p>Kapitalis:Tunisie. Les chiffres de la campagne pr\u00e9sidentielle 2009         <\/p>\n<p><font>wmc:Tunisie- Commission d&rsquo;enqu\u00eate sur la corruption:     La corruption a gangren\u00e9 toutes les structures de l\u2019Etat et de larges pans     de la soci\u00e9t\u00e9<\/font><\/p>\n<p>Corruption et malversations: les premi\u00e8res r\u00e9v\u00e9lations d&rsquo;Abdelfattah     Amor     <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Leaders:Corruption et malversations: les premi\u00e8res     r\u00e9v\u00e9lations d&rsquo;Abdelfattah Amor<\/font><\/h2>\n<p>Le Monde:Tunisie, Egypte : quand un vent d&rsquo;est balaie l&rsquo;arrogance de     l&rsquo;Occident     <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>20 minutes.fr:R\u00e9volte\u00a0 dans le monde arabe: \u00abLes     enjeux sont tr\u00e8s diff\u00e9rents selon chaque pays\u00bb<\/font><\/h2>\n<p>Jeune Afrique:Ahmed N\u00e9jib Chebbi : \u00ab\u00a0La Tunisie ne doit pas s&rsquo;engager     dans une chasse aux sorci\u00e8res\u00a0\u00bb     <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Le post.fr:Pourquoi la r\u00e9volution ne se fera pas au     Maroc<\/font><\/h2>\n<p>Reuters:Polish priest killed by Tunisian extremists-media<\/strong><\/font>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<hr align=\"left\"\/> <\/div>\n<p><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>TUNISIE : PERSONNE N&rsquo; A RIEN VU, PERSONNE N&rsquo;   A RIEN SU, TOUS ETAIENT INTEGRES!!<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\"><strong><font>Houcine Ghali, Gen\u00e8ve   <\/font><\/strong>\u00a0   Durant vingt trois ans, du 7 novembre 1987 jusqu&rsquo; au 14 janvier 2011, que de   ministres, de conseillers du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, de hauts cadres de l&rsquo;   Etat et de l&rsquo; Adnimistration, de dirigeants du parti dominant RCD et de   responsables de mas medias se sont mis \u00e0 la disposition de Ben Ali et du clan   Trabelsi, en organisant la r\u00e9pression, en soutenant l&rsquo; oppression, en   participant \u00e0 l&rsquo; assujettissement du peuple tunisien et en couvrant les   diff\u00e9rentes op\u00e9rations de corruption et de la main mise sur les richesses du   pays.   Tout ce beau monde, \u00e9tant de leur propre gr\u00e8 sous la coupe d&rsquo; un pr\u00e9sident   tiran, s&rsquo; est mis avec d\u00e9lectation au service d&rsquo; un Prince inculte et   machiav\u00e9lique et ob\u00e9issant \u00e0 toutes les injonctions des membres de la tribu   Trabelsi.   \u00a0   Le policier torture, le banquier ex\u00e9cute des op\u00e9rations de vol au profit des   clans Ben Ali\/Trabelsi, les membres des cellules du RCD arnaquent les citoyens,   les ministres et les parlementaires appliquent avec des courbettes les   d\u00e9cisions pr\u00e9sidentielles les plus ignobles, les r\u00e9f\u00e9rendums et les   abrogations de la Constitution les plus abjectes.    Tous ces soumis au ma\u00eetre de Carthage ont ni\u00e9 l&rsquo; existence de prisonniers   politiques et de la torture, applaudi la r\u00e9pression\u00a0 appliqu\u00e9e aux opposants,   d\u00e9fendu une politique \u00e9conomique privil\u00e9giant le Sahel et le grand Tunis au   d\u00e9triment des wilaya de l&rsquo; int\u00e9rieur qui se sont r\u00e9veill\u00e9es aujourd&rsquo; hui   d\u00e9munies, appauvries et d\u00e9laiss\u00e9es. Dans leurs discours, dans leurs   interventions, ils ne cessent de vanter la politique clairvoyante du pouvoir   et de mettre Ben Ali sur un pi\u00e9destal en tant que sauveur de la nation.      Ni le Premeir ministre, ni le Pr\u00e9sident du Parlement, ni les gouverneurs, ni   les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, ni les divers responsables du RCD n&rsquo; ont vu quoique ce soit de   la mis\u00e8re du petit peuple, de l&rsquo; injustice qui s&rsquo; abat chaque jour sur les   habitants souvent spoli\u00e9s de leurs biens par les rejetons de Ben Ali et   Trabelsi. Les vendeurs d&rsquo; alcool sans patente au su et au vu de tout le monde,   les coups de t\u00e9l\u00e9phone aux juges d&rsquo; instruction pour arranger les proc\u00e8s, les   exactions en plein jour par des barbouzes au service des clans au pouvoir,   tout cel\u00e0 se passe sans la moindre intervention de quiconque, et au contraire,   jouit de l&rsquo; appui et de l&rsquo; autorit\u00e9 du flic au plus haut responsable de l&rsquo;   Etat.      Les injustices quotidiennes, les arrestations abusives, les proc\u00e8s arrang\u00e9s   avec des aveux extirp\u00e9s sous les vexations et la torture, les \u00e9lections   truqu\u00e9es et le baillonnement de toute forme d&rsquo; opposition, tous ces   ingr\u00e9dients d&rsquo; un pouvoir ill\u00e9gitime, corrompu et dictatorial n&rsquo; ont exist\u00e9   que dans l&rsquo; imaginaire des \u00ab\u00a0ennemis de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb, de ces Tunisiens \u00e9gar\u00e9s   et t\u00e9l\u00e9guid\u00e9s par des forces nuisibles de l&rsquo; \u00e9tranger.    Et bien s\u00fbr, tous ceux qui ont d\u00e9noc\u00e9 cette politique r\u00e9pressive du pouvoir   destourien, des orgtanisations internationales des droits humains en passant   par une grande partie des mas m\u00e9dias occidentaux pour arriver aux organes   sp\u00e9cialis\u00e9s de l&rsquo; ONU, tous ces gens l\u00e0 ne disent gu\u00e8re la v\u00e9rit\u00e9, aux yeux   des tenants du r\u00e9gime tunisien.   \u00a0   Ainsi, personne de ces grands commis de l&rsquo; Etat et membres du gouvernement   destourien n&rsquo; a pens\u00e9 jeter un coup d&rsquo; oeuil sur Facebook ou les diff\u00e9rents   sites de la toile pour au moins se poser des questions sur les d\u00e9nonciations   et les crimes du pouvoir qu&rsquo; ils servent.   Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, durant pr\u00e8s de dix ans, n&rsquo; a rien vu,   rien su des d\u00e9rives du pouvoir qu&rsquo; il a servi fid\u00e8lement et avec inconscience..   Ni r\u00e9pression, ni torture, ni confiscation de biens publics, ni intervention   de Leyla Trabelsi dans les affaires de l&rsquo; Etat, ni comportement irresponsable   des membres des deux clans Ben Ali\/Trabelsi. Il peut m\u00eame jurer aujourd&rsquo; hui   qu&rsquo; il n&rsquo; a jamais re\u00e7u de coup de t\u00e9l\u00e9phonne de Leyla pour arranger des   arnaques en sa faveur ou en faveur d&rsquo; un des membres de sa vaste famille.      Mohamed Ghannouchi, Fouad Mbazzaa, ancien pr\u00e9sident d&rsquo; un Parlement sous les   bottes du g\u00e9n\u00e9ral Ben Ali et tous les minitres de l&rsquo; ancien gouvernement   \u00e9taient en dehors du temps et des \u00e9v\u00e9nements. De la m\u00eame fa\u00e7on pour les   membres du Parlement et de l&rsquo; Assembl\u00e9e des conseillers. Tout ce beau monde ne   jurait que par la bonne gouvernance du chef de l&rsquo; Etat, de l&rsquo; adh\u00e9sion de l&rsquo;   ensemble du peuple au r\u00e9gime en place, du r\u00e8gne de la d\u00e9mocratie et de la   libert\u00e9 et de l&rsquo; absence totale d&rsquo; une quelconque r\u00e9pression ou atteinte aux   droits humains.      Les dirigeants des cinq partis de l&rsquo; opposition officielle, servile,   opportuniste et servant de facade \u00e0 la d\u00e9mocratie tunisienne ( MDS, PUP, UDU,   PSL, PVP ) ont eu le m\u00eame comportement face aux injustices, \u00e0 la r\u00e9pression, \u00e0   la torture et \u00e0 l&rsquo; absence de libert\u00e9 dans le pays. Ils n&rsquo; ont jamais d\u00e9nonc\u00e9   la corruption et la main mise des Ben Ali\/Trabelsi sur les richesses du pays,   ni soutenu le petit peuple qui souffre de la mis\u00e8re et de l&rsquo; inlol\u00e9rance. Ils   se sont suffit de quelques critiques b\u00e9nignes qui ne mettaient nullement en   cause la main mise du pouvoir sur l&rsquo; ensemble du pouvoir et les d\u00e9viances de   ces clans.    \u00a0   Il est facile de se r\u00e9veiller seulement apr\u00e8s la fuite organis\u00e9e de Ben Ali et   de certains membres de sa famille et prendre le train de la r\u00e9volution en   marche. Les langues de nombreux serviteurs et acteurs du pouvoir destourien ne   se sont d\u00e9li\u00e9s qu&rsquo; aujourd&rsquo; hui pour d\u00e9noncer, regretter, \u00e9voquer la peur et   promettre leur participation pour la r\u00e9ussite de la r\u00e9volution!!      Et ce sont les t\u00eates de ces hauts responsables l\u00e0, comme le Premier ministre   Mohgamed Ghannouchi, et le pr\u00e9sident actuel du gouvernement provisoire, ancien   pr\u00e9sident du Parlement sous Ben Ali depuis de nombreuses ann\u00e9es, qui se sont   install\u00e9s au pouvoir pour mener \u00e0 bien la r\u00e9volution populaire et pr\u00e9parer un   avenir radieu pour les Tunisiens, eux qui devraient logiquement \u00eatre traduits   devant la justice pour leur participation \u00e0 un pouvoir ill\u00e9gitime, mafiosi et   fortement r\u00e9pressif. Mohamed Ghannouchi et Fouad Mbazzaa ont toujours soutenu   Ben Ali, d\u00e9nonc\u00e9 le soulevement de la population de Redeyef et ratifi\u00e9 les   lois et les r\u00e9f\u00e9rendums les plus injustes, les plus impopulaires et les plus   ill\u00e9gitimes. On nous les pr\u00e9sente maintenant comme hommes int\u00e8gres!!   Ils \u00e9taient au couran de toutes les d\u00e9rives de Ben Ali et de son pouvoir, que   les Tunisiens d\u00e9couvrent plus amplement aujourd&rsquo; hui. Ils les ont couvertes et   ont particip\u00e9 \u00e0 les cacher au peuple au nom de la soumission, de la   malhonn\u00eatet\u00e9, de l&rsquo; opportunisme et de l&rsquo; absence de dignit\u00e9.   \u00a0   <font><strong>Houcine.ghali@bluewin.ch <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Les Arabes et la libert\u00e9   Mario Vargas LLosa<\/font><\/h2>\n<p><font>(Traduction par Abdelatif Ben Salem)\u00a0 <\/font> <\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">Le mouvement populaire qui a \u00e9branl\u00e9 des pays comme la Tunisie   , l\u2019Egypte et le Y\u00e9men et dont les ondes de choc se sont propag\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 en   Alg\u00e9rie, au Maroc et en Jordanie, constitue un cinglant d\u00e9menti \u00e0 ceux qui,   comme Thomas Carlyle, pensaient que \u00ab l\u2019histoire du monde est la biographie   des grands hommes \u00bb. Aucun chef, aucun groupe, aucun parti politique ne peut   s\u2019attribuer la paternit\u00e9 de cette secousse sociale tellurique qui a d\u00e9capit\u00e9   d\u00e9j\u00e0 la satrapie tunisienne de Ben Ali et l\u2019\u00e9gyptienne de Moubarak, qui met au   bord de l\u2019effondrement celle du y\u00e9m\u00e9nite Ali Abdallah Saleh, et donne des   sueurs froides aux gouvernements de certains\u00a0 pays touch\u00e9s par cette lame de   fond comme la Syrie , la Jordanie , l\u2019Alg\u00e9rie, Le Maroc et l\u2019Arabie Saoudite.   \u00a0   En clair, personne ne pouvait pr\u00e9voir ce qui s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces   soci\u00e9t\u00e9s autoritaires arabes : les experts, mais aussi les m\u00e9dias, les   chancelleries, les think tanks politiques occidentaux, bref le monde entier   \u00e9tait pris de court par l\u2019explosion sociale et politique arabe comme il   l\u2019avait \u00e9t\u00e9 lors de la chute du mur de Berlin et l\u2019implosion de l\u2019Union   sovi\u00e9tique et de ses pays satellites. Effectuer en effet un rapprochement   entre les deux \u00e9v\u00e9nements n\u2019est pas du tout arbitraire : tous les deux   rev\u00eatent des significations identiques avec des projections politiques sur le   reste du monde. Y a-t-il meilleure preuve que l\u2019histoire n\u2019est pas \u00e9crite \u00e0   l\u2019avance et qu\u2019elle peut prendre un cours insoup\u00e7onn\u00e9 qui \u00e9chappe \u00e0 tous les   th\u00e9ories que veulent la soumettre \u00e0 une concat\u00e9nation logique.   \u00a0   Cela dit, il n\u2019est pas impossible de discerner un peu de rationalit\u00e9 \u00e0   l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame de ce mouvement de protestation expansif et contagieux qui   commence comme un conte fantastique, par l\u2019immolation par le feu d\u2019un jeune   tunisien de province, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, de condition humble r\u00e9pondant au nom de   Mohamed Bouazizi, et qui par la suite se r\u00e9pandra comme une tra\u00een\u00e9 de poudre   dans tous les pays du Moyen-Orient. Une r\u00e9gion qui subit depuis des d\u00e9cennies   le joug de dictatures corrompues jusqu\u2019\u00e0 la moelle et dont les gouvernants,   leurs proches parents et leurs client\u00e8les oligarchiques avaient accumul\u00e9 des   fortunes colossales, mises \u00e0 l\u2019abri en lieu s\u00fbr \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, alors que la   pauvret\u00e9, le ch\u00f4mage et l\u2019absence des politiques d\u2019\u00e9ducation et de sant\u00e9,   maintenaient des larges secteurs de la population en dessous du seuil de la   simple survie et les plongeaient parfois dans la famine. La corruption   g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, combin\u00e9e \u00e0 un syst\u00e8me bas\u00e9 sur le favoritisme et le n\u00e9potisme   fermaient \u00e0 la majeure partie de la population les portes de l\u2019ascension   \u00e9conomique et sociale.   \u00a0   Cette situation, qu\u2019ont connue tout au long de l\u2019histoire nombre de pays,   n\u2019aurait jamais provoqu\u00e9 un tel soul\u00e8vement sans ce facteur d\u00e9terminant des   temps modernes : la globalisation. La r\u00e9volution qui eut lieu dans le domaine   de l\u2019information est all\u00e9 en ouvrant chaque jour un peu plus une br\u00e8che dans   les syst\u00e8mes rigides de censure que les despotes arabes avaient instaur\u00e9e dans   le but de maintenir les peuples qu\u2019ils pillaient et exploitaient, dans   l\u2019ignorance et dans l\u2019obscurantisme des traditions archa\u00efques. Il est   cependant tr\u00e8s difficile aujourd\u2019hui, pour ne pas dire quasiment impossible   pour un gouvernement de maintenir une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re dans l\u2019obscurit\u00e9   m\u00e9diatique pour pouvoir la manipuler \u00e0 sa guise et l\u2019induire en erreur comme   ce fut le cas auparavant. La t\u00e9l\u00e9phonie mobile, l\u2019Internet, les blogs, le   r\u00e9seau\u00a0 Facebook et Twitter, les canaux de t\u00e9l\u00e9vision par satellite et les   autres technologies audiovisuelles ont port\u00e9 \u00e0 tous les coins du monde la   r\u00e9alit\u00e9 de notre temps, et forc\u00e9 certaines comparaisons qui ont   incontestablement confirm\u00e9 aux masses arabes,\u00a0 l\u2019\u00e9vidence de l\u2019anachronisme,   de la barbarie des r\u00e9gimes qui les accablent ainsi que la distance qui les   s\u00e9parent des pays modernes. Ces m\u00eames technologies de communications modernes   ont \u00e9galement permis aux manifestants de coordonner leurs actions et   d\u2019introduire un certain ordre dans ce qui a pu appara\u00eetre au d\u00e9but comme une   chaotique explosion de col\u00e8re et de m\u00e9contentement. Mais pas seulement, l\u2019un   des traits les plus surprenants de la r\u00e9volte arabe a \u00e9t\u00e9 l\u2019effort d\u00e9ploy\u00e9 par   les manifestants pour emp\u00eacher le vandalisme et affronter, comme en Egypte,   les nervis envoy\u00e9s par le r\u00e9gime pour commettre des actes de violences afin de   discr\u00e9diter le soul\u00e8vement et intimider la presse.   \u00a0   La lenteur (pour ne pas dire la l\u00e2chet\u00e9) avec laquelle les pays occidentaux \u2013   en particulier ceux de\u00a0 l\u2019Europe &#8211;\u00a0 ont r\u00e9agi face aux \u00e9v\u00e9nements, d\u2019abord   avec circonspection, ensuite par des d\u00e9clarations de bonnes intentions d\u00e9nu\u00e9es   de sens en faveur d\u2019une \u00ab solution n\u00e9goci\u00e9e du conflit \u00bb, alors qu\u2019il aurait   fallu appuyer les r\u00e9volutionnaires, a d\u00fb susciter des terribles d\u00e9ceptions aux   millions des manifestants qui se sont jet\u00e9s dans les rues des pays arabes pour   revendiquer la libert\u00e9 et la d\u00e9mocratie, et leur a fit comprendre que les pays   du monde libre, pris de panique, les consid\u00e9raient avec m\u00e9fiance, elle leur a   fit aussi d\u00e9couvrir que les partis politiques de Moubarak et de Ben Ali   \u00e9taient membres de l\u2019Internationale socialiste ! Dr\u00f4le de m\u00e9thode pour   promouvoir la social-d\u00e9mocratie et les droits de l\u2019homme au Moyen-Orient,   n\u2019est-ce pas ?   \u00a0   L\u2019erreur monumentale de l\u2019Occident a consist\u00e9 \u00e0 voir dans le mouvement   \u00e9mancipateur des Arabes, un Cheval de Troie gr\u00e2ce auquel le fondamentalisme   ferait main basse sur l\u2019ensemble de la r\u00e9gion, ou une nouvelle version   politique du mod\u00e8le iranien \u2013 une dictature de fanatiques religieux \u2013 qui se   propagerait \u00e0 tout le Moyen-Orient. Mais la v\u00e9rit\u00e9 est que l\u2019explosion   populaire n\u2019\u00e9tait pas dirig\u00e9e par les fondamentalistes et ceux-ci, n\u2019\u00e9taient   pas du moins jusqu\u2019ici, \u00e0 la t\u00eate du mouvement lib\u00e9rateur ni n\u2019avaient la   pr\u00e9tention de l\u2019\u00eatre. Ils avaient fait preuve, bien au contraire, d\u2019avantage   de lucidit\u00e9 que les chancelleries occidentales, en pressentant que ce qui   mobilisait r\u00e9ellement la jeunesse tunisienne, \u00e9gyptienne et y\u00e9m\u00e9nite de deux   sexes n\u2019est, ni la Sharia , ni le d\u00e9sir de voir quelques clercs enturbann\u00e9s   venir remplacer les petits dictateurs cleptomanes dont ils voulaient se   d\u00e9barrasser. Il faut \u00eatre v\u00e9ritablement atteint de c\u00e9cit\u00e9 ou avoir l\u2019esprit   bourr\u00e9 de pr\u00e9jug\u00e9s pour ne pas se rendre compte que le v\u00e9ritable moteur qui   propulse secr\u00e8tement ce mouvement est un instinct de libert\u00e9 et de   modernisation.    \u00a0   Certes nous ignorons quelle direction ces r\u00e9volutions allaient prendre, comme   on ne peut \u00e9carter l\u2019hypoth\u00e8se, \u00e9tant donn\u00e9 la confusion g\u00e9n\u00e9rale qui r\u00e8gne   encore, d\u2019une tentative des forces arm\u00e9es ou des mouvements fondamentalistes   d\u2019en tirer partie. Mais ce dont nous sommes toutefois certains, c\u2019est que tant   au d\u00e9but qu\u2019aux cours des premi\u00e8res phases, ce mouvement fut un mouvement   civil, non religieux, clairement inspir\u00e9 des id\u00e9aux d\u00e9mocratiques de libert\u00e9   politique, de libert\u00e9 de la presse, des \u00e9lections libres, de la lutte contre   la corruption, de la justice sociale, de l\u2019\u00e9galit\u00e9, de la qu\u00eate du travail et   de l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie. L\u2019Occident lib\u00e9ral et d\u00e9mocratique a   le devoir d\u2019honorer ces \u00e9v\u00e9nements comme une extraordinaire confirmation de   l\u2019actualit\u00e9 universelle des valeurs qui incarnent la culture de la libert\u00e9, et   de concentrer tous ses efforts pour apporter son soutien aux peuples arabes \u00e0   l\u2019heure de leur bataille contre la tyrannie. Ce ne sera pas seulement un acte   de justice mais une fa\u00e7on de s\u2019assurer aussi l\u2019amiti\u00e9 et la collaboration d\u2019un   futur Moyen-Orient libre et d\u00e9mocratique.    \u00a0   Parce que cette amiti\u00e9 est devenue aujourd\u2019hui une possibilit\u00e9 r\u00e9elle. Avant   la r\u00e9volte, elle nous paraissait difficile \u00e0 r\u00e9aliser. Car les \u00e9v\u00e9nements en   Iran et dans une certaine mesure en Irak, justifiaient un certain pessimisme   concernant une possible d\u00e9mocratisation du monde arabe. Or l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de   l\u2019histoire pendant ces derni\u00e8res semaines, recommande qu\u2019on mette un terme \u00e0   ces r\u00e9ticences et \u00e0 ces inqui\u00e9tudes nourries par des pr\u00e9jug\u00e9s culturels et   racistes. La libert\u00e9 n\u2019est pas une valeur que seuls les pays cultiv\u00e9s et   \u00e9volu\u00e9s savent en appr\u00e9cier toutes les significations. Les masses d\u00e9sinform\u00e9s,   discrimin\u00e9s et exploit\u00e9s peuvent \u00e9galement d\u00e9couvrir, souvent par des voies   sinueuses, que la libert\u00e9 n\u2019est pas une notion purement rh\u00e9torique d\u00e9pourvue   de substance, mais une clef primordiale hautement concr\u00e8te pour se sortir de   l\u2019horreur, un outil pour construire une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 des hommes et des femmes   peuvent vivre sans peur dans le cadre de la l\u00e9galit\u00e9 et avec d\u2019immenses   possibilit\u00e9s de progr\u00e8s. Ceci a eu lieu en Asie, en Am\u00e9rique latine et dans   les pays qui v\u00e9curent sous la f\u00e9rule de l\u2019Union Sovi\u00e9tique. Maintenant, ceci   commence \u2013 enfin &#8211; \u00e0 prendre forme dans les pays arabes avec une force et un   h\u00e9ro\u00efsme extraordinaires. Nous avons l\u2019obligation de leur exprimer notre   solidarit\u00e9 active, parce que la transformation du Moyen-Orient en terre de   libert\u00e9 ne b\u00e9n\u00e9ficiera pas seulement \u00e0 des millions d\u2019Arabes mais au monde   entier, Isra\u00ebl compris, m\u00eame si le gouvernement extr\u00e9miste de Netanyahou est   incapable d\u2019assimiler cette v\u00e9rit\u00e9.   \u00a0   Mario Vargas LLosa, \u00e9crivain hispano-p\u00e9ruvien prix Nobel de litt\u00e9rature 2010   \u00a0   \u00a9 Droits mondiaux de presse r\u00e9serv\u00e9s dans toutes les langues aux \u00e9ditions EL   PAIS, SL, 2011. \u00a9 Mario Vargas LLosa, 2011.   Traduit de l\u2019espagnol par Abdelatif Ben Salem.   \u00a0   <font><strong>Courtesy EL PAIS (quotidien espagnol (Madrid),   13 f\u00e9vrier 2011 <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Des journalistes tunisiens \u00e0 la reconqu\u00eate du   droit confisqu\u00e9 d&rsquo;informer<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">Filatures, interrogatoires, emprisonnements, menaces: des   journalistes tunisiens qui ont connu le pire du r\u00e9gime policier Ben Ali,   cherchent \u00e0 reconqu\u00e9rir un v\u00e9ritable pouvoir d&rsquo;informer en Tunisie, une t\u00e2che   titanesque dans un domaine o\u00f9 des cas de censure persistent.   La r\u00e9cente r\u00e9volution tunisienne a bris\u00e9 le tabou de la propagande du pouvoir   qui \u00e9tait au coeur du r\u00e9gime policier de Ben Ali qui aura verrouill\u00e9 les   libert\u00e9s les plus fondamentales.   \u00ab\u00a0Le plus grand d\u00e9fi des journalistes ici c&rsquo;est de r\u00e9inventer leur droit \u00e0   l&rsquo;expression car le m\u00e9tier a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. Nous sommes dans ce domaine sur une   terre qui a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9e au napalm\u00a0\u00bb, d\u00e9clare \u00e0 l&rsquo;AFP le journaliste Taoufik Ben   Brik, 50 ans.   Condamn\u00e9 pour ses articles critiques sur Ben Ali, ce journaliste r\u00e9put\u00e9 aura   connu entre autre \u00e9preuves, les ge\u00f4les de la prison Siliana, \u00ab\u00a0un lieu   pr\u00e9historique dans une des r\u00e9gions les plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es de Tunisie, \u00e0 160 km   de Tunis\u00a0\u00bb pendant six mois en 2010.   Aujourd&rsquo;hui, il faut, selon lui, \u00ab\u00a0faire table rase de toutes les Pravda   tunisiennes\u00a0\u00bb, estimant que \u00ab\u00a0l&rsquo;internet qui a jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans la   r\u00e9volution tunisienne va s&rsquo;ancrer dans la paysage m\u00e9diatique, car il y a des   gens qui ne veulent plus acheter des journaux\u00a0\u00bb, trop longtemps associ\u00e9s au   clan Ben Ali.   D\u00e9sabus\u00e9, il confie avoir \u00ab\u00a0un m\u00e9pris incommensurable\u00a0\u00bb envers tous les   journalistes qui \u00e9taient les chiens de garde du r\u00e9gime Ben Ali et qui   maintenant veulent se mouvoir en gardiens de la r\u00e9volution\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Ils me disent   maintenant qu&rsquo;ils \u00e9taient oblig\u00e9s de le faire, mais on n&rsquo;a pas besoin de leur   mea culpa et les m\u00eames continuent maintenant \u00e0 faire de l&rsquo;intox pour Chichi   (le Premier ministre Mohammed Ghannouchi) comme sur TV7\u00a0\u00bb.   Outre Taoufik Ben Brik, d&rsquo;autres journalistes comme Zouheir Makhlouf et Fahem   Boukaddous, auront connu les redoutables pressions polici\u00e8res.   La Tunisie compte 1.600 journalistes dont 1.200 sont membres du SNJT (Syndicat   national des journalistes tunisiens), selon son pr\u00e9sident, Jamel Karmaoui.   Ce journaliste, qui affime avoir \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0interrog\u00e9\u00a0\u00bb plusieurs fois et m\u00eame \u00ab\u00a0tabass\u00e9\u00a0\u00bb   par la police politique pour des articles sur la presse en 2005 et 2009,   estime qu&rsquo;il \u00ab\u00a0faut radicalement changer le droit\u00a0\u00bb r\u00e9gissant les m\u00e9dias..   \u00ab\u00a0Pour l&rsquo;instant, c&rsquo;est le m\u00eame paysage m\u00e9diatique, les m\u00eames radios et les   m\u00eames t\u00e9l\u00e9visions qui existaient sous Ben Ali mais avec cette diff\u00e9rence que   le d\u00e9bat devient pluriel, des visages interdits peuvent appara\u00eetre et   s&rsquo;exprimer librement\u00a0\u00bb.   Pourtant, il rel\u00e8ve, que la s\u00e9curit\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9vision nationale est toujours   assur\u00e9e par le minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur, et l&rsquo;interdiction d&rsquo;une \u00e9mission de   t\u00e9l\u00e9vision men\u00e9e par le journaliste Hichem Snoussi,\u00a0\u00bbqui avait l&rsquo;audace de   vouloir parler de la corruption au sein de la centrale syndicale tunisienne (UGTT)\u00a0\u00bb,   qui a jou\u00e9 un r\u00f4le moteur dans la mobilisation populaire qui a renvers\u00e9 le   pr\u00e9sident Ben Ali.   L&rsquo;UGTT, selon lui, a propos\u00e9 \u00ab\u00a0un conseil de protection de la R\u00e9volution charg\u00e9   de d\u00e9fendre notamment les associations\u00a0\u00bb, mais les journalistes ne veulent pas   y adh\u00e9rer: \u00ab\u00a0Nous avons besoin d&rsquo;un v\u00e9ritable contre-pouvoir pour prot\u00e9ger   notre libert\u00e9\u00a0\u00bb.   Outre les radios, les Tunisiens peuvent s&rsquo;informer via les t\u00e9l\u00e9visions   publiques TV1 et Canal 21 et deux autres cha\u00eenes priv\u00e9es Hannibal TV (dirig\u00e9   par Laarbi Nasra, suspect\u00e9 d&rsquo;\u00eatre pro-Ben Ali avant d&rsquo;\u00eatre rel\u00e2ch\u00e9) et Nesma   TV (dirig\u00e9 par Nabil Karoui, un ind\u00e9pendant) et l&rsquo;internet.   Les journalistes tunisiens attendent d\u00e9sormais une r\u00e9forme du code de la   presse et la multiplication pr\u00e9vue de journaux ind\u00e9pendants.   Optimiste, Sadok Hammami, membre de l&rsquo;ISPI (Institut de la presse et des   sciences de l&rsquo;information), affirme que \u00ab\u00a0la suppression du minist\u00e8re de la   Communication, la dynamisation de la vie politique, le renouveau de la vie   intellectuelle sont autant de changements qui affecteront l&rsquo;environnement de   la presse tunisienne\u00a0\u00bb.   Zied He\u00e9ni, c\u00e9l\u00e8bre blogueur, harcel\u00e9 par l&rsquo;ancien r\u00e9gime, ne cache pas sa   joie: \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui pour la premi\u00e8re fois les journalistes de mon journal,   Assahafa, ont \u00e9lu un comit\u00e9 de r\u00e9daction\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Ca bouge!\u00a0\u00bb.   <font><strong>Source: \u201dAFP\u201d Le 18-02-2011   <\/strong><\/font><font><strong>Lien: http:\/\/www.google.com\/hostednews\/afp\/article\/ALeqM5iJrhVVm8-m5eaWApYlE8eQ_FRA7A?docId=CNG.e6b8f90c701687a81f59738a1f09e62b.71  <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font>Tunisie: l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 de Ben Ali \u00ab\u00a0pas   l&rsquo;affaire\u00a0\u00bb du gouvernement<\/font><\/h3>\n<p><\/strong> <\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">Le gouvernement tunisien de transition a estim\u00e9 vendredi que   l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 du pr\u00e9sident d\u00e9chu Zine El Abidine Ben Ali, tomb\u00e9 dans le coma   il y a trois jours apr\u00e8s un accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral en Arabie Saoudite,   n&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0pas (son) affaire\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 son porte-parole.   \u00ab\u00a0Je peux vous dire que l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 de l&rsquo;ex-pr\u00e9sident n&rsquo;est pas l&rsquo;affaire   du gouvernement de transition\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Taieb Baccouch, \u00e9galement ministre   de l&rsquo;Education.   L&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 de Ben Ali \u00ab\u00a0a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 en conseil des ministres mais cela   n&rsquo;a pas dur\u00e9 10 secondes. Son sort ne concerne pas le gouvernement qui a   d&rsquo;autres priorit\u00e9s\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 Mehdi Houas, ministre du Commerce   et du Tourisme.   L&rsquo;ex-pr\u00e9sident, qui a fui son pays en Arabie saoudite le 14 janvier sous la   pression de la rue apr\u00e8s 23 ans de pouvoir sans partage, est dans un h\u00f4pital   de Jeddah dans le coma suite \u00e0 un AVC, a indiqu\u00e9 jeudi \u00e0 l&rsquo;AFP un proche de sa   famille.   <strong><font>Source: \u201dRomandie\u201d Le 18-02-2011   <\/font><font>Lien: http:\/\/www.romandie.com\/ats\/news\/110218170528.jq5bsjh9.asp \u00a0<\/font><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font>Tunisie : Ben Ali est-il vraiment dans le   coma ?<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">   L&rsquo;information selon laquelle le pr\u00e9sident tunisien d\u00e9chu Zine el-Abidine Ben   Ali serait dans le coma est difficilement v\u00e9rifiable. Encore un coup de la   chasse au scoop \u00e0 tout prix ?   Zine el-Abidine Ben Ali, qui a fui la Tunisie le 14 janvier dernier pour   l\u2019Arabie Saoudite, est-il dans le coma dans un h\u00f4pital de Djeddah, comme la   majorit\u00e9 des m\u00e9dias l\u2019ont \u00e9crit ? Il semble que l\u2019information soit \u00e0 prendre   avec des pincettes. De fait, rapport\u00e9e en premier par le journaliste fran\u00e7ais   Nicolas Beau sur son blog puis reprise en boucle, celle-ci reste inv\u00e9rifiable.     Des sources non identifi\u00e9es voire peu fiables (pr\u00e9sent\u00e9es tour \u00e0 tour comme \u00ab   s\u00fbres \u00bb, \u00ab diplomatiques au Moyen-Orient \u00bb ou confirm\u00e9es par un \u00ab journaliste   tunisien \u00bb) avaient expliqu\u00e9 que l\u2019ancien pr\u00e9sident tunisien avait subi une   attaque vasculaire c\u00e9r\u00e9brale (AVC) avant de sombrer dans le coma (certaines   ont m\u00eame annonc\u00e9 sa mort). Apr\u00e8s v\u00e9rification, rien ne permet de l\u2019affirmer.   Notre propre enqu\u00eate d\u00e9montre m\u00eame, pour l\u2019instant et toujours en restant   prudent, que Ben Ali n\u2019aurait pas subi d\u2019AVC. Mieux vaut tard qu\u2019inexact\u2026    <font><strong>Source: \u201dJeune Aferique\u201d Le 18-02-2011   <\/strong><\/font><font><strong>Lien: http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20110218165527\/media-presse-sante-tunisietunisie-ben-ali-est-il-vraiment-dans-le-coma.html  <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font>Difficile rabibochage entre Paris et Tunis   qui attend des gestes forts<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">Difficile rabibochage entre la Tunisie et la France: les   Tunisiens comptent les maladresses de son ex-puissance coloniale et   pr\u00e9viennent que Paris, tardif \u00e0 soutenir la R\u00e9volution, doit rectifier le tir   par des gestes forts conscients aussi de l&rsquo;importance des liens entre les deux   pays.   Des erreurs de jugement de la diplomatie fran\u00e7aise pendant la r\u00e9volution \u00e0 la   nomination d&rsquo;un nouvel ambassadeur: tout ce qui vient de Paris est pass\u00e9 au   crible \u00e0 Tunis depuis la chute de Ben Ali le 14 janvier.    \u00ab\u00a0Il y a une accumulation de fautes graves: la France n&rsquo;est toujours pas en   phase. Il faut colmater les br\u00e8ches et rectifier le tir\u00a0\u00bb, dit Mohsen Zara\u00ef,   professeur de 55 ans.   Les Tunisiens n&rsquo;ont toujours pas dig\u00e9r\u00e9 le temps mis par Paris \u00e0 l\u00e2cher le   pr\u00e9sident tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Ni les propos de la ministre   fran\u00e7aise des Affaires \u00e9trang\u00e8res Mich\u00e8le Alliot-Marie qui avait propos\u00e9 le   \u00ab\u00a0savoir faire\u00a0\u00bb s\u00e9curitaire de la France au moment o\u00f9 la r\u00e9pression battait son   plein.   Le chef de la diplomatie du gouvernement de transition Ahmed Ouna\u00efes en a   apparemment fait les frais: ses paroles lors de sa visite en France, o\u00f9 il   n&rsquo;avait pas tari d&rsquo;\u00e9loges sur son homologue fran\u00e7aise, avaient suscit\u00e9 des   critiques au sein m\u00eame de son minist\u00e8re. Une dizaine de jours plus tard, il   annon\u00e7ait sa d\u00e9mission.   Les liens d&rsquo;amiti\u00e9 de Mme Alliot-Marie avec Aziz Miled et une transaction   entre ses parents et ce riche patron tunisien ayant \u00e9t\u00e9 li\u00e9 en affaires au   clan Ben Ali choquent \u00e9galement. \u00ab\u00a0Elle ne sera plus jamais cr\u00e9dible comme   ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res\u00a0\u00bb, avance Houcine Bel Mekki, cheminot de 47   ans.   Critiqu\u00e9e, la d\u00e9claration du ministre fran\u00e7ais de l&rsquo;Int\u00e9rieur Brice Hortefeux   qui apr\u00e8s l&rsquo;afflux de migrants tunisiens en Italie, a pr\u00e9venu qu'\u00a0\u00bbun \u00e9tranger   en situation irr\u00e9guli\u00e8re\u00a0\u00bb avait \u00ab\u00a0vocation \u00e0 \u00eatre reconduit dans son pays   d&rsquo;origine\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0La politique de toujours: la France retire d&rsquo;une main ce qu&rsquo;elle   donne de l&rsquo;autre\u00a0\u00bb, a comment\u00e9 le quotidien Le Temps.   Et aussi la nomination de Boris Boillon, jeune ambassadeur (41 ans) qui a   pr\u00e9sent\u00e9 mercredi ses lettres de cr\u00e9ance, accueilli en Tunisie par un blog et   des tweets intitul\u00e9s \u00ab\u00a0D\u00e9gage Boillon\u00a0\u00bb sur le mod\u00e8le du \u00ab\u00a0D\u00e9gage Ben Ali\u00a0\u00bb scand\u00e9   pendant la contestation.   \u00ab\u00a0Il faut reconna\u00eetre que la France a commis plus que des maladresses. Ca   remonte \u00e0 loin: ces derni\u00e8res ann\u00e9es, elle ne s&rsquo;est pas exprim\u00e9e sur les   violations des droits de l&rsquo;Homme, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, et les gens   l&rsquo;ont vu\u00a0\u00bb, explique \u00e0 l&rsquo;AFP Khadija Ch\u00e9rif repr\u00e9sentante en Tunisie de la   F\u00e9d\u00e9ration internationale des ligues des droits de l&rsquo;Homme (FIDH).   \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, elle a capt\u00e9, le pr\u00e9sident Nicolas Sarkozy \u00e0 fait son mea culpa\u00a0\u00bb   sur le ralliement tardif de Paris \u00e0 la R\u00e9volution. \u00ab\u00a0Mais il n&rsquo;est pas facile   de d\u00e9passer cela en quelques phrases. Il faut des gestes forts et un peu de   temps\u00a0\u00bb, dit-elle.   Jeudi, lors de sa premi\u00e8re rencontre avec des journalistes tunisiens, M.   Boillon, a donn\u00e9 le \u00ab\u00a0la\u00a0\u00bb de son mandat, quelques jours avant une visite de la   ministre de l&rsquo;Economie, Christine Lagarde, qui sera le premier membre du   gouvernement fran\u00e7ais \u00e0 venir en Tunisie apr\u00e8s les chefs de la diplomatie   britannique, allemand et italien. \u00ab\u00a0Je suis ici pour \u00e9crire une nouvelle page\u00a0\u00bb   ce qui suppose \u00ab\u00a0une autre approche\u00a0\u00bb, a-t-il dit.   Dans la rue comme dans les minist\u00e8res, quoi que l&rsquo;on pense, on estime   essentiel le lien entre la France et son ancien protectorat (1881-1956) o\u00f9   elle est le premier investisseur.   \u00ab\u00a0La Tunisie ne peut pas s&rsquo;en passer car il y a une relation \u00e9ternelle et   beaucoup d&rsquo;\u00e9changes \u00e9conomiques et culturels\u00a0\u00bb, juge le cheminot.   \u00ab\u00a0La France n&rsquo;a pas compris la R\u00e9volution mais on ne va pas ouvrir le dossier   de qui a soutenu le peuple ou pas. On a int\u00e9r\u00eat \u00e0 avoir des relations amicales,   le contraire serait irresponsable\u00a0\u00bb, affirme aussi le ministre de   l&rsquo;Enseignement sup\u00e9rieur Ahmed Brahim. \u00ab\u00a0Mais les relents de paternalisme, il   faut que cela cesse. La Tunisie a pris son destin en main et il faut que la   France la traite sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb.   <strong><font><font>Source: \u201cLe Parisien\u201d Le   18-02-2011   <\/font>Lien: http:\/\/www.leparisien.fr\/flash-actualite-politique\/difficile-rabibochage-entre-paris-et-tunis-qui-attend-des-gestes-forts-18-02-2011-1321697.php   <\/font><\/strong>\u00a0 <\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><h3 style=\"color: blue;\"><font><strong>Le nouvel ambassadeur de France en Tunisie   fait d\u00e9j\u00e0 parler de lui !<\/strong><\/font><\/h3>\n<\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">Arriv\u00e9 en Tunisie \u00e0 la fin du mois de janvier, l&rsquo;ambassadeur   fran\u00e7ais Boris Boillon commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 faire des vagues, sans compter les   casseroles d\u00e9voil\u00e9es par la presse.   \u00a0   Boris Boillon est un politicien encore peu connu, mais il tra\u00eene d\u00e9j\u00e0 quelques   casseroles derri\u00e8re lui. Ambassadeur fran\u00e7ais en Tunisie, une vid\u00e9o r\u00e9cente le   montre en proie \u00e0 une vive col\u00e8re face aux journalistes avec lesquels il   d\u00e9jeune. Relay\u00e9e par Mediapart, la vid\u00e9o ne permet pas de tout comprendre,   mais il a \u00e9t\u00e9 visiblement interrog\u00e9 au sujet de Michelle Alliot-Marie et de   ses vacances pass\u00e9s dans le pays en d\u00e9cembre dernier.   \u00a0   Boris Boillon travaille au minist\u00e8re des Affaires \u00c9trang\u00e8res depuis 10 ans   environ, et s&rsquo;est fait conna\u00eetre lors de sa derni\u00e8re mission en Irak, o\u00f9 il   est rest\u00e9 18 mois. Ouvertement favorable \u00e0 l&rsquo;intervention am\u00e9ricaine dans le   pays, et proche de Nicolas Sarkozy, son style ne pla\u00eet pas toujours. En effet,   il est jug\u00e9 trop direct et trop provocateur.   \u00a0   L&rsquo;ambassadeur a soulign\u00e9 \u00eatre le premier diplomate a avoir ouvert un compte   Twitter, mais ses d\u00e9tracteurs voient d&rsquo;un mauvais \u0153il la photo affich\u00e9e comme   profil sur le r\u00e9seau social Copains d&rsquo;avant. On peut le voir en slip de bain,   affichant une musculature avantageuse. Autant sire que l&rsquo;on pas fini   d&rsquo;entendre parler de Boris Boillon.   <font><strong>Source : \u00ab zigonet \u00bb le 18-02-2011   <\/strong><\/font><font><strong>Lien : http:\/\/www.zigonet.com\/politique\/le-nouvel-ambassadeur-de-france-en-tunisie-fait-deja-parler-de-lui_art20045.html  <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font>Tunisie: le gouvernement adopte l&rsquo;amnistie   g\u00e9n\u00e9rale des politiques<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">Le gouvernement tunisien de transition a adopt\u00e9 vendredi   l&rsquo;amnistie g\u00e9n\u00e9rale des prisonniers politiques et un d\u00e9cret-loi doit \u00eatre   annonc\u00e9 dans les \u00ab\u00a0tout prochains jours\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 vendredi son porte-parole   Taieb Baccouch \u00e0 l&rsquo;issue du conseil des ministres.   \u00ab\u00a0L&rsquo;amnistie a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e en conseil des ministres et un d\u00e9cret-loi sera   annonc\u00e9 dans les tout prochains jours\u00a0\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la presse.   Le premier gouvernement de transition avait adopt\u00e9 un projet de loi d&rsquo;amnistie   g\u00e9n\u00e9rale le 20 janvier, six jours pr\u00e8s la chute du r\u00e9gime verrouill\u00e9 de Ben   Ali.   La semaine derni\u00e8re, l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale et le S\u00e9nat tunisien (Chambre des   conseillers) avaient pour leur part adopt\u00e9 une loi autorisant le pr\u00e9sident   int\u00e9rimaire Foued Mebazaa \u00e0 gouverner par d\u00e9crets-lois, contournant ainsi le   Parlement bicam\u00e9ral h\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;ancien r\u00e9gime.   Le ministre de la Justice Lazhar Karoui Chebbi a indiqu\u00e9 mercredi que la   lib\u00e9ration conditionnelle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 3.000 prisonniers, sans   pr\u00e9ciser s&rsquo;il s&rsquo;agissait de droits communs ou de politiques.   Mercredi, environ 200 personnes ont manifest\u00e9 devant le minist\u00e8re de la   Justice pour r\u00e9clamer la lib\u00e9ration de leurs enfants d\u00e9tenus et l&rsquo;application   de l&rsquo;amnistie g\u00e9n\u00e9rale.   Selon l&rsquo;avocat Samir Ben Amor il y aurait encore 300 \u00e0 500 prisonniers   politiques dans les prisons.   <font><strong>Source: \u201cAFP\u201d Le 18-02-2011   <\/strong><\/font><font><strong>Lien: http:\/\/www.google.com\/hostednews\/afp\/article\/ALeqM5jrV8QmexDWYkmg3wRTnProtgMQaw?docId=CNG.2d9709705e1f7d501aec7454757f89f6.441  <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font>Tunisie. Les chiffres de la campagne   pr\u00e9sidentielle 2009<\/font><\/h3>\n<p><\/strong> <\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">Pour financer la campagne \u00e9lectorale pr\u00e9sidentielle en 2009,   les sbires de Ben Ali ont collect\u00e9 la somme de 15 millions de dinars \u00e0 titre   de dons aupr\u00e8s des hommes d\u2019affaires ou simples citoyens ran\u00e7onn\u00e9s.    Apr\u00e8s le financement de ladite campagne, le reste de la somme a \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9,   apr\u00e8s les \u00e9lections, sous formes de r\u00e9tributions et de cadeaux \u00e0 certaines   personnes, au prorata de l\u2019enthousiasme et du z\u00e8le qu\u2019elles montr\u00e9 \u00e0 servir le   dictateur. Les \u00abenveloppes-surprises\u00bb variaient entre 300 et 6.000 dinars. A   la fin, quelque 2,5 million de dinars ont, tout de m\u00eame, \u00e9t\u00e9 remis au tr\u00e9sor   public.    Ces chiffres, et beaucoup d\u2019autres, ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s par Abdelfattah Omar,   pr\u00e9sident de la Commission nationale d\u2019investigation sur les affaires de   corruption et de malversation, au cours d\u2019une conf\u00e9rence de presse donn\u00e9e   aujourd\u2019hui \u00e0 Tunis.    M. Amor a indiqu\u00e9 que de nombreux documents et t\u00e9moignages disponibles   d\u00e9montrent l\u2019ampleur de la corruption dans la gestion des affaires de l\u2019Etat   sous le r\u00e9gime du pr\u00e9sident d\u00e9chu.    La Commission a re\u00e7u \u00e0 ce jour 3.300 dossiers. Ses membres n\u2019ont pu en   examiner que 100, relatifs \u00e0 la gestion de la pr\u00e9sidence de la r\u00e9publique.    Les dossiers relatifs au Rcd, l\u2019ancien parti au pouvoir, sont tellement lourds   et compliqu\u00e9s qu\u2019ils vont faire l\u2019objet d\u2019un traitement \u00e0 part. Ceux de la   douane nationale, institution largement impliqu\u00e9e dans les malversations du   clan Ben Ali, vont \u00eatre trait\u00e9s, quant \u00e0 eux, par une commission sp\u00e9ciale qui   sera mise en place incessamment.   <strong><font>Source : \u00ab Kapitalis \u00bb Le 18-02-2011   <\/font><font>Lien : http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/2759-tunisie-les-chiffres-de-la-campagne-presidentielle-2009.html  <\/font><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<p><font>Tunisie- Commission d&rsquo;enqu\u00eate sur la   corruption: La corruption a gangren\u00e9 toutes les structures de l\u2019Etat et de   larges pans de la soci\u00e9t\u00e9<\/font><\/p>\n<p><\/strong> <\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">\u00ab Un pouvoir totalitaire, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire du   pouvoir exerc\u00e9 par l\u2019ancien pr\u00e9sident de la R\u00e9publique \u00bb a d\u00e9clar\u00e9, atterr\u00e9,   Abdelfattah Amor, pr\u00e9sident de la Commission d&rsquo;\u00e9tablissement des faits sur les   malversations et la corruption lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse organis\u00e9e   aujourd&rsquo;hui, jeudi 18 f\u00e9vrier 2011.   Zine El Abidine Ben Ali, intervenait \u00e0 tous les niveaux n\u2019excluant aucun   secteur ou champs d\u2019activit\u00e9. La corruption a \u00e9t\u00e9 institutionnalis\u00e9e, elle a   min\u00e9 toutes les administrations publiques se r\u00e9pandant sur toutes les   expressions de la vie \u00e9conomique. Du plus haut de la pyramide de l\u2019Etat   jusqu\u2019au plus bas de l\u2019\u00e9chelle. De larges pans de la population officielle a   \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par la syst\u00e9matisation des malversations et des friponneries de   tous genres, en faisant une \u00e9chelle de valeurs et un cercle vicieux duquel   n\u2019\u00e9chappait personne.    Derni\u00e8res nouvelles en date, quatre pr\u00e9sidents de partis politiques le 11 et   le 13 janvier ont re\u00e7u chacun et \u00e0 titre personnel, une enveloppe de 50.000   dinars. Ali Seriati, lui, a re\u00e7u le 13 janvier, la somme 500.000 Dinars, il   n\u2019est pas \u00e9tonnant dans ce cas que dans sa voracit\u00e9 et sa cupidit\u00e9, il ait   vendu son \u00e2me \u00e0 la satanique Leila.   On n\u2019arr\u00eate pas le progr\u00e8s\u2026.   Pour ce qui est de la provenance de ces montants, eh bien, c\u2019est la pr\u00e9sidence   qui s\u2019en est acquitt\u00e9e. Fort heureusement un montant de 2,5 millions de   dinars, ce qui reste des 15,5 milliards de DT de dons accord\u00e9s par des groupes   priv\u00e9s et des hommes d\u2019affaires aux derni\u00e8res \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, ont   \u00e9t\u00e9 remis au tr\u00e9sor public.    Un homme d\u2019affaires avait \u00e0 l\u2019occasion des derni\u00e8res \u00e9lections, offert   gracieusement la coquette somme de 1,5 million de dinars en tant que   participation personnelle. Il y\u2019aurait eu des groupes qui seraient all\u00e9s au   devant des d\u00e9sirs du Pr\u00e9sident d\u00e9chu, lui proposant des id\u00e9es pour la   spoliation de leur pays, \u00ab Vos r\u00eaves sont des ordres \u00bb semblaient-ils dire.   Les ministres et les hauts fonctionnaires, n\u2019auraient pas eu voix au chapitre   dans toutes les d\u00e9cisions d\u00e9tourn\u00e9es ou ill\u00e9gales prises \u00e0 leur insu ou malgr\u00e9   eux d\u2019apr\u00e8s quelques t\u00e9moignages entendus par la commission. A la question   pourquoi ils ne protestaient pas, la r\u00e9ponse \u00e9tait tout simplement : \u00ab Oser   contester, refuser ou m\u00eame d\u00e9missionner, \u00e9tait hors de question car cela   voulait tout simplement dire qu\u2019il \u00e9tait fort possible qu&rsquo;ils ne puissions pas   arriver chez nous sains et saufs \u00bb. Zine El Abidine Ben Ali aurait m\u00eame appel\u00e9   un ministre qui faisait la sourde oreille, \u00e0 une revendication familiale, chez   lui pour lui dire \u00abJe pense que vous n\u2019avez pas compris\u00bb.   Une voracit\u00e9 sans limites   Une bonne nouvelle, m\u00eame si c\u2019est une goutte d\u2019eau dans un oc\u00e9an de corruption   et de spoliation de tous genres. Une administration publique a pu r\u00e9cup\u00e9rer la   somme de 24 millions de dinars qu\u2019elle aurait avanc\u00e9e, sur une campagne   publicitaire, \u00e0 une agence de communication appartenant \u00e0 une agence dirig\u00e9e   par un parent de l\u2019ancienne pharaonne.    La commission d&rsquo;\u00e9tablissement des faits sur les malversations et la corruption   a re\u00e7u un grand nombre de dossiers des administrations publiques et a mis la   main sur ceux existant \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique. A propos de la   possibilit\u00e9 que certaines personnes impliqu\u00e9es puissent faire disparaitre des   documents importants, Abdelfattah Amor a pr\u00e9cis\u00e9 que le tra\u00e7age de toutes les   infractions pourrait \u00eatre faite m\u00eame lorsque l\u2019on proc\u00e8de au formatage des   ordinateurs.   Les dossiers soumis \u00e0 l\u2019attention des membres de la commission ont montr\u00e9 que   Zine El Abidine Ben Ali intervenait pour ce qui est d\u2019accorder des avantages   aux membres de la famille et pour ce qui concerne les appels d\u2019offres publics,   pour l\u00e9gitimer la spoliation des domaines de l\u2019Etat par Leila et comp\u00e8res ou   pour l\u2019attribution de gros montants et de pr\u00eats aux membres de la \u00ab casa   nostra \u00bb trabelsienne et la sienne. Imed Trabelsi \u00e9tait le premier \u00e0 profiter   des faveurs et de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de sa \u00ab tante \u00bb qui ne lui refusait rien.    Leila aurait \u00ab achet\u00e9 \u00bb un terrain de 3524 m2 \u00e0 la marina de Hammamet pour la   somme astronomique de\u2026 \u00ab100 DT \u00bb, oui, c\u2019est bien \u00ab 100 DT \u00bb\u2026Pour l\u2019Ecole   internationale de Carthage, elle a fait mieux : 17 684 m2 au dinar symbolique.   L\u2019ancien Pr\u00e9sident lui-m\u00eame aurait achet\u00e9 un terrain \u00e0 Sidi Bousaid \u00e0 5 DT le   m2.   Pour ce qui est du tissu entrepreneurial, il a \u00e9t\u00e9 largement touch\u00e9 de gr\u00e8s ou   de force par la corruption \u00e9rig\u00e9e en r\u00e8gles de conduite sous l\u2019autorit\u00e9 de Ben   Ali. De grands groupes \u00e9conomiques ont \u00e9t\u00e9 pris dans le tourbillon des   malversations de toutes sortes \u00ab Ce que nous voulons aujourd\u2019hui c&rsquo;est   pr\u00e9server l\u2019entreprise, sa capacit\u00e9 \u00e0 participer \u00e0 la dynamique \u00e9conomique et   prot\u00e9ger l\u2019emploi. Il ne faut pas que la bonne marche des entreprises soient   touch\u00e9e par les d\u00e9lits commis par certains responsables \u00bb.   Si l\u2019on doit nommer un mandataire judiciaire, on le fera sans h\u00e9siter, mais il   faut que le syst\u00e8me \u00e9conomique continu \u00e0 fonctionner normalement, a assur\u00e9   M.Amor. Ceci \u00e9tant les noms des personnes impliqu\u00e9es ne seront pas rendus   publics dans un souci de confidentialit\u00e9 et de pr\u00e9servation de leur int\u00e9grit\u00e9   physique et de leur honneur.   Il n\u2019est pas ais\u00e9e pour la commission de d\u00e9lier les n\u0153uds et les ramifications   mafieuses \u00e9tablies par l\u2019ancien r\u00e9gime et dirig\u00e9e par Leila Trabelsi qui   d\u00e9tenait tous les pouvoirs. L\u2019organisation de la \u00ab familia \u00bb \u00e9tait constitu\u00e9e   d\u2019un premier cercle de membres de la famille et celui des belles familles au   nombre de 142 personnes au total y compris les enfants, ensuite un deuxi\u00e8me   cercle comprenant les amis et les proches et un troisi\u00e8me et ainsi de suite\u2026   Zine El Abidine intervenait m\u00eame pour d\u00e9douaner une voiture de luxe ou   accorder l\u2019autorisation de vendre des boissons alcooliques aux h\u00f4tels et   restaurants. Les services de douanes \u00e9taient infest\u00e9s par les Trabelsi et amis   et \u00e9taient soumis aux r\u00e8gles souscrites par ces derniers. Les 50 soci\u00e9t\u00e9s   d\u2019import\/export de la familia b\u00e9n\u00e9ficiaient de toutes les faveurs \u00ab douani\u00e8res   \u00bb et les dossiers sont aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019\u00e9tude.   Qui aurait soup\u00e7onn\u00e9 que nos institutions, nos administrations, notre tissu   entrepreneurial avait \u00e9t\u00e9 autant gangren\u00e9 par la corruption? Dans nos   cauchemars les plus fous, nous n\u2019aurions pu imaginer la toile d\u2019araign\u00e9e   tiss\u00e9e par une veuve noire appel\u00e9e Leila qui a hypoth\u00e9qu\u00e9 le pays et instaur\u00e9   un tel degr\u00e9 de d\u00e9cadence de l\u2019\u00e9chelle des valeurs qui a touch\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la   structure mentale de nombre de nos concitoyens qui ont fini par croire que le   chemin pour arriver \u00e0 bon port doit \u00eatre forc\u00e9ment d\u00e9tourn\u00e9.   <strong><font>Source: \u201cwmc\u201d Le 18-02-2011   <\/font><font>Lien: http:\/\/www.webmanagercenter.com\/management\/article-102271-tunisie-commission-d-enquete-sur-la-corruption-la-corruption-a-gangrene-toutes-les-structures-de-l-etat-et-de-larges-pans-de-la-societe  <\/font><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><h3 style=\"color: blue;\"><font>Corruption et malversations: les premi\u00e8res   r\u00e9v\u00e9lations d&rsquo;Abdelfattah Amor<\/font><\/h3>\n<\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">   M. Abdelfattah Omar, pr\u00e9sident de la Commission nationale d&rsquo;investigation sur   les affaires de corruption et de malversation, a affirm\u00e9 que de nombreux   documents et t\u00e9moignages disponibles, aujourd&rsquo;hui, d\u00e9montrent l&rsquo;ampleur de la   corruption dans la gestion des affaires de l&rsquo;Etat sous le r\u00e9gime du pr\u00e9sident   d\u00e9chu Zine El Abidine Ben Ali. Il a cit\u00e9, \u00e0 titre d&rsquo;exemple, la somme de 15   millions de Dinars collect\u00e9e \u00e0 titre de dons au profit de la campagne   \u00e9lectorale pr\u00e9sidentielle en 2009 dont le reste a \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9, apr\u00e8s les   \u00e9lections, sous formes de dons et de cadeaux \u00e0 certaines personnes.      Apr\u00e8s le financement de cette campagne, a-t-il pr\u00e9cis\u00e9, 2,5 million de dinars   de ces dons ont \u00e9t\u00e9 remis au tr\u00e9sor public et des sommes importantes variant   entre 300 dinars et six mille dinars ont \u00e9t\u00e9 remises \u00e0 un certain nombre de   personnes, \u00e0 la fin de la campagne.      Au cours d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse tenue, vendredi matin, au si\u00e8ge de la   commission, M. Abdelfattah Amor a r\u00e9v\u00e9l\u00e9, d&rsquo;autre part, que quatre   responsables de partis politiques ont re\u00e7u la somme de 50 mille dinars en   esp\u00e8ces, en date du 7 janvier 2011, pour trois d&rsquo;entre eux et le 12 janvier   2011, pour le quatri\u00e8me, alors que l&rsquo;ancien chef de la garde pr\u00e9sidentielle,   Ali S\u00e9riati, a re\u00e7u 500 mille dinars, le 13 janvier 2011.      Dans le m\u00eame contexte, M. Amor a indiqu\u00e9 que la commission a re\u00e7u les   documents de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique relatifs au traitement par   l&rsquo;institution de la pr\u00e9sidence des diff\u00e9rents dossiers politiques, \u00e9conomiques   et sociaux. Elle a, en outre, re\u00e7u les dossiers du Fonds de solidarit\u00e9   nationale (FSN) et du Fonds national de l&#8217;emploi (FNE) qui rel\u00e8vent de la   pr\u00e9sidence, au niveau des fonds, mais elle n&rsquo;a pas encore entam\u00e9 leur \u00e9tude.      Il a d\u00e9clar\u00e9, d&rsquo;autre part, que la commission a examin\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent 100   dossiers sur un total de 3300 dossiers re\u00e7us, dont un grand nombre ne rel\u00e8ve   pas de son ressort, \u00e0 l&rsquo;instar des questions ayant trait \u00e0 l&#8217;emploi, \u00e0 la   promotion et \u00e0 l&rsquo;inex\u00e9cution de jugements.      Le Pr\u00e9sident de la commission a fait observer que l&rsquo;action de l&rsquo;instance s&rsquo;est   focalis\u00e9e au d\u00e9but sur l&rsquo;\u00e9tude des dossiers importants imput\u00e9s aux familles   Ben Ali et Trabelsi, dossiers d&rsquo;o\u00f9 il ressort l&#8217;emprise irr\u00e9guli\u00e8re de   nombreux biens de l&rsquo;Etat, la transformation de leur vocation et l&rsquo;octroi aux   membres des deux familles cit\u00e9es et de leurs proches de biens r\u00e9gis dans la   forme par des contrats l\u00e9gaux, mais qui sont de facto nuls et non avenus, en   raison d&rsquo;op\u00e9rations de fraude et d&rsquo;escroquerie.      M. Abdelfatteh Amor a donn\u00e9 des exemples, \u00e0 ce sujet, notamment, le terrain   sur lequel a \u00e9t\u00e9 construite une villa situ\u00e9e, \u00e0 La Marina Hammamet, sur une   superficie de 3524 m\u00e8tres carr\u00e9s, terrain obtenu pour une somme de cent dinars   seulement de la part de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9tudes et d&rsquo;am\u00e9nagement \u00ab\u00a0Marina Hammamet   Sud\u00a0\u00bb, ainsi que d&rsquo;un lot de terrain c\u00e9d\u00e9 au dinar symbolique par le minist\u00e8re   des Domaines de l&rsquo;Etat et des Affaires fonci\u00e8res sur lequel a \u00e9t\u00e9 construite   l&rsquo;Ecole Internationale de Carthage et l&rsquo;acquisition d&rsquo;un autre lot de terrain   situ\u00e9 dans la localit\u00e9 de Sidi Bousaid par le pr\u00e9sident d\u00e9chu, pour 5 dinars   le m\u00e8tre carr\u00e9.      Il a, aussi, \u00e9voqu\u00e9 la conclusion par une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un contrat avec des   entreprises publiques dans des conditions anormales. Il ressort de ce contrat   un d\u00e9s\u00e9quilibre frappant entre les deux parties contractantes et la violation   du principe du service fait. Apr\u00e8s discussion avec le patron de cette soci\u00e9t\u00e9   et l&rsquo;\u00e9tablissement de l&rsquo;inad\u00e9quation de ce contrat et de la violation des   r\u00e8gles juridiques de base, le concern\u00e9 a accept\u00e9 de rendre la somme de 24   millions de dinars \u00e0 l&rsquo;Etat tunisien.      D&rsquo;autre part, M. Abdelfattah Amor a soulign\u00e9 que la mode de gouvernement en   Tunisie n&rsquo;\u00e9tait ni pr\u00e9sidentiel ni pr\u00e9sidentialiste mais plut\u00f4t totalitaire,   en ce sens que tous les pouvoirs y compris les d\u00e9tails \u00e9taient d\u00e9cid\u00e9s   personnellement par le pr\u00e9sident d\u00e9chu, s&rsquo;agissant des d\u00e9cisions relatives \u00e0   la souverainet\u00e9, \u00e0 l&rsquo;octroi des agr\u00e9ments et des concessions ainsi que des   autorisations relatives \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e des voitures de luxe, destin\u00e9es \u00e0 la   famille du pr\u00e9sident et qui ne remplissent pas le plus souvent les conditions   juridiques, ceci outre l&rsquo;interdiction de d\u00e9livrer un visa pour l&rsquo;entr\u00e9e des   citoyens au territoire tunisien.      Il a indiqu\u00e9 que le r\u00f4le des ministres et des responsables qui ont \u00e9t\u00e9   auditionn\u00e9s par la commission a \u00e9t\u00e9 marginal et m\u00eame inexistant, et qu&rsquo;il   s&rsquo;est limit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution et \u00e0 l&rsquo;information de l&rsquo;ex\u00e9cution qui se transforme   en une menace, en cas de r\u00e9ticence de certains ministres vis-\u00e0-vis de certains   dossiers.      Il a mis l&rsquo;accent sur l&rsquo;existence d&rsquo;un vide institutionnel et gouvernemental,   \u00e0 la lumi\u00e8re des pouvoirs illimit\u00e9s et des privil\u00e8ges dont jouissaient les   familles de Trabelsi et de Ben Ali, ce qui a port\u00e9 atteinte au dispositif des   droits de l&rsquo;homme et \u00e0 la structure \u00e9conomique du pays.      M. Abdelfattah Amor a indiqu\u00e9 que la d\u00e9cision de maintenir le principe de   l&rsquo;anonymat proc\u00e8de de son attachement \u00e0 certains principes, dont notamment le   droit \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 physique de toutes les personnes, et   l&rsquo;imp\u00e9ratif d&rsquo;\u00e9viter la diffamation, v\u00e9ritable atteinte aux droits de l&rsquo;homme,   indiquant qu&rsquo;il veillera \u00e0 garantir la s\u00e9curit\u00e9 et l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 physique de   chaque personne, abstraction faite de sa position et de son poste de   responsabilit\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la justice prononce son verdict.      Au sujet de l&rsquo;activit\u00e9 de la commission, M. Abdelfattah Amor a relev\u00e9 qu&rsquo;il   s&rsquo;agit bien d&rsquo;une commission nationale ind\u00e9pendante, faisant remarquer que son   activit\u00e9 commande de la subdiviser en une commission technique, charg\u00e9e   d&rsquo;enqu\u00eater sur les faits et d&rsquo;auditionner les t\u00e9moins, et compos\u00e9e d&rsquo;experts   dans des questions financi\u00e8res, dans le contr\u00f4le des comptes et dans la   comptabilit\u00e9 ainsi que dans le droit des affaires, le droit boursier et le   droit immobilier et autres disciplines.      Une commission g\u00e9n\u00e9rale, a-t-il ajout\u00e9, est habilit\u00e9e \u00e0 statuer sur les   questions essentielles et les orientations fondamentales ayant trait \u00e0   l&rsquo;activit\u00e9 de la commission, et \u00e0 identifier des strat\u00e9gie pour la p\u00e9riode \u00e0   avenir afin de lutter contre la corruption et la malversation. Cette   commission englobe des membres issus des institutions et des diff\u00e9rentes   composantes de la soci\u00e9t\u00e9 civile.      Il a indiqu\u00e9 que la commission technique a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9e en sous-commissions, en   charge des affaires financi\u00e8res, fiscales et des march\u00e9s publics, des   entreprises, de la douane, des affaires fonci\u00e8res et des dossiers des citoyens.      Il a pr\u00e9cis\u00e9 que le syst\u00e8me de malversation et de corruption, qui a vu le jour   depuis plusieurs ann\u00e9es en Tunisie, a affaibli les \u00e9tablissements et   institutions de l&rsquo;Etat, participant ainsi \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence de la mentalit\u00e9 de   banalisation de la corruption et de la malversation, consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant un   ph\u00e9nom\u00e8ne normal dans la la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne.      Concernant les groupes \u00e9conomiques impliqu\u00e9s, il a mis l&rsquo;accent sur le souci   de la commission de faire la distinction entre les personnes corrompues et la   vie des entreprises, pr\u00e9cisant qu&rsquo;il est imp\u00e9ratif de prendre les mesures   n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;encontre des personnes impliqu\u00e9es, tout en oeuvrant \u00e0   pr\u00e9server le syst\u00e8me \u00e9conomique notamment en cette conjoncture d\u00e9licate, et   d\u00e9signant une instance charg\u00e9e de la gestion des affaires courantes des   entreprises et du placement des soci\u00e9t\u00e9s concern\u00e9es sous un statut juridique   sp\u00e9cifique, en vertu d&rsquo;un d\u00e9cret-loi.      M. Abdelfattah Amor a cl\u00f4tur\u00e9 en indiquant que la destruction de documents   importants dans plusieurs entreprises publiques encoure la responsabilit\u00e9   p\u00e9nale des personnes responsables. Il a pr\u00e9cis\u00e9 qu&rsquo;il existe plusieurs autres   moyens pour retrouver les donn\u00e9es d\u00e9truites et que les dossiers les plus   importants sont encore intacts et restent facilement accessibles.   <font><strong>Source: \u201cLeaders\u201d Le 18-02-2011   <\/strong><\/font><font><strong>Lien: http:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/corruption-et-malversations-les-premieres-revelations-d-abdelfattah-amor?id=4179  <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><h3 style=\"color: blue;\"><font><strong>Tunisie, Egypte : quand un vent d&rsquo;est balaie   l&rsquo;arrogance de l&rsquo;Occident<\/strong><\/font><\/h3>\n<\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">Le vent d&rsquo;est l&#8217;emporte sur le vent d&rsquo;ouest. Jusqu&rsquo;\u00e0 quand   l&rsquo;Occident d\u00e9s\u0153uvr\u00e9 et cr\u00e9pusculaire, la \u00ab\u00a0communaut\u00e9 internationale\u00a0\u00bb de ceux   qui se croient encore les ma\u00eetres du monde, continueront-ils \u00e0 donner des   le\u00e7ons de bonne gestion et de bonne conduite \u00e0 la terre enti\u00e8re ? N&rsquo;est-il pas   risible de voir quelques intellectuels de service, soldats en d\u00e9route du   capitalo-parlementarisme qui nous tient lieu de paradis mit\u00e9, faire don de   leur personne aux magnifiques peuples tunisiens et \u00e9gyptiens, afin d&rsquo;apprendre   \u00e0 ces peuples sauvages le b.a.ba de la \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb ? Quelle affligeante   persistance de l&rsquo;arrogance coloniale ! Dans la situation de mis\u00e8re politique   qui est la n\u00f4tre depuis trois d\u00e9cennies, n&rsquo;est-il pas \u00e9vident que c&rsquo;est nous   qui avons tout \u00e0 apprendre des soul\u00e8vement populaires du moment ? Ne   devons-nous pas de toute urgence \u00e9tudier de tr\u00e8s pr\u00e8s tout ce qui, l\u00e0-bas, a   rendu possible le renversement par l&rsquo;action collective de gouvernements   oligarchiques, corrompus, et en outre \u2013 et peut-\u00eatre surtout \u2013 en situation de   vassalit\u00e9 humiliante par rapport aux Etats occcidentaux ?   Oui, nous devons \u00eatre les \u00e9coliers de ces mouvements, et non leurs stupides   professeurs. Car ils rendent vie, dans le g\u00e9nie propre de leurs inventions, \u00e0   quelques principes de la politique dont on cherche depuis bien longtemps \u00e0   nous convaincre qu&rsquo;ils sont d\u00e9suets. Et tout particuli\u00e8rement \u00e0 ce principe   que Marat ne cessait de rappeler : quand il s&rsquo;agit de libert\u00e9, d&rsquo;\u00e9galit\u00e9,   d&rsquo;\u00e9mancipation, nous devons tout aux \u00e9meutes populaires.   On a raison de se r\u00e9volter. De m\u00eame qu&rsquo;\u00e0 la politique, nos Etats et ceux qui   s&rsquo;en pr\u00e9valent (partis, syndicats et intellectuels serviles) pr\u00e9f\u00e8rent la   gestion, de m\u00eame \u00e0 la r\u00e9volte, ils pr\u00e9f\u00e8rent la revendication, et \u00e0 toute   rupture la \u00ab\u00a0transition ordonn\u00e9e\u00a0\u00bb. Ce que les peuples \u00e9gyptiens et tunisiens   nous rappellent, c&rsquo;est que la seule action qui soit \u00e0 la mesure d&rsquo;un sentiment   partag\u00e9 d&rsquo;occupation scandaleuse du pouvoir d&rsquo;Etat est le lev\u00e9e en masse. Et   que dans ce cas, le seul mot d&rsquo;ordre qui puisse f\u00e9d\u00e9rer les composantes   disparates de la foule est : \u00ab\u00a0toi qui est l\u00e0, va-t&rsquo;en.\u00a0\u00bb L&rsquo;importance   exceptionnelle de la r\u00e9volte, dans ce cas, sa puissance critique, est que le   mot d&rsquo;ordre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 par des millions de gens donne la mesure de ce que sera,   indubitable, irreversible, la premi\u00e8re victoire : la fuite de l&rsquo;homme ainsi   d\u00e9sign\u00e9. Et quoi qu&rsquo;il se passe ensuite, ce triomphe, ill\u00e9gal par nature, de   l&rsquo;action populaire, aura \u00e9t\u00e9 pour toujours victorieux. Or, qu&rsquo;une r\u00e9volte   contre le pouvoir d&rsquo;Etat puisse \u00eatre absolument victorieuse est un   enseignement de port\u00e9e universelle. Cette victoire indique toujours l&rsquo;horizon   sur lequel se d\u00e9tache toute action collective soustraite \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 de la   loi, celui que Marx a nomm\u00e9 \u00ab\u00a0le d\u00e9p\u00e9rissement de l&rsquo;Etat\u00a0\u00bb.   A savoir qu&rsquo;un jour, librement associ\u00e9s dans le d\u00e9ploiement de la puissance   cr\u00e9atrice qui est la leur, les peuples pourront se passer de la fun\u00e8bre   coercition \u00e9tatique. C&rsquo;est bien pour cela, pour cette id\u00e9e ultime, que dans le   monde entier une r\u00e9volte jetant \u00e0 bas une autorit\u00e9 install\u00e9e d\u00e9clenche un   enthousiasme sans bornes.   Une \u00e9tincelle peut mettre le feu \u00e0 la plaine. Tout commence par le suicide par   le feu d&rsquo;un homme r\u00e9duit au ch\u00f4mage, \u00e0 qui on veut interdire le mis\u00e9rable   commerce qui lui permet de survivre, et qu&rsquo;une femme-flic gifle pour lui faire   comprendre ce qui dans ce bas monde est r\u00e9el. Ce geste s&rsquo;\u00e9largit en quelques   jours, quelques semaines, jusqu&rsquo;\u00e0 des millions de gens qui crient leur joie   sur une place lointaine et au d\u00e9part en catastrophe de puissants potentats.   D&rsquo;o\u00f9 vient cette expansion fabuleuse ? La propagation d&rsquo;une \u00e9pid\u00e9mie de   libert\u00e9 ? Non. Comme le dit po\u00e9tiquement Jean-Marie Gleize, \u00ab\u00a0un mouvement   r\u00e9volutionnaire ne se r\u00e9pand pas par contamination. Mais par r\u00e9sonance.   Quelque chose qui se constitue ici r\u00e9sonne avec l&rsquo;onde de choc \u00e9mise par   quelque chose qui s&rsquo;est constitu\u00e9 l\u00e0-bas\u00a0\u00bb. Cette r\u00e9sonance, nommons-l\u00e0 \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nement\u00a0\u00bb.   L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement est la brusque cr\u00e9ation, non d&rsquo;une nouvelle r\u00e9alit\u00e9, mais d&rsquo;une   myriade de nouvelles possibilit\u00e9s.   Aucune d&rsquo;entre elles n&rsquo;est la r\u00e9p\u00e9tition de ce qui est d\u00e9j\u00e0 connu. C&rsquo;est   pourquoi il est obscurantiste de dire \u00ab\u00a0ce mouvement r\u00e9clame la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb (sous-entendu,   celle dont nous jouissons en Occident), ou \u00ab\u00a0ce mouvement r\u00e9clame une   am\u00e9lioration sociale\u00a0\u00bb (sous-entendu, la prosp\u00e9rit\u00e9 moyenne du petit-bourgeois   de chez nous). Parti de presque rien, r\u00e9sonant partout, le soul\u00e8vement   populaire cr\u00e9e pour le monde entier des possibilit\u00e9s inconnues. Le mot \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb   n&rsquo;est pratiquement pas prononc\u00e9 en Egypte. On y parle de \u00ab\u00a0nouvelle Egypte\u00a0\u00bb, de   \u00ab\u00a0vrai peuple \u00e9gyptien\u00a0\u00bb, d&rsquo;assembl\u00e9e constituante, de changement absolu   d&rsquo;existence, de possibilit\u00e9s inou\u00efes et ant\u00e9rieurement inconnues. Il s&rsquo;agit de   la nouvelle plaine qui viendra l\u00e0 o\u00f9 n&rsquo;est plus celle \u00e0 laquelle l&rsquo;\u00e9tincelle   du soul\u00e8vement a finalement mis le feu. Elle se tient, cette plaine \u00e0 venir,   entre la d\u00e9claration d&rsquo;un renversement des forces et celle d&rsquo;une prise en main   de t\u00e2ches neuves. Entre ce qu&rsquo;a dit un jeune tunisien : \u00ab\u00a0Nous, fils d&rsquo;ouvriers   et de paysans, sommes plus forts que les criminels\u00a0\u00bb ; et ce qu&rsquo;a dit un jeune   \u00e9gyptien : \u00ab\u00a0A partir d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, 25 janvier, je prends en main les affaires   de mon pays.\u00a0\u00bb   Le peuple, le peuple seul, est le cr\u00e9ateur de l&rsquo;histoire universelle. Il est   tr\u00e8s \u00e9tonnant que dans notre Occident, les gouvernements et les m\u00e9dia   consid\u00e8rent que les r\u00e9volt\u00e9s d&rsquo;une place du Caire soient \u00ab\u00a0le peuple \u00e9gyptien\u00a0\u00bb.   Comment cela ? Le peuple, le seul peuple raisonnable et l\u00e9gal, pour ces gens,   n&rsquo;est-il pas d&rsquo;ordinaire r\u00e9duit, soit \u00e0 la majorit\u00e9 d&rsquo;un sondage, soit \u00e0 celle   d&rsquo;une \u00e9lection ? Comment se fait-il que soudain, des centaines de milliers de   r\u00e9volt\u00e9s soient repr\u00e9sentatifs d&rsquo;un peuple de quatre-vingt millions de gens ?   C&rsquo;est une le\u00e7on \u00e0 ne pas oublier, que nous n&rsquo;oublierons pas.   Pass\u00e9 un certain seuil de d\u00e9termination, d&rsquo;obstination et de courage, le   peuple peut en effet concentrer son existence sur une place, une avenue,   quelques usines, une universit\u00e9\u2026 C&rsquo;est que le monde entier sera t\u00e9moin de ce   courage, et surtout des stup\u00e9fiantes cr\u00e9ations qui l&rsquo;accompagnent. Ces   cr\u00e9ations vaudront preuve qu&rsquo;un peuple se tient l\u00e0. Comme l&rsquo;a dit fortement un   manifestant \u00e9gyptien : \u00ab\u00a0avant je regardais la t\u00e9l\u00e9vision, maintenant c&rsquo;est la   t\u00e9l\u00e9vision qui me regarde.\u00a0\u00bb   R\u00c9SOUDRE DES PROBL\u00c8MES SANS L&rsquo;AIDE DE L&rsquo;ETAT   Dans la foul\u00e9e d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement, le peuple se compose de ceux qui savent   r\u00e9soudre les probl\u00e8mes que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement leur pose. Ainsi de l&rsquo;occupation d&rsquo;une   place : nourriture, couchage, garde, banderoles, pri\u00e8res, combats d\u00e9fensifs,   de telle sorte que le lieu o\u00f9 tout se passe, le lieu qui fait symbole, soit   gard\u00e9 \u00e0 son peuple, \u00e0 tout prix. Probl\u00e8mes qui, \u00e0 \u00e9chelle de centaines de   milliers de gens venus de partout, paraissent insolubles, et d&rsquo;autant plus que,   sur cette place, l&rsquo;Etat a disparu. R\u00e9soudre sans l&rsquo;aide de l&rsquo;Etat des   probl\u00e8mes insolubles, c&rsquo;est cela, le destin d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement. Et c&rsquo;est ce qui   fait qu&rsquo;un peuple, soudain, et pour un temps ind\u00e9termin\u00e9, existe, l\u00e0 o\u00f9 il a   d\u00e9cid\u00e9 de se rassembler.   Sans mouvement communiste, pas de communisme. Le soul\u00e8vement populaire dont   nous parlons est manifestement sans parti, sans organisation h\u00e9g\u00e9monique, sans   dirigeant reconnu. Il sera toujours temps de mesurer si cette caract\u00e9ristique   est une force ou une faiblesse. C&rsquo;est en tout cas ce qui fait qu&rsquo;il a, sous   une forme tr\u00e8s pure, sans doute la plus pure depuis la Commune de Paris, tous   les traits de ce qu&rsquo;il faut appeler un communisme de mouvement. \u00ab\u00a0Communisme\u00a0\u00bb   veut dire ici : cr\u00e9ation en commun du destin collectif. Ce \u00ab\u00a0commun\u00a0\u00bb a deux   traits particuliers. D&rsquo;abord, il est g\u00e9n\u00e9rique, repr\u00e9sentant, en un lieu, de   l&rsquo;humanit\u00e9 toute enti\u00e8re. Dans ce lieu, il y a toutes les sortes de gens dont   un peuple se compose, toute parole est entendue, toute proposition examin\u00e9e,   toute difficult\u00e9 trait\u00e9e pour ce qu&rsquo;elle est. Ensuite, il surmonte toutes les   grandes contradictions dont l&rsquo;Etat pr\u00e9tend que lui seul peut les g\u00e9rer sans   jamais les d\u00e9passer : entre intellectuels et manuels, entre hommes et femmes,   entre pauvres et riches, entre musulmans et coptes, entre gens de la province   et gens de la capitale\u2026   Des milliers de possibilit\u00e9s neuves, concernant ces contradictions, surgissent   \u00e0 tout instant, auxquelles l&rsquo;Etat \u2013 tout Etat \u2013 est enti\u00e8rement aveugle. On   voit des jeune femmes m\u00e9decin venues de province soigner les bless\u00e9s dormir au   milieu d&rsquo;un cercle de farouches jeunes hommes, et elles sont plus tranquilles   qu&rsquo;elles ne le furent jamais, elles savent que nul ne touchera un bout de   leurs cheveux. On voit aussi bien une organisation d&rsquo;ing\u00e9nieurs s&rsquo;adresser aux   jeunes banlieusards pour les supplier de tenir la place, de prot\u00e9ger le   mouvement par leur \u00e9nergie au combat. On voit encore un rang de chr\u00e9tiens   faire le guet, debouts, pour veiller sur les musulmans courb\u00e9s dans leur   pri\u00e8re. On voit les commer\u00e7ants nourrir les ch\u00f4meurs et les pauvres. On voit   chacun parler \u00e0 ses voisins inconnus. On lit mille pancartes o\u00f9 la vie de   chacun se m\u00eale sans hiatus \u00e0 la grande Histoire de tous. L&rsquo;ensemble de ces   situations, de ces inventions, constituent le communisme de mouvement. Voici   deux si\u00e8cles que le probl\u00e8me politique unique est celui-ci : comment \u00e9tablir   dans la dur\u00e9e les inventions du communisme de mouvement ? Et l&rsquo;unique \u00e9nonc\u00e9   r\u00e9actionnaire demeure : \u00ab\u00a0cela est impossible, voire nuisible. Confions-nous \u00e0   l&rsquo;Etat\u00a0\u00bb. Gloire aux peuples tunisiens et \u00e9gyptiens qui nous rappellent au vrai   et unique devoir politique : face \u00e0 l&rsquo;Etat, la fid\u00e9lit\u00e9 organis\u00e9e au   communisme de mouvement.   Nous ne voulons pas la guerre, mais nous n&rsquo;en avons pas peur. On a partout   parl\u00e9 du calme pacifique des manifestations gigantesques, et on a li\u00e9 ce calme   \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al de d\u00e9mocratie \u00e9lective qu&rsquo;on pr\u00eatait au mouvement. Constatons   cependant qu&rsquo;il y a eu des morts par centaines, et qu&rsquo;il y en a encore chaque   jour. Dans bien des cas, ces morts ont \u00e9t\u00e9 des combattants et des martyrs de   l&rsquo;initiative, puis de la protection du mouvement lui-m\u00eame. Les lieux   politiques et symboliques du soul\u00e8vement ont d\u00fb \u00eatre gard\u00e9s au prix de combats   f\u00e9roces contre les miliciens et les polices des r\u00e9gimes menac\u00e9s. Et l\u00e0, qui a   pay\u00e9 de sa personne, sinon les jeunes issus des populations les plus pauvres ?   Que les \u00ab\u00a0classes moyennes\u00a0\u00bb, dont notre inesp\u00e9r\u00e9e Mich\u00e8le Alliot-Marie a dit   que l&rsquo;aboutissement d\u00e9mocratique de la s\u00e9quence en cours d\u00e9pendait d&rsquo;elles et   d&rsquo;elles seules, se souviennent qu&rsquo;au moment crucial, la dur\u00e9e du soul\u00e8vement   n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 garantie que par l&rsquo;engagement sans restriction de d\u00e9tachements   populaires. La violence d\u00e9fensive est in\u00e9vitable. Elle se poursuit du reste,   dans des conditions difficiles, en Tunisie, apr\u00e8s qu&rsquo;on ait renvoy\u00e9 \u00e0 leur   mis\u00e8re les jeunes activistes provinciaux.   Peut-on s\u00e9rieusement penser que ces innombrables initiatives et ces sacrifices   cruels n&rsquo;ont pour but fondamental que de conduire les gens \u00e0 \u00ab\u00a0choisir\u00a0\u00bb entre   Souleiman et El Baradei, comme chez nous on se r\u00e9signe piteusement \u00e0 arbitrer   entre MM. Sarkozy et Strauss-Kahn ? Telle serait l&rsquo;unique le\u00e7on de ce   splendide \u00e9pisode ?   Non, mille fois non ! Les peuples tunisiens et \u00e9gyptiens nous disent : se   soulever, construire le lieu public du communisme de mouvement, le d\u00e9fendre   par tous les moyens en y inventant les \u00e9tapes successives de l&rsquo;action, tel est   le r\u00e9el de la politique populaire d&rsquo;\u00e9mancipation. Il n&rsquo;y a certes pas que les   Etats des pays arabes qui soient anti-populaires et, sur le fond, \u00e9lections ou   pas, ill\u00e9gitimes. Quel qu&rsquo;en soit le devenir, les soul\u00e8vements tunisiens et   \u00e9gyptiens ont une signification universelle. Ils prescrivent des possibilit\u00e9s   neuves dont la valeur est internationale   <strong><font>Source: \u201dLe Monde.fr\u201d Le 18-02-2011   <\/font><font>Lien: http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/02\/18\/tunisie-egypte-quand-un-vent-d-est-balaie-l-arrogance-de-l-occident_1481712_3232.html   <\/font><\/strong>\u00a0 <\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font>R\u00e9volte\u00a0 dans le monde arabe: \u00abLes enjeux   sont tr\u00e8s diff\u00e9rents selon chaque pays\u00bb<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">INTERVIEW &#8211; 20minutes.fr fait le point sur le mouvement de   r\u00e9volte actuel, avec Antoine Basbous, directeur de l&rsquo;Observatoire des pays   arabes&#8230;   Apr\u00e8s la Tunisie et l\u2019Egypte, la Libye, le Bahre\u00efn, et le Yemen sont touch\u00e9s   par un mouvement de r\u00e9volte, cette fois-ci violemment r\u00e9prim\u00e9. Les   manifestations en Alg\u00e9rie et en Iran se sont elles aussi heurt\u00e9es aux forces   de s\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9gimes en place. L\u2019effet domino va-t-il avoir lieu dans le   monde arabe?   Les choses sont en marche et il y a une v\u00e9ritable aspiration \u00e0 la libert\u00e9 et   au bien-\u00eatre chez la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de ces pays, connect\u00e9e \u00e0 Internet et   donc au monde ext\u00e9rieur. On a chang\u00e9 d\u2019\u00e9poque, le cyberspace s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9   beaucoup plus puissant que les r\u00e9seaux des mosqu\u00e9es. M\u00eame en Libye, o\u00f9   l\u2019Internet a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9 et les m\u00e9dias \u00e9trangers refus\u00e9s, nous avons r\u00e9ussi \u00e0   avoir des images sur les t\u00e9l\u00e9s du monde entier. Gr\u00e2ce au Web, la jeunesse a   d\u00e9couvert que d\u2019autres gouvernances \u00e9taient possibles et refuse ainsi de se   soumettre aux r\u00e9gimes comme le faisaient leurs p\u00e8res. La peur a chang\u00e9 de   camp.   Cette prise de conscience d\u00e9pend-elle du taux de scolarisation?   Non, cette tendance s\u2019observe aussi bien dans des pays o\u00f9 le taux de   scolarisation est \u00e9lev\u00e9, comme en Tunisie, que dans des Etats o\u00f9 il est faible,   comme en Egypte ou au Yemen.\u00a0    Malgr\u00e9 tout, des diff\u00e9rences importantes existent entre les pays. Ne   vont-elles pas jouer dans l\u2019issue de chaque mouvement?   Les enjeux sont en effet tr\u00e8s diff\u00e9rents selon chaque pays. Les monarchies ont   une certaine l\u00e9gitimit\u00e9, et peuvent s\u2019en sortir si elles savent man\u0153uvrer,   l\u00e2cher un peu de pouvoir, agir avec souplesse et anticipation. Le Bahre\u00efn est   un royaume assez \u00e9clair\u00e9, avec un Parlement, des \u00e9lections, une presse. Le roi   peut conc\u00e9der une plus forte repr\u00e9sentation pour les chiites, r\u00e9gner sans   gouverner totalement. Il sera de toute fa\u00e7on soutenu par l\u2019argent des pays   arabes du Golfe.   Les enjeux g\u00e9ostrat\u00e9giques p\u00e8sent-ils dans chaque mouvement?   Oui, il y a une dimension r\u00e9gionale et internationale, sp\u00e9cifiquement au   Bahre\u00efn, \u00e0 majorit\u00e9 chiite. L\u2019Iran le revendique comme l\u2019une de ses provinces,   juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Arabie saoudite rivale. Et ce petit pays abrite une base de   l\u2019US Navy. Les enjeux sont tr\u00e8s importants et d\u00e9passent les fronti\u00e8res. Ils   l\u2019\u00e9taient aussi en Egypte, beaucoup moins en Tunisie.   Et au Yemen?   La r\u00e9bellion chiite des Houthis au nord est soutenue par l\u2019Iran et le   Hezbollah, au centre, Al-Qaida dans la p\u00e9ninsule arabique (Aqpa) commence \u00e0   trouver ses soutiens dans les tribus, et le sud est confront\u00e9 \u00e0 des vell\u00e9it\u00e9s   s\u00e9paratistes. Si le pouvoir central en place depuis 33 ans dans ce pays tr\u00e8s   pauvre, le pays risque de succomber \u00e0 une guerre civile.   L\u2019issue est donc incertaine selon chaque pays. Qu\u2019en est-il en Libye?   Pour le coup, Kadhafi, doyen des chefs d\u2019Etat arabes, est vraiment fragilis\u00e9   et orphelin depuis le d\u00e9part de Ben Ali puis de son voisin Hosni Moubarak. Je   le vois mal r\u00e9sister \u00e0 tout cela au bout de 42 ans de pouvoir absolu, pendant   lesquels il s\u2019est enrichi. D\u2019autant que la contestation est aussi violente   chez lui qu\u2019ailleurs.   Le pr\u00e9sident de l\u2019Alg\u00e9rie est-il \u00e9galement menac\u00e9?    L\u2019Alg\u00e9rie, c\u2019est une fus\u00e9e \u00e0 deux \u00e9tages, avec la pr\u00e9sidence et l\u2019arm\u00e9e. En   cas de v\u00e9ritables difficult\u00e9s, l\u2019arm\u00e9e sacrifiera le pr\u00e9sident et l\u2019offrira   sur un autel \u00e0 la population. Gr\u00e2ce au p\u00e9trole, le r\u00e9gime a beaucoup de marge,   avec plus de 200 milliards de dollars, et le pr\u00e9sident est en train de l\u00e2cher   du lest. Mais les gens ne cherchent pas seulement \u00e0 se nourrir, ils aspirent   aussi \u00e0 la libert\u00e9. Mais tant que la jeunesse ne rejoint pas les formations   politiques traditionnelles, la mobilisation restera sans vrais risques pour le   r\u00e9gime.   Le cas de l\u2019Iran, qui ne fait pas partie du monde arabe, est malgr\u00e9 tout   associ\u00e9 \u00e0 ce vent de r\u00e9volte. Pourquoi?    En Iran, le mouvement a commenc\u00e9 en 2009. La jeunesse avait rejet\u00e9 lourdement   les \u00e9lections truqu\u00e9es mais le r\u00e9gime a s\u00e9vi tr\u00e8s violemment et il est pr\u00eat \u00e0   recommencer. Les deux parties sont d\u00e9cha\u00een\u00e9es et malgr\u00e9 les menaces qui p\u00e8sent   sur eux, les trois leaders de l\u2019opposition ne baissent pas les bras. Mais il   est difficile de savoir comment cela va se terminer. Les bases de ce pays sont   tr\u00e8s fragiles et l\u00e0 aussi, les interf\u00e9rences r\u00e9gionales et internationales \u2013   le nucl\u00e9aire et la cause palestinienne \u2013 sont des arguments utilis\u00e9s pour   masquer le mal-\u00eatre au quotidien des Iraniens.   <font><strong>Source : \u00ab 20 minutes.fr \u00bb Le 18-02-2011   <\/strong><\/font><font><strong>Lien : http:\/\/www.20minutes.fr\/article\/672979\/monde-revolte-monde-arabe-les-enjeux-tres-differents-selon-chaque-pays  <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font>Ahmed N\u00e9jib Chebbi : \u00ab\u00a0La Tunisie ne doit pas   s&rsquo;engager dans une chasse aux sorci\u00e8res\u00a0\u00bb<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">   Leader historique du Parti d\u00e9mocratique progressiste (PDP), Ahmed N\u00e9jib Chebbi,   l&rsquo;opposant, est devenu Ahmed N\u00e9jib Chebbi, le ministre, dans le gouvernement   d&rsquo;union nationale n\u00e9 de la chute du r\u00e9gime de Ben Ali en Tunisie. Il revient   sur les raisons de sa participation \u00e0 la construction d\u00e9mocratique du pays.   Le pragmatisme est-il une tare ou une vertu\u2009? Une chose est s\u00fbre\u2009: sans lui,   le gouvernement d\u2019union nationale en Tunisie serait mort-n\u00e9. Ahmed N\u00e9jib   Chebbi, leader historique du Parti d\u00e9mocratique progressiste (PDP), est   aujourd\u2019hui \u00e0 la fois incontournable et surexpos\u00e9. Au centre de l\u2019\u00e9chiquier   politique. Devenu ministre du D\u00e9veloppement r\u00e9gional \u2013 un portefeuille   strat\u00e9gique \u2013, cet avocat de 67 ans, opposant r\u00e9solu aux r\u00e9gimes de Bourguiba   et de Ben Ali, a pris le risque de brouiller son image en acceptant de   participer au gouvernement de Mohamed Ghannouchi. Il s\u2019en explique. Et livre   sa vision de la transition qui doit conduire la Tunisie vers les premi\u00e8res   \u00e9lections libres de son histoire.   \u00a0   Jeune Afrique\u2009: Le gouvernement \u00ab Ghannouchi I \u00bb, annonc\u00e9 le 17 janvier,   auquel vous avez choisi de participer, faisait la part belle aux anciens du   Rassemblement constitutionnel d\u00e9mocratique (RCD). Il a suscit\u00e9 l\u2019hostilit\u00e9 de   la population et n\u2019a pas surv\u00e9cu dix jours. R\u00e9trospectivement, regrettez-vous   d\u2019avoir apport\u00e9 votre \u00ab caution \u00bb \u00e0 un cabinet si impopulaire\u2009?   Ahmed N\u00e9jib Chebbi\u2009: Revenons un peu en arri\u00e8re et repensons \u00e0 la situation   dans laquelle le pays se trouvait dans les jours pr\u00e9c\u00e9dant le 14 janvier. La   Tunisie \u00e9tait au bord du gouffre. La r\u00e9volution aurait pu \u00eatre \u00e9cras\u00e9e dans le   sang, comme en Birmanie en 1988. Au PDP, nous avons \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0   r\u00e9clamer la constitution d\u2019un gouvernement de coalition pour sortir de   l\u2019impasse politique. La frange r\u00e9formatrice du pouvoir \u2013 Mohamed Ghannouchi et   Kamel Morjane, pour ne pas les citer \u2013 a saisi la balle au bond en engageant   des tractations, qui se sont poursuivies et acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es apr\u00e8s la chute de Ben   Ali. La politique, ce n\u2019est pas tout ou rien, c\u2019est aussi composer avec le   r\u00e9el, avec l\u2019existant. Nous savions \u00e0 quoi nous attendre, mais avions-nous une   autre formule \u00e0 proposer\u2009? Fallait-il se figer dans une posture protestataire   st\u00e9rile et laisser pourrir la situation, ou au contraire prendre des risques   politiques pour tenter de mettre en \u0153uvre un processus de transition et   permettre \u00e0 la r\u00e9volution populaire de r\u00e9aliser son objectif\u2009: la conqu\u00eate de   la libert\u00e9 et de la citoyennet\u00e9 d\u00e9mocratique\u2009? \u00c9videmment, le casting   gouvernemental \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre parfait, nous en \u00e9tions conscients, mais nous   avions obtenu satisfaction sur toutes nos revendications fondamentales\u2009: la   libert\u00e9 de la presse, la libert\u00e9 d\u2019association, l\u2019amnistie g\u00e9n\u00e9rale, la tenue   rapide d\u2019\u00e9lections sous supervision internationale, la cr\u00e9ation de commissions   d\u2019enqu\u00eate ind\u00e9pendantes sur les violences et la corruption, dirig\u00e9es par des   personnalit\u00e9s incontestables. Ce n\u2019est pas rien\u2009!   Beaucoup de voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent maintenant pour demander la dissolution du RCD.   Quelle est votre position\u2009?   \u00c9vitons de verser dans la d\u00e9magogie. Le PDP, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019ensemble des   formations de l\u2019opposition r\u00e9elle, a exig\u00e9 pendant des d\u00e9cennies une   s\u00e9paration entre l\u2019\u00c9tat et le parti. Cette exigence est aujourd\u2019hui r\u00e9alis\u00e9e.   L\u2019\u00c9tat va r\u00e9cup\u00e9rer tous les biens meubles et immeubles qui \u00e9taient mis   gracieusement \u00e0 la disposition du RCD. La dissolution des cellules   professionnelles du parti dans l\u2019administration et le secteur parapublic a \u00e9t\u00e9   prononc\u00e9e. Il s\u2019agit d\u2019un acquis fondamental. Nous avons obtenu satisfaction   sur toute la ligne. Faut-il s\u2019engager maintenant dans une chasse aux sorci\u00e8res\u2009?   Non. Il faut que la justice passe. Ceux qui, au sein du RCD, se sont rendus   coupables de crimes ou ont tremp\u00e9 dans la corruption devront r\u00e9pondre de leurs   actes devant les tribunaux. Les autres, les militants et les cadres honn\u00eates,   devront faire leur examen de conscience. C\u2019est leur affaire, pas celle du   gouvernement. Je comprends les sentiments de rejet qu\u2019inspire l\u2019ancien parti   unique\u2009: ils sont parfaitement l\u00e9gitimes. Mais on ne doit pas tout m\u00e9langer,   la justice et la vengeance. En d\u00e9mocratie, la sanction doit \u00e9maner des   \u00e9lecteurs, pas des tribunaux\u2026   Que pensez-vous de la proposition d\u2019Ahmed Mestiri, leader historique du   Mouvement des d\u00e9mocrates socialistes (MDS), qui souhaite la formation d\u2019un   comit\u00e9 des sages, sorte d\u2019autorit\u00e9 politique et morale qui chapeauterait le   gouvernement et encadrerait ses activit\u00e9s\u2009?   J\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment de respect pour Ahmed Mestiri, qui est une grande figure de la   politique tunisienne, mais son id\u00e9e est inopportune, car elle vient trop tard.   S\u2019il l\u2019avait formul\u00e9e au plus fort de la crise, c\u2019est-\u00e0-dire avant le 13   janvier, nous nous y serions ralli\u00e9s avec enthousiasme. Mais il a attendu la   formation du gouvernement d\u2019union nationale pour sortir de son silence, un   silence de vingt-trois ans. J\u2019ai du mal \u00e0 comprendre le sens de sa d\u00e9marche.   Cherche-t-il \u00e0 torpiller le gouvernement\u2009? Maintenant que ce gouvernement   existe et a commenc\u00e9 \u00e0 travailler, pourquoi le remplacer par un comit\u00e9 des   sages venu de nulle part\u2009? Il y a une place pour un comit\u00e9 de vigilance, form\u00e9   par des sages, \u00e0 condition que celui-ci reste dans son r\u00f4le d\u2019autorit\u00e9 morale,   \u00e9manation de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Pas comme substitut du gouvernement.   Mansour Moalla, autre figure \u00e9minente de la politique tunisienne, souhaite la   convocation dans les plus brefs d\u00e9lais d\u2019une Assembl\u00e9e constituante, afin de   r\u00e9viser la Constitution, taill\u00e9e sur mesure pour Bourguiba et Ben Ali\u2026   Juridiquement, c\u2019est inenvisageable. Fouad Mebazaa, le pr\u00e9sident de la   transition, assure l\u2019int\u00e9rim, et il n\u2019a pas le pouvoir de dissoudre le   Parlement pour convoquer de nouvelles \u00e9lections. Il n\u2019est donc m\u00eame pas   possible de coupler la pr\u00e9sidentielle et les l\u00e9gislatives. Il faudra   obligatoirement commencer par la pr\u00e9sidentielle. Nous avons fait le choix   d\u2019une d\u00e9marche l\u00e9galiste en nous inscrivant dans le sch\u00e9ma dessin\u00e9 par la   Constitution. Elle sera r\u00e9vis\u00e9e, car elle est imparfaite, mais on ne peut pas   br\u00fbler les \u00e9tapes. Le nouveau pr\u00e9sident \u00e9lu convoquera tr\u00e8s rapidement des   \u00e9lections anticip\u00e9es. Rien ne nous emp\u00eache d\u2019ouvrir, d\u00e8s maintenant, un grand   d\u00e9bat constitutionnel, de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce \u00e0 quoi pourraient ressembler les   institutions de la IIe R\u00e9publique tunisienne. Mais il faut bien comprendre que   ce d\u00e9bat restera th\u00e9orique tant que nous n\u2019aurons pas proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9lection   d\u2019un nouveau Parlement.   \u00c0 titre personnel, votre pr\u00e9f\u00e9rence va-t-elle \u00e0 un r\u00e9gime parlementaire, \u00e0 un   r\u00e9gime mixte \u00ab \u00e0 la fran\u00e7aise \u00bb ou \u00e0 un r\u00e9gime pr\u00e9sidentiel\u2009?   Aujourd\u2019hui, par r\u00e9action, beaucoup de gens expriment leur pr\u00e9f\u00e9rence pour le   parlementarisme. La Tunisie a souffert dans sa chair des exc\u00e8s du   pr\u00e9sidentialisme. Mais le pr\u00e9sidentialisme qui a \u00e9t\u00e9 th\u00e9oris\u00e9 et pratiqu\u00e9   \u00e9tait un pr\u00e9sidentialisme d\u00e9voy\u00e9. La question qui se pose, c\u2019est\u2009: \u00ab Faut-il   jeter le b\u00e9b\u00e9 avec l\u2019eau du bain\u2009? \u00bb Rompre avec les exc\u00e8s du pr\u00e9sidentialisme   est une chose, tourner le dos au r\u00e9gime pr\u00e9sidentiel temp\u00e9r\u00e9 et tenter   l\u2019aventure du parlementarisme int\u00e9gral, \u00ab \u00e0 l\u2019italienne \u00bb, en est une autre.   Avec mes camarades du PDP, j\u2019ai fait publier, il y a pr\u00e8s de huit mois, un   projet de Constitution, en 115 articles, qui pr\u00e9figure ce \u00e0 quoi pourrait   ressembler la IIe R\u00e9publique tunisienne. Le r\u00e9gime que nous d\u00e9crivons dans ce   document se rapproche du pr\u00e9sidentialisme am\u00e9ricain. Il s\u2019agit d\u2019un syst\u00e8me   fond\u00e9 sur une s\u00e9paration stricte des pouvoirs et reposant sur une sorte   d\u2019\u00e9quilibre entre les pouvoirs du gouvernement, de l\u2019Assembl\u00e9e et de la   justice. Un r\u00e9gime o\u00f9 les pouvoirs ne seraient pas confondus, mais au   contraire s\u00e9par\u00e9s et susceptibles de s\u2019annuler les uns les autres. Ce serait,   \u00e0 mon avis, la formule la plus ad\u00e9quate en l\u2019\u00e9tat actuel des choses. Et cela   supposerait la cr\u00e9ation d\u2019une v\u00e9ritable Cour constitutionnelle.   Rached Ghannouchi, le fondateur du mouvement Ennahdha, vient d\u2019accomplir son   retour en Tunisie apr\u00e8s vingt ans d\u2019exil. Son parti n\u2019est pas encore l\u00e9galis\u00e9.   Doit-il l\u2019\u00eatre\u2009?   Il repr\u00e9sente une sensibilit\u00e9 qui n\u2019est pas la n\u00f4tre, mais il a sa place sur   l\u2019\u00e9chiquier politique. On n\u2019a pas le droit de lui refuser le visa, du moment   o\u00f9 il souhaite inscrire sa pratique politique dans le cadre de la loi.   J\u2019esp\u00e8re simplement que son retour ne contribuera pas \u00e0 polariser encore   davantage le climat politique. Car la Tunisie, en ce moment, a surtout besoin   de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9\u2026    <font><strong>Source : \u00ab Jeune Afrique \u00bb Le 18-02-2011   <\/strong><\/font><font><strong>Lien : http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2613p020-025.xml2\/ahmed-nejib-chebbi-la-tunisie-ne-doit-pas-s-engager-dans-une-chasse-aux-sorcieres.html  <\/strong><\/font><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><font>Pourquoi la r\u00e9volution ne se fera pas au   Maroc<\/font><\/h4>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">20 F\u00e9vrier 2011, un groupe de jeunes marocains appelle sur   Facebook \u00e0 coup de \u00ab\u00a0I like\u00a0\u00bb \u00e0 mimiquer la r\u00e9volution du Jasmin pour un Maroc   meilleur, plus digne, avec le droit \u00e0 l&rsquo; \u00ab\u00a0emploi pour tout le monde\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0sant\u00e9   pour tous\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0dissolution du gouvernement et du parlement\u00a0\u00bb, en \u00ab\u00a0priorit\u00e9 des   priorit\u00e9s, l&rsquo;organisation d&rsquo;une journ\u00e9e nationale pour la d\u00e9molition des   bidonvilles dans tout le territoire national\u00a0\u00bb et tenez-vous bien : \u00ab\u00a0La mise en   place de \u2018comit\u00e9s populaires\u2019 dans le but d\u2019all\u00e9ger le fardeau de   l\u2019Institution judiciaire\u00a0\u00bb&#8230;et bien entendu, la r\u00e9vision des pr\u00e9rogatives du   Roi, l&rsquo;assainissement du climat des affaires, etc\u2026   Au del\u00e0 de l&rsquo;amateurisme et du populisme de telles revendications, on ne peut   s&#8217;emp\u00eacher de sourire \u00e0 la lecture de cette liste o\u00f9 aucun chiffre n&rsquo;est donn\u00e9   et o\u00f9 aucune trace de programme n&rsquo;est propos\u00e9e, ni politique, ni \u00e9conomique,   ni social. C&rsquo;est en quelque sorte, un appel \u00e0 marcher pour marcher.   Mis \u00e0 part les demandes de r\u00e9vision de constitution afin de r\u00e9duire les   pouvoirs de la monarchie, ce pamphlet de revendications \u00e9crit \u00e0 la va vite   n\u2019apporte rien de nouveau et d\u00e9note d&rsquo;un manque de perspective, de r\u00e9alisme et   tout bonnement de cr\u00e9ativit\u00e9. Pourquoi?   D&rsquo;abord parce que contrairement a la Tunisie et a l&rsquo;Egypte, les marches et   manifestations ne sont pas interdites au Maroc. Dans ce pays, vous pouvez   manifester pour a peu pr\u00e9s toutes les causes possibles et imaginaires. Les   revendications sociales et \u00e9conomiques sont au centre de l&rsquo;action d&rsquo;une   societ\u00e9 civile dynamique, proactive et volontariste qui dans plusieurs cas,   travaille main dans la main avec l&rsquo;\u00e9tat dans un pragmatisme que l&rsquo;on ne voit   nulle part ailleurs dans le monde arabe avec une logique de r\u00e9sultats chiffres,   dates et v\u00e9rifiables. Voila la premi\u00e8re diff\u00e9rence de taille.   Cot\u00e9 revendications donc, rien de neuf, le comit\u00e9 du 20 F\u00e9vrier semble avoir   rat\u00e9 le coche et n&rsquo;apporte rien de nouveau. Pire, il nous bombarde de slogans   d&rsquo;un Maroc d\u2019un autre temps o\u00f9 la d\u00e9magogie et le populisme \u00e9taient de mise.   Concernant la forme, ce comit\u00e9 a essay\u00e9 par tous les moyens dans ses   d\u00e9clarations officielles d&rsquo;expliquer qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas de vis\u00e9e particuli\u00e8re   de changement de r\u00e9gime au Maroc. Or, il suffit de faire un tour sur sa page   Facebook pour se rendre compte exactement du contraire. La strat\u00e9gie est   \u00e9vidente: ne pas froisser publiquement certains marocains qui pourraient   rejoindre le mouvement en faisant des revendications aussi g\u00e9n\u00e9riques que   d\u00e9magogiques afin de ratisser large et de gonfler les rangs durant la   manifestation. Ceci risque de co\u00fbter cher aux organisateurs en termes de   cr\u00e9dibilit\u00e9.   Ce manque de visibilit\u00e9 et d&rsquo;h\u00e9sitation \u00e0 prendre une position claire a d\u00e9j\u00e0   pouss\u00e9 certains groupes \u00e0 \u00e9mettre leur r\u00e9serve et \u00e0 sonner l\u2019alarme, en se   retirant de la manifestation. Mme Ghizlane\u00a0 Benacher, de l\u2019association   Joussour Forum des Femmes Marocaines, estimant que cette marche doit se   d\u00e9rouler dans le civisme et la\u00a0 tol\u00e9rance, a d\u00e9clar\u00e9 aujourd\u2019hui : \u00ab\u00a0Nous ne   sommes pas contre les manifestations. En tant que mouvement\u00a0 f\u00e9ministe, nous   avons particip\u00e9 \u00e0 plusieurs mouvements, mais nous voulons que\u00a0 cela soit   organis\u00e9 dans un cadre clair, net et pr\u00e9cis. (http:\/\/www.marocjournal.net\/actualites-maroc\/26582.html)   Mais la plus surprenante des revendications est ce que le comit\u00e9 appelle \u00ab\u00a0l&rsquo;organisation   d&rsquo;une journ\u00e9e nationale pour la d\u00e9molition de bidonvilles dans tout le   territoire national\u00a0\u00bb (sic!). Sachant que c&rsquo;est l&rsquo;un des domaines o\u00f9 l&rsquo;\u00e9tat a   marqu\u00e9 des points et o\u00f9 des efforts non n\u00e9gligeables ont \u00e9t\u00e9 consentis afin de   diminuer le nombre de bidonvilles et reloger les personnes qui y habitent, le   but recherch\u00e9 derri\u00e8re cet appel \u00e0 cette frange sociale des plus d\u00e9favoris\u00e9es   et des plus frustr\u00e9es au Maroc qui est en attente de jours meilleurs reste un   myst\u00e8re&#8230;   \u00a0   Elections, ou \u00e9tiez vous?   L&rsquo;un des autres points soulev\u00e9 par ce comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire est selon leurs   dires, l&rsquo;omnipr\u00e9sence de fassis dans le gouvernement et l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie d&rsquo;une   seule et m\u00eame famille qui constitueraient les \u00ab\u00a0Trabelsi du Maroc contemporain\u00a0\u00bb.   Qu&rsquo;en est-il au juste? Il se trouve que le premier ministre Abbas El Fassi,   aussi incomp\u00e9tent puisse-ton penser de lui, est issu d&rsquo;une famille originaire   de Sal\u00e9 et non de F\u00e8s. Avant M.El Fassi exer\u00e7ait un certain M. Jettou, et   avant M. Jettou exer\u00e7ait un certain M. Filali, etc\u2026   Faisant de la x\u00e9nophobie une composante de leur programme politique (ce qui   s\u2019av\u00e8re dans les faits \u00eatre une strat\u00e9gie implacable pour attirer plus de   foules), le comit\u00e9 r\u00e9volutionnaire du 20 f\u00e9vrier ne discute en d\u00e9tail ni des   r\u00e9alisations ni des manquements du gouvernement actuel.    Lorsque l&rsquo;on sait que lors des derni\u00e8res \u00e9lections, seulement 30% de marocains   ont daign\u00e9 aller voter pour diverses raisons ; alors que partis politiques,   societ\u00e9 civile et tout ce qui constituait le Maroc officiel urgeait tous les   marocains \u00e0 voter et \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans le champ politique, il y a lieu de se   demander de l&rsquo;utilit\u00e9 de cr\u00e9er un dangereux vide en dissolvant gouvernement et   parlement afin de faire des \u00e9lections anticip\u00e9es alors que les prochaines   \u00e9lections sont dans un an.   Apr\u00e8s la publication des revendications du mouvement du 20 f\u00e9vrier, c&rsquo;est un   sentiment de gros \u00ab\u00a0bof\u00a0\u00bb qui laisse place au vu de la dialectique et du manque   de substance. Ce qui subsiste c&rsquo;est la perception d&rsquo;un mouvement flou de (tr\u00e8s)   jeunes marocains qui essaient co\u00fbte que co\u00fbte de mimiquer ce qui s&rsquo;est pass\u00e9   sous d&rsquo;autres cieux en ignorant volontairement que le Maroc et les marocains   ne vivent pas sous la m\u00eame configuration et en faisant fi des avanc\u00e9es d\u2019un   pays qui manque de moyens mais qui n\u00e9anmoins a une vision pour l\u2019avenir, est   stable et se d\u00e9m\u00e8ne pour aller de l\u2019avant.   <strong><font>Source : \u00ab Le post.fr \u00bb le 18-02-2011   <\/font><font>Lien : http:\/\/www.lepost.fr\/article\/2011\/02\/18\/2410535_pourquoi-la-revolution-ne-se-fera-pas-au-maroc.html   <\/font><\/strong>\u00a0 <\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p><strong><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><font>Polish priest killed by Tunisian   extremists-media<\/font><\/h4>\n<p><\/strong><\/p>\n<hr align=\"left\"\/>\n<p align=\"left\">A Polish priest was murdered in the Tunisian capital on Friday,   state media cited the Interior Ministry as saying, the latest sign of rising   religious tension since last month&rsquo;s revolution.   Mark Marios Rebaski was found dead at the School of Our Lady in Manouba where   he worked, Tunisia Africa Press reported. His throat had been cut.   \u00ab\u00a0The Ministry of the Interior condemns this act and regrets the death. Based   on results of the preliminary investigation, including the method of   assassination, it believes a group of terrorist fascists with extremist   tendencies was behind this crime,\u00a0\u00bb it said.   Protests against the authorities swelled into a popular revolt last month that   created turmoil in Tunisia, forced President Zine al-Abidine Ben Ali to flee   to Saudi Arabia and encouraged a similar revolution in Egypt.   Ben Ali, who took power in predominantly Muslim Tunisia in 1987, had cracked   down on the Islamist movement and political opponents and was seen by many as   an oppressive ruler. Elections to replace him are expected by July or August.   \u00ab\u00a0These extremists are taking advantage of an exceptional situation to disturb   national security and plunge our country into violence,\u00a0\u00bb the ministry   statement said. It did not say what form of extremism it suspected. (Reporting   by Tarek Amara; writing by Richard Valdmanis; editing by Tim Pearce)    <strong><font>Source: \u201cReuters\u201d le 18-02-2011   <\/font><font>Lien: http:\/\/af.reuters.com\/article\/tunisiaNews\/idAFLDE71H25T20110218   <\/font><\/strong>\u00a0   \u00a0<\/p>\n<p align=\"left\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"left\" dir=\"ltr\"> <strong><font> <font> <\/font>\u00a0 \u00a0<\/font><\/strong><\/p>\n<\/div><\/div>\n<p> <\/font><\/div>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Home &#8211; Accueil TUNISNEWS 10 \u00e8me ann\u00e9e, N\u00b0 3927 du\u00a022 .02 . 2011 archives : www.tunisnews.net Houcine Ghali:TUNISIE : PERSONNE N&rsquo; A RIEN VU, PERSONNE N&rsquo; A RIEN SU, TOUS ETAIENT INTEGRES!! Courtesy EL PAIS :Les Arabes et la libert\u00e9 Mario Vargas LLosa AFP: Des journalistes tunisiens \u00e0 la reconqu\u00eate du droit confisqu\u00e9 d&rsquo;informer Romandie:Tunisie: [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22040,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[],"tags":[54,42,29],"class_list":["post-19081","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","tag-54","tag-42","tag-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19081","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=19081"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/19081\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22040"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=19081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=19081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}