{"id":17679,"date":"2007-08-04T00:00:00","date_gmt":"2007-08-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/4-aout-2007\/"},"modified":"2007-08-04T00:00:00","modified_gmt":"2007-08-04T00:00:00","slug":"4-aout-2007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/4-aout-2007\/","title":{"rendered":"4 ao\u00fbt 2007"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"  M. Abdellatif BOUHJILA, 33 ans, est de nouveau victime de d\u00e9cision arbitraire \n  de privation de visites familiales depuis le 26 juin 2007 de la part de \n  l\u2019administration p\u00e9nitentiaire de la prison civile de Mornag. Il est par \n  cons\u00e9quent sans nourriture ni bons d\u2019achat depuis plus de cinq semaines.\u00a0 \" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\"><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/span><\/a><\/b><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div>\n<div dir=\"ltr\">  <\/div>\n<p> <span lang=\"FR\"> <\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <font face=\"Arial\"><font size=\"2\"> <span lang=\"SV\"> <strong>TUNISNEWS<\/strong><\/span> <\/font><\/font> <\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <strong><font face=\"Arial\"><font size=\"2\">8\u00a0\u00e8me\u00a0ann\u00e9e,    <span lang=\"FR\">N\u00b0\u00a02629\u00a0du 04.08.2007<\/span><\/font><\/font><\/strong><\/div>\n<p> <strong> <\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <b><span><blink> <font face=\"Arial\" size=\"2\">\u00a0archives : <\/font> <a href=\"\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <font face=\"Arial\" size=\"2\" target=\"_blank\">    www.tunisnews.net<\/font><\/a><\/blink><\/span><\/b><font face=\"Arial\" size=\"2\"> <\/font> <\/div>\n<p><\/strong><\/span><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><span lang=\"FR-CH\"><span lang=\"FR-CH\"><span><span lang=\"DE-CH\"><span lang=\"FR-CH\"><font size=\"2\"><\/p>\n<div> <font face=\"Arial\"><\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\"><\/p>\n<div> <strong>C.R.L.D.HTunisie.:La situation tragique du prisonnier politique M.   Abdellatif BOUHJILA    <font>C.R.L.D.H. Tunisie:Harc\u00e8lement judiciaire \u00e0 l\u2019encontre   du d\u00e9fenseur tunisien des Droits Humains M. Omar MESTIRI<\/font>   Le Temps: Salah Ben Youssef membre du gouvernement Chenik   <font>R\u00e9alit\u00e9s: Les derniers jours de la Monarchie<\/font>    R\u00e9alit\u00e9s: Les confidences de Hassine Bey, h\u00e9ritier pr\u00e9somptif, \u00e0 Roger   Casemajor \u00e0 la veille de l\u2019ind\u00e9pendance   <font>R\u00e9alit\u00e9s: Le 17 juin 1956, Hassine Bey mod\u00e8re ses   propos, la Tunisie devient ind\u00e9pendante<\/font>   Lib\u00e9ration:\u00a0 Danielle Mitterrand, l\u2019engag\u00e9e ind\u00e9pendante   <font>Le Monde: Le fils du colonel Kadhafi d\u00e9taille un contrat   d&rsquo;armement entre Paris et Tripoli<\/font>   Le Monde: Analyse &#8211; Vers une sortie de crise en Turquie   <font>Le Monde: L&rsquo;expulsion des juifs d&rsquo;Espagne au nom de la   puret\u00e9 du sang<\/font><\/strong><\/div>\n<div> <strong><font><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/strong><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div>\u00a0<\/div>\n<p><font><\/p>\n<div align=\"center\"> <font size=\"3\"><font size=\"2\"><strong><font>  C.R.L.D.H. Tunisie   Comit\u00e9 pour le Respect des Libert\u00e9s et des Droits de l\u2019Homme en Tunisie<\/font><\/strong>   Membre du R\u00e9seau Euro m\u00e9diterran\u00e9en des Droits de l\u2019Homme   <\/font><font><font size=\"2\">21ter rue Voltaire \u2013 FR-75011   PARIS\u00a0 &#8211; Tel\/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34   contact@crldht.org \/ www.crldht.org<\/font> <\/font><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font><strong>La situation tragique du prisonnier   politique M. Abdellatif BOUHJILA<\/strong><\/font><\/h2>\n<p><\/font><font> <\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div>  M. Abdellatif BOUHJILA, 33 ans, est de nouveau victime de d\u00e9cision arbitraire   de privation de visites familiales depuis le 26 juin 2007 de la part de   l\u2019administration p\u00e9nitentiaire de la prison civile de Mornag. Il est par   cons\u00e9quent sans nourriture ni bons d\u2019achat depuis plus de cinq semaines.\u00a0    \u00a0Incarc\u00e9r\u00e9 depuis le 11 septembre 1998, M. BOUHJILA purge une peine de   privation de libert\u00e9 de 11 ans, dans l\u2019affaire dite des \u00ab agonisants \u00bb &#8211;   opposants islamistes appartenant au groupe dit Al Ansar- \u00e0 la suite d\u2019un   proc\u00e8s entach\u00e9 d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9.\u00a0    Il faut rappeler que\u00a0 ce prisonnier politique qui s\u2019est toujours battu pour sa   dignit\u00e9 et ses droits\u00a0 a totalis\u00e9 depuis son incarc\u00e9ration il y\u2019a pr\u00e8s de neuf   ans,\u00a0 plus de mille deux cent jours de gr\u00e8ve de la faim pour exiger   l\u2019am\u00e9lioration de ses conditions d\u2019incarc\u00e9ration et les soins m\u00e9dicaux   n\u00e9cessaires \u00e0 son \u00e9tat qui souffre d\u2019une insuffisance r\u00e9nale, cardiaque et   ashmatique.    D\u2019apr\u00e8s ses parents, Mme Wassila et M. Abdelmajid BOUHJILA qui vivent dans   l\u2019inqui\u00e9tude permanente, leur fils est apparu lors de la derni\u00e8re visite   effectu\u00e9e le 19\/06\/2007, dans un \u00e9tat d&rsquo;\u00e9puisement extr\u00eame. Maintenu par deux   prisonniers, il se tient \u00e0 peine debout et s\u2019exprime avec beaucoup de   difficult\u00e9 ! Abdellatif a pr\u00e9venu son p\u00e8re qu\u2019il n\u2019est plus capable de marcher   et que l\u2019administration refuse de lui accorder une chaise roulante ou une   canne pour ses d\u00e9placements\u2026Ses parents, non plus ne peuvent lui fournir ce   dont il a besoin.    Depuis, le p\u00e8re se rend tous les mardis pour la visite hebdomadaire, sans   r\u00e9sultat. Il a tent\u00e9 de trouver une explication aupr\u00e8s de l\u2019administration   p\u00e9nitentiaire, \u00e9galement en vain. Elle lui a r\u00e9torqu\u00e9 que\u00a0 le prisonnier ne   pouvait marcher !    Le CRLDHT qui a d\u00e9j\u00e0 alert\u00e9 l\u2019opinion publique sur ce cas pr\u00e9cis s\u2019\u00e9l\u00e8ve   contre cette politique de mort lente exerc\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre de ce prisonnier   politique et\u00a0 affirme sa solidarit\u00e9 agissante avec la victime et sa famille.     Il\u00a0 rappelle aux autorit\u00e9s tunisiennes leurs engagements en mati\u00e8re de   protection des prisonniers et les tient par cons\u00e9quent\u00a0 pour responsables de   la vie et de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique de M. Abdellatif BOUHJILA.    Exige le devoir d\u2019informer la famille sur le sort de son fils et de mettre fin   \u00e0 cette politique de punition collective.\u00a0   <font><strong>Le CRLDHT\u00a0 Le : 02\/08\/2007<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <font size=\"3\"><font size=\"2\"><strong><font>  C.R.L.D.H. Tunisie   Comit\u00e9 pour le Respect des Libert\u00e9s et des Droits de l\u2019Homme en Tunisie<\/font><\/strong>   Membre du R\u00e9seau Euro m\u00e9diterran\u00e9en des Droits de l\u2019Homme      <\/font><font><font size=\"2\">21ter rue Voltaire \u2013 FR-75011   PARIS\u00a0 &#8211; Tel\/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34   contact@crldht.org \/ www.crldht.org<\/font> <\/font> <strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Harc\u00e8lement judiciaire \u00e0 l\u2019encontre du d\u00e9fenseur   tunisien des Droits Humains M. Omar MESTIRI<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">        M. Omar MESTIRI, directeur de la r\u00e9daction du journal en ligne Kalima, est   convoqu\u00e9 aujourd\u2019hui le 2 ao\u00fbt 2007 devant le tribunal correctionnel de   premi\u00e8re instance de Tunis pour r\u00e9pondre d&rsquo;une plainte pour diffamation   d\u00e9pos\u00e9e par M. Mohamed Baccar, un avocat proche du pouvoir tunisien.       Cette plainte pour diffamation survient \u00e0 la suite d\u2019un article publi\u00e9 le 5   septembre 2006 par Kalima dans lequel \u00e9tait \u00e9voqu\u00e9e la r\u00e9habilitation de   Mohamed Baccar, avocat radi\u00e9 du barreau en 2003 pour avoir \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0   plusieurs reprises pour faux et escroquerie. M. MESTIRI\u00a0 a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 par le   substitut du procureur de la R\u00e9publique le 29 mars 2007, et interrog\u00e9 sur la   source qui lui a permis de prendre connaissance de cette r\u00e9habilitation. La   v\u00e9racit\u00e9 des faits pr\u00e9tendument diffamatoires, n\u2019a pas, par contre, \u00e9t\u00e9 mise   en cause.       \u00a0Rappelons que ce journal est interdit depuis la Tunisie, ce qui n\u2019a pas   emp\u00each\u00e9 ses journalistes et militants tunisiens pour la libert\u00e9 de la presse   de faire l&rsquo;objet de poursuites judiciaires et de tentatives d&rsquo;intimidation. Le   28 f\u00e9vrier 2004, la cour d\u2019appel de Tunis avait confirm\u00e9 la condamnation en   premi\u00e8re instance de la journaliste Mme N\u00e9ziha R\u00e9jiba, \u00e0 huit mois de prison   avec sursis et \u00e0 une amende de 1 200 dinars tunisiens, pour infraction \u00e0 la   l\u00e9gislation du change et du code de la douane. C\u2019est la plume courageuse et   d\u00e9rangeante de Om Zied qui est vis\u00e9e, c\u2019est la raison pour laquelle ses   avocats ont refus\u00e9 d\u2019assister \u00e0 ce proc\u00e8s et de participer \u00e0 cette mascarade   judiciaire.       \u00a0 Le 8 juin dernier, la police politique tunisienne a envahi\u00a0 les bureaux\u00a0 du   journal Kalima\u00a0 et du Conseil National pour les Libert\u00e9s en Tunisie (CNLT),   saccag\u00e9 son mat\u00e9riel informatique et d\u00e9truit d\u2019importants documents et   archives. Celle-ci a envahi quelques jours avant tout l\u2019immeuble et encercl\u00e9   le local en question 24 h sur 24, interdisant\u00a0 aux journalistes permanents   l\u2019acc\u00e8s \u00e0 leur bureau. Cette situation a dur\u00e9 pendant pr\u00e8s de six\u00a0 semaines   pendant lesquelles les journalistes ne peuvent mettre les pieds dans   l\u2019immeuble ni fr\u00e9quenter les caf\u00e9s avoisinants, sous peine d\u2019\u00eatre humili\u00e9s en   pleine rue.\u00a0       \u00a0 Le CRLDHT consid\u00e8re que cette affaire s\u2019ins\u00e8re dans une politique g\u00e9n\u00e9rale\u00a0   de criminalisation de la pens\u00e9e et de l\u2019information et se demande quant \u00e0   cette pr\u00e9tendue diffamation si le journal Kalima est totalement bloqu\u00e9 en   Tunisie et que par cons\u00e9quent, il ne peut y avoir de diffusion !\u00a0    Il s\u2019\u00e9l\u00e8ve avec fermet\u00e9 contre cette politique de pers\u00e9cution des journalistes   libres et ind\u00e9pendants, victimes tous les jours de violences de tout genre et   poursuivis dans leurs moindres d\u00e9placements.\u00a0    Exprime son soutien inconditionnel \u00e0 M. Omar MESTIRI ainsi qu\u2019au journal   Kalima\u00a0 face \u00e0 cette nouvelle \u00e9preuve et appelle \u00e0 l\u2019arr\u00eat imm\u00e9diat de ce   proc\u00e8s, maintenu malgr\u00e9 la fermeture estivale des tribunaux.   Il rappelle par ailleurs que selon Reporters sans fronti\u00e8res le r\u00e9gime   tunisien est consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des 34 pr\u00e9dateurs de la libert\u00e9 de la presse   dans le monde et que sa politique envers la circulation de l&rsquo;information sur   Internet est l&rsquo;une de plus liberticides de la plan\u00e8te.    Il exige enfin le droit du peuple tunisien et de son \u00e9lite de savoir le bien   fond\u00e9 de\u00a0 la r\u00e9habilitation d\u2019un avocat jug\u00e9 par le Conseil de l\u2019ordre   d\u2019imposture et d\u2019escroquerie.\u00a0\u00a0   <font><strong>Le CRLDHT\u00a0 Le : 02\/08\/2007<\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"> <strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font> <\/p>\n<div align=\"justify\" dir=\"ltr\">\n<table border=\"0\" bordercolor=\"#111111\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\" dir=\"ltr\" width=\"100%\">\n<tr>\n<td>\n<h2 align=\"center\" style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">M\u00e9moire collective: Ao\u00fbt         1950<\/font><\/h2>\n<h2 align=\"center\" style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"> <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Salah Ben Youssef membre du gouvernement         Chenik<\/font><\/h2>\n<p><\/font><\/h2>\n<p> <script language=\"JavaScript\">\/\/<!-- start Javascript_editor_url = \"\";                     \/\/ URL to htmlarea filesvar win_ie_ver = parseFloat(navigator.appVersion.split(\"MSIE\")[1]);if (navigator.userAgent.indexOf('Mac')        >= 0) { win_ie_ver = 0; }if (navigator.userAgent.indexOf('Windows CE') >= 0) { win_ie_ver = 0; }if (navigator.userAgent.indexOf('Opera')      >= 0) { win_ie_ver = 0; }if (win_ie_ver >= 5.5) {  document.write('<scr' + 'ipt src=\"' +_editor_url+ 'editor.js\" language=\"Javascript\"><\/scr' + 'ipt>');} \/\/ end JavaScript -->        <\/script> <script language=\"Javascript\" src=\"mhtml:mid:\/\/00000002\/editor.js\"> <\/script> <span><font face=\"Arial\">        Leader politique et figure de proue du mouvement national, Salah Ben         Youssef a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance.<\/font><\/span><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table><\/div>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <script language=\"JavaScript\">\/\/<!-- start Javascript_editor_url = \"\";                     \/\/ URL to htmlarea filesvar win_ie_ver = parseFloat(navigator.appVersion.split(\"MSIE\")[1]);if (navigator.userAgent.indexOf('Mac')        >= 0) { win_ie_ver = 0; }if (navigator.userAgent.indexOf('Windows CE') >= 0) { win_ie_ver = 0; }if (navigator.userAgent.indexOf('Opera')      >= 0) { win_ie_ver = 0; }if (win_ie_ver >= 5.5) {  document.write('<scr' + 'ipt src=\"' +_editor_url+ 'editor.js\" language=\"Javascript\"><\/scr' + 'ipt>');}\/\/ end JavaScript -->  <\/script> <script language=\"Javascript\" src=\"mhtml:mid:\/\/00000002\/editor.js\"><\/script> <\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">  \u00a0Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du N\u00e9o-Destour, il mena sa t\u00e2che avec le courage et la   d\u00e9termination d\u2019un militant qui avait le nationalisme dans le sang, et qui   n\u2019avait d\u2019autre int\u00e9r\u00eat que celui du pays. Il \u00e9tait d\u00e9nomm\u00e9, le grand   combattant, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du leader Bourguiba, alors directeur du m\u00eame parti, d\u00e9nomm\u00e9   le combattant supr\u00eame. Il sut mener \u00e0 bien sa t\u00e2che de militant au sein du   parti et suppl\u00e9er\u00a0 Bourguiba, alors exil\u00e9 en 1948.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">En ao\u00fbt   1950, un gouvernement du Bey, r\u00e9unissant certains militants et membres du   N\u00e9o-Destour, fut form\u00e9, en vue de mener des n\u00e9gociations avec la France, par   le biais de son R\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral, pour introduire certaines r\u00e9formes, tendant   \u00e0 faire recouvrir peu \u00e0 peu \u00e0 la Tunisie sa souverainet\u00e9.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">M\u2019hamed   Ch\u00e9nik, un militant confirm\u00e9, qui fut d\u00e9j\u00e0 Premier ministre sous Moncef Bey,   choisi par Lamine Bey pour diriger ce nouveau gouvernement, d\u00e9clara dans le   discours d\u2019investiture\u00a0: \u00ab\u00a0Le gouvernement que j\u2019ai l\u2019honneur de pr\u00e9senter \u00e0   votre altesse est un minist\u00e8re de n\u00e9gociation ayant essentiellement pour   t\u00e2che, en m\u00eame temps qu\u2019il assurera l\u2019administration, de conduire le pays vers   une autonomie de plus en plus large, r\u00e9pondant aux aspirations unanimes de la   Nation tunisienne vers la restauration de notre souverainet\u00e9 dans la pl\u00e9nitude   de ses droits et pr\u00e9rogatives.\u00a0\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">Salah   Ben Youssef eut le portefeuille de la justice, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019autres militants, tels   que Mahmoud Matri, d\u00e9sign\u00e9 \u00e0 l\u2019Int\u00e9rieur, ou Mohamed Badra \u00e0 l\u2019Agriculture.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">Ces   n\u00e9gociations devaient \u00eatre men\u00e9es avec le R\u00e9sident G\u00e9n\u00e9ral, P\u00e9riller, \u00e0   l\u2019\u00e9poque, devant lequel Ben Youssef se montra intransigeant sur le principe   d\u2019une souverainet\u00e9 totale et enti\u00e8re que devait recouvrir imp\u00e9rativement la   Tunisie.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">Le   Rassemblement Fran\u00e7ais, une association coloniale, mena une campagne hostile   contre le principe de cette n\u00e9gociation, qui, \u00e0 leurs yeux n\u2019avait pas sa   raison d\u2019\u00eatre, essayant par tous les moyens de saboter le gouvernement Chenik.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">Quant \u00e0   Ben Youssef, il comprit \u00e0 l\u2019avance que ces n\u00e9gociations n\u2019allaient pas   aboutir, tant que le colonisateur continuait \u00e0 diriger les rouages   administratifs et politiques du pays, et avait la main mise sur tous les   secteurs importants.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">  Quittant le gouvernement, il continua la lutte\u00a0 se d\u00e9pla\u00e7ant \u00e0 travers le   monde pour faire \u00e9couter la cause tunisienne, que ce \u00e0 l\u2019ONU r\u00e9unie \u00e0 Paris,   o\u00f9 il pr\u00e9senta une requ\u00eate en ce sens en mars 1952, ou \u00e0 travers certains pays   ,\u00a0 tels qu\u2019Egypte, en rencontrant Nasser,\u00a0 ou en Inde en rencontrant Nehru.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">En   1955, c\u2019est le d\u00e9but d\u2019un diff\u00e9rend entre lui et Bourguiba, qui finit par la   discorde.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">  Celle-ci est autant d\u00e9solante, qu\u2019elle se termine par un\u00a0 drame, celui de   l\u2019assassinat du leader Ben Youssef, en ao\u00fbt 1961 \u00e0 Frankfort, apr\u00e8s qu\u2019il   s\u2019\u00e9tait expatri\u00e9, en restant intraitable sur un probl\u00e8me strat\u00e9gique, que   Bourguiba ne voyait pas de la m\u00eame fa\u00e7on. Il \u00e9tait pour la loi du tout ou   rien, et consid\u00e9rait que l\u2019autonomie interne \u00e9tait une demi-mesure, qui ne   pouvait pas prosp\u00e9rer.<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span><font face=\"Arial\">Quoi   qu\u2019il en soit, Salah Ben Youssef restera \u00e0 jamais dans la m\u00e9moire collective   parmi ceux qui se sont sacrifi\u00e9s pour la lib\u00e9ration du pays, car ils y avaient   cru dur comme fer, et ce fut la raison pour laquelle ils avaient tenu bon   jusqu\u2019au dernier souffle<\/font><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\" dir=\"ltr\"> <span>\u00a0<font><strong>(Source   : \u00ab Le Temps \u00bb (Quotidien \u2013 Tunis), le\u00a04 ao\u00fbt 2007)<\/strong><font face=\"Arial\"><\/font><\/font><\/span><\/p>\n<p><\/font><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div align=\"justify\"> <font><strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font><font> <\/p>\n<div align=\"center\"> <strong><font>UN DOSSIER SPECIAL PUBLIE PAR \u00abREALITES \u00bb     INTITULE :     <\/font><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>LES DERNIERS JOURS DE LA MONARCHIE<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div>    \u00a0<\/div>\n<div> <font><strong>Les beys de Tunisie<\/strong><\/font>     \u00a0     A la veille du 25 juillet 1957, le glas de la fin sonnait, les jours de la     Dynastie \u00e9taient compt\u00e9s. Nous donnons \u00e0 cette occasion un bref rappel     historique de la liste des Beys husseinites qui ont gouvern\u00e9 la Tunisie     (1705-1957). Au total 19 Beys se sont succ\u00e9d\u00e9s sur le Tr\u00f4ne (nous les citons     pour m\u00e9moire):          &#8211; Hussein Ben Ali, 1705-1740 ;          &#8211; Ali Pacha, 1735-1756 ;          &#8211; Mohammed Bey (dit Errachid) fils de Hussein : 1756-1759 ;          &#8211; Ali Bey (fils de Hussein), 1759-1782 ;          &#8211; Hammouda Pacha, 1759-1777 ;          &#8211; Othman Bey, 1814-1814 ;          &#8211; Mahmoud Bey, 1814-1824 ;          &#8211; Hassine Bey, 1824-1835 ;          &#8211; Mustapha Pacha Bey, 1835-1837 ;          &#8211; Ahmed Pacha Bey, 1837-1855 ;          &#8211; M\u2019Hamed Pacha Bey 1855-1859 ;          &#8211; Mohamed Sadok Pacha Bey, 1859-1882 ;          &#8211; Ali Pacha Bey, 1882-1902 ;          &#8211; Mohammed El Hadi Pacha Bey, 1902-1906 ;          &#8211; Mohamed En-Naceur Pacha Bey, 1906-1922;          &#8211; Mohammed El Habib Pacha Bey, 1922-1929 ;          &#8211; Ahmed pacha Bey, 1929-1942 ;          &#8211; Mohammed El Moncef Pacha Bey, 1942-1943 ;          &#8211; Mohamed Lamine pacha Bey, 1943-1957.          Chronologie d\u2019une p\u00e9riode charni\u00e8re : 1956-1957 \u00ab Vers l\u2019\u00e9dification d\u2019un     Etat r\u00e9publicain \u00bb     \u00a0     -20 mars 1956, La Tunisie devient ind\u00e9pendante          &#8211; 12 avril 1956, L\u2019horaire de travail a chang\u00e9 en raison du Ramadhan, la     s\u00e9ance unique est instaur\u00e9e          -11 avril 1956, Bourguiba, apr\u00e8s consultation de ses \u00e9quipiers, est nomm\u00e9     par d\u00e9cret beylical, Premier Ministre, Pr\u00e9sident du Conseil et cumule aussi     les charges de la D\u00e9fense Nationale et des Affaires Etrang\u00e8res.          &#8211; 15 avril 1956, H. Bourguiba annonce la formation du \u00ab Minist\u00e8re Bourguiba     \u00bb.          &#8211; 26 avril 1956, Un d\u00e9cret charge le Minist\u00e8re des Finances d\u2019administrer le     Domaine priv\u00e9 et le Domaine d\u2019Etat affect\u00e9 \u00e0 la Couronne ainsi que la Liste     Civile du Bey, jusque-l\u00e0 administr\u00e9s par la Pr\u00e9sidence du Conseil ; il est     mis fin aux fonctions exerc\u00e9es par le fonctionnaire fran\u00e7ais qui \u00e9tait \u00ab     l\u2019Administrateur de la Liste Civile \u00bb,          &#8211; 3 mai 1956, Deux d\u00e9crets r\u00e9tablissent et organisent les Minist\u00e8res des     Affaires Etrang\u00e8res et de la D\u00e9fense Nationale,          &#8211; 31 mai 1956, \u00ab Sont supprim\u00e9s tous privil\u00e8ges, exon\u00e9rations ou immunit\u00e9s     de quelque nature que ce soit \u00bb jusque l\u00e0 reconnus aux membres de la famille     beylicale \u00bb. tout bien ayant le caract\u00e8re de habous public est int\u00e9gr\u00e9 dans     le domaine d\u2019Etat et pris en charge par le Service des Domaines.          &#8211; 7 juin 1956, Sont fix\u00e9es les conditions de fonctionnement de l\u2019Assembl\u00e9e     Nationale Constituante.           &#8211; 21 juin 1956, Le territoire du royaume est d\u00e9coup\u00e9 en 14 \u00ab R\u00e9gions \u00bb ayant     \u00e0 leur t\u00eate des gouverneurs assist\u00e9s de \u00ab Secr\u00e9taires G\u00e9n\u00e9raux \u00bb, chaque     r\u00e9gion coiffant plusieurs \u00ab d\u00e9l\u00e9gations \u00bb.          &#8211; 21 juin 1956, D\u00e9cret r\u00e9formant l\u2019Ecole Tunisienne d\u2019Administration,     laquelle prend le nom d\u2019Ecole nationale d\u2019Administration. La nouvelle Ecole,     \u00e0 laquelle il ne sera acc\u00e9d\u00e9 que par concours, est destin\u00e9e \u00e0 former les     cadres sup\u00e9rieurs de l\u2019Administration Tunisienne.          &#8211; 14 juillet 1956, Les journaux tunisiens parlent de rupture de n\u00e9gociations     avec la France.          &#8211; 26 juillet 1956, On impose au Bey la C\u00e9r\u00e9monie du Sceau l\u2019apr\u00e8s-midi et     non le matin.           &#8211; 28 juillet 1956, Suppression du Diwan du Bey.          &#8211; 17 ao\u00fbt 1956, Deux bus incendi\u00e9s par les fellaghas, l\u2019anarchie r\u00e8gne.          &#8211; 17 septembre 1956, Les journaux annoncent prochaine l\u2019arriv\u00e9e du Roi du     Maroc s\u2019associant avec Bourguiba pour faire les \u00ab bons offices \u00bb pour     trouver un compromis au probl\u00e8me alg\u00e9rien          &#8211; 22 octobre 1956, Alors que le Bey Lamine, Mohammed V attendaient les \u00ab     cinq \u00bb alg\u00e9riens dont Ben Bella chef de file, l\u2019avion est d\u00e9tourn\u00e9 et forc\u00e9     d\u2019att\u00e9rir \u00e0 Alger et les membres du FLN emprisonn\u00e9s.           &#8211; 19 novembre 1956, Bourguiba arrive \u00e0 New York pour la session de l\u2019ONU.          &#8211; 15 juillet 1957, La Garde Beylicale est remplac\u00e9e par l\u2019arm\u00e9e tunisienne     qui, en fait, tient le Bey prisonnier ainsi que son entourage, puisque     personne ne peut plus entrer ou sortir librement.          &#8211; 18 juillet 1957, Slaheddine Bey, fils cadet de Lamine Bey est arr\u00eat\u00e9 et     transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison civile pour \u00ab coup et blessures contre un inspecteur     de police qui surveillait le Palais \u00bb.          &#8211; 23 juillet 1957, Le Palais est encercl\u00e9 et verrouill\u00e9, t\u00e9l\u00e9phone coup\u00e9.          &#8211; 25 juillet 1957, Une d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019Assembl\u00e9e Constituante, compos\u00e9e de     Djellouli Far\u00e8s, Ali Belhouane et Driss Guiga est venue signifier \u00e0 Lamine     sa d\u00e9position.     Le gouvernement Bourguiba          Le Minist\u00e8re Bourguiba investi le 15 avril 1956 \u00e9tait constitu\u00e9 ainsi :          &#8211; Pr\u00e9sident du Conseil : Habib Bourguiba ;          &#8211; Vice Pr\u00e9sident du Conseil : Bahi Ladgham ;          &#8211; Ministre d\u2019Etat : Mongi Slim ;          &#8211; Affaire Etrang\u00e8res (Ministre) : Habib Bourguiba ;          &#8211; D\u00e9fense Nationale : Habib Bourguiba ;          &#8211; Int\u00e9rieur : Ta\u00efeb Mehiri ;          &#8211; Justice : Ahmed Mestiri ;          &#8211; Finances : H\u00e9di Nouira ;          &#8211; Economie Nationale : Ferdjani Bel Hadj Ammar ;          &#8211; Sant\u00e9 Publique : Dr Mahmoud Materi ;          &#8211; Agriculture : Mustapha Filali ;          &#8211; Travaux Publics : Azzedine Abassi ;          &#8211; P.T.T. : Mahmoud Khiari ;          &#8211; Education Nationale : Lamine Chabbi ;          &#8211; Urbanisme et Habitat : Andr\u00e9 Barouch ;          &#8211; Affaires Sociales : Mohammed Chakroun ;          &#8211; Information (Secr\u00e9taire d\u2019Etat) : B\u00e9chir ben Yahmed ;          &#8211; Jeunesse et Sport : Azzouz Reba\u00ef     <font><strong>(Source : \u00ab R\u00e9alit\u00e9s \u00bb (Magazine hebdomadaire     \u2013 Tunis), N\u00b0 1126-1127 du 26 juillet 2007)<\/strong><\/font>      \u00a0<\/div>\n<div>\n<hr\/><\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>Les derniers jours de la Monarchie<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<p><font size=\"3\"> <\/p>\n<div align=\"left\"> <font>Par Fay\u00e7al Cherif<\/font><\/div>\n<div> <font>\u00ab Voil\u00e0 le commencement de la fin \u00bb, Talleyrand, 1812<\/font>               Tout en s\u2019affirmant comme le Combattant Supr\u00eame et le h\u00e9ros de la Nation,     attributs puis\u00e9s de son parcours historique, Bourguiba ne chercha jamais un     heurt frontal avec la dynastie husseinite avant 1956. C\u2019est en alliant \u00e0 la     fois diplomatie, mesure et retenue, qu\u2019il chercha obstin\u00e9ment au bas fonds     de sa pens\u00e9e \u00ab l\u2019occasion miracle \u00bb pour mettre fin \u00e0 la Monarchie. Les     rapports entre Bourguiba et les membres de la famille husseinite \u00e9taient     sous-tendus de mauvaise foi r\u00e9ciproque, voire d\u2019aversions parfois manifestes     pendant la p\u00e9riode du \u00ab Gouvernement de l\u2019ind\u00e9pendance \u00bb.          Il aura suffi \u00e0 Bourguiba quinze mois pour balayer 252 ans de r\u00e8gne ! Cet     expos\u00e9 ne saurait combler et expliquer une p\u00e9riode f\u00e9conde en \u00e9v\u00e8nements,     nous esp\u00e9rons que cette synth\u00e8se de l\u2019histoire d\u2019une \u00e9poque charg\u00e9e     d\u2019\u00e9v\u00e9nements cruciaux de la Tunisie, suscitera d\u00e9bats et controverses.          Le cheminement vers la d\u00e9claration de la R\u00e9publique, ou la\u00ab cr\u00e9ation du vide     \u00bb autour de la Dynastie husseinite           Apr\u00e8s la signature de l\u2019ind\u00e9pendance interne et la formation des deux     Gouvernements Ben Ammar, Lamine Bey refusait de sceller un d\u00e9cret portant la     cr\u00e9ation de la Constituante : Al Majliss al Taassissi. \u00ab Pour vaincre ses     r\u00e9ticences, Si Bahi Ladgham proposait de lui octroyer quelques titres     pompeux comme le \u00ab Roi de la Tunisie \u00bb. je jugeai que c\u2019\u00e9tait inutile. De     son c\u00f4t\u00e9, Chedly Bey insistait pour soustraire \u00e0 la comp\u00e9tence de     l\u2019Assembl\u00e9e de multiples sujets touchant \u00e0 la famille r\u00e8gnante, aux Habous,     \u00e0 la Grande Mosqu\u00e9e. Il voulait en faire un domaine r\u00e9serv\u00e9. C\u2019\u00e9tait un     v\u00e9ritable panier \u00e0 crabes\u00bb. (H. Bourguiba, Ma vie, mon \u0153uvre, mon combat, p.     328.). Lamine Bey se r\u00e9signa malgr\u00e9 tout et la Constituante devenait un fait     accompli.          Le 25 mars 1956, des \u00e9lections au suffrage universel donnaient pour la     nouvelle Assembl\u00e9e Constituante, tous les si\u00e8ges et 80% des suffrages au     Front National (N\u00e9o-Destour et UGTT).           La voie \u00e9tait d\u00e9sormais ouverte \u00e0 la constitution d\u2019un gouvernement     n\u00e9o-destourien libre de son action. Depuis sa d\u00e9signation \u00e0 la t\u00eate du     premier Gouvernement ind\u00e9pendant de la Tunisie, investi le 15 avril 1956.     Bourguiba s\u2019est enfin vu apte \u00e0 agir.           Sans coup f\u00e9rir, et sans plus tarder, il se consacra \u00e0 fragiliser le Bey et     son entourage et \u00e0 doter la Tunisie d\u2019Institutions politiques et     administratives compl\u00e8tement nouvelles calqu\u00e9es sur le mod\u00e8le occidental.     D\u2019une fa\u00e7on m\u00e9thodique, et dans un laps de temps tr\u00e8s court, le Minist\u00e8re     Bourguiba entreprit une s\u00e9rie de mesures qui, si elle s\u2019av\u00e8re au premier     abord logique, n\u2019a pas manqu\u00e9 au fonds de vider la Monarchie de ses assises     aussi bien politiques que financi\u00e8res. A ce titre, et par un ordre     chronologique ( \u00e0 savoir \u00e9tudi\u00e9 et m\u00e9thodique ou non par Bourguiba) de     nombreuses mesures venaient de doter le Minist\u00e8re Bourguiba de nombreuses     pr\u00e9rogatives, l\u00e9gislatives bien entendu, qui devaient bouleverser la vie     politique de la Tunisie et d\u00e9pouiller la Monarchie de ses plus importants     attributs. Plusieurs signes annonciateurs confirment ses intentions, depuis     sa d\u00e9signation comme chef du Gouvernement, de renforcer le pouvoir de son     Gouvernement aux d\u00e9pens de la Monarchie. L\u2019attribution des minist\u00e8res cl\u00e9s \u00e0     ses plus proches collaborateurs, particuli\u00e8rement Bahi Ladgham (bras droit     de Bourguiba) et ses proches \u00e9quipiers dans sa lutte anticoloniale ainsi que     quelques membres de l\u2019UGTT, furent des signes pr\u00e9curseurs de son intention     de changements rapides. Les r\u00e9formes politiques apport\u00e9es \u00e9taient     substantielles, ce qui lui permettait du coup de limiter le pouvoir de     Lamine Bey envers qui il n\u2019\u00e9prouvait aucun respect (voir ses discours),     surtout depuis que Salah Ben Youssef \u00e9tait assidu \u00e0 fr\u00e9quenter la Cour et     admis comme h\u00f4te privil\u00e9gi\u00e9 (voir plus bas).          Bourguiba s\u2019est arrog\u00e9 des pouvoirs qui font de son Minist\u00e8re un     Gouvernement de salut public dot\u00e9 de pr\u00e9rogatives l\u00e9gislatives et surtout     loin de rendre le Minist\u00e8re responsable devant l\u2019Assembl\u00e9e encore moins     devant le Bey. Lamine Bey est d\u00e9sormais rel\u00e9gu\u00e9 au rang de figurant     signataire, son \u00e2ge avanc\u00e9 et son \u00e9tat de sant\u00e9 ne lui procuraient aucune     force pour manifester une quelconque opposition. La structure \u00e9tant des plus     totalitaires, le parti incarne l\u2019Etat : l\u2019Etat \u00e0 la fois repr\u00e9sente et cr\u00e9e     la Nation.          Un but urgent : d\u00e9pouiller la Monarchie de ses assises           <font>La Haute Cour, ou l\u2019Ep\u00e9e de Damocl\u00e8s<\/font>           Le Minist\u00e8re Bourguiba, dans le souci de se doter de l\u2019arme la plus     redoutable, \u00e0 savoir l\u00e9gif\u00e9rer, s\u2019est octroy\u00e9 un arsenal de lois et de     d\u00e9crets tendant somme toute \u00e0 renverser sine die la vie politique     tunisienne. L\u2019une des plus importantes d\u00e9cisions fut sans doute     l\u2019institution le 19 avril 1956 de la Haute Cour ainsi qu\u2019un bouleversement     radical de toute l\u2019activit\u00e9 du Minist\u00e8re de la Justice dirig\u00e9 par Ahmed     Mestiri. Le jeune Gouvernement tendait obstin\u00e9ment \u00e0 s\u2019emparer des     comp\u00e9tences qui lui \u00e9chappaient encore. Parmi les mesures prises par d\u00e9cret,     l\u2019institution de la Haute Cour suscit\u00e9e, et puis il a \u00e9t\u00e9 proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un     important mouvement de personnel des juridictions religieuses et l\u2019\u00e9viction     des Commissaires fran\u00e7ais.          Il est \u00e0 noter que la Haute Cour est une juridiction d\u2019exception dont la     cr\u00e9ation a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e apr\u00e8s que les chefs du N\u00e9o-Destour eurent constat\u00e9     l\u2019inefficacit\u00e9 de la Cour Criminelle sp\u00e9ciale qui ne comportait que des     magistrats professionnels. La formation de la Haute Cour ne comprend ni     magistrat (\u00e0 l\u2019exception du Pr\u00e9sident), ni membre de professions     para-judiciaires, elle constitue sans doute un instrument commode pour     r\u00e9primer les activit\u00e9s politiques subversives des adversaires du     Gouvernement.          La dur\u00e9e de vie pr\u00e9vue pour la Haute Cour \u00e9tait de six mois (en th\u00e9orie). Sa     comp\u00e9tence s\u2019\u00e9tendait \u00e0 toutes les atteintes \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 int\u00e9rieure de     l\u2019Etat, \u00e0 toutes les infractions ayant un \u00ab caract\u00e8re politique \u00bb et, d\u2019une     mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 \u00ab tous les actes portant atteinte aux int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs     de la Nation \u00bb.          Le caract\u00e8re r\u00e9pressif de la Cour laisse ses pr\u00e9rogatives illimit\u00e9es. Les     phrases \u00e9lastiques \u00ab atteinte aux int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs de la Nation \u00bb,     laissent au l\u00e9gislateur d\u2019interpr\u00e9ter \u00e0 loisir et souvent sous un angle     purement politique (alli\u00e9\/ennemi) les actes et les agissements des personnes     quelles qu\u2019elles soient. La d\u00e9rive totalitariste est des plus manifeste, la     Monarchie tunisienne et les opposants de Bourguiba sont juridiquement     musel\u00e9s et isol\u00e9s : on ne pouvait mieux se servir du pouvoir.           <font>Annihiler les ressources financi\u00e8res de la Monarchie<\/font>          Sur le volet financier, le 26 avril 1956, un d\u00e9cret charge le Ministre des     Finances d\u2019administrer le Domaine Priv\u00e9 et le Domaine d\u2019Etat affect\u00e9 \u00e0 la     Couronne ainsi que la Liste Civile de S.A. le Bey ( budget annuel allou\u00e9 aux     d\u00e9penses de tous les membres de la famille beylicale), jusque-l\u00e0 administr\u00e9s     par la Pr\u00e9sidence du Conseil ; il est mis fin aux fonctions exerc\u00e9es par le     fonctionnaire fran\u00e7ais qui \u00e9tait \u00ab l\u2019Administrateur de la Liste Civile \u00bb. On     peut remarquer l\u2019empressement de Bourguiba d\u2019arr\u00eater ce qu\u2019il appelle \u00ab une     h\u00e9morragie financi\u00e8re \u00bb, et lui soustraire toute comp\u00e9tence en la mati\u00e8re.              La cons\u00e9quence directe de cette mesure ramena la Liste Civile de 1 milliard     environ \u00e0 181 millions 500.000 francs ; soit le 4\/5 du budget amput\u00e9 (\u00ab Le     Petit Matin \u00bb 23 juin 1956).          Le 31 mai 1956, par d\u00e9cret, \u00ab Tous privil\u00e8ges, exon\u00e9rations ou immunit\u00e9s de     quelque nature que ce soit jusque-l\u00e0 reconnus aux membres de la Famille     Beylicale sont supprim\u00e9s. Le m\u00eame jour l\u2019Etat prend en charge les d\u00e9penses \u00e0     caract\u00e8re religieux et social que la Jamia des habous servait. Cr\u00e9\u00e9e en     1874, la Jamia est un \u00e9tablissement public dot\u00e9 de l\u2019autonomie financi\u00e8re,     avait pour but, sous la direction exclusive de Tunisiens Musulmans,     d\u2019administrer les habous publics. Elle est d\u00e9sormais mise en liquidation. En     l\u2019occurrence, la cr\u00e9ation de nouveaux habous publics est interdite. Tout     bien ayant le caract\u00e8re de habous public est int\u00e9gr\u00e9 dans le domaine de     l\u2019Etat et pris en charge par le Service des Domaines. Le budget de la Jamia     des Habous \u00e9tait toujours en d\u00e9ficit, et sa gestion tr\u00e8s souvent critiqu\u00e9e     s\u00e9v\u00e8rement.          Le m\u00eame jour, les d\u00e9tails des modalit\u00e9s d\u2019administration du domaine Priv\u00e9 et     de la Liste Civile de S.A le Bey, ainsi que du Domaine priv\u00e9 de l\u2019Etat     affect\u00e9 \u00e0 la Couronne furent promulgu\u00e9s et d\u00e9taill\u00e9s.          Le territoire tunisien passe d\u00e9sormais sous contr\u00f4le du Gouvernement et non     du Bey          Le 21 juin 1956, Le territoire du Royaume est d\u00e9coup\u00e9 en quatorze \u00ab R\u00e9gions     \u00bb ayant \u00e0 leur t\u00eate des \u00ab Gouverneurs \u00bb assist\u00e9s de \u00ab Secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux     \u00bb, chaque r\u00e9gion coiffant plusieurs \u00ab d\u00e9l\u00e9gations \u00bb.          C\u2019est sans doute la r\u00e9forme la plus profonde et la plus spectaculaire.          Lamine Bey a tent\u00e9 de tergiverser, entrevoyant les cons\u00e9quences n\u00e9fastes     d\u2019une telle r\u00e9forme, mais il ne put en fin de compte oser s\u2019y opposer. Par     ce nouveau d\u00e9coupage, les 37 circonscriptions ca\u00efdales ont \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9es et     remplac\u00e9es par quatorze Gouvernorats ayant pour si\u00e8ge Tunis, Bizerte, Gab\u00e8s,     Sfax, Sousse, Kairouan, B\u00e9ja, Souk-el-Arba, Sbe\u00eftla, Tozeur, M\u00e9denine,     Gafsa, le Kef et Nabeul.          Driss Guiga, alors chef du service de l\u2019Administration R\u00e9gionale au     Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, a ex\u00e9cut\u00e9 ce programme de r\u00e9organisation     administrative avec d\u00e9vouement et fermet\u00e9.           Suite \u00e0 cette r\u00e9forme de structure, le Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur a r\u00e9alis\u00e9 un     renouvellement quasi-total de l\u2019ancien corps ca\u00efdal dont 105 agents sur un     effectif de 170 ont \u00e9t\u00e9 soit r\u00e9voqu\u00e9s, soit suspendus, soit admis \u00e0 la     retraite ou mis en position de disponibilit\u00e9. Ils ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s pour les     \u00ab Oualis \u00bb, par des personnalit\u00e9s connues pour leur attachement \u00e0 la     politique de Bourguiba. Ces Gouverneurs (\u00ab Oualis \u00bb) sont en majorit\u00e9 sans     grande exp\u00e9rience du service public, mais le Gouvernement para\u00eet avoir     recherch\u00e9, plus qu\u2019une technicit\u00e9 et une connaissance approfondie des     m\u00e9thodes administratives, l\u2019assurance de pouvoir disposer de v\u00e9ritables     commissaires politiques, communiquant aux \u00e9chelons les plus bas l\u2019impulsion     de l\u2019autorit\u00e9 Centrale. Cet \u00ab assainissement \u00bb avait pour but aussi de     purger l\u2019Administration Centrale tunisienne des familles de la haute     bourgeoisie. A la t\u00eate de l\u2019administration municipale, le 5 juillet 1956, et     par voie d\u2019arr\u00eat\u00e9, des pr\u00e9sidents de communes, d\u00e9sign\u00e9s parmi les membres du     corps des Gouverneurs, Secr\u00e9taires G\u00e9n\u00e9raux des Gouverneurs et d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s,     autres que le Gouverneur qui a la tutelle des communes.           Le but est atteint : les nouveaux Gouverneurs, tous dignitaires importants     du N\u00e9o-Destour, qui n\u2019ont ni \u00e0 conqu\u00e9rir la faveur du prince ni \u00e0 donner des     gages de leur patriotisme, agissent g\u00e9n\u00e9ralement avec une libert\u00e9 que leur     conf\u00e8rent leurs titres et ob\u00e9issent aux directives du Parti. L\u2019emprise du     Gouvernement s\u2019est donc \u00e9largie, elle touche d\u00e9sormais toutes les franges de     la population d\u2019amont en aval et vice versa.          <font>La Monarchie d\u00e9pouill\u00e9e de son pouvoir ex\u00e9cutif et     repr\u00e9sentatif<\/font>          Le 3 mai 1956, Bourguiba dota la Tunisie d\u2019un Minist\u00e8re de la D\u00e9fense     Nationale, dont il prit la t\u00eate, et d\u00e9signa M. Abdelhamid Chelbi, \u00e0     l\u2019origine inspecteur de l\u2019Enseignement primaire, comme Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral.     Son cabinet \u00e9tait restreint car ne disposant \u00e0 cette date que de deux     officiers venant de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise.          Mais d\u00e9j\u00e0, et d\u00e8s le mois d\u2019avril, en voyant les tergiversations du Bey     concernant la d\u00e9pendance des Oudjaks qui demeuraient jusque l\u00e0 sous tutelle     fran\u00e7aise, Bourguiba ordonna la formation de la Garde Nationale, totalement     distincte de l\u2019Arm\u00e9e Nationale (Garde mobile). Son organisation et son     emploi demeurent pour le reste flous. Son commandement est \u00e0 Tunis et elle     dispose d\u2019unit\u00e9s mobiles, elle est dirig\u00e9e par Mahjoub (Ben Ali) Djemili     ancien chef fellaghas. A ses d\u00e9buts, la Garde nationale comprend une     compagnie de 300 hommes, elle est \u00e0 la fois une p\u00e9pini\u00e8re et constitue aussi     une r\u00e9serve de choc.          Le second \u00e9l\u00e9ment de la Garde Nationale est constitu\u00e9 par des postes fixes     dans les anciennes casernes de la Gendarmerie fran\u00e7aise. Les spahis de     l\u2019Oudjak et les suppl\u00e9tifs que les Gouverneurs et leurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s ont     conserv\u00e9 \u00e0 leur disposition sont, en cas de besoin, utilis\u00e9s en liaison avec     les Gardes, et continuent par ailleurs \u00e0 \u00eatre employ\u00e9s par ces autorit\u00e9s     locales \u00e0 diverses t\u00e2ches administratives : convocations et enqu\u00eates.          L\u2019effectif total de la Garde Nationale peut \u00eatre estim\u00e9 \u00e0 2.000 hommes     environ (juin 1956). Le chef de la Garde Nationale est le commandant Mohamed     Tijani El Ketari. Ing\u00e9nieur g\u00e9om\u00e8tre de formation, il a suivi une formation     militaire en Syrie apr\u00e8s des \u00e9tudes \u00e0 Paris tout en \u00e9tant affili\u00e9 aux \u00ab     Scouts Musulmans \u00bb. Il est l\u2019homme de confiance du Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur     Mehiri.          A ses d\u00e9buts, la Garde Nationale, dans des r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es, semblait faire     justice elle-m\u00eame pour des d\u00e9lits mineurs. Elle se substituait ainsi au r\u00f4le     que jouaient jadis le ca\u00efd, le khalifa et le cheikh.           Bourguiba monopolisa les minist\u00e8res cl\u00e9s, dont la plus importante sans doute     : les Affaires \u00e9trang\u00e8res. Voulant pr\u00e9parer le terrain \u00e0 une reconnaissance     internationale, il s\u2019est attel\u00e9 \u00e0 multiplier les d\u00e9marches afin de faire     valoir la repr\u00e9sentation diplomatique tunisienne \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00e9tant bien     entendu lui-m\u00eame ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Par ce biais, ce sera bel     et bien le Gouvernement Bourguiba qui fait office du repr\u00e9sentant de la     Tunisie, les missions diplomatiques, les conventions et les pourparlers     seront d\u00e9sormais engag\u00e9s avec Bourguiba et non avec le Bey.           <font>L\u2019embl\u00e8me du Royaume change, la Monarchie agonise     lentement<\/font>          Le 21 juin 1956, Lamine Bey scelle un d\u00e9cret, sur proposition du Pr\u00e9sident     du Conseil et le Chef du Gouvernement (Habib Bourguiba) portant sur la     cr\u00e9ation de nouvelles armoiries du Royaume.          Description des armoiries du Royaume :          Ecu cantonn\u00e9 en pointe          A dextre d\u2019un lion passant de sabre tourn\u00e9 \u00e0 dextre arm\u00e9 d\u2019un glaive     d\u2019argent sur fond de guetter          A senestre d\u2019une balance de sable sur land d\u2019or en chef d\u2019une gal\u00e8re punique     anglant sur flots et fond d\u2019acier          Somm\u00e9 du croissant \u00e9toil\u00e9 de Tunisie          Pos\u00e9 en chef sur troph\u00e9e de deux lances et banni\u00e8res entrecrois\u00e9es          Support\u00e9 en cointe par une couronne murale mi partie de gerbes d\u2019\u00e9pis \u00e0     dextre et de rameaux d\u2019oliviers \u00e0 senestre          Cravat\u00e9 de la plaque du m\u00e9rite National           Bien plus qu\u2019un simple symbole, c\u2019est d\u00e9sormais une nouvelle image que     s\u2019offre la Tunisie. Le drapeau et les armoiries constituent les symboles     forts d\u2019un Etat souverain. Bourguiba s\u2019est abstenu tout de m\u00eame \u00e0 toucher au     drapeau, pourtant c\u2019est un empreint aux Ottomans !           L\u2019embl\u00e8me beylical est d\u00e9sormais rel\u00e9gu\u00e9 au rang des oubliettes ; le Bey     signa le d\u00e9cret, ne pouvant s\u2019opposer \u00e0 la marche vers l\u2019effacement     progressif, lent, mais certain des signes forts de la Monarchie.          Toute la d\u00e9marche du Gouvernement Bourguiba \u00e9tait de mener des changements     radicaux dans la structure des trois pouvoirs : l\u00e9gislatif, ex\u00e9cutif et     judiciaire afin de culminer vers la cr\u00e9ation d\u2019un Etat de fait.           Les bas-fonds de la pens\u00e9e de Bourguiba \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Monarchie          Bourguiba s\u2019est appliqu\u00e9 avec son Gouvernement \u00e0 d\u00e9pouiller la Monarchie de     son pouvoir politique et de ses assises financi\u00e8res, voire de son embl\u00e8me     pluris\u00e9culaire, qui s\u2019inscrit dans un cheminement vers la fondation des     institutions viables de la future r\u00e9publique. Toutefois, Bourguiba \u00e9tait     pouss\u00e9 aussi par une envie personnelle de se \u00ab venger \u00bb de la Monarchie ; sa     litt\u00e9rature, discours et d\u00e9clarations, pl\u00e9thoriques \u00e0 cet \u00e9gard, en     apportent d\u2019\u00e9loquents t\u00e9moignages.           Le r\u00e9cit qui va suivre est celui de Bourguiba lui-m\u00eame ; \u00e0 prendre avec     toutes les pr\u00e9cautions de l\u2019usage, il est sans doute r\u00e9v\u00e9lateur de son \u00e9tat     d\u2019esprit qui l\u2019a toujours anim\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Monarchie: \u00abUne fois, la     veille du 27 Ramadhan, selon la tradition, je l\u2019accompagnai (Lamine Bey) \u00e0     la Mosqu\u00e9e Ez-Zitouna. Il s\u2019appuyait sur une canne en ivoire finement     ouvrag\u00e9e. A la fin de la c\u00e9r\u00e9monie, le cort\u00e8ge prit le chemin du retour vers     le Palais Beylical de Carthage. Arriv\u00e9 \u00e0 destination, nous franch\u00eemes les     deux premi\u00e8res portes. Au moment o\u00f9 il allait passer la troisi\u00e8me, le Bey me     tendit sa canne, comme si je devais l\u2019en d\u00e9barrasser.          &#8211; Qu\u2019est-ce \u00e0 dire ? m\u2019\u00e9criai-je.          &#8211; C\u2019est un cadeau que vous offre Son Altesse, s\u2019empressa de r\u00e9pondre son     fils M\u2019hamed qui ne manquait ni de finesse ni d\u2019intelligence.          &#8211; Cela changeait tout et j\u2019acceptai le pr\u00e9sent. Je n\u2019arrive d\u2019ailleurs plus     \u00e0 remettre la main dessus. \u00bb          Une autre fois, sa femme, la Beya, sollicita une faveur :          &#8211; Je ne vous ai jamais rien demand\u00e9, me dit-elle. Je serais heureuse si vous     acceptiez de nommer un tel en remplacement de Mattei. Ce dernier \u00e9tait     directeur de la Liste Civile.          &#8211; Je n\u2019aime pas les interventions de l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019interrompis-je. Je     consulterai le Ministre des Finances sur le choix d\u2019un candidat convenable\u2026.          Un autre jour, je p\u00e9n\u00e9trai dans la grande salle du Palais. La femme du Bey     \u00e9tait assise. Je m\u2019arr\u00eatai \u00e0 mi-chemin et dis :          &#8211; Il importe que l\u2019on vienne ici m\u00eame accueillir et saluer le Chef du     Gouvernement quand il fait son entr\u00e9e au palais. Elle accourut et se     confondit en excuses, invoquant son ignorance des usages.          &#8211; N\u2019oubliez pas, lui recommandai-je, que je ne suis ni un Mustapha K\u00e2ak, ni     un Slaheddine Baccouche ni aucun membre de votre entourage \u00bb (H. Bourguiba,     Ma vie, mes id\u00e9es, mon combat, Tunis, Imp. Officielle, 1977, pp. 302-303).          <font>Pourquoi tant de haine \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Husseinites ?<\/font>          Les raisons personnelles          Si Bourguiba avait longtemps occult\u00e9 ses sentiments personnels \u00e0 l\u2019\u00e9gard de     la Monarchie pour des convenances politiques et protocolaires, le contexte     historique de l\u2019\u00e9poque l\u2019incitait \u00e0 ne pas donner cours \u00e0 des actes     impulsifs ; la prudence et les calculs \u00e9taient de mise. Il faut dire que     sans pouvoir politique r\u00e9el, ni l\u00e9gitimit\u00e9 nationale et internationale, il     ne pouvait pr\u00e9tendre \u00e0 un changement de structure dans le sommet de la     hi\u00e9rarchie politique d\u2019un pays fra\u00eechement ind\u00e9pendant. Aussi, et en d\u00e9pit     de son apparent respect des institutions, Habib Bourguiba s\u2019est laiss\u00e9     emporter dans ses discours et r\u00e9flexions sur les raisons de sa haine \u00e0     l\u2019\u00e9gard de la Monarchie husseinite. Nous citons ici ses propres paroles dans     un discours public : \u00abPour vous montrer (s\u2019adressant au public) la mentalit\u00e9     d\u00e9plorable de ces familles d\u2019esclaves affranchis, ces mameluks, je vous     raconterai l\u2019anecdote significative suivante :          A la mort de l\u2019ancien Bey, on vit arriver au Palais de la R\u00e9publique une     quantit\u00e9 de mets succulents et de plats finement cuisin\u00e9s. C\u2019\u00e9tait le tribut     symbolique par lequel la famille Slim, \u00e0 l\u2019invitation de Lella Habiba, m\u00e8re     douairi\u00e8re voulait marquer son all\u00e9geance au Bey d\u00e9chu. Le chauffeur de la     voiture \u00e0 qui on avait confi\u00e9 le soin de transporter les victuailles chez \u00ab     Sidna \u00bb le ma\u00eetre, s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9 d\u2019adresse. Les plats ont bien \u00e9t\u00e9     consomm\u00e9s au Palais de la R\u00e9publique. Mais, ni moi-m\u00eame ni Mongi Slim     n\u2019avons comment\u00e9 l\u2019\u00e9v\u00e9nement et chacun garda le silence \u00e0 ce sujet. \u00bb (H.     Bourguiba, Ma vie, mon \u0153uvre, mon combat\u2026op.cit, p. 336)          Ces propos outrageux, prononc\u00e9s dans une audience publique (\u00e9tudiants de     l\u2019Institut de Presse et de Sciences de l\u2019Information) ne sont tout de m\u00eame     pas dignes d\u2019un chef d\u2019Etat, mais cela d\u00e9montre d\u2019autre part la haine     visc\u00e9rale et profonde qu\u2019\u00e9prouvait Bourguiba \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Monarchie. Or,     \u00ab Du sublime au ridicule, il n\u2019y a qu\u2019un pas \u00bb, Bourguiba l\u2019a bien franchi,     la retenue \u00e9tait tout de m\u00eame de mise, car on n\u2019abat pas un homme d\u00e9j\u00e0 mort.              L\u2019exag\u00e9ration de Bourguiba est voulue, le d\u00e9dain et le m\u00e9pris pour la     Monarchie sont profonds. Car il est de tradition que la famille du d\u00e9funt     s\u2019abstient de cuisiner pendant quelques jours, jusqu\u2019au jour du Fark et     c\u2019est aux voisins et aux proches de la pr\u00e9parer et d\u2019en faire une offrande.     Mongi Slim comme Habib Thameur (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1949), \u00e9taient apparent\u00e9s et     proches de la famille beylicale. D\u2019ailleurs Mongi Slim \u00e9tait li\u00e9 d\u2019amiti\u00e9     avec M\u2019Hammed Bey second fils de Lamine Bey, cela pouvait expliquer aussi le     geste de Slim. Il est tout de m\u00eame significatif de voir comment Bourguiba a     transform\u00e9 un geste apparemment de compassion et de solidarit\u00e9 en argument     politique !          Les raisons objectives : abus de pouvoir de la Monarchie, et complicit\u00e9 avec     Salah ben Youssef ; deux griefs impardonnables selon Bourguiba          Bourguiba, en reprenant \u00e0 son compte l\u2019histoire de la Tunisie avant     l\u2019occupation fran\u00e7aise, dressait un tableau sombre sur les supplices subis     par les Tunisiens de tous rangs par les Beys \u00ab tortionnaires \u00bb. De Ben     Ghdaham, en passant par Zarrouk, il \u00e9voquait les pratiques de la Monarchie     qui recourait \u00e0 l\u2019assassinat, l\u2019empoisonnement, l\u2019humiliation publique comme     \u00e9tant une \u00ab tradition \u00bb ancestrale bien ancr\u00e9e dans le visage politique de     la R\u00e9gence. C\u2019\u00e9tait pour Bourguiba un argument politique de taille que de     s\u2019\u00e9riger en justicier du peuple. A maintes reprises dans ses discours     Bourguiba revient sur les p\u00e9riodes sombres de la Monarchie, le but \u00e9tait de     d\u00e9daigner et m\u00e9priser cette p\u00e9riode \u00ab obscure \u00bb de l\u2019histoire. D\u2019ailleurs,     Bourguiba ne fait presque jamais usage de vocable : sidi, sidna, Son     Altesse, c\u2019est toujours le bey (b miniscule), le d\u00e9tail est de taille :     aucune consid\u00e9ration de respect m\u00eame dans un usage banal.           Par ailleurs, Bourguiba ne pardonna jamais \u00e0 Lamine Bey, et bien plus \u00e0 son     fils a\u00een\u00e9 Chedly Bey, d\u2019avoir admis Ben Youssef \u00e0 la Cour et de lui avoir     offert des services. Or, entre Ben Youssef et Chedly Bey il y avait bien un     enjeu de taille :          Chedly Bey, fils a\u00een\u00e9 de Lamine Bey, est n\u00e9 le 12 d\u00e9cembre 1910. Il est     atteint d\u2019une l\u00e9g\u00e8re claudication. Il joua un r\u00f4le politique de premier chef     aupr\u00e8s de son p\u00e8re. N\u2019ayant pas d\u2019enfant, il fit adopter son neveu Sa\u00efd,     fils d\u2019Ahmed Bey son fr\u00e8re. La rumeur populaire faisait circuler la nouvelle     que Chedly avait amass\u00e9 en un laps de temps court une fortune consid\u00e9rable     dont la grande partie a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Il s\u2019est surtout fait     remarquer pour les facilit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s au Palais qu\u2019il donna \u00e0 Salah ben     Youssef, devenu ennemi jur\u00e9 de Bourguiba. Chedly Bey, en s\u2019associant \u00e0 Ben     Youssef, tenta une man\u0153uvre : succ\u00e9der directement \u00e0 son p\u00e8re Lamine en     \u00e9cartant Hassine Bey, Bey du Camp. Salah ben Youssef pour sa part, ne     pardonna jamais \u00e0 Hassine Bey, alors conseiller de son fr\u00e8re Moncef bey, son     opposition \u00e0 la formation d\u2019un gouvernement tunisien au mois d\u2019avril 1943.     Et comme Bourguiba \u00e9tait bien parti pour \u00e9tablir un nouvel Etat, une     alliance avec l\u2019ennemi de Bourguiba et de Hassine, pouvait, le cas \u00e9ch\u00e9ant     susciter un renversement de situation au profit de la Monarchie alors que     l\u2019entreprise r\u00e9formatrice de Bourguiba ne cessait de prendre de l\u2019ampleur de     jour en jour.          En voici la conclusion de Roger Casemajor sur cette situation confuse : \u00ab     Dans le conflit actuel qui oppose les deux leaders (Bourguiba-Ben Youssef),     le Bey tout en feignant d\u2019appuyer la politique du Gouvernement actuel,     redoute pour sa souverainet\u00e9 les d\u00e9cisions de la future Assembl\u00e9e     Constituante. La consultation populaire l\u2019effraie en ce qu\u2019elle risque     d\u2019amener sur les bancs du Parlement tunisien, ce que Lamine Bey appelle des     \u00ab voyous \u00bb alors qu\u2019il aurait esp\u00e9r\u00e9 pouvoir d\u00e9signer lui-m\u00eame, les     repr\u00e9sentants d\u2019une deuxi\u00e8me Chambre o\u00f9 si\u00e8geraient des notables.          C\u2019est pourquoi, \u00e0 la diff\u00e9rence du Sultan du Maroc, le Bey de Tunis se garde     bien d\u2019intervenir dans le conflit Bourguiba-Ben Youssef , caressant l\u2019espoir     qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement pr\u00e9par\u00e9 ou inattendu vienne sauver in extremis un tr\u00f4ne     qu\u2019il lui faudra beaucoup de chance pour conserver jusqu\u2019\u00e0 sa mort, et qu\u2019il     sera peut-\u00eatre, \u00e0 la cadence de l\u2019\u00e9volution actuelle, le dernier des     Husseinites \u00e0 l\u2019avoir occup\u00e9 \u00bb (Sa proph\u00e9tie ne s\u2019est pas d\u00e9mentie).          Bourguiba \u00e9tait bien conscient de l\u2019enjeu, il acc\u00e9l\u00e9ra le rythme de la \u00ab     cr\u00e9ation du vide \u00bb avant de faire barrage \u00e0 ces agissements de coulisses.              <font>Comment Bourguiba a donn\u00e9 le coup de gr\u00e2ce \u00e0 la     Monarchie tunisienne ?<\/font>          Le r\u00e9cit de Bourguiba :          \u00ab Le Haut Commissaire de France, M. Seydoux, fit part \u00e0 M. Levy-Despas,     propri\u00e9taire des magasins Monoprix, de son d\u00e9sir de me rencontrer. Il     entendait beaucoup parler de moi et voulait me conna\u00eetre. Je donnai mon     accord et notre rencontre eut lieu \u00e0 Sidi Bou Sa\u00efd, dans la villa de notre     h\u00f4te. Aussit\u00f4t que nous f\u00fbmes pr\u00e9sent\u00e9s, je lui d\u00e9clarai :          &#8211; Je vous avoue que je n\u2019\u00e9tais pas d\u2019accord pour votre nomination.          M. Masmoudi m\u2019a dit toutes les difficult\u00e9s et tous les obstacles que vous     avez dress\u00e9s face aux n\u00e9gociateurs tunisiens. Mais puisque vous \u00eates l\u00e0,     nous allons voir de quoi vous \u00eates capable.          &#8211; Je suis rentr\u00e9 de France, aujourd\u2019hui m\u00eame, r\u00e9pondit-il. Le Bey, comme     lors de mon d\u00e9part, n\u2019a pas manqu\u00e9 de m\u2019exprimer fermement son opposition au     transfert des cavaliers de l\u2019Oujak au Gouvernement tunisien. Il a encore     tenu \u00e0 me sp\u00e9cifier que, s\u2019il \u00e9tait d\u2019accord pour l\u2019application de toutes     les clauses du Protocole, il refusait fermement, par contre, tout autre     concession non pr\u00e9vue par l\u2019accord. J\u2019ai cru devoir souligner, pour ma part,     que les troupes transf\u00e9r\u00e9es au gouvernement \u00e9taient tunisiennes et non     fran\u00e7aises.          Je restai sid\u00e9r\u00e9. Ainsi donc, au moment o\u00f9 nous nous efforcions de     constituer l\u2019embryon d\u2019une arm\u00e9e aussi importante que possible, le Bey ne     trouvait rien de mieux que de vouer nos efforts \u00e0 l\u2019\u00e9chec.           Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, nous nous quitt\u00e2mes. C\u2019\u00e9tait un dimanche. Je voulais     sonder Ben Ammar qui, Premier Ministre, assiste de droit aux audiences     accord\u00e9es par le Bey au repr\u00e9sentant de la France. Je le pr\u00e9vins     t\u00e9l\u00e9phoniquement de ma visite et me rendis aupr\u00e8s de lui. Il m\u2019accueillit     avec empressement.          -Avez-vous rencontr\u00e9 le Haut-Commissaire de France aujourd\u2019hui ? Lui     demandai-je.          &#8211; Effectivement. Tout va d\u2019ailleurs pour le mieux, r\u00e9pondit-il.          &#8211; Il n\u2019y a rien d\u2019important \u00e0 signaler ?          &#8211; Rien du tout.          Sur cette r\u00e9ponse, je le quittai et t\u00e9l\u00e9phonai \u00e0 Chedly Bey pour lui dire     que je tenais \u00e0 le rencontrer, le lendemain, \u00e0 9h00 pour une affaire     importante. J\u2019insistai \u00e9galement pour que son fr\u00e8re, M\u2019hamed, se joignit \u00e0     nous. Nous nous rencontr\u00e2mes, le lendemain \u00e0 l\u2019heure pr\u00e9vue ; je leur     demandai s\u2019ils \u00e9taient au courant des entretiens qui s\u2019\u00e9taient d\u00e9roul\u00e9s la     veille entre le Bey, le premier Ministre et le haut-Commisssaire. Sur leur     r\u00e9ponse n\u00e9gative, je les mis au courant de ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Puis je     m\u2019\u00e9levai avec rigueur contre l\u2019attitude du Bey qui n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0     poignarder son gouvernement dans le dos\u2026 Quoi qu\u2019il en soit, dis-je alors,     cette affaire est tr\u00e8s grave. Si le peuple venait de l\u2019apprendre, votre     tr\u00f4ne \u00e9claterait imm\u00e9diatement en morceaux.          Je poussai mon avantage et demandai \u00e0 Mongi Slim qui d\u00e9tenait le     portefeuille de l\u2019Int\u00e9rieur de sonder le terrain et de soumettre le fameux     d\u00e9cret au sceau du Bey (La Constituante). Celui-ci s\u2019ex\u00e9cuta     imm\u00e9diatement.(H. Bourguiba, Ma vie\u2026 op. cit, pp328-330).          Bourguiba avoue que \u00ab La France savait qu\u2019il \u00e9tait le v\u00e9ritable meneur de     jeu et que le r\u00f4le des ministres tunisiens n\u2019\u00e9tait que celui de simples     figurants. La Monarchie, et \u00e0 plus forte raison, avait aussi la m\u00eame pens\u00e9e     : Pouvait-elle s\u2019opposer \u00e0 Bourguiba ?          D\u2019apr\u00e8s ce r\u00e9cit, on comprend bien pourquoi Lamine Bey n\u2019opposa pas une     grande r\u00e9sistance face \u00e0 Bourguiba. En fait, le processus de l\u2019\u00e9rection de     la R\u00e9publique a bien commenc\u00e9 d\u00e8s le 20 mars 1956. Les s\u00e9ries de mesures     prises et les r\u00e9formes apport\u00e9es proc\u00e9daient \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement progressive     des institutions de la R\u00e9publique sans la nommer ; sa d\u00e9claration le 25     juillet 1957 en \u00e9tait l\u2019aboutissement de tout un travail en profondeur     entam\u00e9 d\u00e8s le 20 mars 1956.           Signes du temps ; les derniers jours de la fin d\u2019une \u00e9poque          Avant m\u00eame la d\u00e9claration de la R\u00e9publique, et quelques jours avant le 25     juillet 1957, les derniers signes dynastiques furent d\u00e9finitivement enlev\u00e9s     avec douceur que procurait une brise d\u2019\u00e9t\u00e9 d\u2019un certain mois de juillet     1957.           Marcel Niedergang, envoy\u00e9 sp\u00e9cial de France Soir d\u00e9crit l\u2019\u00e9v\u00e9nement par     t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 son journal : Sous le titre : \u201cLe Bey de Tunis a pass\u00e9 son     dimanche en pleurs entour\u00e9 de ses quatre fils, (NDLR : Il s\u2019agit de trois)     la garde beylicale a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9e du palais\u201d.           <font>Tunis le 22 juillet 1957 (par t\u00e9l\u00e9phone)<\/font>          \u00ab Dans la cour couverte du palais de Carthage, pr\u00e8s de Tunis, sous le balcon     de bois aux losanges bleut\u00e9s, les gardes du Bey \u00e0 l\u2019uniforme garance, ne     sont plus l\u00e0. Et sur la route qui monte vers Sa\u00efda, deux gendarmes seulement     font les cent pas avec nonchalance. Toutes les fen\u00eatres sont closes. Une     porte est entreb\u00e2ill\u00e9e. On dirait un d\u00e9cor install\u00e9 pour une pi\u00e8ce qui n\u2019a     pas encore commenc\u00e9.          Samedi apr\u00e8s-midi, Lamine Bey a encore fait sa promenade quotidienne dans     l\u2019orangeraie pr\u00e8s de Soukra. Mais l\u2019incarc\u00e9ration de Slaheddine, son fils     cadet, accus\u00e9 d\u2019avoir voulu \u00e9craser un policier avec sa voiture a     soudainement jet\u00e9 la consternation dans la famille beylicale. Et hier, le     Bey, chef d\u2019Etat virtuellement d\u00e9chu, a pass\u00e9 la journ\u00e9e, entour\u00e9 de ses     quatre fils, en larmes.          Pour les Tunisiens qui suivent par ailleurs l\u2019\u00e9volution de la situation avec     beaucoup d\u2019indiff\u00e9rence, il ne fait pas de doute que l\u2019affaire sera     rondement men\u00e9e et l\u2019\u00e9ditorial publi\u00e9 ce matin par l\u2019hebdomadaire \u00ab L\u2019Action     \u00bb, organe des intellectuels du N\u00e9o-Destour,et \u00e9crit par un familier du     Pr\u00e9sident Bourguiba (Clin d\u2019\u0153il \u00e0 B\u00e9chir Ben Yahmed) \u2019 est naturellement     venu renforcer cette impression.          Dans quelques jours \u00e9crit \u00ab L\u2019Action \u00bb, la Tunisie ne sera plus une     monarchie. La dynastie, d\u2019origine turque, r\u00e8gne sur la Tunisie depuis deux     si\u00e8cles et demi. Elle a eu le temps de s\u2019\u00e9tioler, et c\u2019est un arbre mort que     le peuple tunisien et ses dirigeants vont d\u00e9raciner.          \u00ab La d\u00e9cision que va proclamer l\u2019Assembl\u00e9e Constituante, cette semaine est     certes le couronnement de l\u2019action du N\u00e9o-Destour et de son pr\u00e9sident. Mais     elle va surtout vers l\u2019avenir que nous voulons regarder.          Certes, depuis l\u2019ind\u00e9pendance le Bey a cess\u00e9 de compter et de co\u00fbter. Il     n\u2019emp\u00eache plus rien, mais sa pr\u00e9sence sur un tr\u00f4ne branlant, donnait au     r\u00e9gime, \u00e0 l\u2019organisation de l\u2019Etat tout au moins un caract\u00e8re provisoire,     pr\u00e9caire et \u00e9quivoque. Avec le d\u00e9part de Lamine, dernier bey, la confusion     sera lev\u00e9e. Un nouveau gouvernement plus homog\u00e8ne, et peut-\u00eatre plus     technique, puisque avec le pr\u00e9sident Bourguiba, l\u2019exp\u00e9rience l\u2019a prouv\u00e9, il     n\u2019est pas laiss\u00e9 aux ministres de pouvoirs politiques, devra \u00eatre constitu\u00e9\u2026     \u00bb.           <font>La fin de la Monarchie apr\u00e8s 252 ans de r\u00e8gne     <\/font>     En 1955, la dynastie husseinite f\u00eata 250 ans de r\u00e8gne. Hassine Ben Ali, \u00e0     l\u2019origine de la fondation de la Dynastie, ne pensait gu\u00e8re au moment de son     investiture pour d\u00e9fendre la Tunisie des Deys d\u2019Alger \u00e0 p\u00e9renniser son r\u00e8gne     \u00e0 travers sa prog\u00e9niture.          C\u2019est \u00e0 la fois un long r\u00e8gne, parfois f\u00e9cond o\u00f9 des Beys \u00e0 l\u2019exemple de     Hassine, Hammouda, Ali Bey, Moncef et bien d\u2019autres se sont illustr\u00e9s par     des \u0153uvres remarquables et une volont\u00e9 affermie d\u2019innovation et de progr\u00e8s.     Alors que d\u2019autres Beys n\u2019\u00e9taient que l\u2019ombre d\u2019eux-m\u00eames, coulaient une vie     douce, assouvissaient le plaisir de la majest\u00e9 du luxe et ne se     pr\u00e9occupaient gu\u00e8re des int\u00e9r\u00eats du pays et de leurs sujets.          NB : Une grande partie des informations est puis\u00e9e des archives fran\u00e7aises     (Ambassade de France en Tunisie 1254-1280) A-N.     <font><strong>(Source : \u00ab R\u00e9alit\u00e9s \u00bb (Magazine hebdomadaire     \u2013 Tunis), N\u00b0 1126-1127 du 26 juillet 2007)<\/strong><\/font><\/div>\n<p> <strong> <\/p>\n<div>\n<hr\/><\/div>\n<p> <\/strong> <\/p>\n<div align=\"center\">\n<p><font size=\"3\"><strong>Les confidences de Hassine     Bey, h\u00e9ritier pr\u00e9somptif, \u00e0 Roger Casemajor \u00e0 la veille de l\u2019ind\u00e9pendance<\/strong><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div>    \u00a0<\/div>\n<div>    Hassine Bey est le fr\u00e8re de Moncef Bey, dans l\u2019ordre de succession dans la     Dynastie husseinite, il est h\u00e9ritier pr\u00e9somptif, il devait succ\u00e9der \u00e0 Lamine     Bey en cas de d\u00e9c\u00e8s. Hassine Bey, connu pour son aversion aux autorit\u00e9s     coloniales, fut m\u00eame soup\u00e7onn\u00e9 de collaboration et d\u2019\u00eatre le bras droit de     son fr\u00e8re Moncef. Il \u00e9tait aussi le conseiller de son fr\u00e8re Moncef Bey.     Roger Seydoux (alors Haut repr\u00e9sentant de France en Tunisie au titre de     Commissaire), d\u00e9l\u00e9gua \u00e0 Roger Casemajor de remettre \u00e0 l\u2019h\u00e9ritier pr\u00e9somptif     la L\u00e9gion d\u2019Honneur. Par ce geste, il fallait pour l\u2019Autorit\u00e9 du Protectorat     \u00ab m\u00e9nager l\u2019avenir \u00bb car l\u2019ind\u00e9pendance est proche, Lamine \u00e2g\u00e9 et malade ;     il fallait donc pr\u00e9parer la succession en montrant la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de la     France \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Monarchie. L\u2019octroi de la L\u00e9gion d\u2019honneur \u00e0 Hassine     Bey rel\u00e8ve plus d\u2019un simple protocole qui se pratiquait syst\u00e9matiquement,     plus que d\u2019une r\u00e9elle conviction de l\u2019importance de la personne et des     services rendus. Pour rappel, Roger Casemajor avait men\u00e9 l\u2019enqu\u00eate en l\u2019\u00e9t\u00e9     1943 afin de s\u2019enqu\u00e9rir sur la pr\u00e9tendue collaboration de Bourguiba avec les     forces de l\u2019Axe. Il \u00e9tait alors Directeur g\u00e9n\u00e9ral de la S\u00e9curit\u00e9 de Tunisie.     Il a par ailleurs r\u00e9dig\u00e9 un ouvrage dont la diffusion est restreinte : 200     exemplaires destin\u00e9s aux hautes autorit\u00e9s fran\u00e7aises s\u2019intitulant :     \u201cL\u2019action nationaliste en Tunisie du Pacte Fondamental \u00e0 la mort de Moncef     Bey : 1957-1948\u201d. G\u00e9n\u00e9ralement, son ouvrage fait r\u00e9f\u00e9rence. Sa synth\u00e8se,     malgr\u00e9 quelques lacunes, allie \u00e0 la fois la connaissance s\u00e9curitaire et le     talent d\u2019historien. L\u2019auteur dresse en annexe une liste biographique     exhaustive des principales personnalit\u00e9s tunisiennes puis\u00e9e des bulletins de     renseignements recueillis par les forces de s\u00e9curit\u00e9. Son t\u00e9moignage est \u00e0     prendre avec certaines pr\u00e9cautions en raison de la r\u00e9daction de cette note     de m\u00e9moire et non \u00e0 chaud. Les omissions et les exag\u00e9rations du \u00ab discours     rapport\u00e9 \u00bb sont \u00e0 cet \u00e9gard courantes mais minimes car pour un Directeur de     la S\u00e9curit\u00e9 il devait rapporter le plus fid\u00e8lement les propos du Monarque \u00e0     sa hi\u00e9rarchie (Roger Seydoux) : une certaine prudence s\u2019impose tout de m\u00eame.                   Ce document est dat\u00e9 du 8 f\u00e9vrier 1956. (Il s\u2019agit ici d\u2019une transcription     litt\u00e9rale, sans commentaire ni ajouts). Roger Casemajor rapporte :                <font>Document<\/font>          \u00ab Je me suis rendu \u00e0 Sidi Bousa\u00efd, pour remettre \u00e0 Sidi Hassine, son dipl\u00f4me     de la L\u00e9gion d\u2019Honneur. J\u2019ai saisi cette occasion pour recueillir l\u2019opinion     du Prince h\u00e9ritier, sur plusieurs points.          Voici, le plus fid\u00e8lement reproduit, le r\u00e9sultat de cet entretien :          -Au sujet de Sidi Lamine :          Le Bey actuel a oubli\u00e9 le temps o\u00f9 son fr\u00e8re Moncef Bey le consid\u00e9rait comme     son \u00e9gal en le faisant assister \u00e0 sa droite, \u00e0 toutes les sorties     officielles, aux c\u00e9r\u00e9monies du Sceau et jusqu\u2019aux c\u00e9r\u00e9monies dans les     mosqu\u00e9es. Tour \u00e0 tour, les monc\u00e9fistes se sont ralli\u00e9s \u00e0 Lamine Bey ; pour     ma part, j\u2019ai tenu bon pendant 13 ans, malgr\u00e9 les sollicitations les plus     diverses. J\u2019ai consenti \u00e0 le rencontrer le jour de mon investiture et \u00e0     oublier le pass\u00e9, mais je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9 de retour.          J\u2019aurais pens\u00e9 que Sidi Lamine \u00e9couterait mes conseils au sujet de     l\u2019attitude des princes et aussi des probl\u00e8mes politiques de l\u2019heure qui     risquent d\u2019avoir de graves r\u00e9percussions sur l\u2019avenir de la Dynastie.          Le Bey a cru \u00ab m\u2019acheter \u00bb en m\u2019offrant une \u00ab Cadillac \u00bb mais j\u2019ai compris     qu\u2019il ne tiendrait pas compte de mes avis. Aussi, me suis-je retir\u00e9 dans ma     tour d\u2019ivoire o\u00f9 je me contente d\u2019observer l\u2019attitude des gens et le     d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements.          Il y a deux mois environ, j\u2019ai sugg\u00e9r\u00e9 \u00e0 Lamine Bey de moraliser le     comportement des princes.          Effectivement, ces derniers ont \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s au Palais et le Bey m\u2019a charg\u00e9     de leur adresser la parole pour les mettre en garde contre les cons\u00e9quences     de leur vie de d\u00e9bauche. J\u2019ai appris depuis que Sidi Lamine n\u2019avait pris     aucune sanction contre les brebis galeuses (\u2026).           J\u2019en arrive \u00e0 croire que le Bey n\u2019est pas m\u00e9content de cette situation,     cherchant par l\u00e0 m\u00eame \u00e0 faire ressortir que seuls ses enfants ont une     conduite irr\u00e9prochable.          Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une man\u0153uvre politique pour l\u2019avenir, le tr\u00f4ne \u00e9tant convoit\u00e9     par Chedly Bey et celui-ci se posant en mod\u00e8le, pour acc\u00e9der au pouvoir.          Mais le Bey se trompe lourdement, l\u2019opinion du Destour \u00e9tant arr\u00eat\u00e9e au     sujet de la famille beylicale. Bourguiba ne m\u2019a pas cach\u00e9 que l\u2019attitude     politique de la Cour risque de l\u2019entra\u00eener \u00e0 sa perte. La collusion     flagrante avec Salah ben Youssef, ses visites quotidiennes au Palais, les     assurances qu\u2019il a re\u00e7ues du bey lui-m\u00eame, les intrigues de Chedly Bey et du     Docteur Ben Salem, ont s\u00e9rieusement indispos\u00e9 Bourguiba qui saura, le moment     venu, agir en cons\u00e9quence.           <font>&#8211; Au sujet de Bourguiba     <\/font>     Celui-ci est venu me voir avant son d\u00e9part pour Paris. Il m\u2019a fait part de     ses intentions. Je lui ai parl\u00e9 le langage de la raison et de la sagesse. Il     ne s\u2019agit pas, en raison de l\u2019existence du youssefisme et de la situation en     Alg\u00e9rie et au Maroc, de se lancer \u00e0 corps perdu dans des revendications plus     ou moins fond\u00e9es.          Bourguiba \u00eatre sensible, ob\u00e9it trop facilement \u00e0 ses impulsions et c\u2019est en     outre, un m\u00e9galomane.           La Tunisie est un pays pauvre, en toutes choses. Elle manque de ressources     naturelles, de cadres, de techniciens. Les capitaux ne peuvent lui venir que     de la France. L\u2019ind\u00e9pendance est un luxe que l\u2019on peut s\u2019offrir que     lorsqu\u2019il n\u2019y a \u2013et ce n\u2019est pas le cas- ni mis\u00e8re ni ch\u00f4mage. S\u2019offrir une     arm\u00e9e et une diplomatie qui gr\u00e8veront encore davantage un budget en d\u00e9ficit,     alors qu\u2019on n\u2019apportera aucun soulagement aux gens qui souffrent est un jeu     dangereux pour l\u2019avenir. Le peuple tunisien n\u2019a aucun esprit critique, il     risque de d\u00e9passer ceux qui l\u2019auront gris\u00e9.          Le Bey lui-m\u00eame a une grande responsabilit\u00e9 dans cette affaire. Il scelle     tous les d\u00e9crets qu\u2019on lui pr\u00e9sente sans se pr\u00e9occuper de ce qui en     r\u00e9sultera pour sa souverainet\u00e9. Et pourtant, il devrait \u00eatre le seul     interlocuteur valable aux yeux de la France, au lieu de se laisser arracher     petit \u00e0 petit son autorit\u00e9 et celle de la Dynastie.          <font>&#8211; Au sujet de Salah Ben Youssef     <\/font>     Une premi\u00e8re erreur a \u00e9t\u00e9 commise en ne l\u2019associant pas aux n\u00e9gociations. Il     aurait \u00e9t\u00e9 ainsi forc\u00e9 de prendre ses responsabilit\u00e9s et en prenant place     dans le minist\u00e8re il n\u2019aurait plus song\u00e9 \u00e0 se jeter dans l\u2019opposition.          Enfin, il ne fallait pas laisser aller jusqu\u2019au bout et l\u00e0 encore, le Palais     porte une grande partie de responsabilit\u00e9.          Salah ben Youssef me consid\u00e8re comme son ennemi n\u00b0 1 car, en 1943, je lui ai     refus\u00e9 cat\u00e9goriquement de constituer un gouvernement destourien. Aussi,     a-t-il pris sa revanche en se lan\u00e7ant dans les bras de Chedly Bey dont il     conserve les bonnes gr\u00e2ces, par des promesses fallacieuses au sujet d\u2019une     modification de la loi successorale.          Sidi Hassine a termin\u00e9 l\u2019entretien par des consid\u00e9rations qui lui sont     ch\u00e8res, sur la vanit\u00e9 des choses de ce monde, tout homme qui se respecte     devant faire preuve de sagesse, craindre Dieu et faire le plus possible de     bien autour de lui, au lieu de n\u00e9gliger toutes les vertus pour mieux     satisfaire ses app\u00e9tits mat\u00e9rialistes (nouvelle allusion je pense, \u00e0 la     famille r\u00e9gnante).           Le Prince h\u00e9ritier m\u2019a charg\u00e9 de remercier vivement Monsieur Seydoux, pour     ses marques d\u2019attention et de transmettre au haut Commissaire, l\u2019expression     de sa haute consid\u00e9ration.\/.     <font><strong>(Source : \u00ab R\u00e9alit\u00e9s \u00bb (Magazine hebdomadaire     \u2013 Tunis), N\u00b0 1126-1127 du 26 juillet 2007)<\/strong><\/font><\/div>\n<div> <strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong> <\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>Le 17 juin 1956, Hassine Bey     mod\u00e8re ses propos, la Tunisie devient ind\u00e9pendante.<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div>    \u00a0<\/div>\n<div>         \u00a0Nous publions un deuxi\u00e8me entretien de Hassine Bey avec l\u2019un des     correspondants de \u00ab L\u2019Action \u00bb, organe officiel du N\u00e9o-Destour paru le 18     juin 1956. On peut tr\u00e8s clairement remarquer la mod\u00e9ration dans les propos     de l\u2019h\u00e9ritier pr\u00e9somptif alors que le Gouvernement Bourguiba commen\u00e7ait \u00e0     changer radicalement le visage politique et administratif de la Tunisie. Il     est vrai que Hassine Bey croyait in\u00e9luctable la fin de la Monarchie ; c\u2019est     en \u00e9tant \u00e0 la fois raisonnable (m\u00e9nager l\u2019avenir) et d\u00e9sarm\u00e9 qu\u2019il prononce     des commentaires vagues d\u00e9pourvues de manifestations politiques hostiles \u00e0     l\u2019\u00e9gard de quiconque. En voici l\u2019entretien int\u00e9gral, il serait bon de le     comparer avec celui de Casemajor, prononc\u00e9 4 mois plut\u00f4t (CF plus haut) :              Document \u00ab L\u2019Action \u00bb du 18 juin 1956          Un de nos correspondants nous fait parvenir l\u2019interview suivante de M.     Hassine Bey, h\u00e9ritier pr\u00e9somptif du Tr\u00f4ne.           Le hasard d\u2019une fl\u00e2nerie m\u2019a conduit chez un vieil ami, condisciple de     Sadiki, le prince h\u00e9ritier Hassine Bey. Malgr\u00e9 la soixantaine pass\u00e9e, il est     toujours svelte, souriant, courtois avec un regard tonique, une intelligence     fine, et, chose nouvelle un penchant marqu\u00e9 pour la pi\u00e9t\u00e9 et l\u2019isolement.          A b\u00e2tons rompus, nous avons \u00e9voqu\u00e9 le pass\u00e9. Pass\u00e9 parfois agr\u00e9able, tr\u00e8s     souvent douloureux. Nous avons parl\u00e9 aussi bien du pr\u00e9sent que de l\u2019avenir.          &#8211; Que pensez-vous de l\u2019abrogation du Trait\u00e9 du bardo lui dis-je ?          Ne ressuscitons pas les morts, ce trait\u00e9 est bel et bien mort le 14 mai 1943     et c\u2019est la France elle-m\u00eame qui lui a tordu le cou. Paix \u00e0 ses cendres.          &#8211; Et l\u2019\u00e9mancipation des Princes et l\u2019abrogation des privil\u00e8ges ?          &#8211; L\u2019\u00e9mancipation des Princes et l\u2019abrogation des privil\u00e8ges sont la logique     m\u00eame. En monarchie constitutionnelle l\u2019\u00e9galit\u00e9 de tous devant la loi est une     obligation pour une nation qui se respecte. Gr\u00e2ce \u00e0 Bourguiba, nous revenons     sagement aux prescriptions de l\u2019Islam dont le principe fondamental est     l\u2019\u00e9galit\u00e9.          L\u2019oisivet\u00e9 impos\u00e9e aux princes de la famille husseinite par leur \u00e9tat     d\u2019interdits, m\u2019a toujours pr\u00e9occup\u00e9 et j\u2019ai souvent sugg\u00e9r\u00e9 de leur donner     une occupation.          Un lot de terre et une avance de fonds le tout remboursable par annuit\u00e9s est     la solution indiqu\u00e9e pour les mettre \u00e0 l\u2019abri de l\u2019oisivet\u00e9, mauvaise     conseill\u00e8re, les faire participer au travail de reconstruction que le pays     entreprend et leur apprendre \u00e0 vivre du produit de leur travail ce qui est     plus honorable que ces dotations qui avilissent l\u2019homme et alourdissent avec     l\u2019\u00e9norme Liste Civile le budget tunisien.          &#8211; Et l\u2019action du Destour ?          L\u2019action du Destour est une \u0153uvre gigantesque et admirable. Bourguiba pour     lequel j\u2019ai beaucoup d\u2019admiration et d\u2019amiti\u00e9 a comme il l\u2019a dit lui-m\u00eame,     donn\u00e9 au Tunisien la conscience de la m\u00e9diocrit\u00e9 de son \u00e9tat et la fiert\u00e9 de     s\u2019en lib\u00e9rer. C\u2019est l\u2019homme qui a enlev\u00e9 \u00e0 la Tunisie, et \u00e0 quel prix, ses     entraves et l\u2019a faite entrer dans le concert des Nations libres. Il faut le     reconna\u00eetre et lui rendre hommage. Il a exauc\u00e9 le v\u0153u des Tunisiens et de     mes chers disparus.          Les jeunes qui l\u2019entourent, et qui, \u00e0 son exemple \u00e9tonnent le monde, par     leur foi et leur courage, leur dynamisme et leur rigide honn\u00eatet\u00e9, ont droit     aussi \u00e0 notre admiration.          &#8211; Et nos jeunes qu\u2019en pensez-vous ?          Notre jeunesse estudiantine doit \u00eatre l\u2019une de nos pr\u00e9occupations majeures,     car elle est tout l\u2019avenir de ce pays. Les \u00e9tudiants tunisiens \u00e0 l\u2019\u00e9tranger     m\u00e9ritent la plus grande sollicitude et je suis heureux de constater parmi     eux, vivant de leur vie et partageant leurs joies et leurs peines, trois     jeunes princes inscrits \u00e0 la Facult\u00e9 de Droit et \u00e0 l\u2019Ecole des Sciences     Politiques de Paris. Il faut d\u00e9blayer le terrain et nettoyer la maison.          &#8211; A propos de nettoyage, dis-je, le Gouvernement serait d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 faire la     lumi\u00e8re sur l\u2019origine de certaines fortunes de fonctionnaires, trop     rapidement \u00e9difi\u00e9es          Une telle mesure me dit-il est pleinement justifi\u00e9e et on ne peut que     f\u00e9liciter le gouvernement. J\u2019ai souvent entendu parler avec col\u00e8re et     amertume de ces fortunes \u00e9difi\u00e9es sur le dos du peuple. Cette mesure de     salubrit\u00e9 publique que nous devons tous applaudir et nous y soumettre, doit     pour \u00eatre \u00e9quitable toucher tous ceux dont la fortune ne para\u00eet pas licite.          Et sur ces graves paroles qu\u2019a pris fin notre conversation.          <font><strong>(Source : \u00ab R\u00e9alit\u00e9s \u00bb (Magazine hebdomadaire     \u2013 Tunis), N\u00b0 1126-1127 du 26 juillet 2007) <\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong><\/font> <\/div>\n<div> <font><font>\u00a0<\/font> <\/p>\n<div align=\"center\"> <strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Danielle Mitterrand, l\u2019engag\u00e9e       ind\u00e9pendante<\/font><\/h2>\n<p> <\/strong> <\/div>\n<div>      \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font>Etre la premi\u00e8re dame de France de gauche et       l\u2019\u00e9pouse officielle d\u2019un Fran\u00e7ois Mitterrand, par ailleurs chef d\u2019une       seconde famille officieuse : un vrai challenge que Danielle Mitterrand,       ancienne r\u00e9sistante et authentique militante socialiste, choisit de       relever en annexant une aile de l\u2019Elys\u00e9e pour sa fondation France       Libert\u00e9s.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"> <font>En 1981, la gauche veut changer la vie. La voil\u00e0 en       pasionaria humanitaire dont l\u2019engagement pour les r\u00e9fugi\u00e9s kurdes, les       libert\u00e9s en Tunisie ou l\u2019aide \u00e0 Cuba h\u00e9risse le tr\u00e8s conservateur corps       diplomatique. Et agace son mari qui pourtant laisse faire. <em>\u00abDanielle       n\u2019a jamais eu de mandat d\u2019Etat, elle agissait pour son compte\u00bb<\/em>,       confie \u00e0 <em>Lib\u00e9ration <\/em>Roland Dumas, ancien ministre des Affaires       \u00e9trang\u00e8res de Fran\u00e7ois Mitterrand. En week-end avec les Bush seniors dans       leur maison du Maine, le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais prend un malin plaisir \u00e0       raconter la rencontre de Danielle avec Fidel Castro: <em>\u00abVous avez parl\u00e9       \u00e0 ce marxiste l\u00e9niniste, ce dictateur!\u00bb,<\/em> s\u2019offusque leur h\u00f4te       am\u00e9ricain.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"> <font>Elle qui r\u00e9p\u00e9tait avoir <em>\u00able c\u0153ur plus \u00e0 gauche       que Fran\u00e7ois\u00bb<\/em>, se plie aux contraintes protocolaires mais sans jamais       oublier ses int\u00e9r\u00eats : <em>\u00abJe tenais mon r\u00f4le de repr\u00e9sentation quand       c\u2019\u00e9tait n\u00e9cessaire, et j\u2019essayais d\u2019utiliser au mieux les contacts \u00e9tablis       [.] pour d\u00e9fendre mes causes\u00bb<\/em>, a-t-elle expliqu\u00e9 un jour \u00e0 <em>      l\u2019Express.<\/em> On la voit poser dans des robes de grands couturiers. Une       fa\u00e7on, aussi, de tenir son rang de \u00abpremi\u00e8re \u00e9pouse\u00bb face \u00e0 la seconde       rest\u00e9e dans l\u2019ombre.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"> <strong><font face=\"Verdana\">(Source : \u00ab <font face=\"Arial\">Lib\u00e9ration<\/font>       \u00bb (Quotidien \u2013 France), le\u00a04 ao\u00fbt 2007)<\/font> <\/strong> <a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/actualite\/politiques\/270642.FR.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <strong>http:\/\/www.liberation.fr\/actualite\/politiques\/270642.FR.php<\/strong><\/a><\/div>\n<div align=\"justify\"> <strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong> <\/div>\n<div align=\"justify\">      \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font> <\/p>\n<div align=\"center\">\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><strong>Le fils du colonel         Kadhafi d\u00e9taille un contrat d&rsquo;armement entre Paris et Tripoli<\/strong><\/font><\/h3>\n<\/div>\n<div> <font face=\"Arial\" size=\"2\">\u00a0Une semaine apr\u00e8s la lib\u00e9ration des         infirmi\u00e8res et du m\u00e9decin bulgares retenus en Libye depuis 1999, l&rsquo;un         des acteurs-clefs de ce d\u00e9nouement, le fils du num\u00e9ro un libyen, Sa\u00eff         Al-Islam Kadhafi, \u00e9voque, dans un entretien au <i>Monde<\/i>, certains         dessous de cette affaire. <\/font> <\/div>\n<p align=\"justify\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Ces \u00e9l\u00e9ments       recouvrent deux aspects que les officiels fran\u00e7ais et europ\u00e9ens ont       pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 passer sous silence dans leurs descriptions publiques des       tractations avec Tripoli : d&rsquo;une part, les d\u00e9tails d&rsquo;un accord pr\u00e9voyant       d&rsquo;importantes fournitures d&rsquo;armements par la France \u00e0 la Libye ; d&rsquo;autre       part, le r\u00f4le jou\u00e9, dans la r\u00e9solution du cas des infirmi\u00e8res, par une       d\u00e9cision de justice au Royaume-Uni concernant le sort d&rsquo;un ancien agent       libyen emprisonn\u00e9 depuis 2001 \u00e0 Glasgow, en Ecosse, pour sa responsabilit\u00e9       dans l&rsquo;attentat de Lockerbie en 1988 (270 morts).<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\">\u00a0<\/p>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\">\n<tr>\n<td><center><font size=\"2\"> <script language=\"JavaScript\">OAS_AD('Middle1');<\/script> <!-- ceci est un essai --><\/font><\/center><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Ce Libyen,       Abdel Basset Ali Al-Megrahi, a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 par une commission judiciaire       \u00e9cossaise, le 28 juin, \u00e0 faire appel, pour la deuxi\u00e8me fois, de sa       condamnation \u00e0 la prison \u00e0 vie. La d\u00e9cision a pes\u00e9 pour beaucoup dans       l&rsquo;issue du drame des infirmi\u00e8res. Elle est intervenue moins d&rsquo;un mois       apr\u00e8s une visite \u00e0 Tripoli de Tony Blair, qui effectuait l\u00e0 l&rsquo;un de ses       derniers voyages \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger avant de quitter le 10-Downing Street.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Le fils du       colonel Kadhafi affirme qu&rsquo;il a bon espoir qu&rsquo;Ali Al-Megrahi sera renvoy\u00e9       prochainement en Libye. <i>\u00ab\u00a0Nous allons bient\u00f4t avoir un accord       d&rsquo;extradition avec le Royaume-Uni\u00a0\u00bb<\/i>, dit-il <i>\u00ab\u00a0Nos gens<\/i>,       ajoute-t-il, en parlant d&rsquo;officiels libyens,<i> \u00e9taient \u00e0 Londres il y a       un mois environ\u00a0\u00bb<\/i>, pour en discuter.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\"><i>\u00ab\u00a0Oui\u00a0\u00bb<\/i>,       r\u00e9pond-il lorsqu&rsquo;on l&rsquo;interroge sur les rapports existant entre l&rsquo;affaire       Al-Megrahi et celle des infirmi\u00e8res, <i>\u00ab\u00a0nous avons \u00e9tabli un lien. Nous       avons aussi accept\u00e9 que le dossier soit trait\u00e9 au niveau bilat\u00e9ral, entre       la Libye et le Royaume-Uni, alors qu&rsquo;on demandait auparavant que cela       fasse partie des discussions au niveau europ\u00e9en\u00a0\u00bb<\/i>.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Quant aux       accords d&rsquo;armement et de d\u00e9fense qui ont fait l&rsquo;objet de discussions entre       Paris et Tripoli, il semble y accorder un int\u00e9r\u00eat beaucoup plus vif qu&rsquo;\u00e0       la question de la fourniture par la France d&rsquo;une centrale nucl\u00e9aire \u00e0 la       Libye. Pareille centrale <i>\u00ab\u00a0n&rsquo;est pas essentielle pour la Libye\u00a0\u00bb<\/i>,       glisse Sa\u00eff Al-Islam Kadhafi d&rsquo;un air d\u00e9tach\u00e9. <i>\u00ab\u00a0Nous avons des       hydrocarbures\u2026 La d\u00e9cision de se doter d&rsquo;une centrale nucl\u00e9aire nous       permettrait d&rsquo;exporter de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9\u2026 vers l&rsquo;Italie notamment\u00a0\u00bb<\/i>       ajoute-t-il, sans s&rsquo;attarder sur les possibilit\u00e9s de d\u00e9ssalinisation d&rsquo;eau       de mer, pourtant beaucoup \u00e9voqu\u00e9es \u00e0 Paris.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Le c\u0153ur du       sujet, entre Paris et Tripoli, est donc l&rsquo;affaire militaire. En quoi       consiste-t-elle? <i>\u00ab\u00a0D&rsquo;abord, l&rsquo;accord recouvre des exercices militaires       conjoints, bien s\u00fbr. Puis, nous allons acheter \u00e0 la France des missiles       antichar Milan, \u00e0 hauteur de 100 millions d&rsquo;euros je pense. Ensuite, il y       a un projet de manufacture d&rsquo;armes, pour l&rsquo;entretien et la production       d&rsquo;\u00e9quipements militaires. Vous savez que c&rsquo;est le premier accord de       fournitures d&rsquo;armes par un pays occidental \u00e0 la Libye ?\u00a0\u00bb<\/i>, se       r\u00e9jouit-il.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">En 2004,       l&#8217;embargo europ\u00e9en sur les ventes d&rsquo;armements \u00e0 la Libye a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9, apr\u00e8s       les r\u00e8glements intervenus avec Tripoli \u00e0 propos des d\u00e9dommagements des       victimes des attentats de Lockerbie et de l&rsquo;avion d&rsquo;UTA (1989, 170 morts).       La Libye avait aussi renonc\u00e9 \u00e0 son programme d&rsquo;armes de destruction       massive, \u00e0 la suite de longues tractations avec Londres et Washington. <i>      \u00ab\u00a0Malheureusement, depuis 2004, un embargo non dit persistait contre mon       pays\u00a0\u00bb<\/i>, commente Sa\u00eff Al-Islam. <i>\u00ab\u00a0Les Allemands, surtout, \u00e9taient       r\u00e9ticents pour des ventes d&rsquo;armes. Mais avec les Fran\u00e7ais, nous avons \u00e9t\u00e9       en n\u00e9gociations depuis longtemps. Nous avons demand\u00e9 \u00e0 Sarkozy d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer       les choses. Maintenant que le cas des infirmi\u00e8res est r\u00e9gl\u00e9, c&rsquo;est une       occasion en or qui survient.\u00a0\u00bb<\/i> Il ajoute avec une visible satisfaction       : <i>\u00ab\u00a0des repr\u00e9sentants de Thal\u00e8s et de Sagem sont en Libye en ce moment       m\u00eame\u00a0\u00bb<\/i>. Le fils du colonel Kadhafi indique que son p\u00e8re devrait se       rendre en France pour signer les contrats en question. Il pr\u00e9cise en outre       que des garanties de d\u00e9fense ont \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9es, selon lesquelles la France       se porterait au secours de la Libye au cas o\u00f9 sa s\u00e9curit\u00e9 nationale serait       menac\u00e9e. Les Libyens en ont en tout cas demand\u00e9 autant. <i>\u00ab\u00a0Mais je ne       sais pas si cet article a \u00e9t\u00e9 maintenu dans le document\u00a0\u00bb<\/i> par les       n\u00e9gociateurs, dit-il encore.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Le fils du       \u00ab\u00a0Guide\u00a0\u00bb s&rsquo;exprime ainsi, en ce mardi 31 juillet, assis dans un h\u00f4tel de       luxe de Nice, entour\u00e9 d&rsquo;une escouade de gardes du corps et de conseillers       en relations publiques. Ag\u00e9 de trente-cinq ans, cr\u00e2ne ras\u00e9 et sourire       charmeur, il est v\u00eatu d&rsquo;une veste noire sur un pantalon blanc \u00e9tincelant,       assortis de tennis tout aussi blanches. L&rsquo;entretien, en anglais, s&rsquo;est       d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 sa demande, car il souhaite <i>\u00ab\u00a0clarifier quelques points\u00a0\u00bb<\/i>.       Au titre de dirigeant de la Fondation Kadhafi qui a n\u00e9goci\u00e9 les       d\u00e9dommagements aux familles d&rsquo;enfants libyens malades du sida, Sa\u00eff       Al-Islam veut en effet d\u00e9clarer formellement qu&rsquo;<i>\u00ab\u00a0aucun argent libyen\u00a0\u00bb<\/i>       n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 vers\u00e9 \u00e0 ces familles.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">D&rsquo;o\u00f9       viennent donc les plus de 400 millions de dollars? <i>\u00ab\u00a0Ce que je peux       dire, c&rsquo;est que les Fran\u00e7ais ont arrang\u00e9 le coup. Les Fran\u00e7ais ont trouv\u00e9       l&rsquo;argent pour les familles. Mais je ne sais pas o\u00f9 ils l&rsquo;ont trouv\u00e9\u00a0\u00bb<\/i>.       Par le Qatar? <i>\u00ab\u00a0Nous n&rsquo;avons pas pos\u00e9 de questions. Nous ne voulons pas       embarrasser nos amis.\u00a0\u00bb<\/i> Pour Sa\u00eff Al-Islam, qui dit avec une grande       tranquillit\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;a pas cru en la culpabilit\u00e9 des infirmi\u00e8res bulgares       (<i>\u00ab\u00a0elles ont malheureusement servi de boucs \u00e9missaires\u00a0\u00bb<\/i>), et que par       ailleurs les r\u00e9cits de tortures qu&rsquo;elles ont subies en prison sont <i>      \u00ab\u00a0exag\u00e9r\u00e9s, de la fiction, \u00e0 100%\u00a0\u00bb<\/i>, la Libye a obtenu dans cette       affaire <i>\u00ab\u00a0un bon deal\u00a0\u00bb<\/i>. <i>\u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait une histoire compliqu\u00e9e. Une       grande pagaille. Avec beaucoup de joueurs. Il a fallu satisfaire tous les       joueurs.\u00a0\u00bb<\/i> <\/font><\/p>\n<div align=\"justify\"> <b><font face=\"Arial\" size=\"2\">Natalie Nougayr\u00e8de<\/font><\/b><\/div>\n<div align=\"justify\"> <font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>Architecte et diplomate<\/b> \u00a0<\/font><\/div>\n<p> <\/font> <\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\"><b>25 juin 1972 :<\/b>       naissance \u00e0 Tripoli de Sa\u00eff Al-Islam Kadhafi, fils a\u00een\u00e9 de la deuxi\u00e8me       \u00e9pouse du dirigeant libyen.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\"><b>1995 :<\/b> dipl\u00f4me       d&rsquo;architecte \u00e0 Tripoli.<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><b>1997 :<\/b> cr\u00e9ation de la       Fondation Kadhafi, une association caritative qui m\u00e8ne une v\u00e9ritable       diplomatie parall\u00e8le.<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><b>2000 :<\/b> dipl\u00f4me de       l&rsquo;International Business School de Vienne. Il se lie d&rsquo;amiti\u00e9 avec le       leader populiste J\u00f6rg Haider.<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><b>Ao\u00fbt 2000 :<\/b> la Fondation       n\u00e9gocie la lib\u00e9ration des six otages occidentaux retenus par le groupe       Abou Sayyaf aux Philippines. La Libye verse une ran\u00e7on de 25 millions de       dollars.       <\/font><b> <font face=\"Arial\" size=\"2\">Ao\u00fbt 2003 :<\/font><\/b><font face=\"Arial\" size=\"2\">       accord d&rsquo;indemnisation des victimes de l&rsquo;attentat de Lockerbie (1988),       n\u00e9goci\u00e9 par la Fondation Kadhafi tout comme celui de janvier 2004 avec les       victimes du DC-10 d&rsquo;UTA (1989). Attentats commandit\u00e9s par la Libye.<\/font><\/p>\n<\/div>\n<p> <\/font><\/div>\n<p> <\/font><\/p>\n<p><\/font><\/font><\/div>\n<div> <strong>(Source : \u00ab Le Monde \u00bb (Quotidien \u2013 France) , le\u00a05 ao\u00fbt 2007) <\/p>\n<hr\/>\n<p> <\/strong><\/div>\n<div align=\"center\"> <font size=\"3\"><strong><font size=\"2\">  Analyse<\/font> <\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font>Vers une sortie de crise en Turquie<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <strong><font>par Sophie Shihab<\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">     La Turquie semble en passe de r\u00e9ussir ce que les l\u00e9gislatives anticip\u00e9es du 22   juillet \u00e9taient cens\u00e9es apporter : une sortie d\u00e9mocratique de la crise   politique qui avait \u00e9clat\u00e9 en avril au moment de l&rsquo;\u00e9lection avort\u00e9e, par le   Parlement, d&rsquo;un nouveau pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Car apr\u00e8s le triomphe du   Parti de la justice et du d\u00e9veloppement (AKP) au pouvoir, les g\u00e9n\u00e9raux, qui   avaient bloqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9lection du candidat de ce parti \u00ab\u00a0ex-islamiste\u00a0\u00bb, semblent   n&rsquo;avoir plus d&rsquo;autre choix que de s&rsquo;incliner &#8211; f\u00fbt-ce provisoirement.      L&rsquo;optimisme sur une issue consensuelle de la question de la pr\u00e9sidence a \u00e9t\u00e9 \u00e0   son comble lorsque le chef de l&rsquo;AKP, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan,   a fait comprendre, avant le scrutin puis au soir m\u00eame de sa victoire, qu&rsquo;il   \u00e9tait favorable \u00e0 un \u00ab\u00a0candidat de compromis\u00a0\u00bb &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il renoncerait   \u00e0 pr\u00e9senter \u00e0 nouveau son ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res Abdullah G\u00fcl, dont   l&rsquo;\u00e9lection a \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9e au printemps. Mais ce dernier a annonc\u00e9, trois jours   apr\u00e8s le scrutin, qu&rsquo;il pourrait se repr\u00e9senter \u00ab\u00a0pour r\u00e9pondre aux attentes du   peuple\u00a0\u00bb.      Faisant, peut-\u00eatre, contre mauvaise fortune bon coeur, M. Erdogan n&rsquo;a pu   qu&rsquo;accepter le retour de celui qu&rsquo;il appelle son \u00ab\u00a0fr\u00e8re\u00a0\u00bb : le slogan \u00ab\u00a0G\u00fcl \u00e0 la   pr\u00e9sidence\u00a0\u00bb dominait tous les meetings de l&rsquo;AKP. Le d\u00e9sir de laver   l&rsquo;humiliation inflig\u00e9e \u00e0 ce candidat &#8211; au pr\u00e9texte du foulard port\u00e9 par son   \u00e9pouse, comme par presque tout l&rsquo;\u00e9lectorat f\u00e9minin de ce parti &#8211; aurait   d&rsquo;ailleurs transform\u00e9 en triomphe le succ\u00e8s annonc\u00e9 aux l\u00e9gislatives. \u00ab\u00a0Si   l&rsquo;arm\u00e9e s&rsquo;opposait encore une fois \u00e0 G\u00fcl, aux \u00e9lections suivantes, l&rsquo;AKP   pourrait passer de 46 % \u00e0 plus de 60 % des voix !\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve l&rsquo;analyste Rusen   Sakir.      L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment nouveau a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;appui promis par le chef du parti ultranationaliste   MHP (14 % des voix) \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;un candidat AKP \u00e0 la pr\u00e9sidence. Sans   n\u00e9cessairement voter pour lui, les d\u00e9put\u00e9s MHP assureront, a-t-il dit, le   nouveau quorum n\u00e9cessaire aux deux premiers tours de scrutin, pour permettre   l&rsquo;\u00e9lection \u00e0 la majorit\u00e9 simple, au troisi\u00e8me, du candidat soutenu par l&rsquo;AKP.   Certes, M. G\u00fcl n&rsquo;a pas encore officiellement annonc\u00e9 sa candidature, des   tractations sont en cours, et le moment de v\u00e9rit\u00e9 pourrait ne pas intervenir   avant septembre. Mais l&rsquo;\u00e9tonnant est que &#8211; torpeur estivale mise \u00e0 part &#8211;   cette issue soit envisag\u00e9e avec calme par ceux-l\u00e0 m\u00eames qui, avant le scrutin,   criaient au danger de voir l&rsquo;AKP acc\u00e9der \u00e0 la pr\u00e9sidence, l&rsquo;ultime levier de   pouvoir encore aux mains des \u00ab\u00a0la\u00efques\u00a0\u00bb.      Un \u00e9ditorial du journaliste bien introduit Mehmet Ali Birand a ainsi \u00e9t\u00e9   interpr\u00e9t\u00e9, dans les milieux AKP, comme une version officieuse de la nouvelle   position des g\u00e9n\u00e9raux. \u00ab\u00a0Tout comme nous, \u00e9crit-il, les militaires seront g\u00ean\u00e9s   par une premi\u00e8re dame portant le foulard, surtout en termes d&rsquo;image \u00e0   l&rsquo;\u00e9tranger. Mais notre arm\u00e9e n&rsquo;est pas comme celles d&rsquo;Am\u00e9rique latine. Elle   restera vigilante sur ce qui peut menacer la la\u00efcit\u00e9, mais elle n&rsquo;ira pas   contre la volont\u00e9 nationale.\u00a0\u00bb Une \u00ab\u00a0volont\u00e9 nationale\u00a0\u00bb que m\u00eame dans le camp   k\u00e9maliste, d\u00e9stabilis\u00e9 par son faible score de 20 %, certaines voix appellent   \u00e0 respecter, au nom de la d\u00e9mocratie.      Cela montre \u00e0 quel point les rapports de force ont boug\u00e9 en Turquie, au   d\u00e9triment, bien s\u00fbr, des g\u00e9n\u00e9raux, dont aucun des proc\u00e9d\u00e9s utilis\u00e9s durant la   crise ne semble recyclable. Le m\u00e9morandum mena\u00e7ant publi\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e sur son   site Internet avait certes impressionn\u00e9 la Cour constitutionnelle, mais   celle-ci a montr\u00e9, depuis, qu&rsquo;elle devrait r\u00e9sister \u00e0 toute nouvelle   instrumentalisation. Les meetings de masse pro-la\u00efcit\u00e9, et surtout ceux   \u00ab\u00a0contre la terreur\u00a0\u00bb auxquels l&rsquo;\u00e9tat-major a ensuite appel\u00e9, au risque   d&rsquo;enflammer l&rsquo;antagonisme turco-kurde, ont \u00e9t\u00e9 un \u00e9chec patent. Surtout,   l&rsquo;arm\u00e9e turque, qui entend tirer sa l\u00e9gitimit\u00e9 de son prestige &#8211; constamment   scrut\u00e9 par les sondages qu&rsquo;elle commandite -, ne peut pas bloquer un candidat   quasi pl\u00e9biscit\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait acceptable, \u00e0 la rigueur, quand l&rsquo;AKP s&rsquo;appuyait,   apr\u00e8s le scrutin l\u00e9gislatif de 2002, sur un tiers des voix seulement pour   occuper presque deux tiers des si\u00e8ges.      Cet argument ne tient plus maintenant qu&rsquo;il aura moins de d\u00e9put\u00e9s, mais avec   pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des suffrages. D&rsquo;autant que les raisons de cette popularit\u00e9   croissante de l&rsquo;AKP &#8211; cas de figure unique en Turquie, depuis un demi-si\u00e8cle,   pour un parti au pouvoir &#8211; vont bien au-del\u00e0 du d\u00e9sir de \u00ab\u00a0venger G\u00fcl\u00a0\u00bb. Elles   tiennent \u00e0 l&rsquo;attention que ce parti a port\u00e9e, contrairement \u00e0 tous ses   pr\u00e9d\u00e9cesseurs, aux besoins des couches populaires, en termes de sant\u00e9,   \u00e9ducation, habitat ou services de proximit\u00e9, par le biais des municipalit\u00e9s,   qu&rsquo;il contr\u00f4le \u00e0 70 %. Cet \u00e9lectorat populaire, presque captif, est par   ailleurs en forte croissance d\u00e9mographique. La hausse du niveau de vie, fruit   de la croissance \u00e9conomique, et la vive soif de stabilit\u00e9 des Turcs ont aussi   report\u00e9 sur ce parti, qui a modernis\u00e9 le profil de ses candidats, beaucoup de   voix du \u00ab\u00a0centre\u00a0\u00bb.      L&rsquo;explosion de la communication de masse et sa lib\u00e9ralisation lui ont aussi   profit\u00e9 : la rh\u00e9torique plus ou moins nationaliste, belliqueuse et   \u00ab\u00a0antieurop\u00e9enne\u00a0\u00bb de tous les partis d&rsquo;opposition ne leur a finalement rien   apport\u00e9, m\u00eame si elle a permis le retour au Parlement du MHP, avec un score   qui n&rsquo;a rien de glorieux. Alors que l&rsquo;AKP b\u00e9n\u00e9ficie d\u00e9sormais de la majorit\u00e9   du vote kurde et &#8211; paradoxalement pour ceux qui s&rsquo;obstinent \u00e0 qualifier ce   parti d'\u00a0\u00bbislamiste\u00a0\u00bb &#8211; de celui des minorit\u00e9s non musulmanes. Selon l&rsquo;institut   de sondage Konda, le plus performant sur ce scrutin, le crit\u00e8re religieux   aurait d\u00e9termin\u00e9 le choix de 10 % seulement de l&rsquo;\u00e9lectorat.      M\u00eame si la pertinence d&rsquo;une telle question est discutable, elle permet de   mesurer les limites d&rsquo;une lecture des complexit\u00e9s turques en termes de conflit   entre \u00ab\u00a0islamistes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0la\u00efques\u00a0\u00bb. Les g\u00e9n\u00e9raux turcs ne peuvent pas ne pas en   tirer les cons\u00e9quences, quitte \u00e0 chercher d&rsquo;autres parades.      <font>Sophie Shihab<\/font> <font><strong>(Source : \u00ab Le Monde \u00bb (Quotidien \u2013 France) , le   4 ao\u00fbt 2007)<\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div align=\"center\">\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\"><strong>L&rsquo;expulsion des juifs d&rsquo;Espagne au nom   de la puret\u00e9 du sang<\/strong> \u00a0<\/font><\/h3>\n<\/div>\n<p><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/font><\/p>\n<div align=\"justify\">  Tous les exil\u00e9s de J\u00e9rusalem en Espagne quitt\u00e8rent cette contr\u00e9e maudite le   cinqui\u00e8me mois de l&rsquo;ann\u00e9e 5252, c&rsquo;est-\u00e0-dire en 1492, et de l\u00e0 se dispers\u00e8rent   aux quatre coins de la terre.\u00a0\u00bb Qui mieux que Joseph Ha-Cohen, dans La Vall\u00e9e   des Pleurs (1560), a d\u00e9crit la trag\u00e9die de l&rsquo;expulsion des juifs d&rsquo;Espagne ?   \u00ab\u00a0Les juifs s&rsquo;en all\u00e8rent o\u00f9 le vent les poussa, en Afrique, en Asie, en Gr\u00e8ce   et en Turquie. D&rsquo;accablantes souffrances et des douleurs aigu\u00ebs les   assaillirent, les marins g\u00e9nois les maltrait\u00e8rent. Des cr\u00e9atures infortun\u00e9es   mouraient de d\u00e9sespoir pendant leur route : les musulmans en \u00e9ventr\u00e8rent pour   extraire de leurs entrailles l&rsquo;or qu&rsquo;elles avaient aval\u00e9 pour le cacher. Il y   en eut qui furent consum\u00e9es par la peste et par la faim. D&rsquo;autres furent   d\u00e9barqu\u00e9es nues par le capitaine du vaisseau dans des \u00eeles d\u00e9sertes. D&rsquo;autres   encore vendues comme esclaves dans le port de G\u00e8nes et les villes soumises \u00e0   son ob\u00e9issance.\u00a0\u00bb       1492, ann\u00e9e du malheur pour les juifs, mais pour l&rsquo;Espagne des Rois   catholiques celle du triomphe de la croix et d&rsquo;une triple b\u00e9n\u00e9diction : la   chute de Grenade le 2 janvier, qui ach\u00e8ve la Reconquista sur les Maures ;   l&rsquo;exil d&rsquo;au moins 120 000 juifs apr\u00e8s le d\u00e9cret du 31 mars ; la d\u00e9couverte de   l&rsquo;Am\u00e9rique par Colomb. L&rsquo;Espagne s&rsquo;\u00e9blouit, l&rsquo;Espagne s&rsquo;enivre. Elle refait   son unit\u00e9 et s&rsquo;ampute de sa \u00ab\u00a0gangr\u00e8ne\u00a0\u00bb juive. Pour avoir purifi\u00e9 son sol, Dieu   la r\u00e9compense par l&rsquo;or du Nouveau Monde. Le plan de Dieu et l&rsquo;histoire des   hommes co\u00efncident et qu&rsquo;importe si le prix des m\u00e9taux pr\u00e9cieux d&rsquo;Am\u00e9rique est   le sang du paysan indien qu&rsquo;on exploite dans les mines ! Et celui de la puret\u00e9   de l&rsquo;Espagne l&rsquo;expulsion des juifs &#8211; avant celle des moriscos (musulmans   convertis) \u00e0 partir de 1609 -, qui, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;argent r\u00e9colt\u00e9 par le rabbin   Abraham Senior ou Isaac Abravanel, avaient pourtant fait beaucoup pour la   Reconquista !   Les caisses royales y perdent, mais le sacrifice intellectuel aussi est   consid\u00e9rable. Car s&rsquo;il y a de pauvres juifs, beaucoup sont ing\u00e9nieux, actifs,   imaginatifs. \u00ab\u00a0Ils sont m\u00e9decins, courtiers, collecteurs d&rsquo;imp\u00f4ts, commer\u00e7ants,   intendants de noblesse, joailliers, marchands de soieries\u00a0\u00bb, raconte Andres   Bernaldez, le chroniqueur d&rsquo;Isabelle de Castille et Ferdinand d&rsquo;Aragon, les   Rois catholiques. Si la perte est grande, l&rsquo;Espagne y gagne au change divin.   Elle est le nouveau peuple \u00e9lu qui suppl\u00e9e le peuple juif \u00e0 nouveau   d\u00e9faillant. En purifiant le royaume de cette engeance honnie, les Rois   catholiques pr\u00e9parent le deuxi\u00e8me av\u00e8nement du Christ annonc\u00e9 dans   l&rsquo;Apocalypse. Francisco Enriquez \u00e9crira, en 1648, qu'\u00a0\u00bbun royaume sans religion   une et pure est une r\u00e9union de bandits et d&rsquo;hommes iniques\u00a0\u00bb.   Tout avait commenc\u00e9 en 1391, un si\u00e8cle avant le d\u00e9cret d&rsquo;expulsion, par un   bain de sang inondant la Castille, l&rsquo;Aragon, la Catalogne, Majorque. Les   quartiers r\u00e9serv\u00e9s aux juifs &#8211; les aljamas &#8211; sont frapp\u00e9s par la contagion   meurtri\u00e8re. Comme si l&rsquo;Espagne avait voulu signifier pour de bon \u00e0 ses juifs,   enracin\u00e9s de longue date, que leur pr\u00e9sence \u00e9tait devenue ind\u00e9sirable, qu&rsquo;ils   devaient expier pour les \u00e9pid\u00e9mies, les famines, les guerres qui ravagent   alors l&rsquo;Europe. Plus de 4 000 personnes p\u00e9rissent \u00e0 S\u00e9ville o\u00f9 s\u00e9vit un moine   fanatique, Martinez de Ecija. Prosp\u00e8re, la communaut\u00e9 de Barcelone est   an\u00e9antie. Les assaillants \u00ab\u00a0pillent, saccagent, massacrent \u00e0 ravir. Chaque   ville fut, ce jour-l\u00e0, une nouvelle Troie\u00a0\u00bb, \u00e9crit un contemporain. Seuls ont   la vie sauve les juifs qui implorent de recevoir le bapt\u00eame et des mots   nouveaux apparaissent : marrano, judeoconverso.   Plus progresse la Reconquista sur les Maures, plus se d\u00e9cha\u00eene la haine contre   les juifs. Plus la croix triomphe, plus sont \u00e9cart\u00e9s les ennemis de Dieu et de   l&rsquo;Espagne. Une ordonnance royale de 1412 contraint d\u00e9j\u00e0 les juifs, qui avaient   toujours v\u00e9cu au milieu du peuple castillan, \u00e0 rester parqu\u00e9s dans des   \u00ab\u00a0ghettos\u00a0\u00bb isol\u00e9s. Elle leur interdit d&rsquo;exercer toute charge publique, de   vendre de la viande ou tout autre comestible, de se couper la barbe et les   cheveux. En revanche, ils sont oblig\u00e9s de porter de longs manteaux noirs   descendant jusqu&rsquo;aux pieds. Ces dispositions iniques ne font qu&rsquo;\u00e9tendre le   soup\u00e7on sur les convertis sinc\u00e8res et les baptis\u00e9s \u00ab\u00a0cryptojuifs\u00a0\u00bb qui   continuent de pratiquer clandestinement leurs rites.   D\u00e8s le d\u00e9but de leur r\u00e8gne, en 1474, les Rois catholiques entendent extirper   le mal. Les juifs de Castille sont confin\u00e9s dans leurs ghettos, bannis des   \u00e9v\u00each\u00e9s de S\u00e9ville et de Cordoue, de ceux de Saragosse, d&rsquo;Albarracin, de   Teruel. Puis l&rsquo;Inquisition entre en sc\u00e8ne. Pour elle, les mesures de   s\u00e9gr\u00e9gation et d&rsquo;expulsion r\u00e9gionales sont sans effet. Elle propose donc aux   souverains comme seule m\u00e9decine le bannissement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Les juifs   castillans tentent bien de retarder l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance, se disent pr\u00eats \u00e0 payer le   prix fort, mais Torquemada, l&rsquo;inquisiteur g\u00e9n\u00e9ral, brandit devant la Cour   r\u00e9unie, le 20 mars, un crucifix et rappelle la trahison de Judas. Le d\u00e9cret   royal du 31 mars 1492 est donc sign\u00e9 : il donne trente jours \u00e0 tous les juifs   d&rsquo;Espagne pour quitter la terre de leurs anc\u00eatres. Trente jours pour tenter de   vendre leurs biens, faire leurs adieux et vider les lieux.   Que leur reproche-t-on ? Rien de moins que de contaminer la soci\u00e9t\u00e9 espagnole.   \u00ab\u00a0Les juifs essaient de soustraire les fid\u00e8les chr\u00e9tiens \u00e0 notre sainte foi, de   les en d\u00e9tourner, de les d\u00e9voyer, de les attirer \u00e0 leurs croyances et opinions   damn\u00e9es, \u00e9crit le d\u00e9cret d&rsquo;expulsion. Ils les instruisent des c\u00e9r\u00e9monies et   observances de leur loi, veillent \u00e0 leur circoncision, eux et leurs fils, les   informent des je\u00fbnes \u00e0 respecter, leur notifient l&rsquo;arriv\u00e9e des P\u00e2ques, leur   donnent et apportent de chez eux le pain azyme et les viandes abattues   rituellement, les avertissent des nourritures dont ils doivent s&rsquo;abstenir et   des autres interdictions et les persuadent autant qu&rsquo;ils le peuvent d&rsquo;observer   et pratiquer la loi de Mo\u00efse, leur font comprendre qu&rsquo;il n&rsquo;y a d&rsquo;autre loi ni   d&rsquo;autre v\u00e9rit\u00e9 que celle-l\u00e0.\u00a0\u00bb   C&rsquo;est le catalogue des pratiques juives \u00ab\u00a0avou\u00e9es\u00a0\u00bb sous la torture inflig\u00e9e par   les tribunaux de l&rsquo;Inquisition, qui exercent de mani\u00e8re souveraine en Espagne   depuis une bulle du pape Sixte IV en 1478. Le dominicain Tomas de Torquemada a   \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par le roi Ferdinand comme inquisiteur d&rsquo;Aragon, de Valence, de   Catalogne. Il lui faudra dix ans pour constituer une Inquisition d&rsquo;Etat. Les   accus\u00e9s et condamn\u00e9s se comptent par centaines, tous ou presque des   judeo-conversos, nouveau masque de l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie.   L&rsquo;obsession de la contamination an\u00e9antit par le feu, par l&rsquo;exil, par la ruine,   des familles enti\u00e8res parmi les mieux int\u00e9gr\u00e9es. L&rsquo;argument inquisitorial est   imparable : la pr\u00e9sence de juifs sur le sol espagnol t\u00e9moigne de la grandeur   d&rsquo;\u00e2me des souverains.    Qu&rsquo;ils profitent de ce privil\u00e8ge pour entamer l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9   chr\u00e9tienne est un crime d&rsquo;ingratitude qui m\u00e9rite les ch\u00e2timents les plus   s\u00e9v\u00e8res. Seule une op\u00e9ration chirurgicale, coupant tout lien entre les juifs   et les \u00ab\u00a0nouveaux chr\u00e9tiens\u00a0\u00bb, convertis sinc\u00e8res, est capable d&rsquo;enrayer la   propagation d&rsquo;une tumeur maligne, l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie juda\u00efsante.   Au lieu d&rsquo;extirper la tumeur, l&rsquo;expulsion de 1492 et les \u00ab\u00a0auto da fe\u00a0\u00bb &#8211; ces   c\u00e9r\u00e9monies \u00e0 grand spectacle destin\u00e9es \u00e0 exhiber les h\u00e9r\u00e9tiques, entendre   leurs aveux et leurs condamnations &#8211; vont l&rsquo;aggraver dans des proportions   inimaginables. Apr\u00e8s 1492, l&rsquo;Espagne ne compte officiellement plus un seul   juif. Parmi les condamn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exil, seuls 80 000 n&rsquo;ont pu partir en raison de   la maladie, de l&rsquo;imp\u00e9cuniosit\u00e9 ou par crainte d&rsquo;un exode \u00e0 hauts risques et   ils se sont fait baptiser. Mais une vague d&rsquo;antis\u00e9mitisme sans juifs va gagner   l&rsquo;Espagne, incapable de chasser ses fant\u00f4mes.   Paradoxe inou\u00ef : plus l&rsquo;Espagne parque, chasse, envoie au b\u00fbcher ses juifs,   plus elle est rong\u00e9e par l&rsquo;obsession de savoir qui sont les vrais ou les faux   juifs, les vrais ou les faux convertis. Derri\u00e8re chaque visage, \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise ou   dans la rue, le doute s&rsquo;insinue : celui-ci qui se dit chr\u00e9tien l&rsquo;est-il   vraiment ? N&rsquo;est-il pas un \u00ab\u00a0cryptojuif\u00a0\u00bb qui, en secret, fait shabbat le   samedi, pr\u00e9pare sa cuisine selon les r\u00e8gles de la kashrout, c\u00e9l\u00e8bre les f\u00eates   juives, proc\u00e8de \u00e0 la toilette fun\u00e9raire selon le rituel juif ? Un traumatisme   na\u00eet qui va gangrener pendant trois si\u00e8cles la soci\u00e9t\u00e9 espagnole.   Comment l&rsquo;expliquer ? Partout en Europe, les juifs sont la lie de la soci\u00e9t\u00e9.   Ils sont spoli\u00e9s, marginalis\u00e9s, expuls\u00e9s. L&rsquo;Espagne est m\u00eame le dernier pays \u00e0   avoir chass\u00e9 ses juifs. La France l&rsquo;avait fait d\u00e8s 1306, l&rsquo;Angleterre plus t\u00f4t   encore. Mais l&rsquo;Espagne se distingue par un antis\u00e9mitisme racial, promis au   plus bel avenir, en raison de la forte implantation de ses conversos, ces   convertis de force bien avant ou apr\u00e8s les massacres de 1391 et l&rsquo;expulsion de   1492. Gr\u00e2ce au bapt\u00eame, ces juifs convertis ont pu acc\u00e9der aux emplois de   Cour, aux postes honorifiques, aux charges eccl\u00e9siastiques qui leur \u00e9taient   autrefois interdits. En entrant dans les universit\u00e9s et les ordres religieux   o\u00f9, comme juifs, ils n&rsquo;avaient pas droit de cit\u00e9, ils ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 des couches   enti\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9 &#8211; m\u00e9decine, arm\u00e9e, magistrature, clerg\u00e9 &#8211; et, \u00e0 la   faveur de beaux mariages, dans la noblesse d&rsquo;Aragon et de Castille.   L&rsquo;Espagne catholique s&rsquo;est longtemps flatt\u00e9e de ces conversions, avant de   mesurer qu&rsquo;elle avait ouvert la bo\u00eete de Pandore. On voulait les convertir,   maintenant ils sont partout ! Et ils investissent, avec ing\u00e9niosit\u00e9, les   secteurs les plus dynamiques de la soci\u00e9t\u00e9. Alors, le venin du soup\u00e7on fait   son oeuvre : ce sont de faux chr\u00e9tiens, des chr\u00e9tiens masqu\u00e9s. Ils menacent la   foi catholique de l&rsquo;Espagne, sa coh\u00e9sion sociale et religieuse \u00e0 peine   restaur\u00e9e. Chaque sujet du royaume \u00e9tant officiellement catholique, comment   va- t-on les distinguer ? On invente un crit\u00e8re imparable : celui du sang.   D\u00e8s le d\u00e9but du XVe si\u00e8cle, un coll\u00e8ge de l&rsquo;universit\u00e9 de Salamanque avait   introduit une r\u00e8gle interdisant \u00e0 ceux qui ne viennent pas d&rsquo;un sang pur (ex   puro sanguine) d&rsquo;entrer dans ses rangs. En 1440, \u00e0 la suite d&rsquo;\u00e9meutes   anti-conversos, Tol\u00e8de est la premi\u00e8re ville \u00e0 adopter le statut de limpieza   de sangre &#8211; la puret\u00e9 de sang &#8211; que les efforts inlassables de l&rsquo;Inquisition   et le futur cardinal Juan Marinez Siliceo, le plus grand antis\u00e9mite espagnol   du XVIe, vont convaincre le roi Philippe II, en 1543, d&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 toute   l&rsquo;Espagne.   La papaut\u00e9 h\u00e9site, car le statut de puret\u00e9 de sang est une monstruosit\u00e9   th\u00e9ologique : l&rsquo;eau du bapt\u00eame n&rsquo;est-elle pas purificatrice ? Mais   l&rsquo;Inquisition, le bas clerg\u00e9, le petit peuple vont le lui imposer. L&rsquo;id\u00e9e que   tout juif, m\u00eame converti, a du sang impur dans ses veines parce qu&rsquo;il a   contribu\u00e9 \u00e0 la crucifixion de J\u00e9sus-Christ est tr\u00e8s populaire. De m\u00eame que le   st\u00e9r\u00e9otype selon lequel les juifs ont infiltr\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 la Cour, les   meilleures familles et la noblesse. Parmi les convertis, l&rsquo;Espagne compte de   grands mystiques comme Th\u00e9r\u00e8se d&rsquo;Avila ou Louis de Grenade. Et des   inquisiteurs c\u00e9l\u00e8bres, comme Torquemada lui-m\u00eame, \u00ab\u00a0dont les grands parents   appartinrent au lignage des juifs convertis\u00a0\u00bb (selon l&rsquo;historien Fernando del   Pulgar). Mais le petit peuple, lui, pour son ascension sociale, peut se   pr\u00e9valoir d&rsquo;avoir du sang pur. S&rsquo;il ne pouvait r\u00eaver d&rsquo;aucun honneur &#8211; honor   -, lui avait au moins l&rsquo;honneur &#8211; honra &#8211; de ne pas avoir de sang juif. \u00ab\u00a0Le   statut de puret\u00e9, c&rsquo;est le marchepied de l&rsquo;honneur du peuple\u00a0\u00bb, conclut Henry   M\u00e9choulan.   L&rsquo;Espagne entre alors dans une \u00e8re de racisme social et religieux, l&rsquo;un   attisant l&rsquo;autre. Pour pouvoir entrer \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 ou dans les ordres   religieux, il faut une attestation d\u00e9livr\u00e9e \u00e0 la suite d&rsquo;enqu\u00eates   g\u00e9n\u00e9alogiques fouill\u00e9es remontant au plus haut dans le lignage, validant ou   non un soup\u00e7on d&rsquo;infection &#8211; alors que les lois nazies de Nuremberg se   limitaient \u00e0 la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration.   La porte s&rsquo;ouvre ainsi \u00e0 toutes les campagnes de d\u00e9lation. Une simple rumeur   suffit \u00e0 \u00ab\u00a0souiller\u00a0\u00bb une famille et \u00e0 l&rsquo;envoyer dans les cachots de   l&rsquo;Inquisition. Des \u00ab\u00a0vieux catholiques\u00a0\u00bb n&rsquo;osent plus r\u00e9clamer un certificat de   peur de se voir d\u00e9couvrir une origine juive. Le statut de limpieza de sangre   paralyse toute mobilit\u00e9 sociale. Mieux vaut ne pas bouger plut\u00f4t que de se   faire accuser. Si on r\u00e9ussit, c&rsquo;est qu&rsquo;on a du sang juif ! Ce gel des   relations sociales va scl\u00e9roser l&rsquo;Espagne.   La puret\u00e9 du sang devient un sujet de terreur pour le converti qui vit   sinc\u00e8rement son catholicisme, autant que pour le catholique de fa\u00e7ade rest\u00e9   fid\u00e8le \u00e0 la loi de Mo\u00efse. Ils sont soumis au m\u00eame r\u00e9gime du soup\u00e7on, \u00e0 la m\u00eame   menace de l&rsquo;Inquisition. Tout converti est un juif, et donc un ennemi   potentiel de la foi catholique. C&rsquo;est le d\u00e9but d&rsquo;une n\u00e9vrose : la   contamination juive et h\u00e9r\u00e9tique se fait par le sang, par le lait et par la   semence. Les nourrices de la Cour sont soumises \u00e0 des examens de sang, car   l&rsquo;enfant suce les moeurs de sa nourrice avec son lait ! Pr\u00e9suppos\u00e9 qui tourne   \u00e0 l&rsquo;obsession biologique. Des trait\u00e9s entiers sont r\u00e9dig\u00e9s pour prouver que   les juifs souffrent toujours d&rsquo;h\u00e9morro\u00efdes ou que, depuis la crucifixion du   Christ, ils d\u00e9gagent une odeur si pestilentielle que pour s&rsquo;en d\u00e9barrasser,   ils doivent boire le sang pur d&rsquo;enfants chr\u00e9tiens tu\u00e9s, le jour de P\u00e2ques,   lors de meurtres rituels.   Avec le statut de \u00ab\u00a0puret\u00e9 du sang\u00a0\u00bb, le monde d\u00e9couvre le racisme religieux   qu&rsquo;on retrouvera plus tard dans le protocole des Sages de Sion et   l&rsquo;antis\u00e9mitisme racial des nazis. Cette obsession va impr\u00e9gner toutes les   mentalit\u00e9s en Espagne jusqu&rsquo;au milieu du XVIIe si\u00e8cle. Au d\u00e9but du suivant, on   trouvera encore des articles de loi se r\u00e9f\u00e9rant aux juifs, alors qu&rsquo;il n&rsquo;y en   a plus un seul. Les juifs espagnols de l&rsquo;exil sont \u00e0 Amsterdam ou Istanbul, o\u00f9   ils font partie de l&rsquo;\u00e9lite des m\u00e9decins, des penseurs, des po\u00e8tes et des   marchands. Mais r\u00e9sonnera longtemps la douleur de Joseph Ha-Cohen dans La   Vall\u00e9e des Pleurs : \u00ab\u00a0Mon Dieu, nous ne t&rsquo;avons pas oubli\u00e9, ni trahi ton   alliance. Mais \u00e0 pr\u00e9sent, h\u00e2te-toi de nous secourir, car c&rsquo;est pour toi qu&rsquo;on   nous \u00e9gorge tous les jours et qu&rsquo;on nous consid\u00e8re comme des brebis destin\u00e9es   \u00e0 la boucherie. Accours \u00e0 notre aide, Dieu de notre salut, soutiens notre   cause et sauve-nous pour l&rsquo;amour de ton nom !\u00a0\u00bb          <font><strong>Henri Tincq<\/strong> <\/font> <font>A LIRE      Les Juifs du silence au Si\u00e8cle d&rsquo;or espagnol, Henry M\u00e9choulan, Albin Michel   2003.    Amsterdam au temps de Spinoza. Argent et libert\u00e9, Henry M\u00e9choulan, PUF. 1990.   Les Juifs d&rsquo;Espagne, histoire d&rsquo;une diaspora (1492-1992), dirig\u00e9e par Henry   M\u00e9choulan, Liana Levi 1998.   La Pierre glorieuse de Nabuchodonosor ou la fin de l&rsquo;histoire au XVIIe si\u00e8cle,   Menasseh ben Israel, introduit par Henry M\u00e9choulan, Vrin 2007.   L&rsquo;Expulsion des Juifs d&rsquo;Espagne, B\u00e9atrice Leroy, Berg International 1990.<\/font><\/div>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<p><!-- |**|end egp html banner|**| --><\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/span><\/a><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Home &#8211; Accueil &#8211; \u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629 TUNISNEWS 8\u00a0\u00e8me\u00a0ann\u00e9e, N\u00b0\u00a02629\u00a0du 04.08.2007 \u00a0archives : www.tunisnews.net C.R.L.D.HTunisie.:La situation tragique du prisonnier politique M. Abdellatif BOUHJILA C.R.L.D.H. 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