{"id":17583,"date":"2011-01-31T00:00:00","date_gmt":"2011-01-31T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/31-janvier-2011\/"},"modified":"2011-01-31T00:00:00","modified_gmt":"2011-01-31T00:00:00","slug":"31-janvier-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/31-janvier-2011\/","title":{"rendered":"31 janvier 2011"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"(lieu du Palais du Gouvernement) un groupe d\u2019individus suspects s\u2019est \n\t\tinfiltr\u00e9 dans le rassemblement des citoyens qui occupent la place depuis \n\t\tune semaine et reclament la dissolution du gouvernement d'union \n\t\tnationale. Ces individus ont agress\u00e9 les manifestants et se sont livr\u00e9s \n\t\t\u00e0 des provocations avant que la police n'intervienne avec une violence \n\t\tdisproportionn\u00e9e pour faire \u00e9vacuer tout le monde sans faire de \n\t\tdistinction entre les citoyens manifestants et les provocateurs et \n\t\tjetant de fa\u00e7on intensive des bombes lacrymog\u00e8nes. Des dizaines de \n\t\tbless\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s aux h\u00f4pitaux de la Capitale. \" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Bookman Old Style\" size=\"7\"><strong>TUNISNEWS <\/strong><\/font><strong><font> <font face=\"Arial\">10 \u00e8me ann\u00e9e, <\/font><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">N\u00b0 3905 du 31.01.2011 <\/font><\/span><\/font><\/strong><span><font face=\"Arial\"><strong>archives : <\/strong><\/font><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font face=\"Arial\"><strong>www.tunisnews.net<\/strong><\/font><\/a><\/span><span lang=\"FR\"><\/span><font face=\"Arial\"><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\"><strong><font><span lang=\"FR\"><font size=\"3\"><b><span lang=\"FR\"><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>l\u2019Association des Tunisiens en France:<font face=\"Arial\">Communiqu\u00e9 <\/font><\/font><\/h2>\n<p><\/span><\/b><\/font><\/span><\/font><\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\"><strong><font><span lang=\"FR\"><font size=\"3\"><b><span lang=\"FR\"><font>Jamil SAYAH: <\/font><\/span><\/b><\/font><font size=\"2\">Manifeste pour une R\u00e9publique nouvelle<\/font><\/span><\/font><\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\"><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Ahmed BEN AMOR: Sidi Bou<\/font><\/h2>\n<p><font face=\"Arial\">H\u00e9di KHAZNAGI: R\u00e9volution tunisienne: la contagion est-elle \u00e9vidente?<\/font><\/font><\/div>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>RABAM: A vos gardes citoyens, Il faut rester \u00e9veill\u00e9 ! <\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>AFP: Rached Ghannouchi, le radical devenu symbole d&rsquo;un islam asphyxi\u00e9 <\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Reuters:<\/strong><strong>Tunisian Islamists show strength at chief&rsquo;s return\u00a0<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\"><strong><font size=\"2\"><font>ANSA: Tunisia: torna leader islamico accolto con Allah \u00e8 grande<\/font> <\/font><\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>AP Interview: Islamist leader returns to Tunisia<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"><font face=\"Arial\"><strong><\/p>\n<p><font size=\"2\"><font>AFP: Tunisie: d\u00e9velopper les r\u00e9gions, d\u00e9fi crucial du nouveau gouvernement  <\/font>AFP: R\u00e9voltes dans le monde arabe: le Maroc ne fera pas exception (cousin du roi)\u00a0 <font>AFP:Les troubles dans le monde arabe depuis la r\u00e9volution tunisienne  <\/font>AFP: <font face=\"Arial\">Tunisie: la sous-pr\u00e9fecture de Kasserine pill\u00e9e et saccag\u00e9e <\/font><\/font><\/p>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"4\"><strong>REVUE DE PRESSE<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div align=\"center\"><strong>l\u2019Association des Tunisiens en France<\/strong><\/div>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><font size=\"3\"><strong>Communiqu\u00e9  \u00a0<\/strong><\/font><\/font><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> <font>Le Bureau National de l\u2019Association des Tunisiens en France a appris avec inqui\u00e9tude les violences qui ont eu lieu ces deux derniers jours \u00e0 Tunis. Le 28 janvier 2011, soir, lors de l\u2019\u00e9vacuation de la place de la Casbah, (lieu du Palais du Gouvernement) un groupe d\u2019individus suspects s\u2019est infiltr\u00e9 dans le rassemblement des citoyens qui occupent la place depuis une semaine et reclament la dissolution du gouvernement d&rsquo;union nationale. Ces individus ont agress\u00e9 les manifestants et se sont livr\u00e9s \u00e0 des provocations avant que la police n&rsquo;intervienne avec une violence disproportionn\u00e9e pour faire \u00e9vacuer tout le monde sans faire de distinction entre les citoyens manifestants et les provocateurs et jetant de fa\u00e7on intensive des bombes lacrymog\u00e8nes. Des dizaines de bless\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s aux h\u00f4pitaux de la Capitale.  Samedi 29 janvier apr\u00e8s-midi, lors d&rsquo;une manifestation des femmes  tunisiennes \u00e0 laquelle ont appel\u00e9 l&rsquo;Association tunisienne des femmes d\u00e9mocrates (ATFD), l&rsquo;AFTURD, la LTDH et la Commission femmes de l&rsquo;UGTT\u00a0 et qui \u00e9tait soutenue par des partis d\u00e9mocratiques pour d\u00e9fendre  les droits des femmes, une autre fois des groupes d&rsquo;individus suspects et certains fanatiques int\u00e9gristes ont agress\u00e9 les manifestantes  En plus des insultes et les agressions, des slogans r\u00e9trogrades, appelant les manifestantes \u00ab \u00e0 revenir dans leurs cuisines \u00bb et portant atteinte \u00e0 leurs int\u00e9grit\u00e9 morale, ont \u00e9t\u00e9 scand\u00e9s  Le Bureau National de l\u2019Association des Tunisiens en France :  &#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u00e9nonce fermement la violence qui a marqu\u00e9 l\u2019intervention des forces de l\u2019Ordre \u00e0 la place de la Casbah.et exige qu\u2019une enqu\u00eate soit ouverte pour d\u00e9signer les responsables et les provocateurs.  &#8211;\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u00e9sapprouve la d\u00e9marche des Autorit\u00e9s de ne pas laisser le temps aux associations de d\u00e9fense des Droite de l\u2019Homme qui se sont propos\u00e9es volontiers pour intervenir afin d\u2019assurer l\u2019\u00e9vacuation dans le calme.  &#8211;\u00a0\u00a0 Appelle \u00e0 l\u2019extr\u00eame vigilance face \u00e0 la multiplication des interventions d\u2019individus suspects qui s\u2019infiltrent dans les manifestations pour les faire d\u00e9vier de leur caract\u00e8re pacifique. &#8211;\u00a0\u00a0 D\u00e9nonce les d\u00e9rives de plus en plus fr\u00e9quentes de ces groupes et demande au Gouvernement de mettre fin \u00e0 leurs agissements et d&rsquo;assurer aux citoyens la libert\u00e9 de manifesation et d&rsquo;expression.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  &#8211;\u00a0 Exprime son attachement aux acquis des femmes tunisiennes et son soutien \u00e0 leur lutte pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits Femmes\/hommes en Tunisie. &#8211;\u00a0\u00a0\u00a0 D\u00e9nonce tous les propos \u00e0 caract\u00e8res sexystes et int\u00e9gristes avanc\u00e9s par un groupe d&rsquo;int\u00e9gristes lors de la manifestation pour la d\u00e9fense des droits des Femmes en Tunisie  &#8211;\u00a0\u00a0\u00a0 Appelle tous les militants et les militantes et les intellectuels progressistes pour combattre les actions et les id\u00e9es r\u00e9trogrades. \u00a0 Le Bureau National de L&rsquo;ATF Paris, le 30 janvier 2011<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">Manifeste pour une R\u00e9publique nouvelle<\/font><\/span><span lang=\"FR\"><\/span><\/b><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<p><b><i><span lang=\"FR\">Jamil SAYAH<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p><i><span lang=\"FR\">Professeur de droit public<\/span><\/i><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Avec courage et dignit\u00e9 le peuple Tunisien en 23 jours a renvers\u00e9 un horrible r\u00e9gime dictatorial qui lui a vol\u00e9\u00a0 23 ans de son existence.\u00a0 En agissant de la sorte ce peuple \u00e9duqu\u00e9 et civilis\u00e9 a d\u00e9montr\u00e9 au monde entier que sa r\u00e9volte a une connotation hautement politique. Justice, libert\u00e9 et dignit\u00e9 sont d\u00e9sormais sa devise. Mais pour que cette r\u00e9volte populaire se transforme en une v\u00e9ritable r\u00e9volution, il faut commencer \u00e0 b\u00e2tir l\u2019avenir. Dans ce contexte la tentation est toujours grande d\u2019aller vers la radicalit\u00e9 et pousser le plus loin possible l\u2019envie de tout reconstruire. Or dans l\u2019histoire, aucune r\u00e9volution (ni la r\u00e9volution fran\u00e7aise, ni la r\u00e9volution d\u2019octobre)\u00a0 n\u2019a fait table rase de l\u2019existant. Le vide n\u2019aucune vertu. Et le temps est l\u2019ennemi des b\u00e2tisseurs. Il faut agir et agir vite pour ne pas d\u00e9cevoir une nation qui s\u2019est soulev\u00e9e. Ainsi, le pouvoir devient une fonction de l\u2019organisation de la soci\u00e9t\u00e9 et la politique n\u2019est plus qu\u2019une mani\u00e8re de donner sens \u00e0 l\u2019aspiration du peuple. Pour nous, cela pourrait se traduire par une d\u00e9marche r\u00e9formatrice qui consiste \u00e0 saisir les conditions et les implications de ce moment d\u00e9cisif de cr\u00e9ation o\u00f9 le pouvoir collectif rompt avec les pratiques anciennes pour encourir le \u00ab\u00a0risque\u00a0\u00bb d\u2019une nouvelle configuration d\u2019id\u00e9aux nouveaux. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">D\u2019abord, cela passe par le renforcement de la participation des citoyens \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des lois et institutions qui d\u00e9finissent leur avenir. La r\u00e9alisation d\u2019un tel objectif passe obligatoirement par l\u2019instauration d\u2019un id\u00e9al d\u00e9mocratique qui d\u00e9coule n\u00e9cessairement de la libert\u00e9 d\u2019opinion et de l\u2019\u00e9lection libre. Son objet est d\u2019\u00e9manciper le peuple et faire de lui le seul d\u00e9tenteur de la souverainet\u00e9. La chose publique devient alors une affaire de d\u00e9bat ouvert et l\u2019Etat l\u2019incarnation de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. La loi exprimerait la volont\u00e9 du corps social dont elle devient le principe de conservation. Ainsi, elle serait par excellence \u00abl\u2019acte de souverainet\u00e9\u00a0\u00bb, la d\u00e9claration solennelle de la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, une volont\u00e9 inali\u00e9nable, indivisible, infaillible et absolue du souverain qui n\u2019est autre que le peuple unanime \u00e0 tenir pour sienne la volont\u00e9 exprim\u00e9e par la majorit\u00e9 des suffrages. <i>\u00ab\u00a0La volont\u00e9 nationale, <\/i>disait, Si\u00e8y\u00e8s<i>, n\u2019a besoin que de sa r\u00e9alit\u00e9 pour \u00eatre toujours l\u00e9gale\u00a0<\/i>\u00bb. C\u2019est cette r\u00e9alit\u00e9 que les nouvelles r\u00e9formes se doivent d\u2019affirmer.\u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Ensuite, cela passe aussi par la r\u00e9habilitation du politique qui, dans le contexte tunisien, doit se traduire n\u00e9cessairement par le d\u00e9senclavement de l\u2019Etat. En effet, avant qu\u2019elle soit l\u2019affaire de l\u2019Etat la politique est une pratique gr\u00e2ce \u00e0 laquelle la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019organise, structure ses forces, d\u00e9veloppe son action collective et publique. L\u2019Etat ne fait que proposer un cadre appropri\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation de cette pratique sociale, il garantit son unit\u00e9 et son efficacit\u00e9. Cette appropriation du politique par la soci\u00e9t\u00e9 est la condition de la d\u00e9colonisation de l\u2019espace public, \u00e9conomique et administratif, envahi actuellement en Tunisie, par des r\u00e9seaux d\u2019int\u00e9r\u00eats claniques et mafieux. Elle est aussi la condition de l\u2019ach\u00e8vement de la s\u00e9curit\u00e9. La restructuration de l\u2019espace public, la r\u00e9organisation des diff\u00e9rentes formes de pouvoir, la red\u00e9finition des nouvelles comp\u00e9tences et fonctions sont le premier pas de la r\u00e9forme politique. La domination de l\u2019Etat par un seul parti qui, jusque l\u00e0, \u00e9tait source de n\u00e9gation d\u2019une pratique politique citoyenne en Tunisie, doit c\u00e9der la place \u00e0 un pluralisme r\u00e9el et effectif fond\u00e9 sur des normes constitutionnelles claires. Cela implique non seulement des \u00e9lections, mais des \u00e9lections libres au cours desquelles toutes les tendances de l\u2019opinion pourront affronter le suffrage des \u00e9lecteurs. C\u2019est admettre du m\u00eame coup <b><i>les droits<\/i><\/b> de l\u2019opposition, c\u2019est-\u00e0-dire introduire des m\u00e9canismes juridiques destin\u00e9s \u00e0 assurer l\u2019ouverture du pouvoir. D\u00e8s lors, toutes les tendances peuvent avoir acc\u00e8s au d\u00e9bat et toutes doivent y \u00eatre trait\u00e9es avec des \u00e9gards identiques. De ce postulat d\u00e9coule toute la raison d\u2019\u00eatre du Parlement qui incarnera ainsi les v\u0153ux du peuple dans sa diversit\u00e9 politique.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Cela passe enfin, par la garantie des droits fondamentaux qui est une mani\u00e8re d\u2018affirmer d\u00e9finitivement l\u2019attachement de l\u2019Etat \u00e0 la d\u00e9mocratie. Il n\u2019est pas douteux que, dans le contexte tunisien, point de d\u00e9mocratie sans s\u00e9paration des pouvoirs. L\u2019importance politico-juridique d\u2019un tel principe est d\u2019autant plus grande que la Tunisie sous la dictature de Ben Ali n\u2019a jamais eu une diff\u00e9rentiation claire entre les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories des fonctions \u00e9tatiques. L\u2019exercice du pouvoir a toujours \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par une pr\u00e9pond\u00e9rance de l\u2019ex\u00e9cutif, et au sein m\u00eame de l\u2019ex\u00e9cutif le Pr\u00e9sident \u00e9crasait tout le reste. Cette personnification de la pratique politique a emp\u00each\u00e9 le pays de se pr\u00e9munir contre tyrannie. L\u2019effacement du l\u00e9gislatif et l\u2019\u00e9crasement du pouvoir juridictionnel ont\u00a0 transform\u00e9, d\u2019une part, le Parlement en une chambre d\u2019enregistrement sans relief ni r\u00e9el pouvoir, et d\u2019autre part, les juges en \u00ab\u00a0instrument\u00a0\u00bb au service de la dictature. Or, on le sait depuis la D\u00e9claration fran\u00e7aise de 1798 que \u00ab<i>toute soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle la s\u00e9paration des pouvoirs n\u2019est pas d\u00e9termin\u00e9e n\u2019a point de constitution\u00a0<\/i>\u00bb (article 16). Autrement dit, la confusion des pouvoirs prive leur d\u00e9tenteur de toute l\u00e9gitimit\u00e9 politique et juridique. Car, une telle pratique est source d\u2019abus et d\u2019atteinte aux droits fondamentaux. Aussi, pour r\u00e9tablir l\u2019Etat de droit, il faut s\u2019engager \u00e0 donner \u00e0 cette th\u00e9orie un sens diff\u00e9rent de celui que le r\u00e9gime de Ben Ali par sa pratique a donn\u00e9. Il faut alors r\u00e9habiliter la fonction l\u00e9gislative en s\u2019engageant \u00e0 renoncer d\u00e9finitivement \u00e0 la culture du \u00ab\u00a0parti unique\u00a0\u00bb et en affirmant l\u2019attachement de l\u2019Etat au pluralisme puisque\u00a0 c\u2019est par cette voie que le peuple, dans les d\u00e9mocraties, a pu faire admettre le principe de sa participation au pouvoir et qu\u2019il a pu poser des r\u00e8gles restreignant la libert\u00e9 d\u2019action des gouvernants afin d\u2019imposer \u00e0 son profit de droits inali\u00e9nables, naturels et sacr\u00e9s. Quant \u00e0 la fonction juridictionnelle, il faut faire tout pour que la justice, instrument indispensable de l\u2019Etat de droit, sorte d\u00e9finitivement de cette situation de soumission dans laquelle elle se trouve aujourd\u2019hui en Tunisie. Cela suppose en effet la mise en place de r\u00e8gles constitutionnelles dont le respect garantira son ind\u00e9pendance et son autonomie. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Toutefois, les implications de l\u2019Etat de droit ne peuvent se limiter aux structures formelles de la s\u00e9paration des pouvoirs, elles touchent au contenu concret de la pratique politique. Dans tous les pays lib\u00e9raux, le socle de l\u2019Etat de droit est constitu\u00e9 par un ensemble de droits fondamentaux, qui sont inscrits dans des textes de valeur juridique sup\u00e9rieure (textes constitutionnels et textes internationaux). Ainsi, ces droits b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une cons\u00e9cration juridique explicite, en \u00e9tant plac\u00e9s aux \u00e9tages \u00e9lev\u00e9s de l\u2019ordre juridique. Par ce jeu de ce double processus de constitutionnalisation et d\u2019internationalisation, on est en pr\u00e9sence d\u2019un bloc de droits fondamentaux, dot\u00e9s d\u2019une double reconnaissance, constitutionnelle et internationale, ainsi qu\u2019une double protection, nationale et supranationale. De ce fait,\u00a0il y a bien diff\u00e9rence entre l\u2019Etat de droit et la conception traditionnelle de la d\u00e9mocratie. \u00ab\u00a0L\u2019Etat de droit permet de condenser et de fixer cette vision\u00a0: dot\u00e9 d\u2019une forte puissance \u00e9vocatrice, il recouvre l\u2019image d\u2019un Etat qui se soumet \u00e0 la loi, organise la soci\u00e9t\u00e9 dans un cadre juridique, prot\u00e8ge les droits de l\u2019homme et valorise la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00a0\u00bb<u>.<\/u> La d\u00e9mocratie n\u2019est plus synonyme de pouvoir sans partage des \u00e9lus\u00a0: elle suppose encore le respect du pluralisme, la participation plus directe des citoyens aux choix collectifs et la garantie des droits et des libert\u00e9s par un juge constitutionnel ind\u00e9pendant. C\u2019est cette vision d\u2019une d\u00e9mocratie de \u00absubstance\u00a0\u00bb fond\u00e9e sur le droit, et une d\u00e9mocratie politique impliquant le respect\u00a0 du pluralisme et de l\u2019alternance au pouvoir que nous devons d\u00e9fendre afin de reconstruire notre R\u00e9publique.\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"><i><span lang=\"FR\">Jamil SAYAH<\/span><\/i><\/p>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<div align=\"center\"> <strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">SIDI BOU ?<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">La Tunisie utile a r\u00e9agi tardivement aux cris de d\u00e9sespoir de la Tunisie aride. Le d\u00e9s\u00e9quilibre r\u00e9gional est connu de tout le monde en Tunisie. La densit\u00e9 d\u00e9mographique, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la mer et le\u00a0 r\u00e9seau routier ont favoris\u00e9 depuis la pr\u00e9sence du colonialisme fran\u00e7ais les c\u00f4tes tunisiennes au d\u00e9triment de l\u2019arri\u00e8re pays. Un indicateur de ce favoritisme : L\u2019\u00e9lite du pays\u00a0 appartiennent\u00a0 en majorit\u00e9 \u00e0 ces r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res.\u00a0\u00a0 Le pouvoir d\u00e9chu\u00a0 a assis sa l\u00e9gitimit\u00e9 sur la solidarit\u00e9 avec les r\u00e9gions de \u00ab l\u2019ombre \u00bb. A coup de publicit\u00e9 et en consacrant une journ\u00e9e par an pour renflouer une caisse sp\u00e9ciale, l\u2019Etat a essay\u00e9 de se justifier aupr\u00e8s d\u2019une opinion publique non convaincue.\u00a0 Le ch\u00f4mage\u00a0 est double \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays par rapport au taux national. L\u2019infrastructure sanitaire fait d\u00e9faut. L\u2019\u00e9conomie d\u00e9pend du\u00a0 caprice de la nature. En fuyant la mis\u00e8re, les gens \u00ab assi\u00e8gent \u00bb les grandes villes de la Tunisie. En ajoutant \u00e0 cela un regard de\u00a0 m\u00e9pris\u00a0 \u00ab hogra \u00bb\u00a0 le sentiment de col\u00e8re se r\u00e9pand pour s\u2019\u00e9clater au premier incident.  L\u2019image de SIDI BOUSAID s\u2019est fondue pour laisser la place \u00e0 SIDI BOUZID qui est devenue le lieu de passage oblig\u00e9 pour comprendre l\u2019autre Tunisie.\u00a0 L\u2019immolation de BOUAZIZI a projet\u00e9 une autre\u00a0\u00a0\u00a0 SIDI\u00a0 BOU \u00e0 la curiosit\u00e9 des tunisiens et des \u00e9trangers. <strong><font>Ahmed BEN AMOR<\/font><\/strong>\u00a0 Paris le 31\/01\/2011<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">R\u00e9volution tunisienne: la contagion est-elle \u00e9vidente?<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><font size=\"3\"><\/p>\n<div align=\"justify\"> La Tunisie a export\u00e9 sa r\u00e9volution en \u00c9gypte, et apr\u00e8s une semaine de contestation dans ce pays on est en droit de se demander si le pouvoir \u00e9gyptien aura le m\u00eame destin que celui de Ben Ali. Tout le monde le souhaite mais si on compare les deux mouvements je suis tent\u00e9 de penser que la contestation \u00e9gyptienne risque de ne pas conna\u00eetre le m\u00eame d\u00e9nouement. La r\u00e9volution tunisienne a incontestablement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de circonstances id\u00e9ales pour aboutir, tandis que le mouvement \u00e9gyptien est de toute \u00e9vidence mal engag\u00e9. En dehors des causes de base qui ont mobilis\u00e9 les deux peuples,\u00a0 l\u2019environnement\u00a0 sociologique et la situation politique dans les deux pays peuvent para\u00eetre comme des facteurs d\u00e9terminants dans la fuite de Ben Ali et par contre, dans le maintien \u00e9ventuel au pouvoir, de Moubarak\u00a0\u00a0 : -la r\u00e9volution tunisienne a pris naissance et a enfl\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays alors que la capitale \u00e9tait encore presque \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Cette situation a renforc\u00e9 Ben Ali dans sa certitude qu\u2019il allait venir \u00e0 bout de ce mouvement et il n\u2019a pas pris l\u2019enti\u00e8re mesure du danger qui le mena\u00e7ait. On l\u2019a vu r\u00e9agissant au coup par coup ; toutes ces d\u00e9cisions \u00e9taient prises \u00e0 l\u2019emporte-pi\u00e8ce pendant que le mouvement, parti de Sidi Bouzid, rayonnait progressivement dans diverses directions en se consolidant et se radicalisant. Lorsque la capitale est entr\u00e9e de\u00a0 plain-pied dans la r\u00e9volution, le pouvoir ne pouvant courir tous les li\u00e8vres \u00e0 la fois, fut en peu de temps d\u00e9bord\u00e9 et d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9. Imaginons maintenant une inversion chronologique des \u00e9v\u00e9nements et faisons un montage diff\u00e9rent des \u00e9v\u00e9nements. Si le mouvement initial avait vu le jour \u00e0 Tunis, le pouvoir aurait\u00a0 contre-attaqu\u00e9 en mettant tout de suite toutes les chances de son c\u00f4t\u00e9 en organisant, en particulier, le pillage et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0 grande \u00e9chelle dans la capitale. Le chaos\u00a0 ainsi organis\u00e9 dans une m\u00e9galopole et amplifi\u00e9 par les m\u00e9dias et les cellules du parti, aurait eu pour cons\u00e9quences de rallier au pouvoir une large frange de la population, effray\u00e9e par sa propre contestation, et de renverser le destin de la r\u00e9volution. On a vu que Ben Ali a imagin\u00e9 ce sc\u00e9nario mais tardivement, le mouvement populaire avait d\u00e9j\u00e0 atteint la phase de non-retour. Malheureusement, en \u00c9gypte le mouvement est arriv\u00e9 tard et il est parti de la capitale. Il a d\u00e9but\u00e9 deux semaines apr\u00e8s la chute\u00a0 de Ben Ali et son homologue Moubarak a eu le temps de \u00ab visionner \u00bb les \u00e9v\u00e9nements de Tunisie et pr\u00e9parer les moyens d&rsquo;\u00e9viter une fin de sc\u00e9nario similaire. Depuis le d\u00e9but de la r\u00e9volte \u00e9gyptienne, le chaos r\u00e8gne dans les rues du Caire : le pillage des biens et les incendies des b\u00e2timents de l&rsquo;\u00c9tat- mollement contenus par les forces de l\u2019ordre- risquent, par peur ou exasp\u00e9ration, de rallier au pouvoir une majorit\u00e9 de la population et d\u2019aboutir \u00e0 la marginalisation de la r\u00e9volte. -Le r\u00f4le de l\u2019arm\u00e9e tunisienne a \u00e9t\u00e9 d\u2019une grande importance dans le d\u00e9roulement\u00a0 de la r\u00e9volution tunisienne. L\u2019arm\u00e9e \u00e9gyptienne reste, \u00e0 ce jour, fid\u00e8le \u00e0 l\u2019ordre\u00a0 du Palais. Moubarak l&rsquo;utilise pour remettre de l\u2019ordre et, annonce suffisamment t\u00f4t un remaniement minist\u00e9riel avec la nomination de deux officiers : l&rsquo;un, au poste de vice-pr\u00e9sident et l&rsquo;autre, de celui de premier ministre. -Le peuple tunisien s\u2019est organis\u00e9 dans un mouvement spontan\u00e9 et improvis\u00e9 en dehors de tout leader et de tous les partis politiques. Cette caract\u00e9ristique l\u2019a rendu difficilement m\u00e9trisable par le pouvoir. En \u00c9gypte le mouvement est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 en grande partie par des leaders historiques- notamment les islamistes- qui peuvent devenir des arbitres et\u00a0 n\u00e9gocier avec le pouvoir une sortie honorable de la crise. &#8211; le Web et les r\u00e9seaux sociaux ont \u00e9t\u00e9\u00a0 utilis\u00e9s comme vecteurs majeurs de mobilisation du mouvement en Tunisie. Moubarak a \u00e9vit\u00e9 le sc\u00e9nario tunisien en bloquant internet d\u00e9s le d\u00e9but du mouvement de contestation. D\u2019autres diff\u00e9rences essentielles, en particulier culturelles et sociales,\u00a0 peuvent \u00eatre retenues\u00a0 pour redouter une fin malheureuse de la contestation du pouvoir en Egypte. Ce sera aux sociologues et aux historiens de l\u2019expliquer un jour. Il reste une inconnue qui peut changer le destin de la r\u00e9volte \u00e9gyptienne, c\u2019est l\u2019attitude des pays occidentaux et celle des\u00a0 \u00c9tats-Unis, en particulier. Si ces pays franchissent le pas et imposent \u00e0 Moubarak de quitter le pouvoir, le peuple \u00e9gyptien r\u00e9ussira sa r\u00e9volution. <strong><font>H\u00e9di KHAZNAGI<\/font><\/strong><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div align=\"center\">\u00a0<strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">A vos gardes citoyens, Il faut rester \u00e9veill\u00e9 !<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0 Je ne sais pas s\u2019il est vrai que Kais, un neveu de BEN ALI, est libre, comme je serais tent\u00e9 de croire, suite \u00e0 la parution d\u2019une voix sur la radio priv\u00e9e Jawhara FM, puis sur face book, pr\u00e9tendant \u00eatre celle de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ? Est-il vraiment dans \u00ab sa \u00bb ferme \u00e0 Kalaa K\u00e9bira, du gouvernorat de Sousse, pas loin du ranch de tante Hayet(vie, en arabe), situ\u00e9 \u00e0 Kalaa S\u00e9ghira ?\u00a0 Et \u00e7\u00e0 n\u2019est qu\u2019un \u00e9chantillon du quadrillage du pays.  En tout cas, cela a dores et d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 un toll\u00e9, dans l\u2019opinion publique chauff\u00e9e \u00e0 vif, principalement parmi les familles de ses victimes, six morts et plusieurs bless\u00e9s, de Ouerdanine et M\u2019saken, deux villes voisines de Sousse. A-t-il oui ou non particip\u00e9 au carnage ? Les habitants de ces bourgades, o\u00f9 l\u2019individu avait ses habitudes, ne semblent pas l\u2019entendre de cette oreille. Ils semblent l\u2019avoir formellement identifi\u00e9. Il leur \u00ab rendait visite \u00bb, de mani\u00e8re r\u00e9currente. Il est all\u00e9 ce jour-l\u00e0, semble-t-il, voir sa s\u0153ur, r\u00e9fugi\u00e9e dans une ferme. Il faut dire que ces rats pullulent. Et puis, m\u00eame si cette fusillade a eu lieu en dehors de sa pr\u00e9sence, est-ce que ceux des siens qui en ont \u00e9t\u00e9 les auteurs, l\u2019auraient fait sans son appui, ne serait-ce que logistique ? D\u2019o\u00f9 proviennent les armes ? Qui les a acquises et pour faire quoi? Si la rumeur s\u2019av\u00e9rait exacte, il ne faudrait plus s\u2019\u00e9tonner de revoir au grand jour, la \u00ab mafiocratie \u00bb s\u2019exercer au plus t\u00f4t, dans la Tunisie qu\u2019on croyait lib\u00e9r\u00e9e. Ces cr\u00e9atures, on ne peut plus immondes, font partie int\u00e9grante de la p\u00e8gre de BEN ALI. Ils officiaient principalement dans la r\u00e9gion du Sahel tunisien, alors que les TRABELSI se sp\u00e9cialisaient dans le nord. Ils ont, comme le reste de \u00ab la famille \u00bb, r\u00e9ussi un coup de ma\u00eetre, dans \u00ab l\u2019\u00e9conomie \u00bb.  \u00a0Ainsi, ayant ensemble eu, en charognards, la peau du peuple tunisien esclavag\u00e9, ils se d\u00e9fendraient maintenant, avec l\u2019arrogance et l\u2019ind\u00e9cence habituelles, de quelque crime que ce soit. \u00a0 \u00a0\u00a0 Un petit rappel historique, peut \u00e9clairer quiconque sur leurs faits d\u2019armes :  \u00a0 \u00a01) Au coup d\u2019\u00e9tat perp\u00e9tr\u00e9 par BEN ALI contre BOURGUIBA, le 07 Novembre 1987, ses proches n\u2019\u00e9taient pas grand-chose, dans quelque domaine que ce soit. Des rat\u00e9s, en quelque sorte. Des \u0153ufs pourris. Le meilleur d\u2019entre eux \u00e9tait content, lorsqu\u2019il pouvait d\u00e9nicher une assise, pour siroter un verre de Koudiat, m\u00e9diocre vin de table.  \u00a02) Vite fait, on prend ses marques et on commence \u00e0 rendre diff\u00e9rents services \u00e0 la pl\u00e8be, moyennant pr\u00e9bendes, puisque le PARRAIN en chef\u00a0 ZINOCHET, est \u00e0 la magistrature supr\u00eame : la corruption prosp\u00e8re davantage que sous son pr\u00e9d\u00e9cesseur, et se g\u00e9n\u00e9ralise \u00e0 grande vitesse, faisant vite fait des \u00e9mules. Ainsi, tribunaux et police sont devenus des outils de sauvegarde, de la criminalit\u00e9 et de la d\u00e9linquance organis\u00e9es.  \u00a03) Petit \u00e0 petit, on se lance dans le commerce du vin, de la drogue, de la prostitution, de voitures, de l\u2019immobilier et de tout ce qui bouge. On exproprie ce qu\u2019on d\u00e9sire, sans m\u00e9nagement. On se sert partout sans payer le sou. Jusqu\u2019\u00e0 Paris, SVP. MONCEF, le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de ZABA (Zinelabidine BEN ALI) BABA, avait fait des \u00e9mules dans la familia. Ce malfrat notoire et contrebandier de la \u00ab Couscous Connexion \u00bb, sp\u00e9cialis\u00e9 \u00e0 Marseille, dans le trafic international de drogue, essentiellement, avant d\u2019\u00eatre flingu\u00e9, fut condamn\u00e9 par contumace, \u00e0 10 ans de prison en France.  \u00a04) Tout cela ne suffisant bient\u00f4t plus, le ventre de l\u2019Ogre s\u2019agrandissant sans cesse, on s\u2019acquiert armes et munitions, pour s\u2019organiser en gangs, afin de \u00ab se d\u00e9fendre \u00bb les uns des autres, et \u00e0 d\u00e9faut, impressionner le commun des mortels. Ainsi des rondes sont assur\u00e9es de jour comme de nuit, pour inspecter, KALACHNIKOV \u00e0 la main, des fouineurs \u00e0 la solde, de tombes et autres ruines romaines. Ainsi or et statuettes historiques, faisant partie du patrimoine, sont chasse gard\u00e9e de la CAMORRA. Tout autre quidam se pr\u00e9valant ce droit, se verrait dispara\u00eetre dans les souterrains du HARKI en chef, pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9\u2026 Pour ceux qui ne le savent pas, Kais, ce d\u00e9linquant n\u00e9 a mis la main sur tout ce qui rapporte, au Sahel surtout, comme ses oncles (Slah, Fauzi, Farid\u2026) et tantes (Hayet, Najet, Naima\u2026).\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il n\u2019a pas d\u00e9rog\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9dilection familiale, de souche : le vin et son commerce. On n\u2019oublie pas ses origines. Assoyez-vous messieurs dames, pour boire un coup ! Tout cela, pour dire que pas un seul membre des BEN ALI et consorts, des TRABELSI et proches, des FORTUNES inexpliqu\u00e9es de TUNISIE et thurif\u00e9raires ne peut pr\u00e9tendre \u00e0 une quelconque innocence. Tout ce beau monde doit passer en justice, le plus t\u00f4t possible.  \u00a0 Ceux parmi eux, qui\u00a0 n\u2019auraient pas tir\u00e9 de balles pour tuer,\u00a0 ont extermin\u00e9 la masse, en l\u2019affamant. Rattrapons les \u00ab \u00e9gar\u00e9s \u00bbpour les faire juger. A la justice donc de d\u00e9gainer, pour ne pas retomber en disgr\u00e2ce ! \u00a0 <strong><font>RABAM,<\/font><\/strong> qui croit toujours que l\u2019Homme peut \u00eatre g\u00e9nial, mais aussi parfois, le plus con des singes. <\/p>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<p align=\"center\"><b><i><span>MEETING DE SOUTIEN A LA LUTTE DU PEUPLE TUNISIEN<\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span>\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<span>Mardi 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 20 Heures<\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><span>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><span>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Maison de quartier de Villejean,<\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><span>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 rue de Bourgogne m\u00e9tro Kennedy<\/span><\/p>\n<p align=\"center\"><span>Rennes <\/span><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span>Conf\u00e9rence suivi d&rsquo;un d\u00e9bat anim\u00e9e par <b>Driss Elkerchi<\/b> de <b>l&rsquo;Association des travailleurs maghr\u00e9bins en France<\/b> avec la participation de<b> Mouhieddine CHERBIB\u00a0<\/b> ancien pr\u00e9sident de la<b>F\u00e9d\u00e9ration des tunisiens pour une citoyennet\u00e9 des 2 rives <\/b>et membre fondateur du <b>Comite\u00a0pour le Respect des Libert\u00e9s \u00a0des droits de l&rsquo;homme en Tunisie<\/b> et\u00a0 des franco tunisiens de Rennes.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"SV\">Cette soir\u00e9e s&rsquo;ach\u00e8vera par un concert de musique avec <b>Mohamed BHAR<\/b>, chanteur tunisien engag\u00e9<\/span><\/p>\n<p><span>Cette conf\u00e9rence d\u00e9bat est appel\u00e9e par le Collectif de soutien \u00e0 la lutte du peuple tunisien qui s&rsquo;est constitu\u00e9 \u00e0 Rennes. Son objectif est de faire conna\u00eetre le processus r\u00e9volutionnaire qui se d\u00e9roule aujourd&rsquo;hui et d&rsquo;en organiser le soutien. Le peuple tunisien est\u00a0 toujours en lutte: l&rsquo;ex-pr\u00e9sident\u00a0 Ben Ali a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9, mais apr\u00e8s 23 ans de dictature, tous les leviers de commande (politique, \u00e9conomie, justice, information, police, arm\u00e9e) sont \u00e0 la main de ses partisans. Violences et exactions n&rsquo;ont d\u00e9j\u00e0 fait que trop de victimes: elles doivent cesser. La lutte continue: nous la soutenons et exigeons .du gouvernement fran\u00e7ais et de l\u2019Union Europ\u00e9enne qu&rsquo;ils cessent leur complaisance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des dictatures. Nous demandons que Ben Ali et ses complices ne b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;aucune protection et que le gel de leurs avoirs en France soit effectif.<\/span><\/p>\n<p><span>Cette premi\u00e8re victoire du peuple tunisien vers la d\u00e9mocratie cr\u00e9e un espoir pour tous les peuples opprim\u00e9s en Afrique et dans le monde. Ce collectif est soutenu par EE-LV, la Fase, la GU le NPA, \u00a0PS, PCF, PG, ARAC 35, CNT,\u00a0 ATMF, le MRAP, le Mouvement de la Paix, Association France Palestine, le Conseil des Migrants, et\u00a0 y participent des franco tunisiens. <\/span><\/p>\n<p><span>Ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement sollicit\u00e9s ATTAC, FSU, LDH, UDB, MRV\u00a0, SOLIDAIRES, CGT, CFDT<\/span><\/p>\n<p><span>Driss 0622504800<\/span><\/p>\n<p><span> obtenir de l&rsquo;aide, ecrivez a:<a href=\"mailto:militants-help@atmf.org\"><span>militants-help@atmf.org<\/span><\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<p align=\"center\"><b><span>URGENT&#8230; URGENT&#8230;<\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span>Un Tunisien et un Egyptien au<\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span>CENTRE DE R\u00c9TENTION\u00a0ADMINISTRATIF DE PALAISEAU<\/span><\/b><span><\/span><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"SV\">\u00a01 &#8211;\u00a0\u00a0<i>Un Ressortissant Tunisien\u00a0 de 51 ans <b>Khaled LISSILA<\/b> est\u00a0 \u00a0d\u00e9tenu au CRA de Palaiseau\u00a0depuis le\u00a006 janvier2011<\/i><\/span><\/p>\n<p><i><span>Nous venons d&rsquo;appeler le Consul G\u00e9n\u00e9ral de Tunisie \u00e0 Paris, nous lui avons demander d&rsquo;arr\u00eater IMMEDIATEMENT\u00a0la collaboration des services consulaires avec les autorit\u00e9s fran\u00e7aises et de ne plus d\u00e9livrer\u00a0de Laisser Passer pour d&rsquo;\u00e9ventuelles reconduites \u00e0 la fronti\u00e8re.\u00a0\u00a0<\/span><\/i><\/p>\n<p><i><span>La FTCR a\u00a0 publi\u00e9 un communiqu\u00e9 le 24 janvier 2011, pour demander l&rsquo;arr\u00eatt imm\u00e9diat\u00a0de toute collaboration des autorit\u00e9s consulaires tunisiennes avec les autorit\u00e9s fran\u00e7aises.(voir ci-dessous).<\/span><\/i><\/p>\n<p><span><br clear=\"all\"\/><i>2 &#8211; Un Rressortissant \u00c9gyptien <b>HAFEDH Abdallah<\/b> de 47 ans d\u00e9tenu au CRA de Palaiseau, le Consulat d&rsquo;Egypte \u00e0 Paris lui a d\u00e9livr\u00e9 un Laisser Passer pour quitter le territoire dans vol Paris le Caire, pr\u00e9vu pour demain matin.<\/i><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span>la F.T.C.R.,\u00a0 demande au nouveau pouvoir ex\u00e9cutif tunisien issu de la r\u00e9volution les mesures d&rsquo;urgence suivantes \u00e0 prendre sans d\u00e9lais : <\/span><span>1.\u00a0\u00a0 L\u2019arr\u00eat\u00a0 imm\u00e9diatement de la collaboration des tous les consulats, \u00e0 la reconduite \u00e0 la fronti\u00e8re des migrants sans papiers retenus dans les centres de r\u00e9tention. <\/span><span>2.\u00a0\u00a0 Vider les consulats des responsables RCDistes et les neutraliser. 3.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Restituer les propri\u00e9t\u00e9s de l\u2019\u00c9tat tunisien comme l\u2019immeuble situ\u00e9 au 36 rue Botzaris \u00e0 Paris 19\u00e8me pour en faire la maison des associations autonomes et d\u00e9mocratiques de l\u2019immigration tunisienne en France. 4.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lib\u00e9rer les migrants emprisonn\u00e9s en Tunisie (Tunisiens, Subsaharien et Maghr\u00e9bins arr\u00eat\u00e9s ou transf\u00e9r\u00e9s en Tunisie ). 5.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Abolition des lois anti-immigr\u00e9s ainsi que la criminalisation des infractions au s\u00e9jour.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"SV\"> <span>pour la FTCR Tarek BEN HIBA pr\u00e9sident<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div align=\"center\">\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><strong>URGENT Centre de R\u00e9tention de Palaiseau<\/strong><\/font><\/h3>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><font size=\"3\"><strong><\/p>\n<hr\/>\n<p> \u00a0<\/strong><\/font><\/font><\/div>\n<p><\/font><font>\u00a0j&rsquo;\u00e9tais de permanence vendredi 28 janvier, j&rsquo;ai d\u00e9fendu Monsieur JOBEUR Amine n\u00e9 \u00e0 Monastir de nationalit\u00e9 tunisienne, qui est retenu au centre de r\u00e9tention du Mesnil Amelot, j&rsquo;avais soulev\u00e9 l&rsquo;irrecevabilit\u00e9 de la requ\u00eate de la pr\u00e9fecture au motif que compte tenu de l&rsquo;instabilit\u00e9 institutionnelle en tunisie, le consulat ne sera pas en mesure de d\u00e9livrer de laisser-passer, car bcp de tunisiens ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s sur ce motif, la jld a rejet\u00e9, j&rsquo;ai fait appel, audience \u00e0 la cour d&rsquo;appel de paris je pense demain \u00a0 Nawel GAFSIA Avocate \u00e0 la Cour 12 avenue Joffre 94160 Saint-Mand\u00e9 T\u00e9l.: 01 42 83 59 62 Fax. : 01 77 74 61 17 Portable : 06 63 97 78 25<\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div align=\"justify\"> \u00a0 AFP, le 30 janvier 2011 \u00e0 15h02 GMT <\/div>\n<div align=\"center\"> <strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">Rached Ghannouchi, le radical devenu symbole d&rsquo;un islam asphyxi\u00e9<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"> \u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p> TUNIS (afp) Chef historique du mouvement islamiste tunisien, Rached Ghannouchi, longtemps consid\u00e9r\u00e9 comme un radical proche des Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens, se pose d\u00e9sormais en \u00ab\u00a0mod\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb. Il se veut le symbole d&rsquo;un islam \u00e9touff\u00e9 par un r\u00e9gime de fer qui se cherche une place dans une Tunisie d\u00e9mocratique.  \u00a0 \u00ab\u00a0Je ne suis pas un Khomeiny\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0nous avons un parti islamiste et d\u00e9mocratique, tr\u00e8s proche de l&rsquo;AKP turc\u00a0\u00bb, r\u00e9p\u00e8te le fondateur d&rsquo;Ennahda (Renaissance) \u00e0 la presse depuis la chute du pr\u00e9sident Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui la Tunisie le 14 janvier.  \u00a0 Silhouette fragile, visage allong\u00e9 cercl\u00e9 d&rsquo;une barbe poivre et sel soign\u00e9e, cet homme de 69 ans a l&rsquo;air d&rsquo;un inoffensif homme de lettres. Difficile d&rsquo;imaginer qu&rsquo;il fit trembler le pouvoir tunisien au point que le p\u00e8re de l&rsquo;ind\u00e9pendance, Habib Bourguiba, voulait le voir \u00ab\u00a0pendu au bout d&rsquo;une corde\u00a0\u00bb et que son successeur l&rsquo;a contraint \u00e0 un exil de plus de 20 ans.  Profil bas  \u00a0 Priv\u00e9 d&rsquo;un r\u00f4le actif dans la r\u00e9volution populaire qui a secou\u00e9 la Tunisie, le vieux leader fait profil bas, s&rsquo;appliquant \u00e0 gommer toute trace de radicalit\u00e9 de son discours. \u00ab\u00a0Il ne rentre pas en triomphant, mais comme simple citoyen\u00a0\u00bb, assure un de ses proches au sein d&rsquo;Ennahda, Houcine Jaziri.  Pour lever toute ambigu\u00eft\u00e9, il a d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 fait savoir qu&rsquo;il ne briguerait pas la pr\u00e9sidence, ne serait pas candidat aux l\u00e9gislatives.  \u00a0 N\u00e9 \u00e0 El Hamma, une petite ville du littoral du sud-est, le 22 juin 1941 dans une famille modeste, Rached Ghannouchi s&rsquo;oriente vers des \u00e9tudes religieuses. Apr\u00e8s avoir obtenu un dipl\u00f4me de th\u00e9ologie \u00e0 Tunis en 1962, il devient instituteur \u00e0 Gafsa, ville du bassin minier du centre-ouest, o\u00f9 il d\u00e9couvre \u00ab\u00a0la mis\u00e8re de l&rsquo;int\u00e9rieur\u00a0\u00bb. \u00a0 Pr\u00eaches enflamm\u00e9s  \u00a0 \u00ab\u00a0Assoiff\u00e9 de connaissances\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0fascin\u00e9\u00a0\u00bb par le nationalisme arabe selon son entourage, il poursuit ses \u00e9tudes au Caire puis \u00e0 Damas o\u00f9 il d\u00e9croche une licence en philosophie. Apr\u00e8s un bref passage en France, il rentre en Tunisie \u00e0 la fin des ann\u00e9es 60 et d\u00e9couvre avec effroi une soci\u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e sur la voie de la la\u00efcit\u00e9, o\u00f9 les femmes ont obtenu l&rsquo;interdiction de la polygamie et de la r\u00e9pudiation.  \u00a0 Il s&rsquo;illustre dans les ann\u00e9es 70 par des pr\u00eaches enflamm\u00e9s, pr\u00f4nant la destruction des \u00ab\u00a0l\u00e9gions d&rsquo;Isra\u00ebl\u00a0\u00bb et r\u00e9clamant l&rsquo;application stricte de la charia (loi coranique) pour mettre de  l&rsquo;ordre dans une soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il juge d\u00e9prav\u00e9e.\u00a0  Inqui\u00e9tude du pouvoir  \u00a0 Avec quelques compagnons de route, il fonde d\u00e9but 1981 le Mouvement de la tendance islamique, qui deviendra Ennahda, dont il est d\u00e9sign\u00e9 l&rsquo;\u00e9mir. Et il commence \u00e0 inqui\u00e9ter le pouvoir. Accus\u00e9 de fomenter des troubles, il est condamn\u00e9 une premi\u00e8re fois \u00e0 onze ans de prison fin 1981 puis aux travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 d\u00e9but 1987.  \u00a0 C&rsquo;est paradoxalement l&rsquo;arriv\u00e9e de Ben Ali au pouvoir, en novembre 1987, qui lui sauve la mise: il est graci\u00e9 en 1988 et en retour, fait all\u00e9geance au nouveau pr\u00e9sident.  \u00a0 \u00ab\u00a0Il rejette la violence et reconna\u00eet le statut de la femme. Mais cela ne suffit pas. Aux l\u00e9gislatives de 1989, on a remport\u00e9 plus de 17% des voix et on a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre matraqu\u00e9s\u00a0\u00bb, raconte Ali Laraidh, un des responsables du mouvement \u00e0 Tunis arr\u00eat\u00e9 en 1990 et qui a pass\u00e9 14 ans en prison.  \u00a0 Fin 1989, Rached Ghannouchi quitte la Tunisie pour l&rsquo;Alg\u00e9rie, puis gagne Londres en 1991. L&rsquo;ann\u00e9e suivante, un tribunal militaire de Tunis le condamne avec d&rsquo;autres responsables religieux \u00e0 la prison \u00e0 vie pour \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb contre le pr\u00e9sident.  \u00a0 Son retour \u00e0 Tunis dimanche est pour le noyau dur du mouvement \u00ab\u00a0le symbole d&rsquo;une libert\u00e9 retrouv\u00e9e\u00a0\u00bb. Mais, pour les f\u00e9ministes et les la\u00efcs, il signifie la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une \u00ab\u00a0vigilance\u00a0\u00bb accrue contre \u00ab\u00a0la tentation de l&rsquo;obscurantisme\u00a0\u00bb.  \u00a0 \u00a0<\/p><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"> Reuters, le 30 janvier 2011 \u00e0 15h41 GMT <\/div>\n<div align=\"center\"> <strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">Tunisian Islamists show strength at chief&rsquo;s return<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p> \u00a0\u00a0\u00a0 * Turnout is strongest showing by Islamists in two decades  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 * Islamist leader calls for democracy  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 * Three days since government announced, protests dry up  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 * U.N. chief calls for \u00ab\u00a0timely and credible\u00a0\u00bb elections  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 By Lin Noueihed and Tom Perry  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 TUNIS, Jan 30 (Reuters) &#8211; Thousands of Tunisians turned out on Sunday to welcome home an Islamist leader whose return from 22 years of exile indicated that his party would emerge as a major force in Tunisia after the ousting of its president.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 The reception for Sheikh Rachid Ghannouchi, leader of the Ennahda party, at Tunis airport was the biggest showing by the Islamists in two decades, during which thousands of them were jailed or exiled by president Zine al-Abidine Ben Ali.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Ghannouchi was exiled in 1989 by Ben Ali, who was toppled on Jan. 14 by popular protests that have sent tremors through an Arab world where similarly autocratic leaders have long sought to suppress Islamist groups.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Protesters in Egypt demanding an end to President Hosni Mubarak&rsquo;s 30-year rule have been inspired by the example of Tunisia. Egypt&rsquo;s main opposition group is also Islamist, but played no part in organising the protests there.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Ennahda is expected to contest future legislative but not presidential elections, dates for which have yet to be set.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 The Islamists were Tunisia&rsquo;s strongest opposition force at the time Ben Ali cracked down on them in 1989 but are thought not to have played a leading role in the popular revolt.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 But at Tunis airport on Sunday, they were out in force.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Up to 10,000 young men and veiled women packed the arrival hall and car park. Some climbed trees and electricity pylons to catch a glimpse of the 69-year-old Ghannouchi, who says he has no ambition to run for state office.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Oh great people who called for this blessed revolution, continue your revolution, preserve it and translate it into democracy, justice and equality,\u00a0\u00bb Ghannouchi told the crowd, to chants of \u00ab\u00a0Allahu Akbar\u00a0\u00bb.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Ennahda supporters embraced each other in joy. A group of men performed prayers on a grass verge, a scene unthinkable in Tunisia just a few weeks ago.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Ennahda likens its ideology to that of Turkey&rsquo;s ruling AK Party, saying it is committed to democracy. Experts on political Islam say its ideas are some of the most moderate among Islamist groups.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 SECULAR ORDER IMPOSED  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Tunisia has imposed a secular order since independence from France in 1956. Habib Bourguiba, the independence leader and long-time president, considered Islam a threat to the state. Ben Ali eased restrictions on the Islamists when he seized power in 1987, before cracking down on them two years later.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 The protests which dislodged Ben Ali and electrified the Arab world have largely dried up in the last few days following the announcement on Thursday of a new interim government purged of most of the remnants of Ben Ali&rsquo;s regime.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 The security forces have tried to restore order to the capital, where confrontations between shopkeepers and protesters have indicated dwindling support for demonstrators on the part of Tunisians who want life to return to normal.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 U.N. Secretary General Ban Ki-moon, speaking at the African Union summit in Addis Ababa, said the United Nations would be \u00ab\u00a0pleased to help the people of Tunisia freely choose their leaders through timely and credible elections\u00a0\u00bb.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Ghannouchi told the crowd the path to democracy was \u00ab\u00a0still long\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Unite and consolidate, democracy cannot happen without national consensus and development can only happen with justice and democracy,\u00a0\u00bb he said.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Ennahda activists wearing white baseball caps tried to marshal the crowds. Asked how they had managed to organise so quickly, one activist said: \u00ab\u00a0Our activities were stopped, but you can&rsquo;t disperse an ideology.\u00a0\u00bb  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Some Ennahda activists were among the political prisoners released under an amnesty granted by the interim government.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 A handful of secularists turned up at the airport to demonstrate against the party, holding up a placard reading: \u00ab\u00a0No Islamism, no theocracy, no Sharia and no stupidity!\u00a0\u00bb  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Ennahda and its supporters say they do not seek an Islamic state and want only the right to participate in politics.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0We want a democratic state,\u00a0\u00bb said Mohammed Habasi, an Ennahda supporter who said he had been jailed four times since 1991 for \u00ab\u00a0belonging to a banned group\u00a0\u00bb.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0We suffered the most from a lack of democracy,\u00a0\u00bb he said.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 Abdel Bassat al-Riyaahi, another Ennahda activist who returned from exile, said: \u00ab\u00a0We were banned for 21 years &#8230; but we came back with our heads held high.  \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  \u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Thank God for the great Tunisian people.\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0  \u00a0 \u00a0<\/p><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> \u00a0ANSA, le 30 janvier 2011 \u00e0 19h03 GMT <\/p><\/div>\n<div align=\"center\"> <strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">Tunisia: torna leader islamico accolto con Allah \u00e8 grande<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> \u00a0\u00a0 TUNISI (ansa) Lo hanno accolto a migliaia, come un eroe, al grido di \u00ab\u00a0Allahu Akbar!\u00a0\u00bb (Dio \u00e8 il pi\u00f9 grande). Rachid Ghannouchi il fondatore del partito islamico tunisino Ennahda (Rinascita), fuorilegge e perseguitato durante il regime di Ben Ali, \u00e8 tornato oggi in patria dopo 22 anni di esilio. E con lui per la prima volta nella nuova Tunisia \u00e8 tornato anche visibile il popolo musulmano, che pure ha partecipato alla rivoluzione, ma mantenendo un basso profilo, a conferma dell&rsquo; unicit\u00e0 di un movimento guidato non da leader riconoscibili o ideologie, ma da una coscienza comune affamata di libert\u00e0.  \u00a0 \u00a0\u00a0 Un valore questo cui si \u00e8 subito associato Ghannouchi, invitando i suoi seguaci a \u00ab\u00a0continuare la rivoluzione, preservarla e tradurla in democrazia, giustizia, eguaglianza\u00a0\u00bb, ha detto appena giunto da Londra all&rsquo;aeroporto di Tunisi in tarda mattinata. Il leader islamico, che nel 1989 fugg\u00ec alla persecuzione di Ben Ali, rifugiandosi nella capitale britannica, ha poi fugato tutti i dubbi sulle sue aspirazioni con il rientro in patria: \u00ab\u00a0Torno in Tunisia, ma non ho intenzione di presentarmi alle elezioni, n\u00e8 legislative n\u00e8 presidenziali\u00a0\u00bb, ha affermato. \u00ab\u00a0E non ci sar\u00e0 alcun candidato di Ennahda. Dopo vent&rsquo;anni di assenza il mio partito non \u00e8 pronto a giocare un ruolo sulla scena politica. La priorit\u00e0 \u00e8 ricostruirlo\u00a0\u00bb. Ma poi non ha escluso una qualche partecipazione al processo di transizione.  \u00a0 \u00a0\u00a0 Hanno per\u00f2 impressionato molti le scene di giubilo all&rsquo;arrivo di Ghannouchi, il cordone di gente che lo proteggeva dalla folla urlante, le migliaia di islamici che non si erano ancora visti tutti insieme nemmeno nelle grandi manifestazioni di piazza della &lsquo;rivolta del gelsomino&rsquo;. E l&rsquo;annuncio del suo arrivo non ha lasciato indifferente chi teme che, con la ritrovata libert\u00e0, la Tunisia rischi anche una radicalizzazione religiosa. Tanto che all&rsquo;aeroporto ad accogliere Ghannouchi c&rsquo;era anche un piccolo gruppo di difensori della laicit\u00e0, che innalzavano cartelli contro l&rsquo;integralismo islamico.  \u00a0 \u00a0\u00a0 Un possibilt\u00e0 remota, secondo il pensatore islamico-moderato Mohammed Talbi: \u00ab\u00a0In Tunisia il partito islamico rappresenta una minoranza, non ha la forza per imporsi al momento, anche perch\u00e8 \u00e8 indubbio che il movimento alla base della rivolta \u00e8 senza religione, \u00e8 un movimento laico\u00a0\u00bb, ha detto all&rsquo;agenzia stampa italiana ANSA. \u00a0 \u00a0\u00a0 La strada verso le elezioni \u00e8 comunque tutta da costruire, cos\u00ec come l&rsquo;esperienza del pluralismo in Tunisia non ha ancora connotati chiari. E allora il ruolo di Ennahda, partito che ha visto negli anni migliaia dei suoi sostenitori imprigionati e torturati, \u00e8 ancora tutto da verificare, dopo la promessa del governo post-Ben Ali di legalizzare tutti i partiti. Ma intanto, con il ritorno di Ghannouchi, ha acquisito visibilit\u00e0. \u00ab\u00a0\u00c8 vero che il movimento islamico \u00e8 stato molto discreto nelle sue rivendicazioni durante la rivolta, ma oggi con il rientro di Ghannouchi si \u00e8 mostrato in maniera pi\u00f9 visibile. Un ritorno simbolico con il quale ha acquisito una visibilit\u00e0 fino ad ora inedita\u00a0\u00bb, dice Saida Bgarach, rappresentante dell&rsquo;Associazione delle donne democratiche, che ieri sono scese in piazza a centinaia a Tunisi anche per \u00ab\u00a0mandare un messaggio chiaro agli islamici: non siamo risposte a rinunciare ai nostri diritti acquisiti\u00a0\u00bb.\u00a0 \u00a0<\/p><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"> Associated Press, le 31 janvier 2011 \u00e0 05h10 GMT <\/div>\n<div align=\"center\"> <strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">AP Interview: Islamist leader returns to Tunisia<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> By BOUAZZA BEN BOUAZZA and JEFFREY SCHAEFFER, Associated Press  \u00a0 TUNIS, Tunisia (AP) _ The leader of a long-outlawed Tunisian Islamist party has returned home after two decades in exile, telling The Associated Press in his first interview on arrival that his views are moderate and that his Westward-looking country has nothing to fear.  Rachid Ghanouchi and about 70 other exiled members of Ennahdha, or Renaissance, flew home from Britain two weeks after autocratic President Zine El Abidine Ben Ali was  forced from power by violent protests. At the airport on Sunday, thousands of people welcomed him, cheering, shouting \u00ab\u00a0God is great!\u00a0\u00bb and drowning out his attempt to address the crowd with a megaphone. Ghanouchi rejected any comparison to more radical figures, including the hardline father of the Iranian Revolution.  \u00ab\u00a0Some Western media portray me like (Ayatollah Ruhollah) Khomeini, but that&rsquo;s not me,\u00a0\u00bb Rachid Ghanouchi told the AP.  During 23 years in power, Tunisia&rsquo;s ousted president cracked down on opponents, including proponents of political Islam, jailing them and sending many into exile.  As Tunisians protests over corruption and repression, Ben Ali fled to Saudi Arabia on Jan. 14.  With Ben Ali gone, Ennahdha has moved quickly to carve out a place in the political scene, taking part in demonstrations and meeting with the prime minister. Some Tunisians fear that a revival of Islam could hurt their hard-won gains and quality of life, or inspire an extremist movement like the al-Qaida-linked network that has waged an insurgency in neighboring Algeria.  But, while Ennahdha was branded an Islamic terrorist group by Ben Ali, it is considered moderate by scholars. Experts say Ben Ali used a fear of Islamists to seduce Western  allies keen for a bulwark against terrorism in a volatile region, and win their blessing despite widespread repression.  Though the ban on Ghanouchi&rsquo;s party hasn&rsquo;t officially been lifted, the new interim government has been more tolerant of it.  Ghanouchi said he wants his party to help Tunisia carry out democratic reforms, though he is not interested in standing in elections expected in upcoming months.  \u00ab\u00a0I am not going to run for president of Tunisia, nor as a minister nor as a parliamentarian,\u00a0\u00bb he said in an interview at his brother&rsquo;s home, where family members celebrated with a festive meal of couscous. Another long-exiled opponent _ Moncef Marzouki, a secular leftist and human rights activist _ was there to welcome him.  Ghanouchi, 69, left the country as Ben Ali came to power in 1987. In 1991, he was convicted in absentia to life in prison, as were most of the party&rsquo;s leaders. Ben Ali banned the party, accusing it of conspiring to kill him and establish a Muslim fundamentalist state. Ennahdha denied those accusations.  The new activism by Islamists _ who want a role for Islam in their country&rsquo;s politics _ is feeding jitters that extremism may be on the rise in Tunisia, long a nation proud of its modern identity: Women enjoy widespread freedoms, Muslim headscarves are banned in public buildings and abortions, a deep taboo in most Muslim societies, are legal.  Ghanouchi said he seeks to reinforce women&rsquo;s rights set out by Tunisia&rsquo;s Westward-looking modern-day founder, Habib Bourguiba. In 1956, Tunisia abolished polygamy and gave  women the right to divorce their husbands. Ghanouchi said his party still supports that historic turning point, along with freedom of religion.  \u00ab\u00a0So why are (certain) women afraid of me?\u00a0\u00bb Ghanouchi said. In a reference to Muslim headscarves, he also asked: \u00ab\u00a0Why don&rsquo;t &lsquo;liberated&rsquo; women defend the right of other  women to wear what they want?\u00a0\u00bb  Asked about his view on abortion, he dodged the question, saying the issue was complicated. Ghanouchi compared his politics to those of Turkish Prime Minister Recep Tayyip Erdogan. Despite Erdogan&rsquo;s Islamist roots, he has been widely viewed as a pragmatist largely loyal to the legacy of Turkey&rsquo;s founding father Mustafa Kemal Ataturk, who sought to create a secular, modern state.  \u00ab\u00a0Why do people want to compare me to (Osama) Bin Laden or Khomeini, when I am closer to Erdogan?\u00a0\u00bb Ghanouchi said. The unrest that toppled Ben Ali in Tunisia has spread to  Egypt, where protesters are calling for the departure of President Hosni Mubarak.  In Tunisia, meanwhile, the interim government has been trying to stabilize the country after weeks of unrest fueled by widespread corruption and repression _ that led  to Ben Ali&rsquo;s flight.  Tunisia has issued an international arrest warrant for Ben Ali, accusing him of taking money out of the country illegally.  Swiss prosecutors said Sunday they have launched a money laundering investigation into accounts belonging to Ben Ali and his family. The Federal Prosecutors Office said the  accounts blocked two weeks ago contain tens of millions of Swiss francs. Prosecutors in Paris are also probing the family&rsquo;s assets in France. <\/p>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"> AFP, le 31 janvier 2011 \u00e0 13h32 GMT<\/div>\n<div align=\"center\"><font> <\/font><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">Tunisie: d\u00e9velopper les r\u00e9gions, d\u00e9fi crucial du nouveau gouvernement<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> TUNIS, 31 Jan 2011 (AFP) &#8211; Les nouveaux dirigeants tunisiens sont d\u00e9sormais confront\u00e9s \u00e0 un d\u00e9fi crucial laiss\u00e9 en h\u00e9ritage par l&rsquo;ancien r\u00e9gime Ben Ali et son syst\u00e8me de pr\u00e9dation: r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9gionales sur fond de ch\u00f4mage end\u00e9mique.  \u00a0\u00a0 Il y a d&rsquo;autant plus urgence que la r\u00e9volution tunisienne \u00e9tait au d\u00e9part\u00a0 une r\u00e9volte qui a pris corps et de l&rsquo;ampleur \u00e0 partir de revendications sociales dans les milieux provinciaux laiss\u00e9s pour compte sous le r\u00e9gime d\u00e9chu.  \u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Une croissance durable est indispensable pour la r\u00e9ussite de cette transition, mais cela va prendre du temps, voil\u00e0 le probl\u00e8me du gouvernement de transition qui est seulement capable de g\u00e9rer le quotidien\u00a0\u00bb, estime l&rsquo;\u00e9conomiste Abdeljelil B\u00e9doui.  \u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0La Tunisie a souffert depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance en 1956 d&rsquo;un +racisme \u00e9conomique+, engendrant la r\u00e9volte des ruraux et des exclus des r\u00e9gions \u00e0 dominante rurale\u00a0\u00bb, affirme de son c\u00f4t\u00e9 l&rsquo;analyste Kh\u00e9maies Krimi.  \u00a0\u00a0 A l&rsquo;appui, il explique qu&rsquo;en 2004 le gouvernement avait lanc\u00e9 une politique d&rsquo;am\u00e9nagement de territoire qui faisait la part tr\u00e8s belle au littoral en mati\u00e8re d&rsquo;investissements, tandis que pour le reste du pays ce n&rsquo;\u00e9tait que de \u00ab\u00a0l&rsquo;assistance sociale\u00a0\u00bb.  \u00a0\u00a0 Le Premier ministre Mohammed Ghannouchi a donn\u00e9 un d\u00e9but de r\u00e9ponse vendredi en annon\u00e7ant sa \u00ab\u00a0feuille de route\u00a0\u00bb: \u00ab\u00a0transition d\u00e9mocratique et relance \u00e9conomique\u00a0\u00bb, fa\u00e7on de dire que l&rsquo;une ne peut pas fonctionner sans l&rsquo;autre dans un pays aux in\u00e9galit\u00e9s criantes. \u00a0\u00a0 L&rsquo;immolation par le feu le 17 d\u00e9cembre de Mohamed Bouazizi, un jeune dipl\u00f4m\u00e9 ch\u00f4meur devenu marchand de l\u00e9gumes ambulant \u00e0 Sidi Bouzid, une ville d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur, a pr\u00e9cipit\u00e9 la chute du r\u00e9gime de Ben Ali mais aussi montr\u00e9 de fa\u00e7on dramatique la \u00ab\u00a0d\u00e9sesp\u00e9rance \u00e9conomique\u00a0\u00bb d&rsquo;une jeunesse sans travail dans les provinces et l&rsquo;urgence \u00e0 agir.  \u00a0\u00a0 Selon l&rsquo;\u00e9conomiste Mahmoud Ben Romdhane, le taux de ch\u00f4mage des dipl\u00f4m\u00e9s a grimp\u00e9 \u00e0 plus de 33% \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale, ce qui repr\u00e9sente 200.000 personnes, et doit avoisiner les 60% \u00e0 Sidi Bouzid.  \u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Le probl\u00e8me va s&rsquo;aggraver parce que les futurs dipl\u00f4m\u00e9s de 2015 sont d\u00e9j\u00e0 dans les universit\u00e9s\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Chaque ann\u00e9es 80.000 dipl\u00f4m\u00e9s arrivent sur le march\u00e9 du travail, alors que l&rsquo;\u00e9conomie dans sa structure actuelle ne peut pas offrir plus de 40.000 emplois\u00a0\u00bb, a-t-il dit.  \u00a0\u00a0 Loin de l&rsquo;image de carte postale sur le \u00ab\u00a0miracle \u00e9conomique tunisien\u00a0\u00bb vendu par le clan d\u00e9chu, le Fonds mon\u00e9taire international a estim\u00e9 jeudi que la crise socio-politique pourrait le contraindre \u00e0 ramener de 5% \u00e0 3-4% sa pr\u00e9vision actuelle de croissance en 2011. \u00a0\u00a0 Il affirmait d\u00e9j\u00e0 en septembre dans son \u00ab\u00a0bilan de sant\u00e9 annuel\u00a0\u00bb que le ch\u00f4mage \u00e9tait \u00ab\u00a0\u00e0 nouveau en progression en Tunisie et demeure relativement \u00e9lev\u00e9, notamment chez les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s\u00a0\u00bb.  \u00a0\u00a0 Pour les r\u00e9gions d\u00e9laiss\u00e9es depuis des d\u00e9cennies, \u00ab\u00a0il faut adopter un nouveau sch\u00e9ma national pour les \u00e9quiper et les doter d&rsquo;infrastructures\u00a0\u00bb, dit encore Mahmoud Ben Romdhane, insistant sur la n\u00e9cessit\u00e9 \u00ab\u00a0dans l&rsquo;imm\u00e9diat\u00a0\u00bb de lancer un grand programme de chantiers publics, qui reste \u00e0 financer.  \u00a0\u00a0 Le gouvernement de transition a annonc\u00e9 le 25 janvier le versement d&rsquo;une aide exceptionnelle de 260 millions d&rsquo;euros pour les r\u00e9gions les plus pauvres et accord\u00e9 une allocation mensuelle de 78 euros aux ch\u00f4meurs dipl\u00f4m\u00e9s de longue dur\u00e9e.  \u00a0\u00a0 L&rsquo;une des cl\u00e9s de cette indispensable relance pourrait se trouver \u00e0 Bruxelles, o\u00f9 est attendu dans les jours prochains le chef de la diplomatie tunisienne Ahmed Abderraouf Ouna\u00efs.  \u00a0\u00a0 L&rsquo;Union europ\u00e9enne avait entam\u00e9 en mai 2010, avec le r\u00e9gime du pr\u00e9sident Ben Ali, des n\u00e9gociations en vue d&rsquo;accorder \u00e0 la Tunisie un statut avanc\u00e9, ouvrant la voie \u00e0 un traitement douanier pr\u00e9f\u00e9rentiel pour les \u00e9changes et \u00e0 une lib\u00e9ralisation en mati\u00e8re de visas.  \u00a0\u00a0 Elles n&rsquo;ont pas fait de progr\u00e8s sensibles depuis lors.  \u00a0<\/p><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\">AFP, LE 30 janvier 2011 \u00e0 13h32 GMT <\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">R\u00e9voltes dans le monde arabe: le Maroc ne fera pas exception (cousin du roi)<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\"><strong><font size=\"3\"><\/p>\n<hr\/>\n<p> \u00a0<\/font><\/strong><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div align=\"justify\">\u00a0MADRID, 31 Jan 2011 (AFP) &#8211; Le Maroc ne fera \u00ab\u00a0probablement pas exception\u00a0\u00bb parmi les pays arabes apr\u00e8s la r\u00e9volution tunisienne et les manifestations qui secouent actuellement le pouvoir en Egypte, a estim\u00e9 lundi le cousin du roi du Maroc Mohammed VI, le prince Moulay Hicham.  \u00a0\u00a0 Surnomm\u00e9 le \u00ab\u00a0prince rouge\u00a0\u00bb car critique vis-\u00e0-vis de la monarchie marocaine et du syst\u00e8me politique dans ce pays, Moulay Hicham souligne, dans une interview au journal espagnol El Pais, que le \u00ab\u00a0Maroc n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 encore atteint\u00a0\u00bb par la vague de contestation sociale et politique qui secoue les pays arabes.  \u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Mais il ne faut pas se tromper: presque tous les syst\u00e8mes autoritaires seront affect\u00e9s par la vague de protestation. Le Maroc ne sera probablement pas une exception\u00a0\u00bb, estime le cousin germain de Mohammed VI.  \u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0Reste \u00e0 voir si la contestation sera sociale ou bien aussi politique et si les formations politiques, influenc\u00e9es par les r\u00e9cents \u00e9v\u00e8nements, bougeront\u00a0\u00bb commente encore cet homme de 46 ans, qui occupe la troisi\u00e8me place pour la succession au tr\u00f4ne du Maroc. \u00a0\u00a0 Le prince Moulay estime que dans ce pays la \u00ab\u00a0dynamique de lib\u00e9ralisation politique entam\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90 a pratiquement pris fin. Redynamiser la vie politique marocaine dans le contexte r\u00e9gional, en \u00e9vitant les radicalismes, sera un grand d\u00e9fi\u00a0\u00bb.  \u00a0\u00a0 La r\u00e9volution tunisienne et les manifestations \u00e9gyptiennes repr\u00e9sentent une \u00ab\u00a0rupture par rapport aux sch\u00e9mas ant\u00e9rieurs\u00a0\u00bb n&rsquo;ayant \u00ab\u00a0aucun caract\u00e8re religieux\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0anti-imp\u00e9rialiste\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0anticolonialiste\u00a0\u00bb.  \u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0L&rsquo;Europe doit se r\u00e9veiller, arr\u00eater d&rsquo;appuyer des dictatures qui ne sont pas viables et appuyer \u00e0 fond les mouvements qui aspirent \u00e0 un changement durable\u00a0\u00bb, estime encore le prince Moulay.  \u00a0 \u00a0<\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"> AFP, LE 30 janvier 2011 \u00e0 17h35 GMT  \u00a0<\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">Les troubles dans le monde arabe depuis la r\u00e9volution tunisienne<\/font><\/h3>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> Le Caire (afp) Le mouvement de contestation qui a entra\u00een\u00e9 la chute du pr\u00e9sident tunisien Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier a provoqu\u00e9 une onde de choc dans plusieurs pays arabes. Petit tour d&rsquo;horizon:  \u00a0 &#8211; EGYPTE: Le 25 janvier, d\u00e9but de manifestations sans pr\u00e9c\u00e9dent contre le r\u00e9gime du pr\u00e9sident Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981. Ce mouvement de contestation avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de cinq cas d&rsquo;immolations par le feu dont un mortel.  \u00a0 La r\u00e9volte, qui en de nombreux endroits a tourn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9meute et d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en de violents affrontements entre police et manifestants, a fait au moins 125 morts au total et des milliers de bless\u00e9s. La journ\u00e9e du 28 a \u00e9t\u00e9, avec 62 morts, la plus sanglante. Le couvre-feu a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 au Caire, \u00e0 Alexandrie et \u00e0 Suez.  \u00a0 M. Moubarak a promis des r\u00e9formes et annonc\u00e9 la nomination d&rsquo;un nouveau premier ministre et la cr\u00e9ation du poste de vice-pr\u00e9sident, octroy\u00e9 au chef des Renseignements. Mais des dizaines de milliers d&rsquo;Egyptiens ont continu\u00e9 \u00e0 descendre dans les rues ce week-end, affrontant parfois violemment les forces de l&rsquo;ordre.  \u00a0 &#8211; YEMEN: Les manifestations anti-r\u00e9gime se multiplient depuis la mi-janvier. Le 27, des milliers de personnes ont d\u00e9fil\u00e9 \u00e0 Sanaa pour r\u00e9clamer le d\u00e9part du pr\u00e9sident Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978. Le 29, heurts entre opposants et partisans du r\u00e9gime. Le gouvernement a annonc\u00e9 une augmentation des salaires.  Au moins trois tentatives d&rsquo;immolation par le feu et un d\u00e9c\u00e8s en quelques jours.  &#8211; JORDANIE: La contestation a d\u00e9but\u00e9 d\u00e8s le 14 janvier, lorsque des milliers de personnes ont manifest\u00e9 \u00e0 travers le pays contre la politique \u00e9conomique. Plusieurs autres manifestations ont eu lieu \u00e0 Amman, malgr\u00e9 l&rsquo;annonce de nouvelles mesures sociales.  \u00a0 Le 28, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue, \u00e0 l&rsquo;appel des Fr\u00e8res musulmans, r\u00e9clamant un changement de gouvernement et des r\u00e9formes. Depuis plusieurs jours, le roi Abdallah II multiplie les initiatives pour tenter d&rsquo;apaiser la grogne populaire.  \u00a0 &#8211; ALGERIE: D\u00e9but janvier, cinq jours d&rsquo;\u00e9meutes contre la vie ch\u00e8re ont fait cinq morts et plus de 800 bless\u00e9s. Le mouvement de protestation a pris fin apr\u00e8s l&rsquo;annonce d&rsquo;une baisse des prix des produits de base.  Une marche \u00ab\u00a0pour la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9e le 22 par la police, une autre pour demander le \u00ab\u00a0d\u00e9part du syst\u00e8me\u00a0\u00bb est pr\u00e9vue le 12 f\u00e9vrier \u00e0 l&rsquo;appel de la toute nouvelle Coordination nationale pour le changement et la d\u00e9mocratie. Trois d\u00e9c\u00e8s par immolation par le feu et dix tentatives ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9nombr\u00e9es depuis le 14 janvier.  \u00a0 &#8211; SOUDAN: Les tensions politiques et les difficult\u00e9s \u00e9conomiques ont provoqu\u00e9 des manifestations ces derni\u00e8res semaines, et au moins un homme est mort apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre immol\u00e9 par le feu. D\u00e9but janvier, des heurts avaient d\u00e9j\u00e0 oppos\u00e9 la police \u00e0 des \u00e9tudiants protestant  contre la hausse des prix.  Le 30, journ\u00e9e de protestation antigouvernementale \u00e0 travers le pays. Heurts entre forces de l&rsquo;ordre et jeunes manifestants \u00e0 Khartoum.  -OMAN: Quelque 200 personnes ont manifest\u00e9 le 17 janvier \u00e0 Mascate pour protester contre la chert\u00e9 de la vie et la corruption.  &#8211; MAURITANIE: D\u00e8s le 13 janvier, une marche et un meeting ont r\u00e9uni plusieurs milliers de personnes \u00e0 Nouakchott, \u00e0 l&rsquo;appel de l&rsquo;opposition, et des lyc\u00e9ens ont manifest\u00e9 contre la hausse des prix. Un homme d&rsquo;affaire s&rsquo;est immol\u00e9 par le feu, le 17.  Face \u00e0 la flamb\u00e9e des prix, les autorit\u00e9s ont annonc\u00e9 le 20 janvier une baisse de 30% des prix de produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.  &#8211; MAROC: Trois personnes ont tent\u00e9 de s&rsquo;immoler par le feu le 21 janvier, une autre le 25. Les autorit\u00e9s ont lanc\u00e9 des appels d&rsquo;offre pour l&rsquo;achat d&rsquo;importantes quantit\u00e9s de c\u00e9r\u00e9ales, afin d&rsquo;\u00e9viter des p\u00e9nuries. <\/p>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">Tunisie: la sous-pr\u00e9fecture de Kasserine pill\u00e9e et saccag\u00e9e<\/font><\/h3>\n<p><\/strong> <\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> TUNIS &#8211; La sous-pr\u00e9fecture de Kasserine, ville frondeuse du centre-ouest de la Tunisie, a \u00e9t\u00e9 pill\u00e9e et saccag\u00e9e lundi par plusieurs centaines de personnes, selon des sources syndicales contact\u00e9es par l&rsquo;AFP et l&rsquo;agence officielle TAP. Selon ces m\u00eames sources, les forces de l&rsquo;ordre ne sont pas intervenues dans cette localit\u00e9, qui a connu des affrontements violents entre la police et des manifestants lors des \u00e9meutes qui ont conduit \u00e0 la chute du r\u00e9gime Ben Ali. \u00ab\u00a0Plusieurs centaines de personnes se sont attaqu\u00e9es \u00e0 la sous-pr\u00e9fecture et la maison du sous-pr\u00e9fet ce matin (lundi). Ils ont tout pill\u00e9 et saccag\u00e9\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;AFP Choukri Hayouni, un syndicaliste joint \u00e0 Kasserine. \u00ab\u00a0Ils ont tout pris, des meubles, des ordinateurs, des montants de fen\u00eatres, de la vaisselle. J&rsquo;en ai m\u00eame vu avec des petites cuillers\u00a0\u00bb, a affirm\u00e9 un autre syndicaliste, Sadok Mahmoudi. Ils ont en outre affirm\u00e9 que les pillards \u00e9taient \u00ab\u00a0encadr\u00e9s par des gens du RCD\u00a0\u00bb, l&rsquo;ancien parti au pouvoir du pr\u00e9disent d\u00e9chu Ben Ali. Cette information n&rsquo;avait pu \u00eatre confirm\u00e9e par d&rsquo;autres sources. Selon l&rsquo;agence officielle TAP, \u00ab\u00a0le gouvernorat de Kasserine a \u00e9t\u00e9 ces derni\u00e8res heures le th\u00e9\u00e2tre de troubles\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Des malfaiteurs ont attaqu\u00e9 des institutions et terroris\u00e9 les habitants\u00a0\u00bb, affirme la TAP, pr\u00e9cisant qu&rsquo;avaient \u00e9t\u00e9 notamment vis\u00e9s les b\u00e2timents de la sous-pr\u00e9fecture, la maison des jeunes et un lyc\u00e9e professionnel. Les deux syndicalistes de la puissante centrale UGTT (Union g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs tunisiens) ont affirm\u00e9 que l&rsquo;arm\u00e9e, qui \u00e9tait pr\u00e9sente, n&rsquo;\u00e9tait pas intervenue pour mettre fin aux troubles. (\u00a9AFP \/ 31 janvier 2011 17h38) <\/p><\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div align=\"center\">Reportage  <strong><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">A Tunis, les islamistes d\u2019Ennahda croient en leur renaissance<\/font><\/h4>\n<p><\/strong>Des milliers de personnes ont accueilli hier le chef du mouvement interdit, Rached Ghannouchi, de retour de vingt-deux ans d\u2019exil.\u00a0<\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">Par <strong><font>CATHERINE COROLLER<\/font><\/strong> De notre envoy\u00e9e sp\u00e9ciale \u00e0 Tunis  \u00a0 \u00a0\u00abJe suis contre Ennahda, mais ils ont le droit d\u2019exister, c\u2019est \u00e7a la d\u00e9mocratie.\u00bb A l\u2019abri dans un recoin de l\u2019a\u00e9roport de Tunis, Ne\u00efla regarde de loin la foule entourant Rached Ghannouchi, 69 ans, chef de file du mouvement islamiste Ennahda (\u00abrenaissance\u00bb en arabe), de retour apr\u00e8s vingt-deux ans d\u2019exil. Les slogans sont plus politiques que religieux : \u00abTunisie libre, RCD d\u00e9gage\u00bb. \u00abNous sommes fid\u00e8les \u00e0 ceux qui ont pay\u00e9 de leur sang la lutte contre le dictateur.\u00bb A intervalles r\u00e9guliers, la foule entonne l\u2019hymne tunisien. On entend des youyous, des \u00abAllah ou akbar\u00bb. \u00abJe suis islamiste et m\u00e9decin, cela fait vingt ans que je n\u2019ai pas le droit de m\u2019exprimer, dit un homme. Nous repr\u00e9sentons une partie importante de cette soci\u00e9t\u00e9, nous voulons montrer que nous existons.\u00bb  \u00a0 \u00a0Conseil de sauvegarde. A la veille de son retour en Tunisie, Rached Ghannouchi s\u2019\u00e9tait voulu rassurant : \u00abNotre r\u00f4le sera de participer \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs de cette r\u00e9volution pacifique : ancrer un syst\u00e8me d\u00e9mocratique, la justice sociale et limiter les discriminations contre les organisations interdites.\u00bb Le vieux leader a raison de la jouer modeste : a priori, les islamistes n\u2019ont pas jou\u00e9 un r\u00f4le moteur dans les \u00e9v\u00e9nements qui ont abouti \u00e0 la chute du r\u00e9gime de Ben Ali. Pas plus que les autres mouvements politiques, d\u2019ailleurs. Mais la direction du mouvement entend aujourd\u2019hui entrer dans le jeu. \u00abNous voulons participer \u00e0 la vie politique avec les autres partis. Nous allons demander \u00e0 \u00eatre l\u00e9galis\u00e9s. Notre dossier de demande est pr\u00eat\u00bb, explique Ajmi Lourimi, l\u2019un des responsables du parti.  \u00a0 D\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, Ennahda participe aux discussions cens\u00e9es d\u00e9boucher sur la cr\u00e9ation du Conseil de sauvegarde de la r\u00e9volution, encore appel\u00e9 Comit\u00e9 des sages. Cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative du Conseil national du barreau et de l\u2019Union g\u00e9n\u00e9rale tunisienne du travail (UGTT), le comit\u00e9 de pilotage de cette future instance est ouvert aux partis politiques, syndicats et organisations non gouvernementales non li\u00e9s au r\u00e9gime de Ben Ali. \u00abElle devra \u00eatre repr\u00e9sentative de toutes les composantes de la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00bb, affirme Moustapha Ben Jaafar, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Forum d\u00e9mocratique pour le travail et les libert\u00e9s.  \u00a0 Eph\u00e9m\u00e8re ministre de la Sant\u00e9 du premier gouvernement de Mohamed Ghannouchi, ce m\u00e9decin a d\u00e9missionn\u00e9 avant m\u00eame d\u2019avoir pr\u00eat\u00e9 serment pour protester contre la reconduction d\u2019anciens ministres de Ben Ali. \u00abEnnahda participe aux d\u00e9bats, poursuit Ben Jaafar. On ne peut pas ne pas tenir compte d\u2019un partenaire de cette taille et de ce poids dans la soci\u00e9t\u00e9.\u00bb Apr\u00e8s des ann\u00e9es de dictature, tous les partis sont sur cette m\u00eame ligne de main tendue \u00e0 toutes les forces politiques du pays. \u00abNous ne sommes pas des alli\u00e9s d\u2019Ennahda, nous avons des positions diam\u00e9tralement oppos\u00e9es, mais nous sommes pour un accord, pour que l\u2019on trouve un consensus national, y compris avec les islamistes\u00bb, d\u00e9clare Jouna\u00efdi Abdeljawad, membre du secr\u00e9tariat d\u2019Ettajdid (ex-parti communiste).  \u00a0 Il y a vingt ans, Ennahda \u00e9tait la principale force d\u2019opposition en Tunisie. Aux \u00e9lections de 1989, deux ans apr\u00e8s la prise de pouvoir de Ben Ali, elle avait obtenu officiellement 17% des voix, mais son score \u00e9tait probablement plus proche de 30 \u00e0 35%. La r\u00e9pression s\u2019est alors abattue sur ce mouvement, ses militants emprisonn\u00e9s ou contraints \u00e0 l\u2019exil, et ceux rest\u00e9s en libert\u00e9s condamn\u00e9s \u00e0 la clandestinit\u00e9. L\u2019accueil r\u00e9serv\u00e9 hier \u00e0 Rached Ghannouchi constitue une d\u00e9monstration de force en sa faveur, mais personne ne sait aujourd\u2019hui quelle est l\u2019influence r\u00e9elle du parti qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne. \u00abOn ne conna\u00eet pas le nombre exact de nos militants et de nos sympathisants\u00bb, confirme Ajmi Lourimi. Mais aujourd\u2019hui, les dirigeants de ce mouvement sont clairement pass\u00e9s \u00e0 l\u2019offensive. \u00abNous sommes en train de d\u00e9finir une nouvelle ligne politique\u00bb, explique Lourimi. Elle est proche de celle Parti de la justice et du d\u00e9veloppement (AKP), au pouvoir en Turquie. \u00abDans les ann\u00e9es 60 et 70, on croyait que notre r\u00f4le \u00e9tait l\u2019islamisation du pays, affirme Ajmi Larimi.Nous sommes convaincus maintenant que la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019a pas besoin d\u2019islamisation mais de d\u00e9mocratisation. La religion n\u2019est pas en danger en Tunisie. Le peuple est attach\u00e9 \u00e0 son identit\u00e9 musulmane. Les Turcs ont montr\u00e9 le chemin : on peut vivre sa religion et \u00eatre ouvert \u00e0 la modernit\u00e9, b\u00e2tir une d\u00e9mocratie sans \u00eatre en contradiction avec ses convictions religieuses.\u00bb La la\u00efcit\u00e9, en revanche, il n\u2019est pas vraiment pour. \u00abNous ne sommes pas la\u00efcs. D\u2019ailleurs, nous sommes dans une p\u00e9riode post-la\u00efque. La participation \u00e0 la politique doit \u00eatre ouverte \u00e0 toutes les visions du monde. Chacun doit y trouver sa place.\u00bb  \u00a0 La\u00efcs. A l\u2019a\u00e9roport, la confrontation entre opposants et partisans de Ghannouchi s\u2019est pass\u00e9e sans heurts. Un peu \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la foule, un homme brandit une pancarte : \u00abNon \u00e0 un gouvernement islamique, oui \u00e0 l\u2019islam.\u00bb \u00abJe suis la\u00efc, explique-t-il. D\u2019autres, des militants, eux aussi la\u00efcs, sont plus radicaux : \u00abNon \u00e0 l\u2019islamisme, \u00e0 la th\u00e9ocratie, \u00e0 la charia et \u00e0 la stupidit\u00e9.\u00bb Une femme voil\u00e9e engage la discussion : \u00abOn n\u2019est pas la\u00efcs mais on respecte les autres.\u00bb Un homme brandit une pancarte : \u00abN\u2019ayez pas peur de nous.\u00bb  \u00a0 <strong><font>(Source : \u00ab Lib\u00e9ration \u00bb (Quotidien \u2013 France), le 31 janvier 2011)\u00a0 <\/font><\/strong>\u00a0<\/div>\n<p><\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div align=\"center\">\n<h4 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\"><strong>se propaga la Revoluci\u00f3n tunecina<\/strong><\/font><\/h4>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><strong>El contagio en Argelia es cuesti\u00f3n de d\u00edas<\/strong><\/font><\/h4>\n<p> <\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\">\u00bfSe puede hablar realmente de contagio de la revoluci\u00f3n tunecina en el resto del mundo \u00e1rabe? El impulso dado por las movilizaciones que acabaron con el r\u00e9gimen dictatorial de Zine Ben Ali en T\u00fanez, ha despertado ansias y reivindicaciones entre los pueblos \u00e1rabes, del Atl\u00e1ntico hasta el Golfo. Para tener una explicaci\u00f3n profunda de primera mano y vislumbrar el alcance de lo que est\u00e1 pasando en la ribera sur del Mediterr\u00e1neo, hemos entrevistado a Djamaledin Benchenouf, director del peri\u00f3dico digital<i> Le Quotidien d\u2019Alg\u00e9rie<\/i>.<\/p>\n<div align=\"justify\"><font><\/font><\/div>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfCu\u00e1les son las causas profundas de esta revuelta en el mundo \u00e1rabe?<\/b> Son m\u00faltuiples y complejas. En pocas palabras: desde que se inici\u00f3 la descolonizaci\u00f3n, una serie de oportunistas pol\u00edticos se emboscaron en los movimientos de liberaci\u00f3n y desviaron el curso natural de la historia. En realidad los pueblos \u00e1rabes nunca se han descolonizado; un colono ha remplazado a otro. El nuevo ocupante salido del propio pueblo ha utilizado a menudo los mismos m\u00e9todos de dominaci\u00f3n y represi\u00f3n, incluso m\u00e1s brutales y mort\u00edferos que antes, como ocurri\u00f3 en Argelia.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>En algunos casos, peor\u2026<\/b> Creo que el factor agravante de estos sistemas desp\u00f3ticos se encuentra en las riquezas naturales de estos pa\u00edses, como el petr\u00f3leo. Sin ellas, estos reg\u00edmenes mediocres no habr\u00edan resistido. Adue\u00f1arse de las mismas les ha permitido corromper amplios sectores de la sociedad. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>Pero no es el caso de T\u00fanez\u2026<\/b> Ah\u00ed el esquema es diferente porque el r\u00e9gimen de Ben Ali hered\u00f3 un pa\u00eds pr\u00f3spero y construido sobre cimientos racionales. Ben Ali se acapar\u00f3 del poder, pero no destruy\u00f3 la econom\u00eda. Al contrario que en Argelia, donde el r\u00e9gimen de Bumedien para asentarse destruy\u00f3 el conjunto de la econom\u00eda, la agricultura, la artesan\u00eda y el turismo.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfQu\u00e9 es lo peor que ha ocurrido en estos pa\u00edses ?<\/b> Lo m\u00e1s grave ha sido la devastaci\u00f3n de los valores c\u00edvicos. Lo que explica dos fen\u00f3menos, aparentemente separados, pero \u00edntimamente vinculados : los flujos migratorios hacia los pa\u00edses del Norte y la islamizaci\u00f3n de la sociedad. Por una parte, las poblaciones intentan huir de las sociedades en las que impera la ley de la jungla, pero por otro aspiran a una regeneraci\u00f3n moral y c\u00edvica y creen encontrarlo en la vuelta a las fuentes del Islam. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>Algunos pa\u00edses ya han sido contagiados. \u00bfY los dem\u00e1s?<\/b> Creo que estamos presenciando un verdadero aluvi\u00f3n. Gracias a las nuevas t\u00e9cnicas de la comunicaci\u00f3n y la informaci\u00f3n, hoy las sociedades se enteran de la actualidad en tiempo real. Todos los pueblos, no s\u00f3lo los \u00e1rabes y musulmanes, que viven grosso modo en las misma situaci\u00f3n de opresi\u00f3n, se sienten afectados. Estoy seguro de que a corto plazo vamos a presenciar las hogueras de la ira en Argelia, Jordania y Yemen, y m\u00e1s tarde tambi\u00e9n en Libia y en Siria, donde los sistemas de poder est\u00e1n encadenados de manera m\u00e1s compleja ya que amplias capas de la sociedad, verdaderos clanes \u00e9tnicos, participan en el control de la poblaci\u00f3n.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfEra inevitable tanta corrupci\u00f3n?<\/b> Por supuesto que no. No hemos tenido suerte. Lo que ocurre es que los que verdaderamente hicieron la revoluci\u00f3n murieron en la lucha por la independencia o inmediatamente despu\u00e9s; y los que sobrevivieron, o fueron corrompidos por el poder o liquidados. Eso ha ocurrido en todos los procesos de la descolonizaci\u00f3n. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfEn Argelia tambi\u00e9n?<\/b> S\u00ed. Si Ferhat Abb\u00e1s, Benjeda y otros no hubieran sido apartados por Bumedien y Ben Bella, hoy Argelia ser\u00eda un estado moderno y prospero. Pero desgraciadamente los que tomaron el poder se vieron en la necesidad de comprar la colaboraci\u00f3n de todos aquellos que les causaban problemas, y de este modo el Estado se convirti\u00f3 en un r\u00e9gimen clept\u00f3crata y medi\u00f3crata.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>El cambio que muchos piden ahora, \u00bfser\u00e1 progresivo o radical?<\/b> Bueno, todo el mundo quiere un cambio radical y total, pero no hay que hacerse ilusiones. Hay muchos intereses en juego que decidir\u00e1n el curso de los acontecimientos. Yo creo que va a haber cambios de \u00ab\u00a0personas\u00a0\u00bb pero no de sistemas. Durante un tiempo dejar\u00e1 de haber abusos excesivos, pero s\u00f3lo un tiempo, despu\u00e9s pueden volver. Aunqu\u00e9 quiz\u00e1s los pueblos se muestren m\u00e1s vigilantes y menos manipulables. \u00a1Ojal\u00e1! <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfEs necesario un choque violento para echar a los dictadores?<\/b> Depender\u00e1 de los americanos y de Europa. Todos los d\u00e9spotas saben que su suerte depende de estas potencias. Si se les impone no abusar de la fuerza, no lo har\u00e1n, porque en el momento de huir no quieren ser mal recibidos all\u00ed donde tienen sus fortunas colosales. Reaccionar\u00e1n a las protestas populares en funci\u00f3n de lo que les dejen hacer las potencias occidentales, pero tambi\u00e9n sus propios Ej\u00e9rcitos donde comienza a soplar un fuerte viento, como en Argelia. \u00bfAcaso piensa usted que la revuelta popular no habr\u00eda sido reprimida si los americanos no hubierean enviado un mensaje claro al Ej\u00e9rcito tunecino ?<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>Esa erupci\u00f3n popular en T\u00fanez, Egipto, Jordania, Yemen, \u00bftendr\u00e1 repercusiones en Argelia?<\/b> Seguro. Es cuesti\u00f3n de d\u00edas o de horas. Aunque en Argelia, dada la ausencia de \u00e9lites capaces de canalizar las manifestaciones, puede ser un arma de doble filo. Una muchedumbre sin l\u00edderes y sin consignas, puede volverse contra la gente que terminar\u00e1 prefiriendo la opresi\u00f3n del r\u00e9gimen a la inseguridad global. Adem\u00e1s, en estos momentos el r\u00e9gimen argelino intenta canalizar las protestas para hacer creer que la poblaci\u00f3n no quiere echar al r\u00e9gimen sino s\u00f3lo obtener simples mejoras, como suprimir el Estado de emergencia. En Argelia todo es posible, inclusive un vuelco del Ej\u00e9rcito contra el clan de Buteflika y de los servicios secretos. Incluso podr\u00eda producirse un golpe de estado en las actuales circunstancias.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfQu\u00e9 actitud tiene el pueblo argelino hacia sus dirigentes?<\/b> Los odia. Incluso m\u00e1s de lo que odiaba el pueblo tunecino a Ben Ali. No hay que olvidar que el r\u00e9gimen argelino utiliz\u00f3 la crisis islamista para perpetrar masacres y robar decenas de miles de millones de d\u00f3lares. El n\u00facleo duro del poder compuesto de algunos generales, de la familia de Buteflika y de unos pocos barones financieros, han conseguido amasar fortunas colosales. Mientras que la inmensa mayor\u00eda de la poblaci\u00f3n vive en situaci\u00f3n de miseria, gracias a la econom\u00eda sumergida y la compraventa callejera, lo que cuesta mucho dinero y compromete gravemente el porvenir del pa\u00eds. Sepa que el verdadero \u00edndice del paro es del 40 por ciento y no del 17 por ciento como pretenden las autoridades. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfNo teme que haya un ba\u00f1o de sangre?<\/b> Eso depender\u00e1 de Occidente. Si se env\u00eda un mensaje alto y claro a Buteflika y a los servicios secretos, la transici\u00f3n puede realizarse relativamente bien. Si no, habr\u00e1 una carnicer\u00eda como en las manifestaciones de octubre de 1988 que se saldaron con m\u00e1s de 400 muertos, o quiz\u00e1s peor. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>Los militares argelinos \u00bfpueden escuchar a pueblo como ha ocurrido en T\u00fanez?<\/b> S\u00ed. Sabemos que hay un gran malestar en el seno de la oficialidad, y en este momento todo es posible. El general Tawfik Medien, jefe de los servicios secretos, tiene mas de 70 a\u00f1os y est\u00e1 muy enfermo, lo mismo que su amigo Buteflika, tambi\u00e9n envejecido y m\u00e1s enfermo si cabe.<\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfSe podr\u00eda formar un gobierno de transici\u00f3n en Argelia, al estilo tunecino?<\/b> Ser\u00e1 muy dif\u00edcil, por falta de consenso. El r\u00e9gimen ha actuado de manera que las \u00fanicas fuerzas organizadas en el pa\u00eds comen en su mesa. Los partidos y los sindicatos han sido corrompidos, infiltrados y laminados. Ser\u00e1 mucho m\u00e1s dif\u00edcil que en T\u00fanez. Adem\u00e1s el r\u00e9gimen agita el espantajo de que las \u00fanicas fuerzas que se van a beneficiar de la revuelta ser\u00e1n los islamistas. <\/font><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b>\u00bfHay alternativa democr\u00e1tica al r\u00e9gimen actual?<\/b> S\u00ed. Es posible una democracia completa si hay un verdadero consenso entre las corrientes dem\u00f3cratas y los islamistas moderados para asegurar una transici\u00f3n tranquila aunque laboriosa, hacia un Estado de derecho.<\/font><\/p>\n<p><b><\/b><\/p>\n<p align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Pedro Canales. Corresponsal en El Magreb<\/font><\/p>\n<div align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\">Fecha publicaci\u00f3n: (31-01-2011)<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><font>(Source: \u00ab\u00a0El Impartial\u00a0\u00bb (Quotidien &#8211; Espagne) le 31 janvier 2011)<\/font><\/strong><\/font><\/div>\n<p><\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"NO-BOK\">Quelles le\u00e7ons peut-on tirer de la crise tunisienne ?<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">Deux semaines apr\u00e8s le d\u00e9part pr\u00e9cipit\u00e9 du pr\u00e9sident<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/sujet\/26ed\/ben-ali.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ben Ali<\/a> et l&rsquo;ivresse de la libert\u00e9 de la victoire qu&rsquo;a procur\u00e9e la \u00ab\u00a0R\u00e9volution du Jasmin\u00a0\u00bb, le temps de la r\u00e9flexion est sans doute venue. Quelles r\u00e9ponses \u00e0 apporter aux interrogations l\u00e9gitimes que l&rsquo;on est en droit de se poser\u00a0\u00e0 propos de cet \u00e9v\u00e9nement sans pr\u00e9c\u00e9dent dans le monde arabe. <\/span><span>Etait-il pr\u00e9visible\u00a0? La perspective de l&rsquo;instauration d&rsquo;une d\u00e9mocratie en Tunisie est-elle une menace pour les r\u00e9gimes autoritaires arabes\u00a0? <\/span><span lang=\"NO-BOK\">La diplomatie fran\u00e7aise s&rsquo;est-elle fourvoy\u00e9e et a-t-elle manqu\u00e9 de clairvoyance ?<\/span><\/p>\n<p><span>Tout d&rsquo;abord, on rappellera que la surprise a \u00e9t\u00e9 totale et ceci pour tout le monde\u00a0: pour l&rsquo;opinion comme pour les autorit\u00e9s en France et ailleurs, pour les commentateurs comme pour les diplomates, et\u2026 pour les Tunisiens eux-m\u00eames. Quelques jours encore avant la fuite de Ben Ali, les manifestations qui se d\u00e9veloppaient en Tunisie, rel\u00e9gu\u00e9es dans les pages int\u00e9rieures des quotidiens, \u00e9taient encore qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0troubles sociaux\u00a0\u00bb sans que soit \u00e9voqu\u00e9 le risque de d\u00e9stabilisation du r\u00e9gime. Ce n&rsquo;est que le jeudi 13 janvier qu&rsquo;appara\u00eet l&rsquo;id\u00e9e que le r\u00e9gime est \u00e9branl\u00e9\u00a0: Ben Ali partira le lendemain.<\/span><\/p>\n<p><span>A posteriori, cette r\u00e9volution semble avoir \u00e9t\u00e9 le produit d&rsquo;un m\u00e9lange d\u00e9tonnant dont les ingr\u00e9dients sont maintenant mieux identifi\u00e9es : malaise politique, affectant sans doute m\u00eame le RCD de l&rsquo;int\u00e9rieur\u00a0; caract\u00e8re de plus en plus r\u00e9pressif du r\u00e9gime d\u00e9veloppant un sentiment de peur\u00a0; absence totale de libert\u00e9 d&rsquo;expression, notamment dans la presse\u00a0; racket organis\u00e9 de fa\u00e7on quasi ostentatoire par le clan familial ; difficult\u00e9s de la vie quotidienne li\u00e9es \u00e0 la crise \u00e9conomique\u00a0; ch\u00f4mage important, en particulier parmi les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s ; influence des nouveaux moyens d&rsquo;information, outils \u00e0 la fois d&rsquo;information mais aussi de mobilisation en temps r\u00e9el de l&rsquo;opinion\u00a0; existence d&rsquo;une arm\u00e9e peu politis\u00e9e et qui refuse de tirer sur la foule.<\/span><\/p>\n<p><span>Ces ingr\u00e9dients existent dans d&rsquo;autres pays arabes, \u00e0 des degr\u00e9s divers et sans doute avec des pond\u00e9rations diff\u00e9rentes. Cependant, de la Mauritanie au Qatar, les vingt deux pays arabes ne se ressemblent pas, tant au point de vue politique, \u00e9conomique que social. Les uns d\u00e9veloppent une politique de r\u00e9formes, d&rsquo;autres restent dans un immobilisme total\u00a0; les uns ont des moyens financiers consid\u00e9rables, d&rsquo;autre voient plus du tiers de leur population vivant en dessous du seuil de pauvret\u00e9\u00a0; chez certains, l&rsquo;ordre r\u00e8gne, d&rsquo;autres sont des Etats faillis ou chaotiques. Mais il est s\u00fbr que la R\u00e9volution du Jasmin, v\u00e9cue en temps r\u00e9el par 350\u00a0millions d&rsquo;Arabes, ne sera pas sans cons\u00e9quences. D\u00e9j\u00e0, comme on l&rsquo;a vu, le m\u00eame geste de d\u00e9sespoir que celui de <\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/sujet\/1a89\/mohamed-bouazizi.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span lang=\"EN-US\">Mohamed Bouazizi<\/span><\/a><\/span><span> a \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ; des manifestations, parfois violentes, ont \u00e9clat\u00e9 dans plusieurs pays. Certains gouvernements, conscients du danger, ont pris des mesures d&rsquo;urgence, parfois plus symboliques que r\u00e9elles.<\/span><\/p>\n<p><span>Le plus s\u00e9rieusement touch\u00e9, qui \u00e9tait le plus vuln\u00e9rable, est l&rsquo;Egypte\u00a0: autant les \u00e9v\u00e9nements en Tunisie ont \u00e9t\u00e9 une surprise, autant ceux qui affectent ce pays \u00e9taient pr\u00e9visibles\u00a0: les nuages s&rsquo;amoncelaient depuis plusieurs ann\u00e9es, comme l&rsquo;avaient not\u00e9 de nombreux observateurs. Une situation explosive se focalisait de plus en plus contre la personne du pr\u00e9sident Moubarak au pouvoir depuis pr\u00e8s de trente ans. Il est encore trop t\u00f4t pour savoir comment cette crise va se d\u00e9nouer. Il est probable que l&rsquo;arm\u00e9e, qui, par del\u00e0 la personne du pr\u00e9sident Moubarak, a le pouvoir depuis pr\u00e8s de soixante ans, est d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 le garder. Cependant, il est douteux qu&rsquo;un \u00ab\u00a0effet domino\u00a0\u00bb se d\u00e9clenche, balayant comme des ch\u00e2teaux de cartes tous les r\u00e9gimes autoritaires du monde arabe. En raison m\u00eame de leur diversit\u00e9 et comme l&rsquo;exp\u00e9rience du pass\u00e9 l&rsquo;a montr\u00e9, la d\u00e9mocratie ne s&rsquo;exporte pas\u00a0: elle est le fruit d&rsquo;une construction lente, progressive, difficile par les \u00ab\u00a0forces vives\u00a0\u00bb de chaque pays. Mais il est s\u00fbr que ces manifestations vont se poursuivre encore dans de nombreux pays et que ces \u00e9v\u00e9nements vont accro\u00eetre la pression qui s&rsquo;exerce sur les gouvernements pour qu&rsquo;ils ouvrent le jeu politique.<\/span><\/p>\n<p><span>S&rsquo;agissant de la Tunisie, o\u00f9 le gouvernement remani\u00e9 semble \u00eatre maintenant accept\u00e9, elle dispose \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence de nombreux atouts\u00a0: une \u00e9conomie saine, une ouverture au monde et \u00e0 la modernit\u00e9, un statut personnel \u00e9clair\u00e9. Mais rien n&rsquo;est encore acquis. Si elle devient une vitrine de la d\u00e9mocratie, son exemple contribuera \u00e0 augmenter, dans de nombreux pays, les pressions existant en faveur des r\u00e9formes politiques et \u00e9conomiques. Mais si la d\u00e9mocratie devait \u00e9chouer, alors la Tunisie au m\u00eame titre que l&rsquo;Irak, deviendrait un repoussoir, un contre-exemple.<\/span><\/p>\n<p><span>Notre diplomatie a-t-elle \u00e9t\u00e9 aveugle\u00a0? A-t-elle r\u00e9agi trop tard, en d\u00e9calage avec les \u00e9v\u00e9nements\u00a0? Au niveau de l&rsquo;information, celle dont disposaient les autorit\u00e9s fran\u00e7aises \u00e9tait du m\u00eame ordre que celle que les diplomates am\u00e9ricains envoyaient \u00e0 Washington\u00a0: le m\u00eame diagnostic lucide \u00e9tait partag\u00e9. Certes un d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social \u00e9tait ind\u00e9niable et d&rsquo;ailleurs reconnu, mais le caract\u00e8re policier, les atteintes au droit de l&rsquo;homme et le racket du clan familial \u00e9taient bien \u00e9videmment relev\u00e9es. Le contact \u00e9tait maintenu \u00e0 Tunis, mais aussi \u00e0 Paris, avec les repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile, y compris les opposants. Mais comme l&rsquo;a reconnu le pr\u00e9sident Sarkozy, le degr\u00e9 d&rsquo;exasp\u00e9ration de l&rsquo;opinion publique face au r\u00e9gime policier et dictatorial a \u00e9t\u00e9 sous estim\u00e9 et la rapidit\u00e9 de l&rsquo;encha\u00eenement des \u00e9v\u00e9nements mal per\u00e7u.<\/span><\/p>\n<p><span>On peut \u00e9galement rappeler que la politique men\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la Tunisie a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une grande continuit\u00e9 depuis plus de vingt ans, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des pr\u00e9sidences Mitterrand, Chirac ou Sarkozy. Un choix politique avait \u00e9t\u00e9 fait, \u00e0 tort ou \u00e0 raison. Dans ce choix la trag\u00e9die alg\u00e9rienne \u2013 le coup d&rsquo;Etat de 1992 suspendant les \u00e9lections d\u00e9mocratiques suivies d&rsquo;un guerre civile meurtri\u00e8re \u2013 a eu un impact d\u00e9terminant\u00a0: la conviction \u00e9tait que le r\u00e9gime Ben Ali \u00e9tait un rempart contre la mont\u00e9e de la violence islamiste. Cette politique ne s&rsquo;est sans doute pas suffisamment infl\u00e9chie lorsque les d\u00e9rives polici\u00e8res et mafieuses se sont amplifi\u00e9es. Cependant, cet aveuglement \u00e9tait la chose la mieux partag\u00e9e, si l&rsquo;on en croit le floril\u00e8ge des propos complaisants \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du pr\u00e9sident Ben Ali, exprim\u00e9s encore r\u00e9cemment par de nombreuses personnalit\u00e9s et non des moindres, toute sensibilit\u00e9 politique confondue.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">Des le\u00e7ons doivent \u00eatre tir\u00e9es et l&rsquo;ont sans doute d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9. Le probl\u00e8me est naturellement moins de gloser sur le pass\u00e9 que de savoir que faire aujourd&rsquo;hui et \u00e0 l&rsquo;avenir. Certes la situation en Tunisie reste encore \u00e9volutive. Mais il est clair que notre politique envers la Tunisie doit \u00eatre orient\u00e9e vers un appui chaleureux \u00e0 cette jeune d\u00e9mocratie naissante qui essaie de s&rsquo;organiser. Il ne s&rsquo;agit pas de s&rsquo;ing\u00e9rer ou d&rsquo;imposer un mod\u00e8le, mais de contribuer, bilat\u00e9ralement ou \u00e0 travers l&rsquo;Europe, \u00e0 cr\u00e9er un contexte international, politique, \u00e9conomique et financier favorable, de fa\u00e7on \u00e0 accompagner la mise en place d&rsquo;institutions stables et d\u00e9mocratiques. <\/span><span>Cependant la r\u00e9flexion doit d\u00e9passer le cas particulier de la Tunisie. Le monde change, le monde musulman change, le monde arabe change et les \u00e9volutions s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8rent pour le meilleur mais \u00e9galement parfois pour le pire, comme le montre la situation au Moyen-Orient. A l&rsquo;\u00e9vidence les opinions ne sont plus pr\u00eates \u00e0 accepter la privation des libert\u00e9s fondamentales et des situations consid\u00e9r\u00e9es auparavant comme acceptables, pour de multiples raisons\u00a0: l&rsquo;ouverture, la mondialisation, l&rsquo;irruption d&rsquo;une jeunesse dipl\u00f4m\u00e9 en d\u00e9sarroi, l&rsquo;impact des nouvelles technologies sur l&rsquo;information mais \u00e9galement sur la mobilisation des opinions. Les ressentiments \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;Occident prennent un tour pr\u00e9occupant. Il reste que, comme l&rsquo;avait d\u00e9j\u00e0 relev\u00e9 le Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement il y a pr\u00e8s de dix ans, il existe encore une exception arabe en termes de d\u00e9mocratie. M. Amr Moussa, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Ligue arabe, soulignait le 19 janvier, \u00e0 l&rsquo;occasion du sommet \u00e9conomique et social de cette organisation, que <i>\u00ab\u00a0les citoyens arabes sont dans un \u00e9tat sans pr\u00e9c\u00e9dent de col\u00e8re et de frustrations\u00a0\u00bb<\/i>. Il reste \u00e0 souhaiter que les gouvernements passent de la lucidit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;action.<\/span><\/p>\n<p><b><span>Source: \u201dLe Monde.fr\u201d Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"NO-BOK\">Lien: <\/span><span><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/01\/31\/quelles-lecons-peut-on-tirer-de-la-crise-tunisienne_1472920_3232.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span lang=\"NO-BOK\">http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/01\/31\/quelles-lecons-peut-on-tirer-de-la-crise-tunisienne_1472920_3232.html<\/span><\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<h4 align=\"center\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\">\u00ab\u00a0La Tunisie oscille entre rupture radicale et d\u00e9mocratie autoritaire\u00a0\u00bb<\/span><\/h4>\n<hr\/>\n<p><span lang=\"FR\">Comment se construit la transition d\u00e9mocratique en Tunisie\u00a0? Vincent Geisser, chercheur \u00e0 l\u2019Institut de recherches et d\u2019\u00e9tudes sur le monde arabe et musulman, analyse le r\u00f4le que jouent les diff\u00e9rents acteurs tunisiens \u2013 opposants politiques, anciens du r\u00e9gime de Ben Ali, parti \u00ab\u00a0islamiste\u00a0\u00bb, arm\u00e9e, police \u2013 ainsi que les puissances \u00e9trang\u00e8res. Il d\u00e9crit les sc\u00e9narios possibles de la consolidation d\u00e9mocratique dans les prochaines semaines. Entretien.<\/span><\/p>\n<p><strong><i><span lang=\"FR\">Basta\u00a0!<\/span><\/i><span lang=\"FR\">\u00a0: O\u00f9 en est la r\u00e9volution tunisienne\u00a0? Quelles sont les strat\u00e9gies des forces en pr\u00e9sence pour construire la \u00ab\u00a0transition d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Vincent Geisser<\/span><\/strong><span lang=\"FR\">\u00a0[<a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/article1401.html#nb1\" target=\"_blank\" title=\"Vincent Geisser est sociologue, chercheur au CNRS et \u00e0 l\u2019Institut de\u00a0(...)\" rel=\"noopener\">1<\/a>]\u00a0: Les \u00ab\u00a0d\u00e9mocrates\u00a0\u00bb tunisiens qui ont soutenu et accompagn\u00e9 la r\u00e9volution sont profond\u00e9ment divis\u00e9s sur le devenir du mouvement protestataire. Il y a ceux qui pensent qu\u2019il faut renforcer la d\u00e9mocratie naissante en mettant fin d\u00e9finitivement au processus contestataire. Ils sont partisans d\u2019une certaine normalisation s\u00e9curitaire, bas\u00e9e sur un compromis historique entre les \u00ab\u00a0colombes\u00a0\u00bb de l\u2019ancien r\u00e9gime, les opposants ind\u00e9pendants et les repr\u00e9sentants du syndicat unique UGTT (Union g\u00e9n\u00e9rale tunisienne du travail). Ils souhaitent consolider la transition d\u00e9mocratique, notamment en transigeant avec l\u2019arm\u00e9e et les parties les plus \u00ab\u00a0saines\u00a0\u00bb de l\u2019appareil s\u00e9curitaire, ainsi qu\u2019avec certains anciens caciques du r\u00e9gime r\u00e9put\u00e9s pour leur \u00ab\u00a0ouverture\u00a0\u00bb. C\u2019est la position d\u00e9fendue par N\u00e9jib Chebbi (Parti d\u00e9mocrate progressiste), ancien opposant \u00e0 Ben Ali et actuellement ministre du gouvernement de transition.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">D\u2019autres veulent \u00e9radiquer toute trace de l\u2019ancien r\u00e9gime et de l\u2019\u00c9tat-parti, et rejettent tout compromis. C\u2019est le cas des partisans de Moncef Marzouki (Congr\u00e8s pour la R\u00e9publique) et des membres du Parti des ouvriers communistes tunisiens (POCT). Et bien s\u00fbr des leaders du mouvement des \u00ab\u00a0dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs\u00a0\u00bb de l\u2019int\u00e9rieur du pays. Ces derniers souhaitent pousser jusqu\u2019au bout la \u00ab\u00a0r\u00e9volution d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb, afin de donner naissance \u00e0 un nouveau r\u00e9gime politique, \u00e9conomique et social. Ces deux camps n\u2019ont pas une r\u00e9elle diff\u00e9rence de culture politique, ils sont anim\u00e9s par des id\u00e9aux d\u00e9mocratiques. Ce qui les s\u00e9pare fondamentalement, c\u2019est la strat\u00e9gie de rupture et surtout l\u2019\u00ab\u00a0agenda d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Que reste-il de l\u2019ancien r\u00e9gime\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Il y a une certaine d\u00e9sillusion aujourd\u2019hui des acteurs protestataires, tout \u00e0 fait compr\u00e9hensible \u2013 je pense notamment aux jeunes \u00ab\u00a0dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs\u00a0\u00bb. Mais il n\u2019existe pas de risque objectif de retour \u00e0 l\u2019ancien r\u00e9gime ou de restauration du syst\u00e8me mafieux. Une rupture a bien eu lieu. Le dictateur est parti. C\u2019est un \u00e9l\u00e9ment primordial lorsque l\u2019on sait que tout en Tunisie tournait autour de lui, avec une personnalisation extr\u00eame du pouvoir. Les clans mafieux et affairistes \u2013 les familles Ben Ali, Trabelsi et autres \u2013 ont fui. Les segments les plus obscurs de l\u2019appareil s\u00e9curitaire ont \u00e9t\u00e9 largement d\u00e9mantel\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Si l\u2019on peut l\u00e9gitimement comprendre la d\u00e9ception des \u00ab\u00a0d\u00e9mocrates radicaux\u00a0\u00bb, comme Marzouki, Hammami, Nasraoui, et des dipl\u00f4m\u00e9s ch\u00f4meurs qui ont le sentiment que la r\u00e9volution leur est vol\u00e9e, l\u2019ancien r\u00e9gime est bien d\u00e9chu. Nous sommes dans une phase de transition. Mais cette transition peut aboutir \u00e0 un r\u00e9gime b\u00e2tard qui verrait un candidat ind\u00e9pendant acc\u00e9der au pouvoir pr\u00e9sidentiel, avec des \u00e9l\u00e9ments nouveaux mais aussi avec des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019ancien r\u00e9gime. Ce qui conduirait \u00e0 conforter une sorte de \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie autoritaire\u00a0\u00bb ou d\u2019\u00ab\u00a0autoritarisme d\u00e9mocratique\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Quel r\u00f4le l\u2019arm\u00e9e tunisienne a-t-elle jou\u00e9 dans la r\u00e9volution et quel r\u00f4le peut-elle jouer \u00e0 l\u2019avenir\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">L\u2019arm\u00e9e a eu ces derni\u00e8res semaines un r\u00f4le fondamental, en refusant d\u2019appuyer le plan de r\u00e9pression de Ben Ali. Elle a clairement rejet\u00e9 la politique jusqu\u2019au-boutiste de son chef supr\u00eame, et a jou\u00e9 plut\u00f4t un r\u00f4le protecteur des acteurs protestataires. La raison\u00a0? L\u2019arm\u00e9e n\u2019est pas li\u00e9e avec les int\u00e9r\u00eats mafieux et claniques du pouvoir. Contrairement \u00e0 l\u2019\u00c9gypte, la Syrie ou m\u00eame l\u2019Alg\u00e9rie, l\u2019arm\u00e9e en Tunisie n\u2019a pas d\u2019int\u00e9r\u00eat direct dans l\u2019industrie ou dans la gestion de la rente p\u00e9troli\u00e8re. C\u2019est une arm\u00e9e d\u2019environ 35.000 hommes, compos\u00e9e de salari\u00e9s, de fonctionnaires, de techniciens et d\u2019ing\u00e9nieurs.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Il ne faudrait pas pour autant en brosser un portrait romantique. L\u2019arm\u00e9e tunisienne a jou\u00e9 un r\u00f4le r\u00e9pressif en 1978 pour canaliser les mouvements sociaux, et en 1981 et en 1984 pour r\u00e9primer les \u00ab\u00a0r\u00e9voltes du pain\u00a0\u00bb. Cette fois, elle a refus\u00e9 ce r\u00f4le parce que les sources de l\u00e9gitimit\u00e9 du r\u00e9gime \u00e9taient \u00e9puis\u00e9es. Ben Ali \u00e9tait discr\u00e9dit\u00e9, la corruption \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Face \u00e0 cette impasse, l\u2019arm\u00e9e a bien compris que la seule solution \u00e9tait de remplacer le dictateur.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Cette r\u00e9action \u2013 que certains qualifieraient de \u00ab\u00a0r\u00e9publicaine\u00a0\u00bb \u2013 est avant tout dict\u00e9e par une analyse pragmatique\u00a0: les g\u00e9n\u00e9raux et les officiers sup\u00e9rieurs \u00e9tant convaincus qu\u2019une r\u00e9pression ne pouvait conduire qu\u2019au chaos et \u00e0 leur propre disparition. Vu la \u00ab\u00a0fluidit\u00e9 politique\u00a0\u00bb actuelle, l\u2019arm\u00e9e tunisienne peut jouer un r\u00f4le de plus en plus important dans le processus constitutionnel et dans la \u00ab\u00a0pacification\u00a0\u00bb sociale, en oscillant entre registre s\u00e9curitaire et registre de m\u00e9diation avec les forces vives du pays.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">\u00ab\u00a0L\u2019appareil s\u00e9curitaire\u00a0\u00bb tunisien est-il encore pr\u00e9sent et op\u00e9rationnel\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">La France compte 60 millions d\u2019habitants, la Tunisie 9 millions. Pourtant les deux pays ont quasiment le m\u00eame nombre de policiers\u00a0: 135.000. C\u2019est \u00e9norme\u00a0! La Tunisie est l\u2019un des pays qui comptent le plus de policiers par habitant. L\u2019appareil s\u00e9curitaire, \u00e0 travers le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, s\u2019est pleinement engag\u00e9 dans la r\u00e9pression. Une partie de la police a tir\u00e9 sur la foule \u00e0 balles r\u00e9elles. C\u2019est l\u2019appareil s\u00e9curitaire de Ben Ali qui est responsable des pr\u00e8s de 70 morts officiellement d\u00e9plor\u00e9s et des milliers de bless\u00e9s. Mais tout l\u2019appareil policier n\u2019est pas corrompu\u00a0: la partie \u00ab\u00a0pourrie\u00a0\u00bb, mafieuse, de l\u2019appareil s\u00e9curitaire a \u00e9t\u00e9 en grande partie d\u00e9mantel\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Il n\u2019y a plus \u00e0 craindre des secteurs du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur directement aux clans Ben Ali et Trabelsi. Ils sont actuellement en fuite. Je ne crois pas en un retour des \u00ab\u00a0vieux d\u00e9mons\u00a0\u00bb, m\u00eame si la future d\u00e9mocratie tunisienne peut conna\u00eetre des tendances s\u00e9curitaires comparables \u00e0 celles que nous observons actuellement en France avec Nicolas Sarkozy. C\u2019est en ce sens qu\u2019il y a un risque de voir \u00e9merger en Tunisie dans les prochains mois une \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie autoritaire\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Quel r\u00f4le peuvent jouer les \u00ab\u00a0islamistes\u00a0\u00bb dans le processus d\u00e9mocratique\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les \u00ab\u00a0islamistes\u00a0\u00bb tunisiens sont depuis longtemps int\u00e9gr\u00e9s aux \u00ab\u00a0forums d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb. Ce sont des \u00ab\u00a0int\u00e9gristes int\u00e9gr\u00e9s\u00a0\u00bb au d\u00e9bat d\u00e9mocratique, en exil. Ils participaient \u00e0 Paris, \u00e0 Londres, \u00e0 Marseille \u00e0 de nombreuses r\u00e9unions de l\u2019opposition, aux cot\u00e9s de la gauche, communiste, socialiste, voire anti-islamiste. De nombreux leaders de la gauche tunisienne \u00ab\u00a0la\u00efque\u00a0\u00bb ont fr\u00e9quemment rencontr\u00e9 les leaders \u00ab\u00a0islamistes\u00a0\u00bb. \u00c0 beaucoup d\u2019\u00e9gards, les \u00ab\u00a0int\u00e9gristes\u00a0\u00bb sont d\u00e9j\u00e0 int\u00e9gr\u00e9s au jeu politique tunisien.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Pour le parti Ennahdha (Renaissance) de Rached Ghannouchi, le mod\u00e8le n\u2019est pas l\u2019islamisme radical ou l\u2019islamisme salafiste de type saoudien, mais plut\u00f4t le parti AKP qui dirige actuellement la Turquie. Ce qui veut dire accepter le jeu parlementaire et pr\u00f4ner un lib\u00e9ralisme \u00e9conomique teint\u00e9 de social, et surtout un certain pragmatisme avec les autres d\u00e9mocrates. Il y a un immense mythe sur les \u00ab\u00a0islamistes\u00a0\u00bb de Tunisie. Le parti Ennahdha est plut\u00f4t un parti conservateur lib\u00e9ral, qui n\u2019est pas du tout dans une d\u00e9marche de cr\u00e9ation d\u2019\u00c9tat islamique ou de th\u00e9ocratie musulmane. Les \u00ab\u00a0islamistes classiques\u00a0\u00bb tunisiens ont le regard tourn\u00e9 vers Ankara, ils n\u2019ont rien de \u00ab\u00a0fascistes verts\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Comment r\u00e9agissent aujourd\u2019hui les pays occidentaux et les pays arabes voisins\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les \u00c9tats-Unis ont jou\u00e9 un r\u00f4le de premier ordre dans le d\u00e9part de Ben Ali. Le soutien du pr\u00e9sident Barack Obama au mouvement social, m\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 timide, a \u00e9t\u00e9 beaucoup plus net que celui de la France. Au-del\u00e0 de ce soutien symbolique, il semblerait que l\u2019administration Obama ait donn\u00e9 son appui \u00e0 l\u2019arm\u00e9e tunisienne et aux \u00ab\u00a0colombes\u00a0\u00bb du r\u00e9gime (Mohamed Ghannouchi, le Premier ministre et Kamel Morjane, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res) pour sacrifier Ben Ali. Il est clair que les \u00c9tats-Unis ont appuy\u00e9 le sc\u00e9nario de transition.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">En ce qui concerne les pays arabes, on peut vraiment craindre que certains r\u00e9gimes mettent tout en \u0153uvre pour faire capoter le processus d\u00e9mocratique tunisien. L\u2019Arabie saoudite, la Lybie, l\u2019Alg\u00e9rie n\u2019ont aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce qu\u2019une d\u00e9mocratie puisse na\u00eetre dans le monde arabe. Une \u00ab\u00a0coalition informelle\u00a0\u00bb des dictateurs arabes pourrait se constituer pour saboter et enrayer le processus d\u00e9mocratique tunisien.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">L\u2019appui des \u00c9tats-Unis, de l\u2019Union europ\u00e9enne et de la France aux d\u00e9mocrates tunisiens est primordial. Soit on joue la carte de la d\u00e9mocratie dans le monde arabe, soit, au contraire, on joue un r\u00f4le ambigu et on favorise le jeu pervers des wahhabites saoudiens, de la dictature m\u00e9galomane de Kadhafi et du r\u00e9gime des g\u00e9n\u00e9raux alg\u00e9riens. Dans ce cas, il ne faudra pas se plaindre de la progression de l\u2019id\u00e9ologie salafiste jihadiste\u00a0!<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Comment la France a-t-elle pu faire de telles erreurs d\u2019analyse sur la situation tunisienne\u00a0? <\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">La position officielle de la France n\u2019\u00e9tait pas fond\u00e9e sur une erreur d\u2019analyse, mais sur une logique politique de soutien total et aveugle au r\u00e9gime de Ben Ali. Interpr\u00e9ter les d\u00e9clarations de Mich\u00e8le Alliot-Marie comme une faute politique est erron\u00e9. Ce n\u2019est pas une faute politique, c\u2019est une faute <i>de<\/i> politique. La France a toujours soutenu les r\u00e9gimes autoritaires. Elle consid\u00e8re que l\u2019on ne fait de diplomatie que dans les relations d\u2019\u00c9tat \u00e0 \u00c9tat et que les soci\u00e9t\u00e9s civiles importent peu.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les \u00c9tats-Unis ont \u00e0 la fois soutenu Ben Ali et d\u00e9velopp\u00e9 des relations concr\u00e8tes avec les syndicats et l\u2019ensemble des dissidents du r\u00e9gime. Au contraire, la France a toujours interdit \u00e0 sa diplomatie d\u2019avoir le moindre contact avec tout ce qui pouvait nuire \u00e0 la qualit\u00e9 de ses relations avec Ben Ali. Cet aveuglement constitue la logique de la politique fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019\u00e9gard du monde arabe\u00a0: \u00ab\u00a0<i>On soutient les dictateurs contre les risques de d\u00e9stabilisation\u00a0!<\/i>\u00a0\u00bb Il semble que la France a compris un certain nombre de ses erreurs. On peut esp\u00e9rer qu\u2019elle r\u00e9oriente sa politique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la Tunisie en appuyant ouvertement le processus d\u00e9mocratique.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Quels sont les possibles sc\u00e9narios dans les semaines et mois \u00e0 venir\u00a0?<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">La Tunisie a le choix entre deux options. Soit une consolidation d\u00e9mocratique autoritaire qui conduirait le pays jusqu\u2019\u00e0 des \u00e9lections, avec une coalition large autour d\u2019un opposant ind\u00e9pendant tel que Nejib Chebbi (PDP), avec certains \u00e9l\u00e9ments de l\u2019ancien r\u00e9gime et des \u00e9l\u00e9ments de la gauche syndicale. Dans cette hypoth\u00e8se, les \u00e9lections seront certes \u00ab\u00a0d\u00e9mocratiques\u00a0\u00bb (du moins en apparence), mais le sc\u00e9nario sera au pr\u00e9alable \u00ab\u00a0programm\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: le candidat du pouvoir disposera notamment de moyens sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux de ses adversaires. Ce sc\u00e9nario de \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie contr\u00f4l\u00e9e\u00a0\u00bb a pour but de pr\u00e9server les int\u00e9r\u00eats occidentaux et de poursuivre l\u2019insertion de la Tunisie dans \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie-monde\u00a0\u00bb, dans la voie trac\u00e9e par la Banque mondiale et le FMI. Un sc\u00e9nario o\u00f9 le candidat serait une sorte de \u00ab\u00a0Ouattara tunisien\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Autre hypoth\u00e8se\u00a0: la pression de la rue se poursuit, voire s\u2019accentue et pousse le gouvernement \u00e0 d\u00e9missionner ou \u00e0 aller beaucoup plus loin, avec la dissolution du parti de Ben Ali (RCD), l\u2019instauration d\u2019un v\u00e9ritable processus constitutionnel avec l\u2019\u00e9lection d\u2019une assembl\u00e9e constituante. D\u00e9mocratie totale ou semi-d\u00e9mocratie\u00a0? Rupture radicale avec l\u2019ancien r\u00e9gime ou consolidation autoritaro-d\u00e9mocratique\u00a0? C\u2019est en ces termes que je poserais l\u2019avenir politique de la Tunisie. Un avenir, qui, dans tous les cas, se fera sans Ben Ali.<\/span><\/p>\n<p><b><span>Source: \u201cbatsmag\u201d Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"NO-BOK\">Lien: <\/span><span><a href=\"http:\/\/www.bastamag.net\/article1401.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span lang=\"NO-BOK\">http:\/\/www.bastamag.net\/article1401.html<\/span><\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"><span><b><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.challenges.fr\/actualites\/monde\/20110131.CHA2675\/tunisie__la_suisse_exemplaire_dans_la_traque_antiben_al.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span>Tunisie : la Suisse exemplaire dans la traque anti-Ben Ali<\/span><\/a><\/span><\/b><\/span><b><span lang=\"NO-BOK\"><\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">En France, la ministre de l&rsquo;Economie a bien annonc\u00e9 d\u00e8s le 16 janvier une surveillance des comptes. Mais de gel point. <\/span><\/p>\n<p><span>C&rsquo;EST\u00a0un comble. Alors que la France n&rsquo;a toujours pas gel\u00e9 les avoirs du clan Ben Ali, un paradis fiscal appara\u00eet exemplaire: la Suisse. Cinq jours apr\u00e8s la chute du pr\u00e9sident tunisien, le 19 janvier, la Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique a en effet \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 bloquer les fonds de l&rsquo;ex-pr\u00e9sident tunisien, suite \u00e0 une plainte de l&rsquo;Association des Tunisiens de Suisse. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Elle a \u00e9galement publi\u00e9 une liste noire des proches de Ben Ali.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">En France, la ministre de l&rsquo;Economie a bien annonc\u00e9 d\u00e8s le 16 janvier une surveillance des comptes. Mais de gel point. Les ONG Sherpa, Transparency International (TI) et la Commission arabe des droits humains ont alors d\u00e9pos\u00e9 plainte, notamment pour d\u00e9tournement de fonds publics et blanchiment.<\/span><span>Du coup, le parquet de Paris a ouvert une enqu\u00eate pr\u00e9liminaire le 24 janvier. Mais de gel toujours pas. \u00ab\u00a0Le gouvernement aurait d\u00fb demander tout de suite au procureur de la R\u00e9publique d&rsquo;engager une action judiciaire, cela aurait \u00e9t\u00e9 plus rapide\u00a0\u00bb, estime Daniel Leb\u00e8gue, pr\u00e9sident de Transparency International France, inquiet de voir des comptes se vider \u00ab\u00a0en deux temps trois mouvements \u00ab\u00a0.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">A partir d&rsquo;articles de presse et d&rsquo;enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es par des Tunisiens, les ONG \u00e9valuent la fortune de Ben Ali et de son premier cercle \u00e0 5 milliards de dollars et m\u00eame \u00e0 10 milliards en \u00e9largissant le cercle. Appartements parisiens, \u00e9curie de chevaux de courses, soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;import-export, avoirs en Suisse et en France, mais aussi \u00e0 Malte, au Qatar, au Canada, for\u00eats et terres en Argentine&#8230;: Sherpa et TI ont communiqu\u00e9 au parquet une note de six pages recensant les biens de la famille. Reste \u00e0 d\u00e9terminer le patrimoine li\u00e9 \u00e0 la corruption.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">La proc\u00e9dure aboutira-t-elle?\u00a0\u00ab\u00a0Quand il s&rsquo;agit de restituer l&rsquo;argent d\u00e9tourn\u00e9 par des kleptocrates, la France est \u00e0 la tra\u00eene,\u00a0constate Maud Perdriel-Vaissi\u00e8re, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de Sherpa.\u00a0<\/span><span>En revanche, la Suisse, qui h\u00e9berge beaucoup d&rsquo;avoirs, est le pays qui restitue le plus d&rsquo;argent. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Sur les 4,4 milliards de dollars rendus ces derni\u00e8res ann\u00e9es, 1,8 milliard de dollars viennent de la Suisse.\u00a0\u00bb La France se contente d&rsquo;un yacht de Saddam Hussein rendu \u00e0 l&rsquo;Irak. Mais dans le cas de la Tunisie, Maud Perdriel-Vaissi\u00e8re est optimiste: \u00ab\u00a0il ne devrait pas y avoir de blocage politique fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u00a0<\/span><span>Car tout le monde semble coop\u00e9ratif: la Tunisie, l&rsquo;Union europ\u00e9enne, et le pouvoir fran\u00e7ais.<\/span><\/p>\n<p><b><span>Source: \u201cChalenges.fr\u201d Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"NO-BOK\">Lien:<\/span><\/b><span lang=\"NO-BOK\"><\/span><b><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.challenges.fr\/actualites\/afrique\/20110131.CHA2675\/tunisie__la_suisse_exemplaire_dans_la_traque_antiben_al.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.challenges.fr\/actualites\/afrique\/20110131.CHA2675\/tunisie__la_suisse_exemplaire_dans_la_traque_antiben_al.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\">Tunisie: d&rsquo;o\u00f9 vient le mouvement Ennahda?<\/span><span lang=\"FR\"><\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le leader du mouvement islamiste, Rached Ghannouchi, est rentr\u00e9 ce dimanche en Tunisie, Retour sur la formation de son parti, Ennahda, ses ann\u00e9es d&rsquo;exil et son poids actuel dans l&rsquo;opinion tunisienne.<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">De tous les mouvements islamistes maghr\u00e9bins,<a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/actualite\/monde\/afrique\/ce-que-l-islamisme-represente-en-tunisie_953649.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l&rsquo;islam politique tunisien<\/a> est celui qui a fait la place la plus large au d\u00e9bat th\u00e9orique et politique. Il est n\u00e9 au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 1970 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la gauche occupait l&rsquo;essentiel de l&rsquo;espace politico-culturel.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Apr\u00e8s des \u00e9tudes au Caire, \u00e0 Damas et \u00e0 Paris,<a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/actualite\/monde\/afrique\/rached-ghannouchi-pour-quoi-je-suis-islamiste_605310.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Rached Ghannouchi<\/a>, qui s&rsquo;est converti aux th\u00e8ses des Fr\u00e8res Musulmans lors de son s\u00e9jour en Egypte, rentre au pays en 1969. Professeur de philosophie dans un lyc\u00e9e, il dirige parall\u00e8lement la revue <i>Al-Ma&rsquo;arifa<\/i> et prend la parole dans les mosqu\u00e9es. Ses pr\u00eaches sont de plus en plus suivis par les jeunes. De son c\u00f4t\u00e9, Abdel Fattah Mourou, \u00e9tudiant en th\u00e9ologie et en droit \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Tunis, anime de petits cercles de r\u00e9flexion. \u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les deux hommes fondent d&rsquo;abord une \u00ab\u00a0Association pour la sauvegarde du Coran\u00a0\u00bb, inspir\u00e9e du mouvement des Fr\u00e8res musulmans, puis un parti politique, le Mouvement de la tendance islamique (MTI) qui prendra en 1989 le nom d&rsquo;Ennadah. Celui-ci acquiert rapidement une large audience. \u00ab\u00a0Notre opposition \u00e9tait aussi radicale que celle des marxistes, comme eux nous parlions de justice sociale, mais en plus notre discours \u00e9tait identitaire. Nous avions la cl\u00e9 du succ\u00e8s\u00a0\u00bb, commentait quelques ann\u00e9es plus tard Habib Mokni, un militant d&rsquo;Ennadah exil\u00e9 en Europe.\u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le MTI d\u00e9veloppe une importante activit\u00e9 sociale. Il cr\u00e9e des comit\u00e9s de quartier, des associations de bienfaisance&#8230;. Tr\u00e8s t\u00f4t aussi il opte pour une approche l\u00e9galiste en revendiquant son insertion dans le d\u00e9bat politique. Le pr\u00e9sident Habib Bourguiba lui oppose une fin de non recevoir. En 1987, il exige m\u00eame la condamnation \u00e0 mort de Ghannouchi. Son ex\u00e9cution, dans l&rsquo;atmosph\u00e8re de fin de r\u00e8gne que conna\u00eet alors la Tunisie, mettrait le feu aux poudres. C&rsquo;est alors que le Premier ministre Zine el-Abidine invente le \u00ab\u00a0coup d&rsquo;\u00e9tat m\u00e9dical\u00a0\u00bb et destitue le vieux pr\u00e9sident. \u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Il n&rsquo;y a pas de place en Tunisie pour un parti religieux\u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les islamistes applaudissent, comme tout les autres. D&rsquo;autant que nouveau chef de l&rsquo;Etat multiplie les gages donn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;islam officiel: il se rend \u00e0 la Mecque, la t\u00e9l\u00e9vision diffuse les appels \u00e0 la pri\u00e8re&#8230; En m\u00eame temps un dialogue s&rsquo;amorce. Pour les \u00e9lections l\u00e9gislatives d&rsquo;avril 1989 les islamistes sont autoris\u00e9s \u00e0 se pr\u00e9senter sur des listes \u00ab\u00a0ind\u00e9pendantes\u00a0\u00bb. Ces listes \u00ab\u00a0violettes\u00a0\u00bb &#8211; c&rsquo;\u00e9tait la couleur qui leur avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es- sont officiellement cr\u00e9dit\u00e9es de 13% des voix- elles auraient en r\u00e9alit\u00e9 rassembl\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s 30% des suffrages. Peu apr\u00e8s, s&rsquo;ouvre une seconde phase, celle de la r\u00e9pression.\u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le pouvoir a pris peur. \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a pas de place en Tunisie pour un parti religieux\u00a0\u00bb clame, en novembre 1989 le pr\u00e9sident Ben Ali. La guerre du Golfe va radicaliser un peu plus les positions. Les islamistes tentent de l&rsquo;utiliser pour occuper la rue. Au moment o\u00f9, en Irak, Saddam Hussein perd la guerre, Ben Ali passe \u00e0 l&rsquo;offensive. A parti du printemps 1991 les rafles se multiplient. Des centaines de suspects sont emprisonn\u00e9s. La plupart des dirigeants du mouvement choisissent alors l&rsquo;exil, dont Ghannouchi qui s&rsquo;installe \u00e0 Londres. Condamn\u00e9 par contumace \u00e0 la prison \u00e0 vie le 30 ao\u00fbt 1992, il y obtient l&rsquo;asile politique l&rsquo;ann\u00e9e suivante. \u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Survivre en exil<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le mouvement Ennahda dispara\u00eet alors de la sc\u00e8ne politique tunisienne, tout en s&rsquo;effor\u00e7ant de survivre en exil. Au cours des ann\u00e9es qui suivent, se pose une question r\u00e9currente au sein de l&rsquo;opposition de gauche et du secteur associatif: faut-il associer les islamistes \u00e0 la lutte commune contre le r\u00e9gime despotique de Ben Ali? Les plus la\u00efcs s&rsquo;y refusent. D&rsquo;autres consid\u00e8rent au contraire qu&rsquo;ils ne peuvent \u00eatre exclus. \u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le d\u00e9bat est relanc\u00e9 en 1990 lorsque Moncef Marzouki, le porte parole du Conseil national pour les libert\u00e9s en Tunisie (CNLT) et l&rsquo;une des principales figures de la dissidence en exil, se rend \u00e0 Londres pour y rencontrer<a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/actualite\/monde\/afrique\/rached-ghannouchi-il-faut-une-nouvelle-constitution-en-tunisie_957019.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Rached Ghannouchi<\/a>. Puis, en 2005, plusieurs partis d&rsquo;opposition, dont Ennahda, ainsi que des personnalit\u00e9s ind\u00e9pendantes se regroupent dans le \u00ab\u00a0collectif du 18 octobre pour les droits et les libert\u00e9s\u00a0\u00bb. Ils d\u00e9cident de militer ensemble pour l&rsquo;av\u00e8nement de la d\u00e9mocratie en Tunisie et s&rsquo;accordent aussi sur quelques grands principes communs, y compris le respect de \u00ab\u00a0acquis de la Tunisie\u00a0\u00bb dans le domaine des droits des femmes.\u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les d\u00e9mocrates tunisiens, toutes tendances confondues, sont aujourd&rsquo;hui d&rsquo;accord pour que le mouvement Ennahda puisse participer comme tous les autres partis, \u00e0 la vie politique du pays. Ce dernier, soucieux de rassurer \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur comme \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, a toutefois annonc\u00e9 qu&rsquo;il ne pr\u00e9senterait pas de candidat \u00e0 la prochaine \u00e9lection pr\u00e9sidentielle. \u00a0 <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Reste \u00e0 savoir quelle est son audience dans la Tunisie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. La r\u00e9-islamisation de la soci\u00e9t\u00e9, r\u00e9elle depuis quelques ann\u00e9es, s&rsquo;est surtout fait via le discours salafiste diffus\u00e9 par les cha\u00eenes satellitaires du Golfe.<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019express\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/actualite\/monde\/afrique\/tunisie-d-ou-vient-le-mouvement-ennahda_956647.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.lexpress.fr\/actualite\/monde\/afrique\/tunisie-d-ou-vient-le-mouvement-ennahda_956647.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"NO-BOK\">Tunisie : de retour d&rsquo;exil, l&rsquo;islamiste Ghannouchi ne sera pas candidat<\/span><\/b><span lang=\"FR\"><\/span><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span>Apr\u00e8s\u00a0vingt ans d&rsquo;exil, l&rsquo;opposant islamiste tunisien <\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.leparisien.fr\/flash-actualite-monde\/rached-ghannouchi-le-visage-de-l-islamisme-tunisien-rentre-au-pays-30-01-2011-1277385.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span lang=\"EN-US\">Rached Ghannouchi a fait son retour en Tunisie ce dimanche midi<\/span><\/a><\/span><span>. Accueilli \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport de Tunis par des milliers de partisans\u00a0qui chantaient l&rsquo;hymne national, le fondateur du parti islamiste tunisien Ennahda a lanc\u00e9 \u00e0 la foule \u201dAllah Akbar\u201d Puis il a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 par une vague de militants, alors que\u00a0quelques d\u00e9fenseurs de la la\u00efcit\u00e9 s&rsquo;\u00e9taient rassembl\u00e9s\u00a0pour exprimer\u00a0leurs inqui\u00e9tudes face\u00a0au retour de \u00abl&rsquo;obscurantisme\u00bb.   Un peu plus tard ce dimanche, Rached Ghannouchi,\u00a0\u00e2g\u00e9 de 69 ans,\u00a0a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il ne serait pas candidat \u00e0 la premi\u00e8re \u00e9lection pr\u00e9sidentielle de <\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.leparisien.fr\/international\/l-ex-president-ben-ali-s-est-refugie-en-arabie-saoudite-15-01-2011-1228581.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span lang=\"EN-US\">la Tunisie de l&rsquo;apr\u00e8s Ben Ali<\/span><\/a><\/span><span>, l&rsquo;ex-pr\u00e9sident qui avait lamin\u00e9 son movement<u> <\/u>Lors de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, \u00abil n&rsquo;y aura aucun (candidat) membre d&rsquo;Ennahda\u00bb, a-t-il assur\u00e9 \u00e0 l&rsquo;AFP, restant cependant vague quant \u00e0 une participation d&rsquo;Ennahda aux l\u00e9gislatives, qui doivent th\u00e9oriquement \u00eatre organis\u00e9es, comme la pr\u00e9sidentielle, dans un d\u00e9lai d&rsquo;environ six mois. \u00abApr\u00e8s 20 ans d&rsquo;absence, mon parti n&rsquo;est pas pr\u00eat \u00e0 jouer un r\u00f4le sur la sc\u00e8ne politique, la priorit\u00e9 est de reconstruire Ennahda\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9.\u00a0  <b>Message d&rsquo;ouverture au\u00a0gouvernement de transition <\/b> Rached Ghannouchi a \u00e9galement adress\u00e9 un message d&rsquo;ouverture au <\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.leparisien.fr\/crise-tunisie\/tunisie-ghannouchi-reste-a-la-tete-du-nouveau-gouvernement-de-transition-27-01-2011-1245895.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span lang=\"EN-US\">gouvernement de transition<\/span><\/a><\/span><span>, n&rsquo;excluant pas d&rsquo;y participer. \u00abSi nous sentons que le gouvernement satisfait les attentes de ceux qui ont pris part \u00e0 cette r\u00e9volution, alors pourquoi pas?\u00bb, a-t-il comment\u00e9.  Dans les jours \u00e0 venir, le gouvernement de transition doit justement r\u00e9pondre \u00e0 une demande de l\u00e9galisation d&rsquo;Ennahda. Ce parti, inspir\u00e9 par les Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens, avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9prim\u00e9 apr\u00e8s les \u00e9lections de 1989, o\u00f9 la liste qu&rsquo;il soutenait avait recueilli au moins 17 % des suffrages. Dans les ann\u00e9es 90, quelque 30 000 de ses\u00a0membres ou sympathisants suppos\u00e9s\u00a0avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, et des centaines d&rsquo;autres avaient \u00e9t\u00e9 contraints \u00e0 l&rsquo;exil.\u00a0  <b>\u00abLa charia n&rsquo;a pas sa place en Tunisie\u00bb <\/b> Alors qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0\u00a0Londres,\u00a0Rached Ghannouchi\u00a0avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par contumace en 1992 \u00e0 la prison \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 avec d&rsquo;autres responsables religieux, pour un complot contre le pr\u00e9sident.\u00a0  Aujourd&rsquo;hui, il\u00a0dit aujourd&rsquo;hui repr\u00e9senter un islam mod\u00e9r\u00e9 proche de l&rsquo;AKP turc. Dimanche matin,\u00a0depuis Londres, il s&rsquo;est voulu rassurant\u00a0: \u00abla charia (la loi islamique) n&rsquo;a pas sa place en Tunisie\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, ajoutant\u00a0que \u00abla peur est uniquement bas\u00e9e sur l&rsquo;ignorance\u00bb,\u00a0qu&rsquo;il impute \u00e0 la politique de diabolisation de son mouvement par Ben Ali.<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Le Parisien\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/www.leparisien.fr\/crise-tunisie\/tunisie-de-retour-d-exil-l-islamiste-ghannouchi-ne-sera-pas-candidat-30-01-2011-1276160.php\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.leparisien.fr\/crise-tunisie\/tunisie-de-retour-d-exil-l-islamiste-ghannouchi-ne-sera-pas-candidat-30-01-2011-1276160.php<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<h4 align=\"center\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\">France\/Tunisie\u00a0: la nouvelle donne<\/span><\/h4>\n<hr\/>\n<p><span lang=\"FR\">La Tunisie s\u2019inscrit d\u00e9sormais dans un processus de d\u00e9mocratisation, dont la forme et la force rev\u00eatent un caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire. Par un acte de souverainet\u00e9, son peuple a d\u00e9cid\u00e9 de reprendre son destin en main et de rompre le contrat social qui le liait au r\u00e9gime Benaliste. L\u2019\u00e9v\u00e8nement marque le d\u00e9but d\u2019une nouvelle page de l\u2019histoire du pays. Il ouvre aussi des perspectives nouvelles pour les peuples de la r\u00e9gion. L\u2019autoritarisme qui caract\u00e9rise les r\u00e9gimes arabes est affect\u00e9 par la puissance de l\u2019onde de choc de cette r\u00e9volution populaire, qui renforce un peu plus la d\u00e9fiance des citoyens \u00e0 l\u2019encontre de leurs gouvernants.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">La nouvelle donne tunisienne bouscule les grilles d\u2019analyse et autres paradigmes sur lesquels \u00e9tait fond\u00e9e la perception fran\u00e7aise du monde arabe en g\u00e9n\u00e9ral et du Maghreb en particulier. La France n\u2019a pas su &#8211; voulu\u00a0? &#8211; saisir cette acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019Histoire. Elle n\u2019est pas la seule, loin s\u2019en faut. Reste que l\u2019autisme et l\u2019attentisme de l\u2019Elys\u00e9e conjugu\u00e9s aux maladresses de Mich\u00e8le Alliot-Marie ont suscit\u00e9 un malaise profond. Une alternative au syst\u00e8me Ben Ali semblait comme inconcevable pour la diplomatie fran\u00e7aise. Le silence de l\u2019ancienne puissance coloniale relevait plus du soutien tacite \u00e0 l\u2019ancien r\u00e9gime que d\u2019une neutralit\u00e9 bienveillante pour le peuple tunisien, ce \u00ab\u00a0peuple fr\u00e8re\u00a0\u00bb &#8211; selon l\u2019expression de Nicolas Sarkozy &#8211; qui semblait condamn\u00e9 \u00e0 l\u2019horizon ind\u00e9passable du \u00ab\u00a0Benalisme\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\">Un probl\u00e8me de cr\u00e9dibilit\u00e9<\/span><\/h4>\n<p><span lang=\"FR\">Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a pr\u00e9cis\u00e9 lors de la conf\u00e9rence de presses organis\u00e9e le 24 janvier que les autorit\u00e9s fran\u00e7aises n\u2019avaient \u00ab\u00a0pas pris la juste mesure\u00a0\u00bb de la \u00ab\u00a0d\u00e9sesp\u00e9rance\u00a0\u00bb du peuple tunisien. Le probl\u00e8me serait donc d\u2019ordre cognitif et analytique. Ce type d\u2019argument n\u2019est pas convaincant. En t\u00e9moignent les r\u00e9centes d\u00e9clarations de Yves Aubin de la Messuzi\u00e8re, l\u2019ancien ambassadeur de France en Tunisie (2002-2005), qui montrent que l\u2019ex\u00e9cutif fran\u00e7ais \u00e9tait bel et bien inform\u00e9 du caract\u00e8re corrompu et mafieux du r\u00e9gime. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est moins la capacit\u00e9 d\u2019analyse du Quai d\u2019Orsay qui est en cause que les options strat\u00e9giques de la diplomatie fran\u00e7aise. Ces choix teint\u00e9s d\u2019un cynisme certain sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019une politique jusqu\u2019auboutiste de soutien au r\u00e9gime.  Toujours pour justifier ses errements diplomatiques, Nicolas Sarkozy a consid\u00e9r\u00e9 que \u00ab\u00a0<i>le Pr\u00e9sident de la France doit tenir compte du poids de l\u2019Histoire dans ces pays. La puissance coloniale est toujours ill\u00e9gitime \u00e0 prononcer un jugement sur un pays. Je revendique une certaine r\u00e9serve lorsqu\u2019il s\u2019agit de commenter les \u00e9v\u00e9nements dans des pays qui ont \u00e9t\u00e9 la France et qui ne le sont plus. Je refuse que la France soit assimil\u00e9e \u00e0 un pays qui a gard\u00e9 des r\u00e9flexes coloniaux<\/i>\u00a0\u00bb. Ce second argument ne tient pas non plus, \u00e0 moins d\u2019admettre l\u2019incoh\u00e9rence et la contradiction comme lignes de conduite. En effet, la grille de lecture propos\u00e9e par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique ne se v\u00e9rifie nullement dans le cas de la C\u00f4te d\u2019Ivoire\u00a0: chef d\u2019Etat de l\u2019ancienne puissance coloniale, Nicolas Sarkozy n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 manifester sa pr\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019un des candidats \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, avant d\u2019exprimer &#8211; avec v\u00e9h\u00e9mence &#8211; sa volont\u00e9 de voir Laurent Gbagbo quitter le pouvoir. Un acte patent d\u2019ing\u00e9rence et en contradiction avec l\u2019argumentation d\u00e9velopp\u00e9e pour justifier son silence dans le cas de la Tunisie. <\/span><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\">La concurrence franco-am\u00e9ricaine<\/span><\/h4>\n<p><span lang=\"FR\">En soi, le nouveau r\u00e9gime qui va \u00e9merger de la \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb tunisienne sera accompagn\u00e9 d\u2019une reconstruction des rapports entre les deux Etats. Au sein de ces relations bilat\u00e9rales, la politique tunisienne de la France qui reposait par trop sur des slogans &#8211; comme le fameux \u00ab\u00a0miracle tunisien\u00a0\u00bb &#8211; et sur un argument fallacieux\u00a0: le r\u00e9gime de Ben Ali est l\u2019unique rempart \u00e0 l\u2019islamisme. La d\u00e9construction de ce type de discours est le prix \u00e0 payer pour reconstruire le lien privil\u00e9gi\u00e9 avec ce \u00ab\u00a0peuple fr\u00e8re\u00a0\u00bb. D\u2019autant que la voix de la France est plus que jamais concurrenc\u00e9e par celle des Etats-Unis.  Outre le r\u00f4le qu\u2019auraient jou\u00e9 les Etats-Unis dans le d\u00e9part de Ben Ali, le pr\u00e9sident Obama a profit\u00e9 du discours annuel sur l\u2019\u00e9tat de l\u2019Union pour saluer le peuple tunisien, dont \u00ab\u00a0<i>la volont\u00e9 (\u2026) s\u2019est av\u00e9r\u00e9e plus forte que l\u2019\u00e9treinte d\u2019un dictateur<\/i>\u00a0\u00bb. Il est vrai qu\u2019il trouve dans la r\u00e9volution tunisienne un point d\u2019appui \u00e0 son discours d\u2019ouverture au monde musulman. En ce sens, le pr\u00e9c\u00e9dent tunisien aura sans nul doute un \u00e9cho lors de la prochaine campagne pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine, au moment o\u00f9 Obama aura \u00e0 d\u00e9fendre le bilan de sa politique \u00e9trang\u00e8re. D\u00e8s le 24 janvier, le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat adjoint charg\u00e9 des affaires du Proche-Orient, M.\u00a0Jeffrey Feltman, est arriv\u00e9 en Tunisie pour des entretiens avec des responsables du gouvernement de transition, des dirigeants politiques et des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Cette visite visait \u00e0 \u00ab\u00a0<i>transmettre le soutien des \u00c9tats-Unis au peuple tunisien<\/i>\u00a0\u00bb ainsi qu\u2019\u00e0 faire le point de la transition pour d\u00e9terminer la mani\u00e8re dont les \u00c9tats-Unis peuvent se rendre utiles. Ce dernier a dit que le gouvernement Obama pourrait ainsi apporter son aide \u00e0 la transition d\u00e9mocratique, \u00e0 travers notamment son expertise en mati\u00e8re d\u2019ing\u00e9nierie \u00e9lectorale en vue de la pr\u00e9paration des \u00e9lections \u00e0 venir. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Principal partenaire commercial de la Tunisie, la France tente de r\u00e9agir pour pr\u00e9server ses int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques et ses rapports privil\u00e9gi\u00e9s avec son ex-protectorat. Par quels moyens\u00a0? Le pr\u00e9sident Sarkozy s\u2019est ainsi engag\u00e9 \u00e0 \u00eatre en premi\u00e8re ligne dans la d\u00e9fense de la candidature de la Tunisie en vue d\u2019acc\u00e9der au rang de partenaire avanc\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne. La Tunisie et l\u2019Union europ\u00e9enne (UE), d\u00e9j\u00e0 li\u00e9es par un accord d\u2019association, ont lanc\u00e9 en mai 2010 des n\u00e9gociations en vue d\u2019un renforcement de leurs relations, dans la perspective d\u2019un \u00ab\u00a0statut avanc\u00e9\u00a0\u00bb qui serait accord\u00e9 par l\u2019UE. La reconnaissance d\u2019un tel statut &#8211; dont le Maroc b\u00e9n\u00e9ficie actuellement &#8211; permettrait d\u2019intensifier le dialogue politique et les relations commerciales entre Bruxelles et Tunis afin de favoriser l\u2019emploi, la bonne gouvernance \u00e9conomique et la modernisation de la justice.  La volont\u00e9 de la France de reconstruire ces rapports bilat\u00e9raux sur des bases partiellement renouvel\u00e9es est symbolis\u00e9e par la nomination d\u2019un nouvel ambassadeur de France en Tunisie\u00a0: Boris Boillon, ancien conseiller du Pr\u00e9sident Nicolas Sarkozy et ambassadeur \u00e0 Bagdad depuis mai 2009. Cet homme de confiance du chef de l\u2019Etat aura pour mission de r\u00e9organiser l\u2019ambassade de France, de conforter les rapports strat\u00e9giques et commerciaux entre les deux Etats et d\u2019\u00e9tablir un lien privil\u00e9gi\u00e9 avec la future \u00e9quipe dirigeante. Celle-ci fera-t-elle payer l\u2019attitude de la France durant la r\u00e9volution populaire \u00e0 l\u2019origine de son accession au pouvoir\u00a0? Si toute \u00ab\u00a0glaciation\u00a0\u00bb des rapports avec la France ne serait pas dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019Etat tunisien, le peuple risque pour sa part de garder encore longtemps \u00e0 l\u2019esprit le silence tenu par l\u2019ancienne puissance coloniale. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Enfin, la reconfiguration des rapports entre les deux bords de la M\u00e9diterran\u00e9en est de nature \u00e0 relancer ou au contraire \u00e0 freiner &#8211; un peu plus &#8211; l\u2019Union pour la M\u00e9diterran\u00e9en. En ce sens, l\u2019avenir de ce projet politique est d\u00e9sormais li\u00e9 \u00e0 la destin\u00e9e de la R\u00e9volution tunisienne<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Affaires strategiques\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/www.affaires-strategiques.info\/spip.php?article4568\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.affaires-strategiques.info\/spip.php?article4568<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\">Quand la R\u00e9volution tunisienne se fait sentir aux Etats-Unis <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\"> <\/span><\/b><span lang=\"FR\">Durant la semaine du 13 janvier, toutes les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision, les sites Internet ou les premi\u00e8res pages des journaux ne parlaient que de la Tunisie et de sa R\u00e9volution au parfum de Jasmin. Le \u00ab non \u00bb populaire tunisien a d\u00e9fi\u00e9 l\u2019Histoire notamment par l\u2019absence (apparente ?) d\u2019autre id\u00e9ologie motrice que la volont\u00e9 in\u00e9branlable d\u2019une vie meilleure et plus libre. De quoi donner quelques cheveux blancs \u00e0 ce bon vieux Marx qui ne pouvait envisager une r\u00e9volution sans le r\u00f4le dirigeant d\u2019une id\u00e9ologie politique particuli\u00e8re\u2026 et sans l\u2019implication d\u00e9cisive d\u2019un guide \u00ab illumin\u00e9 \u00bb. Mais c\u2019est justement du guide que le peuple en a eu marre. Et c\u2019est cela qu\u2019on retiendra de ce mouvement de libert\u00e9 dont on a entendu les \u00e9chos\u2026 jusqu\u2019en Am\u00e9rique. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">Entre inqui\u00e9tude et espoir A commencer, bien s\u00fbr, par la communaut\u00e9 tunisienne\u2026 et par l\u2019inqui\u00e9tude pour la famille, rest\u00e9e au pays. <\/span><span>\u00ab J\u2019ai suivi les \u00e9v\u00e9nements avec beaucoup d\u2019inqui\u00e9tude et de peur pour mes proches, nous a dit Kaouther Ajroud, ancienne de la Facult\u00e9 des Sciences de Tunis, travaillant actuellement \u00e0 Chicago. Internet et les appels t\u00e9l\u00e9phoniques par Skype \u00e9taient mes principales sources d\u2019information. Sur Facebook, les mises \u00e0 jour des messages presque instantan\u00e9es nous ont permis de suivre heure par heure les \u00e9v\u00e9nements. Sachant qu\u2019au m\u00eame moment alors que nous sommes ici aux Etats-Unis, il y a des personnes innocentes, manifestant sans violence, qui sont en train de se faire tuer froidement me faisait mal au c\u0153ur. Lorsque les pillages et les incendies ont commenc\u00e9, c`est devenu insupportable de savoir que nos proches n\u2019\u00e9taient pas \u00e0 l\u2019abri. Selon Senda Ajroud, neurologue au centre hospitalo-universitaire de Northwestern University \u00e0 Chicago, \u00ab la r\u00e9volution a mis \u00e0 nu l\u2019hypocrisie du monde occidental qui pendant tr\u00e8s longtemps a soutenu le dictateur. \u00bb Elle a aussi tenu \u00e0 souligner la particularit\u00e9 de la R\u00e9volution tunisienne qui s\u2019est faite \u00ab dans le calme, le civisme et le respect de l&rsquo;autre \u00bb, sans \u00ab guerre civile \u00bb, ni \u00ab organisateur \u00bb. \u00ab C&rsquo;est comme un r\u00e9veil qui a sonn\u00e9 en m\u00eame temps chez tout le monde, a-t-elle ajout\u00e9 \u00bb <\/span><\/p>\n<p><span>Quant \u00e0 Aniss Driss, ing\u00e9nieur en informatique, il s\u2019est montr\u00e9 tout \u00e0 fait optimiste pour la Tunisie de demain. Selon lui le peuple tunisien est m\u00fbr et \u00e0 l&rsquo;abri de l&rsquo;int\u00e9grisme religieux. Il a insist\u00e9 particuli\u00e8rement sur l&rsquo;ambition des jeunes \u00abdevenir \u00e9gaux aux Europ\u00e9ens, aux Japonais ou aux Am\u00e9ricains \u00bb ce qui \u00ab leur donnera des ailes et du courage pour reconstruire une Tunisie Moderne o\u00f9 la libert\u00e9 d&rsquo;expression et la culture fleurissent. \u00bb Une Tunisie Nouvelle qui, pour Kaouther, passe par le d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables et par la constitution d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 civile et d\u2019un tissu associatif qui \u00ab veilleront \u00e0 ce que le peuple ne soit ni l\u00e9s\u00e9, ni bern\u00e9, ni abruti comme c&rsquo;\u00e9tait le cas avant. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span>Quand les Am\u00e9ricains veulent suivre l\u2019exemple des Tunisiens Et puis, il y a les Am\u00e9ricains\u2026 qui, chose plut\u00f4t rare, ont lev\u00e9 la t\u00eate de leur soucis quotidiens pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce qui se passe dans un tout petit pays dont on ne parle jamais. D\u2019ailleurs, aux Etats-Unis, on regarde rarement ce qui se passe dans l\u2019Etat voisin. Mais ce n\u2019est pas le cas de Cecil Gonzales De La Font. Cet ing\u00e9nieur de lointaine origine fran\u00e7aise ne rate pas une information provenant des pays parlant la langue de sa grand-m\u00e8re maternelle. Selon lui, l\u2019Am\u00e9rique se mettrait tr\u00e8s prochainement au parfum\u2026 du jasmin. A commencer par le Mexique, le pays dont est originaire son p\u00e8re, et qui \u00ab croule sous la corruption de ses dirigeants \u00bb. Mais ses pr\u00e9visions n\u2019ont pas \u00e9pargn\u00e9 le pays de l\u2019Oncle Sam et tout particuli\u00e8rement l\u2019Illinois dont le Gouverneur vient d\u2019augmenter drastiquement les imp\u00f4ts sur le revenu en guise de cadeau de No\u00ebl. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">Quant \u00e0 MJC, retrait\u00e9, il a compar\u00e9 la R\u00e9volution tunisienne \u00e0 la R\u00e9volution am\u00e9ricaine : le seul exemple jusque l\u00e0 o\u00f9 le peuple, seul, a pu se d\u00e9barrasser d\u2019un pouvoir que l\u2019on croyait ind\u00e9boulonnable. <\/span><span>Seulement, l\u2019avenir pourrait ne pas \u00eatre aussi rose qu\u2019on le croit. Car, selon lui, le r\u00e9gime autoritaire a d\u00e9racin\u00e9 toute opposition viable\u2026 sauf les islamistes qui, plus organis\u00e9s et mieux financ\u00e9s, ne tarderont pas \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer, \u00e0 long terme, la r\u00e9volution du peuple. D\u2019autant plus que les exemples de corruption dans les r\u00e9gimes la\u00efques des deux c\u00f4t\u00e9s de la M\u00e9diterran\u00e9e ne manquent pas, ce qui risque de faire pencher la balance des \u00e9lections du c\u00f4t\u00e9 des partis religieux. Il a aussi ajout\u00e9 qu\u2019au lendemain de l\u2019euphorie de la victoire de la r\u00e9volution qui a des causes essentiellement \u00e9conomiques, les gens se r\u00e9veilleront avec les m\u00eames probl\u00e8mes de ch\u00f4mage et de manque de perspectives. \u00ab Je n\u2019aimerai pas \u00eatre \u00e0 la place des gouvernements qui vont se succ\u00e9der ces quelques ann\u00e9es \u00bb, a-t-il conclu. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">Le jasmin fleurira-t-il en Tunisie ou en gardera-t-on seulement le parfum ?<\/span><span>Vu la singularit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, une comparaison avec les \u00e9v\u00e9nements du pass\u00e9 ne peut que donner des pr\u00e9visions tr\u00e8s approximatives. Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que pour l\u2019instant, le peuple tunisien a un atout fort entre ses mains qu\u2019il ne doit pas laisser filer.<\/span><\/p>\n<p><b><span>Source: \u201cwebdo\u201d Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"NO-BOK\">Lien: <\/span><span><a href=\"http:\/\/www.webdo.tn\/2011\/01\/31\/quand-la-revolution-tunisienne-se-fait-sentir-aux-etats-unis\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span lang=\"NO-BOK\">http:\/\/www.webdo.tn\/2011\/01\/31\/quand-la-revolution-tunisienne-se-fait-sentir-aux-etats-unis\/<\/span><\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2611p029-032-bis.xml0\/libye-meurtre-opposition-presidenttunisie-les-derniers-jours-d-un-regime-a-l-agonie.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span>Tunisie : les derniers jours d&rsquo;un r\u00e9gime \u00e0 l&rsquo;agonie<\/span><\/a><\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">De la fuite de Ben Ali jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9bandade de la \u00ab\u00a0famille\u00a0\u00bb, en passant par la reddition de la garde pr\u00e9sidentielle&#8230; R\u00e9cit exclusif des \u00e9v\u00e9nements qui ont fait basculer la Tunisie.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">L&rsquo;ultime ruse<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Jeudi 13 janvier, Zine el-Abidine Ben Ali, qui se trouve \u00e0 Hammamet, \u00e0 une soixantaine de kilom\u00e8tres au sud de Tunis, dans le palais d\u2019\u00e9t\u00e9 du couple pr\u00e9sidentiel, convoque, dans l\u2019apr\u00e8s-midi,<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2611p022-027.xml1\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ses plus proches collaborateurs<\/a>. Ils sont peu nombreux<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">: Abdelaziz Ben Dhia, ministre d\u2019\u00c9tat, chef du cabinet pr\u00e9sidentiel et porte-parole officiel, Abdelwaheb Abdallah, ministre conseiller, et le g\u00e9n\u00e9ral Ali Seriati, chef de la redoutable garde pr\u00e9sidentielle, unit\u00e9 d\u2019\u00e9lite enti\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 l\u2019ex-pr\u00e9sident.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Ce petit conclave passe la situation en revue. L\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00e9ventuelle \u00e9clipse tactique, juste le temps que la r\u00e9volte populaire soit mat\u00e9e, a-t-elle \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">? D\u2019anciens proches du palais le pensent. La position d\u2019Abdallah et de Ben Dhia est sans surprise. \u00ab\u00a0Tout ce que vous estimez bon est bon, Sayid ar-Ra\u00efs (monsieur le pr\u00e9sident)\u00a0\u00bb, glisse le premier, promettant que les m\u00e9dias seraient \u00e0 l\u2019unisson du r\u00e9gime. \u00ab\u00a0Nous allons nous pr\u00e9parer pour que le RCD vous pr\u00e9pare un accueil triomphal \u00e0 votre retour \u00e0 Tunis\u00a0\u00bb, assure le second.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">La man\u0153uvre est ficel\u00e9e, sauf que, pendant ce temps, \u00e0 Tunis, le Premier ministre,<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/LIN12036quiesihcuon0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mohamed Ghannouchi<\/a>, re\u00e7oit successivement des repr\u00e9sentants de la centrale syndicale, l\u2019Union g\u00e9n\u00e9rale tunisienne du travail (UGTT), et les trois dirigeants de l\u2019opposition<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">: N\u00e9jib Chebbi (Parti d\u00e9mocratique progressiste, PDP), Mustapha Ben Jaafar (Forum d\u00e9mocratique pour le travail et les libert\u00e9s, FDTL) et Ahmed Brahim (Ettajdid). Tous sont pr\u00eats \u00e0 soutenir un sc\u00e9nario de sortie de crise honorable, pourvu qu\u2019il y ait des r\u00e9formes. Ghannouchi faxe le compte rendu des entretiens \u00e0 Ben Ali.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Une aubaine pour le dernier carr\u00e9, convaincu qu\u2019il faut donner l\u2019apparence de c\u00e9der aux revendications. Le mensonge et la ruse comme seule porte de sortie. Un myst\u00e9rieux r\u00e9dacteur propagandiste r\u00e9dige le fameux discours du 13 janvier aux accents gaulliens (\u00ab\u00a0Je vous ai compris\u00a0\u00bb) et reprend, presque mot pour mot, les formules des leaders de l\u2019opposition. \u00c0 20 heures, Ben Ali est \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et pense s\u2019\u00eatre tir\u00e9 d\u2019affaire. Malgr\u00e9 le couvre-feu, des jeunes du clan familial et des groupes de miliciens \u00e0 bord de voitures de location sillonnent Tunis pour manifester leur enthousiasme. Le peuple mordra-t-il \u00e0 l\u2019hame\u00e7on\u00a0? R\u00e9ponse le lendemain, date de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 laquelle a appel\u00e9 l\u2019UGTT dans le Grand Tunis.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">\u00ab\u00a0Game over\u00a0\u00bb<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Vendredi 14 janvier. Journ\u00e9e d\u00e9cisive. Solidaire du mouvement de<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2609p042-bis.xml0\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">contestation d\u00e8s le 17 d\u00e9cembre et l\u2019immolation du jeune Mohamed Bouazizi<\/a>, l\u2019UGTT a maintenu son mot d\u2019ordre. Un rassemblement a lieu vers 9 heures place M\u2019hamed-Ali, o\u00f9 se trouve le si\u00e8ge historique du syndicat. Une heure plus tard, sans avoir re\u00e7u de consignes formelles, le cort\u00e8ge se dirige vers l\u2019avenue Bourguiba toute proche, haut lieu de toutes les manifestations. La foule les rejoint. Vers 10<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">h<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">30, le centre-ville est noir de monde. Devant le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, la col\u00e8re gronde.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00ab\u00a0On ne nous la fera plus. Nous ne croyons plus aux promesses \u00bb, lance Ali, un historien. \u00ab\u00a0Ben Ali, d\u00e9gage<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">!\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Game over<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">!\u00a0\u00bb scandent les manifestants. On reconna\u00eet \u00e0 leurs toges les avocats, aux c\u00f4t\u00e9s de cadres en costume-cravate, d\u2019ouvriers, de femmes, d\u2019enfants venus avec leurs parents et de jeunes. Beaucoup de jeunes. Pacifiquement, ils forcent le cordon de s\u00e9curit\u00e9 devant le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, ne s\u2019arr\u00eatant qu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re marche de l\u2019entr\u00e9e principale. La police finit par charger et tire des grenades lacrymog\u00e8nes.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Fuite pr\u00e9cipit\u00e9e<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Revenu au palais de Carthage, Ben Ali est tenu inform\u00e9 minute par minute des \u00e9v\u00e9nements. Vers 11 heures, l\u2019\u00e9tau se resserre. \u00ab Ben Ali a sorti Bourguiba, l\u2019avenue Bourguiba a sorti Ben Ali\u00a0\u00bb, disent d\u00e9j\u00e0 les plus avertis. Le pr\u00e9sident se rend \u00e0 l\u2019\u00e9vidence. La statue du dictateur vacille, mais il aura tout de m\u00eame fallu un coup de pouce de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9publicaine pour qu\u2019elle s\u2019effondre. Des blind\u00e9s sont d\u00e9ploy\u00e9s autour du palais pr\u00e9sidentiel. Ben Ali comprend le message et multiplie les appels t\u00e9l\u00e9phoniques. La partie est finie.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Apparemment soutenue par la diplomatie am\u00e9ricaine, l\u2019arm\u00e9e s\u2019impatiente et place des hommes \u00e0 tous les points strat\u00e9giques de la capitale en vue de l\u2019instauration de l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence et la fermeture de l\u2019espace a\u00e9rien qui prennent effet \u00e0 partir de 17\u00a0heures. Une heure plus t\u00f4t, le Palais envoie un ordre qui ne laisse plus de place au doute<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">: il faut faire le plein de k\u00e9ros\u00e8ne du Boeing 737 pr\u00e9sidentiel gar\u00e9 sur le tarmac de l\u2019a\u00e9roport de Tunis-Carthage, mitoyen de la base mili\u00adtaire d\u2019El-Aouina. Vers 17 heures, trois limousines aux vitres teint\u00e9es quittent le palais en direction de l\u2019a\u00e9roport. Amertume, col\u00e8re, pr\u00e9cipitation<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">? Ben Ali ne salue pas Ben Dhia, encore dans son bureau.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00c0 17<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">h<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">45, le Boeing \u2013\u00a0et non un appareil de la compagnie Karthago, comme cela a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9\u00a0\u2013 d\u00e9colle. L\u2019\u00e9quipage est compos\u00e9 d\u2019un pilote, d\u2019un copilote et d\u2019une h\u00f4tesse. Ben Ali, son \u00e9pouse Le\u00efla \u2013\u00a0revenue de Duba\u00ef quelques jours auparavant\u00a0\u2013 et leur jeune fils, Mohamed, sont les seuls passagers. Selon nos sources, le futur pr\u00e9sident d\u00e9chu passe les six heures de vol Tunis-Djeddah dans le cockpit avec un revolver \u00e0 la main. M\u00e9fiant, il redoute qu\u2019un ordre de rebrousser chemin ne vienne de Tunis.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Arriv\u00e9 \u00e0 Djeddah au petit matin, il est aussit\u00f4t pris en charge par les services de s\u00e9curit\u00e9. Sur la passerelle, il lance \u00e0 l\u2019\u00e9quipage<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">: \u00ab\u00a0Attendez-moi, je serai de retour.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Seriati l\u00e2che ses chiens<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">L\u2019ensemble de la n\u00e9buleuse s\u00e9curitaire de Ben Ali (garde et s\u00e9curit\u00e9 pr\u00e9sidentielle, services de renseignements, police, dont les sinistres Ninjas) comptait autour de 150<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">000 hommes. Au sommet de cette pyramide, transform\u00e9e en une sorte de milice priv\u00e9e, la garde pr\u00e9sidentielle r\u00e9unit environ 5<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">000\u00a0hommes. Tri\u00e9s sur le volet, s\u00e9lectionn\u00e9s sur concours au sein des services de s\u00e9curit\u00e9 et surentra\u00een\u00e9s, ces hommes disposent de gros moyens mat\u00e9riels et d\u2019armes sophistiqu\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00c0 la t\u00eate de cette force d\u2019\u00e9lite, le g\u00e9n\u00e9ral Ali Seriati, s\u00e9curocrate du r\u00e9gime. Ancien patron de la s\u00fbret\u00e9 nationale, c\u2019est lui qui a conduit la r\u00e9pression des manifestations. C\u2019est lui qui a l\u00e2ch\u00e9 ses tireurs d\u2019\u00e9lite (les snipers). C\u2019est lui qui a recrut\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te plusieurs centaines de miliciens, entra\u00een\u00e9s par ses officiers au maniement des armes et \u00e0 l\u2019accomplissement d\u2019actes de sabotage, d\u2019incendies et de pillages. Parmi les miliciens arr\u00eat\u00e9s, certains sont ouvriers ou ch\u00f4meurs. Mais tous disposaient de badges de la garde pr\u00e9sidentielle, selon une source polici\u00e8re. Seriati comptait-il prendre le pouvoir apr\u00e8s la fuite de Ben Ali<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">? Peut-\u00eatre. Mais l\u2019arm\u00e9e ne l\u2019a pas suivi, et lors des affrontements autour du palais de Carthage, le 15 janvier, un grand nombre de membres de la garde pr\u00e9sidentielle sont \u00ab\u00a0convaincus\u00a0\u00bb par leurs fr\u00e8res d\u2019armes de changer de camp. \u00ab\u00a0Outre la pression militaire, ils ont \u00e9t\u00e9 contact\u00e9s personnellement\u00a0\u00bb, explique une source qui a suivi de tr\u00e8s pr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements au sein de l\u2019appareil s\u00e9curitaire. Arr\u00eat\u00e9 alors qu\u2019il tentait de fuir en Libye, Seriati fait l\u2019objet, avec ses adjoints, d\u2019une enqu\u00eate judiciaire pour complot contre l\u2019\u00c9tat, actes d\u2019agression, incitation aux affrontements, au meurtre et au pillage.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Passation de pouvoirs<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, n\u2019apprend la fuite de l\u2019ancien chef de l\u2019\u00c9tat qu\u2019apr\u00e8s le d\u00e9collage de l\u2019appareil pr\u00e9sidentiel. Il faut alors parer au plus press\u00e9 devant le vide du pouvoir. Sur les \u00e9crans de la t\u00e9l\u00e9vision nationale, il lit un texte \u00e9crit sur un bout de papier. En vertu de l\u2019article 56 de la Constitution et apr\u00e8s avoir constat\u00e9 \u00ab\u00a0l\u2019emp\u00eachement provisoire du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb, il assure l\u2019int\u00e9rim. Il est entour\u00e9 de Fouad Mebazaa, pr\u00e9sident de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, et d\u2019Abdallah Kallel, pr\u00e9sident de la Chambre des conseillers.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Ghannouchi dira plus tard \u00e0 Jeune Afrique que cette passation de pouvoirs, improvis\u00e9e, n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e avec Ben Ali. Le lendemain, conform\u00e9ment cette fois \u00e0 l\u2019article 57 de la Constitution, Fouad Mebazaa est nomm\u00e9 pr\u00e9sident par int\u00e9rim. Ben Ali n\u2019est plus temporairement absent du pouvoir, il l\u2019est d\u00e9finitivement. Vingt-trois ann\u00e9es de r\u00e8gne sans partage prennent fin.<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Sauve-qui-peut<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">De Duba\u00ef, o\u00f9 elle s\u2019est rendue au moins \u00e0 deux reprises depuis d\u00e9\u00adcembre\u00a02010, Le\u00efla Trabelsi n\u2019a cess\u00e9 de harceler au t\u00e9l\u00e9phone son \u00e9poux pour lui demander de ne pas quitter le pays. En revanche, une semaine auparavant, la premi\u00e8re dame conseillait aux siens de se pr\u00e9parer \u00e0 prendre la fuite (visas, billets d\u2019avion\u2026). Vendredi 14 janvier, dans la matin\u00e9e, elle leur donnait l\u2019ordre de quitter le pays. Paniqu\u00e9s, les membres de la \u00ab\u00a0famille\u00a0\u00bb se sont alors pr\u00e9cipit\u00e9s \u00e0 l\u2019a\u00e9roport pour tenter de prendre un vol. Peu importe la destination.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Certains r\u00e9ussissent \u00e0 prendre place \u00e0 bord d\u2019un vol de Tunisair en direction de Lyon. Inform\u00e9s, les services de s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019a\u00e9roport ont alors pri\u00e9 le capitaine Kilani de les d\u00e9barquer. Courageux, le commandant de bord s\u2019est ex\u00e9cut\u00e9. De source officielle, trente-trois membres du clan ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9s entre le 14 et le 19 janvier.<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Jeune Afrique\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2611p029-032-bis.xml0\/libye-meurtre-opposition-presidenttunisie-les-derniers-jours-d-un-regime-a-l-agonie.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAJA2611p029-032-bis.xml0\/libye-meurtre-opposition-presidenttunisie-les-derniers-jours-d-un-regime-a-l-agonie.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<h4 align=\"center\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Articles\/Dossier\/ARTJAJA2611p040-041.xml0\/Article-Sans-Titretunisie-empire-familial-cherche-repreneurs.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span>Tunisie : empire familial cherche repreneurs<\/span><\/a><\/span><\/h4>\n<hr\/>\n<p><span lang=\"FR\">Trabelsi, Materi, Mabrouk, Chiboub&#8230; Autant de puissants holdings tunisiens pr\u00e9sents dans tous les secteurs d\u2019activit\u00e9 et sur lesquels p\u00e8se la plus grande incertitude.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Dans le sillage de Zine \u00adel-\u00adAbidine Ben Ali, elles avaient fait main basse sur des pans entiers de<a href=\"http:\/\/www.jeuneafrique.com\/Article\/ARTJAWEB20110120113451\/france-gouvernement-tunisie-tourismela-revolution-destabilise-l-economie-tunisienne.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l\u2019\u00e9conomie nationale<\/a>. D\u00e9sormais, les familles proches de l\u2019ex-pr\u00e9sident, au premier rang desquelles les Trabelsi, vont devoir rendre des comptes. Symbole de la r\u00e9volte du peuple contre le n\u00e9potisme<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">: la mise \u00e0 sac de leurs luxueuses villas, de leurs voitures, mais aussi de leurs entreprises. Presque tous r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ou incarc\u00e9r\u00e9s, ils ont assist\u00e9, impuissants, \u00e0 la chute de leur empire. Et ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but. \u00ab\u00a0Il s\u2019agit maintenant de faire toute la lumi\u00e8re sur les agissements des proches de Ben Ali\u00a0\u00bb, souligne l\u2019\u00e9conomiste tunisien Moncef Cheikhrouhou. Une mission que le Premier ministre Mohamed Ghannouchi a confi\u00e9e \u00e0 Abdelfattah Amor, expert en droit international, qui pr\u00e9sidera la commission d\u2019enqu\u00eate sur les affaires de malversation et de corruption.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Selon une \u00e9tude de la Banque mondiale, les agissements des \u00ab\u00a0familles\u00a0\u00bb proches du pouvoir auraient co\u00fbt\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 deux points de croissance au pays. C\u2019est Belhassen Trabelsi, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de l\u2019ex-premi\u00e8re dame, Le\u00efla Ben Ali, qui personnifie le mieux cette emprise clanique sur le pays puisqu\u2019on le retrouve dans plusieurs secteurs d\u2019activit\u00e9<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">: finance (Banque de Tunisie), a\u00e9rien (Karthago Airlines), tourisme (Karthago Travel Service et Karthago H\u00f4tels), automobile (distribution des marques Ford, Jaguar, Land Rover\u2026), agriculture, immobilier (complexe de Sidi Bou Sa\u00efd\u2026), nouvelles technologies (Global Telecom Networking), assurances (Upcar) et audiovisuel (Mosa\u00efque FM et Cactus Productions).<\/span><\/p>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Nationalisations temporaires<\/span><\/strong><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Quant \u00e0 Sakhr el-Materi, gendre de l\u2019ex-pr\u00e9sident, il \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate du groupe Princesse Holding (17 soci\u00e9t\u00e9s), qui a enregistr\u00e9, en 2009, 200\u00a0millions d\u2019euros de chiffre d\u2019affaires. Ce quasi-autodidacte (il aurait tout de m\u00eame un BTS) a d\u00e9marr\u00e9 son ascension spectaculaire en achetant 17\u00a0% de la Banque du Sud au moment de sa privatisation. Une intuition \u2013 d\u00e9lit d\u2019initi\u00e9 disent les sp\u00e9cialistes \u2013 qui lui a rapport\u00e9 plusieurs millions d\u2019euros lors de la revente de ses parts au holding form\u00e9 par Attijariwafa Bank et Banco Santander.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Autre acteur du syst\u00e8me, Marwan Mabrouk, dont la prosp\u00e9rit\u00e9, il faut le pr\u00e9ciser, est ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de Ben Ali, mais qui a donn\u00e9 un nouvel \u00e9lan \u00e0 ses affaires gr\u00e2ce au soutien du pouvoir. Il a notamment d\u00e9velopp\u00e9 ses activit\u00e9s dans les domaines des t\u00e9l\u00e9coms avec 51\u00a0% d\u2019Orange Tunisie, de la distribution avec l\u2019enseigne G\u00e9ant, et de la banque avec la Biat.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Alors que la Tunisie tente avant tout de r\u00e9ussir sa transition d\u00e9mocratique, \u00ab\u00a0rassurer les investisseurs va aussi devenir une priorit\u00e9\u00a0\u00bb, s\u2019inqui\u00e8te un patron de fonds d\u2019investissement. De fait, le 19\u00a0janvier, l\u2019agence Moody\u2019s a d\u00e9grad\u00e9 la note du pays et celle de la Banque centrale de Tunisie (BCT) en raison de l\u2019instabilit\u00e9 politique de m\u00eame que Standard &amp; Poor\u2019s. Une grande incertitude plane sur le devenir des holdings Trabelsi, Materi, Mabrouk ou encore Chiboub. Lors du premier Conseil des ministres, le nouveau gouvernement a annonc\u00e9 le 20\u00a0janvier que l\u2019\u00c9tat allait r\u00e9cup\u00e9rer des actifs, sans pr\u00e9ciser lesquels. \u00ab\u00a0Contraints par la famille de l\u2019ex-pr\u00e9sident de c\u00e9der leurs entreprises, les anciens propri\u00e9taires spoli\u00e9s peuvent esp\u00e9rer r\u00e9cup\u00e9rer leurs biens\u00a0\u00bb, explique l\u2019avocat Ali Khaldi.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Quant aux groupes mont\u00e9s de toutes pi\u00e8ces par le clan, \u00ab\u00a0rien n\u2019est d\u00e9cid\u00e9, mais on pourrait se diriger apr\u00e8s enqu\u00eate vers une nationalisation temporaire\u00a0\u00bb, avance Moncef Cheikhrouhou. D\u2019autant qu\u2019il faut \u00e9galement tout faire pour pr\u00e9server des milliers d\u2019emplois, alors que 140<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">000\u00a0personnes arrivent chaque ann\u00e9e sur le march\u00e9 du travail. En proie \u00e0 une crise de confiance, la banque Zitouna, majoritairement d\u00e9tenue par Sakhr el-Materi, a quant \u00e0 elle d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e sous le contr\u00f4le d\u2019un administrateur, son propre directeur g\u00e9n\u00e9ral, nomm\u00e9 par la BCT.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les licences et les activit\u00e9s d\u2019importants partenaires \u00e9trangers pourraient-elles \u00eatre remises en question<\/span><span lang=\"FR\">\u2009<\/span><span lang=\"FR\">? \u00ab\u00a0Non, se risque Mondher Khanfir, patron de la Chambre de commerce tuniso-am\u00e9ricaine, le pays ne peut pas se le permettre.\u00a0\u00bb La crainte des milieux d\u2019affaires tunisiens est que, face au spectre de l\u2019islamisme, les investisseurs et les touristes occidentaux ne se d\u00e9tournent du pays. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s la baisse enregistr\u00e9e avant sa fermeture, le 17\u00a0janvier, la Bourse va \u00e0 terme attirer de nouveaux investisseurs. La Tunisie est plus que jamais attractive\u00a0\u00bb, se rassurent quelques op\u00e9rateurs \u00e9conomiques contact\u00e9s. Sans doute font-ils allusion aux participations d\u00e9tenues par la famille Ben Ali, qui pourraient \u00eatre remises sur le march\u00e9. Autant d\u2019opportunit\u00e9s pour tourner la page du n\u00e9potisme \u00e9conomique.<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Jeune Afrique\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/news.google.com\/news\/search?aq=f&amp;cf=all&amp;ned=fr&amp;hl=fr&amp;q=tunisie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/news.google.com\/news\/search?aq=f&amp;cf=all&amp;ned=fr&amp;hl=fr&amp;q=tunisie<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\">\u00ab\u00a0Un processus irreversible a moyen terme\u00a0\u00bb dans le monde Arabe <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Karim Bitar (Iris) indique \u00e0 Nouvelobs.com qu&rsquo;il \u00ab\u00a0croit en l&rsquo;effet dominos car il y a plusieurs tendances lourdes\u00a0\u00bb dans le monde arabe. Mais il doute d&rsquo;un \u00ab\u00a0Happy-ending\u00a0\u00bb \u00e0 la tunisienne.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">La<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/actualite\/monde\/20110131.OBS7205\/tribune-les-resquilleurs-de-la-revolution.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">r\u00e9volution tunisienne<\/a> a galvanis\u00e9 la jeunesse arabe de l&rsquo;Atlantique jusqu&rsquo;au golfe. La situation \u00e9gyptienne a un certain nombre de point communs avec la situation tunisienne : un pouvoir scl\u00e9ros\u00e9, un pr\u00e9sident au pouvoir depuis trente ans, un appareil militaro-s\u00e9curitaire tr\u00e8s r\u00e9pressif et des conditions \u00e9conomiques difficiles, notamment un taux de ch\u00f4mage des jeunes tr\u00e8s important. D&rsquo;autant que l&rsquo;Egypte conna\u00eet une pauvret\u00e9 encore plus marqu\u00e9e que la<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/dossier\/reperes\/pays\/219\/tunisie.html\" target=\"_blank\" title=\"Tunisie\" rel=\"noopener\">Tunisie<\/a> avec 40% des Egyptiens vivants avec moins de deux dollars par jour selon des chiffres de la banque mondiale. A tout cela s&rsquo;ajoute un tr\u00e8s mauvais am\u00e9nagement du territoire et le sentiment que la croissance et les richesses sont capt\u00e9es par un tout petit groupe de personnes li\u00e9es \u00e0 la famille ou aux associ\u00e9s du pr\u00e9sident. L&rsquo;alignement de l&rsquo;Egypte sur la politique ext\u00e9rieure des USA a \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le car les Egyptiens ont eu le sentiment que ce pouvoir n&rsquo;\u00e9tait plus repr\u00e9sentatif de leur volont\u00e9. Ce n&rsquo;est pas le facteur principal mais il est clairement en arri\u00e8re plan. Enfin, il y a eu une cristallisation des rancunes contre Hosni Moubarak qui se sont exacerb\u00e9es lorsqu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 question de pr\u00e9voir sa succession et d&rsquo;installer son fils.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les risques de \u00ab\u00a0contagion\u00a0\u00bb dans le monde arabe sont-ils plus importants aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;apr\u00e8s la chute de Ben Ali en Tunisie ?<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">&#8211; Oui, les risques existent mais \u00ab\u00a0contagion\u00a0\u00bb est le mauvais terme. La jeunesse arabe est tr\u00e8s contente et attend ces espoirs de \u00ab\u00a0contagion\u00a0\u00bb. Cependant, je ne vois pas de \u00ab\u00a0Happy-ending\u00a0\u00bb \u00e0 la tunisienne dans d&rsquo;autres pays. Mais je crois en l&rsquo;effet dominos car il y a plusieurs tendances lourdes, trois principalement, qui jouent en faveur de l&rsquo;aspiration \u00e0 la d\u00e9mocratie et aux libert\u00e9s dans le monde arabe. Premi\u00e8rement, la transition d\u00e9mographique : le taux de f\u00e9condit\u00e9 a rapidement d\u00e9cru en quelques ann\u00e9es. En Egypte, on est notamment pass\u00e9 de 6,3 \u00e0 2,8 enfants par femme. On a d&rsquo;ailleurs assist\u00e9 \u00e0 ce m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne dans tout le monde arabe. Cela s&rsquo;accompagne d&rsquo;une hausse du taux d&rsquo;alphab\u00e9tisation. Ces deux facteurs ont, partout dans le monde, d\u00e9clench\u00e9 de grands bouleversements politiques. Pourtant ces pays semblaient anesth\u00e9si\u00e9s depuis vingt ou trente ans, comme si les changements avaient \u00e9t\u00e9 retard\u00e9s notamment par la guerre civile alg\u00e9rienne qui a \u00e9t\u00e9 un vrai traumatisme. De plus, le 11 septembre 2001 et l&rsquo;instauration d&rsquo;une guerre globale contre le terrorisme ont servi aux autocrates qui ont pu serrer en se pr\u00e9sentant comme le dernier rempart contre l&rsquo;islamisme.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le troisi\u00e8me facteur est la guerre d&rsquo;Irak. Ses cons\u00e9quences humaines et g\u00e9ostrat\u00e9giques ont quelque peu d\u00e9gout\u00e9 les jeunes de la d\u00e9mocratie : on avait promis un effet domino venant d&rsquo;<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/dossier\/reperes\/pays\/99\/irak.html\" target=\"_blank\" title=\"Irak\" rel=\"noopener\">Irak<\/a> mais celui-ci est venu non pas d&rsquo;une intervention militaire mais d&rsquo;une r\u00e9volution spontan\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Quel est le v\u00e9ritable risque islamiste en Egypte ?<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">&#8211; Les islamistes sont beaucoup plus pr\u00e9sents en Egypte\u00a0qu&rsquo;en Tunisie, notamment avec les Fr\u00e8res musulmans. C&rsquo;est un mouvement qui a \u00e9tabli un maillage de la soci\u00e9t\u00e9 et qui ne peut pas \u00eatre balay\u00e9 d&rsquo;un revers de la main. Mais il existe un autre mouvement puissant\u00a0en Egypte qui refuse cette alternative. En effet, il faut rappeler que l&rsquo;Egypte a connu tr\u00e8s t\u00f4t des mouvements f\u00e9ministes dont les premiers sont apparus d\u00e8s 1929. Les Fr\u00e8res musulmans ne sont pas la seule force en pr\u00e9sence et ils n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avant-garde de cette r\u00e9volution.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Pourquoi n&rsquo;y aura-t-il pas de \u00ab\u00a0Happy-ending\u00a0\u00bb \u00e0 la tunisienne ?<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">&#8211; Il sera beaucoup plus difficile d&rsquo;aller au bout de la r\u00e9volte en Egypte ou ailleurs qu&rsquo;en Tunisie, notamment en raison des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et g\u00e9ostrat\u00e9giques des USA dans le pays et la r\u00e9gion. L&rsquo;Egypte est l&rsquo;un des piliers de la politique am\u00e9ricaine au Proche-Orient depuis trente ans. Les USA n&rsquo;auraient pas pu faire les deux guerres en Irak sans le soutien logistique de l&rsquo;Egypte. Il faut \u00e9galement rappeler l&rsquo;importance du canal de Suez par o\u00f9 transite 7,5% du commerce mondial. De plus, les Etats-Unis ne peuvent pas se permettre une d\u00e9stabilisation de ce pays \u00e0 cause de sa proximit\u00e9 avec Isra\u00ebl et de la pr\u00e9sence des fr\u00e8res musulmans. Les USA pr\u00e9f\u00e9reraient voir un autre homme fort succ\u00e9der \u00e0 Moubarak afin de maintenir la stabilit\u00e9 du pays et de prot\u00e9ger leurs int\u00e9r\u00eats. Ils ne l\u00e2cheront pas Moubarak, sauf si un nouvel homme fort s&rsquo;impose, comme Omar Souleyman ou le g\u00e9n\u00e9ral Hussein Tantaoui par exemple. Il faut d&rsquo;ailleurs rappeler que l&rsquo;arm\u00e9e est au pouvoir directement ou indirectement en Egypte depuis plus de cinquante ans.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Mais toutes ces tendances fortes me font penser que c&rsquo;est un processus irr\u00e9versible \u00e0 moyen terme. Ces r\u00e9gimes sont condamn\u00e9s mais ils peuvent encore gagner du temps.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les pays arabes doivent cr\u00e9er 120 millions d&#8217;emplois d&rsquo;ici 2020 : cela signifie qu&rsquo;il faut qu&rsquo;ils investissent dans de nouveaux secteurs comme le high-tech et privil\u00e9gient le d\u00e9veloppement humain. Mais ces r\u00e9gimes ne semblent pas capables d&rsquo;effectuer cette transition qui n\u00e9cessite une grande r\u00e9vision des politiques \u00e9conomiques. Enfin, internet et les r\u00e9seaux sociaux ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans ce ph\u00e9nom\u00e8ne de soul\u00e8vements notamment avec le d\u00e9veloppement d&rsquo;une solidarit\u00e9 inter-arabe que l&rsquo;on pensait disparue.<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Le nouvel Observateur\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/actualite\/opinion\/20110131.OBS7244\/interview-un-processus-irreversible-a-moyen-terme-dans-le-monde-arabe.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/actualite\/opinion\/20110131.OBS7244\/interview-un-processus-irreversible-a-moyen-terme-dans-le-monde-arabe.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/fokus\/62-national\/2500-la-libye-craint-le-retour-des-islamistes-en-tunisie.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span>La Libye craint le retour des islamistes en Tunisie<\/span><\/a><\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Les responsables libyens ont fait savoir \u00e0 leurs homologues tunisiens qu\u2019ils n\u2019accepteraient, en aucun cas, qu\u2019un quelconque r\u00f4le politique soit accord\u00e9 au parti islamiste Ennahda. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Selon nos confr\u00e8res de \u2018\u2018Maghreb Intelligence\u2019\u2019, les Libyens, qui ont boucl\u00e9 en urgence leurs fronti\u00e8res avec la Tunisie au lendemain de la fuite de Ben Ali, le 14 janvier, appr\u00e9hendent s\u00e9rieusement le retour en Tunisie de Rached Ghannouchi, le leader historique du mouvement islamiste Ennahdha.  Ce dernier, qui a d\u00e9barqu\u00e9 dimanche \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Tunis-Carthage, apr\u00e8s 22 ans d\u2019exil \u00e0 Londres, a \u00e9t\u00e9 accueilli par plusieurs milliers de ses partisans. Il a affirm\u00e9 qu\u2019Ennahda participerait aux \u00e9lections l\u00e9gislatives mais qu\u2019il ne devrait pas pr\u00e9senter de candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle. Il a aussi affirm\u00e9 qu\u2019il ne d\u00e9sirait concourir \u00e0 aucun mandat \u00e9lectif. \u00abIl existe une autre g\u00e9n\u00e9ration, une g\u00e9n\u00e9ration plus jeune, qui a les qualifications n\u00e9cessaires pour briguer ces postes\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9. Son d\u00e9sir le plus fort \u00e9tant, selon ses termes, de humer l\u2019air de la Tunisie enfin libre et d\u2019accomplir ses pri\u00e8res \u00e0 la mosqu\u00e9e Zitouna, \u00e0 Tunis.<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Une cellule de crise \u00e0 Tripoli \u00abNotre priorit\u00e9 n\u2019est pas de gouverner le pays. Notre priorit\u00e9 est de contribuer \u00e0 l\u2019av\u00e8nement de cette d\u00e9mocratie pour laquelle tant de vies, d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre, ont \u00e9t\u00e9 sacrifi\u00e9es. Pour y parvenir, il faut privil\u00e9gier le consensus\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Ghannouchi dans une interview avec<a href=\"http:\/\/www.lexpress.fr\/actualite\/monde\/afrique\/rached-ghannouchi-il-faut-une-nouvelle-constitution-en-tunisie_957019.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u2018\u2018L\u2019Express\u2019\u2019<\/a>.  Ces propos rassurants suffiront-elles \u00e0 rassurer le leader libyen Mouammar Kadhafi, qui redoute la mont\u00e9e du mouvement islamiste dans son pays? Rien n\u2019est moins s\u00fbr. Pour preuve: les Libyens ont formul\u00e9 explicitement \u00e0 leurs homologues tunisiens que la Jamahiriya ne \u00abpouvait tol\u00e9rer la pr\u00e9sence d\u2019islamistes dans le gouvernement tunisien\u00bb.  Tripoli aurait m\u00eame mis en place une cellule de crise charg\u00e9e de suivre l\u2019\u00e9volution de la situation en Tunisie. Cette cellule, qui est aussi charg\u00e9e de trouver une solution aux nombreux membres des hommes de Ben Ali r\u00e9fugi\u00e9s en Libye, serait compos\u00e9e du ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res Moussa Koussa, du patron des services de s\u00e9curit\u00e9 Abou Zeid Dordah et du ministre de l\u2019Economie Mohamed Lahouej.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Echange de bons et d\u00e9loyaux services \u2018\u2018Maghreb Confidentiel\u2019\u2019 (n\u00b0957, 27 janvier 2011) rappelle, pour sa part, les liens d\u2019amiti\u00e9 entre Rached Ghannouchi le fils du Guide Saif El Islam Khadafi. Le premier, qui aurait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019aide financi\u00e8re du second, a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans les n\u00e9gociations avec les islamistes libyens r\u00e9fugi\u00e9s dans la capitale britannique\u00bb, \u00e9crit la lettre confidentielle. Elle ajoute: \u00abC\u2019est en partie gr\u00e2ce aux bons offices du patron d\u2019Ennahdha que la Fondation Kadhafi \u2013 pilot\u00e9e par le fils du Guide \u2013 a pu conclure, l\u2019\u00e9t\u00e9 2008, la reddition du Groupe islamique combattant libyen (Gicl), \u00e0 la suite d\u2019un accord avec l\u2019islamiste libyen r\u00e9sidant \u00e0 Londres Noman Ben Othman. L\u2019ann\u00e9e suivante, le Gicl avait reni\u00e9\u00a0 son affiliation \u00e0 l\u2019organisation Al-Qa\u00efda au Maghreb islamique (Aqmi)\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le ferme rejet libyen  Les services que le leader islamiste tunisien a rendus \u00e0 la Libye ne semblent pas avoir att\u00e9nu\u00e9 les craintes que son mouvement inspire aux autorit\u00e9s de ce pays. Selon<a href=\"http:\/\/www.maghreb-intelligence.com\/tunisie\/644-veto-de-kadhafi-contre-rached-ghannouchi.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u2018\u2018Maghreb Intelligence\u2019\u2019<\/a>, les dirigeants libyens \u00abont fait savoir \u00e0 leurs amis au sein du Rcd \u2013 parti de Ben Ali \u2013 ainsi qu\u2019\u00e0 certains dirigeants de l\u2019opposition notamment \u00e0 Nejib Chebbi, qu\u2019ils pourraient geler tous les accords bilat\u00e9raux sign\u00e9s avec la Tunisie ainsi que tous les investissements et mettre fin aux aides et aux dons.\u00bb  Les irr\u00e9ductibles adversaires des \u00abnahdhaouis\u00bb (militants d\u2019Ennahdha) en Tunisie ne sont donc plus les quelques dizaines de milliers de la\u00efcs \u2013 dont quelques dizaines ont tenu \u00e0 accueillir Rached Ghannouchi \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Tunis-Carthage avec des slogans anti-islamistes \u2013. Le leader d\u2019Ennahdha et les siens devraient d\u00e9sormais faire face aux man\u0153uvres de leurs adversaires dans toute la r\u00e9gion.<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Kapitalis\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/fokus\/62-national\/2500-la-libye-craint-le-retour-des-islamistes-en-tunisie.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/kapitalis.com\/fokus\/62-national\/2500-la-libye-craint-le-retour-des-islamistes-en-tunisie.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span>Tunisie : l&rsquo;islamisme d&rsquo;Ennahda, quand le politique s&rsquo;impose sur le religieux <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span>De la deuxi\u00e8me Intifada palestinienne aux r\u00e9actions contre les caricatures danoises du Proph\u00e8te Muhammad, les photos et les radio-trottoirs de la presse ont distill\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e que les coups de sang de la \u00ab rue arabe \u00bb seraient essentiellement fond\u00e9s sur le religieux. L&rsquo;h\u00e9moglobine de la col\u00e8re tunisienne &#8211; et de l&rsquo;ensemble des \u00ab rues arabes \u00bb qui lui ont embo\u00eet\u00e9 le pas depuis &#8211; rel\u00e8ve pourtant d&rsquo;une alchimie autre: ni les acteurs de la r\u00e9volution du jasmin, ni les slogans qui les portaient n&rsquo;\u00e9taient islamistes ; l&rsquo;encadrement de la rue, quand il existait, \u00e9tait plut\u00f4t syndical ; les mots d&rsquo;ordre \u00e9taient plus sociaux et politiques que religieux ou identitaires. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Pain et d\u00e9mocratie, l&rsquo;Etat islamique n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e0 l&rsquo;ordre du jour de la col\u00e8re tunisienne.   <\/span><i><span>\u00ab Pour comprendre la r\u00e9volution du jasmin, ne cherchez pas l&rsquo;islamiste<\/span><\/i><span>, remarquait \u00e0 ce propos un intellectuel de sensibilit\u00e9 islamique encore en exil. <i>Ni une quelconque force politique organis\u00e9e car tous \u00e9taient d&rsquo;accord pour consid\u00e9rer que tenter la r\u00e9cup\u00e9ration du mouvement et le forcer dans une orientation politique sp\u00e9cifique, c&rsquo;\u00e9tait potentiellement le faire avorter. C&rsquo;est vraiment le peuple qui a fait l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement et, pour le comprendre, il faut d&rsquo;abord se mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute des rappeurs et bloggeurs. \u00bb<\/i>   Les graffitis sur les murs de Tunis ne s&rsquo;y sont d&rsquo;ailleurs pas tromp\u00e9s, saluant un peu partout Facebook et remerciant la musique rap pour avoir rythm\u00e9, si ce n&rsquo;est structur\u00e9,<i> \u00ab l&rsquo;h\u00e9ritage de la r\u00e9volution du 14 janvier \u00bb<\/i>, profond\u00e9ment irrigu\u00e9 par une culture jeune mondialis\u00e9e, en situation de d\u00e9fiance radicale par rapport \u00e0 l&rsquo;ensemble du champ politique, opposition comprise.   Absent dans l&rsquo;organisation du soul\u00e8vement, mais bien implant\u00e9 individuellement dans les diff\u00e9rents corps interm\u00e9diaires et pr\u00e9parant son comeback en phase de restructuration, l&rsquo;islam politique va peser lourdement dans l&rsquo;\u00e9quation politique de l&rsquo;apr\u00e8s-Ben Ali.   Force dominante de l&rsquo;islam politique tunisien, le mouvement Ennahda (la Renaissance) est, dans le vaste mouvement de restructuration des forces politiques d&rsquo;opposition, le point nodal de toutes les interrogations et de toutes les craintes. Mouvement tr\u00e8s particulier, tiraill\u00e9 entre une aile tunisienne lamin\u00e9e par la r\u00e9pression et une \u00e9lite \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, passablement d\u00e9connect\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9 du pays et largement repositionn\u00e9 sur les enjeux de l&rsquo;islam en Occident, Ennahda est bien sp\u00e9cifique dans le paysage de l&rsquo;islam politique o\u00f9 il entend se situer <i>\u00ab quelque part entre le PJD marocain et l&rsquo;AKP turc \u00bb<\/i>, comme le rel\u00e8ve un de ses cadres &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire dans l&rsquo;affirmation du primat de la logique politique sur l&rsquo;action pr\u00e9dicative et religieuse.   A ce titre, Ennahda, dans les mois \u00e0 venir, est bien l&rsquo;une des pi\u00e8ces centrales du pari \u00ab post-autoritaire \u00bb tunisien : l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 politique stabilis\u00e9e ayant r\u00e9ussi le double pari du pluralisme et de l&rsquo;int\u00e9gration des islamistes. Obstacle ou occasion \u00e0 saisir ? Un retour sur l&rsquo;Histoire incite \u00e0 l&rsquo;optimisme. <\/span><\/p>\n<p><span>Pluralisme interne et autonomisation id\u00e9ologique<\/span><\/p>\n<p><span>Tout d&rsquo;abord, contrairement \u00e0 d&rsquo;autres, le mouvement islamiste tunisien, incarn\u00e9 par Rachid Ghanouchi, n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 un mouvement avec une t\u00eate unique ou une id\u00e9ologie uniforme et fixe. Le mouvement s&rsquo;est bien construit sur une matrice intellectuelle commune, \u00e0 savoir la litt\u00e9rature de base des penseurs rattach\u00e9s \u00e0 la mouvance des Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens, mais ce socle de base, d\u00e8s le cours des ann\u00e9es 1980, a \u00e9t\u00e9 \u00e9toff\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences sp\u00e9cifiques.  Ensuite, la tendance islamiste tunisienne ne s&rsquo;est jamais enferm\u00e9e dans le dogme de la litt\u00e9rature des Fr\u00e8res musulmans, ni dans l&rsquo;exaltation du chef charismatique et de ses th\u00e8ses. En effet, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Ghanouchi, d&rsquo;autres leaders de sa g\u00e9n\u00e9ration ont exerc\u00e9 une forte influence sur le mouvement. On peut noter des cadres comme Aly al-Ar\u00eed, Hamadi al-Jib\u00e2l\u00ee, al-S\u00e2diq Shur\u00fb, Abdelfatah Mur\u00fb, lesquels ont dot\u00e9 le mouvement d&rsquo;une assise id\u00e9ologique sp\u00e9cifique pr\u00e9parant son autonomisation par rapport \u00e0 la matrice intellectuelle des Fr\u00e8res musulmans sur laquelle il s&rsquo;\u00e9tait adoss\u00e9 \u00e0 ses d\u00e9buts, et ainsi affirmer sa sp\u00e9cificit\u00e9 articul\u00e9e autour du primat du politique sur le religieux.   Un des anciens compagnons de route de ce qui \u00e9tait encore le Mouvement de la Tendance Islamique se rappelle que le mouvement a tr\u00e8s t\u00f4t, d\u00e8s les ann\u00e9es 1980, supprim\u00e9 le concept de <i>H\u00e2kimiyya <\/i>(gestion des affaires de l&rsquo;Etat et de la soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur le principe que l&rsquo;adoration revient \u00e0 Allah seul, NDLR), pierre de touche des fondements religieux du syst\u00e8me politique et des manuels d&rsquo;\u00e9dification militante dans la ligne de Sayyed Qutb.   <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Le groupe des \u00abi slamistes progressistes \u00bb de Hamid Enneifer et Salaheddine al-Jurshi joua \u00e9galement un r\u00f4le important dans l&rsquo;\u00e9volution du mouvement. Tout le but de ce courant a \u00e9t\u00e9 de tenter de faire percoler les id\u00e9aux de libert\u00e9 politique et de justice sociale dans la doctrine de l&rsquo;islam politique militant notamment en \u00e9tablissant un v\u00e9ritable d\u00e9bat interne. Les partisans de ce courant \u00e9taient en effet r\u00e9guli\u00e8rement en dispute avec Ghanouchi sur de multiples points li\u00e9s notamment aux principes de l&rsquo;Etat de droit moderne. Ils parvirnent n\u00e9anmoins, se souvient Salah Eddine al-Jurshi, \u00e0 faire passer Ghanouchi d&rsquo;une vision th\u00e9ologique du droit, fond\u00e9e sur la <i>sharia<\/i>, \u00e0 une vision en termes de droit positif. <\/span><span>Car, pour ce mouvement revendiquant un positionnement islamique de gauche et une pens\u00e9e religieuse plus ouverte, la primaut\u00e9 est non \u00e0 la mobilisation sur les grands slogans de l&rsquo;islam politique, mais au travail social.   Si leur impact reste, au niveau international, relativement limit\u00e9, les islamistes progressistes sont parvenus en revanche \u00e0 d\u00e9velopper, au sein d&rsquo;Ennahda, un certain sens de la Realpolitik, qui a favoris\u00e9 notamment la volont\u00e9 de s\u00e9parer le militantisme politique de l&rsquo;activit\u00e9 religieuse. Les islamistes progressistes ont d&rsquo;ailleurs d\u00e9sormais disparu au sein de Ennahda, notamment parce qu&rsquo;ils ont aussi fait les frais de la crise de la gauche au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, engendrant des repositionnements importants de certains d&rsquo;entre eux, comme Salaheddine al-Jurshi qui s&rsquo;est dirig\u00e9 depuis vers des th\u00e8ses plut\u00f4t lib\u00e9rales.   Rachid Ghanouchi est d&rsquo;ailleurs un penseur atypique dans la mouvance islamiste, fruit d&rsquo;une accumulation d&rsquo;exp\u00e9riences et de r\u00e9f\u00e9rences dont ne peut se targuer aucun autre dirigeant islamiste contemporain. Socialis\u00e9 politiquement dans le nationalisme arabe, influenc\u00e9 par Nasser, il passe par diff\u00e9rents partis ce qui lui donne une culture politique plurielle que son adoption du cr\u00e9do islamiste n&rsquo;a pas amen\u00e9 \u00e0 renier. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Par ailleurs, il quitte t\u00f4t la Tunisie. Dans le cadre de ses \u00e9tudes, il d\u00e9couvre l&rsquo;Egypte, puis la Syrie. Il s&rsquo;\u00e9tablit en France o\u00f9 il fr\u00e9quente diff\u00e9rents milieux. Il se rapproche de l&rsquo;islam avec le mouvement de pr\u00e9dication populaire de la Jamaat al-Tabligh wa al-Daawa. <\/span><span>Puis il d\u00e9couvre pour les \u00e9crits de Ali Shariati, le plus \u00ab tiers-mondiste \u00bb des islamistes, qui se traduit par sa fascination pour le soul\u00e8vement iranien comme moment historique de l&rsquo;affirmation des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, lesquels avaient, pour l&rsquo;anecdote, provoqu\u00e9 certaines conversions de membres de Ennahda au chiisme.   Ennahda s&rsquo;est donc construit sur un relatif pluralisme interne : porosit\u00e9 relative \u00e0 certains th\u00e8mes de la gauche, mise \u00e0 distance du tronc id\u00e9ologique de l&rsquo;islam politique des Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens, d\u00e9bat interne v\u00e9ritable. <\/span><\/p>\n<p><span>Sous le jet de pav\u00e9s contre la gauche, des parfums de rose&#8230; un islamisme ouvert \u00e0 la question sociale<\/span><\/p>\n<p><span>La seconde sp\u00e9cificit\u00e9 du mouvement islamiste tunisien est sa r\u00e9ceptivit\u00e9 relative \u00e0 la question sociale. Ce qui est loin d&rsquo;aller de soi. En effet, la majorit\u00e9 des mouvements islamistes peinent \u00e0 s&rsquo;abstraire d&rsquo;une politique identitaire qui les a \u00e9loign\u00e9e des questions sociales et syndicales.   Les Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens n&rsquo;ont pr\u00e9sent\u00e9 des candidats aux syndicats ouvriers pour la premi\u00e8re fois qu&rsquo;en 1996, et avec une perspective corporatiste plus que militante. Les Fr\u00e8res musulmans jordaniens ont, apr\u00e8s un d\u00e9but d&rsquo;activit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980, pass\u00e9 la question sociale \u00e0 la trappe en pr\u00e9f\u00e9rant se focaliser sur les grandes questions de la g\u00e9opolitique islamiste, \u00e0 savoir la Palestine et l&rsquo;ing\u00e9rence am\u00e9ricaine dans la r\u00e9gion.   Par ailleurs, les Fr\u00e8res ne sont pas les repr\u00e9sentants patent\u00e9s des classes d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9es. Ils ont des int\u00e9r\u00eats de classe oppos\u00e9s : l&rsquo;AKP turc est l&rsquo;\u00e9manation d&rsquo;une petite bourgeoisie d&rsquo;affaires provinciale, la Jamaa Islamiyya libanaise fait la part belle aux entrepreneurs, les Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens ont une vision sur l&rsquo;\u00e9conomie structur\u00e9e par un v\u00e9ritable lobby d&rsquo;affaires li\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;un capital islamiste qui s&rsquo;est constitu\u00e9 par l&rsquo;exil dans les pays du Golfe.   Le PJD et le mouvement al-Adl wa al-Ihsan, au Maroc, marqu\u00e9s tous deux par une forte implantation syndicale, font exception et tiennent un discours et des positions politiques plus ancr\u00e9es \u00e0 gauche.   Surtout, la question sociale restait solidement plant\u00e9e dans le pr\u00e9 carr\u00e9 id\u00e9ologique de son pire adversaire politique : la gauche communiste et la\u00efque. Bref, au-del\u00e0 de la r\u00e9f\u00e9rence incantatoire aux d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, l&rsquo;islam politique n&rsquo;a pas tant d&rsquo;affinit\u00e9 id\u00e9ologique avec la question sociale que cela, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il tend, th\u00e9ologiquement, \u00e0 d\u00e9politiser le soucis de justice sociale en le r\u00e9duisant \u00e0 un souci moral (le devoir de solidarit\u00e9 des riches et la lutte contre la corruption).   Sur ce plan, l&rsquo;islamisme politique tunisien ne s&rsquo;est gu\u00e8re distingu\u00e9 de ses<i>alter ego<\/i> militants en Afrique du Nord et au Machreck. Mouvement fortement implant\u00e9 dans les cercles estudiantins, l&rsquo;islam militant tunisien a cherch\u00e9 par la force \u00e0 s&rsquo;imposer sur les campus que les organisations de gauche se sont escrim\u00e9 \u00e0 conserver de mani\u00e8re non moins muscl\u00e9e. Il s&rsquo;est oppos\u00e9 \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale de 1978, r\u00e9clamant le passage devant les tribunaux des organisateurs selon l&rsquo;un des leaders actuels de l&rsquo;UGTT, l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9rale du Travail en Tunisie.   Mais animosit\u00e9 avec la gauche ne signifie pas n\u00e9cessairement rejet des causes de la gauche pour l&rsquo;ensemble de la mouvance: \u00e0 l&rsquo;occasion de la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale, et alors que les militants islamistes encore dispers\u00e9s n&rsquo;avaient aucun ancrage dans le monde ouvrier, Ghanouchi consid\u00e9ra, dans un entretien qu&rsquo;il nous accorda en 2009, que le jeudi noir fut, pour lui, un des \u00e9v\u00e9nements les plus formateurs politiquement. Il r\u00e9alisa \u00e0 cette occasion que, lorsque la rue tunisienne se mobilise, c&rsquo;est pour la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats vitaux, non pour la <i>sharia <\/i>islamique. Une centralit\u00e9 dont on peut douter qu&rsquo;elle soit n\u00e9cessairement partag\u00e9e par ses cadres : Larbi Guesmi, membre du parti et r\u00e9fugi\u00e9 politique en Suisse, d\u00e9finit ainsi en termes bien plus classique les buts de son parti, \u00e0 savoir la promotion<i> \u00ab des valeurs conformes \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9 du peuple tunisien \u00e0 majorit\u00e9 arabo-musulmane \u00bb<\/i> (cit\u00e9 dans <i>Le Temps<\/i>, jeudi 20 janvier 2011).  L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de Ghanouchi pour la question sociale, c&rsquo;est aussi au mouvement de la \u00abgauche islamique\u00bb qu&rsquo;il la doit. Ce mouvement, pr\u00e9sent aux marges du mouvement islamiste tunisien d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1970, a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par des penseurs comme le philosophe \u00e9gyptien Hassan Hanafi, mais aussi par des courants chiites, comme Ali Shariati que nous mentionnions, ainsi que par les Mujahid\u00ee Khalq (Moudjahidines du peuple). Ce mouvement, connu aussi sous le nom des \u00ab islamistes progressistes \u00bb, diffusa ses id\u00e9es pendant pr\u00e8s d&rsquo;une d\u00e9cennie \u00e0 travers la <i>Revue prospective de la pens\u00e9e islamique<\/i>, plus connue sous le nom de la <i>\u00ab Revue 15\/21\u00bb<\/i> et qui fut un des vecteurs d&rsquo;ouverture de l&rsquo;islamisme \u00e0 des penseurs venus d&rsquo;autres horizons id\u00e9ologiques.   Dans les rangs islamistes, la domination de cadres issus des classes moyenne et un souci unanimiste fond\u00e9 sur le mythe f\u00e9d\u00e9rateur de la oumma (ou de la nation pour les plus politiques d&rsquo;entre eux) avaient engendr\u00e9, parmi les cadres islamistes, un certain m\u00e9pris pour la question ouvri\u00e8re, voir plus g\u00e9n\u00e9ralement la question sociale. Une partie des dirigeants d&rsquo;Ennahda, au contraire a relativement t\u00f4t fait en partie sienne la symbolique ouvri\u00e8re. Le mouvement a \u00e9t\u00e9 ainsi le premier parti islamiste \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le 1er mai, \u00ab f\u00eate des ouvriers \u00bb en arabe <i>(&lsquo;eid al-&lsquo;um\u00e2l)<\/i>. La question sociale occupa rapidement une certain place dans les pr\u00eaches d\u00e9livr\u00e9s par les cadres du mouvement, lequel s&rsquo;attela \u00e0 d\u00e9velopper une litt\u00e9rature de base sur la question.   Le retour de l&rsquo;immigration a, en revanche, de fortes chances de rendre plus centrale la question sociale dans les revendications du groupe islamiste. En effet, non seulement beaucoup des cadres du \u00ab Nahda de l&rsquo;\u00e9migration \u00bb sont souvent en interaction forte avec la gauche alors que les plus jeunes se sont souvent ralli\u00e9s \u00e0 la mouvance de Tariq Ramadan, bien positionn\u00e9e \u00e0 gauche dans son approche des enjeux aff\u00e9rents \u00e0 la question sociale. <\/span><\/p>\n<p><span>Par-del\u00e0 le dogme, une capacit\u00e9 d&rsquo;ouverture politique et de concessions id\u00e9ologiques<\/span><\/p>\n<p><span>En cons\u00e9quence, aucun parti islamiste sunnite n&rsquo;a pris la question de la justice sociale autant au s\u00e9rieux que l&rsquo;islam politique tunisien. Ce qui facilite le contact avec la gauche.   Dans le cadre de l&rsquo;alliance politique du 18 octobre 2005 (appel lanc\u00e9 par repr\u00e9sentants d&rsquo;associations de la soci\u00e9t\u00e9 civile et de partis politiques pour le respect des droits politiques et humains, NDLR), rassemblement de partis d&rsquo;opposition qui s&rsquo;\u00e9tait entendu sur une plateforme politique de revendication d\u00e9mocratique regroupant trois tendances (islamistes, gauchistes, lib\u00e9raux), les revendications sur les questions qui f\u00e2chent (statut personnel, condition de la femme, droit) ont offert un bon exemple. Elle a montr\u00e9 un islamisme certes en position d&rsquo;opposition conservatrice, mais non intransigeant sur le dogme et capable de mettre des b\u00e9mols \u00e0 ses revendications initiales; <i>\u00ab il ne fait pas de doute que les ann\u00e9es de r\u00e9pression &#8211; mihna &#8211; ont fait m\u00fbrir politiquement les cadres du mouvement dans le pays, notamment en les poussant \u00e0 clarifier clairement une vision s\u00e9parant le religieux et le politique \u00bb<\/i>, observe un intellectuel tunisien, regrettant toutefois qu&rsquo;on ne puisse se fonder sur une v\u00e9ritable production intellectuelle afin de fonder ces impressions sur des textes.   La plateforme du 18 octobre est parlante sur plusieurs points : d&rsquo;une part, elle montre que l&rsquo;islamisme est capable d&rsquo;entrer dans des processus de d\u00e9lib\u00e9ration, y compris avec son pire ennemi id\u00e9ologique, le communisme. Elle montre ensuite que l&rsquo;islamisme peut faire des concessions, ce qui se fit d&rsquo;ailleurs au prix de fortes polarisations en interne, toute une aile d&rsquo;Ennahda refusant pr\u00e9cis\u00e9ment les accommodements qui fond\u00e8rent la position du mouvement dans la dynamique du 18 octobre. Enfin, last but not least (et point capital pour l&rsquo;avenir de la Tunisie), elle montre aussi que la gauche tunisienne, si elle est bien dans des positions de d\u00e9fense de certains acquis propres \u00e0 la Tunisie (la\u00efcit\u00e9, statut de la femme), n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement dans une position \u00e9radicatrice face \u00e0 l&rsquo;islam politique d&rsquo;Ennahda alors m\u00eame qu&rsquo;elle est, pour le moment, dans un rapport de force relativement favorable. Si les anciens communistes du Tajdid (Renouveau) campent sur une position de refus total de l&rsquo;islam politique, d&rsquo;autres comme le Parti D\u00e9mocratique Progressiste, parti de gauche lib\u00e9rale, sont pour leur int\u00e9gration, comme l&rsquo;est aussi le Parti Ouvrier Communiste Tunisien.   Selon un intellectuel de sensibilit\u00e9 islamiste, <i>\u00ab le chemin a \u00e9t\u00e9 difficile. <\/i><\/span><i><span lang=\"NO-BOK\">Il y a 20 ans de cela, islamistes et gauchistes se promettaient mutuellement la mise \u00e0 mort en cas de prise de pouvoir des uns ou des autres. Et lorsque Ben Ali a commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9primer Ennahda, la gauche s&rsquo;en est bien accommod\u00e9e, avant de subir elle-m\u00eame le m\u00eame sort dans les ann\u00e9es qui suivirent. <\/span><span>Et dans les ge\u00f4les, alors que tous devenus victimes, les premiers contacts s\u00e9rieux ont pu s&rsquo;\u00e9tablir. \u00bb<\/span><\/i><span> <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Du c\u00f4t\u00e9 des syndicats, la tendance dominante de l&rsquo;UGTT a \u00e9galement renonc\u00e9, depuis la chute de Ben Ali, \u00e0 qualifier Ennahda de <i>\u00ab fascisme islamiste \u00bb<\/i>.  La m\u00e9fiance reste certes de mise. Dans les rangs de la gauche, on d\u00e9nonce le populisme de Ennahda et on se souvient de son refus au grand moment du syndicalisme tunisien: la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9ral de 1978. Quant aux chefs de Ennahda, ils redoutent la persistance de forces \u00ab\u00e9radicatrices\u00bb dans le gouvernement comme dans les rangs de la gauche. <\/span><span>Mais un pas important a \u00e9t\u00e9 franchi avec l&rsquo;initiative du 18 Octobre, qui a pos\u00e9 un engagement de principe pour une entente minimal n\u00e9cessaire au vivre ensemble. <\/span><\/p>\n<p><span>La rupture avec l&rsquo;h\u00e9ritage des Fr\u00e8res musulmans \u2013 et le passage de la question sociale \u00e0 la d\u00e9mocratie<\/span><\/p>\n<p><span>L&rsquo;int\u00e9gration de la question sociale par l&rsquo;islamisme a facilit\u00e9 l&rsquo;ouverture de l&rsquo;islamisme aux autres forces politiques. Difficilement. Mais si l&rsquo;ouverture a eu lieu, c&rsquo;est moins sous la contrainte des r\u00e8gles du jeu politique (comme en Egypte dans les ann\u00e9es 1980 o\u00f9 les Fr\u00e8res, pour acc\u00e9der au Parlement, ont du faire alliance avec des partis reconnus) que dans le cadre d&rsquo;un partage minimum de valeurs lequel, une fois encore, n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 les confrontations muscl\u00e9es des ann\u00e9es 1980.   En effet, d&rsquo;une part, la question sociale, adopt\u00e9e par les futurs leaders d&rsquo;Ennahda d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1970, a permis un rapprochement avec la gauche syndicale. Mais au-del\u00e0, sous l&rsquo;influence tant de Rachid Ghanouchi que de certains courants internes comme les islamistes progressistes, le rapport \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence d\u00e9mocratique s&rsquo;est apais\u00e9. La dynamique a \u00e9t\u00e9 progressive, mais elle a \u00e9t\u00e9 rendue possible par deux facteurs.   D&rsquo;une part, l&rsquo;autonomisation id\u00e9ologique vis-\u00e0-vis de la doctrine traditionnelle des Fr\u00e8res musulmans. Dans les ann\u00e9es 1980, \u00e0 travers la production des diff\u00e9rents courants mentionn\u00e9scomme la gauche islamique, mais aussi gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution intellectuelle de Ghanouchi, le mouvement prend ses distances par rapport \u00e0 la litt\u00e9rature traditionnelle des Fr\u00e8res musulmans. Ghanouchi pose les jalons d&rsquo;une pens\u00e9e sp\u00e9cifique, d\u00e8s 1981 \u00e0 travers sa th\u00e8se de doctorat portant sur la question des libert\u00e9s publiques Il r\u00e9fl\u00e9chit sur des th\u00e8mes portant bien sur la question des libert\u00e9s: sur la femme, sur la question du statut des minorit\u00e9s non religieuses dans l&rsquo;islam. L&rsquo;aboutissement de la r\u00e9flexion se cristallise en 1993 dans son livre Libert\u00e9s publiques dans l&rsquo;Etat islamique, publi\u00e9 par le Centre des Recherches de l&rsquo;Unit\u00e9 arabe, bas\u00e9 \u00e0 Beyrouth, une maison d&rsquo;\u00e9dition d&rsquo;ailleurs plus nationaliste arabe qu&rsquo;islamiste.   D&rsquo;autre part, la volont\u00e9 d&rsquo;ancrer leurs mots d&rsquo;ordre dans le nouveau r\u00e9f\u00e9rentiel et de couper les ponts, non seulement avec une partie de l&rsquo;h\u00e9ritage des Fr\u00e8res musulmans, mais aussi avec l&rsquo;esprit de mouvement de pr\u00e9dication qui dominait encore le MTI. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">La d\u00e9cision de passer du mouvement religieux au parti politique a \u00e9t\u00e9 prise au congr\u00e8s de 1988. Le traditionnel slogan des Fr\u00e8res musulmans <i>\u00ab L&rsquo;islam, c&rsquo;est la solution \u00bb<\/i> a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par <i>\u00ab La libert\u00e9, c&rsquo;est la solution \u00bb<\/i> et de mani\u00e8re non purement d\u00e9magogique: par l\u00e0, les leaders du futur Ennahda affirmaient avant tout le primat d&rsquo;une vision politique et partisane sur leur pr\u00e9c\u00e9dente orientation de pr\u00e9dication.<\/span><span>De l&rsquo;int\u00e9rieur, le mouvement est aussi vu comme une phase de r\u00e9ancrage national dans la tradition tunisienne. Le passage du pr\u00e9dicatif au politique s&rsquo;accompagne d&rsquo;un retour sur la tradition religieuse tunisienne mal\u00e9kite, voire sur un certain patriotisme national incarn\u00e9 par des po\u00e8tes comme Abu al-Q\u00e2ssim al-Sh\u00e2b\u00ee.   Ces dynamiques ont affect\u00e9 le mouvement sur plusieurs plans : tout d&rsquo;abord, la rupture claire avec la tentation du travail clandestin, puis la r\u00e9gulation interne du mouvement islamiste par des proc\u00e9dures &#8211; et un mode de fonctionnement &#8211; de type d\u00e9mocratique, enfin une volont\u00e9 de faire primer le politique concret sur l&rsquo;id\u00e9ologique. Pour Aly Al-Ar\u00eedh\u00ee, <i>\u00ab nous ne voulons pas d&rsquo;Etat religieux mais un Etat d\u00e9mocratique fond\u00e9 sur le seul principe de citoyennet\u00e9 \u00bb<\/i>. En clair, cela revient \u00e0 <i>\u00ab laisser la promotion des valeurs religieuses \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00bb<\/i>, c&rsquo;est-\u00e0-dire,<i>a contrario<\/i>, \u00e0 s\u00e9culariser les m\u00e9canismes institutionnels de la comp\u00e9tition politique: \u00absi on entre dans la sph\u00e8re publique, il faut la g\u00e9rer avec les m\u00e9canisme de fonctionnement et les concepts qui lui sont propres\u00bb. Une forme de s\u00e9cularisation par \u00ab effet de champ \u00bb qui entra\u00eene une seconde cons\u00e9quence majeure : la mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de la notion de <i>shumuliyya<\/i>, renvoyant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;islam est une r\u00e9ponse programmatique et totale, pierre de touche du message de Hassan al-Bannah, fondateur des Fr\u00e8res musulmans, est consid\u00e9r\u00e9 d\u00e9sormais comme <i>\u00ab ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 \u00bb<\/i>.   D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, cet <i>aggiornamento <\/i>parvient \u00e0 rassurer une partie des compagnons de route. Pour cet ancien membre des islamistes progressistes, oppos\u00e9s \u00e0 Ennahda, deux acquis au sein du parti peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme d\u00e9finitifs : l&rsquo;acceptation de la sp\u00e9cificit\u00e9 de la femme tunisienne et de la r\u00e9gulation de la comp\u00e9tition politique par les urnes.   D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, et par suite de ce mouvement d&rsquo;\u00e9mancipation de la matrice Fr\u00e8res musulmans initiale et d&rsquo;avanc\u00e9es r\u00e9elles sur le plan du rapport \u00e0 la d\u00e9mocratie, Ennahda a adopt\u00e9 des positions tr\u00e8s critiques \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des Fr\u00e8res \u00e9gyptiens. Rachid Ghanouchi a, par exemple, condamn\u00e9 leur programme de 2007, en affirmant qu&rsquo;en refusant la pr\u00e9sidence aux coptes et aux femmes et en voulant placer le processus l\u00e9gislatif sous la supervision d&rsquo;un conseil d&rsquo;oul\u00e9mas, les Fr\u00e8res ne se fondent pas sur une acceptation pleine et enti\u00e8re du principe de citoyennet\u00e9. A l&rsquo;inverse, du c\u00f4t\u00e9 des Fr\u00e8res, la perception de Ghanouchi est contrast\u00e9e : fils spirituel du dirigeant soudanais Hassan al-Tourabi critiqu\u00e9 pour avoir tent\u00e9 de d\u00e9velopper une mouvance islamiste parall\u00e8le \u00e0 celle des Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptien pour les uns, islamiste d&rsquo;orientation lib\u00e9rale pour les autres. Il est critiqu\u00e9 par certains comme Rafiq Habib, le penseur copte et compagnon de route tr\u00e8s \u00e9cout\u00e9 au sein de l&rsquo;aile conservatrice des Fr\u00e8res \u00e9gyptiens, qui voit dans l&rsquo;ouverture conceptuelle du chef d&rsquo;Ennahda les pr\u00e9mices d&rsquo;un mouvement paradoxal de s\u00e9cularisation, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu&rsquo;il ent\u00e9rine <i>de facto<\/i> la s\u00e9paration de la sph\u00e8re religieuse et de la sph\u00e8re politique. <\/span><\/p>\n<p><span>L&rsquo;improbable confiscation de la r\u00e9volution par l&rsquo;islamisme <\/span><\/p>\n<p><span>L&rsquo;avenir de Ennahda ne saurait \u00eatre d\u00e9duit de son exp\u00e9rience pass\u00e9e. Et le contexte de reconstruction politique post-autoritaire soul\u00e8ve plusieurs interrogations et autant de dilemmes. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Comment va se passer la restructuration en Tunisie du \u00ab Nahda de l&rsquo;exil \u00bb <i>(Nahda al-Mahjar)<\/i> et du \u00ab Nahda de l&rsquo;int\u00e9rieur \u00bb <i>(Nahda al-d\u00e2khil)<\/i> ? Les pr\u00e9rogatives de ce dernier ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement renforc\u00e9e lors du dernier congr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral du parti en 2007, dans un contexte d&rsquo;affirmation d&rsquo;une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration politique qui pr\u00e9f\u00e9rerait, selon un proche de Ennahda, voir Rachid al-Ghanouchi ne pas trop occuper le devant de la sc\u00e8ne politique et laisser la place aux nouveaux cadres politiques de l&rsquo;int\u00e9rieur. Comment va se coupler une base militante interne porteuse d\u00e9sormais d&rsquo;une culture politique propre, faite d&rsquo;exp\u00e9rience carc\u00e9rale, de tractations diverses avec le pouvoir, de dialogues avec l&rsquo;opposition, de gr\u00e8ves de la faim, et une direction politique et intellectuelle profond\u00e9ment marqu\u00e9e par l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;islam en Occident ?   <\/span><span>Deux points structurels se d\u00e9gagent pourtant de ce bref retour historique sur l&rsquo;exp\u00e9rience islamiste tunisienne.   Tout d&rsquo;abord, le fait que Ennahda ne pourra pas faire cavalier seul dans la restructuration du pouvoir. Contrairement \u00e0 d&rsquo;autres pays, comme l&rsquo;Egypte, o\u00f9 les Fr\u00e8res musulmans sont les seuls \u00e0 tenir t\u00eate au r\u00e9gime, Ennahda s&rsquo;inscrit dans une configuration d&rsquo;oppositions o\u00f9 la gauche non seulement n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 lamin\u00e9e mais o\u00f9, depuis les ann\u00e9es 1970, elle a tenu haut le pav\u00e9 par le biais de l&rsquo;activisme syndical. Le syndicalisme a \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour le principal contre-pouvoir au r\u00e9gime de parti unique tant sous Bourguiba que sous son successeur.   <\/span><span lang=\"NO-BOK\">En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;islamisme sera oblig\u00e9 de composer, c&rsquo;est-\u00e0-dire de transiger avec le dogme. Et la plateforme du 18 Octobre rappelle qu&rsquo;il a d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 prouv\u00e9 qu&rsquo;il en \u00e9tait capable.   Ensuite, Ennahda revient au pays dans un moment politique arabe o\u00f9 les islamistes l\u00e9galistes ont globalement fait leur aggiornamento: le souffle du grand soir ne les porte plus, le pragmatisme domine, la grammaire de l&rsquo;Etat-nation et la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la d\u00e9mocratie se sont impos\u00e9s. <\/span><span>Or Ennahda, loin de s&rsquo;inscrire en faux, est \u00e0 la t\u00eate de ce mouvement, conscient d\u00e8s le d\u00e9but que c&rsquo;est sur des questions concr\u00e8tes, \u00e0 commencer par la question sociale, qu&rsquo;ils seront jug\u00e9s par le peuple. Ennahda a, d\u00e8s sa naissance, tir\u00e9 un trait sur le romantisme r\u00e9volutionnaire, s&rsquo;est montr\u00e9 peu int\u00e9ress\u00e9 par les grands slogans religieux et identitaires, a pris acte, dans les documents du manifeste du 18 Octobre, des acquis de la femme tunisienne et a compris que son futur se jouera sur le politique concret.   Dans un contexte de champ religieux fortement d\u00e9structur\u00e9, priv\u00e9 de discours savant depuis la mise au pas de la Zeitouna par Bourguiba, avec des pr\u00eaches du vendredi impos\u00e9s (souvent lus, sourit un enseignant de sensibilit\u00e9 religieuse, par des officiers de police retrait\u00e9s), le tout sur fond de pouss\u00e9e sensible du salafisme <i>via <\/i>les cha\u00eenes satellite et les sites Internet, le mouvement Ennahda est ainsi, s&rsquo;il maintient le cap id\u00e9ologique pris ces derni\u00e8res ann\u00e9es, non seulement une pi\u00e8ce centrale de l&rsquo;\u00e9quation politique de sortie de l&rsquo;autoritarisme, mais aussi un facteur potentiel de stabilisation d&rsquo;un champ religieux en attente de bouleversements en profondeur avec la fin du r\u00e9gime de Ben Ali.<\/span><\/p>\n<div>\n<p><b><span>Source: \u201cSaphirNews\u201d Le 31-01-2011  Lien:<a href=\"http:\/\/www.saphirnews.com\/Tunisie-l-islamisme-d-Ennahda-quand-le-politique-s-impose-sur-le-religieux_a12194.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.saphirnews.com\/Tunisie-l-islamisme-d-Ennahda-quand-le-politique-s-impose-sur-le-religieux_a12194.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/fokus\/62-national\/2485-tunisie-hamadi-touil-bras-droit-de-belhassen-trabelsi-arrete-au-canada.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span>Tunisie. Hamadi Touil, bras droit de Belhassen Trabelsi, arr\u00eat\u00e9 au Canada<\/span><\/a> <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Selon des sources concordantes, Hamadi Touil, bras droit de Belhassen Trabelsi, aurait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 son arriv\u00e9e, jeudi 27 janvier, \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Montr\u00e9al au Canada. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Le g\u00e9rant du groupe Alpha, distributeur des marques Ford, Jaguar, Land Rover et Hummer, la filiale du groupe Karthago de Belhassen Trabelsi, \u00e9tait en possession de 500.000 euros (pr\u00e8s d\u2019un milliard de dinars) sous forme de ch\u00e8ques de voyages. Touil avait fui la Tunisie pour la France le 15 janvier, \u00e0 bord d\u2019un avion Air France. Il a embarqu\u00e9 ensuite, jeudi 27 janvier, \u00e0 l\u2019a\u00e9roport Charles-De-Gaule pour rejoindre son patron, le beau-fr\u00e8re de l\u2019ex-pr\u00e9sident Ben Ali, qui l\u2019a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 au Canada. Aux derni\u00e8res nouvelles, ce dernier aurait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 lui aussi et pourrait \u00eatre livr\u00e9 bient\u00f4t aux autorit\u00e9s tunisiennes<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Kapitalis\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/fokus\/62-national\/2485-tunisie-hamadi-touil-bras-droit-de-belhassen-trabelsi-arrete-au-canada.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/kapitalis.com\/fokus\/62-national\/2485-tunisie-hamadi-touil-bras-droit-de-belhassen-trabelsi-arrete-au-canada.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><strong><span>Mohamed Masmoudi, ancien ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res tunisien <\/span><\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\"><strong>Osons laisser la jeunesse tunisienne prendre son destin en main<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span>Ces paroles extraites de l&rsquo;hymne national tunisien \u00e9crit par <\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/sujet\/2e7f\/abou-qacem.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><span lang=\"EN-US\">Abou Qacem<\/span><\/a><\/span><span> El Chabi, je les ai clam\u00e9es avec fiert\u00e9 et \u00e9motion lors de la d\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance de mon pays, la Tunisie. Aujourd&rsquo;hui, je suis encore plus fier de les clamer avec l&rsquo;ensemble du peuple Tunisien. Et comme lui, j&rsquo;\u00e9prouve un sentiment de douleur, de col\u00e8re, mais aussi de respect devant ceux qui sont morts par le feu de la r\u00e9pression, ou pire encore, par le feu de leur propre d\u00e9sespoir. Mohamed Bouazizi s&rsquo;est immol\u00e9 <i>car il n&rsquo;est point de vie pour celui qui est priv\u00e9 de sa souverainet\u00e9<\/i>. Les paroles d&rsquo; Abou Qacem El Chabi prennent encore une fois tout leur sens !<\/span><\/p>\n<p><span>Je veux rendre hommage \u00e0 tous ceux qui sont tomb\u00e9s pour dire \u00ab\u00a0non, plus jamais \u00e7a !\u00a0\u00bb. Le Tunisien humili\u00e9, bafou\u00e9, musel\u00e9, exil\u00e9 a laiss\u00e9 la place au Tunisien fier, d\u00e9termin\u00e9, responsable et libre. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Je veux \u00e9galement rendre hommage \u00e0 notre arm\u00e9e et saluer son courage, sa retenue et sa solidarit\u00e9 envers le peuple Tunisien. <\/span><span>Je veux saluer les hommes et les femmes anonymes, les militants des diff\u00e9rentes associations de d\u00e9fense des droits de l&rsquo;homme, les syndicalistes, les avocats, les journalistes et les partis reconnus ou non, qui se sont toujours battus pour que soit respect\u00e9e la libert\u00e9 d&rsquo;expression de chacun quelle que soit son opinion politique.<\/span><\/p>\n<p><span>Je fais confiance \u00e0 notre jeunesse, qui a su faire preuve de maturit\u00e9, pour rester vigilante et ne laisser personne lui voler sa R\u00e9volution. Le peuple tunisien \u00e9crit une nouvelle fois une page de son Histoire. Sa d\u00e9termination sans faille l&rsquo;impose comme l&rsquo;acteur principal et incontournable du processus d\u00e9mocratique en marche en Tunisie. Le peuple Tunisien est debout. Soyons \u00e0 son \u00e9coute, ne nous contentons pas de l&rsquo;entendre ! <\/span><span lang=\"NO-BOK\">C&rsquo;est lui qui donnera la l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 ceux qui le dirigeront. <\/span><span>Il a trop subi, aujourd&rsquo;hui il a soif d&rsquo;agir ! Donnons lui les moyens d&rsquo;\u00e9crire son Histoire. Il a montr\u00e9 qu&rsquo;il en a la capacit\u00e9, les comp\u00e9tences, la retenue et la maturit\u00e9 n\u00e9cessaires.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">SOYONS UN MOD\u00c8LE !<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">L&rsquo;instant est grave. Nous avons l&rsquo;obligation et la responsabilit\u00e9 de remplir le vide laiss\u00e9 au sommet de l&rsquo;Etat pour \u00e9viter le chaos, l&rsquo;anarchie, les d\u00e9stabilisations et les r\u00e8glements de compte. Ce serait indigne de nous et de ce rendez-vous pris avec l&rsquo;Histoire. Le monde regarde la Tunisie, soyons un mod\u00e8le ! L&rsquo;Etat doit asseoir son autorit\u00e9 pour \u00e9tablir le cadre institutionnel qui permettra au dialogue de s&rsquo;installer, \u00e0 la critique positive et responsable de se faire, \u00e0 la d\u00e9mocratie de vivre. <\/span><span>Mais pas \u00e0 n&rsquo;importe quel prix ! Refusons la mascarade et la manipulation, choisissons les personnes l\u00e9gitimes, cr\u00e9dibles et qui soient dignes de confiance. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Nous avons les hommes et les femmes pr\u00eats \u00e0 relever ce d\u00e9fi. Nous sommes un peuple de grande civilisation, \u00e9duqu\u00e9, tol\u00e9rant et solidaire. Notre jeunesse compte dans ses rangs l&rsquo;excellence. Osons lui laisser prendre son destin en main ! C&rsquo;est parce que j&rsquo;ai vibr\u00e9 pour les m\u00eame causes, c&rsquo;est parce que j&rsquo;avais leur \u00e2ge quand j&rsquo;ai contribu\u00e9 \u00e0 rendre libre et ind\u00e9pendante notre Patrie, que je fais confiance aujourd&rsquo;hui \u00e0 notre jeunesse ! C&rsquo;est fort de cette exp\u00e9rience, que je veux dire \u00e0 ceux qui auront la charge d&rsquo;assurer la transition, en vue d&rsquo;organiser des \u00e9lections libres, ouvertes \u00e0 tous les partis politiques, de ne surtout pas insulter l&rsquo;avenir !<\/span><\/p>\n<p><span>Pour des raisons de sant\u00e9, je me trouve dans l&rsquo;obligation d&rsquo;\u00eatre, aujourd&rsquo;hui, loin de mon pays. Par ce communiqu\u00e9 je veux simplement faire part de mon sentiment de fiert\u00e9, d&rsquo;enthousiasme et de confiance pour le peuple Tunisien, constant dans ses valeurs. Du haut de l&rsquo;\u00e2ge qui est le mien aujourd&rsquo;hui, je veux alerter les autorit\u00e9s de l&rsquo;Etat pour qu&rsquo;elles demeurent sans cesse \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute des exigences l\u00e9gitimes qui sont revendiqu\u00e9es. Mais je veux \u00e9galement condamner fermement toute forme de violence, toute exaction, toute tentative de complot et toute ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re \u00e0 l&rsquo;encontre de la volont\u00e9 du peuple tunisien ! <\/span><i><span lang=\"NO-BOK\">Gloire \u00e0 toi, Tunisie ! De la grandeur de ton peuple, demeure \u00e0 jamais fi\u00e8re !<\/span><\/i><\/p>\n<p><b><span>Source: \u201dLe Monde.fr\u201d Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"NO-BOK\">Lien:<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/01\/31\/osons-laisser-la-jeunesse-tunisienne-prendre-son-destin-en-main_1473243_3232.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/01\/31\/osons-laisser-la-jeunesse-tunisienne-prendre-son-destin-en-main_1473243_3232.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\">Quel futur pour la Tunisie\u00a0? <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">Le Rassemblent Constitutionnel D\u00e9mocratique <\/span><\/u><span lang=\"FR\">situ\u00e9 officiellement \u00e0 gauche sur l&rsquo;\u00e9chiquier politique tunisien est h\u00e9ritier premier parti politique tunisien du d\u00e9funt Bourguiba le Parti socialiste destourien. Il semble que ce parti d&rsquo;union pourrait exploser en petites partis et pourrait propulser l&rsquo;ancien Premier Ministre Mohamed Ghanouchi sur le devant de la sc\u00e8ne. Ghannouchi est un personnage reconnu comme int\u00e8gre par l&rsquo;ensemble de la classe politique tunisienne comme internationale. Bien que poss\u00e9dant bien des qualit\u00e9s,ce farouche d\u00e9fenseur des Droits de la Femme et du capitalisme mod\u00e9r\u00e9 semble avoir peu de chances de briguer les r\u00eanes du pouvoir pour plusieurs raisons. Il fut le premier ministre de Ben Ali pendant bien des ann\u00e9es, mais surtout comme le pr\u00e9cise Antoine Basbous il n&rsquo;a pas la capacit\u00e9 de diriger un pays car peu habitu\u00e9 \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sent sur la sc\u00e8ne m\u00e9diatique. Il est r\u00e9put\u00e9 pour sa discr\u00e9tion et sa modestie. Sa totale incomp\u00e9tence dans la gestion des r\u00e9voltes de la faim comme de la crise politique actuelle prouve qu&rsquo;il n&rsquo;est certainement pas l&rsquo;homme de la situation. Ses chances paraissent peu \u00e9lev\u00e9. Mais, il dispose discr\u00e8tement de l&rsquo;appui de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne et des \u00c9tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique.<\/span><\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">Le Parti Ennadha de Rached Ghannouchi <\/span><\/u><span lang=\"FR\">a annonc\u00e9 qu&rsquo;il pr\u00e9senterait un candidat pour les prochaines pr\u00e9sidentielles. Ce parti fondamentaliste et extr\u00e9miste qui exige l&rsquo;abrogation des avanc\u00e9es sociales tunisiennes et l&rsquo;instauration d&rsquo;un r\u00e9gime ultra-int\u00e9griste copi\u00e9 sur le mod\u00e8le de l&rsquo;Afghanistan des talibans. Il est notamment pour l&rsquo;interdiction des autres confessions religieuses sur le territoire tunisien. Ses chances demeurent peu \u00e9lev\u00e9, mais il pourrait jouer le r\u00f4le d&rsquo;arbitre dans ces \u00e9lections si sa candidature \u00e9tait valid\u00e9 par le Conseil Constitutionnel tunisien ou bien pourrait rentrer dans une possible coalition conservatrice. L&rsquo;accroissement de la pauvret\u00e9 dans certains villes tunisiennes notamment de l&rsquo;ouest pourrait \u00eatre le meilleur terreau politique de cette formation politique.<\/span><\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">L&rsquo;alternative Fouad Mebazaa <\/span><\/u><em><span lang=\"FR\">\u00a0?<\/span><\/em><span lang=\"FR\"> Il semble impossible de voir le pr\u00e9sident par int\u00e9rim se pr\u00e9senter \u00e0 ces \u00e9lections car il est \u00e2g\u00e9 de 78 ans. Il d\u00e9passe largement l&rsquo;age l\u00e9gal pour un pr\u00e9sident en fonction fix\u00e9 \u00e0 75 ans. Mis \u00e0 part une totale refonte constitutionnelle, il n&rsquo;a aucunes chances de briguer la mandature supr\u00eame. Id\u00e9ologiquement du centre, il ne devrait pas se pr\u00e9senter aux \u00e9lections prochaines.<\/span><\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">Moncef Marzouki<\/span><\/u><span lang=\"FR\"> , ce docteur de formation r\u00e9fugi\u00e9 en France depuis plusieurs ann\u00e9es et ne connaissant plus la r\u00e9alit\u00e9 politique tunisienne poss\u00e8de l&rsquo;avantage de se situer au del\u00e0 des clivages politiques. Son parti le Congr\u00e8s pour la R\u00e9publique ne poss\u00e8de aucun programme politique, et pourrait donc devenir le nouveau pr\u00e9sident tunisien dans le cas ou aucuns partis n&rsquo;arrivaient \u00e0 proposer un v\u00e9ritable pr\u00e9sidentiable. Un vote sanction du peuple tunisien aux diff\u00e9rentes formations politiques tunisiennes pourraient le voir devenir le nouveau pr\u00e9sident de la R\u00e9publique tunisienne.<\/span><\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">Tunisie verte le parti \u00e9cologiste tunisien d&rsquo;Abdelkader Zitouni <\/span><\/u><span lang=\"FR\">a r\u00e9cemment annonc\u00e9 qu&rsquo;il se pr\u00e9senterait aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. Bien que tr\u00e8s discret , les \u00ab\u00a0verts tunisiens\u00a0\u00bb sont tr\u00e8s structur\u00e9 et surtout poss\u00e8de un programme politique clair bas\u00e9 notamment sur la protection de l&rsquo;environnement et la pr\u00e9servation de la la\u00efcit\u00e9. Le jeune et dynamique Hmam Walid serait le candidat id\u00e9al. Proche du peuple et appr\u00e9ci\u00e9 des notaires tunisois , il semble en mesure de briguer le pouvoir. Des primaires anticip\u00e9es devraient prochainement avoir lieu pour officiellement le d\u00e9signer candidat.<\/span><\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">Le parti social-lib\u00e9ral de Mondher Thabet <\/span><\/u><span lang=\"FR\">ne s&rsquo;est pas encore prononc\u00e9 sur sa possible participation aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2011. D&rsquo;ob\u00e9dience lib\u00e9rale et situ\u00e9 \u00e0 droite sur l&rsquo;\u00e9chiquier politique tunisien , il poss\u00e8de 8 d\u00e9put\u00e9s au Parlement tunisien. S&rsquo;affirmant proche de l&rsquo;UMP, il pourrait gagner les pr\u00e9sidentielles. Connu des tunisiens, il pourrait rallier les nostalgiques de Ben Ali et profiter du flou politique tunisien pour s&rsquo;imposer comme la premi\u00e8re formation politique de Tunisie. Ses chances sont r\u00e9elles.<\/span><\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">Le mouvement Ettajdid d&rsquo;Ahmed Brahim <\/span><\/u><span lang=\"FR\">ne s&rsquo;est toujours pas prononc\u00e9 sur les r\u00e9cents \u00e9v\u00e8nements politiques en Tunisie. Bien qu&rsquo;ayant deux d\u00e9put\u00e9s au Parlement tunisien, ce parti de centre-gauche ne poss\u00e8de par r\u00e9ellement de personnage capable de bien repr\u00e9senter ce parti. Il pourrait constituer une coalition de gauche afin de contrer le PSL de Mondher Thabet.<\/span><\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">Le parti de l&rsquo;unit\u00e9 populaire<\/span><\/u><span lang=\"FR\"> est un parti se r\u00e9clamant du socialisme et proche de l&rsquo;id\u00e9ologie dites de nationalisme arabe. Avec ses 12 d\u00e9put\u00e9s au Parlement, c&rsquo;est officiellement un des principales opposants au RCD. Il ne devrait pas pr\u00e9senter de candidat aux \u00e9lections et ses chances de victoire sont inexistantes. Il n&rsquo;est pas vu comme un v\u00e9ritable opposant car il a toujours soutenu le principal parti en place. Mohamed Bouchiha , possible candidat du PUP ne devrait pas se pr\u00e9senter aux \u00e9lections et pourrait rentrer dans une possible coalition de gauche.<\/span><\/p>\n<p><u><span lang=\"FR\">Le mouvement des d\u00e9mocrates socialistes<\/span><\/u><span lang=\"FR\"> est un parti politique tunisien se disant d&rsquo;ob\u00e9dience social-d\u00e9mocrate. Il poss\u00e8de 16 d\u00e9put\u00e9s au Parlement tunisien. Ce parti dit de gauche a des id\u00e9es proches du Parti Ennadha et avait conclu une union avec le parti fondamentaliste. Ces pseudo-gauchistes seraient finalement \u00e0 tendance conservatrice. Il pourrait conclure une union politique avec le Ennadha. En effet , les autres partis de gauche les jugent trop proche de la droite ultra-int\u00e9griste , et refuse toutes alliances avec cette formation politique.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Quelque soit le r\u00e9sultat des prochaines \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales tunisiennes, l&rsquo;Union Europ\u00e9enne et l&rsquo;ensemble des pays d\u00e9mocratiques devront activement aid\u00e9 le peuple tunisien dans sa nouvelle marche d\u00e9mocratique. En effet , les fondamentalistes sont aux portes de la Tunisie et il faut pr\u00e9server ce pays qui est un rempart contre l&rsquo;ultra-int\u00e9grisme religieux. Il aurait peut-\u00eatre fallut aller graduellement vers la d\u00e9mocratie pour mieux favoriser la libert\u00e9 et conserver les acquis de l&rsquo;\u00e8re Bourguiba.<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Agoravox\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/www.agoravox.fr\/actualites\/international\/article\/quel-futur-pour-la-tunisie-87690\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.agoravox.fr\/actualites\/international\/article\/quel-futur-pour-la-tunisie-87690<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<h4 align=\"center\" style=\"color: blue;\"><span>Egypte, quel avenir pour Isra\u00ebl et le monde\u2026<\/span><span><\/span><\/h4>\n<hr\/>\n<p><span>L\u2019Egypte qui a embo\u00eet\u00e9 le pas \u00e0 la Tunisie est en contestation depuis une semaine et Hosni Moubarak ne semble pas vouloir prendre la fuite comme son homologue tunisien. Au contraire, l\u2019arm\u00e9e remplace la police pour assurer la r\u00e9pression. Si il n\u2019est pas sur que les Islamistes prennent le pouvoir en Tunisie, bien que l\u2019arriv\u00e9e triomphale du leader du mouvement islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, le 30 janvier \u00e0 Tunis apr\u00e8s vingt ans d\u2019exil \u00e0 Londres ne laisse rien pr\u00e9sager de bon, sans l\u2019ombre d\u2019un doute ce sera le cas en Egypte. Pour Isra\u00ebl dont l\u2019Egypte est un partenaire privil\u00e9gi\u00e9 dans cette r\u00e9gion, c\u2019est assur\u00e9ment un grand sujet d\u2019inqui\u00e9tude, risquant de voir surgir un nouvel ennemi \u00e0 l\u2019Ouest. Pour le reste du Monde, c\u2019est \u00e9galement un sujet d\u2019inqui\u00e9tude, le Canal de Suez \u00e9tant le passage des hydrocarbures. Du fait d\u2019une erreur strat\u00e9gique des Am\u00e9ricains en 1956, le canal est pass\u00e9 sous la coupe des Egyptiens. <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Le canal de Suez situ\u00e9 en \u00c9gypte, long de 190,25 km, d\u2019une largeur de 300 m environ et profond de 22 m relie, via trois lacs naturels, la ville portuaire de Port-Sa\u00efd sur la mer M\u00e9diterran\u00e9e et la ville de Suez sur le golfe de Suez partie septentrionale de la mer Rouge, permettant ainsi de relier les deux mers. <\/span><span>Le 17 f\u00e9vrier 1867, le premier navire empruntait le canal, mais l\u2019inauguration eut lieu le 17 novembre 1869 en pr\u00e9sence de l\u2019imp\u00e9ratrice Eug\u00e9nie. Suivaient Ferdinand de Lesseps, ainsi que les administrateurs du canal, \u00e0 bord du P\u00e9luse, de la Compagnie des messageries maritimes. Les \u00c9gyptiens montr\u00e8rent une grande reconnaissance \u00e0 la France qui permettait ainsi le d\u00e9veloppement de leur \u00e9conomie et avait fourni du travail \u00e0 des centaines de milliers d\u2019ouvriers dans la mis\u00e8re. La dette ext\u00e9rieure de l\u2019\u00c9gypte for\u00e7\u00e2t celle-ci \u00e0 vendre ses parts au Royaume-Uni au prix tr\u00e8s attractif de 4 000 000 \u00a3 lui assurant ainsi la route des Indes. En 1882, des troupes britanniques s\u2019installaient sur les rives du canal pour le prot\u00e9ger. Les Anglais parvennaient ainsi \u00e0 prendre le contr\u00f4le du canal sans avoir eu \u00e0 financer sa construction.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">Un point tr\u00e8s important, le 29 octobre 1888, la convention de Constantinople confirm\u00e2t la neutralit\u00e9 du canal, d\u00e9clar\u00e9 \u00ab libre et ouvert, en temps de guerre comme en temps de paix, \u00e0 tout navire de commerce ou de guerre, sans distinction de pavillon \u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\">Le 26 juillet 1956, Nasser, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique d\u2019\u00c9gypte, nationalis\u00e2t le canal et transf\u00e8r\u00e2t le patrimoine de la compagnie du canal \u00e0 la Suez Canal Authority dans le but de financer la construction du barrage d\u2019Assouan \u00e0 la suite du refus des \u00c9tats-Unis de fournir des fonds. <\/span><span>En repr\u00e9sailles, les avoirs \u00e9gyptiens sont gel\u00e9s et l\u2019aide alimentaire supprim\u00e9e. Les principaux actionnaires du canal \u00e9taient alors britanniques et fran\u00e7ais. De plus Nasser d\u00e9nonce la pr\u00e9sence coloniale du Royaume-Uni au Moyen-Orient et soutient les nationalistes contre la France dans la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. Le 29 octobre 1956, le Royaume-Uni, la France et Isra\u00ebl se lancent dans une op\u00e9ration militaire, baptis\u00e9e \u00ab op\u00e9ration Mousquetaire \u00bb afin de r\u00e9cup\u00e9rer la souverainet\u00e9 du canal. L\u2019op\u00e9ration de Suez dure une semaine. Les Etats-Unis l\u00e9gitimisent l\u2019annexion \u00e9gyptienne et exigent l\u2019arr\u00eat imm\u00e9diat de l\u2019exp\u00e9dition franco-isra\u00e9lo-britannique. De nombreux actionnaires, fran\u00e7ais, britanniques et \u00e9gyptiens, sont ruin\u00e9s, l\u2019\u00c9gypte refusant de les indemniser. Avec une Egypte islamistes, qui peut pr\u00e9tendre que les int\u00e9gristes ne seront pas tent\u00e9s de bloquer les approvisionnements p\u00e9troliers de l\u2019Occident?<\/span><\/p>\n<p><b><span>Source: \u201cEl dia de la republica\u201d Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<div>\n<p><b><span lang=\"NO-BOK\">Lien:<a href=\"http:\/\/www.el-dia.com\/v3\/2011\/01\/3321\/egypte\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.el-dia.com\/v3\/2011\/01\/3321\/egypte\/<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\">L&rsquo;Egypte r\u00e9alise ce que la Tunisie, l&rsquo;Alg\u00e9rie et l&rsquo;Albanie n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi : faire baisser Wall Street<\/span><span lang=\"FR\"><\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">L&rsquo;Egypte. Ses pharaons, ses pyramides, son fleuve mythique, ses clubs de plong\u00e9e, Cl\u00e9op\u00e2tre et maintenant des \u00e9meutes pour mettre dehors Moubarak. Comme disait un \u00e9meutier la semaine pass\u00e9e : \u00ab\u00a0Casse-toi Moubarak\u00a0\u00bb. Visiblement c&rsquo;est la saison en ce moment, les alg\u00e9riens ont r\u00e9ussi \u00e0 casser la r\u00e9volte, les tunisiens ont chang\u00e9 de Pr\u00e9sident (ou de dictateur devrais-je dire), l&rsquo;Albanie est encore en train de se poser des questions, mais ils en ont marre \u00e9galement et maintenant, c&rsquo;est l&rsquo;Egypte qui prend la main..<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">La seule diff\u00e9rence qu&rsquo;il y a avec l&rsquo;Egypte, c&rsquo;est que soudainement on en parle dans les journaux financiers. Avant, le reste, on n&rsquo;en avait pas grand-chose \u00e0 faire. L&rsquo;Etat de sant\u00e9 de Steve Jobs, le changement de management chez Google, les chiffres grandioses de GE et le Share-Buy.Back d&rsquo;Intel \u00e9taient bien plus important que les r\u00e9volutions en bordure de la M\u00e9diterran\u00e9e. Reste \u00e0 savoir pourquoi, soudainement l&#8217;embrasement de l&rsquo;Egypte a tout chang\u00e9&#8230;<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Je ne crois pas que la bourse du Caire soit si importante que cela, ni que la plupart des traders de Wall Street soit plus capable de poser l&rsquo;Egypte que la Tunisie sur une carte du monde. Est-ce que soudainement le march\u00e9 aurait-il eu peur de la mal\u00e9diction de Toutenkarton s&rsquo;il se faisait d\u00e9ranger durant son sommeil \u00e9ternel. En cas de r\u00e9veil s&rsquo;en prendrait-il au centre du capitalisme mondial ? Je suppose qu&rsquo;au cas o\u00f9 cet \u00e9v\u00e8nement se produirait, il aurait probablement d&rsquo;autres chats (\u00e9gyptiens) \u00e0 fouetter&#8230;<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Mais peu importe, la crise Egyptienne aura \u00e9t\u00e9 l&rsquo;excuse que nous cherchions pour faire baisser le march\u00e9, prendre les profits et faire monter l&rsquo;or et le p\u00e9trole&#8230;<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Et \u00e7a a plut\u00f4t bien march\u00e9, alors que la plupart des intervenants cherchaient \u00e0 comprendre les hi\u00e9roglyphes et \u00e0 savoir quelle fronti\u00e8re commune avait le Honduras, l&rsquo;Ukraine et l&rsquo;Egypte, les march\u00e9s se sont enfonc\u00e9s dans les eaux d&rsquo;Hurghada comme un seul homme et sont partis explorer les fonds marins.<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Rationnellement parlant, un des plus gros stress du moment provient de la crainte que si la crise venait \u00e0 d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer, certains analystes sont \u00ab\u00a0presque\u00a0\u00bb convaincus qu&rsquo;ils vont fermer le canal de Suez et que du coup, les approvisionnements en p\u00e9trole vont souffrir. DONC.. si un plus un \u00e9gale toujours deux, il est fort probable que si les livraisons de p\u00e9trole s&rsquo;ass\u00e8chent, on s&rsquo;autorise \u00e0 penser, dans les milieux autoris\u00e9s que le prix du brut lui-m\u00eame, pourrait monter&#8230;<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Si le prix du brut monte, je vous le donne en mille, la croissance \u00e9conomique pourrait en prendre plein les pare-chocs et comme elle ne va d\u00e9j\u00e0 pas tr\u00e8s vite, il n&rsquo;est pas difficile d&rsquo;imaginer qu&rsquo;elle pourrait s&rsquo;arr\u00eater&#8230; C&rsquo;est donc ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 vendredi&#8230; petit a) le p\u00e9trole et parti au ciel, petit b) les bourses sont parties sous l&rsquo;eau, puisque les \u00e9conomies mondiales vont \u00eatre affect\u00e9es par le p\u00e9trole qui passe de 84.5 \u00e0 89$ dans la m\u00eame journ\u00e9e&#8230; et petit c) on avait notre excuse pour prendre les profits sur un march\u00e9 que tout le monde jugeait un tout petit peu fatigu\u00e9, m\u00eame les plus BULLS d&rsquo;entre nous&#8230;<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Quant \u00e0 la probabilit\u00e9 d&rsquo;une cl\u00f4ture du canal de Suez, je ne suis pas sp\u00e9cialiste, ni analyste, Steve Jobs m&rsquo;en garde, mais avec ma logique habituelle, je suppose que les Emirats et tout ce qui produit ET livre du p\u00e9trole dans la r\u00e9gion sont sur le coup et s&rsquo;il ne comprend pas qu&rsquo;il doit partir, ils vont lui expliquer, \u00e0 Moubarak&#8230; Peut-\u00eatre pas avec des termes tr\u00e8s diplomates, mais il para\u00eet que dans la r\u00e9gion, ils sont en train de pr\u00e9parer un camp de vacances pour ancien-Pr\u00e9sidents d\u00e9chus&#8230; ou d\u00e9\u00e7us..<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\">Je dois dire que quand je lis ce que je lis dans la presse du week-end aux USA, j&rsquo;ai le sentiment qu&rsquo;ils veulent presque nous faire croire qu&rsquo;ils ma\u00eetrisent le sujet. Comme si ils s&rsquo;int\u00e9ressaient \u00e0 ce qui se passe en dehors \u00e0 l&rsquo;Est des Hampton&rsquo;s et \u00e0 l&rsquo;Ouest de Beverly Hills&#8230;<\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Source\u00a0: \u00ab\u00a0Tribune de Geneve\u00a0\u00bb Le 31-01-2011<\/span><\/b><\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Lien\u00a0:<a href=\"http:\/\/morningbull.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/01\/31\/l-egypte-realise-ce-que-la-tunisie-l-algerie-et-l-albanie-no.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/morningbull.blog.tdg.ch\/archive\/2011\/01\/31\/l-egypte-realise-ce-que-la-tunisie-l-algerie-et-l-albanie-no.html<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<\/div>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TUNISNEWS 10 \u00e8me ann\u00e9e, N\u00b0 3905 du 31.01.2011 archives : www.tunisnews.net l\u2019Association des Tunisiens en France:Communiqu\u00e9 Jamil SAYAH: Manifeste pour une R\u00e9publique nouvelle Ahmed BEN AMOR: Sidi Bou H\u00e9di KHAZNAGI: R\u00e9volution tunisienne: la contagion est-elle \u00e9vidente? RABAM: A vos gardes citoyens, Il faut rester \u00e9veill\u00e9 ! AFP: Rached Ghannouchi, le radical devenu symbole d&rsquo;un islam [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22040,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[],"tags":[53,42,29],"class_list":["post-17583","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","tag-53","tag-42","tag-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17583","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17583"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17583\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22040"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17583"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17583"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17583"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}