{"id":17485,"date":"2011-11-16T00:00:00","date_gmt":"2011-11-16T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/16-novembre-2011\/"},"modified":"2011-11-16T00:00:00","modified_gmt":"2011-11-16T00:00:00","slug":"16-novembre-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/16-novembre-2011\/","title":{"rendered":"16 novembre 2011"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"L\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante a \u00e9t\u00e9 \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\u00e9lue[1]. Sa premi\u00e8re r\u00e9union aura lieu le 22 \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tnovembre. Sans conteste, le parti Ennahdha \n\t\t\t\t\t\t\t\t\test sorti victorieux du scrutin. Les \n\t\t\t\t\t\t\t\t\tr\u00e9sultats du vote ont cependant r\u00e9serv\u00e9 de\" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<div><font><strong><font face=\"Calibri\" size=\"2\"><font><font><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\"><font><font face=\"Arial\" size=\"4\"><\/font><\/font><\/span><\/font><\/font><\/font><\/strong><\/font><\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Bookman Old Style\" size=\"7\"><strong>TUNISNEWS <\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\">11 \u00e8me ann\u00e9e, N\u00b04157 du 16.11.2011<\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>archives : <\/strong><\/font><a rel=\"nofollow\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>www.tunisnews.net<\/strong><\/font><\/a><span lang=\"FR\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/font><\/strong><\/span><\/div>\n<p><font><\/font><font><font><font><\/p>\n<div dir=\"ltr\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/strong><\/div>\n<p><\/font><\/font><\/font><\/p>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Sadri Khiari: Tunisie : commentaires sur la r\u00e9volution \u00e0 l\u2019occasion des \u00e9lections<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><font>AP: Le nom du prochain pr\u00e9sident tunisien bient\u00f4t connu<\/font><\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Le Monde: Tunisie : l&rsquo;erreur strat\u00e9gique des adversaires du parti islamiste Ennahda<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Kapitalis: Tunisie appliquera la r\u00e9solution de la Ligue arabe sur la Syrie<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>El Watan: Les deux fers au feu<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Kapitalis: Tunisie. Les fuites sur la constitution du gouvernement sont infond\u00e9es<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Business News: Tunisie &#8211; Le CPR, Abbou et la fixation sur les minist\u00e8res de l\u2019Int\u00e9rieur et de la Justice<\/strong><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Kapitalis: Tunisie. Au nom des travailleurs, Jrad se remplissait les poches<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Espace Manager: Tunisie: Et Ennahdha se prend \u00e0 r\u00eaver\u2026<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Tekiano: Le g\u00e9nie tunisien \u00e0 l\u2019honneur de Hong Kong aux USA<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>La Depeche: Nadia El Fani : \u00ab\u00a0La Tunisie la\u00efque n&rsquo;a pas dit son dernier mot\u00a0\u00bb<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Slate Afrique: Peut-on parler de bloc islamiste?<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"4\"><strong>Tunisie : commentaires sur la r\u00e9volution \u00e0 l\u2019occasion des \u00e9lections<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div> <strong><font>Par Sadri Khiari<\/font><\/strong><\/div>\n<div> L\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue[1]. Sa premi\u00e8re r\u00e9union aura lieu le 22 novembre. Sans conteste, le parti Ennahdha est sorti victorieux du scrutin. Les r\u00e9sultats du vote ont cependant r\u00e9serv\u00e9 de nombreuses surprises. Bien que la victoire des candidats du parti Ennahdha \u00e9tait attendue, celui-ci a r\u00e9alis\u00e9 un score bien plus important que pr\u00e9vu avec 1 500 000 voix. Il obtient donc 89 si\u00e8ges (41%) sur les 217 que compte l\u2019Assembl\u00e9e constituante. Souligner, comme le font certains, que 60% des \u00e9lecteurs n\u2019ont pas vot\u00e9 pour Ennahdha mais pour les 27 listes qui ont eu des si\u00e8ges \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e constituante n\u2019a pas grand sens dans la mesure o\u00f9 cela signifierait que, malgr\u00e9 leurs divergences, ces derni\u00e8res auraient plus de choses en commun entre elles qu\u2019avec Ennahdha \u2013 une fa\u00e7on comme une autre de sous-entendre que le clivage principal qui traverse la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne est celui qui oppose \u00ab modernistes \u00bb et \u00ab islamistes \u00bb. <\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Moins pr\u00e9visible, par contre, a \u00e9t\u00e9 la d\u00e9faite cinglante du PDP[2], d\u00e9pass\u00e9e contre toute attente par le CPR et le FDTL (Ettakatol). Il obtient ainsi seulement 111 000 voix et 16 \u00e9lus (8%), contre 340 000 voix et 29  si\u00e8ges (13%) pour le CPR et pr\u00e8s de 250 000 et 20 si\u00e8ges (9%) pour Ettakatol. Le regroupement anti-Ennahdha, le P\u00f4le moderniste et d\u00e9mocratique, appara\u00eet comme le grand perdant de ces \u00e9lections avec un peu moins de 50 000 voix et 5 si\u00e8ges (2%). L\u2019extr\u00eame gauche (PCOT et Mouvement des patriotes d\u00e9mocrates) obtient seulement 4 si\u00e8ges \u2013 bien en de\u00e7\u00e0 de ses attentes. Autre fait notable, les membres d\u00e9clar\u00e9s du parti dissout de Ben Ali, le RCD se retrouvent d\u00e9sormais bien marginaux dans l\u2019Assembl\u00e9e puisque seulement repr\u00e9sent\u00e9s par les 5 d\u00e9put\u00e9s (pr\u00e8s de 100 00 voix du parti al-Mobadara, constitu\u00e9 par un ancien ministre, Kamel Morjane. Mais la plus grande surprise reste le succ\u00e8s des listes de la \u00ab P\u00e9tition populaire pour la libert\u00e9, la justice et le d\u00e9veloppement \u00bb (El Aridha) qui ont obtenu 26 si\u00e8ges et se placent d\u00e8s lors en troisi\u00e8me position derri\u00e8re le CPR.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Les nombreux commentaires qui ont suivis ces \u00e9lections interpr\u00e8tent les conflits politiques en Tunisie \u00e0 travers une grille de lecture eurocentr\u00e9e, en termes d\u2019opposition droite\/gauche, conservateurs\/progressistes ou modernistes\/islamistes. Or, ce qui caract\u00e9rise la Tunisie actuelle ce n\u2019est ni une simple opposition entre exploiteurs et exploit\u00e9s, ni la contemporan\u00e9it\u00e9 de sph\u00e8res modernes et de sph\u00e8res pr\u00e9-modernes mais, constitutive d\u2019une m\u00eame modernit\u00e9, la juxtaposition au sein des rapports sociaux de modalit\u00e9 de pouvoir capitalistes et de modalit\u00e9s de pouvoir inscrites dans la d\u00e9pendance coloniale toujours r\u00e9elle. Dans le cadre de cet article, je ne pourrai m\u2019\u00e9tendre davantage sur cette question.<\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> La majorit\u00e9 des commentaires qu\u2019ont suscit\u00e9 les \u00e9lections p\u00eachent \u00e9galement d\u2019un autre point de vue : ils \u00e9vacuent le conflit politique, c\u2019est-\u00e0-dire tout simplement la politique et la strat\u00e9gie. Les strat\u00e9gies des diff\u00e9rents acteurs, que ce soit le pouvoir ou les forces politiques en comp\u00e9tition, me semble, au contraire, avoir jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif dans leurs capacit\u00e9s respectives \u00e0 obtenir les suffrages de la population. Construites dans l\u2019urgence, souvent h\u00e9sitantes, conditionn\u00e9es en partie par la culture politique des diff\u00e9rents partis et par leurs enracinements sociaux, ces strat\u00e9gies ont largement d\u00e9termin\u00e9es l\u2019\u00e9volution des rapports de force sur le terrain \u2013 favorisant les uns et sanctionnant les autres. Le 14 janvier encore, il n\u2019\u00e9tait pas dit qu\u2019Ennahdha deviendrait la force majoritaire de l\u2019Assembl\u00e9e constituante. Certes, ce parti disposait de nombreux atouts ; il n\u2019\u00e9tait cependant pas assur\u00e9 de remporter une telle victoire.  \u00a0<\/div>\n<div>Pour en comprendre les ressorts, on ne peut se passer, me semble-t-il, d\u2019une analyse de l\u2019\u00e9volution des rapports de forces politiques et des strat\u00e9gies suivies par les diff\u00e9rents acteurs depuis le d\u00e9but de la r\u00e9volution. <\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> R\u00e9volution et contre-r\u00e9volution<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> S\u2019il fallait attester du caract\u00e8re r\u00e9volutionnaire du processus politique qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 en Tunisie[3], il suffirait de rappeler la puissance de la mobilisation populaire qui a d\u00e9but\u00e9 le 17 d\u00e9cembre 2010. C\u2019est, en  effet, l\u2019intervention directe et massive de la population dans le champ politique, toutes cat\u00e9gories sociales confondues, qui a conduit \u00e0 la fuite pr\u00e9cipit\u00e9e du pr\u00e9sident Ben Ali \u2013 al makhlou3, comme on le d\u00e9signe d\u00e9sormais, le \u00ab d\u00e9chu \u00bb, celui qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mis, destitu\u00e9, arrach\u00e9 comme on arrache une dent infect\u00e9e.Ces mobilisations se sont par la suite \u00e9largies, radicalis\u00e9es, organis\u00e9es, \u00e0 tous les niveaux de la soci\u00e9t\u00e9, par saccades mais de mani\u00e8re ascendante, et ce pendant plusieurs mois. De nouveaux secteurs sont entr\u00e9s en lutte, des formes d\u2019auto-organisation \u00e0 la base ont \u00e9merg\u00e9, les th\u00e9matiques des revendications se sont diversifi\u00e9es tandis que le niveau des demandes politiques s\u2019est approfondi. Pendant de nombreuses semaines, c\u2019est \u00ab la rue \u00bb qui a command\u00e9 et non plus un pouvoir politique, d\u00e8s lors en d\u00e9tresse, contraint de c\u00e9der \u00e0 nombre d\u2019exigences fondamentales jusqu\u2019\u00e0 celle d\u2019une Assembl\u00e9e constituante \u00e9lue d\u00e9mocratiquement. Cette situation a provoqu\u00e9 sinon la destruction des institutions et de l\u2019ensemble des m\u00e9canismes du syst\u00e8me politique ant\u00e9rieur, du moins leur profonde d\u00e9sarticulation. <\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> Pr\u00e8s de dix mois apr\u00e8s la d\u00e9route du dictateur, la Tunisie reste lourdes de nouveaux conflits, les incertitudes persistent et l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 continuent de r\u00e9gner \u2013 et ce malgr\u00e9 une situation relativement stabilis\u00e9e, l\u2019endiguement des mobilisations et la mise en place de nouvelles formes d\u2019institutionnalisation. Quelles que puissent \u00eatre les limites de ces bouleversements et les possibles d\u00e9ceptions \u00e0 venir, une nouvelle p\u00e9riode historique s\u2019est ouverte. Cela suffit pour parler de r\u00e9volution populaire. <\/div>\n<div> Si l\u2019on veut caract\u00e9riser les choix strat\u00e9giques adopt\u00e9s par les cercles les plus influents du pouvoir (et, sans doute, leurs \u00ab conseillers \u00bb am\u00e9ricains) dans le but de contrer la dynamique r\u00e9volutionnaire, la notion decontre-r\u00e9volution, identifi\u00e9e dans son sens historique \u00e0 une contre-mobilisation de masse[4], ne convient pas. <\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Le d\u00e9roulement des \u00e9v\u00e9nements laisse penser que diff\u00e9rentes strat\u00e9gies se sont crois\u00e9es, qui pourraient avoir \u00e9t\u00e9 impuls\u00e9es par des sph\u00e8res plus ou moins concurrentes au sein du pouvoir. Il semble ainsi que certains caciques du r\u00e9gime benaliste aient caress\u00e9 l\u2019illusion d\u2019une restauration rapide de leur autorit\u00e9 sans limite, sous la direction de l\u2019un d\u2019entre eux, voire du pr\u00e9sident d\u00e9chu lui-m\u00eame[5]. Dans  les jours qui ont suivi l\u2019\u00e9vacuation en catastrophe du dictateur, des commandos non identifi\u00e9s semaient la panique dans de nombreuses villes tunisiennes tandis que 11 000 prisonniers de droit commun s\u2019\u00ab \u00e9vadaient \u00bb soudainement de diff\u00e9rentes prisons du pays. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> On ne sait pas grand-chose en r\u00e9alit\u00e9 de ce qui s\u2019est r\u00e9ellement pass\u00e9 au cours de ces journ\u00e9es de violence ni m\u00eame de leur ampleur r\u00e9elle, sinon par les traces d\u2019incendies ou de pillages, des t\u00e9moignages et beaucoup de rumeurs. Ces exactions, quelle que soit leur importance effective, sont imput\u00e9s \u00e0 la Garde pr\u00e9sidentielle, dirig\u00e9e par un des hommes de main de Ben Ali, le g\u00e9n\u00e9ral Seriati, ou encore \u00e0 la police politique et aux barbouzes du RCD auxquels des d\u00e9linquants seraient venus pr\u00eater main forte. Le but aurait \u00e9t\u00e9 de semer la peur du chaos, propice au r\u00e9tablissement de l\u2019ordre ancien \u2013 une strat\u00e9gie qui se serait heurt\u00e9e, selon la version officielle, \u00e0 l\u2019intervention de l\u2019arm\u00e9e, soutenue par la mobilisation populaire organis\u00e9e dans les quartiers. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Il para\u00eet en effet vraisemblable que le choix d\u2019un retour au pouvoir de Ben Ali ou d\u2019une reconduction presque \u00e0 l\u2019identique du r\u00e9gime sous une autre autorit\u00e9, f\u00fbt loin d\u2019\u00eatre partag\u00e9 par les principaux acteurs du pouvoir au profit d\u2019une autre strat\u00e9gie, progressivement d\u00e9velopp\u00e9e dans les derniers jours de la dictature. Ainsi, il a pu sembler pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019\u00e9viter que la mobilisation grandissante de la population ne r\u00e9v\u00e8le toutes ses potentialit\u00e9s et n\u2019en vienne jusqu\u2019\u00e0 menacer d\u2019effondrement l\u2019ensemble des institutions politiques ; il a pu \u00e9galement sembler opportun de sacrifier l\u2019ancien pr\u00e9sident et de coopter quelques secteurs de l\u2019opposition au sein du pouvoir tout en \u00e9largissant un tant soit peu la sph\u00e8re des libert\u00e9s publiques. Ce qui \u00e9tait ici envisag\u00e9 c\u2019est bien une r\u00e9forme par en haut, con\u00e7ue dans l\u2019urgence, afin d\u2019endiguer l\u2019expansion et la radicalisation du mouvement de masse et d\u2019int\u00e9grer un tant soit peu les demandes de changement \u2013 d\u00e9sormais incontournables \u2013 dans le cadre institutionnel d\u2019une \u00ab transition \u00bb n\u00e9goci\u00e9e. En d\u2019autres termes, l\u2019enjeu consistait \u00e0 transformer la r\u00e9volution en \u00ab transition dans l\u2019ordre \u00bb, selon la formule sans cesse r\u00e9it\u00e9r\u00e9e par l\u2019administration am\u00e9ricaine alors que la fi\u00e8vre r\u00e9volutionnaire s\u2019emparait de l\u2019Egypte. Le succ\u00e8s d\u2019une r\u00e9forme par en haut d\u00e9pendait bien s\u00fbr de la capacit\u00e9 du pouvoir \u00e0 d\u00e9mobiliser les classes populaires et \u00e0 les d\u00e9sorienter, tout comme \u00e0 marginaliser les forces les plus combattives en leur sein. L\u2019hypoth\u00e8se strat\u00e9gique d\u2019une \u00ab transition dans l\u2019ordre \u00bb, fond\u00e9e sur un compromis entre \u00e9lites, \u00e0 m\u00eame de pr\u00e9server les principales institutions du r\u00e9gime (et notamment le RCD), n\u2019\u00e9tait pas irr\u00e9aliste. Cependant, la profondeur de l\u2019hostilit\u00e9 suscit\u00e9e par le syst\u00e8me Ben Ali a contraint les cercles dirigeants de l\u2019\u00c9tat \u2013 et sans doute de nombreux opposants \u2013 \u00e0 faire de nouvelles concessions \u00e0 la volont\u00e9 de rupture exprim\u00e9e par les mobilisations populaires.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Les forces de l\u2019opposition au sortir de la r\u00e9volution.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> La strat\u00e9gie transitionnelle avait en main plusieurs atouts. Le premier est qu\u2019elle a su tirer profit de la relative c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 avec laquelle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 le d\u00e9part de Ben Ali \u2013 intervenu avant que la mobilisation populaire ne d\u00e9ploie tout son potentiel. Le deuxi\u00e8me atout est tr\u00e8s certainement le r\u00f4le d\u00e9volu \u00e0 l\u2019arm\u00e9e. En refusant (de sa propre initiative ?) de participer \u00e0 la r\u00e9pression des manifestants, celle-ci a acquis un capital de sympathie important au sein de la population, lui \u00e9vitant ainsi d\u2019\u00eatre contest\u00e9e comme l\u2019ont \u00e9t\u00e9 les forces de police. On peut d\u2019ailleurs se demander si les violences qui ont succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 la fuite du pr\u00e9sident n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 instrumentalis\u00e9es pour assoir plus encore son cr\u00e9dit[6].<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> La strat\u00e9gie transitionnelle a surtout b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la mod\u00e9ration de la plupart des partis qui \u00e9taient dans l\u2019opposition du temps de Ben Ali. Regroupant quelques centaines d\u2019adh\u00e9rents pour les plus importants d\u2019entre eux, d\u00e9pourvus d\u2019ancrage social, au mieux \u00e0 peine tol\u00e9r\u00e9s sinon f\u00e9rocement r\u00e9prim\u00e9s comme le mouvement Ennahdha, ces partis s\u2019\u00e9taient justement construits dans la perspective d\u2019une \u00ab transition d\u00e9mocratique \u00bb n\u00e9goci\u00e9e entre certaines fractions du pouvoir et les courants \u00ab raisonnables \u00bb de l\u2019opposition, sous la houlette des grandes puissances. En dehors de quelques groupes d\u2019extr\u00eame gauche comme le PCOT ou de personnalit\u00e9s comme Moncef Marzouki, le pr\u00e9sident du CPR qui appelait \u00e0 la \u00ab r\u00e9sistance \u00bb et \u00e0 la \u00ab d\u00e9sob\u00e9issance civile \u00bb, la perspective d\u2019une large mobilisation populaire n\u2019\u00e9tait aucunement int\u00e9gr\u00e9e dans l\u2019horizon strat\u00e9gique des formations de l\u2019opposition.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Il est significatif, de ce point de vue, qu\u2019en 2008, lors de la r\u00e9volte dans le bassin minier de la r\u00e9gion de Gafsa, si l\u2019on excepte la gauche radicale, la plupart des forces de l\u2019opposition sont rest\u00e9es en retrait du mouvement \u2013 et ce pendant plusieurs semaines \u2013 avant de lui manifester un soutien timide, destin\u00e9 davantage \u00e0 souligner la gravit\u00e9 de la situation sociale et l\u2019urgence des r\u00e9formes \u00e0 mettre en \u0153uvre plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 \u00e9largir la sph\u00e8re de la contestation populaire. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Il me faut \u00e9galement souligner la terrible n\u00e9cessit\u00e9 dans laquelle se sont trouv\u00e9es les oppositions tunisiennes : isol\u00e9es et pers\u00e9cut\u00e9es par le r\u00e9gime, ils ont d\u00fb trouver des appuis \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du pays, attendant des grandes puissances une pression sur le pouvoir. Les effets pervers d\u2019une telle politique ont \u00e9t\u00e9 l\u2019adoption de strat\u00e9gies de lobbying international, articul\u00e9es autour de la question des droits de l\u2019homme, comme substitut \u00e0 la construction d\u2019un rapport de forces en Tunisie, et du renforcement de liens \u2013 souvent gu\u00e8re loin de l\u2019all\u00e9geance \u2013 avec l\u2019Union europ\u00e9enne et les \u00c9tats-Unis. Enfin, la majorit\u00e9 des oppositions \u00e0 Ben Aliconcevait fondamentalement la politique comme \u00e9tant port\u00e9e par une d\u00e9mocratie d\u2019\u00e9lite. S\u2019il leur avait fallu choisir, il y a fort \u00e0 parier qu\u2019elles auraient fait le choix d\u2019une transition n\u00e9goci\u00e9e, sans intervention populaire. Surprises par la r\u00e9volution, elles ont d\u00fb faire avec, s\u2019impliquant peu ou prou dans le mouvement de protestation, sans chercher pour autant la rupture avec l\u2019ancien dictateur. En effet, la veille de son d\u00e9part, la majorit\u00e9 des formations politiques se pronon\u00e7aient encore pour une sorte de r\u00e9conciliation g\u00e9n\u00e9rale. Au lendemain du 14 janvier, la ligne g\u00e9n\u00e9rale de leur engagement est demeur\u00e9e la m\u00eame, privil\u00e9giant \u2013 sauf en de rares moments \u2013 la voie des n\u00e9gociations au sommet et le respect de la l\u00e9galit\u00e9 institutionnelle. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> La strat\u00e9gie transitionnelle a donc pu miser sur les forces de l\u2019opposition comme elle a pu parier sur le conservatisme bureaucratique des principaux dirigeants de l\u2019UGTT[7], port\u00e9s \u00e0 s\u2019ins\u00e9rer positivement dans un  processus de r\u00e9formes au sommet \u00e0 condition qu\u2019ils parviennent \u00e0 brider l\u2019influence des syndicalistes radicaux. Seule v\u00e9ritable organisation de masse pendant des d\u00e9cennies, ancr\u00e9e principalement dans les secteurs les mieux dot\u00e9s du monde du travail \u2013 notamment parmi les travailleurs de la fonction publique \u2013 la Centrale syndicale s\u2019\u00e9tait elle-m\u00eame compromise avec le r\u00e9gime pendant de nombreuses ann\u00e9es. La pression populaire se faisant plus pesante puisque relay\u00e9e par les sections de bases des r\u00e9gions les plus d\u00e9favoris\u00e9es et par certaines de ses f\u00e9d\u00e9rations connues pour leurs liens avec la gauche radicale, elle a certes \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e, dans les derniers jours de la dictature, \u00e0 soutenir de mani\u00e8re d\u00e9cisive le mouvement r\u00e9volutionnaire. Malgr\u00e9 quelques h\u00e9sitations au lendemain imm\u00e9diat de la chute de Ben Ali, elle a accompagn\u00e9e par la suite, mais pour un temps seulement, le mouvement protestataire. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> L\u00e9gitimit\u00e9 r\u00e9volutionnaire et l\u00e9gitimit\u00e9 institutionnelle<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> La mise en \u0153uvre de la \u00ab transition dans l\u2019ordre \u00bb a d\u00fb cependant composer avec une mobilisation r\u00e9volutionnaire persistante que le d\u00e9part de Ben Ali n\u2019a pas suffi \u00e0 contenir. Vingt quatre heures apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 pr\u00e9sident temporaire \u00e0 l\u2019encontre du texte de la Constitution,Mohamed Ghannouchi,qui fut Premier ministre du dictateur, retrouva son poste de chef du gouvernement \u2013 officiellement suite \u00e0 une d\u00e9cision du Conseil constitutionnel \u2013 et c\u2019est \u00e0 Foued Mebazza, un vieil homme sans grande consistance politique, que fut confi\u00e9, provisoirement, le pouvoir supr\u00eame. Un gouvernement transitoire a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 : il r\u00e9unissait certains des principaux responsables de l\u2019ancien r\u00e9gime \u2013 nomm\u00e9s aux postes cl\u00e9s[8]ainsi que quelques repr\u00e9sentants de l\u2019opposition (PDP, FDTL et Ettajdid) et de l\u2019UGTT, \u00e9tablis \u00e0 des postes secondaires. Charg\u00e9 de pr\u00e9parer des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives dans un d\u00e9lai de six mois, ce gouvernement ne devait pas durer. <\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> Sous la pression de certaines de ses f\u00e9d\u00e9rations parmi les plus importantes (enseignement primaire, secondaire, postes, sant\u00e9, etc.), la direction de l\u2019UGTT a imm\u00e9diatement d\u00e9nonc\u00e9 un gouvernement faisant la part trop belle aux dirigeants benalistes et a retir\u00e9 ses ministres. Elle a \u00e9t\u00e9 rapidement suivie par le FDTL. Seuls s\u2019y sont arc-bout\u00e9s le secr\u00e9taire de l\u2019ancien parti communiste, le mouvement Ettajdid, et le chef du PDP, Ahmed-Nejib Chebbi, press\u00e9 d\u2019en finir avec la r\u00e9volution et convaincu de triompher aux pr\u00e9sidentielles annonc\u00e9es. Dans tout le pays, l\u2019annonce de la composition du nouveau gouvernement suscitait, <\/div>\n<div>cependant, une vague d\u2019indignation. Au centre des revendications, mises en avant par les manifestants, le d\u00e9part de Mohamed Ghannouchi, l\u2019\u00e9viction des ministres du RCD, la dissolution de ce parti et le jugement de tous ceux qui \u00e9taient impliqu\u00e9s dans le syst\u00e8me Ben Ali. La r\u00e9volution entamait ainsi un deuxi\u00e8me cycle qui allait contraindre les diff\u00e9rents acteurs politiques organis\u00e9s \u00e0 corriger leurs strat\u00e9gies.<\/div>\n<div> Je ne peux pas relater ici tous les faits qui se sont d\u00e9roul\u00e9s au cours de cette p\u00e9riode, sinon pour en souligner le mouvement d\u2019ensemble : face \u00e0 une tr\u00e8s large mobilisation nationale et \u00e0 la d\u00e9structuration graduelle des institutions du r\u00e9gime, le pouvoir a navigu\u00e9 \u00e0 vue, faisant concession apr\u00e8s concession, tout en cherchant \u00e0 gagner du temps. Peine perdue, la contestation n\u2019a pas cess\u00e9 de prendre de l\u2019ampleur, d\u00e9bouchant sur deux \u00e9v\u00e8nements qui marquent le point d\u2019orgue du processus r\u00e9volutionnaire et le d\u00e9but de son d\u00e9clin.<\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> Le premier \u00e9v\u00e9nement a eu lieu le 11 f\u00e9vrier : c\u2019est la constitution du Conseil national de protection de la r\u00e9volution. Il s\u2019agit d\u2019une instance form\u00e9e par l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile en relation \u00e9troite avec les multiples Comit\u00e9s locaux de protection de la r\u00e9volution, constitu\u00e9s dans les villes et les quartiers. En dehors du PDP et du mouvement Ettajdid \u2013 toujours au gouvernement \u2013 on y comptait la plupart des partis politiques, dont le parti Ennahdha et les mouvements d\u2019extr\u00eame-gauche, de nombreuses associations ainsi que l\u2019UGTT et l\u2019Ordre des d\u2019avocats : ils exigeaient l\u2019\u00e9lection d\u2019une assembl\u00e9e constituante, la dissolution du RCD et la formation d\u2019un gouvernement provisoire compos\u00e9 de technocrates sans liens avec l\u2019ancien parti de Ben Ali. Surtout, le Conseil demandait \u00e0 ce que son autorit\u00e9 soit officialis\u00e9e par un d\u00e9cret-loi du Pr\u00e9sident de la r\u00e9publique lui octroyant un droit de regard et de veto sur les activit\u00e9s du gouvernement et notamment sur les nominations de responsables. Face \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 institutionnelle dont se pr\u00e9valait le gouvernement, un autre organe de pouvoir national tendait ainsi \u00e0 \u00e9merger, dot\u00e9 d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 issue de la r\u00e9volution. <\/div>\n<div> Le second \u00e9v\u00e9nement majeur est sans nul doute le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes devant le si\u00e8ge du gouvernement sur la place de la Kasbah, le 25 f\u00e9vrier. On a appel\u00e9 cet \u00e9v\u00e9nement, la Kasbah II. La Kasbah I avait eu lieu un mois plus t\u00f4t, le 27 janvier. De nombreux manifestants avaient occup\u00e9 la Kasbah alors m\u00eame que le gouvernement venait d\u2019\u00eatre expurg\u00e9 des figures les plus marquantes de l\u2019ancien r\u00e9gime. Ce sit-in avait \u00e9t\u00e9 brutalement dispers\u00e9, sans mettre fin \u00e0 la tension. Les jours suivants, les manifestations et heurts avec la police s\u2019\u00e9tendaient \u00e0 plusieurs villes du pays. Organis\u00e9, semble-t-il, ind\u00e9pendamment des partis politiques, la Kasbah II a \u00e9t\u00e9 un moment intense de mobilisation avec pour principaux mots d\u2019ordre l\u2019\u00e9lection d\u2019une l\u2019assembl\u00e9e constituante, la dissolution effective du RCD et le d\u00e9part de Mohamed Ghannouchi du premier minist\u00e8re.<\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> Mohamed Ghannouchi est alors remplac\u00e9 par B\u00e9ji Ca\u00efd Essebsi, un ancien ministre de Bourguiba qui avait occup\u00e9 le poste de pr\u00e9sident de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. Le gouvernement est remani\u00e9. Certains des hommes de l\u2019ancien r\u00e9gime sont toujours l\u00e0 mais aucun des caciques de Ben Ali n\u2019y figure d\u00e9sormais. Technocrates, experts et personnalit\u00e9s secondaires de la soci\u00e9t\u00e9 civile sont par contre largement repr\u00e9sent\u00e9s. Par ailleurs, promise depuis le 6 f\u00e9vrier, la dissolution du RCD est confirm\u00e9e. Plus d\u00e9cisive encore est la suspension de la Constitution de 1959 et l\u2019institution de la \u00ab Haute Instance pour la r\u00e9alisation des objectifs de la r\u00e9volution, de la r\u00e9forme politique et de la transition d\u00e9mocratique \u00bb sous la direction du n\u00e9o-charfiste[9], Yadh Ben Achour. Compos\u00e9e de 155 personnes, repr\u00e9sentants quasiment <\/div>\n<div>l\u2019ensemble du spectre politique, cette institution disposait alors d\u2019un pouvoir d\u2019interpellation du gouvernement. Elle \u00e9tait charg\u00e9e plus particuli\u00e8rement de r\u00e9organiser la vie d\u00e9mocratique durant la p\u00e9riode de \u00ab transition \u00bb et de d\u2019\u00e9laborer un projet de loi \u00e9lectorale destin\u00e9 \u00e0 permettre l\u2019\u00e9lection d\u2019une Assembl\u00e9e constituante, fix\u00e9e un premier temps au 24 juillet. <\/div>\n<div> Le nouveau gouvernement c\u00e9dait ainsi \u00e0 certaines des principales revendications du Conseil de protection de la r\u00e9volution. Mais dans le m\u00eame temps, en cooptant au sein de la Haute instance la majorit\u00e9 des forces qui le composaient, notamment l\u2019UGTT et Ennahdha, le Conseil s\u2019est vu enlever l\u2019essentiel de sa repr\u00e9sentativit\u00e9. La pr\u00e9cipitation avec laquelle les anciennes forces de l\u2019opposition ont renonc\u00e9 au Conseil de protection de la r\u00e9volution t\u00e9moigne de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de l\u2019implication qui \u00e9tait la leur en son sein. Il est vrai que la Haute instance, constitu\u00e9e par le Premier ministre, a permis une critique vigoureuse des logiques et des pratiques du r\u00e9gime de Ben Ali. Il est vrai, aussi, que des revendications radicales s\u2019y sont exprim\u00e9es et que des d\u00e9cisions importantes, d\u2019un point de vue d\u00e9mocratique, ont pu y \u00eatre prises et impos\u00e9es au pouvoir. Si la volont\u00e9 d\u2019institutionnaliser la r\u00e9volution dans un cadre n\u00e9goci\u00e9 avec le pouvoir \u00e9tabli y a pr\u00e9domin\u00e9, il n\u2019en demeure pas moins que, port\u00e9e par la mobilisation populaire, cette instance a d\u00e9velopp\u00e9e une dynamique qui est certainement all\u00e9e au-del\u00e0 de ce qu\u2019envisageaient ses concepteurs.<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> En faisant entrer la r\u00e9volution dans le cadre de l\u2019\u00c9tat, le nouveau Premier ministre avait en effet pris le risque d\u2019\u00eatre pi\u00e9g\u00e9 par elle. Sauf \u00e0 \u00eatre contest\u00e9 comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur, il ne pouvait aller radicalement \u00e0 l\u2019encontre des propositions formul\u00e9es par les membres de la Haute instance. Cependant, en faisant entrer la r\u00e9volution dans le cadre de l\u2019\u00c9tat, les autorit\u00e9s en place envisageaient de d\u00e9placer le centre de gravit\u00e9 de la contestation de \u00ab la rue \u00bb aux b\u00e2timents luxueux du pouvoir o\u00f9 avocats, enseignants, m\u00e9decins et autres repr\u00e9sentants des partis et de la soci\u00e9t\u00e9 civile devaient se pr\u00e9parer \u00e0 n\u00e9gocier le partage du pouvoir avec les anciens cadres benalistes. Avec la constitution de la Haute instance, le spectre d\u2019une autorit\u00e9 ext\u00e9rieure aux institutions officielles et disposant d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 r\u00e9volutionnaire \u00e9tait \u00e9cart\u00e9 mais \u00e9tait consentie du m\u00eame coup l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 de d\u00e9cisions contraires aux int\u00e9r\u00eats du pouvoir et d\u2019une refonte globale du r\u00e9gime politique par la future Constituante. De fait, au grand dam du Premier ministre, quelques semaines apr\u00e8s la constitution de la Haute instance, celle-ci d\u00e9cide \u00e0 une \u00e9crasante majorit\u00e9 que toute personne ayant eu des responsabilit\u00e9s \u00e0 quelques niveaux que ce soit au sein du parti de Ben Ali depuis l\u2019accession de celui-ci au pouvoir, il y a 23 ans, serait in\u00e9ligible. Ce qui, on s\u2019en doute, implique un large remaniement du personnel au pouvoir et la d\u00e9stabilisation des r\u00e9seaux d\u2019autorit\u00e9 et de client\u00e8le \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de tout le pays. Il fallait donc \u00ab lib\u00e9rer \u00bb les membres de la Haute instance de \u00ab la rue \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire affaiblir la mobilisation populaire sur laquelle reposait sa capacit\u00e9 \u00e0 exercer des pressions sur le pouvoir central mais qui lui interdisait dans le m\u00eame temps de faire trop de concessions \u00e0 ce dernier. Col\u00e8re et d\u00e9sarroi Ainsi, la mise en place du gouvernement dirig\u00e9 par B\u00e9ji Ca\u00efd Essebsi et l\u2019instauration de la Haute instance a correspondu \u00e0 un raidissement des forces de s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 un durcissement de la r\u00e9pression des mobilisations. La principale opportunit\u00e9 en a \u00e9t\u00e9 fournie par le d\u00e9clenchement, dans des conditions obscures, d\u2019une des plus importantes crises qu\u2019a connu le pays depuis les violences qui ont suivies la chute de Ben Ali. Au lendemain de la d\u00e9cision de la Haute instance d\u2019exclure du processus constituant les anciens responsables RCDistes, des manifestations de membres de ce parti sont organis\u00e9es. Comme au lendemain de la chute de Ben Ali, on apprend l\u2019\u00e9vasion simultan\u00e9e de divers centres de d\u00e9tention de centaines de prisonniers de droit commun. C\u2019est le moment que choisit l\u2019ancien ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Farhat Rajhi[10], pour  donner un entretien, imm\u00e9diatement diffus\u00e9 sur le net, o\u00f9 il accuse un homme d\u2019affaires, connu pour son implication souterraine dans les affaires politiques, de tirer les ficelles du gouvernement au b\u00e9n\u00e9fice des sah\u00e9liens[11]. Il s\u2019inqui\u00e8te \u00e9galement de voir l\u2019\u00e9tat-major de l\u2019arm\u00e9e se pr\u00e9parer \u00e0 prendre le pouvoir dans le cas o\u00f9 les r\u00e9sultats des \u00e9lections \u00e0 la Constituante donneraient une majorit\u00e9 aux islamistes. Alors que les  autorit\u00e9s d\u00e9noncent fermement les d\u00e9clarations de l\u2019ancien ministre, de nombreuses villes tunisiennes sont le th\u00e9\u00e2tre de manifestations exigeant plus de transparence voire carr\u00e9ment le d\u00e9part du gouvernement Ca\u00efd Essebsi. Elles sont r\u00e9prim\u00e9es avec une extr\u00eame brutalit\u00e9. Que s\u2019est-il pass\u00e9 exactement ? Je ne saurais le dire. Il me semble cependant qu\u2019elles marquent un tournant dans la situation.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Depuis, des violences souvent suspectes se d\u00e9clenchent de mani\u00e8re r\u00e9currente dans plusieurs villes du pays. Sc\u00e8nes de pillage, incendies volontaires, destruction de biens publics, se multiplient tandis que des mouvements de protestation d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent brusquement sans qu\u2019il soit possible de d\u00e9terminer la part de spontan\u00e9it\u00e9 et la part de provocation \u00e0 l\u2019origine des violences. Ce genre de heurts, attribu\u00e9s parfois par les m\u00e9dias \u00e0 des conflits \u00ab tribaux \u00bb, n\u2019a plus cess\u00e9 d\u2019embraser les diff\u00e9rentes villes du pays. Qu\u2019ils soient plus ou moins suscit\u00e9s par certaines sph\u00e8res du pouvoir dans le cadre d\u2019une strat\u00e9gie destin\u00e9e \u00e0 d\u00e9velopper l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au sein de la population ou qu\u2019ils soient simplement la cons\u00e9quence de la d\u00e9composition des dispositifs d\u2019encadrement et de contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat, ou qu\u2019\u00e0 cela puisse s\u2019ajouter la col\u00e8re et l\u2019impatience d\u2019une population d\u00e9laiss\u00e9e, il n\u2019en reste pas moins que ces violences ont concouru \u00e0 inhiber les mobilisations et \u00e0 semer le d\u00e9sarroi chez de nombreux Tunisiens. Ces derniers demeurent inquiets et d\u00e9pit\u00e9s de constater que, si les controverses politiques \u00e9taient vives sur les plateaux de t\u00e9l\u00e9vision, il \u00e9tait toujours aussi difficile de boucler ses fins de mois. La dynamique r\u00e9volutionnaire en ressort fortement \u00e9branl\u00e9e. Des mobilisations populaires, des gr\u00e8ves dans les entreprises, se poursuivent ici et l\u00e0 mais l\u2019\u00e9lan collectif des premi\u00e8res semaines de la r\u00e9volution semble avoir \u00e9t\u00e9 enray\u00e9. Le rapport de force se d\u00e9grade au d\u00e9triment des classes subalternes qui assistent, distantes bien souvent, \u00e0 la pr\u00e9paration d\u2019une \u00e9lection dont les enjeux leur semblent tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s de leurs pr\u00e9occupations r\u00e9elles, et tandis que les partis politiques se noient dans une pol\u00e9mique qui pour l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des Tunisiens n\u2019a pas lieu d\u2019\u00eatre, le rapport entre le politique et le religieux.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Le d\u00e9sarroi qui a caract\u00e9ris\u00e9 les classes populaires au cours des derniers mois s\u2019est manifest\u00e9 de mani\u00e8re particuli\u00e8rement claire lors des \u00e9lections. Ainsi, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9normit\u00e9 des moyens d\u00e9ploy\u00e9s, la campagne organis\u00e9e pour inciter les 7 millions et demi d\u2019\u00e9lecteurs \u00e0 s\u2019inscrire sur les listes \u00e9lectorales n\u2019a pas suscit\u00e9 l\u2019enthousiasme attendu. Loin de l\u00e0. Les Tunisiens, notamment dans les quartiers et les r\u00e9gions les plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s, ne se sont gu\u00e8re press\u00e9s de r\u00e9gulariser leur situation, au point qu\u2019au terme du d\u00e9lai fix\u00e9 l\u2019Instance sup\u00e9rieure ind\u00e9pendante pour les \u00e9lections (ISIE), l\u2019autorit\u00e9 charg\u00e9e de l\u2019organisation des \u00e9lections, d\u00e9cide que les non-inscrits pourraient voter sur simple pr\u00e9sentation de leur carte d\u2019identit\u00e9 nationale. Cette relative indiff\u00e9rence a marqu\u00e9e \u00e9galement le scrutin. En effet, le taux de participation s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 52%. C\u2019est l\u00e0 un chiffre qui, pour des \u00e9lections qui couronnent un processus r\u00e9volutionnaire, exprime \u00e0 tout le moins un certain d\u00e9tachement face \u00e0 une comp\u00e9tition politique dont les enjeux ont souvent paru ind\u00e9chiffrables aux yeux de nombreux Tunisiens. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> S\u2019il y a un point sur lequel les sondages pr\u00e9\u00e9lectoraux ne se sont pas tromp\u00e9s, c\u2019est en effet sur l\u2019ind\u00e9cision manifest\u00e9e par beaucoup \u2013 au moins un tiers du corps \u00e9lectoral \u2013 \u00e0 la veille m\u00eame du scrutin. Il est vrai que les conditions dans lesquelles se sont d\u00e9roul\u00e9es les \u00e9lections ne pouvaient qu\u2019ajouter au d\u00e9sarroi vis-\u00e0-vis d\u2019une r\u00e9volution dont les classes populaires percevaient qu\u2019elle leur \u00e9chappait au profit des classes moyennes et de leurs \u00e9lites. Pour 217 si\u00e8ges \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e, sont ainsi entr\u00e9es en comp\u00e9tition plus de 1500 listes, repr\u00e9sentants plus de 10 000 candidats appartenant pour plus de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux \u00e0 des dizaines de partis diff\u00e9rents n\u2019ayant pour la plupart que quelques mois d\u2019existence, et pour le reste \u00e0 une flop\u00e9e de listes ind\u00e9pendantes. Dans chaque circonscription, plusieurs dizaines de listes, pr\u00e8s d\u2019une centaine parfois, se sont disput\u00e9es les suffrages des \u00e9lecteurs, d\u00e9veloppant des th\u00e9matiques et des slogans souvent tr\u00e8s proches. Au cours de la campagne \u00e9lectorale, les Tunisiens ont \u00e9t\u00e9 submerg\u00e9s de tracts et d\u2019invitations \u00e0 participer \u00e0 des r\u00e9unions publiques. Ils ont \u00e9t\u00e9 abreuv\u00e9s de discours monotones et sans surprises, \u00e0 peu de choses pr\u00e8s similaires, diffus\u00e9s quatre heures par jour sur les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision et les radios (autant de clips \u00e9lectoraux que de listes en comp\u00e9tition). <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> La mauvaise surprise : Hechmi Hamdi<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Il n\u2019est pas possible de proposer une analyse d\u00e9taill\u00e9e des suffrages exprim\u00e9s tant que les r\u00e9sultats rendus publics concernent les seules circonscriptions. \u00c0 cette \u00e9chelle, on observe en premier lieu que, contrairement \u00e0 ses concurrents, Ennahdha obtient un score important, bien qu\u2019in\u00e9gal, dans toutes les r\u00e9gions du pays et, probablement, au sein de toutes les classes de la population. En dehors du grand sud d\u00e9sertique o\u00f9 il rafle plus de 50% des suffrages, ses meilleurs r\u00e9sultats, il les obtient, comme les autres partis, dans la moiti\u00e9 est du pays. Il obtient aussi de bons r\u00e9sultats dans la r\u00e9gion de Gafsa (sud ouest). Autrement dit, c\u2019est de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale dans les circonscriptions o\u00f9 le tissu urbain, administratif, industriel et commercial est le plus serr\u00e9 que l\u2019audience d\u2019Ennahdha est la plus forte. En l\u2019absence de chiffres plus pr\u00e9cis, il est d\u00e9j\u00e0 possible d\u2019avancer que les classes moyennes et les travailleurs salari\u00e9s ont massivement vot\u00e9 pour Ennahdha. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Bien que d\u00e9structur\u00e9 par la r\u00e9pression durant de longues ann\u00e9es, Ennahdha a conserv\u00e9, en effet, la forte audience qu\u2019il avait r\u00e9ussi \u00e0 conqu\u00e9rir au cours des ann\u00e9es 1980, \u00e0 l\u2019inverse des autres partis plus confidentiels de l\u2019opposition. Tr\u00e8s rapidement, au lendemain de la fuite de Ben Ali, il est parvenu \u00e0 faire abstraction des divergences entre ses principaux dirigeants et \u00e0 reconstruire une organisation qui a investi l\u2019ensemble des espaces sociaux, notamment dans les petites villes et les quartiers populaires o\u00f9 il est rapidement apparu comme une autorit\u00e9 alternative ou, \u00e0 tout le moins, comme une force avec laquelle tout un chacun devait composer, reconfigurant de nombreux r\u00e9seaux de pouvoir locaux autour de lui. Cette l\u00e9gitimit\u00e9 acquise \u00e0 travers la ma\u00eetrise du \u00ab terrain \u00bb a fort probablement \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par une strat\u00e9gie habile d\u2019opposition au pouvoir \u00e9tabli. Tout en d\u00e9veloppant des canaux de n\u00e9gociations tous azimut, Ennahdha s\u2019est toujours maintenu \u00e0 l\u2019\u00e9cart des gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9s depuis le 14 janvier ; de m\u00eame, sans chercher pour autant \u00e0 d\u00e9velopper la dynamique r\u00e9volutionnaire, il s\u2019est rang\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s des mobilisations les plus importantes comme Kasbah I et Kasbah II. En outre si, \u00e0 l\u2019instar des autres partis, il a mobilis\u00e9 au cours de cette campagne \u00e9lectorale les arguments de la d\u00e9mocratie, de la justice sociale et de la lutte contre la corruption, il est le seul \u00e0 avoir mis au centre de sa d\u00e9marche l\u2019identit\u00e9 islamique. Il est apparu non pas comme le parti d\u2019une interpr\u00e9tation particuli\u00e8re de l\u2019islam, li\u00e9 \u00e0 un projet politique sp\u00e9cifique mais, tout simplement, comme le parti de l\u2019islam. En inscrivant la la\u00efcit\u00e9 au c\u0153ur du d\u00e9bat politique ou en faisant d\u2019Ennahdha le parti \u00e0 abattre, les courants \u00ab modernistes \u00bb ont contribu\u00e9 ainsi \u00e0 mettre Ennahdha au centre du jeu politique et \u00e0 faire du respect de l\u2019islam le seul enjeu identifiable dans la grande confusion qui a marqu\u00e9 cette campagne. Les partis d\u00e9mocratiques et de gauche qui ont refus\u00e9 de participer \u00e0 la pol\u00e9mique engag\u00e9e par les \u00ab modernistes \u00bb se sont eux-m\u00eames trouv\u00e9s contraints de se positionner d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre par rapport \u00e0 cette controverse. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Or l\u2019islam constitue le rep\u00e8re le plus familier et le plus proche du quotidien culturel des Tunisiens. Et cette r\u00e9f\u00e9rence est d\u2019autant plus forte que le diagnostic spontan\u00e9 de l\u2019autoritarisme et des pratiques du syst\u00e8me Ben Ali a mobilis\u00e9 des cat\u00e9gories morales, y compris sur les questions sociales et \u00e9conomiques (corruption, favoritisme, etc.). Ce qu\u2019ont reproch\u00e9 les Tunisiens au r\u00e9gime de Ben Ali, c\u2019est son immoralit\u00e9. \u00c0 l\u2019inverse, en raison de la dimension principalement morale que sa lecture populaire lui associe couramment, l\u2019islam peut sembler contenir des r\u00e9ponses aux probl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9. Mieux que la rh\u00e9torique politique bien fumeuse des principaux concurrents d\u2019Ennahdha, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019islam converge avec le besoin de reconnaissance et de dignit\u00e9 exprim\u00e9 avec force depuis le d\u00e9but de la r\u00e9volution. Il ne s\u2019agit pas de dire que les questions sociales et politiques n\u2019auraient pas particip\u00e9 du contenu concret des protestations qui ont conduit \u00e0 l\u2019\u00e9viction du dictateur, mais que les dispositifs de gouvernementalit\u00e9 instaur\u00e9s par le r\u00e9gime benaliste int\u00e9graient, comme l\u2019un de leurs principes, le d\u00e9litement des formes de solidarit\u00e9 et de reconnaissance intersubjectives et institutionnelles, engendrant m\u00e9sestime de soi individuelle et collective, dont a t\u00e9moign\u00e9 \u00e0 rebours la bouff\u00e9e de fiert\u00e9 qui s\u2019est exprim\u00e9e dans tous les milieux sociaux d\u00e8s l\u2019annonce du d\u00e9part de Ben Ali. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Certes, pour beaucoup de Tunisiens, cette dignit\u00e9 retrouv\u00e9e est associ\u00e9e \u00e0 la modernit\u00e9 europ\u00e9enne \u00e0 laquelle la chute du dictateur est cens\u00e9e ouvrir enfin la voie. Pour d\u2019autres, parfois les m\u00eames, plus nombreux tr\u00e8s certainement, la dignit\u00e9 ne peut se comprendre sans la revalorisation d\u2019une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre au monde constitutive de leur identit\u00e9, d\u2019une culture dont l\u2019islam comme la langue arabe, sont ins\u00e9parables \u2013 un islam dont seul Ennahdha, parmi les principaux partis en comp\u00e9tition pour la Constituante, s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019ardent d\u00e9fenseur. Face \u00e0 cette exigence de dignit\u00e9 dont les dispositions religieuses pourraient heurter les formes s\u00e9culi\u00e8res du \u00ab vivre ensemble \u00bb et de la politique auxquelles aspirent les Eurotunisiens, ces derniers n\u2019avaient rien d\u2019autre \u00e0 opposer que quelques formules largement inaudibles : 1) L\u2019islam, c\u2019est tr\u00e8s important mais il est plus important encore de le mettre de c\u00f4t\u00e9, 2) L\u2019islam d\u2019Ennahdha, n\u2019est ni le \u00ab bon \u00bb ni le \u00ab vrai \u00bb islam. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> En v\u00e9rit\u00e9, le r\u00e9sultat global qui a permis au mouvement Ennahdha de remporter ces \u00e9lections est peut-\u00eatre moins significatif que les scores les plus faibles qu\u2019il a obtenus[12], c\u2019est-\u00e0-dire, pour lui comme pour les  autres partis importants, dans les r\u00e9gions semi-rurales et peu industrialis\u00e9es du centre ouest du pays, dans ces villes, abandonn\u00e9es par tous les gouvernements depuis l\u2019Ind\u00e9pendance, dont la r\u00e9volte au mois de d\u00e9cembre dernier a sonn\u00e9 le glas du r\u00e9gime de Ben Ali. A Sidi Bouzid, pour ne citer qu\u2019elle, Ennahdha obtient l\u2019un de ses scores les plus faibles. De nombreuses petites listes y obtiennent par contre des r\u00e9sultats non-n\u00e9gligeables qui leur permettent d\u2019avoir des \u00e9lus. Plus inattendu encore, la circonscription est gagn\u00e9e par les candidats de la \u00ab P\u00e9tition populaire \u00bb (El Aridha). Dans d\u2019autres villes du centre ouest, El Aridha obtient \u00e9galement de tr\u00e8s bons scores. Ailleurs aussi (dans le Cap Bon notamment), ses r\u00e9sultats sont loin d\u2019\u00eatre n\u00e9gligeables. Au total ces listes, surgies de nulle part, gagnent 26 si\u00e8ges de d\u00e9put\u00e9s, ce qui les place en troisi\u00e8me position au sein de l\u2019Assembl\u00e9e constituante. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Avant de poursuivre, il faut \u00e9videmment dire quelques mots de ces listes, constitu\u00e9es par un personnage tr\u00e8s trouble, Hechmi Hamdi. Membre d\u2019Ennahdha, celui-ci avait \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de se r\u00e9fugier \u00e0 Londres o\u00f9, en 1999, il fonde une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision (Al Mustaqila) qui a un temps permis \u00e0 de nombreux opposants tunisiens de s\u2019exprimer en toute libert\u00e9. Bien qu\u2019ayant quitt\u00e9 Ennahdha depuis 1992, il a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans des n\u00e9gociations discr\u00e8tes entre son ancien parti et le pouvoir tunisien avant de prendre fait et cause pour la dictature, transformant sa cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision en organe de propagande au service du couple pr\u00e9sidentiel. Au lendemain de la r\u00e9volution, d\u00e9sormais richissime homme d\u2019affaires, il s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 comme le successeur naturel de Ben Ali au Palais de Carthage, a fond\u00e9 le \u00ab Parti conservateur progressiste \u00bb dont peu de monde avait entendu parler jusque-l\u00e0 et mis en place les listes \u00e9lectorales connues sous le nom d\u2019El Aridha. Toujours sans quitter Londres, il a men\u00e9 campagne sur sa propre cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision, promettant notamment des soins gratuits \u00e0 toute la population et 200 dinars (100 euros) d\u2019indemnit\u00e9 mensuelle \u00e0 tous les ch\u00f4meurs \u2013 ce qui, \u00e0 vrai dire, n\u2019\u00e9tait pas plus stupide que les grandes promesses abstraites, \u00e9nonc\u00e9es avec emphase par les principaux candidats. Provoquant des \u00e9meutes violentes dans la r\u00e9gion de Sidi Bouzid, l\u2019ISIE avait invalid\u00e9 6 des listes de Hechmi Hamdi, avec le soutien de toute la classe politique (les recours d\u00e9pos\u00e9s aupr\u00e8s du tribunal administratif ont annul\u00e9 la plupart de ses d\u00e9cisions). Ses d\u00e9tracteurs d\u00e9noncent le caract\u00e8re d\u00e9magogique de sa campagne et surtout l\u2019implication des r\u00e9seaux benalistes auxquels l\u2019ancien militant d\u2019Ennahdha serait intimement li\u00e9. L\u2019accusation est plausible. On accuse \u00e9galement ses partisans d\u2019avoir fait du porte-\u00e0-porte, distribuant de l\u2019argent ou promettant \u00e0 chacun une r\u00e9tribution substantielle en cas de victoire d\u2019El Aridha aux \u00e9lections. Possible. Pour autant, cela ne suffit gu\u00e8re \u00e0 expliquer pourquoi tant de Tunisiens ont fait confiance \u00e0 Hechmi Hamdi ni pourquoi, dans les villes m\u00eames qui se sont soulev\u00e9es contre Ben Ali et ses r\u00e9seaux, ces derniers seraient parvenus \u00e0 obtenir un soutien aussi large \u00e0 l\u2019occasion des \u00e9lections. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> L\u00e0 encore, en l\u2019absence de donn\u00e9es exhaustives sur les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux, il est difficile d\u2019\u00eatre affirmatif. La perc\u00e9e inattendue des listes de Hechmi Hamdi traduit, \u00e0 mon sens, la d\u00e9ception et le d\u00e9sarroi ambiants, cons\u00e9cutifs aux batailles perdues par le mouvement populaire entre le mois de f\u00e9vrier et le mois de mai. Que le soutien \u00e0 El Aridha se soit exprim\u00e9 surtout \u00e0 Sidi Bouzid n\u2019est, de ce point de vue, gu\u00e8re surprenant. Les r\u00e9gions o\u00f9 El Aridha a engrang\u00e9 le maximum de voix sont justement celles o\u00f9 l\u2019engagement en faveur de la r\u00e9volution a \u00e9t\u00e9 le plus d\u00e9termin\u00e9, celles dont les besoins et les attentes \u00e9taient les plus fortes, celles qui n\u2019ont vu venir aucune mesure en leur faveur, constatant une fois de plus que la politique \u00e9tait monopolis\u00e9e par les \u00e9lites urbaines des zones de la c\u00f4te est et, tr\u00e8s certainement, \u00e0 leur b\u00e9n\u00e9fice. Dans ces conditions, beaucoup de ceux qui n\u2019ont pas renonc\u00e9 \u00e0 voter ont sans doute privil\u00e9gi\u00e9 leurs int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels les plus imm\u00e9diats ou s\u2019en sont remis aux notabilit\u00e9s locales et aux r\u00e9seaux client\u00e9listes traditionnels. Autrement dit, le vote El Aridha me semble devoir s\u2019expliquer dans une large mesure par le reflux de la r\u00e9volution et par la d\u00e9gradation des rapports de forces politiques au d\u00e9triment des couches sociales les plus d\u00e9favoris\u00e9es.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> D\u00e9ceptions \u00e0 l\u2019extr\u00eame-gauche<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Ce m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne explique \u00e9galement l\u2019\u00e9chec cinglant des listes l\u2019extr\u00eame-gauche. Mais il ne l\u2019explique qu\u2019en partie. Dans un entretien, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PCOT, Hamma Hammami, met en cause les irr\u00e9gularit\u00e9s constat\u00e9es pendant la campagne \u00e9lectorale et au cours du scrutin, la modestie des moyens financiers de son parti, la moindre m\u00e9diatisation dont il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 par rapport \u00e0 d\u2019autres candidats et la confusion suscit\u00e9e par l\u2019appellation \u00ab Al badil etthaouri \u00bb (l\u2019alternative r\u00e9volutionnaire) des listes du PCOT dont le nom, par contre, commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre connu. Il regrette \u00e9galement la fragmentation des candidatures d\u2019extr\u00eame-gauche. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Ces facteurs ne sont assur\u00e9ment pas n\u00e9gligeables. Ils ne suffisent cependant pas \u00e0 expliquer pourquoi les candidats de la gauche radicale qui ont fait campagne autour d\u2019une d\u00e9mocratie \u00e9largie, d\u2019un projet national anti-imp\u00e9rialiste orient\u00e9 vers la satisfaction des aspirations et des besoins des classes populaires, du d\u00e9mant\u00e8lement des institutions de l\u2019ancien r\u00e9gime, du jugement des anciens responsables corrompus ou impliqu\u00e9s dans des actes de violence, ont attir\u00e9 si peu de suffrages, y compris dans les zones les plus d\u00e9favoris\u00e9es et les quartiers populaires. Surtout, ils ne permettent pas de comprendre pourquoi, alors qu\u2019avec les syndicalistes les plus combattifs et les nationalistes arabes, les militants de la gauche radicale qui ont jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la mobilisation r\u00e9volutionnaire, \u00e0 Gafsa, \u00e0 Sidi Bouzid et ailleurs, aussi bien avant la chute de Ben Ali que dans les mois qui l\u2019ont suivie, n\u2019ont pas vu ce r\u00f4le reconnu et approuv\u00e9 par les \u00e9lecteurs. On pourrait \u00e9voquer les distorsions dans l\u2019expression et la repr\u00e9sentation de l\u2019opinion publique provoqu\u00e9es par le m\u00e9canisme \u00e9lectoral. Mais, une fois ces distorsions prises en compte, se pose la question de la strat\u00e9gie adopt\u00e9e pour y faire face. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> L\u2019unification des forces d\u2019extr\u00eame-gauche aurait-elle suffit \u00e0 contrecarrer les effets pervers de la repr\u00e9sentation \u00e9lectorale ? Dans le cadre des rapports de forces existants, cela para\u00eet peu probable. S\u2019il y avait une alternative, ne se situait-elle pas ailleurs que dans l\u2019\u00e9largissement progressif de l\u2019espace politique de la seule gauche radicale ou de l\u2019une de ses composantes ? Ne se situait-elle pas plut\u00f4t dans la seule organisation de masse qui, bien plus qu\u2019Ennahdha \u2013 du moins jusqu\u2019aux \u00e9lections \u2013, \u00e9tait li\u00e9e de pr\u00e8s aux classes populaires en l\u2019occurrence l\u2019UGTT ? <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Depuis sa fondation \u00e0 l\u2019\u00e9poque coloniale, celle-ci a jou\u00e9 un r\u00f4le politique fondamental qui n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9, loin de l\u00e0, celui de relais de la politique du parti destourien. Bien au contraire, malgr\u00e9 les rapports ambivalents de solidarit\u00e9 conflictuelle qu\u2019elle a entretenus avec le pouvoir pendant des d\u00e9cennies, elle a aussi \u00e9t\u00e9 un contre-pouvoir, \u00e0 travers lesquels se sont exprim\u00e9es les oppositions politiques, au point que le projet de constituer un parti \u00e0 partir de l\u2019UGTT ou de pr\u00e9senter des listes aux \u00e9lections a maintes fois \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre du jour \u00e0 tous les niveaux de la Centrale syndicale. Certes, depuis le milieu des ann\u00e9es 1990, elle avait perdu une partie de sa force et la marge de man\u0153uvre des syndicalistes par rapports aux r\u00e9seaux bureaucratiques li\u00e9s au pouvoir avait \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement restreinte, mais, on l\u2019a vu, dans un contexte de mobilisation r\u00e9volutionnaire, sous la pression conjointe des \u00e9v\u00e9nements, des militants de base et de ses organismes sectoriels et r\u00e9gionaux, l\u2019UGTT a jou\u00e9 \u00e0 nouveau un r\u00f4le politique central, allant jusqu\u2019\u00e0 la participation au Conseil de protection de la r\u00e9volution. Par la suite, ont converg\u00e9 les int\u00e9r\u00eats de ses sommets bureaucratiques et les strat\u00e9gies des formations de la gauche radicale, chacune jouant sa partition, pour que l\u2019UGTT s\u2019en tienne \u00e0 un r\u00f4le social revendicatif et soutienne le gouvernement de B\u00e9ji Ca\u00efd Essebsi. Je ne suis certainement pas en mesure de l\u2019affirmer mais est-il irraisonnable de penser qu\u2019exiger la constitution de listes UGTT ou \u00e9manant \u00e0 tout le moins de ses structures les plus combatives \u00e9tait un parti strat\u00e9gique jouable et peut-\u00eatre porteur d\u2019une dynamique r\u00e9volutionnaire que les seules forces de la gauche radicale ne sauraient insuffler. Une telle d\u00e9marche, si elle avait \u00e9t\u00e9 possible, aurait impos\u00e9 dans le d\u00e9bat les enjeux v\u00e9ritables de la r\u00e9volution (au lieu de l\u2019absurde controverse \u00ab modernistes contre islamistes \u00bb). Elle aurait pu amener \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e constituante un nombre important de d\u00e9put\u00e9s, qui n\u2019auraient probablement pas \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9s autour d\u2019un projet r\u00e9volutionnaire radical mais au moins par les revendications nationales, d\u00e9mocratiques et sociales les plus urgentes des classes populaires. Qu\u2019on ne voie pas, dans ces commentaires, la tentation de faire la le\u00e7on \u00e0 des militants souvent inflexibles et courageux. Je suis bien incapable, pour ma part, de r\u00e9aliser le milli\u00e8me de ce qu\u2019ils ont tent\u00e9 pour que triomphe la r\u00e9volution. Plus modeste, mon intention est de souligner, ici comme dans le reste de cet article, que le r\u00e9sultat des \u00e9lections n\u2019\u00e9taient pas inscrits dans des donn\u00e9es culturelles ou sociales implacables mais dans le politique et les strat\u00e9gies des diff\u00e9rents acteurs. Modernistes contre islamistes ?<\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> Cet article, d\u00e9j\u00e0 bien lacunaire, serait tout \u00e0 fait incomplet si je ne revenais pas sur le fameux clivage \u00ab modernistes contre islamistes \u00bb. Les scores les plus \u00e9lev\u00e9s des partis consid\u00e9r\u00e9s comme modernistes \u2013 m\u00eame lorsqu\u2019ils ont refus\u00e9 de mener une campagne anti-Ennahdha \u2013 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans les zones urbanis\u00e9es les plus favoris\u00e9es de la capitale et du nord-est c\u00f4tier. Il est remarquable de ce point de vue que le P\u00f4le moderniste et d\u00e9mocratique, charpent\u00e9 par l\u2019ancien Parti communiste devenu le parti Ettajdid et par le Parti socialiste de gauche (PSG), issu de l\u2019extr\u00eame-gauche, ait obtenu ses meilleurs r\u00e9sultats, bien faibles au demeurant, dans les banlieues r\u00e9sidentielles et hupp\u00e9es de Tunis. Cette situation est d\u2019autant plus paradoxale qu\u2019Ettajdid comme le PSG ont gard\u00e9 de leur pass\u00e9 un r\u00e9el attachement \u00e0 la question sociale. Celle-ci cependant ne fait sens pour eux que dans le cadre d\u2019une modernit\u00e9 s\u00e9culi\u00e8re dont la d\u00e9fense serait prioritaire par rapport \u00e0 toute autre consid\u00e9ration.<\/div>\n<div> Tr\u00e8s rapidement, au lendemain de la fuite de Ben Ali, alors que le parti Ennahdha commen\u00e7ait \u00e0 peine \u00e0 se restructurer, une frange du mouvement d\u00e9mocratique a en effet renou\u00e9 avec un discours que l\u2019on pouvait croire d\u00e9pass\u00e9, celui des ann\u00e9es 1990 qui avait vu la grande majorit\u00e9 des d\u00e9mocrates tunisiens et des militants de gauche soutenir, plus ou moins explicitement, la r\u00e9pression du courant islamiste. La figure embl\u00e9matique de cette politique a \u00e9t\u00e9 le \u00ab moderniste \u00bb Mohamed Charfi dont la participation au gouvernement avait justifi\u00e9 aux yeux de beaucoup le silence qu\u2019ils se sont impos\u00e9s face \u00e0 la r\u00e9pression f\u00e9roce du mouvement Ennahdha, alors m\u00eame que celle-ci permettait la mutation polici\u00e8re et \u00ab mafieuse \u00bb du syst\u00e8me politique. Beaucoup, pourtant r\u00e9jouis par la r\u00e9volution, ont bien vite privil\u00e9gi\u00e9 leur volont\u00e9 de faire barrage \u00e0 l\u2019islam politique par rapport au d\u00e9mant\u00e8lement des institutions r\u00e9pressives de l\u2019ancien r\u00e9gime[13], cherchant bien souvent \u00e0 n\u00e9gocier une \u00ab transition d\u00e9mocratique \u00bb dans des conditions qui garantiraient la  marginalit\u00e9 d\u2019Ennahdha. La solution qu\u2019ils ont trouv\u00e9, et je dois dire la plus maladroite, a \u00e9t\u00e9 de pr\u00f4ner la la\u00efcit\u00e9 comme principe de l\u2019\u00c9tat. Par ailleurs, tout en se f\u00e9licitant du succ\u00e8s de la r\u00e9volution, ils n\u2019ont eu de cesse de prendre leurs distances par rapport \u00e0 ses formes populaires, brouillonnes, non encadr\u00e9es, irrationnelles, nonint\u00e9grables \u00e0 la modernit\u00e9 institutionnelle, en un mot, non historiques. <\/div>\n<div> Mon hypoth\u00e8se est qu\u2019en amont de la campagne contre Ennahdha, il y a les int\u00e9r\u00eats statutaires d\u2019une fraction des classes moyennes que je qualifierais de bourguibistes. En leur sein, le P\u00f4le moderniste et d\u00e9mocratique repr\u00e9sente l\u2019expression extr\u00eame d\u2019une id\u00e9ologie europ\u00e9ocentriste, h\u00e9ritage de la colonisation et du bourguibisme, qui traverse \u00e0 des degr\u00e9s divers toute la soci\u00e9t\u00e9, y compris, dans des formes particuli\u00e8res, les partisans d\u2019Ennahdha. Cette id\u00e9ologie qui contribue \u00e0 perp\u00e9tuer la condition subalterne des Tunisiens dans les relations sociales mondiales fonctionne, dans le m\u00eame mouvement, comme l\u2019un des principaux dispositifs de distinction statutaire au b\u00e9n\u00e9fice des classes moyennes et sup\u00e9rieures et comme l\u2019une des proc\u00e9dures d\u2019\u00e9viction des classes populaires du champ politique et de la d\u00e9finition des normes sociales, culturelles et symboliques. Du point de vue des classes moyennes, c\u2019est l\u2019un des principaux enjeux de la r\u00e9volution.<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Les motivations qui sous-tendent les choix politiques des classes moyennes ne s\u2019expriment pas seulement en termes de promotion socio-\u00e9conomique garantissant un acc\u00e8s plus large aux biens de consommation, mais \u00e9galement en termes de statut symbolique et de reconnaissance. Contre l\u2019indignit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e promue par le r\u00e9gime de Ben Ali, c\u2019est-\u00e0-dire la d\u00e9valorisation morale et l\u2019auto-d\u00e9valorisation collective et individuelle, les Tunisiens tentent de se reconstruire une subjectivit\u00e9 positive. Dans ce processus, les classes moyennes urbaines, et en particulier parmi eux les intellectuels, jouent un r\u00f4le de m\u00e9diation qui leur permet dans le m\u00eame mouvement de r\u00e9affirmer leur statut sup\u00e9rieur dans la stratification sociale, un statut qui se construit dans une matrice id\u00e9ologique et normative fortement marqu\u00e9e par la supr\u00e9matie du monde euro-am\u00e9ricain \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Malgr\u00e9 les apparences, Ennahdha n\u2019y \u00e9chappe pas non plus. M\u00eame si, pour certaines dimensions culturelles, ce parti a le regard tourn\u00e9 vers l\u2019\u00ab Orient \u00bb plus que vers l\u2019\u00ab Occident \u00bb, s\u2019il revalorise une conception de l\u2019islam qui se dit plus proche du message divin et des temps magnifi\u00e9s de la proph\u00e9tie, s\u2019il r\u00e9active \u00e9galement des r\u00e9f\u00e9rences r\u00e9put\u00e9es nonmodernes dans quelques domaines de l\u2019organisation du politique, du r\u00f4le de l\u2019individu, des m\u0153urs et des questions de genre, il demeure, \u00e0 sa mani\u00e8re, sous l\u2019emprise du mode de pens\u00e9e h\u00e9g\u00e9monique de la modernit\u00e9 occidentale (technologisme et scientisme, fascination pour la puissance des bureaucraties \u00e9tatiques, productivisme, culte de l\u2019entreprise et du march\u00e9 libre, etc.) S\u2019opposant sur ce point \u00e0 l\u2019id\u00e9ologie bourguibiste, dans ses formes anciennes et contemporaines, le mouvement Ennahdha ne consid\u00e8re pas l\u2019\u00c9tat tunisien ind\u00e9pendant, ancr\u00e9 dans le monde occidental, comme une fin en soi mais comme un moment du processus de \u00ab renaissance \u00bb du monde musulman, une renaissance fond\u00e9e non pas sur la puissance populaire mais sur la force de l\u2019\u00c9tat, le capital, la science, ciment\u00e9s par la norme islamique, telle qu\u2019il l\u2019interpr\u00e8te. Il entend ainsi revaloriser les Tunisiens \u00e0 travers l\u2019islam et revaloriser l\u2019islam face \u00e0 la hi\u00e9rarchie eurocentr\u00e9e des cultures et des forces mat\u00e9rielles. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> \u00c0 rebours de cet id\u00e9al qui mobilise une partie des classes moyennes, s\u2019oppose une autre fraction des classes moyennes qui, quant au fond, est profond\u00e9ment bourguibiste \u2013 m\u00eame si, en son sein, nombreux sont sinc\u00e8rement solidaires des luttes anti-imp\u00e9rialistes, soutiennent les revendications des cat\u00e9gories d\u00e9favoris\u00e9es contre l\u2019exploitation et esp\u00e8rent la lib\u00e9ration du peuple palestinien. Mode de consommation, m\u0153urs et pratiques culturelles, attachement \u00e0 certaines formes de d\u00e9mocratie et \u00e0 une certaine la\u00efcit\u00e9, d\u00e9fense des valeurs normatives de la modernit\u00e9 comme l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres, etc., expriment \u00e0 la fois leur distinction par rapport aux classes populaires et le fait que leur dignit\u00e9 se construit dans le mim\u00e9tisme vis-\u00e0-vis de l\u2019ancien colonisateur, toujours tout-puissant. D\u00e9mocrates ou de gauche, convaincus d\u2019\u00eatre \u00ab progressistes \u00bb, ils identifient dans le mod\u00e8le de la modernit\u00e9 d\u00e9mocratique europ\u00e9enne (ou dans sa variante marxiste) et dans ses r\u00e9f\u00e9rences philosophiques et morales, la source de leur salut. Ils sont press\u00e9s d\u2019entrer dans l\u2019histoire moderne, c\u2019est-\u00e0-dire dans l\u2019histoire europ\u00e9enne, et l\u2019islamisme, trop rapidement identifi\u00e9 aux classes populaires, semble leur en barrer le chemin. \u00c0 travers leur opposition \u00e0 l\u2019 \u00ab obscurantisme \u00bb suppos\u00e9 du parti Ennahdha et de son caract\u00e8re pr\u00e9tendument \u00ab moyen\u00e2geux \u00bb, les courants la\u00efcs affirment leur distinction par rapport aux classes populaires, notamment rurales, consid\u00e9r\u00e9es comme arri\u00e9r\u00e9es, anachroniques et appartenant au pass\u00e9 (de l\u2019Europe !), comme la source de l\u2019irrationalit\u00e9, de la superstition et de l\u2019anti-modernit\u00e9. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Face \u00e0 l\u2019accent mis sur l\u2019\u00ab identit\u00e9 arabo-islamique \u00bb par les courants qui se r\u00e9clament de l\u2019islam, a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9, pour citer cet exemple, le th\u00e8me de l\u2019\u00ab identit\u00e9 tunisienne \u00bb, cens\u00e9e inclure la premi\u00e8re parmi d\u2019autres composantes. Les \u00ab modernes \u00bb, comme Bourguiba en son temps, r\u00e9affirmaient ainsi la centralit\u00e9 d\u2019une \u00ab tunisianit\u00e9 \u00bb, s\u2019enracinant dans une Tunisie mill\u00e9naire, dont l\u2019arabisation et l\u2019islamisation n\u2019auraient \u00e9t\u00e9 qu\u2019un moment parmi d\u2019autres. Il ne s\u2019agit pas ici de nier que l\u2019histoire du territoire tunisien a \u00e9t\u00e9 travers\u00e9e de multiples courants civilisationnels, ni de nier les particularit\u00e9s que cette histoire a fa\u00e7onn\u00e9, mais d\u2019interroger les enjeux politiques actuels de la r\u00e9activation, par les franges \u00ab modernistes \u00bb des classes moyennes, d\u2019un mod\u00e8le identitaire construit principalement sur le mod\u00e8le des identit\u00e9s forg\u00e9es par les \u00c9tats-nation europ\u00e9ens. Je vois, personnellement, trois enjeux \u00e0 cette r\u00e9activation. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Pour des raisons \u00e9videntes, il ne leur est gu\u00e8re possible aujourd\u2019hui de revendiquer une \u00ab communaut\u00e9 de destin \u00bb avec les pays occidentaux ; par contre, m\u00eame lorsqu\u2019elle se targue de constituer l\u2019espace privil\u00e9gi\u00e9 de la lutte contre la domination imp\u00e9rialiste, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la tunisianit\u00e9 permet, sans se trahir en apparence, d\u2019orienter la Tunisie vers le nord de la M\u00e9diterran\u00e9e plut\u00f4t que vers l\u2019\u00ab Orient \u00bb. Cette r\u00e9f\u00e9rence, qui repose sur l\u2019identification entre identit\u00e9, communaut\u00e9 nationale et \u00c9tat-nation, selon le mod\u00e8le promu par le mod\u00e8le europ\u00e9en, permet en outre d\u2019ins\u00e9rer la Tunisie dans cette trajectoire historique pr\u00e9tendument universelle que l\u2019Occident veut imposer au monde. Enfin, cette tunisianit\u00e9 privil\u00e9gie l\u2019histoire des r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res, urbanis\u00e9es, \u00e9tatis\u00e9e, \u00ab r\u00e9formistes \u00bb du pays, l\u2019histoire des classes moyennes et de la bourgeoisie et rel\u00e8gue son autre histoire, celle des profondeurs de l\u2019ouest et du sud du pays, celle de ces m\u00eames couches populaires qui ont d\u00e9clench\u00e9 la r\u00e9volution, \u00e0 la non-histoire. Je n\u2019irais pas plus loin sur cette question qui m\u00e9rite une exploration plus pr\u00e9cise. Mais ces quelques \u00e9l\u00e9ments \u00e0 peine \u00e9bauch\u00e9s me paraissent d\u00e9j\u00e0 fournir des points d\u2019appui pour saisir les enjeux que camouflent les impr\u00e9cations contre l\u2019\u00ab int\u00e9grisme islamique \u00bb. Je les dis brutalement : \u00e9carter les classes populaires les plus d\u00e9favoris\u00e9es (qu\u2019elles soient sensibles aux th\u00e8ses islamistes ou non) des lieux de pouvoir et ancrer la Tunisie dans l\u2019histoire de l\u2019Europe. <\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> Une rupture \u00ab dans l\u2019ordre \u00bb<\/div>\n<div> Au stade actuel de la trajectoire politique tunisienne, la r\u00e9volution a bouscul\u00e9e les objectifs limit\u00e9s des strat\u00e9gies de normalisation transitionnelle pour refluer en s\u2019institutionnalisation dans une rupture partielle mais majeure avec la forme pr\u00e9c\u00e9dente de gouvernement. Si l\u2019arm\u00e9e et la police n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9es et reconstitu\u00e9es, si l\u2019ombre des n\u00e9gociations avec les \u00e9lites RCDistes et d\u2019autres sph\u00e8res dirigeantes du r\u00e9gime benaliste n\u2019a jamais cess\u00e9 de d\u00e9terminer les choix des anciennes oppositions, d\u00e9sormais au pouvoir, n\u00e9anmoins une rupture effective avec soixante ans de syst\u00e8me politique a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e. Que l\u2019on se f\u00e9licite du r\u00e9sultat des \u00e9lections ou que l\u2019on s\u2019en d\u00e9sole, il n\u2019en demeure pas moins que, pour la premi\u00e8re fois depuis bien longtemps, la Tunisie est dot\u00e9e d\u2019une assembl\u00e9e pluraliste qui, dans les jours et les semaines qui viennent, d\u00e9signera un nouveau pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, un premier ministre et un gouvernement, avant de s\u2019atteler \u00e0 la r\u00e9daction d\u2019une nouvelle constitution. C\u2019est une rupture d\u2019autant plus grande que la majorit\u00e9 qui a \u00e9merg\u00e9 du scrutin se r\u00e9clame de l\u2019islam politique.<\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> Le r\u00e9gime autoritaire mis en place par Bourguiba reposait sur un syst\u00e8me constitutionnel au sein duquel le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique concentrait quasiment tous les pouvoirs entre ses mains, s\u2019appuyant sur une \u00e9norme machine bureaucratique entrela\u00e7ant administration et parti unique, le N\u00e9o-Destour, devenu plus tard le Parti socialiste destourien puis,avec l\u2019av\u00e8nement de Ben Ali, le RCD. Il s\u2019est longtemps adoss\u00e9 sur une sorte de compromis social bas\u00e9 sur un \u00e9quilibre conflictuel entre le parti au pouvoir, l\u2019UGTT et les diff\u00e9rents secteurs de la classe dominante, un compromis rendu possible par l\u2019interventionnisme \u00e9conomique de l\u2019\u00c9tat et par des dispositifs de redistribution dont la paysannerie et en particulier les zones rurales de l\u2019int\u00e9rieur du pays ont fait les frais au b\u00e9n\u00e9fice des grandes villes c\u00f4ti\u00e8res. \u00c9tait consacr\u00e9e ainsi la <\/div>\n<div>permanence d\u2019une fracture historique entre l\u2019est et l\u2019ouest du pays. Le r\u00e9gime de Bourguiba tirait \u00e9galement sa l\u00e9gitimit\u00e9de la lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance et d\u2019un projet de modernisation eurocentr\u00e9e. Les ressorts de ce r\u00e9gime ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019enrayer d\u00e8s les ann\u00e9es 1970 mais c\u2019est surtout dans les ann\u00e9es 1980 que l\u2019incapacit\u00e9 du pouvoir \u00e0 s\u2019auto-r\u00e9former a conduit \u00e0 des crises successives qui ont d\u00e9bouch\u00e9 sur la prise du pouvoir par Ben Ali, lequel, loin de tenter de r\u00e9nover un syst\u00e8me profond\u00e9ment \u00e9branl\u00e9, s\u2019est content\u00e9 d\u2019accompagner sa d\u00e9composition et de cuirasser son autorit\u00e9 par la multiplication des services de police et de contr\u00f4le de la population, par la r\u00e9pression, le quadrillage des quartiers, la constitution d\u2019une pl\u00e9iade de r\u00e9seaux souterrains, assurant la d\u00e9pendance client\u00e9laire, d\u00e9sormais forme privil\u00e9gi\u00e9e de la \u00ab redistribution \u00bb, ainsi que par une ouverture \u00e9conomique et l\u2019\u00e9largissement de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la consommation dont une partie des classes moyennes a pu b\u00e9n\u00e9ficier. <\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> On m\u2019excusera d\u2019avoir pr\u00e9sent\u00e9 une image par trop sch\u00e9matique et lacunaire du syst\u00e8me politique tunisien tel qu\u2019il s\u2019est constitu\u00e9 depuis l\u2019Ind\u00e9pendance, mais cela me parait quand m\u00eame utile pour mesure l\u2019importance de la rupture introduite par la r\u00e9volution et que consacrera, pour une part, la Constituante \u2013 et en premier lieu, les fondements de la l\u00e9gitimit\u00e9 des nouvelles autorit\u00e9s. Issus de nouvelles g\u00e9n\u00e9rations sans rapport avec l\u2019histoire du mouvement national ni avec son parti historique, le pouvoir qui s\u2019instaure puise d\u00e9sormais sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans la r\u00e9sistance \u00e0 Ben Ali et dans la r\u00e9volution mais \u00e9galement, sans qu\u2019il y ait, pour l\u2019instant en tout cas, de remise en cause fondamentale de la matrice eurocentr\u00e9e du bourguibisme, dans les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la d\u00e9mocratie, \u00e0 l\u2019islam et \u00e0 la proximit\u00e9 \u00ab civilisationnelle \u00bb avec le monde arabo-musulman. Tout cela n\u2019est pas encore jou\u00e9, bien s\u00fbr, comme c\u2019est le cas notamment de l\u2019institution de formes plus ou moins d\u00e9mocratiques de gouvernement. Il est \u00e9vident par contre que le parti qui a domin\u00e9 le pouvoir depuis l\u2019Ind\u00e9pendance n\u2019est plus, et que le couple parti unique\/UGTT appartient d\u00e9finitivement au pass\u00e9 : la nouvelle formation h\u00e9g\u00e9monique devra, un temps au moins, composer avec d\u2019autres partis dans le cadre des institutions repr\u00e9sentatives. Le mouvement syndical ne jouera plus le r\u00f4le central qui a longtemps \u00e9t\u00e9 le sien en tant que principal support social du r\u00e9gime en place et, dans le m\u00eame temps, en tant que force de pression et canal d\u2019expression premier de l\u2019opposition politique.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> C\u2019est dire \u00e9galement que les \u00e9quilibres sociaux caract\u00e9ristiques du bourguibisme et d\u00e9j\u00e0 passablement boulevers\u00e9s sous Ben Ali avec la subordination de la bureaucratie syndicale et la lib\u00e9ralisation \u00e9conomique, risquent fort de basculer plus encore au d\u00e9triment des classes travailleuses et des plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s. Certes, rien n\u2019est fermement \u00e9tabli. Les rapports de force restent encore instables. La r\u00e9volution s\u2019est accompagn\u00e9e d\u2019une tr\u00e8s large politisation et a d\u00e9velopp\u00e9 de fortes capacit\u00e9s de r\u00e9sistance et de contestation qui ne seront pas facilement jugul\u00e9es. Par ailleurs, les changements en Tunisie s\u2019ins\u00e8rent dans un \u00e9branlement g\u00e9n\u00e9ral du monde arabe dont il n\u2019est gu\u00e8re possible aujourd\u2019hui de pr\u00e9voir les cons\u00e9quences. Beaucoup de choses peuvent encore changer dans les mois et les ann\u00e9es qui viennent mais ce qui est certain, c\u2019est que la d\u00e9sagr\u00e9gation des fondements du r\u00e9gime \u00e9tabli \u00e0 l\u2019Ind\u00e9pendance a atteint un point de non-retour. Pour autant, cette rupture ne signifie pas pour l\u2019instant la dislocation de toutes les sph\u00e8res du pouvoir issus de l\u2019ancien r\u00e9gime. \u00c0 la veille des \u00e9lections \u00e0 la Constituante, les trois partis aujourd\u2019hui majoritaires ne se privaient pas de d\u00e9noncer, \u00e0 juste titre, l\u2019autorit\u00e9 toujours pr\u00e9dominante de certains r\u00e9seaux issus du r\u00e9gime de Ben Ali sur les cercles du pouvoir, les instances nationales, r\u00e9gionales et locales du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, l\u2019institution judiciaire et la bureaucratie de l\u2019\u00c9tat. Il est probable que, sans trop bousculer la bureaucratie \u00e9tatique ni menacer les int\u00e9r\u00eats des classes dominantes, les nouvelles autorit\u00e9s seront amen\u00e9es \u00e0 n\u00e9gocier et \u00e0 man\u0153uvrer pour neutraliser les uns et incorporer les autres au nouveau syst\u00e8me de pouvoir en voie de constitution. Qu\u2019on ne se presse pas, en tous cas, de tirer des conclusions ; il est particuli\u00e8rement difficile de d\u00e9m\u00ealer les strat\u00e9gies des choix tactiques op\u00e9r\u00e9es par les diff\u00e9rents acteurs. Par ailleurs, on sait d\u2019exp\u00e9rience que les tactiques ne sont pas innocentes ; aussi subtiles sont-elles, elles peuvent s\u2019av\u00e9rer un pi\u00e8ge.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> Il est peut-\u00eatre dans la nature d\u2019une r\u00e9volution d\u2019\u00eatre inachev\u00e9e<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> La r\u00e9volution est un moment et un mouvement. Le moment o\u00f9 \u00ab ceux d\u2019en haut \u00bb ne peuvent plus \u00ab gouverner comme avant \u00bb, selon la formule classique de L\u00e9nine, et o\u00f9 \u00ab ceux d\u2019en bas \u00bb sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 ne plus \u00eatre \u00ab gouvern\u00e9s comme avant \u00bb, le mouvement \u00e0 travers lequel le peuple s\u2019empare du politique \u2013 pour lui-m\u00eame. Le moment a triomph\u00e9 avec la fuite de Ben Ali ; le mouvement a \u00e9t\u00e9 interrompu, ou peut-\u00eatre simplement suspendu, au cours des \u00e9v\u00e9nements qui ont suivi la d\u00e9faite de Kasbah II. Ainsi, bouscul\u00e9 par la mobilisation r\u00e9volutionnaire, le processus politique entam\u00e9 avec le d\u00e9part de Ben Ali est all\u00e9 plus loin que les arrangements d\u2019une \u00ab transition dans l\u2019ordre \u00bb, n\u00e9goci\u00e9 au sommet. Il a pu imposer une rupture profonde, une rupture sans doute \u00ab dans l\u2019ordre \u00bb, pour parler comme la Maison blanche, mais qui, dans le contexte de la r\u00e9volution arabe en cours, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de lib\u00e9ration aux classes populaires. Il faut esp\u00e9rer qu\u2019au slogan \u00ab le peuple veut la chute du r\u00e9gime \u00bb en succ\u00e8de un autre : le peuple veut que le gouvernement lui ob\u00e9isse.<\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div> <strong><font>Sadri Khiari, octobre 2011<\/font><\/strong><\/div>\n<div> Sadri Khiari est l\u2019auteur de nombreux articles sur la Tunisie et d\u2019un ouvrage intitul\u00e9 Tunisie, le d\u00e9litement de la cit\u00e9, \u00e9ditions Karthala, Paris, 2003. Voir \u00e9galement \u00ab La r\u00e9volution ne vient pas de nulle part \u00bb, entretien conduit par B\u00e9atrice Hibou avec S. Khiari, in Politique africaine, n\u00b0121, \u00e9d. Karthala, Paris, mars 2011, disponible en fran\u00e7ais et en anglais sur http:\/\/www.decolonialtranslation.com\/francais\/ Il a publi\u00e9 \u00e9galement Sainte Caroline contre Tariq Ramadan. Le livre qui met un point final \u00e0 Caroline Fourest, \u00e9ditions LaRevanche, Paris, 2011, La Contre-r\u00e9volution coloniale en France. De de Gaulle \u00e0 Sarkozy, \u00e9ditions La Fabrique, Paris, 2009 et Pour une politique de la racaille. Immigr\u00e9s, indig\u00e8nes et jeunes de banlieue, \u00e9ditions Textuel, Paris, 2006.     [1] Dans le contexte \u00e9minemment mouvant de la situation politique actuelle, on ne saurait proposer autre chose qu\u2019une analyse impressionniste des dynamiques politiques en \u0153uvre. La signification des \u00e9v\u00e9nements ou de leurs effets  reste d\u2019autant plus d\u00e9licate \u00e0 d\u00e9crypter que l\u2019information est tr\u00e8s partielle, distordue par les conflits et les man\u0153uvres ; la r\u00e9alit\u00e9 demeure opaque, de nombreuses d\u00e9cisions sont prises dans l\u2019ombre ; aussi bien les acteurs que les journalistes ou les chercheurs avancent dans le brouillard. [2] Parti d\u00e9mocratique progressiste (PDP), Congr\u00e8s pour la r\u00e9publique (CPR), Forum pour la d\u00e9mocratie, le travail et les libert\u00e9s (FDTL), Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT), Rassemblement constitutionnel d\u00e9mocratique (RCD). [3] Tout au long de cet article, il m\u2019arrivera de reprendre, tout en les modifiant, certains passages d\u2019une contribution, r\u00e9dig\u00e9e en juillet dernier, intitul\u00e9e \u00ab Tunisie : R\u00e9volution, contre-r\u00e9volution et transition d\u00e9mocratique \u00bb, \u00e0 para\u00eetre  dans la Revue marocaine des sciences politiques et sociales en d\u00e9cembre prochain \u00e0 Rabat.  [4] Quelques jours avant sa chute, l\u2019ex-pr\u00e9sident avait tent\u00e9 de mobiliser les cadres et les adh\u00e9rents du RCD mais en vain. [5] \u00c0 l\u2019appui de cette th\u00e8se, la nomination de son homme de confiance et Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, comme pr\u00e9sident par int\u00e9rim, alors que l\u2019article 57 de la Constitution tunisienne stipulait un int\u00e9rim du pr\u00e9sident de la  Chambre des d\u00e9put\u00e9s en cas de vacance du pouvoir. On a accus\u00e9 \u00e9galement Mohamed Ghannouchi d\u2019avoir maintenu des relations t\u00e9l\u00e9phoniques avec Ben Ali, install\u00e9 en Arabie Saoudite. Selon la rumeur, l\u2019\u00e9pouse de celui-ci se serait rendue en Libye pour pr\u00e9parer le retour triomphal du couple pr\u00e9sidentiel, avec le soutien de Kadhafi. [6] La version officielle laisse entendre que l\u2019appareil militaire aurait d\u00e9ploy\u00e9 l\u2019ensemble de ses moyens dans le but exclusif de r\u00e9tablir l\u2019ordre et de prot\u00e9ger la population comme elle a incit\u00e9 les citoyens \u00e0 organiser leur d\u00e9fense \u00e0  l\u2019\u00e9chelle des quartiers. Or l\u2019hypoth\u00e8se, sinon d\u2019une complicit\u00e9 active des responsables militaires du moins d\u2019une volont\u00e9 d\u2019en tirer profit, n\u2019est pas compl\u00e8tement absurde. Si la r\u00e9alit\u00e9 des sc\u00e8nes de violence et de pillage est incontestable, leur ampleur r\u00e9elle reste \u00e0 conna\u00eetre, et l\u2019on ne peut exclure la possibilit\u00e9 d\u2019une th\u00e9\u00e2tralisation volontaire, destin\u00e9e \u00e0 renforcer la popularit\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e. La mobilisation populaire, organis\u00e9e autour des comit\u00e9s d\u2019autod\u00e9fense au sein des quartiers, aurait ainsi bascul\u00e9 de la contestation du r\u00e9gime au soutien \u00e0 l\u2019arm\u00e9e garantissant ainsi son r\u00f4le de rempart de l\u2019\u00c9tat, indispensable \u00e0 la solution transitionnelle. Notons, par ailleurs, que depuis la chute de Ben Ali, la menace d\u2019une participation de l\u2019arm\u00e9e \u00e0 la r\u00e9pression, voire \u00e0 un coup d\u2019\u00e9tat militaire, a \u00e9t\u00e9 constamment mise en avant pour justifier les concessions faites aux hommes de l\u2019ancien r\u00e9gime. Cela a \u00e9t\u00e9 notamment l\u2019un des arguments du chef du PDP, Ahmed-N\u00e9jib Chebbi, pour justifier sa volont\u00e9 de substituer \u00e0 la r\u00e9volution des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. [7] Union g\u00e9n\u00e9rale tunisienne du travail. [8] 15 ministres sur 39 sont membres du RCD parmi lesquels certains occupaient d\u00e9j\u00e0 des minist\u00e8res importants sous Ben Ali. [9] Voir plus bas. [10] Nomm\u00e9 ministre de l\u2019Int\u00e9rieur dans le deuxi\u00e8me gouvernement form\u00e9 par Mohamed Ghannouchi, ce magistrat avait aussit\u00f4t suscit\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne de rejet au sein de son minist\u00e8re. Il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 le 28 mars par Habib Essid, chef de cabinet de plusieurs ministres sous Ben Ali. [11] Depuis l\u2019Ind\u00e9pendance, les Tunisiens originaires du Sahel, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la r\u00e9gion de Sousse-Monastir o\u00f9 est n\u00e9 Bourguiba, ont \u00e9t\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9s par le r\u00e9gime. Farhat Rajhi les accuse de \u00ab ne pas vouloir l\u00e2cher le pouvoir \u00bb. [12] A cette r\u00e9serve pr\u00e8s que, les pratiques politiques \u00e9tant ce qu\u2019elles sont, je ne peux exclure que des accords discrets de r\u00e9partition des territoires aient pu \u00eatre conclus avant les \u00e9lections entre Ennahdha, soucieuse de ne pas se  trouver toute seule au pouvoir, et d\u2019autres forces moins populaires. Il est \u00e9vident que de tels accords biaisent l\u2019analyse des r\u00e9sultats.  [13] Le pouvoir en a d\u2019ailleurs jou\u00e9. Ainsi de Beji Ca\u00efd Essebsi lorsque, pour s\u2019opposer \u00e0 l\u2019in\u00e9ligibilit\u00e9 des anciens responsables RCDistes, il a soulign\u00e9 que cela risquait de favoriser les candidats d\u2019Ennahdha.  \u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><\/font><\/font><\/font><\/font><\/font><\/font><\/font><\/font><\/font><\/font><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\u00a0<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\u00a0<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div dir=\"ltr\">\u00a0<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div dir=\"ltr\"><\/div>\n<p><\/font><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">TUNIS (AP) \u2014 Le prochain pr\u00e9sident tunisien devrait \u00eatre connu mardi ou mercredi \u00e0 l&rsquo;issue de tractations entre le Congr\u00e8s pour la R\u00e9publique (CPR), deuxi\u00e8me force politique du pays issue des \u00e9lections du 23 octobre, et \u00ab\u00a0Ettakatol\u00a0\u00bb (Forum d\u00e9mocratique pour le travail et les libert\u00e9s, FDTL), arriv\u00e9 en quatri\u00e8me position, a-t-on appris aupr\u00e8s de Me Samir Ben Amor, membre du bureau politique du CPR.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">L&rsquo;annonce devait en \u00eatre faite au cours d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse mardi en fin de journ\u00e9e ou mercredi matin, a-t-il pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Associated Press.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Si le poste de Premier ministre doit revenir en principe au num\u00e9ro 2 du mouvement islamiste \u00ab\u00a0Ennahdha\u00a0\u00bb, large vainqueur de l&rsquo;\u00e9lection, Hamadi Jebali, seul candidat \u00e0 ce poste, celui de chef d&rsquo;Etat est revendiqu\u00e9 \u00e0 la fois par le chef du CPR, le Dr Moncef Marzouki, et le patron du FDTL, le Dr Mustapha Ben Ja\u00e2far.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">On ignorait mardi o\u00f9 en \u00e9taient les n\u00e9gociations concernant les attributions du futur pr\u00e9sident, qui faisaient au d\u00e9part l&rsquo;objet de divergences entre Ennahdha et ces deux partis, selon un dirigeant du mouvement islamiste Zied Doulatli. Ennahdha contestait les larges pouvoirs r\u00e9clam\u00e9s par le CPR et Ettakatol.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Parall\u00e8lement, des n\u00e9gociations doivent \u00eatre entam\u00e9es mercredi entre Ennahdha, CPR et FDTL pour la r\u00e9partition des portefeuilles minist\u00e9riels dans le prochain gouvernement, selon Me Mohamed Abbou, un dirigeant en vue du CPR. Me Ben Amor pr\u00e9voit qu&rsquo;elles devraient aboutir \u00ab\u00a0dans les prochains jours\u00a0\u00bb.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">L\u00e0 aussi, des divergences sont apparues, les islamistes s&rsquo;opposant semble-t-il \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9puration\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0l&rsquo;assainissement\u00a0\u00bb envisag\u00e9 par le CPR au sein des minist\u00e8res de l&rsquo;Int\u00e9rieur et de la Justice, mais un \u00ab\u00a0rapprochement\u00a0\u00bb des points de vue a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9, selon Me Abbou.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Cet avocat, emprisonn\u00e9 et victime de harc\u00e8lement avec sa famille sous le r\u00e9gime Ben Ali, au point de s&rsquo;\u00eatre cousu les l\u00e8vres en prison, souligne n\u00e9anmoins la n\u00e9cessit\u00e9 que les auteurs de tortures av\u00e9r\u00e9s rendent des comptes dans le cadre d&rsquo;une justice transitionnelle et que les magistrats coupables de corruption soient \u00e9cart\u00e9s. Une commission se penche sur ces cas, a-t-il dit.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">L&rsquo;Assembl\u00e9e constituante n\u00e9e du scrutin d&rsquo;octobre tiendra sa s\u00e9ance inaugurale mardi 22 novembre au si\u00e8ge de l&rsquo;ancienne Assembl\u00e9e nationale, principale chambre de l&rsquo;institution parlementaire sous le r\u00e9gime d\u00e9chu du pr\u00e9sident Zine el Abidine ben Ali, chass\u00e9 par la rue et parti en exil en Arabie saoudite le 14 janvier dernier.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">La Constituante devrait en premier lieu d\u00e9signer ou \u00e9lire son pr\u00e9sident et ses deux adjoints avant d&rsquo;adopter un r\u00e8glement int\u00e9rieur pour la conduite de ses travaux.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Elle aura pour principale t\u00e2che l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une nouvelle Constitution, outre l&rsquo;organisation des pouvoirs publics et l&rsquo;adoption de \u00ab\u00a0mesures urgentes\u00a0\u00bb destin\u00e9es \u00e0 parer au plus press\u00e9 aux plans \u00e9conomique et social.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">La future loi fondamentale est appel\u00e9e notamment \u00e0 d\u00e9finir les crit\u00e8res devant r\u00e9gir les \u00e9lections pr\u00e9sidentielle, l\u00e9gislatives et municipales \u00e0 venir. Des voix s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civile pour y inscrire des garanties concernant les libert\u00e9s et les droits de l&rsquo;Homme et plus particuli\u00e8rement les droits de la femme. AP<\/font><\/div>\n<hr\/>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\"><strong>Tunisie : l&rsquo;erreur strat\u00e9gique des adversaires du parti islamiste Ennahda<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">| 14.11.11 | 13h43 \u2022 Mis \u00e0 jour le 14.11.11 | 13h43<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Les \u00e9lections tunisiennes ont donn\u00e9 la majorit\u00e9 des voix et des si\u00e8ges au parti islamiste Ennahda. Ce dernier a d\u00e9velopp\u00e9 durant toute la campagne un discours tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9, assurant que son mod\u00e8le \u00e9tait le parti AKP de Turquie, et qu&rsquo;il ne voulait pas modifier le code de statut personnel mis en place par Habib Bourguiba. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Ce code constitu\u00e9 de 213 articles sur les modalit\u00e9s du mariage, de la filiation et de l&rsquo;h\u00e9ritage, promulgu\u00e9 en 1956 et plusieurs fois amend\u00e9, fixe, par exemple, l&rsquo;\u00e2ge l\u00e9gal au mariage \u00e0 18 ans, stipule que le divorce devant le tribunal est la dissolution du mariage (et non la r\u00e9pudiation) et qu&rsquo;il peut avoir lieu par consentement mutuel.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">La campagne s&rsquo;est beaucoup focalis\u00e9e sur les r\u00e9sultats possibles de ce parti islamiste per\u00e7u par la plupart des autres formations avant tout comme religieux (anti-la\u00efque) et antif\u00e9ministe. Les partisans d&rsquo;Ennahda, bien implant\u00e9s dans toutes les cat\u00e9gories sociales, faisaient de leur c\u00f4t\u00e9 appara\u00eetre la plupart de leurs adversaires comme des partis bourgeois, \u00e9loign\u00e9s de la \u00ab\u00a0vraie\u00a0\u00bb Tunisie, du \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb et donc, par un glissement de sens implicite, proches des Occidentaux, en quelque sorte moins l\u00e9gitimes car moins tunisiens. Les islamistes et leurs familles ayant \u00e9t\u00e9 durement r\u00e9prim\u00e9s par le r\u00e9gime Ben Ali, Ennahda b\u00e9n\u00e9ficiait d&rsquo;une aura de \u00ab\u00a0parti des r\u00e9sistants\u00a0\u00bb (donc, implicitement, de patriotes), et surtout de martyrs (donc, implicitement encore, de \u00ab\u00a0justes\u00a0\u00bb face aux corrompus de l&rsquo;ancien r\u00e9gime).<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Les r\u00e9sultats de cette \u00e9lection pourraient de ce fait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s comme l&rsquo;\u00e9mergence de \u00ab\u00a0la voix du peuple\u00a0\u00bb, et l&rsquo;islamisme tel qu&rsquo;il est d\u00e9fendu par Ennhada, quasiment comme un synonyme de souverainet\u00e9, le peuple ayant \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 d&rsquo;expression politique par l&rsquo;ancien r\u00e9gime. Une analyse plus pr\u00e9cise permet d&rsquo;en donner un autre \u00e9clairage. En effet, la tr\u00e8s grande dispersion des candidats sur des dizaines de listes par circonscription a amen\u00e9 un grand nombre d&rsquo;\u00e9lecteurs \u00e0 donner leurs voix \u00e0 des partis qui n&rsquo;ont obtenu aucun d\u00e9put\u00e9.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Il y avait 1 si\u00e8ge pour 60 000 habitants, puis 1 si\u00e8ge suppl\u00e9mentaire pour chaque 30 000 habitants au-del\u00e0 des 60 000, et au maximum 10 si\u00e8ges par circonscription. Or on a eu jusqu&rsquo;\u00e0 95 listes pour 8 si\u00e8ges dans la circonscription d&rsquo;Ariana pr\u00e8s de Tunis et, au mieux, 26 listes pour 5 si\u00e8ges dans la circonscription de K\u00e9bili. Au total 655 listes ind\u00e9pendantes, 830 listes de partis et 34 listes de coalitions se sont pr\u00e9sent\u00e9es.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Du fait de cette extr\u00eame dispersion, entre 24 % et 49 % des voix se sont port\u00e9es sur des listes qui n&rsquo;ont pas eu d&rsquo;\u00e9lus (outre les votes blancs et les nuls), c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;entre le quart et la moiti\u00e9 des voix ont \u00e9t\u00e9 perdues selon les circonscriptions, voix qui ne sont pas repr\u00e9sent\u00e9es au Parlement. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Les islamistes s&rsquo;\u00e9tant au contraire regroup\u00e9s dans une seule formation politique, les voix qui se sont port\u00e9es sur eux ont permis d&rsquo;\u00e9lire une majorit\u00e9 de d\u00e9put\u00e9s. Il faut aussi rappeler que le syst\u00e8me \u00e9lectoral avait mis en place une obligation de parit\u00e9 des listes, ce qui est une exceptionnelle avanc\u00e9e en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 politique. Cependant 93 % des t\u00eates de liste \u00e9taient des hommes, 7 % des femmes, et la dispersion, qui laissait pr\u00e9voir que la plupart des partis n&rsquo;auraient pas plus d&rsquo;un d\u00e9put\u00e9 par circonscription, a amen\u00e9 nombre de femmes \u00e0 se pr\u00e9senter en t\u00eate de listes ind\u00e9pendantes ; dans le grand Tunis, on les compte par dizaines.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Ce choix s&rsquo;est aussi sold\u00e9 par un \u00e9chec aux cons\u00e9quences importantes, puisque sur les 49 \u00e9lues de l&rsquo;Assembl\u00e9e constituante (sur 217 si\u00e8ges), 42 sont d&rsquo;Ennahda, alors m\u00eame que ce parti n&rsquo;a pr\u00e9sent\u00e9 qu&rsquo;une seule femme en t\u00eate de liste. Mais ses bons r\u00e9sultats ont souvent permis l&rsquo;\u00e9lection du deuxi\u00e8me candidat dans chaque circonscription, toujours une femme gr\u00e2ce \u00e0 la loi sur la parit\u00e9.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Certes, on pourrait expliquer le d\u00e9p\u00f4t d&rsquo;un grand nombre de listes par l&rsquo;image du jaillissement printanier de la libert\u00e9, et par l&rsquo;inexp\u00e9rience de la d\u00e9mocratie. Mais les islamistes ne se sont pas laiss\u00e9s aller au r\u00eave de la libert\u00e9 pour se concentrer sur une strat\u00e9gie efficace de conqu\u00eate, et ils ont compris du premier coup que la d\u00e9mocratie n&rsquo;\u00e9tait pas seulement un id\u00e9al mais un outil de pouvoir.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">C&rsquo;est une incroyable erreur strat\u00e9gique que celle de la d\u00e9sunion des adversaires d&rsquo;Ennahda, dont la port\u00e9e va bien au-del\u00e0 de la Tunisie. Selon les points de vue, ce r\u00e9sultat \u00e9lectoral a renforc\u00e9 l&rsquo;association de l&rsquo;islamisme \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de libert\u00e9 et d&rsquo;identit\u00e9 ou a fait percevoir la d\u00e9mocratie comme source d&rsquo;un danger islamiste. Une militante associative, d\u00e9\u00e7ue de la victoire d&rsquo;Ennahda, se consolait en pensant que cette \u00e9lection lui permettait de conna\u00eetre \u00ab\u00a0le poids r\u00e9el de chacun\u00a0\u00bb. Mais c&rsquo;est plut\u00f4t le succ\u00e8s d&rsquo;une strat\u00e9gie gagnante que l&rsquo;on observe aujourd&rsquo;hui ; sans l&rsquo;\u00e9parpillement des voix, ce r\u00e9sultat aurait pu \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rent. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Barbara Loyer enseigne \u00e0 l&rsquo;Institut fran\u00e7ais de g\u00e9opolitique (IFG) &#8211; Paris-VIII. Elle est membre du comit\u00e9 de r\u00e9daction de la revue \u00ab\u00a0H\u00e9rodote\u00a0\u00bb. <\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Isabelle Feuerstoss est chercheur postdoctorante \u00e0 l&rsquo;IFG &#8211; P\u00f4le M\u00e9diterran\u00e9e &#8211; Paris-VIII.<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Barbara Loyer, professeur et Isabelle Feuerstoss, chercheur postdoctorante<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>(Source: \u201cLe Monde\u201d (Quotidien \u2013 France) le 15 novembre 2011)<\/strong><\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Lien:<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/11\/14\/tunisie-l-erreur-strategique-des-adversaires-du-parti-islamiste-ennahda_1603447_3232.html#xtor=AL-32280258\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/11\/14\/tunisie-l-erreur-strategique-des-adversaires-du-parti-islamiste-ennahda_1603447_3232.html#xtor=AL-32280258<\/font><\/a><\/strong><\/font><\/div>\n<hr\/>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\"><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\">Tunisie appliquera la r\u00e9solution de la Ligue arabe sur la Syrie<\/font><\/h2>\n<p> <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>C\u2019est ce qu\u2019a pr\u00e9cis\u00e9 Mohamed Ali Nafti, directeur de l\u2019information aupr\u00e8s du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res. <\/font><\/span><span lang=\"EN-US\"><font>Qui a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l\u2019agence Tap que le deuxi\u00e8me article de la r\u00e9solution de la Ligue habilite son Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 contacter directement les organisations arabes concern\u00e9es et \u00e0 entreprendre, en cas de poursuite de la violence, des contacts avec les organisations internationales de d\u00e9fense des droits humains dont l\u2019Organisation des Nations Unies.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Il s\u2019agit, a-t-il ajout\u00e9, d\u2019engager des concertations avec l\u2019opposition syrienne pour prendre toutes les dispositions n\u00e9cessaires visant \u00e0 arr\u00eater l\u2019effusion de sang dans ce pays et de soumettre ces dispositions au conseil de la Ligue pour les examiner lors d\u2019une r\u00e9union pr\u00e9vue, le 16 novembre courant, \u00e0 Rabat.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">La r\u00e9solution de la Ligue arabe sur la Syrie, adopt\u00e9e le 12 novembre, pr\u00e9voit la suspension de la participation des d\u00e9l\u00e9gations gouvernementales syriennes aux r\u00e9unions de la Ligue ainsi que des organisations et des structures y aff\u00e9rentes, la protection des civils et l\u2019application de sanctions \u00e9conomiques et politiques contre la Syrie.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Cette r\u00e9solution appelle \u00e9galement l\u2019arm\u00e9e syrienne \u00e0 ne pas s\u2019impliquer dans des actes de violence et de meurtre contre les civils et exhorte les pays arabes \u00e0 retirer leurs ambassadeurs respectifs de Damas.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source: \u201cKapitalis\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Lien. <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6846-tunisie-appliquera-la-resolution-de-la-ligue-arabe-sur-la-syrie.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6846-tunisie-appliquera-la-resolution-de-la-ligue-arabe-sur-la-syrie.html<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<hr\/>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"NO-BOK\"><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\">Les deux fers au feu<\/font><\/h2>\n<p> <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">Apr\u00e8s avoir adopt\u00e9, vis-\u00e0-vis des \u00abr\u00e9volutions arabes\u00bb en Tunisie, en Egypte, en Libye, une position qualifi\u00e9e de neutre par le discours officiel appelant les peuples de ces pays \u00e0 trouver une solution interne \u00e0 leur crise, loin de toute ing\u00e9rence ext\u00e9rieure, l\u2019Alg\u00e9rie change son fusil d\u2019\u00e9paule s\u2019agissant du mouvement de contestation populaire en Syrie. La Ligue arabe, qui a d\u00e9cid\u00e9 samedi de suspendre de ses rangs la Syrie pour ses violations des droits de l\u2019homme et son refus de mettre en \u0153uvre le plan de sortie de crise arabe, n\u2019a pas eu beaucoup de peine \u00e0 se rallier les rares pays r\u00e9tifs aux changements des r\u00e9gimes autocratiques arabes par la force, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019Alg\u00e9rie qui, il y a peu, voyait derri\u00e8re toute initiative proclam\u00e9e de r\u00e9tablissement de la paix une atteinte \u00e0 la souverainet\u00e9 des Etats en question et la porte ouverte \u00e0 l\u2019intervention \u00e9trang\u00e8re.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">Non seulement l\u2019Alg\u00e9rie a soutenu cette fois-ci, sans fioriture, la d\u00e9cision de la Ligue arabe, r\u00e9unie samedi en session extraordinaire au niveau des ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res, de suspendre la participation de la Syrie \u00e0 cette organisation en signe de repr\u00e9sailles. Mais bien plus, elle aura particip\u00e9 activement, \u00e0 travers sa diplomatie, \u00e0 l\u2019aboutissement de la riposte arabe concert\u00e9e contre le r\u00e9gime syrien en s\u2019engageant aux c\u00f4t\u00e9s du Qatar dans le groupe de contact de la Ligue arabe d\u00e9p\u00each\u00e9 \u00e0 Damas pour trouver, avec le r\u00e9gime en place et l\u2019opposition, une plateforme d\u2019accord en vue d\u2019engager rapidement des r\u00e9formes politiques dans le pays. L\u2019Alg\u00e9rie a-t-elle tir\u00e9 les enseignements de ce qui a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme des errements de sa diplomatie, en tout cas un manque patent de vision prospective quant \u00e0 la gestion de la crise libyenne ? Sur ce dossier, le moins qu\u2019on puisse dire est que notre pays ne s\u2019est pas montr\u00e9 aussi entreprenant et aussi ferme dans ses positions au niveau des instances arabes pour ramener \u00e0 de meilleurs sentiments d\u2019autres dictateurs arabes, \u00e0 l\u2019instar d\u2019El Gueddafi. M\u00eame lorsque ce dernier vivait ses derni\u00e8res heures, l\u2019Alg\u00e9rie continuait envers et contre tous \u00e0 camper sur ses positions refusant de prendre langue avec les repr\u00e9sentants du CNT alors que paradoxalement elle vient de souscrire \u00e0 l\u2019appel de la Ligue arabe lanc\u00e9 \u00e0 l\u2019opposition syrienne convi\u00e9e le 15 novembre au Caire pour jeter les bases de la transition dans ce pays.<\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"NO-BOK\"><font>Que s\u2019est-il donc pass\u00e9 pour que l\u2019Alg\u00e9rie, qui avait tra\u00een\u00e9 les pieds, pour ne pas dire pratiqu\u00e9 la politique de l\u2019autruche face aux autres r\u00e9volutions arabes, change\u00e2t ainsi brutalement de cap en se rangeant aux c\u00f4t\u00e9s du peuple syrien et contre le r\u00e9gime r\u00e9pressif d\u2019Al Assad ? <\/font><\/span><font><span lang=\"EN-US\">Crainte de l\u2019isolement au plan r\u00e9gional et international face au large consensus anti-Assad ? <\/span><span lang=\"NO-BOK\">Pression internationale sur l\u2019Alg\u00e9rie des Am\u00e9ricains et de l\u2019Union europ\u00e9enne ? Souci de se racheter vis-\u00e0-vis de l\u2019opinion arabe et alg\u00e9rienne ? Lucidit\u00e9 politique retrouv\u00e9e ? La d\u00e9cision de l\u2019Alg\u00e9rie de maintenir son ambassadeur en poste \u00e0 Damas, s\u2019engouffrant ainsi dans une br\u00e8che de la r\u00e9solution de la Ligue arabe renvoyant cette question \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation souveraine des Etats membres, montre clairement combien la position de l\u2019Alg\u00e9rie demeure toujours aussi timor\u00e9e vis-\u00e0-vis des r\u00e9volutions arabes. <\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>Avec la crise syrienne, l\u2019Alg\u00e9rie officielle a d\u00e9cid\u00e9 de mettre ses deux fers au feu.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source: \u201dEl Watan\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"NO-BOK\"><font>Lien: <\/font><a href=\"http:\/\/www.elwatan.com\/edito\/les-deux-fers-au-feu-14-11-2011-147221_171.php\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.elwatan.com\/edito\/les-deux-fers-au-feu-14-11-2011-147221_171.php<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p align=\"center\"><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6848-tunisie-les-fuites-sur-la-constitution-du-gouvernement-sont-infondees.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><b><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Tunisie. Les fuites sur la constitution du gouvernement sont infond\u00e9es<\/font><\/h3>\n<p><\/b><\/a><\/span><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Les r\u00e9seaux sociaux ont repris et fait circuler ces infos. Or il s\u2019agit de simples supputations, parfois m\u00eame largement d\u00e9pass\u00e9es par les \u00e9v\u00e9nements en ce qui concerne certains maroquins.<\/font><\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">De fausses indiscr\u00e9tions ?<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">C\u2019est ce qu\u2019a d\u00e9clar\u00e9 Noureddine B\u2019Hiri, porte-parole officiel d\u2019Ennahdha. \u00abToutes les informations et les fuites publi\u00e9es au sujet de la composition du prochain gouvernement sont de simples pr\u00e9somptions\u00bb. Et M. B\u2019Hiri d\u2019ajouter que \u00abla composition du gouvernement sera annonc\u00e9e juste apr\u00e8s la publication des r\u00e9sultats d\u00e9finitifs des \u00e9lections de l\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante dans le Journal officiel de la r\u00e9publique tunisienne (Jort). Le porte-parole d\u2019Ennahdha a pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 l\u2019Agence Tap que la composition du gouvernement sera proclam\u00e9e \u00abapr\u00e8s qu\u2019Ennahdha, le Congr\u00e8s pour la R\u00e9publique (Cpr) et Ettakatol\u00bb soient parvenus \u00e0 un consensus au sujet de la r\u00e9forme politique et du programme \u00e9conomique et social du gouvernement, faisant remarquer que \u00abdes progr\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s dans ce sens\u00bb. Les concertations tripartites se poursuivent aussi en commissions pour d\u00e9finir le programme d\u2019action pour la p\u00e9riode \u00e0 venir notamment en ce qui concerne la loi organisant les pouvoirs publics et celle d\u00e9finissant les pr\u00e9rogatives du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, a-t-il ajout\u00e9, relevant que ces questions font encore l\u2019objet de discussions en vue d\u2019un consensus sur tous les sujets.  Selon les informations v\u00e9hicul\u00e9es sur Internet et plus particuli\u00e8rement sur les r\u00e9seaux sociaux, les concertations au sujet de la constitution du gouvernement ont d\u00e9j\u00e0 pris fin et Ennahdha s\u2019est accapar\u00e9 10 portefeuilles minist\u00e9riels. \u00abFaux !\u00bb, affirme-t-on dans l\u2019entourage de ce parti.<\/font><\/span><\/p>\n<p><b><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Mohamed Abbou \u00e0 l\u2019Int\u00e9rieur ?<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">D\u2019apr\u00e8s ces m\u00eames informations, Hamadi Jebali sera le Premier ministre et deux membres de l&rsquo;actuel gouvernement provisoire seront maintenus dont Abdelkarim Zbidi, ministre de la D\u00e9fense mationale, et Mustapha Kamel Nabli gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, qui n\u2019est pas \u00e0 proprement parler membre du gouvernement. Mais l\u00e0 aussi, rien est confirm\u00e9 ! Tout comme l\u2019attribution du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur \u00e0 Me Mohamed Abbou, membre du bureau politique du Cpr, qui serait sans doute plus dans son \u00e9l\u00e9ment au d\u00e9partement de la Justice.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Selon de soi-disant fuites, Mustapha Ben Jaafar devrait acc\u00e9der \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique alors que Moncef Marzouki assurerait la pr\u00e9sidence de l\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante. Or, Kapitalis s\u2019est vu r\u00e9pondre par des sources proches des concertations que le contraire n\u2019est pas \u00e9cart\u00e9 ! Les pseudos listes des membres du nouveau gouvernement sont donc de mauvaises blagues. Une mani\u00e8re de buzzer idiot et \u00e0 bon compte\u2026<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source: \u201cKapitalis\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Lien: <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6848-tunisie-les-fuites-sur-la-constitution-du-gouvernement-sont-infondees.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6848-tunisie-les-fuites-sur-la-constitution-du-gouvernement-sont-infondees.html<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<h3 align=\"center\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"NO-BOK\"><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Tunisie &#8211; Le CPR, Abbou et la fixation sur les minist\u00e8res de l\u2019Int\u00e9rieur et de la Justice<\/font><\/h3>\n<p><\/span><\/h3>\n<hr\/>\n<p><span><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">Apr\u00e8s les d\u00e9clarations tapageuses de Mohamed Abbou du CPR concernant sa volont\u00e9 de s\u2019octroyer le minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur pour \u00aby faire le grand m\u00e9nage \u00bb et le rappel \u00e0 l\u2019ordre du parti d\u2019Ennahdha quant \u00e0 la r\u00e9servation des deux portefeuilles de la D\u00e9fense et de l\u2019Int\u00e9rieur \u00e0 des personnalit\u00e9s sans appartenance \u00e0 des partis politiques, voil\u00e0 que le m\u00eame Mohamed Abbou semble lorgner du c\u00f4t\u00e9 du minist\u00e8re de la Justice.<\/font><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><font> <\/font><font face=\"Arial\"><font><span>Cette fois, il aurait susurr\u00e9 en priv\u00e9 qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut du d\u00e9partement de l\u2019Int\u00e9rieur, il voudrait avoir celui de la Justice pour \u00ab \u00e9carter un bon nombre de magistrats corrompus\u00bb. Encore un v\u0153u de vengeance qui n\u2019est pas digne d\u2019un politicien et probable futur homme d\u2019Etat<\/span><span><\/span> <span>Bon \u00e0 rappeler que de nombreuses vid\u00e9os avaient \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9es sur le r\u00e9seau de facebook montrant M. Abbou clamer, en pleine avenue de Bab B\u00e9nat pr\u00e8s du palais de Justice, que les juges \u00ab doivent s\u2019estimer heureux qu\u2019on n\u2019accuse pas plus d\u2019un millier d\u2019entre eux de corruption, mais qu\u2019au moins une centaine parmi eux doivent \u00eatre interrog\u00e9s et jug\u00e9s \u00bb tout en citant nomm\u00e9ment un certain de nombre de juges qu\u2019il classe dans cette cat\u00e9gorie.<\/span> <\/font><span><font>Des accusations qualifi\u00e9es, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, par le Syndicat de magistrats tunisiens (SMT) de graves, gratuites et sans preuves tangibles.<\/font><\/span><\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source: \u201dBusiness News\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"NO-BOK\"><font>Lien: <\/font><a href=\"http:\/\/www.businessnews.com.tn\/Tunisie---Le-CPR,-Abbou-et-la-fixation-sur-les-minist\u0106\u00d8res-de-l\u0100\u2019Int\u0106\u00a9rieur-et-de-la-Justice,520,27628,3\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.businessnews.com.tn\/Tunisie&#8212;Le-CPR,-Abbou-et-la-fixation-sur-les-minist%C4%86%C3%98res-de-l%C4%80%E2%80%99Int%C4%86%C2%A9rieur-et-de-la-Justice,520,27628,3<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p align=\"center\"><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6855-tunisie-au-nom-des-travailleurs-jrad-se-remplissait-les-poches.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><b><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Tunisie. Au nom des travailleurs, Jrad se remplissait les poches<\/font><\/h3>\n<p><\/b><\/a> <\/span><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"NO-BOK\"><font>Abdessalem Jerad, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs tunisiens (Ugtt) depuis 1983, est parmi ceux qui ont largement profit\u00e9 de l\u2019ancien r\u00e9gime. <\/font><\/span><span lang=\"EN-US\"><font>Son nom (avec des documents \u00e0 l\u2019appui) figure dans le rapport publi\u00e9 par la Commission nationale d\u2019investigation sur la corruption et la malversation (Cnicm).<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Ce militant syndicaliste \u00e9tait, souvenons-nous, parmi les derniers hommes \u00e0 serrer la main de l\u2019ancien pr\u00e9sident, avant sa fuite le 14 janvier \u00e0 Djeddah. Ce dernier le gratifiait avec des enveloppes, des services et des largesses de seigneur, murmure-t-on du c\u00f4t\u00e9 du Cnicm. <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><font>Et M. Jerad renvoyait l\u2019ascenseur. En t\u00e9moignent ses nombreuses d\u00e9clarations en faveur du dictateur. Tel cet extrait de l\u2019une de ses d\u00e9clarations, publi\u00e9e en 2009 par l\u2019agence Tap et repris par tous les journaux tunisiens : \u00abAbdessalem Jrad a d\u2019autre part mis en exergue la volont\u00e9 du Pr\u00e9sident Ben Ali de faire avancer \u00e0 pas s\u00fbrs le processus d\u00e9mocratique, de r\u00e9pandre l\u2019esprit de mod\u00e9ration et de tol\u00e9rance et de consolider les valeurs de modernit\u00e9 et d\u2019ouverture. Il a indiqu\u00e9 que l\u2019Ugtt a r\u00e9ussi, \u00e0 la faveur de la pertinence et de la clairvoyance des orientations du Chef de l\u2019Etat, \u00e0 pr\u00e9server la Tunisie des troubles qui menacent la stabilit\u00e9 de nombreux pays dans le monde\u00bb.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">Aujourd\u2019hui, l\u2019homme risque gros et \u00e7a le d\u00e9range d\u2019\u00eatre \u00e9pingl\u00e9 et jug\u00e9 par le prochain gouvernement. <\/font><\/span><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Est-ce pour cette raison qu\u2019il incite actuellement les travailleurs \u00e0 manifester, \u00e0 multiplier les sit-in et \u00e0 paralyser le syst\u00e8me \u00e9conomique du pays ? Est-ce aussi pour d\u00e9tourner les regards de ses anciennes pratiques ? De ses cr\u00e9dits \u00e0 des taux de remboursement tr\u00e8s symboliques, et autres faveurs du Palais de Carthage.  T\u00f4t ou tard, tous ceux qui ont profit\u00e9 de l\u2019ancien r\u00e9gime devront rendre compte \u00e0 la justice. D\u2019ailleurs, tous les collaborateurs de Ben Ali sont en train de tomber l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre comme des feuilles d\u2019automne.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Les travailleurs doivent aussi comprendre que certains de leurs leaders syndicaux \u00e9taient beaucoup plus soucieux de se remplir les poches que de d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source: \u201cKapitalis\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Lien: <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6855-tunisie-au-nom-des-travailleurs-jrad-se-remplissait-les-poches.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6855-tunisie-au-nom-des-travailleurs-jrad-se-remplissait-les-poches.html<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"NO-BOK\"><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Tunisie: Et Ennahdha se prend \u00e0 r\u00eaver\u2026<\/font><\/h3>\n<p> <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span><span lang=\"EN-US\"><font>Une information (ou plut\u00f4t une rumeur) circulait sur le web concernant la venue \u00e0 l\u2019ouverture des travaux de l\u2019Assembl\u00e9e constituante, du prince du Qatar Hamad Bin Jassem Al Khalifa.<\/font><\/span><\/span><font><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><\/font><\/font><font><span lang=\"EN-US\"> <font face=\"Arial\"><span><span>Cette pr\u00e9sence est une r\u00e9ponse \u00e0 une invitation qui lui aurait \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e par Rached Ghannouchi lors d\u2019une visite priv\u00e9e.<\/span><\/span> <span><span>Au cours d\u2019une conf\u00e9rence de presse, M. Noureddine Bhiri a infirm\u00e9 cette nouvelle en assurant qu\u2019Ennahdha ne lancerait aucune invitation au nom de la Tunisie en dehors des circuits officiels.<\/span><\/span> <span><span>Mais c\u2019est dimanche, qu\u2019on pourrait dire qu\u2019ennahdha se prend \u00e0 r\u00eaver. En effet, le futur premier ministre, M. Hamadi Jebali, a affirm\u00e9 que l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Ennahdha au pouvoir constituait la naissance d\u2019un 6\u00e9me \u00ab Califat \u00bb, et un \u00e9v\u00e8nement \u00ab historique \u00bb. Cette d\u00e9claration a eu lieu au cours d\u2019un meeting populaire \u00e0 Sousse, en pr\u00e9sence de cadres du parti Ennahdha et Mme Houda Naim, membre du mouvement Hamas.<\/span><\/span> <\/font><\/span><span><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">Le leader d\u2019Ennahdha et la militante du Hamas ont \u00e9t\u00e9 d\u2019accord pour dire que la \u00ab lib\u00e9ration \u00bb de la Tunisie du r\u00e9gime de Ben Ali, n\u2019est que le pr\u00e9lude \u00e0 la lib\u00e9ration prochaine de la Palestine.<\/font><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"> <span><span><font face=\"Arial\">Au-del\u00e0 du vocabulaire choisi, Ennahdha veut montrer son engagement total en faveur de la cause arabo-islamique, m\u00eame si elle ne le dit pas clairement. <\/font><\/span><\/span><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Ce manque de clart\u00e9 demeure source de suspicion \u00e0 l\u2019\u00e9gard du mouvement de Rached Ghannouchi, qui multiplie les gestes dans toutes les directions pour rassurer.<\/font><\/span><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font> <\/font><span><span><font face=\"Arial\">Mais toutefois, si le panarabisme de Nasser a \u00e9chou\u00e9, le panislamisme r\u00e9ussira-t-il ?? Il est peut-\u00eatre trop t\u00f4t pour le dire.<\/font><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source: \u201cEspace Manager\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"NO-BOK\"><font>Lien: <\/font><a href=\"http:\/\/www.espacemanager.com\/politique\/tunisie-et-ennahdha-se-prend-a-rever\u2026.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.espacemanager.com\/politique\/tunisie-et-ennahdha-se-prend-a-rever%E2%80%A6.html<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"NO-BOK\"><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Le g\u00e9nie tunisien \u00e0 l\u2019honneur de Hong Kong aux USA<\/font><\/h3>\n<p><\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><strong><span lang=\"NO-BOK\"><font>De jeunes tunisiens ont d\u00e9croch\u00e9 le premier prix de l\u2019Intel Sciences en Egypte et plus r\u00e9cemment une m\u00e9daille de bronze \u00e0 Hong Kong. <\/font><\/span><span lang=\"EN-US\"><font>Tels sont les exploits des membres club de science et de technologie de Jemmel, au terme de leur participation aux \u00e9v\u00e9nements internationaux dans le domaine des sciences et des innovations technologiques. \u2026<\/font><\/span><\/strong><\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Des \u00e9l\u00e8ves du club de science et de technologie du lyc\u00e9e de Jemmel (gouvernorat de Monastir) ont r\u00e9ussi \u00e0 rafler une m\u00e9daille de bronze lors de leur participation au prestigieux concours <\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.hkisf.org\/portal\/en\/Default.aspx\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Hong Kong International Fair HKISF<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><\/font><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\">. R\u00e9unissant pr\u00e8s de 25 pays pour un total de 150 \u00e9quipes, cette manifestation dont la finale s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e du 16 au 18 octobre 2011, aura permis \u00e0 6 \u00e9l\u00e8ves tunisiens de pr\u00e9senter 3 projets novateurs. Preuve que les repr\u00e9sentants du g\u00e9nie national continuent inlassablement de faire honneur au pays. Lors de la c\u00e9r\u00e9monie de cl\u00f4ture, qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 l\u2019institut sup\u00e9rieur des arts de Hong Kong, l\u2019\u00e9quipe tunisienne (constitu\u00e9e de Rahma BEN SALEM, CHEDIA HIBAR, ONS MAWEL, SIWAR BEN ABDELWAHED, IRINE NEGGEZ, DOUHA KHESSIBA) s\u2019est vu remettre la m\u00e9daille de bronze, en la pr\u00e9sence de son encadreur Hatem Ben Slimane, (\u00e9galement juge lors de cette comp\u00e9tition), ainsi que des diff\u00e9rents membres du jury et des autres participants r\u00e9unis. Un exploit de plus pour le palmar\u00e8s de ces petits g\u00e9nies qui ont d\u00e9j\u00e0 su se distinguer \u00e0 maintes reprises lors d\u2019\u00e9v\u00e9nements internationaux sp\u00e9cialis\u00e9s dans le domaine des sciences et des innovations technologiques. En effet, rappelons que des membres de ce club, encadr\u00e9s par leurs professeurs, ont auparavant remport\u00e9 le prix du meilleur projet en \u00e9quipe lors du concours Intel Sciences (ISEF) \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du monde arabe, tenu en 2010, \u00e0 Alexandrie, en Egypte. L\u2019\u00e9quipe tunisienne \u00e9tait compos\u00e9e de 9 \u00e9l\u00e8ves et 3 responsables, (dont 6 \u00e9l\u00e8ves et un responsable appartenant au club : le professeur M. Hatem SLIMANE, Aymen ZAGHOUENI, Amal BELLEREJ, Hamza BEN SALEM, Yesmine MILI, Salem GURDELLI et Oussama CHAALELI). Et ce n\u2019est pas tout, puisque le 26 f\u00e9vrier 2011 lors de la Foire nationale de la Cit\u00e9 des Sciences de Tunis, des \u00e9l\u00e8ves du Jemmel s\u2019\u00e9taient class\u00e9s aux quatre premi\u00e8res places (gr\u00e2ce au sujet intitul\u00e9 SMARTAP).<\/span><span lang=\"NO-BOK\">Par la suite, 3 jeunes et leur encadreur ont pu se qualifier \u00e0 la finale de l\u2019ISEF USA, qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 Los Angeles en Californie, en mai 2011. <\/span><\/font><font face=\"Arial\"><font><span lang=\"EN-US\">Sans oublier les autres \u00e9v\u00e9nements qui se d\u00e9roulement ponctuellement en Tunisie, \u00e0 travers lesquels le club participe syst\u00e9matiquement (foires, conf\u00e9rences, expositions p\u00e9dagogiques\u2026). Parmi les productions d\u00e9j\u00e0 entreprises par ce club, on peut citer pas moins de 10 innovations technologiques en attente de brevetage, 5 maquettes scientifiques et didactiques, 3 films scientifiques 3 recherches sociales\u2026C\u2019est dire la richesse de ses activit\u00e9s, dont le but \u00e9vident est d\u2019encourager l\u2019\u00e9closion des jeunes prodiges qui ne manquent assur\u00e9ment pas en Tunisie. Cr\u00e9\u00e9 en 2007, le club de science et de technologie de Jemmel a pour principale activit\u00e9 la recherche scientifique et l\u2019innovation technologique au sein de diff\u00e9rents domaines d\u2019intervention. D\u00e9di\u00e9 principalement aux jeunes chercheurs, il compte \u00e0 ce jour, un total de 364 adh\u00e9rents.<\/span><\/font><span lang=\"NO-BOK\"><font>Les \u00e9l\u00e8ves sont encadr\u00e9s par 12 professeurs.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source: \u201cTekiano\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Lien: <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.tekiano.com\/tek\/science\/4482-le-genie-tunisien-a-lhonneur-de-hong-kong-aux-usa-.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>http:\/\/www.tekiano.com\/tek\/science\/4482-le-genie-tunisien-a-lhonneur-de-hong-kong-aux-usa-.html<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"NO-BOK\"><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Nadia El Fani : \u00ab\u00a0La Tunisie la\u00efque n&rsquo;a pas dit son dernier mot\u00a0\u00bb<\/font><\/h3>\n<p> <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Dans le cadre de la semaine \u00ab Imagopublica \u00bb, la r\u00e9alisatrice franco -tunisienne Nadia El Fani pr\u00e9sente ce soir au Crat\u00e8re, son documentaire, \u00ab Inch&rsquo;Allah \u00bb. Entretien.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Que raconte ce documentaire ?<\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>J&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 ce documentaire en ao\u00fbt 2010 durant le ramadan, sous l&rsquo;\u00e8re de Ben Ali. <\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\">Pour m&rsquo;interroger sur la place de la religion dans la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne. <\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>A ce moment-l\u00e0, malgr\u00e9 une chape de plomb tr\u00e8s pr\u00e9sente, le changement \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s palpable. On sentait le fr\u00e9missement de la tourmente. Trois mois plus tard, il \u00e9clatait.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Dans quel \u00e9tat est le pays au moment o\u00f9 vous tournez ce documentaire ?<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Depuis plusieurs ann\u00e9es, la Tunisie s&rsquo;islamisait de plus en plus. Un des gendres de Ben Ali avait cr\u00e9\u00e9 une radio qui diffusait le coran du matin au soir en boucle.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Que pensez alors du r\u00e9sultat des \u00e9lections ?<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Je pense que les islamistes ont \u00e9t\u00e9 les premiers surpris. Pour parvenir \u00e0 ce r\u00e9sultat, ils ont su jouer la carte de la r\u00e9pression sous Ben Ali. Mais je pense aussi que la Tunisie la\u00efque n&rsquo;a pas dit son dernier mot.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">A 20 h 45 au cin\u00e9ma le Crat\u00e8re (95 Grande Rue Saint-Michel) \u00e0 Toulouse.<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source: \u201cLa Depeche\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"NO-BOK\"><font>Lien: <\/font><a href=\"http:\/\/www.ladepeche.fr\/article\/2011\/11\/15\/1215942-nadia-el-fani-la-tunisie-laique-n-a-pas-dit-son-dernier-mot.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.ladepeche.fr\/article\/2011\/11\/15\/1215942-nadia-el-fani-la-tunisie-laique-n-a-pas-dit-son-dernier-mot.html<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"NO-BOK\"><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Peut-on parler de bloc islamiste?<\/font><\/h3>\n<p> <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Tous les islamistes ne se ressemblent pas. L\u2019Occident serait bien inspir\u00e9 d\u2019adapter ses politiques en fonction des tendances de chaque pays du printemps arabe.<\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Maintenant que les soul\u00e8vements sont sur le d\u00e9clin au Bahre\u00efn et en Syrie, il appara\u00eet que les r\u00e9volutionnaires d\u2019Afrique du Nord (tout d\u2019abord en Tunisie, puis en \u00c9gypte et en Libye) sont ceux qui ont le mieux r\u00e9ussi leur printemps arabe. <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><font>Et malgr\u00e9 certains murmures de m\u00e9contentement initiaux, la r\u00e9volution semble loin d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019ordre du jour en Alg\u00e9rie et au Maroc.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Pas un, mais des islamismes<\/font><\/span><\/h3>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Ces trois r\u00e9volutions couronn\u00e9es de succ\u00e8s ont en commun, outre la proximit\u00e9 g\u00e9ographique, la pr\u00e9sence de mouvements islamistes populaires qui b\u00e9n\u00e9ficient aujourd\u2019hui d\u2019une opportunit\u00e9 historique de gouverner. Mais \u00ables islamistes\u00bb, s\u2019ils sont largement consid\u00e9r\u00e9s comme bloc monolithique en Occident, sont en r\u00e9alit\u00e9 bien diff\u00e9rents les uns des autres. Si les dirigeants du parti tunisien Ennahda, (qui a remport\u00e9 pr\u00e8s de 42% des voix lors des premi\u00e8res \u00e9lections post-r\u00e9volutionnaires de<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/pays\/57\/tunisie\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Tunisie<\/font><\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><span lang=\"EN-US\">le mois dernier) ont r\u00e9ussi \u00e0 incorporer \u00e0 la fois un code d\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes \u00e0 la fran\u00e7aise et une interpr\u00e9tation lib\u00e9rale de la charia dans leur programme, certains radicaux islamistes du<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/53307\/libye-peur-cnt-kadhafi\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Conseil National de Transition libyen<\/font><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><font><\/font><\/span><\/span><\/a><\/span><span lang=\"EN-US\">(CNT) semblent tenir \u00e0 r\u00e9tablir la polygamie comme moyen de contr\u00f4le social. Et si ces deux mouvements ont l\u2019intention d\u2019an\u00e9antir les vestiges de l\u2019ancien r\u00e9gime, les<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/64675\/egypte-victoire-des-freres-musulmans\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>, en revanche, s\u2019allient de plus en plus \u00e9troitement avec une dictature militaire en train de se reconstituer.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Bien que g\u00e9ographiquement proches, les soul\u00e8vements de ces pays ont \u00e9merg\u00e9 de situations diverses et pr\u00e9sagent des issues diff\u00e9rentes. Et ces \u00c9tats sont assez dissemblables pour que l\u2019approche \u00e0 l\u2019emporte-pi\u00e8ce pratiqu\u00e9e par l\u2019Occident repr\u00e9sente une menace pour leur avenir. Il y a quatre ans, Robert S. Leiken et Steven Brooke observaient dans un<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.foreignaffairs.com\/articles\/62453\/robert-s-leiken-and-steven-brooke\/the-moderate-muslim-brotherhood\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>article<\/font><\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>publi\u00e9 dans Foreign Affairs que:<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><em><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">\u00abLa prise de d\u00e9cision des \u00c9tats-Unis a \u00e9t\u00e9 handicap\u00e9e par la tendance de Washington \u00e0 consid\u00e9rer les Fr\u00e8res musulmans, et le mouvement islamiste dans son ensemble, comme un bloc monolithique.\u00bb<\/font><\/span><\/em><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Il y a peu de raisons de croire que la vision de l\u2019administration actuelle soit diff\u00e9rente. Au contraire, les d\u00e9clarations des cercles politiques influents n\u2019ont pas fait grand-chose pour mettre en doute l\u2019id\u00e9e que les Fr\u00e8res musulmans, par exemple, sont un mouvement au programme transnational unitaire.<\/font><\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Des groupes djihadistes?<\/font><\/span><\/h3>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Dans une<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.washingtontimes.com\/news\/2011\/apr\/13\/us-government-has-no-strategy-to-deal-with-muslim-\/?page=all\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>r\u00e9cente d\u00e9claration du Congr\u00e8s<\/font><\/span><\/a><\/span><span lang=\"EN-US\"> au sujet des Fr\u00e8re musulmans, Robert Satloff, le directeur du<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.washingtoninstitute.org\/templateI01.php\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span><span lang=\"EN-US\"><font><\/font><\/span><\/span><span lang=\"EN-US\"><font>Washington Institute for Near East Policy<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>, \u00e9voque de fa\u00e7on peu subtile l\u2019existence d\u2019un programme international coh\u00e9rent:<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><em><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">\u00abLes Fr\u00e8res musulmans forment une organisation profond\u00e9ment politique qui cherche \u00e0 r\u00e9ordonner la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9gyptienne (et plus largement musulmane) selon le mode islamiste.\u00bb<\/font><\/span><\/em><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Si cette formulation peut contenir une part de v\u00e9rit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 elle souligne une ambition g\u00e9n\u00e9rale de la franchise des Fr\u00e8res musulmans dans tous les pays arabes, ce sont les diff\u00e9rences, et non les similitudes, qui permettront d\u2019aider les \u00c9tats-Unis \u00e0 rep\u00e9rer les opportunit\u00e9s d\u2019engagement; et il semble bien que ce centre de recherches n\u2019a pas d\u00e9ploy\u00e9 suffisamment de ressources pour les identifier.<\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>En Libye, o\u00f9 l\u2019insurrection arm\u00e9e est pr\u00eate \u00e0 prendre le pouvoir politique, les nouveaux dirigeants comptent dans leurs rangs des v\u00e9t\u00e9rans du<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/1645\/explication-qui-sont-les-rebelles-libyens\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Groupe islamique combattant en Libye<\/font><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><font><\/font><\/span><\/span><\/a><\/span><\/font><\/font><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">(GICL) qui, dissous aujourd\u2019hui, \u00e9tait autrefois un alli\u00e9 d\u2019al-Qaida. Si dans les ann\u00e9es 1990, la principale cible du groupe \u00e9tait le r\u00e9gime de Kadhafi lui-m\u00eame, les d\u00e9clarations de ses anciens dirigeants, notamment du commandant rebelle libyen Abd al-Hakim Belhaj, indiquent que le mouvement s\u2019inscrit volontairement dans un \u00abjihad\u00bb plus vaste aux vis\u00e9es internationales. Il a adopt\u00e9 la langue d\u2019al-Qaida en qualifiant les \u00c9tats-Unis de \u00abcrois\u00e9s.\u00bb Apr\u00e8s la frappe des missiles am\u00e9ricains en 1998 en repr\u00e9sailles aux attentats du groupe terroriste contre des ambassades en Afrique de l\u2019Est, la d\u00e9claration du GICL d\u00e9non\u00e7ant les bombardements avait en r\u00e9alit\u00e9 pour but d\u2019appeler \u00e0 la vengeance. En attendant, la soci\u00e9t\u00e9 qui \u00e9volue autour de cette \u00e9lite jihadiste naissante manque d\u2019activistes politiques exp\u00e9riment\u00e9s susceptibles de proposer une vision plus constructive. L\u2019absence d\u2019institutions civiques organis\u00e9es en Libye ne veut pas dire pas que de tels groupes ne vont pas finir par prendre forme, mais l\u2019occasion est belle pour les militants d\u00e9sireux d\u2019occuper un moment le march\u00e9 des id\u00e9es.<\/font><\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Composer avec les la\u00efcs<\/font><\/span><\/h3>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>En Tunisie, les \u00e9lections d\u2019octobre ont fourni \u00e0<\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/58241\/tunisie-la-deferlante-ennahda-election-constituante\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span><span lang=\"EN-US\"><font><\/font><\/span><\/span><span lang=\"EN-US\"><font>Ennahda une majorit\u00e9 de contr\u00f4le<\/font><\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>relative dans le nouveau parlement. Ennahda, l\u2019une des cibles de l\u2019ancien r\u00e9gime, a tout de m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 survivre et \u00e0 se d\u00e9velopper en exil. Rached Ghannouchi, le chef du mouvement, pouvait circuler librement et avait la possibilit\u00e9 d\u2019entretenir et de d\u00e9velopper sa base politique \u00e0 partir de son foyer d\u2019adoption londonien. Les lib\u00e9raux tunisiens rest\u00e9s sur place n\u2019ont pas suffisamment pris leurs distances avec le r\u00e9gime, et ils en ont pay\u00e9 le prix dans les urnes. Ennahda est l\u2019institution politique la mieux structur\u00e9e et la plus populaire dans le pays, \u00e0 l\u2019heure actuelle.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Apr\u00e8s sa victoire \u00e9lectorale, Ennahda aura l\u2019occasion d\u2019utiliser sa toute nouvelle autorit\u00e9 pour influencer la trame de la culture musulmane tunisienne. Mais contrairement \u00e0 la Libye,<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/61113\/tunisie-la-recherche-politique-commune\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>le parti devra n\u00e9gocier<\/font><\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><span lang=\"EN-US\">son programme culturel en fonction de l\u2019h\u00e9ritage la\u00efc bien ancr\u00e9 et impos\u00e9 par le pr\u00e9sident fondateur<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/55\/la-tunisie-ne-doit-pas-oublier-bourguiba\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Habib Bourguiba<\/font><\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><span lang=\"EN-US\">et son successeur<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/65629\/slateafrique.\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Zine el-Abidine Ben Ali.<\/font><\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>Voyez l\u2019exemple de la Turquie, o\u00f9 il est largement admis que le parti islamiste au pouvoir a \u00e9t\u00e9 temp\u00e9r\u00e9 par le la\u00efcisme de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Dans le monde arabe, la Tunisie de Bourguiba et de Ben Ali est ce qui s\u2019est rapproch\u00e9 le plus de l\u2019exp\u00e9rience de gouvernance la\u00efque d\u2019Atat\u00fcrk. M\u00eame le v\u00e9n\u00e9rable universit\u00e9 islamique de Zitouna en Tunisie, instrumentalis\u00e9 par le r\u00e9gime, \u00e9tait r\u00e9ellement devenu une universit\u00e9 de religion compar\u00e9e. L\u2019h\u00e9ritage du programme culturel progressiste du r\u00e9gime ne va pas dispara\u00eetre juste parce que ses partisans sont \u00e9vinc\u00e9s du pouvoir.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">En \u00c9gypte, o\u00f9 le mouvement des Fr\u00e8res musulmans s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 non en exil mais sur place, les islamistes \u00abdominants\u00bb doivent relever des d\u00e9fis que repr\u00e9sentent non seulement les partis la\u00efques, mais aussi les salafistes plus extr\u00eames, dont les visions r\u00e9gressives seraient tout \u00e0 fait capables de d\u00e9truire l\u2019\u00e9conomie \u00e9gyptienne. Tandis que les Fr\u00e8res musulmans travaillent s\u00e9rieusement depuis 25 ans \u00e0 concilier tradition islamique l\u00e9gale et principes de modernit\u00e9 et de politique consensuelle, les salafistes ont rejet\u00e9 l\u2019id\u00e9e de d\u00e9mocratie et de modernit\u00e9 qu\u2019ils consid\u00e8rent comme des \u00abinnovations\u00bb anti-islamiques. On trouve des salafistes dans toute l\u2019Afrique du Nord et au Moyen-Orient, c\u2019est vrai, notamment ceux de Tunisie qui, comme en \u00c9gypte, ont r\u00e9cemment perp\u00e9tr\u00e9 des actes de violence. Mais c\u2019est en \u00c9gypte qu\u2019ils ont \u00e9tabli des enclaves dans des bidonvilles urbains tr\u00e8s peupl\u00e9s et qu\u2019ils semblent les plus \u00e0 m\u00eame de monter une campagne politique soutenue.<\/font><\/span><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Quelles relations avec les Etats-Unis?<\/font><\/span><\/h4>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Les Fr\u00e8res musulmans m\u00e9prisent toujours autant l\u2019\u00e9lite militaire \u00e9gyptienne, mais ils ont aussi compris qu\u2019un transfert trop h\u00e2tif vers un gouvernement civil est dangereux dans un \u00c9tat dont la soci\u00e9t\u00e9 civile a \u00e9t\u00e9 syst\u00e9matiquement \u00e9touff\u00e9e sous<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/381\/egypte-manifestation-moubarak\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Hosni Moubarak<\/font><\/span><\/a><\/span><span lang=\"EN-US\">. Le mouvement est pr\u00eat \u00e0 faire l\u2019impasse sur ses diff\u00e9rences id\u00e9ologiques avec les \u00c9tats-Unis au sujet d\u2019Isra\u00ebl (malgr\u00e9 la pression publique) afin de maintenir le flux de l\u2019aide \u00e9trang\u00e8re, de l\u2019aide militaire et du tourisme. Au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, des membres des Fr\u00e8res musulmans d\u2019\u00c9gypte et d\u2019autres pays, y compris m\u00eame de Palestine, ont \u00e9voqu\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019une \u00abhoudna\u00bb, une tr\u00eave temporaire et renouvelable, comme arrangement provisoire avec l\u2019\u00e9tat juif. Abd al-Munim Abou &lsquo;el-Foutouh, haut responsable des Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens qui se pr\u00e9sente de fa\u00e7on ind\u00e9pendante \u00e0 la pr\u00e9sidence de l\u2019\u00c9gypte, a confi\u00e9 au chroniqueur d\u2019al-Arabiya Abdel Rahman Al-Rached qu\u2019il ne rechercherait pas n\u00e9cessairement l\u2019annulation<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.monde-diplomatique.fr\/cahier\/proche-orient\/campdavid\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span><span lang=\"EN-US\"><font><\/font><\/span><\/span><span lang=\"EN-US\"><font>des accords de Camp David<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>. Dans d\u2019autres contextes, il a indiqu\u00e9 que \u00abl\u2019initiative de paix arabe\u00bb soutenue par les Saoudiens pourrait servir de base aux Fr\u00e8res musulmans pour entamer des pourparlers avec Isra\u00ebl.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>En<\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/pays\/8\/Algerie\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span><span lang=\"EN-US\"><font><\/font><\/span><\/span><span lang=\"EN-US\"><font>Alg\u00e9rie<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>, o\u00f9 une guerre civile a fait quelque 150.000 morts dans les ann\u00e9es 1990, les rues restent silencieuses pour le moment. Mais rien ne semble sugg\u00e9rer que l\u2019immense popularit\u00e9 dont b\u00e9n\u00e9ficiait le Front islamique du salut radical dans les ann\u00e9es 1990 ait d\u00e9clin\u00e9 depuis. Et on n\u2019a pas non plus assist\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une figure islamiste aux perspectives mod\u00e9r\u00e9es dans le style de l\u2019Ennahda de Ghannouchi. En attendant, il n\u2019existe pas d\u2019opposition lib\u00e9rale s\u00e9rieuse \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 militaire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays, et le Groupe Islamique Arm\u00e9, jihadiste, continue de frapper violemment, m\u00eame \u00e0 Alger.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"EN-US\"><font>Les islamistes du<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/pays\/35\/maroc\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Maroc<\/font><\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><span lang=\"EN-US\">sont eux aussi uniques. Un syst\u00e8me multipartite significatif est en place dans le pays depuis une g\u00e9n\u00e9ration, et divers mouvements politiques, dont l\u2019orientation varie de l\u2019islamisme au socialisme, ont acquis une certaine cr\u00e9dibilit\u00e9. L\u2019espace d\u00e9mocratique s\u2019est progressivement \u00e9tendu depuis l\u2019accession de Mohammed VI. Tendance encore confirm\u00e9e cet \u00e9t\u00e9 par une nouvelle constitution. Ce document, qui n\u2019est pas encore appliqu\u00e9, confie l\u2019autorit\u00e9 nationale \u00e0 un Premier Ministre \u00e9lu, notamment le contr\u00f4le des minist\u00e8res et le pouvoir de nommer des gouverneurs r\u00e9gionaux. Le terrain est relativement \u00e9quilibr\u00e9 entre les partis dans l\u2019ar\u00e8ne politique, et les islamistes sont n\u00e9cessairement dispos\u00e9s \u00e0 rechercher les lib\u00e9raux pour les aider \u00e0 trouver une place dans un gouvernement quelconque (le Parti de la justice et du d\u00e9veloppement, le PJD, qui se r\u00e9clame d\u2019un islamisme mod\u00e9r\u00e9, est actuellement le troisi\u00e8me groupe parlementaire en termes d\u2019importance, avec 47 si\u00e8ges dans une chambre qui en compte 325. Le<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.institut-thomas-more.org\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"EN-US\"><font>Thomas More Institute<\/font><\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"EN-US\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"EN-US\"><font>europ\u00e9en estime qu\u2019il est peu probable que le PJD obtienne davantage que 10% des voix aux prochaines \u00e9lections). Les islamistes radicaux existent, mais leurs chances d\u2019obtenir un r\u00e9el pouvoir sont n\u00e9gligeables. La diversit\u00e9 politique soigneusement encourag\u00e9e au Maroc, ainsi que la croissance constante des institutions de la soci\u00e9t\u00e9 civile, temp\u00e8rent et mod\u00e8rent la tendance islamiste. Le roi, pour sa part, conservera son r\u00f4le de principale autorit\u00e9 religieuse du pays sous la nouvelle constitution.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">En bref, l\u2019Occident doit \u00e9viter l\u2019erreur qui consiste \u00e0 approcher le ph\u00e9nom\u00e8ne islamiste de chaque pays avec une seule et unique politique. Il y a en Libye des islamistes puissants avec qui l\u2019engagement politique direct pourrait \u00eatre vain. En revanche, il existe un mouvement islamiste en Tunisie susceptible de servir de passerelle entre l\u2019Occident et des groupes islamistes plus extr\u00eames dans d\u2019autres pays, \u00e0 commencer par ses voisins libyens. Le r\u00e9gime alg\u00e9rien, ennemi jur\u00e9 des groupes islamistes, ne voit pas d\u2019un bon \u0153il le programme de lib\u00e9ration de la r\u00e9gion, tandis que les Fr\u00e8res musulmans d\u2019\u00c9gypte, anti-occidentaux dans leur id\u00e9ologie, peuvent tr\u00e8s bien ne pas s\u2019opposer au paradigme s\u00e9curitaire de l\u2019Am\u00e9rique. Le Maroc, quant \u00e0 lui, a montr\u00e9 qu\u2019une autocratie peut consolider la soci\u00e9t\u00e9 civile au m\u00eame titre que les islamistes mod\u00e9r\u00e9s par un processus politique. Exemple qui peut s\u2019appliquer aux dirigeants militaires \u00e9gyptiens et \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gimes qui vont devoir, eux aussi, s\u2019adapter \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s changeantes au cours des mois et des ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/font><\/span><\/p>\n<p><em><b><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Ahmed Charai et Joseph Braude<\/font><\/span><\/b><\/em><\/p>\n<p><strong><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\">Foreign Policy<\/font><\/span><\/strong><\/p>\n<p><em><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">Traduit par B\u00e9reng\u00e8re Viennot<\/font><\/span><\/em><\/p>\n<p><span lang=\"EN-US\"><font face=\"Arial\"><strong>Source. \u201dSlate Afrique\u201d Le 15-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"NO-BOK\"><font>Lien: <\/font><a href=\"http:\/\/www.slateafrique.com\/65629\/peut-parler-de-bloc-islamiste-printemps-arabe\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.slateafrique.com\/65629\/peut-parler-de-bloc-islamiste-printemps-arabe<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TUNISNEWS 11 \u00e8me ann\u00e9e, N\u00b04157 du 16.11.2011 archives : www.tunisnews.net Sadri Khiari: Tunisie : commentaires sur la r\u00e9volution \u00e0 l\u2019occasion des \u00e9lections AP: Le nom du prochain pr\u00e9sident tunisien bient\u00f4t connu Le Monde: Tunisie : l&rsquo;erreur strat\u00e9gique des adversaires du parti islamiste Ennahda Kapitalis: Tunisie appliquera la r\u00e9solution de la Ligue arabe sur la Syrie 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