{"id":17338,"date":"2011-11-08T00:00:00","date_gmt":"2011-11-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/8-novembre-2011\/"},"modified":"2011-11-08T00:00:00","modified_gmt":"2011-11-08T00:00:00","slug":"8-novembre-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/8-novembre-2011\/","title":{"rendered":"8 novembre 2011"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"Lorsque l'on est d\u00e9mocrate, on accepte \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tle r\u00e9sultat du suffrage populaire. On le \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\trespecte parce que l'on respecte son \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tpropre peuple. Les Tunisiens ont vot\u00e9 et \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\ttranch\u00e9. Globalement, ils ont donn\u00e9 \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tleurs voix aux mouvements qui se sont \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tcomport\u00e9s honorablement sous la \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tdictature (Ennahdha, CPR, Ettakatol), et \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tils ont sanctionn\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement ceux qui \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tse sont compromis avec le r\u00e9gime, avant \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tou apr\u00e8s le 14 janvier (PDP et Ettajdid). \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tDe ce point de vue, nos compatriotes ont \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\u00e9t\u00e9 on ne peut plus clairs et \n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\tcons\u00e9quents.\" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<div><font><strong><font face=\"Calibri\" size=\"2\"><font><font><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\"><font><\/font><\/span><\/font><\/font><\/font><\/strong><\/font><\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Bookman Old Style\" size=\"7\"><strong>TUNISNEWS <\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\">11 \u00e8me ann\u00e9e, N\u00b04149 du 08.11.2011<\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>archives : <\/strong><\/font><a rel=\"nofollow\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>www.tunisnews.net<\/strong><\/font><\/a><span lang=\"FR\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/font><\/strong><\/span><\/div>\n<p><font><\/font><font><font><font><\/p>\n<div dir=\"ltr\"><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/strong><\/div>\n<p><\/font><\/font><\/font><\/p>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Aziz Krichen: \u00c0 propos des \u00e9lections de la constituante en Tunisie &#8211; l&rsquo;epouvantail islamiste<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Le Monde.fr: \u00ab\u00a0La Tunisie comme enjeu plut\u00f4t que sympt\u00f4me\u00a0\u00bb<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Courrier International: Quand la t\u00e9l\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre\u2026 le pr\u00e9sident Ben Ali<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Le Monde: \u00ab\u00a0Tunisie et Libye : l&rsquo;apprentissage de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Slate Afrique: La Tunisie, ses difficult\u00e9s \u00e9conomiques et l\u2019Alg\u00e9rie<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Kapitalis: Tunisie. La France et Ennahdha: de la d\u00e9fiance \u00e0 la confiance<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>African Manager: Tunisie : Le nouveau gouvernement, entre \u00e2pres n\u00e9gociations et \u00abpetits mots assassins\u00bb.<\/strong><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>African Manager: Tourisme : Le march\u00e9 tunisien rebondit, affirme le tour operator Just Sunshine<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Les Echos: L&rsquo;\u00e9nigme tunisienne<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Rue 89: Tunisie : les modernistes entre autocritique et projet de regroupement<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>Cage Prisoners: Interview with Yassine Ferchichi<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><\/strong><\/font><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\u00a0<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\"><font>A PROPOS DES ELECTIONS DE LA CONSTITUANTE EN TUNISIE<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\"><font>L&rsquo;EPOUVANTAIL ISLAMISTE<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span lang=\"FR\"><\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Lorsque l&rsquo;on est d\u00e9mocrate, on accepte le r\u00e9sultat du suffrage populaire. On le respecte parce que l&rsquo;on respecte son propre peuple. Les Tunisiens ont vot\u00e9 et tranch\u00e9. Globalement, ils ont donn\u00e9 leurs voix aux mouvements qui se sont comport\u00e9s honorablement sous la dictature (Ennahdha, CPR, Ettakatol), et ils ont sanctionn\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement ceux qui se sont compromis avec le r\u00e9gime, avant ou apr\u00e8s le 14 janvier (PDP et Ettajdid). De ce point de vue, nos compatriotes ont \u00e9t\u00e9 on ne peut plus clairs et cons\u00e9quents.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Toujours lorsque l&rsquo;on est d\u00e9mocrate, on ne diabolise pas son vis-\u00e0-vis. L&rsquo;islamisme n&rsquo;est pas un, mais multiple. L&rsquo;islamisme jordanien n&rsquo;est pas l&rsquo;islamisme afghan, l&rsquo;islamisme turc n&rsquo;est pas l&rsquo;islamisme saoudien. Les militants d&rsquo;Ennahdha et ses dirigeants ne sont pas tous des fous furieux et, surtout, ils ne vont pas gouverner seuls. Si l&rsquo;on ne souhaite pas les voir devenir majoritaires, si l&rsquo;on ne veut pas qu&rsquo;ils soient h\u00e9g\u00e9moniques, si l&rsquo;on tient \u00e0 pr\u00e9server le pluralisme du pays, il n&rsquo;y a qu&rsquo;une chose \u00e0 faire : s&rsquo;engager dans un mouvement politique capable de se maintenir face \u00e0 eux et de les contenir.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b><i><span lang=\"FR\"><font>L&rsquo;islamisme et la la\u00efcit\u00e9 \u00e0 la fran\u00e7aise<\/font><\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Apr\u00e8s ces deux positions de principe, allons au fond du probl\u00e8me : on ne peut pas faire reculer l&rsquo;islamisme en se r\u00e9clamant de la la\u00efcit\u00e9 \u00e0 la fran\u00e7aise. Je le r\u00e9p\u00e8te depuis des ann\u00e9es, \u00e0 contre-courant de nos pseudo-modernistes, dont le regard est bouch\u00e9 par la nostalgie de la \u00ab\u00a0belle \u00e9poque\u00a0\u00bb coloniale. La Tunisie n&rsquo;est pas la France. Notre histoire n&rsquo;est pas pire, elle n&rsquo;est pas meilleure : elle est diff\u00e9rente. En France, la r\u00e9volution d\u00e9mocratique \u00e9tait proprement condamn\u00e9e \u00e0 prendre un contenu antireligieux. Pourquoi ? Parce que l&rsquo;Eglise catholique repr\u00e9sentait, avec la monarchie, le principal appui du syst\u00e8me f\u00e9odal renvers\u00e9 en 1789. Ensemble, en effet, le clerg\u00e9 et le roi d\u00e9tenaient plus du tiers des terres agricoles du pays. L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 passait par la d\u00e9sacralisation du catholicisme et de la royaut\u00e9. L&rsquo;anticl\u00e9ricalisme et le la\u00efcisme fran\u00e7ais viennent directement de l\u00e0.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>En Tunisie, comme dans le reste du monde arabe, le contexte est radicalement diff\u00e9rent. Pourquoi ? Parce que la r\u00e9volution d\u00e9mocratique rev\u00eat d&rsquo;abord chez nous un caract\u00e8re national, une obligation d&rsquo;ind\u00e9pendance nationale. Le pays a \u00e9t\u00e9 longtemps colonis\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de lui-m\u00eame. En 1956, le premier propri\u00e9taire foncier n&rsquo;est ni le bey ni la Zitouna, mais la colonisation fran\u00e7aise<\/font><a rel=\"nofollow\" title=\"\"><span>[1]<\/span><\/a><font>, qui exploite par ailleurs de mani\u00e8re exclusive toutes les autres ressources du pays. Pour affaiblir le mouvement de lib\u00e9ration et le d\u00e9sorienter, la colonisation n&rsquo;avait cess\u00e9 de s&rsquo;attaquer aux r\u00e9f\u00e9rences identitaires de la population &#8211; la langue rabe et la religion musulmane -, en cherchant \u00e0 les d\u00e9consid\u00e9rer, \u00e0 les discr\u00e9diter, les pr\u00e9sentant comme r\u00e9trogrades, ali\u00e9nantes et finalement \u00e9trang\u00e8res \u00e0 la \u00ab\u00a0tunisianit\u00e9 authentique\u00a0\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Ce travail de sape de l&rsquo;identit\u00e9 nationale ne s&rsquo;est pas arr\u00eat\u00e9 en 1956. Apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance formelle &#8211; passage d&rsquo;un statut colonial \u00e0 un statut n\u00e9ocolonial -, il s&rsquo;est poursuivi et m\u00eame intensifi\u00e9, d&rsquo;abord sous la dictature \u00ab\u00a0\u00e9clair\u00e9e\u00a0\u00bb de Bourguiba, puis sous la dictature maffieuse de Ben Ali. Tout au long de leurs pr\u00e9sidences, sur pr\u00e8s de 60 ans, en d\u00e9pit de diversions tactiques ici ou l\u00e0, l&rsquo;islam et la culture arabe sont rest\u00e9s l&rsquo;objet de la m\u00e9fiance et de l&rsquo;hostilit\u00e9 du pouvoir politique. Malgr\u00e9 la r\u00e9cup\u00e9ration folklorique de la religion op\u00e9r\u00e9e par les deux hommes, \u00eatre musulman, pour leur police, c&rsquo;\u00e9tait \u00eatre suspect. <\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Comment expliquer une telle continuit\u00e9 ? En grande partie par l&rsquo;orientation donn\u00e9e au syst\u00e8me scolaire en 1958 (r\u00e9forme Messadi). La France avait form\u00e9 une (petite) \u00e9lite autochtone \u00e0 son image ; apr\u00e8s son arriv\u00e9e au pouvoir, cette \u00e9lite a repris le mod\u00e8le m\u00e9tropolitain et l&rsquo;a g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, tout en le d\u00e9gradant. La domination directe par la France (par le biais de l&rsquo;administration et de l&rsquo;arm\u00e9e) s&rsquo;est ainsi transform\u00e9e en domination indirecte (par le biais de suppl\u00e9tifs locaux). L&rsquo;islam restait l&rsquo;ennemi dans les deux cas &#8211; malgr\u00e9 des concessions formelles dans certaines mati\u00e8res d&rsquo;enseignement. Apr\u00e8s les attentats du 11-Septembre, cette structure de base est m\u00eame devenue une donn\u00e9e fondamentale de toute la strat\u00e9gie de domination occidentale dans le monde arabe et musulman. <\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Le 14-Janvier a ouvert un nouveau cycle. Le soul\u00e8vement populaire a commenc\u00e9 \u00e0 faire bouger les lignes. Les \u00e9lections du 23 octobre ont permis de franchir un pas de plus dans ce sens, m\u00eame si le chemin est encore long. S&rsquo;exprimant pour la premi\u00e8re fois librement apr\u00e8s un demi-si\u00e8cle d&rsquo;oppression et d&rsquo;abus, les \u00e9lecteurs ont indiqu\u00e9 clairement qu&rsquo;ils ne consid\u00e9raient pas l&rsquo;islam comme un ennemi, qu&rsquo;ils y voyaient plut\u00f4t le rempart de leur identit\u00e9 nationale, de leurs droits et de leurs libert\u00e9s.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b><i><span lang=\"FR\"><font>L&rsquo;islam comme religion nationale<\/font><\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Replac\u00e9s dans leur perspective historique r\u00e9elle, ces divers \u00e9l\u00e9ments convergent vers une m\u00eame conclusion. En Tunisie, comme dans le reste du monde arabe, l&rsquo;islam n&rsquo;est pas seulement la religion de la majorit\u00e9 de la population, il est aussi la religion nationale de l&rsquo;ensemble de la population. L&rsquo;islam repr\u00e9sente une sorte de marqueur distinctif, l&rsquo;h\u00e9ritage commun de tous les citoyens, qu&rsquo;ils soient musulmans ou adeptes d&rsquo;autres religions, croyants ou non-croyants.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Comment l&rsquo;islam a-t-il pu acqu\u00e9rir une telle centralit\u00e9 dans la conscience collective ? Pour plusieurs raisons, certaines anciennes, d&rsquo;autres plus r\u00e9centes. Les raisons anciennes rel\u00e8vent de la culture. Religion de la majorit\u00e9, l&rsquo;islam a aussi d\u00e9velopp\u00e9 des fa\u00e7ons d&rsquo;\u00eatre, un mode de vie et de pens\u00e9e, bref une culture, qui ont fini par impr\u00e9gner en profondeur l&rsquo;ensemble des communaut\u00e9s qui \u00e9voluaient dans son giron. Aujourd&rsquo;hui encore, en Egypte ou au Liban par exemple, on peut tomber sur un copte ou un maronite qui se d\u00e9finira comme \u00ab\u00a0musulman de confession chr\u00e9tienne\u00a0\u00bb. L&rsquo;accolement des deux qualificatifs para\u00eetrait incongru ailleurs ; il caract\u00e9rise pourtant le v\u00e9cu existentiel de tr\u00e8s nombreux Arabes non-musulmans. <\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Les raisons li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;histoire moderne et contemporaine ne sont pas moins d\u00e9terminantes. R\u00e9p\u00e9tons-le : depuis deux si\u00e8cles, l&rsquo;islam est la cible principale de la guerre id\u00e9ologique men\u00e9e par les puissances occidentales pour briser notre volont\u00e9 d&rsquo;ind\u00e9pendance. Et depuis deux si\u00e8cles, c&rsquo;est principalement au nom de la d\u00e9fense de l&rsquo;islam que se m\u00e8ne la r\u00e9sistance. M\u00eame sc\u00e9nario apr\u00e8s les ind\u00e9pendances formelles : la tyrannie s&rsquo;est exerc\u00e9e d&rsquo;abord contre l&rsquo;islam et ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment les islamistes qui ont pay\u00e9 le plus lourd tribut \u00e0 la r\u00e9pression.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Certes, les r\u00e9sistances successives n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 le fait des seuls musulmans (ni le fait des seuls arabophones, d&rsquo;ailleurs), elles ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es par des communaut\u00e9s nombreuses et ont mobilis\u00e9es d&rsquo;autres id\u00e9ologies, notamment de gauche. Il n&rsquo;en demeure pas moins que l&rsquo;affrontement d\u00e9cisif s&rsquo;est toujours polaris\u00e9 autour de l&rsquo;islam, hier comme aujourd&rsquo;hui. Il en d\u00e9coule une le\u00e7on politique tr\u00e8s simple. En Tunisie et dans tout le monde arabe, on ne peut pas \u00eatre en m\u00eame temps pour la souverainet\u00e9 populaire et contre l&rsquo;islam. Dans les conditions historiques qui sont les n\u00f4tres, ces deux positions sont radicalement antith\u00e9tiques.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b><i><span lang=\"FR\"><font>Des religions nationales ailleurs qu&rsquo;en terre d&rsquo;islam<\/font><\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Les observations pr\u00e9c\u00e9dentes n&rsquo;ont aucun rapport avec les \u00e9lucubrations habituelles sur une pr\u00e9tendue \u00ab\u00a0exception\u00a0\u00bb musulmane. D&rsquo;autres religions que l&rsquo;islam se sont transform\u00e9es en religions nationales lorsque les circonstances l&rsquo;ont exig\u00e9. Je ne vise pas seulement l&rsquo;Etat sioniste d&rsquo;Isra\u00ebl. J&rsquo;ai plut\u00f4t en t\u00eate des exemples issus du catholicisme romain. Je pense en particulier \u00e0 la Pologne et \u00e0 l&rsquo;Irlande, deux pays qui ont \u00e9t\u00e9 longtemps occup\u00e9s par des Etats voisins plus puissants, o\u00f9 la religion dominante \u00e9tait diff\u00e9rente de la leur : dans le cas irlandais, l&rsquo;anglicanisme britannique, dans le cas polonais, le protestantisme allemand et l&rsquo;orthodoxie russe. Dans les deux pays, l&rsquo;oppression nationale s&rsquo;est accompagn\u00e9e d&rsquo;une oppression religieuse. Dans les deux cas, la r\u00e9sistance nationale a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9parable de la r\u00e9sistance religieuse. Dans les deux cas, la politique nationale a pris la forme d&rsquo;une id\u00e9ologie religieuse.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Et dans les deux cas, sit\u00f4t l&rsquo;ind\u00e9pendance obtenue ( en 1921 pour l&rsquo;Irlande, en 1989 pour la Pologne), les repr\u00e9sentants des deux peuples se sont empress\u00e9s de rappeler le caract\u00e8re catholique de la soci\u00e9t\u00e9 et de l&rsquo;Etat en pr\u00e9ambule de leur nouvelle constitution. Le catholicisme avait \u00e9t\u00e9 le bouclier qui avait permis de sauvegarder leur identit\u00e9 collective et il leur semblait l\u00e9gitime de consacrer la place \u00e9minente qui lui revenait des les premi\u00e8res lignes de la loi fondamentale qui \u00e9tablissait, \u00e0 la face du monde, le recouvrement de leur souverainet\u00e9<\/font><a rel=\"nofollow\" title=\"\"><span>[2]<\/span><\/a><font>.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>En leur temps, ces dispositions constitutionnelles n&rsquo;avaient g\u00ean\u00e9 personne parmi les professionnels du la\u00efcisme. La question qui se pose alors est de savoir pourquoi des dispositions similaires par leur port\u00e9e symbolique ne seraient pas recevables quand ce sont des pays arabes qui les adoptent ? Poser la question, c&rsquo;est y r\u00e9pondre.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b><i><span lang=\"FR\"><font>Le faux alibi de la charia<\/font><\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Le battage m\u00e9diatique incessant fait autour de la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la charia est directement inspir\u00e9 par une telle d\u00e9marche discriminatoire. La charia a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en une sorte d&rsquo;\u00e9pouvantail sanglant, derri\u00e8re lequel se cacherait un Dieu vengeur et des croyants fanatis\u00e9s par le d\u00e9sir de servir Son besoin de violence. On oublie simplement de pr\u00e9ciser que le texte de la Bible n&rsquo;est pas moins belliqueux que celui du Coran. Et qu&rsquo;avant d&rsquo;\u00eatre un entassement de r\u00e8gles et de normes juridiques &#8211; dont beaucoup sont archa\u00efques et tomb\u00e9es en d\u00e9su\u00e9tude dans la plupart des pays musulmans -, la charia est d&rsquo;abord une inspiration, une voie, une vis\u00e9e. Pourquoi les Arabes devraient-ils chercher les sources de leur inspiration, acte intime par excellence, en dehors d&rsquo;eux-m\u00eames, en dehors des cadres de leur propre culture ?<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>En quoi le retour \u00e0 soi, apr\u00e8s des si\u00e8cles de d\u00e9possession, serait-il scandaleux ou ill\u00e9gitime ? Pourquoi poser, a priori, que pareille reprise emp\u00eacherait l&rsquo;\u00e9volution, le changement, le progr\u00e8s ou m\u00eame l&#8217;emprunt \u00e0 d&rsquo;autres inspirations et d&rsquo;autres cultures en cas de besoin ?<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>R\u00e9affirmer l&rsquo;identit\u00e9 arabe et musulmane du peuple tunisien d\u00e8s les premi\u00e8res lignes de la nouvelle constitution est une n\u00e9cessit\u00e9 historique et politique absolue. Les conditions n\u00e9cessaires, toutefois, ne sont jamais suffisantes. L&rsquo;identit\u00e9 d&rsquo;un pays n&rsquo;est pas une donn\u00e9e intemporelle, fig\u00e9e une fois pour toute. Elle est obligatoirement fid\u00e9lit\u00e9 au pass\u00e9, mais aussi investissement dans le pr\u00e9sent et projection dans le futur. Le combat politique ne s&rsquo;ach\u00e8ve pas avec la reconnaissance solennelle de l&rsquo;islam et de l&rsquo;arabisme. Cette reconnaissance d\u00e9limite seulement l&rsquo;enracinement g\u00e9ostrat\u00e9gique \u00e0 partir de quoi il doit d\u00e9sormais se d\u00e9ployer.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b><i><span lang=\"FR\"><font>La d\u00e9f\u00e9rence due \u00e0 l&rsquo;islam n&rsquo;est pas due \u00e0 l&rsquo;islamisme<\/font><\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>La lutte pour la souverainet\u00e9 au-dehors et la d\u00e9mocratie au-dedans n&rsquo;est pas derri\u00e8re nous ; pour l&rsquo;essentiel, elle est devant nous. Les acquis r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 ce jour sont pr\u00e9cieux, ils sont cependant trop fragiles encore et trop isol\u00e9s pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme d\u00e9finitifs. Le combat politique doit se poursuivre, et il doit se poursuivre en s&rsquo;appuyant sur le plus grand nombre. Cela exige des orientations g\u00e9n\u00e9rales claires, expurg\u00e9es des th\u00e9ories r\u00e9trogrades qui ont pu s&rsquo;insinuer parmi nous. J&rsquo;ai fourni plusieurs illustrations des errements o\u00f9 pouvait conduire la dogmatique la\u00efciste. Cela ne voulait pas dire que le mouvement islamiste \u00e9tait d\u00e9pourvu d&rsquo;errements sym\u00e9triques. L&rsquo;islamisme id\u00e9ologique n&rsquo;est pas l&rsquo;islam. La d\u00e9f\u00e9rence due \u00e0 ce dernier ne saurait en aucun cas envelopper le premier.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Regardons Ennahdha, mouvement central de l&rsquo;islamisme tunisien. Le moins que l&rsquo;on puisse dire est que ce parti est passablement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. On trouve, en effet, toute sorte de tendances et de courants parmi ses cadres et ses militants : des proam\u00e9ricains et des antiam\u00e9ricains, des lib\u00e9raux et des antilib\u00e9raux, des fondamentalistes et des r\u00e9formateurs, des d\u00e9mocrates et des non-d\u00e9mocrates, des r\u00e9volutionnaires et des conservateurs, des adeptes de la monogamie et des d\u00e9fenseurs de la polygamie, des inconditionnels du droit des femmes ou des minorit\u00e9s et des adversaires d\u00e9clar\u00e9s de ces droits&#8230; On le voit, les contradictions qui traversent l&rsquo;islamisme ne sont pas moins graves ni moins nombreuses que celles qui traversent ou s\u00e9parent les organisations du camp \u00ab\u00a0moderniste\u00a0\u00bb. Ennahdha est n\u00e9anmoins rest\u00e9e la maison commune de la grande majorit\u00e9 des islamistes tunisiens. Sans doute parce que la r\u00e9pression les a pouss\u00e9s \u00e0 rester soud\u00e9s ; peut-\u00eatre aussi gr\u00e2ce \u00e0 un meilleur sens politique chez ses dirigeants.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>La base de masse du parti est saine, parce que populaire. Mais on ne sait pas encore avec pr\u00e9cision o\u00f9 se situe son centre de gravit\u00e9 id\u00e9ologique. Ce qui para\u00eet \u00e9vident, c&rsquo;est que l&rsquo;exercice du pouvoir va n\u00e9cessairement clarifier le tableau. Les choix qui seront faits et l&rsquo;accueil qui leur sera r\u00e9serv\u00e9 permettront de mieux situer les lignes de fracture. Le d\u00e9bat public s&rsquo;en saisira. Le travail de reconstruction de la sc\u00e8ne politique tunisienne pourra alors prendre sa vraie dimension. Il concernera tous les partis et toutes les filiations intellectuelles.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b><i><span lang=\"FR\"><font>Changer en restant soi-m\u00eame<\/font><\/span><\/i><\/b><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>Plus vite nous serons nombreux \u00e0 partager des r\u00e9f\u00e9rences strat\u00e9giques communes, plus solidement nous unifierons notre peuple et plus s\u00fbrement nous progresserons. Plus longtemps nous resterons divis\u00e9s par des querelles d&rsquo;appartenance, plus nous aurons tendance \u00e0 nous \u00e9loigner les uns des autres et plus nous laisserons de champ aux forces \u00e9trang\u00e8res et \u00e0 celles de l&rsquo;ancien r\u00e9gime pour comploter et man\u0153uvrer. <\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font>L&rsquo;avenir n&rsquo;est pas dans la perp\u00e9tuation en l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e9lite la\u00efciste ou de l&rsquo;\u00e9lite islamiste. Il est dans leur d\u00e9passement commun, dans la constitution &#8211; avec elles, ou malgr\u00e9 elles &#8211; d&rsquo;une \u00e9lite nationale et moderne, profond\u00e9ment attach\u00e9e \u00e0 sa culture et \u00e0 son histoire, mais ouverte sur le monde et capable de dominer la crise formidable qui le secoue aujourd&rsquo;hui. Cette crise annonce la fin d&rsquo;une \u00e9poque et le commencement d&rsquo;une \u00e9poque diff\u00e9rente. Elle est lourde d&rsquo;incertitudes. C&rsquo;est une chance et une menace. Elle peut nous engloutir ; elle pourrait nous faire rena\u00eetre, si nous apprenions \u00e0 changer tout en restant nous-m\u00eames.<\/font><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font><strong>Aziz Krichen<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<div><br clear=\"all\"\/>\u00a0<\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\"\/>\n<div>\n<p><a rel=\"nofollow\" title=\"\"><span><span lang=\"FR\"><font face=\"Calibri\">[1]<\/font><\/span><\/span><\/a><font><span lang=\"FR\"><font face=\"Calibri\"> &#8211; Deux<\/font><font face=\"Arial Narrow\"> millions d&rsquo;ha sur un total de 4,5 millions d&rsquo;ha de terres arables.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a rel=\"nofollow\" title=\"\"><span><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial Narrow\">[2]<\/font><\/span><\/span><\/a><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial Narrow\"> &#8211; Pr\u00e9ambule de la constitution irlandaise :<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial Narrow\">\u00ab\u00a0Au nom de la Tr\u00e8s Sainte Trinit\u00e9, de laquelle d\u00e9coule toute autorit\u00e9 et \u00e0 laquelle toutes les actions des hommes et des \u00c9tats doivent se conformer, comme notre but supr\u00eame, Nous, peuple de l&rsquo;Irlande, Reconnaissant humblement toutes nos obligations envers notre seigneur, J\u00e9sus Christ, qui a soutenu nos p\u00e8res pendant des si\u00e8cles d&rsquo;\u00e9preuves, <\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial Narrow\">Se souvenant avec gratitude de leur lutte h\u00e9ro\u00efque et implacable pour r\u00e9tablir l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e0 laquelle notre Nation avait droit, D\u00e9sireux d&rsquo;assurer le bien commun, tout en respectant la prudence, la justice et la charit\u00e9, afin de garantir la dignit\u00e9 et la libert\u00e9 de chacun, de maintenir un ordre v\u00e9ritablement social, de restaurer l&rsquo;unit\u00e9 de notre pays et d&rsquo;\u00e9tablir la paix avec toutes les autres nations, Nous adoptons, nous promulguons et nous nous donnons la pr\u00e9sente Constitution.\u00a0\u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial Narrow\">Pr\u00e9ambule de la constitution polonaise : <\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial Narrow\"><span lang=\"FR\"><font>\u00ab\u00a0<\/font><font>Soucieux de l&rsquo;existence et de l&rsquo;avenir de notre Patrie, ayant en 1989 recouvr\u00e9 la facult\u00e9 de d\u00e9cider en toute souverainet\u00e9 et pleine d\u00e9mocratie de notre destin\u00e9e, nous, Nation polonaise &#8211; tous les citoyens de la R\u00e9publique, tant ceux qui croient en Dieu, source de la v\u00e9rit\u00e9, de la justice, de la bont\u00e9 et de la beaut\u00e9, que ceux qui ne partagent pas cette foi et qui puisent ces valeurs universelles dans d&rsquo;autres sources, \u00e9gaux en droits et en devoirs envers la Pologne qui est notre bien commun,<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial Narrow\">reconnaissants \u00e0 nos anc\u00eatres de leur travail, de leur lutte pour l&rsquo;ind\u00e9pendance pay\u00e9e d&rsquo;immenses sacrifices, <\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial Narrow\">de la culture ayant ses racines dans l&rsquo;h\u00e9ritage chr\u00e9tien de la Nation et dans les valeurs humaines universelles,<\/font><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial Narrow\">renouant avec les meilleures traditions de la Premi\u00e8re et de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, responsable de la transmission aux g\u00e9n\u00e9rations futures de tout ce qu&rsquo;il y a de pr\u00e9cieux dans un patrimoine plus que mill\u00e9naire, unis par des liens de communaut\u00e9 avec nos compatriotes dispers\u00e9s \u00e0 travers le monde, conscients du besoin de coop\u00e9rer avec tous les pays pour le bien de la Famille humaine, ayant en m\u00e9moire les douloureuses \u00e9preuves essuy\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les libert\u00e9s et les droits fondamentaux de l&rsquo;homme \u00e9taient viol\u00e9s dans notre Patrie, souhaitant garantir, pour toujours, les droits civiques et assurer un fonctionnement r\u00e9gulier et efficace des institutions publiques, conscients de la responsabilit\u00e9 devant Dieu ou devant notre propre conscience, instituons la Constitution de la R\u00e9publique de Pologne en tant que droit fondamental de l&rsquo;Etat&#8230;\u00a0\u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<hr\/>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\"><strong><font>\u00ab\u00a0La Tunisie comme enjeu plut\u00f4t que sympt\u00f4me\u00a0\u00bb<\/font><\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>IRSEM | 07.11.11 | 14h40<\/strong><\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Charillon<\/strong><\/span><\/font><\/div>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span>R<\/span>appelons les faits. Environ neuf mois apr\u00e8s avoir initi\u00e9 le mouvement qui a conduit \u00e0 ce que l&rsquo;on a appel\u00e9 les \u00ab\u00a0printemps arabes\u00a0\u00bb, la Tunisie a conduit le 23 octobre dernier des \u00e9lections salu\u00e9es par la plupart des observateurs comme exemplaires dans leur d\u00e9roulement (en d\u00e9pit des tensions qui ont \u00e9clat\u00e9es apr\u00e8s le scrutin dans le sud, notamment \u00e0 Sidi Bouzid). Ces \u00e9lections ont vu la victoire du parti Ennahda avec un score important (41,7 % des votes). Ce parti religieux dont le leader \u00e9tait en exil n&rsquo;a pas jou\u00e9 de r\u00f4le structurant dans les soul\u00e8vements de l&rsquo;hiver pr\u00e9c\u00e9dent, mais sa notori\u00e9t\u00e9, son organisation, la force de son message peut-\u00eatre, ont fait de lui l&rsquo;acteur central de la recomposition politique \u00e0 venir.<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\">Ailleurs, o\u00f9 les soul\u00e8vements n&rsquo;ont pas davantage \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9s par des slogans islamistes, plusieurs signaux montrent qu&rsquo;il faudra peut-\u00eatre compter tout autant avec les partis religieux. soit parce qu&rsquo;ils constituent, apr\u00e8s des ann\u00e9es de lutte contre le r\u00e9gime, une \u00ab\u00a0marque rep\u00e8re\u00a0\u00bb dans le nouveau contexte politique pluraliste (comme les Fr\u00e8res musulmans en Egypte), soit parce que dans un contexte plus chaotique encore (comme en Libye) des acteurs avancent des r\u00e9f\u00e9rents culturels forts, \u00e0 l&rsquo;image de la <em>charia<\/em>, en d\u00e9pit des r\u00e9actions que ces mentions ne manquent pas de provoquer au nord de la M\u00e9diterran\u00e9e. Et il n&rsquo;est pas exclu que nous red\u00e9couvrions cette force structurante des acteurs religieux jusque dans des pays o\u00f9 on les croyait r\u00e9duits par la force depuis longtemps (voir \u00e0 cet \u00e9gard Thomas Pierret, <em>Baas et islam en Syrie. La dynastie Assad face aux oul\u00e9mas<\/em>, PUF, Paris, 2011).<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\">On peut appr\u00e9hender ces \u00e9l\u00e9ments soit comme sympt\u00f4mes, soit comme enjeux. Comme sympt\u00f4mes, ils prennent une allure alarmiste et conduisent \u00e0 une analyse fig\u00e9e des soci\u00e9t\u00e9s arabes : d\u00e9cid\u00e9ment, cette partie du monde n&rsquo;est pas faite pour la d\u00e9mocratie, et ceux qui se sont r\u00e9jouis un peu vite de la disparition des r\u00e9gimes anciens, croyant en la spontan\u00e9it\u00e9 des soul\u00e8vements observables, auront \u00e9t\u00e9 bien na\u00effs. Cette ligne sceptique existe, notamment dans une Am\u00e9rique du nord (Canada compris), situ\u00e9e plus loin de l&rsquo;\u00e9picentre des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents, et en bien moindre interaction sociale avec les populations qui en sont issues. Elle peut conduire \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer des acteurs issus de coups de force autoritaires mais suppos\u00e9s fiables et pr\u00e9visibles, \u00e0 des acteurs issus de processus d\u00e9mocratiques, mais dont le label islamiste est jug\u00e9 inacceptable.<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\">Vu comme des enjeux politiques et non comme des sympt\u00f4mes culturels, ces m\u00eames situations pr\u00e9sentent plusieurs d\u00e9fis \u2013 et donc plusieurs opportunit\u00e9s \u2013 que la proximit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s europ\u00e9ennes avec les soci\u00e9t\u00e9s du Sud-m\u00e9diterran\u00e9en nous imposent de relever ensemble.<\/font><\/p>\n<p><strong><font face=\"Arial\" size=\"2\">Enum\u00e9rons-en simplement trois ici :<\/font><\/strong><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\">1- l&rsquo;\u00e9tablissement au Sud de la M\u00e9diterran\u00e9e d&rsquo;une vie politique enfin pluraliste, qui d\u00e9gagera des nouvelles marges de man\u0153uvre \u00e9conomiques, sociales et culturelles dans le voisinage strat\u00e9gique imm\u00e9diat de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne.<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\">2- la normalisation indispensable des partis religieux dans ce processus politique. Oublions un instant le clich\u00e9 qui oppose un <em>\u00ab\u00a0mod\u00e8le turc\u00a0\u00bb<\/em> \u00e0 un <em>\u00ab\u00a0mod\u00e8le iranien\u00a0\u00bb<\/em>, pour rappeler l&rsquo;importance de voir des partis religieux, qui de toute fa\u00e7on ne dispara\u00eetront d&rsquo;un coup de baguette magique, accepter le pacte d\u00e9mocratique, c&rsquo;est-\u00e0-dire remettre leur mandat en jeu apr\u00e8s une victoire \u00e9lectorale, accepter la d\u00e9faite, se livrer au jeu des coalitions ou des alliances (relisons \u00e0 cet \u00e9gard Ghassan Salam\u00e9 (dir.), <em>D\u00e9mocraties sans d\u00e9mocrates. Politiques d&rsquo;ouverture dans le monde arabe<\/em>, Fayard, Paris, 1994). Face \u00e0 la contradiction apparente de pr\u00eaches virulents, de messages inqui\u00e9tants, et d&rsquo;autre part de d\u00e9clarations d&rsquo;intentions plus apaisantes, il est important d&rsquo;aider \u00e0 construire les cadres de ce nouveau pacte d\u00e9mocratique. Pour paraphraser les mots pr\u00eat\u00e9s \u00e0 Fran\u00e7ois Mitterrand \u00e0 propos de Mikha\u00efl Gorbatchev dans les ann\u00e9es 1980, l&rsquo;important n&rsquo;est pas que ces nouveaux acteurs \u2013 en l&rsquo;occurrence les partis religieux &#8211; soient sinc\u00e8res, mais que tout se passe comme s&rsquo;ils \u00e9taient sinc\u00e8res.<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\">3- Enfin, il nous faudra en Europe r\u00e9ussir la r\u00e9invention de la relation avec ces nouvelles classes politiques plurielles, forc\u00e9ment diff\u00e9rentes des relations avec des r\u00e9gimes en situation de monopole, jadis incarn\u00e9s par un individu \u00e9rig\u00e9 en interlocuteur unique. Dans cette r\u00e9invention de la relation au monde arabe, la France a un r\u00f4le \u00e0 jouer, comme elle l&rsquo;a revendiqu\u00e9 elle-m\u00eame depuis longtemps, par exemple lors du discours de Jacques Chirac \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 du Caire en avril 1996. Mais c&rsquo;est collectivement que les Europ\u00e9ens devront d\u00e9montrer leur capacit\u00e9 \u00e0 sortir d&rsquo;un discours timor\u00e9, et \u00e0 prendre la mesure des enjeux plut\u00f4t que de s&rsquo;effrayer de sympt\u00f4mes.<\/font><\/p>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\">Fr\u00e9d\u00e9ric Charillon, professeur des Universit\u00e9s en science politique et directeur de l&rsquo;Institut de Recherches Strat\u00e9giques de l&rsquo;Ecole militaire (Irsem)<\/font><\/div>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"> <strong><font>(Source: Le Monde.fr le 7 novembre 2011)<\/font><\/strong><\/font><\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div><strong><font>Lien:<\/font><\/strong><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/11\/07\/irsem-la-tunisie-comme-enjeu-plutot-que-symptome_1598907_3232.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" title=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/11\/07\/irsem-la-tunisie-comme-enjeu-plutot-que-symptome_1598907_3232.html\"><strong><font>http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/11\/07\/irsem-la-tunisie-comme-enjeu-plutot-que-symptome_1598907_3232.html<\/font><\/strong><\/a><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<hr\/>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\">\u00a0<\/div>\n<h2 align=\"center\" dir=\"ltr\" style=\"color: red;\"><span lang=\"FR\"><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\">Quand la t\u00e9l\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre\u2026 le pr\u00e9sident Ben Ali<\/font><\/h2>\n<p> <\/span><\/h2>\n<hr\/>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><font><span><span lang=\"FR\"><font>La t\u00e9l\u00e9vision tunisienne a diffus\u00e9 le 5 novembre, jour de l\u2019A\u00efd el K\u00e9bir, des chants liturgiques priant \u00ab\u00a0Dieu d&rsquo;assurer plein succ\u00e8s au pr\u00e9sident Zine El Abidine Ben Ali\u201d,<\/font><\/span><\/span><font><span><span lang=\"FR\"><font><\/font><\/span><\/span><\/font><\/font><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.webdo.tn\/2011\/11\/07\/l-aid-fete-avec-ben-ali-a-la-tele-vers-de-nouveau-la-censure\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\"><font>rapporte<\/font><\/span><\/a><\/span><font><span><span lang=\"FR\"><font><\/font><\/span><\/span><span><span lang=\"FR\"><font>le webzine tunisien<\/font><\/span><\/span><em><span lang=\"FR\"><font>Webdo<\/font><\/span><\/em><span><span lang=\"FR\"><font>. Le journal note que la \u00ab\u00a0bourde\u00a0\u00bb la cha\u00eene nationale El Watanya 1 a d\u00e9clench\u00e9 une vague de \u00ab\u00a0remarques ironiques sur les r\u00e9seaux sociaux\u00a0\u00bb.<\/font><\/span><\/span><span><span lang=\"FR\"><font><\/font><\/span><\/span><\/font><\/font><\/font><span lang=\"FR\"><font> <\/font><font face=\"Arial\"><font><span><span><font>La Pr\u00e9sidence de l&rsquo;Etablissement de la t\u00e9l\u00e9vision tunisienne (ETT) a d\u00e9j\u00e0 promis que \u00ab\u00a0le responsable du visionnage des programmes musicaux [de la cha\u00eene] serait traduit devant un conseil de discipline\u00a0\u00bb. D&rsquo;autres responsables ayant \u00e9t\u00e9 remerci\u00e9s,<\/font><\/span><\/span><span><span><font><\/font><\/span><\/span><em><span><font>Webdo<\/font><\/span><\/em><\/font><span><span><font>s&rsquo;interroge sur le retour de la censure : \u00ab\u00a0Faut-il continuer \u00e0 appliquer cette m\u00e9thode de coupe ? La question de la libert\u00e9 de l&rsquo;audiovisuel tunisien ne pourra faire l&rsquo;\u00e9conomie de celle de la conservation des deux cha\u00eenes \u00e9tatiques, dont la r\u00e9putation sera difficile \u00e0 transformer\u00a0\u00bb.<\/font><\/span><\/span><\/font><\/span><\/p>\n<h3 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab Courrier International \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/h3>\n<div dir=\"ltr\">\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien :<\/font><\/span><font><span lang=\"FR\"><\/span><\/font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.courrierinternational.com\/breve\/2011\/11\/07\/quand-la-tele-celebre-le-president-ben-ali\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.courrierinternational.com\/breve\/2011\/11\/07\/quand-la-tele-celebre-le-president-ben-ali<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<h3 align=\"center\" dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">\u00ab\u00a0Tunisie et Libye : l&rsquo;apprentissage de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb<\/font><\/h3>\n<p><\/span><\/h3>\n<p><span lang=\"FR\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Que de progr\u00e8s entre l&rsquo;attaque de panique provoqu\u00e9e, il y a vingt ans, par la victoire surprise du FIS aux \u00e9lections municipales puis l\u00e9gislatives alg\u00e9riennes et le succ\u00e8s \u00e9lectoral d&rsquo;Ennahda cette ann\u00e9e en Tunisie ! La victoire d&rsquo;Ennahda ne fait pas peur, elle d\u00e9\u00e7oit. En particulier, tous ceux qui esp\u00e9raient le succ\u00e8s politique des cyberdissidents, blogueurs et opposants politiques non islamistes.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Or le passage de la contestation \u00e0 la conqu\u00eate du<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=pouvoir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">pouvoir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">politique n\u00e9cessite une organisation, seule \u00e0 m\u00eame de<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=capitaliser\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">capitaliser<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">et d&rsquo;<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=exploiter\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">exploiter<\/span><\/a><\/span><span lang=\"FR\">, dans un jeu politique ouvert et comp\u00e9titif, les opinions et le sentiment diffus d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, n\u00e9 de l&rsquo;inqui\u00e9tude post-r\u00e9volutionnaire. A ce jeu, Ennahda a gagn\u00e9. Il reste aux partis politiques non islamistes \u00e0<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=faire\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">faire<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">l&rsquo;apprentissage de la conqu\u00eate pacifique du<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=pouvoir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">pouvoir<\/span><\/a><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>A eux de<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=transformer\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">transformer<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">la force et le courage qui les ont amen\u00e9s \u00e0<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=renverser\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">renverser<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">Ben Ali en intelligence politique au service de formations capables de<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=rivaliser\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">rivaliser<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">avec le parti islamiste Ennahda. En Tunisie comme en Libye, les islamistes ont \u00e9t\u00e9 pourchass\u00e9s, arr\u00eat\u00e9s et tortur\u00e9s dans l&rsquo;indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Leurs partis b\u00e9n\u00e9ficient aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un statut de<span><\/span><em>\u00ab\u00a0victimes\u00a0\u00bb<\/em><span><\/span>qui repr\u00e9sente un capital \u00e9lectoral, exploitable et rentable \u00e0 court terme. A long terme cependant, ils devront<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=d%C3%A9montrer\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">d\u00e9montrer<\/span><\/a><\/span><span lang=\"FR\">leurs qualit\u00e9s et<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=d%C3%A9passer\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">d\u00e9passer<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">leur image de formations politiques maltrait\u00e9es par l&rsquo;ancien r\u00e9gime pour<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=rester\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">rester<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>cr\u00e9dibles aupr\u00e8s de l&rsquo;opinion.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>L&rsquo;inqui\u00e9tude actuelle que suscite la victoire d&rsquo;Ennahda illustre notre hypocrisie : pr\u00e9f\u00e9rions-nous des \u00e9lections<span><\/span><em>\u00ab\u00a0gagn\u00e9es d&rsquo;avance\u00a0\u00bb<\/em><span><\/span>\u00e0 un v\u00e9ritable scrutin dont le r\u00e9sultat est forc\u00e9ment incertain ? Pouvons-nous vraiment<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=envisager\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">envisager<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">d&rsquo;<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=annuler\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">annuler<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>le processus \u00e9lectoral si le r\u00e9sultat n&rsquo;est pas conforme \u00e0 nos attentes ? Est-ce l\u00e0 notre conception de la d\u00e9mocratie ?<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Notre approche paternaliste, mercantile et apeur\u00e9e de la r\u00e9gion nous a mis \u00e0 dos des populations qui ne comprennent pas notre double discours : libert\u00e9 et d\u00e9mocratie pour les pays de l&rsquo;ex-Europe de l&rsquo;Est ; inqui\u00e9tude et d\u00e9ception en ce qui concerne le monde arabe. La Tunisie aujourd&rsquo;hui, comme la Libye demain, ne cessent de nous<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=donner\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">donner<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">des le\u00e7ons tant nous avons perdu le sens des r\u00e9alit\u00e9s avec cette r\u00e9gion, pourtant si proche. Combien d&rsquo;articles et de livres devront-ils<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=%C3%AAtre\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">\u00eatre<\/span><\/a><\/span><span lang=\"FR\">\u00e9crits sur l&rsquo;islamisme pour<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=comprendre\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">comprendre<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">que cette id\u00e9ologie est multiple et qu&rsquo;elle prend des formes diff\u00e9rentes selon les pays et les hommes qui s&rsquo;en r\u00e9clament. Nous devrions au contraire nous<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=r%C3%A9jouir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">r\u00e9jouir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">que des islamistes acceptent de<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=prendre\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">prendre<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">le risque de se<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=frotter\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">frotter<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">\u00e0 la vie politique, s&rsquo;exposant au principe de r\u00e9alit\u00e9 et donc acceptant pour<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=gouverner\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">gouverner<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>l&rsquo;alliance avec d&rsquo;autres partis \u00e9loign\u00e9s de leur id\u00e9ologie.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Comme l&rsquo;avait soulign\u00e9<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/sujet\/9826\/remy-leveau.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">R\u00e9my Leveau<\/span><\/a><\/span><span lang=\"FR\">, les formations islamistes remplissent une<em>\u00ab\u00a0fonction tribunicienne\u00a0\u00bb<\/em>, qui canalise et int\u00e8gre leurs revendications dans le champ politique. Les partenaires des pays en transition ne doivent pas<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=jeter\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">jeter<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">l&rsquo;anath\u00e8me sur ces partis islamistes mais<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=soutenir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">soutenir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">l&rsquo;instauration d&rsquo;un Etat de droit, seul \u00e0 m\u00eame de<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=garantir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">garantir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">dans ce champ politique revitalis\u00e9, les droits et le respect de tous. Certes, depuis le 11 septembre 2001, des pseudo-experts se sont \u00e9vertu\u00e9s \u00e0<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=entretenir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">entretenir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">la confusion entre islam, islamisme et terrorisme, laissant<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=entendre\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">entendre<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">que tout parti politique dont les valeurs prendraient leur source dans l&rsquo;islam serait potentiellement dangereux. Il faut<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=%C3%AAtre\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">\u00eatre<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">tr\u00e8s effray\u00e9 et\/ou tr\u00e8s cynique pour<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=pr%C3%A9f%C3%A9rer\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">pr\u00e9f\u00e9rer<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">le syst\u00e8me<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/sujet\/26ed\/ben-ali.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">Ben Ali<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>au r\u00e9gime qui r\u00e9sultera d&rsquo;\u00e9lections libres.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Apr\u00e8s<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=avoir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">avoir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">fait<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=chuter\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">chuter<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">Ben Ali, les Tunisiennes et les Tunisiens n&rsquo;accepteront pas de<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=devenir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">devenir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">un<span><\/span><em>\u00ab\u00a0petit Iran\u00a0\u00bb<\/em>. Beaucoup d&rsquo;Occidentaux se demandent d\u00e9j\u00e0 s&rsquo;il ne serait pas pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=organiser\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">organiser<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">d&rsquo;\u00e9lections en Libye ! Deux \u00e9v\u00e9nements publics sont venus<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=ternir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">ternir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">l&rsquo;image des<span><\/span><em>\u00ab\u00a0combattants de la libert\u00e9\u00a0\u00bb<\/em><span><\/span>libyens : l&rsquo;insoutenable lynchage de Mouammar Kadhafi et le souhait du Conseil national de transition libyen (CNT) de<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=r%C3%A9introduire\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">r\u00e9introduire<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">la charia dans le pays. Ces deux \u00e9v\u00e9nements ont raviv\u00e9 clich\u00e9s et pr\u00e9jug\u00e9s sur la Libye. Si l&rsquo;ex\u00e9cution de Mouammar Kadhafi nous interpelle sur la capacit\u00e9 du CNT \u00e0<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=contr%C3%B4ler\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">contr\u00f4ler<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">tous ceux qui ont pris les armes contre l&rsquo;ancien r\u00e9gime, les propos de Moustapha Abdeljalil, pr\u00e9sident du CNT, sur la charia raniment le sentiment d&rsquo;inqui\u00e9tude. La Libye deviendra-t-elle un Etat islamique ? Va-t-elle<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=sombrer\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">sombrer<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>dans le chaos ? Avons-nous cr\u00e9\u00e9 une Somalie en M\u00e9diterran\u00e9e ?<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>A peine l&rsquo;ancien r\u00e9gime est-il tomb\u00e9 que la Libye nouvelle effraie. Alors que nous \u00e9tions pr\u00eats, en toute qui\u00e9tude, \u00e0<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=vendre\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">vendre<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">des Rafales et des centrales nucl\u00e9aires \u00e0 Mouammar Kadhafi, un vent de panique se l\u00e8ve en raison de la probable victoire des islamistes aux prochaines \u00e9lections. Cette r\u00e9action est-elle rationnelle ? La peur se nourrit du sentiment que Tripoli n&rsquo;est pas Tunis : en Libye, il n&rsquo;y aurait point de soci\u00e9t\u00e9 civile mais seulement des tribus, compos\u00e9es de farouches et fanatiques combattants\u2026 Ignares, b\u00e9douins illumin\u00e9s, les islamistes libyens seraient plus dangereux que leurs homologues tunisiens ! La soci\u00e9t\u00e9 libyenne est profond\u00e9ment conservatrice et attach\u00e9e \u00e0 sa religion ; les partis politiques nationaux devront en<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=tenir\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">tenir<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">compte pour<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=remporter\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">remporter<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">les \u00e9lections. Mais plus de la moiti\u00e9 de la population libyenne \u00e0 moins de trente ans, le d\u00e9fi est donc, comme en Tunisie, d&rsquo;<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=int%C3%A9grer\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">int\u00e9grer<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><span lang=\"FR\">et de<\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=canaliser\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">canaliser<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>au sein d&rsquo;un espace politique naissant, aspirations et projets contradictoires.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Les inqui\u00e9tudes que suscite l&rsquo;apprentissage du fonctionnement de la d\u00e9mocratie par ces soci\u00e9t\u00e9s en disent long sur notre d\u00e9senchantement. Nous avons, hier, \u00e9t\u00e9 surpris par les r\u00e9volutions arabes, regardons avec un peu de bienveillance les d\u00e9mocraties qu&rsquo;elles font<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/conjugaison.lemonde.fr\/conjugaison\/search?verb=%C3%A9clore\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">\u00e9clore<\/span><\/a><\/span><span><span lang=\"FR\"><\/span><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>aujourd&rsquo;hui.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab Le Monde.fr \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien : <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/11\/07\/ceri-tunisie-et-libye-l-apprentissage-de-la-democratie_1598860_3232.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/11\/07\/ceri-tunisie-et-libye-l-apprentissage-de-la-democratie_1598860_3232.html<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<h3 align=\"center\" dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">La Tunisie, ses difficult\u00e9s \u00e9conomiques et l\u2019Alg\u00e9rie<\/font><\/h3>\n<p> <\/span><\/h3>\n<hr\/>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>L\u2019impact du r\u00e9sultat des \u00e9lections pour l\u2019Assembl\u00e9e constituante tunisienne (victoire d\u2019Ennahdha avec 90 si\u00e8ges sur 217 selon le r\u00e9sultat final provisoire) et le d\u00e9bat qui divise les d\u00e9mocrates sur l\u2019opportunit\u00e9 ou non de participer \u00e0 un gouvernement d\u2019union nationale ne doit pas faire oublier que la Tunisie fait face \u00e0 une situation des plus inqui\u00e9tante sur le plan \u00e9conomique. Selon les premi\u00e8res pr\u00e9visions, la croissance du produit int\u00e9rieur brut (PIB) ne devrait pas d\u00e9passer 1% en 2011 et rares sont les \u00e9conomistes qui se risquent \u00e0 avancer un chiffre comparable, ou m\u00eame positif, pour 2012.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font> <\/font><\/span><em><span lang=\"NO-BOK\"><font><strong>BAISSE DES RECETTES<\/strong><\/font><\/span><\/em><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Cette contraction de l\u2019activit\u00e9, cons\u00e9cutive aux bouleversements que conna\u00eet le pays depuis d\u00e9cembre 2010, est une tr\u00e8s mauvaise nouvelle. En effet, la Tunisie a besoin d\u2019un taux minimum de 6% de croissance pour pouvoir \u00e0 la fois r\u00e9sorber le ch\u00f4mage et absorber les nouveaux arrivants sur le march\u00e9 du travail. Dans une situation politique incertaine, les tensions sociales ne peuvent donc qu\u2019\u00eatre exacerb\u00e9es par l\u2019in\u00e9vitable aggravation du ch\u00f4mage qui accompagnera automatiquement cette chute de la croissance. Plus de 300.000 jeunes Tunisiens dipl\u00f4m\u00e9s sont \u00e0 la recherche d\u2019un emploi (ils n\u2019\u00e9taient que 6.000 au ch\u00f4mage en 1994!) et il est \u00e9vident qu\u2019ils ne se contenteront pas longtemps de promesses de jours meilleurs. Certes, le dernier rapport de la Banque centrale de Tunisie (BCT) sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9conomie met en exergue quelques am\u00e9liorations dont une bonne campagne agricole ainsi que l\u2019augmentation de la production du secteur minier (les phosphates et leurs d\u00e9riv\u00e9s constituent une ressource importante en mati\u00e8re d\u2019exportations). Mais, pour le reste, le voyant est au rouge.Les exportations manufacturi\u00e8res ont baiss\u00e9, r\u00e9sultat \u00e0 la fois des multiples gr\u00e8ves dans les entreprises tunisiennes mais aussi de la baisse de la demande en provenance d\u2019une Europe en crise (l\u2019Union europ\u00e9enne compte pour 80% des \u00e9changes commerciaux de la Tunisie).Interrog\u00e9, un \u00e9conomiste et homme d\u2019affaires tunisois estime que la BCT a bien jou\u00e9 son r\u00f4le en mati\u00e8re de politique mon\u00e9taire puisqu\u2019elle a veill\u00e9 notamment \u00e0 ce que le secteur bancaire ne manque pas de liquidit\u00e9s (et qu\u2019il continue donc de financer les entreprises). Pour autant, juge-t-il, la Tunisie a un besoin urgent de relance \u00e9conomique dans un contexte difficile o\u00f9 le d\u00e9ficit courant a encore augment\u00e9 (5% du PIB \u00e0 la fin du mois de septembre). Une tendance qui s\u2019explique par la baisse des recettes touristiques mais aussi, et c\u2019est tout aussi inqui\u00e9tant pour les finances du pays, de la diminution des transferts de Tunisiens r\u00e9sidant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. R\u00e9sultat, le pays ne dispose plus, en termes de r\u00e9serves de change, que de l\u2019\u00e9quivalent de 115 jours d\u2019importations (ce qui reste tout de m\u00eame un niveau confortable) contre 147 jours en d\u00e9cembre 2010.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><font> <\/font><em><font><strong>L\u2019ALGERIE AIDERA-T-ELLE DE NOUVEAU LA TUNISIE ?<\/strong><\/font><\/em><\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"> <font face=\"Arial\">Les difficult\u00e9s budg\u00e9taires auxquelles va faire face la Tunisie obligeront le futur gouvernement sorti des urnes \u00e0 demander de l\u2019aide \u00e0 ses principaux partenaires. Les pays du G20 se verront rappeler leurs promesses de mai dernier \u00e0 Deauville. De m\u00eame, les responsables d\u2019Ennahdha n\u2019ont pas cach\u00e9 leurs intentions de solliciter les pays du Golfe, notamment le Qatar, pour obtenir de nouvelles lignes de cr\u00e9dit. Quant \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, qui a d\u00e9j\u00e0 accord\u00e9 au printemps dernier un don de 10 millions de dollars \u00e0 la Tunisie et un pr\u00eat bonifi\u00e9 de 90 millions de dollars, rares sont ceux qui, \u00e0 Tunis, esp\u00e8rent d\u2019elle un nouveau geste du fait de la victoire \u00e9lectorale d\u2019Ennahdha (un parti qui n\u2019est pas en odeur de saintet\u00e9 \u00e0 Alger). Pourtant, avec plus de 170 milliards de dollars de r\u00e9serves de change, l\u2019Alg\u00e9rie a les moyens d\u2019aider son voisin maghr\u00e9bin \u00e0 faire face sans trop de dommages \u00e0 cette mauvaise passe budg\u00e9taire.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab Slate Afrique \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien : <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/blog.slateafrique.com\/afro-maghreb\/2011\/11\/03\/la-tunisie-ses-difficultes-economiques-et-lalgerie\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/blog.slateafrique.com\/afro-maghreb\/2011\/11\/03\/la-tunisie-ses-difficultes-economiques-et-lalgerie\/<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\">\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><strong>Tunisie. La France et Ennahdha: de la d\u00e9fiance \u00e0 la confiance<\/strong><\/font><\/h3>\n<\/div>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Par Ridha K\u00e9fi<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Apr\u00e8s avoir conditionn\u00e9 l\u2019aide du G8 \u00e0 la Tunisie au respect des valeurs d\u00e9mocratiques, la France mod\u00e8re sa position et affirme \u00abfaire confiance\u00bb aux responsables du parti islamiste Ennahdha.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Le chef de la diplomatie fran\u00e7aise Alain Jupp\u00e9 a en effet d\u00e9clar\u00e9, dimanche, \u00e0 la radio Europe 1, qu\u2019il entend \u00abfaire confiance\u00bb aux responsables du parti islamiste Ennahdha, vainqueur des derni\u00e8res \u00e9lections en Tunisie, et \u00abtravailler avec eux\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">L\u2019islam et la d\u00e9mocratie sont compatibles<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00abAucune r\u00e9volution ne se passe dans le calme complet. Il va y avoir des difficult\u00e9s. Il faut faire confiance\u00bb, a affirm\u00e9 le ministre fran\u00e7ais des Affaires \u00e9trang\u00e8res. \u00abQuand j\u2019\u00e9coute le discours des responsables du parti Ennahdha (&#8230;) ils disent: \u2018\u2018Nous voulons un pays qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019islam bien entendu, mais qui respecte les principes d\u00e9mocratiques et en particulier, nous nous engageons non seulement \u00e0 ne pas d\u00e9grader le statut de la femme mais m\u00eame \u00e0 l&rsquo;am\u00e9liorer\u2019\u2019. Pourquoi ne les croirais-je pas?\u00bb, s\u2019est exclam\u00e9 Alain Jupp\u00e9. \u00abJe fais confiance aux gens (&#8230;). On va travailler avec eux\u00bb, a-t-il ajout\u00e9.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00abPartir du principe que l\u2019islam et la d\u00e9mocratie sont compatibles, c\u2019est quelque chose d\u2019extraordinaire! Le fait est qu\u2019en France, nous avons une vision de la la\u00efcit\u00e9 tr\u00e8s marqu\u00e9e, mais il y a des tas de pays o\u00f9 l\u2019on fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la religion dans la vie publique\u00bb, a-t-il poursuivi.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">L\u2019ambassadeur de France en Tunisie \u00abme dit que les responsables d\u2019Ennahdha ont un discours qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre entendu. Donc nous allons continuer \u00e0 parler avec eux\u00bb, tout en \u00e9tant vigilants sur un certain nombre de principes d\u00e9mocratiques, a ajout\u00e9 M. Jupp\u00e9.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00abConditionnalit\u00e9\u00bb et \u00ablignes rouges\u00bb?<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Flash Back. Le 26 octobre dernier, le pr\u00e9sident fran\u00e7ais Nicolas Sarkozy avait assur\u00e9, lors du Conseil des ministres, que la France serait \u00abvigilante\u00bb sur le respect des droits humains et des \u00abprincipes d\u00e9mocratiques\u00bb en Tunisie. Le chef du gouvernement fran\u00e7ais avait aussi soulign\u00e9 l\u2019attachement de son pays au respect de \u00abla diversit\u00e9 culturelle et religieuse\u00bb et de \u00abl\u2019\u00e9galit\u00e9 des hommes et des femmes\u00bb. Selon la porte-parole du gouvernement Val\u00e9rie P\u00e9cresse, M. Sarkozy avait n\u00e9anmoins assur\u00e9 que la France et l\u2019Europe avaient \u00abun r\u00f4le crucial \u00e0 jouer\u00bb pour accompagner la Tunisie vers la d\u00e9mocratie, pr\u00e9cisant qu\u2019elles \u00abprendraient toutes leurs responsabilit\u00e9s\u00bb en la mati\u00e8re.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Tout en se disant \u00aboptimiste\u00bb apr\u00e8s les \u00e9lections de l\u2019assembl\u00e9e constituante, Alain Jupp\u00e9 a, pour sa part, conditionn\u00e9 l\u2019aide du G8 \u00e0 la Tunisie au respect des valeurs d\u00e9mocratiques. \u00abNous allons mettre en place une aide \u00e9conomique massive \u00e0 la Tunisie\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 le 26 octobre sur France Inter, rappelant que le G8, r\u00e9uni fin mai \u00e0 Deauville, s\u2019y \u00e9tait engag\u00e9. \u00abNaturellement, cette aide, nous l\u2019apporterons dans la mesure o\u00f9 les lignes rouges ne seront pas franchies. Je pense que c\u2019est important d\u2019avoir cette conditionnalit\u00e9\u00bb, a-t-il tenu \u00e0 ajouter. \u00abLe respect de l\u2019alternance d\u00e9mocratique, des droits humains, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 hommes-femmes font partie de ces lignes rouges, a-t-il tenu \u00e0 pr\u00e9ciser. Et de souligner, au cas o\u00f9 les islamistes vainqueurs des \u00e9lections tunisiennes ne l\u2019auraient pas bien entendu, qu\u2019en mati\u00e8re d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes, \u00abla soci\u00e9t\u00e9 tunisienne est tr\u00e8s \u00e9volu\u00e9e et il serait absolument dommageable qu\u2019on fasse marche arri\u00e8re.\u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Cette \u00abconditionnalit\u00e9\u00bb et ces \u00ablignes rouges\u00bb, soulign\u00e9es par M. Jupp\u00e9, avaient \u00e9t\u00e9 diversement appr\u00e9ci\u00e9es en Tunisie. Certains cercles la\u00efques, modernistes et pro-fran\u00e7ais y ont vu des r\u00e9serves de la France \u00e0 l\u2019\u00e9gard du parti islamiste Ennahdha, qui dispose de 91 \u00e9lus (sur un total de 217) \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e constituante issue de l\u2019\u00e9lection du 23 octobre, o\u00f9 il a remport\u00e9 41,47% des suffrages.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">D\u2019autres, en revanche, ont interpr\u00e9t\u00e9 les propos de M. Jupp\u00e9 comme une ing\u00e9rence insupportable de la France dans les affaires tunisiennes, et m\u00eame une sorte de regret, sachant que la France avait support\u00e9 jusqu\u2019au bout l\u2019ancien r\u00e9gime dictatorial de Ben Ali.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Les analyses de Boris Boillon <\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Entre-temps, il y a eu les premi\u00e8res d\u00e9clarations des dirigeants d\u2019Ennahdha, qui ont exprim\u00e9 leur volont\u00e9 de travailler avec toutes les forces politiques du pays, y compris avec les partis de gauche et lib\u00e9raux qui ont perdu l\u2019\u00e9lection, ainsi que leur d\u00e9termination \u00e0 pr\u00e9server les acquis de la femme et le mod\u00e8le social tunisien. C\u2019est peu dire que ces d\u00e9clarations ont rassur\u00e9 les chancelleries europ\u00e9ennes et occidentales en g\u00e9n\u00e9ral.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">L\u2019ambassadeur de France \u00e0 Tunis, Boris Boillon, a m\u00eame pris le soin de t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 Hamadi Jebali, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Ennahdha et futur Premier ministre, pour le f\u00e9liciter pour la victoire de son parti et lui exprimer la disposition de Paris de poursuivre le dialogue et la coop\u00e9ration avec le nouveau gouvernement tunisien. Les analyses du jeune diplomate ont sans doute aid\u00e9 \u00e0 att\u00e9nuer les r\u00e9serves de Paris et \u00e0 faire \u00e9voluer la position du gouvernement fran\u00e7ais vis-\u00e0-vis d\u2019Ennahdha et du prochain gouvernement tunisien, qui comptera de nombreuses figures de la gauche progressiste et\/ou lib\u00e9rale, et, en tout cas, suffisamment de membres fondateurs de la Ligue tunisienne des droits de l\u2019homme (Ltdh) et de militants pour les libert\u00e9s publiques pour que les craintes \u00e0 ce sujet soient balay\u00e9es.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Selon un diplomate fran\u00e7ais, les premi\u00e8res d\u00e9clarations de Sarkozy et Jupp\u00e9 sur la Tunisie devaient \u00eatre mises dans leur contexte franco-fran\u00e7ais. Elles seraient, selon lui, destin\u00e9es \u00e0 l\u2019opinion publique fran\u00e7aise, pour contrer les surench\u00e8res pr\u00e9visibles du Front National et de Marine Le Pen sur la mont\u00e9e de l\u2019islamisme en France.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">De m\u00eame, les d\u00e9clarations tr\u00e8s positives des Etats-Unis, de l\u2019Union europ\u00e9enne, de l\u2019Allemagne, de l\u2019Espagne et m\u00eame de l\u2019Italie, \u00e0 propos de la r\u00e9ussite des \u00e9lections tunisiennes, semblent avoir eu un effet sur la France, qui ne pouvait se permettre d\u2019\u00eatre indiff\u00e9rente \u00e0 une r\u00e9elle mutation d\u00e9mocratique en Tunisie, un pays qu\u2019elle consid\u00e8re comme faisant partie de son pr\u00e9 carr\u00e9 au sud de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Autre argument qui plaide en faveur d\u2019un rapprochement entre la France et Ennahdha: beaucoup de dirigeants et militants islamistes qui ont fui la r\u00e9pression de Ben Ali ont trouv\u00e9 refuge (et asile politique) dans l\u2019Hexagone, et ils sont, pour cela, redevables aux gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Paris de leur salut et de leur retour aux affaires en Tunisie.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Quid alors que la d\u00e9claration, vaguement hostile \u00e0 forte pr\u00e9sence de la langue fran\u00e7aise en Tunisie, faite par Rached Ghannouchi, le leader du parti islamiste tunisien, la veille de la proclamation du r\u00e9sultat final provisoire du scrutin pour l\u2019Assembl\u00e9e constituante? Si elle a suscit\u00e9 un toll\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral dans les m\u00e9dias fran\u00e7ais, cette d\u00e9claration ne semble pas avoir fortement braqu\u00e9 les autorit\u00e9s fran\u00e7aises. M. Ghannouchi avait dit: \u00abNous sommes Arabes et notre langue c\u2019est la langue arabe. On est devenu Franco-arabes, c\u2019est de la pollution linguistique\u00bb. Il avait pris soin, cependant, de rappeler les mesures politiques prises par la France pour prot\u00e9ger&#8230; la langue de Moli\u00e8re\u2026 de l\u2019invasion des anglicismes. Une mani\u00e8re de rappeler que chaque peuple est en droit de d\u00e9fendre sa langue et sa culture.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Quoi qu\u2019il en soit, ce nouveau positionnement de la France devrait renforcer la transition en cours en Tunisie, mettre du baume dans le c\u0153ur de ses acteurs et inciter les partenaires de notre pays \u00e0 mettre en \u0153uvre leurs promesses d\u2019aides \u00e9conomiques.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Il reste \u00e0 esp\u00e9rer que les forces contre-r\u00e9volutionnaires, qui s\u2019allient maintenant \u2013 du moins objectivement \u2013 \u00e0 des parties qui ont perdu les \u00e9lections et certain lobbies d\u2019int\u00e9r\u00eat li\u00e9s \u00e0 l\u2019ancien r\u00e9gime, ne profitent pas de la situation socio-\u00e9conomique difficile pr\u00e9valant actuellement dans le pays, pour fomenter des actions de diversion et des agitations, comme celle survenues le 27 octobre \u00e0 Sidi Bouzid, pour faire \u00e9chouer la transition d\u00e9mocratique tunisienne, dont ils seraient les principaux perdants.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab Kapitalis \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien : <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6731-tunisie-la-france-et-ennahdha-de-la-defiance-a-la-confiance.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\"><font>http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6731-tunisie-la-france-et-ennahdha-de-la-defiance-a-la-confiance.html<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\">\n<h3 style=\"color: blue;\"><font><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><strong>Tunisie : Le nouveau gouvernement, entre \u00e2pres n\u00e9gociations et \u00abpetits mots assassins\u00bb.<\/strong><\/font><\/span><\/font><\/h3>\n<\/p>\n<p><font><span lang=\"FR\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/span><\/font>\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><strong><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">Par Khaled Boumiza<\/font><\/span><\/strong><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ennahdha est l\u00e0 pour gouverner, m\u00eame pour une seule ann\u00e9e, et elle le confirme. Dans une ignorance, compl\u00e8te et royale de l\u2019objet initial de la Constituante qui est l\u2019\u00e9laboration de la nouvelle Constitution, se poursuivent, en effet, en Tunisie, les tractations pour la constitution d\u2019un nouveau gouvernement, sans m\u00eame attendre l\u2019annonce des r\u00e9sultats d\u00e9finitifs.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Et \u00e0 mesure qu\u2019approche la date du 9 novembre, pr\u00e9alablement annonc\u00e9e pour la premi\u00e8re r\u00e9union de la Constituante, les n\u00e9gociations entre grands et petits vainqueurs essentiellement des \u00e9lections du 23 octobre 2011, les n\u00e9gociations sur le partage des si\u00e8ges s\u2019intensifient, deviennent plus \u00e2pres, parfois en mode persiflage de petits mots assassins des uns et des autres et les discussions byzantines, parfois, autour du \u00absexe des anges\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><strong><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Divergences sur le type de gouvernement.<\/font><\/span><\/strong><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">On notera par exemple ces divergences, pour ne pas dire plus, si elles ne rel\u00e8vent pas de la simple tactique de n\u00e9gociation, entre les trois principales composantes de la prochaine coalition gouvernementale tunisienne. Ces 3 partis, Ennahdha, le CPR de Marzouki o\u00f9 l\u2019avocat Mohamed Abbou prend de plus en plus de place m\u00e9diatique et Ettakattol de Mustapha Ben Jaafar qui monte lui-m\u00eame au cr\u00e9neau, ne s\u2019entendraient toujours pas sur l\u2019appellation m\u00eame du prochain gouvernement. Le CPR et Abbou indiquaient, jeudi dernier, \u00e0 l\u2019AFP, que leur parti voudrait un \u00abgouvernement de coalition\u00bb, alors que Ettakattol penchait pour un \u00abgouvernement d\u2019int\u00e9r\u00eat national\u00bb, en pr\u00e9cisant qu\u2019il \u00abne s&rsquo;agit pas d&rsquo;appliquer les crit\u00e8res connus dans les d\u00e9mocraties selon la logique de la majorit\u00e9 et de la minorit\u00e9\u00bb. Le porte-parole du Mouvement \u00abEnnahdha\u00bb, Noureddine Bhiri, restait, quant \u00e0 lui, plus \u00e9vasif lorsqu\u2019il d\u00e9clarait \u00e0 l&rsquo;agence Tap que \u00abla composition du prochain gouvernement sera d\u00e9termin\u00e9e par les formations les plus repr\u00e9sent\u00e9es au sein de la Constituante, sans pour autant exclure les autres parties\u00bb. Samir Dilou \u00e9voquait, vendredi dernier, sur les colonnes du quotidien Assabah, \u00abun gouvernement d\u2019union nationale\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Et alors que le marchandage des si\u00e8ges du prochain gouvernement se poursuit, le CPR fait monter les ench\u00e8res en indiquant \u00e0 l\u2019AFP que \u00ables n\u00e9gociations tournent autour de la nature du gouvernement et de son objet\u00bb. Une d\u00e9claration qui cadre certainement avec la strat\u00e9gie de n\u00e9gociation. Vouloir discuter d\u2019abord de la nature du gouvernement et de son objet, donne plus de latitude \u00e0 celui qui voulait d\u2019abord auditer l\u2019action du gouvernement de transition, \u00e0 faire des concessions, sans trop \u00aby laisser des plumes\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><strong><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">Qui court derri\u00e8re qui ?<\/font><\/span><\/strong><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ici et l\u00e0, circulent [ou fait-on circuler] des noms de quelques figures de l\u2019actuel gouvernement transitoire qu\u2019Ennahdha accepterait de laisser en service, en dose hom\u00e9opathique, surtout pour \u00eatre en accord avec ceux qui appelleraient au maintien des technocrates dans le second (ou le troisi\u00e8me) gouvernement de transition. Non d\u2019accord, depuis qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 que \u00abtous les chiffres qu\u2019on donnait sont faux et qu\u2019il faudra d\u2019abord auditer leur travail \u00bb, Moncef Marzouki fait du rentre-dedans, se d\u00e9marque de la position de son partenaire Ennahdha et affirme que \u00able prochain gouvernement ne comportera aucun ministre de l\u2019actuel gouvernement [celui de Ca\u00efed Essebssi]\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Un tantinet irritable et touch\u00e9 dans son amour propre, un actuel ministre dont le journal \u00abLe Maghreb\u00bb n\u2019a pas cit\u00e9 le nom a r\u00e9torqu\u00e9 en se demandant \u00absi aucun de ces ministres [par ailleurs en grande majorit\u00e9 issus des milieux d\u2019affaires avec leurs propres entreprises qui les attendent] \u00e9tait venu le prier de le maintenir au gouvernement\u00bb avant d\u2019ajouter : \u00abDis-moi au nom de Dieu, qui t\u2019est venu en pri\u00e8re ?\u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><strong><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Divergence sur l\u2019objet du gouvernement.<\/font><\/span><\/strong><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Les divergences entre les membres de la probable coalition ne portent pas que sur la composition et l\u2019appellation de ce gouvernement. Elles semblent plus profondes et toucheraient \u00e0 l\u2019objet de ce gouvernement \u00e0 mettre en place. L\u2019un des membres de cette coalition, le CPR en l\u2019occurrence, joint au t\u00e9l\u00e9phone par l\u2019agence Tap, Samir Ben Amor, repr\u00e9sentant du Congr\u00e8s Pour la R\u00e9publique (CPR), a d\u00e9clar\u00e9 que les n\u00e9gociations se poursuivent entre le parti Ennahdha et le parti Ettakattol pour constituer un gouvernement \u00abqui dirigera le pays\u00bb pour la prochaine p\u00e9riode. Ce gouvernement de coalition, tel qu&rsquo;il est envisag\u00e9 par le CPR, doit \u00eatre un \u00ab gouvernement politique par excellence qui ne se contente pas uniquement de la gestion des affaires courantes\u00bb, esp\u00e9rait Ben Amor.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">En attendant la fin de cette course aux si\u00e8ges, on sait d\u00e9j\u00e0 qu\u2019Ennahdha n\u2019appliquera pas son plan \u00e9conomique. Mohamed Ben Romdhane, l\u2019un des concepteurs du plan \u00e9conomique du parti, nous dit-on \u00e0 Ennahdha, l\u2019a affirm\u00e9, mercredi dernier, \u00e0 la Radio publique tunisienne, en pr\u00e9cisant que le programme qui sera mis en place sera issu de n\u00e9gociations avec les partenaires de son parti. Cela laisse donc pr\u00e9sager d\u2019autres n\u00e9gociations, des tergiversations, des d\u00e9clarations et des contre-d\u00e9clarations, jusqu\u2019\u00e0 s\u2019entendre sur ce que fera le prochain gouvernement.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><em><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">On n\u2019est pas sorti de l\u2019auberge !<\/font><\/span><\/em><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab African Manager \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien : <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.africanmanager.com\/articles\/136377.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.africanmanager.com\/articles\/136377.html<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\"><span><b><span lang=\"FR\"><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\">Tourisme : Le march\u00e9 tunisien rebondit, affirme le tour operator Just Sunshine<\/font><\/h3>\n<p><\/span><\/b><\/span><\/p>\n<hr\/>\n<p><span><\/span>\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">La destination Tunisie pourrait enregistrer une \u00abcroissance r\u00e9elle\u00bb, l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, pr\u00e9voit le plus grand tour operator du Royaume-Uni qui affirme que les ventes ont fortement stimul\u00e9 le lancement de son programme pour l\u2019avant-saison hiver 2012 et renforc\u00e9 la capacit\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9t\u00e9 prochain.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Les ventes du tour operator Just Sunshine ont augment\u00e9, \u00e0 la mi-octobre, de 77% par rapport \u00e0 celles de la p\u00e9riode correspondante de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, a d\u00e9clar\u00e9 le directeur des ventes, Tony Blakey.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Cette progression s\u2019explique par les prix comp\u00e9titifs qui ont permis \u00e0 la Tunisie de soutenir la concurrence avec les destinations traditionnelles et d&rsquo;offrir \u00ab\u00a0des \u00e9conomies consid\u00e9rables\u00a0\u00bb pour les familles voyageant en haute saison.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Blakey a ajout\u00e9: \u00abNous avons pens\u00e9 que nous n&rsquo;allions pas \u00eatre en mesure de vendre notre destination majeure, mais nous avons \u00e9t\u00e9 surpris et tr\u00e8s encourag\u00e9s par le fait que le march\u00e9 a rebondi. \u00ab\u00a0<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Il a affirm\u00e9 que les pr\u00e9visions d&rsquo;une baisse des ventes sur la Tunisie de 60% cette ann\u00e9e pourraient \u00eatre tr\u00e8s loin de la r\u00e9alit\u00e9, soulignant qu\u2019une baisse de 30% serait un chiffre plus pr\u00e9cis, malgr\u00e9 le fait que des op\u00e9rateurs majeurs tels que Thomson et Thomas Cook se soient rabattus sur des destinations telles que l\u2019Espagne et le Portugal.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Juste Sunshine, qui vend \u00e9galement en Turquie, est en train d\u2019ajouter de nouveaux vols \u00e0 partir de Newcastle et Glasgow vers Enfidha pour l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2012 et d\u2019augmenter la fr\u00e9quence des d\u00e9parts de Gatwick et Manchester.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Il a \u00e9galement lanc\u00e9 un programme d&rsquo;hiver pour la premi\u00e8re fois, avec des vols au d\u00e9part de Manchester \u00e0 destination de Monastir, et de Heathrow \u00e0 destination de Tunis, sur la base de la demande des agences de voyage, et cela ira jusqu&rsquo;\u00e0 fin mars.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Le tour-operator anticipe l&rsquo;envoi de 25.000 passagers vers la Tunisie, l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, et a dit qu&rsquo;il pr\u00e9voit d\u00e9j\u00e0 une nouvelle croissance de la destination dans les prochaines ann\u00e9es en y ajoutant plus d&rsquo;a\u00e9roports de d\u00e9part et esp\u00e8re servir de nouvelles destinations \u00e0 plus long terme.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab African Manager \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien : <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.africanmanager.com\/articles\/136373.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.africanmanager.com\/articles\/136373.html<\/font><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<h3 align=\"center\" dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"NO-BOK\"><font face=\"Arial\">L&rsquo;\u00e9nigme tunisienne<\/font> <\/span><\/h3>\n<hr\/>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">L&rsquo;opinion fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sorient\u00e9e par le r\u00e9sultat des \u00e9lections tunisiennes. Comment expliquer la victoire des islamistes dans un pays qu&rsquo;on pr\u00e9sentait comme un exemple de modernit\u00e9, qui avait \u00e9t\u00e9 le premier dans le monde arabe, d\u00e8s d\u00e9cembre 2010, \u00e0 secouer le joug du pouvoir autoritaire, et le premier \u00e0 se rendre aux urnes pour des \u00e9lections libres ? Comment expliquer qu&rsquo;une bonne partie de la bourgeoisie et des \u00e9lites du pays ait donn\u00e9 ses voix au parti Ennahda, qui n&rsquo;avait nullement \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine du soul\u00e8vement ? Beaucoup en tirent la conclusion que l&rsquo;interpr\u00e9tation optimiste du printemps arabe \u00e9tait fausse, et qu&rsquo;aux dictatures ne succ\u00e9deront pas des d\u00e9mocraties, mais des th\u00e9ocraties. En Tunisie, l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 est entretenue par le double langage du leader d&rsquo;Ennahda, Rached Ghannouchi, qui multiplie les promesses \u00e0 propos des institutions et des droits des femmes, mais qui en m\u00eame temps proclame la sup\u00e9riorit\u00e9 de la charia, annonce la l\u00e9galisation du parti salafiste et condamne la pollution de la langue arabe par le fran\u00e7ais&#8230;<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">La v\u00e9rit\u00e9 se situe peut-\u00eatre entre l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;optimisme d&rsquo;hier et l&rsquo;exc\u00e8s de pessimisme d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Notre erreur est d&rsquo;avoir confondu d\u00e9mocratisation et occidentalisation : pour les Tunisiens, s&rsquo;\u00e9manciper de la dictature ne signifiait pas renoncer \u00e0 leur appartenance au monde arabe, surtout quand des peuples voisins de m\u00eame culture \u00e9taient entra\u00een\u00e9s en m\u00eame temps dans la m\u00eame aventure. Or, depuis l&rsquo;\u00e9chec du panarabisme nass\u00e9rien, le ciment des pays arabes est l&rsquo;islam &#8211; ciment renforc\u00e9 par la persistance des foyers d&rsquo;affrontement avec l&rsquo;Occident, en Palestine, en Irak ou en Afghanistan. La victoire d&rsquo;Ennahda traduirait donc plus un r\u00e9flexe identitaire qu&rsquo;un retour en force du religieux. Cette explication n&rsquo;est sans doute pas rassurante sur le plan g\u00e9opolitique, mais elle n&rsquo;exclut pas l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une d\u00e9mocratie islamique qui aurait une sup\u00e9riorit\u00e9 sur le r\u00e9gime turc : sa solidit\u00e9 ne serait pas garantie par l&rsquo;arm\u00e9e, mais par la r\u00e9sistance de la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/font><\/span><\/p>\n<h4 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab Les Echos \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/h4>\n<div dir=\"ltr\">\n<h4 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien : <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.lesechos.fr\/opinions\/favilla\/0201726772828-l-enigme-tunisienne-244833.php\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font>http:\/\/www.lesechos.fr\/opinions\/favilla\/0201726772828-l-enigme-tunisienne-244833.php<\/font><\/a><\/span><\/font><\/h4>\n<\/div>\n<h4 align=\"center\" dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Tunisie : les modernistes entre autocritique et projet de regroupement<\/font><\/h4>\n<p><\/span><\/h4>\n<p><span lang=\"FR\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Opposants \u00e0 la dictature, militants des droits de l&rsquo;Homme, f\u00e9ministes, ils pensaient que la r\u00e9volution tunisienne \u00e9tait leur victoire et que le peuple reconnaissant leur confierait la t\u00e2che de mener le pays vers la d\u00e9mocratie. C&rsquo;est peu dire que les \u00ab modernistes \u00bb tunisiens sont sonn\u00e9s par le r\u00e9sultat de l&rsquo;\u00e9lection du 23 octobre, remport\u00e9es haut la main par les islamistes d&rsquo;Ennahdha (37 % des voix).<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Si l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement peut se lire dans le temps long d&rsquo;un mouvement balancier s\u00e9culaire dans la recherche d&rsquo;un \u00e9quilibre entre modernit\u00e9 et identit\u00e9, partag\u00e9 par tout le monde musulman depuis le choc avec l&rsquo;imp\u00e9rialisme europ\u00e9en, les acteurs politiques, eux, doivent r\u00e9agir dans le temps tr\u00e8s court des prochaines \u00e9ch\u00e9ances : la r\u00e9daction de la Constitution et la pr\u00e9paration des \u00e9lections suivantes (probablement d&rsquo;ici un an).<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">L&rsquo;autocritique est men\u00e9e tambour battant et l&rsquo;heure est aux rapprochements politiques acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s pour aboutir \u00e0 la formation d&rsquo;une force politique de centre gauche unifi\u00e9e.<\/font><\/span><\/p>\n<h4 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Une gauche d&rsquo;opposition<\/font><\/span><\/h4>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Il existe d\u00e9j\u00e0 deux partis non religieux, plac\u00e9s parmi les principales forces politiques : le Congr\u00e8s pour la R\u00e9publique de<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.google.com\/hostednews\/afp\/article\/ALeqM5jqZ78UTbT54k7h-01XnsRBezaWcA?docId=CNG.a5e131263c6c1ae0168e0d2b6b165bde.341\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">Moncef Marzouki<\/span><\/a><\/span><span lang=\"FR\">, ancien opposant en exil, qui a capt\u00e9 une partie du vote protestataire de gauche (13%) tout en affichant un rapprochement avec Ennahdha, et Ettakatol de<span><\/span><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/fokus\/62-national\/6649-tunisie-ben-jaafar-appelle-les-indecis-a-se-joindre-au-gouvernement.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">Mustafa Ben Jafaar<\/span><\/a><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>, dont le score (10 %) a r\u00e9compens\u00e9 une campagne fond\u00e9e \u00e0 la fois sur un projet moderniste et la recherche du consensus.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ils sont dispos\u00e9s \u00e0 gouverner avec Ennahdha, estimant que la p\u00e9riode est exceptionnelle et appelle d\u00e9passer les divergences partisanes.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Les autres formations de gauche, estiment au contraire qu&rsquo;une d\u00e9mocratie ne peut se construire sans une opposition, envisagent donc un regroupement, mais doivent d&rsquo;abord dresser le bilan d&rsquo;une d\u00e9route \u00e9lectorale.<\/font><\/span><\/p>\n<h4 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><strong><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Les chiffres d&rsquo;une d\u00e9b\u00e2cle<\/font><\/span><\/strong><\/h4>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Pour les partis situ\u00e9s sur une ligne d&rsquo;opposition \u00e0 Ennahdha, l&rsquo;\u00e9lection du 23 octobre est en effet un \u00e9chec incontestable. Le PDP, Parti d\u00e9mocrate progressiste a dilapid\u00e9 en quelques semaines le capital de cr\u00e9dibilit\u00e9 que lui valaient son implantation et le parcours d&rsquo;opposant irr\u00e9prochable de son leader, Ahmed N\u00e9jib Chebbi. Esp\u00e9rant disputer la premi\u00e8re place \u00e0 Ennahdha, le PDP cumule moins de 4% des suffrages (environ 150 000 voix).<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Le P\u00f4le d\u00e9mocratique moderniste (le P\u00f4le), regroupant Ettajdid, parti de gauche historique, associ\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres formations politiques et associatives, n&rsquo;a regroup\u00e9 que 45 000 voix. Un nouveau parti, lib\u00e9ral et social, Afek Tounes r\u00e9ussit certes sa perc\u00e9e dans le paysage, mais n&rsquo;a que 70 000 \u00e9lecteurs \u00e0 mettre dans la balance.<\/font><\/span><\/p>\n<h4 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><strong><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Autoflagellation<\/font><\/span><\/strong><\/h4>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Le r\u00e9sultat est tellement au-dessous des esp\u00e9rances que l&rsquo;invitation \u00e0 l&rsquo;autocritique vire rapidement \u00e0 l&rsquo;autoflagellation. Ahmed Bouaazi, membre du bureau politique du PDP, en a gros sur le c\u0153ur :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Nous \u00e9tions la plus grande masse de militants d&rsquo;opposition. Nos militants ont particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volution, mais nous avons fait tellement d&rsquo;erreurs que nous avons m\u00e9rit\u00e9 notre score. D&rsquo;abord Ahmed N\u00e9jib Chebbi s&rsquo;est positionn\u00e9 d\u00e8s le lendemain du d\u00e9part Ben Ali dans la perspective d&rsquo;une pr\u00e9sidentielle. C&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9matur\u00e9 et il est devenu l&rsquo;homme \u00e0 abattre.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ensuite des hommes d&rsquo;affaires ont mis\u00e9 sur lui pour contrer les islamistes, ont financ\u00e9 la campagne et d\u00e9cid\u00e9 de l&rsquo;orientation du parti. Ils ont amen\u00e9 leurs bo\u00eetes de communication qui ont fait placarder d&rsquo;immenses affiches montrant N\u00e9jib Chebbi et la secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale du parti, Maya Jribi, exactement comme le couple Ben Ali. L&rsquo;effet a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sastreux.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Enfin le positionnement anti-Ennahdha nous a inscrits dans la continuit\u00e9 de l&rsquo;ancien r\u00e9gime et c&rsquo;est nous qui sommes apparus comme les fauteurs de trouble dans la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Yassine Brahim, jeune cofondateur d&rsquo;Afek Tounes, mentionne la sup\u00e9riorit\u00e9 militante d&rsquo;Ennadha :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Tout le m\u00e9rite de la victoire leur revient. Leur base militante \u00e9tait pr\u00eate. C&rsquo;est le seul parti r\u00e9prim\u00e9 dans toute sa masse, pas seulement les dirigeants, pendant les ann\u00e9es Ben Ali. Tout le monde a vu leur souffrance. Apr\u00e8s le d\u00e9part de Ben Ali, il a r\u00e9activ\u00e9 ses r\u00e9seaux. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<h4 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Face \u00e0 une machine de guerre<\/font><\/span><\/h4>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Riadh Ben Fadhel, coordinateur du P\u00f4le compl\u00e8te l&rsquo;analyse :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Nous \u00e9tions face \u00e0 une machine de guerre. Nous avons sous-\u00e9valu\u00e9 la profondeur militante d&rsquo;Ennahdha. Quand nous allions faire campagne quelques part, le contact passait bien, mais nous restions des intrus et les militants d&rsquo;Ennahdha repassaient derri\u00e8re nous. Les forces progressistes ont manqu\u00e9 de profondeur sociologique. Nous \u00e9tions imbattable sur les relais d&rsquo;opinion, mais au quotidien et dans la proximit\u00e9, nos militants ne pouvaient pas lutter.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Notre une d\u00e9faite est aussi num\u00e9rique : Ennahdha avait une page Facebook officielle tr\u00e8s clean, mais laissait \u00e0 des pages tenues par des militants le soin de mener les attaques et la d\u00e9sinformation. Nous n&rsquo;avons pas su r\u00e9agir \u00e0 temps.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ensuite nous avons fait campagne pour une constituante, or pour la plupart des \u00e9lecteurs, la Constitution c&rsquo;est de l&rsquo;ourdou. Ennahdha a fait campagne comme pour des l\u00e9gislatives.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Et surtout, nous nous sommes laiss\u00e9s enfermer dans un d\u00e9bat sur la la\u00efcit\u00e9, la libert\u00e9 sexuelle ou la normalisation des relations avec Isra\u00ebl. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<h4 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><strong><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Enferm\u00e9s dans le d\u00e9bat sur la la\u00efcit\u00e9<\/font><\/span><\/strong><\/h4>\n<p dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Vouloir faire de cette \u00e9lection<span><\/span><\/font><\/span><font><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/m\/article\/2011\/10\/21\/tunisienne-laique-et-fiere-de-l-etre_1591252_1575563.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\">un d\u00e9bat sur la la\u00efcit\u00e9<\/span><\/a><\/span><\/font><span lang=\"FR\"><font>, sur un mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 oppos\u00e9 \u00e0 celui d&rsquo;Ennahdha, est aujourd&rsquo;hui largement consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;erreur strat\u00e9gique majeure du camp progressiste. Au sortir de la dictature, la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne a voulu renouer avec une valeur s\u00fbre et r\u00e9int\u00e9grer le cours de la r\u00e9volution dans ses rep\u00e8res. Ennahdha a su les rassurer.<\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Sa\u00efda Garrach, avocate, militante f\u00e9ministe, candidate pour un parti d&rsquo;extr\u00eame gauche, le Mouvement des patriotes d\u00e9mocrates, reconna\u00eet :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Nous avons sous-estim\u00e9 l&#8217;emprise que la question de l&rsquo;identit\u00e9 exerce sur la population. Notre erreur a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;amener le d\u00e9bat sur le terrain des libert\u00e9s individuelles. Ennahdha l&rsquo;a d\u00e9plac\u00e9 vers la question de l&rsquo;identit\u00e9 et de la religion. Ils se sont appropri\u00e9s le monopole de la moralit\u00e9, en se pr\u00e9sentant comme les seuls qui craignent Dieu et en nous pr\u00e9sentant comme des buveurs, des d\u00e9bauch\u00e9s. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Yassine Brahim va plus loin :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab C&rsquo;est un vote sanction \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;une \u00e9lite de milieux d&rsquo;affaire et des intellectuels qui s&rsquo;en est relativement mieux sorti sous Ben Ali. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">En priv\u00e9, la critique est souvent plus cruelle avec ces \u00ab orientalistes indig\u00e8nes \u00bb qui m\u00e9prisent le petit peuple, diabolisent les islamistes, circulent en 4&#215;4, s&rsquo;expriment en arabe avec l&rsquo;accent fran\u00e7ais, et signeraient \u00e0 nouveau volontiers un pacte avec un dictateur dispos\u00e9 \u00e0 les d\u00e9barrasser des islamistes.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Une petite minorit\u00e9 dont l&rsquo;image passe mal dans le reste du pays, alors que la mouvance moderniste ne se limite pas aux beaux quartiers de la banlieue nord de Tunis.<\/font><\/span><\/p>\n<h4 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><strong><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Feuille de route<\/font><\/span><\/strong><\/h4>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">L&rsquo;exercice tournerait \u00e0 la d\u00e9lectation morose s&rsquo;il ne tra\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 la feuille d&rsquo;une force unifi\u00e9e du centre gauche dont les grandes lignes semblent assez bien partag\u00e9es.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">&gt;<span><\/span><strong><span>Tout d&rsquo;abord, cesser la diabolisation d&rsquo;Ennahdha<\/span><\/strong>.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Riadh Ben Fadhel est clair sur ce point :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Ce n&rsquo;est pas un parti obscurantiste. C&rsquo;est parti de droite, ultra-lib\u00e9ral, ultra conservateur qui a su donner une image consensuelle. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Yassine Brahim (Afek Tounes) corrobore :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Nous ne voulons donner aucune chance \u00e0 un projet de soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9trograde, mais il est contreproductif de faire un proc\u00e8s d&rsquo;intention \u00e0 Ennahdha. Nous voulons un parti social-d\u00e9mocrate donnant sa place \u00e0 l&rsquo;identit\u00e9. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><font>&gt;<span><\/span><\/font><strong><span><font>D\u00e9placer le centre de gravit\u00e9 vers les questions \u00e9conomiques et sociales<\/font><\/span><\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ahmed Bouazzi (PDP) insiste :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Il ne faut pas refaire la gaffe de tout miser sur l&rsquo;anti-islamisme. Un grand parti du centre doit \u00eatre ancr\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9 et pas li\u00e9 \u00e0 une \u00e9lite. Il faut donner des perspectives \u00e9conomiques concr\u00e8tes et r\u00e9alistes. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Toute la difficult\u00e9 tient \u00e0 ce que, le projet d&rsquo;Ennahdha est bien un projet soci\u00e9tal, mais que l&rsquo;attaquer sur l&rsquo;identit\u00e9 a priori revient \u00e0 se placer hors du consensus. Il faudra \u00ab combiner comp\u00e9tence \u00e9conomique et valeur universelle de la libert\u00e9 \u00bb, explique Ahmed Bouazzi :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Il faudra tenir sur des lignes rouges. L&rsquo;\u00e9cole sera un test crucial. Il est probable qu&rsquo;on doive faire face \u00e0 des demandes de salles de pri\u00e8re pour prier pendant les cours. Il faut que l&rsquo;\u00e9cole demeure un lieu consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;enseignement. La pri\u00e8re, c&rsquo;est \u00e0 la mosqu\u00e9e. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><strong><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">&gt; Tenir compte de la r\u00e9alit\u00e9 culturelle du pays.<\/font><\/span><\/strong><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Youssef Chahed, fondateur de La Voie du centre, l&rsquo;une des composantes du P\u00f4le, est clair :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Si on se tient au discours sur l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 hommes\/femmes, la la\u00efcit\u00e9 et l&rsquo;homosexualit\u00e9, on restera un parti de niche. On sera le parti la\u00efc tunisien, sym\u00e9trique du parti salafiste Tahrir ! \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Yassine Brahim rench\u00e9rit :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab On ne peut pas faire de la politique au service d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 sans prendre en compte la r\u00e9alit\u00e9 de cette soci\u00e9t\u00e9. Les Tunisiens ont envie de s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 leur religion, travaillons plut\u00f4t l&rsquo;enseignement religieux pour contrer l&rsquo;influence wahhbabite.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Mais donner trop d&rsquo;importance \u00e0 une question comme l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 successorale [la norme coranique d&rsquo;une part pour une fille, et deux part pour le gar\u00e7on, sert de base au Droit des successions, ndr] c&rsquo;est pr\u00e9matur\u00e9. On y arrivera dans quatre ou cinq \u00e9tapes. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><strong><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">&gt; Acqu\u00e9rir une profondeur sociologique.<\/font><\/span><\/strong><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Youssef Chahed reconna\u00eet :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Nous ne savons pas faire le terrain. On vient de Tunis, on n&rsquo;a pas de relais. Il va falloir identifier les relais \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du pays. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ces relais ce sont d\u00e9j\u00e0 les militants des anciens partis et les militants syndicaux qui ont encadr\u00e9 la r\u00e9volution mais qui sont isol\u00e9s ou dispers\u00e9s dans plusieurs partis, souvent d&rsquo;extr\u00eame-gauche.<\/font><\/span><\/p>\n<h4 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Une utopie r\u00e9aliste<\/font><\/span><\/h4>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un parti de centre gauche fait l&rsquo;unanimit\u00e9, mais sa r\u00e9alisation se heurte \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des appareils et \u00e0 la rivalit\u00e9 des ambitions personnelles.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Riadh Ben Fadhel temp\u00e8re donc les enthousiasmes :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un parti regroupant notamment le P\u00f4le, le PDP, Afek Tounes \u00e0 ce stade est une utopie r\u00e9aliste. Une d\u00e9marche pr\u00e9cipit\u00e9e risque d&rsquo;\u00e9clater au bout de quelques mois. Le PDP, Afek et Ettajdid (une des formations du P\u00f4le) doivent d&rsquo;abord tenir leur congr\u00e8s. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Le PDP en particulier doit tirer les enseignements de sa campagne rat\u00e9e. On promet du \u00ab filtrage \u00bb, m\u00eame au plus haut niveau, et les choix strat\u00e9giques d&rsquo;Ahmed N\u00e9jib Chebbi vont \u00eatre s\u00e9v\u00e8rement \u00e9valu\u00e9s.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ettajdid va devoir aussi s&rsquo;adapter au passage d&rsquo;une culture de r\u00e9sistance quasi clandestine, \u00e0 une culture d&rsquo;action politique dans un environnement concurrentiel et m\u00e9diatis\u00e9. Afek Tounes, m\u00eame jeune parti, n&rsquo;est pas \u00e9pargn\u00e9 par les crises et les dissidences.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Dans l&rsquo;imm\u00e9diat, les trois se sont mis d&rsquo;accord pour cr\u00e9er, avec d&rsquo;autres petites formations, un groupe parlementaire commun \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e constituante, rassemblant au moins une trentaine de d\u00e9put\u00e9s.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Yassine Brahim d\u00e9fend une approche progressive :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Il faut d&rsquo;abord se conna\u00eetre, travailler sur des positions communes et laisser le temps aux gros partis historiques le temps de dig\u00e9rer les r\u00e9sultats et de se convaincre qu&rsquo;ils ont un int\u00e9r\u00eat \u00e0 se fondre dans un ensemble. Il faut respecter les contraintes des uns et des autres. \u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">De son c\u00f4t\u00e9, le P\u00f4le r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la possibilit\u00e9 de se transformer en parti et d&rsquo;autoriser les adh\u00e9sions individuelles directes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des adh\u00e9sions collectives.<\/font><\/span><\/p>\n<h5 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Trois hypoth\u00e8ses<\/font><\/span><\/h5>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">La formation d&rsquo;un parti du centre n&rsquo;est donc pas pour tout de suite. Mais soit l&rsquo;une des formations appara\u00eetra comme la plus \u00e0 m\u00eame d&rsquo;attirer les autres \u00e0 elle, soit chacun des appareils d\u00e9cidera de s&rsquo;auto-dissoudre pour se fondre dans une seule formation.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Une troisi\u00e8me hypoth\u00e8se serait que des jeunes cadres de second rang, profitant de ce moment de fluidit\u00e9 et court-courcuitant des appareils qui tendent \u00e0 persister dans leur \u00eatre, n&rsquo;allument l&rsquo;\u00e9tincelle cr\u00e9atrice et lance une nouvelle formation qui viderait de leur substance des partis dont la mission historique est \u00e9puis\u00e9e. Une man\u0153uvre risqu\u00e9e.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Mais il y a urgence estime Youssef Chahed :<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00ab Si nous ne r\u00e9agissons pas dans l&rsquo;ann\u00e9e, nous sommes fichus.<\/font><\/span><\/p>\n<h5 dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab Rue 89 \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/h5>\n<div dir=\"ltr\">\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien : <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/blogs.rue89.com\/tunisie-libre\/2011\/11\/07\/tunisie-les-modernistes-entre-autocritique-et-projet-de-regroupement-2256-0\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\"><font>http:\/\/blogs.rue89.com\/tunisie-libre\/2011\/11\/07\/tunisie-les-modernistes-entre-autocritique-et-projet-de-regroupement-2256-0<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<h5 align=\"center\" dir=\"ltr\" style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><\/p>\n<h5 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\">Tunisie-France. Pourquoi Ennahdha s&rsquo;attaque \u00e0 la langue de Moli\u00e8re<\/font><\/h5>\n<p><\/span><\/h5>\n<hr\/>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Akram Belka\u00efd* \u00e9crit \u2013 En s\u2019en prenant \u00e0 la langue fran\u00e7aise, le parti Ennahdha r\u00e8gle ses comptes avec Paris et avec les d\u00e9mocrates progressistes.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Tr\u00e8s prudent, pour ne pas dire trop rassurant, quant \u00e0 ses intentions concernant une remise en cause du mode de vie actuel des Tunisiens et, surtout, des Tunisiennes, le parti Ennahdha a tout de m\u00eame annonc\u00e9 la couleur concernant une langue fran\u00e7aise, enseign\u00e9e d\u00e8s le cours primaire, dont il a critiqu\u00e9 l\u2019omnipr\u00e9sence.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00abNous sommes arabes et notre langue c\u2019est la langue arabe. On est devenu franco-arabe, c\u2019est de la pollution linguistique\u00bb, a ainsi d\u00e9clar\u00e9 Rached Ghannouchi, le leader du parti religieux.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">C\u2019\u00e9tait \u00e0 la veille de la proclamation du r\u00e9sultat final provisoire du scrutin pour l\u2019Assembl\u00e9e constituante (90 si\u00e8ges sur 217 pour Ennahdha) et ces propos ont provoqu\u00e9 une vive \u00e9motion en Tunisie (membre fondateur de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie) mais aussi en France o\u00f9, pour de nombreux m\u00e9dias, la victoire des islamistes est (un peu trop vite) analys\u00e9e comme \u00e9tant la fin brutale du Printemps arabe (voir \u00e0 ce sujet l\u2019\u00e9mission \u2018\u2018Mots crois\u00e9s\u2019\u2019 sur France2).<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00abDe nombreux Tunisiens sont bilingues. La ma\u00eetrise de la langue fran\u00e7aise est un atout. Ennahdha veut cr\u00e9er des probl\u00e8mes l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019y en pas\u00bb, s\u2019indigne un universitaire tunisois qui y voit une nouvelle preuve de l\u2019incapacit\u00e9 du parti religieux \u00e0 aborder \u00ables vrais d\u00e9fis de la Tunisie\u00bb ce qui le pousserait \u00e0 \u00abtrouver des moyens de d\u00e9tourner l\u2019attention de l\u2019opinion publique afin de masquer son incomp\u00e9tence\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">L\u2019omnipr\u00e9sence symbolique du \u00abdonc\u00bb<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Du c\u00f4t\u00e9 d\u2019Ennahdha, on se d\u00e9fend d\u2019avoir d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 la langue de Moli\u00e8re. \u00abLa langue fran\u00e7aise ne nous g\u00eane pas. Plusieurs de nos militants la ma\u00eetrisent parfaitement. Ce qui pose probl\u00e8me c\u2019est son m\u00e9lange avec la langue arabe. C\u2019est pour cela que le cheikh Ghannouchi a parl\u00e9 de pollution\u00bb, d\u00e9clare \u00e0 \u2018\u2018SlateAfrique\u2019\u2019 un dirigeant du parti religieux. A ce sujet, il est vrai qu\u2019une \u00e9volution nouvelle se dessine dans le pays o\u00f9 de nombreux arabophones ont de plus en plus tendance \u00e0 ins\u00e9rer des mots fran\u00e7ais dans leur discours.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un arabe dialectal ou plus litt\u00e9raire, la mixtion avec le fran\u00e7ais est tr\u00e8s fr\u00e9quente. Pour s\u2019en rendre compte, il suffit de suivre l\u2019un des nombreux talk-shows qui ont fleuri depuis la chute de Ben Ali sur les cha\u00eenes priv\u00e9es (Nessma, Hannibal) ou m\u00eame publiques. Dans la plupart des cas, la discussion, qui a lieu en langue tunisienne, est ponctu\u00e9e par des mots et des expressions fran\u00e7aises. Et il faut bien convenir que le m\u00e9lange n\u2019est pas toujours heureux, ou du moins harmonieux, comme en t\u00e9moigne l\u2019omnipr\u00e9sence de la conjonction de coordination (ou adverbe de liaison) \u00abdonc\u00bb (prononc\u00e9e sous de multiples formes qui vont du \u00abdonc\u00bb bien pointu \u00e0 un \u00abda-annk\u00bb plus oriental\u2026). Un \u00abdonc\u00bb dont l\u2019usage intensif, y compris dans les \u00e9missions \u00e0 caract\u00e8re religieux, est m\u00eame devenu un motif de plaisanterie dans les quartiers hupp\u00e9s de Tunis.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00abC\u2019est vrai que si l\u2019on continue comme \u00e7a, on va se mettre \u00e0 parler comme les Alg\u00e9riens\u00bb s\u2019amuse un journaliste tunisien, \u00e9lecteur du Parti d\u00e9mocratique progressiste (Pdp, d\u00e9sormais dans l\u2019opposition) en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la propension de la langue parl\u00e9e alg\u00e9rienne \u00e0 capturer, en les \u00abalg\u00e9rianisant\u00bb, nombre de mots et d\u2019expressions fran\u00e7aises. Exemple: \u00abn\u2019dir fik blizir\u00bb (je te fais plaisir, tr\u00e8s usit\u00e9 \u00e0 Alger quand il s\u2019agit de dire que l\u2019on veut bien rendre service\u2026<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Une attaque frontale contre les \u00e9lites bilingues et francophones<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Mais la sortie de Rached Ghannouchi ne s\u2019explique pas uniquement par une volont\u00e9 de pr\u00e9server la puret\u00e9 de la langue arabe. Il s\u2019agit d\u2019abord pour lui de maintenir la pression sur ses adversaires d\u00e9mocrates en repla\u00e7ant la question de l\u2019identit\u00e9 au centre du d\u00e9bat politique.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ainsi, la mise en cause de la langue fran\u00e7aise, permet-elle de pointer du doigt ceux qui, \u00e0 gauche, ont \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9s pour l\u2019avoir utilis\u00e9e lors de la campagne \u00e9lectorale. Comme en Alg\u00e9rie, mais de mani\u00e8re bien moins aigu\u00eb, la d\u00e9nonciation du \u00abhizb fran\u00e7a\u00bb (le parti de la France) a \u00e9t\u00e9 un argument r\u00e9current des \u00abnahdhaouis\u00bb, les militants du parti religieux.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00abEn faisant cela, ils visent nombre d\u2019\u00e9lites tunisiennes, notamment celles qui ont fait leurs \u00e9tudes en France et qui sont plus \u00e0 l\u2019aise avec la langue fran\u00e7aise dans le priv\u00e9 mais aussi dans le milieu professionnel\u00bb, analyse un homme d\u2019affaires qui rappelle que la pr\u00e9sence de plusieurs ministres franco-tunisiens dans le premier gouvernement post-Ben Ali \u2013 un gouvernement contest\u00e9 par la rue et qui a finit par tomber \u2013 a permis aux islamistes de d\u00e9noncer l\u2019influence fran\u00e7aise.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">La polarisation autour de la langue fran\u00e7aise a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 produit ses effets, car les partis d\u00e9mocrates sont d\u00e9sormais sur la d\u00e9fensive concernant cette question. Pas question pour eux d\u2019\u00e9mettre le moindre document s\u2019il n\u2019est pas bilingue et ils s\u2019imposent m\u00eame une vigilance en termes de parit\u00e9 m\u00e9dia arabophone \u2013 m\u00e9dia francophone quant aux interviews accord\u00e9es. A cela, s\u2019ajoute les pr\u00e9cautions oratoires de leurs dirigeants pour justifier l\u2019emploi de la langue fran\u00e7aise dans un discours ou une intervention t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e\u2026 Et la prudence r\u00e8gne aussi dans la soci\u00e9t\u00e9 civile comme en t\u00e9moigne la d\u00e9cision d\u2019une association tunisienne sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019\u00e9conomie sociale de diff\u00e9rer l\u2019annonce de sa cr\u00e9ation en attendant la traduction compl\u00e8te en arabe de son programme (r\u00e9dig\u00e9 en langue fran\u00e7aise).<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Un signal adress\u00e9 \u00e0 la France<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Au cours des discussions publiques ou des apart\u00e9s avec les militants d\u2019Ennahdha, une chose saute aux yeux. L\u2019affaire Alliot-Marie est encore dans toutes les m\u00e9moires de m\u00eame que le soutien inconditionnel de la France au r\u00e9gime de Ben Ali alors que sa police torturait et embastillait les militants islamistes. En s\u2019attaquant \u00e0 la place de la langue fran\u00e7aise, Rached Ghannouchi, qui a v\u00e9cu pr\u00e8s de vingt-ans en Grande-Bretagne et dont il se dit \u00e0 Tunis qu\u2019il a ses entr\u00e9es \u00e0 l\u2019ambassade des Etats-Unis, de Turquie et du Qatar, a donc envoy\u00e9 un signal de fermet\u00e9 au gouvernement fran\u00e7ais.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Ce dernier, contrairement \u00e0 nombre de ses homologues occidentaux, s\u2019est d\u2019ailleurs bien gard\u00e9 de f\u00e9liciter Ennahdha pour sa victoire \u00e9lectorale et les propos d\u2019Alain Jupp\u00e9 sur la vigilance de la France en mati\u00e8re des droits de la personne humaine a beaucoup irrit\u00e9 les militants islamistes (mais aussi nombre de Tunisiens ayant vot\u00e9 pour le camp d\u00e9mocrate).<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">\u00abLe Protectorat, c\u2019est termin\u00e9 depuis 1956! Si la France accorde tant d\u2019int\u00e9r\u00eat aux droits de l\u2019homme, pourquoi n\u2019a-t-elle rien dit quand la police de Ben Ali nous faisait boire de l\u2019eau de Javel?\u00bb, s\u2019insurge un \u00abNahdhaoui\u00bb.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\">Cette d\u00e9fiance et le caract\u00e8re sensible du d\u00e9bat sur la langue et l\u2019identit\u00e9 de la Tunisie montrent qu\u2019Ennahdha aura toujours la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er la pol\u00e9mique sur cette question. Une r\u00e9alit\u00e9 dont sont conscients les d\u00e9mocrates tunisiens mais aussi les diplomates fran\u00e7ais qui s\u2019activent \u00e0 normaliser les relations entre Paris et la premi\u00e8re formation politique tunisienne.<\/font><\/span><\/p>\n<p dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p dir=\"ltr\"><span lang=\"FR\"><font face=\"Arial\"><strong>Source : \u00ab Kapitalis \u00bb Le 07-11-2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<div dir=\"ltr\">\n<p><font face=\"Arial\"><span lang=\"FR\"><font>Lien : <\/font><\/span><span lang=\"NO-BOK\"><a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/afkar\/68-tribune\/6732-tunisie-france-pourquoi-ennahdha-sattaque-a-la-langue-de-moliere.html\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><span lang=\"FR\"><font>http:\/\/www.kapitalis.com\/afkar\/68-tribune\/6732-tunisie-france-pourquoi-ennahdha-sattaque-a-la-langue-de-moliere.html<\/font><\/span><\/a><\/span><\/font><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div dir=\"ltr\">\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<h5 align=\"center\" class=\"yiv2062064329itemTitle\" style=\"color: blue;\">\n<h5 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\">Interview with Yassine Ferchichi<\/font><\/h5>\n<\/h5>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><span><font face=\"Arial\"><strong>Written by <\/strong><\/font><a href=\"http:\/\/www.cageprisoners.com\/our-work\/interviews\/itemlist\/user\/3329-arnaudmafille\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font face=\"Arial\"><strong>Arnaud Mafille<\/strong><\/font><\/a><\/span><span><font face=\"Arial\"><strong> Tuesday, 18 October 2011<\/strong><\/font><\/span><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span>Yassine Ferchichi is a Tunisian national who fled persecution from his country of origin. He was arrested and sentenced in France on terrorism charges. His conviction was largely based on statements made by M\u2019hamed Benyamina under torture in Algerian custody. In 2009, Yassine Ferchichi was deported to Senegal in opposition with a decision of the European Court of Human Rights. Since then, he has been living homeless without any legal document.<\/span> \u00a0<\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\">Bismillahi rahmani rahim  <span><strong>Cageprisoners: Could you please introduce yourself?<\/strong><\/span> <span>Yassine Ferchichi: I am Yassine Ferchichi. I am a Tunisian national. I fled Tunisia on 14 October 2005 to escape the persecution of the former Tunisian government. I went to Switzerland and then entered in France as the situation for me was more difficult in Switzerland. I did not have any knowledge and did not think about seeking political asylum. Some Tunisians I knew helped me to find a job. One day, on 15 July 2005, we were arrested in Paris.<\/span> <span><strong>CP: Could you tell us about your life in Tunisia?<\/strong><\/span> <span>YF: It started with arrests and interrogations. I started to practice (Islam) in 2001 and to attend mosques, just like anybody. Nothing else. They began to arrest me and to interrogate me. I started to get sick and tired. I could not find any job until 2003. They went step by step until they took me to the Interior Ministry. <\/span> <span>They took me to the basement. I was interrogated by two people. They took me around to show me rooms with blood. They told me: \u201c<em>If you don\u2019t co-operate with us, you know what is going to happen to you\u201d<\/em>. Two or three months later&#8230;after this period of interrogation during which time they threatened me, they practiced what they were threatening me with. I was beaten up for 36 hours. When they released me, they just threw me in the street as I was unconscious. I managed to call my brother who took me to the hospital. As I had friends in Switzerland, I applied to get a visa. I did it discreetly, before they tried to take my passport away, because that\u2019s how they do. First, they threaten you, then they beat you up and torture you. I obtained a visa and went to Switzerland. In Europe, I learnt that I had been sentenced in abstentia (in Tunisia). Why? I don\u2019t know.<\/span> <span><strong>CP: Were you involved in politics?<\/strong><\/span> <span>YF: No. I did not have any involvement. I did not have any contact. I was simply talking to some people. There was absolutely nothing.<\/span> <span><strong>CP: So you were not accused of anything in particular? It was just because you were a practising Muslim?<\/strong><\/span> <span>YF: It\u2019s only because of that. The accusations are a bit ridiculous but when you are facing a state, you don\u2019t have any chance whatsoever. When a judge tells you that you are guilty, you cannot say: \u201c<em>no, I am not<\/em>\u201d. That\u2019s how it is. I was sentenced three or four times. Altogether, I was sentenced to almost 47 years. I was told that in France.<\/span> <span><strong>CP: What happened when you arrived in France?<\/strong><\/span> <span>YF: In France, I was very discreet. I was illegal. I did not have documents. I was just trying to make a living here and there and I was trying to find a job to survive. On 15 July 2005, we were in Paris and I was accompanying a friend when our car broke down at which point we were arrested. I was scared, so I gave the name of somebody who was legal in the country. I did not want to be sent back there. I knew what would have happened to me otherwise. Then, they started: <em>\u201cYou know, we are going to send you there. You know what is going to happen?\u201d <\/em>They wanted me to say: <em>\u201cYes, those persons are guilty\u201d<\/em>. I told them: <em>\u201cI can\u2019t tell you that. I can\u2019t sentence people to life\u201d<\/em>.<\/span> <span><strong>CP: Could you tell us a bit more about the circumstances of your arrest?<\/strong><\/span> <span>YF: That was just a routine arrest to check our identity. They took us to a police station in Paris. They made us wait. I was the only one who was bothered since I had no legal document. I tried to stay calm and they did not even ask us any questions. They took us directly to the DST (French intelligence) basement. Then, they started: full day interrogations for four days. At night, just before sleeping, they took us somewhere or sometimes we would sleep at the DST. Then, I was sent directly to prison.<\/span> <span><strong>CP: How were the interrogations?<\/strong><\/span> <span>YF: How do I know this person? They searched my house. There was a piece of paper with my debts. I owed money to such and such. They said: <em>\u201cno, those are the shares you give to people\u201d<\/em>. They accused me of financing terrorism and criminal association. I did not know anything. They told me: <em>\u201cdo you know which judge ordered your arrest?\u201d <\/em>He told me judge Brugui\u00e8re. I said: <em>\u201cWho\u2019s that?\u201d<\/em> Maybe he wanted to scare me, but I didn\u2019t even know him. After the interrogations, I was not well advised by a lawyer. They said that we assaulted a prostitute to get money. I am talking for myself: somebody who has gone through all the things I have gone through is not going to assault somebody. Anyway. The prostitute brought a medical evidence to the judge. It was found that it was older than the facts we were accused of. She was lying. I was not well advised. The lawyer told me: <em>\u201cyou see, they want to charge you with terrorism. Tell them that you assaulted her to get money so that they don\u2019t accuse you of terrorism\u201d<\/em>. I followed the advice of the solicitor, but the opposite happened. They said I did that to finance terrorism. That\u2019s how it happened. I had no chance. I spent three years and a half in Fresnes prison. On the day of the judgement, they sentenced me to four years in order to cover the time I had spent in pre-trial custody.<\/span> <span><strong>CP: Did the DST try to put you under pressure or did they threaten you?<\/strong><\/span> <span>YF: Mmmmmm. I don\u2019t know. Personally, I take it as intimidation. I wasn\u2019t really mistreated. But they destroyed me psychologically. The only fear I had was that they would send me to Tunisia. I am now in Senegal. I refused categorically to go back there under the previous government. I know what would happen.<\/span> <span><strong>CP: Did they threaten you to send you back to Tunisia during the police custody?<\/strong><\/span> <span>YF: Yes. Several times.<\/span> <span><strong>CP: They asked you to denounce people?<\/strong><\/span> <span>YF: Yes. If I didn\u2019t speak, if I didn\u2019t say the truth&#8230; But their truth is not the real truth. They just want to hear what they want to hear. You see what I mean? Apparently, for them, I did not say the truth. If I don\u2019t say what they want to hear, it\u2019s not the truth. Small details to humiliate you like forcing you to kneel&#8230;<\/span> <span><strong>CP: They asked you to kneel?<\/strong><\/span> <span>YF: Yes. Two or three times. My hands were tied in my back. They forced me to go on my knees. I did not have the right to sit down.<\/span> <span><strong>CP: Did they ask you about M\u2019hamed Benyamina?<\/strong><\/span> <span>YF: Yes, they talked to me about him. I even saw his name on some of their papers. I\u2019ve always said the same thing. I saw him only twice in my life. When I arrived in France, I was hosted by a French-Tunisian, Samir B. He was going to Egypt to learn Arabic. He told me I won\u2019t be here. You can take my flat, you just pay the rent. I looked for a job. That was good for me and good for him.<\/span> <span><strong>CP: Do you know if during the interrogations, they used information given by M\u2019hamed in Algeria?<\/strong><\/span> <span>YF: I heard that from the solicitor. He said they could not take into account the testimony of somebody interrogated in Algeria. There was no judge, nobody to witness the interrogations. Everybody knows perfectly how they extract statements. But I don\u2019t even know what M\u2019hamed Benyamina said. During the hearing with the judge, they showed some pictures to me. They asked me: <em>\u201cdo you know this person?\u201d<\/em> But during the police custody with the DST, they only mentioned names. There was no picture. But I did not know many people.<\/span> <span><strong>CP: Then you were placed in pre-trial detention for three years&#8230;<\/strong><\/span> <span>YF: Three years and a half.<\/span> <span><strong>CP: Why was it so long?<\/strong><\/span> <span>YF: No idea. I filled many petitions to be released. Always the same response. Samir B. Was released after a year and a half or two years. He was free when the trial started. As for me, they didn\u2019t want to hear anything.<\/span> <span><strong>CP: Were you under a special regime in prison?<\/strong><\/span> <span>YF: I was what they call a \u201cparticularly guarded detainee\u201d. I did not have the right to work. I did not have the right to many things.<\/span> <span><strong>CP: Were you in solitary confinement?<\/strong><\/span> <span>YF: At the beginning I was alone. I never shared a cell.<\/span> <span><strong>CP: During the hearings, what did the investigative judge ask you about?<\/strong><\/span> <span>YF: You see, when I think about it, it makes me laugh. Every four months, a judge has to interrogate you. They would only call me to validate the prolongation of my pre-trial custody. There was no real interrogation. That was like, <em>\u201cdid you really assault this girl? You did this, you did that\u201d<\/em>. There was nothing. At the beginning that was a judge and then another one, but that was the same thing.<\/span> <span><strong>CP: Do you know if the judge used some information obtained overseas?<\/strong><\/span> <span>YF: Yes. Yes. Yes. If my memory is correct, he said about M\u2019hamed Benyamina, I remember that very well. He said that, him, he said he knew me and that I was a member of the group. The investigative judge told me that almost two years after. I said that I saw him only twice. They asked me the same thing about somebody called Abderrahmane. I had never seen or met this person. Apparently, he was in Egypt. He came back while I was incarcerated. I asked them: <em>\u201cHow can you say that I am a member of his team while I\u2019ve never seen him in my life and even him does not recognise my face?\u201d<\/em><\/span> <span><strong>CP:Was it Saf\u00e9 Bourada?<\/strong><\/span> <span>YF: Yes! I think that\u2019s his name. They were showing me pictures asking me \u201c<em>do you know Abderrahmane?\u201d<\/em> I said no. The judge said: <em>\u201cthis person has been arrested. He founded a group and you are a member of it\u201d<\/em>. I requested a confrontation with the person. That never happened.<\/span> <span><strong>CP: How did you become aware that you had been sentenced in Tunisia?<\/strong><\/span> <span>YF: I learnt it when I was in Fresnes prison. I knew I had been condemned and I was scared that after my release, they would send me back directly. I managed to get the contacts of Luiza Toscane. She had contacts in Tunisia and she started to tell me, there are such and such sentences. Then, I could get in touch with my brother who managed to get a lawyer in order to obtain the judgements to be released. After six months, we managed to get them released.<\/span> <span><strong>CP: Do you know of what you were accused in Tunisia?<\/strong><\/span> <span>YF: There is an 8 year sentence only because I was sentenced in France. There was another 8 years sentence. I think there were three 8 year sentences. They said that I had talked to people who belonged to a group or who prepared terrorist acts. Just talked. Such person said:<em>\u201cYes, Yassine talked to me\u201d<\/em>. Just words. I was not there. They arrested people in Tunisia. As I was not there, the blame was put on me. The sentence is enormous. 47 years. All I know is what was written on these decisions. Even when they arrested me and tortured me in Tunisia, they never asked me any precise questions. To impress me, they would tell me: <em>\u201cyou know such and such\u201d<\/em>. They asked me about somebody I did not know, he\u2019s as old as my father. I was a cook in Tunisia. That\u2019s how I met him. I was in the mosque and that was the wedding of his daughter. I cooked for the wedding of his daughter. Then, they said you know this person. That were the questions they would ask me.<\/span> <span><strong>CP: In October 2008, your trial started in France. How did it happen?<\/strong><\/span> <span>YF: That was like theatre. That was formal. There was a trial because they had to judge us. They could not leave us any longer in jail without justifying it. I could not speak French very well. I took classes and I obtained degrees in prison to be able to express myself during the trial. Even my lawyer said it was not fair. I waited for three years and a half and during the trial, I did not even speak for four minutes. The judge took my case-file. She said such and such person. She started to bombard me with facts. I asked: <em>\u201cExcuse me, could you ask the questions one after the other, so that I have time to respond?\u201d<\/em> Her answer was: <em>\u201cwe don\u2019t have time\u201d.<\/em> Even my lawyer was revolted. She said: <em>\u201cHe has this right at least\u201d. <\/em>I was there, but it was like a photo.<\/span> <span><strong>CP: How did you react when you heard the sentence?<\/strong><\/span> <span>YF: Frankly, all I wished, at that time, was to finish that off and leave because I knew that I had no chance to explain myself or to defend myself. I don\u2019t know how to say. There is a saying in Tunisia:<em>\u201cI am attacking a mountain with a stick\u201d.<\/em> I could not even say what happened. And then you know what happened to me&#8230; After I received my sentence, I started the process to avoid my return to Tunisia. I did that with Luiza Toscane as well as with the ACAT (Christian action for the abolition of torture). We filled the petition. I requested three times the permission to leave the prison to go to the OFPRA (French Office for the Protection of Refugees and Stateless persons). That was rejected. I was not permitted to go there for an interview. One day, I was in my cell. They opened the door and they told: <em>\u201cYou are going\u201d.<\/em> I said: <em>\u201cwhere?\u201d<\/em> They did not say anything. I arrive. I am at the OFPRA. That was the same: a scene just to give you your right. You have the right to appear, so they give you that right. But after, there is nothing concrete.<\/span> <span><strong>CP: France was still willing to deport you to Tunisia. What prevented it?<\/strong><\/span> <span>YF: The actions I undertook with Luiza Toscane. We contacted organisations: Amnesty, ACAT&#8230; They wrote letters to the Office for the Protection of Refugees and Stateless persons and even to the Interior Ministry in France. Asylum was not denied to me. I was excluded. They recognise that I am entitled to be granted asylum but as I was sentenced in France, I don\u2019t have the right to be granted asylum in France. I was sentence to four years for the accusations of terrorism. To show you their hostility, as I was scared and gave a false name, they gave me six months for identity theft. And plus, they banned me indefinitely from France. I struggled to obtain the lift of the ban, but they don\u2019t want to hear anything. When I was released, they did not deport me to Tunisia, but they tried to make me sign something to send me to Senegal. I refused categorically. I even refused to get into the plane. I was \u201ctaped\u201d from head to toes. They lifted me like a bag and they put me at the back of the plane. There were three people to guard me at the back. One of them sat on me until the arrival in Senegal. I arrived at the airport in Senegal. I waited. Senegalese policemen took me upstairs. I had no documents, no nothing. I was put in police custody directly in a very dirty place full of cockroaches and mosquitoes. I spent five days there. I started a hunger and thirst strike until they took me to the hospital to feed me intravenously. I wanted to know why they took me here to throw me in prison again. Because of the media and Luiza Toscane who followed my case since the beginning, they were forced to release me.<\/span> <span><strong>CP: When were you told that you would be deported to Senegal?<\/strong><\/span> <span>YF: On the day of my release, on 24 December 2009. As I studied, I gained degrees, I had a good behaviour, my sentence was reduced. I was released. When we arrived at the office of the prison, I thought I would be set free or I would be sent to a place for refugees or anywhere else. The policemen gave me something. I read it. I didn\u2019t even know Senegal. I didn\u2019t know anybody. I refused to sign. They gave me a pen and I wrote at the bottom of the page: \u201cI refuse to sign until my lawyer is informed\u201d.<\/span> <span><strong>CP: Do you know why they chose Senegal?<\/strong><\/span> <span>YF: No idea.<\/span> <span><strong>CP: Could you tell us how you were taken to the airport?<\/strong><\/span> <span>YF: We arrived at Roissy Airport. They put me somewhere for two hours. At the airport, I resisted to have the right to call my lawyer. I was not in prison anymore, I had the right to give calls. I only wanted to call my lawyer to inform him. They refused. When I got really angry, they took me on the floor. I had my hands tied in my back and my legs shackled. They took me on the ground. The lawyer requested the European Court of Human rights to prevent this deportation as long as Senegal did not give guarantees that it accepted me and would provide for me. The European Court gave the order to France not to deport me to Senegal. They ignored it and they deported me. As an excuse, they said that the request of the European Court came while I was already in the plane. It\u2019s not true. We have the time the order arrived and the time at which the plane left. As I refused to board, the flight was delayed for 45 minutes. They put tape all over me. They were four people. They could not handle me, so they put me on the ground with my hands in the back. That was really humiliating. I don\u2019t know what to say.<\/span> <span><strong>CP: What happened when you upon your arrival?<\/strong><\/span> <span>YF: As I told you, at the beginning, they were waiting for the Senegalese policemen. They came. French policemen left. They took me upstairs. They filled some documents. Before I passed the door, they handcuffed me in my back again and I got in the car with three persons. They took me somewhere, I don\u2019t where. They call that the \u201cport police station\u201d. I swear even for animals, you can\u2019t do it. I stayed there for five days. Five days without eating or drinking. I refused. At a point, I was praying and I fainted. They had to take me to the hospital. They try to talk to me, to tell me that it would get better and to give me injections. I said that I did not ask to come here and that if they wanted to throw me to prison again, I preferred to die with dignity. They told me here you are at home&#8230; It was only words. They thought I was a kid. Even now. What can I do? I don\u2019t have money, I don\u2019t have any documents. We talked, media came with a lawyer in Senegal, the former president of ONDH (National Organisation of Human Rights). He is the only one who helped me. I spent 15 days in front of the Ministry of Foreign Affairs in Dakar. I camped there. They did not care. The President of RRADHO (African Meeting for the defence of Human Rights) had a meeting with the minister. He talked about my case. I kept on phoning. Even associations like Amnesty, the radio&#8230; they are discouraged. They did everything, they can\u2019t do anything for me. All they can do is to call or to write. Then I stopped. I wanted to keep a bit of my dignity.<\/span> <span><strong>CP: You broke your hand as well. Did you receive any treatment?<\/strong><\/span> <span>YF: I received a bad news from Tunisia, from my mum. I punched a wall and I broke my hand. The bone is deformed. It healed like that. We did an X-ray. The doctor said I needed an operation. They said that the operation is expensive. They left me like that. Now, I can\u2019t close my hand.<\/span> <span><strong>CP: How many times did you find yourself homeless because the authorities did not pay the hotel?<\/strong><\/span> <span>YF: They never paid the hotel to be fair. I had a bit of money then. When I was released, they asked me:<em>\u201cdo you want to provide for yourself or do you want us to provide for you?\u201d<\/em> I didn\u2019t have the means and I did not know the place. I only asked for a place to sleep and I would see for the rest. I went in a hotel. When I did not have any money left, I had to contact them again. The person I was in touch with in the police station called the man in charge of the hotel to calm him down. They told him that they would pay for it. He trusted them at the beginning because that\u2019s the authorities. That lasted for four or five months, he didn\u2019t receive anything. He told me,<em>\u201cmy friend, I can\u2019t do it anymore. I have bosses, I can\u2019t tell them that somebody lives here and does not pay\u201d.<\/em> I had to leave. I took my suit case and I went directly to the Foreign affairs Minister in Dakar. It was four in the morning. I set my suit case and I waited. The day after, some policemen asked me what I was doing. They told me I could not stay there. I had to cross the road. I crossed the road and I stayed there. The lawyer I mentioned came. Some media came as well. Sometimes it\u2019s very painful. There\u2019s a title I will never forget. A journalist came to talk to me very honestly. Then, he wrote: \u201c<em>a terrorist in the streets of Dakar\u201d.<\/em> They don\u2019t care about the person, they care about sale. I don\u2019t know how to explain. When you arrive in a country, you don\u2019t know anybody and people see you as a terrorist&#8230; I just want to be anonymous. I don\u2019t want anybody to know me. I just want to live my life. Until when is it going to last? It\u2019s been almost two years of ordeal in Senegal.<\/span> <span><strong>CP: What is your administrative situation now?<\/strong><\/span> <span>YF: I applied for a Tunisian passport almost seven months ago. I am still waiting. There\u2019s nothing. To be honest I want to go back but at the same time, there\u2019s no government. I don\u2019t want to go there, spend a month or two or even a year and then having them knocking on my door to bring me problems.<\/span> <span><strong>CP: What are your life conditions at the moment?<\/strong><\/span> <span>YF: Pfff. I don\u2019t know how to say. I have no accommodation, no document and no money. I\u2019ve sold everything I had. I only kept my phone because it\u2019s my link to the world.<\/span> <span><strong>CP: How do you live?<\/strong><\/span> <span>YF: I cope with it. Weather is hot, there\u2019s the beach. I take a tour in the streets during the day. At night, I walk. Khair inshaAllah. God is great.<\/span> <span><strong>CP: How did you react when you learnt the downfall of Ben Ali?<\/strong><\/span> <span>YF: Honestly, I was not happy for myself. I was happy for the country.<\/span> <span><strong>CP: And what about when you learnt the law of amnesty?<\/strong><\/span> <span>YF: My brother went, and he got to know that I had been cleared. But you know, I hadn\u2019t done anything. They destroyed me. After all the things I said about them, do you think they will leave me alone?<\/span> <span><strong>CP: So you don\u2019t plan to go back to Tunisia?<\/strong><\/span> <span>YF: You see, I have the urge but fear makes me reluctant. I don\u2019t know what would happen to me there. Because I talked. When they will have me there, soon or later, they will seek revenge.<\/span> <span><strong>CP: What\u2019s the best solution for you?<\/strong><\/span> <span>YF: Honestly, I don\u2019t know. I live from hand to mouth. I don\u2019t know: a place where I could live with dignity. I am a worker, I am not a kid.<\/span> <span><strong>CP: How can we help you?<\/strong><\/span> <span>YF: Frankly, I don\u2019t know. I have no idea. At least having talked helped me psychologically. That will help me to externalise my feelings. It\u2019s a double life. With a background like mine, the one I described to you, people look at you strangely.<\/span> <span><strong>CP: Do you have a message for our readers?<\/strong><\/span> <span>YF: The only message I have is: When is it going to end? When will I have a normal life? Do I have to pay for my company all my life? That\u2019s not fair. I was condemned. That\u2019s over. What France did to me is that they took me out of their prison and threw me in a big one! Kheir inshaAllah.<\/span><\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span><font><strong>(Source: <\/strong><\/font><a href=\"http:\/\/www.cageprisoners.com\/about-us\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font><strong>Cage Prisoners<\/strong><\/font><\/a><font><strong> le 18 octobre 18 octobre 2011)<\/strong><\/font><\/span><\/font><\/p>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><span>Lien:<a href=\"http:\/\/www.cageprisoners.com\/our-work\/interviews\/item\/2374-interview-with-yassine-ferchichi\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\" title=\"http:\/\/www.cageprisoners.com\/our-work\/interviews\/item\/2374-interview-with-yassine-ferchichi\">http:\/\/www.cageprisoners.com\/our-work\/interviews\/item\/2374-interview-with-yassine-ferchichi<\/a><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TUNISNEWS 11 \u00e8me ann\u00e9e, N\u00b04149 du 08.11.2011 archives : www.tunisnews.net Aziz Krichen: \u00c0 propos des \u00e9lections de la constituante en Tunisie &#8211; l&rsquo;epouvantail islamiste Le Monde.fr: \u00ab\u00a0La Tunisie comme enjeu plut\u00f4t que sympt\u00f4me\u00a0\u00bb Courrier International: Quand la t\u00e9l\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre\u2026 le pr\u00e9sident Ben Ali Le Monde: \u00ab\u00a0Tunisie et Libye : l&rsquo;apprentissage de la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb Slate Afrique: [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22040,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[],"tags":[63,42,29],"class_list":["post-17338","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","tag-63","tag-42","tag-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17338","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17338"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17338\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22040"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17338"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}