{"id":16565,"date":"2006-09-17T00:00:00","date_gmt":"2006-09-17T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/17-septembre-2006\/"},"modified":"2006-09-17T00:00:00","modified_gmt":"2006-09-17T00:00:00","slug":"17-septembre-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/17-septembre-2006\/","title":{"rendered":"17 septembre 2006"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"Ce \n  plaidoyer pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage est le fruit d\u2019un engagement \n  collectif et pluriel men\u00e9 en association par les militantes de l\u2019Association \n  tunisienne des femmes d\u00e9mocrates (ATFD) et de l\u2019Association tunisienne des \n  femmes pour la recherche sur le d\u00e9veloppement (AFTURD). Inscrit dans le \n  prolongement de la campagne de sensibilisation lanc\u00e9e en 1999 sous forme de \n  p\u00e9tition nationale ainsi que de d\u00e9bats, rencontres et ateliers d\u2019\u00e9criture qui \n  en ont jalonn\u00e9 les \u00e9tapes, il s\u2019adresse \u00e0 toutes et \u00e0 tous, d\u00e9cideurs \n  politiques et acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile avec la d\u00e9monstration en 15 \n  arguments que l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage n\u2019est ni de l\u2019ordre de l\u2019impensable, \n  ni de l\u2019ordre de l\u2019impraticable dans notre pays. Le changement social est \n  majeur et s\u2019inscrit dans l\u2019histoire de la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne dans son rapport \n  \u00e0 la modernit\u00e9. Loin d\u2019\u00eatre le fait exclusif des acteurs institutionnels et de \n  l\u2019Etat - dont il ne s\u2019agit pas ici de sous-estimer l\u2019action mobilisatrice-, \n  ces changements sont aussi le fait de citoyens ordinaires qui, au quotidien, \n  au sein de la famille, dans les lieux de travail, la cit\u00e9, se posent en \n  acteurs, refusant les contraintes, tissant de nouveaux rapports et inventant \n  de nouvelles mani\u00e8res d\u2019agir, de vivre le mariage, la maternit\u00e9, les liens \n  conjugaux, les responsabilit\u00e9s parentales, les charges familiales, les \n  pratiques successorales. Or si le changement social se mesure \u00e0 l\u2019ensemble de \n  ces nouvelles r\u00e9alit\u00e9s en rupture avec l\u2019ancien (l\u2019\u00e9mergence de l\u2019individu et \n  de la famille conjugale, l\u2019essor du travail f\u00e9minin, la g\u00e9n\u00e9ralisation de \n  l\u2019enseignement, l\u2019extension de la couverture sanitaire, les mouvements \n  citoyens pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la d\u00e9mocratie), il reste aussi prisonnier de la \n  force de l\u2019ancien et des mod\u00e8les qui perdurent et dont rendent compte les \n  \u00abobjections\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 successorale entre les sexes.\" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body style=\"text-align: justify\"><\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\/\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/span><\/a><\/b><\/p>\n<div> <font face=\"Arial\" size=\"2\"> <\/p>\n<div>\n<table border=\"1\" width=\"100%\">\n<tr>\n<td bgcolor=\"#efefef\" width=\"100%\"> <span lang=\"AR-SA\"> <\/p>\n<div align=\"left\">  <\/div>\n<div> <span lang=\"FR\"> <\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <font face=\"Arial\"><font size=\"2\"> <span lang=\"SV\"> <strong>TUNISNEWS<\/strong><\/span> <\/font><\/font> <\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <strong><font face=\"Arial\"><font size=\"2\">            7\u00a0\u00e8me\u00a0ann\u00e9e, <span lang=\"FR\">N\u00b0\u00a02309 du 17.09.2006<\/span><\/font><\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <strong> <\/p>\n<div align=\"center\"> <b><span><blink> <font face=\"Arial\" size=\"2\">\u00a0archives : <\/font> <a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <font face=\"Arial\" size=\"2\" target=\"_blank\">              www.tunisnews.net<\/font><\/a><\/blink><\/span><\/b><font face=\"Arial\" size=\"2\"> <\/font> <\/div>\n<p> <\/strong><\/div>\n<p> <\/span><\/div>\n<p> <font face=\"Arial\"> <\/p>\n<div align=\"left\" dir=\"ltr\"> <font size=\"2\"><\/p>\n<hr noshade=\"\" size=\"8\"\/> <\/font> <\/div>\n<div align=\"left\" dir=\"ltr\"> <font size=\"2\"> <span lang=\"FR\"><strong>          Kalima: ATFD et AFTURD : Plaidoyer pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage<\/strong><\/span><\/font><\/div>\n<div align=\"left\" dir=\"ltr\">\n<div> <font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong>            Webmanagercenter: Le dinar ne cesse de se d\u00e9pr\u00e9cier :Est-ce la bonne             solution ? <\/strong><\/font> <\/div>\n<div> <font size=\"2\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Webmanagercenter: Agroalimentaire :Les vins tunisiens sortent leurs             griffes<\/font><\/h2>\n<p> <\/strong><\/font> <\/div>\n<div>\n<p><font size=\"2\"><strong><font>El             Watan: Pillage du corail \u00e0 l\u2019Est du pays &#8211; Les Tunisiens s\u2019y mettent             aussi<\/font>             Le Temps: D\u00e9rapage papal &#8211; Le choc des int\u00e9grismes             <font>Le Figao: Les regrets du Pape n\u2019apaisent pas             le courroux du monde musulman             <\/font>Tribune de Gen\u00e8ve: Les propos qui embarrassent le Vatican             <font>El- annabi: L\u2019Alg\u00e9rie et la France font front             contre le GSPC &#8211; Le terrorisme, un ennemi commun<\/font><\/strong><\/font><\/p>\n<p><o:p><font><\/font><\/o:p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p> <\/font> <\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/table><\/div>\n<div> <font><\/font>\u00a0<\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\">    \u00a0<\/p>\n<p><font><a href=\"http:\/\/www.nawaat.org\/forums\/index.php?showtopic=11741\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Cliquez     ici<\/strong><\/a><strong> pour acc\u00e9der au reportage exceptionnel de l&rsquo;AISPP     sur la catastrophe humanitaire     des prisonniers politiques Tunisiens<\/strong>\u00a0  <\/font><\/p>\n<\/div>\n<p> <font> <\/p>\n<div align=\"left\" dir=\"ltr\">\n<hr\/>\n<p> <span lang=\"FR\"> <\/span><\/div>\n<div>\n<div align=\"justify\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<table border=\"0\" cellpadding=\"0\" cellspacing=\"0\" width=\"100%\">\n<tr>\n<td>\n<p>          \u00a0<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"> <font size=\"3\"><b> <span lang=\"FR\">ATFD et AFTURD       : plaidoyer pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage<\/span><\/b><\/font><\/p>\n<p>      \u00a0<\/p>\n<\/div><\/div>\n<p> <\/font><\/font><\/div>\n<div> <span lang=\"FR\"><strong>Ce   plaidoyer pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage est le fruit d\u2019un engagement   collectif et pluriel men\u00e9 en association par les militantes de l\u2019Association   tunisienne des femmes d\u00e9mocrates (ATFD) et de l\u2019Association tunisienne des   femmes pour la recherche sur le d\u00e9veloppement (AFTURD). Inscrit dans le   prolongement de la campagne de sensibilisation lanc\u00e9e en 1999 sous forme de   p\u00e9tition nationale ainsi que de d\u00e9bats, rencontres et ateliers d\u2019\u00e9criture qui   en ont jalonn\u00e9 les \u00e9tapes, il s\u2019adresse \u00e0 toutes et \u00e0 tous, d\u00e9cideurs   politiques et acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile avec la d\u00e9monstration en 15   arguments que l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage n\u2019est ni de l\u2019ordre de l\u2019impensable,   ni de l\u2019ordre de l\u2019impraticable dans notre pays. Le changement social est   majeur et s\u2019inscrit dans l\u2019histoire de la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne dans son rapport   \u00e0 la modernit\u00e9. Loin d\u2019\u00eatre le fait exclusif des acteurs institutionnels et de   l\u2019Etat &#8211; dont il ne s\u2019agit pas ici de sous-estimer l\u2019action mobilisatrice-,   ces changements sont aussi le fait de citoyens ordinaires qui, au quotidien,   au sein de la famille, dans les lieux de travail, la cit\u00e9, se posent en   acteurs, refusant les contraintes, tissant de nouveaux rapports et inventant   de nouvelles mani\u00e8res d\u2019agir, de vivre le mariage, la maternit\u00e9, les liens   conjugaux, les responsabilit\u00e9s parentales, les charges familiales, les   pratiques successorales. Or si le changement social se mesure \u00e0 l\u2019ensemble de   ces nouvelles r\u00e9alit\u00e9s en rupture avec l\u2019ancien (l\u2019\u00e9mergence de l\u2019individu et   de la famille conjugale, l\u2019essor du travail f\u00e9minin, la g\u00e9n\u00e9ralisation de   l\u2019enseignement, l\u2019extension de la couverture sanitaire, les mouvements   citoyens pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la d\u00e9mocratie), il reste aussi prisonnier de la   force de l\u2019ancien et des mod\u00e8les qui perdurent et dont rendent compte les   \u00abobjections\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 successorale entre les sexes.<\/strong> <span><strong>1- Plaidoyer pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans   l\u2019h\u00e9ritage \u2026 Quelles objections ?<\/strong><\/span>   Les d\u00e9bats sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage ont permis de prendre la mesure des   attentes et des avanc\u00e9es r\u00e9alis\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9 mais aussi de d\u00e9gager le   poids des r\u00e9sistances. Ces r\u00e9sistances sont justifi\u00e9es selon les personnes par   :   1. La priorit\u00e9 accord\u00e9e aux combats pour la consolidation des droits et des   libert\u00e9s publiques et la r\u00e9ticence \u00e0 soulever une question \u00abd\u00e9licate\u00bb. A quoi   bon, se demande-t-on, revendiquer l\u2019\u00e9galit\u00e9 successorale alors m\u00eame qu\u2019elle ne   repr\u00e9sente aucune urgence sociale et qu\u2019elle ne concerne qu\u2019une infime   cat\u00e9gorie sociale? Ne faut-il pas plut\u00f4t oeuvrer \u00e0 consolider les acquis et \u00e0   inscrire dans la r\u00e9alit\u00e9 les droits et libert\u00e9s d\u00e9j\u00e0 conquis?   2. L\u2019attachement \u00e0 l\u2019islam, \u00e0 ses institutions et \u00e0 l\u2019identit\u00e9 culturelle. A   quoi bon, ajoute-t-on, exiger l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage alors m\u00eame qu\u2019elle se   heurte au donn\u00e9 divin et au texte sacr\u00e9 de l\u2019Islam ? Quelle est l\u2019urgence \u00e0   exhumer une question qui risque de soulever les passions et de provoquer des   crispations: crispations religieuses en raison de sa \u201cracine chara\u00efque\u201d et de   ses liens avec le texte sacr\u00e9, crispations sociales en raison de son r\u00f4le   structurant de la famille tunisienne, crispations politiques en raison de son   inopportunit\u00e9 au regard des revendications identitaires ?   3. L\u2019inopportunit\u00e9 sociale de la question. Pourquoi, insiste-ton, changer un   syst\u00e8me qui, en vigueur depuis des si\u00e8cles, assure \u00e0 sa mani\u00e8re une   r\u00e9partition \u00ab\u00e9quitable\u00bb des biens et donne la preuve de son efficacit\u00e9   sociale? Pourquoi donc le changer et risquer de perturber un ordre \u00e9tabli et   accept\u00e9?      .<b><span>2 &#8211; Plaidoyer pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 successorale \u2026   Pour en finir avec les privil\u00e8ges !<\/span><\/b>   Il s\u2019agit aujourd\u2019hui, cinquante ans apr\u00e8s la promulgation du Code du statut   personnel, de contribuer par le plaidoyer \u00e0 lever \u00abl\u2019hypoth\u00e8que\u00bb qui p\u00e8se   encore sur la condition de millions de Tunisiennes    \u00b7 Parce que le r\u00e9gime successoral applicable aux Tunisiennes est   discriminatoire, fond\u00e9 encore sur les privil\u00e8ges masculin et religieux (la   r\u00e8gle du double au profit des hommes de la lign\u00e9e masculine) ;   \u00b7 Parce qu\u2019il est temps, cinquante ans apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du pays, de   r\u00e9aliser enfin l\u2019\u00e9galit\u00e9 juridique pleine et enti\u00e8re entre les sexes dans tous   les domaines ;   \u00b7 Parce que rien du point de vue \u00e9thique, sociologique, \u00e9conomique, politique,   culturel et juridique n\u2019excuse les discriminations \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes ;   \u00b7 Parce que le d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social atteint, plaide pour   l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits et des chances ;   \u00b7 Parce que l\u2019avenir de tous est dans la capacit\u00e9 du pays \u00e0 d\u00e9velopper le   potentiel \u00e9conomique des femmes ;   \u00b7 Parce que l\u2019avenir commun des femmes et des hommes, d\u2019une nation et d\u2019un   peuple est dans l\u2019\u00e9galit\u00e9 et le juste partage ;      .<b><span>\u25ba R\u00e9formons la loi successorale et \u00e9tablissons   l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes dans l\u2019h\u00e9ritage !<\/span><\/b>         .<\/span><b><span>3   &#8211; Plaidoyer pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage \u2026 Quels types d\u2019arguments ?<\/span><\/b><span>   Appuy\u00e9 sur l\u2019observation, l\u2019\u00e9tude et l\u2019argumentation, le plaidoyer poursuit   l\u2019objectif de :   \u00b7 Revoir la question successorale \u00e0 la lumi\u00e8re des changements \u00e9conomiques et   des transformations sociales que la Tunisie a enregistr\u00e9s depuis   l\u2019ind\u00e9pendance. Le but est d\u2019identifier dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle les \u00e9l\u00e9ments   de rupture avec le mod\u00e8le in\u00e9galitaire et de rendre compte des nouvelles   dimensions \u00e9conomiques et sociales que rev\u00eat la question de l\u2019in\u00e9galit\u00e9   successorale (I &#8211; Argumentaire socio\u00e9conomique).   \u00b7 Repenser la question successorale \u00e0 la lumi\u00e8re des \u00e9volutions l\u00e9gislatives   et jurisprudentielles que la Tunisie a enregistr\u00e9es au cours de ses cinquante   ans d\u2019intense production juridique (II- Argumentaire juridique).   \u00b7 Approcher la question successorale dans ses dimensions culturelles et ses   constructions symboliques et religieuses afin de lever le voile sur ses   pr\u00e9suppos\u00e9s id\u00e9ologiques et ses fonctions de l\u00e9gitimation de l\u2019ordre   patriarcal. A contrario, il s\u2019agit de rendre compte des changements culturels,   de l\u2019adh\u00e9sion des acteurs aux valeurs d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de leur capacit\u00e9 \u00e0   mobiliser plusieurs registres pour atteindre en pratique l\u2019\u00e9galit\u00e9 (III &#8211;   Argumentaire culturel).      <b>Arguments compl\u00e9mentaires d\u00e9ploy\u00e9s en 15 points tir\u00e9s de l\u2019analyse   objective et m\u00e9thodique du terrain, ils plaident pour la lev\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s   successorales.<\/b>      .<b><span>I &#8211; POUR L\u2019\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE : LES   ARGUMENTS SOCIO-\u00c9CONOMIQUES<\/span><\/b>      Puis\u00e9es dans la r\u00e9alit\u00e9 et le v\u00e9cu des acteurs, ces donn\u00e9es rendent compte de   l\u2019anachronisme du syst\u00e8me de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 successorale au regard des avanc\u00e9es   \u00e9conomiques et sociales du pays et des nouveaux r\u00f4les assum\u00e9s par les femmes.      .<b><span>ARGUMENT 1 &#8211; MUTATIONS DE LA FAMILLE TUNISIENNE :   D\u00c9CALAGE ENTRE LA R\u00c9ALIT\u00c9 CONJUGALE ET LE MOD\u00c8LE L\u00c9GAL SUCCESSORAL<\/span><\/b>   Les \u00e9tudes socio-\u00e9conomiques font \u00e9tat de l\u2019ampleur du changement social en   Tunisie. A la famille traditionnelle de type patriarcal -fond\u00e9e sur le groupe   avec sa hi\u00e9rarchie des sexes et des \u00e2ges- se substitue progressivement la   famille conjugale (69% du total des familles). Cette transformation, dont les   facteurs sont multiples, est en voie de produire de nouveaux types de   comportements et d\u2019induire de nouveaux rapports entre les hommes et les femmes   favorables \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de l\u2019individu et \u00e0 la reconnaissance de son autonomie.   Le d\u00e9phasage est de plus en plus en plus flagrant entre le syst\u00e8me l\u00e9gal de   transmission des biens par h\u00e9ritage, b\u00e2ti sur le mod\u00e8le traditionnel de la   famille patriarcale et les structures actuelles de la famille moderne   tunisienne, famille de type conjugal. En r\u00e9alit\u00e9 l\u2019argument s\u2019il en faut, est   de mettre le dispositif juridique en harmonie avec la nouvelle \u00e9chelle de   valeurs en usage dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s des femmes au travail, \u00e0   l\u2019\u00e9ducation, \u00e0 l\u2019espace public, pulv\u00e9rise les sch\u00e8mes traditionnels de la   domination patriarcale dont la discrimination successorale constitue un des   fondements et un des m\u00e9canismes de reproduction.      .<b><span>ARGUMENT 2 &#8211; LA CONTRIBUTION \u00c9CONOMIQUE DES   FEMMES<\/span><\/b>   Actives, les femmes contribuent fortement \u00e0 la prise en charge familiale.   Elles en assument une part importante et participent par leur salaire ou leurs   revenus au bien \u00eatre et au confort familial. L\u2019acc\u00e8s massif des femmes au   travail et au salariat repr\u00e9sente une nouvelle r\u00e9alit\u00e9. Il impose de nouvelles   repr\u00e9sentations et implique de nouveaux engagements dans le couple et la   famille. \u00abLes femmes gagnent un salaire, g\u00e8rent le budget, s\u2019occupent du foyer   et exercent un m\u00e9tier\u00bb. Prenant part au bien-\u00eatre mat\u00e9riel de la famille et de   la collectivit\u00e9, elles se posent d\u00e9sormais en productrices de biens et de   sens. Toutes les enqu\u00eates montrent que le travail des femmes contribue \u00e0   consolider leur autonomie financi\u00e8re, \u00e0 instaurer des rapports de partenariat   au sein du couple, \u00e0 affermir l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9conomique de la famille et sa   capacit\u00e9 \u00e0 faire face aux al\u00e9as de la vie moderne, \u00e0 valoriser le statut   \u00e9conomique du couple qui gagne en confort mat\u00e9riel et en prestige social, \u00e0   assurer une meilleure prise en charge des besoins de la famille en termes   d\u2019\u00e9ducation des enfants, de soins et de culture. La contribution des femmes   est aussi perceptible \u00e0 leur participation \u00e0 la constitution du patrimoine   familial immobilier par l\u2019acquisition du logement au moyen du cr\u00e9dit ou par   apport propre, l\u2019am\u00e9lioration des conditions d\u2019habitat et la charge de   l\u2019entretien du b\u00e2ti. Il est juste dans ces conditions d\u2019\u00e9quilibrer le   potentiel \u00e9conomique des femmes en abolissant la discrimination en mati\u00e8re   successorale. A responsabilit\u00e9 \u00e9gale, une part \u00e9gale dans l\u2019h\u00e9ritage des   biens.      .<b><span>ARGUMENT 3 &#8211; L\u2019IN\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE EST UN   HANDICAP SOCIAL ET UN FACTEUR AGGRAVANT LA PR\u00c9CARIT\u00c9 \u00c9CONOMIQUE ET LA   VULN\u00c9RABILIT\u00c9 SOCIALE DES FEMMES<\/span><\/b>   Ph\u00e9nom\u00e8ne universel, la f\u00e9minisation de la pauvret\u00e9 ou la paup\u00e9risation des   femmes rend compte non seulement de la conjonction de deux facteurs cumulatifs   (d\u2019une part, la pauvret\u00e9 \u00e9conomique, d\u2019autre part, les rapports in\u00e9gaux de   sexe), mais aussi de leurs effets multiplicateurs sur la condition   socio\u00e9conomique des femmes. Toutes les \u00e9tudes montrent que la pr\u00e9carit\u00e9 (prise   dans un sens restrictif ou extensif) touche plus durement les femmes et menace   les plus vuln\u00e9rables d\u2019entre elles de sombrer dans la pauvret\u00e9 absolue. Ainsi,   il y aurait dans le monde 3 milliards de personnes vivant dans la pauvret\u00e9,   dont 70 % seraient des femmes. L\u2019in\u00e9galit\u00e9 successorale constitue un handicap   social et un facteur aggravant la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9conomique et la vuln\u00e9rabilit\u00e9   sociale des femmes.   Ces travaux soulignent l\u2019effet multiplicateur de la pr\u00e9carit\u00e9 \u00e9conomique en   cas de violence. Celle-ci agit en renfor\u00e7ant l\u2019impact de la violence sur les   femmes. Lutter contre la pauvret\u00e9, c\u2019est lutter contre les l\u00e9gislations   patrimoniales discriminatoires. Lutter contre la pauvret\u00e9, c\u2019est aussi lutter   contre les facteurs multiplicateurs de la violence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes, dont   les lois patrimoniales discriminatoires.      .<b><span>ARGUMENT 4 &#8211; LA FORCE DES MOD\u00c8LES ET LES BR\u00c8CHES   APPORT\u00c9ES AU SYST\u00c8ME DE L\u2019AGNATION DE LA PROPRI\u00c9T\u00c9 FONCI\u00c8RE<\/span><\/b>   Comme par le pass\u00e9, mais non dans les m\u00eames proportions, la terre continue   dans le pr\u00e9sent d\u2019appartenir aux hommes. Participant de la structure m\u00eame de   la famille patriarcale, de sa reproduction, de sa puissance, de sa diffusion   et de ses strat\u00e9gies matrimoniales, le patrimoine foncier s\u2019est construit et   continue de se construire sur le principe de l\u2019agnation et de sa transmission   aux m\u00e2les par les m\u00e2les. Toutefois les \u00e9tudes montrent que lorsque les   l\u00e9gislations nationales s\u2019y pr\u00eatent, les femmes sont capables de d\u00e9velopper, \u00e0   l\u2019\u00e9gal des hommes, l\u2019esprit d\u2019initiative et d\u2019entreprise fonci\u00e8re. Ainsi en   d\u00e9pit des handicaps dans le domaine de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re marqu\u00e9e par   l\u2019agnation de la terre, les femmes tunisiennes ont su d\u00e9velopper un   entreprenariat agricole. Ce potentiel attend d\u2019\u00eatre confirm\u00e9 par une   l\u00e9gislation \u00e9tablissant l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits et des chances dans le circuit de   la gratuit\u00e9 patrimoniale.      .<b><span>ARGUMENT 5 &#8211; STRAT\u00c9GIES INDIVIDUELLES ET   PRATIQUES INNOVANTES DE PARTAGE \u00c9GALITAIRE<\/span><\/b>   Force est de constater que la r\u00e9alit\u00e9 sociale est parfois en avance sur les   l\u00e9gislations nationales et les r\u00e8gles officielles. Adh\u00e9rant aux valeurs   d\u2019\u00e9galit\u00e9, les individus, femmes et hommes, mettent en place des strat\u00e9gies   compensatoires et usent des multiples ressorts que leur offre le syst\u00e8me   juridique. Les partages \u00e9galitaires et les pratiques innovantes constituent   une r\u00e9alit\u00e9 qui s\u2019impose tous les jours davantage : donations \u00e0 parts \u00e9gales   au profit des enfants, ventes et lib\u00e9ralit\u00e9s entre ascendants et descendants,   testament au profit de l\u2019\u00e9pouse, des filles, des ni\u00e8ces, partage \u00e9gal des   biens du vivant des parents, liquidation de l\u2019h\u00e9ritage \u00e0 part \u00e9gale entre les   fr\u00e8res et les soeurs, entre les \u00e9poux, etc. Il s\u2019agit d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne dont le   sens ne peut laisser indiff\u00e9rent le l\u00e9gislateur moderne \u00e0 qui revient la   r\u00e9gulation juridique des rapports sociaux.      .<b><span>II &#8211; POUR L\u2019\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE : LES   ARGUMENTS DE DROIT<\/span><\/b>      Ces arguments tir\u00e9s de la logique positive de l\u2019ordre juridique tunisien et de   ses principes fondamentaux invalident en droit les in\u00e9galit\u00e9s successorales.      .<b><span>ARGUMENT 6 &#8211; L\u2019IN\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE EST   CONTRAIRE AUX PRINCIPES CONSTITUTIONNELS D\u2019\u00c9GALIT\u00c9 DES CITOYENS ET DE GARANTIE   DES LIBERT\u00c9S FONDAMENTALES<\/span><\/b>   Deux principes sont \u00e9lev\u00e9s au rang sup\u00e9rieur de principes constitutionnels   d\u00e9terminant la validit\u00e9 en droit de tout l\u2019\u00e9difice juridique : les principes   des articles 5 et 6 de la constitution tunisienne du 1er juin 1959.   Article 5 : \u00abLa r\u00e9publique tunisienne garantit les libert\u00e9s fondamentales et   les droits de l\u2019homme dans leur acception universelle, globale, compl\u00e9mentaire   et interd\u00e9pendantes. La r\u00e9publique tunisienne a pour fondements les principes   de l\u2019\u00e9tat de droit et du pluralisme et oeuvre pour la dignit\u00e9 de l\u2019homme et le   d\u00e9veloppement de sa personnalit\u00e9 (\u2026). La r\u00e9publique tunisienne garantit   l\u2019inviolabilit\u00e9 de la personne humaine et la libert\u00e9 de conscience et prot\u00e8ge   le libre exercice des cultes sous r\u00e9serve qu\u2019il ne trouble pas l\u2019ordre   public\u00bb.    Article 6 : \u00abTous les citoyens ont les m\u00eames droits et les m\u00eames devoirs. Ils   sont \u00e9gaux devant la loi\u00bb.   Principes constitutionnels auxquels est attach\u00e9e une valeur sup\u00e9rieure, ils   s\u2019imposent aux lois et invalident les discriminations successorales. Sur cette   base il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 dans les affaires d\u2019h\u00e9ritage o\u00f9 il y a diff\u00e9rence   confessionnelle entre les \u00e9poux que \u00abla prohibition de toute discrimination   sur des bases religieuses est un principe fondamental de l\u2019ordre juridique   tunisien\u00bb et que toute discrimination sur des bases religieuses contredit   l\u2019article 6 de la constitution tunisienne \u00aben cr\u00e9ant deux cat\u00e9gories de   Tunisiens\u00bb. [Tribunal de Tunis, 18 mai 2000. 2000\/7602]      .<b><span>ARGUMENT 7 &#8211; L\u2019IN\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE EST   CONTRAIRE AUX STANDARDS UNIVERSELS RECONNUS DANS LES TRAIT\u00c9S D\u00dbMENT RATIFI\u00c9S   PAR LA TUNISIE<\/span><\/b>   L\u2019Etat tunisien n\u2019est pas rest\u00e9 indiff\u00e9rent au discours sur les droits   universels de la personne humaine qui, au plan des relations internationales   est aujourd\u2019hui d\u00e9terminant et qui, au plan interne, se fait entendre par la   voie des associations pour la d\u00e9fense des droits de la personne et des   libert\u00e9s fondamentales, des syndicats, des partis, etc. \u00c9lev\u00e9s au rang de   \u00ab\u00a0substrat minimum\u00a0\u00bb auquel la communaut\u00e9 internationale dans son ensemble se   sent tenue, les droits de la personne humaine proclam\u00e9s dans les instruments   internationaux conventionnels et autres ne peuvent se suffire \u00e0 une existence   purement internationale. Leur effectivit\u00e9 est toute enti\u00e8re suspendue \u00e0 leur   r\u00e9ception et \u00e0 leur int\u00e9gration dans les ordres juridiques internes des \u00c9tats.   En droit tunisien, cette int\u00e9gration est assur\u00e9e au moyen de la ratification   qui conf\u00e8re aux trait\u00e9s une autorit\u00e9 sup\u00e9rieure aux lois. L\u2019article 32 nouveau   \u00a7 3 in fine de la constitution tunisienne consacre en termes clairs cette   sup\u00e9riorit\u00e9 : \u00abLes trait\u00e9s ratifi\u00e9s par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et   approuv\u00e9s par la chambre des d\u00e9put\u00e9s ont une autorit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 celle des   lois\u00bb. Trois effets s\u2019attachent \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9 des trait\u00e9s par rapport aux   lois. En premier lieu, le trait\u00e9 modifie automatiquement d\u00e8s son approbation   et sa ratification les lois contraires ant\u00e9rieures, et ce, en vertu du   principe selon lequel une r\u00e8gle est abrog\u00e9e par une r\u00e8gle contraire d\u2019une   valeur juridique \u00e9gale ou sup\u00e9rieure. En second lieu, il ne peut \u00eatre port\u00e9   atteinte au trait\u00e9 de quelque mani\u00e8re que ce soit par une loi post\u00e9rieure : la   loi nouvelle ne peut aller \u00e0 l\u2019encontre d\u2019un trait\u00e9 sans violer la hi\u00e9rarchie   des normes et donc la constitution. En troisi\u00e8me lieu, les tribunaux   judiciaires et administratifs sont tenus, en cas de contrari\u00e9t\u00e9 entre les   normes, d\u2019\u00e9carter la norme l\u00e9gislative contraire \u00e0 la norme du trait\u00e9. Partant   de ces principes, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 successorale est contraire aux trait\u00e9s suivants   :   \u2022 Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Trait\u00e9   multilat\u00e9ral. Adoption : A.G.\/ONU. 16 d\u00e9cembre 1966. Entr\u00e9e en vigueur : le 3   janvier 1976. Ratifi\u00e9 sans r\u00e9serve par La Tunisie : Loi n\u00b0 68-30 du   29.11.1968. JORT du 29 novembre &#8211; 13 d\u00e9cembre 1968. Publication : D\u00e9cret n\u00b0   83-1098 du 21.11.1983, JORT du 6 D\u00e9cembre 1983. p. 3143.   \u2022 La Convention sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0   l\u2019\u00e9gard des femmes. Adoption : A.G.\/ONU.18 d\u00e9cembre 1979. Ratification : loi   n\u00b0 85-68 du 12 juillet 1985, JORT, n\u00b0 54, 1985, p. 919. R\u00e9serves : art. 9 \u00a72,   art 16 \u00a7 c,d,f,g,et h, et d\u00e9claration g\u00e9n\u00e9rale.   Les discriminations \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes en mati\u00e8re successorale sont   contraires aux dispositions des articles 2 et 3 du Pacte ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019article   1er de la convention de Copenhague \u00abAux fins de la pr\u00e9sente convention,   l\u2019expression \u201cdiscrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes\u201d, vise toute distinction,   exclusion ou restriction fond\u00e9e sur le sexe qui a pour objet ou pour but de   compromettre ou de d\u00e9truire la reconnaissance, la jouissance, ou l\u2019exercice   par les femmes quel que soit leur \u00e9tat matrimonial, sur la base de l\u2019\u00e9galit\u00e9   de l\u2019homme et de la femme, des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales   dans les domaines politiques, \u00e9conomique, social, culturel, et civil ou dans   tout autre domaine\u00bb. Du point de vue du droit international, les r\u00e9serves qui   servent \u00e0 exclure ou \u00e0 modifier l\u2019effet juridique de certaines dispositions du   trait\u00e9 dans leur application \u00e0 l\u2019Etat qui les a exprim\u00e9es ne sont possibles   qu\u2019\u00e0 la condition, entre autre, que \u00abla r\u00e9serve ne soit pas incompatible avec   l\u2019objet et le but du trait\u00e9\u00bb. (Article 19 de la convention internationale sur   le droit des trait\u00e9s (ratifi\u00e9e par la Tunisie le 23 juin 1971). Pour sa part,   la convention de Copenhague sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de   discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard des femmes pr\u00e9voit en son article 28 \u00abAucune r\u00e9serve   incompatible avec l\u2019objet et le but de la pr\u00e9sente convention ne sera   autoris\u00e9e\u00bb.      .<b><span>ARGUMENT 8 &#8211; L\u2019IN\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE EST   CONTRAIRE \u00c0 L\u2019ESPRIT LIB\u00c9RAL DU L\u00c9GISLATEUR TUNISIEN<\/span><\/b>   Dans un syst\u00e8me de droit positif, comme le syst\u00e8me tunisien, l\u2019interpr\u00e9tation   des textes ne peut se faire sans tenir compte de la coh\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale des   lois et de l\u2019esprit du l\u00e9gislateur qui les a insuffl\u00e9es. Comment continuer \u00e0   admettre l\u2019in\u00e9galit\u00e9 successorale dans le pays du CSP marqu\u00e9 d\u00e8s sa   promulgation le 13 ao\u00fbt 1956 par son esprit d\u2019innovation (l\u2019interdiction de la   polygamie, l\u2019abolition du droit de \u201cjebr\u201d (droit de contrainte), la   suppression du tuteur matrimonial, l\u2019instauration du divorce judiciaire,   l\u2019abrogation de la r\u00e9pudiation) et par l\u2019esprit de justice des lois qui l\u2019ont   compl\u00e9t\u00e9 et am\u00e9lior\u00e9 : l\u2019adoption pl\u00e9ni\u00e8re, l\u2019abolition du devoir   d\u2019ob\u00e9issance, la r\u00e9ciprocit\u00e9 dans le traitement bienveillant entre \u00e9poux, la   tutelle des m\u00e8res gardiennes de leurs enfants mineurs en cas de divorce, la   communaut\u00e9 des biens limit\u00e9 aux acqu\u00eats, l\u2019action en recherche de paternit\u00e9 ?      .<b><span>ARGUMENT 9 &#8211; L\u2019IN\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE EST   CONTRAIRE AUX R\u00c9CENTES \u00c9VOLUTIONS JURISPRUDENTIELLES<\/span><\/b>   L\u2019examen de la jurisprudence des tribunaux permet de relever que face \u00e0 un   traditionnel courant conservateur, une nouvelle tendance se fait jour, mettant   au fondement du droit les principes d\u2019\u00e9galit\u00e9 des citoyens, de   non-discrimination et de libert\u00e9. La jurisprudence des tribunaux est de plus   en plus favorable \u00e0 l\u2019application des principes d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non   discrimination.L\u2019\u00e9volution vient de se confirmer avec l\u2019in\u00e9dite d\u00e9cision de la   cour de cassation en date du 22 d\u00e9cembre 2004 (Cour. Cass. n\u00b0 3843\/2004) qui   apporte confirmation \u00e0 l\u2019arr\u00eat du 14 juin 2002 de la cour d\u2019appel de Tunis   (C.A, Tunis, n\u00b0 82861) et \u00e0 celui du 18 mai 2000 du Tribunal de premi\u00e8re   instance de Tunis (TPI, n\u00b0 7602\/ 2000). Plusieurs dispositions du droit   positif ont \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 profit et ont d\u00e9velopp\u00e9 leur potentiel \u00e9mancipateur :   celles d\u2019abord du statut personnel dans les rapports de droit international   priv\u00e9 pour \u00e9carter la polygamie, rejeter la r\u00e9pudiation, imposer le libre et   plein consentement, valider le mariage de la musulmane avec un non musulman ;   les dispositions tir\u00e9es de la constitution par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article 5 sur la   libert\u00e9 de conscience et le libre exercice des cultes pour faire \u00e9chec \u00e0 la   \u00abdisparit\u00e9 de culte\u00bb comme cause d\u2019emp\u00eachement \u00e0 succession, et \u00e0 l\u2019article 6   sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 en droits et en devoirs des citoyens et devant la loi pour faire   \u00e9chec \u00e0 la r\u00e9pudiation. Il n\u2019est pas jusqu\u2019aux conventions internationales,   sup\u00e9rieures aux lois apr\u00e8s ratification, qui ne soient invoqu\u00e9es pour faire   barrage aux interpr\u00e9tations discriminatoires : en particulier la convention de   New York sur l\u2019\u00e2ge au mariage et l\u2019enregistrement du mariage, la convention de   Copenhague sur l\u2019\u00e9limination de toutes les formes de discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard   des femmes, les deux pactes internationaux sur les droits civils et   politiques, \u00e9conomiques et sociaux, voire m\u00eame la D\u00e9claration universelle des   droits de l\u2019homme d\u00e9nu\u00e9e pourtant de valeur juridique.      .<b><span>ARGUMENT 10 &#8211; L\u2019IN\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE EST   PERTURBATRICE DES RELATIONS SOCIALES ET FAMILIALES<\/span><\/b>   Le propre de la r\u00e8gle de droit est d\u2019assurer l\u2019\u00e9quilibre des relations   sociales. Pousser les individus \u00e0 adopter, par d\u00e9faut l\u00e9gislatif, des   strat\u00e9gies de contournement est pr\u00e9judiciable non seulement \u00e0 la coh\u00e9rence de   l\u2019ordre juridique tunisien dans son ensemble mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre des   rapports sociaux. Par son double registre \u00e0 la fois la\u00efc et religieux,   traditionnel et moderne le C.S.P. installe une schizophr\u00e9nie juridique   g\u00e9n\u00e9ratrice de troubles d&rsquo;identification et ouvre la voie aux interpr\u00e9tations   et aux applications les plus fantaisistes. Il installe un antagonisme dans les   valeurs du droit et cesse par effet d\u2019annulation de jouer son r\u00f4le r\u00e9gulateur   des rapports sociaux. A quand des rapports apais\u00e9s par la loi ?      .<b><span>III &#8211; POUR L\u2019\u00c9GALIT\u00c9 SUCCESSORALE : LES   ARGUMENTS CULTURELS<\/span><\/b>      Dans les soci\u00e9t\u00e9s musulmanes la question successorale rel\u00e8ve, dit-on, du   dogme. La r\u00e8gle que \u00ab\u00e0 m\u00eame degr\u00e9 de parent\u00e9 les hommes ont deux fois plus que   les femmes\u00bb appara\u00eet comme un donn\u00e9 immuable. Or, l\u2019observation montre qu\u2019en   pratique les soci\u00e9t\u00e9s musulmanes ont, sur cette question, invent\u00e9 des   strat\u00e9gies \u00abd\u2019\u00e9vitement\u00bb de la loi chara\u00efque et que, comme sur d\u2019autres   aspects, les soci\u00e9t\u00e9s islamiques ont v\u00e9cu en \u00abarmistice\u00bb avec le mod\u00e8le l\u00e9gal.   Plusieurs \u00e9l\u00e9ments en t\u00e9moignent dont les suivants :      .<b><span>ARGUMENT 11 &#8211; L\u2019HISTOIRE DE LA TRANSMISSION DES   BIENS EN PAYS D\u2019ISLAM OU AUX ORIGINES DU SYST\u00c8ME SUCCESSORAL<\/span><\/b>   L\u2019histoire de la constitution des biens en pays d\u2019islam et leur transmission   par h\u00e9ritage m\u00e9rite d\u2019\u00eatre rappel\u00e9e. Les travaux d\u2019anthropologie historique   montrent que le r\u00e9gime successoral trouve son principe de coh\u00e9rence dans   l\u2019ancien ordre tribal de l\u2019Arabie pr\u00e9islamique et dans la structure de la   soci\u00e9t\u00e9 patriarcale et guerri\u00e8re d\u2019alors. Il est attest\u00e9 que l\u2019exclusion des   femmes de l\u2019h\u00e9ritage durant la p\u00e9riode pr\u00e9islamique n\u2019est pas fond\u00e9e sur des   consid\u00e9rations de genre mais bien sur des consid\u00e9rations tenant \u00e0   l\u2019organisation tribale de la soci\u00e9t\u00e9 arabique. Le patrimoine \u00e9tait command\u00e9   par le degr\u00e9 de participation aux combats. Il constituait une source   principale de revenus et un moyen de d\u00e9fense de la tribu. C\u2019est pourquoi les   femmes n\u2019\u00e9taient pas les seules exclues du syst\u00e8me. En \u00e9taient aussi priv\u00e9s   les enfants et \u00abtous ceux qui n\u2019avaient pas de monture, ne portaient pas le   sabre, ne triomphaient pas d\u2019un ennemi\u00bb. Cet \u00e9tat n\u2019est pas propre \u00e0 la   soci\u00e9t\u00e9 arabe pr\u00e9islamique. Il pr\u00e9valait dans presque toutes les soci\u00e9t\u00e9s dont   l\u2019\u00e9conomie \u00e9tait fond\u00e9e sur le butin de guerre et dans lesquelles les biens   \u00e9taient remis entre les mains des hommes. Le deuxi\u00e8me facteur tient \u00e0 la r\u00e8gle   de prise en charge (qawama). Puisqu\u2019il il revenait \u00e0 l\u2019homme de subvenir aux   besoins des membres de la famille, c\u2019est \u00e0 lui que revenait en exclusivit\u00e9 la   possession des biens. Plus rien ne justifie dans le monde moderne le maintien   d\u2019un tel r\u00e9gime discriminatoire et archa\u00efque      .<b><span>ARGUMENT 12 &#8211; LES PROC\u00c9D\u00c9S TRADITIONNELS   D\u00c9ROGATOIRES VISANT L\u2019EXCLUSION DES FEMMES<\/span><\/b>   L\u2019existence, de tout temps, de pratiques d\u00e9rogatoires \u00e0 l\u2019obligation   religieuse d\u2019attribuer aux femmes leurs parts de l\u2019h\u00e9ritage est attest\u00e9e par   de nombreux travaux d\u2019histoire. Le \u201chabous\u201d a constitu\u00e9 un moyen \u00abautoris\u00e9\u00bb   d\u2019\u00e9viction des femmes de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re. Les actes des \u201chabous\u201d, au   moyen desquels le fondateur du bien, par contournement des r\u00e8gles chara\u00efques   sur l\u2019h\u00e9ritage des femmes, attribuait l\u2019exclusivit\u00e9 de leur jouissance et   possession \u00e0 ses ayants-droit parmi sa descendance m\u00e2le, \u00e9tait une pratique   courante qui avait triomph\u00e9 des interdits du droit savant. Ni leur annulation   par \u00dbmar Ibn Abdel Aziz, ni les conditions draconiennes pos\u00e9es par les   docteurs mal\u00e9kites (la privation du testateur de son bien d\u00e8s l\u2019\u00e9tablissement   de l\u2019acte, la prise de possession imm\u00e9diate par le b\u00e9n\u00e9ficiaire), n\u2019en ont   emp\u00each\u00e9 l\u2019usage g\u00e9n\u00e9ral. Jouant des multiples ressorts qu\u2019offraient les   divergences doctrinales (al ikhtilaf al fiqhi) et les mettant \u00e0 leur profit,   les l\u00e9gataires choisissaient de se placer sur \u00abla voie de Abu Youssef le   compagnon de l\u2019Imam Abu Hanifa\u00bb, sacrifiant ainsi le rigorisme aux ruses et   les femmes \u00e0 l\u2019ordre de la famille patriarcale. La loi chara\u00efque n\u2019a pas   constitu\u00e9 un obstacle \u00e0 la spoliation des femmes!      .<b><span>ARGUMENT 13 &#8211; LES CONSTRUCTIONS HISTORIQUES DU   SYST\u00c8ME SUCCESSORAL EN TUNISIE ET L\u2019EXCLUSION DES FEMMES<\/span><\/b>   Les \u00abhiyal\u00bb, les subterfuges l\u00e9gaux, ont exist\u00e9 aussi en Tunisie. Ils ont   constitu\u00e9 des modes d\u00e9rogatoires participant \u00e0 l\u2019exclusion des femmes. Les   \u00e9tudes montrent que le syst\u00e8me des \u201chabous\u201d a constitu\u00e9 -sauf \u00e0 de rares   exceptions- le plus grand moyen d\u2019\u00e9viction des femmes de la propri\u00e9t\u00e9   fonci\u00e8re. Admises et pratiqu\u00e9es par les mal\u00e9kites, r\u00e9put\u00e9s pourtant   rigoristes, par emprunt aux doctrines han\u00e9fites, ces strat\u00e9gies de   contournement n\u2019ont pas semble-t-il choqu\u00e9 la conscience musulmane. Cette   pratique a \u00e9t\u00e9 abolie en Tunisie par l\u2019effet des lois de 1957-1958. En quoi   l\u2019\u00e9galit\u00e9 est-elle sacril\u00e8ge ?      .<b><span>ARGUMENT 14 &#8211; R\u00c9FORMISME MUSULMAN, PREMI\u00c8RES   REMISES EN CAUSE PAR TAHAR AL HADDAD ET CRISPATIONS CULTURELLES AU SUJET DES   FEMMES<\/span><\/b>   C\u2019est \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle que s\u2019amorce dans les pays   musulmans le lent et difficile processus de modernisation de l\u2019Etat et de son   droit. Le r\u00e9formisme tunisien qui se pr\u00e9sente d\u00e9j\u00e0 comme un nationalisme   s\u2019alimente de cet apport. Or, dans le cadre de la pens\u00e9e r\u00e9formiste la   question de la \u00abMusulmane\u00bb, tout en faisant l\u2019objet d\u2019un traitement nouveau,   finit par prendre et pour longtemps des contours culturalistes et   identitaires. Dans la perspective r\u00e9formiste et son n\u00e9o-classicisme   th\u00e9ologique, \u00abl\u2019\u00e9mancipation\u00bb des femmes se r\u00e9duit au th\u00e8me de l\u2019instruction   des jeunes filles musulmanes avec cette triple limite qu\u2019il s\u2019agit de   l\u2019apprentissage de la langue arabe, ax\u00e9 sur la morale et l\u2019histoire de l\u2019islam   et pr\u00e9parant les jeunes filles, \u00e0 travers des travaux manuels de type   domestique, au r\u00f4le traditionnel qui leur est assign\u00e9 au sein de la famille   musulmane. Sous la pouss\u00e9e des nouvelles r\u00e9alit\u00e9s socio-politiques du pays   (domination coloniale), ce r\u00e9formisme a subi de nouvelles mutations et s\u2019est   transform\u00e9 soit en conservatisme, fournissant \u00e0 l\u2019islam officiel des Etats sa   doctrine et ses instruments d\u2019h\u00e9g\u00e9monie politique et culturelle, soit en son   oppos\u00e9, l\u2019islam contestataire et radical des fr\u00e8res musulmans. Dans l\u2019ordre de   la pens\u00e9e r\u00e9formiste, c\u2019est seulement sous la plume de Tahar al Haddad, que la   question de l\u2019\u00e9mancipation des femmes, a pris en 1930, une dimension   novatrice.   Comment admettre qu\u2019on en soit encore l\u00e0 \u00e0 se poser toujours les m\u00eames   questions au sujet de l\u2019\u00e9galit\u00e9 en droit et en dignit\u00e9 ? Ne faut-il pas mettre   fin aux atermoiements ?      .<b><span>ARGUMENT 15 &#8211; EXCLUSION DES FEMMES DE L\u2019H\u00c9RITAGE   ET PRATIQUES IN\u00c9GALITAIRES<\/span><\/b>   Les pratiques in\u00e9galitaires et l\u2019exh\u00e9r\u00e9dation des femmes du patrimoine sont   toujours de mise dans notre pays. Les enqu\u00eates sociologiques r\u00e9v\u00e8lent leur   persistance sous diff\u00e9rentes formes et modalit\u00e9s. Le partage in\u00e9galitaire   prend soit la forme du favoritisme familial \u00e0 caract\u00e8re parental soit celle de   la main -mise \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la famille (hawz). Ces \u00abescroqueries\u00bb subies en   silence et visant en particulier les femmes, constituent, selon les enqu\u00eates,   les cas les plus fr\u00e9quents : d\u00e9tournement de l\u2019objet de la procuration   g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 l\u2019insu de la personne qui l\u2019a sign\u00e9e, main mise du tuteur ou du   curateur sur le bien en h\u00e9ritage, falsification des actes notari\u00e9s,   certificats de d\u00e9c\u00e8s ne comportant pas le nom de tous les h\u00e9ritiers (en   particulier les \u00e9pouses non musulmanes), lib\u00e9ralit\u00e9s consenties par forcing   (en cas de maladie ou de faiblesse li\u00e9e au grand \u00e2ge), prise de possession des   biens appartenant aux h\u00e9ritiers vivant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, refus de partage. Ces   pratiques montrent que la question successorale participe de r\u00e9flexes autres   que religieux.      <b><span>\u25ba Compte tenu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il est temps   de :<\/span><\/b> <b><span>1 &#8211; Abolir les privil\u00e8ges,<\/span><\/b> <b><span>2 &#8211; Modifier la loi sur l\u2019h\u00e9ritage,<\/span><\/b> <b><span>3 &#8211; \u00c9tablir l\u2019\u00e9galit\u00e9 successorale entre les   sexes<\/span><\/b><\/span><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <span> <span><strong> <font>(Source: le sit de <\/font><\/strong> <a href=\"http:\/\/www.kalimatunisie.com\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong><font>  http:\/\/www.kalimatunisie.com<\/font><\/strong><\/a><\/span><\/span><span><span><strong><font>\u00a0   le 15 septembre 2006)<\/font><\/strong><\/span><\/span><\/div>\n<p><span><span><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div> <font> <\/p>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>Le dinar ne cesse de se d\u00e9pr\u00e9cier<\/strong><\/font><\/h2>\n<p><font><font size=\"3\"><strong>Est-ce la bonne     solution ?<\/strong><\/font> <\/font> <\/div>\n<div>    \u00a0<\/div>\n<div> <font>Par Abou Sarra<\/font>      \u00a0      Le dinar a tendance \u00e0 conna\u00eetre un trend baissier. Cette situation semble     s\u2019inscrire dans la dur\u00e9e. Au regard des chiffres de change des deux     derni\u00e8res d\u00e9cennies, la d\u00e9pr\u00e9ciation de la monnaie nationale a tendance \u00e0     prendre, de plus en plus, une dimension\u00a0 \u00abstructurelle\u00bb, et partant, \u00e0     conf\u00e9rer au dinar le statut de monnaie faible, c\u2019est-\u00e0-dire une monnaie qui     se d\u00e9pr\u00e9cie r\u00e9guli\u00e8rement face aux monnaies fortes.     \u00a0     Selon des statistiques de la Banque centrale de Tunisie (BCT), en 2005, le     dinar s\u2019est d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9 \u00e0 un rythme plus rapide, vis-\u00e0-vis\u00a0 des deux     principales monnaies d\u2019endettement et d\u2019investissement du pays : l\u2019euro et     le dollar.      \u00a0     En effet, par rapport \u00e0 l\u2019euro, le dinar s\u2019est d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9\u00a0 de 1,3%, passant de     1,590 \u00e0 1,611 dinar pour un euro. Cette tendance \u00e0 la d\u00e9pr\u00e9ciation s\u2019est     acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e en 2006. Actuellement, un euro s\u2019\u00e9change contre 1,677 dinar.      \u00a0     Depuis 2001, le dinar se d\u00e9pr\u00e9cie par rapport \u00e0 la monnaie europ\u00e9enne \u00e0 un     rythme moyen de 5% par an, avec une pointe de 8,6% en 2003 et une baisse de     4,1% en 2005.     \u00a0     A titre d\u2019exemple, cette d\u00e9pr\u00e9ciation est perceptible \u00e0 travers la hausse     croissante des prix des voitures populaires import\u00e9es en euro. Au regard     d\u2019ensemble sur les\u00a0 prix affich\u00e9s chez les concessionnaires, de nos jours,     ces v\u00e9hicules n\u2019ont rien de populaire.     \u00a0     Idem face au dollar, le dinar s\u2019est d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9, \u00e0 un rythme beaucoup plus     rapide, soit -9,6%. Son cours est pass\u00e9 de 1,229 dinar \u00e0 1,359 dinar pour un     dollar. En 2006, le dollar s\u2019\u00e9change en moyenne contre 1,305 dinar.     \u00a0     Les observateurs de l\u2019\u00e9conomie tunisienne, tels que la mission \u00e9conomique     fran\u00e7aise en Tunisie, expliquent \u00abcette acc\u00e9l\u00e9ration de la baisse de la     valeur internationale du dinar par une volont\u00e9 de la BCT de pr\u00e9server les     parts de march\u00e9 du pays dans le commerce international\u00bb. A titre indicatif,     ils mettent \u00e0 l\u2019actif de cette politique de change de la BCT \u00abla bonne     r\u00e9sistance des exportations de textile\/habillement de la Tunisie\u00bb.     \u00a0     D\u00e9cryptage : la d\u00e9pr\u00e9ciation du dinar favorise les exportations. Elle est     utilis\u00e9e par les autorit\u00e9s tunisiennes pour doper les produits tunisiens et     am\u00e9liorer leur comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e0 l\u2019exportation.\u00a0      \u00a0     Globalement, cette tendance baissi\u00e8re est donc le r\u00e9sultat d\u2019une politique     d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de la BCT, une tendance que les bailleurs de fonds (Banque     mondiale et Fmi)\u00a0 s\u2019en f\u00e9licitent en raison de la souplesse de change     qu\u2019elle favorise.      \u00a0     En 2006, le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) a pl\u00e9biscit\u00e9 l\u2019\u00e9conomie     tunisienne. La mission qu\u2019il avait d\u00e9p\u00each\u00e9e en mai dernier en Tunisie a     notamment \u00e9crit, \u00e0 ce propos : \u00ables r\u00e9formes fondamentales, alli\u00e9es \u00e0 une     politique de change souple, ont contribu\u00e9 \u00e0 la consolidation de la     comp\u00e9titivit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie tunisienne et au d\u00e9veloppement des     exportations\u00bb.      \u00a0     Ce\u00a0 pl\u00e9biscite est un gage de\u00a0 reconnaissance internationale de la justesse     de la politique de change men\u00e9e par la Tunisie. Moralit\u00e9 : il n\u2019y a pas de     d\u00e9rapage majeur.      \u00a0     Officiellement, \u00e0 travers cette politique de change, la BCT vise,     effectivement,\u00a0 \u00e0 pr\u00e9server la valeur de la monnaie en ma\u00eetrisant     l\u2019inflation, \u00e0 corr\u00e9ler la croissance de la masse mon\u00e9taire avec celle de     l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et \u00e0 booster les exportations, l\u2019ultime objectif \u00e9tant     la r\u00e9alisation d\u2019un meilleur \u00e9quilibre de la balance des paiements.     \u00a0     N\u00e9anmoins, cette \u2018\u2019d\u00e9pr\u00e9ciation-dopage\u2019\u2019 a tendance \u00e0 durer dans le temps.     Elle n\u2019est plus dict\u00e9e par des exigences conjoncturelles telles que le temps     mat\u00e9riel exig\u00e9 pour passer d\u2019une \u00e9conomie r\u00e9gul\u00e9e \u00e0 une \u00e9conomie de march\u00e9.         \u00a0     Pour m\u00e9moire, le dinar n\u2019a cess\u00e9 de baisser depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 80.     Deux p\u00e9riodes m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre signal\u00e9es. De 1983 \u00e0 1991, le taux de change     effectif nominal (TCEN) du dinar a connu une p\u00e9riode de d\u00e9pr\u00e9ciation d\u2019un     peu moins de 5% par an. A l\u2019inverse, tout au long des ann\u00e9es 90, le taux de     change effectif r\u00e9el (TCER) du dinar est rest\u00e9 beaucoup plus stable, avec     une d\u00e9pr\u00e9ciation moyenne d\u2019environ 1% par an.     \u00a0     Au-del\u00e0 de toutes ces indications r\u00e9barbatives, un d\u00e9bat sur l\u2019avenir du     dinar m\u00e9rite d\u2019\u00eatre enclench\u00e9 autour de trois alternatives majeures.     \u00a0     Faut-il opter pour un dinar faible aux fins de favoriser les exportations     pour conqu\u00e9rir des parts de march\u00e9 ?\u00a0 Ce dossier se d\u00e9fend bien. Est-il     n\u00e9cessaire de rappeler ici, \u00e0 titre de r\u00e9f\u00e9rence, que les miracles allemands     et japonais n\u2019ont \u00e9t\u00e9 rendus possibles que par la d\u00e9valuation du mark et du     yen sur la p\u00e9riode 49-65 pour le premier et jusqu\u2019au milieu des ann\u00e9es 80     pour le second !     \u00a0     Faut-il, au contraire, opter pour un dinar fort qui favorise les     importations et la cr\u00e9dibilit\u00e9 du pays aupr\u00e8s des investisseurs \u00e9trangers et     des march\u00e9s financiers ? Ceux-ci sont attir\u00e9s par une monnaie \u00ab\u00a0forte\u00a0\u00bb car     elle a comme corollaire une mont\u00e9e des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat, lesquels taux     d\u2019int\u00e9r\u00eat se traduisent par la rentabilit\u00e9 accrue du capital, qui peut ainsi     se (re-)valoriser.     \u00a0     Faut-il enfin opter pour le mod\u00e8le am\u00e9ricain qui laisse le taux de change     aux al\u00e9as du march\u00e9 ?      \u00a0     Le d\u00e9bat est ouvert.      <strong>\u00a0     <font>(Source : www.webmanagercenter.com , le 13\/09\/2006 \u00e0     06h00)<\/font> <\/strong><font><strong>Lien :     http:\/\/www.webmanagercenter.com\/management\/article.php?id=19892<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/><\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font><strong><font size=\"3\"><font>    Agroalimentaire      <\/font>Les vins tunisiens sortent leurs griffes<\/font><\/strong><\/font><\/h2>\n<\/p><\/div>\n<div>    \u00a0<\/div>\n<div> <font>Par Abou sarra<\/font>      \u00a0      Le vin tunisien a retrouv\u00e9 sa gloire d\u2019antan. Export\u00e9 en vrac, depuis plus     de trois d\u00e9cennies, d\u2019une fa\u00e7on anonyme, comme boisson basique pour le     coupage, ce vin a d\u00e9croch\u00e9, cette ann\u00e9e, \u00e0 Paris, quatre m\u00e9dailles dont deux     en or et deux en argent, \u00e0 l\u2019occasion, de la 12\u00e8me \u00e9dition des Vinalies     internationales.     \u00a0     Il s\u2019agit de toute \u00e9vidence d\u2019un gage de reconnaissance internationale pour     le savoir-faire et la qualit\u00e9. Les vins m\u00e9daill\u00e9s sont le Magon Vieux 2001     et le Domaine Lansarine 2003 pour l\u2019or, Le Magon 2003 et le Domaine Clip\u00e9a     Chardonnay 2005 pour l\u2019argent.     \u00a0     Cette distinction est le fruit d\u2019un programme de mise \u00e0 niveau des caves     tunisiennes : modernisation des \u00e9quipements, am\u00e9lioration de la mati\u00e8re     premi\u00e8re \u00e0 travers l\u2019introduction de c\u00e9pages am\u00e9liorateurs et universels. Il     s\u2019agit entre autres du vin blanc le Chardonnay, du vin rouge le Cabernet,     Merlot, Syrah, Pinot noir\u2026     \u00a0     Soutenu par l\u2019Etat tunisien et en partenariat avec la France et l\u2019Italie, ce     programme est pilot\u00e9 par l\u2019organisme public, l\u2019Union Centrale des     Coop\u00e9ratives Viticoles (UCCV), un groupement de 1500 viticulteurs, qui     produit, conditionne et commercialise deux bouteilles sur trois.     \u00a0     La Tunisie exporte, en moyenne, 140 mille hectolitres de vin par an. Selon     Belgacem D\u2019khili, \u0153nologue, \u00abl\u2019objectif recherch\u00e9 consiste \u00e0 d\u00e9velopper     l\u2019exportation des vins en bouteilles aux d\u00e9pens de l\u2019exportation en vrac     afin de redonner aux vins tunisiens la place qu\u2019ils m\u00e9ritent parmi les     grands vins\u00bb.     \u00a0     Selon M. Dkhili, les viticulteurs tunisiens, forts de l\u2019expertise s\u00e9culaire     acquise en mati\u00e8re de viticulture, ont acquis un savoir-faire certain et     confirm\u00e9 qu\u2019il importe maintenant de le faire savoir.      \u00a0     La formidable mutation du secteur viti-vinicole men\u00e9e depuis plus de 20 ans,     de l\u2019enc\u00e9pagement jusqu\u2019\u00e0 la mise en bouteilles en passant par les unit\u00e9s de     vinification, a permis de booster le secteur, de valoriser les vins     tunisiens et de les faire revenir, avec les honneurs, sur le march\u00e9     international.      \u00a0     Les vins propos\u00e9s sont des vins parfaitement adapt\u00e9s aux besoins des     consommateurs, voire des vins de qualit\u00e9 qui allient modernit\u00e9 et typicit\u00e9     m\u00e9diterran\u00e9enne.     \u00a0     La r\u00e9cente distinction des vins tunisiens est du reste un juste retour de     l\u2019Histoire. L\u2019agronome carthaginois Magon (VIII\u00e8me si\u00e8cle avant J\u00e9sus     Christ) fut le premier \u00e0 \u00e9crire un trait\u00e9 d\u2019agronomie compos\u00e9 de 17 ouvrages     sur l\u2019agronomie, la viticulture et la vinification.      \u00a0     \u00a0     <font>(Source : www.webmanagercenter.com , le 06\/09\/2006 \u00e0     06h00)<\/font> <font>Lien :\u00a0    <a href=\"http:\/\/www.webmanagercenter.com\/management\/imprim.php?id=19075&amp;pg=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">    http:\/\/www.webmanagercenter.com\/management\/imprim.php?id=19075&amp;pg=1<\/a> <\/font> <\/div>\n<p> <\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div> <font> <\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">  Pillage du corail \u00e0 l\u2019Est du pays<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">Les   Tunisiens s\u2019y mettent aussi<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Slim Sadki<\/span><\/b><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">Dix   ressortissants tunisiens ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 des amendes et \u00e0 des peines de   prison avec sursis par le tribunal d\u2019El Kala depuis le d\u00e9but du mois de   septembre. Quatre membres d\u2019un palangrier et deux groupes de 3 plongeurs   autonomes chacun ont \u00e9t\u00e9 intercept\u00e9s par les garde-c\u00f4tes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des   eaux territoriales alg\u00e9riennes.<\/span><\/b><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">Une chose certes   pas l\u00e9gale et presque banale \u00e0 la fronti\u00e8re de deux pays c\u00f4tiers, si ce n\u2019est   que les garde-c\u00f4tes ont cette fois-ci trouv\u00e9 des miettes de corail de 70 g,   sur le palangrier et que les groupes de plongeurs ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9s \u00e0 deux   jours d\u2019intervalle, exactement au m\u00eame endroit, celui-l\u00e0 m\u00eame o\u00f9 op\u00e9rait la   veille un groupe de plongeurs alg\u00e9riens. <\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">Pour nos   interlocuteurs, il ne fait aucun doute que les membres de l\u2019\u00e9quipage du   palangrier et les plongeurs tunisiens sont venus r\u00e9cup\u00e9rer de la marchandise \u00e0   des endroits que leur ont indiqu\u00e9s leurs complices alg\u00e9riens. <\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">D\u00e9barquer du   corail brut dans le port de Tabarka (Tunisie) n\u2019est pas en effet un d\u00e9lit de   l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re, puisque la r\u00e9colte du corail, plus rare que sur   le littoral alg\u00e9rien, n\u2019est pas interdite. Le corail brut r\u00e9colt\u00e9 ill\u00e9galement   au prix d\u2019une catastrophe naturelle d\u2019envergure est, pour la plus grande   partie, exp\u00e9di\u00e9 en Italie via la Tunisie par des r\u00e9seaux de contrebande de   mieux en mieux organis\u00e9s et \u00e9quip\u00e9s. <\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">Dans la lutte   contre ce d\u00e9sastre qui a pour origine, nous l\u2019avons toujours rappel\u00e9 dans ces   colonnes, l\u2019abandon par l\u2019Etat de ce patrimoine devenu par la force des choses   \u00ab beylek \u00bb aux yeux des gens qui se servent en veillant seulement \u00e0 ne pas se   faire attraper, les moyens sont inadapt\u00e9s. Les sanctions de la justice sont   inop\u00e9rantes car fond\u00e9es sur des incoh\u00e9rences. <\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">On a, par exemple,   condamn\u00e9 des personnes trouv\u00e9es sur le continent en possession de quantit\u00e9s de   corail, parfois insignifiantes, pour l\u2019exercice ill\u00e9gal de la p\u00eache ( ?). Les   amendes sont \u00e9valu\u00e9es sur des tarifs et d\u00e9clarations des douanes ( ?). <\/span> <\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">Lorsque \u00ab les   grossistes \u00bb, ainsi d\u00e9nomm\u00e9s parce qu\u2019ils manipulent de grosses quantit\u00e9s,   sont relax\u00e9s en appel \u00e0 Annaba souvent faute d\u2019arguments solides, on parle de   corruption des magistrats, ce qui ne peut pas \u00eatre toujours vrai.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">Les marins du   palangrier ont \u00e9cop\u00e9 de 2 mois de prison avec sursis et d\u2019une amende de 200   000 DA chacun. Les plongeurs d\u2019une amende de 10 000 DA.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  (Source\u00a0: El Watan ( alg\u00e9rie), le 17 septembre 2006)<\/span><\/b><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Lien\u00a0: <\/span><span lang=\"FR\"> <a href=\"http:\/\/www.elwatan.com\/spip.php?page=article&amp;id_article=50206\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">  http:\/\/www.elwatan.com\/spip.php?page=article&amp;id_article=50206<\/a><\/span><\/b><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">  D\u00e9rapage papal<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">Le   choc des int\u00e9grismes<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Par : Imed Bahri <\/span><\/b><\/p>\n<p> <b>Alors que chr\u00e9tiens et musulmans s&rsquo;accrochent \u00e0 un improbable dialogue des   religions, un foss\u00e9 ne cesse de se creuser entre Beno\u00eet XVI et les musulmans,   sur un fonds de \u00abchoc des civilisations\u00bb. <\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Dans un discours tr\u00e8s philosophique sur la foi et la raison, le 12 septembre,   \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Ratisbonne, en Bavi\u00e8re orientale\u00a0 &#8211; o\u00f9 il a enseign\u00e9 de 1969   \u00e0 1977 -, le pape Beno\u00eet XVI a interpell\u00e9 avec insistance les musulmans sur   leur conception de Dieu. Ses propos, qui ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s mal accueillis dans le   monde musulman, ont \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9s, tour \u00e0 tour, d&rsquo;\u00abinhabituels et sans   pr\u00e9c\u00e9dent\u00bb, \u00abmalheureux\u00bb, \u00abregrettables\u00bb, \u00abinexacts et opportunistes \u00bb,   \u00abhaineux et hostiles\u00bb, \u00abirresponsables\u00bb, \u00abpleins de pr\u00e9jug\u00e9es\u00bb voire   \u00abinsultants pour le proph\u00e8te Mohamed et l&rsquo;islam\u00bb&#8230; <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Les propos du pape jettent de \u00abl&rsquo;huile sur le feu\u00bb, a estim\u00e9, de son c\u00f4t\u00e9,\u00a0   Mohammad Mehdi Akef, guide spirituel des Fr\u00e8res musulmans \u00e9gyptiens. Le   Saint-P\u00e8re \u00abconfond l&rsquo;islam, qui est une religion r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, et l&rsquo;islamisme qui   n&rsquo;est plus de la religion mais une id\u00e9ologie politique\u00bb, a estim\u00e9, pour sa   part, Dalil Boubakeur, pr\u00e9sident du Conseil fran\u00e7ais du culte musulman et   recteur de la mosqu\u00e9e de Paris. La pol\u00e9mique risque de s&rsquo;amplifier. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">Le   djihad : maladie mortelle de l&rsquo;islam <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Mais quels propos le pape a-t-il tenus qui pouvaient justifier autant de   r\u00e9actions courrouc\u00e9es ? <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  La foi est responsable devant la raison, elle doit \u00eatre ouverte au dialogue   avec les autres religions et avec le monde la\u00efc, a dit l&rsquo;ex-professeur de   th\u00e9ologie Joseph Ratzinger. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Le christianisme, pr\u00e9sent\u00e9 comme une synth\u00e8se de \u00abfoi biblique\u00bb et de   \u00abquestionnement philosophique grec\u00bb, retient, selon lui, le meilleur de la   religion &#8211; l&rsquo;amour du prochain &#8211; et le meilleur de la philosophie et consid\u00e8re   la raison comme l&rsquo;essence m\u00eame de Dieu, et non sa n\u00e9gation. Au contraire de   l&rsquo;islam, qui consid\u00e8re que \u00abDieu est absolument transcendant\u00bb et que \u00abSa   volont\u00e9 n&rsquo;est li\u00e9e \u00e0 aucune de nos cat\u00e9gories, m\u00eame pas \u00e0 la raison.\u00bb \u00abIci,   les voies se s\u00e9parent, dans la compr\u00e9hension de Dieu et donc dans la   traduction concr\u00e8te de la religion, et cette scission repr\u00e9sente aujourd&rsquo;hui   un d\u00e9fi pour nous\u00bb, a soulign\u00e9 le pape.\u00a0 <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Dans sa volont\u00e9 de r\u00e9futer clairement et radicalement la motivation religieuse   de la violence, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;invocation de Dieu pour justifier les attaques   suicidaires, le souverain pontife\u00a0 n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 interpeller th\u00e9ologiens   musulmans sur leur conception de Dieu. \u00abIl est important aujourd&rsquo;hui de dire,   avec clart\u00e9, en quel Dieu nous croyons et de professer, avec conviction, le   visage humain de la religion\u00bb, a-t-il dit. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  D\u00e9non\u00e7ant, pour la premi\u00e8re fois ouvertement, le djihad (guerre sainte), qu&rsquo;il   a qualifi\u00e9 de \u00abmaladie mortelle\u00bb de la religion, Beno\u00eet XVI a affirm\u00e9 qu&rsquo;il   s&rsquo;agissait d&rsquo;une forme de violence aberrante, contraire \u00e0 la lettre du Coran   (lequel dit clairement \u00abIl n&rsquo;est nulle contrainte en religion\u00bb), et   incompatible avec la \u00abnature m\u00eame de Dieu\u00bb.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00abCelui qui veut conduire quelqu&rsquo;un \u00e0 la foi a besoin de bien parler et de   raisonner correctement, au lieu de recourir \u00e0 la violence et de la menace\u00bb, a   dit aussi le pape, d\u00e9signant ainsi l&rsquo;ennemi du moment: le djihad, compris non   comme une doctrine de l&rsquo;islam, mais comme un fanatisme violent qui se cache   derri\u00e8re l&rsquo;islam pour justifier le meurtre des civils. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  En soulignant ainsi la distinction entre la violence islamiste et la foi   islamique, le pape a voulu tendre la main \u00e0 l&rsquo;islam non djihadiste, aux   musulmans \u00e9clair\u00e9s qui refusent la logique du martyre et qui attribuent aux   extr\u00e9mistes religieux &#8211; et notamment aux kamikazes &#8211; une part de   responsabilit\u00e9 dans la mont\u00e9e de l&rsquo;islamophobie en Occident. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<b><span>La collusion entre l&rsquo;Occident et l&rsquo;Islam<\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Ces propos papaux, qui font \u00e9cho \u00e0 certaines d\u00e9clarations manich\u00e9ennes du   George W. Bush, grand Crois\u00e9 devant l&rsquo;Eternel, n&rsquo;ont pas manqu\u00e9 de choquer   nombre de Musulmans. Et pour cause : ils ont \u00e9t\u00e9 tenus au lendemain de la   c\u00e9l\u00e9bration du 5\u00e8me anniversaire des attentats du 11-Septembre, perp\u00e9tr\u00e9s par   des fondamentalistes religieux se r\u00e9clamant de l&rsquo;islam. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Ils sont \u00abtomb\u00e9s\u00bb aussi au plus mauvais moment, dans une conjoncture   internationale marqu\u00e9e par ce que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti islamique   kowe\u00eftien Umma, Hakem al-Mutari, a qualifi\u00e9 de \u00abnouvelles guerres occidentales   contre le monde musulman\u00bb [en Tch\u00e9tch\u00e9nie, en Afghanistan, en Irak et au   Liban]. Et comme ils ont \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s par une s\u00e9rie de d\u00e9clarations du   Vatican \u00e0 propos des menaces de l&rsquo;islamisme et de l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Europe,   ils ont aussi \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9s comme une amorce de changement de la politique   du Vatican vis-\u00e0-vis de l&rsquo;islam. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Cette politique, on le sait, repose depuis un demi-si\u00e8cle sur deux piliers. Le   premier est celui du dialogue interreligieux, qui exprime l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un front   commun des religions monoth\u00e9istes face \u00e0 la s\u00e9cularisation et au \u00abvide   spirituel\u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Le second \u00e9tait une attitude de   pragmatisme politique, en vertu de laquelle l&rsquo;islam \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un   alli\u00e9 face \u00e0 la menace communiste. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  C&rsquo;est en faisant le m\u00eame calcul g\u00e9ostrat\u00e9gique que les Etats-Unis ont soutenu   pendant plusieurs d\u00e9cennies les r\u00e9gimes musulmans les plus r\u00e9trogrades et les   mouvances islamistes les plus radicales, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les attentats du   11-Septembre leur fassent faire une volte-face de 180 degr\u00e9s. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Dans le sillage des Etats-Unis, qui conduisent la guerre mondiale contre \u00able   fascisme islamiste\u00bb (Bush dixit), le Vatican est-il en train de r\u00e9viser lui   aussi sa politique vis-\u00e0-vis du monde islamique ? Certains signes permettent   de le penser. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Ainsi, quelques mois avant son \u00e9lection, le 5 juin 2004 \u00e0 Caen, le cardinal   Joseph Ratzinger a condamn\u00e9 ce type d&rsquo;approche manich\u00e9enne et ceux qui tendent   \u00ab\u00e0 creuser plus profond\u00e9ment l&rsquo;opposition\u00bb entre christianisme et islam. Tout   en constatant \u00abla collusion entre deux grands syst\u00e8mes culturels (&#8230;):   l&rsquo;Occident [jud\u00e9o-chr\u00e9tien] et l&rsquo;Islam (&#8230;)\u00bb, le th\u00e9ologien a soulign\u00e9 aussi   leur caract\u00e8re de \u00abmondes polymorphes incluant de grandes diff\u00e9rences   internes\u00bb. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Au sein de ces mondes, la principale pr\u00e9occupation du cardinal \u00e9tait la   coupure entre la faiblesse d&rsquo;une raison pure, op\u00e9ratoire et souvent ass\u00e9ch\u00e9e,   qui rejette toute f\u00e9condation de la religion, et le fanatisme religieux,   aveugle aux lumi\u00e8res de la raison. Cette approche a conduit le futur pape \u00e0   consid\u00e9rer le terrorisme se r\u00e9clamant de l&rsquo;islam comme \u00abune esp\u00e8ce de nouvelle   guerre mondiale\u00bb. L&rsquo;id\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait pas nouvelle, puisqu&rsquo;elle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9   d\u00e9velopp\u00e9e, d\u00e8s 2001, par les N\u00e9o-conservateurs au pouvoir \u00e0 Washington. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Dans son premier grand discours pontifical adress\u00e9 \u00e0 la communaut\u00e9 musulmane,   prononc\u00e9 quelques mois plus tard, en marge des Journ\u00e9es mondiales de la   jeunesse de Cologne -, le nouveau pape a condamn\u00e9 plus fermement encore \u00abla   vague du fanatisme cruel (&#8230;) faisant obstacle \u00e0 la progression de la paix   dans le monde\u00bb. Puis, devant le corps diplomatique accr\u00e9dit\u00e9 aupr\u00e8s du   Saint-Si\u00e8ge, en janvier 2005, il a reconnu l&rsquo;existence du \u00abdanger d&rsquo;un choc   des civilisations (&#8230;) rendu plus aigu par le terrorisme organis\u00e9\u00bb. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Il restait cependant convaincu que, malgr\u00e9 tous les obstacles, un dialogue est   tout simplement n\u00e9cessaire entre les mondes jud\u00e9o-chr\u00e9tien et islamique.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">La   peur d&rsquo;une \u00abislamisation de l&rsquo;Europe\u00bb<\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Cependant, lors de sa premi\u00e8re audience g\u00e9n\u00e9rale sur la place Saint-Pierre, \u00e0   Rome, Beno\u00eet XVI a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il avait choisi le nom de Beno\u00eet en r\u00e9f\u00e9rence au   saint patron de l&rsquo;Europe, qui \u00abrepr\u00e9sente un point de rep\u00e8re fondamental pour   l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;Europe et un rappel puissant des incontournables racines   chr\u00e9tiennes de sa culture et de sa civilisation\u00bb. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Cette d\u00e9claration d\u00e9nu\u00e9e de toute ambigu\u00eft\u00e9, ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;opposition de   l&rsquo;ex-cardinal Joseph Ratzinger \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la Turquie dans l&rsquo;Union   europ\u00e9enne, semble avoir inaugur\u00e9 un changement de politique du Vatican, avec,   notamment, une attitude plus ferme face \u00e0 l&rsquo;islamisation de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Le premier signe annonciateur de ce changement avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9, dix-huit mois   plus t\u00f4t, avec la parution d&rsquo;un article tr\u00e8s critique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;islam   dans la revue \u00a0\u00bbCivilta Cattolica\u00a0\u00bb, qui passe pour \u00eatre l&rsquo;organe officieux du   Saint-Si\u00e8ge. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Dans cet article intitul\u00e9 \u00abChr\u00e9tiens en pays islamiques\u00bb, l&rsquo;auteur, Giuseppe   de Rosa, affirmait notamment que l&rsquo;Europe avait \u00abv\u00e9cu sous la menace constante   [de l&rsquo;islam] pendant pr\u00e8s de mille ans\u00bb. \u00abPartout o\u00f9 l&rsquo;islam s&rsquo;est impos\u00e9 par   une force militaire, sans \u00e9quivalent en rapidit\u00e9 et en efficacit\u00e9, la   chr\u00e9tient\u00e9 &#8211; pourtant extr\u00eamement vivante et enracin\u00e9e l\u00e0 depuis des si\u00e8cles &#8211;   a pratiquement disparu ou a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 d&rsquo;insignifiants \u00eelots, perdus dans   un oc\u00e9an islamique\u00bb, a-t-il \u00e9crit aussi. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Cette force de p\u00e9n\u00e9tration de l&rsquo;islam, l&rsquo;auteur l&rsquo;attribue \u00e0 la loi islamique   du Djihad, qui divise le monde en trois parties: \u00abdar al-harb\u00bb (domaine de la   guerre), \u00abdar al-islam\u00bb (domaine de l&rsquo;islam), et \u00abdar al-ahd\u00bb (domaine de la   tr\u00e8ve). \u00abL&rsquo;ob\u00e9issance au pr\u00e9cepte de la guerre sainte explique pourquoi   l&rsquo;histoire de l&rsquo;islam est une interminable entreprise guerri\u00e8re pour conqu\u00e9rir   les territoires infid\u00e8les. En particulier, toute l&rsquo;histoire islamique est   domin\u00e9e par l&rsquo;id\u00e9e de la conqu\u00eate des pays chr\u00e9tiens de l&rsquo;Europe occidentale   et de l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Orient, dont la capitale \u00e9tait Constantinople\u00bb, \u00e9crit   Giuseppe de Rosa.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Lorsque l&rsquo;on sait que tous les articles de la revue j\u00e9suite passent   syst\u00e9matiquement par la censure du Vatican, on peut estimer que cette approche   critique de l&rsquo;islam exprime un point de vue assez r\u00e9pandu parmi la hi\u00e9rarchie   pontificale. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Un autre signe de ce changement : les 1er et 2 septembre 2005 \u00e0 Castel   Gandolfo, un petit groupe d&rsquo;universitaires &#8211; le cercle des anciens \u00e9l\u00e8ves de   Ratzinger (Ratzinger-Sch\u00fclerkreis) &#8211; s&rsquo;est r\u00e9uni avec le Pape autour de deux   j\u00e9suites islamologues. Objectif : d\u00e9battre de la position de l&rsquo;islam face au   monde s\u00e9cularis\u00e9 et des cons\u00e9quences sur le dialogue entre chr\u00e9tiens et   musulmans. Quelques \u00e9chos de ce colloque priv\u00e9 ont franchi les murs de la   r\u00e9sidence d&rsquo;\u00e9t\u00e9 des papes. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00abBeno\u00eet XVI juge tr\u00e8s difficile une herm\u00e9neutique du Coran, descendu du ciel   dans les mains du proph\u00e8te, contrairement aux Evangiles, dont la r\u00e9v\u00e9lation   est pass\u00e9e au travers de la p\u00e2te humaine. Pour lui, cela rend d&rsquo;autant plus   difficile un dialogue entre l&rsquo;islam et le monde moderne, et par voie de   cons\u00e9quence avec le christianisme, qui en a permis l&rsquo;\u00e9mergence\u00bb, a racont\u00e9   l&rsquo;un des pr\u00e9sents. L&rsquo;Egyptien Samir Khalil Samir, professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9   Saint-Joseph de Beyrouth, l&rsquo;un des deux islamologues pr\u00e9sents, a r\u00e9sum\u00e9, pour   sa part, les propos tenus par Beno\u00eet XVI \u00e0 notre cons\u0153ur Sophie de Ravinel du   quotidien fran\u00e7ais \u00a0\u00bbLe Figaro\u00a0\u00bb (21 avril 2006). Selon lui, le pape a   soulign\u00e9 le foss\u00e9 s\u00e9parant l&rsquo;Occident d&rsquo;\u00abune grande partie du monde musulman   qui n&rsquo;int\u00e8gre pas la modernit\u00e9, poss\u00e8de une conception fig\u00e9e de la r\u00e9v\u00e9lation   et renforce son attitude radicale, par s\u00e9curit\u00e9\u00bb. Un autre j\u00e9suite,   l&rsquo;Am\u00e9ricain traditionaliste Joseph Fessio, fondateur de la maison d&rsquo;\u00e9dition   Ignatius Press, avait rapport\u00e9, en janvier 2005, que le pape, au cours de la   m\u00eame rencontre, \u00aba estim\u00e9 l&rsquo;islam incapable de se r\u00e9former\u00bb. \u00abIl a estim\u00e9 la   r\u00e9forme difficile, mais pas impossible\u00bb, a tenu cependant \u00e0 corriger le p\u00e8re   Samir Khalil Samir. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Quoi qu&rsquo;il en soit, les positions de Beno\u00eet XVI vis-\u00e0-vis de l&rsquo;islam n&rsquo;ont   cess\u00e9 d&rsquo;\u00e9voluer vers une volont\u00e9 de marquer la diff\u00e9rence entre islam, fig\u00e9   dans ses dogmes, et un christianisme ouvert aux lumi\u00e8res de la raison. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  \u00abL&rsquo;islam est ferm\u00e9 au point de ne pas admettre la r\u00e9ciprocit\u00e9\u00bb<\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Autre \u00e9pisode \u00e0 retenir dans le cadre de cette \u00e9volution : dans une interview   au quotidien italien \u00a0\u00bbLa Stampa\u00a0\u00bb, le 22 f\u00e9vrier dernier, Mgr Velasio De   Paolis, secr\u00e9taire au Vatican du Tribunal supr\u00eame de la signature apostolique,   consid\u00e9r\u00e9 comme la \u00abCour de cassation\u00bb du Saint-Si\u00e8ge, proche collaborateur du   pape, a reproch\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Occident ses peurs face \u00e0 l&rsquo;islam. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00abSi tendre l&rsquo;autre joue signifie renoncer \u00e0 \u00eatre soi-m\u00eame, il y a un danger\u00bb,   a estim\u00e9 le pr\u00e9lat, qui a critiqu\u00e9 la faiblesse des r\u00e9actions europ\u00e9ennes face   aux manifestations de col\u00e8re dans des pays du monde musulman, li\u00e9es \u00e0 la   publication dans la presse occidentale de caricatures du proph\u00e8te Mohamed. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00abLe probl\u00e8me principal est que l&rsquo;islam est ferm\u00e9 au point de ne pas admettre   la r\u00e9ciprocit\u00e9 (&#8230;) En terre d&rsquo;Islam, d\u00e8s que l&rsquo;Eglise se pr\u00e9sente dans son   authenticit\u00e9, elle est accus\u00e9e de pros\u00e9lytisme\u00bb, a d\u00e9plor\u00e9 De Paolis. \u00abLe   risque est que les musulmans dialoguent tant qu&rsquo;ils restent une minorit\u00e9 en   Occident. Apr\u00e8s, qu&rsquo;en sera-t-il des valeurs chr\u00e9tiennes?\u00bb, s&rsquo;est-il demand\u00e9.   Avant d&rsquo;ajouter : \u00abCela fait plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle que l&rsquo;Occident a des   relations avec les pays arabes, surtout pour le p\u00e9trole, et il n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9   capable d&rsquo;obtenir la moindre concession sur les droits humains\u00bb. \u00abLa limite de   l&rsquo;Occident est l\u00e0: il parle toujours de valeurs, mais ensuite il a besoin du   commerce avec la Chine et du p\u00e9trole islamique, donc il ferme les yeux sur des   violations syst\u00e9matiques, comme il l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 fait avec Hitler\u00bb, conclut   l&rsquo;auteur. Cette derni\u00e8re allusion au leader nazi allemand n&rsquo;est pas sans   rappeler la comparaison qu&rsquo;\u00e9tablit souvent Bush entre fondamentalisme   islamique et fascisme. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Les d\u00e9clarations du pape \u00e0 Ratisbonne, le 12 septembre, \u00e0 propos de la   d\u00e9-raison de l&rsquo;islam sont donc \u00e0 situer dans cette atmosph\u00e8re d&rsquo;islamophobie   rampante que la mont\u00e9e du fondamentalisme islamiste dans notre r\u00e9gion n&rsquo;a pas   fini d&rsquo;exacerber. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  A ce titre, elles devraient \u00eatre discut\u00e9es, r\u00e9fut\u00e9es si n\u00e9cessaire, mais pas   rejet\u00e9es comme une nouvelle agression de la chr\u00e9tient\u00e9 contre l&rsquo;islam. Car, \u00e0   les lire de plus pr\u00e8s, ces d\u00e9clarations s&rsquo;insurgent contre des approches   r\u00e9trogrades de la religion que nous autres musulmans \u00e9clair\u00e9s stigmatisons   bien plus vigoureusement encore.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  (Source\u00a0: \u00ab\u00a0Le Temps\u00a0\u00bb (Tunisie), le 17 septembre 2006) <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">Les   regrets du Pape n\u2019apaisent pas le courroux du monde musulman<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  lefigaro.fr (avec Reuters et AFP). <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Les propos de Beno\u00eet XVI sur l\u2019islam et la violence continuent de provoquer   une vague de protestations, malgr\u00e9 la d\u00e9claration du Vatican pr\u00e9sentant les   regrets du Pape. Le dispositif de s\u00e9curit\u00e9 sera d\u2019ailleurs renforc\u00e9 dimanche \u00e0   Castel Gandolfo, autour de sa r\u00e9sidence d\u2019\u00e9t\u00e9, o\u00f9 il doit r\u00e9citer l\u2019ang\u00e9lus.  <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0La col\u00e8re des musulmans apr\u00e8s les propos de Beno\u00eet XVI \u00e9tablissant un lien   implicite entre islam et violence, mardi, ne faiblit pas. Et ce malgr\u00e9 le \u00abmea   culpa\u00bb du Pape, exprim\u00e9 samedi par le nouveau secr\u00e9taire d\u2019Etat du Vatican,   Tarcisio Bertone. Il est \u00ababsolument d\u00e9sol\u00e9 que certains passages de son   discours aient pu para\u00eetre offensants pour la sensibilit\u00e9 des croyants   musulmans\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 dans un communiqu\u00e9. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Ambassadeur rappel\u00e9 <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Des regrets jug\u00e9s insuffisants, dans plusieurs pays. Le Maroc a notamment   d\u00e9cid\u00e9 de rappeler en consultation son ambassadeur au Vatican, \u00absur tr\u00e8s   hautes instructions\u00bb du roi Mohammed VI, qui a auparavant adress\u00e9 un message   de protestation au Pape. L\u2019ambassadeur du Saint-Si\u00e8ge au Caire a par ailleurs   \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 samedi au minist\u00e8re \u00e9gyptien des Affaires \u00e9trang\u00e8res. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Attaques contre des \u00e9glises <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  En Cisjordanie, les propos incrimin\u00e9s ont provoqu\u00e9 des attaques contre deux   nouvelles \u00e9glises, dimanche sans faire de victime, \u00e0 Tulkarem et Toubas. Cinq   \u00e9glises avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 la cible d&rsquo;attaques dans les Territoires   palestiniens, depuis mardi. En Irak, une bombe a \u00e9galement explos\u00e9 devant une   \u00e9glise \u00e0 Bassorah, au sud de Bagdad, endommageant l\u00e9g\u00e8rement la porte. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Menaces d\u2019attentat <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Le groupe arm\u00e9 irakien Ja\u00efch al-moujahidine a, quant \u00e0 lui, menac\u00e9 de frapper   l\u2019Italie et le Vatican, en riposte aux propos du Pape. Selon le quotidien   Corriere della Sera, le niveau de vigilance antiterroriste a m\u00eame \u00e9t\u00e9 relev\u00e9   au Vatican. Samedi soir, l\u2019agence italienne Ansa a \u00e9galement annonc\u00e9 que le   dispositif de s\u00e9curit\u00e9 serait renforc\u00e9 dimanche \u00e0 Castel Gandolfo autour de la   r\u00e9sidence d\u2019\u00e9t\u00e9 de Beno\u00eet XVI, o\u00f9 ce dernier doit r\u00e9citer l\u2019ang\u00e9lus, en milieu   de journ\u00e9e. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Demande d\u2019excuses <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  L\u2019Alg\u00e9rie a demand\u00e9 des excuses, dimanche. M\u00eame l\u2019archev\u00eaque d\u2019Alger s\u2019est dit   constern\u00e9. \u00abCe ne sont pas des excuses. Le Pape a commis une erreur, il doit   reconna\u00eetre son erreur et s&rsquo;excuser\u00bb\u00bb, a \u00e9galement r\u00e9agi un dirigeant des   Fr\u00e8res musulmans, Abdel Moneim Aboul Foutouh, en Egypte. Plus mod\u00e9r\u00e9, le   secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Front de l&rsquo;action islamique (FAI), \u00e9manation des Fr\u00e8res   musulmans en Jordanie, a jug\u00e9 que les regrets de Beno\u00eet XVI n&rsquo;allaient \u00abpas   dans la bonne direction, et \u00e9taient insuffisants\u00bb. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Avalanche de critiques <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  De son c\u00f4t\u00e9, le cheikh d&rsquo;al-Azhar, la plus haute autorit\u00e9 de l&rsquo;islam sunnite   dans le monde, a fait part de son indignation. Les propos du Pape \u00abtraduisent   une ignorance claire de l&rsquo;islam et de son proph\u00e8te\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Mohammed Sayyed   Tantaoui, selon lequel cela ne contribuera pas \u00abau renforcement du dialogue   entre les religions et les civilisations\u00bb. L&rsquo;Iran, pour sa part, a demand\u00e9 \u00e0   Beno\u00eet XVI de \u00abcorriger\u00bb ses propos, en les qualifiant de \u00abgrande erreur\u00bb. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  A l\u2019unisson, le grand mufti, le plus haut dignitaire religieux d\u2019Arabie   Saoudite, n\u2019a pas cach\u00e9 sa d\u00e9sapprobation en accusant le Pape de \u00abmensonge\u00bb.   Et dans une lettre adress\u00e9e au Vatican, le ministre saoudien des Affaires   \u00e9trang\u00e8res a r\u00e9clam\u00e9 \u00abune clarification urgente\u00bb. Le gouvernement kowe\u00eftien a   fait \u00e9galement une demande en ce sens, alors que le chef du parlement parlait   de \u00abgrosse erreur\u00bb. Dans ce pays, un d\u00e9put\u00e9 islamiste a demand\u00e9 au   gouvernement de cesser d&rsquo;accorder des autorisations pour la construction   d&rsquo;\u00e9glises. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Indignation des chr\u00e9tiens du Proche-Orient <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Les chr\u00e9tiens du Proche-Orient, qui craignent de faire les frais d&rsquo;une   confrontation entre le Vatican et le monde musulman, se sont aussi d\u00e9marqu\u00e9s   des propos de Beno\u00eet XVI. L&rsquo;\u00e9glise copte \u00e9gyptienne, dont les membres   constituent la plus importante communaut\u00e9 chr\u00e9tienne du Proche-Orient, a   rejet\u00e9 \u00abtoute atteinte aux symboles musulmans\u00bb. Les propos du Pape, enfin, on   \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9s jusque dans la presse am\u00e9ricaine, le New York Times les   qualifiant de \u00abtragiques et dangereux\u00bb. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Soutien <\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Cependant quelques voix se sont \u00e9lev\u00e9es en Europe pour prendre la d\u00e9fense de   Beno\u00eet XVI. En Grande-Bretagne, le Conseil des musulmans, la plus importante   organisation musulmane du pays, a estim\u00e9 que le souverain pontife a fait \u00abun   premier pas dans la bonne direction\u00bb en \u00abreconnaissant le mal qu&rsquo;il a caus\u00e9\u00bb.   La chanceli\u00e8re allemande et compatriote du Pape, Angela Merkel, a \u00e9galement   vol\u00e9 \u00e0 son secours : \u00abCelui qui critique le Pape m\u00e9conna\u00eet l&rsquo;intention de son   discours qui \u00e9tait d&rsquo;inviter au dialogue entre les religions\u00bb. <\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  (Source\u00a0: le site Figao.fr, le 17 septembre 2006 \u00e0 12h39)\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><\/b><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"> <font size=\"3\">Les propos qui embarrassent le Vatican<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Dominique dunglas<\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">\u00ab<\/span>Montre-moi   donc ce que Mahomet a apport\u00e9 de nouveau. Tu ne trouveras que des choses   mauvaises et inhumaines, comme le droit de d\u00e9fendre par l&rsquo;\u00e9p\u00e9e la foi qu&rsquo;il   pr\u00eachait.\u00bb C&rsquo;est en citant, le 12 septembre dernier \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de   Ratisbonne, ces paroles de l&#8217;empereur chr\u00e9tien de Constantinople, Manuel II   Pal\u00e9ologue (1350-1425), que Beno\u00eet XVI a provoqu\u00e9 la col\u00e8re musulmane<span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">.<\/span><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Des propos qui mettent l&rsquo;accent sur la violence de l&rsquo;islam. Des paroles qui ne   lui ont certainement pas \u00e9chapp\u00e9. Car dans la messe qui avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 son   discours, le pape avait d\u00e9j\u00e0 critiqu\u00e9 l&rsquo;islam. \u00abPour la doctrine musulmane, la   volont\u00e9 de Dieu n&rsquo;est li\u00e9e \u00e0 aucune de nos cat\u00e9gories, pas m\u00eame celle de la   raison.\u00bb Il faut donc en d\u00e9duire une sup\u00e9riorit\u00e9 de la religion catholique   \u00abh\u00e9riti\u00e8re de la loi juive\u00bb sur l&rsquo;Islam. Beno\u00eet XVI ne s&rsquo;est n\u00e9anmoins pas   limit\u00e9 \u00e0 critiquer cette religion. Il s&rsquo;en est aussi pris au rationalisme, et   \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage du Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res donnant \u00abune explication du monde dans   laquelle Dieu est superflu<span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">.\u00bb<\/span><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Reste que le pape a commis une gaffe. Non pas parce qu&rsquo;il a parl\u00e9 \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re.   Au contraire. Les propos incrimin\u00e9s faisaient partie d&rsquo;une d\u00e9monstration sur   les relations entre science, raison et religion, une r\u00e9flexion th\u00e9ologique   \u00e9rudite qui n&rsquo;\u00e9tait en rien un discours politique. Dans un ath\u00e9n\u00e9e de   th\u00e9ologiens, ils n&rsquo;auraient pas choqu\u00e9<span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">.<\/span><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Mais Beno\u00eet XVI n&rsquo;est plus un universitaire. Ses propos sont repris et   diffus\u00e9s dans le monde entier. Et les m\u00e9dias g\u00e9n\u00e9ra\u00adlistes, parfois   simplifi\u00adcateurs, ne peuvent traduire toute la complexit\u00e9 d&rsquo;un discours aussi   sophistiqu\u00e9. Son pr\u00e9d\u00e9cesseur l&rsquo;avait bien compris. Il ponctuait ses   interventions de phrases simples compatibles avec un large public<span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">.<\/span><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Erreur de communication<\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Cette erreur de communication est le r\u00e9sultat de la m\u00e9thode de travail de   Beno\u00eet XVI. Le pape \u00e9crit seul ses discours et ne les soumet pas \u00e0 ses   collaborateurs. Ainsi, le cardinal Paul Poupard, pr\u00e9sident du Conseil pour le   dialogue interreligieux, en charge du dossier de l&rsquo;islam, ne connaissait pas   le contenu de la conf\u00e9rence de Ratisbonne. Alors qu&rsquo;une relecture de contr\u00f4le   aurait \u00e9vit\u00e9 l&rsquo;\u00e9cueil. Tout le monde peut se tromper\u2026 m\u00eame le pape<span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">.<\/span><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Le Vatican a r\u00e9agi, jeudi soir, et publi\u00e9 un communiqu\u00e9 assurant que le pape   n&rsquo;avait en aucun cas voulu offenser les musulmans et \u00abn&rsquo;avait pas l&rsquo;intention   de se livrer \u00e0 une \u00e9tude approfondie sur le djihad et sur la pens\u00e9e   musulmane\u00bb. \u00abCe qui tient au c\u0153ur du pape est une claire et radicale   r\u00e9futation de la motivation religieuse de la violence\u00bb, a ajout\u00e9 Federico   Lombardi, nouveau directeur de presse du Saint-Si\u00e8ge. Une mise au point qui   parvient \u00e0 peine \u00e0 voiler la g\u00eane du Vatican<span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">.<\/span><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  (Source\u00a0: \u00ab\u00a0Tribune de Gen\u00e8ve\u00a0\u00bb (Suisse), le 16 septembre 2006)<\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">  L\u2019Alg\u00e9rie et la France font front contre le GSPC<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">Le   terrorisme, un ennemi commun<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"> <font size=\"3\"><b> <span lang=\"FR\">  R\u00e9da Amarni \u2014 La Voix de L\u2019Oranie<\/span><\/b><\/font><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b>Enregistr\u00e9 le 22 mars 2005 et tout r\u00e9cemment rendu public, un rapport de   l\u2019Assembl\u00e9e fran\u00e7aise, comme l\u2019indique son intitul\u00e9, porte sur \u00ab la n\u00e9cessit\u00e9   d\u2019intensifier la coop\u00e9ration franco-alg\u00e9rienne en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb.<\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Avec la menace Al Qa\u00efda-GSPC, il est plus que d\u2019actualit\u00e9. D\u2019embl\u00e9e, le   rapport note que \u00ab la situation de la s\u00e9curit\u00e9 en Alg\u00e9rie s\u2019est sensiblement   am\u00e9lior\u00e9e depuis cinq ans, la politique de r\u00e9conciliation nationale engag\u00e9e   par le Pr\u00e9sident Bouteflika ayant produit des effets tangibles \u00bb.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00ab La politique de concorde qui a trouv\u00e9 corps dans la loi vot\u00e9e par le   Parlement en juillet 1999 puis par le peuple alg\u00e9rien en septembre 1999 a \u00e9t\u00e9   marqu\u00e9e par des amnisties massives qui ont vid\u00e9 les maquis de plus de 6 000   combattants \u00bb.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Mais si \u00ab les villes sont aujourd\u2019hui plus s\u00fbres en raison de la mise en place   d\u2019un d\u00e9ploiement s\u00e9curitaire tr\u00e8s important autour des agglom\u00e9rations, le   terrorisme frappe encore, notamment dans les zones rurales et enclav\u00e9es comme   la Kabylie ou les Aur\u00e8s \u00bb, note le rapport qui cite les comptes rendus de la   presse alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Revenant sur l\u2019historique des groupes arm\u00e9s, le rapport rappelle que \u00ab la   mouvance islamique ne r\u00e9ussit pas \u00e0 s\u2019unifier et les groupes arm\u00e9s se forment   alors de mani\u00e8re anarchique. En 1993, appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois une   organisation qui pr\u00e9tend repr\u00e9senter tous les mouvements islamiques sur   l\u2019ensemble du territoire alg\u00e9rien : le Groupe islamique arm\u00e9 (GIA). Puis,   d\u00e9but 1994, na\u00eet l\u2019Arm\u00e9e islamique du salut (AIS), qui se r\u00e9clame du FIS.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Ces deux organisations distinctes ne parviendront jamais \u00e0 s\u2019unir durablement,   d\u2019autres mouvements autonomes poursuivant, de leur c\u00f4t\u00e9, leur action   terroriste \u00bb. Depuis la loi de 1999 sur la concorde civile et, apr\u00e8s le 11   septembre 2001, la situation de la s\u00e9curit\u00e9 en Alg\u00e9rie a \u00e9volu\u00e9, de telle   sorte qu\u2019elle justifie \u00ab une coop\u00e9ration polici\u00e8re accrue entre ce pays et la   France \u00bb. Et de reconna\u00eetre que \u00ab d\u2019un probl\u00e8me qui, globalement, paraissait   essentiellement alg\u00e9rien, on a sembl\u00e9 passer \u00e0 une probl\u00e9matique plus   internationale \u00bb.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Aujourd\u2019hui, les GIA sont consid\u00e9r\u00e9s comme d\u00e9sorganis\u00e9s. R\u00e9duits \u00e0 quelques   dizaines d\u2019hommes, ils ont consid\u00e9rablement r\u00e9duit leur action meurtri\u00e8re et   n\u2019op\u00e8rent plus qu\u2019\u00e9pisodiquement contre des civils dans des r\u00e9gions comme   celles de Blida et de M\u00e9d\u00e9a, estime-t-on.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">Le   GSPC en priorit\u00e9<\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Cela, dit, c\u2019est le Groupe Salafiste pour la Pr\u00e9dication et le Combat (GSPC)   qui demeure d\u00e9sormais \u00ab le plus actif \u00bb. \u00ab Cr\u00e9\u00e9 en 1998, le nombre de ses   membres est \u00e9valu\u00e9 \u00e0 450 personnes. Ses liens avec la mouvance terroriste   internationale sont de plus en plus patents. Le responsable de ce mouvement,   Nabil Sahraoui, a ainsi annonc\u00e9, le 11 septembre 2003, l\u2019all\u00e9geance du GSPC \u00e0   Al Qa\u00efda \u00bb. Ce faisant, \u00ab le GSPC a renou\u00e9 avec un courant internationaliste   et panislamiste incarn\u00e9 auparavant par le GIA \u00bb.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Alors que Nabil Sahraoui a \u00e9t\u00e9 abattu par l\u2019arm\u00e9e alg\u00e9rienne lors d\u2019une   op\u00e9ration de grande envergure le 17 juin 2004, son successeur, Abdelmalek   Droukdal, n\u2019a pas infl\u00e9chi la ligne internationaliste du GSPC. En octobre   2004, ordre \u00e9tait donn\u00e9 aux membres de ce groupe de \u00ab cibler les   ressortissants fran\u00e7ais, de les enlever et de les tenir prisonniers \u00bb. Dans   une lettre dat\u00e9e du 14 octobre 2004, Abdelmalek Droukdal sollicitait le   concours d\u2019Abou Moussab Al Zarkaoui, le terroriste jordanien, pour lutter   contre notre pays et lui sugg\u00e9rait d\u2019enlever nos compatriotes en Irak. En   r\u00e9ponse \u00e0 ces sollicitations, Al Zarkaoui diffusait sur Internet, le 19   janvier 2005, un message saluant les combattants du GSPC.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00ab Le rapprochement entre Al Qa\u00efda et ce groupe est d\u00e9sormais patent bien que   l\u2019on ne puisse cependant r\u00e9ellement distinguer ce qui rel\u00e8ve de la r\u00e9alit\u00e9 et   du simple effet d\u2019annonce ou de propagande \u00bb. On peut dire aujourd\u2019hui que les   doutes sont lev\u00e9s depuis l\u2019intervention de Zawahiri et la confirmation par le   GSPC lui-m\u00eame de ces liens.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Cette \u00e9volution du terrorisme alg\u00e9rien ne manque pas d\u2019inqui\u00e9ter les autorit\u00e9s   fran\u00e7aises. Cela justifie amplement que la coop\u00e9ration entre la France et   l\u2019Alg\u00e9rie s\u2019intensifie pour lutter contre ces menaces. \u00ab Si la lutte contre le   terrorisme est d\u00e9terminante dans la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019intensifier la coop\u00e9ration   entre nos deux pays, d\u2019autres questions justifient \u00e9galement des actions   conjointes. C\u2019est \u00e9videmment le cas de l\u2019immigration irr\u00e9guli\u00e8re. Il est   r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9couvert des immigr\u00e9s clandestins alg\u00e9riens \u00e0 bord de navires   ralliant des ports fran\u00e7ais, principalement Marseille.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Par voie terrestre, ces personnes transitent par le Maroc, traversent le   D\u00e9troit de Gibraltar, puis passent d\u2019Espagne en France avec des documents   fran\u00e7ais contrefaits ou falsifi\u00e9s \u00bb, rel\u00e8ve le rapport qui fait \u00e9galement lien   avec la lutte contre le trafic de drogue.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Quelle coop\u00e9ration ?<\/span><\/b><\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  La coop\u00e9ration en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 entre la France et l\u2019Alg\u00e9rie conna\u00eet une   mont\u00e9e en puissance depuis 2001. Les chiffres sont les suivants : 6 r\u00e9ponses   de la part des services de police fran\u00e7ais pour 20 demandes adress\u00e9es aux   autorit\u00e9s alg\u00e9riennes en 2001 ; 40 pour 54 en 2002 ; 164 pour 200 en 2003 et,   enfin, 441 r\u00e9ponses pour 556 demandes du 1er janvier 2004 au 25 janvier 2005.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Les services de police fran\u00e7ais se montrent satisfaits de la qualit\u00e9 des   r\u00e9ponses apport\u00e9es par les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes et on peut citer quelques   exemples marquants : en f\u00e9vrier 2004, la brigade financi\u00e8re de la Pr\u00e9fecture   de Police a sollicit\u00e9 des renseignements sur le groupe Khalifa Airways. Les   autorit\u00e9s alg\u00e9riennes ont fourni des \u00e9l\u00e9ments d\u2019information complets sur la   situation de cette compagnie qui ont permis de faire avancer l\u2019enqu\u00eate c\u00f4t\u00e9   fran\u00e7ais. En juillet dernier, les informations transmises ont \u00e9galement permis   d\u2019interpeller le responsable d\u2019une association impliqu\u00e9e dans l\u2019organisation   d\u2019une importante fili\u00e8re d\u2019immigration ill\u00e9gale en provenance de l\u2019Alg\u00e9rie.   Plusieurs r\u00e9seaux de trafics de faux visas ont aussi \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0   cette coop\u00e9ration.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  La coop\u00e9ration franco-alg\u00e9rienne en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 s\u2019inscrit \u00e9galement   dans le cadre de relations plus \u00e9troites entre les pays du Maghreb et l\u2019Union   europ\u00e9enne. En 1995 a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e la Conf\u00e9rence des ministres de l\u2019Int\u00e9rieur de   M\u00e9diterran\u00e9e occidentale r\u00e9unissant chaque ann\u00e9e les repr\u00e9sentants du Maroc,   de l\u2019Alg\u00e9rie, de la Tunisie , de l\u2019Espagne, du Portugal, de l\u2019Italie et de la   France.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  En 2001, s\u2019y sont adjoints la Libye et Malte. Cette conf\u00e9rence a permis de   mettre en place des commissions th\u00e9matiques sur le blanchiment d\u2019argent, le   terrorisme, l\u2019immigration ill\u00e9gale, la lutte contre le trafic d\u2019objets d\u2019arts,   la protection civile&#8230; En outre, la France a pris l\u2019initiative de la cr\u00e9ation   d\u2019un groupe de travail informel &#8211; c\u2019est l\u2019initiative 3+3 &#8211; regroupant les   ministres de l\u2019Int\u00e9rieur des trois pays du Maghreb et de la France, de   l\u2019Espagne et de l\u2019Italie. Si la premi\u00e8re r\u00e9union de ce groupe s\u2019est tenue en   d\u00e9cembre 2003, on doit constater cependant qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tenu de r\u00e9unions   depuis.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  \u00ab Une telle coop\u00e9ration, pour efficace qu\u2019elle soit, ne peut se d\u00e9velopper   d\u00e9sormais que dans un cadre plus formel qui r\u00e9sulte d\u2019une convention   internationale. C\u2019est le sens du texte qui nous est soumis aujourd\u2019hui \u00bb,   soutient le rapport de l\u2019Assembl\u00e9e.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p>  Aussi, la convention sign\u00e9e en 2003 par la France et l\u2019Alg\u00e9rie r\u00e9pond au cadre   d\u00e9sormais classique des accords portant sur la coop\u00e9ration en mati\u00e8re de   s\u00e9curit\u00e9. Elle s\u2019articule autour d\u2019un champ tr\u00e8s large qui met en exergue la   lutte contre la criminalit\u00e9 internationale, la drogue et le terrorisme.<\/p>\n<p>  \u00a0<\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  (Source\u00a0: le site \u00ab\u00a0El- annabi\u00a0\u00bb (Annaba &#8211; Alg\u00e9rie), le 17 septembre 2006)<\/span><\/b><\/p>\n<p> <b><span lang=\"FR\">  Lien\u00a0:<\/span> <a href=\"http:\/\/actualite.el-annabi.com\/article.php3?id_article=1821\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">  http:\/\/actualite.el-annabi.com\/article.php3?id_article=1821<\/a><\/b><\/p>\n<p><\/font><\/div>\n<p><\/span><\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\">\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/span><\/a><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Home &#8211; Accueil &#8211; \u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629 TUNISNEWS 7\u00a0\u00e8me\u00a0ann\u00e9e, N\u00b0\u00a02309 du 17.09.2006 \u00a0archives : www.tunisnews.net Kalima: ATFD et AFTURD : Plaidoyer pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans l\u2019h\u00e9ritage Webmanagercenter: Le dinar ne cesse de se d\u00e9pr\u00e9cier :Est-ce la bonne solution ? 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