{"id":16238,"date":"2009-12-20T00:00:00","date_gmt":"2009-12-20T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/20-decembre-2009\/"},"modified":"2009-12-20T00:00:00","modified_gmt":"2009-12-20T00:00:00","slug":"20-decembre-2009","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/20-decembre-2009\/","title":{"rendered":"20 d\u00e9cembre 2009"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"Tandis que la t\u00eate de l\u2019ex\u00e9cutif tunisien reste \n\t\tparalys\u00e9e, en l\u2019absence d\u2019un nouveau Premier ministre (voir TTU n\u00b0 627), \n\t\tdes dossiers compro mettants pour la famille pr\u00e9siden tielle auraient \n\t\tquitt\u00e9 Tunis et seraient entre les mains de personnalit\u00e9s de \n\t\tl'opposition, rapporte une source proche de celles-ci. Qui \u00e9voque \n\t\tl\u2019action de hauts commis de l'Etat, exasp\u00e9r\u00e9s par les prati ques \n\t\tfinanci\u00e8res occul tes des cer cles proches du palais de Carthage.\" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\/\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accuei<\/span><\/a><span lang=\"FR-CH\">l<\/span><\/b><\/font><\/p>\n<div>\n<div align=\"left\"><strong><font size=\"2\">\u00a0<\/font> <\/p>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div>\n<div>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\" size=\"7\">TUNISNEWS <\/font><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font><\/p>\n<div><font face=\"Arial\">9\u00a0\u00e8me ann\u00e9e, <span lang=\"FR\">N\u00b0\u00a03498 du 20.12.2009<\/span><\/font><\/div>\n<p><\/font><\/div>\n<div align=\"center\"><span><font face=\"Arial\"><font>\u00a0archives<\/font> : <\/font><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font face=\"Arial\">www.tunisnews.net<\/font><\/a><\/span><font face=\"Arial\"><font>\u00a0<\/font>\u00a0<\/font><\/div>\n<\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"3\"><span lang=\"FR\"><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><\/span><\/font><\/div>\n<p><\/font><\/div>\n<div><strong><font size=\"2\"><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>TTU Monde Arabe: R\u00e8glements de comptes<\/font><\/h2>\n<p> <font>Mediapart : \u00abGarder Taoufik en prison plus longtemps, c&rsquo;est l&rsquo;exposer \u00e0 une mort certaine\u00bb<\/font> <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Azza Zarrad:\u00a0 Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik\u2026 Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik\u2026<\/font><\/h2>\n<p> <font>Abdel Wahab Hani: A\u00efd Retornado B\u00e9ji Hma\u00efdi rentre au pays apr\u00e8s plus de 19 ans d&rsquo;exil<\/font> <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Tic et Soci\u00e9t\u00e9: Internet et la reconfiguration de l\u2019espace public tunisien : le r\u00f4le de la diaspora<\/font><\/h2>\n<p><font>AFP: Mauritanie: l&rsquo;enl\u00e8vement des deux Italiens similaire au rapt des Espagnols<\/font><\/font><\/strong><\/div>\n<p><\/strong><\/div>\n<p><font size=\"2\"><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">R\u00e8glements de comptes<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div align=\"center\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font>Tandis que la t\u00eate de l\u2019ex\u00e9cutif tunisien reste paralys\u00e9e, en l\u2019absence d\u2019un nouveau Premier ministre (voir TTU n\u00b0 627), des dossiers compro mettants pour la famille pr\u00e9siden tielle auraient quitt\u00e9 Tunis et seraient entre les mains de personnalit\u00e9s de l&rsquo;opposition, rapporte une source proche de celles-ci. Qui \u00e9voque l\u2019action de hauts commis de l&rsquo;Etat, exasp\u00e9r\u00e9s par les prati ques financi\u00e8res occul tes des cer cles proches du palais de Carthage. Hasard ou non, une campagne a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clen ch\u00e9e, depuis deux mois, contre des personnalit\u00e9s de l&rsquo;opposition tuni sienne. Une campagne qui consiste \u00e0 faire entendre, dans les colonnes de la presse officielle de Tunis, que certains de ces opposants vivant en exil (notamment \u00e0 Paris) \u201ccollabore raient\u201d avec le Mossad. Pour leur part, les services de s\u00e9curit\u00e9 fran\u00e7ais prendraient l\u2019affaire au s\u00e9rieux, craignant des r\u00e8glements de comptes entre Tunisiens dans l\u2019Hexagone. <\/font> <font><strong>(Source: TTU Monde Arabe -LETTRE HEBDOMADAIRE D&rsquo; INFORMATIONS STRAT\u00c9GIQUES &#8211; 1 7 d \u00e9 c emb r e 2 0 0 9 &#8211; n \u00b0 6 2 8)<\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">\u00abGarder Taoufik en prison plus longtemps, c&rsquo;est l&rsquo;exposer \u00e0 une mort certaine\u00bb<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div> 20 D\u00e9cembre 2009 Par La r\u00e9daction de Mediapart  La famille de Taoufik Ben Brik, \u00e9crou\u00e9 depuis le 29 octobre, lance un appel au secours. Malade, le journaliste et opposant tunisien a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 jeudi 26 novembre \u00e0 6 mois de prison ferme.  \u00ab Moi Azza Zarrad, femme de Taoufik Ben Brik, ainsi que ses s\u0153urs Saida et Najet, ses fr\u00e8res Jalel, Fathi et N\u00e9jib, attestons par la pr\u00e9sente que nous n&rsquo;avons jamais \u00e9t\u00e9 contact\u00e9s par aucune partie \u00e9trang\u00e8re et d\u00e9clarons que nous n&rsquo;avons jamais soutenu que les conditions de d\u00e9tention de Taoufik Ben Brik se sont am\u00e9lior\u00e9s en ce qui concerne les droits de visite et le suivi m\u00e9dical. En effet des conditions et menaces ind\u00e9centes nous ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es \u00e0 Jalel et \u00e0 moi lors de notre derni\u00e8re visite en date du 16 novembre. Aujourd&rsquo;hui, f\u00eate religieuse, et donc jour de visite selon l&rsquo;article 32 du 14 mai 2001, sa s\u0153ur Saida n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e \u00e0 rencontrer son fr\u00e8re comme le stipule la loi relative aux droits des prisonniers. De m\u00eame, aucun avocat n&rsquo;a pu rendre visite \u00e0 Taoufik depuis 24 novembre et ce malgr\u00e9 les autorisations officielles sign\u00e9es par le procureur g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0 Ses avocats Ma\u00eetres Abou et Ayachi ont d\u00e9pos\u00e9 une plainte contre le directeur de la prison de Siliana dans ce sens. S&rsquo;agissant de son \u00e9tat de son sant\u00e9, si la permission de laisser Taoufik prendre ses m\u00e9dicaments vitaux par les services p\u00e9nitenciers est une faveur, laisser Taoufik Ben Brik en survie serait donc aussi une faveur&#8230;Taoufik souffre d&rsquo;un syndrome qu&rsquo;un m\u00e9decin de prison ne peut\u00a0 gu\u00e8re g\u00e9rer. Taoufik a besoin d&rsquo;un suivi m\u00e9dical quotidien\u00a0 et rapproch\u00e9 comme attest\u00e9 par les certificats m\u00e9dicaux pr\u00e9sent\u00e9s dans son dossier. Je me contenterai de citer ses variations brutales de tension avec des pics d&rsquo;hypotension et d&rsquo;hypertension ainsi que les \u00e9pisodes d&rsquo;hypoglyc\u00e9mie\u00a0 et d&rsquo;hyperglyc\u00e9mie, ses divers allergies aux aliments et m\u00e9dicaments, sa diarrh\u00e9e chronique qu&rsquo;aucun m\u00e9decin n&rsquo;a pu soigner malgr\u00e9 leur notori\u00e9t\u00e9.  Garder Taoufik en prison plus longtemps, c&rsquo;est l&rsquo;exposer \u00e0 une mort certaine. Et s&rsquo;il\u00a0 mourait durant ces mois de prison, la responsabilit\u00e9 n&rsquo;incomberait pas seulement \u00e0 Ben Ali, mais aussi \u00e0 nous tous, qui ne nous serions pas suffisamment mobilis\u00e9s pour sa lib\u00e9ration. \u00a0Au nom de la famille Ben Brik,  Azza Zarrad\u00bb<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div><strong><font>(Source: Mediapart le 20 decembre 2009)<\/font><\/strong> \u00a0<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\u00a0<font size=\"2\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik\u2026 Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik\u2026<\/font><\/h2>\n<p> <\/strong><\/font><\/font><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"> <font>Propos\u00e9 par Azza Zarrad le Jeudi 17 d\u00e9cembre 2009 Sale journ\u00e9e pour le directeur du p\u00e9nitencier de Siliana ! Aujourd\u2019hui mercredi16 d\u00e9cembre, c\u2019est le jour de visite de la famille Ben Brik. Partis \u00e0 quatre comme d\u2019habitude dans la nouvelle Clio de son fr\u00e8re Fethi, nous n\u2019avions pas grand espoir de le rencontrer d\u2019autant que ses avocats avaient d\u00e9pos\u00e9 une plainte contre le directeur de la prison pour non respect de la loi et des droits des prisonniers.  La plainte a \u00e9t\u00e9 bien s\u00fbr jet\u00e9e \u00e0 \u00ab la poubelle du Minist\u00e8re de la Justice et des Droits de l\u2019Homme \u00bb&#8230;Sic !   Cette fois-ci tante Khaoulia a remplac\u00e9 son fr\u00e8re Fathi. Tante Khaoulia, c\u2019est la tante maternelle de Taoufik, \u00e2g\u00e9e de plus de 80 ans. Elle a insist\u00e9 pour se joindre \u00e0 notre groupe pour voir son neveu&#8230; pour la derni\u00e8re fois peut \u00eatre ! Fathi a donc d\u00fb lui c\u00e9der sa place. Elle est venue du bled. Elle a \u00e9gorg\u00e9 pour l\u2019occasion un mouton afin que Saida, la s\u0153ur de Taoufik puisse pr\u00e9parer son bon couscous pour son fr\u00e8re emprisonn\u00e9. Pauvre Tante Khaoulia ! Ni ses pri\u00e8res, ni ses pleurs n\u2019y feront rien. Nenni ! Tu ne le verras point et peut \u00eatre bien \u2026plus jamais. La route est dangereuse et glissante \u00e0 cause de la pluie. Des pics, des pentes, des virages et encore des virages, des camions et toujours des camions&#8230; La verdure, les oliveraies, et les prairies qui s\u2019\u00e9tendaient devant nous caressent nos yeux et nous font un peu oublier l\u2019angoisse de ne pas \u00eatre autoris\u00e9s \u00e0 rencontrer Taoufik comme la derni\u00e8re fois. Toujours, le m\u00eame man\u00e8ge ridicule de la police qui nous escorte, nous contr\u00f4le et nous \u00e9pie sans la moindre d\u00e9cence.  Nous voil\u00e0 face au goulag. Nous avons laiss\u00e9 nos sacs et portables dans la voiture sous la surveillance de Tante Khaoulia afin d\u2019\u00e9viter leurs ordres d\u00e9plac\u00e9s. L\u2019homme \u00e0 la perruque ocre jaune n\u2019est pas venu \u00e0 notre rencontre. L\u2019agent qui le remplace, \u00e9paul\u00e9 par un autre qui se pr\u00e9sentera comme \u00e9tant le sous-directeur, nous impose ses conditions : \u00ab Vous ne parlerez point de LUI. Vous ne l\u2019\u00e9voquerez point sinon la visite sera interrompue et vous ne serez plus autoris\u00e9 \u00e0 le revoir \u00bb. Lui ? C\u2019est Ben Ali le Grand, bien s\u00fbr ! La porte du parloir s\u2019ouvre devant nous enfin. Nous courons pour voir Taoufik. Il portait son vieux bonnet de laine vert militaire et avait enfil\u00e9 trois pulls. Derri\u00e8re les murs de ce goulag, les os de Taoufik doivent \u00eatre meurtris par le froid. Visiblement tr\u00e8s affaibli, le visage enfl\u00e9e, bleut\u00e9, il tenait \u00e0 peine debout, parlait tr\u00e8s peu, on l\u2019entendait \u00e0 peine, il hochait plut\u00f4t la t\u00eate. Il a demand\u00e9 des nouvelles des enfants, leurs r\u00e9sultats scolaires et puis si on ne manquait de rien.  Sacr\u00e9Taoufik, toujours soucieux des autres au point d\u2019oublier la maladie qui te ronge !   Derri\u00e8re nous, un agent ne cessait de regarder sa montre. Un autre en face, lisait sur nos l\u00e8vres, un troisi\u00e8me \u00e9piait nos moindres gestes. Les t\u00e2ches \u00e9taient bien divis\u00e9es pour garantir une visite sous la plus haute surveillance. A peine dix minutes et l\u2019on entend crier :\u00ab visite est termin\u00e9e \u00bb ! A peine Taoufik clame sa derni\u00e8re et unique phrase compl\u00e8te: \u00ab Je meurs \u00bb, On nous jette dehors en claquant la porte de fer derri\u00e8re nous.  Nous reprenons le chemin du retour. Il fait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s noir. La route est sans lumi\u00e8re. Tante Khaoulia, chapelet \u00e0 la main priait : Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik, Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik, Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik, Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik, Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik, Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik, Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik, Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik, Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik, Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik, Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik<\/font>&#8230;.  <strong><font>AZZA ZARRAD<\/font> La femme deTaoufik Ben BRIK <\/strong><\/div>\n<div align=\"center\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"center\"><font><strong>(Source: le site de \u00ab\u00a0Radio Kalima\u00a0\u00bb le 17 decembre 2009)<\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"center\"><font><strong>Lien: <\/strong><\/font><a href=\"http:\/\/www.kalima-tunisie.info\/fr\/News-file-article-sid-128.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font><strong>http:\/\/www.kalima-tunisie.info\/fr\/News-file-article-sid-128.html<\/strong><\/font><\/a><\/div>\n<div align=\"center\"><font size=\"2\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><\/p>\n<hr\/>\n<p>\u00a0A\u00efd Retornado B\u00e9ji Hma\u00efdi rentre au pays apr\u00e8s plus de 19 ans d&rsquo;exil<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/font><\/div>\n<p align=\"center\"><font size=\"2\"><strong><font>Les le\u00e7ons et pr\u00e9cautions judiciaires d&rsquo;un Retour<\/font><\/strong> <\/font><\/p>\n<p align=\"center\"><font size=\"2\"><strong>Suivi de: <\/strong>Pr\u00e9cisions A\u00efd \/ Retornado Samir Belkhir\u00a0\u00a0<\/font> <\/p>\n<p align=\"left\" dir=\"ltr\"><font size=\"2\"><strong><font>Par: Abdel Wahab Hani<\/font><\/strong> <\/font><\/p>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Notre ami, le A\u00efd \/ Retornado B\u00e9ji Hma\u00efdi a d\u00e9cid\u00e9 de rentrer au pays au terme de plus de 19 ann\u00e9es pass\u00e9es en Exil, en compagnie de toute sa famille.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">B\u00e9ji prendra l&rsquo;avion mardi 22 d\u00e9cembre, au bord du vol Tunis Air TU 725, au d\u00e9part de l&rsquo;A\u00e9roport parisien d&rsquo;Orly et \u00e0 destination de l&rsquo;A\u00e9roport international Tunis Carthage, D\u00e9part: 09:10, Arriv\u00e9e: 11h35.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Apr\u00e8s\u00a0des\u00a0ann\u00e9es d&rsquo;attente, A\u00efd \/ Retornado B\u00e9ji Hma\u00efdi a\u00a0obtenu son passeport tunisien le 26 octobre dernier, \u00e0 la vielle de E\u00efd Al-Idh&rsquo;ha. Avec l&rsquo;aide de son Conseil Ma\u00eetre Sonia Labyadh, A\u00efd Retornado B\u00e9ji Hma\u00efdi a entam\u00e9 les d\u00e9marches judiciaires de demande des Attestations de prescription des jugements rendus \u00e0 son encontre par contumace et s&rsquo;est oppos\u00e9 au seul juegement qui n&rsquo;est pas tencore tomb\u00e9 sous prescription. L&rsquo;opposition a \u00e9t\u00e9 inscrite \u00e0 la s\u00e9ance du 4 janvier 2010 de la Cour d&rsquo;Appel de Tunis.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">La jurisprudence des Cours d&rsquo;Appel, notamment celle de Tunis et de Gab\u00e9s, \u00e9tablie \u00e0 nos jours, a suivi notre analyse, de l&rsquo;<em>Appel pour le\u00a0Retour des Exil\u00e9s tunisiens en ce d\u00e9but des mandats pr\u00e9sidentiel et l\u00e9gislatif<\/em>,\u00a0de constatation de la Prescription des jugements rendus par contumace il y a un certain temps, m\u00eame si les d\u00e9lais formels ne sont pas encore atteints, permettant \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 son <em>Droit\u00a0\u00e0 l&rsquo;oubli<\/em>, principe philosophque gouvernant la Notion judiciare de Prescription.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">La jurisprdence, \u00e9tablie \u00e0 ce jour, de la Cour d&rsquo;Appel de Tunis a consist\u00e9 en une r\u00e9vision de peine, la ramenant \u00e0 deux ans de surcis au maximum. Ainsi, la Justice tunisienne semble prendre en compte, comme le veut la doctrine p\u00e9nale,\u00a0la vie en clandestinit\u00e9, l&rsquo;errance et les affres de l&rsquo;asile qu&rsquo;ont subit les Exil\u00e9s, comme forme du chatiment. Elle s&rsquo;abstient ainsi de leur infilger une peine suppl\u00e9mentarire. Et ce ci, en faisant abstraction aux jugements initiaux, non d\u00e9finitifs, pronnc\u00e9s in abstentia.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">A\u00efd \/ Retornado B\u00e9ji\u00a0nous donne ainsi un exemple de la pr\u00e9paration du Retour par les A\u00efdoun \/ Retornados qui souhaitent rompre l&rsquo;Asile et normaliser les relations avec leur pays, soit par le Retour d\u00e9finitif, soit par le changement du statut d&rsquo;Exil\u00e9 pour celui d&rsquo;Immigr\u00e9.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Il est d\u00e9sormais possible de constituer un Avocat en Tunisie pour faire\u00a0constater la prescription des jugements rendus par contumace, la d\u00e9livrance des Attestations de prescription de la peine corporelle (<em>Chahadat Soqout Al \u00d4uqoubah Al Badaniyyah<\/em>),\u00a0l&rsquo;octroi des Attestations de Cessation de Recherche (<em>Bitaqat Kaff Taftich<\/em>), ainsi que l&rsquo;Opposition aux jugements qui ne tombent pas encore sous le coup de la prescription. <\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Dans ce dernier cas, la r\u00e8gle judiciaire \u00e9tant toutesfois que l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9 s&rsquo;engage \u00e0 assister \u00e0 la premi\u00e8re audience fix\u00e9e par la Cour d&rsquo;Appel de la juridiction du ressort du jugement rendu in abstentia. <\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><u><font size=\"2\">Les lec\u00e7ons judiciaires de la pr\u00e9paration du retour du A\u00efd \/ Retornado Hma\u00efdi:<\/font><\/u><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">A la lumi\u00e8re de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, renseign\u00e9 par les exp\u00e9riences pass\u00e9es et pour faciliter les d\u00e9marches et \u00e9viter les mauvaises surprises,\u00a0nous, A\u00efd Retornado AW Hani,\u00a0conseillons vivement \u00e0 nos concitoyens co-exil\u00e9s\u00a0A\u00efdoun \/ Retornados qui d\u00e9cident de rompre d&rsquo;Exil de:<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font size=\"2\">-Pour les A\u00efdoun \/ Retornados condamn\u00e9s \u00e0 des peines qui tombent sous le coup de la Prescription (<em>Attaqadom Bi Mourour Azzaman<\/em>): <\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Entamer, \u00e0 distance,\u00a0par le Minist\u00e8re d&rsquo;un Avocat, les d\u00e9marches judiciaires pour la constattion des d\u00e9lais de prescription et la cessation des mandats de recherche; <\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font size=\"2\">-Pour les A\u00efdoun \/ Retornados condamn\u00e9s \u00e0 des peines qui ne tombent pas encore sous le coup de la Prescription (<em>Hokm Lam Yamorra Alayhi Azzaman<\/em>): <\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Engager, \u00e0 distance, les proc\u00e9dures d&rsquo;Opposition des jugements qui ne tombent pas encore sous le coup de la prescription, d\u00e8s obtention du passeport aupr\u00e8s des nos repr\u00e9sentations consulaires;<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font size=\"2\">-Pour les A\u00efdoun \/ Retornados qui ont d\u00e9j\u00e0 purger leurs peines: <\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Se munir des attestations de sortie de prison, au terme de l&rsquo;accomplissement du quantum de la peine, totale ou r\u00e9duite,\u00a0ou au b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une d\u00e9cision de lib\u00e9ration conditionnelle ou de grace pr\u00e9sidentielle;<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font size=\"2\">-Pour les A\u00efdoun \/ Retornados qui ne font l&rsquo;objet d&rsquo;aucun jugement ou qui ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s dans leurs droits apr\u00e8s observation des d\u00e9lis l\u00e9gaux: <\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Demander un Extrait du Casier judiciaire (Bulletin n\u00b03) aupr\u00e8s des nosn repr\u00e9sentations consulaires;<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><u><font size=\"2\">Pr\u00e9cisions concrenant le A\u00efd \/ Retornado Samir Belkhir:<\/font><\/u><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Il est \u00e0 rappeler, conform\u00e9ment \u00e0 ce que nous avions \u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment,\u00a0que notre ami l&rsquo;ancien militant de la glorieuse Union g\u00e9n\u00e9rale tunisienne des \u00e9tuidiants (UGTE), le A\u00efd \/ Retornado a \u00e9t\u00e9, bel et bien, lib\u00e9r\u00e9 au terme de moins de 36 heures (de week end) de son maintien \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport international de Djerba (rentr\u00e9 en urgence avec son passeport fran\u00e7ais), le temps de le pr\u00e9senter\u00a0le\u00a0lundi matin 30 novembre, suivant son arriv\u00e9e tardive le samedi 28 novembre, devant le Parquet\u00a0qui a ordonn\u00e9 sa lib\u00e9ration de suite, contrairement \u00e0 ce qui \u00e9t\u00e9 \u00e9crit sur le net \u00e0 Paris et repris maladroitement par un journal de la place.\u00a0<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Il est \u00e0 pr\u00e9ciser aussi que\u00a0la <em>Cour d&rsquo;Appel de Gab\u00e9s<\/em>, qui a statu\u00e9 rapidement, le jeudi 3 d\u00e9cembre,\u00a0n&rsquo;a pas prononc\u00e9 de <em>non-lieu<\/em> comme nous l&rsquo;avions \u00e9crit, mais qu&rsquo;elle a <em>\u00ab\u00a0rejet\u00e9, sur la forme,\u00a0l&rsquo;Opposition\u00a0\u00bb<\/em> introduite par le A\u00efd \/ Retornado Samir Belkhir, <em>\u00ab\u00a0pour Prescription de la peine\u00a0\u00bb<\/em> (<em>Rafdh Al Iitiradh Chaklan Li Tasalloutihi Alaa Hokmin Marra Alyhi Azzaman<\/em>) et a\u00a0ordronn\u00e9 la <em>cessation des recherches<\/em>\u00a0(<em>Kaff Attaftich<\/em>), consacrant ainsi les r\u00e8gles \u00e9l\u00e9mentaires du Droit. Le Parquet a introduit un pourvoi en Cassation. Mais la <em>Cour de Cassation<\/em> va, selon toute vraissemblance judiciaire, d\u00e9bouter le Parquet, le Magistrat ayant motiv\u00e9 sa d\u00e9cision par un principe ind\u00e9rogeable de Droit. L&rsquo;affaire est entre les mains d&rsquo;un Avocat \u00e0 la Cour.<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Bon retour\u00a0\u00e0 notre ami\u00a0A\u00efd \/ Retornado B\u00e9ji Hma\u00efdi, dans l&rsquo;espoir que la nouvelle ann\u00e9e de l&rsquo;H\u00e9jire 1431 apporte la joie et le sourire \u00e0 toutes les familles des A\u00efdoun \/ Retornados et touts les tunisiens<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Malakoff, banlieue parisienne,<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Le 19 d\u00e9cembre 2009<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">Abdel Wahab Hani<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><a href=\"http:\/\/\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"><font size=\"2\">awhani@yahoo.fr<\/font><\/a><\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">+33(0)6 17 96 00 37<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">FaceBook: Abdel Wahab Hani<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">PS: A\u00efd \/ Retornado B\u00e9ji Hma\u00efdi s&rsquo;adresse \u00e0 groupe FaceBook <strong>AIDOUN ILA TOUNES<\/strong> la vielle de son retour, qpr\u00e8s les AIDOUN \/ RETORNADOS Ahmed Eleuch, Abdessalem Bouchadekh et \u00a0Adel Ghannouchi&#8230;. Les t\u00e9moignages d&rsquo;autres AIDOUN \/ RETORNADO\u00a0sont en cours de r\u00e9alisation.\u00a0<\/font><\/div>\n<p><font size=\"2\"><\/p>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<h2 align=\"center\" style=\"color: red;\"><span><span lang=\"FR\">Internet et la reconfiguration de l\u2019espace public tunisien\u00a0: le r\u00f4le de la diaspora<\/span><\/span><\/h2>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Romain <\/span><\/strong><span><b><span lang=\"FR\">Lecomte<\/span><\/b><\/span><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><span><span lang=\"FR\">R\u00e9sum\u00e9s<\/span><\/span><\/h2>\n<p><span lang=\"FR\">Dans une approche sociologique, nous montrons comment des Tunisiens de la diaspora profitent de l\u2019internet pour s\u2019impliquer, s\u2019informer et d\u00e9noncer ce qu\u2019ils consid\u00e8rent comme des injustices dans leur pays d\u2019origine. Nous d\u00e9crivons le style de discours critique privil\u00e9gi\u00e9 par ces internautes militants, ainsi que le type d\u2019espace public qu\u2019ils revendiquent. Nous nous penchons sur le parcours militant de certains d\u2019entre eux et analysons les rapports qu\u2019ils entretiennent avec les internautes r\u00e9sidant en Tunisie, dans un premier temps, surtout, moins enclins \u00e0 d\u00e9noncer ouvertement (recours \u00e0 la critique indirecte) le r\u00e9gime autoritaire. Nous montrons cependant comment ces internautes en Tunisie vont jouer un r\u00f4le de plus en important au sein de ce nouvel espace contestataire. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"EN\">Using a sociological approach, we show how Tunisians of the diaspora take advantage of Internet to keep themselves involved and informed and to denounce what they consider as unjust in their native country. We describe the style of critical speech preferred by these activist Internet users and the type of public sphere they claim. We study the activist paths of some of them and analyse their relationships with Internet users living in Tunisia. While they are initially less likely to openly denounce (use of indirect criticism) the authoritarian regime, we illustrate how these Internet users in Tunisia come to play an increasingly important role in this new space of contestation. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"ES\">Desde una perspectiva sociol\u00f3gica, se muestra c\u00f3mo los Tunecinos de la di\u00e1spora sacan provecho de Internet para informarse, implicarse e incluso denunciar aquello que consideran como injusticias en su pa\u00eds de origen. Se describe el estilo del discurso privilegiado por estos internautas militantes, as\u00ed como el tipo de espacio p\u00fablico que reivindican. Se analizan los recorridos militantes de algunos de ellos y se estudian las relaciones que estos mantienen con los internautas residentes en T\u00fanez. Estos, en un primer momento, son menos propensos a denunciar abiertamente al r\u00e9gimen autoritario (utilizan la cr\u00edtica indirecta). Finalmente se muestra c\u00f3mo estos internautas residentes en T\u00fanez van a jugar un papel cada vez m\u00e1s importante en el seno de este nuevo espacio contestatario.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Introduction<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1. Gen\u00e8se de la contestation en ligne en Tunisie\u00a0: des sites et des forums<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2. Espace public alternatif et \u00ab\u00a0anti-langue de bois\u00a0\u00bb<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2.1. Des critiques sans r\u00e9v\u00e9rence et peu formalis\u00e9es<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2.2. Un \u00ab\u00a0contre-public subalterne\u00a0\u00bb\u00a0?<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">3. Conflit entre cyberdissidents et internautes mod\u00e9r\u00e9s<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">4. \u00c9mergence d\u2019une blogosph\u00e8re citoyenne\u00a0: le \u00ab\u00a0tournant tunisien\u00a0\u00bb\u00a0?<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">5. Curiosit\u00e9 pour la chose publique et nouvelles technologies<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Conclusion<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Haut de page<\/a><\/span><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><span><span lang=\"FR\">Texte int\u00e9gral<\/span><\/span><\/h2>\n<h2 style=\"color: red;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Introduction<\/a><\/span><\/h2>\n<p><span><span lang=\"FR\">1<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Dans le contexte autoritaire tunisien, o\u00f9 les m\u00e9dias \u00ab\u00a0traditionnels\u00a0\u00bb que sont la t\u00e9l\u00e9vision hertzienne et la presse<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1<\/a>, sont musel\u00e9s, on voit aujourd\u2019hui \u00e9merger de nouvelles voix discordantes au sein d\u2019un espace virtuel particuli\u00e8rement difficile \u00e0 contr\u00f4ler. Parmi les Tunisiens qui ont d\u00e9cid\u00e9 de profiter de l\u2019av\u00e8nement de l\u2019internet pour contester le r\u00e9gime autoritaire du pr\u00e9sident Zine el-Abidine Ben Ali, nous verrons que ceux de la diaspora ont jou\u00e9, en particulier durant les premi\u00e8res ann\u00e9es, un r\u00f4le tr\u00e8s important. Nous montrerons aussi que, progressivement, et non sans quelques conflits, les internautes tunisiens r\u00e9sidant au pays vont \u00eatre de plus en plus actifs et acqu\u00e9rir une visibilit\u00e9 consid\u00e9rable \u00e0 travers la blogosph\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">2<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Pour mener notre analyse, nous nous basons sur des observations en ligne, des \u00e9changes par courriel et des entretiens semi-directifs avec des internautes tunisiens, r\u00e9sidant en Tunisie et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2<\/a>. L\u2019approche que nous pr\u00e9conisons est une approche du \u00ab\u00a0politique par le bas\u00a0\u00bb (Bayart, 1992)\u00a0: nous nous int\u00e9ressons aux marges du politique, \u00e0 des acteurs souvent ignor\u00e9s \u00e0 la fois de l\u2019analyse politique et des professionnels du politique. Il s\u2019agit ainsi, comme le pr\u00e9conisent Fran\u00e7oise Massit-Foll\u00e9a et C\u00e9cile M\u00e9adel, \u00ab\u00a0de ne plus consid\u00e9rer la pratique politique comme l\u2019apanage des partis et organismes officiels, et de prendre en consid\u00e9ration ce qui se fait \u201chors les murs\u201d, pour reprendre les termes de Bernard Manin\u00a0\u00bb (2007, p.11).<\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1. Gen\u00e8se de la contestation en ligne en Tunisie\u00a0: des sites et des forums<\/a><\/span><\/h3>\n<p><span><span lang=\"FR\">3<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Dans un premier temps, les protestations ouvertes \u00e0 l\u2019encontre du pouvoir tunisien se sont principalement d\u00e9velopp\u00e9es au sein de quelques forums et sites, souvent qualifi\u00e9s par les internautes tunisiens de \u00ab\u00a0cyberdissidents\u00a0\u00bb. Les membres de la diaspora tunisienne ont jou\u00e9 un r\u00f4le consid\u00e9rable dans la construction de cet espace virtuel contestataire. Dans cet article, lorsque nous parlerons de \u00ab\u00a0cyberdissidence\u00a0\u00bb, nous ferons r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des internautes tunisiens qui, d\u2019une part, contestent de fa\u00e7on tr\u00e8s ouverte, directe, le r\u00e9gime politique tunisien (pour ce qui est de la critique en ligne plus mod\u00e9r\u00e9e et indirecte, cf. <em><span>infra<\/span><\/em>) et, d\u2019autre part, n\u2019appartiennent pas \u00e0 des organisations politiques ou militantes<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">3<\/a>, du moins n\u2019y jouent pas un r\u00f4le de premier plan<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">4<\/a>. Comme nous le verrons plus loin plus en d\u00e9tail, cette non appartenance a notamment pour corollaire une pratique et un langage contestataires distincts.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">4<\/span><\/span><span lang=\"FR\">On peut situer la naissance de la \u00ab\u00a0cyberdissidence\u00a0\u00bb tunisienne en janvier 1998, lorsque deux \u00e9tudiants tunisiens, <em><span>F\u0153tus<\/span><\/em> et <em><span>Waterman<\/span><\/em>, d\u00e9cident de cr\u00e9er une liste de diffusion appel\u00e9e <em><span>Takriz<\/span><\/em>, mot arabe pouvant \u00eatre traduit par \u00ab\u00a0ras-le-bol\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0emmerdement\u00a0\u00bb. Deux ans plus tard, les deux fondateurs, ainsi que les membres les plus actifs de la liste font de <em><span>Takriz<\/span><\/em> un \u00ab\u00a0e-mag\u00a0\u00bb, suscitant l\u2019enthousiasme au sein de la jeunesse tunisienne. Ce site, qui cessera ses activit\u00e9s en 2002, traite dans un style mordant et sans r\u00e9v\u00e9rence des sujets tabous en Tunisie tels que la religion, le sexe et la politique. Malgr\u00e9 la censure, il est d\u2019apr\u00e8s ses membres visit\u00e9 2\u00a0000 fois par jour<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">5<\/a>. Parmi les vingt-deux membres permanents de <em><span>Takriz<\/span><\/em>, plusieurs r\u00e9sident \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u00a0: \u00ab\u00a0Nous sommes tous des jeunes Tunisiens (sauf un) qui en avons ras le bol du manque d\u2019espace d\u2019expression dans le pays. Nous sommes presque tous \u00e9tudiants en Tunisie ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">6<\/a>.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">5<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Dans la droite ligne de <em><span>Takriz<\/span><\/em>, Zouhair Yahyaoui (en Tunisie) fonde le site et forum <em><span>Tunezine<\/span><\/em><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">7<\/a> en juillet 2001, o\u00f9 des membres de la diaspora tunisienne vont \u00e9galement jouer un r\u00f4le de premier ordre. La plume satirique de Zouhair Yahyaoui, connu sous le pseudonyme <em><span>Ettounsi<\/span><\/em>, lui vaut d\u2019\u00eatre emprisonn\u00e9 en juillet 2002. Lib\u00e9r\u00e9 en novembre 2003, affaibli apr\u00e8s des conditions de d\u00e9tention difficiles et plusieurs gr\u00e8ves de la faim, il d\u00e9c\u00e9dera d\u2019une crise cardiaque le 13 mars 2005, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 37 ans. Il est aujourd\u2019hui per\u00e7u comme un symbole, parfois m\u00eame comme un martyr de la cyberdissidence par de nombreux internautes tunisiens, qui lui rendent r\u00e9guli\u00e8rement hommage. En 2003, il est d\u00e9sign\u00e9 laur\u00e9at du premier prix \u00ab\u00a0Cyberlibert\u00e9\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0Reporters s@ns fronti\u00e8res\u00a0\u00bb. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">6<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Le site <em><span>R\u00e9veilTunisien<\/span><\/em> (<em><span>RT<\/span><\/em>) est, lui, cr\u00e9\u00e9 en 2002\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 la base ce site s\u2019adossait sur <em><span>Tunezine<\/span><\/em>. <em><span>Tunezine<\/span><\/em> \u00e9tant les forums et <em><span>RT<\/span><\/em> le journal plus s\u00e9rieux. Le s\u00e9rieux perdurera dans la d\u00e9marche mais le ton changera rapidement pour retrouver l\u2019insolence de ton qui est la n\u00f4tre\u00a0\u00bb (Hasni, par courriel, 2007). Ce site, fonctionnant comme un magazine \u00e9lectronique avec possibilit\u00e9 pour chacun d\u2019\u00e9crire des commentaires ou proposer des articles, est durant tout un temps en grande partie g\u00e9r\u00e9 par des non Tunisiens (d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents sur <em><span>Tunezine<\/span><\/em>). Ainsi, <em><span>Angelica<\/span><\/em> n\u2019est pas Tunisienne (et r\u00e9side \u00e0 l\u2019\u00e9tranger), Sophie Piekarec, la fianc\u00e9e de Zouhair Yahyaoui qui a repris la gestion de <em><span>Tunezine<\/span><\/em> apr\u00e8s son arrestation et qui, de ce fait, est proche de <em><span>R\u00e9veilTunisien<\/span><\/em>, n\u2019est pas non plus tunisienne. De m\u00eame, Luiza Toscane, qui publie alors r\u00e9guli\u00e8rement sur <em><span>RT<\/span><\/em>, est une militante associative fran\u00e7aise. Cependant, l\u00e0 encore, l\u2019un de ses membres les plus actifs (qui a, par la suite, g\u00e9r\u00e9 seul le site) est un Tunisien vivant en France, Hasni. Quelques temps apr\u00e8s la cr\u00e9ation du site, une Tunisienne au Canada, Houeida K. Anouar (<em><span>Antekrista<\/span><\/em>, d\u00e9j\u00e0 active sur <em><span>Tunezine<\/span><\/em> auparavant et ayant \u00e9galement \u00ab\u00a0pris part \u00e0 l\u2019aventure <em><span>Takriz<\/span><\/em>\u00a0\u00bb), viendra rejoindre l\u2019\u00e9quipe de <em><span>RT<\/span><\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">7<\/span><\/span><span lang=\"FR\">L\u2019internet est souvent v\u00e9cu par nos interview\u00e9s comme un moyen de s\u2019informer sur leur propre pays. Houeida K. Anouar, d\u00e8s son arriv\u00e9e dans son pays d\u2019accueil, en 1998, a profit\u00e9 de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la fois plus d\u00e9velopp\u00e9 et plus libre \u00e0 l\u2019internet pour s\u2019informer sur la situation des droits de l\u2019Homme en Tunisie\u00a0: <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Une fois au Canada, il y avait internet partout, tout \u00e9tait ouvert. [\u2026] Pas de censure, c\u2019\u00e9tait vraiment une sorte de feu d\u2019artifice d\u2019information. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 voir les dessous des choses, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 voir la Tunisie de l\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 travers une autre lorgnette [\u2026]. Je ne voyais plus la vision filtr\u00e9e, du pays, de la s\u00e9curit\u00e9\u2026 Je m\u2019en doutais, ce n\u2019\u00e9tait pas que j\u2019ignorais \u00e7a mais je n\u2019avais pas acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information, avant. [\u2026] J\u2019ai fouin\u00e9, j\u2019ai pass\u00e9 des nuits blanches sur internet \u00e0 m\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce qu\u2019il se passait en Tunisie\u00a0\u00bb (entretien en Tunisie, 2008).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">8<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Pour des raisons personnelles sans lien avec son activisme en ligne, Houeida K. Anouar est retourn\u00e9e en Tunisie en 2005 et y vit encore aujourd\u2019hui. Profitant de sa pr\u00e9sence au pays, elle a suivi de pr\u00e8s le \u00ab\u00a0Mouvement du 18 octobre\u00a0\u00bb, une gr\u00e8ve de la faim men\u00e9e par diverses personnalit\u00e9s de l\u2019opposition en pr\u00e9vision du Sommet mondial sur la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019information (SMSI), qui s\u2019est tenu \u00e0 Tunis en novembre 2005. Membre du comit\u00e9 d\u2019information sur le mouvement, elle a jou\u00e9 en quelque sorte un r\u00f4le de relai avec la sph\u00e8re virtuelle. Elle a notamment cr\u00e9\u00e9 le blog de la gr\u00e8ve de la faim<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">8<\/a>, censur\u00e9 et pirat\u00e9 plusieurs fois. Si, comme nous allons le voir plus loin, ces \u00ab\u00a0cyberdissidents\u00a0\u00bb ont souvent \u00e9t\u00e9 critiques vis-\u00e0-vis de l\u2019opposition tunisienne, ce genre d\u2019initiative montre bien que des passerelles ont parfois pu \u00eatre \u00e9tablies avec cette derni\u00e8re. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">9<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Fond\u00e9 en partie en r\u00e9action \u00e0 la paire form\u00e9e par <em><span>R\u00e9veilTunisien<\/span><\/em> et <em><span>Tunezine<\/span><\/em>, le site et forum<em><span>Nawaat<\/span><\/em> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en avril 2004. Il se pr\u00e9sente comme 100% tunisien\u00a0: <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Il y avait un besoin de cr\u00e9er un site tunisien g\u00e9r\u00e9 par des Tunisiens, et qui imposait une lign\u00e9e \u00e9ditoriale, sur les forums et sur l\u2019espace g\u00e9n\u00e9ral du site, de Tunisiens.\u00a0Parce qu\u2019en fait, sur <em><span>Tunezine<\/span><\/em> et <em><span>R\u00e9veilTunisien<\/span><\/em>, \u00e0 un certain moment les administrateurs n\u2019\u00e9taient pas tunisiens. [\u2026] Hasni est tunisien, mais les autres non. Et l\u00e0, imposer une certaine lign\u00e9e sur ce qui se publie [\u2026] sur le site \u00e9tait un peu d\u00e9licat par rapport aux Tunisiens\u00a0\u00bb (entretien en Hollande avec l\u2019un des fondateurs du site, Sami Ben Gharbia, 2008)<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">9<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">10<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Alors que <em><span>Tunezine<\/span><\/em> n\u2019est plus en activit\u00e9 et que <em><span>R\u00e9veilTunisien<\/span><\/em> ne l\u2019\u00e9tait plus jusqu\u2019\u00e0 sa r\u00e9ouverture r\u00e9cente (le site avait \u00e9t\u00e9 hack\u00e9 et d\u00e9truit), <em><span>Nawaat<\/span><\/em> n\u2019a cess\u00e9 d\u2019\u00e9largir sa visibilit\u00e9 et repenser son interface depuis sa cr\u00e9ation. Ses fondateurs et gestionnaires font partie de la diaspora tunisienne\u00a0: Sami Ben Gharbia r\u00e9side en Hollande, Malek Khadraoui (arriv\u00e9 plus tard dans l\u2019\u00e9quipe de <em><span>Nawaat<\/span><\/em>) en France et <em><span>Astrubal<\/span><\/em>, <em><span>Centrist<\/span><\/em> et <em><span>Mistral<\/span><\/em> (d\u00e9sormais inactif sur le site) vivent \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9tranger<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">10<\/a>. Tout comme Houeida K. Anouar, Malek Khadraoui souligne ce besoin de s\u2019informer sur son pays natal qu\u2019il venait de quitter\u00a0: <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Je suffoquais un peu, on va dire, par le manque de libert\u00e9 dans le pays. Donc je suis parti, et premi\u00e8re chose quand on part dans un pays un peu plus libre [\u2026], c\u2019est d\u2019essayer de se renseigner, d\u2019avoir des infos, donc c\u2019\u00e9tait le premier r\u00e9flexe\u00a0\u00bb (entretien en France, 2008). <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">11<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Il est lui aussi \u00e0 Tunis au moment du \u00ab\u00a0Mouvement du 18 octobre\u00a0\u00bb, ce qui lui permet de rencontrer les gr\u00e9vistes et, de fa\u00e7on moins officielle que Houeida K. Anouar, de servir de \u00ab\u00a0lien entre le virtuel et le r\u00e9el\u00a0\u00bb (Malek Khadraoui, entretien cit\u00e9). Sami Ben Gharbia a lui quitt\u00e9 la Tunisie pour des raisons politiques\u00a0: portant un certain int\u00e9r\u00eat \u00e0 la r\u00e9volution islamique iranienne, il visite l\u2019Iran \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 30 ans. Environ un an apr\u00e8s son retour, il d\u00e9cide de s\u2019exiler pour fuir une probable arrestation de la police tunisienne. Apr\u00e8s un long p\u00e9riple, il arrive en Hollande en 1998. C\u2019est en collectant des informations sur l\u2019internet en vue de b\u00e9n\u00e9ficier du statut de r\u00e9fugi\u00e9 politique (obtenu en 2004) que Sami Ben Gharbia commence \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux sites contestataires\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 collecter des informations sur la situation des libert\u00e9s et des droits de l\u2019homme en Tunisie, pour construire un dossier pour ma demande d\u2019asile. Donc, c\u2019\u00e9tait l\u2019objectif, rassembler le plus de documents pour les pr\u00e9senter \u00e0 mon avocate et au minist\u00e8re de la Justice. [\u2026] Et de l\u00e0, j\u2019ai fait la connaissance de ces sites dissidents, comme <em><span>Takriz, <\/span><\/em>les archives de <em><span>Takriz<\/span><\/em> et puis <em><span>Tunezine<\/span><\/em> et\u2026 je me suis investi petit \u00e0 petit, en lisant et puis en commentant. [\u2026] Je me suis engag\u00e9 en tant que forumier<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">11<\/a> [\u2026]. Et apr\u00e8s, j\u2019ai pris le chemin de la cyberdissidence en construisant avec des amis [rencontr\u00e9s au sein des espaces cyberdissidents] <em><span>Nawaat<\/span><\/em> et d\u2019autres initiatives dissidentes\u00a0\u00bb (entretien en Hollande, 2008).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">12<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Sami Ben Gharbia a fini par faire de son activisme en ligne son m\u00e9tier, travaillant d\u00e9sormais chez <em><span>GlobalVoices<\/span><\/em>, \u00ab\u00a0organisation \u00e0 but non-lucratif de blogueurs du monde entier\u00a0\u00bb qui \u00ab\u00a0a pour but de favoriser le dialogue mondial sur le Web, en pr\u00e9sentant l\u2019actualit\u00e9 de pays et de personnes souvent ignor\u00e9s par les m\u00e9dias traditionnels<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">12<\/a>\u00a0\u00bb. Si certains de ces cybermilitants \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 dot\u00e9s de connaissances pouss\u00e9es en informatique, d\u2019autres ont appris sur le terrain. Sami Ben Gharbia et <em><span>Astrubal<\/span><\/em> ont ainsi \u00e0 la base une faible connaissance de l\u2019informatique ou des nouvelles technologies de l\u2019information et de la communication\u00a0: \u00ab\u00a0Je viens d\u2019un milieu litt\u00e9raire, j\u2019ai fait litt\u00e9rature et un peu de droit, mais j\u2019ai appris \u00e0 manipuler l\u2019ordinateur et l\u2019internet sur le terrain, donc je suis le fruit d\u2019une exp\u00e9rience [militante]\u00a0\u00bb (Sami Ben Gharbia, entretien) Pourtant, ces deux gestionnaires de <em><span>Nawaat<\/span><\/em> sont non seulement devenus des webmasters chevronn\u00e9s, mais \u00e9galement des inventeurs d\u2019outils informatiques pour mener leur activit\u00e9 militante. On peut notamment citer la carte des prisons tunisiennes de Sami Ben Gharbia (cf. <em><span>infra<\/span><\/em>) et deux logiciels, le g\u00e9n\u00e9rateur de langue de bois<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">13<\/a> (outil humoristique consistant \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer un discours de propagande semblable \u00e0 celui des journaux tunisiens) et le \u00ab\u00a0403 Access Denied Checker<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">14<\/a>\u00a0\u00bb (permettant de tester et v\u00e9rifier la censure en Tunisie), mis au point par <em><span>Astrubal<\/span><\/em>. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">13<\/span><\/span><span lang=\"FR\">\u00c0 ce tableau de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration de sites contestataires tenus par des internautes sans appartenance politique, il faut \u00e9galement ajouter la liste de diffusion quotidienne <em><span>Tunisnews<\/span><\/em><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">15<\/a>. Cr\u00e9\u00e9e en mai 2000 par cinq anonymes r\u00e9sidant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger qui seraient, \u00ab\u00a0pour la plupart, des r\u00e9fugi\u00e9s politiques \u2013 islamistes \u2013 des ann\u00e9es 1990<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">16<\/a>\u00a0\u00bb,<em><span>Tunisnews<\/span><\/em> constitue une source d\u2019information qui conna\u00eet un succ\u00e8s consid\u00e9rable en Tunisie et au-del\u00e0. Les responsables de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em>, rassemblant des informations au contenu souvent politiquement \u00ab\u00a0sensible\u00a0\u00bb et provenant de sources tr\u00e8s vari\u00e9es (communiqu\u00e9s de l\u2019opposition, articles de la presse \u00e9trang\u00e8re et des rares titres de la presse d\u2019opposition \u2013 <em><span>Attariq Al Jadid<\/span><\/em>, <em><span>Al Mawkif<\/span><\/em>, <em><span>Mouatinoun<\/span><\/em> \u2013, articles de sites web et de blogs, etc.), correspondent \u00e0 ce que Fabien Granjon appelle des militants-m\u00e9diateurs de type filtreurs\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019observation minutieuse des pratiques militantes de communication sur r\u00e9seaux r\u00e9v\u00e8le [\u2026] l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle classe d\u2019interm\u00e9diaires, constitu\u00e9e de militants-m\u00e9diateurs fortement investis dans des op\u00e9rations de propagation de l\u2019information\u00a0\u00bb (2000, p.3). Et parmi les trois grandes cat\u00e9gories rep\u00e9rables d\u2019interm\u00e9diaires, Granjon mentionne les \u00ab\u00a0filtreurs\u00a0\u00bb, qui ne se contentent pas de diffuser l\u2019information, mais op\u00e8rent au pr\u00e9alable une s\u00e9lection de l\u2019information tendant \u00e0 devenir pl\u00e9thorique. \u00ab\u00a0Les <em><span>filtreurs<\/span><\/em> s\u2019assignent donc comme cadre d\u2019exercice de soulager les militants-internautes menac\u00e9s par l\u2019inflation des donn\u00e9es\u00a0\u00bb (2000, p.9). En effet, si les administrateurs de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em> tiennent \u00e0 publier quotidiennement \u00ab\u00a0tous les communiqu\u00e9s, toutes les analyses, toutes les d\u00e9clarations, toutes les prises de position, tous les articles et autres interventions ind\u00e9pendamment de la personne, de l\u2019organisation, du parti ou de la mouvance<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">17<\/a>\u00a0\u00bb, ils pr\u00e9tendent le faire \u00ab\u00a0apr\u00e8s v\u00e9rification\u00a0\u00bb (ce qui n\u2019emp\u00eache pas quelques fois la publication d\u2019informations erron\u00e9es) et sont n\u00e9cessairement amen\u00e9s \u00e0 op\u00e9rer une s\u00e9lection lorsque, par exemple, ils choisissent de publier certains articles de blog plut\u00f4t que d\u2019autres. En outre, ils op\u00e8rent une mise en forme. Enfin, de nombreux abonn\u00e9s de la liste reprochent aux administrateurs de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em> un filtrage id\u00e9ologique\u00a0: bien qu\u2019ils publient des textes aux opinions vari\u00e9es, il semblerait qu\u2019ils privil\u00e9gient les sources islamistes<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">18<\/a>. Comme les autres sites cit\u00e9s plus haut, <em><span>Tunisnews<\/span><\/em> est diffus\u00e9 depuis un serveur \u00e9tranger (Su\u00e8de). <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">14<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Ces espaces en ligne n\u2019ont bien entendu pas \u00e9t\u00e9 les seuls o\u00f9 des Tunisiens \u00ab\u00a0hors les murs\u00a0\u00bb ont d\u00e9velopp\u00e9 de nouvelles fa\u00e7ons de s\u2019opposer. D\u2019autres espaces plus restreints, plus personnels, ont \u00e9galement exist\u00e9, mais bien souvent gravitaient autour de ces sites et forums tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9s. Par ailleurs, des journalistes ind\u00e9pendants ont \u00e9galement lanc\u00e9 des sites critiques (notamment le site <em><span>Alternatives Citoyennes<\/span><\/em> de Nadia Omrane). Le fait que la diaspora ait constitu\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment pionnier de la r\u00e9sistance en ligne peut s\u2019expliquer par divers facteurs. Tout d\u2019abord, les Tunisiens vivant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ont eu un acc\u00e8s \u00e0 la fois plus d\u00e9velopp\u00e9 et plus libre \u00e0 l\u2019internet. Ensuite, ils sont moins expos\u00e9s \u00e0 la r\u00e9pression que les Tunisiens en Tunisie, bien que de nombreux internautes tunisiens \u00e0 l\u2019\u00e9tranger craignent que leurs activit\u00e9s contestataires en ligne causent des probl\u00e8mes \u00e0 leurs proches rest\u00e9s au pays<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">19<\/a>. Enfin, les expatri\u00e9s tunisiens, du fait qu\u2019ils r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ralement dans un pays d\u00e9mocratique, per\u00e7oivent souvent l\u2019autoritarisme s\u00e9vissant dans leur pays d\u2019origine comme d\u2019autant plus injuste et intol\u00e9rable. Cependant, malgr\u00e9 ces conditions, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cette \u00e9poque, de jeunes Tunisiens ont pu participer \u2013 souvent de fa\u00e7on plus discr\u00e8te \u2013 depuis la Tunisie \u00e0 ce nouvel espace contestataire<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">20<\/a>.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2. Espace public alternatif et \u00ab\u00a0anti-langue de bois\u00a0\u00bb<\/a><\/span><\/h3>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2.1. Des critiques sans r\u00e9v\u00e9rence et peu formalis\u00e9es<\/a><\/span><\/h3>\n<p><span><span lang=\"FR\">15<\/span><\/span><span lang=\"FR\">D\u00e9non\u00e7ant les nombreuses violations des droits de l\u2019Homme commises en Tunisie, ces internautes revendiquent souvent par ailleurs leur ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de \u00ab\u00a0l\u2019opposition\u00a0\u00bb tunisienne, qu\u2019il s\u2019agisse de \u00ab\u00a0l\u2019opposition cliente\u00a0\u00bb, soutenant le pouvoir en place en \u00e9change de diverses r\u00e9tributions mat\u00e9rielles et symboliques de la part de l\u2019\u00c9tat, ou de \u00ab\u00a0l\u2019opposition ind\u00e9pendante\u00a0\u00bb, compos\u00e9e de quelques associations ou partis marginalis\u00e9s. Affichant leur positionnement \u00ab\u00a0hors les murs\u00a0\u00bb, ils s\u2019expriment souvent de fa\u00e7on satirique et provocatrice, adoptant un style beaucoup plus informel que celui adopt\u00e9 par les personnalit\u00e9s de l\u2019opposition tunisienne. Ces traits caract\u00e9ristiques de la cyberdissidence sont r\u00e9sum\u00e9s par Hasni (en France), administrateur de<em><span>R\u00e9veilTunisien<\/span><\/em>\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab La premi\u00e8re [opposition] est l\u2019officielle, celle qui appelle \u00e0 voter Ben Ali. La seconde est la clandestine, peu contagieuse, souvent dogmatique et sans projet r\u00e9el \u00e0 proposer [\u2026] et la troisi\u00e8me, c\u2019\u00e9tait nous. Les internautes citoyens, les non encart\u00e9s, les impertinents ne respectant pas leurs a\u00een\u00e9s, les incontr\u00f4lables qui ne demandent pas la permission et font ce qu\u2019ils veulent avec les moyens du bord \u00bb (par courriel, 2007).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">16<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Zouhair Yahyaoui, le fondateur de <em><span>Tunezine<\/span><\/em>, pr\u00e9sentait son site comme \u00ab\u00a0ind\u00e9pendant de tout organe gouvernemental, de toute entit\u00e9 \u00e9conomique, de toute tendance politique ou croyance religieuse. [\u2026] <em><span>Tunezine<\/span><\/em> est en fin de compte pitoyablement censur\u00e9, depuis sa cr\u00e9ation [\u2026] mais les voies du netoyen<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">21<\/a> tunisien sont interminables\u00a0\u00bb (sur <em><span>Tunezine<\/span><\/em>).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">17<\/span><\/span><em><span lang=\"FR\">Takriz<\/span><\/em><span lang=\"FR\"> se d\u00e9finissait quant \u00e0 lui comme le \u00ab\u00a0premier e-magazine tunisien, 0% langue de bois\u00a0\u00bb. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, ces cyber-r\u00e9sistants privil\u00e9gient \u2013 aujourd\u2019hui encore, mais au sein d\u2019espaces d\u2019expression en ligne plus vari\u00e9s et dispers\u00e9s \u2013 un style de langage informel, sans langue de bois et laissant une large place \u00e0 la satire. Si la cible premi\u00e8re des critiques de ces internautes contestataires sont les autorit\u00e9s tunisiennes au sens large, les partis politiques d\u2019opposition ne sont eux-m\u00eames pas \u00e9pargn\u00e9s. Hasni parle ainsi d\u2019une opposition \u00ab\u00a0souvent dogmatique et sans projet r\u00e9el \u00e0 proposer\u00a0\u00bb (<em><span>supra<\/span><\/em>).<em><span>DeZ<\/span><\/em> estime \u00ab\u00a0que l\u2019opposition non reconnue ainsi que les personnalit\u00e9s et organisations de d\u00e9fense de droits de l\u2019Homme ne fournissent que le strict minimum et communiquent tr\u00e8s mal\u00a0\u00bb (par courriel, 2007)\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019outil internet [\u2026 qui] est devenu et deviendra une arme de communication tr\u00e8s efficace et de plus en plus redoutable est encore tr\u00e8s mal utilis\u00e9 par les structures \u201cclassiques\u201d. Les partis et personnalit\u00e9s politiques ont encore du mal \u00e0 utiliser cet outil ou m\u00eame \u00e0 lui donner une importance relative. Ils [\u2026] ne s\u2019impliquent presque jamais sur les forums ou les blogs et ils ont encore beaucoup de r\u00e9ticences envers les sites et forums, parce qu\u2019ils risquent d\u2019\u00eatre malmen\u00e9s et bouscul\u00e9s par des citoyens certes et plus souvent anonymes mais tr\u00e8s impliqu\u00e9s\u00a0\u00bb (<em><span>DeZ<\/span><\/em>, sur son site<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">22<\/a> et sur le forum<em><span>Tunezine<\/span><\/em>).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">18<\/span><\/span><span lang=\"FR\">La pr\u00e9tention des cyberdissidents \u00e0 pouvoir, \u00ab\u00a0en tant que simples citoyens,\u00a0critiquer les personnalit\u00e9s [de] la sph\u00e8re publique\u00a0\u00bb (Sami Ben Gharbia, sur <em><span>Nawaat<\/span><\/em><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">23<\/a>) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement affich\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Nous, en tant que forumiers et cyber-opposants, que ce soit de NT [<em><span>Nawaat<\/span><\/em>] ou de TZ [<em><span>Tunezine<\/span><\/em>] ou de n\u2019importe quel espace de dissidence, devrions exiger des opposants de revoir leur strat\u00e9gie\u00a0\u00bb (<em><span>Mkarriz<\/span><\/em>, sur<em><span> Tunezine<\/span><\/em><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">24<\/a>). Dans les d\u00e9bats au sein du forum <em><span>Tunezine<\/span><\/em> dans le cadre des \u00ab\u00a0Conf\u00e9rences de <em><span>Tunezine<\/span><\/em>\u00a0\u00bb (mai 2002), on lit bien cette volont\u00e9 de d\u00e9marcation vis-\u00e0-vis de l\u2019opposition classique\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Il faut rester ind\u00e9pendants tant que l\u2019on reprochera aux partis et \u00e0 leur[s] dirigeant[s] de faire de la politique politicienne. Si nous soumettons quelque chose, il faut le faire \u00e0 tous les partis et les inviter \u00e0 r\u00e9agir dans une tribune ouverte<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">25<\/a>. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">19<\/span><\/span><span lang=\"FR\">La chercheuse C\u00e9lina Braun a m\u00eame d\u00e9crit <em><span>Takriz<\/span><\/em> comme un \u00ab\u00a0anti parti\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Son succ\u00e8s est r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit d\u2019une partie de la jeune g\u00e9n\u00e9ration qui ne peut se reconna\u00eetre ni se faire encadrer par les partis politiques en pr\u00e9sence \u00bb. Et, concernant le style de langage utilis\u00e9, elle souligne\u00a0que \u00ab\u00a0le contraste est fort avec le style des \u00e9lites des partis ou des comit\u00e9s de d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme\u00a0\u00bb (2006, pp.54-55). Outre ses \u00ab\u00a0querelles intestines\u00a0\u00bb, son \u00ab\u00a0dogmatisme\u00a0\u00bb, sa \u00ab\u00a0politique politicienne\u00a0\u00bb, ces internautes ont souvent reproch\u00e9 \u00e0 cette opposition son \u00e9litisme. Se faisant l\u2019\u00e9cho des critiques port\u00e9es par de nombreux internautes, dans un article dressant le bilan du SMSI, Meryem Marzouki, chercheuse et responsable associative \u00e0 Paris, \u00e9crit\u00a0: <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Pourtant, toute cette jeunesse tunisienne qui participe aux forums de discussion sur internet, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s et les risques que cela comporte, qui fait preuve d\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 remarquable (voir tous les clips vid\u00e9os produits \u00e0 l\u2019occasion du SMSI, voir aussi la campagne \u201cYezzi\u201d [cf. <em><span>infra<\/span><\/em>]), qui ne s\u2019embarrasse pas de r\u00e9v\u00e9rence, a-t-elle seulement \u00e9t\u00e9 soutenue, encourag\u00e9e, voire simplement mentionn\u00e9e, par cette opposition [\u2026] ? Bien au contraire, elle a \u00e9t\u00e9 soigneusement \u00e9cart\u00e9e par des plus que cinquantenaires qui n\u2019ont rien compris, sauf que cette jeunesse risquait d\u00e9cid\u00e9ment de bousculer leur train-train \u00bb (Marzouki, 2005).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">20<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Ces diff\u00e9rentes critiques rejoignent ce qu\u2019ont pu dire les politologues Michel Camau et Vincent Geisser \u00e0 propos de l\u2019opposition tunisienne, soulignant \u00ab\u00a0la multiplication des querelles et des dissensions\u00a0\u00bb en son sein et expliquant que \u00ab\u00a0l\u2019incapacit\u00e9 des groupes proto-partisans \u00e0 se constituer une base militante\u00a0[\u2026] ne tient pas exclusivement aux conditions objectives de la r\u00e9pression [\u2026] mais aussi au sens profond qu\u2019ils donnent \u00e0 leur mission politique\u00a0: conqu\u00e9rir, d\u2019une part, un leadership purement symbolique sur un march\u00e9 politique enti\u00e8rement contr\u00f4l\u00e9 par l\u2019\u00c9tat et conforter, d\u2019autre part, leur position d\u2019ext\u00e9riorit\u00e9 par rapport aux masses \u201cignorantes\u201d\u00a0\u00bb. Les auteurs constatent \u00e9galement la \u00ab\u00a0personnalisation du pouvoir et le faible renouvellement des dirigeants\u00a0\u00bb (2003, pp.250 et 255). <\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2.2. Un \u00ab\u00a0contre-public subalterne\u00a0\u00bb\u00a0?<\/a><\/span><\/h3>\n<p><span><span lang=\"FR\">21<\/span><\/span><span lang=\"FR\">La fa\u00e7on dont ces internautes contestataires de la \u00ab\u00a0premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb (pr\u00e9c\u00e9dant la multiplication des blogs courant 2006) d\u00e9finissent \u2013 actuellement encore, mais avec moins d\u2019insistance \u2013 leurs pratiques et l\u2019espace dissident qu\u2019ils constituent, la fa\u00e7on aussi dont ils prennent leurs distances vis-\u00e0-vis de l\u2019opposition classique, renvoient au concept de \u00ab\u00a0sph\u00e8re de contre-public\u00a0\u00bb d\u00e9velopp\u00e9 par Nancy Fraser (2003). Celle-ci, dans un article visant \u00e0 repenser la sph\u00e8re publique th\u00e9oris\u00e9e par J\u00fcrgen Habermas \u00e0 partir du mod\u00e8le bourgeois du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (1978 [1962])<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">26<\/a>, conteste sa vision d\u2019une sph\u00e8re publique unifi\u00e9e, \u00e9litiste puisque compos\u00e9e exclusivement d\u2019hommes blancs et propri\u00e9taires et propose au contraire de prendre en compte la multiplicit\u00e9 des sph\u00e8res publiques. Fraser parle de ces contre-publics qui ont \u00ab\u00a0contest\u00e9 les normes exclusives du public bourgeois [\u2026], \u00e9laborant de nouveaux styles de comportement politiques et de nouvelles normes de discours public\u00a0\u00bb (Fraser, 2003, p.111). Elle appelle ces publics alternatifs \u00ab\u00a0<em><span>contre-publics subalternes <\/span><\/em>dans le sens o\u00f9 ils forment des ar\u00e8nes discursives parall\u00e8les dans lesquellesles membres des groupes sociaux subordonn\u00e9s \u00e9laborent des contre-discours, cequi leur permet de fournir leur propre interpr\u00e9tation de leurs identit\u00e9s, de leurs int\u00e9r\u00eats et deleurs besoins\u00a0\u00bb (Fraser, 2003, p.119). Cette id\u00e9e de contre-public appara\u00eet ainsi dans la revendication des cyberdissidents \u00e0 constituer un public alternatif \u00e0 l\u2019opposition classique, ainsi que dans le type de discours moins formalis\u00e9 et plus satirique qu\u2019ils privil\u00e9gient.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">22<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Dans un texte \u00e0 la fois r\u00e9v\u00e9lateur des opinions \u00e9mises au sein des espaces \u00ab\u00a0cyberdissidents\u00a0\u00bb et du style de langage pr\u00e9conis\u00e9, \u00e9crit lors des \u00ab\u00a0Conf\u00e9rences de <em><span>Tunezine<\/span><\/em>\u00a0\u00bb (cf. <em><span>infra<\/span><\/em>), <em><span>T.I.Z<\/span><\/em> (tr\u00e8s actif sur <em><span>Tunezine<\/span><\/em> et <em><span>RT<\/span><\/em>) explicite cette id\u00e9e d\u2019espace alternatif\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Ils [les partis d\u2019opposition] ont bien trop \u00e0 faire [\u2026] \u00e0 d\u00e9passer leur propre caricature en s\u2019engluant dans leur \u00e9ternel jeu schizophr\u00e9nique et suicidaire [\u2026]. Le r\u00e9gime despotique a contribu\u00e9 \u00e0 construire une opposition mal organis\u00e9e, en manque d\u2019inspiration. [\u2026] Il nous reste n\u00e9anmoins une autre alternative. [\u2026] il faut profiter des derniers espaces libres que nous d\u00e9tenons et qui nous sont offerts par les moyens technologiques, \u00e0 savoir internet. Il nous revient de prendre notre destin en main et d\u2019impliquer toute la soci\u00e9t\u00e9 dans un d\u00e9bat qui concerne son avenir. Et la meilleure fen\u00eatre ouverte vers tous les citoyens reste la communication. Alors \u00e0 nous d\u2019exploiter les ressources internet\u00a0: TUNeZINE, R\u00e9veilTunisien, TUNISNEWS pour lancer le d\u00e9bat. Le choix de ces supports n\u2019est pas anodin, on a l\u00e0 un magazine \u00e9lectronique, un forum de d\u00e9bats libre, un site web ind\u00e9pendant et une liste de diffusion neutre<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">27<\/a>. \u00bb<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">23<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Dans ces \u00ab\u00a0Conf\u00e9rences de <em><span>Tunezine<\/span><\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9bats en ligne organis\u00e9s en 2002, dont les synth\u00e8ses figurent sur le site <em><span>R\u00e9veilTunisien<\/span><\/em>, des cyberdissidents tunisiens ont cherch\u00e9 \u00e0 formaliser leurs revendications, leurs besoins, et notamment \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la fa\u00e7on dont ils pourraient \u00e0 l\u2019avenir collaborer avec l\u2019opposition classique. Chaque internaute tunisien, s\u2019il le souhaitait, pouvait formuler ses opinions et revendications et certains se sont charg\u00e9s ensuite de synth\u00e9tiser l\u2019ensemble. Il faut pr\u00e9ciser qu\u2019aujourd\u2019hui, s\u2019ils continuent \u00e0 se poser en alternative, les cyberdissidents remettent plus rarement en cause les opposants classiques tunisiens.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">24<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Nancy Fraser souligne le caract\u00e8re dual de ces contre-publics\u00a0: d\u2019une part, comme nous venons de le voir, \u00ab\u00a0ils fonctionnent comme des espaces de repli et de regroupement\u00a0\u00bb, d\u2019autre part, \u00ab\u00a0ils fonctionnent aussi comme des bases et des terrains d\u2019essais pour des activit\u00e9s d\u2019agitation dirig\u00e9es vers des publics plus larges\u00a0\u00bb (2003, p.120). Si les cyberdissidents peinent parfois \u00e0 se faire entendre aupr\u00e8s de publics plus larges (aupr\u00e8s de la population tunisienne dans son ensemble, mais aussi aupr\u00e8s des \u00ab\u00a0opposants classiques\u00a0\u00bb), ils sont n\u00e9anmoins parvenus \u00e0 r\u00e9aliser quelques \u00ab\u00a0coups\u00a0\u00bb m\u00e9diatiques, surtout aupr\u00e8s de publics \u00e9trangers. L\u2019exemple le plus significatif \u00e0 cet \u00e9gard est la manifestation en ligne \u00ab\u00a0Yezzi fock\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0: chaque individu souhaitant participer \u00e0 la manifestation mettait sur le site internet consacr\u00e9 \u00e0 la manifestation une photo de lui accompagn\u00e9 du slogan \u00ab\u00a0Yezzi\u00a0!\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0\u00c7a suffit\u00a0!\u00a0\u00bb), \u00e9crit par exemple sur une pancarte tenue \u00e0 la main ou ajout\u00e9 sur la photo \u00e0 l\u2019aide d\u2019un logiciel de retouche. Certains, afin de rester anonymes, dissimulaient leur visage sur la photo. Beaucoup de personnes, en Europe occidentale surtout, mais aussi en Tunisie, ont particip\u00e9 ou au moins pris connaissance de cette action collective qui a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e par de nombreux m\u00e9dias \u00e9trangers (tels CNN ou Al Jazeera)<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">28<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">25<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Cependant, ces internautes, s\u2019ils ont souvent critiqu\u00e9 l\u2019\u00e9litisme des opposants tunisiens, appartiennent eux-m\u00eames \u00e0 une certaine \u00e9lite, g\u00e9n\u00e9ralement dot\u00e9e d\u2019un acc\u00e8s \u00e0 l\u2019internet \u00e0 domicile, r\u00e9sidant bien souvent dans la capitale (Tunis) ou dans un pays d\u00e9velopp\u00e9 (France, Canada et \u00c9tats-Unis surtout). Cette remarque vaut \u00e9galement pour les blogueurs, dont nous allons parler plus loin. Si l\u2019internet permet donc \u00e0 des \u00ab\u00a0profanes\u00a0\u00bb de la politique de participer \u00e0 des d\u00e9bats publics, on ne peut pour autant parler d\u2019un espace public \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb. Les cha\u00eenes satellitaires, qui sont venues \u2013 avant l\u2019internet \u2013 briser le monopole de l\u2019\u00c9tat sur l\u2019audiovisuel, si elles ne permettent que tr\u00e8s peu aux \u00ab\u00a0profanes\u00a0\u00bb de la politique de participer r\u00e9ellement au d\u00e9bat public, pr\u00e9sentent par contre l\u2019avantage d\u2019\u00eatre plus largement accessibles. En effet, malgr\u00e9 une l\u00e9gislation visant \u00e0 contr\u00f4ler de fa\u00e7on plus stricte les usages des antennes paraboliques et d\u2019autres strat\u00e9gies visant \u00e0 lutter contre \u00ab\u00a0la concurrence des cha\u00eenes \u00e9trang\u00e8res, [l\u2019\u00c9tat] alternant r\u00e9pression, offensives diplomatiques et s\u00e9ductions par imitation des formats t\u00e9l\u00e9visuels transnationaux\u00a0\u00bb, n\u2019a pu contenir la r\u00e9ception croissante des cha\u00eenes satellitaires et l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00ab\u00a0des Tunisiens pour une information dissonante\u00a0\u00bb (Ferjani, 2002, p.175). <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">26<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Comme le souligne Peter Dahlgren, dans un article envisageant l\u2019application du concept d\u2019espace public \u00e0 l\u2019internet dans le contexte des d\u00e9mocraties occidentales, \u00ab le profil sociologique des usagers du Net est \u00e0 ce jour bien d\u00e9limit\u00e9 : il se caract\u00e9rise par un biais important en faveur d\u2019hommes jeunes, riches et dot\u00e9s d\u2019un fort capital culturel \u00bb (Dahlgren, 2000, p.174). Cette fracture num\u00e9rique contribue ainsi \u00e0 une sph\u00e8re publique exclusive, \u00e9litiste. Sur ce point, elle n\u2019est donc pas tellement diff\u00e9rente de la sph\u00e8re publique bourgeoise du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle mise en avant par J\u00fcrgen Habermas, que Nancy Fraser et d\u2019autres ont critiqu\u00e9. Or, cette fracture est encore plus prononc\u00e9e dans un pays en voie de d\u00e9veloppement comme la Tunisie. Si on peut observer une nette progression de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019internet ces derni\u00e8res ann\u00e9es, celui-ci reste n\u00e9anmoins restreint \u00e0 une petite frange de la population<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">29<\/a>. En avril 2009, le nombre officiel d\u2019\u00ab\u00a0utilisateurs\u00a0\u00bb s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 un peu moins de trois millions (soit un taux de p\u00e9n\u00e9tration d\u2019environ 29%), mais le nombre d\u2019\u00ab\u00a0abonn\u00e9s\u00a0\u00bb, lui, reste limit\u00e9 \u00e0 environ 300\u00a0000 (soit environ 3% de la population)<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">30<\/a>. Or, comme nous l\u2019ont dit pratiquement tous les internautes rencontr\u00e9s, il est difficile de bloguer ou d\u2019interagir r\u00e9guli\u00e8rement sur des forums sans avoir un acc\u00e8s r\u00e9gulier \u00e0 l\u2019internet. <\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">3. Conflit entre cyberdissidents et internautes mod\u00e9r\u00e9s<\/a><\/span><\/h3>\n<p><span><span lang=\"FR\">27<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Jusqu\u2019il y a peu, on pouvait observer au sein de l\u2019internet tunisien deux cat\u00e9gories distinctes d\u2019internautes\u00a0: d\u2019une part, les \u00ab\u00a0cyberdissidents\u00a0\u00bb, d\u00e9non\u00e7ant de fa\u00e7on permanente et directe les autorit\u00e9s tunisiennes (\u00e0 commencer par le pr\u00e9sident Ben Ali et son entourage), d\u2019autre part, les internautes tunisiens n\u2019abordant pas ou peu de th\u00e8mes connot\u00e9s politiquement. Bien que ces deux cat\u00e9gories d\u2019internautes interagissaient tr\u00e8s peu au sein de l\u2019espace virtuel, lorsque cela arrivait, cela donnait parfois lieu \u00e0 des disputes tr\u00e8s anim\u00e9es. C\u2019est au sein de la \u00ab\u00a0blogosph\u00e8re\u00a0\u00bb tunisienne que nous avons pu observer ces interactions. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">28<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Les cyberdissidents ont pendant plusieurs mois d\u00e9nonc\u00e9 l\u2019apolitisme de la majorit\u00e9 des blogueurs tunisiens, acceptant docilement la \u00ab\u00a0dictature\u00a0\u00bb. C\u2019est en d\u00e9cembre 2005 que nous rep\u00e9rons les premi\u00e8res grandes tensions autour de la question de l\u2019implication citoyenne de la blogosph\u00e8re tunisienne. Sami Ben Gharbia, alors l\u2019un des rares cybermilitants \u00e0 tenir un blog, publie un article comparant les blogs tunisiens \u00e0 \u00ab\u00a0des zones touristiques\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Elles s\u2019installent loin de la mis\u00e8re locale, l\u2019\u00e9vitent et la contournent\u00a0\u00bb. Sami Ben Gharbia a \u00e9crit ce texte d\u00e9non\u00e7ant le caract\u00e8re \u00ab\u00a0politiquement correct\u00a0\u00bb d\u2019une grande partie des blogs tunisiens en r\u00e9action au refus de <em><span>Houssein<\/span><\/em> (informaticien au Canada), webmaster de <em><span>Tn-blogs<\/span><\/em>, l\u2019agr\u00e9gateur des blogs tunisiens le plus populaire<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">31<\/a>, d\u2019indexer son blog\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Cette affaire d\u00e9passe mon cas personnel puisque je n\u2019\u00e9tais pas le seul \u00e0 me voir refuser l\u2019entr\u00e9e \u00e0 ce club priv\u00e9 tunisien [\u2026]. Le fait qu\u2019ils [les blogueurs qui ne sont pas ou plus index\u00e9s dans l\u2019agr\u00e9gateur] remplissent les pages de leur blog par des textes et des pens\u00e9es hostiles \u00e0 la dictature tunisienne suffit pour les sanctionner aux yeux des responsables de cet annuaire indexant les seuls blogs d\u2019une suppos\u00e9e jeunesse libre qui forment le bataillon des blogueurs adeptes du \u00ab politiquement correct. \u00bb\u00a0[\u2026] Cette vision du blogging divise la communaut\u00e9 des blogueurs tunisiens en deux mondes distincts [\u2026] \u00bb (Sami Ben Gharbia, sur son blog<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">32<\/a>)<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">29<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Le texte de Sami Ben Gharbia suscite un large d\u00e9bat au sein de la blogosph\u00e8re (avec de nombreux commentaires et articles sur la question). Et le d\u00e9bat va redoubler d\u2019intensit\u00e9 neuf mois plus tard, en septembre 2006. Suite au faible \u00e9cho re\u00e7u par \u00ab\u00a0la carte des prisons tunisiennes\u00a0\u00bb (cf. <em><span>infra<\/span><\/em>) aupr\u00e8s des blogueurs tunisiens, alors que cette m\u00eame action est largement m\u00e9diatis\u00e9e au sein d\u2019espaces non tunisiens, <em><span>Astrubal<\/span><\/em>, Sami Ben Gharbia et quelques autres internautes tr\u00e8s contestataires d\u00e9noncent de nouveau \u00ab\u00a0l\u2019apolitisme\u00a0\u00bb des blogueurs tunisiens, <em><span>Astrubal<\/span><\/em> allant jusqu\u2019\u00e0 surnommer tr\u00e8s p\u00e9jorativement la blogosph\u00e8re tunisienne par le qualificatif suivant\u00a0: \u00ab\u00a0lobotomisph\u00e8re<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">33<\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">30<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Un grand nombre de blogueurs vont r\u00e9agir \u00e0 ces critiques. <em><span>Houssein<\/span><\/em> admet publiquement avoir refus\u00e9 le blog de Sami Ben Gharbia parce qu\u2019il \u00e9tait trop politis\u00e9. Il admet \u00e9galement avoir agi par peur\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis, comme beaucoup de blogueurs de tn-blogs, [comme ces] jeunes [\u2026] d\u00e9chir\u00e9s entre cette envie de libert\u00e9 et une peur maladive, inculqu\u00e9e par un syst\u00e8me que tu connais tr\u00e8s bien. [\u2026] Je salue ton courage et tous ceux qui militent \u00e0 visage d\u00e9couvert. Moi je ne l\u2019ai pas.\u00a0\u00bb (Commentaire sur le blog de Sami Ben Gharbia, d\u00e9cembre 2005.) On voit ici comment l\u2019administrateur du site est contraint de participer bien malgr\u00e9 lui \u00e0 une censure de l\u2019internet s\u2019op\u00e9rant \u00e0 divers niveaux<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">34<\/a>. Cependant, il refuse de porter la responsabilit\u00e9 de cet isolement de quelques \u00ab\u00a0blogueurs dissidents\u00a0\u00bb et d\u00e9nonce, comme d\u2019autres blogueurs, le m\u00e9pris affich\u00e9 par les cyberdissidents\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019agr\u00e9gateur n\u2019est pas la cause de l\u2019isolement des quelques blogs \u201ccyberdissidents\u201d. [\u2026] Si les blogueurs tunisiens forment une communaut\u00e9 endog\u00e8ne, la communaut\u00e9 dissidente, elle, est une entit\u00e9 close, opaque, et auto satisfaite. [\u2026] Le militantisme virtuel reste confin\u00e9 \u00e0 quelques forums et webzines bien connus, tous inaccessibles en Tunisie. [\u2026] \u00c0 ces anonymes des forums, [\u2026] qui jugent sans savoir, du haut de leur pi\u00e9destal num\u00e9rique, si sup\u00e9rieurs \u00e0 la masse vendue et ignorante, si m\u00e9prisants de leurs concitoyens, je vous dis que ce n\u2019est pas avec pareille attitude que vous ferez \u00e9voluer les mentalit\u00e9s et changer les choses\u00a0\u00bb (sur son blog, septembre 2006).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">31<\/span><\/span><span lang=\"FR\">De nombreux blogueurs tunisiens r\u00e9agissent en d\u00e9non\u00e7ant, comme <em><span>Houssein<\/span><\/em>, l\u2019\u00e9litisme et le m\u00e9pris affich\u00e9s par ces cyberdissidents et en revendiquant une fa\u00e7on plus mod\u00e9r\u00e9e et progressive de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la chose publique. C\u2019est ce que fait <em><span>Nadia From Tunis<\/span><\/em>, lorsqu\u2019elle pr\u00f4ne un \u00ab\u00a0\u00e9largissement progressif et r\u00e9fl\u00e9chi de notre marge de man\u0153uvre\u00a0\u00bb et interroge\u00a0: \u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 serait-elle stratifi\u00e9e, avec les cyberdissidents sur la plus haute marche, sorte de noblesse patriotique en charge de la conscience du peuple [\u2026]\u00a0?\u00a0\u00bb (sur son blog, novembre 2006)<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">35<\/a>. Les propos du blogueur <em><span>Big Trap Boy <\/span><\/em>(en Tunisie), plaidant aussi pour une critique plus graduelle et moins frontale, illustrent par ailleurs l\u2019importance que peut rev\u00eatir le fait de r\u00e9sider en Tunisie ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger en ce qui concerne le type de critique utilis\u00e9e\u00a0: <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00ab\u00a0Je ne vois pas pourquoi un bloggeur vivant en Tunisie irait se cr\u00e9er des probl\u00e8mes ou faire bloquer l\u2019acc\u00e8s \u00e0 son blog juste pour faire plaisir \u00e0 ces Che Guevara virtuels vivant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Ceci dit, moi personnellement je parle de politique dans mon blog, mais je n\u2019essaie pas de me faire passer pour un militant ou de chercher la pol\u00e9mique, je crois qu\u2019il faut faire \u00e9voluer les choses graduellement, c\u2019est mieux que de chercher le conflit en permanence\u00a0\u00bb (commentaire de <em><span>Big Trap Boy<\/span><\/em> sur le blog d\u2019<em><span>Infinity<\/span><\/em>, septembre 2006).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">32<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Si, comme l\u2019indique <em><span>Big Trap Boy<\/span><\/em>, le lieu de r\u00e9sidence peut parfois expliquer le caract\u00e8re mod\u00e9r\u00e9 ou radical de la contestation en ligne et si, parmi les internautes les plus contestataires, figurent beaucoup de Tunisiens \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, il convient toutefois de nuancer\u00a0: ces conflits n\u2019opposent pas simplement Tunisiens en Tunisie et Tunisiens \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Parmi les blogueurs mod\u00e9r\u00e9s ayant particip\u00e9 \u00e0 ces d\u00e9bats, certains se trouvent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. C\u2019est le cas de <em><span>Houssein<\/span><\/em>, au Canada depuis 1999. Si, faute de place, nous ne pouvons analyser ici en profondeur les diverses raisons qui peuvent pousser un Tunisien \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u00e0 n\u2019\u00e9mettre que des opinions tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9es sur la \u00ab\u00a0cit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0tunisienne, rappelons que le souci de prot\u00e9ger les proches encore au pays et de pouvoir lui-m\u00eame y retourner quand bon lui semble, constitue un facteur important. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">33<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Ainsi, ces tensions survenues fin 2005 et en septembre 2006 entre des cyberdissidents<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">36<\/a> et de nombreux blogueurs tunisiens mod\u00e9r\u00e9s r\u00e9v\u00e8lent alors une profonde division entre ces deux cat\u00e9gories d\u2019acteurs. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, ils s\u2019accordent pour d\u00e9plorer l\u2019existence d\u2019\u00ab\u00a0un monde entre les blogueurs tunisiens et la dissidence<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">37<\/a>\u00a0\u00bb, mais divergent sur les causes de cette division.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">34<\/span><\/span><span lang=\"FR\">De nouvelles tensions apparaissent fin 2006 entre ces deux cat\u00e9gories d\u2019internautes, apr\u00e8s que de nombreux blogueurs ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019action \u00ab\u00a0Note blanche\u00a0\u00bb, organis\u00e9e pour la premi\u00e8re fois le 25 d\u00e9cembre 2006, et reproduite \u00e0 la m\u00eame date en 2007 et 2008. Cette action collective est r\u00e9v\u00e9latrice \u00e0 la fois de l\u2019amplification de la contestation de la part des blogueurs tunisiens qui s\u2019amorce alors (cf. <em><span>infra<\/span><\/em>) et, par les d\u00e9bats auxquels elle donne lieu, des tensions entre internautes militants et non militants, tensions qui seront de moins en moins visibles par la suite. Elle consiste \u00e0 poster un article vide le 25 d\u00e9cembre ou comprenant simplement le logo de la manifestation. Elle est initi\u00e9e la premi\u00e8re fois par solidarit\u00e9 pour trois blogueurs \u2013 <em><span>Felsfa<\/span><\/em>, <em><span>Sami III<\/span><\/em> (tous deux en Tunisie) et <em><span>Samsoun<\/span><\/em><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">38<\/a> (aux \u00c9tats-Unis) \u2013 tunisiens non \u00ab\u00a0militants\u00a0\u00bb venant d\u2019\u00eatre censur\u00e9s. Si de nombreux blogueurs participent alors \u00e0 cette action, c\u2019est que, comme les trois blogueurs censur\u00e9s eux-m\u00eames, ils n\u2019estiment pas qu\u2019il s\u2019agit de \u00ab\u00a0blogs dissidents\u00a0\u00bb d\u00e9passant les \u00ab\u00a0lignes rouges\u00a0\u00bb. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">35<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Plusieurs cyberdissidents tunisiens se r\u00e9jouissent de la solidarit\u00e9 affich\u00e9e par de nombreux blogueurs vis-\u00e0-vis de cette censure, ainsi que des articles critiques qui l\u2019ont provoqu\u00e9e. Ils y voient le signe d\u2019une nouvelle \u00e9tape pour la blogosph\u00e8re tunisienne. Les blogueurs non militants, et notamment deux des trois blogueurs censur\u00e9s, manifestent, eux, leur refus de voir la \u00ab\u00a0Note blanche\u00a0\u00bb \u00eatre \u00ab\u00a0instrumentalis\u00e9e\u00a0\u00bb par la cyberdissidence et consid\u00e9r\u00e9e comme un acte politique. Ainsi, <em><span>Sami III<\/span><\/em>, constatant qu\u2019il re\u00e7oit de plus en plus de visites d\u2019internautes ayant transit\u00e9 par des sites dissidents censur\u00e9s (il cite notamment <em><span>Tunisnews<\/span><\/em> et <em><span>Nawaat<\/span><\/em>) et ayant lu les textes enthousiastes des cybermilitants sur cette vague de contestation touchant la blogosph\u00e8re tunisienne, s\u2019insurge\u00a0: <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Je vous demande de ne pas modifier mes dires et y extraire les \u201cmorceaux\u201d qui vous servent\u00a0! Moi je ne parle dans mon blog, que de ma vie et ce qui m\u2019entoure, ET PUISQUE JE N\u2019AI AUCUNE ACTIVIT\u00c9 POLITIQUE, JE NE PARLE JAMAIS DE POLITIQUE\u00a0!!!! PAS DE POLITIQUE ICI\u00a0!!!! [\u2026] Mon action du lundi, si j\u2019y participe, c\u2019est pour que je puisse parler de ce que je veux, pas de ce que vous voulez\u00a0!\u00a0\u00bb (<em><span>Sami III<\/span><\/em>, sur son blog)<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">39<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">36<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Et<em><span>Felsfa<\/span><\/em>, dont le blog a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 censur\u00e9, d\u2019aller dans le m\u00eame sens en d\u00e9cidant m\u00eame de ne pas participer \u00e0 l\u2019action collective pourtant organis\u00e9e pour le soutenir :<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0[\u2026] Je crie haut et fort aussi que c\u2019est malhonn\u00eate de pousser les gens \u00e0 choisir un camp via de slogans attractifs avec des arri\u00e8res pens\u00e9es qui ne sont pas d\u00e9clar\u00e9es. Attention, vous allez poster blanc, ou montrer votre solidarit\u00e9 ce lundi. Vous allez faire une action qui sera qualifi\u00e9e, par ceux qui l\u2019ont cherch\u00e9e, comme un \u00ab\u00a0mouvement\u00a0\u00bb vers je ne sais pas quoi. [\u2026] \u00c9VITEZ le pi\u00e8ge. <em><span>Felsfa<\/span><\/em> ne postera pas blanc<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">40<\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">4. \u00c9mergence d\u2019une blogosph\u00e8re citoyenne\u00a0: le \u00ab\u00a0tournant tunisien\u00a0\u00bb\u00a0?<\/a><\/span><\/h3>\n<p><span><span lang=\"FR\">37<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Depuis cette \u00e9poque, le paysage de la \u00ab\u00a0cyber-citoyennet\u00e9\u00a0\u00bb tunisienne a fortement \u00e9volu\u00e9. Alors que nous avions observ\u00e9, fin 2005 et fin 2006, des discussions tr\u00e8s conflictuelles entre blogueurs mod\u00e9r\u00e9s et internautes tr\u00e8s contestataires, ces tensions ont aujourd\u2019hui disparu au profit d\u2019un engagement commun (mais comportant des degr\u00e9s variables de contestation) dans les d\u00e9bats citoyens. En effet, en concomitance avec l\u2019augmentation du nombre de blogs, de plus en plus de blogueurs (dont beaucoup sont en Tunisie), s\u2019ils refusent g\u00e9n\u00e9ralement l\u2019\u00e9tiquette d\u2019\u00ab\u00a0opposants\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0dissidents\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0militants\u00a0\u00bb, s\u2019expriment r\u00e9guli\u00e8rement de fa\u00e7on critique sur la chose publique. Un \u00e9change de plus en plus intense va ainsi s\u2019\u00e9tablir entre Tunisiens en Tunisie et Tunisiens \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, ces derniers profitant notamment d\u2019un acc\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9 et libre aux m\u00e9dias internationaux (en ligne et hors ligne) pour appuyer leurs contributions (\u00e9crits, dessins, vid\u00e9os\u2026), les premiers d\u00e9veloppant une critique souvent plus ancr\u00e9e dans leur quotidien (anecdotes, humour typiquement tunisien, photos prises ici et l\u00e0\u2026). Un va-et-vient s\u2019op\u00e8re ainsi, les uns et les autres s\u2019informant mutuellement au sein d\u2019un m\u00eame espace. Chez de nombreux blogueurs, une certaine prudence demeure cependant de mise (bien que de plus en plus rarement) quant aux cibles de la critique (ils \u00e9vitent de remettre directement en cause les plus hauts responsables de l\u2019\u00c9tat, le Parti-\u00c9tat, l\u2019entourage du pr\u00e9sident, de parler de la torture dans les prisons\u2026) et au langage utilis\u00e9. Partiellement en lien avec cette prudence, l\u2019humour et la satire, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents au sein des sites et forums tr\u00e8s contestataires \u00e9tudi\u00e9s<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">41<\/a>, sont devenus un vecteur davantage privil\u00e9gi\u00e9 encore de la contestation. Progressivement, la blogosph\u00e8re est apparue comme l\u2019espace dominant de la contestation en ligne<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">42<\/a>. Plus r\u00e9cemment, ce vent de contestation a \u00e9galement touch\u00e9 le site de r\u00e9seau social Facebook. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">38<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Certains journaux ou revues tunisiens ont d\u2019ailleurs commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux propos \u00e9mis par les blogueurs (tant\u00f4t pour en proposer une vision positive, tant\u00f4t au contraire pour les critiquer). C\u2019est le cas de la rare presse d\u2019opposition<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">43<\/a>, mais aussi de la presse mod\u00e9r\u00e9e et de la presse pro-gouvernementale. Le faitque la presse traditionnelle s\u2019int\u00e9resse de plus en plus \u00e0 ce qui se dit au sein de la blogosph\u00e8re tunisienne, contribue \u00e0 un d\u00e9cloisonnement (certes, encore tr\u00e8s relatif) de cet espace contestataire. De m\u00eame, du 23 au 25 mai 2008, le MEPI (Middle East Partnership Initiative) et l\u2019IREX (International Research &amp; Exchanges Board), respectivement organisation g\u00e9r\u00e9e par le D\u00e9partement d\u2019Etat am\u00e9ricain et ONG internationale, ont invit\u00e9 une dizaine de blogueurs tunisiens<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">44<\/a>, r\u00e9sidant en Tunisie et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (France, Canada, Hollande), \u00e0 venir d\u00e9battre sur le journalisme citoyen \u00e0 Casablanca avec d\u2019autres blogueurs nord-africains.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">39<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Pour mieux comprendre les \u00ab\u00a0arts de faire\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0tactiques\u00a0\u00bb mises en \u0153uvre par ces blogueurs tunisiens afin de s\u2019am\u00e9nager des espaces d\u2019autonomie pour r\u00e9sister aux pouvoirs en place et d\u00e9noncer ceux qui les servent (\u00e0 commencer par les m\u00e9dias \u00ab\u00a0traditionnels\u00a0\u00bb tunisiens), nous allons faire r\u00e9f\u00e9rence ici aux travaux de James C. Scott. Celui-ci \u00e9tudie les formes d\u2019expression du m\u00e9contentement qui se d\u00e9ploient en secret ou de fa\u00e7on d\u00e9guis\u00e9e, tout en restant souvent dans les limites de l\u2019acceptable, prenant en compte les \u00ab\u00a0lignes rouges\u00a0\u00bb comme les blogueurs tunisiens les appellent souvent. Les discours anti-h\u00e9g\u00e9moniques auxquels il s\u2019int\u00e9resse sont d\u00e9velopp\u00e9s au sein de sites sociaux sp\u00e9cifiques qui, pr\u00e9cise-t-il, ne sont pas simplement des espaces laiss\u00e9s vides par les dominants, mais sont gagn\u00e9s, am\u00e9nag\u00e9s, construits et d\u00e9fendus par ceux qui r\u00e9sistent\u00a0: une lutte s\u2019engage pour s\u2019approprier de tels espaces (Scott, 1990, p.123). Ainsi, dans le cas tunisien, les espaces virtuels o\u00f9 se diffusent les discours contestataires sont soumis \u00e0 la surveillance et la censure de la \u00ab\u00a0police de l\u2019internet\u00a0\u00bb, dont l\u2019instance principale est l\u2019ATI<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">45<\/a>. Pour \u00e9chapper \u00e0 la censure ou \u00e0 la r\u00e9pression, les internautes tunisiens d\u00e9ploient une multitude de tactiques de contournement et de camouflage (techniques et langagi\u00e8res). Scott parle d\u2019\u00ab\u00a0arts du d\u00e9guisement politique\u00a0\u00bb, qui consistent en des \u00ab\u00a0strat\u00e9gies multiples par lesquelles des groupes subordonn\u00e9s parviennent \u00e0 insinuer la r\u00e9sistance, dans des formes d\u00e9guis\u00e9es, dans le \u201c<em><span>public transcript<\/span><\/em>\u201d\u00a0\u00bb (Scott, 1990, p.136). Par \u00ab\u00a0<em><span>public transcript<\/span><\/em>\u00a0\u00bb, il faut comprendre les pratiques et discours qui sont expos\u00e9s aux regards des dominants, qui ne sont pas compl\u00e8tement \u00ab\u00a0priv\u00e9s\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0cach\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">40<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Avant d\u2019\u00e9voquer les formes d\u00e9guis\u00e9es de critique, il convient de nous attarder bri\u00e8vement sur les ruses proprement techniques<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">46<\/a>. La m\u00e9thode de contournement de la censure la plus connue est le proxy, serveur interm\u00e9diaire install\u00e9 entre l\u2019ordinateur de l\u2019utilisateur et l\u2019internet, lui permettant ainsi d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des sites web censur\u00e9s dans son pays, en passant par une adresse IP autre que la sienne (localis\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger). Nous avons pu induire de nos observations et entretiens que beaucoup d\u2019internautes tunisiens connaissent parfaitement l\u2019usage des proxys et sont en mesure de contourner la censure. Cela ne veut pas dire pour autant que beaucoup d\u2019entre eux y ont r\u00e9guli\u00e8rement recours, le fait m\u00eame que ces sites soient censur\u00e9s et donc interdits constituant un facteur dissuasif. Depuis que la critique s\u2019est largement diffus\u00e9e au sein de nouveaux espaces, le recours aux proxys semble cependant \u00eatre chose de plus en plus courante. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">41<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Au sein des sites et forums contestataires de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, o\u00f9 les formes de protestation s\u2019av\u00e9raient souvent tr\u00e8s directes, les messages d\u00e9guis\u00e9s, voil\u00e9s, \u00e9taient plus rares. Les tortures dans les prisons tunisiennes, la pr\u00e9varication des grandes familles dans l\u2019entourage pr\u00e9sidentiel, par exemple, \u00e9taient souvent explicitement abord\u00e9es. Par contre, l\u2019anonymat constituait la norme. Au sein de la blogosph\u00e8re tunisienne, on remarque que les messages critiques sont g\u00e9n\u00e9ralement davantage euph\u00e9mis\u00e9s<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">47<\/a>, d\u00e9guis\u00e9s sous forme d\u2019allusions, d\u2019humour, de dessins, de m\u00e9taphores\u2026<em><span>Nadia From Tunis<\/span><\/em> explique ainsi en quoi ces blogs \u00ab\u00a0citoyens\u00a0\u00bb diff\u00e8rent des sites ou blogs \u00ab\u00a0dissidents\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Nous utilisons des ruses d\u2019\u00e9criture et plus de subtilit\u00e9 pour passer \u00e0 travers les filtres et ne pas nous faire rep\u00e9rer pour un seul post et perdre ainsi nos blogs\u00a0\u00bb (par courriel, 2007). Il s\u2019agit notamment d\u2019\u00e9viter certains mots-cl\u00e9s susceptibles d\u2019attirer les censeurs, tels que \u00ab\u00a0Ben Ali\u00a0\u00bb. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">42<\/span><\/span><span lang=\"FR\">La ruse, au sein des blogs tunisiens, va souvent de pair avec l\u2019humour. Le blog <em><span>Normalland<\/span><\/em>, par exemple, avec une large dose d\u2019humour et de satire, constitue une caricature de la Tunisie, imaginant un pays fictif, un leader dictatorial et diverses positions gouvernementales attribu\u00e9es \u00e0 d\u2019autres blogueurs. Parmi les d\u00e9partements gouvernementaux, certains sont consacr\u00e9s au march\u00e9 noir et \u00e0 la corruption<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">48<\/a>.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">43<\/span><\/span><span lang=\"FR\">La critique s\u2019insinue aussi dans des allusions, des anecdotes, des r\u00e9cits d\u2019exp\u00e9riences personnelles. Plus haut, <em><span>Sami III<\/span><\/em>, pour insister sur le caract\u00e8re non politique de son blog, affirmait\u00a0: \u00ab\u00a0Moi je ne parle dans mon blog, que de ma vie et ce qui m\u2019entoure\u00a0\u00bb. Or, il arrive fr\u00e9quemment que des blogueurs en Tunisie parlent de leur vie personnelle tout en critiquant le syst\u00e8me. C\u2019est le cas lorsque <em><span>Montassar<\/span><\/em> (entretien en Tunisie, 2009) raconte sur son blog qu\u2019apr\u00e8s que l\u2019un de ses coll\u00e8gues de travail ait ramen\u00e9 au bureau le drapeau tunisien, d\u2019autres coll\u00e8gues l\u2019ont taquin\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est quoi, c\u2019est une nouvelle \u201cchooba\u201d [cellule du RCD, le parti au pouvoir<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">49<\/a>] que vous avez ouvert ici<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">50<\/a>\u00a0?\u00a0\u00bb <em><span>Montassar<\/span><\/em> commente cette blague\u00a0:<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">\u00a0\u00ab\u00a0Je ne sais pas pourquoi, mais moi aussi, j\u2019avais la m\u00eame impression, \u00e7a m\u2019a fait bizarre de voir un drapeau aussi \u00e9norme aux locaux de l\u2019entreprise, je l\u2019avais moi m\u00eame taquin\u00e9, le pauvre, il a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de rappeler \u00e0 chaque fois qu\u2019il s\u2019agit du drapeau du pays et non pas du RCD. Je ne vais pas en faire un drame, mais au fond, \u00e7a m\u2019a fait de la peine que le drapeau ait \u00e9t\u00e9 intuitivement associ\u00e9 \u00e0 la \u201cchooba\u201d plut\u00f4t qu\u2019au pays\u2026\u00a0\u00bb (sur son blog).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">44<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Par cette anecdote, <em><span>Montassar<\/span><\/em> t\u00e9moigne (et les commentaires sur son blog vont aussi dans ce sens) de l\u2019omnipr\u00e9sence du RCD, Parti-\u00c9tat de fait. Beaucoup de blogueurs tunisiens ont par ailleurs fait de n\u00e9cessit\u00e9 vertu\u00a0: le style indirect, cod\u00e9, \u00e9tant appr\u00e9ci\u00e9 autant pour sa dimension esth\u00e9tique et cr\u00e9ative que pour sa dimension pratique (\u00e9viter la censure ou toute autre forme de r\u00e9pression). C\u2019est notamment pour cette raison que le style d\u2019\u00e9criture (en arabe litt\u00e9raire et dialectal) de la blogueuse <em><span>Arabicca<\/span><\/em>, vivant en Tunisie et bloguant r\u00e9guli\u00e8rement depuis juillet 2007 (entretien en Tunisie, 2008), est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 au sein de la blogosph\u00e8re. Selon un autre blogueur, <em><span>Carpe Diem<\/span><\/em>, qui vit en France, <em><span>Arabicca<\/span><\/em> \u00ab\u00a0a un style d\u2019\u00e9criture tr\u00e8s vari\u00e9, tr\u00e8s riche, elle utilise beaucoup d\u2019images et, en fait, en [la] lisant [\u2026], il faut lire entre les lignes, ce qui est un style tr\u00e8s attrayant, finalement. Parce que \u00e7a fait travailler l\u2019imagination, il y a beaucoup de \u201cnon dits\u201d\u00a0\u00bb (entretien en Tunisie, 2009). De m\u00eame, le blogueur <em><span>Big Trap Boy<\/span><\/em>, vivant en Tunisie et bloguant depuis ao\u00fbt 2006, s\u2019est fait conna\u00eetre par sa critique humoristique en dialecte tunisien.<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">45<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Ces nouveaux blogs critiques sont souvent plus prudents quant \u00e0 leurs cibles. Ainsi, si le gouvernement lui-m\u00eame est encore rarement remis en cause explicitement, la presse tunisienne qui le porte aux nues fait par contre partie des cibles privil\u00e9gi\u00e9es de la critique. Le blog collectif<em><span>Boudourou<\/span><\/em>, cr\u00e9\u00e9 en juillet 2007 et anim\u00e9 par quelques Tunisiens r\u00e9sidant presque tous en Tunisie<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">51<\/a>, qui analyse et se moque de cette presse, constitue un bon exemple de critique \u00e0 la fois humoristique et <em><span>relativement<\/span><\/em> prudente quant \u00e0 ses cibles. Ce blog passe au crible les journaux tunisiens, pro-gouvernementaux essentiellement, d\u00e9non\u00e7ant les erreurs, les plagiats et la langue de bois qui y pr\u00e9domine. Tr\u00e8s ironiquement, des prix <em><span>Boudourou<\/span><\/em> (\u00ab\u00a0boudourou\u00a0\u00bb d\u00e9signe la pi\u00e8ce de monnaie tunisienne ayant la valeur la plus faible) d\u2019or, d\u2019argent et de bronze sont remis aux journalistes ayant \u00e9crit les articles les plus m\u00e9diocres&#8230; <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">46<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Parmi les autres cibles faisant r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019objet de critiques, figurent \u00e9galement en bonne place les grands projets de construction immobili\u00e8re peu soucieux de l\u2019environnement et du patrimoine. Sous l\u2019impulsion de<em><span>-Z-<\/span><\/em>, les blogueurs se sont par exemple mobilis\u00e9s, lan\u00e7ant en 2008 un groupe sur Facebook et une p\u00e9tition pour la protection de l\u2019\u00eele de la Zembra, menac\u00e9e par un groupe d\u2019investisseurs chinois souhaitant y implanter un grand complexe touristique. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">47<\/span><\/span><span lang=\"FR\">James C. Scott remarque \u00e0 propos de ces formes d\u00e9guis\u00e9es et indirectes de contestation que l\u2019alternative \u00e0 l\u2019anonymat, qui permet souvent de parler de fa\u00e7on \u00ab\u00a0agressive\u00a0\u00bb, directe, aux dirigeants<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">52<\/a>, consiste \u00e0 voiler le message juste suffisamment pour \u00e9viter les repr\u00e9sailles. Et il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019essentiel de l\u2019art verbal des groupes subordonn\u00e9s consiste en des euph\u00e9mismes astucieux qui, comme Zora Neale Hurston l\u2019a not\u00e9, \u201csont caract\u00e9ris\u00e9s par un commentaire social et une critique indirects, voil\u00e9s\u201d\u00a0\u00bb (Scott, 1990,p.153). Il s\u2019agit notamment de ne pas expliciter ses intentions contestataires, de telle mani\u00e8re que, m\u00eame si elles sont comprises par les dominants, <em><span>a posteriori<\/span><\/em>, il soit toujours possible de les nier, de jouer sur l\u2019ambigu\u00eft\u00e9. \u00c0 ce sujet, <em><span>Free-Race<\/span><\/em>, l\u2019un des blogueurs de <em><span>Boudourou<\/span><\/em> qui tient \u00e9galement un blog personnel, confie\u00a0: \u00ab\u00a0Les codes de langage et l\u2019humour permettent de faire passer des messages cod\u00e9s, que m\u00eame\u00a0l\u2019ATI comprend, m\u00eame les agents comprennent, mais ils sont plus tol\u00e9rants, soi-disant que peu de gens peuvent comprendre ce message ou\u2026 Donc, on emploie m\u00eame des termes, par exemple \u00ab\u00a0la famille\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer les proches [du Pr\u00e9sident Ben Ali] ou le \u00ab\u00a0patron\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer le chef [Ben Ali], ainsi de suite\u00a0\u00bb (entretien, Tunisie, 2009).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">48<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Face \u00e0 un pouvoir autoritaire, r\u00e9pressif, les domin\u00e9s ont donc, pour critiquer en public, au moins deux possibilit\u00e9s\u00a0: d\u00e9guiser le message ou d\u00e9guiser le messager (anonymat). Dans le cas de la critique en ligne tunisienne, les deux formes de d\u00e9guisement sont parfois utilis\u00e9es simultan\u00e9ment. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">49<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Cependant, s\u2019il est vrai que de nombreux blogueurs recourent \u00e0 des ruses pour exprimer des opinions critiques vis-\u00e0-vis du syst\u00e8me autoritaire, comme on l\u2019a dit plus haut, cette prudence semble de moins en moins de mise. Cette prolif\u00e9ration des critiques s\u2019est par ailleurs accompagn\u00e9e de la censure de nombreux blogs. Outre l\u2019action \u00ab\u00a0Note blanche\u00a0\u00bb, dont nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, d\u2019autres actions de solidarit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 organis\u00e9es pour contester cette censure et\/ou revendiquer la libert\u00e9 d\u2019expression. Le 1<sup>er<\/sup> juillet 2007, <em><span>Samsoun<\/span><\/em> avait ainsi lanc\u00e9 la journ\u00e9e \u00ab\u00a0Je blogue pour la libert\u00e9 d\u2019expression<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">53<\/a>\u00a0\u00bb. Cette action, reproduite un an plus tard, a \u00e9t\u00e9 largement suivie. Le 4 novembre 2008, les blogueurs ont lanc\u00e9 une \u00ab\u00a0journ\u00e9e nationale pour la libert\u00e9 d\u2019expression \u00bb (\u00e9galement sur Facebook). Cette date a \u00e9t\u00e9 choisie en solidarit\u00e9 avec Zied El Heni, le journaliste et blogueur tunisien qui a intent\u00e9 un proc\u00e8s \u00e0 l\u2019ATI, accusant l\u2019Agence d\u2019avoir censur\u00e9 Facebook (Zied El Heni, entretien en Tunisie, 2009). Pour marquer leur refus de la censure, les blogueurs ont aussi cr\u00e9\u00e9 un blog collectif<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">54<\/a>. \u00ab\u00a0Ammar\u00a0\u00bb, personnification du censeur (\u00e9galement surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Mkass\u00a0\u00bb, signifiant \u00ab\u00a0ciseaux\u00a0\u00bb en Tunisien) ou encore la c\u00e9l\u00e8bre page d\u2019erreur 404 (s\u2019affichant lorsqu\u2019un site est censur\u00e9), constituent ainsi d\u00e9sormais un sujet de discussion et d\u2019indignation permanent au sein de la blogosph\u00e8re tunisienne. <\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">5. Curiosit\u00e9 pour la chose publique et nouvelles technologies<\/a><\/span><\/h3>\n<p><span><span lang=\"FR\">50<\/span><\/span><span lang=\"FR\">De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, qu\u2019il s\u2019agisse des internautes investissant les sites et forums dissidents ou des nouveaux blogueurs, notre observation des pratiques et discours contestataires en ligne rejoint les remarques d\u2019Arlette Farge (1992) sur l\u2019espace public pl\u00e9b\u00e9ien fran\u00e7ais du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Tout comme la r\u00e9flexion de Nancy Fraser sur les contre-publics, l\u2019investigation d\u2019Arlette Farge a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en r\u00e9action \u00e0 <em><span>L\u2019espace public <\/span><\/em>(1978 [1962]), o\u00f9 J\u00fcrgen Habermas laissait consciemment de c\u00f4t\u00e9 la variante pl\u00e9b\u00e9ienne de la sph\u00e8re publique parce que celle-ci \u00e9tait r\u00e9prim\u00e9e et apparaissait sans poids politique. Farge montre comment, \u00e0 Paris, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e une parole publique crainte par les autorit\u00e9s. L\u2019auteur constate \u00ab\u00a0l\u2019avidit\u00e9 que montre la population parisienne pour se mettre au courant de ce qui survient\u00a0\u00bb. La cit\u00e9 se veut un \u00ab\u00a0espace d\u2019information o\u00f9 les habitants s\u2019organisent [gazettes, nouvelles \u00e0 la main, placards, caricatures sur les murs\u2026] pour mieux savoir, pour d\u00e9faire le secret tenu par le roi et la monarchie. La curiosit\u00e9 publique [est] un acte qui fait entrer chacun en politique\u00a0\u00bb (1992, p.289). Et \u00ab\u00a0ce go\u00fbt pour l\u2019information et les pratiques pour se l\u2019approprier\u00a0\u00bb s\u2019expliquent notamment par l\u2019attitude de la monarchie qui, tout en consid\u00e9rant la parole populaire comme vulgaire, la pourchasse et la r\u00e9prime. Elle note aussi le caract\u00e8re multiforme, difficile \u00e0 saisir de cette parole populaire de plus en plus envahissante, au gr\u00e9 des \u00e9v\u00e8nements. Les observateurs de police sont les premiers \u00e0 deviner \u00ab\u00a0que l\u2019opinion populaire, habituellement disqualifi\u00e9e politiquement, [devient] un discours au sens politique \u00e9vident\u00a0\u00bb (Farge, 1992, p.45).<\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">51<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Cette description s\u2019applique d\u2019autant mieux aujourd\u2019hui que la prolif\u00e9ration des blogs et Facebook viennent encore renforcer l\u2019aspect multiforme et dispers\u00e9 de cet espace virtuel contestataire de plus en plus difficile \u00e0 contr\u00f4ler pour les autorit\u00e9s. Au sein de la blogosph\u00e8re, chaque blogueur \u00ab\u00a0citoyen\u00a0\u00bb construit son espace personnel \u00e0 sa mani\u00e8re\u00a0: certains privil\u00e9gient la caricature, certains l\u2019humour tunisien, certains la langue fran\u00e7aise ou m\u00eame anglaise, certains la po\u00e9sie\u2026 Ce qui permet \u00e0 cet ensemble h\u00e9t\u00e9roclite de blogs citoyens \u00e9parpill\u00e9s de constituer un espace critique, c\u2019est la multitude de liens hypertextes qui les relient, les commentaires que chacun peut poster suite \u00e0 un article, mais aussi les quelques \u00ab\u00a0agr\u00e9gateurs\u00a0\u00bb (cf. <em><span>supra<\/span><\/em>). <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">52<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Ces internautes insistent r\u00e9guli\u00e8rement sur leur comp\u00e9tence et leur droit \u00e0 critiquer. Et, en particulier dans le cas des cyberdissidents, \u00e0 d\u00e9noncer les pratiques du \u00ab\u00a0Roi ZABA\u00a0\u00bb, de la \u00ab\u00a0Princesse Leila<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">55<\/a>\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0sa cour\u00a0\u00bb (entourage du pouvoir, notamment les membres de la famille Trabelsi), mais aussi, comme on l\u2019a montr\u00e9, l\u2019opposition classique elle-m\u00eame. Comme dans l\u2019espace public pl\u00e9b\u00e9ien, la caricature est une forme de critique tr\u00e8s pr\u00e9sente sur ces espaces virtuels. L\u2019internaute tunisien probablement le plus connu dans ce style de critique est <em><span>-Z-<\/span><\/em>, r\u00e9sidant en France et auteur du blog DEBATunisie<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">56<\/a> (entretien en France, 2009). Dans ses dessins, -Z-, qui a commenc\u00e9 \u00e0 bloguer en septembre 2007 et fait partie de ces nouveaux blogueurs intervenant r\u00e9guli\u00e8rement sur la chose publique, repr\u00e9sente de fa\u00e7on critique et humoristique l\u2019actualit\u00e9 nationale. Il se moque r\u00e9guli\u00e8rement de la propagande officielle et de la m\u00e9galomanie pr\u00e9sidentielle et d\u00e9nonce \u00ab\u00a0les m\u00e9gaprojets [\u00e9conomiques] et le bradage du bien public\u00a0\u00bb. Comme beaucoup d\u2019autres internautes tunisiens, il fait r\u00e9guli\u00e8rement des allusions moqueuses \u00e0 la couleur mauve, au chiffre 7 ou \u00e0 la th\u00e9matique du \u00ab\u00a0Changement\u00a0\u00bb, qui sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments constitutifs de la symbolique du pouvoir\u00a0: le pr\u00e9sident Ben Ali est arriv\u00e9 au pouvoir le 7 novembre 1987, d\u00e9but de ce qu\u2019il appelle depuis plus de 20 ans le \u00ab\u00a0Changement\u00a0\u00bb\u00a0; la couleur mauve est sa couleur favorite, qu\u2019il utilise notamment dans la d\u00e9coration de ses slogans de campagne pr\u00e9sidentielle. Les dessins de -Z- sont accompagn\u00e9s de textes, qui se pr\u00e9sentent souvent sous forme de fictions critiques. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">53<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Quant \u00e0 la curiosit\u00e9 et la soif de savoir \u00e9voqu\u00e9es par Arlette Farge, elles font d\u2019une certaine mani\u00e8re \u00e9cho \u00e0 l\u2019avidit\u00e9 et la rapidit\u00e9 avec lesquelles ces internautes rapportent ce qu\u2019il se passe en (et ce qui se dit sur la) Tunisie. Prenons ici comme exemples les actions des blogueurs cyberdissidents <em><span>Astrubal<\/span><\/em> et Sami Ben Gharbia. A<em><span>strubal<\/span><\/em> a rep\u00e9r\u00e9 et r\u00e9uni toute une s\u00e9rie de photographies dat\u00e9es (qui avaient \u00e9t\u00e9 prises et mises en ligne par diff\u00e9rents photographes amateurs d\u2019avions) sur lesquelles figure l\u2019avion pr\u00e9sidentiel, et cela \u00e0 diff\u00e9rents endroits du globe o\u00f9 il n\u2019\u00e9tait pas cens\u00e9 se trouver \u00e0 la date indiqu\u00e9e. <em><span>Astrubal<\/span><\/em> a ensuite r\u00e9alis\u00e9 un montage (photos d\u00e9filant, avec des commentaires \u00e9crits apparaissant sur les images et des cartes g\u00e9ographiques pour montrer pour chaque photo l\u2019emplacement pr\u00e9cis de l\u2019avion) et pose des questions\u00a0: \u00ab\u00a0Qui utilise l\u2019avion de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique, lorsque ce n\u2019est pas le chef de l\u2019\u00c9tat ? Et \u00e0 quoi cet avion, pay\u00e9 et entretenu par le contribuable tunisien, sert-il ? Qui contr\u00f4le l\u2019utilisation \u201craisonnable\u201d de cet outil [\u2026]<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">57<\/a>\u00a0?\u00a0\u00bb La \u00ab\u00a0carte des prisons tunisiennes\u00a0\u00bb constitue un autre bon exemple de cette curiosit\u00e9 pour la chose publique (cette volont\u00e9 de d\u00e9voilement) associ\u00e9e aux nouvelles technologies\u00a0: \u00e0 partir notamment d\u2019images satellites, Sami Ben Gharbia a \u00e9labor\u00e9 une carte des prisons tunisiennes combinant diverses applications<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">58<\/a>, incluant des informations concernant les prisonniers politiques qu\u2019elles contiennent, les raisons de leur incarc\u00e9ration\u2026<\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Conclusion<\/a><\/span><\/h3>\n<p><span><span lang=\"FR\">54<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Dans un contexte autoritaire peu propice \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019espaces d\u2019expression autonome, on a pourtant pu observer, au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, un espace virtuel de discussion et d\u2019actions contestataires \u00e9merger et se diversifier tout en \u00e9tant parfois travers\u00e9 par des tensions internes. Au sein de cet espace, les Tunisiens vivant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, jouissant d\u2019un acc\u00e8s plus d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 l\u2019internet et \u00e9voluant dans un contexte d\u00e9mocratique, ont jou\u00e9 dans un premier temps un r\u00f4le moteur, investissant surtout un nombre limit\u00e9 d\u2019espaces collectifs (sites et forums). Progressivement, les Tunisiens demeur\u00e9s au pays sont intervenus de plus en plus sur la chose publique, jouant un r\u00f4le primordial dans le d\u00e9veloppement de la blogosph\u00e8re tunisienne. Parfois dans un style diff\u00e9rent, avec leurs avantages respectifs, Tunisiens en Tunisie et Tunisiens \u00e0 l\u2019\u00e9tranger continuent de d\u00e9velopper cet espace contestataire en ligne, l\u2019\u00e9largissant notamment \u00e0 Facebook. <\/span><\/p>\n<p><span><span lang=\"FR\">55<\/span><\/span><span lang=\"FR\">Si l\u2019impact de ce nouvel espace d\u2019expression autonome sur la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne, sur ses institutions, est actuellement pratiquement inexistant, il faut souligner que cette activit\u00e9 critique en ligne est encore r\u00e9cente et, comme nous l\u2019avons montr\u00e9, tend \u00e0 s\u2019\u00e9largir \u00e0 de nouveaux acteurs et de nouveaux espaces depuis quelques ann\u00e9es. Il s\u2019agit d\u2019un espace d\u2019exp\u00e9rimentation de d\u00e9bat public et d\u2019activisme. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne va probablement s\u2019accentuer \u00e0 l\u2019avenir, au vu de la volont\u00e9 r\u00e9elle du gouvernement tunisien de g\u00e9n\u00e9raliser l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019internet en Tunisie, d\u00e9montrant ainsi son attitude ambivalente \u00e0 l\u2019\u00e9gard de celui-ci\u00a0: d\u2019une part, il souhaite une <em><span>d\u00e9mocratisation de<\/span><\/em> l\u2019internet \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire que davantage de Tunisiens y aient culturellement et mat\u00e9riellement acc\u00e8s \u2013 et d\u2019autre part, il craint la possibilit\u00e9 d\u2019une <em><span>d\u00e9mocratisation par<\/span><\/em> cet outil et exerce ainsi un s\u00e9v\u00e8re contr\u00f4le sur son utilisation<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">59<\/a>. <\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span><span lang=\"FR\">Bibliographie<\/span><\/span><\/h3>\n<p><span lang=\"FR\">BAYART J.-F., 1992, La politique par le bas en Afrique noire : contribution \u00e0 une probl\u00e9matique de la d\u00e9mocratie, Paris, Karthala.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">BOHMAN J., 2004, \u00ab Expanding the dialogue\u00a0: The Internet, the public sphere and prospects for transnational democracy \u00bb, dans CROSSLEY N. et J. M. R<span>oberts<\/span> (dir), <em><span>After Habermas.<\/span><\/em><em><span>New perspectives on the public sphere, <\/span><\/em>Oxford, BlackwellPublishing, The Sociological Review, pp.131-155.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">BRAUN C., 2006, \u00ab \u00c0 quoi servent les partis tunisiens\u00a0? Sens et contre-sens d\u2019une \u201clib\u00e9ralisation\u201d politique \u00bb, <em><span>Revue des mondes musulmans et de la M\u00e9diterran\u00e9e<\/span><\/em>, n\u00b0111-112, pp.15-61.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">BRAS J.-P., 2003, \u00ab Ordre public, politiques publiques et internet en Tunisie \u00bb, dans F. MERMIER (dir), <em><span>Mondialisation et nouveaux m\u00e9dias dans l\u2019espace arabe<\/span><\/em>, Paris, Maisonneuve &amp; Larose, pp.247-260.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">BRAS J.-P., 2007, \u00ab Internet au Maroc et en Tunisie \u00bb, dans M. MEZOUAGHI, <em><span>Le Maghreb dans l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique<\/span><\/em>, Paris, Maisonneuve &amp; Larose, pp.161-180.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">CAMAU M. et GEISSER V., 2003, <em><span>Le syndrome autoritaire. Politique en Tunisie de Bourguiba \u00e0 Ben Ali<\/span><\/em>, Paris, Presses de Sciences Po.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">CHOUIKHA L., 2002, \u00ab Autoritarisme \u00e9tatique et d\u00e9brouillardise individuelle\u00a0\u00bb, dans O. LAMLOUM et B. RAVENEL (dir), <em><span>La Tunisie de Ben Ali. La soci\u00e9t\u00e9 contre le r\u00e9gime<\/span><\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, pp.197-212. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">CHOUIKHA L., 2009, \u00ab Un cyberspace autonome dans un espace autoritaire : l\u2019exp\u00e9rience de Tunisnews \u00bb, dans K. MOHSEN-FINAN (dir), <em><span>Les<\/span><\/em> <em><span>M\u00e9dias en M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0: nouveaux m\u00e9dias, monde arabe et relations internationales\u00a0\u00bb<\/span><\/em>, Arles, Actes Sud et MMSH. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">DAHLGREN P., 2000, \u00ab L\u2019espace public et l\u2019internet \u00bb, <em><span>R\u00e9seaux<\/span><\/em>, vol.18, n\u00b0100, pp.159-186. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">EICKELMAN D. F. et J. W. ANDERSON, 2003, \u00ab Redefining Muslim publics\u00a0\u00bb, dans D. F. EICKELMAN et J. W. ANDERSON (dir), <em><span>New media in the Muslim world\u00a0: The emerging public sphere<\/span><\/em>, Bloomington, Indiana University Press, pp.1-18. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">FARGE A., 1992, <em><span>Dire et mal dire<\/span><\/em>, Seuil, Paris. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">FERJANI R., 2002, \u00ab\u00a0Internationalisation du champ t\u00e9l\u00e9visuel en Tunisie\u00a0\u00bb, dans T. MATTELART, <em><span>La mondialisation des m\u00e9dias contre la censure. Tiers Monde et audiovisuel sans fronti\u00e8res<\/span><\/em>, Bruxelles, De Boeck, pp.155-175. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">FRASER N., 2003, \u00ab Repenser l\u2019espace public : une contribution \u00e0 la critique de la d\u00e9mocratie r\u00e9ellement existante \u00bb, dans E. RENAULT et Y. SINTOMER (dir),<em><span>O\u00f9 en est la th\u00e9orie critique?<\/span><\/em>, Paris, La D\u00e9couverte, pp.103-134. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">FREEDOM HOUSE, 2009, <em><span>Freedom on the Net\u00a0: A global assessment of Internet and digital media<\/span><\/em>,<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.freedomhouse.org\/template.cfm? page=383&amp;report=79<\/a>, derni\u00e8re consultation le 5 juillet 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">GONZALEZ-QUIJANO Y., 2004, \u00ab\u00a0\u00c0 la recherche d\u2019un internet arabe\u00a0: d\u00e9mocratisation num\u00e9rique ou d\u00e9mocratisation par le num\u00e9rique\u00a0?\u00a0\u00bb, <em><span>Maghreb-Machrek<\/span><\/em>, n\u00b0 178, pp.11-29.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">GRANJON F., 2000, \u00ab\u00a0Les militants internautes : passeurs, filtreurs et interpr\u00e8tes\u00a0\u00bb, <em><span>Multitudes<\/span><\/em>,<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/multitudes.samizdat.net\/Les-militants-internautes-passeurs<\/a>, derni\u00e8re consultation le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">HABERMAS J., 1978 [1\u00e8re \u00e9d. orig. 1962], <em><span>L\u2019espace public\u00a0: arch\u00e9ologie de la publicit\u00e9 comme dimension constitutive de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise<\/span><\/em>, Paris, Payot. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">HABERMAS J., 1992, \u00ab \u201cL\u2019espace public\u201d, trente apr\u00e8s\u00a0\u00bb, <em><span>Quaderni<\/span><\/em>, n\u00b018, pp.161-191.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">HABERMAS J., 1997, <em><span>Droit et D\u00e9mocratie. 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La soci\u00e9t\u00e9 contre le r\u00e9gime<\/span><\/em>, Paris, L\u2019Harmattan. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">LECOMTE R., 2007, <em><span>R\u00e9flexion sur la cyberdissidence et la sph\u00e8re publique<\/span><\/em>, M\u00e9moire de DEA interuniversitaire en sciences sociales, Universit\u00e9 Libre de Bruxelles, Universit\u00e9 Catholique de Louvain, Facult\u00e9s Universitaires de Saint-Louis.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">MASSIT FOLL\u00c9A et M\u00c9ADEL C., 2007, \u00ab\u00a0Introduction\u00a0: communication et d\u00e9bat public\u00a0\u00bb, <em><span>Herm\u00e8s<\/span><\/em>, n\u00b047, pp.9-17.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">MARZOUKI M., 2005, \u00ab\u00a0Pendant les travaux, le g\u00e2chis continue\u00a0\u00bb, <em><span>Alternatives citoyennes<\/span><\/em>, 24 novembre, n\u00b017, <a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.alternatives-citoyennes.sgdg.org\/num17\/dos-bilan-w.html<\/a>, derni\u00e8re consultation le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">OPEN NET INITIATIVE, \u00ab\u00a0Internet Filtering in Tunisia in 2005: A Country Study\u00a0\u00bb,<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/opennet.net\/studies\/tunisia<\/a>, derni\u00e8re consultation le 29 juin 2009. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">PAPACHARISSI Z, 2002, \u00ab\u00a0The virtual sphere\u00a0: the Internet as a public sphere\u00a0\u00bb, <em><span>New Media and Society<\/span><\/em>, vol. 4, n\u00b01, pp.9-27.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">SCOTT J. C., 1990, <em><span>Domination and the Arts of Resistance\u00a0: Hidden Transcripts<\/span><\/em>, New Haven, Yale University Press. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\">VILLENEUVE N., 2006, \u00ab\u00a0The filtering matrix\u00a0: Integrated mechanisms of information control and the demarcation of borders in cyberspace \u00bb, <em><span>First Monday<\/span><\/em>,<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.firstmonday.org\/issues\/issue11_1\/villeneuve\/index.html<\/a>, derni\u00e8re consultation le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span><span lang=\"FR\">Notes<\/span><\/span><\/h3>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">1<\/a> \u00a0Il existe trois journaux l\u00e9galis\u00e9s en Tunisie qui proposent un contenu r\u00e9ellement critique vis-\u00e0-vis du pouvoir en place. Cependant, ces journaux sont mal distribu\u00e9s et connaissent une faible diffusion.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">2<\/a> \u00a0Une quarantaine d\u2019entretiens et une dizaine d\u2019\u00e9changes par courriel.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">3<\/a> \u00a0<span>Ils n\u2019appartiennent pas \u00e0 <\/span>ce que Michel Camau et Vincent Geisser appellent \u00ab\u00a0l\u2019espace [protestataire] multi-organisationnel plus ou moins autonome [\u2026,] o\u00f9 les identit\u00e9s politiques, partisanes et associatives ne sont jamais clairement tranch\u00e9es et sont m\u00eame parfois interchangeables\u00a0\u00bb (2003, p.264). Pour parler de cet espace protestataire, nous utiliserons le terme \u00ab\u00a0opposition classique\u00a0\u00bb, terme parfois utilis\u00e9 par les internautes eux-m\u00eames.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">4<\/a> \u00a0Cependant, il faut pr\u00e9ciser que l\u2019usage du terme \u00ab\u00a0cyberdissident\u00a0\u00bb que nous faisons ici n\u2019est qu\u2019un usage parmi d\u2019autres que nous avons pu rencontrer. En effet, si les internautes font r\u00e9f\u00e9rence dans de nombreuses discussions en ligne \u00e0 la \u00ab\u00a0cyberdissidence\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer exclusivement ces espaces ind\u00e9pendants vis-\u00e0-vis de l\u2019opposition classique, il arrive \u00e9galement qu\u2019eux-m\u00eames utilisent le mot \u00ab\u00a0cyberdissident\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer toute personne ayant \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9e par les autorit\u00e9s tunisiennes pour des activit\u00e9s r\u00e9alis\u00e9es en ligne (parfois simplement pour avoir t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 des<span>documents sur l\u2019internet).<\/span><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">5<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/tempsreel.nouvelobs.com\/actualites\/international\/20010821.OBS7638<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">6<\/a> \u00a0Entretien de Martin Jouanneau avec un des membres, <em><span>Don Quichotte<\/span><\/em>\u00a0:<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/membres.lycos.fr\/tuniscom\/sept_2000.htm<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">7<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.tunezine.com<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">8<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/grevedelafaim.blogspot.com<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">9<\/a> \u00a0Comme le souligne Hasni (\u00e9change par courriel, 2007, et entretien en France, 2009), un article de Luiza Toscane publi\u00e9 sur <em><span>R\u00e9veilTunisien<\/span><\/em> au sujet de l\u2019antis\u00e9mitisme en Tunisie a particuli\u00e8rement suscit\u00e9 la pol\u00e9mique au sein du cyberespace contestataire tunisien. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">10<\/a> \u00a0Par respect pour l\u2019anonymat des personnes, nous serons <span>parfois amen\u00e9<\/span>\u00e0 ne pas mentionner certaines informations \u00e0 leur sujet. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">11<\/a> \u00a0N\u00e9ologisme parfois utilis\u00e9 par les internautes tunisiens, le terme \u00ab\u00a0forumier\u00a0\u00bb d\u00e9signe un internaute tr\u00e8s actif sur un ou des forums internet (y interagissant r\u00e9guli\u00e8rement et y jouant \u00e9ventuellement un r\u00f4le d\u2019animation ou de mod\u00e9ration). <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">12<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/fr.globalvoicesonline.org<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">13<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/astrubal.nawaat.org\/2004\/04\/20<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">14<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/astrubal.nawaat.org\/403-access-denied-checker<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">15<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font>http:\/\/www.tunisnews.net\/<\/font><\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">16<\/a> \u00a0Larbi Chouikha (2009, p.221). Si, comme ce dernier le note, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019Islam est fr\u00e9quente dans les textes \u00e9crits par les administrateurs de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em>, ces derniers publient aussi des textes proposant des opinions tr\u00e8s critiques vis-\u00e0-vis des islamistes, notamment du parti interdit <em><span>Ennahda<\/span><\/em>. Pour une analyse compl\u00e8te de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em>,<span>voir <\/span>Larbi Chouikha (2009), qui pr\u00e9cise \u00e9galement que la premi\u00e8re liste de diffusion lanc\u00e9e par l\u2019\u00e9quipe de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em> date d\u2019octobre 1999 et se nommait <em><span>Tunispress<\/span><\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">17<\/a> \u00a0Extrait de l\u2019entretien \u00ab\u00a0\u00e9lectronique\u00a0\u00bb avec l\u2019\u00e9quipe de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em> (publi\u00e9 <span>dans <\/span>Lamloum et Ravenel, 2002, pp.249-251). Dans cet entretien, les membres de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em> expliquent aussi rester anonymes \u00ab\u00a0afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 de [leurs] familles et de [leurs] parents dans le pays\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">18<\/a> \u00a0Les administrateurs revendiquent cependant leur neutralit\u00e9 (voir<span> l\u2019entretien<\/span> d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 avec l\u2019\u00e9quipe de <em><span>Tunisnews<\/span><\/em><span>dans<\/span>Lamloum et Ravenel, 2002<span>)<\/span>. Selon eux, cette abondance de textes islamistes sur <em><span>Tunisnews<\/span><\/em> serait le simple reflet de leur importante pr\u00e9sence dans le cyberespace.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">19<\/a> \u00a0Cette inqui\u00e9tude, dont nous ont fait part plusieurs internautes r\u00e9sidant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, s\u2019explique par le fait que l\u2019intimidation des membres de la famille et des proches d\u2019opposants constitue une m\u00e9thode r\u00e9pressive bien connue en Tunisie\u00a0: chantage, pertes d\u2019emploi ou d\u2019aide sociale\u2026 Voir notamment B\u00e9atrice Hibou (2005) et le rapport de l\u2019IFEX-TMG d\u2019avril 2007.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">20<\/a> \u00a0\u00c0 ce titre, <em><span>Takriz<\/span><\/em>, \u00e0 la diff\u00e9rence de ses successeurs, pr\u00e9sentait la particularit\u00e9 de comprendre de nombreux membres permanents en Tunisie. Autre sp\u00e9cificit\u00e9, les membres les plus actifs y \u00e9taient majoritairement des \u00e9tudiants, alors que ses successeurs comprendront davantage d\u2019individus qui, tout en \u00e9tant assez jeunes, \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9s dans le monde professionnel.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">21<\/a> \u00a0Francisation de \u00ab\u00a0netizen\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0netoyen\u00a0\u00bb est un mot hybride (net et citoyen) d\u00e9signant une personne s\u2019exprimant sur la chose publique par le biais d\u2019internet.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">22<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.etunisie.net<\/a>, aujourd\u2019hui ferm\u00e9. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">23<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.nawaat.org\/portail\/2004\/12\/16<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">24<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.tunezine.com\/article.php3?id_article=759<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">25<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.reveiltunisien.org\/spip.php?article36<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">26<\/a> \u00a0Pr\u00e9cisons que, comme Nancy Fraser le note elle-m\u00eame, J\u00fcrgen Habermas a par la suite revu sa conception de la sph\u00e8re publique, parlant d\u00e9sormais d\u2019une pluralit\u00e9 d\u2019\u00ab\u00a0espaces publics partiels\u00a0\u00bb \u00e0 la fois distincts et entrelac\u00e9s (Habermas, 1992, pp.161-191, et 1997). Pour une r\u00e9flexion et une synth\u00e8se de travaux qui ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s sur l\u2019espace public en g\u00e9n\u00e9ral et l\u2019espace public sur l\u2019internet en particulier (en contexte d\u00e9mocratique et en contexte autoritaire), <span>voir <\/span>Romain Lecomte (2007).<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">27<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.reveiltunisien.org\/spip.php?article607<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">28<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.yezzi.org\/press.php<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">29<\/a> \u00a0Tant dans le discours officiel que dans les politiques publiques adopt\u00e9es, on peut observer une r\u00e9elle volont\u00e9 de la part du gouvernement d\u2019accro\u00eetre cet acc\u00e8s \u00e0 l\u2019internet (Bras, 2007, p.162). Cependant, ces mesures ont eu jusqu\u2019\u00e0 maintenant une port\u00e9e limit\u00e9e, du fait notamment d\u2019une gestion \u00e9conomique et politique tr\u00e8s interventionniste, \u00ab\u00a0s\u2019inscrivant dans le paradoxe de la modernisation autoritaire, o\u00f9 l\u2019\u00c9tat se mobilise en faveur de la diffusion des TIC, mais avec des modes de mobilisation qui entravent celle-ci\u00a0\u00bb (Bras, 2007, p.179).<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">30<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.ati.tn<\/a> Voir <span>aussi les statistiques de l\u2019UIT\u00a0:<\/span><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.itu.int<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">31<\/a> \u00a0Cet agr\u00e9gateur <em><span>Tn-blogs<\/span><\/em> fonctionne comme une sorte d\u2019annuaire, un site centralisateur qui r\u00e9f\u00e9rence une grande partie des blogs tunisiens et informe des derniers articles parus sur ceux-ci. Il joue un r\u00f4le important dans l\u2019interactivit\u00e9 entre les diff\u00e9rents blogueurs. Pour rep\u00e9rer les blogs, lire les premi\u00e8res lignes des nouveaux articles publi\u00e9s quotidiennement, saisir de fa\u00e7on globale les grands sujets de discussion abord\u00e9s au sein des blogs tunisiens \u00e0 un<span>moment donn\u00e9<\/span>, cet agr\u00e9gateur nous a \u00e9t\u00e9 d\u2019une grande utilit\u00e9. Outre <em><span>Tn-blogs<\/span><\/em>(http:\/\/tn-blogs.com), le premier agr\u00e9gateur tunisien, on peut \u00e9galement citer <em><span>Tuniblogs<\/span><\/em>(http:\/\/tuniblogs.com) et <em><span>Taht Essour <\/span><\/em>(http:\/\/taht-essour.com), ce dernier \u00e9tant plus s\u00e9lectif. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">32<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.kitab.nl\/2005\/12\/20<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">33<\/a> \u00a0Sur le forum aujourd\u2019hui ferm\u00e9 de <em><span>Nawaat<\/span><\/em> et commentaire sur le blog de Sami Ben Gharbia,<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.kitab.nl\/2006\/09\/24<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">34<\/a> \u00a0La censure de l\u2019internet en Tunisie, si elle est orchestr\u00e9e par l\u2019Agence tunisienne de l\u2019internet (ATI) \u00e0 un niveau national, s\u2019op\u00e8re \u00e0 de multiples niveaux\u00a0: fournisseurs d\u2019acc\u00e8s, g\u00e9rants de \u00ab\u00a0publinets\u00a0\u00bb (cybercaf\u00e9s), administrateurs de forum (il est g\u00e9n\u00e9ralement demand\u00e9, dans la charte des forums tunisiens, de ne pas parler de la politique nationale), simples blogueurs effa\u00e7ant des commentaires \u00ab\u00a0sensibles\u00a0\u00bb post\u00e9s par d\u2019autres sur leur blog, etc. Ce syst\u00e8me de censure pyramidale<span>d\u00e9coule du fait que la responsabilit\u00e9 d\u2019actions ou d\u2019\u00e9crits interdits p\u00e8se <\/span>sur un grand nombre d\u2019acteurs.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">35<\/a> \u00a0Cette blogueuse, qui vivait alors en Tunisie, est partie ensuite en France, dans le courant de l\u2019ann\u00e9e 2007 (par courriel, 2007). <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">36<\/a> \u00a0Si seuls quelques cyberdissidents ont particip\u00e9 directement \u00e0 ces d\u00e9bats, on remarque que bien souvent, les internautes mod\u00e9r\u00e9s ont r\u00e9agi en critiquant les \u00ab\u00a0cyberdissidents\u00a0\u00bb dans leur ensemble. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">37<\/a> \u00a0Commentaire de <em><span>Adibs<\/span><\/em>, septembre 2005, sur le blog de <em><span>Houssein<\/span><\/em>.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">38<\/a> \u00a0Leurs blogs sont respectivement\u00a0: <u><span>http:\/\/felsfa.hautetfort.com<\/span><\/u>, <u><span>http:\/\/sami-iii.blogspot.com<\/span><\/u>, <u><span>http:\/\/samsoum-usa.blogspot.com<\/span><\/u>. Des trois blogueurs, seul<em><span>Samsoun<\/span><\/em> n\u2019a pas effac\u00e9 de son blog les articles pouvant \u00eatre jug\u00e9s subversifs. Au contraire, il a continu\u00e9 par la suite \u00e0 intervenir sur des questions \u00ab\u00a0sensibles\u00a0\u00bb. Le fait qu\u2019il soit le seul des trois \u00e0 ne pas vivre en Tunisie a probablement jou\u00e9 dans cette d\u00e9cision. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">39<\/a> \u00a0http:\/\/sami-iii-int.blogspot.com\/2006\/12\/chres-lecteurs.html<span>,<\/span> consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">40<\/a> \u00a0Lu sur le blog de <u><span>http:\/\/snawsi.blogspot.com<\/span><\/u>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">41<\/a> \u00a0En 2002, Larbi Chouikha soulignait d\u00e9j\u00e0\u00a0\u00e0 propos de la contestation en ligne en Tunisie : \u00ab\u00a0Ces nouvelles formes d\u2019information portent \u00e0 la fois sur des modes d\u2019expression, mais aussi de contestation. [\u2026] Elles [\u2026] rejoignent des formes de communication traditionnelles ancr\u00e9es dans notre tradition orale. Ces anciennes formes d\u00e9jouent la censure ou le manque d\u2019information dans les <em><span>noukat<\/span><\/em> (anecdotes et d\u00e9rision politique) et les rumeurs les plus extravagantes qui prennent g\u00e9n\u00e9ralement pour cibles les dignitaires de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb (2002, p.207).<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">42<\/a> \u00a0Le dernier rapport de Freedom House (2009) estime \u00e0 600 le nombre de blogs tunisiens <em><span>actifs<\/span><\/em>. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">43<\/a> \u00a0Le journal d\u2019<em><span>Ettajdid<\/span><\/em>,<em><span>Attariq Al Jadid,<\/span><\/em> publie par exemple la rubrique hebdomadaire \u00ab\u00a0\u00c0 travers la blogosph\u00e8re\u00a0\u00bb, comprenant que les blogs tunisiens sont devenus peu \u00e0 peu une composante du paysage m\u00e9diatique tunisien avec laquelle les partis politiques doivent d\u00e9sormais compter (entretien avec Baccar Gherib, militant de <em><span>Ettajdid<\/span><\/em> et journaliste <span>\u00e0<\/span> <em><span>Attariq Al Jadid<\/span><\/em>, Tunisie, 2009)<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">44<\/a> \u00a0Six de ces blogueurs ont \u00e9t\u00e9 rencontr\u00e9s\u00a0: quatre en Tunisie et deux \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">45<\/a> \u00a0Voir Jean-Philippe Bras (2003). Le boycott de l\u2019\u00e9dition 2008 des \u00ab\u00a0Tunisian Blog Awards\u00a0\u00bb illustre bien \u00e9galement cette lutte des blogueurs pour l\u2019appropriation et la protection de ce nouvel espace critique. Cf.<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/fr.globalvoicesonline.org\/2008\/12\/15<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">46<\/a> \u00a0Nous nous attardons peu dans cet article sur les aspects techniques de la censure et de son contournement. Ces aspects m\u00e9riteraient un article \u00e0 eux-seuls. Concernant la censure en Tunisie, voir notamment l\u2019\u00e9tude de l\u2019Open Net Initiative (2005) et l\u2019article de Nart Villeneuve (sur la Tunisie et d\u2019autres pays) (2006). <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">47<\/a> \u00a0Les euph\u00e9mismes sont aussi un moyen de \u00ab\u00a0jauger\u00a0\u00bb continuellement la fronti\u00e8re langagi\u00e8re de ce qui est permissible aux yeux des d\u00e9tenteurs du pouvoir. Voir Scott (1990, pp.152-153). <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">48<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/ounormal.blogspot.com<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">49<\/a> \u00a0En 2008, on comptait 8\u00a0803<span>\u00ab\u00a0chooba\u00a0\u00bb<\/span>, dont 508 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.letemps.com.tn\/pop_article.php?ID_art=18685<\/a>, consult\u00e9 le 19 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">50<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/m0ntassar.blogspot.com\/2008\/01\/le-drapeau-de-la-tunisie-pas-de-lrcd.html<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">51<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/boudourou.blogspot.com<\/a>. Outre <em><span>Free-Race<\/span><\/em>, cit\u00e9 plus haut, nous avons rencontr\u00e9 un autre membre de <em><span>Boudourou\u00a0<\/span><\/em>: Bel Malwene.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">52<\/a> \u00a0John Bohman (2004, p.138), comme Dale E. Eickelman et Jon W. Anderson (2003, p.8) soulignent le r\u00f4le important que peut jouer l\u2019anonymat en ligne pour la constitution d\u2019un espace public. Toujours dans l\u2019optique d\u2019une r\u00e9flexion sur l\u2019espace public en ligne,Zizi Papacharissi synth\u00e9tise les avantages et inconv\u00e9nients de l\u2019anonymat pour la constitution d\u2019un \u00ab\u00a0espace public virtuel\u00a0\u00bb (2002).<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">53<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/samsoum-us.blogspot.com\/2007\/06\/le-1er-juillet-je-blogue-pour-la-libert.html<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">54<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/anticensuretounes.blogspot.com<\/a><\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">55<\/a> \u00a0Leila Ben Ali (dont le nom de jeune fille est Trabelsi). <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">56<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/debatunisie.canalblog.com<\/a>, consult\u00e9 le 5 juillet 2009. <\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">57<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/astrubal.nawaat.org\/2007\/08\/29<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">58<\/a> \u00a0<a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/www.kitab.nl\/tunisianprisonersmap<\/a>, consult\u00e9 le 29 juin 2009.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">59<\/a> \u00a0Sur cette distinction entre \u00ab\u00a0d\u00e9mocratisation du num\u00e9rique\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0d\u00e9mocratisation [par le] num\u00e9rique\u00a0\u00bb, voir Yves Gonzalez-Quijano (2004).<\/span><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><span><span lang=\"FR\">Pour citer cet article<\/span><\/span><\/h3>\n<h4 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\">R\u00e9f\u00e9rence \u00e9lectronique<\/span><\/h4>\n<p><strong><span lang=\"FR\">Romain<\/span><\/strong><span><b><span lang=\"FR\">Lecomte<\/span><\/b><\/span><span lang=\"FR\">, \u00ab\u00a0Internet et la reconfiguration de l\u2019espace public tunisien\u00a0: le r\u00f4le de la diaspora\u00a0\u00bb, <em><span>tic&amp;soci\u00e9t\u00e9<\/span><\/em> [En ligne], Vol. 3, n\u00b0 1-2\u00a0| 2009, mis en ligne le 14 d\u00e9cembre 2009, Consult\u00e9 le 20 d\u00e9cembre 2009. URL\u00a0: http:\/\/ticetsociete.revues.org\/702<\/span><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><span><span lang=\"FR\">Auteur<\/span><\/span><\/h4>\n<h4 style=\"color: blue;\"><span lang=\"FR\"><a href=\"http:\/\/\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Romain <span>Lecomte<\/span><\/a><\/span><\/h4>\n<p><span lang=\"FR\">Sociologue de formation, <strong><span>Romain Lecomte<\/span><\/strong> m\u00e8ne depuis deux ann\u00e9es une th\u00e8se de doctorat \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Li\u00e8ge (Belgique) sur les nouvelles formes d\u2019engagement et de critique \u00e9mergeant au sein du cyberespace tunisien. Ses domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat principaux concernent l\u2019impact des NTIC sur le lien social (\u00e9tude des communaut\u00e9s virtuelles) et sur l\u2019espace public. Dans le cadre de son DEA interuniversitaire (Universit\u00e9 libre de Bruxelles, Universit\u00e9 catholique de Louvain et Facult\u00e9s universitaires de Saint-Louis), il a ainsi r\u00e9alis\u00e9 un m\u00e9moire sur les usages dissidents d\u2019internet dans divers contextes autoritaires. Son int\u00e9r\u00eat porte \u00e9galement sur la situation politique tunisienne et, parall\u00e8lement \u00e0 sa th\u00e8se de doctorat, il a conduit une enqu\u00eate sur le congr\u00e8s d\u2019un parti d\u2019opposition tunisien (<em><span>Ettajdid<\/span><\/em>)<\/span><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">(Source\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Tic et Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb <\/span><span>Vol. 3, n\u00b0 1-2 | 2009)<\/span><\/b><\/p>\n<p><b><span>Lien:<a href=\"http:\/\/ticetsociete.revues.org\/702\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/ticetsociete.revues.org\/702<\/a><\/span><\/b> <\/p>\n<hr\/>\n<p> \u00a0<\/p><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h4 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\">Mauritanie: l&rsquo;enl\u00e8vement des deux Italiens similaire au rapt des Espagnols<\/font><\/h4>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"> De Hademine OULD SADI (AFP) \u2013 le 20 decembre 2009 NOUAKCHOTT \u2014 L&rsquo;enl\u00e8vement de deux Italiens, vendredi sur une route du sud-est de la Mauritanie, s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s de la m\u00eame fa\u00e7on que celui de trois Espagnols fin novembre \u00e0 l&rsquo;autre bout du pays, revendiqu\u00e9 par Al-Qa\u00efda au Maghreb islamique, selon de premiers t\u00e9moignages. Le couple de voyageurs italiens port\u00e9 disparu depuis vendredi soir dans le d\u00e9partement mauritanien de Kobenni, a \u00ab\u00a0tr\u00e8s probablement \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s par un groupe arm\u00e9\u00a0\u00bb, avait annonc\u00e9 samedi \u00e0 l&rsquo;AFP une source s\u00e9curitaire. Sergio Cicala, retrait\u00e9 de 65 ans, et sa femme Philomene Kabouree, Italienne d&rsquo;origine burkinab\u00e8 et \u00e2g\u00e9e de 39 ans, \u00ab\u00a0se rendait au Burkina Faso \u00e0 bord d&rsquo;un minibus immatricul\u00e9 en Italie\u00a0\u00bb, selon cette source. Les autorit\u00e9s mauritaniennes n&rsquo;ont pas confirm\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un enl\u00e8vement, et les m\u00e9dias d&rsquo;Etat n&rsquo;en ont pas dit un mot. Mais le minist\u00e8re italien des Affaires \u00e9trang\u00e8res a d\u00e9clar\u00e9 que son \u00ab\u00a0unit\u00e9 de crise\u00a0\u00bb suivait \u00ab\u00a0le cas de l&rsquo;enl\u00e8vement des deux compatriotes en Mauritanie\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Tous les canaux diplomatiques et politiques ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s imm\u00e9diatement\u00a0\u00bb, a ajout\u00e9 le minist\u00e8re italien. Cet enl\u00e8vement intervient pr\u00e8s de trois semaines apr\u00e8s la capture de trois ressortissants espagnols, sur la route c\u00f4ti\u00e8re Nouadhibou-Nouakchott (nord-ouest), revendiqu\u00e9 par la branche maghr\u00e9bine d&rsquo;Al-Qa\u00efda. \u00ab\u00a0Le mode op\u00e9ratoire est pratiquement le m\u00eame que pour l&rsquo;enl\u00e8vement des trois Espagnols le 29 novembre, ce qui laisse penser qu&rsquo;il s&rsquo;agit du m\u00eame groupe terroriste\u00a0\u00bb, a jug\u00e9 dimanche le directeur du journal Nouakchott-infos, Abou Al Maali, interrog\u00e9 par l&rsquo;AFP. Selon des t\u00e9moignages de voyageurs recueillis par une source proche des autorit\u00e9s locales, les ravisseurs ont surgi, de nuit, au bord de la route. Ils ont tir\u00e9 en l&rsquo;air et dans les pneus pour obliger les voyageurs \u00e0 s&rsquo;arr\u00eater, avant de s&#8217;emparer uniquement des personnes, en abandonnant le v\u00e9hicule et son contenu. Selon une source s\u00e9curitaire, la disparition s&rsquo;est produite vers 22H00 (locales et GMT) sur l&rsquo;axe A\u00efoun (Mauritanie) &#8211; Kayes (Mali), \u00e0 proximit\u00e9 de la localit\u00e9 mauritanienne de N&rsquo;Eissira, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres seulement de la fronti\u00e8re avec le Mali. Le nord et l&rsquo;est du Mali servent de refuge, depuis 2008, aux islamistes arm\u00e9s qui enl\u00e8vent des Occidentaux. Et c&rsquo;est dans ce pays que seraient actuellement d\u00e9tenus les trois otages espagnols, ainsi qu&rsquo;un Fran\u00e7ais captur\u00e9 le 26 novembre dans la ville malienne de M\u00e9naka. \u00ab\u00a0L&rsquo;enl\u00e8vement a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 en commerce juteux depuis que les Europ\u00e9ens ont commenc\u00e9 \u00e0 payer cher pour la vie de leurs otages. La Mauritanie est d\u00e9sormais per\u00e7ue comme un maillon faible, \u00e9tant donn\u00e9 la taille de son territoire aux trois-quarts d\u00e9sertique et quasiment incontr\u00f4lable\u00a0\u00bb, rappelle Abou Al Maali. Ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es, Aqmi a revendiqu\u00e9 une s\u00e9rie d&rsquo;actions meurtri\u00e8res en Mauritanie, dont l&rsquo;assassinat fin 2007 de quatre Fran\u00e7ais \u00e0 Aleg (250 km \u00e0 l&rsquo;est de Nouakchott) et celui d&rsquo;un Am\u00e9ricain en juin dans la capitale. Mohamed Ould Abdel Aziz, \u00e9lu pr\u00e9sident en juillet apr\u00e8s avoir men\u00e9 un coup d&rsquo;Etat en 2008, avait promis une \u00ab\u00a0lutte sans merci\u00a0\u00bb contre le terrorisme. Au d\u00e9but du mois, l&rsquo;ancien g\u00e9n\u00e9ral a affirm\u00e9 que la multiplication des actions d&rsquo;Aqmi r\u00e9sultait d&rsquo;un \u00ab\u00a0cumul d&rsquo;erreurs s\u00e9curitaires et militaires des r\u00e9gimes pr\u00e9c\u00e9dents\u00a0\u00bb. Il a assur\u00e9 qu&rsquo;il s&#8217;employait \u00e0 mieux \u00e9quiper l&rsquo;arm\u00e9e mais que cela ne se ferait pas \u00ab\u00a0en un jour\u00a0\u00bb. L&rsquo;opposition pr\u00e9voit d&rsquo;organiser, mercredi, \u00e0 Nouakchott \u00ab\u00a0une marche de protestation\u00a0\u00bb, notamment \u00ab\u00a0contre l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 grandissante\u00a0\u00bb.<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p align=\"left\" dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\">\n<h4 style=\"color: blue;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\/\"><font face=\"Arial\"><span><font size=\"2\">Home<\/font><\/span><font size=\"2\"><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><\/font><\/font><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\"><font size=\"2\">\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/font><\/span><\/a><\/b><\/strong><\/font><\/h4>\n<\/p>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Home &#8211; Accueil \u00a0 TUNISNEWS 9\u00a0\u00e8me ann\u00e9e, N\u00b0\u00a03498 du 20.12.2009 \u00a0archives : www.tunisnews.net\u00a0\u00a0 TTU Monde Arabe: R\u00e8glements de comptes Mediapart : \u00abGarder Taoufik en prison plus longtemps, c&rsquo;est l&rsquo;exposer \u00e0 une mort certaine\u00bb Azza Zarrad:\u00a0 Vie et Libert\u00e9 pour Taoufik\u2026 Vie et Libert\u00e9 pour Ben Brik\u2026 Abdel Wahab Hani: A\u00efd Retornado B\u00e9ji Hma\u00efdi rentre au 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