{"id":16016,"date":"2010-11-03T00:00:00","date_gmt":"2010-11-03T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/3-novembre-2010\/"},"modified":"2010-11-03T00:00:00","modified_gmt":"2010-11-03T00:00:00","slug":"3-novembre-2010","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/3-novembre-2010\/","title":{"rendered":"3 novembre 2010"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"Des agents de la police politique ont pris contact dans l\u2019apr\u00e8s \n\t\t\t\tmidi du mardi 2 novembre 2010 avec le propri\u00e9taire d\u2019un logement \n\t\t\t\tsis \u00e0 Kabbaria dans le gouvernorat de Tunis, qui le louait \u00e0 des \n\t\t\t\t\u00e9tudiantes, parmi lesquelles Intissar Zouari, fille d\u2019Abdallah \n\t\t\t\tZouari, journaliste et ex prisonnier politique, afin de faire \n\t\t\t\tpression sur lui pour qu\u2019il l\u2019expulse du logement car elle porte \n\t\t\t\tle hijab. Cela s\u2019est pass\u00e9 apr\u00e8s qu\u2019Abdallah Zouari ait rendu \n\t\t\t\tvisite \u00e0 sa fille la veille de cette intervention ill\u00e9gale et \n\t\t\t\timmorale, en violation flagrante de la libert\u00e9 personnelle de \n\t\t\t\tl\u2019\u00e9tudiante Intissar Zouari, et qui constitue une menace pour \n\t\t\t\tses \u00e9tudes. Encore une forme de ch\u00e2timent collectif et c\u2019est \n\t\t\t\taussi l\u2019oppression de monsieur Abdallah Zouari et des membres de \n\t\t\t\tsa famille qui perdure.\" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\/\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accuei<\/span><\/a><span lang=\"FR-CH\">l<\/span><\/b><\/font><\/p>\n<div><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div>\n<div align=\"left\" dir=\"rtl\"><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font face=\"Bookman Old Style\" size=\"7\"><strong>TUNISNEWS <\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><strong><font>10 \u00e8me ann\u00e9e, <span lang=\"FR\">N\u00b0 3816 du 03.11.2010<\/span><\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"><font><strong>archives : <\/strong><\/font><a target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><font><strong>www.tunisnews.net<\/strong><\/font><\/a><span lang=\"FR\"><strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/div>\n<p><span lang=\"FR\"><\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"left\" dir=\"ltr\"><strong><\/p>\n<p><font>Libert\u00e9 et Equit\u00e9: La police politique fait pression sur le bailleur afin qu\u2019il chasse l\u2019\u00e9tudiante Intissar Zouari <font>Libert\u00e9 et Equit\u00e9: Convocation d\u2019Hend Harouni au poste de police <\/font>Slim Bagga: Les frasques du palais <font>Business News: Tunisie &#8211; Plainte contre Hannibal TV pour violation de droits d&rsquo;auteur <\/font>Gnet: Tunisie, les chiffres alarmants du tabagisme <font>Espace Manager: Le malaise du d\u00e9part: m\u00e9moires d&rsquo;une universitaire tunisienne <\/font>Realit\u00e9s: Interview de Tahar Belkhodja (3\u00e8me partie)<\/font><\/p>\n<p><\/strong><\/div>\n<p><\/span><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>\u00a0 <\/p>\n<div align=\"justify\"><font><\/font><\/div>\n<div align=\"center\">Libert\u00e9 pour le Docteur Sadok Chourou, le prisonnier des deux d\u00e9cennies Libert\u00e9 pour tous les prisonniers politiques <strong><font>Libert\u00e9 et Equit\u00e9 <\/font><\/strong>Organisation Ind\u00e9pendante de Droits Humains 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel\/fax : 71 340 860 Liberte.equite@gmail.com Tunis, le 2 novembre 2010 \u00a0 <strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">La police politique fait pression sur le bailleur afin qu\u2019il chasse l\u2019\u00e9tudiante Intissar Zouari<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">Des agents de la police politique ont pris contact dans l\u2019apr\u00e8s midi du mardi 2 novembre 2010 avec le propri\u00e9taire d\u2019un logement sis \u00e0 Kabbaria dans le gouvernorat de Tunis, qui le louait \u00e0 des \u00e9tudiantes, parmi lesquelles Intissar Zouari, fille d\u2019Abdallah Zouari, journaliste et ex prisonnier politique, afin de faire pression sur lui pour qu\u2019il l\u2019expulse du logement car elle porte le hijab. Cela s\u2019est pass\u00e9 apr\u00e8s qu\u2019Abdallah Zouari ait rendu visite \u00e0 sa fille la veille de cette intervention ill\u00e9gale et immorale, en violation flagrante de la libert\u00e9 personnelle de l\u2019\u00e9tudiante Intissar Zouari, et qui constitue une menace pour ses \u00e9tudes. Encore une forme de ch\u00e2timent collectif et c\u2019est aussi l\u2019oppression de monsieur Abdallah Zouari et des membres de sa famille qui perdure. [\u2026] Pour le bureau ex\u00e9cutif de l\u2019Organisation Le Pr\u00e9sident <font><strong>Ma\u00eetre Mohammed Nouri <\/strong><\/font><font>(traduction d\u2019extraits ni revue ni corrig\u00e9e par les auteurs de la version en arabe, LT) \u00a0<\/font><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div>\n<div align=\"center\">Libert\u00e9 pour le Docteur Sadok Chourou, le prisonnier des deux d\u00e9cennies Libert\u00e9 pour tous les prisonniers politiques <strong><font>Libert\u00e9 et Equit\u00e9 <\/font><\/strong>Organisation Ind\u00e9pendante de Droits Humains 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel\/fax : 71 340 860 Liberte.equite@gmail.com Tunis, le 2 novembre 2010 \u00a0 <strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Convocation d\u2019Hend Harouni au poste de police<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> Mardi 2 novembre dans la matin\u00e9e, mademoiselle Hend Harouni, s\u0153ur d\u2019Abdelkarim Harouni, ing\u00e9nieur, militant des droits de l\u2019homme, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Organisation Libert\u00e9 et Equit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e au poste de police du 5 d\u00e9cembre au Kram-Ouest afin de se faire remettre son passeport. Une fois sur place, elle a constat\u00e9 que le motif de la convocation \u00e9tait faux et qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une man\u0153uvre pour l\u2019interroger sur son d\u00e9p\u00f4t le jour m\u00eame d\u2019une demande de renouvellement de passeport, pour lequel elle avait eu un r\u00e9c\u00e9piss\u00e9. Elle a protest\u00e9 contre ce proc\u00e9d\u00e9 ill\u00e9gal et inhumain, consid\u00e9rant qu\u2019il donnait une mauvaise image de l\u2019administration et du pays et a affirm\u00e9 que les citoyens avaient droit \u00e0 un passeport sans \u00eatre interrog\u00e9s ou harcel\u00e9s [\u2026] [\u2026] Pour le bureau ex\u00e9cutif de l\u2019Organisation Le Pr\u00e9sident <strong><font>Ma\u00eetre Mohammed Nouri <\/font><\/strong><font>(traduction d\u2019extraits ni revue ni corrig\u00e9e par les auteurs de la version en arabe, LT) \u00a0<\/font><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">LES FRASQUES DU PALAIS<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font><strong>par Slim BAGGA <\/strong><\/font> <strong>LEILA DE POMPAGADDOUR: QUE DE BEAUX SOUVENIRS <\/strong> Rares ceux qui ignorent encore la grande amiti\u00e9 (c&rsquo;est peu de le dire) entre Leila-Trabelsi-De pompagaddour \u00e0 un ex-bodyguard de l&rsquo;ambassade de Tunisie \u00e0 Paris, affect\u00e9 \u00e0 la protection des personnalit\u00e9s, Larbi Khayat.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Le G\u00e9n\u00e9ral Zinochet voulait sa t\u00eate; Leila la lui sauva. Apr\u00e8s un exil de quelques ann\u00e9es en Su\u00e8de avec femme et enfants, il est revenu s&rsquo;installer en r\u00e9gion parisienne o\u00f9 il se recycla dans la boulangerie. \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">Croissant frais et pain chaud, on le dit bien dans ses bottes \u00e0 pr\u00e9sent. Si bien que par l&rsquo;interm\u00e9diaire de Belhassen cr\u00e2ne d&rsquo;oeuf Trabelsi, il re\u00e7ut r\u00e9cemment les fonds n\u00e9cessaires pour faire l&rsquo;acquisition de trois commerces de chaussures.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Alors que sur le plancher des vaches, on peine en temps de crise \u00e0 trouver une chaussure \u00e0 son pied, Casanova Khayat coule des jours heureux. Et le fr\u00e8re de sa soeur, Belhassen, veille au grain. Il n&rsquo;y a pas \u00e0 dire: ce Belhassen-l\u00e0 est un mec, un as.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Allez, vite, de nouveaux fonds pour un salon de coiffure avant d&rsquo;\u00eatre jet\u00e9 comme une vieille chaussette. Car les temps sont incertains&#8230;  <strong>VENDETTA AUX ABORDS DE BAB SAADOUN <\/strong> En se s\u00e9parant de Cyrine Ben Ali, l&rsquo;homme d&rsquo;affaires Marou\u00e8ne Mabrouk se fit convoquer par Zinochet, le papa tr\u00e8s attentionn\u00e9 qui se conduit depuis 20 ans en v\u00e9ritable Parrain.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Il expliqua en deux mots mena\u00e7ants \u00e0 son ex-gendre qu&rsquo;il a pu, durant son alliance \u00e0 la noble famille Ben Ali, faire des affaires juteuses; et que d\u00e9sormais il sait ce qu&rsquo;il lui reste \u00e0 faire. Et ce qu&rsquo;il reste \u00e0 faire \u00e0 Marouene Mabrouk, c&rsquo;est de c\u00e9der la majorit\u00e9 des actions qu&rsquo;il d\u00e9tient dans Orange-Tunisie, soit la totalit\u00e9 des 51%; qu&rsquo;il c\u00e8de \u00e9galement la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0Le Moteur\u00a0\u00bb, concessionnaire notamment de Mercedes et Fiat en Tunisie. C&rsquo;est logique, les petits enfants de Cyrine et Marouene Mabrouk cr\u00e8vent la faim.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Ces pratiques tyranniques ne sont pas tout. En effet, le Tout-Tunis \u00e9voque la nouvelle alliance de Marou\u00e8ne Mabrouk avec Rim Ben Zina, petit fille de Khaled Bourguiba, lui-m\u00eame neveu du pr\u00e9sident Habib Bourguiba.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Tout r\u00e9cemment donc, la voiture de Rim Ben Zina a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e sur la route aux abords de Bab Sa\u00e2doun. Le chauffeur s&rsquo;est vu les mains taillader, et l&rsquo;insolente qui a vol\u00e9 le coeur de Marou\u00e8ne, litt\u00e9ralement tabass\u00e9e. Au fait, Bab Sa\u00e2doun, c&rsquo;est \u00e0 Tunis ou d\u00e9j\u00e0 la Sicile?  <strong>UNE LYCEENNE EFFRONTEE, UN MINISTRE-LARBIN <\/strong> Le lyc\u00e9e des jeunes filles de Sousse a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui deviennent monnaie courante dans cette Tunisie de fin de r\u00e8gne. Au d\u00e9part, un directeur de lyc\u00e9e, originaire de Qalaa Sghira que l&rsquo;on dit appr\u00e9ci\u00e9 de tous et qui prend la ferme mesure disciplinaire de renvoyer une lyc\u00e9enne pour des motifs de mauvaise conduite r\u00e9currente. Mais voil\u00e0 que la fille de Hayet Ben Ali, 17 ans, issue d&rsquo;un deuxi\u00e8me mariage de la soeur de Zinochet, un certain Rifa\u00ef, exige la r\u00e9int\u00e9gration de sa camarade. Rappelons, en passant, que cette jeune fille Rifa\u00ef, s&rsquo;est fait bombarder vice-pr\u00e9sidente du parlement des jeunes, ce machin concoct\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;ann\u00e9e de la jeunesse au moment o\u00f9 les a\u00een\u00e9s parlementaires sont la voie de leur ma\u00eetre. Bref, le directeur renvoya la fille de Hayet Ben Ali se rhabiller. Du coup, il se voit menac\u00e9 d&rsquo;un proc\u00e8s pour tentative de d\u00e9tournement d&rsquo;une mineure. Sympa! Rien n&rsquo;y fait, le directeur r\u00e9siste encore. Entre en jeu, le ministre-larbin, Hatem Ben Salem, suite \u00e0 un coup de fil de Hayet Ben Ali. Il exige \u00e0 son tour la r\u00e9int\u00e9gration de la lyc\u00e9enne. Nouveau refus du directeur. Il est alors renvoy\u00e9.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Mais voil\u00e0 qu&rsquo;une extraordinaire mobilisation et des manifestations trois jours durant de parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, de lyc\u00e9ens eux-m\u00eames et de professeurs parviennent \u00e0 faire plier le minist\u00e8re et \u00e0 avoir raison du chantage de Hayet Ben Ali et de sa fille. Le directeur est r\u00e9int\u00e9gr\u00e9. Moralit\u00e9: dans ce pays, la r\u00e9sistance, le refus du fait accompli, \u00e7a paye f\u00fbt-ce avec des Ben Ali&#8230;  <strong>INFORMATION: LES PROMOTIONS ABDELWAHEB ABDALLAH <\/strong> Un po\u00e8te tunisien aujourd&rsquo;hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9 avait pour habitude de commenter avec amusement: \u00ab\u00a0Si un flic a pu devenir pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, n&rsquo;importe qui peut devenir n&rsquo;importe quoi dans cette R\u00e9publique mauve o\u00f9 tout fout le camp\u00a0\u00bb.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Le syst\u00e8me client\u00e9liste mis sur pied par Abdelwaheb Abdallah en pla\u00e7ant ses pions un peu partout dans les organes de presse est si effarant qu&rsquo;il ne laisse plus personne indiff\u00e9rent au sein des r\u00e9dactions.<\/div>\n<div align=\"justify\"> La soeur du directeur de la s\u00fbret\u00e9, Adel Tiouiri, prot\u00e9g\u00e9 de Leila De Pompagaddour, \u00e9tait secr\u00e9taire au journal gouvernemental \u00ab\u00a0La Presse\u00a0\u00bb. A force de rapports sur les quelques agit\u00e9s et brebis g\u00e2leuses au sein de la r\u00e9daction, elle a d\u00fb se forger un style d&rsquo;\u00e9criture et a m\u00eame assimil\u00e9 les r\u00e8gles de l&rsquo;info. La voil\u00e0 bombard\u00e9e \u00e0 la direction de la TAP. Non en qualit\u00e9 de secr\u00e9taire. Mais de chef\u00a0 d&rsquo;une \u00e9quipe r\u00e9dactionnelle. Ne vous \u00e9tonnez plus de rien. Apr\u00e8s tout, pour ce qui s&rsquo;\u00e9crit \u00e0 la TAP, elle ne peut qu&rsquo;en \u00eatre capable: avec ligne directe entre elle et son fr\u00e8re, Adel, chef des barbouzes&#8230;.  (A suivre&#8230;)  <strong><font>Slim BAGGA<\/font><\/strong><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Tunisie &#8211; Plainte contre Hannibal TV pour violation de droits d&rsquo;auteur<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> Le diff\u00e9rend opposant Hannibal TV \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 Musidol \u00e0 propos de la \u00ab paternit\u00e9 \u00bb d\u2019Al Moussamih Karim n\u2019est, semble-t-il, pas pr\u00eat \u00e0 \u00eatre clos, \u00e0 moins d\u2019une heureuse surprise. En effet, l\u2019affaire prend les allures d\u2019un v\u00e9ritable feuilleton aux multiples \u00e9pisodes et aux rebondissements marqu\u00e9s par les r\u00e9v\u00e9lations, les affirmations des uns et les d\u00e9mentis des autres. D\u2019o\u00f9 l\u2019acheminement, pr\u00e9visible d\u2019ailleurs, vers l\u2019\u00e9mergence d\u2019une action en justice.  Aux derni\u00e8res nouvelles, le propri\u00e9taire de la soci\u00e9t\u00e9 Musidol, M. Skander Khelil, a adress\u00e9 le 14 octobre un questionnaire \u00e0 la cha\u00eene Hannibal TV, via huissiers de justice, pour \u00ab lui demander de valider ses propos annon\u00e7ant l\u2019ann\u00e9e 2005 comme date de premi\u00e8re diffusion de l\u2019\u00e9mission Al Moussamih Karim. Laquelle information a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e au nom de Hannibal TV, par plusieurs m\u00e9dias (Assabah, Assarih, Akhbar Al Joumhourya, Bila Moujamala, etc.) \u00bb.  Le PV de justice, transmis \u00e0 Business News par le patron de Musidol, rapporte que \u00abla cha\u00eene Hannibal TV n\u2019a pas donn\u00e9 de r\u00e9ponses \u00e0 ce questionnaire arguant l\u2019absence du repr\u00e9sentant l\u00e9gal de la cha\u00eene et ce, malgr\u00e9 une attente de cinq jours de la part des huissiers \u00bb.  R\u00e9agissant \u00e0 cette fin de non-recevoir, Musidol a adress\u00e9 le 26 octobre une nouvelle requ\u00eate, toujours par huissiers de justice, \u00e0 Hannibal TV lui demandant de \u00ab contacter M. Skander Khelil dans les trois jours suivants pour un \u00e9ventuel accord concernant la diffusion de l\u2019\u00e9mission \u00ab Al Moussamih Karim \u00bb, dont il affirme la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. Faute de quoi, ce dernier demanderait l\u2019arr\u00eat de la diffusion de l\u2019\u00e9mission, en attendant l\u2019obtention d\u2019une d\u00e9cision juridique statuant sur ce diff\u00e9rend \u00bb. Le d\u00e9lai de trois jours \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9, \u00ab place maintenant \u00e0 l\u2019appareil judiciaire de jouer son r\u00f4le \u00bb, a affirm\u00e9 M. Skander Khelil dans une communication t\u00e9l\u00e9phonique avec Business News.  Le patron de Musidol a dit \u00ab regretter, certes, que les choses en soient arriv\u00e9es l\u00e0 avec une cha\u00eene tunisienne surtout qu\u2019au d\u00e9part, j\u2019ai juste demand\u00e9 \u00e0 Hannibal TV de reconna\u00eetre ma paternit\u00e9 du concept d\u2019Al Moussamih Karim. Mais la situation est parvenue \u00e0 un point tel que je ne peux plus me taire. J\u2019accuse ouvertement la cha\u00eene Hannibal de d\u00e9sinformation concernant les d\u00e9lais d\u2019enregistrement des droits d\u2019auteur de l\u2019\u00e9mission \u2018Al Moussamih Karim\u2019. Les pr\u00e9cisions communiqu\u00e9es \u00e0 la presse \u00e9crite et les d\u00e9clarations de leurs pr\u00e9sentateurs n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019affirmer que cet enregistrement a \u00e9t\u00e9 fait en 2005 aupr\u00e8s de l\u2019Agence nationale de protection des droits d\u2019auteurs, alors que la date effective est le 23 octobre 2007. Je d\u00e9clare solennellement que c\u2019est de la d\u00e9sinformation et je les d\u00e9fie de porter plainte contre moi pour diffamation \u00bb.  Questionn\u00e9 sur les raisons de ce ton agressif et si ce n\u2019est pas la r\u00e9ussite de l\u2019\u00e9mission et la manne de publicit\u00e9 qui seraient \u00e0 la base de ce changement d\u2019attitude, M. Skander Khelil a r\u00e9pondu : \u00ab Je ne cours pas derri\u00e8re l\u2019argent et allez demander du c\u00f4t\u00e9 de la Radio T\u00e9l\u00e9vision Tunisienne comment j\u2019ai g\u00e9r\u00e9 cette question argent pour \u2018Al Kalabes\u2019 ou \u2018le Karaok\u00e9\u2019 \u00bb.   Le patron de Musidol a justifi\u00e9 son action en justice par \u00ab le devoir de prot\u00e9ger la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et d\u2019\u00e9difier un code de bonne conduite dans le secteur \u00bb.  Il a insist\u00e9 sur sa volont\u00e9 de \u00ab servir mon pays et aider \u00e0 am\u00e9liorer son paysage m\u00e9diatique en soutenant les cha\u00eenes tunisiennes mais je veux rappeler \u00e0 ceux qui ne le savent pas encore que la Tunisie n\u2019est pas une jungle. C\u2019est un Etat de droit et d\u2019institutions, signataire de toutes les conventions internationales et dot\u00e9 d\u2019une l\u00e9gislation qui prot\u00e8ge les droits des cr\u00e9ateurs. Le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique n\u2019a d\u2019ailleurs pas cess\u00e9 de prodiguer ses recommandations pour la protection de ces droits. De telles pratiques mensong\u00e8res ne sont pas dignes d\u2019une cha\u00eene tunisienne ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des acquis de l\u2019\u00e8re du Changement \u00bb.  Au rythme o\u00f9 vont les choses, ce diff\u00e9rend risque de retenir l\u2019attention de la sc\u00e8ne audiovisuelle pendant les semaines et les mois \u00e0 venir. Affaire \u00e0 suivre\u2026  <strong><font>(Source: \u201dBusiness News\u201d le 03-11-2010) Lien: <\/font><\/strong><a href=\"http:\/\/www.businessnews.com.tn\/details_article.php?a=22228&amp;temp=1&amp;lang=fr&amp;t=519\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong><font>http:\/\/www.businessnews.com.tn\/details_article.php?a=22228&amp;temp=1&amp;lang=fr&amp;t=519<\/font><\/strong><\/a><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Tunisie, les chiffres alarmants du tabagisme<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> Selon des estimations r\u00e9centes, il existe actuellement en Tunisie 1.700.000 fumeurs dans la tranche d\u2019\u00e2ge 10-70ans. Le tabac provoque 7000 d\u00e9c\u00e8s par an dans notre pays, ce qui revient \u00e0 20 d\u00e9c\u00e8s\/jour.  \u00ab\u00a0Pr\u00e9vention du tabagisme : aider les jeunes \u00e0 dire non\u00a0\u00bb, tel \u00e9tait le th\u00e8me du dernier cercle de la sant\u00e9 organis\u00e9 r\u00e9cemment par l\u2019Office national de la Famille et de la Population (ONFP), o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s en revue les r\u00e9sultats de nombreuses enqu\u00eates r\u00e9alis\u00e9es sur le tabac en Tunisie qui concerne 50% des adultes, 10% des femmes et 28% des enfants et adolescents. L\u2019\u00e2ge de la premi\u00e8re cigarette est en moyenne de 13 ans, et la pr\u00e9valence du tabagisme chez les adolescents de 10 \u00e0 20 ans est de 12,8%.  L\u2019enqu\u00eate nationale men\u00e9e par la Direction de m\u00e9decine scolaire et universitaire (DMSU) en 2000 chez les adolescents de 12 \u00e0 20ans a montr\u00e9 que 55.8% des gar\u00e7ons et 17.7% des filles sont des fumeurs. Les jeunes tunisiens sont \u00e9galement adeptes du narguil\u00e9, 13,5% des gar\u00e7ons et 4% des filles fument la Chicha. Les jeunes tunisiens de sexe masculin arrivent en t\u00eate des fumeurs dans le monde arabe, avec un taux de pr\u00e9valence de 50%. L\u2019attirance par la nicotine chez les jeunes a toujours une raison, dont cette propension \u00e0\u00a0 faire comme les autres, \u00e0 imiter les grands et les idoles, \u00e0 transgresser la loi, \u00e0 surmonter la timidit\u00e9, et \u00e0 montrer qu\u2019il n\u2019y pas de diff\u00e9rence genre, entre filles et gar\u00e7ons.  Une autre enqu\u00eate nationale men\u00e9e en 2005 par l\u2019Institut National de Sant\u00e9 publique (INSP) aupr\u00e8s des adultes, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 50% des hommes et 10% des femmes sont des fumeurs.  Le tabac a des cons\u00e9quences n\u00e9fastes sur la sant\u00e9 : 90% des cancers pulmonaires, 85% des bronchites chroniques, 75% des infarctus du myocarde, et 25% de la mortalit\u00e9 par maladies cardiovasculaires (MCV) sont dus \u00e0 la nicotine. Le tabac passif multiplie le risque de MCV par 10, et le risque d\u2019angine de poitrine par 25. Comble du paradoxe : la cigarette est assez r\u00e9pandue dans un milieu o\u00f9 elle est cens\u00e9e \u00eatre strictement bannie, soit le milieu m\u00e9dical. Une enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e en 2005 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Charles Nicolle a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 1\/3 des m\u00e9decins, 2\/5 des infirmiers et 2\/3 des ouvriers sont des fumeurs.   La consommation des cigarettes a augment\u00e9 de 1981 \u00e0 1993 en Tunisie mais depuis, on observe une l\u00e9g\u00e8re baisse. D\u2019apr\u00e8s une \u00e9tude nationale sur les maladies respiratoires r\u00e9alis\u00e9e en 1996, la pr\u00e9valence du tabagisme est de 30,4% pour les deux sexes confondus. Elle est d\u2019environ 52% pour le sexe masculin et 6 % pour le sexe f\u00e9minin. La consommation moyenne est de 17,7 cigarettes\/jour. Les jeunes scolaris\u00e9s fument moins que ceux non-scolaris\u00e9s (18.1% contre 38.4%).   Selon les chiffres de\u00a0 la R\u00e9gie nationale des Tabacs et des Allumettes, la cigarette est le produit tabagique le plus consomm\u00e9 (96% des ventes). Le commerce du tabac est pass\u00e9 par trois phases au cours de la d\u00e9cennie 1985\/1996 :   1-Une premi\u00e8re phase de croissance rapide jusqu\u2019en 1986, au cours de laquelle la consommation tabagique et pass\u00e9e de 1260 cigarettes\/habitant\/an \u00e0 1700 cigarettes\/habitant\/an ; 2-Une deuxi\u00e8me phase de stabilisation (de 1986 \u00e0 1992), avec une consommation oscillant autour de 1700 cigarettes\/habitant\/an ; 3-Une troisi\u00e8me phase de d\u00e9croissance (de 1992 \u00e0 1995) caract\u00e9ris\u00e9e par une baisse sensible des ventes de 1700 cigarettes\/habitant\/an\u00a0 \u00e0 1270 cigarettes\/habitant\/an.   D\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es de vente, la consommation a baiss\u00e9 depuis 1992 de pr\u00e8s de 8% par an. Les statistiques de vente du tabac sont \u00e9tablies par la RNTA qui a le monopole de production et de vente du tabac en Tunisie. Elles ne refl\u00e8tent n\u00e9anmoins pas toute la r\u00e9alit\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 l\u2019existence d\u2019un march\u00e9 parall\u00e8le de vente de tabac. Le prix du tabac a\u00a0 augment\u00e9 de 6,5 % en moyenne par an entre 1984 et 1992 et 10% par an entre 1992 et 1994.  Le Tunisien d\u00e9pense plus de 1\/5 de son salaire pour le tabac et le narguil\u00e9, soit une moyenne de plus de 100 dinars par mois. L\u2019initiation au tabac est \u00e9troitement li\u00e9e au comportement parental, surtout \u00e0 celui de la m\u00e8re. Le risque augmente sensiblement chez ceux qui ont l\u2019autorisation de leurs parents, ou qui ont un fumeur dans leur entourage familial. La majorit\u00e9 des enfants \u00e2g\u00e9s de moins de 14ans (70%) vivent dans un environnement familial o\u00f9 existe au moins un fumeur.   La Tunisie s\u2019est dot\u00e9e d\u2019un cadre l\u00e9gislatif de lutte contre le tabac qui reste peu ou prou respect\u00e9, dont la loi de f\u00e9vrier 1998 relative \u00e0 la pr\u00e9vention des m\u00e9faits du tabac, et le d\u00e9cret de 1998 portant sur l\u2019identification des lieux publics o\u00f9 il est interdit de fumer, compl\u00e9t\u00e9 par le d\u00e9cret du 14 septembre 2009. Il existe actuellement un projet d\u2019amendement de la loi de f\u00e9vrier 1998 portant notamment sur l\u2019interdiction de mettre sur les paquets de cigarettes les expressions \u00ab\u00a0l\u00e9g\u00e8res\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0light\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0super light\u00a0\u00bb, et interdiction de la vente des cigarettes aux enfants \u00e2g\u00e9s de moins de 18ans.   En 2009\/2010, quelque 2000 m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s en mati\u00e8re de lutte anti-tabagique et\u00a0 de conseil minimum. Par ailleurs, 250 m\u00e9decins ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une formation sp\u00e9cifique et approfondie sur le sevrage et 250 consultations d\u2019aide au sevrage en premi\u00e8re ligne ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es. Le sevrage n\u00e9cessite un traitement de trois mois, rev\u00eatant des aspects m\u00e9dicamenteux, psychologique et comportemental  <strong><font>(Source: \u201cGlobalnet\u201d le 02-11-2010) Lien: <\/font><\/strong><a href=\"http:\/\/www.gnet.tn\/temps-fort\/tunisie-les-chiffres-alarmants-du-tabagisme\/id-menu-325.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong><font>http:\/\/www.gnet.tn\/temps-fort\/tunisie-les-chiffres-alarmants-du-tabagisme\/id-menu-325.html<\/font><\/strong><\/a><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Le malaise du d\u00e9part: m\u00e9moires d&rsquo;une universitaire tunisienne<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<p> Trois ans d\u00e9j\u00e0 et mes r\u00e9flexions sur les sujets de l\u2019exil, du d\u00e9part\u2026me rongent et occupent mon esprit. S\u2019il est une d\u00e9couverte que j\u2019ai faite, derni\u00e8rement, c\u2019est que la litt\u00e9rature, l\u2019histoire \u00e9voquant les moments h\u00e9ro\u00efques, glorieux et m\u00eame dramatiques de la vie de l\u2019exil\u00e9, est tr\u00e8s pr\u00e9sente dans ma collection bibliographique.   Ces ouvrages constituent, certainement, un sujet fascinant mais aussi, \u00e0 mon sens, terrible \u00e0 vivre; ils illustrent mes efforts \u00e0 r\u00e9sister au chagrin du d\u00e9placement ainsi de l\u2019\u00e9loignement.  Je pense sinc\u00e8rement que c\u2019est une fissure, profonde, creus\u00e9e entre mon \u00eatre et mon pays. Ce pays o\u00f9 je suis n\u00e9e, o\u00f9 j\u2019ai v\u00e9cu, o\u00f9 j\u2019ai grandi et o\u00f9 j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9. J\u2019ai choisi de briser ce silence et de me laisser emporter par l\u2019\u00e9criture.  J\u2019ai quitt\u00e9 mon pays depuis d\u00e9j\u00e0 trois ans, j\u2019en suis \u00e0 ma quatri\u00e8me ann\u00e9e. J\u2019ai fuis ma Tunisie parce que je souffrais de son insuffisance et de son oppression. Je vivais un mal \u00eatre apr\u00e8s mes cinq ann\u00e9es pass\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9. J\u2019avais cette envie ardente de\u00a0 retrouver une forme de renaissance en moi, de me fondre dans la culture, d\u2019aff\u00fbter mon regard sur un nouveau monde et de respirer un nouvel un air de\u00a0 libert\u00e9.  Le 21 novembre 2009, j\u2019\u00e9tais \u00e0 Paris \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un s\u00e9minaire dont l\u2019intitul\u00e9 est \u00ab Les Exilocrates \u00bb. L\u2019objet de ce projet s\u2019articule autour des r\u00e9flexions intellectuelles et des processus artistiques que la notion d\u2019exil fait correspondre et concorder. Lors de l\u2019expos\u00e9 des faits, le monde m\u00e9diterran\u00e9en s\u2019est vu la cible de troubles g\u00e9opolitiques et religieux. Et c\u2019est l\u00e0 que\u00a0 fusaient de nombreux questionnements autour des exil\u00e9s, des \u00e9migr\u00e9s, des arabes\u2026et s\u2019en suivait un d\u00e9bat recherchant les vraies raisons de leur fuite enfin de leur exil.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0  Le deuxi\u00e8me volet de ce d\u00e9bat portait sur\u00a0 les notions de la perte de l&rsquo;identit\u00e9 de soi en soi et des questions sur l&rsquo;origine-sens.\u00a0<\/p><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0 Brusquement, ce tout m\u2019encombrait et je voyais d\u00e9j\u00e0 une histoire qui me ressemble et qui me chante. A ce moment l\u00e0, une vraie r\u00e9flexion \u00e9merge.  En effet, ma position en tant que chercheuse, h\u00e9riti\u00e8re d\u2019un pass\u00e9 colonial, prenant actuellement r\u00e9sidence en France, me situe dans une position o\u00f9 cet ensemble constitue une des principales sources de mon malaise.   De plus, en s\u2019appuyant sur les faits de ce s\u00e9minaire, je remarquais que la question de la d\u00e9pendance de l\u2019autre, \u00e9tait essentiellement le centre de ce d\u00e9bat ; chose qui m\u2019irrite encore plus et qui m\u2019incite \u00e0 trouver des issues pour s\u2019en d\u00e9tacher. D\u00e9s lors, un monologue s\u2019installe et plusieurs questions commen\u00e7aient \u00e0 \u00e9merger : Pourquoi suis-je l\u00e0 ?   Je n\u2019\u00e9tais pourtant pas forc\u00e9e ?\u00a0 Pourquoi est ce que je sens ce malaise ? Suis-je bless\u00e9e et pourquoi devrais-je l\u2019\u00eatre? A qui j\u2019appartiens ? Pourquoi j\u2019ai choisi d\u2019\u00eatre l\u00e0 ? Qui suis-je ? Je n\u2019avais jamais eu peur de cet \u00e9tranger, qui me tenait si fort, mais je n\u2019avais jamais eu aussi peur de perdre ma propre identit\u00e9.  Tel \u00e9tait \u00ab Les Exilocrates \u00bb ; un s\u00e9minaire qui me tenait tant \u00e0 c\u0153ur mais qui me d\u00e9rangeait quelque part. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 est venu le moment de comprendre dans quelle configuration je me positionne et qu\u2019elles sont les raisons de mon d\u00e9part\u2026de ma fuite.  Aborder la probl\u00e9matique de ce d\u00e9part \u00e9tait toujours quelque chose de tr\u00e8s difficile et de tr\u00e8s d\u00e9licat \u00e0 bien des \u00e9gards. Seules \u00e9taient les lectures quotidiennes, relatives aux derni\u00e8res nouvelles de mon pays, qui me rassurent et me rapprochent quelque part.   Un matin, je d\u00e9couvris l\u2019article \u00ab Malaise des universitaires en Tunisie : le silence des complices \u00bb , et brusquement surgissait une envie h\u00e2tive de r\u00e9pondre ; une envie qui me laissa longtemps perplexe. L\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur \u00e9tait les questionnements de l\u2019auteur ; ceux ci ont impuls\u00e9 une volont\u00e9 de transformer l\u2019exp\u00e9rience, qui m\u2019\u00e9tait propre, en une conscience qui me reconduit au plus pr\u00e8s de moi-m\u00eame. C\u2019\u00e9tait, enfin, ce besoin, cette n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9crire\u00a0 qui se r\u00e9veillait pour essayer de comprendre mon mal et de me lib\u00e9rer de ce poids que je porte d\u2019\u00eatre si loin.   Une phrase cl\u00e9 de cet article m\u2019a interpel\u00e9e ; \u00ab Ceux qui partent sont les moins complices car ils ont eu le m\u00e9rite de sonner l\u2019alarme \u2026en partant ils nous aident \u00e0 regarder en face nos probl\u00e8mes, et \u00e0 mettre toutes les autruches devant leurs responsabilit\u00e9s \u00bb. J\u2019ai toute de suite rebondit sur cette id\u00e9e.   En effet, ceux qui partent sont tout aussi (ou doublement) complices que moins complices. Car ceux qui partent vivent doublement la douleur du d\u00e9part. Une douleur ext\u00e9rieure dont la cause est une soci\u00e9t\u00e9 en d\u00e9sarroi, et une douleur int\u00e9rieure de cet abandon, de cette fuite encore plus douloureuse que la r\u00e9alit\u00e9.  Il est certain que cette r\u00e9alit\u00e9 est tr\u00e8s dure pour les universitaires qui partent si massivement. Dresser un bilan descriptif de la situation semble n\u00e9cessaire pour chercher les bonnes raisons.  Le constat g\u00e9n\u00e9ral en Tunisie, bien \u00e9videmment dans le secteur universitaire, t\u00e9moigne d\u2019une forte hausse des effectifs des \u00e9tudiants (50% en 2010), parall\u00e8lement les budgets universitaires suivent progressivement cette nouvelles donne (1\/3 du budget Tunisien est consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019enseignement, \u00e0 la recherche et \u00e0 la formation). N\u00e9anmoins, le constat sur les conditions d\u2019\u00e9tudes demeure le m\u00eame ; forte d\u00e9gradation et baisse consid\u00e9rable du niveau d\u2019\u00e9tudes.   Mettre \u00e0 disposition une part consid\u00e9rable du budget de l\u2019Etat au service du secteur de l\u2019\u00e9ducation est certes une des plus grande r\u00e9forme engag\u00e9e pour am\u00e9liorer la situation de l\u2019enseignement et de la recherche en Tunisie. Mais savoir la d\u00e9ployer pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du syst\u00e8me de l\u2019\u00e9ducation et de sa modernisation, conform\u00e9ment aux exigences des effectifs concern\u00e9s, n\u2019est nullement une t\u00e2che facile. Les r\u00e9formes concernant ce secteur sont r\u00e9vis\u00e9es chaque ann\u00e9e mais les r\u00e9sultats sont presque toujours les m\u00eames, voire parfois m\u00eame plus \u00e9pineux.   En ce sens, le probl\u00e8me est ailleurs. En effet, la dynamique collective de recherche, garante de nourrir les objets d\u2019\u00e9tudes afin qu\u2019ils acqui\u00e8rent une certaine l\u00e9gitimit\u00e9, et indispensable \u00e0 toute entreprise en sciences sociales et humaines, est pratiquement absente. Ajout\u00e9 \u00e0 cela, la g\u00e9rance approximative d\u2019une bonne structuration de la recherche par la recension des outils \u00e0 disposition.   Mais, attention, ces deux derniers facteurs ne constituent pas les uniques d\u00e9faillances du syst\u00e8me. Car si la production th\u00e9orique influence grandement le terrain de la pratique, son absence demeure cons\u00e9quente ; elle ne permettra pas aux acteurs concern\u00e9s de prendre part \u00e0 un d\u00e9bat collectif f\u00e9cond permettant de ressaisir la soci\u00e9t\u00e9. Ces acteurs demeurent mal int\u00e9gr\u00e9s, peu soutenus pour finir abattus et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s.  Ces acteurs, les jeunes universitaires, ont aussi besoin d\u2019\u00eatre soutenus, de prime \u00e0 bord par le corps universitaire. Si cette unit\u00e9 ne porte pas l\u2019embl\u00e8me de la d\u00e9termination et de la rigueur, il est \u00e9vident que le syst\u00e8me soit affaibli. A ce titre, il est ind\u00e9niable de reconnaitre que cette image ne nous est, malheureusement, pas \u00e9trang\u00e8re. Et on cherche bien les raisons\u2026  Lorsqu\u2019on aborde les d\u00e9fis et les pr\u00e9suppos\u00e9s de ce qui est per\u00e7u comme manque de rigueur, de motivation, d\u2019investissement, de s\u00e9rieux des enseignants, des professeurs et du corps dirigeant et par cons\u00e9quent mettre l\u2019accent sur l\u2019handicap \u00e9ducatif dans la formation des universitaires, on est oblig\u00e9 de repenser notre propre \u00e9ducation relative \u00e0 l\u2019absence de communication, de volont\u00e9 d\u2019\u00e9change et surtout d\u2019acceptation de critique constructive, uniques initiatives capables de correction et par la suite d\u2019am\u00e9lioration. Seuls quelques rares enseignants tiennent compte de ces options ; celles-ci distinguent les soci\u00e9t\u00e9s qui ont su se relever s\u00fbrement.  Autre contrainte ; aujourd\u2019hui encore on n\u2019offre pas \u00e0 ces jeunes \u00e9tudiants un apprentissage critique tourn\u00e9 vers le fondement d\u2019une histoire locale, on le cantonne plut\u00f4t dans l\u2019histoire de l\u2019autre et de sa simple mim\u00e9sis.   Ce besoin d\u2019une lutte de reconstruction d\u2019une l\u2019histoire locale, dans le cadre de l\u2019universit\u00e9 et m\u00eame de celui l\u2019entreprise en Tunisie, est tr\u00e8s fortement pr\u00e9sent chez ces jeunes acteurs. Mais le grand obstacle demeure la peur, notre \u00e9ducation sur la peur.   Pourquoi autant de peur du changement et d\u2019application de nouvelles id\u00e9es adh\u00e9r\u00e9es par les jeunes chercheurs et les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations. Pourquoi leurs voix ne sont pas entendues et on finit souvent par les abandonner ?  Ne serait-ce pour eux une r\u00e9elle frustration ? Un jeune a besoin de construire pour r\u00e9pondre aux exigences d\u2019un pays en qu\u00eate de cr\u00e9ation et de nouvelles id\u00e9es. Il faut que notre pays r\u00e9fl\u00e9chisse de l\u2019int\u00e9rieur avec toutes ses structures publiques. Il ne faut pas qu\u2019il \u00e9vite les questions qui f\u00e2chent, au contraire il faut qu\u2019il les traite en profondeur.   A l\u2019int\u00e9rieur de nos structures, on est souvent cantonn\u00e9 par une r\u00e9flexion qui n\u2019a pas droit d\u2019\u00eatre hors des cercles de l\u2019Etat. N\u2019avons-nous pas besoin, justement, de reconstruire un nouveau cadre \u00e9ducatif pour am\u00e9liorer la situation actuelle ? N\u2019avons-nous pas besoin de r\u00e9fl\u00e9chir sur un contact quotidien entre le cadre universitaire et les \u00e9tudiants en mal de coop\u00e9ration ? Comment sauver la face de notre pays sans tomber dans la m\u00e9diocrit\u00e9 et le copiage ?\u00a0 Est-ce en partant ou en essayant de rester et de comprendre ?   Par ailleurs, lorsqu\u2019une part de nous n\u2019est plus ici, il est pr\u00e9f\u00e9rable qu\u2019elle soit ailleurs, mais certainement pour finir par revenir ici. L\u2019ailleurs dans lequel je suis est la terre d\u2019immigration : une terre qui m\u2019a certes inspir\u00e9e de la m\u00e9lancolie mais aussi inspir\u00e9e une nouvelle et tr\u00e8s belle approche ; c\u2019est cet \u00e9panouissement qui a d\u00e9termin\u00e9 mon regard port\u00e9 sur le futur.  La rencontre avec une culture autre a engendr\u00e9 l\u2019\u00e9largissement de mon champ humain, et une grande port\u00e9e vers la connaissance des langues et par cons\u00e9quent des diff\u00e9rentes cultures. Elle a simplement affut\u00e9e mon regard sur un nouveau monde et m\u2019a embarqu\u00e9e dans les champs de la connaissance.\u00a0\u00a0   Lire, d\u00e9couvrir, voir, comprendre, connaitre, critiquer\u2026sont les piliers fondamentaux d\u2019un apprentissage permanent dans le but de conqu\u00e9rir les champs d\u2019apprentissage et la r\u00e9elle connaissance. Des fondements qu\u2019on adopte progressivement et qui font que ce dialogue avec l\u2019autre devient plus performant.   Partir est aussi un \u00e9v\u00e9nement dialectique en terme d\u2019auto apprentissage et d\u2019autocritique. Une construction de soi dans un autre environnement capable de recomposer certains acquis pour cautionner un nouveau d\u00e9part. Un nouveau d\u00e9part accompli par le savoir et quelle chance de saisir ce savoir !  On peut penser que je m\u2019emploie ici \u00e0 pr\u00e9coniser un point de vue absolument enjou\u00e9, et \u00e0 d\u00e9sapprouver toute manifestation de malaise suite \u00e0 ce d\u00e9part.\u00a0 Ce n\u2019est pas forc\u00e9ment vrai. Il est peut-\u00eatre \u00e9trange, en consolidant ces premiers paragraphes, de parler maintenant des plaisirs de l\u2019\u00e9tranger mais certaines choses positives li\u00e9es \u00e0 l\u2019exil doivent \u00eatre mentionn\u00e9es et salu\u00e9es.  Partir n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas la bonne solution, mais sans doute il \u00e9tait si n\u00e9cessaire de faire tout ce chemin pour comprendre. Le silence est certes un aveu, tr\u00e8s douloureux, mais faire du bruit commence \u00e0 \u00eatre tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9lateur et nos voix doivent \u00eatre r\u00e9unies.  Mon malaise n\u2019est pas une m\u00e9taphore. C\u2019est un engagement au sens fort qui saura me reconduire vers le chemin de la maison.  <strong><font>(Source : \u00ab Espace Manager \u00bb Le 03-11-2010) Lien : <\/font><\/strong><a href=\"http:\/\/www.espacemanager.com\/chroniques\/le-malaise-du-depart-memoires-d-une-universitaire-tunisienne.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong><font>http:\/\/www.espacemanager.com\/chroniques\/le-malaise-du-depart-memoires-d-une-universitaire-tunisienne.html<\/font><\/strong><\/a><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Interview de Tahar Belkhodja (3\u00e8me partie)<\/font><\/h2>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"justify\"> Tahar Belkhodja, ancien directeur g\u00e9n\u00e9ral de la S\u00fbret\u00e9 nationale en 1968 et Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur de 1973 \u00e0 1977 revient dans cette troisi\u00e8me partie de son entretien avec R\u00e9alit\u00e9s sur les faits et les hommes qui ont marqu\u00e9 la Tunisie des ann\u00e9es soixante-dix du si\u00e8cle pass\u00e9.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Cela va de H\u00e9di Nouira, le Premier ministre de l\u2019\u00e9poque, \u00e0 Mohamed Sayah, Directeur du parti au pouvoir et r\u00e9put\u00e9 \u00eatre l\u2019un des faucons du r\u00e9gime en passant par Habib Achour, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Centrale syndicale, Abdallah Farhat, Ministre de la D\u00e9fense, Bourguiba Junior, sans oublier les t\u00e9nors des ann\u00e9es soixante : Ahmed Ben Salah, Ahmed Mestiri, B\u00e9ji Ca\u00efd Essibsi, H\u00e9di Baccouche et d\u2019autres\u2026 Tahar Belkhodja ne m\u00e2rche pas ses mots et ne m\u00e9nage pas ceux qu\u2019il estime devoir assumer leur responsabilit\u00e9 devant le pays et l\u2019histoire.  <strong>La d\u00e9cennie des ann\u00e9es 1970 fut celle de feu H\u00e9di Nouira, Premier ministre de Bourguiba de 1970 \u00e0 1980. Comment jugez-vous, aujourd\u2019hui, l\u2019homme et son action ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>J\u2019ai personnellement c\u00f4toy\u00e9 H\u00e9di Nouira durant toute la d\u00e9cennie soixante-dix, jusqu\u2019\u00e0 mon limogeage en d\u00e9cembre 1977. J\u2019\u00e9tais secr\u00e9taire d\u2019Etat \u00e0 l\u2019Agriculture en 1970 et j\u2019ai trouv\u00e9 aupr\u00e8s de H\u00e9di Nouira une \u00e9coute et un int\u00e9r\u00eat pour le dossier que je d\u00e9fendais \u00e0 l\u2019\u00e9poque : permettre aux ing\u00e9nieurs agronomes de b\u00e9n\u00e9ficier des terres du domaine de l\u2019Etat ce que son ministre de tutelle, feu Abdallah Farhat, refusait de cautionner afin de ne point dilapider les biens publics. H\u00e9di Nouira m\u2019avait re\u00e7u et m\u2019avait \u00e9cout\u00e9. Il m\u2019avait dit que l\u2019id\u00e9e est int\u00e9ressante mais qu\u2019on devait aller doucement. Pendant mes sept ann\u00e9es pass\u00e9es au gouvernement \u00e0 ce moment-l\u00e0 (en 1973 Tahar Belkhodja est nomm\u00e9 ministre de l\u2019Int\u00e9rieur jusqu\u2019\u00e0 son limogeage en d\u00e9embre 1977 \u2013NDLR) j\u2019avais devant moi deux grands hommes d\u2019Etat que j\u2019admirais par dessus tout : Bourguiba, qui \u00e9tait tout pour moi, et H\u00e9di Nouira.<\/div>\n<div align=\"justify\"> H\u00e9di Nouira avait une grande culture, par rapport \u00e0 nous tous. Je savais aussi que le Pr\u00e9sident l\u2019avait choisi comme son dauphin et cela d\u00e8s 1944. J\u2019avais des indiscr\u00e9tions de Wassila Bourguiba et de B\u00e9chir Zarg el Ayoun qui attestaient de ce choix. Je veux dire l\u00e0 que Bourguiba n\u2019avait pas cherch\u00e9 \u00e0 l\u2019imposer, mais que c\u2019\u00e9tait son pr\u00e9f\u00e9r\u00e9.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Cela si Ahmed Ben Salah avait r\u00e9ussi dans les ann\u00e9es soixante, il aurait \u00e9t\u00e9, sans conteste, le dauphin de Bourguiba. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de Ben Salah, Bourguiba \u00e9tait revenu \u00e0 son choix d\u2019autan et avait nomm\u00e9 <\/div>\n<div align=\"justify\"> H\u00e9di Nouira Premier Ministre. C\u2019est un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 prendre en consid\u00e9ration.<\/div>\n<div align=\"justify\"> H\u00e9di Nouira avait le sens de l\u2019Etat. Il \u00e9tait aussi profond\u00e9ment lib\u00e9ral sur les doubles plans \u00e9conomique et politique. Economiquement il fallait en finir avec le collectivisme et se r\u00e9adapter \u00e0 la nouvelle r\u00e9alit\u00e9 du monde. La planification \u00e9tait pass\u00e9e de monde et c\u2019est d\u00e9sormais l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 qui avait triomph\u00e9.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Politiquement, H\u00e9di Nouira \u00e9tait assez lib\u00e9ral, mais il \u00e9tait plut\u00f4t prudent. J\u2019\u00e9tais, peut-\u00eatre, le pendant de H\u00e9di Nouira au gouvernement. Lui l\u2019homme tranquille et moi l\u2019imp\u00e9tueux, mais je rappelle pour l\u2019histoire que H\u00e9di Nouira avait soutenu la fondation de la Ligue des Droits de l\u2019Homme en 1977. Le parti avait voulu cr\u00e9er une Ligue qui lui \u00e9tait inf\u00e9od\u00e9e, mais H\u00e9di m\u2019avait soutenu pour convaincre Bourguiba de reconna\u00eetre la Ligue ind\u00e9pendante pr\u00e9sid\u00e9e par Saadoun Zmerli. Idem pour le journal Errai (l\u2019Opinion) dirig\u00e9 par Hassib Ben Ammar. Ces acquis d\u00e9mocratiques sont \u00e0 porter au cr\u00e9dit de H\u00e9di Nouira.  <strong>Pourquoi alors s\u2019est-il oppos\u00e9 \u00e0 la d\u00e9mocratisation du r\u00e9gime en 1971?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>Non. En 1970 H\u00e9di Nouira \u00e9tait d\u2019accord avec Ahmed Mestiri qu\u2019il fallait reformer le syst\u00e8me. Leur divergence avait point\u00e9 quand Mestiri insistait pour avoir des rapports m\u00e9dicaux sur la sant\u00e9 du Pr\u00e9sident. Ahmed Mestiri avait aussi insist\u00e9 aupr\u00e8s de Bourguiba qu\u2019il le nomma Ministre d\u2019Etat. Mais il y avait entre les t\u00e9nors du parti : Nouira, Mestiri et Masmoudi, une entente sur la n\u00e9cessit\u00e9 des r\u00e9formes. Seulement cette \u201cpause de r\u00e9flexion\u201d n\u2019avait pas d\u00e9bouch\u00e9 sur des id\u00e9es concr\u00e8tes et le pays \u00e9tait en effervescence. La cassure entre Nouira et Mestiri est apparue surtout au Congr\u00e8s de 1971. Mestiri voulait d\u00e9mocratiser, peut-\u00eatre un peu top vite, le parti et changer du tout au tout. Je rappelle que l\u2019ambiance du Congr\u00e8s de Monastir en 1971 \u00e9tait tr\u00e8s tendue, car il y avait aussi les revenants du ben salhisme et la milice du parti qui ne voulaient rien changer.  <strong>Qui sont ces revenants du ben salhisme ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>De 1964 \u00e0 1977 nous avions le m\u00eame a\u00e9ropage au parti. Ce n\u2019\u00e9tait pas le parti des grands d\u00e9bats et des grandes id\u00e9es. C\u2019\u00e9tait le parti de l\u2019ex\u00e9cution et des bras muscl\u00e9s. Autour de son directeur de l\u2019\u00e9poque Mohamed Sayah, il y avait les Mahmoud Charchour, Hassen Kacem, Ameur Bela\u00efcha et autres. La conception sous jacente et que personne n\u2019osait revendiquer publiquement, \u00e9tait la primaut\u00e9 du parti sur l\u2019Etat et la soci\u00e9t\u00e9, alors que pour Bourguiba, l\u2019Etat c\u2019est lui et le parti est son instrument.  <strong>H\u00e9di Nouira n\u2019avait-il pas consolid\u00e9 le syst\u00e8me du parti unique ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>Le probl\u00e8me se posait diff\u00e9remment pour Nouira. Apr\u00e8s 1971 le probl\u00e8me de la succession de Bourguiba commen\u00e7ait \u00e0 se poser avec acquit\u00e9. Rappelez-vous que Boum\u00e9di\u00e8ne avait propos\u00e9 l\u2019union avec l\u2019Alg\u00e9rie en 1972 et que Gueddafi l\u2019avait fait pour la Libye en 1974. L\u2019artisan de ces deux tentatives \u00e9tait Mohamed Masmoudi alors ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de la Tunisie. H\u00e9di Nouira avait compris que Masmoudi avait voulu s\u2019imposer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays par le biais de ces nouvelles alliances. Cela avait \u00e9branl\u00e9 le Premier Ministre H\u00e9di Nouira, car il n\u2019\u00e9tait pas dans le coup ni au Kef, ni \u00e0 Djerba. Cela avait pouss\u00e9 H\u00e9di Nouira en 1975 et 1976 \u00e0 consolider ses positions pour succ\u00e9der \u00e0 Bourguiba. C\u2019\u00e9tait la r\u00e9forme constitutionnelle d\u2019Avril 1976 o\u00f9 le Premier Ministre, donc H\u00e9di Nouira, assurerait \u2014en cas de vacance du pouvoir\u2014 la succession automatique \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Etat. Le pays avait perdu beaucoup de temps dans cette r\u00e9forme inutile. H\u00e9di Nouira n\u2019aurait pas d\u00fb changer les r\u00e8gles de 1959 (\u00e9lection g\u00e9n\u00e9rale apr\u00e8s un int\u00e9rim de 40 jours \u2013NDLR). H\u00e9di Nouira aurait \u00e9t\u00e9 le candidat naturel du parti et n\u2019aurait eu aucune difficult\u00e9 \u00e0 gagner l\u2019\u00e9lection \u00e0 la loyale. La r\u00e9forme de 1976 avait crisp\u00e9 les rapports entre les principaux acteurs politiques du pays et \u00e9tait l\u2019un des facteurs de la crise sanglante avec la Centrale ouvri\u00e8re, l\u2019UGTT, qui a d\u00e9bouch\u00e9 sur le jeudi noir (le 26 janvier 1978 NDLR).  <strong>Vous \u00e9tiez ministre de l\u2019Int\u00e9rieur de 1973 \u00e0 1977. Vous aviez la r\u00e9putation, du moins au d\u00e9but, d\u2019\u00eatre un dur et la jeunesse vous surnommez \u201cTahar bop (brigade d\u2019ordre public)\u201d. Comment r\u00e9agissez-vous \u00e0 cela ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>Il faut revenir au contexte de ces ann\u00e9es-l\u00e0 pour comprendre ce qui s\u2019est pass\u00e9.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Mes pr\u00e9d\u00e9cesseurs au Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, surtout les deux premiers, \u00e9taient d\u2019\u00e9minentes personnalit\u00e9s politiques : Mongi Slim de 1956 et 1958 et Ta\u00efeb M\u2019hiri de 1958 \u00e0 1965. Ces ann\u00e9es-l\u00e0 \u00e9taient caract\u00e9ris\u00e9es par la crise youss\u00e9fiste. Il avait une v\u00e9ritable s\u00e9dition dans le pays. Les pontes du Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur qui avaient \u00e0 g\u00e9rer cette crise \u00e9taient issus du r\u00e9gime colonial. <\/div>\n<div align=\"justify\"> Ils ont amen\u00e9 eux leur savoir-faire et leurs m\u00e9thodes particuli\u00e8res, qu\u2019ils avaient utilis\u00e9es contre les militants nationalistes. Cela donna une certaine tradition \u00e0 ce minist\u00e8re. <\/div>\n<div align=\"justify\"> Je tiens \u00e0 dire que Mongi Slim et Ta\u00efeb M\u2019hiri ont jou\u00e9 un r\u00f4le extr\u00eamement important dans la consolidation du r\u00e9gime de Bourguiba qui \u00e9tait, \u00e0 ce moment-l\u00e0, menac\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur et de l\u2019ext\u00e9rieur du pays. Ils avaient en outre un avantage consid\u00e9rable : tous les deux ont occup\u00e9 le poste de directeur du parti et sont pass\u00e9s ensuite au minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur. Ils avaient ainsi les moyens de tenir le pays en main. Je suis arriv\u00e9 \u00e0 ce minist\u00e8re en juin 1967, en tant que directeur g\u00e9n\u00e9ral de la s\u00fbret\u00e9 nationale, \u00e0 un moment de grave crise o\u00f9 le r\u00e9gime avait failli sombrer.<\/div>\n<div align=\"justify\"> J\u2019\u00e9tais d\u2019abor d un ancien dirigeant de l\u2019Union G\u00e9n\u00e9rale des Etudiants Tunisiens et ensuite un diplomate. Rien ne me pr\u00e9disposait \u00e0 ce nouveau type de responsabilit\u00e9.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Les \u00e9v\u00e8nements qui ont \u00e9branl\u00e9 Tunis en juin 1967 (apr\u00e8s l\u2019annonce de la d\u00e9faite des arm\u00e9es arabes face \u00e0 Isra\u00ebl-NDLR) ont montr\u00e9 \u00e0 la fois la carence du parti et de la police. En quelques heures Tunis a v\u00e9cu une situation quasi insurrectionnelle. Il est vrai que les Tunisiens \u00e9taient \u00e9branl\u00e9s par la d\u00e9faite, mais cette col\u00e8re exprimait aussi et surtout un ras-le-bol g\u00e9n\u00e9ral sur la situation du pays.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Le Pr\u00e9sident Bourguiba me fit part de son m\u00e9contentement sur l\u2019\u00e9tat du pays et me confia l\u2019ensemble des services de s\u00e9curit\u00e9 aussi bien int\u00e9rieure qu\u2019ext\u00e9rieure que la gendarmerie nationale. Je me suis rendis tr\u00e8s vite \u00e0 l\u2019\u00e9vidence que la police, dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 je l\u2019ai trouv\u00e9e, n\u2019avait pas les moyens d\u2019endiguer et de contr\u00f4ler des \u00e9v\u00e8nements tels que ceux de juin 1967.Il nous fallait cr\u00e9er une police anti-\u00e9meute comme c\u2019est le cas dans tous les pays d\u00e9velopp\u00e9s. Nous n\u2019avons rien invent\u00e9 avec la BOP (Brigades d\u2019ordre public) \u00e0 part peut-\u00eatre le nom. Les CRS fran\u00e7ais c\u2019est notre BOP \u00e0 nous et rares sont les \u00e9tudiants et les manifestants en France qui n\u2019ont pas eu maille avec eux. Il fallait montrer sa force pour ne pas avoir besoin de l\u2019utiliser.<\/div>\n<div align=\"justify\"> En trois mois j\u2019ai pu constituer la BOP. J\u2019ai fait appel \u00e0 des Am\u00e9ricains qui ont form\u00e9 le premier contingent de la BOP qui a d\u00e9fil\u00e9 devant Bourguiba le 15 octobre 1967 \u00e0 Bizerte. Faut-il rappeler que les agents de la BOP, comme les CRS fran\u00e7ais, n\u2019\u00e9taient arm\u00e9s que de longs batons et de bouclier pour se prot\u00e9ger des projectiles et n\u2019avaient pas mission d\u2019utiliser leurs r\u00e9volvers qu\u2019en cas de l\u00e9gitime d\u00e9fense. Leur r\u00f4le \u00e9tait de s\u00e9curiser la population et de la prendre en charge ainsi que d\u2019aider les autres corps de police pour les diff\u00e9rentes missions de s\u00e9curit\u00e9 et d\u2019 assistance \u00e0 la population.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Mais l\u2019ordre \u00e0 lui seul ne suffit pas. Il fallait que la chape de plomb du collectivisme soit lev\u00e9e afin que l\u2019espoir renaisse. Heureusement que cela n\u2019a pas tard\u00e9 sinon toutes les BOP du monde n\u2019auraient pas suffi \u00e0 maintenir l\u2019ordre et la paix dans le pays. A c\u00f4t\u00e9 du maintien de l\u2019ordre j\u2019avais aussi pour mission de faire que la police soit au service de l\u2019Etat et non des individus et que ses rapports refl\u00e8tent la v\u00e9ritable situation du pays.   <strong>Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas\u2026<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>Non, les rapports de police \u00e9taient vis\u00e9s par les gouverneurs qui \u00e9taient, pour la plupart, \u00e0 la solde de Ben Salah et qui ne laissaient filtrer aucune information d\u00e9rangeante pour le r\u00e9gime. Il fallait r\u00e9inculquer aux policiers la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 leurs sermons d\u2019engagement : servir l\u2019Etat, rien de plus et rien de moins. Nous avions besoin de voir clair et pour cela les rapports de police devraient r\u00e9v\u00e9ler la v\u00e9rit\u00e9 et non pas la propagande. J\u2019ai impos\u00e9 \u00e0 ce que ces rapports ne soient plus vis\u00e9s par les gouverneurs, mais arrivent directement au bureau du Directeur g\u00e9n\u00e9ral de la S\u00fbret\u00e9 Nationale. Cela nous a permis d\u2019avoir des rapports directs et non \u00e9dulcor\u00e9s sur les soul\u00e8vements populaires contre le collectivisme dans certaines localit\u00e9s comme ceux de Jbenyana, Msaken et Ouerdanine. C\u2019est ainsi que le Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur avait pris de la consistance.  <strong>Que faisait le parti socialiste destourien pour encadrer la population ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>Le Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur ne s\u2019est pas substitu\u00e9 au parti. Mais le parti, \u00e0 ce moment l\u00e0, \u00e9tait aux mains de Ben Salah et Sayah. Il n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 pour dialoguer avec le peuple, mais pour le discipliner. Les \u00e9l\u00e9ments qui le constituaient, du sommet \u00e0 la base, \u00e9taient l\u00e0 pour imposer l\u2019ob\u00e9issance, plus que la discipline, \u00e0 la politique du gouvernement et \u00e0 Bourguiba.  <strong>Votre Ministre de tutelle ne vous imposait-il pas la discipline hi\u00e9rarchique et de travailler sans ses ordres directs ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>Il ne pouvait m\u2019imposer rien du tout. Le Pr\u00e9sident Bourguiba m\u2019avait confi\u00e9 une mission et je n\u2019avais de compte \u00e0 rendre qu\u2019\u00e0 lui et \u00e0 personne d\u2019autre.  <strong>Cela ne vous a-t-il pas amen\u00e9 \u00e0 affronter ceux qui tenaient les r\u00eanes du gouvernement de l\u2019\u00e9poque<\/strong> ?<\/div>\n<div align=\"justify\"> Ben Salah n\u2019avait jamais admis que les services de s\u00e9curit\u00e9 \u00e9chappent \u00e0 son contr\u00f4le. Bourguiba commen\u00e7ait \u00e0 se douter que le collectivisme avait des rat\u00e9s. Il ne voulait pas changer brusquement de cap. Il avait voulu aider BBen Salah \u00e0 rectifier le tir. Pour cela il avait remplac\u00e9 B\u00e9chir N\u00e9ji, secr\u00e9taire d\u2019Etat au commerce et bras droit de Ben Sahlah par Mansour Maalla. Il avait aussi \u00e9loign\u00e9 H\u00e9di Baccouche de Tunis.  <strong>Pourquoi ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>H\u00e9di Baccouche \u00e9tait gouverneur de Bizerte (60km au nord de Tunis). Il \u00e9tait tous les soirs \u00e0 Tunis. C\u2019\u00e9tait la v\u00e9ritable \u00e9minence grise de Ben Salah. Il \u00e9tait derri\u00e8re touts les projets de Ben Salah. C\u2019est un v\u00e9ritable renard politique, il faut lui reconna\u00eetre cette qualit\u00e9-l\u00e0.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Bourguiba l\u2019avait nomm\u00e9 alors gouverneur \u00e0 Sfax (280km au Sud de Tunis). Mais Ben Salah avait r\u00e9ussi, quand m\u00eame, \u00e0 tenir le pays par le biais d\u2019une nomenklatura terrible \u00e0 la sovi\u00e9tique. Tous ceux qui osaient lever la t\u00eate \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du parti \u00e9taient punis. Nous avons parl\u00e9 du proc\u00e8s Perspectives. Il faut rappeler que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UGTT Habib Achour fut mis en prison parce qu\u2019il avait protest\u00e9 contre les d\u00e9valuations du dinar. On lui mis sur le dos une affaire brumeuse et il fut condamn\u00e9 \u00e0 la prison. Il gavait un cafouillage terrible dans le pays. Le seul qui savait o\u00f9 il allait \u00e9tait Ahmed Ben Salah d\u2019autant plus qu\u2019il avait la caution de Bourguiba.  <strong>En principe un directeur g\u00e9n\u00e9ral de la S\u00fbret\u00e9 nationale qu\u2019on d\u00e9met de ses fonctions et qu\u2019on emprisonne, m\u00eame sans jugement, et qui revient quatre ans plus tard au m\u00eame minist\u00e8re et en tant que Ministre, n\u2019est-ce pas \u00e9trange ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>Ma plus grande fiert\u00e9 est que je n\u2019ai jamais perdu confiance en Bourguiba et je savais aussi que Bourguiba n\u2019avait jamais perdu confiance en moi. Je savais que je devais \u00eatre sacrifi\u00e9 de temps en temps, mais le Pr\u00e9sident me reprenait \u00e0 chaque fois.  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">J\u2019\u00e9tais ambassadeur \u00e0 Gen\u00e8ve et au Vatican en 1973 et voil\u00e0 que Ben Salah s\u2019enfuit de prison. Bourguiba \u00e9tait tr\u00e8s en col\u00e8re contre l\u2019incurie des services de s\u00e9curit\u00e9. On me demanda de rentrer imm\u00e9diatement en Tunisie et le lendemain je fus nomm\u00e9 ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. Le Pr\u00e9sident me re\u00e7oit et me dit que le pays est comme un trou et que je devais mettre de l\u2019ordre dans tout cela.<\/div>\n<div align=\"justify\"> De 1973 jusqu\u2019au jeudi noir du 26 janvier 1978 on savait qu\u2019il y avait dans le parti deux grandes tendances, mais qui ne s\u2019affichaient pas en tant que telles. Il y avait ce que j\u2019appelle le groupe de Bourguiba qui comprenait H\u00e9di Nouira, Habib Achour, moi-m\u00eame et un certain nombre de ministres. En face, il y avait ceux qui vivaient dans la r\u00e9minessence du parti unique dont notamment le directeur du parti Mohamed Sayah, le Tr\u00e9sorier du parti et ministre de la D\u00e9fense Abdallah Farhat, Habib Bourguiba Junior et bien d\u2019autres. Il faut dire que Habib Achour leur donnait du grain \u00e0 moudre avec les gr\u00e8ves qui sont devenues r\u00e9p\u00e9titives.  <strong>Ce groupe \u00e9tait-il homog\u00e8ne politiquement ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>C\u2019\u00e9taient des gens qui \u00e9taient \u00e0 l\u2019aff\u00fbt. Au d\u00e9but ils n\u2019osaient pas nous affronter parce que l\u2019\u00e9quipe de Bourguiba \u00e9tait assez forte. L\u2019occasion leur fut offerte lors des \u00e9meutes de Ksar Helal au mois d\u2019octobre 1977. Ces \u00e9v\u00e8nements ont d\u00e9montr\u00e9 que le parti n\u2019existait pas et que c\u2019est la rue qui commandait. Les services de police ne pouvaient affronter tous seuls les populations r\u00e9volt\u00e9es du Sahel. L\u2019arm\u00e9e est intervenue et c\u2019est moi-m\u00eame qui dirigeait les op\u00e9rations \u00e0 partir de Tunis malgr\u00e9 les r\u00e9ticences du ministre de la D\u00e9fense, Abdallah Farhat, qui rechignait \u00e0 mettre l\u2019arm\u00e9e sous le contr\u00f4le de la police. On a pu ramener le calme sans d\u00e9plorer aucune perte en vie humaine. \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\">On m\u2019a f\u00e9licit\u00e9 pour cela, mais ces \u00e9v\u00e8nements \u00e9taient le premier coup de semonce. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s malheureux et j\u2019ai m\u00eame voulu pr\u00e9senter ma d\u00e9mission \u00e0 ce moment-l\u00e0, mais Bourguiba l\u2019avait refus\u00e9e.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Mais la chose la plus grave et qui a donn\u00e9 une autre tournure aux \u00e9v\u00e8nements est la rencontre imprudente de Habib Achour \u00e0 Tripoli avec Gueddafi et Mohamed Masmoudi. Je ne pense pas que Habib Achour l\u2019ai pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e, mais il a \u00e9t\u00e9 pris dans le pi\u00e8ge et n\u2019a pas voulu se d\u00e9juger. Pour H\u00e9di Nouira c\u2019\u00e9tait Habib Achour, son ami, qui le quittait et se ralliait \u00e0 ses ennemis. Tous ceux qui \u00e9taient \u00e0 l\u2019affut au sein du parti nous sont tomb\u00e9s dessus. Il disaient voil\u00e0 o\u00f9 nous am\u00e8ne la politique des \u201ctendres\u201d, c\u2019est le r\u00e9gime et le pays tout entier qui sont maintenant en cause. Nous avons essay\u00e9 de reprendre la situation en main.  <strong>Comment avez-vous proc\u00e9d\u00e9 ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>Dans la r\u00e9union du Bureau Politique, dont Habib Achour \u00e9tait membre, les faucons avaient demand\u00e9 l\u2019exclusion du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UGTT du parti. Le lendemain Bourguiba avait convoqu\u00e9 H\u00e9di Nouira, Habib Achour et moi-m\u00eame au Palais. Au d\u00e9but il nous receva le Premier ministre et moi-m\u00eame. Il nous fit des remontrances terribles et nous dit qu\u2019on n\u2019est m\u00eame pas capable de tenir le pays. Ensuite il fit entrer Habib Achour et pleura \u00e0 chaudes larmes. Il s\u2019adressa \u00e0 nous ttrois et nous dit comment vous me faites cela \u00e0 moi, moi qui compte sur vous pour tenir le pays. Le Pr\u00e9sident est vraiment extraordinaire. Il nous a sermonn\u00e9 H\u00e9di Nouira et moi-m\u00eame parce que nous \u00e9tions responsables de la gestion du pays, mais pour Habib Achour il fallait le ramener au bercail sans l\u2019insulter et en le prenant par les sentiments.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Bourguiba avait exig\u00e9 de nous trois une r\u00e9conciliation imm\u00e9diate avant midi afin de l\u2019annoncer officiellement dans le journal radiophonique de 13h. Nous nous sommes r\u00e9unis \u00e0 la Kasbah \u00e0 11h et nous avons sign\u00e9 une d\u00e9claration commune. Cela avait l\u00e9g\u00e8rement redress\u00e9 la situation, mais le c\u0153ur n\u2019y \u00e9tait plus. En cette fin de l\u2019ann\u00e9e 1977 comme du temps du collectivisme, les clivages entre les diff\u00e9rents protagonistes \u00e9taient trop forts. Les \u00e9v\u00e8nements se sont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s. Les faucons voulaient pousser Habib Achour \u00e0 la faute en tentant de cr\u00e9er une organisation syndicale bis et en multipliant les exactions contre les syndicalistes. Ensuite il y a eu l\u2019affaire de tentative d\u2019assassinat de Habib Achour par Mabrouk Ouerdani qui fut pris avec un revolver en sa possession. La milice destourienne fit avec les syndicalistes ce qu\u2019elle fit avec les \u00e9tudiants gauchistes \u00e0 la fin des ann\u00e9es soixante. Des syndicalistes furent tabass\u00e9s dans les comit\u00e9s de coordination.   <strong>Qui \u00e9taient derri\u00e8re cette escalade ?<\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong> <\/strong>En premier lieu Mohamed Sayah et Abdallah Farhat. Il y avaient avec eux Bourguiba Junior et un certain nombre de dirigeants influents au gouvernement et au parti.  Pourquoi Bourguiba Junior \u00e9tait parmi les faucons alors que son p\u00e8re, selon vous, voulait la r\u00e9conciliation ? Bourguiba Junior \u00e9tait d\u00e8s le d\u00e9but avec les faucons. Son drame est qu\u2019il n\u2019avait jamais compris la politique de son p\u00e8re. Mais le probl\u00e8me n\u2019\u00e9tait pas tellement le groupe des faucons mais le fait que le Premier ministre H\u00e9di Nouira a fini par basculer dans leur camp.  <strong>A partir de la r\u00e9union de Tripoli ?<\/strong><\/div>\n<p><strong><\/p>\n<div align=\"justify\"> Absolument. J\u2019ai tout fait pour l\u2019en dissuader, mais je n\u2019ai pu rien faire. Pour lui c\u2019\u00e9tait une question de pouvoir et de survie politique. J\u2019\u00e9tais le dernier obstacle pour les faucons. H\u00e9di Nouira avait m\u00eame dit : Tahar ne marche pas. Il fallait que je parte pour que les faucons en d\u00e9coudent avec l\u2019UGTT et c\u2019est ce qui fut fait fin d\u00e9cembre 1977 quand je fus d\u00e9mis de mes fonctions de ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. Le Pr\u00e9sident Bourguiba me sacrifia une deuxi\u00e8me fois. Mais comme d\u2019habitude il me reprit Quand vous aviez \u00e9t\u00e9 limog\u00e9, il s\u2019est produit une chose unique en Tunisie: la d\u00e9mission collective de six ministres. Comment expliquez-vous cela ?<\/div>\n<div align=\"justify\"> C\u2019\u00e9tait tout \u00e0 fait normal. Ces ministres qui ont d\u00e9missionn\u00e9 \u00e9taient dans le groupe Bourguiba. Le groupe de ceux qui ne voulaient pas l\u2019affrontement. Moi parti et voyant l\u2019affrontement venir, ils ont d\u00e9cid\u00e9 de partir eux aussi. Ce sont des gens estimables et qui ont eu une prise de conscience. Habib Chatty, Mohamed Ennaceur, Belhaj Amor, Mongi Kooli\u2026 avaient pris conscience de la gravit\u00e9 de la situation et qu\u2019ils ne pouvaient pas y rem\u00e9dier. Le clan de la mod\u00e9ration avait perdu la bataille. Leur d\u00e9mission est un acte honorable et courageux. Je voudrais encore une fois vous dire que Bourguiba est quelqu\u2019un d\u2019extraordinaire. Les \u00e9v\u00e8nements auxquels nous faisons allusion se sont pass\u00e9s \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1977. Lors du congr\u00e8s du PSD en 1979, qui bien qu\u2019organis\u00e9 par les milices du parti, Bourguiba avait demand\u00e9 \u00e0 H\u00e9di Nouira de tourner la page et de ne pas revenir sur les \u00e9v\u00e8nements du jeudi noir. <\/div>\n<div align=\"justify\"> Les faucons avaient fait voter une motion d\u2019exclusion du parti de Habib Achour, des ministres d\u00e9missionnaires et de moi-m\u00eame. Ils avaient aussi voulu imposer au Pr\u00e9sident H\u00e9di Nouira comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral par votation du Congr\u00e8s alors que, traditionnellement, c\u2019\u00e9tait \u00e0 Bourguiba de nommer le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. Bourguiba convoque H\u00e9di Nouira, le sermonne et lui duit que ces deux r\u00e9solutions n\u2019ont jamais exist\u00e9. Quelques semaines apr\u00e8s, Bourguiba r\u00e9int\u00e8gre tous les ministres d\u00e9missionnaires et moi-m\u00eame : Azzouz Lasram \u00e0 l\u2019Economie, Mohamed Ennaeur aux Affaires sociales, Belhaj Amor \u00e0 l\u2019habitat, Habib Chatty est propos\u00e9 par la Tunisie au secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Organisation de la Conf\u00e9rence Islamique et moi-m\u00eame je fus nomm\u00e9 ambassadeur \u00e0 Bonn. Bourguiba avait toujours jou\u00e9 le rassemblement et la r\u00e9conciliation. Cela est \u00e9norme, alors que les faucons qui ne sont pas bourguibistes avaient jou\u00e9 la division et l\u2019affrontement. <\/div>\n<div align=\"justify\"> Bourguiba n\u2019\u00e9tait jamais pour l\u2019exclusion. Il avait toujours privil\u00e9gi\u00e9 l\u2019unit\u00e9 du peuple. C\u2019est vrai qu\u2019il y a eu des exactions contre les \u00e9tudiants de gauche, mais je l\u2019ai dit et je l\u2019assume que parler de torture est exag\u00e9r\u00e9 et ne cadre avec la r\u00e9alit\u00e9 des faits. Bourguiba a toujours pardonn\u00e9. Tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 des lourdes peines de prison n\u2019ont jamais pass\u00e9 plus d\u2019une ann\u00e9e ou deux. Pour lui ce n\u2019\u00e9tait pas une punition, mais une petite correction paternelle. Dans le cas des syndicalistes ce fut aussi exactement la m\u00eame d\u00e9marche.<\/div>\n<div align=\"justify\"> Cela les faucons ne l\u2019ont jamais compris. Ils n\u2019ont pas compris que le pays avait chang\u00e9 et le monde syndical aussi. Dans les ann\u00e9es soixante-dix l\u2019UGTT ne regroupait pas que les travailleurs de peine, mais toute l\u2019\u00e9lite du pays : les cadres, les m\u00e9decins, les enseignants, les universitaires. L\u2019UGTT avait des bureaux d\u2019\u00e9tudes qui affrontent et contestent les chiffres et les statistiques du gouvernement.<\/div>\n<div align=\"justify\"> En face de cela le parti \u00e9tait moribond et ne se basait que sur les gros bras. Si le parti avait suivit l\u2019\u00e9volution du pays et s\u2019\u00e9tait ouvert au d\u00e9bat et \u00e0 la confrontation des id\u00e9es nous avions probablement \u00e9vit\u00e9 le drame du Jeudi noir et son cort\u00e8ge de morts et condamnation. A suivre<\/div>\n<div align=\"justify\"> Dans la quatri\u00e8me et derni\u00e8re partie: Les ann\u00e9es quatre-vingt : l\u2019ouverture d\u00e9mocratique, la r\u00e9volte du pain et la chute de Mzali  <strong><font>(Source: \u201dRealites\u201d le\u00a02 novembre 2010)<\/font><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\"><strong><font>Lien: <\/font><\/strong><a href=\"http:\/\/41.226.15.227\/realites\/home\/lire_article.asp?id=1144387&amp;t=293\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong><font>http:\/\/41.226.15.227\/realites\/home\/lire_article.asp?id=1144387&amp;t=293<\/font><\/strong><\/a> \u00a0<\/div>\n<p><\/strong><\/div>\n<div align=\"justify\">\u00a0<\/div>\n<p><\/font><\/div>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><b><a href=\"http:\/\/www.tunisnews.net\/\"><font face=\"Arial\"><span><font size=\"2\">Home<\/font><\/span><font size=\"2\"><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><\/font><\/font><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\"><font size=\"2\">\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/font><\/span><\/a><\/b><\/strong><\/font><\/h2>\n<\/p>\n<p align=\"center\" dir=\"ltr\">\u00a0<\/p>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Home &#8211; Accueil TUNISNEWS 10 \u00e8me ann\u00e9e, N\u00b0 3816 du 03.11.2010 archives : www.tunisnews.net\u00a0 Libert\u00e9 et Equit\u00e9: La police politique fait pression sur le bailleur afin qu\u2019il chasse l\u2019\u00e9tudiante Intissar Zouari Libert\u00e9 et Equit\u00e9: Convocation d\u2019Hend Harouni au poste de police Slim Bagga: Les frasques du palais Business News: Tunisie &#8211; Plainte contre Hannibal TV [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22040,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[],"tags":[63,41,29],"class_list":["post-16016","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","tag-63","tag-41","tag-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16016","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16016"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16016\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22040"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16016"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16016"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16016"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}