{"id":15869,"date":"2007-05-12T00:00:00","date_gmt":"2007-05-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/12-mai-2007\/"},"modified":"2007-05-12T00:00:00","modified_gmt":"2007-05-12T00:00:00","slug":"12-mai-2007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/12-mai-2007\/","title":{"rendered":"12 mai 2007"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"      Madame Ze\u00efneb Chebli, pr\u00e9sidente du comit\u00e9 des m\u00e8res des victimes de la       loi sur le terrorisme, nous a inform\u00e9s qu\u2019au vu des nombreux d\u00e9passements       commis par l\u2019administration p\u00e9nitentiaire et du harc\u00e8lement contre leurs       fils \u00e0 la prison de Mornaguia, il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 d\u2019envoyer une       d\u00e9l\u00e9gation au si\u00e8ge de la Croix Rouge \u00e0 Tunis pour l\u2019exhorter \u00e0 intervenir       et d\u2019y organiser le cas \u00e9ch\u00e9ant un sit-in. Mais de nombreux agents de la       police politique se sont interpos\u00e9s le 9 mai 2007 et les ont dispers\u00e9s en       arr\u00eatant des taxis et en les faisant monter \u00e0 bord pour les \u00e9loigner du       lieu.\" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body style=\"text-align: justify\"><\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/\"><font face=\"Arabic Transparent\"><span><font>Home<\/font><\/span><font><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><\/font><\/font><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\"><font>\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/font><\/span><\/a><\/b><\/p>\n<div> <font face=\"Arial\" size=\"2\"> <\/p>\n<div>\n<div>\n<div> <font face=\"Arial\"> <\/p>\n<div>  <\/div>\n<p> <span lang=\"FR\"> <\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <font size=\"2\"> <span lang=\"SV\"> <strong>TUNISNEWS<\/strong><\/span> <\/font> <\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <strong><font size=\"2\">8\u00a0\u00e8me\u00a0ann\u00e9e, <span lang=\"FR\">          N\u00b0\u00a02545 du 12.05.2007<\/span><\/font><\/strong><\/div>\n<p> <strong> <\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <b><span><blink> <font size=\"2\">\u00a0archives : <\/font> <a href=\"\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <font size=\"2\" target=\"_blank\">www.tunisnews.net<\/font><\/a><\/blink><\/span><\/b><font size=\"2\"> <\/font><font> <span lang=\"FR\"><strong> <\/strong><\/span><\/font><\/div>\n<p> <\/strong><\/span><\/font> <\/p>\n<p><font face=\"Times New Roman\"> <span lang=\"FR\"> <font><\/font><span> <\/p>\n<p><font> <\/p>\n<div align=\"left\" dir=\"ltr\"> <font><\/font> <font face=\"Arial\"> <\/p>\n<div>\n<hr\/><\/div>\n<div align=\"left\"> <font size=\"3\"><font size=\"2\"> <strong><\/p>\n<p><font>AISPP: Communique&rsquo;             <font>Patriote 2005: L&rsquo;Agence TAP : La chasse aux             sorci\u00e8res est ouverte<\/font>             \u00a0R\u00e9alit\u00e9s: Libert\u00e9 de la presse : Des avanc\u00e9es, malgr\u00e9 tout              <font>R\u00e9alit\u00e9s: Libert\u00e9 de presse en Tunisie : Ce             qui a \u00e9t\u00e9 fait, ce qui reste \u00e0 faire<\/font>             R\u00e9alit\u00e9s:Le couple, les successibles et l\u2019Ijtihad             <\/font><\/p>\n<p><font>Le Monde: Edito du Monde             L&rsquo;apr\u00e8s-Wolfowitz<\/font><\/strong> <\/font> <\/font><\/div>\n<p> <\/font> <\/div>\n<p> <\/font><\/p>\n<p><\/span><\/span><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div> <font face=\"Arial\"><\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font> <\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<div>\n<div align=\"center\"> <strong><font>Libert\u00e9 pour Mohammed Abbou       Libert\u00e9 pour tous les prisonniers politiques<\/font><\/strong> <strong><font>Association Internationale de Soutien aux       Prisonniers Politiques<\/font><\/strong>       33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis       Tel : 71 354 984       aispptunisie@yahoo.fr              Tunis, le 11 mai 2007 \u00a0<\/div>\n<div align=\"center\">      \u00a0<\/div>\n<div align=\"center\"> <font size=\"3\"><strong>Communique&rsquo;<\/strong><\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">             Madame Ze\u00efneb Chebli, pr\u00e9sidente du comit\u00e9 des m\u00e8res des victimes de la       loi sur le terrorisme, nous a inform\u00e9s qu\u2019au vu des nombreux d\u00e9passements       commis par l\u2019administration p\u00e9nitentiaire et du harc\u00e8lement contre leurs       fils \u00e0 la prison de Mornaguia, il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 d\u2019envoyer une       d\u00e9l\u00e9gation au si\u00e8ge de la Croix Rouge \u00e0 Tunis pour l\u2019exhorter \u00e0 intervenir       et d\u2019y organiser le cas \u00e9ch\u00e9ant un sit-in. Mais de nombreux agents de la       police politique se sont interpos\u00e9s le 9 mai 2007 et les ont dispers\u00e9s en       arr\u00eatant des taxis et en les faisant monter \u00e0 bord pour les \u00e9loigner du       lieu.<\/div>\n<div align=\"justify\">             D\u2019autre part, madame Ftima Bouraoui, m\u00e8re des prisonniers politiques, les       jumeaux Khaled et Oualid Layouni, continue \u00e0 son domicile la gr\u00e8ve de la       faim commenc\u00e9e le 3 mai 2007. L\u2019AISPP a appris que son \u00e9tat de sant\u00e9       s\u2019\u00e9tait d\u00e9grad\u00e9 et qu\u2019elle ne pouvait plus se lever.<\/div>\n<div align=\"justify\">             Madame Ftima Bouraoui a re\u00e7u des appels t\u00e9l\u00e9phoniques de beaucoup de       familles de prisonniers politiques, d\u2019associations et d\u2019organisations de       droits de l\u2019Homme qui lui ont exprim\u00e9 leur solidarit\u00e9 et de familles qui       lui ont dit qu\u2019elles se mettaient en gr\u00e8ve de la faim pour exprimer leur       col\u00e8re face aux tortures et aux mauvais traitements subis par leur enfants.       L\u2019AISPP r\u00e9it\u00e8re sa revendication de lib\u00e9ration de tous les prisonniers       politiques.       Le Pr\u00e9sident de l\u2019Association<\/div>\n<div align=\"justify\"> <strong><font>Ma\u00eetre Mohammed Nouri<\/font><\/strong> <font>(traduction ni revue ni corrig\u00e9e par les auteurs de       la version en arabe, LT)<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/><\/div>\n<div align=\"justify\"> <font> <\/p>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><strong>L&rsquo;Agence TAP :<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font face=\"Arial\" size=\"3\"><strong>La chasse aux         sorci\u00e8res est ouverte<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div align=\"justify\">                 La chasse aux sorci\u00e8res est ouverte \u00e0 l\u2019Agence TAP pour d\u00e9busquer         l\u2019auteur du dernier br\u00fblot paru dans Tunisnews (voir \u00e9dition arabe du 5         mai).          Une op\u00e9ration de tri est engag\u00e9e pour isoler les brebis galeuses du         reste du troupeau, \u00e0 travers l\u2019\u00e9margement, volontaire ou forc\u00e9, d\u2019une         p\u00e9tition concoct\u00e9e par des opportunistes professionnels.          L\u2019AJT, d\u2019habitude si l\u00e9thargique et dont l\u2019indignation est souvent         s\u00e9lective, a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une large diffusion du texte publi\u00e9 par Tunisnews         aupr\u00e8s de ses adh\u00e9rents.         Certains donneurs de le\u00e7ons commencent, enfin, \u00e0 se perdre en         conjectures au sujet de la situation \u00e0 l\u2019agence, s\u2019apitoyant sur le sort         de ses journalistes et les invitant \u00e0 faire preuve de solidarit\u00e9.                   Pour \u00e9lucider cette affaire, nous avons contact\u00e9 quelques journalistes         de l\u2019Agence. Les rares qui ont accept\u00e9 de s\u2019exprimer sont unanimes : Le         pamphlet en question est un acte malheureux et contreproductif. De par         sa phras\u00e9ologie et ses tournures excessives et superflues, ce texte est         une erreur monumentale. Sa publication dessert enti\u00e8rement et         grossi\u00e8rement la cause qu\u2019il est cens\u00e9 d\u00e9fendre et va \u00e0 l\u2019encontre des         attentes et des aspirations de la majorit\u00e9 des journalistes de l\u2019agence.         Aucun journaliste sens\u00e9 et responsable ne peut cautionner de telles         pratiques.                   Certains journalistes que nous avons contact\u00e9s sont m\u00eame port\u00e9s \u00e0 croire         qu\u2019il ne s\u2019agirait, peut \u00eatre, que d\u2019une man\u0153uvre de manipulation et de         provocation savamment orchestr\u00e9e par des parties proches de         l\u2019administration.         Ils estiment, \u00e0 juste titre, que ce texte contient des \u00e9l\u00e9ments de         diffamation et beaucoup d\u2019attaques personnelles et que les personnes qui         se sentent diffam\u00e9es ou vis\u00e9es \u2013 la majorit\u00e9 sont malheureusement des         femmes \u2013 ont le droit absolu de se d\u00e9fendre, de r\u00e9agir et de s\u2019exprimer         de la mani\u00e8re qu\u2019elles jugeront la plus utile et la mieux indiqu\u00e9e.                  Ces m\u00eames journalistes soutiennent, toutefois, qu\u2019hormis ces exc\u00e8s         f\u00e2cheux et regrettables, absolument injustifiables, les faits, les abus         et les d\u00e9passements d\u00e9crits dans ce texte ne sont pas une vue de         l\u2019esprit et n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s. Ils sont, pour la plupart, bien         r\u00e9els, authentiques et attest\u00e9s.                  Les journalistes que nous avons contact\u00e9s nous ont exprim\u00e9 leur         inqui\u00e9tude et leur pr\u00e9occupation face \u00e0 la tournure des \u00e9v\u00e8nements,         d\u00e9non\u00e7ant la r\u00e9cup\u00e9ration sordide de cette affaire par des personnages         pass\u00e9s ma\u00eetres dans l\u2019art de l\u2019opportunisme, du cynisme et de la         manipulation.                   Aussi bizarre que cela puisse para\u00eetre, les deux instigateurs de la         p\u00e9tition qui commence \u00e0 circuler au sein de l\u2019Agence pour d\u00e9noncer le         contenu du document publi\u00e9 par Tunisnews, sont, en effet, deux retrait\u00e9s.         Le pr\u00e9sent et l\u2019avenir de l\u2019agence sont donc le cadet de leurs soucis.                  Le premier est, th\u00e9oriquement, \u00ab inactif \u00bb depuis deux ans mais continue         de \u00ab jouer les prolongations post retraite \u00bb. Il est actuellement en         campagne pr\u00e9\u00e9lectorale pour la reprise en main de l\u2019AJT, une association         sur laquelle il a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9gn\u00e9 pendant une p\u00e9riode de plus de 12 ans et         qu\u2019il pr\u00e9sidera peut \u00eatre pour le restant de sa vie.          Cette p\u00e9tition ne serait pour lui qu\u2019une nouvelle carte ma\u00eetresse qu\u2019il         compte utiliser pour monnayer ses faveurs.                   Le deuxi\u00e8me est en retraite depuis un mois. Il est en train de faire des         pieds et des mains pour obtenir, lui aussi, une premi\u00e8re prolongation.         Cette p\u00e9tition ne serait, en ce qui le concerne, qu\u2019une pi\u00e8ce         suppl\u00e9mentaire \u00e0 verser dans son dossier de candidature.                  Outre le fait que cette p\u00e9tition ne fait que servir des int\u00e9r\u00eats         purement personnels, ses objectifs inavou\u00e9s sont, en r\u00e9alit\u00e9, plus         clairs : intimider et terroriser les journalistes et les agents,         \u00e9touffer d\u00e9finitivement toute voix discordante au sein de l\u2019agence,         diaboliser, en les pr\u00e9sentant comme des opposants ou des traitres, des         journalistes professionnels et ind\u00e9pendants qui se battent, depuis de         longues ann\u00e9es, pour restaurer la dimension publique de leur entreprise,         travailler dans la dignit\u00e9, imposer le respect de la d\u00e9ontologie de leur         profession, valoriser leur m\u00e9tier et sortir de la m\u00e9diocrit\u00e9 ambiante.                          Cette p\u00e9tition vise aussi et surtout \u00e0 occulter des dysfonctionnements         graves et bien r\u00e9els au sein de l\u2019agence et qui sont \u00e0 l\u2019origine du         pourrissement et de la d\u00e9gradation effarante du climat social et         professionnel de l\u2019entreprise.                   Cautionner une telle action c&rsquo;est donc commettre une erreur aussi         monumentale que celle qui a \u00e9t\u00e9 commise par l\u2019auteur du texte         controvers\u00e9.                  <strong><font>Patriote 2005<\/font><\/strong><\/div>\n<p> <\/font> <\/div>\n<p> <font> <\/p>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/><\/div>\n<div align=\"justify\">\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong><font>Emission \u00a0\u00bb         ISLAM\u00a0\u00bb sur FRANCE2         <\/font>Le dimanche 13 mai 2007 \u00e0 08h15 heures<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div>        \u00a0<\/div>\n<div>                 FRANCE2 vient de faire un reportage sur les musulmans de la Su\u00e8de qui va         \u00eatre diffus\u00e9e le dimanche 13 mai le matin \u00e1 08.15 heure le matin. (heure         de Paris).         Dans ce programme, il y aura une discussion entre le professeur Olivier         Roy et <strong><font>M. Noureddine Chatti<\/font><\/strong>         (noureddine@chatti.org) sur le mod\u00e8le su\u00e9dois en ce qui concerne l\u00b4islam         europ\u00e9en et l\u00b4int\u00e9gration des musulmans en Su\u00e8de.<\/div>\n<\/p><\/div>\n<p> <\/font> <\/p>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p> <\/font><\/div>\n<div align=\"center\"> <font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>Libert\u00e9 de   la presse : Des avanc\u00e9es, malgr\u00e9 tout<\/strong><\/font><\/h2>\n<p><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font><strong>Zyed Krichen<\/strong><\/font>   Un nouveau 3 mai et une nouvelle journ\u00e9e mondiale pour la libert\u00e9 de la presse.   Qu&rsquo;avons-nous fait en un an ? Le verre est-il plut\u00f4t vide ou plut\u00f4t plein ?   Il y a deux mani\u00e8res de juger l&rsquo;\u00e9tat de la libert\u00e9 de la presse dans un pays.   La premi\u00e8re est de se r\u00e9f\u00e9rer aux standards internationaux et aux valeurs   universelles et l\u00e0 il y a le risque d&rsquo;une double d\u00e9ception : au d\u00e9but car la   distance qui nous s\u00e9pare de ces standards est encore trop importante, ensuite   parce qu&rsquo;on fait une ad\u00e9quation rapide entre ces standards et la situation de   la presse dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s. La presse dans ces pays-l\u00e0 a connu   beaucoup de crises ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es (de la guerre du Golfe en 1991 \u00e0   celle du Liban de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2006, sans compter le traitement de l&rsquo;information   locale) qui ont secou\u00e9 les milieux des m\u00e9dias et ont fait douter l&rsquo;opinion de   la cr\u00e9dibilit\u00e9 et de l&rsquo;ind\u00e9pendance des organes d&rsquo;information. Par un   glissement imperceptible, le discr\u00e9dit relatif qui touche les m\u00e9dias des pays   du Nord risque de rejaillir n\u00e9gativement sur notre perception m\u00eame des   standards internationaux.   La deuxi\u00e8me mani\u00e8re pour appr\u00e9cier l&rsquo;\u00e9tat des libert\u00e9s de la presse dans notre   pays est de juger les avanc\u00e9es et les retards d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre. Cela est   beaucoup moins spectaculaire, mais colle beaucoup plus \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de notre   v\u00e9cu.<\/p>\n<p> <font>L&rsquo;ouverture de l&rsquo;audio-visuel<\/font>   Notre pays a amorc\u00e9, depuis un peu plus de trois ans, une ouverture limit\u00e9e du   paysage audio-visuel : Radio Mosa\u00efque le 7 novembre 2003, la cha\u00eene Hannibal   TV plus tard et derni\u00e8rement une nouvelle radio r\u00e9gionale Jawhara.   Personne ne croyait vraiment \u00e0 ce que cette ouverture au capital priv\u00e9 allait   changer quoi que ce soit dans un paysage audiovisuel o\u00f9 la langue de bois et   l&rsquo;institutionnalisation de l&rsquo;information sont devenues les r\u00e8gles d&rsquo;or.   D&rsquo;autant plus que ces nouveaux m\u00e9dias n&rsquo;affichaient aucune ambition et ne se   pr\u00e9sentaient que comme des m\u00e9dias de divertissement.   Mais il y a toujours du bon dans les logiques commerciales. Pour vivre et   prosp\u00e9rer, ces m\u00e9dias avaient besoin de la publicit\u00e9 priv\u00e9e, donc ils se   devaient de faire de l&rsquo;audience. Apr\u00e8s quelques r\u00e9glages de d\u00e9part, la voie   \u00e9tait toute trac\u00e9e : parler au Tunisien le langage du Tunisien. Et m\u00eame si   cela ne touchait, au d\u00e9but, que le sport ou la chanson, cette fra\u00eecheur et   libert\u00e9 de tons plaisaient aux Tunisiens. Cette derni\u00e8re ann\u00e9e il y a eu un   palier suppl\u00e9mentaire qui a \u00e9t\u00e9 franchi par \u201cMosa\u00efque FM\u201d et \u201cHannibal TV\u201d. La   premi\u00e8re radio priv\u00e9e de Tunisie ne se contente plus du d\u00e9bat libre et   audacieux sur les sujets de soci\u00e9t\u00e9 ou les probl\u00e8mes sportifs. Elle invite des   intellectuels et des artistes pour discuter de tout, et donc de politique au   sens large et noble du terme. On y parle de la censure, de la religion, de   l&rsquo;\u00e9tat du Monde arabe, de d\u00e9mocratie\u2026 \u201cHannibal TV\u201d a aussi \u00e9largi sa panoplie.   Apr\u00e8s sa r\u00e9ussite spectaculaire dans les d\u00e9bats sportifs et avec des moyens   presque artisanaux, la cha\u00eene a \u00e9largi son champ aux d\u00e9bats d&rsquo;id\u00e9es et cela   plait manifestement au t\u00e9l\u00e9spectateur. Hannibal TV, depuis quelque mois,   surclasse TV7 selon tous les instituts de mesure d&rsquo;audience.   Il est faux de croire que les m\u00e9dias audio-visuels publics manquent de   journalistes de qualit\u00e9. Il suffit d&rsquo;\u00e9couter la nouvelle radio culturelle pour   se convaincre du contraire.   Malheureusement pour cette jeune et dynamique radio, elle reste lest\u00e9e par le   fait qu&rsquo;elle ne diffuse pas encore sur la FM.   L&rsquo;Etablissement de la Radio et T\u00e9l\u00e9vision Tunisienne (ERTT) ne souffre ni de   manque de moyens financiers ni de comp\u00e9tences humaines. Son drame est sa   gestion \u00e9ditoriale. On se rappelle tous du fameux \u00e9pisode Etoile sportive du   Sahel et Club Sportif sfaxien quant \u00e0 l&rsquo;octroi du Championnat 2004-2005. La   presse \u00e9crite en parlait tous les jours, mais aucune information n&rsquo;a filtr\u00e9   dans l&rsquo;\u00e9mission sportive dominicaine (Dimanche Sport). C&rsquo;est cela ce que   reprochent les Tunisiens \u00e0 leurs m\u00e9dias.   Depuis quelques semaines \u201cDimanche Sport\u201d s&rsquo;ouvre de plus en plus au d\u00e9bat   contradictoire. C&rsquo;est \u00e0 saluer. Mais nous disons \u00e0 notre t\u00e9l\u00e9vision nationale   qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas que le sport et que le d\u00e9bat pluraliste doit \u00eatre la r\u00e8gle   partout.<\/p>\n<p> <font>Le r\u00f4le pionnier de la presse \u00e9crite<\/font>   Il faut rendre \u00e0 C\u00e9sar ce qui lui appartient. C&rsquo;est la presse \u00e9crite qui a   accompli le plus d&rsquo;avanc\u00e9es cette derni\u00e8re ann\u00e9e. Seulement l&rsquo;\u00e9crit est   beaucoup moins spectaculaire que l&rsquo;audiovisuel.   La presse des partis de l&rsquo;opposition, des plus mod\u00e9r\u00e9s aux plus radicaux,   para\u00eet d&rsquo;une mani\u00e8re plus r\u00e9guli\u00e8re qu&rsquo;autrefois. Six p\u00e9riodiques se partagent   ce march\u00e9 avec une parit\u00e9 parfaite : trois pour les mod\u00e9r\u00e9s : \u201cl&rsquo;Unit\u00e9\u201d du   Parti de l&rsquo;Unit\u00e9 Populaire, \u201cWatan\u201d de l&rsquo;Union D\u00e9mocratique Unioniste et   \u201cL&rsquo;Horizon\u201d du Parti Social Lib\u00e9ral. Quant aux organes des partis dits ou   r\u00e9put\u00e9s radicaux ce sont : \u201cEttarik al Jadid\u201d du Mouvement Ettajdid, \u201cAl   Mawkef\u201d du Parti D\u00e9mocratique Progressiste, et \u201cCitoyens\u201d du Forum   D\u00e9mocratique pour le travail et les libert\u00e9s.   S&rsquo;il est vrai que certains de ces m\u00e9dias se sont illustr\u00e9s par une audace peu   commune -et pas toujours dans le bon sens- leur impact demeure assez marginal   tout en donnant un tonus non n\u00e9gligeable pour le reste de la presse \u00e9crite.   Mais c&rsquo;est la presse ind\u00e9pendante qui a le plus progress\u00e9 cette ann\u00e9e. Il ne   nous appartient pas de jeter des fleurs sur le travail accompli par \u201cR\u00e9alit\u00e9s\u201d   et sa jeune cons\u0153ur en langue arabe \u201cHaka\u00efek\u201d. Mais l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 exige qu&rsquo;on   reconnaisse les efforts louables de certains de nos confr\u00e8res, et notamment   \u201cAkhbar Al Jomhourouya\u201d \u201cTunis Hebdo\u201d, les quotidiens de \u201cDar Assabah\u201d et de   \u201cDar Al Anwar\u201d malgr\u00e9 leur parti-pris id\u00e9ologique critiquable.   Cette tendance \u00e0 l&rsquo;autonomie et au s\u00e9rieux de l&rsquo;investigation et de l&rsquo;analyse   s&rsquo;est surtout manifest\u00e9e suite aux \u00e9v\u00e9nements qu&rsquo;a connus la banlieue Sud de   Tunis \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 2006. Le danger terroriste a \u00e9t\u00e9, d&rsquo;une certaine   mani\u00e8re, r\u00e9v\u00e9lateur d&rsquo;une presse \u00e9crite revigor\u00e9e et plus accrocheuse.   Cela veut-il dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ?   Absolument pas. Ces avanc\u00e9es que nous avons d\u00e9crites demeurent encore   fragiles, d&rsquo;autant plus que les grands m\u00e9dias publics de masse ne suivent pas.   Le cadre r\u00e9glementaire demeure le m\u00eame, et malgr\u00e9 tous les amendements   positifs le Code de la presse demeure inadapt\u00e9 \u00e0 cette volont\u00e9   d&rsquo;autonomisation et d&rsquo;\u00e9mancipation des m\u00e9dias. Ses deux talons d&rsquo;Achille sont   l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 des titres et le statut des entreprises de presse.   Le Code a opt\u00e9 pour le syst\u00e8me de l&rsquo;autorisation, ce qui emp\u00eache, en partie,   une v\u00e9ritable dynamique de r\u00e9novation du paysage m\u00e9diatique. Le r\u00e9gime   d\u00e9claratif est de loin plus d\u00e9mocratique et pluraliste. Cela n&#8217;emp\u00eache pas de   r\u00e9guler le secteur par un cahier de charges qui garantit l&rsquo;ind\u00e9pendance des   titres, le droit des journalistes et celui des citoyens \u00e0 une information   cr\u00e9dible et de qualit\u00e9.   La possession personnelle des titres est le second handicap du secteur. Elle   emp\u00eache, dans les faits, la constitution de v\u00e9ritables entreprises de presse.   Dans un monde de plus en plus ouvert et concurrentiel, cette disposition   dessert les int\u00e9r\u00eats de la presse nationale.   Le Minist\u00e8re de la Communication et des Relations avec le Parlement r\u00e9fl\u00e9chit   depuis plusieurs mois \u00e0 une restructuration du secteur. Nous avons toutes les   raisons de croire qu&rsquo;elle sera faite dans un esprit lib\u00e9ral et dans le respect   de la loi et de l&rsquo;\u00e9thique professionnelle.   En un an, plusieurs pas ont \u00e9t\u00e9 franchis dans le bon sens. Des initiatives   audacieuses ne pourront que conforter ces acquis et faire bouger encore les   lignes. Les pouvoirs publics le souhaitent, les Tunisiens l&rsquo;attendent.<\/p>\n<p> <font><strong>(Source : \u00ab R\u00e9alit\u00e9s \u00bb (Magazine hebdomadaire \u2013   Tunis), N\u00b01114 du 2 mai 2007)<\/strong><\/font> \u00a0<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <b><font size=\"3\">Libert\u00e9 de presse en Tunisie :    <\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font>Ce qui a \u00e9t\u00e9 fait, ce qui reste \u00e0 faire<\/font><\/h2>\n<p><\/font><\/b><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font>Par Ta\u00efeb Zahar<\/font>      La Journ\u00e9e mondiale de la presse est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e tous les 3 mai dans la plupart   des pays. C\u2019est en Tunisie une occasion pour nous tous de faire le bilan de ce   qui a \u00e9t\u00e9 fait sur la voie du d\u00e9veloppement d\u2019une presse libre et cr\u00e9dible qui   assume les exigences de la profession et r\u00e9pond aux attentes des citoyens, et   contribue ainsi \u00e0 l\u2019enrichissement de la d\u00e9mocratie pluraliste dont la libert\u00e9   d\u2019expression est l\u2019un des fondements essentiels.      Depuis le Changement du 7 Novembre, le secteur de l\u2019information et les moyens   de le d\u00e9velopper ont \u00e9t\u00e9 au centre des pr\u00e9occupations du Chef de l\u2019Etat, qui a   pr\u00e9sid\u00e9 plusieurs Conseils minist\u00e9riels qui ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 cette question   et a pris de nombreuses mesures dans le sens de la promotion de l\u2019information   nationale, de sa modernisation et de sa d\u00e9mocratisation. Aujourd\u2019hui, alors   que nous c\u00e9l\u00e9brons la Journ\u00e9e mondiale de la presse,nous pouvons affirmer que   les mesures prises par le Pr\u00e9sident Zine El Abidine Ben Ali et l\u2019esprit qu\u2019il   a insuffl\u00e9 \u00e0 la politique du gouvernement en la mati\u00e8re ont eu un impact   positif que nous constatons dans la pratique quotidienne et que nous devons   souligner en tant qu\u2019acquis positif de la cause de la libert\u00e9 d\u2019expression et   de la d\u00e9mocratie. Cette \u00e9volution n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 ais\u00e9e, il a fallu en effet,   vaincre des r\u00e9sistances, des blocages et les survivances de la culture du   parti unique, mais les choses ont sensiblement chang\u00e9. Le paysage m\u00e9diatique   tunisien est aujourd\u2019hui pluriel : il comprend des radios et une cha\u00eene   t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e priv\u00e9es dont l\u2019audience t\u00e9moigne de sa vitalit\u00e9 et de son innovation   dans la \u201cgestion\u201d de l\u2019information.      Ce changement, \u00e9galement qualitatif, est perceptible et significatif de la   capacit\u00e9 des professionnels tunisiens lorsque les conditions objectives le   permettent, de produire des programmes de qualit\u00e9 qui n\u2019ont rien \u00e0 envier \u00e0   ceux des t\u00e9l\u00e9visions \u00e9trang\u00e8res souvent cit\u00e9es en r\u00e9f\u00e9rence. La \u201cconcurrence\u201d   ainsi cr\u00e9\u00e9e a eu un effet d\u2019entra\u00eenement sur les cha\u00eenes de radios et de   t\u00e9l\u00e9vision nationales qui se sont vu imposer, en quelque sorte, une exigence   de r\u00e9novation et de rupture avec la langue de bois et les pratiques du pass\u00e9.   L\u00e0 aussi, la mutation est r\u00e9elle et elle est appel\u00e9e \u00e0 \u00e9voluer par l\u2019effet de   la logique de la comp\u00e9tition. D\u2019autre part et en ce qui concerne la presse   \u00e9crite on constate la lev\u00e9e des tabous \u2014r\u00e9els ou suppos\u00e9s\u2014 une lib\u00e9ration au   niveau de l\u2019information et surtout le recul de l\u2019auto-censure, il est vrai que   la fin des \u201crecommandations\u201d y est pour beaucoup.      Ce nouveau climat et les rapports qui pr\u00e9valent actuellement entre les   pouvoirs publics et le secteur de l\u2019information ainsi que l\u2019aspiration   collective \u00e0 faire mieux, sont autant de signes d\u2019une \u00e9volution positive qu\u2019il   convient de consolider et d\u2019enrichir. Pour cela, la responsabilit\u00e9 est du   ressort de toutes les parties\u2014gouvernement, journalistes, directeurs des   organes d\u2019information, partis politiques et soci\u00e9t\u00e9 civile.      Il s\u2019agit d\u2019abord de faire de telle sorte que ces acquis soient irr\u00e9versibles,   ce qui exige des r\u00e9formes, de nouvelles mesures mais surtout un changement de   mentalit\u00e9s et de comportements. L\u2019information dans notre pays a h\u00e9rit\u00e9 de   plusieurs ann\u00e9es de r\u00e9gime de parti unique qui ont institu\u00e9 des pratiques et   une culture combattues depuis les premiers temps du Changement, mais dont   certaines survivances sont encore pr\u00e9sentes chez des d\u00e9cideurs du secteur   public tout comme du secteur priv\u00e9 et qui se manifestent par la r\u00e9tention de   l\u2019information, consid\u00e9r\u00e9e comme bien de l\u2019Administration ou de l\u2019entreprise,   selon les cas qu\u2019il faut pr\u00e9server et cacher, et par l\u2019allergie \u00e0 toute forme   de critique, per\u00e7ue comme une attaque personnelle \u00e0 laquelle il faut riposter   par des mesures de r\u00e9torsion afin de \u201cpunir\u201d le journal qui n\u2019a fait que son   devoir. Ces survivances sont certes minoritaires mais elles doivent n\u00e9anmoins   dispara\u00eetre totalement.      D\u2019autres r\u00e9formes doivent \u00eatre entreprises, certaines concernent la radio et   la t\u00e9l\u00e9vision nationales qui demeurent les m\u00e9dias qui ont la plus large   audience et le plus grand pouvoir, mais qui font l\u2019objet de nombreuses   critiques de la part des citoyens qui touchent tant la forme que le contenu de   leur production. Ces r\u00e9formes s\u2019imposent d\u2019autant plus que ces m\u00e9dias sont   soumis \u00e0 la double concurrence des cha\u00eenes priv\u00e9es nationales et des cha\u00eenes   \u00e9trang\u00e8res, notamment arabes, qui v\u00e9hiculent souvent un discours et un message   qui ne sont pas conformes \u00e0 nos valeurs et au mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 que nous avons   choisi.      L\u2019une de ces r\u00e9formes \u00e0 envisager et qui aura sans doute, un effet positif,   est l\u2019institution d\u2019un conseil des programmes qui sera form\u00e9 de repr\u00e9sentants   des partis politiques, des professionnels (journalistes, r\u00e9alisateurs\u2026) et de   la soci\u00e9t\u00e9 civile et qui aura \u00e0 veiller \u00e0 la qualit\u00e9 de la production qui sera   ainsi plus en phase avec ce qu\u2019attendent les Tunisiens et en conformit\u00e9 avec   l\u2019exigence d\u00e9mocratique pluraliste.      Dans le domaine de la presse \u00e9crite, des r\u00e9formes s\u2019imposent \u00e9galement. Nous   en citerons deux qui ne sont nullement limitatives des autres. La premi\u00e8re   concerne le statut juridique des organes de la presse \u00e9crites. L\u2019autorisation   \u00e0 para\u00eetre est accord\u00e9e \u00e0 titre individuel, ce qui cr\u00e9e des probl\u00e8mes en cas   de d\u00e9c\u00e8s du \u201cpropri\u00e9taire\u201d de la licence. Cette disposition gagnerait \u00e0 \u00eatre   r\u00e9form\u00e9e pour des raisons de clart\u00e9 juridique, de continuit\u00e9 de l\u2019entreprise   et aussi parce que notre presse \u00e9crite n\u2019est plus \u00e0 l\u2019abri de la concurrence   \u00e9trang\u00e8re, ce qui implique, pour qu\u2019elle puisse \u00eatre comp\u00e9titive, que des   soci\u00e9t\u00e9s puissent disposer des autorisations \u00e0 para\u00eetre et acqu\u00e9rir les moyens   financiers n\u00e9cessaires. La deuxi\u00e8me r\u00e9forme est relative au soutien apport\u00e9   aux organes de la presse \u00e9crite par les pouvoirs publics, notamment par le   biais de la publicit\u00e9 publique.      Des crit\u00e8res plus \u00e9quitables et conformes \u00e0 la conception originelle de l\u2019aide   publique doivent \u00eatre d\u00e9finis et appliqu\u00e9s, surtout que la presse d\u2019opinion,   dont les ventes sont par nature limit\u00e9es, se trouve confront\u00e9e \u00e0 de graves   probl\u00e8mes financiers qui menacent sa survie m\u00eame, et a besoin d\u2019un soutien   cons\u00e9quent.      Enfin, nous devons aborder la question du Conseil Sup\u00e9rieur de la   Communication. Cette institution a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour la promotion de la   communication dans notre pays et les derni\u00e8res mesures prises dans ce cadre,   dont notamment la recomposition de son \u00e9quipe dirigeante, vont dans le sens de   sa consolidation ; elles doivent \u00eatre renforc\u00e9es par une plus grande ouverture   aux professionnels du secteur et une \u00e9coute plus attentive de leurs   pr\u00e9occupations et des attentes des citoyens.      <font><strong>(Source : \u00ab R\u00e9alit\u00e9s \u00bb (Magazine hebdomadaire \u2013   Tunis), N\u00b01114 du 2 mai 2007)<\/strong><\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <b><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Le couple, les successibles et l\u2019Ijtihad<\/font><\/h2>\n<p><\/b><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font>Par Taoufik Ben Mrad<\/font><\/p>\n<p>   La soci\u00e9t\u00e9 islamique reste r\u00e9gie par les lois religieuses telles qu\u2019elles ont   \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9es dans notre livre saint, le Coran, il y a de cela plus de   quatorze si\u00e8cles. On peut r\u00e9partir ces lois en deux cat\u00e9gories, celles   concernant le Dogme et celles concernant l\u2019application des lois sociales   r\u00e9gissant la soci\u00e9t\u00e9 islamique.   Le Dogme   Le dogme de l\u2019Islam est fond\u00e9 sur cinq principes intangibles qui ne sauraient   \u00eatre ni discut\u00e9s ni interpr\u00e9t\u00e9s et qui sont l\u2019unicit\u00e9 de Dieu et Mohamed son   Proph\u00e8te, les cinq pri\u00e8res journali\u00e8res, le je\u00fbne du mois de Ramadan, le   P\u00e8lerinage \u00e0 la Mecque et la Zakat.<\/p>\n<p> <font>Les lois d\u2019application sociales<\/font><\/p>\n<p>   Cette cat\u00e9gorie d\u00e9finit les rapports sociaux entre Musulmans, qu\u2019ils soient de   nature p\u00e9nale, matrimoniale ou de succession.   Les lois sociales ne peuvent pas rester fig\u00e9es dans un formalisme rigide mais   peuvent \u00e9voluer en fonction des nouvelles r\u00e9alit\u00e9s du Monde islamique, de   fa\u00e7on \u00e0 ce que les nouvelles transitions sociales se passent sans   bouleversements traumatisants, sans heurts, de fa\u00e7on harmonieuse et paisible.   Elles peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es pour s\u2019adapter \u00e0 la nouvelle structure sociale   et aux nouvelles aspirations des peuples.   Le Proph\u00e8te lui-m\u00eame encourageait l\u2019Ijtihad, promettait une double r\u00e9compense   divine \u00e0 celui qui r\u00e9ussissait dans sa tentative de faire \u00e9voluer les lois :   d\u2019ailleurs concernant les lois p\u00e9nales appliqu\u00e9es au nom de la religion,   certains Etats musulmans dont le Maghreb ont substitu\u00e9 aux peines chara\u00efques   des peines prononc\u00e9es par des tribunaux \u00e9tatiques au nom de l\u2019Etat, en tenant   compte de l\u2019\u00e9volution de leurs soci\u00e9t\u00e9s et des aspirations nouvelles de leurs   populations qui rejetaitent les mutilations du voleur et la lapidation des   couples adult\u00e8res.   Dans l\u2019\u00e8re moderne, la Tunisie a initi\u00e9 la premi\u00e8re r\u00e9forme fondamentale du   statut matrimonial dans le Monde islamique.<\/p>\n<p> <font>Bourguiba, le r\u00e9formateur<\/font><\/p>\n<p>   Le P\u00e8re de l\u2019Ind\u00e9pendance tunisienne \u00e9tait un cart\u00e9sien humaniste. Il pensait   \u00e0 juste titre qu\u2019\u00e0 la naissance de l\u2019\u00eatre humain le nombre des personnes de   sexe masculin \u00e9tait \u00e9gal \u00e0 celui des femmes et par cons\u00e9quent il n\u2019y avait   plus aucune justification \u00e0 ce qu\u2019un homme puisse avoir plusieurs \u00e9pouses, car   en ce faisant il aurait priv\u00e9 d\u2019autres hommes d\u2019en avoir une. Pour pallier \u00e0   ce d\u00e9s\u00e9quilibre social, il fit voter le Code du Statut Personnel en 1956,   r\u00e9glementant le statut personnel des Tunisiennes. Je ne vais pas entrer dans   tous les d\u00e9tails de ce code, ce serait trop long, mais je vais retenir la   suppression de la polygamie et le divorce par un tribunal.   Suppression de la polygamie : l\u2019article 18 du Code punit de peines de prison   le polygame. Cependant l\u2019homme qui d\u00e9sire se remarier peut contracter un   nouveau mariage \u00e0 condition de divorcer de sa premi\u00e8re \u00e9pouse sous peine de   prison.   Le divorce des \u00e9poux doit \u00eatre prononc\u00e9 par un tribunal (article 30) qui fixe   le cas \u00e9ch\u00e9ant les dommages et int\u00e9r\u00eats d\u00fbs \u00e0 la femme, ordonne la pension   alimentaire n\u00e9cessaire \u00e0 la vie et \u00e0 l\u2019\u00e9ducation des enfants du couple et   r\u00e9glemente le droit de garde, les conditions de la filiation, les   ayants-droits aux aliments ainsi que plusieurs autres articles r\u00e9glementant la   vie du couple et de leurs enfants, l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019Etat-civil (loi de   1957). Cependant, concernant les successions et les successibles, il n\u2019a fait   que reprendre l\u2019ensemble des lois chara\u00efques. Peut-\u00eatre Bourguiba   pressentait-il que la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne de l\u2019\u00e9poque n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate \u00e0   accepter un tel bouleversement qui mettait en cause des traditions ancestrales   et beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eats p\u00e9cuniers.<\/p>\n<p> <font>Zine El Abidine Ben Ali, continuateur des r\u00e9formes<\/font><\/p>\n<p>   Dans le domaine des successions et des successibles on se heurtait \u00e0 deux   difficult\u00e9s majeures. La premi\u00e8re r\u00e9side dans le nombre des successibles : pas   moins de 67 articles leur sont consacr\u00e9s dans le Code du Statut Personnel.   Certes le l\u00e9gislateur avait pour objectif de maintenir le plus largement   possible les liens du sang de fa\u00e7on \u00e0 renforcer la coh\u00e9sion sociale, mais   l\u2019\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne, avec la disparition de la tribu, le   rel\u00e2chement sinon l\u2019oubli des parent\u00e9s, les ph\u00e9nom\u00e8nes migratoires et surtout   l\u2019av\u00e8nement de la famille nucl\u00e9aire (couple et enfants) qui vivent dans nos   villes et cit\u00e9s et parfois en terre \u00e9trang\u00e8re-permettent au l\u00e9gislateur   d\u2019envisager des r\u00e9formes dans ce domaine sans qu\u2019elles heurtent les param\u00e8tres   de la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 tunisienne.   La communaut\u00e9 des biens entre \u00e9poux, institu\u00e9e par la loi du 9 novembre 1998,   est un premier jalon pos\u00e9 dans cette direction, m\u00eame si elle est actuellement   restreinte \u00e0 l\u2019immeuble d\u2019habitation conjoint entre \u00e9poux, en attendant la   prochaine \u00e9tape qui consiste, dans le choix des \u00e9poux du r\u00e9gime de la   s\u00e9paration des biens entre eux ou de celle de la communaut\u00e9 int\u00e9grale de leurs   biens, \u00e9tant donn\u00e9 que la femme, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019homme, contribue \u00e0 la   richesse du couple.   La deuxi\u00e8me difficult\u00e9 r\u00e9side en ce que la fille ou la femme re\u00e7oit la moiti\u00e9   de la part revenant au m\u00e2le. Si ant\u00e9rieurement, la femme \u00e9tait clo\u00eetr\u00e9e \u00e0 la   maison et attendait de l\u2019homme qu\u2019il subvienne \u00e0 ses besoins, il n\u2019en est plus   de m\u00eame actuellement o\u00f9 la femme est active et participe \u00e0 la cr\u00e9ation de la   richesse familiale et peut aspirer \u00e0 juste titre \u00e0 l\u2019obtention l\u00e9gale de son   \u00e9galit\u00e9 avec l\u2019homme dans le partage du bien successoral.   Dans la pratique sociale actuelle et pour l\u2019\u00e9limination des intrus (cousins et   cousines) dans les biens successoraux et afin de r\u00e9aliser l\u2019\u00e9galit\u00e9 de la   fille et du gar\u00e7on dans l\u2019h\u00e9ritage, le couple, soit individuellement soit   conjointement, proc\u00e8de de son vivant \u00e0 la r\u00e9partition de ses biens entre ses   enfants par la vente r\u00e9guli\u00e8re desdits biens. C\u2019est ainsi qu\u2019il arrive souvent   qu\u2019un homme ou une femme poss\u00e9dant deux villas proc\u00e8dent de leur vivant \u00e0 la   vente \u00e0 chacun de leurs enfants d\u2019une villa. La m\u00eame formule peut \u00eatre   appliqu\u00e9e s\u2019il y en a plusieurs.   Une autre solution consiste dans la constitution d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 civile   mobili\u00e8re ou immobili\u00e8re \u00e0 capital variable entre le couple et ses enfants.   Les enfants seront actionnaires \u00e0 \u00e9galit\u00e9 dans cette soci\u00e9t\u00e9, avec   interdiction de vendre \u00e0 des tiers leurs parts dans l\u2019actif social, et si l\u2019un   des associ\u00e9s veut vendre son actif il ne peut le faire qu\u2019\u00e0 l\u2019un de ses   co-associ\u00e9s.   Cette soci\u00e9t\u00e9 peut \u00eatre dissoute en cas de d\u00e9c\u00e8s de l\u2019un des \u00e9poux fondateur   ou de commun accord entre associ\u00e9s, et son actif sera liquid\u00e9 conform\u00e9ment au   droit commun.<\/p>\n<p> <font><strong>(Source : \u00ab R\u00e9alit\u00e9s \u00bb (Magazine hebdomadaire \u2013   Tunis), N\u00b01114 du 2 mai 2007)<\/strong><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <b><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Al Jazira : balayer devant sa porte&#8230;<\/font><\/h2>\n<p> <\/b><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font>Par Hakim Ben Hammouda<\/font><\/div>\n<div>     \u00a0Je savais d\u00e8s le d\u00e9part de ma rencontre avec le responsable d\u2019Al Jazira que   je ne partageais pas son projet, encore moins celui de la cha\u00eene. Mais,   j\u2019\u00e9tais d\u2019accord avec lui que l\u2019av\u00e8nement d\u2019Al-Jazira et des cha\u00eenes   satellitaires arabes a fait l\u2019effet d\u2019une bombe dans notre paysage m\u00e9diatique.   En effet, ces cha\u00eenes ont introduit une fra\u00eecheur, une libert\u00e9 de ton et un   pluralisme qui \u00e9taient \u00e9trangers \u00e0 nos cha\u00eenes nationales \u00e9lev\u00e9es et grandies   dans la glorification et l\u2019\u00e9loge de partis uniques et d\u2019Etats qui se sont   largement essouffl\u00e9s et qui ont perdu dans un grand nombre de pays arabes.   Cette libert\u00e9 de ton a valu \u00e0 la cha\u00eene et au Qatar une s\u00e9rie de crises   politiques avec d\u2019autres pays arabes. Ainsi, les bureaux de la cha\u00eene dans   certaines capitales arabes ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s et certains pays arabes ont rappel\u00e9   leurs ambassadeurs bas\u00e9s \u00e0 Doha pour exprimer leur m\u00e9contentement par rapport   aux informations rapport\u00e9es par la cha\u00eene sur leur pays. Certains, d\u2019ailleurs   estiment que cette cha\u00eene au moment o\u00f9 elle d\u00e9nonce \u00e0 longueur de journ\u00e9e   l\u2019alignement de certains r\u00e9gimes arabes sur les Etats-Unis et Isra\u00ebl, ne dit   rien sur les accointances entre le Qatar et ces pays et sur le fait qu\u2019\u00e0   quelques m\u00e8tres du si\u00e8ge de la cha\u00eene se trouve l\u2019une des plus importantes   bases am\u00e9ricaines au Moyen Orient.<\/p>\n<p>   Egalement, je ne peux que souscrire \u00e0 l\u2019argument majeur de mon interlocuteur   sur la r\u00e9volution introduite par Al-Jazira dans le paysage m\u00e9diatique mondial   en rompant le monopole de sens d\u00e9tenu par les m\u00e9dias occidentaux depuis des   si\u00e8cles sur les \u00e9v\u00e8nements de notre monde. En effet, le monde entier se   r\u00e9f\u00e9rait aux r\u00e9cits produits par les m\u00e9dias occidentaux et les quelques voix   dissidentes \u00e9taient inaudibles et trop faibles pour esp\u00e9rer concurrencer les   grands m\u00e9dias occidentaux, produire des r\u00e9cits diff\u00e9rents et projeter un autre   regard sur le d\u00e9roulement des affaires du monde. De ce point de vue, Al-Jazira   a produit une r\u00e9volution en rompant ce monopole et en d\u00e9veloppant une voix   diff\u00e9rente et parfois dissidente sur les grands conflits mondiaux dont la   guerre en Afghanistan, qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 la seule cha\u00eene internationale \u00e0 couvrir,   ou la derni\u00e8re guerre au Liban. Cette nouvelle voix a introduit une plus   grande pluralit\u00e9 dans un syst\u00e8me m\u00e9diatique global domin\u00e9 par les grands   groupes internationaux. C\u2019est probablement cette volont\u00e9 de rupture du   monopole de l\u2019espace global de production de sens qui est \u00e0 l\u2019origine de la   haine exprim\u00e9e par diff\u00e9rents milieux occidentaux vis-\u00e0-vis d\u2019Al-Jazira. Ainsi,   par exemple aucun op\u00e9rateur aux Etats-Unis n\u2019a accept\u00e9 de diffuser la cha\u00eene   en anglais qui est accessible seulement sur Internet. Et Brent Bozell n\u2019a pas   h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 d\u00e9clarer sur Fox News \u00ab aucun op\u00e9rateur digne de ce nom ne diffusera   Al-Jazira English. Est- ce que les Am\u00e9ricains ont permis \u00e0 Hitler de diffuser   sa propagande antis\u00e9mite aux Etats-Unis pendant la guerre mondiale ? \u00bb.<\/p>\n<p>   Ces propos et cette haine t\u00e9moignent de la rupture majeure introduite par la   petite cha\u00eene qatarie dans le paysage m\u00e9diatique global. De ce point de vue,   Al-Jazira est le v\u00e9ritable produit du monde post-moderne \u00e0 un double niveau.   D\u2019abord, elle a su utiliser et mettre \u00e0 profit le nouveau monde des nouvelles   technologies et cette r\u00e9volution en cours dans le domaine de la communication.   Mais aussi ces technologies ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour remettre en cause le   monopole du r\u00e9cit de la modernit\u00e9 et de l\u2019universel occidental. C\u2019est ce   projet qui suscite aussi l\u2019int\u00e9r\u00eat dans certains milieux intellectuels,   notamment africains, qui consid\u00e8rent que les arabes ont r\u00e9ussi \u00e0 se doter   d\u2019une cha\u00eene qui exprime leur voix et il faudrait que les Africains en fassent   de m\u00eame pour \u00e9crire leur propre r\u00e9cit sur leur v\u00e9cu et leur exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>   C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai eu la discussion la plus anim\u00e9e avec mon interlocuteur.   Certes, il faut saluer ce pluralisme qui r\u00e8gne sur le paysage m\u00e9diatique   mondial avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Al-Jazira et la rupture de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie dans la   lecture des \u00e9v\u00e8nements mondiaux et la production de sens. Mais il ne faut pas   s\u2019arr\u00eater l\u00e0. Il faut aussi examiner le contenu de ce nouveau message qui   \u00e9merge dans le paysage mondial. D\u2019abord, est-il aussi objectif et neutre qu\u2019il   le proclame et donne-t-il une image plurielle du Monde arabe tel que le slogan   de la cha\u00eene le d\u00e9clare ? A ce niveau, tous les observateurs s\u2019accordent \u00e0   dire que la cha\u00eene donne d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale la pr\u00e9\u00e9minence dans sa lecture   de notre v\u00e9cu et de notre exp\u00e9rience \u00e0 la voix islamiste. Ceci s\u2019observe dans   la liste des invit\u00e9s et dans le traitement des invit\u00e9s ou parfois dans   certains \u00e9missions de d\u00e9bats le pr\u00e9sentateur se range carr\u00e9ment derri\u00e8re   l\u2019invit\u00e9 islamiste. Certes, la cha\u00eene a donn\u00e9 la parole \u00e0 certains   repr\u00e9sentants du nationalisme arabe comme le journaliste \u00e9gyptien Mohamed   Hassanin Haykel, ancien directeur du quotidien Al-Ahram et surtout proche   collaborateur de Nasser, qui donne une lecture nationaliste de l\u2019histoire   arabe et de ses d\u00e9veloppements r\u00e9cents. Mais les voix modernistes restent   relativement marginales sur la cha\u00eene. D\u2019ailleurs cette pr\u00e9dominance des voix   d\u2019ob\u00e9dience islamiste est le r\u00e9sultat de la pr\u00e9pond\u00e9rance des personnalit\u00e9s   islamistes dans le Conseil d\u2019Administration de la cha\u00eene et que les autorit\u00e9s   qataries cherchent \u00e0 renouveler en introduisant des personnalit\u00e9s plus   lib\u00e9rales.<\/p>\n<p>   Par ailleurs, ma seconde pr\u00e9occupation concerne le contenu de la cha\u00eene et sa   ligne politique. Cette vision ne s\u2019\u00e9loigne pas des sch\u00e9mas et des analyses de   la guerre des civilisations en consid\u00e9rant que l\u2019Islam fait l\u2019objet d\u2019une   attaque de la part des pays d\u00e9velopp\u00e9s qui rappelle le temps des croisades.   Cette vision se traduit dans les faits par une d\u00e9fense de l\u2019Islam et surtout   de ses tendances les plus r\u00e9trogrades en marginalisant les visions critiques,   ouvertes et plurielles des nouveaux penseurs de l\u2019Islam tels que l\u2019Alg\u00e9rien   Arkoun, l\u2019Egyptien Nasr Abouzeid ou le Tunisien Mohamed Charfi. D\u2019ailleurs,   les dirigeants des mouvements salafistes et fondamentalistes arabes sont assez   souvent les invit\u00e9s de la cha\u00eene alors que les dirigeants nationalistes ou   d\u2019inspiration modernistes sont rarement invit\u00e9s. Par ailleurs, la cha\u00eene ne   cesse d\u2019appeler \u00e0 un retour au \u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019or de l\u2019empire arabo-musulman comme   une issue \u00e0 la crise actuelle du monde arabe. Les pr\u00eacheurs attitr\u00e9s de la   cha\u00eene d\u00e9ploient toute leurs \u00e9nergies et leurs forces pour montrer la   pertinence de l\u2019Islam et surtout de ses interpr\u00e9tations les plus r\u00e9trogrades   aux probl\u00e8mes de notre temps. Je me rappellerai toujours de cette \u00e9mission de   l\u2019un des anciens dirigeants du mouvement des Fr\u00e8res Musulmans en Egypte,   install\u00e9 \u00e0 Doha et converti dans le pr\u00eache, expliquer de mani\u00e8re sto\u00efque \u00e0 un   t\u00e9l\u00e9spectateur qui lui demandait conseil apr\u00e8s avoir jur\u00e9 de r\u00e9pudier sa femme   trois fois qu\u2019il fallait qu\u2019il divorce et qu\u2019elle se marie avec un autre homme   avant qu\u2019il ne puisse envisager de se remarier avec elle ! Des r\u00e9flexions qui   m\u2019ont rappel\u00e9 ce grand succ\u00e8s du cin\u00e9ma marocain \u00ab Le mari de ma femme \u00bb et   qui montre l\u2019\u00e9loignement de ces interpr\u00e9tations obscurantistes de l\u2019Islam de   notre exp\u00e9rience et de notre v\u00e9cu dans le monde de la post-modernit\u00e9.<\/p>\n<p> <font><strong>(Source : \u00ab R\u00e9alit\u00e9s \u00bb (Magazine hebdomadaire \u2013   Tunis), N\u00b01114 du 2 mai 2007) <\/strong><\/font><\/p>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"center\"> <font><strong><font>Edito du Monde   <\/font><font size=\"3\">L&rsquo;apr\u00e8s-Wolfowitz<\/font><\/strong><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div>     \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0    Accus\u00e9 de n\u00e9potisme, Paul Wolfowitz devrait, en toute logique, prochainement   quitter ses fonctions. Le pr\u00e9sident de la Banque mondiale avait mis la bonne   gouvernance et la lutte contre la corruption au c\u0153ur de son action dans les   pays pauvres. En intervenant pour que sa compagne soit d\u00e9tach\u00e9e au d\u00e9partement   d&rsquo;Etat et pour qu&rsquo;elle voie son salaire fortement augment\u00e9 au m\u00e9pris des   r\u00e8gles internes, il a perdu toute cr\u00e9dibilit\u00e9. Les pays europ\u00e9ens en sont   convaincus. Le pr\u00e9sident am\u00e9ricain, en revanche, ne l&rsquo;est pas. Or, selon un   partage des r\u00f4les ancien, c&rsquo;est lui qui nomme le pr\u00e9sident de la Banque   mondiale, les Europ\u00e9ens choisissant, eux, le patron du Fonds mon\u00e9taire   international.      La crise actuelle doit \u00eatre l&rsquo;occasion de modifier la gouvernance de ces deux   institutions. Dans un monde o\u00f9 l&rsquo;Asie devient le premier cr\u00e9ancier de la   plan\u00e8te, ce monopole transatlantique est non seulement obsol\u00e8te mais nuisible.   Il laisse \u00e0 penser que les Occidentaux veulent, envers et contre tout, rester   les \u00ab\u00a0ma\u00eetres du monde\u00a0\u00bb. Il n&rsquo;y a, surtout, aucune raison pour que les   pr\u00e9sidents de la Banque mondiale et du FMI ne soient nomm\u00e9s que sur des   crit\u00e8res politiques.      Or c&rsquo;est le cas. M. Wolfowitz n&rsquo;aurait jamais obtenu ce poste si sa   candidature avait \u00e9t\u00e9 mise en concurrence avec d&rsquo;autres. Il n&rsquo;est ni banquier   ni sp\u00e9cialiste du d\u00e9veloppement, les deux comp\u00e9tences que l&rsquo;on est en droit   d&rsquo;attendre du patron de la Banque mondiale. Sp\u00e9cialiste des questions   strat\u00e9giques et de d\u00e9fense, il \u00e9tait l&rsquo;un des principaux conseillers de George   W. Bush apr\u00e8s le 11-Septembre. Le pr\u00e9sident a voulu r\u00e9compenser un fid\u00e8le, et   il h\u00e9site aujourd&rsquo;hui \u00e0 le l\u00e2cher pour ne pas subir un nouveau revers.      Pourtant, les candidats comp\u00e9tents ne manquent pas. Certains, comme Joseph   Stiglitz, Prix Nobel d&rsquo;\u00e9conomie et ancien vice-pr\u00e9sident de la Banque   mondiale, \u00e9voquent le banquier central br\u00e9silien Antonio Fraga ou l&rsquo;ancien   ministre des finances turc, Kermal Dervis. D&rsquo;autres sugg\u00e8rent les noms de   Trevor Manuel, ministre des finances sud-africain, voire ceux de Bill Clinton   ou de Tony Blair.      Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, les Europ\u00e9ens se r\u00e9fugient derri\u00e8re la Maison Blanche. Ils   ont tort. Au conseil d&rsquo;administration de la Banque, ils disposent ensembles de   28,9 % des voix (dont 4,3 % pour la France), contre 16,4 % pour les Etats-Unis.   Rien ne leur interdit d&rsquo;essayer de mettre l&rsquo;actionnaire am\u00e9ricain en minorit\u00e9.   Cela provoquerait une crise, mais elle pourrait \u00eatre salutaire.      Nicolas Sarkozy, qui estime que sa proximit\u00e9 avec les Etats-Unis lui permet de   faire passer \u00e0 Washington des messages pas toujours agr\u00e9ables \u00e0 entendre,   pourrait trouver l\u00e0 une occasion de faire une entr\u00e9e brillante sur la sc\u00e8ne   internationale, en se faisant \u00e0 la fois le h\u00e9raut de l&rsquo;Europe et celui des   opprim\u00e9s.      <font><strong>(Source : \u00ab Le Monde \u00bb (Quotidien \u2013 France), le   12 mai 2007)<\/strong><\/font><\/div>\n<hr\/>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/\"><font face=\"Arabic Transparent\"><span><font>Home<\/font><\/span><font><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><\/font><\/font><span dir=\"rtl\" lang=\"AR-SA\"><font>\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/font><\/span><\/a><\/b><\/p>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Home &#8211; Accueil &#8211; \u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629 TUNISNEWS 8\u00a0\u00e8me\u00a0ann\u00e9e, N\u00b0\u00a02545 du 12.05.2007 \u00a0archives : www.tunisnews.net AISPP: Communique&rsquo; Patriote 2005: L&rsquo;Agence TAP : La chasse aux sorci\u00e8res est ouverte \u00a0R\u00e9alit\u00e9s: Libert\u00e9 de la presse : Des avanc\u00e9es, malgr\u00e9 tout R\u00e9alit\u00e9s: Libert\u00e9 de presse en Tunisie : Ce qui a \u00e9t\u00e9 fait, ce qui reste \u00e0 faire R\u00e9alit\u00e9s:Le couple, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22040,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[],"tags":[57,38,29],"class_list":["post-15869","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","tag-57","tag-38","tag-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15869","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15869"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15869\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22040"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15869"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15869"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15869"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}