{"id":15605,"date":"2007-06-11T00:00:00","date_gmt":"2007-06-11T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/tunisnews.net\/11-juin-2007\/"},"modified":"2007-06-11T00:00:00","modified_gmt":"2007-06-11T00:00:00","slug":"11-juin-2007","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/11-juin-2007\/","title":{"rendered":"11 juin 2007"},"content":{"rendered":"<p><html><head><meta content=\"text\/html\" description=\"  L\u2019Union r\u00e9gionale des Travailleurs tunisiens de Kairouan a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019organiser   le samedi, en partenariat avec la section locale de la LTDH, le samedi   09\/06\/2007, au si\u00e8ge du syndicat r\u00e9gional, une r\u00e9union publique pour c\u00e9l\u00e9brer   le 30e\u00a0 anniversaire de la premi\u00e8re organisation nationale de d\u00e9fense des   droits humains. \" http-equiv=\"Content-Type\"\/><\/head><body><body><\/p>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><span dir=\"RTL\" lang=\"AR-SA\">\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/span><\/a><\/b><\/p>\n<div> <font face=\"Arial\" size=\"2\">  <span lang=\"FR\"> <\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <font size=\"2\"> <span lang=\"SV\"> <strong>TUNISNEWS<\/strong><\/span> <\/font> <\/div>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <strong><font size=\"2\">8\u00a0\u00e8me\u00a0ann\u00e9e, <span lang=\"FR\">    N\u00b0\u00a02575\u00a0du 11.06.2007<\/span><\/font><\/strong><\/div>\n<p> <strong> <\/p>\n<div align=\"center\" dir=\"ltr\"> <b><span><blink> <font size=\"2\">\u00a0archives : <\/font><a href=\"\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"> <font size=\"2\" target=\"_blank\">www.tunisnews.net<\/font><\/a><\/blink><\/span><\/b><font size=\"2\"> <\/font><font> <span lang=\"FR\"><strong> <\/strong><\/span><\/font><\/div>\n<p> <\/strong><\/span><\/font><font face=\"Times New Roman\"> <span lang=\"FR\"> <font><\/font><span> <font> <o:p><\/o:p> <\/font><\/span><\/span><\/font> <\/p>\n<div align=\"left\" dir=\"ltr\">\n<hr\/><\/div>\n<p><font face=\"Arial\"><font> <font><span lang=\"FR\"><font size=\"3\"> <\/p>\n<div align=\"left\" dir=\"ltr\"> <font> <span lang=\"FR-CH\"><font face=\"Arial\"> <\/p>\n<div align=\"justify\">\n<p><font> <\/p>\n<div> <font size=\"2\"><strong>C.R.L.D.H. Tunisie: Flash-infos<\/strong><\/font><\/div>\n<div> <font size=\"2\"><strong><font>Amnesty International:         ACTION URGENTE &#8211; Cas Houssine Tarkhani &#8211;\u00a0 D\u00e9tention secr\u00e8te &#8211; Craintes         de torture<\/font>         AFP: \u00ab\u00a0Fili\u00e8res irakiennes\u00a0\u00bb: un suspect inculp\u00e9 et \u00e9crou\u00e9 \u00e0 Paris         <font>\u00ab Tunisie Verte \u00bb: A propos de l\u2019\u00e9mission de         t\u00e9l\u00e9vision de France 2 relative \u00e0 la vie des musulmans en Su\u00e8de<\/font>         El Maalem: Sarkozy, un adepte du Benalisme ?         <font>Moncef Marzouki: Les d\u00e9mocrates arabes entre         l\u2019interventionnisme am\u00e9ricain et l\u2019appui europ\u00e9en aux dictatures<\/font>         Elkhadra: Un bloc democratique vraiment democrate.         <font>Elkhadra: SADEK Hadjeres: \u00ab\u00a0R\u00e9habiliter ensemble la         fonction noble du politique, la construction de solutions de paix et de         mieux-\u00eatre, acceptables et vivables pour la majorit\u00e9\u00a0\u00bb<\/font>         Elkhadra: Les Racines escamot\u00e9es se l\u2019Europe          <font>Le Temps : A quoi sert l&rsquo;opposition ?         <\/font>Bassam Bounenni :Se faire aimer plut\u00f4t que faire peur         <font>Le Temps ( Suisse): Walter Kaelin \u00abLa politique         des petits pas paie au Conseil des droits de l&rsquo;homme\u00bb<\/font>         Reuters: PO &#8211; Isra\u00ebl lance un nouveau satellite espion<\/strong><\/font><\/div>\n<p> <\/font><\/p>\n<\/p><\/div>\n<p> <\/font><\/span><\/font> <\/p>\n<div align=\"justify\">\n<hr\/><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p> <\/font><\/span><\/font><\/font><\/font><\/p>\n<\/div>\n<p><font face=\"Arial\" size=\"2\"><\/p>\n<div align=\"center\">\n<p><font size=\"3\"><font><strong>C.R.L.D.H.   Tunisie<\/strong>   Comit\u00e9 pour le Respect des Libert\u00e9s et des Droits de l\u2019Homme en Tunisie   Membre du R\u00e9seau Euro m\u00e9diterran\u00e9en des Droits de l\u2019Homme   <\/font><font>21 ter rue Voltaire \u2013 FR-75011 PARIS\u00a0 &#8211; Tel\/Fax :   00.33. (0)1.43.72.97.34   contact@crldht.org\u00a0 \/ www.crldht.org   <\/font> <strong>Flash-infos<\/strong><\/font><\/p>\n<\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font><strong>\u00d8\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Quand le pays se paralyse \u00e0 toute   manifestation c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par ou pour la Ligue Tunisienne des Droits de l\u2019Homme (LTDH)   \u00d8\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le cauchemar de M. Maatoug El Ir, ancien prisonnier politique.   \u00d8\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Acharnement policier et judiciaire contre le journaliste Abdallah ZOUARI   \u00d8\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Abderrahmane H\u00e9dhili, Mongi Ben Saleh et leurs camarades syndicalistes,   victimes de violences polici\u00e8res.<\/strong> <\/font> <font><strong>Quand le pays se paralyse \u00e0 toute manifestation   c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par ou pour la Ligue Tunisienne des Droits de l\u2019Homme (LTDH)<\/strong><\/font>      L\u2019Union r\u00e9gionale des Travailleurs tunisiens de Kairouan a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019organiser   le samedi, en partenariat avec la section locale de la LTDH, le samedi   09\/06\/2007, au si\u00e8ge du syndicat r\u00e9gional, une r\u00e9union publique pour c\u00e9l\u00e9brer   le 30e\u00a0 anniversaire de la premi\u00e8re organisation nationale de d\u00e9fense des   droits humains.       \u00a0T\u00f4t le matin du samedi, toute la police tunisienne a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9e dans les   quatre coins du pays pour emp\u00eacher les uns de quitter leur domicile comme ce   fut le cas de Mokhtar Trifi, Pr\u00e9sident de la LTDH ou Kh\u00e9ma\u00efs Chammari, ancien   dirigeant de la ligue et membre actif du Collectif 18 octobre, d\u2019autres ont   \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9s de quitter leurs villes comme le cas des membres des diff\u00e9rentes   sections de la ligue dont celles de Bizerte, de Monastir de Sousse&#8230;. et pour   tous les autres, plusieurs barrages routiers ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s tout le long de   la route et toute voiture \u00ab suspecte \u00bb est appel\u00e9e \u00e0 faire demi tour, sans   discussion, sans compter le nombre impressionnant de policiers mis devant et   aux alentours du si\u00e8ge syndical pour priver toute personne d\u2019acc\u00e9der au local.        \u00a0Le 28 mai dernier,\u00a0 le comit\u00e9 directeur de la LTDH a appel\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union   publique sur les droits \u00e9conomiques et le r\u00f4le du mouvement alter mondialiste   tunisien dans le combat pour les droits \u00e9conomiques et sociaux des tunisiens.   Le m\u00eame sc\u00e9nario s\u2019est produit pour faire \u00e9chouer la r\u00e9union et mettre un   terme \u00e0 toute activit\u00e9 associative de la ligue.             Le CRLDHT d\u00e9nonce fermement\u00a0 cette situation de non droit de la LTDH qui   s\u2019\u00e9ternise et qui illustre une nouvelle fois les graves entraves pos\u00e9es \u00e0 la   libert\u00e9 d\u2019association et de r\u00e9union en Tunisie et les actes de harc\u00e8lement   constants dont font l\u2019objet les d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019Homme tunisiens.            Le CRLDHT rappelle que la Tunisie ne peut ignorer ses obligations   internationales en mati\u00e8re de droits de l\u2019Homme et\u00a0 particuli\u00e8rement\u00a0 le Pacte   international relatif aux droits civils et politiques auquel elle est partie,   et la D\u00e9claration sur les d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019Homme, adopt\u00e9e le 9   d\u00e9cembre 1998 par l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies.\u00a0          Le CRLDHT affirme son soutien total et inconditionnel \u00e0 la LTDH, comme il l\u2019a   toujours fait tout au long de cette grave crise, dans son combat pour   l\u2019autonomie et l\u2019ind\u00e9pendance de la ligue.          Paris le 11 juin 2007       <font><strong>** Le cauchemar de M. Maatoug El Ir, ancien   prisonnier politique.<\/strong> <\/font>   M. Maatoug El Ir, 46 ans, est un ex- prisonnier politique qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9   d\u2019une lib\u00e9ration conditionnelle depuis le 5 novembre 2006. Son \u00e9largissement a   \u00e9t\u00e9 assorti de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une peine de contr\u00f4le administratif de cinq ans.   Ce contr\u00f4le est devenu dans les faits un rendez-vous quotidien avec   l\u2019humiliation et les provocations de tout genre au poste de police d\u2019El Agba,   dans la banlieue de Tunis.       M. Maatoug El Ir avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 en 1991 et\u00a0 condamn\u00e9 le 28 ao\u00fbt 1992 \u00e0 vingt   et un ans et sept mois d\u2019emprisonnement par le tribunal militaire de   Bouchoucha dans le cadre du proc\u00e8s visant le mouvement En Nahdha. Apr\u00e8s seize   ans d\u2019emprisonnement, il\u00a0 a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une lib\u00e9ration conditionnelle le 5   novembre 2006 et a \u00e9t\u00e9 soumis au contr\u00f4le administratif.      Depuis, M. El Ir est soumis\u00a0 \u00e0 un pointage hebdomadaire, devenu quotidien   depuis quelques mois, voire biquotidien au poste de police indiqu\u00e9. Cette   mesure arbitraire emp\u00eache toute vie professionnelle et par cons\u00e9quent le prive   de toute possibilit\u00e9 d\u2019insertion et de vie normale.      Derni\u00e8rement,\u00a0 il avait acquis un camion et a commenc\u00e9 \u00e0 travailler comme   chauffeur routier afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille et   notamment ses deux enfants scolaris\u00e9s. Mais\u00a0 les agents de la garde nationale   lui ont saisi les documents du camion et l\u2019ont emp\u00each\u00e9 de se rendre \u00e0 son   travail.      Le 15 mai 2007, il a \u00e9t\u00e9 violemment agress\u00e9\u00a0 par l\u2019officier\u00a0 Ka\u00efs Mansour,\u00a0   chef du poste de la garde nationale d\u2019El Agba, causant\u00a0\u00a0 une h\u00e9morragie \u00e0   l\u2019\u0153il gauche comme l\u2019a attest\u00e9 un m\u00e9decin de la sant\u00e9 publique qui lui a   prescrit un repos de dix jours. Monsieur Maatoug El Ir a d\u00e9pos\u00e9 le 19 mai 2007   une plainte aupr\u00e8s du Procureur de la R\u00e9publique de la Mannouba sous le num\u00e9ro   7027577\/2007 demandant la poursuite judiciaire de son agresseur, Ka\u00efs Mansour,   en vertu de l\u2019article 201 du Code p\u00e9nal.      Le CRLDHT exprime son indignation face \u00e0 ces pratiques humiliantes qui   criminalisent l\u2019opposition politique et l\u2019exclut de toute vie sociale et   professionnelle.       \u00a0Il exige l\u2019arr\u00eat imm\u00e9diat de ces provocations et agressions et la punition de   leurs auteurs et exprime \u00e0 M.El Ir son soutien face \u00e0 de telles injustices.        \u00a0Paris, le 08 juin 2007.       <font><strong>** Acharnement policier et judiciaire contre le   journaliste Abdallah ZOUARI<\/strong> <\/font>   L\u2019injustice frappe de nouveau le journaliste Abdallah Zouari, exil\u00e9 et assign\u00e9   \u00e0 r\u00e9sidence depuis des longs mois dans son propre pays, dans la ville de   Zarzis \u00e0 l\u2019extr\u00eame sud tunisien, \u00e0 quelque 500 Km\u00a0 de sa famille.       Apr\u00e8s onze longues\u00a0 ann\u00e9es pass\u00e9es dans les prisons tunisiennes pour\u00a0   appartenance au mouvement interdit En Nahdha en tant que responsable\u00a0 au   comit\u00e9 de r\u00e9daction\u00a0 du journal El Fejr.\u00a0 Abdallah Zouari avait \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 le   6 juin 2002 pour se voir de nouveau\u00a0 arr\u00eat\u00e9 et condamn\u00e9, \u00e0 trois reprises,   dont la derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 en ao\u00fbt 2003 une peine cumul\u00e9e de treize mois, qu\u2019il a   purg\u00e9e pour \u00ab non respect de la surveillance administrative \u00bb. Depuis, il est   plac\u00e9 sous \u00e9troite surveillance et priv\u00e9 de tout moyen de communication, dont   le\u00a0 t\u00e9l\u00e9phone et le libre acc\u00e8s aux publinets. Sa femme et ses quatre enfants,   qui r\u00e9sident \u00e0 Tunis, sont r\u00e9guli\u00e8rement convoqu\u00e9s et harcel\u00e9s par la police   tunisienne.      Mais il semble que cet acharnement\u00a0 du pouvoir politique tunisien \u00e0 son   encontre n\u2019est pas fini et M. Zouari est appel\u00e9\u00a0 encore \u00e0 vivre en sous homme.   A. Zouari vient d\u2019\u00eatre\u00a0 convoqu\u00e9 par le poste du district de Zarzis\u00a0 qui l\u2019a\u00a0   inform\u00e9 verbalement de la prolongation de la mesure d\u2019\u00e9loignement de vingt-six   mois, soit jusqu\u2019en 2009, ann\u00e9e des prochaines \u00e9lections pr\u00e9sidentielles.      La peine administrative compl\u00e9mentaire de 5 ans \u00e0 laquelle il avait \u00e9t\u00e9   condamn\u00e9 en juin 2002 vient donc d\u2019\u00eatre prolong\u00e9e de 26 mois par un simple   fonctionnaire de la police et non en vertu d\u2019une d\u00e9cision judicaire que seul   un tribunal est habilit\u00e9 \u00e0 prendre. Le journaliste n\u2019a pu obtenir aucune   explication du chef de la police de Zarzis, justifiant cette mesure qui vient   apparemment d\u2019\u201den haut\u201d.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0        Le CRLDHT d\u00e9nonce ces mesures r\u00e9pressives qui visent \u00e0 sanctionner toute   dissidence : le journaliste Abdallah Zouari continue aujourd\u2019hui \u00e0 payer pour   ses convictions et pour son engagement pour une presse ind\u00e9pendante.       Le CRLDHT exige que soit mis un terme \u00e0 l\u2019exil int\u00e9rieur forc\u00e9 de M. Abdallah   Zouari et demande l\u2019arr\u00eat sans d\u00e9lai de ces pratiques ill\u00e9gales qui \u00e9touffent   la vie politique et associative dans notre pays.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0        Paris, le 8 juin 2007.       <font><strong>** Abderrahmane H\u00e9dhili, Mongi Ben Saleh et   leurs camarades syndicalistes, victimes de violences polici\u00e8res<\/strong><\/font>      Aujourd\u2019hui, t\u00f4t vers 6 h du matin, Abderrahmane H\u00e9dhili, Mongi\u00a0 Ben Saleh et   trois de leurs camardes sont interpell\u00e9s par la police alors qu\u2019ils se   dirigeaient\u00a0 vers la ville de Monastir pour apporter leur soutien aux salari\u00e9s   de l\u2019entreprise allemande SAIA Burgess. La direction de cette entreprise,   sp\u00e9cialis\u00e9e en \u00e9lectronique,\u00a0 a d\u00e9cid\u00e9 de licencier arbitralement\u00a0 les 15   syndicalistes composant\u00a0 le bureau syndical et le comit\u00e9 paritaire. D\u00e9s son   arriv\u00e9e , Abderrahmane H\u00e9dhili a \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9 par un certain Mansour Battikh,   chef du poste de police du district, agress\u00e9 physiquement , insult\u00e9\u00a0 puis\u00a0   emmen\u00e9 au poste de police en compagnie de ses camarades. Ils ont \u00e9t\u00e9 relax\u00e9s   vers 8h30.          Agissant en leur qualit\u00e9 de membres du comit\u00e9 administratif\u00a0 r\u00e9gional de   l\u2019UGTT (union g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs de Tunisie), Abderrahmane H\u00e9dhili et   Mongi Ben Saleh sont aussi connus pour leur combat pour les droits de l\u2019homme   et la d\u00e9mocratie en Tunisie. C\u2019est probablement leur engagement au sein de la   LTDH o\u00f9 ils assument des responsabilit\u00e9s importantes qui a motiv\u00e9 l\u2019agression   polici\u00e8re dont ils ont \u00e9t\u00e9 victimes.      \u00a0Le CRLDHT d\u00e9nonce cette novelle agression polici\u00e8re contre des d\u00e9fenseurs des   droits de l\u2019homme en Tunisie.\u00a0 Il exprime sa solidarit\u00e9 agissante \u00e0 la lutte   men\u00e9e par les syndicalistes et les salari\u00e9s pour d\u00e9fendre leurs droits.       <font>\u00a0Paris, le 7 juin 2007. <\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div> <font> <\/p>\n<p align=\"center\"> <span><strong>Amnesty   International<\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span>Tunisie<\/span><\/b><span> <b><u>D\u00e9tention secr\u00e8te<\/u><\/b> <b><u>Craintes de torture<\/u><\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"center\"> <span> <\/span><b><span>  Houssine Tarkhani (h), ressortissant tunisien, 39 ans<\/span><\/b><span>    \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <b><span>ACTION   URGENTE<\/span><\/b><\/p>\n<p> <span> <b>DOCUMENT PUBLIC<\/b> <b>Index AI : MDE <\/b><\/span><b> <span>30\/004\/2007<\/span><\/b><span> <b>AU 141\/07<\/b> <b>\u00c9FAI<\/b> <\/span><\/p>\n<p> <b> <span lang=\"SV\">8   juin 2007<\/span><\/b><\/p>\n<p> <span>   Le demandeur d&rsquo;asile tunisien Houssine Tarkhani a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 de France contre   son gr\u00e9 le 3 juin. Il aurait \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9 \u00e0 son arriv\u00e9e et plac\u00e9 en   d\u00e9tention secr\u00e8te : les autorit\u00e9s n&rsquo;ont fourni aucune information ni \u00e0 son   avocat, ni \u00e0 sa famille lorsque ceux-ci ont tent\u00e9 de se renseigner \u00e0 son sujet.   Amnesty International craint qu&rsquo;il ne soit d\u00e9tenu \u00e0 la Direction de la s\u00fbret\u00e9   de l&rsquo;\u00c9tat du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur \u00e0 Tunis, o\u00f9 il risquerait d&rsquo;\u00eatre tortur\u00e9   ou victime d&rsquo;autres formes de mauvais traitements.      La demande d&rsquo;asile de Houssine Tarkhani a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e dans le cadre d&rsquo;une   proc\u00e9dure prioritaire, avant d&rsquo;\u00eatre rejet\u00e9e, le 25 mai. Il a form\u00e9 un recours   devant la Commission des Recours des R\u00e9fugi\u00e9s (CRR), cependant, les d\u00e9cisions   rendues dans le cadre d&rsquo;une proc\u00e9dure prioritaire ne sont pas suspendues le   temps de l&rsquo;examen d&rsquo;un tel recours, ce qui signifie qu&rsquo;une personne ayant   saisi la CRR peut se voir renvoyer de force avant que cette instance ne se   soit prononc\u00e9e sur son cas. Houssine Tarkhani a \u00e9galement introduit des   recours aupr\u00e8s du tribunal administratif, mais sans succ\u00e8s.      En mai 2004, Tarek Belkhirat, ressortissant tunisien, avait lui aussi \u00e9t\u00e9   renvoy\u00e9 contre son gr\u00e9 en Tunisie par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises, dans des   circonstances similaires, apr\u00e8s le rejet de sa demande d&rsquo;asile. Il a \u00e9t\u00e9   appr\u00e9hend\u00e9 \u00e0 son arriv\u00e9e et inculp\u00e9 au titre d&rsquo;une loi antiterroriste de 2003.   En f\u00e9vrier 2005, soit neuf mois apr\u00e8s son renvoi, le Conseil d&rsquo;\u00c9tat, \u00e9chelon   supr\u00eame de la juridiction administrative en France, a annul\u00e9 l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 de   reconduite \u00e0 la fronti\u00e8re prononc\u00e9 contre Tarek Belkhirat. <\/span> <span lang=\"SV\">En   mars 2005, un tribunal de Tunis l&rsquo;a condamn\u00e9 \u00e0 une peine de dix ans de   r\u00e9clusion, r\u00e9duite \u00e0 cinq ans en appel en octobre 2005. <\/span> <span>Il est   toujours emprisonn\u00e9 en Tunisie \u00e0 ce jour.      Houssine Tarkhani a quitt\u00e9 la Tunisie en 1999. <\/span> <span lang=\"SV\">Il   a ensuite v\u00e9cu en Allemagne et, de 2000 \u00e0 2006, en Italie. Migrant en   situation irr\u00e9guli\u00e8re, il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re franco-allemande le 5   mai et plac\u00e9 dans un centre de r\u00e9tention de Metz, en France, en attendant   l&rsquo;ex\u00e9cution de son arr\u00eat\u00e9 d&rsquo;expulsion.      <\/span><span>Le 6   mai, Houssine Tarkhani a comparu devant un juge, qui a prolong\u00e9 sa d\u00e9tention   de quinze jours. Le magistrat lui a indiqu\u00e9 que les autorit\u00e9s fran\u00e7aises   enqu\u00eataient sur lui, parce qu&rsquo;il \u00e9tait soup\u00e7onn\u00e9 d&rsquo;avoir <i>\u00abfourni un soutien   logistique\u00bb<\/i> \u00e0 un r\u00e9seau d&rsquo;aide aux personnes souhaitant se rendre en Irak   pour se battre contre la coalition men\u00e9e par les \u00c9tats-Unis, une accusation   qu&rsquo;il nie. Aucune charge n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 retenue contre lui en France. Le m\u00eame   jour, Houssine Tarkhani a formul\u00e9 une demande d&rsquo;asile et, le 7 mai, il a \u00e9t\u00e9   plac\u00e9 dans le centre de r\u00e9tention du Mesnil-Amelot, le temps que sa requ\u00eate   soit examin\u00e9e.      <b>INFORMATIONS G\u00c9N\u00c9RALES<\/b>      En vertu du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale tunisien, une personne appr\u00e9hend\u00e9e peut   \u00eatre maintenue en garde \u00e0 vue (c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9tenue sans inculpation) pour une   dur\u00e9e maximale de trois jours, qui peut \u00eatre doubl\u00e9e sur d\u00e9cision du procureur   de la R\u00e9publique. Au terme de cette p\u00e9riode, la personne gard\u00e9e \u00e0 vue doit   \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 un juge d&rsquo;instruction ou rel\u00e2ch\u00e9e. <\/span> <span lang=\"SV\">Si   un individu arr\u00eat\u00e9 est plac\u00e9 en garde \u00e0 vue, sa famille doit en \u00eatre inform\u00e9e   et il peut demander \u00e0 faire l&rsquo;objet d&rsquo;un examen m\u00e9dical.      <\/span><span>En   pratique, ces dispositions sont couramment ignor\u00e9es par les forces de s\u00e9curit\u00e9.   Amnesty International re\u00e7oit un grand nombre d&rsquo;informations faisant \u00e9tat   d&rsquo;actes de torture et d&rsquo;autres formes de mauvais traitements imputables aux   forces de s\u00e9curit\u00e9, notamment \u00e0 des membres de la Direction de la s\u00fbret\u00e9 de   l&rsquo;\u00c9tat du minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur, \u00e0 Tunis. Dans la quasi-totalit\u00e9 des cas,   aucune enqu\u00eate n&rsquo;est ouverte et les auteurs pr\u00e9sum\u00e9s de ces actes ne sont pas   traduits en justice. Dans les proc\u00e9dures iniques, les \u00abaveux\u00bb obtenus sous la   torture sont retenus \u00e0 titre de preuve.      <b>ACTION RECOMMAND\u00c9E : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite   possible aux destinataires mentionn\u00e9s ci-apr\u00e8s (en arabe, en fran\u00e7ais, en   anglais ou dans votre propre langue) :<\/b>      &#8211; d\u00e9clarez-vous pr\u00e9occup\u00e9 par la d\u00e9tention secr\u00e8te, depuis le 3 juin, de   Houssine Tarkhani, qui a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 apr\u00e8s son expulsion de France ;      &#8211; exhortez les autorit\u00e9s \u00e0 informer sa famille et son avocat de son lieu de   d\u00e9tention et \u00e0 lui permettre, d\u00e8s la fin de sa garde \u00e0 vue, de recevoir la   visite de ses proches et de b\u00e9n\u00e9ficier des soins m\u00e9dicaux dont il pourrait   avoir besoin ;      &#8211; priez instamment les autorit\u00e9s de le lib\u00e9rer imm\u00e9diatement et sans   condition, \u00e0 moins qu&rsquo;elles ne l&rsquo;inculpent d&rsquo;une infraction pr\u00e9vue par la loi   ;      &#8211; en cas d&rsquo;inculpation, dites qu&rsquo;il doit compara\u00eetre sans d\u00e9lai devant les   autorit\u00e9s judiciaires afin d&rsquo;\u00eatre en mesure de contester la l\u00e9galit\u00e9 de sa   d\u00e9tention, et qu&rsquo;il doit \u00eatre autoris\u00e9 \u00e0 consulter l&rsquo;avocat de son choix,   conform\u00e9ment \u00e0 la loi tunisienne et aux trait\u00e9s internationaux relatifs aux   droits humains auxquels la Tunisie est partie.       <b>APPELS \u00c0<\/b> <u>Ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur :<\/u>   Rafik Haj Kacem   Minist\u00e8re de l&rsquo;Int\u00e9rieur   Avenue Habib Bourguiba   1000 Tunis    Tunisie   <b>Fax : + 216 71 340 888 <\/b> <b>Courriers \u00e9lectroniques :<\/b> <\/span> <span lang=\"SV\"> <a href=\"http:\/\/fr.f265.mail.yahoo.com\/ym\/Compose?To=mint@ministeres.tn\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> <b><u><span lang=\"EN-US\">mint@ministeres.tn<\/span><\/u><\/b><\/a><\/span><span> <b>Formule d&rsquo;appel :<\/b> <b>Monsieur le Ministre,<\/b> <u>Ministre de la Justice et des Droits de l&rsquo;homme :<\/u>   M. B\u00e9chir Tekkari   Minist\u00e8re de la Justice et des Droits de l&rsquo;Homme   31 Boulevard Bab Benat    1006 Tunis &#8211; La Kasbah   Tunisie   <b>Fax : + 216 71 568 106<\/b> <b>Courriers \u00e9lectroniques :<\/b> <\/span> <span lang=\"SV\"> <a href=\"http:\/\/fr.f265.mail.yahoo.com\/ym\/Compose?To=mju@ministeres.tn\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\"> <b><u><span lang=\"EN-US\">mju@ministeres.tn<\/span><\/u><\/b><\/a><\/span><span> <b>Formule d&rsquo;appel :<\/b> <b>Monsieur le Ministre,<\/b> <b>COPIES \u00c0<\/b> <u>Organisme officiel de d\u00e9fense des droits humains d\u00e9pendant du pr\u00e9sident :<\/u>   M. Zakaria Ben Mustapha (Pr\u00e9sident)   Comit\u00e9 sup\u00e9rieur des droits de l&rsquo;homme et des libert\u00e9s fondamentales   85 avenue de la Libert\u00e9   1002 Tunis-Belv\u00e9d\u00e8re   Tunisie    <b>Fax : + 216 71 796 593<\/b> <b>+ 216 71 784 038<\/b>      ainsi qu&rsquo;aux repr\u00e9sentants diplomatiques de la Tunisie dans votre pays.<\/span><\/p>\n<p> <b><span>PRI\u00c8RE   D&rsquo;INTERVENIR IMM\u00c9DIATEMENT.<\/span><\/b><span>   APR\u00c8S LE 20 JUILLET 2007,   V\u00c9RIFIEZ AUPR\u00c8S DE VOTRE SECTION S&rsquo;IL FAUT ENCORE INTERVENIR. <\/span> <span lang=\"SV\">  MERCI. <\/span><\/p>\n<p><\/font><\/div>\n<div> <font>\u00a0<\/font><\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <font><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>\u00ab\u00a0Fili\u00e8res   irakiennes\u00a0\u00bb: un suspect inculp\u00e9 et \u00e9crou\u00e9 \u00e0 Paris<\/strong><\/font><\/h2>\n<p><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font size=\"3\">AFP, le 9 juin 2007 \u00e0 23h13<\/font> <font>PARIS, 9 juin 2007 (AFP) &#8211;<\/font> Un suspect arr\u00eat\u00e9   mardi dans le sud de la France dans une enqu\u00eate sur des \u00ab\u00a0fili\u00e8res irakiennes\u00a0\u00bb,   li\u00e9e au recrutement et \u00e0 l&rsquo;acheminement de jihadistes vers l&rsquo;Irak depuis la   France, a \u00e9t\u00e9 mis en examen (inculp\u00e9) et \u00e9crou\u00e9 samedi \u00e0 Paris, a-t-on appris   de source judiciaire.      L&rsquo;homme, soup\u00e7onn\u00e9 d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 en contact avec des membres d&rsquo;un groupe   tunisien d&rsquo;envoi de jihadistes vers l&rsquo;Irak, a \u00e9t\u00e9 mis en examen par le juge   antiterroriste Philippe Coirre pour <font><strong>\u00ab\u00a0association   de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0d\u00e9tention et   usage de faux documents administratifs\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0s\u00e9jour irr\u00e9gulier en France\u00a0\u00bb.   <\/strong> <\/font>Apr\u00e8s son inculpation, le suspect a \u00e9t\u00e9 \u00e9crou\u00e9. Son identit\u00e9 et sa   nationalit\u00e9 n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9es. Le groupe tunisien avec lequel il aurait   \u00e9t\u00e9 en contact a \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9 en juillet 2005 et plusieurs de ses membres se   sont rendus en Europe.      Trois autres personnes ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9es mardi dans le sud de la France   dans le cadre de la m\u00eame enqu\u00eate. Deux doivent \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es au juge lundi,   et la troisi\u00e8me a \u00e9t\u00e9 remise en libert\u00e9.      Parmi les quatre personnes interpell\u00e9es, trois l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 Nice et une \u00e0 Vence   au cours d&rsquo;une op\u00e9ration men\u00e9e par une trentaine de policiers de la Direction   de la surveillance du territoire (DST).      Le juge Coirre est en charge depuis septembre 2005 de l&rsquo;enqu\u00eate sur ce r\u00e9seau   de personnes qui, selon une source proche du dossier, concerne la fabrication   et la fourniture de faux papiers pour le d\u00e9part de volontaires en Irak.      Cette information judiciaire a \u00e9t\u00e9 ouverte \u00e0 la suite de renseignements en   provenance de Belgique, o\u00f9 une enqu\u00eate est ouverte sur un r\u00e9seau li\u00e9 aux \u00ab\u00a0fili\u00e8res   irakiennes\u00a0\u00bb. La justice belge enqu\u00eate sur la mort d&rsquo;une jeune Belge convertie   \u00e0 l&rsquo;islam et qui s&rsquo;est tu\u00e9e dans un attentat suicide en Irak en 2005.      A Paris, un homme avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mis en examen en d\u00e9cembre 2005. La justice le   soup\u00e7onne d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 en relation avec la cellule belge.      Cette enqu\u00eate est distincte d&rsquo;un autre dossier des \u00ab\u00a0fili\u00e8res irakiennes\u00a0\u00bb   ouvert \u00e0 Paris en septembre 2004 et qui, lui, porte davantage sur le   recrutement et l&rsquo;envoi de jihadistes.<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>\n<p align=\"center\"> <b> <span lang=\"FR\">  \u00a0Tunisie Verte\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p align=\"center\">\u00a0<\/p>\n<p align=\"center\"> <b><span lang=\"FR\"><font size=\"3\">A   propos de l\u2019\u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision de France 2 relative \u00e0 la vie des musulmans   en su\u00e8de\u00a0:<\/font><\/span><\/b><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  Notre ami Nouredine Chatti est un militant connu en Su\u00e8de o\u00f9 il travaille   comme commissaire aux comptes \u00e0 la mairie de Stockholm. Il est pr\u00e9sident de   l\u2019association Su\u00e9do-tunisienne \u00e0 Stockholm et pr\u00e9sident de l\u2019institut de la   culture arabe \u00e0 Stockholm. Vivant dans ce pays depuis 4 d\u00e9cennies, il n\u2019a   cess\u00e9 de faire parler de lui dans la diaspora tunisienne. Mari\u00e9 \u00e0 une   su\u00e9doise, cadre universitaire \u00e0 Stockholm et ayant la double nationalit\u00e9, il   n\u2019a jamais rompu avec ses origines ainsi\u00a0 que sa femme et ses deux filles,   dont l\u2019une a \u00e9t\u00e9 m\u00e9decin \u00e0 Ramallah avec l\u2019actuel ministre palestinien de   l\u2019information Dr Mustapha Bargouthi. Ses visites dans son pays d\u2019origine, ses   rencontres avec ses amis ont toujours \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par les meilleurs   souvenirs. En d\u00e9fendant ces id\u00e9es de libert\u00e9, de justice, de d\u00e9mocratie et des   droits de l\u2019Homme, il n\u2019est jamais \u00e0 cours d\u2019argument et ne perd ni sagesse,   ni ma\u00eetrise de soi, m\u00eame si on le provoque.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  Dimanche 13 Mai en suivant une \u00e9mission culturelle sur la vie des musulmans en   Su\u00e8de en sa pr\u00e9sence et avec la participation du politologue fran\u00e7ais Olivier   Roy nous avons \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0submerg\u00e9s\u00a0\u00bb d\u2019informations sur les conditions de vie des   musulmans dans ce pays.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  Pays ouvert, la Su\u00e8de a franchement r\u00e9ussi, progressivement et constamment sa   politique d\u2019accueil des \u00e9trangers sur son sol. Ainsi, la Su\u00e8de a pu \u00e9viter les   d\u00e9boires et erreurs des autres pays europ\u00e9ens (particuli\u00e8rement la France) qui   ont accueilli des populations d\u2019origine musulmane, bien que se dotant   tardivement (1994) d\u2019un code civil pour r\u00e9gulariser les rapports   Etat\/religion.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  Parti de 600 immigr\u00e9s en 1956, la population musulmane compte actuellement   entre 500.000 personnes de 123 nationalit\u00e9s diff\u00e9rentes dont beaucoup de   r\u00e9fugi\u00e9s politiques des r\u00e9gions d\u00e9vast\u00e9es par les guerres (Palestine, Somalie,   Irak, Iran et autres).<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  Ainsi la Su\u00e8de, comme l\u2019affirme et le d\u00e9montre notre ami Nouredine chatti a   construit r\u00e9guli\u00e8rement sa politique d\u2019accueil. Elle a octroy\u00e9 le droit de   vote municipal et r\u00e9gional \u00e0 tout immigr\u00e9 r\u00e9sidant r\u00e9guli\u00e8rement pendant 3   ans. L\u2019Etat su\u00e9dois n\u2019intervient pas dans la vie religieuse de ses citoyens   \u00e9trangers, bien qu\u2019il les encourage et les aide \u00e0 s\u2019organiser civilement comme   tous les citoyens su\u00e9dois.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  A l\u2019heure actuelle, l\u2019interrogation des populations \u00e9trang\u00e8res des pays   pauvres en g\u00e9n\u00e9ral et particuli\u00e8rement musulmans, en Europe, pose beaucoup de   questions pour les pays d\u2019accueil et leurs gouvernements.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  Avec la crise \u00e9conomique, les vieux d\u00e9mons racistes et la x\u00e9nophobie   ressurgissent. Dans plusieurs pays des parties extr\u00e9mistes de droite ont   pignon sur rue et gagnent du terrain \u00e0 chaque \u00e9lection libre. En revanche, les   travailleurs immigr\u00e9s et leurs familles s\u2019organisent peu et manquent de   soutien politique, social et culturel. Ils sont \u00e0 l\u2019\u00e9coute des organisations   et associations int\u00e9gristes qui agissent par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0imams   propagandistes\u00a0\u00bb dans les mosqu\u00e9es et lieux de pri\u00e8re et m\u00eame dans leurs   quartiers d\u2019habitation. Particuli\u00e8rement ici, nous citons l\u2019Union des   Organisations Islamistes en France (UOIF), contr\u00f4l\u00e9e par les fr\u00e8res musulmans.   Ces organisations veulent dominer la vie religieuse, familiale, sociale et   politique des musulmans en Europe. Seuls les verts et les associations de   soutien aux travailleurs \u00e9trangers sont conscients du probl\u00e8me.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  En les incitant \u00e0 nous parler dans le document pr\u00e9sent\u00e9 dans cette \u00e9mission,   notre ami Nouredine, ami des verts et de tous les d\u00e9mocrates tunisiens, n\u2019a   fait que nous rassurer sur l\u2019amiti\u00e9 des peuples. Quant \u00e0 la politique g\u00e9n\u00e9rale   des pays europ\u00e9ens, elle balance entre l\u2019assimilation et l\u2019int\u00e9gration   citoyenne dans le respect de leur identit\u00e9 culturelle.<\/span><\/p>\n<p> <span lang=\"FR\">  \u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"center\"> <i> <span lang=\"FR\"> <strong><font>Abdelkader Zitouni<\/font><\/strong><\/span><\/i><\/p>\n<p align=\"center\"> <i> <span lang=\"FR\">  Coordinateur National du\u00a0 parti \u00ab\u00a0Tunisie Verte\u00a0\u00bb<\/span><\/i><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>Sarkozy, un adepte du Benalisme ?<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font>El Maalem<\/font>      A en croire certaines sources, lors de sa derni\u00e8re rencontre avec Ben Ali au   Palais de Carthage en tant que Ministre de l\u2019int\u00e9rieur, Sarkozy, tout   fra\u00eechement \u00e9lu Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise , a confi\u00e9 en apart\u00e9 \u00e0   l\u2019un de ses h\u00f4tes \u00e0 la suite de cette rencontre qu\u2019il \u00e9tait \u00ab un fervent   partisan du Benalisme \u00bb !!!       Quelle bonne nouvelle pour les Fran\u00e7ais ? Quelle chance pour la nation   fran\u00e7aise qui a tant combattu pour la libert\u00e9 d\u2019expression, les droits de   l\u2019homme, et pour\u00a0 la vie d\u00e9mocratique. Quelle d\u00e9cadence pour notre humanit\u00e9,   pour notre monde aujourd\u2019hui de voir surgir un nouveau concept politique : Le   Benalisme !      Certains dirons, que ce n\u2019est pas vrai, que ce n\u2019est que des rumeurs, que   Sarkozy a dit \u00e7a (s\u2019il a vraiment dit) par courtoisie ou m\u00eame par ironie pour   se moquer de ces pauvres tunisiens \u00e0 qui Chirac leur a rappel\u00e9 un jour qu\u2019ils   ont de la chance de vivre dans un r\u00e9gime qui les fait boire et manger !       Mais force\u00a0 est de constater aujourd\u2019hui que Sarkozy commence \u00e0 mettre en   place et \u00e0 appliquer une strat\u00e9gie politique\u00a0 et un syst\u00e8me de gouvernance \u00e0   la Ben Ali\u00a0 : Une concentration des pouvoirs \u00e0 l\u2019Elys\u00e9e, un parti politique au   service du Pr\u00e9sident, des organes de presse de plus en plus contr\u00f4l\u00e9,\u00a0 une   opposition de plus en plus affaibli\u2026.      N\u2019est ce pas un d\u00e9sastre de constater ce genre de d\u00e9rive, de voir le Benalisme   \u00ab export\u00e9 \u00bb \u00e0 des nations libres, de vivre ce changement de valeur, ce recul,   cette d\u00e9sillusion, mais o\u00f9 va notre monde !       Comptant sur ces braves fran\u00e7ais qui sauront r\u00e9agir \u00e0 temps et vigoureusement   pour stopper cet \u00ab arriviste \u00bb de Sarkozy dans sa qu\u00eate du Benalisme, nous   continuons \u00e0 croire et \u00e0 dire haut et fort que nous, Tunisiens, nous n\u2019avons   jamais \u00e9t\u00e9 fier de Ben Ali ni de son mode de gouvernance et que nous pr\u00e9f\u00e9rons   de loin que la Tunisie continue \u00e0 exporter de l\u2019huile d\u2019olive que du Benalisme   !\u00a0\u00a0\u00a0<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>Les d\u00e9mocrates arabes entre   l\u2019interventionnisme am\u00e9ricain et l\u2019appui europ\u00e9en aux dictatures.<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font>Moncef Marzouki*<\/font>      Mesdames et Messieurs    Je remercie Le PR Feirouz Nahawandi et l&rsquo;Universit\u00e9 Libre de Bruxelles de   m&rsquo;avoir invit\u00e9 \u00e0 ce colloque sur L&rsquo;Europe et La Monde Arabe, pour donner le   point de vue des d\u00e9mocrates arabes sur un dossier complexe et de plus en plus   confus.   Je traiterai dans cette br\u00e8ve communication\u00a0 du r\u00f4le plus que n\u00e9gatif\u00a0\u00a0 que   joue les gouvernements europ\u00e9ens, mais aussi am\u00e9ricain ,dans les convulsions   qui secouent nos pays et notamment au niveau de leur processus de   d\u00e9mocratisation.   Quelques jours apr\u00e8s l&rsquo;intervention am\u00e9ricaine en Irak, le journal arabe El   Hayet\u00a0 m&rsquo;a publi\u00e9 un article intitul\u00e9 : L&rsquo;invasion am\u00e9ricaine ou le baiser de   la mort au projet d\u00e9mocratique arabe.   Dans cet article, je soutenais que loin de promouvoir la d\u00e9mocratie dans ce   pays, l&rsquo;invasion allait ouvrir une auto route au radicalisme islamiste, et que   son impact sur le processus en cours\u00a0 de d\u00e9mocratisation dans le reste du   monde arabe serait catastrophique.   Malheureusement c&rsquo;est ce qui s&rsquo;est pass\u00e9. On conna\u00eet le r\u00e9sultat en Irak o\u00f9   une d\u00e9mocratie frelat\u00e9e et soutenue par l&rsquo;occupant g\u00e8re un pays en implosion   permanente.   On conna\u00eet moins bien \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger le grave pr\u00e9judice\u00a0 caus\u00e9 par cette   intervention au travail de b\u00e9n\u00e9dictin effectu\u00e9 par les d\u00e9mocrates arabes sur   plus de trois d\u00e9cennies pour promouvoir\u00a0 les id\u00e9es et les id\u00e9aux de la   d\u00e9mocratie dans nos pays. Le terrain avait \u00e9t\u00e9 beaucoup travaill\u00e9 les trois   d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes par un nombre croissant d&rsquo;associations, notamment de   d\u00e9fense des droits de l&rsquo;homme, d&rsquo;organisations syndicales ind\u00e9pendantes du   pouvoir, et\u00a0 de petits partis d\u00e9mocratiques et la\u00efques.   Ce mouvement, initi\u00e9 il est vrai par les \u00e9lites citadines et largement   occidentalis\u00e9es, a d\u00e9marr\u00e9 imm\u00e9diatement apr\u00e8s la d\u00e9faite de 1967, date   charni\u00e8re dans l&rsquo;histoire arabe contemporaine. Avec cette d\u00e9faite, se sont   effondr\u00e9es des arm\u00e9es arabes mais aussi les mythes de la Nation arabe appel\u00e9e   \u00e0 prendre sa revanche tr\u00e8s rapidement sur l&rsquo;Occident gr\u00e2ce aux trois panac\u00e9es   que sont, dans l&rsquo;ordre,\u00a0 le\u00a0 chef\u00a0 charismatique, dont Nasser \u00e9tait le   prototype, le grand parti mobilisateur des masses, et\u00a0 l&rsquo;Etat national et   autoritaire qu&rsquo;ils soit de gauche ou de droite.    Or, les d\u00e9mocrates arabes se sont retrouv\u00e9s tr\u00e8s vite pris en tenaille\u00a0 entre   la pers\u00e9cution des dictatures et l&rsquo;appui des grandes d\u00e9mocraties occidentales   \u00e0 ces m\u00eames\u00a0 dictatures convaincues que le combat contre l&rsquo;int\u00e9grisme passait   en priorit\u00e9 sur une hypoth\u00e9tique et lointaine d\u00e9mocratisation.   \u00a0C&rsquo;est comme si les d\u00e9mocraties occidentales\u00a0 s&rsquo;\u00e9taient ligu\u00e9es avec les   communistes contre Solidarnosc en Pologne ou les dissidents Russes.   Loin de promouvoir de fa\u00e7on ferme la d\u00e9mocratisation allant son train, surtout   dans les pays du Maghreb, les grands Etats occidentaux, notamment les USA, la   grande Bretagne et les trois grands pays de l&rsquo;Europe M\u00e9diterran\u00e9enne, \u00e0 savoir   la Espagne, l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Espagne ; apport\u00e8rent un soutien politique,   \u00e9conomique et militaire massifs \u00e0 des r\u00e9gimes consid\u00e9r\u00e9s par leurs peuples   comme des r\u00e9gimes ill\u00e9gaux et v\u00e9ritablement d&rsquo;occupation interne.    Le soutien tous azimuts des dirigeants occidentaux \u00e0 la dictature tunisienne   n&rsquo;est pas un cas isol\u00e9. Saddam Hussein, contre qui l&rsquo;Am\u00e9rique a mobilis\u00e9 le   monde, a \u00e9t\u00e9 pendant dix ans l&rsquo;homme de main de l&rsquo;Occident. La sale guerre   qu&rsquo;il a faite \u00e0 l&rsquo;Iran pendant dix ann\u00e9es et qui a co\u00fbt\u00e9 un million de morts   des deux c\u00f4t\u00e9s\u00a0 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 possible que gr\u00e2ce au soutien politique \u00e9conomique des   grands Etats occidentaux. Cette guerre fratricide servait leurs int\u00e9r\u00eats   strat\u00e9giques, notamment en arr\u00eatant la contagion de la r\u00e9volution islamique et   son d\u00e9ferlement    &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-   <font>* www. Moncefmarzouki.net<\/font>    sur les monarchies p\u00e9troli\u00e8res du Golfe. A l&rsquo;\u00e9poque, les cinq mille femmes et   enfants kurdes gaz\u00e9s \u00e0 Halabja en 1988 n&rsquo;ont pas beaucoup \u00e9mu les vertueux   d\u00e9mocrates de Washington ou de Paris. En f\u00e9vrier 2004, l&rsquo;administration   am\u00e9ricaine annonce son grand plan pour la d\u00e9mocratisation du Grand   Moyen-Orient et re\u00e7oit \u00e0 Washington le dictateur tunisien\u00a0 en ami et alli\u00e9   contre le terrorisme.   On conna\u00eet\u00a0 les raisons g\u00e9ostrat\u00e9giques qui ont pouss\u00e9 les r\u00e9gimes occidentaux   \u00e0 combattre les dictatures communistes. R\u00e9sumons celles qui les poussent \u00e0 ne   pas combattre les dictatures arabes. C&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 multiples \u00e9tages.   Il y a d&rsquo;abord la banale corruption de journalistes v\u00e9reux, d&rsquo;hommes   politiques peu scrupuleux,d&rsquo;anciens ambassadeurs convertis dans le lobbying   pour le compte de dictateurs peu regardants \u00e0 la d\u00e9pense. Le commerce joue un   r\u00f4le- cl\u00e9. Dans cette p\u00e9riode d&rsquo;intense concurrence entre pays industrialis\u00e9s,   les march\u00e9s du Golfe et m\u00eame ceux du Maghreb ne doivent pas \u00eatre d\u00e9daign\u00e9s.   Alors on ferme les yeux. Il y a certainement quelque chose d&rsquo;encore plus   profond qui rel\u00e8ve du non-dit. Les r\u00e9gimes occidentaux savent tr\u00e8s bien que   les peuples arabes sont des peuples fiers, vigoureux, impatients de retrouver   la place dans le concert des grandes nations. Ils savent tr\u00e8s bien que ce sont   les dictatures qui les freinent, les d\u00e9truisent, les affaiblissent, les   pr\u00e9cipitent dans des conduites d&rsquo;\u00e9chec. Ils savent que la d\u00e9mocratie va   lib\u00e9rer en eux des forces colossales. Dans quelle mesure sont-ils r\u00e9ellement   pr\u00eats \u00e0 assumer les risques de nouveaux partenaires forts, m\u00eame dans le   contexte de la paix et sous l&rsquo;\u00e9gide des m\u00eames valeurs ?   Reste l&rsquo;alibi, l&rsquo;excuse supr\u00eame : Nos tyrans travaillent pour l&rsquo;Occident en   combattant l&rsquo;int\u00e9grisme islamiste et d\u00e9fendent non seulement ses int\u00e9r\u00eats mais   ses valeurs.   Or\u00a0 le pr\u00e9tendu engagement de ces\u00a0 r\u00e9gimes antid\u00e9mocratiques \u00e0 d\u00e9fendre la \u00ab   modernit\u00e9 \u00bb contre l&rsquo;\u00abobscurantisme \u00bb est toujours all\u00e9 de\u00a0 pair avec la   r\u00e9cup\u00e9ration du discours int\u00e9griste que ces faux\u00a0 d\u00e9fenseurs de la la\u00efcit\u00e9   affirment combattre.   \u00a0Le dictateur tunisien\u00a0 reviendra sur des mesures prises du temps de Bourguiba   comme la d\u00e9termination de l&rsquo;A\u00efd selon le calendrier solaire et non selon la   vieille technique des guetteurs de lune. Il introduira l&rsquo;appel \u00e0 la pri\u00e8re \u00e0   la radio et se glorifiera d&rsquo;avoir construit \u00e0 Carthage la plus grande mosqu\u00e9e   du pays (\u00e0 laquelle il donnera son nom bien entendu). L&rsquo;une de ses   marionnettes, \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un pr\u00e9tendu\u00a0 conseil constitutionnel se targuera,   mais devant des non- occidentaux, que la Tunisie, du fait de l&rsquo;article premier   de la constitution, est un Etat musulman. Sadate dotera l&rsquo;Egypte de la   constitution dont r\u00eavent tous les int\u00e9gristes. Il est   \u00a0sp\u00e9cifi\u00e9\u00a0 dans son pr\u00e9ambule que la source principale de la l\u00e9gislation est   la Charia. Or, c&rsquo;est exactement ce dont ne veut \u00e0 aucun prix l&rsquo;opposition   d\u00e9mocratique. Le retour \u00e0 la Charia ne   l\u00e9galise pas seulement la lapidation de la femme adult\u00e8re ou les ch\u00e2timents   corporels. Il signifie que la soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;a pas le droit \u00e0 son aggiornamento   juridique ou \u00e0 la modernisation de ses structures politiques.   On ne dira jamais assez la profonde b\u00eatise de cette politique\u00a0\u00a0 qui\u00a0 prend le   pyromane pour le pompier.   Cela fait un quart de si\u00e8cle que les d\u00e9mocrates arabes r\u00e9p\u00e8tent que le   radicalisme islamiste n&rsquo;a de religieux que l&rsquo;habit, qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9volte   d&rsquo;essence politique contre la corruption et la violence de r\u00e9gimes devenus de   v\u00e9ritables corps \u00e9trangers dans leurs propres soci\u00e9t\u00e9s, que l&rsquo;expression   religieuse de cette r\u00e9volte politique est une sp\u00e9cificit\u00e9 culturelle qui   s&rsquo;explique par l&rsquo;histoire du monde arabo- musulman. Par cons\u00e9quent appuyer des   r\u00e9gimes irr\u00e9formables selon l&rsquo;expression d&rsquo;Olivier Roy revient \u00e0 favoriser le   maintien des causes m\u00eames des deux peurs de l&rsquo;Occident : le terrorisme et   l&rsquo;\u00e9migration.   L&rsquo;ironie de l&rsquo;histoire c&rsquo;est que l&rsquo;administration am\u00e9ricaine a repris ces   arguments qu&rsquo;elle a superbement ignor\u00e9s jusqu&rsquo;au 11 septembre, pour en\u00a0 faire   l&rsquo;usage que l&rsquo;on sait et dont on n&rsquo;a pas encore mesur\u00e9 toutes les   cons\u00e9quences.   Il faut que j&rsquo;explique ici certaines de ces cons\u00e9quences sur le projet   d\u00e9mocratique parti des profondeurs de la soci\u00e9t\u00e9 arabe apr\u00e8s la d\u00e9faite de   1967&#8230;. En m\u00eame temps que le renouveau de la contestation islamiste   quiescente dans tous les pays arabes depuis le d\u00e9but du XX si\u00e8cle.    Ce projet est d&rsquo;abord un discours port\u00e9 par des hommes et des femmes   travaillant au sein de structures sociales\u00a0 pour proposer des solutions \u00e0 la   crise d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 encercl\u00e9e en dedans par son propre Etat, et en dehors par   des Etats hostiles qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;Isra\u00ebl, de la Turquie, de l&rsquo;Iran ou des   Etats occidentaux.    Le projet\u00a0 est donc a la fois en opposition \u00e0 celui\u00a0 de la dictature et en   concurrence avec le projet islamiste.    L&rsquo;enjeu ce sont les c\u0153urs et les esprits de 380 millions arabes en transition   vers quelque chose encore ind\u00e9fini mais qui\u00a0 ne doit\u00a0 en aucun cas\u00a0 ressembler   \u00e0 un pr\u00e9sent d\u00e9testable.   Dans cette course aux c\u0153urs et aux esprits, les d\u00e9mocrates partent avec un   lourd handicap.   L&rsquo;id\u00e9ologie de la contestation islamiste\u00a0 s&rsquo;adresse\u00a0 directement aux c\u0153urs   pour ne pas dire aux visc\u00e8res, la n\u00f4tre s&rsquo;adresse \u00e0 la raison.    L&rsquo;explication du malheur est simple dans l&rsquo;id\u00e9ologie islamiste\u00a0 (l&rsquo;abandon des   vraies valeurs), la n\u00f4tre est autrement plus\u00a0 complexe.   \u00a0Le chemin de sortie de crise\u00a0 trac\u00e9 par l&rsquo;islamisme semble droit et simple.   Une fois qu&rsquo;on a retrouv\u00e9 les vraies valeurs, il suffira d&rsquo;appliquer les   r\u00e9formes d&rsquo;essence morale et le probl\u00e8me est r\u00e9gl\u00e9. Nous, nous disons que la   question n&rsquo;est pas une question de morale, de valeurs, mais d&rsquo;institutions.   \u00a0Le plus important est que l&rsquo;id\u00e9ologie islamiste est profond\u00e9ment inscrite   dans la culture, la n\u00f4tre lui est \u00e9trang\u00e8re.    Or c&rsquo;est ici que le b\u00e2t blesse. D&rsquo;une part les d\u00e9mocrates sont accus\u00e9s   implicitement d&rsquo;\u00eatre les d\u00e9fenseurs non seulement d&rsquo;institutions politiques,   mais des valeurs qui les sous-tendent et qui ne sont pas\u00a0 les n\u00f4tres.   Le naufrage du\u00a0 discours communisme dans nos pays \u00e9tait amorc\u00e9 bien avant la   chute des Etats communistes, tant les Marxistes -L\u00e9ninistes \u00e9taient per\u00e7us   avec leur mat\u00e9rialisme ath\u00e9e comme de v\u00e9ritables ren\u00e9gats culturels.   L&rsquo;opprobre sur les d\u00e9mocrates est moindre bien que la la\u00efcit\u00e9 souvent   revendiqu\u00e9e de pair avec la d\u00e9mocratie est syst\u00e9matiquement assimil\u00e9e par   certains ultras de l&rsquo;islamisme \u00e0 l&rsquo;ath\u00e9isme, consid\u00e9r\u00e9 dans les soci\u00e9t\u00e9s   arabes comme une tare et un p\u00e9ch\u00e9 de l&rsquo;esprit.   Plus grave encore l&rsquo;association syst\u00e9matique que font les Arabes entre   d\u00e9mocratie et un Occident dont la c\u00f4te n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 aussi basse\u00a0 dans nos pays.   Aux anciennes r\u00e9criminations sur le colonialisme, voire\u00a0 sur les croisades, le   parti pris pro -isra\u00e9lien,\u00a0 s&rsquo;est ajout\u00e9 un nouveau filon pour les ultra du   nationalisme et de l&rsquo;islamisme : l&rsquo;appui de ces grandes d\u00e9mocraties donneuses   de le\u00e7ons sur les droits de l&rsquo;homme \u00e0 nos dictatures.   L&rsquo;invasion am\u00e9ricaine\u00a0 a donn\u00e9 un coup qu&rsquo;on esp\u00e8re ne pas \u00eatre le coup de   gr\u00e2ce tant \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;occident qu&rsquo;aux\u00a0 chances de\u00a0 la d\u00e9mocratie dans le   monde arabe.   Entre cinquante et soixante dix millions d&rsquo;Arabes suivent depuis quatre ans   chaque soir\u00a0 l&rsquo;agonie d&rsquo;un peuple arabe d\u00e9livr\u00e9 par les valeureux d\u00e9mocrates   am\u00e9ricains et leurs marionnettes irakiennes de l&rsquo;horrible dictateur alli\u00e9   d&rsquo;hier.    L&rsquo;avis\u00a0 populaire est unanime : tout, y compris la dictature, plut\u00f4t que cette   d\u00e9mocratie l\u00e0.   L&rsquo;attitude occidentale vis-\u00e0-vis des \u00e9lections alg\u00e9riennes de 1991 et en   Palestine en 2005, refusant de reconna\u00eetre le verdict des urnes, a fini de   ruiner toute cr\u00e9dibilit\u00e9 occidentale\u00a0 et de vider le b\u00e9b\u00e9 de la d\u00e9mocratie\u00a0   avec l&rsquo;eau\u00a0 du bain sale d&rsquo;une politiques cynique\u00a0 et\u00a0 \u00e0 courte    Vue.   *   Tout cela nous met, nous autres d\u00e9mocrates arabes dans une situation   impossible.   Que nous le voulons ou non , nous sommes pour la population traumatis\u00e9e par la   dictature et la guerre en Irak et en Palestine , de la m\u00eame famille   id\u00e9ologique que\u00a0 les soutiens , pour ne pas dire les souteneurs, de nos   dictatures , qui plus est\u00a0 alli\u00e9s quasi inconditionnels de\u00a0 l&rsquo;occupant   isra\u00e9lien ,\u00a0 cyniques\u00a0 au double standard ,mais\u00a0 publiant\u00a0 quand m\u00eame des   rapports sur les droits de l&rsquo;homme dans le monde tout en\u00a0 g\u00e9rant\u00a0 Guantanamo.     Cet amalgame\u00a0 est\u00a0 v\u00e9cu par les d\u00e9mocrates arabes\u00a0 comme profond\u00e9ment\u00a0\u00a0   injuste et surtout extr\u00eamement pr\u00e9judiciable \u00e0 leur cause.   Si certains d\u00e9mocrates notamment en Irak\u00a0 et certains professionnels des   droits de l&rsquo;Homme comme en Egypte , vivent de subsides am\u00e9ricains, l&rsquo;essentiel   du mouvement d\u00e9mocratique et des droits de l&rsquo;homme dans le monde arabe, s&rsquo;est   d\u00e9velopp\u00e9 depuis les ann\u00e9es 70, de fa\u00e7on ind\u00e9pendante de tout appui   occidental.   Les d\u00e9mocrates arabes sont tous venus des rangs de la gauche et du mouvement   nationaliste traditionnellement\u00a0 tr\u00e8s pointilleux sur la question de   l&rsquo;identit\u00e9 et de l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale.   \u00a0La d\u00e9mocratie n&rsquo;est pas pour eux une id\u00e9ologie occidentale dont l&rsquo;adoption   implique une quelconque inf\u00e9odation aux politiques des grandes puissances   occidentales, mais un instrument de lib\u00e9ration devenu universel\u00a0 pour   parachever ce que j&rsquo;ai appel\u00e9 la seconde ind\u00e9pendance.   Il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;entre la flamb\u00e9e islamiste et la politique   aberrante des Etats occidentaux\u00a0 notre marge de man\u0153uvre est extr\u00eamement   \u00e9troite.   Quel discours adopter et comment parler \u00e0 des c\u0153urs gagn\u00e9s par l&rsquo;islamisme et   \u00e0 des esprits traumatis\u00e9s par la vision des horreurs\u00a0 du d\u00e9mocratisme   am\u00e9ricain en Irak et de l&rsquo;appui des grands Etats europ\u00e9ens \u00e0 nos bourreaux ?   Il y a un autre d\u00e9fi au sein du d\u00e9fi. Les d\u00e9mocrates arabes n&rsquo;ont jamais voulu   \u00eatre des marionnettes , des assist\u00e9s ou une cinqui\u00e8me colonne au service de   l&rsquo;Occident , mais ils ne sont pas anti-occidentaux comme une frange de plus en   plus importante de nos populations sans parler des extr\u00e9mistes nationalistes   et\/ ou int\u00e9gristes .\u00a0 Comment cr\u00e9dible sans verser dans les diatribes   anti-occidentales ? Comment expliquer l&rsquo;inexplicable \u00e0 nos populations \u00e0   savoir le soutien des grandes d\u00e9mocraties \u00e0 des r\u00e9gimes violents et corrompus   ? Comment naviguer dans les eaux tumultueuses o\u00f9 seul le poisson islamiste   semble avoir trouv\u00e9 ses marques ?   En 1996, j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur de constituer avec la libanaise Violette Daguerre   et le Syrien Haytham Manna le noyau dur du\u00a0 groupe Ibn Akl, \u00e0 l&rsquo;origine de la   cr\u00e9ation de la Commission Arabe des droits de l&rsquo;Homme.    Plus qu&rsquo;une association pour la d\u00e9fense et la promotion des droits de l&rsquo;homme,   dont le droit de la d\u00e9mocratie, l&rsquo;association est un lieu o\u00f9 s&rsquo;\u00e9laborent une   r\u00e9flexion en profondeur sur les\u00a0 probl\u00e8mes\u00a0 des droits de l&rsquo;homme dans le   monde arabe\u00a0\u00a0 qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 plus de cinquante ouvrages, \u00e0 des   interventions nombreuses et concert\u00e9es sur Al Jazeera et \u00e0 la production un   moment d&rsquo;un programme t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 \u00e0 la cha\u00eene Al Hiwar.   Le discours du groupe mart\u00e8le quatre th\u00e8ses essentielles ;   1 &#8211; Se dissocier de la politique occidentale    Les d\u00e9mocrates arabes condamnent\u00a0 la politique am\u00e9ricaine en Irak, rejettent   le fait que\u00a0\u00a0 la motivation d\u00e9mocratique est \u00e0 l&rsquo;origine de l&rsquo;intervention, ne   peuvent souscrire \u00e0 aucune d\u00e9mocratie impos\u00e9e de l&rsquo;ext\u00e9rieur par la force\u00a0 et   consid\u00e8rent que les d\u00e9mocrates Irakiens qui ont accept\u00e9 de faire le jeu de   l&rsquo;occupation comme ne repr\u00e9sentant qu&rsquo;eux-m\u00eames.   De la m\u00eame fa\u00e7on, les d\u00e9mocrates arabes condamnent les politiques d&rsquo;appui aux   dictatures comme\u00a0 cyniques,\u00a0 immorales, \u00e0 terme contre-productives et nocives   pour les nations des deux rives de la M\u00e9diterran\u00e9e.   2- Dissocier dans l&rsquo;esprit arabe\u00a0 Occident\u00a0 et d\u00e9mocratie.   Compte tenu de la forte hostilit\u00e9\u00a0 actuelle de l&rsquo;opinion publique arabe \u00e0   l&rsquo;occident et sa tendance \u00e0 rejeter tout ce qui en vient &#8211; except\u00e9 la   technologie- l&rsquo;argument de\u00a0\u00bb vente \u2018&rsquo;de la d\u00e9mocratie passe par le rappel   incessant d&rsquo;une\u00a0 \u00e9vidences oubli\u00e9e\u00a0 y compris en Occident.   Nous ne cessons de r\u00e9p\u00e9ter que la plus grande d\u00e9mocratie au monde, et une des   plus stables, est l&rsquo;Inde, que l&rsquo;Occident a mis au point lors du XX si\u00e8cle les   pires dictatures de la plan\u00e8te, y compris dans le berceau de la d\u00e9mocratie,   que cette derni\u00e8re\u00a0 a bataill\u00e9 dur entre 1850 et la fin de la deuxi\u00e8me guerre   mondiale pour s&rsquo;imposer &#8230;.et que les peuples occidentaux seraient bien na\u00effs   de croire que c&rsquo;est l\u00e0 un acquis \u00e9ternel.   L&rsquo;autre argument de vente est de rappeler la contradiction arabe acceptant la   technologie occidentale et refusant le syst\u00e8me de gouvernement qui a permis   aux peuples occidentaux d&rsquo;acqu\u00e9rir la puissance qui est la leur.   Il faut arriver \u00e0 convaincre nos concitoyens\u00a0 qu&rsquo;adopter la d\u00e9mocratie est de   m\u00eame nature qu&rsquo;adopter Internet, avec les m\u00eames cons\u00e9quences en cas de rejet   de l&rsquo;une ou de l&rsquo;autre.   3- Dissocier dans l&rsquo;esprit arabe\u00a0 Etats occidentaux et soci\u00e9t\u00e9s civiles.   Le groupe Ibn Akl est aussi\u00a0 profond\u00e9ment arabe qu&rsquo;universaliste. Il est donc   farouchement oppos\u00e9 \u00e0 la th\u00e8se stupide du choc des civilisations\u00a0 et veut   \u00e9viter que la politique catastrophique de part et d&rsquo;autre de la M\u00e9diterran\u00e9e   ou de l&rsquo;Atlantique renforcent chez nous une \u2018&rsquo;occidentalophobie\u00a0\u00bb comparable   et sym\u00e9trique \u00e0 l&rsquo;islamophobie qui r\u00e8gne en Europe et en Am\u00e9rique.    Le discours que nous tenons \u00e0 longueur d&rsquo;articles, d&rsquo;\u00e9missions TV et d&rsquo;\u00e9crits   th\u00e9oriques, est qu&rsquo;il est imp\u00e9ratif de bannir le terme m\u00eame d&rsquo;Occident\u00a0 et   d&rsquo;insister plut\u00f4t sur ses composantes \u00e0 savoir Les valeurs, Les\u00a0 Etats\u00a0 et les   soci\u00e9t\u00e9s civiles.   Nous avons nos propres valeurs, mais nous pouvons, et devons, apprendre de   celle des\u00a0 autres. Nous ne devons pas mettre dans le m\u00eame sac les Etats   occidentaux, alli\u00e9s de nos dictatures, et les soci\u00e9t\u00e9s civiles qui sont nos   alli\u00e9s\u00a0 contre nos gouvernements\u00a0\u00a0 et contre la politique des leurs.   4- Dissocier le combat pour la d\u00e9mocratie de celui contre l&rsquo;islamisme   Le combat contre l&rsquo;islamisme est l&rsquo;affaire des dictatures .Il est\u00a0   actuellement leur seul fond de commerce. Il est le pr\u00e9texte supr\u00eame pour   refuser les r\u00e9formes, et notamment la fin de la corruption.   Tous les d\u00e9mocrates, qui sous pr\u00e9texte de combattre l&rsquo;islamisme, se sont alli\u00e9   aux dictatures, n&rsquo;ont fait que vendre leur \u00e2me au diable, et de plus   gratuitement.   La position du groupe Ibn Akl, est de dire qu&rsquo;on ne peut ni ne doit opposer   Islam et D\u00e9mocratie, qu&rsquo;il faut\u00a0 au contraire travailler sur les d\u00e9nominateurs   communs et vendre la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb \u00e0 la frange centrale et mod\u00e9r\u00e9e du spectre   islamiste.   Nous consid\u00e9rons que le processus de d\u00e9mocratisation arabe rencontre de   l&rsquo;int\u00e9rieur deux types d&rsquo;obstacles majeurs : L&rsquo;int\u00e9grisme islamiste\u00a0   c&rsquo;est-\u00e0-dire la frange\u00a0 extr\u00e9miste et parfois violente du spectre et &#8230;   l&rsquo;int\u00e9grisme la\u00efque propre \u00e0 certaines \u00e9lites d\u00e9s accultur\u00e9es.   Le premier int\u00e9grisme est \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque\u00a0 que nous vivons, le second \u00e0   l&rsquo;espace o\u00f9 se d\u00e9roule cette\u00a0 m\u00eame vie.   Entre ces deux \u00e9cueils nous devons naviguer \u00e0 vue pour accompagner et   acc\u00e9l\u00e9rer un processus, qui qans \u00eatre in\u00e9luctable, nous para\u00eet contrairement   aux apparences, bien engag\u00e9.   *   Certains diplomates occidentaux me demandent souvent d&rsquo;un air exasp\u00e9r\u00e9 : oui   mais que pouvons nous faire &#8230;de l&rsquo;air de dire si nous intervenons vous   r\u00e2lez, si nous ne faisons rien vous pestez.   Entendons nous bien. Avant la catastrophique intervention en Irak, nous ne   demandions rien apr\u00e8s encore moins. La d\u00e9mocratisation se fera par les Arabes   ou ne se fera pas.   Mais dans un monde interd\u00e9pendant, nous sommes bien plac\u00e9s pour savoir quel   r\u00f4le joue le facteur externe dans notre probl\u00e9matique.   Les\u00a0 gouvernements Occidentaux ne peuvent plus se cacher derri\u00e8re leur petit   doigt pour faire oublier leur appui massif\u00a0 aux dictatures arabes.    Nous leur demandons simplement de mettre fin \u00e0 cet appui et ce par cinq   mesures.   <font>1-\u00a0Cesser de se d\u00e9placer dans nos pays ou y venir et les   quitter sans\u00a0 encenser des r\u00e9gimes profond\u00e9ment d\u00e9test\u00e9s , cet appui ,   habillement amplifi\u00e9\u00a0 et utilis\u00e9 \u00e9tant v\u00e9cu par les gens en place comme une   provocation et une insulte.   2-\u00a0Ne pas reconna\u00eetre les \u00e9lections truqu\u00e9s avec la m\u00eame rigueur qui a \u00e9t\u00e9 la   leur en refusant de reconna\u00eetre les derni\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives   palestiniennes, pourtant on ne peut plus d\u00e9mocratique.   3- Consid\u00e9rer les sommes d&rsquo;argent provenant de la corruption end\u00e9mique comme   de l&rsquo;argent sale et en refuser le blanchissement.   4-\u00a0Ouvrir leurs tribunaux aux proc\u00e9dures p\u00e9nales que les ONG des droits de   l&rsquo;Homme pourraient intenter contre les tortionnaires.   5-\u00a0\u00a0Favoriser les \u00e9changes entre les soci\u00e9t\u00e9s civiles en finan\u00e7ant leurs ONG   travaillant dans le monde arabe, et non en finan\u00e7ant des ONG arabes.   On voit que nous ne demandons, ni l&rsquo;interruption de l&rsquo;aide \u00e9conomique, encore   moins toute forme d&rsquo;intervention dans nos affaires. Ce sont l\u00e0 des actions   relevant de la souverainet\u00e9\u00a0 des Etats occidentaux, mais dont l&rsquo;impact sur les   processus en cours dans le monde arabe peuvent \u00eatre colossaux.   <\/font>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 *      En conclusion j&rsquo;aimerai rappeler cette phrase d&rsquo;Alvin Toeffler disant que \u2018&rsquo;la   D\u00e9mocratie pour une soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est pas une urgence \u00e9thique seulement mais   surtout une urgence technique.   Les soci\u00e9t\u00e9s arabes ont plus que jamais\u00a0 besoin de cette urgence \u00e0 la fois   \u00e9thique et technique.   Si nous restons relativement confiants dans son avenir dans notre r\u00e9gion ,   c&rsquo;est que nous la consid\u00e9rons comme une vague port\u00e9e par les formidables   mutations sociales , dont le nouveau statut et r\u00f4le des femmes , les   formidables mutations technologiques comme\u00a0 la t\u00e9l\u00e9vision satellitaire et   Internet ,sans oublier\u00a0 la contagion internationale.   Les islamistes\u00a0 responsables, comme en Turquie\u00a0 ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 chevaucher la   vague plut\u00f4t que s&rsquo;y opposer. Je pense que ce sera le calcul dominant chez   tous les acteurs politiques du futur.      On oublie souvent que nous ne fonctionnons pas dans un monde du tout ou rien,   mais dans celui des transitions, des spectres, du clair- obscur, bref de la   complexit\u00e9\u00e9. Quand on parle de   \u00a0D\u00e9mocratisation r\u00e9ussie\u00a0 dans un pays, on forc\u00e9ment\u00a0 \u00e0 l&rsquo;esprit la tenue   d&rsquo;\u00e9lections\u00a0 libres et l&rsquo;alternance pacifique au pouvoir. Cela est certes le   signe fort, mais l&rsquo;alternance n&rsquo;est qu&rsquo;un crit\u00e8re parmi d&rsquo;autres de la   d\u00e9mocratie. L&rsquo;islam a cinq piliers, la d\u00e9mocratie en a quatre: la libert\u00e9   d&rsquo;expression, la libert\u00e9\u00a0 d&rsquo;association, l&rsquo;ind\u00e9pendance de la justice et   l&rsquo;alternance pacifique au pouvoir. Vues sous cet angle, les soci\u00e9t\u00e9s\u00a0 arabes   et la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne en particulier ne sont pas des soci\u00e9t\u00e9s\u00a0 non   d\u00e9mocratiques s mais \u00e0 moiti\u00e9 d\u00e9mocratiques\u00a0 ou plus exactement en voie de   d\u00e9mocratisation.. C&rsquo;est la situation qui pr\u00e9vaut dans presque tout le monde   arabe aujourd&rsquo;hui.    L&rsquo;irruption dans les ann\u00e9es 90 de deux nouvelles technologies\u00a0 la t\u00e9l\u00e9vision   satellitaire et Internet a \u2018&rsquo;boost\u00e9\u00a0\u00bb de fa\u00e7on remarquable la libert\u00e9   d&rsquo;expression, le d\u00e9bat, l&rsquo;\u00e9change des id\u00e9es, la d\u00e9nonciation et la critique de   la corruption et de la violence de l&rsquo;Etat,\u00a0 tout cela par-dessus la t\u00eate de   dictatures\u00a0 impuissantes, de moins en moins craintes, de plus en plus\u00a0   m\u00e9pris\u00e9es.   Quelle ironie que de penser que c&rsquo;est sur de\u00a0 tels r\u00e9gimes que\u00a0 comptent les   grands Etats occidentaux pour r\u00e9gler les probl\u00e8mes de l&rsquo;\u00e9migration et du   terrorisme.<\/div>\n<div>   \u00a0<\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <font><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font><strong>UN BLOC   DEMOCRATIQUE VRAIMENT DEMOCRATE.<\/strong><\/font><\/h2>\n<p><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font><strong>Par Ali Noubli<\/strong> <strong>http:\/\/elkhadra.org\/blokdemocratik.htm<\/strong> <\/font>Les droits de l\u2019homme, l\u2019\u00c9tat de droit prot\u00e9geant les personnes et les   biens, sont les principes\u00a0 \u00e9l\u00e9mentaires permettant la libert\u00e9 d\u2019expression   individuelle et collective, l\u2019\u00e9lection au suffrage universel, la distinction   de la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019\u00c9tat aussi constituent des acquis d\u00e9mocratiques essentiels,   qu\u2019il s\u2019agit de conqu\u00e9rir et puis surtout\u00a0 de\u00a0 d\u00e9fendre contre toutes les   formes de d\u00e9rives et d\u2019usurpation qu\u2019elles soient organis\u00e9es ou pas. Ceci dit\u00a0   la vigilance d\u00e9mocratique doit \u00eatre un droit civique pratiqu\u00e9 par tout citoyen   libre et en tout instant, d\u2019o\u00f9 l\u2019importance de la soci\u00e9t\u00e9 civile et des   organisations non gouvernementales ainsi que des m\u00e9dias libres ,   anticonformistes et ind\u00e9pendants de tout pouvoir, ceci dit dans notre effort \u00e0   lib\u00e9rer notre pays, nous devons \u00eatre attentifs \u00e0 notre environnement\u00a0   universel, et comprendre pour mieux\u00a0 appr\u00e9hender l\u2019avenir, notre avenir   tunisien qui j\u2019esp\u00e8re sera exhaustifs et exaltant, l\u2019exemple de beaucoup de\u00a0   soci\u00e9t\u00e9s dites d\u00e9velopp\u00e9es\u00a0 ne s\u2019en trouvent pas moins aujourd\u2019hui confront\u00e9es   \u00e0 des faiblesses et des d\u00e9rives internes qui \u00e9rodent leur dynamique   d\u00e9mocratique, doit \u00eatre un exemple\u00a0 et un mode de pens\u00e9e et d\u2019emploi, car ce   domaine est un domaine de la plus haute importance .       Dans la Tunisie dictatoriale d\u2019aujourd\u2019hui,\u00a0 la politique demeure centr\u00e9e sur   des probl\u00e8mes de gestion \u00e9conomico-maffieuse archa\u00efque et clanique\u00a0 sans   vision structur\u00e9e et v\u00e9ritable projet d\u2019avenir, autant dire que le r\u00e9gime de   ben Ali dure\u00a0 par d\u00e9faut, et parce qu\u2019il n\u2019y\u2019a rien en face de lui. Les   tenants de la dictature tunisienne et leurs affid\u00e9s\u00a0 surfent\u00a0 sur une\u00a0 demande   n\u00e9potique, client\u00e9liste et marchande\u00a0 qui semble de plus en plus difficile \u00e0   cerner. Gestion et d\u00e9magogie coexistent dans une soci\u00e9t\u00e9 qui semble s\u2019\u00eatre   d\u00e9connect\u00e9e de l\u2019histoire et peine \u00e0 retrouver une autre dynamique que la   fuite en avant par encore plus de r\u00e9pression et de criminalit\u00e9. Et alors que   les partis autoris\u00e9s et structur\u00e9s\u00a0 pourraient \u00eatre un outil central   permettant d\u2019\u00e9clairer les tunisiens sur les grandes questions qui d\u00e9terminent   leur pr\u00e9sent et leur avenir commun, ils versent trop souvent dans le   superficiel et le spectaculaire.    La soci\u00e9t\u00e9 tunisienne est marqu\u00e9e depuis toujours\u00a0 par l\u2019exp\u00e9rience du   totalitarisme. Elle a le plus grand mal \u00e0 accepter l\u2019ambivalence de son   histoire ant\u00e9rieure\u00a0 et \u00e0 d\u00e9gager clairement les acquis de son h\u00e9ritage. Dans   le m\u00eame temps, au sein de cette soci\u00e9t\u00e9, le soup\u00e7on syst\u00e9matique vis-\u00e0-vis de   l\u2019engagement politique et de tout ce qui, de pr\u00e8s ou de loin, rappelle un   principe quelconque d\u2019autorit\u00e9, s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9. Il existe \u00e9galement un   sentiment d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, un mal \u00eatre existentiel et social diffus dont   t\u00e9moignent la forte consommation d\u2019alcool et le d\u00e9veloppement de la   consommation des drogues dures.       Les d\u00e9clarations d&rsquo;intention, les positions affirm\u00e9es, le choix des alliances,   la transparences, le r\u00e9alisme\u00a0 sont vitaux et essentiels pour le bloc   d\u00e9mocratique dans sa lutte contre la dictature, tout dans l&rsquo;espace politique   et d\u00e9mocratique tunisien doit \u00eatre mis \u00e0 plat sans aucune forfaiture tout cela   doit \u00eatre fait dans la sagesse et la clart\u00e9, sans cela et dans la dur\u00e9e, la   dictature sera l&rsquo;ultime recours et la seule r\u00e9f\u00e9rence de la masse tunisienne   .Vivre dans l\u2019omission de ces \u00e9vidences laisse la voie libre aux plus lourds   st\u00e9r\u00e9otypes, amalgames, sophismes et pr\u00e9suppos\u00e9s cl\u00f4turant la pens\u00e9e et la   cr\u00e9ation de la r\u00e9sistance et de l&rsquo;opposition libre tunisienne ou ce qui en   reste\u00a0 mieux que ne le ferait la plus efficace des censures.      Il n\u2019est \u00e9videmment pas question\u00a0 de dicter la bonne mani\u00e8re de penser ou de   parler ou de militer, pas plus que de dresser une liste des sites et des   personnes interdites d&rsquo;\u00eatre comme c&rsquo;est le cas, aujourd\u2019hui,\u00a0 pour certains\u00a0   Torquemada de soi disant opposants tunisiens qui font dans la forfaiture et   l&rsquo;anath\u00e8me, dans l&rsquo;usure et les calculs claniques. Ne pas pr\u00e9tendre comme   c&rsquo;est le cas de beaucoup de tunisiens militants ind\u00e9pendant\u00a0 conna\u00eetre la   bonne fa\u00e7on de militer, c&rsquo;est tellement criant dans le marigot tunisien qu&rsquo;il   faut reconna\u00eetre et dire\u00a0 qu\u2019il y en a ind\u00e9niablement de mauvaises.      Ce dramatique constat est dans l\u2019ampleur et la gravit\u00e9 de leurs effets ,   entretien des pr\u00e9jug\u00e9s et des politiques d&rsquo;exclusion, racistes ; l\u00e9gitimation   de l\u2019oppression dite\u00a0 s\u00e9curitaire par certains groupes\u00a0 comme les femmes   d\u00e9mocrates, quelques rouges-bruns qui ne sont pas revenus de\u00a0 leur   d\u00e9culott\u00e9es\u00a0 du putsch du 7 novembre et qui se terrent comme des rats   d\u00e9compos\u00e9s par leurs contradictions , euph\u00e9misation de nombreuses violences,   notamment dictatoriales , occultation des questions dites \u00ab mineures \u00bb comme   les islamistes ou les prisonniers politiques en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0 ; triomphe du m\u00e9pris   des pauvres, des d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s\u00a0 de la\u00a0 civilisations arabo-musulmane.   Le bloc d\u00e9mocratique tunisien est en situation d\u2019\u00e9chec. Nous sommes en   situation d\u2019\u00e9chec et nous le resterons aussi longtemps que nous n\u2019\u00e9couterons   pas dans la transparence du bon sens, les tunisiens dans leur majorit\u00e9   amalgament la politique\u00a0 au mensonge\u00a0 au pire, et \u00e0 un domaine r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ceux   qui ont les moyens ,nous le resterons\u00a0 et surtout si nous ne faisons pas notre   examen de conscience, nous qui sommes plus ou moins ramollis dans le confort   de nos certitudes, nous qui m\u00e9prisons toute forme de r\u00e9alisme et de   pragmatisme, il ne s\u2019agit pas de compromis et de reniement , ni de   compromissions\u00a0 et de politique politicienne, il s\u2019agit juste de bon sens\u00a0 et   d\u2019int\u00e9grit\u00e9, aussi longtemps que nos attitudes seront born\u00e9s\u00a0 par la d\u00e9magogie   et l\u2019illusion de la l\u00e9gitimit\u00e9 virtuelle\u00a0 d\u2019un militantisme sans aucune   v\u00e9ritable assise populaire mobilisatrice et engag\u00e9e par la preuve, nous   resterons dans\u00a0 l\u2019\u00e9chec. Nous resterons dans l\u2019\u00e9chec tant que les tunisiens ne   nous \u00e9couterons pas dans cette cacophonie perverse et sans nom qui se veut   repr\u00e9sentativit\u00e9 politique.   Il est \u00e9vident qu\u2019\u00e0 tous les niveaux, nous nous devons avant tout d\u2019accro\u00eetre   l&rsquo;implication et la participation des tunisiens dans le d\u00e9bat politique et la   prise de d\u00e9cisions qui s&rsquo;en suivra d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, et qui\u00a0   d\u00e9stabilisera les habitudes et pas seulement de la dictature, c\u2019est bien s\u00fbr   un risque \u00e0 courir\u00a0 pour certaines impostures, mais cela aura le m\u00e9rite de   clarifier les choses et de donner une visibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019opposition d\u00e9mocratique   qui sera indiscutable. Nous avons les moyens d&rsquo;interactivit\u00e9 des diff\u00e9rents   m\u00e9dias, internet, presse, messages t\u00e9l\u00e9phoniques, chat, etc&#8230;dont les   leaders\u00a0 d\u00e9mocrates tunisiens s\u2019en servent si mal aujourd\u2019hui par manque de   volont\u00e9, par peur de la confrontation avec la r\u00e9alit\u00e9 du tunisien,\u00a0 par   suffisance et int\u00e9riorit\u00e9 \u00e0 certaines fixations n\u00e9gatives, nous avons ces\u00a0   moyens qui\u00a0 peuvent \u00eatre organis\u00e9es sans \u00eatre aseptis\u00e9s par les ego des uns et   des autres, les intol\u00e9rances et par, touts sortes de contr\u00f4l\u00e9s \u00e0 commencer par   ceux de plus en plus sophistiqu\u00e9 de la dictature, et ces outils ont forc\u00e9ment   une vocation d\u00e9mocratique, ils peuvent sans aucun probl\u00e8me majeur ou   insurmontable assurer\u00a0 la transparence bijective entre les tunisiens\u00a0   profanes\u00a0 et les\u00a0 militants organis\u00e9s autour\u00a0 d\u2019un minimum vital qui   repoussera les interf\u00e9rences et les complots du r\u00e9gime, un r\u00e9gime absurde\u00a0 qui   comme ses semblables de par le monde, et depuis toujours, est sur la br\u00e8che   pour diviser et r\u00e9gner. Il s\u2019agit de porter une parole particuli\u00e8re de toutes   les cat\u00e9gories de tunisiens (les gens du quartier, les partisans de telle   opinion, les salari\u00e9s, les usagers, les consommateurs, etc.)   Confronter ses id\u00e9es\u00a0 aux autres acteurs de la vie publique, \u00e0 notre niveau et   par les moyens que nous disposons il est possible d\u2019engager une dynamique qui\u00a0   actualise l\u2019id\u00e9al de la d\u00e9mocratie et r\u00e9v\u00e8le la possibilit\u00e9 d\u2019un   vivre-ensemble d\u00e9mocratique d\u2019un type nouveau. Car il ne faut pas se faire   d\u2019illusion, c\u2019est bien chez les d\u00e9mocrates tunisiens que s\u2019op\u00e8re lentement   mais s\u00fbrement le d\u00e9clin du politique dans les processus de r\u00e9gulation qui   r\u00e9active le discours sur la d\u00e9mocratie. Celle-ci doit redevenir une r\u00e9f\u00e9rence   partag\u00e9e parce qu\u2019elle est consid\u00e9r\u00e9e comme la \u00ab plus d\u00e9mocratique \u00bb dans le   sens o\u00f9 l\u2019impulsion y vient des tunisiens et non des \u00e9lites enferm\u00e9s dans   leurs tour d\u2019ivoire, pour ne pas dire dans la claustrophobie de leurs ghettos.   La construction de la d\u00e9mocratie doit trouver\u00a0 ses marques face \u00e0 la   participation politique, militante, au sens de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative au   niveau des moyens de lutte \u00e0 notre disposition, les uns comme les autres, ceux   qui acceptent les r\u00e8gles d\u00e9mocratiques, les canaux de la d\u00e9mocratie   repr\u00e9sentative doivent assumer\u00a0 leur fonction de s\u00e9lection et de   hi\u00e9rarchisation des demandes sociales dans une coh\u00e9rence et des r\u00e8gles   accept\u00e9s si nous voulons avoir une chance de mettre \u00e0 mal la dictature. Les   titulaires du \u00ab pouvoir \u00bb dans le bloc d\u00e9mocratique tunisien ont \u00ab d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 \u00bb   parce qu\u2019ignor\u00e9 le peuple dans toute forme de strat\u00e9gie, il ne suffit pas de   produire des articles et des communiqu\u00e9s, il s\u2019agit de convaincre, de   conqu\u00e9rir les esprits et d\u2019aller au charbon, il ne s\u2019agit pas\u00a0 de fignoler des   comportements immoraux avec les atermoiements de la dictature, mais   d\u2019organiser la lutte sur tous les fronts\u00a0 de sa d\u00e9mesure.    La d\u00e9mocratie est pour la plus part des tunisiens dans l\u2019attente\u00a0 une valeur   spirituelle ,elle doit par cons\u00e9quent\u00a0 \u00e9chapper\u00a0 \u00e0 l\u2019enfermement des   proc\u00e9dures ,en Tunisie de nouveaux champs s\u2019ouvrent pour la politique et la   d\u00e9mocratie, il est temps de\u00a0 s\u2019engager sur des questions de sens \u00e0 l\u2019heure o\u00f9   fleurit mondialisation sous toutes ses formes et o\u00f9 des exp\u00e9rimentations sont   \u00e0 l\u2019ordre du jour<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <font size=\"3\"><strong>SADEK Hadjeres<\/strong>   \u00a0   <\/p>\n<p><font><strong>\u00ab\u00a0R\u00e9habiliter ensemble la fonction noble du   politique, la construction de solutions de paix et de mieux-\u00eatre, acceptables   et vivables pour la majorit\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong><\/font><\/p>\n<p><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <a href=\"\"><font size=\"3\"><strong>http:\/\/elkhadra.org\/sadek.htm<\/strong><\/font><\/a> <font>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Arezki Metref<\/font> <font>N\u00e9 en 1928 \u00e0 Larba\u00e2-Nath- Irathen-(ex Fort National),   Alg\u00e9rie. Ecole primaire \u00e0 Berrouaghia, secondaire \u00e0 M\u00e9d\u00e9a, Blida et Ben   Aknoun. Etudiant de 1946 \u00e0 1953 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Alger. M\u00e9decin praticien et   chercheur en sciences m\u00e9dicales jusqu\u2019en 1955 puis entre 1963 et 1965.   Responsable des SMA (Scouts musulmans alg\u00e9riens) dans la Mitidja de 1943 \u00e0   1946, militant du PPA en 1944 et responsable de la section universitaire de ce   parti en 1948. L\u2019un des trois r\u00e9dacteurs, au sein du PPA en 1949, de la   plate-forme d\u00e9mocratique \u201cL\u2019Alg\u00e9rie libre vivra\u201d. Quitte le PPA apr\u00e8s la crise   dite faussement berb\u00e9riste dont il a \u00e9t\u00e9 un des acteurs. Membre du bureau de   l\u2019AEMAN (Association des \u00e9tudiants musulmans de l\u2019Afrique du Nord) durant   plusieurs ann\u00e9es et pr\u00e9sident en 1950, avant son adh\u00e9sion \u00e0 la base du PCA en   1951. Membre du CC de ce parti en 1952 et du BP en 1955. Directeur de la revue   Progr\u00e8s en 1953-54 et conseiller g\u00e9n\u00e9ral d\u2019El Harrach et Est Mitidja en 1955.     Pendant la guerre d\u2019ind\u00e9pendance, clandestin \u00e0 partir de d\u00e9cembre 1955,   condamn\u00e9 aux travaux forc\u00e9s par contumace, responsable national-adjoint de   l\u2019organisation arm\u00e9e \u201cCombattants de la Lib\u00e9ration\u201d. Avec Bachir Hadj Ali en   avril-juin 1956, il n\u00e9gocie et organise avec les dirigeants du FLN (Abbane et   Benkhedda) l\u2019int\u00e9gration de cette formation dans l\u2019ALN.    Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, membre du secr\u00e9tariat du PCA (interdit d\u00e8s 1962, sous   Ben Bella). Coordinateur de son appareil clandestin pendant \u201cl\u2019occultation\u201d   officielle du PCA apr\u00e8s la Charte socialiste d\u2019Alger (1964). Suite au coup   d\u2019Etat de Boumedi\u00e8ne (juin 1965), nouvelle clandestinit\u00e9 pendant 24 ans.   Membre de l\u2019ORP (Organisation de la r\u00e9sistance populaire) durant les quelques   mois de son existence, puis l\u2019un des fondateurs et premier secr\u00e9taire du PAGS   (Parti de l\u2019avant-garde socialiste) \u00e0 partir de 1966. Revenu \u00e0 la vie l\u00e9gale   en 1989, il se d\u00e9gage en 1991 de toute activit\u00e9 de parti. De 1993 \u00e0 1997,   entreprend des travaux comme enseignant associ\u00e9 et doctorant en g\u00e9opolitique   aupr\u00e8s du CRAG (Centre de recherches et d\u2019analyses g\u00e9opolitiques \u00e0   l\u2019Universit\u00e9 de Paris VIII). Auteur de plusieurs publications notamment dans   la revue H\u00e9rodote, communications \u00e0 des journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes et colloques,   articles dans la presse alg\u00e9rienne et internationale, ouvrages en pr\u00e9paration   sur les \u00e9volutions du mouvement national et social alg\u00e9rien, \u00e0 commencer par   la crise du PPA de 1949.   <\/font> <font>La certitude du militant de fond<\/font>      SADEK HADJER\u00c8S est pass\u00e9 du statut de mythe \u00e0 celui de pestif\u00e9r\u00e9 en l\u2019espace   d\u2019un congr\u00e8s. Ce m\u00e9decin biologiste a d\u00fb tr\u00e8s t\u00f4t sacrifier son travail pour   se consacrer enti\u00e8rement au Parti communiste alg\u00e9rien. En cette ann\u00e9e 1952 o\u00f9   il adh\u00e8re au PCA, il a d\u00e9j\u00e0 des ann\u00e9es de militantisme derri\u00e8re lui. Depuis   1943, il est tour \u00e0 tour responsable scout, puis leader \u00e9tudiant, militant du   PPA, se trouvant toujours l\u00e0 o\u00f9 les choses vont basculer. En 1949, il fait   partie de ce trio irr\u00e9dentiste de lyc\u00e9ens de Ben Aknoun qui r\u00e9dige la   plate-forme d\u00e9mocratique \u201cL\u2019Alg\u00e9rie libre vivra\u201d. Ce texte doublement rebelle   (\u00e0 l\u2019autoritarisme arbitraire du PPA et aux fondements du nationalisme   messianique) provoquera ce qui est entr\u00e9 dans l\u2019histoire sous le nom de crise   berb\u00e9romarxiste. L\u2019affaire se solde par le d\u00e9part de Sadek Hadjer\u00e8s, et   d\u2019autres militants du PPA, vers le PCA, dont ils renforcent le processus   d\u2019\u201dalg\u00e9rianisation\u201d entam\u00e9 au milieu des ann\u00e9es 1940. Avec, notamment, Bachir   Hadj Ali, il m\u00e8ne le Parti communiste aux positions ind\u00e9pendantistes sans   \u00e9quivoque. Ils dirigent le parti et les \u201cCombattants de la libert\u00e9\u201d, groupes   de r\u00e9sistance communistes. Aux c\u00f4t\u00e9s de Bachir Hadj Ali, il n\u00e9gocie avec Abane   Ramdane et Benyoucef Benkhedda l\u2019int\u00e9gration des combattants communistes dans   l\u2019ALN. Un principe d\u00e9j\u00e0, qui va servir ult\u00e9rieurement : garder l\u2019ind\u00e9pendance   et la sp\u00e9cificit\u00e9 du Parti communiste, non dissoluble dans le nationalisme,   fut-il r\u00e9volutionnaire. Pr\u00e9server l\u2019autonomie et la sp\u00e9cificit\u00e9 du Parti   communiste restera la ligne de conduite de Sadek Hadjer\u00e8s.   A l\u2019ind\u00e9pendance, Sadek Hadjer\u00e8s reprend son travail de m\u00e9decin mais le sort   fait par le pouvoir d\u2019Ahmed Ben Bella au PCA va requ\u00e9rir toute son attention.   Cette sorte d\u2019attitude ambigu\u00eb, quelque chose qui ressemblerait \u00e0 un ni guerre   ni paix, va finir par exercer, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du PCA, une sorte   d\u2019attraction pour la fusion des communistes dans le parti nationaliste. Avec   ses camarades, Sadek Hadjer\u00e8s r\u00e9siste aux pressions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es du FLN visant \u00e0   dissoudre le PCA dont il reste le coordinateur de l\u2019appareil organique   clandestin. Celui-ci conserve le lien y compris avec la partie des communistes   int\u00e9gr\u00e9s au FLN pour une illusion de \u201cr\u00e9novation\u201d avort\u00e9e avant m\u00eame le grand   basculement : le coup d\u2019Etat de Boumediene. Des responsables communistes se   joignent \u00e0 des militants de la gauche du FLN (Mohammed Harbi, Hocine Zehouane)   qui ont cr\u00e9\u00e9, un peu h\u00e2tivement sans doute, l\u2019ORP. Coup de filet : ils sont   tous arr\u00eat\u00e9s par la s\u00e9curit\u00e9 militaire. D\u2019autres responsables du PCA, comme   Larbi Bouhali, Henri Alleg, prennent le chemin de l\u2019exil. Dans la plus   profonde clandestinit\u00e9, Sadek Hadjer\u00e8s se trouve alors le seul membre du   secr\u00e9tariat du PCA en libert\u00e9. \u201cJ\u2019\u00e9tais un peu comme un entonnoir : ce qui   restait politiquement et organiquement du PCA passait par moi et une poign\u00e9e   d\u2019anciens responsables pour continuer \u00e0 exister\u201d, dit-il \u00e0 propos de cette   p\u00e9riode.   L\u2019ORP, cr\u00e9ation spontan\u00e9e au coup d\u2019Etat, ne tient pas le choc. Le PCA   constitue, en 1966, la base et l\u2019armature essentielle du Parti de   l\u2019avant-garde socialiste (PAGS), un parti ill\u00e9gal et clandestin qui d\u00e9fend une   continuit\u00e9 du mouvement national et social alg\u00e9rien. Le PAGS se donnera comme   premier secr\u00e9taire Sadek Hadjer\u00e8s, un dirigeant rod\u00e9 \u00e0 la clandestinit\u00e9. Les   premi\u00e8res ann\u00e9es Boumediene sont celles d\u2019une grande r\u00e9pression, qui n\u2019emp\u00eache   pas le PAGS de s\u2019implanter notamment dans les syndicats et \u00e0 l\u2019universit\u00e9. La   conjonction de l\u2019\u00e9volution intrins\u00e8que de Boumediene et du contexte   international, le rapprochement de l\u2019Alg\u00e9rie d\u2019avec le camp socialiste, d\u00e9tend   quelque peu l\u2019attitude du pouvoir vis-\u00e0-vis des communistes clandestins. Le   jeu de la s\u00e9duction et de la r\u00e9pression, dans lequel excellait Boumediene, \u00e0   l\u2019\u00e9gard de ses oppositions se poursuivra, y compris au d\u00e9but des ann\u00e9es 70   lorsque le chef du Conseil de la r\u00e9volution affiche clairement ses intentions   socialisantes. La r\u00e9volution agraire, la gestion des entreprises, la   nationalisation des hydrocarbures, la d\u00e9mocratisation de l\u2019enseignement sont   autant de \u201ct\u00e2ches d\u2019\u00e9dification nationale\u201d \u00e0 orientation r\u00e9volutionnaire qui   radicalisent \u00e0 gauche Boumediene et lui permettent des retrouvailles   vigilantes, de part et d\u2019autre, avec le PAGS.   Un premier signe de cette d\u00e9tente : la lib\u00e9ration des communistes arr\u00eat\u00e9s en   1965 et la sortie de clandestinit\u00e9 d\u2019un certain nombre d\u2019autres. Pas Sadek   Hadjer\u00e8s. Il reste, lui, plong\u00e9 dans la clandestinit\u00e9 et les nombreux jeunes   qui, par le volontariat et l\u2019UNJA, viendront au PAGS pendant ces ann\u00e9es-l\u00e0,   per\u00e7oivent ce militant dont le nom \u00e9tait connu mais pas le visage, un peu   comme une figure mythique. A peine sorti de la clandestinit\u00e9 de la guerre de   Lib\u00e9ration, le voil\u00e0 replong\u00e9 dans une autre clandestinit\u00e9, donnant au PAGS   une aura qui atteint son z\u00e9nith lors des d\u00e9bats sur la Charte nationale de   1976. Mais Boumediene meurt et l\u2019arriv\u00e9e de Chadli au pouvoir, perp\u00e9tuant un   syst\u00e8me qui n\u2019oscille jamais dans ses fondements mais seulement dans ses   expressions superficielles en fonction des tendances du chef du moment,   inaugure un tournant \u00e0 droite et l\u2019exclusivisme dans les appareils du parti   unique gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019article 120. Le PAGS, un temps, est dans l\u2019expectative,   observant une prudente r\u00e9serve d\u00e8s le d\u00e9but de la d\u00e9cennie 1980. Prudence dans   l\u2019analyse du Printemps berb\u00e8re. M\u00eame prudence dans l\u2019appr\u00e9ciation des r\u00e9voltes   qui secouent l\u2019Alg\u00e9rie dans les premi\u00e8res ann\u00e9es de la d\u00e9cennie chaotique.   Prudence d\u00e9plac\u00e9e par l\u2019appel \u00e0 voter \u201coui\u201d pour la charte de Chadli de 1986,   marquant le tournant \u00e0 droite. Bien s\u00fbr, ce que l\u2019on ne savait pas, c\u2019est que   le \u201coui\u201d accord\u00e9 par le PAGS \u00e0 Chadli, au grand d\u00e9sarroi de nombre de   militants de base, n\u2019\u00e9tait pas le fruit de l\u2019unanimit\u00e9 de sa direction mais   une fa\u00e7on de tordre un consensus dans un sens qui n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment le   sien. L\u2019infiltration de membres des services jusque dans la direction du PAGS   a forc\u00e9ment influ\u00e9 sur ses positions, rendues parfois illisibles. La   conjonction d\u2019une r\u00e9pression terrible et l\u2019usure de la clandestinit\u00e9 pousse la   direction du PAGS \u00e0 voter son expatriation.   Mais l\u2019exil est une clandestinit\u00e9 dans la clandestinit\u00e9 puisque l\u2019hospitalit\u00e9   des \u201cpartis fr\u00e8res\u201d des pays socialistes est perturb\u00e9e par leurs relations   avec le FLN. Ils \u201ccachent\u201d le PAGS pour ne pas heurter la susceptibilit\u00e9 du   FLN. Sadek Hadjer\u00e8s a assist\u00e9 \u00e0 des congr\u00e8s de partis communistes des pays de   l\u2019Est clandestinement, \u00e0 deux rangs de la d\u00e9l\u00e9gation du FLN qui, elle, avait   pignon sur rue. Lorsque Sadek Hadjer\u00e8s revient d\u2019exil en 1989, il met fin   ainsi \u00e0 quelque 35 ans de clandestinit\u00e9 et d\u2019exil cumul\u00e9s. Il a la soixantaine   et a v\u00e9cu plus de la moiti\u00e9 de sa vie sous de faux noms et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. La   sortie de clandestinit\u00e9 du PAGS intervient au moment o\u00f9 le Mur de Berlin   s\u2019effondre et, avec lui, toutes les convictions communistes frivoles. Dans son   affrontement contre le capitalisme, le communisme \u00e9tait suppos\u00e9 avoir perdu la   bataille et les redditions commencent \u00e0 prendre l\u2019allure d\u2019adaptations au sens   naturel de l\u2019histoire. C\u2019est dans ce contexte, compliqu\u00e9 par les man\u0153uvres en   cours en Alg\u00e9rie pour contr\u00f4ler le multipartisme de fa\u00e7ade que le pouvoir   voulait vendre pour une d\u00e9mocratie, que le PAGS est \u201cinvit\u00e9\u201d \u00e0 participer aux   \u00e9lections municipales de 1990. Pressions, tentatives d\u2019atteinte \u00e0 l\u2019autonomie   du PAGS, man\u0153uvres pour le tracter \u00e0 des clans de l\u2019arm\u00e9e sont autant de   fronts sur lesquels Sadek Hadjer\u00e8s tente de contrer les responsables d\u2019un   appareil politique qu\u2019il conna\u00eet \u00e0 fond et auquel il a indiscutablement   imprim\u00e9 sa marque, voire un style : une r\u00e9flexion en profondeur, la prudence   dans l\u2019analyse, la d\u00e9termination dans l\u2019action.   La tenue du premier congr\u00e8s l\u00e9gal du PAGS dans le contexte d\u2019une lutte   anti-int\u00e9griste biais\u00e9e a fait que Sadek Hadjer\u00e8s ne reconnaissait plus les   siens. L\u2019ic\u00f4ne du PAGS devient, en quelques heures, la b\u00eate noire. L\u2019enjeu ?   L\u2019autonomie du PAGS par rapport aux centres nerveux de la d\u00e9cision. En 1991,   Sadek Hadjer\u00e8s quitte le parti et le pays, inaugurant un nouvel exil qu\u2019il   consacre \u00e0 la r\u00e9flexion et \u00e0 l\u2019analyse. Des g\u00e9n\u00e9rations de communistes   alg\u00e9riens ont grandi dans des luttes o\u00f9 son nom \u00e9tait un rep\u00e8re. Ce sont   ceux-l\u00e0 qui souhaitaient l\u2019entendre sur certaines questions. Nous n\u2019avons pas   pu tout aborder, dans cet entretien. Nous avons essay\u00e9 de parcourir avec lui   65 ans de militantisme, des \u00e9tapes historiquement diff\u00e9rentes mais abord\u00e9es,   comme on va le voir ici, toujours avec une pr\u00e9cision dialectique. En le   classant dans la cat\u00e9gorie des \u201cr\u00e9conciliateurs\u201d (entendre : assujettis \u00e0   l\u2019int\u00e9grisme) on fait \u00e0 Sadek Hadejr\u00e8s un mauvais proc\u00e8s. Ses positions sont   nettement plus complexes que la vulgate de lutte anti-int\u00e9griste primaire dont   ses contradicteurs veulent faire un h\u00e9ro\u00efsme et une lucidit\u00e9. En r\u00e9alisant cet   entretien, on d\u00e9couvre le souci de celui qui fut le premier secr\u00e9taire du PAGS   de comprendre les ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux et politiques plus qu\u2019id\u00e9ologiques. Cet   h\u00e9ro\u00efsme, qui consiste a aller \u00e0 contre-courant, et la lucidit\u00e9 de d\u00e9fendre   des principes contre des faits de pouvoir ont conduit cet homme autrefois tr\u00e8s   entour\u00e9 \u00e0 une certaine solitude mais une solitude qui le m\u00e8ne \u00e0 une r\u00e9flexion   qu\u2019aucune d\u00e9sillusion n\u2019arrive \u00e0 priver de sa fra\u00eecheur. Une solitude qui a   pour autre nom : certitude. Celle d\u2019une vie vou\u00e9e \u00e0 une seule id\u00e9e : la   justice sociale.   A. M.    <font>2. LA PERIODE DU \u00ab\u00a0PARTI UNIQUE\u00a0\u00bb OU LA (RE)NAISSANCE   PARADOXALE<\/font><\/div>\n<div> <font>Arezki Metref : Nous ne pouvons pas ne pas aborder, avec   vous, le PAGS et sa naissance. Dans quelles circonstances s\u2019est constitu\u00e9e   l\u2019ORP en 1965 et comment et pourquoi s\u2019est-elle continu\u00e9e par la fondation du   PAGS en 1966 ?<\/font><\/div>\n<p><font><\/p>\n<div align=\"justify\">     Sadek Hadjeres : Votre question englobe trois moments aussi   int\u00e9ressants les uns que les autres : la situation \u00e0 la veille du 19 juin 1965   et le coup d\u2019Etat lui-m\u00eame, puis les quelques semaines du rassemblement   \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de l\u2019ORP entre juillet et septembre 1965, enfin la cr\u00e9ation du PAGS \u00e0   partir de janvier 1966. Durant ces trois p\u00e9riodes, le Parti communiste   alg\u00e9rien a \u00e9t\u00e9 constamment pr\u00e9sent comme parti, avec des formes variables,   adapt\u00e9es aux diff\u00e9rentes situations, que ce soit pour son organisation interne   ou pour les modes d\u2019expression et d\u2019activit\u00e9s publiques.   Arezki Metref : Dans quel \u00e9tat se trouvait le PCA \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance ?   Sadek Hadjeres : Le pouvoir de Ben Bella a interdit le PCA d\u00e8s novembre 62   (quatre mois \u00e0 peine apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance). La mesure antid\u00e9mocratique \u00e9tait   sans fondement juridique dans les nouvelles institutions. C\u2019est dans les faits   que le PCA, tout comme le quotidien Alger R\u00e9publicain, avait d\u00e8s le   cessez-le-feu marqu\u00e9 sa pr\u00e9sence et ses activit\u00e9s unitaires et constructives.   Il n\u2019y avait aucune disposition juridique concernant les partis au moment o\u00f9   les leaders du FLN s\u2019entred\u00e9chiraient pour le pouvoir. A partir de   l\u2019interdiction officielle, les camarades dirigeants ou militants de base   activaient sans afficher formellement le sigle de leur organisation. Mais tout   le monde savait qu\u2019il s\u2019agissait de communistes. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, ces activit\u00e9s ont   \u00e9t\u00e9 relativement tol\u00e9r\u00e9es parce que le pouvoir s\u2019\u00e9tait prononc\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque   pour des mesures comme la nationalisation des terres des gros colons que nous   soutenions. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, les autorit\u00e9s mettaient des b\u00e2tons dans les   roues, r\u00e9agissant avec irritation mena\u00e7ante \u00e0 chacune de nos initiatives.   Par exemple, elles reprochaient \u00e0 notre presse d\u2019avoir fait conna\u00eetre la   charte de Tripoli, si la Charte \u00e9tait leur propri\u00e9t\u00e9 ou comme si les membres   du CNRA l\u2019avaient adopt\u00e9e seulement pour la forme et sans la destiner \u00e0   l\u2019application. Les autorit\u00e9s protestaient contre le fait que nous ne montrions   pas un enthousiasme exag\u00e9r\u00e9 pour des mesures discutables, comme les   nationalisations de petits commerces et artisanats ou la suppression des   enfants cireurs, mesure symbolique positive mais pr\u00e9sent\u00e9e par eux comme le   sommet du socialisme. Un \u00e9ditorialiste du quotidien FLN nous reprochait de   parler seulement de \u201cvoie non capitaliste\u201d alors que le FLN, lui, allait   beaucoup plus loin et se disait le champion du socialisme. Apr\u00e8s les coups de   force et les pressions contre les syndicats (dont l\u2019odieuse agression de   janvier 1963 contre le Congr\u00e8s de l\u2019UGTA), le pouvoir ne supportait pas la   moindre de nos allusions \u00e0 la d\u00e9mocratisation de la vie associative. Des   attaques plus subtiles consistaient, au nom m\u00eame du socialisme, \u00e0 reprocher au   PCA son existence, qu\u2019ils jugeaient inutile ou pr\u00e9judiciable \u00e0 l\u2019union des   forces de progr\u00e8s. On nous opposait aux communistes cubains qui, eux,   participaient \u00e0 l\u2019unification en cours des forces r\u00e9volutionnaires pour un   socialisme de classe, sous la direction de Fidel Castro. Nous leur r\u00e9pondions   : appliquez sans \u00e9quivoque des orientations de fond similaires \u00e0 celles de   Cuba, alors nous nous retrouverons organiquement ensemble comme \u00e0 Cuba.   En fin d\u00e9cembre 1962 et janvier 1963, j\u2019avais moi-m\u00eame observ\u00e9 de pr\u00e8s   l\u2019exp\u00e9rience cubaine et constat\u00e9 \u00e0 quel point le mouvement d\u2019unification \u00e0 la   base \u00e9tait d\u00e9mocratique et fortement influenc\u00e9 par les exigences l\u00e9gitimes des   travailleurs contre les courants opportunistes et \u201ckhobzistes\u201d. Les riches   villas et palais \u201cbiens vacants\u201d que chez nous les gens du \u201cnidham\u201d se   disputaient f\u00e9rocement, \u00e9taient l\u00e0-bas prioritairement attribu\u00e9es \u00e0   l\u2019h\u00e9bergement collectif des \u00e9tudiants boursiers issus de familles pauvres. La   pression sur nous \u00e9tait d\u2019autant plus forte que m\u00eame des \u00e9l\u00e9ments   progressistes du FLN s\u2019y associaient. Certains d\u2019entre eux, comme Amar   Ouzegane (dans un ouvrage au ton tr\u00e8s virulent) \u00e9taient persuad\u00e9s du r\u00f4le   messianique et ultrasocialiste du FLN. Ils relayaient des secteurs de la   gauche \u00e9gyptienne autour de Lotfi Kholli, bien en cour aupr\u00e8s de cercles FLN,   pour nous inciter fortement \u00e0 dissoudre le parti en imitant, disaient-ils, une   partie des communistes qui l\u2019auraient d\u00e9j\u00e0 fait en Egypte. Il \u00e9tait difficile   de leur faire admettre que l\u2019action collective d\u2019un parti communiste autonome   \u00e9tait plus utile pour la cause d\u00e9mocratique et sociale que les seules   interventions individuelles, \u00e0 supposer m\u00eame que l\u2019int\u00e9gration individuelle   des communistes soit souhait\u00e9e par la majorit\u00e9 des dirigeants du FLN.   L\u2019exp\u00e9rience difficile et complexe du temps de guerre, consistant \u00e0 combiner   dans la clart\u00e9 le soutien sans r\u00e9serve \u00e0 l\u2019ALN avec le maintien de l\u2019autonomie   politique du PCA, nous paraissait encore plus fond\u00e9e dans les nouvelles   conditions de l\u2019ind\u00e9pendance. J\u2019ai constat\u00e9, au fil des ann\u00e9es, que ces   pressions \u00e9taient communes, et m\u00eame synchronis\u00e9es, \u00e0 de nombreux dirigeants de   r\u00e9gimes \u00e0 parti unique. R\u00e9cemment, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un colloque, j\u2019ai appris   d\u2019un camarade \u00e9gyptien qui a v\u00e9cu les dures prisons nass\u00e9riennes pendant plus   de dix ans, que leurs ge\u00f4liers socialistes \u201csp\u00e9cifiques\u201d leur disaient aussi \u00e0   la m\u00eame \u00e9poque : \u201cpourquoi ne faites-vous pas comme les communistes alg\u00e9riens   qui ont dissous leur parti ?!\u00a0\u00bb Ce sont les m\u00eames sornettes que r\u00e9p\u00e9tera plus   tard Georges Marchais, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PCF qui \u00e0 partir de 1973 a   unilat\u00e9ralement rompu durant quinze ans toute relation avec les communistes   alg\u00e9riens, trait\u00e9s par lui de sectaires et inexistants en Alg\u00e9rie.   Plusieurs dirigeants du PCF racontaient \u00e0 leurs militants \u00e9tonn\u00e9s de l\u2019absence   des camarades alg\u00e9riens aux f\u00eates de l\u2019Humanit\u00e9, que c\u2019\u00e9tait nous-m\u00eames qui   avions demand\u00e9 \u00e0 ne pas y participer pour laisser place au FLN dans lequel   nous serions d\u00e9j\u00e0 int\u00e9gr\u00e9s ! Comment expliquer une telle aberration ? Outre la   traditionnelle m\u00e9connaissance des probl\u00e8mes chez certains dirigeants fran\u00e7ais   qui pr\u00e9tendaient tout savoir sur l\u2019Alg\u00e9rie, outre les conceptions laxistes des   eurocommunistes, il y avait aussi leur na\u00efvet\u00e9 devant les fables du virtuose   Messa\u00e2dia, dirigeant du FLN. Il flattait les dirigeants du PCF et du PCUS en   leur racontant qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 membre, dans sa jeunesse, du mouvement des   jeunes communistes et que le PAGS n\u2019\u00e9tait pas un vrai parti communiste comme   ceux de France ou de l\u2019URSS.   D\u2019autres sources nous pr\u00e9cisaient aussi le r\u00f4le des affaires commerciales et   financi\u00e8res dans ces relations interpartis sans principe. Comme l\u2019\u00e9tait aussi   la distribution de liasses de billets d\u2019avion aux repr\u00e9sentants de certains   partis arabes, pour acheter leur ti\u00e9deur envers la r\u00e9pression et les   exclusives subies par les communistes alg\u00e9riens. En v\u00e9rit\u00e9, pour revenir \u00e0 la   p\u00e9riode 1962-1965, la raison de ces pressions et tractations \u00e9tait la crainte   les dirigeants du pouvoir et du FLN de voir grandir le mouvement de masse   d\u00e9mocratique et social auquel les communistes appelaient et \u0153uvraient. Au lieu   d\u2019encourager cet \u00e9lan constructif, de s\u2019y associer y compris pour qu\u2019il ne   reste pas le monopole des communistes, ils le d\u00e9nigraient. Ils voyaient dans   la mont\u00e9e d\u2019une base sociale alg\u00e9rienne, pourtant sollicit\u00e9e et produite par   la guerre d\u2019ind\u00e9pendance, un signal d\u2019alarme pour les nouvelles couches   occupant des postes d\u2019autorit\u00e9 civils ou militaires. Les populations citadines   et rurales observaient depuis le cessez-le-feu leurs comportements pr\u00e9dateurs   et m\u00e9prisants. De fait, plus le mouvement social se dessinait, plus il se   faisait au d\u00e9triment de l\u2019emprise du FLN, parce que pr\u00e9cis\u00e9ment un grand   nombre des cadres de ce dernier se d\u00e9tournaient du mouvement social ou le   combattaient. Des centaines d\u2019exemples le montraient chaque jour. Si je parle   de cette p\u00e9riode avec plus de d\u00e9tails, c\u2019est parce que le mauvais d\u00e9part a   marqu\u00e9 tr\u00e8s n\u00e9gativement les \u00e9tapes ult\u00e9rieures.<\/div>\n<div> <font>Arezki Metref : Pouvez-vous citer des exemples ?<\/font><\/div>\n<p><font><\/p>\n<div align=\"justify\">     Sadek Hadjeres : A Gu\u00e9-de-Constantine \u00e0 cette \u00e9poque, je parlais avec   les ouvriers d\u2019une briqu\u00e8terie dont nous soutenions la gr\u00e8ve. Elle avait \u00e9t\u00e9   d\u00e9clench\u00e9e apr\u00e8s des mois de vaines d\u00e9marches pour mettre fin \u00e0 un abandon   total des pouvoirs publics envers cette entreprise que les travailleurs rest\u00e9s   sans salaires avaient pourtant gard\u00e9e productive. Quand je leur ai sugg\u00e9r\u00e9 de   former une d\u00e9l\u00e9gation aupr\u00e8s de la kasma FLN de la localit\u00e9, j\u2019ai vu leurs   visages se fermer. Un moment plus tard, leur responsable, ancien maquisard, le   teint marqu\u00e9 par la fatigue et les privations, m\u2019a pris \u00e0 part et me confie   d\u2019une voix sourde : \u201cMon fr\u00e8re, crois-moi, je te jure par Dieu, que si ce   n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 mes enfants, j\u2019aurais pris mon fusil et aurais commenc\u00e9 par le   chef de la kasma avant de retourner \u00e0 la montagne.\u201d C\u2019\u00e9tait dur d\u2019entendre \u00e7a   un an apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, un g\u00e2chis sans nom. Pourtant, \u00e0 ce moment, tout   \u00e9tait encore possible, les gens esp\u00e9raient le changement.   Dans la m\u00eame localit\u00e9, les jeunes s\u2019\u00e9taient mobilis\u00e9s, de leur propre   initiative. En sollicitant l\u2019aide de la population, ils ont am\u00e9nag\u00e9 un terrain   vague en stade de foot puis se sont engag\u00e9s avec d\u2019autres croyants du village   dans la construction d\u2019une petite mosqu\u00e9e. Les milieux conservateurs et la   section du FLN dont ils n\u2019avaient pas attendu la permission (ils savaient que   ces \u201cmass\u2019oulin\u201d depuis leurs bureaux, ni ils font eux-m\u00eames, ni ils ne vous   laissent faire) ne voyaient pas \u00e7a d\u2019un bon \u0153il. Au lieu de s\u2019y mettre eux   aussi, ils ont commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9nigrer. Et pour cause ! Les initiateurs \u00e9taient   des jeunes communistes de la cit\u00e9 La Montagne (El Harrach-Hussein-Dey), avec   des enseignants et ouvriers cheminots, y compris europ\u00e9ens, dont la s\u0153ur et le   beau-fr\u00e8re de Maurice Audin. Ces militants n\u2019\u00e9taient pas une raret\u00e9 dans le   paysage alg\u00e9rien, ils refl\u00e9taient les espoirs et le moral des centaines de   milliers de gens ordinaires, sans engagement partisan ou se reconnaissant   encore dans le FLN, qui croyaient aux vertus cr\u00e9atrices de l\u2019ind\u00e9pendance.   Pour la premi\u00e8re grande Journ\u00e9e de l\u2019arbre, visant au reboisement de   l\u2019Arbatache au-dessus du barrage du Hamiz, toute la Mitidja \u00e9tait sur les   routes. Certaines devenues impraticables aux v\u00e9hicules \u00e9taient pendant des   heures encombr\u00e9es d\u2019une foule multicolore et joyeuse se rendant \u00e0 pied comme   pour une f\u00eate vers les chantiers de montagne. Ils \u00e9taient impatients de   partager un honneur symbolique, faire pousser les arbres de la renaissance   partout o\u00f9 l\u2019\u00e9rosion ou le napalm avaient ravag\u00e9 leur pays. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque   o\u00f9 il paraissait normal et honorable que des gens aient donn\u00e9 spontan\u00e9ment une   maison, ou des femmes aient fait don de leurs bijoux pour la solidarit\u00e9   nationale, d\u2019autres un lopin de terre, un petit atelier ou commerce pour une   entreprise dite autog\u00e9r\u00e9e.   Assez rapidement, le d\u00e9s\u00e9quilibre entre la sensibilit\u00e9 populaire et l\u2019\u00e9tat   d\u2019esprit profiteur ou dominateur des milieux officiels locaux ou centraux a   commenc\u00e9 \u00e0 alourdir le climat politique. Le d\u00e9calage entre les proclamations   et les actes portait un coup \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 des instances dirigeantes d\u00e9j\u00e0   mises \u00e0 mal par la crise de l\u2019\u00e9t\u00e9 62. Ce discr\u00e9dit \u00e9tait concr\u00e8tement   mesurable en comparaison avec l\u2019accueil favorable que recevaient l\u2019action et   les propositions des communistes. Le succ\u00e8s de ces actions et initiatives nous   donnait \u00e9videmment satisfaction mais nous inqui\u00e9tait aussi. Nous sentions bien   qu\u2019il risquait de provoquer les r\u00e9actions r\u00e9pressives des cercles qui voyaient   les choses beaucoup plus sous l\u2019angle des enjeux de pouvoir que celui de   l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Dans les syndicats de travailleurs, malgr\u00e9 la   caporalisation de l\u2019UGTA en janvier 1963, nos camarades jouissaient d\u2019une   confiance grandissante et cela exer\u00e7ait une pression positive sur les   directions opportunistes ou timor\u00e9es. Les \u00e9tudiants, quant \u00e0 eux, \u00e9lisaient \u00e0   l\u2019UNEA d\u2019une fa\u00e7on totalement d\u00e9mocratique des repr\u00e9sentants et des ex\u00e9cutifs   enti\u00e8rement compos\u00e9s de nos camarades, au point que nous jugions pr\u00e9f\u00e9rable de   faire d\u00e9missionner certains d\u2019entre eux pour laisser place \u00e0 des adh\u00e9rents   FLN, dans l\u2019espoir de cultiver chez eux l\u2019esprit unitaire, faire reculer les   r\u00e9flexes h\u00e9g\u00e9monistes. L\u2019\u00e9volution d\u00e9mocratique chez les \u00e9tudiants, amorc\u00e9e   d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, s\u2019est accentu\u00e9e avec l\u2019ind\u00e9pendance. Issus, en   effet, pour la plupart de couches pauvres des villes et des campagnes, ils   d\u00e9fendaient le droit nouvellement acquis \u00e0 l\u2019enseignement sup\u00e9rieur et aux   perspectives professionnelles, cependant qu\u2019ils \u00e9taient, notamment les jeunes   filles, id\u00e9ologiquement sensibles \u00e0 une vision d\u2019\u00e9mancipation et   d\u2019\u00e9panouissement de l\u2019individu et de la soci\u00e9t\u00e9.   Les lyc\u00e9ens et les syndicats de cheminots ou d\u2019industries m\u00e9caniques   constituaient ensemble des \u00e9quipes du \u201cCAREC\u201d qui se rendaient volontairement   dans les campagnes pour aider les paysans \u00e0 r\u00e9parer leurs tracteurs et   r\u00e9soudre nombre de leurs probl\u00e8mes. Dans l\u2019enseignement, de nombreux   p\u00e9dagogues revenus \u00e0 la libert\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s ou exil\u00e9s par les   colonialistes pour leur engagement patriotique et communiste, remettaient en   marche l\u2019\u00e9ducation en formant sur le tas et dans l\u2019urgence des centaines de   moniteurs et monitrices d\u2019enseignement. Contrairement \u00e0 des appr\u00e9ciations,   selon lesquelles ces activit\u00e9s militantes jouissaient de la bienveillance des   autorit\u00e9s en \u00e9change de leur \u201c ralliement \u201c au pouvoir de Ben Bella, c\u2019est le   contraire qui \u00e9tait le plus fr\u00e9quent. Ces appr\u00e9ciations \u00e9taient r\u00e9pandues   sciemment par certains pour nuire ou par manque d\u2019information pour d\u2019autres.   Ainsi, des journalistes ou diplomates \u00e9trangers ou des responsables de partis   fr\u00e8res arabes se bousculaient aupr\u00e8s de nos dirigeants ou d\u2019 Alger R\u00e9publicain   dans l\u2019espoir d\u2019intervenir en faveur de leurs probl\u00e8mes aupr\u00e8s de Ben Bella ou   de ministres comme si nous avions porte ouverte chez eux. Or, en r\u00e8gle   g\u00e9n\u00e9rale, nos militants se heurtaient \u00e0 des obstacles allant de l\u2019indiff\u00e9rence   (pour d\u00e9courager) \u00e0 l\u2019hostilit\u00e9 calomnieuse, la malveillance et m\u00eame la   r\u00e9pression insidieuse ou d\u00e9clar\u00e9e. C\u2019est seulement une fois l\u2019influence des   progressistes bien assise dans un secteur, que les autorit\u00e9s affichaient   envers eux une bienveillance int\u00e9ress\u00e9e, pour capter leur soutien.   Ainsi, Ben Bella puis Boumediene (avant 1965) ont, \u00e0 partir d\u2019un moment,   rivalis\u00e9 d\u2019attentions envers les dirigeants UNEA ou envers Alger R\u00e9publicain,   leur d\u00e9l\u00e9guant aussi des sp\u00e9cialistes en manigances, le plus notoire \u00e9tant un   politicien tortueux bien connu qui jouait avec les deux leaders double jeu (ou   m\u00eame triple, en tablant sur des avantages escompt\u00e9s pour lui-m\u00eame et sa   carri\u00e8re). Il arrivait aussi qu\u2019ils (y compris Ben Bella) adressent de grands   compliments pour nos activit\u00e9s syndicales, dans le seul but de conna\u00eetre   l\u2019implantation de nos cadres syndicaux et donner des consignes pour les   \u00e9liminer des rouages \u00e9lectifs ou les corrompre. Nous, nous agissions avec la   mentalit\u00e9 d\u2019un vrai front \u00e0 \u00e9difier de la base vers le sommet pour servir   l\u2019int\u00e9r\u00eat du pays et des travailleurs ; eux, qui nous consid\u00e9raient comme   na\u00effs, sp\u00e9culaient en termes de forces \u00e0 verser \u00e0 leurs clans pour conserver   le pouvoir ou le conqu\u00e9rir. Les \u00e9pisodes les plus dangereux pour nous \u00e9taient   paradoxalement ceux o\u00f9 nous remportions des succ\u00e8s plus importants dans   l\u2019\u00e9largissement de la base sociale du parti. Ils \u00e9taient per\u00e7us par eux comme   une menace pour leur pouvoir. Certains exag\u00e9raient m\u00eame de fa\u00e7on alarmiste nos   progr\u00e8s comme autant de dangers.   Deux exemples significatifs. Le premier a beaucoup et presque directement pes\u00e9   sur l\u2019interdiction du PCA quelques semaines plus tard. En octobre 1962, lors   de la grave tension au bord de la guerre entre les USA et Cuba, le PCA a   organis\u00e9 deux meetings de solidarit\u00e9 envers Cuba \u00e0 Alger et Blida. Le succ\u00e8s   nous a litt\u00e9ralement surpris : salles combles jusque dans la rue, enthousiasme   des jeunes, nombreux \u00e0 affluer le lendemain vers nos locaux, croyant que nous   recrutions des volontaires pour Cuba. Mais une surprise beaucoup plus grande   nous attendit les jours suivants. Le FLN, piqu\u00e9 par ces succ\u00e8s, d\u00e9cida lui   aussi deux meetings dans les m\u00eames localit\u00e9s. Ce fut un fiasco total. Du coup,   le troisi\u00e8me meeting que je devais tenir \u00e0 S\u00e9tif sur l\u2019invitation de la   jeunesse de cette ville fut purement et simplement interdit. Ce fut le d\u00e9but   de saisies de fait (non notifi\u00e9es ou justifi\u00e9es officiellement) de notre   hebdomadaire Al-Hourriya. Puis ce fut l\u2019interdiction tandis que Ben Bella se   r\u00e9pandait en explications de tous c\u00f4t\u00e9s (notamment vers son \u201cami\u201d Fidel   Castro) pour jurer que la mesure \u00e9tait d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral et ne rev\u00eatait aucun   caract\u00e8re anticommuniste. J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit comment le PCA a n\u00e9anmoins poursuivi   ses activit\u00e9s dans des formes plus souples. Le climat national (premi\u00e8res   nationalisations des terres, etc.) nous \u00e9tait plus favorable ainsi que le   climat international (le PCUS, avec Khrouchtchev, s\u2019\u00e9tait publiquement associ\u00e9   \u00e0 notre protestation).   La deuxi\u00e8me menace sous le pouvoir de Ben Bella contre le PCA a \u00e9t\u00e9 beaucoup   plus s\u00e9rieuse et fut assum\u00e9e sous des pressions ouvertement plus   r\u00e9actionnaires, derri\u00e8re l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 traditionnelle du FLN. Il venait en son   Congr\u00e8s de 1964 d\u2019adopter la Charte d\u2019Alger qui, en fa\u00e7ade se disait   socialiste, scientifique et en faveur des masses laborieuses. Alors qu\u2019en   novembre 1962, c\u2019est avec un embarras extr\u00eame que Medeghri, ministre de   l\u2019Int\u00e9rieur avait notifi\u00e9 l\u2019interdiction du PCA \u00e0 Larbi Bouhali, premier   secr\u00e9taire, en 1964, une majorit\u00e9 de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s au Congr\u00e8s FLN ne se g\u00eanaient   pas pour exhaler leurs objectifs r\u00e9actionnaires en exigeant l\u2019interdiction du   quotidien Alger R\u00e9publicain, au nom de l\u2019unicit\u00e9 du parti et de la presse   nationale. L\u2019objectif \u00e9tait \u00e9videmment \u00e0 la fois de bloquer la mont\u00e9e du   mouvement social \u00e0 la base \u00e0 travers la presse et les militants qui en \u00e9taient   les meilleurs d\u00e9fenseurs et de dissuader l\u2019aile du pouvoir ouverte au progr\u00e8s   social, m\u00eame de fa\u00e7on incons\u00e9quente, d\u2019aller plus loin. Une fois de plus,   Alger R\u00e9publicain inqui\u00e9tait par ses progr\u00e8s continus face \u00e0 une presse FLN   qui n\u2019arrivait pas \u00e0 d\u00e9coller. Ce sera ult\u00e9rieurement une des motivations   d\u2019une grande partie des conjur\u00e9s et auteurs du coup d\u2019Etat du 19 Juin. Ce   n\u2019\u00e9tait pas un probl\u00e8me de moyens mat\u00e9riels et humains, dont Alger R\u00e9publicain   \u00e9tait cruellement d\u00e9muni, mais le fait que les sacrifices et les orientations   de ses r\u00e9dacteurs et diffuseurs r\u00e9pondaient aux aspirations de la soci\u00e9t\u00e9,   m\u00eame si le quotidien, comme l\u2019affirmait sa devise, \u00e9tait contraint de ne pas   dire \u201ctoute la v\u00e9rit\u00e9\u201d.<\/div>\n<div> <font>Arezki Metref : En qualit\u00e9 de secr\u00e9taire du PAGS, vous   avez envoy\u00e9 en 1968 un message \u00e0 Boumediene. Pourquoi et qu\u2019y disiez-vous ?<\/font><\/div>\n<p><font><\/p>\n<div align=\"justify\">     Sadek Hadjeres : La lettre date du 14 septembre 1968. Nous l\u2019avons   diffus\u00e9e trois ou quatre mois plus tard sans y changer une virgule, apr\u00e8s que   Boumediene en ait fait \u00e9tat de fa\u00e7on un peu ambigu\u00eb dans un discours au cin\u00e9ma   Atlas, meeting d\u2019ailleurs assez chahut\u00e9 par l\u2019assistance jeune et \u00e9tudiante   qui scandait des mots d\u2019ordre du PAGS. La lettre fut r\u00e9dig\u00e9e et envoy\u00e9e \u00e0 une   p\u00e9riode o\u00f9 une vague d\u2019arrestations (suivies de tortures de nombreux   camarades) avait pass\u00e9 au peigne fin tout l\u2019Alg\u00e9rois dans l\u2019espoir de   d\u00e9capiter le parti. Je pense republier cette lettre un de ces jours parce   qu\u2019elle \u00e9clairerait pour les jeunes g\u00e9n\u00e9rations la question que vous posez. Le   but \u00e9tait de clarifier notre position par rapport \u00e0 un pouvoir qui disait se   r\u00e9clamer du socialisme et dont les pratiques s\u2019en prenaient avec une   particuli\u00e8re brutalit\u00e9 aux militants politiques, syndicaux et associatifs qui   d\u00e9fendaient cette option.   En fait, il \u00e9tait perceptible \u00e0 tout observateur que le pouvoir \u00e9tait travers\u00e9   de courants contradictoires. Une bataille sourde s\u2019y menait autour de   certaines mesures d\u2019int\u00e9r\u00eat national et social et c\u2019est sur ce terrain que   nous nous placions, au-del\u00e0 de notre vive d\u00e9nonciation de la r\u00e9pression   d\u00e9cha\u00een\u00e9e. Nous n\u2019avions pas \u00e0 rentrer dans les querelles internes du pouvoir   mais nous nous battions sur tous les terrains pour que la r\u00e9sultante globale   des orientations du pouvoir se d\u00e9gage davantage des pressions r\u00e9actionnaires.   La lettre abordait les probl\u00e8mes dans leur ensemble, sans cacher notre volont\u00e9   d\u2019\u00e9difier le PAGS communiste de fa\u00e7on autonome, dans la perspective d\u2019un   socialisme tel que nous le concevions. J\u2019expliquais que cette pr\u00e9occupation   allait dans le sens de l\u2019int\u00e9r\u00eat national. Elle n\u2019\u00e9tait pas contradictoire   avec le souci unitaire d\u2019\u00e9difier un front uni, tourn\u00e9 vers l\u2019\u00e9dification, que   nous ne confondions pas, comme nous le disions toujours, avec un parti unique.   Nous expliquions ces raisons de fond, sans double langage. La lettre n\u2019\u00e9tait   pas seulement \u00e0 usage externe, elle a longtemps servi de document d\u2019\u00e9ducation   et de discussion pour les cadres et la base militante.   Deux points forts me sont rest\u00e9s en m\u00e9moire. Le premier pr\u00e9venait que si les   instances r\u00e9pressives pouvaient certes remporter des succ\u00e8s policiers, cet   avantage technique ne serait qu\u2019un d\u00e9sastre politique pour le pays et pour les   objectifs que Boumediene disait publiquement d\u00e9fendre. Je soulignais aussi que   si le pouvoir venait \u00e0 s\u2019engager sur des terrains que nous jugions b\u00e9n\u00e9fiques   pour le pays tels que les nationalisations des grands secteurs \u00e9conomiques et   la restructuration, la r\u00e9forme agraire dans les campagnes, il nous trouverait   \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s pour les d\u00e9fendre. A ses c\u00f4t\u00e9s et non \u00e0 sa remorque. Que de choses   n\u2019a-t-on racont\u00e9es sur le \u201cralliement\u201d des communistes \u00e0 Boumediene. Qui donc   s\u2019est ralli\u00e9 aux orientations de l\u2019autre ? C\u2019est trois ans plus tard, \u00e0 partir   de 1971, que des mesures effectives d\u2019envergure ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre prises   dans ce sens. Nous les avons soutenues, par principe, parce que c\u2019\u00e9taient nos   orientations, et non pour respecter des promesses, alors que le FLN freinait   des quatre fers contre ces mesures. Dans la lettre \u00e0 Boumediene, nous ne   demandions rien pour nous-m\u00eames, sinon le respect des droits et aspirations,   d\u00fb \u00e0 tous les Alg\u00e9riens, reconnus par surcro\u00eet dans les textes officiels de la   guerre de Lib\u00e9ration ou d\u2019apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance. La lettre \u00e9tait tout le   contraire d\u2019une offre de services : ni marchandages ni pourparlers auxquels se   livraient tant d\u2019opposants dans leurs va-et-vient entre r\u00e9bellions \u00e0 grands   fracas suivies de retours discrets au bercail. Nos principes expos\u00e9s au grand   jour, nous les avons d\u00e9fendus jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils aient fait leur chemin puis se   concr\u00e9tisent \u00e0 l\u2019encontre des forces hostiles.   Arezki Metref : On dit que le PAGS avait pass\u00e9 un contrat avec Boumediene : en   \u00e9change de votre \u201csoutien critique\u201d, il vous tol\u00e9rerait. Qu\u2019en est-il   r\u00e9ellement ?   Sadek Hadjeres : Il n\u2019y a jamais eu quelque chose qui ressemble \u00e0 un contrat   ou un quelconque marchandage. Parlons de faits politiques et non de rumeurs   int\u00e9ress\u00e9es. Pourquoi ferions-nous des tractations ? Nous n\u2019avions nul besoin   d\u2019un accord du pouvoir pour d\u00e9finir et appliquer en toute autonomie une   politique \u00e0 la fois de principe et r\u00e9aliste, fond\u00e9e sur des int\u00e9r\u00eats de classe   et nationaux clairement assum\u00e9s. Quand on a choisi la r\u00e9sistance ill\u00e9gale et   clandestine, c\u2019\u00e9tait justement pour d\u00e9fendre notre ind\u00e9pendance d\u2019opinion et   de d\u00e9cision tant qu\u2019elles ne pouvaient pas s\u2019exprimer d\u2019une autre fa\u00e7on. Ce   serait du masochisme ou de la schizophr\u00e9nie d\u2019endurer pendant de longues   ann\u00e9es tous les inconv\u00e9nients d\u2019une clandestinit\u00e9 et en m\u00eame temps mendier la   tol\u00e9rance. Nous revendiquions un droit et non la complaisance ou la   r\u00e9compense, nous appelions \u00e0 la raison pour l\u2019action dans l\u2019int\u00e9r\u00eat commun   national. La \u201ctol\u00e9rance\u201d ou non d\u00e9pend des efforts qu\u2019on d\u00e9ploie pour la faire   respecter et aussi d\u2019un minimum de convergences ou non des positions d\u00e9fendues   de part et d\u2019autre. La formule de \u201csoutien critique\u201d qu\u2019on retrouve souvent   chez les commentateurs est en elle-m\u00eame ambigu\u00eb, rigide, comme si elle   d\u00e9finissait un moule pour toutes les situations et probl\u00e8mes. Nous avons   toujours appel\u00e9 militants et citoyens \u00e0 juger aux actes (\u00e0 mon sens, c\u2019est   l\u2019ABC d\u2019une position marxiste). Ni nous supplions, ni ne voulons imposer :   nous cherchons \u00e0 formuler nos appels \u00e0 l\u2019action unie de fa\u00e7on r\u00e9aliste, en   \u00e9valuant comment les positions des autres formations et milieux (officiels ou   non, \u00e0 la base ou au sommet) convergent ou divergent avec les n\u00f4tres. Au cas   par cas.   Par exemple, l\u2019aspect soutien peut l\u2019emporter, pour la nationalisation des   hydrocarbures. Par contre, notre critique ou opposition se dresse contre des   actes r\u00e9pressifs ou limitant les libert\u00e9s syndicales. On peut certes se   tromper sur tel ou tel cas, dans un sens opportuniste ou sectaire, mais la   d\u00e9marche est tout le contraire de marchandages. La \u201ctol\u00e9rance\u201d limit\u00e9e que   nous avons impos\u00e9e pour nos activit\u00e9s n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un cadeau des pouvoirs, ce   n\u2019est pas du \u201cdonnant, donnant\u201d de petite \u201cboulitik\u201d. C\u2019est le r\u00e9sultat   d\u2019\u00e9volutions dans les rapports de force et les opinions, nous la faisions   respecter aussi par le caract\u00e8re responsable et non d\u00e9magogique que nous   cherchions \u00e0 donner \u00e0 nos initiatives et actions. Ce n\u2019\u00e9tait pas pour les   beaux yeux de l\u2019administration que nos camarades se mobilisaient dans les   volontariats \u00e0 la campagne, aux c\u00f4t\u00e9s des paysans, partageant leurs dures   conditions de vie, s\u2019exposant aux r\u00e9pressions ouvertes ou insidieuses des   services et milieux hostiles. N\u00e9anmoins, le jugement au cas par cas n\u2019exclut   pas une appr\u00e9ciation globale sur les positions d\u2019ensemble et les \u00e9volutions du   r\u00e9gime : n\u00e9gative envers le coup d\u2019Etat et ses suites, plus positive quand il   s\u2019est rapproch\u00e9 des besoins sociaux, nettement n\u00e9gative quand les orientations   de Chadli ont commenc\u00e9 franchement \u00e0 d\u00e9truire ou r\u00e9primer des acquis sociaux,   d\u00e9mocratiques ou nationaux.   Ce n\u2019est pas une pr\u00e9f\u00e9rence ou une r\u00e9pulsion pour des personnes ou des clans,   il s\u2019agit d\u2019encourager ou de dissuader des positionnements en fonction de   crit\u00e8res bien clairs. Deux exemples : En 1974, nous avons \u00e0 notre propre et   seule initiative d\u00e9cid\u00e9 de faire revenir \u00e0 la vie l\u00e9gale, quels qu\u2019en soient   les risques, un peu moins d\u2019une dizaine de nos cadres ou militants de base.   Ils \u00e9taient \u00e9puis\u00e9s par neuf ann\u00e9es de clandestinit\u00e9, avec des probl\u00e8mes   familiaux ou de sant\u00e9 s\u00e9rieux alors qu\u2019ils pouvaient \u0153uvrer plus utilement au   grand jour. Le climat y \u00e9tait plus favorable car la pression des opinions   nationale et internationale, l\u2019\u00e9volution du pouvoir apr\u00e8s les nationalisations   et la r\u00e9forme agraire, etc, avaient fait reculer les courants les plus   r\u00e9pressifs. Soucieux d\u2019\u00e9viter des complications et provocations envers nos   camarades (qui ont d\u2019ailleurs eu lieu, pour Mustapha Ka\u00efd, par exemple), nous   en avons inform\u00e9 de notre d\u00e9cision Boumediene par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un parent   de Benzine. Il a fait savoir par le m\u00eame canal qu\u2019il n\u2019y voyait pas   d\u2019emp\u00eachement, y compris pour la sortie de tous les clandestins, dont Sadek,   mais qu\u2019il ne sera nullement question de remettre en cause le \u201cprincipe\u201d du   parti unique. Nous avons maintenu notre d\u00e9cision de sortie sans accepter la   condition quel qu\u2019en soit le risque pour les camarades sortants. Et pour qu\u2019il   n\u2019y ait aucune \u00e9quivoque, nous avons trouv\u00e9 la fa\u00e7on de souligner que pour   nous aussi, il n\u2019\u00e9tait nullement question de renoncer au droit de notre parti   \u00e0 son existence, \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression et d\u2019organisation. Pour le   confirmer, plusieurs camarades dont moi-m\u00eame, qui avions autant de probl\u00e8mes   de sant\u00e9 et familiaux que les autres, sommes rest\u00e9s quinze ans suppl\u00e9mentaires   dans la clandestinit\u00e9. Je dis bien quinze, en plus des neuf ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es,   jusqu\u2019\u00e0 1989.   Au m\u00eame moment, une gr\u00e8ve se d\u00e9roulait \u00e0 la SNS Emballages M\u00e9talliques   (ex-Carnot) \u00e0 Gu\u00e9-de- Constantine, dirig\u00e9e par \u201cRamdane\u201d, un camarade   courageux et aim\u00e9 des ouvriers. Des repr\u00e9sentants de la S\u00e9curit\u00e9 militaire se   sont rendus chez Bachir Hadj Ali (revenu, depuis quelque temps, des prisons et   r\u00e9sidences surveill\u00e9es) pour lui faire comprendre que les autorit\u00e9s   souhaitaient que nous intervenions pour assouplir la position des gr\u00e9vistes.   L\u2019allusion \u00e9tait claire au probl\u00e8me en suspens de nos camarades clandestins   non encore sortis \u00e0 la l\u00e9galit\u00e9. Pour nous, la gr\u00e8ve \u00e9tait juste. Elle   paraissait si importante dans le climat politique du moment que, pour marquer   notre refus de tout marchandage ou compromission, et contrairement aux   habitudes de retenue de notre parti en pareil cas (pour ne pas g\u00eaner les   gr\u00e9vistes durant leur action) nous avons diffus\u00e9 sp\u00e9cialement un tract   appelant \u00e0 poursuivre et intensifier notre solidarit\u00e9 envers cette gr\u00e8ve, en   expliquant les raisons de fond sociales et nationales de ce soutien. La gr\u00e8ve   s\u2019est poursuivie plus forte que jamais, les travailleurs et nous-m\u00eames n\u2019avons   pas marchand\u00e9 une fausse \u201cpaix sociale\u201d !   Voil\u00e0 le genre de faits que les rumeurs ne rapportent pas, profitant de ce que   depuis des d\u00e9cennies nous sommes priv\u00e9s des moyens minima d\u2019informer nos   concitoyens. Quelles sont les origines et les motivations des \u201crumeurs\u201d ? A   c\u00f4t\u00e9 de ceux qui ramassent et colportent passivement tout ce qui r\u00e9jouit leur   temp\u00e9rament ou leurs opinions, plusieurs sortes de milieux fabriquent ou   diffusent des rumeurs avec des intentions. Les d\u00e9clarations et gestes des   dirigeants du PCF qui chantaient les louanges du FLN et voulaient justifier   leur capitulation int\u00e9ress\u00e9e devant ce syst\u00e8me, nous ont port\u00e9 un tort   consid\u00e9rable. En effet, de nombreux compatriotes nous attribuaient les m\u00eames   positions. Etant donn\u00e9 nos traditions de solidarit\u00e9 internationaliste et les   pr\u00e9jug\u00e9s et pratiques d\u00e9pass\u00e9es des ann\u00e9es d\u2019\u00e9dification du PCA de 1936 \u00e0   1946, ils n\u2019imaginaient pas que les communistes alg\u00e9riens pouvaient avoir des   positions diff\u00e9rentes ou m\u00eame contraires \u00e0 celles du PCF. D\u2019autres partis   communistes au pouvoir, qui comprenaient mieux nos positions, quand ils   faisaient l\u2019\u00e9loge de la coop\u00e9ration et de l\u2019amiti\u00e9 d\u2019Etat \u00e0 Etat avec   l\u2019Alg\u00e9rie, laissaient planer la confusion du fait que leurs d\u00e9clarations ne   mentionnaient pas les relations entre nos partis, tenues \u00e0 la discr\u00e9tion alors   que les relations de leurs partis avec le FLN \u00e9taient publiques.   Autre chose : en Alg\u00e9rie m\u00eame, il y avait les milieux de la police politique   ou influenc\u00e9s par elle qui utilisaient ces rumeurs de complicit\u00e9 ou connivence   avec Boumediene pour faciliter leurs propres pratiques. Des responsables   administratifs ou \u00e9conomiques, voulant faire passer leurs orientations   antisociales ou arbitraires en se pr\u00e9tendant myst\u00e9rieusement proches du PAGS,   les pr\u00e9sentaient comme un besoin de discipline souhait\u00e9e par la direction du   parti au nom de l\u2019\u00e9dification nationale. D\u2019autres encore, infiltr\u00e9s ou non   dans les rouages du PAGS, utilisaient la confusion pour recruter \u00e0 leurs   services policiers des militants ou sympathisants du parti au nom d\u2019int\u00e9r\u00eats   communs et d\u2019efficacit\u00e9 dans la lutte anti-imp\u00e9rialiste, etc. Un ancien du   volontariat des jeunes m\u2019a dit que, durant leurs campagnes, un de ces   \u201cresponsables\u201d se pr\u00e9valait d\u2019un march\u00e9 conclu entre Boumediene et le PAGS,   pour lui expliquer la consigne du parti (tout \u00e0 fait justifi\u00e9e) de ne pas   recruter de paysans au PAGS en se pr\u00e9valant du titre et des activit\u00e9s du   volontariat. Quand je me suis renseign\u00e9 quel \u00e9tait ce responsable, il s\u2019est   av\u00e9r\u00e9 \u00eatre un agent av\u00e9r\u00e9 des services. Ayant remarqu\u00e9 \u00e0 travers des rapports   d\u2019activit\u00e9 ses comportements suspects, je l\u2019avais signal\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises   durant les ann\u00e9es de clandestinit\u00e9 comme un policier potentiel qu\u2019il \u00e9tait   pr\u00e9f\u00e9rable de mettre sur des voies de garage. La na\u00efvet\u00e9 ou des complicit\u00e9s \u00e0   divers \u00e9chelons ont fait que j\u2019ai retrouv\u00e9 plusieurs fois sa trace \u00e0 des   postes de responsabilit\u00e9 de plus en plus \u00e9lev\u00e9s, y compris \u00e0 un \u00e9chelon de   direction r\u00e9gionale lors du retour \u00e0 la vie l\u00e9gale. Lors de la crise de   1990-91, il a \u00e9t\u00e9 de ceux qui, dans la presse publique, ont orchestr\u00e9 avec   z\u00e8le la destruction du PAGS. Terminons cette s\u00e9rie des confusions instaur\u00e9es   dans l\u2019opinion, par la candeur inconsciente avec laquelle des responsables ou   personnalit\u00e9s du PAGS s\u2019affichaient publiquement, malgr\u00e9 nos remarques   r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, avec des agents notoires des services de s\u00e9curit\u00e9 charg\u00e9s de coller   \u00e0 eux et \u00e0 leur entourage.<\/div>\n<div> <font>Arezki Metref : Comment a-t-on ressenti au PAGS la   disparition de Boumediene ?<\/font><\/div>\n<div align=\"justify\">     Sadek Hadjeres : Comme une lourde perte pour le pays, en d\u00e9pit des critiques   que nous adressions au style autoritaire de son r\u00e9gime, pr\u00e9judiciable m\u00eame aux   avanc\u00e9es qu\u2019il avait amorc\u00e9es. Le PAGS \u00e9tait rest\u00e9 interdit et plusieurs   d\u2019entre nous toujours clandestins. Sentimentalement, nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9mus par   la vague des r\u00e9actions d\u2019affection envers Boumediene, elles exprimaient   spontan\u00e9ment la peine et les interrogations des simples gens. Malgr\u00e9 les   m\u00e9contentements, ils lui semblaient reconnaissants de leur avoir donn\u00e9 des   \u00e9l\u00e9ments de dignit\u00e9 ou des raisons confuses d\u2019espoir. C\u2019est politiquement que   nous \u00e9tions inquiets pour les suites d\u2019une perte survenue \u00e0 un moment critique   (dans l\u2019opinion, il y a eu des interrogations et rumeurs sur les causes de sa   maladie). Dans des confidences \u00e0 ses proches lors de ses derniers d\u00e9placements   officiels, Boumediene paraissait sceptique sur la r\u00e9novation d\u2019un parti FLN \u00e0   court terme (pas moins de quinze ans, estimait-il). En m\u00eame temps, \u00e0 propos du   congr\u00e8s de ce parti qui pointait \u00e0 un horizon non encore pr\u00e9cis\u00e9, des   intentions de changements lui \u00e9taient pr\u00eat\u00e9es dans le sens d\u2019un   assouplissement et contr\u00f4le du r\u00e9gime. Ces rumeurs semblaient confort\u00e9es par   une certaine d\u00e9mocratisation et une plus grande libert\u00e9 d\u2019action acquises dans   le fonctionnement des organisations de masse, depuis que Messa\u00e2dia, le   caporalisateur en chef avait \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9 de la direction du FLN et remplac\u00e9 par   Yahiaoui. Ce dernier apparaissait comme un populiste aux contours flous   affichant des opinions de progr\u00e8s.   Au plan \u00e9conomique, des d\u00e9clarations, notamment de Bela\u00efd Abdesselam   semblaient annoncer un bilan autocritique et une r\u00e9vision positive des   s\u00e9rieuses tares que le PAGS critiquait depuis longtemps, comme le gigantisme   et des fuites en avant fortement inspir\u00e9es par les monopoles occidentaux qui y   trouvaient leur compte ; ainsi que le d\u00e9laissement du social et l\u2019hostilit\u00e9 au   mouvement syndical dont il poursuivait avec acharnement la domestication. Ces   intentions de r\u00e9formes auraient-elles eu quelque avenir si Boumediene \u00e9tait   rest\u00e9 en vie ? La question se posait du fait des difficult\u00e9s et dangers de   l\u2019environnement international et des oppositions ouvertes ou plus sourdes   \u00e9manant de l\u2019ext\u00e9rieur et de l\u2019int\u00e9rieur du pouvoir visant simultan\u00e9ment aussi   bien les pratiques autoritaires que les vell\u00e9it\u00e9s timides de d\u00e9mocratisation.   Nos craintes n\u2019ont pas tard\u00e9 \u00e0 se confirmer.<\/div>\n<div> <font>3. LES ANNEES CHADLI, DEBUT DE LA FIN ?<\/font><\/div>\n<div> <font>Arezki Metref : Chadli a vite montr\u00e9 le glissement \u00e0   droite ?<\/font><\/div>\n<p><font><\/p>\n<div>     Sadek Hadjeres : Les premi\u00e8res mesures de Chadli montraient une   accentuation des tendances n\u00e9gatives qui marquaient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9c\u00e9demment le   r\u00e9gime, mais opprim\u00e9s et des exploit\u00e9s. La modernit\u00e9, la mise \u00e0 jour, pour les   communistes, ne consiste pas \u00e0 inventer des projets qui mettent les peuples et   les travailleurs \u00e0 la remorque des exploiteurs. Elle consiste \u00e0 inventorier en   quoi et comment l\u2019exploitation capitaliste cherche \u00e0 se perp\u00e9tuer, en quoi et   comment les approches bureaucratiques et h\u00e9g\u00e9monistes, qui ne sont pas le   monopole des syst\u00e8mes capitalistes, peuvent aussi pervertir, freiner et m\u00eame   an\u00e9antir temporairement et localement les approches progressistes et   communistes. Les probl\u00e8mes de gestion et des m\u00e9canismes du pouvoir ont \u00e9t\u00e9 une   question relativement neuve pour les communistes dans la p\u00e9riode ouverte avec   succ\u00e8s par la r\u00e9volution d\u2019octobre 1917. L\u2019exp\u00e9rience acquise depuis confirme   qu\u2019elle doit \u00eatre approfondie dans le sens d\u00e9mocratique qui est la raison   d\u2019\u00eatre de ce mouvement. L\u2019organisation est-elle et doit-elle rester un   instrument au service du mouvement social ou bien se transforme-t-elle   fatalement en appareil de contr\u00f4le et de domination sur le mouvement social ?   Il \u00e9tait grand temps pour que les m\u00e9canismes d\u2019interactions entre la base   sociale et les organisations militantes ou institutionnelles soient \u00e9tudi\u00e9s et   ma\u00eetris\u00e9s ; pour que le communisme soit, comme le concevait Marx, r\u00e9ellement   le mouvement social de l\u2019Histoire et ne se pervertisse pas, comme dans les   syst\u00e8mes exploiteurs o\u00f9 ces d\u00e9rives sont structurelles, en ph\u00e9nom\u00e8nes qui se   sont retourn\u00e9s contre les int\u00e9r\u00eats de ce mouvement. Prenons le simple exemple   du centralisme d\u00e9mocratique. Il est pleinement valable tant qu\u2019il implique \u00e0   la fois le d\u00e9bat r\u00e9el et la discipline dans l\u2019application des orientations   majoritaires librement adopt\u00e9es. La d\u00e9ficience \u00e0 corriger est que les points   de vue, y compris ceux non adopt\u00e9s, doivent \u00eatre port\u00e9s \u00e0 la connaissance de   toute la base militante. C\u2019est la condition majeure pour que les organisations   s\u2019am\u00e9liorent au fur et \u00e0 mesure des exp\u00e9riences, \u00e0 la lumi\u00e8re des succ\u00e8s ou   \u00e9checs rencontr\u00e9s.   Arezki Metref : Vous restez donc communiste ?   Sadek Hadjeres : Dans \u201crester\u201d, il y a un risque de comprendre ce choix comme   un attachement conservateur \u00e0 tout ce qui a \u00e9t\u00e9 dit, fait et pens\u00e9 au nom du   communisme. Mais continuer, ce n\u2019est pas non plus faire n\u2019importe quoi au nom   de l\u2019innovation, c\u2019est-\u00e0-dire rejeter ce qu\u2019il y a eu de meilleur dans les   combats et les r\u00e9alisations pass\u00e9es. Ce n\u2019est pas non plus forc\u00e9ment ou   seulement endosser une \u00e9tiquette, un parti, un titre, exercer une   responsabilit\u00e9 op\u00e9rationnelle ou organique. Bien entendu, on ne peut rien   faire sans organisation, mais tout d\u00e9pend si le type et le fonctionnement de   l\u2019organisation se conforment ou non aux orientations d\u00e9mocratiques et sociales   proclam\u00e9es. Mon engagement de fond demeure, m\u00eame s\u2019il ne s\u2019identifie pas \u00e0 une   int\u00e9gration organique quelconque. J\u2019annon\u00e7ais clairement ce souhait plusieurs   ann\u00e9es avant le retour \u00e0 la l\u00e9galit\u00e9 \u00e0 des camarades qui consid\u00e9raient avec   int\u00e9r\u00eat ce projet personnel de reconversion militante sous d\u2019autres formes. Je   l\u2019ai confirm\u00e9 par \u00e9crit plus d\u2019un mois avant le Congr\u00e8s et m\u2019y tiendrai, en   fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019engagement communiste.   Arezki Metref : Avez-vous des fiert\u00e9s particuli\u00e8res ou des regrets en   particulier ?   Sadek Hadjeres : Une fiert\u00e9 m\u2019a toujours aid\u00e9 \u00e0 vivre les pires moments. Celle   de ne jamais avoir accept\u00e9 l\u2019injustice, l\u2019arbitraire. D\u2019\u00eatre rest\u00e9 sensible au   sort de mes semblables. De pouvoir regarder en face mes compatriotes ou   camarades et garder un sourire amical pour ceux qui n\u2019ont pu \u00e9viter d\u2019\u00eatre   abus\u00e9s ou contraints \u00e0 des renoncements momentan\u00e9s ou durables. Je me dis et   le dis \u00e0 ceux avec qui nous avons partag\u00e9 les \u00e9preuves : il ne sert \u00e0 rien de   larmoyer face aux revers, \u00e7a n\u2019avancera pas d\u2019un centim\u00e8tre la cause et les   esp\u00e9rances qui sont encore tapies en nous. Ce qui compte : s\u2019instruire de nos   exp\u00e9riences, en discuter et en instruire ceux qui n\u2019en ont pas eu   suffisamment. J\u2019en ressens la pressante importance, car le trajet perturb\u00e9 du   mouvement social et communiste en Alg\u00e9rie n\u2019a pas permis \u00e0 beaucoup de nos   devanciers de laisser \u00e0 ma propre g\u00e9n\u00e9ration les riches enseignements de leurs   luttes.   Quant aux regrets, il n\u2019en manque pas. L\u2019important est qu\u2019ils ne soient pas   paralysants. D\u2019abord, et c\u2019est le cas de tous les humains honn\u00eates, que les   choses souhait\u00e9es n\u2019aient pas avanc\u00e9 plus vite, dans le monde et chez nous.   Personnellement, il m\u2019a co\u00fbt\u00e9 beaucoup aussi de ne pas avoir men\u00e9 plus loin   les travaux scientifiques prometteurs de ma jeunesse. Mais la lutte sociale,   avec ses satisfactions et ses d\u00e9boires, est intellectuellement tout aussi   passionnante et moralement r\u00e9confortante. Un regret m\u2019a tortur\u00e9 depuis que mon   engagement social commenc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quinze ans est devenu plus pouss\u00e9 du   fait des circonstances successives et a aval\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment de ce \u00e0 quoi aspire   tout \u00eatre humain. Je n\u2019ai pas pu ou su donner aux \u00eatres chers que j\u2019ai aim\u00e9s   et \u00e0 mes parents, \u00e0 mes fr\u00e8res, s\u0153urs et enfants, autant d\u2019affection, de temps   et d\u2019attention, y compris aux moments cruciaux o\u00f9 ils auraient eu le plus   besoin de moi.   Une chose m\u2019aide, non pas \u00e0 att\u00e9nuer ces regrets mais \u00e0 vivre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019eux.   L\u2019id\u00e9e que j\u2019ai contribu\u00e9, \u00e0 ma mesure, \u00e0 des avanc\u00e9es qui ne sont pas   facilement perceptibles \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une seule ou deux g\u00e9n\u00e9ration mais qui,   au-del\u00e0 de nos impatiences l\u00e9gitimes, sont objectivement ind\u00e9niables. Depuis   les ann\u00e9es quarante et \u00e0 travers dangers, trag\u00e9dies et reculs temporaires, la   spirale des droits humains au mieux-\u00eatre, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 la paix, \u00e0 la   libert\u00e9, \u00e0 la dignit\u00e9, n\u2019a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre ascendante. M\u00eame les r\u00e9actionnaires   n\u2019osent plus se vanter de leurs m\u00e9faits et se croient oblig\u00e9s de parler un   autre langage. C\u2019est le moment de ne pas s\u2019endormir sur ce constat, de garder   intacte une saine impatience comme nos grands-parents chez qui dans la pire   nuit coloniale la flamme de l\u2019espoir ne s\u2019est jamais \u00e9teinte. Ils ont eu   raison contre les \u201cr\u00e9alistes\u201d, les d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s ou les timor\u00e9s. <\/p>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\">\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>Les Racines escamot\u00e9es se l\u2019Europe<\/strong><\/font><\/h2>\n<\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font>par   <strong>\u00a0Zeinab Abdelaziz    <a href=\"http:\/\/elkhadra.org\/racineescamoter.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">  http:\/\/elkhadra.org\/racineescamoter.htm<\/a><\/strong><\/font><\/div>\n<p><font><\/p>\n<div align=\"justify\">     Beno\u00eet XVI et son intransigeante volont\u00e9 de christianiser l\u2019Europe en   excluant huit si\u00e8cles d\u2019apports islamiques !   Les Racines Escamot\u00e9es de l\u2019Europe    Par Zeinab ABDELAZIZ Professeur de civilisation Fran\u00e7aise    Le samedi 24 mars 2007 Beno\u00eet XVI a fait un discours particuli\u00e8rement critique   et alarmant, sur la construction europ\u00e9enne, \u00e0 l\u2019occasion du cinquanti\u00e8me   anniversaire des Trait\u00e9s de Rome. Un discours dans lequel il donne suite \u00e0 son   intransigeante volont\u00e9 de voir mentionn\u00e9e la r\u00e9f\u00e9rence aux racines chr\u00e9tiennes   de l\u2019Europe dans la nouvelle Constitution.    Le pape commence par pr\u00e9ciser que durant ces 50 ans, le continent europ\u00e9en a   parcouru un long chemin qui a conduit \u00e0 la r\u00e9conciliation des deux poumons,   l\u2019Orient et l\u2019Occident, \u00ab\u00a0unis par une histoire commune mais arbitrairement   s\u00e9par\u00e9s par un rideau d\u2019injustice\u00a0\u00bb !.. Accusant l\u2019Europe d\u2019oublier son   identit\u00e9 forg\u00e9e par le christianisme, de commettre une sorte \u00ab\u00a0d\u2019apostasie\u00a0\u00bb,   terme particuli\u00e8rement dur de la part d\u2019un pape, \u00ab\u00a0apostasie de soi-m\u00eame, plus   encore que de Dieu\u00a0\u00bb, il se lance dans une \u00e9num\u00e9ration de mises en garde   r\u00e9v\u00e9latrices, signalant : le d\u00e9clin d\u00e9mographique ; l\u2019acheminement sur une   voie qui pourra porter l\u2019Europe \u00e0 dispara\u00eetre de l\u2019histoire ; le processus   m\u00eame de l\u2019unification, qui n\u2019est plus partag\u00e9 par tous ; les chapitres du   projet europ\u00e9en \u00e9crits sans tenir compte de l\u2019attente des citoyens ; la maison   europ\u00e9enne qui ne peut \u00eatre construite si l\u2019on oublie l\u2019identit\u00e9 propre du   continent ; soulignant l\u2019identit\u00e9 historique et morale avant d\u2019\u00eatre   g\u00e9ographique, \u00e9conomique ou politique ; une identit\u00e9 constitu\u00e9e par un   ensemble de valeurs universelles que le christianisme a contribu\u00e9 \u00e0 forger,   acqu\u00e9rant ainsi un r\u00f4le historique et fondateur dans les d\u00e9bats de l\u2019Europe.   Ces valeurs, constituant l\u2019\u00e2me du continent, doivent rester dans l\u2019Europe du   troisi\u00e8me mill\u00e9naire, pr\u00e9cise-t-il , puis critique le pragmatisme qui finit   par nier aux chr\u00e9tiens le droit m\u00eame d\u2019intervenir comme tels dans le d\u00e9bats   public ; insiste sur la sauvegarde, dans l\u2019espace europ\u00e9en, du droit \u00e0   l\u2019objection de conscience, chaque fois que les droits humains fondamentaux   seront viol\u00e9s et, pour terminer, met en garde de la mentalit\u00e9 \u00ab\u00a0d\u2019\u00eatre assi\u00e9g\u00e9,   d\u2019\u00eatre une minorit\u00e9\u00a0\u00bb !    Autrement dit : en reniant sa chr\u00e9tient\u00e9, l\u2019Europe commettrait un p\u00e9ch\u00e9   mortel. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, encore plus de moyens pour cerner la pr\u00e9sence de   l\u2019Islam et des musulmans en Europe&#8230;    A la suite du discours : un message pour Berlin, dans lequel les \u00e9v\u00eaques   demandent, pr\u00e9cis\u00e9ment, une r\u00e9f\u00e9rence explicite \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage chr\u00e9tien du   continent, car \u00ab\u00a0l\u2019Eglise catholique doit accompagner, sur un mode critique   parfois, la construction europ\u00e9enne\u00a0\u00bb. Un message de Mgr Dominique Mambarti,   accuse le Parlement europ\u00e9en \u00ab\u00a0d\u2019attaques contre l\u2019Eglise\u00a0\u00bb. M\u00eame tonalit\u00e9   exprim\u00e9e par Romano Prodi, qui a confi\u00e9 qu\u2019il regrette lui-m\u00eame l\u2019absence de   r\u00e9f\u00e9rence aux racines chr\u00e9tiennes europ\u00e9ennes, en pr\u00e9cisant que : \u00ab\u00a0Ce qui me   pr\u00e9occupe le plus dans la d\u00e9fense sereine et tranquille de nos propres valeurs   est la mentalit\u00e9 d\u2019\u00eatre assi\u00e9g\u00e9, d\u2019\u00eatre une minorit\u00e9, que je vois \u00e9galement   dans le monde chr\u00e9tien\u00a0\u00bb&#8230; De son cot\u00e9, Ang\u00e9la Merkel, protestante et fille de   pasteur, promet de rouvrir le d\u00e9bat sur ce sujet afin qu\u2019il soit fait mention   des racines chr\u00e9tiennes de l\u2019Europe dans le projet de la nouvelle   Constitution, &#8211; ce que la France et la Hollande avaient d\u00e9j\u00e0 refus\u00e9.    Nul besoin de faire une analyse de texte pour voir l\u2019\u00e9tendu d\u2019une in\u00e9branlable   volont\u00e9, concert\u00e9e d\u2019ailleurs, pour imposer la mention de l\u2019identit\u00e9   chr\u00e9tienne et \u00e9loigner l\u2019apport de l\u2019Islam. Nul besoin d\u2019\u00eatre ex\u00e9g\u00e8te pour   voir \u00e0 quel point toutes ces donn\u00e9es s\u2019\u00e9loignent de la v\u00e9rit\u00e9 historique, ou   pour placer ce discours dans l\u2019ensemble de cette lign\u00e9e de textes et   d\u2019attitudes au cours desquels Beno\u00eet XVI, tout comme son pr\u00e9d\u00e9cesseur, insiste   \u00e0 \u00e9radiquer l\u2019Islam et la civilisation islamique de l\u2019Europe ! Ce qui   repr\u00e9sente d\u2019ailleurs une mise en pratique des d\u00e9crets de Vatican II, qui   imposa l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation du monde !    Avec tout le respect d\u00fb aux connaissances th\u00e9ologiques et culturelles du pape,   ou au poste qu\u2019il occupe, je me permets de dire, en tant que musulmane et   professeur de civilisation fran\u00e7aise, qu\u2019il se trompe historiquement,   scientifiquement et spirituellement. Car l\u2019Europe, ou plut\u00f4t tout l\u2019Occident   dans son ensemble, a \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9 non seulement sur l\u2019apport ind\u00e9niable de   l\u2019Islam, mais aussi sur la diversit\u00e9 d\u2019autres cultures.    Il est manifestement reconnu, par tous ceux qui tiennent \u00e0 la probit\u00e9   scientifique de la documentation historique, que la tradition musulmane a   profond\u00e9ment contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de l\u2019Europe et de l\u2019Occident. C\u2019est gr\u00e2ce   aux penseurs arabes que l\u2019Europe a connu le rationalisme auquel le pape a   consacr\u00e9 sa conf\u00e9rence de Ratisbonne. Conf\u00e9rence au cours de laquelle il a   rappel\u00e9 \u00e0 ses auditeurs leur identit\u00e9 chr\u00e9tienne, en passant carr\u00e9ment \u00e0 la   tradition rationaliste grecque, pour d\u00e9clarer que l\u2019identit\u00e9 europ\u00e9enne est   chr\u00e9tienne par la foi, grecque par la raison philosophique, sans oublier de   souligner que l\u2019Islam, qui ignore la raison, est \u00e9tranger \u00e0 l\u2019identit\u00e9   europ\u00e9enne ! Est-il besoin de rappeler \u00e0 sa saintet\u00e9 que le premier mot de la   R\u00e9v\u00e9lation du Qur\u2019\u00e2ne est l\u2019imp\u00e9ratif du verbe lire ? ! L\u2019Islam incite \u00e0 la   lecture, \u00e0 l\u2019\u00e9tude, \u00e0 la connaissance, \u00e0 faire fonction de la raison et   n\u2019incite point \u00e0 l\u2019obscurantisme ? On ne peut s\u2019emp\u00eacher de voir dans tous ces   textes, et surtout dans ce discours, un message alarmant et p\u00e9rilleux \u00e0 la   fois, un message qui porte atteinte \u00e0 l\u2019approche historique et \u00e0 la d\u00e9finition   de l\u2019identit\u00e9 europ\u00e9enne. Le choix des termes est profond\u00e9ment r\u00e9v\u00e9lateur   d\u2019une intention pr\u00eate \u00e0 tout, pour s\u2019imposer, pr\u00eate \u00e0 tout, pour exclure   l\u2019Islam du patrimoine europ\u00e9en !    Du point de vue historique, il serait peut-\u00eatre utile de citer l\u2019Historien   Dozy, qui \u00e9crit dans son Histoire des musulmans d\u2019Espagne, en 1860, une   description profonde des \u00e9v\u00e8nements :    \u00ab\u00a0La conqu\u00eate arabe fut un bien pour l\u2019Espagne : elle produisit une importante   r\u00e9volution sociale, elle fit dispara\u00eetre une grande partie des maux sous   lesquels le pays g\u00e9missait depuis des si\u00e8cles (&#8230;) Les Arabes gouvernaient   selon la m\u00e9thode suivante : les imp\u00f4ts \u00e9taient tout \u00e0 fait r\u00e9duits par rapport   \u00e0 ceux des gouvernements pr\u00e9c\u00e9dents. Les arabes enlev\u00e8rent aux riches la terre   (qui, partag\u00e9e en immenses domaines de la chevalerie, \u00e9tait cultiv\u00e9e par des   fermiers serfs ou des esclaves m\u00e9contents), et la r\u00e9partirent \u00e9galement entre   ceux qui travaillaient le sol. Les nouveaux propri\u00e9taires en obtinrent de   meilleures r\u00e9coltes. Le commerce fut lib\u00e9r\u00e9 des limitations et des lourdes   taxes qui l\u2019\u00e9crasaient, et se d\u00e9veloppa notablement. Le Coran autorisait les   esclaves \u00e0 se racheter moyennant un d\u00e9dommagement \u00e9quitable et cela mit en jeu   de nouvelles \u00e9nergies. Toutes ces mesures provoquaient un \u00e9tat de bien-\u00eatre   g\u00e9n\u00e9ral qui fut la cause du bon accueil fait au d\u00e9but de la domination arabe.\u00a0\u00bb   (t. II, p. 43).    A quoi il serait int\u00e9ressant d\u2019ajouter une citation du grand \u00e9crivain   espagnol, Blasco Ibanez (1867-1928), qui porte t\u00e9moignage pour son propre pays   :    \u00ab\u00a0En Espagne, la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration n\u2019est pas venue du Nord, avec les hordes barbares   : elle est venue du Midi avec les Arabes conqu\u00e9rants (&#8230;). C\u2019\u00e9tait une   exp\u00e9dition civilisatrice beaucoup plus qu\u2019une conqu\u00eate (&#8230;). Par l\u00e0   s\u2019introduisait chez nous cette culture, jeune, robuste, alerte, aux progr\u00e8s   \u00e9tonnamment rapides, qui, \u00e0 peine n\u00e9e, triomphait ; cette civilisation qui,   cr\u00e9\u00e9e par l\u2019enthousiasme du Proph\u00e8te, s\u2019\u00e9tait assimil\u00e9 le meilleur du juda\u00efsme   et la science byzantine, et qui, au surplus, apportait avec elle la grande   tradition hindoue, les reliques de la Perse, et beaucoup de choses emprunt\u00e9es   \u00e0 la Chine myst\u00e9rieuse. C\u2019\u00e9tait l\u2019Orient p\u00e9n\u00e9trant en Europe, non comme les   Darius et les Xerx\u00e8s, par la Gr\u00e8ce qui les repoussait afin de sauver sa   libert\u00e9, mais par l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9, par l\u2019Espagne, qui, esclave de rois   th\u00e9ologiens et d\u2019\u00e9v\u00eaques belliqueux, recevait \u00e0 bras ouverts ses envahisseurs.   En deux ann\u00e9es, ceux-ci s\u2019empar\u00e8rent de ce que l\u2019on mit sept si\u00e8cles \u00e0 leur   reprendre. Ce n\u2019\u00e9tait pas une invasion qui s\u2019imposait par les armes, c\u2019\u00e9tait   une soci\u00e9t\u00e9 nouvelle qui poussait de tous c\u00f4t\u00e9s ses vigoureuses racines. Le   principe de la libert\u00e9 de conscience, pierre angulaire sur laquelle repose la   vraie grandeur des nations, leur \u00e9tait cher. Dans les villes o\u00f9 ils \u00e9taient   les ma\u00eetre, ils acceptaient l\u2019\u00e9glise du chr\u00e9tien et la synagogue du juif.\u00a0\u00bb    Et d\u2019ajouter un peu plus loin :    \u00ab\u00a0Du VIIIe au XVe si\u00e8cles, se construira et se d\u00e9veloppera la plus belle et la   plus opulente civilisation qu\u2019il y ait eu en Europe durant le Moyen Age.   Tandis que les peuples du Nord se d\u00e9cimaient par des guerres religieuses et se   comportaient en tribus barbares, la population de l\u2019Espagne s\u2019\u00e9levait \u00e0 plus   de trente millions d\u2019habitants, et dans cette multitude d\u2019hommes se   confondaient et s\u2019agitaient toutes les races et toutes les croyances, avec une   vari\u00e9t\u00e9 infinie d\u2019o\u00f9 r\u00e9sultaient les plus puissantes pulsations sociales   (&#8230;). Dans ce f\u00e9cond amalgame de peuples et de races coexistaient toutes les   id\u00e9es, toutes les coutumes, toutes les d\u00e9couvertes accomplies jusqu\u2019alors sur   terre, tous les arts, toutes les sciences, toutes les industries, toutes les   inventions, toutes les disciplines anciennes ; et du choc de ces \u00e9l\u00e9ments   divers jaillissaient de nouvelles d\u00e9couvertes et de nouvelles \u00e9nergies   cr\u00e9atrices. La soie, le coton, le caf\u00e9, le citron, l\u2019orange, la grenade   arrivaient de l\u2019Orient avec ces \u00e9trangers, comme aussi les tapis, les tissus,   les m\u00e9taux damasquin\u00e9s et la poudre. Avec eux encore la num\u00e9ration d\u00e9cimale,   l\u2019alg\u00e8bre, l\u2019alchimie, la chimie, la m\u00e9decine, la cosmologie et la po\u00e9sie   rim\u00e9e. Les philosophes grecs, pr\u00e8s de dispara\u00eetre, trouvaient le salut en   suivant l\u2019Arabe dans ses conqu\u00eates : Aristote r\u00e9gnait \u00e0 la fameuse universit\u00e9   de Cordoue&#8230;\u00a0\u00bb (Dans l\u2019ombre de la cath\u00e9drale, pp. 201-204).    Citation un peu longue, mais combien r\u00e9v\u00e9latrice, de la part d\u2019un des plus   grands \u00e9crivains que l\u2019Espagne ait connu \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. Citation qui   r\u00e9pond \u00e0 nombre de donn\u00e9es amput\u00e9es ou alt\u00e9r\u00e9es, que ce soit dans le discours   du pape ou ailleurs.    L\u2019Islam, en fait, cr\u00e9e une civilisation nouvelle, ayant comme pivot, l\u2019Unicit\u00e9   de Dieu. Une civilisation o\u00f9 la conception de l\u2019unit\u00e9, comme acte   d\u2019unification dans tous les domaines, permet de renouveler les cultures   ant\u00e9rieures. Contrairement \u00e0 la conception dualiste de la culture grecque, la   vision islamique est fonci\u00e8rement unitaire : le monde sensible n\u2019est jamais   s\u00e9par\u00e9 ni de l\u2019intelligible ni de Dieu. C\u2019est pourquoi la science prend un   caract\u00e8re exp\u00e9rimental, contrairement au caract\u00e8re sp\u00e9culatif chez les grecs.   Ce qui permit la cr\u00e9ation d\u2019une impressionnante quantit\u00e9 de d\u00e9couvertes, en   faisant admirablement le lien entre la Science, la Sagesse et la Foi.    Ce qui fait dire \u00e0 Roger Bacon (1220-1292), franciscain, pionnier de la   m\u00e9thode exp\u00e9rimentale dans les sciences en Europe et surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le Docteur   admirable\u00a0\u00bb indique, dans son \u00ab\u00a0Opus majus\u00a0\u00bb, qu\u2019il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 copier des   pages enti\u00e8res d\u2019Ibn Haytham (latinis\u00e9 en Alhazen), ou de pr\u00e9ciser : \u00ab\u00a0La   philosophie est tir\u00e9 de l\u2019Arabe et aucun Latin ne pourrait comprendre comme il   convient les sagesses et les philosophies s\u2019il ne connaissait pas les langues   dont elles sont traduites\u00a0\u00bb.    Est-il besoin de r\u00e9p\u00e9ter ou de souligner une v\u00e9rit\u00e9 historique, v\u00e9cue et   reconnue ? En fait, L\u2019Europe n\u2019a connu le patrimoine grec que gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019effort   gigantesque des musulmans, qui ont traduit et d\u00e9velopp\u00e9 tous les domaines de   l\u2019h\u00e9ritage grec, et l\u2019h\u00e9ritage grec a \u00e9t\u00e9 traduit de l\u2019arabe vers le latin.   C\u2019est la pr\u00e9sence charni\u00e8re du huit si\u00e8cles, qu\u2019une attitude peu voyante et   nullement reconnaissante, essaye d\u2019escamoter&#8230; Mais, \u00ab\u00a0Quelle que soit la   fa\u00e7on dont on juge l\u2019influence musulmane, quelques violentes qu\u2019aient \u00e9t\u00e9 la   r\u00e9action contre elle et la fa\u00e7on de s\u2019en d\u00e9barrasser, on ne peut le nier :   \u00ab\u00a0l\u2019Europe ne serait pas exactement ce qu\u2019elle est si elle n\u2019avait pas connus   l\u2019Islam. Il appartient \u00e0 son patrimoine\u00a0\u00bb, \u00e9crit justement Jean-Paul Roux, dans   la pr\u00e9face de L\u2019Islam en Europe.    D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, en un temps o\u00f9 l\u2019\u00e9glise romaine imposait l\u2019obscurantisme,   emp\u00eachait ses adeptes de lire, br\u00fblait les livres et incendiait les   biblioth\u00e8ques, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019Europe ne savait pas   lire, les biblioth\u00e8ques se multipliaient dans tout le monde arabe. La   biblioth\u00e8que d\u2019Al-Aziz, le calife du Caire, comptait un million six cent mille   volumes, dont six mille de math\u00e9matiques et dix-huit mille de philosophie.   Celle du calife Al-Ma\u2019moun, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0La Maison de la Sagesse\u00a0\u00bb, rassemblait   un million d\u2019ouvrages, outre une centaine de biblioth\u00e8ques dans la ville. Pour   ne rien dire de l\u2019ancienne biblioth\u00e8que d\u2019Alexandrie incendi\u00e9e par les pr\u00eatres   de l\u2019\u00e9glise, bien avant l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019Islam. En Iraq, la biblioth\u00e8que de   Nasser Eddin El-Toussi comprenait quatre cent mille ouvrages. Dans l\u2019Espagne   musulmane, la biblioth\u00e8que du calife Al-Hakem, \u00e0 Cordoue, r\u00e9unissait quatre   cent mille volumes. L\u2019Universit\u00e9 musulmane de Cordoue, au Xe si\u00e8cle, a rayonn\u00e9   une des plus belles floraisons de la culture sur trois continents, sous une   forme totale, \u00e0 travers la science, la sagesse et la foi.    Il n\u2019est pas lieu, dans cet article, de mentionner tous les auteurs arabes qui   fond\u00e8rent cette incomparable civilisation, mais citons \u00e0 titres d\u2019exemples :   Abou Bakr ebn Tofayl (occidentalis\u00e9 en Abubacer) mort en 1185, m\u00e9decin et   philosophe. Aboul Qasim al-Zahrawi (Abulcasis) mort en 1010, m\u00e9decin et grand   chirurgien. Al-Battani (Albatenius) mort en 929, grand astronome. Abou Ma\u2019shar   (Albumasar) mort en 886, consid\u00e9r\u00e9 comme le plus grand astrologue. Al-Kindi   (Alchindus), mort en 873, consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de la philosophie.   Al-Khawarizmi (Alchoarism) mort en 847, fut le premier musulman \u00e0 s\u2019occuper   d\u2019alg\u00e8bre. Al-Farghani (Alfraganus), mort en 861, grand astronome. Al-Ghazali   (Algazel) mort en 1111, philosophe et th\u00e9ologien. Al-Razi (Rhaz\u00e8s), mort en   865, grand m\u00e9decin, surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le Galien arabe\u00a0\u00bb. Al-Bytrugi (Alpetragius), mort   en 1204, philosophe et astronome. Al-Farabi (Alpharabius), mort en 950,   philosophe et musicien, \u00e9crivit plusieurs trait\u00e9s sur la th\u00e9orie math\u00e9matique   de la musique et des instruments musicaux. Ibn Bagah (Avempace), mort en 1138,   m\u00e9decin et philosophe. Al-Zarqali (Azarkiel) grand astronome d\u2019Espagne, connu   pour ses tables astronomiques dites : Tabulae Toletanae. Pour ne rien dire   d\u2019Ibn Rushd (Av\u00e9ro\u00e8s), mort en 1198, et Ibn Sina (Avicenne), mort en 1037,   tout deux grands m\u00e9decins et philosophes. Est-il besoin d\u2019ajouter que les   \u0153uvres de tous ces philosophes, ces savants et ces hommes de sciences ont \u00e9t\u00e9   traduits en latins, \u00e9taient \u00e9tudi\u00e9s en Europe jusqu\u2019au XVIIIe et XIXe si\u00e8cle,   furent \u00e0 l\u2019origine de la plupart des d\u00e9couvertes et exerc\u00e8rent une grande   influence sur les sciences latines et byzantines ? !    Avant de passer au domaine du spirituel, on ne peut s\u2019emp\u00eacher d\u2019attirer   l\u2019attention sur cette attitude peu probe de latiniser tous les noms propres   musulmans, afin d\u2019\u00e9radiquer toute relation de l\u2019Europe avec l\u2019Islam ou de   biffer tout ce que l\u2019Europe doit \u00e0 l\u2019Islam et aux musulmans. N\u2019est-il pas   temps de les transcrire phon\u00e9tiquement comme on les prononce ? N\u2019est-il pas   temps de rendre \u00e0 tous ces savants, qui form\u00e8rent une des plus brillante   civilisation de l\u2019histoire, fondatrice de l\u2019Europe, leur identit\u00e9 islamique   d\u00e9rob\u00e9e le long des si\u00e8cles, \u00e0 commencer par le nom de Mohammad, distordu en   \u00ab\u00a0Mahomet\u00a0\u00bb ? \u00ab\u00a0L\u2019injustice, \u00e9crit Ibn Khaldoun dans sa fameuse Moukaddima,   d\u00e9truit la civilisation\u00a0\u00bb.    Il serait peut-\u00eatre utile de rappeler qu\u2019avant l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019islam, l\u2019Espagne   \u00e9tait un pays occup\u00e9 par les Wisigoths depuis plus de deux si\u00e8cles. Ils   \u00e9taient des occupants, qui exploitaient le pays en s\u2019emparant des deux tiers   de la terre, et exer\u00e7aient une incessante pers\u00e9cution. Le code Justinien   d\u00e9finissant la propri\u00e9t\u00e9 comme \u00ab\u00a0un droit d\u2019user et d\u2019abuser\u00a0\u00bb (jus utendi et   abutendi).    Dans le domaine spirituel, signalons qu\u2019en Andalousie, l\u2019opposition entre le   monoth\u00e9isme et le polyth\u00e9isme \u00e9tait fort ant\u00e9rieure, non seulement \u00e0 la   p\u00e9n\u00e9tration de l\u2019Islam, mais aux controverses entre chr\u00e9tiens trinitaires,   divinisant J\u00e9sus, et adeptes d\u2019Arius, refusant cette \u00ab\u00a0consubstantialit\u00e9\u00a0\u00bb. Le   Concile de Nic\u00e9e, en 325, avait divis\u00e9 les chr\u00e9tiens, en condamnant Arius, qui   refusait la d\u00e9ification de J\u00e9sus, comme le sera Nestorius, un si\u00e8cle plus   tard, qui refusait le dogme de la Passion et refusait que la Vierge port\u00e2t le   nom de \u00ab\u00a0M\u00e8re de Dieu\u00a0\u00bb. Ces condamnations n\u2019emp\u00each\u00e8rent point l\u2019expansion des   deux courants, et surtout celle de l\u2019Arianisme, qui se propagea en Europe et   continue d\u2019ailleurs jusqu\u2019\u00e0 nos jours quoiqu\u2019en sourdine ; alors que le   nestorianisme se propagea en Perse. Il ne serait peut-\u00eatre pas hors sujet de   rappeler que l\u2019arianisme, tenant essentiellement \u00e0 l\u2019Unicit\u00e9 de Dieu, \u00e9tait la   raison pour laquelle Cathares, Bogomiles, Templiers et autres ont \u00e9t\u00e9   \u00e9radiqu\u00e9es de sur la terre !    Il n\u2019est pas question de signaler, ici, le nombre de sectes ou \u00ab\u00a0d\u2019h\u00e9r\u00e9sies\u00a0\u00bb   qu\u2019a connu le Christianisme primitif durant les premiers si\u00e8cles. Il suffit de   rappeler que Jean Damasc\u00e8ne, dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du huiti\u00e8me si\u00e8cle, dans   son ouvrage intitul\u00e9 \u00ab\u00a0De haeresibus\u00a0\u00bb, parle de cent h\u00e9r\u00e9sies, et traite   l\u2019Islam, qu\u2019il place le dernier en nombre, comme une h\u00e9r\u00e9sie chr\u00e9tienne proche   d\u2019Arius !    Un si\u00e8cle plus tard, la \u00ab\u00a0Chronographie de Th\u00e9ophane\u00a0\u00bb apporta \u00e0 l\u2019Occident des   informations au sujet de l\u2019Islam et du proph\u00e8te Mohammad en particulier : \u00ab\u00a0Par   ce texte, \u00e9crit Philippe S\u00e9nac, l\u2019on apprit qu\u2019en l\u2019ann\u00e9e 622 \u00e9tait mort un   faux proph\u00e8te issu de la famille d\u2019Isma\u00ebl\u00a0\u00bb (L\u2019Image de l\u2019autre, p. 30)&#8230;   Monseigneur Duch\u00eane, dans ses \u00e9tudes sur la situation des \u00e9glises au VIIe   si\u00e8cle, cite Michel le Syrien qui appr\u00e9cie en ces termes la p\u00e9n\u00e9tration des   musulmans : \u00ab\u00a0&#8230; le Dieu des vengeance&#8230; voyant la m\u00e9chancet\u00e9 des Romains   qui, partout o\u00f9 ils dominaient, pillaient cruellement nos \u00e9glises et nos   monast\u00e8res et nous condamnaient sans piti\u00e9, amena du Sud les fils d\u2019Isma\u00ebl   pour nous d\u00e9livrer par eux.\u00a0\u00bb (R. Garaudy, L\u2019Islam vivant, p. 15). C\u2019est dans   un contexte agit\u00e9 entre sectes et \u00e9glises, chr\u00e9tiennes, que l\u2019anglais John   Wycliffe (1324-1384) clamait tout haut, ce que beaucoup de chr\u00e9tiens pensaient   tout bas. Class\u00e9 comme h\u00e9r\u00e9tique par l\u2019\u00e9glise, car il refusait les d\u00eemes, les   b\u00e9n\u00e9fices eccl\u00e9siastiques et les offrandes impos\u00e9es, soulignait l\u2019inutilit\u00e9 du   pape, des \u00e9v\u00eaques et du clerg\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, et trouvait que l\u2019\u00e9glise tout   enti\u00e8re \u00e9tait dans l\u2019erreur. \u00ab\u00a0Pour accr\u00e9diter cette opinion, \u00e9crit Philippe   S\u00e9nac, il \u00e9largit le d\u00e9bat en faisant r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 d\u2019autres sectes, \u00e0 l\u2019Islam   en particuliers. Nous sommes les Mahomets de l\u2019Occident, affirmait-il, car   pour lui rien ne diff\u00e9renciait vraiment l\u2019Islam de l\u2019Eglise europ\u00e9enne.\u00a0\u00bb   (L\u2019Image de l\u2019autre, p. 141). Ressemblance qu\u2019il trouvait surtout dans une   \u00e9glise qui refuse la d\u00e9ification de J\u00e9sus&#8230;    Citations que nous relevons pour montrer que durant le Moyen Age, il \u00e9tait   partout connu encore, que les musulmans sont les descendants d\u2019Isma\u00ebl, le fils   a\u00een\u00e9 d\u2019Abraham&#8230; Un nom que l\u2019Eglise a intentionnellement \u00e9limin\u00e9, non   seulement de ses textes, mais surtout dans cette fameuse d\u00e9claration intitul\u00e9e   \u00ab\u00a0Nostra Aetate\u00a0\u00bb, formul\u00e9e \u00e0 Vatican II, que l\u2019ont affiche, tel un mot de   passe, chaque fois qu\u2019il est question des relations de l\u2019\u00e9glise avec l\u2019Islam.   Lire les travaux de r\u00e9daction de ce texte, \u00e9crit par le p\u00e8re R. Caspar (pp.   201-236), dans le livre intitul\u00e9 \u00ab\u00a0L\u2019Eglise et les relations non chr\u00e9tiennes\u00a0\u00bb,   r\u00e9v\u00e8le \u00e0 quel point le manque de probit\u00e9 historique \u00e9tait prioritaire pour   \u00e9loigner toute parent\u00e9 avec Abraham ou Isma\u00ebl, son fils a\u00een\u00e9, et tout lien des   musulmans avec le monoth\u00e9isme !    En Espagne, o\u00f9 l\u2019arianisme \u00e9tait en expansion, jusqu\u2019\u00e0 un si\u00e8cle et demi apr\u00e8s   l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019Islam, toutes les pol\u00e9miques des th\u00e9ologiens chr\u00e9tiens   n\u2019avaient affaire qu\u2019avec l\u2019arianisme. Aucun th\u00e9ologien ne discute de l\u2019Islam   qui, \u00e0 leur avis, ne fait qu\u2019un avec l\u2019arianisme. C\u2019est pourquoi, du point de   vue spirituel, face \u00e0 deux empires en d\u00e9cadence sociale et spirituelle,   l\u2019Islam n\u2019appara\u00eet pas comme une religion nouvelle se substituant \u00e0 une foi   ant\u00e9rieure. Il est accueilli avec enthousiasme par des peuples en qui la foi   ancienne, le christianisme, et les massacres inou\u00efs commis par ses   institutions, cessent de donner une \u00e2me \u00e0 leur vie. L\u2019Islam constitue, pour   ces peuples, un r\u00e9veil religieux qui donne une vie nouvelle \u00e0 leur   religiosit\u00e9. C\u2019est ce qui explique et justifie, en m\u00eame temps, pourquoi tous   ces diff\u00e9rents peuples, de l\u2019Indus jusqu\u2019en Espagne, en passant par tout le   Midi de l\u2019Europe, accueillaient les musulmans en lib\u00e9rateurs, en hommes de   foi, qui respectent celle des autres et la raniment \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019Islam.   Il ne serait donc point superflu de pr\u00e9ciser que si le Christianisme a   contribu\u00e9 \u00e0 constituer l\u2019identit\u00e9 europ\u00e9enne, c\u2019est incontestablement gr\u00e2ce \u00e0   l\u2019apport de l\u2019Islam et des musulmans que cela a pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9.    En terminant ce bref commentaire au discours de Beno\u00eet XVI, je ne peux que lui   dire, avec tout le respect qui lui est d\u00fb :    V\u00e9n\u00e9rable P\u00e8re, quand on occupe un poste aussi altissime et absolu que le   v\u00f4tre, \u00e9quit\u00e9 exige une probit\u00e9 sans faille : Extirper huit si\u00e8cles de la   pr\u00e9sence fondatrice de l\u2019Islam en Europe, veut non seulement dire amputer une   tranche essentielle du patrimoine europ\u00e9en, mais contredit la marche de   l\u2019Histoire humaine, et contredit m\u00eame les textes bibliques. Textes qui   prouvent encore, en d\u00e9pit des remaniements tant de fois op\u00e9r\u00e9s, la place   magistrale d\u2019Isma\u00ebl, fils a\u00een\u00e9 d\u2019Abraham, et son fils Kedar, l\u2019anc\u00eatre du   proph\u00e8te Mohammad. Extirper huit si\u00e8cles du patrimoine europ\u00e9en veut dire   carr\u00e9ment commettre une contrefa\u00e7on historique et spirituelle.    Une br\u00e8ve r\u00e9capitulation de l\u2019histoire biblique d\u00e9montre que Sara\u00ef (Gen.16 :   3) donna sa servante \u00ab\u00a0pour \u00e9pouse \u00e0 son mari\u00a0\u00bb. Epouse, et non concubine : un   proph\u00e8te ne commet point d\u2019adult\u00e8re. L\u2019Alliance, c\u2019est-\u00e0-dire la circoncision,   eut lieu entre Dieu et Abraham (Gen. 17 : 1-27), alors qu\u2019Isma\u00ebl avait 13 ans,   et fut circoncis, un an avant la naissance d\u2019Isaac. Le droit d\u2019a\u00eenesse (Deut.   21 : 15-17) accorde au fils a\u00een\u00e9 une double part de tout ce que le p\u00e8re   poss\u00e8de : \u00ab\u00a0Si un homme a deux femmes, l\u2019une qu\u2019il aime et l\u2019autre qu\u2019il n\u2019aime   pas, et que la femme aim\u00e9e et l\u2019autre lui donnent des fils, s\u2019il arrive que   l\u2019a\u00een\u00e9 soit de la femme qu\u2019il n\u2019aime pas, cet homme ne pourra pas, le jour o\u00f9   il attribuera ses biens \u00e0 ses fils, traiter en a\u00een\u00e9 le fils de la femme qu\u2019il   aime, au d\u00e9triment du fils de la femme qu\u2019il n\u2019aime pas, l\u2019a\u00een\u00e9 v\u00e9ritable.   Mais il reconna\u00eetra l\u2019a\u00een\u00e9 dans le fils de celle-ci, en lui donnant double   part de tout ce qu\u2019il poss\u00e8de : car ce fils, pr\u00e9mices de sa vigueur, d\u00e9tient   le droit d\u2019a\u00eenesse\u00a0\u00bb. La descendance d\u2019Isma\u00ebl se trouve en d\u00e9tails (Gen. 25   :12-16), et \u00e0 la mort d\u2019Abraham (Gen. 25 : 9), \u00a0\u00bb Isaac et Isma\u00ebl, ses fils,   l\u2019enterr\u00e8rent dans la grotte de Makp\u00e9la\u00a0\u00bb &#8230; L\u2019alt\u00e9ration des textes n\u2019est pas   la faute des musulmans, \u00e0 commencer par cette toute derni\u00e8re citation, o\u00f9 le   nom d\u2019Isaac a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 celui d\u2019Isma\u00ebl pour le doter injustement du droit   d\u2019a\u00eenesse !    L\u00e0 je me permets d\u2019ajouter : au lieu de continuer \u00e0 maintenir ce r\u00f4le   d\u2019annihilation, qui se m\u00e8ne depuis des si\u00e8cles \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019Islam et des   musulmans, n\u2019est-il pas plus humain, voire beaucoup plus correcte, du point de   vue historique et spirituel, de faire le m\u00eame geste comme vous, en tant   qu\u2019Eglise, avez d\u00e9j\u00e0 fait en r\u00e9habilitant les juifs du meurtre d\u00e9icide ? Vous   avez d\u00e9j\u00e0 pu courageusement surmonter deux mille ans d\u2019animosit\u00e9s, m\u00eame au   d\u00e9triment des textes sacr\u00e9s et leurs centaines d\u2019accusations claires et   nettes. N\u2019est-il pas temps de faire le m\u00eame geste conciliateur avec les   musulmans, qui ne cessent d\u2019\u00eatre traqu\u00e9s, rien que parce qu\u2019ils tiennent au   vrai monoth\u00e9isme, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9, et \u00e0 la transcendante Unicit\u00e9 de   Dieu ? !    Si nous faisons table rase de tous les d\u00e9tails, pour voir \u00e0 vol d\u2019oiseau   l\u2019histoire du monoth\u00e9isme, qu\u2019en ressortira-il ? Il fut d\u2019abord r\u00e9v\u00e9l\u00e9 \u00e0   Mo\u00efse, en tant que proph\u00e8te, puis, quand les juifs d\u00e9vi\u00e8rent du droit chemin,   tu\u00e8rent les proph\u00e8tes sans juste raison, J\u00e9sus, en tant que proph\u00e8te, a \u00e9t\u00e9   envoy\u00e9 aux brebis \u00e9gar\u00e9es d\u2019Isra\u00ebl pour les ramener vers le chemin de la   droiture, et non pour \u00e9vang\u00e9liser le monde ! Quand les chr\u00e9tiens d\u00e9vi\u00e8rent du   droit chemin, en d\u00e9ifiant J\u00e9sus, trois si\u00e8cles apr\u00e8s son d\u00e9part et en   formulant des dogmes qu\u2019il n\u2019a point prononc\u00e9s, Mohammad, en tant que   proph\u00e8te, a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 avec la R\u00e9v\u00e9lation du Qur\u2019\u00e2ne. Un texte qui n\u2019a point   subi de modifications, mais qui d\u00e9nonce toutes sortes de manipulations   effectu\u00e9es dans les deux pr\u00e9c\u00e9dents messages du Monoth\u00e9isme. Et l\u00e0 r\u00e9side,   h\u00e9las, la vraie cause pour laquelle Islam et musulmans ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 l\u2019index.     N\u2019est-il pas temps d\u2019\u00e9carter \u00ab\u00a0ce rideau d\u2019injustice arbitrairement impos\u00e9\u00a0\u00bb,   comme vous l\u2019avez fait avec les deux poumons du christianisme, afin de r\u00e9unir   la famille d\u2019Abraham, au lieu de continuer \u00e0 \u00e9carter les enfants d\u2019Isma\u00ebl ? !   Oui, V\u00e9n\u00e9rable p\u00e8re, nous sommes tous cousins ! Et il vous incombe de les   r\u00e9concilier sans animosit\u00e9 et sans contrainte&#8230; La religion \u00e9tant pour Dieu,   la terre est pour tout le monde, quelle que soit la croyance de ses habitants.   Nulle contrainte en la religion, croira qui voudra et m\u00e9croira qui voudra,   pr\u00e9cise le Qur\u2019\u00e2ne. Au lieu de cette volont\u00e9 de fer pour \u00e9vang\u00e9liser le monde,   au lieu de pr\u00e9senter l\u2019aide d\u2019une main, \u00e0 tous ces d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s du tiers-monde,   et imposer bapt\u00eame et conversion de l\u2019autre, n\u2019est-il pas temps de pratiquer   une vraie tol\u00e9rance ? !    Ce n\u2019est pas en faisant des projections de tous les revers qu\u2019a connus le   Christianisme, sur l\u2019Islam et les musulmans, en reformulant faussement   l\u2019histoire et la religion, en exterminant les musulmans ou en \u00e9vang\u00e9lisant   toute la terre que le monde va s\u2019am\u00e9liorer, mais en pratiquant la Tol\u00e9rance,   l\u2019Equit\u00e9 et le Chemin de la Rectitude. C\u2019est ce qui vous incombe \u00e0 faire avec   un humanisme digne du poste que vous pr\u00e9sidez.<\/div>\n<p><\/font><\/font><\/p>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <font face=\"Arial\" size=\"2\"><strong><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\">Se faire   aimer plut\u00f4t que faire peur<\/font><\/h2>\n<p> <\/strong><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font><strong>par Bassam Bounenni    <\/strong>bbounenni@yahoo.fr      <\/font>\u00abNous devons nous faire aimer, pas faire peur\u00bb. Cette expression est   attribu\u00e9e au mafioso, Nino Rotolo, incapable de recruter pour Cosa Nostra, la   mafia sicilienne, qui a d\u00e9ferl\u00e9 la chronique italienne et internationale,   depuis Al Capone, un de ses \u00absymboles\u00bb aux Etats-Unis, jusqu\u2019\u00e0 Don Bernardo   Provenzano, arr\u00eat\u00e9 le 11 avril 2006, apr\u00e8s plus de 45 ans pass\u00e9s en   clandestinit\u00e9.      L\u2019organisation criminelle, faut-il le rappeler, a tenu en otage plus de 5   millions de personnes: les Siciliens. La \u00abTrinacria\u00bb peine d\u2019ailleurs \u00e0   rebondir et demeure ainsi l\u2019une des r\u00e9gions les plus pauvres d\u2019Italie.      Mais, aujourd\u2019hui, Cosa Nostra n\u2019est plus que l\u2019ombre d\u2019elle-m\u00eame.      C\u2019est l\u2019assassinat du juge Giovanni Falcone, le 23 mai 1992, qui a permis aux   services anti-mafia italiens de mettre la main sur l\u2019organisation. Mais, qui   aurait cru que Cosa Nostra allait cesser d\u2019exister, ou du moins de nuire ?      Dans un \u00ab pizzino \u00bb, ce message chiffr\u00e9 soigneusement pli\u00e9 en quatre et enrob\u00e9   de scotch, Matteo Messina Denaro, l\u2019un des pr\u00e9tendants au si\u00e8ge de Parrain,   \u00e9crit \u00e0 Don Bernardo, aujourd\u2019hui en prison : \u00ab Notre soci\u00e9t\u00e9 a perdu sa force   contractuelle \u00bb.      Pourtant, Cosa Nostra s\u2019identifie \u00e0 une doctrine plus religieuse que   criminelle, laquelle doctrine qui doit assurer, en principe, la continuit\u00e9 de   l\u2019organisation, tant qu\u2019il y a toujours des \u00ab croyants \u00bb.      Il y a d\u00e9j\u00e0 ce personnage du parrain qui exerce un paternalisme sur ses \u00ab   sujets \u00bb plut\u00f4t qu\u2019un pouvoir ou une autorit\u00e9. Un paternalisme qui d\u00e9bute,   d\u2019ailleurs, \u00e0 partir du bapt\u00eame. Il y a \u00e9galement la r\u00e9currence du champ   religieux. La tradition veut, par exemple, que les \u00ab pizzini \u00bb finissent par   une b\u00e9n\u00e9diction et l\u2019invocation d\u2019un \u00ab Dieu mis\u00e9ricordieux qui nous aide \u00bb.      Mais, qu\u2019est-ce que Cosa Nostra, compar\u00e9e aux nouvelles organisations qui,   somme toute, se pr\u00e9tendent \u00eatre l\u2019\u00e9manation d\u2019un Islam militant et offensif ?      Le champ lexical religieux est omnipr\u00e9sent dans les messages d\u2019Al Qaida et les   sous-organisations qui s\u2019y identifient. La hi\u00e9rarchie y est \u00e9galement   respect\u00e9e. Mais, contrairement aux organisations mafieuses &#8211; dont Cosa Nostra   -, Al Qaida frappe un peu partout dans le monde, de New-York \u00e0 Djerba, en   passant par Bagdad, pour arriver \u00e0 Bali. D\u2019o\u00f9 l\u2019incapacit\u00e9 des services de   s\u00e9curit\u00e9 du monde entier de localiser leurs \u00ab vis-\u00e0-vis \u00bb ou d\u2019anticiper &#8211; un   tant soit peu &#8211; leurs plans.      Contrairement \u00e0 Cosa Nostra, \u00e9galement, les organisations telles qu\u2019Al Qaida,   ne sont pas \u00e0 cours d\u2019effectifs. Au contraire, ils b\u00e9n\u00e9ficient de la pr\u00e9sence   de \u00ab bailleurs de volontaires \u00bb un peu partout dans le monde. Des volontaires   qui sont pr\u00eats \u00e0 op\u00e9rer n\u2019importe o\u00f9 dans le monde.      Ce qui n\u2019est pas le cas de Cosa Nostra, dont les branches s\u2019identifient \u00e0 des   localit\u00e9s. On distingue, en effet, la branche du village de Corleone ou celle   de la ville de Palerme.      A son apog\u00e9e, l\u2019organisation criminelle a \u0153uvr\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 assurer aux   Siciliens une vie digne, en l\u2019absence de l\u2019Etat qui a accept\u00e9 &#8211; \u00e0 tort ou \u00e0   raison &#8211; de d\u00e9missionner de l\u2019\u00eele. Les flux migratoires des Siciliens ont,   donc, \u00e9t\u00e9 assur\u00e9s par Cosa Nostra. Logements et emplois ont \u00e9t\u00e9 fournis aux   pr\u00e9tendants \u00e0 l\u2019immigration, notamment en Am\u00e9rique du Nord. Les banques et les   \u00e9tablissements publics en Sicile se sont vus renforc\u00e9s, \u00e9galement, par un   personnel exclusivement sicilien, Cosa Nostra ayant toujours eu acc\u00e8s aux plus   hautes sph\u00e8res de l\u2019Etat. Autant de \u00ab bienfaisance \u00bb qui demeure toutefois   criminelle.      Mais, qu\u2019offre-t-on, c\u00f4t\u00e9 Al Qaida et compagnie, \u00e0 part les promesses de   paradis ? De telles organisations peuvent-elles apporter quelque bien &#8211; m\u00eame   sur une base criminelle de \u00ab s\u00e9duction \u00bb &#8211; aux bidonvilles de Casablanca ou   d\u2019Amman, o\u00f9 de telles organisations recrutent ?      C\u00f4t\u00e9 Cosa Nostra, on a toujours \u00e9vit\u00e9 la confrontation avec l\u2019Etat.   D\u2019ailleurs, c\u2019est la s\u00e9rie d\u2019attentats, en 1992, qui a donn\u00e9 le coup de gr\u00e2ce   \u00e0 l\u2019organisation, dont la \u00ab Coupole \u00bb &#8211; le Conseil des chefs &#8211; ne s\u2019est pas   tenue depuis 1993.   Chez Al Qaida et Cie, la confrontation avec l\u2019Etat devient sa raison d\u2019\u00eatre.   Donc, on est loin, aujourd\u2019hui, du \u00ab Nous devons nous faire aimer, pas faire   peur \u00bb &#8211; s\u2019apparentant \u00e0 un Mea Culpa sicilien &#8211; c\u00f4t\u00e9 Al Qaida et Cie.      D\u2019autant plus que les Etats arabo-musulmans sont loin d\u2019assurer une   alternative aux \u00ab volontaires \u00bb. Car, si la confrontation avec l\u2019Etat a   pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019effondrement de Cosa Nostra, il n\u2019en est pas moins vrai que la   consolidation de la d\u00e9mocratie en Italie a donn\u00e9 aux Siciliens une marge de   man\u0153uvre &#8211; quoique limit\u00e9e &#8211; qui s\u2019est manifest\u00e9e, notamment, par le refus des   nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de se mettre au service du \u00ab parrain \u00bb et de renier son   \u00ab autorit\u00e9 morale \u00bb.      C\u2019est ainsi qu\u2019on lit sur un \u00ab pizzino \u00bb de Matteo Messina Denaro : \u00ab Les   rempla\u00e7ants et les rempla\u00e7ants des rempla\u00e7ants ne sont pas \u00e0 la hauteur \u00bb.      Est-on, donc, condamn\u00e9, dans l\u2019espace arabo-musulman, \u00e0 conna\u00eetre le m\u00eame sort   de la Sicile et des Siciliens ? Doit-on souffrir pendant des d\u00e9cennies pour   comprendre que cette voie ne m\u00e8ne qu\u2019au nihilisme ?      Aujourd\u2019hui, on l\u2019entendra assez souvent en Italie : la Sicile, c\u2019est la ris\u00e9e   du pays. Un constat qui doit inspirer les d\u00e9cideurs, dans l\u2019espace   arabo-musulman, ainsi que la soci\u00e9t\u00e9 civile et autres instances religieuses,   avant qu\u2019il ne soit trop tard. C\u2019est un grand menu qui devra commencer par une   dose d\u2019ouverture politique, une pinc\u00e9e de tol\u00e9rance et un zeste de justice   sociale. Le tout, bien m\u00e9lang\u00e9, on saura avoir notre portion de la \u00ab pizza \u00bb   civilisationnelle qu\u2019est devenue la communaut\u00e9 internationale.      <font><strong>(Source : Agoravox (France), le 11 juin 2007)   <\/strong><\/font><font>Lien :  <a href=\"http:\/\/www.agoravox.fr\/article.php3?id_article=25600\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">  http:\/\/www.agoravox.fr\/article.php3?id_article=25600<\/a> <\/p>\n<hr\/>\n<p><\/font><\/div>\n<div align=\"center\"> <font><\/p>\n<h2 style=\"color: red;\"><font size=\"3\"><strong>A quoi sert   l&rsquo;opposition ?<\/strong><\/font><\/h2>\n<p><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font>Par : Ridha KEFI<\/font> <font>Je ne dis pas une b\u00eatise en affirmant que la sc\u00e8ne   politique tunisienne est outrageusement domin\u00e9e depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance du pays,   en 1956, par le Rassemblement constitutionnel d\u00e9mocratique (RCD), h\u00e9ritier   direct du N\u00e9o-Destour (Nouvelle Constitution), fond\u00e9 en 1934 par Habib   Bourguiba, leader du mouvement national et premier pr\u00e9sident de la R\u00e9publique,   et du Parti socialiste destourien (PSD), qui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 ce dernier en 1964   (toujours sous la direction de Bourguiba).       \u00a0Le RCD, parti-Etat s&rsquo;il en est, ou qui se confond \u00e0 l&rsquo;Etat auquel il a   historiquement donn\u00e9 naissance, continue de dominer, sous une fa\u00e7ade de   pluralisme arithm\u00e9tique, les partis existants ou, \u00e0 d\u00e9faut, de les affaiblir,   en suscitant en leur sein divisions, dissidences et scissions, de mani\u00e8re \u00e0   les emp\u00eacher de se d\u00e9velopper, d&rsquo;agrandir leur base et de constituer un p\u00f4le   d&rsquo;opposition capable de mobiliser les foules autour d&rsquo;un nouveau projet   national. Ce parti de masse domine aussi les grandes organisations nationales,   notamment l&rsquo;UTICA (syndicat patronal), l&rsquo;UNFT (principale organisation   f\u00e9minine) et l&rsquo;UNAT (syndicat agricole), tout en \u00e9tant fortement pr\u00e9sent dans   les structures de l&rsquo;UGTT (centrale ouvri\u00e8re).       On peut d\u00e9plorer cette domination ou la consid\u00e9rer comme l&rsquo;une des causes de   la faiblesse chronique de l&rsquo;opposition et, par cons\u00e9quent, de la lenteur de la   transition d\u00e9mocratique tunisienne. Mais peut-on s\u00e9rieusement reprocher au RCD   sa mainmise sur la sc\u00e8ne politique nationale ? C&rsquo;est de bonne guerre,   pourrait-on dire. Et il serait na\u00eff de croire qu&rsquo;un parti au pouvoir, et qui   est si fortement implant\u00e9 dans les rouages de la soci\u00e9t\u00e9 et de l&rsquo;Etat, puisse   c\u00e9der, spontan\u00e9ment et volontairement, des pans de son pouvoir \u00e0 des partis   rivaux ou qui s&rsquo;affichent comme tels. Le probl\u00e8me, on l&rsquo;a compris, n&rsquo;est pas   dans la puissance du RCD,\u00a0 mais dans la faiblesse de ces soi-disant partis de   l&rsquo;opposition.       Sous cette appellation, nous trouvons des partis dits d&rsquo;opposition l\u00e9gale, qui   sont en r\u00e9alit\u00e9 des partis satellites, ou progressivement satellis\u00e9s, sans   r\u00e9elle envergure, et dont le r\u00f4le a consist\u00e9 jusque l\u00e0 \u00e0 servir de sparring   partners &#8211; ou d&rsquo;alibis d\u00e9mocratiques, selon certains -lors des joutes   \u00e9lectorales, toujours remport\u00e9s sans coup f\u00e9rir par le parti au pouvoir.       J&rsquo;ai nomm\u00e9 le Mouvement des d\u00e9mocrates socialistes (MDS), fond\u00e9 en 1978 et   reconnu en 1983 (14 si\u00e8ges au parlement), le Parti de l&rsquo;unit\u00e9 populaire (PUP,   socialiste), fond\u00e9 en 1981 et reconnu en 1983 (11 si\u00e8ges), l&rsquo;Union   d\u00e9mocratique unioniste (UDU, nationaliste arabe), fond\u00e9 et reconnu en 1988 (7   si\u00e8ges), le Parti social lib\u00e9ral (PSL), fond\u00e9 et reconnu en 1983 (1 si\u00e8ge), le   Parti des verts pour le progr\u00e8s (PVP, \u00e9cologiste), fond\u00e9 en 2005 et reconnu en   2006 (1 si\u00e8ge) et Ettajdid (Renouveau, ex-Parti communiste tunisien), fond\u00e9 en   1920, interdit en 1963, autoris\u00e9 de nouveau en 1981, puis refond\u00e9 en 1993, et   qui s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 entamer une nouvelle refondation pour constituer un grand   parti progressiste et d\u00e9mocratique, en se ralliant des personnalit\u00e9s de gauche   ind\u00e9pendantes (3 d\u00e9put\u00e9s).       Il n&rsquo;est peut-\u00eatre pas inutile d&rsquo;ajouter ici que les rares si\u00e8ges au Parlement   dont ces partis se pr\u00e9valent, ils la doivent au mode de scrutin proportionnel   mis en place \u00e0 partir des \u00e9lections de 1994. Et qui aide g\u00e9n\u00e9ralement les   petits partis \u00e0 avoir une repr\u00e9sentation parlementaire.       A c\u00f4t\u00e9 de ces partis, souvent qualifi\u00e9s aussi d&rsquo;\u00abadministratifs\u00bb, tant ils   semblent &#8211; \u00e0 l&rsquo;exception, peut-\u00eatre, d&rsquo;Ettajdid &#8211; tirer leur existence de la   reconnaissance de l&rsquo;administration publique et de son g\u00e9n\u00e9reux soutien   financier, plus que d&rsquo;une v\u00e9ritable assise \u00e9lectorale, on trouve d&rsquo;autres   partis dits d&rsquo;opposition \u00abradicale\u00bb, si tant est qu&rsquo;on puisse l&rsquo;\u00eatre en   Tunisie. Il s&rsquo;agit de partis l\u00e9gaux, mais non repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la Chambre des   d\u00e9put\u00e9s, qui se distinguent par leur posture critique vis-\u00e0-vis du pouvoir,   mais vivotent tant bien que mal dans une sorte de marginalit\u00e9 \u00e0 la fois subie   et accept\u00e9e&#8230; de guerre lasse. Ce\u00a0 sont le Parti d\u00e9mocrate progressiste   (PDP), fond\u00e9 en 1983 et reconnu en 1988 sous le nom de Rassemblement   socialiste progressiste (PSP), et le Forum d\u00e9mocratique pour le travail et les   libert\u00e9s (FDTL, d\u00e9mocrate socialiste), fond\u00e9 en 1994 et l\u00e9galis\u00e9 en 2002.      Voil\u00e0, bross\u00e9e \u00e0 grands traits, l&rsquo;\u00aboffre politique\u00bb l\u00e9gale tunisienne. On   remarquera sans peine qu&rsquo;au-del\u00e0 du nombre, celle-ci ne brille pas par sa   diversit\u00e9. Elle semble m\u00eame en net d\u00e9phasage par rapport aux attentes d&rsquo;une   population dont les r\u00e9f\u00e9rents culturels et politiques ont beaucoup \u00e9volu\u00e9 au   cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, d\u00e9laissant le communisme et le socialisme   tiers-mondiste des premi\u00e8res g\u00e9n\u00e9rations post-ind\u00e9pendance au profit d&rsquo;une   forme de nationalisme arabe \u00e0 connotation vaguement islamiste.       Je ne parle pas ici du RCD, qui a su r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer ses forces et se mettre au go\u00fbt   du jour, n&rsquo;h\u00e9sitant pas, par pragmatisme et opportunisme, \u00e0 s&rsquo;approprier   certains concepts jadis agit\u00e9s par l&rsquo;opposition (pluralisme, solidarit\u00e9   sociale, Etat de droit&#8230;). Je veux parler surtout de l&rsquo;opposition dite \u00abde   gauche\u00bb, o\u00f9 se range la majorit\u00e9 des partis cit\u00e9s ci-haut.      Ces partis, qui ressemblent plus \u00e0 des \u00abclubs ferm\u00e9s\u00bb qu&rsquo;\u00e0 des formations de   masse, se distinguent (presque) tous par leurs carences structurelles, la   faiblesse de leur leadership et leurs divisions internes. Cela n&rsquo;est pas pour   d\u00e9plaire au parti au pouvoir, qui n&rsquo;a pas eu \u00e0 se d\u00e9penser beaucoup pour   attiser leurs diff\u00e9rends, accentuer leurs divisions internes et les emp\u00eacher   de cr\u00e9er un v\u00e9ritable p\u00f4le d&rsquo;opposition face \u00e0 l&rsquo;Etat-RCD.       Les nombreuses tentatives de ces partis pour cr\u00e9er un front politique autour   du plus petit d\u00e9nominateur commun ont d&rsquo;ailleurs toutes \u00e9chou\u00e9. Les raisons de   ces \u00e9checs sont souvent id\u00e9ologiques, comme la difficult\u00e9 de s&rsquo;entendre sur   une position commune \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des membres d&rsquo;Ennahdha, le parti islamiste   interdit. Elles tiennent aussi de consid\u00e9rations de leadership. Car la plupart   des dirigeants de ces partis, qui ont soixante ans et plus, semblent press\u00e9s   de cueillir les fruits de d\u00e9cennies de combat. Ils se bousculent au portillon,   comme si le pouvoir est \u00e0 prendre, alors que celui-ci est encore solidement en   place, ancr\u00e9 dans le pays profond et adoss\u00e9 \u00e0 un parti qui occupe toute la   place, privant alli\u00e9s et adversaires de toute possibilit\u00e9 d&rsquo;alternance.    On peut d&rsquo;ailleurs s&rsquo;\u00e9tonner de voir s&rsquo;affairer, en marge de la soci\u00e9t\u00e9, dans   des cercles intellectuels coup\u00e9s des r\u00e9alit\u00e9s du pays, des mouvements   d&rsquo;opposition se r\u00e9clamant tous de la gauche et se disant tous,   indistinctement, d\u00e9mocrates et progressistes.       Ces mouvements, qui se d\u00e9clinent sous diverses appellations et acronymes (MDS,   PUP, PDP, FDTL, Ettajdid&#8230;), croient r\u00e9pondre aux attentes d&rsquo;un \u00e9lectorat   dont ils pr\u00e9supposent, sans doute \u00e0 tort, quelque int\u00e9r\u00eat pour la d\u00e9mocratie,   la modernit\u00e9 et la la\u00efcit\u00e9. En fait, ils se disputent un \u00e9lectorat potentiel   qui repr\u00e9senterait peut-\u00eatre, aujourd&rsquo;hui, selon les meilleures estimations,   quelque 10 \u00e0 15 % de la population.       Au lieu de se marcher ainsi sur les pieds et de se doubler &#8211; ou de se   doublonner &#8211; les uns les autres, ne feraient-ils pas mieux de se mettre \u00e0   l&rsquo;\u00e9coute des citoyens, de leurs soucis quotidiens et de leurs aspirations   r\u00e9elles, et non suppos\u00e9es, et de cesser de projeter sur eux des chim\u00e8res   id\u00e9ologiques import\u00e9es d&rsquo;ailleurs. Les d\u00e9sirs ne sauraient tenir lieu de   r\u00e9alit\u00e9.<\/font> <font><strong>(Source : \u00ab Le Temps \u00bb (Quotidien &#8211; Tunis), le 8   juin 2007)<\/strong><\/font><\/div>\n<p><\/font><\/p>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<p><\/font><\/font><\/p>\n<div>\n<hr\/>\n<\/div>\n<div align=\"center\"> <font face=\"Arial\" size=\"2\"><font>ONU. Initiateur de l&rsquo;id\u00e9e de   cr\u00e9er un nouvel organe onusien pour remplacer la Commission, le juriste Walter   Kaelin fait le point au moment o\u00f9 le Conseil entame une cinqui\u00e8me session   cruciale.      <\/font><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font><strong>\u00abLa politique des petits pas paie au   Conseil des droits de l&rsquo;homme\u00bb<\/strong><\/font><\/h3>\n<p><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div align=\"justify\"> <font face=\"Arial\" size=\"2\">Le Conseil des droits de l&rsquo;homme (CDH) de l&rsquo;ONU   entame aujourd&rsquo;hui sa session la plus importante depuis sa cr\u00e9ation en 2006.   D&rsquo;ici au 18 juin, il doit d\u00e9cider de ses m\u00e9canismes de protection des droits   de l&rsquo;homme. Initiateur du projet de CDH et actuel repr\u00e9sentant du secr\u00e9taire   g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;ONU pour les droits de l&rsquo;homme, le juriste et professeur Walter   Kaelin fait le point.      Le Temps: Le Conseil entame sa 5e session. A l&rsquo;origine, c&rsquo;est vous qui avez   avanc\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e de cr\u00e9er un tel organe. Comment vous est venu ce projet?      Walter Kaelin: J&rsquo;ai fait part de cette id\u00e9e dans le rapport que j&rsquo;ai r\u00e9dig\u00e9   pour le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res. J&rsquo;explorais les pistes   pour r\u00e9former l&rsquo;ex-Commission des droits de l&rsquo;homme et me suis rendu compte   qu&rsquo;avec le principe du consensus il \u00e9tait impossible de la r\u00e9former. La   situation \u00e9tait totalement bloqu\u00e9e.      <font>\u2013 L&rsquo;ex-Commission des droits de l&rsquo;homme \u00e9tait-elle si   inefficace?<\/font>      \u2013 Elle \u00e9tait min\u00e9e par une trop grande s\u00e9lectivit\u00e9. Cette s\u00e9lectivit\u00e9 a   surtout permis d&rsquo;\u00e9pargner plusieurs Etats de toute critique. En outre, en ne   se r\u00e9unissant qu&rsquo;une fois par an, la Commission ne pouvait pas aborder   franchement certains sujets. Elle ne faisait que se r\u00e9p\u00e9ter chaque ann\u00e9e. On a   par ailleurs beaucoup critiqu\u00e9 la politisation de la Commission. Mais il ne   faut pas se faire d&rsquo;illusion avec le Conseil: celui-ci restera un organe   politique puisque ce sont les Etats qui y sont repr\u00e9sent\u00e9s.      <font>\u2013 Comment \u00e9valuez-vous la premi\u00e8re ann\u00e9e du CDH?<\/font>      \u2013 J&rsquo;ai un sentiment partag\u00e9. L&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;ONU, qui a cr\u00e9\u00e9 le   Conseil, n&rsquo;a pas fini le travail \u00e0 New York. Incapable de trouver un   consensus, elle a laiss\u00e9 un an au Conseil pour qu&rsquo;il trouve sa charpente   institutionnelle. Mais si le consensus n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 possible \u00e0 New York, on   peut imaginer qu&rsquo;\u00e0 Gen\u00e8ve, avec les m\u00eames gouvernements, il est difficile \u00e0   atteindre. Les difficult\u00e9s que le Conseil conna\u00eet \u00e9taient donc pr\u00e9visibles. Le   d\u00e9saccord actuel sur les institutions dont doit se doter le Conseil est   toutefois probl\u00e9matique. Il affecte le travail quotidien de l&rsquo;institution pour   r\u00e9pondre aux crises li\u00e9es aux droits humains dans le monde. Il a en outre   durci les positions des Etats. On s&rsquo;est focalis\u00e9 de fa\u00e7on d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e sur la   grave situation du Moyen-Orient. Mais on a occult\u00e9 toutes les autres \u00e0   l&rsquo;exception du Darfour.      \u2013 La logique r\u00e9gionale a \u00e0 nouveau pris le Conseil en otage.      \u2013 A cet \u00e9gard, il y a continuit\u00e9 avec l&rsquo;ex-Commission. Au Conseil, les Etats   se sont \u00e0 nouveau organis\u00e9s en groupes r\u00e9gionaux. Cela a r\u00e9duit sensiblement   l&rsquo;espace pour de v\u00e9ritables n\u00e9gociations et solutions. C&rsquo;est la grande   faiblesse de ce nouveau Conseil.      \u2013 Certains Etats s&rsquo;\u00e9vertuent \u00e0 r\u00e9duire \u00e0 sa plus simple expression l&rsquo;expertise   ind\u00e9pendante pour \u00e9valuer les violations des droits de l&rsquo;homme.      \u2013 La menace est s\u00e9rieuse, et pour nous, mandataires, certains propos sont   inacceptables. Les experts mandat\u00e9s par le Conseil doivent agir de fa\u00e7on   responsable et ne peuvent pas faire n&rsquo;importe quoi. Mais si le code de   conduite (ndlr: souhait\u00e9 par des Etats africains) en discussion est adopt\u00e9 et   pose des limites excessives \u00e0 un travail professionnel, ce serait grave. On   affaiblirait ainsi un syst\u00e8me de protection qui fonctionne bien. Maintenir   l&rsquo;ind\u00e9pendance des experts est un vrai d\u00e9fi.      <\/font><font face=\"Arial\" size=\"2\"><font>\u2013 Voyez-vous des   points positifs dans le nouveau Conseil?   <\/font>   \u2013 Bien entendu, mais ils sont moins visibles. En tant que repr\u00e9sentant du   secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;ONU pour les droits de l&rsquo;homme et les personnes   d\u00e9plac\u00e9es, j&rsquo;ai pu constater une vraie am\u00e9lioration par rapport \u00e0   l&rsquo;ex-Commission. Avant, on travaillait un an sur une situation et pr\u00e9sentait   un rapport \u00e0 la Commission. Celle-ci en prenait connaissance pendant quinze   minutes. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas s\u00e9rieux. Au Conseil, non seulement on \u00e9coute les   experts, mais on discute des rapports.      <font>\u2013 C&rsquo;est la seule am\u00e9lioration?<\/font>      \u2013 Non. Il y en a d&rsquo;autres. Prenez le Darfour. Il y a eu une session sp\u00e9ciale   qui lui a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e, une mission sp\u00e9ciale a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e. Celle-ci n&rsquo;a   pas pu acc\u00e9der au Darfour, mais Africains et Europ\u00e9ens se sont entendus pour   cr\u00e9er un groupe de sept experts dont je fais partie et qui a pour mission de   trouver avec le gouvernement soudanais des voies pour mettre en \u0153uvre les   recommandations existantes \u00e0 propos de cette crise. En se r\u00e9unissant \u00e0   plusieurs reprises, le Conseil permet l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un vrai processus de   suivi. Une chose inimaginable du temps de l&rsquo;ex-Commission. On le voit, la   politique des petits pas permet de vraies innovations susceptibles de faire   avancer la cause des droits de l&rsquo;homme. Je suis optimiste. Une fois les   m\u00e9thodes de travail et les questions institutionnelles r\u00e9gl\u00e9es, le Conseil   fonctionnera mieux.         <font><strong>(Source : \u00ab Le Temps \u00bb (Quotidien \u2013 Suisse), le   11 juin 2007)<\/strong><\/font><\/font><\/div>\n<p><strong><\/p>\n<div align=\"center\">\n<hr\/>\n<\/div>\n<p><\/strong><\/p>\n<div align=\"center\"> <font><\/p>\n<h3 style=\"color: blue;\"><font size=\"3\"><strong>PO &#8211; Isra\u00ebl lance   un nouveau satellite espion<\/strong><\/font><\/h3>\n<p><\/font><\/div>\n<div>  \u00a0<\/div>\n<div> <font>Reuters, le 11 juin 2007 \u00e0 08h12<\/font> <font>JERUSALEM, 11 juin (Reuters) &#8211;<\/font> Isra\u00ebl a lanc\u00e9   lundi un nouveau satellite-espion, initiative visant, selon des responsables   de la D\u00e9fense isra\u00e9lienne, \u00e0 renforcer la surveillance d&rsquo;Etats jug\u00e9s hostiles   tels que la Syrie et l&rsquo;Iran.      Ofek 7, lanc\u00e9 d&rsquo;une base dans le sud d&rsquo;Isra\u00ebl, va rejoindre dans l&rsquo;espace son   pr\u00e9d\u00e9cesseur Ofek 5, en orbite depuis 2002.Le nouveau satellite \u00e9voluera dans   une zone situ\u00e9e entre 300 et 700km au-dessus de la Terre et devrait commencer   \u00e0 diffuser des clich\u00e9s d&rsquo;ici la fin de la semaine.      \u00ab\u00a0Ce lancement r\u00e9ussi ajoute une dimension aux capacit\u00e9s de d\u00e9fense d&rsquo;Isra\u00ebl et   prouve la force technologique d&rsquo;Isra\u00ebl\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Amir Peretz, ministre de la   D\u00e9fense, dans un communiqu\u00e9. Ha\u00efm Eshed, chef du service Espace du minist\u00e8re   de la D\u00e9fense, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la radio de l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne qu&rsquo;Ofek 7 aiderait   l&rsquo;Etat juif \u00e0 \u00ab\u00a0g\u00e9rer le probl\u00e8me iranien\u00a0\u00bb.      Le programme nucl\u00e9aire iranien suscite des craintes parmi les pays occidentaux   m\u00eame si T\u00e9h\u00e9ran nie vouloir fabriquer des armes atomiques.      Eshed s&rsquo;est refus\u00e9 \u00e0 tout commentaire sur les performances pr\u00e9cises d&rsquo;Ofek 7.   Mais il a dit que son \u00e9quivalent civil, le satellite isra\u00e9lien Eros, \u00e9tait   capable de photographier des objets de 70cm de large.      Isra\u00ebl, qui est fortement soup\u00e7onn\u00e9 d&rsquo;avoir le seul arsenal nucl\u00e9aire du   Proche-Orient, a laiss\u00e9 entendre qu&rsquo;il pourrait recourir \u00e0 des frappes   pr\u00e9ventives contre l&rsquo;Iran si ce dernier se rapprochait trop de l&rsquo;obtention   d&rsquo;une bombe atomique. <\/p>\n<hr\/>\n<\/div>\n<p align=\"center\"><b><a href=\"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/\"><span>Home<\/span><span lang=\"FR-CH\"> &#8211; Accueil <\/span><span>&#8211; <\/span><span dir=\"RTL\" lang=\"AR-SA\">\u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629<\/span><\/a><\/b><\/p>\n<p align=\"center\"><b><span dir=\"RTL\" lang=\"AR-SA\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p><\/body><\/body><\/html><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Home &#8211; Accueil &#8211; \u0627\u0644\u0631\u0626\u064a\u0633\u064a\u0629 TUNISNEWS 8\u00a0\u00e8me\u00a0ann\u00e9e, N\u00b0\u00a02575\u00a0du 11.06.2007 \u00a0archives : www.tunisnews.net C.R.L.D.H. Tunisie: Flash-infos Amnesty International: ACTION URGENTE &#8211; Cas Houssine Tarkhani &#8211;\u00a0 D\u00e9tention secr\u00e8te &#8211; Craintes de torture AFP: \u00ab\u00a0Fili\u00e8res irakiennes\u00a0\u00bb: un suspect inculp\u00e9 et \u00e9crou\u00e9 \u00e0 Paris \u00ab Tunisie Verte \u00bb: A propos de l\u2019\u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision de France 2 relative \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":22040,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[],"tags":[58,38,29],"class_list":["post-15605","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","tag-58","tag-38","tag-fr"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15605","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15605"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15605\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22040"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15605"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15605"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tunisnews.net\/ar\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15605"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}