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TUNISNEWS
10 ème année,  N°3963 du 30.03.2011
archives : www.tunisnews.net 
Reuters: Berlusconi promet d'évacuer les immigrants de Lampedusa
Fatma Ksila: Arrêtez d'insulter notre intelligence !
Larbi Guesmi: Touches pas à mon frère, touches pas à ma révolution
Lotfi Laarif: Le provisoire qui s'inscrit dans la durée       
REVUE DE PRESSE

                                                                                     Berlusconi promet d'évacuer les immigrants de Lampedusa

Reuters le 30/03/2011 à 18:47

Silvio Berlusconi a promis d'évacuer d'ici la fin de semaine des milliers d'immigrants tunisiens illégaux de la petite île de Lampedusa, qui se plaint d'être submergée sous le nombre.

Le président du Conseil italien, qui s'est rendu mercredi dans l'île, a déclaré que l'évacuation vers d'autres centres d'accueil italiens de quelque 6.000 migrants hébergés dans des campements de fortune avait déjà débuté à bord de six navires d'une capacité totale de 10.000 passagers.

Les clandestins qui ont débarqué à Lampedusa, souvent à bord d'embarcations de fortune, sont dans leur forte majorité tunisiens. Mais on compte aussi des Erythréens partis à la recherche d'une meilleure vie en Europe via la Libye.

Port de pêche et touristique normalement tranquille, Lampedusa s'est transformé ces dernières semaines en un vaste camp jonché d'ordures où débarquent chaque jour des centaines de migrants. Ils sont 19.000 à être arrivés cette année sur cette île qui ne compte en temps normal que 5.000 habitants.

"Dans un délai de 48 à 60 heures à partir de maintenant, Lampedusa ne sera habitée que par des Lampedusiens", a promis Silvio Berlusconi lors d'une réunion avec des habitants.

Le gouvernement italien peine néanmoins à trouver une solution à long terme pour ces immigrants clandestins.

La Ligue du Nord a réclamé leur renvoi immédiat en Tunisie, mais Silvio Berlusconi a adopté une position plus prudente.

"Nous serons en mesure de renvoyer une partie d'entre eux là d'où ils sont partis. Ce ne sera pas facile, mais ce sera un signal fort de ce que cela ne vaut pas la peine de prendre le risque et d'être ensuite renvoyé chez soi", a-t-il dit.

Vivement critiqué pour n'avoir pas réagi immédiatement lorsque l'afflux a commencé, en janvier après la chute du régime tunisien, Silvio Berlusconi a fait une série de promesses allant de la construction d'un terrain de golf à Lampedusa à une proposition de l'île pour le prix Nobel de la paix.

Silvio Berlusconi a promis que la télévision publique, la RAI, et Mediaset, la chaîne privée qui lui appartient, seraient encouragées à diffuser des programmes vantant les beautés de l'île afin d'y promouvoir le tourisme.

Le président du Conseil, qui est l'un des hommes les plus riches d'Italie, a annoncé qu'il avait acheté une maison à Lampesusa. "Je vais devenir lampédusien", a-t-il dit.

Toutes ces promesses contrastent avec les semaines qui ont précédé la visite du chef du gouvernement.

Les Tunisiens ont commencé à affluer en janvier lorsque la chute du président Zine ben Ali a entraîné une désorganisation des contrôles frontaliers, incitant des milliers de jeunes hommes en quête d'un emploi en Europe à prendre la mer.

Berlusconi, empêtré dans une série de procès pour corruption et poursuivi pour incitation à la prostitution de mineure, a été incité à agir face à la montée des tensions à Lampedusa.

Après s'être plaints pendant des semaines sans résultat, les habitants de l'île ont durci le mouvement ces derniers jours, bloquant le port et menaçant de déclencher une grève générale si la question n'était pas promptement réglée.

La crise des ordures ménagères à Naples avait déjà écorné l'image du gouvernement. Celle de Lampedusa a fourni à l'opposition un autre objet de critiques.

"Sur Lampedusa, Berlusconi est moins convaincant qu'un colporteur de casseroles volées", a ironisé le sénateur Felice Belisario, du parti Italie des Valeurs, en dénonçant la "propagande sordide" du président du Conseil.

Le ressentiment envers la France, qui refoule les migrants africains débarquant à la gare de Vintimille, est palpable.

"L'Europe n'a absolument rien fait sur ce point", a souligné le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, sur la chaîne de télévision SkyTG24.

"Essayez de parler aux Français qui ont érigé un mur à Vintimille quand on sait que 80% des arrivants à Lampedusa parlent français et ont vraisemblablement de la famille en France!"


Arrêtez d'insulter notre intelligence !

 

Il se passe des choses dans les sphères décisionnelles de la nouvelle Tunisie du 14 janvier , des choses qui laissent tout tunisien dubitatif quant aux décisions, résolutions et nominations prises et déclarées ces derniers temps..... Et ce doute se transforme en crainte devant tant d'indices qui traduisent d'une part une volonté nostalgique de l'ère benaliste et d'autre une incapacité réelle à répondre aux attentes légitimes de notre révolution dans cette phase décisive que vit notre peuple.

Comment ne pas craindre l'avenir quand nos décideurs à savoir le gouvernement provisoire actuel et ses proches collaborateurs, choisissent la petite politique devant les exigences extraordinaires qu'impose la révolution ! C'est le cas lors de la vague de nominations des délégués dans les différentes régions de la Tunisie, lorsqu'ils se sont contentés du maintien dans leurs fonctions de la majorité des anciens délégués benalistes en les confirmant dans leurs postes actuels ou en les déplaçant vers d'autres lieux.... Notre Tunisie profonde gorge pourtant de compétences dans tous les domaines, des jeunes et moins jeunes diplômés qui ne demandent qu'à servir leur pays....Le même esprit a conduit d'autres nominations enregistrées dans les domaines de la sécurité et la justice, en faisant toujours appels aux Hommes de Ben Ali....Ignorent-ils que leurs prédécesseurs ont été déchus de leur fonction pour, entre autres une telle politique !

Et l'insulte continue encore lorsque ces Hommes décident de remplacer le Conseil National de protection de la Révolution, alors qu'un consensus national a été assuré autour de cette instance, pour une Haute Commission, dont les membres ont été désignés sans la moindre concertation .... Et dieu seul sait sur quelles bases et selon quels critères ces choix de personnes ont été faits !!

Ainsi quelques Hommes, qu'un concours de circonstances a mis sur la route de la nouvelle Tunisie décident d'être les portes-paroles de la révolution et d'agir comme si le pays leurs appartient et agissent en conséquence ! Le sang de nos enfants n'a pas coulé pour cette petite politique.

Personnellement j'avais des craintes et en suivant les différentes réactions des uns et des autres, dans différents espaces d'échanges qui ont tous tiré la sonnette d'alarme quant à l'avenir de notre révolution, mon inquiétude s'est renforcée.

Tout d'abord, pour le rôle extraordinaire que jouent des Hommes d'ombre qui mènent la barque d'une main de maître comme ils l'ont fait les six premières années du règne de Ben Ali, lorsqu'ils étaient aux commandes du pays à faire et à défaire les gouvernements du dictateur et l'ont épaulé dans les années noires de la Tunisie . Ces Hommes, sont non seulement de retour, mais agissent comme jadis en seuls chefs des lieux.

Serait-il, par conséquent un hasard si leur retour coincide avec le départ du juge Rajhi du Ministère de l'Intérieur et les zones d'ombre qui ont carctérisé cette affaire ! Et le retour galopant des arrestations arbitraires qui touchent nos jeunes révolutionnaires ( et personne d'autres) et de la pratique de la torture dans les différents postes de police ! Sans parler des anciens mercenaires de Ben Ali qui ont été appelés à occuper des postes clés dans les différents domaines de la vie politique et notamment la presse, l'appareil judiciaire et l'administration tunisienne......

Un autre problème s'impose et qui consiste en ces Hommes de savoir auxquels Ben Ali a fait appel, un jour avant son départ, des compétences et des valeurs sûres pour le pays.... Seulement ont-ils jamais été des Hommes politiques, ont-ils de près ou de loin la moindre expérience de l'appareil politique et de ses rouages.... Autrement dit sauront-ils faire face à cette situation inédite que traverse notre pays.... Jusqu'à maintenant les réponses ne sont pas au RDV.

Cet handicap se manifeste dans le rapport établi avec la jeunesse révolutionnaire de la Kasbah, avec qui un seul langage a été établi, celui de la matraque et de la répression, tournant le dos à cette profonde aspiration populaire à un changement radical dans la pensée politique et les méthodes entreprises jusqu'à aujourd'hui.Il est évident que le manque et même l'absence de confiance exprimée par la
jeunesse tunisienne ne sont pas fortuits et résultent d 'un constat véridique partagé par un grand nombre d'Hommes et de Femmes de la société civile tunisienne....

Et c'est la raison pour laquelle nous disons : Non et mille fois non, notre liberté, chèrement acquise, est trop précieuse pour les regarder sacrifier notre révolution sans rien faire !


Paris, le : 30 Mars 2011    
Fatma BOUAMAIED KSILA

                                                                                          Touches pas à mon frère, touches pas à ma révolution

 

Notre sagesse et notre patriotisme nous ont dicté de ne pas trop demander pour ne pas avorter la révolution et nous ont appris que nous ne devons jamais ni trop admirer ni trop mépriser! Et cela s'avère très très juste avec M. Béji Kaïd Sebsi et son gouvernement provisoire. 

Les erreurs répétées de ce gouvernement n'ont fait que renforcer les soupçons des plus méfiants et dévoiler la vraie tendance de ce gouvernement: On a gagné plusieurs décennies de gouvernement avec la police et non avec la politique, pourquoi donc changer??? L'expérience de ces dinosaures de la scène tunisienne et sûrement aussi les informations des coulisses leur ont montré qu'ils n'ont aucune chance dans un combat purement politique donc ils ont opté à combattre le politique par la police ... et ça commence déjà: après les menaces répétées et à peine dévoilées de M. Kaïd Sebsi sous le prétexte du "prestige de l'état, هيبة الدّولة " voilà que vient l'arrestation de l'ingénieur, membre du bureau exécutif de Nahdha, parti qui exerce dans la légalité et la transparence totales, pour déclencher soit un test de bras de fer soit un processus de muselage de l'opposition.

Personnellement je m'attendais à de semblables manières policières et j'en étais même sûr que ça ne va pas tarder, dès que j'ai appris la destitution inexpliquée et sans raison du ministre de l'intérieur le respectable M. Farhat Rajhi.

M. Kaïd Sebsi est en train de mettre le feu au poudre en se moquant du peuple tunisien qui a payé cher sa révolution inédite et qui a acquis ainsi une réputation et une renommée internationales qu'il n'est prêt à abandonner devant ni contre rien.

Après tant de tentatives échouées d'avorter la révolution de la dignité du peuple tunisien ce gouvernement apprendra-t-il la leçon et prendra-t-il un jour la bonne décision de ne plus jouer ce jeu! Sans quoi le peuple est là pour lui tirer les tripes et lui crier de voix vive en plein visage : TOUCHES PAS À MA RÉVOLUTION, TOUCHE PAS À MON FRÈRE !

 

Larbi Guesmi / Neuchâtel – Suisse le 30 mars 2011


 

 
Le provisoire qui s'inscrit dans la durée       
 
 Lotfi Laarif
 
Gouvernement provisoire!!! stipule la constitution !  mais non détrompez vous il s'installe pour très longtemps. il va tracer la voie de notre pays au moins pour 10 ans. Caid Essebsi est chargé de la mission d'hypnotiser la foule. le tour de passe passe a bien marche.
Voici le lapin sorti du chapeau melon. applaudissez braves gens et dégagez de la Kasbah. Les tunisois ont deux revanches a prendre: sur Bourguiba qui les appelait " ouled nanati " et sur Benali qui les ignorait.
Mbaza, Sebsi et Iadh ben Achour distribuent a leur gré les postes de L'état en achetant la complicité des égarés et des frustres. Un gouvernement provisoire qui a déjà nommé 48 PDG, 120 Délégués, 42
Ambassadeurs,67 directeurs généraux et tous les ministres ne peut pas nous dire qu'il est provisoire!  Seuls exclus: ceux qui ont fait la révolution,les vrais victimes de Benali et les islamistes. Déjà une chaine du sioniste Murdoch et des 2 tunisois Tarak ben Ammar et Nabil Karoui nous écrit dans sa bande chaque soir : allahou ahad allahou ahad sil beji ma kifou had !!!!!! pauvres tunisiens réveillez vous et agissez. on vous détrousse de votre révolution.

 

                                                                                                            Les 10 mots de la révolution tunisienne - 7. "Sept"

La chasse aux "sept" a commencé. Ben Ali, comme chacun sait, était un brin superstitieux et croyait aux forces occultes (madame aussi). Arrivé au pouvoir le 7 novembre 1987 après voir fait venir sept médecins pour constater les défaillances de son prédécesseur, Habib Bourguiba, il en avait tiré l'implacable conclusion que ce chiffre lui portait bonheur. Inutile de préciser qu'en vingt-trois ans de règne, le raïs a eu le temps d'essaimer son gri-gri. Les rues, avenues, places et monuments du 7 novembre ont envahi les endroits les plus reculés du pays. Les billets de banque, timbres, cartes d'identité ont tous été ornés du fabuleux chiffre. La télévision nationale avait été glorieusement baptisée TV7, l'aéroport international de Tabarka, estampillé "7 novembre". Même les épiceries, coiffeurs, pharmacies et autres petits commerces s'étaient mis à arborer un "7" sur leur devanture, histoire d'amadouer le puissant dictateur... Aujourd'hui, bien sûr, on débaptise à tout va. Le groupe Facebook "Contre le ridicule culte du chiffre 7 en Tunisie" et ses 1351 amis sont en pointe sur le dossier. La compagnie aérienne Sevenair, née le 7/07/2007, a ainsi opté pour un plus neutre Tunisair Express. Idem pour TV7 qui a préféré se faire oublier avec l'impartiale : "Télévision tunisienne nationale". Les appellations les plus en vogues ? "Mohamed Bouazizi", du nom du jeune marchand ambulant de Sidi Bouzid qui s'est immolé par le feu le 17 décembre. Ou mieux : le nouveau chiffre fétiche, celui du jour où Ben Ali a déguerpi. Dans la capitale, la place du 14 janvier (feue la place du 7 novembre) est désormais l'endroit où il faut s'arrêter. Même si, d'après nos calculs, 14, c'est toujours 2 fois 7. Les chauffeurs de taxis s'emmêlent un peu les pinceaux. Mais ils en ont tiré une nouvelle maxime. "Ici, c'est la rue de la Liberté. Avant, on disait qu'on savait où était la rue, mais pas la liberté. Maintenant, c'est le contraire"

Source:”Le Nouvel Observateur” Le 30-03-2011

Frédéric Mitterrand ira en Tunisie, où il est critiqué pour ses liens avec le régime de Ben Ali


 

Ils espéraient Alain Juppé, ils auront Frédéric Mitterrand… La nouvelle va sans doute provoquer une certaine ébullition en Tunisie quand elle sera rendue publique : le ministre de la culture français se rendra en visite officielle à Tunis les 2 et 3 avril. Quant à M. Juppé, dont on envisageait la venue le 31 mars, sa visite est repoussée à une date ultérieure, le responsable du Quai d'Orsay devant finalement se rendre en Chine à ce moment-là.

De toutes les visites de ministres français à Tunis depuis la chute de Ben Ali, le 14 janvier, celle de Frédéric Mitterrand s'annonce comme la plus délicate. Le ministre de la culture est ici perçu comme faisant partie des nombreux responsables français qui ont fait preuve de complaisance envers le dictateur tunisien du temps où celui-ci écrasait le pays sous une chape de plomb et se comportait en mafieux. Pis : c'est ce même Frédéric Mitterrand qui, le 9 janvier, en pleine répression du soulèvement populaire par la police tunisienne, avait jugé "tout à fait exagéré" de qualifier la Tunisie de Ben Ali de "dictature univoque".

"TRISTE PANTALONNADE"

Tenus quelques jours après que la ministre des affaires étrangères de l'époque, Michèle Alliot-Marie, eut proposé le "savoir-faire" des forces de sécurité françaises au régime Ben Ali, ces propos avaient déclenché en Tunisie la stupeur et la consternation. Un peu plus tard, Frédéric Mitterrand faisait volte-face et présentait ses excuses au peuple tunisien dans une lettre ouverte publiée le 23 janvier par l'hebdomadaire de Tunis Réalités. "Alors que le peuple tunisien est parvenu par ses seules forces à se débarrasser de la chape de plomb qui pesait sur lui, je regrette profondément que mon attitude et les expressions qu'il m'est arrivé d'utiliser aient pu offenser des gens que j'ai toujours voulu aider et que j'admire et que j'aime", plaidait Frédéric Mitterrand.

 

Mais le mal était fait, et quand le ministre français tenta, maladroitement, de justifier la nationalité tunisienne qui lui avait été octroyée par le président Ben Ali dans les années 1990, il parut s'enfoncer un peu plus. "Il se trouve que, sans doute, peut-être, le régime a essayé de me récupérer en me donnant la nationalité, mais je n'ai pas fait de compromis, aucun", assura-t-il sur France Inter. "Triste pantalonnade" fut l'un des commentaires les plus charitables que l'on put lire alors sur les journaux tunisiens en ligne, tel Kapitalis.

Source: “Le Monde.fr” Le 30-03-2011

Les rumeurs sur la demande d'asile politique en Belgique de Ben Ali sont infondées, selon Vanackere.


 

Steven Vanackere, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et des Réformes institutionnelles du Royaume de Belgique a nié les informations divulguées par le journal flamand De Morgen selon la police et les services de renseignement tiennent belge sur la demande d’asile que Zine El Abidine Ben Ali, l'ex-président tunisien préparerait (lire notre article sur le sujet).

«Ces rumeurs sont dépourvues de tout fondement», a affirmé M. Vanackere aux médias rapporté par la TAP, à l'issue de l'entretien qu'il a eu, lundi 28 mars 2011, avec Béji Caïd Essebsi, le Premier ministre.

Le ministre des Affaires étrangères belge a indiqué, également, que sa visite en Tunisie s'inscrit dans le souci de son pays d'examiner les moyens de soutenir la Tunisie en cette période transitoire aux plans politique et économique.

Au sujet de l'accession de la Tunisie au statut de partenaire avancé de l'Union européenne, Steven Vanackere a estimé que «La situation a beaucoup évolué en Tunisie après la Révolution, partant de la foi commune en les valeurs universelles des droits et des libertés» et affirmant que ce dossier sera tranché après l'organisation d'élections libres et démocratiques en Tunisie».

Source: ”Business News” Le 30-03-2011

Tunisie: Les Tunisiens sont-ils politiquement au centre?


 

Après le premier mené par Sigma Conseil, en février, le sondage d’opinion réalisé par General Management Services (GMS), le bureau d’études dirigé par Mme Alia Hachicha, fera probablement lui aussi date. Car il renvoie aux Tunisiens l’image assez exhaustive et précise de leur relation au politique –hommes, partis, idéologies, etc.

Les 1.060 sondés ont d’abord été appelés à dire ce qu’ils pensent de la politique en général. A la question de savoir «la politique, comment cela vous parle, comment cela vous touche?», ils ont été 40% à dire que cette «matière» les «intéresse beaucoup» et une frange encore plus importante (48%) que son intérêt se manifeste «dans les grandes occasions» (élections, remaniement, etc.) –alors que 12% sont absolument indifférents (cela ne dit rien du tout).

Les Tunisiens, en pleine maturité et activité (44-55 ans), sont les plus portés sur la politique (50%), alors que les plus jeunes (18-25 ans) sont les intéressés (35,10%).

Invité à classer 8 thèmes, les 1.060 sondés ont dans 70% des cas place la sécurité en tête de leurs priorités. Viennent ensuite «résorber le chômage» (50,50%), «la mise en place de la démocratie» (40,20%), «développer l’équilibre entre les régions» (35%), le «respect des droits de l’homme» (34,30%), l’«indépendance de la justice» (29,80%), et la «poursuite de ceux qui ont profité de la dictature» (23,60%), et la «liberté de presse» (16,50%).

Concernant les hommes politiques, les Tunisiens en ont une image contrastée, voire un peu brouillée. Si une majorité (59,18%) concède aux hommes politiques qu’ils connaissent bien la situation économique et sociale des Tunisiens, sont «conscients mais ne sont pas en mesure d’agir» (54,32%), ceux-ci sont divisés sur le fait de savoir si ces hommes sont à l’écoute des jeunes (42,95% d’accord, 43,34% pas d’accord et 13,71% sans opinion), sont «guidés par des forces étrangères» (40,82% d’accord, 37,41% pas d’accord, et 21,77% sans opinion) ou par des «hommes de l’ancien régime (28,86% d’accord, 45,58% pas d’accord et 25,56% sans opinion).

82,92% connaissent le nom d’au moins une personnalité politique et 17,08% n’en retiennent aucun. Dans ce registre, le «Top of Mind» -c’est-à-dire les personnalités dont les noms viennent spontanément en premier- est constitué notamment de Béji Caïd Essebsi (17%), Rached Ghannouchi (13,24%), Néjib Chebbi (10,83%) et Mohamed Ghannouchi (9,57%). Et ce sont les mêmes qui ont la plus forte notoriété spontanée, avec dans le même ordre et respectivement: 40,97%, 37%, 35,17% et 28,41%.

Au classement des personnalités politiques «les honnêtes et les plus crédibles», le Premier ministre est également en pole position (34,39%), devant Farhat Rajhi (12,07%), Mohamed Ghannouchi (10,15%), Nejib Chebbi (8,05%), Mustapha Ben Jaafar (6,99%), Rached Ghannouchi (6,90%), etc.

A l’inverse, le chef du mouvement Ennahdha se trouve en tête pour ce qui des «personnalités politiques dont vous vous sentez le plus éloigné» (23,64%), suivi de Hamma Hammami (18,37%), les deux se trouvant loin devant Foued Mbazaa (8,33%), Nejib Chebbi (7,75%), Ahmed Brahim (7,18%), Moncef Marzouki (6,51%), etc.

Une appréciation qui semble trouver écho dans le positionnement politique. En effet, 45% des Tunisiens disent se situer au centre, contre 14% plutôt à droite, 8% plutôt à gauche, 2% très à droite, 1% très à gauche et 30% sont sans opinion.

Pour ce qui est du type du régime, 41% sont pour le parlementaire, 39% pour le semi-présidentiel (mixte), 16% pour le présidentiel alors que 4% n’ont pas d’opinion.

Quels sont les partis politiques que vous connaissez? Les réponses à cette question démontrent que 69,54% des Tunisiens connaissent le nom d’une formation politique au moins et que près du tiers (30,46%) n’en connaissent aucun.

Lorsqu’ils sont invités à dire spontanément quels partis ils connaissent, les Tunisiens citent en premier et dans l’ordre le RCD (20,04%), Ennahdha (17,91%), le PDP (12,20%) –alors que cinq autres partis arrivent loin derrière (MDS, Ettajdid, Ettahrir, PCOT et FDTL) dans une fourchette de 2,42 à 1,35%. Et bizarrement, même l’UGTT est citée comme parti politique, ce qui prouve que la centrale syndicale renvoie une image brouillée de son rôle et de sa mission.

Mais en termes de notoriété spontanée, c’est Ennahdha qui arrive en premier (46,76%), suivi, loin derrière, du RCD (28,75%), du PDP (28,07%), d’Ettajdid (16,17%), du PCOT (13,55%), etc. Néanmoins, les Tunisiens semblent très éloignés des partis politiques: 96% des sondés n’appartiennent à aucune formation. Et si 62% disent vouloir participer à la vie politique (contre 28% de non et 10% d’indécis), une très large proportion (71,40%) pense que le meilleur moyen de le faire consiste à voter aux élections présidentielle et législatives.

Par contre, ceux qui ont l’intention d’adhérer à un parti politique opteraient pour Ennahdha (13,76%), le PDP (12,31%), le FDTL (5,07%), El Watan (4,34%), etc..

Source: ”wmc” Le 30-03-2011

Sihem Bensédrine : "La transition tunisienne va peut-être durer des années"


 

Les enjeux de la révolution tunisienne et les menaces que font peser les pro-Ben Ali sur le processus de démocratisation décryptés par la journaliste engagée Sihem Bensédrine. Interview.

À 61 ans, Sihem Bensédrine voit enfin aboutir le combat d’une vie. Journaliste et militante des droits de l’homme, elle a œuvré sans relâche pour la défense des libertés fondamentales en Tunisie. Les vexations, la prison et la torture infligées par les séides du régime Ben Ali ont toujours échoué à la réduire au silence. Venue les 25 et 26 mars à Paris participer à un colloque sur l’avenir des droits humains et de la démocratie dans le monde arabe, la porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) a confié à jeuneafrique.com ses espoirs et ses craintes pour l’avenir de la révolution tunisienne.

Jeuneafrique.com : Où en est aujourd’hui la transition politique en Tunisie ?

Sihem Bensédrine : La révolution tunisienne n’a pas été négociée et elle est venue d’en bas. Ces deux aspects configurent la manière dont la transition va être menée et elle va peut-être durer des années. Aujourd’hui, nous héritons de l’appareil despotique de Ben Ali, intact et décliné sous toutes ses formes, dans tous les domaines. Ces forces contre-révolutionnaires disposent de puissants réseaux et sont très actives. Face à cela, nous avons un magnifique atout, lié à la spécificité de notre révolution : une rue vigilante, qui est aujourd’hui notre protection contre les manipulations de la police, des gens du RCD [Rassemblement constitutionnel démocratique, ancien parti présidentiel, NDLR] et de l’ancien régime.

Quel rôle joue la société civile dans le processus de transition ?

Nous avons formé une « Haute instance de réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique » dont le rôle est de tempérer le pouvoir absolu que nous avons accordé au gouvernement et au président provisoires. Composée de toutes les forces vives du pays, politiques, ONG, personnalités, etc., elle doit débattre des lois provisoires dont nous allons avoir besoin jusqu’à l’élection d’une Assemblée constituante.

Nous avons également constitué une coalition regroupant les associations historiques comme la Ligue des droits de l’homme, les conseils des libertés, l’association des femmes, le syndicat des journalistes, l’association des magistrats, etc. Elle travaille à mettre en place une feuille de route pour la période qui court jusqu’aux élections.

Quelles sont les priorités de ces organes ?

Nous avons identifié cinq grands chantiers prioritaires. Tout d’abord, le processus électoral lui-même : mode de scrutin, organes de surveillance et de suivi. Nous organisons des consultations, des débats et nous observons les autres expériences de transitions politiques de la Russie, du Pérou en passant par la Pologne. Second chantier : les médias. Nous avons hérité de ceux, publics, de Ben Ali, encore dirigés par les ex-membres du système d’Abdelwaheb Abdallah, l’« ex-grand dieu » des médias. Nous collaborons avec les responsables de ces médias pour que des mesures d’urgence soient appliquées, comme la mise en place d’un organe de régulation qui proposera les réformes à faire.

Vient ensuite l’énorme chantier de la justice, qui est celui où cela va le plus mal à l’heure actuelle. Les canaux de discussion avec le ministère de la Justice, où se retrouvent encore tous les gens du précédent régime, n’existent pas. Même l’association des magistrats, qui a énormément travaillé contre la mise au pas de la justice sous Ben Ali, est aujourd’hui marginalisée par l’actuel ministre, dont nous réclamons le départ.

Les deux autres chantiers ?

Il y a celui de la police. Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de l’Intérieur. Nos relations avec lui sont de loin les meilleures : il y a une bonne écoute, des échanges, un dialogue constructif et nous avançons positivement. Enfin, le dernier grand chantier est celui de la corruption. Là, les choses n’avancent pas aussi bien. Il y a une commission de lutte contre la corruption avec laquelle nous essayons d’avoir un dialogue. Mais jusque-là, elle est un peu fermée et veut travailler seule. Si nous ne réussissons pas à obtenir un vrai débat avec elle, nous allons utiliser nos leviers classiques : le plaidoyer et la mobilisation publique pour obtenir en premier lieu la préservation des archives qui sont brûlées par mètres cubes quotidiennement.

Ne craignez-vous pas l’ouverture d’une chasse aux sorcières ?

Les personnalités qui restent en place n’ont pas seulement collaboré, elles ont activement mis en place le système Ben Ali et sont impliquées dans la corruption et le despotisme. Elles en sont responsables et ce sera l’affaire de la justice. Mais nous ne sommes pas du tout dans une logique de chasse aux sorcières. Régler des comptes ne m’intéresse pas. Je n’ai personnellement aucune rancœur contre tous ceux qui m’ont détruite, qui ont détruit ma famille, détruit tout ce que je possède, détruit des amis.

Ce qui me motive, c’est de construire la Tunisie nouvelle, de m’assurer que l’on soit sur les rails d’une transition réellement démocratique. Les contre-révolutionnaires ont énormément d’argent, pillé, bien sûr, et ils l'utilisent pour des actions de provocation, notamment.

Par exemple ?

Je vais vous citer celles dont nous avons des preuves. Une manifestation a été organisée devant la synagogue de Tunis, le 11 février. Soit disant, le Hezb al-Tahrir (parti islamiste radical, NDLR) voulait brûler l’édifice. Dans la foule, nous avons pu identifier trois membres de l’ancien parti au pouvoir. Ils s’étaient laissé pousser une barbe et portaient des robes d’islamistes. Nous sommes aussi persuadés qu’ils sont derrière le meurtre du prêtre polonais Marek Rybinski, perpétré pour montrer que Ben Ali protégeait la tolérance religieuse. Quand ils ont été démasqués, ils ont tenté de maquiller ce crime en affaire homosexuelle. Or le meurtre a été commis à 30 mètres d’un local de la police politique…

Dans les manifestations organisées par les femmes, ils ont envoyé des provocateurs pour nous insulter et crier « Allah akbar ! Allah akbar ! » Ils puaient l’alcool et étaient visiblement soûls. Ils ont envoyé le même genre de personnes accueillir Rached Ghannouchi (fondateur du parti islamiste Ennahdha, NDLR) en criant « Laïcité ! Laïcité ! » Le 24 mars, ils sont allés jeter des pierres sur le Premier ministre à la Kasbah pour que les manifestants présents en soient accusés. Ils veulent nous diviser. Mais nous sommes vigilants.

Vous présidez depuis le 6 mars le Groupe arabe d’observation des médias dont le siège est à Tunis. Quelle est sa mission ?

À l’origine, ce groupe est né à Tunis en 2003, mais jamais nous n’avions réussi à tenir une réunion en Tunisie avant celle de mars 2011, où nous avons enfin pu nous constituer en association régionale. Celle-ci rassemble 18 associations arabes qui œuvrent dans tous les pays et a pour vocation d’observer les performances des médias en périodes électorales. Cela permet d’avoir une cartographie presque exacte du résultat final. Depuis 2004, nous avons fait des observations dans plusieurs pays : Liban, Palestine, Égypte, Syrie, Bahreïn, Soudan, Algérie… et en Tunisie, à deux reprises.

En 2009 par exemple, 99 % de l’espace médiatique était monopolisé par Ben Ali contre 0,1 % pour l’opposition et 0,9 % pour la fausse opposition. Quels ont été les résultats du scrutin ? Les mêmes ! Et c’est observable partout : les médias sont à l’image du processus électoral lui-même. Nous voulons les faire évoluer car ils jouent un rôle crucial, non seulement pour les processus électoraux mais aussi dans tous les domaines du pouvoir et de la société.

Source : « Jeune Afrique » Le 30-03-2011

La Tunisie, candidate idéale à l’UE


 

Libérée du régime de Zine el Abdinine ben Ali et sur la voie de la démocratie, la Tunisie devrait adhérer à l’Union européenne, suggèrent dans les colonnes de Libération un groupe d’universitaires français et tunisiens.

Pays "en transition", comme le furent autrefois la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou encore les pays communistes, la Tunisie.

"est un pays plus européen que bien des pays de l’UE puisqu’elle fait les trois quarts de ses échanges commerciaux avec l’Europe ; elle partage avec les pays européens un grand nombre de fondements historiques, de traditions culturelles, de normes et d’hommes (diaspora, multiplication des modes de vie associant les deux rives)."

"C’est un pays petit, aux écarts géographiques de richesse limités (rien à voir avec la partie orientale de la Turquie, dont l’extrême pauvreté nécessitera d’importants fonds structurels si la Turquie entre dans l’UE) ; le PIB par habitant est du même ordre de grandeur que celui de la Turquie. La stabilisation macroéconomique était avérée jusqu’en décembre, signe que la Tunisie avait su tirer parti des contraintes positives contenues dans l’Accord d’association avec l’UE ; cela laisse penser que la perspective d’une adhésion accélérera les réformes, comme ce qui se passe en Turquie. Enfin la cohésion nationale reste forte, le niveau de qualification moyen est élevé et étendu à une large classe moyenne."

L’UE tirerait avantage de cette adhésion puisqu’elle établirait ainsi de nouvelles relations Nord-Sud, et "stimulerait la transition des autres pays arabes, et freinerait les appétits des Etats-Unis ou des puissances asiatiques sur le Maghreb", concluent-ils.

Source : « presseurop » Le 30-03-2011

Les Tunisiens tournent le dos à la France


 

C’est là en tout cas le résultat d’un sondage exclusif effectué par le magazine ‘‘Le Courrier de l’Atlas’’ et Sigma Conseil, à la mi-mars, en Tunisie.

Ce sondage, réalisé du 12 au 14 mars, par téléphone, auprès d’un échantillon de 1.000 personnes âgées de 18 ans et plus (âge légal du vote en Tunisie). Il vise à mesurer la perception de la France et de sa diplomatie après la révolution tunisienne, montre «une vraie perte d’influence» dans notre pays. En effet, 50% des Tunisiens sondés pensent que la France a gardé une posture coloniale vis-à-vis de la Tunisie.
«Les opinions reflétées par ce sondage, assez alarmantes pour la France, viennent couronner une perte d’influence progressive suivie d’une gestion désastreuse de la révolution tunisienne», affirme le sondage ‘‘Le Courrier de l’Atlas’’ et Sigma Conseil.
Les résultats complets du sondage seront publiés dans le n° d’avril du ‘‘Courrier de l’Atlas’’, en kiosque dès le 1er avril.
En réponses assistées, le résultat est plus accablant. Seul un Tunisien sur trois pense que la France a réagi correctement. Pour les autres, c’est franchement accusateur: la France a tendance à infantiliser les peuples arabes (57 %), a gardé une posture coloniale (50,4 %), a fait preuve d’incapacité à réagir (45,5), a réagi avec de vieux réflexes dépassés (41,4), a réagi correctement (33,1), a même agité l’islamisme comme un épouvantail (31,7).
‘‘Le Courrier de l’Atlas’’ est un news magazine mensuel lancé en février 2007 par le Tunisien Naceureddine Elafrite, s’adressant aux Franco-Maghrébins et aux amis du Maghreb.
Il est en vente en kiosque en France, en Belgique, au Maroc, en Algérie, en Tunisie et au Canada.

Source : « Kapitalis » Le 30-03-2011

Tunisie : Partis politiques invisibles sur le web


 

Les nouveaux partis politiques sont encore quasi-inexistants sur le web, alors même qu’ils auraient besoin d’un plan média «agressif» pour se faire connaître, à l’aube des élections. Un comble, quand on sait le rôle qu’a joué le Net dans la Révolution Tunisienne. Or un site internet peut s’avérer plus rentable que 10 sections de parti…

Dans le monde réel les partis politiques tunisiens tentent de combler tant bien que mal le vide politique post-révolution. Dans la sphère virtuelle, c’est une toute autre paire de manche. Et dans le meilleur des cas, leurs sites web semblent encore voués au web 1.0. Il s’agit peut-être du lourd héritage de l’ère Zaba, une époque révolue où les sites des vrais partis d'opposition étaient inaccessibles, censurés par Ammar 404. On regrettera ainsi que la plupart des vitrines web de nos partis soient hébergées en France ou aux États-Unis, et non en Tunisie. Ce qui était excusable sous sous Zaba devient impardonnable dans un pays libre et souverain.

Cela n’empêchera pourtant pas le Parti Démocrate Progressiste (PDP) de faire circuler l'information. Le site web du parti de Chebbi (développé sur une plateforme spip) avait beau être censuré sous Ben Ali, il diffusait néanmoins l'information en 3 langues à l’adresse www.pdpinfo.org, et il continue visiblement de le faire.

Ennahdha (http://www.nahdha.info/arabe/index.php) présente un format de site d'information unilingue bien fait mais sans vraiment présenter clairement son programme  politique.

Le site d’Ettajdid (ettajdid.org) également développé sous Spip,  présente ainsi sur son site les communiqués du parti. Pour plus d’infos, il faudra cliquer sur les liens redirigeant vers le forum, la page Facebook, etc…

Le Forum du Travail et des Libertés (FDTL) de Mustapha Ben Jaafar présente son site flambant neuf à l’adresse http://fdtl.org. Il sera l’un des rares, avec le Parti Républicain (l’un de ces nombreux partis à éclore après la Révolution) à proposer aux internautes de remplir un formulaire d’adhésion en ligne.

On aura noté que les nouveaux partis sont encore quasi-inexistants sur la toile, alors même qu’ils auraient besoin d’un plan média «agressif» pour se faire connaître, à l’aube des élections. Une gageure en somme.

Si on regarde du côté  des partis non autorisée jusqu'à la Révolution, le site du Congrès Pour la République, (CPR, à l’adresse www.cprtunisie.net) dirigé par Moncef Marzouki, , qui a fait l'objet de piratage il y a des années, est en construction depuis un moment déjà.

Tunisie la Verte est aux abonnés absents, tandis que le Parti Ouvrier Communiste Tunisien (POCT) présente à première vue un site unilingue décliné en sections du genre alternative nationale, alternative féminine, alternative arabe... mais au final, il s'avèrera qu’il s’agit d’une compilation d'articles et non une présentation d'un programme politique. Le Parti du travail patriotique et démocratique (http://www.hezbelamal.org/) lui, présente un programme politique, plutôt light, mais qui a le mérite de figurer sur le site.

Autant dire que dans l’ensemble, les sites web des partis tunisiens d’après la Révolution ne sont pas très bien placés dans la nouvelle course politique. Un comble, quand on sait l’usage qu’on fait nos jeunes du web. Or pour réussir son introduction dans la nouvelle bourse politique tunisienne, il faudrait laisser la gestion des sites et des médias sociaux à des spécialistes-sympathisants. Parce qu'un bon site internet peut s’avérer plus rentable que 10 sections de parti. Et ce n’est pas nos facebookeurs, prompts à s’arroger les premiers rôles dans cette Révolution, qui diront le contraire!

Source : « Tekiano » Le 30-03-2011

Insolite à Lampedusa


 

Une vieille tunisienne de 84 ans parmi les Harragas à Lampedusa

Si la maladie d’amour  chantée par Michel Sardou court de 7 à 77ans, chez nous c’est la maladie de l’émigration clandestine qui court, et encore, de quatre ans à quatre vingt quatre ans.

En effet une famille tunisienne avec tous ses membres, a défié les risques et les dangers en mer pour se retrouver au paradis hypothétique de  Lampedusa. Les 7 membres de la famille dont une gamine de 4ans et une grand-mère de 84 ans sont arrivés sain et sauf, après une périlleuse traversée de 138 kilomètres en mer. Interrogée par une journaliste italienne pour le compte de la chaine TG5, la vieille mamie encore sous l’effet de l’exploit déclare à la télé italienne, qu’elle n’a jamais eue peur de la mer, qu’elle a déjà vécu deux  guerres (probablement la deuxième guerre mondiale, et la lutte armée pour la libération de la Tunisie), et ce n’est pas un voyage en mer qui va la dissuader.

La vieille semblait très heureuse d’avoir réussi sa traversée, et d’arriver sur place tout en étant  entourée de sa famille. L’ile de Lampedusa, et depuis deux mois, compte 4 fois plus d’émigrés clandestins tunisiens que d’habitants originaires. D’habitude ce phénomène est spécifique aux jeunes et adultes d’un certain âge, mais, apparemment même les vielles ont pris gout au risque et à l’aventure.

Source : « Tunivisions » Le 30-03-2011

"Aidez-nous !": le cri de détresse des immigrés tunisiens de Lampedusa


 

"Aidez-nous! On n’en peut plus d’attendre ici sans savoir ce qu’on va devenir", supplie Lassad, un Tunisien de 24 ans qui dort depuis une semaine à même le sol sur le quai du port de la petite île italienne de Lampedusa.

"Aidez-nous! On n’en peut plus d’attendre ici sans savoir ce qu’on va devenir", supplie Lassad, un Tunisien de 24 ans qui dort depuis une semaine à même le sol sur le quai du port de la petite île italienne de Lampedusa.

 

"Nous, ce qu’on veut, c’est juste travailler, partir d’ici, c’est la seule chose à laquelle on pense", explique en français à l’AFP ce grand gaillard brun au visage buriné. A côté, son frère Ali, 20 ans, approuve en hochant de la tête.

Autour d’eux, c’est le chaos sur le quai où accostent d’habitude les ferrys de touristes: des milliers de leurs compatriotes, tous de jeunes hommes, sont entassés dans des espaces rectangulaires délimités par des cordes ou des sacs poubelles et correspondant au bateau sur lequel ils sont arrivés.

Les derniers arrivés sont installés devant la gare maritime tandis que les plus anciens ont réussi à progresser jusqu’au bout du quai et espèrent être à leur tour transférés dans un centre d’accueil en Sicile ou sur le continent.

Lassad dénonce la "désorganisation: pas de lit, pas de couverture alors qu’il fait très froid la nuit, on est traités comme des chiens, non, les chiens sont traités mieux que nous", rectifie-t-il, un éclair de colère dans les yeux.

L’odeur est pestilentielle: seuls trois WC chimiques pourvoient aux besoins des milliers d’immigrés, qui en sont réduits à uriner et déféquer en plein air sur une petite colline surplombant le quai où ils dorment. Et bien sûr pas de douche.

Alors pourquoi avoir quitté la Tunisie? "Au pays, il y a beaucoup de choses qui vont mal, il n’y a pas de travail et la police est la même qu’au temps de Ben Ali", explique-t-il.

"On arrive ici pour travailler et trouver la liberté, mais surtout pour travailler", insiste-t-il, avant d’ajouter: "J’aimerais bien aller en France".

Plus loin, Ali, un petit gabarit tout en muscles de 29 ans, est au bord des larmes: "J’ai de la famille à Tunis, mais personne ne sait que je suis arrivé, alors qu’hier il y a eu des morts, et je ne peux même pas les avertir".

"En arrivant, on a marché un kilomètre dans l’eau, du coup mon portable il est foutu, il est mort à cause de l’eau de mer", raconte-t-il.

Un peu plus loin, Abdel, une cigarette aux lèvres, n’en peut plus lui non plus d’attendre dans l’incertitude: "Nous ne savons rien, on ne sait pas où on va nous emmener, en Sicile, à Palerme ou à Rome... mais une chose est sûre, nous ne rentrerons pas en Tunisie. On ne réussit pas à vivre là-bas, je veux seulement travailler!".

En attendant, la cohabitation entre les 5.000 habitants de l’île et les quelques 6.000 immigrés est de plus en plus tendue. "Ces gens vivent d’une manière inhumaine: l’inquiétude est à son comble", déplore Francesco Solina, porte-parole du Mouvement des jeunes de Lampedusa.

"La tension monte, d’un côté comme de l’autre", confie-t-il à l’AFP.

Bien que le gouvernement italien ait décidé d’envoyer mercredi six navires d’une capacité d’environ 10.000 places pour évacuer l’île, il reste sceptique: "Vrai ou faux?" demande-t-il. "J’espère que c’est vrai, j’espère que le gouvernement ne nous a pas abandonnés".

Premier signe d’espoir: les forces de police ont commencé jeudi à recenser les immigrés en prenant leurs empreintes digitales et leurs photos, étape indispensable avant de pouvoir les embarquer vers de véritables centres d’accueil.

Source : « Tribune de Geneve » Le 30-03-2011

Un Rajhi qui cache la forêt ?


 

Ministre de l’Intérieur quelque part sympathique – ce qui, en soi, est une hérésie – mais réellement atypique : il avait tout contre lui.

Farhat Rajhi aura foncé tête baissée sur un « ogre » policier ou plutôt sur un « dragon à plusieurs têtes ». Mais, son erreur de départ aura consisté à personnaliser ses rapports avec la « sécurité » à trop s’appuyer sur un Général ayant, lui, très vite compris que le vedettariat ne convenait pas et que le rétablissement d’un nouvel ordre sécuritaire et à visage humain nécessite, d’abord, une profonde connaissance des mécanismes sécuritaires, des rouages de la bâtisse la plus hermétique et la plus effrayante de Tunisie et des articulations corporatistes des différentes polices.

Dès son accession au Premier Ministère, Béji Caïd Essebsi a dit ce que tout le monde pensait sans le dire : restaurer la dimension de l’Etat et cela passe inévitablement par le rétablissement de la sécurité.

Pour autant le mot « sécurité » renvoie aux démons de la répression sous Ben Ali. Et dans cette purge spectaculaire, y compris le courage d’avoir dissous ce monstre philistin qu’est le RCD, il y avait comme dirait Bernard Henri Levy du : « le tout révolutionnaire », espèce de vade-mecum politique offert aux « princes du jour »… sauf qu’on ne vit pas de « Révolution et d’eau fraîche »…

 

Très vite – on le voit – « Le Pouvoir » se remet en place. Rousseau s’y était pris et à plus de deux siècles de distance, on ne sait trop dire si « Le Pouvoir » est de nature, et qu’il est, donc, éternel ou qu’il soit de culture et qu’il est donc périssable. « Le Pouvoir » c’est bien plus que des dissertations. Il n’est pas « l’allogène de la société : il fait corps avec elle et il est l’instituteur de ses états ».

Au-delà d’un limogeage – justement – la chute de Farhat Rajhi est, techniquement, imputable à ce que les maximalistes appellent « l’effritement de la sécurité ». Ce corps invisible d’une police profonde s’est dilué comme pour laisser voir, laisser pourrir les choses, laisser Rajhi se fondre dans des sursauts rédempteurs et messianiques.

Quelle est, donc, la corrélation avec « Le Pouvoir » ?

Qui détient réellement « Le Pouvoir » ? Et faut-il s’en accommoder ou s’en inquiéter ?

 Source: “Le Temps” Le 30-03-2011

Après la Tunisie, l'Egypte et la Libye, la Syrie?


 

Confronté à des émeutes de plus en plus importantes, le régime de Bachar Al-Assad peut-il tomber?

Le président: Bachar tout-puissant
Bachar Al-Assad est le fils de Hafez. Dans la famille, on est et on naît au pouvoir. Fiston Al-Assad est au pouvoir depuis 2000. Un diplomate américain (pas très diplomate, justement) estime qu'"il affirme depuis plus de dix ans qu'il est un réformateur, mais il n'a pas fait grand-chose en matière de réformes politiques" (cité par 20minutes.fr). Au début de son mandat, il avait amorcé une timide libéralisation avant d'en revenir à l'autoritarisme et à la toute-puissance des services secrets, mamelles d'un régime dictatorial qui tient la route. Il faut dire qu'il a fait des études d'ophtalmologie à Londres et qu'il n'était absolument pas prévu que ce soit lui qui prenne les rênes du pouvoir, mais son frère aîné, décédé dans un accident de voiture.

Le contexte politique: pas besoin de gouvernement tant qu'on a un président
Bachar Al-Assad a accepté la démission de son gouvernement. Une bonne blague dans un pays où le pouvoir est réparti entre le président et les services secrets (les "moukhabarats"). A la télévision mercredi, il a annoncé toute une série de mesures politiques et économiques, mais sans s'engager sur des réformes majeures, et surtout, sans... lever l'état d'urgence.

L'Express rappelle que le régime de Damas avait été d'une cruauté sans précédent quand il s'était agi de réprimer des manifs d'opposants: 20.000 morts en 1982... Depuis, une paix sociale basée sur la terreur règne. Depuis l'opposition est soit en exil, soit éparpillée, mais dans les deux cas pas prête à prendre la relève.

Le contexte religieux: les sunnites, majorité mise à l'écart
La liberté de culte est totale en Syrie, explique Le Figaro. La minorité chrétienne peut ainsi faire sonner tous les clochers qu'elle veut. Les sumnites, pas représentés dans les instances du pouvoir mais qui représentent 60% de la population, sont la force d'opposition la plus crédible. Avec les Frères Musulmans, qui se font discrets depuis les massacres de 1982, rappelle L'Humanité. Ils n'ont pas trop le choix: ils sont interdits.

Cela dit, la Syrie est aussi la base arrière du Hezbollah libanais, est très proche du régime iranien.

Le contexte économique: comme en Tunisie, c'est la base de la contestation
Dans les années 50, l'économie syrienne s'était alignée sur le système soviétique. Depuis, ça a bien changé, mais le clan au pouvoir peut toujours s'appuyer sur les milieux économiques (qui le suivent parce qu'ils n'ont aucun intérêt à s'opposer aux tout-puissants services secrets).

Les émeutes qui ont été vivement réprimées dans le pays ont eu lieu dans le sud, à Deraa, dans une région agricole pauvre, à majorité sunnite. Les revendications sont pour le moment d'ordre économique (augmentation des salaires, fin de la corruption) et sociétal (fin de l'état d'urgence).

Environ 130 personnes sont mortes lors des émeutes, affirment des ONG, c'est 30 pour le gouvernement, précise Le Figaro. Un ancien diplomate écrit dans Le Monde que
le pouvoir chercherait à attiser la contestation en provoquant la foule pour restaurer son autorité.

Le contexte international: pas d'intervention en vue

L'heure n'est pas encore à parler de sanctions de l'ONU. Tout juste se borne-t-on à condamner la répression des manifestations, comme Alain Juppé sur Europe 1. La France est d'ailleurs décrite comme une partenaire proche du régime d'El-Assad, rappelle le site du ministère des Affaires Etrangères.

 

Les Etats-Unis n'ont pas de moyen de pression sur le régime, contrairement à l'Egypte, qu'ils aident considérablement sur le plan économique. Pourtant, ils considèrent l'évolution de la situation en Syrie comme cruciale: "elle peut soit ouvrir le verrou, soit le fermer à double tour" explique Claude Salhani, spécialiste de la région dans Le Figaro. Si la Syrie tombe, tout le Moyen-Orient peut basculer. Si elle résiste, l'élan démocratique restera sans doute limité au Maghreb...

Source: “Le Post” Le 30-03-2011