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TUNISNEWS
8 ème année, N° 3233 du 30.03.2009
 archives : www.tunisnews.net  

AISPP: Communiqué
Le blog de la FIDH: Affaire Ben Saïd : Deux questions à Patrick Baudouin
AFP: Tunisie: des étudiants en grève de la faim depuis 45 jours pour réintégrer l'université
AFP: Omar el-Béchir, le président soudanais en lutte contre l'Occident
AP: Chirac lance le projet Aladin contre le négationnisme dans le monde arabo-musulman
AFP: Municipales en Turquie: l'AKP en perte de vitesse pour la première fois
Reuters: Les élections turques ramènent le parti AKP aux réalités
Mizaanoun: Israël: Le Mal absolu/5

Liste actualisée des signataires de l'initiative du Droit de Retour :
http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html

Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l'initiative :
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Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour le Docteur Sadok Chourou
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
43 rue Eldjazira, Tunis
e-mail :
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Tunis, le 30 mars 2009
 
L’association a appris que l’état de santé du prisonnier Seïfallah Ben Houssine s’était dégradé ces derniers jours en raison des conditions pénibles d’incarcération qui sont les siennes depuis des années. En effet, il est soumis à l’isolement à la prison de Mornaguia dans un cachot individuel (aile h) qui ne répond pas aux conditions minima d’hygiène, dépourvu d’aération et d’éclairage. Il a contracté de ce fait une allergie, une insuffisance respiratoire et des céphalées atroces.
Seïfallah Ben Houssine, âgé de 43 ans, a fait l’objet de procès à répétition et inéquitables, selon de nombreuses organisations tant en Tunisie qu’à l’étranger. Il a été condamné à 6 reprises …. Pour les mêmes faits et les mêmes accusations ! (par le tribunal militaire : affaire n°16129 : 10 ans d’emprisonnement, n°26585 : 14 ans d’emprisonnement, n°28264 : 16 ans d’emprisonnement, affaire n °28264 : 16 ans d’emprisonnement. Par la chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, affaire n°6007 : 12 ans d’emprisonnement, affaire n°6006 : non-lieu.)
Son père, monsieur Omar Ben Houssine, lors d’un contact avec l’association, a fait part du sentiment d’impuissance de la famille face aux brimades permanentes faites à son fils, qui mettent maintenant sa vie en danger et du fait que le cri d’alarme qu’elle avait lancé n’avait pas eu d’écho, en dépit des courriers adressés au président de la République, au ministre de l’Intérieur, au ministre de la Justice, au directeur des Prisons et de la rééducation, au président du Comité supérieur des droits de l’homme et au juge d’exécution des peines. Il a dit que sa famille était prête à entreprendre toutes les actions possibles pour sauver la vie de son fils si les autorités concernées ne mettaient pas un terme immédiatement aux sévices infligés au prisonnier.
[…]
Pour l’association
La commission de suivi des prisonniers
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Affaire Ben Saïd : Deux questions à Patrick Baudouin*

Par FIDH le vendredi 27 mars 2009, 18:23 -
* Président d’honneur de la FIDH et avocat au Barreau de Paris, en charge de la coordination du Groupe d’action judiciaire de la FIDH

Quelles leçons faut-il tirer de ce procès ?

Il convient tout d’abord de souligner que ce procès est un grand succès pour la compétence universelle mais surtout pour les victimes de la torture en Tunisie. Malgré les multiples embûches auxquelles les parties civiles ont été confrontées et après sept années d’instruction, ce procès a pu avoir lieu. Mais ce procès a également mis en lumière les difficultés inhérentes à ce type de procédure : ainsi l’absence totale de coopération des autorités tunisiennes a eu pour conséquence l’impossibilité de recueillir des éléments matériels qui seraient venus conforter les déclarations de la plaignante. De même, le mandat d’arrêt qui a été délivré très tôt par le juge d’instruction dans la procédure n’a jamais été mis à exécution, ce qui a privé la justice française de pouvoir juger Khaled Ben Saïd en sa présence. Malgré tout ces obstacles, les magistrats de la Cour d’assises du Bas Rhin ont su faire preuve d’indépendance.

Que penser de l’appel du parquet contre la décision de condamnation de Khaled Ben Saïd ?

Il est stupéfiant et rarissime que le ministère public fasse appel d’une décision de condamnation d’une Cour d’assises en vue d’un acquittement lors d’un second procès. Cela ne fait que traduire l’ingérence politique au nom de relations entre Etats, ainsi que la volonté constante tout au long de cette affaire de la part des autorités françaises de ménager les responsables tunisiens et notamment le premier d’entre eux, le Président Ben Ali. Le parquet a d’ailleurs reconnu qu’il avait agi sur instructions du Ministère de la Justice. Nous ne sous-estimons pas les obstacles que nous allons rencontrer au niveau du procès en appel mais nous gardons l’espoir d’une primauté du droit et de la justice sur la raison d’Etat et le règne de l’impunité.
 
(Surce: Le blog de la FIDH le 27 mars 2009)
 

 
Tunisie: des étudiants en grève de la faim depuis 45 jours pour réintégrer l'université
AFP, le 28 mars 2009 à 17h47
TUNIS, 28 mars 2009 (AFP) - Des étudiants tunisiens observent depuis le 11 février une grève de la faim continue pour réintégrer l'université dont ils ont été exclus pour leurs activités syndicales, selon eux, pour violences, selon le ministère de l'Enseignement supérieur.
"Notre seule demande est d'être réadmis à l'université", ont indiqué à l'AFP ces étudiants visiblement affaiblis répétant en coeur: "les études ou la mort".
Allongés sur des matelas à même le sol dans le petit local quasi-insalubre de leur syndicat, sous contrôle policier, ils disent avoir "épuisé tous les recours, frappé en vain à toutes les portes", avant d'entamer une grève de la faim "illimitée".
Agés de 23 à 27 ans, ces étudiants sont quatre élus syndicaux renvoyés de leurs facultés à Tunis et à Mahdia (centre-ouest). Ils ont été rejoints le 13 février par un cinquième gréviste, réclamant
lui la libération de son frère étudiant, emprisonné après des troubles sociaux dans la région de Gafsa (sud-ouest).
Des médecins se sont alarmés d'une "grave détérioration" de l'état de santé des grévistes, recommandant l'arrêt de la grève et une hospitalisation urgente pour "risque de complications irréversibles".
S'inquiétant de cet état, la Ligue des droits de l'Homme a demandé la réintégration des exclus et averti le pouvoir contre "le
danger d'ignorer" l'affaire.
Le syndicat des étudiants grévistes, l'UGET, en conflit avec le ministère alors qu'il va tenir son 25e congrès, recense 39 exclus et cinq emprisonnés pour activités syndicales.
"Leur seul crime est d'avoir agi en élus syndicaux", affirme le syndicat, accusant le ministère d'avoir organisé des renvois "arbitraires" par des "conseils de discipline illégaux".
Les autorités ont démenti "des allégations sans fondement" et affirmé que les renvois ont été décidés par des conseils de discipline "réguliers", écartant "toute possibilité d'intervention du ministère".
Ces étudiants ont été interdits d'université pour "violences verbales et physiques", pour avoir séquestré un doyen et empêché l'accès aux salles de cours, a-t-on indiqué de source gouvernementale.
"Ils ne peuvent se prévaloir de leur statut de syndicalistes pour se livrer à des comportements illégaux et moralement inacceptables", a-t-on ajouté.

 
Omar el-Béchir, le président soudanais en lutte contre l'Occident

AFP - le 30 mars 2009, 09h40
Le président soudanais Omar el-Béchir, qui défie de nouveau la justice internationale par sa présence au sommet arabe de Doha, est un militaire de carrière sous influence islamiste, engagé dans une lutte ouverte contre l'Occident.
Large moustache, crâne dégarni, enrobé, Omar el-Béchir, 65 ans, a l'habitude de précéder ses discours d'un pas de danse, en remuant sa canne dans les airs.
Ses vingt années à la tête du Soudan, le plus grand pays d'Afrique, ont été jalonnées de guerres civiles, au Sud jusqu'à la paix de 2005, et dans la région occidentale du Darfour depuis 2003. Ce conflit a déjà fait 300.000 morts, selon l'ONU, 10.000 d'après Khartoum.
"Le président Béchir est aussi connu pour sa propension à répondre violemment aux insultes, et on le dit préoccupé par ce qu'il considère comme une conspiration venant de l'extérieur et visant à sa chute. Ses réponses sont imprévisibles", selon l'analyste Alex de Waal.
Né en 1944 dans une famille rurale de Hoshe Bannaga, à une centaine de kilomètres au nord de Khartoum, Omar Hassan el-Béchir est fasciné dès son plus jeune âge par la carrière militaire.
Le général Béchir et un groupe d'officiers renversent le 30 juin 1989 le gouvernement démocratiquement élu de Sadiq el-Mahdi à la faveur d'un coup d'Etat appuyé par le Front islamique national, parti de son mentor Hassan al-Tourabi qui deviendra plus tard son pire opposant.
Sous l'influence de Tourabi, Béchir oriente le Soudan --pays de 40 millions d'habitants morcelé en une pléthore de tribus et divisé entre le nord majoritairement musulman et le sud peuplé de chrétiens et d'animistes-- vers un islam radical.
Dans les années 90, Khartoum devient la plaque tournante de l'internationale islamiste avec la présence de nombreux jihadistes ayant combattu en Afghanistan y compris le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden, plus tard expulsé sous la pression des Etats-Unis.
Les relations entre "Béchir le militaire" et "Tourabi l'islamiste" tournent à l'aigre vers la fin de la décennie. Tourabi propose en 1999 un projet de loi visant à limiter les pouvoirs du président. Béchir répond par la force: l'armée encercle l'Assemblée nationale, qui est dissoute.
Omar el-Béchir tente par la suite de se démarquer de l'islamisme radical et d'améliorer ses relations avec ses voisins et la communauté internationale.
Son gouvernement signe l'accord de paix avec les rebelles du sud, un texte ouvrant la voie à un partage du pouvoir et à un référendum, en 2011, sur l'indépendance de cette région, où sont concentrées les réserves pétrolières.
Mais le Soudan est plongé depuis six ans dans un autre conflit, au Darfour. Béchir devient le 4 mars le premier chef d'Etat sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour.
Le président tente alors de rallier la population à sa cause et défie ouvertement la CPI. Il se rend en Erythrée, en Egypte, et en Libye --trois pays limitrophes du Soudan-- et crée la surprise en se présentant dimanche au Qatar pour le sommet arabe.
Omar el-Béchir, le plus pérenne des présidents soudanais depuis l'indépendance du pays en 1956, doit sa longévité aux liens étroits qu'il a su conserver avec l'armée. "Il n'a jamais oublié qu'il était premièrement un militaire et deuxièmement un politique", écrit l'historien américain Robert O. Collins.

Chirac lance le projet Aladin contre le négationnisme dans le monde arabo-musulman

AP Vendredi 27 mars, 17h54

L'ancien président Jacques Chirac a lancé vendredi en compagnie de représentants de 30 pays réunis à l'UNESCO le projet Aladin, programme éducatif visant à lutter contre le négationnisme de la Shoah dans le monde arabo-musulman.

Ce projet à l'initiative de la Fondation pour la mémoire de la Shoah vise à rendre disponibles en arabe, en persan et en turc des informations objectives sur le génocide des juifs pendant la Seconde guerre mondiale, les relations judéo-musulmanes et la culture juive. Il repose sur un site Internet http://www.projetaladin.org qui présente en cinq langues (arabe, persan, turc, anglais et français) l'histoire de la Shoah, du peuple juif et des relations entre les musulmans et les juifs au cours des siècles.
Une bibliothèque numérique http://www.aladdinlibrary.org rend accessible en arabe et persan des témoignages sur la Shoah, dont "Si c'est un homme" de Primo Levi et "Le Journal d'Anne Frank", traduits pour la première fois dans ces langues.
Lors de la conférence de lancement, Jacques Chirac a apporté son soutien et celui de sa Fondation pour le dialogue des cultures à ce "combat pour rétablir la mémoire de la Shoah là où elle est niée, effacée, déformée", la "faire connaître (...) sans vouloir faire porter aux pays musulmans une culpabilité qui n'est pas la leur".
L'ancien président a exprimé son inquiétude face à la montée d'une "nouvelle haine des juifs" au Proche-Orient du fait du conflit israélo-palestinien, mais aussi en Europe. Alors que Jean-Marie Le Pen a réitéré cette semaine ses propos condamnés par la justice sur la Shoah, "point de détail" selon lui de l'histoire de la Seconde guerre mondiale, M. Chirac a dénoncé "l'apartheid insupportable de la mémoire" de la part de ceux qui affirment que l'Holocauste était "le problème des juifs". "Il n'est pas trop tard. Il n'y a aucune fatalité à la haine", a lancé celui qui avait reconnu en 1995 le rôle du régime de Vichy dans la déportation des juifs de France.
La garde des Sceaux Rachida Dati a lu un message de soutien du président Nicolas Sarkozy. Le Sénégalais Abdoulaye Wade, président en exercice de l'Organisation de la conférence islamique, l'ancien président mauritanien Ely Ould Mohamed Vall et Simone Veil, ancienne présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, étaient également présents, ainsi que des représentants de l'Egypte, de Tunisie, du Maroc, du Qatar, de Bahreïn, de Turquie, d'Indonésie ou de Bosnie.
Tous ont signé l'"appel à la conscience", déclaration symbolique prônant la lutte contre le négationnisme et "l'approfondissement d'un dialogue fondé sur la connaissance et le respect mutuels". AP
 

Municipales en Turquie: l'AKP en perte de vitesse pour la première fois

AFP: Lundi 30 mars, 11h11
 Nicolas CHEVIRON
Pour la première fois depuis son accession au pouvoir en Turquie en 2002, le Parti de la justice et du développement (AKP) a perdu des voix dimanche, lors des élections municipales, par rapport aux scrutins précédents, la presse évoquant un "avertissement" au gouvernement.
La formation islamo-conservatrice a certes largement remporté le scrutin, avec 39% des voix après dépouillement de 99% des bulletins, et conservé la plupart de ses villes, dont Istanbul et Ankara.
Mais elle a fait moins bien qu'aux élections municipales de 2004 (41,7%) et surtout qu'aux législatives de 2007 (46,6%), une première dans l'histoire du parti du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, jusque là en progression constante.
Dans le même temps, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale force d'opposition au parlement, a remporté 23,2% des votes et reconquis un de ses bastions, Antalya (sud), tandis que le Parti de l'action nationaliste (MHP, nationaliste) s'arrogeait 16,1% des suffrages.
"Un avertissement sorti des urnes", titraient lundi plusieurs quotidiens, dont le journal pro-laïcité Cumhuriyet, qui estimait que "la crise et la corruption ont frappé" les ambitions de l'AKP.
"Avec la fin de l'été indien qui régnait sur l'économie mondiale, l'AKP a perdu les financements étrangers qui gonflaient ses voiles. Si on ajoute la pauvreté, la corruption, le chômage, voilà pourquoi l'électorat de l'AKP a commencé à fondre", a commenté l'éditorialiste Tufan Türenç dans le quotidien à grand tirage Hürriyet.
Pour le journal à grand tirage Sabah, le résultat des élections est un "effet de la crise" économique mondiale, qui s'est traduite en Turquie par une augmentation massive du chômage -- 3,27 millions de chômeurs fin 2008 (13,6% de la population active), soit 838.000 de plus qu'un an plus tôt.
Dans le quotidien libéral Milliyet, l'éditorialiste Fikret Bila a attiré l'attention sur l'échec de l'AKP dans le sud-est anatolien, peuplé en majorité de Kurdes, où malgré tous ses efforts, le parti gouvernemental n'a pris aucune ville au parti pro-kurde DTP et lui en a même cédé deux (Van et Siirt).
"Dans la région, le soutien aux politiques du DTP axées sur l'identité kurde s'est accru au lieu de se réduire" en dépit des avancées du gouvernement en matière de droits culturels accordés aux Kurdes, constate-t-il.
Au final, les élections de dimanche ont traduit "la fin d'une époque", estimait dans le journal populaire Vatan, l'analyste politique Rusen Cakir.
"Il est clair désormais que la légende d'un AKP qui accroît ses voix à chaque scrutin a vécu. A partir du 30 mars, la principale tâche d'Erdogan sera d'arrêter la chute, et ce ne sera pas facile", a écrit M. Cakir.
En d'autres termes, "l'AKP n'est plus le seul choix possible comme parti de pouvoir en Turquie", a affirmé l'éditorialiste Murat Yetkin dans la quotidien libéral Radikal, dont le directeur de la rédaction Ismet Berkan évoque rien moins qu'un petit "Stalingrad" pour M. Erdogan.
Si la presse pro-gouvernementale continuait à voir dans le résultat des urnes une victoire de l'AKP - "L'AKP a conservé son score de 2004 malgré la crise", titrait Zaman, "Les bastions ne sont pas tombés", lui répondait Yeni Safak -, M. Erdogan lui-même a admis avoir compris le message.
"Il est évident que nous allons tenir compte du message donné par les résultats de l'élection, et que nous allons dans la période à venir accomplir notre travail d'une manière différente", a-t-il déclaré dimanche soir.

 

 

ANALYSE Les élections turques ramènent le parti AKP aux réalités

Reuters, le 30 mars 2009 à 16h43

par Paul de Bendern

ISTANBUL, 30 mars (Reuters) - La déception exprimée par le Premier ministre turc Tayyip Erdogan après les élections locales et régionales de dimanche, marquées par un recul du Parti pour la justice et le développement (AKP), pourrait annoncer des compromis intérieurs et une politique plus réaliste.

L'AKP a obtenu 39% des voix aux municipales alors qu'il en espérait 47% comme aux législatives de 2007. C'est en outre son plus mauvais résultat depuis son arrivée au pouvoir en 2002.

Les analystes y voient un réveil brutal pour un parti quelque peu assoupi dans le confort du pouvoir, ainsi que pour un Premier ministre réfractaire aux critiques et guère enclin à reconnaître un échec.

Erdogan, qui avait fait de ces élections un référendum sur sept années de gouvernement AKP, a nettement sous-estimé le mécontentement de l'électorat face à la politique menée dans un pays guetté par la récession après des années de croissance.

"Nous pensons que le Premier ministre interprétera les résultats convenablement et se concentrera sur les problèmes économiques", dit Yarki Cebeci, économiste chez JP Morgan à Istanbul. "L'électorat turc a adressé un avertissement clair à l'AKP, en marquant son insatisfaction face au ralentissement économique."

En cours de campagne, Erdogan avait minimisé les effets de la crise mondiale sur la Turquie et imputé la montée du chômage (au taux record de 13,6%) à des milieux d'affaires incompétents.

RENFORCEMENT DE LA DÉMOCRATIE ?

L'AKP a été tenu en échec dans des villes clés sur lesquelles avaient porté ses efforts de campagne - en particulier Diyarbakir, dans le Sud-Est à majorité kurde, Izmir et Adana. Le parti au pouvoir a aussi enregistré de très nets reculs à Ankara, la capitale, et à Istanbul.

Les élections locales sont importantes en Turquie, où les gouvernements se trouvent sérieusement handicapés quand ils y réalisent de piètres scores. Les résultats de dimanche ne devraient pas bloquer les réformes mais pourraient obliger

Erdogan à rechercher des compromis avec l'opposition pour atteindre ses objectifs. Ce qui pourrait, par contrecoup, renforcer les institutions démocratiques.

Erdogan s'est engagé à réformer la constitution établie par l'armée en 1982 et à modifier les règles de fonctionnement de la Cour constitutionnelle - initiatives qui permettraient de lever quelques obstacles à l'adhésion future du pays à l'Union

européenne, mais qui risquent aussi de ranimer des tensions avec les laïques qui l'accusent de poursuivre un programme islamiste.

Des têtes pourraient tomber à la suite du faible score de l'AKP, bien qu'Erdogan ait assuré dimanche qu'un remaniement éventuel du cabinet ne découlerait pas des résultats électoraux.

"Il y aura quelques changements ministériels, mais seul Erdogan sait lesquels et quand ils auront lieu", déclarait-on de source gouvernementale avant les scrutins.

Le Premier ministre, issu des quartiers pauvres d'Istanbul et venu à la politique par l'école de la rue, révisera-t-il son style "direct", illustré par un vif accrochage verbal avec le président israélien Shimon Peres au forum de Davos ? Tout au plus partiellement, si l'on en juge par le passé.

"C'EST LE PATRON"

Erdogan trône sur l'AKP un peu comme un sultan sur sa cour. A cet égard, il s'inscrit dans une lignée de dirigeants turcs récompensés dans les urnes pour leur dureté plutôt que leur compassion. Toutefois, milieux d'affaires et analystes jugent ce style porteur de divisions à un moment où la Turquie requiert d'urgence des réformes économiques, politiques et sociales.

Après la victoire de l'AKP aux législatives de 2007, provoquées par un conflit avec l'opposition laïque sur l'orientation du pays, Erdogan avait promis une ère de compromis.

Mais il avait peu après milité pour une levée de l'interdiction du voile islamique pour les étudiantes, suscitant ainsi de nouvelles tensions et une procédure judiciaire visant à faire interdire l'AKP pour activités islamistes.

A la fois charismatique et sévère, Erdogan demeure l'homme politique le plus populaire de Turquie et dirige le gouvernement fondé sur un seul parti le plus stable depuis des décennies. Il "mène le jeu, c'est le patron", note un de ses collaborateurs.

Il lui appartient donc de soutenir l'économie et de faire avancer les réformes, en particulier sur l'extension des libertés, comme l'illustre le bon score électoral enregistré par un parti pro-kurde dans le sud-est du pays.

 


 

Israël: Le Mal absolu/5

Chronologie de la naissance de l’ Ogre[1].

Par Mizaanoun

« […] Par conséquent si voulons continuer à vivre, notre obligation est de tuer, tuer et tuer. Nous devons le faire durant  toute la journée et tous les jours de la semaine. Dès que nous cessons de tuer, nous finissons d’exister…Le désengagement unilatéral ne garantit pas la « paix ». C’est un état juif sioniste avec une écrasante majorité juive qui la garantit. » (Arnon Soffer, professeur de géographie de l’université de Haïfa)[2].

L’infiltration « pacifique » en Palestine.

En 1878, alors que la Palestine faisait encore partie de l’empire Ottoman, Yehoshua Stampfer, né en Hongrie en 1852  accompagné d’un groupe de religieux juifs, va tenter de créer une colonie dans la vallée de l’Achor, près de Jéricho, en achetant des terres. Les autorités locales annulèrent la vente et leur interdirent de s’installer dans ces lieux. Finalement avec l’aide financière du baron Edmond de Rothschild il va finir par acheter, dans un autre endroit, des terres près du village de Mulabbis. Malheureusement cette fois-ci les autorités ne vont par objecter et laissèrent faire. C’était Petah Tkiva : le berceau du mouvement sioniste en Palestine. La mère de toutes les colonies. La source de toutes les malédictions sionistes qui vont s’abattre sur la Palestine, sur le monde arabe, sur le monde musulman et, sans aucun doute, sur le monde entier. Sinon lisons cette phrase: «Le droit international est applicable à toutes les nations sauf une : Israël.[3]»

(On ne peut être plus clair. Ce que dit Bernard Kouchner le disent tous ses homologues occidentaux et particulièrement son homologue usaméricain de service, en l’occurrence en ce moment, Mme Clinton. Les faits dans le sens de cet esprit, sont plus éloquents que les paroles.

En effet selon cette maxime, les sionistes sont des êtres surhumains et les seuls. En quelque sorte les élus par la providence. Ils sont les « dépositaires de toute la sagesse humaine » et de « toutes les valeurs morales », et, à ce titre, ils sont les seuls aptes à diriger la race humaine vers les rivages de la paix, de la prospérité, de la liberté, du progrès et enfin de compte la tranquillité de l’âme. Plus ou moins tel qu’on le voit en ces jours précis. Ce qui suivra « achèvera leur œuvre grandiose » qui se terminera, comme il se doit, avec « les feux d’artifice » comme on n’en a jamais vu auparavant. Les feux d’artifice qu’on a vu dernièrement sur Gaza n’en sont qu’un petit avant-goût. C’est promis par Kouchner, son chef Sarkozy et beaucoup d’autres de la même « hauteur intellectuelle, morale et finalement humaine».

Pour Kouchner et compagnie, les massacres, les boucheries et le génocide en cours depuis plus de 60 ans, ne sont que les plus récentes « bénédictions divines » dont la mise en pratique est revenue cette fois-ci à cette catégorie « d’anges du ciel » qui apparaissent sous forme humaine. De Menahem Begin à Avigdor Lieberman, tous ces sionistes qui sont apparus en Palestine, à la satisfaction de Kouchner et acolytes ne sont que  des anges, et, au désespoir de l’écrasante majorité des habitants de la planète, encore sous anesthésie presque globale,  des monstres et rien que des monstres… tel que le démontre la succession des faits dans cette chronologie succincte).

Plus tard cette colonie, Petah Tkiva, va devenir une ville et va se voir accorder un statut comme tel par les forces d’occupation anglaises en 1937. Car à la chute d’ElKhilafah Ottomane (L’Empire Ottoman dans les textes occidentaux), presque toute la région est passée sous la domination de l’empire anglais à l’exception du Liban et de la Syrie qui sont passés sous la domination française.

Le premier maire de cette nouvelle ville sera Shlomo Stampfer le fils de Yehoshua.

En 1882, dans la foulée de l’émigration juive de l’Europe vers d’autres destinations dans le monde, 25.000 vont débarquer en Palestine. Cette émigration va continuer. Et jusqu’à 1929 on a recensé quelques 4000.000 d’émigrants juifs européens dont la majorité, 2.885.000, va s’installer aux Etats-Unis.

En 1891 Maurice de Hirsch petit-fils de banquier allemand, avant de créer la Jewish Colonisation Association en cette année là, avait déjà financé, dans un autre cadre de philosophie par rapport à celle du sionisme, des écoles et des dispensaires pour les juifs en Turquie. En 1895, un an avant sa mort, Hirsch avait eu, en effet, une discussion avec le fondateur du sionisme Theodor Herzl qui avait tourné court. Car la colonisation que finançait Hirsch était en Argentine où l’association possédait déjà 100.000 hectares de terres, alors que Herzl, qui pensait aussi à la création d’un état sioniste dans ce même pays, avait changé d’avis et s’est orienté définitivement vers la Palestine.

En 1896 meurt Hirsch et Herzl écrit son livre « l’État Juif » ou « l’État des juifs » (Der Judenstadt en allemand) dans lequel il donne sa vision sur la création d’un état sioniste en Palestine, qui aura  un certain succès auprès  d’une partie de la communauté juive de l’Europe Orientale et va l’inciter à émigrer en Palestine. Alors que des religieux juifs orthodoxes étaient contre. Car ils ne croyaient pas en un état (ethniquement) juif. Ils avaient une autre interprétation des textes religieux qui ne soutiennent, en aucun cas, la création d’un état juif quelconque à moins que le « Messie » réapparaisse et en ordonne un tel projet qui relève beaucoup plus du mysticisme que de réalités historiques concrètes. 

En 1897 se tient, à Bâle en Suisse, le premier congrès sioniste qui va élire Herzl à la présidence et créer l’Association Sioniste Mondiale (WZO, ses sigles en anglais).

Dans la même année Herzl lance un hebdomadaire « Die Welt » (Le Monde) à Vienne. Quand au mois de mai 1901, Herzl va finalement être reçu par ElKhalifah Abdülhamid II (Dans les textes occidentaux on emploie le terme Sultan) pour essayer de négocier un don des terres en Palestine, ElKhalifah lui a répondu : « Je préfère être pénétré par le fer que de voir la Palestine perdue». Son pressentiment s’est avéré profondément justifié.

Dans la même année, un autre des fondateurs du sionisme, Nahman Syrkin, écrit un pamphlet dans lequel il prône le « nettoyage » ethnique de la Palestine de ses habitants arabes pour faire place aux juifs-sionistes.

En 1901  la FNJ, le Fonds National Juif-sioniste, commence à s’approprier des terres palestiniennes au nom de l’Association Sioniste Mondiale. Ces terres doivent – sin qua non –  être exploitées exclusivement par des sionistes.

En 1904 les premières tensions entre les sionistes et les paysans palestiniens éclatent au grand jour. D’autre part, entre 1904 et 1914, 40.000 immigrants sionistes viennent s’ajouter à ceux qui les ont précédés. Néanmoins la présence des sionistes en Palestine, jusqu’à cette dernière date, ne va dépasser les 6% (D’autres sources la situe à 7%).

Comment va germer l’idée du génocide.

En 1905 Israel Zangwill né à Londres de parents immigrés de Russie, membre de l’Organisation sioniste mondiale, déclare que les juifs doivent expulser par tous les moyens les arabes et se battre contre une grande population anormale (Dans le texte le terme employé n’est pas population étrangère, mais bien une population étrange, insolite, anormale) Autrement dit une population qui « n’aurait pas dû être là ».

1906 est la date à partir de laquelle, en tant que fervent sioniste, David Ben Gourion (DBG) va s’habiller en permanence de l’uniforme de combat kaki. Et quand vont commencer les opérations de nettoyage ethnique, il va ajouter un pistolet aux hanches et une « Koufieh » autour du cou conformément au style adopté par les unités sionistes  d’élite. Le nettoyage ethnique sera officiellement la forme défendue par DBG pour la création d’un État purement juif : par la force et la terreur. Il ne reste qu’à saisir le moment opportun pour résoudre « militairement » la réalité démographique adverse sur le terrain. C'est-à-dire la liquidation physique de la présence majoritaire des autochtones.

En 1907 est créé le premier « kibboutz » par des immigrants d’Europe de l’Est mus par les idéaux sionistes. Ce kibboutz a eu lieu sur les rives du lac de Tibériade. Ils l’appelèrent Kibboutz « Degania » et il sera considéré la mère des « Kibboutzim ».  D’autres documents situent sa fondation en 1909.

En 1909 va naître, près de la ville portuaire de Jaffa (les sionistes emploient le patronyme Yafo), un embryon d’une ville qui va s’appeler plus tard, bien plus tard après la création de l’état sioniste, officiellement Tel Aviv.

En 1917, le ministre des affaires étrangères anglais lord Balfour fait officielle sa déclaration par laquelle le gouvernement de sa majesté donne l’appui nécessaire pour la création « d’un foyer juif en Palestine ».La déclaration était conçue sous la forme d’une lettre ouverte adressée à Lord Lionel Walter Rothschild, publiée le 2 novembre de cette même année par le ministre britannique en accord avec Haim Weizmann le président de la Fédération Sioniste à l’époque. Le même personnage sera le premier président de l’état sioniste en 1948. 

Les forces armées ottomanes capitulent et se rendent, à Al-Quds (Jérusalem), au général anglais Allenby dont les forces occupaient la Palestine. C’est pratiquement l’abandon de la Palestine aux mains des troupes anglaises. Et la fin de la première guerre mondiale.

En 1918 dans le livre écrit par DBG en compagnie de Yitzhak Ben Zvi, en Yiddish, et publié cette année-là, il est affirmé que « les Fallahin (les paysans) arabes ne sont que des descendants des fermiers juifs qui sont restés en Palestine après l’exil provoqué par les romains. (Ben Zvi a maintenu cette argumentation dans les années 30 et 40 et dans son œuvre « La Porte de l’Établissement juif » il a continué à soutenir que les villageois des montagnes d’Hébron n’étaient en réalité que des juifs convertis à l’Islam). Ben Zvi de son vrai nom Shemshelevitz est né à Poltava en Ukraine. Il sera le second président de l’état sioniste.

En 1919 se tient le premier Congrès National Palestinien qui rejette la déclaration Balfour et exige l’indépendance de la Palestine.

Dans la même année Haim Weizmann, représentant de la Commission Sioniste à la conférence de Paix de Paris, exige une Palestine juive, aussi juive que « l’Angleterre est anglaise ». D’autres membres de la Commission sioniste se déclarent partisans de chercher à pousser autant que possible les arabes à quitter la Palestine. Autrement dit obliger par tous les moyens les palestiniens à abandonner leur propre pays, leur propre terre.

De son côté Winston Churchill n’est pas demeuré en reste et déclare : « Puisque nous avons promis la Palestine aux juifs, il est évident qu’il va falloir « supprimer » de la population locale, la partie appropriée. » Ce qui veut dire la population arabe. 

Entre 1919-1933 un autre contingent d’un total  de 35.000 juifs serait arrivé en Palestine. Ainsi la communauté juive va représenter 12%  du total des habitants en Palestine avec une possession des 3% des terres.

L’introduction du terrorisme en Palestine.

En 1920 est fondée de forme clandestine, la branche armée du  sionisme, l’organisation terroriste « Haganah ». Vladimir Jabotinsky, sioniste radical notoire, y a joué le rôle majeur dans la création de cette organisation. Vladimir Jabotinsky est né en 1880 en Ukraine. Dix ans plus tard il sera le principal inspirateur politique de l’autre organisation terroriste Irgoun.

Dans la même année le Congrès Suprême de la Conférence de Paix de San Remo octroie à l’Angleterre le mandat sur la Palestine (En 1922 le Conseil de la Société des Nations approuve le mandat de l’Angleterre sur la Palestine. Finalement ce mandat entre en vigueur en 1923).

En 1922 un recensement en Palestine, réalisé par les soins de l’administration occupante anglaise, confirme le nombre de 757.182 habitants dont 87,6% d’arabes répartis, en 78% de musulmans et 9,6% de chrétiens, contre 11% de juifs.

Entre 1924 et 1928 une nouvelle vague d’arrivée d’immigrants juifs en Palestine sera composée de 67.000 dont plus de la moitié sont des polonais. Et ainsi le pourcentage de présence juive monte à 16%  et la possession des terres à 4%.

En 1929 les émeutes autour du Mur d’El-Bourak (devenu par la falsification sioniste de l’histoire le mur des lamentations)  vont faire 133 morts du côté juif et 116 du côté arabe dont la majorité sont tués par les forces armées britanniques. (À la suite de ces émeutes, la Société des Nations va trancher sur le statut légal concernant le Mur d’El-Bourak entre les arabes et les juifs).

En 1931 est née la nouvelle organisation terroriste clandestine d’une scission de l’autre organisation terroriste sioniste Haganah  cité plus haut: l’Irgoun (le nom complet est Irgoun Zvaï Leoumi qui veut dire Organisation militaire Nationale I.Z.L) pour apporter son appui aux agressions et attaques menées contre les arabes. Cette année-là le recensement donne un total de 1, 03 millions d’habitants en Palestine avec 16,9% de juifs.

En 1932 est fondé officiellement le premier parti politique arabe sous le nom « Istiqlal »

En 1936 la Conférence des Comités Nationaux Palestiniens décide de refuser de payer des impôts tant qu’il n’y a pas une représentation officielle palestinienne.

En 1937 la Commission Peel recommande la partition de la Palestine avec 33% pour la création d’un état juif. Ce qui oblige toute la population arabe vivant dans cet espace ainsi créé pour les immigrants juifs, d’abandonner leurs biens. Dans la même année les autorités britanniques vont dissoudre toutes les organisations politiques palestiniennes, déporter les cinq principaux dirigeants politiques arabes et établir un tribut militaire afin de contrôler la révolte de la population arabe. 

En 1938, les bombes de l’organisation terroriste Irgoun explosent partout tuant plus de 119 palestiniens. Les réactions armées des palestiniens feront 8 morts dans le camp sioniste. Des renforts britanniques sont déployés afin de détenir la révolte.

Le 12 juin 1938 David Ben Gourion (DBG) déclare à l’Agence Juive : « Je suis partisan du déplacement forcé [des palestiniens]. Je ne vois rien d’immoral dans cela. (Archives Sionistes Centrales, acte de réunion de la direction de l’Agence Juive du 12 juin 1938)

En 1939 la Chambre des Communes Britannique vote l’approbation du Livre Blanc qui envisage l’indépendance conditionnelle de la Palestine dans dix ans et limite le quota annuel de l’immigration juive à 15.000 pour les cinq années qui suivent.

En 1940 des lois ont été adoptées sur le transfert de la Terre. Des mesures qui ont pour but de protéger le territoire palestinien face aux acquisitions de la part des juifs.

En 1943 les limites pour cinq ans d’immigration venues dans le Livre Blanc sont prolongées.

En 1946 vers la fin de cette année, DBG était informé du départ imminent des anglais de la Palestine. Avec ses collaborateurs les plus proches, il va commencer à préparer la stratégie générale à suivre, contre la population palestinienne, qui sera mise en œuvre immédiatement après le départ des anglais. Cette stratégie se convertira en plan C, ou Gimel, en hébreux (Le plan A est connu comme plan Elimelech, du nom d’Avner Elimelech, le commandant du groupe terroriste Haganah, qui l’avait déjà ébauché à la demande de DBG en 1937, sur les lignes à suivre pour s’emparer de la Palestine, une fois les anglais partis. Le plan B est aussi conçu au début de la même année).

L’objectif du plan C : préparation des forces militaires de la communauté juive-sioniste se trouvant en Palestine, pour les offensives à entreprendre contre les populations rurales et urbaines dans tous les endroits abandonnés par les anglais. L’emploi des moyens de dissuasion à l’égard des palestiniens qui tenteraient de s’attaquer aux colonies juives-sionistes et répondre par des représailles contre tous ceux d’entre eux qui osent s’attaquer aux maisons habitées par des juifs-sionistes ou les harceler sur les routes.

Les actions punitives prévues dans le plan C : « Assassiner tous les dirigeants et agitateurs politiques palestiniens ainsi que toute personne susceptible de leur apporter un soutien financier quelconque.

(Donc on le voit bien, quand et comment ont commencé, les assassinats sélectifs auxquels on assiste aujourd’hui, presque quotidiennement, que ça soit à Gaza dernièrement, dans le reste de la Palestine bien avant, dans le monde arabe par la suite et dans le monde entier grâce aux immenses complicités occidentales et aux réseaux d’assassins à la solde des services secrets sionistes, le Mossad ou semblables)

Tuer les administrateurs et les fonctionnaires les plus importants du mandat britannique. Détruire tous les moyens de transport palestiniens. Détruire toutes les sources de subsistance des palestiniens ainsi que les puits d’eau, les moulins etc. Enfin neutraliser tous les villages palestiniens proches qui pourraient porter secours à ceux qu’on va attaquer.

(Là aussi on voit que les punitions collectives ne datent pas d’aujourd’hui. C’est dans la stratégie générale et en fonctionnement depuis lors).

Quelques mois plus tard un nouveau plan,  le plan D est tracé, (Dalet) : Un plan qui va décider du sort réservé à tous les palestiniens qui vivent au sein du territoire visé par les dirigeants sionistes pour établir leur état. Indépendamment de la position que vont adopter les palestiniens, s’ils décident de s’opposer ou de collaborer, la mesure contenue dans le plan D à leur encontre est l’expulsion systématique et totale de leur patrie.

Toujours dans la même année, la direction du mouvement sioniste s’est réunie à l’hôtel Royal Monsue, à Paris, pour débattre de la question de la géographie ou pour dessiner la future géographie de cet état sioniste. Le résultat sera traduit par l’Agence Juive en un espace géographique de la Palestine beaucoup plus étendu que celui conçu par DBG. Il sera imprimé sur une carte géographique qui va être distribuée décrivant l’état sioniste dans les limites territoriales qui anticipent, presque point par point l’Israël d’avant 1967 (La Palestine sans Gaza ni la Cisjordanie)

En 1947 dans la récente organisation des Nations Unies qui a pris la relève de la Société des Nations, l’Angleterre annonce sa volonté de se retirer de la Palestine. L’ONU va donc désigner un Comité pour s’occuper de la question de la Palestine qui sera connu sous le nom UNSCOP et qui va recommander une nouvelle partition du pays. Le 29 novembre 1947 l’ONU adopte la résolution Nº 181. Une résolution qui sera soutenue particulièrement par les Etats-Unis et l’URSS entre autres. Tous les pays arabes ont voté contre. À partir de ce jour, de cette résolution, commence l’expulsion massive des populations arabes. Elles sont arrachées sans contemplation de leur terre par les sionistes plus armés que jamais.

Le 13 décembre 1947 dans un discours devant les membres les plus importants du MAPAI, le Parti des Travailleurs de l’Eretz Israël DBG déclare : « Dans les territoires assignés à l’État juif, il y a 40% de non juifs  (c'est-à-dire des autochtones). Une telle composition n’est pas l’idéal pour un État juif. Donc nous avons à faire face à cette réalité indésirable avec toute sévérité et une fermeté particulière. Un équilibre démographique pareil met en question notre capacité de maintenir une souveraineté juive… Un état avec au moins 80% de population juive est le seul viable et stable»   

La voiture piégée

Notons que cette année – 1947 – reste aussi dans les annales de l’histoire, comme l’année où a apparu pour la première fois la voiture piégée comme arme urbaine. En effet l’organisation terroriste sioniste « Stern » d’extrême droite –  c'est-à-dire la plus dure, car dans le sionisme il est inutile de  chercher des nuances entre gauche et droite, c’est un bloc indivisible –  va conduire un camion bourré d’explosifs à l’intérieur d’un commissariat des autorités d’occupation anglaises à Haïfa. Dans l’explosion quatre personnes sont mortes et 140 ont été blessées. (Quelques temps après, cette organisation va réintégrer l’autre organisation Irgoun de laquelle elle s’était séparée en 1940). Plus tard l’organisation terroriste utilisera les camions et les voitures piégées pour tuer massivement les palestiniens. Des atrocités et des boucheries énormes sont commises aveuglement dans la population. Certains soldats anglais éprouvant un sentiment d’écœurement  ou pour la tranquillité de leur conscience ont déserté et sont passés du côté des arabes. Ils vont eux-mêmes utiliser les mêmes méthodes contre les terroristes sionistes.

En décembre de la même année, DBG dans une lettre adressée à Moshe Sharett (« Ministre » des Relations Extérieures d’Israël) écrit : « Nous pourrons, si nécessaire, tuer toute les populations de Haïfa de Jaffa de faim. » 

Moshe Sharett, de son vrai nom Moshe Tchertok est né à Kherson, dans l’empire russe de l’époque (aujourd’hui c’est une ville en Ukraine), le 15 octobre 1894. Il arrive en Palestine en 1908. Ses parents sont parmi ceux qui ont participé à la création embryonnaire de la ville de Tel Aviv, citée plus haut.

Le commencement du génocide sioniste

En 1948 après dix ans d’exil Abdelkader El Husseini retourne en Palestine pour tenter de créer un mouvement pour s’opposer à la partition. C’était en janvier.

La Grande Bretagne prétend remettre la Palestine à tout groupe prédominant dans la région ! 

Le 31 janvier DBG donne directement l’ordre au Commandant militaire sioniste de Al-Quds (Jérusalem), David Shaltiel, de garantir l’avance et l’expansion des sioniste dans cette ville en détruisant totalement le quartier Sheikh Jarrah et l’occupation des autres quartiers de la ville tout en installant immédiatement les sionistes dans tous les endroits « libérés ». La mission du commandant consiste à loger les familles sionistes dans chaque maison vidée de ses propriétaires palestiniens dans les quartiers à populations semi-arabes comme le quartier Romema.

(David Shaltiel, ce terroriste sioniste, est né tantôt à Hambourg tantôt à Berlin, ça importe peu, l’essentiel en tout cas en Allemagne  en 1903. Il est arrivé en Palestine en 1935. De 1940 à 1942 il était l’émissaire de l’organisation terroriste la Haganah en Europe. De 1944 à 1945 il travaille pour l’Agence Juive en Afrique du Nord. De janvier à juillet 1948 il sera le commandant du district militaire à Al-Quds (Jérusalem). De 1948 à 1949 il sera l’inspecteur général des Forces de Défense Israéliennes (IDF). De 1949 à 1950 il sera chargé des forces de contrôle des frontières ! De 1950 à 1952 il est attaché militaire en France. Par la suite il sera ambassadeur au Mexique, au Brésil et enfin au Pays Bas).

Au mois de février, toujours en 1948, éclate la bataille entre les sionistes et les arabes. La Haganah  fait appel à toutes les femmes et les hommes d’entre 25et 35 ans pour le service militaire.

Le délégué usaméricain, aux Nations Unies, déclare que la mission du Conseil de Sécurité est d’abord le maintien de la paix avant de passer au partage de la Palestine.

Dans une autre lettre adressée à Moshe Sharett, le 18 février de l’année en cours, DBG écrit : «Si nous arrivons à recevoir à temps les armes [de Tchécoslovaquie] et peut être aussi celles que nous ont promis les Nations Unies, on pourrait même infliger des coups mortels aux syriens dans leur propre pays et ainsi nous emparer entièrement de la Palestine. Je n’ai aucun doute à ce sujet. Nous sommes en mesure de faire face aux forces armées arabes. Je t’assure qu’il ne s’agit nullement d’une croyance mystique, mais d’un calcul froid et rationnel fondé sur un examen concret.»

(En effet en mai 1946, la Haganah était arrivée à un accord pour l’achat d’armements de la Tchécoslovaquie pour un montant de 12.280.000 dollars. Ces livraisons étaient composées de 24.500 fusils, 5.200 mitraillettes et 54 millions de balles). 

Dans son journal personnel DBG a inscrit des notes d’une réunion tenue dans son propre domicile, le 19 février, donc le jour suivant, sur l’impact causé par les opérations « Lamed-Heh » menées contre les palestiniens, on y lit : «Une réaction très réduite [de la part des arabes] qui n’impressionne personne. Une maison détruite c’est rien du tout. En détruisant tout un quartier ça pourrait produire quelques effets.».(DBG est très content du résultat de l’opération du village Sa ‘sa parce qu’elle a fait « fuir même les arbres ») écrit-il.

« Le village Sa’sa[4] situé à 12 kilomètres au nord ouest de la ville de Safed. Il a fait l’objet du  massacre dont se sentait fier DBG, mené, dans le cadre d’une opération beaucoup plus ample qui est connue sous le nom Hiram, par l’unité armée « Palmach » de l’organisation terroriste la Haganah. 11 villageois sont tués, dont 5 petits enfants. Le village va être totalement rasé.

En effet  à partir du 22 octobre 1948, en préparation à l’opération, les villages principaux villages Tarshiha, Jish et Sa’sa sont bombardés quotidiennement par des B-17 et des C-47. Des bombardements, en quelque sorte, pour amollir l’objectif. Ce genre de « travail militaire » sioniste est devenu la norme qui dure jusqu’à nos jours : des bombardements massifs pendant plusieurs jours pour « déblayer » le terrain pour les fantassins et aux chars.

Le 28 octobre, l’opération principale, baptisée Hiram en référence au nom biblique du roi de Tyr est lancée. Elle débute par les bombardements massifs par les forces aériennes sionistes des villages d’Al-Khallil (Galilée) et du Sud du Liban soupçonnés de servir de base à la Résistance. Durant la nuit du 28 au 29 octobre 21 tonnes de bombes sont déversées sur 7 villages d’Al-Khallil (Galilée) au cours de 13 raids successifs. Ceux-ci se sont révélés dévastateurs. Dans le seul village de Tarshiha on avait compté dans l’immédiat 24 personnes mortes et 60 autres  trouvées par la suite sous les décombres. Tous les autres survivants ont pris le chemin de l’exode. (Dans le texte il n’est pas fait mention, mais compte tenu des idées terrifiantes de DBG, certainement les arbres ont aussi pris le chemin de l’exode.)

Au matin du 30 octobre, les forces sionistes rassemblant 11 ou 12 bataillons se lancent à l’attaque de l’enclave. La 7e brigade Sheva fait mouvement de Safed jusqu’à Miron puis poursuit sur Safsaf et Jish où les forces de la Résistance arabe ont déploré des fortes pertes. De son côté, la 9e brigade, Oded, fait mouvement vers l’Est, prenant Tarshiha et d’autres villages arabes. Ensuite dans un mouvement de prise en tenaille est-ouest, les 7e et 9e brigades se dirigent vers le carrefour stratégique de Sa’sa.

Les 72e et 79e bataillons continuent ensuite vers le nord de Kafr Bir’im, Saliha et arrivent à al Malikya tandis que le 71e bataillon se dirige vers l’ouest, prenant Ras al Ahmar, Riahanya, Alma et dans l’après midi du 30 octobre Deishum.

Dans le même temps, la 1e brigade Golani attaque vers  le nord depuis le carrefour de Lubya, prend Eilabun, Maghar puis oblique vers l’ouest et prend Rama, Beit Jann, Suhmata et Majd al Kurum où elle est rejointe par le 123e  bataillon

La suivante, la 2e brigade Carmeli, gardée en réserve dans la vallée de Hula fait mouvement jusqu’à Manara puis entre au Liban où elle prend le contrôle de 11 à 15 villages et atteint le fleuve Litani.

L’opération est couronnée de succès et Al-Khallil (Galilée) est conquise en 60 heures. »

 Le 5 juin, malgré les négociations entreprises avec le médiateur de l’ONU, le comte Folk Bernadotte DBG écrit encore : «Aujourd’hui nous occupons Yibneh (sans résistance) et Qaqun à 6 kilomètre nord-ouest de la ville de Tulkarem. Là-bas les opérations de nettoyage ethnique continuent ; nous n’avons pas de nouvelles des autres fronts.»

Au mois de mars le Plan Daleth, le programme sioniste du nettoyage ethnique est mis au  point. Bien que Sur le terrain, les forces de la Haganah soient en théorie mieux équipées et mieux préparées à la guerre que les forces adverses, elles ont essuyé plusieurs revers importants : les cent mille juifs d’Al-Quds (Jérusalem) sont assiégés par les hommes d’Abdelkader El Husseini et il n’est plus possible de les ravitailler tandis que la quasi-totalité du parc de véhicules blindés servant aux convois a été détruite. La situation d’isolement est la même pour les implantations de haute Al-Khallil (Galilée), de la zone d’Hébron et du Néguev[5].

Toujours au mois de mars de la même année, le président usaméricain Harry S. Truman promet son soutien à la cause sioniste.

Les dirigeants arabes acceptent une trêve et une administration fiduciaire à la place du partage de la Palestine est proposée par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Les sionistes acceptent aussi la trêve, mais comme on le verra plus tard, dans le cadre de leur tactique pour gagner du temps en attendant le moment opportun.

Entre le 30 mars et le 15 mai la Haganah va entreprendre une opération pour dégager le terrain en expulsant tous les habitants sur la côte de Haïfa jusqu’à Jaffa.

Deux jours plus tard DBG convoque une réunion, de nouveau dans son domicile pour évaluer combien d’argent on a dérobé des banques arabes, combien d’arbustes citriques et autres biens a-t-on confisqué. Eliezer Kaplan (qui est né en 1891 à Minsk en Biélorussie) son ministre des finances, lui a suggéré de confisquer toutes les propriétés des palestiniennes tombées entre leurs mains afin de prévenir les altercations  entre les prédateurs sionistes.

Devant le malaise exprimé par certains éminents représentants du MAPAM devant ce qu’ils considéraient comme une ampliation du cadre du nettoyage ethnique « non nécessaire » DBG leur a rappelé qu’ils étaient eux-mêmes enchantés en avril 1948 quand la première phase de nettoyage [ethnique] avait commencé dans la zone  et ajouta : être juif en 1948 implique une chose et une seule : l’engagement total dans la « dés-arabisation » de la Palestine. (Autrement dit le déracinement de l’arabe de Palestine)

DBG [Rebirth and Destiny of Israel, page 530] écrit: « […] Jusqu’au départ des anglais, (le 15 mai 1948) les arabes n’ont pénétré ni capturé aucune colonie juive, même pas la plus isolée qu’elle soit, alors que la Haganah…a capturé plusieurs positions arabes et libérer Tibériade, Haïfa, Jaffa et Safed…Donc le jour de la vérité, toute cette partie de la Palestine où la Haganah avait mené ses opérations était presque totalement vide d’arabes. 

Dans une note écrite après sa visite aux familiers des morts et blessés de l’Atlantic Hôtel de la rue Ben Yehuda, le quartier général des troupes d’élite de la Haganah on y lit : «Jamais je ne pouvais imaginer une destruction d’une telle ampleur. On ne peut même plus reconnaître la rue. C’est de l’horreur et de la haine. Mais il ne faut pas oublier que nos tueurs et assassins ont laissé ce genre d’empreintes de feu dans le Roi David (l’hôtel) à Haïfa, dans la maison Goldschmidt et dans beaucoup d’autres endroits ». 

Toujours dans son journal personne, le 8 juillet 1948, DBG serait arrivé à sentir tellement alarmé, pour le comportement des soldats sionistes dans les villes occupées et particulièrement pour les pillages auxquels ils s’adonnent à des fins personnels et les cas des violations (continues durant les trois ou quatre premiers mois d’occupation), qu’il va décider d’interdire à certaines unités de l’armée d’entrer à Nazareth qui a été occupée par les troupes sionistes durant la guerre des « dix jours ». DBG ajoute des notes concernant un « incident » que le lui a rapporté Isaac Chizik on y lit : « L’affaire d’Acre à laquelle sont mêlés des soldats qui voulaient violer une petite fille. Ils tuèrent le père, blessèrent la mère. Les officiers les ont excusés. Au moins un soldat a violé la petite fillette ».

 Au mois d’avril une première livraison d’armes tchèques a été reçue par l’organisation la Haganah. Elle composée de 4.500 fusils, 200 mitraillettes et 5 millions de projectiles.

La boucherie de Deir Yassine.

Tout au long de la route entre Tel Aviv et Al-Quds (Jérusalem) tous les villages ont été vidés et  leurs habitants expulsés. C’est le massacre de Deir Yassine. Il s’est produit le 9 avril de cette année. Il a été perpétré par 120 sionistes des deux organisations terroristes, l’Irgoun et Lehi. Cette dernière est l’acronyme en  hébreux de « combattants pour la liberté d’Israël ». Les autorités d’occupation anglaises vont l’appeler le Stern Gang, en référence au nom de son premier fondateur et dirigeant Avraham Stern. Ce dernier est né en Pologne le 23 décembre 1905. Il émigre en Palestine en 1924.

Les historiens  évaluent aujourd’hui, le nombre de villageois tués entre 100 et 120 personnes avec une majorité de civils, femmes et enfants. D’autres sources comme la presse et les différents commentateurs de l’époque évaluent le nombre à 254 personnes[6].

Le 4 décembre 1948 une lettre signée par Albert Einstein et vingt sept autres éminents juifs de New York est publiée dans le journal « The New York Times ». Il s’agit d’une condamnation du massacre de Deir Yassine. On y lit : « …Les bandes terroristes [l’Irgoun de Menahem Begin] se sont attaquées à un paisible village qui ne pouvait, dans aucun conflit,  constituer un objectif militaire. On a tué la majorité des habitants (deux cents quarante hommes, femmes et enfants) et on a gardé quelques uns en vie pour les exhiber, en trophée, dans les rues de Al-Quds (Jérusalem), comme s’ils étaient des combattants capturés. La majorité de la communauté juive exprime son sentiment d’horreur pour ces actes…Mais les terroristes, loin d’exprimer leur honte, se sentant fiers et orgueilleux de leur massacre, ils lui donnèrent encore plus de publicité. Ils invitèrent les correspondants étrangers présents dans le pays à venir contempler les piles de cadavres et les grands dégâts qu’ils ont causés à Deir Yassine.»

(Il est clair que le grand physicien n’avait aucune idée de la nature criminelle des sionistes. Ce qu’ils ont commis à Deir Yassine va se répéter avec plus d’horreur, de lâcheté et d’ignominie sans arrêt depuis).

Menahem Begin voit les choses d’une autre manière. En voici quelques extraits de son « succulent » commentaire de sur la boucherie : « Quand les nouvelles de la boucherie de l’Irgoun se sont répandues, toutes les populations arabes étaient prises d’une panique infinie et ont commencé à fuir pour sauver leur vie. Cette fuite massive s’est transformée en explosion de folie hors de contrôle. Des presque 800.000 palestiniens qui vivaient dans le territoire actuel de notre état sioniste, seulement 65.000 y sont restés. L’importance politique et économique d’un tel changement est, sans exagération, difficile à calculer. »  (The Revolt [La révolte] page 164).

Le Conseil de Sécurité impose une trêve. Les États-Unis proposent un plan d’administration fiduciaire de la Palestine par l’ONU.

Après les nettoyages de Deir Yassine, des villages sur la côte de Jaffa à Haïfa et les villages sur  la route de Tel Aviv à Al-Quds (Jérusalem) est venu le tour de la ville de Haïfa proprement parlé. Elle sera vidée de ses habitants arabes. L’organisation terroriste la Haganah attaque une zone autour d’Al-Quds (Jérusalem) mais elle va être obligée de la laisser sous le pouvoir des autorités anglaises. Sans pour autant renoncer à aller capturer une autre zone du côté ouest d’Al-Quds (Jérusalem) qu’ils vidèrent aussi de ses habitants palestiniens expulsés.

Le 14 mai 1948 les sionistes déclare leur indépendance avant la fin du mandat britannique. Truman, le président usaméricain est le premier à  reconnaître le nouvel État sioniste. (L’Ogre est finalement arrivé au monde).

Le 20 juin 1948 le Conseil de Sécurité exige un cessez-le-feu et nomme le comte suédois Folke Bernadotte af Wisborg comme médiateur de l’ONU. Il est ainsi le premier médiateur officiel de l’histoire de l’Organisation. Sa mission est immense : Faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial.

Très vite, la tension avec la partie sioniste monte. Le 27 juin, le comte propose un premier plan, avec un État israélien sur 20% de la Palestine (au lieu des 55% prévus). Et en plus il  sera confédéré avec la Transjordanie. Ainsi l’État palestinien, en tant que tel, disparaît puisque son territoire est attribué à la Transjordanie. Ce plan est rejeté par toutes les parties y compris arabes. Bernadotte devient la cible, en Israël, d’une virulente campagne de presse. En juillet les membres de l’organisation terroriste sioniste Lehi avaient menacé le comte de mort, suite à une rencontre qu’il avait eue avec deux membres de l’autre organisation terroriste sioniste Stern, le 24 juillet. « Nous avons l’intention de tuer Bernadotte et tout autre observateur des Nations Unies en uniforme qui viendra à Al-Quds (Jérusalem) ». Lorsqu’il leur demanda pourquoi, Ils répondirent « que leur organisation était déterminée à ce que Al-Quds (Jérusalem) soit sous l’autorité de l’État sioniste et qu’elle ne permettrait pas d’interférence de la part d’aucune organisation nationale ou internationale.

Le 1er août 1948, Israel Eldad, un des trois dirigeants du groupe terroriste Stern (ou Lehi, l’autre groupe armé sioniste radical) déclare, lors d’une assemblée publique à Al-Quds (Jérusalem) : « Les combattants pour la liberté d’Israël adressent une mise en garde aux observateurs des Nations Unies [et] aux généraux de Bernadotte […] Nous emploierons contre les représentants d’un pouvoir étranger les mêmes méthodes que nous avons employées contre les britanniques ».

D’après Israel Eldad, la décision de tuer  Bernadotte est prise par les trois dirigeants du Lehi. 

 

Le 16 septembre, Folke Bernadotte propose un nouveau plan de partage de la Palestine, dans lequel la Transjordanie annexerait le Néguev et la Cisjordanie. La confédération entre Israël et la Transjordanie disparaît. Ce plan prévoit un État juif occupant l’entière Al-Khallil (Galilée), le passage de Al-Quds (Jérusalem) sous contrôle international et le rapatriement (ou dédommagement) des réfugiés. Concernant ce dernier sujet, le Comte Bernadotte écrivait « Ce serait offenser les principes élémentaires que d’empêcher ces innocentes victimes du conflit de retourner dans leur foyer, alors que les immigrants juifs affluent en Palestine et de plus menacent de façon permanente de remplacer les réfugiés arabes enracinés dans cette terre depuis des siècles. » Il critique « le pillage sioniste à grande échelle et la destruction de villages sans nécessité militaire apparente. »

Ce second plan est de nouveau refusé par les israéliens et les arabes (La Transjordanie, grande gagnante du projet de Bernadotte, n’ose pas accepter, compte tenu de l’atmosphère générale de colère et de révolte dans la population).

L’assassinat de Bernadotte.

Après l’atterrissage à Kalandia-Al-Quds (Jérusalem), le Comte Bernadotte et ses accompagnateurs se rendent en voiture à Al-Quds (Jérusalem). Au programme  du jour deux choses : rencontrer les Observateurs de la trêve et faire un choix pour l’emplacement d’un nouveau quartier général, car jusque-là Bernadotte et son équipe opéraient depuis l’hôtel des Roses, situé sur l’île grecque de Rhodes qui était à ses yeux beaucoup trop loin de la zone de guerre.

Après avoir rencontré les observateurs de la trêve et visité quelques emplacements possibles pour le bâtiment du quartier général, le convoi de Bernadotte, composé de trois voitures, entra dans le quartier Katamon de Al-Quds (Jérusalem). Chaque voiture arborait les drapeaux des Nations Unies et de la Croix Rouge, et personne, dans ce convoi, n’était armé. Le comte Bernadotte quant à lui avait refusé, à plusieurs reprises, le gilet pare-balles qu’on lui proposait.

Dans la voiture du Médiateur, sur la banquette arrière, avaient pris place : Bernadotte, le colonel français André Sérot, chef des observateurs des Nations Unies à Al-Quds (Jérusalem), le général suédois Aage Lundstrom, chef de la supervision de la trêve en Palestine et représentant personnel de Bernadotte.

Le quartier de Katamon, sous contrôle de l’armée sioniste, était presque désert. Les habitants chrétiens de cette partie de Al-Quds (Jérusalem) naguère encore aisée avaient été aussi expulsés à la pointe des baïonnettes par les forces armées sionistes, fin avril.

Peu après avoir franchi un check-point de l’armée sioniste, le convoi est arrêté par une jeep qui lui barre le passage. Trois hommes armés, revêtus de l’uniforme de l’armée sioniste, surgissent de cette jeep tandis que le conducteur reste au volant. Les trois voitures sont arrosées de balles. Bernadotte est abattu à bout portant de six rafales de mitraillette Schmeisser. Dans leur déclaration dactylographiée, reconnaissant leur responsabilité dans le double assassinat, les tueurs demandent qu’on veuille bien les excuser d’avoir abattu Sérot « par erreur ».

On sait aujourd’hui que le « meurtre a été planifié par Zettler, le commandant de la section terroriste sioniste chargée de la zone  d’Al-Quds (Jérusalem) (La dernière en activité et la plus dure), qu’il a été décidé en août au plus haut niveau par les trois responsables du Centre et que l’exécution en a été confiée à un vétéran du groupe terroriste sioniste Lehi ou « Gang Stern », Yehoshua Cohen. Les deux autres tireurs étaient Yitzhak Ben-Moshe et « Gingi » Zinger et le conducteur de la jeep du nom  Meshulam Makover. 

L’assassinat de Bernadotte suscita une condamnation universelle.

Le groupe terroriste Lehi est immédiatement suspecté. « En 24 heures  plus de 250 membres du Lehi sont interpellés dans tout le pays. Le gouvernement en profite pour dissoudre les unités de l’IZL  Al-Quds (Jérusalem), bien qu’il sache qu’elles n’ont pas été mêlées au crime. Le surlendemain, le Lehi est officiellement dissous au titre d’une loi « pour la prévention du terrorisme ». « Zettler affirmera avoir reçu une promesse explicite du ministre de l’intérieur Yitzhak Grünbaum : « vous serez condamnés pour satisfaire l’opinion mondiale. Après quoi, vous serez amnistiés.»  De fait, « Yalin Mor est son adjoint Mattiyahu Shmulovitz, condamnés le 2 février 1949 à plusieurs années de prisons, non pas pour meurtre, mais pour appartenance à une organisation terroriste, seront relâchés deux semaines après […] tous les autres détenus du Lehi bénéficieront d’une amnistie générale ».

Nathan Yalin Mor fut élu à la Knesset en janvier 1949 et le tireur Yehoshua Cohen devint le garde du corps personnel de Ben Gourion dans les années cinquante. Yitzhak Shamir, le chef des opérations du Lehi, deviendra quant à lui premier ministre à deux reprises. Déjà en 1944 sous la direction du  même Shamir a été assassiné le ministre britannique pour le Moyen Orient, Lord Moyne.

 Le 1er. mai 1948, des fonctionnaires sionistes avaient écrit à DBG pour lui dire qu’ils tenaient entre leurs mains une opportunité historique d’effacer définitivement les caractéristiques arabes de la ville de Haïfa qui est tombée une semaine avant,  le 23 avril, il suffit, tout simplement, lui expliquèrent, de se débarrasser de 227 maisons. DBG s’est rendu en personne sur place pour voir la zone à détruire. En effet il ordonna la destruction des 227 maisons et en plus le marché couvert qui était la plus belle construction dans style. Par la suite des décisions similaires de seront prises par  la suite concernant Tibériade où plus de 500 maisons ont été détruite.

Le 3 mai 1948 un rapport affirme qu’entre 175.000 et 250.000 palestiniens ont été expulsés par la force de leur foyer.

Le 14 juillet 1948 les troupes israéliennes sous le commandement d’Isaac Rabin entrent dans la ville de Ramleh. Une opération de recherche et arrestation commença. 3.000 personnes sont arrêtées et envoyées dans un camp de prisonniers aménagé proche de la ville. Dans la même journée la ville a été pillée. DBG appelle Rabin à son bureau pour parler avec lui du sort des deux villes Al-lydd et Ramleh. « Yigal Allon posa la question à DBG : « Que fera-t-on de la population ? » Et DBG qui lui fait un geste de dédain et de mépris en agitant la main : Ce qui signifie « jette-là ».

Août 1948, la détermination d’Israël de prendre les Plateaux du Golan était alimentée par le retrait graduel des troupes syriennes, d’abord des versants des Plateaux et par la suite à l’intérieur de la Syrie. Ce que convertissaient la majorité des dirigeants sionistes est la Palestine et non la Syrie. Il y avait encore trois zones principales qu’Israël n’avait encore occupées et DBG considérait fondamentales pour le futur d’Israël, elles sont : Wadi‘Ara, la partie occidentale de la haute Al-Khallil (Galilée) et le sud du Néguev. Les deux premières sont des zones de grande population  palestinienne et par conséquent elles constituent des inévitables objectifs, dans la campagne de nettoyage ethnique, situées  totalement hors du théâtre de guerre contre les forces armées arabes. De toute manière au mois d’août à la faveur de la trêve ces troupes avaient disparues.

En octobre, du  29 au 31, c’était l’opération Hiram  qui a donné lieu à l’expulsion de milliers de palestiniens. Au mois de novembre le Conseil de Sécurité demande une trêve immédiate et le retrait des troupes alors que les forces (FDI) sionistes étaient déjà à pied d’œuvre en train d’expulser les populations des villages vers  l’autre côté de la frontière, vers le Liban.

En 1949, le 24 février exactement,  un armistice est signé entre l’Égypte et l’état sioniste. En même temps, entre 2.000 et 3.000 palestiniens sont expulsés de la zone de Fallujah. Un traité d’armistice est signé le 23 mars avec le Liban, le 3 avril avec la Jordanie et le 20 juillet avec la Syrie.

Le 12 août 1949, un peloton de soldats sionistes, basés près du  Kibboutz Nirim, pas très loin de Beit Hannoun, à la limite septentrionale de l’actuelle Bande de Gaza, attrapèrent une fillette de 12 ans et l’enfermèrent durant toute la nuit dans leur base militaire. Durant les jours suivants, les soldats feront de la petite fille leur esclave sexuel. Ils rasèrent les cheveux de la tête, la violèrent en groupe et finalement ils l’assassinèrent. DBG avait bien mentionné cette violation dans son journal personnel, mais les éditeurs de ses mémoires décidèrent de la supprimer.

 

En 1950 les Etats-Unis, l’Angleterre et la France, dans une déclaration tripartite s’engagent à s’opposer à l’usage de la force de la part de tout état dans la région tout comme à fournir à Israël ainsi qu’aux pays arabes seulement des armes nécessaires à « l’auto-défense légitime ».

D’autre part la même année l’état sioniste adopte, d’un côté, la « Loi du Retour » qui octroie automatiquement à toute personne juive de par le monde le droit à la citoyenneté israélienne et de l’autre côté, la « Loi de l’appropriation des biens des Absents » par laquelle toute personne [Palestinienne] qui aurait « abandonné » ses biens et son lieu de résidence habituel pour se réfugier même à l’intérieur de la Palestine, sera cataloguée définitivement absente. La propriété de l’absent passe d’abord à la protection de l’état d’Israël qui à son tour la vendra aux «Autorités chargées du Développement » autorisées par la Knesset.

(À suivre)

 

[1] À part les sources indiquées, au fur et à mesure, toutes les dates et les textes sont inspirés du travail de Salvador Lopez Arnal publié sur www.rebelion.org sous le titre « À sang froid : Israël. » Les paragraphes encadrés ou entre parenthèses sont des commentaires propres.    

[2] The Al-Quds (Jérusalem) Post du 10 mai 2004.

[3] Bernard Kouchner ministre français des affaires étrangères sur la chaine de télévision française Franc2 « Mots croisés, spécial Gaza » du 13 janvier 2009

[4] Wikipédia “Opération Hiram” en français.

[5] Wikipédia en français

[6] Voir Wikipédia en français.


 

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