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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2115 du 07.03.2006
 archives : www.tunisnews.net
OLPEC: Harcèlement de la famille Jallali - Retour aux procédés abjects des montages vidéo
CNLT: Visite de la porte parole du CNLT à l’Union européenne
ACAT-France: Cas de Mr Anouar Kousri - Lettre au ministre de l’intérieur
Collectif 18 octobre à Paris: Déclaration à l’occasion de la journée internationale des femmes : 8 mars 2006
A propos d’une dérive - Déclaration commune
Une soirée de soutien à Me Abbou
Liberation: Tunis, terminus redouté par l'ex de la «couscous connection»
Mkarriz: La libération des prisonniers politiques tunisiens : une bonne nouvelle !?
Le 8ème congrès de l’ATF : «Contre les discriminations et pour une citoyenneté effective »
Le Temps: Le Saoudien Mohamed Bin Issa Al Jaber investit 65 millions de dinars dans les hôtels en difficultés
AFP: Un forum mondial à Doha pour tenter de réduire le fossé numérique Nord-Sud
Reuters: Irak - Enquête sur l'"étrange" assassinat d'un général


OBSERVATOIRE POUR LA LIBERTE DE PRESSE, D'OPINION ET DE CREATION EN TUNISIE

 

  

 Tunis le 7 mars 2006

 

 Harcèlement de la famille Jallali - Retour aux procédés abjects des montages vidéo

  

Au lendemain du SMSI, Naziha Rejiba, rédactrice en chef de Kalima et vice présidente de l’OLPEC, avait reçu une mise en garde d’une source proche du pouvoir, l’informant du mécontentement des autorités concernant certains  articles qu’elle avait écrit,  notamment ceux critiquant les excès autoritaires du régime ainsi que la corruption qui sévit dans les cercles proches du pouvoir ; Elle avait été informée de représailles qui se préparent contre elle et sa famille, ainsi que cela a été signalé dans une alerte de l’OLPEC le 5 décembre 2005 .

 

Aujourd’hui les menaces se sont précisées. Son mari, Mohamed Taieb Jallali, membre du CNLT et ancien député qui a joué un rôle remarquable durant le mandat parlementaire (1999-204) et qui vient de démissionner de l’UDU (parti unioniste démocratique) entraînant avec lui près de 70 membres qui ont refusé de jouer le rôle de parti de décor, a reçu le 6 mars des menaces téléphoniques qui ont été confirmées par courrier aujourd’hui le 7 mars. On l’informe qu’une vidéo le montrant dans un montage pornographique va être diffusée. La source anonyme a pris soin de préciser qu’il ne s’agit pas de la police ! Coïncidence, des policiers en civil ont pris soin de prendre position devant son cabinet aujourd’hui.

 

Maitre Jallali a pris ses dispositions pour déposer une plainte auprès du procureur de la république.

 

Ce n’est pas la première fois que ces procédés vils sont utilisés par les services spéciaux du ministère de l’Intérieur contre les opposants et les défenseurs de droits de l’homme. On avait cru que ces procédés mafieux avaient cessé après les années 90 où la police en avait fait un ample usage pour salir les opposants qui ne se conforment pas aux injonctions.

 

Malheureusement, on constate qu’ils sont toujours en vigueur avec les campagnes de diffamation régulièrement lancées par les journaux aux ordres.

 

  • L’OLPEC dénonce avec la plus grande énergie ces procédés méprisables dont les services spéciaux du ministère de l’Intérieur sont devenus les maîtres.
  • Il assure maître Jallali ainsi que Naziha Rjiba de son entière solidarité.
  • Il espère que la justice assumera son rôle et sanctionne ces responsables de ces procédés qui portent atteinte à l’image du pays et à ses institutions républicaines.
  • Tient les autorités publiques pour responsables de toute atteinte à l’intégrité physique ou morale pouvant toucher ces deux personnalités de l’opposition

 

La secrétaire Générale

Sihem Bensedrine


CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN TUNISIE

 

 

 

Tunis le 7 mars 2006

 

Communiqué

 

Visite de la porte parole du CNLT à l’Union européenne

 

A l’occasion de la visite du ministre tunisien des Affaires étrangères dans le but de tourner la page du SMSI et normaliser les relations avec l’Union européenne qui aura lieu le 8 mars à Bruxelles, la porte parole du CNLT, Sihem Bensedrine s’est rendue le 6 mars à Bruxelles où elle a rencontré des représentants des trois institutions européennes le Conseil, la Commission et le Parlement :

Mme Bensedrine a été reçue au Conseil de l’Union Européenne par la présidence autrichienne en présence de monsieur Michael Matthiessen, le représentant personnel pour les droits de l’homme de M. Javier Solana et des représentants permanents auprès de l’UE de nombreux pays dont l’Angleterre, la France, le Portugal, l’Allemagne, la suède et l’Autriche.

Les représentants des Etats membres ont cherché à s’informer sur l’évolution de la situation des droits de l’homme après le SMSI. La porte parole du CNLT a fait un exposé sur les violations systématiques qui ont touché les libertés publiques ces deux derniers mois (droit de réunion, droit d’association, droit de circulation, droit de communication, censure des journaux) ainsi que les retouches cosmétiques auxquelles nous a habitués le régime tunisien (faux parti vert légalisé, journal accordé aux proches de la famille, libération partielle des prisonniers…) pour ravaler la façade démocratique d’un pouvoir policier après sa gestion musclée du SMSI.

 

La représentante du CNLT a rencontré par la suite les représentants de différents groupes parlementaires dans une réunion animée par la présidente de la sous commission des droits de l’homme au parlement, Hélène Flautre.

Elle a également eu une réunion avec les représentants du desk Tunisie et Maghreb à la Commission européenne.

Enfin, elle a eu une réunion avec  Etienne Godin, secrétaire international à l’Internationale socialiste.

 

Madame Bensedrine était accompagnée dans cette tournée par madame Simone Susskind, membre du cabinet de Laurette Onkelinx, Vice-première ministre et ministre de la Justice (Belgique) ainsi que Sandrine Grenier, coordinatrice du REMDH à Bruxelles.


 

ACAT-France
7 rue Georges Lardennois - 75019 Paris
Tel : 01 40 40 42 43 - Fax : 01  40 40 42 44
 
 

Monsieur Rafik Belhaj Kacem
Ministère de l’intérieur
Avenue Habib Bourguiba
1001 Tunis
Tunisie
Fax : 00 216 71 354  331


Le 7 mars 2006

Monsieur le Ministre,

L’ACAT vient d’apprendre que Maître Anouar Kousri, vice-président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH) a été bloqué par la garde nationale à 20 km de Tunis, le vendredi 24 février 2006. Il se rendait au rassemblement du Collectif 18 octobre pour les droits et les libertés en Tunisie. Les gardes lui ont confisqué tous ses papiers. Un énorme dispositif policier était déployé aux alentours du  lieu du rassemblement, empêchant l'accès à la manifestation. Plusieurs personnes ont été sauvagement tabassées. Plusieurs militants venant de différentes régions du pays ont été empêchés, d’arriver à Tunis comme ce fut le cas pour Anouar Kousri. 

Les activités du Collectif du 18 octobre ont toutes été interdites par la police politique et ce depuis sa création en 2005. Les manifestations et les réunions organisées par les associations et les partis indépendants ont subi le même sort. Le procès contre La ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme a d'ailleurs été renvoyé au 6 mai prochain, ce qui signifie la poursuite de l’interdiction de ses activités et de celles de l’ensemble de ses sections locales.

Ces dernières semaines Me Kousri a été convoqué à deux reprises par la police de Bizerte dans le cadre d'une enquête en lien avec ses activités au sein de la ligue et du Collectif du 18 octobre. Il serait privé d’accès à internet depuis plusieurs semaines

L’ACAT tient à réaffirmer sa solidarité avec les tunisiens qui se battent avec courage et détermination pour obtenir des droits. Elle demande que soit mis fin à ces pratiques, contraires aux dispositions des conventions internationales et que les défenseurs des droits de l’homme puissent travailler en toute liberté.

Nous vous remercions de nous lire et nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’_expression de notre plus haute considération


Nicole Pignon-Péguy
Pôle Action

CC : Copie à l’ambassade de Tunisie, 25 rue Barbet de Jouy, 75 007 Paris, Fax : 01 45 56 02 64

 

Collectif 18 octobre à Paris

Pour les droits et les libertés en Tunisie

21 ter, rue Voltaire 75011 Paris

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Déclaration à l’occasion de la journée internationale des femmes : 8 mars 2006

Paris, le 6 mars 2006

Les droits fondamentaux des femmes participent de façon indissociable des droits universels de la personne humaine. L’égale et pleine participation des femmes à la vie politique, économique, sociale et culturelle et l’élimination de toute forme de discrimination basée sur le sexe sont des objectifs prioritaires quant à l’instauration de tout Etat de droit basé sur la justice et l’égalité.

Même si leur statut juridique est en avance par rapport à celui des femmes de certains pays de la région, les femmes tunisiennes continuent d’être victimes, d’exploitation économique et sociale (l’exemple des travailleuses du textile est ainsi l’illustration d’un nouvel esclavage), de discriminations et de violences de tout genre : au domicile, dans la rue, à l’entreprise ou dans la sphère politique. Les exemples ici sont nombreux et il suffit  de voir les rapports des ONG nationales et internationales.

«L’émancipation des femmes» tant vantée par le régime tunisien est un alibi qui occulte une politique répressive, conçue au plus haut niveau de l’état à l’encontre des milliers de femmes, dont le crime est leur engagement pour la liberté et la démocratie, ou le fait d’avoir un lien de parenté avec un opposant politique, un défenseur des droits humains ou le fait encore d’avoir choisi de porter le voile (exemple de la tristement célèbre circulaire 108 sur le port du voile). Ces femmes et ces jeunes filles ont été humiliées, arrêtées, emprisonnées, torturées, contraintes au divorce, privées d’emploi, de passeport ou même de pièce d’identité… Leur calvaire est un cauchemar de tous les jours et leur cause est la nôtre.

La répression systématique de l’opposition politique et  des défenseurs des droits humains  constitue  une atteinte à la libre participation des femmes à la vie publique; les femmes tunisiennes sont l’objet d’actes de violence, allant parfois jusqu’à l’agression physique sous divers prétextes. En plus, et pour les déshonorer, des campagnes de diffamation et de harcèlement  se mettent en place, orchestrées souvent par  des journaux de caniveau les accusant de tous les maux, notamment de prostitution. Ces pratiques qui se banalisent de jour en jour constituent une atteinte à leur honneur et à leur réputation.

C’est ainsi que le «collectif 18 octobre de Paris», fort de la position unanime de ses composantes et conscient de la diversité des lectures en son sein quant à cette importante question de société :

Réaffirme solennellement, son engagement pour défendre le Code du Statut Personnel (C.S.P. tunisien), tous les acquis des femmes tunisiennes et à être aux cotés de toutes celles et tous ceux qui militent aujourd’hui et demain, pour l’instauration dans les textes et dans les faits, d’une égalité effective et une citoyenneté réelle.

Rappelle que la lutte pour les droits des femmes, comme le démontrent les contributions des courants éclairés et réformateurs de la culture arabo-musulmane, constitue une partie intégrante du combat pour la démocratie, la liberté et les droits de l’homme universellement reconnus … Que l’universalité des droits, ne tolère en aucune manière et à quiconque d’occulter l’INDIVISIBILITE de ces même droits.

C’est pourquoi, nous nous inscrivons, sans ambiguïté, dans la défense de tous les droits pour toutes les femmes tunisiennes sans distinction eu égard à leurs convictions politiques, religieuses ou compte tenu de leur choix vestimentaire. C’est pourquoi, nous nous engageons également à organiser un débat constructif sur cette question primordiale.

Suite à une malencontreuse mise en page, certains de nos lecteurs ont confondu le titre de la déclaration intitulée « A propos d’une dérive » avec la source qui nous l'a envoyé, c’est à dire « Convergence Démocratique Tunisienne » et son slogan «  Pour une Démocratie Laïque et sociale »

 

Nous nous excusons auprès de nos lecteurs pour cette inconvenance, et republions ci-dessous la déclaration en question, en séparant clairement l'intitulé du texte (A propos d'une dérive) de la source qui l’a envoyée.

 

Merci pour votre compréhension et bonne lecture.

 

L’équipe de TUNISNEWS

A propos d’une dérive

 

L’opposition tunisienne vit une recomposition sans précédent dans son histoire récente. Une profonde division est en train de cliver le paysage démocratique après l’«alliance » - plus ou moins avouée-, contractée par une grande partie de l’opposition avec le courant islamiste d’An-Nahdha.

Sans obédience partisane, mais appartenant à la famille de la gauche démocratique tunisienne, et croyant en sa pérennité comme un ferment de la culture démocratique en Tunisie, les signataires de ce texte tiennent à s’exprimer sur ce remue-ménage qui agite la gauche et toutes celles et ceux qui se réclament de la démocratie et de la laïcité en Tunisie :

1. Nous voulons, d’abord, réaffirmer que le cap d’une opposition ferme et sans ambiguïté à l’autoritarisme, à l’omnipotence du parti au pouvoir, à la privatisation rampante de l’Etat et à la corruption, doit être maintenu. C’est le seul choix pour redresser le pays, imposer le respect des droits humains, impulser une véritable démocratisation des institutions et engager la société tunisienne sur la voie de la justice sociale.

2. La liberté d’__expression, la liberté d’association, l’amnistie générale et la libération de tout(es) les détenu(es) politiques, cette triple revendication est, en effet, le socle indérogeable pour toute vie démocratique future dans le pays et pour l’émergence d’une citoyenneté tunisienne véritable. C’est le sens même du combat de notre peuple pour l’émancipation nationale que le bourguibisme et ses avatars ont confisqué depuis l’Indépendance.

3. La citoyenneté c’est l’accès de toutes et de tous à tous les droits, pour reprendre le beau mot d’ordre de la LTDH. Toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens sans exclusives. La scène démocratique doit pouvoir accueillir toutes les sensibilités pour peu qu’elles acceptent la règle du jeu pluraliste et rejettent la violence et l’anathème. A cet égard, le mouvement islamiste an-Nahdha doit pouvoir jouir du droit à l’existence et à l’__expression libre dans la légalité démocratique, au même titre que toutes les composantes de l’opposition non-reconnue ou à peine tolérée, et participer ainsi aux débats, à la confrontation d’idées, qui sont l’essence même de toute démocratie.

4. Le débat démocratique est une chose, l’alliance à tout prix en est une autre. Nous ne sommes pas convaincu(es) que l’option du « Collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés » (relayé par une structure homologue à Paris) soit opportune ni pertinente. Que le mouvement an-Nahdha dise se rallier à la règle de l’alternance pacifique et s’abstenir de toute violence, qui s’en plaindrait ? Mais, pour que ce mouvement ait sa place au sein de la famille démocratique, il faudrait qu’il renonce à son projet d’Etat islamique dont on connaît les redoutables conséquences pour la démocratie et les droits humains. Auquel cas, an-Nahdha ne serait plus vraiment un parti islamiste. Et cela se saurait.

Au moment même où il célèbre les « épousailles » avec « l’opposition sérieuse », le mouvement an-Nahdha, par la plume de ses figures les plus autorisées, continue à vouer aux gémonies tous les démocrates et tous les ‘ilmaniyîn [1][1] et à se vanter du recul de la si haïssable « Ilmaniya » face à la déferlante islamiste dans le monde musulman.

Au moment même où il annonce sa conversion à un fiqh du « juste milieu » (wasat), il ne rate pas une occasion pour réaffirmer la fidélité aux pères fondateurs du fondamentalisme dans sa version la plus obscure.

Au moment même où il déclare son ralliement au règlement pacifique des conflits politiques, le mouvement islamiste tunisien ne renie pas son soutien aux fauteurs de guerres civiles et aux assassins de démocrates dans le monde musulman.

Au moment même où ils proclame soutenir la cause des femmes et consentir au Code du statut personnel[2][2], il continue de « promouvoir

 la minoration » des femmes et, à l’occasion, de prôner la polygamie sous d’autres cieux.

Bref, les islamistes tunisiens acceptent tout mais ne renoncent à rien. Il ne s’agit pas d’une tactique du double langage, comme certains le leur reprochent, mais d’une politique double qui assume les deux volets : le démocratisme de circonstance et la fidélité à l’identité intégriste de l’islam politique. Finement théorisée, cette politique est légitimée par « la nécessité » (dharoura) et par la « naturalisation » du despotisme assimilé aux catastrophes et aux famines. L’alliance contre-nature avec les « Ilmaniyin » apparaît ainsi pour ce qu’elle est : une démarche dérogatoire pour faire face à une situation d’exception. En dehors de cela, l’identité est sauve et le programme d’islamisation de l’Etat et de la société est intégralement maintenu.

5. Que dire, dès lors, de la précipitation avec laquelle certaines formations politiques et associatives et certaines figures indépendantes connues pour leur attachement à la laïcité et à la démocratie ont signé ce qu’il faut bien appeler un manifeste d’alliance avec le mouvement de M. Rached Ghannouchi ? Appelons cela un syndrome… de maux récents ou ataviques :

·        Passons sur le pari géopolitique autour de desseins imaginés pour nous par des puissances « tutélaires » et où la donne de « l’islamisme modéré » est considérée comme incontournable. Certains membres des « collectifs » ne s’en cachent pas. Ce n’est pas une raison pour soupçonner les autres. En tout état de cause, nous n’avons pas à sonder les intentions des uns et des autres et encore moins à pointer le « recours aux puissances extérieures » comme "certains" ont  pu fâcheusement l’insinuer.

·        Sans doute faut-il rapporter cette impatience à une volonté « de faire bloc » face à l’irrédentisme et aux exactions continuelles du pouvoir. Là encore, malgré les embarras de certains de nos amis qui récusent le mot « alliance », la démarche est symptomatique d’un vieux travers de notre gauche : le goût de la politique sans les idées ; en l’occurrence, il serait de bonne politique de « faire nombre » quitte à gommer les frontières entre la vision séculière de la politique et le fanatisme, entre l’horizon universaliste et l’enfermement identitaire, entre la  religion et la théocratie ; en un mot, entre démocratie et non-démocratie.

·         Ces démocrates donnent ainsi l’impression d’être dans l’incapacité de développer un projet alternatif et à la politique autoritaire du régime et au projet totalitaire de l’islam politique : quand la peur de l’islam politique l’emportait, certains se sont alignés derrière le pouvoir jusqu’à fermer les yeux sur sa politique répressive et ses violations inadmissibles des droits de la personne ; aujourd’hui, face à un pouvoir qui n’a rien compris, on tend la main aux islamistes.

·         Peut-être faut-il y voir aussi les survivances d’autres mauvaises habitudes : la fébrilité, l’esprit de chicane et, pourquoi ne pas le reconnaître, la persistance d’une culture peu démocratique dans le traitement des divergences au sein de la gauche elle-même. Il est assez significatif d’entendre aujourd’hui les promesses péremptoires de débats de fond avec l’islamisme, alors que le même débat a été différé, sinon escamoté, au sein même de la gauche et de la mouvance démocratique.

·        Ce qui est en cause, c’est peut-être la manière dont la gauche s’est convertie à la culture « démocratique » : le bricolage idéologique, l’occultation de la mémoire, Le mépris des intellectuels, considérés tout au plus comme des « idiots utiles », et plus généralement le divorce avec le monde de la culture… L’horizon du court terme toujours recommencé dans lequel la gauche se retrouve cantonnée, explique un peu l’alliance politicienne avec l’islam politique.

6. Débattre avec les islamistes ? Certes oui. La gauche ne peut éternellement camper sur une posture défensive. Il s’agit de faire un sort à l’insupportable procès en éradication intenté à toutes et à tous les démocrates et repris par certains de nos amis qui n’hésitent plus à annexer le registre islamiste. On le sait, les premières défaites commencent par les mots.

Le débat oui, car l’islam n’est pas l’islamisme et l’instrumentalisation idéologique et politique de la foi doit être récusée.

Le débat frontal est non seulement souhaitable mais nécessaire afin de redonner du sens au choix démocratique, de renouer avec les idées et les projets de société constitutifs de tout engagement à gauche. Ainsi seulement, nous pourrons contribuer à féconder une culture démocratique qui fait tellement défaut à la société civile tunisienne.

Le débat que l’on nous promet n’est pas de ce type : il postule le consensus avant toute discussion et finalise le débat d’emblée en nous mettant sur les rails d’on ne sait quel « pacte démocratique » avec l’islam politique. Ce débat est si mal engagé qu’il commence par exclure les composantes « récalcitrantes » de la société civile, à commencer par le mouvement féministe. Tout se passe comme si le « dialogue » contractuel avec l’islamisme prime tout autre impératif : la défense de la société civile et de ses acquis universalistes et laïques et, au-delà de tout, l’unité, dans la diversité, du camp de la démocratie.

7. Que l’on nous entende bien : de près ou de loin, nous avons partagé les rêves, l’aventure et jusqu’aux déboires de la gauche tunisienne. Notre exigence procède de cet attachement. Nos inquiétudes aussi.

Signataires :

 

Hichem Abdessamad, chercheur en science politique

 

Hafedh Affes, enseignant, militant associatif

 

Najoua Agrebi, avocate

 

Noureddine Baâboura, juriste

 

Maher Baccouche, Gérant d’entreprise

 

Nejib Baccouchi, doctorant en philosophie

 

Hachemi Ben Frej, ingénieur

 

Jalloul Ben Hamida, Rédacteur en chef de N@ros, membre du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)

 

Mohamed Ben Henda, Comité des Tunisiens en Suisse (CTS)

 

Abdelatif Ben Salem, traducteur

 

Hajer Bouden, universitaire

 

Jamel Boussoffara, militant progressiste

 

Nadia Chaâbane, féministe, militante associative

 

Fethia Chaari, membre de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD)

 

Raja Chamekh, réfugiée politique

 

Fatma Cherif, assistante cinéma

 

Mohamed Cherif Ferjani, professeur de science politique à Lyon 2

 

Sofiène Chourabi, étudiant, actif au sein de RAID Attac Tunisie

 

Makram Essafi, chercheur en biochimie

 

Mirfet Fekih, enseignante

 

Jawhar Fekih, militant associatif

 

Mourad Gadhoumi, militant associatif

 

Omar Gasmi, juriste

 

Chedlia Hammadi, éducatrice, militante associative

 

Sonia Hamza, fonctionnaire

 

Habib Jalouali, gérant d’entreprise

 

Anouar Kanzari, étudiant

 

Mohamed Mansar, militant associatif

 

Rym M’hadhebi, membre de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD)

 

Ibrahim Nsiri, chercheur en communication

 

Fawzi Ouerghi, président du Cercle des citoyens des deux rives (Marseille)

 

Ramzi Oueslati, Formateur, membre du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)

 

Mouldi Sabri, avocat

 

Chedli Zaydi, avocat

 

Meriem Zeguidi, étudiante, militante de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD)

 

Mounir Zemni, enseignant, militant associatif

 

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[1] Vocable désignant dans le lexique islamiste les laïques et plus généralement tous ceux et toutes celles qui ne sont pas islamistes, y compris

parfois les démocrates renonçant à la revendication laïque

 

[2] Produit de l’ijtihad et non du droit positif comme ils tiennent à le préciser.

Pour vous joindre à cet appel envoyer un mail en indiquant
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(Source

 : e-mail reçu le 6 mars 2006 de la part de « Convergence Démocratique Tunisiènne - Pour une Démocratie Laïque et sociale »)

Une soirée de soutien à Me Abbou,

Lancement de notre nouveau site :www.tunisieinfo.net

 

Cher(e)s ami(e)s,

Cher(e)s camarades,

Bien que nous nous réjouissions de la libération des internautes de Zarzis due à la campagne de solidarité nationale et internationale, nous devons continuer notre détermination pour imposer le droit à la citoyenneté en Tunisie.

Cela fait une année que Me Mohamed ABBOU croupisse dans la prison du Kef en Tunisie pour avoir publié sur Internet deux articles critiques à Ben Ali, le dictateur tunisien. A cette occasion, nous vous invitons à une rencontre de solidarité

le lundi 13 mars 2006 au 25 rue du Vieux-Billard à Genève

à partir de 19h30

Mme Samia ABBOU, épouse de Me Mohamed ABBOU sera parmi nous pour animer une discussion entre nous à fin de définir ensemble les formes de solidarité les plus adéquate au cas tunisien.

Merci de venir nombreux.

Organisateurs :

ATS

UTS

Amnesty Nyon la Côte

OMCT

solidaritéS

CETIM

Parti du Travail
Prière de confirmer votre présence
Un  grand Merci
--
Dabbour Mounir
www.tunisieinfo.net

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+41 79 711 20 89


Tunis, terminus redouté par l'ex de la «couscous connection»
Abdelatif Benismaïl, expulsable, voit son cas défendu par Amnesty.

Par Christophe AYAD
 
Au centre de rétention de Palaiseau, on le connaît sous le nom d'Abdelatif Benismaïl. Au tournant des années 80-90, il était l'un des frères Roma, Rida plus précisément. Ces Tunisiens «montés à Paris en espadrilles et redescendus en Mercedes» selon l'expression d'un patron de la brigade des stups parisienne, avaient mis en place une filière revendant bon an mal an une centaine de kilos d'héroïne, importée d'Amsterdam, dans l'Est parisien. La fameuse «couscous connection», démantelée en 1989, jugée en 1992, et dans laquelle avait été impliqué Habib, alias «Moncef» Ben Ali, le propre frère du président tunisien, mort dans des circonstances assez mystérieuses à Tunis en 1996 .

Fuite. Cette fréquentation passée ne cesse de rattraper Abdelatif Benismaïl. Condamné à douze ans de prison assortis d'une interdiction définitive du territoire, il a été expulsé une première fois vers la Tunisie en août 1999, dès sa libération. Moins de six mois plus tard, il quittait le pays clandestinement à bord d'un container embarqué pour le port de Marseille. Condamné pour une nouvelle affaire de drogue, il est à nouveau en instance d'expulsion. Abdelatif Benismaïl est détenu depuis le 15 février au centre de rétention de Palaiseau, où Libération l'a rencontré. Grand, solide, l'homme, âgé de 50 ans, sait ce qui l'attend. Il raconte ce qui lui est arrivé la première fois qu'il a été renvoyé dans son pays : «Dès ma descente d'avion, j'étais attendu par la sécurité d'Etat. J'ai passé 25 jours au ministère de l'Intérieur, avenue Bourguiba. On m'a interrogé, battu, torturé tous les jours. Ils voulaient savoir si j'avais dénoncé le frère du Président.» Tous ceux qui ont suivi le procès s'accordent à dire qu'il n'a pas balancé. «Si ça avait été le contraire, il ne serait pas ressorti vivant», estime une source proche du dossier.

Reste qu'à sa sortie du ministère de l'Intérieur, il est sommé par les policiers de ne jamais quitter le studio qu'il loue à La Marsa. «Ils débarquaient sans prévenir, dit-t-il aujourd'hui. Je n'avais pas de papiers, donc pas la possibilité de travailler.»

Dénonciation. A son retour clandestin en France, en février 2000, il se réinstalle chez sa compagne, à Paris, avec de faux papiers. Il dit gagner sa vie en faisant les marchés. Mais, en août 2004, il est arrêté dans un café. La police le suspecte de trafiquer à nouveau des stupéfiants, ce qu'il nie. On trouve sur lui un gramme de cocaïne, «pour ma consommation personnelle», se justifie-t-il, mais c'est le seul élément matériel du dossier. Tout le reste repose sur une dénonciation. Au procès, il retrouve dans le box son frère Fathi Benismaïl, alias Fathi Oueslati, le cerveau de la «couscous connexion».

Le 2 février, Abdelatif est condamné à deux ans de prison, assortis d'une nouvelle interdiction définitive du territoire. Comme Abdelatif Benismaïl a purgé la quasi-totalité de sa peine en détention préventive, on lui annonce le 13 février son transfert, en vue d'un placement en centre de rétention, dernière étape avant l'expulsion. Il retourne dans sa cellule pour préparer ses effets et avale six lames de rasoir et se taillade le bras gauche et le ventre. Soigné à l'hôpital de Fleury-Mérogis, il est transféré au centre de rétention deux jours plus tard. Depuis, il peut être expulsé d'un jour à l'autre vers Tunis. Dès que le consulat tunisien à Paris lui aura délivré un sauf-conduit ou un passeport.

Demande d'asile. Lundi dernier, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande en référé de suspension de la mesure d'expulsion. Le même jour, Amnesty International a décidé de défendre son cas. Abdelatif Benismaïl a déposé une demande d'asile à l'Ofpra mais elle n'a rien de suspensif. «Cette fois-ci, on ne me fera aucun cadeau si je suis expulsé en Tunisie, s'inquiète-t-il. Je me suis enfui, j'ai dénoncé publiquement ce qu'on m'a fait en 1999. Je ne veux pas retourner là-bas. Je ne veux pas.»

(Source: Liberation du mardi 07 mars 2006)

http://www.liberation.fr/page.php?Article=365005


 

La libération des prisonniers politiques tunisiens : une bonne nouvelle !?

 

Mkarriz

 

La libération de certains prisonniers politiques ou d’opinion en Tunisie nous a apporté de l’air frais, voire une positivité relative à la situation des libertés. Un bonheur partagé et ressenti comme un résultat venu suite à un travail acharné de plusieurs parmi nous. Comment prendre cet évènement ? Est-ce un point positif vers une véritable démocratisation du pays ou alors rien qu’un geste simple et sans signification ?

 

Je pense qu’il faut y réfléchir et surtout être prudent pour ne pas tomber dans un piège tendu. Il est impératif de lire entre les lignes et de prendre ce qui pourra nous servir et renforcer nos rangs, tout comme le régime qui ne fait que ce qui embellit son image.

 

D’abord, il faut rappeler que tous les prisonniers ne sont que majoritairement des prisonniers de droit commun ; le chiffre, qui parait énorme, n’en a touché qu’un nombre minis ule. Plusieurs parmi ceux-là ont purgé la presque totalité de la période de leur détention, ou alors sont sortis après avoir fait l’objet de l’instrumentalisation de l’appareil dit judicaire et les procès pipés qu’ils ont subis. l’exemple que des Internautes de Zarzis, de Me Abbou encore injustement emprisonné ou d’autres en témoignent. L’affaire de Zarzis a été la preuve irréfutable de la validation, par le régime, de la loi anti-terroriste. Très médiatisée, cette affaire a soulevé l’indignation dans les quatre coins du monde. Erreur monumentale à rectifier le plus tôt possible et sortir gagnant d’une affaire qui a bousculé le régime et a terni son image au lieu de la blanchir. Il me semble que la libération de certains prisonniers d’opinion, n’est qu’une tactique : une façon de se faire racheter tout en restant le plus fort et recevoir une certaine reconnaissance, au moins, de la part des ex-prisonniers ainsi que de plaire à certains gouvernements puissants. En somme, ceci ne représente en rien une grâce présidentielle, ni moins un geste politique d’ouverture.

 

Ensuite, un geste positif pour la démocratisation du pays ne sera jamais une preuve d’ouverture sans la participation de l’appareil judiciaire. On aurait donné une vraie impression d’ouverture vers la démocratie, s’il y avait une implication de la justice indépendamment d’un geste de grâce isolé et sans grande importance. On aurait été doublement heureux, si un tel geste aurait été fait au nom de la justice et qui aurait été certainement plus percutant et crédible que de le faire au nom d’un seul individu ayant eu pitié de ceux qu’il avait torturés des années durant.

 

D’ailleurs, une bonne intention ne vient pas au compte-goutte. Au cas où elle existerait, je me demande pourquoi elle n’a pas touché Me Abou ou au moins une autre centaine de prisonniers d’opinion, sinon tous. Il ne faut pas rêver ! C’est une façon très stratégique pour nous rappeler qu’à chaque libération aussi minime soit-elle, il y a un pas vers l’avant pour nous faire oublier les dix pas en arrière.

 

Ainsi, il y a toujours de quoi occuper l’opposition du vrai travail politique et par conséquent toucher aux faiblesses de la politique du pouvoir. Ceci empêchera également toute organisation et renforcement de l’opposition dans la proposition d’alternatives. Arbitraire comme stratégie ! Je me demande pourquoi le régime tunisien ne met pas en branle un vrai projet de démocratisation visible et concret ayant au moins une justice indépendante sans implication aucune de l’Exécutif.

 

Utopique me diriez-vous ? Je ne pense pas. C’est ici que réside le problème de notre opposition. J’oserais dire que cette dernière libération est un gain, une réussite d’un travail sans relâche. Le fruit est là même s’il n’est pas tout à fait le souhait de tous. Je pense que rien ne vaut un travail politique parallèle : je veux dire par là, un travail acharné revendicateur d’une justice indépendante, ou un autre travail touchant le dossier de la corruption, le chômage, etc. Je crois qu’il faut apprendre des expériences passées. Ça a marché, même partiellement, pour le combat pour les libertés dans ce cas-ci les prisonniers libérés, pourquoi ne pas en faire de même pour certains dossiers importants ? Le fruit viendra. Je pense également que le travail doit avoir la même importance que celui fait pour les prisonniers sinon ça tombe vite dans les oubliettes.

 

Mkarriz

 

(Source : Tunezine, le 5 mars 2006)

URL: http://www.tunezine.com/article.php3?id_article=1042

 

 


Institut International de la Pensée Islamique  IIIT France

Cycle de Séminaires 2006 :

Statut de la personne dans la pensée islamique contemporaine

 

Deuxième séminaire :

« Corps, intimité et collectivité »

 

Avec la participation de :

Mahbouba BENNASER, Yacob MAHI

 

 

Samedi 25 Mars 2006 à 14H00

 

Au bureau de l’institut situé au

126 rue du Landy 93400 Saint Ouen

Métro n°13, arrêt Carrefour Pleyel, Sortie BD Ornano

 

 

Entrée libre, confirmation obligatoire, places limitées

 

________________________________________________________

TEL : (+33) 01.40.10.24.46   –   FAX : (+33) 01.40.10.24.47

E.mail : عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.   -   Site Internet : www.iiitfrance.net

 


Pour faire face à la montée de l’islamophobie en France

 

Un appel à la signature d’une Pétition Nationale est lancé, Veuillez participer vite SVP et exprimer votre choix.
A vos emails et dispatcher cet appel à vos contacts... C'est le minimum qu'on puisse faire!
Exprimez-vous.

Sur le site de la Mosquée de Paris de Paris ou celui de l'UOIF ainsi que sur d'autres sites ou directement
sur 
http://www.contre-islamophobie.com/petitionnationale/php/index.php

-----
Voir les liens ci-dessous
http://www.uoif-online.com/

et ensuite sur http://www.contre-islamophobie.com/petitionnationale/php/index.php

Sur le Site de la Mosquée de Paris http://www.mosquee-de-paris.net/home.html

Ensuite sur : http://www.mosquee-de-paris.net/article_239.html

(Source : Alerte électronique de M. Abdessalem BOUCHADEKH reçue le 7 mars 2006)

 


 
Le 8ème congrès de l’ATF
 
«Contre les discriminations et pour une citoyenneté effective »

 
Le 8ème Congrès National de l’A.TF s’est tenu les 25 et 26 février 2006 au FIAP à Paris 75013. C’est ainsi que les délégués(es) venus(es) de province et de l’Ile de France ont participé aux travaux du congrès dans des conditions optimum, dans la mesure où ils ont bénéficié des services de restauration et d’hébergement sur les lieux mêmes du congrès.
L’ensemble des sections et associations affiliées à l’A.T.F. en Provinces et en Ile de France ont été représentées dans ce congrès soient 10 associations : l’ATF-Paris, l’association « IDEAL-92 », l’association  «IDEAL » de Toulon, « Vuyazi le Caravanserail des femmes », l’association « Avenir sportif de Toulon », l’ATF-Var, « ALIFS » de Bordeaux, «ACRIJ » de Cenon, l’ATF-Nord  de Roubaix et l’ATF-Haute Savoie d’Annecy). Plus de 70 personnes, entre délégués (es), observateurs (trices) et invités (es) ont assisté au congrès.
Samedi à 14 h 30 le Président de l’ATF, Mohamed BARIRA a ouvert la session des travaux du  8ème Congrès National. La séance d’ouverture a été consacrée à l’adoption de l’ordre du jour et à la prise de parole des délégations amies de notre association et des invités qui ont exprimé leur soutien à l’ATF et leurs points de vue sur les questions de l’immigration et la situation politique en France et dans les pays du Maghreb.
Monsieur Kaïs Marzouki, Directeur de la DAES du FASILD a représenté notre partenaire à notre congrès. Il a rappelé la mission du FASILD en matière de lutte contre les discriminations qui demeurent encore importantes.  M. Marzouki a félicité l’ATF  qui a su  continuer son parcours singulier au sein du mouvement associatif de l’immigration.
Les associations de l’immigration (FTCR, UTIT, ATMF, UTAC) UCDR, étaient représentées par leur Présidents (es) respectifs (ves), Madame Bahija OUZINI, Mlle Fouzia MAQSOUD, M. Fathi TLILI et M. Noureddine BAABOURA. Nous avons reçu un message de soutien du Président de l’UDCR .Les associations anti-racistes et de défense des droits de l’Homme étaient représentées par. Mouloud AOUNIT, Secrétaire Général du MRAP, et Said BOUZIRI, Trésorier de la LDH. Ils ont, tous deux, fortement critiqué la politique du gouvernement français qui précarise et maintient les populations migrantes et issues de l’immigration dans un statuts de discriminés.
M.M. Mustapha Ben AHMED et Mohamed-Salah KHERIGI respectivement représentants de l’Union Générale Tunisienne du Travail (U.G.T.T) et de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme (L.T.D.H) sont venus spécialement du pays pour assister à ce congrès et témoigner du soutien de leur organisation respective.
Les partis politiques de l’opposition démocratique tunisienne (Mouvement «Ettejdid», le Parti du Travail patriotique et démocratique, le Forum démocratique pour le Travail et les Libertés en Tunisie et le Parti communiste des ouvriers de Tunisie PCOT et l’Initiative démocratique) ont envoyé des messages lus à la tribune, par leurs représentants respectifs en France (M.M. Ali Khémira, Khaled EL FALEH, Hédi JILANI et Adel THABET). D’autres personnalités ont assisté à notre congrès, nous citons en particulier l’ancien Secrétaire Général co-fondateur de l’ATF, Mme Najet MIZOUNI, militante de progressiste, le Professeur Mohamed JOUINI et le militant opposant démocrate, M. Abdellatif Ben SALEM.
Arès la séance d’ouverture et comme il a été prévu, deux conférences débat ont été lieu à la marge du congrès :
§                 La première intitulée «l’engagement associatif de l’immigration, chose publique et citoyenneté » a été animée par Dr. Khaled Hamida avec deux intervenants MM. Elbaz (Responsable de l’ATMF) et Daniel Lindbergh, Professeur à l’Université Paris 8.
§                 La deuxième conférence, intitulée «Immigration maghrébine, citoyenneté et question démocratique au Maghreb » a été animée par Mohamed-Lakhdar. Ellala  trois intervenants (es) Madame Sanhadja AKHROUF, militante démocrate et féministe  algérienne et Présidente de « Vuyazi », M Tarek Ben Hiba, Conseiller Régional d’Ile-de-France (Alternative Citoyenne) et M. Hichem Abdessamed Chargé de Cours à l’Université Paris 8.
§                 L’échange avec la salle a permis l’émergence de deux idées fortes :
1.                  la nécessité pour les populations «issues de l’immigration » de s’engager dans le champ de l’action politique aussi bien en tant qu’électeurs (électrices) qu’en tant qu’éligibles
2.                  Au Maghreb, s’engager dans les luttes pour les libertés individuelles et collectives pour toutes et tous, sans distinction aucune, reste un principe absolu. Participer à l’émergence d’un projet sociétal de démocratie et de progrès basé sur la séparation entre l’état et la religion et entre les différents pouvoirs est à la fois une urgence et une nécessité vitale pour nos pays.
La soirée du 25 et le dimanche 26 février ont été consacrés à l’adoption des rapports moral et financier, discussion, amendement de la motion d’orientation générale et des motions spécifiques sur l’immigration, la Tunisie et le monde arabe) et l’élection des nouveaux Conseil et Bureau nationaux et la Commission de Contrôle financier. Les documents relatifs à ces travaux seront publiés prochainement par le nouveau bureau national de l’association.
Le nouveau Conseil National (conseil d’administration) est constitué de 15 membres élus par le congrès (collège A ) et 10 membres ( présidents des sections et associations affiliées à l’A.T.F. (Collège B). Il a été rajeuni et un renouvellement notable y a été introduit.
 
Paris le 06 mars 2006
 
L’ATF une fédération autonome pour :
la citoyenneté, l’égalité des droits et la solidarité internationale
 

Le 17 novembre 2006, l’ATF fêtera ses 25 ans. Plus de deux décennies pleines de moments de joie et d’inquiétude, de victoires et  d’échecs. Pendant toutes ces années les militantes et les militants de l’ATF étaient et sont mus par un espoir et des objectif, l’égalité pour toutes et tous, la démocratie ici et là bas, l’accès à une pleine citoyenneté ici et là bas, dans le respect de la dignité et de l’égalité entre toutes et tous.
 
C’est grâce aux sacrifices, à l’abnégation et à l’engagement de ses membres connus ou inconnus que l’ATF a résisté aux multiples attaques, aux tentatives de marginalisation et a pu surmonter les défis politiques, culturels et financiers.
 
Des acquis à défendre

Depuis 1981 date de notre Congrès constitutif, beaucoup de données ont changé. Des nouvelles réalités ont émergé. Mais force est de constater que bien de revendications et de problèmes posés depuis ces temps là n’ont toujours pas été satisfaits ni résolus ou dépassés.
Depuis trente ans l’immigration a réalisé de grandes victoires et de grands acquis (le droit syndicaux, le droit de vote pour les prud’hommes, l’accès au droit de s’associer (loi 1901) et la carte de résident de dix ans, mais l’une des revendications principales et combien symbolique, (droit de vote aux élections municipale et européennes) n’a pas abouti. Les dernières années sont marquées des reculs et des échecs et le durcissement des lois sur l’immigration.
 
Un nouveau rapport de forces
L’accès des étrangers au droit de se constituer en associations loi 1901 a permis l’émergence d’un grand mouvement associatif immigré autonome. Ce mouvement est un des acteurs actifs de la scène culturelle et sociale à l’échelle nationale et locale. C’est une grande force de revendication et de contestation de l’ordre établi.
La majorité des acquis réalisés avant et après 1981 sont les fruits des luttes de ce mouvement. Ainsi les immigrés sont devenus visibles et moins marginalisés socialement et politiquement qu’il y a 25 ans.
 
A une nouvelle réalité, des nouvelles réponses
Aujourd’hui, il est clair que les orientations des années 80 et 90 ont atteint leurs limites historiques et que les luttes portées par nos associations et par les enfants des immigrés se sont essoufflées.
Des nouvelles problématiques ont émergé sur la scène politique et sociale. Elles appellent des nouvelles démarches et des nouvelles réponses. Nous devons porter un regard critique sur toute l’histoire récente de l’immigration. Cette critique doit porter en premier lieu sur nos pratiques, notre organisation et nos luttes sans concession mais sans tomber dans une lecture victimaire, ni d’auto flagellation. Une lecture pour reconstruire et non pour détruire.
Nous pouvons au moins nous arrêter sur trois grands aspects :
 
1/  Le développement d’une tendance de neutralisme politique :
Au nom de la défense de l’autonomie associative et afin de contrebalancer une politisation exagérée dans les années 80, nos structures ne cessent de prêcher la neutralité politique de l’ATF, Contrairement à la position adoptée par notre fédération, dès sa création, à savoir que « l’ATF n’est ni une association partisane, mais une association démocratique non neutre». Nous constatons que la majorité des associations affiliées ont développé des tendances neutralistes, laissant le champ libre à d’autres forces comme les organisations du RCD (parti au pouvoir en Tunisie) et les organisations islamistes et n’assumant pas souvent leurs responsabilités devant des questions fondamentales tels que : la défense des droits démocratiques et les droits de l’Homme en France, en Europe et dans les pays d’origine ..
Elles ne s’engagent plus de façon active dans les luttes contre le racisme et les discriminations.
 
2/ Des tendances « gestionites » :
Nous devons nous interroger sur nos pratiques et sur le types d’actions engagées dans les différentes sections, les impératifs de financements ne doivent pas nous faire perdre de vue nos objectifs. On se doit de garder une cohérence dans nos engagements. Le volet revendicatif ne peut être dilué et nous ne pouvons devenir des supplétifs de l’administration. Les moyens financiers et matériels sont importants mais ils ne peuvent nous faire oublier notre projet initial.
 
3/  L’ouverture de l’ATF
Historiquement nous avons voulu que l’ATF soit plurielle. Nous avons eu raison mais nous avons manqué de vigilance. Il en a résulté la disparition de certaines de nos sections à cause des pressions et des scissions provoquées par les consulats tunisiens et les organisations du parti au pouvoir (RCD) mais aussi les politiques poursuivies par les gouvernements successifs en France qui ont parfois réduit ou annulé simplement les ressources de nos  associations de l’immigration.
Faut-il pour autant ne s’ouvrir qu’à celles et ceux avec qui nous partageons les mêmes idées politiques et idéologiques pour sauver nos associations? Ou au contraire devons nous persévérer dans notre démarche d’ouverture dans le respect de nos statuts et notre projet associatif ?
Nous pensons, qu’il nous faut préserver notre pluralité politique et notre diversité sociale. Parce que nous sommes des démocrates, nous refusons de devenir une secte ou un groupuscule.
 
Pourquoi une nouvelle plate-forme ?
En 1993 notre congrès avait adopté notre plate-forme «ATF-2000». Elle nous a permis de donner une orientation claire à nos actions et à adapter notre fédération à la réalité de l’immigration. Notre tâche fondamentale aujourd’hui est de répondre à l’aspiration des populations issues de l’immigration à l’accès à une citoyenneté pleine et entière.
Une nouvelle plate forme s’impose pour confirmer les principes fondateurs de l’ATF consacrés par «ATF-2000» et répondre aux nouvelles aspirations et exigences de l’élargissement et l’ouverture à d’autres catégories de l’immigration.
 
1/ Une fédération ouverte autonome au service de l’immigration
Si nous sommes tous d’accord pour défendre notre fédération l’ATF, nous devons confronter les nouveaux défis en France et en Europe pour continuer à assurer notre mission à savoir servir l’immigration.
Pour cela, nous devons engager une réflexion collective afin de porter de nouvelles propositions et d’imaginer de nouvelles formes organisationnelles permettant à la fédération de s’adapter à cette nouvelle étape de notre histoire.
Notre réflexion doit aussi porter sur nos pratiques et sur nos rapports aux pouvoirs publics. Nous ne pouvons continuer à accepter de pallier aux carences du service public et d’être « assignés par la politique de la ville » à la « gestion de proximité » en acceptant le désengagement de l’Etat. Déjà en 1994, notre Conseil National  pointait le risque que nos associations s’embourbent dans la gestion du quotidien et que nos militants et cadres se transforment en supplétifs de l’administration.
Cette situation n’est pas propre à notre fédération, mais cela ne nous dispense en aucune manière de réfléchir collectivement à ces nouvelles problématiques et  de proposer des alternatives. 
 
Ø     Une association résolument ouverte.
Une des tâches les plus urgentes de l’ATF aujourd’hui est le renouvellement de ses cadres et l’élargissement de sa base. Association issue de l’immigration, l’ATF doit soutenir et accompagner les efforts et les initiatives des jeunes. Le renouvellement des cadres passe aussi par le renforcement du bénévolat dans les actions fédérales.
La présence des femmes dans l’ATF reste faible et il faut remédier à cet état. Certes un travail estimable a été réalisé par nos camarades dans les sections mais nous croyons qu’il reste insuffisant. Car l’intégration passe aussi par leurs participations à la vie publique et sociale, et leur présence doit se refléter au niveau des instances dirigeantes de l’ATF.
L’ouverture de notre association et de ses diverses structures à ces deux composantes de notre communauté maghrébine en France, nous engage à rompre avec certaines pratiques paternalistes. Il s’agit pour nous de définir notre association comme un espace ouvert à toutes les catégories permettant la participation effective à la vie associative, l’épanouissement des acteur-trices.
 
Ø     Une association autonome
Dès sa création, l’ATF n’a cessé de confirmer son autonomie. Le développement et l’importance que notre association prend dans l’immigration maghrébine et aussi auprès des citoyens issus de l’immigration font qu’elle est devenue un sujet de convoitise.
Conformément à nos objectifs, l’ouverture de l’ATF à toutes les composantes de l’immigration tunisienne en France est une richesse pour notre association. Pour que cette ouverture puisse se développer, nous devons lutter fermement contre toute tentative de détournement de l’ATF de ses objectifs fondamentaux savoir servir les intérêts de l’immigration maghrébine en Europe et des français issus de l’immigration
 
L’autonomie de l’ATF n’est pas un acquis mais un combat permanent. Elle n’a jamais été pour nous synonyme de neutralité qui est une illusion.
Par autonomie de l’ATF, nous avons toujours défendu la souveraineté de nos militantes et nos militants dans la prise démocratique de nos décisions par nous même sans la tutelle d’aucune autorité. C’est l’engagement conscient et responsable
En tant que résidents, travailleurs et citoyens de France et en tant que Maghrébins et Arabes, les militants et les cadres de l’ATF ne se détourneront pas des problèmes qu’ils affrontent en France et en Europe. Ils ne peuvent ne peuvent non plus ignorer le sous-développement et le non-respect des droits démocratiques que subissent les peuples de leur pays d’origine.
 
Ø     Non à la marchandisation de l’action associative
Pour sauver l’action associative citoyenne, il est du devoir de tout le mouvement associatif de s’opposer de façon conséquente à la marchandisation de l’action associative. Cette orientation  politique a déjà entraîné la disparition de nombreuses associations de proximité. Seuls les grands cartels d’associations subsisteront.
L’ATF et le mouvement associatif doivent combattre la financiarisation de ce service d’utilité publique  assuré par le secteur associatif dont les associations immigrées.
Il nous faut mener une campagne nationale pour faire reconnaître le caractère de service public aux actions menées par nos associations en tant qu’acteurs de la cohésion nationale et pour stopper la réduction systématique des crédits.
Nos associations ne peuvent pas continuer à assurer ce service public au rabais, comme cherchent à nous l’imposer les gouvernements successifs au nom de la proximité. Nous avons vocation à développer la solidarité mais cela ne dédouane en aucun cas l’Etat et la communauté nationale.
Les associations issues de l’immigration doivent garder leur identité d’associations citoyennes, écoles de démocratie locale, de solidarité et porteuses des revendications et des espérances des populations issues de l’immigration et leurs familles.
 
Ø     Pour un engagement politique et social citoyen contre les discriminations et les exclusions généralisées
Il est un fait de constater que les instruments politiques publiques d’intégration, des gouvernements successifs depuis 1981 ont échoué à prendre en compte les aspirations à la citoyenneté,  l’égalité des droits.
En effet, plus de 20 ans après la première marche pour l’égalité, les exclusions, les discriminations se sont aggravées par l’émergence d’une ségrégation urbaine qui se conjuguent avec des discriminations culturelles et au faciès (marché de l’emploi, éducation, droit à la santé, droit au logement, etc.).
Devant cette impasse, tous les acteurs sociaux et politiques et en particulier le mouvement associatif immigré sont interpellés sur les nouvelles orientations et les objectifs à moyen et longs termes de nos luttes et le sens à donner à nos actions.
Ségrégation et discrimination n’ont pas épargné la vie politique, culturelle et sociale. Un racisme « soft » transverse les partis politiques démocratiques, les syndicats, les organisations et le mouvement associatif.
Ainsi l’accès à des responsabilités politiques (partis politiques) et syndicales nationales, aux mandats parlementaires et cantonaux sont rares et parfois inexistants.
Les Français d’origine immigrée élus, sont souvent cantonnés dans des responsabilités subalternes ( « immigration »..) comme s’ils étaient incapables d’assumer d’autres responsabilités (finances, urbanisme, etc.).
Au niveau des partis politiques, des organisations syndicales et culturelles, les enfants des immigrés sont quasi inexistants dans les instances de directions. Leurs engagements devient parfois suspect pour peu qu’ils prennent position contre la guerre, qu’ils critiquent l’Etat d’Israël ou manifeste leur solidarité avec le peuple palestinien.
 
Ø     Pour un engagement politique et social
Faut-il pour cela quitter ces organisations politiques, syndicales et les fédérations d’éducation populaire ?
Nous pensons que c’est une fausse route. Malgré les entorses multiples et réelles à l’égalité, malgré  les différentes formes de ségrégation, nous ne pouvons pas adhérer à la logique des seuls contre tous.
En tant qu’association d’immigration, nous revendiquons la reconnaissance et l’accès à une citoyenneté effective et entière de toutes les populations issues de l’immigration. Nous pensons qu’il est temps de dépasser la revendication et de s’engager dans la participation à la gestion de la cité et de la vie politique nationale et européenne et que les résidents étrangers doivent accéder à ce droit qu’est la citoyenneté.
Le mouvement associatif dont l’ATF n’a pas vocation à se transformer en parti ou mouvement politique mais il est de notre devoir de poser la question de l’intégration par le politique.
L’expérience vécue, depuis 1995, montre qu’il est possible si la mobilisation est continue et forte de faire élire des dirigeants politiques d’origine immigrés à l’échelle locale et européenne.
Cependant cela n’est pas suffisant, ces élu-es ne doivent pas être assignés à n’occuper que des postes et/ou des mandats locaux, régionaux ou européens. Les partis ont toujours peur de présenter aux élections uninominales des candidats issus de l’immigration (mandats de députés et de conseils généraux). Nous devons combattre cette ségrégation qui n’est qu’une concession faite aux xénophobes et aux racistes.
Il est donc temps de voir demain des citoyens issus de l’immigration, assumant des fonctions électives nationale, des responsabilités ministérielles, administratives, et se porter candidats aux élections présidentielles. Nous devons combattre les actions de disqualification et de délégitimation des dirigeants et des cadres associatifs issus des cités et des quartiers et de l’immigration dans son ensemble. Ce sont des relais sociaux et politiques qui donnent de la perspective et de l’espoir.
Les partis politiques démocratiques, les syndicats, les grands mouvements d’éducation populaires et toute la communauté nationale doivent écouter les populations en détresse sociale et répondre à leurs attentes, faute de quoi, c’est la République elle même qui perd de sa légitimité. On ne combat pas «l’ethnicisme», les ghettos sociaux et culturels par les incantations mais par l’action et l’ouverture des portes.
 
Ø     Pour une égalité effective
Les pratiques d’exclusion, de discrimination et la non reconnaissance des militants politiques, syndicalistes et associatifs issues de l’immigration, qui sont une prolongation des pratiques et des politiques coloniales, n’ont produit que la marginalisation de pans entiers des populations françaises d’origine immigrée et des cadres et dirigeant issus de leur rang.
Ces pratiques ont trop duré et si elles perduraient, un vote des banlieues et des quartiers émergera et sanctionnera ceux qui les méprisent. Ca ne sera pas seulement du « communautarisme » mais la défense de son droit à exister.
Pour éviter que cette probabilité ne devienne une réalité et pour ne pas alimenter la haine et la violence, ouvrons les portes et respectons la dignité humaine. Les acteurs de l’immigration sont  des relais et des vecteurs d’intégration et de citoyenneté. Nous avons le devoir de défendre et d’imposer la participation des Français d’origine étrangère à toutes les échéances électorales et de leur droit de se porter candidats à tous les mandats.
Mille et une façon sont possibles pour mener à bien cette tâche. Notre association doit initier avec d’autres associations des collectifs et des initiatives de terrain pour soutenir les citoyens issus de l’immigration à toutes les échelles de responsabilité dans les partis politiques, les syndicats et les grandes fédérations d’éducation populaire, par la sensibilisation et le dialogue. Le premier pas dans cette orientation commence par notre rassemblement.
 
Ø     Pour une laïcité consolidée.
Peut-on, en France, accéder à une pleine citoyenneté si on ne s’attache pas à la laïcité de l’Etat? Peut-on combattre la laïcité et prétendre être attaché au pacte républicain?.
La laïcité est un acquis qui a permis l’égalité de tous devant la loi. L’échec de la laïcité en France ouvrirait les portes à la logique des lobbys, à l’inégalité devant la loi et aux privilèges. Toutes les minorités ethniques, religieuses et culturelles sans la laïcité seront écrasées et leurs droits seront bafoués.
Il faut s’assumer et ne pas avoir peur des mots. Oui l’ATF, est une association laïque. Il faut revendiquer cette laïcité, haut et fort. Nous devons mener une campagne large dans les milieux de la jeunesse et auprès des familles immigrées pour démontrer que la laïcité n’a jamais été la guerre contre la liberté religieuse. La laïcité c’est l’égalité de toutes les religions devant la loi. La laïcité est pour nous le libre exercice de sa religion et de son culte. Nous devons combattre la confusion entretenue par les intégristes, par certains imams, certains milieux et cercles. La laïcité est une chance pour l’Islam. Nous devons la défendre et nous attacher dans l’ATF à la laïcité de l’Etat et de l’école. Tous ceux qui mettent en cause la laïcité française, combattent en  réalité la République. 
 
Ø     Pour la liberté religieuse
L’ATF ne peut pas se permettre d’évacuer la question de l’Islam en France et en Europe. Nous devons aborder la question de l’Islam en tenant compte à la fois de notre droit à une pleine citoyenneté, à l’égalité des droits et à notre attachement à notre culture d’origine avec tout ce qu’elle a de progressiste et démocratique.
Notre attachement à la laïcité et notre combat pour la  citoyenneté ne nous empêchent pas constater les énormes difficultés, voir l’impossibilité pour les Musulmans de France d’exercer librement leur religion. Nous devons appuyer et soutenir les immigrés maghrébins qui souhaitent pratiquer librement leur culte musulman. Nous ne pouvons pas tolérer l’existence de religions qui ont moins de droits que d’autres. Tout le monde a le droit de pratiquer la religion de son choix.
Cela implique de combattre toutes les tentations et les tentatives des pouvoirs publics et locaux de s’immiscer dans les affaires du culte musulman et toute interférence dans les organisations de culte.
Le Gouvernement se trompe en excluant les associations laïques du débat relatif à la place de l’Islam en France.
Nous devons nous engager à participer de façon plus visible et plus active à la recherche de solution à la question de l’Islam en France.
Aucun n’a le droit de confisquer la parole des immigrés de France comme c’est le cas aujourd’hui. D’autres structures rassemblant les immigrés de France pratiquants et non pratiquants doivent voir le jour.
 
2/ Une fédération active dans un pôle associatif démocratique et progressiste immigré
Dix ans après la disparition du CAIF, il n’est plus tolérable que les associations immigrées continuent d’être exclues du débat sur des questions fondamentales qui régissent le présent et l’avenir de l’immigration.
La disparition du CAIF et l’éparpillement des associations qui le constitué a créé un grand vide sur la scène associative immigrée. Ce vide a favorisé le développement du cloisonnement ethnique et communautaire.
L’absence de toute coordination entre elles, a favorisé l’émergence des associations cultuelles et en particulier islamistes comme acteurs de la société civile et devenues interlocuteurs privilégiés des autorités nationales et locales et l’élargissement de leur influence. Le rassemblement des associations démocratiques immigrées est donc une nécessité et non un choix. Nous savons que cela n’est pas une tache facile à réaliser. Beaucoup parmi nous sommes déçus des expériences des années 80 et 90, mais il faut que tous ensemble nous relevions ce défi sinon nos fédérations et nos associations seront marginalisées. L’expérience, limitée des ASSIM, collectif né avec le mouvement des sans papiers en 1997, montre la justesse de cette démarche unitaire pour que notre voix soit entendue.
Peut-on continuer à accepter que notre parole et notre positionnement sur des questions sociétales, culturelles, politiques et religieuses, continue à être confisqué par des associations cultuelles et pires encore par des associations intégristes? Comment accepter que les autorités cherchent à faire jouer au seul CFCM le rôle de représentant de l’immigration, ignorant au même moment l’existence de centaines d’associations démocratiques?
Il est plus qu’urgent de s’atteler à réorganiser le mouvement associatif démocratique en France et en Europe et à reconstruire un collectif ou une confédération des associations démocratiques immigrées pour :
-          être interlocuteurs des autorités nationales et locales sur les questions fondamentales qui secouent l’immigration et engagent la société française dans son ensemble
-          constituer une alternative aux mouvements intégristes et être un fer de lance dans la lutte pour la citoyenneté et la laïcité, pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, contre toutes les formes de discriminations et de racisme.
 
Ø     Pour une confédération européenne des migrants
Devant les défis que nous impose la mondialisation, nos associations ne peuvent plus se limiter à chacun pour soi. L’ampleur et l’importance stratégique de cette bataille nous impose la mutualisation de nos actions et de nos luttes. A l’échelle de la France, l’immigration et en particulier l’immigration maghrébine et ses associations dont l’ATF, sont appelées à repenser notre engagement à l’échelle européenne et méditerranéenne.
Nous  devons prendre l’initiative pour fonder une nouvelle organisation européenne rassemblant les associations des immigrés en Europe en tirant les leçons des expériences passées (CAIE, Migreurope et Forum des migrants de l’Union européenne). Nous devons par ailleurs être plus actifs et plus engagés dans le mouvement altermondialiste en particulier en Europe et au Maghreb.
 
3/ une fédération solidaire
Ø     Contre la marchandisation de l’immigration

Penser l’immigration en Europe aujourd’hui, ne peut se faire que dans le cadre d’une réflexion sur la mondialisation et ses conséquences.
Le développement quantitatif de l’immigration dans le monde est certes une conséquence des guerres, des guerres civiles, des famines, des catastrophes naturelles et des politiques de pillage systématique des peuples du Sud. Le Nord n’accueille qu’une minorité et la majorité de l’immigration et des déplacements des populations est une émigration Sud/Sud. S’arrêter à ce seul constat c’est pourtant  se tromper de stratégie de lutte.
 En fait, avec la globalisation, l’immigration, aujourd’hui, «tend à créer un nouvel ordre social sur la planète». Ce nouveau rôle dévolu à l’immigration dans le monde et dans le cadre de la mondialisation est très important par ses conséquences sur les populations du Nord comme sur les populations du Sud en particulier sur le plan social.
Si tous les observateurs et les gouvernants, surtout dans le Nord, sont d’accord sur la nécessité de l’immigration pour des raisons démographiques (vieillissement des populations des pays du Nord) et économiques, les politiques suivies ou proclamées par les Gouvernements du Nord et les multinationales, ont un  double objectif: (réorganiser le marché de la main d’œuvre à l’échelle planétaire et baisser les coûts salariaux au profit des revenus des capitaux).
Les effets de cette approche sont multiples dont essentiellement :
·         la hiérarchisation des pays du Sud en pays fournisseurs de force de travail et en pays tampons chargés d’assurer le transit des candidats à l’immigration clandestine,
·          l’instrumentalisation dans les pays du nord des différences culturelles entre les divers groupes des migrants et entre eux et les autochtones en favorisant l’émergence du communautarisme et les ghettos avec tout ce qui l’accompagne de racisme et de xénophobie,
·          la segmentation de la population en des catégories (de citoyens, immigrés légaux, sans-papiers..) qui la rend plus contrôlable et prête à intégrer l’idéologie néo-libérale inégalitaire avec tout ce qui l’accompagne.
 
C’est l’autre aspect de la mondialisation et c’est ainsi que les sans papiers, réservoir de main d’œuvre vulnérable et surexploitée, sont un laboratoire de démantèlement social des acquis sociaux et de la libéralisation du marché du travail.
Le mouvement social et le mouvement immigré doivent combattre la politique des quotas qui ne peut qu’accentuer la fracture au sein de la population et le communautarisme et aboutir au pillage des richesses intellectuelles et scientifiques des pays du sud et hypothéquer ainsi leur avenir.
 
Ø     Pour une solidarité internationale active
La solidarité internationale a toujours représenté un des axes principaux de l’action de l’ATF depuis sa création. Les migrants tunisiens et maghrébins ne peuvent être insensibles aux conditions de vie quotidienne et au sort des peuples du Sud.
De part leurs origines nationales, culturelles et civilisationnelles, les migrants sont interpellés par les luttes des peuples du Sud contre la misère, la faim, les guerres, les dictatures, l’occupation et la colonisation, et par les aspirations à la citoyenneté, la démocratie, l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, le respect des droits de l’Homme et pour l’indépendance nationale.
Ainsi notre association a été dans toutes les luttes contre l’apartheid, pour l’indépendance des peuples de l’Afrique du Sud et de Namibie, contre l’occupation de la Palestine et pour le droit du Peuple palestinien à un Etat indépendant et viable et pour l’évacuation de l’armée israélienne du sud Liban et du Golan. C’est ainsi que l’ATF a soutenu les accords d’Oslo.
L’opposition à la guerre et à l’occupation des Etats indépendants est une des actions continue de l’ATF. C’était le cas par exemple lors de l’invasion par les Etats unis (EU) de l’île de Grenade ou lors de la guerre contre l’Irak en 1991 et son invasion en 2004.
Notre attachement à la Démocratie et aux Droits de l’Homme va de pair avec notre engagement contre la politique de la canonnière et de l’invasion des pays indépendants et contre la tutelle sur les peuples.
Nous refusons clairement le discours sur le droit ou le devoir d’ingérence. Rien ne peut justifier l’occupation et l’invasion de pays indépendants. La Démocratie ne s’exporte pas et ne s’importe pas.

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Motion sur l’Immigration
 

En moins de deux ans, le gouvernement a coup sur coup, fait adopter une loi, pris une série de décrets et de circulaires  qui remettent en cause l’entrée et le séjour des étrangers en France et il récidive avec un projet de loi plus restrictif encore qu’il compte faire adopter  au pas de charge
Même s’il est devenu traditionnel que chaque ministre de l’Intérieur nous gratifie de sa loi sur les immigrés, ce qui en dit long sur le peu de cas fait à la stabilité du statut juridique des milliers de personnes. Les divers textes adoptés depuis 2002 et avant  ainsi que la refonte du code de l’entrée et du séjour des étrangers proposée, s’inscrivent dans un même sens : un traitement sécuritaire dangereux et  liberticide bafouant  le peu de droits acquis et les protections des droits fondamentaux contenues dans la Convention Européenne des droits de l’Homme.

Ces lois sont dangereuses :

·                                         -         comportent une remise en cause des titres de  séjour de longue durée (carte résident 10 ans),
·                                         -         rendent le droit de vivre en famille quasiment impossible pour la majorité des étrangers.
·                                         -         instaurent, pour le regroupement familial des conditions draconiennes que des millions de familles françaises ne peuvent remplir (logement et ressources..)
·                                         -         jettent une suspicion généralisée sur les immigrés et leurs familles,
·                                         -         pénalisent la solidarité avec les plus démunis sous prétexte de lutter contre l’immigration clandestine.
Elles sont liberticides :
·                                         -         parce qu’elles touchent au droit fondamental du mariage d’un (e) Français(e) avec un(e) étranger(e)
·                                         -         réduisent les garanties fondamentales en accélérant les procédures d’éloignement et en renforçant les pouvoirs répressifs de l’administration.
Cette offensive législative et réglementaire affiche deux objectifs:
·                                         -         Accroître la précarisation de la situation des immigrés et les réduire à la seule force de travail (carte de séjour de courte durée et quasi impossibilité du droit de vivre en famille..)
·                                         -         Promouvoir une immigration «choisie», à  la carte, jetable et corvéable à merci.

Ceci est d’autant plus préoccupant que ces politiques néo-libérales conduisant à une surenchère législative sécuritaire et répressive, s’accompagnent:
¨        De la banalisation d’un discours xénophobe, méprisant et provocateur tenu par des responsables nationaux  dans les quartiers à forte concentration immigrée.
¨        Du désengagement de l’Etat de la vie économique et sociale,
¨        De   quasi disparition  des services publics dans  les banlieues sensibles.
¨        De  précarisation des immigrés et la dislocation de leurs familles et leur relégation
¨        la concentration de la précarité, de l’exclusion, les inégalités sociales, des discriminations dans des cités vouées à elles mêmes.
¨        De l’asphyxie du tissu associatif immigré laïc et citoyen qui a, depuis des années essayé de pallier l’absence des services publics et assumé le rôle de médiation sociale, par le gel des subventions et la suppression des emplois jeunes et son exclusion du débat relatif à  la place de l’Islam en France.
 
Dans ces conditions, la crise des banlieues et l’explosion des violences fin 2005 illustrent le fossé qui s’est progressivement creusé entre les populations des quartiers et des cités populaires, en particulier les jeunes français de l’immigrations, et la République et ses institutions. Cette crise cristallise la perte d’espoir et de confiance en la République qui tarde à les reconnaître effectivement comme les siens.
 
C’est dans ce contexte que nos quartiers populaires ont connu, durant l’automne 2005. Face à la désespérance sociale, né d’un scandaleux chômage de masse aggravé par des discriminations ethniques, les jeunes de ces quartiers ont violemment exprimé leur ras-le bol. Par ces actions souvent autodestructrices, ils ont exprimé une colère et un refus du « mal vivre ». les jeunes nous ont interpellés sur l’avenir du pays qui ne peut se construire sans eux et surtout contre eux.
Saurons nous  relever ce grand défi ?
 
Le Congrès national de l’ATF, Association de l’immigration et actrice de l’intégration depuis un quart de siècle, réuni  les 25 et 26 février 2006 à Paris,
·                                         -         refuse que le sort des immigrés, pour la plupart installés en France de longues dates, soit l’objet d’enjeux politiciens dans une surenchère allant de l’immigration zéro à l’immigration choisie,
·                                         -         dénonce la suspicion généralisée que tendent à instaurer des lois et règlements et un discours sécuritaire relayé en permanence par des médias complices.
·                                         -         considère que la répression et la stigmatisation des immigrés ne peut résoudre les échecs successifs des politiques d’intégration.
·                                         -         Considère que les  immigrés  sont une partie intégrante du peuple français et  attachés aux valeurs fondatrices de la République : de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité.
·                                         -         estime que la révolte des banlieues et des cités est née surtout du désespoir, du mépris, des discriminations et de l’incapacité des acteurs politiques et institutionnels à prendre la mesure de la profondeur de la crise et d’y apporter des réponses adéquates dans la dignité et la concertation,
·                                         -         affirme que l’arsenal juridique répressif et stigmatisant, les nouveaux contrats précaires, ne peuvent être une réponse à la crise profonde des banlieues et que  cette crise nécessite la promulgation d’un état d’urgence sociale mobilisant toutes les énergies publiques et associant les acteurs de terrain.
·                                         -         condamne toutes celles et ceux qui cherchent à stigmatiser les filles et les fils de la République nés de parents immigrés.
·                                         -         dénonce le système de quotas et l’immigration choisie qui vont contribuer à affaiblir encore plus les pays du sud  en organisant la fuite des cerveaux
·                                         -         demande la régularisation des sans papiers, victimes de la mondialisation libérale, de la pauvreté et de la misère dans leurs pays et de la domination du sud par le nord.
·                                         -         Dénonce l’Europe forteresse et l’externalisation du contrôle de l’immigration à des pays du sud, complices.   
·                                         -         Demande la ratification de la convention internationale sur les droits  des migrants
·                                         -         Réaffirme son attachement à la citoyenneté de résidence et  la reconnaissance urgente du droit de vote et d’éligibilité des résidents  étrangers aux élections politiques et professionnelles.
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Motion sur la Tunisie
 

Réuni les 25 et 26 février 2006 à Paris, après discussion de l’évolution de la situation politique et des Droits de l’Homme en Tunisie, le 8ème Congrès National de l’ATF constate  que 50 ans après l’Indépendance de la Tunisie:
 
#     Le peuple tunisien n’accède toujours pas à une citoyenneté effective ;
#     Les élections sont systématiquement tronquées à telle enseigne que les Tunisiennes et les Tunisiens ont perdu toute confiance dans les processus électoraux. 
#     Les libertés démocratiques et les droits de l’Homme sont systématiquement bafoués ;
#    Les associations tunisiennes autonomes ne cessent d’être persécutées et la cible des attaques du pouvoir comme de la presse de caniveau : c’est le cas aujourd’hui de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme: (LTDH), l’associations des magistrats tunisiens  (AMT), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), etc.…
#     Des dizaines d’associations sont toujours privées de leur droit constitutionnel d’exister
#     Des dizaine de livres (toutes les formes de littérature) sont censurés ou en attente, depuis des années, de l’autorisation de publication
#    La presse indépendante et d’opposition est toujours victimes de diverses formes de censure et de non diffusion,
#      Les partis d’oppositions démocratiques sont continuellement victimes de harcèlement et de privation de tout droit de réunions, de rassemblements et de tout espace public et privé.
 
Cette impasse politique dans laquelle se trouve la Tunisie et le non respect des droits démocratiques constitutionnels pousse la jeunesse et le peuple tunisiens  à l’aventure et à la résignation.
 
Ø      Le 8ème Congrès National de l’ATF, tout en saluant les luttes des Tunisiennes et des Tunisiens, pour l’instauration de la démocratie, pour la citoyenneté et pour le respect effectif des libertés démocratiques individuelles et collectives, (la liberté de la presse, des médias et de l’Internet, de réunion, d’organisation. etc.) 
 
Ø      Exprime son soutien à :

#    la LTDH dans son combat  pour sauvegarder son autonomie,  sa liberté d’action et  celle de ses sections, d’organiser son congrès national et de disposer de ses propres financements ;  et considère que la multiplication des procès contre la LTDH et les ajournements  successifs du prononcé  du jugement final constitue une interdiction déguisée de la tenue du congrès de la LTDH.
#    l’Association des Magistrat tunisiens dans son combat courageux  pour l’indépendance de la Justice en Tunisie,  aux membres de sa direction légitime victimes des sanctions  du Gouvernement  et condamne le congrès et la direction fantoches imposés par le pouvoir.
 
Ø      Exprime solidarité avec toutes les associations et les partis politiques dans leurs luttes pour une reconnaissance légale et les partis reconnus pour leur liberté d’action.
 
Ø      Salue 
#     La lutte de l’UGTT  pour préserver son autonomie et pour la défense des droits des travailleurs tunisiens, le respect des droits syndicaux et contre la privatisation et les effets négatifs de globalisation et du néo-libéralisme.
#     Le combat de l’ATFD et de toutes associations de la société civile tunisienne pour leur autonomie et la liberté de leurs actions.
#     L’engagement de la société civile tunisienne dans la construction des forums sociaux tunisien et maghrébin
 
Ø      Afin que le peuple tunisien réalise son aspiration à la démocratie et à la pleine citoyenneté, le Congrès National qui se réjouit de la libération de certains prisonniers politiques dont les jeunes internautes de Zarzis et demande :
#    la libération de tous les prisonniers politiques et la promulgation d’une amnistie générale ;
#     l’effectivité des droits constitutionnels que sont le droit  à l’organisation, la liberté de la presse, des médias, de l’Internet et d’__expression et la fin de la monopolisation de la Télévision d’Etat par le Gouvernement et le parti au pouvoir.
è     Le respect du droit et de la volonté du peuple tunisien par la promulgation d’une loi d’une loi électorale  qui permet à tous les Tunisiens de pouvoir se porter candidats à toutes les élections présidentielles, parlementaires et municipales et une loi qui criminalise toutes les fraudes électorales.
 
Ø      Le 8ème Congrès National recommande au Bureau National et au Conseil National d’affermir et  développer le partenariat avec l’UGTT, la LTDH, l’ATFD, l’AFTURD et toutes les autres  associations de la société civile tunisienne.
 
Ø      Le 8ème Congrès National salue les efforts et le travail accompli pour la constitution des forums sociaux tunisien et maghrébin et invite les tunisiens à y prendre part.
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Motion sur le monde arabe 

Le 8ème Congrès national de l’ATF réuni les 25 et  26 février 2006, à Paris, après discussion et  examen de l’état du monde arabe, constate :
 50 ans après l’accès à  l’indépendance de la  majorité des pays arabes et les grandes réalisations et acquis de ces peuples pendants les années 50 /60 ( l’indépendance de tous les pays du Maghreb, de l’Egypte,  de Syrie, du Liban, du Yémen et des Emirats arabes, les nationalisations des richesses et des terres usurpées par les colons, la généralisation de l’enseignement… ), ces pays connaissent, depuis les années 70 un recul significatif ( la Palestine toujours occupée, le Golan syrien et le sud Liban sous domination israélienne et plus récemment, l’Iraq colonisé par l’armée américaine…). Les rêves des populations arabes pour une vie meilleure et  pour jouir de tous leurs droits dans des Etats de droit, libres, démocratiques, développés et modernes ont été annihilés par des pouvoirs nationaux qui n’ont pas tenu leurs promesses.
 
La situation actuelle dans la région : 
- Le peuple iraquien, oppose  une résistance farouche à l’invasion de son pays par les troupes militaires
Américaines et met à nue les véritables desseins de l’impérialisme américain à savoir: assurer une présence militaire en Iraq pour contrôler la région et continuer à piller ses richesses naturelles essentiellement le pétrole
Malgré la disproportion des forces, les manœuvres impérialistes et les divisions, le peuple iraquien parviendra à libérer son pays et à sauvegarder son unité et sa souveraineté.
 
-  Le peuple palestinien continue à affirmer sa volonté inébranlable de bâtir un état palestinien indépendant sur l’ensemble de ses terres reconnues par la communauté internationale.Ceci, malgré toutes les manœuvres et les obstacles des différents gouvernements israéliens et de l’administration américaine, pour ne pas traiter avec l’autorité Palestinienne.
 La maturité politique des palestiniens, est une leçon de démocratie pour les régimes arabes pourtant au pouvoir depuis des décennies.
 
- Nous tenons à saluer l’impressionnante mobilisation du peuple libanais dans la défense de sa souveraineté nationale et pour l’unité du Liban. Il signifie, par cela, une mise en garde claire, aux visées israéliennes sur le sud Liban et à toute hégémonie régionale.
 
- Les combats des peuples palestinien, iraquien et libanais sont le fer de lance des luttes des peuples  dans le monde arabe contre l’impérialisme américain, les ravages du néo libéralisme et les politiques dictatoriales de leurs gouvernements respectifs.
 
En effet, ces luttes sont d’autant plus méritoires qu’elles se passent dans une région du monde où:
-  Des menaces sérieuses  pèsent sur l’Iran et la Syrie et aggravent les tensions dans la région.
-  L’entêtement des gouvernements israéliens à ne pas traiter avec l’autorité Palestinienne réduit les chances de paix.
- L’impérialisme américain, par sa politique interventionniste sous couvert de « démocratisation », cherche à imposer son dictat sur les peuples et pays de la région à fin de s’en assurer le contrôle et de piller ses richesses naturelles.
Ainsi sa dernière trouvaille, le projet du « Grand Moyen Orient » constitue une nouvelle étape dans la destruction de l’organisation économique, politique et sociale des pays de la région.
- Les élections législatives organisées en Egypte et en Palestine ont produit des votes protestataires et ont porté les frères musulmans à la chambre des députés en Egypte et le mouvement Hamas au pouvoir en Palestine.

 
Au Maghreb, comme au Machrek, les sociétés civiles sont réprimées et les libertés et la démocratie sont bafouées.
- Les gouvernements des pays arabes ne cessent de faire la sourde oreille aux revendications de leurs peuples pour les libertés démocratiques. Ils bloquent toute participation effective à la gestion publique. Ils n’ont tiré aucune leçon de l’effondrement du régime iraquien face à l’agression américaine, le peuple iraquien réprimé et tenu éloigné de la gestion des affaires de son pays ne s’est pas senti concerné face à la chute du régime de Saddam.
 
-  Les courants d’idées progressistes et démocratiques, dans les pays arabes, sont confrontées, d’une part,  aux pouvoirs dictatoriaux qui étouffent toute liberté d’__expression et d’autre part à l’émergence  de forces politiques intégristes partisanes de projets passéistes, nées de la perte des repères et des humiliations.
-ainsi les mouvements démocratiques  arabes peinent tous, à des degrés divers,  pour percer et présenter aux yeux de leur peuple leur alternative démocratique à la dictature et à l’immobilisme.
 
Dans les pays du Maghreb, nous constatons le retour de la paix civile en Algérie, condition essentielle pour le développement des luttes pour la démocratie, le progrès et la modernité et condamnons les atteintes persistantes contre les journalistes et les organes de presse.
Les forces démocratiques au Maroc, réussissent, même sous un régime monarchique, à arracher des réformes dans le domaine des libertés, des droits sociaux et du code de la famille.
 
En Tunisie,  Le pouvoir du RCD ne tire aucune leçon ni de la situation nationale ni internationale. Nous assistons ces dernières années à un durcissement du régime,  un verrouillage des espaces de libertés démocratiques et à une instrumentalisation des politiques sociales. Alors qu’on s’attendait à des ouvertures à l’occasion de la tenue du SMSI à Tunis cet automne, il n’en a rien été. Des syndicats et associations ont été empêchés de tenir leurs assemblées générales électives ou frappées d’interdiction.
Des partis politiques sont toujours en attente de reconnaissance pour pouvoir fonctionner en toute légalité. Faut-il en arriver à des actions extrêmes pour être entendu ?
 
 La contestation de cette politique de fermeture ne cesse de prendre de l’ampleur et de s’élargir. Des avocats, des magistrats, des journalistes ont rejoint les rangs de la contestation et renforcé ainsi les luttes des étudiants, des féministes, des enseignants, des jeunes et le reste du mouvement démocratique.
Une unité plus large s’est opérée autour de revendications portées, depuis longtemps, par le mouvement démocratique et progressiste tunisien, telles que la liberté d’__expression, de presse et d’organisation, l’amnistie générale et la libération des prisonniers politiques et d’opinion.
 
Le débat d’idées entamé  entre les différentes composantes de l’opposition tunisienne, commence à poser la question du projet sociétal et étatique alternatif à la politique actuelle du pouvoir destourien. Cela est, en soi et objectivement, un fait très positif parce qu’il permettra l’émergence d’un projet démocratique et progressiste. 
 
L’ATF, fidèle à ses traditions laïques, à ses engagements pour la défense des droits humains pour la liberté, la démocratie et le progrès partout dans le monde, tient à saluer :
 
§                les luttes des peuples arabes pour la défense de leurs acquis, fruit de leurs luttes, et pour leurs droits aux libertés, à la démocratie, au développement et à la modernité.
§                la détermination du peuple iraquien à libérer son pays de l’occupation étrangère,
§                la résistance du peuple palestinien aux agressions israélo- américaines et sa volonté de construire un état indépendant  démocratique sur tous ses territoires occupés,
§                la mobilisation du peuple libanais pour sauvegarder sa souveraineté nationale et l’unité de son pays.
 
 
§                des femmes dans le monde arabes qui luttent pour la promulgation de lois égalitaires mettant fin à leur infériorisation.
 
 
L’ATF, conformément à ses idéaux et à ses engagements soutient :
§                La lutte des populations maghrébines pour la réalisation de leurs aspirations à la démocratie, le progrès  et la modernité.
§                la volonté des sociétés civiles maghrébines d’avancer dans la construction d’un forum social maghrébin pour un Maghreb des peuples et de lutter contre la globalisation.
§                les luttes du peuple tunisien pour la démocratie et le progrès contre la dictature et l’impérialisme.
§                L’ATF  dénonce l’ambiguïté des rapports des gouvernements des pays de l’Union Européenne avec le régime antidémocratique tunisien et le  non respect de l’article II des accords d’association. Ces gouvernements européens privilégient leurs intérêts économiques et commerciaux par rapport aux questions des droits humains et démocratiques en Tunisie et dans les pays limitrophes de l’Europe.

Sont élus membres du Bureau National par le Conseil National

 

 

Fonction

Nom et prénom

Président

Moncef BEN SLAMA

Vice-Présidente

Nadia CHAABANE

Secrétaire Général

Dr. Khaled HAMIDA

Trésorier

Khaled HAMIDA

Membres :

 

 

Sami Belhaj

 

Nadhem KHERRIGI

 

Tarek BEN HIBA

 

Le Délégué Général désigné par le Conseil National : Mohamed-Lakhdar ELLALA

 

Sont élus membres du Conseil National

 

 

Nom et prénom

Nombre de voix

Rang

Sami Belhaj

29

6

Mohamed-Salah NAJJAHI

20

14

Mohamed BARIRA

25

12

Ezzedine BOUACHIR

31

1

Taoufik KARBIA

29

6

Meriyem ZEGHIDI

27

9

Mounir  KHIARI

27

9

Anwar KANZARI

24

13

Rebeh ARFAOUI

19

15

Nadhem KHERRIGI

30

4

Khaled HAMIDA

31

1

Naceur  EL FAHEM

28

8

Tarek BEN HIBA

30

4

Nadia CHAABANE

26

11

Moncef BEN SLAMA

31

1

 
 

Tourisme

Le Saoudien Mohamed Bin Issa Al Jaber investit 65 millions de dinars dans les hôtels en difficultés

 

Sur les quelque 800 hôtels que compte le pays, près du quart sont confrontés à des graves difficultés dont plus d'une cinquantaine sont en faillite. Bon nombre de propriétaires de ces unités vont sortir de cette crise avec les moindres dégâts, et ce, grâce au nouveau Fonds d'investissement « MBI Tunisia Fund ».

 

Doté d'un capital de 65 millions de dinars, ce fonds qui vient d'être créé par la Banque d'affaires « International Maghreb Merchant Bank (IMBank) et l'homme d'affaires saoudien, Mohamed Bin Issa Al Jaber, se propose de prendre en gestion et même racheter plus tard des hôtels en difficulté.

 

En visite à Tunis, l'homme d'affaires saoudien, Mohamed Bin Issa Al Jaber, installé en France, s'est entretenu hier avec les ministres de la Coopération internationale, des Finances et de l'Education et de la Formation . Ses rencontres ont porté sur les moyens de renforcer la coopération bilatérale et de promouvoir les investissements saoudiens en Tunisie.

 

Mention spéciale pour l'ex-ambassadeur de Tunisie en Arabie Saoudite

 

Le Fonds monté par ce promoteur, connu pour ses investissements dans le marché français de l'hôtellerie, ne serait réalisé sans les efforts déployés par M. Kacem Bousnina, ex-ambassadeur de Tunisie en Arabie Saoudite et actuellement membre du conseil d'administration de IMBank.

 

Le budget du fonds sera fourni à hauteur de 60% en cash par le principal actionnaire du fonds et les 40% restants étant des actifs sous forme de participations des banques locales dans les unités hôtelières acquises.

 

Autres apports du Fonds

 

Ce Fonds, d'une durée de 10 à 15 ans, est destiné au rachat d'unités hôtelières anciennes ou à prendre des participations majoritaires dans des hôtels en Tunisie. Les unités hôtelières sélectionnées vont bénéficier d'un abandon partiel de dettes, d'un rééchelonnement et d'une conversion d'une partie des créances en capital, outre des plans de modernisation et de mise à niveau. Toutes ces actions seront gérées par le groupe hôtelier de Mohamed Bin Issa Al Jaber « JJW Hotels and Resorts ».

 

S'agissant de l'apport du Fonds aux banques et au secteur touristique, il sera perceptible, pour les banques, à travers leur participation dans les 40% du capital du Fonds. Cette participation leur permettra de recouvrer des créances gelées, de relancer leurs emplois dans les projets viables et d'alléger leur portefeuille.

 

Sur le plan sectoriel, le fonds contribuera à diminuer le risque global du secteur surtout que l'activité future des hôtels rachetés sera garantie dès le départ à moyen et à long terme par un contrat de location ferme avec JJW Hotels and Resorts, avec une option de rachat en fin de période.

 

A signaler que ce groupe connaît une présence très forte en France, au Royaume-Uni, au Portugal, en Autriche et en Egypte. Il réalise un chiffre d'affaires de 250 millions de dollars.

 

Aziz ARFAOUI
 
(Source: "Le Temps" (Tunisie), le 7 mars 2006)

 

 

Anniversaire de la mort de Salah Jgham

15 ans déjà

 

Une grande figure de la radio nationale nous a quittés, il y a de cela 15 ans ; il s'agit de Salah Jgham. C'était le 22 février 1991, et depuis, ses fidèles auditeurs n'ont plus jamais entendu ni sa voix, ni ses émissions tant aimées.

 

Né le 5 mai en 1945 à Hammam Sousse, Salah avait poursuivi des études en agronomie et en administration avant de joindre la radio nationale.

 

 Il avait plusieurs programmes radiophoniques qui attiraient à l'époque un nombre important d'auditeurs  et de fidèles tels que " Layali Arabia ", " Mouwajaha amama elmicrofone ", " El jadid min houna ", " Hakibet el moufajaet "...

 

De même qu'il a participé à l'organisation de plusieurs émissions avec son ami le regretté Néjib El Khattab telles que " Yaoum Saîd ", " El Bath Moubachir ", " Maan fi Dhiaet Ramadhan ", " Studio 2 "...

Côté télévision, Salah a également animé plusieurs émissions musicales, culturelles, artistiques, des dossiers, ainsi qu'une émission policière " Ibhath Maâna " outre des soirées maghrébines et arabes...

 

Lors de ses programmes, il a aussi invité et interviewé des personnalités très connues telles que Mohamed Abdelwahab, Mansour Rahabani, Faten Hamama, Nizar kabani, Salah Abou Saîef, Adel Imem...

 

Il a été le rédacteur en chef de la revue de la radio et de la télévision tunisienne...

Une carrière exceptionnelle mais qui a été malheureusement interrompue par la mort.

 

Le nom de Salah Jgham restera gravé à jamais dans notre mémoire.

 

S.H.

 
(Source: "Le Temps" (Tunisie), le 7 mars 2006)

Un forum mondial à Doha pour tenter de réduire le fossé numérique Nord-Sud
Par Taïeb MAHJOUB

 

AFP, le 07.03.2006 à 12h42

DOHA, 7 mars 2006 (AFP) - Une conférence mondiale sur le  développement des télécommunications (CMDT-06) s'est ouverte mardi à  Doha avec l'ambition de combler le fossé numérique entre le Nord et  le Sud, où un milliard de personnes, notamment en Afrique, n'ont pas  d'accès au téléphone et encore moins à l'internet.

 

Réunis pour une semaine, plus d'un millier de délégués  gouvernementaux et du secteur privé notamment devront discuter des  moyens de connecter toutes les communautés du monde aux technologies  de l'information et de la communication (TIC) d'ici à l'an 2015, un  objectif de l'Union internationale des Télécommunications (UIT).

 

Cette institution de l'Onu co-organise la conférence avec le  Qatar.

 

La conférence a pour objet de définir des programmes, projets et  initiatives propres à réduire la fracture numérique et d'adopter une  stratégie permettant à tous les pays d'atteindre leurs objectifs de  développement, en tenant compte du "Plan d'action de Genève" et de  "l'Agenda de Tunis" élaborés dans le cadre du sommet mondial de la  société de l'information (SMSI), selon les organisateurs.

 

Sous le nom de "Plan d'Action de Doha", cette stratégie énoncera  également les mesures que les différents partenaires du  développement seront appelés à prendre au cours des quatre  prochaines années pour atteindre ces objectifs, ajoute-t-on de mêmes  sources.

 

Le SMSI s'est tenu en deux phases: en décembre 2003 à Genève où  a été adopté un "Plan d'action" tendant à résorber la fracture  numérique entre le nord et le sud, et en novembre 2005 à Tunis où  les pays riches ont promis d'aider ceux en développement à rejoindre  la révolution numérique.

 

La conférence doit "parvenir à des mécanismes d'application des  résultats du sommet de la société de l'information à Genève et à  Tunis", a déclaré le Premier ministre du Qatar, cheikh Abdallah Ben  Khalifa Al-Thani, en ouvrant les travaux.

 

Il a cependant averti que "les effets négatifs, apparus ces  dernières années, d'un mauvais usage de la technologie et des moyens  de communication" recommandent la mise en place d'"un cadre  juridique et de régulation".

 

La conférence de Doha doit en outre être saisie de deux  initiatives mondiales concernant, pour l'une, les personnes  handicapées et, pour l'autre, les télécommunications appliquées aux  secours en cas de catastrophe.

 

"Nous avons réussi à tracer un itinéraire clair pour établir une  société de l'information plus équitable", a déclaré pour sa part le  secrétaire général de l'UIT, Yoshio Utsumi.

 

Mais malgré les progrès réalisés, un profond clivage subsiste  entre le nord et le sud. Quelque 800.000 villages - soit un milliard  d'habitants de la planète - sont toujours dépourvus de toute  connexion aux TIC, et plus de la moitié de ces villages se trouvent  en Afrique, selon des statistiques de l'UIT établies en 2004.

 

En 2004, l'Afrique représentait 13% de la population mondiale,  mais seulement 3,7% des abonnés au téléphone, qu'il soit fixe ou  mobile. Elle comptait 22 millions d'utilisateurs de l'Internet, pour  un taux de pénétration de l'Internet d'à peine 3%. En Europe, ce  taux est 11 fois plus élevé.

 

Pour l'internet, la suprématie est nette pour les pays du G8  (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume Uni  et Fédération de Russie).

 

Les pays du G8 abritent seulement 15% de la population mondiale,  mais presque 50% du nombre total des utilisateurs de l'Internet. En  2004, ils comptaient 429 millions d'internautes, contre 444 millions  d'internautes dans le reste du monde.

 

S'agissant de la téléphonie mobile, l'Europe est le numéro un  mondial avec plus de 570 millions d'abonnés et un taux de  pénétration de plus de 70%, contre 9% en Afrique, 42% dans la région  Amériques et 19% dans la région Asie-Pacifique.

 

AFP

Irak - Enquête sur l'"étrange" assassinat d'un général

par Alastair Macdonald

 

Reuters, le 07.03.2006 à 15h54

BAGDAD, 7 mars (Reuters) - L'assassinat lundi, d'une balle dans la tête, d'un des principaux responsables militaires irakiens relance le débat sur l'infiltration par des insurgés de la nouvelle armée irakienne, mise sur pied et entraînée par les Américains.

 

"C'est une affaire très étrange qui soulève de nombreuses questions", a déclaré mardi un responsable du ministère irakien de la Défense.

 

Le général Moubdar Hatim al Doulaimi, commandant des forces irakiennes à Bagdad, a été tué d'une balle dans la tête par un tireur isolé alors qu'il circulait dans l'ouest de la capitale.

 

Un autre général irakien a dit à Reuters que cet assassinat devait entraîner une enquête interne et prouvait que l'armée recrutée ces deux dernières années était infiltrée par des insurgés prêts à se retourner contre leurs camarades.

 

Pour l'ancien commandant des forces américaines à Bagdad, le meurtre du général Doulaimi, un sunnite placé à la tête des 10.000 hommes de la 6e division à Bagdad, pourrait s'inscrire dans le cadre d'un projet de prise de contrôle de la capitale par les chiites.

 

La 6e division, l'une des mieux équipées de l'armée irakienne, a été en première ligne ces deux dernières semaines pour empêcher que la vague de violences qui a suivi la destruction du dôme de la mosquée chiite de Samarra ne dégénère en guerre civile.

 

Les Américains ont confié 70% de la capitale à la surveillance des forces irakiennes, dans le cadre d'un plan de retrait progressif des 133.000 soldats américains actuellement déployés dans le pays. Une stratégie mise à mal par les violences intercommunautaires.

 

Doulaimi, un général de l'ère Saddam reconnu pour son courage, circulait dans un convoi de 14 véhicules blindés dans un quartier de Bagdad où les insurgés sunnites sont actifs, a rapporté le ministère de la Défense. Il avait quitté son quartier général en fin d'après-midi pour enquêter sur un accrochage.

 

"LES TIREURS AVAIENT DES INFORMATIONS PRÉCISES"

 

Le général, qui portait un gilet pare-balles, ouvrait la portière de son véhicule et s'apprêtait à mettre son casque quand il a reçu une balle en pleine tête.

 

"Les tireurs avaient des informations très précises", a déclaré le représentant du ministère irakien de la Défense.

 

Des sources au ministère de la Défense, au ministère de l'Intérieur et au sein de l'armée affirment qu'une seule balle a été tirée. Selon eux, le sniper a tiré du haut d'un bâtiment voisin.

 

Mais une autre source au ministère de la Défense a fait état de plusieurs tirs, qui auraient blessé d'autres militaires de l'escorte.

 

Les autorités hospitalières ont déclaré n'avoir admis aucun militaire blessé.

 

De l'avis du général irakien interrogé, le meurtre peut être attribué aussi bien à des insurgés sunnites qu'à des milices chiites désireuses de prendre le contrôle des forces armées.

 

Des responsables de l'armée américaine se sont plaints de se voir imposer par le gouvernement chiite des commandants que les Américains jugent incompétents.

 

Doulaimi est l'officier supérieur irakien le plus important tué en Irak depuis le début de l'invasion américaine en 2003.

 

Dans un communiqué publié peu après le meurtre, le général George Casey, commandant des forces américaines en Irak, affirme que cet événement "tragique n'empêchera pas la 6e division de l'armée irakienne de poursuivre sa mission de sécurisation de Bagdad et ne fera pas échouer la formation du gouvernement de l'Irak".

 

Depuis leur arrivée en Irak, les forces américaines se sont employées à démanteler l'armée de Saddam Hussein, forte de 300.000 hommes. De nombreux officiers de l'ancienne armée à majorité sunnite ont été exclus.

 

Le président George Bush a déclaré que les troupes américaines se retireraient progressivement d'Irak à mesure que les troupes irakiennes prendraient la relève. Mais certains dirigeants irakiens, en particulier ceux de la minorité sunnite, redoutent que la nouvelle armée soit dominée par les chiites et les Kurdes.

 

REUTERS


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