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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2479 du 06.03.2007
 archives : www.tunisnews.net
AISPP: Pour mettre fin aux traitements inhumains et aux excès abjects commis à  la prison de Mornaguia
IFEX : TUNISIE: Journée Mohammed Abbou: la délégation du TMG bloquée et intimidéeà la porte de la prison
IFEX : Mohammed Abbou Day: IFEX-TMG delegation blocked and intimidated at prison gates
Pétition de soutien au droit de Jalel Ben Brik Zoghlami à exercer sa profession d’avocat
Luiza Toscane: Qu’est-il arrivé à Abdellatif Bouhjila ? Que se passe-t-il à la prison de Mornaguia ?
Sihem Bensedrine: Comment la police politique terrorise les enfants des défenseurs
Taoufik Ben Brik: Adresse à Samia Abou, l’aimée de Mohamed, le prophète
Témoignage de l’Avocat suisse Alain Werner que les juges de Mohamed Abbou ont refuse de recevoir
Liberté : La lutte contre le terrorisme au menu des discussions - Guenaïzia à Tunis pour relancer la coopération militaire
Le Quotidien: Mouvement «Ettajdid» : Le congrès en juin 2007
Le Temps: Présidentielle française:  Ségolène Royal et... nous
MetallicNaddou : Super Bouclier
 
Liberté pour Maître Mohammed Abbou
Liberté pour tous les prisonniers politiques
 
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
Tunis, le 4 mars 2007-03-06
APPEL URGENT
Pour mettre fin aux traitements inhumains et aux excès abjects commis à  la prison de Mornaguia
 
La vague d’arrestations de la dernière période se poursuit jusqu’à l’heure actuelle. Des dizaines de jeunes sont encore déférés devant la justice dans des conditions ne respectant pas les garanties minimum légales.


Beaucoup de détenus et leurs familles sont en butte à toutes sortes de brimades en violation flagrante de la loi sur les prisons et du Code de procédure pénale. Beaucoup ont été placés dans des cachots individuels, dépourvus d’aération et de lumière, extrêmement froids et humides. Ils n’ont pas droit à la promenade quotidienne et n’ont aucun contact avec le monde extérieur. C’est le cas de Mohammed Ali Ben Mohammed Charfi et de Fayçal Ben Salah Harizi. Plusieurs avocats ont noté que leurs clients étaient conduits par des agents pénitentiaires dans des fourgonnettes fermées et qu’on leur avait mis des cagoules noires sur la tête et des menottes.

 

D’autres sont privés de soins alors que leur état est très dégradé car ils ont reçu des balles lors de leur arrestation par la police, c’est précisément le cas de Mohammed Amine Dhiab qui a reçu une balle dans le dos et une autre à la main et de Féthi Salhi a reçu des éclats dans la tête. Son état a empiré. Il souffre de céphalées violentes et de chorée. Or jusqu’à aujourd’hui, il n’a pas reçu de soins, sans parler de Mohammed Balti qui est atteint d’un handicap visuel.

 

L’administration pénitentiaire torture les prisonniers en les frappant et en les privant de sommeil. Ils sont soumis dès leur arrivée en prison à des coups violents et des sévices ; ils sont extraits à toute heure de la nuit et à tout moment pour être battus. Ils sont obligés de trotter et de répéter des mots abjects portant atteinte à leur dignité : imiter des cris d’animaux ou répéter « je suis un voleur de poules » tandis que les agents, sous la supervision des responsables (comme l’officier Tarek Mouthenna), les obligent à simuler des scènes de peine capitale pour les effrayer.

 

L’administration pénitentiaire effraie les familles en ne leur fournissant pas d’explication quand elles viennent en demander ou rechercher leurs enfants, sans parler des heures qu’elles passent sous la pluie à attendre que leur soit donnée la possibilité de voir leurs enfants pour la visite.
L’AISPP condamne ces méthodes humiliantes et indignes. Elle exige le respect de la loi portant organisation des prisons et les règles minima régissant le traitement des prisonniers. Elle exige l’ouverture d’une enquête sérieuse et indépendante sur ces dépassements monstrueux et que leurs auteurs soient sanctionnés.


Pour l’Association

Maître Mohammed Nouri
(Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 
TUNISIE: Journée Mohammed Abbou: la délégation du TMG bloquée et intimidéeà la porte de la prison
TUNISIA: Mohammed Abbou Day: IFEX-TMG delegation blocked and intimidated atprison gates
IFEX - Nouvelles de la communauté internationale de défense de la libertéd'expression

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MISE À JOUR - TUNISIE
Le 5 mars 2007
Journée Mohammed Abbou: la délégation du TMG bloquée et intimidée à la porte de la prison

SOURCE: Groupe d'observation de la Tunisie de l'IFEX (IFEX-TMG)
**Mise à jour d'alertes de l'IFEX du 8 décembre, 8 mai, 26 et 21 avril, 15, 6 et 2 mars et 28 février 2006, entre autres**
(IFEX-TMG) - Ci-dessous, un communiqué de presse de l'IFEX-TMG, daté du 1er mars 2007:

Journée Mohammed Abbou: la délégation du TMG bloquée et intimidée à la porte de la prison

Plus tôt dans la journée, les membres de la délégation du groupe d'observation de la Tunisie (TMG), en mission en Tunisie du 27 février  au 4 mars 2007, ont été physiquement empêchés d'accéder à la rue du Kef  (ville située à 170 km au sud-ouest de Tunis) où se situe la prison de  l'écrivain et avocat Mohammed Abbou par des hommes en civil refusant de  s'identifier.

De plus, un deuxième cercle plus distant d'hommes également en civil dévisageaient ouvertement et prenaient des photographies des membres de  la délégation du TMG, suscitant par la même une atmosphère tendue. Les  mêmes hommes, sans doute des policiers, ont interdit aux membres de la  délégation du TMG de prendre des photographies. La voiture de la délégation du TMG avait été au préalable arrêtée pendant une dizaine de minutes sur la  route du Kef par un groupe de gendarmes de la garde nationale et d'hommes en civil qui ont également refusé de s'identifier.

La délégation du TMG voulait simplement demander au directeur de la  prison  du Kef s'il était possible de rendre visite à Me Abbou. On a alors répondu aux membres de la délégation qu'ils avaient besoin d'une autorisation pour s'approcher des portes de la prison. Samia Abbou, l'épouse de Me Abbou, a pu lui rendre visite pendant 15 minutes environ.

Carl Morten Iversen, Président du TMG, a déclaré: "Je suis scandalisé par ce qui s'est passé au Kef aujourd'hui. Des hommes non identifiés nous ont empêché d'accéder à la rue menant à la prison où le célèbre prisonnier d'opinion Mohammed Abbou est emprisonné, nous empêchant ainsi de tout simplement demander la permission de lui rendre visite. Il s'agit d'un  abus de pouvoir. Demain nous aurons une réunion au Ministère de la Justice  et de droits de l'Homme. Nous comptons bien exiger des réponses quant à ces agissements, tout en réitérant notre appel à la libération immédiate de Mohammed Abbou".
Arrêté le 1er mars 2005, Me Abbou a été condamné à une peine de prison de 3 ans et demi en raison d'articles en ligne dans lesquels il critiquait les autorités tunisiennes.

On a eu recours au code de la presse et au code pénal pour inculper Me Abbou pour "publication de faux rapports visant à perturber l'ordre public", "insulte envers la justice" et "incitation de la population à ne pas respecter les lois". Sa condamnation est tombée le 29 avril 2005 et a été confirmée en appel le 10 juin 2005 au cours d'une audience dénoncée par les observateurs internationaux comme un simulacre de justice pendant laquelle ni Me Abbou, ni ses avocats n'ont été autorisés à contester les accusations à son encontre.

Les conditions d'emprisonnement de Me Abbou sont des plus difficiles.
Depuis l'emprisonnement de son mari, Mme Abbou et ses proches ont été continuellement harassés et menacés par les forces de sécurité.

Note aux journalistes:

Le groupe d'observation de la Tunisie (TMG) est une coalition de 16 organisations créée en 2004 pour suivre de près la liberté d'expression  en Tunisie dans les mois qui conduisent au Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI) et dans les mois qui suivent. Ces 16 organisations sont toutes membres de l'Echange international de la liberté d'expression (IFEX), un réseau mondial de 71 organisations nationales, régionales et internationales engagées dans la défense de la liberté d'expression.
La sixième mission du TMG en Tunisie (du 27 février au 4 mars 2007) est composée de représentants de l'Union Internationale des Editeurs (UIE), d'Index on Censorship, du centre PEN norvégien et de l'Association Mondiale des Journaux (AMJ).

Les membres du TMG sont:

Arabic Network for Human Rights Information (HRinfo.net), Égypte
ARTICLE 19, Royaume-Uni
Journalistes Canadiens pour la Liberté d'Expression (CJFE), Canada
Organisation Egyptienne des Droits de l'Homme (EOHR), Égypte
Index on Censorship, Royaume-Uni
Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), Belgique
Fédération Internationale des Associations de Bibliothécaires et
d'Institutions (IFLA), Pays-Bas
Institut International de la Presse (IIP), Autriche
Union Internationale des Editeurs (UIE), Suisse
Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
PEN Norvège, Norvège
Association Mondiale des Radiodiffuseurs Communautaires (AMARC), Canada
Association Mondiale des Journaux (AMJ), France
World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis
Le Comité des Ecrivains en Prison du PEN international (WiPC),
Royaume-Uni

Pour plus d'information, veuillez contacter : Alexis Krikorian, UIE, tél portable : + 41 79 214 55 30 et Carl Morten Iversen PEN Norvège,  tél portable + 47 926 88 023 ou voir : http://campaigns.ifex.org/tmg (dont le site est toujours bloqué en Tunisie)
L'IFEX-TMG est responsable de toute information contenue dans cette mise à jour. En citant cette information, prière de bien vouloir l'attribuer à l'IFEX-TMG.
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DIFFUSÉ(E) PAR LE SECRÉTARIAT DU RÉSEAU IFEX,
L'ÉCHANGE INTERNATIONAL DE LA LIBERTÉ D'EXPRESSION
555, rue Richmond Ouest, Bureau 1101, B.P. 407
Toronto (Ontario) M5V 3B1 Canada
tél: +1 416 515 9622   téléc: +1 416 515 7879
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site Internet: http://www.ifex.org/
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IFEX - News from the international freedom of expression community
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UPDATE - TUNISIA

5 March 2007

Mohammed Abbou Day: IFEX-TMG delegation blocked and intimidated at prison gates

SOURCE: IFEX Tunisia Monitoring Group (IFEX-TMG)
**Updates IFEX alerts of 8 December, 8 May, 26 and 21 April, 15, 6 and 2 March and 28 February 2006, and others**

(IFEX-TMG) - The following is a 1 March 2007 IFEX-TMG press release:

Mohammed Abbou Day: TMG delegation blocked and intimidated at prison gates

Earlier today, the members of the Tunisia Monitoring Group (TMG) delegationvisiting Tunisia (27 February - 4 March 2007) were physically prevented from accessing the street of the prison of the town of Le Kef (170 km south-west of Tunis), where human rights lawyer and writer Mohammed  Abbou is jailed, by men who refused to identify themselves. A second, more distant, circle of men were taking pictures and openly staring at the members of the TMG delegation, thus creating a tense atmosphere.  Members of the TMG delegation were prevented from taking pictures by the same men, most likely plainclothes policemen. The car of the delegation had previously been stopped on the road to Le Kef for about ten minutes by  a group of officers of the national guard and plainclothes men who also refused to identify themselves.

The TMG delegation simply wanted to enquire about a possible visit to Mohammed Abbou. Members of the delegation were told they needed an authorisation to get near the prison gates. Samia Abbou, the wife of Mohammed Abbou, was granted a 15-minute visit.

TMG Chair Carl Morten Iversen declared: "I'm utterly outraged by what happened in Le Kef today. Unidentified men prevented us from accessing  the street leading to the prison where Mohammed Abbou, the famous prisoner of opinion, is jailed, thus preventing us even from asking for permission  to visit Mohammed Abbou. This is an abuse of power. Tomorrow we will be having a meeting at the Ministry of Justice and Human Rights where we will be demanding answers vis-à-vis these events, while reiterating our call for the immediate release of Mohammed Abbou."

Arrested on 1 March 2005, Abbou is currently serving a three and a half year prison sentence in connection to articles posted online in which  he criticised Tunisian authorities.

Abbou was charged under both the press and penal codes for "publishing false reports inclined to disturb the public order," "insult to the judiciary" and "inciting the population to break the country's laws".  His sentence was announced on 29 April 2005 and later upheld by an appeals court in a 10 June 2005 hearing that international observers deplored  as a "sham trial" during which neither Abbou, nor his lawyers, were allowed  to contest the charges against him.
Abbou has been jailed under harsh conditions at El Kef prison. Since  his imprisonment, Abbou's wife and family have been repeatedly harassed and threatened by security forces.

The sixth mission of the TMG in Tunisia (27 February - 4 March 2007) is composed of representatives of INDEX on Censorship, PEN Norway, World Association of Newspapers (WAN), and International Publishers  Association (IPA).

Members of the IFEX-TMG are:

Arabic Human Rights Information Network (HRinfo), Egypt
ARTICLE 19, UK
Canadian Journalists for Free Expression (CJFE), Canada
Egyptian Organization for Human Rights (EOHR), Egypt
Index on Censorship, UK
International Federation of Journalists (IFJ), Belgium
International Federation of Library Associations and Institutions
(IFLA),
The Netherlands
International Press Institute (IPI), Austria
International Publishers' Association (IPA), Switzerland
Journaliste en danger (JED), Democratic Republic of Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibia
Norwegian PEN, Norway
World Association of Community Radio Broadcasters (AMARC), Canada
World Association of Newspapers (WAN), France
World Press Freedom Committee (WPFC), USA
Writers in Prison Committee of International PEN (WiPC), UK

For further information, contact Carl Morten Iversen, Norwegian PEN,
Cellphone: + 47 926 88 023, E-mail: عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.; or Alexis
Krikorian,
IPA, Cellphone : + 41 79 214 55 30, E-mail: عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.;
Website:
http://campaigns.ifex.org/tmg/ (Note: website is still blocked in Tunisia.)
The information contained in this update is the sole responsibility of
IFEX-TMG. In citing this material for broadcast or publication, please credit IFEX-TMG.
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DISTRIBUTED BY THE INTERNATIONAL FREEDOM OF EXPRESSION
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555 Richmond St. West, # 1101, PO Box 407
Toronto, Ontario, Canada M5V 3B1
tel: +1 416 515 9622, fax: +1 416 515 7879  alerts e-mail:
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Pétition de soutien au droit de Jalel Ben Brik Zoghlami à exercer sa profession d’avocat

Maître Jalel Zoghlami est privé d’exercer sa profession d’avocat. Il a été inscrit au barreau de Tunis le 25 novembre 2005 par décision du Conseil de l’ordre des avocats. Mais le Ministère public a fait opposition à la décision du barreau le 7 janvier 2006 et l’audience n’a été fixée que récemment pour le 27 mars 2007.

Le bâtonnier Abdessatar Ben Moussa a qualifié la position des autorités d’acte illégal, constituant un précédent. Il a également exprimé sa solidarité avec Jalel Zoghlami et exigé que cesse son calvaire et que ses droits et particulièrement son droit au travail, soient garantis.

Les soussignés expriment leur soutien à Maître Jalel Zoghlami et exigent qu’il soit autorisé à rejoindre le corps des avocats.

 

Signature

Qualité

Nom et prénom

 

 

 

 

 

 

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Qu’est-il arrivé à Abdellatif Bouhjila ?
Que se passe-t-il à la prison de Mornaguia ?
 
Aujourd’hui, mardi 6 mars, Abdelmajid Bouhjila, le père du prisonnier politique Abdellatif Bouhjila, s’est rendu à la prison de Mornaguia pour tenter de voir son fils auquel il n’a pu rendre visite depuis maintenant neuf semaines. Abdellatif Bouhjila est en grève de la faim depuis le 4 novembre 2006 et a résisté à toutes les tentatives visant à l’alimenter de force.


La semaine dernière, alors qu’il voulait lui rendre visite, comme chaque semaine, Abdelmajid Bouhjila s’était entendu dire que son fils avait arrêté sa grève de la faim depuis deux jours et qu’il pourrait lui rendre visite dans une semaine. Mais aujourd’hui, il a été empêché encore une fois de lui rendre visite.

Pour rappel, Abdellatif Bouhjila, incarcéré depuis 1998, a été condamné à onze années de prison. Il souffre de plusieurs maladies, qui lui ont déjà valu une intervention chirurgicale. Il a mené de nombreuses et longues grèves de la faim.

Luiza Toscane


 

« Kalima » consacre son numéro du mois de mars au prisonnier d’opinion Me Mohamed ABBOU qui a entamé le 1er mars 2007 sa 3éme année de détention

 
Comment la police politique terrorise les enfants des défenseurs
Sihem Bensedrine
 
 
Est-ce ainsi que les enfants vivent ?
 
Vive comme l’eau et volontaire comme son père, Nour se présente : « Je m’appelle Nour El Houda Abbou et je suis la fille de maître Abbou » aligne-t-elle d’un trait sur un débit qui ne vous laisse pas le temps de terminer votre question. Cette enfant de 11 ans, frêle et coquette vous surprend par sa maturité et son sens de la précision. Mais elle laisse transparaître une fragilité des enfants de son âge, démultipliée par sa condition de fille du plus célèbre prisonnier d’opinion tunisien.

Elle venait d’avoir neuf ans quand la vie l’a arrachée à une enfance plutôt heureuse et l’a précipitée dans la tourmente des privations et des agressions dont son quotidien est désormais balisé. Elle se souvient de cette nuit de 1er mars 2005 où elle a vu son père partir chercher une bouteille d’oxygène pour son grand-père sous machine et il n’était plus jamais revenu.

Maintenant son univers est celui des prisons et son vocabulaire s’est enrichi des concepts qui les meublent. « Il est plutôt jeune…du même âge que le directeur de la prison du Kef, où se trouve mon père » précise-t-elle pour me décrire cet homme qui la harcèle devant l’école, l’interpellant par des « oh toi la fille Abbou ! » et lui demande de monter pour la raccompagner chez elle. « Cela se passe plusieurs fois par semaines et au moment où je suis seule dans la rue, quand mes copines sont parties avec leurs parents, moi je rentre seule. J’ai toujours refusé de monter, d’abord parce que c’est un inconnu et que maman m’a bien recommandé de ne jamais monter dans la voiture des gens que je ne connais pas. » ; « J’avais très peur parce qu’il continuait à me suivre en voiture pendant que je rentrais à pieds »

Nour est terrorisée par cet homme et restera plus d’un mois murée dans son silence, incapable d’évoquer le sujet à la maison « pour ne pas inquiéter davantage ma mère » dira-t-elle, ajoutant « J’ai trouvé la parade en demandant à mes copines de m’attendre pour rentrer avec elles, parce que il y a toujours une maman avec l’une d’elle et je me sens ainsi protégée. »

« Cela s’est passé à l’époque de Ganzoui » (évoquant le tristement célèbre tortionnaire, secrétaire d’Etat à l’Intérieur) précise-t-elle pour décrire cette nuit de terreur qu’elle avait passé au printemps dernier alors qu’un agent des services spéciaux est venu rôder autour de leur maison pour les tourmenter. « Maman m’avais autorisé à dormir auprès d’elle, cela faisait longtemps que je ne l’avais fait. Je me suis glissée dans son lit en attendant qu’elle me rejoigne. Je m’étais assoupie et maman ne m’avais pas rejoint ; elle préparait ses examens avec sa copine et avait veillé très tard. « A un moment j’ai entendu des bruits d’une moto qui s’arrêtait, puis des pas sur l’échelle que nous gardions habituellement contre le mur ; par la suite une ombre humaine s’est projetée de la fenêtre que j’avais laissée ouverte pour profiter de la fraîcheur de la nuit ; j’avais eu très peur ; je voulais crier, appeler maman dans le salon, mais aucun son ne sortait de ma bouche. Il a commencé à secouer les persiennes pour me faire réagir, j’étais tétanisée. J’étais figée dans le lit, incapable d’appeler maman au secours. Après un moment le bruit a cessé puis il a repris de plus belle, je me suis glissée sous les draps pour qu’il ne me voie pas et j’ai ramassé mes jambes contre ma poitrine pour qu’il ne perçoive pas de forme humaine et pense que c’est maman qui est au lit. Puis le bruit s’est à nouveau estompé et lorsque j’ai entendu le bruit de la moto qui s’éloignait, j’ai couru au salon et tremblante de peur, je me suis collée à maman qui dormait sur le canapé. Le matin elle était surprise de me trouver auprès d’elle sur ce canapé qui ne peut contenir deux personnes.

Quand j’ai raconté à maman ce qui m’était arrivé la nuit, elle m’a emmené chez le psychiatre qui m’a donné des médicaments … je n’avais plus envie d’aller à l’école et je suis restée une semaine à la maison ».
Sa maman Samia Abbou, savait de quoi parlait sa fille. Ces visiteurs de la nuit qui troublent sa quiétude, elle les avait vus à l’œuvre quelques jours plus tôt dans son balcon en train de la narguer. Elle avait appelé « police secours » qui ont refusé de venir à son secours.
« J’ai maintenant décidé de ne plus avoir peur, je suis la fille de Mohamed Abbou », scande Nour fièrement.

A l’occasion du second anniversaire de l’emprisonnement de Mohamed Abbou, Nour a écrit une petite carte à son père: « Je t’écris cette lettre pour te dire que tu me manque jamais parce que le jour tu es dans mon cœur et le soir tu es le sujet de ma rêve » signé Ton Nour Abbou. 
 
(Source: Le nr 50 de Kalima mis en ligne le 10 février 2007)


Adresse à Samia Abou, l’aimée de Mohamed, le prophèteTaoufik ben Brik

 
Il y a des idées qui vous traversent l’esprit comme les hérissons traversent la route. Sans raison. Le plus souvent écrabouillées par le gros camion. Pas toutes. Certaines survivent, persistent et saignent. Et dansent. La dissidence danse. Et parce que Mohamed Abou, mon frère inaperçu a voulu faire danser la dissidence, il a été écrabouillé par le gros camion. Il lui a concocté un procès de délit commun pour éloigner de lui les cercles de solidarité. Heureusement, il y a des guetteurs qui s’attendent à l’inattendu et ne baissent pas le bras.
Toute sa vie, Mohamed Abou a voulu être un homme libre. Ici commence le premier jour du reste de sa vie. Il est en prison. Mais libre. A condition d’en faire de sa mésaventure des ailes, pas du plomb.
Ce premier virage, où le régime de Ben Ali cherche à donner de lui l’image d’un « malfrat » sera vite oublié. Passée la première dune, agrippés les premiers barbelés, écopés les premiers tirs, on va franchir la ligne d’arrivée.
Et alors ? Ce « et alors ? » vous prend sans prévenir. Et que peut on faire ? On ne peut rien faire. De l’indignation à l’impuissance, de l’impuissance au ressentiment, voilà le terrain propice à toute les infamies. A toutes les peurs.
A notre goût immodéré pour la servitude volontaire, La Béotie pose la question qui vaut aujourd’hui : pourquoi se laisser asservir alors que nous sommes nés libres ? Les habits neufs dont Ben Ali s’était affublé deviennent transparents. On ne voit que l’ignominie au travers. Du rien. « Les peuples n’ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur » disait un sage. Vite, alors, trouvons le plus grand mur possible pour inscrire ce proverbe :
 
FAUT-IL ATTENDRE
D’ETRE VAINCU
POUR CHANGER ?
 
Taoufik Ben Brik 
 
(Source: Le nr 50 de Kalima mis en ligne le 10 février 2007)

 
 
Témoignage de l’Avocat suisse Alain Werner que les juges de Mohamed Abbou ont refuse de recevoir
 

A qui de droit
Mon nom est Alain Werner. Je suis citoyen suisse, titulaire d’un brevet d’avocat du canton de Genève et actuellement engagé par le Département Fédéral des Affaires Etrangères de mon pays comme expert auprès du bureau du Procureur de la Special Court for Sierra Leone, juridiction pénale internationale.
J’étais en mission en Juin 2002 à Tunis envoyé par la Commission Internationale de Juristes et la Ligue des Droits de l’Homme Suisse afin d’assister au procès de Zouhair Yahiaoui devant le Tribunal de Grande Instance de Tunis.


Dans ce cadre et dans cette fonction j’ai assisté le 20 juin 2002 à une réunion de l’association des jeunes avocats dans la salle du Conseil de l’Ordre au premier étage du Tribunal en présence notamment de Me Mohamed Abbou et de Me Dalila Mrad. Alors que la discussion s’engageait en langue arabe, une avocate présente, Me Dalila Mrad, m’a violemment pris à partie verbalement et a bruyamment fait savoir à l’assemblée que ma présence à cette réunion était injustifiée. J’ai était surpris par la violence verbale de Me Mrad. Une très vive discussion s’en est suivie, de nombreux avocats commençant à prendre verbalement à partie Me Mrad. Celle-ci est alors entrée dans une sorte d’hystérie, criant et gesticulant dans tous les sens. A cet instant, Me Mohamed Abbou s’est approché de Me Mrad avec l’intention de la calmer et de faire en sorte que cette dernière retrouve de la mesure. Me Mrad a alors commencé à hurler de plus vive et à accuser Me Mohamed Abbou de l’avoir attaquée, ce qui m’a alors apparu proprement ridicule. Me Abbou l’a alors repoussée vers la porte, en lui intimant l’ordre de quitter les lieux. Une grande confusion s’en est suivie, Me Mrad finissant par sortir de la salle en continuant à hurler.


Lors de la réunion, j’étais assisté par l’un des membres de l’association des jeunes avocats qui me traduisait en français ce qui se disait en langue arabe.
Je suis formel pour affirmer que Me Abbou n’a jamais agressé Me Mrad au cours de cette réunion. Il l’a repoussée, en réaction à l’état d’hystérie dans lequel elle s’était mise elle-même. Je suis prêt à venir à la barre pour témoigner sous serment.
Ecrit à Freetown, Sierra Leone, le mercredi 8 Juin 2005
Alain Werner
Passport number : H0001163


(Source: Le nr 50 de Kalima mis en ligne le 10 février 2007)

 

 

La lutte contre le terrorisme au menu des discussions

Guenaïzia à Tunis pour relancer la coopération militaire

Cette visite intervient après le déplacement de cadres de l’armée tunisienne récemment à Alger.

Le ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, M. Abdelmalek Guenaïzia, a entamé hier sa visite officielle en Tunisie par un premier entretien avec le ministre tunisien de la Défense, M. Kamel Mordjane, sur la coopération militaire algéro-tunisienne et les perspectives de son renforcement.

Les discussions ont porté sur l’évaluation de l’état de la coopération militaire entre les deux pays et les voies de son impulsion, dans l’esprit des décisions de la 2e commission mixte de coopération militaire qui a eu lieu à Tunis en 2006 et de la préparation de sa 3e session prévue à Alger dans le courant 2007.

La coopération militaire algéro-tunisienne, qui est encadrée par un accord signé en 1983 et actualisé en 2001, a vu la réunion de la 1re session de sa commission mixte se tenir en 2005 à Alger. Auparavant, une cérémonie d’accueil officielle a été organisée au ministère, au cours de laquelle M. Guenaïzia et son hôte ont passé en revue un détachement des trois armes qui leur présentaient les honneurs.

M. Guenaïzia s’est rendu par la suite au musée national militaire (Palais de la rose), un ancien palais du bey restauré par l’armée et, ouvert en 1989 où sont exposés divers armements et documents, retraçant l’histoire de l’armée tunisienne.

Cette visite a été sanctionnée par un échange des plaques des musées militaires des deux pays, ainsi que par la signature du livre d’or du musée par M. Guenaïzia. Abdelmalek Guenaïzia visitera aujourd’hui le musée de la fraternité algéro-tunisienne de Ghardimaou, situé à la frontière entre les deux pays, et déposera une gerbe de fleurs au monument historique de Sakiet-Sidi-Youssef.

Le programme de visite du ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, qui s’étale jusqu’au 7 mars, prévoit également la visite d’installations militaires à Bizerte, à une soixantaine de kilomètres au nord de Tunis, ainsi que le Centre national tunisien de télédétection à Tunis et l’École de guerre de Bortale-Hayder.

Si la menace terroriste a permis un renforcement de la coopération sécuritaire entre les deux pays d’autant que plusieurs islamistes de nationalité tunisienne ont été arrêtés en Algérie pour terrorisme, il n’en reste pas moins que l’Algérie considère que cette coopération n’est pas assez poussée. Et c’est dans l’objectif de relancer la coopération militaire que s’inscrit, entre autres, le déplacement du ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale en Tunisie. Il est vrai, cependant, que les relations ont toujours été bonnes entre l’Algérie et la Tunisie du fait que le bornage des frontières s’est effectué dans de bonnes conditions.

L’apparition de la violence terroriste en Algérie au début des années 1990 a poussé la Tunisie à renforcer la surveillance aux frontières et à resserrer l’étau sur le mouvement islamiste.

Cependant, malgré les mesures prises, les groupes armés terroristes ont pu tisser des liens, surtout depuis la guerre déclenchée contre les taliban en Afghanistan. Le ministre d’État, ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, a admis en janvier dernier l'éventualité de liens entre le GSPC et le groupe armé islamiste tunisien neutralisé au début de l’année au sud de Tunis.

"Les informations en notre possession n'écartent pas une possible liaison entre ce groupe (islamiste tunisien) et le GSPC", avait affirmé Zerhouni, avant d’ajouter que "les services de sécurité des deux pays travaillent en étroite collaboration depuis plusieurs années".

Il faut dire que l’opération menée par l’armée tunisienne contre les terroristes au sud de Tunis a été rendue possible grâce à l’intensification de la coopération entre les deux pays, d’autant que l’expérience algérienne en matière de lutte contre le terrorisme sert aujourd’hui de référence dans ce domaine.

Y. S.

(Source : « Liberté » (Quotidien – Algérie), le 6 mars 2007)

Lien :

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=73394

 

Mouvement «Ettajdid» : Le congrès en juin 2007

Le 2ème congrès du Mouvement «Ettajdid» se tiendra en juin prochain. C’est ce qu’a décidé le conseil national du parti, tenu dimanche dernier, à Tunis.

L’expérience unitaire entre le Mouvement «Ettajdid» et quelques centaines de militants indépendants issus de la gauche tunisienne, commence à prendre une tournure sérieuse.

La constitution d’un pôle d’opposition démocratique et progressiste, un rêve qui a bercé les formations de gauche depuis la fin des années 80, se concrétisera en effet dans environ trois mois à l’occasion des assises nationales du parti de M. Mohamed Harmel.

Réuni le week-end dernier, le conseil national de cette formation constituée en1993 sur les cendres du Parti Communiste Tunisien, a tranché sur la date du congrès.

La date symbolique du 25 juillet, proposée par les indépendants, n’a pas été retenue. Les «Tajdidis» ont estimé que la célébration du cinquantenaire de la proclamation de la République pourrait voler les feux de la rampe à la naissance tant attendue du pôle d’opposition élargi, démocratique et progressiste.

Le conseil national a également désigné les représentants d’Ettajdid au sein de la commission qui sera chargée de la préparation morale et matérielle du congrès. Cette commission se composera aussi d’une vingtaine de représentants des indépendants. Un comité de pilotage paritaire sera par la suite mis en place pour assurer le suivi des travaux préparatoires.

Engagement d’adhésion

D’autre part, les militants de l’ex-parti communiste se sont attachés à l’adhésion des indépendants à leur parti pour qu’ils puissent bénéficier du statut de congressistes à part entière. Ceux qui s’attachent à leur indépendance pourraient néanmoins participer au congrès en tant qu’observateurs ou encore «alliés» du Mouvement Ettajdid et prendre part au débat au sein des commissions. Ils ne bénéficieront pas évidemment du droit de vote.

L’idée du resserrement des rangs fragmentés de la gauche a germé dans les esprits suite aux législatives de 1989. A l’époque, 150 hommes de gauche avaient lancé un appel pour unir les groupuscules de gauche et dresser un rempart contre la résurgence des projets passéistes.

De nombreuses tentatives unitaires ont été depuis avortées. Ce n’est qu’à la veille des élections législatives et présidentielle d’octobre 2004 qu’une alliance s’est tissée entre Ettajdid, deux groupuscules de gauche et quelques centaines d’intellectuels indépendants attachés à la préservation des acquis du projet moderniste tunisien.

Après avoir réussi le pari de présenter un candidat unique de «l’opposition démocratique» à la présidentielle, en l’occurrence, Mohamed Ali Halouani, certaines composantes de cette alliance baptisée «l’initiative démocratique» se sont retirées. Seuls le Mouvement Ettajdid et les indépendants s’efforcent encore à réaliser le vieux rêve de la gauche..

Walid KHEFIFI

(Source : « Le Quotidien » (Quotidien – Tunis), le 6 mars 2007)

Le Temps: Présidentielle française:

Ségolène Royal et... nous

Par : Ridha KEFI

Un récent sondage IFOP montre que la population musulmane de France - les Beurs, - se sent plus proche du PS et de son candidat à la présidence Ségolène Royal, que de l'UMP et son candidat Nicolas Sarkozy (23,4%).

Cependant, sur la plupart des questions qui interpellent cet électorat, à savoir la crise du Proche-Orient, l'immigration, la place de l'islam en France, les relations avec le Maghreb et l'Afrique, les positions des deux candidats ne divergent guère. Nous avons présenté dans notre édition d'hier les positions de Sarkozy sur ces questions. Nous vous présentons ici celles de Mme Royal...

A propos de la crise du Proche-Orient, Mme Royal a multiplié les déclarations contradictoires. Lors des trois débats pour l'investiture du PS, qui l'ont opposée à ses deux adversaires Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, devenus aujourd'hui ses soutiens, la candidate a souligné à plusieurs reprises la centralité du conflit israélo-palestinien et la nécessité d'y apporter une solution juste et équilibrée. Mais lors de son déplacement au Proche-Orient, elle a eu du mal à maintenir une position ferme sur cette question, passant d'une position à son contraire. Au cours de sa visite à Beyrouth, elle s'est montrée critique à l'égard de la politique d'Israël, suscitant la colère des Israéliens. A Jérusalem, elle s'est montrée compréhensive vis-à-vis de cette même politique et fait une déclaration jugée favorable au mur de séparation.

Lors de ses meetings suivants, Mme Royal a rectifié le tir en promettant d'agir pour que soit respecté le droit international, qui «existe, [et] il n'est que de l'appliquer». Elle a ajouté: «Nous réclamerons de nos meilleurs amis que les résolutions du Conseil de sécurité soient mises en œuvre». Cette déclaration, qui a été faite dans une approche générale des relations internationales, vaut-elle aussi pour le conflit israélo-palestinien ? Auquel cas, elle signifierait de demander à Israël et aux Etats-Unis d'être plus respectueux du droit international, étant donné que ce sont ces deux pays qui respectent le moins les résolutions onusiennes au Proche-Orient. Il ne faut pas rêver...

La sécurité d'Israël d'abord

Dans son discours du 11 février, Royal ne s'est pas beaucoup attardée sur le conflit israélo-palestinien. Elle lui a consacré les trois lignes que voici: «La paix au Proche-Orient suppose deux aspirations indissociables et également impérieuses: celle de la justice, celle de la sécurité. Il faut rendre justice aux Palestiniens. Mais il faut garantir la sécurité d'Israël et la vie de tous ses citoyens.»

Réduire un conflit aussi complexe à deux mots, «justice» et «sécurité», ne dénote pas d'une grande volonté de s'engager en vue d'y trouver une solution. En évitant de se prononcer sur la nécessité de créer un «Etat palestinien», pourtant soutenue par nombre des amis d'Israël, George Bush en tête, Royal cherche sans doute à ne pas s'aliéner le soutien du lobby juif pro-israélien en France, dont on connaît la puissance, surtout dans le domaine médiatique.

Qualifiée de «candidat naturel des juifs» par le député UMP Christian Estrosi, Royal ne devrait donc pas trop s'éloigner de la position historique du PS en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien.

Souvenons-nous: durant l'été 2006, alors qu'Israël bombardait Gaza et le Liban, Mme Royal ne s'est pas montrée plus préoccupée que son rival de l'UMP par les violations des droits humains commis par le gouvernement du Premier ministre israélien Ehoud Olmert. Ce tropisme israélien n'étonne pas René Balme, maire de Grigny depuis 1992, qui explique: «Mme Royal est entourée de conseillers qui défendent ouvertement la politique israélienne. Le PS a toujours été indulgent avec Israël et ce n'est pas Ségolène Royal qui va remettre en cause cette amitié. On est toujours, tant du côté de l'UMP que du PS, dans cette logique qui consiste à se soumettre à l'axe américano-israélien. Il y a quelques néo-conservateurs dans ces deux partis dont la vision du monde n'est pas très éloignée des néo-conservateurs étasuniens. D'où leur silence [sur les souffrances des Palestiniens].» (www.e-torpedo.net)

Le maire de Grigny va plus loin dans son procès des deux principaux candidats à la présidence française. «On a deux candidats dont l'un est un ultralibéral [Sarkozy] et l'autre est social-libérale [Royal]. La différence qui n'est déjà pas très marquée pour ce qui est de la politique intérieure se trouve être nulle en matière de politique étrangère», explique-t-il. Et d'ajouter: «Leurs conseillers sont issus de la même mouvance et sont porteurs des mêmes idéologies. La position de Madame Royal et celle du PS est calquée sur celle des Etats-Unis et d'Israël. Il ne fallait pas s'attendre à autre chose de sa part (...) Il est surprenant de constater que Ségolène Royal a du mal à accepter que les peuples aient le droit de décider, démocratiquement, de leur avenir en Palestine et en Iran.»

A l'appui de son affirmation, le maire de Grigny rappelle que l'ensemble des dirigeants politiques du PCF à l'UMP en passant par le PS et les centristes ont répondu favorablement à un récent meeting organisé par le CRIF et intitulé : ''Tous à la Mutualité contre la menace de l'Iran''», avant de conclure: «Il y a une volonté affirmée unanime de la classe politique [française] d'en découdre avec l'Iran et de se coucher face aux injonctions des représentants du gouvernement et des intérêts israéliens en France. C'est extrêmement grave.»

Sans aller jusque là, nous pourrons dire que Mme Royal cherchera à suivre la politique traditionnelle du Quai d'Orsay, qui s'est toujours montrée soucieuse de la sécurité d'Israël, d'abord, tout en appelant à la création d'un Etat palestinien, ensuite.

L'ultra-laïcité face à un Islam conquérant

A propos de l'Islam et des musulmans, les positions de Royal ne sont pas divergentes, elles non plus, de celles de son rival de l'UMP. Même si la candidate du PS semble vouloir montrer une certaine différence sur ce dossier, ses déclarations sur l'islam et les musulmans ne s'éloignent pas de la ligne laïciste républicaine.

«Dans sa tentative de reconquête du pouvoir, le PS, jadis accusé de différentialisme par la gauche laïciste, ne peut pas se permettre d'afficher un discours trop mou sur l'islam. Du coup, il adopte un discours ultralaïque», explique Franck Frégosi, spécialiste de l'islam contemporain au CNRS, dans un entretien à ''Libération'' du 26 février. Qui ajoute: «Lors d'un débat participatif, Ségolène Royal a déclaré: ''Mon combat pour la laïcité, je le mène au nom de toutes les femmes voilées, excisées, mutilées, violées...'' Assimiler ainsi le voile et le viol, c'est plus qu'un sacré raccourci. En s'adossant à la laïcité, le PS tente en même temps de redorer son blason auprès d'un électorat et d'un lobby laïque de plus en plus intransigeant vis-à-vis de l'islam. Tous ces propos s'inscrivent dans une volonté de récupérer sur le terrain une forme d'ultralaïcité perdue.»

A tel point d'ailleurs que les responsables de campagne de Royal cherchent à «disqualifier» Sarkozy aux yeux des laïcistes en affirmant que le candidat de l'UMP est le premier ministre de l'Intérieur à avoir adoubé l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), présentée pour l'occasion comme une officine islamiste. L'islam est ainsi utilisé, de manière pernicieuse, comme repoussoir: une sorte d'ennemi de la république.

Quoi qu'il en soit, Royal ne semble pas plus disposée que Sarkozy à dénoncer l'islamophobie. Ce n'est pas là, en tout cas, l'une de ses priorités. La peur de tout ce qui renvoie à l'islam est tellement forte dans l'opinion française qu'elle préfère ne pas dénoncer les crispations qui pourraient naître ici et là autour de l'islam et des musulmans. Cela ne lui interdit pas cependant d'utiliser ces crispations pour aller chasser des voix sur les terres de la droite et de l'extrême droite.

En choisissant comme porte-parole une femme musulmane Najat Belkacem, Mme Royal n'a fait, en réalité, qu'imiter son principal adversaire, Sarkozy, dont la porte-parole est, elle aussi, une femme musulmane, Rachida Dati. Les deux candidats cherchent-ils ainsi à séduire l'électorat musulman ? Oui et non. Car, comme l'a expliqué Vincent Geisser, chercheur au CNRS, sur un forum du ''lemonde.fr'', mis en ligne le 1er mars, la règle républicaine interdit de parler de «vote religieux». Les candidats font comme si ce vote n'existe pas, tout en développant, implicitement, «une stratégie pour capter un électorat qu'ils percevaient depuis longtemps comme un électorat ''beur'', et que de plus en plus ils perçoivent comme musulman.»

En fait, ajoute le chercheur, «derrière ce mot ''musulman'', les hommes et les femmes politiques [français] ont tendance à amalgamer toutes sortes d'électeurs, en gros tout ce qui n'est pas catholique, juif, ou tout ce qui leur semble différent de ce qu'ils se représentent comme la majorité électorale.»

Contre l'«immigration choisie», une immigration organisée : Hadj Moussa versus Moussa Hadj...

C'est pour se rapprocher de cet électorat que Mme Royal s'est rendue, le 27 février, à Clichy-sous-Bois, une banlieue de Paris, où elle a déposé une gerbe de fleurs au pied de la stèle dédiée à la mémoire de Zyed Benna et Bouna Traoré, morts électrocutés en se réfugiant dans un transformateur électrique pour échapper à une course-poursuite avec des policiers. Cet accident, souvenons-nous, a provoqué les émeutes des banlieues en novembre 2005.

Par ce geste, la candidate a voulu jeter une pierre dans le jardin de son adversaire du moment, le ministre de l'Intérieur, dont les déclarations sur la «racaille» à nettoyer «au karcher», en parlant des jeunes des banlieues, continuent de susciter la colère de ces derniers et de leurs parents.

Pour le reste, les divergences entre Mme Royal et M. Sarkozy au sujet de l'immigration, autre thème central de la campagne électorale, sont assez ténues. «Le projet d'immigration choisie défendu par le candidat de l'UMP va (...) contribuer à affaiblir des systèmes de santé déjà fragiles», a déclaré Royal dans sa tribune intitulée «Projet pour l'Afrique». Et d'ajouter: «Je propose pour ma part d'agir en responsabilité en ne pillant pas les ressources humaines qui sont vitales pour ces pays. Je propose, à l'inverse, de faciliter les allers et retours des médecins d'origine africaine afin qu'ils puissent exercer dans leur pays d'origine et participer à la formation de jeunes médecins tout en conservant des connexions en France leur permettant de poursuivre l'approfondissement de leurs compétences.»

«Nous voulons une politique de l'immigration et non pas une politique de l'immigration choisie», a-t-elle déclaré, Christiane Démontès, chargée de communication de Ségolène Royal, dans une interview au site ''www.lefaso.net'', mise en ligne le 1er mars. S'insurgeant contre l'«immigration choisie» préconisée par Sarkozy, celle-ci explique: «Il faut dire que la France est une terre d'immigration (c'est l'une des grandes différences entre Ségolène Royal et notre adversaire de droite); une immigration qui s'organise, dans laquelle on donne la possibilité aux gens de venir et de repartir, et de revenir.»

En ce qui concerne l'immigration en France, l'année 2006 s'est terminée par un nouveau record: 24 000 reconduites à la frontière. Jamais, depuis les années 1930, on n'avait atteint un tel niveau. Entre 1934 et 1939, 130 000 immigrés avaient été renvoyés dans des trains vers la Belgique, la Pologne... Pour atteindre l'objectif qu'il s'est fixé (25 000), Sarkozy ne lésine pas sur les moyens: multiplication des rafles, chasse à l'enfant... Tout est bon pour entretenir l'hystérie raciste et sécuritaire et faire du chiffre: deux charters ont été affrétés en décembre vers la Roumanie alors que, depuis le 1er janvier 2007, ce pays a intégré l'Union européenne.

Tout en saluant «la mobilisation d'enseignants et de parents en faveur d'enfants scolarisés expulsables» - par allusion à la résistance en faveur des enfants d'immigrés menacés de reconduction à la frontière, soutenue et organisée par les militants du Réseau Education Sans Frontière -, Mme Royal ne rompt pas réellement avec la politique de Sarkozy dans ce domaine. Car, pour elle aussi, «il faut lier à la fois la réglementation, et la fermeté indispensable de cette réglementation pour maîtriser les flux migratoires: qu'elle soit cohérente dans nos pays méditerranéens».

On sait également que Mme Royal s'est opposée fermement à la proposition de Laurent Fabius de régularisation en masse et qu'elle défend une vision totalement utilitariste de la main-d'oeuvre immigrée en fonction des besoins du patronat français: «Il faut, pour l'immigration de travail, instaurer un droit moderne à l'aller et au retour. Aujourd'hui, beaucoup d'immigrants, qu'ils soient qualifiés, chercheurs, universitaires, cadres ou saisonniers, sont d'autant plus tentés de rester qu'ils craignent de ne pas pouvoir revenir faute d'un visa permanent ou pluriannuel.»

Donc, autant que ses adversaires de droite, Mme Royal défend le contrôle de l'immigration. Ce qui signifie, dans les faits, une répression au faciès. Cette politique repose sur le mythe, souvent repris par Mme Royal, de «l'appel d'air». En agitant ce mythe, celle-ci entretient des fantasmes sur l'importance du problème, alors que les sans-papiers ne représentent que 0,5 % de la population française. Les experts estiment, par ailleurs, qu'il n'y a aucune corrélation entre le taux de chômage et l'immigration. Depuis 1945, il y a eu en France entre 7 et 8% d'immigrés, cela reste stable, alors que le chômage a explosé depuis le début des années 1980. Des études récentes ont montré également que la régularisation massive de 700 000 sans-papiers en Espagne a eu un impact très bénéfique sur l'économie. Le capitalisme a d'ailleurs toujours eu besoin de mouvements migratoires pour se développer: 46 millions d'Européens ont émigré en Amérique entre 1815 et 1951.

Mme Royal est aussi insensible à ces considérations que M. Sarkozy. Pour elle, les flux migratoires doivent être régulés et ralentis, à défaut d'être stoppés. Pour cela, il y a deux solutions possibles: le «dialogue avec la Méditerranée» et «la mise en place des politiques de co-développement». Dans sa conférence d'Alger citée plus haut, Lang a promis que si Royal parvenait à l'Élysée, «il y aura la volonté, en liaison avec l'Italie, l'Espagne et le Portugal, de déplacer l'axe de l'Europe, très orienté vers le Nord, [vers le sud de la Méditerranée]». Il a appelé aussi à ne plus traiter les pays du Maghreb «seulement comme un marché où l'on vient déverser ses produits», mais «comme des civilisations, une source d'inspiration intellectuelle et spirituelle», rappelant ainsi l'appel que Mme Royal avait lancé lors du troisième débat à l'investiture du PS pour un approfondissement du dialogue Euro-Méditerranéen, afin d'accélérer le dialogue entre l'Europe et le Maghreb.

En ce qui concerne le co-développement, Mme Royal estime qu'il est «la meilleure façon d'endiguer l'immigration illégale et de lutter contre les mafias qui l'organisent». «Décourager les migrations de la misère, c'est soutenir le développement des pays pauvres, en réduisant l'écart entre Nord et Sud», a aussi expliqué la candidate PS dans son «Pacte présidentiel». Et d'ajouter: «Le co- développement sera donc mon objectif. L'aide publique sera radicalement réformée et réorientée vers les circuits courts, la santé, l'éducation, l'énergie solaire, les associations de femmes, le micro-crédit, comme je l'ai vu au Sénégal, et cessera d'alimenter les gouvernements corrompus.»

Contre la corruption: démocratie, droits de l'homme et bonne gouvernance

A propos de «gouvernements corrompus», il convient peut-être de rappeler que Royal a dénoncé dans un article intitulé «Projet pour l'Afrique», publié sur les colonnes de ''Témoignage Chrétien'', ce qu'elle appelle le «pacte néocolonial» de la Françafrique et la politique africaine de la France, «figée dans une coupable immobilité» et dont «les Africains sont malheureusement les premières victimes».

«Depuis bientôt cinq ans, la droite française est en effet à l'origine de désordres sans précédent sur le continent africain. La conception de la présidence de la république de Jacques Chirac y est pour beaucoup. En privilégiant systématiquement les amitiés personnelles au détriment de l'intérêt général, la pratique présidentielle a terni l'image de notre pays, qui se trouve associé dans l'esprit des Africaines et des Africains aux régimes les plus contestables du continent. La France doit à nouveau porter en Afrique un message de démocratie, de solidarité, de paix et de défense des droits de la personne humaine, sans qu'il soit possible d'opposer à cette ambition la réalité des interventions de notre pays», a écrit Royal. S'insurgeant ensuite contre, «les récentes déclarations du candidat de l'UMP qui s'inscrivent, sans retenue, dans les mêmes réseaux que le président Jacques Chirac», elle a rassuré les Français que leur pays «demeure fidèle à ses valeurs de solidarité internationale, de promotion de la démocratie et de consolidation de l'Etat de droit.»

A travers sa dénonciation de la «Françafrique», Royal dénonce «la multiplication des interventions militaires improvisées au profit de régimes réputés amis». Selon elle, les objectifs de développement devraient être prioritaires. Comme l'encouragement «des régimes les plus fermes à s'engager dans la voie de la démocratisation et du respect des droits humains» et à «favoriser le dialogue politique et la participation de l'opposition et de la société civile africaine au jeu démocratique.»

Clarté et transparence devraient être, selon elle, les maîtres mots de la coopération de la France avec ses partenaires africains. Cette «coopération devra faire des efforts particuliers pour consolider la société civile africaine et renforcer les mécanismes contribuant à l'émergence de la démocratie».

Dans la lutte contre la corruption, Royal va encore plus loin en plaidant pour une déontologie économique inspirée par l'OCDE. «Nous devons plus généralement encourager voire contraindre les entreprises à s'engager sur une éthique de responsabilité sociale et environnementale en veillant a minima qu'elles respectent les codes de conduites édictés par exemple par l'OCDE. A ce titre, je soutiens l'initiative ''Publiez ce que vous payez'' qui propose d'imposer aux industries extractives de rendre publiques les sommes versées aux Etats pour l`exploitation de leurs ressources naturelles. Les citoyens africains ont le droit de savoir ce que leurs gouvernements perçoivent des compagnies étrangères et les consommateurs français doivent pouvoir s'assurer que l'essence qu'ils achètent n'entretient pas un régime despotique», écrit-elle. Et d'ajouter: «Nos pratiques doivent évoluer: la transparence, c'est la modernité, l'opacité actuelle l'archaïsme.»

Dans le cadre de cette nouvelle politique de co-développement, la candidate du PS propose de rénover les méthodes de coopération actuellement en vigueur, notamment «en valorisant davantage le travail des ONG en portant à 5%, comme c'est le cas ailleurs en Europe, le pourcentage de l'aide française qui sera mise en oeuvre par leur canal».

C'est là l'un des rares points où la différence entre Mme Royal et M. Sarkozy semble la plus perceptible : la Socialiste semble plus déterminée, à promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance au sud de la Méditerranée.

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 6 mars 2007)


Super Bouclier

by MetallicNaddou

Quoi? Vous n'êtes pas au courant ? Mais si je vous dis, il y a un Super Bouclier installé juste au dessus de la Tunisie. Naturellement, il épouse parfaitement les contours du pays, on a utilisé des cartes très précises quand on l'a installé !

Ce qui est bien avec ce Super Bouclier, c'est qu'il est efficace contre à peu près tous les maux de la Terre, en tout cas tous ceux qui font de nos voisins et amis de malheureux êtres enviant sans cesse notre chance.

Le Super Bouclier protège contre tout, même la grippe aviaire. En fait à chaque fois qu'un oiseau porteur du virus arrive au dessus de nous, il est automatiquement éjecté. Il y a même des oiseaux qui ont appris à détecter le Super Bouclier, donc ils se concertent entre eux plusieurs semaines à l'avance et changent leur plan de vol pour éviter de se cogner dedans.

Le Super Bouclier protège des idées extrémistes. Même quand certains individus mal intentionnés ont réussi à franchir les frontières, ce n'était évidemment pas ici qu'ils avaient tout appris, car ici tout ce qui se dit est pur et pacifique, pas de manipulations, pas d'endoctrinement, pas de misère, donc pas de danger. Et puis de qui se moque-t-on? un tunisien n'est par définition pas si crédule pour se laisser faire!

Le Super Bouclier protège des MST. Et oui! même le VIH a trouvé plus fort que lui. On laisse bien passer quelques touristes douteux tant qu'ils utilisent le préservatif chez nous, mais entre tunisiens de quoi avoir peur? on est immunisé grâce au Super Bouclier.

Le Super Bouclier protège des crises économiques. Dès qu'ils atteignent le Bouclier, les chiffres gonflent, les profits se multiplient, les avancées deviennent tellement énormes que les autres pays de la région sont admiratifs de notre succès.

Le Super Bouclier protège de la connerie humaine, tout citoyen tunisien est tellement intelligent qu'il sait absolument tout sur tout, qu'il a des certitudes sur chaque chose, parce que le Bouclier attire et filtre pour lui toutes les connaissances dignes d'être acquises, pas besoin de lire, de s'informer, de faire autre chose que profiter de la présence de cet outil miracle qui nourrit son esprit.

Par contre, le Super Bouclier a un inconvénient. A force de perfectionner ses filtres, on y a malencontreusement introduit un "bug" : un filtre contre la "conscience" ...

(Source: le blog de Nadia from Tunis, le 28 février 2007 à 1h54 PM)

Lien :

http://metallicnaddou.blogspot.com/2007/02/super-bouclier.html

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