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05Decembre11f

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TUNISNEWS
11 ème année, N°4175 du 05.12.2011
archives : www.tunisnews.net
La Croix: Entre panne économique et paralysie politique, la tension monte en Tunisie
RFI: Tunisie : heurts entre la police et des pro-islamistes devant l'Assemblée constituante
Journée sur les Domaines Internet
Kapitalis: 2012 sera difficile pour la Tunisie, avertit Mustapha Kamel Nabli
Business News: Vers la création d'une instance supérieure pour la sécurité fiscale
Business News: Habib Guiza réélu à la tête du CGTT
NPA: Tunisie. Les travailleurs de nouveau en lutte
Webdo: Opinion – Mon témoignage d’un samedi pas comme les autres au Bardo
Kiri john: Les « intéllos» de chez nous

2012 sera difficile pour la Tunisie, avertit Mustapha Kamel Nabli


 

La Tunisie réalisera un taux de croissance nul ou négatif, à la fin de l’année 2011, ce qui devrait entraîner une baisse du rythme de création d’emplois et une hausse du taux de chômage qui dépassera 18%, a déclaré Mustapha Kamel Nabli, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (Bct), contre «seulement» 13%, en mai 2010.

Des prévisions pessimistes

Intervenant à l'ouverture de la conférence annuelle du Forex Club de Tunisie, sur «les marchés de capitaux et les nouveaux défis de l’économie tunisienne», le gouverneur a justifié ces prévisions pessimistes par la décélération de la croissance de deux secteurs stratégiques, à savoir le tourisme et les mines et phosphates et dérivés.

M. Nabli a tenu à préciser que «la deuxième année de transition sera difficile. La Tunisie aura à faire face au cours de cette période, à des défis importants, liés notamment à l’emploi, à l’investissement, à la préservation des équilibres financiers et à la politique monétaire». Et d’ajouter, que la marge de manœuvre de la Bct est devenue limitée, aux plans monétaire et des réserves de changes, estimées actuellement, à 110 jours d'importation, niveau qu’il a jugé encore acceptable.

Le gouverneur a souligné que les autorités monétaires ont réussi, au cours de la période de transition, malgré les difficultés rencontrées, à maintenir le bon fonctionnement du système de base (crédit, paiement, budgétaire), à maîtriser l’inflation, à préserver les équilibres macro-économiques, à assurer la stabilité du taux de change et à maintenir le niveau de la dette extérieure à un niveau acceptable (38% fin 2011).

Faiblesse des marchés de capitaux

Cette conférence, qui a réuni plusieurs experts et spécialistes financiers, a été l’occasion de dresser le bilan de la situation des marchés de capitaux en Tunisie et de débattre des réformes à engager en vue de les dynamiser afin qu’ils contribuent davantage au financement de l’économie.

Analysant la situation des marchés de capitaux, les participants ont été unanimes à souligner que ces marchés, au demeurant, peu développés en Tunisie, souffrent de problèmes de transparence, de liquidité et de profondeur (capacité d’un marché à absorber des ordres d’achat et de vente, portant sur des montants importants).

Ces marchés ne se sont pas développés, selon eux, en raison de l’absence d’une courbe de taux de référence (outil d’analyse de l’évolution des taux de changes, selon les différentes échéances). Cette courbe qui renseigne sur les anticipations des marchés, constitue une aide à la prise de décision.

L’objectif recherché, au final, est d’avoir une meilleure allocation de ressources entre offreurs et demandeurs de liquidité sur les différentes maturités (plus la maturité est longue, plus les taux sont élevés).

Renforcer la transparence du marché

Les participants ont appelé, à cet effet, à construire une courbe de taux significatifs (qui reflète au mieux les tendances de l’évolution des taux) et de ne plus se référer au Taux du marché monétaire (Tmm), dans la mesure où il ne reflète la situation du marché monétaire que sur le court terme.

S’agissant du marché obligataire, les panélistes ont recommandé de planifier au mieux le calendrier des émissions des bons de trésor, de renforcer le contrôle sur les titres de l’Etat et de dynamiser le marché secondaire et de renforcer sa transparence.

Autres propositions formulées par les participants, la création d’une plate-forme électronique de bons de trésor devant répertorier tous les ordres d’achat et de vente des titres et l’élargissement de la palette des instruments de couverture contre les risques de change et d’intérêt.

Il s’agit, également, de permettre aux banques de jouer le rôle de «Market maker» ou teneur de marché (acteur dans un marché financier dont le rôle est d’assurer la liquidité des titres, en proposant, de façon régulière et continue, des prix à l’achat et à la vente).

Source: ”Kapitalis” Le 04-12-2011

Lien: http://kapitalis.com/kapital/34-economie/7138-2012-sera-difficile-pour-la-tunisie-avertit-mustapha-kamel-nabli.html

 

Tunisie : heurts entre la police et des pro-islamistes devant l'Assemblée constituante


Les policiers tunisiens ont dispersé le 3 décembre à coup de gaz lacrymogènes des manifestants pro-islamistes après de violentes échauffourées devant le siège de l'Assemblée constituante à Tunis. Des milliers de manifestants pro-islamistes, dont des salafistes, avaient organisé une « contre-manifestation » pour répondre à un sit-in d'un groupe de centaines de protestataires qui réclament « liberté, travail et dignité ».

Dispersés dans la soirée par la police à coup de gaz lacrymogènes, les islamistes étaient venus pour s'oppposer à un sit-in tenu depuis trois jours par des sympatisans de gauche sous les fenêtres de l'Assemblée constituante. Un sit-in avec trois objectifs principaux : d'abord soutenir les chômeurs de Gafsa dans le sud déshérité, un an après la révolution. Ils connaissent toujours les mêmes difficultés économiques.

Autre demande, un équilibre des pouvoir au sein de la future coalition gouvernementale entre les islamistes modérés d'Ennahda vainqueurs des derniers élections et leurs deux alliés du centre gauche. Beaucoup craignent en effet que le poste de président concédé par Ennahda à l'ancien opposant Moncef Marzouki ne soit qu'honorifique.

Enfin, le sit-in de la gauche entend dénoncer des pressions islamistes pour autoriser le voile intégral dans les universités. Des demandes dont certaines irritent les islamistes et qui traduisent l'impatience de toutes les tendances politiques dans une Tunisie toujours dans l'attente de son nouveau gouvernement, près de six semaines après les élections.

Source: “RFI” Le 04-12-2011

Lien: http://www.rfi.fr/afrique/20111204-tunisie-heurts-entre-police-pro-islamistes

Journée sur les Domaines Internet

 

La Fédération Méditerranéenne des Associations de l’Internet (FMAI) organise le Mardi 6 Décembre 2011, en partenariat avec l’Instance Nationale des Télécommunications (INT) et le Centre de Promotion des Exportations (CEPEX), et avec la participation de l’Agence Tunisienne de l’Internet (ATI), une journée sur les Domaines Internet de premier niveau.

Cette journée sera l’occasion pour un membre du conseil d’administration de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), venu spécialement pour cet évènement, de détailler le programme des nouveaux gTLD (Domaines Génériques de premier niveau), avec son historique, ses avantages pour les investisseurs, les différentes étapes d’une candidature à un gTLD, et le soutien que peuvent avoir les candidats qui ont besoin d’assistance, et particulièrement ceux des économies en développement.

Ce programme, adopté par le conseil d’administration de l’ICANN en juin 2011 lors de sa 41ème réunion publique internationale à Singapore,va changer radicalement le paysage de l’Internet puisque le nombre des gTLD va passer de 17 (actuellement) à plusieurs centaines d’ici 2013. Il offrira ainsi aux utilisateurs une panoplie de choix quant au domaine sous lequel ils choisiront leur nom de domaine. Il permettra aussi aux différentes communautés d’avoir leur propre domaine de premier niveau pour promouvoir leurs cultures et leurs langues, aux entreprises de promouvoir leurs marchandises en utilisant des extensions significatives de leurs produits, et aux familles d’avoir des domaines Internet spécifiques à leurs noms.

L’expansion faramineuse des domaines Internet de premier niveau stimulerait le marché des noms de domaines et inciterait les bureaux d’enregistrements non accrédités dans les pays en développement comme la Tunisie à s’accréditer auprès d’ICANN pour pouvoir commercialiser directement des noms de domaines sous tout type de domaine générique.

D’autre part, cette journée permettra d’apprécier l’avancement de la mise en œuvre de la réforme réglementaire et opérationnelle de l’espace de nommage Tunisien «.tn» et «.تونس». L’objectif de cette réforme est de croître le nombre d’enregistrement considéré comme un levier pour le développement de contenus tunisiens. Il s’agit de favoriser une meilleure offre de services, à travers une concurrence accrue entre les bureaux d’enregistrement, tout en garantissant plus de facilité d’accès à l’enregistrement des noms de domaines sous le domaine code de pays (Tunisie) de premier niveau (ccTLD).

 

Entre panne économique et paralysie politique, la tension monte en Tunisie


 

Un mois et demi après l’élection d’une Assemblée constituante, la situation devient explosive en Tunisie. Depuis mercredi 30 novembre, des centaines de manifestants – enseignants protestant contre des incursions d’extrémistes à l’université, chômeurs de la région minière de Gafsa, femmes inquiètes pour leurs droits – ont investi la place du Bardo, qui fait face au palais de l’Assemblée. Mais samedi 3 décembre, ils ont été rejoints par des milliers de sympathisants islamistes. Certains agitent le drapeau noir du parti salafiste Hizb Tahrir, pourtant interdit dans le pays. La tension est palpable entre les deux camps, et, le 3 décembre, la police a été obligée de disperser les manifestants à coups de gaz lacrymogènes, après de violentes échauffourées.

Ces incidents surviennent alors qu’Ennahda, premier parti au sein de l’Assemblée, est accusé de vouloir s’arroger les pleins pouvoirs dans le futur gouvernement. Après une semaine de tractations laborieuses, les députés sont finalement parvenus à un accord sur l’organisation des pouvoirs, ouvrant la voie à l’élection du président de la République et à la formation d’un gouvernement. Mais l’exécutif sortant, dirigé par Béji Caïd Essebsi, a déjà démissionné et ne s’occupe plus que de «gérer les affaires courantes».

Ce climat d’attentisme ne favorise guère la reprise économique. Or, près d’un an après la révolution, la situation continue de se dégrader. Le gouverneur de la banque centrale, Mustapha Kamel Nabli, a indiqué samedi 3 décembre que la croissance serait nulle à la fin de l’année 2011 et qu’il prévoyait une hausse du taux de chômage à plus de 18%.

Source: “La Croix” Le 04-12-2011

Lien: http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Entre-panne-economique-et-paralysie-politique-la-tension-monte-en-Tunisie-_NG_-2011-12-04-743482

 

: Vers la création d'une instance supérieure pour la sécurité fiscale

Une table ronde a été organisée, samedi 3 décembre 2011, à Tunis, par le Syndicat national de la profession de comptable (SNPC) et par l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA) pour débattre d’un projet de création d'une instance supérieure pour la sécurité fiscale qui sera présenté ultérieurement à l'Assemblée constituante.

La fiscalité était, sous l’ancien régime, un outil de pression. Après la révolution, les choses n’ont guère changé et la fiscalité reste toujours un moyen de pression de certains haut placés sur d’autres.
Or, le rôle premier de cette instance sera de garantir la sécurité fiscale.
Les instigateurs du projet proposent que cette instance soit consultative, ce que beaucoup de personnes présentes (experts, comptables, hommes d’affaires, représentants de chambres au sein de l’Utica) ont rejeté car quel peut être le poids d’une instance qui ne prend pas de décisions et qui ne châtie pas si nécessaire !
L’instance sera, également, consultée sur des projets de loi concernant la finance et la fiscalité, sur des notes circulaires, sur les décisions de l’administration fiscale. Elle interviendra aussi pour résoudre des litiges entre l'administration et le contribuable ainsi que dans l’enracinement de la culture de la fiscalité et l’incitation des contribuables à s’acquitter de leur devoir fiscal.
Ce projet propose que plusieurs juridictions soient représentées dans cette instance : les comptables, les experts comptables, la direction générale de la législation fiscale ou celle du contrôle fiscal, les magistrats, les avocats, l’Utica, des indépendants experts du domaine, des représentants du Tribunal administratif, etc. Les investigateurs proposent, aussi, que cette instance relève du Premier ministère, ce qui a été contesté par la majorité des participants craignant pour l’indépendance de cette structure et qu’elle ne soit qu’un pâle reflet du Conseil national de la fiscalité relevant du ministère des Finances.

On note l’absence des autorités fiscales notamment la direction générale de la législation fiscale ou celle du contrôle fiscal qui malgré l’importance du sujet ne se sont pas déplacées. Le débat aurait été plus équilibré et plus nuancé. L'Association des magistrats tunisiens et l'Ordre national des avocats tunisiens, également invités, n’étaient pas présent non plus.

Source: “Business News” Le 04-12-2011

Lien: http://www.businessnews.com.tn/Tunisie--Vers-la-cr%C3%A9ation-dune-instance-sup%C3%A9rieure-pour-la-s%C3%A9curit%C3%A9-fiscale,520,28000,3

 

Habib Guiza réélu à la tête du CGTT

« Pour la refonte du système syndical tunisien », tel est le slogan du congrès de la confédération générale tunisienne du travail, tenu les 3 et 4 décembre 2011 à Nabeul. Un slogan qui symbolise la renaissance de la première organisation syndicale tunisienne, dont la création remonte au 3 décembre 1924, par Mohamed Ali Hammi et Tahar Haddad.

« Notre congrès donnera aussi le départ officiel pour un pluralisme (non pas un parallélisme) syndical en Tunisie », insiste Habib Guiza, secrétaire général de la CGTT, en précisant la position de la CGTT en tant que force syndicale différente de l’UGTT.

Les membres du bureau exécutif de la CGTT, quelques adhérents et invités ainsi que les représentants de certains partis politiques, notamment le CPR, ont pris part à cet évènement.

Interrogé par Business News, le secrétaire général de la confédération a précisé que les objectifs essentiels du congrès se résument dans la construction d’une confédération démocratique et moderne au niveau de ses structures, l’édification d’une organisation syndicale basée sur l’équilibre entre ses fédérations, la révision du système de la couverture sociale et la nature des relations qui lient ce monde ouvrier et professionnel avec la législation du travail qui concerne la fonction publique et les entreprises privées.

Cependant, la ligne la plus importante de ce programme qui s’étend sur 2 jours demeure l’élection du nouveau secrétaire général du CGTT et des membres du bureau confédéral.

Les résultats, annoncés dimanche 4 décembre à 12h, ont révélé la confiance des membres de la CGTT en leur secrétaire général.
Réélu à la tête du CGTT, Habib Guiza se déclare honoré de cette confiance, et déterminé à y mettre tous les efforts nécessaires pour la réalisation des objectifs de la confédération.

La composition du bureau exécutif est comme suit :
• Habib Guiza : secrétaire général
• La commission d’organisation : Fathi Bendari, Hatem Cherif, Mohamed Ali Guiza, Adel Dogui et Marwa Katoufi
• La commission des finances : Samir Tazghadenti, Yassine Ayedi, Sabah Taktak, Zouhair Chakouay et Soumaya Ayedi.

Sur un autre plan, le secrétaire général de la CGTT a souligné quelques détails du « complot » organisé contre la confédération en novembre dernier.
« C’est une tentative puérile et sans aucun résultat, d’une minorité illégitime, pour déstabiliser la CGTT et porter atteinte au travail syndical » déclare M. Guiza.

Source: ”Business News” Le 04-12-2011

Lien: http://www.businessnews.com.tn/Tunisie--Habib-Guiza-r%C3%A9%C3%A9lu-%C3%A0-la-t%C3%AAte-du-CGTT,520,27997,3

Tunisie. Les travailleurs de nouveau en lutte

Les intérimaires de la Compagnie des phosphates de Gafsa ont arrêté la production, les travailleurs du secteur pétrolier devaient se mettre en grève le 28 novembre.

Les résultats des élections à l’Assemblée constituante tunisienne sont mauvais pour toutes celles et tous ceux qui militent pour l’émancipation. Car celle-ci ne viendra certainement pas d’une organisation réactionnaire (parti islamiste Ennahdha) dont des militants se sont lâchés avant même les résultats des élections, agressant des femmes, les harcelant et les menaçant. Une organisation dont le programme économique est dans la droite ligne des exigences du FMI.

Cette défaite électorale pour les révolutionnaires ne signifie cependant pas une stabilisation de la situation, n’en déplaise à tous ceux qui montrent du doigt ces pays arabes dont le soulèvement mènerait inéluctablement à l’islamisme ! Une telle vision oublie les travailleurs mobilisés, vigilants, déterminés à faire respecter leurs droits. Ils luttent depuis plus de neuf mois, se sont d’abord révoltés contre le chômage et la précarité, contre lesquels rien n’a été entrepris à ce jour. Ils savent que ce n’est pas Ennahdha, qui apparaîtra rapidement comme serviteur de l’ordre économique établi, qui va résoudre ces questions. En effet, Ghannouchi, chef de file d’Ennahdha, multiplie les déclarations – pour rassurer les capitalistes – en faveur de l’économie de marché, pour le paiement de la dette, mais rien pour les travailleurs et les chômeurs, rien pour les familles des victimes de la répression depuis fin décembre. Alors l’étincelle, encore une fois, est venue du bassin minier.

Le 17 octobre débute – dans un silence médiatique assourdissant – une grève des intérimaires de la Compagnie des phosphates de Gafsa, qui bloque totalement la production. Le 8 novembre, un groupe d’agents a repris le travail, ce qui a permis de relancer partiellement la production. Mais les sit-in des diplômés chômeurs – réclamant les résultats d’un concours de recrutement au Groupe chimique tunisien, dont fait partie la Compagnie des phosphates de Gafsa, concours passé en... mars 2011 – provoquent la réduction de moitié de la production et surtout l’arrêt de l’acheminement de phosphates par la SNCFT vers le port de Gabès. La proclamation des résultats, le 23 novembre, n’a rien arrangé... Ceux des villes de Mdhilla et Omm Larayess ont été rejetés par la population car les critères sociaux d’attribution des postes n’auraient finalement pas été pris en compte. Les manifestations et sit-in se sont multipliés depuis, et les affrontements avec les forces de l’ordre ont été violents. Les manifestants ont attaqué des symboles du pouvoir économique : siège de la Compagnie des phosphates, trésor public, etc. mais aussi des symboles du – nouveau – pouvoir politique, les sièges d’Ennahdha dans le bassin minier.

Cette situation tendue a amené le gouvernement à suspendre la proclamation de tous les autres résultats du concours ! La colère gagne tout le bassin, et plusieurs autres régions du pays se mobilisent. À Kasserine, c’est le mépris envers les familles des victimes de la répression depuis le début de la révolution qui a alimenté de nouveau la colère. À Tataouine, ce sont les travailleurs du secteur pétrolier qui devaient se mettre en grève à partir du 28 novembre. Et le couvre-feu décrété dans plusieurs régions, l’armée mobilisée pour harceler et terroriser les manifestants, n’entament en rien la motivation des travailleurs et de ces populations.

Face à cette situation, la principale réaction d’Ennahdha a été d’accuser les militants d’extrême gauche de semer le trouble dans la région pour empêcher le parti d’installer son pouvoir localement. Il a par ailleurs essentiellement pointé du doigt l’irresponsabilité des manifestants qui dégradent les biens publics. Entre les revendications populaires et les préoccupations de ce nouveau parti au pouvoir, le fossé est énorme : les seules propositions de loi d’Ennahdha à ce jour concernent… la légalisation de la polygamie et la modification des lois sur l’adoption !

Source: “NPA” Le 03-12-2011

Lien: http://www.npa2009.org/content/tunisie-les-travailleurs-de-nouveau-en-lutte

 

Opinion – Mon témoignage d’un samedi pas comme les autres au Bardo

Par Emir Sfaxi

Samedi un jour comme un autre… Ou finalement pas…

Car hier, au Bardo, pourrait aussi être pris comme pour la première confrontation qu’on voudra qualifier de fratricide (malgré tout ce qui a pu être dit) entre les deux principaux courants qui régissent la vie politique tunisienne. En effet, la « majorité » ayant voulu faire une démonstration de force, après, surtout, la sortie en masse des modernistes pour soutenir le mouvement de protestation contestant les évènements de La Manouba.

Les sympathisants d’Ennahdha avaient appelé à sortir en masse pour soutenir leur mouvement et faire entendre leurs voix. Mais, Ennahdha leur avait demandé de ne rien en faire. Cependant, les jeunes du mouvement souhaitaient faire leur sit-in. Ils auraient demandé et obtenu une autorisation de deux heures pour cela. Par la suite, ils auraient quitté les lieux.

Les modernistes étaient présents sur place pour soutenir et appuyer les revendications du mouvement Bardo 1. Ils ont appelé au renfort, car ils se trouvaient dépassés par le nombre très important, il faut le souligner, de l’autre camp. Retranchés et entassés derrière les barrières d’un côté et des tentes de l’autre, leur nombre reste difficile à estimer, mais ils étaient nettement inférieurs aux « représentants de la majorité ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y avait une ambiance de stade ou d’avant-match, comme si c’était un derby. On a même entendu des chansons de stade modifiées et aperçu le drapeau du Club Africain juste à côté du drapeau historique de l’islam (le noir et blanc).

À droite, la présence massive de ce drapeau de l’islam et même l’apparition d’un autre rouge et blanc (allusion au drapeau tunisien peut-être). À gauche beaucoup de drapeaux de la Tunisie. Lorsqu’un côté entonnait son fameux « echa3bou moslem wa lan yastaslem » (le peuple est musulman et n’y renoncera pas), l’autre, voulant se montrer plus patriotique, répondait par l’hymne national. Les uns chantaient « echa3b yourid is9at el 3elmania » (« le peuple veut la chute de la laicité ») les autres « echa3b yourid is9at erraj3ia ». Bref, une ambiance à laquelle «joumhour estad» (le public du stade) est habitué et dans laquelle un « virage » répond à l’autre.

Les pancartes, qui étaient la plupart en langue arabe, étaient aussi expressives d’un côté que de l’autre. Il était à déplorer des provocations du style « où est ton mari ? », « ta barbe ne te démange pas », « t’es pas un homme avec tes cheveux longs », « rase-moi cette saleté » et d’autres plus dégradantes qui sont condamnables et surtout hors contexte. Les « digage » ayant aussi, regrettablement, foisonné.

Ce qui était le plus remarquable, c’était la présence en force de la police qui a séparé les deux camps avec les barrières, et ce, afin de laisser la route libre aux… automobilistes. Les deux camps profitèrent de la situation pour faire passer des voitures avec des drapeaux.

L’apparition du « Conseil de protection de la révolution du Grand-Tunis », dont les membres, la plupart avec des bardes, avaient des dossards et des badges, en a étonné plus d’un dont moi. Intrigué, j’ai interrogé leur représentant sur cette présence, un peu tardif vu que samedi était le quatrième jour de sit-in. Il nous a affirmé que le mouvement était là pour protéger la révolution et les manifestants des deux côtés, pour éviter tout grabuge et pour prêter main-forte à la police. Un autre, muni de son laptop et d’une clé 3G, a déclaré qu’ils étaient également là pour reporter les faits et éviter les rumeurs.

Certains jeunes, dont quelques-uns portant des tee-shirts du mouvement Ennahdha, exigeaient pour qu’on puisse leur poser des questions une carte de presse, sous peine d’un petit « Dégage ». D’autres n’autorisaient que la présence d’Al Jazeera et d’autres médias étrangers, refusant les locaux, car selon leur dire la télévision nationale et la plupart des médias nationaux sont impartiaux et prennent parti contre le mouvement Ennahdha.

Pour eux, à la plupart des débats télévisés, ne sont invitées que de grandes figures de la gauche tunisienne, anti-nahdhaouies… Certains trouvent que l’apparition de Elyes Gharbi et de Haithem Mekki, d’anciens présentateurs de Nessma (qui n’a pas une très bonne réputation dans le camp nahdaoui) à la télévision nationale prouve encore l’impartialité de la Télévision Nationale.

D’autres ont affirmé que l’islam était menacé et qu’il subissait une guerre sans merci de la part des gouvernements occidentaux et d’organismes franc-maçonniques ; ceux-ci finançant le côté opposé.

L’autre camp a dénoncé la tentative du mouvement Ennahdha de créer un régime semblable à celui du RCD. Le mouvement islamiste est accusé d’avoir un financement douteux venant, surtout, du Qatar, et d’abuser de la majorité obtenue lors de l’élection, afin de mettre en place un dispositif d’une nouvelle dictature vêtue d’une robe démocratique. Toujours l’autre camp a mis à l’index, également, « Al Jazeera » d’être impartiale et de déformer les faits pour servir les intérêts du parti financé par le pays d’origine de cette chaîne arabe.

Le côté « gauche » s’est défendu d’être contre l’islam, mais rejette le niqab, s’appuyant sur l’idée que l’avènement de la révolution n’est pas venu pour servir un autre Califat. Il était pour défendre ses idées.

Le côté islamiste a affirmé qu’il n’était pas contre de la plupart des demandes du sit-in du Bardo, mais que, selon lui, cette action retardait le travail de la Constituante. L’autre « rive » a voulu imposer ses voix et voie. Le déplacement des « islamistes » était surtout pour « protéger leur révolution » contre les « mécréants » et les « islamophobes » ne connaissant même pas les demandes des sitineurs.

Pour eux, le constat paraît clair : des préjugés couplés à une désinformation énorme menés par des pages de certains réseaux sociaux comme Facebook, qui s’empressent de donner des « scoops » et des informations quelques fois mensongères et dirigées pour diviser le peuple. C’est un terrible manque de communication entre les deux camps, comme s’ils devaient s’insulter ou se détester, alors que la plupart de leurs avis convergent et que leurs buts se confondent.

Il faudrait seulement préciser que le camp islamiste a été infiltré par certaines personnes qui refusent catégoriquement la cohabitation et veulent imposer la chariaa. Bien que peu nombreux lors de la manifestation, ils ont bien fait entendre leur voix. Certains courants, qu’on pourrait qualifier d’extrémistes, ont rejoint les « modérés ».

La plupart des sympathisants sont à mes yeux victimes de la guerre froide entre les partis pour le partage du « gâteau » au risque de passer à côté de l’essentiel : l’avenir de la Tunisie !

Source:”webdo” le 04-12-2011

Lien: http://www.webdo.tn/2011/12/04/opinion-mon-temoignage-d-un-samedi-pas-comme-les-autres-au-bardo/

 

Les « intéllos» de chez nous


 

 

Les intéllos de chez nous sont bizarres

Comme le diamant noir, les degrés de leurs bêtises sont rares

Ayant accumulé des décennies durant

L’ignorance des prétentieux et l’arrogance des cons

Accommodant les mensonges en vérités scientifiques

Abrogent leurs intelligences et exigeant des autres tout autant

Que de dictatures ils ont pu supporter

Se couchant la plupart du temps et souvent supportant

Les pires décisions et les pires exactions

D’aucuns se sont même arrogés le droit

De théoriser pour la dictature et de justifier l’effroi

Ceux là, qui ont fait reculer le savoir des années lumières

Les falsificateurs, les misanthropes, les adorateurs de carrière

Les concours bidons, les jurys ignorants, les connaissances …. Les pistons

Les photocopies, les fausses copies, les sympathies, les antipathies

Le savoir lécher, le savoir plagier, le savoir …… paillasson

Les statiques néo-révolutionnaires

Les zombies sortant de sous terre

La conscience du peuple, la majorité silencieuse dit-on !

Ceux qui se sentent orphelins sans la couverture d’un tyran

L’ancienne « opposition » consentie

Les reliquats d’un temps qu’on espère fini

Les se croyant nobles, petits bourgeois de pacotille

Les dits « créateurs », les inventeurs du fil à beurre

Les « modernistes » à l’histoire figée

Les se croyant devancer les autres

Vous aller vite en besogne, vous défoncer toutes les barrières

Hélas pour votre effort, vous êtes en marche arrière.

 

Kiri john