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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2660 du 04.09.2007
 archives : www.tunisnews.net
FTCR: Rassemblement pour la Libération Des 7 pêcheurs tunisiens détenus à Agrigento
C.R.L.D.H. Tunisie: Regret
Faiek Ghomrassni:saloua  au pays des fatwas
Réalités: HOMMAGE : Le professeur Mohamed Souissi n’est plus
Réalités:L’œuvre et la vie de Paul Sebag : Paul Sebag, un savant distingué
Le Monde:Mahmoud Abbas cherche à contourner le Hamas

 

 

 

Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)

3, rue de Nantes 75019 - Paris

tél : 01 46 07 54 04 - fax : 01 40 34 18 15  e-mail : عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.

 

Rassemblement pour la Libération Des 7 pêcheurs tunisiens détenus à Agrigento

 

Vendredi 7 septembre 2007 à 18 heures

Devant l´Ambassade d´Italie

 

51 rue de Varenne 75007 PARIS

Métro : Varenne (ligne 13)

 

NOUS DEMANDONS :

 

 

o LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DES 7 PÊCHEURS TUNISIENS détenus depuis le 8 août, parce qu´ils  sauvèrent la vie à 44 migrants à la dérive au large de Lampedusa. Ils risquent d'être condamnés jusqu'à 15 ans de prison

 

o LE RESPECT DES CONVENTIONS INTERNATIONALES MARITIMES DE RECHERCHE ET DE SAUVETAGE

 

o LE RENFORCEMENT DES INTERVENTIONS DE SECOURS DES MIGRANTS EN FUITE VERS L´EUROPE ET LA PLEINE RECONNAISSANCE DU DROIT D´ASILE

 

o L'ABOLITION DE LA LOI ITALIENNE SUR L'IMMIGRATION BOSSI-FINI, basée sur la violation des droits humains et civils, qui cause la clandestinité et l'illégalité des migrants, notamment avec le décret interministériel n° 14, juillet 2003

 

o L´ARRÊT IMMÉDIAT DES MISSIONS DE FRONTEX, instruments des politiques européennes de répression et mort contre les migrants

 

Premiers signataires : l'Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (ACORT), Association de Marocains en France (AM), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des Travailleurs magrébins en France(ATMF), Centre d´Etudes et d´Initiatives de Solidarité Internationale (CEDETIM), Comité pour le Respect des Libertées et des Droits de L'Homme en Tunisie (CRLDHT) Communication and Advocacy Officer Defence for Children International (DCI), Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), Groupe d´Information et de Soutien des Immigrés (GISTI),  Initiatives Pour un Autre Monde (IPAM), Ligue des Droits de l´Homme (LDH), , Mouvement contre le Racisme et pour l´Amitié entre les Peuples (MRAP), Union Syndicale Solidaire (SUD), Réseau Education Sans frontières (RESF), .................................

 


C.R.L.D.H. Tunisie
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
Membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de l’Homme
21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34
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www.crldht.org
REGRET
 

Le CRLDHT a adressé le 17 août 2007 une invitation à tous ses amis et partenaires tunisien(ne) s, Maghrébin(e) s et  Français(e) s… solidaires de la Tunisie militante à assister à une réception en l’honneur de Maître Mohamed ABBOU,  ce défenseur tunisien des droits humains qui vient d’être libéré le 24 juillet 2007 après 30 moins de détention arbitraire.
 Cette réception a été prévue pour le jeudi 06/09/2007 à partir de 18h30 au 21 ter, Rue Voltaire au 11ème. 
Le CRLDHT est en regret d’annuler cette réception  en raison de l’interdiction faite à Maître ABBOU de quitter le pays sous prétexte que sa libération est conditionnelle et qu’il ne peut donc voyager sans l’accord du juge et du tribunal qui l’a condamné !
 Avec l’espoir de voir ce défenseur tunisien des droits humains bénéficier da sa liberté de circulation et l’atteinte à ce  droit fondamental levée, nous vous présentons nos excuses pour ce désagrément involontaire de notre part. 
Le : 04/09/2007


SALOUA  AU PAYS DES FATWAS
 
 Si dans la cité londonienne Speaks Corner est l’ endroit le plus célébrissime pour débattre, TunisNews sur le net est ces derniers jours un endroit propice pour un débat « very hot » concernant un des trois piliers du trio interdit(sexe, politique, religion)et c’est du dernier qu’il s’agit quoique l’interférence entre ce trio est on ne peut plus évidente. Je tiens à participer à ce débat houleux qui concerne le sujet des FATWAS traité par Mme CHARFI SALOUA à plusieurs reprises et qui a suscité des réactions tantôt scandalisées tantôt  favorables de la part de plusieurs internautes.
 Ma participation est dictée non seulement par la susceptibilité du sujet traité voire son importance mais aussi par la virulence de certaines réactions qui clament haut et fort leur tolérance, leur attachement aux vertus bénéfiques du dialogue et aux nobles valeurs de l’islam sans toutefois joindre l’acte à la parole.
 Pour cette raison je tiens à présenter les  remarques suivantes :
- Il serait dupe , vraiment très dupe de prétendre que ce débat irait jusqu’à concrétiser une entente ou un semblant de consensus car le fossé entre les belligérants-je veux dire les participants au dialogue- est proprement abyssal, pour une très simple raison : tout repose sur l’idéologique et en idéologie comme tout le monde le sait le chat noir ne peut être blanc et vice versa
-On a assisté à des prises de positions très radicales de la part de certains voire même à des attaques virulentes qui ont frisé ou plutôt  dépassé la limite de l’indécence.
-Ces mêmes  réactions ont révélés parfois le vrai visage lors de la prise de positions de certains(c’est de Mr HAMDI (1)que je parle)qui jouait de l’acrobatie pure et simple et qui en fin de compte révélait de la schizophrénie puisque le Monsieur ne sait pas vraiment sur quel pied danser lui qui se veut réconciliateur avec le régime en place tout en renouant avec son passé islamiste(marqué à l’encre indélébile).
- Un autre Mr Khémiri qui crie sur tous les toits sa tolérance dans les deux revues qu’il édite est plus qu’hypocrite car le venin de la vipère à corne serait de l’eau plate à coté de celui qu’il a voulu inoculé à Mme CHARFI . Quant à Mr ADASSI c’est une véritable illustration du courant islamiste(NAHDA) :agneau et loup à la fois : cela ne dépend que du fait d’avoir le pouvoir entre les mains ou d’être dans les rangs de l’opposition .Qui croire : se berner par la gentillesse de l’agneau ou craindre la méchanceté du loup ?
- A mon humble avis il faut que les masques tombent et qu’une clarté, limpidité pour  ne pas dire  courage doivent être le maitre mot dans tout ce débat idéologico-médiatique.Pourquoi se retrancher derrière des affirmations trop vagues  ou des prises de positions trop farfelues ?l’autre ( Mr HAMDI) a bien voulu chercher midi à quatorze heure dans son dernier  pamphlet concernant KHALED  IBN ELOUALID.Est-il nécessaire de rappeler qu’on ne peut être démocrate et inféodé à un régime dictatorial en même temps.
-          En parlant du fond du sujet lui-même :apparemment il s’agit de fatwas qui régiraient la vie de nos plus simples citoyens-je veux dire du troupeau des fidèles- mais comme le dit si bien un adage tunisien : « chacun a son diable dans sa poche »(Eh oui idéologie oblige).Mais n’en déplaise à certains il faut bien qu’il y ait des réponses à toutes les questions et on ne peut pas être tout le temps à la dérobade en prétendant que ces fatwas relèvent de questions mineures et qu’il fallait bien  s’orienter vers des questions plus  « sérieuses » :droits de l’homme, gouvernance, chômage des cadres, et j’en passe…( lire l’article de Mr ADDASSI)
-  Mme CHARFI en tant que femme a bien le droit de focaliser sur le sujet des femmes ,et prétendre que le relier au sujet des minorités religieuses vivant au sein du monde musulman est tendancieux serait un discours à caractère inquisitoire. Ces mêmes islamistes pointent du doigt la religion chrétienne comme étant celle qui a pratiqué au Moyen Age l’inquisition au nom de la sacro-sainte défense des dogmes et préceptes du christianisme tout en s’octroyant le droit de dicter à Mme CHARFI les sujets quelle devrait traiter(Quel culot !). C’est  à elle seule uniquement de choisir ses thèmes et non pas à ses bourreaux : ceci relèverait tout simplement de la liberté de conscience, de parole etc. En quoi pourrait-on  juger Mme CHARFI ? Uniquement sur son objectivité en relatant les faits historiques et non sur sa propre interprétation de ces faits. Elle est somme toute libre de sa pensée. Pour revenir aux faits historiques il faut bien reconnaitre qu’entre leur déroulement et leur transcription il y a eu toujours sujet à débat et que la question fondamentale est plutôt :qui écrit l’histoire et comment et la réponse est toute prête :les vainqueurs selon leur propre conception de l’histoire. D’ailleurs ATTABARI dont Mme CHARFI se fait le témoin n’est autre que la version ultra conservatrice des vainqueurs sunnites.
-Je ne veux être le Tartuffe de l’histoire et derrière moi des milliers de lecteurs : parler du prophète, de Khaled Ibn El Walid, d’Omar Ibn El Khattab fait partie intégrante de tout un chacun qui appartient à la civilisation musulmane par quelque forme qui soit : pratique fervente, dévotion totale, héritage socioculturel, fanatisme etc. mais raconter ces histoires, les traiter, essayer de les comprendre et pourquoi pas dépoussiérer quelques cotés sombres doit être le droit de chacun .Il est primordial de lire et relire cet héritage avec non seulement une foi aveugle et un cœur attendri mais aussi avec méthode et rationalisme en bénéficiant de tout ce que l’humanité dans son ensemble a procuré de positif et progressiste pour l’être humain .Parler de l’épée de Sidna Ali et Ras El GHoul au 21me siècle serait-il judicieux ? Ce n’est qu’un exemple qui peut être folklorique mais  de tous les sujets traités  par les fatwas ne serait-il pas question de folklore ?Que le compagnon Khaled est l’héros invaincu, que le calife Omar est le symbole de la justice sinon la justice même, il y aura toujours des garde-fous tel que Mr ADDASSI et autres pour dresser des barricades, émettre des interdits et taxer d’apostat ou de renégat celui ou celle qui ose porter atteinte de quelque manière qui soit(même en relatant des faits véridiques comme l’a fait Mme CHARFI) à ces compagnons du prophète élevés au  rang du sacré.
-Sommes-nous condamnés à vivre éternellement sur les acquis du passé, sur des « boutoulettes » des championships en d’autres termes ? N’en déplaise à certains il faut bien remuer le couteau dans la plaie. Pourquoi ? Non pas par auto-flagellation mais parce qu’il faut bien se poser la question suivante : Etre musulman en l’année 2007 et bien plus tard serait il synonyme de retard mental et autre intégrisme réactionnaire ? Est-ce que le meilleur moyen de faire face à une mondialisation galopante de la culture, à une universalisation des droits de l’homme, à une certaine obligation de vivre au diapason du modernisme serait de s’arcbouter aveuglément aux valeurs anciennes ou plutôt aux valeurs refuges selon certains sociologues pour ne pas dire ce que j’appellerais le TALIBAN WAY OF LIFE et tout le monde a vu le résultat ?
- Il faut bien essayer de comprendre ces pauvres gens(Mr HAMDI, Mr KHEMIRI, Mr ADDASSI) qui –ce n’est pas un hasard- vivent ou plutôt se la coulent douce respectivement en Angleterre, France et Norvège et bénéficient des bienfaits de cet occident tant décrié comme étant le pays de Satan et la source de tout nos maux, qu’il faut combattre par tous les moyens quitte à cautionner(en secret bien sûr)des actes tels le 11/9 .Est-ce dans une société qu’il comptent ériger selon les normes du premier siècle de L’hégire (l’âge d’or de l’islam selon eux) il y aurait une seule place-minime soit-elle- pour Mme CHARFI ? Vu la teneur de leurs discours respectifs je serais forcément tenté par une réponse négative.
- A mon avis le vrai problème posé par Mme CHARFI n’est pas la nature des Fatwas qu’elle a énumérées mais plutôt le fait que ces honorables messieurs n’ont pas digérés qu’une femme (jins latif) c’est-à-dire sexe faible à leurs yeux et qui plus est « Nakisatou akl wa din »(2) est pour eux insupportable voire même criminel. Et quand j’ai cité au début de cet article l’interférence entre les trois composants du trio interdit :une femme qui traite des problèmes de religion dans un point de vue politique cela a fait un mélange sulfureux donc explosif et pour cette raison le trio HAMDI, KHEMIRI, ADDASSI a voulu  le désamorcer à temps pour ne pas le subir de plein fouet. Sociologiquement parlant c’est en tant qu’animal social que chacun d’eux a réagi : défendre un territoire, une chasse gardée comme le font tous les animaux d’une part et d’autre part défendre l’instinct de survie de tout animal blessé dans le fond de son égo(moralement bien sur) par une…femme !!
Pour conclure je tiens à tirer mon chapeau à Mme CHARFI pour son courage inouïe mais en même temps  dire ma profonde tristesse pour ces gens qui mènent un combat d’arrière garde voué d’avance à l’échec.

FAIEK GHOMRASSNI 01/09/07
 
 

Les plaintes de Maya Jeribi
 

La secrétaire générale du PDP, Mme Maya Jeribi, a organisé la semaine dernière une conférence de presse dans laquelle elle a fait part d’entraves à l’organisation d’un séminaire que son parti a programmé dans un Centre sportif de la banlieue sud.

Le motif officiel évoqué par le Centre est l’organisation de travaux durant la période du séminaire du PDP. Mme Jeribi voit cependant des pressions derrière cette annulation, plutôt que des travaux, puisque le Centre en question a accepté d’encaisser une avance sur frais.

Selon elle, « de telles entraves et mesures oppressives sont graves et peuvent avoir de lourdes conséquences. »

(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1131 du 30 août 2007)


Quand l’UDU dénigre les journalistes et la liberté d’opinion
 
Le journal Al Watan, support de l’Union Démocratique Unioniste, a fortement dénigré la récente initiative du concours de dessins organisé par plusieurs médias tunisiens et étrangers (voir Réalités du 23 août). Il voit dans la participation et l’appui de journalistes tunisiens à cette manifestation, visant clairement la paix, une normalisation avec Israël. Le journal va jusqu’à mettre en doute le patriotisme des personnes qui soutiennent le concours, leur niant ainsi toute liberté d’opinion. Certains passages sont même d’une violence extrême.

(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1131 du 30 août 2007)


Prix Ibn Rochd pour l’Esprit Libre à Nouri Bouzid
 
Le cinéaste tunisien Nouri Bouzid recevra le 30 novembre, à Berlin, le Prix Ibn Rochd pour l’Esprit Libre, décerné chaque année à un penseur ou à un organisme qui « casse les tabous et contribue à la diffusion de l’esprit libre dans le Monde arabe ».

Le prix est attribué par l’Organisation Ibn Rochd pour l’Esprit Libre, une organisation arabe indépendante installée en Allemagne. Il est accordé pour la première fois à un cinéaste tunisien.

Parmi ceux qui ont eu ce prix dans les éditions précédentes, on cite la chaîne Al Jazira, le philosophe algérien Mohamed Arkoun et l’académicien égyptien Nasr Hamed Abou Zid.

(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1131 du 30 août 2007)


Problèmes à la CNAM de Hammam-Lif
 
Les affiliés sociaux relevant de la CNAM de Hammam-Lif souffrent le martyre pour régler les problèmes de suivi auprès de la caisse. En effet, à part les guichets, tous les services se trouvent aux étages supérieurs. Or, plusieurs adhérents sont appelés à monter pour demander des informations à l'étage. Il est évident que les malades ou infirmes trouvent des difficultés à prendre les escaliers en l'inexistence d'un ascenseur. Donc, il serait pratique qu'on diminue au maximum les services en hauteur pour ces gens-là. Il serait aussi souhaitable d'informer les affiliés des résultats de leurs requêtes par écrit et leur éviter un déplacement supplémentaire.

(Source : « le Temps » (Quotidien – Tunis), le 4 septembre 2007)


Voile et voile
 
 Tarak Elia

Arrêtez avec cette guerre contre le voile. Il ne faut pas parler de religion lorsque l’on ne maîtrise pas les abc de cette dernière. Les versets et les hadiths relatifs au port obligatoire du voile sont très clairs, il faut vraiment être aveugle pour ne pas les voir. Vous avez consulté une enseignante en philosophie, vous dû demander aussi l’avis du Mufti de la République.

Les jeunes filles portant le voile toléré en Tunisie (c’est-à-dire noué au cou et non attaché par une épingle), sont toujours critiquées par les autres. Mais celles qui portent des body courts et hyper moulants avec des micro-jupes, représentent elles les exemples que l’on doit suivre, il faut être de plus en plus sexy pour que les hommes puissent se rincer les yeux. Merci pour eux.


(Source : Courrier des lecteurs dans « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1131 du 30 août 2007)


HOMMAGE : Le professeur Mohamed Souissi n’est plus 
Vendredi 24 août, le professeur Mohamed Souissi nous a quittés.
 

Homme de lettres et de sciences, qualité rare, Mohamed Souissi est une grande figure culturelle en Tunisie.

Né à Dar Chaâbane (Nabeul), M. Souissi a été un brillant élève au Collège Sadiki, sorti avec le diplôme du collège (1934, premier des admis) puis le baccalauréat français (Lycée Carnot), il y obtint le bac math, puis le bac philo, et poursuivit ses études en France à la Sorbonne où il fut le deuxième Tunisien titulaire de la licence de mathématiques (1939).

Il fut admis au certificat d’enseignement de la langue arabe à Paris (premier admis 1948). Après l’agrégation de Lettres (1958), il obtint le doctorat d’Etat, à la Sorbonne, en 1969. Sa thèse portait sur “La langue des mathématiques chez les Arabes” et fut imprimée en langue française, puis en langue arabe. Ce travail comporte 1.942 termes scientifiques arabes.

Le professeur Souissi a eu une belle carrière d’enseignant, et a formé de nombreuses générations de Tunisiens, tant dans le Secondaire que le Supérieur.

D’abord professeur de mathématiques et de physique-chimie au collège de Sousse, puis au collège Sadiki de Tunis, il introduisit ensuite, à la demande du Cheïkh Tahar Ben Achour, alors Recteur de la Zitouna, l’enseignement des sciences modernes, en langue arabe, à l’Université de la Zitouna. Il enseigna également à la Khaldounia.

Après son doctorat d’Etat, le Professeur Souissi a occupé la chaire d’histoire des sciences à la Faculté des lettres et des sciences humaines à l’Université tunisienne, à Tunis. Il était spécialisé dans l’histoire des sciences arabes, et particulièrement de la contribution du Maghreb arabe dans ce domaine.

Le Professeur Souissi, durant sa longue carrière, a publié une vingtaine d’ouvrages, en français et en arabe. La plupart concernent les sciences arabes.

Nous citerons d’abord ses ouvrages scolaires de math, physique et chimie, en langue arabe, destinés à l’enseignement à la Zitouna.

- Ses nombreux articles à la revue Al-Mabaheth, dont il était l’un des dirigeants.

- La publication d’une œuvre d’Avicenne: “L’épitre tabulaire” (1975, 2ème édition 1983).

- Des travaux sur de nombreux savants arabes tels Ibn Al-Banna, Ibn Sina, Al-Birouni, Omar Al-Khayame, al-Razi, Ibn Al-Haythami, Ibn Al-Jazzar, Al Qalsadi…

- Il a largement contribué à l’arabisation du vocabulaire scientifique.

M. Souissi a contribué à de nombreux travaux et publications à l’Académie Tunisienne des lettres, des sciences et des arts “Beït al-Hikma”, à Carthage.

Il a rédigé de nombreuses rubriques pour la grande encyclopédie —en cours d’édition— de notre Académie.

Parmi ses derniers ouvrages, nous citerons sa participation à la publication du “Viaticuum” (ou “Provisions du voyageur”), œuvre principale d’Ahmed Ibn al-Jazzar (1999).

Récemment encore, d’autres ouvrages du professeur Souissi ont été publiés par “Beït al-Hikma”.

Travailleur inlassable, il a continué à publier des ouvrages jusqu’à la fin de sa vie.

Il a obtenu plusieurs distinctions dont :

-membre de l’Association internationale pour la connaissance du patrimoine islamique (Egypte) ;

-membre, à Beït al-Hikma, de la commission scientifique pour la traduction, l’établissement et l’étude d’ouvrages de notre patrimoine scientifique ;

-membre du Club de l’Esprit arabe (Amman-Jordanie 1984) ;

-membre de l’Académie de la Langue arabe, à Damas (1986) ;

-membre fondateur de la Société d’histoire des sciences et de la philosophie arabe au CNRS, à Paris.

Le Président de la République, S.E. Zine El Abidine Ben Ali, en reconnaissance de l’œuvre importante du professeur Souissi et de sa contribution au développement de la culture dans notre pays, lui a décerné la Médaille du 7 Novembre de la création en 1997.

L’Académie tunisienne Beït al-Hikma l’a honoré en 2005. en organisant, en sa présence, une journée pour l’honorer pour son œuvre.

Lors des funérailles, le Recteur de l’Université de Tunis-La Manouba a prononcé l’oraison funèbre du grand Professeur Mohamed Souissi, homme illustre qui a honoré la Tunisie.

Réalités a eu l’occasion de publier, dans ses pages, deux articles du Professeur Souissi, dans lesquels il exprimait son point de vue sur le présent du Monde arabe.

Radhi Jazi

(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1131 du 30 août 2007)


L’œuvre et la vie de Paul Sebag : Paul Sebag, un savant distingué
 

Par El Mokhtar Bey
 
Nous continuons de publier cette semaine la deuxième et dernière partie du compte-rendu de la conférence sur Paul Sebag, réalisée par le Professeur El Mokhtar Bey.

Il le fut dans deux domaines : la sociologie urbaine tunisienne et l’histoire de la Tunisie. Premier point donc :

Sebag, sociologue urbain (50) :

Et d’abord, qu’est-ce que, très brièvement, la sociologie urbaine ?

Inventé, en 1839, par le philosophe français, Auguste Comte (1798-1857) dans le quatrième tome de son “Cours de philosophie positive” (1830-1842), le terme “Sociologie” signifiait ”la science de la société” et ce, parce qu’elle appréhendait les faits sociaux dans leur ensemble, comme objet d’étude scientifique et positive, en considération de leurs matérialité et réalité.

L’idée fondamentale, sous-jacente à la naissance de la sociologie scientifique, résidait dans la nécessité absolue d’appliquer à l’étude des phénomènes sociaux les méthodes d’observation des sciences de la nature, d’où le nom de “physique sociale” qu’Auguste Comte emprunta à Saint-Simon et à Hobbes, lui donna initialement et abandonna en raison de son utilisation, en 1836, par le mathématicien belge Quételet pour désigner son étude statistique des phénomènes moraux.

Cette méthodologie naissante plongeait ses racines dans l’Antiquité avec Aristote et bien plus tard, dans les œuvres bien évidemment d’Ibn-Khaldoun (732-808) avec les “Prolégomènes” et ses considérations générales sur la science de l’histoire, de Machiavel avec “Le Prince” (1532) et de Jean Bodin avec “La République” (1577) qui n’échappèrent cependant pas à la tendance générale consistant à étudier les faits sociaux au double plan de la philosophie et de la morale aboutissant à l’émission de jugements de valeur, mêlés d’analyses scientifiques.

Il revint à Montesquieu, dans “l’esprit des lois” (1748), considéré comme le premier traité de sociologie politique, de libérer le processus de cette emprise confusionnelle de la philosophie et de la morale, et de formuler le principe fondamental de toute démarche scientifique : “On dit ici —écrivit-il— ce qui est, non pas ce qui doit être” ! On passait ainsi du “jugement de valeur” au “jugement de réalité”, de l’investigation normative à l’investigation scientifique. Bref, on abandonnait la démarche, somme toute empirique, pragmatique et utilitaire, propre aux sociologues, jusqu’au XVIIème siècle, démarche consistant à examiner les faits sous l’angle philosophique et moral en posant à la base du raisonnement, certains principes métaphysiques et moraux, objet de croyances, pour en déduire, logiquement, des conséquences érigées en normes pour le fonctionnement d’une bonne société (51).

Quid alors de la sociologie urbaine ?

Dès lors qu’à chaque type de faits sociaux correspond une branche de la sociologie, —alors science-mère— celles qui étudient la famille, l’économie, la politique, le travail, etc., sont qualifiées respectivement de sociologie familiale, de sociologie économique, de sociologie politique —la science du pouvoir—, de sociologie du travail, etc.

Il en résulte que la branche de la sociologie qui traite des phénomènes sociaux relatifs à la “distribution des ethnies, des groupes sociaux et des classes sociales” dans l’espace-ville lato-sensu, ou comme l’écrit le Professeur Georges Burdeau de “la connaissance de la structure des groupes …(et) rend compte des facteurs de cohésion, des agents de dissociation, du mouvement incessant par où se traduit la vie des collectivités” (52) dans le même cadre, est qualifiée de sociologie urbaine, sociologie urbaine dont les initiateurs furent Robert E. Park de l’Ecole de Chicago, et Richard Sennet, suivis par d’autres qui s’intéressèrent aux rapports de la ville et de la culture, de la ville et de l’économie…, aux phénomènes de ségrégation socio-spatiale, de ghéttoïsation et, inversement, à la dynamique d’intégration et au processus d’assimilation…, exploitant de nouvelles méthodes d’investigation, les enseignements des mathématiques et des statistiques, et d’autres encore…

En quoi Sebag était-il un sociologue urbain tunisien ?

Il l’était en ce que sa visée, sa trame investigationnelle, tendait à rechercher selon Mohamed Kerrou (53), comment l’indigène —juif ou musulman— reçut le choc civilisationnel initié par la colonisation et s’exprimant concrètement, dans le phénomène socio-historique de sortie, de l’abandon par le juif de la hara et par le musulman, de la houma, avec ses conséquences sur les mœurs, les comportements, les attitudes, le mode de vie affectant, par exemple, l’habillement, sur la langue, le langage…

Ses vues dépassaient, en vérité, ce cadre. En effet, exploitant essentiellement, d’une part les techniques de l’observation directe, in situ, sur le terrain —le champ d’investigation— et indirecte : l’étude de documents —les écrits, cartes, vues aériennes, plans cadastraux et autres…—, d’autre part, les méthodes de l’enquête directe (interviews, questionnaires,…) et indirecte (sondages,…) et de la contre-enquête, enfin, les techniques statistiques, mais intégrant également la plasticité du phénomène humain, quelque peu rebelle à la rigueur des méthodes scientifiques propres à la matière physique, il s’intéressa, en 1955, à la condition des “salariés de la région de Tunis”, (54), couvrant leurs ressources et les dépenses affectées à l’habitat, l’habillement, la santé, la culture, aux loisirs, et révéla que 75% des familles de trois enfants étaient réceptives à la contraception (55).

Il étudia en collaboration avec Robert Attal, “l’évolution d’un ghetto nord-africain, la hara de Tunis” (56) et constata, entre autres, qu’en 1956-1957, contrairement à l’opinion commune, seuls près de 71% de juifs habitaient une grande partie de cet espace que partageaient avec eux près de 8% de musulmans, plus de 12% de Français et environ 8% d’européens, et que l’indépendance du 20 mars 1956, marginalisa les israélites (57). Constitua-t-elle une cause déterminante de leur immigration en France et en Israël ? Il en traça l’historique aussi dans son ouvrage “Histoire des juifs de Tunisie”, ne manquant pas de signaler, par exemple, qu’à la fin du XVIème siècle, elle était fort commerçante, remplie “d’une grande quantité de marchandises richissimes” (58) ; que les juifs livournais l’habitaient dès le XVIIème siècle, y disposant d’une rue, appelée dribat al-Grâna ou rue es-Snadly, abritant la plus importante synagogue livournaise : Sulhan ha Godol, la Grande Table (59); qu’en 1849-1850, étant surpeuplée, le choléra y fit 7.700 victimes sur un total de 16.675 (60) et qu’en 1853, on continuait à en fermer les portes à 22 heures pour les ouvrir à 5 heures du matin (61), et que son extension vers le Nord et l’Est, débuta sous le Bey Mhammed (1855-1859).

Il enquêta en 1956, sur les salariés de la région de Tunis (62),et en 1958, sur “les niveaux de vie et la consommation dans la délégation de la Marsa” (63) ; en 1958, sur le “bidonville du Borgel” (64) ; en 1959, sur “l’industrialisation de Tunis à travers une expérience pilote dans l’industrie de la chaussure” (65); en 1960, sur “un faubourg de Tunis : Saïda Manoubia. Une enquête sociale doublée d’une enquête nutritionnelle et médicale par le Docteur Mohamed Ben Salem, le Docteur J. Claudin et Madame H. Taïeb” (66) ; en 1960, sur “le faubourg de Sidi Fathallah” (67) ; en 1968, “les préconditions sociales et d’industrialisation dans la région de Tunis” (68)…

Il constata la cohésion structurelle de la cellule familiale originelle des faubourgs de Tunis malgré l’adjonction des parents, et expliqua le doublement de la population tunisoise entre 1936 et 1956 passant de 220.000 à 410.000 habitants, par le flux migratoire des ruraux qui, fuyant la misère, investirent la médina et les faubourgs de Bab Souika et Bab Djédid et les entourèrent d’une ceinture rouge, faite de gourbis (69).

De chacune de ces études, savamment menées, il tira évidemment des enseignements utiles aux pouvoirs publics, aux sociologues et à ses nombreux étudiants dont Fatma Djellouli Ben Becher, Lilia Ben Salem, Qazdaghli, Mohamed Kerrou, etc. Mais son apport dépassa la sociologie urbaine, car il excella aussi dans le domaine de l’histoire tunisienne à laquelle il s’intéressa —dit-il— par goût (70). C’est le second point de notre étude sur Sebag, un savant distingué.

L’histoire au double plan

De ses travaux historiques (Bb) et de sa méthode historique.

Au plan méthodologique, Sebag n’était pas un chroniqueur, mais —permettez-moi ce néologisme— un historologue ou mieux, histoirologue ainsi que le démontrent sa démarche investigationnelle notamment sur les auteurs des manuscrits oubliés, et ses annotations et commentaires des mémoires connus.

Il publia, en effet, en 1993 et pour la première fois depuis 1712, sous le titre “La Régence de Tunis à la fin du 17ème siècle”, “le mémoire pour servir à l’histoire du Tunis depuis 1684”, annexé aux voyages de Paul Lucas (71), et l’enrichit d’une part, d’une introduction lumineuse de vingt-six pages confirmant le nom de son véritable auteur donné par Grandchamp, le négociant, témoin direct des évènements qu’il relata dans la menu détail, Nicolas Béranger —qualifié anonymement par Lucas “d’homme de mérite”¬—dont il établit la biographie approfondie, et d’autre part, de 350 annotations savantes.

Il mena des enquêtes approfondies pour authentifier la relation de voyage de Bartholomeo Ruffino et pour déterminer l’auteur du recueil de contes persans (1710-1712) : les “Mille et un jours” (72) qui n’était ni le savant derviche d’Ispahan, Moclès, ni René Lesage, célèbre par son Gil Blas de Santillane, mais l’orientaliste François Pétis de la Croix (1653-1713), celui-là même qui les écrivit pour plaire à Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne et amante de Louis XIV, et qui les publia en en attribuant la paternité à Moclès, commettant ainsi une véritable “imposture littéraire” ! (73).

Sa méthode scientifique transparaît encore plus clairement au travers de ses investigations sur l’’auteur anonyme de “L’Histoire des dernières révolutions du royaume de Tunis et des mouvements du royaume d’Alger”, publiée anonymement en 1689 par Jacques Le Febvre, libraire à Paris. En substance, il commença par transcrire manuellement l’original, en moderniser l’orthographe et la ponctuation, vérifier le nom des personnes et des lieux pour en dégager les caractéristiques telles la beauté de la langue, les digressions narratives de quelques amours princières et considérer par là que l’auteur recherché vécut à Constantinople au XVIIème siècle, fut proche de l’Ambassadeur de France, et confident du Pacha de Tunis en exil, le mouradite Mohamed el-Hafsi, comme le suggéra Guy Turbet Delof auteur de beaux travaux, entre autres, sur l’Afrique barbaresque, mettant en cause le nom de François Pétis de la Croix retenu par H.S. Asbee et Pierre Grandchamp.

Puis “l’intuition d’un instant” —dit-il—, l’orienta vers le comte Gabriel de Lavergne de Guilleragues, Ambassadeur de Louis XIV près le Sultan ottoman de 1679 à 1685, auteur des “Lettres portugaises” notamment. Il constata alors qu’il cita plusieurs fois el-Hafsi dans des dépêches, datées de 1682 à 1684 et expédiées de Constantinople, qu’il entretint des relations personnelles avec lui et que la comparaison du mémoire examiné avec les lettres portugaises, révélait des analogies lexicales et stylistiques qu’il détailla et analysa, levant tout doute sur leur commune paternité : Guilleragues!

Demeurait cependant un soupçon d’incertitude lié à l’inachèvement de l’œuvre qui ne relatait pas, au mépris de toute logique, la fin, le 19 juin 1986, de l’un des protagonistes de la guerre civile qui secoua les mouradites, Ali Bey. Mais Guilleragues, décédé le 4 mars 1685 à Constantinophe , ne pouvait de toute évidence le faire !

Malgré ce faisceau d’indices, Sebag précéda à l’élimination de tous ceux qui pouvaient encore revendiquer la paternité de l’œuvre. Il écarta ainsi le Marquis de Noitel qui n’écrivit qu’un long plaidoyer pour entrer en grâce près Louis XIV, François Pétis de la Croix dont l’esprit et les caractéristiques de l’œuvre excluaient une telle attribution, le sieur de la Croix, le Père Nau (74)… illustrant ainsi la préoccupation scientifique qui marqua tous ses travaux historiques qu’il convient, faute de temps, de présentement survoler.

Son œuvre couvre principalement une période : la Tunisie turque et mouradite allant de 1574, date de la défaite des Espagnols face aux Ottomans, de la chute des Hafsides et de l’installation de la 101ème unité des janissaires turcs de Sinan Pacha, à 1702, date de l’assassinat, par Ibrahim Chérif, agha des janissaires, du dernier mouradite, le sanguinaire Mourad III (1699-1702).

Elle couvre également une communauté : les juifs de Tunisie. Mais son œuvre déborde largement ce cadre général par des études autres intéressant:

* “Les expéditions maritimes arabes au 7ème siècle” (75) et “Les travaux maritimes de Hassan Ibnou Noômane” (76).

Les Hafsides dans “Une nouvelle de Bandello (XVIème S.) : Moulay Hassan et Moulay Hamida (77) ;

Les Husseïnites, le Protectorat et la République dans “Tunis, histoire d’une ville” (78) ;

Les travaux d’historiens tels Davis Nathan et Benjamin II, au 19ème siècle sous Ahmed Ier (1837-1855) ;

Les chroniqueurs : Guilleragues (79) et de la Croix ;

Les infrastructures tels “La Goulette et sa forteresse de la fin du 16ème siècle à nos jours” (80), les “Plans cartes, plans et vues de Tunis et de la Goulette au XVIIème et au XVIIIème siècles” (81) et “L’hôpital des Trinitaires espagnols (à Tunis) 1720-1818” (82) ;

“La course tunisienne au XVIIème siècle” (83) ;

“La peste dans la Régence de Tunis aux XVIIème et XVIIIème siècles” (Ibla, n°129, pp 35-48) (84) ;

Les “monnaies tunisiennes au 17ème siècle”, mais couvrant également le 18ème (85) ;

L’art, nous l’avons vu ;

Le théâtre avec “Une lecture d’Othello. Le More de Venise et la haine pour rien”; etc…

Il s’intéressa, pour les approfondir, à certains thèmes de l’époque. Il nous gratifia ainsi “d’une ville européenne à Tunis au XVIème siècle”, d’un article sur Tunis dans l’Encyclopédie de l’Islam (86), “d’une relation inédite sur la prise de Tunis par les Turcs” (87), d’une étude sur “la Régence de Tunis et la France au XVIIème siècle (88), d’une “Histoire du prince Calaf et de la princesse de la Chine” par François Pétis de la Croix. (89), d’études sur des voyageurs comme le Père la Motte (90), Thévenot (91) et Laurent d’Arvieux au XVIIème siècle (92)… ,

Sur les juifs, nous retiendrons, à titre d’illustration, d’entre les remarquables écrits qu’il leur consacra, “L’histoire des juifs de Tunisie, des origines à nos jours”, éditée chez L’Harmattan en 1991. Il s’agit d’une extraordinaire promenade culturelle à travers les textes bibliques ; avec les flottes de Salomon… et dans l’Afrique punique ; puis de Rome à Byzance avec notamment la formation des communautés juives jusqu’à la judaïsation des Berbères ; les premiers siècles de l’Islam (Xème et XIème siècles avec l’essor de la culture hébraïque représentée par Ishaq Ibn Souleïman Israëly, les talmudistes de Kairouan ; la fin du moyen-âge avec d’abord les Almohades aux XIIème —XIIIème siècles, ensuite les Hafsides aux XIIIème—, XVIème siècles et l’immigration, très relative, des juifs d’Espagne (93) (Sebag p.75 et 80).

Viennent ensuite de riches développements sur les juifs au temps des deys et des beys mouradites, puis husseïnites avant et pendant le Protectorat, enfin la République.

Sont particulièrement intéressants les développements successifs sur le statut des juifs, des dhimmis, constamment discriminés, écrit-il.

Ils l’étaient, selon lui, fiscalement au lendemain même de la conquête arabe, par le paiement de la jezia, impôt de capitation; de contributions extraordinaires, de droits de douane plus élevés que ceux des musulmans et chrétiens.

Ils l’étaient vestimentairement dès le Xème siècle sous les Aghlabides et sur l’ordre du cadhi Ahmed Ihn Tabib enjoignant aux infidèles, selon al-Maliki dans “Riyadh al-noufous’’, de porter sur l’épaule, une «roqâa» ou pièce d’étoffe blanche, représentant un singe ou un cochon (94).

En 1198, pour contrôler les juifs, convertis de force et dont on soupçonnait l’insincérité (95), le troisième prince almohade, Abou Youssouf, leur prescrivit le port d’une “chakla” ou signe distinctif, composée d’un vêtement bleu foncé à manches tellement larges qu’elles leur tombaient jusqu’aux pieds, et d’une calotte, sorte de bât, qui descendait jusqu’au dessous de leurs oreilles.

Son fils Abou Abdallah (1198-1219) la remplaça par la couleur jaune de leurs vêtements et turban.

Les hafsides, après quelque intolérance d’el-Moustansir leur réimposant la chakla, revinrent à la tolérance du système protecteur de la dhimma sans toutefois les affranchir de leur particularisme vestimentaire. Aussi se vêtaient-ils encore, à la fin du XVème siècle, selon le voyageur Flamand Adorne, d’un costume particulier et portaient-ils sur la tête ou au cou, un turban ou une écharpe jaune.

Avec les Ottomans et sous les Mouradites et les Husseïnites, ils s’habillaient identiquement aux musulmans, se coiffant cependant d’un bonnet noir, enveloppé d’un turban de même couleur, violet ou bleu foncé, sous peine de bastonnade sur la plante des pieds (el-Filqa).

A cet égard, des juifs twansa, commerçant avec des coreligionnaires venant de Lirourne, vêtus à l’européenne portant perruque et chapeau rond ayant adopté en 1823, cette coiffe, le Bey Mahmoud (1814-1824), imposa à tous les juifs, y compris étrangers, le port de la calotte noire qu’il dut, cependant pour éviter une grave crise avec la Grande-Bretagne, limiter à ses sujets : indigènes et livournais, se distinguant les premiers, par sa couleur noire, et les seconds par sa couleur blanche.

Sous Ahmed Ier (1837-1855), l’émancipateur des Noirs, ils ne pouvaient porter ni la chéchia rouge ni le turban blanc, ni des chaussures d’une autre couleur que le noir. Une calotte noire, entourée d’un turban de même couleur ou bleu foncé, leur servait de couvre-chef (96)..

Discriminés, ils l’étaient aussi dans l’habitat puisqu’ils durent quitter Kairouan, lors de l’invasion hilalienne, pour Tunis qui les accueillit alors qu’elle leur était interdite jusqu’à —selon une tradition contestée par Sebag— l’intervention de Sidi Mehriz (97), le fondateur de la hara, leur quartier réservé, dont la hauteur des maisons devait être inférieure à celle des musulmans et l’aspect des synagogues humble cependant (98), y compris d’ailleurs la Grande, fondée à la fin du Moyen-Age qui, se situant au-dessous du niveau de la rue, amenait les fidèles à descendre plusieurs marches pour se rendre à la salle des prières (99).

Discriminés, ils l’étaient aussi judiciairement quoiqu’il disposassent, pour vider leurs litiges, de leur juridiction rabbinique propre et de leur caïd. Pour avoir commercé charnellement avec une musulmane, un juif —cependant faussement accusé— fut ainsi, condamné en 1824 par le Bey et exécuté, tandis que sa complice d’un moment— mise, en l’agréable compagnie d’une chatte enragée, dans un sac en jute bien fermé —était jetée au fond de la bouheïra— le lac de Tunis.

Plus connue est la condamnation à mort et l’exécution au Sabre, le 24 juin 1857, du cocher juif du caïd Nessim Samama, Batou Sfez, pour avoir blasphémé l’Islam au cours d’une altercation avec un musulman (100).

Elle entraîna la promulgation par le Bey Mhamed (1855-1859), le 10 septembre 1857, du Pacte Fondamental qui d’une part, abandonna le statut de la dhimma par la proclamation de l’égalité des droits et des devoirs des Tunisiens sans distinction de religion, et d’autre part, annonça la Constitution du 21 avril 1861 instituant un régime pré-parlementaire et démocratique, et l’adoption le 25 février 1862 d’un code civil et criminel.

Entre temps, le décret du 15 septembre 1858 autorisa les juifs à porter la chéchia rouge. L’institution de la mejba, en 1856, les exonéra de la jezia (101).

Sous le Protectorat, plusieurs juifs revendiquèrent, dans un souci d’occidentalisation, leur naturalisation et la connaissance par les juridictions françaises de leurs litiges…

Ils n’échappèrent cependant pas au statut que leur concocta le régime de Vichy, étendu à la Tunisie par les décrets beylicaux du 30 novembre 1940 sur le numerus clausus, aggravé par les décrets du 26 juin 1941 sur leur identification, le décret du 12 mars 1942 les écartant de l’économie nationale. Aucun d’eux n’était scellé par Moncef Bey, intrônisé le 19 juin 1942, qui —tout comme Lamine Bey plus tard— les considérait comme ses enfants, allant jusqu’à manifester fermement au Résident Général Esteva son opposition à l’introduction dans son pays de l’étoile jaune, ce que Sebag ne dit pas!

En dehors de ses écrits sur les juifs, sa plus belle œuvre demeure, à notre avis, son “Tunis au XVIIème siècle. Une cité barbaresque au temps de la Course” (102) qu’il voulut éditer chez Hachette dans la fameuse collection “La vie quotidienne” sans réussir me confia-t-il. Elle nous promène, souvent pittoresquement, dans la capitale mouradite avec sa population urbaine, ses gouvernants : les pacha, dey, bey, agha, divan et milice des janissaires, appelés “les Puissances de Tunis”, la course et l’esclavage, ses industries et commerces. Elle nous invite dans ses maisons et dans les familles, nous initie à sa religion, à ses arts et lettres… Et ce, d’une manière distrayante, flattant certes l’imagination, mais sacrifiant à la science historique. A preuve, les 124 ouvrages et études qu’il a consulté pour son élaboration, et les 845 notes qui en éclairent l’intelligence.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis,

A 84 ans, le 5 septembre 2004, souffrant d’un cancer impitoyable, Paul Sebag, le “tunisologue” (103), “l’homme au sourire malicieux” (104) , nous quitta, discrètement, pour toujours.

En 1994, à Paris, la Tunisie lui rendit hommage en lui décernant l’Ordre du Mérite Culturel.

Il nous revient —nous, ses anciens étudiants et élèves, ses collègues, ses amis, ses lecteurs, …— de lui dire aujourd’hui : Merci Professeur ! Votre aura brillera toujours au firmament du savoir de notre pays, de votre pays !



NOTES

50— Le sociologue Jean Devignaud enseigna également la sociologie à la Faculté de Tunis. Il est l’auteur, entre autres, d’une «Esquisse d’une sociologie du nationalisme tunisien» in les Etudes Maghrébines. Sciences Politiques, Paris, 1966.

51— Maurice Duverger, “Sociologie politique”, Paris, PUF., 1968, pp.2-3.

52— Georges Burdeau, “Méthode de la Science Politique”, Paris, Dalloz, 1959, n°111 et 112, p.112.

53— Mohamed Kerrou, Paul Sebag. Internet, V. Paul Sebag. “Hommage à Paul Sebag, le pionnier de la sociologie en Tunisie” : Réalités, 30/9/2004 : Internet, www.realites.com.tn. Selon Kerrou, il était “habité” par le phénomène socio-historique de la transplantation dont il s’agit, ce qui suppose qu’il ne l’exprima pas expressément.

54— Paul Sebag, “Enquête sur les salariés de la région de Tunis”, Paris, PUF, 1956.

55— Mohamed Kerrou “Hommage à Paul Sebag, le pionnier de la sociologie en Tunisie” —in Réalités n°979 des 30/9-6/10 2004. Adde, Paul Sebag, Internet, www.harissa.com

56—Paris, PUF, 1959.

57— M. Kerrou, Paul Sebag. Internet

58— Lanfreducci et Bosio Costa “e discorsi di Barberia”, déd. Montchicourt et traduction Pierre Granchamp in Revue Africaine, 1925, pp.83-148 : Paul Sebag, “Les Juifs”…, op. cit, pp.82-83, 105 et note 10.

59— Paul Sebag, “Les Juifs”… op.cit., p.83.

60— François Arnoulet, “Histoire du choléra épidémique en Tunisie” in Tunisie Médicale, 1969, pp.391-398 : P. Sebag, “Les Juifs”…, op. cit, p.113.

61— J.J. Benjamin II, “Huit années en Asie et Afrique de 1846 à 1855”, op. cit, p.255 : Sebag, “Les Juifs”…, précité, p.112.

62— Mohamed Kerrou, “Hommage”… Réalités n°979

63— In Bulletin de statistique et d’études économiques, n°2, avril-juin 1958, pp.65-76.

64— In Cahiers de Tunisie, n°23-24, 1958, pp.267-309.

65— In Cahiers de Tunisie, n°25, 1959, pp.147-173.

66— Paris, PUF, 1960.

67— In Cahiers de Tunisie, n°29-30, 1960, pp.75-136.

68— In Cahiers du Cérès, n°1, 1968.

69— Mohamed Kerrou, études précitées.

70— Mohamed Kerrou, Hommage…précité.

71— Voyage du Sieur Paul Lucas fait par ordre du roi dans la Grèce, l’Asie mineure, la Macédoine et l’Afrique. Tome second contenant la description de Jérusalem, de l’Egypte et du Fioume : avec un mémoire pour servir à l’histoire de Tunis, depuis 1684. Amsterdam aux dépens de la compagnie. M. DCC. XIV, in 12°, Tunis, pp.109-324.

72—“Les Mille et un jours”, texte établi avec une introduction, des notices, une bibliographie, des jugements et une chronologie par Paul Sebag, éd. Ch. Bourgeois, 1981, p.18 ; réédités en 2003 chez Phébus.

73— “Les Mille et un jours” par Paul Sebag, Introduction, p.13.

74— Paul Sebag, “Une histoire des révolutions du Royaume de Tunis au XVIIème siècle”. Une œuvre de Guilleragues ? L’Harmattan, 2003, pp.9-35.

75— Cahiers de Tunisie, n°31, 1960-III, p.73-82.

76— IBLA, n°125, 170-I, pp.41-56.

77—Ibla, n°127, pp.35-62.

78— Paris, L’Harmattan, 1998.

79— Paul Sebag, “Aux origines de l’Orient romanesque. Quel est l’auteur des cent et un jours ?” In IBLA, n°193, 2004/1, pp.31-60.

80— In IBLA, n°109,1967/1, pp.13-34.

81— In Etudes maghrébines. Mélanges Charles-André Julien. PUF, 1964, pp.89-101.

82— In IBLA, n°174, 1994/2, pp.203-218.

83— IBLA, 2001.

84— In IBLA, n°109, pp.35-48

85— In Revue du Monde Musulman et de la Méditerranée, n°55-56, 1990, pp.203-218.

86— Nouvelle édition, 2002, pp.676-688.

87— Avec une introduction, le texte et une traduction annotée. Tunis, Université de Tunis, 1971.

88— In “Itinéraire de France ne Tunisie du XVIème au XIXème siècle”. Marseille, Bibliothèque municipale, 1995, pp.23-29.

89— Paris, L’Harmattan, 2000.

90— Voyage en Tunisie au XVIIème siècle. “La mission du Père La Motte” (2 juin –26 juin 1700) in Ibla, n°165, 1999/1, pp.3-37, et n°166, 1990/2, pp.219-236.

91— “Voyages en Tunisie au XVIIème siècle. L’escale de Jean Thévenot” (9-30 mars 1659) in Ibla, n°145, 1980/1, pp.47-78.

92— “La négociation de Laurent d’Arvieux” (12 juin 1666 –15 août 1666, in IBLA, n°147, 1989/1, pp.71-94, et n°148, 1981/2, pp.253-286.

93— Paul Sebag, Histoire des Juifs…” , op.cit, p. 75 et 80.

94— Paul Sebag, “Histoire des Juifs”…, op.cit., p.50.

95— C’est le conquérant de l’Ifrygiya, Abdelmoumen, —qui chassa les Bani-Khourasan de Tunis vers 1159— qui obligea Chrétiens et Juifs à se convertir à l’Islam sous peine de mort.

96— Nathan Davis, Tunis, Malta, 1841, p45. —J.J. Benjamin II, “Eight Years in Asia and Africa from 1846 to 1855”, Hanover, 1859, p.255.

97— P. Sebag, “Histoire”…, op.cit. p.57.

98— P. Sebag, “Histoire”…, op.cit.p.85.

99— Jacques Revault, “La Grande Synagogue de la Hâra”, in Cahiers de Tunisie, 1963, pp. 5-35 : P. Sebag, les Juifs… op. cit. p.72,77 et note 32.

100— P. Sebag, “Histoire”…, op.cit.p.117.

101— P. Sebag, Histoire… op. cit., p.119.

102— Paris, L’Harmattan, 1989.

103— Néologisme formé par Claude Roy pour qualifier son ami, Paul Sebag : “Paul Sebag par lui-même” de Renée Sebag-Robichon, précité.

104—Claude Sitbon, “Paul Sebag la mémoire de Tunis” in Internet, Paul Sebag.



(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1131 du 30 août 2007)
 

 

Mahmoud Abbas cherche à contourner le Hamas

JÉRUSALEM CORRESPONDANT

 

Depuis sa prison où il est incarcéré depuis 2002, Marouane Barghouti, dirigeant du Fatah considéré comme l'un des instigateurs de la deuxième Intifada en 2000, a mis en garde, lundi 3 septembre, contre un coup de force du Hamas en Cisjordanie.

 

"L'Autorité palestinienne se trompe si elle ne prend pas cette possibilité au sérieux" a déclaré M. Barghouti, en se demandant "si les leçons ont été tirées après l'effondrement des services de sécurité dans la bande de Gaza", le 15 juin, après cinq jours de combats qui ont permis aux islamistes de prendre le contrôle de ce territoire.

 

Ce coup de force, estime M. Barghouti, a mis un terme à "une expérience de démocratie naissante". Le seul "moyen de sortir de la crise" est, selon lui, la convocation d'élections parlementaires et présidentielle. Le Hamas est invité à y participer comme toutes les forces politiques palestiniennes afin "que le peuple puisse décider".

 

A la mi-juillet, le conseil central de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), s'était déclaré en faveur d'une nouvelle consultation. De son côté, le Hamas clame qu'il détient sa légitimité des urnes depuis sa victoire du 25 janvier 2006. Le mouvement islamiste craint les manoeuvres pour influencer un éventuel scrutin.

 

C'est ainsi qu'a été perçue la publication, dimanche 2 septembre, par le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, d'une nouvelle loi électorale instaurant la proportionnelle intégrale. Ce système permettrait de contourner la difficulté d'organiser une consultation dans la bande de Gaza. Jusqu'à présent, la moitié des 123 députés palestiniens étaient élus dans les 16 circonscriptions réparties entre les deux territoires, l'autre moitié étant élue au scrutin proportionnel de listes.

 

La nouvelle loi électorale impose en outre aux candidats de "respecter le programme de l'OLP", ainsi que les accords signés avec Israël. Or, le Hamas ne fait pas partie de l'OLP et se refuse toujours à reconnaître l'Etat d'Israël. Le Hamas a rejeté cette décision qualifiée d'"illégale".

 

Michel Bôle-Richard

 

(Source : « Le Monde » (Quotidien –France), le 5 septembre 2007)

 


 

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