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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2691 du 04.10.2007
 archives : www.tunisnews.net

 Tunisie: Le TMG condamne la tentative des autorités de réduire les voix récalcitrantes au silence
Vers l'Avenir: Sihem Bensedrine témoigne "L'islamisme émerge à cause de Ben Ali"
Libre Belgique: L'espace de liberté se réduit encore
Libre Belgique : Grève de la faim pour un local
Jaber Gafsi: Borhan Bsayess: l'homme qui a toujours raison
La Tunisie « malmene'e » dans le rapport annuel de la fondation americaine « Freedom House »
Le Temps: Statut des maîtrisards dans les écoles primaires privées
Pétition contre les tests ADN
Réalités: L’opposition tunisienne : Des conflits et des différends

Réalités: Qu’est-ce qu’un islamiste modéré ?
Réalités: La leçon de Bizerte
Reuters: Turquie - Gül s'engage à poursuivre les réformes malgré l'armée

Tunisie: Le TMG condamne la tentative des autorités de réduire les voix récalcitrantes au silence

ARTICLE 19 et les autres membres du Groupe d'observation de la Tunisie (TMG) condamnent la décision de justice du 1er octobre 2007 visant à expulser de leurs locaux le Parti Démocrate Progressiste (PDP), un parti politique d'opposition reconnu, et "El-Mawkef", le journal officiel du PDP. Cela faisait presque 13 ans que le journal hebdomadaire était dans ces locaux où il a dû subir un harcèlement répétitif et fréquent de la part des autorités tunisiennes.

Le directeur d'"El-Mawkef", Nejib Chebbi, et le secrétaire général du PDP, Maya Jribi, sont en grève de la faim depuis le 20 septembre 2007. Cette grève de la faim vise à protester contre le recours au système judiciaire de la part des autorités pour faire taire "les voix de la liberté".

Cette décision de justice fait suite à une plainte déposée contre le directeur d'"El-Mawkef" par le propriétaire des lieux pour l'usage que Nejib Chebbi faisait de l'appartement qu'il louait en tant que siège du PDP. Cette plainte et la condamnation qui a suivi à l'encontre de Chebbi ont été téléguidées par les autorités tunisiennes qui n'ont pas hésité à faire pression sur les propriétaires. On nous a par ailleurs signalé que d'autres branches du même parti, dans le passé, ont également été expulsées de manière similaire.

La dernière agression des forces de sécurité tunisiennes sur Lotfi Hajji, un journaliste de la chaîne de télévision Al-Jazeera, alors qu'il s'efforçait de rendre compte de la grève de la faim, démontre le peu de cas que les autorités tunisiennes font de la liberté d'expression dans le pays. On avait déjà interdit l'accès d'"El Mawkef" et du PDP à Lotfi Hajji à trois reprises. Le 28 septembre et le 2 octobre, on l'a à nouveau empêché de pénétrer dans les locaux du journal et du parti en question.

Le TMG estime que la tentative flagrante de faire taire les voix discordantes par la censure, l'intimidation et l'utilisation détournée du système judiciaire constituent une infraction évidente du droit à la liberté d'expression, tel que défini à l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques que la Tunisie a signé et ratifié.

Le TMG invite le gouvernement tunisien à cesser toutes les procédures visant à expulser le PDP de son siège et à arrêter la censure et le blocage d'"El-Mawkef" et des sites web du journal et du PDP. Les deux sites web ont été bloqués il y a quelques mois par les autorités. L'accès à un autre site web, hébergé au Canada, est bloqué à Tunis depuis 2005, bien qu'il soit actuellement accessible depuis l'étranger.

Le TMG soutient Nejib Chebbi et Maya Jribi dans leur campagne pour une plus grande reconnaissance des droits de l'Homme en Tunisie et invite la société civile internationale à le rejoindre dans ce soutien en signant la pétition en ligne qui se trouve au lien suivant: http://www.petitiononline.com/pdpinfo/petition.html

Les membres de l'IFEX-TMG:

Réseau d'information arabe des droits de l'Homme (HRINFO), Égypte
ARTICLE 19, Royaume-Uni
Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Canada
Organisation égyptienne pour les droits de l'Homme (EOHR), Égypte
Index on Censorship, Royaume-Uni
Fédération internationale des journalistes (FIJ), Belgique
Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques (IFLA), Pays-Bas
Institut international de la presse (IIP), Autriche
Union internationale des éditeurs (UIE), Suisse
Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
Centre PEN norvégien, Norvège
Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Canada
Association mondiale des journaux (AMJ), France
World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis
Comité des écrivains en prison de PEN International (WiPC), Royaume-Uni

Le site web du TMG est accessible en anglais au: http://campaigns.ifex.org/tmg/; en français au: http://campaigns.ifex.org/tmg/fr; en arabe au: http://www.hrinfo.net/ifex/wsis/

 

 


 

ARTICLE 19

PRESS RELEASE

For immediate release - 3 October 2007

Tunisia: TMG Condemns Attempts by Authorities to Silence Dissenting Voices

ARTICLE 19 together with its fellow Tunisian Monitoring Group (TMG) members, condemns the court decision given on the 1st October to expel the officially acknowledged opposition party of the Tunisian ruling party; the Tunisian Progressive Democratic Party (PDP), and the PDP’s official newspaper Al-Mawkef from their premises. The weekly newspaper had been stationed in its headquarters for nearly 13 years and has suffered repeated and frequent harassment from Tunisian authorities.

The Director of Al-Mawkef, Nejib Chebbi, and the Secretary General of the PDP, Maya Jribi, have been on hunger strike since the 20th September. The hunger strike was initiated in protest to the authorities’ use of the judicial system to ‘silence the voices of freedom’; this came following a case brought against the Al-Mawkef director by his landlord for using the apartment he was hiring as PDP headquarters. This charge and subsequent conviction was brought against Chebbi at the behest of the Tunisian authorities who pressurise landlords to act. It is reported that similar branches of the same party have, in the past, also been evicted in similar ways.

The latest attack by the Tunisian security forces on Lotfi Hajji, a reporter for the television station Al-Jazeera, when he attempted to report on the hunger strike, demonstrates the poor level of recognition of freedom of expression rights in the country. Hajji had been prevented from entering PDP & Al-Mawkef headquarters three times already and was again on the 28th September and 2nd October prevented from entering the newspaper and party offices.

The TMG sees the blatant attempt to silence dissenting voices through censorship, intimidation and appalling use of judicial courts, as an obvious infringement on the fundamental human right to freedom of expression, enshrined in Article 19 of the International Covenant on Civil and Political Rights (ICCPR), which Tunisia has both signed and ratified.

The TMG calls on the Tunisian government to stop all procedures to expel the PDP from its office and to stop all censorship and blockage of Al-Mawkef and the Progressive Democratic Party’s websites. Two websites were blocked a few months ago by the authorities. Access to another website, hosted in Canada, has been blocked in Tunis since 2005 although it is currently accessible from overseas. The TMG lends its support to Nejib Chebbi and Mya Jribi in their campaign for greater acknowledgment of Tunisian human rights and calls on international society demonstrate their support for their case in signing the online petition http://www.petitiononline.com/pdpinfo/petition.html.

Members of the TMG are:
Arabic Network for Human Rights Information (HRInfo): www.hrinfo.net
ARTICLE 19: www.article19.org
Canadian Journalists for Free Expression: www.cjfe.org
Cartoonists Rights Network International: www.cartoonistrights.com
Egyptian Organisation for Human Rights: www.eohr.org
Index on Censorship: www.indexonline.org
International Federation of Journalists: www.ifj.org 
International Federation of Library Association and Institutions: www.ifla.org/faife
International PEN - Writers in Prison Committee: www.internationalpen.org.uk
International Press Institute: www.freemedia.at
International Publishers' Association: www.ipa-uie.org
Journaliste en Danger: www.jed-afrique.org
Media Institute of Southern Africa: www.misa.org
Norwegian PEN: www.norskpen.no
World Association of Newspapers: www.wan-press.org
World Press Freedom Committee: www.wpfc.org
World Association of Community Radio Broadcasters: www.amarc.org
 

NOTES TO EDITORS

ARTICLE 19 is an independent human rights organisation that works globally to protect and promote the right to freedom of expression. It takes its name from Article 19 of the Universal Declaration of Human Rights, which guarantees free speech.

If you no longer wish to remain on ARTICLE 19's mailing list, please unsubscribe here 

Alternatively, if you would like to receive region specific information only, send an email to subscribe stating which regions you would like to receive information about.

 

ARTICLE 19
6-8 Amwell Street London EC1R 1UQ United Kingdom
Tel: +44 20 7278 9292 - Fax: +44 20 7278 7660 - عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته. - www.article19.org

 


TUNISIE

"L'islamisme émerge à cause de Ben Ali"

 

La politique de répression du président tunisien Ben Ali favorise l'émergence de l'islamisme radical. La journaliste Sihem Bensedrine témoigne.

 

La journaliste Sihem Bensedrine est l'une des grandes figures de la défense des libertés en Tunisie. Invitée à Bruxelles par Front Line, la fondation internationale pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, elle dresse un bilan alarmant de la situation dans son pays.

 

Vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Ben Ali, où en est la Tunisie en matière de droits de

l'homme?

Les droits de l'homme en Tunisie sont une rhétorique de propagande, mais pas une réalité. Chaque jour, on se dit qu'on était mieux avant. Nous n'avons jamais connu le niveau d'asphyxie des libertés auquel nous sommes parvenus. Il y a 20 ans, les ONG indépendantes pouvaient encore tenir des réunions plus ou moins publiques, ce qui est exclu aujourd'hui. La bataille des locaux est devenue un enjeu majeur pour la société civile tunisienne. Le pouvoir nous fait déguerpir un à un de nos propres locaux et fait pression sur les propriétaires pour qu'ils ne nous louent pas de bâtiment. Il y a quelques jours, le local du Conseil des libertés auquel j'appartiens a été encerclé par une cinquantaine de policiers en civil. Ils ont interdit à tout le monde d'entrer parce qu'on devait tenir une réunion de notre bureau directeur. Chaque jour, un petit morceau de nos libertés s'en va. La répression atteint des proportions inimaginables et alarmantes.

 

Le régime vous a-t-il menacée?

Aucun défenseur des droits de l'homme n'y échappe. Pendant 4 à 5 ans, mon mari et moi avons été interdits de travail. Ils ont fermé ma maison d'édition. Ils ont mis mon mari en résidence surveillé pour qu'il ne puisse pas s'occuper de son exploitation. Ils nous ont affamés. La persécution économique touche de nombreux défenseurs des libertés.

 

Redoutez-vous que la situation s'aggrave à l'approche de la présidentielle de 2009?

Le président Ben Ali brigue un 5e mandat. Sa campagne a déjà démarré et le jeu est totalement fermé. Personne ne peut se porter candidat sauf lui et les gens qu'il désigne lui-même comme

ses pseudo-concurrents. En interdisant à l'opposition toute activité, il crée un vide total, une désertification de l'espace de débat public où s'engouffre l'islamisme radical. Des mouvements

salafistes voient le jour, ce que n'existait pas chez nous auparavant. Le désespoir jette les jeunes Tunisiens dans les bras des extrémistes.

 

Sont-ils aussi persécutés?

Bien sûr. Ils sont arrêtés, torturés, jetés en prison. Nous suivons ces affaires en tant qu'observateurs et l'on mesure avec effroi leur détermination. Ils nous disent que notre combat ne mène à rien, que la voie pacifiste conduit à l'impasse et que le seul langage que comprend ce régime, c'est la violence.

 

Comment expliquez-vous le silence de l'UE?

L'UE ne fait rien ou ne veut rien faire parce que les questions sécuritaires sont prioritaires. C'est la politique de compromission de la France qui s'impose. Mais cette approche est contreproductive.

Maintenant, nous avons notre lot d'extrémistes et le pays est réellement menacé. La Tunisie, qui avait tous les atouts pour être un pays démocratique, se trouve dans un état de régression générale par le fait d'un dictateur. Ben Ali a décidé de prendre en otage ce pays désormais exposé à des risques extrêmes qui n'existaient pas avant.

 

Catherine DEHAY

 

(Source : « Vers l'Avenir », (Quotidien – Belgique), le 1er octobre 2007)

Lien : http://www.actu24.be/article/monde/lislamisme_emerge_a_cause_de_ben_ali/41835.aspx

 

 


 

L'espace de liberté se réduit encore

Gérald Papy

 

Le régime du président Ben Ali va fêter son 20e anniversaire en novembre.

Pour la journaliste Sihem Bensedrine, la répression n'a jamais été aussi féroce.

Elle se dit déçue de la frilosité de l'Union européenne.

 

Le 7 novembre, la Tunisie célébrera le 20e anniversaire de l'accession au pouvoir du président Zine el Abidine Ben Ali. La Fondation internationale pour la protection des défenseurs des droits de l'homme "Front Line" a voulu, à cette occasion, dressé un bilan de la situation des droits humains dans ce "pays proche", comme le vantait il y a quelques années la publicité. Elle avait invité jeudi à Bruxelles la journaliste, Sihem Bensedrine, une des grandes figures de la défense des libertés face à la répression d'une "petite dictature tolérée et tolérable" aux yeux de beaucoup d'Occidentaux.

 

Que retient Sihem Bensedrine de ces vingt dernières années ? "Il y a vingt ans, matériellement, je vivais mieux. Je pouvais écrire librement. Nous pouvions nous réunir librement et manifester. En vingt ans, le pouvoir de Ben Ali nous a permis d'organiser une seule manifestation, celle contre la guerre en Irak, en 2003". Certes, Mme Bensedrine reconnaît l'acquis d'une certaine réussite économique. "Mais cette réussite économique n'est pas au niveau de nos capacités".

 

Pour la courageuse défenderesse des droits de l'homme, la Tunisie depuis vingt ans, c'est l'histoire d'un gâchis et d'une occasion manquée. Ce pays avait "une chance réelle d'instaurer une démocratie du fait de ses traditions et de ses atouts au niveau social et économique, explique-t-elle. Mais la Tunisie a été prise en otage par une famille".

 

La lutte contre l'extrémisme islamiste y a été dévoyée en répression de toute opposition, démocratique y comprise. Résultat : "On a produit une désertification de l'espace de débat public. Ce qui conduit, notamment aujourd'hui, à l'émergence d'une mouvance islamiste salafiste qui auparavant, n'avait pas droit de cité, car elle était jugée trop rétrograde par rapport au niveau d'éducation de la population", diagnostique Sihem Bensedrine. La journaliste s'inquiète en particulier du sort de nombreux jeunes; "ces jeunes qui constatent que pour eux, tout se ferme"; "ils éclatent".

 

Ménager le pouvoir

 

Face à ce constat accablant, la porte-parole du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) déplore le désintérêt qu'affiche l'Union européenne à l'égard de l'état des libertés fondamentales en Tunisie. Elle qui a eu des entretiens avec des fonctionnaires dépendant de la commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, dénonce une certaine complaisance à l'égard de la dictature de Ben Ali.

 

Et si l'argument de la "guerre contre le terrorisme" ne lui est plus opposé pour justifier cette attitude comme il pouvait l'être dans les années qui ont directement suivi les attentats du 11 septembre, elle a l'impression qu'on essaye de lui faire comprendre qu'il faut ménager le pouvoir en place parce que, somme toute, il pourrait se targuer d'une réussite économique et de succès contre les islamistes. A voir.

 

(Source : « Libre Belgique » (Quotidien – Belgique), le 28 septembre 2007)

Lien : http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=373469

 


 

 Épinglé

 

Grève de la faim pour un local

Gérald Papy

 

Depuis le jeudi 20 septembre, la secrétaire générale du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale), Maya Jribi, et Néjib Chebbi, son prédécesseur, mènent une grève de la faim pour protester contre les menaces qui pèsent sur l'utilisation de leur bureau, un des rares espaces de liberté publique encore ouvert à Tunis.

 

En fait, le propriétaire du lieu a engagé une procédure judiciaire en extrême urgence sous prétexte que le local était destiné aux activités de l'hebdomadaire "al Mawkef", la publication du PDP, et pas à celles du parti lui-même.

 

Pour Sihem Bensedrine, il s'agit d'une nouvelle illustration de la stratégie du pouvoir visant à faire taire les voix de l'opposition démocratique. "C'est un aspect concret de la répression", commente-t-elle.

 

Un constat confirmé par Vincent Forrest, directeur du bureau de l'organisation "Front Line" à Bruxelles. Celui-ci rappelle les difficultés qu'il a rencontrées pour mener à bien une mission de l'organisation, du 19 au 24 mai 2007. Il a notamment été contraint de tenir une réunion avec des défenseurs des droits de l'homme dans un... grand magasin.

 

Vincent Forrest dénonce aussi les pressions qui sont exercées sur leur famille pour entraver le travail des militants des droits humains. Il en va ainsi de ces magistrats nommés à des centaines de km de leur domicile pour rendre leur vie de famille particulièrement pénible.

 

(Source : « Libre Belgique » (Quotidien – Belgique), le 28 septembre 2007)

Lien : http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=83&art_id=373466


Borhan Bsayess: l'homme qui a toujours raison

 

Jaber Gafsi - Sociologue

 

Mr Borhan Bsayess a vraiment excellé dans sa défense intelligente du pouvoir en épousant un discours compréhensif et calme voulant se montrer logique et neutre. C’est un discours convaincant à l'entendre suivant une lecture de premier degré qui ferme les yeux sur l'historique de la chose à savoir la bataille des sièges du PDP dans les régions.

 

Dieu seul sait combien de fois ce parti a loué un local à JENDOUBA, à GABES, à KAIROUAN, à Medenine.... et après 24 heures de la signature du contrat, le pauvre propriétaire malchanceux revenait sur son engagement en pleurant et en suppliant les responsables régionaux du parti d'annuler ce maudit contrat de location, parce qu’il avait subit maintes pressions et menaces susceptibles de rendre sa vie personnelle et familiale infernale et insupportable.

 

De ce point de vue ce qu'ont fait Mme Jribi et Mr Chebbi n'est pas du cinéma ou du théâtre mais une lecture approfondie et éveillée de l'intention du pouvoir de couper la route devant ce parti politique qui a commencé à dépasser le seuil du travail politique permis, et qui n'est autre qu'embellir la vitrine démocratique du pays devant le monde extérieur.

 

Que le PDP soit la voix de ceux qui n'ont pas le droit à la parole et à la citoyenneté,

qu'il commence à mobiliser des gens et surtout des jeunes dans presque toutes les régions du pays, qu'il entreprenne de bonnes relations avec les forces sérieuses et sincères de l'opposition démocratiques y compris les islamistes.., cela représente aux yeux du pouvoir un véritable défi arrogant et impoli qui ne doit jamais être toléré.

 

Cela-dit, la réponse du PDP n'a pas été de baisser la garde et de s'incliner devant la tempête mais de militer courageusement et pacifiquement avec tous les hommes libres de ce pays

pour combattre cette injustice et arracher son droit au travail politique légal et indépendant même au prix de sacrifier la vie de se leaders historiques et politiques. C'est une grande leçon de générosité et de dévouement complètement étrangère et incompréhensible dans les partis de mercantilisme politique et de l'opposition du décor.

 

Pour ce qui concerne l'invitation à l'ingérence des pays étrangers dans les affaires internes du pays et par conséquent l'accusation du parti de dépendance aux forces extérieures impérialistes et ennemies du pays..., c'est une accusation qui fait rire au point de vomir quand elle vient de la part d'une instance qui se déclare ouvertement amie fidèle des Etats Unis et des pays démocratiques de l'occident et qui n'a pas froid aux yeux d'entreprendre des relations diplomatiques secrètes avec l'ennemi véritable de la nation à savoir l'Etat d'Israël sans mettre au courant son peuple de cette décision grave et inattendue.

 

En outre, l'Etat tunisien nous a accoutumé de ne pas répondre aux demandes légales et justes de l'opposition patriotique et de se soumettre aux recommandations et pression des pays étrangers comme c'était le cas dans l'affaire Ben Brick, Ben Sedrine, Marzouki, Abbou et bien d'autres...

 

En plus l'action politique est de nature pragmatique et souple. On ne peut pas être catégorique et extrémiste au sens de tout prendre ou tout laisser. Certes les Etats Unis est un pays impérialiste qui a des intentions néocolonialistes et qui soutient aveuglement les intérêts sionistes de l'Etat d'Israël, mais cela n'empêche pas que tout le monde entretienne des relations diplomatiques avec cette force internationale. Cela dit, tous ceux qui établissent des accords bilatéraux avec les Etats Unis ne sont pas automatiquement des pions ou des mercenaires. C'est un discours extrémiste et obscurantiste à travers lequel Mr Bsayes marque un changement de camp de 180 degrés, et par conséquent ne trouvant aucun mal à admettre une logique intégriste qui exclut l'autre et le ridiculise en mettant en question son degré de patriotisme et d'appartenance à ce pays, tout à fait comme le font certains salafistes qui accusent leurs ennemis de manque de foie et de religiosité.

 

Finalement je tiens à rappeler Mr Bsayes, qui est sociologue de formation, des ABC de la sociologie et des sciences humaines, qu'en matière des relations et des intérêts humains il n'y a pas d'automatisme et de déterminisme. Un mouvement social fonctionne en terme de croisement objectif d'intérêts et de stratégies conscientes des acteurs sociaux.

 


 

Freedom House

 

Press release

 

Despite Economic Growth, Political Freedom in North Africa is Stagnant or Declining

 

Washington, D.C.

October 1, 2007

 

Although North Africa has experienced some economic progress over the past two years, the leaders of Algeria, Egypt, Libya and Tunisia remain fundamentally undemocratic and, in some cases, have reversed earlier gains in freedom, according to a report released by Freedom House.

Countries at the Crossroads, an annual survey of government performance in 30 strategically important countries worldwide, reported that despite some success in implementing economic reforms, North African leaders’ rhetoric about increasing political freedoms remains empty, and civil liberties remain extremely restricted.

 

The narrative and scores from Countries at the Crossroads 2007 for Algeria (Arabic version), Egypt (Arabic version), Libya (Arabic version), and Tunisia are available online. 

 

“Government officials across North Africa have placed an emphasis on economic growth in their countries, and have had some success,” said Thomas O. Melia, deputy executive director of Freedom House. “However, those same leaders are doing very little to achieve political reform, which imposes limits on how far economic progress may go. Many have been in power for years—in some cases decades—and yet haven’t achieved significant reforms.”

 

Most of the countries in the region have made strides economically in the past two years. In Tunisia, the government continues to have some success with new economic strategies, as well as with education and anti-poverty policies. Nonetheless, political conditions remain extremely restricted. President Zine Al-Abidine Bin Ali continues his policy of “institutionalization,” creating the appearance of democracy without the substance. There is no opportunity for the rotation of power among political parties or leaders representing competing interests and policy options.

 

In Libya, the government finally succeeded in ending its isolation and has re-joined the international community. Although the government has taken some tentative steps in the direction of economic reform, political change has remained largely off the agenda. President Muammar Qadhafi continues to impose his own ideology on the population and maintains control over virtually all aspects of life inside the country, as he has for the past 38 years.

 

Algeria also has made considerable progress toward reducing internal violence, improving economic conditions, and reforming some public institutions. President Abdelaziz Bouteflika has been unwilling, however, to spend political capital on democratizing the country’s political process and moving toward a market-propelled economy. He continues to bid for greater authority, contradicting his spoken commitment to democracy.

 

“Prospects for political freedom in the region are not completely hopeless,” said Richard Eisendorf, senior program manager for the Middle East and North Africa at Freedom House. “The Tunisian and Libyan governments both released a number of political prisoners last year, and both are supporting women rights. Additionally, Algeria’s charter on truth and reconciliation helped move that nation forward and away from violence. But when one examines the big picture, it is clear that the ability of people in the region to enjoy universally-accepted political and civil rights is still extremely limited,” added Mr. Eisendorf. 

 

Only in Egypt has the government been both economically unsuccessful as well as politically repressive. In 2006 and 2007, President Hosni Mubarak turned his back on his 2005 campaign promises of enacting political reforms; instead, he waged a national campaign to crack down on dissidents.

 

The Freedom House survey, Countries at the Crossroads, provides a comparative evaluation of government performance in four touchstone areas of democratic governance: Accountability and Public Voice, Civil Liberties, Rule of Law, and Anticorruption and Transparency. This survey examines these areas of performance in a set of 30 countries that are at a critical crossroads in determining their political future.

 

Freedom House, an independent nongovernmental organization that supports the expansion of freedom around the world, has been monitoring political rights and civil liberties in North Africa since 1972.

 

(Source: le site de “Freedom House”, le 1er octobre 2007)

Lien: http://www.freedomhouse.org/template.cfm?page=70&release=562

 

 

 

LA TUNISIE « MALMENEE » DANS LE RAPPORT ANNUEL DE LA FONDATION AMERICAINE « FREEDOM HOUSE »

 

 

Countries at the Crossroads 2007

Country Report – Tunisia

 

Capital: Tunis

 

Population: 10,100,000

 

GDP: 2880

 

Scores:

 

Accountability and Public Voice: 1.74

 

Civil Liberties: 3.11

 

Rule of Law: 2.92

 

Anticorruption and Transparency: 3.08

 

(Scores are based on a scale of 0 to 7, with 0 representing weakest and 7 representing strongest performance.)

 

 

 

Introduction

 

Tunisia is a small, semiarid Mediterranean country on the northern coast of Africa. Villages and rain-fed agriculture supplemented by groundwater irrigation dominate the rural landscape. Land distribution is typically skewed toward large landholders, and agricultural production varies enormously with rainfall.

 

The largely homogeneous population of approximately 10 million is primarily Arab and Sunni Muslim. Like Algeria and Morocco, Tunisia was subjected to French colonial rule. Since independence in 1956, Tunisian politics have featured a hegemonic, authoritarian political party whose name has changed over time. Currently the party is known as the Rassemblement Constitutionelle Democratique (Constitutional Democratic Rally, or RCD). Borrowing key cadres from the party to fill bureaucratic and government posts, Tunisia’s first postindependence president, Habib Bourguiba, built a new institutional order that replaced the French colonial system. To consolidate its rule, the single-party state utilized ancillary corporatist organizations to pull various social forces under the state-party umbrella. These included labor, peasant, business, student, and professional associations. Atop the system stood the Tunisian president, who was both head of the ruling party and head of state.

Since independence, Tunisian leaders have achieved substantial progress in modernizing their society and, more recently, bringing it into the global economy. Partly due to their choice of development strategy, current challenges in Tunisia include fostering the private sector and carrying out the privatization of state-owned enterprises. The government must implement these policies while simultaneously providing adequate social safety nets; tackling the critical issue of unemployment, mainly among the young; reforming the civil service; increasing transparency; and decentralizing decision making. In addition, Tunisian leaders have been forced to rethink politics in order to give a voice to a more educated populace and a growing middle class, while dealing with political dissent inspired by a literalist understanding of Islam similar to that in other parts of the Muslim world.

There are a number of signs of success in the economic and social spheres. The country has relatively low rates of poverty, and literacy and education levels that are high for the developing world. Furthermore, social policies stretching back to the early years of independence have been progressive in terms of women’s rights.

Unfortunately, political conditions stand in jarring contrast to such achievements. President Zine el-Abidine Ben Ali, who replaced the aged Bourguiba in a bloodless coup in 1987, spearheaded a timid democratic opening in the late 1980s and early 1990s. However, since then the regime has systematically asserted control over all institutions that could constitute a countervailing power—parliament, the judiciary, the press, political parties, universities, professional associations, and other such entities.1 Ben Ali’s legalization of multiple parties and introduction of electoral competition between them in 1989 has settled, for the moment, into a striking example of the institutionalization of the forms of democracy without any of the substance.

With democratic institutions providing little legitimacy in recent years, the regime has sought to secure social compliance with its rule through progress in economic development, success in combating Islamic extremists, and a willingness to utilize the state’s coercive and intelligence organizations against any perceived threat. Still, Tunisian society has a number of traits, such as high levels of literacy and urbanization and a large middle class, that typically produce pressure for accountability and public voice and, over time, an unwillingness to accept anything less.2

 

Accountability and Public Voice – 1.74

Free and fair electoral laws and elections: 1.25
Effective and accountable government: 3.00
Civic engagement and civic monitoring: 1.33
Media independence and freedom of expression: 1.38

 

Despite having the opportunity to vote in regular, nominally competitive elections for the legislature and the presidency, Tunisian citizens do not have sufficient rights to be able to change their government. The ruling party still has a monopoly on public life in the country. It dominates the cabinet, the legislature, and regional and local government. There is no true opportunity for the effective rotation of power among a range of different political parties representing competing interests and policy options.

Tunisia held presidential and parliamentary elections on October 24, 2004. Zine el-Abidine Ben Ali retained the presidency with 94.48 percent of the vote, while his party, the RCD, won 87.7 percent of the votes for the Chamber of Deputies. Tunisian law requires that 20 percent of the seats in the chamber be distributed to the legal opposition parties in proportion to their relative success in the national vote; otherwise, the RCD would have swept the parliament. It was instead awarded 152 seats. Of the 37 seats distributed to opposition parties, 14 went to the Movement of Democratic Socialists (MDS), 11 to the Party of People’s Unity (PUP), 7 to the Unionist Democratic Union (UDU), 3 to the Renewal Movement, and 2 to the Social Liberal Party (PSL); the remaining legal party, the Progressive Democratic Party (PDP), did not win a seat.3 The ruling party is committed to ensuring that at least 25 percent of its candidates are women. Overall, 43 percent of the 189 deputies elected in 2004 were women.4

Some political variation among the legal opposition parties emerged in the elections, partly in reaction to constitutional amendments in 2002 that allowed the president to seek a fourth term in office, and to a 2003 electoral law amendment that imposed a fine of 5,000 dinars ($4,000) for violation of a new ban on using privately owned or foreign television and radio stations to campaign. Four members of the “loyal opposition”—the MDS, UDU, PSL, and PUP—supported the constitutional amendments and took a favorable view of the 2004 legislative and presidential elections. However, a second camp of legally established parties has grown more critical of the president and the RCD. For example, the left-wing PDP called for a boycott of the presidential election. Its leader, Ahmed Nejib Chebbi, claimed that “the poll would reproduce one-man rule monopolizing all power.”5 The Renewal Movement, a group of independent figures and small left-wing parties, had launched a democratic initiative, calling on Ben Ali to release political prisoners prior to the elections and fielding its own candidate for the presidency, Mohamed Ali Halouani. However, the PDP and the Renewal Movement performed worse in the 2004 elections than in the 1999 elections.6 The outcome led Suheir Ben Hassan of the Tunisian League of Human Rights to assert that the authorities had rewarded loyal parties and punished insubordinate ones.7 The lone opposition group with substantial public support, the illegal Islamist party Al-Nahda, called for a boycott of the elections.

Majoritarian electoral rules continue to facilitate the RCD’s domination of the Chamber of Deputies. While many democracies employ winner-take-all (WTA) rules, WTA legislative elections offer particular advantages to incumbents in countries emerging from single-party rule.8 In Tunisia, WTA elections prevent opposition parties from gradually building up membership in the legislature, since a party can garner a substantial portion of the national vote without winning in a single constituency. In 2006, five opposition parties led by the PDP called on the government to amend the constitution to abolish the de facto one-party system and revise press, political party, and electoral legislation.9

In addition to enforcing electoral rules that favored the ruling party, the government denied equal campaigning opportunities for all parties in the Chamber of Deputies elections. The Tunisian League of Human Rights report on the 2004 elections declared that Article 8 of the constitution, which guarantees protection of the media and freedom of expression, was not being observed by state officials. Journalists received instructions to cover opposition activities only upon the request of the government. Opposition campaign advertisements on radio and television were easily outnumbered by RCD ads, and on state television the opposition ads ran when the fewest viewers would be watching.10 During the campaign, 77 percent of the print media coverage and 92 percent of the electronic media coverage focused on the activities of President Ben Ali and the ruling party.11 Campaign financing in Tunisia is carried out according to Law Number 97-48, promulgated on July 21, 1997, and usually consists of state subsidies or loans.

It is highly unlikely that legislative tallies in 2004 reflected the will of the people. Ayachi Hamammi, a lawyer for the opposition democratic initiative, declared that the elections were rigged through ballot stuffing, complete media blackouts of candidate activities, media misinformation, and censorship.12 The government also influenced election monitoring by vetting domestic and international members of the National Electoral Observatory. The selected international observers came from countries with their own electoral shortcomings, including members of the League of Arab States, the African Union, and the International Organization of la Francophonie.13 Representatives of more credible international organizations were passed over by the National Electoral Observatory.

The RCD won a landslide victory in the 2005 municipal elections, continuing its pattern of employing rural notables and state patronage to deliver the vote of the peasantry, lock them into clientelistic relationships, and alienate them from formal institutions such as the national agricultural union, in which they were central participants during the first decades after independence.14 State privatization and credit policies that have favored rural and urban economic elites in recent years have helped create a new base of support for the authoritarian regime. Partly counterbalancing these trends are programs like 2626, a fund under presidential auspices that is designed to aid poorer areas. For some elite supporters of the regime this amounts to a form of coerced charity, as there is significant state pressure to contribute to the fund.15

The 2004 presidential elections in Tunisia were equally noncompetitive. According to the constitution and electoral code, only the leaders of parties holding seats in parliament are eligible to run for president. The loyal opposition ran three candidates: Mohamed Bouchia, secretary general of the PUP; Mounir Beji, president of the PSL; and Halouani of the Renewal Movement. As noted, Halouani and his party became more critical of the regime over time, and they paid for it at the ballot box.16 The other two candidates ran symbolic races in which they essentially endorsed Ben Ali’s reelection. The incumbent won 94.48 percent of the vote, while Halouani, who received 0.95 percent, publicly decried the results.17 There are concerns that the 2002 constitutional amendments eliminating the three-term limit for presidents will allow Ben Ali to attain an overwhelming victory in the 2009 election as well.18 Recent studies of political regimes with both democratic and authoritarian traits have established a benchmark of 75 percent of the vote for victorious incumbent presidential candidates as the key indication that the regime may be considered authoritarian rather than democratic.19

The 2002 constitutional amendment that ended the three-term limit for presidents also created a second parliamentary chamber, the Chamber of Advisors. One third of its members are chosen by an electoral college representing local officials, another third are elected by trade unions and other sociopolitical organizations, and the remaining third are chosen by the president.20 The creation of the second chamber allows the government to mitigate any unfavorable votes in the lower house, a strategy utilized effectively by the regime in Morocco.21 In July 2005 the government conducted elections for the new chamber. The General Union of Tunisian Workers (UGTT) refused to name candidates for what it viewed as an undemocratic initiative.22

The Tunisian president has nearly absolute powers. Both houses of parliament operate under the control of the ruling party, which he dominates. The president selects the prime minister and cabinet ministers, and appoints the governors of Tunisia’s 23 provinces. The executive initiates legislation, and the president rules by decree when the legislature is not in session. The president is commander in chief of the armed forces and enjoys judicial immunity while in office.23

The president’s control of the legislative process is reinforced by the judiciary’s inability to serve as a balancing power. Despite the existence of constitutional and legal guarantees of judicial independence, the executive dominates the judicial domain. The president appoints members of the Constitutional Council and exercises indirect authority over it through powers of assignment, tenure, and transfer.24 The Tunisian civil service, while qualified and efficient, is also subject to presidential control due to its hierarchical, centralized structure and its strong links to the ruling party.25

Associational life in Tunisia is stifled by various governmental measures. In recent years the government has effectively repressed human rights organizations that had been at the forefront of efforts to increase public accountability. Among other tactics, the authorities used supporters to infiltrate and undermine organizations. Counterterrorism legislation passed on December 10, 2003, has become a tool to restrict the freedom to establish organizations and political parties.26 The law, which aimed to support international efforts against terrorism and money laundering, erodes defendants’ rights and contains a broad definition of terrorism that could be used to prosecute peaceful dissent. During a World Summit on the Information Society (WSIS) that took place in Tunisia in 2005, opposition figures held a hunger strike to draw attention to political prisoners. The government clamped down on nongovernmental organizations (NGOs) during the run-up to the conference, and members of human rights groups in particular faced arrest, imprisonment, and even physical attacks in the street.27 Domestic donors to civic organizations and public policy institutes remain subject to state pressure.

The media is tightly controlled in Tunisia, the internet is monitored, and freedom of political expression is extremely limited even by regional standards.28 According to the Tunisian League of Human Rights, the Association of Women Democrats, and the National Council for Freedom in Tunisia, the public did not have access to fair and balanced media coverage during the 2004 legislative and presidential elections.29 The Tunisian media include a set of private and state-owned newspapers as well as state-sponsored television and radio. Both public and private media outlets produce material favorable to the government in most instances. There are 245 privately owned magazines, but most are owned by figures close to the president. Self-censorship is significant, and repressive measures are taken against any outlets that offer oppositional viewpoints; for example, most online publications, such as Kalimat and Tunizine, are accessible only from abroad. The authorities frequently tell journalists whom to cover and how.

The 2003 counterterrorism legislation further restricted freedom of the media and freedom of expression. Tactics used against the press include publishing delays, newspaper seizures at vending points by the Ministry of the Interior, restriction of mail service, and banning of foreign newspapers when unfavorable articles appear. The latter measure has affected publications including Le Monde, Al-Hayat, and Le Canard Enchaine. Independent websites are banned or censored, and journalists run the risk of being jailed, tortured, fired, or exiled. In May 2004, 160 journalists who had been arbitrarily fired created an association to defend the rights of their profession. The Ministry of the Interior declared their action illegal even though union activities are permitted under Tunisian law.

In May 2005, the authorities abolished the legal depot, a measure that required all media to be vetted by the Ministry of the Interior before publication. This positive step is tempered, however, by the regime’s ongoing commitment to controlling information flow at every possible level. Separately, in February 2005, Tunisia’s first private satellite television channel was launched, with a second following soon after.

Despite the adoption of the Tunis Commitment and the Tunis Agenda for the Information Society at WSIS to ensure freedom of the press and cultural expression, the Tunisian government continues to ignore the provisions or apply its own interpretations. A play that indirectly criticized the government’s treatment of human rights organizations, trade unions, and other civic associations was staged in Tunisia in early 2007, but only after numerous delays and editing to satisfy the Ministry of Culture. The play also criticized radicalism and extremist Islamist groups.

Recommendations

Elections should be administered by a neutral authority that is insulated from the ruling party, the RCD.

The electoral administration should be sufficiently competent and resourceful to take specific precautions against fraud in the voting and vote counting. This could be achieved, in part, by improving the training for members of the electoral administration.

The police, military, and courts should treat competing candidates and parties impartially throughout the electoral process.

Participating parties should have equal access to the public media. This could largely be attained by the enforcement of current laws.

Voting and vote counting at all locations should be independently monitored, the secrecy of the ballot should be protected, and procedures for organizing and counting the votes should be transparent. International observers should not be handpicked by the regime.

 

Civil Liberties – 3.11

Protection from state terror, unjustified imprisonment, and torture: 2.43
Gender equity: 4.25
Rights of ethnic, religious, and other distinct groups: 4.00
Freedom of conscience and belief: 2.67
Freedom of association and assembly: 2.20

 

In Tunisia, the state often violates the civil liberties of its citizens. It is not uncommon for opponents of the regime to be harassed and arbitrarily detained. The government frequently justifies crackdowns on peaceful dissent by citing the threat of terrorism and religious extremism. There are widespread and credible reports of the use of torture to obtain incriminating statements.30

Since the implementation of the 2003 counterterrorism legislation, violations of civil liberties have increased. Abuses in prison are widespread, and appeals to the authorities from family members of the victims usually go unheeded.31 At the end of 2006, a large number of people were seized by the police, kept in custody without specific charges, and denied family contact and medical attention, all of which are illegal under Tunisian criminal law.32 Even after their release, authorities monitored the dissidents, denied them passports and most jobs, and warned them against speaking out about politics and human rights. Citizens can register complaints about torture and abuses of civil liberties at the Ministry of Justice and Human Rights and the Ministry of the Interior. However, these ministries do not respond effectively to such petitions.

In March and November 2006, President Ben Ali pardoned or conditionally released about 1,800 political prisoners. Some were members of Al-Nahda who had been incarcerated after mass trials in 1992, in which they had been accused—dubiously, in many cases—of plotting to topple the government. The number of political prisoners remains above 350. In another positive step toward strengthening civil liberties, the government now permits the International Committee of the Red Cross to inspect prisons.33

Prison conditions in Tunisia fall short of minimum standards. Prisoners suffer long-term solitary confinement, violence, and sexual and physical abuse by guards and fellow inmates, generally sponsored by the guards. Hygiene is extremely poor, and prisoners rarely have access to showers and washing facilities. Cells are overcrowded, with most prisoners forced to share beds or sleep on the floor. Contagious diseases, particularly scabies, are widespread, and prisoners lack adequate medical care. Additional discriminatory and arbitrary measures worsen the conditions of detention. Several political prisoners and prisoners of conscience have been kept in solitary confinement for more than a decade, and prisoners have faced legal obstructions when they have sought redress in the courts. Human rights defenders, including lawyers who call on the authorities to protect prisoners’ rights, face intimidation and harassment.34

Tunisia faces a significant terrorist threat, especially along the border with Algeria. The population is under heavy surveillance in these areas. Security forces attacked Islamist militants at the end of 2006 and the beginning of 2007 south of Tunis, near the Algerian border. The large-scale operation, carried out by police with support from army units, led to the killing of 12 and the arrest of 15 alleged Islamist militants, who were said to be members of the Algeria-based Salafist Group for Call and Combat (GSPC).35

The state in Tunisia has continued to be a regional leader in ensuring that women enjoy the same civil and political rights as men. The government systematically promotes the participation of women in parliament, leading to a ratio of female lawmakers that is high by global standards.36 For the 2004 legislative elections, President Ben Ali ordered that at least one in four of the ruling party’s candidates be women, and set the same figure as a goal for women in government service. Although Tunisia is at the forefront among Arab countries in providing opportunities for women, patriarchal cultural norms have some lingering effects. The number of women and girls wearing the hijab, or headscarf, has increased in recent years. The Tunisian authorities have responded by banning the hijab as a form of sectarian dress that acts as a cover for dangerous political extremism. The government does not acknowledge the wearing of the hijab as a religious right, personal choice, or cultural symbol, associating it only with deleterious political motives.37

Tunisia is a largely homogeneous Sunni Arab country. Ninety-eight percent of the population is Muslim. The indigenous Berber population has long been Arabized, as has the small nomadic population of the south. Just as women are not permitted to wear the hijab, men may not wear beards. However, the government generally respects freedom of worship, and other signs of Islamic religiosity are allowed. The small number of Christians, Jews, and Baha’i members benefit from government measures that guarantee their religious freedom. Still, bias in the media, especially against Jews, does occur. The international terrorist group al-Qaeda claimed responsibility for an unusual April 2002 attack on the most famous synagogue in Tunisia, the El Ghriba synagogue in Djerba, but the bombing has not been followed by similar incidents, likely due to state vigilance. The government attempts to control the appointments of religious leaders, for instance by paying the salary of the grand rabbi of the Jewish community.38

The security apparatus actively constrains what it views as signs of Islamist extremism. Most political prisoners are Islamists, and some have been confined for a decade or more without receiving a fair trial. Religious political parties, including Al-Nahda, are banned. Al-Nahda has claimed support for democracy and nonviolence, and has a genuine popular following, making the ban a serious obstacle to truly representative multiparty elections. The battle between violent Islamist extremists and state security forces has been utilized as a cover to justify repression of peaceful dissidents of various political stripes.

The Tunisian state has taken progressive measures to modify existing laws and practices that constitute discrimination against people with disabilities. The Nobel Prize–winning organization Handicap International has been working in Tunisia since 1992. Services and best practices for disabled people are strong in coastal areas but weaker in the country’s interior. Those living in the interior often lack access to basic health centers and rehabilitation units.39

The Tunisian state does not guarantee rights of association and assembly. Sociopolitical organizations are tightly controlled by the government, and public demonstrations, whether peaceful or not, are rarely allowed. Since 2004, the authorities have banned numerous demonstrations called by opposition parties, human rights organizations, unions, and student groups. The police disperse protesters by force when demonstrations do occur.40

In recent years human rights groups and lawyers have been the foremost victims of the state’s violation of association and assembly rights. The Tunisian League of Human Rights has faced systematic repression and subversion, including the replacement of its leadership. According to Human Rights Watch, human rights dissidents “are subject to heavy surveillance, arbitrary travel bans, dismissal from work, interruptions in phone service, physical assaults, harassment of relatives, suspicious acts of vandalism and theft, and slander campaigns in the press.”41 Similar steps have been taken against the lawyers’ syndicate.

 

Recommendations

 

The government should cease using antiterrorist laws against peaceful dissidents.

The state should improve transparency and oversight in the trial and detention system.

The new laws, institutions, and actions that limit the associational rights and independence of human rights groups and the lawyers’ syndicate should be rescinded.

The government should guarantee the right of peaceful Islamists to assemble and participate in politics.

 

Rule of Law – 2.92

Independent judiciary: 2.20
Primacy of rule of law in civil and criminal matters: 2.67
Accountability of security forces and military to civilian authorities: 1.75
Protection of property rights: 4.00
Equal treatment under the law: 4.00

 

The Tunisian judiciary is not independent of the executive branch. The president nominates judges and magistrates and heads the Supreme Judicial Council, which oversees judicial matters. Tunisia introduced a Constitutional Council system in 1987 by presidential decree. The council rules on the constitutionality of legislation referred to it by the president, who appoints its members. The president also dominates the Ministry of Justice and Human Rights.

The executive branch has recently increased its interference in judicial matters. In 2005, the authorities removed the elected leadership of the Tunisian Association of Magistrates after it called for more judicial independence, installing a progovernment leadership in its place.42 In May 2006, a new law created a state-run academy for the training of lawyers, giving broad authority to the Ministry of Justice and Human Rights to decide who may enter the academy and go on to practice law.43 The legal academy law, along with a strategy of using regime supporters to infiltrate and undermine the lawyers’ syndicate, removed one of the few centers of opposition and independence from the Tunisian political scene.

Islamists and political dissidents suffer from discrimination in the administration of justice. Civilians suspected of terrorism are tried in military courts without the right of appeal, and the number of cases of this sort has increased since the implementation of the antiterrorism law in 2003. Aside from the problems created by the new legal training law, lawyers for defendants in political cases face obstacles to effective representation, including denial of access to their clients and relevant government files.44 Prosecutors report to the Ministry of Justice, but the Ministry of the Interior also plays a role and prevents prosecutorial independence.

In theory, every defendant is presumed innocent until proven guilty; however, in practice, this is not always the case. Defendants have a right to legal counsel during trial and arraignment, but not during pre-arraignment detention.

Once known for its civilian rule, the Tunisian state has become increasingly dominated by the military and security services since President Ben Ali, a general and former director general of national security at the Ministry of the Interior, came to power in 1987. Today, the RCD’s monopoly on power is bolstered by the military, security, intelligence, and national police services. The coercive apparatus of the state actively intimidates dissenters during elections, openly keeping a watchful eye on the proceedings. The security services subject suspected dissidents to heavy surveillance, physical assaults, arbitrary arrests, and glaring violations of their human rights. Military tribunals try cases involving military personnel and civilians accused of crimes affecting national security.45 The state’s definitions of “national security” and “crimes” have been quite broad, leading to violations of human rights and complaints by relatives of dissidents and numerous human rights organizations.46 Members of the security forces are not held accountable for the abuses they commit.

The government has made extensive progress in the protection of property rights in the last two decades as it has worked to liberalize the economy. All citizens have the right to own property. However, small-scale farmers tend to lose disputes over land ownership. In the 1990s, Tunisia began the final stages of the privatization of state-owned land that had been reclaimed from the French and turned into agricultural cooperatives. The peasants working on these cooperatives were often descendants of the land’s occupants before French colonization, but state privatization policy favored large landowners over these peasants.47 There is also controversy concerning the settlement of property rights and titles for collective land. Political power and corruption played an important role during the privatization of customary land tenure.48 While contracts in Tunisia are enforceable, conflicts have arisen due to the political nature of privatization policies.

Recommendations

Urgent steps should be taken to strengthen the power and independence of the judicial branch, especially with respect to politically sensitive cases.

Military courts should no longer be used to try civilians, and the scope of “national security” in criminal law should be clearly and narrowly defined.

Detained suspects should be promptly charged and processed, or cleared and released. The common practice of detaining suspects for long periods without charges should be abolished.

The government needs to institute mechanisms to improve justice and transparency in the distribution of remaining collective land.

 

Anticorruption and Transparency – 3.08

Environment to protect against corruption: 3.20
Existence of laws and ethical standards between private and public sectors: 4.00
Enforcement of anticorruption laws: 2.25
Governmental transparency: 2.86

 

As in other countries, economic liberalization in Tunisia has reorganized opportunities for corruption and rent-seeking.49 The process, which accelerated in the 1990s, has been guided by patronage networks that intertwine public office and personal interest, particularly at the upper echelons of the state. State-owned assets have been privatized in an uncompetitive manner, and monopolies have been transferred intact to the private sector without an adequate regulatory framework.50 Furthermore, financial disclosures and asset declarations of public officials are not open to public and media scrutiny. These shortcomings point to a genuine need for effective auditing mechanisms and other controls as Tunisia makes the transition to a market economy.

The family of the president’s wife and other well-placed families have been implicated in improper business deals. Having started with few if any economic holdings, the Trabelsi clan—brothers and sisters of the president’s wife Leila—has been accused of improperly accumulating assets since her marriage to the president, including the only private radio station in the country, Radio Mosaique; the country’s most important airline and hotel company, Carthago Airlines; and important stakes in the wholesale, service, and agribusiness sectors. Similar dynamics exist in rural areas, where a rent-seeking elite has taken advantage of the privatization of state land. More productive small- and medium-scale farmers have been denied access to these resources amid the new policy focus on privatization, a market economy, and exports.

Tunisia’s score on Transparency International’s Corruption Perceptions Index has worsened over the past two years, dropping from 5 to 4.8 on a 10-point scale, with 10 representing the lowest level of perceived corruption. Countries with a score of 5 or below are deemed to have a serious corruption problem.

Indices of economic freedom give Tunisia average grades and show some progress in recent years. The Heritage Foundation’s 2007 Index of Economic Freedom ranked Tunisia above the regional average, at 6 out of 17 countries, as well as 1.8 percentage points higher than in 2006. The index did note complex trade regulations and opaque bureaucratic practices that increase opportunities for corruption, but Tunisia received relatively high marks for freedom from government intervention in the economy. It is also comparatively easy to start, operate, and close a business in Tunisia.51

Two public institutions are centrally involved in the enforcement of anticorruption laws. The Cour des Comptes (National Audit Office) is charged with auditing public-sector accounts, while the Disciplinary Financial Court is responsible for punishing violations of financial laws and regulations by public authorities. However, these institutions are likely rendered ineffective by the reality of patronage-based privatization in Tunisia and the involvement of the president’s family and high government officials in much of the malfeasance. People who denounce official corruption risk persecution or imprisonment. In this environment, whistleblowers, anticorruption activists, and investigators do not feel secure about reporting cases of bribery and graft.

Historically, corruption has not been pervasive in higher education in Tunisia, but there are growing signs that well-connected officials influence the outcome of exams, appointments, and staff transfers.52 The state continues to make efforts and progress in tax collection, administration, and auditing, in part by gradually enacting legislation that draws on internationally accepted standards.53 The administration and distribution of foreign assistance appears to be devoid of corruption, although the government maintains control of any funding for civil society organizations.

According to the International Monetary Fund (IMF), Tunisia has made substantial progress in some aspects of governmental transparency since the state initiated market reforms in the 1980s. Public access to government information has been improved through the posting of more data on the internet. Since 2002 Tunisia has participated in the IMF’s Special Data Dissemination Standard in order to implement international best practices with respect to economic and financial statistics. Tunisia has also participated in World Bank and IMF programs on financial policy transparency, fiscal transparency, banking supervision, securities regulation, and insurance supervision.54 This transparency drive has obviously not included the introduction of regulatory structures to prevent privatization that encourages rent-seeking.

The executive branch controls the budgetary process in Tunisia, and it keeps areas that it deems politically sensitive out of public view. The budget is not subject to meaningful legislative scrutiny. The state does not ensure transparency, open bidding, or effective competition in the awarding of government contracts; instead, contracts often go to government cronies.

 

Recommendations

 

A regulatory framework needs to be established to prevent any remaining state assets from being transferred to private monopolies.

Tunisia should continue adopting auditing mechanisms that are consistent with international standards.

The government should make public financial disclosures and asset declarations of all high level officials. An independent body should be established to enforce compliance and verify submitted information.

Tunisia should strengthen critical institutions such as the central bank, the finance ministry, the legal code, the judicial system, regulatory bodies, and revenue authorities so as to maintain macroeconomic stability, protect property rights, and guarantee contracts.

 

Author

Stephen J. King is associate professor of government at Georgetown University.

 

 

Notes

1 Reporters sans Frontieres (RSF), Silence, On Reprime (Paris: RSF, Rapports Moyen-Orient, 199

2 Many have argued that socioeconomic development fosters democracy. For an early formulation see Seymour Martin Lipset, “Some Social Prerequisites of Democracy: Economic Development and Political Legitimacy,” American Political Science Review 53 (March 1959).

3 Aysha Ramadan, “Foregone Conclusion,” Al Ahram Weekly, October 28–November 3, 2004.

4 John P. Entelis, “The Sad State of Political Reform in Tunisia,” Arab Reform Bulletin 2, no. 10 (November 2004).

5

“Q&A: Tunisia Votes,” BBC News, October 23, 2004. http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/middle_east/3754410.stm.

 

6 Ibid.

7 Ibid.

8 Marsha Pripstein Posusney, “Multiparty Elections in the Arab World,” in Authoritarianism in the Middle East and North Africa: Regimes and Resistance, ed. Posusney and Michele Penner Angrist (Boulder: Lynne Rienner Press, 2005), 98.

9 Michelle Dunn, “Tunisia: Crackdown on Activists,” Arab Reform Bulletin 4, no. 3 (April 2006).

10 Tunisian League of Human Rights, Democratic Association of Tunisian Women, and National Council for Tunisian Liberty, Report on the Presidential and Legislative Elections in Tunisia of October 2004.

11 Ibid.

12 Ibid.

13 Ramadan, “Foregone Conclusion.”

14 Stephen J. King, Liberalization Against Democracy: The Local Politics of Economic Reform in Tunisia (Bloomington: Indiana University Press, 2003).

15 Stephen J. King, “Failed Democratization in Egypt, Tunisia, Algeria, and Syria,” Political Science Quarterly (forthcoming).

16 Ramadan, “Foregone Conclusion.”

17 Entelis, “The Sad State…”

18 “Ben Ali’s Dictatorship Is Creating More Islamists,” Daily Star, January 26, 2007.

19 Larry Diamond, “Elections Without Democracy: Thinking About Hybrid Regimes,” Journal of Democracy 13, no. 2 (April 2002).

20 Information obtained from the Tunisian government website, http://www.tunisiaonline.com/government/government1.html.

21 Mohamed Charfi, Reforming Public Management and Development: The Case of Tunisia, (Beirut: International Centre for Prison Studies [ICPS]–Lebanon, 2004).

22 Senate of France, “Senates of the World: Tunisia,” http://senat.fr/senatsdumonde/english/tunisie.html.

23 Carnegie Endowment for International Peace, “Arab Political Systems: Baseline Information and Reforms—Tunisia,” Carnegie Endowment for International Peace, September 2, 2005, http://www.carnegieendowment.org/files/Tunisia_APS.doc.

24 Programme on Governance in the Arab World (POGAR), “Democratic Governance: Judiciary—Tunisia,” United Nations Development Programme (UNDP), http://www.undp-pogar.org/countries/judiciary.asp?cid=20.

25 Commission of the European Communities, Country Report Tunisia, 2004 (Brussels: Commission of the European Communities, May 12, 2004), http://ec.europa.eu/world/enp/pdf/country/tunisia_enp_country_report_2004_en.pdf.

26 Bassam Bounenni, “Tunisia: Closing Off Avenues for Dissent,” Arab Reform Bulletin 4, no. 6 (July 2006).

27 “Hunger for Change,” Tunezine, October 11, 2005, www.tunezine.com/article.php3?idarticle=977. See also Amnesty International (AI), “Tunisia: Government Repression “Making a Mockery” of World Summit on Information Society,” news release, November 16, 2005.

28 Entelis, “The Sad State…”

29 Tunisian League of Human Rights, Report on the Presidential and Parliamentary Elections…; see also RSF, “Tunisia: Annual Report 2005,” http://www.rsf.org/article.php3?id article=13302.

30 Human Rights Watch (HRW), World Report 2007 (New York: HRW, 2007).

31 “Scandale a Borj Erroumi, l’Abou Ghraib tunisien,” Tunisnews, April 28, 2004, http://www.tunisnews.net/scandal.htm.

32 AI, “Incommunicado Detention/Fear of Torture,” news release, January 18, 2007.

33 HRW, World Report 2007.

34 AI, Report 2006 (New York: AI, 2006)

35 Riccardo Fabiani, “Terrorism Risk Remains in North Africa,” World Security Network, February 14, 2007.

36 Entelis, “The Sad State…”

37 “Hijab Ban Debate Heats Up in Tunisia,” Islam Online, October 7, 2006, http://www.islamicawakening.com/viewnews.php?newsID=8210.

38 Ibn Khaldun Center for Development Studies, Civil Society and Democratization in the Arab World, Annual Report 2004 (Cairo: Ibn Khaldun Center for Development Studies, July 2005).

39 Handicap International, “Tunisia,” Handicap International, http://www.handicap-international.org.uk/page_212.php, accessed June 22, 2007.

40 HRW, “Tunisia: Protests Ahead of Global Information Summit,” news release, March 16, 2005.

41 HRW, World Report 2007.

42 Ibid.

43 Bounenni, “Tunisia: Closing Off Avenues…”

44 HRW, “Human Rights Overview: Tunisia,” HRW, http://hrw.org/english/docs/2006/01/18/tunisi12232.htm.

45 Carnegie Endowment, “Arab Political Systems…”

46 HRW, “Human Rights Overview: Tunisia.”

47 King, Liberalization.

48 Ibid.

49 Steven Heydemann, ed., Networks of Privilege in the Middle East (New York: Macmillan, 2004), 6.

50 Hector Schamis, Re-Forming the State: The Politics of Privatization in Latin America and Europe (Ann Arbor: University of Michigan Press, 2002), 4.

51 Heritage Foundation, 2007 Index of Economic Freedom (Washington, D.C.: Heritage Foundation, 2007).

52 Neziha Rejiba, “No Respect for the Rules of Democracy: Ben Ali’s Young Sharks,” Le Monde Diplomatique, March 2006.

53 International Monetary Fund, “IMF Executive Board Concludes 2006 Article IV Consultation with Tunisia,” news release, June 8, 2006.

54

POGAR, “Democratic Governance: Financial Transparency—Tunisia,” UNDP, http://www.pogar.org/countries/finances.asp?cid=20.

 

(Source: le rapport annuel de « Freedom House », le 1er ocobre 2007)

Lien: http://www.freedomhouse.org/modules/publications/ccr/modPrintVersion.cfm?edition=8&ccrpage=37&ccrcountry=172

 

 

 


 

On écrit au journal « Le Temps »

Statut des maîtrisards dans les écoles primaires privées

 

Nous avons reçu de M. Walid Ferchichi cette correspondance où il conteste le sort réservé aux maîtrisards dans les écoles primaires privées.

 

L'avenant n°7 à la convention d'enseignement privé (JORT n°8 du 27/1/2006) a institué le grade de professeur d'enseignement primaire pour les écoles primaires privées.

 

Toutefois, la rémunération prévue pour ce grade destiné aux titulaires d'une maîtrise est inférieure à celle des maîtres d'application ( grade de promotion pour les maîtres principaux titulaires d'un diplôme universitaire bac+2 :J.O.R.T. n°15 du 21/02/1997).

 

Par ailleurs, le nombre d'heures à effectuer par les professeurs d'enseignement primaire (25h) est supérieur à celui effectué par les maîtres d'application (20h) ; et ce, contrairement à la logique qui consiste à attribuer les avantages selon la qualification professionnelle de chaque grade dont la hiérarchie est tributaire de la nature du diplôme obtenu.

 

A titre d'illustration, les maîtrisards enseignant dans les écoles primaires publiques, bénéficient, en vertu du décret n°2000-2379 du 17 Octobre 2000, du grade de professeur d'écoles primaires. L'article 2 de ce décret stipule que : « Les professeurs d'écoles primaires bénéficient du même traitement de base, indemnité kilométrique, prime de rendement et prime pédagogique alloués au grade de professeur de l'enseignement secondaire ».

 

Compte tenu des orientations visant l'intégration et l'encouragement de titulaires de diplômes universitaires, il est proposé d'envisager, lors des prochaines négociations sociales, de prévoir, pour les maîtrisards enseignant dans des écoles primaires privées, une rémunération et un nombre d'heures conformes à leur grade et correspondant à la hiérarchie de leur diplôme par rapport à ceux des autres grades et ce, à l'instar de leurs collègues du secteur public.

 

Walid Ferchichi  - Tunis

 

(Source : « Le Temps », (Quotidien – Tunis), le 4 octobre 2007)

 

 

Tests ADN en France

Le Mrap demande la saisine du Conseil constitutionnel

 

Reuters, le 4 octobre 2007  à 11h28

 

PARIS, 4 octobre (Reuters) - Le Mrap a dénoncé jeudi la faute éthique que constitue à ses yeux l'adoption de l'amendement permettant le recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial et réclamé la saisine du Conseil Constitutionnel.

 

Le Sénat a adopté dans la nuit un amendement au projet de loi sur l'immigration remanié qui prévoit désormais de soumettre les tests génétiques à l'autorisation d'un magistrat civil, de les limiter à la recherche d'une preuve de filiation avec la mère et de les rembourser.

 

"Malgré les aménagements de dernière minute permettant soit disant d'encadrer, il reste que ce vote représente une régression, une tache qui souille la page de l'histoire des droits et des libertés fondamentales", écrit le président du Mrap, Mouloud Aounit, dans un communiqué.

 

"Ce vote reste une faute éthique, morale. Il représente une humiliation à l'endroit d'hommes, de femmes, d'enfants en quête d'une vie digne. Cet amendement est révélateur de l'autisme et de l'acharnement obsessionnel de ce gouvernement contre l'immigration", poursuit-il.

 

Le Mrap "encourage la mobilisation citoyenne" contre ce texte et "attend que tous les moyens soient mis en œuvre, y compris la saisine du Conseil constitutionnel, pour faire barrage à ce projet qui structure de manière racisante la société française".


Pétition contre les tests ADN

 


En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre d’un regroupement familial, l’amendement Mariani, adopté par l’Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l’ère d’une utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant dévolue au contrôle étatique.
Cette nouvelle donne pose trois séries de problèmes fondamentaux.


Tout d’abord, des problèmes d’ordre éthique. En effet, l’utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d’emblée cette question : depuis quand la génétique va t’elle décider de qui a le droit ou non de s’établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu’ils reconnaissent comme étant leurs enfants.

Ensuite, cet amendement fait voler en éclats un consensus précieux dans un champ – la génétique – qui ne peut être durablement dynamique en matière de recherche que sur la base de ce consensus qui éloignait du domaine du possible des utilisations de la génétique potentiellement contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté.

Enfin, cet amendement s’inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s’accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d’enfants annuellement concernés et au regard de l’absence de raison substantielle qu’il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu’ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l’amendement instaurant les tests ADN n’a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force.

Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration.

 

Premiers signataires :


 

 

Isabelle Adjani, actrice
Raymond Aubrac, ancien résistant
François Bayrou, président du Modem
Laurent Fabius, ancien Premier ministre
Dan Franck, écrivain
René Frydman, professeur de gynécologie-obstétrique
François Hollande, premier secrétaire du PS
Axel Kahn, généticien
Bernard-Henri Lévy, philosophe
Pierre Mauroy, ancien Premier ministre
Jean-Claude Mailly

Jeanne Moreau, actrice
Patrick Pelloux, médecin urgentiste
Ségolène Royal, présidente de Région
Jorge Semprun, écrivain, homme politique espagnol
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Francis Spizner, avocat à la cour
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT
Lilian Thuram, footballeur professionnel
Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre

 

 

Pour signer la pétition en ligne, cliquez sur le lien suivant : 

http://www.touchepasamonadn.com

 

Retransmis par 
Mireille BERTHO
Déléguée Régionale de la Ligue des Droits de l'Homme en Rhône-Alpes
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Nahr el Bared
On apprend que dix Tunisiens figurent parmi les terroristes de Nahr El Bared au Liban.
Ils sont âgés entre 19 et 25 ans. Un seul d’entre eux a été arrêté, les autres seraient encore en fuite.
 
Situation des Droits de l’Homme
Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a procédé la semaine dernière à un tirage au sort de l’ordre dans lequel les États seront soumis à la nouvelle procédure d’examen périodique universel.
A la lumière de ce tirage, le Bahrein, l’Equateur et la Tunisie seront les premiers pays sur un total de seize désignés pour être soumis à un processus de vérification du respect des Droits de l’Homme établi par les Nations Unies.
La sélection en vue de cette “Vérification universelle périodique” fait partie d’un calendrier prévoyant une vérification systématique de la situation dans les 192 pays membres avant la fin de 2011.
 
Fadhel Jaziri
Le tournage du film Thalathoun de Fadhel Jaziri a commencé cette semaine. Plus de 200 comédiens et 500 figurants participent à ce grand film.
 
Fathia Adala Khancha 
La journaliste Fathia Adala Khancha et ancienne directrice du journal télévisé en langue arabe a été nommée à l’ATCE.
 
Un Tunis-Montréal-Toronto à partir du 20 mars ?
La compagnie aérienne Northern Lights Airlines Ltd a trouvé un accord avec les autorités tunisiennes pour une ligne aérienne Tunis-Montréal-Toronto. La ligne pourrait démarrer le 20 mars prochain, selon les informations que nous avons recueillies auprès de sources proches du ministère du Transport. Cependant on ne connaît pas sa périodicité qui ne sera sûrement pas quotidienne.
 
La compagnie canadienne est née tout récemment. Elle est spécialisée dans les vols charter et va louer trois Boeing 767 pour ses différentes dessertes.
 
(Source : « Réalités » N° 1135 du 27 septembre 2007)
 
 


L’opposition tunisienne : Des conflits et des différends
 
 
Comme à chaque rentrée politique, des questions et des interrogations se posent quant à la situation des partis de l’opposition.
Déjà, au début de ce qu’il est convenu d’appeler la période de vacances politiques, certains observateurs ont émis l’espoir que l’été serait propice à ces partis pour organiser des activités de réflexion, d’évaluation afin de dresser un bilan de leur action passée et de se préparer à la rentrée après avoir affirmé leurs programmes et clarifié leur discours, quelques-uns parmi les plus optimistes, avaient même souhaité que les partis de l’opposition profitents des vacances pour entamer des campagnes de “recrutement” —au sens noble du terme— parmi les jeunes et particulièrement les
 
Les mois passèrent et à part quelques rares réunions, séminaires et colloques, les partis de l’opposition vaquèrent à leurs activités habituelles : la gestion du quotidien par la publication de communiqués sur des questions de l’actualité nationale ou arabe et la gestion de leurs différends . C’est ce dernier point qui mérite l’attention. Chacun sait que tous les partis de l’opposition connaissent des problèmes de leadership entre leurs membres, de susceptibilités et parfois des divergences sur des questions de fond, mais elles sont si rares et tellement ambigües qu’elles passent au second plan aux yeux de ceux parmi les Tunisiens qu’intéresse la situation des partis de l’opposition. Ces propos peuvent ne pas plaire à certains dirigeants de l’opposition qui sont prompts, en maintes occasions, à se lancer dans des condamnations des médias coupables, selon eux, de “fabriquer” des conflits qui n’existent pas afin de nuire à l’opposition. L’essentiel est qu’il est aujourd’hui évident que l’opposition tunisienne ne se porte pas bien, non seulement au niveau de son audience et de sa présence dans la société et particulièrement chez les jeunes, et qui sont tributaires autant de facteurs objectifs que de l’incapacité de ces formations à s’affirmer dans le rôle qui est en principe le leur, mais aussi au niveau interne à ces partis, aucun d’entre eux n’a su éviter les scissions, les exclusions, les condamnations, c’est à croire que tout cela est l’expression d’une réalité plus profonde que celle de conflits ou de différends que connaissent la plupart des partis politiques dans le monde et qui sont même des signes de bonne santé.
 
Les partis de l’opposition ne parviendront pas à assurer leur rôle, tant qu’ils demeureront déchirés et paralysés par ces conflits internes, et cela est grave et présente de sérieux risques, d’abord pour l’opposition qui se trouve ainsi discréditée aux yeux de l’opinion publique et incapable d’atteindre une quelconque audience, ensuite pour la démocratie elle-même car des partis marginalisés par des querelles internes, ne peuvent en aucun cas servir le développement de la démocratie dans notre pays et aussi parce que quelle que soit la volonté des pouvoirs publics, ils ne peuvent à eux seuls faire avancer la cause de la démocratie plurielle car pour cela il faut être plusieurs.
 
Le tableau qu’offrent les partis de l’opposition présente des situations qui n’incitent nullement à l’optimisme : le MDS vit toujours une crise latente qui porte les stigmates du passé de ce parti, des luttes et des conflits pour le leadership qui se sont cristallisés autour de groupes qui affirment, chacun de son côté, détenir la légitimité. Entre temps, le parti n’a pas pu renouveler ses structures ni entamer la préparation sérieuve de son prochain congrès. L’absence du secrétaire général, pour cause de maladie, avait semblé reporter les échéances mais avec son retour, les problèmes se posent de nouveau. Au M.U.P. ce sont des différends ponctués de démissions, de déclarations, de contestation, de la manière dont le parti est dirigé qui prévalent et même si le secrétaire général parvient à atténuer les effets de cette situation, les problèmes ne sont pas pour autant résolus.
 
Le P.S.L, dont on avait pensé que sa crise était résolue avec le départ de Mounir Béji, connaît lui aussi des périodes de tension qui s’expriment de façon épisodique. Quant au mouvement Ettajdid, qui a tenu son dernier congrès qui devait marquer l’émergence d’un parti de la gauche démocratique, il a révélé à cette occasion les profondes divergences qui séparent les courants qui le composent et qui ont abouti au départ de nombreux de ses éléments et non des moindres. Enfin le P.D.P qui a élu au cours de son dernier congrès une femme à sa tête, une première en Tunisie, donne l’image d’un parti de consensus, mais cette apparence ne parvient pas à masquer des divergences de fond, notamment en ce qui concerne la position à adopter face au pouvoir et aux partis de l’opposition.
 
Pour dépasser ces problèmes qui entament leur action, les partis de l’opposition n’ont d’autre choix que de promouvoir le libre jeu démocratique dans leur organisation et leur gestion et adopter la transparence et le respect du droit à la différence.
 
Ali Ben Samir
 
(Source : « Réalités » N° 1135 du 27 septembre 2007)


La leçon de Bizerte.
Par Taïeb Zahar
 
Rien ne laissait prévoir que le match de football entre le Club Athlétique Bizertin et le Club Africain allait connaître l’issue dramatique qu’il a eue. Déjà au cours de la rencontre on a assisté à des scènes auxquelles nous nous sommes habitués depuis que l’esprit sportif a déserté nos stades dans une indifférence générale, malgré les professions de foi et les déclaration de principes qui font appel au respect de l’éthique, du fair-play… Mais le pire était encore à venir puisque dès la fin du match des hordes de véritables hooligans se sont livrés à des actes de vandalisme et de violence que notre pays a rarement connus et qui n’ont épargné ni les personnes, ni les voitures, ni les habitations, ni même —ce qui est le comble— une clinique.
 
L’occasion de cette violence, qui n’est pas sans rappeler les émeutes que connaissent les banlieues françaises de façon devenue épisodique, a été certes un match de football, mais il n’y a pas que cela. D’abord parce que nous sommes en début de saison et qu’il n’y avait pas d’enjeu qui puisse justifier les passions et les débordements ; ensuite parce que, la saison dernière, pour ne pas remonter plus loin, le Club Athlétique Bizertin jouait chaque semaine sa place en Ligue 1, mais on n’a pas connu de tels agissements.
 
Les causes sont plus profondes. Enfin des évènements similaires se sont produits au Bardo il y a quelques jours lors d’un match amical de Handball ! ?
 
Certains avancent, pour atténuer les dimensions des évènements de Bizerte, qu’il s’agit là d’un phénomène universel qui touche la jeunesse de la plupart des pays du monde. Cette approche n’est pas convaincante car elle tend à diluer le problème en le banalisant, et aussi ce n’est pas parce que la violence, l’anarchie et la délinquance semblent se généraliser qu’il faut les accepter et se rendre, ainsi et par complaisance, complice de leur développement qui pourrait être exploité et instrumentalisé, prendre d’autres significations et avoir des effets très graves.
 
Ce qui s’est passé à Bizerte n’a rien à voir avec l’expression, même spectaculaire, d’une amertume ou d’un sentiment d’injustice.
 
Les jeunes (et les moins jeunes) qui ont perpétré des actes de vandalisme, blessant, incendiant et détruisant, obéissent à plusieurs motivations. La jeunesse est par essence contestation et révolte, mais quand celles-ci atteignent un tel degré de violence, c’est qu’elles expriment autre chose de plus profond et de plus grave. Il s’agit de frustrations, de désillusions qui explosent à la première occasion et qu’y a-t-il de plus mobilisateur et de plus “fédérateur” des ressentiments que le sport et le football en particulier ?
 
Les causes sont diverses. La première, ou du moins celle qui paraît la plus déterminante, est en rapport avec le chômage. Il est évident que le meilleur facteur d’intégration sociale est le travail. Pour un jeune, qui en plus a fait des études qu’il croyait être le plus sûr moyen de promotion sociale, se retrouver au chômage est la pire des situations, d’où l’aventure, la déception puis la colère qui s’exprime par la violence. Cette violence que nous retrouvons dans notre vie quotidienne, familiale, professionnelle et sociale, et même si elle ne revêt pas toujours un caractère spectaculaire, elle n’en est pas moins réelle. On la retrouve au niveau du langage, particulièrement chez les jeunes, ponctué d’expressions vulgaires qui consacrent d’ailleurs la pauvreté du langage de ces jeunes qui se réduit à quelques expressions qu’ils ne cessent de répéter. On la retrouve aussi à l’école, ce haut lieu en principe du respect et de la décence, où les élèves n’ont plus d’estime pour leurs professeurs qu’ils arrivent même à agresser. On la retrouve également dans la rue, sur les lieux de travail, dans les cafés et dans les stades.
 
Ce phénomène, qui tend à se généraliser, a des dimensions psychologiques, les consultations et les enquêtes menées à ce sujet ont montré un désarroi chez la jeunesse, un manque de confiance et une certaine indifférence à l’égard de tout ce qui touche à la politique, à la vie associative, au volontariat, tous ces domaines qui étaient l’apanage des jeunes où ils pouvaient donner libre cours à leur générosité et aux valeurs sans lesquelles la jeunesse ne serait pas la jeunesse.
 
Face à cette situation, la société tunisienne doit réagir, et ceci implique la responsabilité de tous. Les pouvoirs publics, qui doivent avant tout parer à tout débordement, et en amont adapter les programmes de l’éducation, le discours culturel et celui des médias, particulièrement la télévision et la radio, à ces exigences de prévenir le corps social de ces risques. Il ne s’agit pas là d’un conformisme conservateur, loin de là, car nous pensons que cette action ne peut être bénéfique que dans le cadre de l’ouverture, du respect de la personnalité des jeunes, de leur droit à l’expression libre, critique et démocratique, tant il est clair que seul le débat peut éclairer et canaliser les passions les plus fortes. Nous devons donner aux jeunes l’occasion de s’exprimer et d’exposer leurs préoccupations et leurs attentes et surtout les écouter et tenir compte de ce qu’ils ont dit et proposé.
 
Cette action globale relève aussi de la responsabilité des parents, des éducateurs, et à un autre niveau des partis politiques, des associations et de la société civile. Conjuguée aux effets d’une politique de développement qui crée des emplois et favorise la promotion sociale, cette action peut aboutir à des résultats, car ce qui est dramatique, ce n’est pas qu’une société ait des problèmes mais qu’elle les ignore.
(Source : « Réalités » N° 1135 du 27 septembre 2007)

 

Qu’est-ce qu’un islamiste modéré ?
 
Par Foued Zaouche
 
Il faut se poser cette question car nous entendons souvent ces termes employés par la presse pour définir les partis qui se présentent aux élections sous la bannière d’un Islam assagi et tolérant comme en Turquie par exemple, ou au Maroc ou en Algérie, des Islamistes qui officiellement se disent prêts à jouer le jeu démocratique pour parvenir au pouvoir, on pourrait dire, dans les règles de l’Art politique.
 
L’islamisme politique se définit comme une idéologie se réclamant de l’Islam qui a des ambitions sociales et politiques, son effort porte sur la conduite des hommes et prône la solidarité et la fraternité au sein de la communauté, des valeurs éminemment respectables que chacun peut revendiquer. Mais cette idéologie prend sa source essentiellement dans la Chariaa qui, plus qu’un code de conduite, est un ensemble de lois juridiques et sociales extrêmement précises et contraignantes accompagnées par des châtiments corporels, comme la lapidation ou l’amputation d’un membre, qui peuvent sembler barbares dans leur application dans certains pays rétrogrades.
 
La première question qu’il faut poser à ces islamistes modérés est celle-ci : sont-ils pour l’application de la Chariaa et de ses châtiments corporels ? Pour être honnête, je ne pense pas sincèrement qu’un Erdogan ou un Güll, au pouvoir actuellement en Turquie, prôneraient l’application de châtiments corporels, cela provoquerait un véritable tollé dans cette Europe dont ils ont l’ambition officiellement de faire partie. Par contre, ces deux dirigeants sont certainement pour l’abolition de la laïcité qui préconise la neutralité de l’Etat envers les religions, pour l’instauration d’un régime islamiste et surtout pour l’affirmation d’un dogme, créateur d’une pensée unique, une porte ouverte à l’instauration d’un ordre moral et d’une censure rigoureuse. Pourrait-on nier l’existence de Dieu dans ce type de régime sans redouter d’être taxé d’apostasie et de craindre pour sa propre vie ? Pourrait-on enseigner dans les universités les théories de l’évolution qui replacent dans leur véritable contexte l’origine de la vie? Aurais-je le droit, en tant qu’individu, d’exister, de me comporter, de penser et de dire ce que je veux dans les limites de la liberté de l’autre ?
 
Si l’Islam prôné par les islamistes consiste à respecter les valeurs de la science et la primauté de celle-ci sur toutes autres considérations, alors que signifie le fait d’être islamiste ?
 
Etre musulman est une chose, être islamiste en est une autre. J’aimerais comprendre par exemple pourquoi les épouses des deux principaux dirigeants turcs sont voilées. Que signifie le fait de porter tailleurs et pantalons et de s’affubler d’un foulard ou peut-être est-ce cela qui définit l’islamiste modéré? J’aimerais demander respectueusement à ces deux femmes si elles accepteraient de perdre les droits civiques dont elles disposent dans la Turquie laïque pour devenir des mineures sur le plan juridique si par malheur un régime islamiste était mis en place dans ce beau pays.
 
C’est peut-être cette confusion entretenue qui m’inspire une solide méfiance envers ce qu’on appelle « islamiste modéré» car je pense sincèrement qu’on est un islamiste modéré dans l’opposition et un islamiste pur et dur au pouvoir. L’islamisme politique a la volonté de régenter la vie sociale et intime des citoyens et je ne parle pas du statut des femmes reléguées dans un état de soumission qui est une véritable insulte à l’intelligence. Dans un régime islamiste, l’ensemble des citoyens est censé vivre dans la soumission de la loi divine dont l’interprétation est laissée à quelques théologiens qui disposent du vrai pouvoir comme on le constate en Iran ou sous la sinistre tyrannie de ce qu’on a appelé les talibans en Afghanistan lorsqu’ils étaient au pouvoir. Il ne peut y avoir de cohabitation entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel car le pouvoir ne peut se partager et toutes les sociétés démocratiques ont fait ce partage et donné à chacun son espace d’expression. Au pouvoir temporel, celui de la gestion des hommes et de leur imbroglio, et au spirituel, l’opportunité laissée à chaque individu de répondre à sa manière aux interrogations existentielles dans une relation libre et ouverte avec sa propre conscience. Mais le pouvoir engendre trop d’appétits pour que ce partage se fasse sereinement et il a fallu des luttes parfois sanglantes pour reléguer le pouvoir des religieux dans leur seul espace spirituel. Je constate avec désespoir que la lutte à mener est loin d’être gagnée et que l’hydre semble renaître, se nourrissant de la peur des hommes et de leur angoisse existentielle.
 
Le Monde arabe est malade de sa surenchère religieuse, entre islamistes modérés et intégristes de tous bords, les Arabes s’accrochent à leur religion comme à une planche de salut sur un océan de tourmentes en en faisant leur seule identité et leur seule référence, oubliant le grand profit à entendre et à connaître les autres peuples. Qu’il était grand le temps où l’Islam recommandait d’aller chercher la connaissance jusqu’en Chine. On ne peut cloisonner sa pensée sans dommage car la modernité s’imposera un jour ou l’autre, inexorablement. La sanction du réel, celle de la vérité scientifique, balaiera tous les dogmes. Prendre le train de la modernité, c’est commencer par relativiser ses propres croyances et surtout accepter de vivre avec sa propre ignorance. A tous les excités de tous bords qui se croient investis d’une mission divine, on a envie de recommander plus de modestie et de tolérance, le maître mot pour un « vivre mieux » ensemble, harmonieux et pacifique.
 
(Source : « Réalités » N° 1135 du 27 septembre 2007)
 

 
Turquie - Gül s'engage à poursuivre les réformes malgré l'armée
 
Reuters, le 3 octobre 2007 à 16h04

    STRASBOURG, 3 octobre (Reuters) - Le nouveau président turc, Abdullah Gül, s'est engagé mercredi à poursuivre les réformes dans la voie d'une intégration de son pays en Europe, tout en minimisant les risques de voir l'armée s'y opposer.
    "L'engagement de la Turquie vis à vis du processus de réforme continuera", a-t-il dit à Strasbourg devant l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe dont il fut membre durant
neuf ans et à laquelle il a réservé sa première intervention à l'étranger depuis son élection le 28 août.
    Abdullah Gül a évoqué les progrès accomplis par son pays en matière de droits de l'homme, affirmant qu'après la phase d'adhésion aux conventions internationales qui les protègent et celle des réformes internes venait le moment de la "mise en pratique effective".
    "Les transformations en cours correspondent aux aspirations du peuple turc", a-t-il dit en mettant en avant la participation de "près de 85%" aux élections législatives de juillet dernier.
    Il a affiché sa confiance dans la neutralité de l'armée qui a mis en garde, à plusieurs reprises, le gouvernement de l'AKP, issu de la mouvance islamiste, auquel il appartient, contre
toute atteinte au principe de laïcité et la poursuite de certaines réformes.
    "Les forces armées turques connaissent très bien leur devoir dans un champ défini par la loi et la constitution", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse.
    Il a ainsi relativisé les réserves des militaires sur une réforme de l'article 301 du code pénal, qui punit tout dénigrement de l'identité nationale turque et des institutions
de la République, et dont l'Union européenne comme le Conseil de l'Europe demandent l'abrogation.
    "L'article 301 n'a rien à voir avec les forces armées. Cela relève de la compétence du gouvernement", a-t-il affirmé en se disant favorable à une réforme de la loi.
    Abdullah Gül a réaffirmé la position de son parti en faveur du droit pour les femmes de porter le voile dans la vie publique et notamment à l'université où il est interdit. "C'est à la femme de prendre sa décision en fonction de ses choix et de ses convictions", a dit ce musulman dont la femme elle-même porte le foulard.
    "La Turquie reste un Etat démocratique et séculier. Vous n'avez aucune raison d'être inquiet", a-t-il répliqué à un parlementaire libéral.
    Interpellé par un parlementaire français sur le "génocide arménien" de 1915, le président turc a par ailleurs rappelé la position de la Turquie qui ne voit dans les massacres commis que
des "événements tragiques".
    Abdullah Gül a rappelé que la Turquie avait proposé la constitution d'une commission mixte, composée d'historiens turcs, arméniens et d'autres nationalités pour enquêter sur le sujet. "Nous accepterons les conclusions de ce comité mixte", a-t-il dit.

 


 

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