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11 ème année, N°4145 du 04.11.2011

archives : www.tunisnews.net

FTCR: Les jeunes migrants tunisiens exigent de la dignité

Le Parisien: Ben Jaafar : «On ne doit pas avoir peur d'Ennahda»

Le Point: Hamadi Jebali, le visage si rassurant d'Ennahda

Le Monde: "Tunisie : l'échec des modernistes"

Martine Gozlan: Tunisie. Les femmes en tête des 60% d'adversaires d'Ennahda!

Illustre: lina Ben Mhenni: «on pourra me tuer, mais je ne porterai jamais le voile»

Le Figaro: France: nouvelle manifestation de catholiques contre une pièce de théâtre

LES JEUNES MIGRANTS TUNISIENS EXIGENT DE LA DIGNITÉ

Paris le 31 octobre 2011,

La situation des jeunes migrants tunisiens arrivés en France après la révolution continue à s'empirer et devient alarmante. Ceux qui avaient pu obtenir un hébergement par la mairie de Paris ont été évacués le 31 aout 2011. Une partie d'entre eux ont bénéficié de l'aide complémentaire de la Mairie de 700 euros et sont rentrés en Tunisie, les autres qui n'ont pas reçu cette aide se sont rajoutés aux autres centaines et sont à la rue dans des situations encore plus précaires. L'arrivée de la saison froide rend leur situation plus inquiétante.

 

Le gouvernement français continue sa politique injuste et répressive contre les jeunes tunisiens sans papiers, il refuse de négocier avec les associations et les représentants des jeunes migrants pour fixer des conditions permettant un retour digne au pays pour ceux qui le souhaitent. Les demandes maintes fois répétées de formation professionnelle spécifique pour faciliter le retour et l'insertion sont ignorés avec mépris.

 

Étranglée financièrement la F.T.C.R. continue à apporter un accueil aux jeunes migrants tunisiens et à leur faciliter l'accès à un minimum de droits qui reste fondamentalement insuffisant : ouverture d'un café social "Passage Migrants au 158 rue de Charenton Paris 12ème et accueil juridique et sanitaire au siège.

 

Aussi pour éviter que la tragédie de Pantin ne se répète, et avant que la rigueur de l'hiver ne se répande, la F.T.C.R. répond à l'appel lancé par un certain nombre de jeunes migrants et demande à tous ses amis et partenaires : associations, syndicats et partis et organisations politiques françaises et tunisiennes de se mobiliser pour rompre la politique de mépris et de dénis du gouvernement français contre les jeunes migrants de la révolution tunisienne.

 

La F.T.C.R. appelle à un RASSEMBLEMENT

 

Le mercredi 9 novembre 2011 à 18H30 à Paris

Vers la Préfecture de Paris

PLACE du CHÂTELET

Pour :

 

è Aider les migrants qui le veulent à organiser leur retour vers la Tunisie dans la dignité.

è L'ouverture immédiate de lieux d'hébergement d'urgence pour les jeunes migrants.

è Octroi effectif à l'aide médicale d'urgence pour ceux qui ont font la demande

è La régularisation des jeunes migrants arrivés en France à l'issue de la révolution tunisienne.

Première signataires : F.T.C.R. – U.T.I.T. Ile-de-France - Tunisie Verte - A.F.A.D. - F.A.S.E. -A.T.M.F. -Vérité et Justice Pour l'Algérie - UNIT*S - A.C.O.R.T. - P.G.- P.C.F.- Le Manifeste des libertés - MOPAD France- Les Alternatifs - Collectif d'Ailleurs Nous Sommes d'Ici - Secrétariat International C.N.T. - E.E.L.V. - LDH - P.C.O.F. - A.T.T.A.C. - A.D.T.F. -P.D.P. France - NPA ....

 

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Exclusif.

Ben Jaafar : «On ne doit pas avoir peur d'Ennahda»


 

Rahim Bellem | Publié le 01.11.2011, 16h34 | Mise à jour : 03.11.2011, 17h41

Le chef du Forum démocratique Ettakatol, Moustapha Ben Jaafar, se déclare candidat au poste de président de la République de Tunisie, pour la période transitoire qui s'ouvre avec l'élection d'une Assemblée constituante, dominée par une majorité du parti islamiste Ennahda avec 90 sièges sur 217. Ettakatol a obtenu 21 sièges juste derrière le Congrès pour la République (CPR) dirigé par Moncef Marzouki avec 30 sièges.

Médecin de 70 ans, proche des socialistes, Moustapha Ben Jaafar affirme au parisien.fr qu'il veut incarner la «volonté consensuelle» dans le nouveau gouvernement tout en assurant la sérénité avec la communauté internationale qui «ne doit pas, selon lui, avoir peur des islamistes» de Ennahda.

Les islamistes de Ennahda étant arrivés en tête des premières élections de l'après Ben Ali, comprenez-vous les craintes de l'Occident ?

-«Je n'ai pas attendu ces résultats pour dire que nous ne devons plus avoir peur de qui que ce soit soit, pas de l'islamisme seulement. Nous devons d'abord nous réconcilier entre nous-mêmes, accepter l'autre. Croire que cette société tunisienne est une société de la modération et de l'ouverture».

Est-ce possible pour le démocrate que vous êtes de travailler sur un projet de constitution avec des islamistes ?

-«Bien sûr que c'est possible, en considérant que nous sommes dans une situation exceptionnelle et que nous ne sommes pas dans un scénario classique de majorité-minorité. Et que les forces de progrès soient convaincues qu'aujourd'hui, on ne pas laisser le pouvoir à un seul parti dominant. Parce que nous sommes à un virage où beaucoup de choses importantes et qui vont déterminer l'avenir du pays vont se décider au cours de la prochaine année.»

Ca veut dire que, selon vous, les Occidentaux comme la société civile tunisienne n'ont vraiment rien à craindre d'Ennahda ?

-«Absolument ! Ils n'ont rien à craindre. Il faut considérer que 60% des électeurs ne sont pas Ennahda sans parler des gens qui se sont éparpillés sur des petites listes. Il ne faut pas oublier que près de 40% des Tunisiens ne se sont pas inscrits sur les listes électorales. Tous ces éléments doivent être pris en compte pour relativiser ce succès d'Ennahda. La peur n'a pas sa place aujourd'hui.»

Ennahda revendique la tête de l'exécutif. Et vous, êtes-vous candidat aux responsabilités ?

-«Je suis candidat potentiel pour les premières responsabilités qui pourraient surgir d'un consensus entre les forces politiques représentées au sein de cette nouvelle assemblée. Nous sommes, d'abord, pour nous concerter autour d'un scénario global. Je n'ai pas encore fixé mon choix. Mais je suis un candidat potentiel à la présidence de la République, pourquoi pas.»

Si vous êtes président de la République, quelles seront vos priorités ?

-«Réaliser le changement d'une part, répondre aux attentes urgentes de la population, notamment la question du chômage et de la pauvreté, de la précarité et les disparités entre les régions. Puis, et c'est peut-être la tâche essentielle au cours de l'élaboration de la nouvelle constitution: faire tout pour préserver les acquis de la société tunisienne en terme de modernité, de démocratie et des libertés, d'égalité entre les hommes et les femmes. Voilà nos objectifs.»

En préservant l'unité nationale ?

-«Absolument, préserver l'unité nationale. Surtout éviter la bi-polarisation de la vie politique qui pourrait être source de tensions. Et être convaincu que pour atteindre ces objectifs, dans une année cruciale, il faut qu'il y ait la sécurité, la stabilité. Il faut donc rassurer l'entreprenariat national et étranger, notamment nos amis des pays qui ont des rapports historiques et intimes avec la Tunisie. Tout cela ne peut se faire que dans le cadre de ce que nous proposons, nous, à savoir un gouvernement d'intérêt national.»

 

Ce gouvernement est pour bientôt ?

 

 

- «Je l'espère. Nous avons une dizaine de jours avant que la nouvelle assemblée ne soit convoquée. D'ici là, nous poursuivons nos concertations avec les différents partenaires, sans laisser personne sur le bas côté»

(Source: LeParisien.fr le 3 novembre 2011)

 

Hamadi Jebali, le visage si rassurant d'Ennahda

 

Le Point.fr - Publié le 03/11/2011 à 07:33 - Modifié le 03/11/2011 à 12:36

De notre correspondante à Tunis, Julie Schneider

Lunettes aux montures fines vissées sur le nez et barbiche blanche, Hamadi Jebali se veut rassurant. Le secrétaire général d'Ennahda, parti qui a obtenu 41,5 % des sièges à l'élection de l'Assemblée constituante le 23 octobre, est pressenti au poste de Premier ministre. Même si les jeux ne sont pas encore faits, tout porte à croire qu'il sera le prochain chef du gouvernement tunisien. Lors d'une conférence de presse tenue à la salle Top Happiness, à Tunis, au lendemain de l'annonce des résultats officiels, il assurait mener des discussions avec les autres partis politiques tunisiens au nom du mouvement islamique.

Cet ingénieur de 62 ans est l'un des membres fondateurs du Mouvement de la tendance islamique, ancêtre d'Ennahda, fondé en 1981. "Il était très populaire, se souvient Samir Dilou, membre exécutif d'Ennahda. Au sein du parti, il avait la réputation d'être un homme d'écoute et de dialogue. Il avait la qualité d'encourager les jeunes même s'ils commettaient des erreurs."

Exil à Paris

Son militantisme, Hamadi Jebali l'a commencé alors qu'il était encore étudiant à Paris. Son combat pour les libertés, notamment religieuses, lui a fait connaître l'exil. Tout d'abord en France, en 1982, où il resta deux ans avec sa famille, mais aussi en Espagne, en 1987. Originaire de Sousse, ville côtière, Hamadi Jebali ne venait pas d'une famille particulièrement militante. "Il faisait exception parmi ses cinq frères et soeurs", avoue Soumaya, sa fille aînée âgée de 30 ans. Quand il rentre en Tunisie, l'avis de recherche qui pèse sur lui l'oblige à se déplacer "de maison en maison", se souviennent ses filles. "On ne pouvait pas rester plus d'un mois au même endroit."

Directeur du journal du mouvement islamique Al Fajr, ce meneur a été incarcéré une première fois en 1991 après la publication d'un article sur les tribunaux militaires, jugé "diffamatoire". Condamné à un an de prison, il sera jugé une seconde fois, l'année suivante, à l'occasion de la vague de répression anti-islamiste menée par le président Ben Ali. À nouveau jugement, nouvelle peine : Hamadi Jebali écope de seize ans de prison, dont dix en isolement, "pour appartenance à une organisation illégale" et "complot visant à changer la nature de l'État". Après trois grèves de la faim, il sera finalement gracié et retrouvera la liberté le 26 février 2006.

Une seule feuille de papier

En prison, il retrouve d'autres militants d'Ennahda, dont Samir Dilou, à Bizerte. Ce dernier, qui l'a accompagné en visite à Washington peu après la chute de Ben Ali, se souvient du "jeu d'échecs qu'il avait fabriqué avec des savonnettes". "Les gardiens le lui avaient confisqué. Il ne s'est pas énervé, mais a engagé des pourparlers pour le récupérer."

Ses filles aussi se souviennent des savonnettes sculptées qu'il fabriquait pour leurs anniversaires. Une fois par mois, sa famille se rendait à Bizerte : "Quatre heures de route pour le voir quinze minutes ! Nous devions attendre la fin de la journée pour lui parler. La salle devait être vide pour qu'il ne puisse s'adresser à personne d'autre. Mais, surtout, il fallait que les gardiens, assis à côté de nous, puissent tout écouter", se souvient sa femme. Toutes leurs conversations étaient évidemment enregistrées, les lettres qu'ils s'échangeaient, ouvertes. Pendant dix ans, Hamadi Jebali n'a eu ni télévision, ni livres, ni journaux, ni Coran. Par semaine, il avait droit à une seule feuille de papier. Sa seule fenêtre vers l'extérieur. Comme tout père, il en profitait pour conseiller ses filles sur leurs histoires de coeur, mais aussi sur leurs études. Ses deux filles aînées, Soumaya et Safa, ont étudié à l'IHEC à Carthage, tandis que la cadette, âgée de 24 ans, s'initie au stylisme.

Séduire

"Jamais il ne nous a obligées à nous voiler. Nous avons toujours été libres de choisir", tiennent à déclarer ses trois filles et sa femme, toutes portant des hijabs de couleur. "Quand je l'ai rencontré, se souvient sa femme de 11 ans sa cadette, je portais des tee-shirts et je n'étais pas voilée. Il ne m'a pas obligée. Jamais, soutient-elle. J'ai été convaincue."

Reste maintenant à convaincre les Tunisiens. Souvent qualifié de modéré, il arbore une large "tabaa" sur le front, marque de prosternation des musulmans pieux. Dans un long entretien accordé à l'hebdomadaire Réalités en février dernier, cet homme, qui bénéficie d'une bonne presse, déclarait adhérer aux principes de la charia, loi islamique, tout en affirmant qu'il n'était ni possible ni souhaitable de l'appliquer. Depuis, le Mouvement islamique ne cesse de rassurer pour séduire les Tunisiens. Peu après les résultats de l'assemblée constituante, cet ancien journaliste a déclaré ne pas vouloir "paralyser un secteur vital comme le tourisme en interdisant les boissons alcoolisées et le port de maillots de bain". Pour lui, il n'est pas non plus question d'instaurer "une Constitution qui abroge les libertés comme celles de la croyance ou du statut juridique de la femme". Une liberté pour laquelle de nombreuses femmes seront certainement prêtes à se battre.

(Source: Le point.fr le 3 novembre 2011)

Lien: http://www.lepoint.fr/monde/hamadi-jebali-le-visage-si-rassurant-d-ennahda-03-11-2011-1392029_24.php

 

"Tunisie : l'échec des modernistes"


 

 

| 02.11.11 | 13h45 • Mis à jour le 02.11.11 | 20h17

Depuis 2006, et la victoire, dans un contexte particulier, du Hamas à Gaza, les islamistes n'avaient pas remporté d'élections. En Tunisie, ils arrivent largement en tête des premières élections libres organisées le 23 octobre pour désigner une Assemblée constituante. Certes, Ennahda, avec 41,7 % des sièges, n'a pas la majorité absolue, mais il domine la "nouvelle Tunisie", comme ses dirigeants se plaisent à le souligner, et dirigera le futur gouvernement provisoire.

Après trente ans de règne autoritaire d'Habib Bourguiba, père de l'indépendance tunisienne et laïque revendiqué, puis vingt-trois ans de dictature de Zine El-Abidine Ben Ali, le parti islamiste est apparu comme l'alternative "naturelle". Les classes populaires n'ont pas été les seules à glisser leur bulletin dans l'urne ; dans la communauté tunisienne à Paris comme dans la banlieue chic de Tunis, des hommes et des femmes, diplômés, ont voté pour les listes d'Ennahda.

Et pourtant... Les islamistes n'ont pas été à l'origine du soulèvement populaire qui a mis fin, le 14 janvier, à l'ancien régime et provoqué la fuite de Zine El-Abidine Ben Ali en Arabie saoudite. Comme beaucoup, ils ont regardé en spectateurs les émeutes des jeunes éclater au centre du pays, le 17 décembre 2010, à Sidi Bouzid, puis à Kasserine, ou Thala. Comme d'autres, comme la bourgeoisie, ils ont attendu la mi-janvier pour rejoindre, incrédules, les cortèges. Ils sont venus, petit à petit, se mêler aux manifestants sur la place de la Kasbah, à Tunis. En arrière-plan.

Ce ne sont pas les islamistes, non plus, malgré 30 000 d'entre eux emprisonnés, qui ont pendant des années, porté sur la scène internationale la voix de l'opposition. En 1988, le chef de file du Mouvement de la tendance islamiste (le MTI, ancêtre d'Ennahda), Rachid Ghannouchi, gracié par l'ancien président Ben Ali après sa première condamnation aux travaux forcés à perpétuité, avait même exprimé sa"confiance" dans le dirigeant tunisien, avant de se trouver contraint à l'exil. A Bruxelles, Paris ou Washington, ce sont les modernistes, laïques et de gauche, qui ont surtout combattu à l'intérieur comme à l'extérieur le régime de Tunis, dénoncé la censure et les tortures. A Paris : Kamel Jendoubi, opposant privé de passeport pendant dix ans, Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme ; à Tunis : l'ancien député Khamaïs Chammari ou l'avocate Radhia Nasraoui, qui a eu une fille dans la clandestinité avec son mari, Hamma Hammami, porte-parole du Parti ouvrier communiste tunisien (POCT)...

Des hommes politiques engagés comme Ahmed Nejib Chebbi, chef de file du Parti démocrate progressiste (PDP), qui mena à deux reprises une grève de la faim, en 2005 et en 2007, ou Mustapha Ben Jaafar, président depuis 1994 du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, "Ettakatol" en arabe), candidats écartés de l'élection présidentielle, ont eux aussi tenté de défier le pouvoir de Zine El-Abidine Ben Ali.

Après la chute de l'ancien régime de Carthage, ce sont les modernistes, toujours, qui ont été aux avant-postes de la première phase de la transition démocratique. Eux qui ont imposé le calendrier, les listes paritaires - uniques dans le monde arabe et au-delà -, le mode de scrutin proportionnel au plus fort reste, les règles de financement, réformé les lois électorales, de la presse et des partis. Ennahda a, certes, participé aux travaux, mais en acteur de second plan.

Tout a changé avec la campagne. Incapables de s'entendre, trop sûrs d'eux, les modernistes ont rejeté l'idée d'une liste commune pour l'élection à l'Assemblée constituante qui aurait mis la dynamique de leur côté. Au lieu de cela, les ambitions personnelles des uns et des autres ont avivé les rivalités et brouillé les messages. Au fil des semaines, ces formations se sont laissées enfermer dans un débat identitaire avec lequel elles n'ont jamais su se mettre à bonne distance, tantôt ménageant la chèvre et le chou, tantôt s'indignant au point de faire d'Ennahda le principal sujet de discussion.

Et tandis que le parti islamiste ravivait dans tout le pays ses anciens réseaux de militants, affaiblis mais disciplinés, les modernistes ont ignoré des régions entières et leurs habitants confrontés aux pires difficultés économiques et sociales. Leurs meetings, entre soi, avec le concours d'intellectuels et d'artistes tunisiens de renom, auraient tout aussi bien pu se dérouler à la Mutualité de Paris qu'à la Coupole de Tunis.

Ce n'est que dans les derniers jours que les forces progressistes ont tenté d'inverser la tendance, en multipliant, mais trop tard, les opérations de porte-à-porte. La panique aidant, certains ont même envoyé des SMS aux membres de la commission électorale pour leur demander, le plus sérieusement du monde, de repousser d'une semaine le scrutin...

La sanction est aujourd'hui cruelle. Le PDP de Nejib Chebbi s'est effondré. Ettakatol de Mustapha Ben Jafaar n'arrive qu'en quatrième position, derrière le Congrès pour la république (CPR, nationalistes de gauche) et le richissime homme d'affaires de Londres, Hachemi Hamdi, dont une partie des listes populistes a été invalidée. Le Pôle démocratique et moderniste (PDM) n'emporte que 5 sièges. Et c'est désormais la question de l'alliance avec Ennahda pour gouverner qui fait débat en leur sein : à l'exception du PDP qui a exclu cette hypothèse, ailleurs les discussions vont bon train.

 

Non, les partis modernistes n'étaient pas bien placés pour gagner cette première élection.

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Isabelle Mandraud (Service International)

Article paru dans l'édition du 03.11.11

(Source: "Le Monde" (Quotidien - France) le 3 novembre 2011)

Lien:

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/02/tunisie-l-echec-des-modernistes_1597402_3232.html

Tunisie. Les femmes en tête des 60% d'adversaires d'Ennahda!


 

Nombreux sont les Tunisiens à vouloir protéger leurs acquis face à la montée au pouvoir du parti Ennahda. Mais ce sont surtout les femmes qui donnent de la voix. Parce qu'elles sont en première ligne.

Revenir de Tunis et trouver les locaux de Charlie-Hebdo détruits pour cause de rigolade sur la charia m’incite plus que jamais à ne pas me voiler la face et les pensées ! Le réflexe qui a guidé la main des incendiaires à Paris, dans la nuit, est le même que celui qui a guidé à Tunis, en plein jour, les agresseurs de Nessma TV qui avait diffusé Persépolis pendant la campagne électorale (voir les posts précédents ). Dans la France laïque, l’indignation et la solidarité avec les journalistes de Charlie ont immédiatement prévalu. Il aurait été horrible que cet attentat contre la liberté d’expression se soit déroulé dans l’indifférence. Ouf, nous sommes encore vivants, libres esprits d’une France qui a traversé tant de révolutions pour devenir elle-même ! Et qu’on ne vienne pas nous casser les oreilles avec « l’islamophobie » (dont je suis régulièrement accusée même si je n’ai cessé, à travers livres et articles de célébrer l’art et la beauté des civilisations islamo-orientales, de Tunis à Bagdad en passant par Ispahan), qu’on ne délire pas sur la notion de «blasphème », moyen-âgeuse dinguerie en reprise de vitesse au 21ème siècle…

Mais retraversons la Méditerranée que je viens de franchir à regret, laissant mes ami(e)s de Tunis, de Monastir, de Sousse, à leur sort incertain. Hélas, dans leur pays désormais islamiste à 41,47%, évoquer l’affaire «Persépolis » en défendant sa diffusion équivaut, même dans les milieux de la gauche, à se faire traiter de provocateur si on est Tunisien et d’imbécile décalé si on est Français. Evoquer la laïcité, prononcer le mot, l’expliquer, le défendre ne passe plus. « R’lass…Tais-toi ! Tu as fait le jeu des islamistes…Pas de provoc à l’occidentale… » Telle est la triste chanson psalmodiée dans les meetings et les chuchotements. Autrement dit, la « laïcité» s’affiche désormais comme un gros mot en ces temps de victoire islamiste dite« modérée ». Surtout, ne pas provoquer « le peuple » qui a parlé et choisi l’arabité et la voie de l’islam. Le nouveau conformisme tunisien, qui a de puissants relais à Paris, oublie ainsi qu’un autre peuple existe. Et qu’il représente, si je compte encore correctement sous mon niqab…presque 60% de l’opinion. Additionnez en effet les voix qui se sont perdues sur les petites listes et les voix de la gauche moderne : on obtient une majorité de Tunisiens qui n’ont pas choisi Ennahda.

 

Il faut aussi réaliser que le parti islamiste va gouverner dans le cadre d’un cabinet « d’intérêt national» comme l’a souligné Mustapha Ben Jaafar, le leader du mouvement de centre-gauche Ettakatol qui a accepté de rejoindre les islamistes et le Congrès pour la République de Moncef Marzouki, représentant de la vieille gauche arabe nationaliste, post-nassérienne. Autrement dit, il pourra y avoir un contrôle de l’islamisme dans un sens qui devrait les pousser à « savoir jusqu’où ne pas aller trop loin », selon la formule préférée de Jean Cocteau.

 

Et c’est dans ce contexte qu’il faudrait rengainer le socle de valeurs qui défendent l’individu contre la pression du groupe, c’est-à-dire la laïcité ? Bien au contraire ! C’est en refusant de céder à la peur semée par les salafistes, cette cinquième colonne dépenaillée des islamistes bon chic bon genre, que les si nombreux Tunisiens adversaires d’Ennahda protégeront leurs acquis. Naturellement, ce sont encore les femmes qui ont donné de la voix. Parce qu’elles sont les plus exposées.

 

Avant de quitter Tunis, dans une de ces soirées chaleureuses et combatives qui sont en train de semer les graines de la vigilance républicaine, j’ai rencontré plusieurs enseignantes de différentes facs de Tunis. Elles étaient très en colère : une jeune femme, à la faculté de la Manouba, avait été agressée pour sa tenue jugée non islamiquement correcte. En conséquences, ces profs, toutes jolies, toutes énergiques malgré leur angoisse, avaient décidé de manifester à la Casbah, devant le palais du gouvernement, pour réaffirmer que les Tunisiennes ne céderaient jamais sur leurs acquis.

 

Le rendez-vous était fixé au mercredi. Et la manif a bien eu lieu hier, suivie d’une entrevue avec celui qui est encore Premier ministre, Caid Béji Essebsi. « Selon lui, tous les partis politiques se sont mis d’accord pour ne pas franchir une ligne rouge » a rapporté à l’Agence France Presse Ahyet Ayarai, une infirmière qui faisait partie de la délégation. Les journalistes présents- je m’étais envolée la veille, le cœur serré- ont noté la présence de femmes de tous âges, voilées ou non, qui scandaient : « Dehors les rétrogrades ! »

 

C’est une première et belle leçon. Même si les femmes, dans d’autres pays, sont descendues dans la rue, la Tunisie est le seul pays arabe où leur statut a été réformé en profondeur. L’islamisme (que l’on traite à tort de modéré puisqu’il constitue en lui-même un excès à travers le kidnapping de la politique par le religieux) devra donc se confronter en Tunisie à celles dont le sort s’est toujours trouvé au cœur de la régression obcurantiste.

 

Et c’est de là, c’est par elles, nos amies Tunisiennes (salut Noura, Elizabeth, Nadia, Sonia, Selma et les autres) que la raison pourra tenir bon au beau et bleu pays de la première révolution.

Jeudi 3 Novembre 2011

Martine Gozlan

http://www.marianne2.fr/martinegozlan/Tunisie-Les-femmes-en-tete-des-60-d-adversaires-d-Ennahda_a20.html

 

TUNISIE

LINA BEN MHENNI: «ON POURRA ME TUER, MAIS JE NE PORTERAI JAMAIS LE VOILE»


 

Elle a fait la révolution contre Ben Ali en janvier dernier et elle a assisté avec horreur, la semaine dernière, à la victoire électorale du parti islamiste Ennahda. Mais la jeune blogueuse de 28 ans, pressentie pour le prix Nobel de la paix, ne lâche rien et continue le combat.

Par Robert Habel - Mis en ligne le 02.11.2011

Elle parle d’une voix calme et un peu traînante, elle est très douce mais très déterminée. Lina Ben Mhenni, 28 ans, tient un blog depuis 2007, atunisiangirl.blogspot.com, où elle a mené le combat, avec une audace et un courage incroyables, contre la dictature du président Ben Ali et où elle continue d’exprimer aujourd’hui, après les élections à l’Assemblée constituante qui ont donné la semaine dernière plus de 40% des voix au parti islamiste Ennahda (Renaissance), les espoirs et les droits des Tunisiens et des Tunisiennes attachés à la démocratie et aux droits humains. Une militante, une battante!

La victoire des islamistes, c’est une douche froide pour vous?

Je m’y attendais et, d’ailleurs, j’ai boycotté cette élection pour plusieurs raisons, à commencer par la présence de partis reconstitués du RCD, le parti de Ben Ali. La révolution devait correspondre à une rupture totale avec le passé; or, cette rupture n’a pas eu lieu: les rcdistes n’ont pas été poursuivis, ils ont constitué de nouveaux partis ou ils se sont infiltrés dans d’autres partis, dont Ennahda. Le leader d’Ennahda, Ghannouchi, a dit que son parti acceptait les rcdistes propres, comme s’il pouvait y avoir des gens propres dans l’ancien parti de la dictature. En participant à ces élections, j’aurais donné de la légitimité à ces gens.

Mais les islamistes ont gagné.

Pour les gens, Ennahda, c’est le parti de Dieu, de la religion. Donc, pour eux, couper avec le passé, c’était retourner vers la religion, élire un parti religieux, islamiste. En plus, Ennahda est un parti bien organisé, il a dépensé beaucoup d’argent, il a acheté des voix, il a fait de la manipulation…

La révolution menée au nom des libertés va déboucher sur l’islamisme?

C’est un risque, malheureusement! Mais la majorité des électeurs d’Ennahda n’a pas adhéré à ce parti pour son programme. Ennahda a promis par exemple de créer 600 000 postes de travail en deux ans. (Rire.) On verra s’il y arrive…

 

Leur vrai programme, c’est la charia, c’est la suppression des droits des femmes, etc.

Leur discours est ambigu, mais il est dirigé d’abord contre les femmes. Leur candidate emblématique est une femme non voilée, qui se dit indépendante. On propose son nom pour la présidence de l’Assemblée constituante. C’est un piège! Elle a déjà commencé par parler des boîtes de nuit: elle dit qu’elle veut les conserver, mais en changeant les règles. Elle dit que les boîtes de nuit sont des endroits où il n’y a pas de morale et elle sousentend qu’elles pourraient être réservées aux touristes. C’est grave de la part d’une femme qui a toujours vécu dans un pays touristique et qui sait que les jeunes Tunisiens sont des jeunes libres. Un autre responsable islamiste parle d’interdire la mixité à l’école, c’est effrayant, on va retourner plusieurs siècles en arrière.

Les islamistes parlent aussi d’interdire l’alcool.

Ils sont dans une logique d’interdiction. Ce sont des obscurantistes et ils risquent d’utiliser la violence pour imposer leur loi. C’est très dangereux. Ils vont le faire de manière intelligente, par étapes, prudemment, mais ils vont le faire. Les libertés sont menacées: on sent déjà de la tension dans la rue. Des filles sont harcelées parce qu’elles ne portent pas le voile. Elles sont en jean et en T-shirt, et des gens les prennent à partie en leur disant: «Tu es nue, va t’habiller!»

On vous a déjà agressée parce que vous ne portez pas le voile?

Moi non, mais plusieurs de mes amies l’ont été.

Si le voile devient obligatoire, vous serez obligée de le porter.

Jamais! Je ne porterai jamais le voile! C’est le symbole de la soumission de la femme et je ne le mettrai jamais. Ils pourront me tuer et je suis prête à mourir, mais je défendrai ma liberté jusqu’au bout.

Vous êtes croyante?

Oui, je suis musulmane, croyante mais pas pratiquante.

Les femmes sont les premières visées, aujourd’hui.

Oui, tous les droits qu’on a obtenus avec le Code du statut personnel, promulgué par Bourguiba il y a cinquante ans, sont aujourd’hui en danger. Et ça me fait peur! Quand les Tunisiens ont fait la révolution, c’était pour avoir davantage de libertés et, là, on se retrouve dans une impasse. Les islamistes sont venus voler notre révolution. Ils ont confisqué la révolution. Mais les Tunisiennes ne se laisseront pas faire: il y a 24% de femmes élues dans l’Assemblée constituante.

Vous ne commencez pas à regretter le régime de Ben Ali?

Non, je ne le regretterai jamais. Ben Ali devait partir, mais son système est toujours en place. On n’a pas mené cette révolution jusqu’au bout. Il aurait fallu exclure les collaborateurs de Ben Ali de la vie politique, ce qui n’a pas été fait. Ils ont gardé le monopole des ministères, comme le Ministère de l’intérieur, ils ont la main sur les médias, sur les juges…

 

Les islamistes veulent rétablir la polygamie?

Oui, Ghannouchi a déclaré qu’il n’allait pas interdire la polygamie. C’est grave, c’est très grave. La Tunisie était un exemple pour les autres pays arabes, et maintenant elle risque d’être l’exemple de la régression. Je suis désespérée, mais je ne baisse pas les bras. Je me sentais étrangère dans mon propre pays sous Ben Ali, j’espère que je ne vais pas me sentir de nouveau étrangère chez moi sous une dictature islamique.

Etes-vous de nouveau surveillée et suivie dans la rue, comme sous Ben Ali?

Ces derniers jours, oui. Depuis que j’ai déclaré que je boycottais les élections, j’ai eu trois jours horribles où je revoyais devant chez moi les mêmes voitures, les mêmes indicateurs. Ils ont disparu quand j’ai commencé à parler de cela sur Facebook et à la télévision. Et puis, de toute façon, mon téléphone est sur écoute.

Vous craignez pour votre sécurité?

Oui, j’ai peur, c’est normal. Mais en même temps j’assume. Je suis pour la vraie liberté, pas celle des islamistes. Je crois que chacun est libre de sa vie, de sa religion, de ses croyances.

La vague de fond islamiste semble si large et si puissante qu’il va être difficile de l’arrêter.

Oui, et puis ils sont soutenus par des pays étrangers. Les Etats-Unis jouent le jeu d’un islam modéré, sur le modèle de la Turquie. Mais cette histoire d’islam modéré, je n’y crois pas. Je pense que la religion, c’est spirituel, c’est entre l’individu et Dieu. Les gens d’Ennahda veulent interpréter les textes sacrés comme ils le veulent, ils veulent donner des interprétations qui conviennent le plus à leur programme.

Vous ne regrettez pas la chute de Ben Ali ou de Kadhafi?

Je ne peux pas parler pour les Libyens, mais en tout cas, en Tunisie, je ne regretterai jamais le renversement de Ben Ali. C’était un dictateur. En Libye, quand je vois les déclarations de Jibril qui veut rétablir la charia et la polygamie, je me dis que c’est catastrophique. Ces gens sont des malades.

Mais Ben Ali respectait les droits des femmes.

Ça faisait partie de sa propagande. C’est vrai qu’il respectait les droits des femmes, mais il n’a pas respecté les islamistes qui ont été torturés. C’étaient aussi des Tunisiens, c’étaient aussi des êtres humains et ils ont subi la répression, eux aussi. Une dictature, c’est une dictature, il n’y a pas de différence pour moi. Les gens qui ont renversé Ben Ali pourront renverser une nouvelle dictature. Je me considère désormais comme une éternelle opposante! (Rire.)

La contestation continue aujourd’hui en Syrie. Faut-il renverser Assad ou le considérer comme un rempart contre l’islamisme?

Il faut le renverser! C’est un dictateur!

Donc, on va mettre au pouvoir un nouveau régime islamique?

C’est au peuple de choisir! Toute dictature doit être renversée. Ben Ali nous a massacrés pendant vingt-trois ans parce qu’il s’est présenté comme un rempart contre l’islamisme. Ce n’était pas une raison pour le garder.

 

Ce n’était pas un moindre mal?

 

Non! Il fallait se débarrasser de cette dictature et continuer ensuite la bataille contre toute forme de dictature. On a renversé Ben Ali et, si nécessaire, il faudra continuer la bataille. Même si Che Guevara n’est pas un bon exemple parce qu’il a été lui aussi sanguinaire et que je suis contre toute violence, je pense comme lui qu’un révolutionnaire ne démissionne jamais. Même si je ne peux profiter demain de la liberté qu’on a conquise, ce sera pour les générations suivantes.

 

Comment voyez-vous votre action dans les semaines qui viennent?

 

Je vais continuer à vivre normalement, à écrire, à bloguer, à travailler. Mais, s’il faut mobiliser les gens ou ressortir dans la rue, je serai présente.

 

Vous avez été nommée pour le prix Nobel de la paix, mais vous ne l’avez pas obtenu. Etes-vous déçue?

 

Non, pas du tout! Quand j’ai commencé ma bataille, ce n’était pas pour avoir des prix. C’était pour la liberté! Quand je vois maintenant que les gens m’arrêtent dans la rue pour m’embrasser et me dire qu’ils sont fiers de moi, c’est plus extraordinaire que tous les prix du monde. Quand j’ai commencé à écrire, je m’attendais à être arrêtée, emprisonnée, torturée, je ne m’attendais pas à des prix. Et puis, pendant toute la semaine où mon nom circulait pour le prix Nobel, j’ai été attaquée sur Facebook par des islamistes, j’ai été harcelée par les médias, je n’avais plus le temps de manger et de dormir. J’ai failli faire une dépression. Donc, je me suis sentie soulagée quand je n’ai pas eu le prix.

 

Ça n’aurait pas été une certaine protection pour la suite?

 

Je me sens déjà protégée un peu, car je suis médiatisée. Je suis heureuse aussi, parce qu’on a inspiré le monde entier. Dans le monde arabe, le courant islamiste a confisqué la révolution, mais quand on voit ce qui s’est passé en Espagne, en Grèce, en Géorgie, aux Etats-Unis, on a été le point de départ de certains mouvements révolutionnaires. Et ça, ça me donne de l’espoir. Avec Ben Ali, j’étais une personne qui dérangeait et aujourd’hui je continue à être une personne qui dérange. Mais moi, ça ne me dérange pas! (Rire

(Source: Illustre.ch le 3 novembre 2011)

http://www.illustre.ch/Tunisie-Revolution-Ben-Ali-Lina-Ben-Mhenni-interview_129406_.html

France: nouvelle manifestation de catholiques contre une pièce de théâtre


 

Une nouvelle manifestation de catholiques contre une pièce de théâtre du dramaturge italien Romeo Castellucci qu'ils jugent blasphématoire a eu lieu dans la soirée de mercredi à Paris.

Quelque 150 catholiques traditionalistes ont manifesté dans le calme devant le "104", salle de spectacles du nord-est de Paris où se joue la pièce "Sur le concept du visage du fils de Dieu", a constaté un journaliste de l'AFP.

Après une série de représentations au Théâtre de la Ville, dans le centre de la capitale, régulièrement perturbées par des fidèles dénonçant le caractère blasphématoire de la pièce, "Sur le concept du visage du fils de Dieu" est désormais programmé au "104" jusqu'au 6 novembre.

Ces chrétiens jugent offensantes pour leur religion les dernières minutes de la pièce où un visage géant du Christ semble souillé par des excréments, scène qui se veut un écho de la souffrance des deux personnages, un vieillard incontinent et son fils qui le lave et le change.

Les manifestants, souvent jeunes et portant des cierges, des missels, des chapelets et des crucifix, se sont réunis devant l'une des entrées de la salle de spectacles en chantant des cantiques, dont "Je suis chrétien, voilà ma joie". Ils étaient rassemblés derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: "Chrétiens et fiers de l'être".

Entre deux cantiques, ils proclamaient "Christianophobie, ça suffit". Parmi eux se trouvaient quelques prêtres en soutane.

A genoux, les manifestants ont récité des prières. Des prises de parole ont aussi eu lieu, faisant référence aux martyrs chrétiens.

Pour éviter d'éventuels incidents, environ 120 policiers et gendarmes avaient été mobilisés.

 

(Source: www.lefigaro.fr, le 3 novembre 2011)