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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2722 du 04.11.2007
 archives : www.tunisnews.net

 

 

AISPP: Infos en continu
Liberté et Equité: Encore des agressions en prison
Temam Asbaï: Grève de la faim le 7 novembre
Vérité-Action: Tunisie : Pour obtenir leurs passeports, Me Nouri et le journaliste Boukhdhir sont en grève de la faim
AFP: Tunisie: des opposants réclament des réformes politiques "urgentes"
AP: Tunisie: le PDP appelle à des réformes "urgentes"
L’AUDACE: Ben Ali veut qu’ils soient jugés avant la fin de l’année
L’AUDACE: Les Mercenaires de la plume
Astrubal: L'avilissement de nos parlementaires ne connaît finalement pas de limites…
The Dallas Morning News : Peaceful, modern Tunisia is a bridge to the Arab world
Le Temps: Les 20 glorieuses (Sic!) de la Tunisie, 1987-2007
Le Monde: Maryam Brigitte Weiss : prendre le voile
AFP: Rice à Israël: Washington vous protègera, soyez "audacieux"

Appel de détresse de Tunisie (*)

 

 

Au nom de Dieu le Clément, le  Miséricordieux,

Appel à toute âme charitable

A nos frères en Dieu dans le monde entier

A toute conscience vive et humanitaire

 

Nous sommes sur la terre de la Zeitouna et de Kairouan et nous sommes submergés par le malheur et le dénuement.

 

Les difficultés de vos frères et sœurs sont démesurées et il ne nous reste plus aucun espoir après Dieu et vous.

 

Chers frères, une fois sortis de prison, nos frères se sont trouvés dans une nouvelle grande prison, ils se sont heurtés à la dure réalité à laquelle ils ne s’attendaient pas.

 

Leur séjour a été si long qu’ils doivent non seulement surmonter des obstacles matériels mais  aussi psychologiques notamment au sein de leurs familles.

 

Ils ont frappé à toutes les portes recherchant du travail peu importe le salaire ; peu d’entre eux ont subvenu à leur besoin. Par contre la majorité d’entre eux se trouvent au seuil de la pauvreté alors qu’ils avaient promis à leur famille richesse et aisance et  une vie en rose ; d’autant plus que les enfants ont grandi entre temps et que leurs demandes et leurs besoins ont grandi aussi.

 

Tous les rêves et les espoirs se sont envolés, le travail se fait rare et les proches et les amis ont tournés le dos ; certains d’entre eux ont même vu partir leurs épouses et leurs enfants.

Il y a, certes,  des frères comme ceux cités par Allah : «… que l'ignorant croit riches parce qu'ils ont honte de mendier - tu les reconnaîtras à leur aspects - Ils n'importunent personne en mendiant.. » La vache/273 . Nous nous soucions d’eux et nous ressentons ce qu’ils ressentent.

Il y en a d’autres qui, par pudeur, n’ose pas sortir de chez eux refusant tout contact extérieur ; craignant le regard des autres en raison de  leur pauvreté.

 

D’autres sollicitent  Allah avant d’aller affronter les gens et leur dire « donnez moi à manger j’ai faim », et les cas similaires sont nombreux.

 

Chers frères, cette crise qui a longtemps duré a engendré des conséquences et des situations néfastes.

 

Nos frères qui sont restés en prison parfois plus de quatorze ans se sont retrouvés dans des situations alarmantes :

 

Certains ont atteint la cinquantaine et sont toujours célibataires, ajouté à cela de nombreuses maladies de l’estomac, du rein, le phénomène d’impuissance sexuelle, le cancer  entraînant  la mort dans de nombreux cas.

 

Le pire c’est que la majorité de ces frères sont privés de cartes de soins et certains d’entres eux sont au chômage ou en invalidité.

 

La situation  de leurs enfants est parfois plus alarmante. De nombreux sont ceux qui présentent des maladies psychologiques du fait du stress permanent entraînant des perturbations graves, et comme vous le savez, ces cas nécessitent de l’attention, de la prévention et une prise en charge permanente qui est coûteuse.

 

Tout cela n’est qu’un aperçu de la réalité, une goutte dans un océan.

 

Chers frères, la lecture de cette lettre ne doit pas vous laisser indifférents, nous sommes persuadés qu’après sa lecture votre cœur sera touché.

 

Notre espoir en Dieu est grand ainsi qu’en votre générosité devant pareil cas de dénuement et de pauvreté.

 

Nous ne souhaitions à personne de vivre cette situation. Nous prions Dieu pour qu’Il vous protège et vous donne la paix.

 

Nous n’avons pas voulu vous importuner avec nos souffrances mais si nous  faisons appel à vous après Dieu, c’est que la situation a atteint un seuil critique.

 

Nous demandons à toute âme charitable de nous aider afin que nos frères puissent retrouver et garder leur dignité.

 

Grâce à votre aide généreuse et votre main tendue, vous pouvez empêcher le désespoir de s’emparer de vos frères qui n’ont pour tort que d’avoir souhaiter vivre dans leur pays en harmonie avec leur religion.

 

Nous gardons espoir en Dieu qui, inchallah, nous unira sur la voie de la foi et l’amour de Dieu.

Le prophète psl dit : « celui qui soulage le fardeau d’un croyant, Dieu le soulagera d’un fardeau le jour du jugement dernier »

 

Qu’Allah vous vienne en aide et vous protège !

 

Wassalem alaikom wa rahmatoullah wa barakatouhou.

 

 

(*) Cette lettre est parvenue récemment de la Tunisie à l’Association « TAKAFUL » pour le secours et la solidarité, et nous  la transmettons à l’opinion publique  pour l’alerter sur l’inquiétante situation matérielle, sociale et psychologique d’un grand nombre de tunisiens victimes de la politique répressive du régime durant les deux dernières décennies.

Vu l’ampleur du drame et le nombre important des victimes qui sont dans le besoin et la précarité ; l’Association TAKAFUL fait  appel à votre générosité pour nous aider à secourir vos frères et les aider à sauvegarder leur dignité.

 

« Et toute dépense que vous faites dans le bien, Il la remplace, et c’est Lui le meilleur des donateurs » (34 Saba /verset 39.)

 

« Quiconque prête à Allah de bonne grâce, Il le lui rendra multiplié plusieurs fois. Allah restreint ou étend (ses faveurs).Et c’est à lui que vous retournerez » (la vache, verset 245)

 

Vous pouvez  faire parvenir vos dons:

 

* directement en donnant vos dons à des gens de confiance en contact avec l’association TAKAFUL (enregistrée en France)

 

* en envoyant vos dons à cette adresse :

TAKAFUL  16, cité vert -  94370 Sucy en Brie.

France

 

Tél: 06 09 17 22 88 / 06 80 85 92 98

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* par virement  bancaire à l’adresse suivante :

 

la Banque Postale. / France

 

Etablissement         guichet          n° compte          clé RIP

30041                   00001        5173100R020          42

 

Identifiant International de Compte  IBAN

FR54  3004  1000   0151   7310  0R02  042


 

Les éditions 78, 79 et 80 du « Canal du Dialogue Tunisien »...

(Pour, Notamment suivre le débat sur l'actuel chantier syndical des journalistes tunisiens)

 

http://www.nawaat.org/portail/news_dernieres_nouvelles.php3?postid=43345&react=0&tpcref=15277

 

(Source : le site nawaat.org, le 4 novembre 2007 à 01h19)

Lien : www.nawaat.org

 

 
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques

43 rue Eldjazira, Tunis
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Tunis, le 2 novembre 2007

Infos en continu
La Justice libère des accusés de terrorisme

La 27ème chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Mannoubi Hamidane, a examiné aujourd’hui 2 novembre l’affaire n°9869 dans laquelle sont déférés : Bassam Jeljeli, Khaled Badi, Salah Allouchi, Mohammed Dhaouadi, Anis Ghali, Anouar Houichi, Oualid Larabi, Bilel Yefreni, Hamdi Bejaoui, Nabil Labidi, Bechir Mehnaoui, Yahia Hakiri,, accusés notamment d’adhésion à une organisation terroriste, de l’avoir fait connaître, d’incitation à la commission de crimes terroristes, d’utilisation d’un mot, d’un nom ou d’un symbole visant à faire connaître cette organisation, son activité et ses membres, d’avoir pensé rejoindre la résistance irakienne et d’avoir enrôlé des éléments à cette fin.
La défense se composait de Maîtres Abdelfattah Mourou, Anouar Kousri, Habib Mokdad et Samir Ben Amor. […] L’association a appris que le jugement prononcé à une heure tardive de la nuit avait vu les peines prononcées en premières instances atténuées, d’où la libération de Anis Ghali, Anouar Houichi, Oualid Larabi, Bilal Yefreni, Hamdi Bejaoui, Nabil Labidi, Béchir Mahnaoui, et Yahia Hakiri.
L’association […]
Pour la commission de suivi des procès
Le secrétaire général de l’Association
Maître Semir Dilou
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

 

 

Liberté pour tous les prisonniers politiques

Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays

 

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques

43 rue Eldjazira, Tunis

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Tunis, le 3 novembre 2007

 

Infos en continu

 

Le juge Mehrez Hammami mène le procès des accusés en l’absence de la défense !

 

La quatrième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Mehrez Hammami, a examiné aujourd’hui 3 novembre 2007 une série d’affaires « anti terroristes »

 

* L’affaire 13551 dans laquelle sont déférés Samir Hannachi et Hassen Saadi (en fuite), accusés d’adhésion à une organisation terroriste, d’avoir suivi des entraînements militaires à l’extérieur du territoire de la République dans l’objectif de commettre un crime terroriste. Il sont accusés d’avoir adhéré au Groupe islamique libyen combattant et d’avoir planifié des actions terroristes au Yémen. L’audience a vu une violente altercation entre Maître Radhia Nasraoui et le juge Mehrez Hammami qui a refusé de l’autoriser à poser des questions à son client, une première fois à propos de ses lieu et date d’arrestation, puis une seconde fois sur les circonstances dans lesquelles il avait fait des aveux à l’administration de la Sûreté de l’Etat. Puis Maître Samir Ben Amor a plaidé la nullité des procédures étant donné l’illégalité des agents de la Sûreté de l’Etat, l’extorsion des aveux sous la torture, la vacuité des accusations et a demandé à ce que son client soit innocenté. Puis l’affaire a été mise en délibéré pour le prononcé du jugement.

 

* L’affaire 129991 dans laquelle sont déférés Mohammed Bacha et Seïfeddine Belkahla, accusés d’adhésion à une organisation terroriste. Maître Semir Dilou a plaidé, faisant valoir que l’administration de la Sûreté de l’Etat avait torturé son client jusqu’à ce qu’il fasse des aveux déconnectés de la réalité, que les dates d’arrestation avaient été falsifiées dans les procès verbaux. Le juge l’a interrompu, considérant qu’il s’agissait d’une attaque à une commission officielle !

Au terme d’une vive polémique, il a été noté dans le procès verbal de séance : « la plaidoirie a été interrompue après que l’avocat ne se soit pas conformé aux mises en garde de la cour qui lui demandait de ne pas formuler d’accusations graves contre une commission officielle […] »; maître Radhia Nasraoui a refusé de plaider tant que son confrère n’aurait pas terminé sa plaidoirie. Le juge a décidé alors de passer aux délibérations et de prononcer le jugement, au milieu des protestations des avocats […]

 

*L’affaire 13986 dans laquelle sont déférés Mohammed Lamine Latrèche, Tarek Aïssa, Chedli Mahjoub, Mohammed Ouassim Belhajj, Ammar Bouamrine et Nizar Razgallah, accusés notamment d’avoir adhéré à une organisation terroriste, de l’avoir fait connaître, d’incitation à la commission de crimes terroristes, d’utilisation d’un nom, mot ou symbole pour faire connaître cette organisation, son activité et ses membres, d’avoir aidé à héberger des personnes en rapport avec les crimes de terrorisme, de n’avoir pas informé les autorités de ce qu’ils savaient et des informations au sujet de la commission des crimes terroristes, d’avoir pensé à rejoindre la résistance irakienne et d’avoir enrôlé des éléments à cette fin. La défense se composait de Maîtres Abdelfattah Mourou, Ibada Kefi et Hédi Abbassi […]

 

* L’affaire 13694 dans laquelle sont déférés Amine Ounissi, Tarek Hammami, Mohammed Mahmoudi, Mohammed Beddhiafi, accusés notamment d’incitation à la commission de crimes terroristes, d’adhésion à une organisation en rapport avec les crimes terroristes, d’utilisation d’un nom, mot ou symbole pour faire connaître cette organisation, son activité et ses membres, d’aide à l’hébergement de personnes ayant un rapport avec les crimes de terrorisme, d’avoir pensé à rejoindre la résistance irakienne, d’avoir enrôlé des éléments à cette fin.

 

La défense se compose de Maître Rahmouni et de Maîtres Nasr Ounissi, Abdelfattah Mourou, Abderraouf Ayadi. L’examen de l’affaire a été reporté au 24 novembre 2007 à la demande des avocats.

 

* L’affaire 13395 dans laquelle sont déférés Zied Ferchichi, Moncef Saïdani, Ahmed Mogaadi, Mohammed Djebali, Mahjoub Trabelsi, Hassen Mogaadi et Mondher Laamari, accusés d’adhésion, sur le territoire de la République, à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de concrétiser ses objectifs, d’utilisation du territoire de la République pour monter un groupe de personnes ayant pour objectif de commettre une action terroriste hors du territoire de la République, la participation à l’incitation à rejoindre une organisation en rapport avec les crimes de terrorisme, l’utilisation d’un nom, mot ou symbole pour faire connaître une organisation terroriste, ses activités et ses membres, d’avoir suivi des entraînements militaires en dehors du territoire de la République dans l’objectif de commettre des crimes terroristes à l’étranger, d’avoir mis à disposition un local pour la réunion des membres de l’organisation et de personnes ayant un rapport avec les crimes de terrorisme, de s’être rendu en Algérie pour y suivre des entraînements afin de se rendre en Irak pour rejoindre la résistance.

La défense se composait de Maîtres Ben Amor, Kousri, Achour, Hamda, Azzedine et Bezdah […]

 

Des condamnations au contrôle administratif, prononcées par la… police politique !

 

Le détenu Ibrahim Ouaer, pourtant libéré de la prison de Mornaguia le 31 octobre 2007, n’est arrivé chez lui qu’au matin du 1er novembre, ayant passé sa première nuit hors de prison au district de la Sûreté de l’Etat de Mannouba !Dès qu’il est arrivé chez lui, Ibrahim Ouaer a trouvé un comité d’accueil des agents de la Sûreté de Slimane ! Qui l’ont conduit dans leurs locaux pour interrogatoire sur l’affaire qui l’avait vu condamné à huit mois d’emprisonnement !

 

Cette détention illégale a duré plus de sept heures et s’est terminée sur un avertissement quant à la nécessité de se présenter une fois par semaine à la Sûreté, alors que le contrôle administratif, qui ne signifie pas d’émarger à la police, est une peine complémentaire, prononcée par la justice, pas par la police politique !

 

Pour la commission de suivi des procès

Le secrétaire général de l’association

Maître Samir Dilou

 

(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

 


 

Liberté et Equité

33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis

Tel : 71 340 860

Email : Liberté_équité@yahoo.fr

 

 

Tunis, le 3 novembre 2007

 

Encore des agressions en prison

 

La mère du prisonnier d’opinion Sabri Mejri, actuellement incarcéré à la prison de sinistre réputation d’El Haouareb, nous a informés qu’elle avait rendu visite à son fils le jeudi 1er novembre, et qu’il avait été puni et mis au cachot pour une durée de quinze jours sans visites. L’administration de la prison réagissait à la grève de la faim qu’il avait faite pour exiger la fin de l’injustice, l’amélioration de sa situation et son transfert dans une prison plus proche de chez lui dans l’attente de sa libération.

Il a été violemment agressé physiquement et moralement, par le vice directeur de la prison, un dénommé Béchir, pendant sa grève de la faim.

Pour rappel, le prisonnier d’opinion Sabri Mejri, âgé de 24 ans, avait été arrêté alors qu’il était en 7 ème année secondaire, en avril 2006, et était resté en garde à vue pendant deux mois au cour desquels il a subi toutes sortes de tortures.

Liberté et Équité […]

 

Pour le bureau exécutif de l’organisation

Maître Mohammed Nouri

 

(traduction d’extraits, ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

 

Liberté et Equité

33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis

Tel : 71 340 860

Email : Liberté_équité@yahoo.fr

 

 

Tunis, le 3 novembre 2007

 

Arrestations à Sidi Bouzid

 

Liberté et Équité a appris que la police politique avait arrêté le 31 octobre 2007 le jeune Mohammed Ali Gharbi son domicile de Sidi Bouzid et l’avait conduit dans un lieu inconnu. Sa famille nous a dit tout ignorer jusqu’à maintenant du lieu et des raisons de sa détention

Liberté et Équité […]

 

(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Grève de la faim le 7 novembre
Pour soutenir maître Mohammed Nouri et le journaliste Slim Boukhdir
Et pour exiger un passeport pour mon père, Ali Isbaï
 
 
Le 14 septembre dernier, j’ai adressé un appel à l’opinion publique pour que mon père, âgé de 75 ans, se voit remettre son passeport. Constatant l’absence totale de développements sur ce plan, et soutenant l’action de maître Mohammed Nouri et du journaliste Slim Boukhdir, je fais part de notre détermination, à moi et à mon père Ali Isbaï, à observer un jeûne pendant une journée, le 7 novembre prochain.
Mon père jeûnera à son domicile actuel : 2 rue Hédi Saïdi, El Hamma. Pour le contacter et lui apporter un soutien, lui téléphoner à ce numéro : 00 216 75 334 450

Stockholm, le 3 novembre 2007
Temam Asbaï
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46 705094007

(Source : Tunisnews du 3 novembre)
(traduction ni revue ni corrigée par l'auteur de la version en arabe, LT)
Vérité-Action

Tunisie : Pour obtenir leurs passeports,
Me Nouri et le journaliste Boukhdhir sont en grève de la faim

                                                                                  
Nous apprenons que Me Mohamed Nouri, président de l’association « Liberté-Equité » de défense des droits de l’homme, et le journaliste Slim Boukhdhir ont entamé une grève de la faim pour protester contre la privation de passeport dont ils sont victimes depuis des années. Rappelons que beaucoup d’ex prisonniers et d’opposants, dont le Dr Moncef Ben Salem, demeurent privés de leurs droits à avoir des documents de voyage.

Vérité-Action exprime sa solidarité avec les deux grévistes et leur assure le soutien de leurs demandes. Elle appelle les autorités tunisiennes à délivrer les documents de voyages aux grévistes et à tous ceux qui sont privé de ce droit.
                                                                                                                                                         
Service de l’information
Source : www.verite-action.org
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Tunisie: des opposants réclament des réformes politiques "urgentes"

 

 AFP, le 4 novembre 2007 à 19h16

TUNIS, 4 nov 2007 (AFP) - Des opposants tunisiens de sensibilités diverses ont réclamé "des réformes politiques urgentes" lors d'une réunion dimanche à l'initiative du Parti démocratique progressiste (PDP, légal).

"La Tunisie a un besoin pressant de réformes politiques urgentes", a déclaré Maya Jribi, secrétaire générale du PDP inaugurant un Conseil national de son parti, en présence de nombreux opposants dans un grand hôtel de Tunis.

Cette réunion organisée sous le slogan "La démocratie maintenant" se tenait à trois jours de la date anniversaire de l'arrivée au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987.

Mme Jribi a aussi souligné l'"urgence d'assainir le climat politique" par la promulgation d'une "loi d'amnistie générale" qui garantirait, a-t-elle dit, la libération de "tous les prisonniers politiques", leur réhabilitation et le retour des opposants exilés.

Elle se référait notamment à une trentaine de prisonniers du parti Ennahdha qui sont encore détenus parmi des centaines de partisans de ce parti islamiste lourdement condamnés au début des années 1990.

Le gouvernement tunisien ne reconnaît pas le statut de "prisonniers politiques" et considère les islamistes comme des détenus de droit commun. Plusieurs dizaines d'entre eux ont été élargis ou graciés ces dernières années par le président Ben Ali.

Ces revendications devant faire l'objet d'une motion finale du Conseil national du PDP ont été partagées par plusieurs dirigeants de partis légaux et de formations non reconnues.

Parmi eux, Ali Laraidh, ancien détenu et dirigeant du parti Ennahdha, Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste ouvrier (PCOT, non reconnu), Mustapha Ben Jaâfar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, légal), Ahmed Brahim, chef d'Ettajdid (légal, un siège au Parlement).

 

 


Tunisie: des opposants réclament des réformes politiques "urgentes"

 

 AFP, le 4 novembre 2007 à 18 :37:29 GMT

TUNIS (AFP) - Des opposants tunisiens de diverses sensibilités ont réclamé "des réformes politiques urgentes" lors d'une réunion dimanche à l'initiative du Parti démocratique progressiste (PDP, légal).

"La Tunisie a un besoin pressant de réformes politiques urgentes", a déclaré Maya Jribi, secrétaire générale du PDP inaugurant un Conseil national de son parti, en présence de nombreux opposants dans un grand hôtel de Tunis.

 

Cette réunion organisée sous le slogan "la démocratie maintenant" se tenait à trois jours de la date anniversaire de l'arrivée au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali, le 7 novembre 1987.

 

Mme Jribi a aussi souligné l'"urgence d'assainir le climat politique" par la promulgation d'une "loi d'amnistie générale" qui garantirait, a-t-elle dit, "la libération de tous les prisonniers politiques, leur réhabilitation et le retour des opposants exilés".

 

Elle se référait notamment à une trentaine de prisonniers du parti Ennahdha qui sont encore détenus parmi des centaines de partisans de ce parti islamiste lourdement condamnés au début des années 1990. Certains dirigeants de ce parti interdit se sont exilés, dont son chef Rached Ghannouchi, établi à Londres.

 

Parlant de "milliers" de Tunisiens arrêtés "arbitrairement" en application de la loi antiterroriste, la secrétaire générale du PDP a affirmé la nécessité "d'assainir au prélable ce dossier".

 

Le gouvernement tunisien ne reconnaît pas le statut de "prisonniers politiques" et considère les islamistes comme des détenus de droit commun. Plusieurs dizaines d'entre eux ont été élargis ou graciés ces dernières années par le président Ben Ali.

 

Mme Jribi a également réclamé des réformes démocratiques qui permettraient une "alternance au pouvoir" à travers une "véritable compétition politique" et des élections "honnêtes".

 

Ces revendications devant faire l'objet d'une motion finale du Conseil national du PDP ont été partagées par plusieurs dirigeants de partis légaux et d'autres non reconnus.

 

Parmi eux, Ali Laraidh, ancien détenu et dirigeant du parti Ennahdha, Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste ouvrier (PCOT, non reconnu), Mustapha Ben Jaâfar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, légal), Ahmed Brahim, chef d'Ettajdid (légal, un siège au Parlement).

 

Ces opposants ont également exigé "le respect des libertés" d'expression, de réunion et d'organisation et exprimé leur soutien à l'avocat Mohamed Nouri et au cyber-journaliste Slim Boukhdir, qui affirment observer une grève de la faim pour le "droit de se déplacer librement".

 

Les autorités tunisiennes ont indiqué que Me Nouri est interdit de voyage en raison d'une instruction judiciaire pour "diffusion de fausses nouvelles" tandis que M. Boukhdhir réclame un passeport, les autorités affirmant qu'il n'en a jamais fait la demande.


 

 

Tunisie: le PDP appelle à des réformes "urgentes"

 

Associated Press, le 4 novembre 2007 à 17h06

 

TUNIS (AP) -- Le Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale) a appelé dimanche à "des réformes politiques urgentes" en Tunisie. Le pays "a un besoin pressant de réformes politiques qui ne souffrent plus d'être différées", a lancé la secrétaire générale du PDP, Maya Jribi, lors du conseil national de ce parti tenu dans un hôtel de la capitale, en présence de plusieurs centaines de militants.

Ce conseil, qui s'est tenu à trois jours du 20e anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Zine El Abidine Ben Ali, s'est tenu sous le slogan "la réforme aujourd'hui et pas demain" en présence notamment de dirigeants d'autres partis de l'opposition légaux ou non comme ceux du mouvement islamiste interdit Ennahdha et d'associations comme la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), ainsi que d'observateurs étrangers, parmi lesquels figurait une diplomate américaine.

Parmi les revendications du PDP, Maya Jribi a cité la promulgation d'une loi d'amnistie générale qui permettrait de libérer "les prisonniers politiques" et de permettre le retour des exilés. "Aucune réforme politique ne peut aboutir sans la solution de ce dossier", a-t-elle dit. Elle faisait allusion en particulier aux dirigeants et membres d'Ennahdha condamnés en 1992 à de lourdes peines de prison pour "tentative de changer le régime par la violence". Le pouvoir leur nie le statut de "prisonniers politiques", mettant en avant les délits de droit commun pour lesquels ils ont été jugés.

Parmi les autres revendications relayées par plusieurs orateurs dont le chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDLT), le Dr Mustapha Ben Jaâfar, et la porte-parole du Parti ouvrier communiste tunisien (POCT), Hamma Hammami: l'alternance au pouvoir et des élections loyales et transparentes.

Les intervenants ont par ailleurs proclamé leur soutien à l'avocat Mohamed Nouri et au journaliste Slim Boukhdhir en grève de la faim depuis six jours pour réclamer la liberté de voyager. Les autorités

font valoir que l'avocat est impliqué dans une affaire judiciaire pour diffusion de fausses informations par une association qu'il présidait. Quant au journaliste, elles avancent qu'il n'a présenté aucune demande de passeport.  
 


Ben Ali veut qu’ils soient jugés avant la fin de l’année
 


Samir Ben Amor, avocat des incarcérés
 
Les jeunes incarcérés dans la prison de mornaguia ds le cadre de l’affaire des affrontements armés qui ont eu lieu l’année dernière à Soliman, ont entamé depuis le samedi 13 oct 2007 (2ème jour de l’Aïd) une grève de la faim pour protester contre les conditions inhumaines de leur incarcération (torture et mauvais traitement en prison, l’isolement, l’absence de soins médicaux… etc.) et pour revendiquer un procès équitable.
 
La riposte de l’administration pénitentiaire n’a pas tardé. A peine s’étaient-ils déclarés en grève de la faim, l’administration a mis les détenus en isolement cellulaire السيلون, et les a empêché de recevoir la visite de leurs familles. Ainsi, Moncef Jaziri, qui est venu de Sidi Bouzid à Tunis lundi dernier dans l’espoir de rendre visite à son fils Mohammed Amine Jaziri, n’a pas été autorisé à le voir, ni même à lui remettre coufin et vêtements.
 
Même chose pour le père de Fathi Salhi, qui a fait le déplacement de Kasserine, il a été privé de parloir le samedi et le mardi.
 
Pire encore, les détenus ont été chargés, tabassés par les agents de service de l’ordre l’administration pénitentiaire et laissés dans un état lamentable.
 
Il s’agit des personnes arrêtées dans le cadre des “évènements de Slimane” ou “affrontements rmés”, qui remontent à la fin de l’année 2006. Arrêtés, détenus au secret, torturés, ils ont été écroués à la prison de Mornaguia en vertu des dispositions de la loi anti terroriste du 10 décembre 2003.
 
Ces prisonniers font l’objet d’un traitement spécial. Ils ont été torturés à nouveau en prison, enchaînés, cagoulés, privés de lit et de couverture et de soins.
 
Ils sont sans cesse soumis à de nouvelles violences, terrorisés, menacés de tortures et d’agressions sexuelles. Le juge instructeur a émis un avis de clôture dans cette affaire (1/7717), qu’il a instruite en l’absence des avocats des détenus. Quant à la chambre d’accusation, il ne lui a fallu que trois jours pour boucler le dossier, sans permettre aux avocats de déposer des mémorandums.
 
Les charges retenues contre les personnes détenues sont passibles de la peine de mort.
 
(Source : « L’AUDACE » (Mensuel tunisien - France), N°153, Novembre 2007)


Les Mercenaires de la plume
 

Slim Bagga
 
Le Journal “Arabies” du mois d’octobre 2007 a présenté 2 pages concernant l’affaire de Souha Arafat
et Leïla Ben Ali.
 
Ce journal a soutenu que la veuve palestinienne est quasiment une femme indigne. Je voudrais dire à “Arabies” dont je connais le patron depuis 1992 de cesser de ressembler aux mercenaires et de publier des informations vraies et avérées.
 
Yasser Haouari, libanais à la tête d’une riche fortune, imprimeur, éditeur, trouve encore le moyen de servir la dictature pour avoir peut-être plus de fric. Cela fait honte à la mémoire du Premier ministre Hariri, lorsque l’on sait ce qui se passe au Liban.
 
Publier des informations parvenues de Carthage est honteux, d’autant qu’il est suffisamment armé pour savoir quelle dictature il sert.
 
Je lui dirai encore que les Libyens qui se sont essayés à cela pour être les mercenaires de Ben Ali ont
explosé en vol et que des tribunaux londoniens, démocratiques, et qui comprennent le sens de la justice, ont condamné ses prédécesseurs à une somme dépassant le million d’euros lorsque M. Ghannouchi a déposé plainte.
 
Que M. Yasser Haouari médite cette leçon d’un journaliste avant que le patron de presse qu’il est perde son âme.
 
(Source : « L’AUDACE » (Mensuel tunisien - France), N°153, Novembre 2007)

L'avilissement de nos parlementaires ne connaît finalement pas de limites…

Par: Astrubal
 

Dans mon post d'hier intitulé «

L'association des laquais de l'exécutif exhorte Ben Ali à se présenter à la présidentielle de 2009 », je faisais part de mon amertume face à la déclaration de l'Association des parlementaires tunisiens exhortant Ben Ali à se présenter aux élections de 2009. Et en rédigeant le billet d'hier, au fond de moi, je n'ai pas cessé de m'interroger «mais jusqu'où iront-ils ?». Tant et si bien que le libellé du lien html du même billet porte en lui mon interrogation.

Il ne m'aura pas fallu plus de 24 heures pour constater que nos parlementaires ne sauraient s'imposer des limites à leur avilissement. En effet, dans la livraison du quotidien La Presse de Tunisie du 2 novembre, on y lit une autre déclaration, cette fois-ci émanant directement de la Chambre des conseillers, reflétant le niveau inimaginable de la décadence de l'Etat et de ses institutions. On y apprend en effet, qu'entre autres : « les membres de la Chambre des Conseillers […] réitèrent leur fidélité à la personne [du Président Zine El Abidine Ben Ali] et aux principes du Changement et à ses orientations ainsi que leur loyauté envers la Tunisie. Ils réaffirment également leur engagement à persévérer dans la voie de la réforme et de la modernisation sous la direction du Président Ben Ali, unique garant de la réalisation d'un avenir meilleur et de l'accession de la Tunisie au rang des pays avancés. » (Cf.
La Presse de Tunisie du 2 novembre 2007)

Parler d'une représentation nationale composée de larbins et de vulgaires laquais est peut-être en dessous de la réalité tellement la situation est grave. Nous en sommes au point où la fidélité à la nation et aux institutions est devenue un accessoire de pure forme face à l'exigence de l'allégeance à un homme. Sans pudeur aucune, la déclaration de la Chambre des conseillers va jusqu'à l'acclamation avilissante de « l'unicité » d'un homme en tant que garant de l'avenir de la Tunisie. Ce n'est plus l'institution qui confère le pouvoir, mais les qualités d'un l'homme qui lui arroge le monopole de disposer des institutions. La légitimité ne découle pas du suffrage, mais, comme autrefois, elle se proclame au travers de l'allégeance publique à un homme et à ses faits d'armes.

Nul doute que de nombreux Conseillers sont conscients à quel point leur déclaration est avilissante pour eux-mêmes et pour le peuple Tunisien, désormais gouverné par un « unique » et irremplaçable mortel. Vraisemblablement, cet aspect n'est qu'un indicateur supplémentaire du drame actuel. En l'occurrence la situation d'un régime où l'exigence des déclarations de soutien (infamantes pour l'être Tunisien est ses institutions), prend le pas sur les exigences de l'intérêt du pays. En somme, parce que nul n'est dupe concernant ce caractère avilissant de ces déclarations d'allégeance, le fait de les perpétuer quand même, en toute connaissance de cause, informe sur le seuil atteint de la décadence politique de l'actuel régime.

Comment une Chambre parlementaire, alors même qu'elle est supposée être dépositaire du reflet pluraliste de la nation, qu'elle est supposée garantir l'existence des différents courants de pensée et au sein de laquelle des représentants de différents partis sont censés défendre leurs orientations politiques, peut-elle faire une déclaration pour faire d'un homme de 71 ans l'U-NI-QUE garant de l'avenir de la Tunisie !? A ce point les Tunisiens sont devenus des minables pour que leur avenir ne dépende plus désormais que d'un quasi-vieillard ? A ce point cette nation est devenue déliquescente au point de n'être plus en mesure d'enfanter des Tunisiens dignes de présider leur pays ? Et tant qu'à faire, pourquoi alors cette Chambre qui a décidé que l'avenir de la Tunisie ne peut être garanti que par un homme en particulier, n'aille-t-elle pas jusqu'au bout pour proposer une loi officialisant la présidence à vie de ce sauveur ? Pourquoi attendre 5 ans encore avant de faire sauter le dernier verou constitutionnel de la limite d'âge ? Et, tant qu'à faire, autant supprimer également tous les autres partis si minables pour ne pas être en mesure de compter en leurs seins des femmes et des hommes à la hauteur des grandes charges. Enfin, tous les membres de cette assemblée issus d'autres partis que celui de Ben Ali, qu'attendent-ils pour saborder leurs misérables partis pour rejoindre celui de leur sauveur ?

Que des associations qui n'engagent que leurs adhérents se mettent à rivaliser en matière de déclarations laudatrices à chaque approche d'élections, l'on s'est presque habitué à cela malgré le ridicule. Mais qu'une assemblée parlementaire qui décide des lois de la Nation et en incarne la souveraineté s'avilit à ce point devant le pouvoir d'un homme, c'est du jamais vu au sein d'aucune Nation aux institutions qui méritent le respect.

Messieurs les conseillers, en une phrase, vous incarnez la honte des valeurs et des principes que vous êtes supposés défendre et garantir. Et, au fond, auriez-vous vraiment pu incarner autre chose, quand le tiers de votre assemblée est nommé d'une façon discrétionnaire par le maître et sauveur acclamé ?

Fidèles ? Vous l'êtes et vous le démontrez avec tant de zèle. Mais fidèles à celui dont vous devez la reconnaissance du ventre et sûrement pas à la nation, ni à la République et surtout pas à l'honneur qu'exige la fonction parlementaire respectueuse du principe de la séparation des pouvoirs.

Astrubal, le 2 novembre 2007

http://astrubal.nawaat.org
http://www.nawaat.org


 

A critical U.S. ally in a turbulent region

Peaceful, modern Tunisia is a bridge to the Arab world

 

By GRETEL C. KOVACH / Special Contributor to The Dallas Morning News

Gretel C. Kovach is a Dallas freelance writer.

 

Consider a country where about half of the judges and a quarter of political representatives are women, a country with a thriving middle class and nearly universal literacy.

 

Few Americans would think of Tunisia, the Arab and Muslim country wedged between Libya and Algeria on the North African coast.

 

In a turbulent region, Tunisia has been called "the country that works" because of its expanding market-driven economy and progressive practice of Islam.

 

Less known is Tunisia's role as an important ally of the U.S. in its efforts to stabilize the Middle East and fight terrorism, said Mohamed Nejib Hachana, the Tunisian ambassador to the U.S., during a visit this month to North Texas.

 

In a region marked by deep antipathy to many U.S. policies, "you need some true friends," he said in talks with The Dallas Morning News and the World Affairs Council of Dallas/Fort Worth. "Tunisia is a bridge to Africa, the Mediterranean and the Arab world."

 

"Tunisia is a very, very important strategic ally that stays under the radar on purpose," council President Jim Falk told an audience at the Park City Club. "The ambassador and his colleagues have helped the United States in so many quiet ways."

 

Mr. Falk spent most of his teenage years living in Tunisia. North Texas is also home to author Frank Kryza, honorary consul of Tunisia, and Pioneer Natural Resources, the Las Colinas oil and gas company that is one of two Texas companies operating in Tunisia. The other is Anadarko Petroleum Corp. of Houston.

 

Tunisia's first president, Habib Bourguiba, imposed a strongly secular society on the young nation, which has often followed a unique path. After gaining independence from France in 1956, Tunisia allied itself with the West when many of its neighbors were aligned with the Soviet Union. In 1965, when Tunisia pushed Arab nations to open talks with Israel, the Tunisian Embassy in Cairo was burned.

 

Tunisia is lauded for having opened its economy to private investment and granted women nearly equal rights with men. "You cannot fly with one wing," Mr. Hachana said. "Our only wealth is our human resources.

 

"Thanks to God Tunisia does not have large quantities of oil," he added, referring to the corruption and lopsided development often associated with oil wealth.

 

But its authoritarian government has been slower to institute political changes.

 

President Zine El Abidine Ben Ali legalized opposition parties after decades of one-party rule. But the constitution was rewritten in 2002 to clear the way for Mr. Ben Ali to begin his fourth five-year term in 2004.

 

The Tunisian model of reform, where developing a prosperous middle class is considered a national priority, has been a balancing act between tradition and modernity, Mr. Hachana said.

 

"Democracy is not an instant coffee," he said in an interview. "We must have human development along with political reforms. You cannot rush."

 

Neighboring Algeria provided a cautionary example – a decade-long civil war erupted there when the military canceled elections that fundamentalist Muslims were poised to win.

 

Islamic extremism is "the new scourge all over the world" whose cause is "poverty, ignorance, the lack of emancipation of women, lack of political reforms and openness," Mr. Hachana said. "You cannot allow yourself to marginalize a portion of your population and allow them to despair."

 

Tunisia outlawed polygamy in 1956, for which it faced harsh criticism from other Muslim nations. Today, religious political parties are banned, and government-trained women clerics are forbidden from wearing the veil.

 

As in Egypt and other Arab and Muslim states, harsh tactics to control the threat of Islamic extremism have encouraged Islamic political activists.

 

"Islam has a great place in Tunisian society ... but no one has the right to declare himself more pious, more Muslim," Mr. Hachana said.

 

Despite its authoritarian government and reputation as a peaceful and modern country, Tunisia has not been immune to terrorism. A Tunisian follower of al-Qaeda bombed a synagogue in 2002, killing 19 people, most of them German tourists. This year, Tunisian authorities were involved in a shootout with Algerian militants plotting to attack the U.S. and British embassies.

 

During his visit to Texas, Mr. Hachana lamented the dwindling of U.S. military aid to his country and called for deeper economic and educational ties.

 

The U.S.-Tunisian alliance dates to 1799, when their first agreement on friendship and trade was signed, he noted. Tunisia's free trade agreement with the European Union rolls out in 2008, and the country is working to craft a similar pact with the United States.

 

Mr. Hachana said he hopes to foster deeper understanding by developing Arabic language exchange programs with public universities in the Dallas area.

 

During his visit, students in the international baccalaureate program at L.D. Bell High School in Hurst grilled him on human rights, desertification and other issues.

 

Mr. Falk said he was hoping they would ask more about Tunisia's tourism industry, which counts among its treasures a desert setting used in Star Wars and the ancient synagogue on Djerba, the "Island of the Lotus Eaters," where Ulysses was reputedly delayed on his way to Troy.

 

Gretel C. Kovach is a Dallas freelance writer.

 

(Source : « The Dallas Morning News » (Quotidien – USA), le 31 octobre 2007)

Lien: http://www.dallasnews.com/sharedcontent/dws/news/world/stories/DN-tunisia_31int.ART.State.Edition1.428930f.html


 

 

Les 20 glorieuses (Sic!) de la Tunisie, 1987-2007

 

Tunis-TAP - Sous le titre "Les 20 glorieuses de la Tunisie, 1987-2007", la revue mensuelle "Afrique Asie" consacre son numéro de novembre 2007 aux deux décennies du Changement en Tunisie.

 

La revue s'ouvre sur le message adressé par le Président Zine El Abidine Ben Ali à "Afrique Asie", un message dans lequel le Chef de l'Etat affirme, notamment, que la Tunisie est parvenue, "dans son long cheminement vers le développement et le progrès, à réaliser, au cours des vingt dernières années, de nombreuses avancées politiques, économiques et sociales, qu'attestent, régulièrement, les organismes spécialisés, mondialement reconnus". Des réussites, a-t-il ajouté, qui sont survenues dans une conjoncture régionale et internationale souvent difficile, ce qui témoigne de la solidité de la base économique de la Tunisie, une base qui l'a habilitée à devenir

 

"le dragon économique de la Méditerranée", grâce à une croissance moyenne de l'ordre de 5pc.

 

Dans un article intitulé "Changement de catégorie en 20 ans", la revue revient sur les premières années du Changement, au cours desquelles la Tunisie était "à genoux" et se trouvait dans "un marasme économique doublé d'une profonde crise socio-

 

politique".

 

"Ben Ali, le leader et son peuple" est le titre d'un deuxième article, illustré d'une photographie du Président Ben Ali en compagnie de jeunes, dans lequel l'accent est mis sur la relation de confiance et de respect mutuels qui lie le peuple tunisien à son leader, "un homme qui tient ses promesses", une des qualités les plus caractéristiques du Président tunisien, qui, selon la revue, explique le mieux l'attachement et l'admiration qui lui voue son peuple.

 

Evoquant la date charnière du 7 novembre 1987, marquée par une déclaration historique qui "résonne encore, vingt ans plus tard, dans les esprits, comme un rappel d'un moment décisif, où le destin du pays a pris une nouvelle dimension", la revue

 

"Afrique Asie" rappelle que l'alternance civilisée à la magistrature suprême a rencontré l'adhésion du peuple tunisien qui est passé, en l'espace d'une aube, de l'angoisse à l'espoir.

 

"Si, le 7 novembre 1987, la population tunisienne l'avait accueilli en sauveur de la nation, quand tout semblait mener vers la guerre civile, aujourd'hui, les Tunisiens ne tarissent pas d'éloges à l'endroit de leur Président" qui a réalisé, en 20 ans, ce qui, pour bon nombre, apparaissait comme "un rêve sans lendemain", c'est en ces termes que la revue "Afrique Asie" résume la situation actuelle de tout un pays qui croit en son Président.

 

Un Président, écrit la revue, dont l'image "est celle d'un leader éclairé, qui sait s'engager pour aller de l'avant" et qui a souvent été "en avance sur nombre de sujets, prenant des décisions révolutionnaires qui ont convaincu les plus sceptiques", dont notamment celles relatives à l'édification sur les berges du lac d'une nouvelle ville moderne.

 

Au plan international, le mensuel traite du soutien inconditionnel et constant apporté à la cause palestinienne, aussi bien par l'ex-Président Bourguiba que par le Président Ben Ali, deux dirigeants qui certes avaient le même objectif stratégique, à savoir la paix et la sauvegarde des intérêts palestiniens, mais dont les méthodes divergent considérablement.

 

En effet, "Alors que l'initiative intempestive de Bourguiba avait été rejetée par les Palestiniens et les Israéliens, le rôle discret mais fort efficace joué par Ben Ali et sa diplomatie ouverte ont été déterminants dans la grande percée qu'ont constituée les accords d'Oslo sur la voie d'une paix négociée et réaliste en Palestine.

 

"Avoir 20 ans à Tunis" est le titre d'un autre article consacré à une jeunesse ambitieuse et moderne, à l'image de son pays, une jeunesse qui apprécie le développement et espère y contribuer dans les prochaines années, et qui se veut branchée sur le net, le nombre de Tunisiens connectés à la toile ayant atteint un million.

 

En effet, en quelques années seulement, la culture numérique, écrit également la revue, s'est imposée dans tous les domaines de la société, grâce à l'effort consenti en matière d'infrastructure communicationnelle, un effort qui a valu à la Tunisie d'être classée, par le Forum de Davos, 1ère en Afrique et 35ème dans le monde dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.

 

S'agissant de l'émancipation de la femme, le 7 novembre 1987, souligne la revue, a marqué un tournant décisif et la fin des inquiétudes de la femme sur l'avenir des droits acquis à travers le code du statut personnel édicté en 1956 et le début d'innombrables réformes destinées à rendre irréversible leur condition de Tunisiennes modernes.

 

Dans un autre article intitulé "Un si long printemps" et agrémenté de photos de femmes actives dans les différents secteurs et d'un tableau en chiffres, "Afrique Asie" met en relief les réalisations significatives enregistrées en Tunisie au profit de la femme, qui n'a "aujourd'hui pratiquement rien à envier à l'Européenne concernant ses droits".

 

La solidarité, érigée en Tunisie en règle constitutionnelle, lors de la réforme de la loi fondamentale de mai 2002, a aussi été traitée dans ce numéro de novembre 2007, l'accent ayant été mis sur le Fonds 26-26, qui a fêté, en 2004, son dixième anniversaire et qui est parvenu, en l'espace de dix ans, à désenclaver ou à réhabiliter plus de 2000 zones d'ombre, ainsi que sur la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) qui a accordé, en une décennie, quelque 257.000 microcrédits et financé près de 70.000 microprojets.

 

De plus, la revue offre aux lecteurs d'autres articles axés sur l'éducation, la culture, la santé et le sport, secteurs dans lesquels la Tunisie a réalisé des performances considérables qui l'habilite désormais à rejoindre le peloton des pays avancés.

 

"La Tunisie joue un rôle moteur dans la zone méditerranéenne", tels sont les propos avancés par le secrétaire d'Etat français, chargé des entreprises et du commerce extérieur, dans une interview proposée par la revue "Afrique Asie" et dans laquelle

 

il évoque le projet d'Union méditerranéenne, tout en soulignant les excellentes relations qui existent entre la France (1er partenaire commercial du pays), et la Tunisie qui, face aux pays asiatiques, offre une main-d'œuvre francophone et qualifiée.

 

Ce numéro se clôt sur une chronologie exhaustive des principales dates qui ont marqué l'histoire de la Tunisie depuis l'avènement du 7 novembre.

 

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 4 novembre 2007)


 

 

ARTICLES DU MOIS D’OCTOBRE  publiés sur le site http://www.tunisitri.net , site dédié à la Résistance des peuples en lutte pour leur indépendance, leur liberté et leur dignité!

 

 

 

Le Golfe et la troisième guerre mondiale

http://tunisitri.net/articles/article162.html/

 

LA PARTITION DE L'IRAK EST UN VIEUX PROJET DU SIONISME INTERNATIONAL ET ISRAEL A ETE LE PREMIER A LE PRECONISER

 

http://tunisitri.net/articles/article161.html/

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GUANTANAMO OU LA BANALISATION DES VIOLATIONS SYSTEMATIQUES DES DROITS HUMAINS

 

http://tunisitri.net/articles/article160.html/

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4° LIBAN : Un Président pour qui ?

 

http://tunisitri.net/articles/article159.html/

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Oh ! Moudjahiddines ! Oh ! Enfants du Grand Irak !

 

http://tunisitri.net/articles/article158.html/

 

 

HOLD-UP ہ BABA GURGUR

 

http://tunisitri.net/articles/article157.html/

 

 

 “l’islam officiel et l’islam activiste sont loin de refléter la réalité vécue concrètement”

 

http://tunisitri.net/articles/article156.html/

 

Communiqué : Commandement Général Des Forces Armées Irakiennes

http://tunisitri.net/articles/article155.html/

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Irak : « En Sibérie, ou dans l’armée » ? Du « Retrait » américain d’Irak (ou : Du Projet du Groupe d’Etudes sur l’Irak)

 

http://tunisitri.net/articles/article154.html/

 

 

10° Dossier de presse du Front Irakien contre la loi du pétrole et du gaz

 

http://tunisitri.net/articles/article153.html/

 

 


 

Rice à Israël: Washington vous protègera, soyez "audacieux"

 AFP, le 4 novembre 2007 à 20h21

JERUSALEM, 4 nov 2007 (AFP) - La secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a assuré dimanche à Israël que les Etats-Unis continueraient à garantir sa sécurité après la création d'un Etat palestinien et a engagé l'Etat hébreu  à prendre des décisions "audacieuses".

"Tous les Isréaliens doivent être convaincus que les Etats-Unis les soutiennent totalement. Vous pouvez donc être audacieux dans votre recherche de paix", a déclaré la chef de la diplomatie américaine dans un discours devant le Forum Saban, un centre de recherche américain.

Mme Rice, qui se trouvait à Jérusalem pour de nouveaux entretiens avec Israéliens et Palestiniens avant la réunion internationale de paix que les Etats-Unis veulent organiser à la fin du mois à Annapolis, près de Washington, a prévenu que "l'échec n'est pas une option".

Elle a averti que si les Palestiniens perdaient l'espoir, ils risquaient de se radicaliser et d'être attirés par le terrorisme.

"Si nous n'agissons pas aujourd'hui pour montrer aux Palestiniens qu'il y a une issue, d'autres leurs montreront une issue (...) Franchement, une solution à deux Etats est plus urgente que jamais", a-t-elle ajouté.

Mme Rice s'était heurtée le matin même aux exigences sécuritaires d'Israël, lors de ses premiers entretiens à Jérusalem.

D'entrée de jeu, la chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, avait souligné que les impératifs de sécurité d'Israël passaient avant la création d'un Etat palestinien.

"Ce qui signifie: sécurité pour Israël d'abord et ensuite création d'un Etat palestinien. Parce que personne ne veut d'un nouvel Etat terroriste dans la région", avait ajouté Mme Livni, qui dirige l'équipe de négociateurs israéliens.

 

AFP

 
 


 

Portrait

Maryam Brigitte Weiss : prendre le voile

 

Il est bien difficile de résister à sa bonne humeur. Quand elle évoque sa religion, Maryam Brigitte Weiss, une Allemande de 52 ans convertie à l'islam, ressemble à une jeune fille rieuse. "Je ne pourrais pas en avoir une autre", s'écrie-t-elle tout sourire. Cette enseignante - en primaire et collège - à la silhouette arrondie applique avec ferveur les préceptes musulmans : elle ne boit pas d'alcool, fait ses prières quotidiennes, jeûne pendant le ramadan et dissimule ses cheveux blonds grisonnants derrière un foulard de couleur dès qu'elle sort de chez elle.

 

"Je fais les choses à 100 % ou je renonce", explique cette ancienne protestante, membre de la direction et responsable des questions de femmes au sein du Conseil national des musulmans (ZMD). Fidèle à ce principe, elle vient d'engager une bataille juridique contre l'administration de sa région, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui interdit au personnel enseignant de porter le voile à l'école depuis 2006.

 

Obstinée, elle refuse d'enlever son foulard pendant ses cours. "Ce n'est qu'un élément de la pratique religieuse, mais sans lui l'ensemble s'effondre." En guise de compromis, Brigitte Weiss a proposé de se voiler plus discrètement en laissant apparaître son cou et ses oreilles. L'administration a refusé cette offre. Le tribunal a débouté Mme Weiss de sa plainte au mois d'août. Loin d'abandonner, elle a fait appel et menace désormais d'aller devant la Cour constitutionnelle.

 

Aussi longtemps qu'il lui en souvienne, la religion a toujours été présente dans la vie de cette fille d'un mineur de la Ruhr, qui a grandi dans une famille protestante. Sa mère lui faisait dire ses prières et la jeune fille participait à l'organisation de l'office. De 16 à 19 ans, elle a été scolarisée dans un internat protestant. Elle suivra même, au début de sa carrière, des cours de religion protestante afin de pouvoir l'enseigner à l'école.

 

L'islam est arrivé dans sa vie de manière anodine. "J'étais satisfaite de ma religion, je n'ai pas eu de crise." Les premiers contacts avec le monde musulman se font par l'intermédiaire des écoliers. En rendant visite à des parents d'élèves musulmans, elle découvre une religion "qui imprègne en permanence le quotidien". Il y a les références permanentes à Dieu dans la conversation, les interdits alimentaires, le tapis de prière... Brigitte Weiss est fascinée par ce monde dans lequel "Dieu a toujours la priorité".

 

Au fil du temps, elle se lie d'amitié avec des familles musulmanes et rencontre des Allemandes converties. Un été, elle accompagne même une famille au Maroc. "Il n'y a pas eu un moment décisif, tout s'est construit à la manière d'un puzzle." Jusqu'au jour où elle décide de sauter le pas. Elle ne se souvient plus de la date exacte de sa conversion, qu'elle situe au début des années 1990. Cet oubli la surprend elle-même. "J'ai pourtant l'habitude de tout noter dans mon agenda." Elle se rappelle avoir pris une douche, puis avoir déposé une serviette de bain en direction de La Mecque avant de réciter quelques prières, sans aucun témoin. C'est tout. "C'est une affaire privée entre Dieu et la personne concernée."

 

Après sa conversion, elle a ajouté le prénom Maryam, "proche de Marie et Myriam", à son nom et a rapidement adopté le foulard, "une recommandation ferme du Coran". Au début, "il glissait tout le temps", raconte-t-elle dans un rire. L'espace d'un instant, elle semble être redevenue une jeune fille qui se réjouit de sa nouvelle garde-robe. Son armoire contient cent vingt foulards, pour les assortir toujours à ses vêtements. A l'image de sa tenue vestimentaire d'aujourd'hui : une tunique blanche, un pantalon rose bonbon et un foulard rose pâle. "Sinon, on peut très rapidement ressembler à une femme de ménage."

 

Les autres règles religieuses ne lui ont pas posé plus de difficultés. Avant de se convertir, elle était végétarienne et elle ne buvait quasiment pas d'alcool. Elle semble n'avoir qu'un seul regret : avoir arrêté de nager. Après sa conversion, elle a renoncé à fréquenter les plages pour échapper aux regards masculins. "Je n'ai pas le courage d'enfiler un uniforme qui me couvre de la tête aux pieds."

 

Ce nouveau mode de vie a choqué son entourage. Au début, sa mère était très sceptique. "Depuis, c'est devenu complètement normal pour elle." Avec son père, "très malade à l'époque de (sa) conversion", elle n'a pas osé évoquer le sujet.

 

Parmi ses amis, beaucoup ont pris leurs distances. "Ils avaient le sentiment de ne plus pouvoir me parler comme avant." Aujourd'hui, elle passe la plus grande partie de son temps en compagnie de musulmans. "C'est plus simple quand tout le monde a le même arrière-plan." Elle semble tout aussi peu nostalgique à l'évocation de son divorce, survenu en 1989, quelques années avant sa conversion. "Cela a été une séparation sans drame." Ce sont, entre autres, des motifs religieux qui l'ont poussée à cette décision après onze ans de mariage. "Non croyant, mon mari avait souvent tendance à se moquer de ma pratique religieuse." Une seule pensée vient assombrir son visage : elle aurait souhaité avoir six enfants. "Mais l'occasion ne s'est pas présentée."

 

Comme la plupart des convertis, elle défend sa religion avec beaucoup d'énergie. Elle affirme que les histoires de mariages forcés ou de femmes contraintes de se voiler "n'ont rien à voir avec l'islam".

 

Sa voix monte d'une octave quand elle évoque son combat pour le port du voile. "J'exige l'exercice de mes pleins droits garantis par la Loi fondamentale allemande", crie-t-elle en tapant du poing sur la table. Elle souligne qu'il n'y a pas de séparation entre l'Eglise et l'Etat en Allemagne et que les juifs et les chrétiens ont le droit de porter leurs signes religieux. "Pendant des années, plusieurs enseignantes voilées ont fait cours sans que cela pose des problèmes."

 

Le directeur de son établissement n'est pas de cet avis. Il affirme que "certains élèves sont troublés" par son comportement. Brigitte Weiss est estimée pour ses qualités d'enseignante, mais son attitude laisse plusieurs de ses collègues perplexes. Elle avoue que ses élèves, âgés de 10 à 16 ans, l'interrogent souvent sur son voile. "J'essaie de leur répondre le plus brièvement possible pour ne pas être accusée de prosélytisme." Pour confirmer que son professionnalisme n'est en rien menacé par le port du foulard, elle montre avec fierté le cahier de remerciements remis par ses élèves à la veille de l'été. Il y est inscrit qu'elle est "la meilleure professeure du monde".

 

Cécile Calla

 

 

Parcours

 

1955

Naissance dans le bassin de la Ruhr.

 

1974

Passe son baccalauréat dans un internat protestant.

 

1980

Début de sa carrière d'enseignante en primaire et en collège.

 

Début des années 1990

Se convertit à l'islam.

 

2001

Membre de la direction du Conseil national des musulmans (ZMD).

 

2007

Rejet de sa plainte contre l'interdiction du port du voile à l'école. Elle fait appel.

 

(Source : « Le Monde » (Quotidien – France), le 1er novembre 2007)

 

 


 

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