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TUNISNEWS
8 ème année, N° 3207 du 04.03.2009
 archives : www.tunisnews.net  
AISPP: Ali Isbaï, ex prisonnier politique, âgé de 77 ans et citoyen de seconde zone
Liberté et Equité: Nouvelles des libertés en Tunisie
Le comité de soutien de Me Abdelwaheb MAATAR: NON A LA REPRESSION PAR LA FISCALITE
OLPEC: L’avocat Mohamed Abbou encore une fois interdit de quitter le territoire
FTCR: Slaheddine El Ouertani doit être libéré sans attendre !
Saadia Ali: Au bon plaisir de la police
Les mémoires d'un ancien détenu islamiste: ABOU-OUSSEMA 
Jamaat-e-Islami Hind: Rashid Gannoushi visits Markaz Jamaat
Le Temps Suisse: « Les Janjaweed commencent à se révolter contre Khartoum »
Liste actualisée des signataires de l'initiative du Droit de Retour :
http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html
Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l'initiative :
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Non à la répression fiscale de Maître Abdelwahab Maatar
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour le docteur Sadok Chourou
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
43 rue El Djazira, Tunis
e-mail : عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.
 
Tunis, le 28 février 2009
 
Ali Isbaï, ex prisonnier politique, âgé de 77 ans et citoyen de seconde zone

 

 L'ex prisonnier politique Ali Isbaï est en butte à des mesures de rétorsion de type sécuritaire de la part des agents de la police politique de la ville d'El Hamma dans le gouvernorat de Gabès, ceux-là mêmes qui lui avaient monté une affaire en justice en 2008, l'accusant d'exercer comme courtier dans l'immobilier sans licence, au prétexte qu'il aurait loué son logement à des personnes fréquentant le hammam de la ville. Bien que la justice lui ait donné raison en prononçant un non lieu, des agents continuent de le harceler [...], le convoquent constamment au poste de la Sûreté pour "infraction à une loi devant être promulguée" [...] ...!
conditionnant l'obtention d'une licence pour les personnes louant des locaux.
Monsieur Ali Isbaï, qui a soixante dix sept ans, a fait l'objet de poursuites en 1986. Il a été condamné en 1987 à quatre mois d'emprisonnement. il a été arrêté en 1991 et a été condamné en 1992 par le Tribunal militaire à six ans d'emprisonnement et à une peine complémentaire de cinq ans de contrôle administratif. A sa sortie de prison, il s'est installé dans la capitale et a été contraint d'émarger dans plusieurs postes de la Sûreté, plusieurs fois par semaine. Il s'est vu interdire de quitter Tunis pour la ville de El Hamma, où il est né, où il voulait régler des affaires familiales et il est jusqu'à aujourd'hui privé de passeport.
L'association [...]
Pour l'association
La commission de suivi des prisonniers politiques libérés
(traduction d'extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté et Equité
33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis
Tel/fax: 71 340 860
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Tunis, le 3 mars 2009
 
Nouvelles des libertés en Tunisie

 
1) Report de l'examen de l'affaire du militant des droits de l'homme

 
Le tribunal de première instance de Bizerte a reporté l'examen de l'affaire de monsieur Tarek Soussi,  militant des Droits de l'Homme et membre du comité directeur de l'Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques, au 24 mars 2009.

2) Harcèlement de monsieur Sami Gharbi
Des agents de la police politique de Bizerte ont harcelé le 3 mars 2009 monsieur Sami Gharbi, qui était accompagné de son épouse. Les agents ont tenté de le conduire au poste mais il a tenu bon et demandé une convocation officielle. Ils ont confisqué sa carte d'identité alors qu'une carte d'identité ne peut être saisie.
 
3) le prisonnier d'opinion Karim Ayari est en grève de la faim.
le prisonnier d'opinion Karim Ayari, actuellement incarcéré à la prison de Borj Er Roumi, a commencé une grève de la faim le 21 Février 2009 pour protester contre les mauvais traitements dont il est l'objet et ses conditions pénibles d'incarcération, ainsi que pour exiger un lit personnel. Karim Ayari a 22 ans ; il est lycéen (année du baccalauréat). Il a été arrêté en 2005 en vertu de la loi anti terrroriste et il dort à terre en prison alors qu'il est affecté de plusieurs pathologies.
[...]
Pour le bureau exécutif de l'organisation

Le Président
Maître Mohammed Nouri
(traduction d'extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 
NON A LA REPRESSION PAR LA FISCALITE

Le comité de soutien de Me Abdelwaheb MAATAR 

communiqué

    La chambre fiscale du tribunal de première instance de Sfax présidée par le juge Sofiéne BORJI a rendu cet après midi le 4 mars 2009 son jugement dans l’opposition formée par Me Abdelwaheb MAATAR  contre l’arrêté de taxation d’office l’obligeant à payer le montant de 232.530.855 DT pour les années 2004 et 2005.
    Ce jugement qui a décidé de ramener le montant initial à 93.572.865 DT  a surpris les avocats constitués dans l’affaire qui s’attendaient du juge saisi l’annulation pure et simple de l’arrêté de taxation d’office compte tenu des abus administratifs qu’il contenait. Hélas le jugement du 4 mars 2009 démontre une fois de plus que la justice est loin de la neutralité et de l’indépendance.
    En effet , le jugement rendu par le magistrat Sofiéne BORJI , bien qu’il réduit le montant initial demeure sans aucun fondement de fait ou de droit. Il n’a fait en réalité que réitérer par le tribunal. les fautes et les abus précédemment commis par l’administration fiscale en vue de punir Me Abdelwaheb MAATAR  pour avoir osé former un recours en annulation contre le référendum de 2002.et pour sa lutte pour la démocratie et les droits de l’ homme .
    Ainsi le comité de soutien de Me Abdelwaheb MAATAR  considère que le jugement rendu aujourd’hui  est en premier lieu un jugement à caractère politique et il est dépourvu de tout aspect juridique. La réduction de l’impôt qu’il a opéré n’est en fait qu’une manœuvre visant à calmer la pression subie par les autorités tunisiennes grâce au large soutien qu’a connue lla cause juste de Me Abdelwaheb MAATAR  à l’intérieur de la Tunisie comme à l’extérieur.
    Le comité réaffirme par ailleurs que l’injustice et la répression fiscale sur  Me Abdelwaheb MAATAR  continue de se déployer ; et décide de poursuivre son combat par tous les moyens légaux en interjetant Appel du «  jugement » abusif rendu aujourd’hui et en élargissant davantage le mouvement de soutien de Me Abdelwaheb MAATAR  .
    Le comité tient par la même à remercier tous les confrères tunisiens et étrangers pour leur soutien actif et les appelle à concentrer davantage leurs efforts pour faire cesser l’instrumentalisation de l’administration fiscale ainsi que l’instrumentalisation de la justice 

      Tunis le : 4 mars 2009. 
 
Pour le comité de soutien de Me Abdelwaheb MAATAR 
 
Le coordinateur

Me Mohamed  ABBOU

Observatoire pour la liberté de presse, d’édition et de création en Tunisie

OLPEC

Tunis le 3 mars 2009

  

L’avocat Mohamed Abbou encore une fois interdit de quitter le territoire

 

Pour la sixième fois consécutive, l’avocat défenseur des droits humains, Mohamed Abbou a été empêché de quitter le territoire tunisien ce matin 3 mars vers 11 par la police des frontières à l’aéroport Tunis Carthage. Mohamed Abbou devait se rendre en Europe (Hollande et Angleterre) à l’invitation d’Amnesty International et devait rencontrer des défenseurs, des avocats et des représentants des affaires étrangères dans ces pays respectifs et donner une conférence. Aucune raison valable ne lui a été donnée pour cette interdiction, sinon que c’étaient des « instructions venues d’en haut ! »

Depuis qu’il a été libéré sous condition en juillet 2007, après avoir purgé une peine de 2 ans et demi pour un délit d’opinion, les autorités interdisent arbitrairement à Mohammed Abbou de quitter le territoire. Au début, le prétexte invoqué par la police des frontières était qu’il devait attendre d’achever le reliquat de la peine à laquelle il avait été condamné, c'est-à-dire, 3 ans et demi ; Sur le plan légal, ce prétexte est sans fondement, car les textes sont clairs, la libération conditionnelle n’implique pas une peine complémentaire dont il n’est fait mention nulle part, y compris dans le document qui lui a été remis à sa sortie de prison ; mais, en admettant ce prétexte pseudo légal, ce délai est achevé depuis août 2008 et aucune autre raison ne pouvait être invoquée par la police.

Mohamed Abbou avait été condamné en 2005 à trois ans et demi de prison ferme pour avoir dénoncé les pratiques de torture sur Internet. Il n’a cessé depuis sa libération de subir des harcèlements et des restrictions sur sa liberté de mouvement. Le dernier en date a été son interpellation le 21 février dernier par une brigade de la police de la circulation à l’entrée de l’autoroute qui relie Tunis à Bizerte, alors qu’il devait se rendre à une conférence à Bizerte (60 km de Tunis), et maintenu au poste de police durant plus de 2 heures pour être finalement relâché après que les délais pour assister à la conférence aient été dépassés.  

« Je suis triste de constater que, par ce genre de pratiques, ce pouvoir s’obstine à se maintenir  hors de la légalité » a déclaré Mohammed Abbou après cette énième interdiction de voyager qu’il subit.

L’Observatoire pour la liberté de presse, d’édition et de création

·         Considère que les restrictions faites à la liberté de mouvement de maitre Abbou ont pris un caractère permanent et sont donc assimilables à une privation de liberté arbitraire au sens des critères (catégorie I) établis par « Le groupe de travail sur les détentions arbitraires » des Nations Unies ; c'est-à-dire le cas où « la privation de liberté est arbitraire car il n'est manifestement pas possible de la rattacher à une quelconque base légale. » ; Il a décidé par conséquent de saisir sur ce cas le Groupe de travail onusien avec d’autres ONG impliquées dans la défense de la liberté d’expression.

·         Il estime que ces pratiques dénotent de la faillite de l’Etat de droit en Tunisie.

·         Il exige que cette mesure arbitraire soit levée et que Maitre Abbou puisse disposer de  son entière liberté de mouvement.

Pour l’Observatoire

La vice présidente

Naziha Rjiba

 


Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives

3, rue de Nantes – 75019 PARIS
Tél. : 01.46.07.54.04 - Fax : 01.40.34.18.15 – E-mail : عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته. – www.ftcr.eu
   

Slaheddine El Ouertani doit être libéré sans attendre !

Slaheddine El Ouertani est sorti il y a quelques jours du coma où il était plongé depuis le 4 novembre 2008, après avoir été grièvement blessé dans sa cellule à la prison de Fresnes. Il est actuellement hospitalisé à Paris avec de graves séquelles et une hémiplégie qui nécessitent une longue rééducation.
Slaheddine El Ouertani, un sans-papiers d’origine tunisienne, s’est retrouvé en détention préventive à Fresnes comme sept autres personnes à la suite de la révolte qui a éclaté au Centre de Rétention Administrative de Vincennes et de l’incendie qui s’en est suivi. Tous les retenus du CRA s’étaient alors révoltés suite au décès, le 21 juin 2008, de Salem Souli dans des circonstances à ce jour non encore élucidées. Le corps de ce dernier a été discrètement rapatrié en Tunisie au début juillet 2008.
Comme Salem Souli, Slaheddine El Ouertani était sous la responsabilité de l’Etat français et il serait grave que les soins appropriés ne soient pas, cette fois également, donnés.
 Pourtant, alors que le juge d’instruction n’a pas jugé utile de prolonger son maintien en détention provisoire, ouvrant la voie à son hospitalisation dans un service adapté, le procureur de la République s’acharne sur Slaheddine El Ouertani en déposant un référé détention, sachant pertinemment que le retour en prison de ce dernier constituerait une double condamnation et un péril sérieux pour sa vie. Le président de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris vient heureusement de rejeter le référé. Slaheddine El Ouertani reste donc provisoirement libre jusqu’à la décision au fond de la chambre de l’instruction.
La FTCR exige la libération de Slaheddine El Ouertani et de tous les inculpés de l’incendie du CRA de Vincennes et l’arrêt des poursuites à leur encontre.
Le FTCR demande que soient apportés à S. El Ouertani tous les soins adéquats, que lumière soit faite sur les circonstances de l’agression qu’il a subit à Fresnes et que toutes les responsabilités soient clairement établies.
La FTCR rappelle également le grave précédent du décès de Salem Souli pour lequel elle s’est portée partie civile en appui à la plainte de son fils et de son ex-compagne pour « rétention d’information, homicide involontaire par manquement aux obligations de sécurité, omission de porter secours et, enfin, fausses informations, atteinte à la mémoire du mort et à sa réputation ainsi qu’à celle de sa famille ». La FTCR attend toute la vérité.

Paris le 04 mars 2009
Pour le Bureau de la FTCR
CHERBIB Mouhieddine

 
Au bon plaisir de la police

Du poste de police de La Goulette à Bouchoucha : Dans la fourgonnette, nous avons été mis à l’arrière, deux hommes et moi-même. Le conducteur et son adjoint étaient à l’avant. Ce dernier buvait bière sur bière. Il avait sa réserve sous le siège. Dès qu’ils voyaient une femme conduire, ils sortaient leurs têtes pour de la drague. Vulgaires.
Et voila ce que j'ai vu de mes propre yeux au poste de Bouchoucha à Tunis le temps d’une nuit de garde à vue :
Les gardiens qui donnent des coups de pied à des femmes âgées. La cause de leur détention, je l’ai su : elles demandent la charité dans la rue. La police leur retire l'argent et le lendemain, elles sont emmenées au tribunal, condamnées à une amende et relâchées.
Beaucoup de jeunes filles pauvres sont ramenées de restaurants de Tunis. Comme elles ont faim, elles rentrent et demandent à des hommes de leur offrir un repas. Ensuite, elles sont dénoncées et embarquées par la police après un contrôle d’identité.
Et tous ces malheureux embarqués à Bouchoucha : j'ai vu deux hommes, un accroché aux barreaux de la cellule comme Jésus, et l'autre, dans le couloir, menotté et accroché au sol sur le ciment et ils n’ont cessé de hurler de souffrance. Moi, je n’ai pas dormi de la nuit.

Une femme m’a raconté que lorsqu’elle avait été arrêtée, elle a été gardée à vue dans la même cellule qu’un assassin. Elle a eu si peur de lui qu’elle n’avait pas fermé de l’œil de la nuit, craignant d’être tuée à son tour.
A Bouchoucha, seuls les premiers arrivés ont droit à de la « nourriture », mais c’était tellement écoeurant que je n’y ai pas touché. Quant à l’eau, il y a deux bouteilles même pas remplies, et sans verre, pour toutes les prisonnières qui se les repassent et doivent boire au goulot. Il y avait des matelas pas très nets dans certaines cellules, mais pas assez pour tout le monde, pas même pour les femmes âgées ou les malades. Les fenêtres sont cassées en plein hiver et la pluie tombait à l’intérieur.
Les gardiens sont des hommes qui utilisent de gros mots, très vulgaires. Cette violence donne le frisson
Le lendemain matin c’est à coups de pieds que tout le monde a été réveillé pour aller au tribunal. Il y en a en uniforme noir, plus les civils, plus la police qui est en bleu. Ils ont tous l’autorisation de frapper. On nous a fait sortir dans la courette. Je ne comprenais rien. Ils crient tous en même temps, bousculent les gardés à vue, donnent des ordres dans tous les sens, nous embrouillent la tête. A la moindre erreur, c’est le tabassage et les humiliations.
Tous les hommes ont été menottés, pas moi. Dans la fourgonnette pour le tribunal, j’étais assise entre le conducteur et son adjoint. Les hommes ont été mis à l’arrière.
Quelques jours plus tard, alors que j’étais en liberté, j’ai vu un jeune qui avait l’âge d’être mon fils, avec un nez éclaté, on voyait l’os ! Amicalement, je lui ai demandé s’il s’était bagarré. Il m’a dit « non, j’avais bu et j’ai été contrôlé. Le policier a mis son nez dans ma bouche. Quand il a compris que j’avais bu, il m’a éclaté le nez ». Je lui ai demandé s’il allait porter plainte. Il m’a dit « porter plainte où ? » « Il n’y a qu’auprès de Dieu que je puisse porter plainte ! »
Les souvenirs de Bouchoucha m’ont travaillée. J’ai repensé à ces vieilles mendiantes, systématiquement dépouillées par la police de l’argent qu’elles avait récolté, et remises en liberté… pour aller mendier ! Et encore arrêtées, et dépouillées.
Au fait, c’est la police, c’est l’Etat qui les utilise pour mendier ?
Et puis, où aller dans ce pays ? Vous allez dans une mosquée, vous êtes arrêté, vous allez dans un café pour boire ou dans un restaurant pour manger, vous êtes arrêté, de la même façon…

Saadia Ali
Les mémoires d'un ancien détenu islamiste:
 ABOU-OUSSEMA

 Chapitre  premier  4/1

La rue tunisienne commence à faire les marches de soutien obligatoire pour le Général. Dans toute dictature l’individu  perd  la notion de choix, il se voit traîné malgré lui  dans des situations  dont il a souhaitées  ne pas y être. Après avoir dompté l’opposition à l’intérieur du parti, le général a crée l’occasion pour ceux qui veulent exprimer leur sincérité en participant à ces marches et on peut distinguer nettement dans la première ligne des ministres, des intellectuels, des représentants d’associations. Tous les hauts cadres doivent y être. Evidemment les mouchards, les indicateurs,  les policiers civils, les chefs de sécurité doivent faire des rapports sur les participants. Le système de sécurité mis en place par le Général étrangle toute aspiration à la liberté même chez les responsables du système lui-même : tout le monde épie et celui qui n’apporte pas l’information le premier il sera soumis à un questionnaire qui décidera de son sort. En 2001 à Paris Madame Faiza Kéfi, présidente de l’Union Nationale de la Femme Tunisienne (UNFT) puis nommée le 22 Avril 1999  ministre  de l’environnement et de l’aménagement du territoire, disait dans une interview à Khayyâm: "Mon courrier, même le plus personnel, était ouvert par la police politique, mon téléphone, comme celui de tous les responsables, était sur écoutes et la paranoïa sécuritaire de Ben Ali nous a rendus à notre tour paranoïaques. On commence à s'imaginer les micros et les mini-caméras des SS [Services Spéciaux] truffés partout. Ces derniers temps j'ai même pensé aller consulter un psychiatre

Et c’est à Madame la ministre de continuer :<< Vous allez penser que ce que je vais vous dire est ridicule, mais au fur et à mesure que la paranoïa de Ben Ali augmentait, la mienne augmentait aussi! Je vous donne un exemple : Au début de cette année j'ai commencé à avoir des doutes que Guenzoui [ex-patron de la Sécurité] a placé des cameras cachées dans ma salle de bain. C'est pourquoi je prenais mon bain toujours la nuit dans l'obscurité totale. Mais ma paranoïa ne faisait que progresser. Je me disais : " Et si Guenzoui avait des cameras infra-rouges ? " Car, je sais que ce voyou de Guenzoui et cet obsédé sexuel de G'doura [El Hadj Fraj G'doura est l'ex-patron des SS] sont capables de tout. Vous savez qu'ils sont maîtres dans le porno-montage. Je veux oublier Tunis et ses magouilles>> (voir Kayyâm le 27 octobre 2001).

Ce paranoïa sécuritaire, dont la ministre citait en 2001, a été mise en place depuis que le Général occupait le poste de ministre de l’intérieur, et peut être bien avant, il faut creuser dans la vie du Général lui-même, car la peuple tunisienne ne nécessite pas le recours à de telle violence pour être gouverné, c’est un peuple pacifique, travailleur, digne d’une vie respectable Un seul individu a ouvert les portes de l’enfer sur La Tunisie : le nombre des prisonniers politiques n’a jamais atteint ce niveau durant toute l’histoire de ce pays, même en 1864 durant la révolte de Ben Ghdahem. En 1991 nos sources parlent de 25000 détenus du parti En-Nahdha seul,  aujourd’hui il y a entre 1500 et 1800 jeunes détenus politiques opposants. A l’extérieur du pays, il n’y a aucun point chaud dans le monde où ne trouve pas de Tunisiens, faut-il rappeler que par exemple à Guantanamo il y a  actuellement 10 Tunisiens qui cherchent une terre d’accueil. Le système politique tunisien, en place, est le seul responsable de la naissance du terrorisme en Tunisie. Le parti En-Nahdha, qui était jugé pour terrorisme, n’a fait exploser aucun pétard dans le pays et cela n’est pas dû à l’incapacité de ce parti ou à la bonne veille du Général,  car en Tunisie on peut  faire tout ce qu’on veut avec de l’argent et l’exemple des deux Autrichiens enlevés du sud tunisien et ramené au désert du Mali  laisse poser d’énorme questions sur cette sécurité présumée. En Tunisie il n y a pas de sécurité, il y a une dictature mener contre un peuple pacifiste, dés lors on ne peut jamais parler du courage de l’agent de l’ordre au contraire on parle de lâcheté, car c’est une police qui agit contre le peuple, qui le harcèle,  le pille continuellement, c’est une véritable Mahalla d’impôts du Bey (Sultans de Tunisie avant 1956).
            
La rue tunisienne était complètement ravagée par la peur et les différentes  institutions de la société  militarisée commencent à envoyer des télégrammes de soutien  au Général, pour se protéger contre tout risque d’inculpation. Des déclarations de leaders politiques qui se croient opposants, apparaissent culpabilisants le parti En-Nahdha avant même que ce dernier soit   traduit devant la soi-disant justice. La Tunisie vie une période difficile, une période de SAUVE QUI PEUT
Les policiers alors trouvaient le moment propice pour  exécuter le plan d’arrestation massive et ils  commencent leurs descentes avec utilisation de toute sortes de violences sans aucun respect de la moindre loi. Ils entrent par groupe en enfonçant les portes des  maisons et avilissant les familles avec des insultes de différente couleur, des blasphèmes, des injures, des gifles, des coups de pieds. La torture a déjà commencé. Avant d’arriver au centre d’arrestation  le détenu doit recevoir une dose de peine qui doit le choquer et lui facilite le chemin des aveux. C’est une guerre psychologique à plusieurs objectifs :
1)      briser toute résistance à l’intérieur du militant
2)      faire naître en lui le sentiment de la solitude et de l’abondant


3)      déchaîner l’envie de l’autodestruction : cet objectif est le plus important parce qu’il doit durer avec le détenu durant son emprisonnement et dans la période de libération  et sur cet objectif que le Général a parié
La première période consistait dans le ramassage de tous les individus figurants dans les listes données par le gouverneurs et qu’ils ont obtenues durant les élections falsifiées de 1989. Les arrestations étaient pêle mêle, et les geôles étaient vite remplis,  dans certains geôles de 3m sur 4m on trouve entre 25 et 30 détenus en permanent et au mois d’octobre 1991 aucun geôle en Tunisie ne se trouve vide. Dans certaines régions comme Bizerte les détenus considérés importants ont passé leur détention dans les couloirs des bureaux de police attachés par des menottes aux  fenêtres ou aux chauffages, ils passent la nuit par terre et sans couvertures en plein hiver, d’ailleurs dans les geôles la situation n’est pas meilleur. La nourriture  consistait en un bout de pain trempé dans l’eau de harissa (du piment rouge moulu Avec du sel).

Dés que la première journée passe l’odeur du détenu change complètement, elle devient puante, comme si les vêtements  sont trempés dans les déchés humains. L’aération du geôle ne se fait qu’une fois par jour pendant 10 minutes au maximum et parfois elle ne se fait pas car l’agent ne trouve de temps pour le repos que celui de l’aération de la geôle. IL faut savoir que la geôle est une pièce qui n’a ni de fenêtre ni de lumière, elle a une porte blindée en fer et pour l’ouvrir il faut 3 agents de police armés et près à tirer et un quatrième qui porte les clefs. IL s’agit d’une démonstration de force. Les conditions de détention étaient totalement inhumain et personne ne peut ne peut proposer une idée d’amélioration des conditions car il sera automatiquement considéré comme sympathisant avec les terroristes qui ont voulu tuer le Général, bien plus on assiste à une course de mauvais traitement de la part des policiers puis des geôliers et celui qui cause le plus de peine aura des nouveaux galons et sa mensualité augmente. Durant l’arrestation les policiers portent avec eux  tout ce qui trouvent de précieux à la maison du détenu tel que l’argent, l’or et surtout les bijoux des femmes, des appareils neufs tel que les téléviseurs, les computers, les récepteurs. A Bizerte après l’arrestation de Habib Ellouz un camion  de police a chargé tout ce qu’il a trouvé dans la maison que Habib a loué on  trouve parmi ces affaire une peau de tigre que le propriétaire a acheté avec une somme de 1500 dinars tunisiens. Les descentes de polices étaient similaires à des razzias que les nomades pratiquaient aux siècles médiévaux. Et bon appétit à celui qui vole les bons plats !
           

(Source: www.alhiwar.net (Allemagne), le 27 février 2009)

 
Rashid Gannoushi visits Markaz Jamaat

New Delhi: Tunisia's exiled scholar and leader of Islamic Movement Tunisia, Shaikh Rashid Ghannoushi, delivered key-note address on the topic on 'Muslims in Modern Plural Society' at programme was organised by Jamaat-e-Islami Hind at Indian Medical Association on 27th Feb evening.
Delivering key-note address, Mr Rashid Gannoushi lauded the plural culture of India and expressed that earlier he had merely read in the books about the country and about Shah Waliallah and Maulana Syed Abul Aala Maududi, 'Now God has given the opportunity to see and visit this country.' Mr Gannoushi said it is a basic tenet of Islam that creator is one and creations are many.  He was on a weeklong visit to India.  
Speaking on concept of plural society, he said, "From the very first day Islam nurtured a friendly environment among believers of different religions and promoted multi-religious and plural society. Hence, wherever Islam spread, Jews, Christians and others have inhabited along with Muslims, and non-Muslims' monasteries, churches and temples are situated in countries where Muslims have been ruling more than thousand years, on the contrary first Muslims Mosque was built in 1925 in France, in India too Muslims ruled around thousand years but they didn’t demolish temples and monasteries because of Islam’s was a message for plural society.
He articulated that to accommodate other people is the basic characteristic of Islam and West took it from Islam. According to Qur’an, there is no compulsion for religion and man has the complete right to follow any religion or dogma.
"Few years ago an organisation named International Islamic Front to fight against Jews and Christians, it is against the Islam because there is no compulsion in Islam and no one can unwillingly be converted to Islam and no war was fought for this purpose and Islam allows only defensive battle or fights to stop atrocities," he added.
"Monotheism is another reason which prevented Muslims to commit genocide of others while Christians believe in trinity and they fought hundreds of years against each other because each group had believed that God is within itself and Jews believe that they are the chosen people of God but Islam says that Muslims and all human beings are the creations of God."
"Europeans hadn't such thing in their religions so they revolted against their own religion and embraced secularism, but no need to own secularism for a Muslim because Islam already has tolerance and pluralism."
"Now these attributes are developing in Europe and they are discussing about Islam and to own some Islamic doctrines, recently a British archbishop Rowan Williams suggested to include some Sharia principles in European laws and Islamic interest free windows are being opened in Europe whereas founder of Jamaat-e-Islami Maulana Maudodi decades of years ago presented the interest free system through the book, at that time peoples surprisingly questioned that is it practical? Now Europeans are discussing interest free banking. "
"Prophet Mohammed (PBUH) established fraternity between migrated Muslims and residents of Medina after migration, and all residents of Medina including believers of other religions were declared citizen of first Islamic state, in this Islam first gave the concept of common citizenship while Jews were not driven out from Media for religious reason but because of their violation of constitution of Medina."
In a country where Muslims are in minority there can be three options for them at the socio-political level. Either they fully participate in activities of the nation or they close themselves up and refuse to take part in the issues of the nation. Third option is to try and built a different nation for themselves. Last two options are not at all viable in a plural society. All minority Muslims should participate in every sphere of activity in their country. This is the best way of striving for a just Islamic society.
At the end, he discussed problems of Muslims countries and insisted to accommodate democratic system. He also suggested to Indian Muslims to contest parliamentary and assembly elections and to participate in politics for increasing influence and pressure on the government.
Maulana Omri said, 'Islam has become the biggest challenge for West, in spite of West's unreasonable and hostile behaviour, and it is rapidity spreading especially in Western countries and Quran has become the most reading book as well as Women are embracing  Islam in large quantity while it is commonly alleged that Islam oppresses women.'
Maulana Omri said that now no country remained in the world, which has the citizens, followers of single religion live because large numbers of Muslims are residing in non-Muslims dominated countries and in the same way non-Muslims are residing in Muslim countries, as a result Muslims either are majority or minority in any country, so what will be the conduct of Muslims in both the situations? He replied that Islam instructs that wherever Muslims are lived either in majority or minority, they should have all rights which Islam gives them and every person has right to live, Quran explains that don't kill anyone unjustly, Allah instructed Prophet Mohammed (PBUH) that too in initial stage of his prophet-hood in Makkah that no one should live oppressed life and weaker should feel that Muslims are on their back. 
"The right to present in front of others Quran's challenge 'Islam is the only right religion,' should be given along with other rights, which Islam ensures to a person, if Muslims live with these rights in a country, it is un-Islamic to revolt against that country, in case they don't have these rights, they should try to obtain the rights," he added.
The programme was commenced by Qari Abdul Mannan's recitation of Holy Quran and Mr Ejaz Ahmed Aslam, Secretary Jamaat-e-Islami Hind did convening.

(Source: Le site du "Jamaat-e-Islami Hind" visité le 4 mars 2009)
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« Les Janjaweed commencent à se révolter contre Khartoum »

Entretien avec un journaliste tunisien qui vient d’être expulsé. Il a couvert durant deux ans le conflit du Darfour

Journaliste tunisien réfugié en Grande-Bretagne, Zouhir Latif couvrait le conflit du Darfour depuis deux ans. C’était aussi le conseiller politique du PAM à Khartoum. Il a été arrêté le 27 février pour «avoir dépassé son mandat» mais, grâce à la pression internationale, il a été libéré et expulsé du Soudan. De passage à Genève, il est bien décidé à retourner sur place, avec ou sans visa.

Qu’est-ce qui vous a poussé à aller au Darfour?

Zouhir Latif: L’absence presque totale de couverture du conflit par les médias et les ONG arabes. J’ai voulu voir de mes propres yeux si les médias occidentaux exagéraient, comme on le dit souvent.

Et alors, ils exagèrent?

Non, la réalité est affreuse! Mais la plupart des médias occidentaux ne travaillent que par un angle: ils viennent du Tchad et filment les camps de déplacés. Or, il y a aussi la vie au Darfour: les gens se marient, font la fête, jouent au foot, vont au marché.

Comment avez-vous obtenu le visa, refusé à la plupart des journalistes?

Au début, les autorités soudanaises voyaient d’un bon œil la présence d’un journaliste arabe, convaincues que le monde entier est contre elles et les musulmans – même si le conflit du Darfour est intra-musulman et intra-sunnite. Mais, petit à petit, j’ai commencé à gêner.

Pourquoi?

J’ai réussi à entrer en contact avec presque tous les rebelles, soudanais et tchadiens. J’ai montré qu’une bonne partie des rebelles tchadiens se trouve sur le territoire soudanais et qu’ils sont soutenus par Khartoum – qui a toujours nié. Mahamat Nouri, l’ex-ministre tchadien de la Défense, et Timan Erdimi, le président de la coalition d’opposition tchadienne, ont confirmé devant ma caméra qu’ils sont financés par le Soudan. J’ai aussi montré que tous les Soudanais arabes ne soutiennent pas le régime. On sait que Khartoum essaie de convaincre les «Arabes», majoritaires au Darfour, que les Bleus (les Africains) et la communauté internationale sont contre eux. Par mon travail au PAM, j’ai prouvé qu’il n’en était rien. J’ai aussi filmé beaucoup de massacres. J’étais le seul journaliste présent lors de l’attaque de Mouhajiriya, en février. J’ai montré que les bombardements de l’aviation militaire soudanaise ne ciblaient pas seulement les rebelles, mais aussi les civils. Ma plus grande crainte est que les films qu’on m’a confisqués soient utilisés contre les témoins et les victimes civiles du Darfour.

Que faut-il pour faire la paix au Darfour?

Inclure la société civile et les mouvements pacifistes et non discuter avec les plus forts militairement – les mouvements rebelles, qui sont des criminels. Et il ne peut y avoir de paix au Darfour sans une paix réelle au Tchad.

Que va-t-il se passer maintenant?

- Si la Cour pénale internationale confirme le mandat d’arrêt contre le président Al-Bashir, le régime risque de trouver des excuses pour mettre à la porte certaines ONG internationales. Mais, avec la crise financière, Khartoum ne peut plus tenir ses engagements envers les tribus des Janjaweed, qui ont commencé à se révolter. Le baril de pétrole est à 38 dollars aujourd’hui, alors qu’il était à 140 il y a encore six mois.

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Suisse), le 4 mars 2009)

 

 

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