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TUNISNEWS
11 ème année, N°4083 du 03.09.2011
archives : www.tunisnews.net
 
Reuters: Tunisie: Une adolescente tuée par les forces de l'ordre
Le Monde.fr: Couvre-feu dans le sud de la Tunisie après des heurts entre jeunes
AP: Tunisie: prolongation de l'état d'urgence pour trois mois
Jeune Afrique: Tunisie : la fête est finie pour les "m'as-tu-vu"
Gnet: Tunisie/Slim Riahi : "Un président peut en cacher un autre"
Investir en Tunisie: Tunisie : Nessma Tv capte des places avancées
Kapitalis: Lettre ouverte aux partis modernistes de la Tunisie
Le Temps: Financement des partis, argent électoral, pub, racolage politique
Tunisia IT: Tunisie : quand la toile perd les pédales
Jeune Afrique: Tunisie : Djerba, une planque en or pour les Libyens
Tunisie: Une adolescente tuée par les forces de l'ordre

 
Avec Reuters le 02.09.11 à 17h12
 
Une jeune fille de 16 ans a été tuée et plusieurs autres personnes ont été blessées en Tunisie lorsque les forces de l'ordre ont ouvert le feu pour mettre fin à des combats de rue dans une ville du centre du pays, rapportent ce vendredi des habitants et des responsables.
 
Des heurts, imputés par certains habitants à des partisans du président déchu Zine Ben Ali qui tenteraient, selon eux, de déstabiliser le pays avant l'élection de l'Assemblée constituante en octobre, ont éclaté dans la nuit de jeudi à vendredi à Sbeïtla, à 200 km au sud-ouest de Tunis.
 
Un commissariat incendié
 
«L'armée a tenté de disperser des combats de rue et a ouvert le feu, tuant une jeune fille de 16 ans, Soussane Souidi», a rapporté Adnan Hlali, un habitant joint au téléphone. «De nombreuses personnes ont été blessées, dont deux se trouvent dans un état grave.»
 
Protestant contre l'intervention armée de la police, la foule a incendié un commissariat, des bus et un hôpital de cette ville située à 40 km de Sidi Bouzid, berceau historique de la révolution qui a renversé Zine Ben Ali en janvier.
 
Le ministère de l'Intérieur a confirmé la mort de la jeune fille sans préciser si elle avait été touchée par une balle des forces de l'ordre. Les violences se sont poursuivies toute la nuit et des renforts de police sont arrivés ce vendredi à Sbeïtla, où la situation est désormais maîtrisée, a rapporté un autre habitant.

Couvre-feu dans le sud de la Tunisie après des heurts entre jeunes


 

Des affrontements ont eu lieu ces dernières heures dans deux villes de Tunisie. Dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces de l'ordre ont ouvert le feu pour mettre fin à des combats de rue dans la ville de Sbeïtla, au centre-ouest du pays. Une jeune fille de 17 ans a été tuée, et quatre autres personnes blessées, a indiqué le ministère de l'intérieur. Dans le sud du pays, à Douz, les autorités tunisiennes ont instauré vendredi un couvre-feu après de violents affrontements entre jeunes qui ont fait "plusieurs blessés", a annoncé le ministère de l'intérieur.
Le gouvernement ne précise pas le nombre de personnes blessées à Douz, mais l'agence officielle TAP fait état d'une trentaine de blessés transportés à l'hôpital local. L'armée et la garde nationale sont intervenues pour
tenter de mettre fin à ces violences qui n'ont pas cessé malgré leur intervention. Le couvre-feu sera en vigueur de 19 heures à 5 heures locales. Selon la TAP, trois maisons et deux kiosques à essence ont été incendiés lors de ces troubles.
Les heurts qui se sont produits à Sbeïtla sont imputés par certains habitants à des partisans du président déchu
Ben Ali qui tenteraient, selon eux, de déstabiliser le pays avant l'élection de l'Assemblée constituante en octobre. La famille de la victime affirme que leur fille a été touchée par balle à la tête, et des habitants et responsables locaux affirment qu'elle est morte lorsque les forces de l'ordre ont ouvert le feu.
"L'armée a tenté de disperser des combats de rue et a ouvert le feu, tuant une jeune fille de 16 ans, Soussane Souidi, a rapporté
Adnan Hlali, un habitant joint au téléphone. De nombreuses personnes ont été blessées, dont deux se trouvent dans un état grave." Protestant contre l'intervention armée de la police, la foule a incendié un commissariat, des bus, une gare ferroviaire et un hôpital de cette ville située à 40 km de Sidi Bouzid, berceau historique de la révolution qui a renversé Ben Ali en janvier.
Les violences se sont poursuivies toute la nuit et des renforts de police sont arrivés vendredi à Sbeïtla, où la situation est désormais maîtrisée, selon un autre habitant.
La Tunisie avait vécu
une journée de colère, lundi 15 août, contre le gouvernement provisoire de Béji Caïd Essebsi, avec des marches syndicales autorisées à l'appel de l'Union générale tunisienne de travail (UGTT, unique centrale syndicale sous Ben Ali). Les cortèges avaient été dispersés à coups de gaz lacrymogènes par la police dans le centre de la capitale. Lors du soulèvement du 14 janvier qui devait balayer le régime de Ben Ali, l'UGTT a joué un rôle de premier plan dans les régions. Certains de ses dirigeants se sont joints brièvement au gouvernement de transition. La centrale se pose en gardien contre "toute récupération du mouvement révolutionnaire".
Source: "Le Monde.fr" Le 02-09-2011
Lien: http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/09/02/couvre-feu-dans-le-sud-de-la-tunisie-apres-des-heurts-entre-jeunes_1567079_3212.html
 
 
Tunisie: prolongation de l'état d'urgence pour trois mois

 
Publié le 01-09-11 à 22:10
 
TUNIS (AP) — Les autorités tunisiennes ont décidé de prolonger à partir de jeudi et pour une durée de trois mois l'état d'urgence en vigueur dans le pays depuis le soulèvement populaire qui a fait chuter le régime de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier dernier.
 
Un décret pris dans ce sens par le président intérimaire Fouad Mébazzaâ a été publié par le Journal officiel de la République tunisienne (JORT) sur son site électronique. Il dispose que "l'état d'urgence est prolongé sur tout le territoire de la République à partir du 31 août jusqu'au 30 novembre 2011", sans en préciser les motivations.
 
Cette mesure intervient dans un contexte sécuritaire encore fragile marqué par des troubles épisodiques dans certaines régions du pays, en dépit d'une amélioration notable enregistrée ces derniers mois après les violences qui ont suivi la fuite de l'ancien président en Arabie Saoudite.
 
Elle serait également motivée par l'instabilité qui persiste en Libye, un pays qui partage avec la Tunisie une frontière longue de 459 km.
 
L'état d'urgence, qui est prolongé pour la troisième fois successive, demeurera en vigueur un peu plus d'un mois après les élections prévues le 23 octobre prochain. Très attendue, cette échéance électorale, la première dans l'ère post-Ben Ali, est destinée à mettre en place une assemblée constituante dont la principale tâche sera d'élaborer une nouvelle Constitution. Le scrutin que les Tunisiens, autorités, acteurs politiques et de la société civile souhaitent le premier "libre, honnête et démocratique dans l'histoire de la Tunisie", mettra en compétition quelque 105 partis de tous bords. Les plus en vue sont le mouvement islamique "Ennahdha" et le parti démocratique progressiste (PDP), suivis du Forum démocratique pour les libertés et le travail (FDLT) et le Congrès pour la République (CPR). AP

Tunisie : la fête est finie pour les "m'as-tu-vu"


 

Effet collatéral et immédiat de la révolution tunisienne : la bulle des "m’as-tu-vu" a volé en éclats.

La nébuleuse de parvenus qui gravitaient autour des maîtres de l’ancien régime tunisien fait profil bas et cherche, après des années d’ostentation et de privilèges, à se fondre dans le paysage. Les grosses cylindrées ne défilent plus entre La Marsa et Sidi Bou Saïd. On remise sa Porsche Cayenne au garage au profit de petites cylindrées ou de voitures de location. On range ses bijoux au coffre. Aux vêtements de grande marque on préfère le jean passe-partout, et on ne s’affiche plus dans les lieux sélects où il était de bon ton de parader.
Alya Hamza ou Saida Chtioui, comme les autres membres du pseudo-chic club Elyssa, géré par
Samira Trabelsi, la belle-sœur de Ben Ali, n’apparaissent même plus aux vernissages dont elles raffolaient, tandis que Sami Fehri, patron de Cactus Productions, ne s’offre plus de week-end au Hasdrubal Prestige de Djerba, le must des palaces tunisiens.
Cure d’austérité
La surenchère bling-bling n’est plus de mise. « Cette année, mes patrons ne passeront pas leurs vacances à Hammamet. Ils ne sont pas rassurés et préfèrent louer leur maison. Ils partiront sans doute à l’étranger », confie l’homme à tout faire d’une famille connue.
Une cuisinière, employée de maison, jubile pour sa part de n’avoir pas eu un seul grand dîner à organiser depuis des mois. « Ils sont devenus moins cassants avec le personnel, ils font moins de caprices. Les temps changent », s’enthousiasme-t-elle.
 

Cure d’austérité également pour les jeunes « branchés ». Ils ont adopté un mode de vie moins voyant et ne réservent plus de tablées à 500 euros la place dans les discothèques. « Trois vendredis de suite, nous n’avons eu personne. Les gens ont peur et font attention à leurs dépenses », reconnaît Tarak, le patron de l’Odéon, à Gammarth. Côté mariages, on préfère à présent les cérémonies familiales aux banquets tape-à-l’œil. Se faire oublier.

La raison de cette soudaine discrétion des fortunes voyantes et rapidement acquises est à chercher dans la crainte d’avoir à rendre des comptes quant aux liens avec le clan Ben Ali. Celles-là préfèrent se faire oublier. Les clients du restaurant Sindbad, à Tunis, se souviennent encore des fêtes arrosées au champagne offertes par Sakhr el-Materi, gendre de l’ancien raïs. Il est aujourd’hui entre Dubaï et le Qatar. Quant à Sofiène et Kaïs Ben Ali, les trublions des nuits de Hammam-Sousse, ils passent, eux, un été à l’ombre, derrière les barreaux.

Source: "Jeune Afrique" Le 02-09-2011
Tunisie/Slim Riahi : "Un président peut en cacher un autre"

L’entretien du président de l’UPL sur la chaîne Nessma dimanche dernier avait-il plusieurs niveaux de lecture ? Ce dernier n’était, en effet, pas le seul président de parti à l’image. Une autre personnalité du champ politique tunisien était constamment à l’antenne derrière l’épaule de Slim Riahi, matérialisé par son dernier livre Hannibal Barca : l’histoire véritable.

Dans cet ouvrage, Abdelaziz Belkhodja, fondateur du parti Républicain, co-président du Wifak al Jomhouri et une des figures emblématiques du PDM nous suggère de porter un tout autre regard sur l’histoire de la troisième guerre punique, résultat fallacieux de la propagande des vainqueurs. La présence bien en évidence de ce livre doit-elle être comprise comme une volonté partagée par Slim Riahi du devoir de réécriture de notre histoire pour une Tunisie nouvelle ? Bien qu’il soit encore trop tôt pour se prononcer sur le réel poids électoral du président de l’UPL, on peut au moins lui reconnaître ses choix judicieux en matière de lecture et son intérêt pour la grande histoire de notre pays.

Réjouissons-nous de voir qu’au-delà de la morosité ambiante, cette révolution du 14 janvier aura permis l’émergence de figures politiques différentes, par leur formation et leur culture marquant ainsi une rupture totale avec la bêtise, l’ignorance et l’arrivisme des dépositaires du pouvoir de ces 23 dernières années. Souhaitons que de ce marasme naisse un nouvel Hannibal, tout aussi rassembleur que son illustre prédécesseur 22 siècles plus tôt, capable de redonner un nouveau souffle à notre révolution.

Source: "GlobalNet" Le 02-09-2011
Lien:http://www.gnet.tn/sur-le-vif/tunisie/slim-riahi-un-president-peut-en-cacher-un-autre/id-menu-1006.html

 
 
 
Tunisie : Nessma Tv capte des places avancées

Nessma Tv, la chaîne de télévision privée continue à capter des places avancées dans l’espace médiatique tunisien. Selon une étude réalisée par Sigma Conseil durant le mois de Ramadan, Nessma Tv accapare la majeure partie des investissements publicitaires. Avec 41,9% des IP déclarés, Nessma Tv occupe la première place, suivie de Hannibal Tv (34,9%), Al wataniya1 (17,2%), Al wataniya 2 (5,9%).

Le secteur alimentaire a attiré une grande partie des investissements, soit 38 ,9%. Le secteur des télécoms et Internet occupe la deuxième place avec 22%, suivi par l’hygiène (6,2%), la production audiovisuelle (3,5%), électroménager (3,4%). Les autres secteurs ont attiré environ 26,1%.
Le top 10 des annonceurs a indiqué que la société Nejma vient en tête, suivie par Tunisie Telecom, Stial Délice Danone, Orange Tunisie, Délice, Tunisiana, l’Epi D’or, Unilever, Henkel et Regina.
Au sujet de la pénétration globale des chaînes Tv durant le mois de Ramadan, Hannibal Tv se classe à la première place avec (41,6%), suivie de Nessma Tv (35,5%), Al wataniya 1 (16,9%), Alwataniya 2 (8,3%), Al jazeera (5%). Pourtant, durant la première quinzaine de Ramadan, Nessma Tv a occupé la première place avec (43,14%). Un classement renversé durant la deuxième quinzaine.
Concernant la pénétration des émissions, le feuilleton Njoum Ellil arrive en tête avec 36,3%, suivie par Nsibti Laaziza (32,7%), Choufli hal (14%), Tunis 2050 (12,9%), Osstadha Malek (4,7%), Nour Mariem (3,4%).

Source: "Investir en Tunisie" Le 02-09-2011

Lien:http://www.investir-en-tunisie.net/index.phpoption=com_content&view=article&id=11232


 


 
 
Par Elvire Axos

Française mariée à un Grec vivant en Tunisie, l’auteure avertit les partis modernistes: l’argument selon lequel, avec les islamistes, l’islam sera en danger, passe pour ce qu’il est: ridicule!
Messieurs et Mesdames les leaders et membres des partis modernistes de Tunisie,
Je ne suis pas citoyenne tunisienne. Mais je vis en Tunisie, je suis française, mariée à un Grec et en tant que «citoyenne du monde» pourrait-on dire, enthousiasmée par la révolution tunisienne, je me permets, en toute humilité, de vous adresser cette lettre.
Celle-ci n’est pas en soi très originale et pourrait tenir dans cette question: «Ne faudrait-il pas «communiquer» sur votre identité musulmane?».
Pour vous dire le fond de ma pensée, je ne suis pas obnubilée ni angoissée par l’idée d’une vague islamiste en Tunisie. Mais il faut malgré tout envisager le risque et faire ce qui peut raisonnablement être fait. Cela évitera les regrets inutiles le cas échéant.

Les valeurs refuges
Nombreux sont ceux qui signalent le danger du manque de lisibilité des partis. Mais seuls les partis modernistes manquent de lisibilité! La majorité «silencieuse», la fameuse, celle qui va voter, dans son désarroi ou simplement son incertitude risque, on le sait bien, ou on en s’en doute, ou on le craint, de se tourner vers une valeur sûre, une «valeur refuge» comme on dit fort justement à la bourse. Ce n’est pas ce que l’on souhaite vraiment mais lorsqu’on a des craintes…
C’est donc au regard de l’identité musulmane et surtout par rapport à la réalité sociologique qu’il faut se situer. Si de nombreux électeurs sont dans le «flou» quant au programme à privilégier pour que la révolution réussisse et que la Tunisie se redresse, beaucoup également n’en sont pas encore là, ou ont une préoccupation plus «sourde», une sorte de «matrice originelle» du doute: la peur que l’on touche à l’identité musulmane de la Tunisie.
Certes les mesures économiques, les mesures fiscales, les mesures pour l’emploi, pour l’éducation, pour l’industrie sont importantes pour se démarquer. Mais elles ne servent qu’à démarquer les modernistes entre eux et pas par rapport aux autres tendances. Seul l’électeur instruit ou qui en a le temps, seul l’électeur, qui au fond a déjà fait son choix (un parti moderniste, mais lequel?) entrera dans ces détails. Quel est le pourcentage de ces électeurs dans la société tunisienne? Et dans les électeurs inscrits? Mystère…
Pourquoi laisser croire que certains partis protégeraient l’identité musulmane de la Tunisie et d’autres non? Pourquoi laisser croire que certains partis vont respecter les valeurs de l’islam (sous-entendu les autres non)? Pourquoi laisser croire que certains partis sont composés de «vrais musulmans» et pas les autres? Pourquoi laisser croire que les modernistes représentent les valeurs étrangères, européennes en particulier?
Mais, mais, mais…, et c’est bien là la grande difficulté de cette question, exposer son identité musulmane n’est pas sans dangers. Chacun s’en doute se serait faire la part belle aux islamistes au contraire que d’en faire le centre des préoccupations. Faut-il ouvrir la boîte de pandore?

Problème de «communication» et «d’image»
Il faudrait arriver en effet à concilier ce qui semble inconciliable:
• rassurer ces électeurs, ceux qui n’hésitent pas entre un parti moderniste et un autre, ou pas encore, mais ceux qui croient à une opposition entre islam et modernité; prendre les islamistes de court;
• sans pour autant faire de l’islam un débat public qui parasiterait le débat.
Nous sommes peut-être en plein dans un problème de «communication» et «d’image». Loin d’être une spécialiste dans ce domaine, je me limite donc à une question. Comment «communiquer» sur son «islamité» sans faire de l’islam un débat? Justement pour ne pas faire de l’islam un débat.
Mesdames et Messieurs les leaders modernistes, à vous de voir. Réfléchissez avec vos équipes à la bonne méthode, faites appel aux «communicants» et aux spécialistes en marketing de bonne volonté pour résoudre cette question. Mais ne tardez-pas. Nous sortons de Ramadan, la rentrée des classes se profile, les choses sérieuses vont commencer. Ensuite, une fois ce non-dit résolu, qui risque de miner la campagne, il restera du temps pour vous distinguer entre vous et parler finalement des vrais problèmes.
Il ne s’agit pas d’exclure les islamistes du jeu démocratique. Mais qu’ils occupent une place réellement représentative à l’assemblée de la société tunisienne et non pas un poids électoral devant plus à l’incertitude, à la peur, aux sophismes, à l’incompréhension, à l’ignorance. L’important est que les choses soient claires même pour le citoyen le moins averti.
L’important est que l’argument, «Avec eux l’Islam sera en danger», passe pour ce qu’il est: ridicule

Source: "Kapitalis" Le 02-09-2011
Lien: http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/5665-lettre-ouverte-aux-partis-modernistes-de-la-tunisie.html
 
Financement des partis, argent électoral, pub, racolage politique

 
Par KAMAL BOUAOUINA

Fini l'argent occulte. L’argent est nécessaire en politique, mais il doit être le plus visible et le plus transparent possible. La nouvelle loi électorale introduit de nouvelles mesures de contrôle du financement des partis. Elle oblige les partis politiques à rendre des comptes chaque année. Désormais, les partis doivent justifier tous leurs revenus et les dons reçus. L'achat des voix lors des élections n'est un secret pour personne. Cette pratique est monnaie courante au sein des partis. La jonction entre l'argent et la politique se confirme à l’approche de la constituante. Qu'en pensent nos partis?

 

 

Au rythme que tous les partis devraient bénéficier de moyens comparables pour exposer leurs programmes. Mais de ce principe à la réalité, le fossé s’est grandement creusé. Tous n’ont pas la même capacité à attirer des dons et à financer leurs activités et c’est bien bien dommage qu’on peut faire de la politique sans argent nous explique Habib Kasdaghli du parti Ettajdid « . L'argent va de pair avec la politique dit –il . L’argent occulte nuit à la politique. En Tunisie, on assiste à la prolifération de ce phénomène avec ces panneaux publicitaires qui inondent le pays et les spots télé qui passent quotidiennement sur nos télés et là l’activité politique risque d’être prise en charge par les affairistes. Il y a un vrai danger qui guette notre démocratie. Nous comptons sur l’intelligence de notre peuple qui a fait cette révolution pour que l’argent ne soit pas un outil pour ces manœuvres politiques. Le business des listes électorales fera un ravage sans précédent. L'achat des voix n'est un secret pour personne. Bien au contraire, cette pratique est devenue ces derniers jours, monnaie courante au sein de la classe politique. Mais comment assainir cette pratique électorale ? L’arrêt du pub à partir du 12 septembre est une bonne chose pour arrêter ce fléau. Il faut que la loi soit appliquée pour qu’il ait des chances égales. L’argent est un outil pour la pratique de la citoyenneté et ne doit pas être utilisé pour subir une nouvelle aliénation. Les partis doivent respecter le décret loi sur les partis qui définit les règles de financement, il n'en demeure pas moins que son respect fait défaut. Les fonds des partis politiques sont devenus des caisses noires. On se demande pour quand une vraie réaction du gouvernement pour arrêter ce fléau ?»
 

Argent et citoyenneté

Le financement des partis par des particuliers constitue une grande zone d'ombre.il n'en demeure pas moins qu'une grande partie passe sous la table et comme nous le dit Jinène Limam du Pôle démocratique moderniste « La politique et l’argent ont eu depuis belle lurette des relations douteuses. L’argent est un élément essentiel pour mener une campagne électorale et gagner des élections. Cet argent doit être réglementé et connu et ne doit pas fausser les élections. Dans le cas contraire, l’argent primera et ceci porte atteinte au sens même de la citoyenneté c'est-à-dire établir des choix dignement et sans contre partie financière. Ce que l’on remarque maintenant c’est la tendance de certains partis politiques à pomper des sommes énormes d’argent pour avoir la sympathie des citoyens. Ceci est contradictoire avec les pratiques politiques saines. On ne peut pas acheter des voix avec l’argent et la on risque de renouer avec les pratiques anciennes caractéristiques des régimes totalitaires et dictatoriaux. C’est humiliant. Je pense si on a une culture citoyenne et une vraie conscience politique, on ne peut pas tomber dans ces pièges. En plus il faut appliquer la réglementation telle qu’elle existe dans le décret loi organisant les partis politiques qui stipule que le financement doit être national et non étranger et fait par des personnes et non des sociétés car si le financement se base sur les sociétés là on va revenir au schéma d’avant révolution c’est à une conjonction douteuse et dangereuse entre le politique et l’économique ce qui est nuisible pour le pays . Outre l'interdiction de financement étranger, la nouvelle loi sur les partis met une limite aux donations privées et impose aux partis de désigner des commissaires au compte parmi les experts comptables attitrés. Il plafonne à 60.000 dinars le montant des donations annuelles par personne physique et fixe à 200.000 dinars les engagements souscrits auprès des lignes de crédit. Les partis politiques n'ont pas le droit d'offrir des privilèges en argent ou en nature aux électeurs. A quelques jours des élections, il faudrait créer des mécanismes de contrôle de la transparence du financement afin de garantir une compétition équilibrée entre les partis et lutter contre la corruption et les groupes de pression.

Assainir la pratique électorale du business et de l’argent

Pour M Mustapha Saheb Ettabaa Secrétaire général du parti El Wifak El Jamhouri « Le financement par certains partis politique vise essentiellement à faire échouer la transition démocratique qui constitue un objectif primordiale et une question vitale pour trois catégories d’acteurs malveillants à savoir ceux dont les intérêts sont menacés et dont les revenus provenant essentiellement de l’existence de l’RCD qui ont profité de la dictature par le baie du soutien du régime en vue d’outrepasser les lois et règlements ou encore évasion fiscal ou monopole des activités lucratives viennent ensuite les dictatures arabes qui n’acceptent pas que la Tunisie soit un modèle de démocratie susceptible de déstabiliser et remettre en cause le régime et enfin les partis extrémistes de tous bord qui cherchent à prolonger la période de l’instabilité et crainte de l’avenir et qui ont un double langage basé sur des idéologies dépassé et des slogans religieux pour impressionner et mobiliser les couches sociales les plus fragiles afin de s’approprier le pouvoir pour instaurer une nouvelle dictature. Il est vrai que certains utilisent l’argent politique pour l’achat des voix et des consciences en proposant des solutions provisoires pour remédier à des maux sociaux profonds et chroniques. D’autres financent les partis qui s’engagent à défendre des affairistes par le baies des législations consacrant l’impureté et instaurant une politique fiscale servant leurs intérêts. » Cette activité politique risque t- elle d’être prise en otage par les affairistes ? Oui ajoute M Saheb Ettaba « c’est une certitude qui a été confirmé par la connivence de la presse et tous les médias et aussi par le laisser-aller et l’indifférence du gouvernement provisoire ainsi que la Haute Instance de Ben Achour à graver par la composition de l’ISIE qui a autorisé la poursuite de la compagne sauvage et du racolage politique jusqu'au 12 Septembre 2011, date légale de la fin de la compagne publicitaire politique . L’argent risque de pourrir la politique et faire la différence entre les partis. Ce risque est certain vu que la précarité touche prés du quart de la population tunisienne dont le besoin immédiat prévale sur les stratégies politiques et sociales » Le secrétaire général d’Al Wifak El Jamhouri estime qu’il est temps d’assainir la pratique électorale du business et de l’argent « Il est malheureusement très tard pour proposer des solutions amènes d’assainir la mise en place de pratique électorale puisque les délais de la mise en place de préalable à une potentielle guérison sont déjà dépassés et s’agit notamment de forte volonté politique (qui a fait défaut) l’adoption tardive du texte régissant le fonctionnement des Partis Politiques. Il est en de même de l’obsession de la législation pénale incriminant l’argent sale du financement des compagnes électorales sans oublier l’absence de l’indépendance du pouvoir judiciaire et un système de l’information et de communication très affaibli. Al Wifak Al Jomhouri suggère à l’Assemblée Constituante, pour assurer un meilleur contrôle des finances politiques, la création et la mise en place d’une commission pour la transparence finance de la vie politique et d’une commission nationale des comptes des campagnes et du financement politique »

Source: "Le Temps" Le 02-09-2011

Lien: http://www.letemps.com.tn/article-58650.html

Tunisie : quand la toile perd les pédales

 

 
Ils se considèrent comme les pionniers, la crème du web tunisien: le petit noyau de cyberactivistes aux manettes avant et pendant la révolution s'inquiète aujourd'hui de l'évolution de la toile, devenue selon eux un défouloir et un terreau propice aux manipulations. « Le facebook tunisien commence à ressembler à une poubelle », assénait récemment sur son blog le syndicaliste Maher Takaya.

Selon une récente étude de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen, la Tunisie est le pays arabe qui a le mieux utilisé les réseaux sociaux pour provoquer la révolution. Mais sept mois après, et alors que le pays compte désormais 2,6 millions d'utilisateurs Facebook selon le site de pointage SocialBakers, les cyberactivistes « "historiques » ont le blues.

« Avant le 14 janvier, nous étions un petit noyau d'une centaine de personnes, on faisait attention à ce qu'on disait, on vérifiait nos infos. Aujourd'hui, ça part dans tous les sens, c'est la cohue générale, tout le monde est devenu activiste sur internet. C'est l'armée des révolutionnaires de la 25e heure », déplore Sofiene Bel Haj.

Rançon de la démocratisation ? Ce trentenaire, engagé dans le cyberactivisme depuis 2008, reconnaît avec franchise qu'il n'est « jamais agréable de voir des dizaines de milliers de personnes venir s'emparer de ton terrain de jeu ».

Mais au-delà des rivalités et des jalousies qui agitent le petit monde du web, Bel Haj et les autres "anciens" assurent que la dérive est réelle. « On voit apparaître de véritables campagnes de dénigrement et de haine », selon Fatma Arabicca, professeur d'art dramatique et blogueuse depuis 2005. La jeune femme, arrêtée en 2009 sous le régime Ben Ali, raconte qu'une photo d'elle la présentant comme un « agent d'un complot franc-maçon » a récemment été postée sur plusieurs pages Facebook. « Nous vivons une période de transition délicate, et on voit circuler des infos totalement fausses, des rumeurs, des théories du complot, voire des appels au meurtre, en toute impunité », déplore-t-elle.

« Certains passent leurs nuits sur photoshop pour trafiquer des photos ou mettre en ligne de fausses vidéos », reprend Sofiène Bel Haj. Il cite l'exemple d'une photo retouchée du président du PDP (Parti démocrate progressiste) Ahmed Nejib Chebbi affublé d'une écharpe mauve (la couleur fétiche de Ben Ali). Ou encore une image d'une manifestation de salafistes sur une plage, censée illustrer le danger islamiste en Tunisie. La photo avait en fait été prise à Gaza.

« Dans une situation instable, il suffit d'un montage, d'une phrase sortie de son contexte pour mettre le feu aux poudres », met en garde Hajer Ajroudi, journaliste au quotidien Le Temps.

« C'est compliqué. Les Tunisiens ont soif d'infos, mais les medias traditionnels n'ont pas regagné, loin s'en faut, de crédibilité, et les institutions n'ont pas rompu avec leurs vieilles habitudes du secret. Dans ce contexte, Facebook apparaît souvent comme la source d'information », analyse Henda Hendoud, journaliste et blogueuse. « Or on a vu apparaître des administrateurs de pages facebook très jeunes, entre 17 et 19 ans, souvent radicalisés, qui confondent opinion et information et se voient en leaders d'opinion », constate-t-elle.

L'enjeu n'est pas mince, alors que la Tunisie va entrer en campagne en vue de l'élection de la constituante le 23 octobre. La plupart des 105 partis enregistrés ont leur page officielle facebook et leur site web, où ils publient et diffusent sans contrainte. « C'est un moyen de communication incontournable, mais il ne faut pas tomber dans la diffamation », alerte le doyen de la faculté des sciences politiques de Tunis, Fadhel Moussa, cité par la TAP.

« Le réseau social reste un espace d'information et de discussions, où sont publiés de bons articles et où les modérés ont encore leur place. Mais il faut être très vigilant », conclut Hajer Ajroudi.

Source: "Tunisia IT" Le 02-09-2011
Lien: http://www.tunisiait.com/article.php?article=8211
 
Tunisie : Djerba, une planque en or pour les Libyens

 
L'île de Djerba en Tunisie voit sa saison sauvée de manière inattendue : elle accueille les exilés libyens fortunés, pro et anti-kaddafi. Une clientèle qui ne fait pas l'unanimité.Une longue jupe, des chaussures fermées et la tête couverte d’un voile, cette jeune mère de famille qui joue avec ses enfants au bord de la piscine déserte d’un cinq étoiles n’est pas une touriste séjournant en Tunisie.
« Il nous a fallu plus de douze heures pour arriver de Tripoli, nous pensions ne jamais franchir la frontière. Avant, on venait à Djerba en vacances ou pour se soigner, mais aujourd’hui nous sommes des réfugiés dans l’attente d’un vol pour Montréal », raconte Aïcha avec un peu d’amertume. Son élégante montre en or et ses vêtements coûteux la classent d’emblée parmi ces Libyens aisés qui ont investi l’île touristique.
Suites à 800 euros la nuit
 
Sirotant une bière, Hafiz, lui, affirme être « en vacances longue durée au Royal Garden ». À la table voisine, six femmes de sa famille, toutes rigoureusement voilées, bavardent en jetant des regards en coin. Malgré le déni de certains hôteliers, qui trouvent cette clientèle pas assez flatteuse et pouvant faire fuir les vacanciers occidentaux, le tourisme à Djerba risque, cette saison, d’être sauvé par la manne inattendue des riches Libyens.
« Ceux qui logent dans les suites à 800 euros la nuit, et qui ne lésinent pas sur les pourboires, sont en général des hommes d’affaires qui ne quittent leur chambre que le soir pour traîner dans les bars », explique un employé.
Parfois proches du régime, ce sont des patrons de sociétés pétrolières, de hauts responsables de banque, des importateurs dont les activités sont paralysées par les frappes de l’Otan. D’autres soutiennent les rebelles et se servent de Djerba comme arrière-base logistique. Mais dans la vingtaine d’établissements de luxe que compte l’île, ce petit monde ne dépasse pas les 200 personnes.
 
Rubis sur l’ongle
 
Les familles préfèrent les locations richement meublées et loin des regards des curieux et, éventuellement, des partisans de l’autre camp. « Ils règlent rubis sur l’ongle deux à trois mois de caution », explique un réceptionniste. Le directeur d’un palace refuse, pour sa part, de confirmer la présence de personnalités en provenance de Tripoli, malgré les nombreuses grosses berlines de marques nippones arborant des plaques officielles de la Jamahirya sur le parking de son établissement.
« Nous devons être extrêmement discrets. Il y a eu des heurts la semaine dernière, à Houmt Souk, entre des rebelles et des pro-Kaddafi. Certains clients ne quittent pas l’hôtel, d’autres en changent fréquemment pour ne pas être reconnus, quand ils ne vont pas vers Sousse, Hammamet, voire l’Europe et le Moyen-Orient », explique-t-il.
Même si les tiroirs-caisses de Djerba fonctionnent, les insulaires commencent à grogner. « On craint la moindre étincelle, la vigilance est maximale, l’entrée des hôtels est contrôlée. Ils se baladent avec des valises pleines de billets, mais l’argent n’empêche ni l’ennui ni la peur. Après tout, leur pays est en guerre », commente avec agacement un guide touristique guère tendre avec cette clientèle d’un nouveau genre. « Les vrais réfugiés sont dans les camps des postes-frontières de Ras el-Jdir et Dhiba. Ici, c’est une planque de luxe », conclut-il.
 
Source: "Jeune Afrique" Le 02-09-2011
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