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TUNISNEWS
8 ème année, N°  2902 du 03.05.2008
 archives : www.tunisnews.net
AISPP: Communiqué1
AISPP: Communiqué2
FIDH:Tunisie : des journalistes en grève de la faim pour leur liberté d'expression
AFP:Tunisie: 2 journalistes en grève de la faim, une manoeuvre selon le pouvoir
Swissinfo: Rachid Khechana "Quand on n'a même pas la liberté de dire"
Committee to Protect Journalists: Journalist goes on hunger strike in Morocco jail
AFP:Tollé à gauche après les propos présidentiels sur les libertés
AP:Des signes d'ouverture du pouvoir en Tunisie
AFP: Sarkozy quitte la Tunisie en défendant l'Union pour la Méditerranée
jeuneafrique.com: Flottement dans les banques tunisiennes

Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques
43 Rue Eldjazira, Tunis
e-mail :
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Tunis, le 3 mai 2008

 

La vingt-septième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Mannoubi Hamidane, a rendu son jugement hier soir, vendredi 2 mai 2008, dans :
 
- l’affaire n°11042 en alourdissant les condamnations à l’emprisonnement prononcées en première instance contre Mohammed Ali Talbi, Monji Mansouri, Chaker Jendoubi, et Makram Dakhlaoui, qui passent de deux ans à trois ans, et en commuant les peines d’emprisonnement de dix ans prononcées en première instance contre Khaled Layouni, Khaled Ghannoudi, Lotfi Ganouchi, Safouane Ayari, Houssine Rjili, Malek Chrahili, Mounir Ichi, Mohammed Rabeh et Saber Ksila en peines de six ans. […]
 
- La quatrième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Mehrez Hammami, a examiné aujourd’hui, samedi 3 mai 2008 :
L’affaire n° 15168 dans laquelle sont déférés
* Laïdi Ben Saïd (né à Kebili le 1er janvier 1976), Kheïreddine Ajimi (né à Kebili le 5 juillet 1979), Abdelhamid Ajimi (né à Kebili le 1er décembre 1976), Omar Beltaïf (né à Douz le 26 janvier 1986), Férid Najeh (né Kebili le 2 juin 1987), Khaled Madhi ( né à Kébili le 1er juin 1977), Mabrouk Lanouer (né à Kébili le 13 septembre 1985), Jemaï Bouzaïane (né à Gafsa le 3 décembre 1978), Anouar Ferjani (né à Metlaoui le 13 août 1985), Salah Aloui (né à Metlaoui le 2 juillet 1984) Mohammed Aloui (né à Metlaoui le 27 février 1987), Mohammed Kherfani (né à Metlaoui le9 juin 1983) Aymen Souidi (né à Kebili le 26 mai 1985, en état d’arrestation
* Belgacem Dkhil, (né à Fatnassa le 6 août 1978), en liberté
* Brahim Azzouz (né à Kebili le 25 août 1988) et Ismaïl Gnifid (né à Médenine le 20 mars 1984), Hassan Ben Jemaa (né à Kebili le 1er mars 1986), Nasr Farah (né à Kébili le 10 avril 1976) en fuite,
En vertu de la loi du 10 décembre 2003 dite «antiterroriste ». En première instance les peines des accusés allaient de 5 à 14 ans d’emprisonnement […] Maîtres Abdelfattah Mourou, Samir Ben Amor, Mohammed Fadhel Saïhi, Choukri Belaïd et Abderraouf Ayadi se sont présentés pour les défendre. La Cour a décidé de repousser l’examen de l’affaire au 7 mai 2008.
 
- La treizième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Taher Yaferni, a examiné aujourd’hui, samedi 3 mai 2008, l’appel de Oualid Layouni contre le jugement le condamnant à une année d’emprisonnement. Maîtres Anouer Aouled Ali et Samir Ben Amor se sont présentés pour le défendre. Le juge a décidé de repousser l’examen de l’affaire au 17 mai 2008.

Pour la commission de suivi des procès
Le secrétaire général de l’association
Maître Samir Dilou
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques
43 Rue Eldjazira, Tunis
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Tunis, le 2 mai 2008
 

La vingt-septième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Mannoubi Hamidane, a examiné aujourd’hui, vendredi 2 mai 2008 :
- l’affaire n°11042 dans laquelle sont déférés Khaled Layouni, Khaled Ghannoudi, Mohammed Ali Talbi, Monji Mansouri, Chaker Jendoubi, Makram Dakhlaoui, Mounir Ichi, Mohammed Rabeh et Saber Ksila, en vertu
 
de la loi du 10 décembre 2003, dite « antiterroriste ». L’acte d’accusation comprend les chefs d’adhésion sur le territoire de la République à une organisation terroriste ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’entraînements militaires en Tunisie et à l’étranger en vue de commettre des infractions terroristes sur le territoire de la République, d’utilisation du territoire de la République pour recruter et entraîner des personnes en vue de commettre un acte terroriste sur le territoire de la République, de fourniture d’armes, d’explosifs, de munitions et autres produits et équipements similaires à une organisation en rapport avec les infractions terroristes. Maîtres Abderraouf Ayadi, Abdelfattah Mourou, Anouer Aouled Ali, Radhia Nasraoui, Samir Ben Amor et Samir Dilou se sont présentés pour les défendre. Après les plaidoiries des avocats, le juge a décidé de lever la séance pour le délibéré et le prononcé du jugement. En première instance, les peines allaient de dix à deux ans d’emprisonnement.
 
- l’affaire n°11156 dans laquelle sont déférés Jamel Bouguedima, Bassam Jarray, Tahar Dhifallah, Oualid Jarray, Ali Grimil, Adel Lachaieb, Salaheddine Massoudi, Mohammed Mahmoudi, Zid Chenina, accusés d’adhésion sur le territoire de la République à une organisation terroriste ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’entraînements militaires en Tunisie et à l’étranger en vue de commettre des infractions terroristes sur le territoire de la République, d’utilisation du territoire de la République pour recruter et entraîner des personnes en vue de commettre une action terroriste sur le territoire de la République. Maîtres Mokhtar Jemaï, Abdelfattah Mourou, Béchir Sid et Samir Ben Amor se sont présenter pour les défendre. Le juge a décidé de repousser l’examen de l’affaire au 9 mai 2008.
Pour la commission de suivi des procès
Le secrétaire général de l’association
Maître Samir Dilou
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
 
 
Tunisie : des journalistes en grève de la faim pour leur liberté d'expression
 

Paris : La FIDH s'inquiète des moyens extrêmes auxquels des journalistes tunisiens ont recours afin de faire entendre leurs revendications. Samedi 26 avril 2008, Rachid Khechana, rédacteur en chef du journal Al-Mawqif, journal du Parti démocratique progressiste et Monji Ellouze, directeur de rédaction, ont en effet entamé une grève de la faim en signe de protestation contre les dernières mesures prises récemment à l'encontre de cet hebdomadaire et de ses responsables.

Depuis la mi-mars 2008, cinq éditions du journal ont été l'objet de « saisies déguisées ». En effet, alors que la diffusion de l'hebdomadaire est contractuellement confiée à une société privée, celle-ci selon les responsables du journal a réduit suite à des pressions, sa diffusion à quelques kiosques et aux représentations diplomatiques étrangères.

Afin de protester contre ces pratiques, le 17 avril plusieurs journalistes et militants du PDP sont descendus sur la principale artère de Tunis, pour y vendre la dernière édition du journal, sous le regard de policiers en civil, plusieurs d'entre eux ayant bousculé une militante du parti. Ce blocage de la diffusion de l'hebdomadaire serait lié selon la direction d'Al-Mawqif à la publication d'articles ayant trait à des problèmes de société, et notamment les manifestations dans le bassin minier de Gafsa et la hausse des prix des produits de première nécessité.

M. Khechana ainsi que Nejib Chebbi, directeur de publication d'Al-Mawqif sont par ailleurs poursuivis pour diffamation par cinq sociétés de commercialisation d'huile, et ce après avoir publié un article sur la distribution d'huile frelatée en Tunisie. Ils ont dans cet article interpellé les autorités tunisiennes afin qu'elles procèdent à une analyse des huiles sur le marché tunisien, sans toutefois mentionner aucune société en charge de la commercialisaiton des huiles.

Messieurs Khechana et Chebbi seront entendus devant le tribunal de première instance de Tunis, le 10 mai prochain et risquent de se voir infligés une amende de près de 500000 dinars tunisiens à titre de dommages et intérêts plus une amende qui devrait se baser sur une estimation des pertes pour les sociétés plaignantes, occasionnées par l'article en question.

Al-Mawqif est l'un de seuls journaux d'opposition qui, aujourd'hui en Tunisie ne bénéficie pas de subvention et vit de ses ventes, les entraves graves qui sont faites à sa diffusion tendent à le détruire.

La FIDH s'inquiète vivement des entraves récurrentes à la liberté d'expression et la liberté de la presse en Tunisie. Elle appelle les autorités tunisiennes à respecter ses engagements internationaux en matière de protection des droits humains et des libertés fondamentales. Elle appelle en outre, le président français Nicolas Sarkozy à aborder la question des droits humains et notamment la liberté de la presse, avec son homologue tunisien.



Communiqué - FIDH

 source marrakech portal marocain d'actualite's

Tunisie: 2 journalistes en grève de la faim, une manoeuvre selon le pouvoir
AFP - Samedi 26 avril, 16h46
 
TUNIS (AFP) - Le rédacteur en chef et le directeur d'Al-Mawkif organe d'un parti d'opposition tunisien, Rachid Khéchana et Mongi Ellouze, ont annoncé samedi commencer une grève de la faim pour protester contre des vexations visant, selon eux, à étouffer le journal hebdomadaire.

"Nous commençons une grève de la faim illimitée jusqu'à la cessation des manoeuvres administratives et judicaires provoquées par le pouvoir pour étouffer Al-Mawkef", ont-ils déclaré au cours d'une conférence de presse au siège du journal et du Parti démocratique progressiste (PDP, légal).
Ils ont évoqué des "saisies répétées" du journal et affirmé être l'objet de "manoeuvres politiques en forme de procédures judicaires et administratives".
"La situation est intolérable, notre journal ne reçoit pas de publicités, ne vit que de ses ventes et se retrouve aujourd'hui menacé de disparition", s'est alarmé M. khéchana.
L'annonce de cette grève, qui intervenait 48 heures avant une visite d'Etat du président français Nicolas Sarkozy lundi à Tunis, a été qualifiée de "manoeuvre démagogique et opportuniste" par les autorités.
M. Kéchana, 55 ans, et M. Ellouze, 59 ans, ont justifié la grève de la faim comme "ultime moyen de défense", indiquant que des dirigeants du PDP, dont la secrétaire générale Maya Jribi, avaient tenté de vendre le journal à la criée dans le rues de Tunis pour protester contre "la censure déguisée".
Néjib Chebbi, chef historique du PDP, qui a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2009, a exigé la cessation des harcèlements exercés par le pouvoir, selon lui, et a affirmé que la grève de la faim visait à "attirer l'attention de l'opinion publique sur une grave détérioration de la liberté de la presse en Tunisie".
Le PDP doit comparaître en justice à la suite de plaintes déposées par des entités privées qui lui réclament quelque 300.000 euros de dédommagements pour des pertes présumées après la publication d'un article d'Al-Mawkif sur la distribution d'une huile de table frelatée.
Dénonçant la grève comme une "manoeuvre démagogique et opportuniste visant à induire l'opinion en erreur", les autorités ont estimé que "ces manoeuvres sont devenues une habitude" au PDP, "surtout lors d'événements susceptibles d'attirer l'attention de la presse internationale", ont-elles indiqué en allusion à la visite du président Sarkozy.
"Al-Mawkif ne fait l'objet d'aucune restriction, que ce soit au niveau du travail journalistique, de l'édition oui de la diffusion" a-t-on assuré de source officielle.
Cette source souligne que "les poursuites judiciaires évoquées émanent d'entreprises privées qui estiment avoir subi un double préjudice à la suite d'un article qui prétend, sans preuve que l'huile de table commercialisées est frelatée".
Les autorités accusent les responsables du journal de chercher à "se dérober à leurs responsabilités légales" et affirment que "les partis d'opposition publient et diffusent librement leurs journaux".
Al-Mawkif qui parait le vendredi titrait sur la visite du président français s'interrogeant en manchette à la Une "La démocratie serait-elle occultée durant la visite Sarkozy?".
 

 
Quand on n'a même pas la liberté de dire
Interview swissinfo: Marc-André Miserez
La 18e Journée internationale de la liberté de la presse, ce samedi, est l'occasion de rappeler que les métiers de l'information peuvent coûter cher à ceux qui les exercent. Comme en Tunisie, où deux hommes sont en grève de la faim pour faire valoir un droit qui devrait aller de soi.
«La Tunisie fait partie de la trentaine de pays que nous qualifions de prédateurs, soit des pays où les journalistes sont poursuivis, menacés, emprisonnés...», explique Gérald Sapey, président de la section suisse de Reporters sans frontières (RSF). Des pays «dictatoriaux ou à démocratie plus que muselée», qui ne supportent ni contradiction ni opposants.
Pour Rachid Khechana, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Al-Mawquif – un des trois journaux d'opposition qui subsistent en Tunisie -, correspondant de swissinfo et secrétaire général adjoint du Parti démocrate progressiste, ces réalités sont tout ce qu'il y a de plus concret.
Le 10 mai, il passera en justice avec son directeur de publication pour répondre de pertes à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars que le journal aurait causé à des distributeurs d'huile alimentaire. Ceci pour avoir écrit que leurs produits étaient frelatés et demandé qu'ils soient soumis à des analyses.
Une tracasserie de plus pour cet organe d'un parti qui a le culot de vouloir présenter un candidat contre le président Ben Ali, lorsque celui-ci briguera l'année prochaine un cinquième mandat de cinq ans.
Depuis le début de l'année, Al-Mawquif a déjà vu sa distribution en kiosque interdite et ses comptes en banque bloqués. Les deux hommes ont donc entamé il y a une semaine une grève de la faim, pratique courante chez les défenseurs de la liberté en Tunisie.

swissinfo: Vous sentez un net durcissement du pouvoir à votre égard. Pourquoi intervient-il maintenant ? Auriez-vous cette fois franchi une ligne rouge ?

Rachid Khechana: Pas du tout, c'est juste que l'on est à la veille des élections législatives et présidentielles de 2009. Et le parti au pouvoir - que nous considérons comme un parti unique - prépare son congrès pour le mois d'août et ne veut plus de voix discordantes. Il y a donc un recul des libertés en liaison directe avec des échéances électorales.
Il est vrai que ces dernières années, on avait assisté à quelques avancées, grâce aux luttes de la société civile, des journalistes, des défenseurs des droits de l'homme et des partis d'opposition. La tenue à Tunis du Sommet mondial de l'information en 2005 avait également obligé le gouvernement à changer quand même un peu les choses. Et maintenant, voilà que l'on recule...
swissinfo: Le Sommet de l'information justement... On se souvient que le président suisse Samuel Schmid y avait poussé un coup de gueule en faveur des droits de l'homme. Est-ce que ça a servi à quelque chose ?
R.K.: Le changement ne se fait pas d'un seul coup, il se fait par petits pas. Et à chaque fois que la société civile tunisienne est relayée à l'étranger, je pense que ça donne des coups de fouet à ce combat démocratique. Ça ne peut donc être que bénéfique et positif pour le processus de démocratisation de nos sociétés.
D'ailleurs, nous recevons beaucoup de mails, de coups de fil et de lettres de soutien en faveur de notre combat en général et de cette grève de la faim en particulier.
« On voit bien à quel genre de troc ils [les présidents Sarkozy et Ben Ali] se sont livrés: affaires contre droits de l'homme. »

Rachid Khechana swissinfo: Pour Nicolas Sarkozy par contre - qui vient de passer deux jours dans votre pays -, «l'espace des libertés progresse en Tunisie» et le président français estime ne pas avoir de leçons à donner au vôtre. Ces déclarations vous ont déçu ?
R.K.: Pas seulement moi, je pense qu'elles ont déçu tous les Tunisiens. Et aussi les Français démocrates, si vous voyez toutes les protestations qu'elles ont suscitées.
Mais que voulez-vous: il venait notamment dans l'idée de vendre 10 Airbus à Tunisair et il en a vendu 19. On voit bien à quel genre de troc ils se sont livrés: affaires contre droits de l'homme. C'est clair.
swissinfo: Est-ce que votre combat est aussi celui de la société tunisienne ? Finalement, les gens n'ont-ils pas des soucis plus urgents que la démocratie et la liberté de la presse ?
R.K: Les gens ici sont comme les autres, ils pensent d'abord à leur pain et à leur couffin. Les Tunisiens sont plutôt pacifiques, mais ils peuvent devenir violents quand on essaye de toucher à leur pain ou au pain de leurs enfants. Nous avons d'ailleurs eu deux grandes émeutes en 78 et en 84, que l'on a nommées «émeutes du pain».
Mais en dehors de ça, quand la marge de liberté s'élargit, on constate toujours une participation accrue des gens à la chose publique. Au point que les journaux d'opposition se vendent beaucoup plus quand il y a une période démocratique que quand il y a un reflux sur ce plan-là.
Je dirais qu'une fois les besoins matériels et sociaux satisfaits, le citoyen peut réfléchir à d'autres considérations et accéder à un stade que j'appellerais supérieur, où il peut participer à la gestion de la cité.
Le problème, c'est qu'avec les deux élections truquées de 81 et de 89, les gens ont commencé à désespérer du changement par les urnes. Et ça dure encore aujourd'hui. Pourtant, nous devons les convaincre du contraire, parce que c'est le seul choix qui nous reste. Et ne plus y croire est très dangereux, car cela prépare le terrain à toutes les formes d'extrémisme...
swissinfo: Extrémisme qui, vu d'ici, semble bien moins répandu en Tunisie qu'en Algérie ou au Maroc...
R.K.: Le régime exagère beaucoup la menace terroriste, qui lui permet de justifier pas mal de choses. Mais le danger n'est pas absent pour autant. L'année dernière, il y a eu des accrochages avec un groupe armé venu d'Algérie, mais ils étaient tunisiens. Donc, ce sont des braises, qui a tout moment peuvent donner une explosion.
Car évidemment, les simples citoyens tunisiens - surtout les jeunes -, s'ils ne trouvent pas des partis démocratiques qui les encadrent et qui les amènent à participer au combats démocratiques de leur pays, ils se tournent vers al-qaïda et vers les autres mouvements extrémistes.
swissinfo: Pour conclure, cette journée est celle de la liberté de la presse. En quoi est-elle si importante à vos yeux ?
R.K.: C'est une condition nécessaire, non seulement à la démocratie, mais à toutes les autres réformes dont ce pays a besoin. Parce que si la société civile n'a pas de tribune pour faire porter sa voix, alors, toutes les actions des associations ne servent à rien.
(Source: "Swissinfo" (Suisse), le 3 mai 2008)
Lien: http://www.swissinfo.ch/fre/a_la_une/Quand_on_n_a_meme_pas_la_liberte_de_dire.html?siteSect=106&sid=9044901&cKey=1209826895000&ty=st

Committee to Protect Journalists
 Journalist goes on hunger strike in Morocco jail

New York, May 2, 2008—To mark World Press Freedom Day, Moroccan journalist Mustafa Hormatallah began a three-day hunger strike today to protest his imprisonment in Casablanca, while journalists led by the National Syndicate of the Moroccan Press planned to stage a sit-in on Saturday.
 Hormatallah, a journalist with the independent weekly Al-Watan Al An, was sentenced in August 2007 to eight months in jail, and his editor, Abderrahim Ariri, was given a six-month suspended term for possessing “documents by criminal means.” The Casablanca court also fined each of them 1,000 dirhams (US$120). The Supreme Court upheld Hormatallah’s sentence in February.
 “We join with our colleagues in Morocco in calling attention to the fact that a leading journalist is languishing in prison on World Press Freedom Day,” CPJ Executive Director Joel Simon said. “We call on the authorities to release Mustafa Hormatallah immediately.” World Press Freedom Day is commemorated on Saturday.
 The case against Ariri and Hormatallah stems from a July 14 article in Al-Watan Al An about secret government documents that reveal alleged terrorist threats against Morocco. The weekly reproduced one of the purported secret documents of the General Directorate for Territorial Surveillance, a Moroccan security agency, which discussed the monitoring of jihadist Web sites. The two journalists were convicted of “concealing items derived from a crime” under Article 571 of the Moroccan Penal Code.
 Moroccan journalists in Casablanca, led by the National Syndicate of the Moroccan Press, will hold a sit-in on Saturday to protest Hormatallah’s continued detention, syndicate president Younes Mjahed told CPJ. Mjahed called for Hormatallah’s release, saying that “turning this saddening page would greatly serve the cause of freedom of expression in our country.”
 In a special report released in July 2007, CPJ noted that press freedom in Morocco has notably regressed in recent years. Independent journalists have been the targets of a series of politicized court cases, financial pressures, and harassment from authorities.
 CPJ is a New York–based, independent, nonprofit organization that works to safeguard press freedom worldwide. For more information, visit www.cpj.org.

http://www.cpj.orgContact: Abi Wright
e-mail: عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.ne: (212) 465-1004 ex 105

 


Tollé à gauche après les propos présidentiels sur les libertés
 

En France, les propos de M. Sarkozy selon lesquels "l'espace des libertés progresse en Tunisie" ont déclenché un tollé. Pour le Parti socialiste, ces déclarations "inacceptables" laissent le sentiment d'une "scandaleuse hypocrisie" et légitiment "la politique de répression du régime tunisien".
De son côté, le Parti communiste s'est dit "indigné" par la "complaisance" du président français envers son homologue, le président Ben Ali, voyant dans ces louanges une "forme d'insulte" pour les démocrates tunisiens. Pour sa part, Reporters sans frontières (RSF) a qualifié ces propos d'"inadmissibles" et souligné que "la liberté d'expression reste une utopie" en Tunisie. "La presse n'y fait que glorifier le bilan du président Ben Ali", ajoute RSF, et les journalistes indépendants et leurs familles sont "victimes d'un harcèlement continu".
Face à ces critiques, le porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé, également conseiller à l'Elysée, a assuré, mardi, que la France défendait "avec opiniâtreté" les droits de l'homme
. –
 (AFP.)

03/05/2008 15:59
 
Des signes d'ouverture du pouvoir en Tunisie
 
Par Ben Bouazza, Associated Press
 

TUNIS - Alors que le pouvoir s'attache à donner des signes d'une ouverture relative à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée samedi, l'opposition n'en démord pas: la situation de la presse "se dégrade".

 

"Loin de s'améliorer, elle régresse", selon le chef du Forum démocratique pour les libertés et le travail (FDLT), une formation de l'opposition légale. Il en veut pour preuve la grève de la faim menée depuis une semaine par deux journalistes opposants.

 

Face aux critiques qui l'accusent de "museler la presse", le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a lancé un appel aux journalistes les exhortant à bannir "toute forme d'autocensure et de censure externe".

 

Dans un message adressé au syndicat des journalistes tunisiens et à l'association des directeurs de journaux, il les a pressés de faire preuve de "plus d'audace" dans le traitement des différents sujets pour "être plus proche des préoccupations des citoyens et de leurs aspirations".

 

Le président Ben Ali, qui a reçu un satisfecit en matière de libertés de son homologue français Nicolas Sarkozy lors de son récent voyage en Tunisie, a fait part de sa "volonté de garantir le droit de chaque citoyen à une information libre et sincère, et de diffuser les droits de l'Homme et les libertés fondamentales, dans le texte comme dans la pratique".

 

Pour Ben Ali, une telle action doit néanmoins être sous-tendue par "l'attachement à l'intérêt supérieur de la nation et l'allégeance à la Tunisie, et à elle seule".

 

Parallèlement, les chaînes de télévision publique "Canal 7" et privées "Hannibal" brisaient un tabou en diffusant deux débats contradictoires sur le dossier de la presse, une initiative jugée insuffisante parce que sélective, par la chef du Parti progressiste démocratique (opposition légale), Maya Jribi. Son parti tout comme le FDLT en étaient en effet exclus.

 

Bien que ne signifiant pas à ses yeux un changement de cap du pouvoir, Mme Jribi, première femme à diriger un parti politique en Tunisie, y voit néanmoins "un début" qu'elle "espère voir se poursuivre".

 

Elle a rendu un hommage appuyé au nouveau syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) pour "le rôle positif qu'il joue pour la défense de la profession et son honneur".

 

Une "déclaration de Tunis sur la liberté de la presse" distribuée lors d'une conférence de presse organisée par le FDLT, le PDP et des personnalités du "comité du 18 octobre pour les droits et les libertés", souligne cependant que cette situation "continue de se caractériser par le verrouillage et l'intransigeance".

 

Pour y remédier, ses auteurs revendiquent la suppression du code de la presse et sa substitution par un autre qui soit "libéral et dépourvu de sanctions de privation de la liberté".

 

Ils préconisent en outre la création d'un conseil de l'audiovisuel où toutes les parties seraient représentées, et réclament la cessation "des pressions et harcèlements sécuritaires des personnes et des organisations" opérant dans le champ des libertés, ainsi qu'une "répartition équitable de la publicité publique" et la généralisation de la subvention de l'Etat à tous les journaux de l'opposition sans exclusive.

 

Dans le même temps, les deux journalistes opposants du PDP, Rachid Khéchana et Mongi Ellouze, en grève de la faim, affichaient leur détermination à poursuivre leur mouvement jusqu'à la satisfaction de leurs doléances.

 

Ils ont cessé de s'alimenter depuis une semaine pour protester contre les entraves dont leur journal "Al Mawkef" fait l'objet, selon eux, et pour "défendre la liberté de la presse".

 

"Nous n'arrêteront notre grève que si ces entraves cessent, le gel du compte du journal est levé et que l'affaire engagée devant la justice contre les responsables d'Al Mawkef est retirée", a martelé devant la presse, le rédacteur en chef, M. Khéchana dont l'état de santé et celui de son collègue sont jugés "préoccupants".

Sarkozy quitte la Tunisie en défendant l'Union pour la Méditerranée
 
 
 
TUNISIE - 30 avril 2008 - AFP
Le président français Nicolas Sarkozy a achevé mercredi sa visite en Tunisie par un plaidoyer en faveur d'une Union pour la Méditerranée (UPM) élevée au rang de "rendez-vous avec l'histoire", dont il a souhaité qu'elle contribue au règlement du conflit israélo-palestinien.

A deux mois et demi de son lancement solennel le 13 juillet à Paris, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois défendu son projet de partenariat entre l'Union européenne (UE) et ses voisins du sud de la Méditerranée, cette fois devant un amphithéâtre d'étudiants tunisiens.

"Ce jour-là, pour tous, il s'agira d'être au rendez-vous de l'histoire. Manquer ce rendez-vous historique, ce serait prendre une responsabilité immense vis-à-vis de nos enfants, vis-à-vis des générations à venir", a-t-il déclaré.

Faisant un exemple de la "relation apaisée et féconde entre le monde musulman et l'Occident" qui existe entre la France et la Tunisie, le président français a estimé qu'il était temps "de l'étendre à toute la Méditerranée" pour éviter "le choc des civilisations et la guerre des religions".

A cet argumentaire connu, Nicolas Sarkozy a ajouté mercredi l'espoir de faire de son initiative un facteur d'accélération du règlement du conflit entre Israël, appelé à participer à l'UPM, et les Palestiniens.

"Je sais parfaitement que tout ceci est en arrière plan de l'Union pour la Méditerranée, mais ça ne doit pas nous empêcher d'agir, ça doit nous encourager à agir (...) si l'Union pour la Méditerranée devient une réalité, cette Union, elle changera le monde", a-t-il même promis.

A l'intention de pays de l'UE qui ont longtemps douté de son initiative avant de s'y rallier, Nicolas Sarkozy a lourdement insisté sur l'échec du dialogue euro-méditerranéen de Barcelone lancé en 1995.

"Barcelone, c'est bien parce que c'est le Nord qui aide le Sud. Mais Barcelone, je suis désolé de le dire, ce n'est pas le partenariat entre les peuples (...) c'est la poursuite du dialogue nord-sud, tel qu'il s'est instauré après la décolonisation, c'est-à-dire sur la base d'une relation inégalitaire où l'un décide et l'autre reçoit", a-t-il estimé.

A son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali qui a souhaité "une participation plus large" des pays du Sud, le président français a promis que l'UPM serait "fondée sur une égalité des droits et des devoirs".

Il a également décrit la nouvelle structure comme une "union à géométrie variable où chacun participera comme il le souhaite" autour de "projets concrets", parmi lesquels il a cité la dépollution de la Méditerranée.

Nicolas Sarkozy n'a pas détaillé l'architecture de la future Union, qui devra être définie d'ici au 13 juillet. Mais selon un scénario susurré de source française, Tunis pourrait être récompensée de son soutien de la première heure au projet français en accueillant le secrétariat général, et la France et l'Egypte hériter de la coprésidence tournante.

Balayant toutes les critiques, le président français a enfin profité de son dernier discours sur le sol tunisien pour renouveler son satisfecit au régime du président Ben Ali sur le terrain controversé des droits de l'Homme.

"Tout n'est pas parfait en Tunisie, certes (...) mais je veux le dire aussi parce que je le pense, quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance, et sur la voie de la raison ?", s'est-il exclamé.

Cette question a plané sur tout le séjour tunisien de Nicolas Sarkozy, qui a suscité un tollé chez les défenseurs des droits de l'Homme. Il avait en effet affirmé à son arrivée lundi que "l'espace des libertés" avait "progressé" en Tunisie, pays pourtant souvent critiqué pour ses atteintes aux libertés.

 


Flottement dans les banques tunisiennes
 
 
TUNISIE - 27 avril 2008 -
Une succession inhabituelle de changements de dirigeants a agité les banques tunisiennes à la mi-avril. Le 7, Alya Abdallah a pris les commandes de la Banque de Tunisie (BT), succédant à Faouzi Belkahia, qui se retire pour raisons de santé après avoir contribué pendant seize ans à faire de la BT l’un des établissements les plus solides du pays. La nomination d’Alya Abdallah, par ailleurs épouse d’Abdelwahab Abdallah, le chef de la diplomatie tunisienne, entraîne une permutation à l’Union internationale de banques (UIB), filiale à 52 % de la Société générale française depuis 2002, dont elle présidait le conseil d’administration.
C’est un Français qui lui succède, en l’occurrence Bernard David, directeur délégué de la banque de détail hors France métropolitaine du groupe de la Société générale. Mais c’est un Tunisien qui devient directeur général de l’UIB, responsabilité tenue par Philippe Amestoy depuis 2003, puis Dominique Poignon à partir d’août 2007. Kamel Néji, 53 ans, prend leur place. PDG de la Banque tuniso-libyenne (BTL) depuis 2004, il a passé la quasi-totalité de sa carrière dans des banques d’investissement et dans l’ingénierie financière à l’université. Enfin, c’est Golsom Jaziri qui a été pressentie pour diriger la Banque tuniso-libyenne (BTL). Elle était jusque-là directrice générale des changes à la Banque centrale de Tunisie (BCT), grade jamais atteint par une femme dans cette institution.

L’UIB en déficit depuis 2002
Si la promotion quasi simultanée de deux femmes à de telles fonctions est un fait sans précédent dans un secteur financier réputé réservé aux hommes, elle ne peut masquer la période délicate que traversent deux des trois banques concernées, toutes deux liées à des groupes français : l’UIB et la BT, respectivement 8e et 9e banques du pays par le total de bilan. La première connaît des difficultés financières depuis plusieurs années. Cotée en Bourse, elle n’a pas réalisé de bénéfices nets depuis l’exercice 2002. L’insuffisance de provisionnements des créances « accrochées » (impayées - aussi nommées classées), qui existait avant la privatisation, s’est aggravée. Le taux de couverture par les provisions atteint l’un des niveaux les plus bas du pays, à 27 %, contre 50 % pour les banques publiques. Le cabinet Deloitte-Ahmed Mansour & Associés, l’un des deux commissaires aux comptes, a d’ailleurs refusé de certifier les comptes de l’exercice 2006, ce qui représente une première dans le pays. « Cette situation, écrit pour sa part le second commissaire aux comptes, d’AMC Ernst & Young, fait peser un risque sur la continuité de l’exploitation. »
Il appartient désormais à un Tunisien de redresser la barre. Dès sa prise de fonctions, Kamel Néji a parlé de « refondation » de l’UIB. Et il semble que le mouvement soit déjà engagé. Selon nos informations, un compromis aurait été trouvé entre les autorités financières tunisiennes et la Société générale pour assainir les comptes de sa filiale tunisienne. Le groupe français, qui garantissait jusqu’à présent 52 % des créances classées (à hauteur de sa part au capital), en couvrirait désormais la totalité. Les autorités financières tunisiennes accompagneraient cette opération d’assainissement par des mesures spécifiques. La réussite confirmée d’Attijari Bank (ex-Banque du Sud) dans le même domaine est dans tous les esprits. En deux exercices déficitaires, la filiale du groupe marocain a pratiquement éliminé ses risques crédits, qui ne représentent plus que 3 % du total, contre 19 % en moyenne pour les banques tunisiennes.
À la différence de l’UIB, la Banque de Tunisie dispose d’une assise financière solide et affiche les meilleurs indicateurs de la place, dont un taux de couverture des créances classées de 97 %, le meilleur de la place. Mais c’est du côté de l’actionnariat qu’il y a problème. La banque est sous-capitalisée, bien qu’elle dispose d’importants fonds propres : à 1,8 milliard de dinars tunisiens (DT ; 1 milliard d’euros), son total de bilan est équivalent à celui de l’UIB, dont le capital est double. L’annonce du départ de Belkahia s’est accompagnée d’un cafouillage qui témoigne d’une lutte sourde autour de l’augmentation du capital de cette banque privée dont 27 % des actions sont détenus par des actionnaires étrangers, avec à leur tête le Crédit industriel et commercial (CIC, 20 %) français.
Fin mars, le conseil d’administration avait décidé d’un doublement du capital par incorporation de réserves avec attribution d’une action nouvelle gratuite pour une ancienne. Le communiqué fut publié dans le journal officiel du Conseil du marché financier et dans celui de la Bourse de Tunis. Cinq jours plus tard, le 2 avril, un second communiqué annulait purement et simplement le premier. En cause, la méthode choisie pour l’augmentation de capital, qui fermait la porte à de nouveaux actionnaires et empêchait l’arrivée d’un actionnaire de référence. Quelle sera la prochaine étape ? Alya Abdallah doit désormais débloquer la situation pour procéder à la nécessaire recapitalisation. En gardant à l’esprit qu’une banque aussi rentable que la BT ne peut guère rester longtemps à l’abri des convoitises ?
 
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