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TUNISNEWS
 8 ème année, N° 2963 du 03.07.2008 archives : www.tunisnews.net
Liberté et Equité:Zyed Fakraoui est de nouveau à la prison de Mornaguia
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques:A. Ouni et M. Ammar : 19 è jour de grève de la faim
AFP:Renvoi du procès d'un Tunisien expulsé d'Italie pour liens terroristes
Association internationale de soutien aux prisonniers politiques et  Vérité-Action : Campagne pour sauver la  vie des prisonniers des deux décennies                
Amnesty International: Tunisia - Update of Urgent Action on Ziad Fakraoui
Luiza Toscane :Rencontre avec Jomaa Hajji, de Redeyef 
Karine Gantin et Omeyya Seddik: Un bastion ouvrier dans le bassin de Gafsa: Révolte du « peuple des mines » en Tunisie
BusinessNews.com.tn:Qui fait chanter l'autre ?  La présidente du syndicat de Tunisiana crie au harcèlement
AFP:De Libye en Tunisie, le circuit du thon rouge pour éviter les contrôles UE
Reuters:Turquie - Ergenekon voulait provoquer un putsch - Presse
AFP:Le parti au pouvoir en Turquie défend son existence devant la justice
 

 Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi
Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre
 
Liberté et Equité
Organisation de droits de l’homme indépendante
33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis
Tel/fax: 71 340 860
Email :
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Tunis, le 2 juillet 2008 
Zyed Fakraoui est de nouveau à la prison de Mornaguia
Il est en grève de la faim illimitée depuis son enlèvement le 25 juin 2008
 

 Après son enlèvement mercredi 25 juin 2008 par des agents de la police politique, relevant de l’administration de la Sûreté de l’Etat, Zyed Fakraoui, ex prisonnier politique, a commencé une grève de la faim illimitée pour protester contre son kidnapping et les accusations montées contre lui. Sa famille nous a informés qu’il avait été déféré samedi 28 juin devant le juge d’instruction du deuxième bureau du Tribunal de Première Instance de Tunis qui avait émis un mandat de dépôt à la prison de Mornaguia. Elle a ajouté que son état de santé était très dégradé à cause de la grève de la faim qu’il mène depuis une semaine et des sévices subis après son rapt. Il doit être présenté au juge d’instruction le 5 août 2008. Le jeune Zyed Fakraoui a passé trois années en prison de 2005 à 2008 […]
Pour le bureau exécutif de l’organisation
Le Président
Maître Mohammed Nouri
traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)


Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays
 
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques
43 Rue Eldjazira, Tunis
e-mail :
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Tunis, le 1er juillet 2008
A. Ouni et M. Ammar : 19 è jour de grève de la faim
 

 
Messieurs Adel Ouni et Mohammed Ammar poursuivent leur grève de la faim illimitée pour le 19 ème jour d’affilée, afin de protester contre la condition dramatique qu’ils vivent. La délégation de l’association (composée de la présidente de l’Association, Maître Saïda Akrami, et de deux membres du comité directeur, messieurs Rachid Najjar et Lotfi Amdouni), lors de la visite de solidarité qu’elle leur a rendue, a noté la dégradation avancée de l’état des grévistes, notamment sous l’effet des fortes chaleurs […] Messieurs Adel Ouni et Mohammed Ammar ont déclaré être déterminés à poursuivre leur mouvement, dussent-ils se sacrifier. […] Ils ont décidé de se mettre en grève de la faim pour sensibiliser à leur calvaire et revendiquer leur droit légitime aux soins, à l’emploi et à la réparation des préjudices. Aussi l’Association demande à ce qu’un soutien leur soit apporté et que leurs revendications soient satisfaites. […]
[…]
Pour l’Association
Le vice Président
Maître Abdelwahab Maatar
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
 
 

AFP le 2 juillet 2008 à 19h40
Renvoi du procès d'un Tunisien expulsé d'Italie pour liens terroristes
 


TUNIS, 2 juil 2008 (AFP) - Le procès d'un Tunisien expulsé d'Italie pour liens présumés avec des milieux terroristes, et précédemment condamné en Tunisie à 115 ans de prison, a été renvoyé mercredi au mois d'octobre par un tribunal militaire de Tunis.

Essid Sami Ben Kemais, alias Saber, 40 ans, était absent à l'appel de son nom devant ce tribunal permanent qui a aussitôt reporté l'audience au 15 octobre. Saber doit être rejugé par la justice militaire qui l'a condamné par contumace à 100 ans de prison pour "appartenance à une organisation terroriste opérant à l'étranger", en l'occurrence le réseau Al Qaïda d'Oussama Ben Laden. Selon son avocat, Samir Ben Amor, le prévenu n'a pas été présenté au tribunal militaire en raison de sa comparution mercredi même devant un autre tribunal civil de Tunis.

Cette instance, qui devait statuer sur la condamnation du prévenu à 15 ans de prison dans deux affaires également liées à son implication présumée dans des activités "terroristes", a aussi décidé un report d'audience, a indiqué à l'AFP Me Ben Amor.

Tous les jugements ont été prononcés par défaut entre 2000 et 2007, période durant laquelle Saber a séjourné en Italie où il a été condamné en février 2002 à six ans et deux mois de prison pour association de malfaiteurs à des fins de terrorisme et à l'expulsion.

Livré le 3 juin par l'Italie, Sami Ben Kemais a été incarcéré à la prison de Mornaguia (ouest de Tunis), après une procédure d'opposition à ses jugements antérieurs. Accusé de nouveau en 2005 de terrorisme dans un autre procès en Italie, ce Tunisien a fait l'objet d'un décret d'expulsion duministre de l'Intérieur Roberto Maroni.

Ses avocats italiens avaient fait appel de cette décision au motif qu'il risquait, selon eux, de subir des traitements inhumains en Tunisie et la Cour européenne des droits de l'Homme avait accepté ce recours en ordonnant une suspension de l'expulsion.

Le ministre tunisien de la Justice et des droits de l'Homme Bechir Tekkari a assuré que le prévenu serait "rejugé dans les conditions d'un procès équitable et public" et rejeté les craintes de mauvais traitements.

AFP

Association internationale de soutien aux prisonniers politiques                   
43, Rue Al-Jazeera Tunis
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Vérité-Action
Case postale 1569 
CH - 1701  Fribourg    
Tél: ++41 79 703 26 11  
Fax: ++41 21 625 77 20  
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Campagne pour sauver la  vie des prisonniers des deux décennies:
Pour mettre fin à la politique de la mort lente
 

Tunis / Genève, le 16 juin 2008
 
Des prisonniers politiques tunisiens purgent des peines lourdes depuis presque vingt ans. Ils ont été jugés à cause  de leurs activités politiques et de leurs opinions et liberté de pensée. Les associations de défense des droits de l'homme nationales et internationales avaient signalés que le jugement n'était pas équitable et que les dossiers utilisés par les tribunaux pour les condamner contenaient des falsifications de faits et que les prévenus avaient avoués ces faits sous la torture extrême. Le comité des avocats qui a défendu ces prisonniers au  début des années 90 a publié un rapport qui met en exergue les infractions commises lors de  ces procès ce qui montre la nature politique des jugements et peines prononcées à la suite de ces procès et la nullité de la cause officielle de ces procès faisant état que certains prévenus ont planifiés de commettre des actes violents ou les ont commis.
 
Tous ceux qui ont suivi les procès ont eu la conviction que la justice ainsi que les médias et certains partis politiques proches du pouvoir ont été utilisés pour éliminer un adversaire politique et donner un aspect juridique à cette élimination sécuritaire.
 
L'élargissement de la majorité des prévenus de ces procès du début de la décennie noire des années 90 après avoir passé plus d'une décennie dans des conditions inhumaines, ne doit pas faire oublier leurs souffrance et celles de leurs familles qui dure depuis près de vingt ans. Ces prisonniers ont subi, dès leurs arrestations, des mauvais traitements allant de la torture à une politique systématique visant leurs destruction physique et morale en leur faisant subir divers actes dégradants ( la faim et la vengeance en les mettant en isolement pour de longues années, en les éloignant de leurs familles et en les privant des moyens pour cultiver leurs connaissances, en les isolant complètement du monde extérieur et en les privant du droit aux soins médicaux). Une politique qui consistait aussi à déchirer les liens familiaux en forçant les épouses de ces prisonniers à demander le divorce et priver les proches de leur droit au travail ce qui fut appelé « la politique de la mort lente ».
 
Il n'est plus admissible de continuer à  garder le silence face à cette souffrance qui dure  depuis le début de la dernière décennie du 20ème siècle!
 
Chaque personne croyant à la justesse de la cause des victimes de « la mort lente » peut participer avec un mot, une lettre, un article ou une pétition à la campagne qui sera menée, dès aujourd'hui et jusqu'à la libération de tous les prisonniers, par l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP) en Tunisie et Vérité-Action (VA) en Suisse.
 
En parallèle à cette campagne nationale et internationale de communications, d'envois de lettres, de pétitions et d’actions concernant les dossiers médicaux de ceux qui sont victimes de graves maladies ainsi que les victimes des jugements répétés, les deux associations commencent à faire connaître ces prisonniers politiques qui ont passé une bonne partie de leur vie en prison à cause de leurs idées.
 
Les prisonniers sont:
Mondher Al-Bjaoui, Ridha Al-Boukadi, Noureddine Al-Arbaoui, Mohamed Néjib Allouati, Sadok Chourou, Hocine Al-Godbane, Abdelkarim Al-Bâalouch, Ibrahim Adderidi, Adennabi Ben Rabeh, Hédi Al-Ghali, Mounir Al-Hannachi, Bachir Allouatin, Hichem Bannour, Wahid Assarayri, Chedli Annakach, Abdelbaçet Assalîi, Sadok Al-Akkari, Mounir Ghaith, Bourawi Makhlouf, Wassfi Azzouglami, Ilyes Ben Romdhane, Bachir Romdhane, Fethi Al-îlj, Lotfi Al-Dassi et Kamel Godbane.
 
Les deux associations appellent toutes les associations et les personnalités nationales et internationales à aider dans cet effort en faisant connaître les victimes de cette injustice unique dans l'histoire tunisienne, et en les aidants et leurs familles moralement et matériellement.
 
Pour l’AISPP
 La présidente
Me Saïda Akremi
 

Pour Vérité-Action
 La présidente
Mme Safwa Aïssa
 
 
7- Houssine Al-Ghodhbane
Carte d’identité
 
 
Nom et Prénom : Housine Ben Salem Ben Said Al-Ghodbane
Date et lieu de naissance : 1/03/1954 à la Kabariya
Niveau scolaire : secondaire
Profession : propriétaire d’une épicerie fermée par la police depuis son arrestation
Statut : célibataire
Date d’entrée en prison : Mai 1991 (et il a été jugé en 1987 à 4 ans de prison)
Etat de santé : Asthme, cardiaque, rhumatisme, ulcère.
Peine : 76 ans. C’est l’accumulation d’une série de procès répétés pour les mêmes chefs d’inculpation sans tenir compte des dispositions de la loi en la matière.
1-     Affaire n°19930 en date du 23/05/1995- jugé à 12 ans et 4 mois en appel à Tunis
2-     Affaire n°18980 en date du 26/01/1994 – jugé à 11 ans en appel
3-     Affaire n°20982 en date du 13/03/1995 – jugé à 15 ans en appel
4-     Affaire n°19626 en date du 13/04/1994 – jugé à 18 ans en appel
5-     Affaire n°2815 en date du 12/02/1992 – jugé à 4 ans et 5 mois par le tribunal militaire
6-     Affaire n°66287 en date du 30/06/1992 – jugé en appel à 15 ans
7-     Affaire n°3902 en date du 17/12/1995 – jugé à 3 mois par le tribunal cantonal de Tunis.
Et pour contester son jugement répété pour les mêmes chefs d’inculpation, sa famille a présenté toutes les preuves aux tribunaux, M. Houssine Ghodhbane a dû mener plusieurs grèves de la faim et les appels des associations de droits de l’homme sont restés sans réponse alors que M. Ghodhabne croupisse derrière les barreaux depuis plus de 17ans.
 
Lieu d’emprisonnement : Nadhour (Gouvernorat de Bizerte), déplacé abusivement entre plusieurs prisons tunisiennes et a été séparé de son frère l’ancien prisonnier politique Ali Ghodhbane, ce qui a augmenté la souffrance de la famille et sa charge matérielle et psychique (son frère Ali Ghodhbane a été libéré en mars 2007).
M. Houssine Al-Ghodhbane a passé plus de 17 ans se déplaçant d’une prison à l’autre : 9 avril, Borj Erroumi à Bizerte, Alhouareb, Kasserine, Mahdia, Sousse, Messadine à Sousse, Sidi Bouzid, Mahdia de nouveau, El Kef, Gabès, Bellarijiya à Jendouba, Borj Amri, Sfax, Nadhour ä Bizerte.
Il est connu parmi les prisonniers politiques comme le doyen des célibataires car les multiples arrestations ne lui ont pas permis de se marier alors qu’il a passé les 54 ans.
 
Adresse de la prison : Houssine AlGhodhbane, Prison Nadhour, Gouvernorat de Bizerte, République tunisienne
 
Coordonnées de la famille : Rue 10117, n°26 Alkabariya, 2053 Tunis
Tél. +21695227757 / 99202229 / 97190390
 
Appel à tous ceux qui sont touchés par la souffrance des « prisonniers des deux décennies »:
Faites connaitre la souffrance de ces prisonniers ... Envoyez des lettres, des mots, publiez des articles ... Ecrivez aux autorités tunisiennes ... Appelez les familles des prisonniers pour les soutenir ... Aidez leurs femmes et enfants ... Pour qu'on ne dise pas qu'on ne le savait pas.

 
Amnesty International: Tunisia -
Update of Urgent Action on Ziad Fakraoui

PUBLIC AI Index: MDE 30/011/2008
3 July 2008

Further information on UA 189/08 (MDE 30/009/2008, 27 June 2008) Fear of torture or ill-treatment
         
       
 
TUNISIA  Ziad Fakraoui (m), aged 27

Ziad Fakraoui is now known to be detained in Mornaguia prison, some 15km east of Tunis. His family was allowed to visit him but he has not been permitted access to a lawyer. When Ziad Fakraoui's lawyer tried to visit on 3 July, prison guards told him that this was not possible for "medical reasons", but did not give any further details. Ziad Fakraoui has been on hunger strike since 25 June in protest at his arrest.

Ziad Fakraoui was arrested on the morning of 25 June at his family home in Tunis by men in civilian clothing. The men identified themselves as state security officials, and told Ziad Fakraoui's mother that they were taking him to the Ministry of the Interior. His family were not told where he was until 2 July, when they were informed by his lawyer. His family were able to visit him the same day.

On 2 July, Ziad Fakraoui's lawyers were told that he had been brought before an investigating judge without the assistance of a lawyer on 28 June, and he faced charges of belonging to a terrorist organization and incitement to terrorism. These were the same charges for which he was arrested in 2005 and sentenced to 12 years’ imprisonment in December 2007, reduced to three years on appeal in May 2008. Ziad Fakraoui was released on 24 May 2008 as he had already served his sentence. The police report indicates that he was arrested on 26 June, one day after the actual arrest date.

The fact that no one was informed of his whereabouts meant that in effect, Ziad Fakraoui was held in prolonged incommunicado detention for longer than the maximum six-day period allowed under Tunisian law.

Under Article 13 of Tunisia’s Code of Criminal Procedure, suspects may not be detained by the police or the National Guard for more than three days. The Public Prosecutor has the power to extend this by a further three days in “cases of necessity.” The authorities are required to notify detainees of the procedures against them; the reason for and duration of their detention; and of the guarantees provided to them by law, including the right to medical examination during or after the detention. They must also notify a member of the detainee’s immediate family of the arrest and detention.

RECOMMENDED ACTION: Please send appeals to arrive as quickly as possible, in Arabic, French, English or your own language:
- urging the Tunisian authorities to grant Ziad Fakraoui immediate and regular access to his lawyer, and to ensure that he is not tortured or otherwise ill-treated in detention;
- calling on the authorities to give him regular access to his family and any medical treatment he may require;
- urging the Tunisian authorities to promptly charge Ziad Fakraoui with a recognizably criminal offence and bring him before a court in fair proceedings, or to release him;
- calling upon the authorities to ensure that Ziad Fakraoui’s family are not harassed by Tunisian security forces;
- calling for a thorough and impartial investigation into allegations that Ziad Fakraoui was tortured in 2005, and that those found responsible are brought to justice;
- reminding the authorities that as parties to the UN Convention against Torture, they are obliged to promptly investigate any allegations of torture.

APPEALS TO:
Minister of the Interior

Rafik Haj Kacem
Ministère de l’Intérieur      
Avenue Habib Bourguiba
1000 Tunis
Tunisia
Fax:         + 216 71 340 888
Salutation: Your Excellency


Minister of Justice and Human Rights
M. Béchir Tekkari
Ministry of Justice and Human Rights
31 Boulevard Bab Benat
1006 Tunis - La Kasbah
Tunisia
Fax: + 216 71 568 106
Salutation: Your Excellency


COPIES TO:
Mr. Ridha Khemakhem
General Coordinator for Human Rights
Ministry of Justice and Human Rights
31 Boulevard Bab Benat
1006 Tunis - La Kasbah
Tunisia and diplomatic representatives of Tunisia accredited to your country.

PLEASE SEND APPEALS IMMEDIATELY. Check with the International Secretariat, or your section office, if sending appeals after 28 August 2008.

Rencontre avec Jomaa Hajji, de Redeyef
 

Le syndicaliste Adnane Hajji, parole du mouvement minier, a été interpellé une première fois cette année à son retour d’une réunion du comité national de soutien aux travailleurs du bassin minier qui s’est déroulée à Tunis le 7 avril.
Adnane Hajji s'était fait connaître par la solidarité qu’il a apportée aux diplômés chômeurs de la région dans le mouvement qui a suivi l’annonce de résultats manipulés d’un concours de recrutement ouvert par la société de phosphates, et ce, au profit des proches de quelque notables locaux. Parce qu'il avait dénoncé l’implication des cadres syndicaux régionaux dans la manipulation, l'UGTT a gelé son statut syndical et il a été convoqué devant le conseil de discipline.
Adnane Hajji était secrétaire général du syndicat de l’enseignement de base dans la région. Le 23 juin dernier, il a été arrêté à nouveau et déféré devant le juge d'instruction du Tribunal de Première Instance de Gafsa, puis écroué à la prison de Kasserine. Le 30, il devait être interrogé à nouveau par le juge d'instruction mais son interrogatoire a été reporté sine die.
 Brève rencontre aujourd'hui avec Jomaa Hajji :
* Quel est votre sentiment depuis l'arrestation de votre mari ?
De façon générale, je suis honorée d'être la femme d'un homme comme lui : d'un syndicaliste qui a toujours mis l'intérêt général avant ses intérêts propres, au point d'y laisser sa santé, qui n'a jamais cherché son profit personnel. C'est rare de rencontrer des personnes comme lui : il est convaincu, principiel, humain. Il fait passer l'humain avant tout;
* Et vous-même, où vous situez-vous ?
Moi ? Je ne travaille pas, j'ai tenté de travailler mais cela a été impossible, on m'en a empêchée, parce que j'étais la femme d'Adnane Hajji ! Par ailleurs, je suis malade, avec un traitement lourd.
* Avant sa dernière arrestation, avez-vous senti monter les menaces ?
Oui, d'abord il a été gelé du syndicat en janvier 2008. Ensuite, il a voulu aller à Tunis, mais il n'a pas dépassé Kairouan. Il était à bord d'un louage. La police l'a obligé à faire demi-tour, pourtant la circulation est un droit de tout citoyen tunisien. Et il n'a rien fait, rien de répréhensible. Il est simplement connu et apprécié de tous.
* Comment se passent les visites en prison ?
Je ne l'ai vu qu'une fois, j'ai droit aux visites une fois par semaine. Tout d'abord, il a fallu le trouver. Je lui a apporté ses médicaments au poste de police. On m'a renvoyée en me disant qu'il n'y était pas. Même chose pour la prison : pendant trois jours, j'ai fait des allers et retours entre les prisons de Kasserine et de Gafsa, chacune des deux administrations me disant qu'il était dans l'autre prison. Finalement je l'ai trouvé à Kasserine.
* Comment s'est passée la visite ?
Le trajet est très long et coûteux, plus ou moins 140 kilomètres, je m'y suis rendue avec notre fille, qui a dix huit ans, pour... cinq minutes ! Le temps d'une visite ! je lui ai parlé par téléphone. Pourquoi n'est-il pas à la prison de Gafsa, ce serait plus proche de chez nous.
* Comment va-t-il ?
Je l'ai trouvé fatigué. Pendant sa garde à vue il est resté vingt sept heures assis sur une chaise. Ils l'ont privé de sommeil, tout cela pour l'obliger à signer des aveux ! Tout ce dont on l'accuse, ce sont les BOP * qui l'ont fait !
* Une campagne internationale est en train de se mettre en place pour exiger sa libération...
Ici à Redeyef, on ne peut plus rien faire; vous savez, l'armée à pris place. Il y a eu de nouvelles arrestations hier : Béchir Laabidi, un syndicaliste qui a été arrêté avec son fils, qui a vingt deux ans qui est malade. Et pourtant il a été frappé et arrêté, et d'autres syndicalistes ont été arrêtés, comme Tarek Hlaïmi. Ils rentrent dans les maisons, sans autre formalité, et procèdent à des arrestations en série. Cependant, la résistance continue, j'ai entendu dire qu'à la prison de Gafsa, les personnes du bassin minier sont en grève de la faim depuis samedi pour leur libération. Je remercie toutes les personnes qui se sont mobilisées pour nous. Il faut continuer pour que mon mari soit libéré, pour qu'il soient tous libérés. Ce que nous vivons est une injustice.

* BOP : Brigade d'ordre public

Propos recueillis par Luiza Toscane le 2 juillet 2008

Un bastion ouvrier dans le bassin de Gafsa
Révolte du « peuple des mines » en Tunisie
 

Par Karine Gantin et Omeyya Seddik
Respectivement journaliste et politologue, membre de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR). Omeyya Seddik a séjourné sur place durant le mois de mai.

En arrêtant fin juin plusieurs dirigeants du mouvement de protestation qui touche la ville de Redeyef, en les inculpant de délits graves (constitution de bandes en vue de commettre des agressions contre les personnes et les biens, déstabilisation de l’ordre républicain, violences sur des représentants de l’ordre, etc.), en conduisant des interrogatoires musclés, le pouvoir tunisien tente de mettre fin à une mobilisation qui a regroupé depuis le mois de janvier toute la population du bassin minier de Gafsa.


« Puisqu’ils veulent tant cette ville, on la leur laisse ! » En colère, les femmes de Redeyef, dans le bassin minier de Gafsa, décrètent l’évacuation générale, le mercredi 7 mai 2008. De nombreux habitants « démissionnaires » prennent la route avec un bagage improvisé pour protester contre l’invasion de leur ville par la police. Celle-ci les met en garde : s’ils gagnent ainsi la montagne, en direction de l’Algérie, ils seront accusés de trahison, à l’instar des habitants du village voisin qui avaient demandé l’asile politique à ce pays, quelques semaines plus tôt. Ils font donc demi-tour, convaincus par les membres du comité de négociation saisi par un pouvoir local désorienté. L’argument avancé les convainc : il faut rester... pour continuer la lutte.

Depuis le début de cette année, à quatre cents kilomètres au sud-ouest de Tunis, la population de ce bastion ouvrier, souvent rebelle par le passé , se construit ainsi sa propre histoire dans une révolte soudée, rageuse et fière. Elle affronte sans faillir une stratégie gouvernementale faite d’encerclement et de harcèlement policiers d’un côté, de contrôle des médias de l’autre./1Tout commence le 5 janvier 2008, jour où sont publiés les résultats, jugés frauduleux, du concours d’embauche de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’unique moteur économique de la région.

De jeunes chômeurs occupent alors le siège régional de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), à Redeyef. Ils sont rejoints par les veuves des mineurs et leurs familles, qui installent leurs tentes devant le bâtiment. Le mouvement s’étend rapidement. Ouvriers, chômeurs, lycéens et habitants multiplient les grèves, les actions et les rassemblements. Sur fond de grande pauvreté et de flambée des prix, tous protestent contre la corruption d’un système local népotique et contre une politique de l’emploi injuste.

Redeyef est proche de la frontière algérienne. Comme les autres villes du bassin minier de Gafsa (Oum Larayes, Metlaoui, El Mdhilla...), elle vit sous l’empire de la CPG depuis la création de cette (...)

Retrouvez la version intégrale de cet article dans Le Monde diplomatique actuellement en kiosque. Édition imprimée — juillet 2008 — Page 11

Lien : http://www.monde-diplomatique.fr/2008/07/GANTIN/16061


Qui fait chanter l'autre ?
La présidente du syndicat de Tunisiana crie au harcèlement
 

Nizar BAHLOUL

C'est une femme abattue que nous avons reçue à la rédaction de Business News il y a quelques mois. En pleurs. Elle ne sait plus quoi faire. Elle a tout donné pour son travail et l'entreprise qu'elle a vu naître. Elle se trouve, aujourd'hui, désespérée. Elle pèse ses mots et nous parle de harcèlement moral continu après sa mise au placard, sans tâches spécifiques à assurer, alors qu'il n'y a pas si longtemps, elle occupait le poste de chef de service. La raison ? Selon elle, elle tiendrait au fait qu'elle soit présidente du syndicat du personnel de Tunisiana puisque c'est du premier opérateur GSM privé qu'il s'agit, l'un des plus grands employeurs du pays. Motif que la direction de l'opérateur balaie d'un trait et évoque des erreurs professionnelles graves commises par la syndicaliste. Argument que l'UGTT rejette. La justice, saisie la semaine dernière, tranchera à la mi-juillet.

Elle s'appelle Olfa. De ses yeux jaillissent sérieux, dynamisme et professionnalisme. De ses yeux coulent cependant des larmes. Par pudeur, elle essaie de les retenir, mais le mal et l'humiliation qu'elle ressent sont difficilement supportables. Le terme humiliation reviendra à multiples reprises au cours des entretiens que nous avons eus avec elle tout au long de ces derniers mois.
Olfa a envie de raconter son histoire, de la voir publiée, mais elle n'a envie de faire mal à personne et de ne causer aucun problème. Nature altruiste ? Fort probable, à moins qu'elle ne soit une véritable comédienne, comme nous le suggère, en off, un proche de la direction de Tunisiana.

Son histoire a commencé en juillet 2002 avec la concession accordée par l'Etat tunisien à Orascom pour l'exploitation du premier réseau GSM privé en Tunisie. Olfa figure parmi les cinquante premières recrues de l'opérateur. Comme toute l'équipe de démarrage, elle a donné naissance à Tunisiana et a participé à donner de l'opérateur cette belle image que l'on a aujourd'hui de lui. « Nous étions au four et au moulin, on veillait tard et on avait une réelle ambiance bon enfant », nous dit-elle, remémorant avec regret cette période.
Jeune, ambitieuse, dynamique, Olfa touchait à tout. Affectée au back office des centres de services, elle a rapidement gravi les échelons pour se voir accorder des responsabilités en janvier 2006 et le poste de chef de service en janvier 2007. Elle dirigeait une équipe et elle en était fière. Fière surtout de l'image de ces centres de services dont elle est en partie responsable. Le courant passait bien avec tout le monde et le travail avançait à merveille.
Olfa a cependant d'autres cordes à son arc et sa réussite professionnelle ne l'a pas fait oublier son côté altruiste. C'est que dans cette boîte, où travaillent quelque 1500 personnes, il manque quelque chose de fondamental à ses yeux : un syndicat. Appartenant à une famille syndicaliste militante, Olfa était en mesure de le créer. Ce qui a été fait en juillet 2006.
La chose ne semble pas avoir plu à la direction des ressources humaines. La première responsable du département lui en toucha doucement deux mots. L'échange s'est fait sans vagues. Les deux femmes ont rejoint Tunisiana depuis le début, elles se comprenaient et elles ont un objectif commun : l'intérêt de l'entreprise. La création du syndicat n'influa donc pas la carrière d'Olfa puisque sa nomination en tant que chef de service a eu lieu en janvier 2007, soit plusieurs mois après la mise sur pied du syndicat.

Si les apparences semblent bonnes, il y a cependant de l'électricité dans l'air, selon Olfa. « C'est qu'elle ne se sentait plus en sécurité ». Outre le syndicat, elle est également membre élue à la Commission Consultative d'Entreprise. A ce titre, elle est appelée à défendre les intérêts de ses collègues, à s'opposer à certaines décisions disciplinaires, à proposer, réclamer, demander. Bref, à assurer ses tâches de membre élu et de syndicaliste et de se trouver "confrontée" à sa collègue responsable des RH.
La chose ne plait-elle pas aux dirigeants, habitués à avoir les mains libres ? Possible. A-t-on alors commencé à lui mener la vie dure, question de lui rendre la monnaie de sa pièce ? C'est ce qu'affirme l'intéressée, c'est ce que rejette la direction de Tunisiana et c'est ce sur quoi la Justice se prononcera bientôt.
Quoi qu'il en soit, Olfa déclare qu'elle était attendue au tournant à la moindre erreur. Et cette erreur arriva en août 2007. A l'époque, il était possible à plusieurs membres du personnel d'accéder au système informatique pour consulter les appels entrants et sortants des abonnés. Le personnel violait clairement la réglementation de l'entreprise, et la direction a décidé de mettre un terme à ces agissements. La presse eut vent de l'affaire, mais rien n'a été publié à l'époque. Précision utile cependant : quand on consultait les journaux des appels des abonnés, on ne pouvait en aucun cas voir tous les chiffres d'un numéro. Seuls quatre chiffres sur huit paraissent. Une centaine de personnes récoltèrent un blâme parmi lesquels se trouvaient Olfa et quelques autres responsables. Sauf qu'Olfa a eu droit à un traitement particulier, puisqu'une lettre portant la signature d'Yves Gauthier (le DG) est envoyée au SG de l'UGTT ! Dans cette lettre (dont nous avons une copie), on dénonce le comportement non professionnel de la syndicaliste. On rappelle les lois organiques entravées et l'atteinte à la Constitution tunisienne qui garantit les libertés fondamentales et les droits de l'Homme. On invite, dans la foulée, M. Abdesselem Jerad à mieux encadrer les membres syndicaux pour qu'ils puissent véhiculer une parfaite image de l'UGTT.
En réponse à ce courrier, l'UGTT (via son Union régionale, l'URTT) attire l'attention de M. Gauthier sur la nécessité de clarifier davantage les règles et les procédures de consultation des fichiers des abonnés afin de dissuader toute tentation d'abus. Clarification qui viendra quelques mois plus tard. L'UGTT exprime dans ce même courrier son inquiétude face aux sanctions collectives prises par l'administration de Tunisiana (M. Gauthier n'a pas encore rejoint l'équipe au moment de ces sanctions) et estime que le dialogue et la formation adéquate du personnel constituent la meilleure garantie de discipline au sein de l'entreprise. En clair, l'UGTT rappelle que la syndicaliste a consulté les journaux d'appels, parce que c'était une pratique courante et qu'elle n'était pas la seule blâmée et à blâmer. L'UGTT rappelle enfin l'impossibilité de la faisabilité technique de certaines opérations.

Interrogée par Business News à ce sujet, une source officielle chez Tunisiana nous répond : « L'intéressée a commis certaines erreurs gravissimes. En effet, elle a consulté, entre autre, la liste d'appel de ses collègues et de nos clients. C'est pour cela qu'elle a reçu un blâme. Cet acte est pourtant clairement interdit par le code d'éthique et par le règlement intérieur de Tunisiana. Qu'elle soit Présidente du syndicat ne la dispense pas de se conformer aux règles élémentaires d'éthique auxquelles nous attachons une grande importance pour le bénéfice de nos clients. »
Rappelons, pour notre part, qu'Yves Gauthier venait d'arriver en Tunisie au moment du déclenchement de cette affaire. Lui a-t-on présenté un dossier à charge contre la syndicaliste, en prenant soin d'occulter certains points ? Lui a-t-on bien expliqué la réalité du paysage professionnel tunisien avant qu'il ne signe un tel courrier à l'UGTT où même le nom de la centrale syndicale contient des erreurs ? C'est possible, mais l'explication n'est pas entièrement valable puisque le nouveau DG a accordé à l'intéressée un entretien en tête à tête à afin d'écouter sa version. Il est clair qu'à la suite de cet entretien, Olfa n'a pas su défendre son cas comme il se doit. Concrètement, et selon l'UGTT (via l'URTT) qui a envoyé un courrier à ce sujet à la mi-mars 2008, ce blâme lui a causé un préjudice financier, alors que son chef hiérarchique lui aurait donné droit à une augmentation pouvant aller jusqu'à 9%. Elle nous déclarera par la suite qu'on lui aurait clairement demandé de quitter son syndicat pour qu'elle retrouve sa position d'antan. Ce point est invérifiable (parole contre parole), mais il constitue un véritable chantage si l'intéressée a dit la vérité.

Quelques semaines après le déclenchement de cette affaire, Olfa part en congé de maternité. Quand elle revient, en décembre 2007, tout a été chamboulé. Son service n'existe plus ! On a procédé à une restructuration des services et on a, dans la foulée, supprimé son poste.
Un mois plus tard, on lui confie la coordination marketing qui était une partie de ses charges en tant que chef de service. Un mois plus tard encore, on la décharge de nouveau de cette tâche pour la confier à une ancienne collaboratrice. Les pressions quotidiennes subies visent, selon elle, à briser par tous les moyens sa volonté de poursuivre son activité syndicale, comme l'indique l'URTT qui n'entrera pas dans les détails dans ses courriers. Nous ne le ferons pas non plus, mais rapportons néanmoins trois éléments révélateurs de la condition dans laquelle vit la syndicaliste quotidiennement : elle travaille sous l'autorité d'une personne avec qui elle a une incompatibilité de caractère. Alors que tout le monde connait son hyper dynamisme, Olfa passe ses journées sans grand-chose à effectuer ! « Le vrai frigo avec, en toile de fond, une guerre des nerfs et un jeu d'usure », nous dira-t-elle. Il y a à peine quelques semaines, elle nous appelle pour nous dire que son bureau a été changé de place et que, désormais, elle est au beau milieu du passage. Ses collègues sont obligés de l'effleurer à chacun de leurs passages (les locaux sont en open space).

L'ensemble de ces arguments sont balayés d'un trait par Tunisana qui nous répond : « A la fin de l'année 2007, tout un remaniement managérial s'est opéré chez Tunisiana et l'intéressée a été affectée à un nouveau poste non managérial sans que cela entraîne une rétrogradation. En effet, elle n'a subi ni une rétrogradation de son grade, ni une rétrogradation salariale. Elle a rejoint l'équipe Organisations et Méthodes en tant que Coordinatrice Marketing depuis le début de l'année 2008. »
Interrogée sur les questions des droits syndicaux, le respect des ressources humaines et la valorisation des compétences, notre source révèle que « Tunisiana, à travers sa direction des Ressources Humaines, accorde une grande importance à son capital humain. Toutes les dispositions et les actions entreprises en faveur de notre grande équipe (1500 employés) visent essentiellement à asseoir un climat social sain et propice à une évolution durable de l'entreprise. »

Nous avons évoqué le cas de la syndicaliste dans un bref entretien avec Yves Gauthier la semaine dernière. Le DG de Tunisiana nous précise que l'intéressée s'est martyrisée, victimisée et s'est mise toute seule dans cette position. « Elle a eu des absences et son comportement et ses erreurs font qu'elle ne peut plus occuper de poste managérial qui exige des responsabilités , nous dit Gauthier. « C'est à elle de donner l'exemple aux autres et en tant que responsable, elle ne peut pas se permettre de commettre les erreurs qu'elle a faites ». L'intéressée dément catégoriquement avoir eu des absences (elle affirme même qu'elle travaillait encore deux jours avant son accouchement et qu'elle a écourté son congé de maternité) et rappelle qu'elle n'était pas du tout la seule à commettre l'erreur en question.
« Je ne peux pas céder à un tel chantage, dira Gauthier. J'ai quelques cas ici et j'en connais beaucoup ailleurs. Ce n'est pas parce qu'on est syndicaliste qu'on peut se permettre de ne pas assurer son travail comme il se doit ».
Il posera, pour conclure l'entretien, la question finale : « Est-ce qu'ils ont des problèmes parce qu'ils sont syndiqués ou est-ce qu'ils sont syndiqués parce qu'ils ont des problèmes ? ».
Toute l'affaire tourne autour de cette question en effet. La justice tranchera à la lumière des éléments présentés par les deux parties. La première audience prud'homale (conciliatrice) est prévue pour le 23 juillet.
En attendant, victime ou comédienne, Olfa continuera sa … "lutte" quotidienne.

(Source : « BusinessNews.com.tn » (Portail d’information économique – Tunis), le 30 juin 2008 à 07h00)
Lien : http://www.businessnews.com.tn/home/view_article_Business?=&a=1066809


AFP, le 2 juillet 2008 à 13h02
De Libye en Tunisie, le circuit du thon rouge pour éviter les contrôles UE
 

Par Isabelle WESSELINGH

A BORD DU TESEO, 3 juil 2008 (AFP) - "Le thon rouge dans la cage a été pêché par des Libyens. On l'emmène dans une ferme en Tunisie", explique Michele Trinca, capitaine d'un remorqueur italien croisé en mer mercredi, entre Malte et la Libye. Un circuit en essor, loin des contrôles de l'Union européenne. Derrière la coque bleue du Teseo, une cage immergée abrite la précieuse marchandise: 10 tonnes de thons rouges vivants qui seront engraissés dans une ferme en Tunisie, à Mahdia, avant d'être vendus à bon prix à des groupes japonais pour confectionner sushis et sashimis.
Les marins acceptent de montrer à des journalistes et à l'équipe de Greenpeace qui effectue une mission de surveillance avec l'Arctic Sunrise, les documents sur la cargaison de ce poisson menacé par la surpêche. Selon M. Trinca, le thon a été pêché par le thonier-senneur libyen Al Safa III les 25 et 27 juin dans les eaux libyennes. Si la plupart des thoniers-senneurs de l'Union européenne ont dû cesser la pêche le 16 juin, Bruxelles jugeant les quotas presque atteints, les flottes libyenne, turque ou tunisienne, en fort développement, ont pu poursuivre jusqu'au 30 juin, date de fermeture décidée par la Commission internationale pour la conservation des thonidés (Iccat), organisme regroupant les pays impliqués dans la pêche au thon rouge.
"Les Européens ont fermé la pêche 15 jours plus tôt mais tous les autres ont continué de pêcher alors la fermeture, ça ne sert à rien et ce n'est pas juste", estime M. Trinca. Pourtant, si cette cargaison de thons rouges passe de la Libye à la Tunisie, les Européens ne sont pas loin. Le mareyeur qui a acheté ce thon, affrété le remorqueur et contrôle la ferme de Mahdia est le groupe espagnol "Fuentes i hijos" qui se targue sur son site internet d'être un des leaders du thon élevé en ferme.
"Nous, nous sommes en Europe et nous ne pouvons pas accepter dans notre ferme du poisson pêché après le 15 juin mais l'Espagnol Fuentes peut parce qu'il a une ferme en Tunisie", se plaignait récemment à l'AFP un propriétaire de ferme maltais, Joseph Caruana. Certes, les pays comme la Tunisie et la Libye doivent se conformer aux règlements de l'Iccat sur les déclarations de captures et les quotas mais des observateurs du secteur estiment que leurs contrôles ne sont pas sans faille.
"Les pays européens veulent faire respecter les règles mais il y a un risque que d'autres flottes hors de l'UE, dans des pays où les contrôles sont plus laxistes, continuent de surpêcher, menaçant l'avenir du thon rouge", expliquait à l'AFP, sans nommer de pays, Jean-Marc Fromentin, un des spécialistes mondiaux du thon rouge à l'Institut français pour la mer.
Avant d'être libyen, le Safa III était italien, l'Aurora, selon les registres de l'Iccat. Des Italiens et des Français ont créé des sociétés mixtes ces dernières années avec des Libyens. "Nous voyons juste une flotte en surcapacité changer de nom ou de pavillon mais le thon n'a aucun répit", regrette la responsable de la campagne océans de Greenpeace Karli Thomas. Quelques heures plus tard, un autre remorqueur italien bleu, le
Daniela, apparaît, avec 120 tonnes de thon pour la Tunisie. Comme ceux du Teseo, les marins sont originaires du port sicilien de Mazara del Vallo, durement touché par la hausse des prix du gazole.
"Nous pratiquons la pêche au chalut depuis 20 ans mais avec le prix du gazole, on ne s'en sort plus. Au moins, avec ces contrats de deux mois pour tirer les cages, on a un revenu fixe", explique M. Trinca. Salaire pour ces simples intermédiaires: 1.300 euros par mois. A Mazara, une dizaine de chalutiers avaient opté pour le remorquage de thons en 2007. Ils sont une cinquantaine en 2008.

AFP
 

Reuters, le 3 juillet 2008 à 14h41
Turquie - Ergenekon voulait provoquer un putsch - Presse
 

par Hidir Goktas and Selcuk Gokoluk

ISTANBUL, 3 juillet (Reuters) - Le groupe nationaliste turc Ergenekon, accusé par les autorités de préparer un coup d'Etat, comptait déstabiliser progressivement le gouvernement et susciter des troubles pour entraîner une intervention de l'armée, affirme jeudi la presse turque.
S'appuyant sur des documents saisis par les enquêteurs, elle précise qu'un plan en quatre points prévoyait le lancement à partir du 7 juillet de manifestations dans une quarantaine de provinces afin de provoquer des affrontements avec les forces de sécurité, une "stratégie de la tension" comparable à celle qu'a connue l'Italie dans les "années de plomb" dans les années 1970-1980.
Les comploteurs présumés prévoyaient aussi de diffuser des documents falsifiés faisant état d'une inquiétante dégradation de la situation économique, ajoute le journal Sabah, proche du gouvernement AKP issu de la mouvance islamiste.
La police a arrêté mardi 21 suspects, dont deux généraux en retraite, des journalistes et des hommes politiques, accusés de liens avec Ergenekon. La Turquie a connu quatre coups d'Etat militaires en
cinquante ans, le dernier en 1997. Les personnes interpellées mardi n'ont toujours pas été inculpées mais le procureur général d'Istanbul a dressé un dossier de mise en examen concernant une quarantaine d'autres msuspects arrêtés depuis un an à travers le pays dans le cadre de cette même enquête.
"Il se peut qu'Ergenekon soit un groupe criminel, et il est alors normal de le poursuivre, mais avec une organisation aussi déficiente et des vieillards aux commandes, on peut se demander si tout cela est vraiment sérieux", a déclaré Gareth Jenkins, un spécialiste des questions de sécurité installé à Istanbul.

LA PENSEE D'ATATURK

Les documents sur Ergenekon, également publiés par le journal Yeni Safak, lui aussi proche du gouvernement, apparaissent alors que l'AKP (Parti pour la justice et le développement) au pouvoir, accusé de pratiques contraires à la laïcité, doit faire face à une offensive judiciaire visant à sa dissolution, auquel cas des élections législatives anticipées devraient être une nouvelle fois organisées.
"Nous allons essayer d'achever aujourd'hui notre plaidoirie en défense", a déclaré jeudi le vice-président du groupe parlementaire AKP, Bekir Bozdag, aux journalistes rassemblés mdevant la Cour constitutionnelle.
Ces tensions ont fait baisser les marchés, inquiets de ce climat d'incertitude qui nuit en outre aux efforts de la Turquie d'adhérer à l'Union européenne.
De nombreux suspects arrêtés depuis un an sont des membres de l'Association pour la pensée d'Atatürk (ADD), un groupe qui défend les principes laïques et nationalistes du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal.
L'ADD a joué un rôle de premier plan dans la mobilisation de millions de laïques l'an dernier contre l'élection d'Abdullah Gül à la présidence, ce qui avait entraîné l'organisation d'élections législatives anticipées une nouvelle fois remportées par l'AKP.
Une interdiction de l'AKP, hypothèse jugée la plus probable par la plupart des analystes, pourrait plonger la Turquie dans une grave crise politique et provoquer des élections avant la fin de l'année.
L'accusation demande la dissolution de l'AKP, largement majoritaire au Parlement, et l'interdiction pendant cinq ans d'adhérer à une formation politique pour 71 de ses membres, dont mle président et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

REUTERS

AFP, le 3 juillet 2008 à 10h34
Le parti au pouvoir en Turquie défend son existence devant la justice
 

Par Burak AKINCI

ANKARA, 3 juil 2008 (AFP) - Les responsables du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie, se défendaient jeudi devant la Cour constitutionnelle d'accusations d'activités anti-laïquse qui pourraient mener à l'interdiction de leur formation issue de la mouvance islamiste. L'audience à huis clos a débuté à 07H00 GMT. Ce sont le vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement, Cemil Cicek, et un autre dirigeant du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), Bekir Bozdag, qui détaillaient oralement les arguments de la défense écrite remise au préalable aux 11 juges du tribunal.
Les deux hommes devaient rejeter les accusations du procureur de la Cour de cassation, Abdurrahman Yalçinkaya, qui a lancé en mars une procédure d'interdiction, accusant l'AKP d'être un "foyer d'activités allant à l'encontre de la laïcité". Mardi, le procureur a en effet présenté son réquisitoire oral devant les mêmes juges, lors d'une session également à huis clos, réitérant ses accusations concernant l'AKP au pouvoir depuis 2002. Il a répété, selon les journaux, vouloir la dissolution de cette formation, issue de la mouvance islamique, au motif qu'elle vise à "instaurer un ordre basé sur la charia", la loi islamique. Le procureur Yalçinkaya demande aussi que 71 membres de l'AKP, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et le président Abdullah Gül, ex-membre de ce parti, soient interdits d'appartenance à un parti politique pendant cinq ans.
Après l'audition de jeudi, le rapporteur du tribunal rédigera ses recommandations, avant la mise en place d'un calendrier pour les délibérations et l'annonce du verdict, à une date encore indéterminée.
L'AKP rejette les accusations dont il fait l'objet se disant respectueux de la laïcité, mais dans les coulisses politiques d'Ankara, on parle d'ores et déjà de la création imminente d'un nouveau parti politique qu'intègreraient les députés de l'AKP en cas de dissolution.
La Cour constitutionnelle a statué en juin contre l'AKP au sujet du port du foulard islamique à l'université. Elle a annulé une réforme constitutionnelle du gouvernement autorisant le voile, qu'elle a jugée contraire au principe de laïcité. Cette décision a été perçue comme le signe avant-coureur d'une dissolution de l'AKP. Pour les partisans du gouvernement, cette procédure de dissolution est un "coup d'Etat judiciaire" contre un parti qui a été réélu il y a moins d'un an avec 47% des suffrages. Et le bras de fer entre l'AKP et ses opposants, notamment l'armée et l'administration judiciaire, ne semble pas terminé. Mardi, un spectaculaire coup de filet qui a coïncidé avec le plaidoyer du procureur à l'origine du recours contre l'AKP, a été réalisé par la police dans les milieux pro-laïcs, farouchement opposés au gouvernement. Une vingtaine de personnes ont été interpellées dans plusieurs grandes villes. Elles seraient soupçonnées de liens avec un réseau qui fomenterait un coup d'Etat.
Parmi les personnes interpellées se trouvent deux généraux d'armée à la retraite, fait sans précédent dans les annales de l'histoire de la Turquie, et un journaliste connu, très critique de l'AKP.
Pour nombre d'analystes, ces interpellations qui ont provoqué une onde de choc dans le pays et qui interviennent dans le cadre de cette enquête dont le début remonte à l'an dernier, constituent un règlement de comptes orchestré par le pouvoir. Le journal pro-gouvernemental Sabah a affirmé jeudi que ce réseau baptisé Ergenekon planifiait de déstabiliser graduellement la Turquie par une série d'attentats spectaculaires afin de justifier une intervention de l'armée.

AFP

 

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