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TUNISNEWS
11 ème année, N°4174 du 03.12.2011
archives : www.tunisnews.net
Aida BOUCHADAKH: Du pouvour du president de la republique
Le Telegramme: Manifestation contre le niqab
Kapitalis: Tunisie. Bienvenue à Bardo I, la révolution continue
Kapitalis: Tunisie. L’erreur politique de la coalition islamo-démocrate (1-2)
Investir en Tunisie: Tunisie : qui a fait du CPR la 2e force politique du pays ?
Jeune Afrique: Tunisie : Nessma TV n'est pas "Charlie Hebdo"
Business News: Tunisie - Deux candidats contre Moncef Marzouki pour la présidence de la République
Business News: Tunisie - Bardo saison 1, un mélange explosif !
WMC: Tunisie : La puissance des minorités actives
Business News: Tunisie - Selon Hachmi El Hamdi, Béji Caïd Essebsi est prêt à rester à la tête du gouvernement
Le Monde.fr: Cache-cache démocratie musulmane
Espace Manager: Tunisie: le come back « populiste » de Néjib Chebbi

DU POUVOUR DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE


 

Après la mise en place de l’assemblée constituante issue des élections du 23 octobre 2011, la Tunisie se cherche.

La coalition entre Ennahda, le CPR et Ettakattel semble n’être pas au point, en ce sens que les prérogatives du président de la république ne semblent pas faire l’objet d’un consensus.

En effet, Ennahda a été très claire par rapport à son choix, à savoir un régime parlementaire.

Les partis qui ont accepté de faire partie de cette coalition savaient à quoi s’attendre, à moins qu’on estime que ce sont les partis grands vainqueurs qui doivent s’adapter aux partis mois représentatifs…

La démocratie permet de représenter les minorités mais les minorités ne dictent pas leurs lois à la majorité.

On est en droit de s’attendre à ce Ennahda essaye de mieux faire comprendre les avantages du régime parlementaire qui a l’avantage de tourner définitivement la page du passé douloureux de la Tunisie. Un passé par très lointain marqué par une présidence omniprésente, omnipotente et capricieuse par dessus le marché.

Le président était un quasi monarque absolu, aussi il ne faut pas hésiter à limiter ses prérogatives au strict minimum afin de se prémunir contre ses excès

Quand on étudie l’histoire politique de l’Europe, on constate que les monarchies n’ont pu survivre qu’au prix d’une réduction draconienne des pouvoirs des monarques et que les pouvoirs des présidents ne sont étendus que dans le cas où ces derniers sont élus directement au suffrage universel.

Il faut savoir choisir, soit le président est élu par les membres de l’assemblée nationale et dans ce cas ses pouvoirs sont très limités, la responsabilité de la politique encours est imputé aux paris au pouvoir et est assumée par le premier ministre, qui peut sauter à tout moment.

Le président a un titre honorifique et représentatif du pays vis à vis du reste du monde.

C’est le cas en Allemagne et en Italie. C’est également le cas des monarchiesBelges, Anglaises, Suédoises…en ce qui concerne les prérogatives des Rois et Reines au pouvoir.

Si la Tunisie a la nostalgie du père de la nation. D’un président qui peut être ne fait plus la pluie et le beau temps mais qui pèse sur l’échiquier politique, alors il faudrait qu’il soit élu au suffrage universel direct.

Il serait préférable même de jumeler les élections législatives aux présidentielles afin d’éviter aux maximum les cohabitations forcées.

Tel fut le cas en France durant le second mandat du président Mitterand.

Il est bien évident que chaque système a ses avantages et ses inconvénients. Il serait vraiment fâcheux que le président soit élu par les parlementaires et qu’il ait des prérogatives importantes sans toute fois engager sa propre responsabilité.

Ça serait un déni de démocratie.

Soyons lucides, la Tunisie ne pourrait-elle pas se passer d’un père de la nation. Le peuple tunisien n’est ‘il pas majeur et vacciné ?

Aida BOUCHADAKH

Manifestation contre le niqab


Des milliers de personnes ont manifesté, hier, à Tunis, devant le siège de l'Assemblée constituante, le palais du Bardo, dont les entrées étaient gardées par des blindés, pour exprimer leurs inquiétudes sur le chômage, la corruption, mais aussi l'intégrisme religieux. Des étudiants brandissaient notamment des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Ni mini-jupe ni niqab», «si tu veux le niqab, va le mettre chez toi». Il y a quelques jours, des étudiants salafistes avaient manifesté pour réclamer, au contraire, la fin de la mixité à l'université et le port du voile.

Source: ”Le Telegramme” Le 02-12-2011

Lien: http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/monde/tunisie-manifestation-contre-le-niqab-02-12-2011-1519256.php

Tunisie. Bienvenue à Bardo I, la révolution continue


A chacun sa revendication. Mais tous semblent décidés à y rester le temps qu’il faut. L’essentiel pour eux, c’est qu’on les écoute et que ceux qui sont en train de concevoir l’avenir de la Tunisie, au sein de l’Assemblée constituante, prêtent attention à leurs revendications. Ici, on ne parle pas d’un seul changement, comme ce fut le cas au lendemain de la révolution à la Kasbah I et la Kasbah II, qui ont abouti à la destitution du premier et deuxième gouvernements de transition de Mohammed Ghannouchi, ancien Premier ministre de Ben Ali. Aujourd’hui, 11 mois après la révolution (et 38 jours après les premières élections libres et démocratiques), il y a encore des mécontents et une batterie de demandes qui n’attendent pas.

Le travail est un droit

Au cœur du Bardo, la place est quadrillée par une armada d’agents de l’ordre. En petits cercles ou petites rondes, tout le monde discute calmement. Et tant qu’il n’y a ni accrochage, ni violence, il n’y a ni gaz lacrymogène ni tirs en l’air pour disperser la foule.

Attablée, devant son ordi, Dalila Msaddek, une militante indépendante, son Gsm collé à l’oreille, observe son sit-in depuis la veille. «Non, tout va bien. Pour les couvertures, on a assez. Des citoyens nous ont dépannés», cause-t-elle au téléphone. Raja Ben Frej, une autre militante indépendante, dit qu’il ne faut pas se laisser faire et tant qu’il est encore temps, il faut qu’Ennahdha revoie sa copie et n’essaie pas de s’accaparer le gros lot, par allusion à la proposition d’organisation des pouvoirs provisoires qui donnent trop de pouvoirs au prochain Premier ministre. Les filles disent qu’elles ont soumis, dès le matin, à des représentants de l’Assemblée nationale constituante, une dizaine de revendications et qu’elles attendent leurs réponses.

A côté d’un patchwork de tentes, l’universitaire Ameur Dhaheri parle, la tête reposée, de Gafsa et de ses hommes dans l’histoire du pays, du Bassin minier, des emplois... «Lorsqu’on n’a pas faim, on peut manifester pour demander la liberté. Mais lorsqu’on est dans la misère jusqu’au cou, on demande du pain, un toit... et là, la liberté devient secondaire», dit l’universitaire.

Devant sa petite tente plantée depuis quelques heures, le jeune Mohamed Mabrouk est arrivé de sa Gafsa natale. «Nous sommes là pour qu’il y ait un partage égal de nos richesses. C’est cela l’objectif de notre révolution. Nous sommes contre les ennemis de la révolution. Que le gouvernement soit de tendance islamique, laïque, de gauche ou de droite, c’est le dernier de nos soucis. Nous voulons un travail. En un mot, nous réclamons notre droit, notre dignité de citoyen», réclame le diplômé en électronique.
Pas loin de lui, les filles prennent une collation : un sandwich, un cornet de popcorn ou un autre praliné acheté à un vendeur ambulant...

A chacun son idéologie

Entre les tentes, les filles et les garçons ont de l’esprit à en revendre. Leurs slogans estampillés à chaud sur du carton, de petits mots exprimant le mal qui les hante. «Ce que propose Ennahdha, c’est ce qu’a proposé Ben Ali en 1987. Nous n’avons pas chassé une dictature pour la remplacer par une autre, d’un type nouveau», racontent les filles entre elles. Aînées et cadettes sur la même longueur d’onde

Sur notre chemin, Nizar Kadri brandit deux pancartes à la fois. Sur l’une, on lit : «Une Tunisienne avec ou sans niqab, c’est le symbole de la Tunisie plurielle» ; et sur l’autre : «A chacun sa vision, tous libres».

Nizar est anthropologue. Il parle en tant que citoyen du monde. Selon lui, il faut apprendre à s’accepter les uns et les autres, peu importe le son degré de différence. «La Tunisie est en train de vivre un séisme extraordinaire. Il faut assumer ce changement. Celle qui porte le niqab fréquente l’université, c’est extraordinaire. Logiquement parlant, elle ne peut pas ressembler à sa sœur en Afghanistan ou ailleurs», explique Nizar.

En face de lui, Fawez Ben Massoud, un étudiant en philosophie, semble au centre du monde. Il balance tout ce qu’il a sur le cœur : «Des étudiants non boursiers, le restaurant universitaire de la Rabta fermé, un système éducatif nul, où l’on n’apprend rien et à la fin des études, on nous couronne d’un diplôme qui ne mènera nulle part».

Dans la foule qui enfle au fil des heures, des figures symboliques. Des universitaires éminents, des artistes, des hommes de culture, des militants de gauche, de droite, du centre, des indépendants et autres islamistes. Hamma Hammami, Chokri Belaïd, quelques Cpristes de Moncef Marzouki, des Ettakatolistes comme Khalil Zaouia...

Une nuit d’hiver sous la tente

Entre des syndicalistes de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) et un groupe de jeunes, ça discute, un peu fort. Tout le monde semble sur ses nerfs. Le débat allait à moins un tourner au vinaigre. «Allez, les gars, on se clame. Nous ne sommes pas contre l’Ugtt, mais ceux qui sont dans la centrale avec leur lot d’abus doivent dégager», intervient un sage d’un certain âge. A droite, à gauche, là où on tourne la tête, le débat est d’un certain niveau. Des discussions qui tournent souvent en boucle et sur les mêmes sujets : la liberté, la dignité, le travail... Mais pas d’intrus pour semer des troubles.

Des filles en niqab, des garçons de la même famille salafiste... et des jeunes de leur âge se haïssent courtoisement, se parlent sans que l’un ou l’autre avance ou change d’avis. Ils finissent par se quitter, les petits cercles s’effilochent, peu à peu et chacun est plus que jamais sur sa position.

Adossées contre la grille du Palais de Bardo, entre les plantes grimpantes et les buissons, les filles s’occupent de la pile des matelas en mousse. Les garçons arrivent, quant à eux, avec des couvertures en laine, les déballent et se préparent pour passer la nuit. «Ils sont déjà sur la route, ça y est ! Cool !», lance un jeune étudiant. Qui annonce à ses copains que les bus viennent de quitter Sousse, Monastir, Gafsa, Bouârada... Pour se joindre au sit-in du Bardo I. Beaucoup d’ambiance en perspective...

Source: “Kapitalis” Le 02-12-2011

Lien: http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/7101-tunisie-bienvenue-a-bardo-i-la-revolution-continue-.html

Tunisie. L’erreur politique de la coalition islamo-démocrate (1-2)


S’il fallait un premier symbole à la rupture politique et civilisationnelle en cours en Tunisie, c’est bien l’affirmation de la puissance d’Ennahdha qui devient la première formation politique avec une position de force au gouvernement et dans l’Assemblé constituante.

Un tel contrôle des échelons sensibles du pouvoir politique laisse présager une hégémonie plus large et plus perturbante pour la jeune démocratie tunisienne. Dès lors, la présence des formations d’Ettakatol et du Cpr dans le gouvernement transitoire constitue pour de nombreux Tunisiens une erreur politique. Elle s’apparente pour d’autres à une trahison sinon une capitulation idéologique et politique.

Les dirigeants de ces partis avaient, pourtant, toujours proclamé, haut et fort, que jamais, au grand jamais, il n’y aurait d’accord gouvernemental avec Ennahdha et ses islamistes radicaux, si ceux-ci ne renonçaient pas officiellement et dans les faits à leur projet islamiste. C’était une affaire de principe politique et éthique vital.

Or, c’est ce principe irremplaçable de vigilance que ces deux partis viennent de perdre. Ils ont commis l’erreur politique et stratégique d’ignorer les rapports de forces et les capacités de violence de l’islam politique qui a toujours abusé de la démocratie pour conquérir le pouvoir, puis de la violence pour se maintenir. C’est une erreur politique qui risque de coûter cher au processus démocratique tunisien. Comment et pourquoi ?

Des supplétifs et non des partenaires

L’annonce de l’alliance gouvernementale à dominante islamiste a suscité, chez les démocrates tunisiens, colère, inquiétude voire démission. Tous s’interrogent, sur les réseaux sociaux, sur la nature de cette alliance jugée inégale, contre-nature et dangereuse pour l’avenir de la démocratie en Tunisie. Ils ne comprennent pas le sens de ce compromis même provisoire alors qu’il existe une distance abyssale entre les contenus des programmes des démocrates et ceux des islamistes.

Les déclarations, lapsus ou dérapages récents du futur chef du gouvernement et d’autres cadres de son parti n’autorisent aucune osmose idéologique possible. En outre, ces militants rappellent que cet accord a été conclu alors qu’Ennahdha tarde ou traîne à affirmer dans les actes son engagement total et sans réserve pour l’Etat de droit et à se désolidariser avec sa branche extrême.

Enfin, d’autres encore accusent Ettakatol et le Cpr d’avoir affaibli, voire disloqué le front unitaire dans la bataille des prochaines échéances démocrates.

Pour réduire ces inquiétudes, les discours tenus par les «élites» de ces deux partis naviguent entre le désir de relativiser cette alliance en la plaçant sous l’angle de l’intérêt national, celui de contrôler l’action gouvernementale et celui de prendre en compte l’affirmation religieuse et identitaire des Tunisiens. Sur le fond des choses, nul ne peut douter de leur sincérité. Mustapha Ben Jaâfar et Moncef Marzouki ont de tout temps affiché leur détermination à défendre la liberté d’expression et d’opinion. L’un comme l’autre considèrent comme un devoir de préserver ce précieux acquis de la révolution. Mais, même animés des meilleures intentions, les explications avancées pour justifier leur présence dans le gouvernement transitoire sont peu convaincantes et méritent deux commentaires.

Les démocrates marginalisés

Le premier concerne la stratégie de l’entrisme prôné par ces deux partis. Il vaut mieux, disent-ils, être à l’intérieur du gouvernement qu’à l’extérieur pour ne pas laisser le champ libre à Ennahdha.

C’est une tactique naïve et utopique. Ettakatol et le Cpr s’engagent dans cette alliance, dans un rapport de force où ils sont loin d’avoir l’avantage numérique, encore moins la décision politique.

Leur représentation modeste ne leur donne aucune légitimité pour négocier ou exiger une quelconque concession ou condition notamment sur le plan des libertés civiques et d’opinion à un parti hégémonique qui va encore se renforcer avec l’accès aux responsabilités premières.

Dans les faits, cette hégémonie contraint les démocrates à un statut de marginalité. Les ministres qu’ils représentent seront davantage des supplétifs que des partenaires. Ni le président de la République ni celui de l’Assemblée constituante ne peuvent décider ni s’engager dans les dossiers importants, autrement qu’en récitant un discours préparé à l’avance par une direction collégiale dominée par Ennahdha. Et je doute qu’en privé, Ben Jaâfar et Marzouki croient sincèrement que leur présence contribuera à sauvegarder les acquis de la révolution notamment dans le domaine de la liberté d’expression et d’opinion.

Cette impression d’impuissance peut être renforcée – à défaut de mobilisation urgente de l’ensemble de la famille républicaine et démocrates – par la perspective d’une victoire des législatives et présidentielle, à l’issue de laquelle le parti Ennahdha contrôlerait, sans aucun contrepoids des démocrates, tout le pouvoir de la base au sommet : présidence de la République, gouvernement, assemblé nationale, collectivités territoriales.

Et puis, les islamistes savent que leur supériorité sera maintenue grâce notamment à l’impuissance des élites petites bourgeoises et bourgeoises de ces partis à occuper le terrain de la contestation populaire, car incapables de gérer les phénomènes du sacrifice et du volontariat qui les dépasse. Ils savent qu’ils sont incapables, d’ici les prochaines élections, de transformer la mobilisation sociale des citoyens en vraie mobilisation politique capable d’inverser les rapports de force dominants en Tunisie.

Enfin, ils connaissent la nature des rivalités des deux partis associés à l’action gouvernementale. Ils savent qu’ils ne disposent pas d’une culture ou d’une tradition unitaires ni de vision politique et économique commune. Et quand bien même auront-ils cette volonté, il leur manquera toujours la vigueur stratégique de l’union nécessaire pour se maintenir ensemble assez longtemps pour faire la différence.

Les vraies raisons de la défaite démocrate

Le second commentaire des deux partis démocrates est relatif à la prise en compte du besoin de réaffirmation identitaire du peuple tunisien. Cet argument est un raccourci rapide qui occulte les véritables causes de la défaite des démocrates. Il rappelle la posture du mauvais perdant qui préfère répéter des lieux communs entretenus par des médias et intellectuels occidentaux qu’entreprendre un bilan objectif suivi d’explications de leur défaite sévère. Ils commettent une erreur d’analyse et d’interprétation en réduisant cet échec au seul critère identitaire.

Certes, le débat sur l’identité et la question laïque ont été soulevé d’une manière fort maladroite qui a probablement heurté voir détourner de nombreux Tunisiens du vote républicain. Ces derniers fortement attachés à leur foi et sa pratique ont perçu les messages saugrenus sur la laïcité comme une remise en cause de leur identité religieuse.

Mais l’élément identitaire n’est pas la seule explication de la victoire des islamistes. Si ces derniers ont gagné confortablement les élections du 23 octobre c’est parce qu’ils étaient unis en dépit des sensibilités hétérogènes qui les traversent, alors que les démocrates ont été incapables de taire leurs divisions et d’oublier règlements de compte et autres batailles d’égos. Cette dispersion suicidaire a largement contribué à consolider la position hégémonique d’Ennahdha.

Ils ont également gagné, parce qu’ils étaient organisés et disposaient d’un réseau militant présent sur le terrain social, proche des Tunisiens pauvres ou victimes des soubresauts de la révolution, proche également des Tunisiens en colère contre l’Etat et les partis démocrates inaudibles. Des partis prisonniers de programmes libéraux sectaires, peu imaginatifs, si frileux et peut-être même si ignorants des vraies souffrances des Tunisiens. C’est pour cela que la majorité des Tunisiens qui souffrent ont donné massivement leur voix à ceux qu’ils estiment les plus proches de leurs aspirations.

Enfin, ils ont gagné parce qu’ils ont investi les mosquées, placé leurs imams convertis en porte-voix du discours islamiste dans l’indifférence bienveillante des autorités tunisiennes provisoires et l’indifférence coupables des démocrates. Plombés par leur certitude laïque, loin de la majorité des Tunisiens musulmans, ils n’avaient en réalité rien à dire, faire ou proposer dans ces territoires sacrés, éloignés et rarement visités. Et s’il y a eu tardivement un timide élan, il n’a été ni décisif, ni même visible.

Les leçons de l’histoire de l’islam politique

Tout dans cette alliance démontre la naïveté ou la crédulité profonde de la stratégie des dirigeants d’Ettakatol et du Cpr qui semblent ignorer le double souci masqué d’Ennahdha : 1- obtenir la caution de partis démocrates, dont la présence précieuse leur procure un certain nombre de gains dont ceux de la posture fréquentable et de l’image respectable et compatible avec la république ; 2- se servir à terme des démocrates comme marchepied à leur conquête politique du pouvoir.

C’est en fait le regard innocent et inexpérimenté, que ces deux partis portent sur Ennahdha, qui semble incompréhensible. Ce tropisme s’explique notamment par l’occultation de l’histoire et le refus de s’appuyer sur les expériences de l’islam politique en Iran, au Soudan, en Algérie et ailleurs.

Dans tous ces pays, les islamistes ont montré comment ils ont confisqué les révolutions, détourné ses idéaux, participé au pouvoir avant de l’accaparer pour le monopoliser. Qui a oublié la révolution iranienne, unanimement saluée à l’époque par les démocrates et la gauche arabes comme un exemple réussi de transition démocratique, confisquée aujourd’hui par des mollahs théocrates qui refusent l’alternance politique et répriment l’opposition démocratique ?

Comment effacer les traces indélébiles de la violence islamiste chez les Algériens et Algériennes, oublier le cycle infernal de cette violence qui a provoqué l’exil de milliers d’universitaires, intellectuels, cadres, médecins et chercheurs ? Comment ne pas rappeler que les pouvoirs en place successifs se sont accommodés, au seul objectif de freiner les mouvements démocrates qui poussaient au changement, avec le dogme wahhabite en mission de «ré-islamisation» ? Dans ce pays martyr, ce n’est pas la démocratie qui a permis aux islamistes naguère militants du Front islamique du salut (Fis) de devenir aujourd’hui une des forces politiques dominantes dans le pays.

Cela s’est fait aussi à la suite d’alliances intéressées et tactiques entre des partis dits démocratiques et les mouvances recyclées du Fis.

Bien sûr, il y a le modèle turc qui prônerait un islam modéré, éclairé et réformiste et qui constitue aujourd’hui la référence d’Ennahdha. Sauf que le Parti de la justice et du développement (Akp) au pouvoir aujourd’hui est cadré par une constitution qui affirme dans son art.2 que «la Turquie est un Etat de droit, démocratique, laïque et social». Mais d’un autre côté, Ennahdha sait que ce parti n’est pas celui d’Atatürk et qu’il est bien loin de l’héritage moderniste de Bourguiba. Il sait également que grâce à son palmarès électoral, l’Akp avance à petit pas dans l’islamisation radicale de la société turque. Sur ce point, comment ne pas penser à Bedri Baykam, le plus célèbre artiste contemporain de Turquie poignardé par des islamistes parce qu’il avait déclaré, à propos des dirigeants de ce parti : «Leur volonté démocratique n’est qu’une façade. Ils vont se servir de la démocratie pour mieux la liquider».

Cette phrase et bien d’autres références gênantes de l’histoire ont été ignorées ou refusées par les élites du Cpr et d’Ettakatol. Ils risquent, dès lors, de contribuer à répéter ces épisodes détestables de l’histoire et d’assumer demain les conséquences de leur erreur politique devant leurs militants qui ont cru faire le bon choix électoral.

A suivre

Source: ”Kapitalis” Le 02-12-2011

Lien: http://www.kapitalis.com/afkar/68-tribune/7103-tunisie-lerreur-politique-de-la-coalition-islamo-democrate-1-2.html

Tunisie : qui a fait du CPR la 2e force politique du pays ?


 

Dans les milieux proches d’Ennahdha, la volte-face de Moncef Marzouki, président du Congrès pour la République (CPR), a été plus qu’une surprise, voire perçue comme une déception. Selon eux, le CPR doit beaucoup à Ennahdha, y compris dans la composition de certaines de ses listes présentées aux dernières élections de la Constituante.

Dans une interview accordée au quotidien « Le Temps », le leader du CPR a précisé que le débat engagé et les divergences apparues au sein de la commission d’organisation des pouvoirs, en cette nouvelle période transitoire, ont causé des blessures difficiles à cicatriser.
M. Marzouki a, également, précisé que pour beaucoup, c’est Ennahdha qui a fait du CPR la deuxième force politique du pays. Selon eux, Moncef Marzouki, ne serait plus le candidat justement indiqué pour le poste de président de la République.
M. Marzouki a précisé qu’ils ont parlé d’un candidat indépendant issu des partis représentés au sein de la Constituante : « Certains regrettent l’abandon de la carte Béji Caïd Essebsi laquelle piste a été abandonnée suite à la pression du CPR. Pour beaucoup d’observateurs, Béji Caïd Essebsi est l’homme de la situation. Il a suffisamment assez de rayonnement à l’échelle nationale et internationale qui le prédestine à occuper le poste ».
A ce niveau, il est primordial de poser cette question : Marzouki a-t-il perdu la confiance d’Ennahdha ?
Les prochains jours peuvent réserver des surprises.

Source: ”Investir en Tunisie” Le 02-12-2011

Lien: http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=12347

Tunisie : Nessma TV n'est pas "Charlie Hebdo"


 

L’absurde accompagne souvent ce que les réactionnaires considèrent comme leur lutte, le combat contre ceux qui, selon eux, bafouent les croyances et les valeurs morales. On serait tenté de faire un parallèle entre la publication de caricatures du Prophète par Charlie Hebdo et la diffusion de Persepolis sur notre antenne. Mais le seul point commun entre ces deux affaires se résume à des images et à un discours qui dérangent et que certains ont pris comme prétexte à un déchaînement de violence extrême. On condamne des images par des actes criminels.

Charlie Hebdo est un journal satirique ; l’insolence est intrinsèque à sa ligne éditoriale. Dans l’espace démocratique, cela ne pose aucun problème. Les médias sont totalement affranchis des pouvoirs, et la liberté d’expression est un principe intangible. L’usage qui en est fait, parfois discutable, n’est jamais remis en question. Au pire, les tribunaux tranchent. La provocation est aussi le fonds de commerce de Charlie Hebdo ; quand on fait de Mohammed le rédacteur en chef du magazine, on doit s’attendre à des réactions.

Ce n’est pas dans ce registre que s’inscrit Nessma TV. La provocation délibérée n’est pas dans notre modus operandi. Persepolis était à sa vraie place. Nous ne cherchions pas à faire scandale mais à susciter le débat autour d’une question essentielle : est-ce qu’une révolution faite par un peuple peut déboucher sur une tyrannie islamiste ? Il fallait qu’elle soit posée, mais l’instrumentalisation de cette diffusion par des mouvances religieuses a transformé un combat d’idées en une querelle identitaire, ce qui a permis aux dites mouvances de faire prévaloir leur point de vue.

Dans tous les cas, Charlie Hebdo est la victime et a reçu le soutien de la profession et de l’opinion publique. Alors que pour Nessma TV, la dynamique a été celle d’une boule de billard. Nous avons été marginalisés et traités comme des criminels, avec en face une monstrueuse machine à produire de la malveillance et de la calomnie, aussi bien sur les réseaux sociaux que sur la télévision nationale. Les modernistes nous ont accusés de tous les maux et nous ont, paradoxalement, traités comme des parias. On sait bien que celui qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage. Pourtant, nous ne souhaitions pas heurter les sensibilités et nous avons engagé notre responsabilité sans nous défausser sur qui que ce soit. Cette erreur d’appréciation, que nous assumons comme une erreur humaine, nous a mis dans la position d’« hérétiques » désignés à la vindicte des réactionnaires.

Or la polémique du « Persepolisgate » est d’une autre nature que celle de Charlie Hebdo. C’est une vraie déflagration dans un espace qui tenait pour acquise l’une des revendications de la révolution tunisienne : la liberté d’expression. Nul n’aurait pu imaginer les proportions prises par la diffusion du film de Marjane Satrapi, d’autant qu’il avait déjà été projeté en Tunisie sans susciter de réaction et que certains feuilletons religieux ont un contenu bien plus subversif. La diffusion de Persepolis est un non-événement qui a été récupéré politiquement. Mais le plus grave est que les valeurs sont finalement dictées par les islamistes. Une erreur d’évaluation a pris les allures de tragédie grecque ; victimes sur le plan professionnel et personnel, nous sommes en outre poursuivis pour troubles à l’ordre public, comme si c’était nous qui avions incité à la violence, suscité les manifestations, passé le mot d’ordre de lynchage aux imams de 2 400 mosquées et fait distribuer 2 millions de pamphlets diffamatoires. Personne ne se demande qui est derrière tout cela, d’autant que tous les agresseurs ont été relâchés après avoir écopé… d’une amende de 4,50 euros !

Qui aura désormais, en Tunisie, le courage d’aborder les vrais sujets ? Un système politique dont le principal référentiel est Dieu peut conduire à une dictature encore plus terrifiante que celle de Ben Ali.

Source :”Jeune Afrique” Le 02-12-2011

Lien: http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2654p043.xml0/france-tunisie-islamisme-religiontunisie-nessma-tv-n-est-pas-charlie-hebdo.html

Tunisie - Deux candidats contre Moncef Marzouki pour la présidence de la République


 

Malgré leurs faibles chances, vu les tractations menées dans les coulisses, deux élus au moins devraient présenter leur candidature pour l’élection de la présidence de la République qui devrait avoir lieu d’ici le début de la semaine prochaine au sein de la Constituante.
L’alliance qui a voté pour Maya Jeribi, lors de l’élection du président de l’Assemblée, a convenu de soutenir un candidat commun.
Celui-ci devrait donc avoir un large soutien des élus des listes indépendantes et des partis n’appartenant pas à la troïka Ennahdha – CPR et Ettakatol. Le nom d’Ahmed Ibrahim, du PDM, est évoqué sérieusement et il pourrait être ce candidat. Mais rien de formel n’est encore décidé en ce moment.
Le second candidat est Wahid Dhiab, du parti des Forces du 14 Juillet. Une étrange candidature quand on sait qu’il n’a pas été élu. Tout dépendra des négociations actuelles, si elles vont ouvrir les candidatures à tout le monde ou exclusivement aux élus. Le plus probable serait que la candidature à la présidentielle serait limitée aux élus.

Quant à Moncef Marzouki, il est celui qui a les plus fortes chances, puisqu’il a le soutien d’Ennahdha et d’Ettakatol, en plus de ses partisans, lui garantissant ainsi une confortable majorité.
Un soutien mitigé et conditionné, et ses « alliés » n’hésitent pas à le lui rappeler.
Ainsi, Khelil Zaouia, d’Ettakatol, a bien soulevé, dans une interview, que Moncef Marzouki n’a été élu sur Nabeul « que » grâce aux plus forts restes et qu’il n’a donc pas de véritable légitimité populaire lui permettant d’obtenir de larges prérogatives une fois devenu président de la République.
Ajmi Lourimi, d’Ennahdha, a indiqué que le poste de président de la République n’a été octroyé à Moncef Marzouki « que » parce qu’il a des prérogatives limitées. Il souligne, dans la foulée, que si M. Marzouki insiste pour élargir ses prérogatives, ce n’est pas Ennahdha seulement qui s’opposera à cela, mais plusieurs autres parties…

Source: ”Business News” Le 02-12-2011

Lien: http://www.businessnews.com.tn/Tunisie---Deux-candidats-contre-Moncef-Marzouki-pour-la-pr%C3%83%C2%A9sidence-de-la-R%C3%83%C2%A9publique,520,27949,3

Tunisie - Bardo saison 1, un mélange explosif !


 


Par Monia BEN HAMADI

Encore quelques milliers de personnes se sont réunies aujourd’hui devant le siège de l’Assemblée constituante au Bardo, faisant le parallèle entre le projet controversé défendu par Ennahdha (et selon les dernières nouvelles qui nous sont parvenues, signé par la coalition tripartite), le problème soulevé par le port du niqab dans les universités et celui des chômeurs de Mdhilla, Om Laârayes et plus généralement Gafsa, demandant le droit au travail.

La politique, la religion et le travail. Les trois maux qui semblent aujourd’hui secouer le pays ont donc réuni ce jeudi 1er décembre, sur la place faisant face au parlement, un microcosme de la société tunisienne, dans ses contradictions, ses paradoxes, ses différences, mais, plus généralement, dans cet oxymore révélateur de l’ « union divisée », où les revendications de libertés, de dignité, de démocratie et droit au travail sont les mêmes, mais ne semblent pas pour autant avoir la même signification.

Dans la matinée, les étudiants et universitaires étaient plus nombreux, remontés, désireux de défendre leurs universités, plusieurs élus y sont passés ; de même Iyadh Ben Achour et Hamma Hammami, entre autres, se trouvaient aux premiers rangs.
Dans l’après-midi, la cacophonie générale laisse place aux débats groupés.

Sur la bordure de l’entrée du siège, des arbres et de la verdure. Difficile de se frayer un chemin au milieu de la foule. Sur l’herbe, des tentes ont été dressées, quatre ou cinq grandes tentes et plusieurs autres de tailles plus modestes, excentrées. Ambiance campement de fortune devant le parlement.
Les demandeurs d’emplois venus hier du Sud de la Tunisie, y ont élu domicile.
« Nous demandons un emploi, nous disent-ils, le travail est un droit ». Un autre, assis devant sa tente, une pancarte à la main, d’autres encore parlant avec les journalistes ou quelques curieux regroupés autour d’eux. Ils tiennent tous le même discours : « Les usines ont les moyens de nous recruter mais cela se passe toujours comme au temps de l’ancien régime, il y a les privilégiés et puis il y a les autres… ». Lorsque nous leur demandons si la violence et les destructions commises dans leur région étaient la solution ils nous répondent : « Que voulez-vous qu’on fasse ? Lorsque vous n’avez pas les moyens de subvenir aux besoins de votre famille, lorsque vous êtes écœurés de tant d’injustice et que vous n’avez aucune lueur d’espoir que les choses iront mieux demain, que voulez-vous faire ? De toutes façons, nous n’avons rien à perdre, aujourd’hui nous sommes une quarantaine, d’autres sont en route, et nous comptons bien rester ici jusqu'à ce que des garanties nous soient données ».

Plus loin, les étudiants scandaient toujours leurs slogans, alliant les problèmes que rencontrent aujourd’hui les établissements de l’enseignement supérieur et ceux de la Constituante. « Nous, nous demandons la séparation entres les pouvoirs, vous, vous demandez la séparation filles/garçons », peut-on lire sur une pancarte. Ces slogans, en règle générale, comparaient les islamistes d’aujourd’hui aux RCDistes d’hier et condamnaient le retour à la dictature, cette fois religieuse.
À leurs côtés, des jeunes militants communistes, appartenant au PCOT, style Bob Marley ou Che Guevara, semblent se plaire dans ce rôle néo-révolutionnaire. Après la lutte des classes, place à la lutte des « démocrates » contre « l’obscurantisme ».

Pointe d’humour dans ce monde de revendications diverses, une silhouette noire défile au milieu des manifestants, une pancarte à la main. La personne en question s’est couverte, des pieds à la tête, d’un sac en plastique noir et sur la pancarte nous pouvons lire : « devinez si c’est un homme ou une femme qui se cache sous ce niqab » ! Cela n’a pas manqué de faire sourire l’assemblée.

De retour vers la lisière arborée, nous apercevons d’autres tentes n’appartenant pas aux demandeurs d’emploi du Sud. Le mouvement du 24 octobre a lui aussi décidé de camper sur place, jusqu’à samedi. Leurs revendications concernent, pour la plupart, les dangers d’un coup d’Etat institutionnel. Ils demandent, en effet, aux élus de l’Assemblée de leur donner les assurances d’une constitution garantissant la démocratie et les libertés. Ils demandent, en outre, que le droit des martyrs et des blessés de la révolution, ainsi que de leurs familles, soit reconnu et que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort de ces martyrs. « Nous sommes là pour plusieurs jours, affirment-ils, nous savons que les jeunes du mouvement Ennahdha seront là prochainement, mais nous tenons bon et nous tenterons de dialoguer avec eux sans entrer dans la provocation ».

Des tables et des chaises, des ordinateurs mêmes, la mobilisation semble s’organiser pour un moment encore. Des couvertures, des matelas et de la nourriture ont été acheminés pour les campeurs, le ton était resté, jusque-là, cordial. C’était sans compter l’entrée remarquée de plusieurs femmes portant le niqab, elles sont venues là pour défendre leurs droits elles aussi. Le dialogue s’engage avec des universitaires et autres manifestants. « Nous ne sommes pas ici pour parler de religion, affirment-elles en chœur, mais de liberté individuelle ». Un professeur tente de leur faire comprendre que dans le cadre de l’université, pour des raisons sécuritaires, mais aussi pédagogiques, le port du niqab pose problème. Elles campent sur leurs positions et revendiquent, haut et fort, le droit de pratiquer leur religion comme elles l’entendent, et de respecter, à leur sens, les préceptes du Coran, ajoutant qu’il n’y avait pas de « moment bien choisi » pour cela.
Le dialogue (de sourd) se poursuit et un groupe de plusieurs dizaines de personnes se forme autour de ces femmes. De jeunes hommes, barbe post-pubère et survêtement de sport sous les chaussettes, interviennent soudainement. Sans que celles-ci n’aient rien demandé, ils bousculent la foule de curieux et éloignent les « niqabistes » de quelques mètres. Ils avaient moyennement apprécié que leurs « protégées » soient approchées par tant d’hommes ! Nous leur demandons ce qui leur a déplu et la raison pour laquelle ils sont devenus agressifs ? Avec arrogance ils répondent : « Nous défendons l’Islam »…
Les policiers entourant la place sourient, ils semblent détendus. « Demain il y aura les jeunes d’Ennahdha, nous disent-ils, espérons qu’il n’y aura pas de problèmes entre les deux camps ».

La saison 1 du Bardo s’installe et se poursuit, et chaque jour vaut le détour. En attendant le prochain épisode et les réponses de nos élus aux maux d’une société multiforme… et parfois schizophrène, qui de la liberté crée la dictature, qui de la dignité engendre le désespoir.

Source: ”Business news” Le 02-12-2011

Lien: http://www.businessnews.com.tn/details_article.php?a=27957&temp=1&lang=fr&t=519

Tunisie : La puissance des minorités actives


 

u-delà des élections et de leurs résultats, il est indispensable de prendre un peu de hauteur et d’opérer un arrêt sur images pour reconsidérer les différentes étapes de notre révolution.

En s’immolant, Bouazizi a été la goutte qui a fait déborder un vase déjà trop plein. Plein de corruption, de clientélisme, d’injustice, de chômage, de misère humaine, de mauvaise gouvernance, et de toutes sortes d’infractions d’un système dictatorial totalement obsolète et défaillant.

Cette immolation fut ressentie par un très grand nombre de Tunisiens qui, pour des raisons différentes et à des niveaux tout aussi différents, se sont reconnus dans sa détresse. De manifestation en manifestation, la colère des Tunisiens grandissait de jour en jour, de ville en ville et de milieu en milieu, jusqu’à atteindre la capitale. La peur a changé de camp.

Dans son désespoir, Bouazizi a seulement choisi de mettre fin à ses jours. Néanmoins, lesrevendications de ceux qui ont entendu son appel de détresse ont varié de la simple revendication sociale du droit au travail, jusqu’à la revendication hautement politique du droit à la dignité qui clamait carrément la chute de la dictature.

Le dictateur a fui. Les sit-in de Kasbah 1 et 2 se sont soldés par un accord sur l’élection d’une Assemblée Constituante. En moins de sept mois, tant bien que mal, des partis et des listes indépendantes se sont constitués, les campagnes électorales se sont déclenchées, les élections ont eu lieu et l’Assemblée Constituante s’est enfin réunie et a entamé ses travaux.

Malheureusement, aucune explosion de joie n’a suivi cet évènement historique. Normal puisque les électeurs du parti gagnant, Ennahdha en l’occurrence, ont voté en fonction de promesses qui n’ont rien à voir avec la rédaction d’une Constitution.

Quant à la minorité démocrate et moderniste, elle s’est retrouvée tenue de marquer sa présence devant l’Assemblée pour bien exprimer sa méfiance et ses inquiétudes. Son message peut se résumer en deux phrases: «Vous avez été élu en priorité pour rédiger une seconde Constitution qui garantisse une vraie démocratie. Sachez que nous veillons à ce que la légitimité électorale ne vous serve pas à instaurer une nouvelle dictature».

Tout au long de ce processus, un facteur commun ne manque pas de sauter aux yeux. Ce sont toujours et systématiquement des «minorités bien organisées et agissantes» qui sont arrivées à changer le cours des évènements.

Au tout début, quelques dizaines de milliers, qui ne sont qu’une minorité, ont fait chuter le dictateur. Puis quelques autres milliers, encore une autre minorité, sont arrivés à faire annuler la première Constitution. Aujourd’hui, Ennahdha, qui ne détient que 40% des sièges de l’Assemblée, ne représente aussi qu’une minorité de 20% du total de l’électorat tunisien.

La vraie majorité, c'est-à-dire les 63% de l’électorat, a vu ses voix éparpillées à cause du trop grand nombre de partis et de listes indépendantes, ou alors, ne sachant pour qui le faire, n’a carrément pas voté. Reste encore une autre minorité de 9%, qui constitue aujourd’hui la nouvelle opposition déclarée qui se veut l’alternative démocratique au nouveau pouvoir, la nouvelle «minorité agissante» qui pourrait sortir le pays de l’impasse dans laquelle il se trouve.

En effet, Ennahdha se comporte déjà à l’Assemblée Constituante d’une manière assez dictatoriale, réduisant la démocratie à l’alternance au pouvoir et à la simple validation de ses choix préétablis. Certains se plaignent déjà du terme «opposition» et des «excès de liberté». D’autres, pour faire diversion, par rapport aux enjeux essentiels, ont déjà publiquement exprimé le rêve d’installer un 6ème califat. Dans ce califat, l’enfant abandonné n’aurait plus droit à une famille d’adoption, la polygamie pourrait faire sourire et patienter les chômeurs et les vielles filles, et le nikab voudrait s’imposer en costume traditionnel même au sein des universités, lieux sacrés du savoir et des libertés.

Tout cela sans compter la candidature unique du nouveau président qui devra être élu par ses pairs. Un nouveau président désigné. Comment aurait-il pu l’être autrement, avec moins de 5% des suffrages. Ce dernier oublie complètement qu’il a été élu pour participer à l’élaboration de la Constitution et se déclare premier président élu de la première République tunisienne.

Après une révolution tout, cela est vraiment très alarmant!

En effet, l’idéal aurait été de sélectionner les meilleures compétences à la tête de l’Etat pour qu’ils soient en mesure de résorber les problèmes pendant que les élus du peuple se concentrent exclusivement sur la rédaction de la Constitution. Seulement, nous voilà avec une équipe voulant cumuler deux fonctions à la fois, sans aucune expérience gouvernementale et une légitimité minimale détenue essentiellement soit par la répression subie sous la dictature soit par la légitimité de la religion.

Le sage chinois dirait: «Patience! Avec le temps, les mauvaises herbes deviennent du lait». Seulement peut-on encore décemment demander de la patience à un peuple qui vient de se révolter pour du travail et pour une dignité déjà menacée? Nous souhaitons bonne chance à ceux qui ont choisi de gouverner.

Quant à nous autres, nouvelle minorité, si nous voulons préserver les acquis de la révolution, il nous revient d’asseoir définitivement une démocratie authentique. Ceci est la priorité avant même de penser à résoudre les problèmes économiques et sociaux qui ne pourront, de toute façon, être résolus en une seule année, ni dans un contexte de crise politique.

Quant à la démocratie, elle se concrétise en deux étapes simultanées.

En premier lieu, assurons-nous du bon déroulement des travaux de l’Assemblée Constituante. J’entends par-là que, même si Ennahdha semble détenir une majorité grâce à la Troïka qu’elle a formée avec le CPR et Ettakatol, il ne faut pas pour autant la laisser faire à sa guise. Les élus d’une Assemblée Constituante sont d’abord et avant tout les élus du peuple et au service de celui-ci et non de leur parti. C’est en leur âme et conscience qu’ils se doivent de voter et non selon les consignes de leur parti. Ce qui veut dire que, si certains chefs de partis se sont engagés dans cette Troïka, en réalité ils n’ont engagé que leurs personnes.

A nous autres modernistes et démocrates de convaincre de la justesse de notre cause afin d’obtenir les voix nécessaires à l’approbation de chaque article que nous voulons voir inscrit dans notre nouvelle Constitution. Une nouvelle Constitution qui garantisse la citoyenneté, les droits et les libertés de tout un chacun, qui soit inviolable et qui garantisse au Tunisien de pouvoir lâcher par les urnes tout gouvernant qui se montrerait en dessous de ses attentes. Une Constitution au service des citoyens.

Aussi et en l’absence de médias neutres et expérimentés, prenons toute la société civile à témoin et exigeons une totale transparence des travaux de l’Assemblée par une retransmission directe à la télévision. Cette société civile, qui a déjà fait ses preuves, saura apporter le soutien nécessaire à nos élus chaque fois qu’ils en auront besoin.

Si nous assurons cette première étape, et quel que soit celui qui arrivera ultérieurement au pouvoir, tout citoyen n’aura plus jamais aucune raison de s’inquiéter pour sa citoyenneté, ses droits et ses libertés.

En second lieu, servons notre pays. Aujourd'hui servir notre pays ne se limite point à gouverner en coupant avec les méthodes du passé. Il ne s’agit là que d’une alternance au pouvoir. Une alternance nécessaire mais loin d’être suffisante pour garantir une démocratie.

Servir notre pays aujourd’hui veut dire participer à la création d’un nouveau contrepouvoir politique. Un contrepouvoir démocratiquement constitué, suffisamment fort et bien organisé pour être l’alternative nécessaire apte à assurer une alternance tout en étant capable de stopper et de contenir toute dérive et tout débordement du pouvoir en place.

Nous savons à ce jour quel est le vrai poids et le vrai potentiel de chaque parti, et nous avons eu l’occasion d’évaluer le prix de l’éparpillement. Avec 63% des Tunisiens non représentés, il est évident qu’il reste une belle marge de manœuvre à explorer.

Sans perdre plus de temps, imaginons les meilleures stratégies possibles qui permettent de regrouper les énergies, les compétences et les expériences afin de consolider nos capacités et d’étendre nos bases pour mieux défendre notre projet de société.

Que les personnalités et les têtes de listes indépendantes rejoignent les partis de leur choix. Qu’un bureau politique constitué d’un ou de deux membres élus de chaque parti ou association qui désirent se joindre à une toute nouvelle entité politique, soit le point de départ d’une nouvelle sorte de coalition qui donnerait un nouvel élan et bien plus de consistance à toutes nos démarches et nos actions. Ensemble soyons la nouvelle minorité active!

Source: “wmc” Le 02-12-2011

Lien: http://www.webmanagercenter.com/management/article-113346-tunisie-la-puissance-des-minorites-actives

Tunisie - Selon Hachmi El Hamdi, Béji Caïd Essebsi est prêt à rester à la tête du gouvernement


 

Aujourd’hui, vendredi 2 décembre, Hachmi El Hamdi, à l’origine de l’initiative « l’Alliance pour Tunisie la belle », déclare sur les ondes d’Express Fm que l’ancien Premier ministre démissionnaire, Béji Caïed Essebsi, serait prêt à prolonger son activité à la tête du gouvernement, si une telle proposition lui était faite par le peuple et les forces politiques du pays.
Selon les dires de Hachmi El Hamdi, Béji Caïed Essebsi aurait affirmé, dans une conversation téléphonique hier aux environs de 17h (heure GMT) qu’il serait prêt à abandonner son initiative de créer un parti politique, après sa démission, et à se présenter comme candidat indépendant au poste de Premier ministre et ce, jusqu’à décembre de l’année 2012, où des élections présidentielles devraient être organisées, toujours selon Hachmi El Hamdi.
Cette communication téléphonique aurait eu lieu, juste avant les dernières déclarations de M. El Hamdi dans lesquelles « il a appelé les différentes parties du paysage politique national à être unanimes concernant la prolongation de la mission de l’actuel gouvernement de transition jusqu’à fin 2012 » (
Lire notre article sur le sujet).
Lors de cette intervention, HachmiEl Hamdi a également tenu à rappeler que le peuple tunisien a élu des représentants afin de prendre les bonnes décisions dans l’intérêt du pays et que les forces politiques actuelles ne correspondent pas aux aspirations des citoyens tunisiens mais suscitent leur crainte et inquiétude.
Selon lui, les Tunisiens n’ont pas donné leur procuration à Ennahdha, Moncef Marzouki ou Mustapha Ben Jaâfar, pour se partager le pouvoir, mais pour rédiger une nouvelle Constitution pour le pays.
Il déclare ne pas avoir confiance en ces personnes pour l’organisation d’élections transparentes et démocratiques, dans un délai d’une année, et que Béji Caïed Essebsi, à la tête d’un gouvernement neutre, serait plus apte à conduire le pays dans cette période transitionnelle et à organiser ces élections.
Élections présidentielles pour lesquelles il propose la date du 17 décembre.
Autre révélation de M.Hamdi, l’UGTT devrait collaborer avec l’ « Alliance pour Tunisie la belle » et d’autres forces politiques, telles qu’Ennahdha ou le Congrès pour la république,auraient tout intérêt à en faire autant.

Source: “Business News” Le 02-12-2011

Lien: http://www.businessnews.com.tn/Tunisie---Selon-Hachmi-El-Hamdi,-B%C3%A9ji-Ca%C3%AFd-Essebsi-est-pr%C3%AAt-%C3%A0-rester-%C3%A0-la-t%C3%AAte-du-gouvernement,520,27961,

Cache-cache démocratie musulmane

 

L’arrivée au pouvoir de partis « islamistes » en Tunisie et au Maroc, en octobre et novembre 2011, suscite bien des interrogations en Occident. Et des peurs justifiées : Nahda (en Tunisie) et le Parti de la justice et du développement (PJD, au Maroc) prendront-ils la voie de Khomeini en 1979, cèderont-ils à l’extrême droite salafiste, soutiendront-ils la croisade d’Al Qaeda ?

Questions légitimes qui pourraient se décanter si l’on cessait d’utiliser à tort et à travers l’adjectif « islamiste ». Si l’on réservait son sens à son essence, à savoir l’extrême droite musulmane, obscurantiste et, parfois, terroriste. Cet islamisme-là est-il une fatalité, en Orient, pour tous les partis issus de la religion dominante ?

La biographie d’Abdelilah Benkirane, secrétaire général du PJD marocain, et la définition de ce parti dans Wikipedia peuvent en faire douter : « Officiellement le parti PJD se définit comme un parti politique national dont le but est la contribution à la construction d'un Maroc moderne démocratique, prospère et solidaire, fier de son authenticité historique et contribuant positivement dans la marche de la civilisation humaine. » Définition fallacieuse ? Ou avenir possible pour tout l’Orient ?

Faisons un rêve : l’avènement, dans les pays arabes et/ou musulmans, d’une droite et d’un centre issus de l’Islam et respectueux des simples libertés publiques. Oh, pas des doctrinaires, simplement des gens de bonne volonté, qui, par ailleurs, se reconnaissent dans leur religion ancestrale, sans pour autant vouloir l’imposer par la force à leurs peuples et pour certains, au monde… Utopie ? Peut-être pour l’instant.

Cette sorte d’homme politique a mis plus d’un siècle à apparaître en Occident – en France en particulier : la Révolution y a remis les choses en ordre de marche en 1789, en même temps d’ailleurs qu’apparaissait une « gauche » extrémiste peu flamboyante et barbare : Hébert, Roux,Le Père Duchesne.

À la même époque et ensuite, le « parti catholique » joue avec talent, en France et en Europe du Sud, le rôle d’une droite extrême, hostile même aux avancées les plus simples des idées des Lumières. Une droite dure, catholique, traditionaliste, farouchement anti républicaine : Louis de Bonald, l’antisémite abbé Maury et, en Espagne, Juan Donoso Cortés et son Discours sur la dictature de 1849.

Bref, une droite de tous les excès contre l’égalité, la fraternité et la simple liberté : nous en avons des restes paléolithiques aujourd’hui avec les haineux partisans de la Fraternité Saint-Pie X et autres intégristes (qui ne sont pas sans rappeler les fous de Dieu islamistes. Avec, heureusement, un pouvoir de nuisance bien moindre que ces derniers…)

1789-1848 : il faudra, en France, près de soixante ans pour qu’apparaisse la première trace d’une démocratie-chrétienne avec Frédéric Ozanam. Et encore celle-ci n’est-elle pas sortie de tout obscurantisme, comme le montrent ses combats contre la République (jusqu’à l'encyclique Au milieu des sollicitudes de Léon XIII). Il faudra attendre 1892 en Belgique (avec le mythique prêtre Adolphe Daens), 1896 en France (avec le non moins mythique Marc Sangnier), soit plus d’un siècle, pour que la religion dominante dans une partie de l’Europe accouche politiquement d’un parti chrétien réellement démocrate. Le combat d’arrière-garde de la démocratie chrétienne française contre l’école de la République durera cependant jusqu’en 1984… Tendances et contre tendances des partis politiques conservateurs européens issus de la religion catholique…

Le rapport de tout cela avec le Maroc du 26 novembre et avec la Tunisie du 23 octobre 2011 me semble évident : la pratique du pouvoir et la nécessité des alliances peuvent transformer durablement les partis « islamistes » arrivés au pouvoir. Les transformer cent fois plus vite qu’en Europe, car le monde s’est rétréci… L’arrivée du monde arabe dans la modernité n’a pu malheureusement se faire par les partis laïques, nationalistes, « nasséristes », des années 1950-1970 – et c’est une catastrophe pour ce monde et pour le monde.

Peut-être pourrait-elle se faire si quelques partis dits islamistes se transformaient, en 2012, 2013 ou après, en des partis musulmans démocrates. Leurs extrémistes de droite les quitteraient, rejoignant les salafistes dans une opposition violente, anti État et anti occidentale, mais désormaisstérile. Car coupée du peuple. La voie serait ouverte pour l’avènement, disons, d’un Bayrou musulman… On ne rit pas…

Si cela existait, ce serait le plus grand mal qui pourrait advenir à l’extrême droite obscurantiste islamiste : Al Qaeda, Hamas, Hezbollah et salafistes réduits au rang de groupuscules s’entre-déchirant avant de disparaître, ce sans intervention militaire occidentale… Des peuples de plus en plus libres dans leur destin politique, dans leurs morales et dans leurs têtes… Un espace méditerranéen partagé entre l’Europe et des puissances économiques montantes : Tunisie, Maroc, Égypte… Nous avons fait un rêve. Un pari ?

Source: ”Le Monde.fr” Le 02-12-2011

Lien: http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/12/02/cache-cache-democratie-musulmane_1612131_3232.html

Tunisie: le come back « populiste » de Néjib Chebbi



M. Ahmed Néjib Chebbi, dont les déclarations se sont faites rares dans les médias après l'échec cuisant du parti Démocrate Progressiste (PDP) aux élections du 23 octobre dernier, revient au devant de la scène à travers une visite au bassin minier de Gafsa.

Pendant que certains revendiquent, la protection de l'intégrité de nos universités, la séparation des pouvoirs critiquant les projets de loi relatifs au règlement intérieur de la Constituante et à l'organisation provisoire des pouvoirs publics, M. Néjib Chebbi profite de l'occasion pour se déplacer au Bassin minier de Gafsa en soutien avec les plus démunis.

Accompagné de deux parlementaires du parti Démocrate Progressiste (PDP) à savoir Mahmoud May, (Circonscription de France) et Néjib Dekhili (Circonscription de Gafsa), Ahmed Néjib Chebbi cherche à gagner des points en s'attaquant aux vrais problèmes liés au quotidien du tunisien.

Convaincu que les problèmes de la Tunisie profonde dépassent la rédaction d'une constitution et le partage des portefeuilles ministériels, Ahmed Néjib Chebbi, l'opposant, commence bien son mandat parlementaire en se déplaçant dans une région déshéritée qui souffre de la pauvreté et du chômage.

Dans une déclaration sur la radio Jawhara FM, M. Chebbi déclare que les sit-in sont bien organisés et que les revendications sont légitimes puisqu’elles tournent autour du droit au travail.

Estimant que la Tunisie vit un vide gouvernemental, M. Chebbi indique que c'est du ressort de l'assemblée constituante d'essayer de comprendre ce qui se passe et de trouver des programmes d'urgence à proposer au gouvernement.

« A cet effet, Maya Jeribi a demandé à M. Mustapha Ben Jaafar, Président de l'assemblée constituante, de prévoir une séance extraordinaire au sein l'assemblée constituante pour traiter de cette affaire », ajoute M. Chebbi.

Mais comme il y a toujours un mais, il faut reconnaître que cette action certes louable est également critiquable et semble plus une opération de communication pour sortir du lot qu'une vraie solution.

Perdre une journée à l'assemblée constituante pour essayer de sortir avec des mesures d'urgence n'est pas du tout la priorité. la Tunisie ne peut plus être gérée par des programmes d'urgence. D'ailleurs, le gouvernement de M. Béji Caid Essebsi a déjà fait le nécessaire dans ce sens et a même été jusqu'à déterminer une vision sur le long terme en faveur de la région de Gafsa. En effet, le ministère du développement régional a travaillé sur la région de Gafsa et des propositions ont été faites suite à plusieurs réunions avec les différentes parties (responsables régionaux, société civile, habitant).

Outre son déplacement à Gafsa, M. Néjib Chebbi devrait, peut-être, également lire le livre blanc du ministère du développement régional et reprendre contact avec les équipes de "son" ancien ministère pour éviter de perdre du temps à proposer de refaire un travail déjà réalisé.
Il est toujours préférable de partir de l'existant et essayer de le valoriser et l'améliorer.

Bref, si M. Ben Jaafar décide d'accéder à la demande de M. Néjib Chebbi et Mme Maya Jeribi, on pourra appeler cela de la perte de temps mais aussi et surtout une décision « populiste ».

Source: ”Espace Manager” Le 02-12-2011

Lien: http://www.espacemanager.com/politique/tunisie-le-come-back-populiste-de-nejib-chebbi.html