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TUNISNEWS
9 ème année, N° 3602 du 03.04.2010
 archives : www.tunisnews.net 
AISPP: Procès de Mustapha Ben Khlil, ex prisonnier politique - Prononcé du jugement le 16 avril
AISPP: Procès du 2 avril
Assabilonline: Après des années de harcèlement, Adel Gherib craint que la police ne lui monte une nouvelle affaire
Makaila: Dakar : dénouement dans l’affaire Yassine Ferchichi ! Ouf de soulagement général !
Makaila: Dossier Yassine Ferchichi: entretien avec Luiza Toscane, militante française des droits de l'homme
Khémaïs Chammari: Le « statut avancé » en gestation - Manœuvres diplomatiques, connivences et désinformation
Monsour Fekih: « KADAFI-MATERI - Les liaisons dangereuses » Ou Les hallucinations d’un pamphletiste qui prend ses désirs pour la réalité
AFP: Egypte: ElBaradei lance sa campagne en province sous les acclamations
Reuters: Pour ElBaradeï, les Egyptiens aspirent au changement
AFP: Le Vatican, dans la tourmente, s'attire les critiques de responsables juifs

 
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
43 rue Eldjazira, Tunis
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Tunis, le 2 avril 2010
Procès de Mustapha Ben Khlil, ex prisonnier politique
Prononcé du jugement le 16 avril


La chambre correctionnelle du Tribunal de Première Instance de Bizerte, présidée par la juge Mejda Ben Gharbia, a examiné dans la matinée du vendredi 2 avril 2010 l’affaire dans laquelle est déféré Mustapha Ben Khlil, ex prisonnier politique, accusé d’outrage verbal à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, en vertu de l’article 125 du Code Pénal, une infraction passible d’une peine d’emprisonnement d’un an et d’une amende de 120 dinars. Il avait été accusé d’avoir semé le trouble et d’avoir manifesté au poste de la Sûreté de Ghar El Melh dans le gouvernorat de Bizerte. Maîtres Taoufik Bouzaiane et Samir Dilou ont plaidé. Maître Bouzaiane a souligné que la condamnation en première instance, le non-lieu, n’avait fait qu’appliquer la loi, le parquet n’avait pas de bases pour faire appel et s’était contenté de demander l’annulation du jugement en première instance et de le déclarer coupable alors que son client n’avait fait qu’exiger son droit […] Quant à maître Dilou, il a commencé sa plaidoirie en accusant l’enquêteur préliminaire de falsification des procès verbaux puisqu’il est mentionné au procès verbal n°142 du 11 novembre 2009 que la personne qui l’a rédigé est l’officier de police Mohammed Anis Smadhi, chef du poste d’El Istimrar de Ras Jbel à cinq heures de l’après midi, tandis que le procès verbal n°1/142 daté du 11 novembre 2009 mentionne que la personne qui l’a rédigé est l’officier de police Mohammed Anis Smadhi, chef du poste de la Sûreté Nationale de Ghar El Melh à cinq heures et demie de l’après midi, et il s’est interrogé : comment peut-on considérer la menace de manifestation dans un poste de police un outrage à fonctionnaire ? et pourquoi l’enquêteur préliminaire s’est-il contenté de citer l’expression « ce régime » alors que la loi l’obligeait à citer les expressions attribuées à l’accusé de façon complète pour que le tribunal puisse apprécier si elles constituent ou non un outrage à fonctionnaire.
La commission du tribunal a décidé de lever la séance pour la délibération et le prononcé du jugement le vendredi 16 avril 2010.
[…]
Pour la commission de suivi des procès
Le Président de l’Association
Maître Samir Dilou
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
43 rue Eldjazira, Tunis
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Tunis, le 2 avril 2010


 Aujourd’hui, 2 avril 2010, la treizième chambre de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Tahar Yafreni, a examiné l’affaire n°14381 dans laquelle sont déférés Abdessatar Termassi, né le 28 décembre 1978, Hechmi Lajimi, né le 8 juin 1980, Kamel Larbi, né le 1er janvier 1982 et Mehdi Ladouli, né le 1er mai 1985, déférés en état d’arrestation pour adhésion à une organisation et une entente ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser leurs objectifs, d’incitation à commettre des infractions terroristes et à adhérer à une organisation terroriste, de n’avoir pas révélé immédiatement aux autorités concernées les informations qui leur étaient parvenues sur la commission d’infractions terroristes. Après l’appel de l’affaire, les accusés ont été interrogés. Ils ont nié ce qu’on leur reprochait. Puis il y eut la plaidoirie de la commission de la défense composée de Maîtres Hédi Abbassi, Kamel Belhajj Brick et Samir Ben Amor.
La défense a fait valoir que le jugement était entaché de nullité du fait des vices de procédure et de forme lors des investigations à différentes étapes de l’affaire et a demandé à titre conservatoire l’annulation du jugement en première instance pour absence de fondements légaux aux accusations. Puis l’affaire a été mise en délibéré.
[…]
·        La première chambre du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidé par le juge Abdelaziz Efendi, a examiné aujourd’hui, vendredi 2 avril, l’affaire n°20045 dans laquelle est déféré en état d’arrestation le jeune Slim Ghanmi, né le 5 octobre 1977 pour adhésion à une organisation ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs et d’incitation à commettre des infractions terroristes et à adhérer à une organisation terroriste. Le tribunal a décidé de reporter l’affaire au 16 avril 2010 à la demande de son avocat, Maître Samir Ben Amor et pour que l’accusé soit interrogé.
Le jeune Slim Ghanmi vivait avec sa famille en Arabie Saoudite et était revenu en Tunisie avec son épouse et ses enfants le 16 mars 2010 pour y passer des vacances. Il avait été arrêté par des agents de la Sûreté à l’aéroport de Tunis Carthage en raison d’une condamnation à huit années d’emprisonnement prononcée contre lui par contumace.
Pour la commission de suivi des procès politiques
Le Secrétaire Général
Maître Samir Ben Amor
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
 

Après des années de harcèlement, Adel Gherib
 craint que la police ne lui monte une nouvelle affaire


Assabilonline, Tunisie
Adel Gherib, formateur dans un centre de formation professionnelle de la zone industrielle de Nabeul, militant de la fédération du Parti Démocratique Progressiste de cette région et militant des droits humains, est en butte depuis quatre ans au harcèlement quasi constant de la police. Il a été arrêté à plusieurs reprises et contraint de signer des engagements à raser sa barbe, et des fiches de renseignements ont été établies.
Il a été interpellé au cours du mois d’avril de l’année 2008 avec des amis à lui alors qu’il jouait au foot et il est resté en garde à vue au ministère de l’Intérieur pendant quatre jours avant d’être relâché.
Adel Gherib a été de nouveau arrêté le 14 mars 2010 à Barrakat Essahel et détenu pendant six heures. Avant de le relâcher, il avait été établi une fiche de renseignements le concernant.
Le 29 mars, à dix heures du soir, la dite «  brigade de lutte antiterroriste » de Nabeul a fait irruption sans mandat dans un logement de Sidi Achour où habitent trois jeunes qui étudient avec Adel Gherib au centre de formation : Lazhar Chouda, Fethi Mannaï et Mohammed Zmit. Tous ont été emmenés au poste de la brigade.
Les trois jeunes ont été soumis à une enquête centrée sur leurs relations avec leur professeur et sur leurs études plus précisément. Ils ont répondu qu’ils étudiaient la climatisation. A la question de savoir s’ils étudiaient la religion, ils ont répondu par la négative. Ils ont alors été frappés, insultés et traités de menteurs. Des fiches de renseignements ont été établies à leur sujet et ils ont été relâchés.
La police les a questionnés sans cesse sur Adel Gherib lors de l’interrogatoire et ce dernier nous a fait part de sa crainte que ce ne soit que la première étape d’une accusation montée contre lui, auquel cas il se dispose pour lancer un appel et une plainte.

En collaboration avec Saïed Mabrouk, militant des droits humains, Tunisie
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
 

Dakar : dénouement dans l’affaire Yassine Ferchichi ! Ouf de soulagement général !


L’affaire Yassine Ferchichi vient d’avoir un dénouement heureux ce samedi à Dakar où les autorités sénégalaises ont reconsidéré leur décision et continuent  à prendre en charge le tunisien.
En effet, ce matin, le Gouvernement du Sénégal par le bien du Ministère de l’intérieur a invité Yassine Ferchichi aux négociations et lui a demandé d’arrêter la grève de la faim et qu’elles ( les autorités ) vont continuer à lui garantir la prise en charge.
Yassine Ferchichi a donc arrêté devant son avocat la grève de la faim qu’il a entamée depuis lundi jour pour jour.
C’est une victoire pour Yassine, les ONG, la presse et toutes personnes éprises de tolérance et d’amitié entre les peuples.
Notre blog remercie le Gouvernement sénégalais pour son sens élevé de responsabilité et de dialogue et que le Sénégal restera  toujours cette terre d’accueil pour l’humanité.
Merci également à la mobilisation en France de Luiza Toscane et à ses amis en faveur de Yassine Ferchichi à Dakar.
Nous avons crains le pire dans cette affaire mais l’épilogue est heureux

La rédaction du blog de makaila
(Source: le blog de makaila Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /2010 17:45 )
Dossier Yassine Ferchichi: entretien avec Luiza Toscane, militante française des droits de l'homme


Blog de Makaila : Interview exclusive avec Luiza Toscane, militante pour les droits de l’homme en Tunisie, sur le cas de M.Yassine Ferchichi et la situation des droits de l’homme en Tunisie.
 
Militante des droits de l’homme française, Luiza Toscane suit de prés le dossier de Yassine Ferchichi depuis la France, en même temps, elle est très impliquée sur la question des libertés publiques et des droits de l’homme en Tunisie, pays où elle a vécu pendant plusieurs années avant de le quitter.
De retour en France, Luiza Toscane n’a pas manqué de défendre les droits des Tunisiens qui ont de maille à partir avec le pouvoir du Président Ben Ali.
Son champ d’action : elle intervient sur des sujets se rapportant à la torture, les violations des droits de détenus politiques et s’insurge contre l’impunité dans ce pays qu’elle connait parfaitement.
A propos de Yassine Ferchichi déporté de la France vers le Sénégal, où il est en  grève de la faim depuis lundi, 29 mars 2010, notre blog donne la parole à Luiza Toscane pour mieux expliquer à nos lecteurs sa situation mais aussi éclaircir un certain nombre de questions liées au respect des droits de l’homme en Tunisie.
Interview.
- Blog : Bonjour Luiza Toscane ! Merci de nous avoir accordé cette interview au sujet de la situation de M.Yassine Ferchichi  à Dakar, mais aussi sur la question des droits de l’homme en Tunisie, que vous suivez bien depuis plusieurs années déjà. Pourriez-vous, nous dire qui est Luiza Toscane ?
 
-      Luiza Toscane : Avant toute chose, je tiens à vous remercier pour votre solidarité agissante aux côtés de Yassine Ferchichi. Il semble que nous sortions enfin du huis clos dans lequel se jouait sa situation à Dakar. Quant à moi, comme vous l’avez dit, je milite pour les droits de l’homme en Tunisie, plus particulièrement sur les questions de la torture, des prisonniers politiques et de la lutte contre l’impunité. Ce combat trouve un prolongement tout naturel dans le suivi des dossiers d’asile déposés par les Tunisiens dans le monde, et plus particulièrement en France où je suis basée.
 
- Blog : Vous êtes en charge du dossier de M.Yassine Ferchichi, qu’est-ce que  la France reproche-t-elle à ce citoyen tunisien ? Et pourquoi,  il a été condamné en Tunisie ?
 
-           Luiza Toscane : J’ai en effet suivi le dossier de demande d’asile de Yassine Ferchichi alors qu’il était incarcéré en France pour une condamnation dans une affaire de terrorisme. L’Office Français pour la Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA), qui a examiné sa demande d’asile, l’a exclu du bénéfice de la protection au sens de la Convention de Genève en raison de sa condamnation, mais l’Office a reconnu qu’en Tunisie, il serait en danger. Cette décision est importante car elle fait obstacle à un renvoi en Tunisie. Pour répondre à votre question, dans la mesure où Yassine Ferchichi a effectué l’intégralité de sa peine en France, les autorités françaises n’ont plus rien à lui reprocher. Il est victime de la « double peine », c'est-à-dire d’une interdiction du territoire français, interdiction contre laquelle il a déposé une requête en relèvement, sur laquelle le tribunal de Grande Instance de Paris doit se prononcer le 6 mai prochain.
-          Quant à sa condamnation en Tunisie, il s’agit en réalité de deux condamnations dans deux affaires distinctes, prononcées par contumace alors qu’il était emprisonné en France. Ces condamnations totalisent 32 ans et 6 mois d’emprisonnement et 15 ans de contrôle administratif, une sorte d’emprisonnement à domicile.  Elles ont été prononcées en vertu des dispositions de la loi anti terroriste promulguée en 2003, loi qui a envoyé en prison des milliers de « terroristes », pour la plupart des jeunes gens ayant une pratique assidue de leur religion, et pour certains l’envie d’en découdre avec les forces américaines en Irak. Si vous ajoutez à cela que la majorité des personnes condamnées dans le cadre de cette loi ont été torturées lors de leur arrestation et parfois même lors de leur détention préventive, vous comprendrez comment on « confond » des « terroristes » !        
 
- Blog : dites-nous, pourquoi, M.Yassine Ferchichi a été déporté par la France vers le Sénégal en attendant la décision de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qui enjoint  Paris contre toute mesure de son éloignement  du territoire français ?
 
-          Luiza Toscane : En réalité, les choses ne se sont pas passées ainsi. La veille de sa libération, le 23 décembre, la CEDH a enjoint à la France de ne pas le renvoyer en Tunisie, puisque c’est un pays où il a déjà été torturé, où il craint de l’être à nouveau. La France a respecté cette décision, mais l’a contournée contre toute attente en lui signifiant qu’il serait envoyé au Sénégal. Et là, il y a eu une nouvelle décision de la CEDH le 24 décembre car il n’y avait aucune garantie formelle que le Sénégal ne le renverrait pas à son tour vers la Tunisie. Alors pourquoi cet acharnement et cet empressement à le faire monter dans l’avion ? La question est toujours de mise, d’autant qu’il existe une mesure facilement applicable en France qui s’appelle l’assignation à résidence. D’autres personnes dans la même situation sont assignées à résidence en France, ce qui leur permet de rester dans un pays où elles ont leurs attaches. Quant au choix du Sénégal, c’est une question qui doit être posée aux autorités françaises !
 
- Blog : Quel a été votre sentiment lorsque vous avez appris la nouvelle de sa déportation vers le Sénégal, pays dans lequel qu’il n’a pas d’attaches ?
 
-          Luisa Toscane : Evidemment la stupeur et la sidération dans un premier temps, puis je suis partie «  à sa recherche » puisque, et pour des raisons que je ne peux expliquer, le Sénégal qui lui a délivré un laisser passer dans la mesure où il n’a pas de document de voyage, l’a arrêté à son arrivée ! Et l’a détenu au secret pendant plusieurs jours. Nous avons envisagé le pire à cet instant à savoir un renvoi vers la Tunisie. Mon seul espoir réside dans les procédures en cours en France visant à son rapatriement ici, le seul pays où il a des attaches. L’objectif étant de le faire assigner à résidence. Mon sentiment actuel est celui d’un gâchis énorme : voilà une personne qui a terminé sa peine d’emprisonnement, qui a mis à profit sa période d’incarcération pour se lancer dans des études, qui a fait des projets, caressé des rêves pour sa vie future et du jour au lendemain, par une décision totalement incompréhensible, voit son avenir réduit à néant ! 

 - Blog : Etes-vous en contact avec M.Yassine Ferchichi depuis son arrivée à Dakar ? Et  comment-vit-il ?
 
-          Luisa Toscane : Je suis bien sûr restée en contact avec Yassine Ferchichi. J’ai suivi de loin ses tentatives de survivre dans un pays où il ne connait personne, où il n’a aucun moyen de subsister. Vous savez qu’il ne peut même pas recevoir de l’argent car il n’a aucun papier sur lui prouvant son identité. Il n’a pas non plus d’information sur ce qui l’attend. Il vit au jour le jour, ne sachant jamais si les autorités sénégalaises vont assurer ce qu’elles avaient annoncé lors de son arrivée à savoir un accueil à titre humanitaire. C’est une situation extrêmement précaire, une vie de paria. Il y a maintenant un mois qu’il s’est fracturé la main et qu’il n’a pas pu se faire opérer. C’est très inquiétant.
 
- Blog :  M.Yassine Ferchichi a entamé une grève de la faim pour protester contre l’arrêt de la prise en charge qu’il bénéficie depuis son arrivée à Dakar. Qu’en pensez-vous de sa décision et du sort qui lui est réservé ?
 -          Luiza Toscane : il bénéficiait d’une prise en charge minimale qui lui avait été concédée au bout de quelques semaines après son arrivée au niveau de l’hébergement, de la nourriture et de la santé. Au début, il a dû assumer cela tout seul et cette prise en charge est à nouveau remise en cause. J’espère qu’il sera très rapidement entendu et que les autorités sénégalaises reprendront les responsabilités qu’elles avaient assumées. Je pense qu’il n’y avait pas d’autre moyen que d’entrer en lutte. D’ailleurs, ce combat a largement contribué à rompre son isolement et rien que pour cela, on peut le saluer !
  
- Blog : Quel sera le degré de responsabilité des pays concernés par le dossier de M.Yassine Ferchichi, si par malheur quelque chose lui arrivait à Dakar suite à cette grève de la faim ?
-          Luiza Toscane : Il est en danger car il mène actuellement une grève de la soif. Il y a donc urgence à ce qu’une décision soit prise. Ce type de lutte illustre l’impasse dans lequel,  il est réduit, et ce, à cause de la raison d’Etat ! La France, la Tunisie et le Sénégal l’ont conduit là où il en est aujourd’hui.
 
-Blog : vous êtes réputée pour votre engagement au respect des droits de l’homme en Tunisie. Pourquoi, la situation des droits et des libertés publiques dans ce pays, est si inquiétante  aussi bien pour les citoyens et que pour les  étrangers qui y vivent ?

-    Luisa Toscane : la situation est dramatique avec des arrestations, des personnes torturées, des peines d’emprisonnement distribuées quotidiennement pour des broutilles. Il n’existe pas de liberté d’opinion, d’expression, d’organisation ou de circulation. Toute velléité d’en découdre se paye très cher. Pour autant, les luttes, qu’elles soient sociales ou pour la démocratie, ne cessent pas. Actuellement il y a de nombreuses grèves, dans le secteur public ou privé. Les Tunisiens se sont mobilisés pour Gaza l’année dernière, pour l’emploi dans le bassin minier de Gafsa et Fériana, et cette année à la Skhira. Le combat pour l’amnistie générale et les libertés, notamment la liberté de l’information, se poursuit sans relâche.
 
-Blog : les organisations de défense des droits de l’homme soutiennent qu’en Tunisie l’espace de l’exercice libre  des activités associatives et politiques  est inaccessible  aux militants et membres de l’opposition tunisiens  au régime du Président Zine Al-abine Ben Ali.  Le pouvoir en place est doit-il sa longévité à ces mesures restrictives et répressives ?
 
-          Luisa Toscane : Ce pouvoir se reconduit depuis 1987. Il s’agit d’une dictature policière qui doit sa longévité à une répression impitoyable de toute opposition, mais aussi de toute la société. Ce pouvoir a mis en place une logique de châtiment collectif ou tout citoyen doit se transformer en auxiliaire de police. La non délation est passible de prison. La répression ne peut tout expliquer. Cette longévité est due aussi à l’incapacité de l’opposition à s’organiser pour en finir avec ce régime, une partie d’entre elle restant persuadée qu’il est réformable. Et enfin, elle s’explique par le soutien inconditionnel que reçoit cette dictature de puissances comme la France, les Etats Unis ou l’Italie.
 
-blog:  Avez-vous de recommandations à suggérer aux autorités françaises et  sénégalaises sur le cas de M.Yassine Ferchichi ?
 
-          Luiza Toscane : la seule solution raisonnable est son rapatriement en France, comme je l’ai déjà dit son assignation à résidence dans un pays où il s’est amendé, où il a droit à un nouveau départ. Dans l’attente, j’espère que la volonté d’hospitalité manifestée par Dakar dans ce dossier comme dans d’autres, les rescapés d’Haïti, par exemple, se traduira pour Yassine Ferchichi par la continuité de sa prise en charge.
 
-Blog : votre mot de la fin à nos lecteurs ?
 
-          Luisa Toscane : Un grand merci à toutes les personnes qui ont exprimé de la compassion, de la solidarité et ne serait-ce qu’un peu d’intérêt pour cette cause. Je crois que votre blog a contribué, avec les militants ONG et les médias sénégalais, à faire sortir cette tragédie de l’oubli. Ce combat est bien loin d’être terminé. Il ne faudrait pas que ce type de mesure devienne une habitude, or il y a des précédents, je pense notamment à la déportation d’Algériens au Burkina Faso dans les années Pasqua…
 
Merci pour cette interview
Propos recueillis par Makaila Nguebla
Pour le blog
 
(Source: le blog de makaila Vendredi 2 avril 2010 5 02 /04 /2010 11:28)
TUNISIE- UNION EUROPENNE
Le « statut avancé » en gestation :
Manœuvres diplomatiques, connivences et désinformation.

Par  Khémaïs  CHAMMARI

A l’occasion de l’importante visite à Tunis de Mr Stephan Füle, commissaire européen « à l’élargissement et à la politique européenne de voisinage », la presse quotidienne officielle   (mais il n’y a que celle là !) s’est livrée , une fois de plus, à un affligeant exercice de désinformation auquel il suffit d’opposer les dépêches des agences internationales de presse (AFP, Associated Press, ) et ... le communiqué officiel de l’U.E !  Mais , par delà cette instrumentalisation « routinière » , la seule certitude – dans un contexte de coopération pourtant des plus favorables – est que ce processus qui butte sur le volet « des libertés et des droits de l’homme » , «  n’en est, pour reprendre les termes mesurés de Mr S. Füle, qu’à ses débuts ».

 Les manœuvres diplomatiques et les connivences n’y changeront rien : le « passage en force » pour obtenir un «  rehaussement » au moindre coût est difficilement envisageable.

Seize mois après la session du Conseil d’association, à l’issue de laquelle il avait manifesté son vif intérêt pour accéder, à l’instar du Maroc, à un « statut avancé » dans ses relations avec l’Union Européenne (U.E.), le gouvernement tunisien a enfin transmis le 18 mars 2010 le fameux « document diplomatique » précisant sa vision de ce « statut avancé ».

 Comme le rappelle le CRLDHT[i] , le « statut avancé » est, selon la formule consacrée, « moins que l’intégration – adhésion mais plus que l’association ». Il constituerait, aux yeux des autorités tunisiennes, un « acquis de prestige politique », consacrant et renforçant, au niveau des engagements politiques et financiers de l’U.E., la situation privilégiée de la Tunisie en sa qualité d’« élève appliqué» et d’ «enfant chéri » du Partenariat Euro Méditerranéen.

 « A la veille de l’amorce de la présidence espagnole (janvier – juin 2010), le gouvernement tunisien avait relancé, en pleine tourmente du raidissement politique qui a précédé et suivi l’échéance électorale d’octobre 2009, la question du « rehaussement » et du « statut avancé ». Les autorités tunisiennes escomptaient mettre à profit l’appui inconditionnel de l’Espagne, de la France et de l’Italie, pour tenter un véritable passage en force qui leur aurait permis d’escamoter le débat sur les engagements en matière de réformes politiques qu’impliquerait ce « rehaussement ».  Il leur a fallu, toutefois, déchanter et le débat public du 19 janvier 2010 au Parlement Européen sur « les relations UE – Tunisie, en particulier du point de vue des droits de l’Homme et de la Démocratie », a confirmé à quel point le gouvernement tunisien n’était pas disposé à prendre des engagements crédibles et effectifs en matière de réforme, récusant notamment le fait que l’U.E. « puisse avoir un avis autorisé sur l’évolution de la politique tunisienne ».

Une partie de « poker-menteur » est alors engagée par la diplomatie tunisienne pour tenter, y compris par la désinformation (tels les propos complaisants prêtés abusivement à des responsables de la Commission Européenne), de créer « de facto » une situation favorable au « rehaussement » sans pour autant prendre des engagements précis sur le fond et, à plus forte raison, en termes d’échéances.

 C’est dans ce contexte que s’est réunie à Tunis la 3ème session du Sous Comité des droits de l’Homme Tunisie – U.E. (25 février 2010) au cours duquel la partie tunisienne a fait preuve, essentiellement dans la forme, d’une relative « flexibilité » et d’une certaine « réactivité ». (voir le communiqué du CRLDHT du 18 février  2010)

Dans la foulée de cette réunion, la diplomatie tunisienne a accentué, le plus souvent en catimini et dans une certaine opacité, le « forcing » auprès des Etats membres de l’U.E. et de certaines instances du Partenariat Euro-méditerranéen.

C’est ainsi que s’est tenue à Bruxelles le 24 mars 2010, dans des conditions préparatoires d’une extrême « discrétion », la XIIIèmerencontre interparlementaire Parlement Européen – Parlement Tunisien ; prélude à la première visite à Tunis les 29 et 30 mars 2010 de Stefan Fülle, le Commissaire Européen « à l’élargissement et à la Politique Européenne de Voisinage ».[ii]

Cette visite d’échanges avait pour objectif principal la signature  d’un « mémorandum d’entente relatif au nouveau Programme Indicatif National (PIN) couvrant la période 2011-2013 avec un budget de 240 Millions d’Euros[iii]. Le PIN fixe, en quelque sorte, le cadre triennal stratégique pour la coopération technique et financière entre l’UE et la Tunisie. Rien à voir donc- contrairement à ce que « certains commentateurs » ont laissé entendre – avec le document transmis il y a douze jours, par les autorités tunisiennes à Bruxelles concernant le fameux « statut avancé » si convoité . Tout au plus - et cela n’est pas négligeable – la visite du Commissaire européen peut –elle être considérée comme le feu vert donné «  à l’examen des conditions dans lesquelles la Tunisie pourrait bénéficier du statut avancé ».

Abordé lors des entretiens du Commissaire européen à Tunis, le débat sur « le statut avancé » entre ainsi dans la phase « des négociations détaillées » qui risquent d’être d’autant plus ardues que le gouvernement tunisien espère toujours pouvoir occulter – ou à tout le moins éviter – les questions qui fâchent : Droits de l’Homme, réforme et indépendance de la justice, Etat de droit, Liberté et pluralisme de l’information, liberté d’association, gouvernance et lutte contre la corruption.

La difficulté est que, par delà les questions économiques, l’engagement effectif pour des réformes politiques constitue un critère décisif pour le « rehaussement ». A l’évidence, le document transmis à Bruxelles par les autorités tunisiennes est en deçà de ce qui a été obtenu en novembre 2008 avec le Maroc. A suivre donc avec attention et vigilance.

 Comme le note le site « Les Afriques » dans son édition du 31-03-2010, «  Fidèle à sa qualité de diplomate , Mr Stefan Füle, s’est contenté de qualifier le dossier tunisien « de très important », renvoyant médias et observateurs à leurs interrogations. En fait, le dossier piétinerait sur le volet «libertés et droits de l’homme». «Cela fait près de deux ans que nous attendons l’engagement de la Tunisie dans ce processus auquel on entend donner de l’impulsion», commente le diplomate européen, en marge d’une conférence de presse. »

On ne saurait mieux dire.

K.C.
 


 

[i] Communiqué du Comité pour le respect des libertés et des  droits de l’homme  en Tunisie (CRLDHT)  du 31-03-2010 ;intitulé : Le gouvernement tunisien transmet à l’Union Européenne (U.E),
au terme de 16 mois de tergiversations, le document précisant sa vision du « statut avancé » revendiqué et tant convoité.

 

[ii]  IDEM

[iii] Le 15-03- 2010, la Banque Européenne d’Investissement, a déclaré- par ailleurs- qu’elle était prête à doubler ses prêts à la Tunisie pour passer ,au cours de cette année, à environ 900 millions de Dollars US soit 1242 millions de Dinars TU .

 

(Source: AT-Tariq Aljadid (Hebdomadaire - Tunisie) nr 174 Du 02 Avril 2010)

 


 

« KADAFI-MATERI
Les liaisons dangereuses »
Ou 
Les hallucinations d’un pamphletiste qui prend ses désirs pour la réalité

 


 


Par Monsour Fekih (Canada)

L’auteur du pamphlet « Kadafi-Materi les liaisons dangereuses » est obnubilé par la famille du président de la république. Certains tunisiens de la diaspora sont en rupture totale avec la réalité socio-économique de la Tunisie. Ils croient que le fait d’être de nationalité tunisienne et/ou d’avoir vécu en Tunisie et d’être déçus de la république les autorise à critiquer systématiquement l’action développementale du pays. Rien n’a de grâce à leurs yeux.  La réussite attestée par les rapports internationaux -ceux de l’ONU et des démocraties majeures du monde entier- n’effleure même pas le reliquat de neurones qu’il leur reste. Aigris par l’exil, pétris par la haine et les rancœurs, ils sombrent dans une hallucination, corollaire d’un parcours de vie semé d’échecs social, économique, affectif et émotionnel : c’est la plus haute des solitudes ! On est porté à les plaindre plutôt qu’à leur en vouloir.
Ne pas être dans le courant majoritaire du pays n’est pas un crime en tant que tel, être dans l’opposition c’est avoir un rôle dans la co-édification de cette démocratie en devenir qu’est la Tunisie d’aujourd’hui, c’est participer au développement et à l’essor socio-économique exemplaire que connait la Tunisie depuis le changement du 7 novembre 1987, en dehors de tout calcul de bas étage. La Tunisie, avec Ben Ali, réalise ses plus belles réussites économiques, sociales et civilisationnelles. Oui, Monsieur Bagga, cette œuvre se fait sans vous… malgré vous…  À vous avoir lu une fois ou l’autre, j’ai de la peine pour vous ; comment pouvez-vous vous supporter avec autant de haine, de rancœur et de bile ? 
Vous êtes un envieux qui a raté ! La réussite du parcours du président de la république vous dérange. Vous vous attaquez, comme le ferait un pitbull, à tous les signes de réussite, personnelle et nationale, du président Ben Ali : son œuvre, sa famille, … N’importe quelle mère serait fière de voir son fils réussir ce qu’a réussi Ben Ali. N’importe quel père serait fier d’avoir un gendre tel que Monsieur Sakhr Materi, un jeune homme issu d’une famille que vous enviez et je vous comprends. Monsieur Materi Sakhr réussit là où vous ratez. Monsieur Materi réalise et concrétise là où vous hallucinez… Deux mondes qui n’ont rien à voir. Ceci expliques votre logorrhée, un ramassis d’insultes, de médisances, dont le seul fil conducteur est la rancœur, la haine et la bassesse tout azimut.
La Tunisie est cotée parmi les pays les plus sûrs pour l’investissement étranger. Sa résilience à la crise financière qui a secoué le monde est attestée par le fameux rapport ''Bespoke investment'' sur la capacité de résistance des pays aux effets pervers de la crise financière. Elle est classée 6ème mondiale, d’où l’afflux des investisseurs étrangers mais aussi des pays amis… Et si des investisseurs libyens sont de la partie, tant mieux ! Cela ne peut qu’accélérer l’intégration des économies des deux pays, un vœu commun des deux peuples, en plus de favoriser la richesse de la communauté nationale. Que les Kaddafi prennent un partenaire tunisien, tant mieux, et si c’est un patriote connu et reconnu, encore mieux, nous avons la certitude que l’intérêt du pays est le mieux préservé.

P.S. : À Monsieur Bagga, je sais que vous êtes rompu aux diatribes de bas étage, je vous dispense de me répondre. Je ne vous lirai pas… et d’avance vos insultes ne m’atteignent pas !
 


Egypte: ElBaradei lance sa campagne en province sous les acclamations

AFP, le 2 avril 2010 à 17h19
Par Mona SALEM
MANSOURA (Egypte), 2 avr 2010 (AFP) - Oh ElBaradei, dis-le haut et fort, l’Egypte veut la démocratie", "Il y a mille alternatives en Egypte, ElBaradei en est la preuve" : un millier de personnes ont acclamé l’ex-chef de l’AIEA vendredi dans le delta du Nil, première étape d’une campagne "populaire".
Etudiants portant des T-shirts à son effigie, militants, médecins ou chauffeurs de taxi de Mansoura, grande ville emblématique de l’Egypte profonde, ont affiché leur soutien à l’appel de Mohamed ElBaradei pour des réformes politiques.
A 67 ans, le Prix Nobel de la Paix 2005 s’est dit prêt à se présenter à la présidentielle de 2011 face au président Hosni Moubarak, à condition que le scrutin soit libre et exempt de fraudes et que la Constitution soit révisée pour lever les restrictions pesant sur les candidats.
"Tout le monde à Mansoura est avec ElBaradei.Nous voulons du changement, nous le soutenons parce que nous voulons n’importe qui sauf le régime en place.Nous n’avons d’autre alternative qu’ElBaradei", assure à l’AFP Hicham, un ingénieur de 26 ans.
M. ElBaradei a d’abord visité le Centre d’urologie et de néphrologie de Mansoura, où il a rencontré le professeur Mohammed Ghoneim, pionnier de la transplantation rénale en Egypte, avant de se diriger vers la mosquée Al-Nour, non loin de là, pour prendre part à la grande prière hebdomadaire.
L’ancien diplomate prévoyait d’aller à la mosquée Cheikh Hassanein, dans un quartier populaire de Mansoura, mais cette demande a été rejetée par les services de sécurité, a indiqué à l’AFP un responsable de l’Assemblée nationale pour le changement, formée par l’ex-patron de l’AIEA et des figures de l’opposition.
Sans garde du corps, un ElBaradei souriant, en chemise blanche, a salué ses partisans qui se sont bousculés au milieu des caméras pour l’apercevoir ou lui serrer la main.
Parmi eux se trouvaient de jeunes membres de mouvements d’opposition, dont les Frères musulmans.Certains demandaient aux personnes présentes de signer une pétition de soutien à M. ElBaradei.
Des policiers, pour la majorité en civil, étaient également présents.
"Cette fois-ci, j’ai le sentiment que c’est sérieux.C’est quelqu’un de responsable et j’ai grand espoir qu’il réussisse", dit Aya, une étudiante en médecine de 21 ans, en se frayant un chemin dans la foule.
"Les gens en Egypte ne parlent que de leur salaire dérisoire et de la cherté de la vie, mais rien ne va s’améliorer sans la démocratie et une alternance du pouvoir", estime-t-elle.
Ibrahim Aboul Ata, 41 ans, travaille comme chauffeur aux Emirats arabes unis.
"Je suis en visite et je devais repartir mercredi, mais quand j’ai appris qu’ElBaradei allait venir j’ai retardé mon départ.Je voulais le voir, cet homme veut faire quelque chose de bien pour nos enfants.Il faut que le monde extérieur sache que le peuple égyptien est avec lui", dit-il.
Hamdi Hadidi, un chirurgien orthopédiste réputé, estime pour sa part que M. ElBaradei "n’est pas venu pour faire le chef, mais pour ouvrir la voie (à des réformes) même s’il ne finit pas président".
Mais les partisans de M. ElBaradei ont déjà eu maille à partir avec les services de sécurité.Le mois dernier, une ONG avait rapporté qu’un médecin du Fayyoum (centre) avait été battu et maltraité toute une nuit pour son soutien à l’ex-diplomate.
A Mansoura, Achraf Wagdi, un psychiatre militant activement pour l’ex-chef de l’AIEA, a affirmé à l’AFP avoir été arrêté la semaine dernière et détenu pendant 24 heures en raison de son activisme, la police "prétextant" selon lui qu’une librairie lui appartenant n’était pas en règle.
Mais signe d’espoir pour M. Wagdi, le procureur chargé de l’affaire est venu le voir pour demander à signer la pétition pour ElBaradei.
 

Pour ElBaradeï, les Egyptiens aspirent au changement
 

Reuters, le 2 avril 2010 à 18h40
MANSOURA, Egypte, 2 avril (Reuters) - Les électeurs égyptiens aspirent au changement, a estimé vendredi Mohamed ElBaradeï, ancien patron de l'AIEA, qui pourrait se porter candidat à l'élection présidentielle de l'année prochaine.
Mille cinq cents de ses partisans ont accueilli l'ancien directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, à sa sortie de la mosquée Al Nour, à Mansoura, dans le delta du Nil, après les prières du vendredi. Il s'agissait de sa
première apparition en public en dehors du Caire depuis son retour en Egypte, en février.
Nombre de ses partisans chantaient l'hymne national.
D'autres scandaient "ElBaradeï, dites-le haut et fort, l'Egypte veut la démocratie!" et "Mansoura est avec vous!" "Ce que nous avons vu aujourd'hui, c'est que l'Egyptien moyen descend dans la rue pour réclamer le changement, et cela fait voler en éclats le mythe selon lequel cette tendance n'est que le fait de l'élite, ou n'est que virtuelle, sur internet", a dit ElBaradeï à Reuters.
Son apparition en public à Mansoura laisse penser qu'ElBaradeï, âgé de 67 ans, pourrait organiser d'autres visites du même genre à travers le pays pour y rallier des soutiens. ElBaradeï est rentré en Egypte en février après avoir dirigé pendant 12 ans l'AIEA, dont le siège est à Vienne. Vendredi dernier, il avait fait sa première apparition en public au
Caire, dans une mosquée du quartier musulman historique. Avant cela, il avait rencontré des dirigeants de l'opposition et des personnalités du monde intellectuel, et accordé des interviews dans sa résidence des environs du Caire.
Le président Hosni Moubarak, qui est âgé de 81 ans, est revenu d'Allemagne le 27 mars après y avoir subi une opération de la vésicule biliaire. Arrivé au pouvoir fin 1981, le raïs n'a pas encore dit s'il comptait briguer un sixième mandat de six ans en 2011.
S'il y renonce, nombreux sont les Egyptiens qui pensent qu'il tentera alors de transmettre le pouvoir à son fils Gamal, qui a 46 ans. Pour l'heure, le père comme le fils démentent pareille intention.
ElBaradeï explique quant à qu'il envisagera d'être candidat à la présidence si certaines de ses demandes sont satisfaites, notamment des modifications constitutionnelles pour qu'il y ait une supervision du scrutin par la justice et que tous les candidats aient un accès égal aux médias pendant la campagne.

 

Le Vatican, dans la tourmente, s'attire les critiques de responsables juifs


AFP, le 3 avril 2010 à 12h10

Par Françoise KADRI

CITE DU VATICAN, 3 avr 2010 (AFP) -  - En pleine tourmente des abus pédophiles, l'Eglise catholique s'est retrouvée, à la veille de Pâques, sous le feu des critiques de la communauté juive après un parallèle dressé par le prédicateur du Vatican entre les attaques visant le pape et l'antisémitisme.
Le Vatican a admis le caractère ambigu et inapproprié d'une telle analogie. Mais plusieurs prélats catholiques se sont plaints dans les médias du Saint-Siège d'"une campagne grossière" visant le pape et les catholiques, d'"une machination" et d'une "montée de la christianophobie".
Le sermon du Vendredi Saint prononcé par le père Raniero Cantalamessa, prêcheur de la maison pontificale, a provoqué l'indignation des communautés juives et d'associations de victimes d'abus commis par des religieux.
Elles ont été choquées par la lecture devant Benoît XVI par le père Cantalamessa d'une lettre de "solidarité" au pape et à l'Eglise reçue d'un "ami juif". Ce dernier y dénonce une "attaque violente et concentrique contre l'Eglise (et) le pape" avant d'ajouter: "l'utilisation du stéréotype, le passage de la responsabilité et de la faute personnelles à la faute collective me rappellent les aspects les plus honteux de l'antisémitisme".
En Allemagne, le secrétaire général du Conseil central des juifs Stephan Kramer a qualifié cette comparaison "d'impertinence et d'insulte vis-à-vis des victimes des abus sexuels et des victimes de la Shoah".
Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a protesté de la bonne foi du père Cantalamessa tout en reconnaissant sur Radio Vatican que citer la lettre "pouvait susciter des malentendus". Et il a assuré que le "rapprochement entre les attaques contre le pape pour le scandale de pédophilie et l'antisémitisme n'est pas la ligne suivie par le Saint-Siège".
Le pape a été accusé par des médias en Allemagne et aux Etats-Unis d'avoir gardé le silence sur des cas de pédophilie commis par des religieux, quand il était archevêque à Munich et quand il a dirigé pendant 24 ans la Congrégation pour la doctrine de la foi, avant de devenir pape en 2005.
La nouvelle polémique a éclaté alors que le pape, 82 ans, doit célébrer samedi dans la basilique Saint-Pierre la traditionnelle veillée pascale.
Les tensions entre catholiques et juifs avaient été ravivées en décembre, quand Benoît XVI avait accéléré le processus de béatification du pape Pie XII, accusé de s'être tu face à l'Holocauste et, début 2009, lors de la levée de l'excommunication d'un évêque négationniste, Richard Williamson.
Marvin Hier, fondateur du Centre Simon Wiesenthal, a exigé les "excuses" du pape pour des "remarques honteuses, hors de propos" et une "déformation totale de l'histoire".
Il a rejeté toute comparaison entre des siècles d'antisémitisme qui ont mené à "la mort de dizaines de millions de personnes innocentes avec des criminels qui renient leur foi et leur vocation en agressant sexuellement des enfants".
"Cela fait mal au coeur de voir un responsable de haut rang du Vatican faire des remarques qui sont une insulte aussi bien pour les victimes d'agressions sexuelles que pour les juifs", a renchéri David Clohessy qui dirige SNAP, qui regroupe des victimes américaines de prêtres pédophiles.
Pour le rabbin Gary Greenebaum, chargé des relations inter-religieuses au sein de l'American Jewish Comittee, il est "compréhensible que l'Eglise se sente sous pression", mais les responsables catholiques "doivent veiller à ne pas pratiquer l'hyperbole".
Sous le titre "une propagande grossière contre le pape et les catholiques", l'Osservatore Romano a de nouveau pris la défense de Benoît XVI et de son Eglise face à des "attaques calomnieuses et à la campagne de diffamation construite autour du drame des abus commis par des prêtres".
L'archevêque de Paris André Vingt-Trois, cité par l'Osservatore, a stigmatisé le rôle des médias audiovisuels tandis que le théologien et archevêque de Chieti (Italie) Mgr Bruno Forte s'inquiétait d'une montée de la "christianophobie" et "des préjugés".

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