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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2718 du 01.11.2007
 archives : www.tunisnews.net

CNLT:Agression de maître Ayadi par la police politique
AISPP: Jihane Dali, un enlèvement puis un procès politique
AISPP: Infos en continu
Liberté et Equité: Privation du droit aux soins
L’ Audace: Ce n’est qu’un au revoir !
Luiza Toscane: Le couloir de la torture:Luiza Toscane militante pour les droits de l’homme en Tunisie
Jeune Afrique: Karoui & Karoui cherche à rebondir
 

 

 

 

Appel de détresse de Tunisie (*)

 

 

Au nom de Dieu le Clément, le  Miséricordieux,

Appel à toute âme charitable

A nos frères en Dieu dans le monde entier

A toute conscience vive et humanitaire

 

Nous sommes sur la terre de la Zeitouna et de Kairouan et nous sommes submergés par le malheur et le dénuement.

 

Les difficultés de vos frères et sœurs sont démesurées et il ne nous reste plus aucun espoir après Dieu et vous.

 

Chers frères, une fois sortis de prison, nos frères se sont trouvés dans une nouvelle grande prison, ils se sont heurtés à la dure réalité à laquelle ils ne s’attendaient pas.

 

Leur séjour a été si long qu’ils doivent non seulement surmonter des obstacles matériels mais  aussi psychologiques notamment au sein de leurs familles.

 

Ils ont frappé à toutes les portes recherchant du travail peu importe le salaire ; peu d’entre eux ont subvenu à leur besoin. Par contre la majorité d’entre eux se trouvent au seuil de la pauvreté alors qu’ils avaient promis à leur famille richesse et aisance et  une vie en rose ; d’autant plus que les enfants ont grandi entre temps et que leurs demandes et leurs besoins ont grandi aussi.

 

Tous les rêves et les espoirs se sont envolés, le travail se fait rare et les proches et les amis ont tournés le dos ; certains d’entre eux ont même vu partir leurs épouses et leurs enfants.

Il y a, certes,  des frères comme ceux cités par Allah : «… que l'ignorant croit riches parce qu'ils ont honte de mendier - tu les reconnaîtras à leur aspects - Ils n'importunent personne en mendiant.. » La vache/273 . Nous nous soucions d’eux et nous ressentons ce qu’ils ressentent.

Il y en a d’autres qui, par pudeur, n’ose pas sortir de chez eux refusant tout contact extérieur ; craignant le regard des autres en raison de  leur pauvreté.

 

D’autres sollicitent  Allah avant d’aller affronter les gens et leur dire « donnez moi à manger j’ai faim », et les cas similaires sont nombreux.

 

Chers frères, cette crise qui a longtemps duré a engendré des conséquences et des situations néfastes.

 

Nos frères qui sont restés en prison parfois plus de quatorze ans se sont retrouvés dans des situations alarmantes :

 

Certains ont atteint la cinquantaine et sont toujours célibataires, ajouté à cela de nombreuses maladies de l’estomac, du rein, le phénomène d’impuissance sexuelle, le cancer  entraînant  la mort dans de nombreux cas.

 

Le pire c’est que la majorité de ces frères sont privés de cartes de soins et certains d’entres eux sont au chômage ou en invalidité.

 

La situation  de leurs enfants est parfois plus alarmante. De nombreux sont ceux qui présentent des maladies psychologiques du fait du stress permanent entraînant des perturbations graves, et comme vous le savez, ces cas nécessitent de l’attention, de la prévention et une prise en charge permanente qui est coûteuse.

 

Tout cela n’est qu’un aperçu de la réalité, une goutte dans un océan.

 

Chers frères, la lecture de cette lettre ne doit pas vous laisser indifférents, nous sommes persuadés qu’après sa lecture votre cœur sera touché.

 

Notre espoir en Dieu est grand ainsi qu’en votre générosité devant pareil cas de dénuement et de pauvreté.

 

Nous ne souhaitions à personne de vivre cette situation. Nous prions Dieu pour qu’Il vous protège et vous donne la paix.

 

Nous n’avons pas voulu vous importuner avec nos souffrances mais si nous  faisons appel à vous après Dieu, c’est que la situation a atteint un seuil critique.

 

Nous demandons à toute âme charitable de nous aider afin que nos frères puissent retrouver et garder leur dignité.

 

Grâce à votre aide généreuse et votre main tendue, vous pouvez empêcher le désespoir de s’emparer de vos frères qui n’ont pour tort que d’avoir souhaiter vivre dans leur pays en harmonie avec leur religion.

 

Nous gardons espoir en Dieu qui, inchallah, nous unira sur la voie de la foi et l’amour de Dieu.

Le prophète psl dit : « celui qui soulage le fardeau d’un croyant, Dieu le soulagera d’un fardeau le jour du jugement dernier »

 

Qu’Allah vous vienne en aide et vous protège !

 

Wassalem alaikom wa rahmatoullah wa barakatouhou.

 

 

(*) Cette lettre est parvenue récemment de la Tunisie à l’Association « TAKAFUL » pour le secours et la solidarité, et nous  la transmettons à l’opinion publique  pour l’alerter sur l’inquiétante situation matérielle, sociale et psychologique d’un grand nombre de tunisiens victimes de la politique répressive du régime durant les deux dernières décennies.

Vu l’ampleur du drame et le nombre important des victimes qui sont dans le besoin et la précarité ; l’Association TAKAFUL fait  appel à votre générosité pour nous aider à secourir vos frères et les aider à sauvegarder leur dignité.

 

« Et toute dépense que vous faites dans le bien, Il la remplace, et c’est Lui le meilleur des donateurs » (34 Saba /verset 39.)

 

« Quiconque prête à Allah de bonne grâce, Il le lui rendra multiplié plusieurs fois. Allah restreint ou étend (ses faveurs).Et c’est à lui que vous retournerez » (la vache, verset 245)

 

Vous pouvez  faire parvenir vos dons:

 

* directement en donnant vos dons à des gens de confiance en contact avec l’association TAKAFUL (enregistrée en France)

 

* en envoyant vos dons à cette adresse :

TAKAFUL  16, cité vert -  94370 Sucy en Brie.

France

 

Tél: 06 09 17 22 88 / 06 80 85 92 98

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* par virement  bancaire à l’adresse suivante :

 

la Banque Postale. / France

 

Etablissement         guichet          n° compte          clé RIP

30041                   00001        5173100R020          42

 

Identifiant International de Compte  IBAN

FR54  3004  1000   0151   7310  0R02  042


 
CNLT
Tunis le 1er novembre 2007
Agression de maître Ayadi par la police politique
 
Aujourd’hui 1er novembre 2007, maître Raouf Ayadi a été sauvagement agressé par la police politique alors qu’il s’approchait du cabinet de Maitre Mohamed Ennouri - en grève de la faim depuis ce jour avec le journaliste Slim Boughdhir, pour protester contre le refus des autorités de leur délivrer un passeport – Me Ayadi a été empêché de poursuivre son chemin par une multitude de policiers en civil, jeté à terre et traîné sur une distance de plus de 800 mètres par les policier qui l’insultaient vulgairement et le traitaient de traître et de vendu aux américains, et déclarant à la foule qui s’attroupait sur l’avenue Bourguiba qu’il était un voleur.
 
Ce n’est pas la première fois que la police politique s’autorise une atteinte à l’intégrité physique de maître Ayadi et des défenseurs en toute impunité. La dernière en date s’était produite au sein même du palais de justice. Les multiples plaintes en justice sont restées lettres mortes.
 
·Le CNLT condamne vigoureusement cette lâche agression et exige que cesse l’impunité de la police politique et que les coupables soient traduits en justice.
·Rappelle à l’Etat tunisien ses obligations de protection des citoyens en général contre les abus de ses fonctionnaires et particulièrement son devoir de protéger les défenseurs de droits humains.
 
 Pour le Conseil
La porte-parole
Sihem Bensedrine
 
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
43 rue Eldjazira, Tunis
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Tunis, le 31 octobre 2007

Jihane Dali, un enlèvement puis un procès politique
 
 

L’association a appris que l’étudiante Jihane Dali, qui avait été enlevée par des agents de la Sûreté en civil à une heure du matin dans la nuit du 26 octobre, après une descente au foyer universitaire pour filles d’El Omrane supérieur, avait été libérée cette nuit à huit heures, après avoir convoquée pour une audience devant la huitième chambre du Tribunal de Première Instance de Tunis, dans l’affaire 32346; elle est accusée de collecte de fonds. Ont été déférées avec elle dans la même affaire, et pour la même accusation : Nidhalat Zayyat, Abir Chaouachi et Faten Bettaïeb.
L’étudiante Jihane Dali est une proche du prisonnier politique Abdelabasset Dali, elle a été en butte à de nombreuses reprises à des brimades, visant à lui faire ôter son voile. Elle fait partie de l’élite de l’INAT.
L’AISPP […]
Pour la commission de suivi des procès
La Présidente de l’association
Maître Saïda Akrami
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
43 rue Eldjazira, Tunis
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Tunis, le 30 octobre 2007

Infos en continu

* Aujourd’hui, la 27ème chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Mannoubi Hamidane, a examiné des affaires qui voient déférés des jeunes accusés d’appartenance à une organisation terroriste, de l’avoir fait connaître, et d’incitation à la commission de crimes terroristes, ils sont accusés d’avoir pensé à rejoindre la résistance irakienne.
- l’affaire 9817 dans laquelle sont déférés Adel Hamouda, Ahmed Fouchali et Ahmed Abdeljaouad, qui a été reportée au 13 novembre
- l’affaire 9827 dans laquelle sont déférés Abdelamajid Bouajila, Kabil Bouajila, Nasreddine Bouajila, Jad Libadi, Abdelhalim Hedhri, le prononcé du jugement a été reporté à l’issue des délibérations, après la fin des plaidoiries des avocats qui ont fait valoir l’absence d’accusations, la nullité des procédures, les agents de la Sûreté ayant falsifié les procès verbaux et arraché les aveux sous la contrainte de la torture.
- l’affaire 9503 dans laquelle sont déférés Mohammed Souissi, Mejdi Dhakouani, Yassine Jebri, Salim Elhajj Salah, Ali Herzi, Ibrahim Herzi, Saber Hosni, Anis Bouzidi, Saber Hosni, Sahl Beldi, Mohammed Amine Aoun, Mahfoudh Ayari, Ghaith Ghazouani et Maher Beziouche, lors de l’interrogatoire les accusés ont insisté pour décrire les tortures dont-ils ont fait l’objet dans les locaux du ministère de l’Intérieur, en dépit des tentatives du juge pour les interrompre. Ali Herzi a déclaré : « A l’issue des tortures que m’ont faites subir les agents de la brigade de la Sureté de l’Etat, j’étais prêt à reconnaître même les attentats de New York ». Saber Hosni a déclaré que les instructeurs l’avaient menacé d’amener sa mère et sa sœur dans les locaux du ministère et a dit être encore soumis à la torture à la prison de Mornaguia. Ghaith Ghazouani a déclaré : « J’ai été dépouillé de mes vêtements, frappé, suspendu et privé de sommeil pendant trois jours et j’ai signé sans avoir lu le contenu du procès verbal ».
Les accusés ont profité du fait qu’ils étaient déférés devant le tribunal pour attirer l’attention sur les violations et la torture inédites enregistrées ces derniers jours à la prison de Mornaguia.
[…]
Pour la commission de suivi des procès
Le secrétaire général de l’association
Maître Semir Dilou
(traduction d’extraits, ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 


Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
43 rue Eldjazira, Tunis
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Tunis, le 30 octobre 2007

Infos en continu
 

Poursuite des arrestations dans la région de Lataya (Kerkennah, Sfax)
L’AISPP a déjà attiré l’attention de l’opinion publique en Tunisie comme à l’étranger sur la vague d’arrestations massives dans la jeunesse de la région de Lataya/Kerkennah-Sfax, qui a commencé le 2’ Octobre 2007 […] Voici une liste des jeunes arrêtés jusqu’à aujourd’hui :
1- Jihad Bouin, pâtissier à Lataya (Kerkennah)
2- Héni Labed, pâtissier à Lataya (Kerkennah)
3- Noureddine M’barek, ouvrier dans une pâtisserie
4- Achraf Arous, pêcheur
5- Adel Khlif, Etudiant en physique à la faculté des sciences de Sfax
6- Salem Achour, ex-étudiant à l’académie militaire, qu’il a quittée à la fin de ses études. Il est actuellement étudiant au second cycle d’informatique à la faculté des sciences de Sfax
7-Mouazz Samet, pêcheur
8- Imed Arous, étudiant titulaire d’une licence
9- Chaker Arous, étudiant (frère d’Imed)
10-Nabil Souissi, pêcheur
11- Nabil Dahmane, pêcheur
12- Slim Ouarda, chômeur, atteint de maladies chroniques
13- Nidhal Arous, professeur d’informatique et chercheur de niveau doctorat
14- Selmane Arous, étudiant
15- Fethi Dahmane, pêcheur
16- Nader Kari’a
17- Mehdi Dahmane, Lycéen dans un établissement privé
18- Samir Bouzida, pêcheur
19- Moncef Arous, propriétaire d’une fabrique de parfums
20- Slim Bouri
21- Ramzi Ferhat ( arrêté puis relâché), de même pour Salem Arous.
Les familles de Kerkennah affirment que ces jeunes sont connus pour leur rectitude, leur affabilité. Ils ont pour point commun de s’adonner à la prière […] Ces jeunes utilisent les outils informatiques […] Les interpellations se sont succédées depuis le 24 octobre et continuent jusqu’à maintenant […] certaines familles ont plusieurs membres arrêtés, ainsi la famille Arous (Achraf, Imed, Chaker, Nidhal, Slimane, Moncef et Salem), la famille Damane (Mehdi, Fethi et Nabil) et certains détenus sont parents tels, Mouazz Samet et son cousin Adel Khlif, ou Jihad et son cousin Nidhal Arous….
Les descentes dans les domiciles se poursuivent, les terrasses sont escaladées, les portes enfoncées et il y a fouille de tout ce qui a un rapport avec l’informatique, les téléphones mobiles […]
Les familles se plaignent de n’avoir aucune nouvelle de leurs fils détenus, elles ignorent tout du lieu où ils se trouvent et des conditions de détention [..] Des parents ont été giflés et ont subi des violences pour avoir simplement pénétré dans le district de la Sûreté de Sfax et s’être enquis d’un proche. […]
L’AISPP sait que les familles sont bien déterminées à ne pas ménager leurs efforts pour défendre leurs enfants et elles ont entrepris des démarches auprès de l’Union régionale du Travail de Sfax afin de l’exhorter à faire un terme aux dépassements auxquels sont exposés leurs fils.
De source sure, les jeunes détenus ont été soumis à la torture, à la privation de sommeil, ont été agressés physiquement et verbalement. Ils sont réunis dans une seule cellule sans la moindre hygiène, or l’un d’eux, Slim Ouarda, souffre de maladies chroniques et est sous traitement, notamment sous insuline. […] Une personne libérée (qui avait le même nom qu’une personne arrêtée) a dit avoir été soumise à des mauvais traitements, avoir été giflée et battue et obligée de se tenir debout les mains en l’air pendant des heures entières.
L’AISPP […]
Le vice-président de l’Association
Maître Abdelwahab Matar
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
 



Liberté et Equité
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel, fax : 71 340 860
Email : Liberté_équité@yahoo.fr

Tunis, le 30 octobre 2007
 
 

Liberté et Équité a appris que monsieur Mohammed Mejdi Mcherki avait été détenu lundi 29 octobre 2007 pendant toute la journée, de neuf heures du matin à six heures du soir, au poste de la garde nationale et au poste de police de Sejnane pour enquête à son sujet, sans aucune raison. Cela s’est produit alors qu’il s’était rendu au poste de la garde nationale pour y chercher sa carte d’identité nationale. Cela ne s’est pas arrêté là, il a été obligé de se rendre au district de la police de Bizerte pour enquête et il a n’a pas pu étudier.
Monsieur Mohammed Mejdi Mecherki avait été détenu en vertu de la loi antiterroriste puis libéré à titre provisoire par le juge d’instruction du tribunal de première instance de Tunis à la fin du mois de Ramadan.
Liberté et Équité […]
Pour le bureau exécutif de l’organisation
Maître Mohammed Nouri
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

Liberté et Equité
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel, fax : 71 340 860
Email : Liberté_équité@yahoo.fr

Tunis, le 30 octobre 2007

 Privation du droit aux soins


L’ex-prisonnier politique Taoufik Zaïri, a été empêché aujourd’hui, mardi 30 octobre, de se déplacer de la ville de Bou Salem (Jendouba) à Tunis où il devait faire des examens à l’hôpital Charles Nicolle ainsi que le lui avait prescrit le neurologue. Monsieur Taoufik Zaïri est soumis à un contrôle administratif quotidien qui consiste à émarger au poste de la sûreté. Il avait profité de sa venue quotidienne au poste pour prévenir les agents de la Sûreté présents de son rendez-vous chez le médecin et, ce depuis le 5 octobre 2007, mais ces derniers, à l’approche de l’échéance, l’ont menacé de le déférer devant le tribunal afin qu’il y soit jugé afin qu’il se conforme aux dispositions du contrôle administratif.
Monsieur Taoufik Zaïri avait été libéré le25 juillet 2007 au terme de plus de seize années passées dans différentes prisons où il avait contracté plusieurs pathologies […]
Pour le bureau exécutif de l’organisation
Maître Mohammed Nouri
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Edito 
  Ce n’est qu’un au revoir !

par Slim Bagga

L’«Audace» boucle en ce vingtième anniversaire de la dictature son 153ème numéro. Durant quinze années, il a réussi à maintenir le cap, préserver son indépendance, défier les pressions d’Etat, faire face aux procès, narguer les maîtres-chanteurs du régime tunisien, publier en toute liberté les informations les plus dérangeantes qui n’ont cessé d’irriter le sommeil d’un tyran et de la pègre qui l’entoure.
Mais ce journal a aussi pêché par une faiblesse qu’il paye aujourd’hui. Peu d’opposants se sont investis dans cette aventure palpitante et dangereuse.
Des raisons personnelles et, pour tout dire, relatives à ma santé et des raisons financières (les ventes à l’étranger et dans les provinces ne sont pas honorées) m’ont acculé à jeter l’ancre. Jeter l’ancre ne veut pas dire jeter l’éponge.
J’annonce donc publiquement que “L’Audace” cessera de paraître pour quelque temps afin de réfléchir sur une autre formule de parution sur des bases plus solides, plus saines
financièrement et impliquant plus de personnes engagées.
Maintenant que cette décision est prise, et qu’elle est irrévocable, je ne vais pas faire le procès de l’opposition tunisienne. Elle est déjà la première lésée avec cette disparition.
 
Et j’espère vivement qu’elle en tire les leçons pour l’avenir, de faire en sorte qu’un journal aussi intransigeant sur les valeurs démocratiques tel que “L’Audace” ne fonctionne plus avec un seul homme.
Les raisons qui me poussent à une retraite provisoire, je l’espère, auraient pu être contournées si une équipe étoffée et disponible était sur le pied de garde.
Car, hormis les considérations juridiques qui attribuent “L’Audace” à moi-même et à moi seul, j’ai toujours pensé que ce journal était celui de la Tunisie entière débarrassée de la tyrannie et du despotisme.
Comme le disait Nicolas Beau du “Canard enchaîné” sur les mêmes colonnes de ce journal «L’Audace a ouvert la voie pour le journalisme de demain en Tunisie».
Pour ma part, je me retire volontairement pour des raisons de santé, la tête haute, juste pour un temps, non sans demeurer vigilant sur ce qui se passe dans le pays qui m’a vu naître.
Quinze ans après le début de cette aventure exaltante je quitte le navire au milieu d’une mer déchaînée. Il y a certes en moi un sentiment d’inachevé, d’où cette annonce, la mort dans l’âme. Mais comme l’on dit, à l’impossible nul n’est tenu.

Des considérations vitales m’imposent cette retraite. En attendant, je tiens à préciser haut et fort qu’aucune négociation de quelque ordre n’a eu lieu entre la mafia au pouvoir et moimême.
Je maintiens que le régime de Ben Ali est sanguinaire et brutal. Le fait même qu’il puisse respirer vingt ans après le putsch militaropolicier du 7 novembre 1987 dépasse la fiction.
Je maintiens qu’il ne disparaîtra que grâce à un Front de l’opposition qui sache encadrer la rue et qui soit porteur d’un projet crédible. Car, comme le disait Montesquieu, il y a plus de deux siècles: «lorsque cesse le tumulte de l’élite un pays est mûr pour le despotisme». Je maintiens que Leïla Ben Ali et sa fratrie constituent le pire cancer que la Tunisie ait connu et qu’il faut s’en débarrasser au plus vite.
Je maintiens que notre pays a été installé dans un cycle de violence à l’issue incertaine par la seule faute de Ben Ali et de sa politique aveugle.
 
Je ne retire aucune phrase de ce qui a été publié dans “L’Audace” quinze ans durant par moi-même ou par mes collaborateurs.
Je remercie les amis et les soutiens infaillibles de «L’Audace» durant toute cette période tels que le docteur
Moncef Marzouki, le docteur Mustapha Ben Jaafar, M. Rached Ghannouchi, Sihem Bensedrine, Habib Mokni, l’ancien ministre Ahmed Bennour, Khaled Ben M’Barek, Anissa Picolli, Marie-Chrisitne Perrin, Sophie Vieille, RSF, Amnesty International, la FIDH ainsi que tous les abonnés et lecteurs authentiques. Je demande pardon à ma fille Idyl Bagga qui n’est pas d’accord avec cette disparition.
Je dis à sa maman Agnès Petit que je te remercie pour l’aide apportée au début de l’aventure à Neuilly et que je ne l’en remercie pas pour l’issue. En tout cas je lui souhaite on vent.
Je dis à tous au revoir et peut-être même à bientôt.

 
(Source: L’AUDACE n°153 Novembre 2007)
 
Le couloir de la torture

Luiza Toscane militante pour les droits de l’homme en Tunisie.
 

La commission mixte paritaire des députés et des sénateurs vient de rejeter un des amendements à la loi Hortefeux prévoyant de réduire le délai de saisine de la Commission des recours des réfugiés d’un mois à quinze jours, ce qui aurait multiplié le nombre de déboutés de leur demande d’asile. Le délai d’un mois, actuellement en vigueur, n’est par ailleurs nullement une protection contre la conséquence ultime d’un rejet définitif d’une demande d’asile : le renvoi vers le pays d’origine.
Le 2 juin, Houssine Tarkhani a été renvoyé en Tunisie contre son gré, après que sa demande d’asile a été rejetée par l’Office français pour la protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Mis à bord d’un bateau à Marseille, il a été littéralement happé par la police tunisienne à son arrivée au port de La Goulette, le 3 juin, et a disparu pour une dizaine de jours dans les locaux du ministère de l’Intérieur tunisien. Sa garde à vue, prolongée illégalement, a été en réalité une détention au secret que la police tunisienne a mise à profit pour lui infliger tortures et mauvais traitements jusqu’à ce qu’il signe le procès-verbal de la police. Un juge d’instruction l’a ensuite fait écrouer, en vertu des dispositions de la loi antiterroriste promulguée en 2003, à la prison de Mornaguia où il attend son procès. En Tunisie, l’emprisonnement constitue en soi un mauvais traitement.
L’Ofpra, qui a refusé de lui délivrer le statut de réfugié, et les services de police français n’ignorent pas ces réalités ; tant celles des conditions carcérales en Tunisie que celles des pratiques systématiques de la torture. Les autorités françaises sont passées outre et cyniquement même puisque, quelques jours avant le renvoi de Houssine Tarkhani, la France venait d’être condamnée par le Comité contre la torture de l’ONU pour avoir renvoyé, en 2006, Adel Tebourski en Tunisie. Et la réalité de la torture en Tunisie est à l’origine d’une première : le 2 octobre dernier, une juge fédérale américaine, Gladys Kessler, s’est opposée au renvoi en Tunisie d’un ex-détenu de la prison de Guantánamo de crainte qu’il ne soit soumis à la torture dans son pays d’origine.
Houssine Tarkhani a passé près d’un mois en rétention au centre du Mesnil-Amelot. C’est là qu’enfermé il a attendu terrifié, pétrifié son renvoi. Le 1er juin, il avait fait une chute et avait dû être plâtré. A l’annonce de son renvoi imminent, il a absorbé un flacon de shampooing, ultime acte de résistance contre la torture inévitable. C’est dans ces conditions qu’il a pourtant été conduit à Marseille, puis à Tunis.
En permanence, dans les centres de rétention, voire dans les zones d’attente internationales, des demandeurs d’asile rejetés par l’Ofpra vivent dans la terreur d’être soumis à la «question».
Avant Houssine Tarkhani, M. Aydin, de nationalité turque, avait été renvoyé dans son pays contre son gré, où il a été emprisonné à son arrivée ; Issa Ibrahim Kale, un Tchadien à qui l’on avait refusé l’asile en zone d’attente à l’aéroport de Roissy, a été renvoyé le 6 mars au Tchad. Il est resté détenu illégalement plus d’un mois et a été maltraité. Et la liste serait longue.
Ce faisant, l’Etat français viole cyniquement les conventions internationales auxquelles il a souscrit, qu’il s’agisse de la convention contre la torture ou de la convention européenne des droits de l’homme. Il a mis en place sur son propre territoire des couloirs de la torture, voire de la mort.
(Source : « Libération » (Quotidien – France), le 1er novembre 2007
 

TUNISIE
Karoui & Karoui cherche à rebondir
 
 « Un pari complètement fou. » C’est en ces termes que les frères Karoui résument leur aventure audiovisuelle avec la chaîne de télévision Nessma TV et son programme phare, la Star Academy Maghreb. Précurseurs pour les uns, mégalomanes pour d’autres, les deux frères, Ghazi et Nébil, ont débuté en 1996 en Tunisie, leur pays natal. Ils créent Ekko publicité, une agence de communication qui s’allie rapidement avec le groupe britannique Saatchi & Saatchi pour s’implanter au Maroc.
 
Dix ans plus tard et après des contrats avec quelques clients prestigieux, dont le géant américain des produits de grande consommation Procter & Gamble en 1999, leur société, rebaptisée Karoui & Karoui World, affiche un chiffre d’affaires de plus de 50 millions de dollars, dont 20 millions en Tunisie, 20 millions en Algérie et le reste au Maroc à la fin 2005. Aucune autre donnée financière n’est disponible à ce jour.
 
Dans des pays où la publicité manque encore de créativité, comme en Tunisie et en Algérie, et dans une moindre mesure au Maroc, les spots des Karoui font mouche. L’utilisation de slogans en arabe dialectal et de thèmes fédérateurs comme le sport ou la famille n’explique pas tout. Le succès repose en grande partie sur l’évolution de l’environnement, devenu favorable aux créations originales made in Maghreb.
 
Depuis 2000 et sous la pression des opérateurs de téléphonie mobile, les investissements publicitaires dans la région n’ont cessé de se développer. En 2006, ils se sont élevés à 640 millions de dollars, tous médias confondus (voir graphique). À lui seul, le Maroc accapare 64 % du marché, suivi de l’Algérie (23 %) et de la Tunisie (13 %). « Il y a dix ans, le plus gros budget dans la région était de 7 millions de dollars pour une année, aujourd’hui Méditel mise 25 millions de dollars par an », explique Nébil Karoui. K & K World a pris sa part du gâteau, signant avec l’opérateur marocain Méditel en 2000, et les algériens Djezzy en 2002 et Nedjma en 2004.
 
Bien placés pour constater que les recettes publicitaires profitent avant tout à la télévision, les Karoui observent avec intérêt l’ouverture du paysage audiovisuel dans la région. En Tunisie, la chaîne Hannibal TV est créée en février 2005. Au Maroc, Médi 1 Sat voit le jour en décembre 2006. Dans l’intervalle, les frères Karoui franchissent le pas avec Nessma TV (« air frais » en arabe), le 15 mars 2006. Lancée avec un budget de 30 millions de dollars, Nessma TV diffuse essentiellement de la musique depuis Paris, sur les satellites Arabsat et Nilesat. En parallèle, les Karoui décident d’acheter les droits du programme Star Academy à la société de production Endemol, pour l’adapter au Maghreb. Plus de 16 000 personnes se présentent aux castings durant l’été 2006. L’émission démarre le 16 février 2007 avec 14 candidats de 18 à 32 ans. La finale, qui a lieu le 29 juin 2007, est suivie par 15 millions de téléspectateurs. « C’est plus que le débat Royal-Sarkozy », se réjouit Nébil.
 
Céder 15 % du capital
 
Mais la machine s’enraye. L’émission est un gouffre. Selon plusieurs sources concordantes, la Star Ac’ aurait coûté 2 millions de dinars de plus que prévu, soit 5 millions de DT (4 millions de dollars). Un différend financier oppose les producteurs à la gagnante du show, la Marocaine Hajar Adnane. Les deux parties se déchirent par voie de presse interposée. Une mauvaise publicité dont se seraient bien passés les deux frères, au moment où leurs difficultés dans l’audiovisuel sont pointées du doigt. Le programme Dar Familya, proposé pendant le mois de ramadan et qui a pour but de confronter les modes de vie de cinq familles maghrébines, est un échec. L’audience est restée bien inférieure à celle de la Star Ac’ (voir graphique page suivante). Autant dire rien, comparé à la chaîne publique tunisienne TV7 qui atteint 74 % certains jours, ou à Hannibal TV qui affiche 42 % (1 % représentant 95 000 individus ayant regardé l’une des chaînes). « Les téléspectateurs ont déserté. L’absence de programmes pendant les deux mois qui ont suivi la Star Academy Maghreb et qui ont précédé le ramadan a été fatale à Nessma TV », commente un spécialiste des médias en Tunisie. Pour couronner le tout, les annonceurs ne se bousculent pas aux portes de Nessma TV. « Nous attendons de voir comment évolue l’audience », précisent ceux que nous avons interrogés.
 
Le 16 octobre, les frères Karoui ont conclu avec Delta Partners Group, de Dubaï, un accord en vue de son entrée à hauteur de 15 % dans Karoui & Karoui World. Delta Partners est une société de capital-risque spécialisée dans les médias et les télécoms sur les régions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, qui gère trois fonds d’investissements dotés de 100 millions de dollars chacun. L’objectif des publicitaires tunisiens est de s’appuyer sur ce nouvel actionnaire pour renflouer les caisses et imposer Nessma TV sur un marché maghrébin de quelque 80 millions de téléspectateurs aujourd’hui, plus de 100 millions à l’horizon 2050.
 
L’offre est pléthorique
 
Mais la concurrence moyen-orientale lorgne aussi ce vaste marché. Au total, le téléspectateur maghrébin peut recevoir plus de 1 500 chaînes, dont près de 250 en arabe, grâce au satellite. Al-arabia, MBC, LBC, Future TV, Rotana et bien d’autres chaînes de la péninsule Arabique se sont développées au Maghreb, affichant des taux de pénétration de 69 % en Tunisie, 41 % en Algérie et 63 % au Maroc. Sans oublier la concurrence maghrébine, dont celle de la chaîne marocaine privée Médi 1 Sat, qui ambitionne d’être la première chaîne méditerranéenne sur le Maghreb. Face à sa liberté de parole, ses journaux télévisés en arabe et en français, ses débats et talk-shows, Nessma TV oppose aujourd’hui de la musique et des projets d’émissions de divertissement. C’est bien peu pour celle qui doit devenir, selon ses créateurs, « le TF1 du Maghreb par l’audience et le M6 du Maghreb par le contenu ». Le challenge s'annonce difficile.
 
(Source : « JEUNE AFRIQUE » (Magazine hebdomadaire – France), N° 2441-2442 du 21 octobre au 3 novembre 2007)

 

 


 

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