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TUNISNEWS
8 ème année, N° 3053 du 01.10.2008
 archives : www.tunisnews.net  

 

Question de M. Braouezec Patrick à l´Assemblée Nationale: Situation politique enTunisie et attitude de la France
Alternatives: Répression en Tunisie
Fatma BOUAMAIED KSILA: Demain leurs appartient
Sami Ben Abdallah: Ahmed Manai répond à ses détracteurs et lance de graves accusations à l’encontre d’Ennahdha et de M.Rached Ghannouchi
TSA: Algérie : Al-Qaïda au Maghreb revendique l’attentat suicide de Dellys et quinze autre attaques terroristes

 

Assemblée Nationale : M. Braouezec Patrick(Gauche démocrate et républicaine - Seine-Saint-Denis) QE

Situation politique enTunisie et attitude de la France
 

Question N° : 31124 de M. Braouezec Patrick(Gauche démocrate et républicaine - Seine-Saint-Denis) QE
Ministère interrogé : Affaires étrangères et droits de l'homme
Ministère attributaire : Affaires étrangères et droits de l'homme

Question publiée au JO le : 23/09/2008 page : 8092

Rubrique : politique extérieure

Tête d'analyse : Tunisie

Analyse : situation politique. attitude de la France

Texte de la QUESTION : M. Patrick Braouezec alerte Mme la secrétaire d'État chargée des affaires étrangères et des droits de l'homme sur les conséquences de la situation dans la région du bassin minier de Gafsa en Tunisie.

Le mouvement de mobilisation portant la question sociale dans une région frappée par le chômage et la pauvreté. Depuis le mois de janvier dernier la spirale de la répression n'a fait qu'empirer.
Arrestations et brutalités contre les manifestants, tortures avérées, mort par balles de deux manifestants, arrestation lors de vacances, d'un migrant parce qu'il avait publiquement, en France manifesté son
soutien aux populations du bassin minier, criminalisation et condamnations à de lourdes peines d'emprisonnement pour les=20femmes et les hommes qui se sont mobilisés de manière pacifique pour le roit au travail et à une vie digne.

Aujourd'hui, le gouvernement tunisien vient d'inculper le président de la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives -FTCR- « pour financement d'une bande de malfaiteurs».

Cette association et son président ont agi dans le cadre de la loi française en alertant sur la répression et l'injustice faites aux populations du bassin minier qui se mobilisent pour que le Gouvernement ouvre des négociations et réponde à leurs attentes afin de mettre fin à la crise. Cette pénalisation du mouvement social tunisien et du mouvement de solidarité internationale est incompatible avec le respect des droits démocratiques et des libertés mis en avant lors de la première réunion instaurant l'Union méditerranéenne. En conséquence, il aimerait savoir ce que le Gouvernement compte faire pour inciter le gouvernement tunisien à respecter les droits démocratiques et les libertés ainsi que les droits humains.

Texte de la REPONSE :

Mireille Fanon-Mendes-France
fondation Frantz Fanon
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Voici le numéro 115 d'ELKHADRA. Bonne lecture
http://elkhadra.over-blog.com/
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   * Ce que je sais
   * L’évolution du Hamas
   * Après Saint Lazare… C’est rude, dis !
   * Ô JERUSALEM
   * La réparation des dommages de la colonisation : l’Italie et la Libye relancent le débat    
   * K.TRAOULI
   * Ali bach hamba
   * LETTRE D'EN TUNISIE
   * Salim Bachi
   * UN MONDE FOU
   * ELQUODES
* ARTICLES DE Khachnaoui Neji
   * DE L'aspirine pour un cancer....
   * L'oppresseur souriant

Répression en Tunisie

jeudi 25 septembre 2008 par Karine Gantin

Des morts, des disparus ainsi qu’une centaine de personnes en prison. Voilà le triste bilan de la révolte du bassin minier de Gafsa, qui a duré près de six mois, plus tôt cette année. Cet événement majeur de l’histoire sociale contemporaine du Maghreb se solde actuellement par une grave répression de la population et des leaders syndicaux, par les autorités tunisiennes.

De janvier à juin 2008, à quatre cents kilomètres au sud-ouest de Tunis, la population du bastion ouvrier de Gafsa a mené une importante révolte bien organisée, qui constitue un choc social important pour la Tunisie. Elle a été déclenchée début janvier par la publication des résultats du concours d’embauche de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’unique moteur économique de la région. Jugeant frauduleux ces résultats, de jeunes chômeurs occupèrent alors le siège régional de la centrale syndicale à Redeyef avec les veuves des mineurs et leurs familles, qui installèrent leurs tentes devant le bâtiment. Le mouvement s’est étendu rapidement : ouvriers, chômeurs, étudiants et habitants ont multiplié à leur tour les grèves et les actions, en dépit du siège des villes par les forces de police. Au fil des mois, la mobilisation a tenu, rageuse et fière : sit-in des familles des invalides de la CPG et des morts à la mine, actions des ouvriers licenciés, occupations diverses, rassemblements et désignation d’un collectif de représentants.

Le siège local du syndicat de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), en plein centre-ville de Redeyef, a été réquisitionné par les contestataires, au nez des autorités. Celui-ci est alors devenu le quartier général des habitants en révolte. Au rez-de-chaussée du local, le café a servi d’agora permanente. La nuit, les jeunes ont patrouillé dans Redeyef par petits groupes pour la protéger, après avoir sonné le rassemblement à l’aide de pierres cognées contre les structures métalliques d’un pont. Le ton général a reflété une impressionnante cohésion populaire que les forces de l’ordre n’ont pas réussi à rompre, en dépit de l’encerclement militaire et policier de la ville.

Contre la corruption et le clientélisme du régime

Sur fond de grande pauvreté et de flambée des prix, la population protestait contre la corruption d’un système local népotique, contre une politique de l’emploi injuste, et elle réclamait l’ouverture de négociations pour l’avenir de la région.

Les villes du bassin minier de Gafsa (Redeyef, Oum Larayes, Metlaoui, El Mdhilla...) vivent de la Compagnie des Phosphates de Gafsa depuis le temps de la colonisation. Au cours des 25 dernières années, la CPG a réduit d’environ 75 % les effectifs, dans une région où le chômage frapperait officiellement 30 % de la population active, le double du taux national. Autour de la compagnie gravitent de nombreuses entreprises de sous-traitance, avec leurs emplois précaires et sous-payés. Longtemps, la stabilité de la région était maintenue grâce à une petite redistribution des bénéfices énormes que génère l’industrie phosphatière. Celle-ci se réalisait grâce à de subtils équilibres claniques et familiaux, orchestrés par les dirigeants régionaux de la centrale syndicale de l’UGTT et du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Or, la diminution progressive des ressources et la généralisation de la corruption, alors même que flambe le cours international du phosphate, ont rompu ces équilibres et généralisé le clientélisme, dont la direction régionale de l’UGTT est devenue le premier représentant local.

La force pour écraser la résistance

Le pouvoir a répondu par une dure répression, rendant le mouvement exsangue, privé de ses leaders et de ses jeunes. Dès le début, des familles ont été brutalisées, leurs biens saccagés. Le déploiement d’unités blindées de l’armée a renforcé le siège du bassin minier durant le mois de juin. L’escalade de la violence d’État s’est manifestée par l’utilisation de balles, par la multiplication des enlèvements de jeunes pour interrogatoire et emprisonnement, et par des ratissages militaires dans les montagnes environnantes en vue de retrouver ceux qui tentent d’échapper à la torture.

En arrêtant fin juin plusieurs dirigeants du mouvement de protestation qui touche la ville de Redeyef, en les inculpant de délits graves, en conduisant des interrogatoires musclés, le pouvoir tunisien a réussi à affaiblir radicalement la mobilisation. Quelques mesures finalement annoncées durant l’été par le pouvoir central à Tunis promettent des investissements. Mais on compte plus d’une centaine d’arrestations, des disparitions et quelques morts. Les emprisonnements et les harcèlements policiers se poursuivent dans tout le pays, même contre des avocats et des journalistes. Des immigrés qui ont participé aux manifestations de soutien en France ont aussi été interrogés, harcelés et menacés en Tunisie pendant leurs vacances estivales.

L’opposition à Tunis, ainsi que des comités de soutien en Europe se battent pour casser le blocus de l’information et pour défendre les prisonniers et leurs familles. Pourtant, la société civile tunisienne, passée depuis longtemps sous le rouleau compresseur de la répression, peine à réagir au-delà de téméraires poignées de défenseurs des droits humains. Seule une forte campagne de solidarité nationale et internationale, ou une extension de la contestation à d’autres régions, pourraient desserrer l’étau du régime ultrabrutal du président Ben Ali.

Le premier Forum social maghrébin, qui s’est déroulé fin juillet au Maroc, a ciblé juste. Il a fait des luttes du bassin de Gafsa un emblème des luttes sociales maghrébines et de la nature répressive du pouvoir tunisien. L’enjeu : produire une solidarité immédiate face à la répression terrifiante, mais aussi saisir le sens politique des luttes les plus récentes au Maghreb, de Gafsa à Sidi Ifni au Maroc, et bien d’autres moins médiatisées. Le but est aussi de dénoncer l’information dominante : celle qui tend à faire l’impasse sur ces « révoltes du pauvre », perçues comme le contrepoint malheureux des ajustements économiques nécessaires à la modernisation, voire comme justifiant paradoxalement l’alliance des pouvoirs occidentaux avec les régimes répressifs du Sud.

(Source: "Alternatives" (Canada) le 25 septembre 2008)

Lien: http://www.alternatives.ca/agora2000/plan/article4139.html


 
 

Demain leurs appartient

 

Elles se prénomment  Zakia, Jomâa, Afef, Khiera, Zohra, Salha, Fatma, Najet….et tant d’autres ; elles sont des opposantes politiques, des défenseurs des droits humains, des syndicalistes, des anciennes détenues d’opinion, des mères, des épouses et des sœurs de

prisonniers politiques, des laissées pour compte qui rêvent de justice sociale et de libertés fondamentales. Parmi elles des enseignantes, des lycéennes et des étudiantes, des diplômées universitaires en chômage, des fonctionnaires et des femmes au foyer …Elles ont de vingt à soixante dix ans et sont veuves, mariées et/ou mères de  familles en charge d’enfants dont les plus âgés figurent dans la longue liste des chômeurs de longue durée…

Toutes ont joué un rôle déterminant dans le combat pour la dignité de la population du bassin minier de Gafsa et ce, dès le début du mouvement de protestation sociale qui s’est déclenché le 05 janvier 2008. Les femmes des mines à Redaief, Moularès et Métlaoui, ont répondu présentes et imposer une place de premier ordre au sein du mouvement et devenir au fil des semaines sa pierre angulaire.

Toutes se sont données rendez-vous dans les rues pour dresser les tentes et organiser les grèves, manifestations, et occupation de lieux, en compagnie de leurs proches et enfants, les chômeurs jeunes et moins jeunes, diplômés et non diplômés…

Elles ont su imprégner ce grand mouvement de protestation pacifique par la qualité et l’originalité des actions entreprises, tout en garantissant l’élargissement du mouvement à toutes les catégories socioprofessionnelles, sans distinction d’âge, ni de sexe ni de rang social.

Parmi ces centaines de femmes, une militante politique qui se trouve depuis fin juillet 2008 en prison et  dont le sort a été sacrifié pour avoir apporté son soutien et sa solidarité au mouvement  protestataire du bassin minier. Il s’agit de l’opposante politique Zakia Dhifaoui, membre de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT), membre de la section  kairouanaise de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) et membre du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL).

 

Arrêtée le 29 juillet à Redaief pour avoir participer la veille à une marche  féminine de soutien aux victimes de la répression du mouvement, à côté de plusieurs centaines d’autres. Le 14 août 2008, elle a été condamnée par le tribunal de première instance de Gafsa à huit mois de prison ferme pour « Insubordination, troubles de l’ordre public, entraves à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et atteinte aux bonnes mœurs »

 

Le 15 septembre 2008, la Cour d’appel de Gafsa a confirmé la décision de culpabilité de Zakia en ramenant sa peine à quatre mois et demi de prison ferme…. Rappelons que son arrestation a eu lieu chez  la famille du couple syndicaliste Adnène Hajji, actuellement en prison et son épouse Jemâa, quand la police politique a investi les lieux et l’a conduit dans ses locaux à Gafsa. Là-bas, elle a été contrainte de signer un procès verbal fabriqué de toutes pièces sous la menace de viol proférée par le tortionnaire  Mohamed Yousfi.

 

Zakia a été jugée et jetée en prison pour avoir usé de ses droits fondamentaux à l’expression et à l’organisation. Le pouvoir despotique  de Ben Ali criminalise l’engagement politique et/ou associatif autonome et celles et ceux qui décident d’en faire.

 

Une autre femme a su imposer respect et admiration. Il s’agit de Mme Jemâa Hajji, 44 ans, enseignante syndicaliste et épouse du prisonnier d’opinion, un des principaux animateurs du mouvement, le syndicaliste M. Adnène Hajji.

 

De part son statut de syndicaliste et de militante associative, objet d’une politique de répression à son encontre et à l’encontre de sa famille, le rôle de Jemâa au sein du mouvement des femmes à Redaief  est essentiel de par cette volonté de fer et ce courage  hors paire qu’on les lui reconnaît facilement, tout en veillant à la pacification du mouvement.

 

Une autre femme a su sortir du lot grâce à la place prépondérante qu’elle occupe sur le terrain. Il s’agit de Afef Ben Naceur, 34 ans, dirigeante régionale au sein de l’union des chômeurs diplômés et membre actif de la section d’Amnesty International. En 1994, Afef a été arrêtée et condamnée à deux ans et demi de prison ferme en raison de son engagement au sein du mouvement étudiant en tant que militante politique du Parti Communiste Ouvrier Tunisien (PCOT). Son époux, M. Fahem Boukaddous, est le reporter régional de la chaîne télévisée le dialogue tunisien, est activement recherché par la police tunisienne pour être jugé pour le rôle qu’il a joué dans la couverture médiatique du mouvement. Il risque de nouveau la prison.

 

Afef est la seule femme qui a écrit à plusieurs reprises sur le mouvement des femmes du bassin minier et a ainsi donné de la visibilité à ce mouvement

 

Les premières victoires du mouvement ont été apportées par des femmes, lorsque le 10 janvier 2008, soit quelques jours après le déclenchement du mouvement de protestation sociale, douze veuves de Moularès dont les maris, des anciens mineurs, sont décédés suite à des accidents ou maladies professionnelles non indemnisés, ont entamé des grèves de la faim sous des tentes d’infortune, en plein froid …. Plus rien n’arrête la détermination de ces déshéritées,  serait-ce l’âge avancé de la plupart d’entre elles ou leurs maladies chroniques ou encore l’impressionnante présence policière et militaire à proximité. Parmi elles, Fatma Ben Ammar, veuve de Salah Issaoui, 57 ans, mère de deux chômeurs, Zohra Nasri, 60 ans, mère de deux chômeurs, Salha Afdhal, 49 ans, en charge de deux universitaires en chômage, Fatma Issaoui, 56 ans, en charge d’une  chômeuse diplômée, Zina Essaidi, 56 ans, veuve de Omar Issaoui, mère d’un chômeur diplômé, Khédija Ben Jaffel, 58 ans, en charge d’un jeune chômeur, Fatma Bkhaïria, 59 ans, mère de trois chômeurs, Hnia Mabrouki, 55 ans, en charge de deux chômeurs, Jamila Hamdi, 61 ans, mère de quatre chômeurs, Hadda Soulmi, 56 ans, en charge de deux chômeurs, Essia Mabrouki,  ans, mère de quatre chômeurs et Aïcha Saïdi, 60 ans, en charge de deux enfants en chômage.

De ces centaines de femmes anonymes qui nous ont offert tout le long du mouvement de protestation sociale, une formidable leçon de courage et de détermination, se trouve dans la même ville une certaine Khiera Lamari qui a déclenché avec ses cinq enfants  une grève de la faim illimitée  pour crier son ras le bol et exprimer son  refus de sacrifier encore plus sa vie et celle de ses jeunes enfants. Enceinte, elle a dû quitter sa tente pour quelques jours, le temps de mettre au monde la petite Intissar (Victoire) et reprendre son action avec la même détermination et le même engouement.

En dehors du bassin minier des centaines, voire des milliers d’autres femmes se battent au quotidien pour leur dignité et celle de leurs proches. Mères, épouses et sœurs de  milliers de prisonniers, victimes de la loi antiterroriste de décembre 2003, Ces femmes font l’objet d’un harcèlement policier sans fin. Leur  crime est d’avoir un lien de parenté avec un des détenus et doivent par conséquent payer cher ce lien de parenté, par les visites nocturnes et musclées, les arrestations journalières dans les différents postes de police, les privations des moindres droits à l’emploi, aux études, aux soins, à la circulation…..Parmi elles, Mme Najet Ammami, mère du prisonnier Wael Ammami, condamné à perpétuité dans l’affaire dite de Soliman. Le 23 août dernier, Najet, en plein désarroi,  m’a téléphoné pour ma parler de ce qu’endure son fils Wael depuis son transfert, le 08 août 2008,  de la prison civile de Mornaguia à celle de Mahdia. Depuis, son fils est battu et torturé tous les jours par le dénommé Imed Oulifi, on lui a interdit la  douche et dort la nuit à même le sol, sans matelas.

Après cet appel, Najet a vécu un calvaire pour m’avoir téléphoné et divulgué le nom du tortionnaire de son fils. Elle a passé la journée du samedi 20 septembre au poste de police de Sidi Bouzid, en compagnie de son fils cadet. Elle doit impérativement leurs fournir mes coordonnées pour pouvoir quitter le poste !.....

L‘avenir de la Tunisie appartient, entre autres, à ces lionnes, là où elles sont, qui bravent l’insupportable avec un courage inégalé

Quelques soient leurs souffrances et leurs peines, ces femmes, souvent invisibles font  l’honneur du pays et demeurent, en toutes circonstances, la seule valeur sûre dans ce monde chaotique.                                                                                                                                                                & nbsp; 

                                                                                                    Paris, le : 30 septembre 2008                                                                                                                                        Fatma BOUAMAIED KSILA  

 


 
Ahmed Manai répond à ses détracteurs et lance de graves accusations à l’encontre d’Ennahdha et de M.Rached Ghannouchi

Par Sami Ben Abdallah
www.samibenabdallah.com
 
 
Après 17 ans à l’étranger. Ahmed Manai a décidé de renoncer à son statut de réfugié politique et de rentrer en Tunisie.
Avant de rentrer,  il répond à ses détracteurs et lance des accusations  assez graves à l’encontre du Mouvement Islamiste Ennahdha et son Chef, M. Rached Ghannouchi.
Il s’agit  de faits, qui 18 ans après, suscitent  encore des polémiques. En 1990, une vraie répression s’abat sur les dissidents tunisiens. Le Pouvoir s’était défendu en soulignant qu’il réagissait  par réflexe de survie face à une seconde tentative organisée par Ennahdha. Et ce dernier dénonce une machination arguant de son innocence.
Il y a eu une première tentative de Coup d’Etat islamite en Tunisie  prévue pour le 8 Novembre 1987 (Le groupe sécuritaire (1), Lire les explications des leaders d’Ennahdha dans l’islamisme au Maghreb de François Burgat). Cette tentative a été avortée suite au changement du 7 novembre 1987. Mais la seconde vraie/fausse tentative du groupe sécuritaire (2) qui serait composé dans sa majorité par les mêmes éléments  du groupe sécuritaire (1) est restée mystérieuse. Y-a-t-il eu une tentative d’abattre l’avion du Président Ben Ali par un missile Stinger ? (comme l’a soutenu le pouvoir ?) ou une autre tentative ? ou s’agit-il d’une fabrication des « services tunisiens » pour verrouiller l’espace des libertés ? A supposer qu'il y ait eu une tentative de prendre le pouvoir par la force,  cela justifie-t-il la répression qui n’a épargné personne ?

Rappel des faits  par Sami Ben Abdallah

Dans sa réaction, Ahmed Manai apporte quelques éléments de réponse:
 
Je n’ai eu aucune difficulté à me reconnaître et à reconnaître mes détracteurs dans ces quelques lignes de votre article, Le retour des exilés*, « La nième 'victime ' est un ancien exilé (auteur d’un livre censuré en Tunisie), qui a renoncé à son statut de réfugié politique et s’apprête à rentrer bientôt. Il a fui le pays il y a 17 ans après avoir été emprisonné ». Au microcosme parisien (comme c’est le cas au microcosme tunisois), 'rien ne se cache '.Vous avez beau vous la jouer sourd, certains supposés démocrates et certains Islamistes (au fait ! C’est pas bien de faire la délation quand on jeune ! Vaut mieux s’abstenir, du moins durant ramadan. Reste encore 14 jours ! Un petit effort) ne vous lâche pas. ' Ils ' ont dit tout sur leur ancien 'frère ' qu’ils ont respecté autrefois. Tout est raconté dans les détails y compris la rencontre avec un haut responsable à l’ambassade… Non! Un 'très' haut responsable ».
 
 
Et dire que plusieurs de ces misérables arrogants et moralisateurs se voyaient, il y a quelques années, à la tête du pouvoir en Tunisie et certains d’entre eux nourrissent encore l’espoir d’y parvenir.
 
Cependant je dois vous avouer que j’ai appris à connaître ces gens, leur médiocrité et leur sectarisme. Leurs agissements envers ceux  de « leurs véritables frères et aînés » qui les ont quittés, en disent long sur leur attachement aux préceptes de base de l’islam dont ils ont fait leur cheval de bataille. C’est là le plus important enseignement de mon exil. Au moins je ne mourrais pas idiot et je me fais un devoir de le faire connaître aux gens et notamment aux jeunes. Cela ne tardera pas et leurs Cheikhs pourront toujours m’excommunier de la communauté des croyants ou m’interdire le Paradis dont ils détiennent le double des clés !
Ces quelques observations rapides :
 
1)  Je n’ai pas fui le pays. J’ai quitté la Tunisie par l’aéroport de Monastir le 18 mai 1991 à destination de Paris. Je crois que c’était une des rares fois de ma vie où je n’ai pas été fouillé. A mon arrivée à Paris, je m’étais enfermé dans une chambre d’hôtel durant trois jours pour me remettre de mes émotions et décider de la suite : témoigner ou me taire et rejoindre mon travail? J’ai décidé de témoigner, en mon âme et conscience.
Je n’ai donc pas fui le pays, mais j’ai dû organiser, quinze mois plus tard, la fuite de ma femme et de mes cinq enfants, harcelés et menacés de prison. C’est seulement à leur arrivée en France en octobre 1992, que nous avons demandé tous l’asile politique.
 
2) Je n’ai pas été emprisonné mais seulement placé en garde à vue, interrogé puis relâché. La différence est de taille.
 
3) Pour revenir à ces minables, dont certains, y compris une femme membre de leur Majless Choura, m’ont inondé d’injures au téléphone, très courageusement sous couvert d’anonymat bien sûr, pourquoi  m’en veulent-ils tant ? Pour avoir déclaré sur Al Jazzera, le 12 juin 2008, qu’Ennahda a fait deux piètres tentatives de coup d’Etat ? Ils ont la mémoire courte. Je l’avais déjà dit au mensuel Parisien, Arabies, en novembre 1992, soit seize ans plus tôt, alors que les choses ne m’étaient pas encore suffisamment claires (1).
Bien avant cela!
 
Le 21 mai 1991, nous avions constitué un « Comité d’information » composé de trois membres : deux dirigeants d’Ennahda et moi-même. Dès les premiers jours, j’ai commencé à m’interroger sur le bien fondé de leur thèse du « mouvement politique démocratique, pacifiste et légalise, victime de  la répression d’un régime dictatorial ». Le premier déclic est venu d’une réflexion de Rached Ghannouchi. Nous allions à un rendez-vous à Antenne 3, pour une interview avec Christian Mallard, quand, à quelques mètres du porche d’entrée de l’immeuble, le chef d’Ennahda lança à l’un de ses adjoints « nous ne laisserons de tout ça que le journal télévisé » ! Ce n’était pas un simple souhait, mais l’ordre irrévocable du maître qui décide et se fait obéir. En fait, il se trompait de chaîne. C’était Antenne 2 et non Antenne 3 qui diffusait des émissions en Tunisie.
 
Au bout de moins de trois mois, j’avais réuni suffisamment d’indices, juste des indices, et quelques bribes de confidence, sur le véritable projet d’Ennahda pour me décider à quitter ce Comité et à transmettre à Rached Ghannouchi « qu’il aurait dû me prévenir de son intention de renverser le régime pour me décider en connaissance de cause ». C’était au mois d’août 1991. En bon musulman, Habib Mokni **qui sait par cœur la Sourate Al-Asr, ne manquera pas de signaler ce détail dans ses mémoires puisqu’il était l’un des membres de ce Comité et mon messager !
 
Depuis, je suis remonté au jour du départ de Rached Ghannouchi de Tunisie, au mois de mai 1989 et aux semaines suivantes où n’importe quel militant de ce mouvement racontait fièrement que « Al Haraka »  avait un plan ; puis à cette année 1978 quand, à sa demande, j’avais commencé à l’introduire auprès de certaines personnalités du pouvoir alors qu’il avait commencé… à infiltrer l’armée et les services de sécurité ; puis, jusqu’à cette nuit du début du mois de juillet 1969, la veille de son retour en Tunisie, où il est venu me faire ses adieux et me dire, dans la petite salle de prière du 15, rue de Belleville à Paris- ouverte une année auparavant par l’algérien El Hadj Abdel Kader Maghnaoui-  l’un et l’autre disparus depuis, « qu’il rentrait pour pousse sa tribu, les Béni Zid,à la révolte». Comme quoi le projet de « Fardh Al Hurryet » de 1991, n’était pas étranger au « complexe du pouvoir » qui a habité Rached Ghannouchi et ses affidés depuis une quarantaine d’années.
 
C’est tout un pan de l’histoire contemporaine de la Tunisie et il doit être raconté quoiqu’en disent les adeptes de la Tekya /Omerta.
 
Pour le reste, c'est-à-dire mon retour chez moi, dans mon pays, il n’intéresse que ma famille et mes amis. Ces derniers ont été mis au courant des détails de mes démarches depuis le début et ils savent que j’ai obtenu mon passeport le samedi 20 septembre 2008.
 
Un mot enfin des exilés. Un jeune chercheur tunisien prépare actuellement un diplôme sur ce sujet. Il le soutiendra au milieu de 2009 et je pense qu’il publiera ses travaux aussitôt après ! Vous verrez alors que les chiffres que vous avez avancés sont très loin de la vérité.
 
En attendant la publication de mon témoignage que je prévois pour le milieu de 2009 pour fêter le quarantième anniversaire de la « réintroduction de l’islam en Tunisie par Rached Ghannouchi en 1969 », selon l’un de ses inconditionnels, ma position sera la suivante : chaque fois qu’un de leurs valeureux snipers anonymes me tire dessus, comme cela est souvent arrivé au téléphone ou sur Internet depuis trois ans et surtout depuis cet interview à Al Jazeera, je tire une rafale sur Rached Ghannouchi, mais toujours dans un style qui garde un minimum de dignité au débat politique ; par exemple par l’évocation d’un point d’histoire ou la publication de bonnes feuilles de leur littérature édifiante. J’en ai sélectionné quelques unes pour les mois prochains. Pour les autres, ce sera du cas par cas.
 
Ahmed Manai
1) Tunisie : La dérive autoritaire
LES INTÉGRISTES EN CRISE
Arabies : Paris, novembre 1992
 
Décapité en Tunisie, le mouvement Ennahda doit faire face à une crise sans précédent dans son histoire. Considéré autrefois comme le phare des courants islamiques dans le Maghreb, il se trouve à l'heure actuelle paralysé, incapable d'assumer les conséquences de son échec, à la suite de la répression qui s'est abattue sur ses militants depuis 1990 où il avait été accusé de comploter pour renverser le régime par la force.
Peu d'observateurs parient sur la capacité du mouvement à renaître de ses cendres, depuis que sa direction a choisi l'exil en Europe et dans certains pays arabes, pour échapper à l'emprisonnement. D'autres ont préféré s'effacer, comme cet ancien chef de liste électorale, soutenu par les islamistes aux législatives de 1989, qui affirme que « le mouvement de Rached Ghannouchi n'a plus le choix: soit il se transforme en groupuscule sans aucune emprise sur la réalité politique du pays, soit il disparaît pour devenir un mythe. En effet, Ennahda connaît une hémorragie grave dans ses rangs. A l'intérieur du pays, outre l'emprisonnement de ses cadres les plus actifs et les plus influents, beaucoup de militants et de cadres intermédiaires ont préféré la rupture, alors qu'à l'extérieur, en particulier en France, les cadres ont soit démissionné soit gelé leurs activités, tandis que d'autres ont, malgré eux, maintenu un semblant de présence pour pouvoir survivre économiquement. Le malaise est général car une grande partie des militants demande des comptes et un examen approfondi des raisons de l'échec de la stratégie du mouvement. Ils réclament surtout un débat politique et idéologique, ce qui n'a jamais été le fort à Ennahda ».
 
Selon notre interlocuteur, « les profondes divergences qui secouent actuellement le mouvement s'articulent autour de la nécessité ou non d'une analyse critique de la période précédente. Ainsi, les détracteurs de Rached Ghannouchi posent-ils clairement la question de la responsabilité du déclenchement des hostilités à l'égard du pouvoir. L'accusé principal est la direction clandestine, laquelle avait pris la décision, au lendemain des législatives de 1989, de renverser le régime par la force, avec pour unique justification que le pouvoir avait fermé la porte au dialogue ».
 
« La suite a démontré clairement la faiblesse du mouvement », d'après notre interlocuteur. La facilité avec laquelle le pouvoir avait réussi à démanteler la majeure partie de l'organisation a confirmé son caractère élitiste, alors que la direction clandestine estimait que tous ceux qui avaient voté pour les listes indépendantes étaient des partisans d'Ennahda. Ces clivages sur des problèmes de fond s'accompagnent de divergences sur la forme. Si certains réclament un retour à la clandestinité avec une refonte des structures du mouvement d'autres proposent la création d'un parti politique. Ghannouchi, pour sa part, garde le silence, préférant rester à l'écart, redoutant l'éclatement. Cependant, il conserve le pouvoir du seul fait que le mouvement ne peut, dans les circonstances actuelles, disposer des fonds accumulés durant des années: l'accord de Ghannouchi est en effet indispensable en tant que chef de la direction clandestine et unique Emir à l'heure actuelle, depuis qu'Ennahda ne compte plus d'Emir à l'intérieur du pays, contrairement à ce que prévoient les statuts de l'organisation ».
 
Le tableau sur l'opposition tunisienne à l'extérieur serait incomplet si on ne mentionnait un certain nombre de personnalités comme Mohamed Mzali, Ahmed Ben Salah, Mohamed Masmoudi et Ahmed Bennour, dont on pourra lire ci-contre l'interview exclusive à Arables….
Ahmed Manai, Paris le 30 septembre 2008
 
www.samibenabdallah.com
 

*http://samibenabdallah.rsfblog.org/archive/2008/09/18/a-contre-courant-le-retour-des-exiles-coup-de-pied-dans-la-f.html#more
** Habib Mokni: Etabli en France depuis le début des années 1980, condamné en septembre 1986 à 20 ans de travaux forcés, Habib Mokni est le représentant en France du Mouvement de la Tendance Islamique (M.T.I) rebaptisé Ennahdha

 
Algérie : Al-Qaïda au Maghreb revendique l’attentat suicide de Dellys et quinze autre attaques terroristes


Par  TSA , |  réactions : 0

La branche du réseau terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI, ex-GSPC), via un communiqué diffusé sur des sites islamistes, a revendiqué la responsabilité de l’attentat suicide perpétré, dimanche 28 septembre peu après la rupture du jeûne, à Dellys dans la wilaya de Boumerdès. L’attaque qui a ciblé une caserne de l’armée a fait trois morts – deux militaires et un garde communal- et six blessés, selon un bilan officiel. Al-Qaïda a également revendiqué quinze autres attentats terroristes, Selon le centre de surveillance des sites islamistes, SITE, cité par l’Agence France Presse (AFP),
Le kamikaze de l’attentat des Issers, dont la photo a été publiée avec le communiqué de revendication, a été présenté comme Abdel Rahmane Abou al-Abbas. L’attaque de Dellys était le premier attentat suicide depuis le début du ramadhan. Ce mois avait été précédé d'une vague  d'attentats dont le plus meurtrier a fait 48 morts le 19 août aux Issers, près d'Alger. Ils avaient été revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique.
(Source: "Tout sur l´Algerie" le  01/10/2008)

 

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