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TUNISNEWS
9 ème année, N° 3418 du 01.10.2009
 archives : www.tunisnews.net  
La Découverte: présentation du livre "La régente de Carthage - Main basse sur la Tunisie"
Tunisia Watch: Recours en Justice pour empêcher la parution du livre « La Régente de Carthage »

AFP: France: la justice refuse d'interdire un livre sur l'épouse de Ben Ali
Bakchich.info: La régente de Carthage, main basse sur la Tunisie
AP: Peines de prison ferme contre plusieurs prévenus dans le trafic de yachts volés entre la France et la Tunisie
AFP: Trafic de yachts: cinq Français condamnés à de la prison ferme
Le Monde:  Le gang des voleurs de yachts condamné, sauf les neveux du président tunisien
SNJT: Curieux oubli!
Le monde:Khemaïs Chammari: En Tunisie, "le pouvoir mène une politique démagogique dangereuse"
Taoufik Ben Brik: "Le top 40 de Ben Ali Baba"
Omar Khayyam: Afrika Korps - Eins, zwei Polizei !
Webmanagercenter: Publicité en Tunisie : Ne pas être vu, mais être présent»
Babnet.net: Ces tunisiens qui rencontrent le Christ !
Réalités: Raouf Ben Yaghlane parle de sa nouvelle pièce sur l’émigration clandestine - J’accuse cette société d’avoir marginalisé les faibles et privilégie les plus forts
Sadri Khiari: Le CV anonyme et la burka
AFP: Les signaux GPS ont désormais une précision de "un à deux mètres" en Europe
AFP: Grippe H1N1: vigilance dans les pays arabes avant le pèlerinage à La Mecque

 

La régente de Carthage
Main basse sur la Tunisie

Nicolas BEAU, Catherine GRACIET

Le livre est sorti aujourd'hui malgré les efforts désespérés engagés par Leila Trabelsi et ses agents.

Voici la présentation du livre sur le site de l'éditeur La Découverte.

http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_regente_de_Carthage-9782707152626.html

La régente de Carthage

Main basse sur la Tunisie

Nicolas BEAU, Catherine GRACIET

Dans une atmosphère de fin de règne, la Tunisie du général président Zine el-Abidine Ben Ali a vu son épouse, Leila Trabelsi, jouer depuis plusieurs années un rôle déterminant dans la gestion du pays.

Main basse sur la Tunisie : telle semble être l’obsession du clan familial de la « présidente », comme le relatent en détail les auteurs de ce livre, informés aux meilleures sources et peu avare en révélations. Du yacht volé à un grand banquier français par le neveu de Leila à la tentative de mainmise sur les secteurs clés de l’économie, les affaires de la famille Trabelsi se multiplient sur fond de corruption, de pillage et de médiocrité intellectuelle.

Mais la surprise dans cette triste vie du sérail tunisien vient de la forte personnalité de Leila, bien plus proche d’une Catherine de Médicis que d’une courtisane de boudoir. Son appât du gain et son habileté à placer les siens en font la digne héritière de Wassila Bourguiba, qui gouverna la Tunisie dans l’ombre d’un président vieillissant et malade. Connue pour la place faite aux femmes dans la vie publique, la Tunisie est le seul pays arabe où l’épouse du chef de l’État puisse prétendre à un tel rôle.

Après l’influence, le pouvoir ? Alors que se préparait une nouvelle élection présidentielle truquée de Ben Ali, Leila tentait de se poser en régente, avec l’aide des siens et le silence complice de la France.

Nicolas Beau et Catherine Graciet plongent ici dans les arcanes, les alliances et les trahisons d’un pouvoir familial mesquin et perverti, qui tient lieu d’État dans une société à la dérive. Et où tous les signaux ? politiques, économiques et sociaux ? passent progressivement au rouge, tandis que le président et son entourage se préoccupent surtout de s’enrichir et de réprimer toute contestation.


 

Recours en Justice pour empêcher la parution du livre « La Régente de Carthage »

Selon des sources informées à Paris un recours en référé aurait été intenté par la première dame de Tunisie Leila Ben Ali pour empêcher la parution demain du livre explosif de Nicolas Beau et Catherine Graciet « La Régente de Carthage ». Le recours a été présenté par deux avocates tunisiennes portant la nationalité française

D’après le journal l’express le livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet présente les résultats d’une enquête sur « le rôle que jouent en Tunisie Leïla Trabelsi, l’épouse du président Zine el-Abidine Ben Ali, et sa famille. Un « clan » accusé de contrôler, sur fond de corruption, des secteurs clefs de l’économie. »

Certains milieux proches du pouvoir se seraient mobilisés pour manifester contre cette publication demain devant la maison d’édition « La Découverte »  éditrice du livre à Paris

(Source : « TUNISIA Watch », blog censuré en Tunisie, le 30 septembre 2009)

Lien : http://www.tunisiawatch.com/?p=757



 
France: la justice refuse d'interdire un livre sur l'épouse de Ben Ali

AFP: 01/10/2009
La justice française a débouté l'épouse du président tunisien, Leila Trabelsi, qui demandait l'interdiction d'un livre à paraître comportant, selon elle, des passages diffamatoires à son encontre, selon l'ordonnance dont l'AFP a obtenu jeudi une copie.

Dans "La régente de Carthage", les journalistes Nicolas Beau et Catherine Graciet évoquent le "rôle déterminant" de l'épouse du président Zine El Abidine Ben Ali dans la gestion de la Tunisie et dénoncent "le silence complice de la France".

   Leila Trabelsi, épouse Ben Ali, demandait l'interdiction de la publication et de la diffusion de l'ouvrage ainsi que le retrait des exemplaires déjà en circulation, considérant qu'il comportait "des passages diffamatoires et d'autres injurieux".

   Saisi en référé, le tribunal de grande instance de Paris a rejeté mercredi la requête de Mme Trabelsi, considérant notamment que celle-ci "n'a pas respecté dans son assignation l'obligation qui pèse sur elle d'indiquer les textes de loi applicables à la poursuite".

   Ce défaut "met les défenseurs dans l'incapacité de savoir exactement ce qui leur est reproché et d'organiser leur défense", précise le tribunal dans son ordonnance.

   L'ouvrage, publié aux éditions La Découverte et tiré à 18.000 exemplaires, a été mis en vente jeudi.


Peines de prison ferme contre plusieurs prévenus dans le trafic de yachts volés entre la France et la Tunisie

Associated Press, le 30 septembre 2009 à 23:54
AJACCIO (AP) -- Le tribunal correctionnel d'Ajaccio a condamné mercredi soir à des peines de prison ferme cinq des prévenus qui comparaissaient dans l'affaire du trafic de yachts volés en France et dont l'un a été retrouvé en Tunisie.
Au terme d'une journée d'audience marquée par l'absence des deux commanditaires présumés, neveux par alliance du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, qui devraient être jugés dans leur propre pays, Omar Khelil, déjà détenu en France depuis 15 mois, a été condamné à deux ans de prison ferme alors qu'une peine de quatre ans ferme avait été réclamée par le parquet.
Omar Khelil est présenté comme un intermédiaire dans le vol de trois luxueux yachts, commis en 2005 et 2006 à Cannes, au Lavandou (Var) et à Bonifacio (Corse-du-Sud).
Une peine de 24 mois de prison dont la moitié avec sursis a été prononcée contre Azzedine Kelaiaia, Xavier Rico et Cédric Sermand. Un autre prévenu, Olivier Buffe a été condamné à un an de prison ferme. Les trois derniers prévenus qui comparaissaient mercredi ont écopé de peines avec sursis: un an pour Sauveur Almenza, six mois pour Christophe De Almeida et Farid Chiha.
L'un des yachts volés, le Beruma, propriété de l'ancien président de la Banque Lazard, Bruno Roger, ami personnel de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, avait été retrouvé par un enquêteur privé, maquillé et caché dans le port de Sidi Bou Saïd près de Tunis.
Les deux neveux du président Ben Ali, Imed et Moez Trabelsi, ont été mis en examen par un juge d'instruction français, mais en vertu d'un accord bilatéral de coopération judiciaire entre la France et la Tunisie datant de 1972, ils devraient être jugés en Tunisie, ce qui a soulevé les protestation de plusieurs avocats de la défense des autres prévenus, dont Me Antoine Sollacaro, du barreau d'Ajaccio, qui a dénoncé "des pressions de la Tunisie sur la France". AP

La régente de Carthage, main basse sur la Tunisie

Bonnes feuilles / jeudi 1er octobre par La princesse enchantée
 
Voilà un livre qui ne manquera pas de faire couiner le régime du président tunisien Ben Ali et son épouse, Leila Trabelsi : « La régente de Carthage, main basse sur la Tunisie ». Bonnes feuilles en exclu.
Deux vibrionnants journalistes de Bakchich
, en l’occurrence Nicolas Beau, directeur de la rédaction, et Catherine Graciet, journaliste, publient le 1er octobre aux éditions La Découverte un livre-enquête sur le régime tunisien qui n’en finit pas de traîner la patte à l’instar de son leader, le général-président Ben Ali. Titre de l’ouvrage : « La régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie ». Sa parution énerve au plus haut point le régime de Ben Ali. La première dame, Leila Trabelsi, a en personne introduit un référé devant la 17è chambre correctionnelle du Tribunal de Paris pour tenter de faire interdire le livre. Elle a été déboutée. Les sbires de Ben Ali organisent également le 1er octobre une manifestation de Tunisiens en colère devant les locaux parisiens de La Découverte.
Nicolas Beau et Catherine Graciet se sont notamment penchés sur l’itinéraire et le rôle de la première dame tunisienne, Leila Trabelsi. Honnie du bon peuple mais plus proche d’une Catherine de Médicis que d’une courtisane de boudoir, elle n’a eu de cesse, depuis qu’elle a épousé son amant en 1992, d’enrichir et de favoriser les siens. Son appât du gain et son habileté à les placer en font la digne héritière de Wassila Bourguiba qui gouverna la Tunisie dans l’ombre d’un président vieillissant et malade. Alors que se prépare en coulisses une nouvelle élection présidentielle truquée et programmée pour le 25 octobre, Leila Trabelsi tente de se poser en régente avec l’aide des siens et le silence complice de la France.
Vols de yachts de luxe
Dernier exemple en date, la justice française s’est arrangée pour que soient jugés en Tunisie les deux commanditaires présumés de vols de yachts de luxe en France, dont celui de Bruno Roger, le patron de la banque Lazard frères. Imed et Moez Trabelsi ont la particularité d’être les neveux du président Ben Ali et les deux grands absents du procès qui s’est ouvert le 30 septembre à Ajaccio, en Corse.
Bien à l’abri en Tunisie où la justice est aux ordres, Imed, qui jouit d’une réputation de voyou patenté, s’est même offert le luxe de clamer son innocence dans une déclaration diffusée le 27 septembre dernier dans l’émission « Sept à huit » de TF1. Pourtant, l’enquête effectuée par la gendarmerie française montre qu’il a été "balancé" par la majorité de ses complices présumés.
Bonnes feuilles : Imed Trabelsi, le matelot
« J’en ai des Ferrari, des limousines, mais même ma femme ne me fait pas bander comme le bateau. C’est un diamant brut. » En cette matinée du 9 mai 2006, Imed Trabelsi est heureux. Alors âgé de trente-deux ans, la bouille rondouillarde et le verbe peu distingué, cela fait maintenant une heure qu’il s’amuse comme un enfant aux commandes d’un yacht de luxe dans le petit port pittoresque de Sidi Bou Saïd, à vingt kilomètres au nord-est de Tunis. Le navire en question est un magnifique V58 blanc à la coque bleue de la marque Princess. Sa valeur ? Un million et demi d’euros.
Le Beru Ma – c’est le nom de ce bijou – a été volé quatre jours plus tôt, à l’aube du 5 mai, dans le port de Bonifacio, en Corse. Il appartient à Bruno Roger, le patron de la prestigieuse banque d’affaires Lazard frères – lequel réussit l’exploit d’être à la fois un intime de Jacques Chirac, président de la République au moment des faits, et un proche du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui convoite l’Élysée. Inutile de préciser que Bruno Roger entend récupérer son yacht. Et vite. Les forces de l’ordre, tout comme la justice, se mettent d’ailleurs au travail sans tarder. Le mot est passé : « Il s’agit du bateau du banquier de Chirac ! »
Un certain Jean-Baptiste Andréani se met également en chasse. Ancien fonctionnaire de police, cet homme officie comme enquêteur privé pour la société Generali, l’assureur du Beru Ma. Disposant de bons contacts en Tunisie, notamment dans les services secrets, c’est lui qui retrouvera le premier la trace du yacht à Sidi Bou Saïd où il mouillait paisiblement, entre deux bateaux de la Garde nationale. Signe que l’affaire est prise au sérieux en haut lieu à Paris, Jean-Baptiste Andréani mentionnera, lors de son audition comme témoin par les gendarmes, avoir « été contacté directement à deux ou trois reprises par M. Guéant, directeur de cabinet de M. Sarkozy ». (1)
Le Beru Ma a été convoyé vers la Tunisie par deux Français – Cédric Sermand et Olivier Buffe – associés dans une société, Nautis Mer. Spécialisée dans les réparations et les ventes de bateaux, elle est en liquidation judiciaire en ce mois de mai 2006.
Imed, l’enfant terrible des Trabelsi
(…) Si, trois ans après les faits, ces deux yachts n’ont jamais été retrouvés, le Beru Ma a connu un sort plus heureux. Ce n’est pas pour rien que son propriétaire a le bras long. Son bateau lui a non seulement été restitué quelques semaines après avoir été dérobé, mais, cerise sur le gâteau, l’enquête a permis de retracer au jour près son itinéraire entre la Corse et la Tunisie. C’est en effet le 9 mai à l’aube que le Beru Ma accoste à Sidi Bou Saïd, sa destination finale. Selon Cédric Sermand (le convoyeur présumé), Imed Trabelsi attend de pied ferme la livraison de « son » bateau sur le quai… Puis tout ce beau monde se rend ensuite dans un café voisin pour fêter l’événement.
« Lorsque nous étions à table, Imed nous a demandé nos passeports, puis il a dit à un de ses sbires de nous emmener à l’hôtel en disant : "Tu leur prends deux suites, c’est tout pour moi" », déclarera Sermand aux enquêteurs. Il racontera également qu’Imed n’hésitera pas non plus à mettre la main à la poche et à se prévaloir de son rang pour obtenir en un claquement de doigts de nouveaux papiers pour le yacht. « Le douanier a dit à Imed Trabelsi que ce n’était pas possible de faire les papiers », raconte Sermand . « Comment cela, ce n’est pas possible ? Tu sais à qui tu parles ? », aurait rétorqué le jeune Trabelsi avant de faire pression sur le douanier qui, au final, se serait exécuté moyennant le paiement de la taxe de luxe et d’un dessous-de-table.
Quelques jours plus tôt, Imed n’avait pas hésité non plus à rouler des mécaniques avec Cédric Sermand, voire à franchement le menacer. Le Français en a même été quitte pour une jolie frayeur. Alors qu’il avait reçu en amont un acompte pour dérober le Beru Ma, il avait tenté de se désister avant de se faire rappeler à l’ordre par qui de droit : « J’ai eu un appel de la Tunisie. […] Je pense qu’il s’agissait du commanditaire du bateau, Imed Trabelsi, et j’ai été conforté dans cette idée plus tard lorsque je l’ai rencontré en Tunisie. Il m’a dit : "Tu sais qui je suis, faut pas jouer au chat et à la souris avec moi". »
Une réputation de grossier personnage
Le neveu de Leila Ben Ali traîne depuis de longues années déjà une solide réputation d’homme d’affaires sans scrupule et de grossier personnage. C’est par exemple le plus naturellement du monde qu’au printemps 2009, il inscrivait sur sa page Facebook : « Baisse la culotte, c’est moi qui pilote ! » Ou encore, qu’en 2004, il aboyait à un journaliste tunisien : « J’ai toutes les femmes et les filles de Tunisie sous ma botte ! » « Du Imed tout craché, mais ce n’est pas un mauvais bougre. Certes, il est rustre, mais il essaie de s’instruire », plaide mollement un membre de son entourage.
En 2007, le consul des États-Unis à Tunis a eu l’occasion de tester la goujaterie du personnage. Pour fêter l’anniversaire de sa fille, le diplomate américain avait loué le Manhattan, une discothèque bien connue de la douce station balnéaire d’Hammamet. Jouant des coudes et arguant de son rang de neveu présidentiel, Imed parvient à s’infiltrer. Et, fidèle à sa réputation de dragueur invétéré, se met à importuner les femmes présentes. L’hôte de la soirée n’a, semble-t-il, guère goûté la plaisanterie, puisque l’intrus fut ramené sous bonne garde et à bord d’un 4x4 vers Tunis. « Beau-papa » Ben Ali n’a pas protesté…
Dans les affaires, la mauvaise réputation d’Imed supplante de loin celle qu’il entretient auprès de la gent féminine. Dans son rapport envoyé le 9 juin 2006 à l’assureur du Beru Ma, le détective privé Jean-Baptiste Andréoni le dépeint comme un « voyou de grande envergure qui bénéficie d’une totale impunité ». Pire, Imed n’en serait pas à son coup d’essai en matière de recel. « Il utilise plusieurs véhicules volés : Porsche Cayenne, un Hummer ainsi qu’une Mercedes 500 immatriculée 13, volée à Marseille en novembre 2005 (propriété d’un joueur de l’OM) », indique le document. Il s’agissait en l’occurrence du défenseur international sénégalais de l’OM, Habib Beye, victime d’un car-jacking en mars 2005.
Imed fait embastiller un innocent
(…) En avril 2009, le parquet d’Ajaccio requérait son renvoi en correctionnelle pour « vol en réunion ». Idem pour son frère Moez Trabelsi et les différents acteurs français soupçonnés d’avoir trempé dans les vols du Beru Ma, du Blue Dolphin IV et du Sando. Entre-temps, Imed Trabelsi s’est conformé aux procédures de la justice française : il a été mis en examen à Tunis le 16 mai 2008 pour « vol en bande organisée » , après avoir été entendu par le juge d’instruction du tribunal d’Ajaccio, Jean-Bastien Risson, exécutant alors une commission rogatoire internationale ; puis, le 2 mars 2009, il s’est rendu en France pour être confronté à Azzedine Kelaiaia et Omar Khellil. Sa ligne de défense est restée la même : tout nier en bloc.
Au sujet du Beru Ma, il a indiqué être monté à bord pour visiter le yacht qui se trouvait à quai dans le port de Sidi Bou Saïd, car un ami nommé Naoufel lui avait présenté le bateau comme étant à vendre. Comme pour coller aux déclarations d’Imed, Azzedine Kelaiaia était alors revenu sur ses premiers aveux pour affirmer qu’il n’avait jamais traité en direct avec Imed, mais avec un intermédiaire dénommé Chemsdine, alias Naoufel…
Tout laisse à penser que ce dernier est en réalité Naoufel Benabdelhafid, docteur en droit et ex-secrétaire général de la faculté de médecine de Tunis. Désigné comme intermédiaire par Imed Trabelsi et Azzedine Kelaiaia, il a eu, il y a quelques années, la mauvaise idée de tourner le dos à sa carrière universitaire pour se lancer dans le business avec son frère, qui dirige une entreprise d’import-export. Il semble que les deux hommes aient alors eu maille à partir avec Imed, en refusant de l’aider à gérer ses affaires alors que le neveu de la première dame le leur demandait avec insistance. Un crime de lèse-Trabelsi…
Jeté en prison et soumis au chantage
Au printemps 2008, Naoufel Benabdelhafid est arrêté par la police, qui le surveillait déjà depuis quelques semaines jusque devant son domicile. Officiellement, pour avoir grillé un feu rouge. Et comme le policier qui l’a interpellé estime qu’il a été « agressé », Naoufel est jeté en prison. Selon une personne de l’entourage des Benabdelhafid, Imed Trabelsi aurait alors fait savoir à la famille que, pour recouvrer la liberté, Naoufel devait témoigner devant les deux juges français instruisant l’affaire du vol du Beru Ma et qui étaient attendus à Tunis.
C’est ainsi que, le 17 mai 2008, le captif a eu la surprise de voir débarquer dans sa cellule des éléments de la garde présidentielle. Direction : le bureau où se trouvaient les magistrats français qui, même si l’hypothèse de pressions exercées sur Naoufel a été soulevée au cours de la procédure, ont vu un homme entrer et sortir librement de leur bureau. D’après l’enquête, Naoufel leur aurait déclaré que, le 9 mai 2006, il avait été contacté par l’un des acteurs présumés du vol du Beru Ma afin qu’il trouve un acquéreur potentiel pour le navire dérobé quatre jours plus tôt en Corse. Mais aussi que lui, Naoufel, avait donné rendez-vous sur le quai du port de Sidi Bou Saïd à Imed Trabelsi, qu’il connaissait pour être un « amateur de plaisance nautique », puis qu’il lui avait fait visiter le bateau avant que Trabelsi ne quitte les lieux en indiquant qu’il n’était pas intéressé.
Malgré ces déclarations sensées dédouaner Imed Trabelsi, Naoufel Benabdelhafid croupissait toujours en prison à l’été 2009. Imed n’a pas tenu sa promesse ! Selon l’entourage du captif, il semblait alors que l’on cherchait à lui faire signer une lettre d’aveux, probablement pour l’envoyer à la justice française. Pour le faire plier, ses nerfs ont été mis à rude épreuve et l’homme a craqué lors du semblant de comparution qu’il a subi devant la justice tunisienne. Pendant qu’un juge lui promettait une libération imminente, un autre lui glissait qu’il prendrait quarante ans. Au mieux. Épuisé et très perturbé, Naoufel s’est alors blessé lui-même avec un verre en criant : « C’est parce que j’en sais trop sur les Trabelsi ! » Plusieurs avocats, horrifiés, qui passaient dans le couloir du tribunal ont assisté à la scène et s’en souviennent encore.
Si Imed Trabelsi est prêt à tout pour ne pas être condamné par la justice française, le retour du yacht à son propriétaire et sa mise en examen l’ont néanmoins ébranlé. Alors que des scellés avaient été posés sur le yacht, il s’était exclamé : « Je préfère le brûler plutôt que de le voir quitter la Tunisie ! » Et, trois ans plus tard, il continue de pleurer son joujou perdu sur sa page Facebook où, au printemps 2009, il annonçait (non sans provoquer quelques ricanements) vouloir s’expliquer et revenir sur ses déboires judiciaires dans un livre à paraître qu’il intitulerait… Le Matelot !
Les premières lignes que l’écrivain en herbe a livrées en exclusivité, fautes d’orthographe en prime, sur le réseau social Facebook indiquent que la rédaction ne devait pas être le fort d’Imed à l’école : « Mais au moment le plus inattendu le matelot se retrouve frappé de plein fouet par une bourrasque, il retrouve la terre ferme mais on lui annonce qu’il ne peut prendre son bateau et voyager ou il veut !?!? C’est un mandat international qui touche le premier droit de notre ami, sa liberté de naviguer, de prendre le large s’éloigner, voler au vent, enfin d’exister Ainsi le marin enlève sa tenue, fait appel a des défenseurs pour rétablir des vérités, pour faire face a la machine de la justice, pour affronter des personnages au intentions irrévocables, bref pour retrouver sa liberté de naviguer . »
La vengeance de Leila
Leila Ben Ali, a, elle aussi, manœuvré pour aider son neveu à s’extraire des griffes de la justice française. Elle a même appelé son époux à la rescousse. « Fais en sorte qu’Imed ne soit pas inquiété », lui a-t-elle demandé en substance, quoique tardivement d’après certains observateurs avertis, selon lesquels elle a tenté dans un premier temps de gérer l’affaire seule.
(…) Dans l’affaire du yacht volé, la situation est plus complexe : vu la personnalité de Bruno Roger, l’Élysée ne veut pas passer l’éponge. Mais le contexte diplomatique est délicat : le président Nicolas Sarkozy doit effectuer une visite officielle en Tunisie à la fin du mois d’avril 2008 et le projet de l’Union pour la Méditerranée est alors en gestation. Paris dépêchera tout de même deux émissaires pour tenter de calmer le jeu avec les Tunisiens, sans pour autant réussir à apaiser le courroux de Leila Ben Ali.
Cette dernière se vengera même à sa façon en séchant consciencieusement la visite du président français et de son épouse, Carla Bruni-Sarkozy. Arrivée du couple présidentiel français à Tunis, parade devant une foule en liesse bien encadrée par la sécurité tunisienne, dîner de gala donné par le président Ben Ali… Leila est invisible ! Certes, la mère de la première dame, surnommée Hajja Nana, à laquelle elle était très attachée, est décédée quelques jours plus tôt, mais personne n’est dupe. Également très remontée contre son époux, qu’elle accuse de ne pas s’être battu pour Imed Trabelsi comme il l’a fait pour Moncef Ben Ali, Leila poussera le bouchon un peu plus loin en désertant la Tunisie de longues semaines durant, pour aller bouder à Paris et Dubaï, deux de ses destinations de prédilection.
En août 2009, elle obtiendra toutefois partiellement satisfaction puisque Imed et Moez Trabelsi pourraient échapper à la justice française. À la stupeur des avocats de certains prévenus et des parties civiles, le procureur général de Bastia a annoncé qu’il ne citerait pas les deux Trabelsi à comparaître dans l’Hexagone mais qu’il dénoncerait les faits auprès de la justice tunisienne. Au motif que la Tunisie n’extrade pas ses ressortissants. Le procès qui devait s’ouvrir le 21 août a d’ailleurs été renvoyé illico au 30 septembre 2009… Cette fois, Leila Ben Ali aura mis du temps à faire plier la France.
(1) Fabrice Lhomme, « Des proches de Ben Ali sont impliqués dans des vols de yachts de luxe », Médiapart, 19 mars 2008.
(Source: "Bakchich.info" le 1 oct. 09)
lien:
http://www.bakchich.info/La-regente-de-Carthage-main-basse,08817.html
 

 
 Trafic de yachts: cinq Français condamnés à de la prison ferme

AFP, le 30 septembre 2009 à 22h26

AJACCIO (France), 30 sept 2009 (AFP) - Cinq Français jugés pour un trafic de yachts entre la France et la Tunisie, dont deux neveux du président tunisien Ben Ali sont soupçonnés d'être les commanditaires, ont été condamnés mercredi à des peines de prison ferme.
Le seul des inculpés emprisonné, Omar Khelil, a été condamné à deux ans de détention.
Il a été présenté comme l'intermédiaire des neveux par alliance du président Zine El Abidine Ben Ali, Moaz et Imed Trabelsi, pour le vol d'un premier navire, le Sando, au Lavandou (Var) en 2005.
La même peine a été infligée à Azzedine Kelaiaia et Cédric Sermand, le premier comme intermédiaire et le second comme voleur du Sando, puis de deux autres navires de luxe, le Blue Dolphin 4, à Cannes (sud), et le Beru Ma, à Bonifacio (Corse-du-Sud), en 2006.
Xavier Rico, présenté comme voleur de navires, a aussi été condamné à deux ans, mais avec un an avec sursis.
Olivier Buffe, également présenté comme voleur de navires, a été condamné à un an ferme.
Trois autre inculpés, également des Français, se sont vus infliger des peines de douze et six mois avec sursis.
Les huit hommes étaient jugés pour le vol de trois yachts en 2005 et 2006 au Lavandou (sud), à Cannes (sud) et à Bonifacio (Corse-du-Sud) dont les commanditaires présumés étaient trois Tunisiens dont les deux neveux par alliance du président Ben Ali.
Les trois hommes sont également prévenus dans ce procès mais le parquet a demandé de disjoindre les poursuites contre eux pour qu'ils soient jugés dans leur pays.

 

 Le gang des voleurs de yachts condamné, sauf les neveux du président tunisien

LE MONDE | 01.10.09 | Ajaccio Envoyé spécial
 

Les neveux du président tunisien, Zine El-Abidine Ben Ali, auraient-ils un goût un peu trop prononcé pour le luxe et les beaux bateaux ? Moez et Imed Trabelsi - c'est leur nom - sont poursuivis en Tunisie pour avoir passé commande à quelques aigrefins de la Côte d'Azur pour obtenir l'objet de leur désir.

Moyennant quelques dizaines de milliers d'euros, Moez et Imed se seraient adressés à Omar Khelil et Azzedine Kelaiaia, deux types sans envergure, pour trouver de quoi satisfaire leurs rêves de grand large. Poursuivis pour "vols en bande organisée", Omar, Azzedine et leurs six complices ont été condamnés, mercredi 30 septembre, à des peines allant de six mois avec sursis à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Ajaccio.

Bien que mis en examen dans la même procédure, les cousins Trabelsi n'ont pas été jugés.

Fin 2005 et début 2006, Omar et Azzedine se sont pliés en quatre pour honorer de prestigieux clients. Ils ont recruté quelques comparses, délinquants amateurs férus de nautisme et empêtrés dans des problèmes d'argent, qui ont convoyé vers la Tunisie trois bateaux volés dans les ports du Lavandou (Var), de Cannes (Alpes-Maritimes) et de Bonifacio (Corse-du-Sud). Cedric Sermond, un professionnel du nautisme familier des pontons, connaît les ports de plaisance et sait repérer les "belles unités". C'est lui qui a choisi le Sando au Lavandou, le Blue-Dolphin à Cannes et le Beru-Ma à Bonifacio.

A l'issue d'un périple entre Corse et Sardaigne, ponctué de quelques avaries, les trois bateaux ont fini par accoster à Sidi Bou Saïd, non loin de Tunis. On n'aurait probablement jamais retrouvé leur trace - et personne ne s'en serait inquiété - si, le 5 mai 2006, cette fine équipe n'avait pas eu la mauvaise idée de jeter son dévolu sur le Beru-Ma, propriété de Bruno Roger, dirigeant de la banque Lazard Frères et ami de l'ancien président de la République Jacques Chirac.

Un enquêteur de la compagnie d'assurances Generali a découvert le navire estimé à plus d'un million d'euros, amarré à Sidi Bou Saïd, tout en identifiant celui qui se l'était approprié : Imed Trabelsi. Dès lors, le bateau a été rapatrié vers son port d'attache et, après avoir remonté la chaîne de commande, les gendarmes ont interpellé, en septembre 2006, ceux qui ont exécuté l'opération et leurs intermédiaires.

Confondus par l'enquête et dénoncés par les autres prévenus, Moez et Imed Trabelsi, "organisateurs et commanditaires de l'opération" comme l'a souligné, dans ses réquisitions, le procureur de la République Thomas Pison, n'ont pas comparu. Et pour cause : début août, le parquet avait choisi de ne pas les citer. Motif : "Le 28 juin 1972, la France et la Tunisie ont signé une convention. Les Tunisiens résidant en Tunisie sont jugés en Tunisie. Il appartient à la justice tunisienne, qui n'extrade pas ses ressortissants, d'examiner cette affaire", s'est justifié M. Pison, qui a demandé de disjoindre le cas des deux Tunisiens. M. Pison se dit convaincu que, malgré le pedigree des suspects, la justice tunisienne fera son travail. Pour preuve, selon lui, une information judiciaire a été ouverte le 18 septembre par le parquet de Tunis et les cousins Trabelsi seraient poursuivis pour "complicité de vol et recel".

Diplomatie oblige

Et si les magistrats tunisiens tardent à examiner les charges qui pèsent contre les neveux du chef de l'Etat, ou s'ils rendaient une décision trop clémente au vu des charges retenues en France, la justice française ne serait pas en reste. "Elle conserve son droit de poursuite à l'encontre des deux suspects pour les faits commis sur le territoire français", s'est défendu le représentant du parquet.

L'argument n'a pas convaincu les défenseurs des autres prévenus. Diplomatie oblige, "la justice française a baissé les bras face aux autorités tunisiennes", a plaidé Me Antoine Sollacaro. "Ce n'est que basse politique, s'est-il indigné. Les organisateurs de ce trafic échappent à la justice alors qu'on s'en prend aux lampistes."

Autre avocat, Me Jean-Michel Mariaggi s'est insurgé : "Les Trabelsi financent les coups et l'achat des bateaux volés. On condamne les sous-fifres et on exempte les commanditaires. Comment expliquer qu'une juridiction française puisse absoudre les auteurs principaux et charger ceux dont l'accusation reconnaît qu'ils sont secondaires ?"

Yves Bordenave

(Source:" Le Monde" (Quotidien- France) le 1 oct. 09)

Lien:

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/01/le-gang-des-voleurs-de-yachts-condamne-sauf-les-neveux-du-president-tunisien_1247827_3224.html


 

JOURNEE INTERNATIONALE  DE SOLIDARITE AVEC LA POPULATION DU BASSIN MINIER DE Gafsa,
Les populations sinistrées de Redeyef et pour la libération des prisonniers

Invitation
Dans le cadre du Forum social du Québec

Alternatives,
en collaboration avec l’Association des droits de la personne au Maghreb

vous invite à assister à la projection du film
Redeyef : le combat de la dignité
Ou la révolte de Redeyef et sa répression racontée par des femmes

Film 34 min.
Titre Original : « Leila Khaled, la Tunisienne »
Film réalisé par le Comité National de Soutien à la Population du Bassin Minier
Le vendredi 9 octobre 2009 à 19h

Cégep du Vieux Montréal
255 rue Ontario Est  Montréal, QC
Salle 7.05  au septième étage
 

Depuis le début de la révolte du bassin minier de Gafsa, les femmes y tiennent un rôle de première importance. Elles ont été à l’origine des principales grandes manifestations de masse suite aux premières arrestations. Elles ont conduit des initiatives de résistance de plusieurs formes (occupations, sit-in, manifestations, rassemblements…) ; et elles ont été celles qui ont assuré au quotidien l’extraordinaire cohésion et la grande solidarité dans la population et au sein des familles, qui ont permis au mouvement de se développer et de tenir, malgré tout.

Depuis la grande répression et l’emprisonnement de dizaines d’animateurs du mouvement, ce sont toujours elles qui se battent pour la libération des prisonniers tout en assurant la continuité de la vie à Redeyef. Aujourd’hui, elles assument le rôle de porte-paroles de leurs maris, frères et fils emprisonnés, mais aussi des populations réduites au silence à Redeyef et dans la région.

Le film Leila Khaled, la Tunisienne (34’) retrace l’histoire de ces deux dernières années à travers les mots de quelques unes d’entre ces combattantes. Il leur est dédié ainsi qu’à toutes celles qui n’ont pu être filmées. Il espère donner le plus grand écho à leur revendication la plus urgente : Libération immédiate de tous les prisonniers du mouvement du bassin minier.

Ce film a été réalisé par le Comité National de Soutien aux Habitants du Bassin Minier grâce à tant de solidarités à l’intérieur et à l’extérieur de la Tunisie.
 

SNJT: Curieux oubli! 

Une délégation des brigades financières a convoqué les membres du bureau exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens le 28 septembre dernier. Le président Néji Bghouri et les militants syndicaux élus: Néjiba Hamrouni, Soukayna Abdessamad, Monji Khadraoui et Ziad El HENI, durent répondre aux chefs d’accusation introduits par la nouvelle direction putschiste, présidée par Jamel Karmaoui.

Le bureau légitime déposé est incriminé de mauvaise gestion selon la plainte intentée par la nouvelle instance exécutive entièrement acquise au parti de la majorité présidentielle. Aussi curieux que cela puisse paraître, les journalistes faisant parti de la direction déchue et membres actuels du bureau imposé ( à la faveur d’un putsch “officiel”) ne firent l’objet d’aucun contrôle judiciaire dans cette affaire. Leur passage au camp des vainqueurs a semble-t-il mis un terme définitif à leurs  éventuelles responsabilités en cas de mauvaise gestion avérée!!!  Habib Chabbi, Adel Samaali, Sofiène Ben Rejeb et Samira Ghannouchi (membres de l’ancien bureau réélus à la direction du bureau imposé) ont pourtant qualité à répondre au même titre que les membres interrogés des griefs retenus par les brigades aux finances!!!A moins qu’ils s’agisse d’un procès nominatif..Auquel cas, la justice tunisienne n’aura pas arrêté d’être aux ordres!!!

(Source : le blog de soutien du SNJT légitime, le 30 septembre 2009)

Lien: http://sjtunisiens.blogvie.com/2009/09/30/snjt-curieux-oubli/
 

 En Tunisie, "le pouvoir mène une politique démagogique dangereuse"

LE MONDE | 01.10.09
 

Khemaïs Chammari, ex- secrétaire général de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), est un ancien député de l'opposition démocratique tunisienne. Son combat en faveur des libertés lui a valu de nombreuses arrestations et peines de prison sous le régime du président Bourguiba, puis sous celui du président Ben Ali. Après un exil de sept années en France, ce socio-économiste de formation a regagné Tunis en 2004.

Le 25 octobre, le président Ben Ali briguera un cinquième mandat à la tête du pays. Quel est le climat politique en Tunisie ?

Le climat général est morose, et même pesant. La population est préoccupée par les retombées de la crise économique - même si celles-ci sont relativement limitées en Tunisie - et, surtout, par le chômage des jeunes. Elle vit également très mal la dérive affairiste du pouvoir et la corruption, qui touche les cercles les plus proches du palais de Carthage.

Les Tunisiens manifestent donc une très grande indifférence à l'égard de cette élection, et pourtant, elle est l'objet d'une incroyable mise en scène. En 2004, lors de la précédente présidentielle, on croyait avoir atteint le paroxysme du processus de "plébiscisation". On s'était trompé. Jamais on n'a vu autant de portraits du chef de l'Etat fleurir dans les rues, jamais les rites d'allégeance n'ont été aussi nombreux. Sur les 9 300 associations existantes, 8 500 ont déjà apporté leur soutien au président Ben Ali. Cela va du syndicat UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) aux organisations patronales, en passant par... l'Association sportive des handicapés mentaux ! Ce plébiscite n'a pas d'intérêt, sinon celui de consacrer l'idée selon laquelle "Ben Ali doit rester à la tête de la Tunisie, il est notre sauveur".

En toile de fond, il y a la réforme constitutionnelle de 2002 qui a ouvert la voie de la présidence à vie, et décrété l'irresponsabilité pénale du président, dans l'exercice de ses fonctions, et même après.

Quelle est l'attitude de l'opposition, dans ce contexte ?

Une partie de l'opposition que j'appelle "de connivence" présente des candidats qui se disputeront 2 % ou 3 % des voix, le 25 octobre. Une autre partie a carrément rallié le président Ben Ali. Du côté de l'opposition véritable, que le pouvoir tente par tous les moyens de marginaliser, Ahmed Brahim, d'Ettajdid (ex-Parti communiste), a réussi à rester dans la course. Cet universitaire entend ne pas faire de la figuration et l'a dit publiquement, il y a deux mois, ce qui lui a valu les foudres du pouvoir.

Il y avait aussi Mustapha Ben Jaafar, le secrétaire général du Front démocratique pour le travail et les libertés. Mais la stricte application de la loi électorale, modifiée sur mesure en 2008, a permis que sa candidature soit écartée par le Conseil constitutionnel, comme avant lui Nejib Chebbi (fondateur du Parti démocratique progressiste). Le pouvoir a pris un certain nombre de dispositions, officiellement pour faciliter les candidatures, mais en réalité pour éliminer tel ou tel prétendant dont l'envergure pourrait poser problème au palais de Carthage.

L'opposition véritable ne parvient-elle toujours pas à s'unir face au président Ben Ali ?

Elle est divisée, notamment sur la question du boycottage, mais surtout sur celle des islamistes. Faut-il discuter avec Ennadha (parti islamiste modéré, interdit), ou le rejeter catégoriquement ? Elle n'arrive pas à s'entendre sur ce point, alors qu'Ennadha affronte un triple danger. D'une part, la répression dont ses partisans font l'objet. D'autre part, la montée des courants radicaux, en particulier un courant salafiste, voire djihadiste, qui échappe à tout contrôle. Et enfin, les tentatives de récupération de l'islam politique par le pouvoir. C'est ainsi que 98 anciens cadres d'Ennadha en exil viennent d'appeler à voter Ben Ali !

La figure de proue de cette entreprise de récupération est le propre gendre du président Ben Ali, Sakhr El-Materi. C'est un jeune homme d'affaires prospère qui est non seulement le nouveau propriétaire du groupe de presse Essabah, mais aussi de radio Zitouna (radio Coran), de la future chaîne télévisée Zitouna, et de la banque islamique à venir Zitouna ! Le pouvoir mène une politique démagogique dangereuse, bien plus que ne le serait celle d'Ennadha. On risque à terme de remettre en cause des avancées sociales et modernistes que nous pensions acquises en Tunisie.

Propos recueillis par Florence Beaugé

(Source:"le monde" le 1 oct. 09)

Lien:

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2009/10/01/en-tunisie-le-pouvoir-mene-une-politique-demagogique-dangereuse_1247809_3212.html



 

"Le top 40 de Ben Ali Baba"

(Mise à jour chaque décennie)

par Taoufik Ben Brik

Ils veulent y être. Tous. Les double canons, les braves, les rouges, les barbus, les chiffes molles, les demis portions, la poudre mouillée. Tous pensent être classés parmi les quarante moustiques qui empêchent Ben Ali de faire la sieste. Un Top 40 de la résistance. Le Hit parade de ceux qui narguent le mieux Ben Ali. Quarante enfoirés et têtes brûlées qui refusent de se soumettre. Ils font l’objet de toute son attention. Toute la boîte tourne pour eux. Il en prend soin, il les bichonne à coup de coups fourrés. Ça les rend chèvres, ils font braire la terre entière. Dés qu’il croit tenir le bon bout, voilà qu'ils brûlent la corde. Ils gâchent le paysage, ils polluent son quotidien. Des Fellaghas, ils frappent un coup et filent dans la nuit. Impossible de les suivre à la trace, trop mobiles. Des marvericks, ces chevaux sauvages qui s’écartent du troupeau. Des Su’lûk, ces poètes brigands de la Jahilia, ces samouraïs sans maître. C’est avec eux que Ben Ali fait le derby, qu’on s’en raconte, qu’on se frotte les mécaniques. Cela fait un quart de siècle ou presque que Ben Ali course cette fournée de bâtard. Ben Ali chasseur en quête des quarante. La notoriété ? Le secret de leur audience? Ils les doivent à Ben Ali. Si les Tunisiens entendent parler d’eux, c’est parce que qu’un jour Ben Ali les a désignés.

En haut du palmarès- le tableau de chasse de Ben Ali- on reconnaît les mégastars, les divas : l’avocate Radhia Nassraoui et la journaliste Sihem Bensedrine. Sophia Loren et Lolobrigida. Suivies de près par l’inégalable Moncef Marzouki, alias Dr Mabuse et le beau Hamma Hammami, notre Omar Sharif local. Au firmament, on débusque la pamphlétaire Oum Ziad, Khémaies Chammari dit « le sphinx qui renaît toujours de ses cendres », l’exilé politique Kamel Jendoubi, l’historien Mohamed Talbi, père courage, et bien sûr le plus constant d’entre tous, Am Ali Ben Salem, ancien maquisard.

Au top quarante, on ne peut pas ne pas insérer les extranationaux, ceux-là mêmes qui ont porté et mouillé le maillot de la résistance avec Brio. On les appelle, non sans emphase, le bouclier médiatique tunisien. On retrouve Daniel Mermet de France Inter, Jérome Bony de France 2, Alain Renon de RFI, Stephane Bou de Charlie Hebdo, Florence Aubenas, Jean Pierre Tuquoi du Monde, Nicolas Beau de Bakchich, Patrick Fiole du nouvelobs.com, Christophe Ayad de Libération, Pierre Cherruau du Courrier International, Hassane Zerrouky de l’Humanité, Robert Menard, l’ex patron de Reporters Sans Frontières, Patrick Baudouin, l’ancien président de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme ( FIDH), l’avocat William Bourdon, l’avocate Nathalie Boudjerada, la député européenne Hélène Flautre, le député Noel Mamère, notre pote Harlem Désir, Daniel Cohn-Bendit, Daniel Ben Said, Alain Krevin, Eric Goldstein de Human Rights Watch, Joel Campania du Committee to Protect Journalists, Haythem Manaa et Violette Daguerre de la Commission Arabe des Droits de l’Homme, Donnatella Rovera d’Amnesty International, le journaliste algerien Omar Belhouchet, le journaliste marocain Ali Lmrabet, la journaliste helevetique Laurance Bezaguet, le journaliste belge Baudoin Loos, Ayda Sayf Dawla d’Egypte, l’écrivain Gilles Perrault, François Gèse de la Découverte, Philippe Thureau Dangin d’Exils et Jean Claude Guillebaud du Seuil. Certains d’entr’eux ne veulent plus entendre parler de la p’tite Tunisie. D’autres ont changé de « Desk ». Mais Ben Ali reste aux aguets. Il leur interdit de fouler le sol tunisien. Ils sont toujours épinglés en haut du tableau. Un jour ou l’autre ils payeront.

D’autres ont été déclassés. Ben Ali ne les considère plus. Il ne danse plus sur leurs tubes. Des has been. Ils manquent cruellement de visibilité. Parmi les déchus, il y a ces feux follets qui ont brillé le temps d’une bourrasque médiatique. On ne se rappelle plus du journaliste Kamel Laabidi, de l’universitaire Larbi Chouikha, du sociologue Salah Hamzaoui, des deux syndicalistes Tahar Chaieb et Abdelmajid Sahraoui, de Maître Néjib Hosni, du troskiste Sadri Khiari, de l’expatriée Olfa Lamloum, de l’avocat Jamaleddine Bida, de l’islamiste Rached Ghannouchi, des deux féministes Bochra Belhadj Hamida et Khadija Chérif, du président de Raid ( Attac Tunisie) Féthi Chamkhi, de l’avocat Chawki Tabib, de l’économiste Abdeljalil Bédoui, du couple Imen Derouiche et Nourreddine Ben Nticha, du couple Ksila,des internautes de Takriz,des rédacteurs de Kaws El Karama, du journal en ligne Tunizine,du clan Ben Brik,du biznessman Khemaïes Toumi,du banquier Majid Bouden, d’Ali Romdhane, l’homme fort de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens et encore moins de l’universitaire Mezri Haddad, de l’actuel bâtonnier Béchir Essid, de l’eternel étudiant Tahar Gargoura et d’Elhechmi Hamdi, directeur de la chaine londonienne Almostakilla, qui ont tourné casaque. Des vendus à Ben Ali en hébreu.

De nouvelles étoiles qui brillent de tout leurs éclats ont pris place au podium. Parmi les nouvelles têtes, apparaît le prisonnier politique Mohamed Abou, le journaliste Slim Boukhdhir, le syndicaliste du bassin minier de Gafsa Adnène Hajji, le leader Néjib Chebbi, la toute nouvelle présidente du Parti Démocratique Progressiste, Maya Jribi, le président légitime du Syndicat des Journalistes Tunisiens, Néji Baghouri et les deux avocats Ayachi Hammami et Raouf Ayadi. Les deux « teignes » du microcosme.

Au purgatoire, il y a la galerie des « ni-ni », « les aigres doux », ceux que Ben Ali a mis en veilleuse sans les éteindre complètement. Il me semble reconnaître l’actuel président de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme Mokhtar Trifi, l’ancien président d’Amnesty International Mahmoud Ben Romdhane, l’actuelle présidente de la FIDH Souhayr Belhassen, l’actuelle présidente de l’Association Tunisiennes des Femmes Démocrates, Sana Ben Achour, l’actuel président de la ligue Tunisienne des Ecrivains Libres Jalloul Azzouna, le propriétaire de la TV Al Hiwar,Tahar Belhassine et le très lisse monsieur Mustapha Ben Jaafar, chef du forum, un parti fantoche.

Il y a aussi ceux qui sont tombés au champ de bataille ( pour cause de décès) : l’ancien bâtonnier Mohamed Chakroun, le très controversé Mohamed Charfi, ancien ministre de Ben Ali et feu Zouheir Yahyaoui, l’internaute fou...

A chaque survivant Ben Ali a concocté un dossier en guise d’auréole, de scalp : boîtes d’archives, des heures d’écoutes téléphoniques, des kilomètres de télécopies, des cartons de coupures de presse, des cassettes vidéo et un amoncellement de rapports rédigés par les voisins, les cousins, l’épicier, le cafetier, le vendeur de journaux à la criée, le cireur, la femme de ménage, le gardien de l’immeuble, le jardinier, le chauffeur de taxi. Il connaît tout : la marque de leur brosse à dents, le jour de leur circoncision, leurs plats préférés, le cercle de leurs amis, leurs dossiers médicaux, leurs bulletins scolaires, leurs factures d’eau et de gaz, les souches de leurs chéquiers, les photos de leurs enfants, de leurs femmes, de leurs frères et sœurs, de leurs cousins et cousines, jusqu’aux cent quidams qui un jour ou l’autre les ont salué par mégarde. Il les poursuit à travers leurs hobbies, l’amas et le fatras de leur vie. Ben Ali, voit ce qu’ils voient, entend ce qu’ils entendent, parle comme ils parlent. Il n’a plus de vie hors leur vie. Une parfaite doublure. La poursuite d’un sosie.

Taoufik Ben BriK

Lien : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/20091001.OBS3248/le_top_40_de_ben_ali_baba_par_taoufik_ben_brik.html


 

Afrika Korps
Eins, zwei Polizei !

Le blogue d’Ayman El Kayman [ http://kayman-coupsdedent.blogspot.com ] parle aujourd’hui d’une triste réalité, passée sous silence dans les médias de masse: ce sont les pays du Nord fournissent aux forces de l’ordre du Sud leurs outils de répression. Une photo prise durant la sanglante répression de la manif pacifique de Conakry montre des flics et des militaires guinéens en pleine action. On peut lire clairement sur le dos du policier un mot qui trahit l’origine de son uniforme: POLIZEI. Généreuse Allemagne ! Et quels progrès depuis le 3ème Reich ! Maintenant le fameux Afrika Korps est composée uniquement d’Africains.

Combien d’Allemands savent que l’académie de police de Munich reçoit et forme chaque année des cadres et des officiers au Ministère tunisien de la Répression, alias Dakhilia [Intérieur] ? Combien de Tunisiens savent aujourd’hui que l’ancien Premier ministre italien, feu Bettino Craxi, généreux comme d’habitude avec sa bien-aiméeTunisie, a offert aux cadres de la Dakhilia des dizaines de voitures Alfa Romeo ? L’amiral Fluvio Martini, ancien chef des services secrets italiens (SISMI), prétend même que le coup du 7 novembre 1987 a été concocté à Rome (1). L’amour de Rome pour Carthage est éternel. Sauf que le coeur de l’actuel Capo de l’Italie, "Sua Emittenza" Silvio Berlusconi, volage comme toujours, se balance entre un lugubre général et un clownesque colonel.

Mais les tristes nouvelles qui viennent de Guinée ne dérangeraient en aucun cas le calme olympien du grand philosophe tunisien de la misère, Mezri Haddad. Il dirait:  " 157 morts à Conackry, 2 morts à Redeyef: Ben Ali a gagné !"

(Source : le blog de Omar Khayyam (censuré en Tunisie), le 30 septembre 2009)

Lien: http://omarkhayyam.blogsome.com/



 

Ces tunisiens qui rencontrent le Christ !

Jeudi 01 Octobre 2009
Que des chrétiens se convertissent a l’islam, cela n'étonne plus personne mais Qu'en est-il du chemin inverse? Existent t-ils des musulmans se convertissant au christianisme? Qui sont-ils et comment vivent ils leurs conversions?

La réponse nous vient d'un missionnaire de passage à Tunis et qui informe le correspondant du magazine jeune Afrique à Tunis, que toutes les couches sociales sont touchées, de l'intellectuel au paysan passant par l'étudiant et le simple ouvrier analphabète.
Le religieux prétend, que ces tunisiens se sont ouverts au Christ en toute spontanéité et de leur propre gré, simplement en écoutant les radios comme radio Monté-Carlo et des chaînes satellitaires comme Al-Hayat (chaîne arabophone diffusant à partir de Chypre), argument difficile a croire sachant que les missions évangélistes sévissent un peu partout dans le Maghreb.

Selon la même source, les tunisiens convertis se heurtent a beaucoup de problèmes, du rejet familial, au licenciement abusive, séparation d'avec le partenaire...etc..

Pour accomplir leurs rites, ils sont obligés de se réunir dans les petites églises isolées de Tunis ou bien dans des maisons dites maisons églises, pourtant ils ne sont pas persécutés et ne sont pas en dehors de la loi selon le code pénal tunisien, ils ne se cachent pas non plus mais jouent la discrétion.
Leur nombre serait de 500 selon "notre missionnaire", moins de 250 d’après les services de l'église catholique, ce qui reste insignifiant dans une population de plus de 10 millions d'habitants.

Ce que notre missionnaire a omis de nous dire, c’est que bon nombre de ces convertis reviennent a leur religion première au bout de quelques mois...sûrement déçus par des promesses non tenues...
Ouns A R
(Source:"babnet.net" le 1 oct. 09)
Lien:
http://www.babnet.net/cadredetail-17560.asp
 
 


Publicité en Tunisie : Ne pas être vu, mais être présent»
Par Sofiène Ben M'rad, publicitaire / webmanagercenter.com - 01 Octobre 2009
 

Il ne sert plus à rien de répéter une fois encore que le paysage médiatique tunisien croule, en période de ramadhan, sous l’effet d’annonces publicitaires pléthoriques. Un complot ourdi par un triumvirat orchestré entre annonceurs, créatifs et diffuseurs pour une «gueuletonite» aiguë et le mot n’est pas trop faible.

La publicité a pour effet de suggérer l’achat d’une marchandise ou d’un produit en vantant spécifiquement les avantages de tel produit sur un autre (sans le nommer). Le principe premier consistant à être vu. Indubitablement une marque qui ne se voit pas s’oublie, jusque là, d’accord.

Mais il semble qu’en Tunisie, cette loi ne s’applique pas. Et en bon amateur, le principe retenu c’est «ne pas être vu, mais être présent». Fairplay, les annonceurs tunisiens ont pris l’adage de Pierre de Coubertin à la lettre : «L’essentiel est de participer».

Outre les panneaux publicitaires qu’on subit mais qu’on ne regarde plus, tellement ils sont envahissants et laids avec leurs contenus criards et vulgaires, les foyers tunisiens, eux, à l’instar de la plupart des foyers du monde dit civilisé, n’échappent pas à ce phénomène. Puisqu’ils entretiennent un intrus sempiternel qui s’invite chez eux malgré eux, et les côtoie inévitablement. Ils le regardent et l’écoutent comme hypnotisés. Ils partageraient presque sa couche si besoin est. Malheureusement, ils ne peuvent pas lui parler pour l’instant. Ils rompent le jeûne en sa compagnie et dès 19 heures, il est là omniprésent.

Il démarre au quart de tour tel un départ de sprinters lancés hors des stortings-blocs, une folle chevauchée commence. Sur l’écran de télévision à la queue leu leu apparaissent 15 marques de jus de fruits, 8 marques de fromages, 17 marques de yaourts, 12 marques de pâtes, 4 ou 5 de thon, 6 d’huile de soja, 7 halwa, 15 sucreries. Une obèse vantant la margarine, un grand-père gaga qui gave un marmot gras et obéissant, plus la bobine de quelques attardés qui font les guignols pour de la semoule.

Une diarrhée de réclames

L’univers publicitaire dans notre pays, c’est surtout un véritable assaut à la mangeaille lancé sans retenue sur la table des Tunisiens, le tout, sans trop de manières. Commence alors un chemin de croix à travers ces chaînes pour éviter soigneusement les feuilletons publicitaires. Le Tunisien se transforme alors en comptable émérite : sitôt calculé le temps imparti pour cette diarrhée de réclames, il revient calmement à son spot préféré (eh oui il faut bien parler de spot puisqu’ils sont régulièrement entrecoupés de «feuilletons publicitaires») en essayant toujours de réagir promptement à la première apparition du générique des publicités. Sitôt dit, sitôt fait.

Dès le premier sourire du nigaud de service vantant les mérites des huiles untel, les télécommandes se mettent au diapason à crépiter, et nous sommes transportés pour les uns en Egypte, pour d’autres au Maroc et pour d’autres encore en pleine deuxième mi-temps d’un match très passionnant opposant le Bahreïn au Sultanat d’Oman. Tout est à prendre pourvu qu’on évite cette satanée pub.

Donc le Tunisien regarde tout sauf «les feuilletons» de yaourt, halwa, margarine, etc. en zappant à qui mieux mieux à la cadence infernale des «feuilletons» publicitaires qui apparaissent sur les écrans. Heureusement entrecoupés de «spots» dramatiques où les riches sont mauvais et les pauvres bons, ainsi que d’émissions humoristiques qui font de la peine à voir.

Sur une autre chaîne, un autre animateur, nouveau celui-là, amarré à un smoking avec la touche «originale et sympathique» de la chéchia méjidi posée sur sa tête (tout çà pour nous faire rire me direz-vous), puisque personne ou presque ne la porte plus, elle a pour effet de bien marquer le côté burlesque de notre passé «ténébreux», mais là n’est pas la question.

Donc, le public essaie de fuir un plus grand mal pour un hypothétique bien en se contentant de ce qu’il y a, mais c’est là son libre choix.

Refuser en zappant

Mais alors où est l’effet de cette «chakchouka» publicitaire ? Je me le demande encore. Même si le Tunisien l’ignore en zappant. Je me demande même si les agences de rating sont sérieuses en annonçant les taux d’audience, en tous cas, pas les taux d’audience pub, ça c’est sûr. Mais alors si toutes ces marques ne rencontrent pas le télé-consommateur tunisien, où est l’intérêt ? Là est la grande énigme…

Il a été entendu d’après une enquête réalisée par une grande agence française sur la diffusion de spots publicitaires sur les chaînes TV à grande audience qu’outre sa force de persuasion et son côté esthétique et original pour l’annonceur, le diffuseur se doit de :

1. diversifier ses publicités et passer les spots avec un temps limité afin d’éviter le zapping,

2. avertir l’annonceur des concurrents par un routing,

3. ne jamais passer en même temps deux produits concurrents ayant les mêmes propriétés.

Les créatifs, si créatifs il y a, devront, eux, cesser de faire du plagiat ou mieux du copié-collé et ramasser des prix qu’ils s’octroient eux-mêmes avec une inspiration nullissime. Toutefois, sur le plan technique, reconnaissons qu’il y a un progrès.

Il faut tenir compte aussi et c’est dans l’intérêt du trinôme annonceur/client/diffuseur des disponibilités psychologiques, voire socioculturelles du Tunisien. Si ce dernier ne voit que yaourt, jus, farine, œufs, semoule, obèses, grand-mères gnangnan, enfants attardés et mielleux, huiles, gâteaux au chocolat, boissons au gaz, etc., sa réaction sera sans équivoque et ne se fera pas attendre de sa part, car tout cela devient -pour l’éventuel client qu’il est censé être- une diarrhée insupportable d’images et d’envahissement sonore. Il en résultera pour l’annonceur une contre-publicité dont les seuls bénéficiaires temporaires sont les diffuseurs. Mais pour combien de temps ?

A moins que les annonceurs aient d’autres aspirations et ou d’autres intérêts économiques qui relèvent du génie et que nous ignorons. De grâce, éclairez-nous quand même, et seulement sur l’intérêt commercial de telles opérations !

(Source:"webmanagercenter.com" le 1 oct. 09)

Lien:

http://www.webmanagercenter.com/management/article-81072-publicite-en-tunisie-ne-pas-etre-vu-mais-etre-present

Raouf Ben Yaghlane parle de sa nouvelle pièce sur l’émigration clandestine :
J’accuse cette société d’avoir marginalisé les faibles et privilégie les plus forts

Après la santé sexuelle et la liberté d’expression, Raouf Ben Yaghlane s’attaque désormais au problème de l’émigration clandestine dans sa nouvelle pièce. Observateur attentif de sa société et scrutateur rigoureux de ses malheurs, rien n’échappe à son regard critique et à sa volonté de dévoiler le mal là où il est. Interpellé par les images de ces centaines d’hommes et de femmes qui périssent chaque jour en mer et intrigué par leur volonté désespérée de trouver un monde meilleur, il a décidé de leur donner la parole en se glissant dans leur peau pour évoquer leur misère, leur malaise et leur désespoir.

Pour cela, il a choisi de les écouter d’abord, de les interroger sur ce qui les pousse à se martyriser ainsi, sur leurs rêves et leurs déceptions en arrivant en Europe. Car il est conscient qu’il ne peut écrire son spectacle sans impliquer les gens qui sont directement concernés par l’émigration clandestine. Il est donc parti à leur rencontre en Italie et puis en Tunisie. Et là, il a découvert une réalité révoltante et une situation inadmissible.

Pourquoi avez-vous choisi d’écrire une pièce sur l’émigration clandestine?

C’est un sujet qui s’impose. On en parle partout dans le monde entier, dans les télés et dans les journaux. C’est un phénomène qui touche des centaines de familles. Il est devenu urgent de le traiter. Comment se taire devant un problème pareil ? Comment ne pas s’impliquer ? Comment ne pas chercher à mieux le comprendre et à le saisir ? Je trouve que c’est horrible ce que nous sommes en train de regarder sur les chaînes de télévisions étrangères, sur les gens qui meurent chaque jour en mer. C’est insupportable ! Je considère que le phénomène de l’émigration clandestine touche directement à la condition humaine. Comment faire semblant de ne pas s’y intéresser ? Moi, je ne peux pas ne pas traiter les thèmes chauds qui interpellent notre société, comme je l’ai déjà fait auparavant avec des sujets brûlants comme la santé sexuelle et la liberté d’expression.

Et donc, encore fois vous avez décidé de réagir ?

A vrai dire, pour faire cette pièce que j’écris actuellement, j’ai été contacté par l’organisation européenne Tecla qui oeuvre dans le cadre d’un projet de la Commission Européenne, le projet MESURE pour sensibiliser les jeunes quant aux dangers de l’émigration clandestine. Cette organisation travaille également avec l’Association Maghrébine du Développement de Ressources Humaines (AMDRH) et l’Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche et le Développement (AFTURD). On m’a choisi pour faire cette pièce car j’ai déjà travaillé auparavant, quand j’étais en France dans les années 70-80, sur les travailleurs immigrés.

J’ai eu des réunions avec les différents partenaires du projet qui m’ont présenté les résultats d’une étude faite sur le sujet avec des témoignages écrits afin que je m’en inspire pour créer mon spectacle. Mais en les lisant, je me suis rendu compte qu’ils ne me suffisaient pas pour monter la pièce. Car il s’agissait de données recueillies à partir d’une enquête sociologique. Or, moi, j’avais besoin d’écouter les gens, de parler avec eux et de comprendre surtout ce qui les motive pour mettre leur vie en péril et aller en Europe. J’ai alors décidé de me déplacer pour les voir. L’organisation Tecla a mis à ma disposition tous les moyens et je suis parti au Sud de l’Italie, en Sicile.

Et qu’avez-vous découvert là bas ?

J’ai constaté les conditions de vie déplorables des émigrés clandestins. Il y avait beaucoup d’Africains. J’ai insisté pour rencontrer les Tunisiens. Et j’ai vu ceux à l’intérieur du camp de réfugiés et ceux qui s’en sont évadés. Ils vivent dans des conditions inhumaines, en étant obligés de dormir sans toit et de chercher à manger dans les ordures, outre le fait de devoir tout le temps fuir la police. Et cela dure depuis dix, cinq ou trois ans selon les cas. Avant de les rencontrer, je pensais que mettre sa vie en péril pour venir en Europe valait la peine. Mais quand j’ai vu leur situation là-bas, elle m’a beaucoup préoccupé et intrigué. Alors, je voulais en savoir plus sur eux en leur posant de multiples questions.

Quel genre de questions ?

Qu’est ce que vous faites ici ? Comment vivez-vous ? Pourquoi êtes-vous venus? Et la plupart m’ont répondu : «Nous avons été induits en erreur quant à la vraie situation, ici en Italie. Nous étions en Tunisie, entourés de nos familles et de nos amis et puis, en voyant ceux qui sont partis à l’étranger revenir avec beaucoup d’argent, des voitures et des portables dernier cri, nous nous sommes demandé pourquoi, eux, ils vivent ainsi et nous non, alors que nous étions dans la même situation de chômage auparavant. Et du coup, nous nous disions : pourquoi ne pas suivre leur exemple ?». Et là je leur ai posé une autre question : «Alors, en arrivant ici, vous avez découvert quoi ?». La réponse était unanime : «Nous avons découvert qu’ils nous ont menti sur toute la ligne. Les voitures, ils les ont empruntées ainsi que l’argent pour nous faire croire qu’ils sont riches. Car il est devenu impossible de trouver du travail en Italie. Les Italiens ne veulent plus de nous. Ils amènent des Roumains, des Polonais et des Tchèques pour travailler chez eux puisque l’Europe s’est élargie». Finalement, je leur ai demandé : «Pourquoi ne pas rentrer alors ?» Ils me rétorquaient qu’ils aimeraient bien revenir en Tunisie, qu’ils considèrent désormais comme un paradis mais ils ne peuvent pas le faire. Car ils ne peuvent pas se permettre de rentrer les mains vides après toute cette galère et ces sacrifices. Ils ont peur du regard accusateur de la société. Il y a ceux aussi qui n’osent pas revenir au pays parce qu’ils ont volé les bijoux de leur mère pour se payer une place sur une barque vers l’Europe.

D’après ce qu’ils vous ont raconté, qu’est-ce qui les motive à partir ?

Certes, la recherche du travail est le premier motif mais pas le seul. Car quand je leur pose la question, ils me répondent qu’en Tunisie, ils n’arrivent pas à s’exprimer, à parler de leurs problèmes et des choses qui les tourmentent, alors qu’à l’étranger, malgré toute la misère dans laquelle ils vivent, ils ont ce privilège. Ils me disent aussi que chez eux, le monde appartient aux puissants et à ceux qui ont des “pistons”. Or eux se sentent marginalisés et ne peuvent même pas le déclarer. Et quand je leur demande : «Mais comment acceptez-vous de vivre dans la précarité totale ici en Italie alors que vous refusez d’en supporter le quart en Tunisie? Ils me répondent que dans leur pays, ils ne peuvent consentir de galérer car ils sentiraient, dans ce cas, subir une injustice.

Quelle conclusion avez-vous tiré de ces rencontres ?

La conclusion que j’ai tiré d’après ce que j’ai vu est que ces gens ont besoin d’une assistance psychologique. S’ils continuent à vivre dans la misère dans le pays d’accueil, c’est parce que la société tunisienne ne pardonne pas l’échec. Elle n’accepte pas que des gens partent au péril de leur vie et reviennent les mains vides. Ils en sont victimes car elle les pousse à s’attacher aux apparences, à fuir leur réalité et ne les aide pas du tout à s’assumer et à se prendre en charge. C’est pour cela que j’accuse cette société d’avoir marginalisé les faibles et privilégie les plus forts. Je considère que ces personnes ont un potentiel extraordinaire qui n’a pas été exploité et mis en valeur. Un individu qui est capable de traverser une mer comme s’il traversait une rue, doit avoir à l’intérieur de lui une volonté surprenante et une très grande énergie. Pourquoi laisser passer tout cela et ne pas donner à cette personne une opportunité ? Ces gens accusent la société de les avoir marginalisés et moi je me joins à eux. Et c’est ce que je vais mettre en évidence dans mon spectacle avec un peu de dérision.

Nous sommes tous responsables de ce qui leur arrive. Leur demander pourquoi vous avez «brûlé» est inadmissible pour moi. C’est comme si nous ignorions leur malaise, leur souffrance et le sacrifice qu’ils viennent de faire ! Il faut réfléchir longtemps avant de leur poser une question pareille ! En tout cas, moi, je n’ai pas osé la poser. Je considère qu’il est nécessaire de respecter la dignité de ces individus en leur posant les questions qu’ils méritent. Et puis, avant toute interrogation, il faut leur dire : Dieu merci, vous êtes encore en vie !

Comment ont-ils réagi quand vous leur avez dit que vous préparez une pièce sur eux ?

Ils ont été très contents. D’ailleurs, ils attendent avec impatience de voir la pièce. Ils m’ont surtout chargé de faire parvenir leur voix et de parler de leurs conditions de vie et de leurs souffrances.

S’ils revenaient un jour en Tunisie, seraient-ils partants pour «brûler» de nouveau ?

Moi, je leur ai plutôt posé la question suivante : «Si vous aviez un frère, un proche ou un voisin qui voudrait venir en Europe, qu’est-ce vous lui conseilleriez?» Ils m’ont répondu à l’unanimité : «Non, non et non. Il ne faut pas qu’il vienne. Nous ne voulons pas induire les autres en erreur. L’Italie n’est pas un paradis. Nous vivons dans la misère. Les Italiens eux-mêmes ont des problèmes». Et quand je leur ai demandé : «Mais ce discours ne vous a-t-il pas été tenu avant de partir», ils m’ont rétorqué : «Oui, mais nous n’y avions pas cru».

Vous auriez pu, pour les besoins de votre spectacle, vous limiter aux émigrés clandestins que vous avez rencontrés en Italie ? Pourquoi avoir tenu à continuer ce travail à Tunis ?

En Italie, j’ai rencontré les émigrés clandestins qui ont réussi à arriver en Europe. Maintenant, je voudrais voir ceux qui veulent aller là-bas ainsi que leurs parents. Je voudrais savoir pourquoi ils désirent «brûler» et ce qu’ils pensent trouver en Italie. J’ai eu une première rencontre à Daouar Hicher avec eux. Les gens présents étaient très touchés comme vous l’avez vu car ils ont senti que le rapport était sincère entre eux et moi et que je m’intéressais à leurs malheurs, à leurs problèmes et à leurs drames dont je parlerai dans ma pièce.

Et qu’avez-vous déduit de votre rencontre avec eux ?

J’ai découvert qu’il y a un écart énorme entre le discours officiel et la réalité, entre ce que disent les responsables et le vécu des gens. Il faut que ces hauts responsables aillent visiter les faibles chez eux et voir de leurs propres yeux leur existence. Ils faut qu’ils quittent leurs bureaux pour aller chercher les marginalisés et les exclus là où ils sont. Dans les cafés par exemple, qui pourraient se transformer à l’occasion en espaces de dialogue. Il est nécessaire que l’Administration soit au service du citoyen où qu’il soit. Je propose même, en guise de dérision, d’organiser pour ces responsables «une campagne de contact avec le peuple» !

Et vous, qu’est ce que vous proposez, comme solutions au phénomène de l’émigration clandestine ?

Je l’ai dit et je le répète, il faut une assistance psychologique à ces gens qui ont «brûlé» ou qui veulent le faire. Il est nécessaire de créer des cellules d’écoute en Italie et en Tunisie pour les aider à se découvrir, à mieux se comprendre et se définir, à se réconcilier avec eux-mêmes et à pouvoir faire la différence entre le rêve et la réalité. Car faut-il le préciser, cette société fait vivre les gens dans l’hypocrisie et dans les fausses apparences en leur faisant croire que tout est possible. Prenons par exemple les émissions télé qui vous promettent de gagner des millions. Comment ne pas rêver de s’enrichir facilement en les regardant? On ne peut pas fabriquer des rêves puis venir reprocher aux gens d’y avoir cru !

Ce que vous avez fait à Douar Hicher, allez- vous le continuer dans d’autres endroits ?

Bien sûr ! J’irai à l’intérieur du pays visiter des endroits réputés pour être des foyers de l’émigration clandestine. Et puis, comme vous l’avez vu, les autorités locales me soutiennent et je crois qu’ils continueront à le faire car je touche une problématique qui les intéresse.

Ce travail de sensibilisation que vous faites actuellement rappelle ce que vous avez réalisé pour la santé sexuelle quand vous avez mis en scène le spectacle «Ech Ikouloulou», non ? C’est ma manière de procéder et de faire mon métier d’artiste. Quand je traite un problème de société, la moindre des choses est de rencontrer et de discuter avec les gens qui y sont directement concernés. Je ne vais quand même pas inventer des histoires sans tenir compte de la réalité ! Un personnage sur scène a sa raison d’être qui dépend de mon rapport en tant qu’artiste avec le réel. Je m’implique à fond dans les problématiques que je traite. C’est ma façon aussi d’exercer ma citoyenneté.

Cette pièce sur l’émigration clandestine, où allez-vous la présenter ?

Pour le moment, je vais la présenter en Tunisie pour les émigrés vivant en Italie et en langue italienne dans plusieurs régions en Italie. Car je suis en train de préparer la version italienne de mon spectacle avec un metteur en scène et un producteur de là-bas. Mais dans cette version, je vais traiter la question du point de vue du pays d’accueil qui avoue avoir des difficultés à accepter cette émigration clandestine, du moins de point de vue officiel. Du reste, elle profite bien à la mafia et aux réseaux intégristes!

Hanène Zbiss

(Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), le 18 mai 2009)

 

Le CV anonyme et la burka
 

par Sadri Khiari
Selon WK-RH, un site consacré à la gestion des « ressources humaines », l’expérimentation nationale du CV anonyme, destiné à combattre la sélection raciale à l’emploi, devrait démarrer début octobre [
1]. La fameuse loi sur l’« égalité des chances » d’avril 2006 avait déjà rendue l’anonymisation des CV obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Faute de décrets d’application, la décision du Parlement était restée lettre morte.

Beaucoup de bruit pour rien

Où sont donc passées tous les grandes promesses de lutte contre les discriminations raciales ? Rappelez-vous, le 8 janvier 2008, quelques mois à peine après son élection, Nicolas Sarkozy avait annoncé son intention de modifier le préambule de la Constitution pour y intégrer « les nouveaux droits que notre époque appelle » et, en particulier, la promotion de la « diversité ». Présidé par Simone Veil, un comité de réflexion, mis en place au mois d’avril, devait plancher sur la question. Résultat : zéro ! Y a rien à changer dans notre Constitution avait conclu les « experts ». Un joli petit coup de pied dans le postérieur présidentiel.

Mais Sarkozy n’est pas homme à se laisser démonter. Le 17 décembre, le jour même où le rapport Veil lui est remis officiellement, il prononce un long discours à l’école Polytechnique, tout entier consacré à la « diversité ». Il y prend ses distances, il est vrai, avec les « statistiques ethniques », le « communautarisme » et la « discrimination positive » qui font tellement peur aux souchiens mais, comme à son habitude quand il prend la parole, il va quand même très loin, bien au-delà de ses intentions réelles. On l’a découvert ainsi quasiment anticapitaliste, écologiste, féministe ; pour peu on pourrait le croire anticolonialiste. Sa capacité à s’approprier les mots des autres est en proportion inverse du nombre de ses principes. Et comme il ne croit en rien, il peut tout dire. Citations : « Vive la République, une République des droits réels et non virtuels ». « Nous trahissons l’idéal républicain en proclamant notre attachement à une République formelle sans nous soucier de construire une République réelle. Il n’y a pas de République réelle sans volontarisme républicain. Il n’y a pas de République réelle sans la volonté de corriger les inégalités, en traitant inégalement les situations inégales. C’est la clé. » « L’égalité des chances : ce doit être la priorité d’aujourd’hui. ». « L’égalité des chances ne doit pas être une priorité dans les mots, cela doit être une priorité dans les actes. Je vais m’y engager chaque jour. Je veux une mobilisation de tout l’appareil de l’État, de toutes les administrations et de tous les ministères. Et l’État doit être exemplaire et il ne l’est pas. Exemplaire dans la mise en œuvre des politiques en faveur de l’égalité des chances, exemplaire dans la lutte contre les discriminations, exemplaire dans la promotion de la diversité, exemplaire en matière de transparence sur les résultats. Et l’État doit être exemplaire mais les collectivités locales aussi, les partis politiques aussi, les entreprises également. »

Le Bavard de l’Elysée ne s’en tient pas à la réaffirmation de ces grands principes ; il trace aussi les axes d’un programme d’action pour enrayer la reproduction des inégalités dans les différents champs de la société (enseignement et formation, emploi, urbanisme, médias, représentation politique, statistiques...) et confie à Yazid Sabeg, nommé Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances, la charge de concevoir précisément les réformes à engager. Certes, l’ensemble de son propos révèle son mépris foncier pour l’égalité réelle qu’il dénonce comme « égalitarisme » ; il est profondément élitiste et défend une vision libérale et méritocratique de la société ; on sait aussi que la bête a du flair, que Sarkozy aimerait bien gagner nos voix, qu’il utilise, selon les mots d’un imbécile, « la diversité contre l’égalité » [2] ; on sait surtout que la révolte des cités est toujours dans les esprits : ne rien faire pour empêcher la fracture socio-raciale de s’approfondir, c’est l’assurance de nouvelles convulsions sociales aux risques politiques imprévisibles.

L’opposition parlementaire en est consciente également. Et puis, la nomination de personnalités issues de la « diversité » au gouvernement lui ait resté en travers de la gorge. Pas question, donc, de laisser Sarkozy continuer à avoir l’initiative sur le terrain des discriminations et en récolter les fruits sur l’arène électorale. Le 9 décembre, au nom des socialistes, la députée Georges Pau-Langevin dépose ainsi à l’Assemblée nationale une proposition de loi « visant à lutter contre les discriminations liées à l’origine, réelle ou supposée ». Guère très audacieuse, elle propose tout de même d’imposer quelques contraintes au patronat.

Près d’un an après qu’en reste-t-il ? Rien. Veil a donc envoyé balader Sarkozy. La loi du PS est passée à la trappe, sabotée par la droite. Confronté dès le début à une forte opposition, Yazid Sabeg a mis beaucoup d’eau dans son vin, mais le rapport et les mesures qu’il a proposées ont soulevé un tel tollé chez les sentinelles de l’ordre blanc, toutes tendances confondues, que Sarkozy l’a quasiment désavoué. Au placard, Sabeg !

Quand la montagne accouche d’une souris

J’ai dit qu’il ne restait rien de tout ce charivari mais j’aurais dû dire « presque rien ». Plus exactement, il ne reste que l’expérimentation du très contestable CV anonyme, lequel fait l’unanimité à droite et à gauche mais pas chez les chefs d’entreprises. En fait, la décision de promouvoir l’anonymisation du CV est déjà incluse dans la loi du 31 mars 2006 pour l’égalité des chances, promulguée, on s’en souvient, en réaction à la révolte des banlieues. Il y est prévu notamment d’introduire un nouvel article dans le code du travail : « Dans les entreprises de cinquante salariés et plus, les informations mentionnées à l’article L. 121-6 et communiquées par écrit par le candidat à l’emploi doivent être examinées dans des conditions préservant son anonymat. Les modalités d’application du présent article sont déterminées par décret en Conseil d’Etat. » Plus de 3 ans après sa promulgation, en l’absence de décrets d’application, la loi n’a jamais été appliquée.

Dans son discours à l’Ecole polytechnique, Sarkozy avait à nouveau évoqué la question mais pour en limiter immédiatement la portée. « Je souhaite que le CV anonyme devienne un réflexe pour les employeurs », déclare-t-il alors, mais, plutôt que de se référer à la loi, il choisit de se référer à l’accord interbranches sur la « diversité », un catalogue de vœux pieux, conclu par les « partenaires sociaux » en 2006 et qui prévoyait seulement l’expérimentation du CV anonyme. « Cette expérimentation, poursuit ainsi Sarkozy, il faut maintenant la conduire. En 2009, le gouvernement proposera à 100 grandes entreprises de mettre en place le CV anonyme. Les résultats diront s’il faut aller plus loin. » Dans son rapport, Sabeg ne va pas au-delà sinon pour annoncer que 150 entreprises et non plus 100 devront se prêter à l’expérimentation.

Désormais, si l’on en croit les informations fournies par le site WK-RH, tout est en place pour que débute l’opération qui devrait durer jusqu’en mars prochain. « Le comité de pilotage chargé d’élaborer le cahier des charges et de baliser le déroulement, sous l’égide du commissaire à la diversité, mais aussi du ministre du Travail, Xavier Darcos, et du secrétariat d’État chargé de l’emploi, Laurent Wauquiez, vient de rendre sa copie ». En dehors de grandes entreprises comme BNP Paribas, Adecco Accor, Axa et Bouygues Telecom, les volontaires seraient toutefois en nombre insuffisant, et le gouvernement va devoir démarcher auprès des sociétés de plus de 50 salariés pour les inciter à faire « acte de citoyenneté ». Mais ce n’est pas gagné : les patrons détestent qu’on se mêle de leurs oignons [3] !

Un gadget inefficace

On pourrait penser que les réticences des chefs d’entreprises à appliquer une telle mesure plaident en sa faveur. En vérité, il n’en est rien. En premier lieu, aussi bien la loi de 2006 que l’expérimentation prévue ne concernent que les sociétés de plus de 50 salariés. Or, les discriminations au recrutement sont massives également dans les entreprises plus petites. En outre, le secteur qui pratique le plus la discrimination raciale est la fonction publique au demeurant pas concernée par le CV anonyme. Admettons cependant que celui-ci soit généralisé. Il n’en resterait pas moins qu’une grande majorité des recrutements continueraient de se pratiquer, non sur la base du CV, mais à travers les réseaux sociaux, les relations directes et les cabinets spécialisés. Admettons encore que toutes ces pratiques de recrutement soient interdites. Rien ne garantit que les candidatures indésirables - les bougnoules et les nègres - ne soient pas écartées lors du premier entretien. Il faudrait alors imposer aux candidats de porter un masque. Et encore, ce ne serait pas suffisant : ils devraient aussi travestir leurs accents, modifier leurs manières de parler, de bouger, de s’habiller, etc. « On le fait déjà ! ». « Ah oui, c’est vrai, ben alors il reste plus que le masque ! Mais il faudra le porter toute votre vie parce qu’une fois franchie la barrière du recrutement, il y aura encore d’autres barrières pour vous interdire d’avoir les promotions auxquelles vous aurez droit ou, tout simplement, d’être respectés par la hiérarchie et même par certains de vos collègues blancs. » C’est ça qu’a oublié Mohamed Kessous, le journaliste du Monde qui a fait le récit du racisme auquel il est confronté : il ne faut pas seulement masquer son nom ; il faut devenir un masque...

CV anonyme et burka

Or, justement, ce que ne comprennent pas les apôtres du CV anonyme, c’est que nous ne voulons plus porter de masques. Quand bien même l’anonymisation du CV pourrait permettre de réduire le nombre des discriminations raciales, ce ne serait qu’une apparence de réduction. La discrimination fondamentale, c’est le masque obligé. Trouver un emploi grâce au masque ou être exclu d’un emploi faute de masque, c’est également être discriminé. Être contraint de porter un masque est une insupportable atteinte à notre identité, c’est-à-dire à notre dignité. C’est devenir invisible. Abstrait. Non pas un être humain de chair, de sang et d’histoire qui voudrait gagner sa vie mais un candidat abstrait, une entité hybride, à la fois « sujet de droits », tel qu’il pourrait sortir d’un dictionnaire juridique, et « bloc de compétences », fabriqué par l’appareil scolaire. Le CV anonyme révèle, en effet, beaucoup de choses sur cette société. Une société qui a tellement peur des particularités qu’elle réduit les gens à des spécifications techniques, comme on pourrait le faire d’une quelconque machine. C’est d’ailleurs quand le mode d’emploi est mal rédigé qu’on assiste à des drames comme les suicides récurrents des employés de France télécom. Normalement, sur chaque nouvel employé livré à l’entreprise, le fabricant aurait dû accoler un avertissement : « Attention : ne pas laisser sous tension plus de 2h. Risque d’explosion suicidaire ».

La seule manière de concevoir l’égalité, nous dit le CV anonyme, c’est l’égalité de droit entre des individus abstraits. Et c’est peut-être pour cela que les secteurs les plus avancés de la Modernité, en l’occurrence les très grandes entreprises, sont les moins réticents à anonymiser les procédures de recrutements. L’expression « anonyme » ne rend d’ailleurs pas le véritable sens de ce qui est proposé ; il faudrait plutôt dire le « CV abstrait », car, c’est bien d’abstraction dont il s’agit et non pas d’anonymat. Ainsi, la photo d’une candidate portant la « burka » ne rend pas, pour autant, son CV anonyme. Bien au contraire, son corps disparaît pour mettre encore plus en évidence son identité. Son CV souligne avec force que la candidate est dotée d’une individualité autonome, qu’elle a une histoire, une culture, une identité et qu’elle y tient [4]. Elle devient une candidate singulière, spécifique, l’inverse d’une simple force de travail ou d’une citoyenne abstraite.

On voit, ici, toute l’hypocrisie qui se cache derrière les arguments qui sont opposés au voile intégrale par les éradicateurs islamophobes : « Il n’est pas admissible que le visage des individus soit caché ; l’humanité est dans le regard ; le vivre ensemble est dans l’échange des regards. » En réalité, on veut interdire la « burka » pour invisibiliser les femmes qui le portent, pour les rendre à l’abstraction, pour les déshumaniser. L’individu n’est pas tué par ses particularités communautaires, il est tué par l’Abstraction. C’est ça la « Civilisation ».

Et la « Civilisation » qui produit des êtres vides et seuls a horreur de ces Arabes et de ces Noirs qui s’obstinent à être des individus « pleins », particuliers, conscients de leurs particularités et fiers de leurs particularités. Le sens réel du CV anonyme, ce n’est pas seulement d’être un instrument futile pour combattre les inégalités raciales, ce n’est pas de renoncer à hiérarchiser les particularités dans le domaine de l’emploi, c’est occulter et arracher les singularités pour faire de chacun un être abstrait. Nous ne sommes tolérables à leurs yeux qu’en devenant l’expression incarnée de la déshumanisation moderne. L’expérimentation du CV anonyme n’est pas là où on la croit. C’est nous qui devenons les cobayes de l’abstraction absolue qui est le rêve que la Modernité voudrait généraliser à toute l’humanité.

Sadri Khiari, le 30 septembre 0

[1] http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/15314/cv-anonyme-l-experimentation-nationale-demarrera-debut-octobre.html#

[2] C’est le titre d’un essai débile publié cette année aux éditions Raisons d’agir. L’auteur s’appelle Walter Benn Michaels.

[3] Un cabinet de recrutement sur deux est favorable à la mise en œuvre du CV anonyme, la même proportion se disant contre. Tel est le résultat de l’enquête menée au mois de mai par l’association « A Compétence égale » auprès de 39 de ses membres, et présentée dans un rapport sur le CV anonyme remis à Yazid Sabeg, le 11 juin dernier. Ce sont sans doute ces réticences qui ont empêché l’application de la loi de 2006.

[4] Allez-y, dites « il prône le port de la burka » ; je m’en fous !

 

(Source : le site « Indigènes République », le jeudi 1er octobre 2009)

Lien : http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=721

Les signaux GPS ont désormais une précision de "un à deux mètres" en Europe

AFP, le 1er octubre 2009 à 16h02

BRUXELLES, 1 oct 2009 (AFP) -  Les Européens disposent désormais de signaux GPS d'une précision de localisation de "un à deux mètres", contre près de dix mètres auparavant, a annoncé jeudi la Commission européenne.

Le service gratuit EGNOS (le système européen de navigation par recouvrement géostationnaire) permet d'améliorer la précision du système de radionavigation par satellite américain GPS, qui atteint en moyenne près de dix mètres.
Il précède de quelques années l'avènement de Galileo, projet technologique phare qui permettra à l'UE de rivaliser avec le GPS (Global Positioning System) d'ici fin 2013.
EGNOS fonctionne déjà de manière optimale depuis le début de l'année, mais il vient seulement de se doter d'une structure juridique, ce qui permet à la Commission d'en vanter les mérites.
Il permet déjà de guider les conducteurs automobiles et d'offrir de nouveaux services à divers secteurs, par exemple en matière d'épandage de haute précision des engrais dans l'agriculture.
Ultérieurement, EGNOS sera également certifié pour une utilisation par l'aviation civile, qui opère encore beaucoup par de simples communications radio avec les tours de contrôle.
Ses applications sont infinies: il pourra aussi servir par exemple à l'assistance aux accidentés, à l'automatisation des passages aux péages routiers ou à la navigation des personnes non voyantes.
Ce système est a priori paramétré sur tous les récepteurs GPS achetés depuis moins d'un an.
Les Américains disposent depuis plusieurs années d'un système similaire pour améliorer la précision des signaux de base de GPS, mais il ne couvre pas le territoire européen.
EGNOS couvre la plupart des Etats européens et a la possibilité d'être étendu à d'autres régions, telles que l'Afrique du Nord et les pays voisins de l'UE.
Il se compose de transpondeurs embarqués sur trois satellites géostationnaires et d'un réseau terrestre comprenant environ 40 stations de positionnement et quatre centres de contrôle.
Son exploitation a été confiée à la société European Satellite Services Provider, fondée par sept fournisseurs de services de navigation aérienne et implantée à Toulouse. Celle-ci a signé mercredi avec la Commission européenne un contrat pour garantir l'exploitation et la maintenance du système jusqu'à la fin 2013.
Galileo promet d'être plus précis encore, mais il pourra aussi être couplé avec EGNOS pour un meilleur fonctionnement.
Contrairement aux systèmes américains GPS et russe GLOSNASS, mis en service durant la guerre froide à des fins militaires, Galileo sera le premier système mondial conçu a priori à des fins civiles.
 

Grippe H1N1: vigilance dans les pays arabes avant le pèlerinage à La Mecque

(AFP) – Le 1 oct. 09
LE CAIRE — Les pays arabes multiplient les mesures préventives contre la grippe H1N1 à l'approche du hajj, craignant que ce grand pèlerinage annuel ne provoque une poussée de la pandémie bien que l'Arabie saoudite se montre rassurante.
L'omra, petit pèlerinage qui peut s'effectuer à tout moment, et le hajj, qui doit se tenir cette année fin novembre, sont une période propice à la propagation du virus, en raison du rassemblement de centaines de milliers de personnes venant du monde entier dans la ville sainte de La Mecque, en Arabie.
Les ministres arabes de la Santé, réunis en juillet au Caire, avaient recommandé d'interdire aux fidèles de plus de 65 ans et de moins de 12 ans, aux femmes enceintes et aux personnes atteintes de maladies chroniques comme le diabète d'effectuer le pèlerinage, un avis suivi par la majorité des pays concernés.
L'Arabie saoudite s'est récemment montrée rassurante, affirmant que seuls 26 cas de grippe H1N1 avaient été recensés et qu'aucun n'avait été mortel parmi les millions de fidèles ayant accompli l'omra durant le mois de jeûne du ramadan, qui s'est achevé le 20 septembre dans la plupart des pays musulmans.
Vingt-neuf personnes ont succombé au virus en Arabie saoudite ces derniers mois.
Les Saoudiens demandent aux pèlerins de se faire vacciner contre la grippe ordinaire et la grippe H1N1 si le vaccin est disponible avant le hajj.
Et la vigilance reste de mise dans le reste de la région.
L'Egypte, le plus peuplé des pays arabes avec 80 millions d'habitants et grande pourvoyeuse de pèlerins, a renforcé les mesures de prévention à l'aéroport international du Caire à l'occasion du retour des fidèles ayant effectué l'omra.
"Une décision pourrait être prise à tout moment pour interdire le hajj cette année", a récemment déclaré le ministre égyptien de la Santé, Hatem Al-Gabali.
Selon un responsable égyptien, le nombre de pèlerins égyptiens va baisser de 30 à 40% en raison des restrictions de voyage imposées pour prévenir la propagation du virus.
Les autorités égyptiennes ont également reporté d'une semaine, au 3 octobre, la rentrée scolaire et fermé jusqu'à cette date les écoles et universités étrangères qui avaient déjà ouvert pour tenter de limiter les risques de contamination. Plus de 900 cas ont été enregistrés en Egypte, dont deux mortels.
La Tunisie, qui avait déjà suspendu l'omra, a invité ses ressortissants à reporter le hajj à l'an prochain.
Au Maroc, il n'est pour l'instant pas question d'annuler le grand pèlerinage, mais le ministère de la Santé a annoncé que seules les personnes vaccinées pourraient s'y rendre.
Dans les monarchies du Golfe et au Yémen, les autorités sanitaires rappellent à l'intention des candidats au pèlerinage la nécessité de se faire vacciner contre le virus H1N1 dès que le vaccin sera disponible.
L'Irak, lui, avait annoncé en août qu'il interdisait à ses ressortissants d'effectuer l'omra à compter du ramadan et jusqu'à nouvel ordre.
Son voisin iranien, pays non arabe qui fournit un grand nombre de pèlerins chaque année, avait également interdit aux fidèles de se rendre en pèlerinage à la Mecque pendant le ramadan.
De manière plus anecdotique, la Jordanie avait appelé ses ressortissants à éviter les embrassades lors de la fête de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan, pour combattre la propagation de la grippe H1N1.
La grippe H1N1 a tué au moins 3.917 personnes dans 191 pays et territoires depuis l'apparition du nouveau virus en mars-avril dernier, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
2009 AFP.

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