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TUNISNEWS
9 ème année, N° 3388 du 01.09.2009
 archives : www.tunisnews.net  

Campagne pour la libération du camarade Ahmed Dhwib - Etudiant Tunisien
African Manager: Tunisie : La Banque Zitouna ouvrira à la fin du 1er trimestre 2010
Le Temps: Aux sources de la civilisation islamique: L'épopée occultée de la mosquée Ezzitouna
AP: Libye: Kadhafi fête 40 ans de pouvoir sans partage
Tribune de Genève: Kadhafi, 40ans qu’il «guide» la Libye
Le Temps Suisse: Affaire Kadhafi  - La rage et l’humiliation
Le Temps Suisse: La Libye d’avant Kadhafi
Le Monde: Libye : le colonel Kadhafi fête avec faste ses 40 ans de pouvoir
Courrier International: Kadhafi, quarante ans de polémique
ATS: Hasni Abidi: les Libyens satisfaits du choix de l'arbitre suisse
AP: La Libye n'a pas tenu la promesse faite à Hans-Rudolf Merz
AP: Le PLR exige la suspension de l'accord avec la Libye
ATS: Jean Ziegler a refusé de se rendre en Libye
Reuters: La Libye s'ouvre au monde pour les 40 ans au pouvoir de Kadhafi
Xinhua: Mauritanie : Libération de deux personnes arrêtées pour appartenance à l'organisation Al-Qaïda
AFP: L'Iran juge "inacceptables" les déclarations de Sarkozy
AP:Iran: le fils d'un rival d'Ahmadinejad mort en prison en raison de mauvais traitements, selon une agence


« Damnés de la Terre » :
Campagne pour la libération du camarade Ahmed Dhwib - Etudiant Tunisien

Bonjour,
Nous portons à votre connaissance le message que nous a adressé un Groupe de syndicalistes Tunisiens
Nous somme des jeunes syndicalistes Tunisiens, novices, et déprimés, sauvagement attaqués pour toute action entamée pour défendre nos droits fondamentaux et syndicaux.
Notre seul crime c’est d’avoir voulu changer notre quotidien, et crié haut et fort, non à la discrimination antisyndicale, l’intimidation contre les représentants de la masse étudiante Tunisienne, et notre syndicat  UGET.
Mahmoud Dhwib,  secrétaire général adjoint du bureau fédérale de l’Union générale des étudiants de la Tunisie à l’école de commerce Sfax est le meilleurs exemple de cette répression foudroyante.   Le voila depuis plus de 04 mois emprisonné dans le silence général pour un seul crime, c’est d’avoir refusé de renier son engagement pour la défense des droits des étudiants en Tunisie.
Nous vous implorons à nous soutenir pour la libération de notre camarade Mahmoud Dhwib, étant impuissant devant un régime zélé, et déterminé à entraver tout action syndicale et réduire au silence toute expression sur les lieux d'étude.
Un groupe de syndicalistes déprimés
http://campagne-dhwib.blogspot.com   /
http://www.facebook.com/group.php?gid=120568336208
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www.damnesdelaterre.com

 

 

Tunisie : La Banque Zitouna ouvrira à la fin du 1er trimestre 2010.
 
African Manager
Depuis l’obtention de l’agrément fin décembre 2008, le fondateur et promoteur de Banque Zitouna, Mohamed  Sakher E Elmateri, Président du Groupe Princesse Elmateri Holding, a mobilisé tous les moyens humains, techniques et financiers nécessaires pour réussir ce projet : «  Avec un objectif de lancement de la banque au premier trimestre 2010, nous avons voulu doter  ce projet  de tous les atouts nécessaires à sa réussite et ce, en faisant appel aux meilleures expertises internationales en matière de création et de lancement de nouvelles banques et principalement celles spécialisées dans la Finance islamique » souligne Mohamed Sakher Elmateri.
Des services financiers, modernes et conformes à la finance islamique.
La dénomination choisie pour ce nouvel établissement financier, Banque Zitouna, qui viendra enrichir la place financière tunisienne, témoigne, selon ses dirigeants, de son attachement aux racines d’un pays où l’olivier est un symbole, économique culturel et historique et exprime  dans la signature du logo, sa volonté de partager ses valeurs et ses convictions avec ses clients. Mais Banque Zitouna est aussi une confirmation des orientations du gouvernement tunisien en matière de consolidation du dispositif bancaire et financier en vue d’appuyer et soutenir les entreprises et les  investisseurs tunisiens et internationaux ayant choisi la Tunisie pour développer de leurs activités. Banque Zitouna se veut aussi être une banque  tunisienne à forte responsabilité sociétale, ayant vocation à contribuer activement à l’expansion économique du pays en favorisant le recrutement des compétences tunisiennes et en attirant davantage,  via ses différentes lignes de métiers, les fonds d’investissement et de placement spécialisés. Elle compte ainsi mettre à la disposition de sa clientèle (particuliers, professionnels, entreprises et institutionnels)  de nouveaux services financiers et surtout un savoir-faire spécifique à la hauteur de leurs attentes. Les produits et services de la banque reposeront, selon nos informations, sur des techniques conformes à la Finance islamique et devraient ainsi pouvoir  répondre à l’ensemble des besoins de sa clientèle tant en matière de financement (Mourabaha, Ijara…) qu’en matière d’épargne et de participation (Moudharaba, Mousharka…) ou encore pour les produits et services de base : gestion de compte, moyens de paiement. Tout cela, sans oublier la qualité  de services que promet la nouvelle banque, grâce à un système d’information moderne et totalement intégré. Par la volonté de son fondateur, Banque Zitouna se veut  une référence en matière d’innovation technologique et opte, dés le démarrage, pour la diversification des canaux de distribution,  moyennant un service d’E-banking transactionnel complet et des Guichets Automatiques en Libre Service. Ce service viendra appuyer le réseau d’agences bancaires que la banque prépare fébrilement et qui devrait lui permettre de couvrir, dés les premières années, les principales villes du pays.
Les préparatifs vont très bon train et 2010 sera l’année de Zitouna.
La nouvelle banque dont le siège est situé dans la région du Lac 2 devrait  entrer en fonction dès la fin du premier trimestre de l’année prochaine 2010. Banque Zitouna se prépare à cette échéance et s’entoure pour cela de compétences internationales. C’est ainsi que  le cabinet McKinsey a été chargé de décliner les axes stratégiques en matière de positionnement et targeting, gouvernance et organisation, ainsi que pour l’établissement du business plan sur les prochaines années. La consultation qui a été faite auprès des meilleurs providers mondiaux de Global Banking (Temenos,Iflex, Delta , Path…) a aussi permis de retenir la solution «T 24 » de Temenos.  Le challenge de Banque Zitouna est aujourd’hui de conduire le projet d’implémentation de son système d’information sur une période de 8 mois. Une équipe d’experts multidisciplinaires (informatique, comptable, commercial et  maitrise d’ouvrage), disposant d’une riche expérience bancaire dans des banques en Tunisie et à l’étranger, a ainsi été constituée et y travaille. La banque a également fait appel au cabinet Altime Charles Riley pour  l’accompagner dans la conduite du chantier informatique. Parallèlement au projet informatique, Banque Zitouna a déjà avancé sur différents sujets en matière d’identité visuelle et de charte graphique (avec l’assistance du cabinet international Ogilvy) de design et aménagement de ses agences bancaire, de développement des produits et services, de confection et montage juridique et de  recrutement des collaborateurs. «Le projet dispose de forts atouts lui permettant d’avancer rapidement et à pas sûrs. Le challenge est certes important, mais la motivation et le dévouement de nos équipes nous laissent confiants et rassurés quant au bon déroulement de cette phase de création… », conclut Mohamed Sakher Elmateri.
(Source: "African Manager" le 1er septembre 2009)

 


 

 Aux sources de la civilisation islamique: L'épopée occultée de la mosquée Ezzitouna

 

Le temps/ Mardi 01 sept.-09

 

Une vue réductrice continue de marquer l'heureuse tradition mettant à profit le mois saint de Ramadan pour faire connaître le patrimoine civilisationnel national, à l'époque islamique, estiment certains citoyens informés qui reprochent à ce travail et à ceux qui y participent, une redondance inféconde dans les idées et les informations présentées et l'insistance démesurée sur la dimension orientale de la civilisation arabe et islamique, au détriment des contributions spécifiquement tunisiennes et maghrébines, en général. Pour eux, il s'agit là d'une occultation inexpliquée qui ne sert pas la cause de l'identité nationale, au sens profond du terme.

 Des spécialistes de l'histoire rappellent, à cet égard, que sans l'effort particulier de certaines dynasties purement nationales d'origine berbère et nord africaine, comme les Almohades (Al Mouahhidoun), entre 515 et 668 de l'hégire, 1120 et 1270 de l'ère chrétienne, l'Islam aurait reculé, voire disparu de l'Afrique du Nord, face aux menaces auxquelles cette région islamique de l'Afrique du Nord était, constamment, exposée de la part des puissances chrétiennes européennes de l'époque.

 

Une terre consacrée

 Les Tunisiens se rappellent encore, à ce propos, que la rue de la mosquée Ezzitouna dans la Capitale Tunis, où se trouve cette mosquée, s'appelait la rue de l'église, sous l'occupation française, entre 1881 et 1956, et il a fallu l'âpre combat de libération mené, durant toute cette période, par le peuple tunisien en vue de recouvrer son indépendance et restaurer les attributs de la souveraineté et de l'identité nationales, pour opérer ce changement.

 Justement, pour beaucoup de citoyens, à travers cette traditionnelle présentation du patrimoine civilisationnel national, à l'occasion de Ramadan, l'accent devrait être mis, en priorité, sur tout ce qui est propre à montrer et à faire valoir l'enracinement historique de l'identité nationale, dans ses dimensions tunisiennes, maghrébines et nord africaines de façon générale

 Contrairement aux conceptions réductrices de nos érudits actuels focalisant sur l'apport purement oriental, les anciennes sources et les livres et documents classiques de toutes sortes dont regorgent nos bibliothèques publiques, sont remplis d'éloges à l'égard de la Tunisie et de ses immenses mérites.

 Un hommage particulier y est rendu à la ville de Tunis et ses environs, considérée comme étant une véritable terre sainte consacrée de tout temps par la main de Dieu, et devenue, de ce fait, un haut lieu de contemplation spirituelle avidement recherché par tous les amoureux de la Vérité.

 Plusieurs prophètes y auraient même séjourné, selon ces écrits.

 Certains traités d'histoire écrits par d'anciens auteurs tunisiens mentionnent que le prophète Mohamed aurait fait nommément l'éloge de la terre tunisienne et promis l'accès direct au Paradis à tous ceux qui auraient la chance d'y servir la Cause divine.

 

Deux grands symboles

 Dans ce paysage, une place privilégiée est accordée à la mosquée Ezzitouna de Tunis et à la montagne du repentir (djebel attawba) ou montagne du Jellaz, à sa sortie sud, où s'élève le mausolée du grand saint de l'Islam Abou Hassen Chadli (décédé en  1258), renfermant la grotte sacrée où il se retirait, de son vivant, pour méditer et prier, lors de son séjour à Tunis.

 La ville de Tunis et les anciennes villes situées dans ses environs et constituant sa proche banlieue, sont érigées, toutes, sur des montagnes autour de mausolées de saints et de lieux consacrés depuis très longtemps, à l'instar de la mosquée Ezzitouna de Tunis, ou mosquée de l'olivier, construite au sommet d'une montagne consacrée depuis très longtemps, au même titre que les montagnes voisines, à en juger par la place spéciale dont l'olivier a toujours bénéficié, jusqu'à une époque très récente, dans les milieux populaires, en Tunisie, en Algérie, et dans les autres pays maghrébins, et qui s'apparente, par certains aspects, à un véritable culte.

 Les biographes de Abou Hassen Chadli rapportent que ce saint ne manquait aucune occasion pour signaler aux fidèles l'ancienneté de sa grotte comme lieu consacré et il l'appelait '' la grotte de l'ermite''.

 Tous les traités d'histoire signalent que les premiers contingents de musulmans venus d'Arabie saoudite et du Proche Orient en général, au début de l'Islam, pour prêcher le Coran et la nouvelle foi en Tunisie, ont trouvé beaucoup de temples et de sanctuaires religieux élevés sur les différentes montagnes de la région de Tunis, dont des sanctuaires sur la montagne du repentir et un autre sur l'emplacement de la mosquée Ezzitouna.

 De son côté, dans sa chronique universelle, le grand historien arabe et tunisien Ibn Khaldoun  affirme, dans le premier livre de cette chronique, en parfaite concordance avec d'autres éminents historiens arabes classiques,que certaines grandes mosquées de l'Islam, comme la grande mosquée de Damas, en Syrie, et la mosquée du Dôme du Rocher, ou mosquée d'Omar, dans la ville d'Al Qods, en Palestine, étaient, à l'origine, des temples religieux, dédiés à la divinité, et dont certains avaient été reconvertis en églises, avant d'être transformés en mosquées par les musulmans.

 

Ancienneté historique

 Il est communément admis que les grandes villes historiques et tous les anciens endroits habités sur la terre avaient été édifiés sur des lieux consacrés autour de quelques vieux temples et sanctuaires religieux.

 En Arabie, la sainte ville de la Mecque, entourée de nombreuses montagnes garnies de grottes consacrées, avait été élevée autour du temple d'Allah, la Kâaba, appelée aussi la vieille demeure, qui est le plus ancien sanctuaire religieux construit sur la terre, à la gloire d'Allah, et encore existant, pratiquement, en l'état architectural où il avait été édifié, à ses débuts. A ce titre, la ville de la Mecque est l'un des plus anciens établissements humains sur terre, voire le plus ancien, du moins dans la région. C'est dans l'une de ces grottes consacrées des montagnes situées aux environs de la Mecque, appelée '' la grotte de H'ira'', que le Coran a été révélé au prophète Mohamed, il y a près de 14 siècles, pendant le mois de Ramadan, un des quatre mois sacrés du calendrier chez les arabes, depuis les époques reculées.

 A travers la mosquée Ezzitouna et les autres anciens lieux consacrés signalés, qui  jalonnent son sol, la ville de Tunis peut aussi revendiquer le statut d'être l'un des plus anciens établissements humains sur terre.

 Or, elle portait de tout temps le  nom de Tunis, ou Tounès, sans doute d'après le nom des premiers groupes d'hommes qui l'avaient habitée. D'autant que d'autres lieux habités, en Tunisie, portent encore, ce même nom, sous diverses formes, comme la localité de Tyna, près de la ville de Sfax, sur la côte, plus au Sud. Concordance étonnante, d'après des anciens chroniqueurs tunisiens, il existait autrefois près de la ville de Tunis, justement du côté de la montagne du repentir ou montagne du Jellaz, une rivière qui portait un nom sonnant comme celui de Sfax, et tiré probablement de l'ancien nom générique des rivières en langue libyque et berbère ( acif et souf).

 Ces faits incontestables laissent supposer que la Tunisie a toujours été habitée depuis très longtemps, par des gens qui s'appelaient justement '' les Tunisiens'' et que ce sont eux qui ont donné leur nom au pays.

Salah BEN HAMADI

 

(Source: "Le Temps" (Quotidien- Tunisie) le 01 sept.-09)

 


 
 
Libye: Kadhafi fête 40 ans de pouvoir sans partage

Associated Press, le 1er septembre 2009 à 16h24

--par Alfred de Montesquiou--

TRIPOLI, Libye (AP) -- Le colonel Kadhafi a célébré en grande pompe mardi le 40e anniversaire de son accession au pouvoir et le retour de la Libye dans la communauté internationale, mais la présence de nombreux dignitaires étrangers n'a pas suffi à dissiper le malaise causé par la controverse de Lockerbie.
Moammar Kadhafi a donné le coup d'envoi de quatre jours de cérémonies fastueuses mardi matin sur une ancienne base aérienne de l'armée américaine transformée en camp militaire libyen. Une parade était prévue dans l'après-midi, ainsi qu'un grand spectacle dans le stade de Tripoli dans la soirée après la fin du jeûne du Ramadan.
De nombreux chefs d'Etat et de gouvernement ont été invités à célébrer le 40e anniversaire de l'accession au pouvoir de colonel Kadhafi par un coup d'Etat contre le roi Idriss Ier en 1969. Le secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet, représente la France.
C'est l'occasion aussi pour la Libye de montrer qu'elle n'est plus le paria de la scène internationale, statut dont elle s'est débarrassée en renonçant au terrorisme et en démantelant son programme d'armement nucléaire.
Les Etats-Unis ont renoué les relations avec Tripoli à la suite d'un accord sur l'affaire de l'attentat de Lockerbie, qui avait fait 270 morts, dont 189 Américains, en 1988. Le colonel Kadhafi a notamment accepté d'indemniser les familles des victimes.
Mais c'est la même affaire qui assombrit les relations entre Tripoli et Washington aujourd'hui, après l'accueil triomphal réservé dans son pays au Libyen Abdelbaset Ali al-Megrahi, seul condamné pour Lockerbie.
Souffrant d'un cancer de la prostate au stade terminal, cet homme de 57 ans a été remis en liberté pour raisons humanitaires alors qu'il purgeait une peine de prison à perpétuité en Ecosse. Les
Etats-Unis, y compris le président Barack Obama, et des familles de victimes, surtout américaines, ont vivement critiqué cette décision du gouvernement régional d'Edimbourg et ont été choqués par le fait que Megrahi ait été reçu en héros à Tripoli le 20 août.. Il est aujourd'hui hospitalisé, mourant, selon les autorités libyennes.

 

Kadhafi, 40ans qu’il «guide» la Libye

PORTRAIT | En pleine crise des otages suisses, le maître de Tripoli célèbre l’anniversaire de sa prise de pouvoir. Portrait d’un des dirigeants les plus provocateurs du monde.

GUSTAVO KUHN

Il n’est ni président ni premier ministre. Ni roi ni émir. Muammar Kadhafi règne pourtant en maître incontesté sur la Libye depuis quarante ans. Et mégalomane comme il est, cet anniversaire, il va le fêter en grande pompe. C’est en effet le 1er septembre 1969 que le jeune officier réalise un coup d’Etat et abolit la monarchie. Kadhafi a alors 27ans, et s’autoproclame colonel. Sur le plan politique, son titre officiel est guide de la révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste. Pour faire plus court, il se fait appeler le frère guide.

Son idéologie de départ? Le panarabisme et l’anticolonialisme. Car ce fils de Bédouin a une idole: l’Egyptien Nasser. Une fois au pouvoir, il développe une manie. Il veut absolument fusionner son pays avec d’autres nations arabes. Huit tentatives, autant d’échecs. Le seul chemin à suivre pour la Libye? Le sien: la «troisième théorie universelle», ni marxiste ni capitaliste, qu’il explique au peuple dans son célèbre «Livre vert». En 1977, la République libyenne devient ainsi la Jamahiriya, «l’Etat des masses», basé sur la «démocratie directe», qu’il «guide».

Soutien au terrorisme

Au cours des années80, le maître de Tripoli soutient des mouvements révolutionnaires et terroristes de divers horizons. Et ses services secrets sont accusés d’organiser plusieurs attentats particulièrement meurtriers (voir ci-dessous). Vient alors l’époque des sanctions. La Libye est mise au ban des Nations. Et celui que l’ancien président des Etats-Unis, Ronald Reagan, appelait le «chien enragé» devient un paria.

Mais à l’aube du nouveau millénaire, «l’infréquentable» change radicalement. De politique étrangère en tout cas. A coups de milliards de dollars d’indemnisations aux familles des victimes, et de grande déclaration sur l’abandon de sa prétention de se munir d’armes de destruction massive, Kadhafi se rachète une conduite.

Il gagne du coup la levée de l’embargo que l’ONU lui a imposé au cours des années90. L’Occident assoiffé de pétrole lui ouvre les bras. Pour quelques barils et des perspectives de contrats, Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy l’invitent ainsi à planter sa tente à Rome et à Paris.

Pour les organisations de défense des droits humains, Kadhafi n’a pas changé. Et il n’y a rien à fêter aujourd’hui. «La liberté d’expression, d’association et de réunion est toujours fortement restreinte. Les personnes critiques envers le régime sont réprimées», affirme Amnesty International.

«On ne peut pas parler de démocratie en Libye, confirme Moncef Djaziri, chercheur à l’Université de Lausanne et auteur de plusieurs livres sur ce pays. Le régime est sans aucun doute autoritaire. Mais nuançons, pas totalitaire. Car il ne suffit pas que Kadhafi exprime un souhait pour qu’il soit le lendemain transformé en loi».

Kadhafi joue habilement

La réforme du statut de la femme en est le meilleur exemple. Le «guide» le rêvait des plus progressistes. Car Kadhafi a beau être très religieux, il s’oppose à certaines lectures de l’islam. Ainsi, il doit lutter pendant dix ans pour faire adopter un texte donnant aux Libyennes des droits similaires à ceux des Tunisiennes. Et il a dû céder sur certains points, comme sur l’interdiction totale de la polygamie.«La structure du pouvoir est extrêmement complexe en Libye, explique Moncef Djaziri. Il y a d’un côté l’Etat «légal», avec un premier ministre et un gouvernement qui «gèrent» le pays, et il y a une structure parallèle, celle de Kadhafi et son entourage, qui donne les grandes lignes politiques. Et puis il y a les Congrès populaires, où tous les Libyens et les Libyennes de plus de 18ans peuvent aller débattre.»

L’universitaire estime cependant que la violence et la répression ne permettent pas, seuls, de maintenir un régime pendant quaranteans. «Il y a un certain consentement d’une partie de la population.» Kadhafi joue habilement sur certaines forces présentes dans le pays, tribales et militaires notamment. «L’action sociale n’est pas non plus négligeable, souligne Moncef Djaziri. Les Nations Unies classent la Libye en tête des pays de la région en ce qui concerne les indices de développement humain. Bien sûr, Kadhafi dispose de l’argent du pétrole. Mais encore fallait-il nationaliser le secteur. Avant le coup d’Etat, la Libye ne touchait que 10% des bénéfices.»

(Source : « Tribune de Genève » (Quotidien – Suisse), le 1er  septembre 2009)

 



 

Affaire Kadhafi 

La rage et l’humiliation

D.S. Miéville

C’est l’histoire d’un conflit qui tourne vite très mal et qui se termine en un cauchemar diplomatique pour la Suisse et deux de ses citoyens pris en otage en Libye

Que se passera-t-il si les deux otages suisses ne sont pas revenus dans une semaine? A cette réponse posée au retour de son voyage controversé à Tripoli, le vendredi 21 août, Hans-Rudolf Merz avait répondu: «Je suis prêt à faire un deuxième voyage pour m’assurer qu’ils rentrent. Et si je n’y arrive pas, s’ils restent bloqués en Libye, alors je perdrai la face.» Le délai d’une semaine est dépassé depuis plusieurs jours. Un autre délai était en passe d’être dépassé lundi soir. Vendredi, le Département des finances affirmait détenir une garantie écrite du premier ministre libyen que les deux Suisses pourraient quitter le pays «avant la fin du mois».

Il est exclu, après les péripéties de la semaine écoulée, que Hans-Rudolf Merz se déplace une nouvelle fois à Tripoli, d’autant plus que les Libyens paraissent bien déterminés à continuer à rouler les Suisses dans la farine. L’émission de la TV alémanique 10 vor10 faisait état lundi soir des déclarations au Times de Londres d’un membre du gouvernement libyen, Mohammed Sial, responsable des relations internationales. Lequel assurait le quotidien britannique que les deux Suisses devraient passer en jugement devant une cour libyenne, pour avoir enfreint la législation locale sur les visas.

La procédure, formellement ouverte il y a plus d’une année au moment de l’arrestation des deux Suisses, pourrait se prolonger des jours, des semaines ou des mois. A moins que le clan Kadhafi considère qu’il a assez joué avec le gouvernement et l’opinion helvétiques et décide d’inclure les deux otages dans la grande amnistie du quarantième anniversaire de la révolution..

Alors que la Suisse a de son côté tenu scrupuleusement tous ses engagements et s’est en plus empressée de souscrire aux dernières exigences formulées par Tripoli en rappelant immédiatement l’appareil qui attendait vainement les otages sur place, la Libye n’a apparemment pas le même sens du respect

de ses engagements contractuels. Si elle a manqué à la promesse de son premier ministre, elle a également d’ores et déjà failli aux engagements contenus dans l’accord signé par Hans-Rudolf Merz.

Elle n’a toujours pas désigné son représentant au tribunal arbitral dans le délai prévu, qui expirait dimanche soir. Eu égard à la situation des otages, la Suisse ne pourra même pas stigmatiser trop vivement la duplicité d’un gouvernement libyen qui renie ses engagements.

Les Libyens, relève un observateur que le Temps a interrogé à Tripoli, jouissent pour le moment de l’embarras des Suisses. Ils ont apparemment même pris la main dans le domaine de la communication. Alors que le DFAE et les Finances, comme tétanisés, se murent dans le silence, eux s’expriment. Dans une interview diffusée lundi par la TSR, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaim, expliquait lundi que les deux Suisses devaient revoir le procureur avant de pouvoir quitter le pays, mais qu’aucune démarche ne pouvait être faite à Tripoli en raison de deux jours fériés.

Plus les Libyens continuent à se moquer de la Suisse, plus les concessions signées à Tripoli par Hans-Rudolf Merz apparaissent exorbitantes. Mais le président de la Confédération n’est pas le seul à être en mauvaise posture. Toutes les investigations relatives à la façon dont cette affaire a été menée depuis le début s’étendront nécessairement à Micheline Calmy-Rey, à laquelle une large partie de la classe politique n’a pas l’intention de faire de cadeaux.

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Suisse), le 1er  septembre 2009)



 

 La Libye d’avant Kadhafi

 

Olivier Perrin  / mardi1 septembre 2009

 

A la fin de 1951, la Libye devenait une monarchie indépendante. Rappel d’une naissance difficile après la colonisation italienne.

L’axe italo-libyen. La Tripolitaine et la Cyrénaïque, contrairement aux autres provinces ottomanes d’Afrique du Nord, sont demeurées sous la domination de l’empire jusqu’en 1911. C’est l’année où les Italiens, qui entretenaient des relations commerciales avec la Libye depuis plus d’un siècle, déclarent la guerre à Constantinople. Ils obtiennent en 1912 les provinces susmentionnées et le Dodécanèse. Avec l’arrivée au pouvoir de Mussolini commence alors une longue période de colonisation et de résistance.

Le roi Idriss Ier (ci-dessus). Né le 12 mars 1889 à Jaghboub et mort le 25 mai 1983 au Caire, reconnu comme émir de Cyrénaïque par le Royaume-Uni en 1946, il était le petit-fils de Muhammad ibn Ali al-Sanussi, auquel il succéda comme chef de la confrérie religieuse des Sanussi en 1916, avant d’être contraint de s’exiler en Egypte en 1923 pour échapper au fascisme. Il fut souverain de Libye dès le 24 décembre 1951, lorsque celle-ci fut le premier pays du Maghreb à accéder à l’indépendance, votée par l’ONU: un échafaudage rapide d’une «effarante fragilité», commente alors le Journal de Genève. Sévère pour la construction, par ce «sympathique forum sans compétence», d’une nation avec «une économie de désert et de chameaux» et «des institutions prébibliques». Ce, après «la destruction presque totale des œuvres de la colonisation italienne» qui avaient fait de la Libye «le territoire le plus retardé d’Afrique du Nord».

Le coup d’Etat. Le 1er septembre 1969, alors qu’il était en traitement médical en Turquie, le roi de Libye fut déposé par le jeune capitaine Mouammar Kadhafi. Le 4août 1969, il avait transmis au Sénat une lettre d’abdication en faveur de son neveu et héritier, le prince Hassan Reda, qui avait déjà commencé à exercer la plupart des prérogatives royales. Sa renonciation devait prendre effet début septembre, mais la monarchie fut de fait immédiatement abolie par le coup d’Etat de Mouammar Kadhafi.

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Suisse), le 1er  septembre 2009)



 

Libye : le colonel Kadhafi fête avec faste ses 40 ans de pouvoir

 

LE MONDE | 01.09.09

Des années durant, il a été traité comme un terroriste et un pestiféré. C'est pourtant en patriarche respectable, entouré de nombreux invités, que le colonel Kadhafi devait fêter mardi 1er septembre à Tripoli ses quarante ans de pouvoir sans partage sur la Libye. Une cérémonie grandiose, "digne de l'ouverture d'un Mondial de football ou des Jeux olympiques", selon les organisateurs. Le clou des festivités devait être, mardi soir, un grand spectacle : scène immense, un millier de danseurs, jets d'eau et feux d'artifice. Thème : la Libye de la préhistoire à nos jours, en passant par la révolution du 1er septembre 1969, qui vit un fils de berger de la tribu des Kadhafa renverser, à 27 ans, le vieux roi Idriss et prendre le pouvoir, sans effusion de sang.

La France devrait être représentée par Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, et non par le chef de l'Etat, comme l'avait affirmé Tripoli jeudi 27 août, avant d'être démenti par l'Elysée. Etre présent en Libye me parait de bonne stratégie", explique M. Joyandet dans les colonnes du Parisien de mardi, soulignant que l'Europe "a besoin de l'influence" de Kadhafi "pour stabiliser" le Sahel, "menacé" par Al-Qaida.

Pour cette journée de fête, Kadhafi, 67 ans, doyen des chefs d'Etat africains, s'était assuré la présence d'une trentaine de chefs d'Etat et de gouvernement du continent noir, dont le Soudanais Omar el-Béchir, sous le coup de poursuites internationales, en convoquant, la veille, un sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA).

Que ces festivités du 1er septembre soient destinées à marquer les esprits, et même à amuser la galerie, cela ne fait guère de doute. Kadhafi "peut se payer le luxe d'être impertinent", comme le dit François Burgat, chercheur au CNRS et auteur d'un Que sais-je sur la Libye (PUF). Avec ses fabuleuses ressources en hydrocarbures, la Libye est redevenue un partenaire incontournable des Occidentaux. Elle dispose aujourd'hui d'un fonds de 136 milliards de dollars (94,7 milliards d'euros), grâce à ses exportations de pétrole et de gaz, contre 8 milliards seulement en 2002. Les années d'embargo (1992-2003) paraissent déjà loin. Le paria est rentré dans le rang en annonçant, en 2003, le démantèlement de ses programmes d'armement et en endossant la responsabilité de deux attentats qu'on lui imputait, celui de Lockerbie, en Ecosse (270 morts en 1988), puis celui du Niger (170 morts en 1989).

Kadhafi s'est-il vraiment assagi, comme on l'entend souvent dire ? "Non, il n'a pas changé. C'est toujours le même animal politique. Fondamentalement, il reste un bédouin : s'il ne trouve pas son chemin par la piste A, il empruntera la piste B pour aboutir à ses fins", répond Jean-François Galletout, qui travaille en Libye depuis vingt ans comme consultant indépendant dans le domaine des hautes technologies.

Un point de vue que partage M. Burgat, pour qui Kadhafi, après avoir sous-estimé les conséquences de la fin de la guerre froide, a su "avaler son chapeau" et prendre conscience du fait qu'il ne pouvait "s'exonérer totalement des règles de la diplomatie". Mais il fait payer à la Suisse ou à la Bulgarie, notamment, "le prix de l'humiliation" qui lui est infligée par la première puissance mondiale.

"EXCELLENT ÉQUILIBRISTE"

Quarante ans après avoir pris le pouvoir, Kadhafi est-il seul maître à bord ? "Sa force, c'est au contraire d'avoir su partager le pouvoir - en particulier l'administration et l'armée - avec d'autres tribus, tout en maintenant le leadership des Kadhafa", répond Luis Martinez, du Centre d'études et de recherches internationales (CERI). Pour cet universitaire, (auteur notamment du Libyan Paradox, Columbia University), cette stratégie de partage du pouvoir a garanti à Kadhafi la stabilité. "Grâce à la rente pétrolière, le régime a pu se doter d'appareils de sécurité et de répression extrêmement performants, explique-t-il. C'est ainsi qu'a été neutralisée ou éliminée toute contestation : les monarchistes, les islamistes et les démocrates." Si les Libyens perçoivent ce régime comme autoritaire, ils ont le sentiment qu'"ils ne peuvent pas le modifier, tant l'appareil sécuritaire est efficace ", analyse M. Martinez.

Combien de temps Kadhafi compte-t-il rester à la tête du pays ? C'est la grande inconnue. Deux de ses fils, Seif el-Islam (37 ans) et Saadi (36 ans), sont présentés comme de possibles successeurs. Le premier est crédité d'une volonté d'ouverture, à l'inverse du second, qui dirige les forces spéciales. Pour M. Martinez, Kadhafi joue en fait de ces deux images pour rassurer tour à tour les réformistes et les conservateurs. "Seif el-Islam améliore sa réputation. Saadi lui permet de tenir. Kadhafi est un excellent équilibriste", résume-t-il.

Pour M. Burgat, une autre succession, non familiale, se prépare peut-être, dans les rangs de l'armée par exemple : "Dans ce cas, elle ne peut se faire que dans l'ombre. Sitôt connue, elle serait décapitée. C'est pourquoi il est si difficile de faire des pronostics

Florence Beaugé

(Source: "Le Monde" (Quotidien- France) le 01 sept.-09)

 



 

Courrier International: Kadhafi, quarante ans de polémique

 

01.09.2009 Angélique Mounier-Kuhn | (d'après le quotidien suisse: Le Temps) 

En ce 1er septembre, le Guide libyen entame sa cinquième décennie au pouvoir. Toujours en grande forme, il reste incontesté en interne et revigoré sur la scène internationale par la zizanie qu’il sème au Royaume-Uni, en Suisse et ailleurs.

Sur son site Internet, florilège de déclarations hardies, il a repeint toute la planète en vert. De la même nuance que celle du Livre vert, l’évangile selon Kadhafi publié dans les années 1970, qui jette en trois chapitres les bases de la “troisième théorie universelle” et annonce l’avènement de la “démocratie directe”, sa vision très personnelle d’un socialisme arabe. Le 1er septembre, le “Guide de la révolution” libyenne commémore le quarantième anniversaire de son arrivée au pouvoir. C’était en 1969. Jeune officier de 27 ans, avec une poignée de compagnons, il balayait le règne d’Idriss Ier et se propulsait colonel. Sans effusion de sang. La suite est une autre histoire… Celle notamment, dénoncée par l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, d’une éradication sans relâche de l’opposition, en recourant systématiquement à l’emprisonnement, au meurtre si besoin.

A 67 ans, le doyen des chefs d’Etat africains a noyé de longue date sa beauté d’antan dans les boursouflures de son visage. Mais il aborde sa qurante et unième année de pouvoir en grande forme : sans le moindre compte à rendre à son peuple sur le plan intérieur, et ragaillardi sur la scène étrangère par la zizanie politique qu’il est parvenu à semer en France ou en Italie, et tout récemment en Grande-Bretagne et en Suisse.

Cyclothymique, extravagant dans le verbe comme dans le vêtement, mégalomane. Insaisissable. Qui est vraiment le colonel Kadhafi ? “Toute son existence a été dominée par une préoccupation”, explique François Burgat, auteur d’un Que sais-je ? sur la Libye. “Celle de laver l’affront de la présence coloniale en terre arabe. Admirateur fervent du leader égyptien Nasser, il a repris à son compte la portée nationaliste du nassérisme. Et il a bien sûr toujours jugé illégitime l’Etat hébreu, dans lequel il voit une réminiscence des occupations coloniales.” “Son obsession perpétuelle a été d’abord la réunification du monde arabe, fragmenté par la colonisation. Il y a renoncé à la suite de ses échecs successifs [toutes les formes d’associations qu’il a proposées à l’Egypte, à la Syrie ou à la Tunisie ont été rejetées] pour embrasser, dans les années 1990, le concept encore plus ambitieux de l’Union africaine (UA) qu’il souhaite quasi fédérale. Ses échecs ne l’ont jamais freiné”, ajoute Jean-François Daguzan, de la Fondation pour la recherche stratégique. Ni rogné ses rêves de grandeur : élu en février pour un an par ses pairs à la tête de l’organisation panafricaine, il s’était aussitôt autoproclamé “roi des rois traditionnels d’Afrique”.

Le “roi des rois” revient de loin. Dans les années 1980, la Libye apporte un soutien débridé au terrorisme : IRA, ETA, Brigades rouges ou OLP, rares sont les organisations qui rentrent les poches vides de leurs visites à Tripoli. Kadhafi s’impose en adversaire le plus malfaisant de l’Occident, et devient le “chien fou” que Ronald Reagan bombarde en 1986. Deux ans plus tard, un avion de la PanAm explose au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, puis un vol de la compagnie française UTA s’abîme dans le désert nigérien. Tripoli est accusé, et le Conseil de sécurité de l’ONU impose des sanctions en 1992, dont l’embargo sur les installations pétrolières. Elles ne seront levées qu’en 2003, lorsqu’il apparaît que le colonel est redevenu fréquentable. Car, depuis quelques années, la Libye s’efforce de renouer les fils avec l’Occident. “Il n’est pas sûr que ce soit Kadhafi, mais le cercle de pouvoir autour de lui a pris conscience que jouer au grand perturbateur n’était pas forcément payant. L’Irak en a été la démonstration”, explique Jean-François Daguzan. Le ticket de réinsertion dans le concert des nations a un prix : l’indemnisation des victimes de Lockerbie et l’abandon du programme d’armes de destruction massive. La Libye remet les clés de ses installations nucléaires à l’Agence internationale de l’énergie atomique. Elle rend aussi service en activant ses réseaux régionaux pour obtenir la libération d’otages capturés par des islamistes.

Chez lui, Kadhafi continue de régner en maître. “Il est impossible de rationaliser le système politique libyen. Le terme Jamahiriya lui-même [le nom officiel de la Libye, institué par la Constitution de 1977] repose sur la traduction du mot “république” par un jeu de mots signifiant que le pouvoir appartient au peuple. C’est le populisme sauce Kadhafi”, explique Barah Mikaïl, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). François Burgat décrit un système de pouvoir “plastique”, qui voit “coexister en parallèle plusieurs légitimités politiques (tribale, militaire, institutionnelle), dont l’une peut à tout moment prendre le pas sur l’autre”. Le “Guide se définit comme au-dessus du système, quelles que puissent être les révolutions de palais”, poursuit Barah Mikaïl. “Pourquoi voulez-vous que l’on me critique ? Moi je ne dirige rien, je n’ai pas de compétence politique ou administrative. C’est le peuple qui gère les affaires”, assénait-il sur France 2 lors de son passage controversé à Paris fin 2007. Obnubilé par la grandeur de la Libye et la trace qu’il entend laisser dans l’Histoire, “il a du mal à accepter qu’on ne le prenne pas au sérieux. Mais la Libye n’est pas un poids lourd, comme l’Egypte, l’Algérie ou l’Arabie Saoudite, où ses frasques ne sont pas appréciées. Et Kadhafi n’est pas Nasser, Boumediene ou Hassan II”, relève Akram Belkaïd. Selon ce journaliste spécialiste du Maghreb, cet ostracisme encourage Kadhafi au désordre et à la menace. Qu’importe la normalisation de ses relations avec l’Occident, il cultive l’ambiguïté et les exemples de transgressions aux balcons des capitales occidentales sont légion, comme autant de gages nationalistes donnés à son peuple. Au point de faire, sous nos latitudes, gloser sur sa santé mentale, comme lorsqu’il appelait en juillet à “démanteler” la Suisse. “Il est d’une extraordinaire mobilité intellectuelle”, rectifie pourtant le sociologue suisse Jean Ziegler, invité aux fastueuses célébrations du 1er septembre à Tripoli, pour la sixième fois au moins. “En tant que Berbère, il a un sens aigu de la famille et du clan. Le côté affectif est très fort chez lui”, poursuit l’auteur de La Haine de l’Occident. Fou ? “Non, estime Jean-François Daguzan. Mais il a des idées fixes.” François Burgat discerne une forme d’“autisme intellectuel” engendré par sa conviction d’être l’auteur d’une pensée politique originale (le Livre vert) et sa lutte permanente pour la survie. “Il s’est maintenu au pouvoir depuis quarante ans, dans un environnement hostile [il a réchappé à une bonne dizaine de tentatives d’attentats] et donc des conditions évidentes de stress.” Mais, dans les querelles qui l’ont opposé dernièrement aux capitales d’Europe, à la Suisse aujourd’hui, “ce n’est pas la personnalité de Kadhafi qui est déterminante, mais nos propres faiblesses. La Libye n’a pas changé”, martèle Luis Martinez, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI). “C’est l’Europe qui est devenue beaucoup plus cynique que les discours politiques ne le laissent entendre aux opinions publiques.” “Reliftée” par le boom pétrolier et gazier, la Libye sait très bien jouer de cette dichotomie, ajoute le spécialiste. “Car il y a eu maldonne sur la conversion libyenne de 2003. On a voulu croire à une histoire hollywoodienne. La Libye n’a fait qu’un calcul rationnel. Indemniser les familles des victimes de Lockerbie lui coûtait moins cher que la persistance de l’embargo.” Faire miroiter l’accès à ses champs pétrolifères, rallier la lutte antiterroriste, “Kadhafi pensait qu’en faisant le premier pas pour rejoindre le giron international, il serait en position de force”, confirme Barah Mikaïl. La Suisse en fait aujourd’hui l’amère expérience.

Chez lui, Kadhafi continue de régner en maître. “Il est impossible de rationaliser le système politique libyen. Le terme Jamahiriya lui-même [le nom officiel de la Libye, institué par la Constitution de 1977] repose sur la traduction du mot “république” par un jeu de mots signifiant que le pouvoir appartient au peuple. C’est le populisme sauce Kadhafi”, explique Barah Mikaïl, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). François Burgat décrit un système de pouvoir “plastique”, qui voit “coexister en parallèle plusieurs légitimités politiques (tribale, militaire, institutionnelle), dont l’une peut à tout moment prendre le pas sur l’autre”. Le “Guide se définit comme au-dessus du système, quelles que puissent être les révolutions de palais”, poursuit Barah Mikaïl. “Pourquoi voulez-vous que l’on me critique ? Moi je ne dirige rien, je n’ai pas de compétence politique ou administrative. C’est le peuple qui gère les affaires”, assénait-il sur France 2 lors de son passage controversé à Paris fin 2007. Obnubilé par la grandeur de la Libye et la trace qu’il entend laisser dans l’Histoire, “il a du mal à accepter qu’on ne le prenne pas au sérieux. Mais la Libye n’est pas un poids lourd, comme l’Egypte, l’Algérie ou l’Arabie Saoudite, où ses frasques ne sont pas appréciées. Et Kadhafi n’est pas Nasser, Boumediene ou Hassan II”, relève Akram Belkaïd. Selon ce journaliste spécialiste du Maghreb, cet ostracisme encourage Kadhafi au désordre et à la menace. Qu’importe la normalisation de ses relations avec l’Occident, il cultive l’ambiguïté et les exemples de transgressions aux balcons des capitales occidentales sont légion, comme autant de gages nationalistes donnés à son peuple. Au point de faire, sous nos latitudes, gloser sur sa santé mentale, comme lorsqu’il appelait en juillet à “démanteler” la Suisse. “Il est d’une extraordinaire mobilité intellectuelle”, rectifie pourtant le sociologue suisse Jean Ziegler, invité aux fastueuses célébrations du 1er septembre à Tripoli, pour la sixième fois au moins. “En tant que Berbère, il a un sens aigu de la famille et du clan. Le côté affectif est très fort chez lui”, poursuit l’auteur de La Haine de l’Occident. Fou ? “Non, estime Jean-François Daguzan. Mais il a des idées fixes.” François Burgat discerne une forme d’“autisme intellectuel” engendré par sa conviction d’être l’auteur d’une pensée politique originale (le Livre vert) et sa lutte permanente pour la survie. “Il s’est maintenu au pouvoir depuis quarante ans, dans un environnement hostile [il a réchappé à une bonne dizaine de tentatives d’attentats] et donc des conditions évidentes de stress.” Mais, dans les querelles qui l’ont opposé dernièrement aux capitales d’Europe, à la Suisse aujourd’hui, “ce n’est pas la personnalité de Kadhafi qui est déterminante, mais nos propres faiblesses. La Libye n’a pas changé”, martèle Luis Martinez, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI). “C’est l’Europe qui est devenue beaucoup plus cynique que les discours politiques ne le laissent entendre aux opinions publiques.” “Reliftée” par le boom pétrolier et gazier, la Libye sait très bien jouer de cette dichotomie, ajoute le spécialiste. “Car il y a eu maldonne sur la conversion libyenne de 2003. On a voulu croire à une histoire hollywoodienne. La Libye n’a fait qu’un calcul rationnel. Indemniser les familles des victimes de Lockerbie lui coûtait moins cher que la persistance de l’embargo.” Faire miroiter l’accès à ses champs pétrolifères, rallier la lutte antiterroriste, “Kadhafi pensait qu’en faisant le premier pas pour rejoindre le giron international, il serait en position de force”, confirme Barah Mikaïl. La Suisse en fait aujourd’hui l’amère expérience.

(Source:"Courrier International" (Hebdomadaire- France) le 01 sept.-09)

Lien: http://www.courrierinternational.com/article/2009/09/01/kadhafi-quarante-ans-de-polemique


 

 



 
Affaire Kadhafi
Hasni Abidi: les Libyens satisfaits du choix de l'arbitre suisse


 
 
ATS, le 1er septembre 2009 à 12h42
Berne (ats) Les Libyens ont accueilli favorablement la désignation par la Suisse de la juriste britannique Elizabeth Wilmshurst pour siéger dans le tribunal arbitral.
La juriste britannique Elizabeth Wilmshurst mandatée par la Suisse. (Photo: Keystone)
C'est un élément positif en vue d'un dénouement de la crise, selon Hasni Abidi.
Le directeur du Centre d'étude et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen, basé à Genève, tient ses informations de «contacts officiels à Tripoli». Interrogé mardi par l'ATS, Hasni Abidi estime que la Libye pourrait nommer son représentant dans ce tribunal «dès demain, une fois passées les festivités du 40e anniversaire de la révolution».
1er septembre, avec ou sans jours fériés?
Et de rappeler que lundi et mardi sont des jours fériés en Libye, justement en raison de ces festivités. Si l'on ne compte que les jours ouvrables à Tripoli depuis la signature de l'accord, le délai serait alors respecté.
Dimanche déjà, au moment de communiquer le nom de l'arbitre choisi par la Suisse, le Département fédéral des finances signalait qu'une petite incertitude demeurait sur la façon de calculer l'échéance du délai de 10 jours, selon que l'on tienne compte ou non des jours fériés. Sans en tenir compte, le délai de 10 jours depuis la signature de l'accord le 20 août arrivait à échéance ce dimanche..
(Source : www.tdg.ch , le 1er septembre 2009)
 

Suisses retenus en Libye: Tripoli exige plus de 500.000 euros de caution (source)

AFP, le 1er septembre 2009 à 13h51


GENÈVE, 1 sept 2009 (AFP) -
GENÈVE - La Libye exige le versement de plus d'un demi million d'euros de caution pour permettre à deux Suisses retenus depuis plus d'un an à Tripoli de quitter le pays, selon des "sources proches du dossier, côté suisse" citées mardi par la Radio Suisse Romande (RSR).
Selon les sources de la RSR, "la Libye exige le versement d'une caution de 500.000 dinars libyens (plus de 283.000 euros) pour la libération de chacun des deux Suisses".
"Si la transaction est effective, le procureur libyen devra encore apposer sa signature pour qu'ils puissent quitter la Libye", a encore indiqué la RSR dans son journal de la mi-journée.
Les deux hommes étaient toujours retenus mardi en Libye, alors que le président de la Confédération helvétique Hans-Rudolf Merz avait reçu l'assurance qu'ils seraient rentrés au pays avant la fin du mois d'août.
Quelques heures avant son expiration, l'échéance a été remise en cause par le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Khaled Kaim qui a évoqué lundi la possibilité d'une convocation devant "le procureur" avant leur départ, dans une interview à la Télévision suisse romande (TSR).
"Ils devront peut-être revoir le procureur avant leur départ, mais je ne peux pas donner de date de retour", a déclaré le ministre dans l'interview diffusée dans le journal télévisée de la soirée de lundi.
"Ces gens doivent suivre des procédures légales", a-t-il insisté en faisant valoir que "rien ne concerne" les deux Suisses dans les accords conclus entre la Suisse et la Libye pour régler le différend qui a suivi l'arrestation en juillet 2008 à Genève d'Hannibal Kadhafi, un fils du leader libyen, accusé de maltraiter deux de ses domestiques.
Le président de la Confédération a signé le 20 août à Tripoli un accord prévoyant la mise en place d'un tribunal indépendant devant statuer sur la légalité de l'arrestation. Le fils du leader libyen et son épouse enceinte avaient été arrêtés dans un palace genevois, avant d'être libérés sous caution. Les domestiques avaient ensuite retiré leurs plaintes après avoir été dédommagés.
Après plus d'un an de rupture des relations avec Tripoli en raison de cette affaire, M. Merz s'était rendu en Libye pour présenter les excuses de la Suisse.
Le document signé à l'occasion de cette visite ne comprend cependant aucune clause sur le sort du représentant du groupe d'ingénierie ABB en Libye et le responsable d'une petite entreprise de construction, empêchés de quitter depuis plus d'un an le territoire libyen, en mesure de rétorsions.
Les excuses de M. Merz et les atermoiements du régime libyen pour laisser partir ses deux "otages" sont vécus comme une véritable humiliation nationale en Suisse.
AFP
 

La Libye n'a pas tenu la promesse faite à Hans-Rudolf Merz

Associated Press, le 1er septembre 2009 à 15h04

Il n'est cependant pas question de démission - La Libye  exigerait encore le versement d'une caution, selon la Radio  suisse romande

Berne (AP) La Libye n'a pas tenu sa promesse de libérer avant la fin du mois d'août les deux Suisses retenus depuis plus d'un an à Tripoli. Le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz, dont la crédibilité a été entachée, ne devrait pas démissionner, estime le conseiller fédéral Pascal Couchepin. La Libye exigerait encore le versement d'une caution, selon la Radio suisse romande.
"Nous constatons que les deux Suisses n'ont pas pu quitter la Libye avant lundi minuit, malgré l'assurance écrite du premier ministre libyen, a relevé mardi Roland Meier, porte-parole du Département fédéral des finances (DFF). Ce dernier a également constaté qu'au terme du délai fixé, la Libye n'avait désigné aucun juge pour composer le tribunal arbitral qui doit siéger à Londres.
Suite des opérations
Le cas doit être traité lors de la séance de mercredi du Conseil fédéral. Le président de la Confédération, en collaboration avec le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), va faire une proposition pour la suite de la procédure, a expliqué Roland Meier, sans donner plus de précisions.
Une démission n'est pas à l'ordre du jour pour le président de la Confédération, a souligné Roland Meier. Ceci malgré les déclarations du 21 août dernier où il affirmait qu'il assumait l'entière responsabilité si les deux Suisses n'étaient pas libérés.
L'attente de la libération des deux Suisses, retenus en Libye depuis le 19 juillet 2008, s'est poursuivie mardi. Le DFF a pris connaissance des déclarations du vice-ministre des affaires étrangères Khaled Kaim, selon lesquels les deux hommes devraient payer une amende avant de pouvoir quitter le pays, a expliqué Roland Meier.
Soutien de Couchepin
Le conseiller fédéral Pascal Couchepin a apporté mardi son soutien à son collègue radical et président de la Confédération Hans-Rudolf Merz, dont la crédibilité a été entachée par cette crise. Il va lui dire, lors de la séance de mercredi du gouvernement, qu'il est "un bon leader" et qu'il doit poursuivre son travail de président de la Confédération. La situation n'est agréable pour personne mais ce n'est pas dramatique, a expliqué mardi Pascal Couchepin lors de son excursion à Zimmerwald (BE). Il se veut optimiste: la Suisse a toujours trouvé un chemin, même avec d'autres Etats.
Perdre la face dans le domaine des relations internationales, cela n'existe pas, a encore relevé Pascal Couchepin. Il va donc soutenir Hans-Rudolf Merz lors de la séance de mercredi du gouvernement: selon lui, une démission n'entre pas en ligne de compte. En revanche, le ministre de l'intérieur pense qu'il est important de discuter à nouveau d'un renforcement du rôle du président de la Confédération.
Nouvelle caution
La Libye aurait encore exigé le versement d'une caution de 500.000 dinars libyens (environ 430.000 francs) pour la libération de chacun des deux Suisses, selon la Radio suisse romande, qui cite une source suisse proche du dossier. Si l'argent est versé, le procureur libyen devra encore apposer sa signature pour qu'ils puissent quitter le pays. Les autorités libyennes exigeraient ainsi une forme de réciprocité avec le traitement réservé au couple d'Hannibal Kadhafi après son arrestation à Genève en juillet 2008.

Le PLR exige la suspension de l'accord avec la Libye
 

Associated Press, le 1er septembre 2009 à 16h33
Berne (AP) Le Parti libéral-radical (PLR) demande au Conseil fédéral de suspendre la mise en oeuvre de l'accord avec la Libye jusqu'à ce que Tripoli s'acquitte de ses engagements. La Libye n'a pas désigné un arbitre comme il était convenu et n'a pas tenu sa promesse de libérer les deux Suisses retenus, constate le PLR. Or, juridiquement, il n'existe aucune raison légitime d'empêcher leur retour.
Dans un communiqué publié mardi, le PLR reproche à Kadhafi de tenter d'user la Suisse et d'affaiblir son gouvernement. La polémique régnant actuellement en Suisse a renforcé la tendance libyenne à vouloir retarder les libération des hommes d'affaires helvétiques. "Il s'agit à présent de garder le calme afin que le jeu simpliste auquel s'adonne la Libye tombe dans le vide", poursuit le communiqué.
Président du PLR, Fulvio Pelli souligne que la Libye "est dans son tort depuis aujourd'hui". Contrairement à la Suisse, elle n'a pas désigné un arbitre dans le délai convenu. En outre, selon Pelli, l'accord stipule que tous les problèmes devaient être résolus au 1er septembre. "Cela concerne également la libération des deux Suisses selon l'assurance écrite du Premier ministre", argumente le Tessinois. La Suisse a rempli ses devoirs, la Libye pas.

 

Affaire Kadhafi 
Jean Ziegler a refusé de se rendre en Libye 
 
 
ATS, le 1er septembre 2009 à 17h19

   Berne (ats) Jean Ziegler a décidé de rester en Suisse mardi par solidarité pour "les deux compariotes retenus illégalement là-bas". Le sociologue genevois avait reçu une invitation pour se rendre à la célébration des 40 ans la prise de pouvoir de Mouammar Kadhafi.
   "Je ne peux pas, pour des principes moraux, aller fêter là-bas si les deux compatriotes, qui n'ont rien à voir avec un conflit entre Etats, sont retenus illégalement", a déclaré M. Zielger à l'ATS.
  Il s'est déjà rendu "7 ou 8 fois en Libye", mais précise: "je ne suis pas le seul, d'autres intellectuels ont été invités". Il explique que les discussions avec le colonel libyen - ce dernier a lu ses livres- sont "passionnantes comme sociologue", mais elles "n'impliquent ni une amitié ni une solidarité avec sa politique".
(Source : www.rsr.ch , le 1er septembre 2009)
 


La Libye s'ouvre au monde pour les 40 ans au pouvoir de Kadhafi

Reuters, le 1er septembre 2009 à 14h43

par Tom Pfeiffer
TRIPOLI, 1er septembre (Reuters) - Des fanfares militaires, 400 danseurs, un spectacle d'acrobaties aériennes et des feux d'artifice : Tripoli organise à partir de mardi l'une des plus grandes fêtes de son histoire à l'occasion du 40e anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Mouammar Kadhafi.
Pendant six jours, la Libye va vivre au rythme de célébrations destinées à montrer au monde que ce pays producteur de pétrole, longtemps isolé et frappé par les sanctions, est désormais un partenaire commercial fréquentable..
Tripoli a convié des dizaines de chefs d'Etat occidentaux, mais les dirigeants européens devraient décliner l'invitation, y compris le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, qui se trouvait dimanche en Libye à l'occasion du premier anniversaire de l'accord d'amitié signé entre les deux pays.
Le président du Venezuela, Hugo Chavez, devrait être présent ainsi que plusieurs dirigeants africains dont le Zimbabwéen Robert Mugabe et le Soudanais Omar Hassan al Bachir, attendus en ville pour un sommet de l'Union africaine.
"Le Libye s'ouvre au monde -- c'est le message fondamental", explique Philippe Skaff, responsable de l'équipe chargée d'organiser le principal événement de ces célébrations auxquelles sont associées des entreprises françaises et britanniques.
"C'est la première fois qu'ils reçoivent ainsi des milliers d'étrangers à bras ouverts. Pour l'occasion, ils attribuent des visas comme ils ne l'ont jamais fait auparavant", ajoute-t-il.
Souhaitant retrouver une place honorable au sein de la communauté internationale, la Libye a multiplié les gestes de bonne volonté.
Elle a cessé son soutien aux groupes révolutionnaires armés dans le monde, a normalisé ses relations avec les Etats-Unis en renonçant à son programme militaire nucléaire et en dédommageant les victimes d'attentats à la bombe et d'attaques dont l'accusait l'Occident.
ETOUR DES ENTREPRISES ÉTRANGÈRES
Sur le plan intérieur, toutefois, les partis politiques demeurent interdits et Mouammar Kadhafi continue de fermement soutenir le système de gouvernement populaire par le biais des comités municipaux, considérés par ses adversaires comme des creusets de l'autoritarisme.
Malgré cette situation, les entreprises étrangères sont de retour dans le secteur pétrolier mais aussi dans la construction de routes, l'aménagement ferroviaire, les réseaux téléphoniques et les écoles alors que la Libye tente de combler son retard.
Seule ombre récente au tableau, le retour triomphal réservé à l'ancien agent Abdel Basset al Megrahi, condamné à la prison à perpétuité pour l'attentat contre un Boeing 747 de la Pan Am qui avait fait 270 morts au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie en 1988.
Libéré pour des raisons humanitaires, Megrahi, qui souffre d'un cancer en phase terminale, a été autorisé à rentrer dans son pays où il a été reçu en héros. Cet accueil a particulièrement choqué Américains et Britanniques.
Tripoli se prépare à six jours de festivités.
A la nuit tombée, des rayons laser zèbreront le ciel à partir des toits d'hôtels récemment construits. Des décorations lumineuses ornent les immeubles de la capitale, les murs de la vieille ville ont été nettoyés et des drapeaux verts libyens flottent dans les rues. On voit des portraits de Kadhafi un peu partout dans la cité, certains en néons multicolores.
Des centaines de milliers de personnes sont attendues mardi soir dans la capitale pour un spectacle de trois heures. Digne selon les organisateurs d'une cérémonie d'ouverture de Jeux olympiques, il retracera l'histoire de la Libye et dessinera les voies de son avenir.
Dans les jours suivants, un lâcher de montgolfières sera organisé dans le désert et des touaregs animeront un festival avec un millier de chameaux.
REUTERS

 

Libération de deux personnes arrêtées pour appartenance à l'organisation Al-Qaïda

Publié le 2009-09-01

NOUAKCHOTT, 1er septembre (Xinhua) -- Le parquet de Nouakchott a ordonné, lundi soir, la remise en liberté de deux personnes précédemment arrêtées pour appartenance à l'organisation Al-Qaïda dans le Maghreb Islamique (AQMI) dans le cadre d'une affaire de terrorisme, par la Sûreté de l'Etat, apprend-t-on de sources judiciaires.

Le procureur de la République près la cour de Nouakchott a, en même temps, mis en examen judiciaire deux autres personnes accusées d'appartenance à une organisation terroriste.

Ces mêmes sources ont indiqué que sur trois personnes arrêtées en août dernier à Kobonni, Wilaya du Hodh Gharbi (province de l'est du pays), soupçonnées d'appartenance à Al-Qaïda, deux, dont un ressortissant malien, ont été libérées sans suite par le parquet pour insuffisance de preuve. La troisième personne est mise en examen judiciare pour appartenance à une organisation terroriste.

Il faut noter que malgré les actions terroristes perpétrées sur le territoire mauritanien depuis 2005, les autorités du pays continuent à exclure toute présence de base d'entraînement ou d'organisation terroristes structurées sur le sol mauritanien.


 

L'Iran juge "inacceptables" les déclarations de Sarkozy

AFP, le 1er septembre 2009 à 17h26
TEHERAN, 1 sept 2009 (AFP) -
TEHERAN - L'Iran a dénoncé mardi les déclarations du président français Nicolas Sarkozy selon qui le peuple iranien "mérite mieux que les dirigeants actuels", jugeant "inacceptable" une telle "ingérence" dans ses affaires intérieures.
"Malheureusement, la France, qui adopte des positions de plus en plus extrémistes, a décidé de s'ingérer dans les affaires intérieures de l'Iran, ce qui est totalement inacceptable", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hassan Ghashghavi, cité par l'agence iranienne Isna.
Il réagissait aux déclarations la veille de M. Sarkozy après une rencontre à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel.
"Je voudrais dire combien nous sommes admiratifs du courage du peuple iranien. Je veux redire qu'il mérite mieux que les dirigeants actuels", avait notamment déclaré le président français.
Il était interrogé sur la situation politique en Iran après la réélection contestée le 12 juin du président Mahmoud Ahmadinejad, qui a provoqué des manifestations de protestation sans précédent dans la République islamique.
Ces manifestations de l'opposition ont été sévèrement réprimées par les autorités. Sur environ 4.000 personnes arrêtées, quelque 140 sont toujours détenues, selon des sources officielles qui ont fait état de 30 morts lors des troubles. L'opposition a dressé une liste de 69 personnes tuées.
M. Sarkozy a aussi salué le courage de "grands dignitaires du régime", qui ont dénoncé "les tortures qui ont été imposées à des opposants".
Mme Merkel et M. Sarkozy ont en outre prévenu l'Iran qu'il devait prendre au sérieux les menaces de sanctions renforcées s'il n'acceptait pas d'ici fin septembre de geler son programme d'enrichissement d'uranium.
"Les déclarations des dirigeants français et allemand montrent qu'ils n'ont pas une vision claire de la situation politique en Iran et constituent une ingérence flagrante contraire aux réglementations internationales. Elles montrent aussi les efforts des gouvernements français et allemand pour créer l'insécurité (en Iran), ce qui est en contradiction avec le principe de la souveraineté nationale", a encore dit le porte-parole iranien.
Entretemps, le principal négociateur du dossier nucléaire iranien, Saïd Jalili, a annoncé que son pays avait mis au point de nouvelles propositions en vue d'un nouveau round de négociations avec les grandes puissances sur son programme nucléaire controversé.
"Nous espérons un nouveau round de négociations (...)" avec les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Grande-Bretagne, France, Russie) plus l'Allemagne, a-t-il dit.
Les grandes puissances, qui soupçonnent l'Iran de poursuivre son programme nucléaire à des fins militaires, ont appelé ce pays à revenir à la table des négociations pour régler le problème. Le président américain Barack Obama avait laissé à l'Iran jusqu'en septembre pour répondre à l'offre.
L'Iran dément vouloir fabriquer l'arme atomique et insiste sur ses droits à développer un programme nucléaire pacifique à des fins énergétiques.

 


Iran: le fils d'un rival d'Ahmadinejad mort en prison en raison de mauvais traitements, selon une agence

Associated Press, le 1er septembre 2009 à 16h29
 LE CAIRE (AP) -- Mohsen Rouhalamini, fils d'un conseiller du candidat conservateur Mohsen Rezaei à la présidentielle iranienne du 12 juin, est mort en prison suite à des coups et des mauvaises conditions de détention, selon l'agence iranienne semi-officielle Mehr.
Si elle était confirmée, cette information viendrait alimenter les soupçons sur de possibles mauvais traitements infligés à des opposants arrêtés lors des manifestations post-présidentielle.
La police avait initialement laissé entendre que Mohsen Rouhalamini était décédé d'une méningite. Mais l'agence Mehr, proche du camp conservateur, a rapporté lundi que cette cause de décès avait été écartée par un médecin légiste officiel dans un rapport remis aux autorités judiciaires il y a une dizaine de jours.
Selon Mehr, la mort de Mohsen Rouhalamini est due à "un stress physique, aux effets d'une détention dans de mauvaises conditions, des coups multiples et de graves blessures au corps". L'agence cite des "sources informées" sans les citer.
Ces informations ne pouvaient pas être confirmées de sources indépendantes dans l'immédiat. Mais les conservateurs iraniens opposés au président Mahmoud Ahmadinejad, réélu le 12 juin, ont souvent utilisé l'agence Mehr pour laisser filtrer des informations.
Mohsen Rouhalamini était le fils d'un conseiller de Mohsen Rezaei, candidat conservateur battu par Ahmadinejad à la présidentielle.
Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khameneï, a récemment nommé Sadeq Larijani -frère du principal rival conservateur d'Ahmadinejad, Ali Larijani- au poste de chef de la Justice. Celui-ci a nommé un collège de trois membres chargé d'enquêter sur les troubles post-électoraux, et notamment les accusations d'abus sur des prisonniers.

 

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