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الأحد, 31 تشرين1/أكتوير 2010 04:26

10 ème année, N° 3813 du 31.10.2010

 

10 ème année, N° 3813 du 31.10.2010
 
 
AISPP: Prononcé du jugements dans l’affaire N°20984
Tunisia Watch: Libye/Tunisie : Levé de tous les obstacles entravant la libre circulation des citoyens et des marchandises
Gnet: Tunisie, la Libye construira la raffinerie de la Skhira
Kapitalis: La Tunisie aux yeux de blogueurs britanniques
Amor Harouni: Préservation de la Santé du Consommateur -Contrôle de la qualité pour une meilleure efficacité des circuits de distribution-
DNA: Al Jazeera donne-t-elle trop la parole au Polisario : Le Maroc se fâche et ferme les bureaux de la chaîne à Rabat
Jeune Afrique: Les autorités marocaines mettent Al-Jazira sur "pause"

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques

Tunis, le 29 octobre 2010
 
La deuxième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Abdelmajid Chouchène, a prononcé à une heure tardive hier, jeudi 28 octobre, ses jugements dans l’affaire N°20984 :
 
Karim Ben Ahmed Ben Salah Klaï, Lotfi Ben Khelifa Ben Mohammed Elmay, Mohammed Azzeddine Ben Hassen Guennouni, Bahaeddine Ben Ali Ben Khemaïs Amdouni, tous en état d’emprisonnement, ont été condamnés à une peine d’emprisonnement de deux ans pour n’avoir pas révélé aux autorités concernées les informations leur étant parvenues sur la commission d’infractions terroristes, avec sursis pour Mohammed Guennouni.
 
Omar Ben Béchir Ben Hamida Romdhani, Ahmed Ben Hassouna Ben Hédi Cherni, Tarek Ben Abdallah Ben Hamda Abbassi et Ramzi Ben Noureddine Ben Ammar Ayadi, sont condamnés à une peine d’emprisonnement de six ans pour incitation à la commission d’infractions terroristes et incitation à adhérer à une organisation terroriste, et il a été considéré que l’infraction d’adhésion est connexe de celle de l’incitation. Les condamnés sont soumis au contrôle administratif pour une durée de cinq ans.
 
Pour la commission de suivi des procès politiques
 
Le vice Président
Maître Abdelwahab Maatar
 
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Libye/Tunisie : Levé de tous les obstacles entravant
 la libre circulation des citoyens et des marchandises
 
 
M. Al-Baghdadi Ali Al-Mahmoudi, secrétaire du Comité populaire général de la Jamahiriya arabe libyenne, effectue actuellement une visite en Tunisie à l’occasion de la réunion semestrielle de la haute commission exécutive mixte tuniso-libyenne.
 
M. Al-Baghdadi Ali Al-Mahmoudi a déclaré après avoir rencontré le Président de la République que les travaux de la réunion semestrielle de la haute commission exécutive mixte tuniso-libyenne ont permis d’atteindre des résultats sur la voie de la consolidation de la complémentarité tuniso-libyenne.
 
D’après le premier ministre libyen les deux pays ont décidé de lever tous les obstacles entravant la libre circulation des marchandises entre les deux pays et créer des expositions commerciales permanentes en Libye et en Tunisie au profit des citoyens des deux pays. Ainsi que  tous les obstacles entravant la libre circulation des citoyens entre la Libye et la Tunisie, s’agissant, en particulier, des restrictions administratives et financières, et ce dans le cadre de ce qu’il a été convenu d’appeler « le point de passage commun ».
 
Selon les chiffres officiels : 18 000 personnes, 7 000 voitures et 400 camions passeraient quotidiennement les frontières entre les deux pays.
 
De violents affrontements entre Tunisiens et forces de l’ordre ont fait des blessés dans la région de Ben Guerdane  à une trentaine de kilomètres de la frontière libyenne l’été dernier après la fermeture du point de passage entre les deux pays.
 
(Source:TUNISIA Watch | 29/10/2010 | 29:21)

Tunisie, la Libye construira la raffinerie de la Skhira
 
La Libye a annoncé vendredi la construction de la raffinerie de la Skhira, dans un projet qui permettra à la Tunisie d’augmenter sa production pétrolière de près de 120.000 barils/jour.
 
Le Secrétaire du comité populaire général de la Jamahiriya arabe libyenne, Al-Baghdadi Ali Al-Mahmoudi, a déclaré à l’issue d’un entretien, avec le Président Ben Ali, que la Libye va s’engager dans de grands projets en Tunisie, dont la réalisation de la raffinerie de la Skhira, ainsi que des projets touristiques", rapporte la presse libyenne de ce matin.
 
La Tunisie avait annoncé il y a trois ans le projet de construction de la raffinerie, en vue d’augmenter sa capacité de production, et de faire face aux besoins locaux grandissants en matière de produits pétroliers.
 
Le coût de ce projet dépasse le un milliard de dollars. La  capacité de la nouvelle raffinerie varie entre 120 et 130 mille barils/jour, ce qui revient à assurer la plus grande capacité de production jamais atteinte, depuis le démarrage de l’exploitation pétrolière en Tunisie, il y a des décennies.
 
La Tunisie compte une seule raffinerie, soit la Société Tunisienne des Industries de Raffinage (STIR) de Bizerte, créée en 1961 suite à une convention entre l’Etat Tunisien et le groupe Italien ENI.  Sa capacité de production ne dépasse pas les 30 mille barils/jour.
 
(Source: “Gnet.tn le 30-10-2010)
Lien: http://www.gnet.tn/revue-de-presse-nationale/tunisie-la-libye-construira-la-raffinerie-de-la-skhira/id-menu-958.html
 

La Tunisie aux yeux de blogueurs britanniques
 
Comment la Tunisie est-elle vue par les visiteurs étrangers? Des blogueurs britanniques, qui affichent leurs convictions (si l’on peut dire) athéistes, ont eu un échange intéressant sur le vécu religieux en Tunisie. Nous avons jugé intéressant d’en traduire des extraits…
 
Les blogueurs britanniques ont été interpellés par la page Facebook d’un groupe qui se prénomme «Tunisiens irréligieux». La page, comme son nom l’indique, «est principalement destinée aux Tunisiens irréligieux (athées, agnostiques, déistes et panthéistes)», lit-on dans sa présentation. Elle compte un peu plus de 3.000 membres.
Les blogueurs britanniques s’étonnent au début de leur chat que cela puisse être possible dans un pays islamique, mais ils finissent par trouver cela assez (pour ainsi dire) naturel dans un pays ouvert et tolérant comme la Tunisie.
Voici, par ailleurs, des extraits de leurs échanges. Edifiant…
 
Rawlinson Jack: «Ceci est excellent, parce que j’ai visité la Tunisie il y a plusieurs années et c’était le premier endroit où je suis allé et où je n’ai pas vu des villes entières pleines de femmes en burqa. Allez athées tunisiens!»
 
Hirnlego: «J’ai visité la Tunisie, mais pas récemment. Contrairement à certaines idées reçues, j’y ai trouvé une très grande tolérance pour mon absence de convictions religieuses (…). Il y a beaucoup de Musulmans qui ne prennent pas leur religion trop au sérieux, mais qui sont très libéraux sur tous les sujets.»
 
Bernarda: «Il y a quelques années, je suis restée dans un hôtel non-touristique en Tunisie. J’étais le seul étranger. J’ai parlé à d’autres résidents, la plupart des jeunes, et ils étaient très intéressés par le fait que je sois athée. Ils n’avaient jamais rencontré un véritable non-croyant auparavant et me posaient beaucoup de questions. J’ai beaucoup aimé leur curiosité.»
 
Neverclear5: «J’ai été en Tunisie au début de ce mois [octobre 2010, ndlr]. Ils [les Tunisiens, ndlr] ont bien fait d’abandonner toute référence à la religion stricte dans les zones touristiques rentables.»
 
Blindpig: «Cela n’est pas surprenant. Après tout, il y a un vieil adage arabe qui dit: «Il y a deux sortes de gens: les religieux, sans intelligence, et les intelligents sans religion.»
Nous n’ajouterons pas ici de commentaire superflu. Ces réflexions, spontanées et hors de tout cadre formaté, nous renvoient une certaine image de nous-mêmes que nous devons accepter et, surtout, méditer. Par-delà le bien et le mal…
 
(Source : « Kapitalis » le 30-10-2010)
Préservation de la Santé du Consommateur
-Contrôle de la qualité pour une meilleure efficacité des circuits de distribution-
 
Amor Harouni-Tunisie
Tunis le 31 Octobre 2010
Cet article paru dans la page économie d’un journal de la place daté du 9 octobre 2010 écrit par R.M. soulève la question de garantir la qualité totale des produits exposés pour préserver la santé du consommateur de favoriser régulièrement la transparence au niveau de toute transaction commerciale, précisant toutes fois que les règles incontournables ne sont pas régulièrement respectées. On parle de la saisie des produits non conformes aux normes qui a atteint 50 tonnes ces derniers temps des fruits et légumes et autant pour les produits alimentaires (une goutte d’eau dans l’océan). Pour commencer, il y’a lieu de s’attaquer à l’inexplicable et éternel problème des pommes de terres. Il s’avère que pendant chaque saison, les spéculateurs monopolisent le marché en pratiquant le stockage et la hausse des prix à leur guise. Cette denrée est mal conservée et dès qu’elle commence à germer ils se trouvent dans l’obligation d’inonder le marché avec des prix élevés pour une mauvaise qualité. Actuellement, le kg se vend de 0,800 DT à 0,900 DT et une fois épluchée, la ménagère perd presque la moitié, c'est-à-dire le prix de revient est doublé de 0,800 DT à 1,600 DT et de 0,900 DT à 1,800 DT le kg, pour les fruits on nous propose de la mauvaise qualité du fait que la bonne qualité est inabordable pour la majorité de la population et est proposée aux clients aisés.
Alors, quand aux poissons, il vaut mieux ne pas en parler car c’est un autre son de cloche.  Mise à part du prix inabordable, voilà un échantillon parmi tant d’autres qui nous révèle un nouveau mode d’arnaque, il s’agit de se sucrer d’avantage sur le dos des clients, certains poissonniers ridicules et sans scrupules ont dénichés une nouvelle trouvaille : glisser du poisson avarié dans du poisson frais alors gare au triage quand vous préparez vos poissons à la cuisine. Récemment, des consommateurs ont été pris de court par une ahurissante découverte : des sardinelles infectes logées dans le ventre de pageots. Cette farce de mauvais goûts a pour but de gonfler le poids et les recettes.
Il ya également la viande qui se vend au prix de 14 DT le kg. Ce tarif entraîne dans son sillage le prix du poulet (à vous donner la chair de poule) des escalopes de dinde et salami, la viande ovine et autre. En ce qui concerne le réputé poulet de ferme (local) il vaut mieux ne pas y penser car son prix est abusif.  Dans ce domaine, il y’a des bouchers qui n’ont  jamais entendu parler d’abattoirs ni de contrôles, dont ceux qui sont installés au bas d’ immeubles dans des constructions récentes. Ces pseudo bouchers ne connaissent rien du métier et pratiquent l’abattage clandestin au vu et au su de tout le monde et se permettent même d’élever des bêtes avant de les égorger à même le trottoir devant le magasin. Alors, comment justifier cette pratique d’élevage dans une société communale polluant l’environnement ?
En ce qui concerne les œufs, leur prix à la vente est libre parait-il certains commerçants vendent les 4 à 0,360 DT mais la majorité les vend à 0,500 DT, à noter que le calibrage n’est pas respecté, d’où le mélange avec les œufs de poulettes. Ce profit s’explique par celui qui vend les 4 à 0,360 DT a déjà son bénéfice alors que dire de celui qui vend les 4 à 0,500 DT, soit une différence de 0,140 DT, écart de prix qui reste à élucider et seul Dieu sait que ces spéculateurs vont nous mijoter à l’avenir. 
Passons maintenant aux céréales, il s’agit du pain, l’on sait que la dernière fois au lieu d’augmenter le prix, il a été décidé de diminuer le poids (bonne astuce) la baguette en ce moment ne pèse que 200 gr presque sans mie et étirée semblable à la flute viennoise Européenne seulement en longueur mais pas en qualité et une fois rassie elle devient arquée et élastique. Quant au gros pain qui ne dépasse pas les 400 gr, prisé par la majorité de la population n’est produit que deux ou trois fournées par certains boulangers, ce qui pousse les familles à se rabattre sur les baguettes et comme connu le Tunisien est gros mangeur de pain, alors que lui faut-il en nombre et surtout en prix ?
Habituellement, une famille composée de 4 ou 5 personnes consomme au moins 3 pains et plus avant la diminution du poids et dans le cas contraire, il lui faut un minimum de 6 à 7 baguettes.
En faisant le compte, les 3 pains reviennent à 0,750 DT et les baguettes 1,200 DT à 1,400 DT, différence qui se passe de tout commentaire.  
Passons à un autre cas, c’est celui des cafetiers : dans un quartier populaire sa majesté le patron du café a jugé utile d’augmenter de 50 millimes le café express à 400 au lieu de 350, tarif légal avec obligation d’affichage. Cette augmentation sur un coup de tête a vu le jour où le café d’en face a été fermé. Ce procédé rappelle le dicton qui dit : « un seul épicier dans un faubourg » et impose les prix à sa convenance.
Par ailleurs, dans une seule salle on trouve 2 pancartes affichées, l’une « emplacement interdit aux fumeurs » et l’autre « réservé aux fumeurs ». Ce procédé n’est qu’une simple formalité illégale étant donné qu’il n’ya pas de séparation comme le prescrit la loi en vigueur.
Pour clôturer le tout, il y’a un intrus qui se prend pour un gardien de la cité et s’est intronisé de son propre chef mais en réalité ses activités ne sont pas le gardiennage dans le sens propre du terme, son rôle consiste à se faire remettre le courrier par le facteur (factures d’électricité, de consommation d’eau, téléphone et autres) même les mandats dont celles des pensions qui doivent être remises de main à main à leur bénéficiaire.
Entre autre, une vieille dame, mère d’une fille handicapée a été sanctionnée par la remise de son mandat après la date limite de paiement, elle n’a pu percevoir son mandat, celui-ci lui sera versé à titre de rappel avec le mois d’après.
En conclusion, je dirais que l’Association de la Défense des Droits du Consommateur a du pain sur la planche pour ne pas dire l’impossibilité de sauver les meubles du fait que les spéculateurs se trouvent partout et nul n’est épargné par ce phénomène, mais il reste cependant à l’Association de la Défense des Droits du Consommateur de persévérer et se conformer à l’adage qui dit : «  il n’est jamais trop tard pour bien faire ».  
Alors patientons et attendons une éventuelle amélioration pour le bien de tout le monde.
A bon entendeur salut.
 
 
Al Jazeera donne-t-elle trop la parole au Polisario : Le Maroc se fâche et ferme les bureaux de la chaîne à Rabat
 
Les activités du bureau d’Al Jazeera à Rabat ont été suspendues et les accréditations du personnel de la chaîne qatarie retirées, vendredi 29 octobre par les autorités marocaines. Une décision justifiée par le ministère de la communication du royaume chérifien «suite à de multiples manquements aux règles du journalisme sérieux et responsable».
 
Cette décision est prise, explique le communiqué du ministère, après que plusieurs cas de violations par Al Jazeera des règles du travail journalistique «sérieux et responsable aient été enregistrés, lesquelles règles exigent le respect, dans toutes les circonstances, des conditions d'honnêteté, de précision et d'objectivité, ainsi que l'attachement aux normes et à l'éthique professionnelles, telles que communément reconnues ».
 
Rabat reproche notamment à la chaîne qatarie son traitement de l’actualité marocaine, ainsi que son traitement de la question du Sahara occidental. Le ministère dénonce ainsi «une intention préméditée de nuire au Maroc», «une obstination affichée de ne véhiculer que des faits et phénomènes négatifs dans une entreprise délibérée de minimiser les efforts du Maroc dans l'ensemble des domaines de développement ». Entre autres. En clair, gouvernement marocain s'irrite de la manière avec laquelle Al-Jazira « traite les dossiers du Sahara», a indiqué un responsable du gouvernement à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.
 
Contacté par l’AFP, Abdelkader Kharroubi, directeur du bureau d’Al Jazeera à Rabat, déclare que la chaîne «a toujours respecté les règles du professionnalisme et de la neutralité, notamment au Maroc». Il ajoute que «le dossier d'Al-Jazira n'est malheureusement pas entre les mains du seul ministère de la Communication. D'autres parties décident à «ce niveau» avant de conclure que «cette suspension est une erreur de la part des autorités marocaines, une erreur à laquelle nous sommes étrangers».
 
La décision de fermer les bureaux de la chaîne survient au moment où le Maroc se retrouve dans le collimateur de plusieurs ONG suite à l’assassinat, le 24 octobre dernier, d'El Garhi Najem, un jeune sahraoui âgé de 14 ans. La couverture d'Al Jazeera de cet évènement semble avoir été très mal apprécié par les autorités de Rabat. Un journaliste de la chaîne qatarie a été empêché de se rendre (à l’instar de sept autres journalistes espagnols) en avion à El Ayoun, à partir de Casablanca, pour couvrir la mort d'El Garhi Najem. Le 19 octobre dernier, Al Jazeera diffuse une interview du président de la république arabe sahraouie démocratique (RASD), M. Mohamed Abdelaziz, dans laquelle celui-ci affirme que si les prochaines négociations (entre les deux parties) s’avèrent infructueuses, «la situation sera plus grave que ce qu’elle est aujourd’hui, et bien plus encore».
 
La réponse à cette interview n'a pas tardé à fuser. Le 25 octobre, l’association marocaine des droits des téléspectateurs (AMDT) adresse une lettre de protestation à Cheikh Hamad Ben Tamer Al-Thani, président du conseil d’administration de la chaîne qatarie. L'association entend dénoncer «le traitement par Al Jazeera des informations concernant l’affaire du Sahara marocain». La chaîne est accusée d’ «alignement en faveur de la thèse séparatiste de l’Algérie et de sa création le Polisario». En 2008 les autorités marocaines avait également fermé les bureaux d’Al jazeera avant de les rouvrir quelques mois après. (Photo : bureau d'Al Jazeera à Rabat)
 
(Source : « Dernieres nouvelles d’Algerie » le 29-10-2010)
 
Les autorités marocaines mettent Al-Jazira sur "pause"
 
Le ministère marocain a décidé de suspendre les activités de la chaîne satellitaire qatarie Al-Jazira qui possède une antenne à Rabat. 
 
Al-Jazira au Maroc, c’est fini ? Les autorités marocaines ont décidé, vendredi 29 octobre, de suspendre les activités du bureau de Rabat de la chaîne d’informations Al-Jazira, pour « de multiples manquements aux règles du journalisme sérieux et responsable », selon un communiqué du ministère marocain de la Communication. Leurs accréditations ont également été retirées aux journalistes. En revanche, Al-Jazira continue d'être diffusée à travers le pays, même si l'actualité locale n'est plus couverte.
 
Le sérieux journalistique exige « le respect, dans toutes les circonstances, des conditions d'honnêteté, de précision et d'objectivité, ainsi que l'attachement aux normes et à l'éthique professionnelles, telles que communément reconnues », indique le ministère. Des règles qui, selon lui, ont été violées par Al-Jazira.
 
Le ministère dénonce « une intention préméditée de nuire au Maroc », « une obstination affichée de ne véhiculer que des faits et phénomènes négatifs dans une entreprise délibérée de minimiser les efforts du Maroc dans l'ensemble des domaines de développement », entre autres.
 
« Image caricaturale »
 
Les autorités marocaines reprochent notamment à Al-Jazira « la manière dont elle traite les dossiers du Sahara [occidental, NDRL] », a indiqué un responsable du gouvernement à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.
 
« L'image du Maroc est systématiquement écornée par le refus de l'objectivité et de l'impartialité », a précisé Khalid Naciri, le ministre marocain de la Communication. Nous reprochons à cette chaîne son refus de traiter les grands dossiers structurants et de véhiculer une image caricaturale de la réalité marocaine », a-t-il ajouté.
 
Le directeur du bureau d'Al-Jazira à Rabat, Abdelkader Kharroubi, a répondu que Al-Jazira « a toujours respecté les règles du professionnalisme et de la neutralité, notamment au Maroc ». « Le dossier d'Al-Jazira n'est malheureusement pas entre les mains du seul ministère de la Communication. D'autres parties décident à ce niveau », a-t-il également indiqué. Avant de conclure : « Cette suspension est une erreur de la part des autorités marocaines, une erreur à laquelle nous sommes étrangers. »
 
La situation de la presse se dégrade
 
Pour Amina Bouayach, présidente de l'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH), la suspension du bureau d'Al-Jazira « traduit l'hésitation du Maroc à continuer le processus d'ouverture, notamment au niveau de la liberté de la presse. (...) À la différence de l'Algérie et de la Tunisie, où les bureaux d'Al-Jazira sont fermés depuis longtemps, le Maroc se présentait comme une exception. Mais avec cette suspension, on peut parler d'un recul ».
 
Reporters sans frontières (RSF) avait adressé en mars, à la veille du sommet de Grenade, une lettre à plusieurs dirigeants européens pour « attirer (leur) attention sur la dégradation très inquiétante de la situation de la liberté de la presse au Maroc au cours des derniers mois ».
 
« Après de réelles avancées au début (du) règne" de Mohammed VI, commencé en juillet 1999,« les reculs et crispations se sont multipliés, notamment depuis juillet 2009, dans le domaine de la liberté de la presse », avait estimé RSF.
 
Récemment, les locaux du Journal hebdomadaire, une parution indépendante, ont été mis sous scellés après des problème financiers, tandis que le journal Nichane a cessé de paraître en raison d'un boycott publicitaire systématique, selon son dirigeant.
 
(Source : « Jeune Afrique » le 30-10-2010)
Lien : http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20101029150828/media-maroc-journaliste-nichaneles-autorites-marocaines-mettent-al-jazira-sur-pause.html

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