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الجمعة, 31 آذار/مارس 2006 12:19

6 ème année, N° 2139 du 31.03.2006

 

6 ème année, N° 2139 du 31.03.2006
 archives : www.tunisnews.net
 
Solidarité Tunisienne: La Famille Ben Salem privée de  droits de citoyenneté les plus élémentaires!!!
OMCT+FIDH: La situation de Me Mohamed Abbou s'aggrave

Centre de Tunis pour l'independance de la justice: Communiqué
Comité international de soutien aux internautes de Zarzis:  Zarzis une prison à ciel ouvert

Tunisie Verte: Communiqué : Rencontre des sénateurs suédois
Le Temps: Négociations sociales: Tunisie-Télécom: Des révisions salariales favorisées par une conjonction d'éléments
AFP: Tunisie Telecom: Tecom-Dig déclaré officiellement vainqueur
AP: Privatisation de Tunisie Télécom: Tecom-Dubai "partenaire stratégique"
Sapo: La bureaucratie empêche un citoyen portugais de sortir de Tunisie 
O.F: Le régime de ben ali fait vraiment pitié
Sami Ben Abdallah: " Les masques " de nouveau  - A propos de la liberté d’_expression et de la vie privée
Houcine Ghali: Lecons democratiques suisses offertes aux tunisiens
Fondation Temimi: Séminaire Sur le planning familial en Tunisie à ses débuts
Kamel Labidi: Amnesia is the price of Algerian peace and reconciliation
AFP: Réunion des chefs de la diplomatie de l'UMA en mai à Tripoli (Belkhadem)
AFP: Rice accuse les régimes autoritaires arabes de nourrir le terrorisme
AP: Pression internationale et boycotts après la prise de fonctions du Hamas
AFP: Jaruzelski inculpé pour avoir instauré la loi martiale en Pologne
AFP: Le fil des araignées fait d'une soie qui les empêche de tournoyer (Nature)
« Der Bund » (Suisse): Nach diplomatischer Krise mit Bundes bern zelebrierte Tunesien gestern Abend eitel Minne
Le Temps  (Suisse): Le silence du soufi
Le Monde : Un lourd climat de guerre civile sur fond de terreur s'installe en Irak
 

SOLIDARITE TUNISIENNE
40 rue du Landy 93300 Aubervilliers
Tél/ Fax: 01 43 52 09 86
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La Famille Ben Salem:
  Privée de  droits de citoyenneté les plus élémentaires!!!

 
 
" Plus de 19 ans se sont écoulés entre geôles, tortures, assignation à résidence, coupure de ligne téléphonique et privation des droits les plus élémentaires (droit au travail, assurance-maladie, passeport et droit à la circulation  même sur le territoire tunisien)…".
 
Par ce douloureux préambule qui résume une vingtaine d'années de braises vécues par le professeur Moncef ben Salem et toute sa famille sous le régime de ben Ali, Le professeur Moncef Ben Salem commence son communiqué où il déclare entamer une grève de la faim avec tous les membres de sa famille à partir du 30 mars comme "seul moyen restant à notre portée, pour protester contre les abominables atrocités que nous subissons depuis le coup d'état du 7 novembre 1987" a précisé le professeur Ben Salem dans ce communiqué.
 
C'est le renvoie définitif de son fils de la faculté des sciences de Sfax deux mois avant l'obtention de son diplôme, pour des motifs abusifs qui a motivé cette action.
 
Oussama ben Salem fils du professeur ben Salem, en quatrième année Mathématique a été élu pendant les dernières élections des conseils scientifiques comme représentant du deuxième cycle de la faculté des sciences de sfax. Pendant la première réunion de ce conseil, le doyen a refusé la participation de Oussama pour des motifs purement politiques tel l'organisation des réunions au sein de la faculté d'une manière illégale,  …
Oussama a bénéficié du soutien sans faille de ses collègues du conseil qui ont organisé une assemblée générale pour informer les étudiants de la décision du doyen. Les étudiants ont refusé catégoriquement  la démarche du doyen et ont terminé leur assemblée par une manifestation dans le siège de la faculté.
Le doyen a convoqué le conseil de discipline non sans difficultés en raison du refus de plusieurs de ses membres. Après une longue  discussion en l'absence des représentants des étudiants et de l'avocat, le conseil a décidé d'exclure l'étudiant Oussama et trois de ses camarades définitivement de la faculté des science de Sfax .
 
Solidarité Tunisienne exprime son inquiétude quant à la politique de vengeance menée par les autorités tunisiennes contre la famille Ben salem durant ses 19 dernières années et manifeste son soutient au professeur Ben Salem et à sa famille dans leur lutte légitime pour recouvrer leurs droits élémentaires.
 
Solidarité Tunisienne appelle les autorités Tunisiennes à mettre fin à cette politique de harcèlement des opposants et leurs familles
 
Solidarité Tunisienne exige l'abrogation de la décision illégale prise par le conseil de discipline et le retour de l'étudiant Oussama Ben Salem et ses camarades à leurs études.
 
Secrétaire Général
Fathi Ennaes 

Un programme de la FIDH et de l’OMCT - An FIDH and OMCT venture - Un programa de la FIDH y de la OMCT

Fédération internationale
des ligues des droits de l'Homme
17, Passage de la Main d’Or
75 011 Paris, France

 Organisation mondiale
contre la torture
Case postale 21 - 8 rue du Vieux-Billard
 1211 Genève 8, Suisse

L’OBSERVATOIRE
Pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme
 
THE OBSERVATORY
for the Protection of Human Rights Defenders
 
EL OBSERVATORIO
para la Protección de los Defensores de Derechos Humanos

 
Communiqué de presse
 
Tunisie :
La situation de Me Mohamed Abbou s'aggrave
 

Paris – Genève, le 30 mars 2006 - La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de leur programme conjoint, l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme, expriment leur vive préoccupation au vu de la détérioration de l'état de santé de Me Mohamed Abbou, ancien dirigeant du Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT) et de l'Association internationale pour le soutien des prisonniers politiques (AISPP), en grève de la faim depuis le 11 mars 2006.
 
Me Mohamed Abbou a en effet perdu connaissance, alors qu'il recevait aujourd'hui une visite de son épouse, Mme Samia Abbou, et de sa fille, à la prison de Kef, où il est détenu depuis le 1er mars 2005.
 
Par ailleurs, selon les informations qu'a pu recueillir sa femme, Me Abbou a été maltraité le 19 mars 2006, à la suite de son refus de partager une cellule où sont détenus des prisonniers de droit commun.
 
L’Observatoire rappelle que M. Mohamed Abbou a été condamné au terme d'un procès inique, pour avoir notamment publié une tribune sur Internet en août 2004, dans laquelle il dénonçait les conditions de détention en Tunisie.
 
M. Mohamed Abbou observe une grève de la faim, afin de protester contre ses conditions de détention qui se sont aggravées depuis le 2 mars 2006, date à laquelle de nombreuses personnes se sont rassemblées devant la prison de Kef, malgré l’interdiction de la police et la garde nationale.
 
L'Observatoire demande aux autorités tunisiennes de garantir en toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique de Me Mohamed Abbou et de procéder à sa libération immédiate en raison du caractère arbitraire de sa détention. L'Observatoire demande plus généralement aux autorités tunisiennes de mettre un terme aux actes de harcèlement et de violence dont sont l'objet les défenseurs des droits de l'Homme tunisiens et de se conformer en toutes circonstances aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'Homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et aux instruments relatifs aux droits de l'Homme liant la Tunisie.
 
Contact presse :
OMCT : Anne-Laurence Lacroix : +41 22 809 49 39
FIDH : Gaël Grilhot : +33 1 43 55 25 18
 


CENTRE DE TUNIS POUR L'INDEPENDANCE DE LA JUSTICE
RUE 8002 ESPACE TUNIS IMMEUBLE A MONTPLAISIR 1002 TUNIS
Tel: 00216 71 950.400 / 00216 71 950.420
Portables : 00216 98 667 463 / 00216 98 327 175
Fax: 00216 71 950.370
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Communiqué
 
                                                
Tunis le 31/03/2006

 
Le Centre informe l'opinion publique que la situation de la justice en Tunisie connaît une dégradation inquiétante en dépit des appels à la réforme lancés par le Centre et d'autres organisations représentatives des institutions judiciaires A l'appui de ce constat, le centre relève :

I- Cas de l'Association des Magistrats Tunisiens :

Selon des informations fournies au Centre par des membres du Bureau Légitime de l'Association des Magistrats Tunisiens, le Ministère de la Justice a signifié à Mr Mohamed KHILIFI et Abdelbaki Krid deux décisions signées par le Ministre Bechir TAKKARI portant une amputation pour chacun de deux mois de son salaire sous prétexte d'absence injustifiée pour la période s'étalant de décembre 2005 à Mars 2006.

Le centre considère que cette mesure ne s'inscrit dans aucun cadre disciplinaire prévu par la loi et n'est justifié par aucun manquement à l'exercice de leur fonction. Le Centre considère qu'elle s'insère dans le cadre de la campagne de harcèlement et de pression dont sont victimes les membres des structures légitimes de l'Association des Magistrats Tunisiens.

Mr Khlifi étant l'un des demandeurs dans la procédure engagée par les structures légitime de l'Association à l'encontre des "putschistes".

D'autres Magistrats actifs sont régulièrement convoqués par l'inspection générale près du Ministère de la Justice sous prétexte d'absences injustifiées. Cette situation dénote les conditions déplorables dans lesquelles Magistrats Tunisiens sont contraints d'exercer leur fonction.

Le centre dénonce ces pratiques discriminatoires qui assimilent les Magistrats à des préposés du Ministère de la Justice "payés à l'heure" et soumis à son autorité et rappelle que partout dans le monde les Magistrats assurent une fonction de souveraineté représentant le pouvoir judiciaire et qu'ils sont tenus d'exercer leur fonction sans qu'ils ne soient astraints à des contraintes administratives et encore moins au contrôle du pouvoir exécutif.

Le Centre considère que le démantèlement des structures légitimes des Magistrats consacre une Justice soumise au pouvoir exécutif au mépris de toutes les normes constitutionnelles et Internationales concernant l'Indépendance de la Justice.
 
II- Cas de Maître ABBOU membre du Bureau Exécutif du Centre :
 
Maître Md ABBOU membre du bureau exécutif du Centre emprisonné depuis le 1er Mars 2005  pour avoir publié un article sur Internet dénonçant notamment la situation déplorable dans les prisons Tunisiennes  et l'absence de l'Indépendance de la Justice continue une grève de la faim déclenchée depuis le 11 Mars 2006.

Selon son épouse qui a pu lui rendre visite Jeudi 30/3/2006, Maître ABBOU se présente très affaibli et pâle et se plaint de mauvais traitements que lui fait subir l'administration de la prison.

Il a été notamment victime d'une agression physique suite à sa demande pressante de le faire transférer à une autre cellule pour échapper à la torture sous forme de provocation et de harcèlements et que lui font subir jour et nuit ses quatre compagnons de cellule.  

Le Centre exprime son inquiétude concernant l'état de santé de Md ABBOU en l'absence de tout suivi médical approprié.

N'ayant pas bénéficié d'un procès juste et équitable et considéré par toutes les organisations défendant les droits humains et ses confrères comme un "prisonnier d'opinion", le Centre demande sa libération immédiate.
 
III- Cas de l'Association Tunisienne des Jeunes Avocats :
 
Après avoir pris connaissance des circonstances dans lesquelles s'étaient déroulées "les élections" de l'Association Tunisienne des jeunes Avocats le Centre :
 
- Considère que l'appel et la tenue des "élections" le 11/3/2006 ont été en fait dictés par des éléments étrangers à la profession puisque ces "élections" s'étaient déroulées au milieu d'un quadrillage et d'une présence policière importante jamais enregistrée dans l'histoire du Barreau Tunisien.
 
- Déplore le fait que certains avocats appartenant au parti au pouvoir n'avaient pas respecté la décision arbitrale du Bâtonner acceptée par toutes les parties fixant la date des élections pour le 18/3/2006 et dénonce le quadrillage policier des lieux de la  tenue  de  ces " élections" le 11/3/2006 et les intimidations exercées à l'encontre des avocats et l'empêchement des jeunes avocats d'exprimer leur choix dans des conditions libres et démocratiques.

- Considère que la présence de corps parallèles et partisans dans la profession constitue une atteinte grave à son indépendance et son rôle dans un Etat de droit.
 
         Le Président
 Mokthar YAHIYAOUI
 

 

Comité international de soutien aux internautes de Zarzis

Présidente : Hélène Flautre, Parlementaire européen

Site : www.zarzis.org

 

 

Communiqué

Les internautes sous contrôle administratif.

Zarzis une prison à ciel ouvert

 

Libérés le 27 février dernier après trois ans de détention, les internautes de Zarzis sont depuis cette

date l’objet de persécutions tant policières qu’administratives. La dernière en date est la

confirmation de leur assignation à résidence pendant 10 ans, soit le temps qu’il leur restait à passer en prison, assortie de 5 ans de contrôles administratifs.

 

Ainsi les actes d’accusation, qui les ont conduit à une condamnation de 13 ans de prison, lors de procès dont l’impartialité a été remise en cause par les avocats et les ONG internationales, sont maintenus.

Ils ont été libérés mais sont toujours considérés comme coupables aux yeux de l’administration et des services de Police.

 

Aux dernières violences contre Abdelghaffar Guiza se sont succédés les obstacles mis par l’administration tunisienne à leur liberté de circulation hors de la ville de Zarzis. Comment Abdelghaffar Guiza, atteint d’une tuberculose, va-t-il pouvoir accéder aux soins que nécessite son état ? Comment Omar Chlendi pourra t’il rejoindre sa famille en France ou au Portugal et Aymen Mcharek la sienne en Allemagne ?

 

Nous rappelons que MAHROUG Hamza, BEL HAJJ IBRAHIM Ridha, GUIZA Abdelghaffar, RACHED Omar, MCHAREK Aymen et CHLENDI Omar sont innocents, que leurs seuls crimes est d’avoir surfé sur Internet et nous exigeons donc que leur soient restitués tous les droits dont ils ont été privés et en particulier la liberté de circuler en toute liberté.

 

Paris, le 30 mars 2006

Le Comité de Soutien

 

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Documents et traductions

Les internautes sous contrôle administratif.

 

 

République Tunisienne

Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme

Administration générale des Prisons et de la Rééducation

Carte de Sortie de Prison

Prison civile : Borj El Amri

 

Numéro d’écrou : 23456

 

Prénom et Nom : Omar Farouk Mohammed Ali Chlendi

 

Nom de la mère : Térésa Dayésou

 

Date de naissance : 18.11.1982

 

Adresse : Avenue du 5 décembre, Zarzis, Médenine

 

Numéro de l’affaire : 6623/4994

 

Jugement : illisible

 

Début de la peine : 26.02.2003

 

Motif et date de libération : à titre conditionnel en vertu d’une décision prise par le ministre de la

Justice, le 27 Février 2006

 

Borj El Amri, le 27 février 2006

 

Le directeur de la prison civile, le (illisible)

Signature : illisible

 

Tampon rond : illisible

 

Remarque : il ne sera délivré qu’un seul exemplaire de cette carte

 

Tampon rectangulaire : (illisible) Zarzis Première circonscription

Copie conforme à l’original

Somme perçue : 1500

Numéro d’enregistrement : 1663

 

Tampon rectangulaire : Pour le Maire Signature :Kamila Maid

Signature : illisible

 

Tampon rond : illisible

 

(Traduit de l’arabe à partir d’une photocopie, LT)

 

Ministère de l’Intérieur et du Développement Local

Décision de contrôle administratif N°17583

Le Ministre de l’Intérieur et du Développement Local En vertu Des articles 23 et 24 du Code Pénal Du décret n°1244 de l’année 1984 du 20.10.1984 Du jugement prononcé par la Cour d’Appel de Tunis le 6 juillet 2004 contre le dénommé « Omar Farouk Mohammed Ali Chlendi, le condamnant à une peine d’emprisonnement de 13 ans et au contrôle administratif pour une durée de cinq ans, dans l’affaire n°2003/6623/11/4994.

 

Décide

 

Article 1 : Le susmentionné qui a bénéficié d’une libération conditionnelle le 27/02/2006 de la prison de Borj El Amri où il était écroué sous le matricule n°23456 doit résider avenue du 5 décembre, Zarzis, Médenine, jusqu’à la fin de sa peine complémentaire.

 

Article 2 : Le Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur et du Développement Local, en charge de la Sûreté Nationale et le directeur Général en chef de la Garde Nationale, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’application de cette décision.

 

Tampon rectangulaire : Le Directeur Général des Prisons et de la Rééducation Kabil Kabouss Signature : illisible

 

Tampon rectangulaire : Tunis, le 9 mars 2006 Le ministre de l’Intérieur et du développement local Rafik Bel Hajj Kacem Signature : illisible

 

Tampon rond : République tunisienne Ministère de l’Intérieur et du Développement Local

 

Tampon rectangulaire : Copie conforme à l’original

 

(traduction de l’arabe à partir d’une photocopie, LT)

 

République Tunisienne Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme

DECISION

Le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme

 

En vertu du Code de Procédure Pénale, notamment ses articles 353 à 360 En vertu de la loi n°73 de l’année 2001 du 11/07/2001, amendant les articles 56 et 359 du

Code de Procédure Pénale, En vertu du décret n°86 de l’année 1969 du 12 mars 1969, réglementant la procédure de la libération conditionnelle par le décret n°505 de l’année 1973 du 30 octobre 1973 En vertu de la proposition de la commission des libertés conditionnelles de libérer 6 prisonniers En vertu de la décision collective de libération conditionnelle du 27/02/2006

 

DECIDE

 

Article 1 : d’accorder une libération conditionnelle au dénommé « Omar Farouk Mohammed Ali Chlendi » dans le cadre de la libération collective précitée sous le numéro 04 et détenu actuellement à la prison civile de Borj El Amri sous le matricule 23456, condamné à 13 ans d’emprisonnement en vertu d’un jugement prononcé par la Cour d’Appel de Tunis le 06/07/2004, et qui a commencé sa peine le 26/02/2003

 

Article 2 : La libération conditionnelle de l’intéressé prend effet le 27/02/2000

 

Article 3 : Une carte de libération conditionnelle est remise à l’intéressé après qu’il ait été informé de cette décision et qu’il lui en été fait lecture. Son lieu de résidence est fixé au domicile : Du dénommé « Mohammed Ben Ali Ben El Hajj Ahmed Chlendi » sis rue du 5 décembre à Zarzis, Médenine jusqu’à la date du 23/02/2016, date de la peine à laquelle il a été condamné, et il ne peut le quitter que sur autorisation expresse du directeur général des prisons et de la rééducation.

 

Article 4 : Le directeur général des prisons et de la rééducation est chargé de l’exécution de cette décision.

 

Tampon rectangulaire  Copie conforme à l’original  Le directeur général des prisons et de la rééducation Nabil Kabouss

 

Tampon rond : Illisible

 

Tampon rectangulaire : Tunis, le....

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme

 

(traduction de l’arabe à partir d’une photocopie, LT)

 

 
 TUNISIE VERTE
 
Tunis le 31/03/2006
 
Communiqué : Rencontre des sénateurs suédois :
 

 
Mr Abdelkader Zitouni, coordinateur National de « TUNISIE VERTE », a rencontré le Lundi 27 Mars 2006 Mme Ingegerd Saarinen, membre du parti des verts de la Suède membre de la commission industrielle du parlement et un membre de la délégation suédoise. Ils ont exprimé leurs inquiétudes face aux manques de respect des droits et des libertés démocratiques en Tunisie et ont souligné les points de vue de la Suède concernant le respect total des droits de l´Homme.
 
Par ailleurs Mr Abdelkader Zitouni a présenté les orientations écologiques et démocratiques de « TUNISIE VERTE » et les différentes étapes de la constitution du parti jusqu’au Hold-up politique, ainsi que la situation politique actuelle de la Tunisie.
 
Mme Ingegerd Saarinen a exprimé le soutien de la délégation au parti « TUNISIE VERTE ».
 
Abdelkader Zitouni
Coordinateur National de « TUNISIE VERTE »
 
TUNISIE VERTE

Tunis le 31/03/2006
Information :
 


Nous attirons l’attention de l’opinion nationale et internationale que la délégation de « TUNISIE VERTE » mandatée pour déposer le dossier de légalisation de notre parti le 19 Avril 2004 était composée des membres suivants :

Abdelkader Zitouni, coordinateur National
Mme Nejiba Bakhtri membre du bureau politique
Mr Moncef Ben Fredj membre du bureau politique

Le journaliste qui a accompagné la délégation est Mr Nejmeddine Akkari, journaliste au quotidien « EL CHOUROUK » et ex-membre de l’AJT.

Abdelkader Zitouni
Coordinateur National de « TUNISIE VERTE »

 

Négociations sociales: Tunisie-Télécom

Des révisions salariales favorisées par une conjonction d'éléments

La manne providentielle

 

Tunisie Télécom a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps. La cession des 35 % du capital de l'entreprise constitue le marché du siècle avec plus de trois milliards de dinars. Cette ouverture du capital, et les perspectives d'un partenariat stratégique avec les ténors des télécommunications dans le monde, exigent la mise à niveau des ressources humaines.

 

C'est ce qui explique les résultats flatteurs du dernier round des négociations sociales dans ce secteur. Pourtant, on craignait le pire au départ, notamment avec l'exécution d'une grève d'un jour et l'annonce d'une deuxième, de deux jours, qui était prévue les 28 et 29 mars. Mais, c'est finalement la raison qui l'a emporté, aidée, il est vrai, par les effets prometteurs de la 1ère phase de l'ouverture des plis de l'appel d'offres international pour la cession des 35 % du capital de l'entreprise.

 

Les offres dégagent un sensible écart positif relativement aux prévisions initiales. La direction générale avait les mains plus dégagées et pouvait mieux répondre aux doléances de la fédération syndicale représentant le personnel. Ainsi, les deux parties sont parvenues à l'accord de mardi dernier, qui fait bénéficier chaque agent d'augmentations des salaires similaires à celles du dernier triennat (2002-2005).

 

En plus, il obtient 40 dinars de prime de restauration, mensuellement, 400 impulsions téléphoniques, trimestriellement. La prime de rendement passe du barême de la fonction publique à deux salaires, soit une augmentation de plus de 250 %. La prime de recouvrement est passé de 1340 dinars à 1480 dinars. A part les effets pécuniaires, la promotion et l'ouverture des horizons professionnelles n'ont pas été laissées pour compte. 2 % de la masse globale des salaires leur seront affectées, soit près de deux milliards.

 

D'autre part, il a été convenu que les divers avantages, à caractère social, tels les prêts, l'indemnité de "mouton"... s'attribuent par agent, en dehors de toute considération de liaison familiale.

 

Satisfaction mutuelle

 

Le Président Directeur Général de Tunisie Télécom, Ahmed Mahjoub et le secrétaire général de la fédération des postes et des télécommunications de l'UGTT, Mohamed Belhaj, ont exprimé leur satisfaction quant à l'accord réalisé. "La promotion des ressources humaines fait partie intégrante de l'essor de toute entreprise, c'est un élément déterminant pour le développement", selon Ahmed Mahjoub. Quant à Mohamed Belhaj, il  considère que : "c'est un pas en avant dans l'amélioration de la situation des employés de Tunisie Télécom. Espérons un même sort pour leurs collègues, les postiers."

 

Mourad SELLAMI

 

(Source : « Le Temps » du 31 mars 2006)

Tunisie Telecom: Tecom-Dig déclaré officiellement vainqueur

 

AFP, le 30.03.2006 à 19h34

TUNIS, 30 mars 2006 (AFP) - Le groupe de Dubai Tecom-Dig a été  déclaré officiellement vainqueur de l'appel d'offre pour le rachat  de 35% de Tunisie Telecom, annonce vendredi un communiqué du  ministère des Technologies de la communication publié à Tunis.

 

Tecom-Dig avait présenté jeudi une offre améliorée de 1,893  milliard d'euros, supérieure à celle du français Vivendi Universal  (VU) (1,712 milliard d'euros), lors de la phase finale de la plus  importante opération de privatisation effectuée à ce jour en  Tunisie.

 

"Compte tenu de ce classement et conformément au règlement de  l'appel d'offres, Tecom-Dig a été retenu comme partenaire  stratégique", a annoncé le communiqué.

 

Le gouvernement avait indiqué jeudi qu'il notifierait la  décision finale dans un délai de 72 heures, après la "vérification  de la conformité de l'offre financière avec les dispositions du  cahier des charges".

 

VU avait présenté la meilleure offre lors du premier tour, la  semaine dernière, proposant 1,503 milliard d'euros, devant Tecom-Dig  (1,464 milliard d'euros).

 

Le groupe de Dubai a ainsi amélioré de 429 millions euros sa  première offre, contre 209 millions d'euros additionnels pour VU.

 

Le consortium italo-saoudien (Telecom Italia et Saudi Oger),  France Telecom, l'Emirati Etisalet et le Sud-africain Mobil  Telephone Networks avaient été exclus au premier tour avec des  offres entre 1,3 et 1,169 milliard d'euros.

 

Créé en 1995, Tunisie Telecom compte 1,2 million d'abonnés au  réseau fixe et plus de 2,5 millions d'abonnés à son réseau mobile.  Il partage le marché national avec un seul opérateur GSM, Tunisiana  (2 millions d'abonnés) et a réalisé en 2004 un bénéfice net de 161  millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 710 millions  d'euros.

 

Privatisation de Tunisie Télécom: Tecom-Dubai "partenaire stratégique"

 

Associated Press, le 30.03.2006 à 21h20

TUNIS (AP) -- Tecom-Dubaï Investment Group (Tecom-DIG) a été retenu comme "partenaire stratégique" de Tunisie Télécom (TT), ont annoncé les autorités jeudi soir à Tunis. Le groupe du Golfe avait remporté la veille le marché portant sur la cession de 35% du capital de l'opérateur public tunisien face à Vivendi Universal (VU).

 

Il a fait une offre d'un montant de 3,052 milliards de dinars tunisiens (1,85 milliard d'euros), devançant le groupe français qui offrait 2,760 milliards de dinars (1,68 md d'euros).

 

Compte tenu de ce classement et "conformément au règlement de l'appel d'offres, Tecom-DIG a été retenu comme partenaire stratégique", indique le communiqué du ministère tunisien des technologies de la communication qui a chapeauté l'opération considérée à Tunis comme étant la "transaction du siècle".

En effet, selon certaines sources, la cession partielle du capital de TT rapporterait à elle seule plus que les 190 privatisations opérées durant les vingt dernières années. Le montant acquis équivaut au quart du budget de l'Etat tunisien.

 

Selon le journal Achourouk, Tecom-Dubaï appartient au prince héritier Mohamed Ben Rached Al Maktoum. Celui-ci est actuellement gouverneur de l'émirat de Dubaï et président du conseil des ministres des Emirats arabes unis (EAU).

 

A la faveur de cette entrée en force dans le marché tunisien, les Emirats se positionnent désormais en tête des investisseurs arabes, détrônant le Koweït et l'Arabie saoudite.

 

L'opérateur public TT, unique fournisseur de services de téléphonie fixe en Tunisie mais qui partage le marché de la téléphonie mobile avec un opérateur privé, Tunisiana, compte 1,2 million d'abonnés au réseau fixe et plus de 2,5 millions à un réseau mobile en pleine expansion.

 

Associated Press


La bureaucratie empêche un citoyen portugais de sortir de Tunisie 
L’affaire des internautes de Zarzis

 
Omar Chlendi est le fils d’une Portugaise qui a été incarcéré en Tunisie, à l’occasion d’un procès connu comme celui des « internautes de Zarzis », libérés le 27 février dernier, cependant il n’a pas encore pu quitter le pays.
La mère d’Omar craint que son fils et les autres « internautes de Zarzis » ne soient à nouveau en butte à l’emprisonnement.
Il y a un mois, la mère d’Omar Chlendi a demandé au Consulat du Portugal à Tunis qu’un passeport soit délivré à son fils. Une demande en urgence qui n’a toujours pas été satisfaite, ce qui pourrait compromettre un long processus qui a reçu le soutien de milliers de personnes de par le monde, et celui d’ONG comme Amnesty International.
Omar Chlendi et quatre autres jeunes (tous de Zarzis), ainsi qu’un professeur, ont été arrêtés en 2003 après la promulgation de la loi antiterroriste en Tunisie. Ils ont été accusés d’inciter à des actions terroristes par le biais d’Internet.
Il y a près d’un mois, ils ont été libérés à la suite d’un décret présidentiel, une mesure qui a été accueillie favorablement au niveau de la diplomatie internationale, notamment des EUA et de l’UE, car il s’agirait d’une condamnation pour des motifs politiques.
Ce jeudi, le Comité International de Soutien aux Internautes de Zarzis a publié un communiqué faisant état de sa profonde préoccupation quant à la situation des jeunes. Le Comité accuse les autorités tunisiennes d’avoir mis les « internautes » dans une « prison à ciel ouvert » et d’avoir fait d’eux les cibles d’intimidations policières et administratives.
Tandis que les autres jeunes sont de nationalité tunisienne, Omar Chlendi est le fils d’une citoyenne portugaise résidant en France, et il pourra sortir du pays dès qu’il aura un passeport.
Sa mère, Térésa Chopin, a engagé un combat de longue haleine pour être avec ses enfants-ils avaient été enlevés par leur père pour être emmenés en Tunisie-, et, alors qu’elle était sur le point d’aboutir, elle a été confrontée au problème de l’incarcération d’Omar Chlendi.
Forte mobilisation individuelle, des ONG, et de la diplomatie de quelques pays : le groupe des « internautes de Zarzis » a été libéré le 27 février, à la suite d’une grâce présidentielle.
Seul reste un obstacle à franchir pour Térésa Chopin : il est du ressort des autorités portugaises. Contacté par SAPO, le ministère des Affaires Etrangères n’a fourni aucune information sur cette affaire.
Les mouvements de soutien à la libération et la résolution du cas des « Internautes de Zarzis » estiment qu’il faut continuer à exercer des pressions auprès des autorités tunisiennes. Térésa Chopin le pense aussi, qui redoute des difficultés de la part des autorités portugaises pour délivrer un passeport à Omar Chlendi.
 
Source : voir en ligne : http://info.sapo.pt/nn/655904.html
-(traduction ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en portugais, LT)
 

 
Le régime de ben ali fait vraiment pitié.
 

Avec tous les moyens dont il dispose allègrement :

-         les moyens matériels et humains de l’Etat et des institutions officielles de sa république (ministères, collectivités locales et autres) et les non officielles (les chooba, les comités de quartier et les autres, l’atce et autres) ;
-         les moyens matériels et humains tous confondus de la répression (police politique ou plutôt les tonton macoutes, agents de l’ordre, gendarmerie nationale, agents de douane et le cas échéant les militaires et d’autres);
-          les moyens matériels et humains de la propagande, de l’endoctrinement, de l’asservissement, de l’aliénation et de la corruption de la population (les journaux, les radios, les télévisions, les supports muraux des villes et des villages, les panneaux publicitaires, small, xl et xxl…) 
 
Avec tout cela et bien d’autres moyens occultes, ben ali et ses mercenaires ont peur. Ils ont peur, selon leur propre terme, d’une « toute petite minorité de récalcitrants et de traîtres ».
 
Ben ali et ses mercenaires montrent ces derniers jours des signes de fébrilité et d’angoisse. Ils font n’importe quoi, gesticulent comme des poules agonisantes. Ils utilisent, et ce malgré les moyens pharaoniques ci-dessus mentionnés, des moyens indignes, immoraux et lâches comme ceux rapportés dans Tunisnews (journal publié sur le net, la référence informationnelle de tous les tunisiens) daté du 28 mars 2006 :

-         vol de voiture de Mme Neila Cherchour Hachicha ;
-         chantage par montage et truquage des films et photos pornographiques à l’encontre de Me Jallali et de la fille de Mme NCH ;
-         photos en caricature de Me Echebbi ;
-         -campagnes de presse par des "professionnels du journalisme" non signés, diffamatoires et d’appels publics au lynchage des opposants « traîtres à la Tunisie » ;
-         Last but non least ; le cambriolage de la voiture de Me A. Ayadi en plein jour et devant les passants et surtout devant le Palais de la justice. 
J’ajouterai à cette liste noire :
-         les redressements fiscaux orchestrés par EDDAKHILIA (police secrète du régime) à l’encontre de Me Nouri, Me Bhiri et Akremi, Me Najib ben Youssef et les autres;
-         les harcèlements verbaux sur les trottoirs et les filatures dangereuses sur les routes à l’encontre des opposants ;
-         Me Dilou filé et menacé par des voyous (flics de ben ali) en le menaçant par le vol de sa voiture ;
-         l’ex prisonnier Lassad Jouhri  a trouvé les deux roues de sa voiture complètement déboulonnées ;
-         Hamma Hammami fut victime d’une rumeur qui annonçait sa mort ;
-         Moncef Marzouki et Fathi Jerbi (membres du CPR) cibles de dénigrement et de fausses déclarations dans le but de semer le désordre et briser le consensus établi au sein des membres du « collectif 18 octobre pour les Droits et les Libertés en Tunisie » ( la fausse pétition « pour un leader démocratique tunisien » qui circule sur le net émane tout  droit des sous marins de la police de ganzoui.
-         et autres choses que l’on ne rapporte pas.
Que cherchent-ils Ben ali et ses mercenaires en multipliant les actes dignes d’une voyoucratie et non même pas dignes d’une autocratie qui se respecte ?
Comment explique t-on ces dérives ?
 
Est-ce que c’est le retour aux affaires de la police politique avec ces sales méthodes (un sorte de remake des années 90) du miséreux et failli Ganzoui qui est, sans rappeler, sous le coup d'un mandat d'arrêt international suite à une plainte déposée en France pour torture en 2002,
 
Est-ce que le régime de ben ali se prépare à baliser et à dépoussiérer la route en vue de sa propre succession ; mais avec d’autres prétendus de son sérail, avec comme mission principale celle de sauver la peau de leur parrain et surtout sa fortune et celle qu’ils les a permis d’accumuler.
Beaucoup de questions en suspens. Mais une seule réponse ; c’est que Ben ali et ses mercenaires rament à contre courant, qu’ils pataugent dans la merde et qu’ils courent à leur perte. Ils font tous pitié, ben ali, ses mercenaires et même leurs innocents progénitures car personne ne les pardonnera de leurs vivants ni les regrettera une fois disparus.

O.F
 

" Les masques " de nouveau :
A propos de la liberté d’_expression et de la vie privée
 
 
" Ceci étant, je me trouve aujourd’hui acculé, ainsi que ma famille, à entamer une grève de la faim, seul moyen restant à notre portée, pour contester contre les abominables atrocités que nous subissons et ce depuis le coup d’Etat du 7 novembre 1987. Cet appel est lancé pour informer l’opinion publique nationale et internationale de notre propre calvaire et de la situation effrayante des droits de l’Homme en Tunisie. Ma détermination à recouvrir nos droits est inépuisable et votre soutien nous serait d’un apport inestimable ".
Professeur Moncef BEN SALEM. Tél. : +216 74 274 053. Sfax, le : 30 Mars 2006 (Extrait du Communiqué paru sur Tunisnews http://www.tunisnews.net/30mars06f.htm)
 
 
Depuis le SMSI, le web tunisien a vu la naissance de presque une dizaine de sites Internet qui multiplient les campagnes de dénigrement contre des Opposants tunisiens. Ces sites dévoilent encore une fois les méthodes auxquelles a recours le pouvoir pour disqualifier toute voix discordante et rappellent " Les masques ", une lettre publiée en France qui s’en prenait aux Opposants tunisiens à Paris en espérant que le contribuable Tunisien se réveille un jour pour demander des comptes à propos de l’utilisation que le pouvoir fait de l’argent public.
 
Par Sami Ben Abdallah
 
" Il y a une solitude ou l'homme est seul car il est seul, il y en a une autre ou il est seul car les autres ne l'ont pas encore rejoint " Beaumarchais
 
Depuis le SMSI, M. Nejib Chebbi, secrétaire général du PDP, est victime de campagnes de dénigrement de la presse tunisienne. A l’origine de ces campagnes, son rapprochement et le pari qu’il fait sur les islamistes d’Ennahdha ainsi que son soutien indéfectible à M. Rached Ghannouchi. Cette fois-ci, " Nejibullah " comme aime l’appeler les "  Nous les démocrates " d’une certaine Gauche tunisienne pour se moquer de son alliance avec Ennahdha, a compris qu’il n’y a plus de limites dans la lutte feutrée qu’il livre à M. Ben Ali. Il est vrai qu’à Tunis, les préparatifs pour la succession se font à ciel ouvert et M. Nejib Chebbi est un des deux ou trois présidentiables de l’Opposition qui ont de réelles chances de l’emporter. Par le passé, la presse officielle avait souvent épargné le Secrétaire Général du PDP de ces campagnes de dénigrements, et M. Nejib Chebbi renvoyait l’ascenseur en se présentant comme le plus modéré des opposants tunisiens. Dans ces critiques assez virulentes, il avait toujours épargné " M. Ben Ali " choisissant souvent de s’en prendre au " gouvernement ". Un jeu de mots subtil que les dernières campagnes de dénigrement ont fait sauté comme un château de cartes. Autre mauvaise nouvelle pour M. Nejib Chebbi : Pour se défendre, il ne devrait pas s’attendre à un quelconque soutien ou condamnation publique de ces campagnes de dénigrement ni de la part de la Gauche tunisienne dans sa majorité avec ses " Hommes démocrates " et ses " femmes démocrates ", ni de la part d’autres opposants-concurrents. Car les positions de principes et les manifestations de solidarité au sein de l’Opposition tunisienne s’arrêtent souvent aux amis. M. Nejib Chebbi doit donc jouer en solo, chose qu’il sait et aime faire depuis 40 ans ?
 
M. Ahmed Kdidi a eu également le même sort. Ancien député, proche de l’ancien premier Ministre M. Mohamed Mzali, plus tard exilé avant de rencontrer M. Ben Ali à la fin des années 90 et rentrer au pays, l’homme a eu l’audace de publier un livre- mémoire qui revient en partie sur l’après-7 novembre 1987. Une audace qu’aucun des anciens Ministres ou de la vieille garde bourguibienne ne s’est permise jusque-là, se contentant, tel M. Mohemed Mzali, dans leurs mémoires de s’arrêter à Novembre 1987. L’absence de réactions officielles a fait croire à M. Ahmed Kdidi qu’il pouvait encore aller de l’avant quitte à appeler M. Ben Ali de la tribune d’Al-Jazeera à vider toutes les prisons en Tunisie. Quelques jours plus tard, M. Ben Ali a amnistié 1600 prisonniers, la plupart de droit commun dont presque une centaine des anciens partisans d’Ennhda dans leur majorité en fin de peine. M. Ahmed Kdidi croyait que M.Ben Ali avait entendu son message et il a appelé un de ses amis pour lui exprimer toute sa gratitude " au président Ben Ali ". Mais les jours suivants, M. Ahmed Kdidi fut plus que consterné en apprenant la publication de quelques articles dans la presse tunisienne le dénigrant.
 
M. Moresel Ksibi est l’ancien modérateur de la liste de diffusion Tunisie2003 et d’une nouvelle liste qu’il a lancé depuis plusieurs mois et qu’il a appelé " la liste du mouvement du 18 octobre ". Sa première liste avait tenu durant des années avant de subir les représailles d’anonymes pirates. Dans un premier temps l’homme a eu la capacité de relancer une nouvelle liste. Cependant, suite à la deuxième tentative des mêmes pirates anonymes, M. Morsel Ksibi a abandonné et a souffert de l’ingratitude. Et pour cause, cet ancien Nahdaoui se veut un islamiste avec un sens critique et ne mâche pas ses mots quand il s’agit de critiquer la direction actuelle d’Ennahdha, les méthodes d’une partie du sérail de M. Rached Ghannouchi et le système presque clientéliste qu’ils ont institué à l’étranger. Car parmi ceux qui soutiennent et applaudissent M. Rached Ghannouchi à longueur de journée, il y a ceux qui profiteraient des largesses de l’appareil, d’aides financières, de partenariats dans des projets commerciaux et de positions de direction dans l’appareil d’Ennahdha. Ce sont ces faveurs qui les motivent dans toutes leurs tentatives publiques, sous couvert d’anonymat ou dans les coulisses, pour faire enterrer toute voix discordante au sein d'Ennahdha. M. Rached Ghannouchi, qui, il y a 20 ans, tenait à rédiger un livre qui lui serait cher " Les libertés publiques " ne s’en rappelle peut être plus, laisse faire et du coup, Ennahdha ressemble à un parti " stalinien " qui trahit parfois la diversité des islamistes tunisiens, leur modération où la seule parole qui vaille est celle du " prince " et les articles l’encensant. Si le pays a incontestablement besoin d’un parti islamiste modéré, avec des expressions plurielles qui ne criminalise pas la critique mais milite pour la liberté d’_expression pour tous, il va sans dire qu’il n’a pas besoin d’un parti islamiste stalinien. M. Rached Ghannouchi a toutes les cartes en main. Nul - y compris ses adversaires ou contestataires- ne peut lui contester sa stature avec Salah Karkar, Hammadi Jbeli, Abdellfattah Mourou, Abdallah Zouari et bien d’autres de symbole de l’Islam politique en Tunisie et dans le monde arabo-musulman. Il a l’autorité, la légitimité historique, la reconnaissance de ses pairs et les moyens financiers, pourvu qu’il se décide et qu’il se rappelle qu’il y a 20 ans, il tenait à rédiger un livre qui lui était cher " Les libertés publiques ".
 
Ce sont ces quelques exemples parmi tant d’autres qui ont jalonné les 18 ans de règne de M. Ben Ali ainsi que celui de Bourguiba auxquels ont pourrait ajouter des centaines de personnes qui ont été victimes de campagnes de dénigrements allant d’articles anonymes publiés dans la presse officielle jusqu’à la diffusion de photos et de montage pornographiques. A Commencer par les islamistes au début des années 90, passant par Mohamed Mzali, Salah Karkar, Moncef Marzouki, Sihem bensedrine, Hamma Hammami, Radia Nasraoui, les membres des femmes démocrates pour arriver à Lakdar Ellela, Mhammed Krichene Mokthar Yahyaoui, Ahmed Bennour, Mohamed Abbou, Om zied (Neziha Rjiba) et tant d’autres et pour atterrir enfin à Nejib Chebbi et Ahmed Kdidi. La liste reste encore ouverte et les candidats malgré eux sont nombreux. C’est que le pouvoir a clos depuis 1989 la parenthèse démocratique et la gestion politique des problèmes du pays pour sombrer dans une folie policière avec une panoplie de réponses qui varient de la torture à l’emprisonnement, aux montages pornographiques, aux campagnes de presse. C’est devenu presque une industrie et un vrai fond de commerce rentable à tous les coups. Certaines campagnes de dénigrement, au lieu de susciter la consternation font le bonheur des uns et des autres. Ils en tirent presque une source de fierté et les brandissent devant le feu des cameras de la presse étrangère comme une légion d’honneur. Et du coup, on assiste depuis des années au sein de l’espace dissident à l’émergence des " demandeurs de campagnes de dénigrement " qui viennent s’ajouter " aux chasseurs des subventions ". Par jeu de provocations subtiles, la presse officielle riposte, et du coup, plus la personne est insultée, plus on parle d’elle, plus les ONG internationales se motivent et se mobilisent, plus la personne devient connue et le terrain est donc préparé pour s’autoproclamer symbole ou Chef, figure historique du Mouvement démocratique tunisien. Un jeu qui s’apparente à la spéculation boursière qui n’est finalement créateur d’aucune vraie richesse. Du coup, les vrais problèmes du pays et la souffrance des milliers de Tunisiens sont oubliés.
 
Incontestablement, ces exemples traduisent l’état de pourrissement des mœurs politiques en Tunisie. Incontestablement la responsabilité politique de M. Ben Ali qui laisse faire ne fait l’ombre d’aucun doute. Il n’empêche –et les mots peuvent paraître durs- que cet air de pourrissement a contaminé et a entaché parfois quelques réactions des dissidents, qui par souci de vengeance compréhensible perpétuent ce cercle vicieux à l’infini.
 
Car parmi les rangs de ceux et celles qui se disputent la palme de martyr à propos du combat pour la liberté d’_expression , le discours d’une minorité qui a squatté les devants de la scène et qui engage malheureusement la majorité perd en crédibilité quand il s’agit de la vie privée des autres Tunisiens y compris ceux qui font partie du régime. Car en quoi la vie privée d’un Ben Ali, de sa femme ou de sa famille élargie, en quoi les aventures amoureuses de tel Ministre intéressent le débat politique public  sauf si les moyens de l’Etat ont été instrumentalisés à des fins privées ? En quoi l’origine sociale d’un Ben Ali, de sa femme, les diplômes qu’ils auraient obtenus, qu’ils soient bac moins 3 ou professeur visiteur des universités, en quoi le passé de telle femme de ministre ou d’ambassadeur, en quoi toutes ces questions qui relèvent essentiellement de la vie privée de tout un chacun intéresse le débat politique public dans notre pays ?
 
S’il y a une règle, elle doit être appliquée pour tous et à tous. Et son respect n’est nullement conditionné par l’alignement du régime. Tant pis pour M. Ben Ali qui a renié la majorité des engagements qu’il avait pris envers le pays. Il a pris les Tunisiens et l’Histoire comme témoins, ils jugeront son règne. Nul n’est immortel et la mémoire collective des Tunisiens sera aussi sévère avec le règne de Ben Ali qu’elle l’a été avec l’après-Bourguiba, car la Tunisie ne mérite pas de voir ses enfants torturés dans les prisons, subir la corruption des proches de M. Ben Ali et de certains de ses ministres et finalement ne plus avoir le droit de s’exprimer dans leurs pays, de participer à la gestion de ses affaires et désertent le pays pour faire le bonheur des laboratoires de recherche ou des entreprises à l’étranger pour dormir sur les trottoirs une fois arrivés. Tant que toutes ces questions n’ont pas été résolues, tous les acquis dont M. Ben Ali se vante resteront frappés par le sceau des larmes, de la souffrance des Tunisiens et de leurs cris contre l’Injustice.
 
Il n’empêche que quels que soient les méfaits de la dictature de Ben Ali, il y a des règles qui devraient être respectées et auxquelles nul ne peut se soustraire sous aucun prétexte. Car ce qui fait la force des dissidents, ce n’est nullement les moyens d’oppression dont dispose M. Ben Ali, mais leur capacité à monter l’exemple, leur croyance et leurs sacrifices pour ces valeurs chères que sont la démocratie, la liberté d’_expression.
 
Ceux et celles qui transgresseront cette règle élémentaire, qu’ils ne le fassent surtout pas sous couvert d’anonymat ou de l’étranger, et qu’ils assument. Ceux qui se tairont et laisseront faire, quel qu’ils soient, quelle que soit leur antériorité dans le combat contre la dictature de Ben Ali et les sacrifices consentis devraient comprendre que leurs discours à propos du caractère sacré de la vie privée de tout un chacun perd en crédibilité et s’apparente à un double discours.
 
Ceux et celles qui transgresseront cette règle élémentaire finiront par ressembler aux méthodes de Ben Ali, ne représenteront plus que leurs personnes et n’auront rien à voir avec le combat des dissidents tunisiens qui militent depuis des années pour une Tunisie juste, libre et démocratique.
 
On peut faire la politique autrement. La vie privée de chacun, quel qu’il soit, doit être épargnée dans l’attente d’un jour prochain où elle ne sera plus le prix à payer pour se taire par peur de la voir étalée dans la presse officielle ou sur Internet.
 
 
Sami Ben Abdallah
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LECONS DEMOCRATIQUES SUISSES OFFERTES AUX TUNISIENS

Après la remarquable intervention du Président de la Confédératrion hèlvétique, Samuel Schmidt, lors de la deuxième phase du sommet sur l'information ( SMSI ) organisé à Tunis en octobre 2005, dans laquelle il a donné une leçon de démocratie concrête et directe en faveur du peuple tunisien, voici le mode d'emploi suisse sur les libertés offert aux Tunisiens (Broch-ure éditée par la République et canton de Genève, décembre 2005 ).
 
PREMIERE LECON : VIVRE DANS UN ETAT DEMOCRATIQUE
 
La Suisse, ce pays qu'on appelle aussi Confédération hèlvétique ( CH ), est un Etat fondé sur le droit. Cet Etat ne "dirige" pas, mais encadre les activités de chacune et de chacun; il indique les règles de vie communes à toutes et à tous.
 
On parle d' Etat lorsque les éléments suivants sont réunis :
 
      - un territoire
      - habité par une population
      - qui se donne des règles
      - et une organisation politique
 
On peut y ajouter un autre élément qui en assure la cohésion : la volonté de vivre ensemble et de former une communauté aux valeurs partagées.
L'Etat procure les outils et les institutions nécessaires à la vie en commun, notamment des écoles pour l'éducation, des hôpitaux pour la santé, des routes et des rails pour les transports, une police et une armée pour la sécurité et des tribunaux pour la justice.
 
C'est dans une loi fondamentale appelée constitution qu'un Etat démocfratique précise sa raison d'être, ses valeurs fondatrices et son organisation politique. La constitution définit également les libertés de chacun et les droits et devoirs de tous..
 
Tous les habitants et habitantes du pays sont égaux et disposent des mêmes libertés, mais tous ne bénéficient pas des mêmes droits politiques; à savoir le droit d'élire et d'être élu, de voter, de proposer et de signer des référendums et des initiatives.
 
Ce qu'on appelle le peuple, en Suisse, c'est l'ensemble des personnes disposant de droits politques. Le peuple est souverain, c'est à dire situé au plus haut degré du pouvoir; en dernier ressort, c'est lui qui décide. Le peuple choisit, pour une durée déterminée, ses autorités lors d'élections ouvertes; il peut adopter des lois qui s'imposent à ses élus et ses élus, et contester celles qui ont été adoptées par ceux-ci. L'Etat et son fonctionnement sont placés sous son autorité.
 
En accordant aux électrices et aux électeurs le droit de s'exprimer directement, le système politique suisse applique concrètement la démocratie, terme qui signifie: souveraineté du peuple. En démocratie, chacun doit accepter les décisions de la majorité même sans y avoir souscrit, par exemple à l'issue d'une consultation populaire dont le résultat est contraire à son opinion. La minorité se soumet à la majorité mais, en retour, la majorité n'opprime pas la  minorité.
 
Prochaine leçon : Les droits fondamentaux et les droits politiques.
 
Houcine Ghali, Genève
 
 
N° : 248
Tunis le  :  15 mars  2006
Séminaire de la Mémoire Nationale
Avec Madame Fathia Mzali

Sur le planning familial en Tunisie à ses débuts
le Samedi, 25 mars 2006 à 9h

Dans le cadre des séminaires sur la Mémoire Nationale, nous avons tâché de soulever les problématiques de la construction de l’Etat National, en invitant des hommes du pouvoir, des syndicalistes, des personnalités de gauche, toutes tendances confondues, des hommes de lettres et des arts ; nous ouvrons aujourd’hui dans ce séminaire, un dossier qui revêt une importance stratégique dans la constitution du noyau familial tunisien, lorsque l’Etat a adopté pour la première fois dans les pays arabes, la politique du planning familial, considéré à l’époque comme étant un dossier d’intérêt majeur dans un développement social dans la société tunisienne eu égard aux profondes mutations enregistrées dans les pays développés…
Dans ce cadre, nous avons sollicité Madame Fathia Mzali d’animer un séminaire sur la Mémoire Nationale pour apporter son témoignage sur les débuts du planning familial dans notre pays.
Après avoir obtenu son brevet puis son bac (section lettres) en 1947 et une licence de philosophie à la Sorbonne en 1952, acquise pour la première fois par une tunisienne, Mme Mzali est entrée dans la vie professionnelle en tant qu’enseignante de psychologie et de sociologie ; auparavant elle a participé avec sa mère aux manifestations féminines nationales et avec la sollititude de Mme Bechira Ben Mrad, elle a représenté l’Union des femmes musulmanes au congrès de la paix et a reçu une lettre de félicitations de M. Salah Ben Youssef. Etudiante à Paris, elle a participé aux réunions tenues au siège de l’AEMNA sous la présidence entre autres de Jallouli Faris et Habib Bourguiba ; comme elle a participé aux grèves ordonnées par l’UGTT. En 1957, elle a été nommée directrice de l’Ecole Nationale d’Institutrices, puis membre de la commission nationale pour la révision du système de l’enseignement durant la décade : 1958-1968 ; Mme Mzali fut nommée conseillère à la Municipalité de Tunis qu’a présidée 1957-1960 Ali Belhaouane, puis Ahmed Zaouch ; elle a organisé un colloque sur le théâtre tunisien au club Aziza Othmana après la création du Ministère de la Culture.
Ce parcours l’a incité à créer pour la première fois, un jardin d’enfants municipal ; d’autre part Mme Mzali a assumé de nombreuses responsabilités à l’Union Nationale des Femmes et fut derrière l’organisation de l’Ecole des Cadres de l’UNFT à l’Ecole Normale.
Par ailleurs Mme Mzali a donné une conférence en date du 8 décembre 1959 sur le Birth Control à la tribune du Club Aziza Othmana, dont l’animation a été assurée par Mme Habiba Zaouch, présidente du Club ; un colloque fut organisé sur le même sujet auquel ont  participé Dr. Tawhida Ben Cheikh et Dr. Sghaier Ayari ; en outre, elle a été membre fondateur de l’Association Tunisienne pour le Planning Familial ; membre de la région  Moyen Orient et Afrique du Nord dont le siège fut d’abord à Beyrouth, puis transféré à Tunis (1974-1978) ; cette Organisation Internationale a organisé un colloque sur le thème : l’Islam et le planning familial ; Mme Mzali a veillé à la création d’une association membre à Kaboul en Afghanistan.
Quant à son rôle dans l’UNFT, il fut important lorsque le président Habib Bourguiba l’a chargé de faire redémarrer les structures de cette organisation, elle a veillé au déroulement de trois congrès 1973, 1976 et 1981 ; c’est ainsi qu’elle a organisé de nombreux colloques sur l’avortement, la femme rurale , la famille sans soutien, la femme au travail dans les plans de développement ; toutes ces activités ont amené l’Organisation des Nations Unies à octroyer son prix pour les droits de l’homme à l’UNFT. L’intérêt de la femme n’a cessé de prendre de l’ampleur aux yeux de Hédi Nouira, Hédi Khefacha et Abdallah Farhat qui en tant que Ministre de la défense Nationale, a obtenu que les Tunisiennes fassent leur service militaire.
Mme Mzali fut membre du Bureau Politique du PSD et a veillé à la création de l’Association d’amitié tuniso-turque ; membre du Parlement durant trois mandats 1974, 1979 et 1981, représentant respectivement les circonscriptions de Kairouan, Tunis et Bizerte ; au sein du Parlement elle a présidé le comité consacré au sujet de Développement et population, dans le but de sensibiliser les parlementaires à prendre en considération cet important dossier, Mme Mzali a signé "la convention internationale pour combattre toutes les formes de discrimination à l’encontre des femmes au nom de la Tunisie ; c’est grâce à ce parcours si riche qu’elle fut nommée la première femme tunisienne depuis l’indépendance au poste de Ministre de la Famille et de la Promotion de la femme, et ce dans la perspective de créer un véritable équilibre de la famille tunisienne et s’améliorer la condition de la femme en général grâce  à un fonds octroyé par le PNUD pour lancer un programme d’études et de recherches.
Riche d’un tel parcours sur le dossier de la promotion de la femme dans notre pays, depuis l’indépendance, Mme Mzali a eu des contacts avec de nombreuses organisations arabes et internationales spécialisées et a acquis une expérience du terrain ; elle aura le soin de communiquer ses réflexions et son expérience lors de ce séminaire sur un sujet important et stratégique et que l’élite tunisienne : femmes et hommes ont eu le privilège de défendre avec courage et conviction.
L’invitation est ouverte à tous ; cette tribune débutera à 9h au sein du nouveau local de la Fondation avec l’adresse ci-dessous indiquée.
Merci de votre attention

Prof. Abdeljelil Temimi
 

 
Amnesia is the price of Algerian peace and reconciliation

 
By Kamel Labidi
Commentary by
Saturday, April 01, 2006

Algerian President Abdel-Aziz Bouteflika's decree implementing the Charter for Peace and National Reconciliation at the end of February was a blunt reminder that the culture of opacity, impunity and injustice remains deeply embedded in the minds of many Arab rulers.

Indeed, the full text of the new legislation was not revealed to the public before its approval on February 27 by the Algerian Cabinet. It was hastily endorsed while Parliament was not in session and as the beleaguered independent press faced mounting pressure, with at least 20 journalists sentenced to prison terms in the last two years.

The latest victim of this "systematic policy of repression of the rare remaining independent voices," as Nadir Benseba of the Brussels-based International Federation of Journalists put it, was Hakim Lalam of the daily Le Soir. The confirmation on March 7 by a court of appeals in Algiers of a six-month prison sentence handed down to the journalist for defaming Bouteflika sheds more light on the alarming circumstances surrounding the approval and implementation of the peace and reconciliation charter.

According to a joint statement by Amnesty International, Human Rights Watch, the International Center for Transitional Justice, and the International Federation for Human Rights, the charter "will consecrate impunity for crimes under international law and other human rights abuses, and even muzzle open debate by criminalizing public discussion about the nation's decade-long conflict."

When Bouteflika came to power seven years ago, many hoped that the president, who did not stage a coup d'etat or inherit power from his father like most of his Arab counterparts, would turn the page on the civil conflict of the 1990s that claimed more than 200,000 lives. (The government recently acknowledged, for the first time, that its forces killed 17,000 Islamist rebels during the conflict.) Unfortunately, Bouteflika's decree on implementing the peace and reconciliation charter intensified his ongoing war of attrition against independent journalism and is proof that he has more in common with Arab autocrats than meets the eye.

Under the decree, journalists and victims of gross human rights abuses and their families who comment on the responsibility of the security forces for past killings and "disappearances," or call for truth and justice, may be punished by three to five years' in prison and a fine equivalent to between $3,000 and $7,000. This legislation, which violates international norms of freedom of _expression, threatens anyone who "uses or exploits the wounds of the national tragedy (the internal conflict of the 1990s) to harm [state] institutions," which are increasingly dominated by Bouteflika. It also contains provisions similar to most Arab press laws, warning journalists against attempts "to weaken the state, or to undermine the good reputation of its agents" or to tarnish the image of the regime.

Bouteflika has turned a deaf ear to the voices of thousands of parents and relatives still mourning the death or the disappearance of their loved ones. They have asked for full and independent investigations of these crimes.
http://www.dailystar.com.lb

I will always remember the pain on the faces of the parents of Aziz Bouabdellah and the deep sadness in the eyes of the wife of Jamaleddine Fahassi, when we met in October 1998 during a fact-finding mission to Algeria led by the New York-based Committee to Protect Journalists. Fahassi and Bouabdellah, two journalists, are widely believed to have been abducted by Algerian security forces in the mid-1990s.

Bouteflika granted amnesty to the security forces and state-armed militias responsible for extra-judicial killings and the disappearance of thousands of Algerians, including Bouabdellah and Fahassi. Armed Islamist groups involved in the massacre of innocent civilians were also amnestied and exempted from prosecution for human rights abuses.

Unlike, for example, Nelson Mandela in South Africa, Bouteflika denies Algerians the right to truth and justice, which are essential keys to lasting peace and national reconciliation. The South African Truth and Reconciliation Commission, established after the end of apartheid, provided a forum for victims of abuse to be heard, and for the perpetrators of violence to testify in exchange for amnesty from prosecution. The hearings, which were covered by local and international media, helped South Africa heal its deep wounds, and in only a few years make significant steps toward democracy and the rule of law.

Moncef Marzouki, a Tunisian democracy advocate who traveled to South Africa to learn about its reconciliation process, has observed: "There are four conditions for the success of national reconciliation: you need genuine political will, expressed by a general amnesty law, passed by a parliament representing different political forces; you also need highly respected figures like Desmond Tutu, to back the reconciliation process. Then you need the presence of the perpetrators of violence who should publicly acknowledge their crimes and ask for amnesty. Last, full reparation for the victims or their families should be guaranteed."

The tragedy of Algeria and much of the Arab world is that no Mandelas can be found. Most Arab leaders seem so enmeshed in serious human rights violations and abuse of power that they, naturally, fear the outcome of a national reconciliation process. They pay lip service to reform and their occasional release of political prisoners seems mainly aimed at satisfying critics in the West. What has resulted is a swath of political systems based on deep amnesia, and the covering up of crimes. 

Kamel Labidi is a Cairo-based freelance journalist. He wrote this commentary for THE DAILY STAR.

 

(Source: THE DAILY STAR. Saturday,April 01, 2006 )
 
 
Rice accuse les régimes autoritaires arabes de nourrir le terrorisme

 

AFP, le 31.03.2006 à 14h17

BLACKBURN (Royaume-Uni), 31 mars 2006 (AFP) - Le chef de la  diplomatie américaine Condoleezza Rice a accusé vendredi les régimes  autoritaires arabes de nourrir le terrorisme, dans un discours  prononcé lors d'une visite à Blackburn (nord-ouest de  l'Angleterre).

 

"Qui, aujourd'hui, pourrait honnêtement défendre l'autoritarisme  arabe qui crée un tel désespoir qu'il nourrit une idéologie de haine  menant des gens à entourer leur corps de bombes et à se jeter dans  des immeubles aux commandes d'avions ?", a interrogé Mme Rice au  détour d'un éloge de la démocratie libérale.

 

La secrétaire d'Etat s'exprimait à l'invitation de l'institut de  politique étrangère Chatham House et de la BBC, et dans le cadre de  sa visite à son homologue britannique Jack Straw, élu de Blackburn.

 

Elle a rappelé que "pendant des décennies, les régimes  autoritaires (du Moyen-Orient) ont complètement verrouillé l'espace  politique dans leurs pays" et qu'il était nécessaire de changer ce  statu quo: "Certains critiques semblent penser que notre soutien aux  réformes démocratiques dérange, (...) mais le vieux statu quo était  instable".

 

Les critiques "ont du mal à imaginer comment le processus de  réformes pourra progresser au Moyen-Orient", a insisté Mme Rice:  "Laissez-moi vous dire qu'il ne progressera pas sans que les  citoyens deviennent libres d'exprimer leurs choix".

 

Selon la secrétaire d'Etat américaine, l'Irak et le reste du  monde arabe ne sont pas condamnés à cet "autoritarisme" et vivent  les prémisses d'une culture démocratique.

 

A Bagdad, "nous voyons les premiers contours d'une culture  démocratique (...) et avec le temps, de durs efforts et notre  soutien résolu, les Irakiens vont renforcer leur fragile culture  démocratique et au bout du compte, dans plusieurs décennies, les  gens jugeront la démocratie acquise", a-t-elle plaidé.

 

A l'appui de sa démonstration, Mme Rice a évoqué l'évolution de  sa propre ville, Birmingham, la capitale de l'Alabama, passée en  cinquante ans, selon elle, du statut de ville fermée, violente et  gangrenée par le racisme à celui de métropole moderne et ouverte.

 

"Nous autres, Américains et Britanniques, tenons maintenant nos  cultures démocratiques pour acquises", a-t-elle poursuivi: "Un jour,  les gens de Bagdad, de Beyrouth, du Caire et, oui, de Téhéran  pourront dire la même chose de leurs grandes villes".

 

"Ils se souviendront", a-t-elle conclu, "des autres démocraties  qui, comme le Royaume-Uni, les Etats-Unis et des dizaines d'autres,  se sont tenues à leurs côtés quand ils en ont eu besoin".

 

Réunion des chefs de la diplomatie de l'UMA en mai à Tripoli (Belkhadem)

 

AFP, le 30.03.2006 à 19h36

ALGER, 30 mars 2006 (AFP) - Les ministres des Affaires  étrangères des pays de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) se réuniront  en mai à Tripoli pour relancer l'action maghrébine, a annoncé jeudi  à Alger Abdelaziz Belkhadem, ministre d'Etat, représentant personnel  du chef de l'Etat algérien.

 

Cette réunion a été décidée lors d'une rencontre des  représentants des cinq pays de l'UMA (Algérie, Libye, Mauritanie,  Maroc, Tunisie), en marge du sommet de la Ligue arabe, qui vient de  se tenir à Khartoum, a déclaré M. Belkhadem à la télévision  nationale.

 

Un consensus s'est dégagé lors de cette réunion sur la  "nécessité" de redynamiser l'action maghrébine, a ajouté le  ministre, ayant participé au sommet de Khartoum.

 

Le ministre algérien chargé des Affaires maghrébines et  africaines, Abdelkader Messahel, avait réitéré récemment "la  disponibilité de l'Algérie pour relancer la machinerie maghrébine".

 

Fondée par le Traité de Marrakech (Maroc) le 17 février 1989,  l'UMA vise à construire un Maghreb uni sur les plans politique et  économique, mais son action est paralysée depuis plus de dix ans,  notamment en raison du différend algéro-marocain sur le Sahara  occidental.

 

 

Pression internationale et boycotts après la prise de fonctions du Hamas

 

Par Mehdi LEBOUACHERA

 

AFP, le 30.03.2006 à 19h53

GAZA, 30 mars 2006 (AFP) -  Le gouvernement du Hamas, à peine  entré en fonctions jeudi, a été menacé par le Quartette pour le  Proche-Orient d'un arrêt des aides directes, que les Etats-Unis et  le Canada ont déjà suspendues.

 

"Le Quartette (Union européenne, Etats-Unis, Russie, Onu) a  répété son point de vue selon lequel l'aide future à tout nouveau  gouvernement sera réévaluée sans (son) engagement" à reconnaître  Israël, les accords signés avec lui et l'abandon de la violence  armée, a indiqué un communiqué à Bruxelles.

 

Les pays du Quartette ont convenu "qu'inévitablement il y aura  des conséquences sur l'aide directe au gouvernement et à ses  ministres", poursuit le texte.

Le nouveau ministre des Finances palestinien, Omar Abdelrazeq,  s'est dit "surpris" de ces nouvelles menaces.

"Nous attendions des gens qu'ils entrent en contact avec nous  avant de faire de telles menaces et nous attendions d'eux qu'ils  fassent la différence entre des positions politiques et des  questions économiques et humanitaires", a-t-il affirmé.

"Que des sociétés occidentales refusent un processus  démocratique que tous les observateurs ont reconnu s'être bien  déroulé nous surprend", a dit le ministre.

Le roi Abdallah II de Jordanie a appelé "la communauté  internationale à ne doit pas tourner le dos au peuple palestinien"  et au maintien des aides, en recevant à Amman l'envoyé spécial du  Quartette James Wolfensohn.

Pour sa part, le Premier ministre jordanien, Maarouf Bakhit, a  envoyé un message de félicitation à son homologue palestinien Ismaïl  Haniyeh alors que les Etats-Unis et le Canada ont annoncé leur  boycottage du nouveau cabinet palestinien.

Les Pays-Bas ont à leur tour indiqué qu'ils n'auront pas de  contacts avec le cabinet Hamas mais continueront à rencontrer le  président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Ottawa a annoncé mercredi la suspension des contacts et de son  aide à l'Autorité palestinienne et au gouvernement, qui s'élève à  7,3 millions d'euros par an. L'aide humanitaire au peuple  palestinien va cependant se poursuivre.

Cette décision "est précipitée et contraire aux règles  démocratiques et aux principes des droits de l'Homme", a indiqué le  ministre de l'Information palestinien, Youssef Rizqa.

Côté américain, le président George W. Bush a déclaré qu'une  poursuite de l'aide financière au gouvernement palestinien n'avait  "pas de sens" car il a "exprimé son désir de détruire son voisin".

L'administration américaine, qui considère le Hamas comme une  organisation terroriste, a par ailleurs annoncé qu'elle revoyait  tous ses contacts avec des responsables palestiniens pour ne pas  entrer en relation avec le Hamas.

Les Etats-Unis ont récemment demandé à l'Autorité palestinienne  et reçu le remboursement de 50 millions de dollars versés en 2005,  après la victoire du mouvement islamiste aux législatives de  janvier.

Dans un entretien avec la chaîne CNN, Mahmoud Abbas a assuré que  le Hamas était conscient de ses responsabilités.

"Le Hamas sait qu'il est maintenant responsable. Il est  responsable du bien-être du peuple palestinien (...) économiquement  et politiquement. Il sait donc ce qu'il doit faire mais attendons un  peu", a-t-il dit.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, a  minimisé le boycottage américain et canadien.

"Si on regarde bien le volume de l'aide" des Etats-Unis et du  Canada à l'Autorité palestinienne et au gouvernement, "cette  décision n'aura pas de grandes conséquences", a-t-il affirmé.

Le ministre des Finances a lui exclu un effondrement financier  de l'Autorité palestinienne. "Nous ne serons pas en banqueroute.  Nous avons d'autres ressources (...) et nous avons aussi le soutien  des pays arabes", a-t-il insisté.

Des aides financières viennent d'être versées au gouvernement  par l'Algérie et l'Arabie saoudite, a ajouté le ministre, qui n'a  pas été en mesure d'en chiffrer le montant.

 

AFP

 


Jaruzelski inculpé pour avoir instauré la loi martiale en Pologne

 

AFP, le 31.03.2006 à 11h40

VARSOVIE, 31 mars 2006 (AFP) - L'ancien homme fort de la Pologne  communiste, le général Wojciech Jaruzelski, 82 ans, a été inculpé  vendredi de "crime communiste" pour avoir instauré en 1981 la loi  martiale contre le syndicat indépendant Solidarité, a annoncé un  procureur chargé du dossier.

 

"Le général Jaruzelski est inculpé d'un crime communiste pour  avoir dirigé une association armée à caractère délictueux", a  déclaré à l'AFP le procureur Przemyslaw Piatek de l'Institut de la  mémoire nationale (IPN) qui instruit les crimes nazis et  communistes.

 

M. Piatek n'a pas été en mesure, dans l'immédiat, de préciser la  peine encourue par le général, qui a dirigé entre 1981 et 1989 le  gouvernement et le parti communiste polonais.

 

Le général Jaruzelski est déjà jugé dans un procès interminable  pour sa responsabilité présumée dans la sanglante répression de la  révolte ouvrière sur le littoral de la Baltique en 1970, lorsqu'il  était ministre de la Défense.

 

De son côté, le parlement polonais avait disculpé en 1996 le  général Jaruzelski de toute responsabilité constitutionnelle pour  l'instauration de la loi martiale.

 

L'ancien dirigeant communiste vient de faire reparler de lui, en  renvoyant jeudi au président conservateur Lech Kaczynski une "croix  des déportés en Sibérie", décoration qui lui avait été décernée "par  erreur" selon la présidence.

 

Le général Jaruzelski a bien été déporté en Sibérie avec sa  famille en 1940, quand la partie orientale de la Pologne s'est  retrouvée sous occupation soviétique en vertu du pacte  Ribbentrop-Molotov de 1939.

 

Mais la décoration au titre de la déportation n'est pas  automatique, car la loi dispose qu'elle est réservée aux patriotes  polonais ayant souffert sous le régime stalinien et restés fidèles à  l'idée de l'indépendance de la Pologne.

 

Mercredi, les collaborateurs du président Lech Kaczynski, ancien  membre du mouvement Solidarité et ennemi avoué du général  Jaruzelski, ont indiqué que le général l'avait reçue "par erreur",  son nom ayant été ajouté à la liste des candidats à la décoration "à  l'insu" du chef de l'Etat.

 

Dans une lettre rendue publique vendredi, le général Jaruzelski  a exprimé ses "regrets" au président Kaczynski, "placé dans une  situation désagréable par l'octroi d'une décoration à son insu et  contre sa volonté".

 

La personnalité du général reste controversée en Pologne,  certains voyant en lui celui qui leur a épargné une invasion de  l'URSS en 1981 et les autres l'accusant d'avoir maté le mouvement  Solidarité et ainsi retardé de sept ans la chute du communisme à  l'Est.

 

AFP


Subhanallah…

Le fil des araignées fait d'une soie qui les empêche de tournoyer (Nature)

 AFP, le 29.03.2006 à 18h00
PARIS, 29 mars 2006 (AFP) -  Les araignées ne tournoient jamais  au bout de leur fil comme il arrive parfois aux alpinistes suspendus  à une corde, grâce à une propriété surprenante de la structure  moléculaire de cette soie qui lui fait reprendre en souplesse sa  forme initiale, selon des chercheurs français.
 
On savait déjà le fil d'araignée largement supérieur aux  meilleures fibres textiles par sa ductilité (capacité à être étiré  et courbé) et sa résistance. Il ressort des travaux de ces  chercheurs, à paraître jeudi dans la revue scientifique Nature,  qu'il est aussi doté d'une "auto-mémoire de forme".
 
Ce qui signifie qu'il amortit les forces de torsion et, s'il a  été tordu, qu'il reprend de lui-même, avec une grande "relaxation",  sa forme initiale, sans imprimer au poids qu'il supporte l'amplitude  d'un mouvement de balancier.
 
Une caractéristique vitale pour l'araignée, qui lui permet de  rester stable, sur un point fixe au bout de son fil vertical,  quelles que soient les perturbations ambiantes. Autrement dit sans  susciter de mouvement qui puisse attirer les prédateurs ou avertir  les proies.
 
Les propriétés du fil d'araignée reposent sur une dynamique  complexe d'emboîtement des protéines qui le composent, pensent les  auteurs de l'article.
 
Pour les démontrer, l'équipe menée par Olivier Emile, du  Laboratoire de physique des lasers de l'Université de Rennes (ouest  de la France) a arrimé à différents types de fils une petite masse,  d'un poids équivalent à celui d'une araignée, et leur a imprimé une  rotation de 90° avant de les lâcher.
 
Le filament de Kevlar, un polymère ultra-résistant, est  suffisamment élastique pour se détendre mais enregistre des  oscillations sur toute sa longueur. Le fil de cuivre revient  difficilement à sa forme initiale et se fragilise. Le fil d'une  araignée de jardin, l'Araneus diadematus, absorbe les oscillations,  garde ses propriétés de torsion et revient complètement à sa  position originelle.
 
Le Nitinol, un alliage nickel-titanium utilisé dans l'industrie,  possède des propriétés similaires mais doit être chauffé à 90°C pour  retrouver sa forme.
 

Charmeoffensive in Bern

Nach diplomatischer Krise mit Bundes bern zelebrierte Tunesien gestern Abend eitel Minne

rudolf gafner

 

Zehntausende Schweizer kennen Tunesien als gastliches Ferienland - um so mehr irritierte die Krise, die Bern und Tunis 2005 anlässlich des Weltinformationsgipfels entzweite: Da erlaubte sich Moritz Leuenberger ein kritisches Wort zur Zensur in Tunesien - was Bern prompt formellen diplomatischen Protest des Maghrebstaats bescherte. Alsdann erlebte Samuel Schmid diese Zensur höchstselbst: Als er am Gipfel auf die Menschenrechtslage zu sprechen kam, brach Tunesiens TV flugs die Live-Übertragung ab und schnitt Schmid abrupt das Wort ab - was wiederum Tunesiens Mann in Bern eine Demarche eintrug. Als dann auch noch Micheline Calmy-Rey Bürgerrechtler empfing, die in Tunesien mit einem Hungerstreik Meinungsfreiheit gefordert hatten, wurde umgekehrt der Vertreter der Schweiz in Tunis verärgert zitiert.

 

Alles vergessen bei gutem Essen?

 

Von all dem Knatsch war gestern Abend in Berns «Bellevue Palace» keine Spur - da wurden bei feinen Weinen und Gourmetspezialitäten tunesischer Provenienz lächelnd Hände geschüttelt und «l’amitié» beschworen. Tunis’ Chargé d’Affaires in Bern, Naceur Ben Frija, hatte das diplomatische Korps ins Fünfsternepalais geladen, um den 50. Jahrestag der Unabhängigkeit Tunesiens von der französischen Kolonialmacht zu begehen. Auf Fragen des «Bund», ob wirklich schon wieder alles in Butter sei zwischen den Ländern, verwies Ben Frija auf die herzlichen Neujahrswünsche, die sein Präsident, Zine el Abidine Ben Ali, und Bundespräsident Leuenberger ausgetauscht hätten - und überhaupt, man schaue vorwärts, positiv, konstruktiv, daran müsse ja doch auch der Presse gelegen sein.

 

Schweiz lässt sich nicht blenden

 

Um einiges differenzierter indes fällt die Beurteilung Bundesberns aus: Gewiss, die bilateralen Beziehungen seien «so weit normal», erklärte EDA-Sprecher Lars Knuchel auf Anfrage. Auch anerkenne Bern durchaus Fortschritte wie die kürzliche Freilassung von 1500 Häftlingen in Tunesien, unter ihnen viele gewaltlose politische Gefangene.

 

«Grundsätzlich aber hat sich die Position der Schweiz seit dem Gipfel nicht verändert», sagte Knuchel weiter. Das EDA, das mit dem Chef der zuständigen Politischen Abteilung am Empfang im «Bellevue» vertreten war, analysiere regelmässig die Lage, habe vor Ort Kontakte, so auch mit Menschenrechtsorganisationen - und müsse feststellen: «Namentlich was Meinungsäusserungs- und Versammlungsfreiheit anbelangt, bestehen Probleme.»

 

Drastischer noch schildern Exil-oppositionelle in der Schweiz die Lage - und zwar nicht nur, was ihre Heimat angeht; gar von Pressionen wie Bespitzelungen im schweizerischen Exil ist die Klage. 5500 tunesische Staatsangehörige leben laut Volkszählung in der Schweiz (Eingebürgerte nicht mitgerechnet) - und viele von ihnen, erklärt zumindest Jalel Matri, Chef der Union der Tunesier in der Schweiz (UTS), «leben in Angst», mindestens um Angehörige im Herkunftsland. Er selber habe «die Angst verloren», als Regimekritiker stelle er sein Leben in den Dienst der Bürgerrechtsbewegung, sagte Matri dem «Bund».

 

Dissidente in Schweiz bespitzelt?

 

Tunesiens Oppositionelle in der Schweiz - von prowestlich-demokratischen und linksliberal-laizistischen Mitte-Kräften bis zu kommunistischen oder islamistischen Radikalen - sind in drei Vereinen organisiert, von denen sich jedoch nur gerade acht Vertreter mit Name und Gesicht outen, wie Matri sagte. Anonymität sei zum Schutz nötig, immerhin hätten jüngst erst bei einer Protestaktion vor dem Genfer Büro von Tunis Air obskure Gestalten, mutmasslich von der Botschaft in Bern detachierte Spitzel, die Aktivisten gefilmt - und letzten Herbst bei der Vorbereitungskonferenz zum Uno-Gipfel in Genf sei ein Tunesier als angeblicher «Uno-Polizist» aufgetreten, um zu stören. Offiziell will bei Schweizer Stellen natürlich niemand diese Vorwürfe kommentieren - informell werden Matris Aussagen von unterrichteter Seite indes durchaus bestätigt.

 

Blühende (Hochglanz-)Toleranz

 

Auf derlei Erörterungen wollte sich Naceur Ben Frija gestern nicht einlassen - dafür liess er dem «Bund» mit Botschaftslimousinen-Kurier einen Stapel von Regierungspublikationen zukommen, in denen Ben Alis Reformpolitik für Öffnung und Liberalisierung einlässlich erklärt wird. Und in seinem «discours» zur 50-Jahr-Feier nannte Ben Frija einige Zahlen, die - bei allem von Amnesty über EDA bis Uno monierten Demokratiedefizit - durchaus eindrucksvoll von gewisser Liberalisierung künden, etwa was die Stellung der Frau angeht: So seien gegen 60 Prozent der Studierenden in Tunesien Frauen, 22 Prozent seien es im Parlament, 34 Prozent bei der Presse. «Im Übrigen», so Ben Frija, «lade ich Sie ein, Tunesien zu besuchen, sich selber ein Bild von Gastfreundschaft und Toleranz zu machen.» Womit die Rede wieder beim Ferienland wäre.

 

(Source: « Der Bund » (Suisse) du 24 mars 2006, page 27)


 

Il a fallu quinze ans à Nacer Khemir pour sortir le magnifique «Bab'Aziz - Le Prince qui contemplait son âme». Trop à contre-courant d'une certaine image de l'islam?

 

Le silence du soufi

 

Norbert Creutz

 

Nacer Khemir serait-il enfin arrivé au bout de ses peines? Rencontré au sortir d'un Festival de Fribourg qui lui aura mis un peu de baume sur le cœur, le cinéaste tunisien respire l'assurance du devoir accompli. Mais quatorze ans de silence cinématographique depuis Le Collier perdu de la colombe, pour une réapparition digne d'un Terrence Malick avec le magnifique Bab'Aziz - Le Prince qui contemplait son âme (lire Le Temps du 22.3.2006), suscitent bien des questions... Né à Korba en 1948, Nacer Khemir est resté fidèle à une enfance bercée par «l'antique lumière» de son pays, par l'univers magique des contes et par le formidable pouvoir d'évasion du cinéma. Parti étudier la réalisation à Paris, il revient à Tunis en 1972 pour récolter les contes de son pays, qui deviendront la matière de tous ses films, documentaires comme fictions. Entre-deux, il vit de ses talents - oraux comme écrits - de conteur. Mais la passion du cinéma ne l'a jamais lâché non plus.

 

Samedi culturel: Toutes ces années de silence cinématographique, ce n'était donc pas un désamour?

 

Nacer Khemir: Non, plutôt une impossibilité de travailler. Bab'Aziz est le premier scénario que j'ai déposé juste après avoir terminé Le Collier perdu de la colombe, en 1991. Il a été refusé au moins six fois par différentes instances d'aide en France et en Tunisie. Et dans mes tiroirs, j'ai huit autres scénarios qui ont subi le même sort: Nuages dans l'eau, Le Voyage nocturne, Iram, etc.

 

Vous n'avez jamais douté de vous?

 

C'est douloureux à vivre, mais je n'ai pas voulu lâcher. J'ai compris que je nageais à contre-courant, que ce que je racontais n'était apparemment pas «politiquement correct». Ce n'est pas ce qu'on attend d'un cinéma du Sud: une certaine soumission dans les idées, une allégeance tacite. Les fiches de lectures des commissions étaient parfois excellentes, mais la décision était quand même négative. Il ne s'agissait donc pas d'un problème de qualité. Simplement, on ne veut pas d'une autre image du monde arabo-musulman. Comme je dis pour taquiner mes amis en France, la droite française déteste les Arabes et la gauche n'aime pas l'islam. Entre les deux, ce film n'avait aucune chance! Après, il a encore été refusé par tous les grands festivals, Cannes, Venise, Berlin, et à peu près tous les distributeurs français...

 

C'est insensé! Vous ne voyez pas d'autre explication à cela?

 

C'est peut-être la nature profonde du film qui pose problème. Par sa construction, il essaie d'aider le spectateur à oublier l'ego, à l'effacer pour mieux voir le monde. Or, chez un directeur de festival, l'ego est souvent surdimensionné et il sentira plutôt un malaise devant un tel film (rire).

 

Vous avez fini par réunir votre financement dans huit pays...

 

Si j'ai ce générique digne d'un James Bond, ce n'est pas parce qu'il y a eu beaucoup d'argent, au contraire. Je dois rendre ici hommage à Raoul Peck, le cinéaste haïtien, qui a présidé la première commission française à m'avoir accordé une aide. C'est lui qui a débloqué la situation. Mais même après, tout n'a tenu qu'à un fil. Le tournage a failli s'arrêter par manque d'argent. Pour terminer, il a fallu les 100000 euros apportés par une mécène! Le film est très structuré... Oui. La structure est empruntée aux visions que racontent les soufis ou les derviches. Le spectateur assiste donc à une vision, et celle-ci a pour thème l'amour, parce que rien n'existerait sans lui - une conception du monde qu'on retrouve dans le christianisme ou le bouddhisme. Il y a plusieurs histoires, mais comme elles sont toutes porteuses du même thème, on n'a pas vraiment de mal à alterner. C'est donc une sorte de narration en spirale, une ascension qui soulage le spectateur de son ego. Voilà en quoi il s'agit d'un film mystique. En termes de cinéma, bien sûr, cela donne le contraire du processus d'identification classique.

 

Ces histoires imbriquées sont-elles originales ou empruntées?

 

Les deux, sans doute. Pour chaque film, je fais d'innombrables lectures, mais à l'arrivée, j'essaye de tout oublier pour opérer une sorte de synthèse. C'est ce qui donne cette impression qu'il y a toujours une partie invisible, cachée, comme dans un iceberg. Par exemple, il y a bien eu un prince qui est devenu derviche, mais j'ai mêlé son histoire avec une assiette peinte du XIIe siècle où était représenté un prince contemplant son âme. Le hasard a d'ailleurs voulu que cette assiette ait été fabriquée à Kachan en Iran, où je me suis retrouvé pour le début du tournage! Au total, le film est un mélange insensé de textes, d'images, de lieux et de musiques.

 

N'y a-t-il pas des références qui risquent d'échapper à un public occidental?

 

A tout le monde. Personne ne voit vraiment le même film. Certains comprendront mieux d'où vient la gazelle, par exemple, mais tout le monde devrait ressentir qu'il s'agit d'un symbole de beauté. Les soufis développeront en disant que toute beauté est un signe divin, mais ça, on le ressent même si on ne le pense pas (rire). Il n'y a donc pas de véritable barrière. Au bout du compte, ce qu'on voit, c'est ce qu'on porte en soi. Mais attention, porter en soi ne veut pas forcément dire en avoir conscience. Et en ce sens, une œuvre peut vous révéler quelque chose. C'est aussi ça, le principe du voyage soufi.

 

Où le film a-t-il été tourné?

 

Disons 3/5es en Iran et 2/5es en Tunisie. Souvent, c'est mélangé, et je suis le seul à le savoir. Par exemple un personnage est dans un palais tunisien, il regarde dehors, et il voit l'Iran. C'est un truc aussi vieux que le cinéma, et ça marche très bien! La poétique n'a pas besoin d'effets spéciaux. Ils ne sont que démonstration de puissance. La poétique, elle, n'a besoin que d'une démonstration d'intelligence.

 

Quelques-uns des personnages, comme Zaïd, portent des habits d'aujourd'hui...

 

Il y a des endroits, au Maroc ou en Mauritanie, par exemple, qui ressemblent encore aux images du film. Des survivances d'un monde passé qui entrent en collision avec un monde à venir. Comme je ne voulais pas que ce soit totalement situé dans le passé, j'ai tenté de faire la jonction, pour dire que je ne raconte pas une histoire révolue. Tout ça va prendre de nouvelles formes. Actuellement, le soufisme reprend chez les jeunes, en réaction contre l'islamisme. Comme il a donné les bases esthétiques du monde musulman, on le retrouve d'ailleurs partout: dans l'architecture, la calligraphie, la musique... Un maçon peut être soufi, et cela ne se verra en rien sur lui, mais vous pourrez le retrouver dans un cercle de prières, de commentaires ou de discussions. Ce n'est juste pas quelque chose de visible sur la place publique.

 

Vos films ne manifestent donc pas de refus de la modernité?

 

J'emploie volontiers cette parabole. Si vous marchez à côté de votre père et qu'il tombe dans la boue, vous essayez de lui essuyer le visage avec votre veste, votre chemise, ce que vous avez. Alors moi, j'ai essayé d'essuyer le visage de l'islam avec un film. A cause du terrorisme d'un côté et des médias de l'autre, il est aujourd'hui ravalé à quelque chose de monstrueux et d'inhumain. Dès lors, je ne vois pas plus urgent comme thème que celui-là: redonner un visage à des millions de gens qui n'y sont pour rien, qui en sont même souvent les premières victimes. D'autre part, si je fais des films hors du temps, c'est aussi parce que c'est la seule forme de survie que j'ai trouvée en tant que cinéaste condamné à l'attente. Mais en ce moment, je travaille sur un film qui parle du rapport entre la France et l'Afrique du Nord, ce colonialisme qui ne dit plus son nom. Et là, je suis prêt à mettre les pieds dans le plat - si je trouve quelqu'un pour le produire.

 

(Source : « Le Temps » (Suisse) du 25.03.2006)

 


 

Reportage

Un lourd climat de guerre civile sur fond de terreur s'installe en Irak

Patrice Claude (Bagdad, envoyé spécial)

 

La dernière fois que Mme Houdad a vu son frère Ahmad Ali, c'était le 10 mars, à la morgue de l'hôpital Al-Yarmouk, dans le sud de Bagdad. Il gisait parmi 18 cadavres déjà bleuis entassés à l'arrière d'un minibus abandonné le long d'un trottoir. Tous les corps, "des hommes âgés de 20 à 35 ans" selon les médecins, avaient les mains liées dans le dos. Certains avaient été étranglés, d'autres abattus d'une balle dans la nuque. Tous portaient des marques de torture. De martyre plutôt. Nul n'avait voulu faire parler ces hommes. On avait simplement cherché à leur infliger le maximum de souffrance. "Ahmad avait un gros trou dans la tempe gauche, témoigne sa soeur. Le docteur a dit qu'on lui avait fait ça avec une perceuse électrique. De son vivant."

 

 Trois ans après l'invasion anglo-américaine, l'Irak s'enfonce plus profondément dans la barbarie. Il y avait, il y a toujours, les attentats à la voiture piégée qui déchiquettent quotidiennement des dizaines de badauds innocents - parfois des centaines quand les bombes sont déposées sur des marchés populaires ou près des mosquées à l'heure de la prière. Il y avait, il y a toujours, ces enlèvements par centaines, criminels et/ou "politiques", qui font fuir toutes les élites nationales - médecins, avocats, enseignants, universitaires, hommes d'affaires - vers les pays voisins. Il y a maintenant des dizaines de milices qui s'affrontent, des centaines de petits "seigneurs de guerre" qui commandent des dizaines de milliers de pistoleros. Il y a les "escadrons de la mort", les assassinats sectaires, les bouffées de haine communautaires, les exécutions collectives, le nettoyage ethnique, le risque croissant de la guerre civile.

 

A bout de nerfs et de souffrances, la société irakienne se fracture, se délite sous le regard inquiet, ou intéressé, des Etats voisins. La peur s'insinue partout, la suspicion de l'ami, du collègue de travail, du cousin, du beau-frère même, devient la règle. "Je n'ai pas dit à mes voisins que je partais, glisse Abou Haora. Nous avons fermé la maison un soir, en prenant juste l'indispensable. Nous sommes amis depuis dix-sept ans avec eux et je ne crois pas qu'ils m'auraient dénoncé. Mais dans notre quartier d'Al Dora, il y a maintenant des groupes de jeunes assassins sunnites qui font du porte-à-porte, menacent et même parfois exécutent les familles sunnites qui refusent de désigner leurs voisins chiites." La guerre civile "n'est pas inéluctable", répètent chaque jour, comme pour l'exorciser, les officiels, ministres ou politiciens irakiens, diplomates et militaires étrangers. "Elle a déjà commencé", estime Iyad Allaoui, l'ancien premier ministre favori de Washington.

 

Dimanche 26 mars, trente cadavres décapités ont été retrouvés à la sortie nord de Bagdad. Rien d'extraordinaire. Depuis le dynamitage du "mausolée d'or" de Samarra, l'un des sites religieux les plus sacrés de l'islam chiite, le 22 février par un commando d'inconnus, c'est la Saint-Barthélemy. "540 personnes de confession sunnite, dont quelques femmes, ont été enlevées, torturées et tuées" affirme le Parti islamique, une formation politique sunnite. Le docteur Faïk Bakr qui dirigeait la morgue principale de Bagdad jusqu'à sa fuite à l'étranger, fin janvier, va plus loin : pour lui, les tueries de type confessionnel, à l'exception des attentats, ont commencé dès l'automne dernier et le nombre des victimes s'élevait déjà, il y a deux mois, "à au moins 7 000" affirme-t-il. "La bataille pour le contrôle de Bagdad - 7 millions d'habitants, à 70 % chiites, l'une des trois ou quatre grandes cités irakiennes "mixtes" avec Mossoul, Kirkouk et Bassora -, a commencé, estime Fouad Hussein, un politicien kurde. Elle ne s'arrêtera, au mieux, qu'avec l'établissement de quartiers "monocolores", au pire avec l'expulsion totale d'une confession au profit de l'autre."

 

Le petit pont Al-Imamein sur le grand fleuve Tigre qui sépare les quartiers "monocolores" d'Adhamiyeh (sunnite) et de Khazemiyeh (chiite) en plein coeur de Bagdad, a dû être fermé il y a plusieurs mois déjà, à la suite d'affrontements armés entre milices. Jusqu'ici, malgré les efforts sanglants et conjugués des djihadistes fanatisés du sunnite jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui et d'une partie des dizaines de milliers de miliciens chiites qui écument désormais non seulement la capitale mais le pays tout entier, on n'a pas encore vu d'affrontements collectifs entre les deux grandes croyances islamiques du pays. Mais dans le chaos ambiant, l'absence d'Etat, les bains de sang quotidiens et les appels à la vengeance qui ruissellent à chaque prière des minarets d'un grand nombre de mosquées, il apparaît clairement que le poison confessionnel coule déjà dans les veines de beaucoup.

 

Sur le marché noir le mieux achalandé du Moyen-Orient en la matière, la demande d'armes personnelles est telle que le prix d'une kalachnikov a monté de 50 % en quelques semaines. "C'est 200 dollars désormais pour un engin de bonne qualité", confie un connaisseur. "Les gens se préparent au pire, déplore un juge chiite qui réclame l'anonymat. L'esprit de la guerre civile est déjà dans nos têtes." Et les signes avant-coureurs du conflit, au-delà des tueries, sont partout. Ce sont, on l'a vu, ces voisins qui se méfient désormais les uns des autres, ne s'invitent plus pour le thé, disent aux enfants de se "montrer prudents" dans ce qu'ils racontent aux copains. Ce sont les amis chiites et sunnites du visiteur étranger, peu ou pas pratiquants et naguère unis dans leur rejet de l'"occupation étrangère" au nom d'un nationalisme virulent, qui ouvrent désormais toutes les discussions par un "nous autres chiites" ou un "nous, les sunnites" totalement nouveaux.

 

Ce sont, dans les entreprises, tous ces collègues de travail qui ne s'adressent plus la parole. Ce sont les mariages inter-confessionnels qui se raréfient, ces couples mixtes avec enfants - "un quart de la population", nous assure le premier ministre Ibrahim Al-Jaafari - qui se fracturent ou évitent les réunions de famille. "Parce qu'il n'est plus possible de manger ensemble sans évoquer la situation, donc sans se déchirer", confie Zeinab, une jeune femme chiite qui n'a plus vu sa soeur, mariée à un sunnite, "depuis des mois". Ce sont ces chauffeurs de taxi sunnites qui refusent de vous déposer dans des quartiers chiites. Et inversement. Ce sont des cheikhs de grandes tribus, mélangées depuis des siècles, qui vous confient, la larme à l'oeil, ne même plus parvenir à convoquer les "conseils d'anciens" nécessaires à la coexistence intra-tribale.

 

Les prémices de la guerre civile, ce sont aussi ces dizaines de mosquées qui, d'un jour à l'autre, changent de mains, de muezzin ou d'imam après une attaque à la roquette, un mitraillage aveugle à la sortie d'une prière, ou la mise à sac du lieu par une bande armée non identifiée. Ou qui tirent le rideau parce que les servants du lieu ont été assassinés, ou que le quartier s'est brusquement vidé de ses fidèles, chiites ou sunnites. Ce sont ces boulangers sunnites du centre de Bagdad qui réduisent leurs activités parce que les meuniers ont l'habitude, depuis toujours, de livrer leur farine dans un quartier chiite à l'est de la ville, et qu'il est désormais "trop dangereux" d'aller s'approvisionner "là-bas", de l'autre côté du monde, à un ou deux kilomètres. Ce sont ces bazars chiites qui n'ont plus de ceci ou de cela dans l'échoppe parce que les grossistes sont sunnites et qu'"il vaut mieux se méfier".

 

Adnan Al-Jobouri est sunnite, journaliste, photographe et "fixeur" pour une grande publication américaine installée dans la capitale. "J'ai acheté des cassettes de prières et de sermons typiquement chiites, explique-t-il. Quand je dois me rendre dans un quartier dominé par eux, j'évacue de ma voiture et de mes poches tout ce qui peut indiquer ma confession. Je glisse une cassette dans le lecteur de mon tableau de bord. Parfois, quand il y a eu un gros attentat avec beaucoup de morts dans une zone chiite, je sais que la foule sera surexcitée et que je serais lynché sur place si l'on découvrait que je suis sunnite. Alors, j'accroche un petit portrait de l'imam Ali ou de son fils Hussein à mon rétroviseur. J'enlève évidemment tout ça avant de rentrer chez moi." Les confrères chiites qui ont à circuler dans des zones fortement sunnites, font l'inverse.

 

Hussein Abou Hassan, lui, a retiré la bague d'argent incrustée d'un saphir qu'il portait au petit doigt depuis sa jeunesse. "Une tradition typiquement chiite, observe-t-il. Même si la règle souffre des exceptions, - certains sunnites aussi portent des bagues mais plutôt en or -, c'est un fait que, désormais, quand un inconnu vous serre la main, on a toujours l'impression qu'il cherche la bague qui va l'aider à vous identifier." Crâne luisant dégarni du sexagénaire raffiné qu'il est, vêtu d'un costume chic occidental, Hussein sait de quoi il parle, il est bijoutier. Ou plutôt était. "J'ai fermé ma boutique et ma maison à Al-Dora le 23 février, après l'assassinat de trois de mes voisins chiites dans la seule nuit précédente", raconte-t-il.

 

Comme nombre de ses amis en fuite, Karim, artisan électricien de 32 ans, a rasé sa courte barbe noire, "signe d'appartenance chiite pour beaucoup, les sunnites préférant souvent la moustache", avance-t-il. Comme Hussein, Karim a quitté Al-Dora, un faubourg de classes moyennes constitué de petites maisons avec jardinet, au sud de Bagdad, "de nuit, et avec le minimum d'affaires, pour ne pas attirer l'attention." Comme beaucoup, Karim a trouvé le 24 février au matin dans son jardin, une balle de kalachnikov enroulée dans un bout de papier sur lequel étaient écrits ces mots : "Chiens de rafida'ïn, partez !" Les "rafida'ïn" sont les chiites. Dominé par les sunnites, Al-Dora comprenait jusqu'à présent environ un tiers de chiites. Il est en passe de devenir "monocolore".

 

Beaucoup parmi les centaines de familles qui l'ont fui se sont retrouvées à Khazemiyeh ou dans le quartier commerçant de Karada, au centre de Bagdad. "En un mois, les prix de l'immobilier y ont grimpé de moitié, déplore Hussein le bijoutier. "Par contre, ma maison d'Al-Dora a perdu 50 % de sa valeur. Quelqu'un a tracé de grandes croix noires en forme de X sur ma porte d'entrée. La maison est marquée désormais, et ses occupants aussi. Comme du gibier." Des centaines d'autres familles chiites en fuite prennent la route du Sud, vers les villes saintes de Nadjaf et Kerbala, qui ont demandé l'aide financière du gouvernement pour faire face à l'afflux. Beaucoup de réfugiés vivent à présent sous la tente.

 

Côté sunnite, les histoires de déplacés sont les mêmes, à quelques détails près. Jusqu'au 24 février, Mohammed Rachid et ses parents vivaient côte à côte dans deux petits pavillons de la rue Palestine, située à un jet de pierre de la fameuse "zone verte" ultra-fortifiée où résident la plupart des diplomates occidentaux - sauf les Français - en plein centre de Bagdad. La veille de leur départ, "une centaine de jeunes chiites vêtus d'habits noirs comme ceux portés dans l'Armée du Mahdi, la milice de Moqtada Al-Sadr, ont attaqué notre mosquée Al-Hassan Ibn Ali en vociférant. Ils ont tué notre imam, nous ont battus à coups de crosse en nous insultant et puis ils nous ont ordonné de quitter le quartier. "Sinon, on vous égorge" ont-ils dit."

 

Se plaindre à la police ? Moustapha a un faible sourire : "Cela aggraverait notre cas, souffle-t-il. Il n'y a que des chiites et beaucoup de miliciens dans les forces de l'ordre." "Dieu sait que je suis opposé à l'occupation de mon pays, poursuit-il, mais franchement, aujourd'hui, je préférerais être arrêté par les Américains que par la police irakienne. Avec les premiers, on peut être torturé et humilié, mais nos familles finissent par nous retrouver, à Abou Ghraib ou dans une autre prison. Alors qu'avec nos soi-disant "forces de sécurité nationales", il y a de fortes chances qu'on retrouve notre cadavre dans une fosse commune ou un camion abandonné."

 

Jusqu'au 22 février, jour maudit de la destruction sacrilège du "mausolée d'or" chiite de Samarra - ville essentiellement sunnite, à 95 km au nord de Bagdad -, les masses chiites se conformaient globalement aux appels à "ne pas tomber dans le piège de la vengeance et de la guerre civile", rituellement lancés, après chaque attentat par le grand ayatollah Ali Sistani, chef spirituel incontesté, quoique de plus en plus reclus et inaudible, des 14 millions de chiites irakiens. " Ce jour-là, tout a changé, se désespère Ali Dabbagh, un universitaire qui conseille le grand ayatollah en matière politique. Le 22 février entrera dans l'histoire de l'Irak comme notre 11-Septembre à nous." Le soir même, près de 200 mosquées sunnites étaient attaquées, une trentaine incendiées et détruites, d'autres purement et simplement "confisquées" et transformées en mosquées chiites, appelées ici "husseiniyehs", en mémoire du premier martyr du chiisme.

 

Dans les jours qui suivirent, des centaines de sunnites - "peut-être des milliers", avance Salah Al-Motlaq, un politicien sunnite -, chefs de tribu, cheikhs religieux et imams inclus, furent assassinés. Depuis, plus une seule journée ne passe sans qu'on retrouve au petit matin, rien qu'à Bagdad, 20, 30 ou 50 cadavres de jeunes sunnites "exécutés" après avoir été, le plus souvent, horriblement torturés. La semaine passée, à Sadr City, l'immense et misérable faubourg chiite dans l'est de Bagdad - 3 millions d'habitants -, ce sont quatre jeunes chiites qui ont été découverts pendus à des lampadaires avec un seul mot griffonné sur la poitrine : "Traître". Pour la vox populi sunnite, les principaux auteurs de ces crimes impunis appartiennent aux "commandos" ou aux "forces spéciales" du ministère de l'intérieur et à leurs milices affiliées.

 

Le plus souvent masqués, encagoulés et en tenue camouflée, ces milliers d'hommes, qui sillonnent anonymement Bagdad dans des 4 × 4 et des camionnettes surélevées de mitrailleuses, inspirent une véritable terreur. "Peut-être, mais ils font du très bon travail contre les terroristes", nous disait il y a quelques jours le très contesté ministre de l'intérieur, Bayan Jaber Solagh. Pour ce petit homme sec et noueux de 60 ans, qui traitait fin février le chef de la diplomatie saoudienne de "misérable Bédouin sur son chameau" parce que celui-ci s'inquiétait des meurtres de sunnites, les tueurs seraient plutôt "des takfiris et des wahhabites", autrement dit des extrémistes sunnites cherchant "la provocation en assassinant eux-mêmes leurs "frères" en religion pour les pousser à la guerre civile. (...) N'oubliez pas, ajoutait le ministre, que sur les 86 000 Irakiens, civils, militaires et policiers, tués depuis la guerre de mars-avril 2003, 95 % étaient des chiites." Manière de justifier les tueries de sunnites aujourd'hui ?

 

Trois ans après avoir déclenché un bouleversement historique avec, pour la première fois depuis des siècles, l'arrivée d'un gouvernement chiite à la tête d'un Etat arabe, il semble en tout cas que l'administration Bush ait enfin trouvé une arme de destruction massive dont elle ne soupçonnait peut-être pas la puissance dévastatrice : la religion.

 

(Source : Article paru dans l'édition du journal « Le Monde » du 01.04.06)


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