الجمعة, 31 كانون1/ديسمبر 2010 06:00

10 ème année, N° 3874 du 31 decembre 2010


10 ème année, N° 3874 du 31.12.2010
archives : www.tunisnews.net


Liberté et Equité: Les avocats cibles d’une violente charge policière
CNLT: Tunisie : Tribunaux assiégés et avocats agressés
C.R.L.D.H. Tunisie: La police tunisienne attaque les avocats dans plusieurs villes
FIDH: Tunisie : décès d’un des blessés des manifestations de Menzel Bouzaiene
ITUC :  Tunisia: Authorities Must Cease Repression and Start Dialogue
AP: Tunisie: des avocats malmenés par la police, selon leur ordre
AFP: Troubles sociaux en Tunisie: Paris appelle à "l'apaisement des tensions"
AP: Tunisie: la chaîne Nessma TV brise le verrouillage médiatique sur les troubles de Sidi Bouzid
LaTribune de Geneve: TUNISIE - Une colère couleur harissa, rouge et forte
El Watan: Tunisie Révolte ou révolution ?
Le Devoir: Montréal fera écho aux manifestations tunisiennes
LeuroMag: TUNISIE :  les appels des manifestants tunisiens font le tour du monde sur le web
Webdo: Tunisie: perturbations sur Facebook
Megados: International : Révolte en Tunisie : des dessous politiques ?
WMC: Tunisie: Sidi Bouzid, à qui la faute?
The Guardian: Tunisia's inspiring rebellion
Aljazeera: Another Tunisian protester dies
Ahramonline: Tunisia's miracle starting to fall apart
Kamel Mahdhaoui: Le martyr et le désordre
Membre de la République de Kacem: La Tunisie un quart de siècle de nouvelle «soft» dictature
Sidi bouzid: Terre promise

 
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté et Equité
Organisation indépendante de droits humains
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel/fax : 71 340 860
Tunis, le 31 décembre 2010
Les avocats cibles d’une violente charge policière


Dans la matinée du 31 décembre, les avocats ont subi la charge de centaines d’éléments de la police politique qui ont investi la salle du tribunal et la maison de l’avocat. Ils ont agressé et insulté les avocats, notamment Béchir Sid, l’ex bâtonnier, Maître Najet Laabidi, membre du bureau exécutif de l’Organisation Liberté et Equité et maître Samia Abbou, épouse de Maître Mohammed Abbou, militant des droits humains et militant politique. […]

Au tribunal de Tunis 2 à Sidi Houssine Sijoumi, le tribunal a été investi et les avocats ont été agressés, notamment Maître Latifa Habbachi qui a été conduite à bord d’une voiture de police où elle a dû rester une heure.
A Sidi Bouzid, une délégation venue en solidarité de Tunis, et pour s’informer dans le détail des développements de la situation faite aux citoyens, été agressée, notamment Maître Nabil Libassi qui a été frappé et à qui ont a saisi son appareil photo. La police politique a également agressé Maître Ridha Soualhi.

A Jendouba, plusieurs avocats ont été empêchés de pénétrer dans le palais de justice et Maître Rabeh Kharaïfi a été kidnappé par un groupe de personnes en civil qui l’ont abandonné dans un quartier limitrophe de la ville et ont menacé de le tuer.

A Sousse, des agents de la police politique ont agressé maître Halim Moeddeb, militant du Parti démocratique progressiste devant le tribunal, sous le regard des citoyens.

A Gafsa, les avocats ont été agressés de façon odieuse au tribunal de Première Instance et trois d’entre eux ont été interpellés : Faïçal Tlijani, Farid Rabhi et Néji Zouari. Le tribunal a été assiégé et des citoyens ont été sauvagement agressés. Tous les cafés autour du tribunal ont été vidés.

A Bizerte, le tribunal a été encerclé et les avocats ont été empêchés d’y ternir leur réunion de solidarité avec la population de Sidi Bouzid. Les opposants politiques et les défenseurs des droits de l’homme et les syndicalistes qu’y étaient rassemblés à l’URT ont été violemment agressés, et blessés gravement parfois selon des témoins.

A Mehdia, Maître Hichem Garfi a été violemment agressé et a dû être transporté en ambulance à l’hôpital dans un état critique.

[…]
Pour le Bureau exécutif de l’Organisation
Le Président
Maître Mohammed Nouri
(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
\CNLT
Tunisie : Tribunaux assiégés et avocats agressés 


Tunis le 31 décembre 2010
 
Aujourd’hui 31 décembre 2010, très tôt dans la matinée, tous les tribunaux du pays ont été assiégés par la police. Les avocats étaient mobilisés pour porter un brassard rouge à l’appel du conseil national de l’Ordre en signe de soutien au mouvement de protestation de sidi Bouzid qui ont éclaté le 18 décembre dernier et qui ont été violemment réprimés, entraînant trois morts par balles et de nombreux blessés.
Les autorités ont empêché les avocats d’arriver aux sièges des tribunaux. Des centaines de policiers ont également été déployés à l’intérieur des tribunaux pour empêcher toute action de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid et tout port du brassard. Les procureurs ont observé les violences contre les avocats à l’intérieur des salles d’audiences et dans l’enceinte des palais de justice dans plusieurs villes du pays, sans réagir.
De nombreux avocats ont ainsi été agressés, blessés et leurs robes déchirées notamment dans les tribunaux de Gafsa, Jendouba, Mahdia, Monastir, Sousse, Sfax, Bizerte et surtout Tunis.
Ainsi Maître Rabeh Kheraïfi a été kidnappé et violemment frappé à la tête par des agents de police en civil alors qu’il s’approchait du palais de justice à Jendouba; Il a été menacé de mort par les policiers qui lui ont dit qu’ils avaient pour instruction de le tuer ; l’avocat a été ensuite jeté dans un endroit désert à la sortie de la ville, son état de santé est inquiétant.
Les avocats Faouzi  Ben Mrad, Mohamed Essayadi et Amer Messaoud ont été à leur tour violement agressés. L’avocate Samia Abbou, quant à elle, a perdu connaissance suite aux coups qu’elle a subis ; elle a été évacuée à la maison des avocats suite au refus des autorités de laisser l’ambulance la transporter à l’hôpital. L’avocate Latifa El Habachi, maîtres Hichem Garfi et Nizar Essouilhi ont été évacués vers les hôpitaux, leur état n’est pas rassurant, la majorité se plaignent de fractures. Le barreau a appelé à une nouvelle Assemblée générale pour lundi prochain.
Le conseil national des libertés en Tunisie
·         Note avec inquiétude la recrudescence des exactions à l’encontre des avocats qui vont jusqu’à la menace de mort en passant par les agressions physiques ;
·         Il lance un appel à tous les militants des droits de l’homme à l’intérieur comme de l’extérieur du pays, pour exprimer leur solidarité et condamner ces agissements sauvages d’un pourvoir irrespectueux des lois.
·         Il fait assumer la responsabilité de toutes ces exactions et de toutes ces violations des droits de l’homme au président de la République, garant de l’application des lois, et à son ministre de l’Intérieur qui a donné des instructions pour atteindre à l’intégrité physique des avocats de Tunisie.
·         Il rappelle que ces exactions font suite au discours chargé de mises en garde que Ben Ali a prononcé le 28 décembre 2010, et où il a menacé le peuple tunisien de « l’application de la loi d’une façon intransigeante » ; Le CNLT se demande si, aux yeux du chef de l’Etat, l’application de la loi consiste à violer l’immunité de l’institution judiciaire et à lâcher des bandes de flics sans foi ni loi sur les citoyens ?
 
Pour le CNLT
La porte-parole
Sihem Bensedrine 

C.R.L.D.H. Tunisie
اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
Membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme
21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته. / www.crldht.org
 La police tunisienne attaque les avocats dans plusieurs villes 
 


Nous venons d"apprendre que suite à un rassemblement d Avocat à Gafsa, la Police est  intervenue violemment et a procédé à l'arrestation de M° Ferid Rabji et et M° Fayçal Ettijani, elle a aussi malmené Maitre Ridha Raddaoui, l' agression continu selon les avocats présents.

Les agressions graves contre les avocats se sont étendus à d'autres villes : à Tunis le tribunal est encerclé par les forces de police, M° Abderraouf Ayadi a été brutalisé et empêché de sortir de son bureau,  M° Samia Abou a été brutalisée, à Jendouba M° Raeh Khraïfi a été brutalisé et enlevé et laissé sur la route à plusieurs kilomètres  en lui ordonnant ne plus entrer au tribunal, à Grombalia M° Faouzi Ben Mrad a été matraqué et jeté dans a rue.

Hier soir Nebras He dhili membre du Parti démocratique progressiste lors d'un rassemblement dans la ville d'Echebba a été frappé par la police mis à terre, un policier a sorti un couteau et menacé, la police a interdit son transport à l'hôpital de Mehdia.

Le CRLDHT Paris le 31/12/2010
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DERNIÈRES INFORMATIONS

Ataïa Athmouni porte parole du comité de soutien à la population de Sidi Bouzid et membre du bureau politique du  Parti Démocratique Progressiste arrêté il y a trois jours a été libéré ce matin, aprés avoir comparu devant un juge d'instruction. Il a été accusé de création d'une association de malfaiteurs ( les mêmes accusations contre les acteurs du mouvements social du bassin minier de Gafsa et Redayef). Atia Athmouni a refusé de parler en l'absence d ses avocats, il a été libéré dans l'attente de la convocations es avocats

Le CRLDHTParis le 31/12/2010

 
La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
Tunisie : décès d’un des blessés des manifestations de Menzel Bouzaiene


La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) déplore le décès d’un des blessés des manifestations de Menzel Bouzaiene du 24 décembre dernier (Voir communiqué du 28 décembre). Chawki Belhoussine El Hadri, 44 ans, est décédé aujourd’hui des suites de ses blessures par balles.
Par ailleurs, d’autres manifestations ont été organisées aujourd’hui dans le centre et dans l’est de la Tunisie. A Monastir, la manifestation a été dispersée pacifiquement. A l’inverse, les manifestations à Sbikha (gouvernorat de Kairouan) et à La Chebba (gouvernorat de Mahdia) ont été violemment dispersées par les forces de l’ordre. A la suite de cette dernière, un manifestant a dû être hospitalisé.

La FIDH condamne de nouveau fermement l’utilisation des armes à feu par les forces de l’ordre tunisiennes, et appelle à une enquête impartiale pour faire toute la lumière sur ces événements, à juger les responsables et à garantir le droit de manifester pacifiquement.

ITUC 
Tunisia: Authorities Must Cease Repression and Start Dialogue
 

 
 Brussels, 31 December 2010 (ITUC OnLine):  The ITUC has called on the Tunisian authorities to cease the violent repression against demonstrators demanding action on employment, and initiate serious dialogue with the national trade union centre UGTT to tackle the growing social crisis facing the country.  Since a young unemployed Tunisian man set himself on fire on 17 December and a second youth committed suicide in the town of Sidi Bouzid, street protests involving regional federations of the ITUC-affiliated UGTT have taken place across the country, with police in many cases firing live ammunition at those taking part.  Protesters are demanding action on unemployment and corruption, and respect for fundamental rights.  Two young demonstrators have been killed and dozens more injured, and local UGTT offices have been placed under siege by the police.  Several hundred people have been arrested, including lawyers and journalists.
 
"The ITUC insists that the authorities open genuine dialogue and negotiation to tackle the problems facing the country, instead of heavy-handed repression.  Those who have been detained must be released immediately, and the government must fulfill its obligations under international law to respect trade union rights and other fundamental liberties.  We fully support the efforts of the UGTT Executive Committee to ensure the release of those who have been detained," said ITUC General Secretary Sharan Burrow.
 
The ITUC represents 176 million workers in 151 countries and territories and has 301 national affiliates. http://www.ituc-csi.org and http://www.youtube.com/ITUCCSI
For more information, please contact the ITUC Press Department on: +32 2 224 0204 or +32 476 621 018
Tunisie: des avocats malmenés par la police, selon leur ordre

 
AFP Le 31 decembre 2010

Selon un communiqué signé par le bâtonnier Abderrazak Kilani, de "nombreux avocats ont été frappés, pourchassés et insultés" par des policiers, notamment à Tunis, Grombalia, Sousse, Monastir, Mahdia, Gafsa et Jendouba.

A l'appel du Conseil de l'ordre, ces derniers entendaient marquer leur appui au mouvement de protestation sociale de Sidi Bouzid (centre-ouest) en portant des brassards rouges devant tous les tribunaux de Tunisie.
Parmi eux des hommes et des femmes ont vu "leurs robes déchirées et les brassards arrachés" par des policiers déployés en "très grand nombre autour des tribunaux et jusque dans les salles d'audience", selon le communiqué transmis à l'AFP.
Une avocate a été exfiltrée de force d'une salle d'audience et détenue provisoirement dans une voiture de police à l'extérieur d'un tribunal à Tunis, alors qu'à Mahdia (sud-est) un avocat a eu le nez fracturé et un autre a été "gravement blessé à l'oeil" à Grombalia (nord-est), selon un constat établi par la profession.
Le Conseil de l'ordre dénonce "un usage sans précédent" de la force et "une sauvage agression visant à faire taire les avocats" et affirme que ceux-ci "sont déterminés à défendre la liberté d'expression" et "le droit des habitants de Sidi Bouzid et d'autres régions démunies à l'emploi, à la dignité".
La ville a connu des troubles qui ont fait un mort, des blessés et des dégâts matériels importants depuis le 19 décembre après la tentative de suicide par le feu d'un jeune vendeur de fruits et légumes sans permis qui s?était fait confisquer sa marchandise par la police
La journée de protestation des avocats faisait suite à un sit-in observé mardi dernier contre l'interpellation durant 24 heures de deux avocats défenseurs des droits de l'homme, Me Chokri Belaid et Raouf Ayadi.
 
Troubles sociaux en Tunisie: Paris appelle à "l'apaisement des tensions"

La France souhaite "l'apaisement des tensions" en Tunisie, en proie à des troubles sociaux depuis le 19 décembre notamment dans la région de Sidi Bouzid (centre-est), a déclaré vendredi le ministère des Affaires étrangères.

"Nous souhaitons l'apaisement des tensions, qui ne sont dans l'intérêt de personne", a déclaré la porte-parole adjointe du ministère, Christine Fages.

    Ces mouvements sociaux sont partis de la tentative de suicide d'un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes sans permis qui s'était fait confisquer sa marchandise par la police.

    Ils ont fait un mort, des blessés et des dégâts matériels importants, et illustrent le malaise d'une partie de la jeunesse tunisienne, en particulier parmi les diplômés de l'enseignement supérieur.

    En France, les syndicats et le Parti socialiste (PS, opposition) se sont élevés contre les interventions de la police dans ces mouvements sociaux et ont demandé la libération de toutes les personnes arrêtées.

    "Des défenseurs des droits de l'Homme ont en particulier été arbitrairement arrêtés et détenus", a dénoncé jeudi le PS.

    "Nous n'avons pas d'informations précises quant à des arrestations de militants des droits de l'Homme", a déclaré de son côté Christine Fages.

    "Nous avons cependant pris note de la libération le 29 décembre de deux avocats qui avaient été interpellés à Tunis le 28 décembre, Maîtres Abdelraouf Ayadi et Shoukri Bel'Eid", a ajouté la porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

    La France est traditionnellement très prudente dans ses prises de position concernant le régime du président Zine el Abidine Ben Ali, l'un de ses plus proches alliés en Afrique du Nord mais qui est sévèrement critiqué par les organisations de droits de l'Homme.


D'après AFP 31/12/2010 à 12:37:34
 
Tunisie: la chaîne Nessma TV brise le verrouillage médiatique sur les troubles de Sidi Bouzid

AP 31/12/10 12:54
TUNIS (AP) — Pour la première fois depuis le déclenchement des troubles à Sidi Bouzid, (centre-ouest de la Tunisie), une chaîne tunisienne privée, Nessma TV, a brisé le verrouillage médiatique en diffusant jeudi soir une émission spéciale sur ce mouvement de protestation sociale qui s'est propagé à la plupart des régions du pays, faisant deux morts et un blessé grave et engendrant de nombreuses arrestations.
Cette initiative, sans précédent dans les annales des médias tunisiens, dans le traitement des dossiers sensibles de l'actualité nationale, intervient au lendemain de la prise en main du secteur de l'information par un nouveau ministre, Samir Laâbidi.
Ouvert et inhabituel pour le téléspectateur tunisien, le débat a réuni une brochette de journalistes connus pour leur franc-parler et l'avocate et militante des droits humains, Bochra Belhaj Hamida, qui faisait sa première apparition sur une chaîne de télévision tunisienne.
L'émission, qui a duré près d'une heure et demie, était illustrée de reportages sur le terrain, où la parole a été donnée, "sans censure", aux habitants de Sidi Bouzid. Ces derniers ont fait part ouvertement de leurs revendications et des problèmes dont souffre cette région frappée par un taux de chômage élevé et le manque d'infrastructures et de commodités, à la différence des zones côtières.
Corruption, népotisme, responsables défaillants qui "ne pensent qu'à leurs fauteuils", impunité et absence de contrôle des crédits alloués par l'Etat: tout a été passé au crible, sans détours, par les citoyens interviewés, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes.
Un témoignage émouvant a été apporté par la soeur de Mohamed Bouazizi, ce jeune vendeur ambulant de fruits et légumes qui s'est immolé par le feu. Un acte de désespoir après la saisie de sa marchandise par des agents municipaux avait été le déclencheur des troubles. "Malgré le réconfort moral et le soutien matériel que nous a apporté le président (Zine El Abidine Ben Ali) en nous recevant, mon frère, gravement brûlé, vivra handicapé et ne pourra plus travailler pour subvenir à nos besoins", a-t-elle déclaré.
Sur le plateau, deux jeunes journalistes ont considéré comme un non-sens le verrouillage médiatique à l'ère de l'Internet. "Aux premiers jours des troubles, rien ne filtrait sur les journaux et les médias audiovisuels. C'était le black out total, alors que les chaînes de télévision étrangères en faisaient état en puisant leur matière sur la toile", a noté Rym Saïdi.
L'émission de Nessma TV, dont le propriétaire est l'homme d'affaires Nabil Karoui et dont le capital est détenu en partie par le producteur de cinéma Tarik Ben Ammar, constitue "un véritable tournant , pourvu que ça dure", a commenté Mounir Souissi, correspondant de l'agence de presse allemande DPA. AP
 
TUNISIE - Une colère couleur harissa, rouge et forte

L'étudiant est énervé en forme de boutade, il me lance :"Tu sais ce que je fais avec les feuilles de ma thèse de doctorat, je les roule en cornet pour vendre des glibettes (graines de tournesol séchées et grillées), au moins que ça sert à quelque chose toutes ses études ".
Les immolés de Sidi Bou Zid ont mis en exergue une situation devenue intenable. Région située à 265 km au sud de Tunis, elle  a vu deux jeunes diplômés attenter  à leur vie, un en s'immolant par le feu, après s'être vu refuser  la vente de fruits et légumes parce qu'il ne détenait pas de patente. Le deuxième s'est électrocuté. Je n'avancerai pas de chiffres précis sur les statistiques  du taux de chômage  parce qu'elles sont tronquées, on avance plus de 30% en Tunisie qui bat un  record en comparaison aux pays voisins, le Maroc et l'Algérie.
Des manifestations ont suivi soutenues dans la plupart du pays au cri de :"Pain, emploi et plus de Trabelsi", le clan de la famille du président qui semble ne plus contrôler la voracité de ses proches qui se partagent  les affaires du pays comme un gâteau et sans laisser de miettes.  Gafsa, Sousse, Meknassi, Regueb,  Menzel Bouzayane, Ben Guerdane, Sousse, Sfax. Personnellement, je devais me rendre à Khairouan, la route par Gemla a été tout simplement bouclée : "circulez, on matraque, y a rien à voir!". Les avocats soutiennent le mouvement, deux ont déjà été kidnappés chez eux, une forme de répression pour anéantir le mouvement de soutien .
 
Partout le chômage des jeunes et surtout dans le sud du pays, délaissé par une économie qui concentre tous ses projets dans les régions côtières.  Mais au delà de cela c'est un ras-le-bol généralisé qui touche étonnament toutes les couches de la société. Riches comme pauvres.
 
Un remaniement ministériel vient d'être réalisé,  trois nouveaux ministres  avec un discours présidentiel qui avait surtout pour but de dénoncer les agissement de Al Jazeera, la chaîne qui donne des nouvelles du pays pendant que l'information nationale vous présente les informations en papier glacé, dépliant touristique et économique du "Tout va bien!". La Tunisie, paradis des investisseurs avec le soleil en sus et les palmiers. C'est par vingtaine que j'ai vu les gens regarder les informations de Al Jazeera pour savoir ce qui se passait à quelque kilomètres de chez eux. C'est ce qu'on appelerait une information schizophrène, d'un côté la chaîne Al Jazeera qui montre , manifestations et cocktails molotov et de l'autre tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes sur la chaîne nationale.
Les Tunisiens ne sont pas dupes, ils sont rouges de cette colère qui n'ira qu'en s'accroissant, une colère profonde et forte, épaisse et rouge comme la purée de piment harissa  qui s' étalera sur tout le pays.
Comme disait mon père, Lazhar Chraïti "Il ne suffit pas de s'attaquer aux branches pourries, ce sont les racines qu'il faut traiter, il faut couper les têtes pour que les racines dessèchent. " A prendre et interpréter au sens figuré, s'il vous plaît,   et qui signifie qu'il faut traiter le problème à la racine !

(Source: “La Tribune de Geneve” (Quotidien - Suisse) Le 31-12-2010)
Lien: http://regardscroises.blog.tdg.ch/archive/2010/12/31/tunisie-une-colere-couleur-harissa-rouge-et-piquante1.html
 
Tunisie Révolte ou révolution ?

 le 31.12.10 | 03h00

Deux semaines après le début du mouvement de protestation général en Tunisie, la population ne décolère pas. Des affrontements entre manifestants et policiers et des arrestations ont eu lieu hier dans plusieurs régions.
Hier, des manifestants ont tenté de se rassembler à Bab Djezira (Tunis), à 13h, mais leur regroupement a été interdit. Selon des témoins oculaires, la police a bloqué toutes les entrées de la place et les quelques manifestants qui ont réussi à s’y rendre se sont retrouvés face à 300 policiers en tenue noire et une centaine en civil. Les mêmes manifestants s’apprêtaient en début d’après-midi à rejoindre un autre rassemblement, celle de l’Association tunisienne des femmes démocrates. Si aucun incident majeur n’est à déplorer dans la capitale, à Djerba et Djendouba les manifestations auraient été sévèrement réprimées par les forces de l’ordre. Selon les mêmes sources, la police s’en serait violemment pris aux manifestants à Djbeniana, faisant plusieurs blessés, dont un membre du comité régional des diplômés demandeurs d’emploi, Saber Ben Moubarak, atteint à la tête. Une série d’arrestations aurait également eu lieu dans la même région alors qu’un jeune a été tué par balle à Menzel Bouziane, où la révolte a été violemment étouffée.

Tout a commencé à Sidi Bouzid

Par ailleurs, des syndicalistes se sont rassemblés à Sidi Bouzid pour exiger la libération de tous les militants arrêtés, tandis que les avocats se rassemblaient à Sousse. Mohammed Bouaziz, jeune diplômé sans emploi, avait tenté, le 17 décembre dernier, de s’immoler par le feu devant le gouvernorat de Sidi Bouzid pour protester contre la saisie de sa marchandise par les autorités. L’incident a provoqué des protestations dans la région qui se sont transformés en violents affrontements entre la police et les manifestants, faisant un mort et plusieurs blessés en une semaine. Deux autres jeunes se sont suicidés pour protester contre leurs conditions de vie. Depuis, un large mouvement social a touché toutes les villes du pays et les revendications politiques se sont rajoutées aux économiques.
Face à l’ampleur que prend le mouvement protestataire en Tunisie, le président Zine El Abidine Ben Ali a limogé, hier, le gouverneur de la région de Sidi Bouzid, ainsi que ceux de Menzel Bouziane et de Zaghwane, a-t-on appris de source officielle. Ce limogeage intervient au lendemain d’un remaniement ministériel partiel touchant les ministères de la Communication, du Commerce et de l’Artisanat ainsi que le ministère des Affaires religieuses. Par ailleurs, un plan d’un million de dinars pour impulser le développement à Sidi Bouzid a été annoncé.

Mehdia Belkadi

(Source: "El Watan" (Quotidien - Algerie) le 31 decembre 2010)
 
 Montréal fera écho aux manifestations tunisiennes
 
Lisa-Marie Gervais   31 décembre 2010 

Les affrontements qui ont lieu en Tunisie ont des échos dans les grandes villes du monde, y compris à Montréal. Des manifestations et des vigiles se sont tenues devant le consulat tunisien rue University, au centre-ville, et un plus grand rassemblement aura lieu aujourd'hui à 15h au même endroit.

«Les gens en ont marre et sortent à visage découvert pour scander des slogans politisés afin que Ben Ali s'en aille. Ça se fait là-bas, mais ici aussi», souligne le militant Ghassen Ben Khelifa, aujourd'hui étudiant en journalisme et sociologie à l'UQAM et l'un des instigateurs de cette activité.

Tout a commencé le 17 décembre dernier, après qu'un Tunisien de Sidi Bouzid âgé dans la vingtaine a tenté de s'immoler par le feu — il a finalement survécu — parce qu'on lui avait confisqué son gagne-pain, un kiosque de fruits et légumes. Son geste de désespoir a trouvé écho ailleurs dans le pays et des vagues de protestation ont déferlé sur le pays. Pris avec l'autoritarisme du président Zine el-Abidine Ben Ali depuis 23 ans, les Tunisiens dénoncent le taux de chômage trop élevé, particulièrement pour les diplômés universitaires. Les médias sont contrôlés et ils n'ont guère l'occasion d'exprimer leur mécontentement.

Or cette fois, c'est différent, pense Ghassen Ben Khelifa, qui y voit le «début de la fin du régime». «Je ne dirai pas que c'est une révolution, mais ça fait deux semaines que le régime n'arrive pas à éteindre le feu et contenir la violence», note-t-il en déplorant le silence des Occidentaux. «C'est tout de même quelque chose d'assez exceptionnel dans une dictature de voir que les jeunes, même ceux qui ne sont pas politisés, s'expriment dans les réseaux sociaux. Ils descendent eux-mêmes dans la rue, filment avec leur téléphone portable et mettent ça sur Facebook. C'est ça qui a aidé à nourrir le mouvement de protestation. Même si là, le régime a fini par bloquer Internet dans les régions les plus chaudes et parfois même à couper l'électricité.»
 
(Source: "Le Devoir"  Canada - le 31 decembre 2010)
 
TUNISIE : LES APPELS DES MANIFESTANTS TUNISIENS FONT LE TOUR DU MONDE SUR LE WEB
 

Les appels des Tunisiens qui manifestent contre la corruption et le chômage depuis deux semaines sont de plus en plus remarqués sur le Web mondial. Des internautes du monde entier se joignent à eux et y font écho.

par Amira Al Hussaini · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet original [en]

Les appels des Tunisiens qui manifestent  contre la corruption et le chômage depuis deux semaines sont de plus en plus remarqués sur le Web mondial. Des internautes du monde entier se joignent à eux et y font écho.

[Liens en anglais, sauf mention contraire] Tout a commencé quand un  jeune chômeur a voulu s'immoler par le feu pour  protester contre le chômage dans la ville de Sidi Bouzid. Selon le Los Angeles Times :

Le suicide a provoqué de violents affrontement entre la police et les jeunes manifestants, qui ont entrainé la mort d'un jeune de 18 ans, quand la police a tiré sur les manifestants en colère dans une ville voisine, deux jours plus tard.

D'autres défilés et manifestations ont ensuite eu lieu dans la capitale et les villes de Sfax, Sousse et Meknassi.

Depuis l'Inde, Anja Kovacs pose la question évidente. Elle écrit sur Twitter :

En Tunisie a lieu un véritable soulèvement ces dernières semaines, on en parle à peine dans les médias. Pourquoi ? http://bit.ly/he2Let #sidibouzid

Elle ajoute :

Pour s'informer sur ce qui se passe en #Tunisie et avoir des mises à jour en temps réel, les personnes à suivre sont @ifikra, @weddady, @nawaat#sidibouzid

En Egypte, Wael Nofal pose la même question dans ce tweet:

@stephenfry, est-ce que vous suivez ce qui se passe à  #SidiBouZid#Tunisie? C'est étrange comme les médias occidentaux se détournent de l'autre côté, contrairement à l'#Iran l'an dernier.

DanersB, qui vit entre Beyrouth, Dubaï et Montréal, remarque :

Toujours optimiste ! @dr_davidson: la main lourde du despote de #Tunisie,#BenAli, pourrait bien donner le ton au monde #arabe dans la décennie à venir.

Aux États-Unis, le blogueur HarvardDr mentionne à nouveau l'Iran, pour cette fois-ci rappeler l'époque du Shah (en arabe) :

مثل شاه ايران اسياده تخلوا عنه: فرنسا تقول: بن على فقد الاتصال بالواقع! تونس حرة السراق برة تونس حرة ليلي برة#sidibouzid #tunisia #tunisie

Exactement comme le Shah d'Iran, abandonné par ses maitres : la France dit : Ben Ali a perdu contact avec la réalité ! la Tunisie est libre ! Le voleur devrait partir ! La Tunisie est libre ! Layla (épouse du président Ben Ali) devrait partir !

De Washington DC, Priyanka Joseph s'étonne de ce mur de silence. Elle écrit :

Quelqu'un s'est branché sur Kundera. Il y a du grabuge en #Tunisie, pas un mot sur ça ici [aux Etats-Unis] (pas surprise) ou sur les Trending Topics (mots les plus cités sur Twitter)/ou sur mon fil Twitter.

Anne Eksten, du Denmark, note:

Le gouvernement de #Tunisie répond à des manifestations pacifiques par des balles réelles. État de siège, violences http://goo.gl/rnL0p /@Elicoopter_mid@RamyRaoof

Depuis la Hollande, Mark ajoute :

“Nous ne sommes pas satisfaits des politiques en Tunisie,nous ne sommes satisfaits de rien, et ce n'est pas seulement le problème du chômage.” #tunisie

L'auteur égyptienne Mona Eltahawy demande a ses collègues de prendre position :

Les amis, surtout ceux qui connaissent des gens dans les médias, s'il vous plait, tweetez et RT #Tunisie et #SidiBouzid. Soutenons les Tunisiens qui se battent contre l'oppression.

Hisham Kassem, également en Egypte, s'interroge [en arabe]:

رئيس إسرائيل السابق ادين منذ قليل بتهمة التحرش بموظفه في مكتبه وزين العابدين بيتحرش بتونس كلها #SidiBouzid#Tunisia وماحدش قادر يحاسبه

Il y a quelques instants, l'ancien premier ministre d'Israël a été condamné pour avoir harcelé sexuellement une employée dans son bureau, Zainalabdeen a harcelé toute la Tunisie et il n'y a personne pour lui demander des comptes.

De l'autre côté du monde, à Taïwan, Portnoy se demande simplement:

Que se passe-t-il en Tunisie ? #tunisia

Pour suivre les événements en Tunisie sur Twitter, suivre les mots clés #Tunisia et #sidibouzid

Source: ”LeuroMag” Le 31-12-2010

Lien: http://www.leuromag.com/Tunisie-les-appels-des-manifestants-tunisiens-font-le-tour-du-monde-sur-le-Web_a5256.html


Tunisie: perturbations sur Facebook 

Publié par Rafik Ouerchefani le 30 décembre 2010 à 18:19
Le problème ne concerne pas uniquement le web tunisien. Des facebookeurs Tunisiens à l'étranger sont également concernés. Le réseau social est fortement sollicité ces derniers jours en raison des évènements de Sidi Bouzid.

Depuis ce matin, il n'est plus possible de télécharger des photos sur Facebook depuis la Tunisie. Il n'est plus possible non plus de changer la photo de profil, même depuis un album existant. Le programme qui assure l'envoi des fichiers depuis l'ordinateur vers le réseau social est désormais introuvable.
De nombreux utilisateurs ont rapporté l'impossibilité d'ajouter des vidéos. Certains d'entre eux ne vivent pas en Tunisie. Il semblerait que les anciennes vidéos publiées par ces utilisateurs ont été massivement signalées comme étant inappropriées pour Facebook. De ce fait, la fonction d'envoi de vidéos leur a été automatiquement désactivée.
La version mobile du site a été signalée, aussi, comme indisponible dans certaines régions du pays.
À noter qu'en mode "https" il est, aussi, impossible d'y accéder à certaines pages de Facebook.
Facebook est le site le plus visité en Tunisie. C'est devenu une plaque économique tournante. Ces perturbations, si elles continuent, risque de mettre au chômage un grand nombre de personnes.
Mise à jour le 31/12/2010 à 14h20 : Le téléchargement de photos est de nouveau possible.
(Source: Webdo.tn le 31 decembre 2010)
 

International : Révolte en Tunisie : des dessous politiques ?


L’origine des soulèvements des jeunes chômeurs en Tunisie remonte au suicide d’un jeune diplômé de 26 ans, Mohamed Bouazizi, il y a quelques jours suite au refus de l’exercice de son activité en tant que vendeur ambulant de fruits et légumes et par la suite du suicide par électrocution d’une jeune tunisien de 24 ans. Vendredi dernier, le mouvement de révolte en Tunisie s’est empiré et a crée de violents affrontements entre la police et plusieurs milliers de manifestants dans la ville de Menzel Bouzayane faisant un martyr et des blessés.
Une image froissante pour le régime de Ben Ali qui est entrain de se diviser.
La révolte citoyenne des jeunes chômeurs en Tunisie peut engendrer une instabilité économique du pays alors que la politique actuelle du gouvernement Ben Ali est instable.
Toutefois, le mouvement de ces jeunes chômeurs a pris une autre tournure sur les mots d’ordre de liberté et du non présidence à vie. Ben Ali sous entend un instrument politique de ce mouvement des jeunes chômeurs en Tunisie.

(Source: ”Megados” Le 30-12-2010)

Lien: http://megados.com/News_Revolte_en_Tunisie___des_dessous_politiques__,6068.html
 

Tunisie: Sidi Bouzid, à qui la faute?


S’il est une quelconque morale que nous pourrions tirer des événements récents qui ont eu lieu dans le gouvernorat de Sidi Bouzid et ses délégations, c’est bien le fait que le découragement et le désespoir peuvent mener à des actes et des gestes inattendus dont les conséquences peuvent se répercuter sur l’ensemble du pays et à des degrés différents.
Qu’est-ce qui peut pousser des jeunes à s’immoler de pétrole et se brûler ou à s’électrocuter si ce n’est un sentiment d’injustice, d’humiliation et de perte de dignité? Si ce n’est la certitude que toutes les portes sont fermées devant eux et qu’il n’existe plus d’issue ou de solution efficiente à cette inactivité qui, de désœuvrement, s’est transformée en un mal de vivre profond? "Je ne suis pas un diplômé du supérieur et heureusement aujourd'hui, je travaille en tant que chauffeur dans une entreprise privée. J'ai souffert du chômage pendant uniquement un mois dans toute ma vie et je me rappelle que j'étais dans une situation de grande détresse et de nervosité insupportable. A tel point qu'il m'arrivait de sortir torse nu en plein hiver et de chercher la bagarre à qui passait près de chez moi... les voisins ont fini par me détester. Alors quand je vois ces jeunes réagir ainsi, je ne peux que les comprendre".
Le monde repose sur trois bases: l'étude, le travail, la charité, disait Siméon Le Juste. Nos jeunes espéraient, après avoir étudié, pouvoir travailler, ils n’ont même pas pu bénéficier de la charité de ceux qui avaient la responsabilité de les encadrer, de les orienter et de les aider à envisager leur vie autrement que chômeur et choisir de vivre plutôt que de mourir.
 
A voir tous les programmes mis en place par le gouvernement pour assister les jeunes dans leur quête de l’emploi, à voir toutes ces associations de microcrédits financées par les deniers publics, à voir des banques comme la BTS ou la BFPME dédiées totalement à l’emploi de jeunes diplômés, on se demande comment sommes-nous arrivés là. Là, c’est Gafsa, il y a deux ans, et Sidi Bouzid aujourd’hui. Où est-ce que le bât blesse? Est-ce une question de communication ?
Où sont partis ces jeunes Tunisiens qui respiraient la joie de vivre? Qui considéraient leurs diplômes comme la clé vers le succès, vers la réussite et la réalisation de soi?
Les Tunisiens sont pacifistes, ils n’ont pas de velléité de violence. C’est un peuple profondément civilisé qui préfère négocier plutôt que se battre. Pourquoi des actes de violence? Si ce n’est l’expression d’un ras le bol relatif à un droit élémentaire, celui de travailler. Ne pas travailler, ne pas arriver à subvenir aux besoins de sa famille ou nourrir les siens représente un coup dur pour la dignité de tout un chacun et suscite un sentiment d’impuissance qui peut mener à des actes tels que ceux que nous avons vu ces derniers jours.
Nous aurions peut-être dû mettre en place des centres d’écoute destinés aux chercheurs de travail pour les aider, les conseiller, les orienter et les éclairer sur les différentes possibilités qui s’offrent à eux pour pouvoir trouver un emploi. Nous aurions dû, au niveau de chaque gouvernorat ou délégation, consacrer un conseiller ou une conseillère qui sache communiquer avec les personnes vulnérables, établir avec elles un dialogue constructif et les aider à surmonter leurs peurs de l’avenir et dépasser leurs angoisses du présent. Que font les 10.000 associations dont des centaines si ce n’est des milliers sont spécialisées dans le développement? Où sont les composantes de la société civile sensée œuvrer avec l’aide des pouvoirs publics à juguler les risques d’une explosion sociale?
C'est bien beau de discourir sur les réalisations et les performances économiques du pays. Mais que faisons nous pour que ces réalisations profitent aux jeunes et aux franges de populations fragiles et fragilisées par une conjoncture socioéconomique particulièrement difficile? Pourquoi, enfin, ce sont les régions de l’intérieur du pays qui ont plus le sentiment d’être lésées et de ne pas profiter des fruits de la croissance du pays et pourquoi les schémas de développement régionaux, n'arrivent pas à ce jour à résoudre le problème des déséquilibres régionaux?
Ce qui s’est passé à Sidi Bouzid devrait nous appeler tous à réfléchir, qu’il s’agisse d’opérateurs publics, privés ou de médias. Car les médias ont également leurs responsabilités dans le fait de ne pas parler suffisamment des régions et de ne pas informer l’opinion et les autorités publiques des maux dont elles souffrent.Nous sommes doublement responsables lorsque nous laissons d'autres médias informer les premiers sur des événements qui ont lieu dans notre pays. Car justement le fort des nouvelles technologies de l'information et de la communication est la réactivité des différents publics du net et la fluidité de l'information. La critique est facile, l'art est difficile, lorsque nous n'assurons pas, ce sont les autres qui le font, à leur manière. Peut-on le leur reprocher?
Nous sommes tous responsables autant que nous sommes. Nous devons le reconnaître et assumer nos erreurs de jugements, notre passivité et notre indifférence à tout ce qui ce passe hors de la capitale. Ce qui s'est passé ces jours-ci doit nous inciter à mieux faire, nous impliquer plus dans l’avenir de notre pays et accorder plus d’importance aux régions.
Les politiques de développement menées jusqu’ici par l’Etat n’ont pas l’air d’avoir donné leurs fruits, il faudrait peut-être les revoir et investir plus pour attirer les investisseurs dans les régions déshéritées.
L’éducation pour tous représente un attribut important pour le pays, encore faut-il que cette éducation réponde aux besoins du marché de l’emploi pour qu’elle ne se limite pas à n’être qu’une éducation…sans plus. Plus d’efforts doivent donc être déployés et de fonds débloqués pour que l’enseignement ne soit pas dénué de sa consistance et de sa dimension pratique qui doivent être au service du développement économique du pays.
Où est notre leadership sensé anticiper, prévenir et sensibiliser?
Aux dernières nouvelles, le groupe Abdennadher aurait annoncé la réalisation d’un projet industriel dans la région de Sidi Bouzid. Le groupe Elloumi, une usine de composants autmobiles. Fallait-il attendre que des événements dramatiques s’y déroulent pour penser y investir ?
Pourquoi faut-il que la coupe déborde avant que l’on réagisse de manière efficace? Pourquoi notre gouvernement ne servirait-il pas lui-même de tête de file dans les régions pour y encourager les investissements?
Le travail, c'est la santé, c’est la réalisation de soi, c’est la préservation de sa dignité et la conscience de son humanité et surtout de sa citoyenneté.

(Source: “webmanagercenter.” Le 31-12-2010)
Lien: http://www.webmanagercenter.com/management/article-99936-tunisie-sidi-bouzid-a-qui-la-faute
 

Tunisia's inspiring rebellion

Demonstrations in Tunisia suggest that revolt and regime change are still possible in the Arab world

There are few moments in the political atmosphere of the Middle East that fill me with genuine pride. While eyes have long been fixed on opposition movements in Iran and Egypt, suddenly Tunisia has provided one of the most inspiring episodes of indigenous revolt against a repressive regime.

 

Following the self-immolation of an unemployed man, riots and demonstrations have swept through the country.


 

Lebanese journalist Octavia Nasr wrote on Thursday: "I never thought this day would come. Certainly not in Tunisia. To be quite honest, out of the Middle East region, I thought such a rebellious act would come from Egypt where the opposition to President Mubarak's regime is so fierce and vocal that public demonstrations of anger and dismay have become a routine."


Despite distressing reports of security forces shooting demonstrators dead, the events are heartening, not necessarily as a harbinger of transformation in the region, but as an indication that it is possible. Change is sometimes more likely to happen when people know what it looks like, when the first person dares to points to the emperor and say that he is naked.

I am generally wary of lumping Arab countries together in terms of political climate, but in this case it is more or less valid. From the monarchies of the Gulf, to the hereditary presidencies of the Levant and North Africa, bar the odd military coup, there has been little evidence of potential regime change. Those who espouse slow, gradual and incremental progress argue that the attrition of globalisation will eventually lead to an organic transformation.

But in my own lifetime I have seen regression in places, and globalisation either selectively sampled, or co-opted in the effort to subjugate citizens.

The complication in many parts of the Arab world is that it is never really simple brute oppression; it is a sophisticated system of stick and carrot, of fear and incentive, to maintain the status quo. In Tunisia itself, there existed a system of subsidies of strategic commodities which granted the state some legitimacy and political allegiance, but even that has crumbled.

 

Whether it is the laudanum of oil-wealth in Saudi Arabia, the parallel systems of bribery in Egypt which subsidise income, the alliances of patronage with powerful tribal leaders in Jordan which underwrite the monarchy's legitimacy, or the pact with the military in Algeria, there are several factors, underscored by support from the state's security forces, which douse the flame of rebellion. The odd skirmish over an isolated incident – such as blogger arrests in Egypt, or flogging of women in Sudan – is quickly quashed as the delicate pulley system of power comes into effect.


In addition, there is a tendency to downwardly compare miseries with other Arab countries. Those in oil-rich states comfort themselves that at least they are safe from the relative poverty of North Africans, who in turn seek solace in that they enjoy relative freedom of dress and intermingling of the sexes. And all can take comfort that at least they are not Sudan.

Although Tunisia is relatively remote from mainstream Arab culture and popular media, which is dominated by Levantine and Gulf elements, the events on Tunisia's streets are being watched on satellite TV throughout the Arab world.

Not that outpourings of passion are rare on Arab streets, but they are usually related to the latest events in Palestine, some random perceived insult from the west – or football. It's the rage of an easily slighted dignity, and it's rarely directed against the primary local culprit: the government itself.

 

In a detailed analysis the Moor Next Door blog says:


 
"These riots are important because they challenge the dominant discourse on Tunisia's politics (or lack there of) in western writing and reporting. Tunisia is by far among the most politically stable countries in North Africa and arguably the one with the healthiest economies.
"But this is all relative to its neighbours and must be considered in the regional context. If things are going the way they are in Tunisia, what does this mean for other geriatric regimes on the verge of power transitions?"

Even if nothing comes of the Tunisian revolt, it is proof that the resignation is not an inevitability, that it is not hardwired into our DNA, that the "Arab malaise" is not terminal.
(Source: guardian.co.uk, Friday 31 December 2010 19.00 GMT)
Lien: http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/dec/31/tunisia-inspiring-rebellion-arab-world
 

Another Tunisian protester dies

A protester dies after being shot by police, as activists criticise government repression of protests.
A Tunisian protester has died of his injuries after police shot him in the town of Menzel Bouzaiene, according to the International Federation for Human Rights (FIDH).
Chawki Belhoussine El Hadri, a 44-year-old man, was shot during protest on December 24. He died on Thursday, the FIDH said in a statement.
Mohamed Ammari, a Tunisian teenager, had been killed by police bullets the same day that El Hadri was injured. Another young man, Houcine Falhi, committed suicide by electrocuting himself in the midst of another demonstration on December 22, after shouting out that he was tired of being unemployed.
The protests began in the town of Sidi Bouzid when a young university graduate, Mohamed Bouazizi, attempted to end his life by setting himself on fire. Bouazizi is receiving treatment for his severe burns at a hospital in Tunis.
Security forces broke up a demonstration in Monastir peacefully on Thursday, but used violence in Sbikha on Thursday, the FIDH said. The same happened in Chebba, where one protester had to be hospitalised.
Protests entered their twelfth day on Friday.
"The FIDH again firmly condemns the use of firearms by the Tunisian security forces, and calls for an independent inquiry to caste light on these events, to hold those responsible accountable and to guarantee the right to peaceful protest," the organisation said.
Officials have said that the police's use of firearms against protesters last week in Menzel Bouzaiene was necessary after rioters barricaded a police station during the unrest, and used Molotov cocktails to torch the building and some police cars.
Lawyers speak out
Mokhtar Trifi, president of the Tunisian Human Rights League (LTDH), told Al Jazeera that lawyers across Tunisia have been "savagely beaten" on Friday morning.
Lawyers gathered in central Tunis, while others assembled in the capital's suburbs, the town of Monastir and elsewhere in the country, after the national lawyers' order called on them to speak out against the government’s repression.
"It was to demand the release of lawyers arrested over the past two days, and to express solidarity with the wider protests in Sidi Bouzid," Trifi, who has participated in the gathering outside the courthouse in Tunis, said.
"There was a savage attack on the lawyers, who were protesting extremely peacefully," he said.
He said many people have been injured, some severely, when police beat the lawyers with clubs and punched and kicked them, arresting some and breaking up the meeting. The repression was the most violent in Tunis, he said.
The police also confiscated cell phones to prevent people from filming the incident in the capital.
Many lawyers have been arrested for supporting the protesters. Abderrahman Ayedi, pictured above, says he was tortured by police on December 28, after they arrested him.
Governor sacked
President Zine El Abidine Ben Ali sacked the governor of the region of Sidi Bouzid where the protests had begun.
Mourad Ben Jalloul was dismissed on Thursday, as Ben Ali's government struggles to respond to the political crisis the protests have provoked.
Three ministers and two governors have now been removed for reasons relating to the popular uprising, including Oussama Romdhani, the communications minister.
But Khadija Cherif, the secretary-general of the FIDH, told Al Jazeera that Ben Ali's response to the crisis hasn’t taken into account the major reforms the protesters are calling for. Neither has it allowed for the debate to be opened, she said, noting the Tunisian media's failure to report accurately on the events.
International 'indifference'
Most Western governments have stayed silent over the violent repression of the protests, in a marked contrast to the international outcry over popular protests in Iran in 2009.
By keeping silent over what is happening in Tunisia, Cherif said the world is "showing indifference to a population that is rising up in the face of massive repression".
"We can clearly see that it's self-interest that counts, not values like democracy or freedom," she said. "This discredits European and Western countries."
She condemned the tendency to describe Tunisia as an economic miracle.
"Just look at what this 'miracle' has led to," she said, referring to those marginalised by the liberalising economic path the government has taken.
France's Socialist Party, the main opposition, condemned the "brutal repression" of the protesters on Thursday, calling for those arrested to be released.
"It's unfortunately not the first time that the Tunisian security forces distinguish themselves by sometimes fatal repressive measures," Pouria Amirshahi, the party's national secretary, said in a statement from France.
Amirshahi called on the Tunisian authorities "to guarantee the safety of activists, journalists and lawyers, and to protect the right to information and the right to peaceful protest."
Simmering resentment
Some 80,000 Tunisians graduate from higher education annually, but analysts say the Tunisian economy is incapable of absorbing so many highly skilled workers.
The unemployment rate is 14.7 per cent, according to the World Bank.
Nouredinne Miladi of the University of Northampton points to unemployment figures from non-governmental sources. In the town of Sidi Bouzid, where the protests started, around 25 per cent of male university graduates are jobless, as are 44 per cent of female graduates.
He said the simmering resentments that led to the recent protests are rooted in years of systematic marginalisation of not only the young, but of significant parts of the country.
Flourishing coastal cities receive the bulk of the government's attention, he told Al Jazeera, while much of the rest of Tunisia goes overlooked.
The World Bank may have recently praised Tunisia's weathering of the global economic crisis, but the economic reality within the country is very different from how it is typically viewed abroad, he explained.
"What is promoted around the world is this lovely picture of tourism and so forth," he said.
 
The Tunisian government deserves praise for having made education a higher priority than other countries in the Maghreb like Algeria or Morocco, Lahcen Achy of the Carnegie Endowment for International Peace told Al Jazeera.
But the problem lies in the type of sectors that have been developed in Tunisia, which offer mostly low-skilled employment.
Highly educated young people are blocked from entering public life, whether it be politics, media or commercial spheres. Instead, economic development has focused on sectors such as tourism and textiles, which don’t meet the expectations of these graduates.
The government has a responsibility to design policy that encourages domestic and foreign investment in sectors that would provide jobs suitable for so many highly educated graduates.
"We have much more investment coming from Europe … just looking for cheap labour," Achy said.
Little freedom of expression
Beyond the employment dilemma, Miladi said there is a need to allow for greater freedom of expression.
"There has to be new initiatives with regards to opening up the media in the country," Miladi suggested.
Government has controlled television, radio and print media for decades.
"Only the internet remains probably the only source of opportunity for young people and others to voice their opinion," he said.
International media face many barriers in reporting from Tunisia. The government has banned Al Jazeera completely. The main source of information on the protests is coming from information Tunisians are posting to YouTube and Twitter.
Many of those tweeting about the popular uprising are beginning to question what they see as the failure of international media to cover the protests, compared to the outcry over pro-democracy protests in Iran in 2009
Source: “Aljazeera.net” Le 31-12-2010
Lien: http://english.aljazeera.net/news/africa/2010/12/201012317536678834.html
 

Tunisia's miracle starting to fall apart


The current riots over unemployment are exposing the cracks in the country's economic and political stability
Unjust, unable to create enough good jobs and too reliant on foreign investors. Tunisia's economic model, once hailed, is exposing its weaknesses.
Tunisia’s economic development since the late 1980s has often been described as a miracle.
“The fruits of progress have enabled Ben Ali to secure the support both of the middle class (whose standard of living has indeed steadily improved) and of his foreign partners (whose multinational companies find advantages in Tunisia’s lower labor-costs and tax-rates),”Amel BouBekeur wrote in an article on Tunisia published in 2009 on the Carnegie Foundation's website.
BouBekeur, a research fellow at the Centre for European Policy Studies, views Tunisia as a distinct case within the region. It does not formally reject western democratic standards and its open-market policies and containment of Islamist encourage its European and American partners “with an economically stable and secure environment.”
At the same time, she adds, this model of governance allows the president - operating through his party, the Democratic Constitutional Rally (RCD) - to present a benign face to the world while consolidating firm control over the country.
Nevertheless, this stability was revealed to be a fragile one after thousands of unemployed and frustrated Tunisians rioted in a country where the government's firm grip on makes protest an uncommon sight.
President Ben Ali described the protestors as a minority. "The use of violence in the streets by a minority of extremists against the interests of their country is not acceptable," he said in a speech broadcast by Tunisian television on Tuesday. The unemployed, however, cannot be viewed as a minority.
Unemployment is the mother of anger. Yet many reasons can explain the tragic turn.
On top of it is the growing divide between the wealthy, tourist-oriented, north and the “sulky” south.
"The weakness of the development model has caused inequality between regions, as witnessed by the fact that 90 percent of (investment) projects are in coastal areas, and 10 percent in the interior," opposition leader Rachid Khechana told Reuters.
The southern region, less touristic than the north and traditionally more hostile to Ben Ali, receives little or nothing in the way of infrastructural support or social services.
Peaceful protests against this situation are often suppressed.
In 2008, peaceful protests by workers of the southern mining region of Gafsa against their working conditions were violently suppressed by the authorities and eighteen trade unionists were subsequently sentenced for up to ten years.
As a consequence of the regional disparities, recent years have seen the migration of thousands of graduates from the poorer interior to coastal cities in search of work. Many come to Sousse, Sfax and Meknassi, trying to find work.
Mohammed Bouazizi was among the migration. A week ago he doused himself in petrol and set himself alight.
Other than the regional disparities, the country's pattern of growth - relying on textile and tourism - is heavily dependent on low-skilled labor and hence excludes the better educated.
Textiles are a major source of foreign currency revenue, with more than 90 percent of production exported, according to the official government website.
Investment in education has seen soaring numbers of graduates passing through the country's universities, from 41,100 in 1986 to over 357,400 in 2009. This trend has not been met by a corresponding rise in demand for highly skilled, notes a recent study published by Carnegie Foundation.
As a result, four out ten young graduates are now unemployed.
"Mismatch between the supply and demand of the labor market in Tunisia, is one of the major forces of the aggravated protest that spread all over the country," says Nadia Belhaj, senior economist at the Economic Research Forum.
These clashes show how the unemployment rate contradicts with the country's steady growth rate.
In the last year, the Tunisian economy grew by 3.8 percent, not enough, according to the International Monetary Fund (IMF), to make a serious dent in a 14 percent unemployment rate.
On top of all these factors is the economic crisis afflicting the European Union, "causing exports and labor remittances to fall, which affected the labor market in Tunisia", adds Belhaj.
This view is further enforced by an IMF report in September predicting that the downturn in Europe could cast a shadow over Tunisia’s outlook.
Source: “Ahramonline” Le 31-12-2010
Lien: http://english.ahram.org.eg/UI/Front/NewsContent/3/15/2857/Business/Region/Tunisias-miracle-starting-to-fall-apart.aspx
 
 
 

Le martyr et le désordre


La société tunisienne comme  toute société humaine n’est rien de plus que la somme des comportements et relations qu’il peut y avoir entre les individus.
La société est une fractale dont l’élément de base est l’individu et la nature des  relations que celui-ci tisse.  C’est la morphogenèse des relations humaines.
La diversité, les interactions  et les variantes donnent les cultures, les sensibilités, une part du religieux, les accidents de l’histoire …
Le point de départ est toujours l’homme et son monde ou sa réalité perceptive qui le façonne et qu’il façonne continument.
Plus simplement, la peur, l’isolement, les non droits, l’idolâtrie, l’égoïsme, la suspicion, le respect de l’autre, la fraternité, l’amour, la liberté, le droit d’association, etc …, sont des éléments qui en se composant et en se recomposant nous donnent l’environnement social dans lequel on vit et que personne ne peut maitriser totalement, la partie ne pouvant être l’ensemble.
La société n’est pas uniforme car la complexité et la diversité y laisse toujours la régénération d’une vie. Lorsque le désordre est la règle,  l’ordre apporte la vie et sa continuité. Lorsque l’ordre étouffe l’individu et l’exclue,  cet ordre apporte la mort et la nécrose.
La propagande a matraqué ce peuple par la langue de bois et le divertissement infantilisant.
La finance conquérante, nouvel instrument de guerre planétaire, nouvel outil de l’hégémonie, a ligoté ce peuple par ses propres penchants légitimes ou non  de consommations utiles ou non utiles.
La pauvreté ne laissa à ce peuple que peu d’espace ou temps de recul pour voir son écrasement progressif.
Une tentative de suicide par immolation a fait rejaillir la vie du fond de chaque citoyen qui s’est senti ainsi prendre feu lui-même. L’approche de la mort a réveillé la nature vivante.
Le Citoyen s’est identifié pleinement dans ce cas !
C’est le miracle de la bonne et merveilleuse nature humaine à laquelle certains souhaitent faire face avec une prétentieuse fermeté menaçant ainsi publiquement le peuple identifié, l’humiliant et l’insultant !
Après les propagandes, le ligotage, l’isolement, la destruction de toute valeur ou solidarité entre les individus, en désespoir de falsifications et de violences, certains veulent s’opposer avec « fermeté » aux derniers soupirs d’un peuple apeuré et humilié.
Ce soupir est la définition même de ce qu’on appelle la vie. Cette fermeté est la stupidité poussée au crime.
Ils veulent s’opposer ainsi, avec « fermeté », à ce qui fait de l’homme un être vivant, en attentant à son intégrité, à son environnement économique, culturel ou même physique.
Ils veulent remplacer la nature de l’homme ou la nature tout court, par une autre « nature » plus conforme à des intérêts immédiats et plus complaisante envers la limite de leurs compétences et envers l’étendu de leur imposture.
Dans les termes actuels de la « fermeté »,  l’ordre prétendu est une fuite en avant morbide. C’est un attentat contre la qualité humaine, citoyenne et républicaine. C’est la porte donnant sur une sombre fin.
Le devoir de tous est de désobéir à cette  « fermeté » chère à ceux qui ont conduit, acteurs de leur état,  toute cette jeunesse au désespoir.
Comme déjà dit depuis plusieurs années (*), tout cela est malheureusement une conséquence logique et prévisible du zèle de la flatterie. Entre le désordre et le martyr de vos enfants vous avez choisit le martyr et vous allez avoir le désordre.
Sans retour à la stabilité du mensonge, au monde parfait de l’imposture généralisée et sans retour à un ordre morbide, meilleurs vœux pour l’année 2011 et pour un espoir entier et réel au peuple Tunisien.

Kamel Mahdhaoui
31 décembre 2010.
 
(*)  http://www.reveiltunisien.org/spip.php?article342

 La Tunisie un quart de siècle de nouvelle «soft» dictature


Pourquoi les avocats tunisiens (des hommes de loi) sont aussi bastonné,  et c’est quoi la Solution ?

Cette Police Politique ne sait que frapper, arrêter, torturer et créer de toute pièce des dossiers  incriminant...

Pour cette police politique, un AVOCAT (un homme de loi) ne vaut rien, la Loi c'est eux ! Quand nous allons comprendre que la Tunisie est gouvernée par la Police Politique Tunisienne au service de la Présidence et de la Sainte Famille !

Ministres, Sénateurs, Députés, Secrétaires d'État, Haut Cadres du RCD, Hauts fonctionnaires, Ambassadeurs, Consuls, Professionnels, Homme d'affaires, Banquiers, etc... tous ces gens ne valent rien dans la Culture de la Sainte Famille. Ils ne sont que des simples serviles à leur service quand ils veulent et ou ils veulent !

Avez-vous besoin d'avoir un doctorat à l'Université de Harvard ou Paris Dauphine pour comprendre comment la Tunisie est vraiment gouvernée !

Depuis des années, on ne fait que pleurnicher, aujourd’hui nos jeunes (nos enfants) ont compris qu’ils n’ont rien à attendre de nous « poules mouillés », ils sont descendus dans la rue volontairement ! La pauvreté de la quotidienneté et le désespoir les ont poussé à crier haut et fort leur peine et leur misère puisque nous sommes devenus sourds à leur situation. On les voient quotidiennement meubler les cafés et au lieu de se poser la question, on les méprises, on les insultes, on les a «rendu des nains» ! Un jour ils ont en assez, ils sont descendus dans la rue…

Maintenant, des organisations et des soit-disant leaders veulent les récupérer, en donnant des grosses théories pour montrer à la TV qu’ils sont des « grandes personnes, pourtant tous sont des trous de cul ». C’est exactement comme ce qui s’est passé dans plusieurs pays y inclus à Gaza !

Solutions :
1- Appel à la création d'un gouvernement provisoire mixte ajoutant un poste de Vice-Président et quatre Vice-Premiers Ministres issus des    leaders de l'opposition et des personnalités tunisiennes exilées  connues à l'étranger !
2- L'abolition immédiate de la Police Politique Tunisienne ;
3- Libération immédiate de toutes les personnes arrêtées ;
4- Création d’une  Commission Nationale d'Enquête Indépendante sur les événements sociaux en Tunisie présidé par  la Juge Kalthoum Kanou : Secrétaire Générale du comité légitime de l'Association des Magistrats Tunisiens, secondé par Wassila Kaabi : membre du bureau exécutif et le militant historique Ali Ben Salem, soutenus par des  enquêteurs professionnels et chevronnés à la retraite reconnus pour leur indépendance, leur probité, honnêteté, moralité et incorruptibilité  !

5- Créer un Réseau International de Vigilance et du Surveillance du gouvernement actuel  dirigé par des tunisiens qui résident dans divers pays démocratiques (Europe, Amérique, etc..).

6- Appel à la création d'un comité de réconciliation nationale et de pardon pour guérir les blessures de l’histoire. Si le gouvernement tunisien actuel refuse, il faut créer un Comité juridique de préparation des dossiers pour les instituer auprès du Tribunal International Pénal (TPI) pour crime contre l'humanité (tortures et disparitions).. le gouvernement actuel doit choisir le Pardon et le Tribunal (TPI) ;

7- Créer un Fonds international de soutien à la promotion de la démocratie en Tunisie.

Membre de la République de Kacem
Montréal / Canada

N.B : Malgré que nous sommes aussi des tuniso-canadiens, en exprimant nos opinion sur nos médias canadiens, nous courons un grand risque d'être un jour arrêter, harcelé, torturer et jeter en prison. ! C’est pour cette raison que la très grande majorité des tuniso-canadiens ont préférés garder le silence !

 SIDI BOUZID....TERRE PROMISE


Par Biju
Les mobilisations collectives constituent un problème central dans l'opposition démocratique tunisienne, c'est un  fait établi, par qui? cela importe peu, ce qui importe à mon avis, c'est  la volonté de beaucoup de démocrates de se reconstruire, c'est à dire, de faire abstraction des prétentions, des égo,  et de la nomenclature, notre oligarchie  oppositionnelle, les récents évènements, la révolte spontanée de SIDI BOUZID le prouve, le délire  existentialiste de certains dinosaures de l'oppositionqui est aussi néfaste que celle de la dictature, il faut bien le dire, en résumé ce que je veux dire à ces opposants qui demandent encore  le dialogue avec la dictature, qui sont pour moi,  je l'avoue, un prétexte facile pour dire d'une façon générale, que seule  la rage révolutionnaire est salvatrice, et que l'amertume est destructrice, et qu'aucune minorité agissante en TUNISIE ne peut "réveiller" les tunisiens, car en fin de compte, c'est bien d'eux qu'il s'agit, eux les vagues déferlantes qui fouteront en l'air notre vieux monde dans toutes ses composantes.
Chers dinosaures, nous devons être UN épuré certes de nos scories, mais sans aucun jugement de valeur sur ce qui doit absolument être, et sans icône, le leader accompli, sa pensée et ses actes, historiquement finissent toujours en eau de boudin, rassembler et être honnête avec soi même et les tunisiens,  je pense qu'il est plus utile et pertinent de travailler à cela, c'est une forme de solidarité pratique avec les héros de SIDI BOUZID. Les mouvements sociaux, nous devons à mon humble avis les définir théoriquement, toujours,  en tant qu’actions conflictuelles cherchant à transformer les rapports de domination sociale , et qu'ils doivent être nécessairement vecteurs d’un nouveau projet historique , ou du moins, d’un nouveau rapport à l’ordre politique , mais jamais au grand jamais le limiter  à une régulation institutionnelle du système .
L’ordre des interprétations d’un conflit, celui dans l'absolu que nous devrions imposer à la dictature, doit participer du mouvement lui-même, il doit même le  condenser symboliquement et le mettre en perspective, nous devrions ainsi cultiver notre différence à tout bout de champs, et marginaliser, cette perfide dictature, de l'histoire de notre pays, avec tout ce que cela comporte de sacrifices et de radicalité , bref le sens des luttes doit faire  partie de leurs enjeux, y compris dans l’arène du travail culturel, social et bien entendu politique.
 
NOUS  devons nous inspirer de la réflexion fondamentale sur les problèmes contemporains de l’action collective en lui donnant un cadre de référence pluraliste dans notre rassemblement, les révoltés des villes tunisiennes ont fait le plus gros du travail, ils le paient chers, très chers. Et  restituer un débat qui n’a pas eu lieu jusqu’ici de manière constructive, dont la  cause est connue par nous tous .

Dans une telle configuration contestataire, revendicative et révolutionnaire par ce qu'elle  doit  TOUT remettre en cause,y compris notre vision et nos rapports avec les priorités politiques . Il nous faut aussi changer de discours, appeler un chat un chat, un repenti un repenti , un traître un traitre, mais l'autre opposant différent, idéologiquement différent , qui se bat sans aucune compromission pour la libération de la TUNISIE de la maffia Zinétron, un allié et un frère d'arme, avec qui  nous nous battrons sans arrière pensée, , pour instaurer une véritable république démocratique et citoyenne ,pour s'accomplir dans la démocratie et la mettre à la disposition des tunisiens, nos compatriotes qui décideront  de l'avenir de la TUNISIE librement, pour cela,  c'est aux intellectuels et aux militants engagés de veiller à éviter les dérives et  les sursauts d'affects, à ce propos et malheureusement sur le net tunisien par exemple, tous les termes couramment usités sont problématiques, voire aporétiques. Ils soulèvent maintes interprétations dissonantes, parfois contradictoires. a la longue, cela nous fera courir le risque de souscrire  une unité artificielle, empiriquement possible mais politiquement inopérante.
Là où la diversité des engagements et des résistances demeure l’horizon,  pour l’heure, il est embouti,  qui sous des apparences   d'analyses historiques comparatistes, et théorisations sociologiques , ne propose rien de tangibles à l'opinion tunisienne.
 

 

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