الأحد, 31 كانون1/ديسمبر 2006 06:00

7 ème année, N° 2414 du 31 decembre 2006

 

7 ème année, N° 2414 du 31.12.2006
 archives : www.tunisnews.net
 

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques: Communiqué

Reporters sans frontières: Liberte de la presse : l'annee 2006 en chiffres
Un parent d’élèves R T Doha: A Son Excellence Monsieur le Président De La République Tunisienne
Le Journal: Affaire du groupe armé: Ce qu’on a pu savoir

Le Journal: La nuit, tous les chats sont gris
La Presse: Vae victis
Le Temps : L'art de faire des martyrs

 
Liberté pour Maître Mohammed Abbou
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, 1001-Tunis
Tel/Fax : 71 354 984
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Le 28/12/06
Communiqué
 


Nous avons reçu d’Ali Laridh, ex prisonnier politique, une lettre dont voici la teneur :

« Brimades et tourments sans fin

1)      Depuis ma sortie de prison en novembre 2004, je me suis vu interdire de me déplacer hors de la capitale-où je réside-. J’ai obtenu par trois fois des autorisations, notamment pour rendre visite à ma mère alors qu’elle était à l’article de la mort ou pour assister à ses funérailles, et encore, je ne les ai arrachées qu’au prix d’une attente et d’atermoiements. Mes amis et mes proches ont subi de nombreuses tracasseries lors de ces visites, ainsi qu’une surveillance sécuritaire collante.


2)       Depuis ma sortie de prison en 2004, j’ai été interrogé à plus de quatorze reprises dans les locaux de la Sûreté de la capitale, interrogatoires assortis de provocations, menaces permanentes de renvoi en prison et d’un calvaire sans fin pour moi et les miens.


3)      Je suis resté une année entière, trois cent soixante cinq jours, soumis à un émargement quotidien. Il n’était pas question que je m’absente, ne serait-ce qu’une seule fois, et ce quel que soit mon état de santé, quel que soit le temps, quelles que soient les fêtes ou les circonstances familiales, tout cela sous peine d’être renvoyé en prison.


4)      J’ai passé une année entière astreint à me présenter une fois par semaine, à jour et heure fixes, sans interruption, et la non comparution m’aurait valu une nouvelle incarcération.


5)      Moi-même et mes enfants sommes privés de toute connexion à Internet depuis novembre 2005, pour les mêmes raisons qui font qu’on en a privé les autres opposants et les militants des droits de l’homme. On m’a coupé aussi les communications internationales pendant un an. Elles ont été rétablies il y a deux mois.


6)      En novembre 2006, à l’occasion de la libération de prisonniers du mouvement En Nahdha, j’ai été officiellement informé au poste de la Sûreté nationale du Bardo (Tunis) que mon pointage hebdomadaire au poste était terminé et que j’étais libre de circuler sur le territoire de la République, d’y travailler ou de rendre visite à mes proches et mes amis. Moins de quarante huit heures plus tard, on m’a contacté à nouveau pour m’informer que devais les informer de mes sorties de la capitale, une simple information et non une demande d’autorisation comme cela avait été le cas depuis novembre 2004. Le 26 décembre 2006, je les ai informés que je rendrai visite à mes beaux-frères chez lesquels je ne m’étais pas rendu depuis 1990. En 2005 et 2006, j’avais évité de le faire pour leur éviter tracasseries et brimades au cas où l’on m’en eût accordé l’autorisation, j’avais l’espoir que la


situation s’améliore. On m’a demandé d’attendre un peu puis on m’a dit de ne pas quitter la capitale, le temps d’avoir une réponse. J’ai attendu. A chaque fois que je les ai contactés, ils ont parlé à leurs supérieurs ( !) Ils n’avaient pas encore la réponse. Cela a duré quarante-huit heures. Je n’ai toujours pas eu de réponse, fût-elle négative, qui courait coupé court à l’ambiguïté et à l’attente. En d’autres termes, il m’est interdit de rendre visite à des beaux-frères chez qui je ne me suis pas rendu depuis 1990, année de mon emprisonnement.


Aujourd’hui, je ne peux voir mes beaux frères.
Il ne leur suffit pas que je les informe, ni que je leur demande l’autorisation. Ils ne se contentent pas de me l’interdire, ce qui mettrait fin à l’attente : ils observent le silence et me répondent : « Nous sommes dans l’attente de la réponse de l’administration, alors attendez » »


Le Président de l’Association
Maître Mohammed Nouri

(Traduction d’extraits ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)     
 


Reporters sans frontières
31 décembre 2006

LIBERTE DE LA PRESSE : L'ANNEE 2006 EN CHIFFRES

81 journalistes tués : l'année la plus meurtrière depuis 1994
56 journalistes enlevés, principalement en Irak et dans la bande de Gaza
En 2006 :
- 81 journalistes tués
- 32 collaborateurs des médias tués
- au moins 871 interpellés
- au moins 1 472 agressés ou menacés
- au moins 912 médias censurés
- au moins 56 journalistes enlevés

A titre de comparaison, en 2005 :
- 63 journalistes tués
- 5 collaborateurs des médias tués
- au moins 807 interpellés
- au moins 1 308 agressés ou menacés
- au moins 1 006 médias censurés


L'année la plus meurtrière depuis 1994

En 2006, au moins 81 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur métier ou pour avoir exprimé leurs opinions, dans vingt et un pays. Il faut remonter à 1994 pour trouver un chiffre plus élevé. Cette année-là, 103 journalistes avaient trouvé la mort dont près de la moitié pendant le génocide au Rwanda, près d'une vingtaine en Algérie, victimes de la guerre civile, et une dizaine en ex-Yougoslavie.

Trente-deux collaborateurs des médias ("fixeurs", chauffeurs, traducteurs, techniciens, agents de sécurité, etc.) ont également été tués en 2006, contre cinq l'an passé.

A la différence d'autres organisations, Reporters sans frontières ne prend en compte que les professionnels des médias dont elle est certaine que leur mort est liée à leur devoir d'informer. Plusieurs dizaines d'autres cas n'ont pas été comptabilisés, car ils sont encore en investigation ou ont été écartés, car ils ne relèvent pas du domaine de la liberté de la presse.
Pour la quatrième année consécutive, l'Irak reste le pays le plus dangereux au monde pour les professionnels des médias : 64 d'entre eux (journalistes et collaborateurs) y ont trouvé la mort en 2006. Au total, depuis le début de la guerre, 139 journalistes ont été tués en Irak, soit plus du double du nombre de journalistes tués pendant les vingt années de la guerre du Viêt-nam (63 tués entre 1955 et 1975). Dans près de 90 % des cas, les victimes sont des journalistes irakiens. Les enquêtes sont rarissimes et n'aboutissent jamais.
 
Deuxième au "palmarès" des Etats les plus dangereux pour les journalistes, le Mexique est devenu le pays le plus meurtrier du continent américain, devançant la Colombie. En 2006, neuf journalistes ont été tués parce qu'ils enquêtaient sur les narcotrafiquants ou couvraient des mouvements sociaux violents. Dans la région d'Oaxaca, secouée par des luttes sociales qui ont parfois dégénéré en affrontements armés, un cameraman américain, Brad Will, a été tué par balle, fin octobre. Plusieurs autres journalistes ont été blessés au cours des mêmes événements. Par ailleurs, le 9 août, le corps sans vie d'Enrique Pera Quintanilla a été retrouvé au bord d'une route, dans l'Etat de Chihuahua, dans le nord du pays. Il était le directeur du mensuel Dos Caras, una verdad (Deux visages, une vérité), spécialisé dans l'information sur les assassinats non élucidés et le trafic de drogue.

Aux Philippines, la situation n'est guère plus réjouissante. Six journalistes ont été assassinés en 2006 (sept en 2005). Fin mai, Fernando Batul, commentateur de la radio dyPR, a été tué par balles alors qu'il se rendait à son travail dans l'île de Palawan (sud-ouest de Manille). Selon les autorités, ce crime est lié aux chroniques du journaliste sur le comportement violent d'un policier. L'agent a été interpellé et devrait être jugé prochainement. Toujours dans l'archipel, les assassins de Marlene Esperat, éditorialiste et militante anti-corruption, tuée en mars 2005, ont été condamnés à la réclusion à perpétuité. Certes, il s'agit uniquement d'hommes de main et les commanditaires courent toujours. Mais, dans un pays où l'impunité est la règle, cette décision de justice a valeur d'exemple à suivre.

En Russie, trois journalistes ont été tués au cours de l'année (soit, au total, 21 depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en mars 2000). L'assassinat, en octobre, d'Anna Politkovskaïa, reporter de l'hebdomadaire Novaia Gazeta et spécialiste de la Tchétchénie, est venu rappeler que même les journalistes les plus connus et les plus soutenus par la communauté internationale ne sont pas à l'abri de telles violences meurtrières. Une enquête est en cours. Le Kremlin, prié par les Etats démocratiques de tout faire pour identifier et sanctionner les responsables de ce crime, a mis en place une équipe de 150 enquêteurs pour mener à bien les investigations.

Chez le voisin turkmène, la situation de la liberté de la presse n'a cessé d'empirer au cours de l'année 2006. Le paroxysme de la répression engagée contre la presse indépendante a été atteint en septembre, lorsque la correspondante de Radio Free Europe, Ogoulsapar Mouradova, est morte en prison, certainement des suites des coups qu'elle aurait subis. Malgré les demandes insistantes de l'Union européenne, aucune enquête n'a été menée par les autorités turkmènes pour élucider les circonstances de la mort de la journaliste, emprisonnée depuis trois mois au moment du drame.

Au Liban, pendant la guerre avec Israël, une photographe et un technicien de télévision ont été tués par des bombardements de l'armée israélienne. Au total, une dizaine de journalistes ont été blessés au cours des affrontements, pendant l'été.

Des campagnes électorales particulièrement violentes

Plus de 1 400 cas d'agressions ou de menaces ont été recensés par Reporters sans frontières au cours de l'année 2006. Là encore, il s'agit d'un record. Ces actes violents ont été particulièrement nombreux pendant les multiples campagnes électorales de l'année 2006.

Au Bangladesh, les agressions de journalistes - déjà fréquentes en période normale - étaient quotidiennes en fin d'année, à quelques semaines d'élections législatives cruciales pour le pays. Les forces de l'ordre, mais également des sympathisants de plusieurs partis politiques, sont responsables de ces violences.
Sur le continent américain, une dizaine de pays ont connu des scrutins nationaux d'importance pendant l'année. Au Pérou, début mars, soit un mois avant l'élection présidentielle, Reporters sans frontières avait déjà recensé plus d'une dizaine de cas d'agressions contre des journalistes et autant de menaces. A Marilia, dans le sud du Brésil, les locaux d'un quotidien ont été saccagés par les partisans d'un élu local, le jour même du premier tour des élections générales.

En République démocratique du Congo, les partisans des deux principaux candidats - Joseph Kabila, le président sortant, et son rival Jean-Pierre Bemba - s'en sont régulièrement pris aux journalistes du "camp adverse". En Ouganda comme en Ethiopie, un envoyé spécial étranger a été expulsé en période électorale.
Enfin au Bélarus, quelques jours après la réélection d'Alexandre Loukachenko à la tête du pays, en mars 2006, une vague de répression s'est abattue sur les opposants et les journalistes. Une dizaine de reporters locaux et quelques envoyés spéciaux étrangers ont été agressés, dont Oleg Ulevitch, correspondant du journal Komsomolskaïa Pravda. Le reporter, de nationalité russe, a eu le nez cassé après avoir été battu par des policiers en civil.

La censure et les arrestations, des pratiques toujours abondamment utilisées

Le nombre de cas de censure a légèrement diminué : 912 cas contre 1 006 l'année précédente. En 2005, c'est au Népal que la censure avait été le plus massive. Le cessez-le-feu signé pendant l'été 2006 a permis à la presse de souffler un peu. Les journalistes emprisonnés ont été libérés et les nombreuses radios locales ont pu reprendre librement leur travail.

Cette année, c'est en Thaïlande que le plus grand nombre de cas de censures a été relevé. Au lendemain du coup d'Etat militaire, le 19 septembre 2006, plus de 300 radios communautaires ont été fermées, ainsi que plusieurs sites Internet. La situation est revenue à la normale au bout de quelques semaines.

Il est, par ailleurs, impossible de quantifier la censure en Chine, en Corée du Nord ou en Birmanie par exemple. Dans ces pays, des mesures globales ont été prises contre l'ensemble de la profession, touchant d'un seul coup plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d'organes de presse.

Le Web est étroitement contrôlé dans plusieurs pays de la planète. Reporters sans frontières a rendu publique, en novembre, une liste des treize ennemis d'Internet : Arabie saoudite, Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam.

Dans ces Etats, des blogueurs et des cyberdissidents ont été régulièrement emprisonnés pour s'être exprimés librement sur le Net. Des sites ont été fermés, rendus inaccessibles ou filtrés et les forums de discussion ont été épurés des messages les plus critiques.

Au total, pendant l'année 2006, près d'une trentaine de blogueurs ont été arrêtés et détenus pendant plusieurs semaines, notamment en Chine, en Iran et en Syrie. L'Egypte a, pour la première fois, fait son apparition sur la liste des "ennemis d'Internet" pour sa répression de plus en plus dure à l'égard des blogueurs critiques envers le président Hosni Moubarak ou l'islam.

Au moins 871 journalistes ont été privés de leur liberté en 2006, dans le monde. Certains ont été interpellés quelques heures. D'autres ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

Parmi ces derniers, les cas de Zhao Yan et de Ching Cheong, en Chine, ont suscité de fortes réactions au sein de la communauté internationale. Les deux hommes qui collaboraient à des organes de presse étrangers devraient passer respectivement trois et cinq ans en prison. Lors de leur procès en appel, la justice n'a même pas daigné organiser une audience, privant ainsi les condamnés de toute possibilité de se défendre.

Au Turkménistan, le décès, en toute fin d'année, du président à vie Separmourad Niazov pourrait mettre un terme à l'oppression qui pesait jusque-là sur les journalistes et les défenseurs des droits de l'homme. Deux d'entre eux - Annakourban Amanklytchev et Sapardourdy Khajiev - ont été condamnés, en juin, à des peines de six et sept ans de prison pour avoir aidé une journaliste étrangère qui réalisait un reportage sur leur pays.

En Birmanie, le célèbre journaliste et militant de la cause démocratique, Win Tin, a entamé sa dix-huitième année derrière les barreaux. Il a reçu le prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2006 pour son combat en faveur de la liberté d'expression.

Une inquiétude supplémentaire : les enlèvements de journalistes

Pour la première fois, Reporters sans frontières a recensé, de manière précise, le nombre de journalistes enlevés dans le monde.

Au moins 56 journalistes ont été kidnappés en 2006 dans une dizaine de pays. Les deux zones les plus risquées sont l'Irak, où dix-sept professionnels de la presse ont été enlevés depuis le début de l'année 2006, et la bande de Gaza, où six reporters ont été kidnappés. Si, dans les Territoires palestiniens, ces enlèvements se sont tous terminés par des libérations, en Irak, six professionnels des médias ont été exécutés par leurs ravisseurs.
Reporters sans frontières a rencontré, fin 2006, le chef de l'Etat irakien, Jalal Talabani, pour l'exhorter à prendre des mesures mettant fin à ces pratiques. L'organisation s'est également rendue à Gaza, pour demander au président Mahmoud Abbas et aux responsables des principales factions palestiniennes d'user de leur influence pour appeler leurs partisans et l'ensemble de la population à ne plus s'en prendre aux professionnels de la presse.

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Doha, le 31  Décembre 2006

A Son Excellence Monsieur le Président De La République Tunisienne.


Monsieur,

je suis un parent d’élèves de l’école Tunisienne de Doha depuis plusieurs années c'est-à-dire avant la mise de cette école sous tutelle de l’OTEF et toute la communauté était convaincue que le rôle attribue a notre école était accompli surtout qualitativement,mais le dérapage a eu lieu des la mise en place de cette organisation tutelle et spécialement avec l’arrivée de ce coordinateur général qui n’a jamais eu d’unanimité autour de lui ni le poste en soit même  et tous les problèmes ont commence en ce moment ce qui est très évident vu son passe et son niveau intellectuel et non pas par position contre l’OTEF qui a donne ses preuves en Tunisie.

Monsieur le Président

la situation actuelle que vit l’école est plus que critique a cause des combines qui y règnent ficelées par ce coordinateur général qui n’a aucun rôle a jouer dans cette institution ni pédagogique, ni financier… de ce fait il n’a fait que semer la pagaille et créer les clans sans parler de la mauvaise gestion financière et administrative surtout en absence de tout contrôle après La fermeture de l’ambassade.

Monsieur,

ce responsable est entrain de reculer de cette honorable école et il fait tout son possible pour atteindre son but surtout cette année où on a enregistre d’innombrables dépassements et le comble c’est que le président de l’organisation en Tunisie reste inactif et passif envers ces actes.

Monsieur le Président,

devant la situation précaire que vit notre très chère école et le danger qui la menace d’un jour a l’autre en présence de ce soit disant responsable, je vous prie Monsieur de bien vouloir nous épargner de la présence de cette tutelle (OTEF) et de son coordinateur qui n’a aucune place au sein de notre école surtout que ce poste n’a jamais existe et n’a aucune raison de l’être surtout que ses énumérations dépassent celles de 3 professeurs maîtrisards.

Veuillez Monsieur le Président agréer mes profonds respects tout en vous souhaitant un Aïd moubarek et une joyeuse année pleine de succès pour notre chère Tunisie.

Un parent d’élèves : R T Doha



Affaire du groupe armé
CE QU’ON A PU SAVOIR


Par Imen NOUIRA

Une source officielle du ministère de l'Intérieur et du Développement local a annoncé, dimanche dernier, que durant la nuit du 23 décembre 2006, un échange de coups de feu a eu lieu entre un groupe d'individus, se trouvant dans une habitation située dans la banlieue sud de la capitale et une patrouille des forces de l'ordre.

Ces échanges de coups de feu ont fait deux morts parmi ce groupe et permis l'arrestation de deux autres.
On déplore aussi deux blessés parmi les forces de l'ordre.
Les investigations préliminaires indiquent que les membres de ce groupe sont de dangereux criminels recherchés.

Dans un article paru le mardi 26 décembre sous le titre «Fusillade mystérieuse de Hammam-Lif : Un réseau international de trafic de drogue dévoilé», le journal «Le Quotidien» a révélé que «les faits ont commencé suite au refus du conducteur d’un véhicule de s’arrêter au niveau d’une patrouille mobile de la garde nationale basée à l’entrée de la ville de Borj Cédria. Les agents ont alors alerté leurs collègues patrouillant au niveau de Hammam-Chott.»

Une course-poursuite s’est, alors, déclenchée entre les forces de l’ordre et la voiture suspecte, dans les rues du quartier «Echaâbia» de Hammam-Lif.

Pris de panique, les occupants de la voiture ont tiré sur les agents de la garde nationale. En ripostant, ces derniers ont réussi à tuer deux d’entre eux avant d’arrêter le troisième qui avait été blessé.
«Le Quotidien» a indiqué que «Les agents de l’ordre ont réussi à arracher des aveux de l’individu arrêté qui a indiqué qu’avec ses deux compagnons, ils se dirigeaient vers une maison située du côté de la localité de Bir El Bey. Ils devaient, en effet, rencontrer d’autres personnes. Rapidement, l’alerte fut déclenchée. La maison en question a été prise d’assaut. Les agents de l’ordre ont utilisé un mégaphone pour demander aux occupants de la maison de se rendre. Coup de théâtre, des coups de feu ont éclaté ciblant les agents qui ont riposté en utilisant au départ des bombes de gaz lacrymogènes pour pousser les malfaiteurs à quitter leur refuge.

Et c’est à cet instant que les occupants de la maison ont tiré en direction des agents de l’ordre blessant deux auxiliaires de la justice dont l’un se trouve dans un état grave après avoir été touché au niveau des poumons.»

Entre temps, les agents de la garde nationale ont blessé deux malfaiteurs et en ont arrêté un autre. Ils ont mis la main sur une importante quantité de drogue.

Le journal précise que «Les recherches ont été entamées depuis le samedi soir afin de mettre la main sur les membres de cette bande dont quelques-uns seraient réfugiés dans la montagne de Boukornine.»

«Le Quotidien» explique que «des trafiquants ayant été dans plusieurs pays européens ont décidé de transférer leurs activités dans notre pays et plus particulièrement au niveau de la banlieue sud de la capitale.» La police informait de la chose et a mené des investigations dans le but de mettre la main sur les protagonistes.

Le journal dévoile que «Samedi dernier, les membres de cette bande ont eu vent des investigations menées par les agents de l’ordre. Suite à quoi ils ont décidé de déplacer leur trafic vers une autre région, d’où cette confrontation avec les agents de l’ordre.»

Sur les colonnes du journal «Essarih», M. Salah EL HAJJA, explique que cet incident a révélé des faits dangereux puisque, c’est la première fois, que les forces de l’ordre ont été obligées de recourir aux armes dans une de leur intervention. Il s’est étonné que certaines agences de presse étrangères ont mentionné que les trafiquant ont utilisés des «kalachnikov ». Ce qui peut confirmer l’existence d’un trafic d’armes en Tunisie puisqu’on n’a jamais entendu parler avant de ce genre d’armes, au paravent, dans notre pays.

En outre, M. Salah EL HAJJA affirme que cet incident prouve une fois pour toute que les forces de l’ordre sont présentes et éveillées a tous ce qui ce passe.

Quant au journal «Akhbar Ejmhouria» paru le jeudi 28 décembre, il a relaté l’inquiétude des citoyens tunisiens qui s’interrogent sur «l’origine des armes que les trafiquants ont utilisées et Comment ces armes ont pu traversé les frontières ? Sont-elles arrivées par l’intermédiaire de personnes ou à travers des centenaires dont les propriétaires avait affirmé qu’il ne contenait que des marchandise légales, et donc, qui ont pu passé outre la vigilance de la douane et de la police des frontières ?».

(Source : « Le Journal » (Tunis), N° 55 du 30 décembre 2006)
Lien : http://www.gplcom.com/journal/fr/article.php?article=1028&gpl=55
 



LA NUIT, TOUS LES CHATS SONT GRIS


Par M’hamed JAIBI
                      
Nos exportations ont enregistré, durant les 11 premiers mois de l’année 2006, une croissance de 14,3%, contre 11,9% pour la même période de 2005. Il s’agit d’une double performance, puisque nous assistons là à une nouvelle accélération de la croissance du flux des marchandises exportées.

Sachant que la croissance de notre économie est tirée par l’exportation, il y a là motif de satisfaction et de fierté, à un moment où le textile-habillement souffre et où le pétrole appelle un effort additionnel.
Mais l’on constate qu’en parallèle, les importations ont d’autant plus augmenté, atteignant un taux de 16,9% d’évolution par rapport à l’année dernière, soit quasiment un doublement du taux des 11 premiers mois de 2005 (8,5%).

Les observateurs ont d’emblée vu, là, un effet de la flambée pétrolière qui a conduit le pays à importer une valeur nettement plus importante d’hydrocarbures.

Cependant, les chiffres indiquent clairement qu’il faudrait également chercher ailleurs, puisque les exportations hors énergie et lubrifiants ont connu une progression de 13,6% et les importations de la même catégorie une évolution de 14,7%. Soit plus de 1 point d’écart.

Quand on sait que nos exportations sont structurellement liées à nos importations, cela ne manque pas d’inquiéter. Notamment à l’heure où plusieurs indicateurs attestent d’une amélioration régulière de la valeur ajoutée nationale.

D’où l’idée de s’appliquer à comprendre le phénomène et à démonter l’anomalie. Car il se pourrait bien qu’elle soit le fait d’une excessive évolution des importations de produits de consommation, peut-être au détriment d’intrants ou d’équipements industriels. Car lorsque la Banque Centrale ferme les vannes, c’est le clapet pour tout le monde. La nuit, tous les chats sont gris.

(Source : « Le Journal » (Tunis), N° 55 du 30 décembre 2006)
Lien : http://www.gplcom.com/journal/fr/
 


La Tunisie exprime son profond regret
Une grave atteinte aux sentiments des peuples musulmans

• Profond regret de la Tunisie d’une exécution qui intervient en un jour de fête religieuse sacrée

Le ministère des Affaires étrangères a rendu publique, hier, la déclaration suivante :

 «A la suite de l’exécution de l’ancien président irakien, Saddam Hussein, la Tunisie exprime son profond regret que cette exécution ait eu lieu le jour de l’Aïd El-Idha.

La Tunisie considère que l’application de cette sentence, en ce jour, est une grave atteinte aux sentiments des peuples musulmans, au moment où ils célèbrent une fête religieuse sacrée.
Tout en réaffirmant la nécessité de préserver l’unité, l’intégrité et la stabilité de l’Irak, la Tunisie forme l’espoir que cette exécution n’entraînera pas une escalade de la tension et de la violence et que le peuple irakien frère parviendra à réaliser la réconciliation nationale, dans le cadre de l’entente et de la concorde.»

(Source : « La Presse » (Tunisie), le 31 décembre 2006)



Vae victis


Par Hmida Ben Romdhane

C'est connu depuis la nuit des temps, le vaincu est à la merci du vainqueur. Vae victis, disaient les Romains.

Malheur aux vaincus. Saddam a été pendu au petit matin du 30 décembre non pas, au fond, parce qu’il a été condamné à mort par un tribunal, mais parce qu’il a été vaincu. Vaincu non par son peuple, mais par une force étrangère qui a décidé illégalement et unilatéralement de renverser le régime d’un Etat souverain et de livrer le pays à l’anarchie et à la guerre civile.

Le gouvernement irakien a étonné le monde entier par son empressement à exécuter la sentence contre l’ancien président Saddam Hussein et par le choix d’un jour de fête, l’Aïd El Idha, pour pendre un homme dont le procès, le moins qu’on puisse dire, fut entaché d’innombrables irrégularités. En guise de procès, nous avons assisté pendant de longs mois à une mascarade télévisée où les empoignades incessantes et les coups de gueule entre les juges et les accusés ont remplacé les débats et l’argumentation juridique.

Dans tout le monde musulman, le jour de l’Aïd est une occasion pour la réconciliation et le pardon. Et l’Irak, plus que tout autre pays au monde a précisément besoin de réconciliation et de pardon. Et le gouvernement irakien, plus que toute autre force en Irak, a besoin de réconciliation et de pardon pour qu’il puisse gouverner et protéger les citoyens, qu’il prétend gouverner, contre la violence apocalyptique qui les broie. Mais au lieu de s’employer à assurer les conditions de la réconciliation au sein d’une société déchirée par la violence interethnique et ivre de haine et de rancœur, le gouvernement irakien a choisi malheureusement de nourrir encore plus cette haine et d’oxygéner ces rancœurs. Il a choisi délibérément un jour de fête musulmane pour tuer un vieil homme vaincu et humilié. Il a choisi le jour de l’Aïd pour verser de l’huile sur le feu de la violence ethnique qui consume le pays. Il a choisi le jour de l’Aïd pour engager le pays qu’il prétend diriger vers plus de violence, de haine et de sang.

Saddam a été indiscutablement un dictateur et a commis sans aucun doute d’immenses erreurs qui ont provoqué le malheur de son peuple et de son pays. Mais ce n’est pas son peuple qui l’a renversé. Ce n’est pas son peuple qui l’a jugé. Ce n’est pas son peuple qui l’a condamné à mort. Tout cela a été entrepris par une puissance étrangère qui, avant de condamner à mort Saddam, a condamné tout un peuple à une descente aux enfers. Le procès a été une mascarade du début à la fin et les fils ont été tirés par des gens qui se trouvent à dix mille kilomètres de Bagdad, plus précisément à Washington.

Le plus étrange est que Saddam a été pendu alors qu’un autre procès est déjà en cours. L’ancien président irakien avait comparu déjà à plusieurs reprises au procès relatif à l’affaire des « Anfal ». Vers la fin des années 1980, la guerre Iran-Irak touchait à sa fin et Saddam, voulant punir les Kurdes qui avaient collaboré avec l’ « ennemi iranien », aurait bombardé à l’arme chimique les Kurdes de Halabja, faisant «des milliers de morts». C’est l’accusation principale du second procès dont l’accusé a été exécuté avant l’élucidation de cette affaire. Une première dans les annales judiciaires internationales!

En fait, si l’affaire de Halabja ne concernait que Saddam Hussein, si elle ne mettait en valeur que les atrocités de l’ancien président irakien, les Américains auraient peut-être ordonné au gouvernement de Nouri Al-Maliki de ne pas l’exécuter avant la fin du procès. Mieux encore, ils auraient commencé par cette affaire et non par celle de « Doujail », nettement moins importante. Mais voilà, il se trouve que dans cette affaire de bombardement chimique des Kurdes de Halabja, il aurait été particulièrement difficile de limiter les débats du procès à la seule responsabilité de Saddam. Il aurait été particulièrement difficile d’ignorer la question de savoir qui a vendu à l’Irak les armes chimiques avec lesquelles il a bombardé les Kurdes. Il aurait été particulièrement difficile de ne pas aller à l’origine de la guerre Iran-Irak et de parler des pays qui ont encouragé Saddam à croiser le fer avec Khomeiny.

Peut-être Saddam attendait-il ce procès avec impatience pour mettre les points sur les « i », pour donner les noms des sociétés américaines, françaises et allemandes qui l’ont armé jusqu’aux dents. Peut-être se préparait-il à faire un grand déballage pour dire des secrets sur l’origine de la guerre Iran-Irak que certains n’aimeraient pas entendre, ou encore pour faire un compte rendu de sa réunion avec un certain Donald Rumsfeld en 1983, quand le président Ronald Reagan l’a envoyé à Bagdad pour l’assurer du soutien de l’Amérique qui vendait déjà secrètement des armes à l’Iran…

Une chose est sûre : Saddam ne parlera plus de ces choses gênantes. Une autre chose est sûre : sa pendaison n’aidera en rien George Bush à sortir du bourbier infernal dans lequel il a englué son armée et son pays.

H.B.R.

(Source : « La Presse » (Tunisie), le 31 décembre 2006)
 



L'art de faire des martyrs


Par Raouf KHALSI

« Si tu punis le mal que je fais par le mal, quelle différence y a-t-il entre toi et moi ?

C'est là le cri de révolte, quoique drapé de mysticisme, d'Omar El Khayam. Au-delà de la dialectique, le Bien/le Mal, le poète perse place le crime et le châtiment dans une même logique. Au bout , c'est le mal.

Au nom des Droits de l'Homme, au nom de la lutte contre le terrorisme, l'Amérique a envahi l'Irak et déchu un président ayant régné en despote absolu durant près de trente ans. Or la motivation essentielle est la même, récurrente, irrépressible même : « les affaires » comme les a désignées James Becker pour justifier la « Tempête du désert » de 91. Si l'on croit un seul instant que les Américains - qui ont fabriqué de toutes pièces Oussama Ben Laden pour mâter le communisme en Afghanistan, quitte à tolérer ces sanguinaires de Talibans ; qui avaient auparavant, confié à Rumsfeld la mission d'éloigner Saddam Hussein de Moscou pour le rapprocher de Washington et le convaincre d'attaquer l'Iran - si l'on croit donc un seul instant que leur souci majeur c'est la  stabilité de la région au nom du Grand Moyen Orient, eh bien ! on se trompe lourdement. Ce que James Becker appelait « les affaires », cela voulait dire les intérêts pétroliers des Etats-Unis. Et, si l'on croyait un seul instant que George Bush avait vraiment envie de capturer Ben Laden, là aussi on se tromperait.

Les Américains avaient besoin d'un coupable pour répondre des cataclysmes du 11 septembre 2001. Faute de leur fournir le bon, les néo-conservateurs se sont dès lors arrangés de sorte à faire confondre - comme dans une habile opération de chirurgie plastique - les traits de Ben Laden dans ceux de Saddam, deux personnages que tout éloigne l'un de l'autre (idéologie, convictions religieuses) mais que rapprochent deux  éléments édifiants : la schizophrénie, dans le sens politique  du terme, et des flirts (chacun à un certain moment de sa vie) avec Washington...

Saddam Hussein est coupable de crimes contre l'humanité. Soit. Mais ces crimes, les a-t-il commis seul ? En fait, c'est quand même diabolique de la part des Américains : le mobile du crime ou les mobiles des crimes commis par Saddam (exactement comme Pinochet) sont leurs faits à eux. En d'autres termes, ce sont eux qui commanditent « ces dérives » mais les exécutants des actes se retrouvent sans mobile... Et pour peu que les « amis » dépassent certaines limites - à savoir lesquelles ! - On redistribue aussitôt les pions sur l'échiquier ... Jusqu'à ce que  l'on n'y comprenne plus rien, exactement ce que disait Lawrence d'Arabie quand, au contact des tribus et des seigneurs d'Arabie, il prophétisa que l'Empire Britannique s'apprêtait à dessiner une géographie « contre-nature », une espèce de bombe à retardement.

Au sommun de sa puissance, Saddam n'a pas su s'arrêter. Il « régna », d'ailleurs, à la manière d'un Hajjeje Ibn Youssef.

N'avait-il pas quand même endigué la déferlante chiite de Khomeiny ? A cette époque là, les diplomates de l'Occident et ceux des monarchies du Golfe se bousculaient pour un rendez-vous à Bagdad !

Hier à l'aube, un homme, au bout du rouleau, qui ne représentait déjà plus rien de ce qu'on lui avait demandé d'incarner - panarabisme,  baâthisme, sunnisme - était suspendu à une corde au bout d'un procès par procuration, d'une parodie de souveraineté irakienne. Mais surtout, il aura été exécuté  alors que trois millions de Musulmans se rassemblaient sur le Mont Arafat. Il ne s'agit plus d'Irak. Il ne s'agit plus de justice, ni de crimes contre l'humanité. Il ne s'agit pas de chiisme, ni de sunnisme, ni de dictature, ni même de Saddam. Une exécution médiatisée de manière cynique et, même, morbide, un jour d'Aïd, cela choque les Musulmans. Et, il y a à espérer que cela ne remette pas le feu aux poudres de la guerre des religions et des conflits ethniques et entre musulmans. Le Pape l'a compris. Bush, lui, a l'impression que c'est le Bien qui triomphe  du Mal. Et d'ailleurs, ce côté « télévision » de l'exécution est très américain : on y filme souvent l'exécution d'un Serial-Killer.

Pitié pour le peuple d'Irak. Pitié pour la souveraineté irakienne. Saddam mérite, certes, d'être jugé. Mais les Irakiens et eux seuls étaient en droit de le juger et de choisir la date et le lieu de sa mise à mort.

 Raouf KHALSI

(Source : « Le Temps » (Tunisie), le 31 décembre 2006)


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