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TUNISNEWS

9 ème année, N° 3447 du 30.10.2009

archives : www.tunisnews.net

C.R.L.D.H. Tunisie: Flash Infos le 29 octobre 2009
Liberté et Equité: Nouvelles des libertés en Tunisie
Lettre ouverte à Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères Et Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture
Assabilonline: Maître Faouzi Ben Jaballah se voit interdire de rendre visite à Zouhaïer Makhlouf, notre correspondant
AP: Tunisie: mandat de dépôt contre le journaliste Taoufik ben Brik
AFP: Tunisie: le journaliste dissident Ben Brik en garde à vue (avocat)
AP: Tunisie: arrestation du journaliste dissident Taoufik Ben Brik
AFP: Journaliste tunisien incarcéré: concertation européenne, selon Paris
AFP: Tunisie: le journaliste Ben Brick inculpé et écroué (officiel)
AFP: Tunisie: les autorités démentent une agression contre un opposant
AFP: Elections: une partie de l'opposition évoque des "irrégularités"
AFP: Promoteur d'un islam modéré, le gendre du de Ben Ali entre au parlement
Marchés tropicaux: Zitouna : une nouvelle venue dans le paysage bancaire tunisien
Marchés tropicaux: Les élections en Tunisie vues d’un taxi parisien
Le Point: L'ordre et le jasmin
Tolérance: Florence Beaugé, journaliste française interdite d’accès au territoire tunisien
Yahyaoui Mokhtar: De la Mascarade des élections législatives 2009
Omar Khayyam: Fahmi Fahman
Charchabil: Lettre à un Tunisien authentique
Nawaat: Elections tunisiennes : Chers compatriotes, vous êtes privilégiés !!

 

C.R.L.D.H. Tunisie

اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34

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 Flash Infos le 29 octobre 2009 

Au moment de mettre en ligne ce bulletin d’information, nous avons appris l’interpellation de Taoufik ben Brik (TBB) en fin de matinée, le jeudi 20 octobre 2009. TBB a en effet décidé de répondre à l’invitation de la police considérant qu ’il ne devait  pas accepter d’être de facto assigné à résidence dans son domicile assiégé. C’est dans ces conditions qu’il a été interpellé. Son frère Jalel Zoghlami  et sa famille ont eu confirmation de son arrestation dans les locaux de la police à la caserne de Bouchoucha. Et il semblerait qu’une procédure judicaire a été diligentée à son égard.

 

Sommaire :

1-      Simulacre électoral en Tunisie : résultats sans surprise des élections présidentielles et législatives du 25 octobre 2009.

2-      Taoufik Ben Brik émet en haut débit et le pouvoir réagit par les menaces et la provocation

3-      Zouheir Mekhlouf, défenseur des droits humains et candidat aux élections, victime d’une arrestation arbitraire au terme d’un harcèlement systématique

4-      Florence Beaugé, envoyée spéciale du quotidien français « Le Monde » refoulée de Tunisie et accusée « d’incitation à la haine, à la mort et à l’attentat contre la Tunisie »

5-      Chroniques de la répression, de la censure et de la solidarité :

·         Radia Nasraoui interdite de quitter la Tunisie

·         Sihem Ben Sedrine dans le collimateur des barbouzes de la police  poli tique 

·         La presse enchainée et les campagnes et diffamation de la presse de caniveau

·         Grève de la faim des détenus condamnés dans le cadre de la loi anti- terroriste 

·         Solidarité avec les populations et les détenus du bassin minier de Redeyef-Gafsa et de leurs familles 

6.   Les « chouchous » de l’ATCE.

7.   Pour s’ar rim er davantage à l’Europe le lobbying diplomatique à marches forcées peut-il suffire à lui seul ?

 

1- Simulacre électoral en Tunisie : résultats sans surprise des élections présidentielles et législatives du 25 octobre 2009.

Le 25 octobre 2009 le Président Ben Ali a inauguré son cinquième mandat. Ce résultat sans surprise a été obtenu au terme d’une campagne marquée par l’hégémonie du RCD (le « faux parti unique », Rassemblement Constitutionnel Démocratique), s’appuyant sur un outrancier monopole des médias et une mainmise totale  de ce Parti sur les services et les institutions de l’Etat.

Au-delà des rituels d’allégeance qui ont marqué ce processus plébiscitaire, se sont les coûts exorbitants  de cette campagne de l’Etat-Parti et la volonté de marginalisation systématique de l’opposition non domestiquée qui auront marqué les esprits au sein d’une opinion sceptique, voire indifférente.

Il serait fastidieux de relever les dérapages systématiques et délibérés commis par l’Etat-RCD qui a fait fi de tout respect des normes légales minimales  à tous les niveaux du processus électoral, de l’inscription sur les listes d’électeurs aux conditions de dépouillement du scrutin. Le taux de par tic ipation de 84,5%  et les 89,62% des suffrages attribués au Président sortant Z. Ben Ali sont bien sûr légitimement contestés et contestables en dépit du passage symbolique sous la barre des 90% et des menaces proférées la veille du scrutin par le candidat-président mettant en garde contre toute « incitation à mettre en doute les résultats » 

Sur la base des résultats officiels, les deux candidats -faire-valoir (Bouchiha et Ennoubli) représentants de l’opposition de décor ont été gratifiés de 5% et de 3,8% des voix alors que le candidat d’At-Tajdid et de l’Initiative Démocratique et Progressiste,  l’universitaire Ahmed Brahim , n’obtenait, de façon invraisemblable et au terme d’une campagne ferme et digne mais semée d’embuches, que 1,57% des suffrages censés s’être exp rim és !

Comme prévu, le RCD a raflé les 161 sièges du scrutin par circonscription majoritaire à un tour et les cinq partis de l’opposition de figuration se sont vu attribuer 51 des 53 sièges du mode de scrutin de « rattrapage » prévu par la loi électorale.  Le mouvement Et-Tajdid et  ses alliés de l’ « Initiative D. P. » ont obtenu deux sièges de députés alors qu’ils en occupaient trois durant la précédente législature.

Après avoir écarté les candidatures de Maître Ahmed Néjib Chebbi (fondateur du Parti Démocratique Progressiste) et Dr Mustapha Ben Jaafar (Président du Forum – FDTL) en vertu des dispositions exceptionnelles et an tic onstitutionnelles d’un amendement électoral taillé  sur mesure et censé élargir – contre toute évidence -  le champ des candidatures ; l’administration et le Conseil Constitutionnel ont au préalable fait le ménage ,de façon scandaleuse, au niveau des listes de  l’opposition non inféodée ,les écartant systématiquement des circonscriptions à forte densité démographique.

Ce simulacre électoral et ce pluralisme en trompe l’œil , dénoncés par avance par les partisans du boycott ,et notamment le POCT (parti communiste des ouvriers de Tunisie), le CPR ( Congrès pour la République) et les islamistes d’En-Nahdha ( auxquels s’est joint le 10 octobre le PDP- parti démocratique progressiste-, a  été caractérisé par les atteintes systématiques à la liberté de presse et au droit à l’information comme cela a été relevé de façon méthodique par Reporters sans Frontières, le Comité de Protection des Journalistes, la FIDH et Amnesty Inter national , ainsi que par  la remarquable enquête de suivi (monitoring) de la couverture par les médias nationaux présentée par la porte parole du CNLT  Sihem Ben Sedrine au nom de cinq  ONG autonomes tunisiennes[i] .Cette enquête  confirme que 97% de cette couverture a concerné le Président-candidat Ben Ali et le parti gouvernemental RCD et que l’épouse du chef de l’Etat – « la régente de Carthage » [ii] - a bénéficié de 14% de la couverture médiatique de la campagne.

Le CRLDHT dénonce avec vigueur le verrouillage institutionnel, les tracasseries, les manies répressives et l’intolérance qui ont caractérisé cette nouvelle occasion manquée qui ne fait qu’aggraver la dérive autocratique  et despotique du régime tunisien.

C’est à  ce système politique, fondé  sur la « force de l’obéissance », la peur et l’impunité  et qui ne tolère plus de voix discordantes, que le Président français  N.Sarkozy  s’est, tout de même, empressé d’apporter son inconditionnelle caution dans les heures qui ont suivi le sacre de Ben Ali 5. Du côté de l’Union Européenne qui s’apprête à céder aux insistantes suppliques tunisiennes relatives à l’octroi du « statut avancé », l’heure est à « l’appui  clair mais un peu veule » au général-président. Seule la nouvelle administration américaine du président Obama a marqué une certaine réserve en faisant part de ses « préoccupations » précisant qu’à sa connaissance « aucun observateur crédible n’a obtenu l’autorisation de contrôler le vote ».

Cela va sans dire mais c’est mieux en le disant !


 

1.       LTDH, CNLT, ATFD, OLPEC, SNJ.

2.     Titre du livre-réquisitoire sur les turpitudes et la voracité du système Ben Ali-Trabelsi  publié fin septembre 2009  par Nicolas Beau et Catherine Graciet aux éditions de La Découverte- Paris

 

 

2- Taoufik Ben Brik émet en haut débit et le pouvoir réagit par les menaces et la provocation

Taoufik Ben Brik est de retour. L’écrivain et journaliste dissident qui défraya la chronique, il y a quelques années, par sa célèbre grève de la faim dont l’écho fut considérable, est de nouveau sur la brèche.  Depuis la mi-septembre et plus par tic ulièrement au cours du mois d’octobre, il a multiplié les interventions sur des sites comme « lenouvelobservateur.com », « Médiapart », « Rue 89 », ou Courrier Inter national avec une série d’ar tic les et d’entretiens non conformistes, dérangeants et iconoclastes. « T.B.B.  émet à présent en haut débit » commente t’on en Tunisie où son style frondeur et ses saillies à propos de « Zaba », de la « régente » et du « partage du gâteau  par la tribu régnante » font grincer des dents à Carthage.

Au fil des semaines, l’agacement des autorités à son égard s’est mué en une colère vengeresse qui a débouché sur des menaces et une grossière provocation policière.

Il s’en est expliqué dans une chronique du « lenouvelobservateur.com » le 24 octobre intitulée « Comment déjouer les pièges tendus par un régime tordu ? » auquel Pierre Haski a fait écho sur le site « Rue 89 » sous le titre « La police tunisienne a voulu piéger le journaliste Ben Brik ».

Depuis, T.B.B. est en butte aux tracasseries incessantes, à une surveillance policière constante et à la menace d’une procédure judiciaire de droit commun, montée de toute pièce, après un accrochage de la circulation avec une voiture dont la conductrice a cherché, à l’évidence, à le provoquer. L’objectif, par cet accrochage et la réaction disproportionnée de la conductrice, était de l’amener à user de la violence pour justifier une inculpation. Cette menace n’est toujours pas levée quatre jours après l’accrochage. Refusant de répondre à une convocation de la police judiciaire, T.B.B a alerté l’opinion national e et inter national e et 7 associations autonomes qui couvrent un large spectre de sensibilités intellectuelles ont dénoncé[ii] dans un communiqué commun les risques encourus par T.B.B., « ce cheval fou aux sabots cassés » - comme l’a qualifié le journaliste algérien Chawki Amari dans la préface du livre de Taoufik intitulé « Je ne partirai pas ».

Le CRLDHT réaffirme sa solidarité avec T.B.B. et en appelle à l’opinion démocratique pour exp rim er son inquiétude et son vigilant soutien à cette figure emblématique de la contestation en Tunisie.

3– Zouheir Mekhlouf, défenseur des droits humains et candidat aux élections, victime d’une arrestation arbitraire au terme d’un harcèlement systématique.

Membre de l’association de soutien aux prisonniers politiques « Liberté et Equité » et membre du Comité Central du parti démocratique et Progressiste, Zouhaïr Mekhlouf a été arrêté sous le prétexte d’avoir réalisé un reportage « non autorisé » sur la zone industrielle de la ville de Nabeul. Le reportage visait à dénoncer la pollution et la dégradation de l’environnement dans cette Z.I. (fours à céramique et à poteries).

Candidat du P.D.P. aux élections législatives avant que la liste régionale de ce parti soit arbitrairement écartée, Zouhaïr Mekhlouf est correspondant du site « Assabil on line ».

Des pressions effectuées sur un riverain Mr Mourad Ladib interviewé dans ce reportage ont abouti à une plainte pour « utilisation de l’image d’autrui sans son consentement ».

Le prétexte est cousu de fil blanc car cet épisode intervient au terme de longs mois de tracasseries, d’interpellations et de harcèlement ponctués par deux agressions physiques. Zouhaïr Mekhlouf avait également réalisé cette année, un reportage sur la mort, en octobre 1991 de Faycal Barakat des suites des tortures dont  il a été l’objet. Le Comité contre la torture (CAT) des Nations Unies a examiné  ,faut-il le rappeler, ce cas tragique à plusieurs reprises depuis 15 ans, obtenant récemment que les restes de feu F. Barakat soient exhumés par les autorités tunisiennes et soumis à une autopsie inter national e. Le CIDT-Tunisie (basé à Besançon), l’OMCT, la FIDH et Amnesty Inter national ont ainsi  fait de cette victime de la brigade de recherches de la Garde Nationale de Nabeul un cas emblématique.

La LTDH et l’Observatoire inter national pour la protection des défenseurs ont réagi à l’arrestation arbitraire et à l’inculpation de Zouhaïr Mekhlouf avec d’autant plus d’inquiétudes que celui-ci risque bien d’être la victime expiatoire du ressentiment des autorités à l’égard de l’action inlassable de l’association « Equité et Liberté » et de la confrontation entre le P.D.P. et le pouvoir à l’occasion des élections présidentielle et législative.

Mme Madame Mekhlouf a entamé une grève de la faim (à laquelle elle a mis un terme le 28-10) pour protester contre la présence policière autour de son domicile pour en interdire l’accès de façon arbitraire et sélective.

Enfin,  alors que Zouhair  débutait en prison une grève de la faim et qu’il parvenait à rendre publique une lettre circonstanciée sur les conditions de son arrestation ( cf sites RSF et Tunisnews ) ;des escouades de la police politique ont interdit les accès du siège du PDP où était organisée une réunion de soutien le lundi 26 octobre.

Le CRLDHT ,qui dénonce cette arrestation et le siège policier imposé depuis à son épouse et à sa famille, se joint à l’action de solidarité engagée en faveur de Zouhaïr Mekhlouf.

 

4- Florence Beaugé, envoyée spéciale du quotidien français « Le Monde » refoulée de Tunisie et accusée « d’incitation à la haine, à la mort et à l’attentat contre la Tunisie »

Coupable aux yeux des affidés du président Ben Ali et de ses « chiens de garde » qui régentent la désinformation  en Tunisie, de c rim e de lèse-majesté  ,Florence Beaugé a été refoulée à son arrivée à l’aéroport Tunis-Carthage dans la soirée du 22 octobre sous le prétexte que l’envoyée spéciale du « Monde », aurait « toujours fait la preuve de malveillance malsaine à l’égard de la Tunisie ».

Indésirable en Tunisie, elle a publié du 23 au 25 octobre, une série de trois ar tic les dans « Le Monde » sur la base des informations qu’elle avait recueillies  lors de son précédent séjour en Tunisie du 30 septembre au 4 octobre 2009.

Dès la parution du premier de ces ar tic les, la presse gouvernementale (Le temps, La presse, Le Renouveau, As-sabah, Al Chourouk etc ..) s’est déchainée contre cette « pseudo-journaliste » qui « appelle les tunisiens à se révolter » . Accusée d’appeler « à la haine (…) et surtout à la violence et à la mort », Florence Beaugé est qualifiée de « femme psychotique et hystérique » qui « incite au terrorisme » et qui «  a la vocation d’un poseur de bombes » !! Récusant les « conseils maculés de sang d’une femme maléfique, et par-dessus  le marché idiote », les détracteurs de  Florence Beaugé, au sein de la presse aux ordres de Carthage,la prennent à partie, de cette façon délirante et d’une violence inouïe, lui reprochant ses  « manipulations malsaines » et ses « réquisitoires passionnels, alimentés par des rumeurs indécentes et nourries par des traitres qui errent comme des âmes en peine dans d’obscurs salons français » !!!

Poussant plus loin encore  cette campagne, en l’occurrence véritablement hystérique, un mercenaire de la plume du magazine « Afrique Asie », Valentin  Mbougueng, publie, la bave aux lèvres, dans deux quotidiens tunisiens, une violente  philippique intitulée «  Quand une journaliste du Monde appelle au meurtre » ,où il se demande si « la jus tic e inter national e, qui a condamné il y a six ans, deux responsables de la tristement célèbre radio rwandaise « radio télévision Mille collines » pour incitation au génocide de 1994 devra-t-elle se pencher sérieusement sur le cas de la journaliste française Florence Beaugé du quotidien français Le Monde » !!!

C’est  tout simplement hallucinant et révélateur du climat qui prévaut à Carthage et dans les officines de l’Etat-RCD.

Le CRLDHT stigmatise cette campagne d’intolérance haineuse et affirme avec vigueur sa solidarité agissante avec Florence Beaugé.

 

5- Chroniques de la répression, de la censure et de la solidarité :

·        Radhia Nasraoui interdite de quitter la Tunisie.

 

Invitée par des députés européens, le REMDH, la FIDH, le CRLDHT et le comité de soutien aux populations du bassin minier de Gafsa, Me Radhia Nasraoui , présidente de l’association Tunisienne de lutte contre la torture  n’a pas été autorisée mardi 22 octobre 2009 à quitter le territoire tunisien.

 

Le prétexte invoqué, à l’appui de cette décision arbitraire, est aussi invraisemblable qu’inquiétant :Me Radhia Nasraoui et son mari Hamma Hammami , porte parole du PCOT , interdit de quitter le territoire quelques jours plus tôt, feraient l’objet d’une procédure judiciaire.. pour « voies de fait avec violence contre autrui» à la suite d’une altercation imaginaire contre une personne.. dont l’identité n’a pas été révélée !!!

 

M° Nasraoui et son mari faisaient l’objet d’un harcèlement continuen par tic ulier depuis les agressions qu’ils ont subies à cinq jours d’intervalle, fin septembre, à l’aéroport Tunis Carthage (tabassage de Hamma Hammami et grave tentative de sabotage de la voiture de Me Raouf Ayadi, qui avait accompagné Hamma Hammami pour accueillir Radhia  Nasraoui de retour de Genève.

 

Trois parlementaires  européennes , Mme Hélène Flautre (Verts), Catherine Trautmann (PS) et Marie Christine Vergiat (Front de Gauche), ont énergiquement protesté à la suite de cette interdiction de quitter le territoire qui a fait l’objet de réactions très fermes du REMDH, de l’Observatoire FIDH-OMCT et de RSF.

·        Sihem Ben Sedrine dans le collimateur des barbouzes de la police  poli tique 

Porte parole CNLT et animatrice du journal en ligne « Kalima » et de la radio libre interdite « kalima », Sihem ben Sedrine  est avec son mari Omar Mestiri, sont  des cibles privilégiées des tracasseries et du harcèlement policiers mais aussi des campagnes de presse indignes orchestrées par la presse de caniveau liée aux officines de la police et régentée par le ministre des affaires étrangères Abdelwahab Abdallah, l’âme damnée de l’autocrate et de la régente de Carthage.

 

Après une première agression, il ya dix jours dans le nord ouest de la Tunisie, Sihem Ben Sedrine a été molestée le 23 Octobre à l’occasion d’un séminaire qu’elle a animé à l’ATFD sur les techniques de suivi de la couverture médiatique des campagnes électorales.

 

Dans le collimateur des barbouzes de la police politique Sihem ben Sedrine, n’a pas cédé pour autant, animant, avec cinq associations autonomes tunisiennes (LTDH, CNLT, OLPEC, ATFD et SNJ) une remarquable enquête sur la couverture médiatique au niveau national de la campagne électorale.

 

Les résultats sont, à tous égards, édifiants (cf communiqué du CRLDHT sur les élections et les conclusions de l’enquête reproduite sur www.tunisnews.net

 

Le CRLDHT réitère, une fois de plus, l’expression de sa solidarité agissante avec Sihem Ben Sedrine et Omar Mestiri.

 

·        La presse enchainée et les campagnes et diffamation de la presse de caniveau :

 

La censure et les plumes indignes se sont déchainées au cours de ce mois d’octobre de précampagne et de campagne électorales.

 

En première ligne de cette offensive odieuse, les courtisans aux « chemises mauves » (fiers à bras arborant la couleur présidentielle), Borhane Bssais (ancien « jeune communiste révolutionnaire » rallié au régime) et Ridha Mellouli (ancien « baathiste » hyper -éradicateur parachuté sénateur) ; les titres « Al Chourouk », « As-sarih », « Al Molahedh », « les annonces » et surtout les abominables « Al Hadath », « Kol En Nass » (Les gens) et les « décharges » en ligne « Biladi » et « Bilmakchouf » (cartes sur tables).

 

Cibles de ces campagnes de diffamation et de haine : Hamma Hammami , Khémaies Chammari , Sihem Ben Sedrine, Radhia Nasraoui , Moncef Marzouki , Néjib Chebbi , Maya Jribi , Mohamed Bouebdelli, Naziha Rejiba, Raouf Ayadi , Taoufik Ben Brik etc.

 

Injures, insultes, calomnies et caricatures – associant les personnes visées au drapeau d’Israël et au logo de la chaine Al Jazeera – constituent les supports de ces campagnes de lynchage médiatique »

 

Dans le même temps la censure et la cyber police n’ont jamais été aussi actives : Saisie de l’hebdomadaire « At-Tarik Al Jadid » porte parole du candidat Ahmed Brahim , censure des manifestes électoraux  et des professions de foi des candidats de l’opposition non inféodée, fermeture de la station « Radio 6 » émettant sur internet, et atteintes  quotidiennes  à la liberté de l’information relevées par RSF dans le communiqué publié à l’issue de la mission effectuée à la mi-octobre en Tunisie : http://www.rsf.org et le communiqué de « Commitee to protect journalists » : http://www.cpj.org/2009/10

 

·        Grève de la faim des détenus condamnés dans le cadre de la loi anti- terroriste :

En 2008, Amnesty Inter national , le CNLT et le CRLDHT ont publié d’importantes enquêtes sur les   conditions de mise en œuvre de la loi du 10 décembre (!!) 2003 de « contribution à l’effort inter national de lutte contre le terrorisme et le blanchiment de l’agent ».

Loi scélérate fondée sur l’amalgame et le « tout répressif », cette législation a constitué la clé de voûte de la politique de répression politique et judiciaire de ces six dernières années.

L’association « Liberté et Equité » d’une  part et « l’association Tunisienne de Lutte contre la Torture » d’autre part ont rendu publique une liste de 1254 personnes condamnés dans le cadre de cette loi (Cf Chapitre XV du rapport de l’ALTT et du  CRLDHT ).

Publié par l’ALTT et le CRLDHT , (www.crldht.org) ce rapport sur « la torture en Tunisie et la loi « antiterroriste : faits et témoignages afin que cesse l’impunité », a analysé la loi de 2003 et a commenté les témoignages de plusieurs dizaines de détenus et de 28 de leurs familles pour dénoncer l’ampleur des dénis de jus tic e commis par l’Etat tunisien sous couvert de « la lutte contre la terrorisme ».

Pour utiles qu’aient été ces enquêtes, cela n’a pas permis de lever la chape de plomb que les autorités tunisiennes sont parvenues à imposer sur cet aspect de leur politique sécuritaire. Et c’est à l’occasion des jugements (une quarantaine par an) ou des rares réactions dans les prisons que cette question est évoquée de façon ponctuelle. Aussi la grève de la faim entamée par des détenus dans le cadre de cette loi le 05 octobre 209 a-t-elle constitué un épisode important de par l’ampleur du mouvement (à Bizerte notamment) et la violence des réactions d’une administration pénitentiaire dont l’encadrement supérieur a été progressivement militarisé depuis 1992.

Le but de la grève est de dénoncer les conditions intolérables de détention et l’humiliation quotidienne des détenus et celle de leurs familles.

La prise de position ferme et vigoureuse de la LTDH relative à cette grève (Communiqué du 20octobre) retient l’attention et le CRLDHT a multiplié les contacts avec les organisations inter national es et régionales de droits humains pour qu’il soit mis un terme au scandale de nos « Guantanamo-soft » qui interpellent la conscience de tous les démocrates tunisiens.

·        Solidarité avec les populations et les détenus du bassin minier de Redeyef-Gafsa et de leurs familles :

Le CRLDHT , qui appuie l’action opiniâtre du « Comité National pour le soutien des populations du bassin minier », a co-organisé avec des parlementaires européens, la FIDH et le REMDH une rencontre d’information et de solidarité, le mercredi 21 octobre au parlement européen à Strasbourg en présence de Mme Souhayr Belhassen président de la FIDH.

Le film de 34 minutes réalisé par le Comité National de Soutien et intitulé « Leila Khaled,  La Tunisienne » a été projeté à cette occasion. Diffusé avec le soutien d’Amnesty Inter national -France, la FIDH, La FTCR , le REMDH et le CRLDHT , ce film sur « la révolte de Redeyef et sa répression racontée par des femmes » a été conçu pour servir de support à la « campagne inter national e pour la libération immédiate de tous les prisonniers du mouvement du bassin minier ».

Il existe deux versions sous titrées, l’une en français et l’autre en anglais de la version arabe.

En relation constante avec les familles des détenus, le comité national s’efforce, de son côté, de coordonner le travail de solidarité au niveau national . Cette action est d’autant plus nécessaire que les familles sont confrontées aux conséquences – voulues – de la dispersion des détenus à travers huit centres de détention du Nord à l’extrême Sud du pays.

Mais au-delà de la situation préoccupante des détenus, sur le plan sanitaire notamment, il y a la détresse des familles, le désarroi des jeunes chômeurs, l’ampleur de la crise sociale et écologique  dans le bassin minier qui constituent autant de sources d’inquiétude et de colère dans cette région enclavée et marginalisée.

Enfin, le mouvement de solidarité concerne aussi les militants traqués, comme Fahem Boukaddous, correspondant durant la révolte de Redeyef de la TV Al Hiwar et le président de la FTCR , Mohieddine Cherbib, condamné par contumace à 2 ans de prison ferme.

 

6- Les « chouchous » de l’ATCE.

L’agence tunisienne de communication extérieure (ATCE) qui a le monopole de la publicité publique et privée ( !!) destinée aux « médias » a dépensé sans compter durant la période du 15 Septembre au 25 octobre.

Le budget des ces interventions pour cette période est évalué  à 4 Millions et demi d’Euros !

On y compte la soixantaine de journalistes complaisants invités tous frais payés ( Afrique, Maghreb-Machrek, Europe, Asie), les déplacements en Europe notamment de quelques « propagandistes » peu convaincants et souvent contre productifs ( Ridha Mellouli, Borhane Bsaies, Chedly Ben Younes, Sahbi Smara, Khawla Ferchichi, Mezri Haddad.. etc), les invitations des animateurs les plus actifs des lobby pro ben Ali, notamment au sein de la communauté « Tun » en Europe, le surcroit des dépenses des sites de propagande et de diffamation en ligne et, bien sûr, le gros morceau des « Publi-rédactionnels ».

Dans ce domaine, un certain nombre de « clients » se sont taillés la part du lion :

-       Le « J.A plus » de Jeune Afrique, le gros – et bien veule – dossier de JA-Magazine  avec un entretien écrit du président- candidat réalisé par Zyad Limam qui fut bien plus inspiré dans sa première jeunesse.

-       Le périodique (bi ou t rim estriel) Arabies, les cahiers de l’orient de l’ineffable Antoine Sfeir qui a, de surcroit, commis une tribune dans « le Figaro » intitulée : « La Tunisie, rempart contre la déferlante intégriste dans la région » vilipendée par les 4/5 des internautes  du figaro.fr  qui l’ont commentée,

-       et l’inévitable « Afrique Asie » légué par Simon Malley à une poignée de prébendiers qui ont fait payer par l’ATCE la campagne d’affiches, à Marseille, Lyon et Paris avec la « Une » du numéro hors série consacré au président Ben Ali et titrée « Tunisie, pourquoi ça marche », un numéro quadrichromie, sonnant et trébuchant qui fleure bon  la littérature Nord Coréenne.. et le tiroir Caisse !

 

7- Pour s’ar rim er davantage à l’Europe le lobbying diplomatique à marche forcées peut-il suffire à lui seul ?

A en croire les propagandistes zélés de l’Etat-Destour, « l’aigle de Carthage » métamorphosé en « dragon méditerranéen »   a été réfractaire à la crise mondiale !

 

Cette thèse est pour le moins dérisoire. Certes, pour des raisons structurelles liées à la nature du système bancaire et financier tunisien ( et paradoxalement à sa fragilité due à la part des « créances douteuses ») ainsi qu’à la  tutelle ombrageuse de la Banque Centrale , pour éviter les dérapages spéculatifs, la Tunisie a évité de subir de plein fouet les effets de la crise financière inter national e.

Mais s’agissant de la crise économique qui s’en est suivie, la Tunisie n’est pas épargnée.

Avec un taux de croissance affiché d’un peu moins de 3% (en deçà des 5% affichés ces dernières années),  une chute de 30% des investissement s directs extérieurs (IDE), un taux de chômage plus proche de 20% que des 14%proclamés, une poussée spectaculaire du chômage des jeunes diplômés, un rythme à présent préoccupant des destructions d’emplois notamment dans le secteur du textile et des manufactures ; la crise mondiale a, à l’évidence, osé affecter le « pays du jasmin » et du BNB (Bonheur National Brut) !

 

Alors bien sûr- et malgré une corruption galopante (95 ème rang mondial de Transparency Inter national  ( les pays les moins corrompus étant classé de 1 à 178)- il     y a la récolte céréalière record 2009, et l’apport du tourisme  (algérien notamment) qui quantitativement compense la grande braderie qui a affecté en Tunisie ce secteur depuis cinq ans.

 

La situation économique demeure, dans ces conditions, relativement « gérable » comparée à celle de la majorité des pays du continent mais nous sommes loin de l’Eden vanté par les « chouchous » de l’ATCE. D’où l’importance du renforcement des relations avec l’Union Européenne ;deux tiers des exportations de la Tunisie étant aujourd’hui assurés par quelques 2800 entreprises « off-shore », européenne pour la plupart, alors que le volume des échanges avec l’E.U a doublé (passant à 14,7 Milliards d’Euros) en 10 ans.

 

Ayant passé le cap des 3 étapes de l’accord d’association et ayant bénéficié, à cette fin, d’une manne européenne considérable, le gouvernement tunisien s’efforce d’obtenir la concrétisation du « statut avancé » avec l’U.E avec d’autant plus d’insistance que le Maroc l’a obtenu il y a neuf mois !

 

Mais pour cela la dispendieuse diplomatie tunisienne et son « lobbying » coriace ne peut suffire à elle seule.

 

Jouant sur son statut « d’élève appliqué » de l’accord d’association, axé sur la libéralisation progressive des échanges (de 1995 à 2007), et de la politique Européenne de Voisinage (PEV) ; la diplomatie tunisienne essaie dans le même temps de profiter des blocages et des dysfonctionnements du partenariat, voulu par le président Sarkozy s’appuyant au « sud » sur l’Egypte, de l’Union pour la Méditerranée (UPM).

 

Et pourtant, cela ne suffit pas. L’examen du « statut avancé » éventuel a été reporté, à la demande de la Tunisie, à la présidence Espagnole (01-01-2010) sans doute plus accommodante que l’actuelle présidence suédoise.

 

Cet examen nécessite, tout de même, des gages en matière notamment d’avancées démocratiques, et concernant l’Etat de droit et la jus tic e, un « terrain difficile, là où la souveraineté peut être en jeu » estime un analyste (cf AFP le 22-10-2009).

 

Selon des sources fiables à Bruxelles ,l es discussions ont certes  avancé, mais « aucun engagement écrit  n’a été pris ».La mauvaise tournure prise par la précampagne et surtout par la campagne électorale pourrait toutefois compromettre les acquis du « lobbying » de la diplomatie tunisienne  des six derniers mois.

 

A moins que le pouvoir se ressaisisse et qu’il sache, enfin, raison garder.

 

Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

 

DERNIERE MINUTE : SLIM BOUKHDHIR GRAVEMENT AGRESSE

Dans la nuit du mercredi 28 – 10, le journaliste contestataire Slim Boukhdir a été sauvagement agresse par un groupe de nervis armés de gourdins et de barres de fer alors qu’il s’apprêtait à pénétrer dans son domicile dans un quartier populaire dans la grande banlieue de Tunis.

Secouru au bout d’un moment par des voisins alertés par ses cris,  Slim Boukhdhir souffre de multiples contusions, d’une fracture du nez, de deux plaies ouvertes au front et aucrane ainsi que de la fêlure de plusieurs côtes.

Journaliste contestataire, il est correspondant de deux journaux et d’un site arabes. Proche du CPR, il a fait l’objet au cours des quatre dernières années de trois agressions et d’une condamnation injuste de quinze mois de prison ferme en raison de ses engagements politiques et associatifs. IL est par ailleurs membre fondateur du premier syndicat des journalistes non reconnu et qui a rejoint apres son congres constitutif le syndicat national (unifié) des journalistes. Le bureau du SNJ a subi, il y a deux mois, un putsh téléguidé par le pouvoir et Slim Boukhdhir compte parmi les éléments actifs de la résistance organisé pour rfuser ce putsh et sutenir la direction légitime du SNJ.

Le CRLDHT dénonce la lâche agression des barbouzes du RCD et de la police perpétrée contre Slim Boukhdhir à qui il exp rim e sa solidarité.

 


Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies
Liberté pour tous les prisonniers politiques
Liberté et Equité
Organisation de droits de l’homme indépendante
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel.Fax :  71 340 860
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Tunis, le 30 octobre 2009
Nouvelles des libertés en Tunisie


1) Encerclement du domicile du journaliste et militant des droits de l’homme, Lotfi Hidouri
Le domicile de Lotfi Hidouri, journaliste et militant des droits de l’homme, est encerclé pour le deuxième jour d’affilée par des agents de la police politique. Ils l’ont contacté d’un téléphone public pour lui demander de sortir de chez lui, peut-être pour l’arrêter.
[…]
3) Arrestation de Fethi Changoul
Des agents de la police politique ont arrêté mardi 27 octobre 2009 l’ex prisonnier politique Fethi Changoul,âgé de 40 ans, originaire de la ville de Jemmal dans le gouvernorat de Monastir et l’ont conduit dans un lieu inconnu. Sa famille ne connaît ni le lieu ni la raison de sa détention. Monsieur Fethi Changoul avait été emprisonné en 1987, dans le cadre de l’affaire du Mouvement de la Tendance islamique et il avait été condamné à huit mois d’emprisonnement. Au début de l’année 2007, il avait été interpellé, son ordinateur avait été saisi, puis il avait été relâché et son ordinateur lui avait été restitué.
[…]
Pour le bureau exécutif de l’Organisation
Le Président
Maître Mohammed Nouri
(traduction d’extraits ni revue, ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

Maître Faouzi Ben Jaballah se voit interdire de rendre visite à Zouhaïer Makhlouf, notre correspondant


Assabilonline, Tunis, urgent
L’administration de la prison de Mornaguia a interdit aujourd’hui vendredi 21 octobre à Maître Faouzi Ben Jaballah de rendre visite à notre correspondant en Tunisie, Zouhaïer Makhlouf, militant des droits de l’homme, en grève de la faim depuis le 21 octobre 2009 alors qu’il était en possession d’un permis de visite délivré par le Tribunal.
[…]
En collaboration avec Seyyid Mabrouk, militant des droits de l‘homme, Tunis
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

Lettre ouverte à Bernard Kouchner, Ministre des Affaires étrangères Et Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture

Bruxelles, le 29 octobre 2009

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,

Monsieur le Ministre de la Culture,

Nous pouvons comprendre, ou ne pas comprendre, que vous ayez réagi avec une extrême rapidité et que vous vous soyez indignés à l'arrestation de Roman Polanski il y a quelques semaines. En revanche, nous ne comprenons pas votre absence de réaction et votre indifférence face aux événements récents intervenus en Tunisie:

Enlèvements de Slim Boukhdhir, correspondant de Al-arabya, Mohamed Soudani, étudiant syndicaliste,

Harcèlement et actes de violence à l'encontre de Sihem Bensedrine, rédactrice en chef de Kalima, Radhia Nasraoui, avocate et Présidente de l'Association Tunisienne de Lutte contre la Torture,

Détentions arbitraires de 38 manifestants du bassin minier de Gafsa, de Zouhair Maklouf, journaliste et reporter et enfin de Taoufik Ben Brik, journaliste et écrivain,

Interdiction d'entrée sur territoire tunisien de Florence Beaugé, journaliste au Monde.

Il est vrai, qu'il est plus facile de s'empresser de saluer le score démocratique obtenu par le Président tunisien Ben Ali ce dimanche avec 89,62%, que de défendre l'exercice de la liberté d'expression et d'opinion au sein d'un pays avec lequel, la France se targue d'entretenir des relations d'amitié basées sur des principes et des valeurs qui nous unissent.

Il est plus que temps que la France, au nom de sa relation privilégiée avec la Tunisie, cesse d'empêcher l'Union européenne d'avoir une politique ambitieuse en termes de promotion des droits de l'Homme et de démocratie. Puisque vous l'ignorez encore, force est de vous rappeler que la défense des droits de l'Homme constitue un principe fondateur devant inspirer la politique étrangère de la France et de l'Union européenne. Vendre des centrales nucléaires tout en fermant les yeux sur ces violations est une attitude indigne.

Nous, parlementaires européens, vous demandons d'intervenir avec le même zèle que dans l'affaire Polanski pour les affaires Boukhdhir, Soudani, Bensedrine, Nasraoui, Maklouf, Ben Brik et les 38 manifestants du bassin minier de Gafsa.

Cordialement,

Dany Cohn-Bendit

Président du groupe des Verts/ALE

Hélène Flautre

Présidente de la délégation UE-Turquie

Eva Joly

Présidente de la commission développement

José Bové

Vice-Président de la commission agriculture et développement rural

(Source : « Al Badil info», le 30 octobre 2009)

 

  

Tunisie: mandat de dépôt contre le journaliste Taoufik ben Brik

Associated Press, le 29 octobre 2009 à 14h37

 TUNIS (AP) -- Le journaliste dissident tunisien Taoufik ben Brik a été placé sous mandat de dépôt à la suite d'une plainte déposée par une femme qui l'accuse de "violences et insultes" et d'avoir endommagé sa voiture, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.Il doit être jugé le 19 novembre prochain par la chambre correctionnelle de Tunis.

Selon un communiqué transmis par les autorités à l'Associated Press, le journaliste, qui a été déféré jeudi devant le procureur de la République, aurait reconnu avoir "agressé et insulté la victime". Cette dernière a produit les témoignages de deux personnes présentes lors des faits ainsi qu'un certificat médical lui prescrivant un repos de 15 jours et des photographies des dégâts occasionnés à sa voiture, ajoute le communiqué.
Le journaliste avait confié à ses avocats avoir été "victime d'une provocation", alors qu'à Paris Reporters sans frontières (RSF) dénonçait "une affaire montée de toutes pièces par les autorités pour inquiéter le journaliste connu pour ses articles critiques à l'égard du président Zine el Abidine ben Ali".
Me Néjib Chebbi n'écarte pas l'hypothèse que "des mobiles politiques" sous-tendent l'arrestation de son client, qui intervient à la suite de la publication par le journaliste d'une série d'articles virulents dans la presse française.
Reporters sans frontières (RSF) affirme dans un communiqué reçu à Paris vendredi que Taoufik ben Brik a été transféré à la prison de Mornaguia, située à 20km au nord de Tunis. Il risquerait jusqu'à 18 mois de prison ferme. Seule sa famille, pas ses avocats, serait autorisée à lui rendre visite.
Par ailleurs, les autorités ont réfuté vendredi l'agression dont un autre journaliste dissident, Slim Boukhdhir, aurait été victime.
Jeudi, plusieurs organisations dont RSF, l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme, ont affirmé que le journaliste avait été enlevé devant chez lui par cinq hommes en civil et passé à tabac.
"Rien ne prouve les allégations faites par M. Boukhdhir, d'autant plus que ce dernier n'a déposé aucune plainte", rétorquent les autorités dans le communiqué. AP

Tunisie: le journaliste dissident Ben Brik en garde à vue (avocat)

 AFP, le 29 octobre 2009 à 21h34

TUNIS, 29 oct 2009 (AFP) - e journaliste dissident Taoufik Ben Brik a été arrêté et maintenu en garde jusqu'à sa comparution vendredi devant le procureur de la république, a confirmé jeudi un des ses avocats Ahmed Néjib Chebbi.


L'arrestation de Taoufik Ben Brik a été annoncée par Reporters Sans Frontières (RSF) et les Verts à Paris, dont un communiqué affirmait qu'"il s'agit d'une manipulation" du régime tunisien à l'égard duquel le journaliste s'est montré critique.

Aucune indication n'a pu être obtenue de source gouvernementale jeudi soir sur les motifs de l'arrestation du journaliste, connu pour ses attaques virulentes contre le pouvoir.
Me Chebbi est convaincu que "la seule explication se trouve dans la série d'articles publiés récemment par le journaliste dans la presse française".
Accompagné d'une vingtaine d'avocats et amis, Taoufik Ben Brik s'était rendu de lui-même au poste de police jeudi, répondant à une convocation au sujet d'un incident de la circulation, a raconté son avocat, évoquant "vraisemblablement une provocation".
Dans sa voiture en stationnement, Taoufik Ben Brik a été percuté par un véhicule conduit par une femme, qui a ensuite porté plainte. "C'était le point de départ d'une affaire, mais en tout état de cause elle ne justifie pas son maintien en garde à vue", a ajouté l'avocat.
Me Chebbi s'est également inquiété du sort d'un activiste correspondant d'un journal en ligne en grève de la faim depuis son arrestation le 20 octobre.
Zouhaïer Makhlouf comparaîtra le 3 novembre pour usurpation du titre de journaliste après avoir tourné un reportage dans une zone industrielle à Nabeul (nord-est), a indiqué l'avocat.

 

 

Tunisie: arrestation du journaliste dissident Taoufik Ben Brik

 Associated Press, le 29 octobre 2009 à 22h00

TUNIS (AP) --

TUNIS - Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik connu pour ses critiques à l'endroit du pouvoir, a été arrêté jeudi par la police, a-t-on appris auprès de l'un de ses avocats, Me Néjib Chebbi.
Joint par téléphone par l'Associated Press, l'avocat a précisé que le journaliste qui s'était rendu lui-même au poste de police à la suite d'une convocation adressée à sa femme, avait été maintenu en garde à vue jusqu'à sa comparution, vendredi, devant le procureur de la République.
Les autorités n'ont pas réagi à cette mesure.
Cette convocation faisait suite à un incident au cours duquel Taoufik Ben Brik "semble avoir été victime d'une provocation".
Le journaliste a confié à ses avocats qu'au moment où il se trouvait dans sa voiture en stationnement avec sa fille, un autre véhicule avait percuté sa voiture par l'arrière. La femme qui était au volant l'aurait accusé d'avoir endommagé son véhicule et se serait mise à l'insulter.
L'épouse de Taoufik Ben Brik a été convoquée car la voiture est en son nom.
Me Chebbi a qualifié d'"injustifiée" la mesure "exceptionnelle" de garde à vue. "Rien dans les faits qui lui sont allégués ne laissait prévoir une telle mesure, surtout que les faits ne sont pas encore prouvés et qu'ils ne revêtent aucune gravité", a-t-il déclaré.
L'avocat n'écarte pas l'hypothèse que "des mobiles politiques" sous-tendent cette arrestation qui intervient à la suite d'une série d'articles virulents publiés par le journaliste dans la presse française.
Dans un communiqué, l'organisation "Reporters sans frontières" (RSF) a dénoncé l'arrestation de Taoufik Ben Brik qui, selon elle, a été impliqué dans "une affaire montée de toutes pièces par les autorités pour inquiéter le journaliste".
RSF fait par ailleurs état de "l'agression" d'un autre journaliste Slim Boukhdhir "par cinq hommes en civil dans le quartier du Bardo à Tunis, alors qu'il descendait de taxi pour rentrer à son domicile". Une agression qu'ont également rapportée l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme et le Réseau euroméditerranéen des droits de l'Homme, en exprimant leur "plus vive inquiétude" suite à ces "actes de harcèlement".
Dans un communiqué, ils ont déclaré que le journaliste et membre fondateur de l'association "Liberté et Equité" avait été victime mercredi d'un enlèvement devant chez lui par des inconnus en civil qui l'ont conduit sur les hauteurs de Tunis et l'ont passé à tabac. Selon eux, Slim Boukhdir a été laissé sur les lieux, souffrant d'une fracture du nez et de plusieurs hématomes.
"L'arrestation de Taoufik Ben Brik et l'agression de Slim Boukhdhir constituent des violations inacceptables de la liberté d'expression", a estimé Reporters sans Frontières, appelant la communauté internationale à "réagir face à ces agissements dignes d'un régime mafieux, au lendemain de la réélection de Zine el-Abidine Ben Ali" à la tête du pays.

 

Journaliste tunisien incarcéré: concertation européenne, selon Paris

AFP, le 30 octobre 2009 à 15h47

PARIS, 30 oct 2009 (AFP) -es capitales européennes discutaient vendredi de la situation d'un journaliste tunisien critique du régime, Taoufik Ben Brick, inculpé et placé sous mandat de dépôt pour être jugé le 19 novembre dans une affaire d'agression, selon le ministère des Affaires étrangères.
"Les capitales européennes se concertent actuellement à ce sujet" et "nous suivons la situation de M. Ben Brick avec la plus grande attention", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, interrogé sur ce journaliste tunisien.

"La France soutient la liberté de la presse partout dans le monde", a-t-il rappelé.
Selon une source judiciaire tunisienne, Taoufik Zoghlami Ben Brick a été présenté jeudi au parquet à la suite d'une "plainte pour agression, atteintes aux bonnes moeurs et dégradation de biens, déposée par une femme avec laquelle il a eu une altercation".
L'arrestation jeudi de Taoufik Ben Brick avait été annoncée par Reporters sans Frontières (RSF) et les Verts à Paris, dont un communiqué affirmait qu'"il s'agit d'une manipulation" du régime tunisien à l'égard duquel le journaliste s'est montré critique.
Selon son avocat, Me Nejib Chebbi, "la seule explication (à cette affaire) se trouve dans la série d'articles publiés récemment par le journaliste dans la presse française".
Taoufik Ben Brick, qui risque jusqu'à 5 ans de prison, a été écroué à la prison de Mornaguia (30 km de Tunis) après avoir été présenté au parquet jeudi soir, en l'absence de ses avocats et de sa famille, selon Me Chebbi.

 

 

Tunisie: le journaliste Ben Brick inculpé et écroué (officiel)

AFP, le 30 octobre 2009 à 15h46

    TUNIS, 30 oct 2009 (AFP) - e journaliste tunisien Taoufik Ben Brick a été inculpé et placé sous mandat de dépôt pour être jugé le 19 novembre, a-t-on appris vendredi de sources judicaires.


M. Taoukif Zoghlami Ben Brick a été présenté jeudi au parquet à la suite d'une "plainte pour agression, atteintes aux bonnes moeurs et dégradation de biens, déposée par une femme avec laquelle il a eu une altercation", a-t-on indiqué de source judiciaire officielle.

Selon la même source, le journaliste "a attrapé cette femme par les cheveux, l'a rouée de coups en proférant à son égard des propos portant atteinte aux bonnes moeurs et blasphèmes".
"Alors que celle-ci protestait contre le fait qu'il ait percuté le rétroviseur de sa voiture, l'accusé a fait marche arrière heurtant délibérément la voiture de la plaignante, lui causant des dégâts importants", a-t-on ajouté de même source.
La plaignante, non identifiée, "a cité deux témoins et produit un certificat médical prescrivant un repos de 15 jours, ainsi que des photos sur les dégâts occasionnés à sa voiture", a poursuivi la même source.
Selon la même source, le prévenu "a reconnu les faits qui lui sont reprochés et sera traduit devant le tribunal correctionnel", l'audience étant fixée au 19 novembre.
L'arrestation jeudi de Taoufik Ben Brick avait été annoncée par Reporters Sans Frontières (RSF) et les Verts à Paris, dont un communiqué affirmait qu'"il s'agit d'une manipulation" du régime tunisien à l'égard duquel le journaliste s'est montré critique.
Son avocat Me Nejib Chebbi s'est dit convaincu que "la seule explication se trouve dans la série d'articles publiés récemment par le journaliste dans la presse française".
Cet avocat a précisé à l'AFP que son client, un virulent critique du régime, avait été inculpé pour "dommages à la propriété d'autrui, coups et blessures, atteinte aux bonnes moeurs et diffamation", des délits passibles jusqu'a cinq ans de prison selon le code pénal tunisien.
Taoufik Ben Brick, qui a été écroué à la prison de Mornaguia (30 km de Tunis) avait été présenté au parquet jeudi soir, en l'absence de ses avocats et de sa famille, a affirmé Me Chebbi.
 

Tunisie: les autorités démentent une agression contre un opposant

   AFP, le 30 octobre 2009 à 16h04

    TUNIS, 30 oct 2009 (AFP) - es autorités tunisiennes ont démenti vendredi une agression contre le journaliste opposant Slim Boukhdhir, dénoncée jeudi à Vienne par l'Institut international de presse (IPI).
"Rien ne prouve les allégations faites par M. Boukhdhir, d'autant que ce dernier n'a déposé aucune plainte", ont-elles indiqué dans un communiqué officiel.

Selon l'IPI, Slim Boukhdhir, un opposant condamné à un an de prison en 2007 pour injure à un fonctionnaire public, a été kidnappé mercredi soir par quatre hommes, selon lui des policiers en civil, sur le chemin de son domicile et battu dans un parc de la capitale tunisienne.
Avant l'incident, il avait donné une interview à la radio-télévision britannique BBC sur la réélection du président Zine El Abidine Ben Ali, où il avait aussi évoqué les campagnes d'intimidation du pouvoir contre les journalistes, affirmait l'IPI.
"L'IPI est choquée par l'attaque brutale contre Slim Boukhdhir qui a été visé pour son indépendance et sa voix critique", avait déclaré le directeur de l'IPI David Dadge, cité dans un communiqué.
L'organisation, basée à Vienne, avait aussi dénoncé l'arrestation de Taoufik Ben Brick, un journaliste inculpé pour agression contre une femme qui sera jugé le 19 novembre, selon des sources judiciaires.

 

AFP, le 29 octobre 2009 à 19h55

Elections: une partie de l'opposition évoque des "irrégularités"

TUNIS, 29 oct 2009 (AFP) - Des partis d'opposition ont affirmé mercredi que des "irrégularités" avaient eu lieu lors des élections générales de dimanche en Tunisie, sans pour autant contester la victoire du président Zine El Abidine Ben Ali.

"Nous avons enregistré des irrégularités en bloc et en détail", a déclaré à la presse Mustapha Ben Jaafar, chef du Forum démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL, légal). "C'était plus que surprenant", a-t-il ajouté, évoquant "en exemple" le fait qu'un seul observateur sur 14 proposés par son parti à Bizerte (nord) ait été autorisé à suivre l'opération.

Ecarté de la présidentielle, M. Ben Jaafar avait vu les listes de son parti amputées de moitié aux législatives et n'a obtenu aucun siège au parlement.

"Le problème n'est tant dans les chiffres que dans la mentalité de ceux qui ont pris l'habitude de jouer seuls", a-t-il regretté, en référence au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir).

"Les résultats de la présidentielle étaient attendus dans la mesure, où cette élection ne présentait aucun enjeu électoral", a affirmé Ahmed Brahim, justifiant la reconduite de M. Ben Ali à

89,62% des voix.

Ce candidat malheureux à la présidentielle a obtenu 1,57% des voix sous l'étiquette d'une coalition de gauche autour de son parti Ettajdid (légal).

Son parti n'aura que deux sièges au parlement.

Le RCD a remporté 161 sièges dans la Chambre des députés sur un total de 214, les 53 restants revenant essentiellement aux partis proches du pouvoir.

Ettajid et ses alliés publieront un "livre blanc" sur les "irrégularités" ayant entaché le scrutin, selon eux, mais n'envisagent aucun recours constitutionnel.

"Ces irrégularités ne sont pas de nature à changer les résultats de la présidentielle que nous ne contestons pas", a précisé Jouneidi Abdeljawad, dirigeant d'Ettajdid.

Celui-ci a énuméré des entorses au code électoral, un bourrage des urnes (Monastir), un dépouillement irrégulier et diverses formes d'intimidation à l'égard des électeurs et des observateurs.

Ces opposants qui ont aligné 100 scrutateurs pour 11.830 bureaux de vote, ont estimé qu'aucun "scrutin démocratique ne sera possible tant que subsistera la confusion entre l'administration et le parti

au pouvoir".

Le ministre de l'Intérieur, Rafik Haj Kacem, a affirmé lundi que le scrutin s'était déroulé "dans la transparence, aucune objection sérieuse n'ayant été signalée".

 

 

Promoteur d'un islam modéré, le gendre du de Ben Ali entre au parlement

AFP, le 30 octobre 2009 à 10h33

Par Hassen El FEKIH

TUNIS, 30 oct 2009 (AFP) -Jeune homme d'affaires à succès et fervent promoteur d'un islam modéré, Sakher El Materi, gendre en pleine ascension du président Zine El Abidine Ben Ali, a fait sa grande entrée en politique dimanche en étant élu député au parlement tunisien.
"Depuis le jour, où je suis entré dans une mosquée un vendredi de 1999, je n'ai plus jamais manqué une seule prière", déclare à l'AFP ce jeune homme de 28 ans, qui a lancé en 2007 Ezzeitouna, la première radio coranique en Tunisie.
"Avec l'appui du président (Ben Ali), j'ai lancé la première radio du Coran, un projet bénévole pour promouvoir l'islam de rite malékite modéré et combattre l'extrémisme et l'orthodoxie" de l'islam rigoureux, ajoute-t-il.
"Ezzeitouna" (L'Olivier) s'emploie, explique-t-il, depuis "à enraciner le rite malékite" --un des quatre rites de l'islam, dominant au Maghreb-- avec un succès tel que son promoteur prépare désormais une télé de même vocation.
En jeans et barbe fine, M. El Materi estime que sa radio "a libéré les Tunisiens de la peur qui les détournait des mosquées sous le règne de l'ancien président Habib Bourguiba, partisan de laïcité".
Selon lui, "l'une des premières décisions de Bourguiba au lendemain de l'indépendance en 1956 fut de fermer la mosquée Ezzeitouna de Tunis, un des phares de l'islam à l'époque, avant Al-Azhar d'Egypte", dont il s'est inspiré pour donner un nom à sa radio .
Sakher est le fils de Moncef El Materi, un colonel camarade de jeunesse du président Ben Ali venu aux affaires après avoir échappé à la potence pour coup d'Etat avorté contre Bourguiba en 1962.
Sakher El Materi a consolidé son pouvoir médiatique en rachetant cette année 70% des parts du prestigieux groupe de presse Assabah en difficulté. Groupe indépendant fondé en 1951 par un ex-opposant de Bourguiba, Assabah édite deux quotidiens en arabe et en français, ainsi que deux hebdomadaires.
"J'ai sauvé cette institution et j'en ferai une locomotive de la presse écrite", s'enthousiame-t-il dans la salle de rédaction flambant neuve.
Homme d'affaires à succès, il a fondé un holding dénommé "Princesse El Materi", racheté la société automobile Ennakl partenaire de Volkswagen et concessionnaire de Renault Trucks, et gère une concession des activités de croisières sur la baie de Tunis.
A la veille des élections, il a annoncé la constitution de la première banque islamique. "J'ai décidé d'annoncer en temps réel tous mes projets pour éviter les racontars", affirme-t-il. A ce propos, il souligne que contrairement à des informations de la presse, il a racheté 16% des parts dans Wafa Ettijari Bank propriété d'un consortium maroco-espagnol, en toute légalité: "j'ai contracté un crédit et l'opération est tout fait transparente", assure-t-il.
"Quand on est proche d'un chef d'Etat et de parti au pouvoir on est forcément ciblé et impliqué en politique", lance-t-il. Et d'ajouter: "une proximité qui me procure certes des privilèges, mais ne me permet d'être au dessus des lois".
Issu d'une famille bourgeoise tunisoise, Sakher a épousé en 2004 Nesrine, la fille aînée du président Ben Ali avec son épouse Leila Trabelsi. Sa photo, seul aux côtés du couple présidentiel dans un bureau de vote, a fait la une de tous les journaux tunisois.
Interrogé sur son avenir politique, le gendre préféré du chef de l'Etat --reconduit dimanche jusqu'en 2014-- dément toutefois nourrir "des ambitions de gouvernement".

Zitouna : une nouvelle venue dans le paysage bancaire tunisien

Après plusieurs mois de suspense (l’agrément avait été donné en janvier 2009), la nouvelle banque islamique tunisienne Zitouna devrait ouvrir ses portes au premier trimestre 2010.
À la tête du conseil d’administration, on retrouve Mohamed Sakhr El Materi, le « business gendre » du président tunisien et fondateur de ce projet. L’assemblée, qui a réuni l’ensemble des actionnaires le 21 octobre pour l’adoption définitive des statuts et le versement du capital social, a donc marqué la naissance de la Banque Zitouna. L’arrivée de Mohamed Sakhr El Materi – connu pour son dévouement religieux, et par ailleurs DG du groupe Princesse El Materi – dans la finance islamique ne surprend personne. « Ce projet est une confirmation des orientations du chef de l’État tunisien le président Zine El Abidine Ben Ali et de son gouvernement, en matière de consolidation du dispositif bancaire et financier, en vue d’offrir à aux ménages tunisiens de nouvelles solutions bancaires innovantes et d’appuyer et soutenir les entreprises et les investisseurs tunisiens et internationaux ayant choisi la Tunisie pour développer leurs activités. », précise le gendre du président, parfait, quelques jours avant le scrutin présidentiel. Le but de cette nouvelle structure, d’après son fondateur : « la Banque Zitouna se veut ainsi être une banque citoyenne, moderne et ouverte sur son environnement international. » Mais, en dehors du fait qu’elle soit celle de l’époux de la fille du couple présidentiel, une nouvelle banque en Tunisie est-elle vraiment nécessaire ? Pour Mohamed Damak, analyste crédit pour Standard & Poor’s, « Banque Zitouna sera la première banque commerciale islamique, ce qui représente déjà une différentiation stratégique par rapport aux autres banques. Cela étant, la concurrence sur les marges sera élevée du fait de la sur-bancarisation du pays. »

(Source: le blog de “Marchés tropicaux” (Revue - France), le 29 octobre 2009)

Lien : http://www.marches-tropicaux.com/blog/index.php/2009/10/29/secteurs/zitouna-une-nouvelle-venue-dans-le-paysage-bancaire-tunisien/#more-783

 

 

Florence Beaugé, journaliste française interdite d’accès au territoire tunisien

par Aziz Enhaili

Florence Beaugé est chargée de la couverture des pays du Maghreb au sein du service international du journal français «Le Monde», où elle travaille depuis l’an 2000. Auparavant, elle a travaillé pendant quinze ans sur le Proche-Orient et le conflit israélo-palestinien. De retour en Tunisie, elle a été refoulée ce mercredi 21 octobre. Une décision qui pourrait être liée au contenu d’un de ses récents articles sur un couple d’opposants tunisiens. Pour en savoir un peu plus sur les tenants et aboutissants de cette décision de refoulement, nous avons réalisé l'entrevue qui suit avec cette journaliste dont le professionnalisme et le sens de l’éthique ne souffrent aucune entorse. Entrevue réalisée par Aziz Enhaili pour Tolerance.ca ®.

Aziz Enhaili
: Merci, Florence Beaugé, pour avoir accepté de nous accorder cette entrevue. Que vous est-il arrivé en Tunisie le 20 octobre? Et pourquoi?

Florence Beaugé : Le mardi 20 octobre en fin d’après midi, je suis arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage pour la seconde fois en quinze jours. Sur la passerelle, m’attendaient plusieurs policiers en civil, pour me dire que j’étais interdite d’accès au territoire tunisien. J’ai demandé pour quelle raison. On m’a répondu «c’est une décision souveraine, qui n’a pas à être expliquée». J’ai demandé pour combien de temps j’étais ainsi bannie de la Tunisie. Mes interlocuteurs m’ont répondu qu’ils ne le savaient pas.

Comme il n’y avait pas de vol retour sur Paris ce soir là, j’ai demandé à pouvoir passer la nuit dans un hôtel de Tunis. Cette demande m’a été refusée. De même que les deux diplomates de l’ambassade de France qui sont venus sur place et ont réclamés à pouvoir me rencontrer en ont été empêchés par la police tunisienne... Il fallait que je reste dans la zone internationale de l’aéroport. J’ai donc passé la nuit sur un siège d’une salle d’embarquement. Cela dit, j’ai été bien traitée. Je pense même que ceux qui étaient chargés de ma surveillance étaient plutôt navrés de devoir faire injure au sens légendaire de l’hospitalité tunisienne…

J’ai repris le premier vol sur Paris (le lendemain), le mercredi 21 octobre.

Aziz Enhaili : Qu’est-ce qui a justifié votre expulsion ?

Florence Beaugé : Les autorités tunisiennes ne me l’ont pas dit, mais de source française, je sais qu’il s’agit d’un petit article que j’avais écrit pendant mon précédent séjour en Tunisie («À Tunis, le quotidien d’un couple d’opposants», Le Monde, 09 Octobre 2009).

J’y racontais la journée «ordinaire» d’un couple d’opposant-défenseur des droits de l’homme en Tunisie. J’avais pris cette fois là pour exemple précis le cas de l’avocate Radhia Nasraoui et de son mari, Hamma Hammami (porte parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie, parti interdit). Je précise tout de suite que cet article jouxtait dans «Le Monde», le jour de sa parution, une longue – très longue - interview du ministre tunisien de la justice et des droits de l’homme (Béchir Tekkari), à qui je donnais la parole, entre autres, sur le cas de Nasraoui-Hammami.

Je racontais donc comment Hammami avait été roué de coups par la police tunisienne, quelques jours plus tôt (à sa descente d’avion), rentrant de Paris, où il avait été interviewé par Al-Jazeera et France 24. Il avait dénoncé (dans ces deux interviews) la façon dont la famille Trabelsi (la belle famille du président Ben Ali) s’accapare les richesses de la Tunisie. Je racontais aussi comment Radhia Nasraoui, venue chercher son mari à l’aéroport, avait été ensuite frappée par les policiers. Puis je passais à un incident qui leur était arrivé quelques jours plus tard. Le réservoir de la voiture dans laquelle ils étaient montés avec leur fille de 10 ans (Sarah) avait été siphonné. On avait remplacé l’essence par du liquide inflammable. Ils auraient donc pu périr brûlés vifs…

Voilà ce qui a justifié mon expulsion de Tunisie et l’interdiction qui m’est faite, désormais, de mettre les pieds dans ce pays.

Aziz Enhaili : Quelle est (selon vous) la raison de la campagne haineuse déclenchée contre vous ces derniers jours par une certaine presse… aux ordres?

Florence Beaugé : La campagne haineuse de la presse tunisienne de ces derniers jours a d’autres motifs. Elle tient au fait que «Le Monde» a publié (dans les jours qui ont précédé l’élection du 25 octobre) trois reportages que j’avais réalisés en Tunisie (début octobre) et gardés au marbre, en prévision du scrutin. Dans ces trois reportages, je rapportais de ce que me racontaient les Tunisiens sur les bons et les mauvais côtés de 23 ans de «Bénalisme». Je me faisais aussi l’écho d’un sujet qui alimente grandement les conversations privées en Tunisie: la façon dont «les familles Trabelsi et Ben Ali pillent le pays», selon l’expression utilisée par toutes les personnes que j’ai interviewées.

En représailles, j’ai donc eu droit en ce moment à une campagne de presse délirante! Il paraît que je suis une «pseudo-journaliste», «Florence la terreur», «psychotique, hystérique», qui plus est «maléfique» «et par-dessus le marché idiote»! C’est gracieux et élégant comme descriptif…Talentueux, aussi.

Aziz Enhaili : Que pourriez-vous dire pour l’histoire à ces plumitifs qui vous ont attaqué?

Florence Beaugé : Pour la petite histoire, sachez que j’ai été journaliste (j’étais alors toute jeune débutante) à La Presse (à Tunis), pendant presque trois ans, dans une vie antérieure! J’y avais pour amis (entre autres) Mohamed Mahfoud et le photographe Khaled Najar, aujourd’hui disparus. Slah Maaoui était mon rédacteur en chef. C’était la belle époque (pour La Presse), si je compare ce journal à ce qu’il est devenu. Il fait en tout cas partie de ceux qui m’insultent aujourd’hui de façon ordurière.

Aziz Enhaili : Enfin, un dernier mot.

Florence Beaugé : J’ajoute enfin une dernière chose: je ne suis pas amère de nature, et tout cela ne m’empêchera pas de continuer à adorer la Tunisie…
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Florence Beaugé est l'auteur de «Algérie : de la guerre à la mémoire  Paris-Alger : quel avenir?» et de «L'Algérie des années 2000. Vie politique, vie sociale et droits de l'homme», parus aux Éditions du Cygne.

(Source : le site « tolérance.ca » (Canada), le 29 octobre 2009)

Lien: http://www.tolerance.ca/Article.aspx?ID=62566&L=fr

 

Les élections en Tunisie vues d’un taxi parisien

Où l’on découvre la capacité des services de renseignements tunisiens à censurer l’expression jusqu’en France. Qu’il s’agisse d’une menace réelle ou de paranoïa, l’objectif est atteint et l’autocensure fonctionne à merveille.

Samedi 24 octobre, moins de 24h avant les élections présidentielle et législatives en Tunisie, je pars en vacances. L’esprit tranquille. Il faut dire que le « verdict des urnes » était attendu. Ce qui était plus inattendu, c’est l’opportunité de faire un papier sur les élections tunisiennes. Je rappelle qu’une consœur voulant faire dignement son métier de journaliste en commentant ces élections depuis Tunis s’est vue refoulée par les autorités locales dès son arrivée à l’aéroport. Un reportage sur le terrain ? Visiblement il n’en était pas question. Mais en direct d’un taxi parisien, ce fut une aubaine.
Comme tous les chauffeurs dignes de ce nom, Moncef est au téléphone depuis son kit mains libres, lorsque je saute dans son véhicule. Un coup d’œil rapide dans le rétro. « Vous êtes tunisienne ? » « Non, et vous ? »
Oui, il était tunisien. Non, il n’avait pas été voter pendant la semaine (les Tunisiens résidents à l’étranger pouvaient aller voter du lundi 19 au samedi 24 octobre). « Pour quoi faire ? Il n’y a qu’un seul candidat. »
L’homme n’avait entendu parler que du candidat Ben Ali et fut un tantinet surpris lorsque je lui appris qu’il y avait en réalité quatre candidats. « Ca ne changera pas grand-chose. C’est pour la forme. » Il est vrai que pour la première fois, et alors qu’il attaque théoriquement son dernier mandat, Zine El-Abidine Ben Ali s’est contenté d’un petit 89,62% contre 99% et 94% lors des deux précédents scrutins. Pour l’opposant Ahmed Nejib Chebbi, le régime cherche à soigner son image.

« Les services tunisiens sont presque pires en France que là-bas »

Je précise alors ma profession à Moncef. Subitement, la conversation téléphonique avec son ami, tunisien également, est interrompue. Moncef éclate de rire. « Il a raccroché. Il a eu peur ! » Face à mon incrédulité, il appelle un autre de ses amis tunisiens vivant à Paris. « Allo Abdel. Devine quoi, je suis en voiture avec une cliente journaliste qui travaille sur la Tunisie. Elle me pose des questions sur les élections. » Abdel raccroche immédiatement. Voyant que je ne céderai à aucune paranoïa, Moncef répète l’opération à trois reprises… avec le même résultat. Puis, il m’explique: « les services tunisiens sont presque pires en France que là-bas. Au téléphone, on ne dit rien. » Puis il ajoute « si vous m’aviez répondu que vous étiez tunisienne, nous n’aurions même pas eu cette conversation. »
Il ne veut pas avoir d’ennuis lorsqu’il retourne au pays. Et pour cause. Il a là-bas plusieurs affaires qu’il gère de loin. « Dans ma situation, il faut être particulièrement vigilant. » « Alors que je m’apprêtais à inaugurer une de ces affaires, prometteuse, un haut fonctionnaire m’a contacté. Très poliment, il a commencé par me féliciter et m’encourager. Petit à petit, il a posé des questions sur la structure de ma société et m’a demandé si j’avais un associé. Je n’en avais pas. Pas de problème, il en avait un pour moi. » Moncef refusa poliment l’associé (qui ne comptait pas investir un sou), qui n’était autre qu’un membre de la famille du président. Il a alors dû s’acquitter d’une lourde somme dès ses premiers bénéfices. « Mais ca, ce n’est rien » commente Moncef, résigné. Ce qui l’a révolté, c’est quand un autre de ses commerces a écopé d’une fermeture administrative parce que le portrait du président était affiché dans un format inférieur à une photo de son propre père décédé. Réouverture après un nouveau tirage et une place digne pour le portrait du chef de l’État, bien en vue.
Les avancées économiques ? « C’est vrai qu’il y a eu du changement en Tunisie. Les infrastructures notamment. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse… ça devient indécent. »
La révolte gronderait-elle ? « Non. Les services ont un œil sur chacun de nous. Maintenant en Tunisie, on se méfie de tout le monde. C’est ton voisin, le commerçant du coin ou même ton propre frère qui te dénonce. » Pour Moncef, la Tunisie est en léthargie. Les Tunisiens ont peur et filent droit. « Ben Ali a tout compris. Ils leur donne du foot et des crédits, ça suffit à lui garantir la paix. » Le football et l’argent, nouveaux opiums du peuple ?

(Source: le blog de “Marchés tropicaux” (Revue - France), le 29 octobre 2009)

Lien : http://www.marches-tropicaux.com/blog/index.php/2009/10/29/regions/afrique-du-nord/les-elections-en-tunisie-vues-dun-taxi-parisien/

 

L'éditorial de Claude Imbert

L'ordre et le jasmin

L'Afrique, du nord au sud, abrite un imposant quarteron de chefs d'Etat inamovibles. Le plébiscite du Tunisien Ben Ali, en sa vingt-deuxième année de régime, lui vaut, chez nos vestales de la démocratie idéale, l'habituel bonnet d'âne. Sa pérennité génère, en Tunisie, non la révolte mais une lassitude, une irritation désabusées. Cela dit, je n'épouserai pas ici la condamnation à l'emporte-pièce du régime tunisien.

Notre intelligentsia (de gauche) adore distribuer bons et mauvais points aux trois quarts de la planète. Mais elle a la vue basse. Elle a longtemps fermé les yeux sur le goulag, frétillé avec Mao, caressé Cuba et, contre le chah, fleuri d'abord la révolution khomeyniste. Dans le monde arabo-musulman, elle ne dénonce guère, chez le mirliflore libyen, sa rechute, ces jours-ci, dans le kidnapping. Elle ménage les monarchies du Golfe et l'immense servitude des femmes, de peur d'aller à contre-Coran. En revanche, elle flanque la Tunisie au piquet. Courte vue !

Car la Tunisie figure une heureuse exception dans l'univers arabo-musulman. Sa modernité la distingue. Celle que conquièrent tout à la fois son mode de développement et une approche encore délicate mais, espérons-le, fertile des relations de l'islam avec, justement, la modernité. Ce n'est pas rien ! C'est même, contre le déferlement islamiste, la seule recette qui vaille. Elle demande, il est vrai, de la patience : la Méditerranée ne sera pas de sitôt un lac de démocratie scandinave.

La Tunisie est pauvre en ressources naturelles. Elle gère ses 10 millions de citoyens entre deux voisins, l'Algérie et la Libye, gorgés de pétrole et de gaz. Sa ressource, c'est son peuple, un héritage humain qui, depuis Carthage, inspire à sa classe dirigeante les choix de la modernité. Or, aujourd'hui, son revenu moyen par habitant dépasse, entre autres, celui de la... Libye et de l'Algérie. Une revanche de l'intelligence humaine sur la loterie géologique et les pactoles des satrapies pétrolières !

Le sésame du régime tunisien, c'est d'abord une économie indépendante, un taux de croissance entre 3 et 5 %. La Tunisie, débiteur sérieux, jouit d'un bon financement international, de délocalisations profitables et d'un tourisme prospère. Ses services publics, ses infrastructures ne sont pas parfaits mais sont, de loin, les plus performants d'Afrique. Ce succès est évidemment assuré par le meilleur système éducatif du monde arabe, un taux record d'alphabétisation, une scolarisation gratuite, une fréquentation massive d'Internet. Le régime a choyé le stabilisateur social d'une classe moyenne et, ainsi, fortement subventionné son accès au logement. Enfin, les 12 % des plus démunis bénéficient d'un fonds de solidarité national actif.

Des ombres, bien sûr, il y en a ! Le chômage (14 %) étouffe les jeunes diplômés. L'avenir s'annonce difficile pour la gestion de l'eau. Le clanisme du parti unique, une presse docile et les passe-droits effrontés de quelques affidés du pouvoir font de plus en plus renauder le bon peuple. Enfin, un environnement géopolitique empoisonné fait toujours de l'islamisme intégriste la hantise justifiée du régime.

Il le reste. La Tunisie bilingue arabo-française est un pays musulman. Le fondamentalisme y menaçait, il y a vingt ans, l'après-Bourguiba au point que les pronostiqueurs le voyaient alors submerger Ben Ali. L'obsession de ce militaire, de formation policière franco-américaine, fut donc de le combattre par une répression violente. Pour, disait-il, servir le premier des droits de l'homme qui est de ne point se faire égorger. Et le second qui est d'échapper aux oppressions de la charia...

Sa tentative, ensuite, fut d'imposer, dans le sillage d'un Bourguiba, d'un Atatürk, une laïcité jacobine. Mais il dut bientôt constater à ses dépens qu'elle violentait l'identité musulmane. Ainsi prône-t-il aujourd'hui une forme de laïcité compatible avec l'islam modéré. Il est en cela servi par l'émancipation de la femme tunisienne, exceptionnelle dans le monde arabe. Et par une démocratie apaisée : le taux de fécondité est égal ou inférieur au taux français, lequel se double dans le monde arabe.

Surtout, une vaste campagne encourage, par maints réseaux, la pratique d'un islam modéré et moderniste. Une radio coranique enlève aux médias du Golfe l'exclusivité de la vulgate. Comme en Turquie, le voile, proscrit jadis par Bourguiba, revient en faveur, mais ce retour du religieux ne verse pas dans les officines de l'islam radical, toujours surveillé et proscrit.

Bref, si vous pensez que le poison politique islamiste reste pour la paix de l'univers arabo-musulman - et du nôtre - la menace essentielle, alors le « modèle » tunisien trouvera quelques grâces à vos yeux. C'est une plantation que Ben Ali enferme peut-être à l'excès sous serre. Mais, si elle survit, elle portera au loin le parfum tunisien du jasmin

7 COMMENTAIRE(S)

 

Amazighy

De faux préjugés

vendredi 30 octobre | 12:39

En fait, Monsieur Imbert, votre thèse se résume à soutenir Ben Ali comme rempart de l'occident et du monde arabo- musulman contre l'extrémisme, et qu'il doit bénéficier de votre indulgence pour lui permettre de le « combattre par une répression violente », sachant que « le premier des droits de l'homme est de ne point se faire égorger. Et le second est d'échapper aux oppressions de la Charia ». [...] Non Monsieur, les Tunisiens doivent avoir droit à de véritables élections qui leur permettent de choisir librement leurs dirigeants, de pouvoir s'exprimer, s'organiser et se sentir en liberté. C'est la seule paix qui peut résister et renforcer votre sécurité. [...]. Il est dommage que la droite française, dont vous exprimez l'opinion dominante, soit incapable de décerner la réalité de la situation telle qu'elle est dans un pays aussi proche de la France [...] et reste prisonnière de ses préjugés.

 

E-Sam

Tunisie et islam politique

vendredi 30 octobre | 11:35

Je ne suis pas d’accord sur le fait que l’autoritarisme de l’Etat Tunisien émane du « risque islamiste ». Je pense qu’il faut plutôt aller chercher le pourquoi de cette montée du religieux en Tunisie. L’attaque aux libertés fondamentales en Tunisie a commencé avec Bourguiba, le mouvement islamiste est apparu alors comme une opposition à cette répression. Une opposition qui prend une légitimité forte chez une population croyante car elle parle au nom du sacré, qui prône « un retour aux sources » qu’on affiche comme facteur de stabilité politique et de paix sociale. Face à ce discours qui enjolivait l’histoire du commencement de l’Islam et qui prêche le retour vers un passé glorieux, il y avait un état qui exerce une politique qui étouffe l’opposition au nom de d’un processus de modernisation dont seul Bourguiba connaît les clés. L’opposition « idéologique » ne trouvant pas beaucoup de partisans parmi le peuple (parce que l’éducation n’était pas encore développée), celui-ci se tourne vers les thèses qu’il comprend (le bien et le mal, le halal et le haram, notre éloignement de la religion est à l’origine de nos malheurs). Arrivé au pouvoir, le président actuel a été efficace face à cette opposition qui faisait peur. Les Tunisiens avaient ensuite pendant quelques années « presque » oublié cet épisode de leur histoire proche. Le problème a recommencé au début des années 2000 parce que le gouvernement n’a pas compris les leçons du passé. On est en train de revivre cette même histoire d’il y a 30 ans : un peuple presque ignorant (les jeunes tunisiens savent lire et écrire, mais ne se cultivent pas en dehors des cours « subis » à l’école ou à l’université, le « meilleur système éducatif dans le monde arabe » vanté par M. Imbert n’est pas en phase avec la dimension culturelle de l’éducation), des jeunes qui entrent dans la tourmente du chômage, la grogne commence, la répression des libertés recommence avec et le repli vers le sacré aussi ! Une différence majeure à noter : les canaux des prêcheurs religieux moyen orientaux sont plus variés et efficaces, ce que je vois tous les jours sur Facebook, youtube… en est l’illustre exemple, l’influence de ces médias est forte, avec un discours religieux de l’émotion, simpliste, éloigné des principes- déjà ignorés- de la religion !

 

raslebol

L'oeuf et la poule

vendredi 30 octobre | 11:00

J'en ai lu des papiers sur la Tunisie ces temps-ci et ils sont fort heureusement différents, il y a ceux qui sont contre et même violemment contre et ceux qui comprennent la situation, et le papier du Point fait partie de cette catégorie. D'abord je citerai le coran qui dans un de ses versets dit "le seigneur ne fait évoluer un peuple que si ce peuple évolue de lui même" et aussi l'hymne national tunisien qui dit "si le peuple veut vivre le destin - c'est à dire Dieu- ne peut que s'y plier " tout est dit et laissez-nous travailler svp.

 

La Mirandole

Le fond et la forme

vendredi 30 octobre | 10:20

 

Imbert a toujours le souci de ne jamais passer la forme de son discours par pertes et profits (à l'inverse de nombre de ses confrères éditorialistes), bref de ménager et d'aménager le style ("Le style, c'est l'homme même" (Buffon)). Ici, je pense - à bon droit si j'estime connaîre "l'homme"-, qu'il a le secret espoir que passe à la postérité (ou, pour le moins que s'impatronise un temps dans les mémoires) sa formule : à contre-Coran. Est-ce que je me tromperais ?

 

emji

vendredi 30 octobre | 09:20

 

La revue "Atlaseco" publie un ensemble de statistiques de tous les pays du monde chaque année. La version 2010 est sortie il y a quelques semaines, en septembre 2009, et on peut lire la liste des PNB par habitant 2007 de tous les pays du monde, au nombre de 231, et qui indique en particulier : Tunisie : 3210 dollars. Algérie : 3620 dollars, c'est un peu mieux que celui de la Tunisie. Libye : 9010 dollars, et là c'est presque le triple que le chiffre tunisien. Ces résultats contredisent les affirmations de Claude Imbert puiqu'il écrit : "aujourd'hui, le revenu moyen par habitant (de la Tunisie) dépasse, entre autres, celui de la... Libye et de l'Algérie". J'ai cité les chiffres 2007 ce n'est donc pas "aujourd'hui", mais cette revue publie aussi les chiffres de 2008, à titre indicatif : Tunisie : 3702 dollars Algérie : 4694 dollars Libye : 13632 dollars L'année prochaine les chiffres 2008 confirmés seront publiés, et il peut y avoir quelques changements par rapport aux chiffres avancés dès maintenant, cela étant, on constate toujours la Tunisie derrière l'Algérie et surtout la Libye. [...]

 

Med

Pourtant il est possible...

jeudi 29 octobre | 23:47

... d'avoir un Etat de droit tout en restant ferme vis-a-vis des extrémistes, y compris les fondamentalistes musulmans. Malheureusement la Tunisie est une dictature policière, qui d'autre part permet à quelques groupes d'individus bien introduits et influents auprès des plus hautes autorités du pays de prospérer grâce à des pratiques qu'il faut bien qualifier de mafieuses (trafic d'influence, intimidations, extorsions, expropriations, faux et usages de faux, etc.). En Tunisie, tout ou presque est directement ou indirectement contrôlé par l'appareil sécuritaire, y compris les médias, qui ressemblent, littéralement, à la presse de Corée du Nord, tout à la gloire de "Zine Il Bidine". La dictature ne tolère rien, même pas la plus petite critique constructive ; et même sur des sujets non politiques. Et si par malheur vous faites de la politique, vous avez de grandes chances de finir en prison. Le pire est qu'aucun espace indépendant de discussions, de débats, de critiques (même constructives) et de propositions, sur les questions politiques bien sûr, mais aussi économiques, sociales, culturelles qui concernent le pays et son avenir, n'existe en Tunisie. D'autre part et plus grave encore, il n'y a pas de justice indépendante et impartiale, même pour les affaires non politiques (économiques par exemple --combien de personnes ont perdu leurs biens à cause de juges corrompus qui ont permis à des malfrats bien introduits et sachant graisser les pattes qu'il faut, de s'approprier les biens d'autrui ?). L'argument qui consiste à défendre et appuyer le régime actuel car c'est un rempart contre l'intégrisme islamique est fallacieux, car il est possible d'avoir un Etat de droit en Tunisie tout en étant ferme avec les extrémismes, y compris religieux.

 

PMA3377

Menace islamiste

jeudi 29 octobre | 22:23

Quelques exemples : Soudan, Afghanistan, Iran, bientôt le Pakistan qui résiste encore. L'Algérie voisine de la Tunisie compose. Chez nous on n'ose pas leur "rentrer dedans" et les cantonner à la sphère strictement privée, en réprimant le plus durement possible les intégristes et leurs velléités de prioriser la religion par rapport à la république. On l'a fait avec l'église catholique, mais comme il n'y a plus de gauche, trop occupée à s'auto détruire et à critiquer tout et même des idées qu'elle aurait pu avoir ...

(Source: « Le Point » (Magazine hebdomadaire – France), N°1937 publié le 29 octobre 2009)

Lien:  http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/2009-10-29/l-editorial-de-claude-imbert-l-ordre-et-le-jasmin/989/0/390419

 

De la Mascarade des élections législatives 2009

Yahyaoui Mokhtar

En 2004 La Tunisie compte 9.910.872 habitants d’après les résultats du « Recensement Général de la Population et de l’Habitat » réalisé durant cette année. Si on prend en compte la répartition de la population selon leurs tranches d’âges 6.500.000 habitants au moins auraient plus de 20 ans en 2004 et seraient en âge de voter. Seulement en consultant la liste des Tunisiens inscrits et appelés à voter au cours des élections législatives et présidentielles du 25 octobre 2004 seuls 4.609.237 sont inscrits et environ deux millions d’électeurs potentiels ont étés purement et simplement ignorés.

Pour les dernières élections du 25 octobre 2009 le discours officiel à fortement insister sur les efforts déployés par l’administration pour permettre à tout les tunisiens de participer à cette consultation. Une nouvelle loi a même été promulguée pour baisser l’âge du vote de 20 à 18 ans. Cet amendement du code électoral représenterait en chiffre un ajout additionnel de quelques 450 000 nouveaux jeunes électeurs d’après les estimations officielles. Ces nouveaux jeunes électeurs viendront normalement s’ajouter aux nombre de l’augmentation annuelle de la population estimé à 120.000 par ans et qui représente pour les cinq ans 2004/2009 quelques 500.000 nouveaux électeurs supplémentaires.

Ainsi sans compter les deux millions de tunisiens non inscrits sur les listes électorales en 2004 pas moins de 950.000 nouveaux votants devraient normalement se trouver dans le nombre des inscrits aux listes électorales pour les du 25 octobre 2009.

Mais les chiffres sont là pour démentir la vanité du discours. 4.974.707 tunisiens seulement ont étés appelé à voter alors qu’ils devaient être (4.609..237 + 950.000 = 5.559.237) sans compter les tunisiens résidents à l’étranger qui ne sont pas concernés, en vertu de la loi, par les élections législatives en Tunisie. Ainsi, si on compare la masse électorale du 25 octobre 2009 à celle des élections de 2004 on s’aperçoit que le nombre des électeurs n’a pas augmenté de plus de 350.000 nouveaux électeurs comme il apparaît dans les chiffre mais déminé proportionnellement au nombre total de la population de plus de 600 mille électeurs par apport aux élections précédente de 2004.

Avec 600 milles nouveau exclu qui ce sont ajoutés aux deux millions d’exclus depuis 2004 les élections législatives de 2009 ont étés faussés depuis le début par une administration sélective et partisane qui a condamné plus du tiers du peuple tunisien à l’exclusion de leur droit fondamental et souverain de participer au choix sur le même pied d’égalité à l’élection de leurs représentants au parlement. Ce n’est là qu’un aspect de cette parodie d’élection qu’on continue de nous jouer depuis plus d’un demi-siècle maintenant et qui fait que plus du tiers des tunisiens restent exclus de leur droit constitutionnel fondamental de choisir leurs représentants.

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Cette introduction destinée à préciser à Mr Zine El Abidine Ben Ali qu’il ne s’agit pas d’une « Infime minorité » pour passer outre ses menaces « contre quiconque émettra des accusations ou des doutes concernant l’intégrité de l’opération électorale » s’inscrit dans la thèse qui soutient que les résultats de ce scrutin sont faux et fabriqués de toute pièce et ne représentent même pas l’expression du vote des destouriens et de ceux qui se sont déplacés pour voter le 25 octobre dernier.

Je ne vais pas revenir sur les aspects que j’ai abordé dans trois articles en arabe publiés au cours des deux semaines qui ont précédé ce scrutin (1) et qui ont fait que les résultats de nos élections soient connue d’avance dans leur moindre détails et que l’électeur n’est qu’un comparse manipulé par l’administration dans cette opération qui ne peut être qualifié que de mascarade comme je l’ai noté dans mes articles précédent.

Un candidat n’a pas le droit de s’adresser aux tunisiens la veille d’une élection et un président de la république n’a pas le droit d’intimider ses citoyens et de les menacer de poursuites sur la base de leurs opinion de son élection la veille d’un scrutin. Si le président Ben Ali a été obligé de faire cette sortie ce n’est pas parce qu’il ignorait ces règles fondamentales de droit mais à cause de l’appréhension ressenti au sommet du pouvoir des retombées de la désaffection générale palpable la veille du scrutin.

Il faut être un étranger ou n’avoir jamais vécu en Tunisie pour pouvoir avaler tant d’anomalies et ne pas ressentir l’affront que continu à faire subir ce régime aux tunisien par ses manipulations.

Il été clair que le pouvoir à compris qu’il ne pouvait plus tromper personne par ses scores de plus de 90% et la décision d’avoir des résultats légèrement au dessous de 90%, pour le président élu comme pour le taux de participation, été attendue et n’a surpris personne. Ainsi le taux de participation qui été annoncé tous les deux heures et qui culminait à 87,15% à 16 de l’après midi le jour du scrutin s’est subitement bloqué à 89.40% à 18 heure. Et alors qu’on annonçait dans l’heure les taux de participations précédents au cours de la journée on à du attendre le matin pour le savoir avec les résultats. Ce taux a été tout simplement baissé de deux point par apport à celui des élections de 2004 qui été de 91,40%. C’été un simple chiffre décidé d’en haut pour tempérer le ridicule du résultat réel que plus personne ne parvient à avaliser.

Il est aussi surprenant de trouver un parti qui s’est le plus investi dans ces élections et qui été le plus pragmatique à jouer le jeu à fond comme le Parti de l’Unité Populaire, qui de plus a bénéficier le plus de la couverture des médias, de moyens mises à sa disposition et de facilités pour mener comme il veut sa campagne, dans la position du seul parti à enregistrer un recul dans ses résultats en nombre de voix obtenus par apport aux précédentes élections. Et que pouvait dire Mr Mohamed Bouchiha de plus que ce qu’il a déclaré « Notre participation s’est bien déroulée lors de la campagne électorale et  lors du scrutin. Ce résultat est pour nous suffisant et motivant ». Alors qu’il proclamait 24 heures auparavant qu’il s’attendait à un résultat à deux chiffres il a du se contenter de 03.39% des voix. La situation ne permet pas de bousculer le classement d’une hiérarchie préétablie entre partis d’opposition sans répercussion.

Ainsi le Mouvement des Démocrates Socialistes fort d’un héritage dont il ne garde plus que le nom continuera à figurer comme le premier parti d’opposition en Tunisie. Avec moins de 10 000 voix de plus qu’en 2004 son cota est portée à 14 siège au parlement dont une majorité reconduits pour la troisième et la quatrième fois. Certains croient que le RCD apporte son renfort à l’MDS pour lui permettre d’atteindre ce score de 200,000 voix alors que la réalité semble tout autre et il ne s’agit que des chiffres distribués qui n’ont aucun rapport avec la réalité.

Mais la véritable surprise de ces élections vient contre toute attente d’un autre parti en dislocation totale, abandonné par ses deux principaux dirigeants et pratiquement vidé de ses militants. Après un congrès monté  de toute pièce  sa direction actuelle est venue l’occuper. Le Parti Social Liberal parvient ainsi à multiplier par quatre le nombre des voix qu’il a obtenu par apport aux élections précédentes. Accrédité de seulement 25,261 des voix représentant 00.6% des suffrages en 2004 le PSL obtient 99,468 voix en 2009 et se trouve ainsi avec 8 députés au parlement.

Quant a l’ancien secrétaire général du PSL qui à été chargé de former un autre parti pour les verts il s’est trouvé gratifié de 74 000 voix et six sièges pour son parti au parlement.

Il est difficile de traiter de tel chiffres scientifiquement tellement ils trahissent la frilosité de la manipulation. Leur seul fil conducteur tend à tenir et renforcer le statuquo. Ces tentatives inouis d’ériger en parti d’opposition des formations fantomatiques qui n’ont aucun impact concret sur la société et dont le seul point commun est d’être dirigés par des individus inamovibles et aux liens obscures se proclament tous plus Benalistes que Ben Ali.

Le seul parti d’opposition au parlement et qui s’est vu réduit à 1% des suffrages lors des élections de 2004 s’est trouvé cette année à 0,5% des voix tout rond. N’y a t-il pas là trop de chiffres rond que les règles de la probabilité permettent de supposer ?

*          *          *

Le résultat qui résume toute cette comédie voulait nous expliquer et afficher au monde entier que 99,95% des tunisiens sont pour Ben Ali et seulement 00,50% s’oppose à lui.

Je ne crois pas que les martyrs de 1938 qui ont payé de leur sang la revendication du peuple Tunisien d’Un parlement Tunisien « BARLAMAN TOUNSI » ont eu à l’esprit qu’une telle institution peut être réduite à des « Beni oui oui » qui ne jure d’allégeance qu’a un seul individu. Un parlement tunisien pour les tunisien est un legs de sang et de l’histoire que nous nous transmettons de génération en génération jusqu’au jour de son élection.

Yahyaoui Mokhtar – Tunis le Mercredi 28 octobre 2009

1 – les trois textes peuvent être consultés sur les liens suivant :

1.      إنتخابات تـونس: النتائج قبل التصويت

2.      إنتخابات تونس: في مهزلة المحاصصة

3.      إنتخابات تونس: سيناريوهات لما بعد الإحتفالات

(Source: “Tunisia Watch” (censure en Tunisie), le 28 octobre 2009)

Lien: http://www.tunisiawatch.com/?p=1232

 

Fiction

Fahmi Fahman

Nomenklatura contre Mafia Dura

Omar K

Fahmi Fahman (nom fictif) est un haut cadre tunisien qui travaille dans un service tellement secret qu’il ne porte même pas de nom. Il visite Montréal pour enquêter sur l’incendie qui a détruit un immeuble appartenant à un homme d’affaires tunisien lié au clan des Trabelsi. J’ai profité de sa visite de la métropole québécoise pour lui poser quelques questions.

O. K. : On vient d’arrêter le journaliste Taoufik Ben Brik aujourd’hui. On a arrêté le journaliste Zouheir Makhlouf le 15 octobre dernier. Hier, cinq "inconnus" ont tabassé le journaliste Slim Boukhdhir et lui ont arraché ses vêtements et ses effets personnels. Qu’est-ce qui se passe actuellement en Tunisie ?

F. F. : C’est tout à fait normal pour une fin de règne.

O. K. : Mais on parle de fin de règne depuis octobre 1999 !

F. F. : Certaines agonies sont longues et douloureuses.

O. K. : L’après-Ben Ali a-t-il déjà commencé ?

F. F. : La Tunisie est en train de traverser une zone de cumulonimbus à fortes turbulences. L’ère Ben Ali est déjà derrière nous. La Tunisie est enceinte d’un bébé - le pessimistes parlent d’un monstre - dont l’échographie prête à 1001 interprétations. Ce bébé porte déjà un nom: "L’après-Ben Ali". C’est tout ce que je peux dire.

O. K. : C’est une guerre sans merci entre les clans mafieux de Tunis ?

 F. F. : En fait il s’agit d’une guerre à plusieurs fronts. Il y a , d’une part, une guerre à peine larvée qui oppose la nomenklatura du RCD (parti au pouvoir depuis 1956), soutenue par certaines familles de la grande bourgeoisie de Sfax et Tunis, à la "Régente de Carthage", Leila Trabelsi-Ben Ali. D’autre part, il y a une guerre secrète entre les  "chefs de gang" qui orbitent autour du Palais de Carthage. Les plus connus sont Sakhr Materi et Belhassen Trabelsi. Le sort de chaque "capo" est intimement lié à celui des autres mais ils savent tous que le pouvoir ne se partage pas. Il faut lire la biographie du parrain de Chicago Sam Giancana ( Notre homme à la Maison Blanche), écrite par son frère Chuck,  pour comprendre la logique mafieuse.

O. K. : D’après vous, qui gagnera cette guerre ?

F. F. : La guerre sera gagnée par celui qui réussira à contrôler les services de sécurité et à maintenir l’armée dans ses casernes.

O. K. : Et le peuple tunisien dans tout ça ?

F. F. : Il applaudira le vainqueur.

 

(Source : le blog de « Omar Khayyam » (censuré en Tunisie), le 29 octobre 2009)

Lien: http://omarkhayyam.blogsome.com/2009/10/29/fahmi-fahman/

 

Lettre à un Tunisien authentique

Cher Taoufik,

Une fois encore tu fais l’actualité, parce que t’es un tunisien authentique. Il y a une dizaine d’années t’as fait reculé Ben face à une pression médiatique internationale, aujourd’hui il garde en mémoire cette histoire et veut plus que jamais ta peau. Ben ne sait pas que t’es devenu grâce à lui une personnalité internationale et que le lobby journalistique mondial, s’il a pu avaler quelques histoires précédentes et notamment le refoulement de l’aéroport de Tunis de Robert Ménard de RSF et de Florence Beaugé du journal Le Monde, ainsi que toutes les intimidations adressées aux journalistes tunisiens durant ces dernières années, ne peut pas laisser tomber Taoufik.

Cher Taoufik, t’as certainement perdu quelques soutiens depuis, mais à travers tes écris, t’as réussi à fidéliser une grande foule de lecteurs qui admirent ce que tu fais. Taoufik, t’es un tunisien authentique parce que t’es quelqu’un qui aime la vie, tu aimes aussi les femmes, la bière et tu révèle ça dans tes écris (Rire de baleine). Je me rappelle bien de ta fameuse phrase lorsque tu évoquait les cafés de Tunis ” ça pue le male”. Tu ne vis pas cette schizophrénie que vivent les autres tunisiens et qui n’assument pas ce qu’ils sont réellement.

T’es authentique aussi car t’es un homme de principe pas un vendu, ou un arriviste. T’es l’un des rares écrivains et journalistes tunisiens qui ne croit pas au politiquement correct.

Aujourd’hui t’es l’une des rares personnalités tunisiennes qui fait trembler le régime. Néanmoins, il me semble que ce dernier en phase de pré euthanasie, ne comprend plus ce qu’il doit faire réellement.

Charchabil

Elections tunisiennes : Chers compatriotes, vous êtes privilégiés !!

\"Vers le siècle prochain\" dit l\'affiche ! Nous voilà parti pour 5 ans !!!! 5 ans de modernité, de prospérité, de gloire,.. Bref, 5 ans durant lesquels l’exception tunisienne nous dévoilera surement des nouvelles retrouvailles et d’autres modèles en termes de gouvernance. c’est pour dire, nous avons des centres de recherche politiciens les plus créatifs au monde. Juristes, députés, avocats, journalistes et j’en passe…Toute une machine qui tourne en plein régime pour faire rayonner notre image : l’exception tunisienne !

Vous en doutez ? je ne pense pas franchement. Preuve à l’appui. Des lois taillées sur mesure pour autoriser tel ou tel candidat à postuler pour les élections présidentielles, une presse libre, des partis de toutes les couleurs qui exercent en toute liberté..Un peuple heureux, prospère vivant dans un climat de sérénité et qui ne veux surtout pas changer de régime ou de président.

Ah le président !!! l’intouchable. Il nous cesse de nous fasciner par son attachement au pays, par sa gouvernante clairvoyante, par son amour aux tunisiens et surtout par son sacrifice infatigable. On le doit mille et une reconnaissances. En tout cas, aucun effort ne sera épargner pour glorifier notre cher diva !!

Le 25 octobre, nous sommes dormis non sans confiance et sans plaisance. Sacré Ben Avi !

(Source: nawaat.org (Censuré en Tunisie), le 29 octobre 2009)

Lien: http://www.nawaat.org/portail/2009/10/29/vous-etes-privilegies/

 

 

 

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