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TUNISNEWS
10 ème année, N° 3659 du 30.05.2010
 archives : www.tunisnews.net 
La TUNISIE dans le rapport annuel d’Amnesty International sur la situation des droits de l’Homme dans le monde (mis en ligne le 28 mai 2010)
AFP: Tunisie: lancement de la première banque islamique tunisienne
AP: Lancement de la première banque islamique tunisienne
Sami ben Gharbia: Anti-censorship movement in Tunisia: creativity, courage and hope!
Taoufik Ben Brik: « Je répète aux gardiens du zoo que je suis humain »
Reuters: Algérie - Le ministre de l'Energie remercié
Hend Harouni: Freedom armada in and out Gaza must be successful!...
Misanoun: Le nucléaire iranien  et la stratégie d’hégémonie occidentale

La TUNISIE dans le rapport annuel d’Amnesty International sur la situation des droits de l’Homme dans le monde (mis en ligne le 28 mai 2010)

RÉPUBLIQUE TUNISIENNE

Chef de l’État : Zine el Abidine Ben Ali

Chef du gouvernement : Mohamed Ghannouchi

Peine de mort : abolie en pratique

Population : 10,3 millions

Espérance de vie : 73,8 ans

Mortalité des moins de cinq ans (M/F) : 24 / 21 ‰

Taux d’alphabétisation des adultes : 77,7%

 

Des restrictions sévères continuaient de peser sur la liberté d’expression, d’association et de réunion. Des journalistes, des défenseurs des droits humains et des militants étudiants, entre autres personnes critiques à l’égard du gouvernement, ont fait l’objet de harcèlement, de menaces et d’actions en justice. Plusieurs centaines de personnes poursuivies pour activités terroristes ont été condamnées à l’issue de procès inéquitables.

De nouvelles informations ont fait état de torture et de mauvais traitements, et les conditions de détention étaient extrêmement dures. Au moins deux personnes ont été condamnées à la peine capitale, mais le moratoire sur les exécutions a été maintenu.

Contexte

Le président Zine el Abidine Ben Ali a été réélu en octobre pour un cinquième mandat consécutif, sur fond de restrictions contre les opposants politiques et de répression de la dissidence.

Prisonniers politiques – libérations Les autorités ont remis en liberté 68 prisonniers en novembre, pour marquer le 22e anniversaire de l’accession au pouvoir du président Ben Ali. Certains de ces détenus étaient des prisonniers d’opinion. Les libérations étaient toutes assorties de certaines conditions.

Les anciens prisonniers politiques font généralement l’objet d’ordres de « contrôle administratif » qui déterminent leur lieu de résidence. Ils doivent également se présenter régulièrement à la police et se voient refuser la délivrance d’un passeport et d’autres documents officiels.

- Parmi les prisonniers élargis figuraient Adnan Hajji et 17 autres hommes condamnés en appel à des peines allant jusqu’à huit ans d’emprisonnement pour avoir protesté, en 2008, contre l’augmentation du chômage, la pauvreté et la hausse du coût de la vie dans la région de Gafsa. Leurs procès avaient été inéquitables. Les tribunaux n’avaient pas pris en compte leurs allégations de mauvais traitements et de torture et n’avaient mené aucune enquête.

La grâce présidentielle ne s’appliquait pas aux personnes condamnées par défaut et qui n’avaient pas encore été appréhendées.

- Fahem Boukadous, journaliste pour la télévision condamné par défaut à six ans d’emprisonnement pour avoir rendu compte des manifestations de Gafsa,

a interjeté appel de sa condamnation en novembre. Il était toujours en liberté.

Liberté d’expression et d’association

Les personnes qui critiquaient le gouvernement ou dénonçaient la corruption des autorités ou les violations des droits humains risquaient d’être harcelées, soumises à des actes d’intimidation et agressées par des agents des services de sécurité. Elles pouvaient aussi être traduites en justice, incarcérées sur la base d’accusations mensongères ou victimes de campagnes de dénigrement dans la presse d’État.

Ces abus demeuraient impunis, les plaintes déposées faisant rarement l’objet d’enquêtes. Les gens critiques étaient soumis à une surveillance oppressante, au vu et au su de tous, et leurs lignes téléphoniques et connexions Internet étaient perturbées ou coupées.

Les autorités bloquaient en outre les sites Internet et soumettaient les médias à une surveillance étroite.

- Radio Kalima, une station de radio indépendante, a été fermée le 30 janvier, quatre jours après avoir commencé à diffuser des programmes par satellite depuis l’étranger. La police a interdit l’accès aux locaux, harcelé le personnel et ouvert une enquête contre la rédactrice en chef, Sihem Bensedrine, pour utilisation présumée d’une fréquence sans autorisation.

- Le 4 avril, la cour d’appel de Tunis a confirmé la peine d’un an d’emprisonnement prononcée contre Sadok Chourou pour « maintien d’une association non autorisée ». Ce prisonnier d’opinion avait commenté la situation politique en Tunisie dans des interviews accordées aux médias et lancé un appel pour que l’organisation islamiste interdite Ennahda (Renaissance) soit autorisée à reprendre ses activités politiques.

Sadok Chourou avait été remis en liberté conditionnelle en novembre 2008 après 18 années de détention.

Sa liberté conditionnelle a été annulée après sa nouvelle incarcération et il devait purger l’année non effectuée de sa première condamnation ainsi que la nouvelle peine.

- En août, le conseil exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a été congédié après la publication en mai d’un rapport qui déplorait l’absence de liberté de presse en Tunisie. Les partisans du gouvernement au sein du syndicat ont convoqué un congrès extraordinaire et élu un nouveau conseil exécutif. Celui-ci a obtenu une décision de justice ordonnant à la direction en disgrâce de quitter les locaux du syndicat.

- Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT, formation interdite), a été roué de coups à l’aéroport de Tunis le 29 septembre, apparemment par des policiers en civil.

Il rentrait de France où il avait critiqué publiquement les élections, le président Ben Ali et la corruption.

- En novembre, le journaliste dissident Taoufik Ben Brik a été condamné à six mois d’emprisonnement à l’issue d’un procès inéquitable pour des chefs d’inculpation à motivation politique.

Défenseurs des droits humains

Des défenseurs des droits humains ont été harcelés, menacés, agressés et soumis à une surveillance

oppressante. Ils étaient souvent empêchés par les services de sécurité de participer à des réunions ou des rassemblements au cours desquels devaient être évoqués les droits humains. Les autorités continuaient de bloquer l’enregistrement de plusieurs ONG défendant ces droits, ou entravaient ou restreignaient leurs activités. D’autres organisations, dûment enregistrées, ne pouvaient pas tenir des rassemblements publics ou d’autres réunions.

- Samir Ben Amor, avocat spécialisé dans la défense des droits humains, n’a plus été autorisé à rendre visite à aucun de ses clients détenus à partir du mois d’août.

Les autorités n’ont fourni aucune explication. Cet avocat assurait la défense de nombreuses personnes soupçonnées d’activités terroristes.

- En octobre, des inconnus, probablement des membres des services de sécurité, ont dégradé au moyen d’un produit dangereux la voiture d’Abderraouf Ayadi, avocat et défenseur des droits humains, alors qu’il devait transporter Hamma Hammami, son épouse Radhia Nasraoui, également avocate et militante des droits humains, et leur fille. Le domicile de Hamma Hammami et Radhia Nasraoui a été placé sous étroite surveillance en octobre et ils ont été cités à comparaître devant la police judiciaire pour répondre d’accusations non précisées. Ils ont déposé plusieurs plaintes, qui n’ont semble-t-il abouti à aucune ouverture d’enquête.

- En décembre, le militant des droits humains Zouheir Makhlouf a été condamné à trois mois d’emprisonnement et à une lourde amende à l’issue d’un procès inéquitable. On lui reprochait d’avoir publié sur un site de réseaux sociaux une vidéo dénonçant la pollution et le manque d’infrastructures et de services essentiels dans la zone industrielle de la ville de Nabeul.

Lutte contre le terrorisme et sécurité

Le gouvernement a modifié en août la loi antiterroriste de 2003 en vue d’en renforcer les dispositions relatives à la lutte contre le blanchiment d’argent et de supprimer d’autres dispositions qui maintenaient secrète l’identité des procureurs, des juges et des policiers dans les affaires de terrorisme.

Les autorités continuaient d’arrêter et de poursuivre en justice des personnes soupçonnées d’implication dans des activités liées au terrorisme. Dans la plupart des cas, les personnes détenues sans inculpation étaient maintenues en garde à vue bien au-delà de la durée maximale de six jours prévue par la loi, sans que leur famille et leur avocat ne soient informés de leur incarcération. La date d’arrestation était falsifiée afin de dissimuler la période de disparition forcée.

Les procès intentés en vertu de la loi antiterroriste étaient inéquitables. Les suspects n’étaient pas autorisés à contacter rapidement un avocat et le temps qui leur était donné pour le consulter et préparer leur défense était bien trop court. Des « aveux » qui auraient été obtenus sous la torture étaient retenusà titre de preuve par les tribunaux, qui s’abstenaient d’ordonner une enquête ou d’entendre les détenus.

Des accusés auraient été jugés et condamnés plus d’une fois pour les mêmes faits.

Au moins quatre Tunisiens soupçonnés d’implication dans des activités terroristes ont été renvoyés de force en Tunisie, où ils risquaient d’être maltraités, voire torturés, et jugés au cours de procès inéquitables.

- En avril, les autorités italiennes ont renvoyé de force Mehdi ben Mohamed Khalaifia, un homme qui avait été condamné par contumace en Tunisie à 10 ans d’emprisonnement pour des infractions liées au terrorisme. Arrêté à son arrivée, il a été immédiatement placé en garde à vue. Il y est resté 12 jours, soit deux fois la durée maximale autorisée par la loi. Pendant cette période, a-t-il affirmé, il a été roué de coups, giflé et frappé, notamment à coups de pied, suspendu dans

des positions contorsionnées et menacé de viol. Il a interjeté appel de sa condamnation, qui a été réduite en septembre à deux ans d’emprisonnement.

- Sami ben Khemais Essid a été rejugé par des tribunaux civils et militaires et condamné à 12 ans d’emprisonnement après avoir été renvoyé de force d’Italie en 2008. Il a été conduit en janvier et en juin dans les locaux du ministère de l’Intérieur, où il a été interrogé ; il a déclaré avoir été torturé. De nouvelles inculpations ont été formulées contre lui et il n’a pas été autorisé à consulter son avocat.

- Les autorités n’ont ouvert aucune enquête sur la disparition forcée d’Abbes Mlouhi, arrêté en 2005. Avant son interpellation, cet homme avait été interrogé à plusieurs reprises dans les locaux du ministère de l’Intérieur à propos de son appartenance à Al Tabligh wa Daawa, un groupe religieux islamique.

Torture et autres mauvais traitements

Comme les années précédentes, on a signalé des cas de torture et d’autres formes de mauvais traitements infligés dans les postes de police et les centres de détention, y compris celui géré par la Direction de la sûreté de l’État du ministère de l’Intérieur. Des personnes ont été maintenues en garde à vue au-delà de la durée maximale prévue par la loi et les policiers falsifiaient leur date d’arrestation afin de dissimuler la durée réelle de leur détention. Elles risquaient tout particulièrement d’être torturées ou victimes d’autres formes de mauvais traitement pendant cette période.

Cependant, il était courant que les tribunaux ne prennent pas en compte les allégations de torture formulées par les accusés, retenant à titre de preuves des « aveux » qui auraient été obtenus sous la torture. À la connaissance d’Amnesty International, aucune enquête officielle n’a été ouverte à la suite de plaintes pour torture, et les forces de sécurité continuaient d’agir en toute impunité.

- Ramzi Romdhani, qui purgeait une peine totale de 29 ans d’emprisonnement prononcée en 2008 aux termes de la loi antiterroriste de 2003, dans neuf affaires distinctes, a affirmé avoir été torturé et maltraité en avril par des gardiens de la prison de Mornaguia. Il a été conduit en août dans les locaux de la Direction de la sûreté de l’État où, selon ses dires, des membres des services de sécurité l’ont torturé à l’électricité et suspendu par les poignets et les chevilles. Il aurait également été suspendu par le cou pendant quelques secondes et menacé de mort. Ramzi Romdhani a affirmé avoir de nouveau été torturé pendant deux jours, en décembre, par des agents de cette Direction. Il a subi des lésions oculaires graves.

Peine de mort

Deux personnes au moins ont été condamnées à mort mais aucune exécution n’a été signalée. Le gouvernement maintenait un moratoire de facto sur les exécutions depuis 1991. Des prisonniers restaient toutefois sous le coup d’une sentence capitale et les contacts avec leur famille ou leur avocat leur étaient interdits.

Visites et documents d’Amnesty International

v Des délégués d’Amnesty International se sont rendus en Tunisie en septembre-octobre. Ils ont rencontré des défenseurs des droits fondamentaux, des journalistes et des victimes de violations des droits humains et leurs proches.

4 Tunisie. Derrière le « miracle économique » tunisien : les inégalités et la criminalisation de l’opposition. Le droit de ne pas subir de discrimination est un droit fondamental (MDE 30/003/2009).

4 Tunisie. Les violations des droits humains se poursuivent au nom de la sécurité (MDE 30/010/2009).

4 Tunisie. La banalisation des manœuvres visant à museler l’opposition ternit l’élection présidentielle toute proche

(MDE 30/013/2009).

Lien : http://thereport.amnesty.org/sites/default/files/AIR2010_AZ_FR.pdf

  Tunisie: lancement de la première banque islamique tunisienne

 AFP -28/05/2010 22:20
TUNIS, 28 mai 2010 - La première banque islamique tunisienne créée avec un capital initial de 25 millions de dollars a lancé vendredi officiellement ses activités.
Le promoteur de cette banque, baptisée Zitouna (Olivier), l'homme d'affaires Mohamed Sakher El Materi, par ailleurs gendre du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, détient 51% du capital.
"Notre idée de fonder une banque islamique en Tunisie répondait à plusieurs motivations (..) celles de consolider et d'enrichir le dispositif bancaire et financier de notre pays en offrant de nouvelles solutions innovantes et complémentaires aux produits et services déjà mis en place par les banques conventionnelles", a indiqué vendredi à la presse M. Materi.
A l'horizon 2011, le capital social de Zitouna qui démarre avec 9 agences sera porté à environ 66 millions de dollars US, a précisé son directeur général Amor Néji.
Il est prévu d'ouvrir une vingtaine d'agences par an durant les cinq premières années, a-t-il ajouté.
La banque Zitouna réunit autour de son groupe "Princesse El Materai Holding" six des principaux groupes privés tunisiens (La Carte, Poulina, TTS, Bouchamaoui, Délice-Danone et Ulysse Trading & Industrial Companies).
Le conseil d'administration de la banque est mis sous contrôle d'un comité Charia (législation islamique) présidé par le Cheikh Mohamed Mokhtar Sellami, ancien Mufti de la République, la plus haute autorité religieuse du pays.
Les principaux fondamentaux de la finance islamique sont l'interdiction de l'intérêt appelé aussi usure et la responsabilité sociale de l'investissement. Elle lie plus étroitement la rentabilité financière d'un investissement avec les résultats du projet concret associé.

Lancement de la première banque islamique tunisienne

Associated Press, le 28 mai 2010 à 23h55
TUNIS (AP) -- Première banque commerciale tunisienne spécialisée dans la finance islamique, la banque Zitouna (l'olivier) a démarré ses activités vendredi.
Fondée par le gendre du président Zine El Abidine Ben Ali, l'homme d'affaires de 29 ans Mohamed Sakhr Materi, la nouvelle institution est dotée d'un capital initial de près de 19 millions d'euros, qui doit être porté à 54 millions d'euros fin 2011.
Il est détenu à concurrence de 51% par le Holding Princesse Materi, appartenant à son fondateur, avec le concours de six grands groupes privés tunisiens.
Ses opérations seront "conformes aux principes de la finance islamique" qui repose sur l'interdiction de l'intérêt et de l'usure, de la spéculation ou du hasard et le partage des risques. Parmi ses structures figure un comité de la "chariâa"
(législation islamique) présidé par l'ancien mufti Cheikh Mohamed Mokhtar Sellami.
M. Materi, qui est par ailleurs membre de la chambre des députés, a lancé il y a environ trois ans la première radio religieuse, "Radio Zitouna", très écoutée en Tunisie.
 
Anti-censorship movement in Tunisia: creativity, courage and hope!

Sami ben Gharbia

Following the recent massive wave of online censorship carried out by the Tunisian censor, targeting major social websites, such as the popular video-sharing websites, flickr, blogs aggregators, blogs, facebook pages and profiles, the anti-censorship movement adopted very creative, outspoken and brave tactics in protesting the online censorship. A censorship that is not only harming the country’s average Internet users but is also affecting professionals whose work is relying on web 2.0 services and platforms, like youtube, flickr and other media-sharing websites.

Far from being exaggerated, the Tunisian anti-censorhip movement is one of the best innovative in the world and has been adopting creative approaches and tactics from its early beginning to its current stage. From Yezzi Fock Ben Ali! (Enough is enough, Ben Ali!) and its online protest “Freedom of Expression in Mourning” organized during The World Summit on the Information Society (WSIS) held in Tunis in November 2005, to the Google Earth bombing for a free Tunisia, and the several national days and white notes against censorship, despite its technical and tactical advantages, has never managed to go offline and reach out to the average masses of Tunisian Netizens. It was mainly limited to a hard core of digital activists and bloggers who are pushing for a political and social change by making sure to remain independent from any political party while putting their struggle for online free speech within the continual and broader battle for fundamental rights and justice led by the civil society.

But things are about to change, since the new wave of online censorship is affecting everybody and is not anymore targeting the very dissent and political blogs and websites. Which is why it was not surprising at all to see how much the Tunisian internet community is abuzz with discussions related to various aspects of censorship policy and how much it is embracing and contributing to the anti-censorship protest.

The new anti-censorship efforts, which were prepared and organized publicly online by grassroots activists – on facebook, twitter and Google Groups and Docs – were involved in a wide range of initiatives and here are the most important ones:

* a petition aiming to gather 10,000 signatures against censorship; it has already surpassed the planned target with more than 11,729 members on Facebook;

* an open letter to the Tunisian President “La censure nuit à l’image de notre pays” (“The 404 not found” is spoiling the image of my country). So far more than 8,000 members have joined the facebook page;

* a virtual and online protest, banned few hours after its launch and called Sayyeb Sal7 (Facebook page), an expletive in Tunisian dialect which means “leave me with peace!” and mockingly refers to ‘Ammar 404‘, an “imaginary person invented by Tunisia as a metaphor for the invisible censor blocking their access to many websites“;

* an effort to index all banned blogs, websites, facebook and twitter accounts;

* providing tips, on how to bypass the ban, and easy circumvention tools to access banned websites and blogs using the viral twitter linking technique.

* an outreach effort to involve the artistic circle and media figures in Tunisia was successful enough to bring new voices to the fore of Tunisia’s citizen protest against censorship, with new songs being produced and TV (NessmaTV) and radio (MosaiqueFM) presenters addressing, and not without mockery, the censorship which, according to one of them, is infantilizing Tunisian citizens.

However, the move that will revolutionize the entire protest had the merit to bring it offline. All started when the virtual protest culminated in a non-virtual one with the initiative Nhar 3la 3ammar (A day against the censor, or manif22mai, #manif22mai on twitter). Two activists and bloggers, Slim Amamou (@slim404) and Yassin Ayari, took upon themselves the courageous responsibility of calling to rally in front of the Tunisian Ministry of communication technologies on May 22nd, while ensuring to request a permit and respect the proper legal procedures which are required to hold a rally. The rally in Tunisia was also part of a May 22 worldwide day against Internet filtering in the country.

Slim and Yassine, joined at a certain point by Lina Ben Mhenni, mastered the art of communication by making sure to update their friends and sympathizers about each step they are taking, producing a serie of videocasts published on the not-yet-blocked video-sharing website vimeo as well as on facebook.

And the expected happened: on May 21, a day before the rally, the two main organizers were arrested and investigated during the entire day. They appeared later on separate video messages where they were forced by the security forces to call off the rally and urge protestors to stay home. Slim was also forced to sign a document stating that he “understood that his call for a demonstration is wrong.”

The Police demanded that Slim records a video asking people not to show up for the planned demonstration. Apparently, Slim had to negotiate the terms of this “friendly public service announcement.” Afterwards, he had to sign a document saying that he “understood that his call for a demonstration is wrong” and then he was driven out by the police to record that “friendly reminder to stay home” aimed to dissuade people from demonstrating.

The same evening, a communiqué signed by the friends of Yassine & Slim – translated here by our friend from Morocco, Hisham (also available in French and in Arabic) alerted the public opinion and called for a plan B: “walk on Avenue Habib Bourguiba, in downtown Tunis, wearing white shirts and sit in the cafes on May 22nd at 3 pm, as a symbolic act to protest internet censorship“:

Friday May 21th, from 11 am local Tunis time and until now (6.30 pm), it has become impossible to contact any of both organizers of the citizen’s march, Slim Amamou and Yassin Ayari. This comes despite the fact that both organizers insisted they wouldn’t turn off their cell phones, not today, nor tomorrow, and that in the case their phones were not working they would use any internet connection from any public space nearby. Add to this the fact that Slim’s car was parked near Habib Bourguiba Street, and that most probably both organizers were contacted by the Ministry of the Interior to announce the march was disallowed (…), we assume tat they are now at the headquarters of the Ministry of the Interior or any of its affiliate centers.

Tomorrow, May 22 is the day of the march, called for by Slim and Yassin, who strictly followed the procedures prescribed by the law protecting the right to protest set forth by the constitutional (specifically Law No. 4 of 24 January 1969 “organizing public meetings and processions and demonstrations and gatherings,” particularly the chapters from Part II and Chapter I in Part I). We call on all citizens to consult the text of the law governing the right to demonstrate available in Arabic and French.

[...]

No one can declare the march “illegal” (nor “legal” for that matter) if the initiators can’t lead it. And until this moment it seems there is no possibility that they would. But at the same time, and as friends of Slim and Yassin, we can’t ignore the many indicators that prove that the march has been banned indeed. And it is necessary to inform everybody of all obstacles and difficulties so as not to leave Slim and Yassin exposed to liability or legal consequences in case the march is declared illegal.

At the same time we call upon all those who do not see the possibility of participating in the march to join the following initiative.

The initiative was clearly supported by Slim and it calls on supporters to walk on Avenue Habib Bourguiba wearing white shirts and sit in the cafes on Saturday at three o’clock pm, as a symbolic show of protest against [internet censorship]. At the same time we call on everyone to respect the campaign slogans and principles and focus on the issue of internet censorship and continue all efforts aimed at denouncing censorship by following legal means. Of course, we are also calling for the release of Slim and Yassin (if they are not freed before three o’clock on Saturday 22 May), free of any legal prosecution, since they upheld all legal procedures as mentioned earlier.

On May 22, Tunisians living abroad took to the street in front of their country’s embassies and consulates in Paris, Bonn and New York. In Tunis, dozens of young Tunisians have managed to converge on Avenue Habib Bourguiba and took part in the protest. And even if the presence of uniformed and plain-clothes police barring access to the flash mob site and making it impossible for an important number of sympathizers – easily recognizable by their white T-shirts – to join the protest or remain seated in the café terraces, Tunisia’s first flashmob protesting online censorship was a successful story that should inspire us all.
 

(Source: le blog de Sami Ben Gharbia (censuré en Tunisie), le 28 mai 2010)

Lien: http://samibengharbia.com/2010/05/28/anti-censorship-movement-in-tunisia-creativity-courage-and-hope/

 


TRIBUNE
« Je répète aux gardiens du zoo que je suis humain »

Par Taoufik Ben Brik | journaliste 

Le journaliste tunisien Taoufik Ben Brik, qui a été condamné à six mois de prison ferme dans une affaire montée de toute pièce, se dit victime de harcèlement policier depuis qu'il a purgé sa peine. Revenu dans son pays après un bref passage à Paris au lendemain de sa libération, il envoie ce texte comme une bouteille à la mer.
 

26 mai à dix heures, j'ai rendez-vous chez le radiologue du quartier Ennasr II pour une radio panoramique numérique cent pour cent. Mon médecin dentiste, Dr Sabiha Mahjoub, me l'a prescrite pour déchiffrer des douleurs inexpliquées au menton droit.

En bas, à quelques mètres de chez moi, du côté du salon de thé Les Champs Elysées, une garnison de costumes noirs a fait mouvement. C'est la police présidentielle. Un corps qui n'a de compte à rendre qu'à lui. Lui, c'est lui. Ben Avi, Zaba, Be-naâli, Benzai…

Une police qui n'a rien d'une police. Une police sans honneur qui ne respecte pas la parole donnée. Elle avance affublée d'un faux-nez, spécialiste des coups fourrés et des basses besognes. Un ramassis de limaces invertébrées (voir « Le Seigneur des anneaux » pour avoir une p'tite idée) qui ne savent ni articuler les mots ni se déplacer comme des terriens. Leurs mieux dires, ce sont des grognements enveloppés de crachats, entrecoupés de mots orduriers et de gestuelles de macaque. Je connais le cirque. Bizarre ? Cette fois, la musique me dit : « Voulez-vous danser ? »

« On te liquidera un jour ou l'autre. »

Des croassements sortent de leurs goitres, débités en rafales. On dirait qu'ils bondissent sur chaque mot à prononcer, comme des charognards sur un cadavre exquis. Comme si, les ayant dits, ils cherchaient déjà à les rattraper :

- « Win machi si …i ? (Où vas-tu enfoiré ? )

- Bayoû, Rawah… ….. ? (Vendu, rentre chez toi, .... ? )

- Ma tkhafech, gatlinek, gatlinek…win bech titkhaba ? Njibouk min kirech el houta. (Ne te fais pas de bile. On te liquidera un jour ou l'autre. Tu n'as nulle part où te cacher. On t'aura même dans le ventre d'une baleine) »

La suite… On a un sacré chantier là, crachats, hurlements :

« Tfouh. N'âalbouk… ....… Des cris de bêtes forcées, vaincues, hurlant leur haine, la haine que lance la bête qui traque sa proie. Rien n'a plus d'importance que le sang qui gicle… Groin… Groin… Groin… »

Ne vous méprenez pas, nous sommes bel et bien chez Ben Ali. En 2010. Une année lumière pour les uns, science-fiction pour les autres. Et je suis toujours en prison. J'ai passé 180 jours derrière les barreaux. Et devant les barreaux qu'est-ce qu'il y a ? Des barreaux humains. Le purgatoire. Un bagnard qui continue à purger sa peine.

Qu'est-ce que la prison, si ce n'est traîner un boulet toute sa vie.

Rêver de devenir, à mon tour, un mangeur d'hommes

Je sais que je ne suis pas le seul au monde à qui cela arrive, mais je suis bien seul quand cela arrive. Seul quand il arrive. Que puis-je faire à ce qui m'arrive ?

Depuis cinquante ans, je n'arrête pas de dire aux gardiens du zoo que je suis humain. Le jour où ils s'apercevront que je ne suis pas une bête, il sera trop tard. Je serai devenu une créature envoutée par la lune. Les poils m'auront poussé sur la langue.

Combien de fois me suis-je surpris à rêver, désirant devenir, à mon tour, un mangeur d'hommes ? Je rêve de leur couper les oreilles, de percer leurs yeux avec des tiges de fer rouge, de leur couper un bras, de remplir leurs narines de bitume, juste pour qu'ils sachent ce qu'est le désarroi d'un homme déshabillé de sa LIBERTE.

(Source : « Rue 89 » (Portail d’information et de débat - France), le 27 mai 2010

Lien : http://www.rue89.com/2010/05/27/depuis-50-ans-je-repete-aux-gardiens-du-zoo-que-je-suis-humain-152609

 


Algérie - Le ministre de l'Energie remercié


 
Reuters, le 28 mai 2010 à 23h15

par Christian Lowe et Lamine Chikhi

ALGER, 28 mai (Reuters) - Le ministre algérien de l'Energie, Chakib Khelil, a été limogé et remplacé par Youcef Yousfi, ancien haut fonctionnaire du secteur de l'énergie et diplomate qui retrouve ainsi un poste qu'il a déjà occupé.
Chakib Khelil est pour sa part "appelé à d'autres fonctions", ajoute l'agence officielle APS qui, comme les autres médias officiels, ne donne aucune précision sur la raison de son départ.
Agé de 69 ans, le nouveau ministre avait été nommé en 1985 PDG de la Sonatrach, la société nationale algérienne d'hydrocarbures dont il avait été auparavant le vice-président chargé du marketing.
En 1997, il est nommé ministre de l'Energie et, à ce titre, assume pendant un an la présidence tournante de l'Opep. Ces dix dernières années, il se voit confier des postes diplomatiques, sans lien direct avec le secteur de l'énergie.
Entre 1999 et 2001, il dirige la diplomatie algérienne. Par la suite, il a représenté son pays au siège new-yorkais des Nations unies et a été ambassadeur auprès du Canada.
Youcef Yousfi, considéré comme un partenaire fiable par les compagnies pétrolières étrangères et très respecté au sein de l'Opep, retrouve le ministère coiffant le secteur énergétique alors que les cours mondiaux du gaz chutent. Les projets visant à augmenter les capacités d'exportation de l'Algérie accusent des retards et l'intérêt des grandes compagnies pétrolières pour de nouveaux permis s'essoufle faute d'attractivité financière.

"UNE DECISION LOGIQUE"

Selon un analyste, le limogeage de Chakib Khelil s'explique en partie par un réalignement politique en Algérie.
Le ministre remercié, un ancien cadre de la Banque mondiale formé aux Etats-Unis, est en effet un allié du président Abdelaziz Bouteflika.
"Compte tenu des pressions exercées sur Khelil et des pressions politiques pesant sur le chef de l'Etat, ce n'était qu'une question de temps avant que Khelil ne soit remplacé par une personnalité plus en phase avec l'environnement politique", analyse Geoff Porter, directeur général du consultant new-yorkais K2, Global Consulting.
Pour cet analyste, son successeur est un professionnel compétent. "Yousfi (...) a toutes les compétences pour diriger le ministère de l'Energie", dit-il.
Des médias algériens avaient fait état de la fragilité de la position du ministre limogé après le départ du PDG de la Sonatrach dans le cadre d'une enquête sur la corruption cette année. Toutefois, rien ne suggérait que Khelil avait commis des irrégularités.
"Après les scandales éclaboussant la Sonatrach, nous nous attendions à ce que Bouteflika limoge Khelil. C'est une décision logique", déclare Mohamed Lagab, professeur de sciences politiques à l'université d'Alger. "Son successeur est un spécialiste de l'énergie capable d'apporter la stabilité au secteur du pétrole et du gaz."
L'Algérie fournit un cinquième des besoins en gaz de l'Europe.

FREEDOM ARMADA IN AND OUT GAZA MUST BE SUCCESSFUL!..
-THIS IS THE REAL OPPORTUNE EVALUATION OF HUMANITY IN 21ST CENTURY-

 

By Hend Harouni-Tunisia
 

In the Name of Allah The Clement, The Merciful & Prayer and Peace Be Upon Our Loyal and Sincere Muhammad Prophet
Tunis on the 28th of May 2010 -15  Jumada Al Akhera 1431
First, I would like to express my respect to all the free people taking part in the Armada of Freedom to Gaza and send them my best salutations and pray ALLAH to support them also to request them to transmit my strong and warm Salam to Gaza people and to the precious land.
These courageous people are doing their duty and sacrificed their lives for this noble human objective as all the legislations and all the possible interpretations can only be in their favor.
They are to be saluted for their action and not ill-treated under any shape of “rejection treatment” by zionists.
There is no explanation at least for the following :
The zionists committed their inhuman crime on Gaza as recognized as such at a universal level, and still continue their ”slow death” practice and “reject” all the human positive initiatives who face this crime.
This actual great event strongly represents to what extent the human values are to be concretized by deeds it can be no other than making the Armada of Freedom get into and also get out of Gaza inshallah safely and successfully and for all who are in this Armada without the least exception.
Likewise, this also is not only a siege breaking but also a defense of the human rights principles and the right of the peoples to exist with dignity as it is a civil noble approach of rejection of the human war crime : “killing one people”, a general group sanction that is unacceptable in all perspectives especially on religious, legislative and human rights bases.
Thus, this time with the important components shaping this big Armada of Freedom, in figures of “gifts in tons’ loading to Gaza people, all the persons and their natures and importance shaping the strong and diversified solidarity team can but enter Gaza.
THIS ARAMADA OF FREEDOM MUST SUCCEED TO MAKE PEOPLE IN THE WORLD WHO RESPECT THE HUMAN BEING STILL BELIEVE THERE IS HOPE!.
This is a duty that history will register and will not tolerate if the zionists prevent them from getting into/out of Gaza without any danger.
ALLAH IS WITH ALL OF YOU!
*Thanks to Turkey, to Algeria, to Kuwait, To Ireland, to Greece and the list is Alhamdulileh too long.
With my respectful regards to all who participated in this action whether directly or indirectly and special expressions the journalists and all the medias reporting this important historical event in details.
LONG LIVE GAZA! FREEDOM TO THE GAZAOUI PEOPLE!


Le nucléaire iranien  et la stratégie d’hégémonie occidentale.

 Mizaanoun

Une civilisation devenue plus judéo  que chrétienne.

La crise financière  qui agite tout l’Occident et le monde et dont les ficelles ou les causes sont entre les mains de Lehmann Brother, Goldmann Sachs, Bernard Madoff etc. tous, par hasard, juifs, l’apparition dans des différents points de la planète d’états insurgés (Pour l’Occident, ils sont des états voyous.) contre l’ordre mondial en cours, comme le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur en Amérique Latine, l’embourbement dans les invasions de l’Irak, de l’Afghanistan avec le dérapage sur le Pakistan et tout dernièrement l’intervention sur la scène politique mondiale de deux grands pays comme le Brésil et la Turquie, pour ne citer que ces quelques exemples, constituent des facteurs très peu favorables à un déclenchement d’hostilités de grandes envergures contre l’Iran. Du moins de la part des États-Unis et de l’Occident. Ce qui n’exclut pas une opération « unilatérale » d’Israël à laquelle il finira par entraîner les uns et les autres de ses alliés et protecteurs. Le « Sunday Times » d’aujourd’hui dimanche 30 mai 2010 rapporte la présence, face aux côtes iraniennes de sous-marins nucléaires donnés en cadeau par l’Allemagne aux israéliens. Ils ont traversé le canal de Suez, entre autres navires de guerre, avec les applaudissements de Hosni Moubarak. Personne n’est aussi dupe pour penser que les juifs, les us-américains et le reste des navires et forces militaires de l’OTAN, se trouvent dans cette région du monde arabe et musulman en villégiature !?  

L’analyse faite par le professeur arabe[1] de sciences politiques, sur la question du nucléaire iranien, principalement, comme la lecture d’autres pensées et articles  d’écrivains et d’analystes occidentaux – que la guerre ait lieu tout de suite ou dans quelque temps – donnent un éclairage sur un des principaux aspects de la stratégie us-américaine et occidentale dans son ensemble dans sa stratégie de domination du monde. Une domination impitoyable et qui, en fin de compte, profite beaucoup plus aux juifs qu’aux chrétiens eux-mêmes. Comparant les deux pays, la Corée du Nord et la République Islamique d’Iran le professeur écrit :

 « Dans la stratégie us-américaine et occidentale, il n’y a rien de commun entre l’Iran et la Corée du nord à part le dossier nucléaire dans chacun des deux pays. Dans toute zone du monde que les occidentaux en général, et, les us-américains en particulier, considèrent d’intérêts vitaux, on n’est jamais disposé à permettre à un pays se trouvant dans cette zone de devenir une force sous quelque forme que ce soit, économique, scientifique, culturelle et encore moins nucléaire. Car, de leur point de vue, atteindre un tel stade constitue un danger de haute gravité, sinon mortel. Dans la mesure où un projet nucléaire arrive à aboutir et doter réellement le pays concerné de l’arme atomique ou de simples connaissances dans le domaine, ça conduirait inévitablement à un changement de la règle du jeu en vigueur. Ce qui remet en question les fondements essentiels de la stratégie en cours,  établie par la force des canons et des navires de guerre européens depuis le dix huitième siècle.»

Tout ce qui a précédé le 18ième siècle en « Amérique Latine » en Afrique et en Asie n’était que le prélude à l’instauration des bases de cette stratégie occidentale qui va prendre sa forme de domination globale actuelle. Le philosophe et écrivain français Edgar Morin affirme à juste titre : « La domination occidentale est la pire de l’histoire humaine dans sa durée et son extension planétaire[2]. De son côté Jean Ziegler donne dans son livre plus de précisions sur cette domination et écrit : « Quatre systèmes de domination se sont succédés dans l’Histoire. D’abord, celui dit des « conquêtes ». Dès 1492, les occidentaux ont découvert les Amériques et pris possession des terres. Ils ont détruit ou mis aux fers des populations jusqu’alors inconnues ».[3] L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano, de son côté, a parfaitement décrit cette prise de possession des terres suivie de l’extermination d’une grande partie de la population autochtone ou indienne et des siècles d’esclavage des noirs ramenés par la force de leur Afrique natale vers les nouvelles terres.[4] C’étaient des longs siècles de ténèbres  et qui perdurent.

Jean Ziegler continue : « Vint ensuite le temps du commerce triangulaire de la déportation massive d’Africains noirs vers le continent américain dépeuplé par le massacre des indiens…

Donc avant d’arriver au 18ième siècle qui va donner lieu à l’établissement de la stratégie hégémonique occidentale sur le monde, deux continents, au moins, l’Amérique dans son ensemble et l’Afrique avaient déjà subi des dévastations, des massacres, des destructions massives et des génocides desquelles, ils ne se sont plus relevés. Le tour de l’Asie viendra un peu plus tard avec les colonisations, anglaise, française et hollandaise, entre autres et qui vont profiter, d’une manière directe ou indirecte, à toute l’Europe.

« Les métaux précieux pillés des nouveaux domaines coloniaux vont stimuler le développement économique européen et on peut ajouter même, sans risque d’erreur, qu’ils l’ont rendu possible. Ecrit Eduardo Galeano. Tous les trésors perses conquis par Alexandre Le Grand qui ont été déversés sur tout le monde hellénique ne pouvaient être comparables à la formidable contribution de l’Amérique Latine au progrès d’autrui. (Au fait ce genre de progrès va conduire à l’hégémonie occidentale). Si les mines d’Or et d’Argent, en Amérique Latine, étaient exploitées par les colons espagnols, ce n’est pas à ce royaume que vont profiter, ces métaux précieux. Comme on le disait déjà au XVII siècle, l’Espagne est comme la bouche, par rapport au corps, qui reçoit les aliments afin de les mastiquer, les triturer pour les envoyer par la suite aux autres organes, ne retenant, pour elle-même, que le goût fugitif et les particules  qui par hasard reste coincées entre les dents. Les espagnols élèvent la vache et ce sont les autres qui boivent son lait.[5] » Ce qui explique, en quelque sorte, le retard de l’Espagne et du Portugal par rapport au reste de l’Europe et qui ne changera qu’avec l’entrée de ces deux pays dans la Communauté Européenne vers le milieu des années quatre vingt du siècle dernier.    

Les grandes différences entre la Corée du Nord et l’Iran.[6]

« Donc le lien entre la Corée du Nord et la République Islamique d’Iran dans cette soi-disant préoccupation stratégique us-américaine semble, de prime abord, résulter de la logique d’un même sujet. Pourtant les différences qui ressortent de la divergence des deux dossiers sont énormes et fondamentales quand on compare les dimensions et l’importance vitale des intérêts que les États-Unis craignent d’être remis en question dans la mesure où l’une des probabilités de posséder une force  nucléaire devienne réalité.

La différence dans l’intensité des réactions des États-Unis et de l’Occident en général envers l’Iran et la Corée du Nord, constitue la clef de voute qui dévoile l’importance des intérêts menacés – aux yeux de l’Occident – avec l’apparition d’une force nucléaire arabe ou musulmane au Moyen Orient comparés à ceux qui pourraient subir les conséquences de la  force nucléaire de la Corée du Nord dans le Sud-est asiatique.      

Bien qu’il soit aussi question de la Corée du Nord dans le discours officiel us-américain se rapportant aux questions de l’armement nucléaire, comme d’ailleurs il est courant de voir les responsables us-américains qui voyagent dans l’est asiatique évoquer le sujet avec leurs différents interlocuteurs de la région, il est impossible de comparer ça avec les activités diplomatiques us-américaines et occidentales tous azimuts suivies de menaces et d’intimidations de moins en moins voilées à l’égard de la République Islamique d’Iran. La campagne d’hostilité et de diabolisation menée par les États-Unis et l’Occident contre ce dernier pays, à travers les différentes organisations et congrégations mondiales, les tournées des hauts responsables occidentaux et surtout les médias, dans le but d’inciter les régimes arabes auxiliaires afin qu’ils participent dans la création d’une atmosphère de haine contre l’Iran dans la région et dans le monde arabo- islamique, le tout finit par réduire le dossier nucléaire nord-coréen à un objet secondaire, voire marginal, dans l’agenda de la stratégie us-américaine et ce malgré les affirmations répétées de la Corée du Nord de ses intentions de produire et posséder l’arme atomique et non pas la possession de l’énergie nucléaire à des fins civiles et pacifiques comme ne cesse de l’affirmer officiellement l’Iran.

Il n’y a pas de doute sur les raisons évidentes qui se trouvent à l’origine de la position us-américaine et occidentale en général et qui diffèrent, d’une manière évidente, selon qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre des deux dossiers et des deux pays. Ces raisons se résument comme suit:

L’Éden des intérêts us-américains et occidentaux

1-La différence de la nature vitale des intérêts us-américains et occidentaux dans la région où se trouve l’Iran par rapport à ceux où se trouve la Corée du Nord. En effet les intérêts occidentaux en question en Iran même et dans la région qui l’entoure sont totalement distincts dans leurs dimensions et dans leur importance, ce qui exige un comportement politique différent de celui accordé aux intérêts us-américains et occidentaux dans la région où se trouve la Corée du Nord. La nature de ces intérêts dans la région arabe, c’est qu’ils sont d’abord sans réciprocité aucune et ensuite ils sont de dimensions formidables. C'est-à-dire que seuls les intérêts occidentaux sont l’objet des relations entre l’Occident et les régimes politiques arabes dans la région. Car ces régimes arabes dont l’existence et la continuité dépendent de la volonté occidentale, ne peuvent échanger des intérêts nationaux inexistants dans les pays où les populations sont soumises à leur dictature contre les intérêts vitaux de l’Occident. Autrement dit, ces régimes n’ont pas d’intérêts à défendre ou qui exigent une négociation ou une tractation quelconque avec l’Occident. Leur seul intérêt consiste à ce qu’il leur soit permis de continuer au pouvoir et en assurer la succession à leurs descendances sinon à leurs proches, chose que l’Occident accepte volontiers soit en les appuyant en cas où ils se trouvent en position difficile, soit en adoptant une attitude de complaisance quand ils sont forts et commettent les crimes les plus abominables envers ces populations assujetties ne sachant comment arriver à une volonté d’action collective pour se rebeller contre eux et contre leurs appareils de répression multiples.  

En effet cette région arabo-musulmane représente pour les États-Unis et pour l’Occident, « l’Éden des Intérêts » comme le sont les paradis fiscaux pour les spéculateurs les criminels de tout calibre. Par conséquent les intérêts dont il est question de conserver sont d’un côté, d’importance vitale et de l’autre, à sens unique dans les relations entre les régimes arabes et l’Occident. Tout à fait le contraire en ce qui concerne les intérêts us-américains et occidentaux dans la région où se situe la Corée du Nord. Dans cette région du monde les intérêts sont mutuels et sont soumis à la règle du jeu de l’échange de  concessions de part et d’autre et sur le même pied d’égalité entre les parties.

À titre d’exemple, les intérêts  us-américains en Chine sont, sans doute, de grande importance, mais ce qu’exige la Chine, en contre partie, n’est pas moindre ni dans les dimensions ni dans l’importance par rapport à ce que désirent obtenir les États-Unis de la Chine. De même font les russes, les hindous ou les japonais. Tous échangent leurs intérêts contre les intérêts us-américains sans se préoccuper ni des conséquences, quand les transactions se déroulent dans l’acquiescement mutuel  ou de la foudre us-américaine dans le cas où telles transactions n’aboutissent pas. Ils ne se font aucun soucis sur leur situation au pouvoir, parce que ou bien ils sont des gouvernants de grandes puissances et ils se passent de la bienveillance us-américaine comme de leur mauvaise humeur, ou bien ils sont des gouvernants de pays démocratiques où leur arrivée au pouvoir et leur continuité n’ont rien à voir ni avec la complaisance, ni avec le courroux us-américains. Contrairement aux gouvernants arabes qui s’imposent à leurs populations dans des pays nains issus d’un découpage intentionnellement malveillant contenu dans les lignes de la stratégie occidentale  et par conséquent, ils n’ont pas d’intérêts nationaux spécifiques  hors de l’espace vitale us-américain.

C’est pour cela que l’apparition de la Corée du Nord comme force nucléaire dans sa région, malgré les appréhensions réelles ou de simple mise en scène  us-américaine ou leur refus verbal à une telle probabilité n’a, en fin de compte, aucune conséquence sur les dimensions des intérêts us-américains pour  leur réduction ou pour leur amplification. De toute manière ça ne change en rien la règle du jeu qui détermine leurs relations avec la Chine ou la Russie, car la possession de l’arme atomique par la Corée du Nord pourrait constituer un danger pour tous, mais n’a aucune influence – par exemple – sur question des relations sino-us-américaine en ce qui concerne Taiwan ou sur le commerce extérieur. De même sont les conséquences pour ce qui concerne les puissances proches ou lointaines comme la Russie ou l’Inde. Alors que la situation serait totalement différente dans le cas de l’apparition de l’Iran comme une puissance nucléaire dans une région considérée aujourd’hui comme le plus important paradis des intérêts occidentaux sur la planète.

 

La révolte de l’esclave contre son maître.

Bien que l’acquisition de l’arme atomique ne représente aucun danger sur la sécurité territoriale des États-Unis, mais un tel succès iranien constituerait, à court ou moyen terme, une menace terrible  contre les piliers  d’une stratégie bien ancrée, d’abord dans l’esprit occidental lui-même, par la suite, dans la région et enfin dans le monde entier. Une stratégie dont l’âge remonte à plus des quatre siècles en arrière. Ainsi les retombées négatives sur les immenses intérêts us-américains et occidentaux et sur la règle du jeu qui les régit deviennent inévitables et pourraient rompre les lignes rouges de ce paradis dont les gigantesques bénéfices sont le monopole exclusif de l’Occident. Des bénéfices qui lui arrivent intégralement et comme pluies bénies. Donc l’émergence de l’Iran et ses succès aussi modestes soient-ils sont perçus, par l’Occident et son pivot les États-Unis, tout simplement, comme une révolte de l’esclave contre son maître et sa libération définitive de ses chaînes. Pire encore est la conséquence inéluctable de cette libération sur le reste des esclaves de la région.

2- La Corée du Nord aux moyens matériels et démographiques très modestes ainsi que de par la nature de son régime politique pourrait difficilement jouer le rôle d’instigateur ou même constituer un exemple à suivre pour les grandes puissances qui l’entourent dans la région. Ni la Russie, ni la Chine n’ont réellement besoin de la Corée Nucléaire pour les soutenir face à l’Occident. De même les États-Unis n’ont aucune raison de craindre les effets idéologiques de la Corée du Nord sur les autres peuples de la zone. Une telle idéologie a fini de susciter des craintes en Occident, même quand elle est adoptée par une grande puissance comme la Chine. Que dire alors quand elle est celle du régime de Kim Il Song qui a des grandes difficultés à assurer le bol de riz quotidien à sa population ?

Pour tout ce qui a précédé, la Corée du Nord nucléaire ou non ne peut constituer un exemple à suivre pour ses voisins. Aucune crainte occidentale n’est justifiée sur un changement de situation en ce qui concerne les pays voisins si on excepte l’autre partie de la Corée qui semble cheminer vers l’unification au détour d’un changement politique dans la partie nord. Toute autre crainte de la Corée du Nord pourrait être due à ce que ce pays finisse par livrer ses connaissances nucléaires à d’autres pays, groupes ou organisations.    

Là réside la très grande différence entre ce dernier pays et la République Islamique d’Iran. Une différence que lui octroient d’abord sa situation géographique et la nature de ses relations avec les pays de son environnement. Les relations de l’Iran avec les pays arabes ont été tissées par les longs siècles d’histoire, de religion commune et enfin de culture qui sont telles, qu’il est difficile de distinguer nettement l’origine arabe ou iranienne d’une grande quantité de savants, de philosophes et de dirigeants qui ont porté haut l’étendard de la civilisation arabo-islamique durant des longs siècles. Et ainsi les relations d’associations entre les arabes et les iraniens dans le but de mettre les fondements et le début d’une renaissance placent l’Iran dans la même position pour influer et être influencée comme aucun autre pays islamique non arabe.

Si on ajoute à cet héritage historique partagée, qui continue d’être d’actualité et puissant, les moyens considérables de l’Iran qui pourraient se couronner d’une force nucléaire, il est indéniable qu’elle puisse constituer une solide dynamique, une source d’inspiration et d’encouragement dans toute la région et en même temps servir d’exemple. Depuis la fin des années soixante dix et jusqu’au jour où l’Occident a commencé de parler d’un dossier nucléaire iranien – mis à part la tentative de l’Irak dans le début des années quatre vingt – aucun discours politique arabe n’avait jamais prononcé le terme nucléaire. À moins que ça soit au cours de conciliabules concernant les armes nucléaires israéliennes. Par contre dès qu’il est devenu question de programme nucléaire iranien, on a vu toute une éclosion de discours dans la région qui réclament la construction de centrales et de programmes nucléaires à usage pacifique.

Quelle que soit la réalité des intentions de certains régimes arabes, si elles sont pour contrecarrer l’Iran ou tout simplement pour servir de simple surenchère avivée par l’Occident et quelles que soient les véritables raisons, il ne reste pas moins que les réactions soulevées par l’action de l’Iran dans la région n’ont rien de comparable avec celles soulevées par la Corée du Nord dans sa propre géographie. Et là résident les raisons fondamentales qui font du dossier nucléaire iranien une question de haute priorité dans l’agenda des États-Unis et de l’Occident.

3-Une autre différence de taille entre les deux pays concerne l’inaccessibilité du voisinage. Il n’y a aucun doute sur la puissance et l’impénétrabilité du voisinage de la Corée du Nord. Sur ses frontières se trouvent des puissances qui ont des litiges avec l’Occident comme la Chine et la proximité géographique d’autres grandes puissances comme la Russie, ce qui la met pratiquement à l’abri de la colère militaire us-américaine. Toutes ces puissances ne peuvent permettre, ni pour les raisons relatives à leur considération, leur prestige et leur souveraineté ni pour des considérations relatives à leurs intérêts, aux États-Unis d’agir sur leurs frontières et dans une région de leur influence pour envahir et occuper militairement un pays comme c’est le cas au Moyen Orient. C’est une question qui est – sans aucun doute – prise en considération par les centres de pouvoir et de prise de décisions us-américains, quand on pense à la Corée du Nord. Tout le contraire quand il s’agit de la région où se trouve l’Iran. C’est une région de victoires militaires faciles pour les États-Unis. C’est une région qui vit au rythme des occupations, des invasions et enfin de compte ouverte et permise non seulement pour les forces des grandes puissances occidentales, mais aussi pour une puissance de beaucoup moindre importance, comme Israël qui agit à sa  guise, envahit, détruit et occupe des territoires arabes sans tenir en compte aucune considération ni craindre aucune réaction. Et par conséquent l’inexistence d’aucune protection qui mettrait la région, dans laquelle se trouve l’Iran, à l’abri  laisse le champ libre aux États-Unis et à l’Occident. Ils se comportent avec arrogance tout en lançant leurs intimidations et menaces avec la conviction que les réalités géopolitiques  sont telles que leurs extorsions soient toujours rentables. Qu’ils utilisent ou non  la force. Et ce soit, pour la débilité des pays, soit pour la disposition, comme d’habitude, des régimes arabes à apporter leur collaboration à toutes les invasions conduites par l’Occident.

Comme on l’a vu avec le cas de l’Irak, les régimes arabes de la région, non seulement ils sont disposés à faciliter toute invasion occidentale et particulièrement us-américaine d’une partie ou de l’autre du même territoire arabe, mais sont toujours prêts à financer intégralement les frais de telles invasions. Durant les bombardements massifs de l’Irak en 1991 et son invasion pure et simple en 2003, tous les régimes arabes ont apporté argent et logistiques aux troupes us-américaines et occidentales. Du territoire égyptien et de la Péninsule Arabe on a compté jusqu’à 35.000 vols de bombardiers. La famille princière du Koweït et la famille royale saoudienne ont apporté tout l’argent nécessaire pour financer l’opération « Tempête du désert » du général Schwarzkopf en 1991 et une grande partie du financement de l’invasion en 2003. Il serait impensable de penser que la Chine, par exemple, permette un bombardement, une invasion de la Corée du Nord et encore moins financer une éventuelle invasion de ce pays. Non plus la Corée du Sud, qui pourtant pourrait avoir des raisons pour le faire. Il est inutile de parler de la disposition d’aucune des autres puissances de la région du sud-est asiatique pour une telle action militaire occidentale.

4-Les caractéristiques et l’importance stratégique de la région à laquelle appartient l’Iran transforment l’apparition de l’une de ses composantes en tant que force effective, en un évènement avec ses prolongements dans l’histoire et la géographie. En effet il s’agit d’une région pleine de richesses et de ressources. Elle a été toujours exposée aux envahisseurs, particulièrement occidentaux, à l’occupation par ces derniers et aux défaites. Certaines de ses parties font l’objet carrément d’une colonisation en bonne et due forme, comme dans le passé le plus récent, et les populations ont le sentiment de n’être que des troupeaux dans des terrains clos sous la haute surveillance des régimes soumis à l’Occident. Toutes ces données et ces facteurs n’existent pas dans la région où se trouve la Corée du Nord d’où son isolement et son apparence comme un cas à part loin des évènements qui se déroulent autour d’elle. Alors que l’Iran surgit – dans des conditions favorables – comme un état islamique tenant tête à l’Occident et construisant la force qui donne crédibilité aux mouvements islamiques que l’Occident considère comme ses pires ennemis y compris les mouvements islamiques qui divergent avec le point de vue de l’Iran ou même se considèrent en conflit direct avec elle pour des raisons sectaires.

Donc toutes ces raisons et considérations conduisent l’Occident à adopter des positions différentes concernant les deux dossiers nucléaires et l’ont mis spécifiquement dans la situation  d’alerte et d’urgence dans le traitement du dossier nucléaire iranien, comme le pompier qui accourt pour éteindre un incendie qui a éclaté autour d’une poudrière. Il n’y a pas de doute que l’Occident – de son point de vue – ait raison en agissant comme il le fait. En effet dans la région s’accumulent une multitude d’intérêts   illégitimes  et des plus vitaux pour l’Occident qui les  reçoit presque à un prix de solde qui ne dépasse pas celui de procurer les moyens et le laisser faire d’une poignée d’individus qui exercent une impitoyable oppression sur  des centaines de millions de leurs concitoyens qui semblent avoir perdu toute volonté d’action d’ensemble pour changer leur, plus que pathétique, destin.»

L’initiative du Brésil et de la Turquie de dialoguer avec l’Iran et d’arriver finalement à un accord qui permet l’échange de 1.200 kg d’uranium enrichi à 3,5% contre 120kg d’uranium enrichi à 20% destinés à être utilisés comme combustibles ravitaillant le réacteur de recherches de Téhéran pour la production d’isotopes pour servir à des soins médicaux, ne semble pas trop plaire ni aux us-américains ni aux occidentaux et encore moins à leur allié, bras militaire dans la région et enfin leur protégé, Israël. Ce n’est pas, parce que, comme veulent le faire croire, les dirigeants israéliens, afin de torpiller l’accord entre les trois pays, une supercherie de la part de l’Iran sur le compte du Brésil et de la Turquie, mais beaucoup plus, comme le déclare la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton et ses amis les néoconservateurs au Congrès us-américain pour le fait de voir la Turquie et le Brésil se mêler d’une affaire qui ne devrait pas les concerner. Car il s’agit d’un «terrain de chasse » exclusif des puissances occidentales. Selon Ray McGovern[7] «Avec les temps qui changent –au moins un peu – les États-Unis et Israël ne peuvent plus continuer à dicter au reste du monde la manière de gérer une crise au Proche Orient. Il paraît que Mme Clinton et ses amis tardent encore à s’en rendre compte. Ils pensent probablement que la situation soit toujours sous leur contrôle exclusif et qu’ils sont suffisamment malins pour mépriser des dirigeants arrivistes comme ceux du Brésil et de la Turquie qui ont eu l’audace de passer outre les avertissements des États-Unis et recourir à la diplomatie afin d’éviter une nouvelle guerre contre cette fois-ci l’Iran.

Raùl Zibechi[8] dans un article au quotidien mexicain La Jornada  sous le titre « Collision frontale entre le Brésil et les États-Unis » écrit : «Les éclats qui ont jailli autour des faits historiques, comme l’accord signé le lundi 17 mai entre le Brésil, l’Iran et la Turquie afin de résoudre la question concernant le programme nucléaire iranien, ont d’un seul coup illuminé les zones qui demeurent habituellement dans l’ombre. Les ondes expansives de l’accord  de Téhéran ont secoué les chancelleries des puissances occidentales. Ce qui a mis en évidence leur profond malaise à accepter, l’irruption de pays émergents qui  bouleversent l’échiquier global.

La réaction de la Maison Blanche, de la bouche même de la Secrétaire d’État, Hillary Clinton qui est passée outre l’accord de Téhéran, prétend persévérer dans la politique de sanctions, montre bien l’impuissance des États-Unis à se voir dépassés sur la scène globale. Entre le flot des déclarations faites depuis lundi passé (17-05/2010), il est d’intérêt de démêler les fils qui démontre la croissante polarisation entre le Brasilia et Washington qui se traduit dans la région sud-américaine par une inévitable escalade qui atteindra, en son moment, un degré alarmant… La prudente diplomatie d’Itamaraty (Le ministère des affaires étrangères du Brésil) ne cache pas son indignation vis-à-vis de l’attitude étatsunienne. La chancellerie a envoyé, le mercredi 19/05/2010 une lettre au Conseil de Sécurité des Nations Unies expliquant les termes de l’accord réalisé avec Téhéran, qui sont les mêmes exigés par les puissances occidentales depuis un certain temps, et, sollicite que le chemin de la négociation ne soit pas fermé. C’est pour cela, déclare Celso Luiz Nunes Amorim (Ancien ministre des affaires étrangères du Brésil et considéré comme le meilleur ministre des affaires étrangères du monde), qu’ignorer l’accord équivaut à un mépris de toute recherche d’une solution pacifique et négociée. (O Estado de Sao Paulo, 19 mai 2010). Pour lui la pièce clef en marge de l’accord, représente un passeport vers une solution négociée et pacifique. »

Donc au moment où le Brésil, la Turquie, le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur, entre autres, ne se considèrent plus des pays vassaux des États-Unis ni de l’Occident, on trouve de l’autre côté, dans le monde arabe et musulmans des régimes de plus en plus prédisposés à apporter leur collaboration gratuite aux États-Unis et à l’Occident pour détruire tout pays de la région qui ose leur tenir tête comme c’est le cas contre l’Égypte dans les années soixante, l’Irak depuis les années quatre vingt jusqu’à sa destruction totale et son occupation en 2003. Ces régimes ont joué le même rôle dans l’invasion et l’occupation  de l’Afghanistan. En ce  moment ils s’apprêtent à faire de même contre l’Iran.

Cette réflexion qui met en accusation l’hégémonie de l’Occident n’exempte en aucun cas le rôle fondamental joué par les régimes arabes et leurs élites respectives. Néanmoins, il aurait été pratiquement impossible à n’importe lequel des tyrans arabes ou musulmans d’avoir pu se maintenir au pouvoir, sans le concours efficaces des services occidentaux. À titre d’exemple, le « président » égyptien Hosni Moubarak arrivé au pouvoir, juste à la suite de l’assassinat d’Anouar Sadat le 6 octobre 1981 gouverne depuis l’Égypte sans partage et se prépare à se faire succéder par son fils Jamal. Donc presque trente ans. Les israéliens le considèrent comme « un grand trésor » et il y a de quoi. Les us-américains et les occidentaux ne le considèrent pas moins. Alors que sur les 80 millions d’habitants que compte l’Égypte aujourd’hui, plus de la moitié vit avec 2 dollars par jour et la liste des calamités que s’abattent sur la population est interminable. Non loin de l’Égypte campe, sur un territoire qui fait plus de trois fois la superficie de la France et une population d’un peu plus de six millions, la famille Kadhafi. Le chef de la tribu qui s’est présenté vers la fin des années soixante comme le premier révolutionnaire, au bout de quarante ans au pouvoir, il a réussi à se transformer en « roi des rois d’Afrique » dit-il. Contrairement aux émirs et rois du Golfe qui se sont vus couronner par la « volonté » de Sa majesté, la reine d’Angleterre, lui il l’a fait au style de Bokassa qui s’était fait proclamer empereur de la République Centrafricaine en 1976 par ses « propres moyens ». Les fils de Kadhafi se comportent comme des authentiques princes avec leurs gaspillages millionnaires, leurs scandales et leurs cohortes d’esclaves, dans les capitales occidentales. Quant au tunisien Ben Ali, arrivé au pouvoir en 1987, après avoir déposé en douceur son prédécesseur, s’achemine vers l’instauration d’un royaume, qui n’a rien à en vouloir aux émirs du Golfe. Parmi ses successeurs se trouvent entre autres, sa propre femme « La Régente de Carthage »[9], son gendre Sakhr El Materi qui avec à peine l’âge de trente ans, se trouve déjà à la tête d’une immense fortune avec des activités dans tout les secteurs  clefs de la vie du pays. Sinon l’un des nombreux frères de la Régente de Carthage pourrait bien faire l’affaire. En Algérie où il y a eu déjà plusieurs présidents, le clan des militaires qui tire sur les ficelles dans l’ombre est constitué par les mêmes sinistres personnages dont les fortunes colossales sont placées dans les banques occidentales et françaises en particulier. Donc la dictature est toujours en vigueur. Le Maroc a été gouverné durant presque 40 ans (de 1961 à sa mort en 1999) lui a succédé son fils Mohammed VI. Il n’a en ce moment que 47ans et dix ans de pouvoir. Avec la « baraka » qui ferait partie de l’héritage de son père, la population dans ce pays a devant elle plusieurs décennies à vivre sous l’égide  de leur roi. La Mauritanie se trouve depuis longtemps dans l’instabilité, entre les coups d’état militaires et les tentatives d’une démocratie et le sort de la population n’est pas meilleur pour le moment. Pourtant les richesses dans cette région sont immenses. Passons à présent à l’autre côté de l’Égypte, sur son flanc est. Une des dernières grandes « réalisations  technologiques» du régime de Hosni Moubarak serait le mur d’acier construit autour de Gaza où se trouvent presque un million et demi de personnes dans une prison à ciel ouvert. Ils sont périodiquement bombardés par les avions israéliens avec l’appui du régime égyptien. Quant à la Syrie, l’héritier de Hafez Al Asad, Bachar Al Asad échappe à la colère de la population en se faisant entourer de tous les symboles de la résistance palestinienne. Sinon son arrivée au pouvoir, comme son maintien n’a rien de différent aux autres tyrans. Le Liban officiel ne compte à peine en rien d’autre qu’en un ensemble d’ingrédients que forment, l’affairisme, la corruption, l’espionnage au profit de l’ennemi et rien de plus. Les émirs du Golfe et à leur tête les descendants d’Abdelaziz Saoud, constituent les gardiens d’une partie des fabuleuses ressources énergétiques, le « Paradis des intérêts occidentaux » dont il est question plus haut. En contre partie, ils reçoivent des « salaires » considérables qu’ils peuvent gaspiller à leur guise où ils veulent, tout en piétinant les populations sous leurs griffes, les réduisant à de simples esclaves.

On ne peut comparer ces régimes arabes et musulmans qui entourent la République Islamique d’Iran avec les gouvernants de la Chine, de la Russie et des autres pays qui entourent la Corée du Nord.

 

[1] Analyse du professeur universitaire Salah Essenoussi parue sur www.aljazeera.net du 11/05/2010 en arabe sous le titre  « La distinction us-américaine entre l’Iran et la Corée du Nord. »  

[2] Edgar Morin, Vers l’abîme?, Paris, Éditions de l’Herne 2007 page 117.

[3] La Haine de l’Occident, Jean Ziegler, Paris, Éditions Albin Michel, 2008

[4] Les Veines ouvertes d’Amérique Latine.

[5]  Les Veines Ouvertes d’Amérique Latine, Eduardo Galeano.

[6] Les intertitres sont miens

[7] Ray McGovern était un durant 27 ans un analyste de la CIA voir : www.informationclearinghouse.info/article25492.htm

[8] www.jornada.unam.mx/2010/05/21index.php?section=opinion&article=021a1pol

[9] La Régente de Carthage, c’est le titre qui lui a été attribué par le journaliste français Nicolas Beau.


 

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