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TUNISNEWS
 8 ème année, N°  2858 du 21.03.2008
 archives : www.tunisnews.net

 


AFP: France: un dignitaire musulman demande la libération des otages autrichiens
AFP: Tunisie: Ben Ali va assouplir les conditions de candidature à la présidence
Reuters: La constitution tunisienne sera amendée pour la présidentielle
Reuters: Tunisia to change election law, opponent excluded
AFP: TounesBledi: une radio jeune pour l'échange et la francophonie sur internet
Mediapart: La Tunisie, nouveau nid de l'islam radical ?
Editorial de L'Expression: Une terre d’accueil
AFP: Turquie/enquête: des personnalités nationalistes interpellées
LeMonde.fr: Quatre mois de prison ferme pour avoir frappé un instituteur
AFP:Kadhafi a inauguré une des plus grandes mosquées d'Afrique à Kampala

 


France: un dignitaire musulman demande la libération des otages autrichiens

 

AFP, le 21 mars 2008 à 16h28

 

PARIS, 21 mars 2008 (AFP) - Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, a "demandé instamment" vendredi la libération "sans délai ni condition" des deux touristes autrichiens enlevés le 22 février en Tunisie par la branche d'Al-Qaïda au Maghreb.

 

"La Grande Mosquée de Paris demande instamment aux preneurs d'otages de libérer sans délai ni condition les deux touristes autrichiens actuellement détenus entre leurs mains et sur qui pèsent les menaces les plus graves", déclare M. Boubakeur dans un communiqué.

 

La branche d'Al-Qaïda au Maghreb a prolongé au dimanche de Pâques minuit son ultimatum mais a menacé de tuer les otages en cas de tentative de les libérer par la force.

 

Rappelant que "l'Islam prescrit que la vie humaine est sacrée", M. Boubakeur ajoute que la Grande Mosquée "condamne fermement" cette prise d'otage et "prie Dieu pour la sauvegarde de leur vie". Elle

"adjure les ravisseurs de respecter la loi de l'Islam et de ne s'en prévaloir que s'ils en observent tous les principes".

 

 


Tunisie: Ben Ali va assouplir les conditions de candidature à la présidence

 

AFP, le 21 mars 2008 à 18h07

 

TUNIS - Le président Zine El Abidine Ben Ali a annoncé vendredi un amendement provisoire de la Constitution destiné à assouplir les conditions de candidature pour les dirigeants de l'opposition légale en vue de l'élection présidentielle de 2009 en Tunisie.

 

"Nous incluerons dans le projet d'amendement, et à titre exceptionnel, pour la prochaine élection présidentielle de 2009, la possibilité de dépôt de candidature à la présidence de la république du premier responsable de chaque parti", a-t-il déclaré dans un discours au Palais de Carthage marquant le 52è anniversaire de l'indépendance.

 

Cette réforme, destinée à contourner le préalable constitutionnel du parrainage par un certain nombre d'élus pour les candidats à la présidence, répond au "souci d'élargir la possibilité de candidatures multiples", a ajouté M. Ben Ali.

 

Les postulants potentiels doivent cependant satisfaire à d'autres conditions, notamment celle d'être le "numéro un" élu à la tête d'un parti depuis deux ans au moins, a-t-il précisé.

 

Ce projet ouvre la voie aux dirigeants des huit partis d'opposition représentés au parlement, sans pour autant s'appliquer au seul candidat déclaré Ahmed Nejib Chebbi, du Parti démocratique progressiste (PDP).

 

Cet avocat fondateur du PDP, sans siège au parlement, avait annoncé le 12 février dernier sa candidature à la prochaine présidentielle et exigé une réforme du code électoral qui supprimerait notamment le parrainage d'élus.

 

Mais M. Chebbi a cédé la présidence de sa formation en décembre 2006 à Mme Maya Jribi, et son statut actuel de simple membre du bureau politique ne lui permet pas de postuler légalement. "L'amendement a été conçu sur mesure pour écarter notre candidat", a affirmé à l'AFP Rachid Khéchana, dirigeant du PDP.

 

M. Chebbi avait aussi postulé en 2004 sans pouvoir valider sa candidature en raison de la contrainte du parrainage d'élus.

 

Le parlement est dominé à 80% par le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir) du président Ben Ali, qui devrait annoncer l'été prochain sa candidature pour un nouveau mandat.

 

Au pouvoir depuis 1987, le chef de l'Etat tunisien, 72 ans, a instauré le pluralisme et avait été réélu en 2004 avec 94,4% des voix contre 3 candidats.

 

AFP

 


La constitution tunisienne sera amendée pour la présidentielle

TUNIS (Reuters) - Au pouvoir depuis 21 ans, le président Zine el Abidine ben Ali a annoncé que la constitution tunisienneserait amendée en vue d'élargir le champ des candidatures à l'élection présidentielle de 2009.
Cet amendement reviendra néanmoins à exclure de facto la candidature du seul opposant ayant annoncé son intention de seprésenter, l'ancien leader du Parti démocrate progressiste (PDP) Ahmed Nejib Chebbi.
En vertu de la législation actuelle, seuls les partis ayant une représentation parlementaire peuvent présenter un candidat à laprésidence, une disposition qui avait écarté Chebbi de la dernière présidentielle.
Le PDP et les autres partis d'opposition réclament depuis longtemps une modification de la loi électorale pour permettre uneplus grande diversité de candidatures.
"Nous inclurons dans le projet d'amendement, et exceptionnellement pour les prochaines élections de 2009, la faculté pourchaque dirigeant officiel de parti politique de se présenter à la présidence", a annoncé Ben Ali.
Il jouira de cette faculté "pourvu qu'il ait été élu à son poste et que, au jour où il soumettra sa candidature, il y soit depuis aumoins deux années consécutives", a-t-il toutefois précisé.
"Ce projet d'amendement ne vise qu'à m'exclure des élections et c'est inacceptable. Je suis fâché", a déclaré à ReutersChebbi, qui s'était porté candidat après avoir laissé les rênes du PDP à Maya Djibri, première femme à diriger un parti enTunisie.
Le président Ben Ali, qui est âgé de 72 ans, avait été réélu en 2004 avec 94,4% des voix face à trois candidats d'opposition.Il n'a pas encore dit s'il briguerait un nouveau quinquennat, comme le lui permet une réforme constitutionnelle de 2002, mais sespartisans l'y poussent.
"Le gouvernement a commencé il y a plus d'un an sa campagne et l'opposition n'a pas encore pris d'initiative", avait relevéChebbi, 60 ans, en annonçant sa candidature le 13 février.
"Je pense que l'acceptation de ma candidature permettra de mesurer la volonté du gouvernement de procéder à desélections honnêtes et pluralistes", avait-il déclaré à la presse.
Tarek Amara, version française Marc Delteil
Tunisia to change election law, opponent excluded
 
Fri 21 Mar 2008, 15:44 GMT
 
TUNIS, March 21 (Reuters) - Tunisia will change its constitution to allow more candidates to contest next year's presidential election, as opposition groups want, President Zine al Abidine Ben Ali said on Friday.
But the proposed change would effectively block the candidacy of the only politician who has so far said he wants to contest for the presidency of the north African country of over 10 million.
Ben Ali came to power in 1987 and won 94.4 percent of the vote in the 2004 election against three opponents. He has come under local and foreign pressure for more political openness.
"We will include in the draft amendment, and exceptionally for the forthcoming elections of 2009, the possibility to run for presidential election for the top official of each political party," Ben Ali in a speech.
Leaders of any party, including those with no parliament seats, would be able to stand provided they were elected to the post and had held it for two consecutive years. Until now, only leaders of parties with parliament seats could contest.
But the changes would bar Nejib Chebbi, the former general secretary of the opposition Progressive Democratic Party, who has said he planned to run for the presidency. His party has support from liberals and trade union groups.
He would be unable to contest because he was replaced as party leader earlier this year by Maya Jribi. There would now be no way he could serve the two consecutive years as party leader required.
"This proposed law is done just for me to be excluded from the elections and that is unacceptable. I'm very upset," Chebbi told Reuters.
Chebbi was unable to run in the presidential poll in 2004 as his party has no parliament seat.
Ben Ali has yet to confirm he will stand for re-election next year. (Reporting by Trek Amara; editing by Matthew Tostevin)

 


TounesBledi: une radio jeune pour l'échange et la francophonie sur internet

 

AFP, le 21 mars 2008 à 08h04

 

 

TUNIS, 21 mars 2008 (AFP) - Lancée sur internet depuis le Québec par des bénévoles tunisiens, "Radio TounesBledi" poursuit l'ambition de tisser un réseau francophone sur la toile et se veut un modèle de créativité pour les jeunes en Tunisie.

 

"Nous parions sur un espace d'échanges multiformes où l'on partage l'usage du français en Amérique, Europe, Afrique, Méditerranée", lance son fondateur autonome Faouzi Abdelkefi, 25 ans, dans un entretien avec l'AFP à Tunis.

 

Francophone et multiculturelle, Radio TounesBledi (RTB) est née en 2005 et mesure depuis son audience à 550.000 auditeurs. Elle émet en continu et assure douze heures de direct en français et en arabe tunisien, accessoirement en anglais.

 

Parti initialement pour "réunir la communauté tunisienne dans le monde autour d'un média", Faouzi Abdelkefi place désormais sa barre plus haut en visant une diffusion par satellite qui permettrait de toucher les francophones partout dans le monde.

 

Sa radio diffuse depuis Montréal, où il envisage d'ouvrir un studio de production animation en même temps qu'un autre à Paris (France): des projets à faire tourner la tête à ses 32 jeunes collaborateurs bénévoles et gracieusement formés, pour certains, par l'Ecole de journalisme de Lille (France).

 

Outre sa vocation interculturelle, RTB mise sur les échanges économiques, avec des émissions dédiées à la création d'un "réseau d'affaires dans l'espace francophone" et renvoie à Carrefourentreprises, un portail destiné à "faciliter l'accès aux marchés francophones" avec études et conseils aux investisseurs.

 

En point d'orgue de sa grille "tout en souplesse" des portraits et éclairages sur les 400 ans du Québec francophone et le prochain sommet de la francophonie à l'automne.

 

Entre-temps, chaque matin, Faten, Khouloud, Hedi ou Amine se relaient pour réveiller les internautes francophones dans le monde ou guider les Tunisiens à "Sauvez la journée".

 

Faouzi Abdelkefi, suivra donc son fil d'Ariane (http://www.radio.tounesbledi.net ), mais son repère sera la Tunisie, où il s'est doté d'un mini studio rouge et noir, aux couleurs de sa radio, en attendant une licence, nécessaire dans ce pays, pour émettre sur la bande FM.

 

"Nous espérons profiter de l'ouverture aux privés du champ audiovisuel en Tunisie pour occuper une niche aux côtes des radios commerciales", suggère le jeune promoteur souhaitant apporter sa "différence" à près de 80.000 auditeurs parmi ses compatriotes.

 

En Tunisie, trois radios privées émettent en FM, Mosaïque et Jawhara, des stations essentiellement musicales, et plus récemment, Ezzeitouna, la toute première radio religieuse dédiée à la diffusion d'un islam modéré.

 

"Nous cherchons à montrer comment des identités différentes peuvent coexister grâce aux échanges interculturels", renchérit Faouzi Abdelkefi, un mordu d'informatique, fier de gérer diriger une entreprise de bénévoles.

 

Didactique et divertissante, RTB cultive le respect des droits d'auteurs et le langage châtié, alternant chansons du pays et variétés internationales.

 

Son promoteur défend avec passion sa vision d'un "horizon sans frontières et sans violence" et veut combattre l'inaction en "ouvrant des brèches grâce à internet".

 

Le défi pour nous, dit-il, consiste à divertir les jeunes en leur parlant de sujets aussi graves que les Objectifs du millénaire, la lutte anti-sida, à diffuser une culture non-lucrative et à promouvoir des artistes engagés pour "une image positive" des jeunes.

 

Pour son troisième anniversaire - coïncidant avec une fête nationale la jeunesse, le 21 mars en Tunisie - RTB s'est posé un nouveau défi: 72 heures non-stop sur le thème "reconnaissance, tolérance, bénévolat".

 

 


 

 

La Tunisie, nouveau nid de l'islam radical ?

Par Pierre Puchot [1]

L'enlèvement de deux touristes autrichiens sur le sol tunisien, après des attentats revendiqués par Al Qaïda-Maghreb et alors que plusieurs procès antiterroristes sont en cours dans le pays, met en lumière un réseau islamiste radical peu connu, dont la profondeur échappe aux analyses des observateurs internationaux et tunisiens.

Cinq millions de dollars et la libération de cinq prisonniers algériens. C'est la demande de rançon qu'auraient fait parvenir à Vienne les ravisseurs des deux touristes autrichiens, enlevés le 22 février sur le sol tunisien. Les négociations se poursuivent entre Vienne et les représentants d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), par l'intermédiaire de la Libye, qui a offert sa médiation et a établi le contact avec les ravisseurs.

Officielle depuis le 11 septembre 2006 et son annonce par le numéro 2 d'Al Qaïda, Ayman Al-Zawihiri, l'alliance entre le GSPC algérien (Groupe salafiste pour la prédication et le combat, principale organisation terroriste au Maghreb) et le réseau d'Oussama Ben Laden a donné naissance à l'AQMI. Outre ses actions en Algérie, en Mauritanie et au Maroc, l'organisation terroriste tente de se déployer en Tunisie, où elle trouve depuis peu l'appui de groupes islamistes radicaux.

Médiatisée par les voies d'Internet et des sites islamistes depuis le milieu des années 2000, l'émergence de ces groupes extrémistes tunisiens bénéficie de l'« appel d'air » consécutif au « vide » laissé par l'absence d'islam politique, selon les mots de la Tunisienne Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) : « En Tunisie, les partis d'opposition, en particulier islamiques, sont très faibles, réduits à leur plus simple expression. C'est très difficile de créer et de garder une base militante, quand vous ne pouvez pas diffuser votre programme, tenir des réunions, avoir un journal. Dans ce contexte, l'islam politique est faible, divisé. Les organisations font face à beaucoup de scissions. Cela nourrit automatiquement l'extrémisme. »

La politique de « l'assèchement des sources »

Une situation qui contraste fortement avec celle de la fin des années 1980, époque de la prise du pouvoir par le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. À la suite des élections législatives anticipées organisées en 1989, le parti El Nahda (« Renaissance », parti islamique modéré) s'imposait alors comme la première force d'opposition en Tunisie. Pour Omeyya Seddick, chercheur en sciences politiques et membre du Parti démocratique progressiste (PDP, parti d'opposition du candidat à l'élection présidentielle de 2009, Nejib Chebbi [2]), l'émergence de l'islam radical naît alors de la marginalisation de l'islam institutionnel : « Après l'élection, le pouvoir tunisien a déclenché un cycle de répression très violent contre le parti El Nahda, une politique dite de « l'assèchement des sources ». Il s'agissait de réprimer non seulement les militants, mais aussi leur environnement social : leurs proches, leurs amis, leurs familles. Plus de 10.000 personnes proches de ce parti ont été emprisonnées au cours de la décennie 1990. Conséquence directe : El-Nahda a peu à peu disparu de l'action publique en Tunisie. »

Interdit en Tunisie, le parti islamique modéré a depuis poursuivi ses activités depuis le territoire français. « Nous militons pour la liberté, les droits de l'homme, contre la torture, qui perdure en Tunisie, précise Amer Larayed, exilé en France depuis 17 ans et membre du bureau politique d'El Nahda. Nous condamnons la prise d'otage des ressortissants autrichiens. De manière générale, notre démarche est de proscrire tout dérapage vers la violence, car ce processus est stérile et sans fin. ».

Les djihadistes tunisiens

En terre tunisienne, si les groupes terroristes ont longtemps été contenus au point de paraître inexistants, les services de renseignement ont depuis longtemps l'œil sur les « djihadistes » tunisiens formés dans les camps d'entraînement en Afghanistan, au Pakistan et dans les écoles coraniques libanaises. Beaucoup d'entre eux ont vite gravi les échelons pour assurer des fonctions de dirigeants d'organisation, réunir des fonds et former à leur tour des candidats au djihad. Plusieurs des principales figures du terrorisme islamique identifiés par les services antiterroristes internationaux depuis le 11 septembre 2001 sont des ressortissants tunisiens, à l'image de Serhane Ben Abdelmajid Fakhet, considéré comme le coordinateur des attentats du 11 mars 2004 à Madrid.

De nombreux Tunisiens ont également rejoint les rangs du GSPC, comme l'attestent plusieurs arrestations effectuées par les services antiterroristes algériens [3] depuis le début des années 2000.

Sur le sol tunisien, depuis le 11 septembre 2001, deux événements antérieurs à l'enlèvement des deux ressortissants autrichiens ont marqué les esprits : l'attentat suicide commis par le Tunisien Nizar Nawar contre la synagogue de la Ghriba de Djerba, le 11 avril 2002 (21 morts, parmi lesquels 14 touristes allemands) et la fusillade dans la ville de Soliman [4], au sud de Tunis le 3 janvier 2007.

Le procès de Soliman

A cette fusillade, le gouvernement tunisien a offert une réponse judiciaire de grande ampleur. Un procès dit « de Soliman », à l'issue duquel deux condamnations à mort ont été prononcées [5], dont une confirmée en appel. Un procès expéditif rendu possible par la loi dite « antiterroriste », du 10 décembre 2003 [6], dont les organisations de défenses des droits de l'homme Human Rights Watch [7] et Amnesty International [8] contestent le caractère démocratique. Souhayr Belhassen leur fait écho : « La loi de 2003 ouvre la porte à tous les abus. S'il est indispensable d'agir contre le terrorisme et de juger les criminels, il est également indispensable d'avoir des procès équitables. Nous avons envoyé une délégation au procès de Soliman : des accusés ont déclaré qu'on les avait torturés en prison pour leur extorquer des aveux. Des déclarations et arrestations ont été anti-datées, des délais de garde-à-vue largement dépassés, la police est intervenue à plusieurs reprises dans le prétoire... »

Les autorités tunisiennes ne reconnaissent évidemment pas l'existence de ces irrégularités, pas plus que l'existence de dizaines de procès en cours dont la légalité et l'équité sont régulièrement contestées par la FIDH. « Nous n'avons pas de chiffre précis, car toute étude est interdite, commente Souhayr Belhassen. Mais par le biais des avocats notamment, nous arrivons à des estimations, et le nombre de 1.000 personnes touchées par ces procès me paraît crédible, même si personne ne connaît aujourd'hui les vrais chiffres. »

Cette politique dénoncée par la FIDH constitue au final une réponse dangereuse et inappropriée au terrorisme selon Amer Larayed, d'El Nahda : « Parmi les groupes terroristes, il y a des groupuscules indépendants, mais aussi des personnes manipulées. Il faudrait instaurer un dialogue avec ces jeunes, avec lesquels, pour la plupart, on pourrait arriver à des solutions. Mais pour cela il faut du calme et une situation stable, ce que ne permet pas la répression du pouvoir tunisien. »

De fait, en ce début d'année 2008, la Tunisie est devenue l'une des cibles potentielles des terroristes islamistes. Fin janvier, un groupe de « Salafistes djihadistes » projetait de commettre des attentats [9] contre les « croisés » en Tunisie. D'autres communiqués ont également clairement désigné le régime du « laïc Ben Ali » et appelé à nuire à une économie vitale pour la Tunisie, celle du tourisme. « Ces actions sont des alertes que les autorités ont négligées, ponctue Souhayr Belhassen présidente de la FIDH. Qui sont ces groupes ? Où sont-ils, et combien sont-ils ? Aujourd'hui, personne ne peut mesurer la profondeur des réseaux terroristes. Nous sommes face à l'inconnu ».

Boite Noire

 

Toute tentative de dresser les contours de l'islam radical en Tunisie se confronte à plusieurs obstacles. Beaucoup d'informations contradictoires circulent en particulier sur les liens entre le GSPC, Al Qaïda, et un ensemble de groupuscules locaux difficilement identifiables.

 

Le mutisme des autorités tunisiennes s'est révélé une entrave supplémentaire au déroulement de l'enquête. Le service de presse de l'ambassade de Tunisie à Paris a affirmé ne pas être au courant des procès que nous évoquions, et nous a renvoyé vers l'Agence tunisienne pour la communication extérieure, laquelle n'a pas souhaité répondre à nos questions.

 

Enfin, sur le territoire tunisien, les informations concernant les actions terroristes sont pratiquement inexistantes. Selon la FIDH, les journalistes ne sont pas autorisés à citer le nom d'Al Qaïda, sous peine d'être accusés de faire la publicité de l'organisation terroriste et d'être l'objet de poursuites judiciaires. Dans ce contexte, le travail de témoignage des avocats tunisiens demeure plus que jamais précieux.

 

- Le site de l'Institut de recherche sur le Maghreb contemporain [10]

- L'arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme [11] dénonçant la pratique de la torture en Tunisie en vertu de la loi sur la lutte contre le terrorisme

- Le site Tunisiawatch [12]

 

Liens:

[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/pierre-puchot

[2] http://tunisiawatch.rsfblog.org/archive/2008/02/13/nejib-chebbi-se-declare-candidat-aux-presidentielles-2009.html

[3] http://www.algeria-watch.org/fr/article/mil/groupes_armes/gaid_salah_tunisie.htm

[4] http://www.rfi.fr/actufr/articles/085/article_48647.asp

[5] http://tunisiawatch.rsfblog.org/archive/2008/02/21/tunisie-peine-de-mort-pour-l-un-des-30-salafistes-juges-en-a.html

[6] http://jurisitetunisie.com/tunisie/codes/terror/arrete.html

[7] http://hrw.org/french/reports/wr2k3/tunisie.htm

[8] http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE30/021/2003

[9] http://tunisiawatch.rsfblog.org/archive/2008/02/09/tunisie-des-salafistes-djihadistes-projetaient-des-attentats.html

[10] http://www.irmcmaghreb.org/index.php

[11] http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/hudoc-fr/images/word.png

[12] http://tunisiawatch.rsfblog.org/

 

 

(Source : Article publié sur le site français « Mediapart », le 20 mars 2008)

Lien : http://www.mediapart.fr/journal/international/200308/la-tunisie-nouveau-nid-de-l-islam-radical

 

 


Autrement dit
Une terre d’accueil

 
Ridha KEFI
Après le meurtre de quatre touristes français en Mauritanie en décembre et l’enlèvement, vers la mi-février, d’un couple de touristes autrichiens à la frontière tuniso-algérienne, l’organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), déjà très active en Algérie, semble vouloir étendre son champ d’action à l’ensemble du Maghreb. Ne doit-on pas craindre une extension des actions de cette organisation en Tunisie ?
A cette question, qui m’a été posée la semaine dernière par un ami diplomate européen en poste à Tunis, ma réponse fut la suivante : «Non, la Tunisie est relativement à l’abri de ce genre de phénomène, même si elle peut en subir quelquefois des ondes de choc». Et voici quelques uns des arguments avancés à l’appui de mon affirmation.
La Tunisie a combattu les mouvements fondamentalistes religieux dès la fin des années 1980 et empêché ainsi la constitution de noyaux durs pouvant évoluer, comme ce fut le cas en Algérie et dans d’autres pays de la région, vers un activisme violent.
Empêchés de s’organiser, les éléments les plus radicaux du mouvement islamiste tunisien – ou ceux qui ont pu échapper aux coups de filets successifs de la police – ont dû fuir le pays. Nombre d’entre eux se sont retrouvés sur les fronts du jihad international de la Bosnie en Irak, en passant par l’Afghanistan et la Somalie. Beaucoup sont déjà morts ou croupissent en prison. Rares sont ceux qui ont gardé le contact avec le pays où ils ne pourraient, en tout cas, revenir que les menottes aux poignées.
La Tunisie a certes connu, au cours des sept dernières années, deux actions terroristes d’envergure : l’attentat suicide contre la synagogue de Djerba, en avril 2002, et les affrontements armés, fin 2006 - début 2007, à Hammam-Chott et les environs de Soliman, au sud de Tunis. On constatera cependant que l’attentat de Djerba a été l’œuvre d’un électron libre, Nizar Nawar, un Franco-Tunisien dont la famille vit à Lyon, en France, et qui avait des liens avec la nébuleuse d’Al-Qaïda. Quant aux affrontements de Soliman, ils ont permis aux forces de sécurité de démanteler un groupe de salafistes armés, dont le noyau dur est constitué de six éléments entrés dans le pays, quelques semaines auparavant, par la frontière algérienne avec l’objectif d’y perpétrer des attentats. Ces deux cas – et nous espérons qu’il n’y en aura pas d’autres – confirment ce que nous avons toujours dit, à savoir que le jihadisme en Tunisie est un phénomène exogène, lié à l’environnement international, et non une émanation de la société tunisienne qui demeure, dans une écrasante majorité, imperméable à tout activisme violent auquel elle s’oppose d’ailleurs radicalement.
Et c’est là notre troisième argument : la violence politique, quelles qu’en soient les justifications, est un phénomène étranger à la société tunisienne qui a toujours privilégié, durant sa longue histoire et même pendant les sombres moments de sa lutte pour l’indépendance, la négociation pacifique, l’arrangement politique et la recherche du consensus.
Il ne s’agit pas là seulement d’un choix politique mûrement réfléchi et assumé, mais d’une culture, d’un tempérament voire d’une «nature». Nos voisins maghrébins nous ont d’ailleurs toujours reproché ce caractère commerçant et pacifique où certains voient une forme de mollesse, de défaitisme voire même un manque de virilité. La règle nationale n’interdit pas, bien entendu, quelques exceptions, mais le dénominateur commun à tous les Tunisiens on le retrouve dans cette propension à rechercher le consensus même au prix de quelques concessions. Et à rejeter la violence sous toutes ses formes.
Cela dit, aucun pays n’est totalement à l’abri d’une intrusion de la violence terroriste, la Tunisie pas plus qu’un autre pays. On doit cependant admettre que notre pays en est relativement préservé par des facteurs objectifs. En plus de ceux déjà cités, on citera son système de sécurité assez hermétique (au point d’en devenir trop rigide au goût de certains), son territoire assez étroit, peu escarpé et quelque peu nu, qui ne facilite guère la tâche d’éventuels groupes armés, et, last but not least, sa population en grande majorité sédentarisée, policée et légaliste. Et même si l’on peut admettre que la frontière Sud et Ouest peut être poreuse par endroits – c’est le cas notamment de la zone saharienne, qui est le théâtre de certains trafics –, les touristes qui suivent les circuits balisés et évitent de jouer aux «aventuriers de l’arche perdu» ne courent aucun risque. Les dizaines de milliers de touristes qui visitent chaque année notre «désert de poche», cette bande triangulaire située entre le Djerid, Remada et Tataouine, en gardent tous des souvenirs inoubliables.

(Source: Editorial de L'Expression n°23 ,(Hebdomadaire - Tunisie)  du 21 au 27 mars 2008

 

 


 

Turquie/enquête: des personnalités nationalistes interpellées

 
ANKARA - Le chef d'un parti nationaliste turc, un journaliste renommé et un ancien recteur d'université ont été interpellés vendredi dans le cadre d'une enquête concernant un réseau qui avait l'intention de tuer le Prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk, rapportent les médias.
Dogu Perinçek, chef du Parti travailliste (IP, non-représenté au Parlement), Ilhan Selçuk, journaliste octogénaire connu du quotidien d'opposition Cumhuriyet, et Kemal Alemdaroglu, ex-recteur de l'Université d'Istanbul, ont été placés en garde à vue à Ankara et Istanbul, précise l'agence.
Les accusations frappant les trois hommes n'ont pas été immédiatement précisées mais l'agence Anatolie souligne qu'ils ont été appréhendés pour leur rôle présumé dans un réseau ultra-nationaliste qui avait l'intention de tuer Orhan Pamuk et des personnalités politiques kurdes.
Ils devront comparaître devant un procureur à Istanbul, selon Anatolie.
Des policiers ont par ailleurs saisi des documents et des disquettes informatiques dans une chaîne de télévision appartenant au parti de M. Perinçek et un mensuel, organe de presse d'IP.
Treize autres personnes, dont général et un colonel en retraite ainsi qu'un avocat et un malfaiteur connu dans le pays, ont été écrouées dans cette affaire très suivie par la presse.
Selon les médias turcs, les suspects voulaient assassiner M. Pamuk, le journaliste pro-islamiste Fehmi Koru et des personnalités politiques kurdes telles Leyla Zana et Osman Baydemir.
La police enquêterait aussi sur l'implication de ces suspects dans des assassinats politiques, dont celui du journaliste arméno-turc Hrant Dink, celui du prêtre catholique italien Andrea Santoro et d'un magistrat de haut rang.
Les médias lient le réseau ultra-nationaliste à l'"Etat profond", terme qui désigne des mouvances au sein des forces de sécurité qui agiraient dans l'illégalité en pensant ainsi préserver les intérêts de l'Etat turc.
M. Pamuk est régulièrement la cible des milieux nationalistes turcs pour ses prises de positions pro-kurdes et ses déclarations qualifiant de "génocide" les massacres d'Arméniens pendant l'empire ottoman que la Turquie nie catégoriquement.
(©AFP / 21 mars 2008 10h21)

 

 


Quatre mois de prison ferme pour avoir frappé un instituteur
LEMONDE.FR avec AFP | 21.03.08 | 12h27  •  Mis à jour le 21.03.08 | 12h53

 

Un homme de 32 ans récemment sorti de prison a été condamné, jeudi 20 mars, à Alençon, à quatre mois de prison ferme pour avoir frappé l'instituteur de son fils dans la cour d'une école primaire, a-t-on appris, vendredi 21 mars, de source judiciaire.

 

L'agression a eu lieu en juin à l'école publique du Pin-la-Garenne, dans l'Orne, à 45 kilomètres à l'est d'Alençon. Blessé à l'arcade sourcilière, le maître d'école, qui rappelait à l'ordre l'enfant turbulent avant d'être frappé par son père, s'est retrouvé en arrêt de travail pendant quatre jours, selon le greffe du tribunal d'Alençon. L'homme a déjà été condamné à plusieurs reprises pour vols et violences.

 

Si les faits avaient été commis deux mois plus tard, après l'instauration du principe des peines plancher, le père de l'élève aurait encouru deux ans fermes, a fait remarquer le parquet, qui avait requis six mois de prison.

 

(Source : LEMONDE.FR (le site du journal « Le Monde » - France), le 21.03.08)


Kadhafi a inauguré une des plus grandes mosquées d'Afrique à Kampala

AFP, le 20 mars 2008 à 12h53
KAMPALA, 20 mars 2008 (AFP) - Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a inauguré mercredi à Kampala une des plus grandes mosquées d'Afrique, dont la construction avait été lancée par l'ex-dictateur ougandais Idi Amin Dada au début des années 70.
 
Le leader libyen avait choisi l'occasion de la fête religieuse de la naissance du prophète Mahomet, le "Mouloud", pour inaugurer la Mosquée nationale Kadhafi, sur les hauteurs de la capitale ougandaise.
 
La construction de la nouvelle mosquée de Kampala, qui peut accueillir plus de 12.000 fidèles, a été financée par l'Association mondiale pour l'appel islamique, organisation non gouvernementale libyenne.
 
La population de l'Ouganda, de l'ordre de 30 million d'habitants, est en majorité chrétienne. La célébration officielle de la fête religieuse, dans le stade de football de Kampala, avait réuni les présidents Mwai Kibaki du Kenya, Omar Bongo du Gabon, Amadou Toumani Touré du Mali, Paul Kagame du Rwanda, Pierre Nkurunziza du Burundi, Abeid Karume de Zanzibar, Abdullahi Yusuf de Somalie, Ismaël Omar Guelleh de
Djibouti, et le Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, selon un communiqué officiel.
 
AFP



Turquie/enquête: des personnalités nationalistes interpellées
AFP, le 21 mars 2008 à 9h16
ANKARA, 21 mars 2008 (AFP) - Le chef d'un parti nationaliste turc, un journaliste renommé et un ancien recteur d'université ont été interpellés vendredi dans le cadre d'une enquête concernant un réseau qui avait l'intention de tuer le Prix Nobel de littérature 2006 Orhan Pamuk, rapportent les médias.
 
Dogu Perinçek, chef du Parti travailliste (IP, non-représenté au Parlement), Ilhan Selçuk, journaliste octogénaire connu du quotidien d'opposition Cumhuriyet, et Kemal Alemdaroglu, ex-recteur de l'Université d'Istanbul, ont été placés en garde à vue à Ankara et Istanbul, précise l'agence.
 
Les accusations frappant les trois hommes n'ont pas été immédiatement précisées mais l'agence Anatolie souligne qu'ils ont été appréhendés pour leur rôle présumé dans un réseau ultra-nationaliste qui avait l'intention de tuer Orhan Pamuk et des personnalités politiques kurdes.
 
Ils devront comparaître devant un procureur à Istanbul, selon Anatolie.Treize autres personnes, dont général et un colonel en retraite ainsi qu'un avocat et un bandit connu dans le pays, ont été écrouées dans cette affaire.
 
Selon les médias turcs, les suspects voulaient assassiner M. Pamuk, le journaliste pro-islamiste Fehmi Koru et des personnalités politiques kurdes telles Leyla Zana, Osman Baydemir et Ahmet Türk.
 
La police enquêterait aussi sur l'implication de ces suspects dans des assassinats politiques, dont celui du journaliste arméno-turc Hrant Dink, celui du prêtre catholique italien Andrea Santoro et d'un magistrat de haut rang.
 
Les médias lient le réseau ultra-nationaliste à l'"Etat profond", terme qui désigne des mouvances au sein des forces de sécurité qui agiraient dans l'illégalité en pensant ainsi préserver les intérêts de l'Etat turc.

 
AFP

 

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