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TUNISNEWS
10 ème année, N° 3696 du 06.07.2010
 archives : www.tunisnews.net 

C.R.L.D.H.T: La cour d'appel de Gafsa confirme la condamnation du journaliste Fahem Boukadous à 4 ans de prison
Reporters sans frontières : La condamnation de Fahem Boukadous confirmée en appel
OLPEC: Boukaddous condamné à 4 ans de prison ferme à l'issue d'un procès inique
AFP: Tunisie: quatre ans de prison ferme pour le journaliste Fahem Boukadous
OLPEC: Harcèlement judiciaire du journaliste Mouldi Zouabi L'agresseur innocenté et la victime poursuivie
Assabilonline: Le docteur Lamine Zidi souffre de fractures de la boite crânienne et de la nuque qui remontent à sa période d’emprisonnement
Mondher Sfar: « Tunisie Martyre » version 2010
Walfadjri: Affaire Yassine Ferchichi :  - Le terroriste tunisien clame son innocence
Xinhua: Table ronde sur la sécurité globale en Tunisie à l'orée du 3ème millénaire
Les Echos: Electricité : lancement d'un méga projet reliant l'Afrique à l'Europe


 

C.R.L.D.H.T

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org / www.crldht.org

                                                                      La cour d'appel de Gafsa confirme la condamnation 

                                                                      du journaliste Fahem Boukadous à 4 ans de prison

 


 

La Cour d’appel de Gafsa a confirmé aujourd’hui, mardi 6 juillet 2010, la condamnation prononcée en première instance à l’encontre du journaliste Fahem Boukadous  à quatre ans de prison ferme.

Fahem Boukadous, hospitalisé à Sousse depuis plusieurs jours, est poursuivi suite à la couverture journalistique qu’il a assurée du mouvement social du bassin minier de Gafsa en 2008. Il a été condamné par contumace à 6 ans de prison ferme en décembre 2008, puis de nouveau en appel en février 2009 en même temps que les leaders du mouvement de protestation sociale du bassin minier de Gafsa.

M. Fahem Boukadous est sorti de la clandestinité le 24 novembre 2009, et s’est présenté à la justice pour faire opposition à sa condamnation par contumace. Il a été condamné en première instance à 4 ans de prison ferme. Il vient de connaître le même sort que Hassen Ben Abdallah, qui a subi le même jugement sévère de 4 ans de prison, prononcé à son encontre par la même  Cour .

M. Boukaddous, dont la santé est en état critique, est actuellement hospitalisé à  Sousse (Centre-Est de la Tunisie) et  risque l’incarcération à tout moment.

Le CRLDHT  dénonce ce procès scandaleux et inique, dans un Etat, la Tunisie,  où la justice délibère en absence  même de l’ «accusé» empêché d’être présent physiquement pour des raisons de santé.  .

Il exige la libération immédiate de MM. Fahem Boukadous et Hassen ben Abdallah et l’arrêt des poursuites à leur encontre.

Le CRLDHT tient le gouvernement tunisien pour responsable de toute dégradation de l’état de santé de M.Fahem Boukadous.

Le CRLDHT rappelle que le dossier du bassin Minier n’est pas clos et exige l’arrêt des poursuites à l’encontre de MM Maher Fajraoui (condamné par contumace à 10 ans de prison) et Mouhiédine CHERBIB, membre fondateur du CRLDHT, condamné par contumace à 2 ans et 15 jours de prison ainsi que le rétablissement de tous les anciens (et nouveaux détenus) dans l’intégralité de leurs droits, à commencer par celui de retrouver leurs emplois.

Paris, le 06 juillet 2010


Reporters sans frontières
Maghreb et Moyen Orient Tunisie 
Publié le 6 juillet 2010
La condamnation de Fahem Boukadous confirmée en appel


Le tribunal d’appel de Gafsa a confirmé, le 6 juillet 2010, la condamnation du journaliste Fahem Boukadous, par contumace, à une peine de quatre ans de prison ferme. Cette décision a été rendue alors que le journaliste est hospitalisé à Sousse depuis le 3 juillet dernier pour des problèmes respiratoires.
« Un tel jugement va à l’encontre des principes fondamentaux de la justice tunisienne. C’est clairement une décision politique que de condamner ce journaliste pour n’avoir fait que son travail, et ce sans que ses avocats aient pu plaider », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de l’organisation.
« Depuis plus de quarante-huit heures la police politique exerçait des pressions sur la direction de l’hôpital pour qu’ils ne me délivrent pas de certificat médical, certificat qui aurait permis de reporter le procès. Malgré mon état de santé critique, je peux être arrêté d’une minute à l’autre », a déclaré Fahem Boukadous à Reporters sans frontières.
« Le jugement est exécutoire. Fahem peut être arrêté immédiatement », a déclaré Rida Ridaoui, avocat du journaliste, à Reporters sans frontières. Avant d’ajouter : « Un tel jugement constitue une infraction grave aux procédures pénales tunisiennes : en droit tunisien, quand un accusé est hospitalisé, le procès est automatiquement reporté. Par ailleurs, Fahem a été condamné sans que ses avocats aient pu plaider. »
En décembre 2008, le tribunal de première instance de Gafsa (400 km au sud de Tunis) avait condamné Fahem Boukadous, journaliste pour la chaîne satellitaire El Hiwar Ettounsi, alors en clandestinité, à une peine de six ans de prison ferme, pour “constitution d’une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens”, suite à la couverture médiatique des manifestations populaires dans la région minière de Gafsa. Le 5 février 2009, la cour d’appel avait confirmé cette condamnation. Le 24 novembre 2009, le journaliste s’est présenté libre devant le tribunal de Gafsa, mettant ainsi un terme à près de dix-sept mois de clandestinité.
Etant absent lors du procès, Fahem Boukadous avait fait opposition au jugement fin 2009. La procédure a donc recommencé depuis le début, annulant les décisions juridiques précédentes concernant le journaliste. Il avait été condamné le 13 janvier 2010 à quatre ans de prison ferme pour les mêmes faits que ceux qui lui étaient reprochés en décembre 2008.

Observatoire pour la liberté de presse, d'édition et de création
 

Tunis le 6 juillet 2010                                                                                                     

Boukaddous condamné à 4 ans de prison ferme                                                                       

à l'issue d'un procès inique                                                                                         


 

Aujourd'hui, la Cour d'appel de Gafsa a condamné le journaliste Fahem Boukaddous à 4 ans de prison ferme pour “constitution d’une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens”; ces acusations se rapportent à la couverture effectuée par le journaliste des manifestations populaires dans la région minière de Gafsa, pour le compte de la chaine El Hiwar ettounsi en 2008.

En violation flagrante du code de procédure pénale, la Cour a rejeté la demande de report de l'audience formulée par la défense et a prononcé son verdict sans plaidoiries, alors que la défense avait produit les documents médicaux appropriés prouvant que Fahem Boukaddous est actuellement hospitalisé au service de pneumologie de l'hopital Farhad Hached à Sousse et que la gravité de son état ne lui permet pas de se déplacer.

Notons que le batiment du palais de justice a été encerclé par la police politique qui en a interdit l'accès aux journalistes et obsrvateurs locaux.

La veille de son procès, le 5 juillet, la police avait fait pression sur un interne des hopitaux qui avait profité de l'absence du médecin traitant ainsi que du chef de service, pour signer la sortie de Fahem Boukaddous et l'obliger ainsi à comparaitre; devant ses protestations et avec l'arrivée du chef de service, le malade avait été réintégré pour soins intensifs. Son médecin traitant avait confirmé que son état ne lui permettait pas de supporter un déplacement jusqu'à Gafsa pour assister à son procès.

De son lit d'hôpital, Fahem Boukaddous a déclaré à l'OLPEC:« les policiers peuvent venir à tout moment m'arracher de mon lit d'hôpital pour me jeter dans leur geôles inhumaines; je ne peux que subir stoiquement cette sentence d'une justice aux ordres, mais ma vie est en danger et ils peuvent me conduire à la mort! » 

 

L'Observatoire

·         Considère qu'il s'agit encore une fois d'un procès d'opinion qui punit une activité journalistique ordinaire, protégée par les lois tunisiennes et internationales.

·         Condamne énergiquement ce verdict inique prononcé à l'issue d'un procès sans plaidoiries et sans que l'accusé n'ait pu produire les moyens de sa défense et exige son annulation.

·         Il fait assumer aux autorités tunisiennes tout développement funeste qui peut affecter la santé et la vie de Fahem boukaddous.

                     

Pour l'Observatoire

La secrétaire générale

Sihem Bensedrine


Tunisie: quatre ans de prison ferme pour le journaliste Fahem Boukadous


AFP– 06/07/10 21:54
TUNIS — Fahem Boukadous, correspondant de la chaîne satellitaire Al-hiwar Ettounsi (le dialogue tunisien) a été condamné mardi en son absence à quatre ans de prison ferme pour "diffusion d'information de nature à troubler l'ordre public", a-t-on appris auprès de son avocat.
Le tribunal d'appel de Gafsa (sud) a confirmé le verdict de première instance pour "appartenance à une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens" et pour "diffusion d'information de nature à troubler l'ordre public".
"Ce verdict a été prononcé dans des conditions anormales, puisque mon client est toujours hospitalisé et risque à tout moment d'être emprisonné", a indiqué à l'AFP, son avocat Mohamed Abbou.
Contacté par l'AFP, Fahem Boukadous a déclaré qu'il s'attendait à être arrêté d'une minute à l'autre" faisant assumer aux autorités tunisiennes une dégradation de son état de santé.
"Mon transfert en prison veut dire ma mort", a ajouté le journaliste, hospitalisé depuis le 3 juillet dernier à Sousse au centre de Tunis pour insuffisance respiratoire et infection dans les poumons, selon lui.
Pour ses avocats et des ONG, Fahem Boukadous, a été condamné pour avoir couvert les manifestations populaires du bassin minier de Gafsa en proie en 2008 à l'agitation sur fond de chômage, cherté de la vie, corruption et clientélisme.

Observatoire pour la liberté de presse, d'édition et de création
Tunis le 6 juillet 2010
Harcèlement judiciaire du journaliste Mouldi Zouabi L'agresseur innocenté et la victime poursuivie

                      Alors qu'il s'attendait à être convoqué en tant que plaignant dans l'affaire où il avait été agressé par un membre de la milice du parti au pouvoir,  Mouldi Zouabi, grand reporter à Radio Kalima et membre fondateur du Pen Club Tunisie, vient de recevoir une convocation à comparaitre devant le tribunal cantonal de Jendouba le 14 juillet prochain, pour répondre de l’accusation de «violences aggravées et injures publiques » contre son agresseur, le dénommé Khalil Maaroufi.

                      Les faits remontent au 1er avril 2010, jour où le journaliste a été agressé par un homme de main connu pour être proche de la police et gérant d'un café situé en face du palais de justice à Jendouba (Nord ouest du pays), dénommé Khalil Maaroufi. L'agression avait eu lieu à hauteur du poste de police central du district de Jendouba; l'individu était sorti d'une voiture au vitres teintés (en Tunisie seuls les agents de police et les membres du gouvernement ont le droit de circuler dans des voitures aux vitres teintées), lui a demandé s'il s'appelait bien Mouldi Zouabi et dès que ce dernier avait répondu positivement, il s'est jeté sur lui en le frappant avec ses brodequins,  le rouant de coups et brisant ses lunettes de vue; Le barbouze a proféré des menaces contre lui en l'insultant vulgairement, le traitant de « traitre à la partie » qui « salit l'image du pays » et qui « va payer cher sa trahison ». Alors qu'il était à terre, il lui a arraché ses papiers d'identité, sa carte bancaire, son permis de conduire, sa carte de presse de la FIJ, son audio recorder ainsi que d'autres documents personnels.

                      Mouldi Zouabi avait  déposé le jour même une plainte au parquet de Jendouba après avoir été examiné par un médecin qui lui a délivré un certificat médical attestant des blessures provoquées par l'agression. Les avocats de la Ligue des droits de l'homme de la section de Jendouba l'avaient accompagné au tribunal et constaté l'état dans lequel il se trouvait.

Il vient d'apprendre maintenant que la plainte qu'il avait déposée a été classée pour « insuffisance de preuves » et que son agresseur le poursuit pour les faits dont lui même avait été victime!

Background

Mouldi Zouabi  est célèbre pour les reportages sociaux qu'il effectue dans la région défavorisée du Nord-ouest et qui mettent à nu la propagande trompeuse du régime sur les réalisations économiques et l'éradication de la pauvreté.

Il subit pour cette raison une répression constante depuis plus d'une année. Son domicile est sous une surveillance permanente de policiers en civil qui harcèlent sa famille. Sa connexion Internet continue d'être arbitrairement coupée depuis le début du mois de février 2010 malgré un recours en justice qu'il a introduit; Les Publinets proches de son domicile à Bousalem qu'il fréquentait ont été tous fermés; ce qui l'oblige à recourir aux Publinet du chef lieu du gouvernorat à Jendouba pour accomplir son travail.

Il avait été arrêté le 28 janvier 2010 au commissariat de Montplaisir à Tunis et détenu durant plus de huit heures, alors qu'il s'apprêtait à faire une interview avec Mohamed Bouebdelli, directeur de l'Université Libre de Tunis.

 

L'observatoire

·         constate que cette nouvelle poursuite contre un journaliste, se produit dans le contexte de la promulgation d'une nouvelle loi appelée « la loi des traitres »qui criminalise toute forme de critique à l'égard de la politique du gouvernement.Et que Mouldi Zouabi est aussi accusé d'être un traitre qui “porte atteinte à l'image du pays”;

·         Il dénonce ce harcèlement judiciaire et le déni d'accès à la justice dont est victime Mouldi Zouabi, comme nombre de défenseurs de droits humains; un déni qui coincide avec une prétendue «réforme de la justice» conduite avec des fonds de l'Union européenne.

·         Appelle à un large soutien avec le journaliste qui comparait le 14 juillet prochain devant une chambre estivale qui examine d'habitude les flagrants délits et les affaires urgentes, ce qui présage d'une justice expéditive; Mouldi zouabi risque 3 ans de prison ferme.

 

Pour l'Observatoire

Le président

Mohamed Talbi


Le docteur Lamine Zidi souffre de fractures de la boite crânienne et de la nuque qui remontent à sa période d’emprisonnement

 
Lamine Zidi, médecin, ex prisonnier politique, souffre de graves lésions, dont l’origine remonte à l’été 1992 alors qu’il était à la prison du 9 avril à Tunis. Il est jusqu’à l’heure actuelle dépourvu de couverture sociale et n’a pu faire les examens médicaux requis et être opéré comme cela était requis.
Lamine Ben Béchir Ali Zidi est né le 3 novembre 1961. Il est marié et il a deux filles. Il a été arrêté en 1991 et condamné à 20 ans d’emprisonnement. Il a été libéré en 2006 à titre conditionnel et il est depuis lors soumis au contrôle administratif. Il ne peut quitter le gouvernorat de Mannouba sans autorisation.
Zidi a affirmé au correspondant d’Assabilonline à Tunis, Zouhaïer Makhlouf, dans un enregistrement vidéo, qu’il était sorti de prison handicapé. Il souffre d’une fracture au crâne et à la colonne au niveau de la nuque (première et deuxième vertèbres cervicales). Il s’agit de lésions d’autant plus graves qu’elles sont exposées lors de tout choc au niveau du corps ou du cou et elles nécessiteraient une intervention chirurgicale.
Ces fractures remontent à 1992, lorsque la prison du 9 avril a été investie par le pavillon D cellule 5 par des escadrons d’agents et d’officiers qui ont évacué les prisonniers de la cellule par la force. Lors de cette intrusion violente, le docteur Lamine Zidi a été agressé à coups de gourdins sur la nuque et il a fait une chute. Les agents lui ont donné des coups de brodequins sur le cou. Zidi affirme que les douleurs se sont intensifiées au cours de l’année 2000 et la radio a démontré l’existence de lésions graves des cervicales.
Les médecins ont prescrit des examens qui ont établi l’existence de fractures et d’inflammations de la moelle épinière et demandé des examens complémentaires que Zidi n’a pu réaliser du fait de leur coût et de l’absence de couverture sociale.
Depuis sa sortie de prison, le docteur lamine Zidi a travaillé pendant deux ans sans rémunération. Il est maintenant stagiaire à l’hôpital pour une remise à niveau de la fonction publique et il perçoit une rémunération symbolique.
 
Lamine Zidi était étudiant à l’université tunisienne au début des années 80. Il était médecin avant son arrestation en 1991 et sa condamnation à 21 ans d’emprisonnement. […] il avait déjà été emprisonné en 1987.

6.7.2010 Source : Assabilonline

(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


« Tunisie Martyre » version 2010
par Mondher Sfar

Le témoignage de Walid Kammoun que nous avons publié le 2 juillet 2010 sur les horreurs qu'il a vécues dans les locaux du ministère de l'Intérieur doivent susciter la colère et la révolte dans le coeur de tout être humain. Pourtant, aucune dénonciation publique n'est venue jusqu'ici à ma connaissance prouver qu'il existe encore parmi les activistes des droits de l'homme une sensibilité pour les questions qui touchent à l'humain et aux souffrances des gens sans défense.
Il est vrai que la question à l'ordre du jour est d'avoir un passeport, et de pouvoir faire du tourisme en Tunisie. On le voit, c'est vital pour un militant.
Cela pourrait prêter à sourire si le sujet n'était pas grave et qu'il ne touchait à la souffrance de millions de nos compatriotes livrés au bon vouloir d'un dictateur criminel.
Depuis des années nous avons appelé à la poursuite des criminels tels que Abdallah Kallel objet de plainte pour crimes contre l'humanité en Suisse. Il a été récompensé par Ben Ali pour cet exploit en le nommant à la présidence de la Chambre des Conseillers. L'opposition n'a pas soulevé d'objection. Quand Habib Ammar a été dénoncé pour les mêmes crimes contre l'humanité par l'OMCT et Trial, l'opposition n'a pas dit un seul mot pour féliciter ces associations ou relayer leurs dénonciations. Ce silence est même devenu suspect quand elle n'a exprimé aucune objection quand Ammar a été nommé organisateur officiel des Jeux méditerranéens, puis du SMSI. J'ai moi-même appelé certains de mes amis à dénoncer ce criminel, en vain. Une conférence de presse devait même se faire à Tunis pour dénoncer Habib Ammar lors des Jeux méditarranéens devant la presse internationale et à travers lui la torture en Tunisie, eh bien, l'opposition a refusé d'organiser cette conférence ! Au contraire, on trouve des déclarations officielles et écrites de responsables des droits de l'homme pour prendre la défense du Général Habib Ammar et implicitement envoyer paître l'OMCT et Trial.
Quand nous avons lancé un mouvement pour le boycott du tourisme en Tunisie pour mettre fin à la torture, ce fut la levée des boucliers: comment oser porter atteinte au beefteck du Tunisien ? Alors peut-être on ne parle pas le même langage ! La torture est-elle ou n'est-elle pas un crime? Et pas n'importe quel crime! : un crime contre l'humanité et de ce fait tous les Tunisiens qui en sont les premières victimes doivent se mobiliser pour y mettre fin. Comment donner de l'importance aux droits de l'homme quand on ne se soucie pas de cet homme quand il est torturé, quand il souffre dans sa chair et dans son existence biologique? Comment les défenseurs des droits de l'homme seraient crédibles quand ils se taisent sur les droits les plus élémentaires de tout être humain à la vie ? Comment peuvent-ils être crus quand ils ne dénoncent pas les responsables et les donneurs d'ordre de torture comme les Ben Ali, Abdallah Kallel, Habib Ammar? Ce qui est étrange, on l'a vu, c'est que lors même que l'OMCT et Trial dénoncent nommément ces criminels par leurs noms, les militants tunisiens des droits de l'homme observent un silence de mort.
Ils sont morts de quoi? De peur? Ou bien parce que la défense des droits de l'homme ne doit aucunement mettre en question le système Ben Ali, fut-il fondé sur la torture? Cette dernière hypothèse est plus proche de la vérité. N'oubions pas que parmi ceux qui mènent la campagne droitdhomiste il y a des gens qui naguère officiaient aux côtés de Ben Ali jusqu'au moment où il les a chassés parce qu'il ne leur a pas donné les sièges qu'ils voulaient. Ce sont ces mêmes gens qui défendaient naguère de qualifier Ben Ali de dictateur, de peur de mettre en péril le système. Cette doctrine prédomine encore de nos jours. Nous devons la dénoncer.
Aujourd'hui on continue le même cinéma revendicatif des droits de l'homme, tout en s'abstenant de s'attaquer à la torture pilier du régime. On ne doit pas s'attaquer au grand chef, comme hier. Parler de poursuivre les tortionnaires, il n'en est pas question. Encore moins du plus grand et peut-être du seul vrai donneur d'ordre de la torture en Tunisie. Demander que Ben Ali soit arrêté et déféré devant la CPI, relève du blasphème.
Le dernier mélodrame de la soi-disant loi sur les intérêts économiques est révélatrice de la faillite de cette opposition. On accuse le pouvoir de vouloir museler la liberté d'expression ! On n'ose plus parler et revendiquer le boycott du régime, ce qui est la moindre des revendications quand il y a violation des droits humains et en particulier. Ce boycott est pourtant prévu dans les textes officiels des accords entre l'Europe et la Tunisie qui fait obligation aux parties signataires de rompre les engagements en cas de violations des droits humains. Et cette clause a été signée par la main de Ben Ali en personne! Pourquoi ne pas rappeler à Ben Ali que la nouvelle loi sur les intérêts économiques de la Tunisie contredirait la signature de ce dictateur si cette loi devait s'en prendre à ceux qui appellent au boycott au nom de l'Accord d'association! Ou bien lui rétorquer tout simplement qu'en signant cette clause Ben Ali porte lui-même atteinte aux intérêts de la Tunisie en s'en prenant à l'Accord d'association! Au lieu de cela, ces défenseurs des droits de l'homme n'ont même pas osé parler de l'article 2 de l'Accord d'association. Plus grave encore, j'ai moi-même demandé à certains de ces défenseurs d'appeler l'Europe à rompre ses aides à la Tunisie au nom du respect de l'Article 2. On m'a répondu : « jamais ! , c'est l'affaire de l'Europe et pas la nôtre! » Voilà donc jusqu'où va le courage de notre opposition: elle est en-deçà des engagements mêmes du dictateur qui a engagé sa responsabilité en signant l'Article 2 de l'Association à ses risques et périls!
Il est bien normal que devant une telle opposition, le régime ose pondre une loi inepte qui devrait facilement le ridiculiser, mais il sait à qui il a affaire. Une loi d'autant plus ridicule - et que l'on aurait facilement accueillie avec d'autant plus de joie, qu'il est très facile de la retourner contre ses promoteurs en demandant des comptes au régime sur les sommes astronomiques que la maffia de Carthage a volées au pays et qu'elle a emporté en valises entières vers les pays du Golfe, en Europe et aux Amériques. Cette loi est une bénédiction pour l'opposition qui nous aurait donné l'occasion de porter plainte au nom de cette loi contre Ben Ali et sa famille royale pour avoir porté atteinte aux intérêts économiques du pays. Cela aurait été l'occasion d'appeler à la création d'une commission d'enquête sur la fortune personnelle de Ben Ali et de son entourage planquée à l'étranger, à Paris, à Londres à Dubaï ou en Argentine. On aurait tout aussi bien demander l'application de cette loi contre le fameux Imed Trabelsi pour les yachts volés et qui ont terni l'image et les intérêts économiques du pays et en faisant appliquer cette nouvelle loi contre Ben Ali qui a soutenu personnellement Imed et protégé cette piraterie internationale. Mais non, l'opposition n'est pas prête à utiliser cette loi contre le régime, car au fond elle n'est pas contre le régime.
Pendant que Ben Ali tourne en ridicule son opposition affairée autour du chiffon rouge qu'il lui a brandi, ses usines à torturer tournent à plein régime, dans l'indifférence générale.
Triste spectacle de la « Tunisie martyre », expression combien vraie et douloureuse depuis qu'elle a été prononcée par notre compatriote Abdelaziz Thaalibi en 1920. Comme si rien ne s'est passé depuis dans l'histoire de la Tunisie contemporaine.
Nous devons nous ressaisir. Nous devons revenir à notre simple humanité : nous révolter contre l'ignoble crime de torture, crime absolu contre la dignité humaine. Si nous sommes incapables de ce sentiment élémentaire d'humanité alors nous sommes indignes vis-à-vis de nous mêmes et vis-à-vis de ce peuple vraiment martyre et qui n'a que nous pour lui tendre la main et le secourir.


Mondher Sfar
Campagne Internationale contre la Torture en Tunisie
Paris, le 6 juillet 2010
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Affaire Yassine Ferchichi :
Le terroriste tunisien clame son innocence


Le Tunisien Yassine Ferchichi a été condamné par contumace à 32 ans de travaux forcés et à 15 ans de contrôle administratif, par la justice de son pays, pour association de malfaiteurs et relation avec une entreprise de terrorisme. Les mêmes faits lui ont aussi valu d'être condamné en France à six ans de travaux forcés, avant de bénéficier d'une remise de peine au terme de quatre ans de détention. C'est celui-là qui, déporté au Sénégal, clame haut et fort son innocence.

Retour sur l'affaire Yassine Ferchichi. Pour les observateurs qui ne le connaissent pas, il s'agit du ressortissant tunisien dont sa ‘déportation’ au Sénégal, en provenance de la France, avait fait beaucoup de bruit à l'époque où le ministre sénégalais des Affaires étrangères d'alors s'était même prononcé sur son cas, lorsque l'intéressé avait multiplié ses sorties à travers la presse. Yassine Ferchichi a été condamné par contumace par la justice de son pays à 32 ans de travaux forcés et 15 années de contrôle administratif, pour des activités de terrorisme.
Il a également été incarcéré en France pour les mêmes faits, à six années de travaux forcés pour association de malfaiteurs et relation avec une entreprise terroriste, en même temps que ses autres acolytes. Mais il va bénéficier d'une remise de peine au terme de quatre années de détention. Celui qui est pointé du doigt comme étant un terroriste a quitté son pays natal depuis 2004. Raison avancée ? Ferchichi ne peut plus investir en Tunisie parce que victime d'‘interpellation’, de ‘harcèlement’ et de ‘tortures’. C'est par la suite qu'il a été ‘déporté’ au Sénégal depuis sa libération par la justice de l'Hexagone, le 24 décembre 2009.
Le ressortissant tunisien s'est manifesté, samedi dernier, lors de l'assemblée générale de l'Organisation nationale des droits de l'homme portant élection de son nouveau président, Djibril Aziz Badiane (voir notre édition d’hier). Et c'était l'occasion pour lui de clamer son innocence par rapport à ce qu'il qualifie d'‘acharnement’ : ‘Je ne suis pas un terroriste et je ne le serai jamais. Je suis musulman et j'ai été condamné sur de faux prétextes. Je défie ainsi quiconque de (me) prouver ma relation avec une entreprise terroriste’.
Le ressortissant tunisien raconte sa mésaventure ainsi que les persécutions dont il dit avoir subi : ‘Ma vie est ainsi détruite. J'ignore le contrat établi entre la France et le Sénégal pour que je me retrouve ici. J'ai été déporté, ligoté des mains et pieds et mis dans un avion en direction du Sénégal. A mon arrivée ici, j'ai fait quatre jours de garde-à-vue avant d'être libéré parce que j'avais entamé une grève de la faim. Et j'ai passé 13 jours dans les rues de Dakar avant d'être pris en charge par l'Ondh’ (Organisation nationale des droits de l'homme, Ndlr).
La déportation du ressortissant tunisien Yassine Ferchichi au Sénégal a été décidée pour des raisons humanitaires, si l'on en croit l'intéressé. Mais pour lui, l'Etat du Sénégal n'a pas respecté son engament, car il est toujours pris en charge par l'Organisation nationale des droits de l'homme. ‘Je suis retenu contre mon gré au Sénégal sans aucun papier ; même pas de passeport ou de carte d'identité avec moi. Tous ces documents ont été confisqués. Je vis dans le désarroi avec un avenir incertain’.
Aujourd’hui, Yassine Ferchichi se dit être tout simplement victime de ‘déportation’. Son cas dépasse seulement le cadre d'‘expulsion’ malgré ses ‘multiples demandes d'‘asile’ adressées aux organismes internationaux de défense des droits de l'homme, avec notamment Amnesty International et la Fédération internationale des droits de l'homme.

P. NDIAYE
 (Source: "Walfadjri" (Quotidien - Sénégal) le 6 juillet 2010)
Table ronde sur la sécurité globale en Tunisie à l'orée du 3ème millénaire



Xinhua Mise à jour 06.07.2010 10h23
Une table ronde a été organisée lundi à la Chambre des Députés tunisienne, par le Centre d'études et de recherches parlementaires sur "la sécurité globale en Tunisie à l'orée du 3ème millénaire".

Animée par Mme Habiba El Massaabi, premier vice-président de la Chambre des Députés, cette table ronde a été l'occasion de débattre du concept de sécurité globale qui figure aujourd'hui en tête des priorités de toutes les nations du monde à la lumière des profondes mutations qui s'opèrent sur la scène internationale.

Le ministre tunisien de la Défense nationale Ridha Grira a présenté une communication sur "défense globale et sécurité globale: conceptions et applications", en partant de l'affirmation par le président Zine El Abidine Ben Ali que la sécurité et la stabilité des nations, le progrès et la prospérité des peuples sont tributaires autant de facteurs militaires que d'autres facteurs économiques, sociaux, humains et culturels.

Dans cette communication, le ministre tunisien a fait ressortir la relation étroite entre la défense et la sécurité, rappelant certains événements qui ont marqué la dernière décennies du siècle écoulé et le début du 21ème siècle. Il a précisé que ces événements tels que les évènements du 11 septembre 2001, la guerre du Golfe et la crise du Moyen-Orient ont entraîné une prolifération anarchique des armes de destruction massive et l'émergence des fléaux du terrorisme, du fanatisme et de l'extrémisme.

Evoquant la politique de défense globale adoptée par la Tunisie, le ministre tunisien a précisé que cette politique repose sur l'article 15 de la Constitution Tunisienne du 1959 et sur la déclaration de 7 Novembre 1987 qui considèrent que la défense et la sécurité de la patrie sont une responsabilité collective et un devoir sacré pour l'ensemble des Tunisiens.

Il a rappelé, dans ce contexte, que le Chef de l'Etat tunisien ne cesse de réaffirmer qu'il ne peut y avoir de développement sans la sécurité ni de sécurité sans le développement et l'invulnérabilité et la stabilité des nations sont tributaires de leur développement économique.

Il a ajouté que la Tunisie a axé ses efforts sur la mobilisation de toutes ses ressources et ses potentialités pour relever les défis qui se posent et préserver sa sécurité, sa stabilité et son invulnérabilité.

M.Grira a fait remarquer que parmi les fondements essentiels de la politique tunisienne de défense figurent également le respect de la légalité internationale, comme en témoigne la ratification par la Tunisie de toutes les conventions et pactes internationaux relatifs à la sécurité dans le monde, dont notamment la convention relative à l'interdiction des armes nucléaires et des armes de destruction massive ainsi que le protocole spécial de Genève concernant la prohibition de l'emploi à la guerre des gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et des moyens bactériologiques.

Dans sa réponse aux interventions des députés, le ministre tunisien a donné des précisions concernant le volet militaire du concept de défense globale, précisant que la Tunisie dispose des compétences et des matériels logistiques nécessaires dans tous les domaines, y compris les plus innovants, pour préserver sa sécurité et son invulnérabilité.

Deux communications ont été données sur le concept de sécurité globale et sur l'approche de la Tunisie dans ce domaine.

 
  Electricité : lancement d'un méga projet reliant l'Afrique à l'Europe

[ 06/07/10  - 01H00  - Les Echos  - actualisé à 00:37:48  ]

Henri Guaino, le conseiller spécial de l'Elysée, et Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Ecologie, ont officiellement lancé hier Transgreen, ce projet de lignes à haute tension entre les deux rives de la Méditerranée.

 

Deux ans après le lancement du Plan solaire méditerranéen (PSM), la France a officiellement lancé hier un projet de réseau électrique censé relier l'Afrique à l'Europe dès 2020. Treize entreprises, dont les français EDF, Alstom, Areva, Atos Origin et Nexans, ont signé un protocole d'accord en vue de créer une société chargée d'étudier la faisabilité du projet, appelé Transgreen. Mais l'initiative revient aux pouvoirs publics, à commencer par le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui voit là une application concrète de l'Union pour la Méditerranée.

« C'est une réponse au scepticisme, la Méditerranée ça avance », a déclaré hier Henri Guaino, le conseiller spécial de l'Elysée. Lancée en juillet 2008, l'Union pour la Méditerranée s'est retrouvée dans une impasse diplomatique après l'intervention israélienne à Gaza, début 2009. « Ca me fait un peu penser à la Ceca », la Communauté européenne du charbon et de l'acier, s'est félicité le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo.

L'électricité, il ne suffit pas de la produire, il faut aussi la transporter. Or, avec l'essor des nouvelles technologies et l'arrivée du nucléaire, les initiatives de production se multiplient en Afrique du Nord. Pour un budget prévisionnel de l'ordre de 40 milliards d'euros, le Plan solaire méditerranéen prévoit la construction de capacités de production d'électricité renouvelable (solaire et éolienne) d'environ 20 gigawatts d'ici à 2020, dont un quart serait exporté vers l'Europe.

De son côté, le projet Desertec, d'origine allemande, voudrait couvrir jusqu'à 15 % des besoins en électricité européens d'ici à 2025. Coût estimé : 400 milliards d'euros d'ici à 2050…

Déterminer la rentabilité

Transgreen se veut concret. Ses initiateurs tablent sur un investissement de 8 milliards d'euros pour la construction de 5 ou 6 interconnexions sous-marines, totalisant 5 gigawatts de capacité. Le coût s'explique par la technologie utilisée, celle du courant continu, dont les lignes sont de 7 à 8 fois plus chères que celles en courant alternatif, mais qui réduisent largement les pertes de réseau. Un aspect décisif pour des lignes de plus de 1.000 kilomètres, selon l'allemand Siemens, qui participe au projet. Côté financement, selon Augustin de Romanet, le patron de la banque publique CDC, également membre du consortium, des investisseurs du golfe ou d'Asie du Sud-Est sont demandeurs de projets d'infrastructures de ce type. « Cela permettra d'aller chercher l'épargne là où elle est », selon lui.

Encore faut-il déterminer la rentabilité de Transgreen. C'est l'objet de la société qui sera juridiquement créée d'ici à la fin du mois et qui sera opérationnelle d'ici à la fin de l'année, a indiqué André Merlin. Le président du conseil de surveillance des réseaux français de transport (RTE) et de distribution (ERDF), deux filiales d'EDF, devrait d'ailleurs prendre la présidence de Transgreen, l'électricien public étant désigné comme « chef de file » du projet.

Outre les huit français, les membres incluent l'espagnol Red Electrica et l'italien Prysmian. « Le projet est ouvert à d'autres, notamment l'italien Terna et tous les partenaires du Sud avec lesquels nous sommes en relation étroite », selon André Merlin.

THIBAUT MADELIN, Les Echos
(Source: LesEchos.fr le 6 juillet 2010)
 

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