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TUNISNEWS
10 ème année, N° 3880 du 06.01.2011
archives : www.tunisnews.net

TTU-Monde Arabe: LES TENSIONS S’AGGRAVENT EN TUNISIE - Virement providentiel
Tala : première liste de personnes arrêtées à Tala
Reporters sans frontières : Tunisie - Vague d’arrestations de blogueurs et de militants
Amnesty International: Tunisians must be allowed to protest peacefully without fear
AFP: Tunisie: les avocats en grève pour dénoncer la répression
AP: Tunisie: grève des avocats dans le sillage des troubles de Sidi Bouzid
AFP: Thousands of Tunisian lawyers on strike
AP: Tunisie: suicides et tentatives se multiplient sur fond de détresse sociale
AFP: Une journaliste du journal français Le Monde interdite d'entrée en Tunisie
AFP: Tunisie/troubles: grèves, manifestations et tentatives de suicide (syndicalistes)
AFP: L'agitation continue en Tunisie, grèves et arrestations de cybernautes
AFP: Tunisie: Vague d’arrestations de blogueurs et militants
AFP: Occupation pacifique du consulat honoraire de Tunisie à Lausanne
Vereniging Tawasel Pays-Bas:Uitnodiging
20minutes: Manifestation devant le consulat de Tunisie à Lyon
Solidarité avec le peuple tunisen à Lyon
ATNF: Bilan du rassemblement a Lille
Assabilonline: Tala abat tous les symboles du régime et se rebelle contre le pouvoir de Ben Ali
AFP: Maghreb: un profond malaise social, une absence de perspectives politiques
AFP: Algérie: émeutes à Alger contre la flambée des prix
AFP: Bamako: explosion devant l'ambassade de France, l'auteur se dit d'Al-Qaïda (police)
AFP: Mali/attentat: l'auteur est un jeune Tunisien ayant "la haine de la France" (police)
AFP: France: début du procès d'une affaire de financement présumé d'Al-Qaïda
AFP: Premiers détails sur l'identité des suspects de l'attentat déjoué à Copenhague
Le Monde: "C'est bien un mouvement sans précédent que nous vivons là pour la Tunisie"
Le Monde: L'explosion de colère qui secoue la Tunisie
Le Monde Diplomatique: Le réveil tunisien
L´Humanité: Tunisie - Les bouches s’ouvrent au pays de Ben Ali
20minutes: Révolte en Tunisie: «Cela en dit long sur le ras-le-bol de la population
20minutes: Ben Ali contre le peuple tunisien
Le Progres: Tunisie : la révolte gronde, le gouvernement cadenasse le pays
Le Post: La Tunisie sous les bombes!
Toulouse7: La France refuse (encore) de critiquer le régime de Ben Ali
Le Monde.fr : Tunisie : "Un silence embarrassé prévaut en Europe"
France24: La contestation s'étend au lendemain du décès du jeune marchand
France2: Tunisie: du bon usage d'internet...
El Watan: Journée de solidarité internationale avec les luttes sociales en Tunisie
Taoufik Ben Brik:  "Antar, la mascotte de Sidi Bouzid"
Octavia Nasr: Fini les conneries
Slim Bagga: La seule fatalite, aujourd'hui, c'est le depart de Ben Ali
Noureddine CHAFAI: J'ACCUSE
Afef Bennaceur: Carte de visite
Aziz Chabbi.: PSYCHO M - schizophrène et réactionnaire.
Reuters: Feu vert en Israël de la Cour suprême aux "bus séparés
"
LES TENSIONS S’AGGRAVENT EN TUNISIE
 


Les récents incidents de Sidi Bouzid, en Tunisie, ont révélé le décalage entre la population et le pouvoir. La communication sur cette affaire ayant été mal gérée, le ministre de l'Information, Oussama Romdhania, a été limogé. Pourtant, il soutient qu’il n'a fait qu'appliquer «les ordres venus de Carthage». Or, la présidence a compris dès le 18 décembre, au lendemain de l'immolation par le feu du jeune Mohamed Bouazizi, que les services de sécurité avaient été défaillants et imprévoyants. Ce jour-là, donc, le président Ben Ali a convoqué tous les patrons de la sécurité et le chef d'état-major de l’armée, en présence de son conseiller politique, Abdelwaheb Abdallah, de son ministre directeur de cabinet, Abdelaziz Ben Dhia, et du patron de la sécurité présidentielle, le général Ali Seriati. Leïla Ben Ali et son frère Belhassen Trabelsi auraient également été présents à cette réunion. Tous les participants auraient été forcés de convenir que les revendications des manifestants étaient politiques et n’avaient pas un caractère uniquement social. A la demande du président, Leïla Ben Ali aurait alors décidé de quitter provisoirement le pays, en attendant que les choses se calment. Le 19 décembre, elle a donc pris un avion à destination de Dubaï, en compagnie de sa fille Nesrine, épouse de Sakhr El Materi, de sa fille Halima et de son fils Mohamed Zine Ben Ali. A noter qu’elle aurait logé à l'hôtel Atlantis de Dubaï, et non dans une de ses résidences dans l’émirat. Et que son avion a fait une escale d'une nuit aux Maldives, avant d’atterrir à Dubaï, le 20 décembre.

Virement providentiel
 
La banque de Tunisie a reçu, il y a quelques semaines, un vire ment d’un milliard de dollars. Surpris par cette opération portant sur un montant considérable, les responsables de la banque centrale se sont vu répondre qu’il s’agissait d’un prêt libyen, octroyé à la suite d’instructions du colonel Kadhafi.
Cette affaire intervient parallèlement à la décision libyenne de réouvrir les frontières avec la Tunisie, afin de soulager la pression économique de ce pays, où une grande partie de la jeunesse est au chômage. Le virement, qui n’a pas été effectué dans le cadre d’un prêt en bonne et due forme, est une preuve de plus de l’intérêt libyen pour l’économie tunisienne.
 
(Source: "TTU-Monde Arabe", Lettre hebdomadaire d'informations politiques et stratégiques Numéro 673, Jeudi 06 Janvier 2011)
Tala : première liste de personnes arrêtées à Tala


Hier a été la journée la plus violente du point de vue des descentes de police et des arrestations. On ignore jusqu’à maintenant le nombre exact de personnes arrêtées […] Nous avons pu, grâce au dévouement de syndicaliste,s obtenir une première liste de 13 noms.

Aymen Ben Mohammed Salah Saïhi
Kais Hajji
Ridha Houssine Rtibi
Ayachi Ben Hédi Saïhi
Oualid Boulaabi
Ala Raouf Boulaabi
Sami Nasraoui
Nidhal Ben Jamel Gafsi
Choukri Ben Ahmed Ktari
Bilel Ben Amor Saïhi
Faouzi ben Amor Maghraoui
Thabet Ben Amor Mnasri
Mouti Hichri

D’après ces syndicalistes, le nombre de personnes arrêtées serait élévé.
Correspondance spéciale de l’Observatoire Tunisien des Droits et Libertés Syndicaux
Mohamed Ayadi
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
Reporters sans frontières
TUNISIE
 
Tunisie - Vague d’arrestations de blogueurs et de militants
06.01.2011
Reporters sans frontières dénonce les arrestations et disparitions de blogueurs et de militants connus pour leur engagement pour la liberté d’expression en ligne, survenues le 6 janvier 2011 dans différentes villes tunisiennes. L’organisation a répertorié au moins quatre cas mais la liste pourrait être plus longue. Selon plusieurs sources contactées par Reporters sans frontières, ces blogueurs auraient été interpellés par la police afin d’être interrogés sur les actes de piratage de sites gouvernementaux par le groupe de hackers militants Anonymous.
L’organisation demande aux autorités de les libérer dans les meilleurs délais. “Ces arrestations, destinées à intimider les internautes tunisiens et leurs soutiens internationaux, sont contreproductives et risquent d’attiser les tensions. Ce n’est pas en arrêtant quelques blogueurs que les images des manifestations disparaîtront de la Toile ou que les cyberattaques cesseront”, a constaté Reporters sans frontières. Durcir la répression n’est pas la solution à la crise que traverse la Tunisie aujourd’hui.
Le blogueur et militant Hamadi Kaloutcha(http://www.facebook.com/Kaloutcha.Hamadi) a été arrêté à son domicile aux alentours de 6 heures du matin par quatre ou cinq policiers en civil. Un ordinateur portable et une unité centrale ont également été saisis. Les policiers ont déclaré à son épouse qu’ils l’emmenaient au commissariat le plus proche, qu’ils avaient “seulement quelques questions à lui poser” et que “cela ne prendrait que quelques heures”. On est toujours sans nouvelles de lui.
Le rappeur tunisien El Général - de son vrai nom Hamada Ben Aoun - aurait également été arrêté à Sfax (270 km au sud-est de Tunis). Dans son morceau “Président, ton peuple est mort“, il interpelle le président Ben Ali sur la corruption et le chômage. Populaire auprès des jeunes Tunisiens, la vidéo a largement circulé sur la Toile (voir la vidéo).
En outre, on est sans nouvelles de Slim Amamou et Azyz Amamy, deux net-citoyens basés à Tunis. Slim Amamou (http://www.facebook.com/slim404) avait déjà été brièvement détenu, le 21 mai 2010, à la veille d’une manifestation contre la censure du Web qu’il avait prévu d’organiser devant le ministère de l’Information à Tunis. D’après plusieurs militants des droits de l’homme qui souhaitent garder l’anonymat, il serait actuellement au ministère de l’Intérieur. Quant à Azyz Amamy, il aurait couvert les événements de Sidi Bouzid. Son blog est actuellement inaccessible (http://azyz404.blogspot.com/), et sa page Facebook serait désactivée.
Ces arrestations se déroulent alors que les autorités tentent, en renforçant la censure sur le web, d’étouffer les mouvements de contestation sociale et politique qui agitent le pays et de maîtriser les cyberattaques dirigées contre des sites gouvernementaux. Les réseaux sociaux ont assuré une couverture sans précédent des événements, alors que les médias traditionnels, sous la coupe du régime pour la plupart d’entre eux, les ont passé sous silence. Voir le communiqué précédent.
Le régime durcit également la censure des articles en ligne des médias internationaux sur les troubles actuels. Par ailleurs, Isabelle Mandraud, journaliste du service international du quotidien Le Monde, spécialiste du Maghreb, s’est vue refuser l’entrée sur le territoire tunisien le 6 janvier 2011. Le quotidien est interdit de publication en Tunisie depuis l’expulsion de son envoyée spéciale Florence Beaugé, en octobre 2009.

 AMNESTY INTERNATIONAL
Press Release
6 January 2011
Tunisians must be allowed to protest peacefully without fear



Amnesty International today condemned an ongoing crackdown by Tunisian authorities on a wave of protests sparked by the attempted suicide of a young fruit seller who later died of his injuries.

At least two protesters have been killed during demonstrations following the attempted suicide of Mohamed Bouazizi, an unemployed graduate who set himself on fire in front of a government building in the town of Sidi Bouzid in early December after police confiscated his fruit cart for selling without a permit. He died from his injuries in hospital on 4 January.

Mohamed Bouazizi’s attempted suicide on 17 December sparked protests over rising prices, unemployment and corruption in Tunisia that have sometimes turned violent as they continue to spread.

“Tunisians must be allowed to express their grievances and freely protest. The authorities made empty promises of work opportunities which were followed by a crackdown on protestors.” said Amnesty International

“The Tunisian authorities have a responsibility to maintain public order but this should be no excuse to target people simply peacefully exercising their rights to freedom of expression and assembly,” said Amnesty International.

Mohamed Ammar, 18, was killed by police fire on 24 December 2010, following clashes between demonstrators and members of the security forces in Menzel Bouzayane, in Sidi Bouzid. Chawki Hidari, aged 44 died in hospital as a result of bullet injuries on 1 January. Ten other demonstrators were also injured during the confrontations.

On 22 December, Neji Flehi, 24, also committed suicide by electrocution after reportedly shouting "No unemployment, no misery!" during a demonstration also in Sidi Bouzid.

In recent days lawyers have been singled out for beating and arrest, following an attempted nationwide sit-in by them on 31 December in solidarity with the Sidi Bouzid protests.

In response, thousands of Tunisian lawyers carried out a strike on Thursday in protest against their treatment.

The Tunisian authorities have said their forces acted in self defence but are yet to confirm any investigations into the deaths and injuries of protesters.

“The Tunisian authorities must immediately launch a thorough and impartial investigation into the deaths and injuries during the protests and hold to account anyone found responsible for excessive use of force.” said Amnesty International

Waves of arrests have taken place throughout the country as freedoms of expression and assembly are curtailed and undermined. Exact figures of people still detained have not been released by the authorities who have a track record of holding people incommunicado.  An activist, Ammar Amroussia, continues to be detained pending investigation. He was arrested on 29 December 2010 for participating in a sit-in in Gafsa.

The Tunisian authorities have also sought to prevent the spread of protests in Tunisia and the spreading of information on the protests, by enforcing a media blackout and by blocking websites and closing the email accounts of internet activists, in particular those using Facebook.

“The response of the authorities to the Sidi Bouzid demonstrations shows that the Tunisian authorities have not learnt their lessons of their handling of the 2008 Gafsa demonstrations.  No one was held to account for the deaths of protestors and promises of accountability and economic opportunities never materialized.” said Amnesty International

Background

Under international law enforcement standards police may use force only when strictly necessary and to the extent required for the performance of their duty.  In particular, they must not use firearms against persons except in self-defence or defence of others against the imminent threat of death or serious injury, and only when less extreme means are insufficient. This applies in all circumstances, including in policing demonstrations which have turned violent.

 
Tunisie: les avocats en grève pour dénoncer la répression


AFP 06/01/2011 à 14:02:37 GMT
TUNIS — Des milliers d'avocats ont observé jeudi une grève très suivie dans tous les tribunaux tunisiens pour dénoncer la répression le 31 décembre d'une manifestation de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid, principal foyer de protestations contre le chômage et la précarité dans le pays.
"La grève a été suivie par 95% des avocats dans l'ensemble des tribunaux", à l'appel du Conseil national de l'Ordre des avocats (CNOA), a indiqué à l'AFP le bâtonnier Abderrazak Kilani.
"Cela s'est déroulé dans le calme et aucun incident n'a été enregistré dans les régions ni dans Tunis, les avocats démontrant qu'ils peuvent riposter avec sagesse et responsabilité", a-t-il affirmé.
Des permanences ont été assurées auprès de tribunaux pour les affaires présentant un risque de rejet mais l'écarasante majorité des 8.000 avocats que compte la Tunisie a suivi le mouvement, a ajouté le bâtonnier.
A Tunis, les avocats en robe se sont regroupés dans la salle des pas perdus du Palais de justice, sur l'avenue Bab Bnet, où les forces de sécurité très présentes observaient sans intervenir, a constaté l'AFP.
Le CNOA avait appelé à cette grève après la répression le 31 décembre d'une manifestation du barreau en soutien à la population de Sidi Bouzid (centre-ouest), point de départ de troubles et manifestations sociales sur fond de chômage depuis le 19 décembre.
Le 31 décembre, le CNOA avait dénoncé "un usage sans précédent" de la force pour "faire taire les avocats" et affirmé que ceux-ci étaient "déterminés à défendre la liberté d'expression" et "le droit des habitants de Sidi Bouzid et d'autres régions démunies à l'emploi, à la dignité".
Des avocats avaient été "frappés, pourchassés et insultés" à Tunis, Grombalia, Sousse, Monastir, Mahdia, Gafsa et Jendouba. L'un d'eux avait eu le nez fracturé et un autre avait été "gravement blessé à l'oeil", selon le CNOA.
Le bâtonnier s'est brièvement adressé à ses confrères jeudi les invitant à "tourner la page maintenant que la profession s'est exprimée pour dire qu'il n'est pas permis de taper sur les avocats".
Des membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, parti au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali) se sont opposés à la grève. "Cela n'a rien d'une action de défense du barreau, c'est un acte d'intrumentalisation politique" dans le conteste de l'agitation sociale, a affirmé Me Mohsen Harbi.

Tunisie: grève des avocats dans le sillage des troubles de Sidi Bouzid


AP 06/01/11 14:34

TUNIS (AP) — Les avocats tunisiens ont observé jeudi matin une grève à l'appel de leur conseil de l'ordre pour protester contre les agressions dont ils disent avoir fait l'objet vendredi dernier lors d'une manifestation de soutien à la population de Sidi Bouzid, une région du centre-ouest du pays où ont éclaté des heurts sur fond de chômage et de précarité.
"Nous voulions une manifestation pacifique mais des affrontements nous ont été imposés par les agents de sécurité qui ont occasionné des dommages corporels et autres intrusions dans des cabinets d'avocats et à la maison du barreau", a déclaré à l'Associated Press le bâtonnier Abderrazak Kilani. Jugeant "inacceptable" un tel comportement, il a demandé "l'ouverture d'une enquête pour déterminer les responsabilités de ce qui s'est passé".
La grève a été suivie à 95%, a affirmé Me Ahmed Seddik, l'un des avocats qui participaient à un rassemblement dans la salle des pas perdus du palais de justice de Tunis. Plusieurs tribunaux fonctionnaient néanmoins en présence d'avocats "commis d'office ou appartenant au parti au pouvoir", selon Me Seddik.
Aucun incident n'a été enregistré lors du rassemblement dont la plupart des participants arboraient sur la poitrine un slogan appelant à "la défense de la dignité des avocats". AP
Thousands of Tunisian lawyers on strike


AFP 06.01.2011 -
TUNIS — Thousands of lawyers in Tunisia went on strike Thursday, a week after a police crackdown on demonstrations they staged in support of protestors against unemployment in the tightly-controlled country.
The strike came amid growing unrest following the death of a jobless 26-year old university graduate who had set himself alight last month in the central town of Sidi Bouzid to protest his lack of opportunities.
"Ninety-five percent of lawyers across the board went on strike" called for by the national council of their order, Bar president Abderrazak Kilani told AFP.
The great majority of Tunisia's 8,000 lawyers were on strike, he said, adding: "No incidents were recorded in the regions, nor in Tunis. The lawyers show that they can respond wisely and responsibly."
In Tunis, lawyers in robes gathered at the main courthouse on Bab Bnet Avenue, where a strong force of police stood guard but did not intervene.
The national council had called the strike after lawyers across the country staged actions in support of residents of Sidi Bouzid, a centre of mass protests against unemployment since December 19.
The council on New Year's Eve condemned the "unprecedented" use of force to "silence the lawyers who are determined to defend freedom of expression and the rights of Sidi Bouzid and other regions that are devoid of jobs and dignity."
Lawyers were "beaten, chased and insulted" in Tunis, Grombalia, Sousse, Monastir, Mahdia, Gafsa et Jendouba. One lawyer had his nose broken and another had his eye seriously injured, the council said.
Members of the the Constitutional Democratic Rally (RCD) led by President Zine El Abidine Ben Ali opposed the strike.
"This has nothing to do with the Bar's defence. It is a means to gain political ends" in the context of social unrest, said pro-government lawyer Mohsen Harbi.

Tunisie: suicides et tentatives se multiplient sur fond de détresse sociale


AP 06/01/11 19:39

TUNIS (AP) — Les syndicats s'inquiétaient jeudi d'une multiplication des tentatives de suicide en Tunisie où, en l'espace de quelques semaines, trois personnes ont mis fin à leurs jours sur fond de détresse sociale.
En outre, lors des protestations contre la précarité et le chômage qui ont enflammé la région de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest du pays, deux manifestants ont été tués par balle lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.
Les troubles ont éclaté après l'immolation par le feu d'un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes. Le 17 décembre, pour protester contre la saisie de sa marchandise par des agents municipaux qui l'ont maltraité, Mohamed Bouazizi, 26 ans, seul soutien de famille, s'est aspergé d'essence devant le gouvernorat (préfecture) de Sidi Bouzid. Grièvement brûlé, il est décédé dans la nuit de mardi à mercredi.
Son geste désespéré avait immédiatement déclenché un mouvement de solidarité et de protestation dans de nombreuses régions de Tunisie, donnant lieu à des accrochages avec la police. Mohamed Ammari, 18 ans, et Chawki Belhoucine Hadiri, 44 ans, ont été mortellement blessés par armes à feu.
Révolté contre "le chômage et la misère", Houcine Néji a touché des câbles haute tension, périssant le 22 décembre par électrocution.
Un troisième suicide a été constaté mardi. Mohamed Slimane, 52 ans, a été retrouvé pendu à un arbre aux abords de la ville de Chebba, dans le centre-est du pays. Père de quatre enfants au chômage, dont deux diplômés, il souffrait d'une maladie des reins qui le contraignait à la dialyse, a expliqué Nizar Ben Hassine, responsable régional du Parti démocratique progressiste (PDP), une formation de l'opposition légale. M. Slimane avait été refoulé à plusieurs reprises par le délégué (sous-préfet) auquel il demandait une aide pour ses soins, faisant valoir sa condition sociale "précaire".
Parallèlement, plusieurs sources syndicales s'inquiétaient d'une multiplication des tentatives de suicide.
Jeudi, s'inspirant du geste de Houcine Néji, un chômeur de 26 ans, Hamed Slimi, a gravi un pylône électrique à Regueb, une localité située à 35km environ de Sidi Bouzid. Selon le syndicaliste Kamel Laâbidi, le jeune homme "réclamait un poste de travail à l'instar du frère du omda (l'équivalent du maire en milieu rural) qui venait d'être recruté dans le secteur de la santé". Il a renoncé à se suicider après avoir reçu la promesse du délégué (sous-préfet) de trouver un emploi pour lui et pour son frère, selon le syndicaliste.
Mercredi, réclamant une amélioration de leur condition sociale "précaire", une femme et ses trois enfants, deux filles et un garçon, ont menacé de se donner la mort par le même procédé, rapporte le syndicaliste Slimane Rouissi. Les autorités ont coupé l'électricité et le pire a été évité.
A l'Ariana, près de Tunis, un lycéen s'est immolé par le feu le même jour. Convoqué par le directeur du lycée qui le suspectait d'avoir été à l'origine d'une agitation parmi les élèves, Ayoub Hamdi s'est versé sur le corps une bouteille de diluant. Il est sorti du bureau du proviseur tout en flammes et a été secouru par un enseignant qui l'a enveloppé de son imperméable, a relaté à l'Associated Press, Sami Tahri, secrétaire général du syndicat de l'enseignement secondaire. Souffrant de lésions sur tout le corps et au visage, le lycéen a été transféré au centre des grands brûlés de Ben Arous, dans la région de Tunis. Jeudi, aucune information n'a pu être obtenue sur son état de santé.
Deux autres tentatives de suicide ont été signalées à Metlaoui, une ville du bassin minier de Gafsa (centre-ouest) et à Kébili (sud), mais n'ont pas pu être vérifiées de bonne source. AP

Une journaliste du journal français Le Monde interdite d'entrée en Tunisie 
 

 
 AFP, le 6 janvier 2011 à 15h28 GMT 
 
PARIS, 06 Jan 2011 (AFP) - Une journaliste du journal français Le Monde, qui tente de se rendre en Tunisie depuis une semaine, n'a pas été autorisée par les autorités tunisiennes à entrer dans le pays, annonce le quotidien dans son édition datée de vendredi.
   "Le Monde essaie depuis une semaine d'envoyer en reportage en Tunisie sa journaliste chargée des pays du Maghreb, Isabelle Mandraud, mais les autorités tunisiennes ont jusqu'ici refusé d'accéder à nos demandes de la laisser entrer sur leur territoire pour exercer son activité de journaliste", écrit Sylvie Kauffmann, directrice de la rédaction.
   "Nous demandons au gouvernement tunisien de lever l'interdiction qui frappe l'ensemble des publications du groupe Le Monde en Tunisie depuis le 22 octobre 2009, date à laquelle notre envoyée spéciale Florence Beaugé avait été expulsée", ajoute-t-elle.
   La Tunisie est en proie depuis le 17 décembre à une révolte sociale inédite, partie de Sidi Bouzid au centre-ouest du pays, qui a fait 4 morts au total: deux lors de manifestations et deux suicides. 

Tunisie/troubles: grèves, manifestations et tentatives de suicide (syndicalistes) 

AFP, le 6 janvier 2011 à 15h24 GMT

TUNIS, 06 Jan 2011 (AFP) - Des grèves, des manifestations de rue et des tentatives de suicide ont été observées jeudi dans des localités du centre, du sud et de l'ouest de la Tunisie, théâtre de troubles sociaux sur fond de chômage depuis le 19 décembre, a-t-on appris de sources syndicales locales.
   A Sidi Bouzid (265 km au sud de Tunis), la plupart des lycées et collèges étaient en grève mais aucun incident violent n'a été enregistré dans cette ville endeuillée au lendemain de l'enterrement de Mohamed Bouaziz, a indiqué à l'AFP Ali Zari, responsable syndical local.
   Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'était immolé devant les locaux du gouvernerat (préfecture) le 18 décembre pour protester contre la saisie de son étal de primeurs par des agents municipaux. Il est devenu depuis le symbole de la contestation contre le chômage et la précarité sociale.
   Avant de passer à l'acte, il avait cherché en vain à plaider sa cause devant le gouverneur de la région, limogé par la suite.
   Une femme et ses trois enfants, qui avaient menacé mercredi soir de se suicider collectivement pour exiger du travail et un logement, ont été reçus par le nouveau gouverneur, a ajouté M. Zari.
   Plus au sud, à Jbeniana, une localité rurale de Sfax (300 km de Tunis), la police a dispersé une manifestation de lycéens, alors qu'un suicide et des tentatives de suicide étaient rapportés par de sources syndicales.
   A Regueb, près de Sfax, Hamed Slimi, 26 ans, un chômeur a menacé de se suicider par électrocution du haut d'un pylône électrique pour dénoncer la corruption et l'inégalité face à l'emploi, avant de se faire promettre du travail par les autorités locales, a rapporté Kamel laabidi.
   A Metlaoui, zone minière théâtre de troubles sociaux en 2008, un jeune chômeur, Mosbah Al Jawhari, s'est immolé et a été transféré dans l'hôpital de Tunis, a indiqué à l'AFP un habitant sous couvert d'anonymat.
   Enfin, à Chebba, une localité du centre-est, Mohamed Slimane, 52 ans, un ouvrier du bâtiment, père de quatre enfants dont deux diplômés de l'université sans emploi, a été retrouvé pendu mardi dernier, a indiqué un témoin.
   Selon Nizar Belhassine, l'homme atteint d'insuffisance rénale avait désespéré de recevoir une aide pour se soigner et nourrir sa famille.

L'agitation continue en Tunisie, grèves et arrestations de cybernautes

Par AFP, publié le 06/01/2011 à 21:02

TUNIS - Entre manifestations de rue, grève des avocats, tentatives de suicide et arrestations d'internautes, l'agitation sociale partie de Sidi Bouzid (centre-ouest) il y a trois semaines s'est poursuivie jeudi en Tunisie, malgré des mesures d'apaisement du gouvernement.

A Sidi Bouzid (265 km au sud de Tunis), la plupart des lycées et collèges étaient en grève dans cette ville endeuillée au lendemain de l'enterrement de Mohamed Bouaziz, a indiqué à l'AFP Ali Zari, responsable syndical local.

Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'était immolé le 17 décembre pour protester contre la saisie de son étal de primeurs par des agents municipaux. Il est devenu depuis le symbole d'une révolte contre la précarité sociale et le chômage, notamment celui des jeunes diplômés.

Le mouvement qui s'est étendu depuis à d'autres régions enclavées du centre et du sud ouest, a gagné jeudi des localités du littoral-est plus nanti.

A Jbeniana, près de Sfax (300 km au sud-est de Tunis), la police a dispersé une manifestation de lycéens et d'autres plus violentes à Tala (ouest) où des arrestations musclées avaient été signalées dès mercredi soir.

Un nouveau suicide, le 3e depuis le début des troubles, a eu lieu à Chebba, sur le littoral-est, où Mohamed Slimane, 52 ans, un ouvrier du bâtiment, père de deux diplômés de l'université sans emploi, a été retrouvé pendu.

L'homme était malade et aurait désespéré de recevoir une aide pour se soigner et nourrir sa famille.

A Regueb, près de Sfax, un jeune a menacé de se donner la mort par électrocution pour dénoncer la corruption et l'inégalité face à l'emploi et un autre s'est immolé à Metlaoui, un zone minière ayant connu des troubles en 2008.

Des milliers d'avocats ont observé une grève pour dénoncer la répression le 31 décembre d'une manifestation de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid, selon le bâtonnier Abderrazak Kilani.

Le barreau avait dénoncé "un usage sans précédent" de la force et affirmé le devoir de "défendre la liberté d'expression" et "le droit des habitants de Sidi Bouzid et d'autres régions démunies à l'emploi, à la dignité".

La grève a été cependant été dénoncée comme un acte "politique" contre le régime par des avocats du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, parti au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali).

Par ailleurs, un rappeur et deux blogueurs ont été arrêtés jeudi, au lendemain de cyber-attaques de groupes d'internautes solidaires du mouvement de protestation sociale. Celle d'un troisième n'a pu être confirmée.

Ces attaques répondaient à un mot d'ordre lancé par les "Anonymes" (Anonymous) qui se présentent comme un groupe d'internautes attachés à la liberté d'expression.

Selon son frère, Hamada Ben Amor dit "Le Général" arrêté à Sfax, est l'auteur d'un rap intitulé "Président, ton peuple est mort" diffusé sur internet, devenu un espace d'expression pour des milliers de jeunes tunisiens notamment sur Facebook et Twitter.

Slim Amamou et El Aziz Amami, cybernautes très actifs contre la censure ont été également arrêtés jeudi, selon le journaliste opposant Sofiene Chourabi.

A Paris, 200 personnes se sont rassemblées dans le cadre d'une journée internationale de solidarité avec la révolte sociale en Tunisie, et d'autres devant le consulat de Tunisie à Lyon (centre-est).

La France suit de près la situation en Tunisie, a dit la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages.

"Nous continuons de suivre de très près la situation en Tunisie et souhaitons que les tensions, qui ne sont dans l'intérêt de personne, s'apaisent. Il n'appartient pas à la France, pas plus qu'à un autre État, de conseiller les autorités tunisiennes dans le domaine économique et social", a-t-elle ajouté.

Le président Ben Ali avait accusé l'opposition d'instrumentaliser la révolte à des fins "malsaines", avant de retoucher son gouvernement et de débloquer 116 millions d'euros pour des emplois à Sidi Bouzid.


Tunisie: Vague d’arrestations de blogueurs et militants


AFP le 06 janvier 2011
TUNIS – Un rappeur et deux activistes blogueurs ont été arrêtés jeudi par la police en Tunisie, ont indiqué leurs familles, alors que l’organisation Reporters sans frontières (RSF) faisait état d’une quatrième arrestation, également d’un militant blogueur.
Hamada Ben Amor, 22 ans, plus connu sur le net sous le pseudonyme « Le Général », a été arrêté au domicile de ses parents à Sfax, où des policiers étaient venus le chercher à 05H30 locales (04H30 GMT), a indiqué à l’AFP son frère Hamdi.
Il s’était rendu célèbre par un rap intitulé « Président, ton peuple est mort » diffusé sur internet devenu un espace privilégié d’expression contestataire pour des milliers de jeunes, notamment sur Facebook et Twitter.
Slim Amamou et El Aziz Amami, deux cyberdissidents très actifs, ont été également arrêtés, a indiqué à l’AFP leur camarade journaliste opposant Sofiene Chourabi.
Slim appréhendé à la mi-journée a laissé un message sur Twitter pour dire qu’il était sur le point d’être arrêté et El Aziz a envoyé un texto à sa fiancée l’informant de son arrestation, a ajouté M. Chourabi.
De son côté, RSF faisait également état de l’arrestation jeudi du blogueur et militant Hamadi Kaloutcha « à son domicile aux alentours de six heures du matin par quatre ou cinq policiers en civil » qui y ont aussi saisi, selon l’ONG, « un ordinateur portable et une unité centrale ».
« Les policiers ont déclaré à son épouse qu’ils l’emmenaient au commissariat le plus proche, qu’ils avaient +seulement quelques questions à lui poser+ et que +cela ne prendrait que quelques heures+ », écrit RSF dans un communiqué, précisant: « On est toujours sans nouvelles de lui ».
En mai dernier, ces blogueurs avaient activement participé avec un groupe d’internautes à une campagne contre la cybercensure et dénoncé le verrouillage de sites internet.
Ces arrestations, qui n’ont pu être confirmées dans l’immédiat par des sources gouvernementales, intervenaient au lendemain de cyber-attaques de groupes d’internautes solidaires du mouvement de protestation sociale que connaît la Tunisie depuis le 18 décembre.
Ces attaques répondaient à un mot d’ordre répandu sur internet par les « Anonymes » (Anonymous) qui se présentent comme un groupe d’internautes attachés à la liberté d’expression et reprochent aux grands médias de ne pas évoquer suffisamment la situation en Tunisie.
Cinq sites gouvernementaux tunisiens, un site d’information officiel et le site d’une banque islamique ont été piratés par un groupe d’activistes qui s’était déjà attaqué à Paypal et Mastercard, indiquait Tunisie Numérique, une association dont le but est de soutenir des projets sur internet.
« Ce n’est pas en arrêtant quelques blogueurs que les images des manifestations disparaîtront de la Toile et que les cyberattaques cesseront », a déclaré RSF, qui demande aux autorités « de les libérer dans les meilleurs délais ».
La Tunisie est en proie à une révolte sociale inédite, partie du centre-ouest du pays, qui a fait 5 morts au total: trois suicides et deux tués par balles, des blessés et des dégâts matériels importants, selon un décompte de l’AFP.

 

Occupation pacifique du consulat honoraire de Tunisie à Lausanne
 


ATS, le 6 janvier 2011 à 15h40 GMT 
 
   Lausanne (ats) Une dizaine de militants de Solidarités ont occupé pacifiquement jeudi après-midi les locaux abritant le consulat honoraire de Tunisie à Lausanne. Ils protestaient contre la répression exercée par le régime du président Ben Ali.
 
   Dès 14h, les manifestants ont attendu le consul honoraire dans l'entrée des bureaux où il dispose d'une boîte aux lettres. Ils ont scotché sur la porte d'entrée: "Consulat honoraire du peuple tunisien en lutte contre la dictature".
 
   Roland Grunder est arrivé 40 minutes après les militants emmenés par le député Jean-Michel Dolivo. Le groupe est alors sorti pour s'entretenir avec M. Grunder dans le couloir.
 
   Solidarités a demandé au consul honoraire de démissionner pour marquer son désaccord avec la répression du régime tunisien. Roland Grunder n'est pas entré en matière: "J'ai été nommé par la
Confédération, pas par la Tunisie. Ma fonction se borne à ouvrir les portes dans les domaines économique, culturel et social."
 
   "Je déplore la situation, mais ce n'est pas mon rôle de m'immiscer dans les questions politiques", a-t-il ajouté. Le consul honoraire est bénévole, il n'a aucune tâche diplomatique ou administrative. Secrétaire général de Swissmedia, Roland Grunder occupe cette fonction depuis 2005.

Vereniging Tawasel
Uitnodiging


Demonstratie tegen corruptie in Tunesië
Datum: aanstaande zaterdag 08/01/2011
Tijd: van 11:00 tot 13:00 uur
Plaats: voor de Tweede Kamer in Den Haag
-Vereniging Tawasel-
 

Manifestation devant le consulat de Tunisie à Lyon

20minutes.fr Mis à jour le 06.01.11 à 16h11
«Nous sommes tous de Sidi Bouzid». Environ 70 personnes ont repris ce chant jeudi en milieu de journée devant le consulat de Tunisie à Lyon (6e), afin de rappeler « leur solidarité avec tous les opprimés ». Cette région de Tunisie est sous tension depuis que Mohamed Bouazizi (26 ans) est décédé, après s’être immolé par le feu le 17 décembre.
Jeune chômeur diplômé, il s’était fait interdire par la police la vente ambulante de fruits et légumes et avait protesté de manière désespérée. «La jeunesse tunisienne, qui représente 72% du chômage total, est durement éprouvée. Elle doit sentir le soutien du reste du monde», a expliqué lors de la manifestation Marie-Noëlle Frery, conseillère régionale d’Europe-Écologie.
J. P.

 
 
 
 

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE TUNISEN à Lyon


Cher(e)s ami(e)s
Merci à toutes celles et tous ceux qui ont pu se lébérer pour paticiper au rassemblement devant le consulat de Tunisie à Lyon ce jeudi 6 janvier 2011. Compte tenu des délais et du caractère que nous voulions symbolique de notre action, c'est un grand succès : la présence d'élu(e)s avec leurs écharpes, de représentants des associaions de défense des droits humains, des syndicats, de la magistrature, d'organisations syndicales et politiques, de journalistes (TLM, le Progès, 20 minutes) et d'ami(e)s de la Tunisie, ainsi que celle de citoyen(ne)s tunisien(nes) ont donné à notre action une dimension plus importante que ce qu'on espérait. J'espère que notre mobilisation ne s'arrêtera pas là. Je prie celles et ceux qui sont plus doué(e)s que moi en électro-informatique qui ont fait des enregistrements ou qui en feront à partir des média qui, je l'espère, couvriront l'évènement,  de nous les communiquer et de les mettre sur Face Book.
Encore une fois merci et à d'autres occasions.
Chérif Ferjani
Bilan du RASSEMBLEMENT A LILLE
 


Plus de 150 personnes se sont rassemblés ce soir à la place du Général Degaulle à Lille en solidarité avec le peuple tunisien en lutte.
plusieurs organisations syndicales, politiques et associatives ont été présentes. Parmi ces associations, nous citons la CGT, SUD, la LDH, le MRAP, LO, Europe-cologie les verts, le PCF etc. Nous signalons également la présence de Hélene Flautre, députée Européenne et membre des verts, celle-ci en prenant la parole a bien démontré la nature du régime en place, d'autres associations avaient pris la parole pour soutenir le mouvement social en tunisie. Une intervention a été lue par un membre de l'ATNF.
une banderole a été étalée et les particpants avaient scandé des slogans de soutien au mouvement de protestation.

Déclaration
Je remercie toutes les personnes ici présentes et toutes les organisations signataires de l’appel.
Nous sommes ici ce soir pour manifester notre soutien et notre solidarité avec le peuple tunisien en lutte, et soutenir le mouvement de contestation et de protestation contre le chômage, la précarité, la pauvreté, la misère, la corruption qui gangrène la vie quotidienne des tunisiens et surtout l’absence de démocratie et des espaces de liberté.
Le mouvement de révolte en Tunisie a débuté le 17 décembre 2010 suite à La tentative de suicide d’un jeune tunisien de la ville de Sidi –Bouzid, Mohamed Bouazizi.  Je vous rappelle que ce jeune est décédé mardi 4 janvier après deux semaines d’hospitalisation. Depuis le début du mouvement, plusieurs personnes sont mortes, d’autres personnes sont hospitalisées. Hier, le 5 janvier, un homme de 52 ans, père de 4 filles s’est suicidé par pendaison. Les tentatives de suicides se succèdent.
La vague de suicide illustre bien la fermeture de toutes les perspectives en Tunisie. Le pouvoir en place, face à cette vague de suicide et au formidable mouvement de contestation qui secoue le pays a choisi la répression comme solution aux questions posées. Les forces de l’ordre n’ont pas lésiné sur les moyens et les stratégies pour empêcher toutes les manifestations : intimidation, matraquages, arrestations, emprisonnement, dénonciations tout azimut, interdictions de se rassembler dans l’espace public… Malgré la mobilisation massive de la police, de l’armée, malgré la répression, le mouvement de protestation ne faiblit pas, plusieurs villes et villages sont touchés, plusieurs catégories socio-professionnelles sont en grève (avocats, éducation …), les élèves et les étudiants sont entrés massivement dans le mouvement de contestation. Aujourd’hui, la situation demeure tendue  le gouvernement demeure dans son mutisme aux revendications des manifestants.
Camarades, l’avenir des tunisiens et de la jeunesse en l’occurrence, ce n’est pas la mort mais à la vie dans la dignité. Les tunisiens, vieux et jeunes aspirent au travail, à une répartition équitable des richesses nationales, à plus de démocratie, aux libertés associatives, syndicales, politiques, à la fin du règne de la corruption, et de l’injustice etc.

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Tala abat tous les symboles du régime et se rebelle contre le pouvoir de Ben Ali


Assabilonline
Des sources d’Assabilonline affirment que depuis peu de temps dans la délégation de Tala dans le gouvernorat de Kasserine (centre ouest), la situation échappe au contrôle des forces de police qui n’ont pas lésiné sur les moyens de répression pour venir à bout de la colère des habitants dûe à leurs conditions de vie lamentables. Les citoyens en colère ont mis le feu au local du Rassemblement (le parti au pouvoir) au siège de la délégation, au bâtiment du district de police et à de nombreux véhicules de police qui ont brûlé intégralement.
Les manifestations de protestations avaient commencé à Tala lundi 3 janvier à midi et continué jusqu’à minuit. Les forces de police étaient intervenues violemment et avaient déclenché la répression, en procédant à de nombreuses arrestations.
 Les personnes arrêtées ont été pour la plupart transférées au siège de la Sûreté de l’Etat à Tunis et soumises à des interrogatoires et à la torture.
Des renforts importants sont arrivés à Tala hier, 4 janvier en provenance de Sousse et Mehdia. Il s’agit de forces de la police et de brigades policières diverses venues pour réprimer à bord d’autocars et de fourgonnettes.
Pendant la journée les forces de police contrôlent la ville […] , mais les manifestants reprennent le contrôle de la délégation la nuit. Or la plupart des manifestations ont lieu la nuit en dépit de la coupure du courant électrique dans la ville.
Mis à jour le 5 janvier
(traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Maghreb: un profond malaise social, une absence de perspectives politiques 
 


AFP, le 6 janvier 2011 à 15h00 GMT
Par Hervé ROUACH
 
PARIS, 06 Jan 2011 (AFP) - Les violentes protestations sociales en Algérie et en Tunisie témoignent d'un malaise social profond, touchant en particulier les jeunes diplomés, aggravé par la crise économique et l'usure des élites politiques, estiment des experts interrogés par l'AFP.
   La Tunisie est en proie, depuis le 17 décembre, à une révolte sociale inédite, partie du centre-ouest du pays, qui a fait 4 morts au total: deux lors de manifestations et deux suicides. En Algérie, des émeutes ont éclaté ces derniers jours dans les villes du pays pour dénoncer le chômage et le coût de la vie.
   Selon les analystes, il y a des points communs entre les deux pays, ainsi qu'avec le Maroc voisin. Leurs économies ne parviennent pas à offrir des perspectives aux jeunes, souvent diplômés, qui arrivent sur le marché du travail.
   "Dans ces trois pays, il y a eu des efforts dans le domaine de l'éducation, mais on n'a pas pensé aux mécanismes d'intégration des jeunes diplômés à la collectivité, une intégration qui passe évidemment par l'emploi", estime Driss Benali, économiste, professeur à l'université Mohammed V de Rabat.
   Le Tunisien de 26 ans qui s'était immolé par le feu en décembre et qui est mort mardi des suites de ses blessures était l'un de ces jeunes diplômés. Il était vendeur ambulant, faute de mieux, et sa marchandise venait d'être confisquée par la police.
   La crise mondiale est venue s'ajouter à ces difficultés, de même que la hausse des prix alimentaires qui, dans ces pays, sont pourtant subventionnés par l'Etat. Après les manifestations en Algérie, le gouvernement vient d'assurer que l'"Etat continuera à subventionner les produits" de première nécessité.
   "Il y a beaucoup de chômage, beaucoup de diplômés-chômeurs et ça fait longtemps que ça dure. La situation tient tant qu'il y a de la croissance économique", observe Pierre Vermeren, maître de conférence à l'université de Paris I.
   "De plus, la crise économique a bloqué l'émigration" qui était une soupape pour les économies du Maghreb, en offrant un débouché à certains diplômés, note-t-il.
   En outre, explique le chercheur, l'Algérie et la Tunisie sont "deux pays qui ont des systèmes politiques en crise" avec deux présidents, Abdelaziz Bouteflika et Zine el Abidine Ben Ali, qui s'approchent de la fin de leur carrière. En l'absence de relève, "cela crée une situation politique d'attente, sans perspective", note-t-il.
   Les régimes politiques des pays du Maghreb sont pourtant très différents, la Tunisie étant très critiquée pour l'absence de libertés politiques.
   "En Tunisie, ils manifestent parce qu'ils étouffent, ce n'est pas une violence seulement sociale mais une protestation contre le fonctionnement du régime. Le régime et la famille Ben Ali ont écarté toutes les relèves potentielles. Il n'y a plus de relais du pouvoir, il y a la peur qui règne", souligne Antoine Basbous, de l'Observatoire des pays arabes.
   De fait, le président Ben Ali, qui tient le pays d'une main de fer, a peu de craintes de voir son pouvoir menacé par la révolte sociale, selon les analystes.
   "Au Maroc, la situation n'est pas aussi fermée, il y une opposition constituée. Les jeunes au chômage peuvent manifester durant des mois devant l'Assemblée nationale à Rabat", ajoute Karim Pakzad, de l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), à Paris.
   En Algérie, "le FLN (au pouvoir) a gardé une légitimité du parti de libération nationale" et "dans l'espace public, les partis d'opposition peuvent s'exprimer", précise-t-il.
   Pour les trois pays, il faut aussi désormais prendre en compte la dimension internet et le possible effet de contagion. "Les gens sont toute la journée sur internet, sur Facebook et les Algériens voient très bien ce qui se passe en Tunisie", relève Pierre Vermeren, qui souligne aussi le rôle de la chaîne Al-Jazirah dans la diffusion de l'information au Maghreb. 
 

Algérie: émeutes à Alger contre la flambée des prix 
 


AFP, le 5 janvier 2011 à 22h20 GMT 
 
ALGER, 05 Jan 2011 (AFP) - Des émeutes ont éclaté mercredi soir dans le quartier populaire de à Bab El Oued à Alger où des dizaines de jeunes ont manifesté contre la flambée des prix et affronté les forces de l'ordre à coups de pierres, a-t-on appris auprès de témoins.
Les incidents ont commencé peu avant la tombée de la nuit lorsque des manifestants ont occupé l'une des principales artères du quartier, selon ces sources.
"Ils se sont mis à lancer des pierres contre les policiers anti-émeutes déployés dans le quartier. Un groupe de jeunes a notamment saccagé un abribus", a précisé un résident joint par téléphone.
Les manifestants ont également érigé des barricades à l'aide de pneus qu'ils ont enflammés, a-t-il ajouté sans pouvoir préciser s'il y a eu des victimes.
Les prix de certains produits de base, comme le sucre et l'huile, ont récemment enregistré une hausse considérable en Algérie.
Dans la journée, le ministre du Commerce Mustapha Benbada avait indiqué que cette flambée n'était pas "uniquement" due à la hausse des cours sur le marché mondial. "Les producteurs et distributeurs de gros ont leur part de responsabilité. Les marges bénéficiaires qu'ils imposent sont exagérées", avait-il jugé.
Les prix des aliments de base tels le lait et le pain ne seraient pas augmentés, avait-il toutefois assuré: "l'Etat continuera à subventionner ces produits".
Les émeutes de Bab el Oued s'inscrivent dans une contestation sociale sporadique qui touche régulièrement plusieurs villes du pays.
Lundi soir, des milliers de jeunes ont bloqué des routes dans la région de Tipaza (70 km à l'ouest d'Alger) pour dénoncer la flambée des prix de l'alimentation et leurs conditions de vie difficiles, a rapporté mercredi le quotidien arabophone El Khabar.
Fin décembre, des incidents dans plusieurs quartiers périphériques d'Alger ont opposé durant trois jours les forces de l'ordre à des manifestants réclamant de meilleurs logements.
L'attribution de logements sociaux provoque régulièrement des protestations en Algérie. La population a triplé depuis l'indépendance en 1962 et atteint quelque 36 millions d'habitants actuellement, mais la construction n'a pas suivi. 
 

 Bamako: explosion devant l'ambassade de France, l'auteur se dit d'Al-Qaïda (police) 


AFP, le 5  janvier 2011 à 23h09 GMT
Par Serge DANIEL
 
BAMAKO, 05 Jan 2011 (AFP) - Un homme de nationalité "tunisienne", arrêté mercredi soir à Bamako après avoir fait exploser une bonbonne de gaz devant l'ambassade de France dans la capitale malienne, s'est revendiqué comme membre "d'Al-Qaïda", a affirmé à l'AFP une source policière malienne.
"Le Tunisien que nous avons arrêté nous a dit qu'il se revendique d'Al-Qaïda", a déclaré cette source proche de l'enquête, selon laquelle l'homme viendrait d'un camp de combattants islamistes (katiba) d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans le désert du Sahara.
L'explosion devant l'ambassade de France a fait deux blessés légers, de nationalité malienne, selon des sources sécuritaires.
Dans un communiqué officiel de quelques phrases, le ministère malien de la Sécurité a simplement annoncé dans la soirée: "vers 18H00 (locales et GMT), ce mercredi, un individu de nationalité étrangère a fait exploser une bonbonne de gaz devant l'ambassade de France à Bamako, faisant deux blessés légers parmi les passants".
"L'individu également armé d'un pistolet n'a pas pu faire usage de son arme. Maîtrisé par les forces de sécurité, il est actuellement interrogé par la brigade anti-criminelle de Bamako", a ajouté le ministère.
Sous couvert de l'anonymat, une source sécuritaire avait auparavant rapporté à l'AFP: "Un homme a jeté un explosif devant l'ambassade de France. Il était armé d'un pistolet automatique, d'un engin explosif et d'une grenade. Il a aussi tiré plusieurs coups de feu contre le portail de l'ambassade".
A Paris, le ministère français des Affaires étrangères n'a fait état que d'un "blessé très léger".
"Il y a eu une explosion qui n'était pas accidentelle devant l'ambassade de France qui a fait un blessé très léger, de nationalité malienne, parmi son personnel", a déclaré la porte-parole adjointe du ministère, Christine Fages, sans donner davantage de détails.
"Une enquête est en cours", a-t-elle ajouté, en se refusant à tout autre commentaire alors qu'il lui était demandé si l'ambassade de France était spécifiquement visée et si cette explosion pouvait avoir un lien avec l'affaire des otages français retenus dans le nord-est du Mali par la branche maghrébine d'Al-Qaïda.
Aqmi séquestre actuellement dans le Sahara cinq Français, un Togolais, un Malgache, enlevées en septembre 2010 à Arlit, site minier stratégique du géant du secteur nucléaire français Areva dans le nord Niger.
En août 2009, dans la capitale de la Mauritanie, voisine du Mali, un jeune homme s'était fait exploser près de l'ambassade de France, blessant légèrement deux gendarmes français et une Mauritanienne. La branche maghrébine d'Al-Qaïda avait revendiqué cet attentat suicide perpétré par un kamikaze mauritanien.
Aqmi avait ensuite de nouveau désigné la France comme cible après une opération franco-mauritanienne le 22 juillet 2010 contre une base de l'organisation au Mali, dont le but était de libérer un otage français, Michel Germaneau, 78 ans. Mais l'otage n'avait pas été libéré et Aqmi avait ensuite annoncé l'avoir tué.
A Bamako, le lycée français a annoncé mercredi soir qu'il serait fermé jeudi, selon un avis reçu par des parents d'élèves. 
 

Mali/attentat: l'auteur est un jeune Tunisien ayant "la haine de la France" (police) 

AFP, le 6 janvier 2011 à 11h48 GMT 
 
BAMAKO, 06 Jan 2011 (AFP) - L'homme qui a commis mercredi un attentat devant l'ambassade de France à Bamako, faisant deux blessés légers, est un Tunisien de 25 ans ayant, "à titre personnel, la haine de la France" et qui viendrait d'un camp d'Al-Qaïda dans le Sahara, a-t-on appris jeudi de source policière.
"C'est un jeune homme de 25 ans, de nationalité tunisienne. Il a, à titre personnel, la haine de la France", a affirmé cette source proche de l'enquête, jointe par le correspondant de l'AFP à Bamako.
Cette source policière a assuré que le jeune homme, interrogé par la brigade anticriminelle de Bamako, venait "d'une katiba" (camp de combattants islamistes) dans le Sahara, même s'il ne semble pas être un élément important de l'organisation.
Cet attentat commis en début de soirée mercredi a semblé mal préparé. Par ailleurs, le jeune homme ne portait pas de ceintures d'explosifs comme le font les kamikazes.
Le ministère malien de la Sécurité avait déclaré mercredi soir dans un communiqué qu'"un individu de nationalité étrangère" avait "fait exploser une bonbonne de gaz devant l'ambassade de France à Bamako".
Mais des témoins ont contredit ce récit, en disant que ce n'était pas une bonbonne de gaz qui avait explosé mais "une grenade" que le jeune homme avait jetée, blessant deux passants. "J'étais là, la bonbonne n'a pas explosé, c'est la grenade qui a explosé", a déclaré à l'AFP un témoin, sous couvert d'anonymat. Selon ce témoignage, le jeune homme avait par ailleurs "tiré sur le portail de l'ambassade" avec un pistolet.
Ue source sécuritaire avait indiqué mercredi soir à l'AFP que l'homme "était armé d'un pistolet automatique, d'un engin explosif et d'une grenade" et avait "tiré plusieurs coups de feu contre le portail de l'ambassade".
 
AFP
 

France: début du procès d'une affaire de financement présumé d'Al-Qaïda 
 


AFP, le 5 janvier 2011 à 13h29 GMT 
 
PARIS, 03 Jan 2011 (AFP) - Huit hommes, dont le Franco-Algérien Ouassini Cherifi, comparaissent depuis lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris dans un dossier de financement présumé du terrorisme islamiste, mêlant jihad et banditisme, fanatiques et caïds de banlieue.
Le procès, qui doit durer quatre semaines, a débuté en fin de matinée avec une heure et demi de retard, en raison de l'arrivée tardive de l'un des quatre accusés comparaissant libres.
Une grande partie de cette première journée devait être consacrée à la lecture de l'ordonnance de mise en accusation, les personnalités des accusés devant être examinées mardi.
Cherifi, dit "le Turc", 36 ans, a déjà été condamné en 2002 à cinq ans de prison pour un trafic de faux passeports en lien avec des réseaux islamistes.
Dans le dossier jugé jusqu'au 28 janvier par la cour d'assises spéciale (composée uniquement de juges professionnels), il est présenté par l'accusation comme la tête pensante d'un groupe de malfaiteurs dont les braquages devaient servir à financer les réseaux d'Al-Qaïda.
L'arrière-salle d'un restaurant de Clichy-sous-Bois (banlieue nord de Paris) acquis par Cherifi, "Le Rendez-vous gourmand", aurait servi de base logistique aux membres du groupe qui, selon des témoignages, tenaient des propos violents, proféraient des menaces ou se proposaient de mourir en martyr.
Aux côtés de Cherifi comparaissent trois autres accusés détenus, Mourad Feridhi, un Tunisien de 39 ans déjà condamné trois fois, notamment pour vol avec arme, Manoubi Ben Hadj Brahim, un Tunisien de 34 ans, et Hichem Ezzikouri, un Français de 31 ans.
Les quatre autres accusés, parmi lesquels deux frères de Feridhi, comparaissent libres, sous contrôle judiciaire.
Parmi les faits reprochés aux accusés figurent un braquage raté d'une société de transport de fonds (Sécuritas) de Beauvais (Oise) en 2005 et un vol de sacs de documents dans un site de transport de colis (Chronopost) de Fretin (Nord).
Sur les indications fournies par un des accusés après son interpellation, les enquêteurs avaient découvert dans un box de Clichy-sous-Bois un arsenal composé d'explosifs et d'armes de guerre.
 
 

Premiers détails sur l'identité des suspects de l'attentat déjoué à Copenhague
 


AFP, le 5 janvier 2011 à 13h53 GMT
Par Nina LARSON
 
STOCKHOLM, 31 Dec 2010 (AFP) - Des détails ont commencé à filtrer vendredi sur le projet d'attentat islamiste que les renseignements danois affirment avoir déjoué cette semaine à Copenhague, notamment sur l'identité des cinq hommes arrêtés.
Parmi eux, figure un jeune Suédois d'origine libanaise, Mounir Awad, 29 ans, arrêté à deux reprises par le passé en Somalie et au Pakistan et, selon la presse, en contact avec deux Somaliens naturalisés suédois, condamnés récemment pour préparation de crimes terroristes en Somalie.
Le gouvernement danois était au courant depuis "plusieurs semaines" de ce projet d'attentat dont les renseignements danois affirment qu'il visait à commettre un carnage au siège du plus grand journal danois, le quotidien conservateur Jyllands-Posten, a déclaré le ministre de la Justice, Lars Barfoed.
Ce journal avait publié le 30 septembre 2005 une dizaine de caricatures du prophète Mahomet, déclenchant une crise diplomatique dans le monde musulman, de violentes protestations de rue, ainsi que des menaces de mort contre les dessinateurs.
Cette crise s'inscrivait dans un contexte intérieur danois, où le fossé avec les musulmans vivant dans le pays s'est aggravé depuis l'arrivée au pouvoir en 2001 de la droite conservatrice allié au parti du peuple danois (PPD, extrême droite).
Parmi les cinq hommes arrêtés, figure un demandeur d'asile irakien de 26 ans, vivant dans la banlieue de Copenhague, relâché jeudi bien que des charges continuent de peser contre lui. Il se nommerait Abdullah Muhammed Salman, selon les médias.
Les quatre autres, qui ont nié les faits qui leur sont reprochés, ont été placés en détention provisoire après présentation au parquet.
Le suspect arrêté et écroué en Suède, Sahbi Zalouti, 37 ans, est un Suédois d'origine tunisienne. Selon le ministère suédois des Affaires étrangères, il a eu par le passé des démêlés avec le Pakistan pour entrée illégale dans ce pays.
Quant aux trois autres, les autorités indiquent seulement qu'il s'agit d'un Tunisien de 44 ans, d'un Suédois d'origine libanaise de 29 ans et d'un Suédois de 30 ans. D'après les médias, ils se nomment Mounir Dhari, Mounir Awad et Omar Abdallah Aboelazm.
"Awad a été arrêté en Somalie par les troupes éthiopiennes en 2007, et il a été arrêté au Pakistan en 2009", a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères, Anders Joerle.
Le quotidien suédois Svenska Dagbladet affirme que lors de son arrestation en Somalie, M. Awad voyageait avec sa jeune épouse enceinte Safia Benaouda, alors âgée de 17 ans et fille de la responsable du Conseil musulman suédois, Helena Benaouda.
Dans une interview avec ce journal, M. Awad avait dit que le couple avait été interrogé et torturé et devait sa libération aux renseignements suédois.
Lors de son arrestation au Pakistan en 2009, M. Awad était avec sa femme, leur fils de 2 ans, ainsi que Mehdi Ghezali, un Suédois incarcéré deux ans à Guantanamo.
Selon le quotidien suédois Aftonbladet, M. Awad était en contact étroit avec deux Somaliens naturalisés Suédois, récemment condamnés à 4 ans de prison par le tribunal de Göteborg pour "préparation de crimes terroristes" en Somalie.
Les deux hommes sont "membres" du mouvement shebab qui contrôle la plus grande partie du sud et du centre de la Somalie et a fait allégeance à Al-Qaïda.
Le nom de David Headley, cerveau des sanglants attentats de Bombay en 2008, était également cité vendredi. "Nous ne pouvons pas démentir qu'il y ait eu des connections avec Headley", ont indiqué les renseignements suédois au Jyllands-Posten. 
 

"C'est bien un mouvement sans précédent que nous vivons là pour la Tunisie"

LEMONDE.FR | 05.01.11 | 19h02  •  Mis à jour le 06.01.11 | 08h10

 

"Mon nom est un pseudo, mon e-mail est une adresse électronique jetable et je ne suis pas professeur. Pour vous écrire, je suis passé par un proxy." Les mots d'"Ahmed*, professeur", 45 ans, l'un des nombreux Tunisiens à avoir répondu à l'appel à témoignages du Monde.fr, sont révélateurs de l'ambiance qui règne dans le pays.

Sites Internet bloqués, policiers en civil dans la rue, établissements scolaires fermés : les autorités surveillent comme le lait sur le feu une population dont la mobilisation est sans précédent depuis le suicide d'un jeune vendeur ambulant à Sidi Bouzid, dans le centre du pays. Lors de son inhumation mercredi, une foule estimée à 5 000 personnes a marché derrière son cortège funèbre en criant sa colère.

DES MOUVEMENTS CIRCONSCRITS MAIS QUI SE MULTIPLIENT

Plus de trois semaines après son geste désespéré, les heurts secouent toujours Thala, une petite ville de l'intérieur du pays, à 250 km de Tunis et à une centaine de kilomètres de Sidi Bouzid. "Une manifestation pacifique a commencé devant le lycée et s'est déplacée vers le centre-ville", raconte un jeune Thalois sous le couvert de l'anonymat. "Les policiers ont commencé à lancer des bombes lacrymogènes et ça a dégénéré, les manifestants ont mis le feu à des pneus. Ils en ont jeté un dans le jardin du poste de police, et ont incendié le local du RCD [Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti au pouvoir]. Le ciel était noir avec les fumées du gaz lacrymogène et des pneus." A Hammamet et Kasserine, plusieurs internautes font également état de rassemblement ces derniers jours.

Malgré les tensions, l'ambiance n'est pourtant pas encore celle d'un embrasement généralisé. Selon les témoignages recueillis par Le Monde.fr, les rues des grandes villes du pays sont calmes et les quelques rassemblements très vite pris en main par les forces de l'ordre. A Tunis, des étudiants de l'Institut préparatoire aux études d'ingénieurs de Tunis, sorte de "prépa" tunisienne, s'étaient rassemblés il y a quelques jours devant l'établissement : "Des agents de l'administration essayaient de dissuader les étudiant en s'infiltrant parmi les étudiants et en s'adressant à chacun pour les intimider, raconte Karim*, leur disant 'qu'est-ce que tu fais là, éloignes-toi un peu, tu ne veux pas avoir de problèmes'."
 

Les forces de l'ordre agissent le plus possible dans la discrétion. Malgré les quatre personnes qui ont déjà péri dans les troubles, ils tentent d'éviter que les choses s'emballent. Car si les mouvements restent pour l'instant circonscrits, l'audace des manifestants est inédite. "Travail pour tous", "à bas les pistons et les pots-de-vins", mais aussi " Tunisie Libre... Ben Ali dehors". "La foule ose scander des propos qu'on n'aurait pas osé dire en public il y a peine un mois", témoigne Anis*, 36 ans. Pour Nadia*, 26 ans, "c'est bien un mouvement sans précédent que nous vivons là pour la Tunisie", ajoute-t-elle.

LE WEB BOUILLONNE
 

Chez les jeunes, Facebook et Internet en général ont joué un grand rôle dans la mobilisation : les autorités ne s'y sont pas trompées, et tentent en vain de museler la Toile. "Grâce aux réseaux sociaux et à Internet, nous avons pu relayer les informations entre nous, jeunes Tunisiens", témoigne Nadia*. Certains se sont créé un profil anonyme, d'autres n'hésitent pas à relayer les informations et à les commenter sous leur propre nom. Les mots d'ordre pour des rassemblements partent souvent du Web, puis circulent par le bouche à oreille et arrivent jusque dans les cafés, très fréquentés par les Tunisiens, s'étendant à toutes les générations.

Une émission de la chaîne privée Nessma TV, en particulier, a fait beaucoup parler d'elle : les Tunisiens ont écouté avec attention un débat aussi libre qu'inédit. L'avocate Bochra Belhaj Hamida y déclare en direct : "Ce n'est pas possible d'avoir un emploi sans donner de l'argent ou devoir employer des moyens malsains." Des propos qui n'apprennent rien à beaucoup de Tunisiens, mais qui détonnent dans le paysage médiatique. "C'est extraordinaire, c'est la première fois que les gens parlent de corruption, de médias qui ne font pas leur travail", commente Sofiane*, 27 ans.

 

UNE SITUATION SOCIALE EXPLOSIVE

Si jusqu'ici la population tunisienne acceptait un régime autoritaire mais qui lui avait apporté une certaine prospérité économique, la crise et certaines politiques gouvernementales ont changé la donne. Le chômage tourne autour de 30 % chez les jeunes. Une situation d'autant plus mal vécue que les familles les plus modestes se sont souvent endettées pour envoyer leur enfant faire des études, sans que celle-ci offrent le débouché espéré. "La voiture la moins chère en Tunisie vaut 14 000 dinars, avec un salaire minimal aux environs de 250 dinars", explique Walid*, 22 ans. "Comment voulez-vous vivre, s'occuper de sa famille, rembourser sa banque, profiter de la vie, s'amuser ?"

A Tunis, Sousse, Thala et ailleurs, beaucoup espèrent que cette vague de mobilisation puisse faire bouger les choses. "L'Etat doit comprendre qu'il est temps pour la société et les jeunes de découvrir leur droits et d'apprendre à vivre avec", conclut Mehdi*, 25 ans.

*Tous les prénoms des personnes ayant témoigné dans cet article ont été changés pour protéger leur anonymat.

Marion Solletty
 
(Source: "Lemonde.fr" le 5 janvier 2011)

 L'explosion de colère qui secoue la Tunisie

Quand elles sont minées de l'intérieur, les belles façades finissent par ne plus donner le change. C'est ce qui arrive à la Tunisie de Zine El-Abidine Ben Ali, 74 ans, omnipotent président de ce lumineux petit pays du Maghreb. Depuis près de trois semaines, la Tunisie est en proie à des manifestations récurrentes dans plusieurs villes.

Elles tiennent à la fois de la protestation économique et sociale et du coup de colère politique trop longtemps contenu. Elles ne sont pas surprenantes dans un pays où le parti du président contrôle tout et ne laisse aucune, absolument aucune soupape à l'expression du moindre mécontentement - hormis la rue, justement...

Le mouvement peut s'arrêter, mais il peut aussi s'amplifier. C'est le suicide en pleine rue d'un jeune chômeur, devenu vendeur ambulant de légumes, qui a été le détonateur d'une vague de protestations économiques et sociales. Plusieurs villes sont touchées par des manifestations de rue, qui, çà et là, donnent lieu à des violences. La police tire à balles réelles, deux manifestants sont tués, des dizaines d'autres arrêtés.

Qui manifeste ? Des étudiants, des jeunes diplômés au chômage, mais aussi des fonctionnaires, des médecins, des pharmaciens, bref une partie de cette classe moyenne tunisienne qui est le coeur et fait la force de ce pays.

Depuis plus de vingt ans, elle est la cheville ouvrière et la bénéficiaire d'une croissance qui est rarement descendue au-dessous des 4 à 5 %. Belle performance que pourraient envier à la Tunisie nombre de ses voisins, et qui est à l'origine du contrat social passé avec le clan Ben Ali : en contrepartie de l'anéantissement des libertés politiques, le régime garantit la réussite économique. Une sorte de pacte "à la chinoise, en quelque sorte !
Seulement, la crise a fini par rattraper une Tunisie qui dépend pour sa croissance d'un marché européen aujourd'hui atone. Le chômage toucherait 15 % d'une population d'un peu plus de dix millions d'habitants, mais plus de 30 % des jeunes diplômés. En réalité, le "mal tunisien" est beaucoup plus profond. Il tient au décalage croissant entre le régime et une population éduquée, naturellement tolérante et ouverte sur l'extérieur.
La nature du régime Ben Ali - par ailleurs soutenu par toute l'Europe - est au coeur de l'affaire : clan familial corrompu, qui a pris le contrôle d'une partie de l'économie et mis l'Etat au service de son enrichissement personnel. Il s'agit d'une "quasi-mafia", écrivait l'ambassade américaine à Tunis dans un télégramme révélé sur le site WikiLeaks.
Sous prétexte de lutter contre l'islamisme, presse, syndicats, partis d'opposition, associations sont muselés. Internet est censuré. Les journalistes, tunisiens et étrangers, soumis à une intimidation policière qui peut aller jusqu'à l'agression physique.
La France et les autres grands pays européens n'y trouvent rien à redire. Silencieusement complices. Il serait temps que l'Europe adresse au régime Ben Ali un urgentissime avertissement.
(Source: "Le Monde" (Quotidien - France) le 7 janvier 2011)
Lien: http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/06/l-explosion-de-colere-qui-secoue-la-tunisie_1461765_3232.html
 

 Le réveil tunisien


jeudi 6 janvier 2011
Cinq mille personnes ont assisté aux funérailles, le 5 janvier, du jeune tunisien qui s’était immolé par le feu le 17 décembre à Sidi Bouzid. L’effervescence persiste en Tunisie, notamment dans le centre-ouest (nous reviendrons sur cette situation dans notre édition de février). A l’appel du conseil de l’ordre, les avocats ont fait grève le 6 janvier pour protester contre les mauvais traitements dont ils sont l’objet de la part de la police. Ce mécontentement traduit les nombreux échecs du régime et met en lumière les défis auxquels il est confronté.
Le malaise social qui s’exprime ouvertement en Tunisie est indissociable de la crise économique. 2009 a marqué une rupture profonde : la croissance a réduit ses ambitions de moitié, les exportations industrielles ont fortement reculé, les touristes européens sont restés chez eux, les investisseurs étrangers également. La mauvaise récolte de 2010 n’a rien arrangé. Résultat, l’emploi a souffert : la croissance n’absorbe plus, bon an mal an, que la moitié d’une classe d’âge, contre près des deux tiers avant la crise.
Réélu il y a un an à l’issue d’un pseudo-scrutin présidentiel sans risque ni enjeu, le président Zine el-Abidine Ben Ali — au pouvoir depuis 1987 — doit faire face à quatre défis majeurs. Une dégradation rapide de la situation priverait à terme le régime de son principal produit d’appel vis-à-vis de l’étranger : la stabilité politique et sociale.
LA POLITIQUE.
 L’exécutif écrase le régime, le président étouffe le modeste jeu des institutions pourtant prévu par la Constitution, le Parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement, et la justice est aux ordres. Les quelques mesures prises en 2010 l’ont été pour la galerie comme, par exemple, les 20 % de sièges réservés à l’opposition, quel que soit son score, dans les conseils municipaux. L’ouverture s’impose d’urgence. Elle pourrait commencer au Parlement et au sein du parti. Les députés, même mal élus, plus au contact de la population et de la province que les hommes du président, doivent retrouver une influence dans la détermination des politiques publiques, avant que se tiennent rapidement des élections plus « propres » et sans exclusive.
Cela passe aussi par une réforme du parti dominant, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), héritier du Néo-Destour du père de l’indépendance Habib Bourguiba. Actuellement, le président de la République, qui est aussi président du parti, en nomme tous les responsables, du bureau politique aux secrétaires généraux, fédéraux ou de sections. Le rétablissement de l’élection comme mode de désignation de ses dirigeants lui redonnerait vie et offrirait un premier débouché au mécontentement.
L’INFORMATION.
Internet, Facebook et les télévisions satellitaires arabes ont mis à mal le contrôle de l’information en place depuis une vingtaine d’années. Le blocage médiatique n’a servi à rien, sinon à exaspérer l’opinion. Le ministre de l’information — que l’on pourrait plutôt définir comme ministre de la propagande — M. Oussama Romdhani, à la tête du secteur depuis 1996, l’a payé de son poste.
Depuis un an, le pouvoir, percevant quelque peu l’usure d’une façon de faire totalement obsolète, a pris quelques initiatives étriquées. Ayant fait racheter par son gendre le groupe de presse privé Dar Assabah, en ayant confié la direction à un professionnel reconnu, M. Ben Ali a toléré quelques audaces et un ton nouveau. Avec, bien sûr, une ligne rouge à ne pas franchir, la mise en cause, même légère, du pouvoir. Le 7 juin 2010, le président a ordonné des « rencontres périodiques » télévisées où des ministres dialogueraient avec les « parties concernées ». On promettait des « débats francs et ouverts ». Mais sans journalistes. Depuis la rentrée, quelques ministres s’y sont collés. L’opinion n’a pas vu la différence avec les habituelles émissions de propagande. Il faut à l’évidence changer de cap, libérer la presse et enlever le couvercle. La population, urbaine à 60 % et mieux instruite, le revendique avec force.
LES INÉGALITÉS.
Ce n’est pas un hasard si les dernières manifestations sont parties du gouvernorat de Sidi Bouzid, une région de l’intérieur enclavée et rurale. Le développement économique de ces vingt dernières années a profité d’abord aux zones côtières où se concentrent le tourisme, l’immobilier et les industries. La politique volontariste mise en place à partir des années 2000 n’a pas corrigé le mouvement, même si les efforts récents ont commencé ici ou là à porter leurs fruits, comme par exemple à Kairouan. L’intérieur, plus pauvre dans l’ensemble, continue à se sentir victime d’une discrimination sur le plan de l’emploi en faveur du Sahel et de la capitale, Tunis, dont sont issues les élites dans leur majorité.
A l’inégalité régionale s’ajoute l’inégalité sociale. Les 10 % les plus riches de la population perçoivent le tiers des revenus, les 30 % les plus pauvres doivent se contenter de moins de 10 % du PIB…
La fiscalité aggrave ces disparités au lieu de la corriger. Consommateurs et salariés supportent l’essentiel de l’impôt. Commerçants et entreprises y échappent largement. Le candidat Ben Ali avait promis dans son programme électoral de s’attaquer à l’un des abus criants de la fiscalité : l’impôt forfaitaire empêche d’imposer 350 000 contribuables qui contrôlent pourtant le tiers du PIB du pays. La loi de finances 2011, qui vient d’être adoptée, a oublié les promesses du candidat.
LA « FAMILLE ».
 M. Ben Ali est à la tête d’une famille envahissante, qui contrôle une bonne partie des conglomérats industrialo-financiers du pays. Ses filles ont épousé quatre des plus riches héritiers du pays. Sa deuxième épouse, Leïla, symbolise aux yeux de l’opinion la rapacité de la famille. Elle a fait fermer par le fisc une école privée, implantée de longue date, qui faisait de l‘ombre à celle qu’elle voulait ouvrir. Son frère, Belhacen Trabelsi, marié à la fille du patron des patrons tunisiens, a pris le contrôle d’une banque privée grâce à l’intervention en sa faveur du gouverneur de la Banque centrale — qui a laissé sa réputation dans l’affaire.
Faire disparaître Mme Ben Ali de la une des journaux, où chaque jour elle parade, ne suffira pas à faire disparaître la suspicion. Le retrait de la « famille » des affaires et de la politique est un préalable. Son hostilité à toute concession politique ou sociale, la mauvaise santé du Président, âgé de 75 ans, font craindre qu’elle ne cherche à s’imposer dans la succession qui s’annonce.
Jean-Pierre Séréni

 

(Source: le site du « Le Monde Diplomatique » (Mensuel – France), le 6 janvier 2011)

Lien: http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-06-Tunisie

Tunisie 
 Les bouches s’ouvrent au pays de Ben Ali


Les protestations sociales continuent de secouer le pays. Une chaîne de télévision privée a brisé le tabou de la censure sur la répression orchestrée contre elle par le régime tandis que l’opposition monte 
au créneau.
Pour le président Ben Ali, l’année 2011 commence comme 2010 s’est terminée. En mal. Les manifestations populaires, qui avaient secoué la localité de Sidi Bouzid avant de gagner les villes de Meknassi, Jelma, Menzel Bouzaïene, Sidi Ali Ben Aoun ainsi que celles du gouvernorat de Kasserine, dans le centre-ouest du pays, ont repris. Lundi, Sidi Bouzid a été de nouveau le théâtre d’une manifestation, sans incidents, de lycéens. En revanche, ce même jour, à Thala, 250 km de Tunis, des affrontements ont opposé de jeunes manifestants et des agents des forces de l’ordre. Ils participaient à une marche pacifique de soutien aux mouvements de protestation contre le chômage et la cherté de la vie qui avaient éclaté entre le 17 et la fin décembre 2010. La marche a dégénéré lorsque la police a essayé de contenir les manifestants en tirant des bombes lacrymogènes. Des manifestants ont mis le feu à des pneumatiques et au local du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).
Même si elles ne sont pas de même ampleur que celle de décembre dernier, ces manifestations de jeunes n’en démontrent pas moins que le mécontentement demeure et que les réponses apportées par le président Ben Ali à de vraies questions ne sont pas les bonnes. En effet, le 28 décembre, le chef de l’État tunisien, qui a admis la gravité de la crise, a usé, en guise de réponse au mécontentement populaire, d’une vieille recette : celle de jeter en pâture des responsables nationaux et locaux pour ramener le calme et donner de la matraque pour ces Tunisiens « manipulés » selon lui par des « extrémistes », qui s’aviseraient à continuer d’exprimer leur colère dans la rue.
Au niveau gouvernemental, le ministre de la Communication, Oussama Romdane, a été prié de faire ses valises ainsi que le ministre des Affaires religieuses, Boubakeur Al Akhzouni, et le ministre du Commerce, Ridha Ben Mosbah. Tandis qu’au niveau régional, ce ne sont pas moins de trois gouverneurs (préfets) qui ont été priés d’aller voir ailleurs. Celui de Sidi Bouzid, Mourad Ben Jelloul, de Jendouba (nord-ouest), Faouzi Ben Arab, et celui de Zaghouan (nord-est) Kamel Labassi.
 La politique  dans une impasse
Des mesures, qui visiblement, n’ont pas convaincu les Tunisiens. « En politique, comme ailleurs, il y a plus grave que les problèmes eux-mêmes, c’est leur déni », écrivait Baccar Gherib, éditorialiste de l’hebdomadaire Attariq aljadid (communiste). « La poursuite du mouvement de protestation et son extension dénotent une impasse dans laquelle a abouti la politique qui a échoué à répondre aux attentes légitimes de toutes les régions et catégories sociales pour un développement global et une répartition équitable de la richesse nationale », a estimé l’Alliance pour la citoyenneté et l’égalité, regroupant des partis d’opposition de gauche et des indépendants. En tout cas, les bouches s’ouvrent. Après le syndicat des journalistes qui a dénoncé la chape de plomb pesant sur l’information, pour la première fois une chaîne de télévision privée, Nessma-tv, a brisé le tabou de la censure en diffusant une émission spéciale, suivie d’un débat, sur la situation de Sidi Bouzid.
Hassane Zerrouky
 
(Source: "L´Humanité" (Quotidien - France) le 5 janvier 2011)
Révolte en Tunisie: «Cela en dit long sur le ras-le-bol de la population

DECRYPTAGE - Après trois semaines de manifestations de jeunes tunisiens...

Vendredi, cela fera trois semaines que la Tunisie est secouée par des manifestations. 20minutes.fr fait le point sur ce mouvement qui a déjà fait quatre morts.

Que s’est-il passé le 17 décembre à Sidi Bouzid?

Ce jour-là, Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de 26 ans, s’est aspergé d'essence et a tenté de s'immoler par le feu devant la préfecture. La police municipale venait de lui confisquer sa charrette de fruits et légumes parce qu'il n'avait pas les autorisations nécessaires.

Pourquoi cet incident déclenche autant de protestations?

La charrette confisquée était le seul gagne-pain du jeune homme, diplômé mais chômeur. Cet incident est devenu un symbole pour les jeunes chômeurs diplômés, qui ont manifesté dans la région de Sidi Bouzid dès le 19 décembre contre le chômage et la vie chère. Une vague de manifestations sans précédent - mais dont on ignore le nombre exact de participants - a alors déferlé dans tout le pays. Des défilés et des rassemblements ont eu lieu à Thala, à Kairouan, à Sousse ou même dans la capitale, Tunis. La répression a été très dure, les heurts entre les manifestants et la police ont ainsi fait quatre morts en trois semaines.

Pour quelle raison ces manifestations sont-elles aussi fédératrices?

«L’immolation a été l’élément déclencheur, dans un contexte économique et social particulièrement dur», analyse Olfa Lamloum, chercheur politologue franco-tunisienne à l'Institut frrançais du Proche-Orient (Ifpo). Le taux de chômage en Tunisie est de 14%, selon les chiffres officiels - «des chiffres de propagande» selon Olfa Lamloum. Et les jeunes, même qualifiés, sont particulièrement touchés. Ainsi, parmi les manifestants tués, il y avait «un ingénieur en informatique et un professeur de maths», souligne Olfa Lamloum.

«Cela en dit long sur le ras-le-bol de la population dans son ensemble: ce ne sont pas des jeunes socialement marginaux, mais qui ont fait des études. Jusque-là, le président Ben Ali avait toujours réussi à réprimer les mouvements sociaux, mais aujourd’hui il y a un effet cumulatif. La mobilisation prend de telles proportions car les gens n’ont plus rien à perdre: après des années de privation et de répression, ils ont perdu leur dignité, leur droit à s’exprimer, à voter, et se sont même tus sur la corruption à grande échelle qui gangrène le pays.»

Pourquoi le pouvoir tunisien parle d'instrumentalisation?

Déjà parce que les manifestations sont rares dans le pays, dirigé depuis 23 ans d’une main de fer par le président Zine el Abidine ben Ali. «Le malaise des dirigeants est palpable parce qu’ils savent que pour la première fois depuis longtemps, ils sont face à un mouvement populaire de masse», indique Olfa Lamloum.

De plus, les manifestants sont soutenus par le syndicat de l'union générale des travailleurs et par des militants des droits de l'homme. Des soutiens qui ont incité, le 28 décembre, le président Ben Ali à dénoncer «l'ampleur exagérée qu'ont pris ces événements à cause de leur instrumentalisation politique par certaines parties qui ne veulent pas le bien de leur patrie».

Ce soulèvement risque-t-il de durer encore longtemps?

Mohamed Bouazizi est mort de ses blessures mardi soir et doit être enterré à Sidi Bouzid ce mercredi. Un décès qui peut «peut-être assurer la continuité du mouvement» sur le sol tunisien, selon Olfa Lamloum. Des manifestations de soutien sont par ailleurs prévues en Europe, au Canada, et en Algérie jeudi. A Paris, un rassemblement doit être organisé place de la Fontaine des Innocents.

Bérénice Dubuc
(Source: 20minutes.fr le 5 janvier 2011)
Ben Ali contre le peuple tunisien

Gilles Devers
Jeudi 6 Janvier 2011

 

Les Tunisiens vont-ils parvenir à se débarrasser du dictateur Ben Ali, le grand ami des pays occidentaux ?
 

N’importe quel autre dirigeant aurait été dézingué de longue date par les belles âmes qui nous gouvernent. Mais Sarkozy, comme Chirac, adore Ben Ali. Les visites présidentielles en Tunisie n’ont été que de sinistres provocations. Le Parti Socialiste fait semblant d’agiter ses petits bras, mais il est sur la même ligne. Ben Ali est un bon gars qui fait régner l’ordre, et impose à son peuple le rôle du gentil sous traitant institutionnel de l’ancienne puissance coloniale. Alors chez ceux qui de longue date ont fait le choix de l’ordre contre celui de la justice, c’est un héros. Ben Ali, un brave arabe absent de toutes les causes arabes...
 

Le régime ne tient pas par son économie ou sa société, mais par le contrôle policier qu’impose Ben Ali depuis 1987, avec des élections bidon saluées comme des réussites par les pays européens. Il suffit de s’écarter des grands axes, des centres touristiques, et des alignements d’immeubles beaux comme la Silicon Valley pour sentir l’air puant de la dictature policière. Allez dans les banlieues, ou l’arrière pays, restez quelques heures dans les cafés, regardez la télévision d’Etat. Glissez-vous dans un congrès médical, et allez discuter à côté de la salle officielle. Observez les réponses gênées des salariés des hôtels qui ne veulent parler de rien d’autres que du soleil, des épices ou des beautés du pays. Et n’oubliez pas les préfectures et les sous-préfectures, couvertes de photos de Ben Ali, comme les locaux de permanence électorale. La Tunisie est un Etat policier, au service de l’enrichissement d’un clan. Le régime joue sur sa soit-disante lutte contre l’islamisme pour obtenir les grâces absolues des occidentaux, et tout se permettre contre son peuple.
 

Loin du miracle économique, la société se scinde sous les coups de l’injustice économique et de la répression. Le peuple tunisien est grand, et la société n’a jamais abdiqué de rien. La pensée libre n’a jamais été contenue sur les campus universitaires ; le barreau ne cesse de se battre, procès après procès ; le syndicalisme vit, sous les structures étouffantes qu’impose le pouvoir ; la jeunesse se forme, étudie et tire d’Internet tout ce qu’elle peut pour échapper aux flics.
 

Ben Ali n’a jamais pris le risque de vraies élections, car il serait balayé. Gbagbo a accepté le jeu électoral. Ben Ali n’est pas assez courageux. Et ceux qui font les matadors devant Gbagbo n’ont pas un mot à dire à Ben Ali.
 

Quand la situation est explosive, une étincelle peut mettre le feu.
 

Cette étincelle, c’est l’histoire de Mohamed Bouazizi, ce jeune vendeur de fruits et légumes, âgé de 26 ans, qui s'était immolé le 17 décembre à Sidi Bouzid, dans le centre du pays. Un chômage endémique et une famille à nourrir. Mohamed s’est essayé à vendre dans la rue des fruits et légumes, sur sa carriole. Pas d’autorisation : la police a embarqué ce qui permettait à une famille de survivre. Mohamed s’est rendu à la préfecture, pour rencontrer quelqu’un : niet. Il s’est immolé, et il est décédé hier.
 

Lors des funérailles, 5 000 personnes étaient réunies, dénonçant cette injustice qui fait mourir. Les manifestations se répandent dans le pays, mêlant la lutte contre l’injustice sociale et la revendication des libertés. Ben Ali a repris sa tronche des mauvais jours pour dire que « la loi sera appliquée avec fermeté ». Appliquer la loi… Un jour, la loi sera appliquée contre toi, Ben Ali. C’est tout ce que je te souhaite.
 

Pour ce jeudi, on attend de nouvelles manifestations. Les réseaux cherchent à se constituer. Les avocats ont annoncés qu’ils seraient en grève. Tous les démocrates rêvent d’un dénouement, avec des forces qui parviendraient à renverser le dictateur honni, qui ruine son peuple pour mieux enrichir ses proches. Parviendront-ils, alors qu’il y aura un flic pour chaque manifestant, à créer le rapport de forces ?
 

Avec un courage infini, les Tunisiens seront aujourd’hui devant celui qui usurpe le pouvoir. Si je savais que faire pour leur donner le moindre coup de main…

(Source: 20minutes.fr le 6 janvier 2011)

 http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/

 


La Tunisie sous les bombes!

06/01/2011 à 14h22 - mis à jour le 06/01/2011 à 14h23

 
Les évènements s'enchainent de l'autre coté de la méditérannée ou la Tunisie, amie, est sécouée par une révolte populaire sans précédent sous l'ère du général Zine El Abidine Ben Ali.

L'étincelle a été le suicide par immolation d'un jeune Tunisien, diplômé, vendant des fruits et légumes sur la voie publique afin de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille dont le fruit du labeur a été subtilisé par la police tunisienne, avec son habituel cortège de brimades et de violences.

Depuis lors, les évènements se sont enchainés et les Tunisiens ont trouvé un allié de poids dans cette guerre qui a su briser le silence médiatique qui entoure de cette révolution que le monde tente de taire: le groupe Anonymous, à savoir les anonymes.

Les anonymes se sont illustrés récemment en prenant fait et cause pour Julian Assange et son non moins célèbre bébé, Wikileaks, et de quelle manière !
Ils ont cloué au pilori les non moins célèbres MasterCard, Paypal ou encore Visa par des attaques informatiques des plus modestes (DDOS pour les afficionados) aux plus sophistiquées (defacing) afin de les punir d'empêcher les dons faits à Wikileaks d'arriver à leur destination.

Aujourd'hui, Anonymous est donc engagé aux cotés des tunisiens dans l'opération baptisée "OpTunisia", afin de promouvoir le libre accès à Internet, la liberté de la presse, de réunion, de parole... tout ce qui manque à ce paradis qu'est la Tunisie afin de véritablement en devenir un.

Anonymous a mis à terre toute l'infrastructure des sites gouvernementaux tunisiens qui répondent quasiment tous aux abonnés absents se payant le luxe de diffuser son message sur la page d'accueil de site comme celui du premier ministre tunisien www.pm.gov.tn ou encore la banque du gendre du président (zitouna)!

Soyons solidaire des tunisiens qui souffrent énormément des effets d'un régime qui sous couvert de bonne santé économique a asservi par la terreur tout un peuple avec l'aval des occidentaux qui voient en lui un modèle de régime arabe. La realpolitik a ses limites.

Connaissez-vous beaucoup de pays modèles dont les enfants, au péril de leur vie, montent dans des embarcations de fortune pour respirer un air de liberté?
Connaissez-vous beaucoup de pays modèles dont les enfants, s'immolent par le feu pour envoyer un message à leurs autorités?

Je ne peux m'empêcher de rappeler la devise du groupe Anonymous :
"Nous sommes les Anonymes Notre nom et légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublierons pas. N'oubliez pas sinon nous serons là."

PS: Tout le monde peut participer à ces opérations, toutes les informations sont ici http://anonnews.org/
 
(Source: Lepost.fr le 6 janvier 2011)

La France refuse (encore) de critiquer le régime de Ben Ali

Ecrit par admin à l'international jan 5, 2011
Très active en Côte d’Ivoire, membre du Conseil de sécurité des Nations Unies, patrie des droits de l’homme, la France n’envisage pas « de conseiller les autorités tunisiennes dans le domaine économique et social » vient de préciser le porte parole du Quai d’Orsay.
A l’heure où une vague de protestation sans précédent touche la Tunisie, le représentant du Quai d’Orsay était interrogé sur « la mort de Mohamed Bouazizi, dont l’acte a déclenché une vague de troubles sociaux » Le journaliste auteur de la question demande alors au représentant officiel de la diplomatie française « appelez-vous les autorités à étendre les droits économiques et sociaux des Tunisiens ? »
Voici la réponse officielle in extenso du ministère des affaires étrangères « Nous avons appris avec émotion le décès, hier soir, du jeune Mohamed Bouazizi. Nous continuons de suivre de très près la situation en Tunisie et souhaitons que les tensions, qui ne sont dans l’intérêt de personne, s’apaisent. Il n’appartient pas à la France, pas plus qu’à un autre Etat, de conseiller les autorités tunisiennes dans le domaine économique et social » .
(Source: "Toulouse7.com le 6 janvier 2011)
Lien:
http://www.toulouse7.com/2011/01/05/la-france-refuse-encore-de-critiquer-le-regime-de-ben-ali/
 Tunisie : "Un silence embarrassé prévaut en Europe"

 pour Le Monde.fr | 06.01.11 | 17h50

 

@mine : Quels ont été les éléments déclencheurs des événements en Tunisie ?

Isabelle Mandraud : C'est le geste désespéré d'un jeune homme de 26 ans, Mohamed Bouazizi, qui a donné le signal de départ d'un mouvement de protestation sociale. Le 17 décembre, à Sidi Bouzid, ce jeune vendeur ambulant de légumes s'est vu confisquer sa marchandise par la police municipale parce qu'il n'avait pas l'autorisation nécessaire. En réaction, il s'est aspergé d'essence et immolé devant la préfecture.

Le lendemain, 18 décembre, une manifestation s'est déroulée dans la ville, bientôt suivie par d'autres dans tout le pays.

Nova : Le chômage, la corruption ne sont pas des nouvelles données en Tunisie. Pourquoi les Tunisiens osent aujourd'hui sortir dans la rue et critiquer le gouvernement ?

La situation économique est un peu moins florissante que les dernières années, et surtout, le chômage des jeunes a beaucoup progressé. En effet, l'économie tunisienne ne peut absorber les milliers de jeunes diplômés qui sortent chaque année des universités.

Or le régime du président Ben Ali repose sur une sorte de contrat tacite : la promesse d'une "prospérité" économique contre des libertés publiques rognées. Les difficultés s'accumulant, ce "deal" est remis en cause.
 

Krichen: Croyez-vous à la chute du régime ?

Ce mouvement, qui dure maintenant depuis trois semaines et qui voit çà et là des manifestations surgir dans plusieurs villes, est important et inédit depuis plusieurs années. Cela dit, à l'heure actuelle, personne ne peut dire quelle en sera l'issue.

Profilo : Pourquoi ce mutisme des médias français sur ce qui se passe en Tunisie alors que, dans le même temps, ils couvrent la crise ivoirienne et auparavant iranienne. Y a-t-il une pression du Quai d'Orsay ?

Il n'y a pas de pression du Quai d'Orsay ou du gouvernement français, mais une réelle difficulté pour les journalistes de couvrir sur place les événements.

Pour ce qui concerne Le Monde, nous avions prévu de nous rendre en Tunisie depuis plus d'une semaine, mais les autorités refusent d'accéder à notre demande d'exercer librement notre travail d'information.

Ces grandes difficultés, que nous ne rencontrons pas dans d'autres pays, même en situation de crise ou de guerre, expliquent sans doute la couverture réduite des événements en Tunisie.

Mystere_Vertigo : Pourquoi ce silence de l'Elysée et des capitales européennes sur ce qui se passe en Tunisie ?

La Tunisie est depuis longtemps un partenaire privilégié de l'Europe sur le plan économique, de la lutte contre l'immigration ou de la lutte contre le terrorisme. Elle dispose de solides alliés, comme l'Italie et la France, d'où, certainement, le silence embarrassé qui prévaut aujourd'hui.

Mystere_Vertigo : Les grandes villes ne suivent pas le mouvement. Pourquoi ?

Ce n'est pas tout à fait exact. A deux reprises depuis le 18 décembre, Tunis a été le lieu de manifestations, ce qui constitue en soi une première. En 2008, lors du mouvement social du bassin minier de Gafsa, les protestations étaient restées circonscrites à la région.

Par ailleurs, d'autres villes importantes comme Sousse, Bizerte, Sfax ont connu elles aussi des manifestations.

Samsoum : Le problème est le clivage qui commence à exister entre riches et pauvres... Ne s'enrichissent d'ailleurs que les gens proches du pouvoir et cela engendre beaucoup d'injustices. Mais pensez-vous que cette situation puisse profiter aux extrémistes musulmans ?

Votre question est à la fois pertinente et délicate, car si le désespoir peut pousser des Tunisiens à se tourner vers l'extrémisme, ce même extrémisme sert d'argument au régime pour étouffer toute revendication de la société civile.
Koura : Ben Ali a-t-il les moyens économiques de mettre de l'argent dans les zones intérieures pour calmer les gens (a l'instar des évements de Gafsa, dans le sud de la Tunisie, en 2008) ?
Le chef de l'Etat tunisien a effectivement annoncé le déblocage de crédits pour favoriser l'investissement et l'emploi, notamment dans la région de Sidi Bouzid, le coeur agricole du pays. Mais pour l'instant, les sommes avancées – quelques millions d'euros – sont sans commune mesure avec l'effort financier très important qui a été consenti pour la région de Gafsa après le mouvement social de 2008.
Nocitizen : Le mouvement est très important mais c'est un mouvement populaire et il n'y a pas de leaders politiques, non ?
Le mouvement apparaît spontané, et s'il est soutenu par de nombreux syndicalistes militants, il n'est dominé par aucune figure politique.
Eloide : Est-ce que les révélations de Wikileaks ont joué un rôle dans ces événements ?
WikiLeaks est un mot interdit aujourd'hui en Tunisie ! Sans doute les câbles diplomatiques américains qui décrivaient un "régime mafieux" ont-ils avivé les frustrations dans lesquelles vivent de nombreux Tunisiens.
Mony : Internet semble être un des grands moteurs de la contestation jeune. Mais cette information est-elle fiable ?
Internet joue effectivement un grand rôle non seulement dans la diffusion des informations, mais également pour la mobilisation des manifestants. Le réseau social Facebook, en particulier, a été déterminant dans l'extension du mouvement.
Beaucoup de vidéos ont également circulé sur les manifestations, y compris les obsèques de Mohamed Bouazizi.
Il faut néanmoins, évidemment, prendre avec précaution toutes ces informations. Il se joue également en ce moment sur le Web une bataille entre le régime, qui essaie de censurer, et des internautes, qui attaquent les sites officiels tunisiens.
Damien : Dans les manifestations, les slogans contre Ben Ali et sa famille sont nombreux, pourtant ils ne sont pas relayés dans les médias français, pourquoi ?
C'est un constat qui a été fait : dans de nombreuses manifestations, des slogans durs contre le régime ont été entendus. Ils expriment une colère certaine. Ils ont été à ce titre relayés.
D'autres slogans ont porté sur les revendications sociales, le droit à l'emploi notamment, et ont été relayés également.
Malicieux : Vous n'avez pas véritablement besoin d'un visa de journaliste pour vous rendre en Tunisie afin d'y recueillir des informations. Réservez une chambre dans un hotel du centre ville de Tunis. Ne dites pas que vous êtes journaliste à la douane. Vous serez sur place en moins de trois heures.
Nous n'avons effectivement pas besoin de visa, mais nous sommes soumis à une sorte d'autorisation de l'Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE), d'autant plus nécessaire si nous voulons rencontrer des officiels.
Le Monde n'a jamais travesti son identité. Et je rappelle également que la journaliste Florence Beaugé, qui couvrait avant moi la Tunisie, a été expulsée du pays à la fin de l'année 2009.
Iskandar : Entre les instabilités en Tunisie et les émeutes en Algérie, pensez-vous qu'il puisse y avoir un effet domino ?
Il existe en Algérie, depuis plus longtemps qu'en Tunisie, des manifestations de colère dans plusieurs villes ou plusieurs quartiers d'Alger. Mais le parallèle avec ce qui se passe en Tunisie ne me paraît pas juste. Le mouvement de protestation auquel on assiste en Tunisie adresse un message politique fort au régime. Un régime qui, davantage qu'en Algérie, s'incarne en un homme : le président Ben Ali, au pouvoir depuis vingt-trois ans.
 
Propos modérés par Caroline Monnot

(Source: Le Monde.fr | 06.01.11 | 17h50)

  La contestation s'étend au lendemain du décès du jeune marchand

 
Le régime du président Ben Ali vacille-t-il ? Le Conseil de l'Ordre des avocats tunisiens appelle à la grève générale ce jeudi alors que le pays est en proie, depuis trois semaines, à un mouvement continu de protestations sociales.
Par Julien GLAENTZLIN (vidéo)
 
La Tunisie, secouée depuis le mois dernier par un mouvement de protestations sociales, se prépare à vivre une nouvelle journée d’action. Après les lycéens et les étudiants, le mouvement s’est étendu aux avocats tunisiens, dont le Conseil de l'Ordre appelle à la grève générale ce jeudi.  "C’est le rôle des avocats de se solidariser avec de tels mouvements, réclamant le droit au travail et à une vie digne", expliquait mercredi à FRANCE 24, Me Abderrazak Kilani, bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie. Vendredi, "une intervention démesurée de la police" avait visé des avocats alors qu’ils tentaient d’exprimer pacifiquement leur appui à la population de Sidi Bouzid (centre-ouest), selon Me Kilani.

"Adieu Mohamed, nous te vengerons!"
 
 

Sidi Bouzid. C'est dans cette ville que tout a commencé, le 17 décembre dernier. Un marchand, Mohamed Bouazizi, s’y est immolé par le feu après s'être fait confisquer sa marchandise par la police. Ce jeune diplômé de 27 ans vendait des fruits et légumes sans permis pour faire vivre les siens. Il est décédé mardi, des suites de ses blessures. Une foule de 5 000 personnes ont accompagné ses obsèques qui ont eu lieu le même jour. "Adieu Mohamed, nous te vengerons!" ont scandé les manifestants dans le cortège, partagés entre tristesse et colère.
L’acte désespéré du jeune marchand est devenu un symbole pour les jeunes chômeurs diplômés, les syndicalistes et les militants des droits de l'Homme qui se sont alors mobilisés dans le pays. Plusieurs affrontements entre des jeunes et les forces de l’ordre ont eu lieu dans le pays : de Sousse, en passant par Sfax jusqu'à Tunis. Selon l’AFP, quatre personnes sont décédées depuis le début du mouvement : deux manifestants tués par balles à Menzel Bouzaiane, et deux suicides, dont celui de Mohamed Bouazizi, dont l'immolation par le feu avait provoqué l'ire de la population.

Un symbole de la détresse des jeunesses maghrébines

Mercredi, toujours à Sidi Bouzid, une femme et ses trois enfants ont grimpé sur un pylône électrique et menacé de se donner la mort pour obtenir un emploi et un logement. Les autorités ont coupé l'électricité afin de prévenir tout risque de voir un nouveau suicide embraser le mouvement. "Les immolations par le feu disent la profonde détresse des jeunesses maghrébines face à une situation qu’elles ne comprennent pas, parce qu’elles n’ont pas la maîtrise sur leur avenir économique", explique Pierre Vermeren, historien spécialiste des sociétés maghrébines à la Sorbonne, invité du débat de FRANCE 24.
 
 
 

Radhia Nasraoui, avocate et présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie estime que le mouvement va continuer. "Il n’y a pas eu de réponse du côté du pouvoir aux revendications légitimes de la population", explique-t-elle à FRANCE 24. Elle dénonce par ailleurs les "méthodes barbares" utilisées par les forces de l’ordre à l’encontre des jeunes et des manifestants. "Le fait d’avoir usé de la force pour essayer de réprimer ce mouvement est une grave erreur. Il faut tenter de trouver les remèdes aux problèmes de ces gens", a estimé de son côté Me Kilani.
Au pouvoir depuis 23 ans, le président Zine el Abidine Ben Ali accuse ses opposants de manipuler ces manifestations, phénomènes rares dans le pays. Toutefois, le chef d’Etat a nommé le 29 décembre un nouveau ministre de la Jeunesse, puis le lendemain, un nouveau gouverneur pour Sidi Bouzid. Des décisions qui pour l’instant n’ont pas réussi à calmer les esprits dans le pays.

(Source: france24.fr le 6 janvier 2011)
Lien:
http://www.france24.com/fr/20110106-tunisie-contestation-sociale-avocats-manifestations-sidi-bouzid-mohamed-bouazizi-ben-ali-repression
 

Tunisie: du bon usage d'internet...

Sur une population de 10 millions d'habitants, la Tunisie compterait 3,6 millions d'internautes, selon Reporters sans Frontières (RSF).

A l'intérieur du pays
La presse tunisienne a mis quatre ou cinq jours avant de parler de l'actuel mouvement de manifestations. "Mais parallèlement, le net s'est mis à crépiter: de message en message, de page Facebook en blog de jeunes, l'info s'est rapidement répandue, avec des appels à la manifestation et des images, photos ou vidéo de la répression policière", rapporte le site de Radio France Internationale (RFI). "Selon un blogueur tunisien resté anonyme, 'Facebook a fonctionné comme une trainée de poudre, en quelques heures, plusieurs villes du pays se sont mises dans le mouvement'", précise la même source. 

Dans un pays où sévit la censure, Facebook est ressenti comme un refuge et un espace de liberté, notamment parmi les jeunes diplômés, très souvent au chômage. "C'est là que nous trouvons l'info libre. Facebook nous redonne l'espoir dans un contexte de grande frustration", explique un jeune blogueur cité par le site de RFI. Selon le site Tunisie numérique, les internautes tunisiens sont "la communauté la plus connectée au Facebook dans l’Afrique du Nord". Pour cette raison, le gouvernement "n'a pas osé bloquer" ce réseau social comme il l'a fait par le passé, estime un blogueur tunisien cité par Rue88.

D'une manière générale, notent les observateurs, la Toile est devenue l'instrument d'une contestation qui paraît peu structurée et, pour l'instant, dépourvue de leadership. Grâce à internet, "on découvre une société civile vivante, en marge des partis politiques", note-t-on à la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), ONG basée à Paris. La Toile "a servi d'instrument de mobilisation de la société civile. C'est un moyen de communication qui dépasse celle des autorités", ajoute-t-on à la FIDH.  

Pour l'instant, le pouvoir n'a donc pas réussi à faire un blackout total sur l'information comme au printemps 2008, lors des évènements du bassin minier de Gafsa (sud-ouest de la Tunisie), rapporte rue89. Il avait alors pu circonscrire à la région la révolte de la population en bloquant toute information sur les manifestations pour l'emploi et de meilleures conditions de vie.  

A l'extérieur du pays
De nombreux sites officiels tunisiens, ou ceux de la banque Zitouna, étaient toujours inaccessibles jeudi 6 janvier. Ils sont en fait bloqués par des cyber-attaques répondant à un mot d'ordre répandu sur internet par les "Anonymous" ("Anonymes"). Lesquels se présentent comme un groupe d'internautes attachés à la liberté d'expression. Ces "anonymes" reprochent aux grands médias internationaux de ne pas évoquer suffisamment la situation en Tunisie. Ils avaient été associés à un élan de soutien au site WikiLeaks en partie privé de financement après qu'il révélé des milliers de télégrammes diplomatiques secrets du Département d'Etat américain.

Sur anonnews.org, forum en ligne pour les "hacktivists"
(contraction de hacker et activiste), les "Anonymous" ont publié une déclaration dans laquelle ils expliquent: "Le gouvernement tunisien veut contrôler le présent avec des mensonges et de la désinformation, pour contrôler le futur en dissimulant la vérité à ses citoyens. (...). Anonymous a entendu la demande de liberté des Tunisiens. (...) Toute organisation impliquée dans la censure sera visée, et ne sera pas en paix tant que le gouvernement tunisien n'entendra pas la demande de liberté de son peuple".

Plusieurs sites internet tunisiens non-officiels se sont faits l'écho de cette offensive, qui consiste à submerger de trafic les serveurs des sites visés. "Les attaques cybernétiques s'amplifient en ce début 2011 en Tunisie! Cinq sites gouvernementaux tunisiens, un site informationnel officiel et un site d’une banque islamique privée ont été piratés (...) par un groupe d'activistes plus ou moins organisés qui s'est déjà attaqué à Paypal et Mastercard", rapportait ainsi le site Tunisie numérique. Les organismes financiers Paypal et Mastercard avaient été attaqués par des internautes qui voulaient les "punir" d'avoir interrompu les financements de WikiLeaks.

Le contrôle du pouvoir
Si Facebook reste un espace de liberté, les autorités tunisiennes tentent de contrôler de près la Toile et ses accès. Selon RFI, elles ont ainsi réussi à "totalement" censurer Youtube, Twitter ou Dailymotion. A tel point que RSF classe la Tunisie parmi les "ennemis d'internet". "Internet, considéré comme une menace potentielle pour la stabilité et l'image du pays, est soumis à une censure pernicieuse. Un filtrage très strict, un harcèlement des opposants et une surveillance à la Big Brother, permettent de contrôler étroitement l'information", note le site de l'ONG.

"La bande passante appartient à l'Agence tunisienne d'internet (ATI), contrôlée par le gouvernement, qui impose un filtrage sévère. Des adresses URLs ainsi que des mots clés sont bloqués. Les 12 fournisseurs d'accès à internet, privés ou publics, sont tous contrôlés indirectement ou non par le régime" du président Ben Ali, poursuit le site de RSF. Dans le même temps, les boîtes e-mails et les sites, notamment ceux des opposants, sont contrôlés. Pourtant, officiellement, la censure ne concerne que le terrorisme et la pornographie.

Malgré cela, "la blogosphère tunisienne se révèle dynamique et capable de se mobiliser pour certaines causes", selon RSF. Les internautes savent ainsi se débrouiller en utilisant des "déviations", notamment des "proxies" (outils permettant de cacher l'origine d'une connexion, et notamment utilisés pour contourner la censure) temporaires. Résultat: "les autorités s'intéressent de près aux proxies", note RSF... "Sans attendre de nouvelles mesures, les activistes tunisiens ont commencé le développement de nouveaux moyens pour contourner la censure", précise le site du Monde. Un jeu du chat et de la souris à l'ère numérique, en quelque sorte...

(Source: France2.fr le 06/01/2011 | 12:49)
Lien:
http://info.france2.fr/monde/tunisie-du-bon-usage-d-internet-66675379.html
 

 


Tunisie : la révolte gronde, le gouvernement cadenasse le pays

publié le 06.01.2011 02h01
 
Le 17 décembre, Mohamed Bouazizi 26 ans, vendeur ambulant, s’immole par le feu devant les bureaux du gouverneur à Sidi Bouzid. Un acte désespéré parce que la police vient de lui confisquer ses marchandises. Pourtant, grâce à ces fruits et légumes qu’il vend sans permis, il fait vivre les siens. Le cas de Mohamed Bouazizi est symptomatique du malaise qui frappe aujourd’hui le pays.
Le mouvement de protestation parti de l’acte désespéré de Mohamed a dégénéré provoquant jusqu’à aujourd’hui quatre morts, dont deux manifestants tués par balles à Menzel Bouzaiane et deux suicides, celui de Mohamed et d’un autre jeune qui s’était jeté d’un pylone sur des cables électriques, en lançant un cri contre la misère et le chômage, selon un témoin, Ali Zari. Hier soir, à Sidi Bouzid, les autorités ont coupé l’électricité pour prévenir un suicide collectif, celui d’une femme et de ses trois enfants qui avaient escaladé un pylône électrique pour exiger du travail et un logement, ont indiqué des syndicalistes témoins de la scène. On déplore aussi de nombreux blessés, des arrestations et d’importants dégâts matériels depuis le départ de ces protestations.
La mort de Mohamed Bouazizi hier soir à l’hôpital des grands brûlés de Ben Arous près de Tunis a fait monter d’un cran la colère. Hier, une foule de 5 000 personnes a marché derrière son cortège funèbre en criant vengeance, jusqu’au cimetière de « Garaat Bennour », à 16 km de Sidi Bouzid, a rapporté Kamel Laabidi, un syndicaliste. « Adieu Mohamed nous te vengerons ! », « Nous te pleurons ce jour, nous ferons pleurer ceux qui ont causé ta perte », ont scandé les habitants. La foule a aussi crié sa colère contre la cherté de la vie « qui a conduit Mohamed au suicide », répétant « Honte au gouvernement ! ». « Mohamed est devenu le symbole du refus du chômage et du mépris et son décès risque d’exaspérer la tension déjà vive à Sidi Bouzid et dans les régions alentours », a souligné un diplomate sous couvert d’anonymat. Bien qu’il ne soit pas diplômé de l’université, « son acte est symptomatique du malaise des jeunes diplômés acculés à gagner leur vie dans le commerce informel », a-t-il analysé. Le décès a été annoncé à Paris par Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH) et par le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT). « Il faut une enquête ou une commission nationale pour déterminer les causes et les solutions à cette protestation sociale qui a pris des formes tragiques », a déclaré M me Belhassen.

(Source: "Le Progres" le 6 janvier 2011)
Lien: http://www.leprogres.fr/fr/france-monde/article/4416511,192/Tunisie-la-revolte-gronde-le-gouvernement-cadenasse-le-pays.html


Pour tenter de briser l’enfermement du régime de Ben Ali
Journée de solidarité internationale avec les luttes sociales en Tunisie

le 06.01.11 | 03h00
Le jeune Tunisien Mohamed Bouazizi, qui s’était immolé le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, à l’origine du déclenchement de la révolte sociale, est décédé avant-hier.

Le décès, annoncé depuis Paris par la présidente de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Souhayr Belhassen, a été confirmé, hier, par le ministre tunisien de la Santé.
La présidente de la FIDH, de nationalité tunisienne, a exigé, par la même occasion, l’ouverture d’une enquête pour situer les causes de la révolte sociale. «Il faut une enquête ou une commission nationale pour déterminer les causes et les solutions à cette protestation sociale qui a pris des formes tragiques», a-t-elle déclaré à l’AFP. La ville de Sidi Bouzid a renoué avec la colère, hier, juste après l’inhumation du jeune Mohamed Bouazizi, qui est devenu le symbole d’une révolte sociale et politique qui a montré la Tunisie sous un autre visage. Celui de la misère, de l’injustice et de l’exclusion.
La Tunisie des belles plages et de «l’essor économique» dont se targue le pouvoir de Ben Ali est partie en fumée. Près de 5000 personnes ont marché derrière le cortège funèbre en scandant des mots d’ordre hostiles au pouvoir : «Nous te pleurons ce jour, nous ferons pleurer ceux qui ont causé ta perte.» La police a empêché les manifestants d’approcher du siège du gouvernorat où le jeune s’était immolé, le 17 décembre 2010.
Le président Ben Ali semble échouer dans sa tentative d’absorber la colère des Tunisiens. La tension est loin de s’estomper. Des manifestations ont été signalées, hier, près de Gabès et dans la région frontalière avec l’Algérie.

Contacté par nos soins, Ahmed Nejib Chebbi, responsable des relations extérieures du Parti démocrate progressiste (opposition) dont il est le fondateur, a déclaré que «la tension est de mise, certaines villes de l’ouest du pays ont connu des manifestations. Les répliques de la colère des habitants de Sidi Bouzid se répandent à travers beaucoup de régions du pays et c’est parti pour longtemps. Les causes de la révolte sont encore là et ce ne sont pas les mesures annoncées par le gouvernement qui vont ramener le calme. La corruption qui gangrène tout le système politique et la brutalité avec laquelle le peuple est traité par le pouvoir pousseront vers la poursuite de la révolte». «Désormais, en Tunisie, il y a l’avant et l’après-Sidi Bouzid. Il y a une situation psychologique et politique nouvelle. Le pays se prépare à un tsunami qui emportera tout sur son passage», a jugé M. Chebbi.

Le bras de fer violent entre les manifestants et le pouvoir risque ainsi de perdurer. Les forces de l’ordre excellent dans la provocation et l’intimidation des militants politiques et des manifestants. Hier, la police tunisienne a carrément empêché les journalistes d’accéder à la conférence de presse que devait organiser le Parti démocrate progressiste. «Nous devions donner une conférence de presse sur les évènements que traverse le pays au siège de notre parti à Tunis, mais la police a tout simplement empêché les journalistes de se rendre à la conférence et nous étions contraints de l’annuler», nous a indiqué M. Chebbi.  Pour cette figure de l’opposition tunisienne, «le mouvement de colère des Tunisiens est spontané et aucune force politique n’est en mesure d’encadrer ou de lui ouvrir une perspective politique» car selon lui, «les partis politiques sont laminés et ont subi une répression féroce depuis plus de deux décennies, qui rend pratiquement impossible de diriger une révolte sociale, même si nos militants sont présents dans toutes les manifestations», a-t-il analysé. Et pour tenter de briser l’enfermement dans lequel le régime de Ben Ali voudrait maintenir les manifestants, une journée internationale de solidarité pour «soutenir les luttes sociales et la démocratie en Tunisie» sera organisée aujourd’hui dans plusieurs capitales. Paris, Lille, Genève, Bruxelles, Berlin, Naples, Montréal, Québec, Beyrouth et Rabat abriteront des manifestations de solidarité avec la Tunisie en lutte. Alger n’est pas en reste : c’est le Snapap qui organise une rencontre syndicale de solidarité à partir du 10h.
 
Hacen Ouali

(Source: "El Watan" (Quotidien - Algerie) le 6 janvier 2011)
Lien: http://www.elwatan.com/actualite/journee-de-solidarite-internationale-avec-les-luttes-sociales-en-tunisie-06-01-2011-106047_109.php
"Antar, la mascotte de Sidi Bouzid"
 


Mohamed Bouazizi est mort le 4 janvier 2011 à 17h. Il y a 18 jours, il s'est immolé sur la place publique à Sidi Bouzid. Depuis, le pays brûle vif...

par Taoufik Ben Brik
 06/01/11 10:14

Un chien est un chien. Un flic est moins qu'un chien."
Extrème insulte bouzidi

Mohamed Bouazizi est mort le quatre janvier deux mille onze à dix sept heures. Il y a dix huit jours, le dix sept décembre deux mille dix, il s'est immolé sur la place publique à Sidi Bouzid. Depuis, le pays brûle vif...

Ai-je une gerbe ou une épitaphe qui peut contenir ce deuil qui déborde ? Ai-je assez de larmes à déposer sur la dépouille du martyr ? Mohamed Bouazizi, l'immolé de Sidi Bouzid, tel le soldat de Mahmoud Derwich, il a rêvé de lys blanc avec lesquels il fit front:

Ma voix à l'amour est un fusil,

Des fêtes revenues des vestiges anciens,

Le silence d'une statue antique

D'époques et d'origines indéterminées !

Il me parle de l'instant des adieux

De sa mère

Pleurant en silence lorsqu'on

L'envoya

Quelque part sur le front...

Ai-je une histoire sur Sidi Bouzid à raconter, moi qui n'ait pas quitté mon taudis perché au neuvième ciel, sur les hauteurs qui surplombent Ennasr, la cité alambiquée ? Je n'ai pas une histoire propre à moi, j'ai des histoires que l'on m'a racontées ? Alors qu'est-ce qui est plus fort que le mythe ? La légende. Où est la légende de Sidi Bouzid ? Dans un chien de fable que seuls les conteurs arabes savent dire.
Ici, c'est à deux cents kilomètres de Sid Bouzid et chouïa. Ici vivent des gens qui vivent sur la vie des autres et pompent leurs moelles. Il y avait, ce matin là, comme toujours, au café d'El Capo, Ammar l'instit' et Salah, l'éternel chômeur, qui se disputent une partie de dominos :
- Mets donc le double deux, mon cher prof, dit Salah
- Je passe, dit Ammar.
- Vous est-elle parvenue, à tes grandes oreilles, l'histoire saugrenue du chien Sidi Bouzid qui n'a pas cédé sa place aux chiens policiers ?
- Non, je connais l'histoire de l'alezane à la robe dorée qui est tombée follement amoureuse du canasson boîteux de Sid Bouoûn...
- Je ne plaisante pas, compagnon... L'histoire du chien de Sidi Bouzid est rapportée et colportée par des gens de confiance, des conteurs, ces hommes troncs, des diseuses de bonnes aventures tatouées, des contrebandiers, des rhapsodes, des vagabonds, des chameliers, des pasteurs, des imams et des barmans... L'histoire du chien de Sidi Bouzid a été jaugée par des ulémas. C'est de l'or. Pas du toc.
Ammar ramasse ses dominos. Il les aligne doucement, les change plusieurs fois de place et dit...
- Raconte pour voir...
- Loin, très loin d'ici, à deux cents kilomètres et chouia, sous le grand palmier-dattier, arbre totem, qui occupe comme un mausolée toute la place de Sidi Bouzid, se tient un chien. Un chien sans pédigrée. Sans filiation. Un chien arbi, solitaire et hargneux, énorme de la taille d'un bourriquot, à la double tête, la tête d'un taureau, aux épaules larges, aux yeux rouges, à la gueule H...énorme et baveuse, à la queue enroulée d'un guépard, aux aboiements sourds et assourdissants d'un fauve en rut. Un chien sans maître qui rode dans le ventre de
Sidi Bouzid. Un chien qui a la rage sans la rage. Un chien intraitable qui, par on ne sait quel sortilège, s'est mue en gardien de la place Mohamed Bouazizi, mort sur le champ de bataille. Sacrifié sur l'autel d'un Dieu sanguinaire.
Depuis le dix sept décembre, jour pour jour, (jour de l'immolation de Bouazizi), ce chien auquel les Bouzidis ont donné le nom d'Antar, fait le guet et ne laisse personne s'approcher de la place. La brigade canine a lancé, le 18 décembre, l'assaut final des chiens policiers pour le faire décamper. Le 19, les bombes lacrymogènes ont été larguées. Le 20, des jets d'eau et d'excréments... le 21, sommation de fusils d'assauts... le 31, les blindés de la garde nationale ont fait une courte intrusion du côté de l'aile gauche d'Antar... Rien n'y fit. On
n'a pas pu venir à bout de ce chien, fils de chien, au sale caractère mais à la volonté d'acier. Il fallait le voir se battre. Il était comme mille. Il se met debout sur ses deux pattes, agrippe les assaillants et les terrasse en moins de deux... "Nous avons trouvé notre Hercule", applaudissent les costauds de la smala.
"Faîtes attention, ne le regardez pas dans les yeux. Il va croire que vous lui cherchez noise. Ce chien se comporte comme un gorille. Il l'est d'ailleurs. Son dos n'est-il pas argenté ? C'est lui qu'il faudrait interviewer... c'est un héros. Ce chien est le meilleur témoin depuis l'immolation de Bouzizi jusqu'au limogeage du gouverneur et l'entrée en ligne d'Anonymous, son plus grand soutien", me conseille Khalti M'Barka qui sifflote en se brulant les doigts avec les brochettes, fameuse hospitalité Bouzidi. Un met royal réservé à Antar, le chien.
Ce chien est passé sur tous les pavés qu'il y a entre l'avenue moitié Habib Bourguiba, moitié 7 novembre et le Boulevard Mohamed V. Ce chien a tout supporté du mendiant orgueilleux jusqu'au vendeur à la sauvette qui crie famine. Il a vu des journaliers marcher dix mille milles à travailler pour les oléiculteurs du Sahel, et dix mille autres pour les céréaliculteurs du grand nord. Il a vu des péquenots qui ont déambulé dans les bureaux des aide-sociaux, dans les couloirs de la sécurité sociale, ceux-là même qui ont fait la queue dans toutes sortes de condition depuis la queue de l'aspirine dans les dispensaires jusqu'à celle d'un kilo de semoule dans la cour du Omda. Si jamais quelqu'un voulait écrire l'histoire de Sidi Bouzid, c'est par ce chien qu'il doit commencer. Vous voyez le trou dans le mur du poste de police, de l'autre côté de la rue ? Ce chien là, qui n'est à personne, c'est lui qui l'a creusé lors des dernières manifestations. Est-ce qu'il y a sur toute la surface de la terre un autre chien capable d'un tel exploit ? Et, c'est Antar, le chien de Sidi Bouzid, qui a permis aux manifestants de détaler lorsque les flics ont chargé... Ne venez pas me dire qu'il n'a pas sa propre gloire.
Du coup, les Bouzidis ont commencé à fabuler sur son compte. "Ce n'est pas un chien, disent-ils. Il ne lui manque que la parole. Il est plus humain que ces poulets. Et, si c'est un chien, il restera un chien. Mais un flic, c'est moins qu'un chien."
"Ses excréments sont celles d'un éléphant. Il sent le rhinocéros. Il a le pelage, d'un puma, le regard d'un lynx. Il n'aboie pas. Il rugit."
Antar cœur de lion, par les temps qui courent, n'a plus à voler une aile de poulet ou à se sauver avec un bout de poisson. Il est choyé comme un poète des forêts noires. Les femmes de Sidi Bouzid se le disputent. Chacune de son côté, fait des prouesses pour assouvir l'appétit gargantuesque d'Antar : un va et vient de plats aux noms chatoyants (œil de l'espagnole, bolis m'katef, oumek houriya...) bouche l'artère de la ville. Les gamins de Sidi Bouzid le gavent avec des loukoums, halvas et autres baklavas. Il ne boit pas de l'eau, que des sorbets, exclusivité de la brasserie du coin.
Am Ali, le menuisier pingre de renom, lui a bâti avec ses propres deniers une niche blanche, avec deux sorties et trois fenêtres, pour tout chalet. Sarrah, la coiffeuse diplômée, Habiba, la gérante du Hammam aux huit coupoles, Amna, la propriétaire de l'unique parfumerie du bled, se font des surenchères..., et la gueule.
On lui a même proposé de splendides chiennes de race blanche pour les saillir. Les maitresses désirent que leur chiennes mettent une fournée de clébards aussi fougueux qu'Antar. En prince, Chahrabandar, le joaillier de la ville, lui a remis un collier en or, en guise de clef de la médina. Des statuettes, des cartes postales, des tee-shirts à l'effigie d'Antar font des ravages sur Face book. Ses excréments, souvenir de Sidi Bouzid. La compagnie Walt Disney a acheté les droits. On s'attend à ce qu'Antar le film, fasse un tabac. Un autre succès :
il s'agit d'Antar cerf-volant. Il se vend comme des petits pains. Avec tout ce manque de pain.
En vérité, la vérité me sort par les trous du nez. Il n'y a jamais eu d'Antar. Il n'y a jamais eu de chien qui se prend pour dos argenté. Il n'y a jamais eu de chien aussi splendide qu'un tigre. Sauf dans l'imagination débridée des Bouzidis, ces mythomanes nés.
Tout ce qu'il y a eu, c'est un chien errant famélique, un sac d'os, rabougri, toujours la queue entre les jambes, né nain et laid comme ces chiens de la région, qui a- le jour de l'immolation de Mohamed Bouaziz, prenait du soleil de décembre sur la place- par accident, flambé. Mort, il a réussi sa sortie pour la postérité. Du coup, il est devenu la mascotte des Bouzidis.
Les Bouzidis n'en ont cure de cette version d'une vie que même un chien n'en veut pas. Ils continuent de divaguer. Un jour, un beau jour pour mourir, Antar, le chien dans sa place favorite, place Mohamed Bouazizi, a été pris par surprise et lardé lâchement de balles, comme si les assassins avaient sué la trouille. Le sang avait giclé de partout et séché par plaques. Antar avait les yeux clos mais hors de sa gueule, figée dans un rugissement, les crocs saillaient, énormes, superbes. Mort, le chien gardait plus de noblesse qu'un flic vivant. Et le poète aboya :
Chien
Fils et petit fils de chien
Quand tu crèveras
On saura le nom de tes chiots
On verra le jour ou ils mordront
L'arrière train des poulets...

par Taoufik Ben Brik

(Source: Nouvelobs.com le 6 janvier 2011)

  Fini les conneries

Si vous ne lisez pas trop la presse, si votre seul mode d’information est le journal de 20h ou les flashs radio du matin, vous ne saurez probablement pas de quoi je parle quand je dis: « Ce qui s’est passé à Sidi Bouzid, c’est important. ». Et je ne pourrai pas vous en vouloir, parce que personne ne vous parle de ce qui est sûrement l’événement le plus important de ces 20 dernières années dans le bassin méditerranéen.

Depuis maintenant trois semaines et l’immolation par le feu d’un jeune vendeur à la sauvette, Mohamed Bouazizi, à qui la police avait confisqué ses produits, la révolte gronde en Tunisie. Partie de Sidi Bouzid, ville sans histoire du centre du pays, plus connue pour son taux de chômage spectaculaire que pour quoi que ce soit d’autre, les manifestations et rassemblements de foule commencent à gagner la destination de plage préférée des français, dans son ensemble, jetant les bases d’une révolte qui, si elle arrive à toucher toute la population Tunisienne, pourrait changer la face d’une nation qui ne vit qu’à moitié depuis 23 ans. Depuis l’accession au pouvoir de son président, Ben Ali, et de ses multiples « réélections ».

La Tunisie, à part Djerba, Nabeul, Hammamet, le club Mickey où beaucoup d’entre vous ont passé un été ou deux, c’est aussi une économie « florissante », basée sur une classe moyenne assez importante et alimentée par une surconsommation générale. Quand on se balade dans les rues de Tunis, sur les bords de mer de Sousse ou dans la zone commerciale du Lac Palace, sur la route de la Marsa ou de Sidi Bou Saïd, il est difficile de réaliser que le fruit est pourri de l’intérieur. C’est parce que les Tunisiens font de leur mieux, depuis des années, pour garder la face. Derrière ces sourires, cette hospitalité, et cette joie de vivre communicative, la réalité est tout autre. Dans un pays qui compte autant de policiers que la France pour une population 6 fois moins importante (sic), un droit basique, la liberté d’expression, est bafoué chaque jour. Les événements qui secouent la Tunisie depuis trois semaines en sont un exemple criant.

La révolte qui s’organise (et que certains comparent déjà à celle qui, en Roumanie, à mis à terre le régime Ceaucescu) est le fruit d’une politique d’abandon d’une grande partie du pays par un gouvernement qui veut avant tout contrôler son image et ses relations extérieures. Là ou le littoral et le tourisme sont fortement subventionnés, vitrines qu’ils sont du boom économique et social tunisien, le reste du pays est laissé à l’abandon. Comme dans beaucoup de républiques bananières d’Afrique, la fortune de quelques uns fait le malheur de tout le reste d’une population. Sauf qu’ici, les grands groupes industriels et commerciaux sont presque tous trustés par l’entourage et la famille et les proches du président Zine El Abidine Ben Ali.

C’est cette situation, un taux de chômage chez les jeunes diplômés impressionnant, et un baillon perpétuel posé sur toute voix tentant de s’élever contre le régime en place, qui ont créé la poudrière à laquelle le suicide de Mohamed Bouazizi vient de mettre feu. Ce qui est en train de se passer est historique parce que, pour la première fois, les Tunisiens se soulèvent pour un ras le bol général. Ce qui est en train de se passer est historique parce que, pour la première fois aussi, le gouvernement semble dépassé. S’appuyant sur la répression, comme à son habitude, le premier réflexe de Ben Ali a été de faire de cette révolte un événement invisible, instrumentalisé par les « ennemis de la Tunisie ». Pas de média nationaux pour couvrir les évènements, pas, ou peu de médias internationaux, où, comme à leur habitude en Tunisie, intimidés ou étroitement surveillés. Contrairement à l’Iran l’année dernière, il semblerait que la chanson de Gil Scott Heron se retrouve ici confirmée. This Revolution Will Not Be Televised.

Les informations, elles, arrivent par internet. Par les comptes Twitter et surtout Facebook de milliers de Tunisiens qui partagent, sans relâche, des vidéos des manifestations, des rassemblements, et de la répression. Là encore, le gouvernement tente d’endiguer le flot d’images pour ne pas écorner la sienne. Que ce soit par des articles sur des médias contrôlés « commentés » par des faux intervenants, ou par un bloacage pur et simple des accès internet de la population depuis quelques jours, ou pire, l’accès forcé aux boîtes mails et aux comptes Facebook de centaines d’activistes et d’opposants au régime, la chape de plomb que l’on tente de poser sur ces mouvements populaires est pesante. Anonymous, rassemblement d’ »hacktivistes » bien connus pour leur attaque ayant mis hors-service Amazon.com et Paypal.com, punis pour avoir censuré et empêché les paiements destinés à Wikileaks en Décembre dernier, ont maintenant tourné leur force de frappes vers les organes de censure internet Tunisiens.

Tout cela se passe à 2 heures d’avion de Paris, dans un pays où vous aviez déja peut-être prévu de passer vos prochaines vacances. Dans un pays où la communauté internationale laisse une classe dirigeante corrompue et avide de gain personnel faire sa loi et renier à sa population ses droits les plus basiques, parce que la petite Tunisie est une amie de longue date. Un pays où mes parents sont nés et où, même si je suis aujourd’hui français, mes racines courent encore profond. Le fait même que je sois parcouru d’une angoisse palpable en appuyant sur le bouton « publier » du blog en dit long sur les méthodes et la situation en Tunisie. La peur des représailles pour dire ce que l’on pense dépasse les frontières. Même dans ce confortable salon du 9ème arrondissement.

Ce qui importe plus que tout aujourd’hui, c’est que cette révolte à huis-clos ne le soit plus. Que les efforts et les cris des Tunisiens se fassent entendre pour que, lorsque la répression dure arrivera (et elle arrivera), Ben Ali et ses méthodes ne puissent laisser libre cours à leur violence à l’abri des regards indiscrets. Que le poids du regard du reste du monde pèse sur les épaules du gouvernement et donne des ailes aux opposants.  Ce qui importe plus que tout aujourd’hui, c’est de prendre tout cela au sérieux, parce qu’il en va de la survie d’un pays, d’une nation, de sa population.

Nous sommes en train de vivre un moment historique, et il me parait impensable que les principaux médias français ne s’en fassent pas l’écho. Il me paraît inimaginable que France 2, TF1 ou M6 ne soient pas en alerte permanente pour des événements qui secouent un pays qui a donné à la France une partie non négligeable de sa population. Un peuple entier est en train de se libérer. De se lever et de reprendre le contrôle de sa destinée. Un peuple qui en est là aujourd’hui parce que la France coloniale s’est mise sur son chemin, il y a de cela un siècle.

Et il faudrait faire comme si de rien n’était?

Pour information, donc, vous trouverez ci-dessous toute une série d’article exposant au mieux la situation en Tunisie (Merci NaddO_). Informez-vous. Soyez au courant, ne restez pas insensibles:

L’Express (Le chômage des diplômés, source de la révolte)
Le Monde (La révolte de Sidi Bouzid)
Rue 89 (Sur la mains mise des familles proches du gouvernement sur le pays)
 
 
(Source: Blog "C´est la gêne" le 6 janvier 2011)

LA SEULE FATALITE, AUJOURD'HUI, C'EST LE DEPART DE BEN ALI


par SLIM BAGGA

A les voir, ventriloques désarçonnés et en perte de vitesse d'un régime qui se débat pour survivre, j'ai peine à cacher ma pitié. Je les imagine, avec leur mine des mauvais jours, allant sur les plateaux de télé comme à un enterrement. Et pour cause: c'est leur employeur Ben Ali et son régime qui sont quasiment sous perfusion.
Les MEZRI HADDAD, BOUBAKER SGHAIER, BORHENE BSAIES et autres NOURDDINE CHEFAI, et j'en oublie n'ont qu'un mot à la bouche, réveiller le démon du complot contre la stabilité, les acquis, le développement de la Tunisie. Comme si ces débordements provoqués par le-ras-le bol étaient pour nuire à la Tunisie...!  Ne seraient-il pas plutôt dirigés contre un Tunisien et sa famille qui ont pillé la Tunisie? Ne seraient-ils pas dirigés contre l'arrogance et le mépris d'un homme qui impose depuis 23 ans une chape de plomb, gouvernant par le mensonge, la duplicité dans le langage et ignorant le décalage entre une population de plus en plus dans la misère et une caste mafieuse de plus en plus hors-la-loi, étalant au grand jour ses richesses mal acquises?

"VENTRE CREUX N'A POINT D'OREILLE"

Selon ces serviteurs zélés de la dictature à l'agonie, leur champion Zinochet est presque un saint homme tant et si bien qu'il mit la main sur le pouvoir il y a un quart de siècle sans songer un jour en déguerpir. Mieux, il envisage même de léguer le pays, le pouvoir et les biens publics à son épouse inculte. Une épouse arriviste par rapport à laquelle Imelda Marcos et ses célèbres chaussures apparaitrait comme Mère Thérésa...

LA VERITE EST PLUS CRUELLE

Concernant la gestion du pays par la mafia des Ben Ali-Trabelsi, la vérité est hélas plus cruelle et plus implacable. Des sources absolument fiables m'assuraient ce matin-même que des milliers de fonctionnaires n'ont pas encore touché leurs salaires du mois de décembre ni leurs primes de fin d'année. Les caisses sont résolument vides, et la crise n'est pas seule responsable. Une gestion calamiteuse, des fuites de capitaux sans compter...jusqu'aux 1500 lingots d'or posés au pied de l'avion de Leila Trabelsi à quelques minutes de son départ le 19 décembre vers les Iles Maldives.
Le milliard de dollars injecté par le colonel Kahafi à la même date, avec les arrière-pensées qui ont toujours été les siennes, servira-t-il donc à rétribuer les fonctionnaires ou aura-t-il une autre destination? Nous ne tarderons pas à le savoir et à vous en informer!!!

PARTIR

Aujourd'hui, le roi et sa clique sont nus: au lieu de continuer à gesticuler et à payer des mercenaires de la propagande et des spécialistes du dénigrement, Ben Ali a tout intérêt à s'en aller, avouer son échec, son incompétence. Les tribunaux indépendants jugeront de sa gestion financière et de ses implications dans des meurtes politiques et des actes de haute trahison.
La fuite en avant consistant à tirer sur la foule ou laisser les Tunisiens s'immoler par le feu tous les jours et se suicider sur les places publiques, tel ce père de 4 jeunes filles diplômées et sans emploi à Jebeniana, hier, ne fera qu'exaspérer la situation. Sans éviter pour autant la fatalité de son départ.

Slim BAGGA
Carte de visite

3 janvier 2011
Fahem Boukaddous suit avec beaucoup d’intérêt la campagne fomentée par les autorités tunisiennes contre des agences d’information et des chaînes satellitaires qui avaient couvert les évènements de Sidi Bouzid, à laquelle ont été associées des hommes de paille, des organisations de pacotille, des structures artificielles et des scories de « partis ».
L’acharnement contre ces médias, au premier rang desquels la chaîne satellitaire Eljazeera du Qatar, qui manie l’exagération, l’intimidation et la vindicte contre le peuple et les ennemis de la Tunisie ne fait qu’emboiter le pas à la crise sociale étouffante qui a des causes objectives et subjectives. Fahem a indiqué que […] les mobilisations populaires larges ont vraiment besoin de médias respectueux rendant compte de leurs luttes et défendant leurs revendications légitimes, mais elles fabriquent aussi une information populaire dont la sincérité et la détermination à développer les moyens de communications suffisent, à défaut du professionnalisme, à briser l’omerta et faire parvenir leurs voix dans les contrées les plus éloignées du monde.
Gloire à la presse libre
[…]
Afef Bennaceur
(Traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

J'ACCUSE


Qu'Emile ZOLA me pardonne d'utiliser ce terme resté dans les annales.
J'accuse tous ces colporteurs d'intox, ces professionnels de la désinformation, ces spécialistes en matière de confection de fausses nouvelles.
J'accuse cette pseudo opposition de nuire à mon pays, de vouloir sa faillite et de mettre en danger la vie de sa jeunesse.
J'accuse ces narco politiciens de receler les espoirs de mon pays volés par des néo usurpateurs.
Le chômage n'est pas l'apanage de la Tunisie, notre jeune pays se bat énergétiquement contre ce fléau qui frappe la majorité des super puissances. Les solutions ne sont toujours pas appropriées dans un climat économique volatile et instable.
Nos jeunes, diplômés ou non, ne sont pas mieux lotis que le reste des jeunes dans le monde, en dépit des efforts remarquables déployés par les pouvoirs publics.
Si les pays occidentaux ont compris que l'état ne peut pas employer tous les arrivants sur le marché de l'emploi, Ils ont crée une panoplie de moyens qui favorisent les investissements et aident les créateurs d'entreprises qui embauchent. Cela s'appelle le libéralisme. Les réussites mi figue, mi raisin demeurent en dents de scie. En l'absence des garanties sociales, à titre d'exemple la France n'a jamais connu pareilles grèves et manifestations, au cours des deux dernières décennies.
 La Tunisie, premier pays du sud à s'engager dans un partenariat avec l'union européenne, a réorienté son économie vers ce système sans pour autant délaisser le volet social. Des gardes fous ont été adoptés pour protéger les classes dites faibles ou  à faibles revenus.
Pour se faire, des encouragements aux investisseurs de l'intérieur comme de l'extérieur ont été mis en place.
Un investisseur étranger ne décide d'investir qu'à certaines conditions, à savoir l'allègement des taxes, la stabilité du pays et une main d'œuvre qualifiée.
La Tunisie offre toutes ces conditions, la concurrence est rude mais grâce à la maitrise de ces éléments, nous pouvons dire que le terrain est propice à la venue des capitaux et que nos jeunes pourront trouver un emploi stable et bien rémunéré.
C'était sans compter, hélas, avec ces regrettables actions destructives de quelques opposants, croyant s'opposer, ils créent des nuisances au pays, ce qui fait le bon jeu de nos concurrents. Résultat: du chômage pour nos jeunes et la baisse de la croissance.

D'où le J'ACCUSE!
J'ai lu et entendu des citoyens se disant tunisiens, et savent parfaitement que leurs positions nuisent à nos jeunes, se fourvoient dans des actes pour le moins belliqueux et destructifs.
Certains invitent les jeunes à la désobéissance, d'autres incitent clairement à la haine et réveillent l'appartenance tribale et régionale.
Des appels aux suicides, guerres civiles, port d'armes et vengeance sont entendus ici et là, surtout sur la toile et les forums sociaux.
De quoi rager, de quoi s'attrister, de quoi se révolter!!! Après tant d'années de progrès et l'émancipation d'une société soudée et appartenant à la seule Tunisie, on nous ramène à une époque révolue.
Divisez, pour régner. C'est la devise de ceux qui appellent le peuple à s'entredéchirer, et une fois le fruit est mûr, on nous sort du chapeau… le Califat, le règne de l'imamat et la négation des libertés qui va avec, la femme réduite au sous être dans une société dominée par l'homme et la démocratie renvoyée aux calanques grecques!
Quel gâchis!
J'accuse, et je réitère mon cri: Levez vos mains de sur mon pays.

Noureddine CHAFAI
Correspondant de presse
Militant associatif

PSYCHO M(...) 
schizophrène et réactionnaire.


Par
Aziz Chabbi.
 
Consterné et dégoûté par  le nervis PSYCHO M le pseudo rappeur qui péte dans la soie.
Son nouveau titre" JEU POLITIQUE" est nauséabond, stupide, creux et insignifiant, mais il faut foutre un coup de pied au cul  à cet arriviste pour lui apprendre les bonnes maniéres.
Qui ce rappeur de seconde zone, série "B" est un vulgaire réactionnaire; mais au fond, c'est son droit d'être réctionnaire, passeiste et rétrograde, c'est son droit, pour rester poli, et ne pas dire, son gros PROBLEME.
J'ai écouté donc son dernier titre, une bassine à mes côtes  et aux chiottes avec des amis en revenant, ce 4 janvier, d'une assemblée générale tenue , malgré tout,  au campus de Tunis, cerné comme d'habitude par les norias de KAWADAS, de balances, les miliciens et les habituels  putes qui gèrent le quotidien de tout tunisien qui veut respirer  autre chose que leur  air vicié, vas-y, mon pote EL OUAER, rigole encore uncoupde cette misére humaine, toi , tu sais ce que  être DIGNE veut dire.
 
Oui on a compris que ce petit "bourgeois" de  PSUYCHO M() est  un adorateur des talibans, et qu'il n'a pas assez de couilles pour aller servir ses idées et ses choix à TORA BORA, à Peshawar  ,   ou dans un quelconque  talibistan à travers le monde, l'islam  des lumières, celui de l'enseignement du prophète MOHAMMED saw n'a rien à voir avec ces arriérés en mal de starification.
Passons sur  cette misére et essayons  d'analyser le très peu de fond de sa "chanson", son oeuvre qui se veutminimiliste  d'un état d'esprit homogène dans la société tunisienne, terrassée par la propagande, le mensonge, le faux et l'usage du faux , en fait, la crotte  de PSYCHO M, c'est tout juste un assemblage de slogans à la mors moi le nœud, du même ordre que ceux des crapules qu'ils veut dénoncer.
Son discours de la critique sur le régime du début de son RAP  à qui il veut s'approprier  l'exclusivité,, les journaux aux ordres, le manque de toutes les libertés etc..., cela fait soixante ans que des opposants démocrates tunisiens le tiennent, , et bien plus encore, même BEN ALI  tient ce discours pour s'absoudre de ses crimes et feinter les opinions,  il n'a rien inventer ce taré, et encore moins l'eau chaude et la patate,  des dizaines  de militants tunisiens sont morts et torturés pour ce discours,  quand ce con  n'était même pas encore nè, et encore moins ceux de ma génération, la moindre des choses, PSYCHO M(erde) c'est de respecter tous ceux qui se sont battus pour la libération humaine, morale et politique de la TUNISIE.
Quand à ces dirigeant de l'ISLAM politique tunisien exilés dans le monde, et à qui il reproche à moindre frais, leur exil, pour la plus part, ils le sont pour des cas de force majeure, aprés les viols, la torture et les  condamnations à mort;
 -PSYCO M ()a-t-il entendu  de  sidou SALAH KARKER handicapé par la haine de BEN ALI et condamné à mort ,et qui n'a jamais renoncé aux combat?
A-t-il entendu parler du docteur CHOURROU l'un des plus vieux prisonnier politique et d'opinion du monde?
A-t-il entendu parler de la valeureuse famille HAROUNI, a-t-il entendu parler de monsieur TALBI SI BEN SALEM, de maître HOSNI, DILOU ? NON, c'est trop demander à ces cons de descendre de leurs nuages de l'ignominie.
Et pis, à la fin de son rap débile, il nous pond les poncifs habituels de son maître à penser Zinétron, le grand TAHANE de Carthage.
Sur :
- ALDJAZIRRA, qu'il considére  comme un médias corrompus et sélectif, un médias jaloux,  qui en veut à la TUNISIE et qui met de l'huile sur le feu,  connard???
Sache tête de piaf, qu'heureusement pour cette prison à ciel ouvert, cette TUNISIE  brisée de ton BEN ALI,  qu'il existe des médias comme  Aldjazzira, libération, le monde, rue 89, TUNISNEWS, ELKHADRA, et des centaines d'autres organes, au propre comme au figuré, pour parler de nous  au monde entier.
-Heureusement tête de colibri qu'il existe des exilés tunisiens, nos frères de combat pour nous aider sur tous les plans, éternellement reconnaissant à ces tunisiens de valeurs, YA KHARCHI,  qui pour la plus part ont connu les mouroirs de BEN ALI, la torture et la violence, et qu'une fois dans la douleur de l'exil forcé, les facilités intellectuels et matérielles aussi,  ont choisi de continuer, au grand dam de la dictature et des imbéciles comme toi, de continuer le combat, sans eux, nous serions à la merci totalement de la crapule mauve.
Ce qui me choque de ce genre d'abrutis , c'est qu'ils instrumentalisent avec une facilité artistique le combat des autres, au moins les BALTI et compagnie  qui se reproduisent dans les partouzes de TV 7 et les plateaux autorisés de BEN ALI sont plus honnêtes que lui, limités  techniquement et artistiquement, ils essaient de survivre matériellement en attendant des jours meilleurs.
http://www.dailymotion.com/video/xge8ea_rap-tunisien-psyco-m-jeu-politique-2011_news
 

Feu vert en Israël de la Cour suprême aux "bus séparés" 
 


 
Reuters, le 5 janvier 2011 à 11h52 GMT 
 
JERUSALEM, 6 janvier (Reuters) - La Cour suprême israélienne a autorisé jeudi la poursuite de l'expérience des bus où femmes et hommes sont séparés, comme le réclament les juifs ultra-orthodoxes.
 
Des groupes libéraux s'étaient insurgés contre cette pratique qui veut que les femmes montent à l'arrière du véhicule et s'y asseoient, les hommes occupant les places à l'avant.
 
La Cour suprême souligne cependant que l'observation de ces consignes ne doit pas être contraignante et que si une femme veut prendre place parmi les hommes, personne ne doit l'en empêcher.
 
Des contrôles seront effectués sur les trente lignes de bus concernées afin de s'assurer qu'aucune femme n'est forcée de respecter ces mesures si elle ne le veut pas.
 
REUTERS
 
 


 

 

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