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TUNISNEWS
8 ème année, N° 3181 du 06.02.2009
 archives : www.tunisnews.net  

Communiqué de la délégation d'observateurs syndicaux étrangers présents au procès en appel des militants du bassin minier de Gafsa en Tunisie
Verts Français et "Tunisie Verte" : Gafsa : Condamnations iniques en Tunisie
Liberation: Tunisie : peines confirmées pour les manifestants de Gafsa
Comité de soutien à Me Abdelwhab Maatar: Non à la répression par les impôts
IFEX: Tunisia - Independent radio station under siege
AFP: Attentat Djerba: 18 ans de réclusion pour l'Allemand Christian Ganczarski
AP: Attentat de Djerba: 18 ans de réclusion pour Christian Ganczarski, 12 ans pour le frère du kamikaze
Reuters: Ganczarski, "Allemand d'Al Qaïda", condamné à Paris
Le Temps: "Affaire Touati" - Demain le verdict !
Le Temps: Kairouan, capitale de la culture islamique à partir du 8 mars prochain
Le Temps: Conférence de Nelly Amri sur Saïda Aïcha Manoubia - Une sainte oubliée de l'Histoire
AFP: Algérie: visite d'Etat de trois jours du président cubain Raul Castro
Reuters: S.Arabia urged to halt floggings, give women rights

 


Liste actualisée des signataires de l'initiative du Droit de Retour :
http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html

Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l'initiative :
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Communiqué de la délégation d'observateurs syndicaux étrangers présents au procès en appel des militants du bassin minier de Gafsa en Tunisie
 
Dans un contexte de crise économique qui frappe durement la région (30% de chômage), la dernière audience du procès en appel des militants du bassin minier de Gafsa s'est déroulée sous haute surveillance policière ce mardi 3 février.
Parmi les nombreux observateurs assistant à ce procès pour soutenir les accusés, on  pouvait noter la présence de nombreux militants et syndicats de l’UGTT, d’associations de défense des droits de l’homme (Amnesty, FIDH,…).
L'audition de 33 inculpés (5 des 38 accusés avaient été acquittés par les premiers juges) souligne l'injustice que constituent les peines prononcées à leur encontre en 1ère instance.
Comme lors des précédentes audiences, la délégation d'observateurs syndicaux étrangers souligne les irrégularités de la procédure judiciaire qui n'a pas retenu les preuves apportées par les accusés:
- Tortures infligées à certains d'entre eux
- Menaces à l'égard de leurs familles et de leurs proches
- Manipulations avérées mises en oeuvre par des responsables des pouvoirs publics et de la direction de la mine
- PV des accords signés attestant du cadre légal dans lequel les responsables syndicaux mis en cause ont agi.
Cette audience confirme à nouveau le choix du gouvernement tunisien qui utilise la voie sécuritaire pour tenter de museler le mouvement social et les justes revendications exprimées pacifiquement par la population de Gafsa.
De multiples falsifications de preuves opérées par la police et les représentants du ministère de la justice ont été mises en évidence pendant le procès.
Le refus du juge de prévoir une nouvelle audience pour permettre aux avocats de préparer leur plaidoirie sur la base des nouveaux éléments apportés par les accusés confirme ce déni de démocratie. Il met en évidence l'ingérence du pouvoir dans ce jugement dont le verdict est tombé après plus de 24 heures de procédure. Les poursuites n'ont pas été abandonnées à l'encontre des prévenus et les peines malgré une légère atténuation frappent de 2 à 8 ans d'emprisonnement les militants pourtant innocents. Ce jugement constitue une atteinte aux droits et libertés syndicales.
Devant cette injustice aux conséquences dramatiques pour les intéressés et leurs familles, la délégation intersyndicale rappelle son soutien aux 33 militants mis en cause, demande à nouveau que les charges retenues et les condamnations prononcées à leur encontre soient levées, qu'ils soient remis en liberté, réintégrés dans leurs emplois.

 
Algérie : SNAPAP
France : CFDT – CGT  FSU - Solidaires 
 
Gafsa, le 4 février 2009
 
 Verts Français et "Tunisie Verte"
 
 Communiqué de presse conjoint 
du 6
février 2009
Gafsa : Condamnations iniques en Tunisie
 
Les Verts français et tunisiens expriment leur indignation à l’issue du « procès » en appel des leaders du mouvement de contestation sociale de Gafsa auquel ils viennent d’assister les 3 et 4 février. Les très lourdes condamnations (de 10 à 2 ans de prison) qui avaient été infligées en première instance ont à peine été allégées (8 à 2 ans de prison).
Ce procès visait des militants qui n’ont eu d’autre tort que d’exprimer leurs droits citoyens en animant le vaste mouvement pacifique contre la corruption, le chômage, la cherté de la vie, pour le droit au travail et à une vie digne qui a vu le jour il y a un an dans le bassin minier de Gafsa. Ce mouvement, bénéficiant d’un très large soutien en Tunisie, s’est heurté à une répression sauvage : bouclage de la région par des milliers de policiers qui y ont fait régner la terreur, tuant trois personnes, dizaines d’arrestations, pour aboutir à des simulacres de procès et à des condamnations iniques.
Les Verts français et tunisiens rendent hommage au courage et à la dignité de la trentaine de condamnés qui ont transformé ce procès en celui de l’usage systématique de la torture en Tunisie, donnant les noms de leurs bourreaux, montrant au tribunal les traces des tortures moyenâgeuses auxquelles ils ont été soumis, comme c’est la règle pour les opposants au régime dictatorial de Ben Ali.
Au cours du procès, aucun des arguments favorables aux accusés de « rébellion » n’a été pris en compte, malgré la très forte implication du barreau tunisien dont une trentaine d’avocats a plaidé. C’est à une parodie de justice qu’ont assisté les observateurs internationaux, parmi lesquels des délégués de la quasi totalité des syndicats et organisations de Droits de l’Homme françaises, ainsi que Patrick Farbiaz pour les Verts français.
Malheureusement, la presse internationale n’a pas cru bon de couvrir ce procès et soulever ainsi la chape de plomb qui pèse sur la Tunisie. Par ailleurs, Patrick Farbiaz représentant des Verts français, a été empêché par la police politique d’accéder au local de radio « Kalima » afin de s’entretenir avec Omar Mestiri, responsable du Comité national pour les Libertés en Tunisie.
Non, Monsieur Sarkozy, l’état des libertés ne « progresse » pas en Tunisie.

Pour Les Verts
Cécile Duflot
Secrétaire nationale

Pour « Tunisie Verte »
Abdelkader Zitouni
Coordinateur national

Maghreb des luttes sociales : de Gafsa A Sidi Ifni
 

Meeting débat
 
Bourse du travail de Paris
 
3, rue du château d’eau métro République
 
jeudi 12 février 2009 - 18H30
 
collectif Maghreb solidarité
 
c/o FTCR, 3, rue de Nantes 75019 Paris – Tel : 0146075404 - عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.
 
ATMF, ATTAC, ATF, CEDETIM, CNCU, CNT, ETTAJDID, FTCR, LDH, NPA/LCR , PCF, PCOF , PCOT, SOLIDAIRES,
UTIT, VERTS, AMF , ASDHOM, ATF-PARIS, CRLDHT , FSU CORELSO, PDP, FDLT , MRAP, MQJS, RIAS

Tunisie : peines confirmées pour les manifestants de Gafsa
 
 
CHRISTOPHE AYAD 
 C’est l’épilogue judiciaire de la révolte du bassin de Gafsa, qui avait débuté il y a tout juste un an. La cour d’appel de Gafsa, dans le sud-ouest tunisien, a confirmé hier, en les réduisant légèrement, la plupart des peines de prison prononcées contre les 38 syndicalistes et manifestants accusés d’«entente criminelle», de violences et de dégradations. Les cinq «meneurs», qui avaient écopé de peines de dix ans de prison, les ont vues diminuées à six à huit ans, sauf Maher Fajraoui et Hassan ben Abdallah, qui ont été condamnés à dix ans. Le «chef» du mouvement, Adnan Hajji, a été condamné à huit ans de réclusion, tout comme Béchir Laabidi. Ceux qui s’étaient vus infliger des peines de six ans les ont vues rabaisser à trois ou quatre ans. Parmi les quatre accusés jugés par contumace, Mohieddine Cherbib, animateur d’un comité de soutien en France, a écopé de deux ans de prison, et Fahem Boukaddous, journaliste vivant en Europe, a pris six ans. A l’audience-marathon finale de mardi et mercredi, le procès de ce mouvement social de protestation contre le népotisme et la corruption a viré à celui de la torture utilisée par la police pour arracher des aveux. Des syndicalistes français et des diplomates européens et américains ont assisté au procès.
 
(Source: le site liberation.fr le 6 fevrier 2009)

 

Comité de soutien à Me Abdelwhab Maatar
Communiqué no 2
Non à la répression par les impôts
 
Le 4 février 2008 , le tribunal d’instance de Sfax , sous la présidence du juge Sofiène Al Bourgin a examiné l’affaire 825 concernant l’opposition de Me Maatar à la décision du services des impôts le sommant de payer un redressement de 232.530.855 DT pour les années 2004 et 2005 .
Cette décision n’a aucune base sinon l’obstination à utiliser la fiscalité pour réprimer et ruiner les militants des droits de l’homme et les opposants politiques.
C’est dans le cadre de cette politique que les services des impôts ont exigé cette somme faramineuse de Me Maatar feignant de croire que l’argent qu’il a récupéré pour ses clients en sa qualité d’avocat était le sien.
Lors de la séance, l’administration a présenté un rapport et les avocats de Me Maatr ont demandé le report pour préparer leur réponse. Mais la cour a rejeté cette demande et a décidé de mettre l’affaire en délibération et de prononcer le jugement le 25 février 2009.
Notre comité considère que la hâte mise par la cour à juger l’affaire et son refus de permettre à la défense de préparer ses arguments, est en contradiction avec les exigences d’un procès équitable. Ceci ne fait qu’aviver nos craintes de voir la justice utilisée après le service des impôts dans cette nouvelle épreuve imposée à Me Maatar.
L’empressement à mettre en vente ses biens et son domicile montre la confiance de l’administration dans le résultat du jugement attendu, ce dernier semblant n’avoir que le rôle de jeter un voile de légalité sur la répression.
Par conséquence, la commission attire l’attention de tous les avocats et toutes les forces de la société civile sur la gravité de ce précédent consistant à utiliser la fiscalité pour se venger et punir les militants et appelle à se mobiliser contre ce nouveau et grave phénomène.
Notre commission qui suit de prés cette affaire est plus décidée que jamais à recourir à toutes les formes de solidarité et de lutte pour faire cesser cette injustice.
 
Tunis le 4 février 2009-02-06
Pour la Commission
Le coordinateur
Me Mohamed Abbou.
TUNISIA

INDEPENDENT RADIO STATION UNDER SIEGE


 
Tunisian plainclothes police surrounded and raided the offices of a just-launched satellite radio station and detained one of its journalists last week, the latest affront on independent journalism in the country, say the IFEX Tunisia Monitoring Group (TMG) and IFEX members.
On 27 January, the coordinator of Radio Kalima, Dhafer Otay, was abducted by plainclothes police officers outside the station's premises in Tunis. Six hours later, he was released without charge, but threatened with arrest if he continued working on the radio project.
The standoff at the offices, which also house two human rights groups, IFEX member the Observatory of Press, Publishing, and Creative Freedom (OLPEC) and the National Council for Liberties in Tunisia (CNLT), intensified the following day with heavier police presence.
Dozens of officers obstructed those who tried to enter the building, including high-profile lawyer Mohamed Abbou and journalist Slim Boukhdhir. One activist, Makhlouf Zouhayr, who had come to express his solidarity with the Kalima staff, was severely beaten by police, while Omar Mestiri, managing editor of Kalima (the online publication), was attacked when he tried to stop them.
Some of Kalima's reporters and contributors stayed in the building overnight, fearing that if they left, they would be unable to continue broadcasting.
Then on 30 January, police, accompanied by Tunisia's deputy prosecutor, raided Kalima's studios, seized equipment, forced staff out and sealed the building. Police have also allegedly surrounded the homes of two female Kalima reporters, threatening and insulting them. One Radio Kalima journalist, Hatam Boukesra, was arrested and detained for eight hours, reports the Observatory for the Protection of Human Rights Defenders, a joint programme of the International Federation for Human Rights (FIDH) and the World Organisation Against Torture (OMCT).
Mestiri, who tried to travel to Europe on 1 February, had his passport and boarding pass confiscated, only to be returned to him when his plane had departed.
At present, Kalima's offices remain sealed and surrounded by police.
Radio Kalima was started by the same team that runs the locally blocked online news site Kalima. The station began satellite broadcasts early last week, in addition to their previously web-only radio programming. Sihem Bensedrine, a staunch free expression advocate and editor of Kalima, told the International Press Institute (IPI) she's convinced that the launch prompted the police assault.
"This is obviously a way to silence this radio .... They (the authorities) can control all things on the land. They cannot control the sky, and for this reason they are reacting like this. We will continue broadcasting on satellite even after what happened today, and Radio Kalima will never be silenced," Bensedrine said.
Abbou, who spent more than two years in jail for denouncing the increasing use of torture since President Zine el-Abidine Ben Ali seized power in 1987, told the Committee to Protect Journalists (CPJ) the kidnapping of Otay and the raid had no legal basis. "This is a new reminder that there is zero tolerance for independent journalism in this country," he said.
The European branch of the World Association of Community Radio Broadcasters (AMARC) is asking the EU to cease trading with Tunisia. "We firmly condemn the dictatorship methods put in place by the Tunisian government, and we ask the EU to block immediately all commercial relations with Tunisia unless basic human rights are guaranteed," said Mariano Sanchez, president of AMARC-Europe.
TMG is calling international attention to the Kalima siege and demanding that the authorities stop the harassment of the Kalima staff. "These events come as the latest affront in a long history of violations of the right to a free press in Tunisia," said TMG chair Rohan Jayasekera. "Journalists and human rights activists are frequently victims of harassment, arbitrary violence and censorship."

Visit these links:
- TMG: http://campaigns.ifex.org/tmg/
- TMG statement: http://tinyurl.com/cj96tp
- IFEX Tunisia page: http://tinyurl.com/bmty5x
- Observatory:
http://tinyurl.com/djk367

source: http://www.ifex.org/en/content/view/full/100575

Attentat Djerba: 18 ans de réclusion pour l'Allemand Christian Ganczarski
AFP, le 5 février 2009 à 21h38

Par Michel MOUTOT

PARIS, 5 fév 2009 (AFP) - L'Allemand converti à l'islam Christian Ganczarski a été condamné jeudi par la cour d'assises spéciale de Paris à 18 ans de réclusion pour complicité dans l'attentat contre la synagogue de Djerba en avril 2002, qui a fait 21 morts.
Aux termes de sept heures de délibérations la cour, composée de sept magistrats professionnels, a également condamné Walid Nawar, frère du jeune kamikaze tunisien Nizar Nawar qui s'est fait sauter au volant de son camion piégé, à douze ans de réclusion.
Christian Ganczarski, qui est resté impassible à l'énoncé du verdict, a été jugé coupable de "complicité d'assassinat", pour avoir parlé au téléphone à Nizar Nawar quelques heures avant l'attentat, et "d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", pour avoir fréquenté à plusieurs reprises, au Pakistan et en Afghanistan, des chefs d'Al Qaïda dont Oussama ben Laden.
L'avocat général avait requis contre lui trente ans de réclusion, dont les deux tiers de sûreté.
Quelques minutes avant l'énoncé du verdict, habillé d'un pull irlandais à torsades, Christian Ganczarski lisait et psalmodiait le Coran, les mains ouvertes en signe de prière.
Walid Nawar, contre lequel 15 ans de prison (dont deux tiers de sûreté) avaient été requis, a été condamné pour avoir fourni du matériel à son frère, notamment de faux papiers et un téléphone satellitaire acheté en France.
Sortant de l'audience la fille d'une des deux victimes française de l'attentat, Catherine Christaens, a déclaré à la presse: "La justice a été rendue en toute dignité. Nous avons, pendant cinq semaines, essayé de comprendre la logique des terroristes. Ce soir nous sommes apaisés: justice a été rendue".
Les juges de la cour d'assises spéciale n'ont donc pas cru Christian Ganczarski qui avait assuré, avant qu'ils se retirent pour délibérer, "n'avoir jamais rien su de cette attaque, avec laquelle (il) n'était pas d'accord". Il avait également tenu à "s'excuser une nouvelle fois pour une chose que (il) n'(a) pas faite".
Pour son avocat, Me Sébastien Bono, il s'agit là d'une décision qui n'est "ni logique ni acceptable (...) Par rapport aux trente ans qui avaient été requis, cette peine de 18 ans indique qu'il y a eu un large débat au sein de la cour".
"Mais comment se fait-il qu'en Allemagne il n'y a pas assez de charges pour l'arrêter alors qu'en France on le condamne à 18 ans ?", a-t-il demandé. En 2002 Christian Ganczarski avait été longuement interrogé, puis relâché par la police allemande dans le cadre de la même affaire.
"Christian Ganczarski a peu de foi dans la justice française, et l'on peut se demander ni nous aurions un procès plus équitable en appel", a ajouté Me Bono. "Nous allons y réfléchir".
Faute de tout autre élément matériel, l'accusation de complicité a reposé entièrement sur le bref coup de téléphone que le kamikaze a passé au domicile de Ganczarski, en Allemagne, quelques heures avant l'attentat.
Christian Ganczarski ayant été repéré par les services de renseignements allemands, il était sur écoute: la transcription et l'enregistrement de cette conversation, mi en arabe mi en mauvais anglais, a été au coeur du procès.
Pour l'accusation, c'était la preuve qu'il a donné son feu vert et sa bénédiction à une opération dont il a été l'un des instigateurs, avec Khaled Cheikh Mohammed, hiérarque d'Al Qaïda et cerveau présumé des attaques du 11 septembre 2001, détenu à Guantanamo.
Pour Me Bono, ces 112 secondes de conversation décousue ne permettait pas d'affirmer qu'il savait ce que Nizar Nawar allait faire.
AFP

Attentat de Djerba: 18 ans de réclusion pour Christian Ganczarski, 12 ans pour le frère du kamikaze
 
 

Associated Press, le 5 février 2009 à 21h15

par Verena von Derschau
PARIS (AP) -- La Cour d'assises spéciale de Paris a condamné jeudi soir l'Allemand Christian Ganczarski à 18 ans de réclusion criminelle pour complicité d'assassinats pour avoir donné le "feu vert" au kamikaze tunisien qui a perpétré l'attentat contre la synagogue de Djerba (Tunisie), qui a fait 21 morts le 11 avril 2002. Le frère du kamikaze, Walid Naouar, a écopé de douze ans de réclusion criminelle pour avoir fourni une aide matérielle. Lire la suite l'article

L'avocat général avait requis trente et quinze années de réclusion contre les deux hommes accusés de complicité d'assassinats et association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
"Je suis satisfaite même si la peine est moins élevée que les réquisitions. Il était important pour nous qu'ils soient reconnus coupables des deux chefs d'accusation", a réagi Me Judith Adam-Caumeil, l'avocate des familles des 14 victimes allemandes qualifiant Ganczarski "de proche collaborateur de Ben Laden". "La justice a été rendue en toute dignité, nous sommes apaisés", s'est également réjouie Catherine Christiaens, la fille d'un retraité français décédé dans l'attaque.
Pour l'avocat de Christian Ganczarski, il s'agit au contraire d'une "peine pas logique et pas acceptable". "Comment on peut en Allemagne ne pas avoir suffisamment d'éléments pour l'arrêter, et en France le condamner à 18 ans", s'est interrogé Me Sébastien Bono, annonçant qu'il allait "réfléchir" à un éventuel appel car "pour des questions de principe (son) client doit continuer à faire valoir son innocence".
"Je suis innocent". Ce sont justement les derniers mots que Christian Ganczarski a lancé jeudi midi à la cour avant qu'elle ne se retire pour plus de sept heures de délibéré. Auparavant, Me Bono avait plaidé l'acquittement de son client.
L'accusation disposait notamment d'une vidéo montrant Ganczarski aux côtés d'Oussama ben Laden en janvier 2000. Et de l'écoute d'un coup de téléphone, d'une durée d'1mn52, passé quelques heures avant l'attentat par Nizar Naouar à Christian Ganczarski installé à l'époque à Duisbourg. Au cours de cette conversation, l'Allemand aurait donné sa "bénédiction" au jeune kamikaze -une formulation qu'il conteste- alors que Khalid Cheikh Mohammed, un ancien haut responsable d'Al-Qaïda détenu à Guantanamo, aurait commandité cet attentat.
"Nawar demande la 'Doua', une prière à mon client, qui lui répond 'Inch'Allah', ce n'est surtout pas une bénédiction", a souligné Me Bono. Et de rappeler que l'appel a été passé très tôt le matin, que c'est Mme Ganczarski qui a décroché le téléphone dans un premier temps. "Naouar demande 'do you know me' et Ganczarski répond 'non'", a encore insisté l'avocat pour mieux faire comprendre que cet appel était totalement inattendu.
Selon Me Bono, son client reconnaît trois choses: d'avoir reçu ce coup de téléphone intercepté par les écoutes allemandes, d'avoir donné son numéro de téléphone à Nizar Naouar qu'il a rencontré en Afghanistan, et d'être allé en Afghanistan. "On fait reposer l'accusation de Ganczarski sur le déséquilibre mental d'un meurtrier qui a décidé de l'appeler", s'est insurgé Me Bono.
"Je me suis suffisamment excusé auprès des victimes pour une action que je n'ai pas commise et pour une action que je ne peux pas cautionner", a enchaîné son client qui s'exprime en allemand. "J'ai cinq enfants, dont un que je n'ai jamais vu. Ce n'était peut-être pas la meilleure idée d'aller en Afghanistan, mais cela appartient au passé", a-t-il ajouté.
"Le frère que j'ai connu et le frère qui a commis cet acte sont deux personnes différentes", a de son côté souligné Walid Naouar, le frère du kamikaze jugé aux côtés de l'Allemand pour avoir fourni un téléphone satellite à son frère. "Si j'avais refusé ce service, cela n'aurait rien changé à son acte", a-t-il supplié.
Nizar Naouar, 24 ans, s'est fait exploser au volant d'un camion-citerne rempli de gaz butane, à quelques mètres de la synagogue "La Ghriba" sur l'île de Djerba, le 11 avril 2002. L'attentat a fait 21 morts, dont 14 Allemands, cinq Tunisiens et deux Français. Il a été revendiqué par Al-Qaïda et l'Armée de libération des lieux saints. Il aurait été commandité par Khalid Cheikh Mohammed qui a été interpellé le 1er mars 2003 par les services pakistanais et américains qui le considèrent comme le cerveau des attentats du 11-Septembre. Détenu depuis à Guantanamo à Cuba, son cas a été disjoint au début du procès. AP
Associated Press
 

Ganczarski, "Allemand d'Al Qaïda", condamné à Paris

Reuters, le 5 février 2009 à 21h01
PARIS, 5 février (Reuters) -
Christian Ganczarski, Allemand présenté comme un proche d'Oussama ben Laden, a été condamné jeudi à Paris à 18 ans de réclusion pour complicité dans un attentat suicide contre une synagogue de Djerba (Tunisie), qui avait fait 21 morts en 2002.

Après un mois de procès et sept heures de délibéré, la cour d'assises spéciale a aussi condamné à 12 ans de réclusion pour le même motif Walid Naouar, un Tunisien de 28 ans et frère du kamikaze de Djerba, Nizar Naouar.
Ces peines sont largement inférieures aux réquisitions de l'accusation, qui demandait 30 ans de réclusion avec une période de sûreté incompressible de 20 ans contre Ganczarski et 15 ans de réclusion, dont 10 incompressibles, contre Walid Naouar.
Les deux hommes se disent innocents et la défense avait plaidé un double acquittement. Elle pourrait en théorie faire appel et provoquer un second procès.
Me Sébastien Bono, avocat de Ganczarski, a laissé entendre qu'il ferait appel. "C'est une peine et une décision qui n'est pas logique, qui n'est pas acceptable. (...) Nous allons réfléchir, mais pour des questions de principe, mon client doit continuer à vouloir établir son innocence", a-t-il dit.
L'avocat de Walid Naouar, détenu depuis 2002, a déclaré qu'il allait discuter d'un appel avec son client en faisant remarquer que la peine le mettait en position de demander une libération conditionnelle.
"Je me suis déjà suffisamment excusé auprès des victimes pour une action que je n'ai pas commise et que je ne peux pas cautionner. Je suis contre les attentats suicide", a dit Christian Ganczarski juste avant le délibéré de la cour.
Walid Naouar a de son côté présenté ses excuses aux victimes pour l'acte de son frère, tout en réaffirmant qu'il ne connaissait rien de son projet : "je ne suis pas responsable des actes de mon frère, je ne suis pas un homme cruel".
Nizar Naouar avait fait exploser un camion piégé contre la synagogue de la Ghriba, l'une des plus anciennes d'Afrique, le 11 avril 2002, tuant 14 Allemands, cinq Tunisiens et deux Français et blessant des dizaines d'autres personnes.
REVENDIQUÉ PAR AL QAÏDA
L'attentat avait été revendiqué par Al Qaïda. L'enquête a montré que Christian Ganczarski et Khalid Cheikh Mohammed ont été appelés par le kamikaze juste avant qu'il ne passe à l'action, d'un téléphone satellite que son frère lui avait fait porter en Tunisie, avec un modem et de faux papiers.
La cour n'a pas statué sur le sort de Cheikh Mohammed, Pakistanais de 44 ans considéré comme le "cerveau" de cette action mais aussi des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Détenu à la base américaine de Guantanamo (Cuba), il aurait du être jugé par défaut car il était renvoyé devant la cour de Paris, mais cette dernière a préféré disjoindre son cas la semaine dernière, renvoyant donc son sort à un autre procès.
Converti à l'islam, Christian Ganczarski, 42 ans, détenu depuis 2003, a reconnu avoir séjourné en Afghanistan plusieurs fois entre 1999 et 2001 et y avoir rencontré Oussama ben Laden, mais il assure n'avoir jamais pris part à des attentats.
Des images projetées au procès le montrent en 2000 à une réunion avec Oussama ben Laden et l'Egyptien Mohammed Atta, chef des pilotes kamikaze du 11 septembre 2001, un hasard, dit-il.
Sa conversation avec le kamikaze de Djerba a été enregistrée par la police allemande qui le surveillait et c'était le seul élément susceptible de l'impliquer dans l'attentat.
Les deux hommes, qui parlent arabe, n'évoquent pas directement l'attentat mais Nizar Naouar demande une bénédiction et Ganczarski répond que "Dieu le récompensera", ce que l'accusation en France voit comme un feu vert pour l'attentat.
La police allemande, qui a interrogé Christian Ganczarski une quinzaine de fois en 2002 l'a laissé partir sans le poursuivre. Au procès, les magistrats allemands ont expliqué ce point par de supposés exigences du système légal allemand. C'est un retour forcé de l'Allemand d'Arabie saoudite vers la France en juin 2003 qui a permis ce procès.
REUTERS

 
"Affaire Touati"
Demain le verdict !

Le verdict dans "l'affaire Touati" sera prononcé demain par le tribunal de première instance de Tunis siégeant en référé.
Cette affaire a débuté quand le secrétaire général de l'Union régionale du travail de Tunis (URTT) Taoufik Touati a introduit un recours en justice contre la direction de l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) dénonçant sa décision de geler ses activités syndicales prise le 27 décembre dernier lui reprochant une mauvaise gestion financière et selon le rapport de la commission du contrôle des finances de la centrale syndicale "des détournements de fonds caractérisés notamment par des factures gonflées".
« Détournements »
Des accusations rejetées en bloc par Touati qui considère que "l'affaire est montée en toutes pièces pour l'écarter comme ils ont écarté les secrétaires généraux des Unions régionales de Bizerte et de Nabeul" en expliquant "que des membres du bureau exécutif de l'UGTT qui sont à leur deuxième mandat et qui par conséquent n'ont plus le droit de se présenter pour briguer un autre mandat au prochain congrès comme le stipule l'article du règlement intérieur de la centrale syndicale adopté au congrès de Djerba de 2002 vont tout faire par amender cet article. Ils vont donc commencer par écarter tous ceux qui s'opposent à cet amendement.
Une fois assurés de la majorité, ils tiendront un conseil national qui appellera à la tenue d'un congrès extraordinaire qui amendera l'article en question. Voilà c'est la vérité et l'accusation de la soi-disant mauvaise gestion financière n'est qu'un prétexte."
Gestion
Mais pour la direction de la centrale syndicale et pour certains membres du bureau exécutif de l'URTT) "La commission de contrôle des finances est une instance élue démocratiquement au dernier congrès de Monastir et elle a établi son rapport sans parti pris et a constaté des détournements de fonds dans la gestion financière de l'URTT et le premier responsable est bien entendu le secrétaire général. L'affaire ne concerne donc en rien des calculs électoraux".
Qui a tort qui a raison? Le verdict le dira demain.

Néjib SASSI
(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 6 février 2009)

 

 Kairouan, capitale de la culture islamique à partir du 8 mars prochain

Le compte à rebours
La capitale Aghlabide connaît depuis de nombreux mois une activité des plus intenses pour se faire belle et à la hauteur des festivités culturelles et autres qu'elle accueille à partir de 8 mars prochain, en tant que capitale de la culture islamique 2009.
Il s'agit là d'un événement grandiose, à la hauteur de l'attente et de l'ambition des citoyens de toute la région y compris ceux des délégations en dehors du chef lieu Kairouan.
Les projets réalisés ou en cours de réalisation sont nombreux, variés et touchent à tous les domaines à commencer par celui de l'infrastructure routière.
La route reliant El Baten (Kairouan nord) à Skander (Ousseltia) en passant par la localité de Aïn Jelloula est déjà en cours de réhabilitation. Sa réfection fera éviter, sûrement, de nombreux accidents aux usagers.
Mais ce qui attire tout particulièrement l'attention, ce sont les nombreux projets environnementaux réalisés, ou programmés qui commencent à changer le cadre de vie de la ville.
A commencer par la station d'épuration de Dhraâ Tammar qui est fin prête et qui est entrée en exploitation pour un coût total de 17 millions de dinars (construction et équipement). Déjà,  ses eaux traitées et épeurées (un traitement tertiaire très coûteux notamment en énergie) sont mises à la disposition des exploitants agricoles de la zone. Hélas, la canalisation nécessaire pour l'acheminement de ces eaux en grandes quantités (18 mille m3/ jour) n'est pas encore prête. Le ministre de l'Environnement, en visite de travail, mardi dernier, dans le gouvernorat a mis l'accent sur l'importance vitale de la réutilisation des eaux épurées, dans le domaine agricole notamment dans la région de Kairouan, région caractérisée par un climat aride et semi-aride et qui a besoin d'une mobilisation des ressources hydriques conventionnelles et non conventionnelles à la fois.
La décharge contrôlée des déchets ménagers et assimilés entrée en exploitation à El Baten au cours du mois de juillet dernier constitue, la cerise sur le gâteau environnemental de ce gouvernorat qui a enregistré des investissements dans le secteur environnemental de l'ordre de 3,5 millions de dinars. La nouvelle décharge est mise à la disposition de douze municipalités et est gérée par une société privée.
 Bientôt un parc urbain de 5 ha à Raccada
De nombreux projets d'embellissement urbain pour un coût de 550 mille dinars sont en cours de réalisation dans le cadre de l'événement de Kairouan capitale de la culture islamique 2009.
Il s'agit notamment de l'aménagement des jardins d'Al Amira et de Siouri tout près de la grande mosquée Okba, de l'espace entourant les bassins des Aghlabides ce monument historique important qui mérite plus d'attention notamment en ce qui concerne ses jardins et ses espaces verts.
Pour les projets environnementaux à venir citons celui relatif à la réalisation d'un parc urbain de 5 hectares à Raccada, qui aidera à promouvoir toute la zone universitaire scolaire (14 000 étudiants et élèves) et touristique.
 Mise en place d'une décharge de margine
D'autre part, le ministère de l'Environnement et du Développement durable, a annoncé que la mise en place d'une décharge de margine verra le jour incessamment avec le concours des parties concernées. Ce que a d'ailleurs attiré l'attention à sujet ce sont les programmes du ministère visant à garantir la gestion durable des ressources naturelles et les promotions des techniques agricoles biologiques, en l'occurrence l'agriculture biologique et la promotion des produits du terroir.
En effet, une discussion a porté sur la gestion de margine en vue de sa valorisation agricole pour la fertilisation des sols et la production des bio-énergies via la méthanisation. Ce qui permettra de résoudre un problème colloral dans une région classée deuxième du pays en production oléicole.
D'ailleurs la labellisation de certains produits de terroirs exploitables dans la région se fera d'après le ministre en accordant à ces produits le label biologique que le ministère de l'Environnement a instauré récemment. Ce qui cadre bien avec Kairouan capitale de la Culture islamique, puisqu'on peut ajouter à cette belle région... Kairouan, richesses naturelles biologique, et produits de terroir à valeur ajoutée.

Néji KHAMMARI
(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 5 février 2009)
Conférence de Nelly Amri sur Saïda Aïcha Manoubia
Une sainte oubliée de l'Histoire

Son histoire, ou plutôt sa légende remonte au quatorzième siècle. Aïcha Manoubia a accompli en ces temps troubles, truffés d'amalgame,  un vœu pieux, celui de rassembler un public d'obédiences et de confessions différentes, dans ce lieu tout inspiré qu'est la bibliothèque Diocésaine.
La conférencière Nelly Amri, historienne de la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba, était exemplaire dans la rigueur et la clarté de ses propos et dans le choix de l'étude de cette sainte peu connue chez nous. Gratifiée des plus hautes distinctions, sa posture reste inégalée. A cause de son aura et sa posture singulière, cette sainte tunisienne mérite que nos chercheurs se penchent plus sur elle.
Les informations sur son histoire, les caractéristiques de son culte et le contenu doctrinal de son soufisme sont parcimonieux. Bien qu'il existe 17 copies manuscrites originales de l'hagiographie de Aïcha Manoubia à la Bibliothèque Nationale de Tunis, très peu s'y sont intéressés. Nelly Amri vient de publier un livre édité à Paris aux éditions Actes-Sud, intitulé « La Sainte de Tunisie : présentation et traduction de l'hagiographie de Aïcha Manoubia ». En dépit de ce matériau ténu, un travail monumental, explicité lors de la conférence a permis un retour sur ce qui fait les contours de cette exemplaire distinction qu'a connu Aïcha Manoubia, sans compter que l'abord de cette sainte a permis un retour sur un Islam médiéval, laissant filtrer des éléments sur le contexte d'antan, ses caractéristiques et ses pratiques.
 La « Pôles des Pôles »
On apprend qu'à l'époque il n'y avait pas d'ostracisme dans la sainteté en Islam par rapport au genre et que rares étaient les saintes accréditées d'un recueil hagiographique. Même si l'auteur de celui qui a rédigé celui de Aïcha Manoubia reste inconnu, son contenu permet une description de la posture atypique et unique de cette sainte. Reconnue comme Pôle des pôles, plus haute dignité dans la hiérarchie invisible des saints, celle-ci, dans les propos qui lui sont attribués par l'auteur de son hagiographie, affirme « 10 000 saints m'ont accordé leur majesté spirituelle...que cela plaise ou non... ». En citant certains propos, la conférencière a bien pris la peine de souligner ce qui relève du sens commun, pour ne retenir que les éléments péremptoires comme celui de sa reconnaissance à travers ce titre de Pôle des pôles comme vicaire de Dieu. Etre Pôle des pôles, a pour corollaire une identification à l'homme parfait. Quant au vicaire de Dieu, c'est reconnaître celui-ci comme son instrument dans la permanence de la Miséricorde divine et que par lui se perpétue la Miséricorde de Dieu. C'est dire les hauts lieux de spiritualités qu'a franchies cette sainte tunisienne. Autre signe distinctif l'attribution du titre de révérence « Saïda ». Aussi, bénéficier de deux sanctuaires, représente un autre signe fort. Ses lieux de cultes se situaient dans deux espaces, un urbain proche de la bourgeoisie tunisoise à Monfleury et un autre plus rural au niveau de la Manouba. Par contre sa sépulture a disparu. Elle aurait été enterrée dans le cimetière d'Elgorjani.
 Un héritage spirituel hors norme
Nelly Amri affirme que c'est parce que le soufisme féminin reste le parent pauvre de la recherche et surtout par égard à ces oubliées de l'Histoire qu'elle a entrepris ce travail. Par rapport à son époque, Aïcha Manoubia était loin d'être un cas à part puisqu'il est question d'un soufisme contemporain qui a connu l'éclosion d'une féminisation de tout un langage religieux. Celle-ci a vécu et évolué dans un véritable terreau de « Salihat ». Même si l'oratrice a peu focalisé sur son apport au savoir religieux, et peu éclairé sur le contenu  doctrinal de son soufisme, c'est tout un contexte d'influence qui transparaît,  surtout celui dont Aïcha Manoubia se dit disciple, à savoir Sidi Bel Hassen - fondateur de la grande confrérie maghrébine, la Chadhilia. Cette appartenance à des milieux où on brassait des idées n'est pas sans accentuer la carrure de cette sainte. Mais ce qui fait d'Aïcha Manoubia, une sainte hors norme c'est son héritage spirituel. Celle qui représentait une catégorie bien précise de saints qu'on dénommait « les ravis de Dieu » niait avoir reçu une quelconque initiation par un maître. La conférencière nous apprend que Aïcha Manoubia revendiquait l'héritage prophétique mohammadien, qu'elle aurait reçu par lui-même et qu'elle l'aurait vu plus de cent fois. Vu, n'étant pas à prendre dans le sens concret ou littéral du terme, mais dans une vision mystique, extatique qui dépasse l'entendement du commun des mortels.
 Des interrogations en suspens
Tant de choses et peu de choses en même temps surtout sur sa vie privée, personnelle, sur les remous qu'a dû susciter à l'époque son mode de vie. Car loin d'être à l'image des saintes recluses dans la méditation, sa vie sociale la poussait « à sillonner la ville et à côtoyer des hommes, aussi bien ivrognes des bas-fonds que fondateurs de confrérie ou sultan Hafside, selon les moments et légendes 1».  Aïcha Manoubia, cette ravie de Dieu fait partie de ces saints qui n'ont pas d'histoire, car ils sont eux-mêmes l'incarnation de l'histoire, ils sont l'archétype de la vénération de Dieu conclu Nelly Amri. Une conférence passionnante qui devrait inspirer les jeunes chercheurs à se pencher sur cette sainte bien de chez nous. Pour notre cas, des interrogations sont restées en suspens : Si depuis le 14ème siècle on parle encore de cette sainte, où  sont ses disciples ? Pourquoi les saintes au féminin, en Islam aujourd'hui n'ont-elles plus aucune visibilité ? Auraient-elles disparu ? Ou fait-on silence sur elles ?

 Faten AOUADI  
(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 6 février 2009)

 
Algérie: visite d'Etat de trois jours du président cubain Raul Castro
 
 
AFP, le 5 février 2009 à 16h50
ALGER, 6 fév 2009 (AFP) - Le chef de l'Etat cubain Raul Castro est attendu samedi en Algérie pour une visite d'Etat de trois jours, a annoncé vendredi la présidence algérienne. 
La visite de M. Castro, qui répond à une invitation de son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, "témoigne de la qualité des relations historiques d'amitié et de solidarité entre l'Algérie et Cuba", a indiqué la présidence dans un communiqué cité par l'agence algérienne APS.
Les deux parties doivent discuter au cours de cette visite du "renforcement de la coopération bilatérale qui a connu, ces dernières années, une évolution appréciable", a ajouté la même source.
Les deux chefs d'Etat procèderont également à un "échange de vues sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun", selon le communiqué.
Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques depuis 1962, date de l'indépendance de l'Algérie.
Fidel Castro s'était rendu sept fois dans ce pays dont la dernière fois en mai 2001 pour une visite de deux jours.
Convalescent après une opération, il avait reçu en septembre 2006 à La Havane "son ami et allié" M. Bouteflika, venu assister à un sommet des Non alignés, un mouvement créé en pleine guerre froide comme alternative aux blocs communiste de l'Est et capitaliste de l'Ouest.
Les bonnes relations entre les deux pays sont régulièrement réaffirmées, en particulier à l'occasion des réunions de la commission mixte inter-gouvernementale mise sur pied.
Alger et La Havane ont notamment signé en 2005 cinq accords de coopération dans les domaines de la santé principalement mais aussi du sport, de la culture et de la pêche.
Plus de 2.000 coopérants cubains, la plupart dans le domaine de la santé, ont séjourné en Algérie depuis le début des relations diplomatiques entre les deux pays en 1962.
Cuba gère également quatre cliniques ophtalmologiques construites à El-Oued (Sud-Est), Béchar (Sud-Ouest), Djelfa et Ouargla (respectivement 270 et 800 km au Sud d'Alger. Trois autres sont prévues à Tamanrasset (grand Sud), Sétif (Est) et Tlemcem (Ouest).
Le groupe public algérien pharmaceutique Saidal a conclu le 2 février à Alger un accord de partenariat avec le groupe cubain Heber biotic pour la production en Algérie d'un vaccin contre l'hépatite B.
L'accord prévoit aussi la construction à terme d'une usine en Algérie pour la production de ce vaccin, d'une capacité de 5 millions de doses pour un investissement estimé à 3,5 millions d'euros, selon Saidal.
Raul Castro, 77 ans, a pris la relève à la tête de l'Etat de son frère Fidel (82 ans), malade, en juillet 2006. Il a depuis effectué une visite d'Etat au Venezuela en décembre et une autre ces deux dernières semaines en Russie puis en Angola d'où il arrivera.

 
S.Arabia urged to halt floggings, give women rights
 
 
Reuters, le 6 février 2009 à 14h45
By Stephanie Nebehay
GENEVA, Feb 6 (Reuters) - GENEVA, Feb 6 (Reuters) - Western countries called on Saudi Arabia on Friday to halt floggings and amputations, allow religious freedom and abolish a system of male guardianship sharply limiting women's rights.
Britain, Canada, Switzerland and Israel challenged Riyadh on issues including its high number of executions. Saudi Arabia executes murderers, rapists and drug traffickers, usually by public beheading, and judges sometimes give the death sentence to armed robbers and those convicted of "sorcery" or desecrating the Koran.
A Saudi delegation defended its record at the United Nations Human Rights Council, saying the country was cracking down on domestic violence by men who abused their roles as guardians and beat their wives and children.
Zaid Al-Hussein, vice president of the state-affiliated Saudi Human Rights Commission, told the forum much remained to be done to ensure that individual followers of Islam uphold human rights standards, as required by sharia law.
"Consequently, we do not claim to be perfect, nor do we reject criticism, which is welcome provided it is objective and intended to preserve human rights and dignity," he said.
The 47 member-state Council began regular reviews of all U.N. members last June in a bid to avoid charges of selectivity.
Hussein said non-Muslims could follow their faiths in private in the kingdom, but it would be difficult to allow non-Muslim houses of worship as "Islam is the final religion".
The oil-exporting Gulf country, a major U.S. ally, has paid $100 million compensation to people detained in terrorist cases who were later found to be innocent, he said.
FLOGGING AND EYE-GOUGING
Israel accused Saudi Arabia of "severe discrimination against women and minorities, corporal punishment, torture, forced labour, and the sexual exploitation of children".
It should "abolish corporal punishment, and cruel, inhuman, and degrading treatment in general, and public floggings, eye-gouging, flogging of schoolchildren, and amputation of limbs in particular," Israeli ambassador Aharon Leshno Yaar said.
British envoy Peter Gooderham urged the kingdom to "abolish the guardianship system which severely limits the rights of women to act as autonomous and equal members of Saudi society".
A U.N. women's rights watchdog said last year the system severely limited freedoms guaranteed by international law. It restricts women's rights in marriage, divorce, child custody, inheritance, property ownership and decision-making in the family, and choice of residency, education and jobs.
Canada recommended that Saudi Arabia "cease application of torture" and other cruel treatment.
The United States did not take the floor in the three-hour debate. The Obama administration is reviewing its policy towards the Council, which the Bush administration had essentially boycotted since last June citing its "rather pathetic record". (Editing by Laura MacInnis and Andrew Roche)
REUTERS
 
 

 

 
 

 

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