الإثنين, 30 تشرين2/نوفمبر -0001 00:00

05Juin09f

Home - Accueil

 
 

في كل يوم، نساهم بجهدنا في تقديم إعلام أفضل وأرقى عن بلدنا، تونس

Un effort quotidien pour une information de qualité sur notre pays, la Tunisie.

Everyday, we contribute to a better information about our country, Tunisia

TUNISNEWS
9 ème année, N° 3300 du 05.06.2009
 archives : www.tunisnews.net  
AFP: La France remet des documents historiques numérisés à la Tunisie
AFP: La Tunisie s'est dotée d'une décharge pour les déchets toxiques
Bakchich: Droits de l’homme : le Parlement européen fait couiner les dictatures
Mohamed Ettaieb: En Tunisie, le bac philo est très inspirant
Le Temps: Tunisair à l’épreuve du low cost
Le Républicain: Discours d’Ahmed MESTIRI devant la communauté juive tunisienne (le 17 juillet 1958)
Le Quotidien: Justice : Un portail dénommé “e-justice”
AFP: Discours d'Obama au Caire: HRW critique le silence sur les droits de l'homme
AFP: Obama sur le voile: la France n'est pas concernée, selon le Quai d'Orsay
Courrier international: Au Caire, Obama ouvre un nouveau chapitre
Syfia: Maroc - Algérie : une frontière qui ruine l’économie et les familles

Liste actualisée des signataires de l'initiative du Droit de Retour :
http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html

Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l'initiative :
عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته.

La France remet des documents historiques numérisés à la Tunisie
AFP 05.06.09 | 17h15

La Tunisie et la France ont signé une convention de coopération portant sur la remise de documents historiques numérisés, lors d'un colloque de l'Union européenne des radios-télévision (UER) à Tunis. Près de 150 documents numérisés seront remis à la radio tunisienne, selon la convention signée par Emmanuel Hoog, directeur de l'Institut national de l'audiovisuel (INA, France) et Mansour M'henni, pdg de l'Etablissement de la radio tunisienne. Lors du colloque de l'UER marquant, jeudi et vendredi, le 2e festival de la radio tunisienne, M. Hoog a remis 81 documents numérisés à l'établissement public tunisien, avec la promesse de transférer le reste d'ici septembre. "L'INA a pris l'engagement de fournir à la radio tunisienne l'ensemble des documents sonores dont elle dispose dans ses archives et qui porte sur la période s'étalant de 1943 à 1946", a indiqué M. M'henni. Les documents, dont le contenu n'a pu être précisé, concerne une période du Protectorat français de la Tunisie, établi de 1881 à 1956, date d'indépendance de ce pays. L'avenir de la radio numérique était au menu du colloque de l'UER, une organisation professionnelle qui regroupe les radiodiffuseurs publics d'Europe et de la rive sud de la Méditerranée.

 
La Tunisie s'est dotée d'une décharge pour les déchets toxiques
 
AFP / 05 juin 2009 18h07
 TUNIS - Une décharge de déchets industriels toxiques partiellement financée par l'Allemagne, vient d'être inaugurée par le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, près de Zaghouan, une région boisée à 57 km de Tunis.
Appelée Jradou, cette décharge d'une capacité de traitement de 90.000 tonnes/an, est la première du genre en Afrique du Nord et au Proche-Orient, selon l'ambassade d'Allemagne qui l'a partiellement financé.
La Banque allemande du développement (KfW) a fourni 13 millions d'euros pour ce projet qui a coûté 21 millions euros. Elle financera également la connexion d'autres régions industrielles à ce"tte décharge pour un coût supplémentaire de 7,8 millions d'euros.
Jradou qui recevra les déchets de sept provinces, comprend des unités de compostage des déchets ménagers et d'autres pour le traitement et le stockage des déchets toxiques.
Le projet, a été réalisé dans le cadre d'un "Programme national de gestion des déchets solides, ménagers, industriels ou spéciaux" (Pronagdes), lancé en 1993 et qui vise à doter le pays d'unités de traitement des déchets domestiques, toxiques et dangereux.
La Tunisie est engagée par la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et leur élimination.
 

Droits de l’homme : le Parlement européen fait couiner les dictatures

Européennes | vendredi, 5 juin 2009 | par Catherine Graciet
 

Très actif en matière de droits de l’homme, le Parlement européen dérange les dictatures et les régimes autoritaires. Mais peine à faire plier le Conseil et la Commission européenne.

Guantanamo et Abou Ghraïb obligent, les Etats-Unis sont devenus les cancres de la lutte pour les droits de l’homme et laissent le champ libre à l’Europe qui apparaît comme la plus à même de reprendre le flambeau. Merci qui ? Merci le Parlement européen qui ne se ménage pas dans ce noble combat.

Résolutions, auditions publiques d’opposants, envoi de missions et de délégations à l’étranger pour enquêter sur des violations des droits de l’homme, financement d’Ong… Cette institution est bien outillée pour faire entendre sa voix comme celle des opprimés. Et cela ne date pas d’hier. Comme l’annonce un document datant de 1999, mis en ligne sur le site web du Parlement, du temps de feu l’URSS, la dissidente Anna Chertkova a été « libérée d’un hôpital psychiatrique (…) après avoir été défendue avec acharnement par une délégation de députés européens lors d’une rencontre avec des représentants soviétiques ».

Menaces chinoises à cause du Prix Sakharov

La partie la plus visible du travail du Parlement européen en matière des droits de l’homme reste l’attribution chaque année du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit. Sa modeste dotation de 50 000 euros est compensée par une bonne médiatisation qui, bon an mal an, fait couiner de colère dictatures et régimes autoritaires. Dernier exemple en date : la Chine, avec l’attribution en 2008 du Prix Sakharov au dissident Hu Jia.

Comme l’a relaté Libération, Pékin a employé de grands moyens rhétoriques pour dissuader les eurodéputés. L’ambassadeur de Chine auprès de l’Union Européenne (UE) a ainsi pris la plume et menacé les parlementaires : « si le Parlement européen devait décerner ce prix à Hu Jia, cela heurterait inévitablement le peuple chinois et détériorerait sérieusement les relations entre la Chine et l’UE ». Puis des diplomates chinois se sont déchaînés par mail et par téléphone. En vain

Le Maroc refuse l’accès au Sahara occidental à une délégation européenne

Autre pays olé olé avec les droits de l’homme ayant eu maille à partir avec le Parlement européen : le Maroc, au sujet de l’épineux dossier du Sahara occidental. Flash-back. En 2005, la ville de Laayoune, capitale de ce territoire annexé par le Maroc en 1975 et depuis administré par le Royaume mais que le Front Polisario revendique, est le théâtre de manifestations très violemment réprimées par la soldatesque marocaine.

Face à ces graves abus des droits de l’homme, le Parlement européen crée alors une délégation ad-hoc. Le processus est banal et vise à être plus réactif en travaillant sur une problématique particulière en dehors des structures permanentes existantes. Aux yeux des Marocains, cette délégation comporte trop d’eurodéputés favorables au Front Polisario. Résultat : la délégation peut se rendre dans les campements de réfugiés sahraouis de Tindouf, en Algérie, dès septembre 2006, mais pas au Sahara occidental.

Commencent alors de longues tractations avec Rabat. Une issue ne sera trouvée qu’en mai 2008, lors d’une visite au Maroc du président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering. Il y est convenu que la délégation qui ira à Laayoune sera composée de deux membres de la délégation ad-hoc et de trois personnes issues de la très officielle Délégation pour les relations avec les pays du Maghreb. Même ainsi, les eurodéputés n’ont pu se rendre au Sahara occidental qu’à la fin du mois de janvier 2009. Soit trois ans après la constitution de la délégation ad-hoc !

Des députés parfois cacophoniques

Pourquoi diable les Marocains ont-ils fait traîner les choses en longueur à ce point ? Pourquoi les Chinois ont-ils couiné aussi fort au sujet du Prix Sakharov ? Selon un diplomate européen, « la perception de la puissance du Parlement à l’extérieur de l’UE est plus forte qu’à l’intérieur ».

Démocratie oblige, beaucoup de monde a le droit de s’exprimer en se revendiquant du Parlement. En plus des délégations officielles, les différents groupes politiques de l’institution organisent aussi des voyages à l’étranger et en font part. Idem pour les « intergroupes », ces groupements informels qui rassemblent des députés sympathisants d’une cause comme l’intergroupe Tibet ou l’intergroupe « Paix pour le peuple sahraoui » et dont les membres parlent en tant que députés européens. « Pourtant seules les résolutions engagent le Parlement », poursuit le diplomate.

Au contraire, pour ce représentant d’une ONG qui milite dans les allées de Strasbourg et de Bruxelles, « les eurodéputés peuvent se permettre des actes de bravoure car ils crient dans le vide : rien n’oblige ni le Conseil [1] ni la Commission à les suivre ».

Le Conseil empêche une politique européenne des droits de l’homme

Une réalité que ne conteste pas la députée Hélène Flautre, tête de liste Europe-Ecologie dans le nord-ouest de la France et vaillante présidente de la sous-commission droits de l’homme au Parlement. Pour elle, «  le principal obstacle à une politique européenne avec un ancrage droits de l’homme et démocratie est le Conseil dont les Etats membres veulent garder leurs prérogatives diplomatiques et commerciales ». Et la députée de citer le cas de la Tunisie qui, en dépit de violations répétées des droits de l’homme, bénéficie du soutien de la France, de l’Italie et de l’Espagne au sein du Conseil qui « met par terre » les efforts du Parlement dans ce dossier.

Avec la Commission aussi les relations peuvent être houleuses. C’est notamment le cas au sujet des vols secrets de la CIA. Dans la première moitié des années 2000, les américains les utilisaient pour transférer des prisonniers capturés dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » du président Bush. Ces vols ont survolé le territoire européen avec l’accord de certains pays et, pire, des prisonniers ont même transité par des centres de détention secrets installés dans au moins deux pays européens, la Pologne et la Roumanie.

Pour Hélène Flautre qui s’exprimait sur le blog des Européens engagés de Lille, le Parlement a « adopté deux rapports là-dessus à l’arrachée. (…) On a vraiment fait notre boulot pour que cette affaire ne soit pas enterrée ». Elle avait en effet toutes les chances de l’être : le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait, quand il était Premier ministre du Portugal, autorisé 700 vols secrets de la CIA au-dessus de son pays ! « Evidemment, c’était un peu compliqué après cela pour le commissaire Barroso de défendre ce qui est son boulot, l’intérêt général européen », enfonce Hélène Flautre.

Mais le bras de fer avec la Commission peut aussi tourner en faveur des eurodéputés. Après un an de lutte avec la Commission, ils ont réussi à obtenir un « instrument doté de 130 millions d’euros par an pour soutenir les ONG et défenseurs des droits de l’homme dans les pays tiers sans l’accord des gouvernements ».

Les droits de l’homme passent après la politique politicienne

En matière de droits de l’homme, le Parlement européen doit aussi surmonter ses propres démons. A commencer par de vilaines luttes de politique politicienne entre les différents groupes représentés. « Il y a des dossiers et des pays particulièrement clivants, comme la Chine, où il est plus facile pour la droite de l’échiquier politique de s’opposer à un régime communiste que la gauche qui parle de grand pays aux grands débouchés », souligne Hélène Flautre. Ainsi, pour l’attribution du Prix Sakharov à Hu Jia, les socialistes européens du PSE socialistes et les communistes (GUE) ont refusé net de voter en faveur du dissident chinois…

Pour l’influente ONG de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW), le Parlement souffre d’une autre tare : son manque de transparence. « C’est la seule institution européenne dont les membres sont élus et on ne sait pas comment les députés votent pour telle ou telle résolution. Sur les dossiers qui engagent les droits de l’homme, on ignore aussi les positions des pays membres de l’UE. Par exemple sur le soutien de l’Europe aux Etats-Unis pour la dernière guerre d’Irak, on sait que la France et l’Allemagne étaient contre mais les autres ? », s’interroge Lotte Leicht, directrice d’Human Rights Watch pour l’Union européenne. « Pour remédier à cette opacité, le Parlement devrait par exemple demander plus d’informations aux ministres des Affaires étrangères et aux ambassadeurs et en faire part publiquement, mais aussi davantage travailler avec les parlements des Etats membres de l’UE qui peuvent, eux, influencer les gouvernements européens ».

A ce jour et comme le pointe un rapport d’HRW de 2006, en matière des droits de l’homme, « l’Union européenne boxe en dessous de son niveau »

(Source: "bakchich.info" (Quotidien satirique- France) Le 5 juin 2009)

Lien: http://www.bakchich.info/Droits-de-l-homme-le-Parlement,07909.html

 
 


 

En Tunisie, le bac philo est très inspirant


5 juin à 18h34

En Tunisie, les profs de philo sont de sacrés plaisantins. En cette année d’élections, l’intitulé de la fameuse épreuve du bac philo était directement inspiré de la réalité quotidienne que vivent les citoyens du pays du jasmin. Que l’on en juge.

« Pour le deuxième sujet d’examen de philo du bac (section lettres), il fallait réfléchir sur la relation entre la souveraineté et la violence. On devait savoir si la souveraineté nécessitait la violence ou bien si la violence était une menace à la souveraineté. Il fallait également évoquer la question des relations entre l’État et le citoyen et appeler à créer une nouvelle approche à ce lien. La souveraineté aurait ainsi besoin d’une forme de violence pour imposer le respect des lois. Cela sans excès et sans transformer le tout en une violence qui menacerait le droit des citoyens et qui pourrait influer sur la relation entre le citoyen et l’État ».
 
C’est le compte rendu qu’a fait le quotidien naguère indépendant Assabah - journal détenu depuis peu à 70 % par la nouvelle coqueluche tunisienne Sakhr Materi - de l’épreuve du bac qui a débuté mercredi en Tunisie.
 
S’agissant de « violence étatique », les lycéens ont sûrement été inspirés par l’exergue de la portion tunisienne du rapport annuel qu’Amnesty International a récemment publié. « Les forces de sécurité ont fait usage d’une force excessive pour disperser des manifestations à Gafsa, causant la mort de deux personnes. Au moins 200 protestataires, parmi lesquels figuraient des défenseurs des droits humains et des dirigeants syndicaux, ont été arrêtés et inculpés, peut-on y lire. Des restrictions sévères pesaient sur la liberté d’expression, d’association et de réunion. Des journalistes, des avocats et des militants des droits humains ont fait l’objet de poursuites et ont été harcelés. Certaines informations ont fait état d’actes de torture et de mauvais traitements infligés à des prisonniers. À l’issue de procès inéquitables, au moins 450 personnes poursuivies pour activités terroristes ont été condamnées à de lourdes peines d’emprisonnement. Le moratoire sur les exécutions a été maintenu. »
 
Parions cependant que les téméraires qui s’amuseraient à évoquer ces faits se mériteraient un zéro pointé. Après tout, le sujet du bac ne parlait que des violences « sans excès ».
 
Mohamed Ettaieb
Source : le blog « CHAKCHOUKA TUNISIENNE, UN BLOG PARFUMÉ AU JASMIN » hébergé par « Bakchich » (Hebdomadaire satirique – France), le 5 juin  2009)


 

Tunisair à l’épreuve du low cost

 
Le transport aérien est de plus en plus libéralisé. Partout, l'open Sky est devenu une réalité. L'ouverture du ciel aérien est un fait certain. En Tunisie,  le conseil ministériel du 28 janvier 2009 consacré au transport maritime et aérien a décidé de développer l'activité aérienne par l'élaboration d'un programme de libéralisation du transport aérien avec les pays arabes, européens et américains et l'ouverture de tous les aéroports aux compagnies tunisiennes de transport aérien y compris l'exploitation du trafic aérien régulier. C'est que cet open sky ne fera que renforcer la concurrence féroce déjà enclenchée par les compagnies charters. Tunisair pourra t-elle résister à cette ouverture du ciel ?
La mondialisation et l'ouverture du ciel ont contraint plusieurs compagnies à proposer  des vols courts- ou moyen-courrier à des prix peu élevés tout en offrant moins de services que les compagnies traditionnelles. Ce  concept aérien low cost né aux Etats Unis à la fin des années 1940 est apparu en Europe au début des années 90 puis s'est  étendue à une grande partie du monde.
Le marché s'élargit petit à petit et explose en Europe. Le transport low cost accapare 20% de part du marché européen. Plusieurs clients choisissent de plus en plus leur destination en fonction d'un prix. La Tunisie  n'a pas encore développé ce concept bien que certaines compagnies européennes  essaient de voler sur certaines régions comme Monastir et Djerba. Les freins au développement des low cost sont multiples. Ils sont principalement liés à la position dominante de la compagnie aérienne nationale, Tunisair et le niveau trop élevé des taxes
aéroportuaires.  Mais avec l'open sky, Tunisair commence sérieusement à s'intéresser à ce créneau. Elle n'a pas de choix surtout que pas loin de nous douze compagnies aériennes à bas coûts (low cost) opèrent actuellement au Maroc dont 10 assurent 57 vols hebdomadaires,. C'est dire que le transport  low cost doit prendre son envol en Tunisie en 2010 et comme l'a souligné M. Nabil Chattaoui le Président du groupe de Tunisair lors de l'assemblée de la FTAV " l'année 2009 s'annonce difficile. La crise secoue le transport aérien avec la faillite de 30 transporteurs dans le monde.  Nous devrons surmonter les différentes mutations et faire face à l'évolution mondiale du transport aérien.
Les nouvelles perspectives vont révolutionner notre activité, avec notamment la libération du transport aérien et le développement du low cost. L'ultime objectif est de faire de Tunisair une compagnie commerciale rentable. Et là les agents de voyages devront être solidaires avec leur compagnie nationale. Nous n'avons pas de choix si on veut que Tunisair résiste à cette montée des compagnies à coûts bas. Nous devrons être près des voyagistes tunisiens dans chaque région du pays, collaborer et travailler ensemble pour faire face à cette menace du low cost " Il est vrai que Tunisair ne devra pas avoir peur du low cost. Elle a tous les atouts pour se positionner sur ce marché  et comme nous l'a précisé M Monji Barbouch directeur d'une agence de voyage  "  Nous devrons nous adapter à la conjoncture internationale. Tunisair pourra lancer sa propre compagnie low cost. C'est bénéfique pour la compagnie. Grosso modo, le prix low cost est de 20 euros par heure de vol. A preuve, ce moyen de transport est de plus en plus prisé. Nous devrons suivre le Maroc.
Notre compagnie Tunisair pourra bien se positionner sur ce créneau comme le fait actuellement  le Royal Air Maroc  qui continue de dominer le paysage avec plus de 60% du trafic, et sa filiale Atlas Blue n'hésite pas à aller sur les marchés concurrentiels puisqu'elle dessert aujourd'hui plusieurs marchés européens. Sevenair pourra faire l'affaire surtout pour les destinations qui souffrent de l'aérien comme la Russie, l'Europe de l'Est et l'Amérique du Nord. " Tunisair doit ainsi se préparer à l'ouverture du ciel. Les retombées économiques du low cost sur le tourisme sont énormes.  "On pourra ainsi, nous dit  un hôtelier de Hammamet,  nous libérer de la main mise des tours-opérateurs qui accaparant tout : de l'hôtel au bus jusqu'à l'avion. Ce Low-cost nous permettra  de faire exploser le nombre des arrivées et de baisser de manière significative le coût des voyages. Le ciel mondial est sillonné de compagnies low cost. Alors Tunisair pourra faire l'affaire et augmenter son chiffre d'affaire.
Kamel Bouaouina
(Source: « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 5 juin 2009)

DOCUMENT HISTORIQUE

Discours d’Ahmed MESTIRI devant la communauté juive tunisienne (le 17 juillet 1958)
Discours de Monsieur Ahmed Mestiri, Secrétaire d’état à la Justice à la dissolution de la Communauté

 
 

Mesdames, Messieurs, Mes chers compatriotes

Je suis venu ici au nom du Gouvernement de la République, procéder à l’installation de la Commission provisoire de Gestion du Culte Israélite de la Région de Tunis, institué par la loi du 12 juillet 1958.

Cette loi a fixé, comme vous le savez, un nouveau régime au culte israélite, tenant compte des changements importants intervenus depuis deux ans dans le statut de la Tunisie et dans ses institutions.

Aux lieu et place de l’ancienne Communauté Israélite de Tunis et des caisses de secours du Culte Israélite de l’intérieur, des Associations cultuelles israélites seront constituées pour gérer les intérêts du Culte israélite.
Ces associations, une fois constituées, élaboreront elles-mêmes leurs propres statuts, conformément à la loi.

Elles seront dirigées par des Conseils d’Administration élus, composés uniquement d’Israélites Tunisiens.

Une innovation mérite à cet égard d’être soulignée : les femmes israélites pourront désormais participer aux élections pour les associations cultuelles.

Cette promotion de la femme israélite est une suite logique à d’autres promotions plus importantes intervenues dans le domaine politique et dans le domaine juridique. Sa participation aux élections municipales, comme celle de sa concitoyenne musulmane, a consacré son émancipation politique.
De même, depuis le 27 septembre 1957, de nombreuses dispositions du Code du Statut personnel ont consacré son émancipation juridique : je ne citerai que pour mémoire le droit d’héritage et l’abolition du Lévirat.

Une autre innovation doit également être soulignée : l’éviction des étrangers des Organes de direction des Associations cultuelles. Il est normal, dans un pays indépendants, que les seuls nationaux soient appelés à gérer les collectivités publiques, quelles qu’elles soient.

Il en est ainsi dans la plupart des États européens où le culte israélite est officiellement reconnu et organisé. Il n’est pas question, bien entendu, d’exclure totalement les étrangers des nouvelles associations cultuelles. Ils peuvent avoir la qualité d’adhérents et même d’électeurs.

Les anciens organismes, et en particulier la Communauté Israélite de Tunis, de par leur composition, la mission qui leur était reconnue ou qu’ils se sont donné, reflétaient trop les conceptions du Protectorat et de l’ancien régime pour être tolérées plus longtemps dans la Tunisie d’aujourd’hui. C’est pourquoi leur dissolution a été prononcée et la gestion des intérêts des Israélites, du Culte Israélite à Tunis et à l’Intérieur a été confiée provisoirement à des comités provisoires de gestion du Culte Israélite, qui cèderont la place aux organes réguliers des Associations cultuelles dès qu’ils se seront constitués.

Mais ce n’est pas là le plus important. La réforme tend essentiellement à limiter le champ d’action des associations cultuelles et à bannir tout ce qui dans leur activité pourrait, d’une façon ou d’une autre, accentuer les particularismes au sein de la Nation.

Ce que nous ne voulons pas, c’est se laisser se créer dans la société tunisienne de véritables castes où le citoyen vivant en vase clos serait prisonnier d’un milieu fermé qui l’entoure de toutes parts.
De quelque côté qu’il se tourne, dans n’importe quel domaine où il exerce son activité, le citoyen juif se trouverait en face d’organisations de toutes sortes, sociales, cultuelles, artistiques, sportives, qui l’accapareraient, lui faisant sentir à chaque instant qu’il est différent de son compatriote musulman.

Or c’est précisément à cela que tendait l’activité de l’ancienne Communauté

Il est évident que cette situation cadrait bien avec les conceptions du Protectorat et de l’Ancien Régime. Ce n’est plus possible dans la Tunisie d’aujourd’hui, où il ne peut y avoir de place pour d’autres communautés que la Communauté nationale.

Certes la religion musulmane, qui est celle de la majorité des citoyens, est la Religion de l’État tunisien, tout comme la religion anglicane est celle du Royaume britannique. Mais le citoyen tunisien est libre dans ses croyances : l’État le lui garantit et protège le libre exercice du culte s’il n’enfreint pas la loi. Les premiers articles votés par l’Assemblée Constituantes le disent expressément.

Le citoyen israélite est donc libre de suivre les prescriptions de sa religion, de la pratiquer ou de ne pas la pratiquer s’il le veut, de s’associer à ses coreligionnaires pour la gestion du Culte et des intérêts qui s’y rattachent, à la seule condition de ne pas porter atteinte à l’ordre public.

En dehors de ce domaine spirituel, rien ne doit désormais distinguer le citoyen juif des autres citoyens. C’est un citoyen comme les autres, ni plus, ni moins, soumis aux même obligations et jouissant des mêmes droits.

Aucune discrimination ne le frappe, ni dans la loi, ni dans les faits. Il a accès à tous les emplois, à toutes les charges publiques, y compris celles de ministres et de magistrat. Il est électeur et éligible. Il bénéficie de l‘assistance de l'État sous toutes ses formes comme élève, comme étudiant, comme malade, exactement dans les mêmes conditions que son compatriote musulman.

Mais d’autres liens, plus forts que les liens de la citoyenneté rattachent le Juif à la terre tunisienne : ce sont les liens qui ont été forgés par les siècles, liens de toutes sortes où l’on retrouve la tradition, la langue, l’art culinaire, la musique, le théâtre, jusque et y compris cette vieille coutume des familles u Cap Bon, d’origine andalouse, qui ont gardé la grosse clef de la maison que leurs ancêtres ont rapportée d’Espagne.

Si malgré cela il y a encore des gens qui gardent uns certaine nostalgie du Protectorat, qui ne conçoivent la vie dans ce pays que protégés par les gendarmes français, le contrôleur civil et le Résident général, qui songent à partir parce qu’ils se sentent plus Français que Tunisiens, ou même plus Français que les Français eux-mêmes, qui restent ici mais transfèrent ailleurs leurs capitaux et leurs entreprises; s’il y a encore d’autres gens qui rêvent de la terre promise, qui vivent dans le pays mais tournent leurs regards vers Israël, qui font consciemment ou inconsciemment le jeu du sionisme.. Eh bien, nous disons aux uns et aux autres qu’il vaut mieux - pour eux comme pour la Tunisie - qu’ils partent, et nous ne les empêcherons pas de partir, à n’importe quelle destination.

Ceci dit, le gouvernement prendra lui-même l’initiative de faire partir tous ceux qui s’avisent de nouer des relations plus ou moins occultes avec les organisations sionistes pour semer dans ce pays la discorde et troubles la paix sociale.

Enfin je voudrai dire un mot d’une question qui préoccupe à juste titre nos compatriotes israélites. Il s’agit du cimetière de l’avenue de Londres. L’existence de ce cimetière désaffecté qui occupe une superficie de 6 hectares et demi en plein centre de la Ville, a toujours posé aux pouvoirs publics un problème angoissant : juridiquement, ce cimetière, comme tous les autres cimetières musulmans ou chrétiens, fait partie du domaine public communal.

En fait, la commune de Tunis, pour répondre aux besoins impératifs d’une ville en pleine extension, pour satisfaire les règles d’hygiène et de salubrité publique les plus élémentaires dans une cité moderne, et pour faire face aux nécessités de l’urbanisme, a dû changer l’affectation d’un certain nombre de cimetières sis à l’intérieur du périmètre communal.

Elle a commencé par désaffecter bon nombres de cimetières musulmans et prendre toutes les dispositions pour le transfert des ossements.

Vous seriez peut-être étonnés si je vous citais le nombre de cimetières musulmans, à Tunis et ailleurs, sur lesquels les bulldozers des Travaux Publics sont passés pour faire de la place aux routes, aux jardins d’enfants, aux parcs et aux terrains de sport. Vous voyez bien que la Commune n’a pas visé spécialement le cimetière israélite.

Il appartiendra en tout cas à la nouvelle Commission provisoire de Gestion du Culte Israélite de Tunis, et à Monsieur le Grand Rabbin, de régler définitivement le problème avec Monsieur le ¨résident de la Municipalité.

Voilà ce que j’ai tenu à dire en cette occasion, avec le langage franc er direct qui sied entre citoyens.
Je ne voudrai ps terminer sans m’acquitter d’une agréable obligation. Je voudrais remettre à Monsieur le Grand Rabbin Meiss Cohen le décret par lequel Monsieur le Président de la République le nomme Grand Rabbin de Tunis. Par ce décret, le Président de la République reconnaît Monsieur le Grand Meiss Cohen comme le Chef spirituel des israélites habitant le territoire de la République;

17 juillet 1958

(Source : le blog « Le Républicain », le 5 juin 2009)
Lien : http://tunisie-republicaine.blogspot.com/

 

 


 

Justice : Un portail dénommé “e-justice”

 

Tunis - TAP
Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a récemment mis en ligne un portail de la justice et des droits de l’homme en Tunisie dénommé “e-justice”. Ce portail est accessible à travers l’adresse suivante: “www.e-justice.tn
Ce nouvel espace offre aux justiciables et aux avocats la possibilité d’accéder à des prestations judiciaires et de suivre les affaires publiées auprès de la cour de cassation, la cour d’appel, les tribunaux de première instance et les tribunaux fonciers.
Ce portail permet également, aux justiciables d’obtenir des informations sur les affaires les concernant durant les cinq dernières années.
e-justice, donne, aussi, la possibilité de consulter “la carte judiciaire”. Cette page met en ligne des informations concernant les tribunaux dans les différentes régions du pays en précisant la date de création et les adresses de ces instances.
Des prestations judiciaires à distance sont disponibles sur le portail qui permet de consulter des références juridiques et de télécharger des formulaires et des modèles de demandes de services à l’instar de la demande pour l’acquisition de la nationalité tunisienne, la demande de grâce, la demande de réhabilitation, la demande de libération conditionnelle, etc.
Il met, par ailleurs, à la disposition des visiteurs les textes  juridiques concernant la situation administrative des juges et du cadre administratif du secteur.
Le portail de la justice et des droits de l’homme en Tunisie, qui héberge 6308 documents, permettra, prochainement, de consulter la jurisprudence tunisienne depuis 1959. Il met, aussi, en ligne une application de formation continue destinée aux auxiliaires de justice.
Le guichet virtuel des prestations, disponible à travers ce portail, permet aux personnes concernées, justiciables et avocats, d’accéder à une information détaillée sur chaque affaire les concernant et de suivre ses différentes phases.
Dans le souci de préserver la transparence et la protection des données personnelles, des procédures ont été prévues afin de limiter, à l’avocat et à la personne concernée, l’accès au dossier d’une affaire déterminée, et ce, en exigeant une inscription au portail précisant un nom d’utilisateur et un mot de passe.

(Source: " Le Quotidien" (Quotidien- Tunisie) le 5 juin 2009)

Lien: http://www.lequotidien-tn.com/detailarticle.asp


Discours d'Obama au Caire: HRW critique le silence sur les droits de l'homme
 
AFP, le 5 juin 2009 à 14h13

NEW YORK, 5 juin 2009 (AFP) -
Le discours prononcé par le président américain Barack Obama au Caire sur la réconciliation avec le monde musulman, n'a pas évoqué les violations des droits de l'homme commises en Egypte et dans le monde arabe, regrette l'organisation Human Rights Watch (HRW).
"Obama a raté une importante occasion de critiquer l'état d'urgence qui sape le respect des droits de l'homme en Egypte, en Algérie et en Syrie entre autres", note l'organisation de défense des droits de l'homme dont le siège est à New York.
Le choix du Caire comme tribune pour le discours de Barack Obama est "discutable en raison du passif de l'Egypte qui bâillonne l'opposition, organise des élections truquées et emprisonne les dissidents", écrit l'ONG dans un communiqué diffusé jeudi soir.
Barack Obama "a parlé à juste titre de l'importance de 'dire ce qu'on pense' mais n'a pas critiqué le fait que des dissidents, des journalistes et des blogueurs soient emprisonnés en Egypte, Arabie Saoudite, Syrie, Tunisie et ailleurs", poursuit le communiqué.
Plutôt que de saluer la décision de son propre gouvernement de renoncer à la torture, le président américain "aurait mieux fait d'exhorter les gouvernements de la région, y compris celui de l'Egypte, à faire de même".
Dans ce discours très attendu et présenté comme une étape marquante du début de sa présidence, M. Obama a plaidé pour une nouvelle donne entre les Etats-Unis et le monde musulman, en rupture avec l'ère de son prédécesseur George W. Bush.
 

 Obama sur le voile: la France n'est pas concernée, selon le Quai d'Orsay
 
 

AFP, le 5 juin 2009 à 15h48
PARIS, 5 juin 2009 (AFP) - La France, qui interdit le port du foulard islamique dans les écoles publiques, ne se sent pas concernée par les propos jeudi du président américain Barack Obama en faveur du port du voile pour les musulmanes en Occident, a déclaré vendredi ministère des Affaires étrangères.
"On ne se sent pas particulièrement concerné par cet élément particulier du discours (car) nous respectons tout à fait la liberté de culte, la liberté vestimentaire", a affirmé le porte-parole du Quai d'Orsay, Eric Chevallier, interrogé au cours d'un point de presse.
"Il y a un espace, lié à notre histoire, à la Constitution française et au fonctionnement de la France, pour lequel nous considérons que la neutralité doit s'appliquer", a-t-il toutefois ajouté. A l'école "primaire et secondaire publique", "il est demandé qu'il n'y ait pas de signe ostensible, visible de manifestations de l'adhésion à une religion ou à une autre", a précisé M. Chevallier.
"C'est cohérent avec notre histoire, la Constitution, le principe de laïcité puisque nous considérons que l'espace public de l'enseignement primaire et secondaire est ce creuset de laïcité", a-t-il dit.
Le port du voile est interdit en France dans les écoles publiques par une loi de 15 mars 2004 sur la laïcité.
Barack Obama a défendu jeudi au Caire le port du voile pour les musulmanes en Occident. "Il est important pour les pays occidentaux d'éviter de gêner les citoyens musulmans dans la pratique de leur religion comme ils le souhaitent, et par exemple en dictant les vêtements qu'une femme doit porter", a-t-il dit.
Vendredi, la présidente de la Ligue du Droit international des femmes, Anne Sugier, a estimé que les propos du président américain étaient "une gifle" pour toutes les femmes qui luttent pour ne plus porter le voile islamique.

Au Caire, Obama ouvre un nouveau chapitre

Lors de son discours, le président a affiché sa volonté de pacifier les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman. Pour y parvenir, il est prêt à mettre entre parenthèses une partie des principes qui ont sous-tendu la politique étrangère américaine au cours des dernières décennies.

05.06.2009|David Brooks|The New York Times

Les analyses les plus fines de l'administration Obama viennent toutes de Chicago. C'est là qu'ont été formés et testés les membres les plus importants de son administration.

Pour eux, le pays et le reste du monde sont un ensemble de forces antagonistes qu'il faut réconcilier. Les hommes et les femmes de Chicago aiment à se présenter comme des pragmatiques et non comme des idéologues. Ils portent en eux deux tendances. A Chicago, deux forces s'opposent : ceux des bords du lac et ceux de l'intérieur des terres. Ceux du lac sont plutôt idéalistes, honnêtes et de gauche. Les autres sont intelligents, prudents et machiavéliques. A chaque moment important, l'administration Obama porte en elle ces deux tendances. Le discours prononcé au Caire par le président Obama était un exemple typique de ce mélange d'idéalisme et d'intrigue.

A un premier niveau, le discours se voulait source d'inspiration pour créer un nouveau dialogue au Moyen-Orient. Obama est arrivé dans une région où les différents groupes ont leur propre vision de la situation et cherchent à l'imposer aux autres. Selon la vision d'Obama, chaque camp a été victime de l'Histoire, chaque camp a des doléances légitimes mais aussi des devoirs à accomplir. Et pour bâtir cette nouvelle vision du Moyen-Orient, Obama n'a pas hésité à mélanger vérités qui fâchent, distorsions historiques, éloquence émouvante et équivalences morales approximatives. Les critiques n'ont pas manqué de relever ces distorsions. Mais c'était de la diplomatie et non un cours d'histoire. Obama cherchait à mettre en avant sa compassion et son respect. Il demandait aux représentants des différentes communautés musulmanes d'adopter un regard neuf sur les Etats-Unis.

Mais il y avait un deuxième niveau, destiné cette fois aux politiques. Obama s'est appuyé sur l'aspect prudent et machiavélique de la politique américaine. Pour pratiquement chaque sujet important, Obama a revu à la baisse les attentes et les objectifs américains. Sous Bush, les Etats-Unis parlaient de mettre fin au programme nucléaire iranien. Obama espère seulement empêcher l'Iran de militariser ses centrales nucléaires. Les Etats-Unis avaient pour objectif de mettre fin à l'islam radical. Désormais, Obama se veut tolérant envers les groupes extrémistes tant qu'ils ne tuent personne. Les Etats-Unis voulaient faire de l'Irak un modèle pour le reste de la région, le nouveau président souhaite seulement pouvoir quitter tranquillement le pays.

La plus grande concession à la réalité concerne la promotion de la démocratie. L'administration Bush tentait de promouvoir la démocratie, parfois aux dépens de la stabilité. Mais cela s'est révélé infaisable. Nombre d'Américains espéraient qu'Obama allait se faire l'apôtre d'initiatives citoyennes pour construire le processus démocratique. Ce soutien se serait manifesté, pour commencer, par des projets destinés à former des policiers honnêtes et des juges indépendants afin que les simples citoyens puissent obtenir justice. Une partie du discours d'Obama a évoqué la démocratie, mais il est resté ampoulé et abstrait. Le président ne s'est pas vraiment fait l'avocat des institutions démocratiques. Il a s'est contenté de dire que les gouvernements “devaient refléter la volonté du peuple” et que les citoyens devraient avoir “leur mot à dire” sur la manière dont ils sont gouvernés. Obama n'a pas cherché à expliquer pourquoi un Irak démocratique pourrait avoir une influence positive sur la région. Il a apparemment renoncé à faire avancer la démocratie en Egypte.

Larry Diamond, de l'université Stanford, a apprécié le discours du Caire, mais il rappelle qu'Obama a fait ce discours dans un pays où un dictateur vieillissant s'apprête à passer le pouvoir à son fils, dans un pays que l'autocratie et l'immobilisme menancent de ruiner. L'administration américaine semble accepter cette situation. Comme l'a souligné le Washington Post, cela revient à abandonner les militants des droits de l'homme en Egypte. Ce discours plaque une façade idéaliste sur une structure pragmatique. Et c'est bien toute la complexité de la politique étrangère d'Obama. Le président voudrait être un dirigeant charismatique qui fédère les populations. Mais il veut également être un homme pragmatique qui impose ses décisions et passe des accords au sommet. Il y a une contradiction entre ces deux aspects que même le personnage le plus aguerri de Chicago aura du mal à concilier.

(Source: "Courrier international" (Hebdomadaire- France) Le 5 juin 2006)

Lien:http://www.courrierinternational.com/article/2009/06/05/au-caire-obama-ouvre-un-nouveau-chapitre


Algérie, Maroc
Maroc - Algérie : une frontière qui ruine l’économie et les familles
 

par Azzeddine Bensouiah, Christelle Marot

(Syfia Maroc) L’est du Maroc souffre, économiquement, de la fermeture avec l’Algérie. En sont aussi victimes, les familles séparées, pour qui se réunir est un véritablement parcours du combattant. Les produits algériens bon marché, eux, passent clandestinement sans guère de problèmes.

"Le plus dur avec cette frontière fermée, c’est le coût humain, souligne Driss Houat, député et président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la ville d’Oujda, capitale de la région de l’Oriental, au nord-est du Maroc. Les familles, les amis sont séparés, les jeunes générations perdent le contact." La frontière en question est celle qui sépare l’ouest de l’Algérie et l’est du Maroc.

Entre Oujda, la Marocaine, et Lalla Maghnia, l’Algérienne, deux villes distantes d’une trentaine de kilomètres à peine, près de la côte méditerranéenne, cela fait quinze ans que les désaccords diplomatiques empêchent de circuler librement. Un trousseau de clés à la main, Fathia, la cinquantaine, responsable du stock d’une usine à Oujda, se désole : "Voilà six ans que je n’ai pas vu mes deux tantes âgées, installées à Oran et Alger. On se parle par téléphone. Pour y aller, il faudrait passer par Casablanca, puis prendre l’avion pour Oran. C’est long et trop cher. Un jour, une de mes tantes a tenté de passer clandestinement. Elle a fait demi-tour lorsqu’elle est tombée nez à nez avec un soldat. J’ai peur de ne pas les revoir avant qu’elles disparaissent", confie Fathia, le regard perdu.
"Ici tout le monde a de la famille de l’autre côté, des grands parents, des frères, des cousins. Et tous souhaitent que la frontière s’ouvre. Les gens sont les mêmes, ont le même tempérament, le même langage, le même accent, les mêmes traditions. Économiquement, les deux pays ont tout à gagner à s’ouvrir", estime Rachid, chef d’agence de la société française SQLI à Oujda, lui-même né en Algérie.

Pain et médicaments

Certains prennent malgré tout des risques. Naïma, mère de deux adolescents, dont le père vit à Alger, passe outre la crainte de se voir arrêter ou tirer dessus par les militaires et franchit la frontière à travers champs. "Tous les ans, nous partons en Algérie une vingtaine de jours. Je donne 3 000 dirhams (près de 270 €, Ndlr) à un passeur pour traverser, généralement tôt le matin, en voiture", raconte-t-elle.

Les passeurs ne manquent pas dans les parages. Il suffit de payer et ne pas omettre de rémunérer les gardes marocains, sans leur adresser la parole. Venant d’Algérie, quelques minutes suffisent pour traverser le filet d’eau séparant les deux pays. Près du site balnéaire de Saidia, au nord ; à Ahfir, au centre ; ou plus au sud, du côté de Oujda et même dans les villages avoisinants, les Algériens des frontières se promènent allègrement et se sentent comme chez eux. "En été, je passe mes soirées à Saidia et je rentre au petit matin", raconte Salim, venu de Marsat Ben M’hidi, sur la côte algérienne. Pour lui, "les frontières n’existent que dans les têtes de ceux qui les ont érigées. Même s’ils édifient le mur de Berlin ici, nous le traverserons. Ils ne vont pas nous emprisonner quand même !"

Même les baguettes de pain passent quotidiennement de Maghnia à Oujda, où un marché appelé Souk El Fellah (marché du paysan) propose exclusivement des produits algériens. Ce nom désigne les anciennes grandes surfaces algériennes ouvertes du temps du socialisme. Les produits soutenus par le Trésor public voisin font fureur au Maroc, par ces temps de crise. A Ahfir, nous croisons un Casablancais venu avec une tonne d’ordonnances, à la recherche de médicaments, surtout ceux destinés aux malades chroniques et non pris en charge par la sécurité sociale marocaine, mais largement subventionnés en Algérie. La ventoline (pour les asthmatiques), par exemple, coûte dix fois plus cher au Maroc qu’en Algérie.

À une quinzaine de kilomètres de la ville d’Oujda, le poste frontière est pourtant bien gardé : un barrage, des hommes en uniforme, un panneau qui signale une interdiction de photographier. Mais il en est autrement des champs avoisinants, par lesquels transitent les produits de contrebande. Celle-ci emploierait près de 6 000 personnes, selon les milieux d’affaires. En tête des produits vendus sur le marché parallèle au Maroc : l’essence algérienne deux fois moins chère, les dattes, des couvertures, des ustensiles de cuisine, des produits de beauté, mais aussi des médicaments.

L’Algérie, pas prête

Certains ont fait d’autres choix. Mahdjoub, par exemple, un maçon originaire de Oujda, habite une baraque dans l’un des bidonvilles qui ceinturent Oran où il travaille clandestinement depuis quinze ans. Il fait de temps à autre la traversée "juste pour donner de l’argent à ma famille". Nombreux sont les Marocains qui se sont installés clandestinement en Algérie où leur savoir-faire dans le bâtiment est très recherché.

Selon le président de la Chambre de commerce d’Oujda, l’ouverture de la frontière permettrait aux petites et moyennes entreprises d’échanger davantage et de développer les services. De faire repartir le tourisme également, au moment où le réseau routier s’améliore. Dans la ville d’Oujda, de nombreux hôtels construits à l’époque où les Algériens venaient encore en villégiature sont laissés à l’abandon. Dans la région, le tissu industriel reste peu développé. Les matériaux de construction, l’agro-alimentaire et la pêche sauvent l’essentiel de l’activité économique, après la fermeture, dans les années 1980, des mines de fer. Parallèlement, l’informel et les trafics se sont développés. "Avant, les Algériens arrivaient par voitures, par train, par bus, par taxi, explique Ouahid, un Oujdi. Oujda vivait et respirait. Aujourd’hui, la ville est morte. Rien ne bouge ici, sauf la contrebande."

Mais l’Algérie a-t-elle intérêt à ouvrir ses frontières ? Taoufiq Boudchiche, directeur de la coopération internationale auprès de l’Agence de développement de l’Oriental, ne le pense pas : "La question politique est un prétexte. Il s’agit davantage d’un problème économique. L’Algérie est une économie fermée, basée sur le pétrole. Qui dit intégration régionale, dit harmonisation fiscale, transparence. L’Algérie n’est pas prête pour l’économie de marché, basée sur la coopération et la libre circulation des flux de marchandises."

Lasse d’attendre et sous l’impulsion du Roi, la région de l’Oriental a décidé de prendre son avenir en main. Depuis 5 ans, Oujda est en chantier : infrastructures de transport, faculté de médecine flambant neuve, remise à niveau de la ville. Au niveau économique, les autorités projettent de lancer une technopole sur les métiers de services liés au tourisme, à l’équipement électrique et à l’offshoring, ainsi qu’un Kyoto parc dédié aux énergies renouvelables. Encore faut-il que cela tienne la route…

(Source : Agence « Syfia » (France), le 29 mai 2009)
Lien: http://www.syfia.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=5131


 

 

Home - Accueil - الرئيسية