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04Fevrier11f

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TUNISNEWS
10 ème année, N° 3909 du 04.02.2011
archives : www.tunisnews.net

LA LISTE DE LA HONTE
Communiqué du Mouvement Ettajdid suite à la nomination des gouverneurs
Slim Bagga: Criminels au ministere de l'interieur - Extirper le mal à jamais
Les Verts/Alliance Libre Européenne au parlement européen: UE-TUNISIE - Catherine Ashton se contente d'assurer le service minimum
Appel pour la rencontre du 6 février: En Tunisie, Ben Ali a été viré par son peuple mais la révolution populaire continue
Journée Canadienne de soutien à la démocratie dans le Monde arabe
Slim Bagga: Hedi Baccouche - Au nom du pere et pour le fils
 
Un observateur assidu de Tunisnews: Le rôle de TUNISNEWS de Zouhair et les autres
TTU-Monde Arabe: Tunisie : nominations contestées
TTU-Monde Arabe: Tunisie : manoeuvres en coulisses
Reuters: Egypte/Tunisie : ne pas laisser croire "que nous soutenons des dictatures" (Ministre Guttenberg)
AFP: Tunisie: l'UE gèle les avoirs de 46 proches du clan Ben Ali
Reuters: Le vocable d'islamisme recouvre une variété de courants
AFP: Tunisie/Egypte: Ben Khalfallah regrette le silence des politiques français
AFP: Tunisie: la révolution sans fracas à l'épreuve du temps
Reuters: Will other N.African states go way of Egypt and Tunisia?
AFP: Tunisie-Les avoirs de Miled pas gelés par l'UE, dit Alliot-Marie
AFP: Tunisie: colère à Kasserine, qui réclame les dividendes de la démocratie
Reuters: L'indépendance, condition de survie pour les autocrates
AFP: La France et la Tunisie en quête d'une coopération sur de nouvelles bases
AFP: Tunisie: réformer le système électoral, priorité du juriste Yadh Ben Achour
AP: US intelligence on Arab unrest draws criticism
Reuters: Remplacement de l'ensemble des gouverneurs régionaux tunisiens
Reuters: Tunisia replaces regional governors
Reuters: Tunisia Islamists say excluded, call for unity govt
AFP: Egypte et Tunisie: Ashton sous le feu des critiques au Parlement européen
AFP: Tunisie: visite d'une délégation de 12 députés du Parlement européen
REVUE DE PRESSE

LA LISTE DE LA HONTE

La liste suivante comporte les noms et affectations de 133 tortionnaires. Elle a été établie par le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT-Paris). Il s'agit d'agents du ministère de l'Intérieur (de la DSE, de la police, de la garde nationale, de l'administration des prisons et de la rééducation) impliqués dans des actes de torture comme responsables ou comme exécutants entre 1990 et 2000. Les affectations de ces tortionnaires ont évolué, il ne sera cité ici que leur identité et une de leurs affectations.

Tunis
Abdelqader, dit « Dahrouj » / Direction de la Sûreté de l'Etat (DSE) -Tunis,
 Hassen Abid, dit « Hammadi », « Boukricha », « El bokhch »,
Hamza Anan / DSE -Tunis,
Habib Aroussi / DSE- El Ouardia,
Salah Ayari / Commissariat de Sidi El Bechir,
Mohamed Baccouche / Brigade des stupéfiants,
Moncef Ben Gbila / DSE Tunis,
« Si Tawfik » / DSE -Tunis,
« Chafet » / DSE -Tunis,
Lotfi Chebbi / Direction des Services Spéciaux,
Ridha Chebbi / Commissaire,
Mohamed Ennaceur dit « Hlass » / DSE -Tunis,
Abderrahmane Gasmi, dit « Bokassa » / DSE -Tunis,
Frej Gdoura / Direction des Services Spéciaux,
Hamrouni, dit « chic sec » / DSE -T unis,
Azzeddine Jnayeh / Centre de renseignements de la rue du 18 janvier 1952- Tunis,
Azzedine Jmaiel, DSE, Tunis,
Tawfik Jouini / DSE- El Guardia,
Kilani Khalfoun / Centre de renseignements -rue 18 janvier 1952 -Tunis,
Ali Mansour / Administration des frontières,
Mehrez dit « guetla » / DSE -Tunis,
Fayçal Rdissi dit « ezzou »,
Mohamed Seriati / Secrétaire d'Etat chargé de la Sécurité, DSE -Tunis,
Abdessalam Seriati,
Khaled Souissi, dit « Jeudi » / Centre de renseignements de la rue du 18 janvier 1952- Tunis,
Bechir Zarga / Poste de police de Gorjani -Tunis,
Abdelhamid M'barki / Poste de police - Cité Helel - Tunis
 
Bouchoucha (banlieue de Tunis) 
 Jalel Ayari, dit « Rambo »,
Tahar Daïglia, dit « KGB »,
Mahmoud Jawidi,
Salaheddine Tarzi,
Abdelhafidh Tounsi {direction).

Metlaoui
Omar Ben Brahim. 
 
Nabeul-Garde nationale 
 Mohamed Kabous,
Abdelfattah Ladib, 
Mohamed Moumni,
Abdelkrim Zemmali.


Kairouan
Hossine Zouibi

Gabès
Belqacem Gammoudi,
Abbes Gafsi ,
Abdallah Sassi,
Ameur Tarhouni.
 
Le Kef

Mouldi El Khammassi / Police,
Hedi Khammassi / Police. 
 
Sfax 
 Najib Bougheriou,
Ayad, dit « computer ».
 
Tataouine  
Ali Chnaïna / Garde Nationale,
Ali Lafi / DSE, 
Moustapha Boujlida / Renseignements Généraux,
Emhemed Bourchada / Renseignements Généraux,
Ali Berriche/ Renseignements Généraux,
Ali Gribi / Garde Nationale,
Omar Mahbouli / Police.
 
Médenine
Mohamed Neji / DSE,
Tahar Jendoubi, dit « KGB » ou « Bokassa » / DSE,
Sahbi dit « computer » / DSE,
Mosbah Fdhil / Police.
 
Ben Guerdane 
 Mohamed Rtimi / Garde Nationale,
Amar Boukhris / Garde Nationale,
Houcine Khorchani / Police,
Abdelwahab Friaa / Police,
Farah Jewili dit « guelite » / Police,
Mohamed Hannani / Police.
 
Ras El Jdir 
Ali Kamel / Police,
Lazhar Bahrouni / Police,
Tayeb Mehdi / Police,
Mohamed Hamrouni / DSE.
 
Jerba
Houcine Jallouli / Police,
Mosbah Fdhil / Police
 

Jendouba 
Khaled Saïd. 
 
Bizerte 
Mourad El Abidi / Services spéciaux,
Fethi Ghorbal / Services spéciaux, 
Mounir Marrich / Services spéciaux,
Abdessalam Labbaoui / Services spéciaux,
Zyad Gargouri / DSE. 
  
Prisons
Habib Guedaouine / administration. 

Tunis - Prison civile, boulevard du 9 avril 1934 
Ahmed Hajji (directeur), 
Nabil Aïdani (vice directeur),
Moujahed Fehri (directeur),
Belhassen Kilani (directeur ),
Omar Jdidi,
Omar Sawwaf,
Belqacem Tissaoui,
Belkacem Mahdhaoui, dit « Mloukhia »,
Brahim Mansour,
Adel Dridi,
Samir Ayari,
Tahar Ali,
Omar « El Habibi »,
Omar Yahiaoui,
lmed Dridi,
Hassen El Bennaï,
Belqacem Riahi,
Fawzi Atrous,
Ali Jomni,
Fouad Mustapha,
Ahmed Riahi,
Amor Sellini. 
 
Borj El Amri 
Abderrezak Boughenmi (directeur),
Mouazz Berrechid. 
Borj Erroumi (Bizerte) 
Mohamed Zoghlami (directeur),
Salah Dellaï,
Belkacem « Ghrab »,
Imed Elajmi (directeur),
Habib Alioua,
Salah Mahmoud Oukil (vice-directeur),
Hassen Labrass,
Mohamed Ouchtati (vice-directeur),
Belhassen Aloui (directeur),
Ridha Amari,
Belhassen Aloui,
Hichem el Ouni (directeur),
Sami Kallel,
Ali Chouchen. 
 
Prison Civile de Bizerte 
Ezzedine Nessaïbia (directeur),
Raja Hammami,
Maryam Machfer,
Leïla Kammachi,
Ridha Amari,
Neji Bechir,
Abdelhafidh Amor,
Choukri Bousrih. 
  
Grombalia 
Mohamed Zrelli,
Ridha Jbara (directeur),
Mondher Bousnina. 
  
Mahdia 
Hedi Zitouni (directeur),
Slim Baya (directeur),
Mourad Hannachi (vice directeur),
Slim Boughnaya. 
 
Sousse 
Mohamed Belqadi (directeur),
Naceur Ghazelle 
 
Gabès 
Romdhane Gafsi (vice-directeur),
Kilani Bazaoui,
Mehdi Sghiri. 
 
El Houareb (Kairouan) 
Brahim Chniti,
Sassi Melat,
Hedi Jallali. 
 
Sidi Bouzid 
Ridha Gammoudi,
Hedi Herrichi,
Abdelmajid Zarrouk,
Lotfi Ben Ali. 
 
Mornag
Abdelhalim Fakhraoui
Juge auprès du tribunal militaire de Bab Saadoun (Tunis) 
Ayed Ben Kaïd


Tortionnaires des prisons (liste dressée par le Conseil National Pour Les Libertés en Tunisie)
Nous dressons ci-après une première liste des officiers et agents de « l'administration des prisons et de la rééducation » impliqués dans des actes de torture et contre lesquels nous exigeons l'ouverture d'une information judiciaire. 
 
1. Fouad Mustapha 
2. Mohamed Zoghlami 
3. Samir Ayari 
4. Fayçal Romani 
5. Boujemaa Kouka 
6. Hédi Belkadi 
7. Faouzi Atrous 
8. Mohamed Raghima 
9. Belhassen Kilani 
10. Chokri Bousrih 
11. Brahim Mansour 
12. Adel Dridi 
13. Ramzi Hanachi 
14. Imed Lajimi 
15. Nadia Ben Salah 
16. Sassi Mlate 
17. Hédi Jallali

 


 

CRIMINELS AU MINISTERE DE L'INTERIEUR

Extirper le mal à jamais


 

 

par SLIM BAGGA

Autant le dire sans ambages: la Tunisie ne connaîtra stabilité et sécurité que si l'on s'attèle à nettoyer les Ecuries d'Augias. Parmi les actions urgentes à entamer, l'assainissement du ministère de l'Intérieur apparait comme une priorité.
Il serait suicidaire de laisser impunis ou en poste de hauts fonctionnaires qui, non seulement, ont profité de la dictature mais surtout sont impliqués dans des affaires criminelles et financières douteuses.
Parmi ces hauts cadres, nous citerions:

1/ MOHAMED ENNACEUR (HAMADI HLESS)
Longtemps directeur des enquêtes spéciales au sein des services de renseignements, il a été nommé directeur de l'école de La Manouba. Il est personnellement impliqué dans de nombreux assassinats politiques, faits de torture, viols et atteintes à l'honneur et à l'intégrité physiques d'opposants politiques, qu'ils soient islamistes ou autres.
Il a constitué des milices à son propre service en vue de comploter contre l'Etat et falsifier de nombreux dossiers.

2/ ADEL TIOUIRI
Il occupa le poste de directeur des Sections spéciales, directeur général de la Sûreté nationale, directeur général de la Sécurité publique. Avant de le geler dans ses fonctions, il a été l'autorité agissante au ministère de l'Intérieur du fait qu'il est l'enfant gâté de Ali Seriati et son bras long au ministère.
Il est impliqué dans les événements des derniers jours par les instructions qu'il a données en vue d'ouvrir le feu sur les manifestants.
Il a également fait procéder à des liquidations au sein de la population, y compris dans les milieux de la sécurité.
ADEL TIOUIRI dirigeait aussi la milice de Ali Seriati.

3/ JALLEL BOUDRIGUA
Ce directeur général des Unités d'intervention est le premier responsable qui a ordonné à ses subalternes de tirer sur les manifestants et d'user des bombes lacrymogènes empoisonnées devant le ministère de l'Intérieur, le jour de la fuite de Ben Ali.

4/ ABDALLAH HAMMOUDA (surnommé par Ben Ali l'homme gentil)
L'ancien directeur général des Sections spéciales est responsable de tous les crimes commis par ses services. Abdallah HAMMOUDA était en liaison directe par Ben Ali et lui faisait des rapports quotidiens. Il n'ignorait rien de ce qui se passait dans le pays, et à plus forte raison au sein de ses services. Il établissait personnellement les rapports concernant les crimes sans en respecter d'ailleurs le déroulement chronologique.
D'ailleurs, Ben Ali le chargeait personnellement des missions les plus crapuleuses.

5/ CHEDLY SAHLI
C'est un Général qui a occupé le poste de directeur général des Services techniques (DGST), un service de sécurité implacable et aux immenses moyens. Chedly Sahly est un proche du Général Ali Sériati

6/ Avant d'occuper la fonction d'Inspecteur général des Services, il a occupé celle directeur de la sureté de l'Etat (DSE). Il est personnellement impliqué dans des crimes et aimait assister aux pires séances de torture qu'il se plaisait à affiner.
Sous sa direction, les crimes les plus odieux, qui ne se comptent plus, ont été exécutés. Des preuves ont été amassées contre ses actes et seront présentées à la Justice. Ces preuves sont d'ailleurs entre les mains de membres du ministère de l'Intérieur, d'autant plus que Ali Mansour a réussi à concentrer sur lui la haine, y compris au sein de ses collaborateurs.

7/ MAHMOUD BEN AMOR
Après avoir occupé les fonctions de directeur de l'anti- terrorisme et la DSE, il a été muté à l'Inspection des Services. Les murs du ministère de l'Intérieur témoignent de l'abjection de ses crimes, des tortures jusqu'à ce que mort s'en suive, des viols d'hommes. Il est à l'origine des procédés les plus odieux de torture, notamment des islamistes. Même les agents de sécurité n'ont pas été épargnés par ses horreurs, comme l'indiquent les preuves que détiennent ces derniers concernant le complot qu'il avait fomenté contre l'ancien directeur de la sécurité extérieure, Nabil Abid.

8/ IMED ACHOUR
Directeur de la Sûreté de l'Etat (DSE), c'est l'un des disciples de Mahmoud Ben Amor. En dépit du fait qu'il n'a occupé ses fonctions que pendant un an environ, il a néanmoins commis les pires crimes contre les salafistes.

9/ MONCEF BEN GUEBILA
La vie de ce tortionnaire notoire est jalonnée de crimes dans les innombrables fonctions sécuritaires qu'il a occupées, avant d'être nommé directeur au sein du parti au pouvoir, le RCD.

10/ ABDALLAH HATTAB
C'est le directeur des enquêtes spéciales au sein des services de renseignements. C'est le portait craché de Mohamed Ennaceur Hless (voir plus haut).

11/SALAH OUELD ALLALA
Chef de l'anti-terrorisme, il s'illustre par la fabrication de preuves et le montage de faux dossiers.
Haute probabilité de son implication dans des crimes.

12/ HATEM CHEBBI
Directeur de la sûreté du District de Tunis. Il est connu dans les milieux des opposants politiques, des avocats et des défenseurs des droits de l'homme comme le patron d'un gang d'agresseurs. Il a créé une milice dirigé par un chef de services de renseignements du nom de "BABOURI". Cette milice a pour nom "GROUPE DE CHOC".

13/ IMED DAGGHAR
C'est l'ex-patron de la police judiciaire qui vient d'être bombardé à la tête des Renseignements généraux.

14/ TAOUFIK BOUOUN
Il a occupé jusqu'à récemment le directeur de la Sûreté du District de Bizerte. Il a auparavant occupé plusieurs fonctions où il est impliqué dans chacune d'entre elles dans des affaires de torture et d'agressions physiques à l'encontre d'activistes politiques et de militants syndicaux, et tout particulièrement contre des juges et des avocats dans la période où il était en 2005, ched de la Sûreté à Bab Souika.
Il se lia ensuite à la famille TRABELSI qui le désigna à l'aéroport international de Tunis-Carthage où il veillait personnellement à la fuite de capitaux dans des valises échappant à tous les contrôles d'usage légaux.
Corrompu, il usa de ses fonctions pour s'enrichir de manière illicite. Il n'est qu'à visiter sa villa à la Cité Ennasr, dont le coût dépasse le million de dinars, ses autres nombreuses propriétés et les multiples comptes bancaires dont il dispose.

(A suivre...)

 



 
Communiqué du Mouvement Ettajdid suite à la nomination des gouverneurs

Après consultation de la liste des gouverneurs nommés, sans la consultation des partis politiques, des organisations indépendantes de la société civile, de l’union générale des travailleurs tunisiens et après l’examen du passé politique et administratif des gouverneurs nommés malgré l’absence d’indications sur leurs identités complètes et leurs curriculum vitae ; le Mouvement Ettajdid
 
1.      refuse la procédure de nomination des nouveaux gouverneurs d’autant plus qu’il s’agit de nominations pour des postes sensibles directement liés au développement équitable entre les régions et entre les classes sociales et dont on attend  une rupture claire et définitive avec le régime déchu.
 
2.      considère que les dernières nominations ne répondent pas aux attentes du peuple tunisien car la plupart des nouveaux gouverneurs sont membres du RCD, le parti qui fut l’axe fondamental du despotisme et de la corruption à l’échelle régionale, sectorielle et locale.
 
3.      demande, sur la base de cette position, le réexamen de ces nominations et la création de conseils régionaux élus qui représentent toutes les forces actives dans les régions, sans exception ni exclusion. Un conseil qui oriente, enquête et juge  dans la mesure où la principale tâche des gouverneurs, en ce moment crucial, est de calmer les esprits, de sécuriser les citoyens quant à leurs corps, à leurs biens et à leurs dignité, de dédommager les familles des citoyens tombés en martyrs et de nettoyer les centres régionaux du pouvoir et les administrations locales des éléments impliqués dans la corruption financière et politique, d’appliquer équitablement et dans la transparence les lois et de concrétiser les mesures prises pour le développement  local et régional.
 
4.      demande au Président de la République par intérim de ne plus recourir à des nominations parachutées sans  concertation et de faire preuve de prudence notamment pour celles qui touchent les centres sensibles du pouvoir afin que ces nominations soient conséquentes avec ce que le gouvernement de transition a annoncé depuis sa constitution, concernant la nécessité de séparer les structures de l’Etat de ce qui reste du parti qui était au pouvoir pour que cette étape transitoire réalise ses objectifs et permette un passage pacifique vers un Etat démocratique et juste.
 
Tunis le 4 février 2011
 
Le mouvement Ettajdid
Jounaidi Abdejaoued
Les Verts/Alliance Libre Européenne au parlement européen:
COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Bruxelles, le 3 février 2011  
 
Les Verts/Alliance Libre Européenne au parlement européen:
UE-TUNISIE
Catherine Ashton se contente d'assurer le service minimum


Les députés viennent d'adopter une résolution sur les perspectives de relations de l'UE avec la Tunisie. Ce vote a été précédé d'un débat, la veille, avec Mme Catherine Ashton, Haute représentante de l'UE.

S'exprimant à l'issue du vote, Hélène FLAUTRE (Verts/ALE) membre de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen a estimé que:

 "En  coopérant avec le régime dictatorial de Ben Ali, l'UE a largement bradé ses valeurs fondamentales. Il a fallu que le peuple tunisien vienne la rappeler à l'ordre en réaffirmant l'universalité des droits de l'Homme.  Force est de constater qu'en plénière, Mme Ashton n'a démontré aucune volonté de tirer les leçons des erreurs du passé et n'a fait qu'assurer le service minimum. La crédibilité de l'UE n'en sort pas renforcée, elle n'est pas encore au rendez-vous de la portée historique des évènements actuels.  Il n'est cependant jamais trop tard pour bien faire: l'UE peut et doit opérer un changement de sa politique, avec  notamment une utilisation radicalement différente de ses instruments à l'égard de la Tunisie . Il est de notre responsabilité d'accompagner activement  ce pays dans un processus de transition démocratique. L'UE a tout intérêt à soutenir, de façon prioritaire, toutes les composantes de la société civile et les acteurs du changement démocratique.  Des élections libres et transparentes exigent de garantir en amont l'indépendance du judiciaire comme la liberté d'expression et le pluralisme des médias. L'UE doit également entendre la demande du PE d'être pleinement partie prenante à la "task force" sur la Tunisie . Ce n'est ni plus ni moins que le respect des prérogatives parlementaires. Enfin, l'UE doit impérativement se doter d'un envoyé spécial pour la Tunisie et revoir globalement  la mise en œuvre des objectifs de la politique européenne de voisinage. Plus rien ne doit être comme avant en Tunisie ni dans la région".



 

 

En Tunisie, Ben Ali a été viré par son peuple mais la révolution populaire continue

 


 


L’année 2011 restera dans l’histoire comme celle de la formidable révolution populaire tunisienne. Pour la première fois un dictateur est contraint par son peuple de s’enfuir. Cette victoire des masses populaires de Tunisie est porteuse d’un espoir immense pour tous les peuples opprimés. Elle montre la voie et annonce de nouvelles révoltes populaires dans le monde arabe et africain et dans toute l’Afrique. Partout les tyrans tremblent et ont peur que leurs peuples tirent les leçons de l’exemple tunisien. En Algérie après plus d’une semaine d’émeutes des centaines de manifestants restent incarcérés et l’état d’urgence est en vigueur. Au Maroc les manifestations de solidarité avec le peuple tunisien sonnent comme un avertissement aux oreilles du régime du Maroc. Au Yémen, des affrontements ont eu lieu dans plusieurs villes. Dans la capitale Sanaa, les manifestants appelaient les populations du monde arabe à prendre exemple sur la révolution tunisienne. En Algérie, au Yémen, en Egypte, en Mauritanie, au Caire des citoyens se sont immolés pour dénoncer l’absence de libertés et de droits démocratiques. Partout la colère gronde. Après la grande manifestation en Algérie du samedi 22 janvier 2001 ; c’est au tour de l’Egypte de se révolter contre la tyrannie du président Moubarak et de son parti. Dans ce contexte de réveil des peuples, on comprend la tentative de reprise en main par le premier ministre tunisien. Le dictateur est parti mais la dictature est toujours présente. Au nom de l’impératif de « stabilité », les dirigeants tunisiens tentent de confisquer la révolution populaire. Le gouvernement provisoire soutenu par toutes les grandes puissances compte ainsi de nombreux complices de Ben Ali et des membres de son parti d’assassins, le RCD. Le peuple tunisien n’est pas dupe et continue son combat. Nous devons continuer à soutenir le combat du peuple tunisien car il est en même temps celui de tous les peuples opprimés. Avec le peuple tunisien, nous devons exiger :

- la dissolution du RCD, l’arrestation et le jugement des responsables des assassinats qui ont endeuillés la révolution, et  ceux des crimes politiques et économiques durant les 23 ans passés,

- le respect de la volonté du peuple tunisien pour un Etat démocratique, populaire et laïc,

- En Algérie, nous devons exiger la libération immédiate et l’amnistie des centaines de manifestants encore emprisonnés et la levée immédiate de l’état d’urgence.

Parce que l’histoire de la liberté et de la démocratie s’écrit aujourd’hui en Tunisie, nous appelons à soutenir le peuple tunisien en se mobilisant largement pour les initiatives suivantes :

6 heures de solidarité avec les révoltes populaires

Dimanche 6 février 2011 de 14h à 22 heures  à la salle Concorde, 65 boulevard St Bernard à Lille

-          Interventions, prises de parole, débat avec des représentants (de forces politiques démocratiques, des syndicalistes et militants de la société civile) : Collectif pour les libertés et la démocratie en Tunisie, Parti Algérien pour la démocratie et le socialisme, parti communiste ouvrier tunisien, la Voix démocratique (Maroc), Collectif Afrique, La Fédération des Tunisiens  pour une Citoyenneté des deux rives (FTCR), Actus (Tchad), un représentant de l’Egypte…

-          Musique, chants progressistes, récits poétiques etc. clôturant  les débats

 

Collectif pour les libertés et la démocratie en Tunisie Soutenu par : Association des  Tunisiens du Nord de la France, Collectif Afrique, La Voie Démocratique, CSP 59, Mémoire Vive, Les Amis de l’Association Marocaine des Droits Humains, ADN, MRAP, Coordination communiste, Cordillera, LDH, UL CGT Tourcoing, Europe Ecologie- les verts NPDC , NPA, CGT Educ’Action, PCF Nord, Actus/prpe (Tchad)

 



 
La lutte pour la justice continue ....
.... de la Tunisie à l’Egypte et au reste du Monde arabe
Journée Canadienne de soutien à la démocratie dans le Monde arabe
 
Après la chute de Ben Ali en Tunisie, la révolution est en cours en Egypte contre Moubarak, et gagne d’autres pays arabes. Ces soulèvements populaires exigent en premier lieu la justice. Ce sont des luttes pacifiques pour le développement économique et social par le biais de la démocratie.

Aux aspirations légitimes du peuple égyptien, Moubarak répond par la provocation, la violence et le mensonge, soutenu d’une manière inadmissible par les gouvernements des pays d'Europe, du Canada et des Etats-Unis. C’est inacceptable, ce sera contre-productif.

Nous appelons la totalité du monde libre à soutenir la marche de l’Egypte et du monde arabe vers la démocratie. Nous demandons au gouvernement canadien de ne pas trahir les idéaux et les valeurs de ses citoyens.

Le peuple égyptien lutte avec courage ; dans la phase critique actuelle, nous, citoyens canadiens, le soutenons pour la justice et la démocratie.

Venez manifester avec vos amis, apportez banderoles et drapeaux du Canada, du Québec et de tous les pays arabes.

Samedi 5 février 2011, de 14 heures à 15h30

Départ Dorchester Square (angle Peel/René-Levesque)
Pour les médias et l'information, s'il vous plaît contacter: Mohamed Kamel  (514) 863-9202; Nabil A. Malek (514) 703-3723

 



 

The Struggle for Justice Continues


Form Tunisia to Egypt, and the Rest of the Arab Region
Pan-Canadian rally to support democracy in the Arab countries


 

After the fall of Ben-Ali in Tunisia and the revolution against Mubarak in Egypt, the revolution is spreading to all Arab countries.. The peoples' movement is basically a call for justice. It is a peaceful struggle for economical and social development via Democracy.

The defiant and deceptive actions of Mubarak with the pathetic stand of some of the western governments in general and the US in particular vis-a-vis the legitimate aspirations of the Egyptian people are unacceptable and counter-productive.

We call on the whole free world to support the movement of democratization in Egypt and the rest of the Arab region. We call on Canada to live up to the values of freedom, justice and democracy.

The struggle has begun. Canadians will continue supporting the brave people of Egypt who are now at a very critical point in their struggle for JUSTICE and democracy.

Please show up with your friends and with banners, flags (Canadian, Quebecois, and Arab Countries)

Saturday February 5, 2011: from 2:00pm to 3:30 pm

Starting from Dorchester Square (corner Peel/René-Levesque)

For media and information, please contact: Mohamed Kamel  (514) 863-9202; Nabil A. Malek (514) 703-3723

 



 

Ettajdid France

 

Meeting à Paris

 

La Révolution Tunisienne

&

La transition démocratique :

 

Quel rôle des forces démocratiques progressistes ?

 

 

En présence de :  

M. Mahmoud Ben ROMDHANE, membre du Secrétariat de la Commission politique du Mouvement Ettajdid

M. Mohamed-Lakhdar ELLALA ; membre de la Commission politique du Mouvement Ettajdid

 

Jeudi 10 février 2011 à 19h00

Salle des Fêtes

Mairie du 10ème arrondissement

72, rue du Faubourg Saint Martin

75010

Métro :

Château d’Eau ligne 4

Jaques Bonsergent Ligne 5

                          Gare de l’EST : lignes 4,5 et 7

 

Entrée libre

 

 

Contact : mail عنوان البريد الإلكتروني هذا محمي من روبوتات السبام. يجب عليك تفعيل الجافاسكربت لرؤيته. - http : //ettajdidfr.blogspot.fr 

 



 

 

HEDI BACCOUCHE: AU NOM DU PERE ET POUR LE FILS


 PAR SLIM BAGGA

Après avoir dénoncé la présence du comploteur Hedi Baccouche, ancien Premier ministre de Zinochet et cerveau du coup d'Etat contre le président Bourguiba, dans l'enceinte du Palais du gouvernement de la Casbah, les chiens ont été lâchés.
Si l'intéressé lui-même persiste dans ses dénégations d'avoir usé et abusé de la généreuse dictature qu'il a façonnée, des mercenaires à sa solde dont le style n'a rien à envier à "El Hadath", "Echourouq", "Les Annonces" ou "Kol Ennas" m'ont démontré leurs talents qui en dit long sur leur mentor.
Voilà donc un obscur Younes Dahmane, âpre défenseur du grand Hedi Baccouche, qui évoque sans rire "ma perversité sexuelle, mon alcoolisme, mes relations avec Ahmed Bennour, mes connections avec le Mossad et même ma fille" que je n'aurais pas reconnue.
Décidément, il est des réflexes instaurés depuis 23 ans par une tyrannie sanguinaire et des désinformateurs patentés dont on a toujours du mal à se débarrasser malgré l'art de savoir retourner la veste en 24 heures pour tenter de s'improviser démocrate.
Tout cela n'ayant à mes yeux aucune importance, je continuerai à penser que l'ancien Premier ministre de Ben Ali est en train de comploter contre la Révolution du peuple tunisien et d'oeuvrer afin de la confisquer au profit de ses amis caciques du RCD, tel Kamel Morjane.
La nomination de 19 Gouverneurs sur 24 issus du RCD est la preuve même que l'on se dirige vers l'organisation d'élections bidon comme toutes les autres et que la population doit plus que jamais demeurer vigilante pour jeter dans les poubelles de l'Histoire les résidus et les déchets tenaces de la dictature non recyclable...

QUAND HEDI BACCOUCHE IMPOSE SON FILS HASSEN A LA FAST

Hedi Baccouche raconte à qui veut bien l'entendre que dès 1989 il s'était opposé à Ben Ali et qu'il n'a jamais profité de ce régime corrompu. Mais alors comment expliquerait-il que son fils Hassen, qui n'est pourtant pas connu pour être une lumière, se soit imposé grâce à Papa comme Pdg de la FAST depuis 2002. Au départ, c'était juste pour 4 ans et depuis, c'est pour l'éternité.
La FAST, pour ceux qui l'ignoreraient, c'est la Fédération des activités subaquatiques de Tunisie au sein de laquelle le petit Hassen nage comme un poisson dans l'eau.
Malgré les multiples pétitions signées par ses collègues pour dénoncer son incompétence, sa mauvaise gestion et sa longévité, le rejeton du cerveau du 7 Novembre avait les épaules larges et se comportait en tyranneau au sein de la Fédération. Eh oui, il a de qui tenir!!!
A la tête d'un budget de plus de 100 000 dinars, alloué par le ministère de tutelle, ce responsable dont les résultats au niveau du développement du sport sont nuls se sert dans la caisse pour financer ses voyages et payer ses propres factures de téléphone.
Malgré l'insistance des membres de la Fédération, aucune audit, aucun contrôle n'a été réalisé.

PLONGEE SOUS-MARINE

Ce notable, fils de notable, est en outre propriétaire d'un club de plongée sous-marine au port d'El Kantaoui de Sousse, club dont la réputation est ternie depuis qu'l a connu deux morts pratiquant ce sport, dont l'une par décapitation. C'était une touriste espagnole. "Pourtant, se souviennent des membres de ce club ahuris, Hassen Baccouche n'avait été lors de cette triste péripétie ni arrêté ni même entendu"...
Comme quoi il est plus que confortable d'avoir pour paternel le cerveau d'un tyran corrompu.
Et ce n'est pas tout: Hassen Baccouche est aussi à la tête d'un Bureau d'études, SUBEX, qui rafle tous les appels d'offres concernant l'écologie et les études marines avec la complicité de l'INSTM de Salambo (Dar El Houte) qui n'a de cesse de lancer des appels d'offres sur mesure et en tout état de cause qu'il parvient toujours à gagner...

RETARDS DE PAIEMENTS

Propriétaire du chantier naval du port d'El Kantaoui, Hassen Baccouche se paye le luxe de laisser des ardoises de paiements: ainsi en est-il de la somme de 250 000 dinars qu'il doit à la Société Sousse-Nord, gérante du port, et qui n'arrive toujours pas à se faire payer sous la pression de Papa Hedi qui en fait repousser à chaque fois l'échéance de paiement...
Hassen Baccouche sait aussi se montrer généreux et compréhensif avec certains amis  versés dans les mêmes pratiques douteuses que lui. Ainsi de Jilani Dabboussi, ancien maire sulfureux de Tabarka et néanmoins président du club municipal de plongée qui détournait tous les touristes vers son club en bradant les prix.
Les plongeurs tunisiens et patrons de clubs de plongée avaient alors alerté Hassen Baccouche en tant que président de la Fédération pour intervenir et mettre fin à ces pratiques crapuleuses. En vain!
Enfin, quelques jours avant le 14 janvier et la fuite du tyran de Carthage, Hassen Baccouche envisageait avec Kais Ben Ali, neveu de Zinochet et petit parrain du Sahel, de lancer un projet d'acquaculture pour l'élevage de la daurade et du loup devant la zone touristique d'El Kantaoui, sur les fonds marins de Posidonie, pourtant protégés par l'UNESCO et donc sensés l'être par la loi tunisienne.
La fuite du criminel Ben Ali a sans doute freiné ce projet.
Mais que Hedi Baccouche cesse de se lamenter et  de prétendre que ni lui ni les siens ne se sont engraissés grâce à la dictature.
Car les faits sont là...

Slim BAGGA

 



 
Le rôle de Tunisnews, de Zouhair et les autres

Beaucoup d’analystes politiques et spécialistes de communication, notamment étrangers, se sont attardés, à juste titre, sur le rôle crucial d’Al Jazeera et des médias sociaux
(Facebook, Twitter, Youtube, blogues, etc.) dans le succès de la révolution Tunisienne (au moins de sa première phase). Tout le monde est d’accord que ses médias ont servi de relais
aux manifestants pour s’organiser, se communiquer, s’échanger l’information en temps reel, et les tunisiens peuvent etre fièrs d’etre les acteurs d’une premiere mondiale: une révolution dans la révolution! Cependant, ces spécialistes ont omis de signaler le rôle percurseur de Tunisinews, du feu Zouhair Yahyaoui, le plus célèbre cyber-dissident Tunisien et son TUNeZINE, Nawaat, Kalima, Tunisia Watch et bien d’autres, dans la transmission d’ informations pertinentes sur l’état des lieux de la situation en Tunisie.

Tunisnews mérite la palme d’or pour tous ses efforts quotidiens et inlassables, malgrè les ressources limitées d’une poignée de volontaires, qui ont permis a établir un pont entre les Tunisiens à l’étranger et ceux de l’intérieur qui parviendraient a contourner la censure implacable et sans répit, connue à travers le code tristement célèbre Ammar 404! Un appel amical à Tunisnews pour mettre ses archives à la disposition des chercheurs et notamment aux enquêteurs (si ces derniers s’avéreraient sérieux!).

 Zouhair Yahyaoui était à la fois un héros de la pré-révolution et un hérault de la révolution. Que son âme repose (désormais) en paix! Je ne m’étalerais pas sur les contributions du fameux Omar Khayyam et ses fictions porteuses d’espoir qui ont preque visionné la réalité qui vient de se dérouler devant nos yeux, ou de l’audacieux Slim Bagga, la plume acerbe qui tirait à bout portant sur les voyoux pendant qu’ils comettaient leurs forfaits à ciel ouvert! Beaucoup d’autres méritent nos compliments. Une étude approfondie devrait inventorier leurs contributions et leur rendre justice.

Un observateur assidu de Tunisnews

 



 
Tunisie : nominations contestées

Le ministère tunisien de l'Intérieur est en plein bouleversement. Mohamed Ali Houidech, directeur des Sections spéciales, nommé le mois dernier par le dernier ministre de l'Intérieur de Ben Ali, Ahmed Friaa, a été limogé et mis à la retraite. De même pour Chedli Sahli, ex-directeur des opérations, impliqué dans des agressions et des projets d’assas sinats d'opposants tunisiens à l'étranger. Les arrivées les plus notables concernent Hamed Zid, nommé le 1er février directeur géné ral des Services techniques (DGST), qui chapeautent les écoutes, les opéra - tions et la sécurité intérieure, et Nabil Abid, nommé à la Direction générale des services spéciaux (DGSS). Pour sa part, Yassine Taieb prend la tête de la sécurité publique.
Quant aux Renseignements généraux (RG), ils ont été confiés à l'ex-patron de la police judiciaire, Imed Dagghar. Mais les personnalités nommées sont contestées au sein de la police et les services de sécurité. C’est le cas, en particulier, de Hamed Zid, que l’on soupçonne de manoeuvres douteuses avec le général Ali Seriati, ex-patron de la sécurité présiden tielle, et Rafik Haj Kacem, ex-ministre de l'Intérieur (tous deux arrêtés).
(Source: "TTU-Monde Arabe" (Lettre hebdomadaire d'informations politiques et stratégiques) Numéro 677, Jeudi 3 fevrier 2011)

 



 
TUNISIE : MANOEUVRES EN COULISSES


Le ministre des Affaires étrangères de Ben Ali, Kamel Morjane, avait réussi à garder son poste dans le gouvernement d’union nationale. Avant de démissionner de sa propre initiative, le 27 janvier, affirmant qu'il prenait cette décision «dans l'intérêt de la Tunisie». Issu de la région du Sahel, qui détient le pouvoir politique en Tunisie depuis l’indépendance, Morjane envisagerait de refonder le parti Destour de Bourguiba, avec Faouzi Awwam, ancien directeur du journal du parti destourien, et Chedli Ben Meftah, un destourien issu de l'UGET (Union générale des étudiants). Ce projet aurait été concocté par Hedi Baccouche, le cerveau du coup d'Etat “médical” du 7 novembre 1987, qui a installé au pouvoir Ben Ali, dont il deviendra le premier Premier ministre (1987-1989). Les observateurs s'interrrogent d’ailleurs sur les arrière-pensées de l'installation de Hedi Baccouche au Premier ministère, sans fonction officielle, tout en recevant de nombreuses personnalités.

(Source: "TTU-Monde Arabe" (Lettre hebdomadaire d'informations politiques et stratégiques) Numéro 677, Jeudi 3 fevrier 2011)



 

Reuters, le 4 février 2011 à 15h31 GMT

Egypte/Tunisie : ne pas laisser croire "que nous soutenons des dictatures" (Ministre Guttenberg)


 

MUNICH, 04 Fev 2011 (AFP) - Le ministre allemand de la Défense, Karl-Théodor zu Guttenberg, a estimé vendredi que les pays occidentaux courraient un risque à paraître soutenir "des dictatures", face aux mouvements de contestation en Egypte et en Tunisie.

"Les Egyptiens et les Tunisiens réclament la démocratie et le respect de leur droit de s'exprimer", a souligné le ministre allemand en ouverture de la 47è Conférence sur la sécurité à Munich (Bavière, sud de l'Allemagne).

"Nous ne pouvons pas courir le risque de laisser croire que nous soutenons des dictatures", a-t-il déclaré, tout en affirmant très bien comprendre les préoccupations de pays voisins dans la région, et "notamment d'Israël".

"La violence ne peut qu'aggraver la crise", a-t-il cependant mis en garde. "Il est tout à fait possible que certains manifestants ne soient pas des démocrates au sens où nous l'entendons", a-t-il admis, estimant que les Occidentaux doivent "avoir confiance" dans leurs propres valeurs.

"L'Europe peut exercer une influence dans la région et nous devons en profiter", a-t-il conclu.

A un sommet des dirigeants européens à Bruxelles, la chancelière allemande Angela Merkel avait appelé auparavant les autorités égyptiennes à garantir des manifestations "libres et pacifiques".



 

AFP, le 4 février 2011 à 15h27 GMT

Tunisie: l'UE gèle les avoirs de 46 proches du clan Ben Ali


 

BRUXELLES, 04 Fev 2011 (AFP) - L'Union européenne a décidé vendredi de geler les avoirs de 46 proches du clan du chef d'Etat tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et de son épouse Leïla Trabelsi, en plus de l'ancien couple présidentiel qui était déjà visé, a indiqué à l'AFP une source diplomatique.

Les gouvernements européens ont "adopté une décision qui ajoute 46 noms à la liste européenne de gel des avoirs", sur laquelle figuraient seulement jusqu'à présent M. Ben Ali et son épouse, a indiqué à l'AFP un diplomate européen.

"Il s'agit pour l'essentiel de membres des deux familles" Ben Ali et Trabelsi, a-t-il précisé.

La décision a été adoptée en marge d'une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement.

Lundi, les ministres des Affaires étrangères européens avaient décidé le principe du gel des avoirs de l'ex-président tunisien et de son clan, au motif que le couple fait l'objet d'une enquête judiciaire des autorités tunisiennes pour "détournement de biens immobiliers et mobiliers, ouverture de comptes bancaires et détention d'avoirs financiers dans plusieurs pays dans le cadre d'opération de blanchiment d'argent".

La liste a été établie sur recommandation des autorités tunisiennes, dont le nouveau ministre des Affaires étrangères, Ahmed Abderraouf Ounaïs, s'est rendu mercredi à Bruxelles.

A cette occasion, il a précisé que son gouvernement se contentait de transmettre les requêtes de la justice tunisienne, sans se prononcer lui-même  "ni sur la culpabilité, ni sur l'innocence de ces personnes".



 

Reuters, le 4 février 2011 à 15h21 GMT

ANALYSE : Le vocable d'islamisme recouvre une variété de courants


 

* L'islamisme est largement pluriel

* Les Frères musulmans sont 'centristes'

* La Turquie offre un modèle islamo-démocratique

par Tom Heneghan

PARIS, 4 février (Reuters) - Les analystes et responsables politiques qui s'inquiètent des perspectives d'arrivée au pouvoir des islamistes en Egypte ou en Tunisie devraient surtout s'interroger sur le sens du mot islamisme, qui recouvre divers courants dont les leaders professent des intentions différentes.

L'islamisme peut être défini comme une idéologie qui invoque l'islam à des fins politiques. Mais le sens du mot islamiste est si large que le terme s'applique aussi bien à la théocratie chiite anti-occidentale d'Iran qu'au gouvernement sunnite démocratiquement élu en Turquie qui frappe à la porte de l'Union européenne.

Politiquement chargé de sens, le mot islamisme peut aussi évoquer l'action délibérément ultra-violente de la mouvance d'Al Qaïda d'Oussama ben Laden, que de nombreux islamistes affichés disent rejeter, en prônant une action conforme aux préceptes de la religion du Prophète dans un strict cadre légal.

"Il faut distinguer entre des doses diverses de politique et d'islam", analyse le commentateur Mustafa Akyol du quotidien istanbuliote Hurriyet Daily News. "Un parti peut s'inspirer des valeurs de l'islam tout en acceptant un Etat laïque", fait-il valoir.

L'IRAN À UN EXTRÊME DU SPECTRE

Pour Noah Feldman, expert de la charia - la loi islamique - à l'université de Harvard, la participation de partis islamistes au jeu démocratique peut modifier leur nature, comme c'est le cas de l'AKP turc, qui plonge ses racines dans l'islamisme militant prônant un Etat islamique mais était parvenu au pouvoir en 2002 en omettant de prôner un tel Etat.

"Une fois au pouvoir, vous ne pouvez plus vous reposer sur des slogans ou une idéologie pour recueillir les suffrages, il faut produire des résultats", dit Feldman, en notant que le parti du Premier ministre turc Tayyip Erdogan a "accompli de ce point de vue un travail extraordinaire".

Les Frères musulmans égyptiens et les islamistes tunisiens du mouvement Ennahda (La Renaissance) n'ont pas pour le moment été confrontés aux contraintes du pouvoir. La sincérité de leur engagement envers la démocratie n'a donc pas encore été mis à l'épreuve.

Leurs programmes respectifs dénotent toutefois une approche du pouvoir plus modérée que celles du Hamas à Gaza, du Hezbollah au Liban et du parrain de celui-ci, l'Iran des ayatollahs, qui, à l'extrémité la plus intégriste du spectre de l'islamiste a promu la hiérachie religieuse en pouvoir politique ultime.

Dans la République islamique iranienne, qui a supplanté le régime impérial du chah en 1979, le guide suprême détient plus de pouvoirs que le chef de l'Etat, pourtant élu: c'est Ali Khamenei qui nomme les chefs de l'armée, les responsables du système judiciaire et le Conseil des tout-puissants gardiens de la Révolution.

LES "FRÈRES" AU CENTRE DU SPECTRE

Le Hamas et le Hezbollah sont inscrits sur la liste noire américaine des groupes terroristes, non pas parce qu'ils sont islamistes, mais parce qu'ils prônent la lutte armée, surtout contre Israâl.

Au centre du spectre de l'islamisme se situent toute une variété de partis qui sont aussi actifs politiquement que les régimes politiques dans lesquels ils évoluent le permettent. Mais ils ont en commun leur activisme dans le domaines sociaux et caritatifs, en conformité avec les préceptes islamiques, ce qui leur assure un niveau important de populartité.

L'organisation des Frères musulmans égyptiens, fondée en 1928, est le plus ancien d'entre eux. Après avoir d'abord milité pour l'établissement d'un Etat islamique, la confrérie a édulcoré son idéologie ces dernières décennies. Le régime d'Honi Moubarak l'a interdit en tant que parti mais a toléré ses activités.

En tant que mouvement d'opposition le mieux structuré, la confrérie devrait jouer un rôle incontournable dans l'Egypte d'après-Moubarak mais, échaudée par les répressions impitoyables dont il a été victime dans le passé, elle s'efforce de ne pas se mettre en avant et a renoncé par avance à présenter un candidat au prochain scrutin présidentiel.

Akbar Ahmed, professeur de civiliations islamiques à l'American University de Washington, dit douter que les "Frères" cherchent à détourner la révolution égyptienne pour mettre sur pied une théocratie. Pour cet enseignant d'origine pakistanaise, "une révolution à l'iranienne n'est pas possible dans un pays sunnite", car le clergé y joue un moindre rôle qu'en terre chiite.

L'AKP LE PLUS MODÉRÉ DU SPECTRE

En Tunisie, où il vient de revenir après 20 ans d'exil à Londres, le chef historique d'Ennahda, Rachid Ghannouchi, prône de longue date une politique encore plus libérale que celle de ses "frères" égyptiens. Contrairement à eux, par exemple, il n'exclut pas qu'une femme où un non-musulman devienne chef de l'Etat.

L'extrémité la plus modérée du spectre islamiste est dominée par l'AKP (Parti pour la justice et le développement) turc, qui est devenu le modèle pour les partis confessionnels d'autres pays souhaitant concilier foi et démocratie.

Elu depuis 2002, Tayyip Erdogan s'est concentré davantage jusqu'à présent sur la libéralisation de l'économie turque que sur l'islamisation de la société, que souhaite la frange la plus conservatrice de son électorat et que lui reprochent ses adversaires politiques et militaires du camp laïque.

Les opposants de l'AKP l'accusent de nourrir un agenda islamiste caché. Le parti prévoit d'amender la Constitution turque s'il obtient un troisième mandat à la faveur des élections législatives en juin, mais face à ces critiques dément envisager de toucher aux principes laïques de l'Etat.

Les précurseurs de l'AKP étaient plus radicalement islamistes, mais Erdogan a transformé le mouvement islamiste turc, dont l'armée à brisé les reins, en un parti islamo-conservateur présentable qu'il compare souvent à l'équivalent musulman des partis démocrates-chrétiens européens.

"L'islam ne peut être séparé de la politique, mais il doit être séparé de l'Etat. Un parti peut s'inspirer de l'islam tout en évoluant dans un système démocratique", estime le chroniqueur turc Mustafa Akyol. 



 

AFP, le 4 février 2011 à 14h55 GMT

Tunisie/Egypte: Ben Khalfallah regrette le silence des politiques français


 

BORDEAUX, 04 Fev 2011 (AFP) - L'international tunisien du club français de Bordeaux, Fahid Ben Khalfallah, a regretté, vendredi lors d'un point-presse, le silence "malheureux" des politiques français devant les régimes tunisien et égyptien.

"J'ai été déçu par les politiques français qui n'ont pas parlé. C'est peut-être (la Tunisie) le pays le plus ami avec la France mais personne n'a jamais parlé, personne n'a noté que c'était une dictature", a déclaré le milieu offensif de 28 ans.

"Ce qui est malheureux c'est que les politiques en parlent maintenant. Cela fait 23 ans que ça dure et jamais personne n'a osé en parler", a noté le joueur. "Ici, il n'y a qu'Alliot-Marie (ministre des Affaires étrangères, ndlr) qui en a parlé. Elle en a bien parlé (sourires). C'est dommage qu'elle n'ait pas eu la même réflexion pour l'Egypte".

Le Franco-tunisien, natif de Péronne (nord de la France), qui a dit espérer des élections prochainement, a rappelé que "quand on arrive là-bas (en Tunisie), il y a juste des panneaux de 15 mètres sur 15 du président et une propagande énorme".

"Pour l'instant, on n'a entendu personne parler de l'Egypte, et une fois que le président va sauter, on va dire c'est normal, c'est bien", a-t-il souligné.

Interrogé sur les possibles conséquences de sa liberté de ton, Fahid Ben Khalfallah a reconnu qu'il vivait "ici en démocratie" et qu'il avait "la chance d'avoir la liberté de parole".

"Pour moi, c'est facile d'en parler, mais là-bas... J'ai la chance de vivre ici, de pouvoir dire ce que je pense, que ça plaise ou pas, ça ne change rien, a-t-il souligné. J'ai la chance d'être international et d'être assez reconnu là-bas. Sur moi, ils ne peuvent pas grand-chose".

Concernant l'annulation du match amical Algérie-Tunisie, prévu initialement le 9 février, et les conséquences pour le football tunisien, le joueur a dit la regretter, tout en admettant qu'en Algérie "aussi le climat n'est pas serein" et d'évoquer l'effet domino sur les pays arabes.

"Ce n'est surtout pas évident pour le championnat local, comme il y a pas mal de présidents qui étaient dans les magouilles. On parle de l'Espérance (Tunis) et on voit que les présidents n'étaient pas mal avec Ben Ali, a-t-il déclaré. Après, on sait comment cela peut se passer: quelques magouilles, quelques billets sous le bureau, ça va vite".



 

AFP, le 4 février 2011 à 14h08 GMT

Tunisie: la révolution sans fracas à l'épreuve du temps


 

Par Sofia BOUDERBALA

TUNIS, 04 Fev 2011 (AFP) - C'est une drôle de révolution, sans figure emblématique et sans comité de salut public. L'euphorie passée, la Tunisie post-Ben Ali a entamé sa mue sans fracas: le gouvernement s'emploie à purger les rouages de l'Etat et le pays s'est progressivement remis au travail.

Pendant qu'au Caire flotte un parfum de guerre civile, à Tunis, les rues bourdonnent à nouveau vendredi des cris des marchands ambulants, des sifflets policiers qui répondent aux klaxons.

En province, les révolutionnaires ont la gueule de bois. Les familles des "martyrs" de Kasserine, ville du centre-ouest où la répression de janvier a fait au moins 25 morts, exigent la reconnaissance du "sang versé" et des investissements massifs de l'Etat.

Cahin-caha, toutes les grandes administrations et entreprises du pays ont redémarré à l'appel du Premier ministre Mohammed Ghannouchi, qui a mis en garde mercredi contre des "milliers de postes menacés par le désordre".

Il tente désormais de tenir son cap: organiser en un temps record les premières élections libres du pays prévues dans six mois, une éternité pour les déshérités de l'ancien régime.

L'acte I de ce retour à la normale s'est joué il y a tout juste une semaine: l'évacuation musclée de la place de la Kasbah, où quelque 2.000 manifestants campaient sous les fenêtres du Premier ministre pour exiger sa démission, a signé vendredi 28 janvier la fin de la parenthèse enchantée.

Sans en avoir reçu l'ordre du gouvernement, débarrassé la veille des derniers caciques du régime de Zine El Abidine Ben Ali, la police anti-émeutes chassait sous un déluge de lacrymogènes les jeunes venus du centre du pays, bastion de la révolution.

Une lutte sourde s'est alors engagée entre un nouveau pouvoir fragile, encore occupé à décrocher les portraits de Ben Ali dans les ministères, et les nostalgiques du régime policier, accusés de vouloir faire capoter la révolution.

Après un week-end marqué par le retour d'exil du chef du mouvement islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, et une grande manifestation de femmes contre "l'obscurantisme", le spectre d'une déstabilisation a ressurgi lundi: saccage de la sous-préfecture de Kasserine par des jeunes "payés par le RCD (ex-parti au pouvoir)" selon des syndicalistes, et exfiltration en catastrophe du nouveau ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi, chassé de son bureau par des partisans de Ben Ali.

Dès mardi, le gouvernement reprenait la main, avec un grand coup de balai à la tête de la police, bras armé du régime déchu avec plus de 100.000 agents.

La purge se poursuivait les jours suivants par le remplacement des gouverneurs des 24 provinces du pays, des nominations en cascade dans les grandes entreprises et administrations, en attendant le tour du corps diplomatique.

Acte hautement symbolique alors que l'ONU annonçait le 1er février un bilan "provisoire" de 219 morts, l'équipe de transition approuvait l'adhésion à des conventions internationales contre la torture et la peine de mort.

Les louanges des partenaires internationaux se succèdent depuis, l'Union européenne promettant d'accélérer les discussions pour l'octroi d'un "statut avancé" qui offrira un accès privilégié au marché européen.

Quant à l'ancienne puissance coloniale française, premier partenaire commercial, elle cherchait à prendre en marche le train de la "Tunisie nouvelle", qui peine à digérer ce ralliement tardif.

Dans les milieux d'affaires, c'est le soulagement après le système corrompu imposé par le clan Ben Ali. "Les promesses d'investissements affluent", "les marchés vont s'ouvrir", assurent des opérateurs.

Reste l'amertume des opposants de gauche au sein d'un "Front du 14 janvier" qui continue de réclamer une Assemblée constituante et un comité de "protection de la révolution".

Mais, par crainte du vide ou par tempérament, les Tunisiens ne réclament ni vengeance ni tribunal d'exception, se cantonnant dans un légalisme rassurant: vendredi, ils étaient des centaines à avoir déposé des dossiers devant les commissions nationales d'enquête sur les abus et la corruption.



 

Reuters, le 4 février 2011 à 13h57 GMT

Will other N.African states go way of Egypt and Tunisia?


 

By Christian Lowe and Souhail Karam

ALGIERS/RABAT, Feb 4 (Reuters) - After popular uprisings in Egypt and Tunisia, what about the other three countries in the turbulent swathe of land along Africa's northern coast?

Analysts are now scrutinising whether Libya, Algeria or Morocco could be the next domino to fall.

The three have much in common with Egypt and Tunisia: They are part of the Arab world, they have large populations of unemployed young people, entrenched leaderships and opposition movements which say it is time for a transition to democracy.

Uprisings in Algeria and Libya, in particular, could have far-reaching implications for the world economy because both are major oil and gas exporters.

But there are also many reasons to believe the unrest will not spread further through north Africa. Here are some questions and answers on the prospects of a revolt happening elsewhere:

IS ALGERIA THE NEXT EGYPT?

Probably not. The events unfolding in Tunis and Cairo have certainly increased pressure on the Algerian government. Civil society groups, small trade unions and minor political parties have joined forces to press for a change of ruler -- the first time this kind of opposition coalition has existed in two decades. Algeria was rocked by food riots at the start of the year and there have been small political protests.

"Widespread demonstrations could upset the delicate balance of the country's political and economic structure," the Eurasia Group private think tank said. "The main risk in Algeria is the possibility that unrest would split key sections of the elite."

But there is no sign yet those protests will become widespread. Algeria's biggest opposition forces -- Islamist groups which have been banned since the early 1990s but retain influence, and the secular FFS party -- have not joined the protest coalition.

Algeria's ruling elite has also shown, over nearly a half century in power, a remarkable capacity to adapt to changing circumstances. President Abdelaziz Bouteflika demonstrated this on Thursday when he agreed to opposition demands to lift a 19-year-old state of emergency.

With about $150 billion in foreign currency reserves and oil selling at around $100 a barrel, the government can use cash to soothe its citizens' economic grievances.

Ordinary Algerians are wary of any relapse into political turmoil after a political opening in the early 1990s degenerated into a brutal conflict between security forces and Islamist militants that killed an estimated 200,000 people. "Algeria effectively already had its revolution," said Geoff Porter, an independent U.S. analyst on North Africa. "Few want to risk descending into another decade of chaos."

Even if mass unrest breaks out, most analysts believe the risk of disruption to oil and gas exports is minimal. Nearly all the energy activity is deep in the Sahara desert and the biggest oilfield town, Hassi Messaoud, is relatively well-off and heavily policed. Since the conflict with Islamist rebels started, there have been no confirmed cases of energy infrastructure being hit.

IS LIBYA RIPE FOR A REVOLT?

On the face of it, Libya fits the model of a country vulnerable to an uprising. Muammar Gaddafi has led the country since 1969, making him the longest-serving ruler on the African continent. There are stark income inequalities. Political parties are banned and there is little room for public dissent.

Minor clashes last month, when people waiting for the government to allocate them new homes seized vacant apartment buildings, showed the potential for disturbances.

Below the surface, things are more complex. Libya more closely mirrors an oil-rich Gulf state where an autocratic ruler operate a system of patronage, sharing out wealth from energy exports with his subjects.

Many Libyans are jobless, but the lifting of international sanctions in 2004, the high oil price and state handouts mean most families are enjoying their highest incomes for decades.

Libyan society and public life is built around family and tribal ties, so if there is any challenge to Gaddafi's rule, it is likely to happen behind the scenes and not in the streets.

Gaddafi may not be universally popular -- least of all around the eastern city of Benghazi -- but many Libyans like his rhetoric about Western "imperialism" and the stature he gives them on the international stage."

"Security is being maintained at a high level inside the country and the regime's overseas opponents are political and financially very weak," said MENAS Associates, a political risk consultancy. "The current signs are that the regime will survive the crisis given the strength of both its security services and finances," it said.

MOROCCO: THE STRONGEST LINK?

Not necessarily. Youths, who make up the majority of the country's 32 million population, share many of the concerns of their Egyptian and Tunisian peers: They feel that significant efforts to develop the economy over the past 11 years have not yielded enough opportunities and many, especially in rural areas, still dream of a better life in Europe.

Rating agencies Standard & Poor's and Fitch have said the North African country of 32 million people is the least likely in the region to be affected by the wave of popular unrest.

But the government has not been able to create even half the 250,000 jobs it pledged in 2007 to generate on an annual basis by 2012, according to official data. Unemployment officially hovers around 9 percent and affects 173,200 graduates -- 16.7 percent of total graduates. Many independent analysts and members of parliament say these figures are much higher.

King Mohammed, one of the youngest Arab rulers, has shown a greater sense of initiative than his late father King Hassan in trying to address the social and economic qualms of what he refers to as his "subjects". Official data shows GDP per capita rose 41 percent between his enthronement in 1999 and 2009.

The economy remains vulnerable to weather vagaries in a country where agriculture is the top employer.

Morocco is dogged by strikes by both private and public sector employees and still witnesses sporadic, localised unrest mainly in remote areas, where citizens feel development efforts have either not been evenly allocated or have yet to produce tangible results.

By law, Morocco is a constitutional monarchy with an elected parliament. But its constitution accords the king wide prerogatives, from dissolving parliament to the imposition of the state of emergency, and he has say on the appointments of key government portfolios including the prime minister.

A once active debate in the late 1990s over a need for constitutional reform has faded. Priorities for political parties now centre on holding a maximum number of government portfolios or defending their turfs from the poaching of their elected representatives by a newly-created party formed by a classmate of the king, who also was deputy interior minister.

This has alienated the vast majority of Moroccans: Voter turnout at the most recent parliamentary elections stood at 37 percent, the lowest in the country's modern history.

Driss Benali, a prominent economics lecturer, said: "Over the last ten years, the system has killed political parties. Morocco is less authoritarian than Tunisia but we have not got the educated of Tunisia neither do we have the active business elite of Egypt.

"The monarchy has the required legitimacy and the king is popular but some in his entourage often tarnish his image. This is a great opportunity for the monarchy to adopt serious constitutional reforms that empower the government and where the king reigns without ruling," Benali added.



 

AFP, le 4 février 2011 à 13h42 GMT

Tunisie-Les avoirs de Miled pas gelés par l'UE, dit Alliot-Marie


 

PARIS, 4 février (Reuters) - Les avoirs d'Aziz Miled, au centre de la polémique sur les vacances tunisiennes de Michèle Alliot-Marie, ne seront pas gelés par l'Union européenne, a annoncé vendredi la ministre française des Affaires étrangères.

Son absence sur cette liste, établie par les nouvelles autorités tunisiennes, est la preuve, selon la ministre, qu'Aziz Miled n'était pas un proche du président tunisien déchu Zine ben Ali, comme l'affirment ses détracteurs.

Des responsables de gauche ont réclamé la démission de Michèle Alliot-Marie après plusieurs déclarations controversées sur la Tunisie et l'annonce qu'elle avait voyagé à bord d'un jet de l'homme d'affaires pendant ses vacances dans ce pays.

Aziz Miled figurait sur la liste des personnes dont la Suisse a gelé les avoirs après la chute du régime mais la ministre a présenté l'homme d'affaires comme une "victime" du clan Ben Ali, qui se serait imposé à la tête de ses sociétés.

"M. Miled ne fait pas partie de la liste des personnalités tunisiennes soumises au gel de leurs avoirs par l'Union européenne", a déclaré Michèle Alliot-Marie lors d'un point presse avec le nouveau ministre tunisien des Affaires étrangères.

"Cette liste a été établie à la demande des autorités tunisiennes", a-t-elle ajouté.

La liste de l'Union européenne devrait comprendre, outre le couple Ben Ali, plusieurs dizaines de membres de son entourage.

Michèle Alliot-Marie a reconnu qu'elle n'aurait pas dâ voyager à bord d'un vol privé et le Premier ministre, François Fillon, a jugé ses explications suffisantes pour passer l'éponge.



 

AFP, le 4 février 2011 à  12h53 GMT

Tunisie: colère à Kasserine, qui réclame les dividendes de la démocratie


 

Par Hassen JOUINI

Kasserine, 04 Fev 2011 (AFP) - Pauvre sous la dictature, pauvre en démocratie, Kasserine a payé le prix du sang pour faire tomber Ben Ali. Mais aujourd'hui cette ville misérable du centre de la Tunisie gronde et veut toucher les dividendes de "sa" révolution.

A près de 300 km au sud-ouest de Tunis, Kasserine, une cité grise de 100.000 habitants, porte encore les stigmates de la répression de janvier qui a fait plusieurs dizaines de morts.

Ici des impacts de balles ont fait éclater la pierre, là des murs sont noircis, a constaté un journaliste de l'AFP.

Comme un peu partout dans le pays, l'activité reprend timidement, mais au centre-ville les rues sont encore jonchées de débris divers, et on ne ramasse pas les ordures.

"Beaucoup de sang a été versé dans notre région. Les manifestants pour la liberté et la dignité ont été sauvagement réprimés, mais nous ne voyons rien venir. Les politiciens à Tunis ont confisqué notre révolution", s'emporte Mohamed Abdel Moëz Gharsallah, un jeune lycéen de 16 ans.

Selon des sources hospitalières concordantes, 25 manifestants,   essentiellement des jeunes, ont été tués dans la ville durant le soulèvement contre le régime, la plupart par des tirs de "snipers".

Dans la cité Ezzouhour, un quartier surpeuplé de la ville particulièrement visé par les sbires du régime en janvier, des jeunes mettaient jeudi la dernière main à un "monument aux martyrs". Il y a de l'émotion et de la colère.

"On l'a payé de notre poche avec une collecte de un dinar par habitant et voilà! On n'attend rien du nouveau gouvernement", maugrée Tarek, un maçon de 25 ans.

"Il nous manque juste les noms de onze martyrs pour le terminer. Hier on a hissé le drapeau (tunisien) et en signe de réconciliation, il y avait des policiers", poursuit Tarek.

Des policiers qui, sur la pointe des pieds, ont refait surface sur l'artère principale de Kasserine, l'avenue Habib Bourguiba, après une éclipse de plusieurs jours. Ils sont désormais en patrouilles mixtes avec des militaires et s'essayent à fraterniser avec les passants.

"Je fais partie du peuple et je partage aussi bien sa joie que sa douleur, plus rien ne m'interdit de dire ce que je ressens", lance l'un d'eux, Salah Harhouri.

Ici, on veut la voir cette démocratie, mais avec du sonnant et trébuchant: "Kasserine doit avoir sa place dans le nouvel Etat démocratique ou alors la colère des habitants risque d'être ravivée", avertit Mohamed Rhimi, un avocat qui anime un "comité de défense de la révolution".

"Il n'y a pas de travail ici et quand on va à Tunis, les gens là-bas ne nous aiment pas. Pour faire vivre nos familles, il nous reste la contrebande avec l'Algérie", quelques dizaines de kilomètres à l'ouest, désespère Abdelaziz, la trentaine.

La région pourrait pourtant être plus prospère, "le tout c'est de s'en donner la peine", assure un médecin. "On est riche en eau douce, le sous-sol recèle des minerais, et les compétences existent. Le problème, c'est que depuis plusieurs décennies la région a purement et simplement été marginalisée, abandonnée", dit-il.

Il y a quelques jours, nouvelle peur sur la ville, avec des pillages et saccages, notamment à la sous-préfecture où traînent encore par terre des dossiers éventrés, des milliers de papiers, du mobilier cassé.

Beaucoup d'habitants y ont vu l'ombre et la main du RCD, le Rassemblement constitutionnel démocratique du président déchu.

Mohamed Rhimi dit craindre "un retour des affidés" de l'ancien régime car, pour lui, pas de doute: ces pillages sont l'œuvre de "malfaiteurs" payés par les "bénalistes". Il affirme avoir été lui-même menacé par un de ces hommes de main du parti.

Le souffle économique de la démocratie n'est peut-être pas encore arrivé jusqu'à Kasserine, mais l'avocat a pu déposer une plainte en justice.



 

Reuters, le 4 février 2011 à  11h57 GMT

ANALYSE : L'indépendance, condition de survie pour les autocrates


 

par Patrick Worsnip

NATIONS UNIES, 4 février (Reuters) - Les autocrates perçus par leurs citoyens comme redevables à l'égard de puissances étrangères risquent davantage d'être emportés par des soulèvements populaires que leurs homologues soucieux d'apparaître totalement indépendants.

Les soulèvements en Tunisie et en Egypte montrent aussi que le sort des dirigeants autoritaires dépend en grande partie de la fidélité ou du retournement des forces de sécurité.

En Tunisie, Zine Ben Ali a été contraint à l'exil le 14 janvier après que le général Rachid Ammar, chef de l'armée de terre, a refusé de tirer sur la foule. En Egypte, l'armée a apparemment adopté une position d'attente, même si Hosni Moubarak a renforcé son rôle au sein du gouvernement.

En revanche, la police iranienne et la milice des bassidji ont écrasé en 2009 les manifestants contestant la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence.

En Côte d'Ivoire, les pays africains et la communauté internationale tentent d'asphyxier financièrement Laurent Gbagbo, qu'ils souhaitent voir céder le pouvoir à Alassane Ouattara, proclamé vainqueur de la présidentielle par une commission électorale indépendante. Leur espoir est que Laurent Gbagbo soit lâché par l'armée s'il n'est plus capable de verser leur solde aux militaires.

Pour les observateurs, quelle que soit l'étendue de la force disponible, il est essentiel pour un dirigeant autocratique d'apparaître aux yeux de sa population comme un authentique défenseur du pays et non pas comme un pion entre les mains de puissances extérieures.

Si la pauvreté, la corruption et la répression policière ont été les moteurs de la révolte en Tunisie et en Egypte, Zine Ben Ali et Hosni Moubarak sont tous deux notoirement connus pour leur proximité avec l'Occident. Il en est de même pour les dirigeants de Jordanie et du Yémen, également théâtres de manifestations.

LA SYRIE CONFIANTE

"Moubarak est le dirigeant le plus pro-américain du monde arabe dans la société arabe la plus anti-américaine. C'est le mélange idéal pour le déclenchement de troubles", remarque Thomas Carothers, du Carnegie Endowment for International Peace, organisme basé à Washington.

Sans surprise, les dirigeants de Syrie et du Soudan, parmi les plus radicaux dans leur critique des Etats-Unis, assurent qu'ils ne connaîtront pas de mouvement de contestation similaire à ceux d'Egypte et de Tunisie.

"La Syrie est stable. Pourquoi?", a interrogé le président syrien Bachar al Assad cette semaine dans une interview au Wall Street Journal. "Parce qu'il faut être très étroitement lié aux aspirations du peuple (...) Quand il y a divergence (...) alors vous créez un vide qui accouche de troubles."

Sur son blog, Khalid Moubarak, porte-parole de l'ambassade du Soudan en Grande-Bretagne, écrit: "Les soulèvements affectent les dirigeants dociles qui cherchent à obtenir les bonnes grâces de l'Occident en plaçant ses intérêts au-dessus de la dignité nationale."

Si ces affirmations peuvent paraître péremptoires, elles contiennent tout de même un fond de vérité, pensent des experts.

"Quand on examine un régime ou un dirigeant et qu'on se demande 'quelle est la probabilité qu'ils s'effondrent?', la question que nous devrions nous poser n'est pas seulement de savoir si l'armée tirera ou non sur les manifestants, mais quel est leur degré de légitimité?", poursuit Thomas Carothers.

Cet expert cite l'exemple d'un dissident syrien lui ayant affirmé un jour que, malgré les difficultés économiques et la répression, Bachar al Assad "continue de défier Israâl et les Etats-Unis".

"Tout ce qu'il vend à son opinion, c'est cette défiance. Mais ça se vend plutôt bien", avait ajouté ce dissident, selon Thomas Carothers.

IMPERMÉABLE AUX PRESSIONS

Pour ce dernier, la remarque vaut également pour l'Iran ou Cuba.

Autant que la situation économique, l'absence de légitimité est ce qui a fini par provoquer la chute des régimes communistes d'Europe de l'Est perçus par leurs populations comme des marionnettes de l'Union soviétique.

En juillet 1989, lors d'un sommet du Pacte de Varsovie à Bucarest, le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev avait déclaré que l'URSS n'interviendrait plus pour mater les révoltes populaires. Quelques mois plus tard, tous les régimes alliés étaient tombés.

La "révolution de la rose" en Géorgie en 2003 puis la "révolution orange" en Ukraine en 2004-2005 ont aussi été dirigées contre des pouvoirs jugés trop proches de Moscou.

En Amérique latine, les dictatures soutenues par les Etats-Unis ont progressivement disparu dans les années 1980 et 1990 à mesure que Washington a cessé de les considérer comme des remparts face au communisme.

Les autocrates sans réelle dépendance à l'égard de l'étranger sont aussi imperméables au type de pressions actuellement exercées par les Etats-Unis sur Hosni Moubarak.

Les pays occidentaux ont eu beau s'indigner de la répression du mouvement démocratique de la place Tiananmen en Chine en 1989 ou de l'écrasement de l'opposition iranienne en 2009, ils n'ont guère eu les moyens de peser sur les événements.

Comme le montrent ces épisodes, si un régime autoritaire souhaite rester en place, il lui faut s'appuyer sur des partisans disciplinés et peu susceptibles de changer de camp s'ils sentent le vent tourner.

"L'une des choses que les dirigeants autoritaires semblent avoir apprise, c'est que lorsque les opposants au régime commencent à mobiliser, le meilleur moyen de rester au pouvoir est d'engager immédiatement la répression et de le faire avec force: aucune tolérance pour la dissidence, pas de négociations, etc", juge Jennifer Gandhi, de l'université Emory d'Atlanta.

"Finalement, je crois que ce qui compte, ce sont les avantages concrets que les régimes offrent à leurs principaux partisans, qu'ils les recrutent au sein de l'armée ou des élites politiques ou économiques." 



 

AFP, le 4 février 2011 à  09h23 GMT

La France et la Tunisie en quête d'une coopération sur de nouvelles bases


 

PARIS, 04 Fev 2011 (AFP) - La France et la Tunisie post-Ben Ali cherchaient vendredi, lors d'une première rencontre bilatérale, à jeter de nouvelles bases à leur coopération et à dépasser les critiques et incompréhensions suscitées par la position française face à la révolution du jasmin.

Après plusieurs entretiens téléphoniques, la chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, recevait son nouvel homologue tunisien, Ahmed Abderraouf Ounaïs, pour un déjeuner de travail à Paris.

C'est la première rencontre entre ces deux responsables et elle survient en pleine polémique en France sur un voyage d'agrément lors des fêtes de fin d'année de la ministre française, effectué en Tunisie où avait débuté deux semaines auparavant puis la révolte contre l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali.

Après avoir reconnu une "sous-estimation" de la contestation, proposé une coopération policière à l'ancien régime peu avant qu'il ne s'effondre, Michèle Alliot-Marie a dû s'expliquer cette semaine sur l'utilisation pendant ces vacances d'un avion privé appartenant à un Tunisien, présenté comme lié au clan Ben Ali. Fragilisée, elle a rejeté toute démission, réclamée par l'opposition.

L'accord d'Ahmed Abderraouf Ounaïs pour un déjeuner ce vendredi, deux jours après avoir été à Bruxelles à la rencontre de l'Union européenne, est présenté par le ministère français des Affaires étrangères comme "un signal très fort et très positif à l'égard de la France".

Ce déjeuner "permettra d'aborder la situation en Tunisie, que la France suit très attentivement et avec beaucoup de sympathie et de respect pour la transition menée par les Tunisiens", fait valoir le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Michèle Alliot-Marie "fera part à son homologue tunisien des travaux" menés en France pour "donner un nouvel élan" à la coopération bilatérale, a-t-il ajouté sans autre précision.

La Tunisie attend pour sa part de l'ancienne puissance tutélaire "que la France, premier partenaire commercial, réaffirme haut et fort son soutien aux autorités de transition", selon une source proche du ministère tunisien des Affaires étrangères.

"On a tourné la page du régime Ben Ali et on veut construire une autre Tunisie", a-t-on ajouté de même source, en indiquant que Tunis attend aussi que "Paris use de son influence au sein de l'Union européenne pour faire progresser rapidement le dossier sur le statut avancé".

Ce statut privilégié dans les relations avec l'Union européenne permet un traitement douanier préférentiel pour les échanges et une libéralisation des visas.

En Tunisie, les controverses qui entourent depuis plus de trois semaines les interventions sur le sujet de Michèle Alliot-Marie sont jugées révélatrices d'un malaise avec la France, accusée d'avoir fermé les yeux jusqu'au bout sur le régime Ben Ali.

Les médias tunisiens ont parlé de "grande maladresse" et d'"erreur" de la France, dont les liens étroits avec Zine Ben Ali, longtemps entretenus par la classe politique française, ont été maintes fois soulignés.

Rappelé le 26 janvier, l'ambassadeur de France à Tunis Pierre Ménat, remplacé par un spécialiste des situations de crise, Boris Boillon, jusque-là en poste en Irak, a fait les frais des erreurs d'appréciation de la diplomatie française sur la révolution tunisienne.



 

 

AFP, le 4 février 2011 à 09h16 GMT

Tunisie: réformer le système électoral, priorité du juriste Yadh Ben Achour


 

TUNIS, 04 Fev 2011 (AFP) - La refonte du système électoral tunisien est "la priorité" de la Commission nationale de réforme politique, chargée par le nouveau gouvernement de forger les bases juridiques de l'ère post-Ben Ali, a déclaré à l'AFP son président Yadh Ben Achour, juriste de renom et personnalité indépendante respectée en Tunisie.

Question: Vous êtes chargé du chantier de la réforme politique et donc de l'élaboration de textes de loi considérés comme urgents dans cette phase de transition démocratique. Quelle est votre priorité ?

Réponse: la réforme du code électoral, et plus généralement du système électoral dans son ensemble.

Nous ne sommes pas sûrs de garder le système actuel basé sur les listes électorales. Ce système de liste a permis d'énormes manipulations et des fraudes sous l'ancien régime. Peut-être que l'on votera avec nos cartes d'identité. Mais tout cela n'est pas tranché, cela doit faire l'objet de discussions.

Il n'y a en revanche pas de chantier sur la Constitution à l'heure actuelle. Le groupe de juriste de la Commission est prêt si besoin à travailler à l'élaboration d'une nouvelle Constitution en remplacement de celle de 1959 (largement amendée sous Ben Ali, qui avait notamment fait supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels, ndlr).

Q: La Constitution prévoit l'organisation d'élections dans un délai maximum de 60 jours en cas d'absence définitive du président. Comment a été prise la décision de fixer les scrutins présidentiel et législatif dans "six mois" ?

R: Ce délai constitutionnel de deux mois était impossible à tenir pour trois raisons: l'impréparation de l'administration, qui reste dominée par le RCD (parti au pouvoir sous Ben Ali); la nécessité de donner du temps à l'opposition, dont la plupart des formations étaient interdites, pour s'organiser; et enfin, il nous faut préparer les textes.

Nous sommes à peine deux semaines après le départ de Ben Ali, et nous n'avons pas encore commencé le travail. Il faut donner à la société le temps de respirer.

L'article 57 (qui prévoit ce délai de 60 jours) a été fait pour un temps de paix. Nous sommes dans une phase révolutionnaire. Il ne faut surtout pas opposer la lettre de la Constitution à l'esprit du droit et aux aspirations légitimes du peuple.

Q: Comment vont s'organiser vos travaux et qui votera les lois, alors que l'actuel Parlement est dominé à 80% par l'ancien parti-Etat de Ben Ali?

R: Nous avons un conseil d'experts juridiques qui va rédiger des lois, mais seulement après avis et accord de toutes les forces civiles et politiques.

Cette révolution est une appropriation par le peuple tunisien de l'idéal démocratique. Il n'est pas question de calquer les nouvelles lois sur des textes étrangers. Tout sera négocié, discuté, pour parvenir à un consensus.

Nous prendrons en considération les avis de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, de l'association des Femmes démocrates, du syndicat UGTT, des partis politiques, quelles que soient leurs tendances, y compris (la mouvance islamiste) Ennahda.

C'est à partir de ces avis que seront élaborés les textes, qui seront ensuite rediscutés, si nécessaire remaniés, avant d'être regroupés dans un rapport qui sera rendu public et transmis au gouvernement.

Si nous restons dans le cadre de l'actuelle Constitution, le président de la république pourra prendre des décret-loi, qui ont force de loi (article 28), sans passer par le Parlement. Il reviendra à la nouvelle assemblée, issue des élections, d'adopter ces textes par la suite.

(Propos recueillis par Sofia Bouderbala)

Associated Press, le 4 février 2011 à 06h26 GMT

US intelligence on Arab unrest draws criticism


 

By KIMBERLY DOZIER, AP Intelligence Writer

WASHINGTON – U.S. intelligence agencies are drawing criticism from the Oval Office and Capitol Hill that they failed to warn of revolts in Egypt and the downfall of an American ally in Tunisia.

President Barack Obama sent word to National Intelligence Director James Clapper that he was "disappointed with the intelligence community" over its failure to predict the outbreak of demonstrations would lead to the ouster of President Zine el-Abidine Ben Ali in Tunis, according to one U.S. official familiar with the exchanges, which were expressed to Clapper through White House staff.

The official, who spoke on condition of anonymity to discuss matters of intelligence, said there was little warning before Egypt's riots as well.

Top senators on the Intelligence Committee are asking when the president was briefed and what he was told before the revolts in Egypt and Tunisia.

"These events should not have come upon us with the surprise that they did," the committee's chairwoman, Sen. Dianne Feinstein, D-Calif., said in an interview. "There should have been much more warning" of the revolts in Tunisia and Egypt, she said, in part because demonstrators were using the Internet and social media to organize.

"Was someone looking at what was going on the Internet?" she asked.

Top CIA official Stephanie O'Sullivan told senators Thursday that Obama was warned of instability in Egypt "at the end of last year." She spoke during a confirmation hearing to become the deputy director of national intelligence, the No. 2 official to Clapper.

The leading Republican on the committee, Sen. Saxby Chambliss of Georgia, asked for a written record of the timetable of Obama's intelligence briefings. It's due to the committee in 10 days.

The chairman of the House Intelligence Committee, Rep. Mike Rogers, R-Mich., said it was unrealistic to expect intelligence agencies to predict what would happen in either country. "We've got to be realistic about its limits, especially regarding the complex and interactive behavior of millions of people," he said.

DNI spokeswoman Jamie Smith insisted that the intelligence community "has been closely tracking these countries and as tensions and protests built in Tunisia, it was fully anticipated that this activity could spread."

But top intelligence officials said that after Tunisia, they'd promised the White House to "do better," according to two officials briefed on the process.

White House national security staff relayed the president's disapproval over the wrong call in Tunisia to Clapper and other top intelligence officials in one of a series of high-level meetings in mid-January, prior to the outbreak of the demonstrations in Egypt, according to one official.

In the aftermath of the botched call on Tunisia, the intelligence community widened the warnings to the White House and the diplomatic community that the instability could spread to much of the Arab world.

The White House publicly rejected charges that intelligence agencies underperformed on Tunisia and said the intelligence community warned the president that Tunisia's protests could inspire copycats.

"Did anyone in the world predict that a fruit vendor in Tunisia would light himself on fire and spark a revolution? No," said White House spokesman Tommy Vietor.

"But had the diplomatic and intelligence community been reporting for decades about simmering unrest in the region? About demographic changes including a higher proportion of youth? About broad frustration with economic conditions and a lack of a political outlet to exercise these frustrations? Absolutely," Vietor said.

They specifically warned that unrest in Egypt would probably gain momentum, said another official familiar with the intelligence, who spoke on condition of anonymity to discuss classified matters.

Of major concern to U.S. intelligence officials is the possibility that the political upheaval in Egypt could be "hijacked" by the Muslim Brotherhood, the banned but politically popular religious and political movement that provides social and charitable support for much of Egypt's poor.

The Tunisian surprise, followed by the worsening events in Cairo, has led some intelligence officials to question whether the hunt for al-Qaida and its leader, Osama bin Laden, has starved other parts of the intelligence arena of resources and hampered long-term strategic analysis and prediction.

"Both the American and Israeli intelligence communities will have to ask themselves what they missed in Tunisia and Egypt," said former CIA officer Bruce Riedel. "Are we too fixated on terrorism and Iran today and not enough on the broad generational changes in the region?"

Retired CIA officer Michael Scheuer also defended the intelligence world for concentrating on the al-Qaida terrorism nexus from Afghanistan to Pakistan, Yemen and Somalia. "Those are the people who are going to reach out and kill Americans," he said.

Scheuer said the CIA has devoted resources to Egypt for years, fostering such a close working relationship with its intelligence service that the CIA regularly turned over suspects of Egyptian origin to its intelligence service, before there was a U.S. facility at Guantanamo Bay, Cuba, to hold suspects.

Former CIA analyst Charlie Allen said multiple national intelligence estimates had warned successive U.S. administrations that Egypt and Tunisia were brutal dictatorships with all the ingredients for revolt. The volatile situation outlined in those assessments of foreign nations included "youth bulges" of frustrated and often unemployed men under the age of 25, Allen said.

But Allen, speaking at the Potomac Institute for Policy Studies' annual terrorism review, said intelligence analysts cannot predict the spark that turns festering anger into full-scale revolt.


Reuters, le 3 février 2011 à  20h17 GMT

Remplacement de l'ensemble des gouverneurs régionaux tunisiens


 

TUNIS, 3 février (Reuters) - L'ensemble des 24 gouverneurs régionaux de Tunisie ont été remplacés, rapporte jeudi l'agence de presse tunisienne.

La plupart des manifestations ont cessé ces derniers jours en Tunisie après un remaniement du gouvernement provisoire, purgé de la plupart des personnalités proches du président déchu Zine Ben Ali.

Mais de nombreux Tunisiens ont réclamé d'autres remplacements de responsables dans les services de sécurité et au niveau régional.

Le ministère de l'Intérieur a remplacé cette semaine 34 responsables de la sécurité, première étape d'un remaniement du vaste réseau de la police, des forces de l'ordre et du renseignement mis en place par le régime de Ben Ali.



 

Reuters, le 3 février 2011 à  20h02 GMT

Tunisia replaces regional governors


 

TUNIS, Feb 3 (Reuters) - Tunisia has replaced all 24 regional governors, the state news agency said on Thursday, as part of efforts to dismantle the legacy of ousted president Zine al-Abdine Ben Ali.

Major street protests have dried up in Tunisia in recent days, after a reshuffle purged the interim government of most Ben Ali loyalists, but many Tunisians have called for more officials to be replaced at the security and regional level.

The interior ministry replaced a slew of senior security officials this week, a first step to overhauling the network of police, security forces and spies built up by Ben Ali during 23 years of police rule.



 

Reuters, le 3 février 2011 à  18h37 GMT

INTERVIEW-Tunisia Islamists say excluded, call for unity govt


 

* Ghannouchi says old regime's political police still active

* Tunisia should change laws to enshrine democracy

* Ennahda believes in women's freedom, gender equality

By Lin Noueihed

TUNIS, Feb 3 (Reuters) - Tunisia's Islamists have been shut out of the interim government, Islamist leader Rachid Ghannouchi said, calling for a cabinet that brings together all parties and for the dismantling of Zine al-Abidine Ben Ali's police state.

Ghannouchi was met by thousands of supporters when he returned from exile on Sunday, indicating his Ennahda party would emerge as a major force in Tunisia after weeks of protests ousted Ben Ali on Jan. 14 and electrified the Arab world.

Banned for over 20 years, Ennahda (Arab for "Renaissance") applied this week for a license and will take part in Tunisia's first free elections, though Ghannouchi himself has pledged not to run for any office.

"No one invited us and no one consulted us over the make-up of this government... We don't know who made up this government, who chose these people, what their authority is, who they answer to," Ghannouchi told Reuters in an interview.

"We called for a government of national alliance comprised of opposition parties and civil society organisations such as the labour union, lawyers and rights groups, a government that... is not imposed like this."

Tunisia has had two changes of government since the revolt that toppled Ben Ali after 23 years of autocratic rule. The first line-up, announced days after Ben Ali fled to Saudi Arabia, retained many ministers from his former ruling party and failed to convince protesters calling for more sweeping change.

A new lineup announced on Jan. 27 removed most members of the former ruling RCD but retained the prime minister, who had served under Ben Ali. It includes two opposition politicians and excludes Ennahda and several secular opponents of Ben Ali.

Ghannouchi said Ben Ali's RCD was already "dead" but that his vast network of spies, police and internal security was still operating in Tunisia and working against the revolution.

He said dismantling this parallel state was a priority for Ennahda as was the complete revision of Tunisian law to enshrine democracy and prevent the rise of another strongman.

"There is another state that still exists, this is the state of political security and this must be dismantled; its machine of repression, its laws, its institutions and its culture must be dismantled to achieve a pluralist democracy," he said.

"We do not need a presidential system that concentrates power... We need a parliamentary system that spreads power widely, leaving the president as a symbolic head of state."

ISLAM AND FREEDOMS

A widely-respected Islamic scholar, Ghannouchi has long preached that Islam is compatible with modernity and multi-party democracy. He compares Ennahda with Turkey's moderate ruling AK Party, rather than Egypt's harder line Muslim Brotherhood.

Yet Ghannouchi's return from exile has alarmed some Tunisians who want to keep Islam separate from the state.

Ghannouchi said Ennahda believed in individual freedoms, in women's rights and their equality with men.

"There are countries that, in the name of Islam, force women to wear particular attire, and there are countries that, in the name of modernity like Tunisia, ban women from wearing particular attire. We are against either," Ghannouchi said.

"We are with a woman's freedom to decide her clothes, to decide her life partner and not be forced into anything."

Tunisia has for decades been a secular state. Independence leader Habib Bourguiba considered Islam a threat to the state and called the Muslim headcover, or hijab, an "odious rag".

Ben Ali suppressed Ennahda after it officially won over 15 percent of the 1989 vote, exiling and jailing its members. Analysts say Ennahda today might get up to 35-40 percent, close to what it may have actually won in the fraud-ridden 1989 vote.

Ghannouchi said it was too early to say how many followers Ennahda now had or what share of the vote it might win.

Veiled women were long denied access to education and jobs in the North African country and men who prayed too often at the mosque were regularly rounded up by the police.

By Ghannouchi's own estimate, some 30,000 Ennahda members were jailed over the years, and he called for all Tunisians who had been persecuted to be compensated.

Ennahda was not seeking to make Tunisia's constitution, which considers Tunisia an Arab and Muslim state, more Islamic but was seeking to make it more democratic, Ghannouchi said.

"The constitution is cut to fit the size of the dictator. All the powers are concentrated in the hands of the dictator who is accountable to no one. He is the head of the judiciary, the executive branch and controls everything," he said.

"This revolution must dismantle the dictatorial regime, starting with the constitution and including the laws that limit media, limit parties and groups and the elections."



 

AFP, le 3 février 2011 à  18h22 GMT

Egypte et Tunisie: Ashton sous le feu des critiques au Parlement européen


 

BRUXELLES, 03 Fev 2011 (AFP) - La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton fait l'objet de vives critiques au sein du Parlement européen où des élus l'accusent d'être trop passive face à la contestation dans le monde arabe, le principal groupe politique parlant même d'erreur "de casting" à son égard.

Depuis la révolution tunisienne, l'Union européenne donne le sentiment d'être à la traîne des événements dans le monde arabe et des Etats-Unis en particulier.

Interrogé pour savoir si l'Union européenne avait un problème de "casting" en ayant choisi la baronne britannique pour être sa Haute représentante pour les Affaires étrangères, le président du principal groupe politique au Parlement, le Parti populaire européen (PPE, droite), Joseph Daul, a répondu par l'affirmative.

"Moi, je crois que c'est un problème de casting", a-t-il déclaré aux chaînes parlementaires françaises Public Sénat et LCP Assemblée nationale, dans une interview devant être diffusée jeudi soir.

"Ce n'est pas facile de parler d'une seule voix à 27 (pays), ça je le conçois, mais je pense qu'il faut quelqu'un qui ait de la poigne et qui commence à se faire voir, à partir. Il faut aller en Egypte, en Tunisie (...) l'Europe doit être présente pour mettre en place la démocratie", a-t-il déclaré.

Fait notable, le chef de file du groupe socialiste au Parlement, Martin Schulz, a aussi pris ses distances jeudi avec Catherine Ashton, qui fait pourtant partie de cette famille politique puisqu'elle est travailliste.

Il a jugé "injustes" certaines critiques qui lui sont faites alors qu'elle n'est en fonction que depuis fin 2009. Mais "d'un autre côté, moi aussi je souhaiterais que Catherine Ashton soit plus active et je le lui ai d'ailleurs dit", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Je pense que la Haute représentante doit bien veiller à être une interlocutrice pour la population en Egypte", a-t-il ajouté.

Du côté des Verts, l'exaspération est très nette à l'égard de la chef de la diplomatie, en particulier sur la Tunisie, au lendemain d'un débat sur le sujet au Parlement.

"Force est de constater que Mme Ashton n'a démontré aucune volonté de tirer les leçons des erreurs du passé" de l'Union européenne "et n'a fait qu'assurer le service minimum. La crédibilité de l'UE n'en sort pas renforcée, elle n'est pas encore au rendez-vous de la portée historique des évènements actuels", a jugé dans un communiqué l'élue Hélène Flautre.

Lors de ce débat, Mme Ashton avait été mise en cause avec virulence par le président du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit, et par le libéral-démocrate Guy Verhofstadt.

"Pourquoi, Madame Ashton, l'Europe a-t-elle réagi de façon tellement faible?", l'a interpellée Guy Verhofstadt, "vous avez réagi, puis l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne ont aussi fait une communication sans concertation, comme si l'Europe n'existait pas".

Daniel Cohn-Bendit l'a aussi accusée d'être "une résistante de la 25e heure" pour avoir évité pendant longtemps de critiquer ouvertement le régime du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali.

Depuis sa nomination en novembre 2009 comme chef de la diplomatie européenne, la baronne britannique doit régulièrement faire face à des critiques, sur son inexpérience et son manque de visibilité notamment, alors qu'elle était censée en donner davantage à l'UE avec son poste.

Son absence à Haïti juste après le tremblement de terre de janvier 2009 ou à la reprise des pourparlers israélo-palestiniens en septembre à Washington, notamment, lui avait valu des reproches.



 

AFP, le 3 février 2011 à  16h59 GMT

Tunisie: visite d'une délégation de 12 députés du Parlement européen


 

TUNIS, 03 Fev 2011 (AFP) - Une délégation de 12 députés du Parlement européen est arrivée jeudi à Tunis, quelques heures après le vote par leur assemblée d'une résolution appelant à renforcer la coopération entre l'UE et la Tunisie pour accompagner la transition démocratique dans ce pays.

Lors de cette visite de quatre jours, les députés européens, conduits par l'Espagnol Jose Ignacio Salafranca, doivent rencontrer des membres du gouvernement de transition, des partis politiques et des représentants de la puissante centrale syndicale UGTT afin d'évaluer la situation en Tunisie après les troubles qui ont secoué le pays jusqu'au départ de Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier.

Une réunion à huis clos étaient prévue à 18H00 (17H00 GMT) au siège de la délégation de l'Union européenne à Tunis, a-t-on appris auprès de cette dernière.

"Nous attendons que Paris use son influence au sein de l'UE pour pousser à une accélération, faire progresser rapidement le dossier sur le statut avancé de la Tunisie", avait indiqué jeudi à l'AFP une source proche du ministère tunisien des Affaires étrangères.

Mercredi, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a annoncé  son intention de se rendre dans une quinzaine de jours en Tunisie pour parler de l'aide que l'UE compte apporter à la suite de la chute du régime  Ben Ali.

Elle a confirmé que l'UE était prête à revoir à la hausse le niveau de ses relations en accordant à la Tunisie un "statut avancé".

L'Union européenne avait entamé en mai 2010 avec le régime du président Ben Ali, des négociations sur ce statut censé ouvrir la voie à un traitement douanier préférentiel pour les échanges et à une libéralisation en matière de visas.

Mais ces discussions n'avaient pas fait de progrès sensibles depuis lors.


CREDIF

Une nouvelle virginité


 

* Lilia Laâbidi demande «pardon aux femmes tunisiennes»

Le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme veut-il se faire une seconde virginité ?  Le CREDIF qui a longtemps consacré la politique de l’ancien régime quant aux recherches faites sur la femme a-t-il fait son mea culpa pour pouvoir aller de l’avant et surfer sur la vague de la révolution ? Peut-on aujourd’hui, se fier aux études qui ont été faites par cette institution ?

Des questions qui nous brûlent les lèvres, il faut dire, et qu’on a tenu à poser aux personnes concernées lors de cette première rencontre médiatique organisée au siège du CREDIF suite aux évènements du 14 janvier.  Les questions ont fusé de tous bords. Les unes ont remis  en cause la crédibilité des recherches faites par cette institution, les autres ont évoqué la pertinence de cette thématique abordée lors de cet atelier de réflexion, à savoir « Femmes journalistes et processus de transition » qui a tenté un tant soit peu de « débattre des différentes formes d’implication et de participation de la femme journaliste dans le déclenchement de la révolution et le processus de transition ainsi que ses perspectives. »

 « Quoi qu’on fasse ce n’est jamais assez pour la femme. » commente-t-on dans la salle «  Mais pour pouvoir avancer il faut en finir avec le féminisme qui devient anachronique avec notre époque. Il faut qu’une ‘’image dégage’’ et qu’une autre reprenne sa place. » a-t-on dit au début de cette rencontre.

Débat pluriel

Le débat qui en a découlé était un espace d’échange et de confrontations d’idées. Des expériences de femmes dans l’exercice de leur métier y ont été relatées. A commencer par Fawzia Mezzi journaliste et sociologue qui a évoqué son expérience et celle de ses consœurs  du journal « La Presse » où certaines femmes ont dû passer carrément 40 heures dans l’établissement de presse lors des évènements du 14 janvier. Elles étaient sur le terrain pour tenter, un tant soit peu, de soigner l’image de leur établissement qui a toujours été victime de son image pro-gouvernementale…

L’image du CREDIF aussi. Les intervenants étaient tous unanimes, en effet, pour demander à repenser cette institution en anticipant sur certaines questions comme le rôle de son conseil scientifique et celui du comité de rédaction du magazine du CREDIF, etc.

Dans la foulée Fatiha Saïdi, a élucidé quelques points ayant pesé lourd sur son esprit de sociologue, exerçant depuis cinq ans au sein du CREDIF. « Notre institution doit se positionner par rapport à ce qui se passe autour de nous. Il faut revoir la place de la femme en faisant fi des données quantitatives et en  privilégiant les données qualitatives. Qu’importe le fait d’annoncer que la femme est représentée à 20% au Parlement… L’essentiel est de refléter l’image de la femme dans les domaines à étudier.» a-t-elle remarqué.

Faten Aouadi, qui porte la casquette d’une journaliste et celle d’une responsable au CREDIF a précisé que cette rencontre et les tables rondes qui seront prochainement organisées œuvreront dans le but de donner une autre image du CREDIF loin des clichés qui lui collent à la peau depuis deux décennies. «  Je suis d’accord qu’il y a des dérives à corriger et  des insuffisances à combler au sein du CREDIF. Nous ne sommes pas exempts d’erreurs à l’échelle de ce qui s’est passé dans le pays. Cela n’empêche : on ne peut remettre en question la totalité du  travail entrepris par cette institution. On peut rectifier le tir et c’est une question de temps. D’ici un an, on pourra certainement opérer des changements dans cet établissement. » confie-t-elle.

Le témoignage de Mme Lilia Laâbidi, ministre de la Femme dans le gouvernement de transition était aussi annonciateur d’une nouvelle étape pour ce qui est de l’avenir de  la femme tunisienne. «  Pardon » dit-elle les sanglots lui nouant la gorge. «  Je demande pardon à toutes les femmes tunisiennes qui ont souffert de la marginalisation, et à celles qui sont longtemps restées reléguées aux oubliettes : Sihem Ben Sedrine, Rachida Enneifer et les autres figures de proue du militantisme en Tunisie. Pendant 23 ans, il est vrai qu’on a mangé du pain, mais permettez-moi d’utiliser cette parabole : un enfant qu’on nourrit et qu’on prive d’amour et de liberté peut grandir mais ne naîtra pas en tant qu’être social. » Cela se passe de tout commentaire.

Mona BEN GAMRA

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 4 février 2011)


 

Tunisie, "Ennahdha n’est pas un parti religieux"


 

Zied Daoulatli, membre du bureau exécutif d’Ennahdha répond aux questions de Gnet sur la pensée et la philosophie d’Ennahdha, sa position du  gouvernement de transition, sa participation aux prochaines échéances électorales, etc. Interview.

Parlez-nous de la pensée et de la philosophie du mouvement Ennahdha ?

Le mouvement Ennahdha est un parti politique. Il faut faire la distinction entre parti politique et parti religieux. Dans les concepts occidentaux contemporains, un parti religieux correspond à un parti sacré, qui gouverne par la religion ; tous ceux qui sont en désaccord avec ce parti sont considérés comme étant des dévoyés.

L’église a joué un rôle dans l’histoire européenne, mais la révolution française a permis un affranchissement du féodalisme, et de l'alliance entre l’église et le pouvoir considérant qu’un parti religieux n’a pas de place dans une société démocratique et laïque.

Ennahdha n’est pas un parti religieux, mais c’est un parti civil qui a un programme politique, économique, social, culturel qui apporte des réponses aux problèmes du quotidien. Ce programme n’est pas sacré, il est le fruit d’un effort humain qui comporte le vrai et le faux, et qui est sujet à la remise en question et à la critique. Comme tout programme politique, celui d’Ennahdha repose sur un référentiel de pensée, à l’instar des partis de gauche qui s’appuient sur la pensée de Karl Marx ou de Heguel, et des partis libéraux qui se réfèrent à leurs propres philosophes. Pour ce qui est d’Ennahdha, sa référence est l’islam, en interaction avec les acquis de l’époque. Notre parti et nos programmes sont fondés sur des bases démocratiques. Il faut souligner que les partis religieux sont présents en Europe, avec des partis démocrates chrétiens en Allemagne, en Belgique etc.

Ennahdha, est-ce un parti homogène, ou est-il traversé par différents courants ?

Ennadha est un mouvement qui bénéficie d’une large diffusion. Il existe en son sein une diversité d’idées et de solutions. Le mouvement est bâti sur des institutions démocratiques, dont le conseil de la choura, et donne l’occasion à tous les avis de s’exprimer, c’est l’avis majoritaire qui est appliquée, mais la minorité a le droit de militer selon ses convictions. Il y a toutefois des fondamentaux, voire des dénominateurs communs qui rassemblent tous ses militants, en l’occurrence l’islam est ses principes, et l’application des méthodes pacifiques pour le changement.

Rached Ghannouchi a déclaré qu’il ne compte pas se présenter aux présidentielles, et qu’il n’y aura pas de candidat d’Ennahdha au scrutin, mais il a indiqué que les membres du mouvement peuvent participer au gouvernement de transition ?

Rached Ghannouchi ne se présentera pas aux présidentielles, et ne briguera pas de nouveau la présidence du mouvement lors de son prochain congrès prévu dans 4 à 5 mois. Rached Ghannouchi sera une référence, et aura un rôle intellectuel à l’intérieur et à l’extérieur de la Tunisie.

Qu’en est-il de votre participation effective à cette période de transition ?

La démocratie a besoin d’une période de transition où l’on œuvrera  à mettre au point une constitution, des lois et des institutions, une justice indépendante, des institutions médiatiques indépendantes, des institutions économiques indépendantes, etc. Toutes les forces vives du pays doivent participer à cette période transitoire sans exclusion : l’UGTT, l’ordre des avocats, les différentes sensibilités politiques. La réussite de la période transitoire reste tributaire de la préparation des partis politiques et leur programme, de la préparation de notre pays, et de la préparation du peuple à la démocratie à travers des lois, des institutions et une opinion publique mature, ce qui balisera le terrain à l’instauration effective de la démocratie. Les prochaines échéances politiques ne vont pas nous mener  du despotisme à la démocratie. Car, l’instauration de la démocratie nécessite du temps pour démanteler le dispositif despotique, pour instaurer des mécanismes démocratiques : justice indépendante,  médias indépendants…La période transitoire doit-être menée par tous les enfants de la Tunisie, a défaut l’exclusion mènera à l’oppression, au despotisme, et à la corruption. La  période transitoire permettra aux familles intellectuelles qui étaient  opprimées, persécutées de se préparer. Elle permettra à tous les programmes, les compétences et l’opinion publique de mûrir.

Concrètement, commet vous allez participer au gouvernement transitoire, et aux commissions ?

La révolution a eu lieu sans leaders. La spécificité de la révolution tunisienne, est qu’elle a été menée par le peuple sans qu’il  n’y ait une direction. Or, maintenant, le terrain est propice pour l’émergence d’une direction. En l’état actuel, on constate un manque de confiance entre le peuple et le gouvernement. Nous n’avons pas de problème avec le Président intérimaire, ni avec le Premier ministre. Nous aurions, toutefois, souhaité une démarche plus consensuelle à même de redonner confiance au peuple, pour que changement soit qualitatif. Nous aurions souhaité que le Président dialogue avec l’UGTT,  l’ordre des avocats, et les forces vives du pays. Nous soutenons l’article de la constitution qui donne au président deux mois pour organiser des élections, en deux mois peut-on organiser des élections libres et transparentes, la réponse est non. Je pense qu’on  n’est pas capable d’organiser ces élections, a fortiori avec le code électoral actuel qui exige que le candidat soit parrainé par 30 députés.

Mais, les élections vont se tenir en six mois ?

En deux mois, le président intérimaire aura dépassé ses prérogatives légales. Donc, l’échéance de la tenue du scrutin doit faire l’objet d’un consensus de toutes les forces vives du pays.

Pour éviter le vide, cette période exige un gouvernement de salut et un dialogue avec tous les composantes de la société civile pour redonner confiance au peuple et stabiliser le pays, relancer les investissements et l’économie.

La première conférence que va organiser notre mouvement portera sur les investissements. Des investisseurs tunisiens de l’intérieur et de l’extérieur et des investisseurs étrangers de Turquie, des pays du golfe, des Etats-Unis y seront conviés.

Vous semblez ne pas approuver le gouvernement de transition ?

Les premiers pas, en matière de formation du gouvernement de transition, étaient faux. Nous sommes contre l’exclusion, et nous avions été toujours présents sur la scène, malgré l’oppression et les prisons. Lors de la formation du 1er gouvernement de transition, les concertations étaient limitées à deux partis d’opposition, le PDP, Ettajdid et l’UGTT. C’est nous qui avons pris l’initiative de contacter le Premier ministre, en la personne  de Hamadi Jabali, Secrétaire Général et porte-parole du mouvement, qui est allé à sa rencontre. Ce gouvernement est né avec une tare congénitale, ce qui a suscité une ambiguïté et un manque de confiance.

L’étape de transition requiert un conseil des sages, ou un conseil de révolution, qui mènera des réformes législatives  (constitution, code électoral, code de la presse etc.),  et qui prendra la place du parlement. Pour ce qui est des commissions, dont la commission des réformes politique que préside Iadh Ben Achour, bien qu’il soit un parent, et qui, plus est jouit de la crédibilité requiqe, il est  anormal que tous les membres de cette commission soient issus de la faculté des sciences juridiques et économiques, qui est une université laïque francophone. Alors que ces commissions devraient renfermer toutes les composantes de la société civile, les laïcs avec leurs deux composantes ( francophones et anglo-saxons), ainsi que les partis qui se proclament de la tendance arabo-musulmane. Nous avons a aujourd’hui (jeudi) une rencontre avec Iadh Ben Achour, mais ce sera une simple consultation, les décisions émaneront de l’intérieur de la commission.

Idem pour la commission de l’établissement des faits sur la corruption et la malversation, certains de ses membres étaient des avocats du clan Ben Ali, et étaient impliqués dans des affaires de corruption. Pour réussir le processus démocratique, nous avons besoin de courants qui nous conduisent à un régime démocratique. La période actuelle requiert un consensus pour la construction.

Quel sera votre candidat aux présidentielles, de quelle tendance sera-t-il issu ?

Aux présidentielles nous allons soutenir un candidat, qui soit une personnalité nationale consensuelle, et qui ne prône pas l’exclusion. Car, la démocratie ne souffre pas l’exclusion. On ne sait pas encore qui c’est.

Quel  le message essentiel que vous voulez transmettre au gouvernement ?

Il y a une unanimité autour de la personnalité du chef de l’Etat par intérim. Le message essentiel que nous voulons lui transmettre est qu’on ne peut pas réussir dans cette période transitoire sans qu’il y ait une implication de toutes les forces vives pour tracer une feuille de route, sur  les principales réformes à mener et qui seront confiées à un gouvernement de salut national. Il faut revoir la démarche et la philosophie de cette participation, et non imposer un seul point de vue.

Est-il normal que le ministre des Affaires religieuses, soit un enseignant d’éducation civique,  diplômé d’histoire-géo et qui plus est connu par ses élèves de tenir des propos désobligeants envers l’Islam. Au bout de deux mois, et en vertu de l’article 56 de la constitution, le Président intérimaire, dépasse ses prérogatives légales, ce sont donc les forces vives qui doivent mener les réformes politiques et juridiques. Malgré tous les trébuchements, nous sommes contre le vide à la tête de l’Etat, et nous sommes prêts à contribuer à mener à bien cette transition.

Notre démarche est qu’on  critique, on fait des pressions, on accepte des choses avec des défauts, plutôt de demander l’annulation de ce qui a été fait et de faire entrer le pays dans l’anarchie et le chaos. 

La démarche du gouvernement actuel est qu’il impose à sa guise ses choix et positions. Nous voulons une méthode différente. Lorsque nous avons proposé au gouvernement  que Rached Ghannouchi regagne le pays, ils nous ont dit qu’il faut attendre la loi sur l’amnistie générale. Ils avaient peur que le retour de Ghannouchi se déroule à l’instar du retour de Khomeiny en Iran, que les gens sortent dans la rue, et qu’ils font tomber le gouvernement de Mebazaa, et instaurer un Etat islamique. Nous les avons rassurés, et nous leur avons assuré que l’on ne quittera pas le périmètre de l’aéroport. A l’occasion du retour de Ghannouchi, nous avons donné des consignés à nos militants pour qu’ils ne se déplacent pas à l’aéroport, les milliers des gens qui sont venus ce jour là sont des sympathisants. Il y a eu un groupe de détracteurs, nous leur avons donné le droit de venir et d’exprimer leur opposition, mais d’éviter les provocations. Il  y a eu des provocations, certaines affiches de ces opposants ont été déchirées, mais il n’y a pas eu violence, et les vidéos postées sur Facebook peuvent-être truquées.

Votre présence au gouvernement dépendra de votre poids futur au sein du parlement ?

Nous n’allons pas commettre l’erreur de 1989, où nous avons  participé aux élections avec tout notre poids. Ennahdha s’est présenté dans cinq circonspections, mais des listes indépendantes ont été présentées par nos sympathisants,  et nous avons obtenu un score de plus de 60%. Notre préoccupation actuellement, n’est pas de conquérir des positions, ou d’être présents dans le parlement ou dans le gouvernement, mais d’assurer la transition démocratique du pays, nous ne voulons pas que le peuple ait recours  au vote sanction, nous voudrions qu’ils votent pour nous, par conviction. Les priorités maintenant est la formation d’un conseil supérieur de la communication composé des différentes sensibilités politiques, la révision des lois politiques, le code de la presse, le code électoral, la loi sur les partis. Nous ne voulons pas le vide à la tête de l’Etat, nous voulons que toutes les forces vives y soient représentées…Notre pays connait une situation économique et social horrible, avec le couvre feu et l’instabilité. Exemple,  les professionnels du tourisme s’alarment, car c’est maintenant que commencent les réservations

Dans l’intérêt de la Tunisie, le prochain parlement doit rassembler tous les courants politiques et idéologiques : le courant de gauche, les libéraux, les arabo-musulmans. 

En 1989, 12 milles de nos militants des structures moyennes du parti n’avaient pas de droits civils et politiques, nous nous sommes présentés dans 5 circonscriptions et puis avec les listes indépendantes, nous étions présents dans 27 circonscriptions. Pour cette fois-ci, bien que nous soyons convaincus de notre assise populaire, nous allons nous présenter dans quelques circonscriptions seulement, nous sommes prêts à faire des concessions pour une transition démocratique réussie et pour l’intérêt du pays. On pense que les institutions démocratiques effectives, des programmes murs, et un peuple qui fera ces choix avec maturité et en connaissance de cause, sont autant de garanties qui ne peuvent pas être en place en six mois ou en deux ans, cela mériterait, à notre sens, cinq ans pour que les urnes soient l’arbitre dans la conduite des élections libres et transparentes. Nous voulons préparer maintenant un régime parlementaire, une idée largement soutenue, on en a assez du régime présidentiel.  D’autant plus que nous sommes une société homogène, nous n’avons pas de confessions ; le parlement peut donc traduire la volonté du peuple et représenter toutes les  familles intellectuelles de la Tunisie.

Quelle est la position du mouvement Ennahdha de la violence ?

En 1987, avant d’être Premier ministre, Ben Ali était le directeur de la sûreté nationale. Ils ont découvert nos archives, et ont tous pris, des camions entiers sont partis avec des documents, des communications téléphoniques, des études, littératures, etc. Tout ce qui concerne le mouvement de 1970 à 1987. Ils n’ont rien trouvé qui prône la violence. Toutes nos archives concernaient des affaires de prosélytisme, culturelles,  économiques etc. La culture du mouvement n’est pas une culture d’un mouvement armé. Si Ben Ali avait trouvé des documents qui prouvent la violence du mouvement, il ne nous aurait pas libérés en 1988.

Comment je peux prôner  la culture civile, en une seconde, je vais passer à la culture militaire. Est-ce qu’on peut préparer son enfant à la culture civile, puis le préparer au djihad et à la mort.

Depuis des années, on était sujet à l’injustice, à l’oppression…nos familles et nos enfants ont souffert, on nous a vu voir des choses que vous ne pouvez croire. En Tunisie, tous les partis nationalistes, de gauche, libéraux, ont été opprimés et emprisonnés, mais tous opté pour des méthodes de résistance civile. Les mouvements armés préparent dès le départ leurs  jeunes au djihad, aux armes et aux assassinats, ce n’est aucunement notre cas,  et cela doit rassurer  le peuple tunisien.

Moi-même, j’ai passé 14 ans de ma vie dans une  cellule de 2,5 m sur  1,5 m, je n'avais le droit de parler qu'au gardien.  Ma femme, mes enfants ont été persécutés, je suis professeur en Pharmacie, depuis 84 jusqu’à ce jour, je n’avais pas le droit de travailler. Lorsqu’on sort de prison on ne pense pas à la vengeance. On reste attachés à nos principes, à nos constantes et à notre ligne pacifique et civile.

Par ailleurs, le mouvement n’a jamais cautionné les actes de violence, s’agissant des opérations violentes survenues en Algérie ou ailleurs, nous avons toujours mis en garde contre ces méthodes prônant la force.  

J’ai déclaré récemment sur la chaîne al-Aqsa pro-Hamas que la réussite de notre révolution s’explique par trois raisons. La première est que pendant 50 ans, tous les opposants des tendances, nationaliste, de gauche, islamistes,  militants de droits de l’homme ont été emprisonnés. La deuxième est que la méthode armée n’a jamais été utilisée en Tunisie, tous les mouvements ont prôné la résistance pacifique. Je leur ai parlé du collectif du 18 octobre que nous avons lancé avec toutes les tendances politiques, PDP, FDTL, POCT, etc. où on a dialogué sur les questions de démocratie, relation Etat/religion, châtiments corporels,  acquis de la femme, et nous avons abouti à un compromis, notre voie vers la démocratie qui est disponible sur Internet.

Pour revenir à la violence, je vais vous lire des déclarations relayées par la presse étrangère et imputée aux responsables d’Ennahdha, et vous me dites, qu’est-ce que vous en pensez ?

"Rached Ghannouchi a toujours refusé de dialoguer; il a choisi le recours à la violence"  (Abdelfattah Mourou, Jeune Afrique du 12 juin 1991). « La violence ? Je ne peux pas la conseiller...mais je ne peux pas la désapprouver. » (Salah Karkar, Le Figaro du 8 novembre 1993)

La déclaration d’Abdelfattah Mourou reste à  confirmer. Je doute qu’il ait déclaré cela, il faut contacter Abdelfattah Mourou, pour le vérifier. Ennahdha a toujours prôné le dialogue, et le gouvernement le sait, nous avons dialogué avec Ben Ali, qui nous a dépêché Hassib Ben Ammar et Mustapha Filali, jusqu’à le mois précédant notre arrestation.

Salah karkar, c’est sa  position personnelle. Celui-ci a quitté la Tunisie depuis 1987 et il n’est jamais plus revenu. Mais, il faut voir dans quel contexte, il l’a fait cette déclaration, sachant qu’au début des années 90, notre mouvement a été violemment réprimé et 15 de nos militants sont morts sous la torture.

Vous avez déposé mardi dernier une demande de légalisation, avez-vous reçu le récépissé ?

Non pas encore. Nous avons déposé une demande, avec une liste de 53 personnalités.

Y-a-t-il des femmes sur votre liste ?

Huit femmes figurent sur la liste. Nous considérons la femme comme la moitié de la société, c’est clef du progrès. Mais, étant donné qu’on était persécuté et opprimé au cours de ces dernières années, nous avons voulu protéger les femmes. Dans l’avenir les femmes seront plus présentes au sein du mouvement et pourront occuper des postes de responsabilité. Pour ce qui est de la légalisation, normalement, celui qui dépose une demande pour un parti, et qui remplit les conditions, doit obtenir la légalisation dans les 48 heures. Le 6 novembre 1988, Ben Ali a rencontré Rached Ghannouchi et lui a dit que la légalisation du mouvement était dans la poche, on devait juste changer le nom du parti. Nous avons changé "d’Itijah al-islami" à Ennahdha. Et puis en juin 1989, on nous a dit que votre demande a été rejetée et que le mouvement est interdit. Pour cette fois-ci, nous espéraons que la volonté du peuple sera respectée, et que le mouvement sera reconnu. Notre crainte est que cette reconnaissance prenne du temps, et qu’elle soit tardive.

On a toujours tendance à comparer Ennahdha à l’AKP turc. Existe-t-il des dénominateurs communs entre les deux ?

L’AKP turc est un modèle dans le monde musulman. Mais, on ne peut pas transposer les expériences des autres dans notre pays. Chaque pays a ses spécificités. L’AKP a opté pour la progressivité, il s’est appuyé sur les urnes. Lorsqu’il a accédé au pouvoir, il y avait une crise économique asphyxiante, une inflation...il a réussi à résoudre des problèmes sociaux, économiques, à améliorer ses relations internationales, à offrir la prospérité, le progrès et le bien être pour le peuple turc. Atatürk a doté la Turquie d’institutions démocratiques, d’un Etat moderne, de justice moderne. Dans les pays arabes et en Tunisie, nous n’avons pas cela, on est passé d’une monarchie à une autre monarchie, sous le nom de la République. Un tel modèle ne correspont pas à nos réalités.

Rached Ghannouchi a déclaré qu’il n’appliquerait pas la charia en Tunisie, cela veut-il dire qu’il tolère la laïcité ?

Notre conception la charia est la suivante. Nous pensons que la religion, dans ses grands principes, repose sur la liberté. On ne peut pas imposer la foi par la force. Le principe de la liberté est fondamental en islam. Il y a aussi le principe du pluralisme et de la diversité.  Dieu a créé l’homme dans la diversité et la différence, la question est de savoir : comment organiser cette diversité. La charia est fondée sur la liberté et la justice. La force de la civilisation musulmane est qu’elle a pu assimiler les autres civilisations.

Je suis aussi prêt à vous parler de polygamie.  La femme doit participer à la vie politique, à la prise de décision. L’enseignement de la femme est un droit, son droit au travail,  sa citoyenneté sont indiscutables. A l’heure qu’il est, il y a un fort taux de célibat. Les femmes et les hommes ne peuvent pas se marier à cause de la crise sociale. En Tunisie, nous n’avons pas de problème de polygamie, et la Tunisie n’est pas prête à la polygamie. Ce sujet n’est ni dans les priorités, ni dans les programmes du mouvement Ennahdha. Nous espérons seulement qu’il y ait une femme pour chaque homme. Mais, les choses évoluent, et peut-être que cette question soit posée autrement par  les nouvelles générations.

Propos recueillis par H.J.

(Source : gnet.tn (portail électronique – Tunis), le 4 février 2011)

Lien : http://www.gnet.tn/temps-fort/tunisie-ennahdha-nest-pas-un-parti-religieux/id-menu-325.html


 

M. Hamma Hammami, porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT)

«Le dictateur s’est enfui, mais la dictature est encore là» !


 

Longtemps dans la clandestinité, le « Parti communiste des ouvriers de Tunisie » (PCOT et non POCT) , vient lui aussi, à la faveur de la révolte, retrouver, relativement, sa liberté de mouvement. Banni des médias jusqu’au 13 janvier, son porte-parole, et très probablement son futur Secrétaire général, nous raconte comment son parti a vécu cette révolution, nous explique pourquoi il est contre le gouvernement d’Union nationale et pour la constitution d’un Front du Gauche, le « Front du 14 janvier »…

Le Temps : Pour commencer, comment avez-vous  vécu cette Révolution ?

M. Hamma Hammami : au niveau du Parti, nous prévoyions déjà, dès 2008, l’entrée de la Tunisie dans une période de lutte  et de contestation sociale. On avait même évoqué l’éventualité d’une « Intifadha » surtout après les évènements du « bassin minier » qui exprimaient un malaise social général et une aspiration au changement. 

Depuis, il y a eu des mouvements de protestations à Skhira, Feryana, Jbenyana et il y a eu surtout, durant l’été 2010, la révolte des habitants de Ben Guerdène. A la suite de laquelle, et conscients de l’évolution sociale et politique dans le pays, nous étions convaincus qu’une révolte était en gestation. Bien sûr, nous étions dans l’impossibilité de prévoir quand elle éclatera, où et qu’elle sera la première étincelle, mais nous avons pris des mesures idéologiques, politiques et organisationnelles, pour s’adapter à une telle éventualité. D’ailleurs nous étions présents sur le terrain dès les premiers signes à Sidi Bouzid. Comme plusieurs  mouvements démocratiques et syndicaux,  nous étions présents dans toutes les régions où les mouvements de contestations ont eu lieu. Plusieurs de non militants ont été arrêtés

Nous avions eu la conviction que cette révolution serait cette fois-ci la bonne le jour où  elle s’est propagée à la capitale et plus précisément dans  les quartiers populaires de Tunis. Ainsi et lorsque les habitants de la cité Ettadhamen et cité El Intilaka ont occupé les rues le soir du 10 janvier dernier, nous avons, le lendemain, le 11 janvier, lancé le slogan «Ben Ali doit partir». Nous étions, en effet, conscients que la volonté du peuple d’en finir avec ce dictateur était irréversible et ce contrairement à certaines forces politiques réformatrices pour qui cet objectif n’était pas réaliste et qui étaient partisanes d’une réforme politique dans le système Ben Ali.

Seulement Ben Ali s’est enfui trois jours après…

- Ben Ali s’est enfui, pourtant, dans certaines de vos déclarations vos affirmez que la Révolution n’a pas encore abouti !

En effet, nous estimons au PCOT que nous sommes encore à mi-chemin. Le dictateur s’est enfui mais la dictature existe encore. Nous sommes convaincus que l’actuel gouvernement d’Union nationale, malgré les concessions faites, les réformes engagées et la présence de quelques partis de l’opposition, n’est, en fait, qu’un prolongement de l’ancien régime.

Il faut d’abord partir d’un fait, sur lequel nous sommes tous d’accord : les Tunisiens se sont révoltés parce qu’ils voulaient en finir avec ce régime de dictature. Or un régime ce n’est pas une personne, ce n’est pas uniquement Ben Ali, c’est aussi une constitution,  des lois, des institutions et des appareils, en l’occurrence l’appareil policier, pilier principal de la dictature. Le constat aujourd’hui est que toutes ces composantes sont toujours en place. Ce qu’on veut dire par cela, c’est qu’il ne faut pas réduire cette révolution à un train de mesures et de réformes mais à un changement total du système. Une révolution est une rupture avec le passé, et non une continuation. Dans cette rupture, c’est le peuple lui-même qui doit forger  son avenir et non une gouvernement illégitime et des commission qu’il a nommées.

A ce propos, nous avons proposé, au sein du Front du 14 janvier, la constitution d’un gouvernement provisoire composé de personnalités intègres n’ayant eu aucun rapport avec l’ancien régime et qui seront choisies suite à un congrès national qui verra  la participation de toutes les forces vives du pays dont, principalement, les représentants de toutes les régions qui ont été derrière cette révolution.

Nous avons proposé, par ailleurs, l’élection d’une assemblée constituante, selon une base proportionnelle, pour la mise en place d’une nouvelle constitution.  On parle aujourd’hui d’élection présidentielle dans les six prochains mois, mais qui a dit que le peuple tunisien voudrait encore d’un régime présidentiel. Il y a aujourd’hui beaucoup de voix qui appellent à un régime parlementaire.

Et puis et pour conclure sur ce chapitre, est-il normal, est-ce raisonnable de faire voter les nouvelles réformes promises par le gouvernement actuel par un parlement qui, comme nous le savons tous, n’a pas  été élu par le peuple mais désigné. Un parlement qui n’est pas représentatif et qui n’a aucune légitimité et qui est composé dans sa majorité absolue de représentants du RCD dont tout le peuple connait les dérives et qui est accusé aujourd’hui d’avoir lâché ses milices pour terroriser la population en connivence avec la police  politique et certains hommes d’affaires. En un mot c’est au peuple de décider  du régime politique qu’il voudrait. Cela ne pourrait se faire que par une assemblée constituante.

- Etre aujourd’hui contre ce gouvernement, ne craignez-vous pas d’être taxé de nihiliste, de celui qui refuse toujours tout ?

C’est vrai que certains nous accusent d’être des «nihilistes», des «éternel opposants», des partisans «du vide politique » … C’est un mensonge. Ceux là même qui lancent ces accusations, nous ont traités, dans le passé, d’être des « extrémistes » lorsque nous avons exigé le départ de Ben Ali. Ils le soutenaient, et lui demandaient juste de « réformer » le système. Lorsque Ben Ali est tombé, ils ont commencé à le taxer de dictateur et ont pris place au nouveau gouvernement.

Je suis sûr que si ce gouvernement tombe, ils le traiteront de tous les noms et se montreraient  des révolutionnaires de la première heure.

Nous ne sommes pas des nihilistes, nous sommes réalistes. Ce gouvernement ne représente pas les aspirations du peuple. Le peuple tunisien appelle à un vrai changement. Nous essayons d’être à son écoute et de lui montrer, en tant que force politique, le chemin.

- Vous venez d’évoquer le Front du 14 janvier. En quoi consiste exactement ce front et quels sont ses objectifs ?

Le Front du 14 janvier est né suite à une prise de conscience de l’importance, à ce stade, de la présence d’une force démocratique et progressiste unie. Toutes les composantes de ce Front ont milité, chacun à sa manière pour faire aboutir cette révolution, mais nos forces étaient éparpillées. Nous avons donc décidé d’unir nos forces dans le but de réaliser ensemble les aspirations de la révolution et de faire face à la contre-révolution.

Il est utile de noter à ce propos, que le Front du 14 janvier n’est qu’une partie de l’opposition et non toute l’opposition. Cela veut dire qu’il reste ouvert à toutes les autres forces qui croient en cette révolution et qui continuent à lutter pour qu’elle aboutisse.

Et là il faut préciser un point : le peuple tunisien a réussi cette révolution par ses propres moyens, sans aucun appui extérieur. La preuve, tout au long des péripéties de la révolution nous n’avons entendu aucun slogan partisan, religieux ou autre. Et c’est, sans aucun doute, l’un des points forts de cette révolution. Mais il y a aussi des points faibles. Une révolution ne peut aboutir en l’absence d’une direction politique et d’une organisation centrale. Une absence qui se fait de plus en plus sentir notamment dans les régions intérieures qui n’arrivent pas, encore, à faire entendre leurs voix. Nous devons dépasser cette carence, si nous voulons que la révolution continue et dans une unité remarquable.

-  Le Front du 14 janvier  ouvert à toutes les forces politiques. Peut-on comprendre que vous êtes ouverts à une alliance avec Ennahdha ?

Précisément, nous sommes en train d’en discuter au sein du Front. Cela concerne le mouvement Ennahdha, mais aussi les partis qui sont aujourd’hui au sein du gouvernement d’Union nationale ou en dehors de lui mais qui n’adhèrent pas au Front.

En ce qui concerne notre parti, le PCOT, notre position vis-à-vis d’Ennahdha dépendra toujours de sa position de la révolution et de ses objectifs. Nous considérons au PCOT qu’Ennahdha fait partie des composantes de l’opposition en Tunisie. Nous avons travaillé avec elle au sein du « Collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés ». Nous avons élaboré une plate-forme commune. Un minima que nous considérons comme inaliénable à savoir : les droits de la femme, la liberté de  pensée et du culte et la nature de l’Etat démocratique, etc... Un tel minima est nécessaire pour une coexistence dans le cadre d’un régime démocratique.

Par ailleurs, nous pensons, qu’à ce stade, entrer en conflit avec des forces de l’opposition ne peut que faire l’affaire de ceux qui veulent aujourd’hui faire avorter cette révolution. Ceux-là mêmes qui font planer le spectre de l’islamisme et de l’intégrisme, du « chaos », ou d’un coup d’Etat militaire. Nous devons préserver l’unité du peuple dans la lutte contre la dictature et aller de l’avant pour réaliser ses objectifs.

Bien sûr, une fois que les dernières poches de la dictature seront anéanties et qu’une vraie démocratie sera mise en place, chacun défendra et argumentera ses principes, qui ne seront pas forcément les mêmes et il reviendra au peuple de faire son choix.

- Après des années de clandestinité, ne pensez-vous pas qu’il est temps, que le PCOT sorte au grand jour ?  

Ce sera fait très bientôt.

Et puisque nous y sommes, j’ajouterais que notre premier bureau ouvrira à Jbeniana  dès la semaine prochaine.

- Et concernant votre support médiatique «El Badil» ?

Il sera dans les kiosques dès que possible.

-Enfin, un petit mot sur la situation internationale et plus précisément sur l’Egypte…

En ce qui concerne l’Egypte il faut d’abord préciser que c’est un soulèvement et pas encore une révolution. Il ne reste pas moins vrai que ces évènements auront des retombées régionales internationales vu son poids géostratégique et géopolitique en relation avec les intérêts américains et sionistes dans la région.

La révolution tunisienne, qui ne représentait pas vraiment en ce sens une échauffourée, a inquiété les Américains qui ont vite dépêché un émissaire à Tunis, que dire alors de l’Egypte ?

Filtman était là, en Tunisie pour « encadrer » le nouveau gouvernement. Les Américains, les Français, et autres gouvernements occidentaux, ne veulent pas que cette révolution  dépasse un certain plafond : une simple libéralisation du régime dans le cadre de la dépendance vis-à-vis de l’Occident.

Interview réalisée par Mohamed Ali BEN REJEB

Les victimes de la répression:

Mokhtar Ismail : 6 ans, 4 mois et vingt jours à travers 16 prisons

** "J'en savais trop sur Ben Ali… Et sur ses combines au service de la CIA, de mèche avec l'ambassadeur américain en Pologne Robert Pelletreau, devenu après ambassadeur en Tunisie"

Alors que l'ancien président est recherché par l'Interpol pour exportation illicite de devises, les témoignages se succèdent détournant l'accusation vers les crimes contre l'humanité.

Nous avons longtemps entendu parler durant les deux dernières décennies d'histoires de torture dans la fameuse cave du ministère de l'Intérieur. Le nouveau ministre Farhat Rajhi a déjà commencé à donner un grand coup de balai à ce ministère, décrit comme "terroriste", mais cela suffit-il à effacer les souffrances de centaines de personnes qui y ont été enterrées vivantes?

Les personnes témoignant ne cherchent pas vengeance, mais justice. Elles dénoncent ceux qui ont participé à la machine infernale instaurée et dirigée par l'ancien président et qui ne visait qu'à le maintenir en place le plus longtemps possible et à faire taire ceux et celles qui détiennent des informations nuisant à son image.

Mokhtar Ismail âgé de 69 est aujourd'hui en état de "précarité totale" puisqu'il avait passé 6 ans dans 16 prisons à l'époque de Ben Ali. Ayant eu deux AVC lors de son emprisonnement, il a purgé sa peine, mais a quitté la prison de Gafsa le 17 mai 1995 avec du diabète et des troubles de la tension. "C'est un miracle que je sois encore vivant" témoigne-t-il. 

Et pourtant, cet homme, fondateur du Consulat général de TUNISIE près les gouvernements de l’OTAN (USA, GB, et France) à Berlin-Ouest en 1980 et Ex- directeur de l’Agence Tunis Afrique Presse-TAP à BONN (RFA) durant plus de 8 ans avait des bons contacts avec l'ancien président. Ce dernier lui aurait même demandé de l'aider à inscrire ses trois filles conçues de son mariage avec Naima Kefi, à Berlin Ouest avant de les inscrire, lui-même finalement en Pologne. Et c'est peut-être car Mokhtar Ismail en savait un peu trop, que Ben Ali n'a pas tardé à le jeter en prison.

Le calvaire commença néanmoins suite à des déclarations faites le 25 septembre 1988 à la réunion de quelque 400 journalistes à la maison Ibn Khaldoun à Tunis. "J’ai osé mettre en garde l’opinion publique contre le danger de ce sinistre général qui avait pris la Tunisie en otage, la charrette est toujours la même, seul le baudet a changé" Se souvient-il en revenant à la case départ, de sa descente aux enfers…

Des personnalités importantes de l'époque ont été témoin de cette déclaration. Or ils faisaient partie des "yeux et oreilles de Ben Ali", premiers accusés dans le témoignage de Mokhtar Ismail.

"Aussitôt, un procès fut fabriqué par Ben Ali et on me condamna à 6 ans de travaux forcés par une justice inféodée au régime. Un tribunal présidé par TAIEB BEN ABID décréta le verdict le 01/11/1988 pour m’interner tard la nuit à la prison du 9 Avril Tunis. Ben Ali ne m’a pas pardonné d’avoir été au parfum de beaucoup de secrets forts compromettants, j’étais la cible idéale de ces « pasdarans » du régime hitlérien." Poursuit Ismail dans son témoignage.

Quels sont ces secrets? De quoi accuse-t-il l'ancien président, à part le fait d'avoir ordonné sa torture bien évidemment.

"C'est un agent de la CIA, un primitif. Il n'a pas fait plus de trois ans d'études secondaires et après les évènements de Gafsa de 1980, Bourguiba l'a désigné au Pakistan comme ambassadeur. Les Etats-Unis sont intervenus pour qu'il aille à Varsovie (Pologne). Là-bas, il a noué des relations avec Robert Pelletreau, ambassadeur américain en Pologne et qui a participé à la chute du régime et à la prise du pouvoir par Le général Wojciech Jaruzelski. Pelletreau a ensuite été nommé ambassadeur en Tunisie, où il a beaucoup œuvré pour l'accession de Ben Ali au pouvoir (1987-1991). Ben Ali a joué un grand rôle dans les manigances, les renseignements et mêmes manipulations avant d'arriver au pouvoir.

Après mes déclarations, j'ai dû endurer 6 ans 4 mois et 20 jours dans plus de 16 prisons avec un lot quotidien de tortures et de tentatives de liquidation physique. Mohamed Zoghlemi est par ailleurs décédé en prison, puisqu'après ma libération, j'ai fait un rapport confidentiel l'accusant de détournement de fonds, ce qui a été prouvé par l'enquête ouverte suite audit rapport. Et j'accuse aujourd'hui, Ahmed Hajji, qui était directeur général des prisons d'avoir offert le titre foncier Borj Amri (de cinq hectares) à Ben Ali en 1990 – 1991.

"Pas moins de 12 livres parlant du régime m’ont été confisqués et détruits. J'ai néanmoins été libéré 2 fois; le 8 Juin 1989, pour non lieu par la Cour de cassation, rejugé le 28/06/89 pour la même peine, les conditions inhumaines de ma détention, c'était un calvaire, plusieurs fois frôlant la mort après des comas de 6 à 10 jours." Ajoute Mokhtar Ismail.

Et il dénonce "les dégâts physiques et mentaux perpétrés par Ben Ali, Abdelwaheb Abdallah, Abdallah Kallel, Mohamed Ali Ganzoui et d'autres encore…"

"Ce que Ben Ali m'a fait subir, ainsi qu'à des centaines d'autres ce sont tout simplement des crimes contre l'humanité"…

Hajer AJROUDI

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 4 février 2011)

Jelloul Azzouna, président de la Ligue des Ecrivains Libres…enfin, libre !

Emprisonné et interdit de publication pour avoir défendu la liberté d’expression !


 

Romancier, nouvelliste et critique littéraire, Jelloul Azzouna est l’auteur de nombreux écrits dont « Et demeure la question » (Wa yabqa assou èl, Maison Arabe du Livre, 1981), « Le Pain, l’amour et le délire » (Al Khobz wal Hob wal Hedheyen, Bouslama Edition ,1991) , « Le déshonneur, les criquets et les singes » (Al Ar wal jarad wal qirada, Imprimerie de l’U.G.T.T.,1993) ,  Mon Amour pour qui ? ( Ichqi limen yabqa ? Sahar Edition, 1998 ).  Il est tout à la fois,  fondateur et président de la Ligue des Ecrivains Libres depuis 2001 comme il est  aussi fondateur du Parti de l’Unité populaire, (PUP) en 1981 dont il fut écarté de la direction par la police de Ben Ali en 1988.

Incarcéré en 1989 pour ses prises de position en faveur de la liberté d’expression, il devient  ainsi premier prisonnier politique de l’ère Ben Ali.

Le temps où l’on muselait et bâillonnait la liberté d’expression est révolu. Nous avons eu l’honneur de recevoir Jelloul Azzouna dans nos locaux et lui avons réservé  l’espace dont il a été privé sur ces mêmes colonnes pour s’exprimer. Interview.

Le Temps : durant de nombreuses années, vous avez été écarté, voire interdit de la scène culturelle et intellectuelle pour vos prises de position et vos écrits. Pourquoi ?

-Tout simplement, pour avoir défendu la liberté d’expression et d’organisation. D’abord, en tant que militant et fondateur du Parti du l’Unité Populaire (PUP), qui a voulu suivre en 2008,  une ligne politique d’opposition véritable au régime de Ben Ali, et ensuite, en tant que fondateur de la Ligue des Ecrivains Libres (LEL), qui a mené toute une campagne de lutte contre la censure. Pour vous citer un exemple, l’accès à l’établissement de la radio tunisienne m’a été interdit depuis la première année de l’ère Ben Ali. Présentant avec feu Abdelhamid Bel Algia une émission sur le malouf dont la première diffusion remonte à 1980, on m’a interdit de la poursuivre en 1989, sans aucune explication.

Ne pensez-vous pas que le brutal effondrement du régime de Ben Ali a ouvert la voie vers une démocratie et une liberté de l’information ?

Après les journaux français interdits auparavant  en Tunisie (Libération, le Monde, Le Canard enchaîné…), la majorité des livres anciennement bannis, sont d’ores et déjà exposés dans nos librairies dont « La Régente de Carthage ». Qu’en pensez- vous ?

-La révolution tunisienne et de sa jeunesse a brisé le carcan de la dictature de Ben Ali ouvrant ainsi la voie à la liberté . Il est normal de voir tous les titres interdits exposés dans les vitrines de nos librairies. Mais il reste beaucoup à faire parce que tous les organismes de la dictature sont encore en place d’où la nécessité de la vigilance la plus absolue de tous les citoyens et à tous les niveaux.

Cette vigilance devient absolument requise pour ouvrir une nouvelle page où l’on trouverait le respect total des opinions les plus diverses et la tolérance de toutes les approches contraires.

La liste dont les lisières débordent de livres interdits, est longue. Ben Ali a saisi au moins une soixantaine de livres en dix ans, en comparaison à l’ère de Bourguiba où seulement une dizaine d’ouvrages ont été saisis . Il faut dire aussi, que malgré l’annonce de Ben Ali  le 7 novembre 87, de ne plus censurer les livres,  on constate l’interdiction d’un grand nombre de titres dont, « Du changement démocratique »  de Abderrahmane Abid, « Mon destin est de partir » de Fadhel Sassi, « Poèmes pour l’Irak » de Abejjabar El Ech, « Journal du militant » de Arbi Akremi, « Un capitaliste qui a réussi » de Habib Hamrouni et « La tempête et le deuil »  de Abdelkader Dardouri, sans oublier les livres signés, Moncef Marzouki, Hamma Hammami et Taoufik Ben Brik.

Donc, un grand nombre de titres attend d’être republié ou rediffusé. « Liberté et littérature, même identité » dont je suis l’auteur, a été saisi durant cinq ans, de 2003 à 2008, mais le dernier livre interdit, c’était le 1er janvier 2011, un recueil de nouvelles de Abdelkader Dardouri, « La tempête et le deuil ». Son auteur qui était le président de la section de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme ,( Kelibia, Korba, et Menzel Temime),  est décédé le lendemain.

Votre prise de conscience politique et votre conviction en la nécessité de combattre l’oppression, l’injustice et l’inégalité vous poussèrent à vous faire l’écho des préoccupations de vos concitoyens et à opter pour une littérature engagée comme en témoigne votre récit « Les criquets et les singes » où il est question de rêves avortés , d’ ambitions déçues et de révolte sauvagement réprimée d’une génération , celle des années soixante- dix. Peut-on parler du caractère prémonitoire du récit

 -Effectivement, ma prise de conscience est relativement précoce pour la lutte pour les libertés ; je suis issu d’une famille de paysans sans terre à Menzel Temime, et militante dans la lutte contre le colonialisme français et ayant vécu à l’âge de huit ans, la répression coloniale contre les nationalistes ; ( l’arrestation en janvier 1952 de mon oncle maternel, Habib Soussi, (il était membre du conseil national du Néo-Destour), l’arrestation de mon frère aîné, Hamadi Azzouna, (militant de base), de mon directeur d’école primaire Ali Bouothmane, de mon instituteur Bouothmane Bouothmane, de mon beau frère, Mahmoud Ben Hammouda et du mari de ma tante, Ahmed Ben Fadhel).

Ensuite, j’ai participé dès l’âge de dix-sept ans, aux activités de la Jeunesse Scolaire au collège Sadiki,  puis milité à l’UGET (à Tunis et à Paris).

Ma rupture la plus importante avec le Régime de Bourguiba a eu lieu en 1974, à l’annonce de sa présidence à vie. j’ai présenté ma démission du PSD.

Depuis, j’ai entamé une activité de militant au MUP, (Mouvement de l’Unité Populaire), au PUP, (Parti de l’Unité Populaire), dont je devins en 1981, l’un des fondateurs et premier rédacteur en chef de son journal, « Al Wihda » (L’unité).

Dans mes écrits, cette vie de militant a laissé des traces tangibles qui ont été relevées par un certain nombre de critiques. De même, de nombreux papiers de présentation de mes premiers recueils de nouvelles ont vu le jour sous les plumes de Moncef Khemiri, Anouar Attia, Mahmoud Tarchouna, etc…

A mon avis, la littérature n’a jamais été une transposition de la réalité mais plutôt, l’écho de la vie, de ses événements et de la conviction profonde des écrivains ; « Les criquets et les singes », mon premier roman, en est l’illustration.

L’Union des écrivains tunisiens a été toujours à l’image de ce que l’ancien régime voulait donner. Quel rôle voyez- vous à l’avenir ?

-Ayant été membre de cette Union dès l’année 1972 et ayant été élu membre du comité directeur de 1985 à 1996, j’ai dû démissionner de cette responsabilité publiquement et par écrit lors de la tenue du congrès de 1996. Cette Union a été détournée de sa tâche initiale et essentielle qui est celle de défendre la liberté d’expression comme le stipule l’article premier de ses statuts. En effet, l’Union des écrivains a été tout simplement transformée en cellule du parti au pouvoir éliminant et ignorant toute voix discordante et contestataire. Un certain nombre d’écrivains a eu alors recours à la création en 2001 de la Ligue des Ecrivains Libres (LEL)  qui n’a jamais pu obtenir d’autorisation officielle d’où le recours au tribunal administratif et l’affaire est toujours en cours.

Cette situation ne nous a pas empêchés de mener nos activités malgré l’absence totale des médias invités à les couvrir. On a tenu en dix ans, presque une centaine de réunions dont un grand nombre a été interdit par la police. Pour un  rassemblement composé  d’une vingtaine ou une trentaine de personnes, on nous envoie une cinquantaine de policiers politiques ; les deux dernières  réunions interdites remontent au mois de mars 2010. Malgré cet encerclement continu, on a pu se rencontrer à Tunis, Monastir, Kairouan, gabes, Sfax Gafsa, Kélibia, Menzel Temime, etc…grâce aux efforts des différentes Sections de la Ligue  des droits de l’homme. Ces réunions ont pu avoir  lieu aussi au local de la section d’Amnesty international à Tunis, place Barcelone.

A ce propos, nous tenons à rendre hommage à l’association internationale ALTALER (atelier en espagnol), dont le président d’honneur n’est autre que Nelson Mandela et dont le siège principal se trouve à El Menzah 5 et dont on a  disposé tout le temps malgré l’interdiction  par la police et les tracasseries causées à la directrice de ce centre , Corinne Comar, (indienne).Nous tenons aussi à rendre hommage à deux organismes internationaux qui ont aidé LEL.

D’abord, l’Union internationale des éditeurs qui nous a aidés à assister à Genève en 2005 au premier Sommet international de l’informatique. La deuxième association, c’est Pen international qui nous a permis d’être présents au congrès international organisé à Istanbul en 2006 pour protester contre la censure en Turquie et dans le monde

Par ailleurs, nous avons établi durant une dizaine d’années, une liste non exhaustive des livres saisis par Ben Ali que nous avions diffusée sur Internet  et nous avons écrit des dizaines d’articles dénonçant la censure , parus dans « Al Mawkif », « Attarik Al Jedid et « Mowatinoune ». Nous avons aussi adressé des lettres ouvertes et des lettres recommandées à l’ex- président de la République, au Premier ministre, aux ministres de l’Intérieur et de la Culture, au Gouverneur de Tunis et à l’Union des écrivains tunisiens. Mais vous devinez la suite; tous ces écrits sont restés lettre morte !

Propos recueillis par :  Sayda BEN ZINEB

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 4 février 2011)


Tunisie : l'avion utilisé par MAM appartiendrait au clan Ben Ali


Les vacances d'hiver tunisiennes de Michèle-Alliot Marie continuent de provoquer des remous. Le site d'information Mediapart affirme, dans une enquête mise en ligne vendredi, que l'avion privé emrpunté par la ministre des Affaires Etrangères durant son séjour appartient en fait au clan Ben Ali, chassé du pouvoir le 15 janvier dernier. 

L'escapade tunisienne de MAM fin décembre est au coeur d'une polémique depuis les révélations  

du «Canard Enchaîné» publié mercredi.

L'hebdomadaire satirique avait révélé que la ministre, ses parents et son compagnon Patrick Ollier s'étaient rendus en Tunisie alors en plein soulèvement populaire. Le Canard précisait qu'ils avaient voyagé de Tunis jusqu'à Tabarka à bord du jet privé d'un ami de MAM, l'homme d'affaires Aziz Miled.

Pressée de questions par l'opposition qui réclame sa démission, Michèle Alliot-Marie a présenté Miled comme étant «plutôt une victime du clan Ben Ali». L'enquête menée par les journalistes de Mediapart dévoile que le jet en question était surtout utilisé par le beau-frère du président Zine el-Abidine Ben Ali.

«Rien de nouveau» pour le cabinet de MAM

«Officiellement, il appartient au
groupe Nouvelair, fruit d'une fusion entre la compagnie éponyme de M. Miled et celle de Belhassen Trabelsi, Karthago Airlines, devenu PDG de la nouvelle entité», poursuit Mediapart. Cette fusion est intervenue en 2008 et Miled a du céder sa place de PDG au gendre du président tunisien, tout en restant actionnaire majoritaire de la nouvelle entité.

«D'après les relevés de l'office européen d'aviation EuroControl, insiste Mediapart, le jet du scandale (...) est enregistré au seul nom de la compagnie Karthago Airlines, une société fondée par Belhassen Trabelsi, le beau-frère honni de Ben Ali, et pièce centrale du système de corruption tunisien», ajoute-t-il.

Le cabinet de la ministre des Affaires étrangères estime que les informations de Mediapart n'apportent rien de nouveau. «Depuis le début, on dit que l'avion appartenait à la société Nouvelair dont Aziz Miled est fondateur et qui a été associé de force à Trabelsi», ajoute le cabinet.

Dans une conférence de presse organisée avec son homologue tunisien, Ahmed Abderraouf Ounaïs, MAM a rappelé que «M. Miled ne fait pas partie de la liste des personnalités tunisiennes soumises au gel de leurs avoirs par l'Union européenne. Cette liste a été établie à la demande des autorités tunisiennes». Ce gel a été décidé lundi par l'UE et concerne les avoir de Ben Ali et de son épouse. Les noms de proches de l'ancien président pourraient y être ajoutés. Aziz Miled fait en revanche partie de la liste des personnes dont la Suisse a gelé les avoirs le 19 janvier.

Source : « Le parisien »  Le 04-02-2011

Vous n’êtes pas la bienvenue en Tunisie, Mme la Ministre !


 

Les reproches doivent être adressés beaucoup plus à ceux qui incitent au mal qu’à ceux qui le font. C’est le cas de la ministre française des Affaires étrangères qui avec son compagnon, vient de passer le week-end à Tabarka, en acceptant la proposition de l’homme d’affaires Aziz Miled de l’accompagner durant le voyage à bord de son jet privé.

En effet, Michèle Alliot – Marie qui trois semaines auparavant a « généreusement » proposé une aide au régime de Ben Ali pour mater la Révolution et de mettre en exergue l’expérience de la police française en matière de répression, trouve le culot de passer des moments d’agrément en Tunisie (quel toupet).

 

 

Il s’agit là, d’une preuve tangible d’un cynisme sadique et de manque de pudeur et d’une faillite criarde de diplomatie d’une Ministre chargée des relations extérieures de la France, un pays qui a été à la base de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, suite à la révolution de 1789, mais qui a raté celle de notre glorieuse jeunesse.

Cette dame qui porte manifestement des gènes colonialistes aime la Tunisie certes mais semble détester son peuple. Une hypnose qui va sûrement conditionner la suite de sa carrière. D’ailleurs Michèle Alliot – Marie se trouve aujourd’hui au centre d’une polémique et cible privilégiée des partis français qui ne cessent de la critiquer pour son « geste généreux » pour voler au secours d’un régime oppresseur et sanguinaire du président déchu Ben Ali.

Source : « le Temps » Le 04-02-2011

Tunisie : ils ont fait l’e-révolution


 

Sur un mur de l’avenue de France, dans le centre de Tunis, des manifestants ont tagué : « Tunisie, démocratie, liberté, laïcité » et juste à côté : « Merci Facebook ». A l’autre bout de la ville, dans un café près du lac de Tunis, une trentaine de facebookeurs, blogueurs et autres twitteurs se sont donné rendez-vous. Moins de deux semaines après la chute de Ben Ali, ils sont venus pour créer une association contre les nouvelles formes de censure. La plupart ont entre 22 ans et 35 ans, autant de femmes que d’hommes, ils sont architectes, profs, chômeurs, médecins, étudiants, cadres ou graphistes : un échantillon représentatif de la classe moyenne citadine. Ce sont quelques-uns des innombrables internautes tunisiens qui, en lien avec les déshérités du Sud, ont fait la révolution que leurs parents n’espéraient plus. « Quand j’ai vu que nous étions des dizaines de milliers à échanger des informations qui pouvaient tous nous conduire en prison, j’ai compris qu’il se passait quelque chose d’irréversible. Le 13 janvier, il y avait 1,5 million de personnes connectées simultanément à Facebook dans un pays de 11 millions d’habitants », dit Karim, 34 ans, informaticien.

Partout, des « publinets » à 1 dinar de l’heure la connexion

A la terrasse du café, ils racontent les uns après les autres comment la vague internet est montée depuis la répression en 2008 de Redeyef, dans le Sud-Ouest, comment une communauté virtuelle de jeunes Tunisiens a relayé les manifestations et les risques physiques pris par d’autres jeunes face à des balles réelles à Sidi Bouzid ou à Kasserine, comment deux mondes qui ne se connaissaient pas - les plus pauvres des petites villes du Sud qui n’avaient rien à perdre, et les classes moyennes de Tunis qui ne manquaient que de liberté - se sont unis pour faire tomber le régime Ben Ali. Les plus misérables, ceux qui ont tout lancé en descendant dans la rue, étaient eux aussi connectés, expliquent-ils. Dans la moindre bourgade de Tunisie, il y a des « publinets » où, pour 1 dinar de l’heure, on accède au monde entier. Karim a même rencontré des bergers qui partageaient des vidéos grâce à des téléphones portables et des clés USB.

En parlant, les cyberactivistes réalisent qu’au cours de ces deux dernières années, ils sont passés, presque malgré eux, par un apprentissage politique et militant. Pour Zyed, 27 ans, cadre dans une multinationale, tout a commencé par un blog qui n’avait strictement rien de politique. « Mais s’exprimer, même sur des sujets insignifiants, c’est déjà une libération. » Petit à petit, il a commencé à critiquer subtilement, tout en restant très prudent. « Sauf que la liberté d’expression est une addiction : à un moment, on en veut plus. C’est en 2010 que je suis passé à plus dur, comme tout le monde. »

La guerre de l’info sur le réseau

Ils décrivent aussi les intrusions sur leurs pages, le ammar 404 (« erreur 404 ») des pages censurées, l’échange d’outils pour contourner la censure. Tous ont dû apprendre à traiter les informations qui arrivaient. Le 13 janvier, Nadia, 30 ans, qui vit à Paris depuis trois ans, a pris le premier vol pour Tunis. Depuis des mois, sur Twitter, elle répercutait les nouvelles venant des petites villes, jusqu’au moment où elle a compris qu’il fallait vérifier et filtrer ce qui arrivait, à cause des exagérations « lancées pour nous diviser ». Elle recoupe, cherche la source, demande des photos et des vidéos à ceux qui sont sur place. « Une vraie guerre, nos adversaires utilisaient les mêmes armes que nous », dit Amal, 26 ans, responsable de communication.

Et cette déferlante d’informations et d’encouragements à manifester qui a submergé le pays juste avant le 13 janvier ! Eux-mêmes en sont encore surpris. « Tous mes amis, mais aussi ceux de mon petit frère de 15 ans, étaient sur Facebook et Twitter. Ils relayaient des centaines de milliers de nouvelles venues de partout, dit Karim. Je croyais que les jeunes se foutaient de la politique, j’avais totalement tort. » Quand, après les provinciaux, les Tunisois sont à leur tour descendus dans la rue, ils ont continué à transmettre. Après la manifestation du 13 à Tunis, Khawla, 26 ans, étudiante en design, s’est retrouvée parmi la centaine de manifestants réfugiés dans l’hôtel Carlton pour échapper à la police. Au milieu de la nuit, des coups, des hurlements, et quelqu’un crie : « La police a des renseignements, ils cherchent quelqu’un qui diffuse une vidéo par le réseau Orange sur Al-Jezira, éteignez vos portables, sinon ils vont nous extraire des chambres ! »

Aujourd’hui, Ben Ali est tombé, mais les blogueurs semblent toujours aussi mobilisés. « J’essaie d’être utile à une information aussi intelligente que possible, dit Sana, 31 ans, juriste. D’un côté, je fais connaître Twitter et les blogueurs à mes amis universitaires. De l’autre, j’utilise ma culture juridique et politique pour alimenter Internet. A cause de la censure de ces dernières décennies, la culture politique est très faible dans ce pays. »

Ils doivent partir avant le couvre-feu, mais d’abord, les trente cyberactivistes votent une motion « condamnant la pratique de la censure sous une nouvelle forme ». Sur les écrans, plus de ammar 404 depuis le 15 janvier mais, parfois, une page qui affiche : « Contenu contraire aux bonnes mœurs ou incitant à la haine. » « C’est ça la démocratie ? » demande une étudiante. Amal, lui, a créé un think tank (revolutiontunisienne.com [page encore inactive, ndlr]) avec des Tunisiens de France pour faire des propositions et éviter que les islamistes n’occupent le terrain. D’autres, comme le chanteur Bendirman, le blogueur Azyz Amamy et quelques-uns de leurs amis, notamment la chanteuse Neyssatou et le blogueur Bylasko, ont monté un collectif pour créer un journal et une radio. « On parle de révolution des jeunes, mais les vieux monopolisent l’espace d’expression. Nous devons avoir nos médias. »

Source : « Liberte » Le 04-02-2011

Avec Paris, les Tunisiens tournent la page


 

   Les ressentiments envers la France passent au second plan. 

Avenue Bourguiba, le passé n'intéresse plus grand monde. Ali, l'un des jeunes qui manifestent quotidiennement devant le ministère de l'Intérieur, ancien siège de la répression, ne se passionne guère pour l'envoi de grenades lacrymogènes par la France ou les vacances de Michèle Alliot-Marie. «On n'est plus une colonie. Ce qui nous intéresse, c'est nous, notre avenir, ma démocratie», dit Ali, diplômé chômeur de 22 ans. Interrogé sur la polémique, le nouveau secrétaire d'État chargé des Technologies de la communication, Sami Zaoui, qui a passé quelques années en France dans un gros cabinet de consultants, tient à relativiser une situation «compliquée». Il confirme que l'homme d'affaires Aziz Miled, hôte de MAM dans son jet privé, a bien été spolié par le clan Ben Ali: «Il avait une belle compagnie, et il a été obligé de s'associer à une compagnie privée naissante liée à la famille

Le gouvernement de transition «veut jouer l'apaisement» et préfère regarder vers l'avenir, assure-t-il, même si, à titre personnel, il «n'oublie pas le passé». Pour lui, «la France reste un partenaire essentiel. Il y aura continuité de l'État. Les accords économiques seront respectés. Seuls des contrats extérieurs extrêmement déséquilibrés, si nous en découvrons, pourront être remis en cause.» Sur le plan politique, la Tunisie nouvelle se sent proche de la France et «de son système de valeurs fondé sur les droits de l'homme», ajoute-t-il.

«Deuxième indépendance»

Les ressentiments passent aussi au second plan chez les intellectuels juristes, journalistes, écrivains, fiers de parler désormais d'égal à égal avec Paris. «La démocratie est une demande interne à notre société. Plus personne ne peut nous dire que la démocratie est une idée occidentale. À partir de janvier 2011, c'est une idée tunisienne», s'exclame, dans une interview au quotidien La Presse, le président de la commission de la ré­forme politique, Iyadh Ben Achour. «L'époque où Jacques Chirac pouvait affirmer que le premier droit de l'homme était de manger et où Dominique Strauss-Kahn vantait le modèle économique tunisien» provoque regret et commisération chez Sadok Belaïd, recteur de l'Université libre de Tunis.

«Les dirigeants français regardaient toujours la Tunisie comme une dépendance», dit cet ancien doyen de la faculté de droit, attristé par toutes ces années où «la France n'a pas répondu à l'appel» et où «elle a donné l'impression de croire sincèrement les affirmations du régime alors qu'elle avait tous les moyens de savoir qu'il était fondé sur l'arbitraire mafieux et la torture ». Pour Sadok Belaïd, l'indulgence française a commencé avec la vision du régime Ben Ali comme «rempart contre l'isla­misme».­ Elle est devenue incompréhensible, selon lui, quand Paris a fermé les yeux sur «la persécution des démocrates par une police criminalisée» et la «répression sanglante des mouvements sociaux». La dernière période du régime, «paroxysme de tyrannie et de frénésie mafieuse», n'a toujours pas sus­cité de réprobation, se désole le professeur, qui accuse le «verrouillage de la communication», en Tunisie comme en France.

Révolution autocentrée

Zohra Abid, rédactrice en chef du blog économique Kapitalis, dénonce comme de nombreux autres observateurs l'action de la toute-puissante Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE) et de son réseau de «personnalités étrangères» chargées de «relayer la propagande “benalienne” dans leur pays».

Ce système disparu n'intéresse plus aujourd'hui que la commission contre la corruption, qui vient de commencer son travail. Les Tunisiens veulent entretenir une «relation adulte» avec la France. «Nous vivons une deuxième indépendance, dit le journaliste Samy Ghorbal. Ce changement, les Tunisiens l'ont réalisé seuls. C'est une révolution autocentrée. Bien entendu, nous ne serons pas indifférents vis-à-vis de l'étranger. Ils seront contents si leur émergence démocratique est accompagnée par leurs amis français ou américains. Mais ils ont appris à ne compter que sur leurs propres forces.»

Pour le professeur Belaïd, les deux peuples ont toujours un avenir commun: «Les familles tunisiennes qui font des sacrifices pour l'éducation de leurs enfants seront toujours ravies de les voir s'ouvrir à la culture française.» Quant aux deux pays, Sadok Belaïd rêve de les voir constituer le noyau d'un nouvel ensemble, une union progressive des États du «sud de l'Europe» et de ceux du sud de la Méditerranée, modelé sur l'Union européenne.

Source : « Le Figaro » Le 04-2011

Les paternalistes et néocolonialistes en tous genres reprennent du service


 

Depuis quelques jours, on assiste à un concert de spéculations sur la situation en Tunisie assez étonnant, une ribambelle d’experts défile à la télé, des hommes et des femmes de tous bords dictant aux Tunisiens leur conduite future. Ceux-là mêmes, qui, pendant des décennies, soutenaient activement ou par leur silence le régime de Ben Ali, sont aujourd’hui de retour.

Ceux qui parlaient «du miracle tunisien», «du rempart à l’islamisme» mais ne trouvaient rien à redire sur le régime, la répression, les atteintes aux droits des Tunisiens. Ceux qui comme Antoine Sfeir se sont démultipliés, par le passé sur les plateaux, vantant le régime de Ben Ali jusqu’à participer activement à sa propagande lors des dernières élections et accusant les opposants de dramatisation et d’exagération, tous ceux-là nous offrent un show indécent.

Quinze jours, à peine, après la chute du dictateur, les voilà remis en selle par des médias complaisants. Des médias qui ont, au passage, brillé par un silence assourdissant sur la révolution en Tunisie quasiment jusqu’au bout, à l’instar du gouvernement, qui, égal à lui-même et arrogant, a misé sur la dictature pour protéger ses privilèges.

à peine Ben Ali déchu, des paternalistes et néocolonialistes en tous genres reprennent du service. Ils nous demandent d’organiser des élections au plus vite, de trouver un terrain d’entente avec le RCD, d’enterrer vingt-trois ans de dictature en un temps record. La Belgique n’a pas de gouvernement depuis des mois, ils ne s’en mêlent pas. Les Tunisiens n’ont-ils pas le droit de faire leur transition démocratique souverainement à leur rythme? La Tunisie n’est pas sous tutelle et les Tunisiens n’ont besoin de personne. Ils ont réussi à virer un dictateur, pourquoi ne seraient-ils pas capables de virer le RCD? Jusqu’à quand une certaine classe politique française restera-t-elle paternaliste et néocoloniale? À ceux-là, j’ai envie de dire : vous n’avez rien compris à la Tunisie et aux Tunisiens.

Source : « L’humanite » Le 04-02-2011

Tunisie. Ben Ali a-t-il fui dans le jet privé de Aziz Ben Miled?


 

L'avion qui a transporté la ministre des Affaires étrangères française, Michèle Alliot-Marie, la veille du jour l'an, de Tunis à Tabarka, est-il le même qui a transporté Zine El Abidine Ben Ali et Sakher El Materi de Tunis à Cagliari le soir du 14 janvier?

Le jet de marque Bombardier, qui a conduit la ministre des Affaires étrangères française, Michèle Alliot-Marie, ainsi que sa famille et le ministre Patrick Ollier, son compagnon à Tabarka (pour les vacances du Nouvel An), a été repéré, une dizaine de jours plus tard par la police italienne à l’aéroport de Cagliari, dans l’île de Sardaigne. Est-ce le même avion qui a servi à transporter l’ex-président Ben Ali et certains membres de sa famille, dont son gendre Sakher El Materi, dans leur fuite de Tunisie, le 14 janvier au soir?
Selon une enquête menée à ce sujet par nos confrères de
‘‘Mediapart’’: «D’après l’historique des vols de l’appareil, le jet utilisé par la ministre des Affaires étrangères entre Noël et le jour de l’An, un Bombardier Challenger 604 immatriculé TS-IBT, est en effet parti de Tunis dans la soirée du 14 janvier, jour de la chute du despote Ben Ali, pour se rendre à Cagliari, en Sardaigne. Le dernier mouvement connu de l’avion, qui a aussi fait plusieurs allers-retours entre Tunis et Paris les 12 et 14 janvier, remonte au 15 janvier, à deux heures du matin. Sa destination finale demeure, pour l’instant, inconnue».  

Source: ”Kapitalis” Le 04-02-2011

Maghreb des livres spécial Tunisie

MMmM

Maghreb des livres spesial Tunisie


 

Actualité oblige, la 17ème édition du Maghreb des livres met à l’honneur des lettres tunisiennes. Rendez-vous samedi 5 et dimanche 6 février à l’Hotel de ville de Paris.

Organisé par l’association Coup de soleil, crée en 1985 pour «rassembler les personnes originaires du Maghreb et leurs amis», Le Maghreb des livres présente «l’ensemble de la production éditoriale relative au Maghreb, qu’il s’agisse de littérature (roman et poésie), mais aussi d’essais, B.D., beaux-livres, etc., parus dans le courant de l’année 2010 en France, en Algérie, au Maroc et en Tunisie.» Avec cette année un coup de projecteur sur «la parole retrouvée» en Tunisie après la révolution de Jasmin qui a renversé l’ex-président Ben Ali.

«Le professeur Mahmoud Ben Romdhane, ancien président mondial d’Amnesty international, nous apportera son témoignage sur ces semaines historiques qui ont vu le peuple tunisien se remettre debout. Il nous dira aussi comment les intellectuels tunisiens peuvent contribuer à enraciner solidement les libertés fondamentales dans la Tunisie nouvelle.» Autour de lui, une dizaine d’intellectuels vivant en Tunisie seront présents samedi 5 février de 20h15 à 21h pour «apporter leur témoignage et leur réflexion».

En plus de cette programmation spéciale, sont organisés des débats, des rencontres, des tables-rondes des cafés littéraires, des lectures et des dédicaces. Plus de 130 auteurs sont attendus parmi lesquels
Maïssa Bey, Jean Daniel, Colette Fellous, Hubert Haddad, Albert Memmi ou Robert Solé.
 
A noter que le prix littéraire Beur FM Méditerranée sera remis pendant le festival et que trois espaces originaux seront consacrée respectivement à la presse, à la vidéo et à la jeunesse.

Source : « My Boox » le 04-02-2011

À Paris, le Maghreb des livres célèbre la révolution tunisienne


 

La Tunisie est l’invitée d’honneur de l’édition 2011 du Maghreb des livres, qui se tient les 5 et 6 janvier à la Mairie de Paris. Un bel hasard du calendrier : cette célébration des lettres tunisiennes intervient au lendemain de la révolution qui chassé Ben Ali du pouvoir. Entretien avec Georges Morin, président de "Coup de soleil", l’association organisatrice de l’événement.

La 17e édition du Maghreb des livres se tiendra à l’Hôtel de ville de Paris les 5 et 6 février, avec la présence de 136 auteurs conviés cette année. La manifestation est organisée par l’association « Coup de soleil », fondée il y a 25 ans par l’ancien instituteur de Constantine Georges Morin. Conçue au départ comme une séance de dédicace des livres par leurs auteurs, le rassemblement s’est transformé au cours des années en un festival des lettres maghrébines, ponctué de rencontres, de débats, de lectures et de projections de films.

Chaque année, à tour de rôle, un État du Maghreb est mis à l’honneur, avec un coup de projecteur sur la littérature du pays hôte, mais aussi sur son infrastructure éditoriale, le mécénat cultuel, l’histoire des idées…

Confidences de Georges Morin sur cette édition 2011, les origines et l'histoire du Maghreb des livres.

"Spécial Tunisie"

« Je vous assure d’emblée, je n’y suis pour rien dans le déclenchement de la révolution tunisienne ! "Qu’est-ce que c’est cette histoire, me disent mes amis, tu nous prépares un Maghreb des livres pour février, et comme par hasard il y a une révolution en janvier !" J’ai dû jurer mes grands dieux que …

Plaisanterie à part, le « Spécial Tunisie » est un accident de calendrier. Il s’inscrit dans la formule de la rotation triennale qui régit cette manifestation depuis nos débuts. L’année dernière, c’était le Maroc. L’année prochaine, ce sera l’Algérie. Il était difficile de bousculer la programmation, arrêtée depuis longtemps. Mais comment ne pas parler de l’actualité ? Plusieurs coups de projecteurs sur la production littéraire et intellectuelle tunisienne étaient déjà prévus. Nous n’avons rien changé, seulement ajouté une rencontre à une heure de grande affluence [le samedi soir] pour que les intellectuels tunisiens réunis puissent porter témoignage. »

"La parole retrouvée"

« Il s’agit d’amis, d’auteurs et d’universitaires qui résident en Tunisie. Ils porteront témoignage de ce qu’ils ont vécu pendant ces semaines révolutionnaires et historiques. La rencontre avec ces intellectuels tunisiens a été placée sous le signe de la parole retrouvée car la conquête de la liberté d’expression a été le principal acquis de cette révolution que l’on dit "de jasmin".

Parmi les intervenants de cette soirée, il y aura Mahmoud Ben Romdhane, ancien président mondial d’Amnesty International qui a lui-même subi beaucoup d’indignités sous l’ancien régime. Selon Romdhane, si les intellectuels ont préparé le terrain en amont, ils n’ont pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de leur logique. Ce courage, la jeunesse tunisienne l’a eu. C’est elle qui a fait la révolution. Les intellectuels ont pris le train en marche. J’ai invité quelques représentants de la jeunesse tunisienne qui viendront raconter comment ils ont préparé le soulèvement à travers les réseaux sociaux. Cela fait un an qu’ils y travaillent sans imaginer toutefois que leurs actions déboucheraient sur la fuite de Ben Ali ! »

"Mécénat culturel"

Pendant longtemps, le Maghreb des livres a été une grande librairie où les écrivains venaient pour dédicacer leurs livres. Depuis deux ans, nous tâchons de faire durer le plaisir, en organisant des causeries avec les écrivains présents, des tables-rondes, des débats, des hommages à des grands disparus [hommages à l’Algérien
Mohammed Arkoun et au Marocain Mohamed Leftah, pour cette 17e édition, NDLR].

Nous avons prévu plusieurs rencontres thématiques autour des sujets comme la famille, l’islam de France, la force de l’histoire. Et enfin un sujet qui me tient particulièrement à cœur, c’est celui du mécénat culturel au Maghreb. J’ai invité trois entrepreneurs privés des trois pays du Maghreb pour venir parler de leurs actions en faveur de la diffusion des livres et de la lecture. Ces hommes ont la passion du livre et n’hésitent pas à payer de leur poche pour que les plus modestes de leurs concitoyens puissent accéder au plaisir de la lecture.        

"Première édition en 1995"

« J’ai créé l’association
"Coup de soleil" en 1985 avec un groupe de copains maghrébins. Nous étions effarés par la montée spectaculaire des idées du Front national (FN) dans l’opinion populaire française. Pour lutter contre le racisme, nous avons lancé en 1995 le Maghreb des livres. Livre comme antidote contre le poison de la haine !

La première édition a eu lieu dans les locaux du Centre national du livre (CNL). Il y avait 100 livres et 15 écrivains. On avait la salle pour trois heures seulement. C’était un peu vide, un peu formel. Et puis, tout s’est illuminé quand sont arrivés bras dessus bras dessous Rachid Mimouni et Mohamed Choukri, le grand écrivain marocain. On ne pouvait espérer de meilleurs parrains. Ils nous ont porté chance ! »

Source : « Jeune Afrique » Le 04-02-2011

Tunisie : « L’Egypte tire la lecon » Par Taoufik Ben Brik


 

"La révolution égyptienne aboutira. Inexorablement. Elle le doit sans aucun doute à la jeune révolution tunisienne du 14 janvier", estime Taoufik Ben Brik.

La révolution égyptienne aboutira. Inexorablement. Elle le doit sans aucun doute à la jeune révolution tunisienne du 14 janvier, la pionnière dans le monde arabe. Les Tunisiens ont expérimenté des armes inédites, ont marché sur des sentiers vierges, ont découvert l'Atlantide. Ils avaient fait des erreurs. Ils tâtonnaient, ils balbutiaient... ils étaient spontanés. Ils n'avaient pas de référence. Ils marchaient dans la nuit, dans un labyrinthe sans savoir qu'au bout il y aurait la lumière, la liberté.

Pour les Egyptiens, ils ont compris qu'il fallait d'emblée l'entrée des grandes villes : le Caire, Alexandrie et Suez. Nous savons que les dictateurs tiennent à leur Stalingrad, à leur Berlin. Si Tunis tombe, Ben Ali tombe. Si le Caire tombe, Moubarak tombe. L'entrée de Tunis tardivement a failli ne pas laisser naître la révolution. Jusqu'au dernier moment qui aurait pu croire que Ben Ali allait abdiquer. Le 13 janvier, un jour avant le jour J, tous les professionnels de la politique en Tunisie ne parlaient que de "l'inexistence de canaux de négociations". Ils ne demandaient à Ben Ali que de "lâcher du lest", "de participer"...

L'entrée de Néjib Chebbi, Ahmed Ibrahim, et Mustapha Ben Jaafar (il s'est retiré) et autres figurines de l'opposition dans un gouvernement dit de Salut national ou intérimaire sans poser des conditions, a sonné le glas de la révolution. Pis l'acceptation de tout ce que le microcosme compte comme huiles (Khémaies Chammari, Kamel Jendoubi, Sihem Ben Sedrine, Khedija Cherif) de dialoguer avec les tenants de l'ancien régime (Mohamed Ganouchi, Hédi Baccouche, Moncer Rouissi, Foued Mbazaâ, Kamel Morjene) est une braderie pure dure et simple.

Ce qui est malheureux dans tout cela, c'est que tout ce beau monde, ceux la même qui ont accepté de collaborer au sein du gouvernement de Ganou-Chichi ou ceux qui ont été honoré d'avoir été reçus par les anciens caciques comme étant des vis-à-vis présentables, n'ont aucun lien avec le second pays, le pays de l'ombre, ces villes et ces villages du Fart West qui ont marché sur le pays réel pour lui faire entendre sa voix. Des citadins peuvent-ils parler au nom des gens de l'intérieur ou des habitants des quartiers poudrières, ces guerriers qui ont fait trembler la Tunisie repus ?

C'est la précipitation de ces hommes opportunistes et impitoyables, qui a capoté la révolution et vendu les aspirations de la Tunisie révolutionnaire, pour des clopinettes. La faiblesse, le manque de détermination de la bureaucratie syndicale et sa couardise flagrante nous a fait reculer d'un jour. Nous vivons toujours un 13 janvier. Imaginez un seul instant si tous ces collabos qui ont tendu la perche à ce gouvernement tombant avaient refusé le dialogue... Pour ça, il faut avoir des hommes et des femmes d'un autre calibre : Mohamed Bouazizi et tous les martyrs qui se sont embrasé et ont embrasé la Tunisie perdue.

Les Egyptiens, jaloux de leur révolte vont déjouer les traquenards de l'Egypte collaboratrice. Depuis une semaine, toutes les composantes de la société civile égyptienne, à l'écoute de la rue survoltée, campe sur des positions non négociables. Non au dialogue avec Moubarak. Oui à son départ. Ils sont unis sur tous les fronts.

Comme Ganou Chichi, Moubarak a essayé d'utiliser l'arme de l'intox. En vain. Vendredi dernier de la colère n'a-t-il pas lancé l'opération du péril, du chaos ? Des gangs cagoulés qui sèment la terreur et pillent les pauvres citoyens ? Les Egyptiens ne sont pas tombés dans le panneau comme les Tunisiens. Ils ont vite crié à la manipulation et ils ont ri. Deux jours après Moubarak lance ses soit-disants "baltajia" (brigands) sur les manifestants de la place Ettahrir. Peine perdue, ils n'ont pas réussi à les déloger.

Dans la Tunisie de l'après ZABA sous ZabouChichi, les gens de Tala, Sidi Bouzid, Gafsa, Kasserine, qui ont fait le sit-in à la Kasbah, place du gouvernement proclamant Dégage Ganouchi, ont été chassés comme des chiens par des chiens.

Qu'est-ce que le microcosme tunisien dit ? "Ganou Chichi n'est pas le coupable." Alors qui ? On ne le saura jamais. Ce qui est sûr, ce qu'ils ne peuvent pas effacer, c'est que Ganou Chichi et ceux qui tiennent les rennes du pouvoir sont les émanations du benalisme, les enfants naturels de ZABA. Et ceux qui collaborent avec eux sont les cocus de l'ancien régime qui est toujours là.

C'est pour ne pas tomber dans la mascarade tunisienne qu'ils refusent tout dialogue avec Moubarak et ses lieutenants. Ils veulent donner à leur révolution toutes les chances de réussite. Pour une Egypte libre avec des hommes libres. A bas l'ancienne clique et leurs nouveaux mercenaires.

Source : « Le Nouvel Observateur » Le 04-02-2011

Lien : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/opinion/20110204.OBS7485/tribune-tunisie-l-egypte-tire-la-lecon.html

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Tunisie : la démocratie au coeur


 

Ce lundi 31 janvier 2011, dans la salle de spectacle Elysée Montmartre, la toute jeune association « Action tunisienne » créée en solidarité avec le processus démocratique en Tunisie a organisé un Concert de soutien à la Tunisie libre.

A peine 15 jours après le départ du président déchu Ben ALI, organiser un concert dans la capitale des droits de l’homme en présence d’artistes reconnus était un véritable challenge.

L’envie de soutenir la Révolution et d’aider les familles des victimes de Sidi Bouzid d’où le mouvement est parti, a poussé de nombreux jeunes Tunisiens, Franco-Tunisiens de Paris, ou Français à se mobiliser pour faire de cet événement culturel un succès. 

Le mouvement « Action tunisienne » prône l’instauration de la démocratie, le pluralisme, le civisme, l’éducation y compris pour les zones de Tunisie trop longtemps laissées à l’abandon par le gouvernement central. Apolitique, l’association regroupe des militants issus de secteurs d’activités différents (médias, universités, ONG ou encore milieux culturels).

Mohamed Gastli, cofondateur de l’association, explique la raison de l’intitulé de la soirée ; celle-ci a pris le nom « Loin des yeux, près du cœur » car cette révolution était belle à voir, mais ce n’était pas évident pour les amis du peuple tunisien de la vivre à distance. Il fallait fêter l’événement et aider les victimes.

Pour Mohamed Dhaoui, un des autres cofondateurs, explique le but principal de l’association est de promouvoir le débat social chez les tunisiens, qu’ils soient en Tunisie ou en dehors. Un mot d’ordre commun aux deux jeunes militants : l’association est apolitique et souhaite soutenir uniquement la construction de la société civile tunisienne.

L’intégralité des bénéfices du concert seront versés au Croissant rouge tunisien. Militant(e)s, bénévoles, d'un soir tout le monde s'active pour assurer la bonne organisation du concert.

Comme j’avais pu le constater lors de la manifestation du 15 janvier 2011 dans les rues de Paris l’aspiration à la liberté est forte. La jeunesse tunisienne et française mélangée ressent le besoin de réfléchir, de discuter des suites du mouvement démocratique, et tout simplement de se réunir pour fêter la Tunisie.

L’ancien régime policier est honni, mais le drapeau tunisien rassemble, unit le peuple tunisien et ses amis. Les drapeaux tunisiens s’arrachent, la fierté est retrouvée.

Pour beaucoup, le 14 janvier 2011 marque le premier jour de la véritable indépendance tunisienne.

Cette manifestation n’avait laissé que très peu de place aux « barbus » et aucune violence n’avait été remarquée.

Aucun prétexte ne justifiera l’appropriation, la récupération, de la révolte populaire. Cette certitude était clairement présente dans les rangs des participants à la soirée de l’Elysée Montmartre.

Dès les répétitions, la joie est présente ; l’envie de réussir l’événement mobilise. Journalistes tunisiens ou français la presse relaye l’information, et les réseaux sociaux sont une aide précieuse. Même le twitter d’Arte relaye l’info.

Tout le monde est conscient de l’enjeu, soutenir le vent d’espoir né en Tunisie. Les Tunisiens sont désormais libres et l’ont mérité. Les Tunisiens montrent la voie au Maghreb, au monde arabe, et au reste du monde tout court.

La soirée prend dès 18h30 les formes d’un succès populaire. Les places à 27 €50 ont été en quelques jours achetés en masse sur le net et sur place la file ne désemplit pas.

L’humoriste Lotfi Abdelli chauffe la salle avec une fameuse reprise du Dégage…

Sur scène, la chanteuse pop algérienne Souad Massi, Duoud, Manu Codija, Dhafer Youssef, le joueur guinéen de kora Djeli Moussa Diawara, Ihmed Alibi et Amel Methlouthi se succèdent.

De nombreux artistes tiennent à expliquer pourquoi ils sont présents, pourquoi ils soutiennent ce vent de révolte, né en Tunisie. Ils chantent pour la fin de l’oppression.

L’ovation de la salle est là.

Le chanteur kabyle Idir chante « Tunisie lève toi » et explique avoir tenu à être présent pour soutenir l’espoir qui est né et qui doit se répandre.

Parmi les participants, les esprits bouillonnent, la parole est libre.

La place des femmes, la laïcité, la place de la Chine dans la région… Le débat sur l’avenir est ouvert. 

Pour certains, « la révolution n’est pas finie, les chiens de Ben Ali sont encore là », pour d’autres il est temps de stabiliser les choses. La situation en Egypte inquiète ; Là bas la répression risque d’être féroce.

Les islamistes tunisiens ne font pas peur, mais rien n’est encore écrit. Un signe d’espoir, leur chef a indiqué « nous ne voulons pas imposer la charia, nous voulons seulement que notre identité islamique soit respectée ». De retour d’exil, Rached Ghannouchi, le chef du mouvement islamiste tunisien Ennahda, se réfère désormais plus de la formation islamiste élue en Turquie, l'AKP que du Soudan ou de l’Iran.

Même les agents de sécurité discutent de la situation au Magreb, la Côte d’Ivoire, le rôle de l’Iran, la menace islamiste… Les images des biens de Ben ALI ont choqué. L’opulence dévoilée choque.

Tunisiennes, franco-tunisiens ou français tout le monde est de bonne humeur, mobilisé pour préparer les prochains rendez-vous citoyens.

 La salle chante l’hymne national tunisien.

 Le vent de la liberté souffle, alors Dégage, Dégagez.

Despotes de tous les pays Dégagez !

Source. : « Agoravox » Le 04-02-2011

La Tunisie veut repartir de l'avant


 

Alors que le ton monte en Egypte, la Tunisie, où les manifestations s'estompent, solde les comptes du passé pour mieux repartir.


Le premier ministre Mohamed Ghannouchi a décidé de remplacer les vingt-quatre gouverneurs régionaux, trente-quatre responsables de la sécurité et quelques patrons de grandes entreprises mouillés avec l'ancien régime. Une liste de diplomates a évincer serait en cours de préparation sur le bureau du ministre des affaires étrangères. 


Moins d'un mois après la fuite du président, l'ère Ben Ali s'éloigne à grands pas. Le premier ministre a d'ailleurs demandé à ses concitoyens de reprendre le travail. "Ce gouvernement vous invite à préserver son indépendance en reprenant le travail, sinon le pays risque de s'écrouler" a-t-il insisté. Et la vie économique reprend le dessus. Avec en pointe de mire la saison touristique qui débutera dans quelques semaines.


Mohamed Ghannouchi devrait annoncer dans les prochains jours un programme spécial d'aides et d'investissements pour les régions du centre-ouest, les plus pauvres où a débuté la révolution de Jasmin. 


Douze députés du Parlement européen sont en Tunisie depuis jeudi 3 février 2011 pour un séjour de quatre jours destiné à renforcer la coopération entre les autorités et l'Union européenne qui pourrait jouer un grand rôle dans la transition démocratique de ce pays.


Le statut avancé est en route...

Source : « econostrum » le 04-02-2011

Le vocable d'islamisme recouvre une variété de courants


 

Les analystes et responsables politiques qui s'inquiètent des perspectives d'arrivée au pouvoir des islamistes en Egypte ou en Tunisie devraient surtout s'interroger sur le sens du mot islamisme, qui recouvre divers courants dont les leaders professent des intentions différentes.

L'islamisme peut être défini comme une idéologie qui invoque l'islam à des fins politiques. Mais le sens du mot islamiste est si large que le terme s'applique aussi bien à la théocratie chiite anti-occidentale d'Iran qu'au gouvernement sunnite démocratiquement élu en Turquie qui frappe à la porte de l'Union européenne.

Politiquement chargé de sens, le mot islamisme peut aussi évoquer l'action délibérément ultra-violente de la mouvance d'Al Qaïda d'Oussama ben Laden, que de nombreux islamistes affichés disent rejeter, en prônant une action conforme aux préceptes de la religion du Prophète dans un strict cadre légal.

"Il faut distinguer entre des doses diverses de politique et d'islam", analyse le commentateur Mustafa Akyol du quotidien istanbuliote Hurriyet Daily News. "Un parti peut s'inspirer des valeurs de l'islam tout en acceptant un Etat laïque", fait-il valoir.

Pour Noah Feldman, expert de la charia - la loi islamique - à l'université de Harvard, la participation de partis islamistes au jeu démocratique peut modifier leur nature, comme c'est le cas de l'AKP turc, qui plonge ses racines dans l'islamisme militant prônant un Etat islamique mais était parvenu au pouvoir en 2002 en omettant de prôner un tel Etat.

"Une fois au pouvoir, vous ne pouvez plus vous reposer sur des slogans ou une idéologie pour recueillir les suffrages, il faut produire des résultats", dit Feldman, en notant que le parti du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a "accompli de ce point de vue un travail extraordinaire".

Les Frères musulmans égyptiens et les islamistes tunisiens du mouvement Ennahda (La Renaissance) n'ont pas pour le moment été confrontés aux contraintes du pouvoir. La sincérité de leur engagement envers la démocratie n'a donc pas encore été mis à l'épreuve.

Leurs programmes respectifs dénotent toutefois une approche du pouvoir plus modérée que celles du Hamas à Gaza, du Hezbollah au Liban et du parrain de celui-ci, l'Iran des ayatollahs, qui, à l'extrémité la plus intégriste du spectre de l'islamisme a promu la hiérarchie religieuse en pouvoir politique ultime.

Dans la République islamique iranienne, qui a supplanté le régime impérial du chah en 1979, le guide suprême détient plus de pouvoirs que le chef de l'Etat, pourtant élu: c'est Ali Khamenei qui nomme les chefs de l'armée, les responsables du système judiciaire et le Conseil des tout-puissants gardiens de la Révolution.

Le Hamas et le Hezbollah sont inscrits sur la liste noire américaine des groupes terroristes, non pas parce qu'ils sont islamistes, mais parce qu'ils prônent la lutte armée, surtout contre Israël.

Au centre du spectre de l'islamisme se situent toute une variété de partis qui sont aussi actifs politiquement que les régimes politiques dans lesquels ils évoluent le permettent. Mais ils ont en commun leur activisme dans les domaines sociaux et caritatifs, en conformité avec les préceptes islamiques, ce qui leur assure un niveau important de popularité.

L'organisation des Frères musulmans égyptiens, fondée en 1928, est le plus ancien d'entre eux. Après avoir d'abord milité pour l'établissement d'un Etat islamique, la confrérie a édulcoré son idéologie ces dernières décennies. Le régime d'Hosni Moubarak l'a interdit en tant que parti mais a toléré ses activités.

En tant que mouvement d'opposition le mieux structuré, la confrérie devrait jouer un rôle incontournable dans l'Egypte d'après-Moubarak mais, échaudée par les répressions impitoyables dont elle a été victime dans le passé, elle s'efforce de ne pas se mettre en avant et a renoncé par avance à présenter un candidat au prochain scrutin présidentiel.

Akbar Ahmed, professeur de civilisations islamiques à l'American University de Washington, dit douter que les "Frères" cherchent à détourner la révolution égyptienne pour mettre sur pied une théocratie. Pour cet enseignant d'origine pakistanaise, "une révolution à l'iranienne n'est pas possible dans un pays sunnite", car le clergé y joue un moindre rôle qu'en terre chiite.

En Tunisie, où il vient de revenir après 20 ans d'exil à Londres, le chef historique d'Ennahda, Rachid Ghannouchi, prône de longue date une politique encore plus libérale que celle de ses "frères" égyptiens. Contrairement à eux, par exemple, il n'exclut pas qu'une femme où un non-musulman devienne chef de l'Etat.

L'extrémité la plus modérée du spectre islamiste est dominée par l'AKP (Parti pour la justice et le développement) turc, qui est devenu le modèle pour les partis confessionnels d'autres pays souhaitant concilier foi et démocratie.

Elu depuis 2002, Tayyip Erdogan s'est concentré davantage jusqu'à présent sur la libéralisation de l'économie turque que sur l'islamisation de la société, que souhaite la frange la plus conservatrice de son électorat et que lui reprochent ses adversaires politiques et militaires du camp laïque.

Les opposants de l'AKP l'accusent de nourrir un agenda islamiste caché. Le parti prévoit d'amender la Constitution turque s'il obtient un troisième mandat à la faveur des élections législatives en juin, mais face à ces critiques dément envisager de toucher aux principes laïques de l'Etat.

Les précurseurs de l'AKP étaient plus radicalement islamistes, mais Erdogan a transformé le mouvement islamiste turc, dont l'armée à brisé les reins, en un parti islamo-conservateur présentable qu'il compare souvent à l'équivalent musulman des partis démocrates-chrétiens européens.

"L'islam ne peut être séparé de la politique, mais il doit être séparé de l'Etat. Un parti peut s'inspirer de l'islam tout en évoluant dans un système démocratique", estime le chroniqueur turc Mustafa Akyol.

Source : « L’express » Le 04-02-2011

Comment l’exemple de la démocratie musulmane turque peut-il influencer l’Egypte et la Tunisie ?


 

Alors que le régime autocrate de Moubarak connait certainement ses derniers jours (ou, du moins, sous sa forme actuelle), et alors même que de nombreux spécialistes pointent du doigt le danger islamiste (autour des Frères musulmans), il convient d’étudier une alternative, crédible, dans laquelle l’Egypte (et bien évidemment la nouvelle Tunisie) pourrait tout à fait se reconnaitre : celle d’une démocratie musulmane, dont le seul exemple régional est la Turquie. Une économie en pleine croissance, portée par un gouvernement stable, formé par d’anciens islamistes, voilà le portrait politique actuel de la Turquie.

Pour tout nouveau pays en reconstruction, se rattacher à un modèle préexistant est souvent un gage de sécurité. Or, au Moyen-Orient, seul le modèle turc, cocktail détonnant de démocratie et de religion, parait exportable. Dans un pays (tout comme l’Egypte) qui est représenté par une armée influente (qui n’a d’ailleurs pas hésité à renverser quatre gouvernements depuis 1960), tout gouvernement se doit, lorsqu’il désire mettre en place une politique nouvelle, d’avoir le soutien de l’armée. Celle-ci n’a pas hésité, par exemple, à soutenir la candidature turque à l’UE, voulue par Recep Erdogan. Alors certes, l’armée est au cœur de la vie politique égyptienne, mais son rôle théorique (celui de protéger la souveraineté du pays,  et sa constitution, comme en Turquie) n’a jamais vraiment été effectif.

Néanmoins, il faut se garder de jugements trop hâtifs. Comment comparer un membre de l’OTAN et candidat à l’entrée dans l’UE, représentant d’une branche modérée de l’islam, avec un pays du Moyen-Orient arabe, ne connaissant guère la liberté politique ? Comment trouver dans ce pays un équivalent de l’AKP, le parti d’Erdogan, interdit avant de devenir de plus en plus modéré et de favoriser les investissements étrangers ? Les Frères ne peuvent guère jouer ce rôle, sauf évolution notable de leur idéologie. Abdullah Gul et Erdogan ont su se débarrasser de la génération précédente de leur parti, volontiers anti-démocratique ; les Frères, pas encore. Réussir à coordonner laïcité (héritée de Mustapha Kemal) et conservatisme religieux (hérité, en partie, de la théocratie iranienne) a réclamé des décennies à la Turquie, si bien que toute « copie » en Egypte ou en Tunisie réclamerait, là aussi, plusieurs décennies.

Bref, on le voit, même si le « modèle turc » est loin d’être parfait, la réussite de l’AKP montre à la Tunisie ou à l’Egypte qu’il est tout à fait possible à un gouvernement à tendance islamiste de défendre des principes démocratiques.

Source : « Les Yeux du monde » Le 04-02-2011

Comment les années Ben Ali ont ruiné l'économie de la Tunisie


 

L’économie tunisienne a pâti de l’ère Ben Ali. «La corruption, le népotisme, la prédation, l’absence de respect des règles de droit, l’imprévisibilité de la justice, ont considérablement porté atteinte au climat des affaires et à l’incitation à investir», affirme Mahmoud Ben Romdhane, professeur d’économie à l’université de Tunis, et membre du secrétariat du Ettajdid (ex-parti communiste). Particulièrement touchées, les entreprises privées tunisiennes.

«L’un des problèmes de ce pays est le manque d’investissement de leur part. Pour ne pas s’exposer aux appétits de la famille Ben Ali-Trabelsi, elles avaient recours à une forme d’autolimitation», explique Bertrand Furno, chef du service économique régional de l’ambassade de France. Ce contexte a eu des conséquences sur la croissance et le chômage. «Du fait du déficit d’investissement, j’estime à 200.000 les opportunités d’emploi perdues sur la période 1995-2010», calcule Ben Romdhane.

«Un appareil de contrôle pléthorique»

A sa décharge, «le secteur privé était pressuré, poursuit cet économiste. Il n’y a pas une entreprise qui n’ait pas été contrainte d’acheter du matériel pour le compte du RCD [le parti politique de Ben Ali, ndlr] ou de verser des montants colossaux [on parle de centaines de milliers de dinars, ndlr] pour soutenir le Président lors des élections». Chaque entreprise abritait également une cellule du RCD.

Ces ponctions s’expliquent par le coût de l’Etat Ben Ali, «un appareil de répression et de contrôle de la population pléthorique», selon Mahmoud Ben Romdhane: 150.000 policiers (autant qu’en France pour un pays de 10 millions d’habitants) et 8 à 10.000 personnes détachées de l’administration et des entreprises publiques auprès du RCD. L’un des outils de «pressurisation» du pouvoir était le fameux 2626, numéro de compte d’un soi-disant fond de solidarité nationale.

«Chaque travailleur devait payer, raconte Ali, salarié d’un grand groupe. Au début, tout le monde était pour. La première fois, mon frère a donné 500 dinars. Ce montant a été ensuite reconduit d’année en année. Dans la fonction publique, il y avait des barêmes. C’était retenu sur le salaire des gens. J’ai de la chance. Mon patron est très social. C’est mon entreprise qui payait pour moi.» Cette cagnotte, sur laquelle le Parlement n’avait aucun contrôle, et dont on ignore le montant, aurait servi de caisse noire au régime Ben Ali.

Source : « Liberation » le 04-02-2011

Les dirigeants Arabes lâchent du lest


 

Les dirigeants Arabes lâchent du lest.

Tandis que l'Égypte s'enfonce dans la violence, les insurrections populaires se multiplient dans l'ensemble du monde Arabe. Partout où le chômage vient s’ajouter aux humiliations, à l’absence de liberté et à l’arrogance du pouvoir qui pille les richesses du pays, peut naître un mouvement inspiré de la révolution tunisienne.

Il est certain que la Tunisie a joué un rôle exemplaire dans la diffusion des aspirations démocratiques par la contestation populaire. D'abord, la « Révolution du Jasmin » diffuse des volontés démocratiques dans l'ensemble du monde Arabe, où neuf immolations ont eu lieu après celle de Mohammed Bouazizi. En Jordanie, Abdallah II a remplacé aujourd'hui son Premier Ministre, cédant à la pression populaire. Les contestations s'étendent peu à peu comme une trainée de poudre. Au Yémen, au Liban, en Syrie, en Libye et au Maghreb où les dirigeants se disaient déjà vigilants dès le début de la crise tunisienne. Partout où le chômage vient s’ajouter aux humiliations, à l’absence de liberté et à l’arrogance du pouvoir qui pille les richesses du pays, peut naître un mouvement inspiré de la révolution tunisienne. La mise en garde est lancée. Le peuple égyptien l'incarne. La révolution tunisienne n'est peut-être plus un acte isolé. Alors que l'on croyait l'armée acquise à la cause du peuple, les Égyptiens semblent s'y attaquer aujourd'hui. En France comme au Caire, les musulmans sont mobilisés et se réunissent de part et d'autre du pays – à une échelle évidemment incomparable. Pourtant, le manque de réserve des Égyptiens parisiens ou lyonnais étonne tout autant que celui de ceux rassemblés au Caire ou à Alexandrie depuis dix jours. Les slogans sont sans équivoque- « Moubarak dégage ! » et les propos tout aussi clairs : « Moubarak est fini, fini ! ». L'ambiguïté règne et le doute persiste, en Égypte comme ailleurs, et pour l'ensemble des populations arabes et maghrébines. L'Égypte va-t-elle tomber ? Et que va-t-il se passer ensuite en Algérie, au Yémen, en Syrie ? Et de manière élargie dans l'ensemble du monde Arabe ?

Pour beaucoup de Maghrébins, les interrogations sont vives. Les Algériens notamment — une communauté tout aussi représentée en France — sont susceptibles d'intensifier les mouvements populaires contre le régime d'Abdelaziz Bouteflika. La Tunisie reste le symbole d'un Maghreb en révolte. Elle révèle la fracture entre les peuples arabes et ses dirigeants, et les aspirations d'une jeunesse maghrébine qui préfère la démocratie aux États corrompus.

Ce 1er Février, Libération titrait « Le jour du Peuple », comme un symbole envers les espérances démocratiques des peuples arabes. Les prochains jours au Caire seront décisifs, pour l'Égypte oui, et pour le Maghreb et le monde Arabe tout autant. C'est peut-être l'affirmation de cet « effet domino au monde Arabe » évoqué très tôt dans les journaux français. Une diffusion relayée instantanément dès la une contestable du Monde du 17 Janvier qui titrait « Les risques de la contagion tunisienne » ou encore par celle de Libération du même jour -le fameux « À qui le tour ? ». En tout cas, preuve est faite que les médias voient juste. La révolution que connaissent en ce moment la Tunisie et l'Égypte est un miracle inespéré, et les troubles qui traversent l'ensemble du monde Arabe sont à prendre très au sérieux.

Source : « Le Monde » Le 03-02-2011

Jusqu'où ira le printemps du monde arabe ?


 

Après la Tunisie, l'Égypte va-t-elle renverser son président ? Ça bouge au Yémen, en Jordanie et en Algérie... Peut-on parler de « printemps arabe » ? Le monde arabe bouillonne. Ses peuples, sous l'emprise de dictatures plus ou moins manifestes, revendiquent leurs envies de liberté. Des manifestations secouent les pays un peu partout : du Maroc au Yémen, en passant par la Jordanie. Hier la Tunisie, aujourd'hui l'Égypte, et demain ?

« On ne va pas jouer les prophètes », ni tenter de prédire l'avenir, répond Antoine Sfeir, journaliste et spécialiste de l'Orient. « En revanche, oui c'est la première fois que des gens descendent dans la rue en Égypte depuis 30 ans. Et oui, les choses ne seront jamais plus comme avant. » Ces pays, souvent construits contre un colonisateur, semblaient figés dans la peur. « Les exemples tunisiens et égyptiens ont fait tomber la peur de la contestation, soulève Didier Billion, politologue à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). Désormais, il est possible de changer les choses, de descendre dans la rue... Les gouvernements ne pourront plus gérer leur population comme avant. » Peut-on pour autant parler de « printemps arabe » ? « Oui, déclare Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb. J'aurais pu dire : "Le printemps des peuples arabes a commencé en Tunisie". » •

04Fevrier11f

1. Les révolutions tunisienne et égyptienne peuvent-elles se propager à tout le monde arabe ?

Benjamin Stora, historien, spécialiste du Maghreb : « Il y a une sensibilité partagée par toutes les sociétés : une aspiration à la liberté qui se manifeste partout dans le monde arabe. Une volonté identique de se réapproprier une liberté individuelle. Mais il n'y a pas d'homogénéité étatique : certains pays sont des monarchies, d'autres des démocraties dynastiques Dans certains États, l'armée joue un rôle pivot comme en Égypte ou en Algérie, dans d'autres, elle joue un rôle marginal.
Personne ne peut dire ce qui peut se passer. Mais une chose est sûre, le monde arabe n'a jamais vécu cela. Ces sociétés ont été traversées par trois idéologies différentes dans leur histoire : le nationalisme contre le colonialisme, le nationalisme arabe contre l'impérialisme américain et l'islamisme politique. Or, aucune de ces trois idéologies n'avait inscrit dans son programme la démocratie, le pluralisme politique, la liberté de la presse et syndicale, l'égalité homme-femme C'est ce qui est nouveau aujourd'hui : les manifestants ne disent pas "on veut du pain" mais "on veut être des hommes libres". Ce ne sont pas des manifestations à caractère social, comme dans les années 80 ou 90, mais des mouvements à caractère démocratique et politique. On vit un moment charnière. »

Didier Billion, politologue à l'IRIS : « Il y a une onde de choc mais je ne pense pas qu'on puisse acter la théorie des dominos sur les régimes autoritaires : il n'y a rien de mécanique, les régimes ne vont pas tomber les uns après les autres. Les exemples tunisiens et égyptiens ont permis une prise de conscience et de confiance. Les masses dans le monde arabe sont presque aussi bien informées que nous (Al Jezzira, Internet...) et suivent les évènements.La peur va disparaître. Comment ça va se passer ? Dans quelles configurations ? Il y a autant de cas que de pays. Chaque pays a son histoire, ses rapports de forces, un rapport de l'armée à la société, au pouvoir civil... Sur l'échiquier arabe, des pays sont potentiellement au bord de l'explosion. En Algérie, il y a un important mécontentement populaire ; le Yémen peut
lui aussi amener quelques surprises ; la Jordanie également où la moitié de la population est hostile au système monarchique ; au Soudan où la situation au niveau social est lamentable Tous ces pays ont la ressource pour se révolter. Mais ça ne se passera peut-être pas avec la même intensité qu'en Tunisie. En Algérie, si le mouvement de contestation prend forme, on peut craindre un bain de sang ; l'armée est au centre du pouvoir. Et l'armée algérienne n'est pas la même que l'armée tunisienne ou même égyptienne. J'ai peur qu'elle s'arc-boute sur le pouvoir et aille très loin. »

2. Des pays qui souffrent des mêmes maux ?

Didier Billion : « Objectivement, les maux dont souffrent les États arabes – à l'exception de certains pays du Golfe – sont les mêmes : un faible niveau de vie, une misère sociale, un taux de chômage élevé...
Deuxième point commun, la nature du régime politique de ces États, exception faite du Liban, un peu particulier : il ne s'agit pas de systèmes démocratiques. Les raisons qui ont conduit les Tunisiens dans la rue se retrouvent dans le monde arabe. Mais, pour que ça bouge, il faut une étincelle à un moment donné. »

3. Pourquoi maintenant ? Et pour quels lendemains ?

Benjamin Stora : « L'effondrement rapide du régime de Ben Ali n'était pas prévisible. En revanche, ce qui l'était, c'était la tentative d'émergence des sociétés civiles. Avec l'apparition petit à petit de mouvements de droits de l'homme, des mouvements de femmes, de journalistes indépendants Tout ça existe aujourd'hui dans les pays arabes. Il y a une poussée d'en bas, difficilement contrôlable. Mais, pour l'heure, il n'y a pas de traduction politique, de partis pour porter ces programmes démocratiques. Tout l'enjeu est l'émergence de partis pour porter ces aspirations : c'est une course de vitesse qui s'engage car tous les anciens mouvements politiques, toutes les vieilles idéologies ne sont pas morts. Or, le problème, c'est la faiblesse des élites venant de la société civile et politique d'en bas. De nombreux intellectuels sont partis vers l'étranger, n'y ont pas cru. Les sociétés arabes sont aujourd'hui aux prises avec elles-mêmes : elles ne se battent pas contre "la France coloniale" ou "l'impérialisme américain" mais pour construire leur propre destin. »

4. L'Égypte, plus symbolique que la Tunisie ?

Benjamin Stora : « À chaque fois, l'Égypte a été l'épicentre des différentes idéologies qui ont traversé le monde arabe : le nationalisme arabe a commencé avec la révolution nassérienne, l'islamisme politique avec les Frères musulmans. Historiquement, l'Égypte a toujours donné le ton. Il faut regarder de près ce qui va se passer en Algérie, le 12 février, mais aussi en Syrie. Dans ces deux pays le désir de liberté est fort. »

5. Faut-il craindre une montée de l'islamisme ?

Benjamin Stora : « Il peut y avoir des choses originales qui vont naître de ces mouvements qui secouent le monde arabe : comme une alliance des islamistes avec des mouvements démocratiques. Ce qui me surprend aujourd'hui c'est qu'il n'est pas fait référence à l'Iran, république islamique, mais au contraire au modèle turc, laïc.
Sans doute parce que la république islamique iranienne a montré ses limites l'an dernier, après la présidentielle : la révolution démocratique a en fait commencé en Iran, l'an dernier. Mais elle a été écrasée. »

Didier Billion : « Il est important que les Occidentaux ne reproduisent pas ce qu'ils ont fait avec le Hamas quand il a remporté les législatives. Tout de suite, il a été diabolisé. Or, il faut respecter les gagnants et considérer les forces de l'Islam qui vont se constituer. Les régimes autoritaires, en empêchant l'expression d'une force, contribuent à la radicalisation de celle-ci. En Égypte, les Frères musulmans, la principale force d'opposition, vont sûrement accéder au pouvoir, en coalition avec d'autres forces peut-être. Ils seront devant leurs responsabilités. »

Source : « La voix du nord » le 04-02-2011

La ville de Paris pourrait avoir un lieu portant le nom de Mohamed Bouazizi


 

Lors du Conseil de Paris des 7 et 8 février, sur proposition des élus des groupes communistes et Europe écologie - Les Verts, Bertrand Delanoë, le maire de Paris, proposera aux conseillers de Paris de rendre hommage à Mohamed Bouazizi en donnant son nom à un lieu parisien.

Par ailleurs, Bertrand Delanoë a reçu, ce soir Ahmed Ounaïes, ministre tunisien des Affaires étrangères, à l'occasion de sa première visite à l'étranger depuis sa récente nomination au gouvernement.
Cet entretien a permis d’évoquer les dernières évolutions politiques en Tunisie ainsi que les relations entre la France et la Tunisie.
Hier, mercredi, M. Delanoë a reçu Mustapha Ben Jaafar, secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), à l’occasion de son passage à Paris.
La rencontre a permis d’échanger sur la situation politique et sociale en Tunisie, situation que le maire de Paris suit avec attention. Opposant historique au régime de Ben Ali, Mustapha Ben Jaafar avait été nommé ministre de la Santé dans le premier gouvernement de transition mais en a démissionné.

Source : « Business News » Le 04-02-2011

Dans 66 minutes : Leila Trabelsi, la bête noire des Tunisiens.


 

Elle est aujourd’hui la femme la plus détestée en Tunisie. Même depuis qu’elle a fui le pays, Leila Trabelsi, épouse de Ben Ali, continue à déchaîner les passions. On lui prête un caractère très dur, comme en témoigne son majordome, qui l’a servie pendant 18 ans : il affirme avoir été réduit en quasi-esclavage, « payé une misère par cette milliardaire ». Issue d’un quartier populaire, elle avait mis avec son clan le pays en coupe réglée. Banques, entreprises, immobilier, la famille Trabelsi mettait la main sur ce qui rapportait de l’argent. Et malheur à qui résistait à la première dame : la directrice d’une école privée, concurrente d’un établissement appartenant aux Trabelsi, raconte comment on l’a forcée à mettre la clé sous la porte.

 

Des quartiers pauvres de Tunis aux palais dorés, 66 Minutes retrace ce dimanche 6 février sur M6 (17h40) l’itinéraire de cette femme.

Source : « Le blog Tv News » Le 04-01-2011

La Tunisie rend Teleperformance prudent


 

Teleperformance se dit prudent pour 2011 après avoir vu son activité perturbée le mois dernier en Tunisie, où il a développe une importante activité de centres d'appel.
Les événements politiques en Tunisie avaient contraint mi-janvier des opérateurs de centres d'appels à fermer temporairement leurs sites et à réacheminer vers la France les appels aux services clients d'opérateurs télécoms français.

"Pour 2011, l'environnement économique est encore incertain, notamment en Europe. L'instabilité récente de certains pays, principalement en Afrique du nord où le groupe est implanté, impose de fait de rester prudent", lit-on dans un communiqué de la société.

Elle ajoute que "ses efforts en matière de gestion seront intensifiés tandis que la recherche de valeur, associée au développement commercial, sera systématiquement poursuivie".

Le groupe a annoncé pour le quatrième trimestre 2010 une hausse de 23,7% de ses ventes grâce aux effets de change et aux acquisitions. Sur cette dernière partie de l'exercice passé, traditionnellement élevée, le chiffre d'affaires du numéro un mondial des centres d'appels s'est élevé à 588,1 millions d'euros, en progression de 9% à devises et périmètre constants.

Le titre, dont la capitalisation boursière avoisine 1,5 milliard d'euros, a clôturé jeudi en repli de 0,90% à 26,3 euros. Il progresse de 4,2% depuis début janvier.

Source : « le figaro » le 03-01-2011

Lien : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/02/03/97002-20110203FILWWW00670-la-tunisie-rend-teleperformance-prudent.php

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M. Perez Trabelsi, chef de la communauté juive de Djerba, parle de l’attaque contre la synagogue d’El Hamma


 

« Ce n’est pas un acte antisémite »

Depuis deux jours, on parle d'une synagogue qui aurait été saccagée et brûlée il y a deux jours à El Hamma. Elle abrite le tombeau de Sayed Rebbi Yossef El Maarabi.

Une information qui a vite circulée. Or, depuis l'attentat de Djerba en 2002, et qui a été revendiqué par Al Qaîda, la Tunisie n'a jamais été le théâtre d'acte d'antisémitisme. Afin de connaître la vérité nous avons contacté M.  Perez Trabelsi, chef de la communauté juive de Djerba qui a démenti le fait que ça a été commis il y a deux jours. En revanche, il nous a confirmé que la synagogue, se trouvant à 30 km de Gabès et se situant en plein désert a bel et bien été attaquée il y a deux semaines.

"Dans la foulée des évènements que traversait alors le pays, elle a été cassée comme l'ont été beaucoup d'autres bâtiments, officiels et non officiels. Il ne s'agit nullement d'un acte d'antisémitisme. " Nous assure M. Trabelsi.

Il ajoute que contrairement à la rumeur qui circule il y a deux jours sur le net et sur quelques journaux, aucune synagogue n'a été attaquée les derniers jours. 

M. Perez finit par témoigner :"Nous avons eu peur à Djerba, comme a eu peur toute la population tunisienne à cause de l'absence de sécurité et de la police. Actuellement, on se sent rassuré avec le retour des forces de l'ordre sur l'île. Nous sommes Tunisiens, nous voulons continuer à vivre en Tunisie et personnellement, personne ne m'a attaqué alors que tout le monde me connaît et sait qui je suis."

D'ailleurs, M. Roger Bismuth, le président de la communauté juive de Tunisie, a déclaré, selon le journal français Libération que «les fidèles avaient construit une petite pièce en bois, à côté de la synagogue, qui leur servait pour prier. Un petit groupe un peu agité y a pénétré, et a accidentellement mis le feu». Il aurait également témoigné au même journal que «Le drame, c’est qu’un incident comme ça prenne une ampleur démesurée, on pense tout de suite à des actes antisémites, Or les Juifs tunisiens n’ont aucun souci particulier, même pendant cette révolution.»

Rappelons que la communauté juive est constituée de 1500 personnes dont la majorité vit à Djerba.

Source : « Le Temps » Le 04-01-2011

Lien : http://www.letemps.com.tn/article-52634.html

                                                                                                         Tunisie. Moez Trabelsi est bien en fuite à Alger

 


 

Moez Trabelsi, le fils de Moncef Trabelsi, frère de l’épouse de l’ex-président Ben Ali, qui fait l’objet d’un avis de recherche diffusé par le bureau d’Interpol à Tunis, a été vu hier soir à Alger.

Une source tunisienne dans la capitale algérienne a confirmé à Kapitalis avoir vu hier, en fin d’après-midi, au café Niels, sis au quartier Sidi Yahia, à Alger, le neveu de Leïla Ben Ali. Il était accompagné de trois personnes, 1 Tunisiens et 2 algériens, en plus de deux gros bras qui escortaient le trio à distance.     
Moez Trabelsi fait partie des membres du clan Ben Ali qui font l’objet d’un avis de recherche diffusé par le bureau d’Interpol à Tunis. Les autres recherchés sont le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, son épouse Leïla Trabelsi, Belhassen Trabelsi, Mourad Trabelsi, Mohamed El Adel Trabelsi et Sakher El Materi (en fuite), ainsi qu’Imed Trabelsi, Moncef Trabelsi, Mohamed Nacer Trabelsi, Houssem Trabelsi, Jalila Trabelsi et Samira Trabelsi (en état d’arrestation).
Tout ce beau monde sera jugé par la justice tunisienne pour «détention de biens (expropriés) et transfert de devises étrangères à l’étranger».

Source : « kapitalis » le 04-02-2011

Rached Ghannouchi joue la carte de l’apaisement et de la modération


 

Cheikh Rached Ghannouchi a accordé, jeudi soir 3 février 2011, sa première interview télévisée à la Chaîne nationale tunisienne et au cours de laquelle il a tenu un discours d’apaisement.

C’est l’impression principale qui se dégage, en effet, de toutes ses réponses. « Cela a commencé sous Bourguiba et s’est prolongé et intensifié sous Ben Ali qui a tout fait pour présenter les islamistes tunisiens comme étant des gens violents et terroristes », a t-il précisé avant d’ajouter que le mouvement d’Ennahdha est une formation politique qui prône la modération, la démocratie, la liberté d’expression, la liberté de la femme et le respect d’autrui quelles que soient ses tendances ou convictions.

Concernant ses ambitions personnelles, Rached Ghannouchi a réaffirmé qu’il ne sera pas candidat ni à la présidentielle, ni à un poste au parlement. Par contre, le mouvement d’Ennahdha, qui a déjà déposé une demande de reconnaissance de son parti, compte bien s’organiser et va tenir son congrès et va participer à la vie politique comme il l’entendra.
Concernant le point précis de la liberté de la femme, le leader d’Ennahdha a indiqué qu’il n’est pas pour l’imposition du hijab, mais non plus pour son interdiction. Cela fait partie de la liberté individuelle qu’il respecte.

Et pour conclure, Cheikh Ghannouchi a lancé un appel aux Tunisiens et, surtout, aux jeunes, qu’il ne faut pas avoir peur des Islamistes, une « psychose que le président déchu a tenté d’ancrer dans les esprits des Tunisiens ».

Source : « Business news » le 04-02-2011

Tunisie : Un nouveau panorama politique en construction


 

Depuis la chute du régime de l'ancien président Zine Al-Abidine Benali, le 14 janvier dernier, La scène politique tunisienne vit au rythme d'une nouvelle dynamique, allant dans le sens d'un pluralisme revitalisé par la liberté de presse et d'expression, que le citoyen tunisien croque à pleines dents après deux décennies de censure et répression.

Ouverture politique fondatrice d'une nouvelle dynamique

Bien que le nouveau gouvernement de transition ait affronté des défis sécuritaires majeurs et fit l'objet de pression continue de la part d'une opposition politique et syndicale vigoureuse et de la rue tunisienne qui veulent opérer une rupture avec le passé et écarter les figures de l'ancien régime, les mesures adoptées par le nouvel exécutif, en rapport notamment avec la liberté de presse, la libération des prisonniers d'opinion, le retour d'exil de dizaines d'opposants et l'institution d'une grâce générale, ont crée une ouverture politique sans précédent qui jette les fondations d'une nouvelle ère.

Cette dynamique s'est renforcée par l'annonce d'une séparation entre l'Etat et l'action partisane, la récupération des biens publics contrôlés jadis par l'ancien parti au pouvoir et la création de trois commissions nationales indépendantes chargée de la réforme politique, la révision des lois régissant les élections, les libertés et la presse, en plus de l'ouverture d'une enquête sur les derniers événements et sur les affaires de corruption dans le pays.

Les contours de la nouvelle carte politique

Un débat est en cours actuellement au sein des cercles politiques et dans la presse sur la configuration de la future carte politique en Tunisie, à la lumière des élections présidentielles et générales prévues au courant de l'année.

Après une main mise de plus de 50 ans sur le pays de la part d'un parti unique (Rassemblement Constitutionnel Démocratique - RCD) qui a instauré une "démocratie simulée'' sans aucun rôle pour l'opposition aussi bien sous le défunt président Habib Bourguiba (1956-1987) ou que son successeur Zine Al-Abidine Benali (1987-2011), la Tunisie et ses 10 millions d'habitants aspirent à vivre un "véritable'' pluralisme politique depuis son indépendance et ce, à la faveur d'un soulèvement populaire baptisé "la révolution du jasmin''.

Le gouvernement de transition s'est engagé à concrétiser ces aspirations à travers des élections "transparentes et honnêtes'' sous la supervision d'observateurs internationaux.

Les observateurs politiques sont unanimes à dire que les contours de la nouvelle carte politique en construction sont encore confus et que sa composition sera à coup sûr différente du panorama qui a prévalu depuis l'indépendance de la Tunisie.

La scène politique tunisienne se compose actuellement d'une vingtaine de partis, d'organisations et de coalitions d'obédiences et de tendances idéologiques allant des islamistes aux gauchistes, avec toutes leurs déclinaisons, en passant par les libéraux de droite, les centristes et les nationalistes.

Toutefois, ces mêmes observateurs suivent ponctuellement un nombre restreint de forces politiques agissantes au sein de la société et qui pourraient constituer les piliers du nouveau panorama politique en devenir.

Divergences sur le futur rôle des islamistes

La chute du régime de l'ancien président Zine Al-Abidine Benali, qui a emprisonné des centaines d'opposants islamistes et poussé des dizaines d'autres à l'exil frappés par de lourdes condamnations par contumace, a ouvert la voie à la libération des prisonniers et au retour des exilés.

Un des exilés les plus célèbres, Cheikh Rached Ghanouchi (69 ans), leader du mouvement islamiste Ennahda, a été accueilli comme un héros par des milliers de ses partisans à son arrivée à l'aéroport Carthage de Tunis, en provenance de Londres où il avait passé 21 ans d'exil.

Immédiatement après son retour, le mouvement Ennahda a demandé aux autorités l'agrément en tant que parti politique, au moment où ses leaders multiplient les contacts pour ressusciter les structures du mouvement.

Le mouvement Ennahda, créé en 1981 sur le modèle des Frères Musulmans en Egypte, avait participé aux élections de 1989 et remporté alors 17% des suffrages. Toutefois, son leader Rached Ghannouchi a dû quitter le pays en 1992 après son accusation de complot contre le régime et sa condamnation, la même année, à la prison à perpétuité en compagnie d'autres figures de son mouvement.-

Il n'en demeure pas moins que la classe politique tunisienne est divisée sur l'attitude à adopter à l'égard des islamistes. D'aucuns les considèrent comme partie intégrante de la scène politique et plaident pour le dépassement des vicissitudes du passé, alors que d'autres au sein des mouvements de gauche déconseillent toute alliance avec ce mouvement au regard de ses références, sa pensée "totalitaire et ses vues basées sur l'exclusion''.

Toutefois, Ghannouchi et ses partisans ont tenté à plusieurs reprises de rassurer leurs adversaires politiques qui pourraient être des alliés à l'avenir.

La dernière intervention dans ce sens a eu lieu, mercredi, lorsque Ghannouchi lui-même a indiqué dans un long entretien à un journal local que son mouvement veut un "système démocratique avec la participation de tous, sans exception'' et qu'il est prêt à accepter les résultats électoraux même s'ils déboucheraient sur le triomphe de ses adversaires, appelant à la révision de la constitution dans le sens de l'instauration d'un "système parlementaire dans lequel le président sera le symbole de l'unité de l'Etat''.

Dans d'autres déclarations, Ghannouchi a assuré qu'il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle et qu'il "passera le témoin aux jeunes''.

Des partis de gauche au gouvernement et d'autres légalisés

Outre les islamistes, la scène politique tunisienne compte d'autres formations qualifiées d'opposition "radicale'' par l'ancien régime. Il s'agit notamment du Parti démocratique progressiste (gauche) et le Mouvement Attajdid (communiste), qui ont opté pour la participation au nouveau gouvernement afin de ne pas créer, selon eux, "un vide politique'' préjudiciable à la transition démocratique. Il y a aussi la Coalition démocratique pour l'action et les libertés qui englobe des sensibilités politiques de gauche ayant intégré pour un moment le nouveau gouvernement avant de le quitter.

D'autres partis de gauche, socialistes ou nationalistes, ont crée récemment une nouvelle coalition baptisée symboliquement "Front du 14 janvier'', en référence à la date de la chute de l'ancien président.

Ce front, qualifié d' "élitiste'' et sans base populaire par certains, appelle à l'élection d'une assemblée constituante pour mettre en place une nouvelle constitution et à la mise en place d'un conseil ou d'un "Congrès national'' chargé de protéger la révolution. Il appelle aussi à la dissolution de l'ancien parti au pouvoir et à résister à la normalisation avec Israël.

L'une des principales figures de ce Front est Moncef Marzouki, leader du Parti du Congrès pour la république, qui est rentré récemment de son exil parisien.

Son parti a obtenu l'agrément des autorités et annoncé la candidature de Marzouki à la prochaine présidentielle.

Quel avenir pour l'ancien parti au pouvoir?

Les appels à la dissolution de l'ancien parti au pouvoir (RCD) ont figuré parmi les principaux slogans scandés lors des manifestations et sit-in organisés en Tunisie depuis la chute du régime de Benali.

Un point d'interrogation reste suspendu sur l'avenir de ce parti, après l'effondrement de ses structures au lendemain du 14 janvier, en raison de la démission de membres importants, dont des ministres qui ont fait partie du gouvernement de transition avant de le quitter, et de la dissolution de son bureau politique par le secrétariat général, considéré comme l'organe suprême de direction.

Le RCD, qui se targuait de compter 2,8 millions de membres, a contrôlé la vie politique en Tunisie et s'est infiltré dans les structures de l'Etat.

Des voix du parti et d'ailleurs ont appelé à la tenue d'un congrès extraordinaire pour "assainir'' ses structures de membres corrompus, mettre en place une nouvelle direction et réinstaurer sa dénomination d'origine "Mouvement des constitutionnalistes libres'', qui a joué un rôle important dans l'indépendance de la Tunisie. Ces mesures seraient le prélude à la réhabilitation du parti, afin de s'inscrire de nouveau dans la vie politique de la Tunisie.

Source : « Aufaitmaroc » Le 04-02-2011

Tunisia bets "revolution" will boost tourism


 

Tunisia's tourism industry recorded a sharp drop in activity during January, but authorities expect a public revolt that toppled the country's president during the same month to appeal to more visitors.

Tourism receipts in 2010 inched up 1 percent from their level the previous year to 3.5 billion dinars ($2.48 billion) with around 7 million tourist arrivals, Tourism Minister Mehdi Houass told reporters Friday.

Tourism is the country's top foreign currency earner and employs 400,000 people, making it the second biggest employer after agriculture.

Thousands of tourists were evacuated as protests reached a head in January though hotels say January was the middle of the low season for the Mediterranean country.

"The sector was down 40 percent in January but we are very optimistic for the first six months of 2011," he said.

"The revolution has made our country known to the whole world ... I think it is a good promotion ... We want to tell all our friends that they can come to Tunisia in a atmosphere of peace (and) freedom," he added.

Tunisia plans to boost security and introduce "innovative products" to boost the industry this year, Houass said.

The North African country is among the continent's leading touristic destinations.

Source: “reuters” Le 04.01-2011

                                                                     Estados Unidos pide a Omar Suleiman que organice un Gobierno con los islamistas                             

                                                                             El cese de Mubarak como presidente de Egipto es cuestión de horas

 


 

Washington ya ha tomado su decisión. El presidente Hosni Mubarak, que desde hace tres decenios ha sido un aliado incondicional de Estados Unidos en la región de Oriente Medio, es prescindible. El vicepresidente Joe Biden ha hablado por teléfono con su homólogo egipcio Omar Suleiman para definir la hoja de ruta: Mubarak se va y se constituye un "Gobierno de transición" presidido por Suleiman hasta las elecciones de setiembre.
 

 

Por Pedro Canales, corresponsal en el Magreb

04-02-2011

Los detalles concretos de la propuesta norteamericana están siendo discutidos en estos momentos en El Cairo por expertos norteamericanos dirigidos por Frank Wisner, enviado por el Consejo Nacional de Seguridad. Los interlocutores principales de Wisner son los generales Omar Suleiman y Murad Muwafi que le ha sustituido en el cargo de jefe de los servicios secretos Mujabarat.

La novedad más importante de la propuesta norteamericana para salir de la crisis en Egipto es la incoporración de los Hermanos Musulmanes al Ejecutivo de transición. Se estima en Washington, y así lo ha aceptado Suleiman, que es la única baza posible para impedir la radicalización de un sector importante de la cofradía que caería inexorablemente en la red de la Gama Islamiya seguidora de Ayman el Zawahiri, el cerebro de la yihad terrorista internacional.

La resistencia de Mubarak a abandonar el poder se debe no sólo a la egolatría propia de los dictadores, sino al miedo a ser llevado ante los Tribunales. Toda su familia, al igual que la del dictador Zine Ben Ali en Túnez, está implicada en negocios, en robo y dilapidación de bienes públicos, incluído el tráfico de obras de arte, según los expertos internacionales.

El rey Abdalá de Arabia Saudita ha insistido ante sus interlocutores norteamericanos que Mubarak debe quedarse hasta las Elecciones. El monarca wahabita teme que si su país se convierte en refugio de dictadores y sátrapas árabes derrocados por sus pueblos, afecte seriamente a la imagen del país sagrado para los musulmanes que alberga las dos primeras ciudades objeto de peregrinación religiosa, La Meca y Medina. En esas condiciones parece más probable que Hosni Mubarak termine exilándose en Estados Unidos.

 

El 'Día de la Partida'
Cientos de miles de personas tomaron este viernes nuevamente las calles del centro de El Cairo con motivo de la celebración del llamado 'Día de la Partida', convocada por los movimientos de la oposición para exigir la inmediata dimisión del presidente Hosni Mubarak. Hasta el momento, en medio de un fuerte cordón defensivo del Ejército, se han registrado pocos incidentes con los partidarios del mandatario.

La presencia masiva de manifestantes fue notoria desde primerísimas horas del día, a pesar del toque de queda y de las agresiones cometidas entre el miércoles y la noche del jueves por los partidarios de Mubarak, que causaron al menos trece muertos.

Para poder acceder a la plaza, los manifestantes tuvieron que pasar numerosos controles militares y esperar varias horas de colas alrededor del perímetro defensivo instalado por el Ejército. Por el paso del puente de Qasr el Nil, el ritmo de acceso a la zona por los puestos de control militar fue de tres manifestantes por segundo. Aparte, las cadenas humanas creadas por los manifestantes efectuaron sus propios registros para evitar la entrada de provocadores próximos a Mubarak.

Mientras se esperaba el comienzo de la manifestación, el ministro egipcio de Defensa, Mohamed Tantawi, se personó en la plaza junto a otros altos responsables militares y fue recibido por los manifestantes al grito de "Ejército y pueblo están unidos". Se trataba del primer alto responsable que visitaba el lugar desde que comenzaron las movilizaciones, el pasado 25 de enero.

(Source: "El Imparcial" (Quotidien - Espagne) le 4 fevrier 2011)